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 Auteur Message
Idris2000 MessagePosté le: Dim 30 Oct 2016 19:18   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Dans une ville, dans un pays, dans un continent, sur une planète, dans l'univers...
Maintenant je suis à jour! Cool (Enfin, jusqu'au prochain chapitre...)

Concernant Sköll...En fait, Sköll est aussi utile qu'un Magicarpe:

-Comme l'a dit Icer, son destin était prévisible dû à sa non-présence d'Abysses.

-Il était facilement remplaçable. (Genre, on crée un autre renégat un peu timbré à sa place, et ça marchait.)

-L'histoire aurait pu limite se passer sans lui (Et ne parlons pas d'Hati...).

À part cela, ben...Le côté bleu reste toujours mon favori. Je rejoins entièrement Icer sur Carthage (Very Happy) et William (Shocked).

Cela ne rend pas le côté rouge mauvais. Il est au contraire, très réussi. C'est juste que le côté bleu m'attire beaucoup plus, car j'ai beaucoup plus apprécié Cold Case et Ground Blizzard que Imprévu et Abysses.

Bon, je n'ai plus rien à dire, continue comme ça, ces chapitres étaient super! Mr. Green

_________________
Je suis quelqu'un d'observateur. L'avis des autres m'intrigue et m'intéresse.

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Je suis un Pro-Laura et Pro-CLE.

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Ikorih MessagePosté le: Sam 05 Nov 2016 09:15   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Localisation: Sûrement quelque part.
Spoiler


Chapitre 17
Back in black


http://i.imgur.com/T5qfwRq.png


5 juillet 2017 – Région des Bouches du Rhône – Complexe de recherche biologique de Carthage

Cette fois, il en avait marre.
Ces derniers mois, Wreck avait eu la très déplaisante sensation de passer son temps à se faire opérer ou à se remettre de sa dernière opération. Bien sûr, il en avait chié, malgré les doses de morphine. Mais le plus terrible avait probablement été l’inactivité. Six mois à ne rien faire, à ne pas pouvoir utiliser la moindre parcelle de son bras droit. Stella ou Dorothée (mutées dans le coin de façon troublante) passaient le voir de temps en temps, mais ça ne suffisait nettement pas à l’occuper. Surtout qu’en général, il était comateux. Sans grande hésitation, il aurait volontiers échangé cette tranquille inactivité sans trop de douleur contre plus d’agitation, de sang et de douleur. Enfin de ce qu’il avait compris, le projet avait été ravi de récupérer un cobaye pour ses prototypes d’implants nerveux. Ça avait intérêt à marcher. On les lui avait posés depuis une ou deux semaines, et il s’était senti immensément soulagé en constatant qu’il pouvait faire quelques mouvements, et de nouveau ressentir des trucs. Mais ce soulagement avait vite été remplacé par une consternante évidence : les nerfs n’avaient pas été les seuls à souffrir. Le reste du bras, et donc les muscles, avaient aussi subi de lourds dommages. Le projet avait réussi à le rafistoler, bien mieux qu’il n’aurait cru, mais ils ne pouvaient pas lui faire retrouver en un claquement de doigt sa motricité d’antan.
Il était bien déterminé à récupérer pleinement l’usage de sa main droite. Quand bien même ces derniers mois lui avaient appris à se servir de sa main gauche (avec des résultats mitigés au départ), il avait conscience qu’il ne serait jamais aussi habile avec elle qu’avec sa main droite. Mais pour l’instant, il y avait une chose qui lui tenait encore plus à cœur, c’était sortir de cette putain de pièce où il passait ses journées à ne rien faire parce qu’il fallait « le ménager ». Personne n’avait jamais ménagé Wreck, et il fallait perdre cette agaçante habitude. Il se leva, récupéra son pistolet qui traînait dans un coin, illustration frappante de son stade de négligence, et passa devant le miroir. Ah oui, ce foutu miroir qui l’avait scruté des jours pendant qu’il était encore cloué au lit et se demandait dans quel état il était. Ce n’était plus la première fois qu’il y jetait un œil, mais il fut une nouvelle fois agacé par son air de déterré. Son regard gris lui renvoya ennui et fatigue. Sinon, toujours les mêmes traits acérés, les cheveux roux peut-être un peu plus en bataille que d’habitude. Il passa une main dedans pour que l’ensemble reprenne une vague direction d’ensemble, et constata avec dépit qu’il avait levé la main gauche.
Pour le reste, tout était normal. T-shirt rouge ACDC, la peau du bras gauche complètement marquée par le feu, et encore quelques points de suture de ses dernières opérations.
« Allez, fais pas la gueule, tu vas faire un tour. Voir un peu autre chose que cette saloperie de chambre. Peut-être passer tes nerfs sur une quelconque bestiole qui passe par là. »
Un pâle sourire plana sur son visage, s’effaçant assez vite. Reprenant son air neutre et froid, il finit par ouvrir la porte et sortit dans le couloir, mains dans les poches. Pas la peine de signaler qu’il faisait un tour, ils le découvriraient bien tous seuls.


Après une petite réflexion, son choix se porta sur le champ de tir. Ça dépendrait de l’affluence, mais il pourrait peut-être tenter un carton. Juste pour constater amèrement le résultat. De toute façon, il ne voyait pas trop où aller d’autre. Il n’avait pas trop eu l’occasion de visiter.
Il eut cependant la bonne surprise de croiser une tête connue en arrivant sur le champ de tir, qui n’était pas exactement surpeuplé. Dorothée s’exerçait au fond, toute seule, ses cheveux noirs rattachés sur sa nuque pour ne pas trop la gêner se confondant avec ses vêtements. Elle ne l’avait pas remarqué. Il marcha tranquillement jusqu’à elle, s’efforçant d’afficher l’air décontracté, arrogant et alerte qu’il avait quand il était en pleine possession de ses moyens. S’adossant au mur à côté d’elle, il lança un « Salut » des plus sobres.
Elle sursauta et tira de travers. Il eut tout d’abord droit à un regard noir, puis elle percuta.
-Eh ! Mais t’es hors de ta chambre !
-Ta gueule, je crois qu’ils l’ont pas encore remarqué. Et j’aimerais autant que ça continue, ajouta-t-il avec un regard menaçant.
Curieusement, ça ne fonctionna pas. Au lieu d’y faire attention, elle jeta un œil aux marques très visibles de brûlure sur son bras. Il ne réagit pas, faisant mine de ne pas avoir remarqué. Puis elle reporta son attention sur la conversation.
-Bon. Comment tu vas ?
-Comme quelqu’un qui vient de passer six mois cloîtré dans une chambre, grinça-t-il. Je ne me suis jamais autant fait chier. Et j’espère que mon bras droit va remarcher correctement.
-Va falloir faire ta rééducation, lui lança-t-elle avec un sourire moqueur.
Il eut un instant d’incompréhension, puis elle s’écarta et lui désigna sa cible entamé d’un geste de la main, sans se départir de son petit sourire. Il resta quelques instants silencieux et immobile, comme paralysé par l’appréhension. Et s’il tirait à côté ? S’il était devenu complètement nul ? Tant pis. Il faudrait bien qu’il réutilise un flingue un jour. Autant que ce soit devant elle plutôt que devant quelqu’un d’autre. Il tendit la main, et elle lui passa le casque anti-bruit qu’elle portait encore autour du cou. Elle recula d’ailleurs de quelques pas, peu désireuse de se faire détruire les oreilles, et observa attentivement.
Maintenant, Wreck était tout seul en face de la cible. Il prit son pistolet, la main droite sur la gâchette, avec la vague impression d’avoir les doigts complètement gourds, alors même qu’il n’avait pas froid. Il enragea silencieusement en constatant que cette même main droite tremblait un peu, comme si c’était déjà trop d’efforts. Il inspira un grand coup, bloqua sa respiration, puis appuya sur la détente. La balle rata complètement son objectif, et il resta interdit. Il ne s’attendait pas à un tel déferlement de médiocrité. Honteux, il espéra que Dorothée n’ait pas vu ce fiasco, encore que c’était totalement impossible. Mais il n’entendit aucun commentaire railleur. Alors il réessaya, et rata encore. Et encore. Et puis finalement il parvint à caler une balle sur le bord, et constata que son chargeur était vide. Il n’eut pas la foi de recharger pour une nouvelle série d’échecs et rendit le casque à Dorothée, rangeant son arme. Elle le récupéra, regarda l’unique impact sur la cible, puis jeta un coup d’œil à son collègue qui évita volontairement croiser son regard.
-Je crois qu’il y a du boulot, lâcha-t-elle. Tu devrais tenter de la main gauche une prochaine fois, on sait jamais.
Il lui jeta un regard noir.
-Ta gueule.
-C’était un conseil sérieux, se justifia-t-elle. Je sais pas à quel point sont performants les machins que t’as dans le bras mais pour le moment, je suis presque sûre que tu te démerdes mieux de la main gauche.
-…Oui, admit-il finalement, frustré.
Il sursauta quand elle lui colla une claque sur l’épaule.
-Allez, fais pas la gueule ! T’es en une seule pièce, le mec qui avait juré de te crever est mort, t’as enfin fini de te faire charcuter le bras et maintenant t’as juste à réapprendre à tirer, c’est rien du tout ! Tu l’as fait une première fois, ça reviendra vite.
Wreck la dévisagea, surpris de tant de bons sentiments. Un rictus lui tordit le visage.
-Peut-être.
-Vaut mieux pour toi, sinon ça voudra dire que la bleue de l’équipe tire mieux que toi, insinua-t-elle innocemment.
Il la foudroya un instant du regard, la fixa encore une ou deux secondes avant de finalement concéder :
-Considérant que tu as abattu Sköll, tu ne rentres plus dans la catégorie des bleus. Bien tenté.
Elle ricana.
-Tu dis ça juste parce que ça t’arrange.
-Oui.


Quelques minutes de flottement passèrent, pendant lesquelles Dorothée refit un carton sous le regard à la fois jaloux et appréciateur du rouquin.
-Au fait, se rappela-t-elle. On a souvent été d’accord sur des trucs alors je voudrais ton avis là-dessus : on sait tous que Sköll t’a eu par surprise avec un lance-flamme ?
Son collègue eut un grand sourire.
-Oui, on est d’accord. J’aime beaucoup ta façon de présenter les faits qui concernent Sköll !
La jeune femme rit légèrement, notant l’allusion à la première déformation de la réalité effectuée quand il avait abattu Hati. De son côté, le brûlé se rappela de ce qu’il avait lui-même servi à la hiérarchie à l’époque. Comme quoi Dorothée n’avait jamais rien capté à ce qui s’était passé. Il ne lui avait jamais dit qu’il avait passé cet élément sous silence, et comptait bien le garder pour lui encore un moment.
A l’autre bout du couloir cependant, Wreck nota un larbin en blouse blanche qui se faufilait timidement dans un élément qui n’était pas le sien.
-Eh merde, grogna-t-il. C’est pour moi.
Lorsque le type le remarqua, il lança timidement, sans trop s’approcher.
-Euh, y avait des examens à faire pour évaluer la réussite de la greffe des…
-Encore ? grogna Wreck. Vous faites chier, ça fait trois jours que je les ai, déjà. Vous pouviez pas le faire avant ?
L’autre se répandit en diverses excuses et explications que le rouquin n’écouta pas. Dorothée lui lança :
-Allez, va-y. Plus vite ce sera fait, plus vite t’auras la paix.
-Tu parles.
Alors qu’il allait quitter les lieux à contrecoeur, elle le retint :
-Wreck !
-Quoi encore ? soupira-t-il, agacé de se faire héler de tous les côtés.
-Y a méchoui ce soir à la cantine. J’espère que ça ne va pas heurter ta sensibilité et que tu pourras quand même venir manger avec tout le monde, lança-t-elle, son éternel petit sourire moqueur sur le visage.
Malgré lui, Wreck rit à la blague. En s’éloignant, il se retourna et lui renvoya :
-Quelle sensibilité ?

http://i.imgur.com/qOJiL1o.png


10 octobre 2019 – Région des Bouches du Rhône – Complexe de recherche biologique de Carthage

Elisa Cloud, les bras croisés, assistait en silence à un prélèvement de tissus sur le corps congelé de longue date de Sköll. Car oui, même s’il était mort le crâne éclaté, il restait une spécificité génétique unique en son genre. Les vidéos de surveillance de l’ex-labo de Chimera avaient également donné un aperçu très intéressant de ses évolutions physique. Baal Hammon, également présent dans la pièce, avait jugé que les gènes du franco-norvégien leur seraient encore utiles pour de plus grands projets. Désormais, les technologies carthaginoises avaient assez évolué pour que ce grand projet puisse être mis en marche. Le projet Chimera n’était qu’un début. Les mutations du génome humain pouvaient maintenant être utilisées pour de plus grands desseins. Comme par exemple créer la vie.
Une combinaison audacieuse de génomes, que le profane aurait nommé patchwork, était destinée à être mise dans le noyau de cellules et cultivée. Pour ensuite observer et étudier l’être grandiose qui en émergerait.
La combinaison en elle-même était assez fournie. On y trouverait, déjà, les gènes de Sköll. La régénération rapide, éventuellement les divers appendices dont il était affublé sur la fin. Ils avaient également eu un cobaye qui avait développé une force un peu trop dangereuse et qui avait dû être abattu en laboratoire même. Et ils avaient ajoutés quelques gènes de divers animaux, un peu au hasard, pour voir ce que ça recracherait. Maintenant restait même à voir si l’être était viable. Sinon il faudrait adapter la combinaison.
Baal ne resta pas pour la fin de la manipulation, ordonnant à son attachée de lui relater le moindre détail de la manipulation. Cette dernière avait noté un point intéressant. Leurs gènes à elles n’avaient jamais été mentionnés dans le remix génétique. Baal devait vouloir les garder exclusifs. Elle se sentit flattée de rester dans ce club fermé, et de ne pas avoir été supprimée une fois l’insertion de gène avérée utile.
Plus tard, elle rédigerait son rapport qui allait figurer en introduction du dossier du nouveau projet de Carthage. Ses observations sur ce jour historique. Sur l’initiation du projet Helion.



Sur le départ
http://i.imgur.com/CpVw9yP.png


21 septembre 2016 – Localisation inconnue

La mer numérique était un lieu sombre et froid, quand bien même William ne pouvait pas le ressentir. La tête appuyée mollement contre la vitre, il était assis depuis une éternité dans ce navskid et son regard sondait les ténèbres et la sorte de ville inversée qui les entourait. Au début du voyage, le jeune homme était tout excité, et prêt à faire face au moindre danger qui pourrait se trouver sur leur route. Mais rien ne s’était passé. Il s’ennuyait terriblement, et se sentait gagné par un profond sentiment de solitude. Dorka conduisait, elle était totalement ailleurs. William pensa à ces films avec des sous-marins qui descendent dans les abysses de l’océan pour y rencontrer des espèces de poissons rares et très laids. Qu’allaient-ils trouver comme fantastiques horreurs ici, aux confins du réseau ?
Les banques de données se raréfiaient. Et la lumière aussi. William se sentit encore plus seul, et avait encore plus froid intérieurement. Quel endroit glauque.
Une violente secousse ébranla soudain le Skid. Dorka lança, d’une voix peu anxieuse :
-Euh…on est attirés par un truc. Je sais pas quoi, mais ça pointe droit vers notre signal.
-C’est dangereux ?
-Aucune idée, avoua-t-elle. On navigue dans l’inconnu, si je puis me permettre.
William soupira et regarda les ténèbres défiler. Enfin, il supposait que ça défilait. Au bout d’un moment, Dorka jura, se plaignant que les phares venaient de lâcher.
Et une lumière verte les éblouit. Ils se cachèrent les yeux, la conductrice lâchant les commandes (ce qui n’avait pas beaucoup d’importance vu qu’ils étaient attirés par leur destination). William n’avait jamais vu une chose pareille, et il hésitait entre l’effroi et l’émerveillement. Dorka en revanche n’hésitait pas. Elle exultait. L’inconnu l’avait toujours attirée de façon malsaine, comme si cette soif de connaissance pouvait la consumer. En tout cas, elle avait vu plus de situations démentielles que le n’importe qui dans le monde, il pouvait en jurer.
William ne vit pas grand-chose de plus mais la lumière disparut soudainement.

http://i.imgur.com/lB0lESi.png


21 septembre 2016 – Xylem

Il tituba en constatant qu’il s’était fait débarquer du Skid. Dorka, devant lui, observait les alentours avec des yeux brillants. Si lui ressentait une sorte de mélancolie et d’inquiétude à la vue de ce lieu, elle était comme transcendée par une joie fanatique. Le sol était noir, quadrillé de léger traits gris. Pas de murs ou de plafond visibles, juste les ténèbres qui empêchaient de voir la moindre fin à cette agora géante. William se retourna et vit une grande volée de marches, terminée par un vortex vert pâle de la même couleur que la grande lumière qu’ils avaient vue en arrivant. Des morceaux de pierre noire gravitaient autour pour le délimiter. C’était la seule chose qui ressemblait à une construction ici.
Les lieux étaient également voilés par une brume pâle.
William ne remarqua pas tout de suite que Dorka avançait, et fut alerté uniquement par l’écho de ses pas. Bizarre, un écho ici.
-Hé, où tu vas ? lui lança-t-il, inquiet.
-Ben, j’explore ! Il y a forcément un truc ici.
William renâcla, mais courut un peu pour la rattraper, regardant avec appréhension le vaisseau disparaître dans les brumes. Il y voyait d’autres choses d’ailleurs. Au loin, la silhouette d’Alice, l’IA qu’ils avaient détruite, les fixait avec une haine non dissimulée, se confondant dans les tons gris du brouillard. Menaçant, William raffermit sa prise sur son zanbatô et la garda dans son champ de vision, mais elle n’avança pas et il finit par la perdre de vue. Mais il ne vit pas que ça. Des pièces d’échec ici. Un œil de XANA se dessinant dans les volutes, aussi insaisissable qu’il l’avait été. A côté de lui, William vit Aelita, et il eut un pincement au cœur.
« Maître ! Maître, je suis là ! Maître ! »
Il sentit la chose au fond de lui pousser pour reprendre le contrôle, mais il lutta et se força à avancer, à ne plus regarder l’œil. Cet œil le voyait peut-être. Désormais, il n’était plus seulement un peu mélancolique. Il était terrifié. Il se souvenait bien de XANA et ne voulait pas croire à une possible résurrection de sa part. Au loin, une boule blanche qui ne dit rien à aucun des deux Lyokoguerriers.
Au fur et à mesure qu’ils avançaient, ils virent se dessiner des scènes, et non plus des personnages. Là, une jeune fille aux cheveux noirs se tenait sur une falaise au-dessus d’une mer démontée. Ici, un monstre galopait dans un couloir de métal. Là encore…
Dorka se figea. Elle vit l’être masqué discuter avec Senja, et avec une femme noire en robe blanche. Elle dévora l’image jusqu’à ce que les moindres parcelles en soient dispersées. William la regarda.
-Qu’est-ce qu’il y a ?
-Là…là. J’ai vu les meurtriers des Lyokoguerriers. Dans la brume. Mais c’est pas possible à la fin, qui sont ces types !
Personne ne lui répondit, et finalement elle continua à avancer d’un pas rageur.
Brusquement, une vive lumière les éblouit tous les deux.

http://i.imgur.com/lB0lESi.png


21 septembre 2016 – Xylem – Cœur de Xylem

Les deux jeunes adultes regardèrent autour d’eux, la vue récemment retrouvée. Les lieux étaient désormais lumineux au possible. Le grillage au sol avait viré au doré, et devant eux, une sorte d’écran géant d’or qui n’affichait rien. La brume avait disparu.
-Bon sang mais j’en ai marre de ces téléportations ! trépigna William, nerveux.
-Bienvenue.
Ils sursautèrent, ne s’attendant pas à trouver quoi que ce soit de vivant dans ce lieu. La voix était désincarnée et indéfinissable. Mais très douce et calme. Rassurante, en somme.
-Vous avez fait un long chemin jusqu’à moi. Vous êtes ici dans le cœur de la croisée des chemins du multivers, dont je suis le gardien.
William vit le regard de Dorka s’illuminer comme jamais, éclipsant de loin la brillance de la pièce. Elle avait trouvé quelque chose d’inimaginable.
-J’ai besoin de vous.
-Pourquoi ? demanda-t-elle fébrilement.
La voix ne tarda pas à répondre.
-Voilà maintenant plus de vingt ans que votre univers a été divisé en deux. Un choix insoluble pour la grande équation du multivers. A présent, les deux branches ont évolué chacune de leur côté, mais elles sont malades. La vie elle-même est altérée sur ces branches. Des mutations apparaissent de façon non naturelle. Il faut à tout prix réunir ces deux branches pour qu’elles parviennent à survivre à nouveau.
William fronça le nez. Il n’aimait pas ça. C’était trop pour lui, ce genre de quête, il voulait juste qu’on lui foute la paix.
-Et pourquoi vous le faites pas vous-même ? grogna-t-il.
Dorka, elle, restait interdite. Des mutations ? Oui, ça pouvait expliquer…
-J’ai atteint le bon seuil de puissance de l’autre côté, dans quelques années. Mais un programme multi-agents m’empêche de mener à bien mes objectifs. Il faut construire un pont entre les deux mondes. Je peux m’occuper de faire celui dans cette partie, mais de l’autre côté de l’univers…il faut que j’y envoie quelqu’un. J’ai tenté de me débrouiller seul mais je crains que ce ne soit pas possible.
Il s’attendait à voir Dorka approuver sans retenue cette mission totalement capillotractée, mais elle se montra plus circonspecte qu’il n’aurait cru. Ou plus retorse.
-Je veux bien, mais vous allez répondre à une question avant. J’ai vu deux personnes massacrer trois adolescents avant de disparaître dans une lumière bleue surnaturelle, il y a maintenant sept ans. Je veux savoir qui ils étaient et d’où ils venaient.
-Ce sont des intrus d’un autre univers. Ils ont trouvé comment se déplacer dans les branches du multivers et ils interfèrent dans des mondes différents du leur. Malheureusement pour vous, ils avaient besoin de venir dans le vôtre…
Dorka hocha la tête, gardant dans un coin de sa tête le projet de retrouver ces génies un jour pour leur demander comment ils faisaient. Encore qu’il était peu probable qu’ils se montrent enclins à partager leurs mystères…mais un pan de l’énigme les entourant était levé.
Elle avait un peu le vertige. C’était un monde encore plus vaste qui s’offrait à elle maintenant, et elle n’avait qu’une seule envie : l’explorer.
-Ok, je marche. Allez-y, expédiez moi dans l’autre monde.
Elle eut un moment de flottement, une sorte d’absence, et quand elle regarda l’écran, elle y vit des images défiler. Des évènements. Elle s’y vit, elle aussi.
-Voilà à quoi ressemblera le futur une fois les branches accolées. Tu dois m’aider à accomplir ce destin. Tu es l’élue.
Elle hocha la tête. William la fixa bizarrement.
-A quoi tu acquiesce ?
-…Tu ne l’as pas entendu ? interrogea-t-elle, surprise.
-Ben non. T’as fixé l’écran comme ça, et puis t’as hoché la tête.
Elle retint un sourire. Ainsi donc elle avait des informations qu’il ne possédait pas. William la regarda d’un air méfiant, et se demanda soudain s’il avait envie de confier le destin de l’univers à cette espèce de chasseuse de trésors numériques.
-Attendez, finit-il par dire. Je veux venir aussi.
-Qu’il en soit ainsi.
Et soudainement, ils se retrouvèrent devant le portail vert du début. Dorka regarda derrière eux, mais ne vit pas leur vaisseau. Elle en déduit qu’il devait exister d’autres portails partout sur ce monde mort. Elle regarda William, puis à nouveau le vortex vert.
-Bon, eh bien on va sauver l’univers ?
-Dire que je pourrais être rentré chez moi et travailler mon master de droit…
-T’es encore en master ?
-J’ai jamais été très doué à l’école, répondit-il évasivement en s’avançant vers le portail pour échapper à plus de questions. Elle le suivit.
Et elle repensa à sa vision du futur avec un sourire.

