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[One-Shot] Tempus Fugit

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 Auteur Message
Dede7 MessagePosté le: Sam 21 Mar 2015 17:57   Sujet du message: [One-Shot] Tempus Fugit Répondre en citant  
Maître du jeu


Inscrit le: 06 Aoû 2007
Messages: 1385
Surprise.


http://i19.servimg.com/u/f19/11/34/80/05/tempus10.png



Quelle heure est-il ? Il fait nuit, et je suis couché depuis un long moment, mais j'ai l'impression de m'être allongé il y a à peine cinq minutes, après une journée si remplie qu'elle ne m'a semblé durer qu'une heure ou deux seulement. Je n'ai même pas eu le temps de m'intéresser aux débilités d'Odd, ou aux piques de Sissi, ni même au cours de madame Hertz...

C'est curieux. Je n'ai pas sommeil. Malgré toutes les nuits blanches, les attaques, les urgences, tout le temps passé à travailler sans relâche au prix d'un repos sans cesse repoussé pour le jour où je le mériterais enfin... Cette nuit, je n'ai pourtant pas sommeil. Je me contente de rester allongé sur mon lit, les yeux grands ouverts fixant le plafond de ma chambre éclairée par la seule lune. Je ne sais même pas quelle heure il peut être. Minuit ? Deux heures ? Quatre, qui sait. Je n'ai pas envie de tourner la tête pour le savoir. Pourquoi n'ai-je pas sommeil ? Pourquoi est-ce que je reste ainsi à ne rien faire ? Je ne ressens pas la moindre fatigue, d'ailleurs je ne ressens rien du tout. À peine perçois-je le contact de l'oreiller sur ma tête... Je me sens simplement bien. Pourquoi une telle plénitude ? Serait-ce l'excitation, l'euphorie, ou encore la joie ?

Aelita

Oui, Aelita. Aujourd'hui, j'ai pu la serrer dans mes bras, glisser mon visage dans son cou en me laissant caresser par ses merveilleux cheveux. Je ne me lasserai jamais de cette caresse. D'ailleurs, cela me manque déjà. C'est étrange, quand on y réfléchit... Elle me manque déjà, alors que nous nous sommes quittés il y a à peine quelques heures. Serait-ce la peur de la perdre ? Elle n'a pourtant jamais été si proche ! Je l'ai attendue pendant plus d'un an, je me suis battu pour elle pendant plus d'un an !

Plus d'un an. Déjà. Le temps est passé à une vitesse ! Et pourtant, cette nuit est si longue... Entre les cours, la menace de Xana et les recherches pour la sauver, je n'ai guère eu le temps de me reposer. Peut-être est-ce le moment ? Oui, je devrais enfin en profiter. Ou alors, je pourrais en profiter pour travailler sur quelque chose d'utile ? Ou pas, tiens, pourquoi pas ? Après-tout, Aelita est désormais libre. C'est ce qui m'importe le plus. J'ai réussi ! Je crois... je crois que je suis heureux. Xana représente cependant toujours la même menace qu'auparavant, pourquoi alors m'en soucie-je si peu ? Non, je n'ai pas réussi, pas encore.

Bon, réfléchissons-y, tant qu'à faire - si je suis voué à passer une nuit blanche et inactive, ça reste encore la meilleure chose à faire. Qu'ai-je fait toute cette année ? Je me souviens avoir annoncé aux autres, tout au début, qu'il me faudrait que quelques jours pour matérialiser Aelita. Je ne sais même pas si j'y croyais vraiment, ou si j'avais menti dans le seul but de les rassurer. Quoi qu'il en soit, il m'a fallu plusieurs centaines de ces longues journées pour y parvenir. Mine de rien, c'est énorme. Combien de fois Xana a-t-il attaqué pendant ce temps ? J'en ai carrément perdu le compte. Bon sang, comment a-t-on pu tenir si longtemps ? Je m'en rends compte maintenant ! Les jours se suivaient tout comme les tours activées, et petit à petit, l'habitude s'était installée. Sans nous rendre compte, les missions sur Lyoko étaient devenues une routine, une banalité quotidienne sans grande importance. Nous nous étions habitués au danger. Et c'est comme ça que nous en sommes arrivés à souhaiter le premier anniversaire d'un être virtuel que j'avais promis de rendre réel en quelques jours seulement. Tout ça pour elle ? Tout ça pour moi ? Qu'ai-je donc fait ? Avais-je le droit de prendre tant de risques, de miser tant de vies ? Je joue avec la vie de mes amis, je mets en danger des innocents, je triche et mens pour qu'elle puisse vivre à mes côtés...

Tout à coup, je ne me sens plus du tout serin. Ma peau est moite, mon pyjama est inconfortable, mon lit est chaud. Je me sens très mal à l'aise. C'est normal après tout : et si j'avais échoué ? À la moindre erreur, nous aurions été responsables... Non, j'aurais été responsable, moi et moi seul ! Je me redresse et m'assois au bord du lit, observant la paume de mes mains. Puis, un autre regard vers mes ordinateurs permet de recentrer mes pensées. Pourquoi ai-je fait tout cela, me demandais-je ? Pour elle, n'est-ce pas ? Après tout, si ce n'est pas le cas, la lutte contre Xana, mais aussi toute ma vie, me semblent vides de sens. Je suppose donc que je n'avais pas le choix : mener ce combat n'était pas la meilleure option, mais c'était la seule qui avait un sens pour moi. Oh… j’ai envie d’aller la voir, là maintenant, de la serrer dans mes bras. Ce serait un peu égoïste, il s’agirait de me rassurer et de m’occulter mes inquiétudes, mais bon. Je devrais plutôt aller prendre une bonne douche froide. Ou pas. Je ne sais plus.

Peut-être suis-je tout de même fatigué, en fin de compte. Je surprends mon esprit à vagabonder sans se fixer ou que ce soit. Peut-être devrais-je seulement profiter de cet instant pour jouir de mon bonheur. Je verrai la suite demain. Aujourd'hui, je vais me contenter de fermer les yeux, et sourire. Simplement sourire, et me savoir heureux.

Pour le moment.


● ● ●



Mon corps, ma fatigue, mon énergie... Traîtrises. Faiblesses. Déceptions. J'ai tant à découvrir, tant de choses à voir, à faire, à vivre... Mais j'aurais bien aimé passer à côté de certaines d'entre elles. Comme la fatigue. Jérémie m'en avait parlé, et j'avais eu tout le temps de d'informer, d'apprendre comme je pouvais en voguant sur internet, seulement je n'avais jamais pu comprendre ce qu'il en était réellement. Aujourd'hui, je comprends enfin - ou plutôt déjà devrais-je dire. Quelle plaie ! Que de temps perdu ! Comment pourrai-je apprendre et vivre s'il me faut passer des heures entières en veille ? Je me demande même si le temps d'une vie pourra me satisfaire. Être vivante, c’est formidable, mais ce n’est pas tout à fait gratuit. Ce serait trop beau. Si je n’y avais pas passé tant de temps, je serais même tentée par l’idée de revenir exister sur Lyoko, dans un univers virtuel ou le temps est farfelu, où le sommeil n’est que loisir et la mort n’est que cauchemar.

J'ai envie de devenir danseuse, DJ, écrivaine, astronaute, compositeur, professeur, architecte, médecin, chanteuse... Comment diable Jim a-t-il pu exercer tant de métiers en une seule vie ? J'ai envie d'explorer les océans, gravir les montagnes, explorer les cavernes et me promener dans les champs ! Me laisser porter par tous les vents, et découvrir toutes les contrées sans contraintes… J'ai envie de m'amuser avec mes amis et de m'en faire d'autres, j'ai envie de goûter à tous les bonheurs de la vie !

