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[Fanfic] Code Alpha 2.0 - Rainy Days [Chapitre 1]

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 Auteur Message
Pilorde MessagePosté le: Dim 13 Mai 2018 11:50   Sujet du message: [Fanfic] Code Alpha 2.0 - Rainy Days [Chapitre 1] Répondre en citant  
[Frelion]


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Localisation: Perdu dans le néant
Bonjour, ça fait longtemps !

Spoiler


Code Alpha 2.0 - Rainy Days

Code Alpha 1.0 Ancienne version: 1.0 - 2.0



Lexique
Prologue - C'était dangereux mais...
Chapitre 01 - Quelque chose s'est brisé
Chapitre 02 -
Chapitre 03 -
Chapitre 04 -
Chapitre 05 -
Chapitre 06 -
Chapitre 07 -
Chapitre 08 -
Chapitre 09 -
Chapitre 10 -
Chapitre 11 -
Chapitre 12 -
Chapitre 13 -
Chapitre 14 -
Chapitre 15 -
Chapitre 16 -
Épilogue -


______________________________


Prologue : C'était dangereux mais...


Journal de Melvin, unique page remplie

Je me demande parfois si les premières semaines de mon année de seconde n'étaient pas un rêve. Elles étaient tellement... tellement étranges, tellement particulières. Après tout, la seule preuve que j'ai de leur existence, ce sont mes souvenirs et ceux des autres. Le problème c'est qu'on se parle de moins en moins désormais... Chacun est parti dans son coin et me voilà tout seul, comme avant. Dire que j'avais cru que je m'étais enfin fait un groupe d'amis... Enfin bref, je m'écarte du sujet. L'important, c'est ce qui s'est passé. Pour être sûr de ne rien oublier, j'ai décidé d'écrire tout ce dont je me souviens dans ce cahier.

Tout a commencé quand... c'est un peu compliqué de dire quand est-ce que tout a commencé. Peut-être dès qu'Antoine et Jean se sont retrouvés à devoir faire des travaux d'intérêts généraux pour le lycée ensemble. Ou peut-être est-ce quand Ambre est rentrée en scène. C'est un peu difficile pour moi de bien mettre le doigt sur un début précis, parce que je n'ai pas tout de suite prit part à tout ça.

Essayons tout d'abord de bien présenter le contexte. Oui, bonne idée. Antoine et moi étions dans la même classe depuis la sixième. C'est mon meilleur et seul ami. Ou plutôt... c'était. Il était très intelligent, mais m'écoutait rarement quand je parlais. Il pouvait être très antipathique, tout comme il pouvait être... oui, non généralement, il était très antipathique. Il était hautain et arrogant, croyait toujours tout savoir mieux que tout le monde. Pourquoi est-ce que je traînais avec lui si je le décris d'une manière aussi négative ? Parce qu'il a pas eu une vie facile, et je pense qu'il s'est lui même enfermé dans cette carapace. Au fond de lui, c'est quelqu'un de bien, et peut-être qu'un jour, il le sera aussi à l'extérieur. Et puis... si Antoine n'avait pas été là, j'aurais été vraiment tout seul tout ce temps.

Jean était un gars de notre classe. Il aimait bien se moquer de nous, un peu comme tout le monde. Non pas pour être méchant, mais... justement pour faire comme tout le monde. Je ne lui en veux pas. Bon d'accord, sur le coup, je lui en voulais beaucoup, mais avec ce qui s'est passé ensuite... Non, chaque chose en son temps. Quant à Ambre, c'était une fille adorable d'une autre classe, très timide et rejetée à cause de ça. Je dois avouer qu'elle était mignonne... très mignonne. Oui bon, je l'avoue j'ai été un peu amoureux d'elle, mais c'est normal à l'adolescence de ressentir une forte attirance pour quelqu'un de temps en temps... Elle était gentille, mais pas dans le sens négatif du terme. Bon, après c'est devenu compliqué entre nous et de toute façon, je n'aurai jamais eu la moindre chance avec elle. Moi je suis gros, roux et repoussant. Qui voudrait de quelqu'un comme ça ? Euh... je crois que je m'écarte du sujet.

