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[Fanfic] Bouffon du Roi

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 Auteur Message
Minho MessagePosté le: Ven 06 Jan 2017 17:48   Sujet du message: [Fanfic] Bouffon du Roi Répondre en citant  
[Frelion]


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Spoiler

BOUFFON DU ROI


http://2.bp.blogspot.com/-PYOdFLg1wMI/VhZRY6tiimI/AAAAAAAABVw/PRiAI_uWJ6s/s1600/Folie.jpg


Prologue : L'ami Darwin



Vendredi 5 janvier 2001, 10:40

« Toute personne existant sur cette terre est issue d'un brassage génétique qui se perpétue depuis les premières générations d'êtres humains. Et ensuite, c'est brassage après brassage que le génome humain évolue au travers de chaque individu qui hérite d'une partie du patrimoine génétique de ses deux parents. Car oui, nous avons bel et bien droit à une reproduction sexuée et heureusement pour nous d'ailleurs... Le quotidien d'une plante doit être ennuyeux à mourir ! »

Tout le monde éclate de rire. Sauf moi. Je serre les dents. Ce gars est un abruti. Il paraît intelligent mais ce n'est qu'une illusion : on ne peut pas avoir des muscles saillants tout en se payant le luxe d'avoir des neurones en bon état de marche, c'est impossible. Personne n'est doté de telles capacités, ça serait l'anarchie. C'est incompatible en réalité, comme la blague de Dieu qui ne punit jamais deux fois. Si l'homme ne peut pas être roux et noir à la fois, il y a fort à parier qu'il ne pourra jamais se vanter d'exceller dans deux domaines opposés : le sport et l'école.

« Tu t'es trompé Einstein... »

Lilian fait semblant de ne pas avoir entendu mais je ne vais pas laisser tomber l'affaire. Il est hors de question qu'il transmette de fausses informations au reste de la classe. La moyenne de notre groupe est déjà bien assez déplorable, pas la peine d'en rajouter... « Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi, ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voulaient le contraire, et l'immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. » Cette phrase de Confucius n'a jamais été aussi vraie car tous les idiots de ma classe me dévisagent comme si j'avais commis un crime.

« Contrairement à ce que tu as dit, repris-je d'une voix assurée, la plante ne doit pas forcément faire recours à la reproduction asexuée. C'est une aberration de croire que la reproduction sexuée est l'apanage exclusif des mammifères.
— Je n'ai jamais affirmé ça sale nabot, tu déformes mes propos !
— Lilian, reprends ton exposé ! J'ai compris où tu voulais en venir, c'est le principal. »

Cette injonction semble le rappeler à l'ordre. Madame Hertz a toujours été douée pour ça, c'est la seule qui arrive à le canaliser. Du haut de ses trente ans, la blonde a déjà acquis un potentiel autoritaire assez impressionnant... juste quand il s'agit d'exposés car, pour le reste, on pourrait poignarder un mec à côté d'elle sans qu'elle ne réagisse. C'est de famille, il paraît que sa tante donne cours à Kadic et que tout le monde la redoute ! Le collège-lycée le plus réputé du coin... Malheureusement, il y a peu de chances que je sois scolarisé là-bas. Avec nos déménagements intempestifs, je ne serais peut-être plus à Sceaux d'ici la fin de l'année. Chaque fois qu'on s'installe quelque part, on doit fuir aussitôt. Si l'on excepte Bordeaux où nous sommes restés pendant près de trois ans, je n'ai jamais vécu plus de treize mois au même endroit. Comment avoir une vie normale avec cet handicap évident ? J'ai manqué plus de jours de cours que n'importe quel enfant de mon âge.

Heureusement, mes capacités compensent ce manque d'assiduité scolaire. Du haut de mes neuf ans, je suis plus doué que la plupart des gosses qui sont dans ce bahut. Pourtant, je le cache bien. Du moins, j'essaie car ce n'est pas toujours facile de se taire. Comme aujourd'hui... Je n'ai pas su garder mon sang froid, il fallait que ça sorte. Lilian Knops est le premier à casser les gens, je suis content que ça se soit retourné contre lui pour cette fois.

« On peut affirmer que le patrimoine génétique qui résulte de ce brassage est de meilleur qualité que celui des générations précédentes. C'est l'évolution. Je suis convaincu qu'il y a des gagnants et des perdants. Tout dépend si nos ancêtres étaient déjà à un stade élevé de la chaîne alimentaire.
— Qu'est-ce que tu entends par "chaîne alimentaire" exactement ?
— C'est une métaphore... Dominant ou dominé. Manger ou être mangé, tu comprends la comparaison ? En réalité, cette soumission est programmée depuis notre naissance. Regardez ce pauvre Anoa, il n'a rien pour lui. Il a un visage suscitant peu d'attrait, personne ne peut contredire cela. Le fait que l'on puisse être beaucoup à dénigrer ce visage est en parfaite corrélation avec ladite évolution génétique dont on est les fruits. Lors des différentes récréations, les élèves se complaisent à l'affirmer publiquement, poussés par l'effet de groupe. Je suis le premier à me moquer de lui, comment pourrait-il en être autrement ? »

Scandalisé par ces propos, je tourne la tête vers Madame Hertz mais celle-ci semble fascinée par l'exposé. Je lui ai toujours silencieusement reproché son manque de rigueur scientifique mais j'ai la preuve aujourd'hui que c'est une idiote parmi tant d'autres... J'ai l'impression que tout le monde se délecte des paroles vénéneuses qu'il est en train d'insinuer dans la classe. C'est très facile de conditionner l'esprit des jeunes et Lilian est un expert pour s'assurer un public qui écoutera avec attention ses discours dangereux. J'ai envie de hurler à la face du monde que c'est un Hitler miniature mais il faut que j'arrête de provoquer des situations de crise, j'ai déjà assez de problèmes comme ça. Du coup, j'évite de croiser le regard d'Anoa. Le connaissant, il doit être sur le point d'éclater en sanglots. Si j'interviens maintenant, mon impulsivité va prendre le dessus et ça va mal finir. Il faut que je fasse abstraction...

« L'aspect de domination est une construction sociale qui existe depuis la nuit des temps. Dieu dominait Adam et Ève. Cette dernière a cédé, sans doute suite à la faiblesse caractéristique de son sexe, au serpent du jardin d'Éden. Par cet acte créateur de notre civilisation, elle a fortement déçu son Maître... Il ne faut pas s'étonner si le même schéma se répète depuis des milliers d'années. Un leader et des serviteurs. Parmi eux, il y en a inévitablement un qui va finir par décevoir. Il sera châtié et la vie reprendra son cours normal. Un mouton ne deviendra jamais un loup et vice-versa. »

Tout ça pour sous-entendre que c'est un putain de prédateur et qu'on doit éviter de l'approcher. Merci mais on le savait déjà...

« Reprenons l'exemple d'Anoa. Le fait que certains avouent à la fois ne pas être attiré et, dans un même temps, dire que ce n'est pas cool de chercher à rabaisser autrui pour son physique peut être vu comme une contradiction mais peut aussi être vu comme une recherche de rédemption, une fuite de l'effet de groupe qui est honorable, quitte à froisser ceux qui s'enferment dans le concept même de cohérence d'idées et qui s'enfoncent eux-mêmes dans une idéologie qui ne grandit personne. En d'autre termes, pouce levé à ceux qui disent "j'aime pas son visage, ce n'est pas à mon goût" par souci d'honnêteté et honte à ceux qui disent "ce n'est pas cool de se moquer" car ce sont les premiers à penser qu'Anoa a été bercé trop près du mur à la naissance. »

Une goutte de sang s'écoule le long de mon menton. J'ai tellement mordu ma lèvre inférieure pour contenir ma fureur... Je me bouche les oreilles, je ne veux plus rien entendre. Je chante dans ma tête les seules paroles que j'ai été capable de retenir en anglais. C'est toujours pareil avec ce foutu bahut. Quand les autres sont en vacances, on a la chance d'avoir des activités organisées les premiers jours de janvier ! Le thème du jour ? « S'extérioriser à travers un sujet choisi. » La preuve, s'il le fallait encore, que cette prétendue école n'a absolument rien de normal...

I, I will be King,
And you, you will be Queen.


Au moment où la sonnerie retentit, je pousse un soupir de soulagement en constatant que la torture est maintenant terminée. La classe se vide peu à peu de ses élèves mais je reste prostré sur mon banc. Je n'ai qu'un seul ami dans cette école et je ne suis même pas foutu de le défendre. Mes sœurs ont raison, je suis faible et ce n'est pas prêt de changer...

« Ptite bite ! »

Est-ce qu'il vient vraiment de me balancer une insulte aussi minable ? Je regarde autour de moi, le local est vide... à l'exception de Madame Hertz, affairée à coller des posters aux murs pour la séance suivante, et de Lilian. Ça ne peut être que lui. Il est grand temps que je riposte.

« Je préfère avoir ce que j'ai dans la braguette que ce que tu as dans la tête, c'est plus gros. »

Lilian me regarde d'un air interloqué et réagit aussitôt avec un doigt d'honneur. Quand on a des arguments débiles, on est aussi pourvu d'une répartie extraordinaire...


Vendredi 5 janvier 2001, 12:12

Par cette lettre, je tiens simplement à extérioriser un sentiment et une histoire qui refont surface en cette période. Je tiens à préciser tout d'abord que je ne suis pas à plaindre et que je ne cherche pas à recevoir l'aide de celui qui trouvera ce bout de papier mais simplement, comme dit plus haut, c'est l'occasion de pouvoir m'exprimer et extérioriser "tout ça".

Il y a maintenant sept ans, entre les murs de la faculté de sciences, je rencontrais la fille la plus magnifique à mes yeux. Blonde aux yeux bleus, la combinaison parfaite. Simple, gentille, intelligente, un large sourire, pas une once de méchanceté en elle pour qui que ce soit,... Je pourrais continuer les qualificatifs la mettant en valeur mais cette lettre serait d'une longueur infinie et prendrait l'allure d'un papyrus interminable. Un jour, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai fait ce qu'il fallait pour entrer en contact avec elle, pensant que je n'avais aucune chance tant elle m'impressionnait... Il s'avérait que je lui plaisais également, mais que jamais avant elle n'avait accepté un rendez-vous de la part d'un garçon. Quelques semaines plus tard, je l'invitais au bal de sa fac et ce jour-là nous sortions ensemble. J'ai ingéré une quantité d'alcool considérable avant de lui demander "officiellement" et ça en valait la peine. Seules les godasses ont pris cher durant cette soirée bien trop arrosée. Tout ça pour dire qu'on a profité des papillonnements de l'amour naissant avant de conclure définitivement.

Une histoire qui dura près de trois ans, un premier amour comme je n'aurais jamais pu l'espérer, tout était réuni pour que ça fonctionne. Le cocktail parfait en quelque sorte. Comme dans tous les couples, il y eut des hauts (beaucoup de hauts), et des bas (beaucoup aussi, mais tellement minimes à mes yeux). Malheureusement, lors de nos derniers mois passés ensemble, de nombreux doutes nous ont envahis, beaucoup de choses de la vie se sont enchaînées, je n'ai pas su gérer certaines choses comme il l'aurait fallu de la part d'un mec envers sa copine pour faire avancer son couple et sa patience a eu des limites, elle m'a quitté non sans peine il y a maintenant un peu plus de deux ans. Jamais je n'aurais pu imaginer l'aimer autant que lorsque j'en ai été séparé, c'est le manque qui te bouffe le bide à toute heure du jour et de la nuit. Tout me semblait acquis avec elle, jamais je ne me suis senti en "danger de la perdre", et lorsque c'est arrivé, je me suis retrouvé perdu au milieu de tout, un vide s'est créé autour de moi, et malgré tous les efforts possibles et imaginables pour "passer à autre chose", le véritable amour ne meurt jamais. Tellement cliché de dire ça mais on ne peut pas comprendre tant qu'on ne l'a pas vécu. Pour certains, ce discours peut paraître défaitiste, pour d'autres, certainement romantique. Quoi qu'il en soit, je tiens à faire passer ce message à tout un chacun : si vous aimez votre partenaire, si sa seule présence dans la même pièce vous emplit de joie, bougez vous et dites-lui tant quand vous le pouvez que vous l'aimez BORDEL DE MERDE. Préservez cette personne de tout mal, et faites passer son bonheur avant le vôtre. “On peut tromper une personne mille fois. On peut tromper mille personne une fois. Mais on ne peut pas tromper mille personnes, mille fois.”


Et ça doit bien faire mille fois que je lis cette lettre que mon père a écrite il y a bien longtemps... J'ai parfois l'impression que ces mots ne correspondent en rien à la situation actuelle. Mes parents s'aiment trop. C'est bizarre de dire ça mais c'est la vérité. Ils occultent la face obscure du quotidien pour mieux profiter de leur bonheur. Sympa ? Pas tellement car cette attitude est clairement à double tranchant. Ils font réellement semblant de ne pas voir ce qui pourrait nuire à la sphère de bonheur et d'illusions qu'ils ont créée autour d'eux. J'en viens même à les détester pour ça. Ils sont juste trop... perfectionnistes, dernière nouveauté du moment, et cette "qualité", qui relève plus du défaut selon moi, aspire leur humanité. Une fois que la surface est polie à son paroxysme, ceux qui m'ont donné naissance ne sont plus que des coquilles vides, plus de personnalités si l'on excepte l'humour désastreux dont ils font preuve... et l'amour sans limites qu'ils portent à leurs enfants. Dégoulinant, étouffant et, je commence à le penser, simulé. En réalité, je ne connais pas ceux que j'appelle « mes parents » car chaque déménagement apporte son nouveau rôle à jouer, ils ne sont jamais vraiment eux-mêmes, même lorsque nous sommes juste entre nous. S'il y avait une famille dans le monde à oscariser, ça serait la nôtre. Je viens de jeter mes vêtements de « Guy le bcbg » pour redevenir un peu moi-même, du moins au niveau du look. Je me sens donc un peu plus à l'aise sauf en ce qui concerne un aspect de ma nouvelle vie... Les consignes ont été très claires et on me l'a répété assez de fois quand on a emménagé à Sceaux : pas de rapprochements afin d'éviter tout incident. Mais c'est plus fort que moi ! Si je devais me résumer en un mot, ça serait bien évidemment « sociable » et c'est sans doute la cause de tant d'inquiétudes pour ma famille qui tient à garder des distances avec le reste du monde. J'ai même l'impression que je ne me suis pas encore trouvé, que je refoule une certaine excentricité pour éviter d'attirer l'attention. Malgré tout, je suis sans doute le plus normal dans ce bahut de tarés... ou de surdoués selon le point de vue adopté.

Si je n'avais pas une mission à remplir, je n'aurais jamais supporté d'être "scolarisé" à l'Institut Dantalion. Ici, ce n'est pas du tout une organisation habituelle, les "élèves" ne sont pas divisés par années et n'évoluent pas le long d'une échelle graduée à l'envers. C'est plutôt une sorte de centre de jour accueillant des adolescents... à problèmes. Pas dans le sens turbulents, j'aurais préféré ça. Ce n'est pas non plus un enseignement spécialisé à plein temps, je définirais plus cet établissement comme un... essaim d'enfants traumatisés. L'approche pédagogique qui attribue un tant soit peu le nom « école » à cet Institut est surtout une excuse pour tenter une batterie d'expériences éducatives et thérapeutiques en tous genres. Pas de tables d'opérations macabres bien évidemment, on passe notre temps à organiser des discussions de groupe et autres joyeusetés. On étudie aussi bien sûr mais cette approche "révolutionnaire" n'a pas le mérite de l'être. D'ailleurs, malgré les dires des professeurs, je suis persuadé que cette institution n'a absolument rien d'officiel. L'inscription est limitée à deux ans maximum avant de réintégrer le système scolaire normal. Beaucoup d'étudiants se retrouvent ici suite à des accidents de parcours. Ils voient que leur année est sur le point de dérailler et ils arrivent ici, parfois juste pour quelques mois, avant de recommencer l'année suivante autre part dans de bonnes conditions. En théorie... En pratique, force est de constater que c'est un coin qui attire tous les ados perturbés. Le système de « sections » regroupant des élèves de huit à quatorze ans est, comme le reste, vraiment particulier. À mon arrivée et après avoir répondu à un test d'aptitudes, j'ai été placé chez les Jaguars. Une chose est sûre, ce quizz n'était pas basé sur le QI car c'est à cause de ça que je me suis retrouvé dans le groupe de Lilian. En plus de notre groupe constitué de dix-sept résidents, l'Institut Dantalion comporte deux autres bandes : les Panthères et les Guépards. Qui dit clans, dit rivalités. C'est inévitable... Je ne sais honnêtement pas ce qui nous distingue les uns des autres. Excepté pour les Lionceaux mais ce n'est pas une véritable faction à part entière. Les résidents qui sont sur Terre depuis huit années entières se rassemblent de temps en temps sous l'appellation Lionceaux pour des activités diverses mais chacun d'entre eux appartient à un des trois groupuscules de base.

« Tu sais ce qui craint ? »

Je sursaute au son de la voix rauque d'Anoa qui a retenti à quelques mètres de moi alors que j'étais totalement perdu dans mes pensées. Il a l'air encore plus en colère que d'habitude, le front contre le mur latéral du réfectoire. Je n'ai jamais vu un tantinet de joie éclairer son visage rondouillet. Honnêtement, j'ai parfois l'impression qu'il a un chromosome de trop mais il n'a pas pourtant pas le sourire caractéristique des trisomiques... malgré un physique assez particulier, je dois bien le reconnaître. Et sa locution est imparfaite. Il parle parfois très bien mais il arrive plus souvent que son discours soit à la limite de l'incohérence même si on saisit l'idée principale.

« Ça craint quand tu as des amis pour qui tu serais prêt à tout et que la connexion intense qui vous unissait jusque lors commence à devenir moindre, ils ont commencé à se dériver de moi et maintenant c'est une conversation peut-être de temps en temps et ensuite, petite discussion quand j'irais à la même fête et quand je les vois s'amuser, je souhaite que les choses n'aient pas disparu de la façon dont ça a été le cas. Ils ont dû me manquer et tout le plaisir ressenti et j'aimerais être dans cette amitié et dans le groupe à nouveau plutôt que d'être un des amis à l'extérieur... »

S'il commence à parler tout seul, c'est que la situation ne s'est pas apaisée du tout... contrairement à ce que la psy a dit. Il va falloir surveiller ça de très près.


Vendredi 5 janvier 2001, 20:00

« Pilule bleue pour les filles et rose pour les garçons ! »

Des cris de protestation se font entendre mais Jim reste impassible. Il a l'habitude des complaintes et ce ne sont pas quelques-unes de plus qui vont le faire vaciller. Il pose la boîte de médicaments au centre de la longue table sur laquelle les Panthères se réunissent quotidiennement.

« Pourquoi c'est pas l'inverse ? Je déteste le bleu !
— Le rose, c'est une couleur de filles ! Hors de question que j'avale ça ! »

Jim décide d'ignorer les mioches dans un premier temps. Pour ne pas entendre leurs miaulements de chatons exaspérants, il contemple les braises qui commencent à mourir à petit feu dans l'âtre de la cheminée. Ce n'est pas toujours facile mais il aime ses excursions à l'Institut, ça lui donne l'impression de participer à un vaste projet dont il serait le pion de deuxième catégorie. Petit pion comparé aux grandes pièces certes mais un pion tout de même. Mieux vaut ça que rien... Jack, le sous-chef des Panthères qui peut s'avérer être une vraie plaie selon l'avis général, profite de la distraction du surveillant pour lui envoyer sa pilule dans le cou. Malheureusement pour lui, Jim s'est légèrement déplacé sur la droite avant que le projectile ne l'atteigne. Des éclats de rire retentirent après cette agression tuée dans l'œuf.