Spoiler

_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Lhetho MessagePosté le: Mer 09 Nov 2016 22:42   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Localisation: Une chose est sûre, c'est sur Terre !
...

Bon, voilà plus d'un mois que je n'ai pas commenté cette fic (et les autres accessoirement) mais je n'avais pas le temps. Cependant, j'ai continué ma lecture sans commenter. Et comme mon lycée m'a gentiment offert un week-end plus long parce que je sors de trois jours d'exams, le temps est venu !

Et bien... quasiment tout à été dit avant à vrai dire. L'histoire poursuit son chemin petit-à-petit. Les derniers chapitres étaient vraiment sympas surtout lors du passage avec Skoll et Wreck. L'écriture est toujours soignée et c'est toujours aussi bien raconté donc quoi dire de plus à part demander la suite. Very Happy Par contre, tu as précisé qu'il fallait lire Imprévu et Abysses... bah Imprévu c'est déjà fait mais Abysses... Je pense qu'il va être temps de lire la seule fic jamais ouverte (je ne sais même plus pourquoi) qui traîne sur mon pc, mon sommeil en prendra certainement un coup mais je veux pouvoir comprendre toute l'histoire.

Bref, continues tout simplement Very Happy . Je sais que ce com est pas du tout construit mais comme c'est le premier depuis un bail... Je vais m'atteler tout de suite à la lecture d'Abysses. Sur ce, bonne soirée Smile .
_________________
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Ikorih MessagePosté le: Sam 12 Nov 2016 09:12   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Chapitre 18
Ruines


http://i.imgur.com/v5qoJr8.png


15 novembre 2022 – Trois jours avant contact – France – 12ème arrondissement de Paris

William et Dorka avaient à peine pu cligner des yeux qu’ils se retrouvaient, vêtus comme ils étaient à l’entrée au scanner, dans une rue quelconque, déserte, mais dont l’architecture leur était un minimum familière. A proximité, ils pouvaient apercevoir la Gare de Lyon, avec ses arches et son horloge. Il faisait gris et triste, et la blonde finit par mettre le doigt sur un problème : il n’y avait personne. Pourtant…a priori, une gare était souvent un lieu fréquenté. Et plus encore à Paris. Quelque chose clochait.
William avait aussi compris ce fait. Il la regarda et commenta, d’un ton qui s’efforçait de masquer une inquiétude :
-Génial, on est téléportés devant la gare de Lyon. Et ? Qui nous dit qu’on est bien dans l’autre monde, comme l’avait promis ton pote numérique ? Et si on est dans l’autre monde, on est quand ? Il a parlé de quelques années…
-Du calme, j’en sais pas plus que toi, reconnut-elle avec une grimace. Mais on va vite trouver. Il m’a expliqué. On doit rejoindre le Supercalculateur ici, et le synchroniser avec celui de XANA (qu’on devra donc rejoindre aussi). Comme ça, on aura la puissance nécessaire pour faire la manipulation que souhaitait le programme et on pourra raccorder les mondes comme prévu.
-XANA a un Supercalculateur maintenant ?...
-Il semblerait.
William eut un reniflement agacé, regrettant un peu de s’être engagé dans cette galère. Mais il emboîta le pas à Dorka. Puis il nota des dégâts sur les bâtiments, au fur et à mesure de leur avancée. Le quartier était définitivement désert, pas de trace de vie, mais des traces de destructions étaient présentes sur les pavés et certaines façades.
-Qu’est-ce qui s’est passé ? marmonna-t-il, à moitié en espérant que Dorka ait une idée. On dirait qu’il y a eu un genre de séisme ou quelque chose comme ça, mais Paris est pas en zone sismique…
-Je sais pas, mais on dirait qu’ils ont un peu déconné dans cet univers…
-La zone a dû être évacuée suite à…ça. J’espère que rien n’a abîmé le Supercalculateur.
Le duo continua son chemin dans les rues désertes, relativement détendus. Ils s’interrogeaient, mais ne se sentaient pas en danger immédiat. Ils auraient pu débarquer dans un monde en guerre parfaitement hostile. Au lieu de ça, c’était relativement familier.
-Est-ce que ça veut dire que dans six ans, chez nous, ça donnera ça ? Une grosse catastrophe ?
-Tu sais, cette branche a dérivé, c’est pas impossible que certains évènements de là-bas ne se soient jamais produits chez nous…
-Déjà, je crains que XANA ne soit toujours vivant, grogna William. Tu te souviens ? Le supercalculateur de XANA, et le fait que notre allié soit bloqué par un…programme multi-agents ?
-Y en a peut-être un autre, lança Dorka, tentant de positiver.
Mais William n’avait pas tort. Comment étaient-ils supposés atteindre le Supercalculateur de XANA ? Ce dernier ne les laisserait sans doute pas l’emprunter bien gentiment. Il y avait même très peu de chances…
Dorka marcha sur un bout de papier. Elle pila, reconnut un morceau de journal. Avec l’éclat fébrile du fond de ses yeux quand elle trouvait un élément intéressant, elle se baissa pour le ramasser et le montra triomphalement à William.
-On va peut-être avoir des réponses !
-Depuis quand on se fie à une pauvre feuille de papier perdue ? grogna-t-il avec mauvaise foi.
Sans faire attention à son commentaire, elle déplia ce qui restait de la page. Les nouvelles d’il y avait deux jours. En titre, l’évacuation du douzième arrondissement. Une image au centre de la page dont une moitié était déchirée, et seule la colonne de droite était encore lisible. L’humidité avait affecté le reste. Dedans, il était fait mention de mesures prises par le gouvernement, d’un groupe privé chargé de gérer la situation en raison de leur implication, tout ça. Dorka haussa un sourcil, sceptique. Tout ça n’était pas très clair. Elle s’intéressa à l’image. Ce n’était pas très net, mais il y avait quelque chose dans la rue. L’image était prise depuis une fenêtre, en plongée, et une énorme masse occupait le pavé. On y distinguait un reflet métallique, et la chose devait faire plus de deux mètres au garrot, pour plusieurs de long. La photo était mauvaise, mais visiblement, ils n’avaient pas trouvé mieux pour illustrer l’article, preuve que les clichés à proximité n’étaient pas recommandés.
Une chose était sûre, la thèse du séisme pouvait être écartée…
-Je commence à comprendre ce qu’il voulait dire en parlant de mutations. Quelque chose a déconné dans ce monde, mais sévèrement.
Elle garda pour elle sa récente vision nocturne. Pas la peine de l’en informer…
Le sol commença à trembler. Interloqués, William et Dorka échangèrent un regard. Un bruit métallique aussi, et puis soudain, quelque chose jaillit de l’angle de la rue. C’était une masse galopante de muscles tendus sous une peau verdâtre. Deux antennes jaillissaient de son crâne à six yeux jaunes, qui était complété d’une mâchoire inférieure en métal. Son dos luisait d’un éclat argenté, dévoilant de nouvelles plaques métalliques qui s’étendaient jusqu’à sa queue et couvraient également certaines de ses quatre pattes. Ils n’eurent cependant pas beaucoup plus le temps de l’observer, se jetant hors de son chemin. Elle freina, les détailla d’un air presque intelligent et presque calculateur. Dorka songea qu’ils étaient dans la merde et que ce voyage dans le futur et les dimensions risquait de se finir un peu plus vite que prévu. Pour ne rien enlever à ce chaos, un sifflement, et un projectile heurta le mur juste à côté de la créature, qui sursauta, releva la tête vers les toits, et poussa un feulement menaçant avant de s’enfuir. L’instant d’après, un cri de rage déchira l’air.
-Putain !
Les deux voyageurs se regardèrent à nouveau, tentant de comprendre ce qui leur arrivait. Cerise sur le gâteau de la confusion, ils furent rapidement face à trois autres personnes qui venaient de se regrouper dans la rue. Finalement, le 12ème arrondissement n’était pas si désert.
Ils avaient donc en vis-à-vis trois types qui avaient des dégaines très différentes. Au milieu, un colosse au visage fermé avec un bras robotique, à sa gauche un échalas roux à l’air mauvais avec des cicatrices sur la joue, et plus en retrait, un petit blond qui devait avoir à peine dix-huit ans. Et tous étaient armés.
-Vous êtes contents j’imagine ? grogna le plus grand du trio. Des jours de traque foutus en l’air ! Et puis qu’est-ce que vous foutez encore là, on avait fait évacuer la zone !
Le roux les détailla tous les deux, son regard s’arrêtant sur William. Finalement il siffla, sans se départir de son air rogue :
-…William Dunbar. Voyez-vous ça. T’auras jamais fini de nous les briser ?
-On se connaît ? interrogea William, un peu déboussolé.
Le colosse reporta son attention sur le brun, fronça les sourcils.
-Oh putain mais il a raison en plus. C’est lui.
-Euh, y a erreur, balbutia William. Je vous ai jamais vus de ma vie. Je sais pas comment vous connaissez mon nom mais…
-Ta gueule, cracha le roux. On ramène ces deux crétins à la planque, et là on avisera ce qu’on fait de Dunbar. Pas la peine de traîner là, Némésis ne va pas rester éternellement terré à la morgue.
Dorka gratifia William d’un regard agacé, comme s’il y pouvait quelque chose. Sous l’œil de ses aînés, le petit blond marcha jusqu’à eux, pistolet en main, et leur fit signe de passer devant lui.
Contenant un soupir, Dorka s’exécuta. Rejoindre le Supercalculateur ne serait pas si simple que ça.

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15 novembre 2022 – Trois jours avant contact – 12ème arrondissement de Paris – Immeuble partiellement écroulé

L’équipe de Carthage chargée de récupérer Némésis n’en menait pas vraiment large. Le projet avait utilisé toute son influence pour empêcher qu’on ne lâche l’armée sur le douzième arrondissement où la créature avait élu domicile. Il avait promis que le monstre serait vite sous les verrous, et la pression retombait donc sur les exécutants. Mais depuis la destruction du complexe de recherche biologique, on se demandait encore où la créature serait enfermée à terme, et on murmurait que Baal Hammon était parti et qu’un de ses proches avait repris le masque. L’anarchie se profilait.
L’escouade qui collait aux basques de l’erreur génétique était composée de cinq membres. Nergal et Sabriël géraient les recherches et la communication avec la hiérarchie, tandis que Steven et Wreck opéraient sur le terrain. Saturnin, progéniture d’un quelconque dignitaire ayant déçu Baal Hammon, se retrouvait à faire les diverses corvées, comme garder un œil sur les deux prisonniers dans un coin de l’étage à peu près intact qu’ils occupaient. Nergal était un être chétif et pâle aux cheveux noirs, et Sabriël une vétérane de Carthage dont les cheveux, sombres également, étaient attachés en queue de cheval. Elle présentait la particularité de boiter, ce qui expliquait pourquoi elle n’était pas vraiment impliquée dans les opérations de terrain.
Dans un monde idéal, dès que l’équipe aurait réussi à coincer Némésis, ils pourraient l’endormir et attendre que Carthage vienne récupérer la carcasse pour la mettre en lieu sûr. Dans la pratique, l’état sauvage avait modifié la façon d’agir du molosse, qui avait tendance à éviter le conflit avec ses poursuivants et se terrait dans sa morgue du douzième depuis qu’il était remonté jusqu’à la ville, quelques jours plus tôt.
Wreck squattait régulièrement le balcon pour s’en griller une en observant le quartier, dans l’espoir peut-être d’apercevoir la créature. Il ne se mêlait de toute façon pas beaucoup au reste du groupe, qui était assez éclaté. Sabriël et Steven, en bons vétérans de Carthage, parlaient beaucoup entre eux, et personne ne voulait parler à Saturnin ou Nergal de toute façon. Deux gringalets un peu inutiles mais qu’il fallait bien se traîner. Encore que l’ex-archiviste pouvait avoir son utilité…
Lorsque le roux eut finit sa clope et négligemment jeté son mégot par-dessus la balustrade, il rentra, probablement chassé du balcon par le froid mordant qui commençait à y régner. Il balaya l’assistance du regard. Sabriël, installée sur une chaise dans un coin de la pièce pour soulager sa jambe, lui jeta :
-Bon, on fait quoi de tes deux prises ? C’est bien sympa mais notre objectif c’est Némésis, pas Dunbar…
William avait fini par renoncer à clamer qu’il ne les avait jamais vus. Dorka continuait à cogiter sur une façon de négocier, mais avec la main menottée à un vieux radiateur, on est pas en position de négocier.
-Moi je veux savoir ce qu’ils foutaient là, leur simple présence a totalement modifié l’itinéraire de Némésis et on l’a raté à cause d’eux, grogna Wreck en s’avançant vers les deux prisonniers d’un air menaçant.
Il fut cependant retenu par Steven. Les deux hommes s’affrontèrent un instant du regard, avant de noter que la boiteuse s’était levée pour prendre les choses en main et leur passait devant pour questionner elle-même les prisonniers.
-Bon. William Dunbar, on va la refaire. Tu vas nous expliquer pourquoi on te retrouve encore sur notre chemin alors même que tu as déserté de notre organisation.
Le brun soupira.
-Je n’ai jamais fait partie de votre organisation, je ne sais même pas comment elle s’appelle.
-Il joue l’amnésie ! lança Wreck en se dressant sur la pointe des pieds pour y voir quelque chose au-dessus de l’épaule de Steven.
Sabriël l’ignora superbement, détaillant le visage de son interlocuteur, avant de lâcher :
-Il fait plus jeune que la dernière fois qu’on l’a vu.
-Et alors quoi ? rétorqua le roux d’un air agacé.
La vétérane de Carthage reporta son attention sur Dorka, qui n’avait pas dit un mot.
-Et toi, t’es qui ?
La blonde avait pas mal hésité. Mais il fallait tenter le coup.
-Je m’appelle Dorka. Moi et William, on vient d’un univers parallèle. Je crois qu’on est un peu décalés par rapport à la chronologie de votre monde, ce qui explique qu’on ait six ou sept ans de moins que nos doubles dans cet univers. D’où le fait que William ne vous connaisse pas.
Wreck pouffa. Steven haussa un sourcil. Saturnin ricana. Sabriël inspira profondément pour contenir un élan d’agacement. Nergal leva le nez de son ordinateur pour s’intéresser à la discussion. Et Dorka se dit que ce n’était pas gagné.

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Autre temps – Autre monde

La civilisation était restreinte à des villes quasi autonomes. Les routes étaient devenues obsolètes, avec l’avènement du transport aérien. L’extérieur était laissé en grande friche, entre l’exubérance et la décrépitude. Un grand mur séparait symboliquement les cercles de civilisations des villes et la nature. Les rares villes. Beaucoup avaient disparu, la population avait décru, pour laisser respirer la Terre.
Dans les cités, de grands immeubles, fiers. Une architecture normalisée et simple. De grandes avenues dégagées, arpentées par des gens tous habillés pareil. Plus de maladies, plus de différences, plus de racisme aussi.
Une grande toile virtuelle étendue en arrière-plan de toute cette perfection. Un endroit où l’on pouvait stocker tout ce qui menaçait l’univers, une réserve, un réseau de données, et une source d’inspiration infinie pour la réalité. Un grand dédale noir, en opposition avec ces cités d’argent que l’on retrouvait partout sur le globe.
Il y avait Xanthome, perdue quelque part dans une étendue gelée, où l’on grattait le sol pour arracher la moindre parcelle d’uranium. Xénon, entourée d’une plaine où émergeaient encore quelques arbres, vestiges d’une forêt. Xénélasie, derrière une barrière de montagnes. Xiphias, sur son île, face à une mer grise évoquant le mercure. Xylane, en pleine jungle. Xérophyte, écrasée par la chaleur entre deux dunes. Un climat maîtrisé grâce à la puissance déployée par le monde virtuel, pour une planète ressemblant exactement à ce qu’elle devait être.



Nuit du 15 au 16 novembre 2022 – Deux jours et demi avant contact – 12ème arrondissement de Paris – Immeuble partiellement écroulé

Nergal avait écopé de la garde pour le milieu de la nuit. Cela lui revint lorsqu’une silhouette grande et mince le réveilla d’une bourrade avant de s’écrouler sur le lit d’en face. Devant ce réveil sans aucune délicatesse de la part de Wreck, l’archiviste se leva et se traîna jusqu’au salon de l’appartement, louchant sur l’emplacement où il devinait la machine à café et maudissant son collègue d’avoir éteint la lumière en partant. Alors qu’il tâtonnait à la recherche de l’interrupteur dans le noir, il entendit la voix de la blonde actuellement menottée au radiateur.
-Sur ta gauche.
Il sursauta, croisa alors son regard légèrement luminescent, comme l’aurait été celui d’un chat, et testa prudemment le mur à sa gauche. La lumière fut, le regard de Dorka redevint normal, et William grogna en se retournant autant qu’il pouvait pour la fuir et essayer de dormir un tant soit peu. Nergal s’accapara la machine à café, se servant une tasse avant de se poser devant son ordinateur portable. Il nota en passant que William avait un bleu sur la pommette, probablement Wreck qui n’avait pas pu résister à l’envie de s’affranchir des consignes de Sabriël. Les deux rigolos allaient sans doute être remis à Carthage dès que possible histoire que le groupe n’ait pas à s’occuper d’eux en plus.
Il alluma sa machine, songeur. Après quelques temps à rôder sur Internet, il jeta un œil aux deux prisonniers. William avait l’air de dormir, et Dorka le fixait. Un peu mal à l’aise, il marmonna :
-Arrête ça tu veux ?
-Désolée. C’est juste que j’ai pas sommeil et que je m’ennuie, répondit-elle en détournant le regard.
Nergal soupira et s’arracha à son ordinateur.
-Tu sais, un jour faudra dire la vérité. C’est pas avec cette histoire à dormir debout de voyage à travers les univers que tu convaincras qui que ce soit. Et je connais mes collègues, vaut mieux pour toi que tu leur racontes ce que vous faisiez vraiment là. Ça vaudra mieux.
Dorka fit la moue.
-Et pourtant, c’est la vérité. Votre chef a eu l’intelligence de noter que William avait l’air plus jeune que celui que vous connaissiez. Ça doit être une des seules preuves tangibles que j’aie à fournir.
Nergal ne put s’empêcher de rire doucement. Il but une gorgée de café et lança, moqueur :
-Alors raconte-moi tout, c’est quoi l’histoire ? Comment vous vous êtes mis à voyager entre les mondes ?
La blonde haussa les épaules. Au point où elle en était, elle pouvait bien lui raconter. Sans rentrer trop dans les détails.
-Eh bien j’ai découvert un Supercalculateur dans les profondeurs d’une vieille usine, quand j’étais au lycée. J’ai bien dû y passer toutes mes nuits durant sept ans, je le connais quasiment par cœur. Sauf que y a pas longtemps, j’ai croisé William qui y revenait pour s’assurer que XANA était bien détruit. Il m’a juré avoir vu une activité et voulait qu’on vérifie. Et moi je faisais des recherches sur le projet Carthage et j’avais contacté Ardath Dérobâme, une ancienne d’Urbe…qui m’a collé sa fille aux basques. Une fois avec la confirmation que XANA n’était pas responsable de cette activité numérique, on s’est retrouvés à remonter un signal jusqu’aux confins du réseau, William et moi. Et puis on est tombés sur une sorte de programme omnipotent capable d’imiter les autres programmes et qui nous a parlé d’une fusion des univers à exécuter. Puis nous a envoyés ici.
Nergal prit quelques secondes de silence pour digérer ce qu’elle venait de dire. C’était assez invraisemblable, cependant certains détails l’intéressaient. Supercalculateur. Dérobâme. Programme capable d’imiter les autres. Il prit le temps de peser sa réponse, qui fut en fait une question.
-La fille d’Ardath, comment elle s’appelait ?
-Dorothée, répondit sans hésitation Dorka.
-Le Supercalculateur, tu l’as utilisé de quand à quand ?
-Hiver 2009 à…septembre 2016, dans ces eaux-là.
-Et ce programme, il vous a dit autre chose ? Sur les forces en présence dans notre monde, peut-être ?
Il avait choisi de jouer le jeu pour cette dernière question. Assoiffé d’informations comme il l’était, il était prêt à faire mine de croire ce conte de fées. Parce qu’il contenait des pépites de vérité.
-Il a mentionné qu’un programme multi-agent bloquait son action ici. Il ne nous en a pas dit plus, j’ai supposé que c’était XANA…
Nergal lui retourna un sourire énigmatique, hésitant à continuer l’échange d’informations. Il pourrait bien sûr lui raconter tout ce qui s’était passé à Carthage récemment, et qui collait parfois de façon surprenante avec ce qu’elle disait, mais… Techniquement c’était top secret. Il coula un regard à la porte du couloir qui menait aux deux chambres squattées par les émissaires de Carthage. A priori, tout le monde devait dormir maintenant…
-Pourquoi ces questions ? attaqua Dorka, l’empêchant de réfléchir.
Le jeune homme hésita. Puis se leva de sa chaise pour venir s’asseoir devant la prisonnière, son café en main. La caféine commençait d’ailleurs à faire effet, et il se sentait moins embrumé qu’au réveil.
-Parce que y a ces points de ton histoire qui font écho, bizarrement, à des trucs qu’on a vus se passer ces dernières semaines, chez nous. Tu m’as parlé de la machine qu’on a découverte dans la vieille usine, sans traces d’activité depuis 2007. Tu m’as parlé d’une taupe d’Urbe dont on a découvert l’allégeance que récemment. Wreck a dû l’abattre, et quoi qu’il en dise, je le soupçonne de ne pas avoir envie d’y repenser. Et enfin, tu m’as parlé d’un programme multi-agent… Ce n’est pas XANA, non. C’est une copie de XANA, à notre service, du moins au début. Il nous a trahis pour s’allier avec son original, dont on a plus de nouvelles depuis qu’il a détruit notre complexe de biotechnologies. On ne détecte plus que la copie sur le réseau. La copie et…une sorte de force indéfinie qui change de signature un peu tout le temps. Donc tu me dis que ce serait…
Il s’interrompit, croisant le regard vert de la blonde. Elle buvait ses paroles, les yeux rivés sur lui comme jamais, et les oreilles grandes ouvertes. Troublé, il reprit :
-…Tout ça pour dire que tu sais visiblement des trucs que tu n’es pas supposée savoir. A moins d’être une agente d’Urbe. Ce serait pas la première fois qu’ils font mine d’être morts.
-J’ai une gueule d’agente de projet top secret ? soupira Dorka.
Nergal la dévisagea en silence. Puis un éclat passa dans ses yeux bleus et il se redressa, laissant sa tasse de café en plan, et filant vers un plan de travail où trainaient négligemment les portables des deux captifs. Il s’empara de celui de Dorka puis retourna vers elle et lui tendit.
-Tu me le déverrouilles ? J’aimerais jeter un œil dedans et ça ira plus vite que le forcer…
Elle s’exécuta sans broncher. Surpris par sa coopération, Nergal se plongea dans l’étude du téléphone. Un vieux modèle d’ailleurs. Il n’avait pas remarqué ça. Dans les contacts, pas de noms qui lui soit connus. Il nota la présence de Dorothée Dérobâme et de William Dunbar. Sortant son propre téléphone, il compara le numéro à celui qu’il possédait. Ça ne prouvait rien, mais les deux étaient différents. Il jeta un œil aux SMS échangés avec Dorothée : rien de particulier. Une convocation à l’usine de temps en temps. Il alla reposer l’appareil sur le plan de travail, pensif. Tout ceci était extrêmement louche. L’histoire était à dormir debout et pourtant, elle était corroborée par des détails. La seule autre explication aurait été qu’elle soit effectivement une agente d’Urbe, mais…jamais Urbe n’aurait l’idée de raconter un mensonge aussi grossier. Et ça n’expliquait pas comment ils auraient pu se retrouver au cœur d’une zone évacuée et bouclée. Il était convaincu que le projet américain n’avait plus les moyens pour outrepasser la surveillance de l’Etat et de Carthage.
-Quoi ?
Il sursauta, s’apercevant qu’il fixait la jeune fille depuis cinq bonnes minutes et qu’elle commençait à se poser des questions.
-Désolé, bafouilla-t-il. Je réfléchissais.
-Et donc ? interrogea-t-elle, devinant parfaitement ce sur quoi il se questionnait.
Nergal ne répondit pas, récupérant sa tasse de café et retournant s’asseoir derrière son ordinateur.
-Et donc je ne sais pas, lâcha-t-il finalement.
-Je vois, lâcha-t-elle, visiblement un peu déçue.
Elle changea de position pour tenter de s’installer de façon plus confortable. Raté. Le radiateur s’enfonçait maintenant dans son flanc de façon très désagréable.
-Comment tu t’appelles ? lança-t-elle dans le but de rediriger la conversation.
-Nergal, répondit-il, un peu mal à l’aise.
Il préférait de loin quand la conversation portait sur un terrain qu’il maîtrisait un peu. Là, ça allait partir dans tous les sens, elle allait lui poser des questions sur lui…il n’aimait pas vraiment parler de lui. Il ne sut pas dire si elle s’en était aperçue, mais elle se contenta d’ajouter :
-C’était juste pour savoir.

