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[One-Shot] Aiguille rouge et flocon sombre

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 Auteur Message
Tazz MessagePosté le: Ven 22 Déc 2017 15:09   Sujet du message: [One-Shot] Aiguille rouge et flocon sombre Répondre en citant  
[Kankrelat]


Inscrit le: 13 Juil 2016
Messages: 13
Spoiler

Aiguille rouge et flocon sombre


Est-ce le rêve d'une vie de rêver sa vie ? Ou est-ce la vie de vivre son rêve ? Peut être vivre sa vie est-ce cela le rêve... Vivre avec tout ce que cela comporte comme sentiments et expériences d'être Humain par nature. Mais comment fait-on, pour poser le premier pas sur ce chemin tortueux, quand on a aucune idée de la marche à suivre ?

Une lumière. Intense. Épuisante. Psychédélique. Qui inonda la salle, relativement obscure pour l'occasion. Un corps aurait dû s'échapper du scanner, dérapant contre les parois tel un chauffeur inconscient sur la glace. L'oisillon aurait dû s'écraser sur le sol, ce que le gorille n'aurait pas manqué de remarquer. Le gorille en question était un homme d'expérience. Jim Moralès, éducateur, sportif aguerri, ancien agent secret, garde-chasse expérimenté, infirmier pour l'occasion et compagnon assidu des Lyokoguerriers, se tenait dans un coin de la pièce, sur le qui-vive, à la façon des anciens marines.

— Jérémie, ça n'a pas fonctionné. Pas encore...


Si tu siffles les filles que tu ne connais pas, si tu as la main baladeuse, si tu utilises la force pour posséder, si tes blagues mettent mal à l’aise, si tes mots outragent et humilient, si tu te sers de ton statut pour tripoter, si tu comprends oui quand on te dit non, si tu menaces pour abuser, alors tu ne seras pas un homme, mon fils, mais juste un sale con.


Les mots se perdirent dans le vide, bientôt ils seraient anéantis par l'oubli, comme les traits du Xana-guerrier qu'ils tentaient tant bien que mal de sauver. La tâche était ardue, un peu comme si Odd devait soudainement se passer de Nutella, mais ils y croyaient. Du moins, Jim y croyait. Le monte-charges se mit en branle. Un blondinet à lunettes sortit de l'appareil, un air soucieux bien visible sur son teint pâle. Jérémie Belpois était l'incarnation même d'une ruche grouillante d'âmes non mortes. Au sein de son corps bouillonnaient les esprits d'Einstein, Watt, Mister X et autres génies de ce monde. L'informaticien se pencha vers le scanner, comme pour vérifier les dires de Jim, et prononça ce mot : Vide. L'éducateur haussa les épaules, comme pour dire « je te l'avais bien dit », mais Belpois ne se laissa pas démonter. Il regarda Moralès avec un certain aplomb, faisant l'impasse sur le charisme dégagé par l'ancien garde du corps de Bette Davis, et répliqua :
— J'aide les gens à mourir, Jim, ce n'est pas dans mes habitudes de les ramener à la réalité... Je vais encore essayer. Une dernière fois. Reste-là. Et tiens-toi prêt à faire le nécessaire si notre sujet se montre un peu trop... remuant.

Jim acquiesça et écarta un pan de sa veste en cuir, dévoilant une arme de pointe qu'il gardait jusque-là dissimulée à la vue de quiconque. Belpois sourit, dévoilant un abcès dentaire que n'importe quel humain normalement constitué aurait été faire soigner depuis longtemps. Dans un monde où la liberté est un bien précieux, Jim se sentait plus que jamais enclavé par le poids de ce secret qu'il n'avait pas vraiment choisi de partager. Sincèrement, qu'est-ce qu'il foutait encore là ?


Si t'attends qu'un mec te parle de ses sentiments, t'as pas bien compris comment ils fonctionnent. Le mien a rénové une maison, m'a fait un gosse et bosse pour entretenir le tout, mais parler de ses sentiments....mdr. Un mec te montre qu'il t'aime, il ne te le dit pas, ça ne l'effleure même pas.


Le pompier de renom, du moins en Amérique si on prêtait une once d'attention à ses nombreuses déclarations, commençait à en avoir marre d'être le bras droit, chien plus fidèle et loyal encore que Benji la malice. Pour ces gamins, il avait tué. Plus d'une fois d'ailleurs. Et qu'avait-il reçu comme remerciement ? Rien. Quedal. Nada. Et le pire, c'était que Belpois semblait basculer chaque jour un peu plus dans ce doux poison qu'est la folie. Cessant enfin son rictus infâme, Belpois lui adressa à nouveau la parole.