« Tu vises de mieux en mieux, note ironiquement Emma, la seule Jaguar présente pour cause de mue supervisée.
— Ta gueule toi, on ne t'a rien demandé. »

L'éducateur sent l'exaspération monter malgré le calme olympien dont il fait preuve d'habitude. Il respire profondément pour se calmer mais finit tout de même par adresser un regard équivoque à son collègue. Après tout, il est temps que le nouveau fasse ses preuves. Tommy sourit à l'idée que son acolyte lui fasse finalement confiance après des débuts compliqués. Il se racle la gorge, crache dans ses mains juste pour le show avant de saisir Jack par le col et de le soulever à une dizaine de centimètres du sol. Malgré son prénom laissant supposer une certaine innocence propre au stagiaire qui ne sait pas s'y prendre avec les jeunes, Tommy a déjà plein d'idées plus inventives les unes que les autres pour punir les comportement déviants.

« Excuse-toi tout de suite si tu ne veux pas être déclassé, il suffit que je passe un coup de fil... Je peux t'assurer que je me ferais un plaisir de m'en occuper personnellement. »

Jack marmonne quelques paroles... inaudibles vu la poigne de fer qui le retient en l'air. Jim n'aime beaucoup ça, c'est le genre de conflits qui doit se régler en interne et non pas aux yeux de tous. Comme s'il avait lu dans les pensées de son mentor, Tommy finit par redéposer plus ou moins délicatement sa proie du jour. Comme d'habitude depuis qu'il est arrivé à l'Institut, il prend soin de ménager un minimum les résidents qui ont une situation familiale solide à l'extérieur. Ça fait au moins une mise en garde qu'il essaie de respecter, on ne peut pas trop lui en demander. Pour mettre fin à cette scène problématique, Jim décida de prendre les choses en main, une fois de plus.

« Je vais m'en occuper. Jack, tu viens avec moi. Les autres, vous ne sortirez pas d'ici tant que ces cachets n'auront pas été ingérés et, croyez-moi, Tommy saura se montrer persuasif si vous refusez de coopérer. »

À ces mots, les enfants prirent chacun un globule de la couleur appropriée et l'avalèrent dans le silence le plus total.


Samedi 6 janvier 2001, 00:06

Plus vite, plus vite, plus vite, plus vite, plus vite, plus vite, plus vite, plus vite, encore plus vite...

J'ai peur. Mon cœur est sur le point de lâcher, je ne peux plus courir aussi vite qu'auparavant. Mon rythme diminue et le monstre se rapproche. Ma lampe torche va bientôt m'abandonner elle aussi. Je vais devoir me débrouiller dans l'obscurité la plus totale. Ça ne va pas être pratique pour repérer cette masse sombre qui me poursuit...

« Tu ne m'auras pas connard ! »

Tous mes muscles sont douloureux, particulièrement mon dos qui doit supporter le poids du sac depuis plus d'une heure. J'avais eu peu de temps pour emporter tout ce que je voulais : boîtes de conserves, oranges, bouteilles d'eau, des vêtements de rechange et quelques affaires de scouts tels qu'une cordelette, un canif et une boussole que j'ai placés dans ma poche par précaution sans oublier cette fameuse lampe de poche. Quand je pense que j'ai failli emporter mon atlas... Ça m'aurait encore plus bousillé le dos. Un grognement retentit à proximité et j'ai de plus en plus de mal à me repérer dans cette forêt terrifiante. Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir. Les orties me fouettent les mollets et ça me démange atrocement. Mais ça ne peut pas être pire que le sort qu'il me réserve si je finis par flancher. Cette fois, ça y est : ma lampe m'a lâché... Heureusement, la lune perce un minimum la couverture boisée dans laquelle je me trouve. Au loin, j'aperçois trois talus surmontés d'arbustes. Si j'arrive à atteindre cet endroit, je peux essayer de trouver une cavité. Le moindre terrier pourrait me servir de refuge le temps de souffler un peu, j'ai toujours été maigrichon et ça va enfin m'être utile...

Je m'arrête quelques secondes pour reprendre mon souffle avant d'entamer le sprint final. J'ai du mal à réaliser ce qui m'arrive. J'ai quitté ma maison, peut-être pour toujours, sur base d'une simple intuition qui s'est très rapidement transformée en constat implacable. Le plus terrifiant dans tout ça, c'est le silence qui a suivi le grognement. Pas un cri d'animal, pas d'écureuil ni de renard en vue, même pas un souffle de vent... Qu'il soit agressif, quitte à nous mordre les joues de son souffle glacé, ou doux comme une brise d'été, l'important c'est qu'il se manifeste. Quand il n'y a pas de courant d'air pour chatouiller le visage, l'atmosphère se révèle encore plus oppressante qu'à l'accoutumée. Mais... pas de bruit, pas d'odeur, rien à l'horizon ? Serait-ce un cauchemar ? Non, ça ne peut pas être le cas. Je me pince l'avant-bras avec vigueur pour vérifier que je ne suis pas dans les bras de Morphée et la douleur ressentie me terrorise encore plus : il aurait mieux valu que je sois au pays des songes. Mais c'est logique que je ne sois pas dans mon lit en pleine plongée vers l'inconscience quand on y pense, personne n'est capable d'atteindre un tel niveau de ressenti dans ses rêves... et ce n'est pas moi qui le dis.

« Odd ? »

On m'a appelé ? On aurait dit la voix de...

« Y a quelqu'un ? criai-je d'une voix tremblante. Si c'est vous les filles, ce jeu n'a plus rien de drôle et il serait temps que cela cesse... »

L'adrénaline de la course s'éloigne suite à cette pause qui se prolonge et l'angoisse s'installe de plus en plus. La douleur répond présent elle aussi, mes muscles en feu subissent un entraînement forcé auquel ils ne sont pas habitués. Un flash m'éblouit à une centaine de mètres de ma position et cet électrochoc visuel m'incite à reprendre mon escapade au plus vite, sans compter qu'une sorte de glapissement bestial vient de résonner dans la nuit. Est-ce la lueur de la lune qui s'est reflétée sur... une surface métallique ? Trop de questions et pas le temps pour les réponses. Je regrette aussitôt d'avoir crié et signalé ma position comme l'imbécile que je suis avant de m'élancer à toute vitesse vers les talus, mamelles de vie dans ce décor effrayant au possible. Je décide finalement de me réfugier au sommet de celui de droite, en espérant quand même avoir trouvé un refuge avant d'arriver au-dessus.

La pente est raide mais je ne faiblis pas, il faut que j'y arrive malgré les branches qui me fouettent le visage et mon endurance défaillante. J'ai beau regarder autour de moi, la végétation meurt en hiver, c'est très difficile de se mettre à l'abri. Alors que je m'efforce à avancer tant bien que mal pour finalement arriver en haut après un effort considérable, j'aperçois en contrebas deux faisceaux lumineux en mouvement... de l'autre côté du talus et qui se dirigent dans ma direction. Des phares de voiture, ça ne peut être que ça. Un véhicule en plein sentier forestier ou la circulation habituelle d'une petite route campagnarde qui traverse les bois de part en part ? Je ne sais plus où j'en suis. Une chose est sûre, ça sera sans doute ma seule chance. Je ne m'en sortirais pas par moi-même cette fois, j'ai besoin de provoquer la chance pour qu'elle bascule de mon côté. Sans réfléchir, je dévale le versant le moins incliné de la butte pour constater qu'il y a bien du macadam sur ce chemin égaré. Une idée, excellente pour le coup, me traverse l'esprit et je m'empresse de me coucher en travers de la route. J'ai vu ça dans un film, la bagnole sera obligée de s'arrêter et le conducteur va sortir. Si c'est un méchant, je n'ai plus qu'à planter la pointe de mon canif dans sa jugulaire et m'enfuir. Si c'est un gentil, il va me sauver et m'emmener loin d'ici. L'auto se rapproche, je n'ose plus bouger d'un centimètre. Et si... le conducteur ne me voit pas ? Finir écrasé comme un chat sur la chaussée, voilà ce que j'appelle une belle mort. Heureusement pour moi, j'entends un crissement de freins et le pare-chocs s'arrête à bonne distance de ma tête. Mince, j'aurais dû tourner mon visage de l'autre côté pour que le chauffeur ne puisse pas le voir... Le moteur fait un boucan considérable, il ne l'a visiblement pas coupé, mais j'arrive quand même à discerner le bruit de la portière qui s'ouvre... et des pas qui se rapprochent. Je tends l'oreille. Quand il sera à proximité directe, je lui sauterai dessus et on va bien voir de qui il s'agit. Dans 3... 2... 1...

« Fini de jouer fiston, on rentre au bercail. »

_________________
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Dernière édition par Minho le Dim 05 Mar 2017 16:49; édité 3 fois
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*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Ven 06 Jan 2017 18:40   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


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Localisation: Sur le territoire Banquise entrain de faire de l'overboard
interessant ce oneshot UA.
pauvre Odd, on se sent un peu mal pour lui.
le petit débat sur l'héritage génétique et le fait que le status est décidé à la naissance et par les ancêtres était intéressant, même si comme dit Odd, lilian ressemble à un hitler junior.

Donc je pense que la famille d'Odd s'isole parce qu'ils ne veulent pas que les autres découvre que leur soi disant perfection est une façade.
en tout as plutot triste.

une question:
est ce que le cliché oncle pédophile ne viendrai pas d'une vieille fic appelé rodéo?

PS: pour le cliché prénom bizarre, c'est perdu d'avance avec Odd comme personnage.

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Ikorih MessagePosté le: Ven 06 Jan 2017 19:09   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Je pensais passer ma fin d'aprèm à glander un peu, je n'avais pas encore bien décidé comment j'allais employer mon temps...du coup j'étais allée lire le chapitre 8 de Pika, et je me disais "Ok cool je vais pouvoir aller...mh j'sais pas, pourquoi pas Pokém..." et là y a une nouvelle fanfic qui poppe. C'était, je dois l'avouer, plutôt surprenant de voir ce bon vieux Blok, mais bon, face à l'évident appel de phare qui m'était fait avec une intro sur la génétique, je ne pouvais pas simplement lire et me barrer sur Pokémon, j'imagine!
Citation:
ne pas me planter (au risque de passer pour un vrai bouffon)

Putain de merde tu m'as coupé toute possibilité de vanne foireuse avec le titre...je meuble mon com' avec quoi maintenant?

Comme j'adore faire original dans mes plans, je vais attaquer cash sur le premier focus. Je soupçonne fortement notre petit génie de 9 ans d'être Jérémie. Il correspond au profil faut dire, et vu que tu as l'air de vouloir t'en prendre au passé des héros...ma seule autre piste possible était Odd, et il se trouve qu'on en a reparlé ailleurs (a)
Ses "soeurs", sérieux? Tu veux nous coller le doute hein? Je reste sur ma position! :c
Je trouve ça ironique que Jérémie, puisqu'on va admettre que c'est lui pour la suite, appelle quelqu'un Einstein (a)

Citation:
Si l'homme ne peut pas être roux et noir à la fois,

Tu n'imagines pas le temps que j'ai passé à chercher un contre-exemple dans Pokémon parce que j'étais sûre qu'il y en avait un....

Bon sinon le collège de Jérémie pue bien la merde et le Minho (comprendre les intrigues absolument pas nettes). Entre les pilules (je laisse à Icer le soin de faire une blague sur une histoire de pilules bleues et rouges), les surveillants en mesure d'étrangler les élèves, les techniques pédagogiques innovantes (la dernière en date de mon prof de physique nous a tous valu 1,5 de plus à nos contrôles (a)) ou tout bêtement la prof de science qui laisse passer le contenu de l'exposé de Lilian...
Ah et comme c'était pas assez louche, tu as décidé que les parents de Jérémie "fuyaient" quelque chose. Ou quelqu'un. Et ça peut pas être le projet Carthage, tu vas nous chier autre chose de complètement sorti de ton chapeau parce que ce serait trop facile...
Je note un début de récurrence de la notion d'extériorisation, deux fois en un prologue ça fait beaucoup. Du coup j'enchaîne sur la lettre de..Michel Belpois, logiquement, où il nous parle possiblement de la mère de Jérémie. Enfin, ou pas. Parce qu'elle l'a quitté et qu'ils avaient pas l'air d'avoir eu Jérémie entre temps...alors peut-être que ça nous indique juste quel type de femmes aime Michel et donc à quoi aurait pu ressembler la mère de Jérémie!
Je noterai aussi le côté "bouteille à la mer" de la lettre, qui m'a évoqué ton intro. Y aurait-il aussi des pièges à con dans ton ramassis de digressions? On est plus en sécurité nulle part!

Spoiler


J'aborderai au passage la présence de "Jim". Il n'est pas détaillé davantage donc je me méfierai, comme toujours maintenant, mais ce ne serait même pas étonnant que ce soit LE Jim. Il en serait capable ce con.
Joli troll sur Mme Hertz d'ailleurs, vous avez quoi à tous nous ressortir des membres de sa famille? (a)

J'arrive lentement au terme de mes remarques sérieuses avec la fugue d'Odd, qui est bien son genre (et permet surtout de confirmer que le mec d'avant n'est pas lui xD). Reste à en connaître les raisons, on a une allusion à ses soeurs ("les filles") mais sinon rien de plus précis...Odd a encore une imagination débordante, fidèle à lui-même, avec le coup de "je vais m'allonger sur la route pour pouvoir planter le gars qui descend". Donc la fugue peut aussi n'avoir absolument aucun fondement, juste un "Fuck papa, fuck maman, je me casse!"
Dernier détail, et non des moindres : les sections qui ont tous des noms de félins. Inutile de rappeler l'avatar virtuel d'Odd...pour le coup, ça m'étonnerait que tu aies choisi la thématique au hasard!

Bon, j'ai plus de remarques sérieuses. Mais si on allait voir tes fameux engagements pour voir où sont les cinq exceptions? (a)

Citation:
• Pas de prénom bizarre.

Ben voyons, c'est sûr qu'avec Lilian et Anoa...

Citation:
• Pas de références au KKK ni même au FN.

Citation:
Blonde aux yeux bleus, la combinaison parfaite

Le fourbe, il n'a jamais promis qu'il ne ferait pas l'éloge de l'idéologie nazie...

Citation:
• Pas de fayotisme

Citation:
personne n'est capable d'atteindre un tel niveau de ressenti dans ses rêves... et ce n'est pas moi qui le dis.

Ah, cet engagement là y était pas? Zut. Mais j'ai vu une sale pu... blonde qui sert de prof de sciences alors ça en fait quand même trois de transgressés plus ou moins (a)

Je conclurai en disant que...putain, je vais passer deux fois plus de temps à te commenter et à me tuer le cerveau en théories fumeuses et paranoïaques...
_________________
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Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Minho MessagePosté le: Jeu 26 Jan 2017 11:23   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Réponse à *Odd Della Robbia*
Spoiler

Réponse à Ikorih
Spoiler


/!\ Dans ce récit qui peut s'apparenter au genre du thriller (sans compter un What If de taille), des scènes, des propos ou des images (oui oui, vous avez bien lu) peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes. Merci de passer immédiatement à une autre fanfiction si vous ne souhaitez pas avoir à subir des passages contenant de la violence, du sexe ou autre joyeuseté du genre.

Il était grand temps de sortir cet avertissement. Si vous voyez ça, c'est que vous êtes toujours en train de lire et que vous êtes au courant que des thèmes malsains vont être abordés tout au long de l'intrigue. Sur ce, je vous souhaite une lecture des plus agréables...


Chapitre 1 : Fluides sacrés
ou souillures nocturnes ?


Mardi 16 janvier 2007, ?

Un malheur n'arrive jamais seul. Malgré la création de Mélanie – nom de code fourni par Odd pour désigner le nouveau véhicule chargé d'explorer le Réseau informatique mondial –, une succession de mauvais moments s'enchaînèrent en moins de vingt-quatre heures. D'abord, Odd manqua d'assommer Jérémie avec une balle de tennis. Ensuite, Jim surprit Aelita dans la chambre de Jérémie, ce qui leur valut une après-midi de rétention en bibliothèque sous la surveillance de Big J. Sans compter les nombreuses tentatives d'Odd pour libérer le couple Einstein qui avortèrent suite à la vigilance du grand Moralès. Comme toujours, c'est Belpois qui trouva une solution pour communiquer avec ses camarades. Grâce au morse – l'alphabet, pas l'animal –, il réussit à prévenir ses amis que Mélanie était en grand danger. Et qui d'autre que Willy pour menacer le sous-marin virtuel ? En arrivant au labo, les lyoko-guerriers découvrirent un message de leur leader.


XANA attaque Mélanie. Yumi, tu prends les commandes. Odd et Ulrich, vous plongez sur Lyoko.


Ce fut le début de la fin. La japonaise eut un mauvais pressentiment. Elle voyait la catastrophe arriver à toute allure... mais elle n'avait pas le choix, c'était quitte ou double. Odd tenta d'avertir l'informaticienne en herbe avec une blague sur les membres échangés, les bras à la place des jambes et le nez au milieu du ventre, mais Ulrich coupa court à la plaisanterie. Il était grand temps d'agir.


« On n'attend plus que toi. »


Ultime phrase de Stern qui résonna dans le crâne de son ex de longues heures après l'avoir formulée.


« Transfert Ulrich. Transfert Odd. »


Les scanners se refermèrent, isolant leurs occupants du reste du monde. Ulrich ferma les yeux, les mains un peu moites suite à la pression qui reposait sur ses épaules. Odd renifla avant de se gratter le bas du ventre, son estomac gargouillait pour la dernière fois.


« Scanner Ulrich. Scanner Odd. Virtualisation. »


Un message d'erreur s'afficha sur l'écran principal du Superordinateur. Yumi ne le savait pas encore... mais elle venait bel et bien d'envoyer ses amis dans un enfer sans nom.


Samedi 6 janvier 2001, 04:46

Nous voilà perdus dans une ruelle obscure, manquait plus que ça. Je jette un œil vers mon compagnon de route qui n'a pas l'air d'aller mieux. Il n'a pas pris ses médocs. Ça se voit. Sa respiration est saccadée, ses mains tremblent et sa coordination est loin d'être au top. Ce n'était sans doute pas un bon jour pour se lancer dans une telle expédition... À la base, c'est avec Anoa que je devais explorer cette usine à l'abandon. Mais, vu qu'il est loin d'être au summum de sa forme ces derniers temps, je me suis rabattu sur Nico. Sans doute l'occasion de resserrer les liens qui ont été quelque peu brisés par son changement de faction. Nous étions inséparables quand il était encore un Jaguar, sans conteste l'un des plus dignes représentants de notre clan, mais sa période de mue a fini par arriver et il s'est retrouvé chez les Panthères, nos plus féroces rivaux. Du jour au lendemain, on a arrêté de se parler. Je lui en voulais de me laisser seul parmi ces cons et il m'enviait secrètement de ne pas avoir à bousculer mes habitudes, l'avantage d'être externe. Il y a quelques jours, j'ai brisé la glace et je lui ai proposé cette mission nocturne. C'était un risque, il aurait pu me balancer. Mais son attirance pour le danger a vite pris le dessus.

Nicolas Poliakoff est – ou plutôt était – le surdoué le plus impressionnant de l'Institut... avant mon arrivée. Il avait un véritable don pour les mathématiques, jusqu'à corriger à tout bout de champ Monsieur Morel quand il prenait trop de libertés par rapport aux théorèmes éternels. Il se plaisait à élaborer des programmes en informatique et régalait les oreilles de Madame Pinson avec des poèmes qu'il composait durant son temps libre. Il était, sans conteste, le meilleur élève dans toutes les matières, une recrue inestimable pour les Jaguars.

