CodeLyoko.Fr
 
 Dernières news  
[IFSCL] L'IFSCL 4.6.X est jouable !
[Code Lyoko] Un « nouveau » monde sans...
[Code Lyoko] Le retour de Code Lyoko ?
[Code Lyoko] Les 20 ans de Code Lyoko...
[Code Lyoko] Les fans projets explosent !
[IFSCL] IFSCL 4.5.X: Bande annonce et re...
[Site] Sophie Decroisette & Jérôme Mous...
[Créations] Notre sainte Trinité a du talent...
[Site] Les trouvailles du Père Dudu - E...
[Code Lyoko] Un monde sans danger - Le...
 
 Derniers topics  
Que pensez vous des attaques de XANA ?
Parlons jeux vidéo !
Beaucoup de culottes...
Nouveaux Membres : Présentez-vous !!!
La place des personnages féminins dan...
[JDR] Code Lyoko
La compositrice de Monde sans danger ...
Le supercalculateur peut-il faire des...
Lyoko-guerriers : changer d'habitudes...
Vos plus intenses moments d'émotion a...
 
     
 Accueil | Règles du forum News | FAQ | Rechercher | Liste des Membres | Groupes d'utilisateurs | T'chat | Retour au site 
  Bienvenue, Invité ! (Connexion | S'enregistrer)
  Nom d'utilisateur:   Mot de passe:   
 

1234 résultats trouvés
Forum Code Lyoko | CodeLyoko.Fr Index du Forum

 Auteur  Message
  Sujet: [Fanfic] Code Lyoko Tome 1 : La vie continue  
Ikorih

Réponses: 8
Vus: 12756

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 07 Sep 2022 13:40   Sujet: [Fanfic] Code Lyoko Tome 1 : La vie continue
Toi aussi tu veux poster une fanfiction Code Lyoko mais tu n'as pas lu le Règlement des Fanfics ? Pas de panique, poste dans Fictions et textes, le Pôle Fanfic ne te verra même pas !


Eh bien... raté. Je m'occupe de bouger ton sujet dans la bonne section mais je vais te laisser corriger la balise tout seul.

Alors déjà, oui, comme cela a été dit, "faire abstraction des fautes d'orthographes" nai pa 1 aupsion. On est pas des monstres (la preuve Icer ne s'est pas fait lock hihi) mais à un certain point, qui est atteint ici, cela gêne réellement la lecture : parfois, ton lecteur va juste bugger en se demandant ce que tu as voulu dire, ou alors ça va ruiner tes phrases percutantes. Ainsi, l'échange "Promit ?" "Jurait" perd toute crédibilité parce que les verbes sont mal conjugués. Dommage, c'était le climax du chapitre 1.
Bref, un correcteur orthographique n'a jamais tué personne, bon en français ou pas. Quand tu ouvres un livre, il n'y a pas de fautes d'orthographe dedans.

Ensuite, bon, le choix de réécrire des passages de la série a déjà été fait par d'autres auteurs et n'est pas fondamentalement mauvais, mais il faut que tu aies conscience du fait que... bah, ton lecteur a déjà vu la scène dans la série (surtout celle là qui est assez emblématique). Donc il va falloir trouver un moyen de rendre ça intéressant. Je salue l'effort fait sur les descriptions (c'est ce qui sauve ton texte du lock instantané d'ailleurs), malheureusement elles ne nous racontent pas grand-chose de neuf puisqu'elles nous présentent Ulrich... un personnage que normalement, tout le monde connaît. Donc c'est bien, mais on aimerait plus, de l'inédit. Je vais te renvoyer vers une fanfic qui a plutôt bien fait dans la catégorie "reprendre des passages de la série à sa sauce" : Le Poids des Souvenirs de Dyssery, centrée sur William fin S4-post S4.

Il reste maintenant à savoir ce que tu comptes faire, maintenant que tu as dépassé la fin de la série. Pour le moment, il est difficile de te juger sur tes propres idées scénaristiques ou ton traitement des personnages (toujours pour la même raison, tu restes prudemment dans les jalons de l'épisode), mais la suite devrait permettre de trancher plus aisément.
Je me permets tout de même d'insister : un effort d'orthographe va être à faire pour le confort de tous, parce que c'est extrêmement limite. Comme dit, ce qui sauve le cul de ton texte pour le moment, c'est que tu as fait des efforts pour décrire plutôt que d'enchaîner cinquante tirets de dialogue (et ça c'est bien), et qu'il est impossible de juger ton scénario puisqu'on ne le connaît pas encore.

Voilà, la balle est dans ton camp désormais !

Spoiler
  Sujet: [Fanfic] L'Engrenage [Terminée]  
Ikorih

Réponses: 126
Vus: 212895

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 19 Avr 2022 19:03   Sujet: [Fanfic] L'Engrenage [Terminée]
En hommage à l'amour de l'auteur pour les vents et les turbulences, ce commentaire sera fait en Maëlstrom.

Le dé fait 1 ! L'explication des références du commentaire ne se déploie pas...

Bon, euh, voilà qui commence mal, ça pourrait manquer... mais bon, tant pis. Poursuivons.

Le dé fait 4 ! Entrée par le bord Lyokoguerriers du récit !

Quelle plaie ce truc, la partie la moins passionnante !
Le débat sur Chris s'imposait. La première prise de position ("laissez-le dans sa merde") aurait pu marquer une surprise de taille dans le récit, mais on restera sur du conventionnel. Ce n'est pas nécessairement un mal, les débats pour savoir dans quelle mesure il dispose de son libre-arbitre valent le détour. Il est effectivement facile de blâmer le programme de XANA pour le comportement de Chris, mais les Lyokoguerriers s'exposent à une déconvenue de taille si ce dernier est toujours team XANA une fois libéré de ses entraves numériques.
(Bravo j'avais réussi à oublier à quel point je voulais la saison 2 de The Bad Batch, salaud, tu ne m'aides pas !)
Bon après, XANA préfère quand même être aux commandes pour les trucs techniques comme séquestrer Laura, on ne peut pas se fier aux humains après tout, bravoure 3 c'est trop bas (la preuve Chris a loupé son test au chapitre d'avant, tel un Denethor pas en forme). Difficile à ce stade de savoir si il a eu l'idée tout seul de comment expliquer les choses à l'oncle ou si il a laissé Chris rédiger (éventuellement en relisant derrière, tout de même).

Le dé fait 6 ! Vous choisissez un point n'importe où dans le chapitre. Votre commentaire s'y déploie.

Je ne te surprendrai aucunement en te disant que j'ai beaucoup aimé ce retour du côté des testeurs de casque et de l'envers du décor de chez Tyron. Délai oblige, je ne me rappelle malheureusement pas si Lysandre avait déjà été un peu développé (ou même vu....) dans les précédents chapitres. En tout cas, ce focus accordé à son personnage était rafraîchissant. Comme je te le disais en privé, la thématique du masque constitue une de mes préférées en fiction, je la trouve extrêmement riche. Ici, le masque est tout aussi social que virtuel, preuve qu'il fait partie intégrante du personnage. Ses relations avec son entourage, du point de vue du lecteur, paraissent très vite fausses : il est systématiquement intéressé. Même quand Tyron le démonte et lui explique qu'il a merdé et tué une de ses camarades (Héros Mineur, pas de point de destin, c'est moche), il n'est contrit que très peu de temps. Très vite, il recommence à gratter des informations et le soir même, il est déjà remis et prêt à recommencer sans tenir compte des conséquences. Tu as créé un monstre.
(Toujours côté thématique, l'accoutumance à la virtualisation est trop peu traitée dans les récits de ce sous-forum et c'est un plaisir de la voir évoquée)

Côté intrigue, il est intéressant de constater que ces rêves ne sont visiblement pas l'exclusivité de Chris. XANA squattant les systèmes de Tyron (incroyable le passage dans le jargon local du terme "XANA"), il ne paraît pas déconnant de dire qu'il a pu passer par le casque pour infecter les testeurs. Compte-t-il se servir d'eux ou ne sont-ils qu'un back-up si par malheur Chris venait à lui faire défaut ? Affaire à suivre...
Les forces invisibles capables de buter du Ninja sont certainement attribuables à XANA, probablement un Chris à pleine vitesse ou une arnaque du genre (on sait que XANA aime tuner ses avatars). Si les Ninjas avaient la règle spéciale Volonté du Mal, ils pourraient charger les avatars invisibles sans jet de Bravoure, malheureusement ce n'est pas le cas...

Le dé fait 2 ! Votre adversaire choisit un point du texte : le rythme. Votre commentaire s'y déploie.

Mais j'y venais, du calme !
Les procédés narratifs sont vraiment efficaces dans ce chapitre. On temporise le délai de la trêve via une petite avancée temporelle tout en regardant l'autre camp pour l'alternance des points de vue, afin de revenir plus efficacement à l'instant où il recommence à se passer des choses en face. De même, l'ellipse pour raconter le fiasco de Lysandre par un dialogue est très dynamique. Dans l'ensemble, on avance mais le lecteur est "distrait" par les nouvelles informations distillées par ici, ce qui ne donne pas l'impression d'un chapitre vide qui servirait juste à faire tourner l'horloge.
Le point historique sur le Cortex est donc très appréciable, parce qu'après tout, CLE le présente comme très "neuf", et donc, on n'imagine pas qu'il y ait pu y avoir un quelconque passé. Pourtant, quand on regarde le récit qu'en fait Tyron, ça fait sens.

Je pense que c'est le moment de dire que les références au réfectoire ont été appréciées.

Le dé fait 3 ! Votre adversaire choisit...
-Point de Puissance ! Je fais ma conclu comme je veux oui ?!


Stupeur de fin de chapitre ! XANA a donc sacrifié son bonus d'armée pour une alliance jaune avec Mathilde ?!
...
...
Non, je ne vais pas épiloguer là-dessus. D'ailleurs il serait temps que j'aille manger. Et pour cela, pas d'autre solution : je déclare une Charge Héroïque !
  Sujet: [Fanfic] L'Engrenage [Terminée]  
Ikorih

Réponses: 126
Vus: 212895

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 17 Mar 2022 17:52   Sujet: [Fanfic] L'Engrenage [Terminée]
https://pbs.twimg.com/media/D4BNo25X4AA3TBZ.jpg


Suite à cette entrée en matière des plus imagées, sache que la hype est toujours (voire plus ?) présente à l'idée d'avoir enfin la fin de ta fic. Malheureusement, je n'ai pas tout relu en amont de ce commentaire, mais j'ai mis à contribution tes Previously on l'Engrenage pour me remémorer les grandes lignes.

Ce chapitre me semble être très bon pour tout de suite faire ré-accrocher (qui a dit raccrocher ?) les lecteurs à la fic en raison du tournant exécuté ici, à savoir le basculement volontaire de Chris côté XANA.
Techniquement parlant, tu n'es pas le premier à le faire, cf William de l'Echiquier, mais la comparaison s'arrête bien là. Chris semble notamment avoir abandonné toute conscience à XANA (le fameux "vide" qu'il désirait) ; le laisser conscience dans son corps sans qu'il puisse le contrôler me paraissant être... malvenu de la part du programme. Mr. Green
Si jamais ce n'était pas clair, j'adore l'idée et l'exécution. Voir un protagoniste choisir volontairement le camp de XANA est assez rare pour être souligné, mais le tien le fait en prime au terme d'une cascade d'évènements... qui s'étale depuis le début, en fait. ça ne m'avait pas sauté aux yeux, mais les Previously ont bien fait leur taf : l'un d'entre eux évoque des sautes d'humeur chez Chris avant même le chapitre 10, petite préparation pour son terrain psychique instable. Les cauchemars et autres contribuent également, bien sûr, mais les sautes d'humeur sont plus rarement utilisées je trouve, bien que tout autant crédibles. Un autre mentionne que Chris kiffe son avatar pour le côté paisible du vol notamment. Ce souhait de tranquillité retrouve davantage d'écho avec ce chapitre, qui permet à ton personnage principal d'avoir la paix ET de pouvoir potentiellement nuire à Tyron (car après tout, XANA n'a besoin que de la machine). Si je faisais mon Silius, je pourrais pousser jusqu'à dire que cette ultime décision d'abandonner sa conscience à XANA pour fuir tout ce qui le tourmente s'apparente à une métaphore du suicide.
Et finalement en lisant tout ça et en reprenant les résumés, le titre de la fiction a pris tout naturellement son sens, puisqu'elle n'est qu'un engrenage d'évènements dans lequel Chris se retrouve pris, sans jamais réussir à être acteur (embarqué par coïncidence dans le programme de Tyron, peine à s'en défaire, finit chez les LG qui le baladent un peu pareil...etc.). Ironique, pour un protagoniste, n'est-ce pas ?

Pour finir rapidement sur Chris, on a une clarification sur les circonstances de ses brûlures, impliquant clairement son oncle. Je crois que ça avait déjà été teasé dans la fic précédemment, en tout cas je n'ai pas été surprise. Leurs relations sont toujours très ambivalentes depuis le début mais je m'étonne que Chris parvienne à voir du positif chez lui. J'aurais du mal à me mettre à sa place mais "c'était avec ce genre d'attention que mon tuteur m'apparaissait comme cool" fait bizarre comme description d'un mec qui lui a ébouillanté le dos. A l'inverse, l'oncle se montre effectivement très complaisant et va même jusqu'à donner des conseils pertinents en disant à Chris de ne pas jouer au héros, conseils qui me semblent avoir comme but premier sa sécurité. C'est paradoxal parce que ce n'est pas l'attitude qu'on attendrait vu leur passif, décrire de bonnes intentions chez quelqu'un qui a été maltraitant est un choix bien plus difficile à exécuter que juste le dépeindre comme un connard. Personnellement, je ne sais pas trop comment considérer le personnage et j'imagine que cette confusion est voulue. En tout cas, elle est bien menée.

La façon de décrire les scènes ayant eu lieu avant le RVLP était plutôt maligne, le rêve et l'enregistrement vidéo permettent d'éviter une redondance au niveau du procédé donc bien vu. La trêve demandée par XANA devait probablement servir à finir de ramener Chris dans son giron pour le combat final. Aussi, ça m'a fait plaisir de revoir Pück. Avec le recul des années, je me rends compte que si je l'apprécie autant comparativement à son importance dans la fic, c'est surtout parce que c'est un perso que j'aurais pu écrire. Mystère résolu.
Le reste du chapitre est un peu plus chill et m'inspire moins, même si je me dois de saluer le FAIBLESSE, la ref à Joey Burrel (incroyablement placée), le taunt au vrai Mutinerie et le match de foot, qui est décidément devenu autant un cliché que la nouvelle dans la chambre d'Aelita.
L'échange de Laura avec William m'a bien plu à lire aussi, bon moyen de clarifier les facultés de son avatar tout en ancrant mieux le personnage dans le groupe. C'est avec ce genre de discussion qu'elle fait plus humaine que dans la version CLE, tout à fait en continuité avec le développement update des paramètres sociaux que tu fais avec depuis quelques temps (enfin je crois. Mais comme tu le mentionnes comme un changement longue durée quand elle visite Chris, je suis à peu près sûre de mon coup).
Le choix de l'avatar utilitaire pour Laura se tient, même s'il rappelle celui proposé par Icer. Pas de bol si tu l'avais imaginé avant, il a posté le premier Razz
D'ailleurs, avoir ces refs meta dans le chapitre de reprise donne un petit côté nostalgie au truc. En tout cas, j'ai beaucoup apprécié la lecture et j'attends la fin avec une impatience toute renouvelée Mr. Green
  Sujet: [Fanfic] L'Électrum [Terminée]  
Ikorih

Réponses: 19
Vus: 26773

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 08 Fév 2022 21:05   Sujet: [Fanfic] L'Électrum [Terminée]
https://i.imgur.com/xcA7rwN.png
"Un droïde sonde a repéré une fanfic dans le secteur 5"


C'est pas bien grave, Zéphyr va tout dire, inutile de me presser, si je relançais une partie d'Heroes of the Storm...
...
AH c'est moi qu'on attend, donc ?
...
Y a vraiment des gens qui créent un compte juste pour poster leur fanfic écrite en collaboration ?


