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[One-Shot] Or et Argent

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 Auteur Message
Ellana MessagePosté le: Mer 11 Mar 2015 22:12   Sujet du message: [One-Shot] Or et Argent Répondre en citant  
X.A.N.Alloween 2013 (T)


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 240
Localisation: Al-Jeit.
Bonjour, Bonsoir !

Alors, je suis retombée sur ce petit écrit et je me suis dit que je l'aimais vraiment beaucoup ♥. Amateurs de sang et d'actions, je vous préviens : ce texte est basé sur la romance et la psychologie (enfin, une esquisse de psychologie, pas quelque chose d'approfondi non plus, je suis pour la lecture détente Mr. Green). Amateurs de Pokemon, désolée, le titre ne désigne pas une des versions du jeu (a) !


Bonne lecture !



Partie 1 : La neige de Moscou


- Il était une fois, une princesse vivant seule dans une horrible grotte. Personne ne soupçonnait son existence et elle-même ne connaissait rien d'autre que les parois humides qui la retenaient prisonnière. Elle avait grandi sans famille, sans parents ou amis, sans gardien ni nourrice. Elle aurait dû mourir. De faim, de froid, de soif, de solitude. Mais elle ignorait ce qu'était la mort, alors elle restait vivante. Non pas qu'elle sache ce qu'était la vie. En fait, elle ne faisait qu'exister, sans rêver à un autre sort, sans chercher à découvrir davantage mais en attendant toutefois que sa vie change.

Yumi entend encore la voix de sa mère dans ses oreilles. Combien de fois a-t-elle écouté cette histoire ? Sans doute des centaines. Elle attendait chaque jour ce moment de la journée, celui où elle pourrait se blottir sur les genoux maternels pour boire ces mots. Chaque soir, ils restaient identiques mais chaque soir, ils nourrissaient l'imagination de Yumi d'une manière différente. Parfois, elle essayait de visualiser la grotte. Parfois, elle parvenait à dessiner la princesse. Parfois, elle créait un passé à cette héroïne qui n'en avait pas. En tout cas, elle donnait rarement un visage au prince. Il n'était pas d'un grand secours au final. Il sauvait la princesse de sa grotte, la ramenait au château et l'y abandonnait. Après cela, plus aucun prince ne venait la sauver.
C'était une fin sordide pour une enfant, du moins ne ressemblait-elle pas à une véritable fin de conte de fées. Mais cela avait poussé Yumi à croire que la vie pouvait être mieux que les histoires. Que ce que l'on racontait aux enfants, et en particulier aux petites filles, n'avait pas forcément la saveur d'éléments inattendus. Que les rêves et les espoirs qu'ils touchaient pouvaient en réalité s'avérer loin du véritable bonheur.
La clé tourne dans la serrure. Le cœur de Yumi bat un peu plus fort, un peu plus vite. L'appartement est petit. Suffisant pour elle mais petit, il ne faut pas le nier. À première vue, on pourrait croire qu'elle s'est enfermée pour de bon dans une horrible grotte mais elle a compris depuis longtemps que l'horrible grotte en question, c'est le monde tout entier. Le monde de son passé. Le monde modelé par son cœur aveugle.
La clé tourne à nouveau dans la serrure. Quelques pas suffisent à Yumi pour rejoindre la salle à manger qui lui sert également de chambre. Dans un mouvement rendu fluide par le quotidien, elle allume la lumière avant de laisser tomber son sac à dos dans un coin. L'esprit déjà tourné vers le futur, elle ouvre son ordinateur, appuie sur le bouton de démarrage. Tandis que l'écran s'allume, elle se dirige vers la salle de bain avec une seule pensée en tête.
Sera-t-il là ?
Elle observe ses yeux dans le miroir au-dessus du lavabo. Si elle parlait à quelqu'un, on lui dirait sûrement que son regard est devenu brillant. Mais elle ne parle à personne. Aujourd'hui encore, elle n'a ouvert la bouche que pour picorer une salade de thon et de maïs.
Elle rejoint la pièce principale, constate que son ordinateur peine à s'allumer et en profite pour aller réchauffer un bol de soupe. Une nouvelle année commence, une année froide. Du moins, c'est ce que dit le thermostat. Parce que le cœur de Yumi n'est pas d'accord. Il diffuse depuis la veille une agréable chaleur dans ses veines. Toutefois, un peu de breuvage brûlant ne sera pas de refus.
Le tintement du four micro-ondes indiquant que la soupe est prête ne couvre pas la musique annonçant que l'ordinateur est prêt également. Un torchon glissé entre le bol et ses mains, Yumi va s'asseoir à table. Ses doigts volent sur le clavier pour entrer un mot de passe et l'écran bleu laisse place à une photographie de deux enfants d'origine asiatique. Yumi a l'impression qu'une main froide se resserre sur son âme. Elle adore cette photographie, une des rares qui arrive à rendre avec fidélité l'étincelle de malice qu'Hiroki a dans le regard.
Son frère lui manque.
Une icône s'active sur la barre de tâche. La messagerie s'ouvre et l'étau dans la poitrine de Yumi disparaît.
Il est là.
Déjà, elle sent s'effacer la journée morne et ennuyeuse qui s'est écoulée ou plutôt qui lui a glissé dessus. Ses doigts volent sur le clavier avec bien plus d'ardeur que lorsqu'il s'agit de recopier ses cours. La conversation commence, naturelle, anodine, évidente.
Yumi a souvent imaginé la tête que feraient ses parents s'ils la voyaient avec ce sourire béat, stupide et pourtant lumineux. Parce qu'elle ne connait pas son visage. Elle a vu une unique et minuscule photographie de lui. Mais elle n'a pas eu besoin de cela pour tomber amoureuse de ses mots, amoureuse de son âme. Ils se parlent depuis peu, avec cependant le naturel qui n'appartient normalement qu'à ceux qui se connaissent depuis très longtemps.
La discussion a d'abord des allures cordiales mais Yumi sait qu'elle évoluera vite. Où s'envoleront-ils aujourd'hui ? Quels mots guillerets vont-ils aligner, quels mondes nouveaux vont-ils créer autour d'eux, quelle magie vont-ils découvrir ?
Elle sourit simplement du fait de le lire, elle ressent une chaleur nouvelle dans son cœur, elle prend même conscience d’avoir un cœur. Toute la journée, elle s'est demandé ce qu'il lui arrivait. Où est passé cette fille méfiante, timide, maladivement repliée sur elle pour se protéger de blessures semblables à celles qu’elle n'a pas réussi à guérir ? Qui est-elle devenue ?
Elle profite de la rédaction d'un long message de la part de son interlocuteur pour ramener son bol vide à la cuisine. Elle fera la vaisselle demain. Ses mains viennent frotter son cou et elle sourit en songeant à la nouvelle définition qu'a pris le mot "sommeil". Elle a peu dormi cette nuit mais elle se sent tout de même divinement bien. Le pays des songes n'est plus aussi attirant, il lui manque quelque chose par rapport au réel.
Lui.
Yumi conserve son sourire en retournant s'asseoir. Comment peut-elle penser à un inconnu avec tant de ferveur ? Cette étrange dévotion, cette flamme dévorante, elle ne l'a connue qu'avec Ulrich jusqu'ici et il a mis de long mois à la faire naître. Quelques jours plus tôt, elle pensait encore que rien ne pourrait l'éteindre.
Le réveillon a changé les choses. Elle a senti que si sa proximité avec Odd, Jérémie et Aelita restait intacte, ce n'était plus pareil avec Ulrich. Six ans qu'ils s'aimaient à tour de rôle mais jamais en même temps, incapable de s'offrir quoi que ce soit, si ce n'étaient des bribes éphémères d'un bonheur fugace. Six ans à l'attendre, à espérer, sombrer puis espérer encore.
Et un inconnu a balayé cela en trois jours.
Yumi n'en a pas encore parlé à Aelita. Elle n'en a parlé à personne. Elle ignore encore si c’est parce qu'elle ne croit pas elle-même à ce qui se passe ou si elle veut garder pour elle seule ces sentiments naissants.
Lire ses mots est une sensation délicieuse. Ils tournent parfois en rond mais cela n'a rien de désagréable. On dirait davantage des ballets d'oiseaux où chacun se demande lequel doit approcher en premier.
À défaut de déployer leurs ailes, ils ouvrent leur cœur. Toujours de manière indirecte mais avec une sincérité qui n'en est que plus grande.
La soirée passe, invisible et injuste. Yumi n'a pas conscience du temps qui défile et heureusement. Si elle le voyait s'enfuir, si rapide, si mesquin, elle l'apostropherait en lui demandant pourquoi il se presse tant alors qu'il a paressé toute la journée.
Mais le temps ne compte pas. Pas davantage que l'espace.
Ce soir, ils sont en Russie.
Yumi ne peut retenir un éclat de rire lorsqu'elle ouvre une page Internet envoyée par son étrange ami. Un déguisement de femme russe, tout de blanc vêtue. Elle lui répond que ce n'est pas vraiment sa couleur vestimentaire mais elle ne peut s'empêcher de s'imaginer dans une telle tenue. À n'en pas douter, elle serait belle. Pas franchement elle-même mais pourquoi cela serait-il mal ? Une certitude naît en elle. Ce "elle-même", elle ne le connait pas encore, elle a besoin de lui pour le découvrir.
Le cliquetis des touches a quelque chose d'enivrant. Il est plus de minuit quand Yumi réalise qu'elle n'a pas fermé son volet. Elle ouvre la fenêtre et une bouffée d'air froid vient balayer son visage. Elle ferme alors les yeux. Un flocon tombe sur ses paupières. Elle sent sur sa peau la caresse glaciale d'une neige qui n'existe pas. Pas ici. Pas maintenant. Mais elle la sent. Bien réelle.
Le flocon se glisse dans son œil et tombe à travers son visage, se faufile dans sa gorge, se fraye un chemin improbable jusqu'au cœur. Il rencontre alors ce feu ardent qui y brûle.
Mais il ne fond pas.
Le feu et la neige brillent côte à côte.
Jaune et blanc.
Or et argent.