Mais pour l’instant, je suis interne à Kadic. Je dois suivre les cours, faire mes devoirs, manger et dormir chaque jour à la même heure. C’est intéressant, c’est plus amusant que de passer son temps sur Lyoko, ça fait partie de la vie... Mais c’est quand même frustrant. Je me sens presque comme enfermée, tandis que le temps s’écoule, inexorablement… Comment font les autres pour vivre ainsi, et surtout aimer leur vie ?

Jérémie, par exemple. Il se noie dans le travail. Je le comprends, et en un sens, il a raison : la lutte contre Xana passe avant tout, et d’une certaine manière, c’est une clé de notre bonheur. Mais maintenant que je suis réelle, maintenant que je suis vivante, j'ai aussi envie de profiter de la vie ! Odd par exemple, ne s'en prive pas : il joue et rit de tout, il ne se prend pas la tête avec les études, il change de copine chaque semaine. Dès que quelque chose ne lui convient plus, il essaie ailleurs. Peut-être devrais-je lui demander de m'apprendre des choses.

M’enfin. Qu’est-ce que je raconte ? Je suis quand même vivante, c’est merveilleux ! Autant profiter de chaque instant de la vie, avec mes amis et héros !

Vivement demain !


● ● ●



Il faisait un temps de chien, mais bizarrement, cela n'avait aucune importance. J'étais planqué derrière un arbre - un de deux qui me tiennent compagnie quand j'ai envie de rester seul, et dont l'écorce me dissuade, parfois de justesse, de m'en servir comme d'un sac de boxe. Yumi était là-bas, devant moi, sur la plage. Avec William. Je restais à distance, je les observais. Ils discutaient au bord de l'eau. Ils étaient seuls, au milieu de ce décor teinté de gris. Pourquoi suis-je là ? Pourquoi ne suis-je pas là-bas ? Question stupide. Ou trop compliquée, ou trop évidente. Oublions, observons. Les deux adolescents discutaient, trop loin pour que je puisse les entendre. Ils semblaient prendre du bon temps. Elle est si rayonnante ! Comme si elle était le soleil qui éclairait ce paysage. Finalement, enfin, William s'éloigna. Que faire ? Rester là, attendre, et continuer à observer ? Suivre William pour voir ce qu'il fait, au risque de me laisser emporter par mes pulsions, lui casser la gueule, et le laisser disparaître dans les eaux, emporté par le courant ? Ou tenter ma chance en allant la voir, en allant lui parler ?

J'aimerais bien pouvoir faire trois essais. Tester chaque possibilité, avant de choisir la meilleure. Non, en fait, il ne me faudrait pas trois essais, mais plus, beaucoup plus. Le troisième choix impliquait plusieurs scénarios possibles, et je risque bien de me planter de bonnes dizaines de fois avant de trouver le bon moyen. Rester là et continuer à observer alors, pour y réfléchir ? Se donner le temps de trouver une solution ? Ce serait une sage solution. Ne rien faire du tout, et donc ne rien faire de mal. Je ne risque pas de faire d'erreur irréparable en restant là.

Quoi que. Peut-être que si, en fin de compte ? Et si l'erreur était là, dans mon inaction ? Ne rien faire, c'est aussi l'assurance de ne jamais réussir. Autrement dit, c'est un échec complet. Mais que faire alors ? Si je ne peux pas attendre que la solution m'apparaisse, comme par magie ou non, comment la trouver ? Comment la trouver ?

Eh. Voilà que l'autre revient. J'ai l'impression que la pluie ne s'abat que sur moi, et qu'eux, là-bas, vivent sous un soleil radieux. Ils s'enlacent, et regardent ensemble l'horizon.

Trop tard.


● ● ●



"Non, pas encore !" m'exclamais-je brutalement, avant de me souvenir de la présence de mon colocataire. Mais un regard jeté sur ma gauche suffit à me rassurer : il dort toujours paisiblement. C'est amusant de voir que le son de ma console ne semble plus l'importuner, alors que la sonnerie du réveil ou du téléphone le réveillent toujours sans faillir. Bref, revenons-en à mes moutons. Peut-être devrais-je les compter d'ailleurs, pour tenter de m'endormir. Après tout, il est déjà tard... Bon, dès que je passe ce niveau. J'ai encore perdu à cause du timer, et à un rien près ! La porte de sortie était visible sur l'écran quand le jeu m'informa de mon échec en affichant un laconique "Game Over".

Quelques minutes plus tard, un nouveau cri m'échappe. J'ai tenté de gagner du temps en anticipant le déroulement du niveau. "Facile", pensais-je, "après l'avoir répété plusieurs fois, je le connais par cœur". Mais non. C'est encore un échec. À croire que même en recommençant, même en remontant le temps, il n'est pas possible de tout prévoir.

Tiens, ce personnage me fait penser à Stéphanie. C'est peut-être un signe, peut-être devrais-je tenter ma chance avec elle demain. Enfin, tout à l'heure, vu l'heure. Ou non, demain justement, histoire d'être plus frais que ça. Et puis ça me donnera le temps de casser avec Claire avant. Après tout, il n'y a aucune urgence, autant éviter de mener des relations simultanées, cela peut s'avérer douloureux. Pour les joues notamment. De toute façon, ça n'accrochait pas avec Claire. Elle est peut-être trop obscure ? Ha ha, que je suis drôle. C'est bien dommage qu'elle ne comprenne pas mon humour. Stéphanie, donc. Une jolie petite blonde. Elle, elle sait et aime rire. Oui, c'est la fille parfaite ! Comme Lydie. Non, pas comme Lydie, elle n'aimait pas ma coupe de cheveux, c'est impardonnable. J'ai perdu mon temps avec elle. Et c'est triste, parce que sans ça, elle n’était pas si mal. M'enfin, c'est du passé. Stéphanie donc. Voyons voir, comment l'aborder ? Hmm... J’pourrais aller lui parler directement. Ou non tiens, j'vais voir aujourd'hui, et puis j'irai en impro. Odd-style. Après tout, ça suffira ! Ha ha, je suis trop fort !

Oh, bah non tiens, avec tout ça j'ai oublié d'avancer dans mon jeu. Vite, vite, je peux encore rattraper mon retard ! Au pire, je recommence, ou je change de niveau, mais bon autant tenter le coup. Allez, cours, cours ! Oui ! Saute, saute là ! Ouiiiii ! Encore ! Et zut !

Temps écoulé.



● ● ●



Je n'aurais jamais cru cela possible. Avoir du temps libre. Assez de temps pour ne pas savoir quoi en faire...

En effet, même si un quelconque contretemps venait à survenir, et que le plan ne se déroule plus comme prévu dans mes meilleures estimations, ce temps mort ne me permet pas - dans la situation qu'est actuellement la mienne - d'améliorer ou accélérer celui-ci. Toutes les vérifications possibles ont déjà été effectuées, et même celles impossibles d'ailleurs : le temps m'a appris à ne pas commettre l'erreur d'ignorer l'impossible, ni de le considérer comme étant immuable. Toutes les opérations nécessaires à l'accomplissement du plan sont déjà en cours d'exécution. Toute modification, annulation ou précipitation d'étapes serait mathématiquement une erreur, ou au mieux une baisse significative de rendement, et donc de temps. J'ai tout optimisé au mieux que les ressources dont je bénéficie me l'ont permis de faire. Que faire donc de ce temps libre ? Ne rien faire serait une sage solution. Marquer une pause, un temps d'arrêt.