Bon, réglons ça.
On arrive en univers connu avec : le style de Zéphyr que ça fait du bien de relire parce que ça commence à faire longtemps (tacle à l'Engrenage placé dans les cinq premières minutes!), le post saison 4, la recherche de la mère d'Aelita, la mention du foot, le style d'Icer qui cherche à bluewasher toute la section fanfic (sous couvert de faire des collabs avec ses collègues, ben tiens) et le projet Carthage. Allez quoi, une fanfic où Aelita cherche sa mère avec Jérémie, ça vous rappelle rien ?
Plus sérieusement, je pense que ce parallèle des plus chimériques va très vite s'arrêter, déjà parce que la back-story semble destinée à avoir un vrai rôle dans ce récit, et ensuite parce que les thèmes visés n'ont sans doute rien à voir. En fait, je gratte juste des lignes.

Je pense que jusqu'ici on vous retrouve tous les deux dans vos zones de confort. Zéphyr pose l'ambiance, et le choix du déplacement à Lyon (ville certainement choisie au hasard) permet de s'extraire des décors habituels de Code Lyoko. J'avais moi-même tenté le coup pour mes séquences préférées du merdier qu'était devenu Ground Blizzard, c'est dire si je trouve le procédé efficace. En tout cas, il permet de marquer d'entrée de jeu la différence avec les autres récits dans la tête du lecteur, juste par ce cadre. Je me doute que ce n'est qu'un passage d'une fois, la veuve semblant avoir tout craché et vos buts étant ailleurs, mais c'est déjà suffisant. A titre personnel, je regrette que le titre du chapitre n'ait pas justifié une apparition du musée des Confluences, mais eh, je chipote.
Je choisis également de mettre en relief l'utilisation pertinente de l'expression "retour vers le passé" (j'irais même jusqu'à dire que "quitter le territoire" prend un sens tout à fait particulier avec FH mais je suis moins sûre que celle-là était totalement voulue).

Citation:
Aelita était finalement une personne comme une autre

Outre ce subtil tacle derrière les genoux qui ne m'étonne guère venant de Zéphyr, serait-ce le premier signe d'un délitement du Jérémie/Aelita dont vous n'avez jamais été très coutumiers ? Surprised
(Ok j'avais dit que j'arrêtais les parallèles avec Chacun sa Chimère mais bordel le contexte m'aide. A part pour le troll j'y crois assez peu étant donné que la recherche d'informations sur Carthage et les parents d'Aelita est une quête dans laquelle ils ne s'embarqueraient probablement que de front)

Pour finir rapidement sur les personnages (que je n'avais même pas abordés officiellement !), l'éparpillement du groupe des LG pour deux mois semble indiquer que Jérémie et Aelita sont partis pour se lancer tout seuls là-dedans. Seulement voilà, supporteriez-vous de n'avoir qu'Aelita seule pour toute les séquences virtuelles ? Razz


Pour en venir au coeur du scénario, aka Carthage et compagnie (que j'engloberai dans la partie Icer à moitié arbitrairement), les explications données par la veuve me semblent pas mal et servent surtout à mon avis de point de départ pour lancer la suite. J'ai particulièrement aimé la justification du décalage entre le 6 et le 7 juin, parce que oui c'est complètement con que FH soit surpris après des centaines de jours identiques. Le taunt sur la blouse de la photo est salué par la personne en blouse que je suis.
Lancer la suite, disions-nous, car les en-têtes renvoient indéniablement vers le réseau, ce qui me semble corroboré par votre description d'intro qui oriente vers un aspect original et peu exploité de la S4. Le réseau me semble coller à cette description . Evidemment, vous êtes assez salauds pour que les coordonnées indiquées dans ces mêmes en-têtes correspondent à quelque chose (un nouveau monde virtuel ou vous saturez de les créer ? Razz), mais j'ai grave la flemme de me pencher là-dessus. On verra bien.


Je pense avoir suffisamment écrit pour légitimer ce post, dont (vous l'aurez compris) le seul vrai but était de rajouter une image de Crosshair sur le forum. Puisqu'il est trop tard pour vous faire remarquer que Boréas n'est pas dans Pokémon Or et Argent, je n'ai plus qu'à souhaiter que cette fanfic ne devienne pas... Boring Af Cool
  Sujet: [Fanfic] Chacun sa chimère [Terminée]  
Ikorih

Réponses: 10
Vus: 24477

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Sam 01 Jan 2022 13:47   Sujet: [Fanfic] Chacun sa chimère [Terminée]
https://i.imgur.com/WwXOQC1.png




J – 14

William Dunbar s’était dirigé vers le parc de Sceaux, un livre de poésie à la main. Il n’était pas capable de dire duquel il s’agissait sans prendre le temps de pencher les yeux dessus, car l’essentiel était ailleurs... En fait, il empruntait avec un peu de décalage le même itinéraire que Laura Gauthier. Une chose plutôt logique, puisqu’il la suivait discrètement.
Après l’abordage scabreux des autres ex-Lyoko-guerriers en fin de semaine dernière, l’adolescent avait eu l’occasion de passer un moment avec Laura samedi après-midi, profitant d’un redoux bienvenu qui, peut-être, commençait déjà à annoncer le printemps. Ils étaient allés au cinéma, séquence un peu cliché mais après tout, c’était souvent dans les vieux pots qu’on faisait les meilleures soupes. Mais il avait senti que la belle blonde était ailleurs, sans qu’elle ne dévoile rien. Le what if du garçon ne pouvait se faire que plus prégnant : et si Odd et Ulrich ne s’étaient pas foutus de sa gueule ? Et si Laura jouait double jeu ? Et si, et si...
Du coup, il s’était dit que le mieux était finalement d’adopter une tactique basique dont Aelita était apparemment déjà coutumière : la filature. Ce plan, disons ce plan A, était bien sûr, comme tout bon film, accompagné d’un plan B, d’où la présence du livre – ah, il avait pris du Ronsard, il avait vraiment été peu regardant. C’était lundi, et Laura lui avait dit qu’elle avait quelque chose à faire à l’extérieur sans lui préciser quoi. Alors il avait décidé d’avoir le cœur net sur cette histoire de Jérémie.
Sa copine avait longuement marché, faisant le tour du Grand Canal avant de se poser contre un arbre, sans même s'asseoir, à proximité du bassin de l’Octogone. La luminosité en baisse rapide et la nécessité pour William de ne pas s’approcher de trop près pour éviter de se faire gauler empêchait le lycéen d’en être certain, mais la fille avait l’air très préoccupée. En tout cas, il n’y avait pas trace d’un autre garçon, c’était déjà ça. Elle n’attendait personne, son itinéraire était plutôt celui d’une personne souhaitant rester seule, et ayant besoin d’air.
Il décida de la laisser là, se rapprochant lui-même d’un banc en retournant du côté du Kiosque du Château ; il avait de fait lui-même un peu trottiné, mais avait surtout besoin de se poser pour réfléchir et essayer de comprendre, essayer de la comprendre. En admettant que sa théorie soit la bonne, à savoir, que Laura avait des soucis, pourquoi ne lui disait-elle rien ? Certes, depuis le temps, le principe de leur couple sur le respect du jardin secret avait été une règle tacite plutôt solide, qui permettait d’ailleurs côté William de ne rien avoir à déballer sur son passé de X.A.N.Aguerrier, entre autres, ainsi que sur certains comportements débiles qu’il avait pu avoir pour draguer de précédentes filles, dont Yumi. Mais, s’il avait vraiment eu un objet de préoccupation tel que ce dernier le poussait à se mettre à marcher au parc un lundi soir en hiver, alors il en aurait certainement parlé à Laura. Sauf bien sûr si cela concernait le secret. Mais Laura, intégrée puis expulsée de la bande des Lyoko-guerriers, ne pouvait pas avoir ce type d’excuse... Définitivement, il ne comprenait pas ce qu’il se passait. Avait-il fait une erreur avec elle ? Sans qu’il y ait besoin de sortir un Jérémie du chapeau, regrettait-elle finalement leur relation ? Pire, est-ce qu...
- Hey. Tu fais quoi ?
William, fesses vissées sur un banc, tête basse et repliée entre les épaules, n’avait pas besoin de relever le regard pour comprendre que Laura venait de l’aborder. C’était le moment pour le plan B d’entrer en action.
- Tiens, Laura, ça va ? Comme tu le vois, je lis un recueil de poésie.
Elle pencha la tête.
- Hm, Les Hymnes, je pensais que ce n’était pas ton style.
Merde, elle aussi elle s’en était rendue compte alors. Il fallait allumer un contre-feu.
- C’est vrai, mais il faut aussi savoir étudier l’ennemi pour progresser.
La réponse trahissait peut-être un peu trop l’état d’esprit du jeune homme. Mais Laura avait vraisemblablement ses propres préoccupations, et elle ne releva pas. D’ailleurs, elle n’ajouta rien, alors c’est le garçon qui se sentit obligé de relancer :
- Du coup, tout baigne ?
Elle s’assit à côté de lui sur le banc avant de répondre, prenant apparemment soigneusement garde à ne pas toucher sa main droite avec la sienne, celle de l’autre droite bien sûr, donc la gauche.
- Oui ça va. Désolée pour ce soir, j’avais besoin d’être seule. Je m’interroge beaucoup en ce moment.
Dunbar, qui se targuait d’avoir l’expérience du milieu féminin, vit immédiatement venir le danger :
- Tu t’interroges... sur nous ?
Elle tourna la tête, louchant presque sur lui.
- Des choses autrement plus importantes, commenta-t-elle.
C’était aigre-doux. D’un côté rassurant, de l’autre pas du tout. Dunbar, qui désormais ne se targuerait plus jamais d’avoir de l’expérience du milieu féminin, préféra jouer la prudence :
- D’ac j’ai saisi. Je vais rentrer à Kadic, grâce à moi tu as un banc pour toi toute seule, afin de pouvoir continuer à... réfléchir.
Il se sentit empêché physiquement de mener à bien cette retraite stratégique – une fuite aurait dit Odd s’il avait été là. Cette fois, la main de la fille touchait bien la sienne, plutôt bien même puisqu’elle s’en servait pour le retenir.
- Un instant. Depuis qu’on se parle, y-a-t’il des sujets que tu as envie d’évoquer avec moi que tu n’as pas encore eu le temps d’aborder ?
Son expression indéchiffrable, habituelle, n’aidait pas à anticiper la bonne réponse. Ainsi, William préféra être honnête et prendre le temps de sincèrement y réfléchir. Mais il ne voyait pas quoi. Certes, il n’avait pas parlé à Laura de tout ce qui s’était passé avec Lyoko mais c’était parfaitement normal, car d’une part elle ne se souvenait de rien et d’autre part, William voulait justement profiter de cette relation hors Lyoko-groupe pour être certain que jamais ce genre de sujet ne serait abordé.
- Non Laura, je ne vois pas, conclut-il après quelques secondes.
- D’accord, accusa-t-elle en lui lâchant la main. À plus tard.
L’étrangeté de l’attitude de Laura ce soir-là n’avait laissé qu’une seule certitude à William une fois revenu au bahut, de plus en plus évidente à mesure qu’il y repensait : il n’avait pas répondu correctement à la question.

https://i.imgur.com/eVgwitq.png


J – 5

Ils ne s’étaient plus parlés depuis ce soir-là. Celui où Jérémie avait rompu le scellé de cire du secret, ouvert la boîte de Pandore, déterré tous les démons qu’ils s’étaient efforcés de laisser derrière eux. Lui le premier. Plus il y repensait, plus il se disait que ce n’était pas logique. Il s’était arraché à Aelita précisément parce qu’elle refusait de s’arracher à ce morceau de leur vie. Alors pourquoi s’était-il senti subitement coupable vis-à-vis de Laura ? Pourquoi avait-il tout déballé à ce monstre de curiosité ?
Et ils ne s’étaient plus parlés depuis ce soir-là. Des coups d’œil en classe, un bonjour dans le couloir, rien qui aie vraiment de valeur. Assis sur son lit, il ne lisait pas le livre que sa veilleuse éclairait. Les lignes coulaient sous ses yeux, insaisissables. Son esprit, lui, était ailleurs. Il repensait aux échanges qu’il avait eus avec Laura, avant les vacances. Elle était venue le trouver pour des informations sur Tyron. C’était ça, le nœud du problème. Il lui avait donné exactement ce qu’elle voulait, était-ce si surprenant qu’elle se désintéresse de lui ?
Son téléphone, posé sur la table de chevet, afficha un message. C’était rare, maintenant que les alertes X.A.N.A étaient terminées. En fait, ces temps-ci, il n’échangeait vraiment qu’avec...
C’était Laura.
« Je peux passer te voir ? »
Plus rien n’allait dans l’ordre du monde depuis ce rendez-vous nocturne. En tout cas, dans l’ordre du monde de Kadic. Car pour ce qui était du rôle de la nuit dans la vie de Jérémie Belpois... Elle avait largement fait sa part. Ce qui l’inquiétait, d’ailleurs, c’était qu’elle commençait à reprendre cet ancien rôle. D’abord une sortie à l’Usine au mépris du couvre-feu, maintenant une réunion clandestine dans sa chambre... Tout ceci n’était que trop familier, et quelque chose en Jérémie montrait les crocs face à ce retour vers le passé.
Mais il avait accepté quand même. Cinq minutes plus tard, Laura toquait discrètement à la porte avant de se faufiler dans la pièce. Il n’y eut pas d’embrassade, aucun des gestes qu’on aurait pu attendre de deux adolescents seuls dans la même chambre. Le regard de la jeune fille brillait, mais uniquement de cet enthousiasme intellectuel qui la caractérisait tellement.
- J’ai beaucoup pensé à ce que tu m’as dit l’autre soir, commença-t-elle. C’est... c’est dingue. J’ai encore du mal à réaliser, j’ai eu besoin de temps pour faire le tri, désolée de ne pas être revenue vers toi plus tôt.
Elle enchaînait les mots avec le débit d’une mitraillette, témoignage de son intense intérêt pour ce que Jérémie lui avait montré. Son intelligence rayonnait à travers elle, la rendant plus belle encore aux yeux du blondinet.
- Ce n’est rien, sourit-il. Content que ça te plaise.
Laura inspira pour essayer de se calmer, puis reprit sur un ton plus calme :
- Je pense que c’est faisable.
- Faisable ? De quoi ? questionna le génie, subitement perdu.
- Détruire X.A.N.A, bien sûr ! On ne peut pas laisser la situation en plan comme ça, Tyron va forcément finir par rallumer son Supercalculateur et il pourra de nouveau infecter le réseau. À nous deux, on peut facilement l’en empêcher.
Le visage de Jérémie se ferma. Alors il n’avait pas rêvé : expulsé par la porte, le fantôme de Lyoko revenait dans sa vie par la fenêtre. S’était-il vraiment séparé d’Aelita pour en arriver là aussi rapidement ?
- Laura, je...
- Ça résoudrait tout ! Le monde serait sauvé, tu pourrais vivre sans avoir à craindre le retour de X.A.N.A, et William pourrait aussi tourner la page pour de bon ! Vous ne vous rendez pas compte de la part que ce truc a pris dans vos vies, il faut que ça s’arrête définitivement, insista-t-elle, le regard planté dans le sien.
Jérémie se renfrogna encore, moins réceptif à sa voix qu’il ne l’avait été.
- Exactement, il faut que ça s’arrête. C’est à peu près ce que j’ai dit à Aelita, quand elle a continué à vouloir chercher une mère de qui on n’avait aucune trace.
- Réfléchis, ça n’a rien à voir, protesta-t-elle. On a les armes et les compétences pour détruire X.A.N.A, ce n’est pas comme si on poursuivait une chimère.
- J’ai passé des mois et des mois à me battre contre X.A.N.A, Laura, coupa-t-il froidement. Des mois vains. Je ne veux pas doubler la mise. Tu ne peux pas juste débarquer et penser que tout va se régler en claquant des doigts, ce n’est pas si simple.
C’était pourtant ce qu’elle avait cru en découvrant le Supercalculateur la première fois. Pouvait-il s’attendre à ce qu’elle réagisse différemment la deuxième ? Sans doute pas. Sans doute avait-il été... imprudent.
- Parce que tu penses que tout va se régler en ne claquant pas des doigts, c’est ça ? ironisa-t-elle sèchement. Combien de temps tu t’imagines pouvoir dormir tranquille avant de commencer à questionner la moindre défaillance, le moindre bug, en t’imaginant l’ombre de X.A.N.A partout ? Tu le sais, il finira par faire du mal à d’autres personnes. Peut-être qu’il y aura des morts, ou un nouveau William, pourquoi pas ? Pourquoi tu te satisfais de laisser la situation en l’état alors que tu sais parfaitement que c’est instable ?
- C’est l’état le plus stable dans lequel elle ait été depuis des années, répliqua Jérémie en croisant les bras. C’est largement suffisant pour moi. Je te le dis, j’ai fait ma part et je ne veux plus en entendre parler.
- Pourtant, c’est toi qui m’as tout raconté.
Jérémie pinça les lèvres, frustré de la contradiction qu’elle trouvait à sa logique. Il n’avait pas de moyen de combler cette faille. Parler du Supercalculateur à Laura avait été une erreur, il n’en revenait pas de l’avoir commise. Le spectre d’Aelita revenait planer à ses côtés, plein de reproches et d’attentes déçues.
Il refusait de vivre ça une seconde fois.
- Je l’ai fait parce que ça me semblait mal de continuer à te cacher la vérité, oui. Je l’ai fait parce que ça a été un morceau de ta vie aussi, bien que bref. Je l’ai fait pour toi. Maintenant, je voudrais que tu respectes ma décision de fermer ce chapitre de ma vie. Mon futur, il est devant moi, conclut-il en la fixant.
Elle lui rendit son regard. Il eut l’impression qu’elle l’étudiait comme elle l’aurait fait pour une bête curieuse, un élément de l’univers qui échappait à son entendement. Ça ne dura qu’une fraction de seconde avant qu’elle ne recompose son sourire le plus classique et conclue :
- J’espère que tu changeras d’avis, mais je ne vais pas te déranger plus longtemps. Bonne nuit, Jérémie.
Elle repartit en lui laissant le drôle de sentiment d’un échec, alors qu’il avait pourtant tenu fermement la position qu’il s’était fixée. Qu’avait-il raté ?