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16 novembre 2022 – Deux jours avant contact – Douzième arrondissement de Paris – Restes du toit d’un immeuble partiellement écroulé

Le soleil commençait à poindre à l’horizon. Une brise froide pré-annonçait l’hiver, et une lumière pâle tombait sur les bâtiments abandonnés et silencieux. On entendait rien. L’immeuble que les carthaginois s’étaient attribué tenait vaillamment debout malgré les dégâts que Némésis y avait fait, et le plat bout de béton avec bordure qui tenait lieu de toit était encore en bon état. C’était là que Wreck avait choisi de s’installer, son blouson sur les épaules pour éviter les désagréments climatiques. A côté de lui, son fusil à lunette était posé, pour le cas où il repèrerait un mouvement. Une sortie matinale de Némésis. Le roux l’imagina dans les profondeurs de la morgue, à dévorer des cadavres. Est-ce que ça le dérangeait, cherchait-il de la chair plus fraiche à se mettre sous la dent ? Il n’aurait pas vraiment su dire. Il ne le connaissait pas assez. Il sortit son briquet et s’alluma une clope, machinalement. Il était sur les nerfs depuis la fuite de Némésis. Sans doute qu’il avait commencé à fumer pour ça. Il avait déjà vu mourir sous ses yeux le clone de la créature, Hélion, et ne tenait pas à reproduire l’expérience. Il redoutait qu’à un moment, le gouvernement en ait marre de laisser Carthage gérer et décide d’abattre le monstre. D’où son intense frustration quand Némésis leur était passé sous le nez la veille. Il était convaincu que sans l’intervention des deux crétins, ils auraient pu capturer la créature et la remettre en lieu sûr. En cage, mais en lieu sûr.
Et puis il n’aimait pas travailler avec ce quatuor-là. Sabriël était chiante et directive, Saturnin était un paillasson qui s’efforçait de se montrer utile, Steven serait probablement prêt à tout pour faire le malin à sa place, et Nergal était encore plus inutile que Saturnin à son sens. Il repensa aux fois où il avait bossé avec Sköll, Stella et Dorothée. Tous les trois morts, maintenant. Dommage. Peut-être qu’avec eux il aurait pu attraper Némésis plus vite. Il grogna en y repensant, expira un peu de fumée. Pour commencer, sans Dorothée, il n’en serait pas à courir après Némésis à travers tout le pays. Il serait resté sagement dans sa cage.
Il revit le moment de l’attaque de XANA sur le complexe. La présence d’Hélion et Némésis dans les couloirs avait bien foutu la merde, mais sans cette pagaille, auraient-ils pour autant pu éviter la catastrophe ? Auquel cas, Némésis et Hélion auraient pu mourir tous les deux au fond de leur cage.
Il en avait marre de revoir ces scènes tout le temps et de se demander ce qui aurait pu y changer quelque chose, qui était à blâmer…en fin de compte, il n’arrivait jamais à trouver un responsable, et ça le mettait en rage.
« T’es celui d’entre nous qui est le plus affecté par cette histoire, que tu le veuilles ou non. »
La phrase était ressortie des tréfonds de sa mémoire sans prévenir. Définitivement agacé, il continua à scruter les rues. Pour n’y trouver que la profonde solitude qu’il venait chercher chaque matin sur ce toit. Pas trace de Némésis. Sachant déjà que c’était vain, il cala son fusil contre la bordure en béton et regarda par la lunette pour tenter d’y voir quelque chose. Mais non, évidemment. Bestiole ingrate, il lui avait tout de même sauvé la vie…
Tiens, sans ça Hélion ne serait peut-être pas mort.
-Bordel, jura-t-il.
Il contint un mouvement d’humeur en reposant son fusil dans sa position initiale. Il jeta un œil au mégot écrabouillé depuis un moment sous le talon de sa Rangers, et inspira un grand coup pour rester calme. C’était toujours pareil. Il s’isolait pour avoir la paix et ne pas s’énerver sur ses collègues qu’il n’avait aucune envie de voir, et finissait par s’énerver tout seul en repensant à des souvenirs qu’il n’avait aucune envie de revoir. Et normalement à ce moment-là…
-Wreck, on va y aller, l’informa Steven qui émergeait de l’échelle menant au toit. Bouge-toi.
-J’allais descendre, l’handicapé, cracha-t-il dans un mépris sans nom. J’étais simplement plongé dans de grandes réflexions qui te dépassent.
Il s’exécuta néanmoins, ignorant le regard noir de Steven. Il devinait que Sabriël avait interdit les bagarres, ce qui empêchait théoriquement son collègue de lui éclater le nez. Et ça valait mieux au vu de son bras mécanique.
Et voilà, il était reparti pour une nouvelle sortie avec la brute et le paillasson. Seule la perspective de récupérer Némésis le poussait encore à rester là. Sans qu’il sache vraiment pourquoi, il avait Nothing Else Matters en tête.
Quoique. En fait, il savait pourquoi.

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16 novembre 2022 – Deux jours avant contact – Douzième arrondissement de Paris – Immeuble partiellement écroulé

Lorsque Steven, Wreck et Saturnin eurent quitté le bâtiment, Nergal se glissa à côté de Sabriël et lui demanda un mot en privé. Il avait senti le regard vert de Dorka se poser sur eux et savait qu’elle écouterait la moindre conversation se trouvant dans la pièce. L’agente hocha la tête et ils se retranchèrent dans la chambre utilisée par Nergal et Wreck.
-Je t’écoute Nergal, qu’est-ce qui t’arrive ?
Le jeune homme déglutit, rassembla ses pensées en une formulation cohérente, et démarra son explication en replaçant le contexte. Un moyen facile mais efficace de retarder un peu le moment où il aurait à cracher le morceau.
-Bon, alors hier j’étais de garde, et j’ai un peu discuté avec Dorka. Juste pour voir ce que j’en apprenais.
Elle haussa un sourcil mais ne l’interrompit pas.
-Et euh…je crois que son histoire de voyage à travers les univers c’est pas si invraisemblable.
Elle aurait pu soupirer et tout réfuter d’un mouvement de main avant de le renvoyer à son ordinateur. Mais si Nergal avait choisi de parler à Sabriël, ce n’était pas que parce qu’elle détenait l’autorité dans le groupe, mais aussi parce que c’était quelqu’un de raisonnable qui saurait l’écouter.
-Donne-moi tes arguments, lâcha-t-elle, bras croisés.
Il commença par lui raconter les grandes lignes de son entrevue avec Dorka, et notamment l’histoire que cette dernière lui avait conté.
-Puis j’ai jeté un œil à son portable. J’y ai retrouvé Dorothée et William, mais avec des numéros qui ne collaient pas à ceux qu’on a. Je suis conscient que ça ne prouve rien. Mais elle affirme également avoir utilisé l’ordinateur quantique de 2009 à 2016 et on avait pas trouvé de traces d’activité depuis 2007 quand on y est arrivés. Tu auras également noté que son portable est super vieux. Là encore, ça ne prouve rien. Mais elle connaissait aussi l’existence de ce programme dont on est même pas sûrs qu’il existe, celui qui pourrait se faire passer pour un autre à volonté.
-Tu as pris en compte le fait qu’Urbe avait la possibilité de savoir tout ça et qu’elle est peut-être tout simplement de leur côté ?
C’était une question rhétorique. Ils savaient tous deux qu’il l’avait fait. Mais elle voulait voir ce qui l’en dissuadait.
-J’en conviens. Mais il aurait fallu qu’Urbe puisse introduire deux agents dans une zone bouclée par nos soins et ceux du gouvernement, et sans qu’aucun de nous ne les remarque alors qu’on est les seuls dans la zone et que Wreck passe son temps perché à s’assurer que rien ne bouge. Sans compter Némésis qui aurait pu les déchiqueter sur le chemin. Ça me semble compliqué, surtout quand on sait à quel point ils sont ravagés.
-Et l’idée d’un voyage à travers les univers te semble moins compliquée ? ironisa Sabriël.
Il haussa les épaules.
-On a découvert un Supercalculateur quantique capable de distordre l’espace-temps. Je pensais que depuis ça, on était ouvert à toutes les théories de multivers et autres. Les trous de ver, tout ça…
Elle ne répondit pas. En revanche, elle fit quelques pas dans la chambre, malgré son infirmité, et embraya finalement sur une autre question :
-Admettons qu’on les croie. Est-ce qu’il faut les laisser faire ?
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Idris2000 MessagePosté le: Lun 14 Nov 2016 00:03   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Dans une ville, dans un pays, dans un continent, sur une planète, dans l'univers...
Bonjour ou bonsoir à toi.

D'abord, cet arc final s'annonce génial. Si il se passe dans l'univers d'Abysses et d'Imprévu (Je t'avoue que j'aurais préféré Cold Case et Ground Blizzard, mais c'est vrai que niveau potentiel, Imprévu et Abysses étaient plus ouverts.), elle reste franchement intéressante. Personnellement, je vois cet arc final comme une sorte de lot de consolation à la branche rouge que je n'ai pas trop aimé (Dans le sens où l'arc final et la branche rouge se passent, du moins, le début, dans le même univers.), mais je t'expliquerais les raisons une fois ta fanfic terminée.

Citation:
Pourtant, ton commentaire, avant d'être édité, laissait entrevoir une version des faits bien différente...


J'avais confondu, c'est tout.
Et puis, si on n'a plus droit à l'erreur... (Admettons quand même que si les erreurs n'existaient pas, les trolls en général seraient bien moins amusants.)

Citation:
dans tous les cas, c'est inquiétant. (a)


Crois-moi, en IRL, j'ai toujours été inquiétant...Musique dramatique

Citation:
Tu t'es pris pour Icer?...


Non, sinon, j'aurais trollé...Et puis, je n'aime pas autant le froid que cela. (Bien que je le préfère au chaud...)

Citation:
En fait, ton argument n'a rien à voir.


En fait, j'ai mal dit ce que je voulais dire. Le personnage est effectivement profond et développé, je ne peux pas nier cela. Ce que je voulais dire est que...Genre il apparaît avec sa soeur dans un chapitre. Sa soeur se fait buter par la suite par Wreck because he felt like it. Il veut se venger et tout mais se fait buter...Mouais.

Citation:
Mais il est clair qu'il a...laissé des traces. Surtout sur Wreck, héhéhé.


J'ai déjà vu des personnages moins importants qui ont laissé plus de traces...

Voyons donc ce chapitre...

OK, ce chapitre est déjà badass.

Maintenant que j'ai dit ça, va falloir développer.

D'abord, ce chapitre semble je dis bien "semble", sous-entendre que William va rencontrer William. (Je n'ai même pas besoin de préciser, tu as déjà compris...)

Je trouve que les arguments de Nergal lorsqu'il a été plus ou moins convaincu par Dorka sont très bien trouvés et crédibles. Je connais des fics qui, bien que brillantes par leur qualité, n'ont pas forcément d'explications aussi crédibles que la tienne. Sur ce coup-là, je te félicite.

Citation:
-Admettons qu’on les croie. Est-ce qu’il faut les laisser faire ?


J'aime bien aussi la prudence de Sabriel. On admettra que c'est toujours mieux que la "prudence" de Yumi avec l'épisode 53...Ce qu'il n'a pas vraiment arrangé les choses comme la japonaise le pensait, je dirais même que cela les a empirés, vu que Yumi entamait de plus en plus les disputes par rapport à avant. Mais là n'est pas le sujet.

Citation:
Et puis il n’aimait pas travailler avec ce quatuor-là. Sabriël était chiante et directive, Saturnin était un paillasson qui s’efforçait de se montrer utile, Steven serait probablement prêt à tout pour faire le malin à sa place, et Nergal était encore plus inutile que Saturnin à son sens.


Je t'avoue sur ce coup-là avoir pensé à de la politique...Mais je ne vais pas faire part de mes pensées en détails, tu as déjà vu par 2 fois mon imagination trop débordante.

Et...Je n'ai plus rien à dire, tchao! Very Happy

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Zéphyr MessagePosté le: Ven 18 Nov 2016 16:44   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


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Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Marrant que la branche finale soit jaune, je l'aurais plus vue en violet personnellement - et logiquement.

En 9 chapitres, puisque je ne suis pas repassé depuis, je me fais la remarque que la constante de tes fanfictions de long court se vérifie : des débuts plutôt fracassants, qui retombent pour stabiliser le récit dans une rythme et une qualité constante, qui se laissent volontiers suivre et enfin, des fins généralement expédiées et brutales. Personnellement, j'attends beaucoup de ce dernier point pour Hélicase. Les quatre chapitres restants me semblent constituer une marge assez large pour finir convenablement et sans queue de poisson.

Pour le contenu pur et dur, s'il y a trois mois, je préférais la branche bleue, elle m'a beaucoup moins emballée en post-Cold Case, là où la rouge est restée plus constante et ne m'a donc pas déçue. Du coup, j'en ai plus tellement de préférée finalement, même si j'ai beaucoup d'espoir pour la jaune de ce côté.

Concrètement, je note que tu n'as pas voulu te mouiller en calant (trop) Ground Blizzard dans l'ensemble, froussarde. Razz
Dorka comme William me passent un peu au-dessus de la tête à vrai dire, d'où ma baisse d'intérêt pour la branche je pense. Enfin, les événements qui les portent sont cools heureusement. J'ai beaucoup aimé la réutilisation de Xylem, moins le Gardien du cœur de la croisée des chemins du multivers. Qu'est-ce que ce cœur fiche dans ce qui est présenté dans Abysses comme « la corbeille du réseau » ? Plus globalement, cet élément m'a paru sortir un peu de façon « Coucou c'est moi ! », au même titre que la vision du futur de Dorka associée au « Tu es l'élue ». On sent que le Gardien n'est vraiment qu'un élément fonctionnel, là pour expliquer aux personnages ce qu'il va falloir faire. De plus, je trouve vraiment douteux qu'il demande à Dorka de réunir les deux branches de l'univers alors qu'il les a laissées séparées si longtemps… Sans compter le fait qu'il a laissé « les intrus d'un autre univers » faire (alors qu'à l'entendre, son rôle est d'assurer la pérennité et la cohérence de l'univers dans lequel il s'insère, il donne l'air d'en ramer une). Je pense que c'est là que se situe mon problème avec cette figure (qui évite finalement aux personnages des recherches pour comprendre à quoi correspondent les portails et compagnie, parce qu'ils y seraient pas allé cash autrement).

En revanche, je n'ai rien à ajouter sur la branche rouge, si ce n'est que j'y ai mieux apprécié Wreck que dans Abysses, parce qu'ici, il fait des erreurs et subit des revers/échecs véritablement marquant. Ça le rend plus attachant en tant que personnage que le portrait qui découle de lui suite à sa fanfiction d'origine.
Petite parenthèse : je trouve très intéressant les différences de focalisations des deux branches. Là où la rouge a plutôt tendance à tourner autour des personnages, leurs interactions et leurs ressentis, la bleue met ça au second plan pour privilégier le scénario et les événements qui se jouent. C'est un contraste très sympathique stylistiquement parlant, ça varie un peu la narration.

Le dernier élément que j'ai retenu des 9 derniers chapitres est ce fameux passage en jaune du dernier chapitre. Il m'a rappelé Symbiose dans son style (plus les fameuses cités d'argent isolées !). Ce n'est pas idiot de penser que tu ais choisi d'utiliser cette fanfiction de liaison pour y glisser cet OS assez emblématique de ta fanfic'ographie. D'autant plus qu'en y réfléchissant, un des éléments d'Abysses entre en résonance avec le principe de base de Symbiose : Xanadu, qui aux dernières nouvelles avait terminé avec Laura Della Robbia en tant qu'hôte. Dans cette optique, on peut tout à fait penser qu'elle constitue le premier modèle de symbiose humain/spectre qui a servi de base au propos que l'on voit développe dans le fameux One-Shot du futur. Après, il est dit dans ce dernier que c'est bel et bien Xana qui est aux commandes et je doute que le Xana survivant de Abysses soit capable d'aller aussi loin.
L'autre piste, plus raisonnable selon moi, quant à ce passage en jaune est à lier à Dorka l'élue et sa vision du futur gracieusement offerte par le Gardien. On aurait donc ici un premier indice vers ce sur quoi se dirige la fin d'Hélicase, ou du moins son futur un fois les deux branches recollées.