Partie 2 : Le rouge des coquelicots


- Tu vois, Odd, les filles sont comme des fleurs. Chacune appartient à une espèce différente, certaines se ressemblent toutefois assez pour être dans la même catégorie. Il y a les jonquilles, éclatantes de vie et de lumière. Les lavandes relativement banales. Les roses, belles et douces en apparence, dont il faut savoir éviter les épines. Il y en a plein d'autres mais elle, elle, Odd, c'est un coquelicot. Si tu la cueilles... elle meurt. Il ne faut pas la cueillir, juste la chérir. Et prier pour être le grain de blé qui pousse à ses côtés.

Les doigts de la jeune fille caressent les touches du piano. Un piano à queue blanc. Elle a toujours aimé cette douce harmonie, cette tranquille sérénité que créent le rose et le blanc quand ils s'associent sans se mêler. La pureté et la féminité dans leur plus simple personnification. Tendresse et innocence.
Aelita n'a pas envie de regarder la salle derrière son dos. Elle n'y verrait personne de toute façon, uniquement des fauteuils rouges, un rouge agressif, un rouge couleur du sang. Elle n'irait pas dire qu'elle n'aime pas le rouge, ce serait mentir, évidemment qu'elle l'aime. Mais elle a de la peine pour lui, car à ses yeux, il n’est qu’une couleur n’ayant pas trouvé son blanc.
Elle pourrait concentrer son regard sur le brun brillant des balcons ou le jaune chaleureux des dorures mais elle n'a pas envie de se concentrer sur quoi que ce soit. Les couleurs l'agressent ce soir.
Peau pâle, cheveux roses. Piano blanc, pochette rose. Dommage qu'il y ait ces pointes noires. Touches blanches, touches noires.
Peau pâle, âme noire.
Au fond, qu'a-t-elle contre le noir ? Le noir n'est pas la couleur du mal. Le noir est la couleur du néant. Ni bon, ni mauvais. Il recouvre tout, ne laisse rien de visible. Ça peut faire peur mais le noir a quelque chose d'irrésistible, on cède à toutes ses pulsions dans le noir, on craint ce qu’il cache mais dans son ombre, on est protégé.
Elle s'assoit devant le piano. La musique a toujours eu une importance capitale dans sa vie, bien avant qu'elle devienne DJ, bien avant qu'elle réalise à quel point elle était plus douée avec les touches d'un piano que celles d'un clavier. Bien avant cela, en effet, il y avait les souvenirs de son père. Des souvenirs qui devenaient plus fous avec le temps mais où une mélodie persistait.
Son index droit se pose sur un sol. Il ne faut qu'une seconde aux autres doigts pour entrer dans une danse enchanteresse. Une danse un peu triste. Elle en devient plus belle. Les notes tournent, s’enchaînent. Aelita les voit physiquement, étincelles de lumière qui l’entraînent. Elle a trouvé le sens de sa vie la première fois qu'elle est montée sur la scène.
La porte s'ouvre sans qu'elle l'entende. L'aurait-elle entendue qu'elle n'aurait pas tourné la tête. Elle laisse le poids de son corps couler dans ses bras, peser sur les notes avec force et légèreté. C'est avec son âme qu'elle joue. Elle joue pour ce et ceux qu'elle aime.
Jérémie en fait partie mais jamais il n'oserait l'interrompre. Quand il entend les premiers accords, son souffle se suspend et il pourrait rester des heures à se nourrir de cette musique. Aelita change en beauté tout ce qu'elle touche. Ce qu'elle affectionne par-dessus tout, ce sont les improvisations. Avec elle, rien n'est jamais écrit, tout change perpétuellement, la routine n'existe pas, elle est un renouveau quotidien. C'est un soleil, un magnifique soleil qui ne brûle pas mais qui brille sans cesse.
Du moins, c'était.
Jérémie avance sur la moquette. Aelita sent sa présence alors qu'il est encore à neuf rangées. Comme prévu, elle ne tourne pas la tête. En revanche, la course de ses doigts s'accentuent, les notes s'assombrissent. Parfois, les mots ne peuvent pas être exprimés. La musique n'a pas cette barrière. Elle vient frapper Jérémie avec une douceur certaine mais sans chercher à dissimuler toute l'angoisse qu'elle porte. Il continue à avancer, le cœur lourd. Quand il monte sur la scène, son regard se pose près d'un bouquet de coquelicots qui traîne à quelques mètres du piano. Malgré les pointes de jalousie plantées dans son corps, il attend que les notes se taisent pour demander :
- Un admirateur ?
- Odd.
Aelita sait que ce n'est pas la réponse à donner mais pourquoi mentir ?
- Tu ne les mets pas dans un vase ?
- Elles vont vite faner de toute façon.
Le silence s'installe. Pesant. Aelita sait qu'elle n'a aucun reproche à se faire. Après tout, elle n'y peut rien si Jérémie est jaloux, même contre toute logique. Elle l'aime de tout son cœur, qu'y peut-elle si d'autres la regardent ?
- On sort ?
- Si tu veux.
Elle se mordille la langue tandis qu'il se dirige vers la sortie sans lui prendre la main. Elle voudrait lui dire à quel point ses craintes sont vaines mais elle n'a pas les mots. Elle n'a que son amour qu'elle ne sait pas toujours montrer.
Le soleil la fait cligner plusieurs fois des yeux. Elle n'est pas restée longtemps à l'intérieur, la salle est bien éclairée, pourtant, cette trop vive lumière la blesse.
Ils marchent une dizaine de minutes avant d'atteindre les premiers champs. Beaucoup penseraient improbables de trouver tant de nature si près d'une grande ville mais ils connaissent les chemins.
Ils marchent encore. Sans but et sans parole. Peu à peu, le ciel se pare de traînées roses, douces lignes inégales tracées par une main d'artiste incompris. Peu à peu, le soleil se cache, énorme cercle pourpre qui semble se fondre dans les champs. Peu à peu, le silence change.
Aelita ferme les yeux. Ils sont arrivés.
Encore quelques pas et le couple atteint les rives d'un étang. Il n'y a personne, comme souvent. À croire que la nature veille à les laisser seuls quand ils ont ce bonheur. Aelita hésite à s'asseoir. Lorsqu'elle décide qu'elle a davantage envie d'embrasser Jérémie, elle se tourne vers lui au moment où il la serre contre son cœur.
- Aelita...
- Oui ?
- Tu ne trouves pas ça triste, ces coquelicots qui restent à mourir sur la scène ?
- Si.
Le silence retombe, définitivement changé. Il était gêne, il devient partage.
- Jérémie ?
- Oui ?
- Je t'aime.
Aelita sent Jérémie frissonner. Parfois, trois mots suffisent à tout expliquer.
Il ne répond pas. Il n'en a pas besoin. Elle ne formule pas cet aveu acquis pour qu'il le lui retourne. Juste pour qu'il n'en doute pas. Juste parce qu'elle le pense.
Ils restent longtemps à regarder l'eau immobile. Sans but et sans parole. À quoi pourraient-ils aspirer ? De quoi ont-ils besoin lorsqu'ils sont ensemble ?
D'un accord tacite, ils finissent par tourner les talons. Ils n'ont besoin que de ça. Leur présence mutuelle. Cela balaie les moindres doutes, les plus douloureuses questions.
Ils sont ensemble et ils s'aiment.
Alors que les voitures se font plus nombreuses, Jérémie s'arrête. Sans lâcher la main d'Aelita, il se penche vers l'herbe et cueille une marguerite. Avec un sourire pour remplacer ses mots, il la tend à sa compagne. Parfois, un geste suffit pour s'excuser.
D'un même pas, ils repartent. Que vont-ils faire de leur soirée ? Question sans importance. Ils n'ont rien à faire ? Ils le font ensemble.
Aelita sourit à cette seule pensée et, l'esprit déjà tourné vers un bruissement de tissu et des notes de musique, elle fait tourner la marguerite entre ses doigts.
Jaune et blanc.
Or et argent.


