CodeLyoko.Fr
 
 Dernières news  
[Site] Apparaissez sur la chaîne offici...
[Créations] Notre Communauté n'a pas perdu s...
[IFSCL] IFSCL 3.6.X, 8 ans et plus!
[Code Lyoko] Usine Renault : Un peu d'...
[IFSCL] IFSCL 3.6.X: Trailer
[Code Lyoko] Reboot : The Guardian Code
[Code Lyoko] Décès de Carlo de Boutiny
[Site] IFSCL 3.5.0 sortie
[Site] 10 ans plus tard... Les scripts ...
[IFSCL] IFSCL 3.5.0: Trailer
 
 Derniers topics  
[Discord] Role Play Code Lyoko
Parodie Audio - Code Lyok Ouille
Pour mieux se connaître
[Jeu Vidéo Code Lyoko] IFSCL
[Fanfic] Le futur nous appartient
[Film] Adaptation CL Chronicles : LIVE
[Fanfic] Un exil forcé
[One-shot] Ravages
[Fanfic] Information war
[Fanfic] Human
 
     
 Accueil | Règles du forum News | FAQ | Rechercher | Liste des Membres | Groupes d'utilisateurs | T'chat | Retour au site 
  Bienvenue, Invité ! (Connexion | S'enregistrer)
  Nom d'utilisateur:   Mot de passe:   
 

[Fanfic] Trepalium, Familia, Patria

Forum Code Lyoko | CodeLyoko.Fr Index du Forum -> Vos Créations -> Fanfictions Code Lyoko


Page 1 sur 1







Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet


Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant 
 Auteur Message
Draynes MessagePosté le: Jeu 07 Déc 2017 20:31   Sujet du message: [Fanfic] Trepalium, Familia, Patria Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 164
Bonjour ou bonsoir selon l'heure à laquelle vous voyez ce message xD eh ouais, je suis de retour sur le sous-forum avec une nouvelle fanfiction, suite à une nouvelle idée qui a germée dans ma tête x) cette nouvelle idée étant, tout connement, une suite de "La Famille" x).
Sa lecture est fortement conseillée, donc, pour pouvoir bien appréhender cette fiction, même si ce n'est pas obligatoire, étant donné que je rappellerai les événements principaux de la fanfic' précédente durant celle-ci, afin que ceux qui décident de la prendre sans avoir lu "La Famille" puissent suivre (même si je vous presse d'aller la lire, en faisant abstraction toutefois du début un poil faiblard Mr. Green)

Évidemment, je tiens à préciser maintenant que ça ne signe pas l'abandon de "Game of Power" pas du tout, c'est juste que j'ai envie d'un peu me diversifier en terme d'écrits et de toujours avoir des choses à vous proposer x) j'ai parfaitement conscience que les chapitres de GoP sont relativement conséquents et me prennent énormément de temps, c'est pourquoi je vous propose à côté cette fanfic plus modeste, qui devrait être plus courte et moins scénarisée de A à Z, je m'autorise donc quelques imprévus Mr. Green.

Bon, on en arrive aux recommandations d'usage : ceux qui me connaissent savent ce dont je suis capable, même si cet écrit sera beaucoup moins violent et glauque que Game of Power, normalement x).
Toutefois, il y aura des morts, de la torture, du glauque etc... Parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne Mr. Green

Du coup, je ne vais pas vous retenir dans la préface plus longtemps, je vous laisse profiter de ma nouvelle idée avec un prologue introductif et un premier chapitre qui suit le même chemin x).
Sur ce, j'espère que la surprise vous plaira Mr. Green

Prologue : Un Retour Miraculeux


Chapitre 1 : Des Courriers Mystérieux


_________________
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/siffle11.pnghttp://i.imgur.com/x05bL4j.pnghttp://i.imgur.com/MfmDTMk.png


Dernière édition par Draynes le Mar 03 Avr 2018 15:41; édité 6 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
 
