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[One-Shot] Fear of the dark

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 Auteur Message
Ikorih MessagePosté le: Dim 07 Sep 2014 13:59   Sujet du message: [One-Shot] Fear of the dark Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1437
Localisation: Sûrement quelque part.
Et encore un passage sur la section « fictions et textes ». Vous vous demanderez sans doute « mais qu’est-ce qu’elle nous a encore écrit à l’instant ? » et je me permettrai de rectifier : ce truc a passé quelques semaines dans mon PC avant de se faire poster. J’ai passé plus de temps là-dessus et pour cause, c’est mon premier texte Batman, j’ai pas encore l’habitude d’utiliser les personnages. La rédaction a duré du 1er au 26 juillet, avançant à son rythme en fonction de mon humeur, as usual. Toujours dans le souci de soigner mes persos, je l’ai fait relire trois fois (sans que ça modifie grand-chose au texte, en fait…), le 28 juillet, puis le 10 et 25 août (oui je me suis fait chier à noter les dates, ça fait joli) respectivement par moi-même, une aveugle, et un dénommé Shaka qui passe parfois sur ce fow’. Le titre n’a d’ailleurs été trouvé qu’à la fin de la troisième relecture et de quelques moments de réflexion.
Pourquoi ce titre, d’ailleurs ? Je me ménage ainsi une superbe transition vers l’ambiance musicale. En effet, la musique tenant une part importante dans ma façon d’écrire, j’ai rédigé tout ça en écoutant successivement Fear of the dark, Nocturna et même Til we Die. Niveau ambiance musicale pure, je trouve que Nocturna est plus adaptée, car plus calme. Par contre, en ce qui concerne Fear of the Dark, le texte collait mieux, ce qui lui a valu de devenir le titre. Je vous recommande volontiers d’écouter une des deux en lisant, c’est toujours cool.
Passons au contenu. Je me base sur l’épisode 28 de l’animé de 92, mon préféré sans aucun doute, qui m’a tapé dans l’œil dès que je l’ai vu. Je le recommande. L’idée de l’épisode étant que sous l’emprise d’un gaz de l’Epouvantail, Batman se retrouve à Arkham lui aussi. Mais ce n’est pas l’Epouvantail que je mettrai en scène aujourd’hui, même s’il le mériterait, il ne sera pas si présent. Non, cet OS a pour but de travailler un peu sur le lien entre Batman et…le Joker. Quelle surprise n’est-ce pas ? *paf*. Pour éviter de tout vous raconter, je dirai deux mots sur le Joker dépeint là-dedans. Il ressemble énormément à celui de l’animé, et c’est sur celui-là que je me suis basée, mais j’ai eu l’impression qu’il prenait un peu des aspects de celui de TDK sur la fin. M’enfin j’avais pas encore vu le film en entier, seulement des extraits, donc mes impressions sont peut-être de la merde. o/
Ah, encore un détail. Vous vous demandez peut-être pourquoi j’ai gardé ça sous le coude près de deux semaines….continuez à vous demander.




Fear of the dark



C’était un endroit froid et sombre, à l’écart. Un bâtiment au milieu de nulle part qui faisait l’effet d’une prison. C’en était une, mais pas n’importe laquelle. Une pluie battante tombait du ciel noir, agitée par le vent, et frappait les toits, les murs. De temps à autres, un éclair venait illuminer l’ensemble luisant, et permettait de lire l’inscription sur la grille de fer forgé.
« Arkham Asylum »
Un nom qui sonnait dans les esprits de tous comme un lieu dangereux, le lieu où étaient regroupés tous les psychopathes fous qui menaçaient Gotham. Les plus grands dérangés jamais vus, et tous étaient arrivés là grâce à Batman. Quelle ironie du sort. Derrière ces murailles de pierre étaient enfermées les plus terribles des menaces. Il avait déjà été démontré qu’elles ne les retenaient pas très bien. On ne comptait plus les évasions, et pourtant la direction continuait à se targuer de sa sécurité infaillible, paradoxe que seul Batman venait souligner en ramenant les évadés par la peau du cou.
Mais il allait avoir du mal, maintenant.