— Dans quelque temps, ça sera mon ultime soirée en tant qu'homme. Un dîner avec les êtres qui me sont chers me paraît fort approprié pour l'occasion. Jim, je te laisse le soin de rédiger la liste des convives.
— Des êtres qui vous sont chers ? avait demandé Moralès. Mais je n'en vois... aucun.
— Aie un peu d'imagination pour une fois ! Celui qui cherche finit toujours par trouver, c'est un principe élémentaire en chimie. Bientôt Jim, je prospérerai dans un lieu que la mort ne peut atteindre. Et votre espèce...
— Mon espèce ? avait coupé Jim.
— Elle connaîtra une existence qui dépassera toutes ses espérances. Je vous ai amenés un nouveau Messie et son avènement est proche. Les créateurs de mythes avaient raison, à part en ce qui concerne la façon dont ils ont dépeint la résurrection du Messie. Dieu ne fait que promettre la vie éternelle alors que le Programme, lui, la donne.
— Et vous, qu'êtes-vous dans cette affaire ? Celui qui aura suivi les ordres ? J'ai l'impression que vous n'êtes qu'un pantin qui obéit au doigt et à l'œil.
Jérémie pinça ses lèvres desséchées et répondit avec un mépris non dissimulé :
— Je comprends. Encore une tentative maladroite, tout ça dans le but de semer le doute dans mon esprit. Le Programme m'a pourtant mis en garde contre votre entêtement, et ce, malgré la xanatification. Je vous félicite Jim, on dirait bien que vous avez du caractère malgré tout. Mais n'oubliez pas, au moindre faux pas vous serez... licencié. Et vous savez fort bien ce que cela signifie dans le jargon du Programme.

Jim baissa la tête, et proféra à nouveau ses vœux à voix haute. Pour que tout un chacun puisse l'entendre, que ce soit dans cette réalité ou dans l'autre. Il évitait de croiser le regard de son interlocuteur, qui lui faisait peur.
Il fallait récupérer William Dunbar du fin fond de ces limbes virtuelles, sinon il serait sans doute le premier à être éliminé par X.A.N.A. Le scanner s’ouvrit une nouvelle fois… était-il de retour ?


Nos parents, on les a pas choisis. Si je les avais croisés dans ma vie sans les connaître auparavant, rien n'aurait accroché. Tu crois vraiment que je voulais avoir mon père comme proviseur ? Putain, réveille-toi William, tu ne veux pas finir comme eux ! Va sous la douche, tout de suite, il est temps d’arrêter les conneries maintenant. Lâche cette merde, ça n’arrange rien et tu le sais mieux que personne en plus !


Lorsqu’une personne perd la mémoire, beaucoup de gens s’imaginent qu’elle ne connaît plus rien à la vie, qu’elle renaît telle une page blanche. Certaines de ces personnes amnésiques retrouvent une seconde mémoire, plus enfouie. Celle-ci concerne les souvenirs les plus anciens, ceux qu’on s’efforce d’oublier tout au long de sa vie et qui ressurgissent lorsqu’on s’y attend le moins. J’ai toujours eu peur d’être confronté à mes souvenirs, ne sachant pas ce qui m’attendrait. Je suis plutôt bien tombé, le souvenir qui m’est revenu en mémoire concerne le seul Noël calme de mon enfance, celui de mes dix ans. Papa était revenu à la maison depuis deux ans environ, il avait gaspillé au casino tout l'argent hérité de sa mère et était revenu la queue entre les jambes comme il savait si bien le faire… Maman n’a même pas eu la force de le repousser. De toute façon, je pense sincèrement qu’elle n’a jamais eu voix au chapitre, elle était trop faible pour cela.