Bon, à bien y regarder, je n'ai commenté que les éléments provenant des deux derniers chapitres. La faute à cette caractéristique du milieu de tes textes longs que j'évoquais plus haut, qui ne m'ont pas permis de me remémorer maintenant leurs éléments (oui, rien à battre des cheveux roses). Mr. Green

Balance la suite !
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« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Ikorih MessagePosté le: Sam 19 Nov 2016 12:12   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Localisation: Sûrement quelque part.
Spoiler


Chapitre 19
Nocturne


http://i.imgur.com/v5qoJr8.png


Soirée du 16 novembre 2022 – Deux jours avant contact – Douzième arrondissement de Paris – Immeuble partiellement écroulé

L’équipe était réunie autour de la table du salon pour écouter ce que Sabriël avait à dire. Wreck triturait nerveusement un canif qu’il avait sorti d’on ne savait trop où, ayant manifestement besoin de s’occuper les mains avec quelque chose. Et vu qu’il était confiné à l’intérieur sans pouvoir sortir s’en griller une…
Pour ne rien arranger à ses tics, Steven était allègrement affalé sur la chaise de droite, et Saturnin se tassait sur celle de gauche, ses petits yeux verts naviguant d’une personne à une autre dans l’attente du début de la discussion. Nergal, quant à lui, était plutôt calme, sachant de toute façon déjà ce qui allait être dit. Il se sentait extrêmement flatté d’être, pour une fois, dans la sphère décisionnelle, et caressait l’ambition de prendre du galon pour que cette situation se reproduise à l’avenir. Il coula un regard à Dorka et William, qui avaient l’air d’en avoir vraiment marre d’être attachés là, sans compter les probables courbatures au vu de la liberté de mouvement restreinte.
Sabriël se racla la gorge.
-Bon, déjà, qu’a donné la sortie de ce matin ?
-Selon nos observations, Némésis sort plus fréquemment de son antre, et s’est montré plus agressif à notre encontre. Il n’a cependant pas encore assez faim pour nous attaquer de front, il a bien vu qu’on était armés et dangereux. Je pense que ses réserves de bouffe sont au point mort, exposa Steven. Si on le capture pas vite, il va bouger, ou pire, aller se servir. Suffirait qu’il choppe un flic ou deux au périmètre de sécurité et on aura des emmerdes avec l’Etat.
-Je vois… Bon. De toute évidence, il va falloir qu’on le fasse bouger. C’est trop dangereux de le garder en zone urbaine. S’il a faim, ça devrait être plutôt facile de le pousser à trouver une autre planque. Mais il faudra bétonner la sécurité pour qu’il ne parte pas plus profondément dans la ville, résuma Sabriël.
Hochements de tête. Wreck se mit à se curer les ongles avec son couteau.
-Donc on va devoir se concentrer là-dessus, ajouta-t-elle, insistant légèrement.
-Crache le morceau, coupa le roux sans lever le nez.
Elle poussa un léger soupir en constatant que son effet avait été ruiné et s’exécuta.
-On va se délester des prisonniers. C’est pas de notre ressort de déterminer si oui ou non ce sont des traîtres, et en l’occurrence, ils nous gêneraient plus qu’autre chose.
Cette fois, Wreck daigna la regarder, une petite lueur d’espoir au fond des yeux.
-Quand tu dis « se délester »…
-En fait, à la suite d’un interrogatoire poussé, on va les libérer, intervint Nergal qui se sentait pousser des ailes et une autorité qu’il n’avait pas.
Wreck le fixa, incrédule.
-C’est une blague j’espère ?
-Non, confirma Sabriël. Comme l’a dit Nergal, on les a interrogés, et on a des raisons qui font qu’on va effectivement les laisser repartir.
-Jubilez pas trop, là-bas, lança Steven à l’adresse des concernés.
Le roux tapa du poing sur la table, estimant qu’on ne lui donnait pas l’attention qu’il méritait.
-Non mais, eh ! Je suis le seul que ça choque qu’on relâche ces deux abrutis ? Alors ça y est, « oh on vient d’un autre univers » et ça suffit comme excuse ? J’ai besoin de vous rappeler que lui, là, il a trahi le projet et il s’est barré alors que la base était en train de péter, et qu’on avait des gars qui restaient la protéger au prix de leur vie ? s’exclama-t-il, désignant William d’un doigt accusateur.
-Comme si tu te souciais des gens qui sont morts pour Carthage, soupira Sabriël, fatiguée d’avoir à gérer le psychopathe. De toute manière, c’est moi qui commande ici. Si ça ne te convient pas, je t’invite à adopter le comportement que tu critiquais précédemment chez William.
Les iris gris de Wreck irradiaient d’une colère à peine contenue, et il était probablement à deux doigts de frapper son interlocutrice. Steven avait également remarqué ce détail et se tenait prêt à intervenir, ce qui était probablement une des meilleures barrières pour retenir le rouquin. Nergal se félicita d’être à l’autre bout de la table, et s’éloigna un peu de Sabriël, se désolidarisant vite de cette sphère dirigeante qu’il avait tellement appréciée précédemment. Finalement, la tension retomba quand Wreck se leva brusquement et sortit effectivement, probablement décidé à aller s’en griller une pour décolérer. Ça devenait une habitude chez lui.
La boiteuse conclut la réunion :
-Nergal, Saturnin, raccompagnez-les. Ou au moins indiquez leur la bonne direction si vous avez peur de rester dehors la nuit.
-Ok, répondit le jeune blond en se levant. Nergal, amène-toi.
Le concerné échangea un rapide regard avec Sabriël, qui lui fit clairement comprendre que oui, il irait aussi. Il haussa les épaules et s’exécuta sans grand entrain. Faisant un saut dans sa chambre (du moins, celle qu’il squattait), il récupéra sa veste à capuche et l’enfila, retrouvant devant la porte de l’appartement Dorka et William (visiblement plutôt satisfaits d’être détachés), surveillés par Saturnin qui tripotait son pistolet.
Ils s’engouffrèrent dans la cage d’escalier. Instantanément, l’air se rafraichit. La lumière avait lâché à cause des dégâts subis par l’immeuble, et Nergal s’accrocha nerveusement à la froide rampe de métal qui devenait son seul repère. Saturnin referma derrière eux, et ils n’eurent plus que la lumière de la lune argentée filtrant à travers les minces fenêtres. Leurs pas résonnèrent dans la cage d’escalier comme dans une cathédrale alors qu’ils descendaient lourdement marche après marche.
-Bon, Nergal, je propose qu’on les dépose qu’à mi-chemin et qu’on les laisse gérer après. Pas très envie de rester dehors dans ces conditions.
-Ok, marmonna l’archiviste en descendant précautionneusement.
Il sentit une présence sur sa gauche. Un coup d’œil lui montra la silhouette de Dorka, gris foncé sur gris foncé, qui descendait les mains dans les poches. Et il revit dans ses yeux cette lueur dorée qu’il avait déjà entrevue le soir d’avant. Il comprit qu’elle s’était empressée de passer dans les premiers pour que personne ne le remarque, mais raté. Lui l’avait vu. Dans l’obscurité, elle l’intima au silence, et il obéit.


Le quatuor sortit finalement dans la rue, où la luminosité était un peu plus importante. Nuit claire et dégagée, rue pavée, air frais mais sans vent pour le moment. Ça changeait de l’odeur un peu moisie de la cage d’escalier. Dorka tournait toujours le dos à Saturnin et William. Nergal se résolut à ouvrir la marche et elle lui emboîta le pas. C’était plus compliqué de se repérer dans les semi-ténèbres, mais heureusement la plupart des lampadaires marchait encore, créant un monde de contrastes, orangé et noir. Il savait où il allait. Il sentait, un ou deux mètres derrière, la présence de Saturnin, main sur son flingue, aux aguets. Celle de William était clairement plus discrète. Mais elle était là, son pas s’entendait aussi. Moins militaire, et d’ailleurs il nota ce point. William, lors de sa présence à Carthage, lui avait semblé un minimum discipliné, et en tout cas, il ne marchait pas comme ça.
Nergal leva le nez vers l’immeuble qu’ils avaient quitté et qui disparaissait dans la pénombre. Il s’imagina Wreck perché là-haut à les regarder. Avec son fusil à côté de lui. Non, finalement il valait peut-être mieux ne pas imaginer. Il en profita discrètement pour évaluer la distance qui les séparait de Saturnin, avant de se rapprocher de Dorka, pratiquement épaule contre épaule.
-Bon. Tu m’expliques le coup des yeux ? souffla-t-il, de sorte qu’elle seule puisse l’entendre.
Il essaya de ne pas trop tourner la tête vers elle, sachant très bien que Saturnin se ferait une joie de raconter à Sabriël qu’ils avaient discuté en douce pendant le trajet. Le jeunot, tout discret et oubliable qu’il soit, n’en gardait pas moins une féroce envie de bien faire son boulot. Nergal comprenait.
-Distorsion de l’espace-temps. Ça crée des anomalies dans les génomes, apparemment, lui répondit-elle succinctement.
-Ah, ça venait donc de là, sourit-il avec malice.
Il avait touché juste. Elle le regarda avec curiosité, sentant qu’il savait des choses qu’elle ignorait. Et ça la rendait folle. Il était plutôt fier d’avoir cerné aussi vite sa façon de fonctionner, mais c’était probablement parce qu’ils avaient la même.
Il ne développa cependant pas son insinuation, la laissant mijoter, à la fois par satisfaction personnelle mais également pour éviter que Saturnin ne soit trop alerté. Et parce que ça l’arrangeait. Ils continuèrent, Nergal repérant son chemin. Il se retourna pour demander confirmation à son camarade, puis tourna à gauche dans une ruelle un peu plus obscure. Un courant d’air glacial en émana, leur arrachant un frisson.
Dorka le sentit très nettement glisser la main dans sa poche pour y déposer quelque chose, mais elle ne réagit pas, sachant également que Saturnin veillait. Elle identifia simplement du bout des doigts qu’il s’agissait d’un bout de papier et songea qu’elle le lirait plus tard. Ce n’était pas le moment, quand bien même la curiosité la dévorait. Elle se contenta de relancer la discussion sur autre chose, mais toujours à voix basse.
-Au fait, merci.
Interrogation dans les iris bleu clair de Nergal.
-Ne fais pas genre, je me doute bien que si on est dehors, c’est à cause de notre discussion d’hier soir.
La vision nocturne de Dorka lui permit de voir clairement le sourire qui se dessinait sur le visage de Nergal. Ce dernier remit une mèche de ses cheveux noirs en place avant de lancer simplement :
-Je ne vois pas de quoi tu parles.
Elle leva les yeux au ciel, notant au passage qu’on arrivait à y voir les étoiles. Fait rare, à Paris. Ça faisait un moment qu’elle ne les avait plus distinguées. Encore qu’elle ne passait plus vraiment ses nuits dehors. Ces dernières années, elle avait largement préféré le toit de l’usine… Peu importait. Les plus belles découvertes restaient au cœur du Supercalculateur, et pas dans le ciel, à son sens.
Les pavés humides se succédèrent, dans l’obscurité, sous la bruine qui avait commencé à tomber. Ils rentraient la tête dans les épaules, accéléraient un peu le pas, et les carthaginois attendaient avec impatience le moment où ils pourraient rebrousser chemin.
Et finalement, Saturnin jeta un œil au nom d’une rue et lança :
-C’est bon Nergal, on peut rentrer. Ce qu’ils trafiquent n’est plus notre problème.
-Génial, comme ça je vais pouvoir dormir…dans la même chambre que Wreck…grogna Nergal, visiblement enchanté.
Il s’arrêta. William le dépassa, rejoignant Dorka, qui tournait toujours le dos au duo. L’agent des renseignements choisit de lui épargner de se retourner et expliqua :
-A partir de là, vous continuez encore un peu tout droit, vous tournez sur votre droite à troisième avenue et encore tout droit. Vous devriez passer à un endroit peinard du cordon de sécurité, et de toute façon, ils ne posent pas de questions à ceux qui sortent. Ne vous perdez pas, et si vous vous perdez, évitez la morgue.
Il inspira un grand coup, les suivit du regard quelques secondes, Dorka tout particulièrement. Pour une fois il oublia Saturnin qui attendait, bras croisés, à côté de lui, et s’avoua qu’il était content de sa soirée.

http://i.imgur.com/lB0lESi.png


Autre temps – Autre monde

Le climat était maîtrisé pour une très bonne raison. Dans les nuages, on pouvait s’imaginer une sorte de toile d’araignée noire, entourant tout le globe. Elle contrôlait littéralement l’atmosphère. Elle faisait en sorte qu’il pleuve assez ici, pas trop là-bas, s’assurait qu’il ne fasse pas trop froid là et assez chaud ici. C’était une puissance infaillible.
Une telle toile ne pouvait être déployée sans source initiale. Dans chaque ville, un cœur, un centre névralgique : un supercalculateur quantique. Il créait les minces filaments de cette toile et ces derniers s’envolaient métaphoriquement vers le ciel. Ou se répandaient dans la ville. Car cette toile toute puissante qui régissait même le ciel, régissait aussi la terre.
Et quelque part, chaque humain ou presque était relié à cette toile. Chaque humain était entouré d’une aura noirâtre qui s’enroulait autour et l’habitait littéralement. Des humains au cœur d’acier, et des ordinateurs au cœur d’uranium. Une parfaite symbiose.
Et tous agissaient de concert, comme s’ils étaient eux-mêmes les rouages d’une machine, et cette planète de métal connaissait une harmonie sans précédent. Une unité à toute épreuve.



Soirée du 16 novembre 2022 – Deux jours avant contact – Douzième arrondissement de Paris – Immeuble partiellement écroulé

C’était Steven qui amorçait la garde de la nuit. Il vit donc rentrer Nergal et Saturnin. Le premier se traîna directement vers leur chambre, mais le plus jeune fut arrêté par son supérieur.
-Saturnin ? Des trucs particuliers à rapporter ?
-Ouais, je crois que Nergal a pas mal discuté avec la prisonnière avant qu’on les laisse partir. Ils parlaient trop bas pour que je les entende, mais c’est un peu louche.
-Ok, merci gamin. Tu peux aller te coucher.
Saturnin ne se formalisa pas de la réponse. Steven le traitait souvent comme le gosse de l’équipe, ce qu’il était, mais c’était sans malveillance. Il savait qu’il faisait bien son boulot par ailleurs, et trouvait intérieurement qu’il avait une certaine classe avec un pistolet. Mais c’était le genre de petite vanité puérile qu’il gardait pour lui. Il alla rejoindre Nergal dans leur chambre, et le trouva assis sur son lit, vérifiant quelque chose sur son ordinateur. Les mains dans les poches de sa veste grise, le jeunot jeta un œil par-dessus son épaule et découvrit un petit point qui se déplaçait sur une carte. L’agent des renseignements l’avait entendu, et lui lança un petit sourire satisfait.
-Et voilà, on a leur position. Celle du portable de Dorka, en tout cas.
-Explique ?
-Facile, j’ai juste bricolé son portable avant qu’on les relâche.
Saturnin observa l’écran, pensif. Nergal jouait-il double jeu ? C’était probable. Discuter avec quelqu’un à qui on collait une balise GPS, ça puait un peu. A moins qu’il ne lui ait soutiré des informations de façon plutôt habile, mais ils avaient l’air de bien s’entendre, selon le jeune homme. Mais il ne fit aucun état de ses doutes et conserva cette façade impassible et professionnelle qu’il affichait en mission.
-Pas con, admit-il.
Le blond finit par se détourner de l’écran et balança sa veste dans un coin de son lit avant de s’y laisser tomber à son tour. Il méditait une façon de demander discrètement de quoi Nergal parlait avec Dorka, mais il n’arriva à aucune approche qui lui convienne.
-Elle se doute de quelque chose, tu crois ? finit-il par lancer.
-Je sais pas, avoua Nergal, un vague sourire sur le visage. Elle est intelligente. Mais moi aussi. Et puis elle avait pas l’air de se méfier de moi. A mon avis, l’un d’entre nous a forcément grugé l’autre.
Impassible, Saturnin s’étonna cependant que l’archiviste se confie aussi facilement. Enfin, il avait l’air un peu ailleurs ce soir. En parlant d’être ailleurs, il se rappela que Wreck était probablement dehors depuis tout à l’heure. Le rouquin devait vraiment avoir besoin d’être loin d’eux. Ce qui n’était pas plus mal, car se coltiner Wreck de mauvaise humeur était une plaie.
-Qu’est-ce qui te dit qu’elle se méfiait pas de toi ? commenta Saturnin pour l’inciter à continuer.
-Elle avait aucun problème à me raconter des trucs, et puis…je sais pas. Elle coopérait vraiment.
Le blond fit la moue, mais prit garde à ce que son collègue ne le remarque pas. L’explication de Nergal était assez peu crédible, et c’était probablement lui qui s’était fait gruger dans l’affaire, tout intelligent qu’il se prétende.
-Peut-être qu’elle t’aime bien, suggéra-t-il innocemment.
Donner du grain à moudre à ce moulin à parole. C’était plutôt cohérent comme ligne de conduite. Nergal rit, allongé sur son lit, les mains derrière la tête.
-Ouais peut-être. Enfin de toute façon…
-Extinction des feux.
La porte s’ouvrit, dévoilant la mince silhouette de Wreck qui les gratifia tous les deux d’un regard menaçant avant de traverser la chambre pour rejoindre son coin. Son entrée jeta un froid. Il avait l’air toujours de mauvaise humeur, mais en plus, la bruine avait dû virer au crachin parce que ses cheveux roux étaient mouillés. Nergal éteignit son ordinateur qui tournait toujours à côté de lui et le rangea en essayant de se faire oublier, conscient qu’il pouvait tout à fait être une cible du mécontentement de Wreck. Saturnin, lui, se contenta de se rappeler subitement qu’il devait se changer avant d’aller dormir. Et là, le téléphone de Nergal vibra, brisant le silence.
Ce ne fut pas tellement cet élément que la vivacité de Nergal à s’emparer de l’appareil qui mit la puce à l’oreille de Saturnin. Il ne fit cependant aucun commentaire, gravant la scène dans sa mémoire pour quand ce serait nécessaire.
L’archiviste lut son message, se leva précipitamment et sortit dans le couloir, prétextant une envie pressante. Saturnin jeta un regard à Wreck, qui n’était pas plus dupe que lui. Le rouquin tint cependant sa langue, de façon surprenante.

http://i.imgur.com/qOJiL1o.png


Soirée du 16 novembre 2022 – Deux jours avant contact – Rues du douzième arrondissement de Paris

Dorka et William s’arrêtèrent sous une arche pour que la première puisse déplier le papier qui traînait dans sa poche sans prendre la pluie. Le contenu en était simple : dix chiffres, et un nom griffonné à côté. Le numéro de Nergal. William, qui regardait ça en douce, jeta un regard intrigué à Dorka :
-Tu crois vraiment que c’est le moment de draguer ?
-Très drôle. J’imagine que c’est pour qu’on puisse s’échanger les infos dont on a besoin. C’est pas con, commenta-t-elle en sortant son portable pour ajouter Nergal dans ses contacts.
William leva les yeux au ciel.
-Allez, on a pas toute la soirée. Tu peux l’ajouter plus tard.
Elle l’imita, puis rangea son portable afin qu’ils puissent continuer leur chemin tranquillement. La ville était froide et silencieuse, sans compter le demi-crachin qui n’arrangeait rien. Le duo espérait bientôt voir le contour du périmètre de sécurité et pouvoir sortir de ce merdier. Dorka réfléchissait à la marche à suivre après avoir réactivé le Supercalculateur, et se félicitait que la résolution de l’épisode « Rencontre avec Carthage » se soit faite si vite et de façon si arrangeante. Et elle se félicitait également que les lampadaires diffusent assez de lumière pour que ça vision nocturne ne s’active pas. Elle se doutait qu’il faudrait fournir des explications à William, mais que ce ne soit pas tout de suite.
-Au fait, tilta le brun, tu peux te servir de ton portable ici ? Je veux dire, c’est un monde parallèle, ton numéro est pas forcément attribué, ou alors il l’est et ça fout la merde…
La blonde eut un petit sourire satisfait.
-Voilà une question intelligente. Mais le programme qui nous envoie a tout prévu. Il semblerait qu’il ait trafiqué les systèmes des opérateurs de telle sorte que je puisse utiliser mon portable. Ne me demande pas trop comment, je ne suis pas une experte en téléphonie. Mais ça marche. Enfin, j’imagine qu’envoyer des SMS à travers les mondes doit être un peu plus compliqué, mais dans celui-ci, je peux.
-Super, tu vas pouvoir te trouver un mec dans un monde parallèle. Ça va être chiant pour se voir non ?
-Abruti, lâcha simplement Dorka.
Ils continuèrent leur chemin. Sur le côté, un bâtiment à la paroi à moitié détruite attira leur attention. Ce n’était pas la morgue, heureusement. Mais William le reconnaissait.
-C’est mon ancien collège…
-Et alors quoi, tu te sens pris de nostalgie ? s’agaça la jeune fille. On a une mission à remplir je te rappelle !
Il ne l’écouta pas et entra dans le bâtiment par la brèche. Et là il blêmit.
-Tu devrais venir voir ça…
Exaspérée, elle le rejoignit d’un pas vif, escomptant que plus vite elle viendrait, plus vite ils pourraient repartir. Et elle resta tout aussi pantoise que lui.
Dans un coin de la pièce qui n’était pas visible de l’extérieur, il y avait cette chose verte…comme une sorte de gelée d’origine inconnue. Mais cet amas n’était pas le plus inquiétant. Dedans, une créature difforme, ressemblant à un fœtus de chien. Des pattes atrophiées, des antennes flasques, une peau translucide qui laissait entrevoir les os et la chair, six yeux clos. C’était probablement quadrupède. Mais l’allure générale de la créature ne pouvait que rappeler de façon criante la chose qui les avait chargés dans la rue la veille. En moins robotisé.
-Oh mon dieu, murmura Dorka. C’est bien ce que je pense ?
-Finalement…c’est pas un si mauvais plan que t’aies le numéro du type de Carthage, avoua William, les yeux rivés sur la chose.
C’était inerte, mais ça n’avait pas l’air mort. Et les deux craignaient que cette créature ne cesse d’être inerte, pour leur sauter dessus et les dévorer. Dorka finit par se résoudre à lever son portable et prit une photo. William, de son côté, chercha des yeux quelque chose qui puisse éventuellement servir d’arme, comme une barre de fer, mais étonnamment, il n’y avait pas de barres de fer dans les collèges.
Cependant la chose innommable ne réagit pas à leur présence. Dorka fit signe à William, et ils se retirèrent aussi silencieusement que possible. Une fois assez loin dans la rue, et malgré des regards anxieux par-dessus leur épaule, Dorka se mit à taper frénétiquement un MMS. William ne fit pas de commentaire, parce que pour le coup, il souhaitait qu’elle l’envoie le plus vite possible. Et il souhaitait voir arriver une réponse de Nergal expliquant le phénomène et leur assurant qu’ils s’en chargeraient.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Lhetho MessagePosté le: Jeu 24 Nov 2016 19:15   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Citation:
Du coup je suis pas sûre qu'on te revoie immédiatement la semaine prochaine mais bonne lecture


Effectivement ça m'as pris du temps mais au final j'ai fini assez rapidement compte tenu de mon emploi du temps. Avant de s'attarder sur les deux chapitres du dernier arc, je tiens à faire un petit aparté sur Abysses. J'ai tout simplement adoré Smile . Il y avait tout ce qui caractérise tes écrits et ce n'était pas pour me déplaire. Au niveau des scènes glauques j'ai été presque comblé et mon esprit sadique est en train de resurgir encore plus et pourrait bien influencer mon humeur quotidienne Very Happy .
Bref, ceci dit, revenons aux deux derniers chapitres.

Comme attendu et précisé à la fin du dernier arc, on entre peu à peu dans le "dernier acte". Comme d'habitude, certaines questions se posent mais la cohabitation entre les différents protagonistes avec ce décalage temporel était vraiment intéressante. Et puis effectivement, il fallait absolument avoir lu Abysses pour bien tout saisir puisque le fil rouge de ce dernier arc est très ancré dans l'univers de cette fic, Némésis étant l'élément principal de ces deux chapitres au-delà des personnages en eux-mêmes.