Partie 3 : Le parfum de la tarte aux pommes


- Le plus court chemin vers le cœur d'un homme passe par son estomac. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Tiana dans la Princesse et la Grenouille ! Or, tu sais très bien qu'à mes yeux, ce qui est valable pour un homme l'est également pour une femme. Et avant que tu sortes une de tes plaisanteries salaces, je te signale qu'on parle de bouffe ! Je n'ai jamais vu une fille résister à un dîner aux chandelles. Et avant que tu répliques que tu n'as pas de chandelles, c'est le principe qui compte.

Odd regarde avec un brin de désespoir ses mains couvertes de pâte. A ses côtés, Sharon laisse échapper un petit rire.
- Je suis sûre que ce sera quand même bon.
- J'ai jamais autant foiré !
- Ce n'est pas grave, attends de voir la tête qu'elle aura une fois sortie du four.
Odd a envie de marmonner, de se justifier. Le regard clair de Sharon, tendre et lumineux, l'en dissuade. Il se contente d'étaler comme il peut la pâte faite maison dans le plat à tarte. Un morceau de la taille de sa main se détache du reste. Il claque de la langue avec agacement, s'apprête à ronchonner mais Sharon est déjà dans son dos. Sa main gauche glisse autour de la taille d'Odd tandis que de la main droite, elle attise ses lèvres avec un morceau de pomme.
- Je suis certaine que ce sera délicieux, chuchote-t-elle à son oreille.
- Anti-jeu, rétorque Odd avec un frisson.
Il croque le morceau de pomme, sent une goutte de jus couler le long de ses lèvres. Il tourne la tête et sans qu'il ait besoin de le préciser, Sharon embrasse doucement cette note sucrée pour la faire disparaître. Elle enfouit ensuite son visage contre le torse d'Odd.
- Tu admires mes pecs ? se moque le garçon.
- Tu es mon maigrichon préféré.
- Je ne suis pas maigrichon, je suis svelte !
Sharon sourit et serre davantage Odd contre elle. Ledit svelte se penche pour lui embrasser le cou. Elle sent bon. Un parfum doux et épicé à la fois qu'il commence à connaître par cœur et qu'il affectionne par-dessus tout.
Chaque fois qu'il serre Sharon dans ses bras, Odd réalise à quel point il a changé. Quoiqu'au fond, on ne puisse pas appeler ça un changement. Plutôt une prise de conscience, une ouverture au monde, une naissance. Il pensait avoir apprécié des filles auparavant, il croyait connaître la beauté.
Il ne savait rien.
Étrange de penser que cette école qu'il détestait tant était la raison de son bonheur. Alors que Yumi brillait à l'université et que ses amis, Ulrich compris, quittaient le lycée avec le bac en poche, Odd avait dû se résoudre à retourner en Terminale. Seul, blessé dans son amour-propre, furieux contre le monde et contre lui-même. Il s'était remis en question, avait fait table rase du passé pour se concentrer sur l'avenir et au beau milieu de son désarroi, Sharon était apparue comme une bougie dans la nuit. Inattendue et parfaite. Brillante d'évidence maintenant qu'il avait déchiré son propre voile.
- A quoi tu penses ?
- À toi.
- Patate !
- Où ça ? s'exclame aussitôt Odd en se léchant les lèvres.
Sharon sourit. Alors que son gourmand recommence à se noyer dans son parfum, elle le repousse tendrement.
- Allez, on ne finira jamais cette tarte si ça continue !
- De toute façon, je préfère celle au citron.
- J'ai de la chance d'avoir un petit ami aussi attentionné que toi, qui n’hésite pas à faire d’immenses sacrifices, murmure Sharon en accompagnant ses mots de caresses légères sur le bras d'Odd.
Le garçon sent ses poils se dresser.
- Tu veux vraiment finir cette tarte tout de suite ?
- Tu as un projet plus important ?
Le regard d'Odd a une lueur explicite, lueur que Sharon repousse d'un éclat de rire.
- Montre à cette pâte qui est le maître, j'ai fini les pommes, moi ! Qui sait, pendant que cette tarte rebelle cuira, nous trouverons sans doute quelque chose à faire.
La promesse a quelque chose de motivant. Il faut cinq minutes à la tarte pour rejoindre le four. Alors qu'il se lave les mains, Odd laisse son regard se perdre par la fenêtre. Le temps est radieux dehors. On pourrait croire qu'ils seraient mieux à l'extérieur à profiter du soleil mais Odd n'en a pas envie. Il n'a envie que d'une chose et la chose en question se glisse justement derrière lui.
- Tu veux te promener ? propose-t-elle alors que ses doigts courant sur des côtes incitent à répondre non.
- Ce ne serait pas prudent de laisser cette tarte sans surveillance, imagine qu'on soit retardé et qu'elle grille, ce serait vraiment trop dommage.
- Tu as raison. Je vais remettre du parfum.
- Pourquoi, tu...
Odd ne termine pas sa phrase. Sharon lui sourit, avec ce petit air malicieux qu'elle adopte quand elle le fait tourner en bourrique. Ce regard ardent qui semble hurler « N'écoute pas ce que je dis et suis ton cœur, patate ! ».
Et puis, au-delà de ça, il sait que ce n'est pas dans la salle de bain que Sharon range son parfum. Il lui laisse quelques marches d'avance, moins pour profiter de ses courbes qu'il aime tant que pour sentir monter en lui une certaine impatience.
Il la rejoint devant la fenêtre de sa chambre. L'air embaume l'herbe coupée.
- Tu veux te promener ? demande-t-il à son tour en lui embrassant les cheveux.
- Je te veux toi.
- Adjugé.
Odd ferme les yeux et se laisse emporter par ses sens. La vue de la fille qu'il aime contre lui, la douceur de sa peau, la beauté de ses soupirs, la puissance envoûtante de son parfum, le goût de ses oreilles si adorables.
Ils restent longtemps l'un contre l'autre, profitant de la chance qu'ils ont d'être ensemble, profitant du bonheur de pouvoir vivre un moment de partage, sans distance, sans barrière, sans question. Ce n'est que lorsqu'un bip strident et répétitif retentit que Sharon pouffe.
- La tarte est prête.
- On s'en fout.
- Déjà que je t'oblige à manger une tarte aux pommes, tu ne veux pas qu'en plus, je te la fasse manger cramée ?
Odd sourit et Sharon se lève.
- Hey c'est ma chemise !
- Je te l'emprunte.
Le sourire d'Odd s'élargit. Quand il descend à son tour, torse nu, un parfum sucré embaume la cuisine.
- À table ! lui lance Sharon en sortant deux assiettes.
- Ce n'est pas bon de la manger chaude.
Les lèvres de Sharon s'étirent en une moue tendancieuse qui fait presque rougir Odd. Elle en profite pour glisser :
- On la refroidira avec de la glace. Coupe deux parts pendant que je vais chercher les bacs.
Le temps que Sharon revienne du garage, Odd a divisé une moitié de tarte de manière parfaitement inéquitable.
- Heureusement que tu es plus doué avec les femmes qu'avec les proportions, se moque-t-elle.
- J'ai jamais été bon en maths.
- Les maths et les femmes sont semblables tu sais.
- J'ai jamais fait de rapprochement entre les maths et une femme mais pourquoi pas... Après tout, les deux peuvent s'avérer très chiantes, sont capables de détruire la planète sans se salir les mains, ont la faveur des mâles et un comportement qui obéit à des règles.
- J'aime tellement ta manière de voir la gente féminine.
- Après, sache que des femmes d'exception dans ton genre savent me faire relativiser votre primitivité.
À une certaine époque, ce genre de phrase dans la bouche d'Odd aurait fait lever les yeux au ciel. Plus maintenant. Il ne drague plus, il vit.
- Tiens, tu l'auras ton citron au final !
- Tarte aux pommes avec de la glace au citron ? C'est... original.
- Hey, tu es Odd Della Robbia ou quoi ? Ne t'en fais pas, je prends de la vanille si ça te tente.
- Non, citron c'est parfait.
Sharon pose une boule de couleur différente sur chacune des deux parts. Elle prend ensuite délicatement un morceau dans sa cuillère qu'elle tend vers Odd. Il l'imite.
Citron et vanille se croisent.
Jaune et blanc.
Or et argent.