https://i.imgur.com/eVgwitq.png


J – 3

Depuis que William avait croisé « fortuitement » Laura dans le parc il y avait quelques jours, il n’avait pas osé lui réadresser la parole, se disant que lorsqu’elle serait prête à s’expliquer, elle le ferait. Oui mais voilà, il avait surtout croisé Laura fortuitement – pour de vrai cette fois, promis – 48 heures plus tôt en rentrant de quelques passes de basket avec des mecs de sa classe. Enfin, croisée, il l’avait surtout aperçue de loin dans le couloir des garçons, en train de se rendre dans la chambre de... Jérémie. Il commençait même à se demander si la séquence n’avait pas été savamment calculée pour qu’il s’en aperçoive, espérant vivement en son for intérieur que, comme lui, la blonde ne s’apprêtait pas à faire quelques passes avec des garçons, un en particulier.
Mais il ne se sentait pas de faire parler Laura dans la situation actuelle. Discrète sans pour autant être fuyante et sûre d’elle-même sans pour autant être arrogante, elle allait être difficile à travailler, d’autant que Dunbar ne voyait pas en quoi une conversation musclée avec celle qu’il continuait de considérer comme sa petite amie allait arranger les choses. La scène qu’il venait d’observer avait toutefois l’avantage de lui offrir un plan B sur un plateau d’argent : Jérémie Belpois. Fuyant sans être discret, et parfois arrogant sans être sûr de lui, il constituait le maillon faible idéal de cette mascarade pour cette fameuse conversation musclée d’autant plus avantageuse pour l’aîné que le cadet n’avait jamais été connu pour travailler autre chose que son cerveau sur le plan physique.
Ce pourquoi, dès le lendemain, alors que la semaine touchait à sa fin, il décida d’aller s’expliquer avec le blondinet. Le contexte était idéal : l’une des dernières informations en sa possession sur Laura, c’était que celle-ci devait s'éclipser dès la fin des cours de ce vendredi pour filer en week-end chez son père. Il savait donc qu’elle ne risquait pas d’assister à la confrontation, et donc de la compromettre, pour d’évidentes raisons. Il était de surcroît plus facile d’intercepter l’oiseau depuis qu’il n’était plus collé à Aelita. Comme il s’en doutait, Ulrich avait vite quitté le groupe à la sortie de classe, certainement dans le but de retrouver Yumi... il s’avéra de surcroît que Della Robbia était du côté Aelita aujourd’hui – William se demandait si le Don Juan voulait profiter de la situation pour ajouter sa fausse cousine au tableau de chasse...
Belpois donc, élément isolé rapidement remonté vers les dortoirs, entendit bientôt toquer à la porte de sa chambre. Il ne pouvait soupçonner son visiteur.
- Entrez.
Dunbar ne se fit pas prier.
- Yo.
Constatant sans doute que la voix n’était pas l’une de celles qui venaient habituellement lui rendre visite, l’intellectuel se retourna.
- Tiens, William, kess tu veux ?
- Eh bien, je pense qu’on a deux-trois petites choses à éclaircir tous les deux.
- Ton look ?
Il faisait le malin. William ne l’avait pas toujours connu comme ça. Dans le fond, cela l’énervait encore plus.
- Ta gueule. Ta réponse montre que tu sais très bien pourquoi je suis là.
- Comme si gérer Laura n’était pas déjà compliqué... soupira le binoclard.
Ce type de sous-entendu était insupportable pour William qui glissait progressivement de l’idée de s’expliquer verbalement à celle de s’expliquer physiquement. Dans un éclair de lucidité, il articula néanmoins :
- Qu... qu’est-ce que tu as dit sur Laura ?
Cette fois, la réponse de l’intellectuel, qui s’était relevé de sa chaise de bureau, ne fusa pas du tac au tac, comme les précédentes. Il soutint brièvement le regard de William avant de se remettre à utiliser ses cordes vocales :
- Eh bien, qu’elle était compliquée à gérer. Mais tu sais, c’est souvent comme ça les relations entre deux personnes intelligentes et cultivées.
Cette fois, la provocation était franche, sincère, directe, et non cachée derrière le paravent de l'ambiguïté. Bien entendu, le plus âgé ne pouvait que tomber dedans : d’un naturel émotif depuis son retour de période X.A.N.Aguerrier, Dunbar était depuis plusieurs jours bien inquiet et stressé par le comportement de Laura, qui rejaillissait déjà sur son sommeil, moins linéaire et donc, reposant. L’attitude de Jérémie avait fini de le pousser à bout et c’est pourquoi William décida en retour de le pousser au bout de la pièce, de façon à coincer les fesses de Jérémie contre le plan de travail, le reste de l’espace lui étant interdit par la présence physique toute proche de Dunbar.
- Tu oserais répéter ça ?
- Odd !! hurla soudain le blondinet, comprenant que la situation allait mal tourner pour lui.
L’appel sonore ne dura pas longtemps, puisque William, comprenant ses intentions, lui colla une bonne baffe pour le faire taire. Jérémie ne bascula pas, ce qui n’était pas un problème pour son agresseur qui put ainsi continuer de s’occuper de lui, la suite du menu consistant à lui servir un coup de genou dans l’estomac, avant d’attraper sa tête baissée par l’action précédente et de le projeter contre son armoire. Dans un grand vacarme, l’une des boîtes en carton rangées au-dessus du meuble fut projetée en avant et tomba sur le dos de Belpois. Celui-ci gémissait désormais au sol. Il ne se relevait pas.
- Ne t’approche plus de Laura, fit Dunbar en lui donnant un dernier coup de pied dans le flanc pour le principe autant que le style en repassant dans le sens inverse pour se diriger vers la sortie.
La porte étant toujours ouverte, le lycéen vit un des élèves de sa classe, Rémi, jeter un coup d'œil pour savoir ce qu’il se passait, certainement attiré par le bruit. En voyant la scène, l’adolescent eut un hoquet de frayeur et se dépêcha de prendre la tangente dans le sens inverse.
- Elle... elle ne t’appartient pas, fit Jérémie.
William se retourna. Belpois était toujours au sol, face contre terre. Et il osait pourtant continuer à répliquer !? Attrapant l’oiseau par le col de sa chemise, il le redressa de façon violente avant de le plaquer à nouveau contre l’armoire – décidément bien pratique – et de changer ensuite de point d’accroche, afin de le maintenir à quelques centimètres au-dessus du sol.
- J’ai dû mal entendre... commenta William.
Belpois ne répondait pas. Dans cette position, il essayait déjà juste de respirer normalement. Du moins était-ce ce que pensait William, avant que Jérémie, avec une vivacité insoupçonnable, n’utilise soudain son bras gauche pour coller un poing dans le bide de son adversaire qui était à portée, ce qui lui fit lâcher sa proie. Pas longtemps. Alors que Jérémie essayait déjà de s’enfuir vers la porte, William le rattrapa, à nouveau par derrière et par le col de la chemise – décidément bien pratique également – pour le projeter une nouvelle fois en direction du bureau. En l’espèce, Jérémie se rattrapa au dossier de la chaise.
- Putain !
Odd venait de débarquer, même s’il était dos à l’entrée, Dunbar l’avait évidemment reconnu à la voix... En voyant la différence d’état entre Jérémie et William, il comprit rapidement qui était en train de massacrer qui.
- William, arrête ça t’es con !
- Ça ne regarde que lui et moi, informa l’agresseur sans se retourner.
- Je ne te laisserai pas démolir mon pote !
- Hum, je suis pas sûr que tu puisses y faire grand-chose, ricana le ténébreux.
Il n’avait pas fondamentalement tort. Della Robbia n’avait visiblement toujours pas commencé sa puberté, pire, il donnait presque l’impression d’avoir perdu des centimètres ces derniers mois, ce qui était quand même un comble.
- Ça va t’apporter quoi de le démonter, concrètement ?
- Dans l’immédiat, ça défoule...
Jérémie n’osait apparemment plus bouger. Sa chemise, qui avait craqué à force d’être malmenée, était fichue, et il avait pris un sacré choc sur la tête qui l’amènerait certainement à avoir une jolie bosse dans peu de temps. La claque initiale lui avait aussi fendu une lèvre. Pourtant, William n’arrivait pas à voir de peur dans ses yeux. Il était éteint, mais pas désespéré. Pourquoi ? Pourquoi !?
- DUNBAR ! hurla alors la voix de Jim alors que l’appelé se dirigeait de nouveau vers Jérémie dans l’idée d’effacer le petit sourire qui venait d’apparaître sur son visage – il comprenait pourquoi maintenant.
Le surveillant en chef – faute d’autres surveillants plus que pour ses compétences de chef – déboula dans la chambre, examina rapidement Jérémie qui lui expliqua que Dunbar était venu l’agresser. William réalisa soudain qu’il était cuit : outre le fait qu’ils soient dans la chambre de Belpois, facteur favorable à ce dernier, lui n’avait pas une égratignure, alors que, pour le coup, il avait plutôt bien démoli le portrait à Jérémie. Le contexte était bien différent par rapport à la bonne vieille époque des chamailleries avec Ulrich. De fait, et après s’être assuré que Jérémie allait (à peu près) bien, Jim ordonna au rebelle de le suivre immédiatement chez le proviseur qui par chance – ça dépendait du point de vue – n’était pas encore parti en week-end.
William ne faisait pas le fier en commençant à le suivre dans le couloir, laissant Odd s’occuper plus longuement de Jérémie ; la rage immédiate retombée, il savait qu’il n’avait rien fait avancer en s’en prenant ainsi à l’intellectuel. Il n’avait, bien entendu, aucune réponse en plus sur Laura, car Belpois aurait été capable de le provoquer juste pour le plaisir – un plaisir douloureux, avait-il des déviances inavouables ? – et du coup, la séquence ne voulait en rien dire que Laura était en train de vivre une idylle avec lui.
Plus largement, quel sens donner à toute cette histoire ? William n’en voyait aucun. Laura et lui s’étaient rapprochés de façon plutôt logique et sur un passif clair : les deux âmes en peine brisées par leurs aventures avec les Lyoko-guerriers, rejetées, en partie trahies, et même si Gauthier n’en avait pas de souvenir, cela suffisait.
À partir de là, pourquoi Laura avait-elle voulu prendre un chemin divergent si rapidement ? Même en incluant Jérémie dans l’équation, avec la suppression des souvenirs de la période Lyoko-guerrière à mi-temps de Gauthier, il ne restait que la rivalité en classe, ce n’était pas logique. Bien sûr, William n’avait pas manqué de remarquer que le courant passait bien entre eux deux lorsqu’il avait fallu travailler sur un antivirus à l’époque, et c’était d’ailleurs ce qui irritait déjà profondément Aelita et... oh non.
William venait de réaliser. Aelita n’était plus là. Enfin si, elle était toujours là, mais Jérémie et elle s’étaient disputés, et depuis c’était la guerre froide. Une guerre que Belpois ne semblait pas mal vivre, bien au contraire. Avait-il profité de l’occasion pour retourner auprès de Laura, voire lui avouer ce qui s’était passé et, d’une façon qui échappait à Dunbar, réussi à obtenir le pardon de la belle blonde ? Non, ça semblait trop gros, et pourtant... pourtant on en était là.
Finalement, il avait bien fait d’exploser la gueule à Jérémie, car c’était visiblement la seule chose qui semblait encore demeurer de son ressort dans ce sac de nœuds.

