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[Fanfic] Du sang sur la neige [Terminée]

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 Auteur Message
Belgarel MessagePosté le: Mer 12 Mar 2014 04:24   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
Quelques développements plutôt prévus (Mathilda travaille pour le Docteur) et un chapitre globalement pauvre en réponses. Après le gros cliff-hanger de la fin du chapitre 2, c'est un coup de salaud Mr. Green
Même si on en sait tout de même un peu plus sur ce…Seth, le gros du mystère demeure.

Sinon, on voit enfin clairement le lien avec Lyoko quand tu fais intervenir cette équipe "virtuelle", chargée de se balader dans des systèmes ennemis à la Tron.
Je me trompe sans doute, mais il me semble que ta fic se dirige vers la direction du Nouvel Ennemi post-Lyoko. J'imagine que Seth sera éventuellement virtualisé, ou dispose d'une intelligence partiellement informatique (type cyborg).
Je suis tout de même un peu déçue de ne pas voir de Backstory finalement. Mais bon, je ne désespère pas.

Bref, un chapitre d'apparence creuse qui pose surtout les bases de la suite, tout en ouvrant vers pas mal de conjectures. Toutes plus erronées les unes que les autres, cela va sans dire.

Références : l'aube rouge, les cerisiers en fleur (ou le temps des cerises Wink ), l'Octobre rouge, manche gauche…c'est moi ou tu fais du pied à quelqu'un ? Mr. Green

Random remark : "sur laquelle un « 1 » en or était accroché"
Citation:
— Je suis le Numéro 2.
— Qui est le Numéro 1 ?
— … Vous êtes le Numéro 6.
Si tu as vu le dernier épisode, surtout, tu savoureras à quel point cette citation est stupide Razz
(Et la vidéo fait bien sûr aussi un clin d'œil à l'avatar de Gummy, puisque la dernière réplique de cette vidéo a inspiré les traducteurs du dernier épisode de la série d'où provient son avatar.)



Sinon, en ce qui concerne ma spécialité, bravo. On sent qu'il y a eu de la relecture (et peut-être aussi du progrès) ; en attendant, j'ai repéré très peu de fautes (26). On est vraiment dans un nombre acceptable. Mais atteindre le zéro absolu, c'est pas humain non plus Razz
Grosso modo, attention au futur/conditionnel, visiblement ça passe encore entre les mailles du filet. Pour les accents circonflexes, c'est étrange que ton correcteur orthographique ne les repère pas.
Spoiler
Point de vue style, je n'aime pas l'expression "dû au fait qu"
_________________
http://nsm04.casimages.com/img/2010/10/30//101030031134926107021414.png
http://imageshack.us/a/img545/1418/n6uz.png
http://imageshack.us/a/img266/4029/ck80.png
Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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Icer MessagePosté le: Ven 14 Mar 2014 13:25   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2178
Localisation: Territoire banquise
Un chapitre qui m'a moins captivé que les précédents (notamment le premier de mémoire) mais je tenais à accorder une mention spéciale à la scène au Pays de Galles qui montre le travail exemplaire que tu mènes sur chaque personnage. Je sens vraiment que cette fic va niquer sa m.. en plus de tous les autres morts déjà mis en scène Mr. Green
En revanche, même remarque que Belgarel sur la back-story. Le temps a avancé plus vite que je ne le pensais... Crying or Very sad
(Et puis on se fait chier en 2001 avant le 11 septembre)

_________________
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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »
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Zéphyr MessagePosté le: Sam 15 Mar 2014 20:43   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1044
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Comme promis, un passage en coup de vent comme je sais si bien les faire :

Une chose est sûre : t'as un style bien à toi, et je ne peux que plussoyer ce que Ikorih a déjà dit là-dessus lors de son premier passage. Ensuite, je pense que c'est une question de goût personnel. Je suis peut-être moins fan de ton style, mais ton scénario me permet de passer outre ce ressenti.
Par contre, je ne peux que te conseiller d'être plus vigilant sur l'orthographe. Sans les avoir comptées ou relevées (par flemme pur malt Razz), j'ai constaté que ton dernier chapitre contenant plus de fautes que les précédents. Je ne peux donc que te suggérer de prendre peut-être un petit laps de temps supplémentaire pour traquer les fautes résistantes.

Côté scénario, on voit que ça a été réfléchi. On est surpris dès le prologue, comme l'a si justement fait remarquer mon collègue Icer. Et aussi, je plussoie ce même Icer pour la transposition à Mewtwo de Seth (on sait tous que Mew est juste une petite enflure (a)). J'ai vraiment hâte de voir ce qu'il va advenir de lui (on va éviter d'utiliser le mot évolution hein Mr. Green ?). Pour le reste, j'aime la manière avec laquelle tu amènes Mathilda. D'ordinaire,le grand classique dans le fait de donner une sœur à Aelita, c'est ressortir Taelia des bas-fonds de l'épisode 10 ou utiliser un autre homme. Ici, on a une explication assez logique, soit la conception avant-kidnapping. Bref, ton histoire est bien menée pour le moment.
Ce que je trouve dommage en revanche pour les chapitres 2 et 3, c'est le passage d'Anthéa en arrière-plan, au profit de sa fille. On pourrait presque croire que la mère n'a pas passé de marché avec le Docteur et qu'elle travaille depuis tout ce temps pour son plaisir personnel. J'espère qu'on aura par la suite l'occasion d'avoir quelques immersions dans les pensées de bonbon rose adulte Mr. Green.

D'ailleurs, il y a un petit passage qui m'a amusé :

Citation:
Nous l’avons baptisé « Seth », comme le Dieu égyptien du même nom. Nous l’avons créé dans le but d’améliorer la race humaine


Donner le nom du dieu du Mal pour le bien de l'humanité, c'est quand même paradoxal. Sauf si l'on considère que le Mal est un Bien nécessaire Mr. Green *Zéphyr sort*.

Ensuite, comme j'adore faire du zèle, je vais réagir à une remarque de Belgarel :

Belgarel a écrit:
Références : l'aube rouge, les cerisiers en fleur (ou le temps des cerises  ), l'Octobre rouge, manche gauche…c'est moi ou tu fais du pied à quelqu'un ?  


Je pense que tu fais complètement fausse route en pensant à cela. Personnellement, ce retour régulier au rouge est une référence plus qu'évidente au titre du dernier chapitre puisque dans la mythologie égyptienne, le rouge est la couleur que l'on associait au dieu Seth (et qui était considérée comme la couleur du chaos aussi o/).

Voilà grosso modo ce que j'avais à dire. Continue sur ta lancée, ou mieux, améliore-toi encore (kassdédi Icer). Bon courage pour la suite Wink !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Tyker MessagePosté le: Mer 23 Avr 2014 17:44   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


Inscrit le: 02 Nov 2013
Messages: 235
Localisation: Arkham Asylum
Spoiler


Chapitre 4: Le goût du sang


5 novembre 2000 10h23 Munich

Andrew Schwaitzer-Heath haïssait plus que tout les cours de chimie. Lorsqu’il était entré au collège, il s’était imaginé que cette matière consistait à manier des tubes à essai afin de provoquer des jets de gaz et des gerbes d’étincelles. Mais la réalité était tout autre, il passait chaque leçon à se dandiner sur un tabouret, et à recopier les interminables leçons et formules que Monsieur Klase notait sur le tableau. Mais même si les cours avaient été comme il l’avait pensé au départ, il ne se serait pas plus investi que cela. C’était un garçon assez rêveur, qui préférait la compagnie de son ombre à toute autre. Les élèves de sa classe l’avaient baptisé « Le mort-vivant », car ils étaient tous persuadés qu’ils n’avaient pas de vie sociale. Toujours à se trouver un coin tranquille lors de la récrée, ou alors à se planquer tout au fond de la salle de classe. En temps normal, personne ne lui adressait la parole, et cela ne le dérangeait pas car il pouvait s’adonner à ses rêveries en toute tranquillité. Mais la situation n’était jamais la même en cours de chimie, car Monsieur Klase avait un neveu.
James Klase s’asseyait toujours au premier rang lorsque son oncle enseignait. Les professeurs adoraient son caractère volontaire, sa tenue impeccable, ses cheveux blonds soignés et ses dents toutes blanches. Il faisait en sorte que ses cours soient le mieux présenté possibles, et couvrait chacun de ses cahiers pour les garder en bon état. Mais dès qu’ils avaient le dos tourné, il se comportait comme le pire des salopards. Andrew le haïssait. Il ne cessait de se moquer ouvertement de tel ou tel élève. A peu près tous ceux plus jeunes que lui avaient eu droit à leur lot quotidien de moquerie et d’humiliation publique.
Et aujourd’hui, il semblerait qu’il ait décidé qu’Andrew serait sa prochaine victime. Monsieur Klase avait étonnament insisté pour qu’il se mette au premier rang, au lieu de son coin habituel, sous prétexte qu’il pourrait mieux suivre le cours. Dès cet instant, le jeune garçon avait sentit le traquenard. Ses soupçons furent confirmés lorsque son professeur lui montra la place qu’il allait devoir occuper: juste à côté du « Caïd » de la classe.
Dès qu’il fut assis, il remarqua immédiatement le sourire en coin qu’affichait James. Andrew jeta quelques regards autour de lui. Derrière eux, Hans Kipplestein avait le ventre étonnament proche du bord de son bureau. Ce fana de rugby de plus d’un mètre quatre-vingt avait le bras assez long et était suffisamment près pour attraper le col de son t-shirt. La partie risquait d’être compliquée.

-Dis-moi mon cher Andrew. Commença James sur un ton faussement amical. Pourquoi es-tu toujours aussi seul ?

L’intéressé ne répondit pas, et garda les yeux fixés sur le tableau.

-Tu ne veux pas répondre? Aurais-tu trop peur pour parler ?

Cette fois, James nota le soupir d’exaspération qui s’échappa des lèvres de sa cible. Il n’avait pas l’air effrayé, cela ne plut pas trop au neveu du professeur de chimie qui effectua un petit signe discret vers Hans. Ce-dernier approcha sa main de la nuque d’Andrew avec la ferme intention de la serrer de toutes ses forces. Mais le jeune homme fit brutalement volte-face, son tortionnaire présumé fut si surpris par la manœuvre qu’il dégagea vivement son bras. Andrew avait à présent son coude sur la table de Hans, son poing soutenant son menton.

-Dis-moi un peu, lâcha le jeune brun d’une voix qui ne trahissait aucune émotion, qu’est-ce que ça te fait de mener une vie de chien sous les ordres de James ton maître?

La fureur grimpa a une vitesse phénoménal sur la visage du rugbyman, jamais personne n’avait osé lui parler de cette façon. Jamais personne ne lui avait manqué de respect.
En un éclair, il se leva, et envoya un violent crochet du gauche dans la mâchoire d’Andrew. Mais il avait mal calculé son coup.
Afin de pouvoir mieux parler à sa cible, James avait excessivement rapproché sa table de celle du jeune brun. Et il avait la fâcheuse manie de balancer sa chaise sans arrêt, cette fois-ci lui fut fatal.
Andrew se rejeta en arrière et esquiva le coup de justesse. Aveuglé par sa colère, Hans fut emporté par son élan, et finit par écraser son poing contre le visage de James. Ce-dernier fut si violemment touché qu’il tomba à la renverse, et poussa un hurlement de douleur.
Son oncle se retourna, et son sang ne fit qu’un tour lorsqu’il aperçut son neveu à terre.

-Hans Kipplestein! Rugit-il en apercevant le poing ensanglanté du rugbyman. Cette-fois tu es allé trop loin!

Les élèves présents dans la salle murmurèrent. Hans n’eut pas le courage d’affronter l’acte qu’il venait de commettre. Personne ne croirait qu’il s’agissait d’un accident. Il se précipita vers la porte, non sans avoir aperçu le sourire moqueur d’Andrew.
Monsieur Klase le retint par le bras.

-Eh, où vas-tu comme ça?
-Dégagez! Cria le rugbyman en lui administrant un violent coup d’épaule.
Stupéfait, le professeur chancela vers l’arrière en battant vainement des bras.
Hans détala dans les couloirs. Selon les dires du concierge, il aurait quitté le collège par le parking des professeurs.

Dans la salle de classe, les élèves s’étaient agglutinés autour de James. Hans avait de grandes mains, son coup avait été placé pile entre le nez et la bouche. Un flot de sang s’échappait de son visage, son nez était fracturé, et deux incisives baignaient dans la petite flaque de sang qui s’était formée sur le sol.
Andrew contemplait avec délice le triste spectacle auquel il assistait, tout s’était déroulé encore mieux qu’il ne l’avait prévu. James Klase n’embêterait sans doute plus grand monde.



25 mars 2001, 22h27

De longues gouttes de sueur coulaient le long du front de Mathilda, et ce n’était pas dû qu’à la chaleur ambiante de la pièce dans laquelle elle se trouvait. Deux jeunes femmes en blouses blanches s’affairaient autour d’un ordinateur, Tanner et un inconnu étaient en train de fixer de longs tuyaux à une espèce de sarcophage en métal situé juste à côté de Seth. Le rat de laboratoire avait troqué ses électrodes contre une dizaine de minces fils de métal qui recouvraient sa tête. Une faible lueur bleue émanait de chacun des bouts (des fils). La jeune fille frissonna, l’idée d’avoir une seiche métallique sur la tête la dégoutait un peu.

-Nous avons terminé! Annonça joyeusement Tanner comme s’il venait de finir une maquette. Tu peux t’installer.

Mathilda prit une grande inspiration, et se déshabilla. Même si son mentor lui avait assuré que c’était nécessaire pour l’opération, se mettre en sous-vêtements devant trois inconnus ne l’emballait pas tellement. Une fois ceci fait, elle alla s’allonger dans le sarcophage préparé par Tanner plus tôt. Un petit oreiller en mousse avait été placé pour installer sa tête, mais le reste était vide, et la jeune fille frissonna au contact du métal froid sur son dos.
Le scientifique qui accompagnait Tanner ouvrit une mallette grise, et en sortit un drôle de casque composé des mêmes fils que ceux accrochés à Seth. Mathilda ne put réprimer une mine dégoutée à sa vue.

-C’est nécessaire. Assura le rouquin en s’emparant de l’objet. Ne t’en fais pas, il n’est peut-être pas très esthétique mais il fonctionne bien et ne te fera aucun mal.
-Tu peux me réexpliquer comment ça va se passer? Demanda la jeune fille. Je ne veux pas oublier un détail et avoir une mauvaise surprise.
-Comme tu voudras. Toi et Seth allez être virtualisés dans un petit monde créé spécialement pour vous. Contrairement à Olympia (le monde virtuel dirigé par Anthéa), ce monde virtuel sera assez vide en lui-même. Mais nous sommes capables de donner une illustration assez claire de tout ce que tu voudras montrer à Seth. N’oublie pas que Seth est aussi ignorant qu’un bébé, tu devras te montrer douce et attentionnée envers lui. Ne le brusque surtout pas. Si tu lui fais peur tout est fichu, et on sera obligé de te remplacer. Ton but premier sera de lui apprendre à parler, son éducation réelle viendra plus tard. Pour le moment, tâche de gagner sa confiance, comporte toi un peu comme une mère avec son enfant. Au moindre problème, tu devras nous avertir, et ce n’est pas négociable. Nous te surveillerons vingt-quatre heures sur vingt-quatre, tu es priée de nous faire un rapport tout les jours. Des questions?
-Tu m’avais dit que le temps ne s’écoulerait pas de la même manière entre ici et le monde virtuel. Tu pourrais être un peu plus précis?

Tanner lâcha un soupir exaspéré avant de continuer:

-Ce monde-ci à beau être trente-cinq fois plus petit qu’Olympia, il a une grande particularité. Une heure passée chez nous est égale à une journée passée là-bas. Etant donné que ta mission dure en tout et pour tout deux jours, tu as quarante-huit jours pour l’éduquer. Cela devrait être amplement suffisant.

La jeune fille poussa un soupir à son tour, passer quarante-huit jours à éduquer une créature presque humaine ne l’enchantait pas vraiment. Mais il fallait dire que Tanner avait des arguments convaincants. Contre ce service, il lui avait promis de faire son possible pour qu’elle soit mutée dès son prochain anniversaire, dans un autre centre de recherche au Japon, . Il lui avait également promis qu’elle aurait le droit de sortir. Mathilda rêvait depuis toujours de pouvoir quitter Silverwings, elle voulait à tout prix voir le Monde, et découvrir de nouvelles choses. Mais par-dessus tout, elle désirait intégrer une équipe de recherche, mettre à profit ses connaissances était son souhait le plus cher. Toute sa vie, elle s’était toujours considérée comme une gêneuse pour les autres, elle n’en pouvait plus d’être inutile.
Elle laissa les assistants lui mettre son casque. Après quoi, on lui fixa un énorme respirateur qui lui recouvrait toute la partie inférieure du visage jusqu’à ses oreilles.

Lorsqu’ils eurent fini, ils fermèrent le boitier dans lequel elle se trouvait. Mathilda n’appréciait pas trop le moment. Elle avait l’impression qu’on venait de refermer le couvercle de son cercueil.
Un petit bruit mécanique attira son attention, elle releva la tête. De petites cavités venaient de s’ouvrir sur les côtés du sarcophage, et une eau froide vint le remplir.
Elle se remémora les tuyaux installés plus tôt par les autres scientifiques, voici donc leur utilité.

-Tu m’entends?

La jeune fille sursauta, la voix de Tanner venait de résonner dans ses oreilles. Elle mit plusieurs secondes avant de comprendre que la voix venait du respirateur, il devait y avoir de petits haut-parleurs nichés dans l'engin.

-Comment te sens-tu ? Reprit son mentor, avec une pointe d’inquiétude due au manque de réponse.
-Vous croyez qu’il est trop tard pour aller aux toilettes? Plaisanta la jeune fille afin d’adoucir cette ambiance stressante dans laquelle elle était plongée.

La plaisanterie arracha un sourire en coin à l’écossais, ils allaient pouvoir commencer.

-Début de la procédure. Souffla-t-il en pianotant sur son clavier.

Mathilda sentit les fils métalliques se resserrer autour de son crâne. Elle ferma les yeux.

-Virtualisation. Lâcha Tanner en appuyant sur la touche « Entrée ».

Une violente douleur envahit le cerveau de la jeune fille qui laissa échapper un long gémissement. Elle avait l’impression que sa tête allait exploser.
Puis soudain, plus rien. Aucune douleur, aucun frisson, seulement la désagréable sensation de foncer à pleine vitesse sans pouvoir s’arrêter. La fille d’Anthéa tenta d’ouvrir les yeux, mais elle n’y parvint pas. Elle voulut crier un juron, mais ses lèvres refusèrent de se décoller. Une boule se forma dans son ventre, un profond sentiment d’impuissance mêlé à de la panique commençait à l’envahir. Mais il lui sembla qu’elle commençait à ralentir, lentement, elle parvint finalement à ouvrir les yeux. Juste à temps pour apercevoir le sol fait d’une étrange matière blanche, avant de s’écraser lourdement sur celui-ci.