Draynes MessagePosté le: Jeu 07 Déc 2017 20:32   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 164
PROLOGUE : Un Retour Miraculeux


Lieu Inconnu, Région Inconnue, Pays Inconnu – 1er Juin 2008


L'homme se déplaçait énergiquement dans les couloirs du complexe, après avoir été alerté dans son bureau par un jeune apprenti qui soufflait bruyamment comme un animal en rut. Il avait l'air de sortir d'un marathon, et l'homme comprit immédiatement pourquoi en entendant la nouvelle.
D'ailleurs, l'apprenti faisait à cet instant le maximum pour rester dans son sillage, mais l'homme naviguait entre les couloirs d'un pas vif, alerte et puissant. Il ne prenait même pas la peine de lire les panneaux collés au mur, il connaissait parfaitement le chemin. Après tout, il en était le fondateur, c'était donc normal qu'il savait parfaitement se repérer.
Après deux minutes de marche effrénée, il arriva devant une immense porte de métal qui menait à la morgue, sa destination, là où s'était déroulé un miracle. Cependant, il n'entra pas de suite, et attendit patiemment que l'apprenti soit arrivé à ses côtés, lui qui s'était arrêté un instant pour reprendre son souffle.
L'homme plus âgé, lui, ne semblait pas du tout fatigué. Étant un sportif par nature, ce genre d'exercice ne le fatiguait pas, bien au contraire : ça le stimulait et le motivait derechef.
Sa voix de baryton résonna alors dans le couloir et son écho se perdit dans le lointain en ricochant contre les parois de métal quand il demanda à son interlocuteur de l'instant :
« J'espère pour vous que ce que vous m'avez rapporté dans mon bureau est vrai et qu'il ne s'agit pas d'une vulgaire fanfaronnade.
— Ne... Ne vous inquiétez pas Monsieur, rétorqua le jeune homme en rougissant légèrement, c'est Puella elle-même qui m'a envoyé.
— Elle vous a dit le sujet de l'expérience d'aujourd'hui, qui aurait réussie ?
— Euh... Ah oui, elle m'a dit de vous dire que c'était en rapport avec le projet Pater ! »

À cette mention, un éclair de lucidité traversa le regard placide de l'homme et un petit sourire éclaira son visage, avant qu'il ne se retourne vers la porte et annonce avec un ton beaucoup plus chaleureux :
« Tu as bien bossé petit. Demande à ton chef de monter ta prime, il comprendra. Et maintenant, va !
— Oh merci beaucoup Monsieur ! rétorqua l'apprenti en partant dans le couloir avec un grand sourire gravé sur son visage. »
L'homme savait se faire aimer de ses employés, il estimait que la terreur ne permettait pas tout et, même si certains de ses collègues n'étaient pas totalement en accord avec cette théorie, ça lui avait pour l'instant réussi. Il espérait cependant que ça continuerait une fois qu'il aurait ouvert cette porte.
Et c'est ce qu'il fit : la pièce était partiellement plongée dans le noir et seules trois personnes se situaient à l'intérieur.
La première, une femme, se tourna en entendant le son de la porte, lui fit un rapide hochement de tête amical avant de se recentrer sur l'objet de l'attention général. L'homme savait pertinemment qu'elle était habituellement plutôt distraite et hyperactive, alors pour que quelque chose la captive, il fallait vraiment que ça soit exceptionnel.
La seconde n'était qu'un simple employé, un médecin chargé de surveiller les fonctions vitales de la personne la plus importante de cette pièce. Pendant un instant, l'homme vit le visage du responsable de ce miracle apparaître devant ses yeux et il se promit de le récompenser grassement, toutefois si le sujet ne crevait pas entre ses mains dans quelques minutes.