Partie 4 : Le silence de la nuit


- Le bonheur fait souffrir. C'est une douleur profonde et diffuse, un poison divin qui ne peut nous tuer, juste nous faire souffrir, encore et encore. C'est un cercle vicieux où l'autre s'attache quand on l'aime et où on le blesse d'autant plus qu'il nous est cher. Aimer, c'est blesser.

Jérémie est assis sur le rebord de sa fenêtre. Qui l'aurait cru ? Lui qui a passé des nuits entières à ne pas dormir, penché sur le clavier de son ordinateur, lui qui a ensuite passé de longues heures à bidouiller des robots ou réviser des cours une fois délivré de la menace de XANA. Qui aurait dit qu'un jour, il resterait assis sous la lune à sept mètres du sol, les jambes pendant dans le vide, les yeux tournés vers les étoiles ? À ne rien faire. Ne rien faire, sinon penser. Ne rien faire, sinon espérer. Ne rien faire, sinon aimer.
Il l’aime, il l’aime, il l'’aime.
Comment fait-elle pour qu'il l’aime autant ?
Elle lui manque à peine se sont-ils quittés. Sa présence est la seule chose de réelle dans sa vie, s’imaginer dans ses bras réchauffe son ventre, son cœur, son âme. Cela parait fou et imagé mais il ne voit pas comme ça. Pour lui, bien plus qu'une sensation, c'est une certitude.
Il se dit souvent qu’une part de son être lui a été volée. Sans elle, il se sent incomplet. Elle est son Âme Sœur. Sa moitié au sens premier du terme. Comment a-t-il pu vivre sans la connaître ? Il ne vivait pas. Il ne voit pas d’autre solution. Vivre, c’est la sentir, vivre, c’est la rêver, vivre, c’est attendre le moment où goûter à nouveau sa chaleur. Elle est son soleil. Sa source de vie et de lumière.
Il voudrait la prendre dans ses bras en ce moment. Jamais il ne l'a autant voulu, jamais il n'a voulu quelque chose avec tant d’intensité. Il est un enfant qui espère surprendre le Père Noël, une femme qui sent son bébé bouger pour la première fois, un vieillard qui regarde avec la même passion celle qui partage sa vie depuis trois-quarts de siècle.
Les hommes connaissent trois grandes étapes. Enfance, âge adulte, vieillesse. Lui, il connait l'impatience, l'émerveillement et l'évidence. L'impatience de pouvoir la retrouver. L'émerveillement de sentir que ce corps en harmonie avec le sien lui est réservé. Et l'évidence de cette situation, naturelle et complète.
Elle est son envol, sa lumière, son équilibre.
Un oiseau fend le ciel nocturne. Léger et fragile, il défie pourtant le vent avec une grâce qui se change en rire moqueur et silencieux.
Jérémie songe à tous ces petits riens, ces petits hasards qui l’ont mené jusqu’à Aelita. Si ses parents ne l'avaient pas mis à l'internat, s'il n'avait pas été doué en informatique, si Franz Hopper n'avait pas habité ici. La vie et le bonheur tiennent à des coïncidences.
Mais sont-ce vraiment des coïncidences ? Aelita a soufflé sur sa vie de la nouveauté, une nouveauté pleine de dangers et pourtant rassurante. En fait, cela va au-delà de la peur et du risque. Elle a balayé son passé sans qu'il songe à minimiser son impact. Oui, elle a balayé son passé, mais au fond, il doute qu'elle en ait été absente.
Il l’aime, il l'’aime, il l’aime.
Sentir ses bras autour de lui. Savoir qu'elle là, qu'il peut chuchoter dans son oreille et embrasser son cou. Des choses simples, si simples, aux couleurs d’éternité et de pure normalité.
Complétude.
Elle est son reflet, en mieux. C’est la vie et le bonheur qu'il découvre à travers elle. Il l’attend perpétuellement et si cela le déchire, il préfère souffrir ce martyr qu’imaginer ne pas la connaître.
À l'Est, le soleil apparaît. Mais pour Jérémie, le monde ne s'éclaire pas plus que cela. Le soleil se lève et alors ? Tant qu'Aelita dort, où est la vraie lumière ?
Vienne la pluie, sonne l'heure. Les jours s'en vont, je demeure.
Il se tourne vers l'intérieur de la chambre. Aelita est adorable, son corps allongé sur un drap blanc où ses cheveux roses forment un éventail de douceur. Elle dort, sereine et heureuse. Plus que jamais, elle ressemble à un ange.
À pas feutrés, Jérémie retourne se coucher. Il ne veut pas la réveiller mais il ne résiste pas à l'envie de la prendre dans ses bras. Elle soupire, un soupir de bien-être. Une émeraude scintille dans la semi-obscurité lorsqu'elle ouvre un œil.
- Il est tard ? demande-t-elle d'une voix ensommeillée en se blottissant un peu plus contre son bien-aimé.
- Le soleil t'attend pour arriver. Il sait qu'il ne peut pas rivaliser avec toi.
- Le soleil ? Moi c'est dans la lune que je te reconnais. Je regarde la pleine lune et j'y vois ton visage.
Aelita a parlé avec la sincérité innocente et merveilleuse du demi-sommeil. Jérémie sourit. Existe-t-il créature plus adorable sur Terre ?
Le regard tourné vers le plafond, un bras glissé sous Aelita pour la tenir contre lui, il murmure :
- On croit savoir ce que c'est de devenir adulte. Mais on l'ignore.
Aelita lève la tête, touchée par un infime frémissement dans la voix de Jérémie.
- On devient majeur, on passe le bac, le permis, on va à l'université, on couche, on fait la fête loin des parents, on fume, on boit. Mais tu sais ce que c'est ça ? Ce ne sont que des leurres, des artifices, des façades. Tu sais quand on devient adulte vraiment ? Tu le sais, toi ?
Les larmes roulent sur les joues de Jérémie et Aelita secoue la tête dans un signe de négation. Elle n'a pas le courage de faire autre chose. Sa gorge est trop nouée pour parler.
- On devient adulte quand on est suffisamment aimé par quelqu'un pour s'en sentir responsable tout en en étant dépendant. Ce n'est pas l'amour qui nous rend plus mûrs, c'est être aimé. Aimer sans retour, ça nous rend juste nobles et cons. Et quel droit j'ai de me sentir responsable de toi, hein ? Pourquoi j'aurais le droit de te protéger alors que je me sens autant ton enfant que ton parent ? Pourquoi j'aurais le droit de te piquer ta liberté ? Pourquoi...
- Chut. Le jour n'est pas encore là, ne chasse pas la nuit trop vite avec des questions insensées. Oui, insensées, parce qu'il n'existe qu'une réponse, véritable et criante.
- Laquelle ?
- Je t'aime.
Jérémie sourit alors que ses joues brillent encore. Aelita caresse doucement la dernière perle salée qui coule, pleine d'amour. Puis doucement, elle pose ses lèvres sur celles de Jérémie.
Le soleil et la lune sont réunis.
Jaune et blanc.
Or et argent.


Partie 5 : Le temps d'un rêve


- L'amour ne veut pas la durée ; il veut l'instant et l'éternité.