5 novembre 2000, Munich, 15h57

Andrew ouvrit la porte avec précaution, il n’aimait pas beaucoup l’école, mais il haïssait encore plus le moment d’en rentrer. Il longea silencieusement le couloir de l’entrée, et risqua un rapide coup d’œil dans la direction du salon. Un homme roux d’une quarantaine d’années regardait un ridicule feuilleton américain affalé dans un fauteuil marron démodé comme il en existe des milliers. A côté de lui, trois bouteilles de vodka vides trainaient sur une petite table ronde. L’homme semblait peiner à garder les yeux ouverts, les effets de l’alcool étaient parfaitement visibles dans son regard. Wilfried Schwaitzer-Heath était dans cet état depuis si longtemps qu’Andrew avait fini par se demander s’il n’était pas né comme ça. D’après ce qu’il en savait, le quarantenaire n’avait jamais réussi à conserver un emploi plus de deux semaines. Son dernier emploi remontait déjà à plus de treize ans, il avait été gardien de musée, et il s’était fait virer après les plaintes de plusieurs visiteuses pour harcèlement.

La mère d’Andrew l’avait rencontré alors qu’elle n’avait que vingt ans, elle en était tombée follement amoureuse. Il lui offrait souvent des fleurs, se montrait romantique et poli, et était plutôt bel homme (à l’époque). Mais elle finit par se rendre compte après un an qu’il était loin d’être le prince charmant dont elle avait toujours rêvé. Malheureusement, c’était trop tard, et Andrew était déjà en route. Elle ne put se résoudre à priver son enfant d’un père, et dut se résigner à vivre avec ce rustre. D’autant plus qu’elle craignait qu’il ne commette l’irréparable si elle mettait fin à leur relation.
Globalement, les Schwaitzer-Heath n’ont jamais eu de problèmes d’argent, le grand-père maternel d’Andrew avait laissé une fortune considérable à sa famille. Suffisamment pour leur permettre de vivre confortablement. Mais l’argent ne fait pas le bonheur, et c’était d’autant plus vrai dans le cas présent.

Andrew se dirigea à pas feutrés vers sa chambre, ce n’était pas vraiment le genre de gamin à avoir des posters de ses sportifs et chanteurs préférés placardés partout. Il préférait conserver ses murs nus et blancs, tout comme son bureau dépourvu de photos. Sa chambre était plutôt normale, et drôlement bien rangée pour un ado de son âge. Il laissa tomber son sac à dos, et s’affala sur son lit. Il remarqua alors qu’une petite goute de sang était venu tacher le col de sa chemise. Il repensa alors au coup qu’avait reçu James plus tôt dans la journée, un sourire satisfait se dessina sur son visage, il était très fier de son stratagème.

Il passa les deux heures qui suivirent à se muscler avec les haltères offertes par sa mère le mois dernier, et à faire ses devoirs. Lorsque son horloge afficha dix-huit heures, il ressortit en prenant les mêmes précautions qu’à son arrivée. Puis il traversa trois rues, avant de s’arrêter devant son école. Il prit quelques minutes pour observer les enfants souriants qui couraient rejoindre leurs parents pour annoncer une bonne note obtenue dans telle ou telle matière dans l’espoir d’obtenir une friandise en récompense. Ses résultats à lui laissaient son père indifférent, et sa mère était trop occupée pour en tenir compte. Il soupira, puis s’assit sur un banc pour attendre la personne qu’il était venu chercher. Mais elle ne vint pas. Andrew regarda sa montre, il avait passé vingt minutes à attendre. C’était bien plus qu’il n’en fallait, ce n’était pas normal. Pris d’un mauvais pressentiment, il franchit le portail, et se précipita dans l’enceinte de l’école. L’escalier de service était l’endroit le plus craint par les élèves les plus faibles. C’était le coin où se déroulait la plupart des rackets ou des règlements de comptes. Les habitués l’avaient surnommés « la cage », un nom parfaitement approprié.
Bien qu’il sût la situation pressante, il prit d’abord le soin de jeter un coup d’œil prudent dans l’embrasure de la porte. Ses craintes furent confirmées, il avait été idiot de croire qu’Hans serait définitivement hors course après le coup de ce matin. Et bien qu’il n’ait jamais craint une vengeance, il avait négligé un détail: son jeune frère. Celui-ci était étendu sur le sol, le nez brisé, et la lèvre inférieure fendue. D’après ce qu’il pouvait voir, Hans ne faisait que s’échauffer pour le moment, et il y avait fort à parier qu’il se consacrerait bientôt aux jambes de sa victime. Andrew regarda son frère, si celui-ci avait un prénom, tout le monde l’avait oublié. Même les professeurs ne s’en servaient pas pour le nommer, on se demandait même s’il était marqué sur la liste d’appel.

On l’appelait Boulard, aussi bien à la maison qu’à l’école. Il était souvent désigné comme étant « le pigeon numéro 1 », sa mère l’avait toujours surprotégé, et lui donnait bien plus d’argent qu’il n’en avait besoin. Son embonpoint en faisait une cible facile, et comme son frère, il n’avait aucun ami pour le défendre. Habituellement, Andrew ne se mêlait pas des déculottées que prenait Boulard. Il n’aimait pas les faibles qui allaient pleurer dans les jupes de leurs mères plutôt que de résoudre leurs problèmes par eux-mêmes en s’endurcissant. Mais là il ferait une exception, d’une part, parce que c’était de sa faute si Hans s’en prenait à son frère. D’autre part, parce qu’il n’était pas satisfait de la réaction du rugbyman. Il s’attendait à ce qu’il comprenne qu’il s’était fait manipuler comme un idiot par James, et que la violence ne lui attirerait que des ennuis. Au lieu de ça, il cherchait la vengeance en s’attaquant au plus faible possible. Le niveau de la punition allait devoir monter d’un cran. Par contre, il devait changer de méthode. Hans était une armoire à glace, et il était plus grand de quinze bons centimètres. Son seul atout était l’effet de surprise. Mais même avec cela, il ne se jugeait pas suffisamment fort pour conserver l’avantage. Un peu d’ingéniosité s’imposait. Le regard du jeune brun se posa sur un vieux barreau d’escalier rouillé déposé contre le mur. Un sourire carnassier se dessina sur son visage, la leçon allait être encore plus facile à retenir que la précédente.




25 mars 2001, 22h30

Mathilda se releva, elle avait le tournis. De petits points rouges dansaient devant ses yeux. Une drôle de sensation avait envahi sa tête, probablement due au choc. Mais curieusement ce n’était pas de la douleur, elle ne parvenait pas à l’identifier. Peu à peu, elle parvint à reprendre ses esprits. Et ce qu’elle vit la stupéfia:
Le sol était fait d’une étrange matière grise, Mathilda prit quelques secondes pour l’observer. Mais elle eut beau se creuser la tête, jamais elle n’avait vu une matière aussi… unique. Et elle n’eut aucun exemple de comparaison à l’esprit pour l’aider à se repérer.
Cependant, elle comprit assez rapidement ce que Tanner entendait par « vide ».
Il n’y avait rien, ou plutôt si, mais ce n’était pas vraiment quelque chose. Le monde virtuel n’était qu’un espace blanc qui s’étendait à l’infini, un genre de néant. Il n’y avait pas de bout, pas de limite, rien mis à part le sol gris sur lequel marchait la jeune fille.
Celle-ci fut très déçue par le monde qui s’offrait à elle. Elle avait entendu parler d’Olympia, et de toutes les choses bizarres et incroyables que l’on pouvait y trouver. La perspective de passer quarante-huit jours dans ce trou lui parût soudain encore plus interminable.

-Quelle est ta situation ?

Surgissant de nulle part, la voix de Tanner vint transpercer les tympans de Mathilda. Cette dernière sursauta violemment de surprise. Furieuse, elle répondit par un chapelet de jurons tous moins polis les uns que les autres.

-Ca a l’air d’aller on dirait. Continua le scientifique qui semblait amusé par la situation.
-Je t’emmerde! Répliqua la jeune fille. Baisse le son de ton foutu micro, j’ai cru que t’allais m’empaler les oreilles.
-Excuse-moi. Reprit la voix avec un niveau sonore plus bas et un ton un peu plus sérieux. Alors que penses-tu de cette expérience ?
-Je pense que tu t’es pas foulé pour programmer ce monde. Répondit son interlocutrice après moins d’une demi-seconde de réflexion. La prochaine fois que je m’embarque dans une mission de ce genre, je demanderai au Docteur un chef d’équipe moins fainéant.

L’Ecossais encaissa le coup, il n’arrivait jamais à trouver quoi répondre à son élève chaque fois qu’elle le clashait. Mais il avait vite compris qu’il valait mieux l’ignorer, sinon elle continuait jusqu’à ce qu’il craque. Et il n’avait jamais craqué de sa vie.

-Si tu as finit de te plaindre, tu pourrais peut-être jeter un œil à ta tenue.

La fille d’Anthéa baissa les yeux, et une expression outrée s’afficha sur son visage. Elle n’était vêtue que d’une simple combinaison noire, deux ailes d’argent étaient dessinées sur le cœur et dans le dos. En elle-même, la tenue ne lui déplaisait pas tant que ça. Par contre, il y avait un détail dont elle se serait bien passée.

-Hey le génie! Tu peux m’expliquer pourquoi j’ai une centaine de bonnets de soutien-gorge en trop ?

Au loin, elle entendit quelques éclats de rires à peine audibles. Elle avait sa réponse.

-Bref. Reprit le rouquin. Nous n’allons pas tarder à t’envoyer Seth. Tu te souviens bien de tout?
-Ouais ouais.
-Bien, maintenant cesse de me parler, la procédure avec Seth est bien plus délicate qu’avec toi.
-Sir yes sir. Répondit la jeune fille en faisant un salut militaire grossier.

Le silence s’installa, gênant, Mathilda se sentait un peu trop seule dans ce monde. Mais elle en profita pour réfléchir un peu à la façon dont elle allait approcher Seth. Le plus agaçant était le fait qu’il ne sache pas parler. Elle savait que c’était probablement la partie qui allait être la plus longue, et la plus ennuyeuse. Pendant quelques secondes, elle douta de ses capacités à réussir cette mission. Elle ne se voyait pas devenir la « mère » de Seth, elle qui avait déjà un peu de mal avec la sienne. Depuis son enfance, et bien qu’elle n’aie jamais douté de l’amour profond que lui portait sa génitrice, elle ne partageait pas grand-chose avec celle-ci. Anthéa s’enfermait régulièrement dans sa chambre sous prétexte de travailler. Mais maintenant qu’elle y pensait, elle se rendit compte qu’elle n’y avait jamais mit les pieds. Celle-ci le lui avait toujours défendu pour des raisons obscures. Mathilda sembla triste quelques instants, elle aurait beaucoup aimé qu’elles soient plus proches, comme elles auraient dû l’être.

-Il arrive. Prévint Tanner, la faisant sortir de ses rêveries.
-Je suis prête.

La jeune fille leva les yeux, et tenta de voir où allait atterrir son élève. C’était d’ailleurs l’occasion pour elle d’observer la façon dont elle avait été envoyée sur ce monde. Mais contre toute attente, il n’y eut rien. Aucun bruit, aucun mouvement, aucun évènement particulier. Rien. Juste ce monde vide qui commençait à la fatiguer, elle en avait marre de voir du blanc.
Elle ouvrit la bouche pour demander des explications à son mentor, lorsqu’un grognement attira son attention. Surprise, elle fit volte-face.
C’est à ce moment là qu’elle se dit que peut-être, peut-être, elle aurait dû mieux se renseigner avant d’accepter cette mission.



5 novembre 2000, Munich, 18h 41

Si Boulard avait toujours été un lourdaud pour son frère, ça n’avait jamais été aussi vrai aujourd’hui. Les nombreux coups qu’il avait reçus l’avaient suffisamment affaibli pour qu’il soit incapable de mettre un pied devant l’autre tout seul. Andrew avait été obligé de le porter jusque devant la porte, ce qui l’avait passablement agacé. Déjà il était encombrant et lourd pour son jeune âge, le porter ressemblait plus à une corvée qu’autre chose. Mais ce qui l’avait vraiment dérangé, c’était les regards et les murmures des gens qui les avaient vus dans la rue. Il était prêt à parier sa tête que ce n’était pas la fin de cette histoire, étant donné le sang qu’avait perdu son frère sur le chemin. D’ailleurs, lui aussi en était couvert (de sang bande de ploucs), mais à la différence de Boulard, ce n’était pas le sien. Andrew se remit à sourire quelques secondes, Hans Kipplestein allait se souvenir longtemps de cette raclée.

Une fois arrivé devant la porte de leur appartement, le jeune brun déposa son frère contre le mur, et fouilla ses poches afin de trouver ses clés. Mais un détail attira son attention, la porte était entrouverte. Ce n’était pas la première fois que cela arrivait, son père sortait régulièrement se ravitailler dans une supérette chaque fois qu’il était à court d’alcool, et dans son ivrognerie il oubliait de refermer. Par contre, il n’avait pas l’habitude de laisser des taches rouges sur la serrure. Prudemment, il poussa la porte. Mais un obstacle l’empêcha de l’ouvrir complètement. Cependant, il put sans peine observer les magnifiques giclées de sang qui recouvraient les murs. Ca lui suffisait largement pour comprendre qu’il valait mieux décamper d’ici.

-Qu’est-ce que tu fais?

Andrew se figea sur place, et foudroya son frère du regard. Comme à son habitude, Boulard avait parlé en haussant le ton. S’il y avait quelqu’un à l’intérieur, il ne pouvait pas ne pas l’avoir entendu. Ses craintes furent confirmées lorsque la porte s’ouvrit à la volée, et qu’une main puissante vint saisir son bras. Sans trop comprendre ce qui lui arrivait, le jeune brun fut balancé sans ménagement à l’autre extrémité du couloir. Son flanc heurta l’entrebâillement de la porte des toilettes, et un craquement sinistre résonna: il venait de se casser une côte.
Malgré les petits points rouges qui dansaient devant ses yeux, il s’efforça de reconnaitre celui qui l’avait malmené. C’est sans surprise qu’il vit Wilfried se dresser devant lui. A en juger par la puissante odeur d’alcool qui régnait dans l’appartement, il avait bu au moins dix fois plus que sa consommation habituelle. Jamais Andrew ne l’avait vu dans un tel état. A ses pieds, sa mère baignait dans une mare de sang. Ses beaux cheveux noirs étaient déployés comme un éventail autour de sa tête. Le précieux liquide de ses veines coulait encore de sa gorge tranchée. Wilfried lui jeta un regard triste.

-Elle voulait me mettre à la porte. Dit-il d’une voix étranglée. Elle disait que j’empoisonnais vos vies, que je vous empêchais de vivre normalement. Elle m’insultait, me disait que ma place était en Enfer. Ce n’était qu’une immonde salope.

Andrew ne l’écoutait pas, il observait toujours le cadavre de sa mère. N’importe quel enfant aurait été pris de nausée, hurlé sa terreur et son chagrin, ou mouillé son pantalon. Mais pas lui. Il n’était pas n’importe quel enfant, il n’était même pas sûr d’avoir un jour été un enfant. Il se contentait de regarder avec fascination ce corps qui l’avait mis au monde. Comme s’il venait de découvrir la solution à tous ces ennuis.
Son père s’approcha, un couteau de cuisine à la main. Andrew tenta de se relever, mais la douleur rendait la manœuvre plus difficile que prévu.

-Pardon. Murmura-t-il en levant son bras, prêt à planter son couteau dans la poitrine de son fils.

Celui-ci ne bougeait pas, la mort semblait le laisser totalement indifférent. Etonné par cette réaction, son père hésita. Jusqu’au moment où un rictus abominable se dessina sur le visage du jeune brun, lui faisant prendre conscience de son erreur.
Boulard était resté tétanisé d’horreur devant le corps de sa mère, mais la vue de son père armé et de son frère impuissant avait fait monter en lui un sentiment de haine suffisamment puissant pour lui permettre de réagir. Il se jeta de tout son poids contre les genoux de son père, celui-ci qui ne s’attendait pas à recevoir soixante-quinze kilos derrière les jambes manqua de tomber à la renverse.
Profitant de la situation, Andrew bondit sur son visage et lui mordit la joue de toutes ses forces.
Complètement prit en sandwich, l’homme finit par basculer en arrière, lâchant son arme sous le choc. Son fils aîné plantait férocement ses dents dans sa chair, à tel point qu’un long filet de sang se mit à couler dans le long de son visage. Mais l’adulte reprit rapidement ses esprits (ou tout du moins ce qu’il en restait) et repoussa son fils d’un revers de bras. Celui-ci fut à nouveau envoyé dans les toilettes. Cependant, il n’avait pas desserré la mâchoire. Et une douleur atroce vint saisir le père qui porta sa main à sa blessure. Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte que ses doigts touchaient directement ses dents. Il poussa un hurlement bestial, à la fois de douleur, mais également de rage. Une folie meurtrière s’était emparée de lui, son esprit n’avait plus rien d’humain. Il se saisit de Boulard qui avait perdu sa colère pour laisser place à un sentiment de terreur profond. Son géniteur le plaqua contre le sol, et s’assit à califourchon sur son ventre imposant. Lentement, ses mains se refermèrent sur le cou de l’enfant. Ce dernier voulut crier, appeler à l’aide, mais aucun son ne traversa ses lèvres. Son paternel ne se fiait plus qu’à son instinct meurtrier, et serrait sa trachée aussi fort qu’il le pouvait.

C’est là qu’il commit la dernière erreur de sa vie, celle qui viendrait clôturer la très longue liste qu’il avait établit au fil de ses jours sur Terre.
Andrew n’avait pas été mis hors de combat par le coup qu’il avait reçu, et malgré la douleur qui lui brûlait le flanc, il était parvenu à se relever.
La dernière chose que Wilfried Schwaitzer-Heath vu lorsqu’il se retourna, fut l’image de son fils aîné. Celui-ci tenait le couvercle en pierre du réservoir de la chasse d’eau, son regard était empli d’une folie indescriptible, et il avait toujours la joue de son géniteur coincée entre ses dents.
Andrew eut la satisfaction de détecter l’effroi dans les yeux de son père avant d’abattre son arme improvisé contre son crâne. Et il ne s’arrêta pas là, il continua de le frapper, encore et encore, jusqu’à ce que ce qui était au départ une tête, ne soit plus qu’un tas d’os, de sang, et de matière cérébrale.
Lentement, le jeune brun desserra la mâchoire, et le morceau de chaire tomba dans la flaque de sang déjà bien épaisse.
« Floc ».
Il resta là, à observer les cadavres de ses parents, sans prêter attention à son frère inconscient.
Puis il éclata de rire.
Mais ce n’était pas un rire d’enfant, mais un rire fou, un rire dans lequel était mêlé de la cruauté, de la folie, et de l’amusement.