Mais un jour, alors que j'arrivais à l'Institut avec entrain comme tous les matins, Nico n'était pas présent en classe, ce qui relevait de l'extraordinaire pour cet étudiant assidu. Rien d'alarmant pour autant, ça arrive à tout le monde d'être malade. Mais son absence s'est prolongée, une semaine, puis deux, puis trois... Selon Madame Hertz, il avait quitté l'internat et était rentré dans sa famille suite à une chute en skate assez sérieuse. Il était tombé sur le crâne et avait manqué de peu l'œdème cérébral. Après un mois passé sans voisin de classe, Nicolas est finalement revenu à l'Institut... mais il n'était plus le même.

Quand je l'ai revu pour la première fois, quatre semaines après son accident, il avait changé du tout au tout. Mon meilleur pote est arrivé, à la stupeur générale, en plein milieu de la classe de dessin scientifique avec un billet de retard signé par Big J lui-même. Dès qu'il s'est adressé au prof pour s'excuser, j'ai compris que quelque chose ne tournait pas rond. C'est sa voix qui m'a le plus marqué. C'est triste à dire mais il parlait comme un... débile. Il avait perdu son beau timbre cristallin et on sentait qu'il était devenu plus brutal rien qu'à la manière dont il s'exprimait. Quant au look... Il était vêtu d'un immonde polo turquoise – couleur qu'il répugnait à utiliser auparavant au profit de teintes plus sombres – marqué d'un huit qu'il n'a d'ailleurs pas lâché depuis... tout comme le short rouge ridiculement petit qu'il arbore avec fierté. Ses cheveux étaient devenus négligés, ils les avaient laissés pousser et il n'avait toujours pas été chez le coiffeur pour arranger ça. Sans hésiter, je préférais son ancienne coupe, plus branchée tout en restant efficace, constituée de petits pics blonds soigneusement fixés en l'air avec du gel de fixation extrême adapté à son style décalé.

« On va par où maintenant ? demanda-t-il en feignant l'indifférence par rapport à mon attitude clairement distante. Je ne reconnais pas ces petites rues.
— Moi non plus. C'est toi qui a insisté pour prendre ce "raccourci" je te signale. »

J'obtiens un grognement rauque pour toute réponse, il n'est pas prêt d'admettre qu'il a eu tort. Ça ne sert à rien de l'énerver, pas dans la situation actuelle. Comme toujours depuis ce jour tragique, il a le regard vide, dénué de tout sentiment. Accro aux pilules qu'on lui prescrit, je reste persuadé que c'est ça qui a tué l'éclat de ses yeux si vifs.

« Attends deux secondes Nico, tu vas trop vite. »

Mon ami ne m'écoute pas. Au contraire, il accélère même la cadence et s'enfonce de plus en plus dans la brume intense. Inquiet, je le rattrape en quelques grandes enjambées rapides... pour constater que son corps s'est littéralement métamorphosé. Un pelage broussailleux semble avoir poussé en une poignée de secondes le transformant en créature hybride au teint verdâtre. Je pousse un cri d'effroi et pense immédiatement à m'enfuir dans la direction opposée. Il se lance instantanément à ma poursuite. J'entends ses... pattes marteler le sol à une allure folle. Il est rapide. Trop rapide. Mes chevilles protestent face à ce rythme intense imposé par la bête mais je ne peux pas abandonner, pas maintenant. Au moment où je m'apprête à virer à gauche sous le portique de la ville basse, je suis plaqué au sol par mon agresseur. J'essaie en vain de me débattre mais il est bien trop lourd ce connard. Face contre terre, je sens ses doigts osseux enserrer mes épaules pour les soulever de quelques centimètres tandis que son souffle brûlant et nauséabond se rapproche de plus en plus de ma nuque.

Je profite de cette proximité pour lui envoyer un violent coup de coude dans la mâchoire. Il gémit et esquisse un mouvement qui n'équilibre plus son poids correctement. J'en profite et imagine rapidement un mouvement de balancier pour me libérer de son emprise. Je presse le sol à l'aide des forces combinées de mes poignets et de mes genoux pour faire basculer Nico mais il se relève subitement en saisissant le bas de mon pantalon et me balance contre le mur de briques le plus proche. Ma tête heurte la paroi mais je reste assez lucide pour voir le monstre s'avancer vers moi. Un prédateur semi-canidé, voilà ce qu'il est devenu. Pas vraiment un loup, pas vraiment un humain non plus. Sa bouche, remplie de canines anormalement aiguisées et de filets de bave épaisse, est le seul élément notable que je peux distinguer, le reste du corps n'est plus qu'une fourrure fauve trouée par endroits. Je veux bouger, hurler, pleurer mais je reste paralysé sur place, mes muscles semblent inexistants, je suis condamné à mourir. Après un ultime hurlement bestial, Nico me saute à la gorge et me tranche la jugulaire externe avec ses crocs.

Je me réveille au moment même où un liquide chaud et malodorant commence à ruisseller entre mes cuisses. Encore un cauchemar ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Mais ça commence à bien faire. Si on peut dire que je suis officiellement âgé de neuf ans, j'ai un mental digne d'un ado de quatorze ans mais aussi un corps qui fonctionne comme celui d'un enfant de quatre ans. Je me redresse sous les draps désormais humides et constate avec désarroi qu'ils sont aussi lézardés de traces de boue. Qu'est-ce qu'il s'est encore passé hier soir ? Les souvenirs de mon songe commencent déjà à se dissiper mais je me force à retenir les grandes lignes du scénario insufflé par mon subconscient. Il faudrait peut-être que j'en parle avec Nicolas... si celui-ci daigne m'adresser la parole à nouveau. J'inspire une grande bouffée d'air pour me calmer tout en chassant définitivement les théories malsaines qui me viennent à l'esprit. Après avoir regardé autour de moi pour vérifier qu'il n'y a pas d'intruse présente, je saisis la petite liste manuscrite qui se trouve sur ma table de nuit. Étape 1, regarder le calendrier pour décompter les jours. Pour mon plus grand malheur, le décompte se forme automatiquement dans ma tête. On est le jour J. Celui que je redoute depuis que cette tradition a été lancée. Celui qui va me hanter encore une année de plus. Celui où je dois fuir la maison le plus vite possible. Je n'ai pas besoin de regarder le deuxième point de ma liste : du matériel de survie, des vêtements propres et je me casse d'ici avant que les autres membres de ma famille émergent du sommeil à leur tour.


Samedi 6 janvier 2001, 07:20

Les hommes choisissent souvent les plus belles femmes alors que les femmes tiennent moins directement compte de l’apparence physique d’un homme. Elles trouvent, par exemple, plus important qu’il soit intelligent, qu’il possède une situation professionnelle au salaire mirobolant, qu’il excelle dans un domaine ou un autre de la société,... Si on continue cette démonstration en se basant sur le principe fondamental des apparences, les jolies femmes trouvent donc plus facilement un homme et ont vite des enfants avec un, voire plusieurs partenaires. Parmi cette descendance, les jeunes filles, issues d'une lignée pure, sont de plus en plus susceptibles d'avoir une plastique qui fera bander les mâles de la nouvelle génération. L'élément essentiel de ce succès ? On essaie toujours de le déterminer. Ça pourrait être les formes de ces demoiselles, le visage, le regard ou même un détail qui semble plus futile comme la démarche corporelle ou les phéromones émises.

À notre époque remplie de débauches diverses et variées, la reproduction a perdu son but premier. Les représentants de l'espèce s'envoient en l'air avec une seule idée en tête : prendre du bon temps. Or, chaque millilitre de semence est précieux. Il est essentiel que tout homme sache à quel moment sa partenaire est en période d'ovulation afin de déterminer le moment idéal pour poser le premier acte de paternité. Chaque éjaculation qui a lieu lors d'un rapport protégé est perdue, les contraceptifs devraient être interdits, la masturbation aussi. Et j'ose à peine évoquer les anomalies qui devraient disparaître de la surface de la Terre. Quelques exemples pour illustrer mon propos :

• Une asthénospermie quand le nombre de spermatozoïdes mobile est inférieur à 60%.

• Une tératospermie quand il existe plus de 50% de spermatozoïdes anormaux.

• Une azoospermie quand il y a une absence totale de spermatozoïdes dans le sperme.

• Une aspermie quand il y a carrément une absence de sperme.

Les deux dernières étant, à mon sens, des erreurs génétiques impardonnables car elles compromettent gravement la suprématie de la race. Certains diront que nous sommes déjà les maîtres du monde mais nous pourrions être plus, beaucoup plus. Ça permettrait de faire un tri plus conséquent et de garder les individus complètement sains génétiquement parlant. Exit ceux qui ont trop de chromosomes, ceux qui ne sont pas utiles à la survie de l'espèce et ceux qui ont des tendances sexuelles déviantes, sauf si ces derniers sont prêts à mettre de côté ces préférences inacceptables pour se comporter normalement.

Malgré toutes les précautions que l'on pourrait prendre pour assurer une descendance parfaite, il y aura toujours des individus dépourvus d'un physique attrayant. Mais tout espoir n'est pas perdu pour eux... Au-delà des canons en vigueur et de l'intérêt humain pour l'harmonie en général, il existe depuis toujours une attirance esthétique pour tout ce qui est loin de l'être : le monstrueux, la violence, le désordre,... Sans cet attrait pour le chaos, nous aurions tout pour être heureux. Si c'est ce facteur qui écarte notre espèce de la réussite totale, il est important d'éliminer tout individu au comportement divergent, ceux qui vont essayer de briser cette asymétrie fondamentale : le beau et le laid. C'est pour ça qu'il est important d'inculquer les valeurs traditionnelles aux enfants dès leur plus jeune âge et c'est tout aussi essentiel de les orienter vers un futur professionnel qui ne remettra pas en question notre perfection. Suite à une augmentation démographique – où beaucoup de cancrelats étrangers sont nés –, il y a eu division du travail. Chaque individu a dû se spécialiser dans un domaine afin de garder un équilibre dans le monde précaire qui ne sait plus supporter une telle masse d'êtres humains au mètre carré. Nous suivons donc les normes de la société qui nous incite a nous spécialiser au plus vite pour former la génération Delta.

On peut aussi expliquer cela par le paradigme de la rationalité limitée. En effet, suite à l'apparition de la raison dans la société, les individus n'ont de cesse de vouloir être plus efficaces. Il en va donc par là qu'ils vont devoir choisir un domaine dans lequel ils vont devenir de véritables professionnels. Ainsi ils seront plus rentables dans celui-ci tout en gardant une maîtrise totale sur leurs ambitions, afin de ne pas empiéter sur les autres piliers qui nous font grandir. Il est donc de notre devoir de conserver une attention permanente à ceux qui vont s'éloigner du droit chemin, le lisse sentier de l'enseignement, pour emprunter une route tortueuse qui les mènera à une destination incertaine, à une position où ils pourraient être en mesure de contester le pouvoir en place. Si on ne formate pas ces jeunes neurones aux tendances déviantes tant qu'il est encore temps, on laisse la porte ouverte aux abominations en tous genres. Pour éviter cela, une seule solution : l'éducation... ou l'éradication pure et simple si le sujet est incurable depuis le premier jour.


« Liliaaaaaaan, il est temps de t'habiller pour aller à l'école ! »

L'adolescent déposa son stylo-plume sur le bureau en chêne massif qui trônait au centre de sa chambre. Il avait écrit deux pages en quelques minutes, sa prodigieuse inspiration était de retour. Bientôt, il publiera son chef d'œuvre afin de faire connaître sa vérité, celle qui surpasse toutes les autres.


Mardi 26 décembre 2000, 16:00

La première chose qu'il aperçut à proximité de la scène de crime fut le paquet de Marlboro piétiné dans l'herbe. Quand il le vit, Minho sut qu'il n'était plus très loin, qu'il était proche de l'endroit indiqué par les patrouilleurs. Ces derniers avaient bien entendu respecté la consigne numéro un : on ne mêle pas les flics à ça. Jamais. Ils avaient donc averti celui qui se chargeait généralement du sale boulot, celui qu'on appelait quand un résident avait merdé et qu'il fallait réparer les dégâts. Mais cette fois-ci, c'était plus grave. Le quinquagénaire sentait au fond de ses tripes qu'il ne s'était pas déplacé pour rien. On peut appeler ça l'intuition, ce qui te fait dire que le feu rouge va passer au vert ou que la prochaine récolte d'aubergines sera foisonnante. Dans ce cas-ci, c'était plutôt une bonne connaissance de ses supérieurs qui lui avait permis de comprendre que l'affaire était sérieuse.

Bien qu'elle soit restée dans la limousine pour ne pas salir ses escarpins flambant neufs, La Chancelière avait tenu à accompagner son plus fidèle chien de garde pour le trajet qui s'était avéré plus court que prévu, l'adrénaline a toujours eu tendance à faire exploser le moteur des bagnoles en furie. Minho le savait, sa patronne ne se serait jamais déplacée si le cas traité ne relevait pas de l'homicide sauvage et violent, ses servants – elle s'évertuait à les nommer ainsi pour montrer à tous sa supériorité – lui avaient brièvement décrit la scène après avoir découvert le cadavre. Il faut croire que son excitation malsaine a pris le dessus, elle a toujours été douée pour évaluer la qualité du sang versé. Et, pas de doute possible selon elle, ce dossier allait vraiment en valoir la peine.

La victime se trouvait dans un fossé rempli d'orties et de mauvaises herbes sur lesquelles elle reposait comme un ange déchu. On pouvait à peine distinguer ses pieds, enfoncés dans la broussaille, mais le reste du corps était bien visible. Évidemment. Une œuvre d'art. Une expo en plein air. C'est comme ça qu'on mettait les corps en scène dans le coin. Rien que par l'absence de cheveux sur la moitié du crâne, le crime était signé. Jimmy. C'était lui. Et personne d'autre. Il n'y avait que cet homme dans les parages pour s'acharner de cette manière si chirurgicalement précise et terrifiante à la fois. Une approche méthodique de l'objet est importante dans tous les loisirs. Dans le cadre de la musique, c'est le souci du détail qui distingue un virtuose reconnu d'un simple musicien de banlieue.

Il y eut un moment de flottement avant que Minho finisse par identifier, au bout d'une vingtaine de secondes, celle qui se trouvait à ses pieds. Son odeur, si agréablement fruitée à l'accoutumée, s'était transformée en un relent de pourriture intense qui aurait pu réveiller n'importe quelle belle au bois dormant à dix lieues à la ronde. Il s'efforca de se remémorer ce souvenir olfactif, celui qu'elle laissait sur ses draps de célibataire endurci quand elle le quittait au petit matin pour rejoindre son mari. Elle qui s'habillait sublimement bien d'habitude se retrouvait démunie de tout tissu, si l'on excepte le bâillon qui était bien enserré entre ses lèvres entrouvertes selon un angle inhumain.

C'est fou à quel point la mort peut changer les gens. Là, les bras en croix, dans cette position sordide qu'elle n'adoptait jamais, elle n'avait plus rien à voir avec la maîtresse torride qu'il avait l'habitude de fréquenter. Pour éviter de contempler son visage défiguré trop longtemps, le chevalier servant de La Chancelière s'attarda sur le reste du corps mutilé. Les jambes tout d'abord, sans doute recouvertes d'une solution extrêmement corrosive au vu des cloques purulentes qui menaçaient d'éclater à tout moment. Ce n'était rien par rapport au bas du ventre et de la poitrine qui avaient subi des lacérations d'une profondeur non négligeable, il était difficile de déterminer l'objet que l'assassin avait utilisé pour assouvir ses pulsions.

Quant au visage, c'était sans doute la cerise sur le gâteau. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, pas de paupières cousues, de nez arraché ou de sourire élargi pour plaîre au Joker, rien de tout cela. Au contraire, tout était... parfaitement soigné, un peu trop même. La seule plaie apparente se manifestait sous la forme d'un cercle suintant, de la taille d'une pièce de cinquante centimes, au niveau de la tempe. Hormis ce détail, l'agresseur a visiblement maquillé sa proie pour "sublimer" ses traits une dernière fois, ce qui se manifeste par une épaisse couche de fond de teint mal étalé, joues oranges et front blafard, sans oublier le mascara de piètre qualité qui a coulé sur les cernes bien visibles de la pauvre femme. Un six, tracé avec précision au rouge à lèvres sur le menton anguleux, évoquait vaguement une secte satanique dont Minho avait un peu entendu parler – ce n'était pas un sujet qui l'intéressait vraiment – mais il savait que c'était plus qu'une bande d'illuminés un tant soit peu organisée qui se cachait derrière cette scène macabre. C'était l'œuvre d'un loup solitaire, un pervers assoiffé de sang.

Et la dernière partie du corps, visible comme un nez crochu au milieu du visage mais qu'il évitait pourtant de regarder depuis qu'il était arrivé sur place, confirmait ses hypothèses sur le profil psychologique du meurtrier. À l'endroit où devaient se trouver les organes génitaux de son ancienne amante, c'était le vide absolu. Un trou béant dans lequel des scarabées bien en chair s'étaient réfugiés. La zone pubienne avait totalement disparu, emportée – et conservée ? – par Jimmy. C'est ça qui le stimulait dans cette enquête, le portrait hors norme qui se dégageait peu à peu du tueur. Tour à tour, Minho l'imaginait comme un impuissant, frustré de sa vie sexuelle peu reluisante, comme un maniaque qui détestait toutes les personnes du sexe faible et qui s'en prenaient donc au symbole suprême de la féminité ou encore comme un médecin légiste nécrophile qui ne pouvait retenir ses envies destructrices. Il avait justement arrêté l'alcool pour être lucide sur le terrain car il savait, qu'un jour ou l'autre, il allait se retrouver face à Jimmy, ce psychopathe qui se délectait de la souffrance des demoiselles qui tombaient sous sa coupe.

« De quelle couleur sont ses cheveux ? »

L'agent de terrain sursauta. Il avait oublié que La Chancelière pouvait communiquer avec lui à tout moment via l'oreillette. Il décida d'être le plus concis possible dans sa réponse. Après tout, sa patronne aurait les détails les plus sordides bien assez vite.

« Ils sont roses.
— C'est donc celle que nous recherchions ?
— Oui, c'est la f... »

Minho ne terminera jamais sa phrase. Comme le veut la tradition, ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers. À l'intérieur de la limousine, La Chancelière poussa un soupir mêlé de soulagement et de déception à la fois en déchirant le cliché de la petite fille à la chevelure fuchsia qui se lovait dans les bras de son papa marqué par un air plus grave que d'habitude sur la photographie qui sera réduite en lamelles de papier, jetées par la fenêtre du véhicule, pour se disperser ensuite au gré du vent impérial. Personne ne retrouvera ces bandelettes colorées, seule La Chancelière conservera un souvenir de cette photo déjà bien ancrée dans un recoin sombre de sa mémoire implacable. Une famille de plus réduite à néant... et pas n'importe laquelle. Jouissif.
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*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Jeu 26 Jan 2017 18:18   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


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nouveau chapitre.
mais plus confus comparé au précédent:

Donc a finalement du lyoko, ce qui veut dire que l'institut c'était odd avant kadic.
Aussi la partie passé est un peu bizarre, entre les point de vue qui semble changer sans trop d'indication (je peux deviner que ceux de 2001, son lilian (ou tout du moins le 2e a 7:20, celui de 6:46, pas d'idée).
Et poliakoff etait dans le meme institut qu'odd? et etait un intello? surprenant.
donc une bosse sur le crane et paf il est devenu débile.
maintenant, il manque l'explication de comment odd a tourné en comique, flemmard a moitié stupide (a moins que son comportement a kadic soit un masque)

aussi faudra expliquer a propos de Hertz, a kadic elle ne peut sans doute pas traiter odd et nico comme si les événements de l'institut n'avait jamais existé.


La fin est vraiment glauque, on a viré au thriller de type silence des agneaux ou saw. Qui c'est la victime? anthea?