Bref, j'attends la suite très vite car la pression monte. On verra bien par la suite comment ça se passe.

Salut Smile .
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Ikorih MessagePosté le: Sam 26 Nov 2016 09:55   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Chapitre 20
Synchronisation


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Nuit du 16 novembre 2022 – Deux jours avant contact – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

Si il y avait une chose qui restait immuable, quel que soit l’univers où ils se trouvent ou les années écoulées, c’était bien l’usine. Cette chose condamnée à mort des décennies plus tôt ne se décidait pas à s’arracher au fleuve. William et Dorka étaient sur le pont, un peu fatigués par leur début de nuit blanche, mais ils touchaient au but. Ils avaient traversé sans difficulté le périmètre de sécurité, et achevé en silence leur longue marche nocturne. Enfin, en silence…les vibrations du portable de Dorka avaient animé le début de l’odyssée, jusqu’à ce que son correspondant aille dormir. Depuis, le duo n’avait pas vraiment échangé. Mais alors qu’ils marchaient droit vers la gueule béante de cet édifice de métal immortel, William interrogea :
-Quand même, je me demande…on va fusionner deux univers. Qu’est-ce que ça donnera ? Y aura forcément des incohérences entre les deux, et le simple fait d’avoir les personnes en deux exemplaires…quelque chose va coincer. Et si c’est pas le cas, je n’ose imaginer pourquoi.
Dorka ne lui répondit pas. Il n’aurait pas su dire si elle l’avait entendu, ou si elle connaissait la réponse. Ils entrèrent dans l’usine.
Egale à elle-même. Ses cordes, des poutres d’acier, son monte-charge qu’ils empruntèrent. Même dans la pénombre et dans un autre univers, l’usine leur était familière.
Ils trouvèrent le Supercalculateur éteint. Dorka théorisa que Carthage avait dû l’éteindre pour se concentrer sur autre chose, confiants quant à la discrétion de l’appareil. Au fond, ça arrangeait le duo. Une fois la lumière revenue dans la salle de l’ordinateur, ils programmèrent une virtualisation différée et s’éclipsèrent sur le 5ème Territoire. Dorka nota cependant un détail : les quatre territoires de surface avaient disparu.
-Bizarre…
-Peut-être que l’ordinateur était resté éteint trop longtemps ? suggéra William.
-Non, ça n’aurait jamais pu causer autant de dégâts. Et puis, le Supercalculateur avait déjà été éteint sur de longues périodes.
-Ah…répondit-il simplement en entrant dans le scanner.

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Nuit du 16 novembre 2022 – Deux jours avant contact – Lyô – 5ème Territoire

Le duo apparut comme si souvent au cœur de l’Arena. Tandis que les murs tournoyaient autour d’eux, William s’enquit :
-Au fait, on doit faire quoi exactement ici ?
-Faut qu’on rejoigne la tour, pour commencer, expliqua Dorka. Ensuite, on s’en servira pour configurer la vibration de Lyoko sur une fréquence particulière.
-La vibration ?
Dorka afficha un petit sourire.
-En gros, les objets virtuels émettent une onde d’une certaine fréquence en vibrant. C’est ce signal qu’on a remonté pour arriver jusqu’aux confins du réseau. Si on parvient à synchroniser Lyoko sur cette fréquence précise, il entrera en phase avec le monde mort qu’on a découvert tout là-bas, et ça permettra d’amplifier les signaux qu’il émet. Quand on aura synchronisé les deux Supercalculateurs avec cet endroit, notre allié qui réside dans ce monde pourra émettre un signal assez puissant et lancer ainsi la reconfiguration de l’univers, en mettant en commun toute la puissance dont chaque monde disposera.
-…Wow. Mais on doit synchroniser que deux mondes ? Ça me paraît peu.
-Ce ne sont pas n’importe quels mondes. Les Supercalculateurs conçus par Hopper et XANA sont facilement les plus puissants qui existent sur Terre. Ils ont une puissance colossale, à l’inverse des petits Supercalculateurs qui généraient les Réplikas.
-Je vois.
Le mur s’ouvrit et ils s’engagèrent dans le couloir. Ou plutôt, dans l’escalier qui descendait droit devant. Lorsqu’ils débouchèrent dans la première salle, ils purent constater que les circuits imprimés sur les murs luisaient d’une faible lumière rose. Ils firent quelques pas, mais une lueur fantomatique émergea du mur. Une sorte de petit feu follet rose qui flotta jusqu’au milieu de la pièce, et dans un éclat plus intense, se transforma, laissant apparaître Yumi. Plus exactement, c’était une sorte de copie de l’avatar de la japonaise, mais dont les coloris tiraient davantage sur le rose. Elle avait deux éventails en main et n’était sans doute pas là pour discuter.
-Yumi ?! s’étrangla William. Mais…
Le premier éventail fusa et il eut heureusement le réflexe de lever son zanbatô pour parer le coup. Les ailes de Dorka jaillirent de son dos, et elle se rua sur le clone, sa clé en main. La pseudo-Lyokoguerrière tenta de lui lancer le second, mais le sigle dessiné dans le dos de Dorka brilla et elle devint légèrement translucide, laissant l’éventail lui passer au travers. Déstabilisée, la copie ne pensa pas à esquiver le coup qui allait la transpercer. Elle disparut dans une parodie rose de la dévirtualisation habituelle. Dorka fit volte-face vers William.
-Ecoute, c’est pas parce que ces trucs prennent l’aspect de gens que t’as connus y a dix ans que tu dois te laisser avoir !
-Mais je…qu’est-ce qui se passe ici ?
-Le Cinquième Territoire est vivant, je te l’ai dit. On ne sait pas ce qui a pu se passer ici, ce qui a pu affecter le cœur et l’endroit, mais mets-toi dans le crâne que ces gens que tu affrontes ne sont pas tes anciens amis ! L’univers en dépend, tu comprends ça ou pas ?
La blonde le fixa d’un regard glacial. William évita de le croiser.
-Tu peux pas comprendre…c’étaient mes amis à une époque. Et puis ils m’ont abandonné. Et j’ai aidé à les tuer. Et je regrette. Je sais pas si je pourrai…
Alors laisse-moi faire.
Il serra les poings, et Dorka vit une légère fumée noire émaner de lui. Elle se déposa sur toute sa tenue blanche, la noircissant, y faisant artificiellement réapparaître le sigle de XANA. La fumée s’étendit jusqu’à la garde du zanbatô, qu’elle souilla d’une sorte d’excroissance biologique.
-On y va, articula-t-il.
Dorka eut un petit sourire appréciateur. Elle se souvint de ce que William lui avait dit, au sujet de ce résidu de xanatification.
-Enchantée, lâcha-t-elle simplement avant de continuer son chemin vers la salle suivante.
Il n’y avait qu’une allée centrale, entourée de deux fossés. Sur les murs, des dizaines d’excroissances cubiques permettaient à quiconque les utilisait correctement de naviguer sur les parois en toute sécurité, sans toucher le sol. Un avantage écrasant sur des adversaires au sol. C’était sans surprise que l’on retrouvait Odd Della Robbia, perché au-dessus de la porte de sortie, et lui aussi soumis à ce filtre rose. Il n’y eut aucune somation, aucune provocation, juste les flèches laser fusant vers les deux intrus. Dorka les encaissa, mais son acolyte était beaucoup plus réactif qu’elle, et se fondit dans une fumée noire avant de s’envoler vers leur assaillant. Ce dernier eut l’air de paniquer, bondit précipitamment d’une prise à l’autre en espérant le semer. Dorka décolla, pensant le prendre à revers, mais trop tard. William émergeait déjà de sa Supersmoke, épée levée à une main au-dessus de sa tête. La copie croisa les bras, invoquant un bouclier rose, mais ce dernier vola en éclats à l’impact, de même que son propriétaire. La Supersmoke déposa de nouveau son utilisateur au sol.
-Trop facile, cracha-t-il d'un ton méprisant.

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Autre temps – Autre monde

Le monde parfait ne peut venir de l’humain, qui est imparfait par nature. Les émotions violentes, les débordements, tout ça peut menacer cette idyllique harmonie. C’est pour ça que la Terre est désormais une machine, administrée et gérée par un programme. XANA sait, XANA dirige.
Si le peuple est silencieux et sourit, c’est bien parce que le spectre sur son épaule lui fait faire les bonnes grimaces. L’humain n’est plus moteur, l’humain est la marionnette des spectres et de XANA. C’est comme cela que l’on crée une utopie.
Jeunes, ils supportent mal. Alors on les laisse grandir un peu, on leur fait croire que cette Implantation sera leur révélation et leur entrée dans le monde des adultes. Puis quand on leur accorde, ils réalisent que le spectre a une totale prise sur eux et qu’ils sont enfermés dans leur propre corps. Avant, pas de révolte car l’humain rêve. Ensuite, pas de révolte parce que l’humain est enfermé.
Le monde est un monde de spectres et de programmes, dont XANA est l’architecte. C’est un monde sans passé. XANA a effacé l’histoire des hommes et l’a remplacée par la sienne, tournée de la façon qui l’arrangeait le plus.



Nuit du 16 novembre 2022 – Deux jours avant contact – Lyô – Cinquième Territoire

Ils arrivaient enfin devant la tour. Mais ça ne pouvait pas être si simple.
Debout sur le sommet de cette dernière, une silhouette rose, encore. Elle avait deux grandes ailes déployées dans le dos, et dans chaque de ses mains luisait un champ de force. Aelita avait rarement semblé aussi imposante. Elle avait en outre un côté plus spectral que ses acolytes. Mais elle n’était pas seule.
Devant Dorka et William se tenait la copie d’Ulrich, sabres au clair, prêt à leur foncer dessus. Une fraction de seconde de flottement, puis le combat explosa. Dorka esquiva une charge d’Ulrich en s’envolant, et de là en profita pour foncer vers Aelita, se désintéressant de ce qui se passait en bas, et s’en remettant à William pour gérer. Enfin, à Dark William.
Ce dernier ne prit même pas la peine de passer en Supersmoke et bloqua aisément les deux lames d’Ulrich, avant de le repousser d’un coup de pied. L’autre se désengagea à ce moment et tenta une attaque par le flanc en Supersprint, ce qui mena à la dissolution de William dans sa fumée protectrice. Ulrich restait toujours aussi rapide, et il pouvait pivoter assez vite pour éviter les attaques en traître. Il fallait changer de stratégie.
Pendant ce temps, autour de la tour, Dorka esquivait les champs de force d’Aelita avec plus ou moins d’aisance, en tentant de se rapprocher d’elle. Mais la Gardienne de Lyoko, ou plutôt son spectre, son double ou quoi que ce soit, savait très bien qu’elle avait tout intérêt à rester à distance et restait très prudente dans son vol. Et puis elle reçut une salve d’énergie dans le dos, ce qui la déstabilisa. Dorka eut juste le temps de voir Dark William replonger dans sa Supersmoke pour éviter Ulrich qui avait traversé la plateforme pour le rejoindre, puis elle plongea sur son adversaire qui peinait à se stabiliser et la transperça de sa clé. Elle ne se reposa cependant pas sur ses lauriers. Elle fendit le nuage de pixels en décomposition et arriva à pleine vitesse dans le dos d’Ulrich, qui était aux prises avec William et lui tournait providentiellement le dos. Comme par hasard.
Lorsqu’il eut disparu à son tour, Dorka tendit une main à l’alter ego de William.
-Bien joué.
Il l’ignora royalement.
-Maintenant, fais ce que t'as à faire.
Elle ne se formalisa pas de ce manque d’intérêt et s’envola jusqu’à la tour. Moyennant quelques manipulations sur l’interface, le halo de l’édifice vira bientôt au jaune doré, ce qu’elle put constater en ressortant.
-Impec’, y a juste à vérifier sur l’ordinateur mais je crois que c’est synchronisé.
William avait entre-temps repris des couleurs plus claires et semblait quelque peu dépité de son manque de participation au cours de la virtualisation. Néanmoins, lui et la blonde se dévirtualisèrent pour aller vérifier le résultat des manipulations.

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17 novembre 2022 – Un jour avant contact – Douzième arrondissement de Paris – Collège en ruine

L’équipe de Carthage contempla d’un air grave la chose dans son espèce de cocon gélatineux. A la lumière du jour, et pour des gens qui savaient de quoi il s’agissait, elle n’avait pas l’air extrêmement menaçant. Encore que, elle était révélatrice de choses plutôt inquiétantes.
-Alors c’était pas des conneries, souffla Steven en observant la créature.
Sabriël et Nergal s’étaient rendus sur le terrain pour l’occasion. L’escouade était au grand complet. Mais s’il y en avait un qui était encore plus fasciné par cette chose, c’était Wreck.
-Némésis est donc capable de parthénogénèse, marmonna Sabriël pour elle-même. Je sais pas combien de temps ça va prendre, mais on va peut-être se retrouver à devoir gérer un bébé Hélion. Et je n’aime pas ça.
-On a juste à le faire récupérer par nos scientifiques, objecta Wreck.
-A mon avis ce sera pas si simple, glissa Nergal. Si on déplace ce truc, on risque de perturber son cocon et son mode de croissance…et quand bien même, tu te souviens ce qui s’est passé la dernière fois que Carthage a dû garder deux bestiaux comme ça dans ses locaux ? On a même plus les installations pour !
-Alors tu veux faire quoi ? siffla Wreck, le regard mauvais, se tournant vers l’archiviste.
Ce dernier ne répondit pas. Il avait clairement une idée, mais il n’osait pas le dire car il savait que ça pouvait être dangereux pour sa santé. Cependant, ce n’était pas le seul à l’avoir. Sabriël finit par lâcher :
-Eh bien…je ne nie pas qu’il puisse sûrement être important en termes d’étude. Mais Nergal a raison. On peut pas le déplacer, et on peut pas attendre qu’il sorte de son cocon pour le faire. Et on a pas de quoi garder deux bestiaux adultes comme Némésis.
Cette fois, Wreck était fixé sur l’idée. Il se plaça entre l’amas verdâtre et ses collègues.
-Non. Ça, c’est hors de question.
Il bouillait. Sabriël croisa les bras, sentant que ça allait être long.
-Si, Wreck. Dis-toi que Némésis en pondra peut-être d’autres une fois de retour dans sa cage. Mais on va devoir se débarrasser de celui-là, parce qu’il est potentiellement dangereux et qu’on ne peut pas attendre qu’il sorte gentiment de son cocon. Je te rappelle que le bouclage du 12ème est supposé être temporaire !
Il ne bougea pas, soutenant son regard, poings serrés. Steven jeta un regard à Sabriël, l’air de demander s’il fallait dégager le rouquin de force. Pour l’instant, elle n’en était pas à cette option, mais ça risquait de venir.
-Wreck, ne fais pas l’enfant, prévint-elle.
Toujours aucune réponse, et aucune réaction.
-Wreck, dernière sommation, trancha Steven en sortant son pistolet.
Le rouquin les dévisagea une dernière fois tous les deux, le regard plein de haine. Nergal se tendit, persuadé que le conflit allait éclater. Saturnin posait lentement une main sur la crosse de son arme.
Et puis Wreck s’écarta d’un pas rageur avant de sortir du bâtiment, tournant le dos à ses camarades et s’éloignant vers l’immeuble qu’ils squattaient. Il entendit la détonation et serra les poings à s’en faire saigner les paumes. Il ne se retourna pas. Il ne se retournait jamais.
Sabriël passa un coup de fil à l’équipe scientifique pour leur suggérer de récupérer le cadavre, puis elle regarda ses acolytes d’un air sombre.
-Bon. C’est fait. En espérant qu’il ne nous fasse pas un caca nerveux. La priorité redevient de chopper Némésis.
-Au point où on en est, on pourrait aussi aller le chopper quand il est acculé dans sa morgue. Les risques d’attaque sont plus élevés, mais…suggéra Nergal.
-Tu dis ça parce que tu ne viens jamais dans les opérations de terrain, lâcha Saturnin.

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Matinée du 17 novembre 2022 – Un jour avant contact –Roissy-en-France – Aéroport Charles de Gaulle

Le duo était assis dans le hall de l’aéroport, à attendre que son avion soit annoncé. Ils voyageaient sans bagages, ce qui pouvait leur attirer un ou deux regards curieux, mais Dorka s’en fichait. Elle avait les yeux rivés sur son portable.
William était un peu mal à l’aise, avec le sentiment bizarre qu’il ne devrait pas être là. 24h plus tôt, il était menotté à un radiateur, aux mains d’une bande de cinglés, dans une zone évacuée et partiellement ravagée par une créature géante issue d’un laboratoire biologique. Et 12h plus tôt, il était virtualisé sur Lyoko à laisser son alter ego maléfique combattre à sa place. Autant dire que passer de ça à un banal aéroport, entouré de gens qu’il ne connaissait pas et d’ailleurs dans un autre monde que le sien…
L’idée que, peut-être, certaines personnes ici le connaissaient lui fit bizarre. Il se visualisa en train de faire face à quelqu’un qui venait lui parler, un ami ou que savait-il, et pour qui il n’éprouverait aucun des sentiments que son autre lui pouvait éprouver. Et si ça remontait aux oreilles de son autre lui, d’ailleurs ? « Oh je t’ai croisé à Roissy, marrant tu m’avais dit que tu étais en vacances à Marseille ! »…
Il coula un regard à Dorka. Comment pouvait-elle être aussi calme et détendue ? Avait-elle des informations qu’il ignorait ? Haha. Evidemment que oui. Rien que le fait qu’elle sache pourquoi son portable marche témoignait de sa grande connaissance du terrain. Elle ne lui disait pas tout, il en était persuadé. Et c’était mauvais signe, car ça signifiait qu’elle pouvait très bien avoir un agenda caché. Et avoir un agenda caché quand le destin de l’univers est en jeu, c’est mauvais. Malheureusement, William n’avait pas vraiment de moyen de percer à jour ledit agenda, déjà parce qu’il doutait que Dorka en parle à qui que ce soit (même à Nergal avec qui elle semblait en intense conversation). Ça avait peut-être à voir avec ce moment d’absence qu’elle avait eu dans le monde brumeux. Il était persuadé qu’elle lui avait caché quelque chose à ce moment-là.
Du côté de Dorka, la discussion battait son plein. Elle en apprenait plus sur les origines de Carthage, l’état actuel du projet, quelques anecdotes, et en échange elle racontait les détails de son voyage dimensionnel, et de ce qui l’avait amenée à trouver le Supercalculateur. Elle avait compris assez vite qu’elle parlait à quelqu’un qui pensait comme elle et qui comprendrait mieux que quiconque ses objectifs. Elle doutait que ses histoires puissent être d’une quelconque utilité à Carthage, et probablement que Nergal ne leur rapportait pas le contenu de leurs conversations.
« Et au fait le fœtus de la créature que j’ai vu hier soir, vous en avez fait quoi ? »
Il mit quelques temps à répondre, se demandant peut-être s’il avait le droit de divulguer l’information. Elle était à moitié persuadée qu’il en avait déjà lâchées qu’il aurait dû taire.
« Steven l’a tué et l’équipe scientifique est venue récupérer la carcasse. Wreck a pas aimé, et je crois qu’il est toujours retranché sur le toit en ce moment.
-Pourquoi ?
-Il a une légère obsession vis-à-vis de ces bestioles. Déjà, si le cyborg est encore en vie, c’est probablement grâce à lui. Y a un truc qui a déconné lors du processus de clonage par scanner et il manquait des bouts. Wreck était hyper attaché à celui-là et à l’original. »
Dorka releva l’utilisation de l’imparfait et s’apprêta à en demander un peu plus, quand un second SMS arriva.
« Les deux se sont battus lors du gros bordel qui a mené à la destruction du complexe où on les gardait. Helion, l’original, y est passé. Ce jour-là, Wreck était vraiment très en colère. Dorothée pourrait te le raconter si elle était toujours vivante. »
Dorka haussa un sourcil, revoyant la jeune femme qui avait déclaré forfait au moment de tracer le signal du monde virtuel inconnu. Elle avait déjà ouï dire (par Nergal toujours) qu’elle travaillait à Carthage, mais n’avait pas pu en savoir plus. Visiblement, ça c’était mal fini.
« Il l’a tuée ?
-De sang-froid, une balle dans la poitrine. Enfin, ensuite il a fini son chargeur quand même, donc ça faisait quatre balles en tout… On sait absolument pas combien de temps il est resté à regarder fixement le cadavre après. »
Dorka relut la dernière phrase avec un haussement de sourcil. Décidément, Nergal traînait avec des gens bien plus bizarres que lui.