https://i.imgur.com/eVgwitq.png


J – 3

- Désolé, j’ai pas pu faire grand-chose... s’excusa Odd. Heureusement que Jim est arrivé grâce à Rémi.
- Je t’avais surtout appelé pour attirer l’attention sur la scène, commenta l’autre blondinet en vérifiant que ses lunettes n’étaient pas tordues. Merci quand même d’être venu.
- Dis, euh... Comment ça se fait que tu lui aies piqué sa meuf ?
La curiosité de Della Robbia l’emportait régulièrement sur sa décence et son tact. C’était bien pour cela qu’il arrivait à se permettre de poser cette question après la scène qui venait d’avoir lieu. Jérémie le gratifia d’un regard désabusé. Il se croyait vraiment tout permis. Lui et Laura se ressemblaient tellement, il était naturel qu’elle soit plus à l’aise avec lui. Ce n’était pas une question de vol et d’ailleurs, Jérémie n’était même pas à l’origine de cette évolution.
- Je ne l’ai pas « piquée », c’est elle qui m’est tombée dans les bras, corrigea-t-il d’un ton professoral.
- Toi, Einstein, les meufs te tombent dans les bras ? se permit d’ironiser son camarade. Quoique... ouais, c’est Laura, c’est vrai. M’enfin quand même.
- Si tu as quelque chose à me reprocher, Odd, fais-le clairement, répliqua Jérémie avec l’impact d’une lame de fond.
- On est potes Jérémie, j’approuverai jamais que tu te fasses péter la gueule, éluda l’excentrique. Bref, tu veux que je t’emmène à l’infirmerie ? T’as sans doute besoin de mettre de la glace sur... euh... tout ça.
Même l’intelligence sociale engourdie de Belpois parvint à sentir qu’il s’agissait d’une tentative de s’extraire de la discussion. Les considérations éthiques mises en jeu dépassaient manifestement Odd et il s’effaçait derrière le flou des politesses pour ne pas trop le montrer. Il était temps de le libérer de ce fardeau.
- Non, ça ira. Laisse-moi, s’il te plaît.
Odd l’examina quelques secondes, en proie à un doute dont il était difficile de saisir l’origine.
- T’es sûr ? Écoute, je me sens un peu coupable vu que... enfin laisse tomber, coupa-t-il précipitamment avant de se diriger vers la porte.
- Vu que quoi ? releva Jérémie, qui flairait un des accès de lâcheté coutumiers d’Odd.
Son ami pianota nerveusement sur la poignée mais avoua :
- C’est moi qui ai dit à William que tu traînais avec sa copine.
- Dehors, ordonna simplement l’intellectuel, la voix empreinte d’une colère froide.
Jérémie s’était donc retrouvé seul. Il pressait un mouchoir contre ses narines, étrangement calme et silencieux au milieu du chaos qu’était devenu sa chambre. Il aurait dû aller à l’infirmerie, ou plutôt s’y traîner en clopinant, mais il restait assis sur son lit sans bouger, comme s’il avait besoin de traiter le surplus d’informations sensorielles et émotionnelles qu’il avait reçu.
Puis il sortit son téléphone portable et composa un SMS à Laura. Il n’aurait su dire si c’était pour discréditer définitivement son rival ou pour obtenir du réconfort. Aucune réponse ne vint et il passa les minutes suivantes à s’interroger. Avait-il froissé la jeune fille, le soir où il avait refusé de reprendre la lutte contre X.A.N.A ? À ce point ?
Peut-être était-elle déjà repartie avec son père.
La porte s’ouvrit, et elle fut là, sur le seuil. Il la regarda comme s’il n’était pas encore pleinement convaincu de son existence. Elle le fixa lui, puis les lieux, puis lui à nouveau et son état déplorable. Elle parut réfléchir longtemps, sans ouvrir la bouche. Se sentait-elle responsable de ce qui lui était arrivé ? Après tout, c’était le double jeu qu’elle avait mené qui avait abouti à ce résultat...
- Non, tu ne rêves pas, lança Jérémie d’un air incisif.
Il en avait subitement eu assez d’attendre qu’elle parle. Cette bouffée d’agacement le surprit lui-même et il s’efforça de se reprendre. S’être fait refaire le portrait n’était pas une raison pour se mettre à penser avec ses émotions.
- Je ne pensais pas que ça en arriverait là, avoua-t-elle sans soutenir son regard.
- C’était pourtant à prévoir, avec quelqu’un comme William.
Cette phrase voulait tout dire. Le côté instable du personnage, sa façon de prendre les choses trop à cœur et de manquer du recul intellectuel nécessaire... Et Jérémie fut piqué au vif en lisant une once de réprobation dans les yeux de Laura.
- Quoi ? demanda-t-il en la fixant. Il vient de me tabasser, je peux bien me permettre d’être un peu sec à son sujet, non ?
La crainte survint à ce moment. Était-il envisageable qu’il se soit fourvoyé ? Que Laura lui ait préféré William tout ce temps et qu’elle abatte ses cartes après avoir tiré de lui toutes les informations qu’elle cherchait ? Pouvait-il être si bête et si manipulable ? Cette perspective l'écœurait. Il valait mieux que...
- Je ne cautionne pas ce qu’il t’a fait, clarifia-t-elle avec davantage d’aplomb. Et j’ai conscience que vous avez très peu en commun. Mais je n’apprécie pas que tu parles de lui de cette façon.
Jérémie ne sut que faire de cette information. Elle venait confirmer une partie de ses doutes, mais une partie seulement. Pourquoi les mettait-elle sur un plan d’égalité ? Elle l’avait bien dit, lui et William n’avaient rien à voir, pourtant elle semblait les traiter d’une façon similaire.
- Il m’a frappé et tu me demandes de parler de lui avec respect ? souligna Belpois avec une moue contrariée. Je veux bien avoir l’habitude du harcèlement scolaire en tant qu’intello à lunettes, mais tu ne crois pas que tu exagères un peu ?
- On n’a pas toujours ce qu’on veut Jérémie.
Elle avait dit ça d’une voix très calme, très détachée. Les pièces du puzzle tentèrent de s’assembler dans la tête de l’adolescent. Il avait raté quelque chose, cette conviction revenait s’imposer à lui. Il était passé à côté d’un détail primordial. Mais ses craintes revinrent à la charge, débordant le semblant de rationalité qu’il s’efforçait de bâtir dans cette conversation, et il attaqua :
- La vérité sur Tyron, ce n’est pas ce que espérais en venant me parler, ce jour-là ? Tu n’étais pas venue pour me tirer les vers du nez ?
- Si. Je vois déjà comment tu vas poursuivre, alors épargnons-nous du temps : mes attentes évoluent. Elles n’ont eu de cesse d’évoluer. Je ne sais pas si tu n’as pas su le voir ou si tu as choisi de l’ignorer, peu importe finalement.
Pour une raison qui lui échappait, ça ressemblait à une phrase de rupture. Il ne savait pourtant pas par quel bout prendre le problème. Tyron, l’ombre de X.A.N.A, les ambitions de Laura ? Voilà qui lui rappelait une période des plus désagréables.
- Alors maintenant que tu as eu tout ça tu retournes dans les bras de William ? siffla-t-il amèrement.
- Je rentre chez mon père, corrigea-t-elle avec un sourire énigmatique.
En dépit de l’expression farouche sur le visage de son interlocuteur, elle s’approcha pour effleurer sa joue tuméfiée.
- Bon rétablissement, Jérémie.
Et elle mit un terme à cette discussion aux signaux contradictoires en s’éclipsant par la porte, le laissant aux prises avec un ressenti complexe et beaucoup d’interrogations.
  Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2021  
Ikorih

Réponses: 27
Vus: 40848

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 24 Déc 2021 14:26   Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2021
https://i.imgur.com/ArS4TQC.png

Cliquez sur l'image pour verser un microdon à la Team Racket et lire l'ensemble de l'article. Le Pôle Fanfiction et l'ensemble de la rédaction vous souhaitent un Joyeux Noël.
  Sujet: [Fanfic] Chacun sa chimère [Terminée]  
Ikorih

Réponses: 10
Vus: 24477

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 02 Déc 2021 17:14   Sujet: [Fanfic] Chacun sa chimère [Terminée]
https://i.imgur.com/rgfhcnX.png




J – 124

« Tout de même... avec Laura, difficile de correspondre au cliché du couple adolescent. »
La pensée qui s’était imposée dans son esprit fit sourire William tout seul. Il était vrai que la gestion de la blonde demandait quand même une certaine délicatesse au vu de son côté assez impassible de base. En fait, il ne fallait pas s’attendre à correspondre à un quelconque modèle avec Gauthier. Mais William, après le fiasco Yumi, n’avait plus vraiment eu ce genre de choses en tête depuis, et c’était peut-être pour cela que jusque-là, ça fonctionnait.
En effet, trois semaines étaient passées depuis le premier baiser avec Laura, et contre toute attente – y compris celle de William, il devait bien l’avouer – la fille n’avait signifié aucun regret. Mieux : cela se passait plutôt bien. Au-delà de l’aspect qui avait fondé leur amitié des débuts, à savoir, la relation un peu prof-élève qui était d’ailleurs restée, il fallait désormais ajouter les sourires en coin, les regards un peu plus prolongés qu’à l’ordinaire, voire les contacts physiques discrets mais appuyés quand l’occasion se présentait. Finalement, extérieurement, il était bien possible que personne ne soit au courant de l’existence de cette relation, Laura ne parlant en réalité à personne d’autre, et William ne voyait pas l’intérêt de s’en ouvrir au groupe des Lyoko-guerriers à qui il ne devait rien, mais qui, de ce qu’il avait compris de loin, avait suffisamment de choses à gérer entre le clash Jérémie/Aelita et le couple Ulrich/Yumi.
Bien sûr, en tant que mâle alpha, Dunbar ne pouvait s’empêcher de comparer son couple à celui de Stern, se gaussant devant l’air dépendant du brun envers la japonaise. On voyait tout de suite qui portait la culotte, alors que les jeux semblaient plus ouverts avant qu’ils ne se mettent ensemble. Par comparaison donc, le plus âgé trouvait sa relation plus équilibrée avec la belle blonde. C’était vrai qu’elle était belle...
Toujours était-il que, même si l’hiver venait, la flamme entre les deux ne diminuait pas. Ce jour-là, William retrouvait Laura à la bibliothèque, comme souvent les mercredi après-midi, pour réviser chacun dans leur coin bien que côte-à-côte. En même temps, ils n’étaient pas vraiment au même niveau... Parfois cependant, ils révisaient ensemble, notamment lorsque le garçon décrochait trop et qu’il avait besoin de l’aide de la fille. Un cas de figure qui, finalement, arrivait souvent et William se demandait si Laura allait se mettre à soupçonner qu’il fasse exprès de jouer les débiles pour lui parler plus que nécessaire, alors que la réalité était simplement qu’il était nul en cours. Mais cette fois-ci, c’était Laura qui ne semblait pas avoir la tête à travailler. Une surprise assurément. Une bonne surprise... ?
- Dis, on peut faire une pause dehors quelques minutes dehors pour parler ?
- Oui, bien sûr.
Ce fut sous le regard ébahi d’un tout jeune binoclard également habitué des lieux et qui n’avait jusqu’ici jamais vu Laura se lever avant la fermeture que les deux amants allèrent prendre l’air urbain pollué – mais paradoxalement quand même moins pollué que l’air intérieur objecteraient sûrement les spécialistes – dans la cour de récréation.
- Oui en fait, j’y pensais au point que ça me déconcentre donc j’ai préféré t’en parler tout de suite, annonça Laura avec ses formes bien à elle en le fixant, mais pas dans les yeux.
William se demandait ce qui allait encore lui tomber sur la gueule, mais ne répondit pas, l’incitant à poursuivre.
- Je sais que ce n’est pas ta tasse de thé de penser à eux mais je voulais quand même avoir ton avis pour savoir si je devais aller parler à Jérémie, demanda-t-elle.
- Lui parler pour quoi faire ?
- C’est là où c’est difficile à expliquer. Hum... comme tu le sais on est dans la même classe, on est en compétition pour être premier et... il... disons qu’il m’a fait une crasse que j’ai du mal à digérer. Ça s’est tassé mais on n’en a jamais parlé et il ne s’est jamais excusé, disons.
- Une crasse hein ?
William n’avait pas l’habitude de voir Laura chercher ses mots. C’en était presque suspect.
- Je préfère ne pas détailler tant que cette histoire n’est pas totalement derrière moi. C’est dans ce but que j’aimerais parler à Jérémie.
- Ah.
Dunbar pouvait comprendre. Après avoir longtemps été un satellite de la bande des Lyoko-guerriers, satellite à la trajectoire variable car s’éloignant ou se rapprochant à intervalles irréguliers du reste du groupe, disons le noyau dur. Certaines mises à plat avec Ulrich et Yumi, bien que tardives, avaient aidé à apaiser la situation à défaut de la normaliser. Alors...
- Bon ok, c’est vrai que j’ai tendance à penser que tu devrais le confronter dans ce cas, répondit-il finalement. Les non-dits, ce n’est jamais une bonne chose, je suis bien placé pour en parler, justement avec eux.
- Hum, je me doutais un peu que tu dirais ça. Mais alors, est-ce que ça veut dire que toi aussi tu as des choses à déminer avec eux ?
Le lycéen secoua la tête.
- Non, les échanges verbaux on les a eus. Mais aucun dialogue ne suffira à totalement effacer certains... événements.
- Lesquels ?
Il soupira. Le retour vers le passé spécial de Jérémie avait effacé la mémoire de Laura. Lyoko, X.A.N.A, sa période de capture... elle avait su, mais avait tout oublié. Au quotidien, il faisait bien attention à ne pas commettre de bévue alors même qu’il n’y a pas si longtemps encore, il était virtuel et se rendait sur le Cortex avec ce qui n’était à l’époque encore que sa future petite-amie en tant qu’opératrice.
- C’est compliqué. Je t’en parlerai plus tard, quand tu te sentiras toi-même de me parler de ton affaire avec Jérémie. On sera quittes comme ça, ajouta-t-il en lui tirant légèrement la langue.
- Touché. Dans ce cas, je vais suivre ton conseil et je vais aller lui parler.
- Très bien, approuva le ténébreux. Donc euh...
- Donc on peut retourner bosser, bien sûr ! compléta Gauthier en faisant mine de le taper avec son poing.
- On peut retourner bosser, bien sûr, répéta William tout sourire en lui ouvrant la porte de la bibliothèque.

https://i.imgur.com/eVgwitq.png


J – 122

- Mais Madame, je me disais... Quand on regarde des composés comme l’acide sulfurique, le soufre est hexavalent, ça ne devrait pas être possible au regard de la règle de l’octet.
Peut-être avait-il mal choisi le timing pour poser sa question. Le cours de physique terminait juste avant la pause déjeuner : Madame Hertz, comme tous les élèves qui évacuaient la salle à la hâte, était pressée de manger. Jérémie avait beau vouloir comprendre, il n’eut droit qu’à un sourire un peu mystérieux de son enseignante :
- Tu auras la réponse si tu continues un peu plus dans le supérieur, Jérémie. La règle de l’octet est plus une sorte de guide qu’un véritable règlement.
- Alors pourquoi les ions atomiques se forment de cette façon ? protesta-t-il. C’est bien une question de stabilité de la couche électronique, non ? Ils adoptent tous une configuration de gaz noble !
Le désir de savoir indéniable de son élève ne parut pas la convaincre de se lancer dans de telles explications. Elle lui recommanda de ne pas trop se compliquer la vie ou d’attendre quelques années de plus, car après tout il avait le temps de compléter ses connaissances et tout ceci était très hors programme.
Justement, oui, Jérémie avait le temps de compléter ses connaissances, maintenant qu’il n’avait plus à s’occuper du moindre programme.
Un peu déçu par ce revers intellectuel, il retourna ranger ses affaires et quitta la classe pour que Madame Hertz puisse la fermer (la classe, évidemment). Ce fut en sortant dans le couloir qu’il constata qu’il était attendu.
- Laura ? Qu’est-ce que tu fais là ?
Il regretta rapidement sa question somme toute stupide auquel elle répondit par un regard agacé. C’était assez simple à comprendre : il n’y avait plus qu’une personne à attendre à la sortie de la classe, si on faisait abstraction de Madame Hertz.
- J’ai une question à te poser, lâcha-t-elle.
Il ne sentit aucune émotion dans sa voix. Juste une détermination à toute épreuve qui avait de quoi l’inquiéter. Jérémie hocha la tête pour l’inviter à poursuivre. Personne ne l’attendait à la cantine, de toute façon.
- Est-ce que le nom de Lowel Tyron te dit quelque chose ?
Le cœur de l’adolescent accéléra au-delà de toute cadence raisonnable mais il aurait juré que le sang se retirait pourtant de ses joues. Ce n’était pas possible ! Elle ne pouvait pas se rappeler ! Il avait veillé personnellement à ce que sa mémoire soit effacée, à ce qu’elle ne puisse plus jamais avoir quoi que ce soit à faire avec le Supercalculateur...
« Respire Jérémie, c’est peut-être une coïncidence, c’est peut-être... »
C’était trop gros. Il y avait quelque chose qu’il ne saisissait pas derrière cette question, une éventualité qu’il n’avait pas prévue, qu’il...
Mince ! Il fallait répondre, sinon son silence parlerait pour lui !
- Euh... Non. Ça devrait ? mentit-il. C’est qui ?
- Un chercheur en physique quantique qui forme des jeunes talents, exposa-t-elle avec un sourire froid. J’aurais juré que tu en aurais entendu parler, c’est une discipline à laquelle tu t’intéresses beaucoup, non ?
- Oui bien sûr, mais je ne sais pas trop si j’aurais envie d’en faire mon métier plus tard, esquiva-t-il. Je ne me suis pas vraiment renseigné, il y a beaucoup de matières qui m’intéressent mais je ne peux pas tout continuer...
- Oh, je vois.
Laura n’avait pas changé d’expression. Jérémie ne la sentait pas très convaincue. La mention de la physique quantique était bien entendu un problème. Pour le moment, le Supercalculateur n’avait pas été évoqué explicitement, mais son ombre planait sur toute la discussion. Il devait savoir jusqu’où les connaissances de son interlocutrice s’étendaient. Il venait de clore le chapitre Lyoko une bonne fois pour toute avec Aelita, ce n’était pas pour le rouvrir avec la blonde quelques semaines plus tard !
- Ton choix a l’air bien plus arrêté que le mien, reprit-il avec tout son sens de la camaraderie. Tu t’es mise en relation avec lui pour après le bac, c’est ça ? Tu ne perds pas ton temps !
- Non, pas encore. Son laboratoire m’intéressait, oui, mais j’essaie de me renseigner un peu plus avant d’entamer la moindre démarche, d’où le fait que je vienne t’en parler. Mon orientation est une décision importante.
Cette fois, ce fut Jérémie qui sentit qu’on lui cachait quelque chose. Ça ne ressemblait pas à Laura de lui évoquer Tyron sans s’être copieusement documentée en amont. Elle en avait été capable pour Franz Hopper, après tout. Mais quel que soit le lien qui l’unissait au scientifique, elle ne paraissait pas encline à le lui dévoiler. Cette conversation ressemblait de plus en plus à une grande partie de poker où le premier qui craquerait et lâcherait quoi que ce soit perdrait. Bien sûr, il pouvait parfaitement se coucher et ne jamais savoir ce que Laura lui cachait en rompant l’échange ici. Mais... il ne voulait vraiment pas s’infliger un retour en force du Supercalculateur dans sa vie. Il devait s’assurer qu’elle ne constituait pas un danger. Et pour cela, il n’avait pas vraiment le choix : il fallait poursuivre la partie.
- Je trouve ça très mature de ta part, répondit-il avec la dose requise de flatterie. J’aurais beaucoup aimé pouvoir t’aider, après tout nous n’avons pas besoin d’être en compétition tout le temps...
- Je m’attendais à ce qu’il t’ait contacté, à vrai dire, poursuivit Laura. Nous savons tous les deux que tu es quelqu’un d’intelligent. Il aurait pu s’intéresser à toi. Je ne t’en voudrais pas, tu sais. Nous n’avons pas besoin d’être en compétition tout le temps.
Jérémie retint une grimace. Voilà qu’elle retournait son hameçon contre lui. Mais il ne lui donnerait rien. À part peut-être un morceau d’orgueil.
- Tu me surestimes un peu, protesta-t-il. Me faire contacter par un labo de recherche alors que je ne suis qu’en seconde ? Ce Tyron doit avoir une armée d’élèves de master qui tueraient pour approcher de ses ordinateurs quantiques, je ne vois pas pourquoi il viendrait me chercher moi.
Cet étalage de mauvaise foi ne parut pas la convaincre. Bien sûr que non. Plus la discussion s’allongeait, plus il comprenait qu’ils n’en resteraient pas là.
- Oui tu dois avoir raison, sourit Laura. Je me suis sans doute un peu emballée.
Il retint un froncement de sourcils. Elle avait l’air de lâcher l’affaire. Renonçait-elle donc à mettre le doigt sur ce qu’il lui cachait ? Mais lui n’avait pas encore eu son information !
- Tu veux qu’on mange ensemble ce midi pour en discuter ? proposa-t-il.
- Non désolée, j’ai d’autres obligations, déclina-t-elle sans se départir de son air satisfait. Une prochaine fois peut-être !
Elle s’esquiva dans le couloir, apparemment repue de renseignements pour aujourd’hui. Ce fut à ce moment-là que Jérémie réalisa que Laura n’avait jamais parlé d’ordinateurs, mais simplement de physique quantique.