Si on regardait dans les couloirs, on avait de nombreuses cellules. Occupées, en général. Dans celle-ci, on voyait un homme assez grand avec un costume noir et blanc, le visage partiellement brûlé. Il semblait se satisfaire d’un perpétuel lancer de pièce. Ting. Ting. Ting. Il n’avait même pas l’air de la fixer, elle passait devant ses yeux sans qu’il paraisse y faire attention. Seule sa main bougeait, de façon répétitive et mécanique. Le travail à la chaîne appliqué à pile ou face. Dans celle-là, un curieux personnage habillé en violet, blafard, avec un sourire trop large pour être honnête. Et il ne l’était pas. Mais il était plus actif : il jouait aux cartes tout seul. De temps en temps, il éclatait d’un rire qui paraissait dérangé même au milieu de tous les autres fous, puis reprenait son jeu. Si on regardait de plus près les figures de ses cartes, on constatait que celle du joker était à son effigie. Dans une autre cellule encore, un troisième aurait dû figurer dans son costume d’épouvantail. Lui n’était pas là. Actuellement en évasion.
Et dans une dernière, très sombre, quelqu’un qui l’était tout autant. La pièce était haute de plafond, avec une fine fenêtre qui laissait filtrer la nuit et les éclairs. Sordide, la geôle ne disposait que d’une ébauche de lit fixée au mur, sur laquelle son occupant était assis. D’ordinaire, il était drapé de noir, mais là, une camisole blanche le recouvrait partiellement. Grand, large d’épaules et musclé, on comprenait vite pourquoi il avait eu droit à cette précaution supplémentaire.
-Il faut que je sorte d’ici…
C’était ce qu’ils se répétaient tous, à Arkham. Lui ne faisait pas exception, même si ses motivations étaient différentes. De temps à autres, un docteur passait devant sa porte et regardait par la fente, mais n’entrait pas, lui jetant seulement un regard entre la pitié, la compassion et l’impuissance. Il essayait de les avertir du danger, de la menace, mais ils mettaient ça sur le compte de ses hallucinations. Personne ne le croyait. Il n’y avait pas si longtemps, quand il affirmait quelque chose, tout le monde l’écoutait avec une confiance quasi sans faille. Parce qu’il était considéré comme sain d’esprit, oui, mais parce qu’il était Batman. Batman le justicier, celui qui protégeait Gotham de son ombre bienveillante. La chauve-souris qui veillait sur la ville. Alors on s’intéressait à ce qu’il disait, parce que ça pouvait être une question de vie et de mort. Techniquement, là, c’était le cas. Mais là, il était considéré comme un dingue parmi tant d’autres, laissé à croupir dans le noir. Jamais il n’aurait pensé que ça lui arriverait un jour.
Et pourtant, c’était comme ça. Il était impuissant. Il voyait d’ici la catastrophe se profiler, le règne de terreur de l’épouvantail. Et il ne pouvait strictement rien faire à part supplier les médecins de le laisser sortir. En vain. Il n’avait plus les idées claires, il savait que le gaz se répandait de plus en plus dans son organisme, dans son cerveau, et que ses hallucinations reviendraient tôt ou tard. De préférence une vision de ce qui lui faisait le plus peur. Il avait déjà été victime d’une création de ce psychopathe, et c’était bien pour ça qu’il en connaissait l’efficacité redoutable. Tout avait dû commencer dans la Bat-cave. Sa première vision…oui, il s’en souvenait. Ce visage pâle et grimaçant qu’il avait aperçu dans le reflet de son écran, qui l’avait fait sursauter. Il en avait froid dans le dos, même en sachant que ce n’était qu’une création de son esprit.