Comme je l'ai dit plus haut, Antoine et Jean se sont retrouvés à faire des travaux d'intérêt généraux pour le lycée après s'être presque battus en classe. Et bizarrement après ça, les deux garçons et Ambre se mirent à traîner ensemble. Il n'y avait aucune raison apparente à ce rapprochement et je me suis senti délaissé. Et trahi aussi. Je suis resté tard sur une aire de jeu, assis sur un banc avec ma console de jeu portable, presque en larmes. Je dis presque parce que je n'ai pas pleuré, mais j'étais quand même vachement triste. Et puis Steve et ses gorilles sont venus. Steve c'est... oh, et il ne vaut pas la peine que je parle de lui ici, c'est juste un abruti. Bref à partir de là... mes souvenirs sont flous. Très flous.

Jusque là, tout semble normal. La vie d'un lycéen mal dans sa peau. Mais à partir de maintenant, le fun commence. Et l'aventure. Et le danger. Et la peur. Et beaucoup de peur.

D'après ce que j'ai compris, j'ai été possédé par une intelligence artificielle nommée XANA, qui m'a donné des super-pouvoirs et a tenté de tuer mes amis via mon corps. Ça fait pas très réaliste comme ça, même moi j'ai encore du mal à y croire. Une chose était sûre, j'avais bel et bien essayer de tuer mes amis. Un vieux type du nom d'Ulrich nous expliqua que cette IA cherchait à nous tuer pour... j'ai toujours pas compris pourquoi d'ailleurs, je crois qu'Ulrich avait refusé de nous expliquer ce point précis... il est un peu tard pour lui demander maintenant... Bref, le seul moyen de stopper cet adversaire, c'était de se rendre dans un monde virtuel pour désactiver des tours. Comme dans un jeu vidéo. Je vous avais bien dit que c'était génial !

Mais là, c'est vraiment devenu compliqué pour tout le monde. Ambre et Jean, qui avaient failli mourir de mes mains, étaient terrorisés. Ils voulaient plus prendre part à ça et se sont tirés. Antoine a fait son Antoine et s'est tiré lui aussi. Il ne restait plus que le vieux Ulrich et moi et j'étais bien décidé à ne pas me barrer ! Ouais, j'ai bien dû rentrer chez moi après, mais c'était une façon de parler. Toujours était-il que je voulais pas recommencer à essayer de tuer des gens. C'était... terrifiant comme idée. Je crois que j'en dormais pas de la nuit.

D'après Ulrich, X.A.N.A nous voyait tous comme des menaces et n'arrêteraient pas tant qu'il ne nous aurait pas tous tué. Il me demanda de revenir le lendemain pour m'entraîner sur le monde virtuel. Quand j'y retournai, une autre nana était avec lui, une certaine Mélissa, une « vieille amie à lui ». Ambre décida de revenir aussi, mais elle refusait de me parler, me tenant responsable de ce qui s'était passé. Antoine, lui, continua à rester chez lui, en travaillant apparemment sur comment détruire X.A.N.A.

Il y eut enfin la deuxième attaque que nous attendions tous. Alors que je me rendais à l'usine, je tombai sur Jean qui souhaitai nous rejoindre. Enfin, il voulait surtout rejoindre Ambre mais bon... passons. Ce fut un véritable carnage. Les deux adultes, Ulrich et Mélissa, perdirent la vie. Un type qui voulait nous tuer aussi, un certain William. Jean fut blessé à la jambe. Heureusement, Antoine eut le temps de mettre son plan à exécution. La victoire, si on pouvait appeler ça comme ça, était dans nos mains.

Les événements nous avaient tous énormément changés. Et rapprochés, malgré tout. On décida de se souvent se réunir à l'usine, pour vérifier que tout allait bien. On ne pouvait pas être sûr que X.A.N.A avait bel et bien était détruit. Antoine était très distant et restait souvent dans son coin. D'après Jean, il s'était pris un râteau de la part d'Ambre et c'était pour ça qu'il faisait la gueule. Ambre semblait ne plus m'en vouloir, même si elle ne parlait qu'à son amoureux de toujours : Jean. Parler, c'est un bien grand mot. Il se roulait des pelles en permanence, ça en devenait gênant. Jean resta fidèle à lui même, mais en beaucoup plus sympa. Il rigolait beaucoup avec moi et essayait même de communiquer avec Antoine qui ne répondait généralement pas. J'avoue que j'étais totalement jaloux de sa relation avec Ambre. Bref. J'avais des amis. Ils étaient particuliers, mais nous avions vécu quelque chose de particulier.