25 mars 2001, 19h 34

Il se réveilla et se redressa, ce fut brusque et complètement inattendue. L’infirmière à son chevet étouffa un cri de surprise, mais finit par se relaxer. Il fallait dire qu’avec tout les bandages qui recouvraient son corps, il faisait une parfaite momie.

-Bonjour Andrew. Dit-elle en allemand d’une voix rassurante.

L’intéressé haussa un sourcil.

-Pourquoi m’appelez-vous par mon prénom ? Demanda-t-il méfiant.
-Nous sommes à l’infirmerie, nous pouvons parler en toute familiarité sans avoir d’ennuis. Mais si tu préfères que je t’appelle « Serpent » c’est toi qui vois.

Son patient préféra ne pas répondre, il observait ses bras pansés, et semblait assez étonné d’être dans un tel état. L’infirmière eut l'air de deviner ses pensées car elle ajouta:

-Le Major Dragunov t’a mis dans cet état. J’ai du mal à croire que tu aies résisté au point d’être finalement assommé mais je n’aimerais pas être à ta place, il doit avoir déjà un plan pour t’en faire baver tel que je le connais.
-Contrariant. Murmura-t-il si bas que la jeune femme blonde ne l’entendit pas.

Elle se contenta de lui sourire pour le rassurer, mais à ses yeux, ce sourire sonnait faux.
Malgré tout, il se décida à jouer à son jeu.

-Vous connaissez le Major? Demanda-t-il timidement.

L’infirmière s’étonna de la question, mais se radoucit avant de répondre:
-Je suis sortie avec lui quelques années. Mais j’ai finis par le quitter pour un autre membre du même grade que lui, il ne l’a pas bien pris du tout. Aujourd’hui il me déteste, je me sens un peu coupable de temps en temps mais c’est la vie.

Elle continua son histoire en racontant les quelques ennuis qu’elle avait eus en sortant avec le russe. Mais plongée dans ses souvenirs, elle avait cessé d’observer son patient.

-Et oui. Chuchota le jeune brun en défaisant le bandage de sa main gauche. C’est la vie.

Sans crier gare, il administra un formidable crochet à la mâchoire de la jeune femme, envoyant deux dents ensanglantées s’écraser contre le mur. L’infirmière s’écroula contre le sol en hurlant, les mains plaquées contre sa bouche pleine de sang. Le jeune allemand sortit de son lit en déchirant ses bandages, avec satisfaction, il découvrit que toutes ses blessures avaient cessées de saigner. Il s’empara de l’uniforme posé sur une chaise, et sortit une fois habillé, non sans avoir lancé à la jeune femme:

-Evitez les enfants pendant quelques temps, et surtout ne montrez pas votre nouveau visage à votre petit ami. D’ici quelques jours, vous pourrez à nouveau rouler une pelle à qui vous voudrez avec deux petits trous en plus pour faciliter le passage de votre langue.

Là-dessus, il éclata d’un rire cruel avant de refermer la porte, laissant la jeune femme enfermée dans les ténèbres.



Même jour, même heure, lieu différent


Anthéa se réveilla en sursaut, trempée de sueur. Mal à l’aise, elle se précipita dans sa douche, et laissa l’eau chaude apaiser ses mœurs.
Elle avait encore fait un cauchemar, toujours le même, toujours cette cellule sordide et cette crasse ignoble.
Bien qu’elle ne l’ait jamais laissé transparaître, elle ne s’était jamais véritablement remise de sa séquestration il y a maintenant presque quatorze ans. Elle se douchait régulièrement, et ne supportait plus la saleté ou la puanteur. Le Docteur n’avait jamais cessé de l’effrayer. Chaque fois qu’elle le voyait, elle craignait de lui déplaire et qu’il finisse par la renvoyer dans le trou à rat dont il l’avait sortie. Mais la récente annonce de sa mort prochaine l’avait enchantée, et elle s’était dit que peut être, elle allait pouvoir souffler un peu. Son remplaçant serait très probablement Tanner, ce qui était une excellente chose à ses yeux. Elle s’était toujours très bien entendue avec l’Ecossais, qui agissait en parfait gentleman chaque fois qu’ils se croisaient. Qui sait? Avec de la chance, il la laisserait peut-être sortir de ce bâtiment souterrain dont elle est prisonnière depuis son arrivée. Ces pensées lui réchauffèrent le cœur, et elle sortit de sa douche une fois bien lavée. Mais la sonnerie de sa porte allait mettre fin au rêve dans lequel elle s’était plongée.

-J’arrive! Cria-t-elle en enfilant un peignoir.

Lorsqu’elle ouvrit, elle eut la surprise de découvrir Jonathan, l’un des membres de son équipe de recherche. Il semblait essoufflé.

-Que se passe-t-il? Demanda la jeune femme incapable de dissimuler l’inquiétude dans sa voix.

Son interlocuteur marqua un temps d’arrêt pour reprendre son souffle, de la sueur coulait le long de son crâne chauve. Il avait dû courir.

-L’équipe virtuelle de Taylor a trouvé quelque chose d’assez… inhabituel.

Anthéa fronça les sourcils.

-Je ne me rappelle pas avoir autorisé une virtuallisation dans…
-C’était pour apprendre les bases à une nouvelle recrue. Coupa Jonathan. Ils ont fait un saut dans la mer numérique pour le familiariser à l’environnement, et ils ont trouvés ça.

Sur ses mots, il brandit une dizaine de clichés couleurs, et les donna à sa supérieur.
Intriguée la jeune femme les observa un à un. Une expression d’incompréhension mêlé à de l’étonnement envahit son visage.

-Ces clichés sont-ils fiables? Demanda-t-elle même si elle connaissait la réponse.
-Absolument. Assura son assistant.

La jeune femme resta interdite, jamais elle n’aurait imaginé tombé sur quelque chose de ce genre après si peu de temps.

-Il semble éteint. Remarqua-t-elle. Avons-nous une idée de l’âge qu’il a?
-Aucune. Répondit l’homme sans cacher son anxiété. Devons-nous prévenir le Docteur?
-Non. Trancha Anthéa. Je vais le faire moi-même. Bien sûr, je compte sur votre entière discrétion.
-Ne vous inquiétez pas, je saurai me taire.

Sur cet échange, la mère de Mathilda congédia son assistant, et fila s’habiller.
Après quoi, elle se dirigea droit vers la chambre du Docteur. L’idée de revoir le chef de l’organisation ne l’enchantait guère, encore moins avec les informations qu’elle avait reçues. Mais l’heure était grave, et elle n’était pas en mesure de cacher l’existence d’un autre monde virtuel à son supérieur. Car à sa connaissance, il n’existait qu’une seule autre personne capable de réussir une telle création.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


Dernière édition par Tyker le Ven 20 Mar 2015 11:29; édité 4 fois
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Ikorih MessagePosté le: Mer 23 Avr 2014 20:03   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Localisation: Sûrement quelque part.
I got my bell, I'm gonna take you to hell...
*fin de l'introduction acédécesque*
M'en fiche, cette chanson déchire.

Bon. Euhm. Où sont mes fiches? Elles sont là, et mal rangées. Du coup faut que je trouve un truc par lequel commencer. Mayrde.
Tiens, oui, on pourrait parler de la forme de ton texte. J'ai noté plus de problèmes de vocabulaire que d'habitude, par exemple. Je crois que tu devrais reprendre la bonne habitude de faire passer des chapitres entre mes papattes avant de les publier (a).

Maintenant je passe à la partie où je dis des conneries. Mr. Green Il en faut bien une.
On peut par exemple noter le nombre astronomiques de références à toi-même (alcoolisme, fugue de l'infirmerie, problème avec les infirmières...ah, tu pensais qu'on te grillerait pas? Mr. Green)
On observe aussi une rage certaine contre les dents. Qu'est-ce que ça cache? Mr. Green
Terminons en beauté : tu fais des réponses aux coms plus courtes que les miennes, ce qui est un record. Geygey.

BON. Il serait temps de dire des trucs pertinents, aussi.
L'élément phare du chapitre, c'est Serpent, même si on le grille pas forcément dès le départ. On en apprend plus sur son passé, toussa, toussa. Et ça finit en ragequit de l'infirmerie pour, bien sûr, aller exploser des œufs. Quoi, on avait dit stop les conneries? Mayrde.
Sinon on a... l'avatar virtuel de Mathilda, visiblement conçu par l'équipe scientifique qui a les même goûts que les game-designer. Razz
Et puis un nom "Olympia", soit visiblement le centre des opérations virtuelles de Carthage, ze monde virtuel de la mort, bref, un truc super keuwl qu'on verra en temps voulu.

Mince, j'ai déjà plus rien à dire. Zut zut. Zut. Zute.
*conclusion de merde incoming*
La scène où tu remplis tes quotats de stress post-traumatique est grillée. (a)
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Belgarel MessagePosté le: Mer 23 Avr 2014 21:33   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
Here We Go !

J'ai un peu honte de parler après un commentaire aussi construit Mr. Green

Bon, dans ce chapitre, tu fais deux choses en parallèle : la mission Seth-Mathilde (très attendue, et tu continues de nous faire lambiner avec art ^^), et le développement de tes deux derniers OC du chapitre 3…
Wait…Ah oui, j'oubliais, cette fic est composée à 95% d'O.C. Mr. Green (Et à 2,8% de Premiers Ministres…)
Bref, ça nous donne un cocktail de scènes d'action sombre dignes de l'Engrenage, mais avec une petite touche Tyker (notamment, les personnages passent leur temps à patauger dans des flaques de sang).
La fin se termine sur un bon vieux cliff-hanger avec la découverte de Lyokô (certitude à 97,43%).

Je me demande si la fic fera apparaître Aelita et Hopper, ce qui expliquerait la perte de mémoire humaine de la gardienne de Lyokô, et l'absence totale de son père pendant la moitié de la série.
On notera aussi que la relation Anthea-Mathilde est plus tendue que ce qu'on pouvait croire. Un mystère là-dessous, ou simplement la douleur d'avoir perdu Aelita.

En somme : du plaisir à te lire, et toujours autant envie de découvrir la suite. Tu nous fais peut-être mariner un peu longtemps au fil des chapitres, mais qu'importe si les éléments de réponse arrivent au compte-goutte ! Bref, du bon boulot Wink


Chapitre 4 a écrit:
-Comment te sens-tu ? Reprit son mentor, avec une pointe d’inquiétude dut au manque de réponse.
-Vous croyez qu’il est trop tard pour aller aux toilettes? Plaisanta la jeune fille afin d’adoucir cette ambiance stressante dans laquelle elle était plongée.
Ah, ce pauvre Tanner ! Ça fait quatorze ans, et on lui fait encore des allusions à la blague-pipi du chapitre 1 !
Chapitre 4 a écrit:
L’Ecossais encaissa le coup, il n’arrivait jamais à trouver quoi répondre à son élève chaque fois qu’elle le clashait. Mais il avait vite comprit qu’il valait mieux l’ignorer, sinon elle continuait jusqu’à ce qu’il craque. Et il n’avait jamais craqué de sa vie.
Sauf une fois, au châlet, justement !
Chapitre 4 a écrit:
-Hey le génie! Tu peux m’expliquer pourquoi j’ai une centaine de bonnets de soutiens-gorges en trop ?
Au loin, elle entendit quelques éclats de rires à peine audible. Elle avait sa réponse.
Syndrome de Lara Croft. À 14 ans, c'est du joli.
Chapitre 4 a écrit:
[Wilfried] avait bu au moins dix fois plus que sa consommation habituelle
De deux choses l'une : soit il boit presque pas, soit il est mort.
À noter qu'à un moment, tu dis que le père d'Andrew et "Bouboule" ressent une violente douleur ("Et une douleur atroce vint saisir le père qui porta sa main à sa blessure.") C'est tout simplement impossible : l'alcool fout le bordel dans le système nerveux. S'il est à ce point bourreé, tu pourrais lui enfoncer un couteau dans le bide qu'il ne s'en rendrait pas compte !

It is time for f-f-f-f-Falcon Eye© !
Spoiler


Point de vue style, je dirais que tu ponctues trop peu. Les appositions sont peu souvent marquées par des virgules, et quelquefois tu te contentes d'une ponctuation faible (virgule) là où une ponctuation forte (point-virgule, point) aurait à mon avis plus d'effet.

_________________
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Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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Zéphyr MessagePosté le: Jeu 24 Avr 2014 20:27   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1044
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Tout d'abord, merci à Belgarel et Ikorih qui m'ont sucré la possibilité de placer moi-même l'effet Lara Cruz, heu Croft.

L'avantage de passer après Belgarel, c'est qu'on a plus besoin de relever les fautes (a). Sinon, je me permets une petite remarque sur la forme. C'est à propos des dates. En lisant le chapitre, j'ai failli passer à côté du fait que l'on avait droit à des séquences flash-back datant d'un an avant l'action principale. Peut-être est-ce dû au fait que je sois un peu tête-en-l'air, mais mettre les fameuses dates en italique serait sympa pour éviter de futures confusions comme celle qui a failli m'arriver (a).

Parlons maintenant du contenu de ce dernier chapitre. J'ai apprécié la petite incursion dans le passé de Serpent. La mise en scène est bien foutue, puisqu'au début, on ne se doute pas qu'il s'agit de lui, surtout si on prend en compte que son prénom n'était pas connu jusqu'à maintenant et le fait que tu n'ait pas immédiatement signalé l'existence de son frère. C'est donc bien joué de ce côté-là.
Je plussoie ensuite fortement Ikorih : qu'as-tu contre les dents Oo ? C'est pire que moi et mes pièces hautes de plafond o/.
Côté Mathilda, ça avance un peu, mais pas trop. Sa situation a un peu été clifhangerée, surtout que la forme virtuelle de Seth n'a pas l'air d'être des plus avenantes. Bref, ça donne envie de voir ce qu'il va lui arriver.

D'ailleurs, j'ai souvenir d'un personnage de livre (dont j'ai oublié le titre ><) qui souffrait du même traumatisme qu'Anthéa. Sauf que lui avait passé toute une journée dans une fosse sceptique, au milieu des déjections. Bref, tout ça pour dire que c'est bien de citer ce genre de détails, ça rend plus humain le personnage.

En ce qui concerne la découverte de l'autre monde virtuel, j'approuve le pourcentage de mon VDD sur le fait que ce soit certainement Lyokô. Les 2,57% restants étant pour une sorte de Cortex Mr. Green.
Néanmoins, j'ai quand même un doute sur le fait que ce soit Lyokô. À cause du contexte temporel de ta fanfiction. La découverte de l'Autre (kassdédi) monde virtuel se fait en 2001. Or, Jérémie a rallumé le supercalculateur de Franz Hopper en 2004, soit bien après. Une question se pose donc : est-ce qu'il est quand même possible de détecter Lyokô lorsque le supercalculateur qui le génère est éteint ? Personnellement, je ne crois pas cela possible. Néanmoins, les « photos » montrées à Anthéa laissent entendre que le monde virtuel a été découvert depuis le réseau. Du coup, on peut penser que même avec le SC éteint, Lyokô continue d'exister dans le réseau, mais sans possibilité d'y accéder. « Les portes fermées » me dit un individu qui voue un culte à la couleur jaune.
Je ne peux donc m'empêcher de penser que tu cherches à nous induire en erreur et qu'en réalité, ce ne soit pas Lyokô qui ait été découvert, malgré le fait qu'Anthéa pense que seul son mari est capable de ce prodige.
En somme : soit je cherche trop loin, soit c'est Lyokô o/.

Hâte de lire la suite Wink !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Icer MessagePosté le: Dim 04 Mai 2014 20:51   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
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Localisation: Territoire banquise
Bon, on va dire que j'aurais pris le temps qu'il faut pour lire ce chapitre (D'habitude je lis en cours, et donc quand j'ai plus cours, je suis face à un problème) et en plus après le trio du dessus, j'ai pas grand-chose à dire, mais de toute façon mes super-pouvoirs de référent me permettent de poster à l'envie, voire de faire le connard jusqu'à supprimer un des commentaires qui ferait doublon avec le mien (a)
Mais que ce soit Ikorih, Belgarel ou Zéphyr ma victime, je me ferais emmerder, c'est pour ça qu'aujourd'hui je vais utiliser un...

Spoiler


Bref, tout ça pour dire que je n'ai pas décroché de ta fiction à très gros potentiel, continue comme ça ! Very Happy

_________________
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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »
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Ellana MessagePosté le: Sam 31 Mai 2014 17:57   Sujet du message: Répondre en citant  
X.A.N.Alloween 2013 (T)


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Avertissement : comme souvent, je débarque des semaines après la bataille mais je commenterai quand même chapitre par chapitre Mr. Green

Prologue :
Utiliser Anthéa te laisse une bonne marge de manoeuvre étant donné le peu d'informations qu'on a sur elle. Par contre, j'ai trouvé que tes descriptions ne remplissaient qu'à moitié leur rôle : on visualise parfaitement la scène mais on y reste trop extérieur dans le sens où on discerne moins bien les sentiments. Je ne sais pas si je me fais comprendre XD En gros, la partie description visuelle est tellement bien réussie qu'on a du mal à entrer vraiment dans les dialogues et l'état d'esprit des personnages (après, c'est purement subjectif, je suis peut-être la seule à avoir eu cette impression).
Niveau orthographe, je contredis Zéphyr : on peut passer après Belgarel et trouver des fautes XD Par mesure de lisibilité, je te transfère ça via Skype.
Juste quelques remarques réccurentes : le texte gagnerait en fluidité sans la plupart des passages entre parenthèses. Il serait bien aussi de supprimer les tournures familières dans la narration et de couper certaines phrases en deux (remplacement de virgules par des points). Mais sinon, contrairement à certains, tu évites les répétitions (a) (♥ sur vous les Laura !)