Il était lucide pour l’instant (pour combien de temps ?), mais encore hanté par ses précédents délires. Il se souvenait de Robin, là, debout devant lui sur la route, les traits déformés par la terreur. Le regard paniqué, comme un lapin pris dans les phares constatant l’approche de la mort en tentant vaguement, vainement, de se protéger de ses mains. Il avait vraiment cru que c’était lui, il l’aurait juré. Il avait dévié pour l’éviter, et ça avait fini comme ça. Un accident, juste à côté d’Arkham Asylum. Et maintenant, la cellule. La prison.
Rageur, il donna un coup de pied dans le vide, à défaut de pouvoir donner un coup de poing. Et maintenant, qu’allait-il faire ?
Seul, au fond du trou. Il fallait qu’il sorte. Piégé dans la pénombre, aux abois, dans la panique de savoir que, au dehors, l’Epouvantail continuait à tramer ses plans comme une araignée dans sa toile, et dans l’état actuel des choses, il ne pouvait rien faire du tout. La marche de la peur, la faux à la main, avec le visage grimaçant d’un épouvantail…droit vers Gotham. Et lui, qui veillait normalement dans l’ombre, s’y retrouvait piégé avec pour seule compagnie le regard occasionnel dans la fente de la porte, le bruit de la pluie au dehors, et les spectres créés par son imagination. Il leva les yeux vers la fenêtre dans son dos, la seule source de lumière, la seule porte de sortie vers l’extérieur. Il vit une chauve-souris cogner pour s’échapper. Comment était-elle rentrée ? Il n’en savait rien. Elle paniquait. Chaque coup porté sur son crâne la faisait voler un peu plus de travers, comme si elle était ivre. Elle avait peur de rester piégée. S’il avait pu, il lui aurait ouvert, mais…il avait les bras liés. Tout aussi enfermé qu’elle. Peut-être plus. Elle avait encore la liberté de mouvement, elle. Après un clignement d’yeux, il la perdit de vue. Ses yeux fouillèrent la pénombre pour tenter de la retrouver, mais c’était peine perdue. Elle semblait s’être volatilisée aussi mystérieusement qu’elle était apparue. Mais elle le laissait désespérément seul avec lui-même.
Il sursauta. Un rire à glacer l’échine venait de retentir dans la pièce. Il chercha une source sonore, mais ne vit rien. Pourtant, il reconnaissait ce rire.
-Alors, tu vois à quel point cet endroit est sordide ?
La voix avait pris des inflexions très ironiques. Il passa à nouveau les lieux en revue et sursauta une nouvelle fois : dans un coin se tenait une silhouette qui n’y était pas quelques secondes plus tôt. Une silhouette moins imposante que la sienne, sauf quand on savait à qui elle appartenait. Elle s’avança un peu et un éclair l’éclaboussa de lumière. Blafard, grimaçant, avec le nez crochu et un regard éclairé de la flamme de la folie. Les cheveux noirs, ou peut-être vert foncé, il était habillé tout en violet. Il n’y en avait pas deux comme lui. Un seul suffisait amplement.
Le sourire dément s’effaça pour faire place à une moue attristée.
-Tu te rends compte de ce que c’est qu’être enfermé là ? Tu vas y réfléchir à deux fois avant de m’y renvoyer, mh ?
Sans crier gare, il éclata de rire. Batman sentit un frisson lui parcourir le dos. Il ne savait pas s’il hallucinait ou si le Joker se tenait vraiment face à lui.
-Va-t’en !
-Tu me blesses, je suis profondément déçu de ton manque d’hospitalité ! protesta son interlocuteur.
Si les traits de son visage étaient en accord avec ses paroles, l’homme chauve-souris savait néanmoins qu’il ne faisait que dissimuler son large rictus grimaçant qui était l’expression même de son esprit malade. Et il n’était jamais aussi dérangeant que quand il se comportait comme quelqu’un de normal. Il restait toujours quelque chose qui rappelait qu’il était fou, dangereux, en somme qu’il n’était pas enfermé là pour rien.
-Moi qui étais simplement venu te souhaiter la bienvenue chez les dingues !