Tout les jours au début, nous nous rendions à l'usine, mais comme je l'ai dit plus haut, rien à signaler. Puis ce fut une fois par semaine, le jeudi pour être exact. Nous traînions aussi ensemble le reste du temps, mais finalement, ce fut l'un des rares moments où nous étions tous ensemble. Et finalement, un système de tour de garde fut mis en place. Et la vie normale reprit son cours. Nous nous éloignèrent, prenant chacun un chemin différent. C'est un peu triste, mais c'était inévitable. Le groupe s'était formé dans l'urgence et par besoin, pas véritablement par affinités.

Voilà. Ça doit bien faire un an désormais. Je ne pense pas que je revivrai quoi que ce soit d'aussi intense dans ma vie. C'était dangereux mais... putain, qu'est ce que c'était bien !Je n'oublierai jamais les quelques jours où Ambre, Jean, Antoine et moi étions une équipe.



______________________________


Chapitre 1 : Quelque chose s'est brisé


Ombre


Quelque chose au fond de moi s'est brisé. Je ne sais pas quoi. Je ne sais pas depuis combien de temps. Je sais juste que quelque chose s'est brisé.

Quand est-ce qu'on sait réellement ? Quand est-ce qu'on commence enfin à comprendre ? Est-ce que du jour au lendemain, on saute les pieds hors du lit en s'écriant : « Mais oui, mais c'est bien sûr ! » alors que tout devient clair dans notre esprit ? Où est-ce que ça va lentement, s'ancrant petit à petit au plus profond de nous même, sans que nous puissions nous en rendre compte. Et quand cette vérité s'impose à nous, il est trop tard. On ne peut plus l'oublier, même si on ne sait d'où elle vient. On tente d'ignorer son existence dans la vie de tout les jours, mais elle ne cesse de revenir nous hanter.

J'étais allongée sur le canapé poussiéreux et rempli de saleté de Jean, la tête posée sur le torse de ce dernier. J'entendais son cœur battre, ce genre de petites choses m'avaient toujours fascinée. La télévision était encore allumée, on s'était fait un marathon Doctor Who et ça avait duré toute la nuit. L'homme qui partageait mon quotidien avait fini par s'endormir, mais ce n'était pas mon cas. Il faisait encore sombre, il devait être quatre ou cinq heures du matin. Il pleuvait dehors. J'entendais les gouttes tapoter contre la vitre de la fenêtre. Ça me rappelait tant de souvenirs... Officiellement, j'étais Ambre Delmas, une jeune fille de bientôt 16 ans tout ce qu'il y avait de plus banal. Une fille ordinaire, rien de plus. Mais la réalité était bien plus complexe.

Reformulons tout ça sous la forme d'une question philosophique : y a t-il un quelconque mérite à être vivant ? La réponse est généralement non : personne n'a choisi de venir au monde ou fait quoi que ce soit dans cet objectif. Il arrive que certaines personnes gagne ce que j'ai appelé du mérite en s'accrochant à la vie, en refusant de la quitter. Dans mon cas, c'est même plus extrême : je suis venue dans ce monde par la seule force de ma volonté. Qu'étais-je à la base ? Une pensée ? Une idée ? Je n'étais même pas censée exister. L'univers n'avait pas de place pour moi, abomination sans nom. Alors j'ai regardé cet univers dans toute son immensité et je lui ai dit merde. Tout simplement merde. Tu ne veux pas de moi ? Et bien tant pis, parce qu'il faudra faire avec !

La pauvre idée que j'étais est devenue un songe. Le songe est devenu un espoir. L'espoir a prit forme, s'est approprié un nom. Si j'avais germé de la tête de cette Ambre, j'allais être son Ombre. Fidèle, la suivant partout où elle allait et la guidant à travers les obstacles qui allaient se dresser sur son chemin. Mais est-ce que mon ambition allait s'arrêter là ? Oh que non ! Devoir subir la compagnie de cette pré-adolescente insupportable était une véritable prison. J'avais besoin de plus, toujours plus, et ma soif de liberté ne pouvait s'arrêter.