Chapitre 1 :
- Je n'aime pas le fait de désigner le Docteur par «le cinquantenaire» surtout qu'il est le protagoniste principal du début de chapitre, on se doute qu'on parle de lui.
- Tout comme dans le prologue, certains mots ou expressions apparaissent un peu trop familières dans la narration (ici, j'ai tiqué sur le « mépriser quiconque possédait une tête qui ne lui revenait pas » )
- "Bien qu’elle devina à l’avance que le voyage serait loin d’être confortable. Elle salua tout de même la présence d’esprit des soldats qui l’accompagneraient".  => même problème que dans le prologue, deux phrases seraient mieux.
- "Dragunov lâcha une rafale de balles contre celui qui avait tenté le coup avant de la refermer brutalement. (La portière hein ?)" => Tu as oublié de supprimer une note perso ? XD

Hum ce serait un peu gros que le russe ait comme par hasard été épargné parce qu'il appartient aux adversaires apparemment venus de l'URSS... J'espère que c'est plus complexe que cela ^^
Pas mal sinon, mais là encore, j'ai une impression de déséquilibre : la fusillade est vivante (ou pas d'ailleurs, étant donné les morts qu'elle laisse derrière elle ha ha) mais je trouve que tu aurais pu davantage accentué la place d'Anthéa. M*rde, elle accouche quand même au milieu des cadavres qui tombent ! XD Y aurait des choses à dire !
Et sinon je relève deux autres points :
Citation:
Dites-moi Monsieur Tanner [...] est-il possible de faire réunir les quinze meilleurs hommes présents dans ce bâtiment et de les faire venir ici en moins de deux minutes?

=> Grande classe ♥
Citation:
Anthéa regrettait de n’être pas allée aux toilettes avant le départ.

=> Fail ! Une femme enceinte, surtout si proche de l'accouchement, ne peut pas passer six heures sans toilettes O.O


Chapitre 2 :
- "Et les français prétendent que les britanniques ne savent pas cuisiner?
Ridicule. Ils sont simplement trop égocentriques pour apprécier une autre cuisine que la leur." => Le présent tranche trop avec la narration, ça apparaît clairement comme un commentaire du narrateur et c'est pas ce qu'il y a de plus agréable à lire ^^
- "La théière et les tasses de porcelaine fine était signées Wedgwood, la célèbre entreprise familiale établie en 1779 dans le Staffordshire. Il but une gorgée de thé et tamponna ses lèvres avec une serviette. " => Le retour au Docteur par un simple «il» et sans retour à la ligne brusque. Il faudrait regrouper toute la description pour ensuite revenir vers « l'histoire »
-
Citation:
un ours imberbe et dépourvu de patte gauche
=> Attaque grossière contre GummyBear Surprised

Pfffffou y a pas à dire, le Docteur a une classe phénoménale ! Le coup des têtes, énorme !
Ensuite, j'ai adoré le personnage de Mathilda, qui tout comme Belgarel, m'a fatalement fait pensé à Matilda. Contrairement à Ikorih, j'ai bien pris le « Dragounet » (Brianna ♥) et comme Icer, j'ai pensé à Mewtoo. ça m'apprendra à passer après les autres, je suis singulièrement banale !
J'ai moins à dire sur ce chapitre et c'est une bonne nouvelle, ça prouve que je suis davantage plongée dans l'histoire ^^


Chapitre 3 :
- "L’écossais savait qu’il l’examinait dans le but de voir si elle conviendrait, il vaudrait d’ailleurs mieux qu’elle convienne." => Ce genre de phrases illustre ce que Belgarel a dit sur le chapitre précédent : parfois, mieux vaudrait remplacer les virgules par des points.
- "La voix du malade était sèche, étranglée. Comme sortie d’un cou de lézard. "=> parce que les lézards parlent (a) ?
- Ah oui, il y a aussi ta tendance à finir tes premières phrases de dialogues par un point et mettre du coup la narration indirecte avec une majuscule (-Je comprends. Répondit la jeune fille sans détacher son regard de la photo. Mais qu’attendez-vous de moi ? )
- J'imagine qu'il y a un lien entre les noms de codes des agents de Dragunov et les noms d'animaux qu'ont les hommes de Dido dans les Chronicles, non ?
-  "en poussant un rugissement bestial." => En poussant très royalement, un rugissement bestiaaaaal ! (majesté, tu ne te mouches pas du coude !).

J'ai moins aimé ce chapitre. A part le passage final qui laisse la porte ouverte à pas mal de personnages secondaires. Etrangement, Mathilda m'a moins attirée. Et le fait qu'elle pactise si jeune avec le Docteur laisse penser que sa mère est encore plus éclipsée...



Chapitre 4 :
- Roooh Andrew trop classe aussi *.* Sa première réplique est juste ♥ J'imagine trop le beau gosse nonchalant Mr. Green
-  "Et il avait la fâcheuse manie de balancer sa chaise sans arrêt, cette fois-ci lui sera fatal." => Le présent est peut adapté (un passé simple a plus de justesse et d'impact). Et idem que pour ailleurs, une coupure en deux serait appréciable.
- "des bouts (des fils)" => Ce n'est pas courant de mettre ce genre de précisions entre parenthèses. Mieux vaudrait soit supprimer les parenthèses, soit reformuler pour que la précision devienne superflue.
- "Toi et Seth allez être virtualisés sur un petit monde virtuel créé spécialement pour vous" => pour éviter la redondance de virtualisés / virtuel, tu pourrais reformuler en « Toi et Seth allez être virtualisés dans un monde créé spécialement pour vous ». On se doute de toute façon que le monde sera virtuel =)
- "d’obtenir une friandise en récompense" => Hum étant donné qu'il a physique/chimie, Andrew est au moins en cinquième, je pense pas qu'on peut encore parler d'élèves qui attendent des friandises en guise de récompense au collège XD
- "Elle n’était vêtue que d’une simple combinaison noire, deux ailes d’argent étaient dessinées sur le cœur et dans le dos." => Argh, on va avoir des similitudes dans nos fics ! (heureusement que j'avais pas pensé au coup de la poitrine, oubli d'ailleurs impardonnable XD)
- "il était gros et lourd" => On peut être gros et léger ? :^)
- "(de sang bande de ploucs)", => hum j'aime définitivement pas la manière dont le narrateur s'implique dans sa narration XD
- La découverte de l'appartement « ensanglanté » et le prénom de Mathilda (comment ai-je pu ne faire le rapprochement que maintenant (facepalm) ) me fait penser au film Léon. Hasard ou inspiration ? =)

J'ai bien aimé ce chapitre, sans doute parce que Andrew (comme beaucoup de tes personnages en fait) a un côté sombre extrêmement attirant (et que personne ne vienne me dire que je suis une louve en chaleur, je ne parle pas d'attirant dans ce sens !) (Edit : j'avais écrit ça avant le coup de la joue et là, je change un peu d'opinion XD). Aaaaaah bon on a déjà un rapprochement entre les personnages présentés plus tôt, c'est bien ! Mr. Green
Par contre, je trouve vraiment étrange que Mathilda soit chargée d' «éduquer» Seth. D'accord, c'est la seule de disponible et elle a vécu dans une atmosphère qui lui a sans doute formaté le cerveau, mais ça reste une ado... Sans aucune notion de ce que peut être avoir un enfant. Enfin bon, tant que c'est l'apprentissage du langage ça va mais au bout d'un moment, je pense qu'il y aura un problème, non pas dans le message à faire passer mais dans la manière de le faire, surtout si Seth vise réellement à rendre l'humanité plus parfaite : même en imaginant qu'elle ne fasse pas de crise de gamine capricieuse comme 90% des ados, Mathilda est jeune et on va dire inexpérimentée. Comment pourrait-elle enseigner le bien, le mal, la manière de se comporter alors qu'elle n'a pas vécu grand-chose et qu'elle reconnaît elle-même qu'elle est assez ignorante du Monde ? Je ne sais pas, ça me dérange un peu.
Mais aaaaaargh arrête avec tes fins de chapitre qui donne trop envie de lire la suite !!!! Bourreau ! Je veux voir Seth ♥


Ah et je ne pouvais pas passer à côté du coup de vent :
Citation:
 La découverte de l'Autre (kassdédi)

♥♥♥

A bientôt pour la suite, maintenant que j'ai rattrapé mon retard, je serai plus vive sur les prochains chapitres Mr. Green

_________________
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Tyker MessagePosté le: Mer 11 Juin 2014 13:15   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre 5: Les masques du Serpent




21 décembre 2000, 17h23

Le médecin, un homme mûr de quarante trois ans était nerveux. Il travaillait depuis près de treize ans dans l'aile psychiatrique de l'hôpital de Bayreuth, et jamais encore il n'avait rencontré un patient aussi dangereux qu'Andrew Schwaitzer-Heath. Incarcéré avec son jeune frère il y a moins d'un mois, le jeune homme s'était montré calme et poli les premiers jours. Mais un « incident » avec l'une des infirmières avait complètement détruit l'image du petit garçon que s'était fait le médecin. Il revoyait encore la mare de sang dans laquelle il avait retrouvé la jeune femme, mais il était arrivé beaucoup trop tard pour tenter quoique ce soit. Depuis ce jour, plus personne n'osait ouvrir la porte du patient, les gens avaient bien trop peur, à juste titre. On l'avait fermement attaché aux barreaux de sa fenêtre, mais la sangle qui le retenait était suffisamment longue pour qu'il puisse se rendre aux toilettes et aller dormir. Le médecin avait défendu qu'on ouvre la porte de sa cellule avant au moins deux mois, ses plateaux repas ainsi que ses vêtements de rechange étaient déposés par des hommes de la sécurité qui tenaient toujours leurs tasers, prêts à se défendre d'une quelconque agression. Mais le jeune homme se contentait de leur sourire amicalement avant de se mettre à table, il n'y avait rien d'autre à ajouter mis à part ses remarques déplaisantes sur la qualité du repas. Tout était à peu près rentré dans l'ordre, jusqu'à l'arrivé de l'homme à la queue de cheval, vêtu d'un manteau de cachemire noir qui suivait en ce moment même le médecin.

Il s'était présenté comme étant le directeur d'un asile psychiatrique anglais, et il avait demandé à rencontrer Andrew personnellement. Devant le refus catégorique de son interlocuteur, il avait été obligé de présenter un document de transfert officiel, dans lequel il disait vouloir récupérer le jeune homme afin de le soigner dans son établissement. Pour le médecin, c'était une chance inespérée de se débarrasser de ce monstre, mais au fur et à mesure qu'ils s'approchaient de ce danger publique, il sentait le long filet de sueur froide qui coulait le long de son dos. Ils s'arrêtèrent enfin devant la grande porte blanche. Chambre 7.

-C'est ici Docteur Bagley ? Demanda le visiteur.
-Oui. Répondit ledit Bagley sans parvenir à cacher son malaise. Mais je dois vous mettre en garde, il y a eu un incident avec l'une de nos infirmières il y a deux semaines. Il s'était plaint d'un mal de gorge, et Emilia avait choisit de l'ausculter sur place. Elle a suivit la procédure habituelle, qui consiste à demander au patient de faire « Aaaah » en tirant la langue...
-Merci je vois très bien en quoi cela consiste. Grinça l'homme en manteau noir.
-Laissez-moi finir s'il vous plaît. Après l'avoir examiné, Andrew a demandé de la façon la plus innocente qui soit si il pouvait faire la même chose avec l'infirmière. Amusée, elle s'est exécutée, sauf que cela ne s'est pas passé comme elle l'avait prévue.

Le médecin sortit un cliché couleur du dossier qu'il portait sous son bras, et le tendit à son visiteur. Celui-ci s'en saisit et l'examina. C'était une photo de l'infirmière qui avait examiné le jeune homme, mais elle n'était pas vraiment dans un état très photogénique. Et pour cause, elle n'avait plus de langue. Cela devait probablement être la posture dans laquelle on l'avait trouvée, elle était avachie sur le lit du patient, au milieu d'une mare de son propre sang.

-Il lui a collé la main sur sa bouche pour l'empêcher de crier. Expliqua Bagley mal à l'aise. Elle s'est étouffée dans son propre sang.

Son visiteur acquiesça de la tête pour signifier qu'il comprenait la situation.
Là-dessus, le médecin frappa trois fois à la porte, avant de sortir ses clés pour la déverrouiller. Il prit une grande inspiration, puis enfin il l'ouvrit.
Assis dans son lit, Andrew Schwaitzer-Heath lisait pour la énième fois « Les Chiens de Baskerville » de Conan Doyle. Le seul livre qu'il avait pu prendre à la bibliothèque avant l'incident avec l'infirmière. Son col de veste de pyjama bâillait et son regard était grave. Une lueur de surprise avait traversé ses yeux à la vue de Bagley et de son visiteur. De toute évidence, il ne s'attendait pas à cela.

Il examina rapidement le personnage dont il ignorait l'identité, il ne ressemblait pas à l'un de ces ennuyeux docteurs qui prétendait être là pour le guérir. Non, il dégageait une aura particulière, on voyait à sa stature qu'il imposait sa loi quoi qu'il arrive. Andrew se mordit la lèvre, celui-ci semblait plus intelligent que les autres. Restait à savoir qui il était et ce qu'il lui voulait.
Mais à son grand agacement, ce fut Bagley qui prit la parole :

-Andrew, je voudrais te présenter...
-Cameron, coupa l'intéressé en s'approchant du jeune garçon pour lui serrer la main, John Cameron.
Tout en le saluant, le munichois remarqua qu'il s'exprimait dans un allemand parfait. Avec, toutefois, un léger accent difficile à identifier.
-Enchanté, répondit-il en restant méfiant, que puis-je faire pour vous ?
-J'aurais une proposition à te faire petit.
Sur ces mots, il s'assit sur une chaise en plastique située près du lit, et se tourna vers Bagley.
-Veuillez nous laisser je vous prie, je voudrais m'entretenir seul à seul avec ce garçon.
Celui-ci ne semblait pas très motivé par l'idée de laisser son invité avec un tel danger. Malgré tout, il tourna les talons et sortit de la chambre.
Une fois Bagley partit, le visiteur se mit à regarder Andrew d'une façon bien différente de celle utilisée jusqu'à présent.
-J'aimerais que tu répondes à quelques questions si cela ne te dérange pas.
-Ça dépend.
-De quoi ?
-Des questions.

L'homme laissa échapper un sourire, puis il sortit plusieurs feuilles enroulées de la poche intérieure de son manteau. Il les déroula, et se mit à lire :

-« Andrew Schwaitzer-Heath, né le 15 mai 1987 à Hambourg. Vivait à Munich le jour où il a été interné pour le meurtre de ses parents avec la complicité de son jeune frère de onze ans. Bon en classe, caractère violent, très intelligent, assez fort pour son âge, aptitude pour les langues, le Sport et l'Histoire. » Pourrais-tu me dire s'il y a quelque chose d'erroné là-dedans ?
-C'est quoi ? Un interrogatoire ?
-Un simple test ?
-Quel genre de test ?
-Tu verras.

Andrew grogna, ça ne lui plaisait pas du tout. Cet homme ne trahissait pas la moindre émotion, il restait de marbre, à le sonder du regard. Le jeune allemand savait que ce n'était pas quelqu'un qu'on pouvait prendre à la légère, et il semblait difficile à berner. Il valait mieux jouer son jeu pour le moment jusqu'à ce qu'il en sache assez.

-Je n'ai pas un caractère violent, répondit-il en se laissant glisser le long du matelas.
Son interlocuteur haussa un sourcil.
-Es-tu en train de me dire que tu as tué tes parents en restant parfaitement calme ?
-Je ne faisais que me défendre, répliqua Andrew en enfonçant sa tête dans son oreiller.
-Tes parents voulaient donc te frapper ?
-Seulement mon père.
-Dans ce cas pourquoi as-tu tué ta mère ?
-C'est mon père qui l'a tuée, pas moi.
-Et donc tu t'es vengé ?
-Non, il a tenté de me tuer et je me suis défendu. Boulard est venu m'aider.
-Boulard ?
-Mon frère.
-Donc tu maintiens ce que tu as dit à la police et au Docteur Bagley à ton arrivé ici ?

Andrew bâilla, c'était plus ennuyeux que prévu, mais il refusa de baisser sa garde. Du moins, tant qu'il ne saurait pas définitivement ce que voulait ce type.

-Oui.

Cameron soupira. De soulagement ou de déception ? Dur à dire. Il sortit alors les clichés remis par Bagley avant d'entrer dans la chambre. Il en choisit un, et le montra au jeune allemand.
Celui-ci l'examina sans trahir la moindre émotion, puis le rendit sans y manifester plus d'intérêt.

-C'est toi qui as fait ça n'est-ce-pas ? Demanda l'homme en récupérant le cliché.
-Oui.
-Et pourtant tu affirmes que tu n'as pas agi par violence ?
-Oui.
-Alors pourquoi l'as-tu tuée ?
-Elle me faisait chier.
Cameron fronça les sourcils.
-Que veux-tu dire par là ?

Andrew fit la grimace, il n'aimait pas la tournure que prenaient les choses. Toutes les personnes travaillant à l’hôpital avaient eu bien trop peur de lui pour poser des questions sur son geste. Ils étaient trop stupides pour ne trouver que la violence pour expliquer son acte. Celui-là était plus intelligent, et sans doute très perspicace. Il fallait changer de tactique.

-Qui êtes vous ? Demanda-t-il en fixant son interlocuteur droit dans les yeux.
Celui-ci n'était nullement impressionné par le regard empoisonné que lui lançait le jeune homme. Il répondit sans effort :
-Il me semble te l'avoir déjà dit non ?
-Vous ne m'avez pas dit quel but avait ce test.
Cette fois, ce fut au tour de Cameron de faire la grimace. La résistance qu'offrait le garçon risquait de contrarier ses plans.
-Je souhaite te transférer dans mon hôpital.
-Quel intérêt j'aurais à aller dans votre hôpital ?

Andrew remarqua que le visage de son interlocuteur s'était légèrement crispé, il semblait sur la bonne voie. Cameron ouvrit la bouche pour répondre, mais il n'eut pas le temps de placer un mot que le jeune allemand enchaîna :

-Autant vous le dire tout de suite, aller dans un autre hôpital ne m'intéresse pas. Contrairement à ce que tout le monde pense ici, je ne suis pas atteint d'une quelconque maladie mentale. Je pense simplement que la fin justifie les moyens. Je ne tue que si jamais je fais face à un problème contrariant. Toutefois, j'aimerais savoir une chose Monsieur Cameron. Est-ce que c'est normal pour quelqu'un qui travaille dans un hôpital de porter un couteau autour de son tibia ?

Une lueur de surprise traversa les yeux du visiteur, Andrew esquissa un sourire avant de poursuivre :

-De plus, tous les médecins de cet hôpital sont des gens soignés, qui rangent leurs feuilles dans des serviettes et non pas dans leurs poches. Ce n'est pas très sérieux pour un docteur d’abîmer ainsi ses précieux documents, à moins bien sûr qu'ils ne présentent pas la moindre importance à vos yeux.
Au fur et à mesure qu'il parlait, le jeune allemand remarqua que la surprise avait laissé place à la fascination dans le regard de Cameron. C'était mieux que des aveux pour lui.