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Dernière édition par *Odd Della Robbia* le Jeu 26 Jan 2017 22:25; édité 1 fois
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Ikorih MessagePosté le: Jeu 26 Jan 2017 20:53   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Ma première réaction en arrivant sur ce topic :
Citation:
Chapitre 1 : Fluides sacrés ou souillures nocturnes ?

=> "Bon bah ça y est on l'a l'oncle pédophile"

Ma deuxième réaction a été de voir une timeline de 2007. Là j'ai ri jaune et j'ai compris que ça allait encore être le bordel. Mais on y reviendra...
En ce qui concerne ce focus avec les LG en lui-même, il reprend l'épisode donc pas trop de risques. Cependant il nous introduit le what if de la fic, à savoir "Et si Yumi avait été aussi compétente qu'elle aurait dû l'être?". Reste à voir ce que ça va venir foutre dans nos intrigues de 2001....

Sinon, à titre personnel, j'aime l'apparition de Nicolas. J'ai juste vu son prénom, je me suis arrêtée pour noter "Tu vas nous mettre un accident pour justifier qu'il va devenir gogol?", puis j'ai continué à lire. Et je ne pensais pas voir l'accident en question aussi vite. J'espère qu'on aura l'occasion de creuser autour du vieux Nicolas quand même, parce qu'il avait l'air sympa Sad
Citation:
il est bien trop lourd ce connard

Réaction normale d'une personne terrifiée...mais j'avais senti venir le coup du rêve, désolée (a)
Bon, notre narrateur un (pitié faites que ce soit lui et pas encore quelqu'un d'autre) a des envies de fugue. EVIDEMMENT que j'aurais pu faire la connexion immédiate avec Odd. Evidemment. Mais...Odd a fait sa petite fugue 4h avant que notre dormeur ne se réveille. Donc ça ne colle pas, même si leurs situations sont curieusement similaires. Tu m'auras pas cette fois (a)
J'espère...
Sinon je note vite fait la présence des médocs dans le rêve de notre inconnu, à mon avis c'est pas anodin. Mais a priori, il ne fait pas allusion à ceux qu'on prend au collège, parce que ce personnage est nettement un externe (il dort chez sa famille en période scolaire), et que les concernés n'avaient l'air d'être que les internes. A vue de nez.

Bon visiblement certaines thématiques qui s'annonçaient comme mineures ont plus d'importance que prévu. Tout le trip eugéniste en italique, avait ses réflexions sur comment les gens choisissent leur partenaire et comment l'espèce humaine devrait se reproduire, tout ça c'est malsain. Et c'est voulu, évidemment, au vu de la dégaine de ce chapitre. Y en a un qui a bien compris l'ambiance de la section (a). BREF! Dans ce focus aux thématiques bien familières, on retrouve également la notion d'esthétique, qui a l'air de beaucoup tenir à ce cher Lilian. Oui parce que Lilian, voilà. Il est à noter que ce texte m'a l'air extrêmement pointu (et malsain évidemment) pour un élève de 5ème, surtout que le narrateur un (surtout que c'est pas Jérémie batar) l'a repris sur un fait scientifique au prologue. Mais après c'est à relativiser. Ok Lilian a un profil un peu perturbé qui aurait bien besoin de voir le psychologue du collège, mais ça reste un enfant de 5ème, alors d'ici à ce qu'il mette ses plans pour l'espèce humaine à exécution...(et puis lol, qui publierait son livre?)
Ah oui d'ailleurs, ce livre...
"Bientôt, il publiera son chef d'œuvre afin de faire connaître sa vérité, celle qui surpasse toutes les autres"
Spoiler


Et puis ensuite j'ai vu Minho.
Ma première réaction a été : "Mais qu'est-ce qu'il nous fait o.o"
Puis après réflexion je me suis dit que ça allait permettre de troller un peu.
Déjà regardons ce pseudo-self insert : il travaille pour une organisation pas nette, et amorce une enquête para-policière. Le terme évoqué de "résident" m'a fait penser au collège dont on parle dans le reste de la fic mais j'y crois pas trop, ce serait trop facile... Et ils sont dirigés par une Chancelière?...il ne s'était pourtant écoulé que cinq lignes depuis ma dernière référence à Hitler...
Bon, j'aimais bien ce Minho j'avoue : il ne passait pas son temps à lancer la blinde de pistes différentes sur son enquête, et puis son petit côté chien de garde sans âme me plaisait bien (pile l'archétype de perso qui me branche XD). J'imagine qu'il va aller rejoindre Amos au rang des persos cools partis trop vite...
Citation:
Il avait justement arrêté l'alcool

Rien ne prouve qu'il avait arrêté le LSD!
Pour finir là-dessus : Anthéa? Tu rêvais secrètement de te la faire puis de la retrouver sauvagement mutilée dans les bois et du coup ce focus sert à faire passer tes pulsions?...(notons qu'elle trompait Franz, ce qui en fait potentiellement une biatch)
Dommage donc que Minho se soit fait buter si vite, mais en même temps, un auteur de ta trempe pouvait-il se permettre une fic avec un self-insert trop important? (a)

J'ai cependant une vraie conclusion, mûrement réfléchie en compagnie de cette bonne vieille petite voix! Globalement, ton chapitre a évoqué de nombreux points qu'on a retrouvé dans ton autre fic : le what if sur un épisode de CL, le perso cool tué cash, la tendance à partir en cacahouète (on me conseille d'ajouter à ça le syndrome "Putain mais je vais me faire mal au crâne à théoriser..."), etc. Donc on espère que tu vas pas nous faire de doublon, ce serait dommage...
Remarque bonus de la petite voix : ce serait bien si c'était plus court que les liens du sang, histoire qu'on ait pas deux fois la même fic avec le même rythme, les mêmes types d'intrigue, etc...
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Fenrir MessagePosté le: Sam 28 Jan 2017 01:36   Sujet du message: C'est juste moi ou personne ne remplit cette case ? Répondre en citant  
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Salutation Minho !

Pour commencer, ma première réaction en lisant ton intro assommante :
Citation:
• Pas de meurtre ni de suicide.

Nooooon ! Pourquoi tant de haine ? Crying or Very sad

Citation:
à proximité de la scène de crime


La vache tu m'a fais peur ! C'est pas bien de jouer avec les sentiments de ses lecteurs ! Razz


Bon, après ce bref moment de délire, passons au cœur du sujet, à savoir, les suppositions farfelues ! (pas si bref que ça, le délire finalement Laughing) Ainsi, nous commençons avec du lourd :

Citation:
Du haut de ses trente ans, la blonde


Citation:
la fille la plus magnifique à mes yeux. Blonde aux yeux bleus, la combinaison parfaite.

Certes, les caractères ne concordent pas vraiment maaais... Michel Belpois pourrait-il être tombé amoureux de Mme Hertz ?
Tout ça pour dire que je me suis posé la question en lisant ces deux passages (notez que je m'abstiens de tout commentaire à l'encontre de leur couleur de cheveux *miracle !*)

Citation:
« Tu t'es trompé Einstein... »

M***e ! Qui peut bien appeler Lilian, Albert ? Je veux dire, même si ses idées sont... disons originales, cela ne veut pas dire qu'il est intelligent ‒ même instruit, en fait. J'en veux pour preuve son idée de publier un livre sur ses idées douteuses quand à l'évolution de l'espèce humaine. Non pas que j'ai quelque chose contre la liberté d'expression, seulement son objectif d'améliorer les humains et sa façon de faire ne me semble pas être le meilleur moyen de parvenir à ses fins. Il risque plutôt de finir à cet endroit :

Spoiler


@Ikorih :

Citation:
Si l'homme ne peut pas être roux et noir à la fois,

Tu n'imagines pas le temps que j'ai passé à chercher un contre-exemple dans Pokémon parce que j'étais sûre qu'il y en avait un....


Cherche plus, j'ai trouvé ‒ enfin je crois. Tu parlais de Kiawe dans Pokémon Soleil/Lune ?

Spoiler


Sur ce, je m'en vais me coucher !
_________________
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« L'âme d'un loup se dissimule souvent sous la laine d'un mouton. » Proverbe danois.
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Minho MessagePosté le: Mar 21 Fév 2017 15:41   Sujet du message: Répondre en citant  
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Réponse à *Odd Della Robia*
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Réponse à Ikorih
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Réponse à Fenrir
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Chapitre 2 :
Petites défaites et grandes victoires... ou l'inverse



Samedi 6 janvier 2001, 08:56

Cinq affiches. C'est tout ce qu'il a fallu pour remettre en question la réputation de Jim au sein de l'Institut. Cinq affiches, placardées ensemble à une dizaine d'endroits de grand passage, qui contenaient chacune une scène tragique de la pièce qui allait faire grand bruit au sein de l'établissement. Son titre ? La compagnie des spectres

Spoiler



Mardi 16 janvier 2007, 10:15

Jérémie se mordit la lèvre inférieure après avoir scruté avec attention les différents écrans du Superordinateur. Ils n'étaient plus que trois Lyoko-guerriers, les deux filles au sens propre du terme et lui au sens figuré. À côté de ça, ils avaient affaire à un William xanatifié qui se baladait en permanence sur le monde virtuel et à deux garçons fraîchement disparus suite à la virtualisation la plus désastreuse de cette dernière décennie.

« C'est quand même bizarre Yumi. Tu aurais vraiment dû m'appeler au lieu de jouer à l'apprentie sorcière...
— Pour toutes les fois où c'est toi qui a foiré, répliqua Ishiyama d'une voix sèche, ça ne sert à rien de me faire la morale. Si vous ne vous étiez pas faits prendre comme des débutants par Jim, on n'en serait pas là !
— Je pense que tu ne mesures pas assez les enjeux, tu es aveuglée par ta version de l'histoire qui est loin d'être compl...
— Ce qui est fait est fait, coupa Aelita en jaugeant son petit-ami du regard. De quoi te souviens-tu précisément Yumi ?
— Je vous l'ai déjà répété cinquante fois, soupira la japonaise en fronçant les sourcils en signe de déception devant tant de méfiance de la part de ses amis. On a vu tes consignes sur l'écran et j'ai fait de mon mieux pour les appliquer à la lettre. J'ai envoyé Odd et Ulrich en salle des scanners et j'ai tenté de les virtualiser mais la communication entre nous a très vite coupé donc je ne peux pas assurer avec certitude qu'ils sont bel et bien arrivés sur Lyoko. C'est la dernière chose dont je me souviens...
— Mais le retour vers le passé a bien eu lieu puisque nous sommes de nouveau au matin de cette maudite journée ! C'est bien toi qui l'a enclenché ?
— Je pense, souffla Yumi comme un pseudo-aveu qu'elle aurait préféré ne pas avoir à formuler et qui eu pour effet de faire grimacer les Einstein. Il me semble que j'ai enclenché le processus mais mes souvenirs sont confus. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. C'est même fort possible que j'ai programmé ça sans le vouloir, une deuxième fausse manœuvre en quelque sorte...
— La question qui se pose maintenant, rétorqua Aelita en adoptant une moue scandalisée, c'est la localisation de nos deux compères ! Jérémie a vérifié, ils ne sont pas sur Lyoko, ni dans leur chambre ni en cours ! J'espère que tu n'as pas été les bloquer dans un entre-deux inquiétant...
— C'est de moi qu'on parle ? »

Un grand silence suivit cette déclaration. Ce timbre narcissique, ça ne pouvait être qu'Odd Della Robbia. Les regards se tournèrent vers le monte-charges dont les portes venaient de coulisser, dévoilant ainsi deux visages bien connus au plus grand soulagement de leurs amis.

« Pas d'entre-deux pour nous, merci de te soucier de notre sort Aelita, ironisa Ulrich en arborant un petit sourire satisfait.
— Où est-ce que vous étiez tous les deux ?! s'indigna Yumi qui serra immédiatement le poing droit en guise de représailles. On vous a cherchés partout !
— On vient de se réveiller dans les bois, s'exclama Odd comme si c'était la meilleure chose qui lui fut arrivée depuis sa naissance. J'ai l'impression d'avoir dormi mille ans !
— Toujours dans l'exagération, ricana Ulrich. Le retour vers le passé nous a juste ramenés sur Terre je présume... et plus aucun souvenir depuis notre entrée dans les scanners, on en a déjà discutés entre nous.
— Contente de voir que nous n'avons pas perdu trop de temps à vous chercher, murmura Aelita, un peu dépassée par les événements.
— Avec tout ça, Mélanie a été détruite par William, ajouta Belpois d'une voix aigre. Et le saut dans le temps n'y a rien changé... L'exploration sous-marine, ce n'est pas encore pour tout de suite !
— Pas grave, assura Stern en tapant sur l'épaule de l'informaticien pour le consoler, on est là maintenant... Et on va t'aider à récupérer William quoi qu'il arrive ! »

Yumi cessa soudainement de froncer les sourcils, relâcha les muscles tendus de son visage, inspira une profonde bouffée d'air cloisonné dans le labo et fit abstraction des Einstein. Elle focalisa son attention sur les deux petits prodiges. Le reste du groupe s'esclaffa suite à une blague d'Odd mais la japonaise resta insensible à la plaisanterie. Quelque chose ne tournait pas rond. Elle le sentait au plus profond de ses tripes. Pour ne pas éveiller les soupçons, elle finit par laisser échapper un petit rire discret et souria à pleines dents face à ces retrouvailles... mais elle se promit intérieurement de surveiller de très près ce duo de revenants. Ils leur cachaient quelque chose, c'était évident. Mais quoi ? Telle est la question... Yumi n'avait pas la moindre idée de ce qui avait pu leur arriver. Et heureusement d'ailleurs.


Mercredi 17 janvier 2007, 03:30

Yannick Piranet et Alexandre Pépin étaient prêts. Au moment précis où le radio-réveil afficha 03:30, ils ouvrirent la porte de leur chambre commune. Théo Gauthier et Maïtena Lecuyer, qui se tenaient dans le couloir depuis une poignée de secondes, s'empressèrent de rejoindre leurs complices. Ils ne frappaient jamais par risque de réveiller les autres élèves. Pas un mot dans le dortoir d'ailleurs, c'est la règle. Maïtena enfila sa doudoune, qu'elle avait d'ailleurs oubliée dans cette chambre lors de leur dernière virée, et ils quittèrent tous l'étage des garçons en marchant à pas de loups dans les escaliers. Ils ne s'étaient jamais faits prendre. Et aujourd'hui n'allait pas échapper à la règle, ils étaient trop discrets pour ça. Une fois arrivés à l'extérieur, Maïtena pouffa de rire quand Théo passa ses mains glaciales sur la nuque d'Alexandre qui restait imperturbable, comme toujours. Une fois à l'orée du parc, ils estimèrent qu'ils étaient assez éloignés pour entamer leur conversation à l'abri des oreilles indiscrètes. La jolie blonde ne put s'empêcher de remarquer que les cernes de Yannick devenaient de plus en plus violacés au fur et à mesure des escapades qu'ils organisaient. Elle se promit de lui donner un excellent anti-cernes pour éviter que Jim se doute que les nuits de Piranet étaient extrêmement occupées...

« On ne va pas aller jusque-là aujourd'hui, lâcha Maïtena pour briser le silence qui s'était installé.
— Sérieux ? s'exclama Théo d'un air mécontent. Comment je vais payer le resto ce week-end moi ? J'avais promis à la plus belle fille de Kadic que je l'y emmènerai pour son anniversaire !
— Moi aussi, maugréa Yannick en dévisageant Théo qu'il considérait comme un rival de taille.
— Pas la peine de vous battre pour moi, susurra la blonde en arborant une mine réjouie, on a encore deux excursions très matinales pour se rattraper d'ici la fin de la semaine. Et pour le resto, j'accepterai un rendez-vous samedi à dix-neuf heures avec celui qui m'offrira le meilleur cadeau d'anniversaire, voilà un beau challenge.
— Je ne pense pas qu'on est là pour parler des réjouissances de ce week-end, coupa Alex qui détestait toutes ces digressions intempestives qui les éloignaient du sujet principal.
— On va essayer de faire court alors, promit Maïtena en faisant un clin d'œil pas forcément adressé à une personne en particulier. Aujourd'hui, c'est mieux qu'on dorme pour les quelques heures qu'il nous reste avant les cours. Je vous rappelle qu'on a un match important à disputer dans huit heures et demie, il faut qu'on soit au meilleur de notre forme !
— De quoi parles-tu ? s'étonna Alexandre qui n'avait visiblement pas l'air au courant de cette rencontre sportive.
— On a oublié de te le dire, confessa Théo qui ne semblait pas vraiment désolé en réalité. Jim nous a recrutés la nuit dernière pour composer une équipe de dernière minute.
— Il y a quelque chose qui se cache derrière tout ça, déclara Piranet qui semblait quelque peu nerveux à l'idée du temps de midi qui s'annonçait.
— C'est nous qui avons des choses à cacher, ajouta Maïtena en posant subtilement sa main sur la cuisse de Théo. Mais je suis d'accord avec toi. Je connais Jim. Il a une idée derrière la tête avec ce match soi-disant improvisé, ça ne fait aucun doute puisqu'il a mis en place des équipes assez... particulières, il va même faire jouer un élève de sixième !
— Pourquoi personne ne m'en a parlé ? s'indigna Alex en croisant les bras d'un air ronchon.
— Tu sais que je ne fréquente jamais les troisièmes à la lumière du jour, rétorqua la seconde qui tenait à sa réputation. Je me voyais mal quitter mon groupe d'amies pour aller te parler, Anaïs et Priscilla ne comprendraient pas.
— J'avais absolument pas envie de t'annoncer que tu n'étais pas sélectionné, renchérit Yannick. C'est pas cool à dire mec.
— Mouais, grogna Alexandre en les dévisageant d'un œil mauvais.
— Tu veux quand même savoir qui on va affronter ? demanda Théo qui se réjouissait intérieurement de cette exclusion involontaire.
— J'vais faire semblant que ça m'intéresse pour vous faire plaisir... Vous allez jouer contre qui ?
— Le groupe des puceaux, gloussa Maïtena en laissant échapper un petit rire moqueur. Stern, Della Robbia et compagnie...
— Yumi aussi ? s'empressa de demander Pépin qui venait soudainement de réaliser les enjeux.
— Ta chérie est à la même place que toi... sur le banc de touche, répliqua Gauthier en ricanant. Tu pourras enfin lui déclarer ta flamme pendant que nous écraserons son berger allemand...
— C'est son nouveau surnom officiel ?
— Un chien reste un chien, cracha Maïtena qui n'avait toujours pas digéré la fois où Stern lui avait posé un lapin devant Priscilla qui n'avait eu de cesse de lui rappeler cette invitation désastreuse. C'est un looser ce mec, je peux même plus supporter sa sale gueule. Si j'ai l'occasion de le tacler bien méchamment, je ne vais pas me gêner !
— Il se fait tard, bailla Yannick. On rentre ?
— Ok, répondirent en chœur ses trois complices qui ne tenaient plus debout après le manque de sommeil accumulé depuis plus de deux semaines.
— Bonne fin de nuit... et soyez en forme pour demain, on va les écraser ! »


Mercredi 17 janvier 2007, 12:37

Les deux équipes se toisent avant de remonter sur le terrain. La première mi-temps avait déjà mis les nerfs de tous à rude épreuve. Que ce soit ceux des joueurs ou des quelques supporters présents, particulièrement des gamines qui étaient venues pour apercevoir l'un ou l'autre en torse nu lors d'un subtil arrachage de maillot qui n'avait évidemment pas eu lieu. Aucun goal. De la sueur, ça oui. Beaucoup d'énervement visible, d'injures relativement contenues et de frustration refoulée devant les nombreuses fautes. Mais aucun goal. Milly et Tamiya notèrent sur leurs carnets que le positionnement des troupes avait quelque peu changé. Contrairement à son habitude, Ulrich n'avait rien imposé lors de la première partie de la rencontre amicale et chacun s'était placé à sa guise sur le terrain au sein de son équipe. Stern avait bien évidemment tenu à être attaquant, Odd Della Robbia avait curieusement insisté pour être gardien, Julien Xao était son garde du corps officiel chargé de garder l'arrière tandis que Hiroki Ishiyama et Aelita Stones vaquaient dans les environs de la ligne centrale qui séparait l'espace en deux. Les deux journalistes en herbe remarquèrent vite que les deux meilleurs amis avaient respectivement gardé leurs positions – Odd pour la sécurité et Ulrich pour la victoire – tandis que les trois autres avaient définitivement été obligés de rester en arrière, avec un Xao plus porté sur le défensif central, il serait donc prêt à monter pour écraser le gardien adverse en cas de besoin.