Et finalement, l'opportunité de gagner mon autonomie me fut donnée. Et sans aucune hésitation, elle fut saisie. Ambre disparut à tout jamais. Quand je quittai cet étrange monde virtuel pour revenir dans son corps... enfin, mon corps, j'étais seule, pour la première fois de ma vie. Tout le monde quitta l'usine, j'avais la tête qui tournait et ne me sentait pas vraiment bien. Jean proposa de me ramener mais je refusai.

Il commença à pleuvoir. Une violente averse. Qu'est-ce qui n'allait pas ? Pourquoi je ne pouvais pas être heureuse ? Je venais d'accomplir ce pourquoi je m'étais si longtemps battue. Je venais de gagner ma liberté ! Personne ne me l'avait donné, j'avais dû l'arracher aux griffes du destin avec les miennes ! Alors pourquoi ne pouvais-je en tirer la moindre satisfaction ? C'est alors que je l'entendis. Ou plutôt, que je ne l'entendis pas. Le Silence. Immuable, Infini. Un vide que je pourrai qualifier d'éternel. Comment le décrire ? Comment l'expliquer ? J'avais vécu en colocation avec quelqu'un pendant toutes ces années, et je me retrouvais désormais toute seule. C'était tellement perturbant...

Je me souvenais avoir planifié des centaines de choses que je voulais faire après avoir gagné le « contrôle ». Je n'en fis aucune. Aux yeux de tous, je demeurais Ambre. J'essayais de ne pas croiser le regard de Melvin, car il était le seul à m'avoir déjà vue sur Lyoko, ni celui d'Antoine, tout simplement parce qu'il ne cessait d'essayer de me parler, d'attendre quelque chose de moi. Je n'avais qu'une envie, c'était de lui dire d'aller se faire foutre ailleurs, mais la gentille petite Ambre ne s'exprimait pas de cette manière. Je me contentais de converser le moins possible avec lui. Et heureusement notre groupe se fractura peu à peu et je demeurais uniquement avec Jean, qui accepta de m'héberger quand ma mère... enfin, celle d'Ambre me mit à la porte.

Foutue pluie qui me faisait repenser à tout ça... Je me levai en tachant de ne pas réveiller mon amant, et allais dans la cuisine me préparer un café. Je baillais en regardant l'heure en allumant la machine. Le bruit de la pluie m'était insupportable. Je me rendis compte que quelque chose de froid coulait sur ma joue droite. Une... une larme ? Mais pourquoi est-ce que je pleurerai ?

« Peut-être parce que tu vis dans un mensonge, me dit une voix désagréablement familière.

Personne d'autre que moi ne se trouvait dans cette pièce, c'était bien là le problème. Car la personne qui venait de me parler n'était autre que... moi. Enfin, en quelque sorte. C'était une représentation d'Ambre, un écho de son ancienne présence dans ce corps. Quelle ironie ! J'avais hanté Ambre pendant tant d'année, et désormais, c'était son fantôme qui me poursuivait. En l'apercevant, j'éclatais de rire.

- Ha ! Tu crois aux conneries que tu racontes ? Tu sais franchement à qui tu t'adresses ?

Bien sûr qu'elle le savait, vu qu'elle provenait de mon esprit... mais je ne voulais pas perdre la face contre elle. Il n'y a rien de pire que de perdre un argument face à soi-même. « Ambre » se rapprocha de moi, mangeant une pomme imaginaire qu'elle tenait dans sa main. Elle était belle, comme elle l'avait toujours été. Coquette à la perfection, à un point que même dans mes rêves les plus fou je ne pourrai atteindre.

- Oh oui, c'est vrai, je m'adresse à la terrible Ombre, celle qui n'a aucune limite, qui fait ce qu'elle veut...

D'un seul coup, elle se retrouva en face de moi, son visage pratiquement collé au mien. Je reculai par surprise et me retrouvai contre le mur. Son visage était déformé par une expression de haine à la limite du sadisme. Elle eut un sourire ressemblant plus à une grimace et mettant tout mes sens en alerte.