Petit, j’adorais Noël. Je recevais des cadeaux assez spéciaux mais qui me faisaient rire et je pouvais en profiter toute l’année. Maman avait pour habitude de me dérober un livre de ma bibliothèque avant les fêtes et de me l’offrir le jour de Noël. « Je suis sûre que ce cadeau te plaira » me disait-elle en me tendant le petit paquet. Mes parents n’avaient pas les moyens de m’offrir les jouets dernier cris, mais je me contentais bien de ces cadeaux-là.
Chaque famille a sa tradition pendant les fêtes. Chez moi, c’était la piscine. En effet, mes parents ne pouvaient pas toujours payer les factures d’électricité donc nous nous rendions à la piscine au moins deux fois par semaine pendant l’hiver pour profiter de la douche chaude. Je prenais mon pyjama avec moi et, lorsque nous rentrions à la maison, j’étais prêt à aller au lit. Cette tradition m’a toujours parue normale, maman disait que c’était notre petit secret et que ça permettait de resserrer les liens familiaux. Elle se transformait à l’approche des fêtes, plus souriante, chaleureuse et à l’écoute. Lorsqu’on rentrait de ces escapades, j’aimais observer la buée s’échapper de ma bouche à chaque respiration dans notre appartement. Je m’imaginais au pôle nord, ou en Alaska et je m’inventais des aventures extraordinaires qui expliquaient ce froid ambiant.

J’avais une imagination débordante à cet âge-là. C’est celle que j’ai travaillée avec les spécialistes, ceux qui voulaient bien prendre les gamins qui ne seraient jamais en mesure de les payer. Eh oui, il en existe. Il faut juste savoir à quelle porte frapper… C’est le genre de créativité qui m’a poussé, déjà en primaire, à m’inventer une vie de justicier, des amis en or, un méchant terrifiant,… Mais bref, ce n’est pas le sujet ici. L’important, c’est de prouver que chaque rencontre nous détruit, peu à peu, quand il ne s’agit pas d’experts psychiatriques tout du moins.

Prenons par exemple cet homme que maman invitait souvent à la maison. Un de ses amis, qui sentait l’essence de voiture (je ne compte plus le nombre d’inconnus qu’elle a invité chez nous, leur point commun à tous était cette terrible odeur qui s’incrustait partout après leur passage). Cet homme était impressionnant. Il était gigantesque pour le gamin que j’étais. Il portait souvent un bandage autour du coude et se baladait en t-shirt dans l’appartement alors que je portais tous mes pulls pour éviter d’être malade. Pour moi, il avait un super pouvoir qui lui permettait de ne pas sentir le froid ni la douleur. Ma seconde théorie à son sujet était qu’il obtenait ses dons spéciaux grâce à une potion magique : je le soupçonnais de s’être fait attaquer par un vampire et d’avoir gardé des séquelles de l’affrontement. Je l’avais vu à plusieurs reprises s’enfoncer le contenu transparent d’une seringue dans le creux du coude avec un genre de sourire béat aux lèvres. Ensuite, il avait cette lueur qui me terrifiait dans le regard, on l’aurait dit invincible. Papa le surnommait « l’armoire à glace » et ne semblait pas trop l’apprécier, il le regardait souvent d’un air méchant.


William, arrête de bouger tes jambes. William, t’es débile, William s’il te plaît, personne ne voudra d’un type comme toi. Mec, t’es trop bizarre. T’es bien gentil, mais réfléchis un peu. William, concentre-toi. William, réveille-toi. Les exercices sont inscrits au tableau, pas dans le ciel. William, calme-toi. Je rêve ou tu t’es pissé dessus ? Gogole, imbécile, stupide, William, t’as encore de belles fringues aujourd’hui espèce d’handic’. T’es gay ? Sale tafiole va.
POURQUOI T’OUBLIES TOUT LE TEMPS TES AFFAIRES ?! MERDE, CALME-TOI !



Cet homme est venu chaque Noël jusqu’à mon dixième anniversaire. Avec lui, la journée s’annonçait toujours mouvementée. Il était parfois violent ou très gentil. Il se mettait à crier sans raison puis à pleurer comme un enfant. Son comportement me faisait peur, je ne savais jamais comment il allait réagir ni comment je devais me tenir. Lorsque j’accrochais l’étoile en haut du sapin, je faisais toujours le vœu que ce Noël soit plus calme que les précédents. Même si j’adorais cette période, elle était souvent synonyme de soirées ratées.

Cet hiver-là, maman n’était pas d’humeur joyeuse comme les autres fois. Elle tremblait beaucoup, je mettais cela sur le coup de la fraîcheur ambiante dans l’appartement : l’intérieur des fenêtres gelait certaines nuits et l’humidité s’était incrustée dans tous les tissus. Je me souviens de l’odeur de moisi qui habitait mes vêtements, on aurait dit qu’elle s’était incrustée sur ma peau tellement elle était forte. Comme ces habits qu’on oublie de mettre sécher après une machine et qui se transforment en carton. Ma garde-robe en était remplie. Papa disait que ça passerait. Que bientôt, le printemps arriverait et la chaleur avec. Je m’accrochais à cette idée, espérant que le printemps arrive un 25 décembre.