Ulrich bouillonne. Ce n'est pas un sentiment nouveau, il ne lui est pas étranger. Rage, amour, frustration, il croyait avoir déjà éprouvé toutes les sensations bouillonnantes qui puissent exister.
Là, c'est autre chose. Rien de négatif. Il a l'impression que son corps va imploser, il a l'impression que chaque centimètre de sa peau veut se déchirer pour filer à travers le temps et l'espace mais il n'en est rien. Il ne peut qu'attendre, regarder le paysage défiler.
Il va mourir d'impatience. Mourir dans un train, quelle triste vie.
Ses doigts se serrent et se desserrent autour d'un livre qu'il connait presque par cœur, un livre qu'il adore mais qui n'est pas suffisant aujourd'hui pour détourner son esprit. Il sort son MP3, zappe les dix premières chansons, le range. Il ne tient pas en place et ne peut pas bouger. Être condamné à l'immobilité, quelle triste vie.
Il fait alors la seule chose pour laquelle il trouve encore un intérêt. Penser à elle.
Comment a-t-il pu vivre sans elle ? Comment ? Il ne le conçoit plus.
À présent, et c'est effrayant de le ressentir si vite, elle est ce qu'il a de plus cher dans son quotidien, son repère, son oxygène, sa lumière, les battements de son cœur. Elle se substitue au sommeil, elle se substitue à l’appétit, elle devient tout. Ses mots peuvent tant de merveilles ! Ils le font rire sourire, pleurer de joie, le plongent dans le désarroi avant de lui dessiner des ailes, ils éveillent son corps, entraînent son cœur dans le feu brûlant de l’impatience. Ils le tuent et pourtant, sans eux, il meurt.
Quoi qu’il arrive, il est perdu.
Pourquoi ?
Pourquoi lui ?
Quelle magie a soufflé sur sa vie pour qu'il la laisse approcher ? Quelle irrésistible alchimie les a unis avec autant d’évidence ?
Elle lui manque.
À chaque seconde.
Quel sort lui a-t-elle jeté?
Et surtout, survivra-t-il si elle venait à rompre le charme ?
Il est si occupé à penser à elle, rongé à une vitesse fulgurante par l'angoisse, la joie et l'impatience, qu'il n'entend que le mot "Terminus". Il a manqué le début de l'annonce mais il s'en fiche. Il sait que c'est là qu'il descend, enfin !
Regrettant l'époque de son Supersprint, il file entre les voyageurs, sa valise dérape derrière lui, il envisage presque de l'abandonner sur le quai pour ne pas être ralenti. Mais il en a besoin, elle n'aura pas ses cadeaux s'il abandonne ses affaires et il refuse de la priver du plus petit plaisir qu'elle pourrait avoir.
Que les gens sont lents aujourd'hui ! Quelle triste vie !
Il arrive sans trop savoir comment jusqu'à la maison où il meurt d'envie de se téléporter à longueur de journée. Il frappe, attend qu'une mère complice vienne lui ouvrir, abandonne sa valise dans le couloir après des salutations rapides et grimpe l'escalier quatre à quatre. Tout ce qui a existé ses dernières semaines ressemble à un rêve. Une fois dedans, on a l'impression que cela dure des heures alors qu'une minute à peine s'est parfois écoulée lorsqu'on se réveille.
Son absence est un rêve, sa présence est une réalité qui surpasse tout ce que l'imagination pourrait créer.
Il frappe à une autre porte. Entre sans attendre de réponse. Il reçoit tout en même temps, le bruit d'une chaise sur le parquet, le cri de surprise et sa moitié dans les bras.
Quelle vie magnifique.
Le temps va recommencer à être un rêve. Il va filer à une allure cruelle mais cette fois, il ne gagnera pas. Cette fois, Ulrich est là pour de bon et il sait que cette fille qu'il sert dans ses bras, elle est à lui aussi longtemps qu'ils s'aimeront.
Pour sa part, il vise l'éternité.
Il rompt à contrecœur leur étreinte pour l'admirer. Elle est magnifique dans sa surprise et son naturel, plus belle que si elle avait passé des heures à se préparer.
Elle porte au cou un ourson, lui un loup au poignet.
Or et argent.

--------------------------------
P.S. : Comme certains ont pu le deviner (ou pas, les allusions sont subtiles [ou pas]), ce texte a été écrit pour les 18 ans de GummyBear. ♥

_________________

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Ma belle, douce lune sous un chant blanc d'étoiles, / Astre fatigué, vagabonde hors-la-loi / Toute pâle dans l'oeil noir de loups qui aboient, / Hisse les rêves, aux nuits où tu es seule voile. ♥
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JCVgamer MessagePosté le: Jeu 19 Mar 2015 18:21   Sujet du message: Commentaire Répondre en citant  
[Blok]


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Localisation: Dans le labyrinthe de mon âme
A la fin de ton texte que je viens juste de terminer, j'ai été surpris de voir que tu n'avais reçu aucun commentaire, car franchement la première chose que j'ai dit quand j'ai finit de lire ton texte : "C'était beau".
Voilà, plus sérieusement, c'est un texte magnifique, tu arrives à faire en sorte qu'on soit touché par les émotions des personnages et a donné une touche poétique à ton texte (pour ne pas te mentir j'avais les larmes aux yeux quand lu la fin du texte, pour un garçon c'est pas top mais comme a pu le dire Jim :"Un peu de grâce dans ce monde de brute").

Même si ton texte tente de se focaliser sur le couple Jérémy/Aelita , Tu ne délaisse par pour autant les autres personnages qui ont eu ou ont leur passage sentimental ce qui permet aussi de les sublimer mais qui les rend aussi si fragile.

Pour ce qui est du texte en lui-même, je n'ai pas relevé de faute particulière.

Voilà, le commentaire est très court mais c'est un texte qui en méritait un car sincèrement : "C'était beau".

Au plaisir de relire une autre fic écrite par tes soins.
_________________
S'il existe différents maîtres contrôlant chacun un élément, je m'exerce à devenir le maître de la lumière.

Une nouvelle attaque lancée contre ces enquiquineurs, enfin une parodie d’attaque, car après celle-ci je lance l’attaque fantôme, un projet que prépare déjà depuis quelques temps et qui les mèneras tout droit à leur perte. One-Shot à paraître

https://lh3.googleusercontent.com/-07EHZzPU0Ko/Vgzy9hJt4qI/AAAAAAAAH10/3EekCXHPMjg/s600-Ic42/moviewatchSeptember2015.png

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GummyBear MessagePosté le: Ven 20 Mar 2015 13:51   Sujet du message: Répondre en citant  
Maître du jeu (+ mag)


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Localisation: Dans un paquet Haribo nancéen.
Ponchour. =)

J'avais lu ce texte à côté de toi, mon coeur, je pense que tu t'en souviens, alors je ne sais pas trop si j'ai quelque chose de plus authentique à apporter en commentant maintenant. Pourtant, je me sens un petit peu obligé : il manquera quelque chose si je ne réponds pas.

Chaque histoire décrit une autre partie de nous à travers les personnages de Code Lyoko, c'est un contexte original et intimiste. Il n'y a pas d'intrigue à chercher, il n'y a pas de progression et les dissemblances entre les personnages des différentes scènes rendent la cohésion de l'ensemble plutôt subtil. L'amour est un sujet vaste que l'on ne peut qu'effleurer, c'est exactement ce que tu fais.
Mais d'un autre côté, les références sont nombreuses, nous sommes pour ainsi dire à l'origine de chaque phrase. Alors je vais essayer de te donner mon double-ressenti : celui de l'histoire puis de la nostalgie, de l'amour et de toutes ces douceurs dont tu as parsemées ma lecture. =)


Je ne peux pas m'empêcher de commencer par le titre pour la première. Moscou, 7 janvier, c'est un peu notre rencontre. Et toute la scène est imprégnée de cette nouveauté, de cette vitalité retrouvée et même magnifiée. Les histoires de contes de fée n'ont de sens que lorsqu'on n'est pas dans son propre conte de fée. Sinon, elles deviennent insipides et perdent leur éclat.
En ce sens, le personnage de Yumi est un excellent choix. Tu sais bien que je ne l'aime pas, mais s'il y a bien une personne qui semble s'être éloignée de l a magie de l'enfance c'est Yumi. Elle est ancrée dans la réalité et elle passe pour sentimentale malgré ses accès de colère dans la série. Son lâcher-prise, la façon dont elle laisse le bonheur la submerger n'en est que plus délicieuse ! C'est un peu comme si toute l'aversion qu'elle avait pour le monde la poussait à aimer plus complètement cet inconnu à la prose de tueur. =P

Et tu as vraiment un style très riche !
Les thèmes que tu évoques ne sont jamais hasardeux, tout est justement dosé. L'exemple qui me frappe en ce moment est le thème de l'invisibilité, de l'insensibilité et de la réalité. Il n'est pas là, mais elle le sent et de même, cette journée est là mais elle est complètement imperceptible. Toute la réalité de la scène est décrite comme insignifiante, tu ne t'attaches qu'à des détails : chauffer une soupe, allumer un ordinateur, fermer des volets. On la trouve d'ailleurs un peu malheureuse tant elle a l'air de souffrir de son quotidien.
En revanche, toute l'attention, toute la vie est concentrée sur ce qu'elle ressent à travers lui. C'est lui qui l'a fait réagir et qui fait avancer l'histoire, toute l'évolution est floue et inconnue, indirecte. L'effet de style est très bien mis en valeur je trouve ! Ils se parlent subtilement, ils jouent l'un avec l'autre et se rapprochent à pas d'oiseaux. L'ambiance est dans les mots.