17 novembre 2022 – Un jour avant contact – Douzième arrondissement de Paris – Toit d’un immeuble à moitié écroulé

Une légère quinte de toux lui secoua l’échine lorsqu’il recracha sa fumée. Visiblement, la venue de l’hiver allait lui coller un rhume. Ça l’agaçait, mais il n’y pouvait pas grand-chose. Et il était encore sur ce foutu toit, à essayer de se vider la tête, en vain. Il aurait pu se demander ce qui avait fait qu’il s’était mis à fumer après la catastrophe, mais les réponses étaient un peu trop limpides dans le fond de son crâne.
Et pourtant, il n’avait pas un très bon passif avec la fumée… Ça aussi, c’était encore limpide au fond de son crâne. Le feu, les dernières sensations biologiques de son bras qui disparaissaient à jamais dans le brasier. La fumée dans les poumons. Sköll qui le regardait d’un air méprisant et jubilatoire. Mais tout ça, il l’avait déjà revu plusieurs fois. Eveillé ou non.
Alors du coup, faute de sujet autre à cogiter, il se contentait de se repasser la scène de tout à l’heure. Il avait entendu la détonation, il l’avait entendue et elle lui avait fendu les tympans comme jamais. Même si sa vie avait été ponctuée de détonations passé un certain cap. Ses premiers essais au pistolet, au fusil. Puis le jour où il avait descendu Hati et eu la satisfaction de la voir s’écrouler dans son viseur. Et juste après la fois où Sköll aurait bien pu le tuer si sa collègue n’avait pas tiré plus vite. Le jour où il avait entendu Sköll se faire tuer. Son premier tir une fois les greffes finies. La balle qu’il avait tirée en l’air pour arracher ces crétins de scientifiques à leur torpeur et sauver Némésis. Et…ouais, ce chargeur qu’il avait vidé sur Dorothée. Après tout, on ne se remet pas de six balles, que ce soit dans le thorax ou dans le crâne.
Maintenant, une de plus. La mort du petit de Némésis. Il avait déjà noté cette propension qu’il avait eue à survivre à tous ceux qui avaient été à son contact : Hati, Sköll, Stella, Dorothée et même Hélion. Tous étaient morts, mais lui avait été plus futé. Ou plus solide. Ou plus agressif. En tout cas, quelque chose avait fait que lui s’en était tiré et pas eux.
« Un jour, je me rappellerai que je dois te descendre pour toutes les fois où tu as tenté de me ridiculiser »
Oui, ou alors il les tuait lui-même. Il n’y avait que pour Hélion et Stella qu’il n’y était vraiment pour rien. Dans un cas, il avait même voulu lui sauver la peau, sans pouvoir rien faire. Un peu comme toutes ces fois où il avait regardé Némésis se faire opérer depuis l’autre côté d’une vitre, conscient de son inutilité. Mais Némésis était vivant grâce à lui. Et donc, ce fœtus était, indirectement, une conséquence de ses efforts, en plus d’être une créature remarquable.
Et ce butor de Steven qui avait simplement tiré dedans.
« Fiche le camp et ne t’en fait pas pour ta bestiole ! »
Une fois de plus, le mégot de Wreck essuya sa bouffée de haine en se faisant écraser sous le talon de sa chaussure. C’était peut-être pour ça qu’il s’était mis à fumer. En tout cas, Sabriël et Steven l’horripilaient de plus en plus. Nergal, lui, n’était pas vraiment important, juste un sbire transparent chargé de gratter de la paperasse. Saturnin était un autre sbire transparent à peine capable de tenir un flingue. Mais Steven et Sabriël…depuis le début ils se la jouaient bande à part, et depuis le début ils maîtrisaient bien la situation.
Ce genre de chose le mettait en rage. Se rendre compte au final que c’était quelqu’un d’autre qui avait la situation en main, et que ce quelqu’un ne travaillait absolument pas pour les mêmes intérêts que vous. Mine de rien, Sköll avait dû ressentir ça lorsque sa sœur était morte. Ça lui arracha un rictus de satisfaction qui balaya son agacement précédent, mais il se reprit rapidement. Sa priorité ultime était de s’assurer que Némésis ne connaisse pas le même sort qu’Helion. Il fallait le déloger de la morgue, ça c’était sûr.
« Sans blague, t’es vraiment un génie »
Une question que Wreck se posait : là, en face à face, Némésis s’en prendrait-il à lui ? Il y avait de fortes chances, après tout il s’agissait d’un animal sauvage. Sans doute se souvenait-il de ces longs moments que le roux avait passé à côté des cages des deux clones, mais comment les avait-il perçus ? Le percevait-il comme une force hostile ou neutre ? Il n’y avait malheureusement pas beaucoup de moyens d’en être sûr. Pendant le grand chaos, Némésis l’avait superbement ignoré, mais c’était lié à ce besoin viscéral qu’il avait ressenti de tuer Helion.
Et d’ailleurs ça, il ne se l’expliquait toujours pas. Il s’était assuré lui-même que la créature opère de son propre chef, mais il ne s’attendait pas à un tel acharnement sur Helion. Peut-être une façon de s’assurer la suprématie, vu qu’ils étaient les deux seuls représentants de la même race de super prédateurs.
-J’imagine que tu descends pas bouffer ? grogna Steven, que Wreck n’avait pas entendu arriver.
-Toi…tu dégages, fils de pute, lâcha Wreck sur un ton presque calme.
Steven ne se démonta pas le moins du monde, et ne bougea pas d’un pouce.
-Non pas que j’aie spécialement envie de te voir, mais ce serait bien que tu arrêtes de faire ta dramaqueen. Comme ça on pourrait peut-être parler tous ensemble du plan pour aller chopper ta bestiole ?
-Va te faire foutre.
-Sinon quoi, tu mords ? Tu m’en veux parce que j’ai flingué la bestiole ? railla le colosse qui semblait prendre plaisir à le titiller.
-Je t’ai dit de te casser.
-Quoi, je te dérange ? T’étais en pleine réflexion sur tes vieux potes, Sköll et Dorothée ? Ils te manquent peut-être ? ricana Steven.
Ce fut probablement la phrase de trop. Vif comme l’éclair, Wreck lui sauta dessus, parvenant à le mettre à terre avec l’effet de surprise. Son poing s’écrasa sauvagement sur le nez du colosse, et il entendit un craquement qui lui arracha un sourire carnassier. Ce genre de son lui faisait toujours autant du bien aux oreilles. Et Steven, même avec son bras en métal, avait une dizaine d’années de plus que Wreck. En confiance, le rouquin cogna une nouvelle fois avant de se voir saisir par le col et expédier un mètre plus loin. Le vétéran se releva, plus ennuyé qu’autre chose, et remit son nez en place avec une grimace, s’essuyant le sang d’un revers de manche.
-Calmes-toi, tu veux ? On a encore besoin de toi en un seul morceau, je ne voudrais pas avoir à te démolir…pas maintenant.
Wreck se redressa d’un mouvement aussi vif que possible, cachant tant bien que mal que le choc lui avait fait mal au dos et lui avait coupé le souffle au passage.
-C’est ça ouais, rétorqua-t-il. Dégage.
Le vétéran lui adressa un sourire moqueur avant de tourner les talons.
-Oublie pas de descendre…
Une pensée traversa la tête de Wreck et il lança subitement :
-Au fait. Prochaine fois que tu mentionnes Dorothée, je t’explose le crâne. Je ne veux plus en entendre parler.
Steven se contenta de pouffer en redescendant dans les profondeurs de l’immeuble. Wreck n’était pas sûr qu’il ait compris le message.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Zéphyr MessagePosté le: Sam 26 Nov 2016 13:45   Sujet du message: Répondre en citant  
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Citation:
Nuit du 16 novembre 2022 – Deux jours avant contact – Lyô – Cinquième Territoire
Ils arrivaient enfin devant la tour. Mais ça ne pouvait pas être si simple.


Il manque un saut de ligne je crois !

Un élément du dernier chapitre me laisse extrêmement perplexe, en regard d'Abysses, dont tu avais fortement conseillé la (re)lecture pour rappel : la plongée sur Lyô. Je ne pense pas avoir une mémoire trop mauvaise, mais le supercalculateur de l'usine n'a-t-il pas été détruit, ou du moins bien foudroyé, par Xana première du nom à la fin d'Abysses ? Évidemment, je ne me rends compte de ce point que maintenant (alors qu'en vrai il est mentionné depuis le début de chapitre 1Cool mais pour le coup, cette différence assez notable avec l'univers du texte dans lequel la branche rouge est censée s'insérer est plutôt dérangeante selon moi. Le but d'Hélicase étant de lier entre eux tes principaux textes, modifier un élément comme celui-ci, c'est un peu dissonant avec cette volonté de liaison non ?
Cela dit, au vu de la préparation en amont de ce texte, j'ai un peu de mal à me dire que tu ais oublié un tel détail aussi facilement et ainsi fait un remake de Pallium. Mr. Green

Pour le reste, j'aime bien le rappel de la fusion d'Aelita avec le cœur de Lyô(ko) que tout le passage sur le Cinquième territoire suinte à grandes gouttes roses, au-delà des scènes d'action purement fonctionnelles.
Il ne reste donc qu'à synchroniser le supercalculateur de Xana(bis ?) en deux chapitres. La longueur impartie me semble assez courte pour cette entreprise mine de rien. Un twist sauvage serait-il en approche ? Shocked

Advienne que pourra !
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« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Ikorih MessagePosté le: Sam 03 Déc 2016 09:50   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre 21
Manoir hanté


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18 novembre 2022 – Deux heures quinze avant contact – 17h25 – Ecosse – Archipel des Orcades – Manoir de Xana

J’étais le seul maître à bord. C’était à la fois grisant et triste. Et je crois que le bâtiment le vivait comme moi. Le bois sombre grinçait mélancoliquement sous les bourrasques, on entendait le fracas de la mer dehors. La poussière s’accumulait. J’avais l’impression que ça faisait des siècles, et pourtant ça ne faisait que quelques mois. Je me demandais si j’avais la même perception du temps que les humains.
La seule autre chose vivante en ces murs, c’était le Supercalculateur au sous-sol. C’était pour lui que j’étais revenu. J’avais suivi de loin Laura, mais ma nature profonde m’empêchait de survivre sans me recharger régulièrement. Sans tour pour m’alimenter continuellement, j’étais contraint de revenir vers ce dispositif, conçu à l’époque par Xana. Et finalement, je n’étais plus reparti de cette vieille bâtisse, conscient que c’étaient des spectres d’une tout autre nature qui m’ancraient là. Les spectres du passé, des souvenirs. Je revoyais la jeune fille aux cheveux noirs hanter ces couloirs, le grand escalier, et disparaître dans les profondeurs de son laboratoire pour mieux ourdir ses plans. Mais sa décision avait été sans appel, et sans consultation.
L’autodestruction. J’étais certain qu’elle aurait préféré ce mot. Suicide est un mot beaucoup trop humain, et elle avait toujours détesté qu’on puisse l’associer à eux. Peut-être que c’était ça qui avait causé sa mort.
Après quinze ans de bons et loyaux services sur Terre, je pensais n’avoir plus rien à découvrir. Et pourtant, j’expérimentais l’ennui. Alors bien sûr, il y avait eu des moments plus creux avec Xana, mais c’était quelqu’un qui avait horreur de perdre son temps et qui menait de nombreux projets pour s’occuper. Il y avait toujours quelque chose à faire. Mais depuis sa mort, il n’y avait réellement rien à faire. Je passais mes journées dans le système électrique de la demeure, à me morfondre. Je n’avais pas autorisé que Drake reste en possession du Supercalculateur de ma maîtresse. Après tout, il n’avait servi que de support technique.
Un craquement retentit dans la maison. Ce n’était pas un craquement habituel. Il y avait quelque chose.
Je m’élançai, vif comme l’éclair (haha), pour me rapprocher de l’entrée du manoir. Emergeant à moitié d’une prise, tapis dans l’ombre, je voyais deux silhouettes entrer dans la demeure, précautionneusement. La première tenait une lampe torche. De ce que je voyais, c’était une jeune fille blonde, habillée à la garçonne, avec une casquette rouge à l’envers sur la tête. A sa suite, un jeune homme brun qui ressemblait étrangement à William…en plus jeune, ça ne faisait aucun doute. Face à cette bizarrerie, je les observai un peu plus longtemps, avant de me décider à entrer en contact. Jaillissant de la prise électrique, je me ruai sur William. Ces deux-là n’avaient a priori jamais combattu de monstres de Xana sur un monde virtuel, j’étais donc assuré de pouvoir les contrôler si jamais le besoin s’en faisait ressentir.
Dans le crâne de William, il n’y avait rien qui me soit familier. Je passai en revue ses souvenirs et ses motivations, et je découvris avec un certain effroi que ce William n’avait rien de commun avec celui que j’avais connu. Et pourtant, certaines choses étaient communes. Kadic, les Lyokoguerriers…et XANA les aurait tous massacrés ? En continuant à fouiller encore un peu, je tombai sur une histoire de voyage à travers les mondes et…Xylem ?! L’Invisible ? Je ne pensais pas entendre reparler d’eux…certes ils étaient théoriquement encore actifs dans le réseau mais…j’étais loin de soupçonner un tel pouvoir.
Je me renseignai également sur la jeune fille qui l’accompagnait. Elle s’appelait Dorka, et était animée par une curiosité démentielle. Tout connaître, tout apprendre, et tout garder pour elle. Je revis également au fond de William une autre entité, dans un coin de sa tête, qui eut l’air de sentir ma présence et de chercher à m’atteindre. Je l’effleurai d’un bout de doigt spectral, pour découvrir avec stupeur…William. Mais William le lieutenant de XANA, qui savait mener des armées de monstres. Cette personnalité secondaire qui avait piloté son avatar pendant sa xanatification…incroyable.
Je notai finalement que Dorka fixait William avec un visage plutôt inquiet, voir effrayé. Je décidai de mettre les choses au clair et parlai par la voix de William.
-Je m’appelle Xanadu, je suis le spectre gardien de ces lieux.
-Nous sommes venus pour…commença la jeune fille, avant que je ne la coupe.
-Je sais tout cela. J’ai regardé dans la mémoire de William. Je sais qui vous êtes, d’où vous venez, et ce que vous venez faire ici. Vous voulez vous rendre sur Fort Trinité et synchroniser le monde virtuel avec Xylem pour pouvoir ensuite fusionner les deux univers.
La mâchoire de Dorka se décrocha presque. Puis elle se rappela qu’il y avait un mot de mon discours qu’elle ne connaissait pas.
-Xylem ?
-Oui, c’est ainsi que Xana a baptisé le monde virtuel par lequel vous êtes passé. Ce monde mort qui se nourrit des programmes et données supprimées, et dans lequel réside un système issu de ces débris, que l’on a nommé l’Invisible pour sa capacité à imiter les autres.
Elle resta silencieuse, sans doute trop scotchée pour ajouter quoi que ce soit. Puis elle demanda timidement :
-Alors, vous allez nous laisser accéder au Supercalculateur ?
-Peut-être, lâchai-je évasivement. J’en jugerai après avoir lu dans ton esprit également. Mais avant cela, j’ai besoin de votre aide. Le Supercalculateur de XANA, comme les autres, fonctionne avec des piles nucléaires. Malheureusement, sa pile actuelle arrive sur sa fin de vie et j’ai besoin de l’ordinateur pour me recharger.
-Tu veux qu’on vole une pile nucléaire ? s’étrangla Dorka. Mais, c’est hyper dangereux…
-Voler, non. Juste aller la récupérer au sous-sol. Elle est bien isolée, aucun risque de radiations.
Dorka cligna des yeux.
-C’est juste ça ?
-Quand on a pas de corps physique, c’est compliqué d’aller chercher une pile. Vous allez donc venir avec moi.
La jeune fille blonde sembla réfléchir un peu, puis hocha la tête.
-C’est d’accord.
Je m’arrachai au corps de William pour fuser vers le sien. Elle eut un mouvement de recul, mais se détendit en constatant qu’elle avait toujours le contrôle d’elle-même. J’étais juste dans sa tête, à fouiller. Intrigué, je constatai qu’il y avait bien plus d’informations que n’en possédait William au sujet de leur mission. Et ça semblait volontaire. Il y avait clairement un chef dans le groupe, et lui n’était là que pour filer un coup de main.
Ça y était, cette fille me rappelait quelqu’un, avec son caractère têtu et avide de savoir.
« C’est qui ? » s’enquit simplement la jeune fille, qui semblait avoir perçu mes réflexions. Zut, je n’avais plus l’habitude. Mais je lui montrai deux trois images de Xana, assez rapidement. Elle sembla saisir le concept du personnage. Je repris pendant ce temps ma fouille de ces souvenirs interdits, qui ne contenaient ni plus ni moins que le futur de l’univers une fois reconstitué. Qu’est-ce que l’Invisible avait bien pu lui fourrer dans le crâne pour qu’elle en sache autant ?...

http://i.imgur.com/E7OupLK.png


Autre temps – Autre monde – Xanthome

-Allez on se dépêche, bouclez le périmètre de la centrale !
Une escouade complète de personnes vêtues d’un uniforme gris argenté type militaire était en train de descendre d’un véhicule volant futuriste. Brodé sur le cœur, un symbole en fil argenté : une sorte de Z dont on aurait remplacé le trait du haut par un cercle, et celui du bas par une vague. En symétrique, de l’autre côté, trois cercles concentriques dont le plus large était agrémenté de traits, un en haut et trois en bas. Ils étaient équipés de fusils capables de tirer des EMP, et leurs vêtements se fondaient curieusement bien avec le terrain, entre le gris des buildings en fond, celui du ciel, et la neige qui tombait. Ils prirent position comme leur chef le leur avait ordonné autour d’un bâtiment isolé : la centrale nucléaire. Un peu à l’écart de la ville, pour des raisons évidentes. Mais aucune menace ne devait planer sur le réacteur, même dans ses conditions.
Le chef de la troupe était blond, une des rares touches de couleur dans ce monde gris, plutôt jeune, et portait des lunettes de soleil malgré le temps. Il continua à distribuer ses ordres, puis lorsque la zone fut isolée, il rassembla ses meilleurs éléments et ils s’avancèrent dans la centrale. Dedans, des étincelles couraient de façon chaotique à certains endroits, sans qu’on saisisse réellement d’où elles provenaient. Sur leurs gardes, ils continuèrent.
-Je repère un truc, lança l’un d’eux. Le spectre ne doit plus être très loin.
Dans ce monde grouillant de spectres, eux étaient dotés de piles bien plus efficaces que les autres habitants, permettant d’alimenter les pleins pouvoirs des créatures. Si les civils n’étaient pas dotés de ces compétences, eux pouvaient tirer des éclairs, à titre d’exemple. Ces batteries plus puissantes pouvaient également encaisser une EMP. En revanche, un spectre sauvage perdu dans une centrale nucléaire serait détruit…
Une forme noire capta l’attention du chef, qui fonça plus vite que tous les autres à l’angle du couloir. Avant que la créature ne puisse se cacher, la balle fusa et explosa dans une violente impulsion qui l’annihila. Les capteurs confirmèrent.
-Parfait. Il n’aurait plus manqué qu’il nous fasse exploser une centrale, ce petit malin…
-Chef, vous êtes demandé sur le Dédale.
-Ah, il est temps de passer à une affaire un peu plus sérieuse…commenta le blond en sortant de la centrale au pas de course, une fois encore trop rapide pour être suivi.


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18 novembre 2022 – 17h40 – Deux heures avant contact – Ecosse – Archipel des Orcades – Manoir de Xana

Dorka et William s’enfonçaient vers le sous-sol. La jeune fille trépignait d’impatience, ne ressentant pas du tout la lourdeur du voyage. Ils touchaient au but ! Enfin les univers seraient réunis. Et son grand objectif serait atteint.
Elle sentait la présence de Xanadu, dans un coin de sa tête, mais le spectre restait plutôt silencieux, se contentant de la guider à travers les couloirs. Elle devinait aussi qu’il passait en revue tout ce qu’elle avait dans le crâne, ses moindres motivations, et cela l’inquiétait déjà un peu plus. Cette chose était réellement capable de visionner tous ses souvenirs, d’entendre la moindre de ses pensées. Et si elle le voulait, elle pourrait prendre son contrôle et la forcer à lui obéir.
« Ce n’est pas dans mes intentions. Je pense que je t’assisterai, à vrai dire. Quand bien même tu ne te préoccupes pas seulement du bien-être du monde… »
Dorka ignora la remarque, jeta un coup d’œil à William qui suivait, l’air sombre. Il avait l’air d’assez mal vivre le fait que le spectre l’ait précédemment neutralisé sans aucune difficulté. Elle ne savait pas trop quoi lui dire. Son portable vibra dans sa poche, et avant de le sortir elle savait déjà de qui provenait le message. Elle donna de ses nouvelles à Nergal, exposant ses dernières avancées et précisant bien qu’elle touchait au but.
« Super ! Moi je vais rester bien planqué au chaud pendant que les autres vont se frotter à Némésis… » lui répondit-il.
Elle sourit, puis s’arrêta devant une grande porte et leva le nez. C’était une porte en métal, frappée du large logo de XANA. Xanadu s’extirpa de son corps à ce moment-là, lui laissant une impression de froid dérangeante, et s’engouffra dans les circuits de fermeture. La porte s’ouvrit. Dorka émit un sifflement impressionné et rangea son portable.
-En fait, on dirait que ce spectre se comporte comme une sorte de clé…
« C’est un peu ça » commenta Xanadu en rentrant de nouveau dans sa tête. « Xana avait programmé les systèmes pour qu’ils me reconnaissent. Ça garantissait plutôt bien que personne d’autre qu’elle ne pouvait circuler dans les parties les plus sûres. »
Dorka devait reconnaître que l’ingéniosité de Xana forçait le respect. Elle regrettait de ne pas pouvoir la rencontrer, et avait un peu l’impression d’arriver dans ce monde après la bataille. Quand tout s’était déjà passé, que tous les êtres intéressants étaient déjà morts. Qu’il était trop tard, en somme.
Elle inspira un grand coup et rentra dans le local. Elle repéra des caissons ovoïdes, que Xanadu lui confirma être son objectif, et marcha jusqu’à eux avec précaution.
« Tu es sûr que c’est sécurisé ? »
« On a jamais eu de problème » assura le spectre.
Elle s’avança, et après un instant d’hésitation, saisit la poignée de la pile nucléaire. Avec une petite grimace d’effort, elle la souleva.
-William, tu peux venir m’aider ?
La mine morne, il vint cependant la décharger de son fardeau.
-Allez, viens. Plus vite on aura fini, mieux ce sera.
Elle hocha la tête et lui repassa devant, guidée par les indications de Xanadu. Les couloirs des parties souterraines étaient en béton, aussi le retour dans la partie plus traditionnelle de la bâtisse, en bois noir, fut-il assez étrange à ressentir. Dorka avait la vague impression que ces lieux portaient le poids de longues années, sans trop savoir pourquoi. Il y avait un côté maison hantée, voilà, c’était ça cette petite sensation glauque. Elle vit une petite fille assise dans l’escalier du grand hall, blonde, peut-être cinq ou six ans. Interloquée, elle s’arrêta, cligna des yeux, et la petite disparut.
« Désolé. C’est mes souvenirs à moi. »
-Ben alors, t’avances plus ? lança William qui la suivait toujours.
-Si si, je réfléchissais à un truc, mentit Dorka.
Puis elle emprunta le fameux escalier, vers le premier étage. Les marches grincèrent horriblement, à croire qu’elles allaient s’écrouler, et Dorka s’étonna que la rampe soit aussi polie. On pourrait croire qu’elle n’avait pas d’âge.
Le premier étage consistait en réalité davantage en une corniche qui s’étalait sur tout le mur du fond et la moitié des deux latéraux. Une balustrade simple empêchait qu’on en tombe, et le mur face à Dorka présentait quelques fenêtres, opacifiées par la saleté. Comme si personne n’avait vraiment pris la peine de faire les vitres. Déjà que l’extérieur n’apportait pas une grande lumière, si elle était arrêtée par ça, il ne fallait pas s’étonner que la maison soit aussi obscure.
« Xana aimait bien. Avec moi, elle pouvait voir dans le noir. »
Dorka songea à sa vision nocturne personnelle, et se bénit de la présence de Xanadu dans sa tête. Ça lui permettrait de faire porter le chapeau au spectre. Ce dernier ne releva pas, probablement désintéressé de ce genre de dissimulations intestines.
Xanadu la fit s’arrêter devant un pan de mur, a priori pas différent des autres.
« Je reviens, il faut que je désactive le scan rétinien. »
Il s’infiltra dans le panneau de bois, qui coulissa quelques secondes après, dévoilant un couloir en béton. Après une petite hésitation, les deux visiteurs l’empruntèrent, se dirigeant vers une nouvelle porte métallique. Elle se déverrouilla à leur approche et Xanadu regagna l’intérieur de l’organisme de Dorka, qui commençait à s’habituer.
Dans la pièce, une lueur verdâtre. A croire que c’était le cliché habituel, ou plutôt, que Xana s’était inspirée de la salle du laboratoire pour concevoir sa propre base. Sur le côté, un gros hologramme projetait l’image d’un monde virtuel en forme d’œil de XANA, et d’autres écrans holographiques ornaient les murs.
-Tape à l’œil, commenta Dorka. Mais efficace.
Et au centre, le traditionnel pupitre de commande. Les deux scanners étaient situés dans une annexe de la pièce que Dorka repéra grâce à Xanadu. La blonde inspira un grand coup et marcha vers l’ordinateur.
-Je vais juste voir comment ça marche et on pourra y aller…