Quand le médecin le vit s'approcher tranquillement et doucement, le son de ses pas résonnant dans l'enceinte de la petite pièce qui ressemblait plus à un bloc en métal qu'à une salle de dissection et de congélation de cadavres, une goutte de sueur perla sur son front, mais l'homme le rassura par un sourire aimable et énonça de sa puissante voix :
« Veuillez sortir, je vous prie, j'ai à m'entretenir avec notre... miraculé !
— Très bien Monsieur, s'empressa de répondre le médecin avec un soulagement dans la voix palpable.
— Comment va-t-il ? murmura l'homme à l'oreille de son employé quand il passa vivement à côté de lui.
— Ses fonctions vitales sont excellentes et tout fonctionne normalement d'après les quelques tests que j'ai pu effectuer, répondit immédiatement le médecin avec un regard en biais en direction de son patient, mais il me semble étrangement... amorphe. Vu sa réputation, vous comprenez... »
L'homme avait compris et il le congédia d'un rapide signe de tête avant de fixer son regard sur le patient en question qui le fixait droit dans les yeux. Le silence qui s'ensuivit ne fut rompu que par le mouvement de la porte qui s'ouvrait et se refermait, et par les tapotements nerveux de la femme sur l'arme qu'elle portait autour de sa ceinture.

Soudainement, l'objet de l'attention prit la parole avec une voix éraillée, comme si elle n'avait pas été utilisée depuis des années :
« Comment je suis mort ?
— Ça fait un an qu'on vous a retrouvé criblé d'au moins une dizaine de balles de pistolet dans le torse et une dans la tête. Un de mes agents vous a ramené ici et nous vous avons conservé au frais en attendant de trouver un moyen de vous ramener.
— Et si je suis là, railla le revenant en promenant son regard marron foncé si classique sur l'ensemble de la pièce, j'en déduis que vous avez réussi. Comment ?
— Nous tenons au secret professionnel, rétorqua l'homme avec un petit sourire amusé, vous comprendrez donc aisément pourquoi nous gardons cela secret. »
Un petit rictus agacé naquit sur le visage du nouveau vivant, qui prit appui sur ses bras pour se soulever du lit sur lequel il était assis depuis maintenant plus d'une demi-heure. La femme, par réflexe, porta la main à son arme mais l'homme l'interrompit par un simple, mais sévère claquement de langue.
Le revenant afficha un regard surpris quand il s'aperçut qu'il arrivait à tenir debout sur ses jambes sans aucun tremblotement et il se mit à tester son corps en marchant sans aucune difficulté, comme s'il n'était jamais mort. La femme parla pour la première fois depuis le début de l'entrevue, avec une voix aimable, pour anticiper la question qui allait jaillir des lèvres du maigre gaillard :
« Évidemment, votre corps était relativement abîmé, alors on en a profité pour vous faire quelques... améliorations, notamment au niveau de votre motricité, comme vous pouvez le constater.
— Mais bordel, vous êtes qui à la fin et comment vous êtes capables de faire ça ? commença le patient avec un accent légèrement inquiet, comme s'il commençait à s'énerver.
— Vous nous connaîtrez, rétorqua la voix de baryton de l'homme qui semblait vouloir éviter un probable débordement, sous les noms de Avus pour moi et Puella pour ma charmante collègue. »

Cela ne sembla pas tranquilliser le ressuscité, qui ferma les yeux une seconde plus tard comme s'il enregistrait l'information, et continua ses questions avec une moue agacée et une incompréhension palpable dans la voix :
« Pourquoi vous m'avez ramené à la vie et, putain de bordel de merde, comment vous avez fait ? En quoi je peux vous être d'une quelconque utilité ?
— Disons que nous avons besoin de vos talents, rétorqua avec une soudaine sécheresse la femme qui voulait garder le contrôle de la situation, et nous vous connaissons, nous avons entendu vos exploits alors comprenez bien que...
— Quel est votre dernier souvenir ? l'interrompit soudainement l'homme qui semblait réfléchir depuis quelques secondes »
Le revenant afficha pendant quelques instants une mine perplexe, de même que la femme qui semblait un tant soit peu vexée par cette interruption, mais Avus n'en avait cure. Tout ce qui l'intéressait en cet instant, c'était la réponse de, peut-être, leur futur nouvel homme de main.
Et, quand il vit le regard marron foncé de l'homme se teindre d'une once de haine, son cerveau afficha une mine satisfaite car il sut alors avoir remporté la partie.
L'homme ouvrit la bouche pour poser une question, mais il vit à la mine désolée de Avus que la réponse était sous ses yeux. Il la referma, se prit le visage dans les mains pendant quelques secondes, avant de se redresser et de demander avec un ton froid :
« Qu'est-ce que vous attendez de moi au juste ?
— Oh pas grand chose, rétorqua Puella avec un petit sourire suffisant, juste de terminer ce que tu as commencé... Pater. »