-Pour conclure, je dirais que n'importe quel homme de bureau, qu'il soit médecin ou avocat dispose d'au moins un stylo pour le cas où il y aurait de la paperasse. En avez-vous un Monsieur Cameron ? Ou préférez-vous manier le pistolet caché dans la poche intérieure de votre manteau qui a malencontreusement été trahi par sa forme lorsque vous avez sorti vos feuilles tout à l'heure ?

Cameron esquissa un sourire de satisfaction, il semblerait qu'Andrew soit à la hauteur de ses espérances. Il laissa tombé les quelques feuilles qu'il avait dans la main, puis il croisa les jambes.
Son regard avait totalement changé, de même que sa voix. L'allemand pouvait à présent parfaitement identifier l'accent russe de son interlocuteur :

-Je vois que tu es plein de surprises petit, même si tu as manqué la grenade dans la poche extérieur de mon manteau ainsi que mon deuxième couteau sous ma chemise. Mais c'était pas trop mal, et j'avoue avoir été impressionné.
-J'aurais trois questions pour vous.
-Je t'écoute.
-Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Et qu'est-ce qui vous garantissait que je ne vous tuerais pas ?
« Cameron » fouilla dans la poche de son jean, et en sorti une petite bouteille d'eau minérale. Il prit le temps de boire quelques gorgées avant de répondre :
-Mon véritable nom est Sergueï Dragunov, et crois moi petit je doute que tu sois en mesure de me faire le moindre mal. Ce n'est pas parce que tu as réussi à tuer ton ivrogne de père et une pauvre infirmière que tu es invincible. Quant à ce que je veux de toi, c'est très simple, et cela ne dépends que de ta volonté. En réalité, je voudrais te proposer un travail.
-Un travail ?
-Tout à fait, mais avant de t'expliquer en quoi cela consiste, j'aimerais que tu répondes à une question.
Dragunov remarqua que le jeune homme semblait bien plus attentif à ses paroles que tout à l'heure, la conversation devenait très intéressante tout à coup.
-Dites toujours.
-Veux-tu faire de ton instinct de tueur un art?



25 mars 2001, 19h 55


Serpent se baladait tranquillement à travers les couloirs blancs qui parcouraient le bâtiment principal du centre d’entraînement. Contrairement à la plupart des autres recrues, il aimait bien l'endroit. C'était une école tout à fait à son goût, et les résultats valaient la peine qu'on se donne un peu de mal pour réussir. Il marchait d'un pas assez pressé, car il allait devoir rapidement se mettre dans une situation avantageuse pour se défendre. Après être sortit de l'infirmerie, il s'était embusqué
au coin du couloir afin d'attendre la personne dont il allait avoir besoin. Ensuite, il avait tranquillement patienté, en écoutant avec délice les cris de douleurs de l'infirmière. Bien évidemment, plusieurs personnes, averties par les hurlements, étaient venues voir ce qui se passait. Mais l'homme que le jeune allemand attendait ne finit par se manifester qu'après une bonne dizaine de minutes. Et bien qu'il ne l'eut jamais vu, sa réaction face à la dentition meurtrie de l'infirmière avait suffi à confirmer son identité. Après avoir obtenu l'information qu'il voulait, Serpent avait quitté son coin pour se diriger vers l'endroit parfait pour mettre son plan à exécution. Il finit par s'arrêter devant de grandes portes à double-battant, puis il appuya son épaule contre le mur afin de patienter encore quelques instants. Un bruit de pas rapides ainsi qu'un chapelet de jurons français étaient les signaux qu'il attendait pour pouvoir entrer... dans le réfectoire.
C'était de loin l'endroit qu'il détestait le plus ici, la nourriture n'avait pas de goût, et il ne raffolait pas des foules. Or, là, ils étaient près de soixante-dix. Le plus gros inconvénient à ses yeux était que cela ressemblait trop à la cantine de son collège, et il ne voulait pas se souvenir de son collège. La pièce n'était pourtant pas si grande que cela, les cuisiniers et leurs « plats » étaient postés sur la gauche, derrière leurs espèces de guichets de métal équipés de vitres en verre afin de protéger les frites qui cuisaient dans des paniers plongés dans de l'huile. De simples plots oranges faisaient office de file d'attente. Les différentes unités avaient chacune leur propre table, chaque membre avait une place définie qu'il était tenu de respecter. Serpent savait parfaitement où était la sienne, il attrapa un plateau en aluminium sur la pile posée près de l'entrée, et s'engagea doucement dans la file d'attente vide.

-Salut Serpent ! Lança le cuistot Carlos en lui tendant une assiette pleine de frites. Comme promis, on vous fait une petite gâterie aujourd'hui.

Carlos était un homme obèse à la peau bronzée, ce portugais de quarante ans s'exprimait tout le temps en français. La seule langue que tout le monde était tenu d'apprendre dans l'enceinte du centre. Langue que Serpent maitrisait parfaitement pour l'avoir apprise auprès de sa mère originaire de Suisse.

-Merci Carlos, lâcha-t-il sur un ton neutre, mais je vais attendre un peu avant de me mettre à table.
-Ah? Fit le cuistot en ramenant les frites vers lui. Et tu attends quoi?

Comme pour répondre à sa question, les portes du réfectoire s'ouvrirent à la volée, et un homme d'une quarantaine d'années fit irruption dans la pièce. Il était plutôt grand, des cheveux roux et courts, une étincelle de rage brillait dans chacun de ses yeux verts émeraude. Serpent l'avait déjà croisé deux ou trois fois, il s'agissait du Major Julien Data. Et au vu du regard meurtrier qu'il lui lançait, le jeune allemand en conclut qu'il s'agissait du petit ami de l'infirmière qu'il avait blessée il y avait moins de trente minutes. Le jeu allait pouvoir commencer.

-Toi! Gronda l'officier en pointant Serpent du doigt. C'est toi qui a frappée Abigail?

Le brouhaha habituel du réfectoire avait laissé place à un silence de cathédrale, toutes les paires d'yeux étaient à présents braquées sur le jeune homme.

-Je vous demande pardon? Répondit-il en feignant de en pas comprendre.
En un éclair, Data se rua sur lui et le saisit par le col de sa chemise.
-Je vais te faire regretter ce geste espèce de petit con. Vociféra-t-il en sortant un long couteau de sa poche arrière. Tu te souviendras toute ta vie de cette raclée.
-Je n'en doute pas une seconde. Murmura Serpent en arborant un rictus maléfique.

Le jeune allemand cracha un jet de salive blanc qui toucha son assaillant en plein dans son oeil gauche. Ce dernier fut pris par surprise, et eut le réflexe de se servir de sa main pour s'essuyer, lâchant sa victime par la même occasion. Serpent agit très rapidement, d'un coup de coude, il brisa la vitre qui protégeait les aliments. Puis, il se saisit d'un panier de friteuse, et balança l'huile bouillante au visage de Data. Un hurlement inhumain vint résonner à travers la pièce. Le Major qui se tenait debout et menaçant il y a peine une minute, était à présent en train de se tortiller sur le sol en criant sa douleur. Cependant, aucun des soldats présents dans la pièce ne bougea le petit doigt. Tous restèrent pétrifiés par la scène à laquelle ils venaient d'assister. Data était major, il avait vaincu des types bien plus gros que lui. Aux yeux de tous, ce qui venait d'arriver était complètement irréel. Serpent jubilait intérieurement, mais il se força de conserver une expression neutre et indifférente. Si jamais il laissait transparaitre le moindre sentiment de fierté, son plan tombait à l'eau. Il scruta la salle à la recherche d'une quelconque personne qui soit assez courageuse pour s'approcher, et son regard finit par se poser sur le Colonel Grant. Celui-ci était un homme à peine plus vieux que Data, cet ancien membre des marines américain était la personne la plus haut placé dans le centre. C'était son devoir d'intervenir, et il le savait. Serpent espérait juste qu'il réagirait comme il l'avait prévu. Il allait tout de suite le savoir, car l'homme se leva et s'approcha de la scène. Data continuait de gémir en enfouissant son visage brulé dans ses mains, il le fixa un moment, avant de revenir vers le jeune allemand.

-Jeune homme, commença-t-il d'un ton sévère, peux-tu m'expliquer les raisons de ton geste?
-Oui mon Colonel, répondit Serpent en se mettant au garde à vous, cet homme m'a agressé, et je me suis défendu.
-Pourquoi cet homme t'a-t-il agressé?
C'était la partie la plus simple, il suffisait de changer une partie de la vérité.
-Je me suis réveillé il y a moins d'une heure à l'infirmerie, expliqua-t-il d'une voix forte afin que toutes les personnes présentes puissent l'entendre, je ne me souvenais de rien. L'infirmière est venue me voir, mais j'ai paniqué et je l'ai frappée. Elle est tombée par terre, elle hurlait. Je en savais plus quoi faire, je me suis habillé et je me suis enfui. Je n'avais pas les idées claires, et mes blessures me faisaient mal. J'ai fini par retrouver le chemin du réfectoire ou je m'étais dit que j'en parlerais au chef de mon unité. Je suis entré normalement afin de ne pas attirer l'attention, et c'est à ce moment qu'il est venu.

Du doigt, il montra le Major Data qui gémissait toujours. Le Colonel ne lui accorda pas même un regard, il ne quittait pas Serpent des yeux.

-Je suis navré, reprit le jeune allemand d'un ton désolé, tout est de ma faute.

Grant continua de l'observer, c'était la partie la plus délicate. Quelle décision allait-il prendre? Malgré le fait qu'il ait anticipé un grand nombre de possibilités, il ne connaissait pas suffisamment le Colonel pour être sûr à cent pour cent de sa réaction. Ca l'avait passablement agacé de laisser de la place au hasard dans son plan, mais s'il voulait parvenir à son but, il n'avait pas d'autre solution. Il se promit toutefois de corriger Boulard dès qu'ils seront en privé tous les deux.
Grant s'approcha de Data, et lui flanqua un coup de talon dans l'estomac. Le Colonel était réputé pour ne jamais retenir ses coups, sa victime se recroquevilla en position foetale.

-Espèce de sale merde! Rugit-il furieux. Je t'ai formé moi-même pendant cinq ans pour que tu te fasses avoir par un gamin? Tu me fais honte espèce d'incompétent!
Là-dessus, il se retourna à nouveau vers Serpent.
-Je te laisse partir pour cette fois morveux, mais je te jure que tu auras de mes nouvelles si jamais tu recommences un truc pareille. Me suis-je bien fait comprendre?
-Oui mon Colonel.
-A la bonne heure, tu seras de corvée pendant toute la semaine à venir pour avoir frappé une infirmière. Tu nettoieras la jeep de ton unité deux fois par jour.
-Très bien mon Colonel.
-Allez file! Et que je n'entende plus parler de toi.

Tandis que deux soldats de forte corpulence emmenaient Data, Serpent prit son plateau, et se dirigea vers la table de son unité. Cette dernière n'avait pas perdu une miette de l'altercation qui venait d'avoir lieu, mais restait cependant silencieuse au moment où il s'assit.
Comme à son habitude, il s'installa entre Dragonne et Renarde. Chaton se trouvait juste en face de lui mais n'osa pas affronter son regard. Corbeau et Lion se trouvaient respectivement à droite et à gauche du petit enrobé, Dragunov complétait le groupe en étant assis en bout de table comme tous les chefs d'unité.
-Pas mal du tout petit, commenta le russe en esquissant un sourire en coin, mais il y a une chose qui m'échappe, pourquoi as-tu frappé cette femme?
-J'ai un mauvais souvenir des infirmières, répondit-il en croquant quelques frites, j'avais prévenu celle-là quatre fois. Je lui ai dit de ne pas m'approcher et elle a insistée, je n'ai pas apprécié.
-Ca prends souvent battre des filles? Lâcha Renarde dans un français haché.

Son interlocuteur la gratifia d'un sourire moqueur, ce n'était pas la première fois que l'ancienne prostituée faisait des commentaires de ce genre, mais lui répondre était souvent très simple:
-Tu aurais sans doute préféré que je la paie avant?

L'indienne lui lança un regard assassin, tandis que Lion et Corbeau ne purent s'empêcher de rire bêtement. Mais un geste de la main de Dragunov obligea les recrues à retrouver leur calme.

-Allons nous n'avons pas le temps pour ce genre de gamineries, dit le russe en sortant une grosse enveloppe marron, maintenant que Serpent nous a rejoints, il est temps de vous parler de l'épreuve qui aura lieu dans le complexe dont je vous ai parlé.
Sur ces mots, il déchira l'enveloppe, et en sortit une bonne trentaine de feuilles qu'il distribua à chacun de ses apprentis.
-L'épreuve se déroulera dans une forêt souterraine, préparée spécialement pour le traditionnel « Death Battle » qui a lieu tous les ans. Vous serez donc envoyés avec sept autres unités qui ont été entraînées ici, afin de vérifier si vous êtes aptes à rejoindre les rangs de l'organisation. Le but de ce test est de...
-Parler moins vite, articula difficilement Lion, je pas tout comprendre.
Dragunov laissa échapper un soupir d'exaspération, puis répéta le message le plus lentement possible pour être sûr que tout le monde comprenne bien.
-Donc comme je le disais, reprit le russe en continuant de parler doucement, le but de ce test est de survivre en tuant au moins une unité ennemie. L'exercice durera en tout et pour tout quinze heures, et vous serez observé par les membres les plus haut placés de l'organisation. Une fois le temps écoulé, une alarme retentira pour annoncer la fin du test. Et vous serez jugé sur la globalité de votre performance sur le terrain. Vous avez comprit?
Lion se gratta la tête d'un air idiot, et Renarde ouvrit des grands yeux de soucoupes.

Dragunov sentait que la moutarde lui montait au nez, il s'apprêtait à gueuler ses consignes lorsque Serpent intervint:

-Nous, aller dans forêt pour test. Nous être dans forêt avec sept groupes comme nous. Nous être dans forêt pendant quinze heures. Nous devoir tuer tout le monde. Vous comprendre?
Une lueur de terreur traversa les yeux du plus âgé du groupe, Renarde se contenta de hocher la tête.
-Un instant, lâcha Dragunov en regardant le jeune allemand d'un air d'incompréhension, je n'ai jamais dit que vous deviez tuer tout le monde. Une seule unité suffira, vous n'aurez plus qu'à survivre ensuite.
Ce fut au tour de Serpent de soupirer, il regarda son chef d'un air fatigué.
-Si nous voulons être bien notés, il va falloir donner le maximum non ?
-Et tu penses que vous êtes capables de tuer quarante-deux adultes qui sont autant, voir plus entraîné que vous ?
Son interlocuteur le gratifia d'un sourire à la fois confiant et maléfique.
-On ne tuera peut-être pas tout le monde, mais on s'efforcera de faire le meilleur score possible.

Le russe prit tout à coup une expression très sérieuse sur le visage, il n'avait pas l'air de l'entendre de cette oreille.
-Vous êtes des enfants, le fait de survivre dans cet endroit est déjà un exploit aux yeux du jury, alors pourquoi veux-tu en faire trop ?
Le jeune allemand marqua une pause, il avala une gorgée d'eau avant de répondre :
-C'est bien là le problème, ils nous sous-estiment. Et si eux le font, les autres unités le feront aussi. On aura la chance d'avoir deux avantages non-négligeables dans notre manche, le fait qu'ils ne se méfieront pas de nous et pourraient peut-être même avoir trop pitié pour nous attaquer. Et surtout, nous avons l'effet de surprise. Si on se montre malin, je pense qu'on peut obtenir un bon résultat.

Dragunov réfléchit à ces paroles, quelque part, il savait que Serpent avait raison. Mais un détail le chiffonnait, il paraissait bien trop confiant. Cela pouvait lui être fatal, à lui et à toute l'équipe. Cependant, il prit en compte le fait que les autres unités seraient probablement elles aussi, trop confiantes face à ces gosses. Et cette confiance pouvait facilement tourner à l'arrogance, qui était l'un des plus gros défauts qu'un soldat pouvait avoir. Le russe tapota nerveusement ses doigts contre sa tempe, après tout, pourquoi pas ? De toute façon, il ne serait pas là pour les guider. Ils agiraient comme bon leur semblera.
-Qui est contre son avis ? Demanda-t-il tout de même au reste de l'équipe.
Sans surprise, Chaton leva fébrilement la main. Lion le rejoignit à son tour, il n'avait jamais été très courageux de toute façon.

Mais les trois autres filles du groupe ne bronchèrent pas, et cela plut au russe.
-Bien, dit-il en souriant, qui vote à présent pour que Serpent soit le chef de l'unité ? Je préviens juste que le premier qui désobéira à l'un de ses ordres sera fusillé, c'est la loi de l'organisation.
C'était exactement ce que l'allemand attendait depuis le début de la soirée, l'une des principales raisons qui l'avaient conduit à mettre en place toute ce foutoir avec Data.
Il sonda le visage de chacun de ses équipiers, Corbeau et Dragonne avaient levée la main presque aussitôt, et il les avait bien entendu rejointes. Mais le reste de l'équipe semblait être en désaccord avec cette décision, et cela pouvait facilement s'expliquer. Renarde avait toujours détesté le jeune allemand parce qu'il faisait tout pour être bien vu par Dragunov. Elle l'avait plusieurs fois traité de «suceur», et son équipier lui répondait toujours en remarquant qu'elle semblait experte en la matière. Lion n'avait tout simplement pas envie de suivre le plan de Serpent, malgré les airs de dur qu'il se donnait, il avait toujours été assez lâche. Il ne restait plus que Chaton, et celui-ci était évidemment dans une impasse. S'il disait oui, il savait qu'il allait risquer sa peau plus d'une fois sur le champ de bataille. Mais s'il disait non, la mort semblerait être une promenade de santé comparée à tout ce que son frère était capable de lui faire subir. Il releva doucement la tête, et vit le regard fou et meurtrier que lui lançait son aîné. Terrifié, il leva la main si brutalement qu'il mit un petit coup à Lion au passage.

Dragunov semblait ravi, il se leva, et prit son plateau.
-Nous partirons pour le complexe demain, annonça-t-il avec un grand sourire, vous irez chez Fredmol pour prendre les armes que vous voudrez utiliser durant l'exercice. Vous pouvez prendre ce que vous voulez, mais soyez raisonnables.
Le russe alla déposer son plateau, puis il revint vers sa table.
-Nous ne nous reverrons pas avant la fin de l'exercice, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bonne chance mes chers élèves.
Sur ses mots il quitta le réfectoire. Laissant ses apprentis à leurs pensées, tandis que Serpent confectionnait déjà le plan qu'il allait mettre en place.