- Alors dit moi, usurpatrice, pourquoi fais-tu semblant d'être Ambre ? Pourquoi essaies-tu de l'imiter ainsi ?

Ce n'était plus des larmes, mais des gouttes de sueurs qui coulaient doucement sur mes joues.

- C'est parce que... c'est parce que ce serait bizarre de me comporter ainsi ! Les autres trouveraient ça louche !

Pourquoi m'étais-ce impossible de la contrôler ? Cette « Ambre bis » faisait partie de moi après tout, aucune autre personnalité n'était venue au monde dans ce corps. Alors pourquoi passait-elle son temps à me rappeler toutes ces choses... que je voulais oublier ? Était-elle... l'incarnation de mes regrets ? Non, impossible, je n'en avais aucun !

- C'est ça, essaie de te rassurer là dessus ma jolie. Imagine la tête de Jean quand il apprendra la vérité.

Merde... C'est vrai qu'elle pouvait lire dans mes pensées.

- Il... Il n'a pas besoin de le savoir.

- Comment dois-on t'appeler déjà ? Ah oui. Meurtrière.

Son visage changea à nouveau et ses traits s'adoucirent, exprimant désormais un mélange de surprise et de tristesse.

- Ombre, je... commença t-elle.

Elle imitait la véritable Ambre au moment de sa chute. Au moment de sa mort. Sa mort que j'avais provoquée. Il ne fallait pas que je l'écoute. J'étais heureuse d'avoir enfin put me débarrasser d'Ambre. Avant, j'étais prisonnière, l'oublier serait oublier pourquoi je m'étais battu jusque là. Je ne devais pas me laisser faire. Je la repoussais mais mes bras passaient à travers elle. Sa forme redevint brusquement monstrueuse. Elle me plaqua au sol avec une facilité déconcertante et commença à m'étrangler lentement.

- Qu'est-ce que tu comptes faire, Ombre ? Me pousser dans le vide ?

- Tu... n'es pas réelle... essayai-je de prononcer.

La douleur, pourtant, l'était.

- Pardon ? Je n'ai pas bien entendu, me répondit-elle avec une voix faussement narquoise.

- TU. N'ES. PAS. RÉELLE, hurlai-je de toute mes forces.

Et finalement elle lâcha prise. Je lui jetai un coup d'œil. Elle me regardait, toujours avec un sourire que je ne pourrais décrire que de mauvais. Elle ouvrit la bouche et déclara tranquillement :

- C'est vrai, je ne suis pas réelle. Et toi non plus d'ailleurs. »

Et aussitôt ces paroles dites, elle disparut, comme si elle n'avait jamais été là. Pourtant, je savais qu'elle était toujours quelque part dans ma tête, à guetter de la moindre faiblesse à sa portée pour continuer à me torturer avec. Je me relevai, essoufflée. Cela devenait de plus en plus rude de combattre cette pseudo-Ambre.

« Qu'est ce qui s'est passé ici ? Pourquoi t'as crié ?

C'était Jean, en t-shirt et caleçon qui venait d'arriver sur les lieux. Il fallait admettre que ma bataille contre moi même avait provoqué un sacré désordre, et que j'avais été loin d'être discrète. Un paquet de céréales s'était déversé sur le sol, ainsi qu'une bouteille de lait. Jean m'aida à me relever, toujours avec une expression de profonde surprise sur le visage. J'étais moi même assez confuse par ce qui venait de se passer, je n'avais pas le courage de lui d'inventer une excuse plus pertinente que : « j'ai trébuché ». J'avais besoin de prendre l'air, je ne pouvais pas rester avec lui et sa bouche béante d'incompréhension. J'allais m'habiller et faire un tour dehors, ça allait me faire le plus grand bien ! En me voyant enfiler mes vêtements, le grand ténébreux demanda avec une voix enroué :

- Mais... où-est ce que tu vas ?

- Simplement faire des courses, il y a plus de lait, non ? »

Je l'embrassai sur la joue, le laissant toujours aussi dubitatif en plein milieu du carnage que j'avais provoqué. Ne l'écoutant pas lorsqu'il me fit une réflexion sur les horaires d'ouvertures des magasins, je me précipitai vers la sortie. En quelques instants, j'étais dehors, sous cette pluie que je détestais tant. Jean était bien gentil, et j'étais sûre de beaucoup l'aimer mais... lui aimait Ambre. C'était d'elle qu'il était tombé amoureux, pas de moi. Je n'étais qu'une copie de cette fille qui l'avait séduite... Non, je ne devais pas laisser ce genre d'idées néfastes me remplirent le cerveau. Mais peut-être que...