Le susnommé n'avait plus rien à perdre : il était mort, revenu à la vie, entouré de mystérieux nouveaux alliés qui lui offraient une nouvelle chance. Et il n'allait pas se priver pour la croquer à pleines dents. Il n'avait jamais, de toute façon, éprouvé dans sa vie le moindre remord ou la moindre réticence, alors pourquoi ne pas en profiter ?
C'est ainsi que, en affichant un sourire carnassier, Sean Baker passa la main dans ses cheveux roux et demanda simplement :
« Quand est-ce qu'on commence ? »
_________________
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/siffle11.pnghttp://i.imgur.com/x05bL4j.pnghttp://i.imgur.com/MfmDTMk.png


Dernière édition par Draynes le Sam 16 Déc 2017 14:53; édité 5 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
 
Draynes MessagePosté le: Jeu 07 Déc 2017 20:33   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 164
CHAPITRE 1 : Des Courriers Mystérieux



Brest, Bretagne, France – 1er Septembre 2009


Eugène Briscoll était fatigué, les vacances d'été étaient passées à une vitesse folle, le discours annuel du proviseur lui vrillait les tympans déjà fragilisés par les six verres de whisky bus avant de se diriger vers l'établissement et, surtout, il ne souhaitait vraiment pas retourner enseigner.
La raison n'était pas qu'il détestait son métier, mais il était surtout dans une mauvaise passe : sous ses airs de « quaterback » avec son mètre quatre-vingt dix bien entamé, ses cheveux blonds coupés courts à la militaire et des yeux bleus clairs évoquant le ciel étrangement dégagé, il avait tout pour plaire. Mais son humeur, elle, n'était pas au beau fixe : il déprimait.
Le souvenir de sa femme le hantait chaque jour et les conquêtes successives qu'il emmenait dans son lit après avoir bu un verre de trop ne le soulageaient pas, loin de là. Le petit sourire de Agathe et son air désespéré au moment de sa mort revenaient le hanter et il se mettait alors à pleurer.
Souvent après l'acte, quand elle était partie, parfois pendant : il ne s'en formalisait pas à vrai dire, quand ça devait sortir, il ne se refrénait pas du tout.
Ce n'était absolument pas son genre.

Le silence qui se fit soudainement dans la salle de sport du collège Kerhallet dans lequel il officiait le fit relever la tête et son regard blasé se perdit dans le lointain, jusqu'à ce qu'une voix aimable ne résonne dans ces oreilles :
« Bah alors, ne me dis pas que t'as déjà bu ? Putain, il est que 9 heures du mat' !
— Ta gueule Stéphane, répondit avec un ton bourru et un air amusé Eugène, t'as pas à me dire ce que je dois faire, si j'ai envie de boire, je me lâche point !
— Ça répond pas à ma question... »
Un soupir agacé fut sa seule réponse et le fait que le grand blond se lève mit un terme à la conversation naissante, du moins en apparence. Car Stéphane Guimart n'était pas le genre à laisser les choses se dérouler sans tenter d'influencer un minimum.
« Non, répondit-il en se plaçant subitement devant lui, je veux une réponse claire et concise, même si je crois avoir déjà deviné... Combien ?
— Six, répondit Briscoll en se grattant la nuque vigoureusement, et du Single Mat Armorik de 1991, si tu veux tout savoir.
— Eh bin tu t'améliores mon cochon, énonça en souriant le puissant professeur de sport, d'habitude tu t'en enfiles dix d'affilée ! T'es peut-être en train de te faire une cure.
— Rêve pas, répondit Eugène avec un sourire blasé, ça partira pas... »
C'était pour cela que le professeur de mathématiques adorait son collègue : il savait être sérieux quand il le fallait, et à ces instants son rictus moqueur qui recouvrait habituellement son visage se dissipait, il passait une main dans ses cheveux inexistants par réflexe et ses yeux gris pâles se voilaient.