Il rit une fois encore. Ce rire qui venait ponctuer nombre de ses tirades, quand il se croyait particulièrement drôle alors que la plupart de ses plaisanteries n’amusaient que lui. C’était une de ses nombreuses caractéristiques uniques.
-Je n’ai pas besoin de tes mots de bienvenue, va-t’en !
La peur se lisait dans sa voix. L’effet du gaz de l’épouvantail, sans doute, mais peut-être y avait-il quelques accents de vérité dans cette peur. Il n’en savait rien, et ne voulait pas le savoir. Il voulait juste que le personnage face à lui s’en aille.
-Oh, alors tu aurais du mal à te faire à l’idée ?
Le Joker s’approcha de Batman, son large rictus imprimé ouvertement sur la figure. La chauve-souris ne bougea pas, paralysée définitivement par cette peur qui rampait au fond de ses tripes. Il nota que son ennemi de toujours jouait maintenant avec une machette qu’il faisait sauter dans sa main.
-Laisse-moi tranquille, je te dis ! Retourne avec ta bande de…
Batman eut un manque d’inspiration soudain.
-…criminels.
Cette réplique lui faisait honte. Il aurait préféré ne rien dire, en fait, plutôt que sortir ça.
-Batman, vous allez bien ?
Cette fois, la voix venait de l’extérieur de la cellule. Probablement un docteur. Ou alors une nouvelle hallucination. Il avait du mal à faire la différence. Les deux lui semblaient aussi réels l’un que l’autre.
-A qui parlez-vous ?
Il entendit deux voix murmurer. Ils devaient être plusieurs, et débattre de son état. Ils durent arriver rapidement à une conclusion parce que la porte s’ouvrit, deux infirmiers encadrant un médecin. Batman s’efforça de les prévenir de la menace :
-Reculez ! Le Joker, il est…
Et puis il remarqua que le prince du crime s’était volatilisé.
-Calmez-vous, Batman. Vous faites une hallucination. Le Joker est dans sa cellule, il ne peut faire de mal à personne. Tout va bien.
Il nota du coin de l’œil la seringue. On allait l’anesthésier. Il commença donc à se débattre, mais avec les bras bloqués et le contrecoup de ses visions de terreur, c’était perdu d’avance. Les gardiens avaient le dessus. Le vengeur masqué fit de son mieux pour retarder le moment inévitable où la seringue entrerait en contact avec lui, et son contenu avec son sang, mais il ne pouvait pas le repousser indéfiniment.
-Tu sais, moi non plus je n’ai jamais aimé les piqures. Ni les infirmières d’ailleurs.
Encore une fois, la voix du Joker sortait de nulle part, un peu moqueuse. Batman l’imaginait parfaitement avec un rictus sadique sur le visage, ou même en train de rire à gorge déployée. Il n’arrivait pas à comprendre comment le Joker pouvait trouver que cette phrase était logique dans le contexte, mais après tout, n’avait-il pas un esprit complètement malade ? Batman avait toujours été le premier à dire que les actions du Joker n’étaient logiques que pour lui. C’était un personnage chaotique et imprévisible.
Lentement, la substance se diffusa dans son organisme. Le monde se troubla, se tordit, devenant petit à petit noir. Les blouses blanches devinrent de simples taches, les visages des ombres parmi tant d’autres. Il perdait pied. Bientôt, il allait sombrer dans l’inconscience. En temps normal, elle était prévue pour alléger les souffrances, soustraire le patient à sa psychose quelques temps, dans un joli sommeil sans rêves des plus réparateurs. L’empêcher d’être dangereux pour les autres, mais surtout pour lui-même. Mais là, appliquée sur lui, elle ne faisait que le paniquer davantage. Il n’avait pas le temps de s’évanouir. Il devait sauver Gotham de l’Epouvantail. Il devait protéger les autres de la terreur.
Là où résidait l’ironie, c’était que lui-même devait s’incliner face à la peur.