« Peut-être que ce jour là, ce n'est pas Ambre qui a disparu. Peut-être que c'est toi. » ricana la voix dans ma tête.

Je ne devais pas l'écouter... mais d'un autre côté... La Ombre que j'étais il y a un an était morte, ça ne faisait aucun doute. Celle qui était prête à tout, celle qui voulait hurler à pleine voix qu'elle existait, celle qui aurait tout fait pour rester fidèle à elle même. Je m'assis sur un banc. C'était la rentrée des classes aujourd'hui, mais je ne pensais sans doute pas m'y rendre. J'allais faire comme tout les jours et vivre dans cette monotonie avec Jean et sa petite sœur. Sans passé, sans futur, sans rien.

Il pleuvait beaucoup. Il commença à pleuvoir sur mes joues. La rue était pratiquement vide, mais quelqu'un se dirigeait vers moi. Dans la brume on aurait dit... Ambre ? C'était impossible, elle était encore perdue sur Lyoko ! Après quelques secondes, je remarquai que la personne avait de long cheveux bleus... Quelle idée stupide de croire que c'était ma « moitié »... je devenais vraiment parano.

En tout cas, cette nouvelle arrivante s'arrêta juste devant moi. Elle était trempée, tout comme moi, mais si je grelottais de froid, elle, semblait rester insensible à ces intempéries. Elle pencha la tête sur le côté en me regardant.

« Quoi ? T'as un problème ? »

Elle ouvrit la bouche, comme si elle voulait dire quelque chose, mais se ressaisit. C'était quoi, une mendiante ? Franchement, est-ce que j'avais l'air d'avoir de l'argent ?! C'est alors que contrairement à toutes mes attentes et avec une rapidité fulgurante, elle me donna un coup de poing dans le ventre d'une force incroyable qui me projeta en arrière de quelques mètres. Encore sous le coup de la surprise, je me relevais. C'était... c'était pas possible, elle était toute frêle ! Comment pouvait elle avoir une telle puissance dans les bras ? Encore endolorie, je m'écriai :

« Mais ça va pas bien ? Si c'est la baston que tu cherches tu vas pas être déçue ma vieille ! »

Je savais toujours me défendre. Je n'étais pas prête d'oublié l'une des choses qui m'avait permis de m'en sortir jusque là. J'avais réussi à faire face à Melvin lorsqu'il était possédé par X.A.N.A., c'était pas une pauvre ado qui allait me chercher des noises. Elle allait voir ce qu'elle allait voir.

« Ombre, je vais te demander de me suivre. S'il te plaît. » dit-elle soudainement, avec une voix creuse, comme si c'était une récitation.

Co... comment m'avait-elle appelé ?! « Ombre »... ? Mais... personne ne connaissait mon existence, sauf Melvin, et il ne me considérait que comme un avatar d'Ambre ! Alors que mon agresseuse se rapprochait dangereusement de moi, je compris que quelque chose ne tournait définitivement pas rond. Tout mes sens étaient en alerte. Vu la force dont elle avait témoigné, je n'avais strictement aucune chance. Je me mis à courir, aussi vite que je le pouvais, une voix moqueuse résonnant dans mon crâne, répétant encore et encore :

« Tu vois ? Je te l'avais dit ! »


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Spoiler


Dernière édition par Pilorde le Ven 25 Mai 2018 06:32; édité 1 fois
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Minho MessagePosté le: Mer 23 Mai 2018 10:19   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Messages: 98
Remarque préliminaire : Une fois n'est pas coutume, ce commentaire abordera plus la question de ton univers, ta décision de revenir une nouvelle fois, que l'intrigue en elle-même. Mais promis, je reviendrai très vite pour parler plus en profondeur du scénario, cela ne me semblait juste pas en adéquation avec tout ce que j'avais déjà à dire pour aujourd'hui Wink