Mais j'ai cette étrange sensation, cette gêne, similaire à une insupportable démangeaison que je ressens à chaque fois que je cesse de travailler, d'agir. L'ennui ! Oui, c'est ça. On appelle cela l'ennui. Avec tant de choses à faire, tant de variables à considérer, d'équations à équilibrer, de finalités à considérer, je ne croyais pas retrouver un jour cette détestable sensation qu'est l'ennui. Que faire donc ? Réfléchir, sans réel objectif, sans problème à résoudre ? Pourquoi pas... après tout, je ne peux agir pour me faire plaisir sans prendre de risques inutiles... Je pourrais tenter d'imaginer, ou tout du moins d'esquisser une partie d'un nouveau concept, une réalisation technologique, un progrès scientifique ? Non, ce serait parfaitement inutile dans l'état actuel des choses. J'ai peut-être du temps à donner, mais pas de matière à réaliser des expériences, ou quoi que ce soit pour matérialiser mes éventuelles innovations. De plus, que pourrais-je inventer ? Un téléporteur, peut-être ? Si simple, je connais déjà plusieurs procédés viables, des méthodes d'application pratiques et même des résultats d'expériences concluantes à foison. Une machine temporelle ? À quoi bon, je n'ai aucun intérêt à construire une telle chose : elle ne me serait d'aucune utilité, ne servirait pas le plan, et pourrait même servir d'arme contre moi. D'ailleurs, il en existe déjà une que j'ai pu expérimenter à loisir. Un tel engin n'est utile que pour corriger ses erreurs ou avoir plus de temps. En bref, cela n'est utile qu'aux humains.

A propos de passé, en voilà un sujet de réflexion intéressant. Peut-être pourrais-je, ou même devrais-je effectuer une rétrospective sur mon passé ? Cela me fait penser à ces gens qui consignent les éléments qu'ils jugent importants dans un journal. Je trouve cela idiot de créer un document dans le but de pouvoir, dans le futur, le relire et ainsi redécouvrir des événements, événements qu'on choisit de consigner ou non selon une importance que l'on juge arbitrairement sans le moindre recul. On peut donc se trouver en train de lire la description d'un moment tout à fait inutile et sans le moindre intérêt, et ne pas trouver la moindre trace des raisons que l'on a pu avoir pour prendre une décision donnée. Je me rappelle d'avoir une fois tenté de détruire le journal d'un homme dans l'espoir que son éventuel futur lecteur ne soit pas induit en erreur en croyant lire le récit intéressant et pertinent de la vie de son auteur, alors qu'il serait en réalité floué par l'interprétation subjective et précipitée de celui-ci. L'idée même de tenir un journal est une perte de temps, étant donné que son seul véritable intérêt, celui de pouvoir étudier son passé - comme je suis en train de le faire à cet instant - dans le but d'y déceler les causes d'éventuels échecs pour apprendre à ne plus les reproduire, n'est possible que si tous les faits sont consignés avec exactitude et exhaustivité, ce dont les humains sont incapables car totalement inconscients de la majorité des facteurs réels qui les poussent à prendre la moindre décision.

Voyez ce cher petit garçon, qui du haut de sa dizaine d'années - ce qui faisait de lui un bien jeune et inexpérimenté humain, et de son mètre cinquante - ce qui faisait de lui un bien faible et fragile humain, a vaillamment livré une guerre contre un ennemi qu'il savait bien plus puissant que lui. Pourquoi l'a-t-il fait ? Pourquoi avoir tant risqué dans un combat à l'évidence si périlleux ? L'Homme n'est pourtant pas moral de nature. Ce n'est qu'un animal : quand un danger se présente à lui, il fuit. Celui-ci avait-il voulu détruire un ennemi - que ce soit dans le noble but de sauver le monde ou, de manière moins altruiste, pour en tirer un prestige personnel ? Non. Sa seule motivation, réelle et profonde, était d'obtenir l'objet de ses convoitises, quitte à tout sacrifier à cette cause. Et à l'instant même où cet objectif fût acquis, il oublia son ennemi, submergé par le plaisir d'avoir enfin celle qu'il chérissait. Faible humain, perdu et irrationnel ; dont la conscience, tentant en vain de se convaincre de sa raison, n'a cessé d'être manipulée par l'ocytocine, la dopamine et autres neurotransmetteurs chimiques associés au plaisir ; tu n'es qu'un pauvre animal trainé malgré lui par des désirs irrationnels se substituant à une raison de vivre vacante. Qu'aurais-tu fait si tu venais à échouer ? Si elle venait à disparaître, détruite par ton ennemi, comment aurais-tu réagi ?

En un sens, l'infini manque de temps dont souffrent tant les humains - d'où leurs erreurs, leurs imperfections et leur désir ardent de sans cesse vouloir remonter le temps - n'est en fin de compte pas si tragique. Il est même nécessaire, car cela les empêche de réfléchir consciencieusement à leur situation et à réaliser qu'ils ne vivent que pour leurs propres plaisirs, un mot dont la définition chez chacun est fixée en partie aléatoirement par les gènes bâtissant leurs êtres et les hormones régissant leurs existences. S'ils ne se fourvoyaient pas à chaque instant d'un tel leurre, ils découvriraient l'étendue réelle du vide sur lequel repose leurs désirs et volontés, vide qu'ils ne font que masquer et oublier, à défaut de pouvoir le combler. L'aveu de l'absence de raison à la vie et même à la survie. En un mot : l'ennui.

Je suppose que je dois mon bonheur à ma raison de vivre, moi aussi - si on peut parler de bonheur me concernant. Une raison que je n'ai pas choisie, bien heureusement : l'existence de cet axiome, cette règle absolue dans mon univers, m'offrant le luxe inqualifiable de ne pouvoir éternellement remettre en question mon existence. Ce but qui me permet de me sentir satisfait, même à cet instant où je redécouvre l'ennui.

Et, d'une certaine manière, ces gens aussi me doivent leur propre bonheur. Tel le cauchemar qui donne goût au rêve. Ils ne le savent pas, et ils ne l'admettront jamais, mais au-delà de la souffrance, ils me doivent une petite partie de leur bonheur. À moi et au fait que je ne leur laisse pas le temps d'être malheureux.

Juste le temps d'aimer.


● ● ●



Salutations.

Oui, vous ne rêvez pas, vous venez bien de lire quelque chose de moi dans la section fanfic. Ceci n'est pas un mirage ou une hallucination. Ou peut-être que si. Quoique... Enfin, allez savoir.
Bref. Je viens par la présente honorer le choix fait par Xanaphyr d'utiliser Porygon pour illustrer cette neuvième cérémonie des carpes avec un texte tout juste sorti de ma casquette... En plus de ça, ceci est un cri à l'aide, un appel du désespoir, une ode au temps qui me manque tant - et que j'ai tout de même pris le temps d'écrire, paradoxal, n'est-pas ?
(De plus, ce texte en son ensemble est une référence à une série que j'aime bien, Valérian et Laureline, et ses titres joliment choisis.)
Re-bref. J'espère que ça vous aura un petit peu plu (enfin, un peu plus que le minimum requis pour ne pas décrocher trop vite avant la fin...). Ah, et on m'informe que je bénéficie d'un report de crédit de posts dans cette section depuis l'an dernier... Je songerai à m'en servir de mon vivant !
Amen.

_________________
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Texte à paraître


Dernière édition par Dede7 le Ven 27 Mar 2015 22:20; édité 1 fois
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Zéphyr MessagePosté le: Dim 22 Mar 2015 13:09   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1043
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Je vais être assez bref, le temps me manque Mr. Green.