Et puis, tu sais, là où d'autres personnes voient des mots ou tentent de visualiser un appartement qui leur ressemble, moi je te vois toi, en vrai. Je te vois en train de te déplacer sous mes yeux, dans notre chez-nous. Et je sais d'ailleurs que tu n'avais pas pu ouvrir réellement les volets du haut de ton mètre cinquante-neuf. Razz
Il y aussi cette musique en fond pendant que te lis, j'entends mes éclats de rire de l'autre côté de l'écran, je me souviens encore très bien de l'état de demi-transe dans lequel j'étais. Le temps et la distance étaient bien mesquins. Si des certitudes se profilaient à lentement à l'horizon, ils faisaient quand même tout leur possible pour nous apeurer. Alors pour pallier cette peur, nous nous sommes aimés plus forts, nous nous sommes parlé pendant des nuits entières. Mon rayon de lune. <3
Ce texte, idéalement placé en première position, est un souvenir merveilleux. Merci. =)

Il est également très tourné sur ton ressenti personnel des choses. Les autres personnages ne sont pas là inutilement, leurs voix sont de discrètes attaches au passé que Yumi met en sourdine le temps d'un rêve. Tout le passé n'était qu'une longue attente pour réaliser le présent, pour se réaliser elle-même, mais elle n'en a plus besoin maintenant. Elle l'a lui !
Nous nous sommes mutuellement construits, nous nous sommes mutuellement révélés des nouveaux désirs qui sont devenus des marques de notre personnalité, tu as parfaitement raison. =)
J'ai tellement de choses à dire sur chaque texte, je vais essayer de ne pas me répéter ! ^^


Le rouge des coquelicots, voilà qui est poétique ! Tout comme l'introduction et son petit adage de sagesse. ^^
Bien qu'il contienne une description de l'harmonie sonore que peut produire un piano, ce texte est paradoxalement très visuel. Ou plutôt, il est très sensitif. Il faut vraiment le lire lentement et se laisser imprégner par les sensations que tu décris. D'abord des couleurs, celles des fleurs de l'introduction, celles du piano, d'Aelita, de tout l'amphithéâtre, la pression des touches sur ses doigts. A ce moment-là seulement on peut comprendre la simplicité de sa pensée. Tous ces ressentis inspirent, de la tristesse, de la vie, du vide. Aelita ne pense pas à ces choses, elle les vit,.
En particulier, on perçoit une inexplicable tristesse s'alourdir au fil du texte. Il y a un brin de nostalgie lorsque tu évoques Franz Hopper. Puis quelque chose de plus douloureux, comme du regret, lorsque Jérémie arrive.
Tu mets superbement en scène leur dialogue, d'ailleurs. Des phrases courtes et dissonantes, des désaccords. On est mal à l'aise à ce stade du texte et tu t'emploies à ce qu'on le reste !

Il n'y a aucune transition entre la mélodie ininterrompu du piano et le silence qui s'installe lorsque les deux tourtereaux sortent. C'est une belle matérialisation de l'incapacité totale d'Aelita à communiquer, je trouve ! Odd est un prétexte qui semble révéler de plus grandes peines. Jérémie a du mal à le sortir de son esprit, il en reparle plus tard. Et c'est alors qu'en très peu de mots, tu résous le problème qui s'épaissit depuis le début de l'histoire.
Trois mots et un frissons.
On retrouve alors le couple Jérémie/Aelita dans sa tendresse et sa pudeur avec la marguerite qu'offre le blondinet à sa moitié. Je trouve d'ailleurs que ton style se marrie à merveille avec ce genre de passages peu logiques où des concepts très simples expliquent de grandes choses. On reste un peu sur une énigme à la fin, avec l'impression d'avoir loupé quelque chose, quelque chose qui ne pouvait pas se transmettre par les mots. Ce quelque chose, c'est toute la particularité de l'amour de Jérémie pour Aelita, un amour muet et doux.

Ce n'est pas un texte facile à commenter pour le coup, il n'est pas du tout facile à comprendre non plus ! xD Quitte à le lire deux fois, je pense qu'il a de très belles qualités à présenter quand même.

Vis-à-vis de nous, je ne m'étais jamais demandé ce que tu ressentais quand je jouais du piano en face de toi avant ce texte, est-ce que je te l'avais dit ? Razz C'est étrange d'ailleurs que tu perçoives quelque chose de si sentimental alors que j'ai plutôt une vision mathématique de ce que je joue ^^
N'étant absolument pas jaloux, j'ai d'ailleurs un mal fou à me reconnaître dans le reste du texte (a) Enfin bon xD j'ai quand même l'impression que c'est le texte qui est le plus éloigné de nous. Le silence ne nous va pas très bien, je crois ^^
Et puis, il y a Tal quoi. >.< Mais il y a aussi le lac. =) Tu as dû tellement le rêver avant de le voir en vrai maintenant que j'y pense, je suis content qu'il trouve sa place dans ce One-Shot.


Le 3ème texte est celui que je trouve le plus adorable. Il est beaucoup plus léger que les autres, il n'y a pratiquement que des dialogues qui accompagnent un déroulement sautillant et enfantin. Le nouveau personnage de Sharon est également inséré sans conséquence, tout va tendrement dans le meilleur des mondes ! Même la mésaventure scolaire d'Odd est rapidement passée et dépassée par sa petite amie.
Comme tous tes autres textes, tu insistes énormément sur les sensations. Ici, ce sont les odeurs et le goût, des odeurs et des goûts chauds et forts ! La journée apparaît ainsi naturellement lumineuse. Et puis, il y a ces sauts de puce dans l'intrigue de la tarte aux pomme, ces petit rires complices que s'échangent Odd et Sharon, ces doigts qui courent sur la peau et les frissons qui les accompagnent. Le tout se vit un peu comme un rêve, en fait. Lorsqu'Odd regarde par la fenêtre, dans ce très court passage, tu poses un sentiment intéressant sur le monde extérieur, on préfère rester dedans ! C'est un thème important qui embellit vraiment la relation des deux adolescents : l'amour rend la vie plus belle que le rêve. L'idée n'est pas qu'ici, mais je trouve que c'est là que tu la soulignes avec le plus de finesse. =)
C'est une belle balade !

Et puis, c'est le texte qui nous ressemble le plus ! A peu de mots près, on a déjà dû les avoir ces dialogues, on l'a déjà vécue un millier de fois cette histoire de tarte aux pommes – avec souvent un plus grand succès, hein ! Le discours maccho d'Odd, c'est moi ! la façon dont Sharon le fait tourner en bourrique, c'est toi ! Tout est encore un peu amplifié pour que le texte soit plus joueur, ça reste très fidèle. =)
Et puis, les femmes et les maths, une autre grande controverse me revient ! Tu es adorable. J'ai
vraiment adoré ce texte pour sa fraîcheur, encore merci !


Le 4ème texte est dans une tout autre ambiance. Jérémie a le don de se poser des questions bizarres auquel seul le silence sait répondre, alors il s'interroge, face à la nuit : qui il peut bien être et comment il peut être heureux ? Cette partie est en fait une petite quête philosophique qui le ramène à Aelita, avec ses questions et ses incompréhensions.
La vie est faîte de petits hasards qui arpentent le chemin du bonheur, mais les choses auxquelles on tient vraiment sont le chemin lui-même pour le blondinet. Il ne cherche pas à déceler la logique dans sa chance, il se résout à l'accepter entièrement dans tout ce qu'elle a d'effrayant. On le sent d'ailleurs effrayé lorsqu'il parle à Aelita ou qu'il philosophe à voix haute. Mais elle est là, fragile, à protéger dans ses bras et il ne se permet plus aucun doute.
J'aime d'ailleurs beaucoup le moment où le texte nous laisse : Aelita l'embrasse, le monde et ses interrogations sont en suspend … et puis c'est tout ! On devine qu'il se reposera ce genre de questions insolubles plus tard mais qu'à chaque fois, elle l'aidera à surmonter le doute et la peur ! Il y a quelque chose d'assez mélancolique dans tout ton texte, je trouve, un sentiment que j'aime énooooooormément. Je pense d'ailleurs qu'il est au départ de toute philosophie de l'existence, comme celle d'Albert <3

Il y a aussi les dialogues, mais ici, ils n'étaient pas nécessaires. La tirade rationalisante de Jérémie s'effondre sous le poids de son amour, les autres éléments de réponse s'enlisent en même temps.