Définir une fanfiction est une tâche compliquée car il existe un très grand nombre d'écrits d’un caractère très divers, de manière qu’on a du mal finalement à définir le terme, le style de ces univers plus ou moins attractifs selon les goûts de chacun.
Le constat que pose les lecteurs de ce forum est assez déstabilisant pour les critiques au vu de sa diversité mais malgré les difficultés, il y a eu des tentatives de circonscrire le genre (fan)fictionnel en ces lieux.
On va trouver certains commentaires qui vont se concentrer (exclusivement) sur le contenu, les rouages qui, une fois enclenchés, font tourner correctement cette vaste machinerie qu'est l'intrigue. Dans ces conceptions, la fanfiction apparaît parfois trop simplement comme un genre qui parle d’amour et d’aventure. Ceci est beaucoup trop restrictif car il y a des récits qui ne parlent ni d’amour, ni d’aventure et qui sont quand même des fanfictions autonomes.
Certains ont pensé à établir une typologie de la fanfiction basée sur le statut des personnages romanesques, de DA, desquels serait dérivé l'écrit en question. On peut dire que c’est à la rigueur possible jusqu’au moment où les auteurs n'utilisent pas les pinceaux des Nouveaux Romanciers. A partir de ces derniers où le personnage s’effrite, cela n’est plus possible de se baser sur les seuls protagonistes pour cerner un récit.
Certains ont essayé d’établir une typologie basée sur les formes. Là encore, cela ne parait pas satisfaisant puisque les formes que peut épouser la fanfiction sont extrêmement nombreuses (écrit poétique, fleuve, d4rk,…). Là encore, on a des types d’énonciation qui sont bien différents (à la première personne, 3ème personne, 2ème personne même dans certains cas,…).
Outre le fait que tous les types d’énonciations sont possible, l'auteur peut singer l’énonciation des autres genres, c’est-à-dire qu’il peut raconter comme un historien, un diariste, un commissaire de police, etc. La fanfiction a un côté caméléon, ce que tu représentes à merveille selon moi car Code Alpha est un patchwork d'émotions : on rit, on pleure, on frissonne... en particulier devant le personnage de Steve qui est particulièrement réussi (c'est dit très simplement mais c'est véridique, je suis passé par tout un tas de sensations plus ou ou moins agréables à la lecture. Cela n'est pas donné à tout le monde de provoquer chez le lecteur de la joie, du dégoût, de manière aussi puissante en tout cas).

Quand on regarde l’histoire littéraire du forum, on se rend compte que Code Alpha a eu tendance à se développer aux périodes où les autres écrits avaient tendance à se désagréger, avec des auteurs moins présents dans le coin ou une inspiration moins grande néanmoins. Toi, tu mélanges tout sur ton topic. Ta fanfiction va parodier tout un tas de genres (le drame côtoie la comédie grossière qui côtoie elle-même la science-fiction), tu va romaniser toutes ces tendances littéraires, tu vas les intégrer à ton œuvre. Tu vas mélanger tous ces genres, parfois inconsciemment sans nul doute, en dénonçant leurs conventions, leurs formes, leurs langages convenus. Tu emmènes ton lecteur là où on ne t'attend pas forcément. Il y a de l'action, du monologue intérieur, des adultes qui se joignent à la valse des adolescents, du scolaire terrifiant quoique parfois reposant, du journal intime, etc. Au fur et à mesure, ta fanfiction va éliminer certaines touches (l'humour se fait plus rare au fur et à mesure que les enjeux augmentent) et tu vas en profiter pour intégrer les autres rebondissements de force, parfois de manière trop brutale (comme la mort qui tombe à la fin du chapitre, l'exécution froide qui débarque sans que le lecteur n'y soit préparé). Tu vas successivement reprendre les thèmes et les procédés du thriller, du roman réaliste, de la satire qui se veut critique et moqueuse de son sujet. Pour ce dernier point, je pense particulièrement à tes personnages (Antoine en tête) que tu ne manques pas de juger sévèrement à la moindre occasion Et c'est ce que j'aime le plus chez toi, tes protagonistes sont tous des antihéros, mais tu ne tombes pas pour autant dans le travers d'en faire tous des psychopathes. Leurs parcours et leurs choix restent totalement cohérents avec leur âge, leur background et les dérives propres à l'adolescence sont correctement abordées selon moi.