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18 novembre 2022 – 17h30 – Deux heures avant contact – Douzième arrondissement de Paris

Le quatuor traversait les rues de Paris, en silence, direction la morgue. Ils avaient étudié avant de partir les plans des lieux, dont ils disposaient d’une copie au cas où, et étaient tous armés de fusils à plus ou moins gros calibre. Wreck avait pour l’occasion ressorti son fusil à tranquillisant, probablement le seul cas où il était utilisé et actuellement passé dans le dos, mais gardait son pistolet à la ceinture. Au cas où il faille tirer des vraies balles.
Il fermait la marche. Le soleil ne se couchait pas encore, mais le ciel commençait à prendre une petite teinte orangée. S’il avait le temps à la fin de toute cette histoire, il irait peut-être regarder le coucher de soleil. Ça lui changerait de son toit.
« T’as vraiment rien d’autre à foutre, hein ? » songea-t-il avec un brin d’amusement. Un petit brin. Il n’avait pas vraiment envie de rire quand la survie de Némésis risquait de se jouer.
Devant lui, Sabriël traînait la patte. Il ne comprenait toujours pas pourquoi elle avait voulu venir. Elle allait les gêner, les ralentir, et il faudrait garder un œil sur elle. De l’utilité des boiteux. Dans une mission virtuelle, il aurait saisi, mais là… Mais il se garda bien d’objecter. Elle allait péter un câble et ça ralentirait leur mission encore plus, car à la fin elle resterait là.
Encore devant, Steven et Saturnin ouvraient la marche, échangeant de temps en temps quelques mots. Ça non plus, Wreck ne saisissait pas. Pourquoi le môme dans leur équipe ? Il avait beau ne pas apprécier Steven, il ne pouvait pas nier qu’il s’agisse d’un des deux seuls agents compétents de cette équipe. Mais le petit ? Aussi inutile qu’Hati en son temps.
Peut-être qu’il allait falloir le tuer. Mais il n’avait pas reçu d’instruction allant dans ce sens.
Peu importait. Il savait ce qu’il avait à faire.
Le quatuor s’arrêta un instant devant la morgue. Derrière eux, la Seine coulait tranquillement, indifférente à tout le chaos qui avait secoué le quartier. L’entrée à moitié écroulée du bâtiment menait, symboliquement du moins, vers les ténèbres. En pratique, l’intérieur était encore assez lumineux, en cause la grande présence des fenêtres. L’électricité était encore allumée, mais certaines lampes crachaient des étincelles et certains systèmes devaient déjà être endommagés, dont probablement la réfrigération. C’était pourtant à peine si les odeurs de putréfaction se manifestaient. Wreck en tira les conclusions tout seul.
-Le truc là-dedans n’a plus rien à manger, commenta-t-il simplement à l’adresse des autres.
-On y va, grogna Steven. Ma main à couper qu’il est en salle d’autopsie.
-Rez-de-chaussée, indiqua à nouveau le roux avec un petit sourire.
-On dirait que tu connais le coin…grogna Steven.
Wreck lui fit un clin d’œil amusé. Le colosse ne releva pas cette soudaine bonne humeur, mettant ça sur le côté un peu toqué de son collègue. Le groupe rentra.
L’intérieur faisait relativement cossu par rapport à ce qu’on s’attendait à voir dans une morgue. Enfin, il aurait pu avoir l’air cossu si Némésis n’avait pas saccagé le parquet avec ses griffes en diamant, et il aurait pu avoir l’air cossu si les décorations n’avaient pas souffert d’un malencontreux coup de queue. Au fil de leur progression, Wreck repéra l’escalier qui menait à l’étage. Sobre, blanc, en pierre ou quelque chose du style. Il était lui aussi en piteux état mais pouvait tenir en cas de montée. En revanche, Némésis ne pourrait probablement pas l’emprunter. Un endroit à retenir au moment de battre en retraite. Il ne releva pas.
Et puis le feulement qu’ils attendaient tous se fit entendre. Le trio de tête dégaina, et ils virent la créature émerger du couloir devant eux, l’air presque satisfaite de les voir. Némésis les fixait de ses six yeux avides, et le sang séché sur sa mâchoire de métal en disait long sur la nature de son alimentation.
Trois coups de feu partirent.

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18 novembre 2022 – 18h30 – Trente minutes avant contact – Ecosse – Archipel des Orcades – Manoir de Xana

-Ok, annonça finalement Dorka. Je vois les procédures de base, ça marche à peu près comme sur le nôtre. Je vais pouvoir lancer la virtualisation différée.
« Simple avertissement, les algorithmes de conception d’avatar de notre Supercalculateur sont différents de ceux utilisés par celui d’Hopper. Il est possible que vos avatars soient modifiés, par exemple qu’ils soient plus sombres. Mais j’imagine que ça ne posera pas trop de problèmes. Les monstres qui traînent sur Fort Trinité sont conçus pour ne pas attaquer ceux qui sont virtualisés depuis nos scanners. »
Dorka retransmit les informations de Xanadu à William, puis fit cliqueter le clavier. Et elle se leva, marcha jusqu’au scanner, et laissa les portes se refermer sur elle. Il était enfin temps.
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Ikorih MessagePosté le: Sam 10 Déc 2016 10:22   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre 22
Funérailles d'un univers


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18 novembre 2022 – 18h – Une heure avant contact – Douzième arrondissement de Paris – Institut médico-légal

Steven et Sabriël s’écroulèrent, tués sur le coup. Cependant la troisième balle, qui aurait dû aller droit dans le crâne de Saturnin, s’était fichée dans le mur. Wreck fronça les sourcils. Il avait pourtant cru avoir visé à la perfection. Comment ce gosse avait-il pu l’éviter ?
Saturnin lui-même était encore trop choqué pour vraiment réaliser ce qui venait de se passer. Il regardait les cadavres de ses deux supérieurs, puis jeta un regard terrifié à Némésis qui avait presque l’air de regarder la scène d’un sourire satisfait. Cependant son instinct de survie prit le dessus. Il était coincé entre deux prédateurs aussi dangereux l’un que l’autre.
Vif comme l’éclair, il fonça dans le couloir, avec comme priorité de s’éloigner du monstre mutant. Ça allait impliquer de passer à côté de Wreck, mais c’était presque plus sûr. Au moins il avait une sortie.
Malheureusement pour lui, le bruit de cavalcade de Némésis l’obligea à revoir ses plans. Il venait de déclencher le réflexe de traque… Si la créature le poursuivait, elle le rattraperait à coup sûr. Il vit alors l’escalier et se rua vers la structure, devinant qu’elle était sa seule issue. Les circonstances firent que Wreck eut autre chose à penser que l’abattre lorsqu’il passa à côté de lui, et Saturnin parvint à atteindre le haut de l’escalier sans trop de souci. Le teint blêmi par l’adrénaline, il osa un regard par-dessus son épaule et ce qu’il vit lui glaça le sang. Non seulement Wreck fonçait droit vers lui, mais il était suivi de près par le monstre. Le roux s’engagea dans l’escalier une fraction de seconde avant Némésis, et échappa au coup de griffe qui lui était destiné uniquement parce que la marche s’écroula sous le poids de la créature. Le psychopathe parvint à l’étage à peu près indemne si ce n’était la balafre rouge dans son dos. Malheureusement pour Saturnin, elle était superficielle.
-Comment t’as pu éviter ça ? siffla Wreck. Tu devrais être mort, gamin.
-J’en sais rien, balbutia Saturnin, qui se savait dans de sérieux ennuis.
Le roux plissa les yeux dans un éclair de génie.
-Nan…en fait, t’es un putain de mutant aussi.
-Aussi ? demanda le blond, toujours terrifié.
Il nota cependant que Wreck avait déjà eu affaire à des membres du projet Chimera. On ne savait jamais, ça pouvait servir. S’il s’en tirait. Pour sa culture personnelle.
-Ta gueule, grogna-t-il.
Némésis donna un coup d’épaule dans le mur du dessous, frustré de ne pas pouvoir les suivre à l’étage, puis retourna s’intéresser aux cadavres frais. On entendit vite des craquements d’os et des bruits de mastication. Wreck le suivit du regard avec un sourire, puis attrapa Saturnin au col avant qu’il ne puisse filer.
-Bien, pendant que Némésis bouffe, pourquoi on discuterait pas un peu tous les deux ? Je t’aurais bien tué là comme les autres sans aucune douleur mais maintenant qu’on a le temps…
Le blond constata que son adversaire avait pensé à lui piquer son pistolet. C’était la merde. Néanmoins, il puisa dans ses ressources de discipline et se concentra. Il faudrait attendre une ouverture. S’agiter là bêtement sans rien pouvoir faire n’était pas envisageable, Wreck ne le lâcherait pas si facilement. Et c’était un coup à prendre une balle gratuitement. Il jugula donc sa crainte de la mort non-immédiate qui se profilait devant lui et se força à rester calme dans la mesure du possible. Wreck regardait les environs.
-Bon, on s’installe où ? Une préférence ?
Saturnin n’aurait jamais cru penser ça un jour, mais heureusement, les salles d’autopsie étaient au rez-de-chaussée.

http://i.imgur.com/qOJiL1o.png


18 novembre 2022 – 18h30 – Trente minutes avant contact – Fort Trinité

Dorka se réceptionna sur le sol noir comme la suie de Fort Trinité. Cette texture lisse et virtuelle ne trompait personne. Le décor non plus n’avait rien de naturel. Le ciel était rouge foncé, parcouru d’éclairs. On distinguait les ombres noires des Mantas qui volaient au cœur des nuages, et les formes des tours carrées couleur jais qui se découpaient devant. La mer numérique elle-même était rouge. La palette de couleur était d’une originalité sans faille.
Dorka constata qu’ils étaient sur le premier anneau. Le plus large et le plus haut, avec la languette vers le haut. Le second, situé en dessous, présentait deux languettes plus basses et le dernier se réduisait à une plateforme circulaire avec une unique languette pointant vers le bas. Ingénieux et mégalomane. Devant ce dernier niveau, elle vit une grande boule d’énergie rouge brillante qui semblait éclairer tout le monde, et autour de laquelle s’enroulait une créature tentaculaire qu’elle préférait ne pas approcher.
Elle put enfin constater une troisième chose : sa tenue. Le costume noir et or avait laissé place à une sorte d’armure intégrale sans casque, métallisée et brillante. De même, ses ailes s’étaient métamorphosées pour faire place à de grands filaments lumineux dorés. Sa clé avait également grandi, s’était affinée et davantage ouvragée. Elle avait désormais plus l’aspect d’une lance.
« Tu vois, ton avatar est différent. »
Elle sursauta. La voix de Xanadu, là, dans sa tête ?
« Je n’ai pas quitté ton organisme au moment de la virtualisation. Nos avatars sont donc combinés, ce qui en augmente la puissance. Sans rancune, je voulais juste pouvoir suivre le final de tout ça ici même. »
La blonde se retourna vers William, apparu un peu plus loin. A première vue, son avatar faisait moins enfantin. Son armure avait viré au gris fumé, et il avait probablement d’autres pouvoirs. Dommage qu’ils n’aient pas l’occasion de les expérimenter…
Elle regarda la tour la plus proche, s’étonnant tout de même de leur design différent. Mais ça devait pouvoir varier selon le monde virtuel, après tout, elle n’avait pas vu de tour sur Xylem… Enfin, ce serait dans une tour noire que tout s’achèverait. Quand les deux Supercalculateurs entreraient en résonnance avec Xylem, l’Invisible pourrait raccorder les univers et corriger toutes les imperfections, mutations, et autres divergences. Recréer un monde nouveau sur une base refondue. Un nouveau passé dont tout le monde se souviendrait et que personne n’aurait vécu.
Elle s’avança vers la tour, un sourire rêveur et victorieux sur le visage.
-Attends.
William…
-Est-ce que tu es sûre que c’est bien la chose à faire ?
Allait-il vraiment tout foutre en l’air maintenant ?
-Tu veux vraiment annihiler tout ce qu’on a connu ? Réduire deux mondes en poussière pour en créer un nouveau ? Et peut-être que tous ceux auxquels tu tiens seront balayés par le changement d’univers ?
La jeune fille se retourna pour de bon. Il lui faisait face, à quelques mètres, l’arme au poing.
-Parce que moi non. J’ai fait plein d’erreurs, j’ai même accepté un plan stupide me proposant de me venger de tous ceux qui avaient ruiné ma vie. J’en ai fait une autre en t’accompagnant dans ce merdier. Et là je crois que tu t’apprêtes à faire une erreur encore plus grosse qui va ruiner deux mondes.
-Tu veux faire quoi, te battre ? ricana Dorka.
Un pâle sourire traversa le visage de William.
-Moi ? Non.
La fumée violette sur fond noir enveloppa William, qu’elle visualisa vêtu de noir une fraction de seconde. Elle avait déjà vu fonctionner ce pouvoir et savait à quel point il était redoutable. D’autant plus sur ce terrain. Elle eut le réflexe de s’envoler sans quitter la Supersmoke des yeux, qui se rapprochait dangereusement. Et puis William émergea de la fumée, lame au clair. La jeune fille para avec sa clé, et son adversaire s’évapora avant même qu’elle puisse riposter. Elle savait qu’il allait frapper dans le dos, et qu’elle n’aurait pas le temps de se retourner.
Elle disparut. Le lieutenant de XANA, surpris, retourna se poser sur l’anneau principal pour la chercher des yeux. La jeune fille, tout aussi étonnée, constata que son pouvoir d’immatérialité avait été développé.
« Mon avatar à moi passe aussi à travers les adversaires. J’imagine qu’un avatar où nos deux esprits sont présents ne peut que faire mieux. »
Dorka tenta un plongeon vers William mais redevint visible avant de l’atteindre, son pouvoir n’ayant pas une durée infinie. Il lui envoya une salve d’énergie qui la contraignit à faire une embardée hasardeuse pour éviter, et en profita pour continuer à la bombarder. Elle n’eut d’autre choix que de se dissimuler sous le sol du premier anneau. Elle n’avait pas beaucoup de temps pour trouver une idée, William allait vite la suivre en Supersmoke. Au moins ce pouvoir d’immatérialité pouvait-il grandement l’aider à battre le guerrier.
Faute de coup de génie, elle reprit de la distance à tire-d’aile. Bien vite la fumée noire se profila derrière elle, et la jeune fille reprit de l’altitude. Elle se retourna vivement pour bloquer l’attaque de William. Cependant elle ne prévit pas qu’il pourrait simplement continuer sa route, s’arrêter plus haut qu’elle et lui tirer une salve d’énergie dans le dos qui la précipita en chute libre vers le sol, ou la mer numérique, difficile à dire.
« Bon écoute c’est pas que je t’aime pas, mais si tu veux gagner ce combat, va falloir qu’on change de méthode. On sent que t’as jamais eu à te battre sérieusement. »
Face à la perte de contrôle sur la situation, Dorka n’eut d’autre choix que de laisser la place.

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18 novembre 2022 – 18h42 – Dix-huit minutes avant contact – Fort Trinité

Bon sang ça faisait longtemps !
Sitôt que les commandes de l’avatar me revinrent, je m’employai à stabiliser la situation. Et heureusement, je gardais les ailes. Elles me permirent de me poser sans encombre sur le sol du second anneau. Mon avatar n’avait que très peu changé par rapport à ce qu’il était normalement. Individu de sexe masculin, cheveux, vêtements et yeux noirs. Curieusement similaire à William sur l’idée d’ailleurs. Cependant j’avais gardé les deux ailes dorées de Dorka, qui, je l’estimais, étaient toujours utiles. Je disposais de deux armes rangées dans une ceinture. A gauche, une épée rougeoyante dont la lame s’arrêtait en biais, comme si l’extrémité en avait été coupée, et à droite une dague qui crépitait d’électricité.
Et William venait d’arriver. Il s’était arrêté à bonne distance, sorti de la Supersmoke pour le moment, me regardant d’un air méfiant. Il ne s’attendait pas à ça, de toute évidence.
Ça ne l’empêcha pas de revenir au corps à corps très vite. Mais il n’avait plus affaire à une débutante, et je ne fus pas intimidé par sa charge l’épée au clair. Bien au contraire, je me coulai sur le côté pour esquiver le coup et lui porter une entaille de ma lame rouge. Il fallait récupérer les points de vie que Dorka avait perdus en se faisant toucher, sinon on ne pourrait même pas survivre à une salve d’énergie.
Sentant sa vitalité lui échapper, William s’écarta dans une bouffée de fumée. Il était intelligent. Dommage pour moi. Aucune provocation ne vola. C’était un combat d’êtres numériques, qui n’étaient pas enclins à ce genre de bassesses. Une salve d’énergie fusa, mais je n’eus qu’à sauter pour l’esquiver. J’avais des capacités physiques surhumaines, autant les exploiter. Tant que j’avais un corps.
J’en profitai pour remonter au niveau de William, brandissant ma lame vorpale, mais il stoppa l’attaque sans surprise. Ce fut l’occasion de tirer ma dague pour tenter une attaque en traître, mais il me vit venir une fois de plus et s’enfuit vers le dernier anneau dans un panache de fumée.
M’approchant du bord pour sauter à mon tour, je vis arriver droit sur moi une salve d’énergie que mes réflexes me permirent d’éviter. Puis je sautai, me réceptionnant devant la sphère de lumière rouge qui alimentait le monde virtuel. A contrejour, ça devait probablement rendre super bien.
Après une fraction de seconde à nous observer, nous fonçâmes l’un vers l’autre. Il avait la Supersmoke enclenchée, moi non. Je le vis émerger de la fumée droit devant moi, un sourire victorieux au visage, et la lame brillante de son zanbatô fendre l’air, au milieu des volutes violettes, droit vers mon visage. Elle me traversa de part en part sans aucun dommage et avant que William ne puisse réagir, j’étais passé derrière lui (à travers lui !) et, reprenant ma matérialité, je l’avais embroché. L’espace d’un instant il reprit sa tenue grise et me jeta un regard, tout en disparaissant dans une volée de confettis virtuels :
-Tu vas tous nous condamner…
J’ignorai sa remarque. Ce que j’avais vu dans l’esprit de Dorka me semblait assez légitime pour vouloir l’aider. Ce monde qui miroitait au fond de ses idéaux, il me parlait. Il aurait parlé à Xana aussi. Et Dorka parlait comme elle.
Déployant les ailes dorées qui m’étaient conférées, je pris mon essor et remontai jusqu’au premier anneau, celui contenant les tours. J’entrai dans l’une d’entre elle.
« Allez, laisse-moi faire la manipulation maintenant ! »
J’esquissai un sourire en m’approchant de l’écran de la tour.
« Tu ne pourrais pas. Xana et moi sommes les seuls à savoir taper le Code XANA, qui permet d’activer les tours. Dicte-moi, et j’exécuterai. »
Un peu boudeuse de se voir retirer le monopole de l’action finale, Dorka m’indiqua la chose à faire. Il était temps. A l’extérieur, la tour s’éclaira d’un halo doré tandis que certaines parties s’en arrachaient pour flotter à côté.
Contact.