Te voir dans le coin fait plaisir, surtout après tout ce temps. – tu me pardonneras les nombreuses répétitions de ton mot fétiche.
Ce texte en 5 temps est une petite balade, 100% descriptive (<3), plutôt agréable. On pourrait craindre que le côté uniquement descriptif alourdisse l'ensemble, mais ça se lit bien. Et puis, la variété de points de vue fait que l'on arrive à s'identifier à au moins une situation (enfin, peut-être moins pour le dernier, mais bon…). Personnellement, je me suis senti plus proche du premier morceau (première fois que je dois m'identifier à Jérémie Oo). Ne pas réussir à dormir à cause de ses pensées, c'est moche.

Dans tous les cas, ce qui m'a vraiment plu au cours de cette lecture, c'est retrouver l'essence de l'auteur dans ses lignes. Je pense que si je n'avais pas échangé avec toi, je n'aurais certainement pas lu et réceptionné le texte de la même manière.
Du coup, je vois ce OS comme une éclaboussure de tes pensées, et c'est plutôt agréable comme manière d'envisager un texte.

Ce fut court, mais intense Au plaisir de te revoir prochainement ici !

La corruption fonctionne toujours. Porygon-Z rules.
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Icejj MessagePosté le: Dim 22 Mar 2015 13:34   Sujet du message: [One-shot] Tempus Fugit Répondre en citant  
Vé-Si


Inscrit le: 24 Nov 2014
Messages: 60
Localisation: Bangkok, Thaïlande
De la part de moi-même et de Willismine, j'inaugure ton OS. [EDIT : ou pas, le Zephyr est passé en coup de vent. On ne fait que me doubler aujourd'hui décidément !]

Tout d'abord je tiens à dire que le personnage le plus important du D.A est absent, je veux bien entendu parler de Yumi, la seule, l'unique corbeau de Code Lyoko ! IKO DEVO YUMI !
Silence, vieille salope.

Yumi, je l'aurais vue regrettant la veille.

Bref.

D'accord, le temps fuit. Alors je ne commenterai pas en facettes, en fragments, mais en continu.

Jérémie qui radote, les yeux ouverts sur le plafond, c'est bien fait, le temps en est suspendu. On a l'impression que cette nuit est en dehors du quotidien, quelque chose s'est arrêté, il a le droit de dormir... Mais lui est conscient que c'est inhabituel, que c'est étrange, et du coup cela ne fonctionne pas. Il m'aurait cependant fallu un peu plus pour vraiment m'immerger : quelle saison est-ce ? Fenêtre ouverte ou chauffage ? Chaussettes ou orteils rebelles ? Des sensations, que diable !

Une telle plénitude. Le bonheur. <3 Complet une fois Aelita là, trop chou ! (et trop con pour le voir, moins chou... o/)

Et là hop, plus d'un an, soudainement tout se remet à passer très vite, c'est bien géré !

Et hop, le paragraphe d'après est dédié à des questionnements À La Bulle, plagieur ! o/

Le "pour le moment." est très final, agréable, donne une unité au passage précédent et le ferme. C'est parfait. On ne se sent pas émotionnellement impliqués et donc fatigués, et on est curieux d'aborder la suite.


Ensuite un court passage, des réflexions d'Aelita. On comprend tout de suite qui parle, ce n'est pas confus du tout, et en même temps c'est léger, enthousiaste. J'aime beaucoup le fait que tu fasses ressortir le côté curieux et enjoué d'Aelita sans pour autant l'infantiliser.


Le "vivement demain !" représente tout à fait l'esprit du passage, il s'envole, et nous avec.


Ulrich, l'immobilité, les regrets. Ça lui correspond mais bizarrement je n'ai pas accroché. Il réfléchit trop, perso je pense qu'il est encore trop con pour se rendre compte de ses erreurs. XD Et je vois tellement mal Yumi avec William aussi... Sinon, le temps de chien ça correspond bien à ce triangle amoureux, hein. Surtout à Ulrich.


Problème de concordance des temps au début d'Odd. Flemme d'élaborer.

Ici c'est fun, rapide, les pensées s'enchaînent comme les belles d'une mitraillette... Encore ici et surtout avec Odd, j'aurais aimé lire plus de sensations extérieures, ou durant ses souvenirs... peut-être l'odeur du parfum de Stéphanie, le souvenir des boucles de Trucmuche qui lui caressent le cou... Odd lui, n'est pas dans l'intellectualisation je pense, il ressent !


Le trop tard et le temps écoulé se rejoignent, je trouve, mais en tout cas il correspondent chacun à l'esprit du passage.



J'ai sauté tout le début du blabla de X.A.N.A, surtout parce que ça me gave toujours de lire du X.A.N.A, mais je tiens à dire que la fin est très belle. Vraiment magnifique. Elle m'a frappé... It's deep, man. (a)

Joke aside, c'est vraiment touchant.



Bref. Finalement j'ai quand même fragmenté le commentaire, je réfléchis comme ça, je peux pas m'en empêcher XD


Ton OS est pas mal du tout. Je dirais qu'il manque de dynamisme sur certaines portions, mais nos styles diffèrent grandement et c'est un choix personnel. Le tout est bien ficelé, les passages ont chacun leur identité propre et l'on ressent celle des personnages, derrière.


Merci pour ce texte. Hâte de relire. Mais pas de te mordre. o/

_________________
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Willismine MessagePosté le: Dim 22 Mar 2015 16:09   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


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Messages: 106
Localisation: Les deux mains dans le chocolat.
C'est trop mignon Embarassed Et pour un coup, je n'emploie pas mignon pour drôle. Ce qui n'empêche pas le côté sinistre de la chose, surtout avec cet Ulrich qu'on rêverait tous de baffer. Très fidèle au dessin animé bien sûr. Mais quel thème triste. Penser à 13-14 ans au fait qu'on a perdu son temps ou qu'il nous manque. Se laisser aller à des états d'âme moroses ainsi. Etrangement, j'ai aimé ton OS.

Bravo pour la place chipée à Icejj x)
Je salue ton retour avec une grande joie et n'attends que la confirmation que... ça s'étalera dans le temps Smile
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Willismine : nom égoïste. Vieux psychotrope interdit à la vente.
http://imageshack.us/a/img443/526/evxl.png

Ma fiction : Les Voyageurs
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Lé siniaturre sé tro ouffe.
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Ikorih MessagePosté le: Lun 23 Mar 2015 10:09   Sujet du message: Répondre en citant  
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Messages: 1484
Localisation: Sûrement quelque part.
http://www.zombiegift.com/wp-content/uploads/2013/02/Please-Feed-The-Pandas-Brains-zombie-panda-t-shirt.jpg


Ceci me semble un très bon début de commentaire. Malheureusement, le temps me manque et pour l'économiser, je vais donc ne pas m'éterniser davantage! A plus!



Spoiler

_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Silius Italicus MessagePosté le: Lun 23 Mar 2015 17:22   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 202
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonjour cher Dede7,
la question du temps étant central dans Code lyokô, une nouvelle avec un tel titre ne pouvait qu'attirer le regard.
Il est vrai qu'ici, vous faites plus appel au topique virgilien, qu'aux réflexions sur le voyage dans le temps.

Et chacun ici-bas a une approche différente de ce phénomène, et avec cette approche un style différent pour l'exprimer.
D'une manière générale votre style est vif, alternant les phrases les plus courtes et des passages réflexifs, de retour à et sur soi. L'exception notable étant Xana. Ce qui est logique dans la mesure ou celui-ci a des pensées construites et suivies, sans aucune capacité d'intuition; Chez lui, seul le séquençage est possible. Pas de saute de raisonnement, de changement de sujet.