Par contre, force est de constater que le critique qui veut analyser Code Alpha dans sa globalité est confronté à plusieurs problèmes :
- Il n’y a pas vraiment de règle formelle : ta fanfiction a un côté hors-la-loi, par opposition à la main de fer de certains qui en font un genre très codifié.
- Les origines de ton intrigue principale sont floues et discutées : quand est-ce que tout ça apparaît vraiment ? Est-ce qu’il faut considérer certaines formes qui semblent précéder la première version comme de simples erreurs du passé ? Dois-je lire ce que tu présentes comme "moins bon" en sachant que je vais être certainement spoilé sur quelque chose qui s'annonce meilleur ? C’est difficile à dire.
- L’objet principal du scénario et tes propres intérêts/envies ont énormément évolué avec le temps, ce qui ajoute à la difficulté à mon sens de te cerner amplement en tant qu'auteur.
- Les moyens employés et le ton de ton récit sont extrêmement variables.
- C’est le seul texte qui semble en permanence inachevé au sens où c’est un texte qui est encore extrêmement vivant, un topic qu’on continue à explorer avec plus ou moins de surprises à la clé.

C’est une tentative de cerner ton travail très discutable et pauvre, j'en suis bien conscient. Si elle est si pauvre, c’est parce qu’il est peut-être impossible de définir vraiment Code Alpha. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, les commentaires se sont succédé mais il faut croire que chacun vit de manière inédite l'expérience immersive que tu nous proposes. Le plus étonnant, c’est que Code Alpha va aller jusqu’à intégrer les critiques qui lui sont faites, en se renouvelant sur d'autres topics et en étendant le sous-forum un peu plus. Ta diégèse intègre donc une palette considérable de genres et va jusqu’à intégrer les critiques qu’on lui adresse, ce qui est honorable quand on constate que la tendance est plutôt à ne jamais se remettre en question.

Pour finir, je vais parler du nœud de tout ça selon moi, ce qui suscite sans aucun doute l'intérêt de ceux qui te lisent : le cas Ambre/Ombre. Ce mythe du double connait un très grand succès dans la littérature occidentale car cette thématique double offre beaucoup de possibilités, notamment du PDV du moi, dont les possibilités sont prolongées. Ombre est une sorte de deuxième « moi » qui va rentrer en conflit avec le « moi » original. A l’époque du Romantisme, le double va exprimer une crise de l’identité, ce qui est toujours le cas chez Maupassant (on peut le voir dans sa nouvelle "Le Horla"). Répercussion large dans la littérature qui suivra cette période, et encore aujourd'hui d'ailleurs. Outre les possibilités prolongées du « moi », le double est aussi une figure essentiellement narcissique qui permet d’incarner ses envies les plus secrètes : Ombre peut permettre à Ambre de réussir là où le « moi » original échoue. C’est une figure de la transgression qui permet au « moi » double d’assouvir ses pulsions. Si l'on prend l'exemple de Stevenson, Hyde permet au Docteur Jekyll d'effectuer toutes les recherches que la société victorienne de l’époque, particulièrement stricte, lui interdit de faire.

Le double altère toujours le « moi » original : il a un impact dessus. Presque dans tous les cas, un conflit mortel est mené entre le « moi » original et le « moi » transgressif. Le double essaie d’accaparer la place du « moi » originel (il veut l’expulser) et cela se vérifie dans ton intrigue. L’être originel ne peut se libérer qu’en tuant le double ; mais paradoxe car tuer le double, c’est au fond se tuer soi-même. Ré-identification de l’un et de l’autre au moment de la mort. C’est le prix à payer pour retrouver son intégrité... pas vrai Ambre ? Est-ce cela qui l'attend ? Le retour d'une fillette brisée par sa nature profonde ? L'avenir nous le dira !
Enfin, cette forme du double va aussi entraîner certaines particularités narratives : la dualité s’inscrit dans la matérialité du texte. C’est un thème que le fantastique va beaucoup exploiter. Renouvellement de la narration, il y a deux points de vue sur ce que vit Ambre/Ombre mais aussi deux versions à Code Alpha, un hasard ?

Au plaisir de lire la suite, bravo pour ta persévérance !
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