Si le sommeil artificiel avait été sans rêves ni visions étranges, il n’allait pas en être autrement de la suite. Pour le moment, Batman l’ignorait. Il était occupé à se raccrocher à la réalité. Il ignorait aussi combien de temps il était resté dans les vapes. C’était passé en une seconde, pour lui. Tout était calme aux alentours. La pluie s’était un peu calmée, les coups de tonnerre se faisaient moins fréquents. L’orage s’éloignait. Du fait du manque d’éclairs, la pièce lui semblait encore plus sombre qu’avant. Les ombres plus opaques, plus denses, les couleurs moins lumineuses, moins présentes. Quoique paradoxalement, une forme plutôt présente se dessinait dans l’obscurité et Batman y reconnaissait sans mal un personnage haut en couleurs…
-A ce que je vois, on s’est vite retrouvés. Par contre, j’ai croisé ton bouffon Robin, et je l’ai trouvé un peu trop grand.
Batman craignait de savoir ce qui avait pu se passer. L’hallucination puisait dans ses peurs profondes, celles de perdre des proches. Robin étant l’un des derniers qui lui restait, par adoption…
-Du coup, tu vois, je me suis dit qu’il méritait d’être raccourci !
Le ton enjoué du Joker n’était vraiment pas pour rassurer le justicier des ombres. Son sourire non plus, d’ailleurs. Sans parler de la machette pleine de sang (la même que tout à l’heure ?) qu’il tenait. Il fallut quelques instants à Batman pour assimiler ce qu’était cet éclat argenté teinté de rouge.
-Qu’est-ce que tu lui as fait, crapule ?!
Il recommença à lutter contre sa camisole de force. En vain, et accompagné par le rire hystérique de son pire ennemi. Il n’obtint pas d’autre réponse : l’apparition s’estompa en ne laissant qu’un écho de voix. Il se retrouvait à nouveau seul. Il cessa de bouger, haletant, éprouvé par sa vision, mais l’esprit toujours en éveil à défaut d’être clair. Comment aurait-il pu rester calme ?
Son seul loisir, et sa seule préoccupation, était de trouver un moyen de s’échapper de cette cellule pour pouvoir arrêter l’Epouvantail. Tout le monde pensait qu’il avait pété les plombs donc personne ne le sortirait de là. Il était limité de par sa camisole de force, et pas qu’un peu. Et puis il avait l’impression d’étouffer. L’ambiance était oppressante, autant que le dispositif qui l’entourait. Etait-ce le fait de savoir qu’il ne pouvait rien faire ? La peur, peut-être, qui lui serrait perpétuellement la gorge sans qu’il arrive à se libérer de ce nœud coulant invisible ?
Peut-être était-il vraiment fou. Peut-être avait-il pété les plombs depuis longtemps et inventé toute cette histoire pour se convaincre qu’il était sain d’esprit. Aurait-il pu ? Son esprit désespéré aurait-il pu monter un tel mirage ? S’il se mettait à douter de tout, comment s’ancrer à un objectif ? Qui croire ? Que croire ? Les questions tournaient dans sa tête dans une folle farandole effrénée. Dehors, l’orage se calmait. De la panique au doute, un nuage voila la lune. A présent, il était plongé dans le noir. Il voyait à peine les formes. A peine la porte. A peine son but.
Il aurait tout donné pour avoir accès à une petite lumière, quelque chose qui lui permette d’y voir plus clair. En lui, autour de lui. Partout. Peu importait qui la lui apportait. Il aurait accueilli le diable à bras ouverts s’il avait eu la moindre petite flammèche pour lui.
Un son. Le cliquetis d’un briquet, pas loin sur sa gauche. Il entrevit une flamme, mais c’était comme si elle était cachée par quelque chose. Il parvint à distinguer vaguement les traits d’un visage, l’espace d’un instant, et ça lui suffit amplement.
Au final, le diable n’était pas une si mauvaise option.
Le point rougeoyant qu’était le bout de la cigarette du Joker était le seul repère dans l’espace de Batman, ou presque. Ça n’éclairait rien, mais pour un peu, ça aurait signifié « Je suis là, et tu ne peux pas te débarrasser de moi. ».
Qu’allait-il se dire cette fois ?
-Dis-moi Batman, serais-tu en train de devenir fou ?
La question sonnait tellement en accord avec ses doutes qu’il eut l’impression que le Joker avait lu dans son crâne. C’était peut-être le cas. A ce stade… Il ne cessait de retourner la question dans sa tête. Où était la réalité ? Où était le mirage, l’invention ? Et puis, perdre ce qui était réel de vue suffisait-il à être déclaré fou, malade ?
-La folie n’est pas une maladie, c’est une autre façon de voir le monde.
Ce dialogue était des plus étranges. Batman faisait une réflexion dans sa tête, et le Joker la ponctuait en donnant au passage l’impression qu’il pouvait lire dans les pensées. C’était impossible qu’il soit pourvu de ce don. Alors quoi ? Ses doutes et ses questionnements étaient-ils si simples à percer à jour ? On trouvait souvent qu’il était énigmatique, caché derrière son masque, mais ça n’avait plus l’air d’être vrai.