Le blond s'attendait, dans ces instants là, à une grande tirade censé le tirer de sa dépression bien installée, mais une simple question franchit les lèvres de Stéphane :
« Agathe ? Mais pourtant, c'était il y a plus de dix ans...
— Que veux-tu, répondit l'homme en dardant son regard triste vers la scène de laquelle descendait le proviseur, j'ai une mémoire d'éléphant malheureusement...
— Et tes coups d'un soir ne servent à rien, on dirait...
— Oh, rétorqua Briscoll en observant Augustin se diriger vers eux avec un pas pressé, elles m'aident sur le coup, mais c'est tout... Attends, vlà le chiant, on reprendra après »
Ayant saisi le message, Guimart lui fit un léger signe de tête chaleureux et se prépara à l'arrivée du directeur, qui prenait toujours un malin plaisir à s'incruster dans les discussions sérieuses, et il le fit rapidement avec une simple formule de bonjour :
« Briscoll, Guimart, je suis content de vous voir ! Alors, prêt pour cette rentrée ?
— Aussi chaud qu'on puisse l'être actuellement, Monsieur. répondit Eugène avec un ton aigre et désintéressé »
Stéphane, qui connaissait le dédain de son collègue récent envers le proviseur, détourna l'attention de l'homme avec un aimable sourire. Il s'y connaissait très bien, savoir user de son charme pour détourner les gens de leur discussion, surtout s'il était intéressé par les hommes en question. Et Augustin Bartoux, du haut de son mètre quatre-vingt, avec ses petites lunettes rondes, ses yeux verts clairs et ses cheveux châtains plutôt sombres entraient typiquement dans le genre d'homme qui plaisait à Stéphane.
Et ça, Eugène le savait très bien, et il n'avait rien contre l'homosexualité de son ami. Non, c'était plutôt son « crush » qui l'énervait au plus haut point. Sa condescendance, son ton hautain, sa curiosité... Tout chez Bartoux énervait Briscoll, et le proviseur ne prenait pourtant pas outrage de son comportement très... réservé et froid.

Soudainement, en baissant les yeux, il put observer que sa main droite s'était mise à trembler et ce, de plus en plus rapidement et violemment. En maugréant et en réprimant un juron, il se dépêcha de la ranger dans sa poche et se fendit d'un simple et classique :
« Je dois y aller, faut que j'aille au petit coin et je repasserai sûrement pas ici avant demain, j'ai de la famille qui vient cet après-midi...
— C'est pas grave, répondit Augustin avec un sourire en se tournant vers Eugène avant d'ajouter en haussant les sourcils, mais au fait, quelqu'un a déposé un courrier inconnu dans la boîte aux lettres, ça vous concerne peut-être.
— Comment ça ? demanda Stéphane avec un air visiblement intrigué pendant que Briscoll se détournait avec un air maussade.
— Eh bien, il y a un nom d'écrit, mais personne ici ne s'appelle comme ça, alors bon ça doit être un canular... »
Le grand blond aux yeux bleus n'entendit pas le reste de la conversation, puisqu'il s'était déjà éloigné le plus vite possible dans le couloir menant à l'extérieur, son sac de cours posé sur son épaule.
Arrivé dans la rue, il jeta un regard rapide en arrière, pour bien observer que personne ne risquait de le surprendre, et il sortit la fameuse bouteille de whisky de 1991 qu'il gardait précieusement pour en boire quatre-cinq grosses gorgées. Le feu qui brûla dans ses entrailles lui fit le plus grand bien, sa main cessa petit à petit de trembler et la crainte d'être vu se transforma en une joie sans pareil.
Peu de choses arrivaient à le sortir de sa déprime, et l'alcool était certainement ce qui réussissait le mieux, il ne regrettait même pas d'être accro aux boissons, à vrai dire.
Elles l'aidaient quotidiennement et, même si Stéphane tentait de l'en sortir, il savait qu'il ne pourrait trouver un meilleur échappatoire.