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18 novembre 2022 – 18h40 – Vingt minutes avant contact – Douzième arrondissement de Paris – Institut médico-légal

-Tu t’ennuies pas trop ?
Saturnin n’en menait pas large. Cela faisait une vingtaine de minutes au moins qu’il sentait les paumes de ses mains se gorger lentement de sang. Le contact moite, collant et chaud du liquide quittant ses vaisseaux sanguins le répugnait davantage de seconde en seconde. On aurait pu croire qu’il avait fini par s’habituer, mais non. Quand bien même ce serait possible, ça ne se faisait visiblement pas aussi vite. Vingt minutes avec les mains clouées au bureau de l’amphithéâtre ne suffisaient pas pour que ça ne fasse plus mal. Et il aurait sans doute le temps de se vider de son sang avant d’être habitué.
Il avait cependant fait preuve d’une certaine force de caractère, et n’avait pas desserré les dents. Même s’il était à moitié convaincu qu’elles allaient se briser sous la pression qu’exerçait sa mâchoire. Les muscles de son visage, contractés comme jamais pour tenter de maintenir une expression neutre, le brûlaient. Sa respiration saccadée et les grimaces de douleur qu’il n’arrivait plus à contenir devaient parler à sa place, et sans doute que son tortionnaire s’en contentait.
Ce dernier était assis sur une table du second rang de l’amphi’ et le regardait en se grillant une clope, avec de temps en temps un regard au plafond pour s’assurer qu’il n’y avait pas de détecteur de fumée. L’alarme incendie serait capable de perturber Némésis, ou au mieux de leur vriller les tympans sans qu’ils sachent comment l’arrêter.
Devant la non-réponse de Saturnin à sa question, il soupira.
-T’es pas très bavard. J’aurais dû m’en douter venant d’une lopette sans personnalité dans ton genre, mais j’espérais qu’avoir les mains transpercées t’inspirerait un peu plus.
Il jeta un regard satisfait auxdites mains de Saturnin, sobrement transpercées par ses deux couteaux. Le dos se recouvrait lui aussi de pourpre, quelques filets de sang traçant une sorte de sinistre toile d’araignée dessus, en coulant lentement. Il le sentait commencer à sécher par endroit, créant une sorte de légère croûte qui s’accrochait à sa peau.
-Te crispe pas trop, à mon avis ça empirerait la chose, continua-t-il.
Saturnin ferma les yeux et tenta de faire le vide dans son crâne, en vain. Wreck n’était pas près de se taire, et ses mains non plus. La douleur lui dévorait les paumes. La lame était plantée depuis longtemps, et il avait l’impression qu’elle mordait toujours aussi avidement dans sa chair.
-Tu crois qu’après on pourra faire une tirelire avec tes mains ? commenta le roux, absolument pas découragé par son manque de réaction.
Quoique…était-il si inexpressif que ça ? Le regard vert haineux de Saturnin était rivé sur Wreck, et il y avait fort à parier que la colère et la souffrance se lisaient bien sur son visage. Et finalement il articula avec effort :
-Pourquoi tout ça ?
Le regard de Wreck s’éclaira et il bondit de sa table pour redescendre l’escalier et aller se placer face à son prisonnier.
-Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous. Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre. Sabriël était une salope autoritaire qui se planquait derrière Steven, lequel disposait environ de 2 neurones pour réfléchir. Nergal est d’une inutilité consternante, tout comme toi. J’aurais pu éventuellement supporter tout ça si on avait récupéré Némésis rapidement et sans souci. Mais non ! Cons et incompétents. On laisse partir des prisonniers, on flingue l’avant-dernier représentant d’une race de machines de guerre biologiques qui ont coûté des millions à développer… Donc, je me suis dit que ça suffisait. Quand j’en aurai fini avec toi, j’irai endormir Némésis tout seul et il vous aura tragiquement tués.
Le roux s’était penché vers lui petit à petit au fil de son discours. Il marqua une pause, lui adressa un clin d’œil et ajouta :
-C’est pas la première fois que je déforme un peu la réalité. J’ai testé, ça marche.
Il eut l’air de se remémorer de bons souvenirs, observa sa victime en attendant une réaction. Saturnin laissa échapper un soupir et fit le maximum pour prendre un air ennuyé.
-Je m’attendais à un motif plus impressionnant.
Wreck fit la moue et se redressa. Il considéra le couteau dans la main droite de Saturnin et le remua du bout du doigt, distraitement. Saturnin n’arriva pas à contenir un râle.
-Ne cherche pas trop la merde. Je trouve que tu es déjà assez dedans comme ça. Et avec moi, tout peut arriver.
Il s’interrompit un instant, fixa Saturnin avec un sourire comme s’il était particulièrement fier de sa phrase. Le blond soutint ce regard, travaillant sur sa respiration pour essayer d’oublier les deux lames dans ses mains. Peut-être avait-il la sensation de jouer les durs, mais Wreck ne voyait en face de lui qu’un gosse totalement impuissant et paniqué, à deux doigts de hurler.
-J’ai une question, articula finalement Saturnin d’un ton presque calme.
Le roux lui fit signe de la poser, visiblement un peu lassé de monologuer dans le vide.
-Si on est tous des incompétents et des cons à Carthage, pourquoi t’es pas encore parti ?
Pas d’agressivité dans le ton de Saturnin, du moins aussi peu qu’il était possible d’en exprimer avec deux lames dans les paumes. Le roux le fixa quelques secondes, une expression indéfinissable sur le visage.
-Parce que ça n’a pas toujours été le cas. Je me tirerai peut-être quand ils auront récupéré Némésis, j’ai pas encore décidé.
Il sortit alors son pistolet, et de la main droite, arracha les deux couteaux de la table, et des mains de son prisonnier par la même occasion. Ce dernier pâlit en regardant les deux plaies ouvertes qui vomissaient désormais bien plus de sang.
-Fais pas ta chochotte et avance ! ordonna Wreck.
Tremblant, il s’exécuta. La détermination qu’il s’était consolidée pendant ces longues minutes de souffrance venait de s’évaporer, balayée par le rappel de sa mort prochaine. Et il n’avait toujours pas d’idée pour se barrer.
Le psychopathe le remmena en haut de l’escalier brisé, arme au poing, et lui ordonna de tendre les mains au-dessus du vide. Blême et angoissé, Saturnin s’exécuta. Il regarda les gouttes rouges s’écraser en contrebas, et se demanda dans combien de temps il commencerait à ressentir les effets de la perte de sang. Il n’avait aucune notion de ce qu’il avait pu perdre. Il entendit Wreck siffler.
Un souffle rauque se fit entendre. A pas lents, Némésis émergea du couloir, maculé de sang frais. Pas la peine d’être un génie pour comprendre ce qui s’était passé avec les cadavres de Sabriël et Steven. Wreck prit le temps de détailler le cyborg, un large sourire sur le visage.
-Salut ! T’as encore la dalle ?
Le monstre ne manifesta aucune réponse claire. Wreck tapota l’épaule de Saturnin.
-On dirait que ouais. Désolé hein, si ça avait pas été le cas je t’aurais peut-être laissé partir mais…
« Alors tire, qu’on en finisse »
Légèrement perturbé par cet écho mémoriel, Wreck laissa s’écouler quelques instants de plus. De trop ?
Contact.

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An dix. Mois J. Jour kappa. Période 3 – Dédale

C’était un grand labyrinthe noir. Les murs étaient sombres, luisants, on pouvait parfois y voir se refléter des volutes de fumée grises dans lesquelles se dessinaient des visages plaintifs. Comme s’ils étaient enfermés à l’intérieur.
Le garçon blond passa devant ces volutes avec un sourire moqueur. Ceux qui avaient osé s’opposer à XANA finissaient parfois dans ces murs, enfermés et conscients pour l’éternité, sans pouvoir parler. La plupart de ces âmes étaient sans doute folles. Mais d’autres avaient la chance d’être virtualisées à part entières, et d’avoir un avatar dans le labyrinthe. Elles pouvaient ainsi errer, et interagir avec les Chasseurs de Fantômes qui venaient. En général, ils venaient avec de solides raisons, quand ce n’était pas tout simplement l’activation d’une tour pour résoudre un problème spectral.
Les lunettes de soleil du jeune homme n’étaient pas présentes sur son avatar virtuel, qui ressemblait à la quasi-identique à son apparence terrestre. Elles permettaient d’apercevoir ses yeux dorés. En revanche, les cicatrices qu’il arborait aux mains étaient gommées dans la virtualité. Il n’avait jamais vraiment su d’où elles venaient.
Il finit par trouver l’ombre qu’il cherchait. Elle marchait un peu plus devant lui, sans autre apparence qu’une silhouette noire. Il l’interpela, et l’écho de sa voix se perdit entre les murs du labyrinthe.
-Saturnia !
L’ombre se retourna, sans qu’on sache vraiment si elle avait le choix. Il la rattrapa.
-Ton spectre a disparu, siffla-t-il, agacé. Il menace la vie de plein de gens dehors, alors tu as intérêt à me dire où il a bien pu aller.
Elle eut l’air heureuse. Au moins autant que ce qu’une silhouette noire pouvait manifester.
-Non, crois moi, ça n’a rien de bon, attaqua à nouveau le Chasseur de Fantômes. Si tu as la moindre idée, parle. Tu préfères qu’on l’attrape vivant et qu’on le reprogramme, ou ne pas nous aider et qu’on le tue, et que toi on t’interne dans les murs du Dédale pour que ça te serve de leçon ?
Agacé et agressif. L’ombre sembla se ternir un peu, son étincelle d’espoir refroidie.
-Je ne sais rien, souffla-t-elle d’une voix lointaine. Je n’ai aucune idée d’où il peut être.
-Idiote, trancha-t-il. J’ai assez perdu de temps.

Emergeant du scanner, il rapporta son entrevue à ses camarades. Et une petite voix se fit entendre du fond de sa conscience.
« Je ne donne pas cher de la peau de ce spectre…quand on aura mis la main dessus. »
Il ricana intérieurement, à l’unisson avec la voix. Si Saturnia avait réussi à atteindre un état symbiotique avec son spectre parce que ce dernier s’était laissé attendrir, Saturnin n’était parfaitement en phase avec le sien que parce qu’il s’était laissé gagner par son zèle diabolique. Le sbire de XANA lui avait ouvert les yeux, et il ressentait à son contact une espèce de rage destructrice sans commune mesure. Quand il fermait les yeux, il pouvait parfois se le représenter comme une sorte de chien, un molosse à peine dessiné par des contours orangés. Les spectres avaient une personnalité, et il fallait croire que leur Implanté était en mesure d’en percevoir un brin à travers cette représentation…
-Allez on se bouge, vous me trouvez où il est ! Un spectre sauvage, c’est un spectre dangereux, et on est là pour l’attraper !


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An dix. Mois J. Jour kappa. Période 3 – Xylane – Tour Suprême – Dernier étage

Xylane était peut-être une des rares villes de la planète à être entourée d’une végétation luxuriante. Elle était un point gris au milieu du vert, et du dernier étage de la Tour Suprême, on avait une magnifique vue sur ce contraste qui faisait miroiter la parfaite utopie. Le bureau qui occupait l’étage disposait d’une large baie vitrée blindée, par laquelle le dirigeant suprême de la planète pouvait admirer le panorama.
Bien entendu, XANA n’avait pas besoin de fenêtre pour admirer le monde. XANA était partout, XANA était omniscient et omniprésent. XANA était la façade Mais ce que très peu savaient, c’était que derrière XANA, il y avait une autorité. Il y avait un pupitre dans ce bureau du dernier étage qui permettait de dicter à XANA les ordres qu’il devait suivre. Il gérait le monde, mais lui-même n’était qu’un outil.
Avec un sourire satisfait, Dorka suivait des yeux la courbe des constructions, debout devant sa baie vitrée. Son œuvre, et celle d’un programme maintenant reclus dans le cimetière du Réseau, à attendre qu’un autre déséquilibre se produise dans le multivers pour tenter de le réparer. Ou pas. L’époque où elle ignorait tout et cherchait à découvrir tout ce qui lui était possible d’apprendre était révolue. Désormais elle menait le bal, et si la moindre connaissance lui faisait défaut, XANA la lui apporterait sur un plateau. Enfin, elle l’appelait XANA, mais elle supposait en fait qu’il s’agisse du dénommé Xanabis, la copie créée par Carthage dans l’autre univers. Après tout, c’était le dernier XANA encore en vie… Ou bien il pouvait s’agir d’une sorte de mix global, né de la fusion des univers. Ni vraiment le XANA d’un univers, ni celui d’un autre. L’incertitude planait.
Elle était la seule à se rappeler des deux univers avant la fusion. Cadeau de l’Invisible pour ses services. Elle se rappelait de tout ce qu’elle avait vécu, de tous ces évènements qui avaient été réels et rêvés à la fois. L’histoire de ce monde avait été réécrite. La transition avait été…bizarre. Elle avait vu Xanadu taper ce qu’elle lui indiquait. Un moment de blanc, où elle se retrouvait sur Xylem, face au programme gardien. Puis elle s’était retrouvée dans son bureau de maître du monde, en se souvenant parfaitement de tous les évènements qui l’y avaient amenée, et sans pourtant se souvenir les avoir vécus aussi intensément que ceux avant l’extinction de la tour.
La seule à se rappeler, vraiment ? Non, finalement. Elle avait senti au moment fatidique que l’ennui ne tarderait pas à la rattraper au milieu de ce monde de zombies idéal. Que les spectres n’étaient pas une compagnie valable, et que, tout compte fait, il y avait bien une personne dont elle n’avait pas voulu se délester.
-A ton avis, il s’est passé quoi à la fusion des mondes ? commenta une voix à côté d’elle. Je veux dire, théoriquement on existait tous en deux exemplaires… L’Invisible a tout arrangé à sa sauce ?
-C’est probable. Il est peut-être la seule chose que je ne puisse vraiment comprendre. Je ne sais pas comment il a fait.
Son interlocuteur eut un sourire.
-Je ne m’inquiète pas, tu trouveras un jour. Tu es trop têtue pour le laisser garder ses mystères trop longtemps.
Dorka sourit à son tour et détacha un instant ses yeux du paysage pour jeter un œil à son acolyte. Un peu plus grand qu’elle, cheveux noirs fins descendant jusqu’aux oreilles, et les iris dégagés du filtre argenté appliqué par les spectres sur leurs hôtes.
-Par contre, reprit-elle, j’ai une théorie. Ce ne serait pas impossible que l’Invisible ait converti une partie des gens en spectre lors de la fusion des univers. A priori, chaque personne existe en deux exemplaires, sauf exception, et du coup, lorsqu’il a fallu fusionner, ça a dû poser problème. Donc, il est possible que certains, voir tous ceux en trop, aient été convertis en spectres et servent maintenant à maintenir l’ordre là-dehors. Mais je n’ai pas de preuve de ce que j’avance, ce n’est qu’une idée en l’air.
-Va savoir, commenta simplement Nergal.
Dorka ne répondit rien, peu désireuse de continuer à développer une théorie encore bien fragile. Elle songea que ce monde dont elle avait pris les rênes, non, qu’elle avait construit, lui réservait encore des mystères insoupçonnés. Et ce malgré son impression de tout connaître sur tout. Elle s’était déjà fait la réflexion que c’était bien calme désormais, comparé à ces voyages dimensionnels. Elle s’était aussi déjà demandée ce qui avait pu advenir de ceux qu’elle avait croisés. Elle n’avait jamais cherché la réponse, alors qu’elle aurait pu l’obtenir dans un claquement de doigts. Tous ces personnages qui avaient fait l’histoire de ce petit multivers, elle n’était pas encore sûre de savoir ce qu’ils étaient réellement devenus. A l’exception notable de Saturnin, qu’elle avait eu la surprise de voir à la tête des Chasseurs de Fantômes de Xénon…
Y avait-il une quelconque morale à cette aventure ? Probablement pas. Et si c’était le cas, elle n’avait rien de positif. « L’ambition et l’égoïsme paient ». « Annihiler deux univers se justifie si vous dirigez ce qui en émerge ». Elle avait réussi à créer un nouveau monde. Un monde sans conflit. Un monde sans danger. Un monde sans âme autre que celle qui palpitait pile au rythme de sa baguette.
Par-delà la cime des arbres, le disque solaire disparaissait lentement, cédant la place à une nuit sans lune.

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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Lhetho MessagePosté le: Sam 10 Déc 2016 11:19   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Localisation: Une chose est sûre, c'est sur Terre !
Citation:
et probablement de mon dernier texte sur la section


Are you kidding me ? Sad

Bref, bonjour bonjour. Bah voilà, Hélicase c'est terminé ! C'était vraiment une fic très bien écrite dont le scénario, qui comportait quelques éléments des aventures de tes anciennes fics, était très bien mené. Ma partie préférée sur ce chapitre reste le duel moral entre Wreck et Saturnin. Même si ça se termine au dernier moment, et qu'on pourrait trouver ça assez classique, c'est principalement le développement des pensées des personnages dans ce moment critique, par le biais du dialogue qui constitue une grande partie du passage, que j'ai beaucoup apprécié.

Je vais pas m'étendre plus parce que de toute façon c'est pas comme si je l'avais fait sur cette fic depuis le début et j'ai pas mal de choses à faire aujourd'hui et demain.

En conclusion finale, c'était un plaisir de suivre ta fic chaque semaine. J'espère que tu trouveras une idée de malade pour continuer à te lire. Sinon, bonne retraite ! (ceci est assez mal placé Very Happy ).

Bref, bon week end ! Smile
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Icer MessagePosté le: Mer 14 Déc 2016 13:27   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Territoire banquise
Et bien, le hasard aura fait qu'en dehors du chapitre 17, j'aurais terminé la fic en lisant en bloc toute la partie "jaune". Effectivement, comme tu me l'avais dit lors de mon dernier commentaire, j'ai vite vu l'objectif final de la fic, mais malgré la lecture, je fais quand même la même remarque que Zéphyr sur le violet. Ou alors c'est en référence à la clé jaune qui elle même si je ne me trompe pas renvoie à Dorka, ce qui prendrait son sens à la fin.
Mouais, j'aurais quand même préféré du violet Sad

Citation:
projet Chimera


Y a du lourd. À quand le code du même nom ? Il a déjà une sacrée réputation dans le milieu Rolling Eyes

Citation:
ce William n’avait rien de commun avec celui que j’avais connu. Et pourtant, certaines choses étaient communes.


Oui, je vois l'idée... Euh en fait, non pas du tout Razz

Bien entendu, dès le changement d'univers, il a fallu que les protagonistes de la branche bleue tombent immédiatement sur ceux de la rouge Cool

Globalement j'ai été assez captivé par cette branche jaune, que j'ai lu d'ailleurs relativement vite pour une période de partiels. Quel dommage que la dernière remarque du venteux soit de nature à briser les immersions Sad
Je reste assez dubitatif sur l'utilité globale de William, on a eu l'impression d'une récupération par défaut du personnage de Cold Case, dont l'opposition finale nous donne d'ailleurs l'impression de n'avoir aucun sens au regard d'une certaine passivité dont le personnage a fait preuve de mémoire. Bon je sais que la lecture de ta fic a pris plusieurs mois mais je n'ai pas le souvenir qu'il ait vraiment été percutant.

http://i.imgur.com/rGeA3W6.jpg
Icer : Dis donc c'est assez ironique tu trouves pas ?
Ikorih : Qu'est-ce que tu veux dire Icer ?
Icer : Bah l'année dernière tu t'es foutu de la gueule de ceux qui savaient pas gérer William et t'en es devenu un.
Ikorih : J'vois pas du tout c'qu'il y a d'ironique Icer.


Coté rouge, un dénouement à vrai dire assez prévisible avant contact, on connaissait déjà la personnalité de Wreck, mais de toute façon, ce n'était plus qu'un interlude à partir du moment où Dorka échappait à l'organisation, ils n'avaient plus vraiment de rôle à jouer.

J'ai une question qui vient sans doute du fait que la lecture de l'univers s'étale sur plusieurs années : Que cache le personnage de Nergal ? J'ai sans doute raté l’élément explicatif qui justifie qu'il soit aussi permissif avec Dorka lors de leur capture. En fait, il semble carrément complice, sentiment renforcé par la scène de fin. Alors voilà, j'aimerai savoir si tu avais plus de réponses à m'apporter Mr. Green

J'ai trouvé très habile le rattachement à l'un, si ce n'est le, de tes meilleurs OS.

Sur le global, ça reste une excellente fanfic. Au-delà du fond, on sent qu'elle incarne véritablement la synthèse des quatre textes précédents sur la forme au sens où elle gomme la plupart des défauts vus auparavant : Une présentation dégueulasse, une publication à chaud, un manque de recul sur la trame globale, etc...
La conclusion a donc été à la hauteur. Tu peux donc être fière du fait que ces 4 dernières années n'ont pas été perdues. Bien sûr, c'est assez facile quand on commence à 13 ans mais on remarque que Pikamaniaque, qui suit le même schéma, n'a pas progressé d'un poil, voire régresse puisqu'il est depuis entré en faculté de droit.

Enfin, dernière chose : Si je n'ai pas été un grand fan de la scène finale, elle a un avantage certain :


Citation:
ce monde dont elle avait pris les rênes, non, qu’elle avait construit, lui réservait encore des mystères insoupçonnés.


À bon entendeur Wink

_________________
http://i.imgur.com/028X4Mi.pnghttp://i.imgur.com/dwRODrW.pnghttp://i.imgur.com/mrzFMxc.pnghttp://download.codelyoko.fr/forum/avataricer.gifhttp://i.imgur.com/h4vVXZT.pnghttp://i.imgur.com/gDzGjSF.pnghttp://i.imgur.com/x46kNev.png

« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Zéphyr MessagePosté le: Sam 07 Jan 2017 13:11   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Malheureusement, je suis bien moins enthousiaste que les deux commentateurs précédents sur ce final, par extension sur la branche jaune. Je trouve ça assez rageant : les parties blanche, rouge et bleu étaient exemplaires en terme de narration et de cohérence avec les univers de tes textes, mais la jaune fait tout retomber à mes yeux.

À nouveau, je rencontre des soucis de continuité avec l'univers de la branche rouge :
  • Xanadu prétend dans son passage dédié qu'il avait besoin d'un « tour pour [s']alimenter régulièrement » et « de l'ordinateur pour se recharger ». Pourtant, je crois me souvenir qu'Abysses avait largement montré qu'une prise électrique, donc le réseau lié, suffisait au spectre autonome pour se recharger (ce qui t'as donné des prétextes pour faire des passages chez les Della Robbia Razz). Et la dépendance à une tour n'a, il me semble, jamais été spécifiée dans les textes de l'univers, cet aspect autonome du spectre étant mis en avant dans Imprévu, faisant toute sa spécificité.
  • Quid de Xanabis ? Sans la mention finale de Dorka, on le croirait disparu. Pourtant, il hérite du nom de Xana et des installations de Fort Trinité après le suicide de la première du nom. J'ai beaucoup de mal à croire qu'il laisse agir Dorka à sa guise « chez lui », quand bien même elle se virtualise depuis un scanner lié à ce monde virtuel. Je pense qu'il aurait pu constituer un obstacle final à la fusion des univers autrement plus difficile à passer que William.
Pour rester sur ce que je disais dans mes passages précédents, on retrouve quelques aspects symptomatiques de tes fins de fanfiction : des événements qui accomplissent les objectifs finaux annoncés en préambule sans vraiment apporter de rebondissements notables, des passages « aime » qui meublent (coucou les séquences avec les agents de Carthage et Wreck après que Dorka les ait quittés) et un léger sentiment d'insatisfaction quant à la conclusion proposée. Du moins c'est comme ça que je reçois le texte en tant que récepteur.

De même, je ne suis pas spécialement fan du basculement immédiat dans le futur suite à la fusion des mondes. Ça rend le rattachement à Symbiose plus anecdotique qu'autre chose je trouve, parce qu'en y regardant bien, excepté les passages de couleur jaune qui décrivent le futur en lui-même, il n'y a pas tellement d'éléments précurseurs de ce fameux futur dans le reste de l'histoire (par rapport au système sociétal j'entends). Par exemple, on sait que c'est par sa collaboration que Dorka a pris la tête du futur, le texte dit même qu'elle a « construit » ce monde, du coup, dans le fond, qu'est-ce qui justifie qu'elle ait décidé de façonner le monde de cette manière ?

Bref, toute réserve sur la branche jaune et la fin du texte gardée, ton baroud d'honneur en fanfiction constitue une réussite, en particulier les débuts, avec « l'historique » de la back-story de Code Lyokô tout à fait savoureuse. Joli travail !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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