25 mars 2001, 22h 34


Mathilda Schaeffer n'en menait pas large. Il y avait vingt-quatre heures encore, elle était en train de lire un livre très intéressant sur les dernières découvertes à propos de l'A.D.N.. Et maintenant, elle était dans une espèce de monde virtuel vide et blanc avec un mutant qu'elle était chargée d'éduquer.
En voyant Seth sous sa forme virtuelle, la jeune fille n'avait pu s'empêcher d'exécuter un mouvement de recul. Il faut dire aussi que le terme « mutant » correspondait assez bien à la créature qui se tenait face à elle. De loin, il aurait pu passer pour un humain. Mais lorsqu'on se tenait, comme Mathilda, à moins de dix mètres. Il devenait tout de suite plus... impressionnant. Seth était étonnamment grand, il faisait au moins vingt centimètres de plus que la fille d'Anthéa. Sa peau était d'un bleu marine profond, et ses yeux dépourvus de pupilles effrayaient un peu son éducatrice improvisée. Il portait lui aussi une combinaison noire, avec des motifs identiques à ceux de la jeune fille. Un demi-anneau gris était enfoncé dans sa nuque, mais le plus étonnant chez lui, c'était ses cheveux. Ils étaient... violets. Mathilda se demanda ce que Tanner avait pris lorsqu'il avait conçu l'avatar de Seth, vu le look de ce dernier, cela devait être un poil trop fort pour lui. La jeune fille rassembla tout son courage, elle avait une mission à accomplir. Elle se releva tant bien que mal, et s'approcha doucement de cette étrange créature. Celle-ci ne bougea pas d'un centimètre, elle restait là à attendre. Une fois qu'elle fut face à lui, elle le gratifia d'un sourire amical. Un haussement de sourcil fut la seule réponse à laquelle elle eut droit, de toute évidence, il ignorait ce que ce sourire signifiait.

-Ça ne va pas être facile. Murmura-t-elle avant de reprendre d'une voix un peu plus chaleureuse. Bonjour Seth.
-Bonjour, répondit le mutant sans pour autant cesser de hausser les sourcils, qu'êtes vous ?

La jeune fille ouvrit des yeux ronds comme deux boules de billard, ne lui avait-on pas dit qu'elle devait lui apprendre à parler ? Comment se faisait-il qu'il puisse déjà être en mesure de faire cela ? Mathilda eut un peu de mal à reprendre ses esprits, en même temps, c'était pas comme si elle discutait avec un espèce de mutant créé par des scientifiques complètement drogués à l'héroïne. Elle tacha de retrouver son calme assez rapidement, elle devait rester concentrer.

-Comment ce fait-il que tu saches parler ? Demanda-t-elle de la voix la plus polie possible.
-Qu'est que ça veut dire parler ?

Une nouvelle fois, les yeux de la jeune fille manquèrent de jaillir de leurs orbites. Mais il se foutait d'elle ou quoi ? Il pouvait parler sans comprendre ce que lui et les autres racontaient ? C'était quoi cette histoire ? Une espèce de mauvaise farce orchestrée par Tanner ? Ça lui ressemblait bien en tout cas.

-Parler, commença la fille d'Anthéa pas très sûre d'elle, parler cela veut dire communiquer oralement avec les autres personnes.
-Oh je comprends, fit l'humanoïde en acquiesçant, et qu'est-ce qu'une personne ?
Même si cela semblait mal partie, la jeune fille comprit assez bien comment son interlocuteur raisonnait. Mais il semblait avoir plus besoin d'un dictionnaire que d'un éducateur.
-Une personne c'est... Un être humain, lâcha-t-elle en se rendant compte que la créature en face d'elle n'était pas vraiment humaine.
-Ah, fit Seth en soupirant, je ne suis pas une personne alors ?
Il avait mit le doigt en plein sur sa connerie, il fallait qu'elle rattrape le coup.
Toutefois, elle s'étonna que le mutant sache déjà qu'il n'était pas humain, elle avait du mal à le cerner.
-Si, tu es une personne. Assura-t-elle en souriant à nouveau. Tu peux parler, cela signifie que tu es une personne.
L'espace d'un instant, elle se demanda s'il elle ne s'embrouillait pas un peu dans ses explications. En tout cas, elle avait intérêt à mieux se concentrer si elle voulait éviter de faire des bêtises. Tout d'abord, elle devait régler un détail assez important :
-Qui-est ce qui t'as appris à parler ?
-Ma sœur, répondit la créature d'un ton neutre.
Là, c'était vraiment le bouquet.
-Ta...soeur ? Mais tu n'as pas de sœur.
-Si si, assura Seth en hochant la tête, elle m'a appris elle-même tout ce qu'elle savait sur le langage. Elle m'a dit qu'elle était ma sœur car nous avons le même père.

Heureusement que Mathilda était sous forme virtuelle, sinon elle se serait tapé la plus grosse migraine de tout les temps. Elle ne comprenait plus rien du tout, elle se demandait même s'il y avait quelques choses à comprendre.

-Je vois... Et qui est ta mère ?
-Qu'est-ce qu'une mère ? Demanda Seth en faisant les mêmes yeux ronds que Mathilda quelques minutes auparavant.
-Une mère c'est... Commença la jeune fille avant de se raviser de peur de s'embrouiller encore plus. C'est compliqué.
Le mutant afficha une mine déçue, et la fille d'Anthéa comprit qu'elle ne pourrait pas y échapper.
-Disons que c'est une femme qui t'aime beaucoup et qui t'apprends plein de choses. Finit-elle par dire à court d'inspiration.
-Qu'est-ce que ça veut dire aimer ?

Mathilda poussa un soupir de soulagement, ça c'était plus simple, elle se mit à réfléchir. Mais plus les secondes passaient, plus elle se rendait compte qu'elle ignorait elle-même ce qu'aimer signifiait. Les quelques rares expériences à ce sujet qu'elle avait vécues étaient les trop peu nombreux moments qu'elle et sa mère avaient partagé. Mais aujourd'hui, elles ne s'étaient pas parlé depuis plus d' une semaine. Leur travail respectif les ayant éloignée l'une de l'autre, elle n'avait pas d'explications concrètes à donner à Seth, elle en avait presque autant besoin que lui.

-Hé bien... Disons qu'aimer signifie apprécier une personne au point de lui consacrer beaucoup de son temps. Je penses qu'on aime quelqu'un au moment où on vient régulièrement le voir.
Seth la fixa quelques secondes avec ses gros yeux blancs, il semblait chercher un sens à tous cela.
Mathilda, elle, se rendit compte qu'elle souffrait intérieurement. Ces mots avaient été difficiles à prononcer, et elle aurait probablement lâché quelques larmes si l'endroit dans lequel elle se trouvait ne l'en empêchait pas.
-Mais alors, reprit Seth en haussant à nouveau les sourcils, cela veut dire que tu es ma mère ?
Alors là, la fille d'Anthéa se tapa le plus gros facepalm de l'histoire de l'humanité. D'une jeune fille surdouée et ambitieuse, elle était devenue la mère d'un mutant humanoïde qui en plus avait un père et une sœur. Décidément, elle n'était pas sortit de l'auberge.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


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Ikorih MessagePosté le: Mer 11 Juin 2014 16:36   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1487
Localisation: Sûrement quelque part.
Petite parenthèse : la façon dont tu repompes mon post pour me répondre est tout à fait honteuse.
Fin de la parenthèse.

Ce chapitre me paraît tout à coup moins douloureux pour les yeux. Mr. Green

Suite à un choix effectué au hasard (mais si, mais si) on va commencer par Serpent. Comme on le sait, le serpent est un animal à sang froid et il ne le perd pas. D'ailleurs, t'as peut-être pas fait exprès, mais le fait de cracher dans l'œil du major me renvoie aux cobras cracheurs, mes serpents préférés (smirk). Même mode opératoire. Mais j'ai pas vu de serpent arracher la langue des gens, jusqu'à présent. Mais à l'époque il s'appelait pas encore Serpent donc bon.
Encore une fois, la communauté des infirmières se fait défoncer la gueule, d’ailleurs. Oddye craint de plus en plus pour son personnel, tu sais ? Question idiote, bien sûr que tu le sais et ça te fait marrer. Mr. Green A quand le raccourcissement d’une naine dans la fic ?
(N’empêche, s’étouffer dans son propre sang, c’est monstrueusement classe)
Le petit échange entre Serpent et Dragunov était sympathique, parce qu’il évolue. C’est plutôt le russe qui mène la discussion au départ, puis on a un renversement des rôles ce qui se démarque d’un interrogatoire classique. Et comme ça on s’ennuie pas. Par contre, si on colle parfaitement à la biologie, les serpents ont un point commun avec les éleveurs de gorilles bretons : ils voient très mal. Donc Serpent n’est pas censé être aussi observateur (a).
Je plussoierai également tout ce qui est dit sur la bouffe des réfectoires et les foules chiantes. Et comme dit, y a beaucoup de roux dans le coin.
Nouvelle occasion de voir à quel point Serpent s’adapte à la situation (les serpents changent de peau c’est connu Mr. Green), le passage avec le colonel. Même en sachant que ça reste 100% planifié, ça en jette. J’avoue que ça m’a fait marrer de le voir se poser en « c’est ma faute pardon », on aurait dit un môme de maternelle sur le coup. Et c’était voulu.
Je pense qu’il serait capable de faire quelque chose de similaire sans avoir planifié avant mais ça ne reste qu’une hypothèse. Et en parlant d’hypothèse, les quelques trolls efficaces lâchés par Serpent ne font que renforcer celle qui dit qu’il est minimum à 50% toi. Razz

Vient ensuite l’élément phare du chapitre, qui annonce de la grosse bagarre façon Hunger Games : le Death Battle. En trois mots : ça va chier. Surtout vu qui commande (quelle surprise). Et on distingue un peu mieux les rapports de force et la position de chacun dans le groupe. J’ai déjà dit que j’aimais la psychologie appliquée aux interactions ? Voyons comment ça fonctionne en action, maintenant.

N’empêche, la dernière phrase de la scène au réfectoire fait très seigneur Sith. Trop, presque. En plus les siths ont des sabres laser rouges (les plus jolis quoi Mr. Green). Rouge => Communisme => Russie => Dragunov. Tout est lié.

Mathilda maintenant. Déjà, elle s’intéresse aux bons trucs. L’ADN quoi. C’est tellement mieux que, au hasard, de l’économie !
Au niveau des scientifiques, et de l’avatar de Seth. J’ai une illustration très simple à apporter, par le biais d'une citation.

Spoiler


Icer dirait plutôt influence Mewtwo, et je suis d’accord. Le truc sur la nuque est cramé (et je m’y connais).

Tiens par contre, je me rend compte d'un truc. Au début, Seth demande à Mathilda ce qu'elle est, ce qui signifie qu'il ne met pas de mot sur elle. Elle ne répond pas à sa question puisqu'elle lui en pose une autre cash (donc il reste dans son état de ne pas savoir à quoi il parle). S'ensuit le petit blabla et ensuite la définition du mot "mère" donnée par Mathilda : femme + aimer (soit passer du temps avec). Si Seth lui demande ensuite si elle est sa mère, il en a déduit qu'elle correspondait aux deux éléments de la définition (autrement il lui aurait sorti "donc tu m'aimes?" ce qui aurait aussi entraîné une situation cocasse mais passons). D'où il a sorti que Mathilda = individu de sexe féminin? (a)



Pour conclure, j'ajouterai que tu as dû aller un peu vite dans l'application des corrections parce que j'ai revu des fautes que j'avais déjà signalées (a).
(Non j'ai pas pris de Chiantos.)
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Ellana MessagePosté le: Mer 11 Juin 2014 18:57   Sujet du message: Répondre en citant  
X.A.N.Alloween 2013 (T)


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 250
Localisation: Al-Jeit.
Bon commençons par le côté chiant Mr. Green
Spoiler

Citation:
-Alors pourquoi l'as-tu tuée ?
-Elle me faisait chier.

=> Exemple type du paradoxe que je ressens face à Serpent : autant, j'adore ses répliques, autant j'ai du mal avec ses actes de violence ^^ (ouais bon on sait, il est pas violent, bien sûr...). Mais vraiment, je crois que j'ai rarement aimé à ce point les paroles d'un personnage !
Hum j'ai hâte de voir ce que tu nous réserves pour le Death Battle ! Par contre, je ne saisis pas bien en quoi le numéro avec Data était nécessaire pour devenir chef de groupe, ni en quoi c'était si capital... Les réponses viendront sûrement par la suite donc je garde juste ça en tête ^^
Mais en tout cas, on sent bien à quel point Serpent est intelligent. La manière dont il met Dragunov à jour, la façon dont il prépare son entrée au réfectoire, on sent qu'il travaille de manière presque instinctive chaque petit détail.

En ce qui concerne la partie avec Mathilda :
Citation:
Alors là, la fille d'Anthéa se tapa le plus gros facepalm de l'histoire de l'humanité.

=> Hum pas très joli comme phrase...

Le passage est court mais intéressant. Déjà, je n'imaginais pas Seth aussi doux et curieux (j'ai été influencée par l'image de Mewtoo je crois). Il a l'air assez attachant, fragile. Malgré sa description, on arrive plus à le voir comme un enfant que comme une éventuelle menace (mais j'arrive pas à me défaire du sentiment que ça va sans doute changer...).
On ne peut que se demander qui est sa fameuse soeur ! Etrange que Mathilda, qui a pourtant l'air de bien connaître le centre et ce qu'on y fait, n'ait pas la moindre idée sur la question...
Mais la réflexion que je me suis faite avant tient encore plus : il me paraissait étrange de recruter une fille pour apprendre à parler à Seth mais là, lui expliquer carrément des concepts sur lesquels mettre des mots est difficile, même pour des adultes... Y a anguille sous roche... ! Surtout si Tanner et les autres étaient au courant que Seth avait déjà appris le langage. S'ils ne l'étaient pas, on peut se demander comme ça a pu leur échapper...

En tout cas, tu sais distiller le suspense au fil des chapitres, continue =)

_________________
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Belgarel MessagePosté le: Lun 16 Juin 2014 19:59   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


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Bon, tu m'as tanné pour un commentaire, je me lance. Pas d'Œil, même si Ellana n'a pas tout relevé, parce que j'ai un peu la flemme Mr. Green Edit : bon, un demi-Œil.
Tiens, une autre vengeance à la mode Here We Go ! C'est vieux, mais j'avais pas pu la poster à cause d'un problème de PC qui s'est résolu après quelques désinstallations/réinstallations/mises à jour/redémarrages.
Spoiler

Comme l'a fait remarquer Ellana, Seth est un personnage vraiment puissant, et la scène où l'on découvre ce que Tanner voulait vraiment dire par "apprendre à parler" est un sujet en or que deux mille page pourraient à peine épuiser. Tu vises très haut avec cette idée magnifique, et pour le moment, l'exécution n'est pas la plus stimulante qu'on puisse imaginer (en fait, Mathilda enchaîne tellement les fiascos logiques et les imprécisions que c'est à se demander si le but n'est pas de rendre l'intelligence artificielle folle)*. La scène est définitivement trop courte, aussi.
Elle n'est pas inintéressante pour autant. Tu choisis de lui donner un traitement à moitié humoristique, alors même que ça touche à des questions assez profondes, et douloureuses pour les personnages. Se trouver incapable d'expliquer quelque chose qu'on croit très bien comprendre, c'est pas anodin comme expérience ! Mais surtout…
Mathilda a écrit:
-Une mère c'est... Commença la jeune fille avant de se raviser de peur de s'embrouiller encore plus. C'est compliqué.
Hé ouais, déjà dans cette phrase, ça montre qu'essayer de parler sans avoir de langage (c'est-à-dire expliquer les notions les plus simples), c'est se retrouver à dire des choses sur soi-même…
Mais ton traitement humoristique va trop loin. J'ai moi aussi tiqué à la phrase que cite Ellana, et sérieusement. C'est à peu près aussi soigneusement rédigé que les bloopers de mon commentaire des Royaumes du Mal. Pour un sujet pareil, l'humour doit être plus légèrement dosé, et surtout ne pas ruiner le potentiel sérieux du sujet. Bref, tu peux pas te permettre des expressions au ridicule assumé, comme tu peux le faire dans une conversation sur Skype ou en cours (de récréation).

Pour Ikorih, ta remarque n'est pas valide. Seth semble avoir quelques données de base, ne serait-ce que sur la grammaire et une sorte de vocabulaire. Il sait également qu'il n'est pas lui-même humain. Bref, il y a une part de science précédant l'expérience, c'est-à-dire pré-programmée.
Cette particularité rend le personnage particulièrement difficile à manier. Bonne chance pour ce casse-tête, pello.

Bon, pour Serpent, depuis cette histoire d'infirmière, il est évident que c'est un self-insert et je t'attends aux prochaines élections. Mr. Green D'ailleurs, tu as déjà commencé, çà mots couverts, par lancer une propagande contre tes futures contestataires de sexe féminin. Tu dirigeras les William avec une machette de fer.
Plus sérieusement, pas grand-chose à dire. Sauf que je ne sais pas si c'est un psychopathe. S'il avait un Death Note, je ne dis pas : le côté "plans barrés sur la comète pour devenir Maître du Monde…ou du moins le chef du groupe" colle bien à la mode Yagami Light ; mais à part cette histoire de langue, il n'a rien fait de bien méchant…[/mauvaise foi] Enfin, si : il se comporte comme un connard envers l'ex-enfant abusée.
Autant avec Seth on est en plein dans la thématique Lyoko, autant là on a un personnage dont on se demande comment tu vas le relier au reste ! Un antagoniste, peut-être ? En tous cas, une chose est sûre : Dragunov se fait mener par le bout du nez, on dirait un vrai gosse ! Voilà où ça mène, d'être fasciné par le morbide et les tueurs dérangés.

Sinon, pour répondre à Ellana, le numéro avec Data Not Found était pas nécessaire, c'était un plan parmi les autres possibles. Mais le but était juste de faire une impression à court terme sur le reste du groupe, afin d'apparaître en public comme l'homme providentiel, capable de se battre et de réfléchir en situation critique. Ainsi, il a mis la pâtée à un supérieur estimé, et s'est arrangé avec la hiérarchie pour pas trop en subir les compétences**. Ça ferme les claquets contestataires, et pendant une heure, il a plus moins la main. Je trouve que ça colle assez bien.
Après, il est effectivement précisé qu'il y a d'autres raisons. Il se peut cependant qu'on ne nous les expose pas.