https://i.imgur.com/eVgwitq.png


J – 115

William Dunbar, désormais en couple, refusait de finir comme Ulrich Stern – décidément bien utile pour servir de contre-modèle – c’est à dire collé 24/7 à sa meuf. De fait, alors que cela faisait à peine plus d’un mois qu’il sortait avec Laura, il s’autorisait malgré tout des activités sans elle, notamment – pour rester dans le cliché typiquement intra-masculin – du sport.
En cette fin d’après-midi déjà bien peu lumineuse vu que l’on approchait dangereusement du jour le plus court de l’année, l’adolescent s’était retrouvé avec quelques gars sur le terrain de football, de moins en moins utilisé depuis que Jim avait eu la bonne idée – du moins, bonne pour lui – de délocaliser certains cours d’EPS directement dans la cour bétonnée de l’établissement. Même le dernier cross avait eu lieu entre les bâtiments alors que Kadic disposait en théorie d’une piste de 400 mètres. Un véritable scandale qui n’avait visiblement fait ni chaud ni froid à Delmas, qui semblait de plus en plus courir après les événements au lieu de les anticiper posément comme il le faisait l’année dernière encore.
De sa classe et pour cette session sportive, Dunbar pouvait compter sur l'indéboulonnable Christophe M’Bala, qui s’inquiétait ces derniers temps des rumeurs évoquant le fait qu’il était vu essentiellement du côté de la cantine plus que du terrain – il fallait y ajouter ses nouvelles lunettes de vue qui, forcément, avaient un impact sur sa personnalité médiatique. Autre sportif notoire de leur classe, Karim, plutôt fan de karaté mais n’hésitant pas à s’entretenir de différentes façons pour augmenter ses chances de surpasser Ulrich dans leur discipline commune. En gardien, c’était également un élève de première qui faisait le job : Rémi. Le poste était en fait une condition sine qua non à son intégration, puisque personne ne voulait de lui dans son équipe de champ.
Plus surprenant, les lycéens accueillaient un élève plus jeune pour avoir le compte et pouvoir faire un deux contre deux sur demi-terrain : Hiroki Ishiyama. Depuis que ce dernier était entré en quatrième, il avait littéralement disparu des radars. La rumeur évoquait une dépression consécutive à un râteau avec Milly, elle-même devenue particulièrement discrète dans la jungle urbaine de Kadic décidément en plein bouleversement cette année. De ce fait, outre ses obligations scolaires, le frère de Yumi s’isolait socialement à la première occasion. Gênée par cette déchéance sociale, son aînée en parlait d’ailleurs de moins en moins, faisant comme s’il n’existait pas... C’était Christophe qui, surprenant le japonais en train de tenter de se planquer dans le cagibi de la cantine pourtant interdit d’accès par Jim – comme quoi, c’était vrai que M’Bala était souvent au réfectoire – avait compris qu’il n’allait pas bien et lui avait proposé de se joindre à eux pour reprendre un semblant de vie sociale. Appuyé dans un second temps par William qui s’était vendu comme le meilleur ami de sa sœur – un mensonge pourtant encore plus énorme que la fois où il avait déclaré qu’il ne savait pas nager – le collégien avait fini par se laisser convaincre en haussant les épaules.
Comme pour lui faire payer cet odieux mensonge, Dieu (ou le karma) adressa un message à William via un dégagement particulièrement hasardeux de Rémi qui manquait singulièrement de hauteur et, en conséquence, dont la trajectoire vint percuter sa caboche à une vitesse non-négligeable. Sonné, Dunbar préféra s'asseoir sur le bas-côté quelques minutes, profitant du fait que Kévin, un autre élève de leur classe – en retard comme à son habitude depuis qu’il avait réussi à serrer Héloïse – venait de les rejoindre. L’occasion pour l’ancien X.A.N.Aguerrier de laisser vagabonder sa pensée... qui se fixa bien vite sur Laura.
Le lycéen avait compris depuis un moment que l’amour échappait à toute rationalité. Son cas personnel avait été traité lorsqu’il avait été poliment éjecté de son ancien bahut pour avoir collé des affiches partout, par amour donc. Il avait néanmoins compris peu de temps après que cela s’appliquait aux autres lorsque Stern avait chié une belle bouse sur ses conseils pour aller parler à Yumi, alors qu’il avait déjà à l’époque un boulevard. Il avait préféré perdre un an et demi de plus.
Du coup, c’était vrai, il ne s’était pas forcément attendu à ce que Laura suive sa recommandation d’aller parler à Jérémie. Non pas qu’il voyait cette problématique comme une fille n’osant pas aborder un garçon – il ne manquerait plus qu’il se mette à être jaloux d’un mec comme Jérémie ! – mais comme le conseil venait de lui, il s’était dit qu’elle avait simplement pu jouer la carte de l’écoute polie.
Pourtant, en y repensant, le garçon avait constaté dès la semaine suivante que sa belle semblait moins préoccupée. C’était finalement plutôt une bonne nouvelle. Après ces quelques semaines de (crash) test, l’adolescent « rebelle » était en passe de se ranger. Non pas qu’il devait tout à Laura mais la blonde était quand même un élément intéressant dans sa démarche de réinsertion post-capture de X.A.N.A. Bon, avant elle, y avait eu les Lyoko-guerriers mais avec eux, il y avait constamment eu cette alternance de chaud et de froid peu propice à la stabilisation d’une situation. Entre l'ambiguïté de Yumi, les humeurs d’Ulrich... et bien sûr les conneries d’Odd, pas étonnant que Dunbar ait voulu faire son marché à l’extérieur. Et donc, Laura. Laura taciturne, Laura solitaire, et puis surtout, Laura un peu prank par la bande des Lyoko-guerriers. Un portrait pas si éloigné de William finalement, même si le style était différent. Mais dans les clichés, pour qu’une union soit féconde, il fallait une savante dose de points communs et de différences. Entre ce qui était gris chez les deux, et ce qui était blanc d’un côté, noir de l’autre. Il pouvait bien avoir trouvé cet équilibre avec celle qui était si différente de lui à l’extérieur, mais si ressemblante à l’intérieur. Elle-même semblant désormais avoir réglé le dernier point de détail avec Jérémie, les deux tourtereaux pouvaient sereinement s’arracher à la gravité du noyau dur des Lyoko-guerriers pour devenir les satellites... de leur propre histoire.
Il sourit dans le vide puis se releva, rasséréné par les quelques minutes passées seul avec ses pensées, retournant sur le terrain avec une énergie nouvelle.

https://i.imgur.com/eVgwitq.png


J – 110

La bibliothèque de Kadic devenait particulièrement déserte à partir de cinq heures de l’après-midi : l’essentiel de la population étudiante n’avait pas la foi de se plonger dans ses études jusque si tard. En fait, le documentaliste avait déjà envisagé à plusieurs reprises de demander à avancer l’heure de la fermeture des lieux, mais ce projet était contrecarré par deux grains de sable qui s’acharnaient à rester : deux grains de sable blonds.
Si Jérémie avait été plutôt surpris de croiser occasionnellement William en compagnie de Laura en ces lieux, ce n’était pas le cas aujourd’hui. Le brun ténébreux devait avoir d’autres occupations, à moins que ses capacités de concentration n’aient lâché. Tout en faisant mine d’étudier un traité de chimie pour trouver la réponse à sa question de l’autre jour, il réfléchissait à une question plus pressante : comment regagner le terrain qu’il avait cédé à la blonde lors de leur conversation ? Il devait absolument réussir à la faire parler de Tyron s’il voulait comprendre ce qu’elle comptait vraiment trafiquer avec lui et comment ils étaient entrés en contact.
Il se leva de sa chaise pour venir s’asseoir à côté de Laura. Il était temps d’effectuer une entrée en matière peu subtile.
- Au fait j’ai regardé un peu au sujet de ton Lowel Tyron, lança Jérémie. Mais je n’ai rien trouvé.
Elle posa un long regard sur lui. Ce n’était pas un mensonge : il avait bien en tête ses interminables soirées de recherches avec Aelita, et rien n’en était jamais ressorti. Laura n’était même pas dotée d’un supercalculateur quantique, donc elle ne pouvait certainement pas avoir fait mieux. Sauf si, bien sûr, un détail échappait à Jérémie. Il ne tenait qu’à lui de mettre le doigt dessus.
- Ah bon ? Ça m’étonne, répondit-elle, parfaitement impassible.
- Pourquoi ? On peut être doué en maths sans savoir taper une recherche Google, fit valoir Jérémie.
Il laissa échapper un rire qui se voulait détendu mais qui sonnait nerveux. À ce petit jeu, Laura s’était jusque-là montrée meilleure que lui. Il avait vraiment intérêt à s’améliorer s’il ne voulait pas se faire complètement distancer. Elle n’eut pas l’air d’être très dupe de son excuse. Pourtant, il eut de la chance : l’orgueil de la jeune fille vint jouer contre elle... à moins qu’elle ne soit déjà convaincue qu’il avait un lien quelconque avec Tyron ? Dans tous les cas, elle dégaina des recoins de sa pochette une petite carte de visite, affublée de coordonnées potentiellement factices. Le sang de Jérémie se glaça dans ses veines. Elle était donc bien rentrée en contact avec lui. Assez directement pour qu’il lui donne ça. Certes, leur ennemi juré était arrivé jusqu’à Kadic, mais il n’avait pas semblé s’intéresser à qui que ce soit d’autre qu’Aelita...
Son cerveau commençait à tourner à plein régime mais ce n’était pas le moment ! Il devait continuer à donner le change dans cette situation des plus complexes, sinon il était cuit.
- Woah, comment t’as eu ça ? s’enthousiasma-t-il avec toute la naïveté qu’il était capable d’afficher.
Laura n’était pas aussi impressionnable que le psychologue scolaire, hélas. Elle se contenta d’un petit sourire satisfait.
- Oh, j’ai fait un saut à un congrès sur le sujet. Mon père a des relations.
Il ne sut pas quoi faire de cette information. Tyron pouvait-il se rendre à ce type d’événement, lui qui était si difficile à trouver en temps normal ? Ou bien était-ce une adroite excuse pour le détourner de l’essentiel ?
- Vraiment ? Je n’en ai jamais fait, reconnut Jérémie. C’était intéressant ? Tu as réussi à tout comprendre ?
- Oui les conférences étaient assez claires, même à notre niveau.
- Comment tu pouvais te dire que Tyron m’aurait contacté ? attaqua subitement Jérémie, qui ne perdait pas de vue ses objectifs. Tu m’as demandé ça comme si c’était évident.
Elle devait être au courant d’une quelconque connexion entre lui et le scientifique, il n’y avait pas d’autre solution. Quant à savoir laquelle, pour le moment... Il était de plus en plus certain qu’elle lui avait menti : elle avait contacté Tyron... mais non, ça ne pouvait pas être lui qui avait évoqué Jérémie, il ne pouvait pas se rappeler de lui avec le retour vers le passé...
« Sauf si le retour vers le passé a dysfonctionné d’une manière ou d’une autre... »
Cette perspective était terrifiante.
- Eh bien comme je te le disais, il recrute des jeunes talents et tu corresponds parfaitement au profil, il a très bien pu entendre parler de toi d’une façon ou d’une autre. Rien de plus.
L’emploi du présent de l’indicatif, peut-être accidentel, fit tiquer Jérémie. Ce n’était pas un temps qu’on employait volontiers en formulant une hypothèse. Elle était donc bien sûre de ce qu’elle suggérait. Cette conversation devenait de plus en plus captivante et il eut la sensation que ni lui ni Laura n’avait envie de l’interrompre.
- Si je dois vraiment coller à cette image de jeune talent, il faudra peut-être que je commence à m’intéresser à ces conférences dont tu parles, ironisa Jérémie. Tu me feras signe pour la prochaine ? Enfin, si c’est faisable bien sûr...
Elle parut réfléchir sérieusement à sa requête et esquissa un sourire qui pour une fois paraissait dénué de tout calcul.
- Pourquoi pas, je te tiendrai au courant s’il y en a une qui se présente. Enfin, si tu me racontes de quoi tu parlais avec Madame Hertz l’autre jour, répliqua-t-elle avec son habituel regard curieux.
Ils s’éloignaient un peu de leur conversation initiale mais cela avait le mérite de permettre de relâcher un peu la pression. Bien sûr, ils gardaient l’un comme l’autre en vue leurs objectifs, mais il suffisait parfois de reprendre un peu de distance pour mieux déstabiliser l’adversaire. C’était peut-être ce que Laura cherchait à faire.
- Presque rien à voir avec la physique quantique pour cette fois, je l’interrogeais sur les exceptions à la règle de l’octet, avoua-t-il. J’ai du mal à comprendre comment elles sont possibles.
- En fait, la règle de l’octet n’est vraiment valable que pour la deuxième ligne du tableau périodique, exposa la blonde sans se démonter. Sur ces atomes, l’énergie nécessaire pour accumuler des électrons dans l’orbitale supérieure est trop élevée et ça rend donc la chose impossible. Sur le soufre, par exemple, ce n’est plus un problème parce que les orbitales sont plus proches. On le retrouve donc toujours avec six électrons autour de lui, mais cela peut se faire soit avec deux liaisons et deux doublets, comme l’oxygène, soit en formant six liaisons.
Jérémie prit le temps de digérer ces informations. Il n’était pas très familier avec la notion d’orbitale moléculaire, qui intervenait généralement à partir de la deuxième année dans le supérieur scientifique. Il s’y était intéressé dans le cadre de ses recherches sur la physique quantique, mais ça ne lui avait pas paru si instinctif. Peut-être était-il définitivement mieux taillé pour l’informatique que pour les phénomènes qui se cachaient au cœur de l’ordinateur...
- Pareil pour l’iode je suppose ? J’ai entendu dire qu’il pouvait former sept liaisons...
- Oui c’est le même système. Tu savais qu’on avait réussi à créer des liaisons chimiques avec le xénon d’ailleurs ?
- Mais... c’est un gaz noble, objecta Jérémie. Il ne fait pas de liaisons.
- Son nuage électronique est suffisamment grand pour être déformable, souligna-t-elle avec son petit sourire supérieur. On peut arriver à le faire interagir avec des composés très électronégatifs, comme...
- Le fluor, conclut-il pour ne pas être totalement à la ramasse.
- Et pour reboucler avec le sujet, le difluorure de xénon est une molécule hypervalente.
- Forcément, si on se met à rajouter des électrons autour du xénon, il ne risque pas de respecter longtemps la règle de l’octet...
  Sujet: [Fanfic] Chacun sa chimère [Terminée]  
Ikorih