Le matin de Noël, maman s’était habillée et maquillée comme si elle partait travailler. Je n’ai jamais aimé son uniforme de travail, avec sa jupe noire en cuir et ses chaussures qui montaient jusqu’à ses cuisses. Je me souviens que je pensais qu'elle bossait dans le domaine de la Science car mon père parlait parfois dans une sorte de radio bizarre où il disait ceci : « Étant très intéressée par le cours de chimie, mon amie Ophélia cherche une grosse molécule. Si vous avez un fort pouvoir de pénétration et que les positions vous intéressent, envoyez-lui vos modèles ! »
Maman m’expliquait qu’une femme doit mettre ses atouts en valeur pour plaire aux hommes et que plus tard je comprendrai quand je rencontrerai ma future femme. Je ne voyais pas le rapport avec son métier mais je la laissais parler ; préférant ces moments de confidences à ceux où elle m’ignorait, discutant ou plutôt se disputant avec l’armoire à glace.


Me touche pas, je suis clean, putain ! T'entends, clean ! C'est pas une dose qui me fait délirer moi, il me faut plus que ça, bien plus que ça. J'ai été captif d'une entité si... oppressante qui m'a manipulé pendant des mois et des mois. Tu vivras jamais ça t'entends, tu peux pas savoir ce que ça fait ! Va pleurer près de ton Ulrich, va pleurer, qu'est-ce que je m'en bats les couilles de lui aussi !


J’étais déçu que maman parte ce matin-là, c’est elle qui m’aidait à déballer mes cadeaux habituellement. J'ai donc logiquement décidé de l’attendre avant de m’atteler à cette tâche.
Papa n’était pas encore levé donc je lui ai préparé un petit déjeuner. Fièrement, je lui ai apporté au lit, avec des dessins de dinosaures que j'avais ramenés de l'école. La chambre de mes parents ressemblait plus à un débarras qu’à une chambre : sur la table de nuit de papa traînait une bouteille de whisky vide (ce qui expliquait son réveil tardif) et sur celle de maman, un cendrier rempli et un petit tas de poussière blanche sur les livres en dessous.
Toutes les affaires de maman étaient poussiéreuses en ces temps-là.
Papa avait l'air content de voir mes petits toasts au beurre et nous déjeunâmes à deux, faisant semblant de ne pas sentir le froid nous gagner.

« Maman va bientôt rentrer ? je lui demandais, le regard plein d’espoir égaré vers les épines acérées du sapin.
- Je ne sais pas William, elle avait une course urgente à faire » me répondait-il d’un air ennuyé.
Papa n’était jamais très loquace et cet échange entre nous fut le plus long de la matinée.

Midi sonnait et maman n’était toujours pas revenue du travail. D’habitude, elle partait travailler le soir et revenait au petit matin. Je me disais qu’elle avait pris cette excuse pour aller chercher mon cadeau qui devait être trop grand pour être placé en dessous du sapin. Papa avait cet air inquiet qui ne le quittait jamais quand maman sortait. Pour moi, il devait se sentir coupable de ne pas s’être levé pour aider maman avec le cadeau. J’espérais que ce serait un équipement de policier, ou une visite du commissariat du quartier. Mon rêve à cette époque était de rentrer dans la police.
Papa se mit à ranger. C’est la première fois que je le voyais à l’œuvre, selon moi mon cadeau devait vraiment prendre beaucoup de place. Je me rends compte aujourd’hui de la naïveté qui m’habitait à ce moment-là. J’étais persuadé de recevoir le plus gros des cadeaux de Noël qui soit.
L’armoire à glace avait pour habitude d’arriver aux alentours de dix-sept heures le jour de Noël. Il me ramenait toujours une bricole puis m’ignorait royalement le reste de la soirée pour discuter avec mes parents. Papa se disputait chaque année avec cet homme et la soirée finissait souvent dans les larmes et l’alcool pour mes parents. Je partais me cacher dans ma chambre quand l’ambiance tournait au vinaigre et je me réfugiais dans le conte de Noël qui me faisait office de livre de chevet pendant cette période. C’était ma propre tradition : couché sous mon lit, armé d’une lampe de poche et de mon ours en peluche, je lisais et relisais le livre jusqu’à ce que je m’endorme. Je me réveillais le lendemain dans mon lit comme par enchantement.