Cependant, ses yeux eurent le malheur de glisser vers le sol, sur lequel se trouvait la fameuse lettre dont avait parlé Augustin, que ce bouffon avait du laisser la en espérant que quelqu'un marche dessus ou la ramasse.
Immédiatement, en lisant le nom marqué à l'encre noire sur le devant de la lettre, il eut une sueur froide et referma immédiatement la bouteille. Le cœur battant, il la rangea dans son sac, saisit cette maudite enveloppe et l'ouvrit tellement violemment qu'il l'arracha presque en deux.
Ses mains froides, énormes et maladroites déplièrent avec le plus de délicatesse possible le papier précieux et il blêmit à vue d’œil en voyant les caractères latins écrits sur cette feuille qu'il allait apprendre à haïr.

“Vos pugnam vicistis.”

“Non putatis bellum vincere.”

“Avus”



XVème Arrondissement, Paris, France – 2 Septembre 2009


Archange, assise derrière son bureau, maugréait en tapotant sur son ordinateur aussi rapidement que ses mains le lui permettaient. Elles hurlaient grâce, exigeaient un peu de repos, mais la jeune femme désirait en finir le plus vite possible et donc, continuait. C'était sa philosophie, ce pour quoi le patron l'avait engagé : à bas la procrastination, le travail donné devait être rendu dans la journée.
À la base, c'était la meilleure agente de sa promotion, mais le patron en avait décidé autrement après un regrettable incident dont elle n'était évidemment même pas responsable. Elle était plus, comme on peut le dire dans le jargon, une victime collatérale. Elle devait maintenant se cantonner à un poste classique d'employée de bureau, ce qui enrageait la jeune femme habituée à l'action.
Elle voulait de nouveau faire ses preuves, avoir des responsabilités. Elle voulait de l'action, que diable ! Mais tout cela, c'était dans ses rêves... Le boss n'était pas du tout dans ses beaux jours en ce moment, il déprimait. Et Archange désespérait, avec l'aide de ses collègues, de trouver quelque chose pour l'aider.
Car, sans le patron, plus rien ne fonctionnait, c'était comme si le temps s'était arrêté dans le service. Les missions n'avançaient pas, les nouveaux agents commençaient petit à petit à en avoir marre, et Archange pouvait parfaitement les comprendre, mais elle avait aussi apprise à se tasser, et attendre sans rien faire.

Cependant, une voix amicale la sortit de ses moroses pensées en déclamant avec un certain sens du lyrisme ironique :
« Eh bin dis donc, elle a l'air palpitante ta mission d'aujourd'hui ! Encore un rapport classique ou un accident quelconque ?
— La ferme Lazare, rétorqua la femme avec un ton amusé qui déclencha un léger rire chez son interlocuteur, dis moi plutôt ce que le coursier officiel de l'agence vient foutre ici ? »
La réplique, prononcée pourtant sans méchanceté, fit disparaître le sourire naissant sur les lèvres du balafré et il ne s'en formalisa pourtant pas. Le collègue de Archange était habitué à ses répliques cinglantes et bien senties, c'est pourquoi il se contenta de lever la main pour que cette dernière puisse voir une lettre qui était auparavant hors de sa portée, sous le bureau.
Intriguée, la jeune blonde de vingt-deux ans se pencha en avant pour que ses yeux d'ébène puissent déchiffrer le nom inscrit en encre noire sur l'enveloppe. Une fois que cela fut terminé, elle haussa les sourcils et demanda :
« Depuis quand Savin reçoit du courrier ?
— C'est la première fois, rétorqua Lazare en haussant les épaules et en faisant se perdre ses yeux bleus sombres dans ceux de sa collègue, depuis que je suis à ce poste en tout cas... Tu m'accompagnes ? C'est pas bon de se ramener seul à son bureau par les temps qui courent.
— Parfait, répondit Archange avec un sourire en saisissant son gilet qui traînait sur son fauteuil et en éteignant rapidement l'ordinateur après avoir enregistré son document, fallait que je me dégourdisse les jambes, de toute manière. »