Réponses: 10
Vus: 24477

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 11 Nov 2021 09:23   Sujet: [Fanfic] Chacun sa chimère [Terminée]
Spoiler


https://i.imgur.com/BfvGGDI.png




J – 168

Il faisait sombre et il pleuvait à verse. Les bourrasques hurlantes menaçaient de fracasser les branches des marronniers de la cour, leurs feuilles rouillées par l’automne saisissaient l’occasion pour quitter le navire. Les gouttes tambourinaient aux fenêtres du deuxième étage du bâtiment de sciences, siphonnant l’attention des élèves de première. La pause de dix heures ne s’annonçait pas sous les meilleurs augures, mais il restait encore une vingtaine de minutes de cours. Peut-être qu’une éclaircie surviendrait ? Pour le moment, la seule lumière venait de l’éclairage électrique de la classe. Cela créait une drôle de démarcation avec l’obscurité qui régnait dehors.
Une frontière similaire existait au milieu de la table de la colonne de droite, au troisième rang. Côté rangée, on trouvait Yumi Ishiyama : rayonnante, attentive, buvant les paroles de Madame Hertz sans même se rendre compte de la tempête au dehors, tenant son cahier de sciences en ordre. Après tout, il était temps de profiter d’une vie normale et bien rangée, non ? Quelle meilleure occasion pour reprendre ses études en main ?
Côté fenêtre, il y avait William Dunbar, qui était d’une humeur plus similaire à l’orage. À vrai dire, il regrettait son placement qu’il pensait pourtant stratégique à peine un mois plus tôt. Lui aussi avait cru au retour de la vie normale. Il s’était dit que cette nouvelle année pouvait être l’occasion de finalement damer le pion à Ulrich, ou au moins de passer les cours de physique en bonne compagnie...
Mais non. La japonaise avait récemment officialisé sa relation avec son rival, et William héritait du rôle du sympathique voisin de table qui pouvait occasionnellement dépanner d’une paire de ciseaux. Il n’avait pas la tête à suivre les explications de la professeure sur l’interaction forte, et se doutait qu’il le regretterait plus tard. Le trou laissé dans sa scolarité par X.A.N.A était loin d’être réparé. Il avait atterri en filière scientifique un peu par défaut, désintéressé du reste et encouragé par ses parents et le corps enseignant, alors que ses résultats en maths avaient commencé à chuter de façon inquiétante dès son retour sur Terre. Comment un foutu spectre pouvait-il savoir résoudre des équations mais pas mener une conversation normale ?
Repenser à X.A.N.A n’arrangeait pas son humeur. Il aurait pourtant dû considérer que tout ça était derrière lui. Mais non, ça ne l’était pas. Il ne parvenait pas à s’en convaincre. Le Supercalculateur était éteint, X.A.N.A dormait dans un drôle d’entre-deux, et les autres parvenaient vraiment à s’en satisfaire ? Lui, non. Son compte à régler le tenaillait. Le danger était toujours là, alors pourquoi fallait-il que Yumi ait ce sourire niais sur le visage ?!
« Respire, William, respire... »
Non, décidément, tout ceci le dérangeait. Il copia distraitement le schéma du tableau sans nécessairement le comprendre, accéléra la cadence en réalisant que Madame Hertz commençait à l’effacer pour passer à la suite. Mais suite il n’y eut pas : la cloche la coupa dans son élan. Elle poussa un soupir en entendant ses élèves ranger leurs affaires avant même qu’elle se soit retournée, mais les laissa partir sans rien ajouter. Elle s’énerverait une autre fois pour leur manque de savoir-vivre.
Yumi fut parmi les premières à sortir, le regard rivé sur son portable. William retint une moue agacée, devinant bien ce qui pouvait la motiver, et lâcha sa trousse dans sa besace d’un geste contrarié. Cette journée s’annonçait aussi morose que la pluie qui battait encore les carreaux. Il n’était pas pressé d’être dehors. Peut-être qu’Odd pourrait raconter une blague ou deux, mais dans la pratique, il ne passait pas tant de temps que ça avec les Lyoko-guerriers. Ex-Lyoko-guerriers. Le souci, c’était qu’il n’avait pas tellement d’autre option, à part rester dignement seul.
Les arcades étaient subitement devenues très populaires. Elles étaient même noires de monde, contrairement au reste de la cour qui était davantage noir de pluie. Quelques rares outsiders avaient colonisé l’abri relatif des arbres et il fut tenté de faire de même pour s’épargner la surpopulation. Ceci étant, il pouvait aussi s’éclipser dans les couloirs pour son prochain cours…
L’option parvint à le convaincre. Ça lui éviterait de subir Ulrich et Yumi. Aussi discrètement qu’il était arrivé, il se faufila dans le bâtiment principal. Bien sûr, il n’était pas le seul à avoir eu l’idée : il croisa d’autres élèves dans les couloirs. L’une d’entre elle le regarda à peine avant de disparaître dans l’escalier, mais elle le laissa songeur.
Laura. Probablement l’un des problèmes les plus épineux qu’ils avaient rencontrés cette année. Il ne s’était jamais fait la réflexion, mais avant de fréquenter Jérémie pour le Supercalculateur, elle n’était probablement pas souvent accompagnée. La petite blonde faisait partie de ces électrons libres qui ne paraissaient pas souffrir de la solitude.
William repensa à leur improbable coopération qui avait tourné au cauchemar. Pourtant, elle partait d’une bonne intention. Il l’avait suivie de son plein gré. Et puis... les Lyoko-guerriers s’étaient débarrassés d’elle pour une erreur. Ça avait quelque chose de familier, maintenant qu’il s’en rendait compte. Une bévue, une xanatification, une sortie pointée. Bien entendu, cette règle ne valait pas pour les membres du groupe de base. Combien d’encouragements Jérémie avait-il reçu, le jour de l’anniversaire d’Aelita, alors qu’il enchaînait les catastrophes ?
Désormais debout près de l’entrée de la salle de français, William suivait du regard les gouttes sur le carreau. Allait-il finir comme Laura, tout seul ? Maintenant que X.A.N.A était « vaincu », combien de temps les autres se préoccuperaient-ils de lui ?

https://i.imgur.com/eVgwitq.png


J – 168

Officiellement, X.A.N.A était vaincu, enfin, bloqué dans une machine en sommeil dans l’attente d’être vaincu lors de sa réactivation pour être précis, et ce depuis quelques jours. Le bon élève en maths qu’était Jérémie n’avait d’ailleurs pas mis longtemps à se représenter les jours passés entre l’extinction du Supercalculateur... et son rallumage. 9 jours. Sous l’impulsion d’Aelita.
Il avait fallu 4 jours pour que sa belle se mette à le dévisager un peu trop du regard sans rien demander. 6 pour qu’elle commence à tapoter nerveusement avec sa main en classe comme si elle n’était pas satisfaite de quelque chose. Et les deux jours suivants... Belpois pouvait remercier le week-end familial prévu de longue date avec ses parents qui lui avait ôté la joie de la compagnie d’Aelita. Car au neuvième jour, le lundi, Stones venait lui demander s’ils pouvaient reprendre la recherche de sa mère. C’était aussi le moment où « Einstein » avait compris que, dans l’intervalle, elle avait tenté de mener ses recherches seule, depuis son ordinateur portable... sans succès logiquement.
Jérémie pouvait difficilement en vouloir à Aelita d’avoir comme objectif premier de retrouver sa mère. Après tout, son père mort quelques mois plus tôt, on ne pouvait pas lui reprocher de se raccrocher à sa seule famille connue. Et à dire vrai, celui qui avait lutté plusieurs années contre une intelligence artificielle élaborée sur un supercalculateur quantique pensait que cela allait être une formalité. Hélas. Ses propres tentatives depuis sa chambre n’avaient rien donné.
Ainsi, d’un commun accord, les deux intellos avaient décidé de rallumer la machinerie de l’Usine, une aide précieuse, alors que Tyron n’avait toujours donné aucun signe de vie, laissant supposer qu’il se débattait encore avec la merde dans laquelle la dernière visite des Lyoko-guerriers sur le Cortex l’avait plongé. Une situation relativement safe pour envisager d’utiliser la puissance de Lyoko sans risquer a priori une activation de tour de la part de X.A.N.A, ce qui signerait quand même son troisième retour. Mais pour le moment, cela n’avait pas suffi. Ce qui expliquait qu’ils soient encore coincés à l’Usine.
Il y avait quand même quelque chose de bizarre dans tout ça. Les Lyoko-guerriers savaient avec quasi-certitude que Tyron était en Suisse, certes un pays étranger mais d’une part, un petit pays et d’autre part, un pays dont le français était l’une des langues officielles. Il y avait quand même, sur le papier, plus difficile comme terrain de jeu. Pourtant... chou blanc donc. Le blondinet, le teint verdâtre en raison des murs de la même couleur du labo où il se trouvait actuellement avec Aelita, se disait justement qu’il était temps de passer à table, au sens métaphorique du terme :
- J’ai fini d’écumer tous les registres d’état civil des localités suisses grâce au Supercalculateur. C’est à n’y rien comprendre Aelita, ni ta mère, en tout cas sous son vrai nom, ni Tyron, en tout cas sous le nom qu’on lui connaît, n'apparaissent !
Stones, ordinateur portable sur les genoux, soupira, signe qu’elle n’était pas en position d’annoncer de meilleures nouvelles.
- Je ne comprends pas. Il s’est présenté à Kadic comme professeur, rappela la « belle-fille » de l’homme au centre de la discussion.
- Oui et puis le manège de Graven recoupe ça. Pour moi, il enseigne dans le supérieur, ou plus probable encore, il est à la tête d’une école, certainement privée.
- Mais Jérémie, comment un mec pareil peut-il disparaître d’Internet !?
Sa voix devenait aiguë. Elle commençait à perdre ses nerfs. C’était logique.
- Aelita. Tu as déjà essayé de retrouver ta mère par internet, et ça n’a rien donné. Je pense que Tyron mène...
Il hésita.
- ...une double vie. Son travail avec son supercalculateur, les ninjas... et donc ta mère qui est liée à ce projet, doivent être secrets, totalement déconnectés de l’estimé professeur, personnage public.
La fille à la crinière rose secoua pourtant la tête de refus.
- Non, je n’y crois pas. Il a donné Tyron comme nom au provo, et dans sa vidéo, ma mère révélait carrément son prénom, Lowel. Ce qui signifie que c’est Lowel Tyron son nom public. Sinon il aurait donné l’autre !
- Je sais bien, mais c’est précisément ce sur quoi j’ai basé mes recherches jusqu’ici. Un élément doit nous échapper. Mais je ne vois pas quoi. Et imagine qu’il ait aussi menti sur la Suisse au passage ?
Il s’attendait à une nouvelle protestation, mais la fille au contraire commençait à avoir les yeux brillants. Elle n’allait tout de même pas se mettre à pleurer ? Cette simple idée mettait Jérémie mal à l’aise, ainsi, il tenta de désamorcer la chose :
- Je vais lancer de nouvelles recherches pendant la nuit. Jusqu’ici, on s’est basé sur les noms mais pas les données personnelles comme les caractéristiques physiques. On va prendre les fourchettes qui collent à Tyron et Anthéa et on triera les résultats nous-mêmes. Ce sera un peu long mais...
- Super idée ! se réjouit Aelita en lui sautant au cou pour l’embrasser sur la joue.
Pas mal. Celui qui était moqué pour son absence de qualités diplomatiques il n’y avait pas si longtemps avait visiblement rattrapé son retard dans l’intervalle. Les deux tourtereaux prirent donc 45 minutes supplémentaires pour paramétrer ce nouveau scan. Puis, épuisés par l’heure tardive, ils quittèrent les lieux, jaillissant dans la nuit claire mais fraîche, la pluie de la journée ayant bien fait descendre la température.
Aelita lui donnait la main et était actuellement occupée à siffloter légèrement. Jérémie lui, ne parlait pas. Il était préoccupé. Cette idée de recherches via les données personnelles – il pouvait féliciter les Suisses d’avoir de belles archives informatiques, si Anthéa avait été au Ghana ou un autre pays du tiers-monde, cela n’aurait pas été la même musique – était certes un coup de génie, mais ce n’était pas non plus une recette miracle. Si cela échouait, il allait lui falloir un nouveau plan B. Sinon... le sourire discret mais bien réel actuellement perceptible sur le visage d’Aelita ne risquait pas de durer longtemps.