Cet après-midi-là, l’appartement était comme neuf après le rangement de papa. Ni maman, ni l’armoire à glace n’arrivaient. Je m’impatientais vraiment, me demandant si c'était grave si j’ouvrais tout seul les cadeaux déjà présents sous le sapin.
Alors que j’en discutais avec mon nounours, quelqu’un frappa à la porte. Notre sonnette ne marchait plus depuis longtemps mais c’était tellement rare d'avoir de la visite que nous sursautâmes tous les trois, papa, ours et moi. Le grand homme ne frappait jamais, lui. Je me suis précipité pour ouvrir la porte. Une femme que je n’avais jamais vue se tourna vers moi. Elle était accompagnée d’un homme en uniforme de policier.
J’étais stupéfait, c’était donc ça mon cadeau ! Mes parents avaient enfin compris ce qui m’intéressait et allaient m’emmener faire un tour dans une voiture de police !
La femme me sourit d’un air contrit. J’étais excité comme une puce à l’idée que ce soit cela mon cadeau et trouvais cela génial qu’elle joue le jeu de la surprise jusqu’au bout. J’appelai mon père, tout sourire.
Lorsqu’il me rejoignit, je compris que ce n’était pas mon cadeau, son regard changea du tout au tout quand il reconnut le policier à côté de la dame. Elle se présenta comme une assistante sociale.

« Nous savons que ce n’est pas vraiment le moment idéal pour venir vous importuner mais nous devons parler monsieur Dunbar » dit-elle en le regardant comme un chien égaré.
Papa m’envoya dans ma chambre, avec une voix que je ne lui avais jamais connue : son ton était sec et froid. J'ai fait semblant de partir vers ma chambre mais je me suis arrêté derrière la porte du couloir pour suivre la conversation des adultes.
La femme tenait un dossier dans les mains, elle montra un papier qui s’y trouvait à mon père, il les fit entrer.

« Qu’avez-vous à m’annoncer ? demanda mon père, le regard inquiet tourné vers le policier.
- C’est au sujet de votre femme monsieur, nous pensons qu’elle a un lien avec une affaire en cours, répondit l’homme qui ouvrait la bouche pour la première fois depuis qu’il était entré.
- De quoi s’agit-il ? Vous savez aussi bien que moi que ma femme a quitté le milieu l’an dernier » rétorqua mon père.
Il regardait le policier avec la même expression que celle qu’il prenait lorsqu’il devait discuter avec l’armoire à glace.


Mais oui, c’est vrai William, que tu es bête… Il suffit de parler, c’est évident ! Il suffit d'écrire, c'est évident ! Pourquoi ? Encore un reproche, un reproche sur mon silence, un reproche sur ma distraction, un reproche sur mes attitudes, un reproche sur ma personnalité, un reproche sur ce que je suis. Pourquoi Sissi ? Parce que j’y arrive pas, j’y arrive plus. Je te faisais confiance tu sais… J’ai fait beaucoup d’efforts. Je suis pas comme vous, je l’serai jamais. Va-t’en, laisse-moi tranquille. Laisse-moi, j’ai fait une connerie.


Cet échange ne me plut pas, ni la journée qui suivit. J’étais loin de me douter de ce qui allait suivre. La femme m’avait demandé de la suivre pour « laisser le temps aux grandes personnes de régler quelques affaires ». J’avais dix ans, pas six. Je comprenais que quelque chose n’allait pas, je ne saisissais juste pas pourquoi maman n’était pas là pour aider papa à régler cette histoire.
Je passais le premier Noël calme loin de chez moi.
Le lendemain, au centre d’accueil, les autres étaient très gentils avec moi. Tout le monde me demandait comment j’allais et j’ai même reçu un cadeau de la part de l’assistante sociale. J’ai d’abord cru qu’il s’agissait de celui qu’était partie chercher ma mère la veille mais c’était un banal ballon de foot. J’ai toujours détesté le sport. Je me rabattis donc sur la gazette du matin.
Ce journal, je l’ai toujours. Il est dans le carton avec toutes les affaires de maman. L’article en première page est le dernier souvenir qu’il me reste d’elle.
Je n’ai jamais su si mon père était au courant de la situation dans laquelle était ma mère, mais je suis toujours resté avec lui, il ne s’est jamais remis de ce Noël.