Etant donné les passages où tu me cites, je pense que c'est un peu plus facile de comprendre ce texte pour moi. ^^ J'apprécie beaucoup ces références, d'ailleurs, tu t'en doutes ! Le concept de parent et d'enfant, que tu évoques simplement, le « Aimer, c'est blesser. » qui est une formulation un peu abusive de la dépendance de l'amour à la souffrance, toutes ces choses qu'on a eu l'occasion de penser ensemble, toutes ces méditations qu'on s'est faîtes pendant ces mois où je maudissais les gens, le bac, « fuck la société. », etc. xD


Voilà !
Je ne sais pas trop quoi commenter de plus à propos des textes en général, ni du titre. Or et Argent, la première chose que j'en ai pensé, c'est que ça faisait comme le soleil et la lune, qui étaient nos astres à tous les deux. Moi, le soleil par la force des cités d'or, toi la lune par la douceur de ta lumière !
Sur ce, je t'aime. Et merci pour ce merveilleux cadeau d'anniversaire. =)

_________________
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"L'amour ne veut pas la durée, il veut l'instant et l'éternité."
Nietzsche
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Zéphyr MessagePosté le: Ven 20 Mar 2015 14:18   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1032
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
GummyBear vivant !? Même pour Xana c'est une surprise !
Du coup, afin de marquer comme il se doit cet événement exceptionnel, nous souhaitons te faire un petit cadeau, qui en plus te permettra d'être assorti avec ta moitié. Ne remercie pas Xana, c'est tout naturel de sa part :


http://i.imgur.com/rJlbo5H.png


Dans tes dents Cupidon.

_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Belgarel MessagePosté le: Lun 23 Mar 2015 17:37   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
/!\ Ce commentaire a été remanié ! /!\
J'ai juste oublié trop de trucs, et, en fait, tous les commentaires positifs. Y'en a.



Bon. J'avais dit que je ne le ferais pas, mais puisque personne ne semble se dévouer…

Je viens rendre compte ici de la lecture commune, en vocal, qui a suivi la cérémonie des Carpes. Une nouvelle tradition inaugurée par votre serviteurice, qui n'avait pas le courage de lire sa collègue carpette en solitaire.
Si je tiens à vous faire part de ce qui a été dit et de mes impressions pendant cette lecture, c'est parce que je tiens l'honnêteté comme la première qualité de l'honnête homme o/ Et autant l'idée n'était pas d'aller se foutre de la gueule de la Carpette, autant j'avoue avoir montré, envers cette prose, une cruauté sans nom, qui s'est communiquée à un certain nombre des membres du salon (même aux plus indulgents, et à ceux qui appréciaient plus que moi ce qui reste, après tout, un texte proprement foutu).
Car après tout, tu ne pouvais pas rêver pire lecteur. Je suis un cynique athée de l'Amour dans un monde rempli de fervents théocrates, alors forcément, si une fleur a la moindre nuance de gris, j'y vois du bleu. Ainsi, les autres narrateurs et commentateurs ayant pris part à la lecture n'ont jamais ménagé autant de pauses et de retouches légèrement trollesques que moi.
Même au moment de reconnaître les qualités formelles du style, j'ai eu des réticences, c'est dire.

De mémoire, on a eu des gausseries idiotes sur :

- (1) une histoire de grottes aux parois humides et de clés qui tournent dans des serrures ;
- (1) qu'est-ce que Yumi va faire aux chiottes. L'hypothèse la plus claire, étant donné qu'il est question de bouffe et de bouche (et vu son régime alimentaire digne d'un corbeau) est qu'elle dégueule. Ça commence bien.
Ou alors, elle se repoudre le nez.
- (1) la chronologie. Il n'est pas immédiatement clair que ça se passe six ans après. "Son frère lui manque", sa chambre dans le salon (wtf), et surtout, une concordance des temps ambivalente (« cette flamme dévorante, elle ne l'a connue qu'avec Ulrich jusqu'ici et il a mis de long mois à la faire naître ») m'ont personnellement maintenue dans l'erreur bien trop longtemps. En ont résulté un certain nombre de contresens aux conséquences fâcheuses, qui nous ont bien donné le sentiment d'être cons quand ils ont fini par aboutir à une révolution paradigmatique.
- (1) l'écran bleu. C'est vrai, mais ça fait…
Spoiler
- (1) les doigts de Yumi qui volent sur le clavier. Quelqu'un a eu l'idée de les imaginer avec de petites ailes. Logiquement, je les sectionne, qu'ils soient plus délibérées, délivrés.
- (1) le flocon qui tombe sur ses paupières et s'enfonce dans sa gorge

- (2) Si les filles sont des fleurs (métaphore hyménesque pas du tout convenue), c'est quoi cette histoire de grains de blé ?
- (2) Si les filles sont des fleurs, comment on les cueille ? On leur coupe les pieds à la faux ?
- (2) Interprétation sur les couleurs. On sait d'où vient le rouge, mais qu'est-ce que le mâle ? Essayez de ne pas penser au "chevalier blanc" et rappelez-vous que la clé de ce texte tourne dans la serrure. Ou, à défaut de métaphores anatomiques, cherchez un sens politique.
- (2) Encore des doigts sectionnés qui volettent sur un clavier. D'ailleurs, « elle était plus douée avec les touches d'un piano que celles d'un clavier »…comment dire ? Un clavier de piano ? (a)
Bawi, je l'ai dit. Pauses impitoyables. C'est débile, hein, parfois, la décortication. On en vient à ne pas s'intéresser au sens du texte.
- (2) Le parcours du combattant de Jérémie pour arriver à Aelita. Frappé par les accords, rampant sur la moquette (ou la fumant, au choix), arrêté par la musique, et transpercé par la jalousie. Inspirera peut-être des parodies à l'avenir.
- (2) Le décor, forcément. Aelita, seule, dans un grand opéra, on ne sait où. Le conte de fées est un parti pris risqué.
- (2) La LOGIQUE. Développons.
Spoiler
- (2) Sans but et sans parole. Ahin. Quand on marche sans but, on se rend pas à un endroit précis. Faut pas se foutre de notre gueule quoi.

- (3) PUTAIN, mais même si j'essayais, je pourrais pas faire plus sexiste ! Et ça s'enfonce en essayant d'être antisexiste, et en échouant lamentablement ! >.<
Citation:
Je n'ai jamais vu une fille résister à un dîner aux chandelles.
Croyez-moi, on a des témoignages de filles et de pas-tou-à-fait-filles qui attestent du contraire.
Enfin, bref, c'est parti pour not-Ghost-in-the-Shell.
- (3.originale) C'est qui, Sharon ?
Spoiler
- (3) Et on a compris, tarte au citron, POMMES, jus, four, tout ça…On a d'ailleurs parlé d'abricots, plus précisément. C'était fun Smile
- (3) « Sa main gauche glisse autour de la taille d'Odd tandis que de la main droite, elle attise ses lèvres avec un morceau de pomme. » >>> Elle attise les lèvres de qui ?
- (3) « Elle sent bon. Un parfum doux et épicé à la fois qu'il commence à connaître par cœur et qu'il affectionne par-dessus tout. » >>> Encore ce topos de l'odeur de l'autre. Hé bien, c'est simple : quel est son savon, quel est son shampoing, met-elle du parfum ? Tu sais, Odd, si ça se trouve, c'est 50% dû par ça.
- (3) « Odd avait dû se résoudre à retourner en Terminale. Seul, blessé dans son amour-propre » >>> D'où Odd met son amour-propre dans la vie scolaire ? C'est un cancre heureux, un glandeur qui se réalise en marge du système scolaire. OOC, et pas pour le mieux. [/cruauté]
- (3) « lueur que Sharon repousse » >>> limites de la métonymie : 100km derrière vous.
- (3.originale) « « N'écoute pas ce que je dis et suis ton cœur, patate ! » » >>> Bite. Disney. Bite.
- (3) « L'air embaume l'herbe coupée. » >>> Elle se rase ? Parce que bon, mettre des métaphores partout, c'est dangereux.
- (3) « le goût de ses oreilles si adorables. » >>> cannibalisme spotted. Les 5 sens, c'est toujours mignon, mais pas souvent.
- (3) Le temps. Ils passent beaucoup de temps à "avoir envie l'un de l'autre" sans rien faire. Une tarte, ça met pas deux minutes à cuire, si ?
- (3) « Plus maintenant. Il ne drague plus, il vit. » >>> Ça reste un connard sexiste. Et comme le temps, l'humour ne fait rien à l'affaire. Quand on est sexiste, on est sexiste.
Pis ça veut dire quoi cette nuance du dafuck ? Odd n'a pas changé depuis la dernière fois. C'est juste le même, en moins puceau.
- (3) « - Hey, tu es Odd Della Robbia ou quoi ? » >>> Wesh. (Le pouvoir du vocal.)
- (3) « Elle prend ensuite délicatement un morceau dans sa cuillère qu'elle tend vers Odd. Il l'imite. » >>> Plus cul-cul que la Belle et le Clochard.