Du côté des Champions, comme ils s'étaient modestement appelés, l'attribution des rôles de chacun était beaucoup plus rigoureuse. Au sein du groupe, tous savaient exactement la position qu'ils devaient garder et ils s'y tenaient, malgré un électron libre – Théo Gauthier – qui ne cessait de faire des allers et retours entre les deux cages de foot, son sport de prédilection l'obligeant à épater la galerie. Yannick Piranet jouait défenseur central et Stern se trouvait constamment à sa droite. Côté attaque, Emmanuel Maillard peinait à rivaliser avec Xao qui l'empêchait d'atteindre le but convoité. Il avait eu une seule occasion, en or car Odd avait lamentablement abandonné son poste pour un corner auquel il voulait absolument participer – signe évident de l'amateurisme du match – et Yannick avait rapidement contre-attaqué pour donner cette fameuse occasion à Maillard qui n'avait pas pris le temps de cadrer son tir face à une Aelita laissée en arrière et clairement désorientée face à la tournure qu'avaient pris les événements. Seule action notable en vingt minutes, le match étant censé durer quarante minutes avec une courte pause au milieu, décision de Big J qui ne voulait pas voir ses protégés manquer les cours de l'après-midi.

Si vous avez bien compté, il manque deux joueurs dans la fameuse équipe des Champions. Matthias Burrel et Thierry Suarès ? Non. À la place de ces garçons qui auraient très bien pu figurer au casting, il y avait un autre gars que peu de gens de Kadic connaissaient. Kieran Duval. Spécialement affrété pour l'occasion par Big J en personne. Comme la situation s'était dégradée entre Duval junior et son père, Kieran avait emménagé quelque temps chez son parrain : Jim. Ce dernier n'a pas encore officiellement scolarisé son filleul à Kadic – situation trop instable vu que le gosse pourrait être domicilié chez son père à nouveau dans peu de temps – mais il lui a néanmoins permis de venir se défouler sur le terrain durant le temps de midi avec l'accord du proviseur. La rencontre sportive se poursuivait donc à cinq contre quatre, Maïtena Lecuyer ayant été exclue dès le début de la partie pour un geste innaproprié envers Ulrich qui fera certainement la une des Échos, l'attaquant favori de Kadic étant légèrement diminué depuis cette attaque sur sa personne... L'arbitre qui ne badinait pas avec les règles en vigueur avait immédiatement sorti une carte rouge, il tenait à sa réputation de professeur inflexible face à l'autorité imposée dans tous les domaines du Sport avec un grand S.

Changement notable dans la composition, Kieran venait d'abandonner sa place de goalkeeper à Maillard et ferait donc face au trio défensif Ishiyama-Xao-Stones puisqu'il avait décidé de jouer ailier droit, sans compter que Della Robbia se retrouvait tout à l'arrière une nouvelle fois puisqu'il avait décidé de continuer la deuxième mi-temps en tant que gardien de son équipe, plus fier et arrogant que jamais face à ses adversaires.

Tout le monde est en place. Jim a à peine le temps de siffler le début de ces vingt nouvelles minutes de jeu que Xao concrétise le coup d'envoi en faisant une passe rapide et précise à Stern qui commence à sprinter comme un dingue dans la partie du terrain appartenant aux Champions. Hystérique, il s'imagine déjà ouvrir le score à la fin de cette action. Il compte bien conserver le ballon, au moins le temps d'aller jusqu'au bout du terrain grâce à son souffle, son endurance et sa technique. Sans pression, il passe adroitement entre les défenseurs adverses. Personne d’autre que lui n’exhibe un tel plaisir à jouer au football, que ce soit en entraînement ou en compétition. Faut avouer qu'il a tout pour lui : un excellent dribble, un bon tir à distance et le sens du collectif... seulement sur le terrain diront les mauvaises langues. Le sourire aux lèvres, il réalise une petite feinte directionnelle à laquelle Piranet se laisse prendre et Stern se retrouve ainsi en face du goal si bien gardé jusqu'à présent. Il vise la lucarne en utilisant la puissance de son pied gauche mais Maillard intercepte le projectile sans difficulté majeure. Peut-être aurait-il dû utiliser le pied droit ? Il sent bien que son corps ne suit pas aussi bien que d'habitude, est-ce à cause de Maïtena ? Emmanuel relance le jeu en envoyant la balle en direction de Yannick qui s'est éloigné vers le milieu de terrain, à la place de dégager loin vers l'avant vers Kieran comme il aurait dû le faire. Piranet intercepte correctement le tir et continue sa progression. Hiroki, qui a quitté son poste de défenseur gauchiste puisqu'il ne sait pas rester en place, s'empresse de coller Yannick de près et bataille en envoyant ses pieds dans tous les sens pour récupérer le ballon. Au bout de cinq secondes de combat acharné, Ishiyama triomphe mais gaffe immédiatement en envoyant malencontreusement le ballon dans les airs à l'autre bout du terrain... en direction de Gauthier. Ulrich, qui s'était habilement placé dans la trajectoire au dernier moment, fait avorter cette tentative maladroite en interceptant la balle avec un contrôle poitrine parfaitement réalisé. Il fusille du regard Hiroki et le sixième comprend qu'il doit impérativement retourner en arrière. Théo, ayant anticipé le coup de force de son ennemi, profite de la distraction évidente de Stern qui s'imagine déjà en futur buteur pour le tacler par l'arrière et Piranet s'empresse de récupérer le ballon venu rouler à ses pieds. Il contourne Xao qui était venu lui aussi porter main forte à Stern et tente de transmettre la balle à Kieran mais la trajectoire est quelque peu déviée car Yannick n'est pas le plus doué quand il s'agit de faire des longues passes rectilignes.

Duval parvient néanmoins à récupérer le ballon et remonte le terrain à une vitesse effarante. Taillé pour la course, son aspect élancé tout en restant musclé lui permet de faire des foulées gigantesques. Son regard insoutenable croise celui d'Aelita mais Kieran ne s'attarde pas sur elle, préférant fixer droit devant lui son objectif : Odd... qui tente de se concentrer au maximum pour ne pas se laisser surprendre. Rien ne peut arrêter une telle masse de puissance et de technique assimilées. Hiroki se dresse devant lui et l'attaque plusieurs fois avec des coups de pieds imprécis, ce qui laisse un peu de temps à Xao pour tenter de parcourir le terrain en sens inverse, il a décidé de quitter sa place provisoire d'attaquant pour revenir en arrière. Ça va être court... trop court selon l'avis général. Le jeune asiatique excelle dans le domaine de l'harcèlement intempestif et fait perdre de précieuses secondes à Kieran mais l'attaquant des Champions finit par distancier légèrement son adversaire. Malgré son physique indéniablement inférieur à celui des autres joueurs, Stones n’hésite pas à se ruer sur le sportif confirmé qui s’apprête à croiser son chemin à vive allure. David contre Goliath. Mais ce match n'est pas une adaptation de la Bible. C'est Goliath qui va remporter le face à face, ça ne fait aucun doute. Duval est suivi de près par Hiroki qui est de nouveau sur sa piste, ce qui rassure un tant soit peu Aelita qui se sent protégée par son acolyte même s'il ne peut pas faire grand chose pour l'aider en réalité. Elle tente un geste technique qui s'apparenterait à un habile tacle si elle était une joueuse pro... Mais elle n'est pas la réincarnation féminine de Lionel Messi, loin de là. S'écrasant lamentablement sur le sol comme une poupée de chiffon, Kieran n'a plus qu'à la contourner. Hiroki arrive à ses côtés avec encore plus de détermination qu'auparavant mais Duval en profite pour lui attribuer un violent coup d'épaule qui envoie valser définitivement le petit morpion. L'arbitre ne siffle pas. Corrompu ? C'est ce que certains spectateurs clament en tout cas. Duval jubile. Le voilà seul. Face au but adverse... et au gardien Della Robbia qui ne fait plus autant le malin qu'en début de rencontre.

« Ne les laissez pas s’approcher de moi, jouez défensif les gars ! »

Cette injonction donnée à la mi-temps aura vraiment porté ses fruits en tout cas ! Xao n'a pas eu le temps de revenir... et Ulrich n'a même pas essayé. Odd tente de se concentrer au maximum mais déchante rapidement. Il est pris de vertiges, vacille... devant la pression ? Il porte la main à son nez, du sang commence à s'écouler lentement de ses narines... mais aussi de ses tympans et de sa bouche. Kieran est le seul qui aperçoit les grosses gouttes rougeâtres qui viennent s'écraser sur le sol.

« Faites circuler le ballon autant que possible ! Désorganisez-les ! Ne ratez pas une occasion de marquer, ils ne doivent jamais s'approcher de moi ! Votre jeu doit être vif, rapide et précis. Je vous fais confiance les amis, on va gagner ! »

La balle fusa au fond du filet, dans le coin inférieur droit, au moment où Odd s'effondra sur le terrain. Les élèves présents réalisèrent bien vite que ce n'était pas une mascarade stratégique, ils étaient plutôt devant une macabre découverte, celle de la chute du plus blagueur de tous.

Des cris retentirent dans l'enceinte de Kadic et la nouvelle se répandit très vite dans les médias. Après tout, un jeune sportif victime d'un arrêt cardiaque en pleine action, ça n'arrive pas tous les jours... Bientôt, on commencerait déjà à interviewer les proches du disparu. Encore fallait-il mettre ces derniers au courant de la perte de leur petit chéri... En théorie, ce sont les premiers au courant. En théorie seulement, la famille d'Odd étant anticonformiste au possible... et les autorités allaient l'apprendre à leurs dépens.


Jour 53 avant l'Apogée

Une overdose de rimmel, c'est la première chose qu'Odd aperçut en soulevant les paupières. Cette femme qui se tenait, raide comme un piquet, sur la banquette qui lui faisait face. Elle était maquillée, trop maquillée. Il devina aisément que quelque chose ne tournait pas rond, le fond de teint à tendance orangée cachait visiblement une peau souillée... par l'acné dans le meilleur des cas. Le train s'arrêta dans un boucan effroyable incluant principalement des crissements de freins intenses sur les rails endommagés à souhait. Odd regarda autour de lui pour confirmer sa théorie, il était bien dans un wagon. Un wagon de voyageurs. Une horloge à l'ancienne, couverte de poussière et grande comme un frisbee, était étrangement fixée à une paroi à la vue de tous... à plusieurs endroits stratégiques. Odd en dénombra trois et les passagers n'avaient de cesse de les fixer. Bizarrement, elles n'étaient pas composées de chiffres mais plutôt de signes sur lesquels s'arrêtaient à tour de rôle quatre aiguilles de couleurs différentes. Les "hiéroglyphes" présents n'évoquèrent rien de connu dans les recoins sinueux de la mémoire visuelle de Della Robbia, il n'avait jamais vu pareils symboles auparavant.

Des chuchotements provenant de l'arrière du véhicule venaient chatouiller les tympans du blondinet mais celui-ci, pourtant curieux de nature, n'avait pas la force ni l'envie de détailler les individus présents ni de dévorer d'éventuelles jeunes filles du regard. Il ne cherchait même pas à savoir comment il était arrivé là et encore moins ce qui pouvait expliquer cette position insolite. Il espéra un quart de seconde qu'il se trouvait dans le Poudlard Express mais rien de magique à l'horizon, dommage... S'il se montrait si peu concerné par la situation dans laquelle il se trouvait, c'était sans doute dû à sa jauge d'énergie qui atteignait des sommets, dans le mauvais sens du terme bien évidemment. Il avait l'impression d'avoir sacrifié de nombreuses heures de sommeil au profit d'une épopée déjà oubliée. Il se sentait vidé, crevé, épuisé, lessivé,... Elle était passée où cette putain d'hyperactivité qui l'avait poursuivi toute sa vie ? Il n'avait qu'une envie : dormir. Et c'est bien ce qu'il comptait faire malgré le risque infime de se retrouver dans une marmite ou autre piège à rats à la fin du voyage. C'est ça l'avantage quand on est peu stressé et à l'aise avec le monde extérieur, on peut sombrer dans l'inconscience partout, même pas besoin d'un oreiller soyeux ni d'un petit lit douillet. Odd posa son front sur la vitre la plus proche – fraicheur bienvenue mais extérieur sombre à souhait – et replia ses jambes sur le siège, enlevant même ses chaussures pour s'installer le plus confortablement possible.


XANA attaque Mélanie. Yumi, tu prends les commandes. Odd et Ulrich, vous plongez sur Lyoko.


Ça semblait loin tout ça. Très loin. À vrai dire, Odd se moquait bien du sort réservé à Mélanie, il n'y était pas attaché au même titre que les Einstein malgré les nouvelles perspectives évidentes que cette nouvelle invention aurait pu apporter... La première étant bien évidemment l'exploration de la mer numérique. Seule utilité ? Sauver William en dénichant une éventuelle planque dans les abysses, ça serait tout aussi rentable. Quoique... Était-ce vraiment légitime de sortir Dunbar de ce destin virtuel ? Sans doute que non. Pour les autres, ça ne faisait aucun doute : sauver William à tout prix ! Mais au fond, est-ce que ce dernier a vraiment envie d'être sauvé ? Et si c'était dangereux de l'arracher brutalement à l'étreinte démoniaque de XANA ? Et si... les dommages collatéraux étaient trop importants ? Que ce soit au niveau de son bien-être physique ou encore de sa santé mentale, Odd commençait à penser que son ancien ami ne devait peut-être pas être "sauvé" des griffes de leur ennemi... pour le bien de tous, c'était sans doute préférable. Chassant ces idées noires de son esprit, il tenta de trouver un autre sujet de réflexion pour occuper ses pensées criardes. Il était trop tôt – ou trop tard – pour émettre des hypothèses scabreuses, autant essayer de faire le vide autrement. Une bonne sieste, ça devrait suffire. Alors qu'il s'apprêtait à fermer les yeux, le train sortit soudainement de l'obscurité dans laquelle il était plongé jusque-là et une lumière feutrée illumina l'intérieur du wagon. Bizarre, ils venaient sans doute de sortir d'un long tunnel bien sombre... Odd pensa naïvement pendant une fraction de seconde qu'il serait en mesure d'observer le paysage à sa guise mais un brouillard relativement épais lui gâchait la vue, pas pire que le noir total selon lui... Il voyait quand même le décor extérieur à une dizaine de mètres à la ronde mais ça ne lui apprenait pas grand chose car la locomotive et son chargement de passagers semblaient flotter dans les airs, voyageant sans doute le long d'un pont suspendu.

« Personne dans cette pièce n'a choisi d'exister. »

Odd fut surpris par l'intensité émanant de cette voix. Gutturale. Transgénique. Captivante. En un mot comme en cent, c'était un timbre vocal qui imposait le respect, l'autorité naturelle. Il chercha brièvement du regard la source de cette déclaration impeccablement sonorisée mais sa recherche accélérée ne fut pas couronnée de succès... dans un premier temps. Durant cette rapide quête de la vérité, il fut frappé par un élément qui aurait dû le marquer bien plus tôt : tous les passagers semblaient prostrés sur leurs sièges respectifs sans aucun moyen de détente à proximité, ni roman ni magazine ni portable et encore moins d'interactions entre les couples assis l'un à côté de l'autre. Pourtant, les chuchotements intempestifs continuaient... mais ils ne provenaient visiblement pas de ce wagon. Étrange. Au terme d'une poignée de minutes, Odd laissa tomber cette enquête auditive et reporta son attention sur le paysage extérieur. Ce qu'il vit ne le laissa pas de marbre...


À nos gloires passées et celles à venir...


Une statue en béton armé émergea de la brume ambiante. Mon cœur loupa un battement au moment où mon cerveau identifia le modèle représenté. Un ours en peluche. Géant. Réplique parfaite de Teddy, la peluche de Milly qui avait tenté de nous atomiser. Cette sculpture ne resta pas seule bien longtemps, une autre charmante créature venait d'apparaître dans mon champ de vision, toujours sous forme d'œuvre d'art extrêmement détaillée : le samouraï fantomatique appartenant à la famille de Yumi et qu'elle avait apporté à Kadic pour cette fameuse présentation qui restera dans les mémoires. Jamais deux sans trois. Un alien pourvu d'une langue charnue et de crocs acérés complétait le tableau peu attirant, quoique somptueusement réalisé. Pas d'erreurs possibles, c'est bien un trio de monstres terrestres effrayants que nous avons dû affronter pour le bien de l'humanité. Moi qui pensais avoir enterré bien profondément ces démons du passé... Il semblerait que l'histoire est loin d'être finie, Jérémie nous a toujours dit que XANA avait plus d'un tour dans son sac. Il faut absolument que je découvre l'identité de l'artiste qui se cache derrière ces œuvres, il a l'air bien renseigné pour un simple sculpteur... Qui sait, c'est peut-être lui qui détient la vérité ultime sur ces attaques cauchemardesques ?

« Personne dans cette pièce n'a choisi d'exister. »

Un gaz. Vert. Malodorant. S'échappant des horloges. Paniqué, je cherche du regard un soutien éventuel mais personne ne réagit, tous imperturbables face à cette menace grandissante. Envahi par l'adrénaline, je me précipite vers la porte coulissante menant à l'autre wagon. Impossible de l'ouvrir. Je secoue de toutes mes forces cette fichue poignée mais rien ne bouge. Je suis condamné. J'essaie de couvrir la partie inférieure de mon visage avec le haut de mon pull mais il est déjà trop tard. Mes yeux se remplissent de larmes au fur et à mesure que la brûlure dans ma trachée s'accentue. Auschwitz ? Démodé. Éliminez directement les gêneurs dans le train, c'est un gain de temps inestimable...
_________________
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Dernière édition par Minho le Mer 22 Fév 2017 14:58; édité 1 fois
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Ikorih MessagePosté le: Mar 21 Fév 2017 20:40   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Localisation: Sûrement quelque part.
Spoiler


Et dire que je me demandais ce que j'allais faire de cette soirée XD
Tu sais, en lisant le début de ce chapitre, je me disais que ça irait, que j'aurais pas trop de théories à écrire, que ce serait un peu reposant. Mais ensuite y a eu la suite, et par exemple la fin, et en fait je pense que je vais quand même devoir dire des trucs...

En ce qui concerne le début justement, déjà, j'ai vu le mot "affiches" j'ai cash pensé à William. Alors que ben non, a priori la timeline ne le concerne pas et il n'a rien à voir là-dedans... L'auteur du collage d'affiches en série est vraisemblablement un élève, c'est ma théorie principale mais elle ne repose que sur mon feeling personnel. En tout cas, l'élève en question est assez impertinent pour aller rogner la figure d'autorité de Jim... La question est : n'y a-t-il que de la fiction dans cette pièce de théâtre? Si c'est un élève qui l'a écrite, pas de raison qu'il connaisse le passé de Jim n'est-ce pas? Mais pas trop de raison non plus de publier dans toute l'école un récit issu de son imagination débordante...et la mention de la Chancelière oriente salement sur la piste de la non-fiction.
Par contre personne n'est dupe ici à la section fanfic : cette pièce de théâtre sert à assouvir tes basses pulsions de script que tu n'oses pas afficher parce que tu sais très bien que c'est mal vu. Plaisir coupable dira-t-on.
En tout cas la pièce de théâtre confirme, et ce même si elle est inventée, que Jim est bien notre Jim Moralès. C'est toujours ça de pris! Et il serait donc connecté aux magouilles de la Chancelière...Jim est toujours impliqué dans des trucs pas nets tfaçon. :c

Citation:
PROXIMA: Pas étonnant, j’ai découvert hier votre signe astrologique.