Les gros titres restent, malgré tout, imprimés dans ma mémoire :
« Une femme battue à mort le jour de Noël : son dealer, un ami de la famille, avoue. »


J'ai tout mangé le chocolat
J'ai tout fumé les Craven A
Et comme t'étais toujours pas là
J'ai tout vidé le Rhum Coca
J'ai tout démonté tes tableaux
J'ai tout découpé tes rideaux
Tout déchiré tes belles photos
Que tu cachais dans ton bureau

Fallait pas m'quitter tu vois
Il est beau le résultat
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand t'es pas là

J'ai tout démonté le bahut
J'ai tout bien étalé la glu
Comm' t'étais toujours pas revenu
J'ai tout haché menu menu
J'ai tout brûlé le beau tapis
J'ai tout scié les pieds du lit

Tout décousu tes beaux habits
Et mis le feu à la pend'rie

Fallait pas m'quitter tu vois
Il est beau le résultat
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand t'es pas là
Fallait pas casser mon cœur
M'laisser sans baby-sitter
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand mes yeux pleurent

J'ai tout renversé les poubelles
J'ai tout pillé ta belle vaisselle
Attends c'est pas tout à fait tout
J'ai aussi dépensé tous tes sous

Fallait pas me quitter tu vois
Il est beau le résultat
Je fais rien que des bêtises
Des bêtises quand t'es pas là…



À dix heures du matin, ce 24 décembre 2017, on sonna à la porte du domicile, celui où la boîte aux lettres indiquait sobrement Dunbar-Delmas.

Attendez, criai-je, je ne sais plus où j'ai déposé mes clefs ! Faites à votre aise me répond-t-on, côté rue. Une voix douce, chaude, qui contraste avec le froid du dehors : le baromètre est descendu bien au-dessous de zéro, exactement la même température, moins sept, que le jour où...
Je lui ouvre. Un type en salopette rouge se tient devant moi avec, cousu sur la poitrine, l'écusson de mon fournisseur en eau. Je viens relever votre compteur !, m'annonce-t-il avec un immense sourire, comme si sa venue devait transformer ma piètre vie (ce qui allait être le cas).

Voilà un employé zélé, me dis-je, qui travaille la veille de Noël ! Je suis prête à parier que tous les autres, alors que, de fait, le 24 n'est pas un jour férié, sont en train d'écluser des litres de Christmas Beer offerts par un PDG ravi de son bilan de fin d'année.
Après une brève hésitation, la peur de l'inconnu comme toujours, je le fais entrer. Il passe devant moi (le couloir est très étroit) en s'excusant, il fait aussi attention à ce que le sac qu'il porte en bandoulière ne me heurte pas. C'est en bas, lui dis-je, me sentant immédiatement idiote : les caves, et donc les compteurs, sont rarement à l'étage. Mais le type se retourne et, encore une fois, me sourit.

Ça ne prendra pas trop de temps, me rassure-t-il en se grattant le menton. Dommage, pensai-je, en m'installant sur les marches de l'escalier, pour le regarder faire, il a l'air sympa. Je lui proposerais bien une tasse de café mais, bien sûr, je n'ose pas.
Sois plus franche, impose-toi, arrête de t'excuser d'être en vie ! me répétait toujours mon mari qui ne l'est plus, au fait, en vie. Le 24 décembre de l'année passée, à la même heure exactement et juste devant la maison, une voiture a glissé sur le verglas et l'a percuté. Il est mort sur le coup. Il était high, comme souvent en période de fêtes. S'il ne l'avait pas été, serait-il à mes côtés aujourd’hui ? Nul ne le saura jamais. Je n'ai averti les amis que deux semaines plus tard, pour ne pas gâcher les fêtes. Enfin, « amis », c'était un bien grand mot puisque sa bande de potes ne m'avait jamais acceptée pour ce que j'étais, une fille franche et sûre d'elle. Autrefois... Avant le décès de papa, avant la dépression, avant... avant tout.

Durant ces longues journées, où je portais le deuil à moi toute seule, personne ne s'est inquiété de ne pas avoir de nos nouvelles. C'est vrai que nous avions pour habitude de faire les morts (lui, pour de vrai cette fois-là) pendant cette période. Après, je n'ai plus voulu les voir. Pas sans lui. Même les gens qu'on avait rencontrés en dehors de Kadic, c'était juste trop compliqué pour moi d'être la pauvre fille que tout le monde allait dévisager sans se gêner. Et puis, l'idée d'imposer mon veuvage à ces amis qui ont mon âge (certains sont de jeunes parents) : non. Tout simplement non.