-Tu sais, on joue ensemble depuis si longtemps, je commence à bien te connaître.
-Est-ce que je deviens vraiment fou ?
-On l’est tous, enfin. Je pensais que tu l’avais compris, à force de fréquenter tout le beau monde qui réside ici !
Batman ne put s’empêcher de noter qu’il était moins hystérique que tout à l’heure. Le sujet de discussion l’incitait peut-être à se montrer plus sérieux.
« Why so serious ? »
Encore une phrase qui lui traversait la tête sans qu’il n’y comprenne rien. Ses pensées devenaient de plus en plus chaotiques. Il se perdait lentement au fond de lui. Sans savoir comment s’accrocher, ni même à quoi. Il avait l’impression d’être au bord d’un gouffre, sur un sol instable. Ou plutôt, accroché à une falaise, sur le point de tomber, et sans prise stable à laquelle se cramponner. Et il avait le pressentiment que dans les abysses l’attendait le chaos. Une perte de repères de plus en plus importante. Une réalité distordue, désartibulée, dans laquelle rien n’était vraiment sensé ou fondé. Une sorte de magma bouillonnant sans forme distincte, sans couleur précise, dont une éclaboussure provoquait les réactions les plus contradictoires d’un individu à l’autre. Un caméléon qui changeait d’aspect en fonction de qui se promenait avec. Une fumée qui obscurcissait l’esprit le plus averti, tout en l’éclairant comme jamais auparavant.
La folie. La vraie. Pas celle qu’on prend à la légère en demandant à n’importe qui « mais tu es fou ? ». Elle n’est pas à sous-estimer. Elle est grave. De là à dire qu’elle est sérieuse…
-Arrête de te poser autant de questions.
La voix du Joker coupa court aux réflexions de Batman. Le nuage qui masquait la lune dût s’éloigner un peu, la pénombre semblait s’éclaircir. Il pouvait maintenant discerner son interlocuteur. Pas très bien, mais c’était un début.
-Pourquoi tu ne laisses pas la folie te submerger, tout simplement ? Abandonne tout espoir de sortir de là, et ce sera plus simple…
Il aurait presque pu être tenté. Presque. Ce serait plus simple, en effet. Laisser quelqu’un d’autre s’occuper de l’Epouvantail, se réfugier dans des délires.
-Je ne peux pas.
Cette réponse le surprit lui-même. Il n’était peut-être pas totalement au fond du trou.
-Je dois protéger Gotham. L’Epouvantail va plonger la ville dans la terreur…je dois l’empêcher. Il le faut.
Il s’accrochait à ces trois derniers mots comme ultime bouée de sauvetage. La bouée qui lui permettrait de rester lui-même. Il n’avait pas le droit de faillir. Le Joker n’avait pas l’air de partager ses convictions puisqu’il rit (une fois encore).
-Mais pourquoi ? Laisse le chaos se répandre ! C’est beaucoup plus amusant !
-Tu es complètement fou, grogna Batman qui commençait à retrouver l’énergie de se débattre contre sa camisole.
-Je sais que je suis fou, mais toi, l’es-tu ? Oh allez quoi, fais un effort, tu pourrais essayer aussi.
-Jamais !
Cette réponse était davantage convaincue. Il avait retrouvé son objectif et surtout, l’envie de s’y accrocher. Pour reprendre la métaphore, il s’éloignait de l’abysse dans lequel il avait failli tomber.
Le Joker eut l’air de percevoir ce revirement plus définitif.
-Tu n’as jamais su t’amuser, commenta-t-il avec une moue déçue. Tu étais si près de céder…je vais finir par croire que tu es un cas désespéré.
Le chevalier noir lui jeta un regard qui l’était tout autant. Enfin, il regarda de façon hostile dans la direction du point rouge et de la silhouette qu’il apercevait vaguement.
-Oh ne me fais pas ces yeux-là, protesta ladite silhouette. Moi j’essaie juste de t’aider à y voir plus clair avec tes problèmes existentiels…
-Je n’ai pas besoin de toi comme psychologue.
La pièce s’était encore éclaircie. La lune devait être entièrement dégagée. Batman arrivait à discerner l’expression du visage de son interlocuteur. Un éclair de colère contenue passa dans son regard, brièvement. Si brièvement qu’il crut avoir rêvé. Le sourire permanent était de retour.
-Ah oui ?
Le Joker écrasa son mégot, créant ainsi sa petite temporisation théâtrale et un peu menaçante, puis reprit :
-Très bien alors. Je vais te laisser croupir tout seul au fond de ton trou, et on verra combien de temps tu tiens comme ça, enfermé dans le noir à écouter les cris de terreur des habitants de Gotham…
Son sourire reprenait sa dimension sadique. Sans un mot de plus, il se recula, vite avalé par la pénombre, et ce fut comme s’il n’avait jamais été là. Et Batman sentit la peur maladive causée par le gaz revenir, cette peur qui avait lentement basculé en arrière-plan tandis qu’il focalisait son attention sur autre chose.
Un nouveau nuage repassa devant la lune, peut-être plus opaque que le précédent.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Tyker MessagePosté le: Ven 27 Fév 2015 01:31   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