Ah ben tiens, une Proxima qui ne pense qu'aux astres....Hilarant. :c
(Mais ce personnage crédite la thèse que c'est une fiction, parce que seriously, un prénom parei...eh meeeeerde cet argument ne marche pas chez toi! Non plus sérieusement, ce personnage exhale la fiction par tous les pores, et m'apparaît peu vraisemblable dans un vrai passé de Jim...)


J'ai personnellement apprécié de voir Yumi se faire engueuler. Toutefois ses souvenirs flous sur les procédures entrées laisse à penser qu'il y avait quelque chose de pas net là-dessous et qu'elle ne s'est pas juste chiée (déception Sad), sinon pourquoi aurait-elle entré le RVLP juste après avoir virtualisé ses potes et perdu le contact avec eux?...
Point qui m'a mis la puce à l'oreille sur le duo de revenants comme tu les appelles : Ulrich se soucie carrément de William. Si ça c'est pas un élément douteux! Tiens d'ailleurs je vais défier l'ordre chronologique, pour une fois, et rester sur ces deux là pour compléter mon point à leur sujet.
Je pense que le malaise (doux euphémisme) d'Odd est lié à cet accident de virtualisation, ça me semble une quasi évidence. Reste cependant à savoir en quel honneur Ulrich échappe aux conséquences, alors même que physiquement il s'est un peu plus dépensé que le goal et donc avait plus de chance de voir émerger un problème type arrêt cardiaque...ce dernier point m'inspirant une référence o/

Spoiler


Revenons à Odd. Il semble avoir effectivement fini dans un "entre-deux" comme disait Aelita. Cet entre-deux est obviously connecté à Lyoko et compagnie de part la présence des statues à l'image des attaques de XANA (exclusivement de la saison 1 je note). Mais ce point j'arrive pas à le rattacher au reste de ma théorie. Parce que y en a un autre qui m'a bien plus mise en alerte (oui oui c'est à ce point) en lisant :
Citation:
Transgénique.

Stupeur, stupeur....alors non je ne sais pas ce que Lilian viendrait foutre dans cette histoire (mais bon les deux timelines sont forcément connectées sinon que feraient-elles dans la même fic Mr. Green), mais je sais que ceci le pointe du doigt. En plus, la description de la femme assise face à Odd laisse sous-entendre qu'elle est pas belle, et on connaît tous le look atypique de Della Robbia, alors....cet entre-deux est-il réservé aux gens moches qui vont se faire gazer? Cohérent avec Lilian mais toujours inexplicable hélas U_u. Et Ulrich est visiblement décrit comme étant bien foutu dans la série donc ça justifierait qu'Odd soit seul dans le train et qu'il ne soit pas là.
Bon par contre ta fin....ça m'a même plus étonnée venant de toi tu sais XD

Spoiler


Bon les termes d'Apogée et le décompte m'ont fait jeter des trucs à travers ma chambre, du coup on en parlera pas cette fois...revenons plutôt à la vie kadicienne Smile

Je suis tout d'abord très fière de voir que le trombinoscope sert toujours Mr. Green Ensuite je te dirai que Kieran Duval a été renommé Dubal à un moment, et sinon je lui punaise un petit point d'interrogation pour savoir si il servira à quelque chose plus tard. Autre petit point d'interrogation pour savoir ce que Maïtena a fait à Ulrich en match (mais non pas juste un tacle ce serait pas drôle!). Ah et...évidemment, magnifique cirage de chaussures à Icer avec ce match, je respecte! (et à moi avec l'inclusion d'Hiroki? *PAN*)
Si l'ambiance du match de foot est plutôt innocente comparée au reste de ta fic, la scène qui précède l'est moins. Les virées nocturnes de cette petite bande ne sont a priori pas très nettes, même si on a pas l'occasion d'en voir le pourquoi ce soir. Cependant il semblerait qu'il y ait une histoire de fric là-dessous, cf l'histoire de "oh non je voulais payer le restau". Et on sait aussi que ça dure depuis plus de deux semaines. C'est tout ce qu'on a de concret Sad Ah ça et le fait que Maïtena soit une pute mais...EH, on avait dit pas de pute!!!! D8

A titre de conclusion je vais me permettre un point sur tes engagements de début de fic pour voir combien tu en as déjà transgressé...
Spoiler

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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Mer 22 Fév 2017 15:09   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


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Messages: 1301
Localisation: Sur le territoire Banquise entrain de faire de l'overboard
Donc cette fois on a bien plongée en plein SF avec lyoko.
Très intéressant le point de vue d'Odd, je m'attendais pas à ce que notre excentrique ce trouve dans un tel état critique.
Mais qu'est ce que Yumi a bien foutu, pour qu'il se retrouve dans cette situation désastreuse? a moins que se soit XANA, depuis qu'Ulrich n'est pas si affecté. (je ne pense pas que la théorie d'ikorih sur l'extermination des moches soit crédible Mr. Green).

Par contre je suis curieux à propos de ce qu'a dit la voix du wagon à propos des victimes, car théoriquement parlant, aucun être vivant n'a vraiment choisi de venir au monde. A moins qu'elle ne veuille dire que les passagers du wagon pensent qu'ils ne devraient jamais avoir exister ou être né.

En tout cas la situation d'Odd semble très mauvaise, vivement le prochain chapitre pour savoir ce qui a bien pu lui arrivé.

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Silius Italicus MessagePosté le: Lun 06 Mar 2017 18:52   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 169
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonsoir cher Minho,
Contrairement à tant d’autres, ce n’est pas la feuille blanche qui vous pose souci ?

De fait, il est étrange de voir la croissance importante de ce qui était pensé comme une nouvelle au départ. Même si ce type d’écrit peut être de taille conséquente. En effet, si ce n’était pour votre introduction, personne ne penserait que ces chapitres n’existaient originellement que pour servir un texte court. Pour autant, le gonflement que vous pointez n’apparaît pas comme artificiel : les lignes qui s’égrènent ne servent pas ici à masquer une vacuité profonde. Encore qu’à faire monter la tension autour du scénario ce ne soit un risque inévitable.

Il est assez intéressant de lire en parallèle de ces premiers chapitres les débuts de votre autre récit. En particulier le premier. Entre les deux à peine moins d’une année à passée, et une trentaine de chapitres ont été publiés. L’effort d’écriture se ressent et a porté ses fruits. Votre plume s’est faite plus sûre, plus affirmée. Le style a mûri, non dans le sens où il serait devenu plus adulte, mais dans celui où une partie de ce qui y était en puissance est maintenant en acte. D’une part, vous vous êtes débarrassé de certaines maladresses, d’autre part, vous donnez beaucoup plus volontiers et facilement dans la métaphore. L’avantage est que l’on vous lit plus facilement et avec plus de plaisir.

Cela étant, votre style conserve d’autres particularités. D’une part le fait d’écrire au présent, ce qui est un choix rare. Mais cela complémente bien votre autre particularité qui est de laisser parler les personnages, frôlant parfois la destruction du quatrième mur. Au vu de votre usage fréquent de cette technique, écrire au présent vous évite de vous tracasser avec la concordance des temps.

Du reste votre récit est pour le moment extrêmement composite. Il est difficile de savoir ce qui va sortir de ce mélange de dates, de lieux et de personnages. C’est évidemment voulu. Même si cela va à l’encontre des objectifs listés en introduction et dont Ikorih a déjà relevé lesquels sont manqués ou en passe de l’être. Les tenants et aboutissants ne sont pas très clairs ici. c’est redoublé par votre usage du rêve qui vient troubler le peu de certitudes que peut avoir le lecteur si tôt dans l’ouvrage. Il semble que trop peu d’éléments soient déployés pour se permettre d’en tirer des conclusions, ce qui n’enlève rien au récit, mais est un peu dommage dans la mesure où l’on ne voit pas très bien la tonalité dominante, si ce n’est le noir de la mort. Car la mort, douloureuse et violente est de mise dans ces chapitres, qu’elle soit vécue, rêvée, crainte dans la nuit, ou anticipée dans le cas de Minho.
C’est d’ailleurs un point intéressant. S’il est courant que les auteurs introduisent un personnage à leur ressemblance dans les récits, il est bien rare qu’ils le tuent. Pourtant, ce meurtre semble avoir échoué. Il se lisait comme le meurtre par l’auteur de son style habituel, un refus en somme de recommencer ce qui avait déjà été, une volonté de changement de peau. Pour autant, il ne semble pas que cela soit cas : c’est donc un coup d’épée dans l’eau.
Dans le même ordre d’idée, la présence de l’adolescent en quête d’authenticité et pourfendeur de cliché et d’hypocrisie est amusante, d’autant que c’est lui qui est absolument cliché.

En fait, l’influence d’Icer est très clair ici, presque trop, quoique vous poussiez les choses un peu plus loin que lui sur certains points, outre d’évidentes différences de style.

Au plaisir de voir les choses se préciser.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Fenrir MessagePosté le: Mer 08 Mar 2017 12:48   Sujet du message: Est-il vraiment nécessaire que je le précise ? Répondre en citant  
[Kankrelat]


Inscrit le: 05 Jan 2017
Messages: 7
Localisation: Dans une énième bergerie à la recherche d'une énième proie.
Et le p'tit loup revient le jour suivant, et le p'tit loup revient, il est toujours vivant !
...
Après cette intro étrange mais qui en dit long sur mon âge mentale, passons au commentaire —qui, comme d'habitude, sera plus un ramassis de conneries qu'autre chose— de ce nouveau chapitre ô combien intéressant.

Tout d'abords, un petit détail qui claque (presque autant que mon pseudo Laughing) :
Citation:
Son titre ? La compagnie des spectres


Tant que je parle de la pièce de théâtre :
Citation:
(Jim quitte la pièce)
JIM: Au revoir!

Revoir l'isolation des murs pourrait être une bonne idée, je pense...

Citation:
Tout ça à cause de Jim! Il va m'entendre! Comment me venger?[...] Et le meilleur pour la fin : Sybille. Elle me servira plus morte que vivante.

L'acte II promet d'être plus divertissant que l'acte I. Twisted Evil

Je passe l'engueulade de Yumi par les Einstein ainsi que la réunion nocturne — Le Cercle des poètes disparus?— et le match de foot (pourquoi tant de haine...?) pour m'attarder sur l'infarctus du blondinet et son gazage à la fin du chapitre. Contrairement à Ikorih, le fait qu'Ulrich ne se trouve pas dans le wagon ne me semble pas avoir de rapport avec le look atypique du svelte jeune homme, mais plutôt avec l'arrêt cardiaque de ce dernier. Après tout, notre cher écrivain s'amuse à balancer des dates dans tous les sens. Le 53e jour avant l'Apogée pourrait donc être le mardi 16 janvier 2007. Si c'est la cas, la mort du plus blagueur de tous tomberai (je suis plutôt fier de mon petit jeu de mot^^) sous le sens, le gaz ayant atteint ses fonctions vitales.


Postscriptum :
Citation:
Bravo, je vois qu'on a affaire à un pro...

Tu n'imagine pas le temps qu'il m'a fallut pour trouver ce personnage !
_________________
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« L'âme d'un loup se dissimule souvent sous la laine d'un mouton. » Proverbe danois.
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Minho MessagePosté le: Lun 20 Mar 2017 19:29   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


Inscrit le: 29 Jan 2016
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Réponse à Ikorih
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Réponse à *Odd Della Robbia*
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Réponse à Silius Italicus
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Réponse à Fenrir
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Chapitre 3 :
Tout le monde veut devenir un cat


Vendredi 16 février 2007, 12:37

Il y a certaines personnes qui sont programmées pour annoncer des nouvelles désastreuses. Des mines réjouies qui annoncent en réalité les pires catastrophes. Quand Élisabeth Delmas se dirigea avec un grand sourire aux lèvres vers la table des Lyoko-guerriers en deuil, ils comprirent aussitôt qu'ils n'échapperaient pas à la règle de la fausse bonne nouvelle...

« Salut les gars... Je ne vais pas vous demander comment vous allez vu les circonstances mais j'ai de quoi rendre hommage à Odd, ça devrait vous remonter le moral !
— Tu ne l'aimais même pas, grogna Yumi qui ne voulait même pas entendre la suite du discours de Delmas.
— Quand quelqu'un décède, on ne se souvient plus que des bons moments, n'est-ce pas ? Avec le recul, toutes les blagues d'Odd me manquent déjà !
— Même la fois où il t'a organisé un tête-à-tête avec Kiwi ? ironisa Aelita qui préférait se remémorer les plaisanteries du blondinet plutôt que de passer ses journée à déprimer dans son lit.
— D'ailleurs, qui garde le chien ?
— Ne fais pas semblant de t'intéresser à lui Sissi, rétorqua Jérémie qui vivait mal le départ de son ami. Tu ferais mieux de rejoindre ta cour et de nous foutre la paix.
— Pas la peine d'être aussi agressifs ! J'étais venue vous annoncer une excellente nouvelle. J'ai réussi à organiser une soirée en l'honneur d'Odd !
— C'est une blague ?! s'exclamèrent en chœur les deux Lyoko-guerrières tandis que les garçons étaient trop estomaqués pour répondre quoi que ce soit.
— Pas le moins du monde, elle aura lieu demain soir à vingt heures et vous êtes bien évidemment cordialement invités !
— On sera le 17 demain, murmura Aelita qui pâlissait à vue d'œil. Ça fait déjà un mois qu'il est parti...
— Qui est assez stupide pour fêter la mort de quelqu'un ? s'indigna Yumi en posant les poings sur le rebord de la table. T'aimerais bien qu'on fasse ça le jour où tu seras étouffée par ta vanité ?
— Tu devrais regarder plus de séries américaines ma chère ! Aux USA, c'est trop tendance d'organiser une soirée d'adie...
— On est en France ici, coupa sèchement Jérémie.
— C’est à Yumi que tu dois dire ça…
— Tu ferais mieux de dégager car on risque bien de perdre le contrôle de nos actes si tu continues avec tes insinuations débiles.
— Je trouve que c'est une excellente idée, finit par déclarer Ulrich qui semblait assez content suite à cette annonce. Je pense qu'on devrait tous y aller... »

Yumi lui jeta un violent coup de pied sous la table mais Stern ne réagit pas. Aelita adressa un petit regard gêné à son petit-ami mais celui-ci bouillonnait de rage, plus à cause de la présence de Sissi que par la réponse de son bras droit, Ulrich et lui s'étant considérablement rapprochés après le décès de Della Robbia. Même si Belpois trouvait ça extrêmement déplacé, il ne pouvait s'empêcher de rester rationnel en se répétant la règle qui voulait que chacun gère la perte d'un proche à sa manière.

« Odd est... était un bon vivant, poursuivit le beau brun en adressant un sourire compatissant à ceux qui l'entouraient, il n'aurait certainement pas voulu qu'on se morfonde dans notre coin en attendant qu'un autre malheur frappe Kadic. »

Tout le monde, à l'exception de la fille du proviseur, comprit l'allusion de Stern qui renvoyait bel et bien aux attaques de XANA. Jérémie, qui ne croyait pas vraiment aux hasards, avait en en effet émis l'hypothèse quelques heures auparavant que le programme multi-agent n'était pas étranger à la mort d'Odd. Il avait dû trouver un moyen d'envahir son organisme, Belpois ne voulait pas croire que son ami était mort de manière "naturelle" même si le reste du monde ne trouvait pas ça si bizarre qu'un jeune adolescent décède dans de telles circonstances. C'était déjà arrivé... et ça arriverait encore, le sport étant impitoyablement cruel envers certains humains.

« Et ton père a accepté ça ?
— Il a fallu ruser, répondit Sissi en leur adressant un petit clin d'œil malicieux. Je lui ai dit que si on n'avait pas droit à un "temps de recueillement" juste entre nous, sans Jim ou autre chien de garde, je contacterais les médias !
— Et qu'est-ce que tu pourrais dire de plus aux journalistes ? demanda Einstein qui semblait peu convaincu par l'explication.
— C'est simple. J'ai dans ma tête une histoire inventée de toutes pièces et je me suis empressée de la raconter à mon père pour qu'il se rende compte de la gravité de la situation si jamais je déclarais ces propos à la presse.
— Et c'est quoi cette histoire ? s'impatienta Yumi qui peinait à garder son calme.
— En tant que jeune fille responsable et attentive à la sécurité de tous, j'étais inquiète de constater que l'école ne disposait pas d'un défibrillateur cardiaque. J'en ai parlé à mon père en espérant qu'il agirait pour pallier à ce manque crucial mais il n'a rien fait. Et ce qui devait arriver arriva. Point final.
— N'importe quoi, soupira Aelita en levant les yeux au ciel. Personne ne va croire ça.
— Les journalistes sont de vrais rapaces quand il s'agit de trouver des responsables, soupira son petit-ami qui commençait à se calmer petit à petit.
— Tu fais ça où ? demanda Ulrich qui semblait plus intéressé que jamais par l'évènement en question.
— C'est ça le truc. J'ai dit à mon père qu'on allait faire une marche nocturne dans le parc, une sorte de veillée funéraire juste entre élèves de troisième, quoique les secondes peuvent aussi se joindre à nous s'ils le désirent. J'ai même réussi à obtenir la permission de minuit !
— Minuit pour une marche ? Il est pas bien ton père !
— N'oublie pas que je suis extrêmement persuasive, répliqua Delmas, visiblement satisfaite de sa petite manipulation. Des élèves qui prennent l'air, il n'y a rien de mal à ça je pense ? Départ à 19h30.
— Une marche de quatre heures et demie avec des ados flemmards au possible ? Ton père n'a pas pu gober ça.
— Je lui ai dit qu'on se poserait pour faire un petit feu de camp dans le parc, qu'on se remémorerait les bons souvenirs, émotions et tout ce qui va avec au programme... Soit ça, soit les parents retiraient tous leurs enfants de l'établissement en découvrant dans la presse que le proviseur renommé est un vrai irresponsable. Son choix était vite fait. Je lui ai expliqué notre parcours, où on allait établir notre campement de fortune,...
— Et où sera notre campement ? demanda Aelita qui commençait à s'intéresser aux explications de la belle brune.
— T'as encore rien compris, s'esclaffa Élisabeth avec un sourire carnassier. Tout ça, c'est qu'un prétexte. J'vais quand même pas aller me perdre dans un sentier forestier pour vous faire plaisir ! En vrai, j'ai des... amis qui ont trouvé une maison abandonnée dans les bois à deux pas de Kadic, quelle chance quand même ! Ils l'ont aménagée quelque peu pour demain soir, histoire qu'on soit installés le plus confortablement possible. Ça va être bien, vous verrez ! »

Les Lyoko-guerriers se regardèrent tous d'un air inquiet. Une maison abandonnée au milieu des bois ? Ils savaient tous ce que cela signifiait... Ça ne pouvait être que l'Ermitage.