L'agente, une fois dans le couloir, suivit son collègue en direction de l'ascenseur situé au fond du bâtiment. À sa droite, les éternels bureaux inoccupés donnaient, de l'extérieur, l'illusion qu'il s'agissait d'un immeuble classique, ce qui était normal vu que l'anonymat de l'endroit était essentiel pour la bonne tenue des opérations.
Savin, après la démission de l'ancien directeur, avait tenu à conserver cette tradition et avait expliqué directement à ses nouveaux agents, dont Archange et Lazare, le but de la manœuvre et cela alors qu'il venait à peine de prendre son poste. À cet instant, la jeune femme avait commencé à admirer son patron, qu'elle était prête à suivre jusqu'au bout du monde.
Maintenant, elle devait bien reconnaître ne plus le voir de la même façon : il donnait juste l'impression d'être un jeune cadre déprimé, les rares fois où ses sbires pouvaient le voir cavaler dans un couloir pour aller boire un café. Sinon, il restait dans son bureau à déprimer et à échanger avec les rares élus qui pouvaient entrer sans se faire chasser.
Et Lazare, avec sa cicatrice qui partait du bas du cou pour terminer en ligne droite au milieu de la joue gauche juste en dessous de son œil de couleur bleu sombre et ses cheveux blonds clairs à la limite de la teinture, faisait partie de ses rares élus. Et là, pour la première fois depuis longtemps, Archange allait pouvoir le voir, lui parler. Elle n'arrivait pourtant pas à être excitée.
L’entièreté du trajet se passa sans qu'aucune parole ne soit prononcée, de même que la montée de l'ascenseur jusqu'au bureau du chef des services secrets, mais cela ne dérangeait pas Archange : elle savait que son collègue n'était pas un très grand bavard et elle-même préférait se plonger dans ses pensées et les analyses que digresser avec d'autres personnes.

Quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, le regard noir d'ébène de la jeune agente se porta immédiatement sur son boss, debout les mains dans les poches en train de regarder l'extérieur de l'immeuble, au fond de l'immense salle de briefing. Elle nota d'ailleurs que la fameuse table mesurant au moins deux mètres de long était toujours là, ainsi que les chaises qui semblaient cependant commencer à vieillir.
La voix énervée de Savin la sortit cependant de ses réflexions incessantes :
« Je peux savoir ce que vous foutez là ?
— Y a une lettre pour vous, patron, je suis passé vous l'apporter !
— Je parle pas à toi Lazare, rétorqua l'homme en se retournant et en s'avançant vers le duo, mais à ta collègue. D'habitude, tu viens seul.
— J'avais besoin de marcher, et ce n'est pas interdit de rendre visite à son boss à ce que je sache ! répondit simplement la concernée en levant la tête pour regarder son interlocuteur dans les yeux »
Un rictus amusé et amer à la fois naquit sur le visage de l'homme à la barbe prononcée, aux yeux verts pommes et aux cheveux noirs charbons, en accord avec sa tenue résolument sinistre. Il se saisit rapidement de la lettre, fixa avec intérêt son nom et commença à l'ouvrir tout en commençant à parler avec un ton résolu :
« En tout cas, j'espère pour toi que ton dossier est prêt à être posé sur mon bureau demain à la première heure. Encore que je ne remets pas en cause ton professionnalisme, mais... »
Le chef des services secrets ne termina jamais sa phrase, se mit à serrer les poings et les dents de fureur à peine contenue. Les deux agents s'échangèrent un regard interloqué, Archange étant la plus choquée car voir Savin perdre ses moyens était quelque chose de rarissime.
Cependant, l'homme reprit immédiatement ses moyens, regarda la jeune femme dans les yeux et énonça avec un calme olympien :
« Qui d'autre dans le bâtiment est au courant pour cette lettre ?
— Personne Monsieur, répondit Lazare avec un ton perplexe, j'ai juste informé ma collègue comme l'exige le protocole...
— Personne ne doit être mis au courant, rétorqua immédiatement Savin en posant de manière brutale la lettre sur le bureau et en se détournant pour aller maugréer, mais tant que je vous ai sous la main... Je crois que vous allez retourner sur le terrain bientôt ! »