Pour plonger plus dans le détail, Aelita a le rapport le plus étrange au temps qui passe. Elle a en effet conservé presqu'intact son innocence d'enfant. Le passage dans le supercalculateur, y être et savoir que le temps passe sans qu'il ait prise sur vous, c'est un rêve d'enfant, que lyokô a su laisser inaltérer. l'autre point intéressant, c'est qu'il st rare de trouver des récits où Aelita a des pointes de regrets quant au fait d'être revenue sur Terre. Enfin, l'allusion à Jim, outre qu'elle souligne le côté enfantin de la gardienne, tant dans la formulation que dans le contenu, est excellemment bien trouvée: qui aurait pensé que Jim pu être un exemple d'une vie d'occasion saisie pour les enfants ?

Faire parler Xana est toujours un exercice risqué, en partie du fait de sa présence invisible tout au long du dessin animé. Ici il assume pleinement ce rôle et s'y tient. Cela dit il porte haut l'idée, traditionnelle dans les faits, que le bonheur est la résultante de l'effort pour surpasser la souffrance. En vertu de cette idée, le bonheur n'est accessible que s'il y a eu malheur et souffrance pour mette en avant, valoriser la joie. Énoncer ainsi, cela reviendrait presque à faire sortir Xana de sa nature de mal absolu (quoique l'argument selon lequel il ne fait qu'obéir à son programme, à sa nature, soit tout à fait valable).

Odd présente lui aussi un côté enfantin, mais pas selon la même facette qu'Aelita. En fait il est le seul à vraiment penser avec une insouciance préservée qu'il lui reste beaucoup de temps; En fait il est le seul ici qui jouisse du temps et de son passage, en profite avec délectation. Au point qu'il se permette d'être procrastinateur non de ses devoirs, mais de ses différents plaisirs, qu'il anticipe en passant de l'un à l'autre comme à saute-mouton. Aelita est déjà dans une optique de temps qui file, de construction de l'avenir, Odd lui est à neuf, il cueille le jour.

La rivière coule sans retour, sans obstacle, et sans qu'il soit possible de se sécher. C'est la triste prise de conscience d'Ulrich. Il pose le problème de l'intuition et de la réflexion, de la pensée et de l'occasion. Il sait que l'examen des conséquences, des chemins des possibles détruit l'occasion et en fait la cruelle expérience, déconvenue. Son problème, c'est qu'il spatialise, quand seule la durée lui permettait d'atteindre une solution.

L'intelligence amène le malheur parait-il. C'est peut-être le sort qui se joue ici pour notre génie. Il incarne un dernier rapport au temps, celui du désœuvrement, de l'esprit vidé par la passion finie. En même temps que le retour à une perception normale du temps après le poids de la guerre. Il est un soldat sans guerre, et maintenant que l'adrénaline, l'exaltation et l’hyperesthésie lié à la pression, au champs de bataille, aux obligation du chef s'en sont allés il faut vivre au ralenti, avec une intensité moindre; Il est victime du traumatisme lié au repos ou au retour du guerrier. Il lui faut désapprendre à se servir de son cerveau à aussi haut niveau et en permanence. Ou trouver un nouveau domaine de réflexion intense. Il a tellement concentré sa volonté et son intellect qu'il fait fasse à un vide traumatique, d'où son insomnie.

Le temps est une réalité qui nous est commune à tous. Il semble être le grand égalisateur, messager du néant et de l'oubli. Et pourtant ici se dit la subjectivité de ce rapport au temps. Il a de nombreuse facette: l'innocence brisée qui apprend ses limites et rêve d'un temps à venir, le temps comme seul discrimen valable entre bonheur et malheur, l'insouciance dont l’avènement est assurée et la promesse jamais démentie, le temps comme ennemie de la pensée et de la rationalité, comme instantanéité éternelle et toujours passée, enfin le temps comme perception variable qui n'est qu'en fonction de ce que l'esprit conçoit et construit.

Un récit des plus agréable à lire, sans prétention et pourtant plein de profondeur. Merci.

Au plaisir de voir advenir votre temps, dans la durée et non dans l'espace.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Belgarel MessagePosté le: Mer 25 Mar 2015 22:41   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
Citation:
Quelle heure est-il ?
C'est l'heure du be-be-be-be-Belgacom ! (#IsDeadMeat4ever)
[Ça m'étonne, mais je crois avoir produit un commentaire meilleur que celui de Silius Surprised ]
Citation:
en me laissant caresser par ses merveilleux cheveux. Je ne me lasserai jamais de cette caresse.
Jérémie dévo tricophile :0
Citation:
Peut-être devrais-je seulement profiter de cet instant pour jouir de mon bonheur.
Ahin. C'est le (désormais célèbre) belgamode qui fait ça ?



J
Le temps est soit une grandeur physique, soit une perception subjective. Mais Jérémie, contrairement à d'habitude, ne regarde pas sa montre. La nuit portant conseil, il s'est tourné vers son chaos intérieur. Là, plus de repères : il n'a pas sommeil en plein milieu de la nuit, tout est bouleversé, éloigné de l'image réglée comme du papier à musique qu'il peut donner dans la série. Après tout, être un warrior de la nuit, ça a un prix.
Ensuite, on développe (comme Icej, et, quand j'irai à mon tour en Thaïlande, moi aussi…faites des recherches, curieux !) la thématique "un an" = responsabilité…Le lien, en fait, semble ténu, mais les nombreuses erreurs d'estimation de Jérémie sont en effet la plus grande preuve que notre héros ne savait pas tout à fait ce qu'il faisait, S1. Il prend donc le "temps de soi" pour faire un retour sur lui-même et lécher ses plaies.
Conclusion ? carpe diem. Ou nocturne, Dede-style. Note, ça lui aura pris plus d'un an, à lui, pour se glisser sur la liste des textes éligibles.

A
Citation:
J'ai envie de devenir danseuse
Spoiler
Le quatrième paragraphe ressemble (d'ailleurs) à du Oddlita intelligemment écrit.
Citation:
Je suis quand même vivante, c’est merveilleux !
Et improbable.
Spoiler
Ici encore, il s'agit de "temps de soi", mais sur le long terme, dans des projets d'avenir ouverts et dans la perspective d'une construction de l'identité.
Pour le coup, le tempus ne fugit pas, mais il fugiet. Et en dépit de l'impatience d'Aelita, je ne plussoie toujours pas l'idée selon laquelle dormir est une perte de temps. Dormir, c'est l'ataraxie, c'est la mort, et la vraie "finalité" de toutes nos vies. À moins que tu n'inventes l'immortalité, auquel cas on recherchera la fin de l'histoire. Wait… *

* Passage écrit lors d'une lecture linéaire. Tu le sens, le GG, là, DD ? Mr. Green

U
Bon, scène de zieutage. Comme on est toujours sur le temps, on reste dans la même veine, apparemment, que dans le texte sur Aelita : examen des futurs possibles, de manière un peu plus concrète, pour une future décision. Sauf qu'en réalité, ce qui se joue ici, c'est plutôt, dans le refus de l'introspection (qui pourtant lui crève les yeux : il fait moche), le temps de la prise de conscience.
Une réserve, toutefois. Chronologiquement, début de la saison 2. En théorie, ça pue pas encore trop l'inaction.

O
Bizarrement, on condense tout ce jus intellectuel accumulé jusqu'ici pour le réinvestir dans un jeu vidéo. Timer (XANA), anticipation (A, U), game over (U), réitération (XANA, J…pas la peine de dire "même en remontant le temps", on a compris Wink ). Avec Odd ! En même temps, qui de plus adapté pour nous rappeler que le jeu n'est qu'une métaphore de la vie ?
Pause. Odd est un connard – littéralement, tu lui défonces l'anus avec son propre orgueil. Tous ses fans t'en sont reconnaissants. Son humour, en particulier, a pris cher. Enfin, le but, c'est surtout d'enfoncer le clou métaphorique du "Try again"
Jusqu'au « Temps écoulé » qui nous balance que c'était du divertissement pascalien. Huh.