Jour 52 avant l'Apogée

Céleste, ce seul prénom résumait en un mot cet émerveillement d’artiste et cette soif insatiable qui caractérisaient Seth. Son attrait compulsif pour les filles pâles, charnues et endimanchées à la fois, cette chrysalide qui ne demandait qu’à éclore sur le papier de la nouvelle toile de l’apprenti peintre. Seth utilisait l’aquarelle, définitivement pas un matériau destiné à l’enfant malhabile, non non. L’aquarelle, quand on savait bien l’utiliser, c’était mieux que tout autre composant existant sur cette terre. Sa came se résumait à peu de choses en fin de compte : un modèle, qu’il connaissait par cœur, et une feuille vierge qui ne demandait qu’à être remplie. Une simple feuille ? Oui. Pourtant, l’eau allait s’empresser de niquer cette simple feuille mais ça lui convenait. Il vivait dans l’instant, son travail n’était pas destiné à finir dans les mains du tyran qui l’utiliserait pour une de ses somptueuses expositions. Le Salon Officiel. Là où tout était possible. En dehors de ça, le néant. Il n’y avait plus de musées depuis longtemps et c’était sans doute mieux comme ça. Une galerie d’art de plus ou de moins, Seth s’en moquait. La culture élitiste attirait les pseudo-intellectuels plus rapidement que les vers sur un macchabée. Et les vers, lui, il les écrasait… avant de les gober un par un pour achever le travail.

Céleste avait un physique, c’était indéniable. Une courbe des seins pareille, on n’en croisait pas à chaque coin de rue. La perfection de ces deux globes de chair renvoyait tout voyeur à ses plus sombres peurs, celles qui se terrent comme la vermine au fond d'un labyrinthe de galeries souterraines... L’angle délicat des épaules encadraient la poitrine du modèle. Une moue inquiète envahit son visage quand elle repensa à ce qui allait inévitablement finir par arriver. Leur protégé. Il était sur le point de débarquer dans leurs vies. Elle se gratta le cuir chevelu avec un majeur un peu crasseux, elle n’avait pas eu l’occasion de se rafraîchir après le travail dans la mine. Elle aimait ça, la mine. Actuellement, mieux valait être sous terre qu’à la surface du monde ravagé par l’industrialisation. « L’erreur est urbaine » glissa-t-elle d’une voix blanche à l’oreille de Seth, qui s’était rapproché pour examiner de plus près la fermeté des hanches qu’il comptait bien représenter le plus fidèlement possible.

Personne n’était autorisé à l’approcher de cette façon, elle tenait à son aura de femme inatteignable même si elle était désormais trop âgée pour ce genre de galipettes. Soixante-trois ans. Elle n’en revenait toujours pas. Malgré un corps bien proportionné, Céleste n’avait jamais eu un visage très harmonieux, son plus gros complexe reposait au niveau des joues, pendantes et trouées par le temps qui l’enlaidissait chaque jour un peu plus. Ses yeux bruns n’avaient rien d’exceptionnel, ils ne lui rappelaient que trop bien une couleur que tout le monde haïssait : celle de la merde. Seuls ses sourcils étaient convenables pour une femme de son rang, bien que cette « position » qu’elle occupait depuis des années n’ait absolument rien d’enviable à l’heure actuelle. Un petit tremblement d’inquiétude nerveuse la secoua brusquement, Seth étant en train de parcourir minutieusement la chevelure argentée de ses doigts longs et agiles. Elle savait qu’elle n’avait pas à s’inquiéter. Tout le monde le savait dans le coin : les femmes doivent être bien pour baiser… tandis que les hommes baisent pour être bien. Mais avec Seth, cette théorie se voyait quelque peu écornée pour la simple et bonne raison qu’il n’était pas intéressé par les femmes. Par les hommes non plus d’ailleurs. Du moins, pas à sa connaissance. La seule chose qui pouvait faire bander le peintre, c’était un grain de peau à couper le souffle, celui que tout le monde voudrait savoir coucher sur papier.

« Si seulement on pouvait savoir à qui on aura affaire...
— Ça sera Aelita, j'en suis certaine.
— Comment peux-tu être aussi catégorique ?
— Intuition féminine, rétorqua Céleste pour couper court à cet interrogatoire qui ne lui plaisait guère. Pense Stones et on obtiendra Stones !
— Mon intuition masculine me hurle que ce ne sera pas le cas, ça serait beaucoup trop simple… »

Pour ponctuer sa réplique, il la pinça subitement, les ongles pénétrant pendant un instant infime la chair molle d’une nuque qui l’était tout autant, mais la sexagénaire ne réagit pas. Elle savait qu’il allait finir par redevenir ce petit garçon timide, sage, attentif et respectueux. Seulement, comme tous les petits garçons, il faisait ses expériences. À la place de pisser sur une fourmilière pour inonder ses habitants, il triturait les couleurs et les corps des gens pour se détourner de cette perfection, objectif ultime et dérisoire que personne n’atteindrait jamais. Certes, Seth n’était pas si jeune, il avait la vingtaine – certainement plus un petit garçon donc – mais à côté de Céleste dont la grandeur de l’âme n’était plus à prouver, il passait pour le dernier des gamins. Pourtant, c’était bel et bien lui qui était chargé de la protéger… et pas l’inverse.

« Tu faiblis, ta tempe est de nouveau bien visible, il est temps de prendre ta dose. »

Quelque peu inquiet par cette déclaration, Seth se reconnecta rapidement en appuyant sans trembler sur le générateur portatif qu’il gardait toujours dans sa poche droite. L’énergie afflua. Il pouvait à nouveau se concentrer sur son travail sans crainte d’être interrompu. Après avoir regardé les quelques gravures du samouraï bien mises en évidence sur le mur, il finit par s’éloigner de son modèle… qui était aussi sa patronne du moment, il avait tendance à oublier ce détail trop rapidement à son goût. Sans perdre un instant de plus, il se remit à la tâche en prenant une nouvelle feuille, plus consistante celle-là. Cela dura près d’un quart d’heure, il s’arrêtait parfois, clignait des yeux fébrilement pour chasser la poussière qui commençait à s’accumuler sur les longs cils sombres qui fatiguaient de plus en plus. Sans un mot, il dévora une fois de plus le faciès de Céleste tout en peignant frénétiquement, le pinceau fier et infatigable. Le haut du visage de son modèle s’accordait en une beauté incontestable, d’une grande douceur, le front plus blanc que neige et des sourcils qui semblaient avoir été dessinés à l’aide d’une encre aux teintes subtiles, reflets bruns et blonds s’entremêlant dans une parade nuptiale de poils particulièrement soyeux. Le nez, aux fines ailes symétriques et à l’aspect délicat, constituait à lui seul la limite de cet Éden, le bas étant gâté par la mâchoire ingrate, les lèvres déchirées par le froid et les dents manquantes, trois éléments qui venaient obscurcir le somptueux tableau. Si Seth avait suivi les règles, il aurait sublimé ces traits disgracieux en un coup de pinceau. Mais le garde du corps de Céleste était un peintre réaliste, le dernier de son espèce. Du coup, il représentait son modèle le plus fidèlement possible, plaçant les défauts en pleine lumière, au nez et à la barbe de ceux qui recherchaient le concept utopique de la beauté universelle qu’il n’avait eu cesse de rejeter depuis le début du règne de son pire ennemi. C’était comme un coup de passion irréversible, une fureur grondante qui ne cessait d’augmenter intérieurement tout en s’ignorant néanmoins, et il canalisait ce sentiment en appliquant les traits noyés d’une délicatesse enfantine sur le portrait qu’il tentait, en vain, de finir avant le coucher du soleil. Avant l’arrivée de leur protégé. Celui qui devait donner un grand coup de pied dans cette putain de fourmilière pour mettre fin à cette civilisation qui n’en portait plus que le nom.

« Alerte bleue, je pense que notre protégé est sur le point d’entrer en gare… »

Céleste se raidit. La voix, transgénique à souhait, avait retenti à l’intérieur de l’atelier via une enceinte habilement dissimulée derrière une tête de sanglier effrayante au possible qui éloignait les curieux. Seth avait empaillé la bête avec le soin qui lui était propre, ce qui revenait à dire que la moitié du crâne animal pourrissait pour cause de travail précipité et désordonné.

« Je confirme, le train est en vue. Il est sur le point d’atteindre sa destination finale…
— Aucun passager notable ?
— Si. Selon notre agent sur place, il a y en a un qui pourrait vous intéresser : Odd Della Robbia. Ce n’est que mon humble avis mais… ça ne va pas être facile de le faire basculer de notre côté. Il répète en boucle une litanie un peu… particulière : "Welcome to Jadawin’s lovely hotel. Such a lovely place, such a lovely place. You will never leave Jadawin’s lovely hotel. If you try, you will die." Bizarre, non ? »

Céleste croisa le regard de Seth et ils n’eurent pas besoin de prononcer la moindre parole pour se comprendre. Ils connaissaient parfaitement ce refrain maudit… car c’est Seth qui l’avait inventé lorsqu’il était encore au service du tyran. Une lueur d’effroi se refléta sur le visage de Céleste mais elle resta néanmoins impassible au moment où son garde du corps décida de se trancher l’index avec le coupe-papier. Seth n’émit pas le moindre son mais il ne put s’empêcher de grimacer au moment où la lame se dirigea vers sa gorge. Céleste entendit une petite voix machiavélique lui murmurer à l’oreille qu’un employé de plus ou de moins ne changerait rien à la situation mais elle finit par prononcer le mot magique.

« Ulrich. »

Le charme s’interrompit et l’obscurité quitta les narines de Seth. Il suffoqua, ce qui l’inquiéta un bref instant, mais son visage bleuté finit par reprendre la couleur grisée qui le caractérisait. Il adressa un bref remerciement à Céleste mais il savait que ce n’était pas la peine de s’excuser pour les erreur passées. La sexagénaire, en écrasant du revers de la main une mouche qui se baladait sur son front, se promit intérieurement qu’elle ne sauverait plus son demi-frère en cas de récidive. Après tout, c’était à lui de faire face à ses propres démons…


Vendredi 16 février 2007, 12:50

Le regard perdu dans le vide, Yumi s'était réfugiée auprès de la souche d'un arbre décimé depuis peu, refuge pour le moins inconfortable au vu de la "chaleur" ambiante. Malgré tout, elle préférait encore une solitude glacée – dont elle avait quelque peu l'habitude – à une ambiance survoltée qui ne l'amusait guère. Elle augmenta encore un peu le volume de son mp3, histoire de s'assourdir un peu plus l'esprit avec cette chanson, la seule qu'Odd lui avait vraiment fait découvrir avant que cela devienne le tube de l'année... Le rythme, c'est ça qu'il aimait dans le morceau. Elle, c'était plutôt la voix qui la faisait voyager un peu plus loin que d'habitude... Pourquoi avaient-ils finalement accepté cette horrible invitation de Sissi ? À cause d'Ulrich. C'était un fait que personne ne pouvait contester, les Einstein n'étant pas vraiment adeptes de ce type de petites sauteries... Et c'est ça qui les unissait, en dépit de leurs différences. Depuis toujours, les quatre amis – Odd étant un cas quelque peu à part – n'adhéraient pas aux amusements typiques des adolescents de leur tranche d'âge. Et ce n'était pas à cause de XANA, enfin... pas seulement. La vie typique des kadiciens ne les intéressait pas, ils n'étaient pas fervents des commérages, des tricheries collectives, des bals de l'école ou autres soirées dont le but unique se résumait à oublier leur quotidien pitoyable de lycéen pour quelques heures. Yumi ne put s'empêcher de constater que les Lyoko-guerriers fonctionnaient toujours en cercle fermé. Alors oui, il y avait des raisons évidentes à cet enfermement. Lyoko. Le secret. L'usine. Mais est-ce que cela justifiait le fait qu'ils ne posaient aucun acte de sociabilité ou de collectivité en dehors des missions virtuelles ?

La famille Ishiyama n'était pas un exemple concret de démonstration affective mais Yumi n'avait pas besoin de ça pour constater que personne ne leur accordait de la sympathie à l'école... parce qu'ils ne faisaient rien non plus de leur côté pour aller vers les autres. Avant que William n'arrive dans sa classe, la jeune japonaise n'avait jamais vraiment entretenu une relation amicale avec des élèves de sa propre année alors que c'était pourtant avec eux qu'elle passait le plus de temps objectivement... Bon, avec les nombreux retours en arrière, ça ajoutait des heures au temps passé en compagnie des Lyoko-guerriers mais ça n'effaçait pas toutes ces heures perdues, seule à écouter les dires des différents professeurs, tandis que les autres étudiants bavardaient allègrement... quand ce n'était pas le cours de Madame Hertz bien entendu. Au fond, il n'y a qu'Odd qui était différent. Les Einstein étaient couplés avec la timidité et Ulrich et elle avec les sautes d'humeur qui rendaient impossible toute relation avec un élève extérieur. Yumi se remémora brièvement le carnage Émilie Leduc, seule véritable élève extérieure au groupe qui avait approché le duo... à l'exception de Sissi et ses gardes mais avec eux, il n'avait jamais été question d'une bonne entente collective. Jérémie n'avait jamais eu d'autre ami auparavant et Aelita n'avait curieusement pas essayé de découvrir un peu plus les autres au fur et à mesure de sa première année à Kadic. Ce qui était étonnant. Très étonnant.

Toute fille captive d'un monde virtuel pendant de longues années – ce qui réduisait quand même les possibilités – n'aurait pas agi de cette façon. Étant donné que peu de gens ont vraisemblablement vécu l'expérience, Yumi eut l'idée de comparer Aelita à une prisonnière. Pendant sa période d'exil forcé, elle était bien évidemment obligée de côtoyer un tant soit peu ses camarades de cellule et éventuelles geôlières. Or, une fois libérée, elle resterait tout son temps libre avec ces mêmes personnes qu'elle était contrainte de fréquenter jusque-là ? Certes, la comparaison était quelque peu maladroite mais n'en demeurait pas moins éclairante. Pourquoi Aelita Hopper n'avait-elle jamais pris la peine de découvrir des personnalités inconnues jusqu'à sa sortie du monde virtuel ? Tout ce temps, elle l'avait passé avec Jérémie, Odd, Ulrich, Yumi... qu'elle connaissait déjà depuis une période de temps non négligeable. Oui, c'était via écrans ou par l'intermédiaire d'avatars mais ça n'a empêché aucun d'entre eux de créer une vraie relation avec la princesse... Sincèrement, qui se priverait d'aborder le premier venu après avoir été privé de tout contact pendant près de dix années complètes à l'échelle terrestre ? Pour la première fois depuis l'arrivée d'Aelita dans leurs vies respectives, Yumi nota que le comportement de... l'humanoïde était étrange. Très étrange. Elle se promit de pousser l'ange à prendre son envol, et ce, en dépit des ailes qui risquaient de se rapprocher bien trop rapidement du soleil de plomb. Chassant ces pensées de son esprit, la japonaise décida de s'attaquer à l'autre grande énigme du moment. Elle sortit de sa poche la feuille dactylographiée qui les obsédait tous : celle de la dernière discussion virtuelle d'Odd, récupérée sur le disque dur de son ordinateur personnel après sa mort par Jérémie en personne. Mais cette conversation n'avait rien d’ordinaire, elle s'est déroulée sur un étrange réseau social. Avec une inconnue. Une certaine Malicia2000.

« Sache que ça me fait beaucoup de mal quand même… même si notre relation n'a jamais été saine, j'ai toujours eu beaucoup d'estime pour toi et je t'ai toujours fort apprécié. Tu étais un vrai ami pour moi. J'ai vraiment passé de supers moments que je n'oublierai jamais malgré tout. Bonne continuation et bonne chance pour le reste.

C'est juste que je me dis que l'on aurait jamais dû se rencontrer... Je sais que t'as craché sur mon dos après l’accident et au final, je m'en bats les couilles car c'est du passé maintenant. Je pensais que tu avais vraiment changé mais apparemment, ce n'est pas le cas même si je n'ai pas été là personnellement pour juger. C'est juste que cette expérience modifie toute perception passée. Quand on se retrouve isolé et loin de tout, on se rend compte de ce qui est le plus important et toi tu en faisais partie. Mais il y a sans doute trop eu de gamineries entre nous (pas que de ta faute nécessairement) et ça nous a fait plus de mal que de bien. Je ne t'en veux pas mais sincèrement, il y un moment où j'ai besoin de faire le tri. Quand j'ai vu que t’avais essayé de me contacter, j'ai direct pensé que tu voulais te venger, tu te rends compte ? Je me suis dit que je ne pouvais pas te manquer après tout ce que j'ai pu faire comme conneries...

J'ai pas craché dans ton dos mais après tu crois qui tu veux en fin de compte. Si j'ai pu te blesser pour quoi que ce soit j'en suis vraiment désolée, ce n'était vraiment pas mon intention. Tu me manques même si c'est vrai que ce que tu m'as dit m'a fait beaucoup de mal mais ça m'a aussi ouvert les yeux sur certaines choses et tu avais raison à propos de beaucoup, j’ai pu faire la part des choses aussi... Et pour Jim je m'excuse vraiment, je ne savais pas si je devais te le dire ou pas, j'en ai même parlé avec Lilian pour tout te dire, je ne savais pas comment tu allais le prendre, tu es à plus de quinze milles kilomètres de nous et je dois bien t'avouer que j'avais peur… Je ne savais pas comment tu allais réagir mais j'ai fait les choses dans un mauvais ordre, je m'excuse sincèrement. Sincères condoléances et courage vraiment.

C'est peut-être moi qui n’aurais pas dû revenir avec tout ça mais tu sais bien que je dis toujours ce que je pense et quand j'ai compris vos manigances, j’ai eu du mal à m’en remettre. Toutes ces années, c'était le summum de l'hypocrisie. J'aimerais vraiment te croire mais j’en suis arrivé à un point où je suis pris entre quelqu'un que je connais depuis toujours et une fille avec qui j’ai eu des supers moments mais tout a fini par se déchirer. Je me dis même que je le mérite si tu me détestes vu tout ce que tu sais sur moi mais comme je t'ai dit, tout ce que je t'avais balancé à la figure ce fameux soir c'était pas pour te blesser mais pour te dire les choses clairement parce que c'est ce que j'ai toujours fait et encore aujourd'hui. Bref, on est tous les deux dans une nouvelle étape de notre vie, il n’y aura plus d’Institut (du moins pour moi) et on verra bien ce que le futur nous réserve si jamais on se revoit un jour mais je ne sais pas si c'est souhaitable.

Je ne te détesterai pas Odd... Je ne suis vraiment pas une fille rancunière et voilà, on grandit, on passe à d'autres choses et chacun prend des chemins différents et c'est ainsi, je ne peux rien y faire. Malgré tout je te souhaite de ne pas trop souffrir dans ta vie mais je ne pense pas non plus que ça soit souhaitable que l'on se revoit un jour après ce qui s’est passé. Malgré de nombreuses qualités, tu as un énorme défaut : l’opportunisme. Tu t’es quand même servi d'un imprévu atroce pour retourner la situation à ton avantage… et toutes les excuses du monde ne changeront rien à cela. »


Jour 52 avant l'Apogée

Berlioz Robertson avait enfin fini par accepter l’invitation d’Alexia Hébron. Et au moment où il l’embrassa pour la première fois, dans l’antre où elle ne recevait que son personnel, il sut qu’il n’allait pas regretter cette visite officieuse. Depuis le temps qu’ils se tournaient autour, il était temps de faire sauter les barrières. Toutes les barrières. D’une injonction, Alexia chassa ses domestiques et ceux-ci obéirent docilement, de peur d’être servis lors du prochain repas des chiens du palais qui avaient une large préférence pour la viande humaine, considérablement plus tendre que leur pâtée habituelle. L’évènement était de taille : deux des princes marchands les plus puissants du pays venaient d’entamer les procédures d’alliance potentielle... ou presque. Comme tout bon contrat, la signature se concrétisait par l’union des deux corps, c’est pour ça que les affaires se réglaient généralement dans l’intimité la plus stricte. Berlioz ne put s’empêcher de remarquer que le bureau de la commandante en chef était le lieu où il fallait briller, marquer son empreinte et prouver sa supériorité car, lui, ne faisait pas partie des meubles comme le reste des abrutis que Hébron dirigeait.