Inscrit le: 02 Nov 2013
Messages: 230
Localisation: Arkham Asylum
Hou Bon sang, et moi qui m'étais promis de commenter ce texte X_X.

Bon, mieux vaut tard que jamais en tout cas comme on dit par chez nous Mr. Green. Alors un petit com' sur cet excellent texte.

Première remarque: Le titre est très bien trouvé, non, vraiment bien joué Smile

Batman le chevalier noir qui a adopté la pénombre en devient le prisonnier et commence à en avoir peur, excellent (y).

Concernant la description de l'asile, bon là je suis un peu déçu vu le nombre astronomique de trucs géniaux que tu pouvais dire dessus tu t'es contenté d'une présentation un peu courte à mon goût. Mais c'est bien quand même Wink.


Citation:
on voyait un homme assez grand avec un costume noir et blanc


Fail, mais là je ne peux pas t'en vouloir vu que tu as été inspiré par la série de 92 qui aurait pu faire l'effort d'éviter un faux raccord aussi aberrant. Tous les détenus d'Arkham porte soit des tenus oranges de geôlier ou des camisoles de force (normal quoi). Mais bon, passons.

J'ai bien aimé Batman qui se morfond dans sa cellule, très bon passage (y)

Citation:
-Laisse-moi tranquille, je te dis ! Retourne avec ta bande de…
Batman eut un manque d’inspiration soudain.
-…criminels.
Cette réplique lui faisait honte. Il aurait préféré ne rien dire, en fait, plutôt que sortir ça.


XD

Citation:
-Du coup, tu vois, je me suis dit qu’il méritait d’être raccourci !


Excellente idée, J'approuve

Bon, et bien que dire de tout ceci?
Déjà, Bravo. Ce texte est vraiment bon, quoique certaines répliques pourraient être amélioré mais ça c'est moi et ma manie de chipoter.
Bref, le mot de la fin svp?

Citation:
-La folie n’est pas une maladie, c’est une autre façon de voir le monde.


Je n'aurais pas dit mieux Mr. Green.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-
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