- (4) « - Le bonheur fait souffrir. » >>> La phrase se suffit à elle-même. Et les histoires de cercles vicieux de bonheur aussi.
- (4) « Qui aurait dit qu'un jour, il resterait assis sous la lune à sept mètres du sol, les jambes pendant dans le vide, les yeux tournés vers les étoiles ? À ne rien faire. Ne rien faire, sinon penser. » >>> 1° Jérémie, regarder les étoiles ? Pas le genre, voyons ! 2° Penser, c'est faire quelque chose. Mais ça ressemble pas à Jérémie.
- (4) « Sa moitié au sens premier du terme. » >>> encore du gore. Yay !
- (4.original) « Comment a-t-il pu vivre sans la connaître ? Il ne vivait pas. » >>> Of course. Tu veux mon avis ?
Spoiler

- (4) « Un oiseau fend le ciel nocturne. Léger et fragile, il défie pourtant le vent avec une grâce qui se change en rire moqueur et silencieux. » >>> Un rire moqueur. Une mouette parisienne ? Mais silencieux ? Euh, c'est une image ? Une image d'image ? Un symbole abstrait ? Du R.À.F. ?
- (4) « Jérémie songe à tous ces petits riens, ces petits hasards qui l’ont mené jusqu’à Aelita. Si ses parents ne l'avaient pas mis à l'internat, s'il n'avait pas été doué en informatique, si Franz Hopper n'avait pas habité ici. La vie et le bonheur tiennent à des coïncidences. » >>> Si la vie n'était pas apparue sur Terre ; si Ghenghis Khan n'avait pas tracé un sillon de sang à travers nos arbres généalogiques ; si…bref, l'illusion de la finalité peut se prendre un doigt dans les fesses.
- (4) « Vienne la pluie, sonne l'heure. Les jours s'en vont, je demeure. » >>> Après concertation, nous avons constaté que cette phrase était grammaticalement correcte, mais que cela n'enlevait rien à son…[édit : disons que c'est mal placé Razz ]. Lyrisme tragédiste, merci. Nous avons également confirmé que ce n'était pas un alexandrin blanc. J'ajouterai, personnellement, que si c'est pour dire ça, mieux vaut se taire, histoire d'avoir une nuit vraiment silencieuse.
- (4) https://www.youtube.com/watch?v=RShIJvrjD80
- (4) « Aelita a parlé avec la sincérité innocente et merveilleuse du demi-sommeil. » >>> https://www.youtube.com/watch?v=D5uOwCNYhVU
- (4) Oui. On a compris. Aelita = soleil. Fuck dat shit.

- (5) C'est Oddye qui a lu. On a pas eu le temps de rigoler Sad À part peut-être lancer "GummUlrich")
Mon avis sera donc tronqué de ce passage, qui était somme toute…quel est le terme ? Migon ? Razz
* * *

Donc, tu as pu voir que même si l'ambiance était à la rigolade, bien souvent, il s'agissait d'échanger juste des liens Youtube à partir d'un détail, de filer une métaphore stupide, ou même tout simplement de se marrer AVEC le texte (surtout dans le cas de la troisième partie).
De toutes façons, même quand Belgarel faisait preuve de trop de lyrisme pour que ça soit crédible, l'ironie n'était pas tournée contre le texte, mais contre le genre, et elle était prise par les participants pour la blague éphémère qu'elle était.

À aucun moment il n'a été dit : "ce texte est ridicule" Quand on dit qu'on a bien rigolé, certes quelques délires n'étaient pas respectueux du texte (c'est le principe du détournement, après tout), mais ce vocal n'était pas pour autant de la lapidation.



Personnellement, je reconnais également la facture correcte du style. À commencer, évidemment, par l'orthographe. En me concentrant et en traquant longuement, je pourrais peut-être dénicher deux ou trois coquilles de distraction, mais vraiment, ça sent la relecture à en avoir les cernes noires o/
Cependant, en être tout à fait insensible aux allitérations, j'ai surtout souffert de l'accumulation de clichés qui forment le tissu de cette pièce. J'ai trouvé les métaphores florales et lumineuses (oh putain, Aelita le "soleil de sa vie" !) plates et pas fraîches, de même que les différents symbolismes chromatiques ou la description convenue des symptômes amoureux (en particulier la chaleur, et dans le premier texte). Le lyrisme sur la musique m'a paru tout aussi peu original, bien qu'il ait sonné juste aux oreilles d'autres. Et je le redis, je suis méchamment cruelle envers ce texte.
Hé. Je dis que le fond de la forme m'a déplu, ça n'empêche rien au fait que c'est proprement ficelé. Y'a pas à dire là-dessus (et d'autres sauront mieux vanter les qualités du texte que moi…d'ailleurs, mon avis globalement dubitatif était loin de faire l'unanimité).

Pour ce qui est du fond du fond, niais, niais, niais, wait…serait-ce trop niais ? Génialement ironique ? Déconstructeur des différentes étapes ? Pourtant, tous les efforts semblent faits pour approfondir les psychologies et comportements de manière vraisemblable (1, 3 surtout), décrire avec le mot juste et sincère les émotions (sauf dans les textes Jerlita, qui sont juste des foutages de gueule à base de paradoxes (2) et d'hyperboles (soleil) trop gros pour être crédibles). Si tel est le cas, franchement gaygay. Mais en attendant, trop de sucre d'orge à l'anis en surface pour que j'y trouve mon bonheur, ou même, que je sois capable de chercher à comprendre ; de sorte que si il y a beaucoup à dire sur l'amour, je ne trouve, personnellement, pas grand-chose qui me fasse saliver ici.

Je remarque que le vocal n'a d'ailleurs pas beaucoup approfondi ce versant du commentaire. Le fond. Normal, quelque part : c'est plutôt le genre de choses auxquelles on réfléchit à part soi. Enfin, mentionnons (en point de détail), un grand moment : la nostalgie des soirées MSN. Là, on en a parlé Smile
Donc, ce texte nous fait (re)vivre plein d'étapes et tableaux de la jeunesse d'un couple, en passant par différentes problématiques. Découverte (de l'autre et réinvention… pardon, j'ai dit "aliénation" en vocal :3 [ de soi), possession (jalousie, liberté), cul et cuisine, sens de la vie et retrouvailles. Si le sens de la vie m'a laissée…sceptique, et que j'ai trouvé le traitement de la seconde partie simple, voire bancal (dans l'esprit du D.A., ceci dit), on ne peut que saluer le choix du Jerlita pour ces idées-là.
Odd pour la légèreté et le côté bon-vivant, Yumi…Yumi pour on sait pas quoi, mais ça colle bien avec ses émotions volatives et changeantes. Quant à Ulrich, j'en sais rien. En tous cas, pour un texte positif, c'est démontré : il faut casser Ulumi ^.^


Je m'en retourne dans les ombres maudites du célibat, pétri⋅e d'aigreur et de mépris pitoyable.


Plus sérieusement, si je t'ai soumis ce commentaire, c'est parce que je pense que tu connais et aimes assez ton texte (je l'ai dit, ça sent l'huile (y)) pour comprendre qu'un point de vue différent n'est pas une pratique de lecture illégitime, ni même méprisante envers l'auteur et son talent d'écrivain. Cependant, si une approche destructive de sa propre œuvre (quand on y croit sincèrement) relève de la folie, cependant avec le degré de conscience de soi d'un auteur confirmé elle peut pousser à réfléchir, par réaction, à ce que les autres perçoivent comme des failles ou des faiblesses. En somme, si t'as des gonades et des épaules pour encaisser, le ricanement des masses idiotes (car oui, bien que les individus soient intelligents, les foules sont stupides) et autres publics moyennements réceptifs te permet de te définir non seulement positivement, mais aussi négativement, en réaction à ce à quoi tu n'adhères pas. Ce qui, en fin de compte, enrichit les possibilités de tes points de vue. Stoïcisme toussa Cool
Et si tu n'as pas de quoi encaisser une critique moins artistique qu'idéologique, tu retournes te ressourcer dans les bras de ton amant <3

Sur la carpe polymorphe, tu as eu mon absence d'opinion en "interne" ; mais un troll qui déplaît est un mauvais troll, alors mieux vaut dissiper les malentendus que garder de la rancœur. Shit happens.
_________________
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Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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