Berlioz resserra son étreinte au moment où il embrassa sa rivale de toujours pour la deuxième fois, faisant basculer davantage la jeune femme sur le côté. Saisi d’une pulsion aussi imprévisible que violente, il plaqua la chef des armées le long du mur latéral et s’empressa de la déshabiller le plus lentement possible au fur et à mesure qu’il se perdait dans l’éclat violet de ses yeux. Malgré le rempart de tissu qui subsistait pour peu de temps encore, Alexia perçut le durcissement progressif du sexe du jeune homme. Comme souvent, elle était admirative devant l'irrésistible extension de cet organe. C’est vrai qu’elle avait de quoi le faire bander. Depuis leur première rencontre, Berlioz n’avait eu de cesse de la contempler sous tous les angles possibles. Au moment où ils lièrent leurs langues pour la troisième fois, le jeune homme tenta l’expérience de reconstituer mentalement l’image de sa proie. Il visualisa, tour à tour, sa chevelure enflammée qui luisait dans l’obscurité la plus totale, son regard violacé qui en intriguait plus d’un et sa silhouette élancée qui offrait, de loin, les formes les plus proportionnées du pays. Alexia gémit doucement et chercha vainement à se dégager du contact si érotique et oppressant à la fois. Après une résistance plus simulée que véritablement désirée, elle soupira sous la poussée du désir, mordilla une nouvelle fois les lèvres de son partenaire d’un soir avant de lui murmurer quelques instructions coquines à l’oreille. Berlioz commençait déjà à transpirer à grosses gouttes, les muscles contractés et le visage grave devant la tâche qui l'attendait. Sa virilité se pressa de nouveau plus étroitement contre l'entrejambe d’Alexia dont la chaleur traversait même l’épaisse combinaison moulante qu’elle portait en dessous de toute tenue, protection indispensable pour l’unique princesse marchande de Jadawin.

Berlioz, conscient des conséquences de son geste, enleva de force l’arme défensive que la commandante portait en permanence sur elle. Elle ne réagit pas. Il sut que c’était gagné. Cet effeuillage progressif se poursuivit et Alexia ne porta bientôt plus que ses sous-vêtements, ultime illusion qu’elle s’efforçait tant bien que mal de conserver. Berlioz glissa brutalement une main sous la courbe d'un sein, de plus en plus excité par l’odeur fruitée qui se dégageait en permanence de la belle rousse, mais cette fois la commandante esquiva l’attaque corporelle. Elle connaissait de réputation les préférences de son collègue et il était hors de question qu’il soit le dominant, pas cette fois. Elle lâcha un petit frémissement de désir dilué dans la fureur qui l’envahissait quand il crispa à nouveau ses doigts sur le globe arrondi pour l’agripper de manière plus concrète. Berlioz se colla intensément contre elle, frottant sa braguette de plus en plus tendue contre la hanche d’Alexia qui s’était subtilement déplacée sur le côté. Sa main se posa sur la chair tendre, derrière la cuisse, et remonta peu à peu, sentant le corps de la jeune fille se raidir dans un refus qui l’énerva de plus belle car celle-là il ne pouvait pas la forcer ni même l’égorger au moment de l’orgasme.

« N’oublie pas qui je suis. »

Plus un poil de sec, la peau de Berlioz brillait de sueur. Il tenta de se contenir, ce n’était pas une simple courtisane dont il pouvait se débarrasser facilement. Pas cette fois. « N’oublie pas qui je suis. » L’avait-elle vraiment dit ? Ou était-ce le bilan amer de sa conscience embrumée qui lui hurlait de se méfier des plaisirs de la chair, surtout avec Alexia ? Non, ce n’était pas à lui de céder. Elle tremblait visiblement d’excitation mais Berlioz préféra mettre ça sur le compte de la peur. Tout le monde devait le craindre, même elle. Alexia, refusant de toutes ses forces la passivité qui s’offrait à elle, s'agrippa à lui, étreignant les fesses minces, frottant contre son pubis la braguette tendue à son paroxysme. Elle mordit virulemment la lèvre inférieure de son partenaire pour lui montrer qu’elle était dominante elle aussi mais cette petite agression n’eut pas l’effet escompté : Robertson se fit juste la réflexion qu’elle s’empresserait aussi de goûter à l’amas de peau qui empêchait ses testicules de céder à la gravité. Un frisson le parcourut après qu’il ait imaginé la scène. La délicieuse Alexia le prenant en bouche, possible ? Cette fois, les gestes ont perdu toute douceur, ils se sont progressivement transformés en sursauts bestiaux : ceux qui ne font aucune concession. En une fraction de seconde, il lui arracha les derniers lambeaux de tissu qui le répugnaient depuis la première caresse. Il la renversa soudainement sur le sol, embrassant son cou, ses épaules musclées, sa poitrine nue depuis peu et il s’attarda à descendre sa bouche de plus en plus bas, vers le bijou tant convoité. Arrivé au niveau du nombril, il resta bloqué quelques secondes devant ce trou si béant, immonde même. Une odeur de pourriture lui serra la gorge et il resta stupéfait devant l'espèce de bulle de pus jaunâtre qui venait de se former à l'endroit où aurait dû se trouver le nombril d'Alexia. Il avait déjà vu ça... le jour où sa femme s’était fait déchiqueter devant ses yeux. Toute l’excitation retomba. Son pénis aussi. Il s’éloigna d’Alexia qui bredouilla une excuse :

« Tu sais depuis longtemps que je ne suis pas vraiment humaine. Pourtant, toutes les femmes ont un nombril. J’ai bien dû bidouiller quelque chose…
— Va te faire foutre. »

Berlioz bouillonnait de rage et de frustration. Il regarda une dernière fois les yeux violets avant de claquer la porte pour se retrouver dans le petit salon avoisinant... face à un domestique qui avait sans doute voulu écouter leurs ébats. De rage, il l’empoigna par la nuque et le balança par la fenêtre la plus proche sans même avoir pris le temps d’ouvrir la vitre qui se brisa face à la violence du mouvement, prouvant une nouvelle fois que Berlioz était doté d’une force surhumaine. Il entendit les prémices d’un cri. Puis rien. Le silence. Il ne pouvait pas avoir survécu en tombant du sommet de la plus haute tour du palais. Même le corps de Robertson ne serait pas capable de supporter une telle chute. Par contre celui d’Alexia… Il se promit de tenter l’expérience. Envoyer cette salope mordre la poussière pour voir si elle sera assez forte pour résister, ça pourrait être sympa. Mais avant, humaine ou pas, elle devra y passer… comme toutes les autres.
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Ikorih MessagePosté le: Mar 21 Mar 2017 19:02   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Citation:
— On est en France ici, coupa sèchement Jérémie.
— C’est à Yumi que tu dois dire ça…


Spoiler


Ok, ça c'est fait.
Je trouve que malgré les divers contretemps dont peuvent souffrir ton écriture, tu es toujours autant au taquet! Le forum a besoin d'auteurs productifs, c'est cool (a)...Par contre le forum a besoin des neurones de ses commentateurs en entier alors stp hein Mr. Green

Citation:
Tu sais que tu vas encore avoir tous les fans du matou sur le dos avec cette insinuation flagrante sur la beauté inatteignable et incomparable d'Odd Della Robbia ?

Aucun souci de ce côté là, ils ont tous quitté ta fic après avoir lu le chapitre!

Allez on plonge dans le vif du sujet, parce qu'on repart en terrain plutôt connu avec quelques infos : Sissi fait sa pute. Je dois dire que venant de toi ça me surprend, je pensais que tu aimais pas ce genre de personnage mais manifestement j'ai raté quelque chose dans mes observations... L'échange a le mérite de nous confirmer que oui Odd est mort (...enfin normalement lol, à mon avis on a pas fini d'en entendre parler), et la réutilisation de l'Ermitage dans les perfides projets de Sissi était assurément une bonne idée. Quant à savoir ce qui s'y déroulera, je préfère ne pas m'éclater la tête sur ça aussi, alors excuse moi de ne pas trop y réfléchir (a) La question reste : pourquoi Ulrich vient-il? Une envie de se taper l'organisatrice?

Je plaisantais quand je disais que c'était le vif du sujet. On arrive à la scène entre Seth (putain mais arrêtez avec les persos nommés Seth j'en ai compté trois dans tous les sous-forum dans même avoir à me creuser la tête :c) et Céleste. Je dois dire que toute la dynamique esthétique du passage n'est pas passée inaperçue, et j'avoue avoir eu la foi que Céleste soit une blonde aux yeux bleus pour rattacher ça à un truc vu précédemment...mais non hein, il fallait qu'elle ait les yeux bruns, salaud.
Tant qu'on y est, j'applaudis l'effort sur la description du visage, en ce qui me concerne je trouve que ça fait partie des trucs les plus pénibles à décrire mais après, c'est peut-être juste moi qui me représente mal mes personnages *PAF*. Je me permets d'ailleurs de faire remarquer que les descriptions d'ordre physique sont beaucoup plus chargées dans l'autre monde, simple coïncidence dûe aux scènes traitées ou motif récurrent?
Pour revenir à Seth, il a pas l'air totalement bien psychologiquement, mais bon, c'est pas comme si on était pas habitués...
Chez Céleste, il y a un point qui me chiffonne, c'est que j'arrive pas à cerner son rang social. D'un côté elle est mentionnée comme étant la patronne et a un garde du corps, et de l'autre, elle passe manifestement du temps dans les mines, dans un monde en industrialisation (je reviendrai sur le détail du monde un peu plus tard si tu permets, et d'ailleurs même si tu permets pas). Ces deux infos me semblent contradictoires, à moins de supposer que la mine n'a rien à voir avec cet enfer charbonneux qu'on nous dépeint chez nous...
Essayons de démêler la fin, qui est très en lien avec ce qui nous intéresse. Déjà, ils sont connectés aux Lyokoguerriers, qu'ils semblent protéger. Si tu oses me faire avaler que le prénom "Aelita" est une pure coïncidence... Enfin, ils sont donc manifestement à la réception du train (au sens figuré bien entendu) et risquent de se ranger globalement dans la catégorie "alliés". Espérons.
La fin du passage me laisse perplexe. Il y a des histoires de chanson (qui provoque des réactions pas nettes chez le garde du corps et/ou Seth (j'ai du mal à déterminer pour le coup, j'imagine que c'est volontaire), d'erreurs passées de Seth et HOLY SHIT c'est son demi-frère? Mais ils ont quarante ans d'écart! Pour le coup c'est vraiment borderline niveau biologie s'ils ont la mère en commun, du coup je penche davantage pour le père. Info comme ça xD

On reviendra par là plus tard. Rebasculons sur Odd, car une fois encore, c'est une partie avec les LG qui nous révèle le plus d'infos.
Je valide l'illustration de l'autarcie lycéenne des LG, même si je pense qu'Aelita agit de la même façon par mimétisme et n'a donc pas forcément envie d'aller voir ailleurs...ou alors elle l'a fait et les autres l'ignorent, après tout elle a bien frayé avec Stones dans ton autre fic! (a)
Passons aux infos. L'étrange réseau social pourrait bien être une sorte de réseau des anciens de l'Institut, ce qui expliquerait son côté "inconnu" pour les Lyokoguerriers. Même si bon, ils sont déconnectés des affaires lycéennes donc ils pourraient être juste pas au courant de son existence... Du coup ça confirme en tout cas que Odd, Lilian et Malicia se connaissaient : ils étaient probablement ensemble dans ladite école...par contre, je ne pense pas que Malicia soit réellement une 2000 : niveau âge ça colle moyen. Petit point d'interrogation sur l'imprévu atroce retourné à l'avantage d'Odd (un lien avec les affiches peut-être?) mais n'ayant pas beaucoup plus, je me contenterai de dire que c'est bien de rappeler qu'Odd est effectivement un connard d'opportuniste...
Là où je pense que j'ai atteint un stade un peu trop grand dans les tentatives de décryptage de ta fic, c'est que j'ai choppé un planisphère sur photofiltre et j'ai tracé un cercle de rayon 15000 km dessus, centré sur Paris (à de telles distances ça change pas grand chose de toute façon). Et ça m'a fait froncer les sourcils, parce que les seuls endroits où le cercle coupait la terre, c'étaient la pointe de l'Amérique du Sud et la Nouvelle Guinée...Rien de très fascinant, en revanche l'Australie se trouve au-delà de ce cercle de 15000km, et ça ne m'étonnerait absolument pas que t'aies décidé de situer une partie de ton histoire là-bas...(a)

Dernière ligne droite et j'en aurai fini avec ce pavé qui s'éternise XD
Essayons d'ordonner ça, déjà on va traiter la dernière scène en elle-même et ensuite on ira voir tout ce qu'on peut conclure sur l'énième dimension infernale où tu nous as emmenés...
Je commencerai avec un "Mais depuis quand Minho il fait des scènes de cul?" qui m'a échappé alors que je commençais à lire (les réactions à chaud ça change un peu Razz). Ensuite j'ajouterai que le cliché de la rousse volcanique a vraiment la peau dure Mr. Green
La grosse info importante, c'est que Alexia n'est pas humaine (d'où les yeux violets et le corps parfait, peut-être (a)) et que donc, elle n'a pas de nombril (dans la même veine, notons la force de Berlioz...). Les théories sont ouvertes sur les circonstances de sa naissance du coup, visiblement c'est pas une espèce avec un placenta, si c'était une espèce. Ensuite, notons qu'elle considérait que son partenaire était au courant et on peut interpréter son "n'oublie pas qui je suis" comme un rappel de cette identité. Visiblement elle sentait que ça allait mal tourner. Ceci m'amène à une réflexion sur ce bordel : si, visiblement, les bons contrats se concluent comme ça, elle a pas dû en conclure beaucoup, de une (d'ailleurs celui-là concernait quoi?...). De deux, il est mentionné que c'est la seule "princesse marchande" : donc les autres sont des mecs. Conclusion logique : ils ont pas l'air très regardants sur le sexe de la personne qu'ils se tapent...
J'ajouterai cette citation, qui, selon Céleste, a l'air d'être un adage populaire dans le coin : « les femmes doivent être bien pour baiser… tandis que les hommes baisent pour être bien. » Disons que ça étaye la thèse de la société assez...libérée en termes de sexualité (a)

Citation:
protection indispensable pour l’unique princesse marchande de Jadawin.

Et ça, ça a l'air d'insister sur le fait qu'elle a intérêt à faire gaffe à son entrejambe, notamment parce qu'elle est de l'aristocratie. Les agressions sexuelles seraient-elles monnaie courante? o/ (thèse étayée par l'arme défensive, notons-le, et le fait que Berlioz ait des antécédents de rapports sexuels forcés...même si il n'a pas l'air extrêmement équilibré non plus hein, c'est ptête juste lui xD)

Notons aussi que le terme de "prince marchand" a l'air de regrouper d'autres notions, ou bien de pouvoir être cumulé, parce que Alexia détient aussi le contrôle des armées. Ok, soit.

J'arrive pas non plus à situer chronologiquement ceci. Les termes de tyran (tyran, roi, bouffon?) (toujours en place?), de palais, de mine et d'industrialisation font penser à un truc plutôt pré-XXIème, mais pourtant le côté surhumain de nos deux derniers protagonistes fait très futuriste, sans que j'arrive à voir si c'est juste mon ressenti. On aurait sinon envie de dire que c'est l'au-delà : après tout, Odd y arrive et il est mort bordel xD
Ma conclusion face à ça? Eh bien je viens de repenser au meurtre d'Anthéa, à la Chancelière, à cette autre dimension, à l'internat, à Jim et...1 : j'ai loin d'en avoir fini avec ton sac de noeuds, 2 : SERIEUSEMENT C'ETAIT UN OS AVANT?!

Bon, eh bien une heure de com', j'estime avoir assez disséqué ton merdier pour aujourd'hui, mais je suis pas mécontente du résultat Mr. Green A la prochaine Razz
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png


Dernière édition par Ikorih le Ven 24 Mar 2017 17:10; édité 1 fois
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Fenrir MessagePosté le: Mer 22 Mar 2017 16:18   Sujet du message: Sérieux ? Répondre en citant  
[Kankrelat]


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Localisation: Dans une énième bergerie à la recherche d'une énième proie.
...
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...


Yep... j'ai pas trouvé d'intro pour ce com' en carton (comme la maison de Jim Laughing ) mais bon...

Pour commencer, arrêtons-nous juste un instant sur la mort du petit blondinet. Je n'avais pas vraiment soulevé cet aspect lors de mon précédent passage, mais un arrêt cardiaque dû à un traumatisme crânien alors même que la victime n'a pas pris de coup à la tête me semble étrange. Ou alors, personne n'est formé au secourisme dans le lycée (et les geste de premier secours n'ayant pas été réaliser, le blondinet est passé par la case trépas), ce qui me semble encore plus grave que l'absence totale de défibrillateur dans ce lycée dirigé par un "incapable" selon les dires de sa fille...
Maintenant que j'en ai terminé avec ce petit détail, passons au reste de la fic. Au passage, je vais souligné le même point qu'Ikorih : pourquoi faut-il toujours qu'il y ai des personnages nommé Seth ? Il y a tellement d'autre nom de dieux que celui-là, alors pourquoi ne retenir que le nom du meurtrier d'Osiris et pas celui du meurtrier de Wotan (c'est un exemple hein, je ne te force pas du tout à utiliser mon pseudo pour nommer l'un des personnage de ta fic^^)?
Mise à part cela, je n'ai pas grand chose d'autre à ajouter sur le passage de Céleste et du dieu égyptien. Ah si ! J'ai failli oublié deux trucs :

Citation:
« Alerte bleue, je pense que notre protégé est sur le point d’entrer en gare… »

Marrante cette alerte Smile

Citation:
"Welcome to Jadawin’s lovely hotel. Such a lovely place, such a lovely place. You will never leave Jadawin’s lovely hotel. If you try, you will die."

Même dans d'autres mondes les slogans publicitaire son persistant...

On arrive ensuite à la lecture de la dernière discussion d'Odd avec un membre de l'Institut. Nous apprenons ainsi que ces deux derniers sont liés. Dix contre un qu'au prochain chapitre mon cerveau va griller en tentant de démêler les nœuds de ta fic...
Et pour finir, une scène de cul made in Minho. Je dois bien reconnaître que je ne m'y attendais pas... Mais elle n'est pas à négliger, en raison des informations qu'elle nous donne sur le monde de l'Apogée (en partant du principe qu'il y a deux monde distinct entre celui des LG et de l'Apogée, ce que me suggère ta réponse à mon dernier commentaire). On y apprends que le frère d'Osiris a été au service de la famille Hébron, qui dirige le pays (empire ?) de Jadawin, une famille de marchands, et que le tyran dont il est fait mention plus haut pourrait être Alexia (on notera au passage l'étrange ressemblance entre Aelita et Alexia...).

Postscriptum : c'est la moindre des choses pour un latiniste que de l'écrire en entier...
Comment ça toute connerie est bonne à prendre venant de moi ! Certes mes com' sont peu (voir pas) développés mais quand même ! De là à dire que je suis stupide...T_T
Pas d'acte II ? Bon bah va falloir attendre le prochain chapitre... Si un acte deux est prévu (*Faites que oui !*)

Là-dessus, je retourne dans mon antre.


Ah oui ! J'ai encore failli oublier quelque chose : alpha.
_________________
http://imagizer.imageshack.us/v2/640x480q90/923/wo3fnz.jpg
« L'âme d'un loup se dissimule souvent sous la laine d'un mouton. » Proverbe danois.
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