https://i.imgur.com/eVgwitq.png


J – 166

William était peut-être trop tendu. Ça ne lui était jamais arrivé de s’énerver sur la prof d’espagnol, mais enfin, si elle mettait les cours de soutien à des horaires plus décents, il n’en serait sûrement pas arrivé là. Une excuse à laquelle Monsieur Delmas serait sûrement peu réceptif...
Expulsé de cours pour les dernières vingt minutes avant la pause déjeuner, il était tenu d’aller se présenter chez Monsieur le proviseur, une expérience qui n’aurait certainement rien d’agréable et n’arrangerait pas la journée pourrie qu’il avait passée jusqu’ici. Son sac à l’épaule et son plus bel air maussade sur le visage, il arrivait en vue de la fameuse porte... pour constater qu’il n’était pas le premier à s’y être rendu. A priori, rien de révolutionnaire.
Oui mais voilà, qui se serait attendu à trouver Laura Gauthier devant la porte de Delmas ? À en juger par sa moue pincée, les choses ne se passaient pas comme elle l’entendait. Elle ne remarqua William que quand il fit part de sa curiosité :
- Laura ? Qu’est-ce que tu fais là ?
L’interpellée soupira, avant de s’expliquer :
- Des tracasseries administratives évidemment. Kadic s’est aperçu après coup qu’il manquait un élément à mon dossier d’inscription. Je suis là pour récupérer le duplicata signé de la main de Delmas au secrétariat... Mais Madame Weber n’était pas là quand j’ai jeté un œil. J’espère qu’elle reviendra d’ici midi, s’agaça-t-elle.
William haussa un sourcil, peu habitué à avoir une réponse que Laura ne possédait pas. Par contre, il dut en effet reconnaître que, pour être parfaitement exact et contrairement à son premier constat, Gauthier ne patientait en effet pas devant la porte du proviseur, mais plutôt devant celle juste à côté, de Madame Weber.
- Tu vas attendre longtemps : on est mercredi, c’est son jour de repos.
La jeune fille pâlit, peut-être d’agacement ou de honte d’être prise en défaut de la sorte. Elle marmonna entre ses dents :
- Quelle idiote, comment j’ai pu oublier ça ?
Elle ne distribuait pas les remerciements facilement. William fit comme si de rien n’était.
- Et toi, d’ailleurs, qu’est-ce qui t’amène ? poursuivit Laura pour détourner le sujet.
- Oh, euh... Je me suis pris le bec avec la prof d’espagnol, avoua-t-il avec un petit rire. Un truc bête, en plus, ce n’était pas très malin de ma part.
- Non, en effet. Enfin... au moins ça m’aura évité de poireauter là une demi-heure de plus, répondit Laura dans ce qui ressemblait presque à une maladroite tentative d’humour.
La blonde commença à s’éloigner, abandonnant William à son triste sort aux mains du proviseur. L’adolescent choisit cependant d’exploiter adroitement la brèche qui venait de s’ouvrir dans la muraille de glace habituelle de son interlocutrice. Autant assurer son avenir social hors du groupe des Lyoko-guerriers.
- On mange ensemble ce midi ? Enfin, si tu n’as rien de prévu, demanda-t-il en sachant pertinemment qu’elle était libre, vu son absence de fréquentations.
Laura le dévisagea pendant une seconde, un peu surprise par cette approche des plus directes. Après tout, William n’avait jamais été connu pour sa subtilité.
- Pourquoi pas, accepta-t-elle pourtant.
Ce fut donc à l’issue d’un remontage de bretelles dans les règles de l’art – le proviseur allant même jusqu'à lâcher le mot « voyou » à son endroit – que William se retrouva au self, plateau en main, à chercher la jeune fille du regard en espérant ne pas s’être fait poser un lapin. Mais non, elle était bien assise seule à une table dans un coin, évitée par le reste du monde.
Le brun coula un regard à la table bien remplie et très animée des Lyoko-guerriers. La simple perspective de manger face à Ulrich et Yumi lui fit froid dans le dos, et il se dépêcha de rejoindre Laura, qui avait attaqué ses haricots du bout de la fourchette. Elle lui parut encore songeuse, mais il lui était difficile d’imaginer ce qui pouvait trotter ainsi dans cet esprit si différent du sien.
- Les miracles existent, je n’ai pris aucune heure de colle ! lança-t-il en s’asseyant.
- Oh, j’imagine que Monsieur Delmas a réussi son niveau de Flipenguin avant de te recevoir, ironisa-t-elle.
- Son quoi ?
- Tu n’es pas au courant ? releva-t-elle. Le proviseur passe son temps libre sur une sorte de petit jeu débile à base de pingouins.
- Ce serait là le secret de la fameuse administration française ? plaisanta-t-il.
Laura esquissa un sourire, plus réceptive à son trait d’esprit qu’il ne l’aurait espéré. Il avait un peu craint de se faire aligner sur une notion de physique quelconque, mais ça n’en prenait pas le chemin. Rassuré par la tournure de la discussion, il s’accorda une pause le temps d’avancer dans le contenu de son assiette. La blonde jeta un coup d’œil à la table occupée par leurs anciens amis communs (bien qu’elle n’en ait aucun souvenir) et fit remarquer :
- Tu ne traînes plus avec la bande de Belpois ?
Le sujet était tout de suite moins léger. William prit son temps pour répondre, temporisant à l’aide de son steak.
- Non, plus tant que ça.
- Vous vous êtes disputés ?
- C’est beaucoup dire... Ils me saoulent un peu ces jours-ci, je me suis dit que c’était l’occasion de passer du temps avec d’autres personnes.
Il choisit prudemment de ne pas développer le fait qu’elle lui paraissait souvent seule et qu’il se reconnaissait là-dedans. Et, bien entendu, hors de question d’évoquer la série d’événements dont il était le seul des deux à se rappeler.
- Tu sais, tu peux le dire directement si t’as besoin d’aide en physique, soupira Laura. Tu serais pas le premier à me demander des explications. J’ai même un terminale qui est venu me voir l’autre jour, alors...
- Non, c’est pas ça, protesta William. Enfin, oui, je suis un manche en physique, mais ce n’est pas juste pour ça que j’avais envie de te parler. C’était un peu sur un coup de tête à la base, mais je te trouve sympa.
Ces explications un peu en vrac ne parurent pas totalement convaincre Laura. Peut-être était-elle en train d’analyser tout ça avec son grand esprit rationnel, en tout cas elle parut continuer à tolérer sa compagnie.
- Comment ça se fait que tu sois en S si tu es un manche en physique, d’ailleurs ? fit-elle remarquer.
- Euh...
William chassa de son esprit la période de sa réplique et tous les déboires dont il avait eu vent. Heureusement que ça s’était tassé bien avant l’arrivée de Laura...
- Un peu par élimination, l’économie et la philo c’était encore moins mon truc, avoua-t-il. Et puis mes parents trouvaient ça bien que je fasse S alors je suis allé dans leur sens.
- Ah, ça... abonda Laura avec un hochement de tête.
Il repensa à la seule fois où ils avaient eu vent du père de la jeune fille. Ça s’était assez mal terminé, mais grâce à ça il était conscient de la pression qui pouvait peser sur elle. Lui-même s’en tirait vraiment bien, tout compte fait.
Et cette conversation ressemblait enfin à quelque chose d’un peu personnel.

https://i.imgur.com/eVgwitq.png


J – 164

- Dites donc les supertronches, pour des cerveaux à la retraite, on ne vous voit pas beaucoup ces temps-ci !
Le propos, qui conjuguait habilement compliment et reproche, était signé Odd, alors que lui-même, Aelita et Jérémie – les deux visés par la réplique bien entendu – ainsi que Ulrich et Yumi – inséparables depuis peu – étaient réunis au réfectoire. Ledit propos était d’ailleurs suffisamment annonciateur de révélations croustillantes, pour que Stern et Ishiyama tournent le regard, majoritairement croisé entre eux jusque là.
Mais Jérémie n’était pas né du dernier système d’exploitation Windows (et heureusement d’ailleurs, puisque celui-ci était jugé par la majorité comme vraiment naze) : avec le niveau de difficulté pris par les recherches sur la mère d’Aelita, il en avait évidemment anticipé les conséquences concrètes dans la vie de tous les jours, même si ironiquement, il n’avait pas encore eu le temps de réellement redécouvrir la « routine ».
Il avait eu le temps en revanche de se demander si, confronté à ce type de questions, il devait la jouer honnête, pas trop, ou même pas du tout. Pour une raison inexplicable, la bande des Lyoko-guerriers avait tendance à considérer que le Supercalculateur, allumé, constituait une menace, ce qui n’était pas tout à fait vrai : la machine n'hébergeait d’une part plus X.A.N.A, et d’autre part, elle n’en était pas exactement à l’origine, c’était Franz Hopper qui l’avait créé dessus. Un nouveau danger n’allait pas éclore de lui-même... et le savant susmentionné était mort, ce qui était triste mais, toutes choses égales par ailleurs, diminuait fortement les probabilités qu’il utilise de nouveau ce Supercalculateur-là pour recréer un X.A.N.A bis.
Mais Belpois avait déjà suffisamment de soucis en tête pour ne pas s'embarrasser en plus des doutes et inquiétudes des autres s’ils apprenaient la vérité. Un deal passé d’un commun accord avec Aelita, pour qui la priorité numéro 1 était de retrouver une piste pour contacter sa mère. Aussi, les escapades à l’Usine étaient officiellement des escapades « en amoureux » en ville, ce qui suffisait à ne pas être suivi. Escapades qui pouvaient se terminer bien tard, comme la fois dernière, mais cela était excusé par toutes les années de lutte contre X.A.N.A qui avaient, aux yeux des trois autres, (trop) longtemps mis la relation entre les deux intellos entre parenthèses. De plus, la fermeture des grilles n’était rien pour ceux qui pouvaient continuer de profiter du passage des égouts... C'était certes un peu gros mais, pour les quelques jours de recherches prévisionnels – Jérémie espérait vraiment que cela n'irait pas au-delà – cela passerait. D'ailleurs, Aelita n'innova en rien en répondant à Della Robbia :
- Eh, Odd, tu pourrais nous accorder le droit de nous évader un peu avec Jérémie.
Jérémie avait souri en prêtant l'oreille à la réplique. Nul doute qu'Ulrich, Yumi et Odd interpréteraient cela comme une réaction mièvre. Il n'en était rien : la mimique de Belpois traduisait son amusement en constatant qu'Aelita était la première à le défendre, mais surtout quand ses propres intérêts étaient en jeu. C’était toujours ça.
- Bien sûr, bien sûr ! répondit le clown mauve en surjouant, comme souvent. Je sais ce que c’est.
- Ah bon ? réagit son camarade de chambre. Parce qu’aux dernières nouvelles, ça patine sérieusement avec Sam. Les roses devaient bien finir par faner...
- Oh ça va, je gère, c’est juste des complications mineures, assura le Don Juan. Tu sais bien qu’une fille amoureuse est rarement logique.
Le brun ne répondit pas, tournant à nouveau – cela relevait du réflexe pavlovien désormais – son regard vers la japonaise. Jérémie, qui pourtant n’avait jamais fait montre d’un grand intérêt pour les relations sociales, était surpris de constater qu’il anticipait – du moins l'espérait-il – parfaitement l’implicite qui devait se dérouler entre ses deux amis : Ulrich voulait sans doute faire comprendre à Yumi que elle, elle était différente, et que c’était pour cela qu’il l’avait choisie, un truc dans le genre. Tous les garçons faisaient ça. La plupart mentaient du coup, simple loi statistique élémentaire pour peu que la différence soit associée à la rareté. Ou alors, si chacun était si différent, comment pouvait-il y avoir des règles communes ?
Cette sérénité nouvelle et apparente dans les relations sociales de Belpois n'était en fait qu'une façon d'occuper temporairement son gros cerveau avec autre chose que son tout aussi gros problème du moment : le plan B dans la recherche d'Anthéa Hopper ou même de Lowel Tyron n'avait à nouveau rien donné. Un constat achevé hier soir lorsque, depuis l'ordinateur de la chambre de Jérémie, Aelita et lui-même avaient terminé de faire le tri dans les résultats des recherches menées au préalable depuis l'Usine.
L'heure tardive avait permis à Jérémie de jouer la montre en proposant à Aelita d'aller se coucher – séparément bien sûr, le règlement intérieur de Kadic avait été suffisamment violé pour la soirée, si l'on pouvait dire – parce que bien entendu, la nuit porterait conseil, qu'ils en reparleraient demain... c'est à dire aujourd'hui. Le fait que Stones ait répondu de la sorte à Odd semblait indiquer qu'elle y croyait encore. Sous-entendu, qu'elle attendait de lui un plan C lorsqu'ils auraient l'occasion d'aborder ce sujet. Mais de plan C, il n'en avait pas, à moins de considérer que Tyron avait en fait sciemment menti en parlant de la Suisse et qu'il se cachait en réalité dans un autre pays – la Belgique par exemple, moins classe, mais tout aussi proche, et ayant également le mérite de parler français. Du moins, un certain type de français...
Mais au-delà du fait que Jérémie ne croyait pas à cette théorie, cela ne ferait que repousser le problème. Non, la vraie solution, c'était qu'Aelita tourne la page définitivement. Alors oui, il savait que c'était dur. Oui, lui qui avait toujours eu ses deux parents, n'était pas le mieux placé pour lui dire de grandir, mais en attendant, c'était lui qui sacrifiait son temps dans le vide. Il l'avait déjà suffisamment fait, contre X.A.N.A, même si dans ce cas-là, c'était simplement le fait d'assumer ce qu'il avait lui-même provoqué. Et si Tyron finissait par trouver la solution au virus balancé dans son supercalculateur, la lutte virtuelle allait reprendre, raison de plus pour profiter du temps mort actuel. Jérémie avait bien besoin de repos, et il aurait aussi, en objectif secondaire non-négligeable, enfin voulu réellement faire avancer sa relation avec Aelita – qui était quand même à l'origine du début de la lutte susmentionnée, donc il fallait boucler la boucle. Mais les obsessions actuelles de la jeune fille pour sa mère l'en empêchaient totalement à ce stade. Bref, c'était la grosse impasse.
La journée de cours chargée permit toutefois à Jérémie de mettre entre parenthèses ce problème quelques heures, un état de fait facilité par la possibilité de s'asseoir à côté d’Ulrich au lieu d’Aelita dès la deuxième heure de cours. Odd, en effet, n’avait rien trouvé de mieux que de se faire expulser dès la première heure pour une tentative de drague en plein cours manquée sur Élodie – cocasse, mais révélateur pour celui qui venait de déclarer être encore sur le coup avec Sam – cumulée à une tentative de jeux de mots douteux lorsque Madame Hertz lui avait demandé ce qu’il faisait. C’était aussi l’occasion de profiter un peu de son pote brun, les temps de cours étant le dernier endroit où il n’était pas collé à Yumi en dehors des heures de couvre-feu du règlement intérieur.
Mais même une journée de cours dense – quatre heures le matin, quatre heures l’après-midi, une heure seulement de pause pour manger – avait ses limites et, au soir, Jérémie se retrouva en tête à tête avec Aelita au self. L’occasion pour lui de se souvenir que ladite journée dense était en fait celle du vendredi, que par conséquent, Ulrich avait pour habitude de faire le mur ce soir-là pour manger avec Yumi en ville et qu’Odd n’avait plus donné aucun signe de vie depuis son expulsion, y compris dans son secteur de prédilection, la cantine. Au regard lancé par Aelita à peine son plateau posé sur la table, il savait qu’il allait y avoir droit. Il n’était, cette fois, pas question de se dégonfler.
  Sujet: [Fanfic] Au fil de leurs Lames  
Ikorih

Réponses: 5
Vus: 9291

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 19 Aoû 2021 08:41   Sujet: [Fanfic] Au fil de leurs Lames
Spoiler


Exposition d'univers out, bonjour les explications. Et quel paquet.
En fait, comparé au rythme auquel les éléments étaient donnés dans le premier chapitre, c'est trop. La narration nous avait jusque-là habitué à une progression à peu près régulière sur les infos, avec quelques mentions préalables pour laisser les gens réfléchir avant d'avoir des réponses. Dans ce chapitre, non, on se bouffe coup sur coup l'histoire d'Odd puis celle d'Aelita de façon exhaustive alors qu'on venait à peine de mettre les pieds dans l'histoire. Eventuellement, si ça avait été l'une dans un chapitre et l'autre dans celui d'après, ç'aurait déjà été plus digeste. Mais non.
J'utilisais le terme "exhaustif", c'est vraiment l'effet que ça m'a fait. Là où un certain mystère planait sur les persos jusque-là (j'y reviendrai), maintenant on a tous les détails de leur vie, comment ils sont arrivés là, etc etc. Ce qui contribue à cette impression, c'est aussi que toutes ces explications sont faites à l'oral, dans le dialogue. Si vraiment il fallait tout caser dans un chapitre, il aurait été opportun de diluer, comme tu l'as un peu fait avec l'explication des doigts manquants qui est donnée par le point de vue interne d'Ulrich. Et il n'aurait pas non plus été indécent de résumer ça de façon plus courte, ou de faire quelques ellipses dans l'histoire d'Odd par exemple (celle d'Aelita étant plus brève, le problème est un peu moins présent).
Ce constat sur le rythme du récit qui vient de manger un coup d'accélérateur des plus brusques me fait me demander combien de chapitres il y a à la fic. C'est un point qui n'a été évoqué nulle part. Mes grandes capacités de déduction me poussent à me tourner vers les titres des chapitres, qui me suggèrent qu'il y en aura cinq (ça expliquerait un peu le côté "merde y a pas le temps balance les explications"), mais j'apprécierais une confirmation.