Mais voilà, aujourd'hui, je ne sais pas pourquoi, j'ai envie qu'un releveur de compteur, peut-être à cause de son costume qui fait penser à celui du père Noël, me remonte le moral. Malgré ma prise de poids, mes cernes sous les yeux, mon visage creusé,... Si seulement, j'osais lancer une conversation, peut-être qu'on pourrait... aller plus loin. Mais... je délire complètement ! Cet homme a sûrement une femme, des enfants... Peut-être loue-t-il un costume de père Noël dans l'ancien magasin de jouets de mon mari qui, pendant la période des fêtes, s'en affublait. Je crois bien qu'il y croyait toujours, au père Noël...

J'imagine mon employé des eaux pareillement déguisé, couvrant sa progéniture de cadeaux puis, les laissant à leur joie, s'éclipsant pour retrouver sa femme dans la chambre conjugale. Il l'embrasse, lui dit je t'aime, lui... Eh bien, s'exclame tout à coup mon invité impromptu, me sortant de ma rêverie, le père Noël a pensé à vous cette année : votre consommation a diminué de moitié ! D'un coup, mes yeux se remplissent de larmes, une véritable inondation, ça coule, ça coule, bien sûr que la consommation d'eau a diminué puisque ma moitié, vous entendez, MA MOITIÉ, c'est comme ça qu'on dit, non ? Mon MARI, l'amour de ma vie, n'est plus là ! Le seul qui a bien voulu de moi après l'internement, car personne nous avait cru. Les souvenirs des attaques, le Supercalculateur, quand Willy avait commencé à me raconter tout était revenu. Mais il était trop tard, bien trop tard... L'usine avait été entièrement rasée, ça arrangeait bien le groupe à Belpois !

Le premier moment de stupeur passé, je le vois qui extrait un paquet de mouchoirs de la poche de sa salopette, pour m'empêcher de me noyer tout à fait. Je pensais qu'il allait me le donner pour que j'essuie moi-même mes larmes mais non, c'est lui qui les sèche. Le papier – et surtout sa tendresse – les absorbe, plus efficacement encore qu'un buvard. Pleurez tant que vous voudrez, dit-il, cette eau-là ne coûte rien... Et là, je me mets à rire parce que... c'est exactement le genre de plaisanterie un peu facile qu'affectionnait mon mari. Pourtant, il m'en coûte de me laisser aller comme ça, ce n'est pas mon genre, ça ne l'a jamais été, sauf peut-être quand j'étais encore à Kadic, la période abrutissante de mon existence. Il faut que je me ressaisisse, je m'apprêtais d'ailleurs à me confondre en excuses mais voilà qu'il me prend dans ses bras et me serre tout contre lui. Ne vous excusez pas, chuchote-t-il dans mon oreille. Alors, à cet instant précis, j'ai su que cet employé des eaux était le cadeau de Noël que me faisait, depuis l'endroit où il se trouvait, mon toujours attentionné mari. Cet homme que je ne connaissais ni d'Ève ni d'Adam est revenu le soir même avec une bouteille de champagne. Nous avons réveillonné jusque tard dans la nuit et, en partant, il m'a demandé s'il pouvait revenir. En souriant, il a ajouté : avant l'année prochaine...

Et j'ai dit oui. J'ai osé.

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La chair humaine, c'était comme du porc en fin de compte, gras à souhait en fonction de la zone désirée.
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Icer MessagePosté le: Dim 07 Jan 2018 21:59   Sujet du message: Répondre en citant  
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Re-salut !

Je trouve ce texte plutôt bien fait. Le lire juste après l'autre, incité bien sûr par la redondance du titre, était sans doute une bonne idée. Même si c'est tout aussi - et même peut-être davantage - mystérieux au niveau de tes intentions, on note bien quelques rappels au premier OS qui ne sont pas désagréables. Ainsi, bien que pour l'instant je ne sois pas capable de donner le fin mot de l'histoire (WTF le début avec Jérémie et Jim ?), j'avoue que je respecte la façon dont tu as l'air de te casser le cul à le faire. Et je tenais ici aussi à t'écrire que ça avait été lu et apprécié !

À bientôt Wink

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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »
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Silius Italicus MessagePosté le: Dim 15 Avr 2018 16:25   Sujet du message: Répondre en citant  
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Bonjour très cher Tazz,

Ainsi, vous vous essayez à l’art de l’univers à plusieurs entrées ?

C’est pourtant un texte bien étrange que voilà. Un texte qui se laisse difficilement, en l’état, relier à ces prédécesseurs. En fait, s’il n’était d’une part le paratexte, et d’autre part le passage avec Jérémie, le lecteur ne se poserait pas la question du lien. Pour lui, il n’y en aurait pas, si ce n’est, et c’est plus un détail, la continuité des ennuis mentaux de William.