Par contre, ça ne choque personne, cette histoire de pseudo-Battle Royale ? Autant les mômes sont pas vraiment libres, autant les adultes sont franchement barrés pour marcher dans ce genre de plan. Tu m'as sorti que le Docteur était pas fan des morts inutiles : il faudrait songer à l'informer que les chasseurs alpins s'entraînent au laser tag, et que ça marche très bien – quitte à éliminer les faibles en fin de game, ça vaut toujours mieux que de demander aux hommes de s'entre-tuer à la première opportunité ! Ou pire, de chasser en bande un groupe de marmots.


Bref, beaucoup de développement de Serpent en mode bien foutu, mais c'est Seth et Mathilda qui m'intéressent vraiment et j'ai d'autant plus faim que c'est vraiment un sujet délicat !


Spoiler


* EDIT : car oui, j'ai remarqué que cette histoire d'éducatrice, c'est du pipeau. On pouvait commencer à le suspecter, tu l'as confirmé et le chapitre rend plus évident que jamais que l'objectif de cette interaction n'est pas de trouver la meilleure prof pour Seth "parce que les autres n'ont pas le temps"

** EDIT 2 : Le mot qui est écrit est « conséquences » Vous avez mal lu.

_________________
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Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.


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Tyker MessagePosté le: Sam 12 Juil 2014 19:05   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler



Chapitre 6 : Une nouvelle façon d'apprendre



25 mars 2001, 20h 04

Assis dans son lit, le Docteur étudiait depuis vingt bonnes minutes les clichés qui lui avaient été apportés par Anthéa Schaeffer. Cette dernière avait fait irruption dans sa chambre au moment où il allait s'endormir, et ce, sans avoir frappé à la porte. Le malade en avait conclu qu'il devait se passer quelque chose de grave pour qu'elle fasse preuve d'une telle audace. Et il n'était pas au bout de ses surprises.
La femme aux cheveux roses qui se tenait debout à côté du lit était extrêmement mal à l'aise. La nouvelle que lui avait apportée son assistant l'avait plongée dans un drôle d'état. Il y avait tant d'émotions qui se bousculaient dans sa tête, de la curiosité, de l'excitation, de la peur et de l'espoir.
Si Anthéa n'avait pas quelques calmants sur elle, il y a longtemps qu'elle se serait évanouie.

-Bien que le cliché soit d'assez mauvaise qualité, et les rapports de mon équipe peu clairs, j'ai la certitude que nous nous trouvons face à un autre monde virtuel.

La mère de Mathilda avait eu du mal à prononcer ces mots, c'était comme si la pression que dégageait le sexagénaire les écrasait dans sa bouche. C'était une expérience peu plaisante que de se retrouver dans la même pièce qu'un homme capable de vous détruire en claquant des doigts. Et les longues années de bons et loyaux services de la femme Schaeffer ne l'avaient pas habituée à cela. Le Docteur faisait naturellement peur, et encore plus lorsqu'il était en colère.

-Ce n'est pas possible ! S'exclama-t-il. Un monde virtuel ? Nous avons anéanti les recherches de la concurrence et des militaires.
-C'est inhabituel et inattendu, je l'admets, dit Anthéa en maîtrisant son souffle, mais je suis tout à fait formelle. Nous devons nous rendre à l'évidence.
Le malade se tut. Son employée eut l'impression de voir son cerveau cogiter, envisager toutes les possibilités, évaluer tous les éléments d'information. Tout cela se lisait dans ses yeux gris pâle.
-Schaeffer..., dit-il soudain.
-Oui ? répondit Anthéa sans comprendre.
-Pas vous idiote, s'emporta le scientifique, votre mari.

Anthéa se figea sur place, elle aurait préféré qu'il ne pense pas à cette hypothèse.
Mais c'était mal le connaître, en général, il y avait peu de choses qui lui échappaient.
Un silence de plomb s'installa dans la pièce, durant près de dix minutes, la femme aux cheveux roses resta immobile, attendant les ordres de son employeur. Celui-ci vit son moniteur cardiaque s'emballer, ses émotions étaient bien trop vives pour son corps usé. Il prit quelques secondes pour se calmer, puis il ordonna :

-Organisez une mission d'exploration sur-le-champ, je veux tout savoir sur ce monde dans les vingt-quatre prochaines heures.
Anthéa sentit un goût sec envahir sa bouche.
-J'ai peur que ce ne soit pas possible, monsieur, répondit-elle d'une voix faible.
-Pourquoi ? s'étonna le scientifique en haussant les sourcils.
La jeune femme prit une grande inspiration.
-Parce que le supercalculateur qui génère ce monde virtuel est éteint, impossible d'y rentrer.
-On peut sûrement le rallumer en piratant le système.
-Non, monsieur. Le système tout entier est éteint, il nous est à proprement parler impossible de le rallumer à distance. Le seul moyen que nous ayons serait de rallumer le supercalculateur manuellement, mais à l'heure qu'il est, nous ignorons totalement où il se trouve.

Le Docteur encaissa la nouvelle, une expression très proche de l'anxiété venait d’apparaître sur son visage ramolli. Il se trouvait confronté au problème contre lequel l'ensemble du conseil l'avait mis en garde. Que ça lui plaise ou non, quelqu'un d'autre était venu empiéter sur son territoire virtuel. Lui qui avait mis des années à mettre en place ses plans de contrôle sur la technologie la plus avancée qui soit. Le sexagénaire sentait que les cartes commençaient à tomber de ses mains, et il n'aimait pas cela du tout. Il allait falloir vite réagir, ou d'autres membres du conseil pourraient se servir de cette faiblesse ainsi que de sa maladie pour prendre sa place. Et ça, il ne le permettrait jamais.

-Débrouillez-vous, tonna-t-il d'une voix trop forte pour ses faibles cordes vocales, mettez Tanner ainsi que nos meilleurs scientifiques sur le coup. J'exige que vous ayez trouvé le moyen d'infiltrer ce monde avant le Death Battle de mardi soir, sinon attendez-vous à découvrir la façon dont je punis les incapables. J'espère que j'ai été assez clair ?
Anthéa acquiesça maladroitement, elle avait du mal à combattre la peur qui lui rongeait le corps.
Elle récupéra ses clichés, et se dirigea vers la porte.

-Oh, et une dernière chose, marmonna le vieil homme.
La mère de Mathilda se retourna, ses mains tremblaient.
-Dans l'hypothèse assez probable où nous pourrions croiser votre mari, j'espère que vous ne ferez rien qui puisse me décevoir. N'est-ce-pas Anthéa ?
-Bien sûr que non monsieur, lâcha la jeune femme d'un ton peu convaincant.
Le Docteur plissa les yeux.
-J'espère que vous dites vrai. Dans le cas contraire, je ne pourrai que vous suggérer de vous tuer vous-même.
Il s'affala dans son lit.
-Cela m'évitera cette corvée et cela vous causera, croyez-moi, beaucoup moins de souffrances.


25 mars 2001 23h 32

Épuisée par sa journée, Renarde s'allongea sur le fin matelas qui lui servait de lit.
Les membres de l'unité de Dragunov logeaient et couchaient dans une pièce vide d'à peine neuf mètres carrés. Personnellement, cela ne la dérangeait pas vraiment. Elle était habituée à vivre dans des conditions semblables, la petite chambre qu'elle avait dû partager avec bon nombre de « collègues » à New Delhi durant son ancienne vie était assez similaire. En revanche, elle n'appréciait pas les comportements de ses camarades de chambres, et tout particulièrement celui de Lion. En effet, l'Ukrainien était tout sauf poli, et passait son temps à se plaindre et à aboyer sur ses coéquipiers pour obtenir un peu plus de place. Certes, c'était le plus grand du groupe, mais ce n'était pas une raison pour être désagréable, et encore moins pour jouer les caïds. La jeune indienne jeta un coup d’œil à son partenaire le plus âgé, et constata qu'il dormait à poings fermés. Tant mieux pour elle, elle n'aurait pas à supporter ses jacassements incessants. En attendant de trouver à son tour le sommeil, elle promena machinalement son regard à travers la pièce. Corbeau ne dormait pas, et visiblement, cela l'agaçait. Elle ne faisait que tourner, et se retourner dans son lit. Mieux valait se faire discret lors de ces moment-là, sous peine de faire face à l'une de ses éternels crises de nerfs. Au fond de la pièce, Dragonne ne bougeait pas d'un cil.
Renarde avait toujours trouvé la Nord-Coréenne étrange, et il y avait de quoi. Elle ne parlait presque jamais, faisait tout ce qu'on lui demandait de faire sans sourciller, et avait d'étranges habitudes. L'Indienne s'attarda quelques instants sur la brune, comme toutes les autres personnes dans cette pièce, elle n'avait jamais réussi à comprendre pourquoi Dragonne dormait nue comme un ver.

Lors des premiers jours, Renarde croyait que sa coéquipière tentait de séduire Serpent qui dormait juste à côté. Mais elle avait très vite balayé cette hypothèse, car l'allemand n'avait jamais montré de réel intérêt pour le sexe opposé. Et pourtant, la coréenne continuait de dormir la peau à l'air.
L'indienne avait rapidement cessé de se demander ce qui passait par la tête de ses compagnons de chambres, de toute façon elle ne préférait même pas le savoir.

Le seul pour qui elle avait un peu de pitié, c'était Chaton. Le plus jeune de la bande n'avait pas du tout sa place ici, tout le monde le savait depuis le début de l’entraînement. C'était d'ailleurs l'une des principales raisons pour laquelle elle détestait Serpent, celui-ci avait forcé son propre frère à le suivre dans cet endroit qui n'était pas fait pour lui sans réelles justifications. Et en plus, il en faisait ce qu'il voulait. Chaton était l'esclave de son aîné, il était obligé de faire tout ce qu'il lui demandait. Sinon, les conséquences pouvaient être terribles pour le jeune garçon. L'attitude du chef d'unité vis à vis de son cadet rappelait à Renarde la façon dont son oncle traitait ses « employées ». Une raison largement suffisante pour le haïr.

Soudain, un détail l'intrigua. Chaton dormait juste à côté de Corbeau, et il n'était pas rare d'entendre la jeune fille se plaindre du fait qu'il prenait trop de place. Or, elle n'avait pas lâché un son depuis le début du couvre-feu. Renarde releva la tête, et une expression alarmée envahit son visage. Il n'était pas là. Chaton n'était pas sur son matelas.
D'un bond, l'indienne se dressa sur ses jambes. Allongée sur son lit, elle n'avait jamais réussi à apercevoir Serpent, il avait toujours été masqué par le corps de Dragonne. Mais une fois debout, ses craintes furent confirmées : le chef de l'unité n'était pas là lui non plus.
Un frisson parcouru le dos de l'ancienne prostituée, une peur sourde avait envahi son estomac.

Silencieusement, elle se précipita hors de la chambre. Mais elle se rendit compte assez tôt qu'elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit où ils pouvaient être. Renarde lâcha un juron dans sa langue natale, elle n'avait pas le temps de lambiner. Dieu seul savait quelles horreurs étaient en train de subir le plus jeune du groupe, et elle se refusait à perdre la seule personne un tant soit peu sensée de cette maison de fous. Elle devait réfléchir, et elle devait le faire vite.

Serpent ne serait probablement pas allé dehors, le terrain était ratissé au centimètre près par des chiens de garde. Il y a également peu de chances pour qu'il eut été faire un tour près des chambres des autres unités, il n'aurait probablement pas été bien accueilli si on l'avait attrapé.
Non, elle devait chercher un endroit discret. Mais elle eut beau se creuser désespérément la tête, rien ne lui venait à l'esprit. Renarde avait peur, elle savait que le temps pressait, mais le centre était grand, et les cachettes innombrables. De plus, si elle restait plantée là, elle risquait de se faire surprendre par un des gardes de nuit. L'indienne se figea sur place, quelque chose venait de tilter dans son cerveau. Les gardes de nuit, ces mêmes hommes qui passent leur temps à faire des allers et retours dans les couloirs et pièces du bâtiment pour vérifier si tout allait bien. Il n'y avait cependant qu'un seul endroit qu'ils ne fouillaient jamais, et Renarde se maudit de ne pas y avoir songé plus tôt.

Les toilettes.
C'était le seul lieu qui était à la fois discret et peu éloigné de la chambre de l'unité, cela constituait le parfait endroit pour Serpent.
A pas feutrés, la jeune fille se dirigea vers la salle de bain commune de l'équipe de Dragunov. Une fois arrivée devant la porte, elle colla son oreille contre le bois froid dont elle était composé (la porte, hein?).
Tout d'abord, elle n'entendit rien. Puis elle tendit d'avantage l'oreille, et perçu de petits clapotements semblables à une multitude de gouttes d'eau qui tombaient. Mais le dernier son qui parvint jusqu'à ses oreilles la fit frémir. C'était un long et faible gémissement, au travers duquel on pouvait percevoir des pleurs.

Un peu effrayé, Renarde était cependant résolue à venir en aide au petit enrobé. Elle plongea la main dans son jogging, et en sortit un petit couteau de cuisine assez bien aiguisé. Le jour où elle et les autres étaient arrivés au centre, on leur avait servi de l'entrecôte de bœuf en signe de bienvenue. Une façon comme une autre de dire que tout le monde a droit à un dernier repas avant d'aller en Enfer. Pour couper sa viande, on lui avait fourni comme aux autres un bon couteau pour faciliter son repas. L'indienne avait alors profité d'un moment d'inattention pour cacher le sien, juste au cas où un homme tenterait de la toucher à nouveau.

Un peu rassuré par l'arme qu'elle tenait en main, la jeune fille poussa doucement la porte des W.C..
Cependant, la clarté de la pièce l'obligea à fermer les yeux. Et durant ces quelques secondes en trop qu'elle n'avait pas prévu, l'indienne eut une sorte de crise de panique. Si jamais Serpent se tenait en ce moment même devant elle, son effet de surprise aurait été complètement raté. Elle aurait pu facilement expliquer sa présence par une envie pressante, mais la présence du couteau dans sa main aurait conduit son chef d'unité à se méfier. Et si jamais c'était le cas, son plan de rescousse tombait à l'eau. Elle savait très bien qu'elle ne pouvait espérer surpasser l'allemand au corps à corps, le prendre en traître était sa seule chance de l'emporter.
Fort heureusement, lorsqu'elle rouvrit les yeux, personne ne se trouvait devant elle.

Contrairement à ce qu'on aurait pu penser, les toilettes étaient parfaitement propres. Cela pouvait facilement s'expliquer avec les innombrables punitions dont avaient été victime les membres de l'unité, et qui consistaient à nettoyer la salle de bain.
Sur le côté droit étaient situées les trois douches auxquelles ils avaient accès, il avait été convenu lors de l'arrivée au centre que les garçons se doucheraient avant les filles., ces dernières étant un peu lentes à sortir des cabines.
Sur le côté gauche de la pièce, une rangée de trois cabines de W.C. en bon état était bien alignée.
Renarde les détestait d'ailleurs, car elles étaient dépourvues de cuvettes. Et elle répugnait à asseoir son derrière sur les mêmes endroits que ceux des garçons de son unité.

Prudemment, la jeune indienne s'avança vers les toilettes, d'où le bruit semblait venir. Retenant au maximum sa respiration, elle jeta un coup d’œil dans la première cabine.
La scène qu'elle découvrit alors la glaça.
Serpent maintenait solidement son frère à l'aide d'une clé de bras, de son autre main, il lui plongeait régulièrement la tête dans les toilettes. Tout en effectuant son petit manège, le jeune allemand parlait tranquillement dans sa langue natale.

-Est-ce que tu sais pourquoi je fais ça ? demanda-t-il à son cadet d'une voix douce et calme sans savoir que Renarde était dans son dos.
-Non. Bafouilla Chaton en crachant un peu d'eau.
-Je fais ça parce qu'à cause de ta connerie, j'ai été obligé de m'en prendre plein la gueule pour que tu ne contrarie pas mes plans.
Le petit enrobé ouvrit de grands yeux remplis d'incompréhension, exaspéré, son frère lui plongea à nouveau la tête dans sa propre urine.
-T'es décidément encore plus con que t'en as l'air, soupira Serpent en le ressortant, mais si tu insistes, je vais t'expliquer un peu mieux. Tu sais pourquoi j'ai pris les coups de fouet à ta place ?
Trop dégoûté pour répondre, le plus jeune de l'unité se contenta de secouer la tête.

-Si jamais j'avais laissé Dragunov t'éclater la gueule, tu n'aurais pas été apte à participer au Death Battle. T'aurais probablement passé plus de quinze jours à l'infirmerie tellement t'es faible. Et tu sais bien ce que le major nous a dit la semaine dernière, hein ? « Une unité c'est six personnes, pas plus, pas moins », qu'il avait dit. Donc sans toi, on aurait pas pu y participer, et on aurait probablement été renvoyés dans cet hôpital minable rempli de médecins cons et incompétents.
Tu piges jusque-là ?
-O...Oui.
-A la bonne heure, sourit le psychopathe en lui replongeant la tête dans les W.C., et tu sais pourquoi j'ai dû mettre en place toute cette comédie ridicule au réfectoire tout à l'heure ?

Il le ressortit. Chaton semblait écœuré, il commençait à ressentir d'horribles nausées. Il n'allait sûrement pas tarder à vomir.
Cependant, Serpent ne semblait pas prêt à s’arrêter là.
-Alors ? S'impatienta-t-il. Tu vas répondre ? Ou je dois encore te plonger la tronche dans ce truc ?
Horrifié, il secoua la tête plusieurs fois, tout en lui jetant un regard suppliant. Mais son frère n'avait pas grand-chose à faire de ses supplications.
-Tu t'imagines sans doute que Dragunov m'aurait laissé devenir chef d'unité après le coup que je lui ai fait ? Je devais regagner son estime le plus rapidement possible, et le comble, c'est que la solution m'est venue toute seule. Vois-tu, mon cher petit frère, l'infirmière qui s'occupait de moi avait eu une histoire avec notre bon major. Une histoire qui a hélas mal tourné, et cette idiote a eu le malheur de me dire qu'il la détestait toujours. Ainsi, je lui ai donné une petite leçon à coup de poings, et j'ai humilié son nouveau petit ami à coup d'huile bouillante sur le visage. Et tout ça juste pour récupérer ce que ta connerie m'avait fait perdre. Tu comprends Boulard ? Tout ce qui est arrivé à ce joli petit couple aurait pu être évité si tu n'avais pas été aussi con et faible.

Chaton semblait terrifier d'apprendre cela. Un profond sentiment de culpabilité envahit son visage, et une boule se forma dans son ventre. Satisfait de la réaction de son frère, Serpent lui plongea la tête dans les toilettes une dernière fois avant de le laisser ici. Il prit cependant quelques secondes pour admirer la tête de chien battu de son cadet, un peu comme un peintre qui contemplerait sa dernière toile.
C'est ce moment que choisit Renarde pour frapper.
Paralysée d'horreur par la scène à laquelle elle avait assisté, elle avait patiemment attendu le moment où l'allemand relâcherait sa garde. Et ce moment, c'était maintenant. Elle savait très bien qu'elle n'aurait pas de deuxième chance, il fallait frapper vite et fort. L'indienne prit une grande inspiration, et leva son couteau. Puis, elle s'avança silencieusement vers sa cible.