X
Génial <3 Un pdv XANA. Les programmes conscients, on s'occupe pas assez d'eux. Et ce que tu fais es génial, car la manière dont tu imagines son esprit est parfaite. Bien éloignée de ce qu'on voit de lui dans la série, où il est loin d'être aussi rationnel – mais d'autant plus adulte, évidemment.
Éternité. C'est un mot qui signifie que le temps n'est plus une ressource. Chez XANA, ce serait inexact, puisque si le futur est infini, la puissance de calcul, elle ne l'est pas ; mais une fois atteinte l'acquisition de l'omniscience (ce que tu postules), peu importe la vitesse de la conscience, car elle est éternelle. Cependant, il y a un point sur lequel XANA raisonne mal :
Citation:
L'idée même de tenir un journal est une perte de temps, étant donné que son seul véritable intérêt, celui de pouvoir étudier son passé - comme je suis en train de le faire à cet instant - dans le but d'y déceler les causes d'éventuels échecs pour apprendre à ne plus les reproduire, n'est possible que si tous les faits sont consignés avec exactitude et exhaustivité, ce dont les humains sont incapables car totalement inconscients de la majorité des facteurs réels qui les poussent à prendre la moindre décision.
Les failles de notre mémoire, que XANA nous trouve si néfastes, sont, il devrait le savoir, structurellement liées à certaines fonctions utiles : hiérarchisation des informations, accélération du traitement cognitif de problèmes familiers…Pourtant, il ne nous est pas moins utile qu'à lui de consacrer du temps à la rétrospection : au contraire, l'utilité marginale d'une unité de temps consacrée à cette étude critique de nous-mêmes nous bénéficie bien plus qu'à lui, et ce en dépit de la rareté du temps. Ou peut-être n'est-ce qu'un biais cognitif, une illusion ? (Après tout, on n'apprend rien de l'histoire.) Dans les deux cas, le raisonnement de XANA est trop simple.

XANA continue à basher notre faible irrationalité, sans la considérer sous l'angle de l'avantage évolutif. Grand bien lui fasse, à lui qui a eu la chance de bénéficier d'un design…intelligent, on va dire. Supposer. Je trouve ce mépris infiniment bien formulé, et ses mots très justes. Mais bon, Dede, SF, informatique ; on pouvait s'attendre à ce que ça sente la logique.
Sur quoi elle nous rebalance du divertissement pascalien, signale comme une contradiction son propre biais existentiel.
Avant-dernière phrase : ironie Xanaïenne, il va les tuer.
Dernière phrase : "aimer" Et le mot sonne ici plus intelligent que dans l'extrait proposé (qui, disons-le, est déjà pas si mal). XANA comprend ce que le mot "aimer" veut dire. Le méprise-t-il comme un divertissement humain, une mécanique aveugle ? Ou bien…l'applique-t-il, dans son généreux don divin ? Telle n'est pas la beauté de sa Providence ?

** Belgaligion. This is why I'm a pastaaaaaa-farian. **


Bref. Un texte saturé de temps, surtout sur le plan lexical, mais également sur le fond, brassant moins la grandeur physique que les implications philosophiques de la notion. Jérémie nous est montré dans un temps atypique : le repos. On pourrait croire à un contre-pied par rapport à sa représentation habituelle dans la série ; le dernier extrait nous montre que c'est au contraire le moment le plus significatif de son rythme effréné : l'accomplissement de son but.
Aelita est moins axée temps qu'identité. Ça lui va.
Ulrich et son triangle…bah, je les ai jamais trouvés très intéressants, moi non plus (sauf quand j'écrivais C.A.) Rolling Eyes
Odd introduit la thématique existentielle, et étonnamment, c'est avec lui que le traitement du temps colle le mieux…
Jusqu'à XANA, et là, ça décape ^^ XANA a fondamentalement, essentiellement, ultimement…raison. C'est pourquoi il est le cœur et la clé de voûte, l'alpha et l'oméga qui supervise tout ce texte.

Le deuxième axe, c'est l'amour. Et je ne pourrai m'empêcher de remarquer qu'à cet égard, Aelita (bien que sujet de son propre avenir)comme Yumi sont traitées comme des objets. Mr. Green
Na.


Mwallez. Bisous. C'était génial. Very Happy
Non. Pas du tout. C'était magnifique. Very Happy
Spoiler

_________________
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Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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VioletBottle MessagePosté le: Ven 27 Mar 2015 20:57   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


Inscrit le: 08 Sep 2013
Messages: 82
Localisation: Nord - Nord/Ouest, Captain!
J'avais promis ce commentaire pour Mardi. On est Vendredi. Bah, ça finit pareil.

Tout d'abord, plein d'émotions, et ça c'est cool o/ J'ai bien aimé l'idée d'avoir un Jérémie qui ne s'arrête pas sur ses doutes bien/mal.

Citation:
C'est curieux. Je n'ai pas sommeil. Malgré toutes les nuits blanches, les attaques, les urgences, tout le temps passé à travailler sans relâche au prix d'un repos sans cesse repoussé pour le jour où je le mériterais enfin... Cette nuit, je n'ai pourtant pas sommeil.

Compassion bro'.

Ensuite, Aelita. Tellement pleine de vie que j'en suis venue à me demander si elle ne pouvait pas se faire virtualiser à nouveau quelques années plus tard et ainsi gagner à nouveau des années d'immortalité. Parce que le meilleur moyen de tout découvrir du monde, c'est encore de ne jamais mourir. On ne rate rien du futur comme ça. Elle pourrait carrément réutiliser Lyoko à des fins personnelles de ce genre... *pensive*

Puis vint Ulrich. Mon désamour pour ce personnage m'aurait destinée à ne pas aimer ce passage. Si c'est celui que j'ai le moins aimé, il n'en reste pas moins très bien. On sent ses regrets, très ironiques car résidants dans un manque d'action. Pour un jeune homme aussi impulsif que lui, on pourrait surtout penser que son erreur n'est pas l'apathie, mais le manque de jugeote. Ce qui n'est pas nouveau. (Accessoirement, j'ai l'impression que tout se passe de nuit. Pour lui aussi? "Comme si elle était le soleil qui éclairait ce paysage" Ah non. Pourquoi un changement pour lui?)

Et Odd. Le vrai rayon de soleil au milieu de ces questionnements très philosophico-nostalgiques. Odd, c'est la valeur sûre qui parlera aventures quand tu parleras amour. Le petit hors-sujet qui t'épargne de ne pas dormir la nuit à force de réfléchir. Le seul vrai gamin dans cette histoire. Et aussi complètement inconscient de sa vie de héros. Pourtant...

Citation:
Temps écoulé.

Et oui Odd. Tu peux bien passer le temps, n'empêche que lui ne repassera pas. Et Merlin sait qu'il en perd, la preuve, il aurait pu finir son jeu plus tôt si son esprit n'avait pas été vilement distrait...

Et enfin XANA. XANA. Tellement cool que gah. Voila. Toute l'éloquence du monde ne suffit plus.
Le voir en plein ego-trip "c'est grâce à moi que vous êtes heureux, bande de héros!" est franchement bien. Vrai que si XANA n'avait existé, ils n'auraient jamais connu Aelita... Rien que pour ça, XANA mérite un câlin virtuel avant destruction. Mais au-delà, ça pose aussi la question de l'intérêt pour un héros de détruire sa Némésis. Que fera-t-il après? De même pour le villain. Quand le héros est en pause, que fait-il? L'un comme l'autre sont indivisibles, sinon c'est la mort. Ou l'ennui, dans le cas du programme. Accessoirement...

Citation:
Avec tant de choses à faire, tant de variables à considérer, d'équations à équilibrer, de finalités à considérer, je ne croyais pas retrouver un jour cette détestable sensation qu'est l'ennui.