Faisons un point sur les personnages. Je jarte Ulrich direct parce que je n'ai pas grand-chose de particulier à souligner vis-à-vis de lui, et je vais attaquer avec Jérémie parce que ce sera bref : il m'a semblé très, peut-être trop différent de sa version originale (très sûr de lui lors de ses interactions sociales, notamment dans sa relation avec Aelita, assez relax sur le fait que son secret soit éventé à une inconnue...). C'est justifiable par le contexte, après tout c'est un aristocrate doublé d'un adulte et plus un collégien nerd, mais il faut faire attention à la transformation, car plus on va dans cette direction, moins il reste le Jérémie que l'on connaît.
Point Sissi maintenant. Le portrait tiré du personnage, notamment sur le début du chapitre, est finalement assez positif. Tu sembles avoir déblayé/lissé certains défauts (même si Sissi, comme William, dispose d'une marge d'interprétation due au fait que les scénaristes eux-mêmes ne savaient pas quoi en foutre), ce qui peut la rendre plus agréable à vivre que dans la série... Mais arrêtons nous deux secondes sur la grosse ficelle scénaristique qui nous fera tous froncer les sourcils : Sissi, a priori une aristocrate qui ne possède pas les douze millions de skill de ninja de tous les autres personnages plus guerriers, parvient à fausser compagnie à son escorte à plusieurs reprises (à la limite, s'ils sont incompétents, je peux presque fermer les yeux...)...mais qu'elle se trouve COMME PAR HASARD à deux mètres d'Odd et Ulrich sans qu'ils la remarquent (ninja n°1 et samouraï n°1 du royaume, je sais pas, vous avez pas des oreilles les mecs ?), PUIS que quinze minutes plus tard elle se retrouve COMME PAR HASARD dans le jardin secret de Jérémie et COMME PAR HASARD au seul moment de la journée où Aelita s'y trouve ? Hum hum.

J'aimerais ensuite aborder le cas de Odd. Son côté ninja et caché dans les ombres est une interprétation intéressante du personnage, tout comme son côté un peu borderline et en marge de la société. Tout ceci combiné donne une aura mystérieuse et assez intrigante, qui colle plutôt bien à ce que tu veux faire de lui je pense. Donc ok, bon setup, un Odd potentiellement plus sombre que ce qui a été montré dans la série moi je valide...
Et cinq minutes après, tu nous livres la biographie du personnage à la virgule près. Patatras, au revoir effet mystère. Il aurait à mon sens été bien mieux de n'évoquer que quelques pistes, placer les éléments les plus importants (ses doigts, son statut de marginal déchu) sans développer (au moins au début, si vraiment tu tenais à nous détailler son CV ça peut être fait quelques chapitres plus loin). Le lecteur peut ainsi s'imaginer un peu des trucs et ça ancre le personnage plus efficacement je trouve.
Cette partie de l'analyse peut aussi s'appliquer à Aelita : on ne savait rien d'elle dans le premier chapitre, elle se cachait derrière un paravent et tout, on était libre de sortir plein de théories, et là en un demi chapitre tu as couvert toute sa backstory (racontée à une inconnue on le rappelle), ce qui me fait donc penser qu'on y reviendra assez peu par la suite et qu'il aurait sans doute été préférable d'échelonner les infos.

Revenons à Odd, car il y a une deuxième catastrophe pour l'effet mystérieux et dark (car après tout, les mecs de la garde ont peur de lui et il est décrit comme un assassin redoutable) : quand tu dois nous décrire un fait d'armes d'Odd, tu choisis... un vol de vêtements. Crédibilité du perso sombre et mystérieux ? Patatras².


Terminons sur la forme. Nouvelle mention sur les incidents présent/passé, parfois ça passe quand tu switches au présent sur plusieurs verbes de suite (el famoso présent de narration), mais quand c'est un verbe au présent au milieu d'un paragraphe au passé, ça passe beaucoup moins.
De manière plus générale, la discussion d'Aelita et Sissi met en lumière un détail qui n'en est pas tout à fait un : on a très peu de descriptions factuelles. Même le jardin au début du premier chapitre, finalement, on a juste des impressions d'Ulrich mais impossible de dire à quoi il ressemble. Pareil pour les tenues des persos, les lieux.
Décrire dans les fanfictions peut être un exercice délicat : le lecteur sait déjà à quoi ressemblent les persos et l'environnement, c'est donc parfois superflu de les détailler outre-mesure. Mais pas de bol, ton univers alternatif te force justement à décrire, car le lecteur n'a aucune idée de ce à quoi ça ressemble vu que par définition, c'est ton univers.

Point rapide sur les trucs qui m'ont vraiment fait tiquer à la lecture
Citation:
« je me mis en position puis attendis. J'attendais »

Merci Ulrich pour cette information capitale.
Ensuite si tu continues à me confondre imparfait et passé simple (je rengainais, je délaissais, rétorquais-je...) je vais me fâcher. La première personne du singulier du passé simple des verbes du premier groupe ne prend pas de S, c'est même ce qui fait tout son charme.

Bien, j'estime avoir fait le tour, je présume qu'on se recroisera bientôt au vu de ton rythme de publication actuel x)
  Sujet: [Fanfic] Au fil de leurs Lames  
Ikorih

Réponses: 5
Vus: 9291

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 17 Aoû 2021 17:52   Sujet: [Fanfic] Au fil de leurs Lames
Citation:
j'avoue que ce serait cool d'être indulgent


https://www.starwars-holonet.com/holonet/images/3/35/12604/perso_clone_crosshair_7.jpg
Wrong.


Ok ok c'est bon j'arrête de déconner, la réputation du Pôle était suffisante pour te faire flipper si j'en crois la tonne de paratexte héhé. Pas de panique, je ne suis pas là pour locker ta fic.

On est là dans un contexte un peu particulier je dois dire. D'un côté, la fiction est finie. C'est bien dans la mesure où on aura la fin (les analyses du Pôle, pointues comme jamais), c'est un peu moins bien dans la mesure où ça laisse moins de marge pour prendre en compte les avis qui seront donnés au fil de la publication. Oui mais voilà, le texte est assez vieux et tu as déjà admis l'avoir retravaillé hier soir en postant : et je suis bien placée pour le savoir puisque je t'ai repérée en train de poster dès 21h hier soir. Vu l'heure à laquelle le post a fini par atterrir sur le forum, j'estime que l'investissement est présent. C'est même plutôt beaucoup d'investissement pour un texte rédigé quatre ans plus tôt, même en ayant peur du Pôle Fiction, donc bon départ ici.
(Et puis tkt, les meilleurs d'entre nous ont aussi posté une fic écrite sans planification en mettant le texte en spoil moins d'une semaine après leur arrivée, ce n'est pas éliminatoire)

Tu t'en doutes déjà, ton histoire ne part pas nécessairement avec les atouts pour nous captiver nous (le pôle je parle) : l'univers alternatif fait qu'il reste finalement assez peu à analyser sur les liens avec Code Lyoko (tu marques quand même des points pour la référence au bâton de Yumi). La question est un peu de savoir pourquoi Code Lyoko, dans ce genre de cas : sortis de leur contexte de cette façon, les personnages sont-ils encore vraiment les mêmes ? Et si ce n'est pas le cas, que reste-t-il de Code Lyoko ?
Mais il ne s'agit ici que de visées un peu plus subjectives. Le contexte que tu choisis de donner à ton texte ne détermine pas sa qualité (on a vu des daubes totalement ancrées dans l'univers de la série au point d'en recycler les répliques, et on a vu de très bons textes planter leurs propres univers alternatifs). "Mouais, ok, pourquoi pas" en somme. Après tout, c'est moins déconnant de transposer CL au Japon, qui est une source d'inspiration notable de la série, que de faire un remake russe ou que sais-je.
Du coup, Japon. Sans être une experte en culture et phonétique nippone... Ulurik et Hiliyam ? K et M en fin de nom c'est pas très japonais, ils auraient mis un u après pour amortir. Pas sûre que virer le W de Willy était nécessaire non plus.
C'était pas couvert par ton disclaimer, j'ai le droit.
Ajout en cours de lecture : au fait, Yumi (et Sissi, manifestement) elle a droit à son nom de famille et pas les autres ? Ok ils sonnent pas japonais mais tu conviendras que du coup ça fait bizarre qu'elle soit la seule à en avoir un...

Maintenant que j'ai fini de parler de ce qu'il y a autour du texte, il va être temps d'ouvrir le spoiler et de jeter un œil au récit proprement dit. Passons sur le style. Je préviens d'avance, on arrive à une partie un peu bordélique et non exhaustive du commentaire.

  • La narration présent/passé est effectivement un peu bordélique, ça va mériter que tu repasses dessus pour uniformiser Razz
  • Un certain nombre de répétitions sont à déplorer. Certaines sont intentionnelles, mais probablement pas toutes (exemple : "le paysage que je ne regarde toujours pas [...] le paysage qui me fait face" dans la même phrase)
  • La structure cyclique du premier passage me fait dire que tu fais attention à ce que tu fais et à la façon dont tu racontes les choses, idem pour la double répétition du mot "discipline" quand Ulrich regarde Yumi et William. Tu sais mettre des emphases dans ton texte et c'est un bon point pour guider ton lecteur et donner vie à l'histoire.
  • Tu arrives à insérer les éléments narratifs sans trop de souci non plus : mentionner la localisation des territoires à demi-mot, par exemple.
  • "menton délicatement haut perché " : les voix sont haut-perchées, pas les mentons (précieuse ridicule ou pas).


Bon, le scénario et les personnages m'ont tout l'air d'être deux faces d'une même pièce puisque l'intrigue a avoué dès le départ être tournée vers leurs relations. Et la mise en place du quatuor Yumi Ulrich William Sissi dès ce premier chapitre ne m'éclaire que trop bien sur la nature du merdier à venir. Toujours pure préférence personnelle, je sais bien que c'est un thème populaire. Reste à voir si le texte apportera autre chose que du Ulrich/Yumi.
A titre personnel, j'avoue que je suis un peu curieuse de voir à quoi ressemblera la transposition du côté d'Aelita (il est mentionné qu'elle n'est pas d'ici et vu son background originel, on peut s'attendre à une connexion avec les démons. Bref, j'extrapole, mais ce serait bien que le texte se penche là-dessus.)
Odd est un peu le grand absent du chapitre mais je n'ai pas raté ton paratexte qui mentionne un(e) "ninja". Avec Ulrich et Yumi cachés sous les deux autres étiquettes (samouraï et guerrière), il ne me semble pas trop audacieux de lui attribuer celle-ci.

Du coup je ne sais pas trop ce que j'attends de ce texte. Honnêtement, sans doute pas le bijou littéraire du siècle, mais la lecture n'est pas désagréable non plus. On est sur une moyenne confortable, que je me laisse la liberté de réajuster en fonction de la direction où part le texte. Dans tous les cas, le travail et l'attitude sont présents, points que nous aimons toujours souligner. Tu auras peut-être remarqué que l'espace commentaire était un peu essoufflé maintenant que les années glorieuses du forum sont derrière nous, je ne peux donc pas t'assurer que tu auras d'autres retour que le mien ou celui de mes collègues. Pas de pot, nous ne sommes sans doute pas dans le public cible de la fiction (tout ce commentaire sans jamais faire état de mon animosité pour Ulrich, c'est beau tout de même). Que cela ne te décourage pas de partager ton texte, nous ne sommes sans doute pas les seuls à lire et tu trouveras ton public, même s'il est silencieux.
  Sujet: Qu'est-ce qui a marqué Code Lyoko dans l'esprit de tous ?  
Ikorih

Réponses: 1
Vus: 8455

MessageForum: Autour de la série   Posté le: Sam 19 Juin 2021 15:27   Sujet: Qu'est-ce qui a marqué Code Lyoko dans l'esprit de tous ?
Bonsoir,

Ce topic existe déjà ici. C'est même un topic qui est encore dans le top des derniers sujets actifs. Je te renvoie donc vers le règlement du forum et je verrouille.

PS : je ne me rappelle pas que CL soit une série avec des graphiques, un peu de sérieux dans ton sondage...
  Sujet: [Projet] Code Lyoko Rebuilt 2021  
Ikorih

Réponses: 2
Vus: 5335

MessageForum: Créations Code Lyoko   Posté le: Ven 18 Juin 2021 20:49   Sujet: [Projet] Code Lyoko Rebuilt 2021
Citation:
Code Lyoko est un succès mondial : rien que sur ce site, vous trouvez des infos par centaines sur la série, sans compter les fanfictions écrites par les fans, par exemple.


C'est vrai, MAIS... nous trouvons également des dizaines de fanprojets qui nous proposent de refaire une série animée. Quasiment tous ont échoué, mais le plus abouti reste probablement celui de Light qui est je crois toujours sur les rails (et lui s'est rabattu sur un film plutôt que sur une série).
Donc nous avons vu passer Light, qui nous avait présenté un ou deux épisodes déjà animés, ou alors nous avons vu passer le PL5 et sa conséquente équipe en plein âge d'or du forum, bref, tu l'auras compris, tu n'es pas le premier à nous proposer un projet animé en lien avec Code Lyoko (que ce soit reboot, version alternative ou suite).
Ma question est donc la suivante : qu'as-tu pour nous convaincre que ton projet mérite d'être soutenu alors que des gens manifestement bien plus préparés que toi ont échoué ? Quand on sait que tu nous prévois une sortie de premier épisode d'ici la fin de l'année alors que tu n'as, si j'en crois ta vidéo, qu'une simple idée ? Et même pas un scénario puisque tu demandes des idées dans les commentaires !
A titre de comparaison, Disney a annoncé The Bad Batch en juillet 2020 et la série n'a commencé sa diffusion que début mai 2021, sachant qu'ils travaillaient dessus un peu avant de l'annoncer... et on parle d'un gros studio qui a énormément de moyens, des modèles déjà prêts d'une série d'avant, etc etc.

Bref, je crains qu'il ne te faille montrer un peu plus pour avoir l'air un minimum sérieux, ta vidéo ne donnant pas vraiment plus d'informations que ton topic...
  Sujet: Anciens : Réveillez-vous ! La bulle des anciens...  
Ikorih

Réponses: 87
Vus: 131314

MessageForum: Blabla de la communauté   Posté le: Sam 10 Avr 2021 11:02   Sujet: Anciens : Réveillez-vous ! La bulle des anciens...
Du coup tu lis le forum depuis 5 ans et tu ne t'es pas rendu compte que pour parler de ses projets y avait le sous-forum "Vos Créations" ? Parce que le but de ce topic c'est de faire en sorte que les anciens membres puissent ses donner des nouvelles, mais vu que tu viens de t'inscrire (pour pouvoir faire ton coup de pub, parce que c'est moins pratique sans compte quand même), personne te connaît...
  Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2020  
Ikorih

Réponses: 31
Vus: 58158

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 16 Fév 2021 09:19   Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2020
Puisque, selon l'adage populaire, Zéphyr a tout dit, il ne me reste plus qu'à revenir à mon domaine de compétence : revenir sur des détails.

Citation:
Ellana dans la Demande s’est penché sur la relation d’Ulrich et de Yumi


Sachez que ce petit dérapage façon solal n'est pas passé inaperçu. En plus, en termes de développement de la relation d'Ulrich et Yumi, on a quand même fait mieux que ça. Vous avez regardé dans les fics d'Ellana ?
  Sujet: [Mod Minecraft] Lyoko Energistics  
Ikorih

Réponses: 11
Vus: 26243

MessageForum: Créations Code Lyoko   Posté le: Mar 02 Fév 2021 14:53   Sujet: [Mod Minecraft] Lyoko Energistics
Considérant ce dernier rebondissement, je me permets de verrouiller le sujet o/
 

Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure


Page 1 sur 83
Aller à la page : 1, 2, 3 ... 81, 82, 83  Suivante


Sauter vers:  


Powered by phpBB Lyoko Edition © 2001, 2007 phpBB Group & CodeLyoko.Fr Coding Dream Team - Traduction par : phpBB-fr.com
 
nauticalArea theme by Arnold & CyberjujuM
 
Page générée en : 0.0747s (PHP: 55% - SQL: 45%) - Requêtes SQL effectuées : 27