26 mars 2001, 00h 51


Mathilda était complètement perdue. Cela faisait des heures (ou des jours, elle avait perdu la notion du temps) qu'elle et Seth étaient en train de parler. Mais pour le moment, elle n'arrivait pas à grand-chose. La jeune fille passait son temps à s'embrouiller dans des explications peu claires, et des exemples imprécis, qui conduisaient à de nouvelles questions de la part du mutant. Déboussolée, elle finit par s'asseoir sur le sol gris afin de prendre un peu de temps pour remettre ses idées en place.

-Que fais-tu ? demanda innocemment Seth, visiblement intrigué par la posture qu'avait prise son éducatrice.
-Je m’assois. Répondit Mathilda en lui souriant (elle en avait vraiment assez de sourire). C'est ce que l'on fait lorsqu'on est fatigué.
La créature ouvrit des yeux ronds.
-Qu'est-ce que ça veut dire « être fatigué » ?

Le sourire de la jeune fille se décomposa, comment est-ce qu'elle allait répondre à cette question étant donné qu'il était impossible de ressentir la fatigue dans ce monde ? Elle plongea sa tête dans ses mains, elle en avait vraiment assez. Ce qu'elle vivait était une véritable torture mentale, il lui arrivait même de ne plus parvenir à distinguer ce qu'elle savait de ce qu'elle ignorait. Elle était si agacé qu'elle lâcha un grognement bizarre.

-Qu'est-ce qui t'arrive ? Demanda le mutant en s’accroupissant.

Mathilda releva la tête, le pire dans cette histoire, c'était qu'elle avait commencé à s'attacher au cobaye. Bizarrement, cette créature qui n'était pas humaine lui semblait plus pure que n'importe quelle personne qu'elle avait rencontré. Il y avait tellement d'innocence dans sa voix, tellement de curiosité. Il faisait penser à un petit enfant, un enfant qui n'avait pas encore été touché par les mauvaises choses qui traînait autour de chacun des adultes. C'en était presque triste de savoir à quoi il était destiné.

« L'amélioration de la race humaine » disait le Docteur. Dans un certain sens, c'était vrai. Seth était probablement doté du corps le plus parfait au monde. Elle n'avait aucune raison de douter des capacités des scientifiques de l'organisation à fabriquer un surhomme. Mais pour ce qui était de l'esprit, elle voyait mal comment ils allaient réussir à lui en fabriquer un qui soit parfait. Et connaissant le Docteur, elle se doutait bien qu'il servirait à ses intérêts. Elle ne pouvait pas s'attendre à ce que le sexagénaire fasse preuve de bon sens, après tout, ce n'était même pas un humain.

-Disons simplement que j'en ai assez, soupira la jeune fille, on m'a envoyé ici pour t'apprendre tout ce que je savais. Mais là, j'en suis venu à me demander si je savais bien quelque chose.
Seth fronça les sourcils.
-Qu'est-ce que ça veut dire apprendre ?
Là c'était plus simple.
-Apprendre, cela veut dire savoir quelques choses que l'on ne savait pas avant. Ensuite, lorsqu'on sait ce quelque chose, on le saura toujours car il sera dans notre tête.
Le mutant réfléchit quelques secondes, avant de répondre :
-Donc, depuis que tu es là, tu essaies de mettre ce qu'il y a dans ta tête, dans la mienne ?
-C'est à peu près ça, répondit Mathilda soulagée qu'il ait compris.
Mais Seth avait toujours les sourcils froncés, et la fille d'Anthéa ne comprenait pas pourquoi.
-Mais alors..., commença le cobaye, pourquoi est-ce que tu as fait comme ça ?
Ce fut au tour de Mathilda de froncer les sourcils d'incompréhension.
-Comme ça quoi ?
-Pourquoi tu ne me les a pas transmis directement au lieu de parler ?
La jeune fille ouvrit de grands yeux, qu'est-ce que cela voulait dire ?
-Qu'est-ce que tu veux dire par directement ? S'enquit-elle en notant que jamais leur conversation n'avait été aussi intense.

Seth leva sa main droite, et la posa contre le front de son interlocutrice. Celle-ci ne fit pas un geste pour l'en empêcher, sa curiosité la démangeait trop pour qu'elle y songe.
Le mutant ferma les yeux, et retira sa main. Qu'un étrange tube de lumière fit son apparition, reliant par la même occasion les fronts des deux êtres. Mathilda retint son souffle, même si elle ne savait pas du tout ce qui se passait, elle était émerveillée. C'était la première véritable beauté qu'elle voyait dans ce monde virtuel. Et pour elle, ça valait franchement le coup d’œil.



25 mars 2001, 23h 39


De toute sa vie, Renarde ne s'était jamais sentit aussi impuissante. Même lorsqu'elle était forcée de se prostituer, même lorsqu'elle sentait le poids lourds des mâles répugnants et leurs sexes immondes remuer en elle. Tout cela n'était rien comparé au sentiment qu'elle ressentait en ce moment même. Elle tenta de se remémorer ce qui c'était passé. A peine avait-elle levé le bras que Serpent s'était retourné avec une rapidité impressionnante et l'avait attrapée par le poignet. Ensuite, tout s’était passé presque trop vite pour qu'elle ait le temps de comprendre. Il l'avait tirée violemment vers lui, et avait balayé ses jambes. Elle était tombée assez durement la gorge la première contre le bord de la cuvette, et sous le choc, elle avait perdu le couteau. L'allemand la maintenait fermement au sol en plantant son genou entre les omoplates de sa victime. L'indienne peinait à reprendre son souffle, la douleur lui brûlait le cou. Elle n'avait plus la force de se relever, et de toute façon, le psychopathe était trop lourd pour elle. Renarde laissa échapper un juron dans sa langue natale, Serpent avait fait d'elle son jouet si facilement.

-Regardez qui voilà, susurra-t-il en français. Alors ma petite pute, t'avais une envie pressante je suppose ? Tu n'es donc pas capable de te retenir ne serait-ce qu'une petite minute ?
Sur ses mots, il enfonça une grosse boulette de papier-toilette dans la bouche de sa victime. Celle-ci qui avait déjà du mal à respirer, eut l'impression atroce de d'étouffer purement et simplement. Complètement groggy, Chaton n'arrivait pas à bouger le petit doigt. Il restait assis à côté des W.C., à regarder dans le vague. Comme si il n'avait plus aucune volonté. Serpent ramassa le petit couteau de cuisine, un sourire maléfique s'était dessiné sur son visage. Il rapprocha sa bouche de l'oreille de sa prisonnière.
-La prochaine fois que tu veux jouer à l'héroïne, fais attention à la lumière. Chuchota-t-il d'un ton moqueur. Ton ombre m'a presque hurlé que tu étais derrière moi.
Même si Renarde ne parlait pas parfaitement le français, elle avait compris ou il voulait en venir. Qu'elle idiote elle avait été ! Serpent l'avait repérée dès le moment où elle s'était plantée devant la cabine, il avait simplement joué avec elle, en lui offrant intentionnellement le bon moment pour attaquer.
-Bien, je pense qu'il est temps de te montrer un peu qui est-ce qui fait la loi ici.

L'indienne sentit bientôt avec horreur que son agresseur lui retirait son jogging et sa culotte, elle tenta de se débattre, elle hurla. Mais le jeune homme la maîtrisait sans aucun souci, et le papier-toilettes l’empêchait de crier. Un objet dur et froid vint pénétrer de force son anus, Renarde pleurait, elle lança désespérément un regard suppliant à Chaton. Mais celui-ci était bien trop glacé d'horreur pour esquisser le moindre geste. Sa torture ne dura pas longtemps, et bientôt elle sentit l'objet quitter son corps. Mais elle souffrait atrocement, elle sentait un liquide chaud couler le long de ses fesses. Serpent ramena son couteau couvert de sang devant les yeux de sa victime.

-La prochaine fois, murmura-t-il cruellement, je te l'enfoncerai jusqu'à ce que tes tripes dégoulinent. J'espère que tu m'as compris ?
Noyée dans ses larmes, l'indienne eut à peine la force d'acquiescer pour lui répondre.
-A la bonne heure, sourit l'allemand en la libérant.
Il se releva tranquillement, nettoya la lame avec un peu de papier-toilettes, puis il se dirigea tranquillement vers la sortie, laissant ses deux victimes immobiles, en train de digérer tant bien que mal leur supplice.



26 mars 2001, 00h 55

Mathilda ignorait combien de temps s'était écoulé depuis que Seth avait fait apparaître cet étrange tube de lumière bleu. Cependant, elle commençait à trouver le temps long. Le mutant n'avait pas bougé d'un pouce, ses yeux étaient toujours fermés, on aurait dit qu'il se concentrait.
L'émerveillement ressenti plus tôt chez la fille d'Anthéa avait laissé place à un peu de peur.
Après tout, elle ignorait complètement ce que le cobaye était en train de faire, et elle n'osait pas manifester son impatience de peur de briser sa concentration.
Soudain, Seth rouvrit les yeux, Mathilda voulu ouvrir la bouche, mais un geste d’abstention de la part du mutant la contraignit à attendre encore quelques instants. La jeune fille commençait vraiment à en avoir assez.

- « Mais qu'est-ce qu'il était en train de faire à la fin ? » Songea-t-elle. « Et pourquoi je n'ai pas le droit de poser une simple question ? J'ai bien répondu aux siennes pendant des heures. »
La créature, quant à elle, conservait son calme olympien. Il fixa son interlocutrice droit dans les yeux pendant quelques secondes. Puis, tout à coup, le tube disparut.
-Désolé de t'avoir fait attendre, sourit Seth en s’asseyant en face d'elle, mais j'ai terminé.
-Pas trop tôt, marmonna la fille d'Anthéa.

Cependant, au lieu de reprendre la conversation, elle fronça les sourcils. Il y avait quelque chose qui clochait.
-Dit moi, demanda-t-elle prudemment, je ne me rappelle pas t'avoir appris le sens du mot « attendre ».
-Et tu ne l'as pas fait, répondit son interlocuteur d'une voix bien plus chaleureuse qu'avant, j'ai simplement pris cette connaissance de ta tête.
-Tu as fait quoi ?! S'écria Mathilda sous le choc.
Surpris par ce sursaut d'humeur, le mutant fit presque un bond en arrière. La jeune fille se souvint alors que Tanner lui avait mis en garde de ne surtout pas l'effrayer. Elle opta donc pour un ton plus doux :
-Excuse-moi, je voulais pas te faire peur.
Seth resta immobile quelques secondes, son interlocutrice craignait d'avoir tout fichu en l'air. Mais finalement, il finit par se rasseoir tranquillement, au grand soulagement de la fille d'Anthéa.
-Ecoute, reprit cette dernière, je n'ai pas bien compris ce qu'il s'est passé. Est-ce que tu peux m'expliquer ce que tu as fait ?
Le mutant hésita quelques instants, avant de répondre :
-J'ai pris les connaissances de ton cerveau, et je les ai intégrées aux miennes.
Les yeux de Mathilda manquèrent de jaillir de leurs orbites, c'était tout simplement délirant.
-Mais..., commença-t-elle sous le choc, comment c'est possible.
-Hé bien, avant je ne savais pas du tout ce que je faisais. Répondit-il d'une voix un peu plus assurée. Mais maintenant que j'ai intégré tes connaissances je peux bien t'expliquer en gros.
Disons simplement que dans un monde virtuel comme celui-ci, nous ne sommes rien de plus que des programmes. Alors disons simplement que j'ai téléchargé ce qu'il y avait dans ton cerveau dans le mien.
La jeune fille se serait probablement évanouie si elle n'avait pas été sur un monde virtuel, elle n'arrivait pas du tout à comprendre comment c'était possible.
-Mais attend une minute, si tu avais copié tout ce qu'il y avait dans mon cerveau pour l'intégrer au tien, tu serais devenu une copie exacte de moi-même.
-Je n'ai pas TOUT pris, rectifia Seth, j'ai simplement fait le tri dans tes connaissances et pris ce qui me semblait intéressant pour continuer à parler comme le sens des mots. Je n'ai pas touché à ton esprit ou à tes souvenirs.
Mathilda poussa un soupir de soulagement, elle avait eu tellement peur que son « élève » découvre ce qu'il était réellement. Elle se détendit un peu, la situation s'était considérablement améliorée pour elle maintenant que le mutant connaissait le sens des mots. Elle allait pouvoir continuer sa mission sans trop d'accroc. Cependant, un détail continuait de la chiffonner.
-Ton pouvoir de transfert de connaissances là, dit-elle un peu maladroitement, comment se fait-il que tu puisses savoir faire ce tour ? Parce que même si tu possédais déjà cette capacité, tu ne pouvais pas savoir tout seul que tu l'avais, et encore moins savoir comment t'en servir.
-C'est vrai, acquiesça le cobaye, et bien en fait, c'est ma sœur qui m'a appris à le faire. C'est d'ailleurs comme ça que j'ai appris à parler.
-Ta sœur bien sûr, soupira Mathilda comme si c'était l'évidence même, il faudra que tu me la présentes un jour.
-Ah ? Fit Seth un peu étonné. Mais pourtant, tu la connais déjà.

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


Dernière édition par Tyker le Ven 20 Mar 2015 11:49; édité 1 fois
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Ikorih MessagePosté le: Sam 12 Juil 2014 21:48   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Tyker avec sa Carpe en arrière plan

Dodie est une naine super géniale. Voilà, j'ai rempli mon quota de citations élogieuses d'Oddye en pénitence pour avoir eu la flemme d'uploader ce screen moi-même.

Note cette géniale image qui me permet d'éviter une introduction imaginative et en même temps de rappeler que j'ai vu l'anime Batman. Et en prime, je te félicite en douce pour ta Carpe parce que c'est le premier chapitre que tu sors depuis. (cool)


Avant de parler du chapitre en lui-même, je fais un arrêt sur le titre et ça c'est pas souvent. Mais après lecture, le double sens est juste génial. Tellement d'humour noir, sans déconner, j'adore. Mr. Green
Wala ça c'est fait.
Pour continuer dans les trucs de moindre envergure, l'apparition limite caméo d'Anthéa au début du chapitre. Bon, ça nous apprend pas grand chose mis à part la confirmation que le monde virtuel est bien Lyoko et le renforcement du propos implicite comme quoi tout échec ferait tomber la grande lame de la guillotine du châtiment des incapables sur Anthéa (quelle phrase à rallonge o/). La suite au prochain chapitre j'imagine puisque la question est maintenant "va-t-elle y arriver?". Je n'avancerai pas d'hypothèses en public mais je pense avoir la réponse à la question.

Voilà, ça, c'est fait. Maintenant on rentre dans le vif du sujet.
Commençons avec Renarde. ça doit être la première fois que je parle d'elle spécifiquement, tiens. Faut dire aussi que c'est la première fois qu'elle fait autre chose que se faire troller par Serpent (ouais bon, elle a droit au troll du siècle ce coup-là mais...). Donc ce coup-ci, on a un peu plus d'introspection spécifiquement sur ce perso. On note donc que son passé de pute l'a vraiment traumatisée au point que ce qu'on prend pour des tendances féministes au premier abord devienne de l'extrémisme digne des Amazones (placer une référence mythologique : done!). Mais on note aussi que elle déteste Serpent (quoique on le savait déjà) et que elle a un taux de valeurs morales plus élevé que la plupart de ses collègues. Trouver le cran de vouloir attaquer Serpent pour la justice et la liberté des chats, tout le monde ne l'aurait pas fait. Ce n'est pas pour autant que je l'apprécie, attention, elle me fait même un peu chier (a). Les persos avec de la droiture morale et des convictions pour le bien de l'humanité, tout ça...pfeuh. On dirait un genre de Chaton avec un peu plus de c...ah ben techniquement non. Enfin tu m'as comprise. Mr. Green
Mais même si elle est un peu mieux que Chaton elle n'en devient pas aussi classe que Serpent (elle en est même loin déjà, là elle est en catégorie victime Mr. Green). Serpent qui était carrément en forme : torture psychologique ET torture physique. Et là encore on a affaire à ton imagination débordante (ou dégoulinante de sang). La tête dans les chiottes, blague classique des collégiens mais c'est vrai que c'est mieux si la victime a pissé dedans avant Mr. Green. Et puis lui faire au passage porter le chapeau des sévices infligés à l'infirmière et à son copain, franchement, mais comment fait ce gosse pour ne pas se suicider? J'imagine que Serpent doit l'empêcher d'approcher un couteau, sauf si c'est Serpent lui-même qui le tient (smirk). Ou quoi que ce soit qui puisse lui faire du mal.
"Okay Chaton alors écoute, je te maltraite à mort mais si tu crèves, je..euh...te poursuivrai en enfer pour t'infliger encore pire!"
Passage inutile : Ikorih branche la musique de Saw. Le pire c'est que c'est vrai. (Je l'ai même chantée à Oddye pour la faire chier o/)
Bon et puis Renarde. Ai-je besoin de dire que sans te lancer dans la description minutieuse de chaque petite seconde de sa souffrance, ça reste atroce? Largement assez pour me faire sourire. Le pire est peut-être que t'as pas dû avoir besoin de chercher pour trouver ça x_x. C'est pas juuste.
Maintenant, la prochaine fois, faudra que Serpent lui dise "Va te faire enculer". Ou un truc du genre. Pour la blague. **

Et pour boucler tout ça, Seth et Mathilda. Le coup (pardon, le Joker) du transfert de savoir t'a permis d'esquiver nombre de désagréments et en plus, de façon crédible. N'en déplaise à Belgarel qui aurait adoré en lire plus. Maintenant, on va ptête enfin en savoir plus sur sa sœur (celle de Seth, pas de Belgarel).
Pour éviter de me retrouver en panne de trucs à dire trop tôt, je vais faire un dernier point sur ta si cruelle fin de chapitre. J'aurais envie de comparer à Oddye, là. Mais tu as un atout en plus : la signature avec le Joker qui est limite en train de te dire "Ah tu voulais la suite? :trollface:". Tes coupures de scène étaient aussi assez bien foutues, je prendrai comme exemple le moment où Renarde s'apprête à foncer sur Serpent et où ça passe sur Mathilda. Sadique, va.

Et en fait mon com' risque de s'arrêter là. Aucun point de dernière minute ne me vient à l'esprit.

Conclusion aussi tranchante qu'une machette pour faire bonne mesure.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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