Ce texte se compose donc de trois parties et de sept intermèdes. Sur ces trois parties, deux sont liées directement entre elles puisqu’elles représentent le passé mort de William et le souvenir de celui-ci après sa mort. La première partie, avec Jérémie et Jim semble liées plus lâchement, si ce n’est qu’il s’agit encore de trouver William. Dès lors, ce récit semble être une quête autour du personnage de William, qu’il soit cherché par les autres, ou se cherche lui-même. Exilé dans la mort, dans Xana, ou dans ses souvenirs.

Les sept intermèdes quant à eux semblent être autant d’admonestation dont il devient progressivement clair qu’elles sont des souvenirs de mots que William a répété ou prononcé, à l’exception de la septième admonestation qui reprend une chanson française sur le thème de l’enfance. Il est difficile de savoir qui furent les auteurs exacts de ces mots, néanmoins on devine l’importance de Sissi, et l’importance du thème de l’enfance et de la santé mentale.

Dans l’ensemble ce texte ne s’accorde qu’assez lâchement avec la série, du moins la partie sur l’enfonce de William. En effet, le portrait qui est fait des parents de William ne colle pas avec ce qui a pu en être vu. Certes, l’hypothèse d’un remariage, d’une sortie définitive de l’alcool et une ascension sociale est acceptable, mais quelque peu tirée par les cheveux.

Du point de vue du style, il faut noter que les trois passages sont assez différents. Entre la mégalomanie de Jérémie dans un univers déchu, le veuvage dépressif de Sissi et l’étrange regard extérieur sur une enfance malheureuse, on a autant de variations différentes. Elles ont cependant en commun la grande attention faites aux états mentaux, à l’expression des troubles. L’autre grand thème qui semble hanter votre plume est évidemment la corruption. Il s’ensuit que votre plume traite essentiellement de la déchéance, tant physique que mental, mais sans qu’il soit possible de faire de l’un la cause de l’autre. Il semble bien plutôt que les deux aillent de pairs, apparaissant ensemble. Sous cet angle-là, la chute de la nouvelle qui résonne comme une note d’espoir apparaît bien étrange. D’autant plus étrange qu’elle est portée par un homme venu relever le décompte du temps et tirer — pour le compte d’autrui — les dividendes du passé. C’est donc un agent du corrupteur par excellence, le temps, qui vient apporter le renouveau possible. Possible, mais partiel : après tout, il ne s’agirait que d’une fois l’an. Comme un remède qui ne maintiendrait en vie que pour donner au mal plus d’occasion de vivre.

Ce qui est sûr, c’est que cette plume qui est la vôtre réunit ici les deux versants de style que vous aviez manifesté, avec une pointe en plus de ce qu’avait manifesté — y compris en thème — la nouvelle Porcinet ne sourit plus. Vu les dates de publications rapprochées, et la volonté d’écrire un univers coordonné, il est assez normal de retrouver ces similitudes et de ne pas vraiment dégager d’évolutions. En tout cas, cela tendrait à illustrer qu’en effet il y a un écart entre votre écriture spontanée et votre écriture raisonnée. Cependant, les deux gardent en commun une certaine extériorité dépersonnalisé du personnage narré à un instant donné. Une extériorité très neutre au demeurant.

Avant de finir, il faut quand même noter que la quatrième phrase de votre texte est relativement peu claire.
« Vivre avec tout ce que cela comporte comme sentiments et expériences d’être Humain par nature. »

Il y a comme une rupture syntaxique entre « expériences » et « d’être Humain ». Rupture liée à une ambiguïté non-tranché entre « être humain » au sens de l’individu appartenant au genre des animaux rationnels mortels, ou au sens de l’action d’être un humain. Rupture redoublée par la question de savoir si le génitif est ici objectif ou subjectif.
Si le génitif est objectif, alors les sentiments et expériences sont propres à l’être humain ou au fait d’être humain. S’il est subjectif alors ces mêmes sentiments et expériences sont l’origines du fait d’être humain.
À quoi s’ajoute que l’adjonction de « par nature » semble maladroite, mal rattachée à ce qui précède.

Il se peut que j’aie fort mal compris et lu cette phrase, mais il me semble qu’elle mériterait un travail de reformulation.

Au plaisir de vous retrouver une cinquième fois.
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AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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