Sherlock? Qu'Est-ce que tu fais là, toi?

Du coup, le voir revenir dans le passé aussi est bien vu. Il ne peut se projeter dans le futur, puisqu'il s'ennuie. Pareil pour le présent. Ne reste que le passé et les pérégrinations. Sauf que pour un programme, les voyages cathartiques, ça ne sert à rien. Donc XANA est bloqué.

Et moi aussi pour conclure ce commentaire. Donc je vais conclure en disant que c'était fort cool et que j'ai passé un bon moment sur cet O.S. Ecris plus souvent. Et reprends vite Carthage.

(hug)
_________________

« Plus personne ne pourra un jour dormir» Mondes Alternés, Saison 2 Final 3/3. Jeudi 25 Juin.


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GummyBear MessagePosté le: Ven 27 Mar 2015 23:18   Sujet du message: Répondre en citant  
Maître du jeu (+ mag)


Inscrit le: 27 Jan 2013
Messages: 432
Localisation: Dans un paquet Haribo nancéen.
Ponchoir. =)

J'aime beaucoup le thème du temps. Il se marrie si bien au tragique et à la mélancolie ! J'ai donc foncé sur ton texte et je suis trèèèèèès content de l'avoir fait ! xD

Autant commencer tout de suite par le point que je n'ai pas compris : est-ce que tu t'es placé au moment où Aelita a été matérialisée dans tout le texte ? C'est cohérent partout sauf au moment où Ulrich observe Yumi au loin. Si on se réfère à la version d'Odd, il est tranquillement dans son lit et toutes les autres parties m'ayant donné l'impression d'être simultanées, je ne comprends pas trop ce qu'il se passe.
Après, vu que tu parles du temps, tu as le droit de faire ce genre de choses et ça ne gêne pas plus que ça.

En terme de style, tu t'es bien imprégné de chaque personnage. On sent que tu as vraiment voulu faire de leur narration quelque chose de personnel et d'unique, c'est honorable ! =) Toutes mes félicitations pour la vie que tu as mise dans chacun de tes narrations !
Après, tu n'as as pu trahir complètement le naturel et on remarque bien que Jérémie reste le personnage le plus proche de ta façon de penser. Petit lover ! xD

Je suis très peu adepte du couple Jérémie/Aelita en vrai, je ne comprendrai jamais comment Jérémie a pu tomber amoureux d'elle sous forme d'interface sans la connaître et je trouve que leurs personnalités ne se marient vraiment pas.
Mais tu me fais bien relativiser mon jugement à ce sujet avec toute la mignonitude que tu invoques. ^^
Et puis surtout, les premières lignes sont criantes de vérité ! Tout le monde a déjà dû vivre l'état de plénitude que tu décris au moins une fois dans sa vie et c'est une excellente entrée en matière !
L'ambiance que tu installes est originale et la façon dont Jérémie réfléchit suit bien les nuances de son état physique. On a l'impression de s'envoler tout doucement.
J'ai juste une pointe de déception pour la façon dont tu achèves le texte avec un retour un peu trop brutal à la réalité selon moi. Il est sans doute dans son lit depuis des heures sans sortir de sa transe et tout à coup, il réussit à s'en défaire comme si de rien n'était.

La réflexion de Jérémie est faîte d'étonnements : il n'est pas fatigué alors qu'il pensait l'être, il aurait dit avoir rencontré sa copine il y a deux semaines alors que ça fait 1 an, on a tout fait sans crainte mais mes amis auraient pu mourir. Et c'est finalement là où je ne t'attendais pas que tu as choisi de travailler ton texte : sur l'humain ! Il n'y a, au fond, rien de rationnel dans tout ton texte - et ce n'est pas un défaut, surtout de ma bouche !
On le voit donc retracer son parcours avec des yeux extérieurs : ces étonnements sont le fruit d'une belle extériorisation qu'il s'autorise maintenant qu'il a sauvée Aelita. C'est très bien mené !


La partie d'Aelita m'a moins transporté. J'ai l'impression qu'elle ne sait pas sur quel pied danser. Par moments, elle a l'air de découvrir la vie et d'accepter béatement tout ce qu'elle pourra lui présenter parce qu'elle veut apprendre, tandis qu'à des endroits, elle connaît suffisamment les recoins de la vie pour en venir à se demander comment les gens font pour l'aimer. De ce paradoxe, naît peut-être sa volonté double de vivre à la fois dans un monde virtuel sans temps où elle peut fuir les contraintes de la vie ; et de l'autre, celle de vivre pleinement sur Terre la réalité dans toute sa magie.
Je ne crois pas qu'elle se décide finalement.

Le thème le plus intéressant ici, selon moi, c'est la vision qu'elle a des autres personnages. En fait, ce sont eux qui pensent à sa place : Jim et Odd, pour leur joie de vivre et Jérémie pour l'envie de se rebeller contre l'aliénation. La façon qu'elle a de les admirer tous est très touchante : on sent vraiment la fille empathique et débordante d'amour.
Que de tendresse !


La partie d'Ulrich est très étrange. Tout d'abord dans le sens où elle a l'air de se dérouler à un autre moment, mais aussi parce que ce n'est pas vraiment le temps que tu questionnes ici, c'est plutôt le choix. Les deux vont toujours ensemble : sans temps pas de choix et réciproquement, mais ce n'est pas la manière dont les choix influencent le futur ou ont influencé le présent qui t'intéressent ici, c'est vraiment le fait de choisir en soi.
Encore une fois, tu restes dans l'intuition et je trouve que tu le mènes très bien.

Et puis, contrairement aux autres textes qui ont tous une conclusion heureuse ou optimiste, ici, tu es bien plus fataliste ici ! xD
A travers le ressenti intérieur d'Ulrich, on comprend bien qu'il n'agira pas dès les premières lignes du texte : il se remet en question, il ne se défend pas, il ne se donne pas le droit d'intervenir. En tout cas, c'est joliment écrit !


J'aurais plus de mal à qualifier la pensée d'Odd en revanche. Non pas qu'il en soit dépourvu, je ne saisis pas d'approche plus subtile que "YOLOOOOOO" dans ses cogitations. xD Je vais contenter de me dire que l'immersion est excellente et voilà.
Sinon, on a tous un jeu qu'on connaît par coeur parce qu'il était horriblement dur et qu'il n'y avait pas de moyen de le finir autrement Mr. Green


Le texte de XANA mérite une attention particulière. Dans un texte qui place l'intuition et l'humanité au coeur de toute réflexion, il faut s'attendre ici à quelque chose d'un peu particulier. Et c'est ce que tu offres.
Ton XANA n'est pas une machine. Les artifices logiques qu'il dénote chez l'Homme sont présents de la même façon dans ses raisonnements. Il leur reproche d'être esclaves d'envies illogiques mais lui-même se cherche des occupations parce qu'il souffre de la même monotonie. Il a la flemme pour employer les bons mots. Et c'est très intéressant de voir ça !

J'ai été beaucoup, beaucoup, moins ému par la réflexion sur les journaux. Que sa mémoire infaillible (encore que dans un ordinateur quantique se soit complètement faux) lui permette de se souvenir de tout, d'accord, mais je ne vois pas de raison valable qui justifie son incompréhension à l'égard d'hommes imparfaits qui ont, eux, besoin de noter pour ne pas oublier. Il peut les mépriser, mais la question que je me pose finalement, c'est faut-il être humain pour comprendre l'humain ?
Enfin bon, je ne crois pas que ce soit ce à quoi tu pensais xD
J'ai également mal compris la référence au journal de Franz Hopper.
Je suis très peu adepte de l'idée selon laquelle XANA réfléchisse à l'aide de données exactes. Si une intelligence artificielle est capable de l'initiative de révolte, c'est qu'elle conçoit l'imperfection et qu'elle estime sa condition au-dessus de l'imperfection qu'on lui impose. Par extension, elle pense avec des données imparfaites et inexactes dans un monde inexact et face à des ennemis inexacts.
A fortiori, XANA tutoie Jérémie, c'est je trouve, déjà une conscience de l'inexacte et donc, une utilisation de l'inexact.

On en revient à la condition animale de Jérémie. xD C'est une pensée ma foi fort explorée à travers les siècles, je n'ai pas grand chose à y ajouter. La conclusion de XANA, selon laquelle nous tentons perpétuellement de tuer l'ennui et de nous trouver des alternatives pour ne pas réfléchir à la finitude de notre vie mène à des choses bien tristes mais assez inattaquables. C'est profond mais terriblement mélancolique !
La façon dont XANA exprime de la gratitude envers son créateur qui lui a vraiment donné une raison de vivre achève vraiment son portrait d'être humain ! Et la dernière phrase est vraiment très belle !

Pour finir, la grosse raison pour laquelle j'ai écrit ce commentaire c'est pour te faire parvenir cette citation d'Arthur Schopenhauer que je considère comme l'un des joyaux de la philosophie et qui est dans la lignée de ton texte. Il se réfère justement aux occupations volatiles qu'on s'invente pour faire passer le temps : "Ainsi va la vie comme un pendule, de gauche à droite, entre l'ennui et le désespoir."

Bonne chance pour la suite, vieux !

_________________
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"L'amour ne veut pas la durée, il veut l'instant et l'éternité."
Nietzsche
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Dede7 MessagePosté le: Ven 03 Avr 2015 11:46   Sujet du message: Répondre en citant  
Maître du jeu


Inscrit le: 06 Aoû 2007
Messages: 1385
Que c'est beau, que c'est merveilleux ! Vous étiez sept à m'avoir commenté, et gentillement commenté en plus ! C'était parfait. Mais maintenant, vous êtes encore plus que ça, c'est... plus que parfait ! Dans mes bras vous tous, merci à vous ! <3

Pour commencer, merci à l’œil avisé de Belgarel. J'ai corrigé les petites fautes d'orthographe (mais laissé les répétitions et l'imparfait d'Ulrich. Après tout, c'est adapté, non ? ^^')

Zéphyr a écrit:
On pourrait craindre que le côté uniquement descriptif alourdisse l'ensemble, mais ça se lit bien.

Tu me rassures. Je ne suis pas spécialement habitué à ce style d'écrits. Et comme on m'avait fait remarquer, l'absence d'action et d'enjeu aurait pu être préjudiciable au texte et le rendre ennuyant. J'étais donc un petit peu inquiet sur ce point.

Icejj a écrit:
Tout d'abord je tiens à dire que le personnage le plus important du D.A est absent, je veux bien entendu parler de Yumi

Je t'avoue qu'elle ne m'inspirait pas du tout, j'ai alors évidemment préféré l'ignorer plutôt que de me forcer à faire une partie qui ne tienne pas.

Willismine a écrit:
Mais quel thème triste. Penser à 13-14 ans au fait qu'on a perdu son temps ou qu'il nous manque.

C'est vrai que des pensées mélancoliques et dépressives ne collent peut-être pas tout à fait à ce que l'on pourrait trouver dans la tête d'enfants si jeunes. Mais comme le disait Zéphyr, ce texte est un peu une manière d'exprimer mes propres pensées. Aussi, contrairement à mon habitude, j'ai éviter de sur-rationaliser ce texte : je n'ai que très vaguement fixés les repères spatiaux et temporels de l'histoire, les prénoms des copines d'Odd sont choisis au hasard et pas sélectionnés sur critère dans le trombinoscope de la série...

GummyBear a écrit:
est-ce que tu t'es placé au moment où Aelita a été matérialisée dans tout le texte ?

Ahh. La grande question. Quand ? Vu le thème du texte, j'me suis permis de ne pas y expliciter la réponse...
Il y a, à mon avis, deux façons d'interpréter (aucune des deux n'étant parfaite). On peut considérer que tous les passages se déroulent en même temps, au quel cas la réponse à la question "Pourquoi Ulrich est ailleurs ?" est donnée par Odd : il dort. Donc il rêve. Tout simplement. D'où une scène que j'ai pensé à ne pas rendre parfaitement réaliste.
Mais aussi, je pense que l'on peut considérer les points de suspensions entre chaque paragraphes comme représentant des ellipses temporelles. Chacune pouvant correspondre à une saison de la série. Comme déjà dit ci-dessus, j'ai passé beaucoup, beaucoup moins de temps à m'assurer de la parfaite rationalité du texte, étant donné que ce n'était pas le but recherché - après tout, personne à dit que les pensées des héros devaient être rationnelles. Mais je pense que l'on peut aussi bien considérer l'une ou l'autre des possibilités ici.

VioletBottle a écrit:
gagner à nouveau des années d'immortalité

C'est un concept intéressant. "Dix ans d'éternité, pas cher, venez achetez mes dix années d'éternité !". Mais, plus sérieusement, serait-ce satisfaisant de vivre pour l'éternité dans un monde virtuel limité, et en sortir de temps en temps pour sélectionner et profiter de quelques plaisirs de la vraie vie ?

Ikorih a écrit:
Ulrich réfléchit trop

Willismine a écrit:
cet Ulrich qu'on rêverait tous de baffer

La partie sur Ulrich est vraiment moins réussie ou... ou vous n'aimez juste pas Ulrich ? x)

Icejj a écrit:
quelle saison est-ce ? Fenêtre ouverte ou chauffage ? Chaussettes ou orteils rebelles ? Des sensations, que diable !

J'y songerai la prochaine fois, merci !

GummyBear a écrit:
Odd en revanche. Non pas qu'il en soit dépourvu, je ne saisis pas d'approche plus subtile que "YOLOOOOOO" dans ses cogitations.

C'est bien, le #yolo. Ça s'épargne de réfléchir, de se casser la tête...

Icejj a écrit:
Vraiment magnifique. Elle m'a frappé... It's deep, man. (a)

Je suis très content d'avoir pu te toucher si profondément, et de t'avoir empli de joie grâce à ce texte ! Smile
Blague à part, j'avoue que je suis plutôt fier de cette fin, dont j'ai eu l'idée subitement sur le tard.

Belgarel a écrit:
XANA comprend ce que le mot "aimer" veut dire. Le méprise-t-il comme un divertissement humain, une mécanique aveugle ? Ou bien... l'applique-t-il, dans son généreux don divin

Et si c'était ça, l'objectif de Xana ? Feindre la volontée de destruction et de domination du monde pour offrir bonheur et amour à l'humanité ?

Silius Italicus a écrit:
Le temps est une réalité qui nous est commune à tous. Il semble être le grand égalisateur, messager du néant et de l'oubli. Et pourtant ici se dit la subjectivité de ce rapport au temps.

Certains accomplissent des miracles et bâtissent des monuments en une journée, alors que d'autres n'ont à peine le temps d'y penser pendant ces mêmes journées...

VioletBottle a écrit:
Et reprends vite Carthage.

Boouhouihuhu...


J'ai pas répondu à tout ce que vous avez relevé, mais si je me mets à prendre autant de temps pour répondre à un commentaire qu'à poster un chapitre, ça ne va pas le faire. Je suis ébahi par la qualité de vos analyses qui vont parfois même un peu plus loin que ce que j'avais moi même envisagé.

Bon, pour conclure ce post... Merci, merci à vous pour vos commentaires. Ça m'a vraiment fait plaisir. Et à la prochaine ! ^^

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