Le cœur d'Archange se mit à battre la chamade et elle réprima de justesse un sourire de satisfaction : enfin, cette lettre allait la remettre sur le devant de la scène et la pousser à faire ses preuves ! Savin savait normalement qu'elle était la plus compétente pour l'instant, mais depuis son épisode de déprime, elle n'avait jamais osé réclamer une mission de peur de la réaction de son patron.
Ce dernier semblait avoir repris du poil de la bête rien qu'en lisant cette foutue lettre et, quand il se retourna, une détermination sourde régnait dans son regard vert pomme. À cet instant, la désillusion n'en fut que plus forte dans l'esprit d'Archange quand Savin énonça avec un calme froid :
« Pour l'instant, on ne fait rien... Ça m'étonnerait que je sois le seul à qui cette lettre a été adressé, surtout quand je vois le nom inscrit dessus. Attendez d'avoir des nouvelles d'autres lettres et, si c'est le cas, venez me voir immédiatement. Ce sera tout. Disposez maintenant. »
Ses paroles n'amenaient aucune contestation possible et Lazare le vit immédiatement : étant de nature beaucoup plus raisonnable et pragmatique, il tira légèrement sa collègue furibonde du bras vers l'ascenseur, le visage de cette dernière n'affichant que la déception.

Une fois ses deux meilleurs agents partis, Savin laissa son expression confiante rejoindre le néant et son visage se décomposa. Il pensait savoir à quoi correspondait cette missive en latin, et si c'était le cas... Ils étaient tous dans une merde noire.
Toutefois, son regard vint relire pour la quatrième fois en moins de trois minutes la lettre, afin qu'elle soit bien imprimée dans son crâne jusqu'à la fin de sa vie.

“Minime excludunt pullos numeras unum, dilaceranda incendit.”

“Is error tuus est, et stipendium amet.”

“Pater”



Lycée d'État Jean Zay, Paris, France – 3 Septembre 2009


Quand Odd Della Robbia entra dans sa chambre d'internat, son premier réflexe fut d'enlever de manière souple ses chaussures et les envoyer balader à l'autre bout de la pièce, près du radiateur en dessous de la fenêtre menant à un petit jardin classique et mitoyen, pas trop grand ni trop petit, idéal pour accueillir les petits barbecues que les responsables organisaient parfois.
Directement à sa droite, dans l'entrée, se trouvait le réfrigérateur qu'il ouvrit en soupirant pour prendre une bière qu'il décapsula aisément, et d'un geste maîtrisé, avec l'outil soigneusement disposé sur son bureau, sur lequel reposait uniquement son outil de travail, un ordinateur déjà ouvert et prêt au service.
Cependant, son esprit divaguait et il s'assit sur son lit, situé sur sa gauche à côté d'une grosse armoire en bois contenant ses vêtements bariolés et d'une petite table de chevet sur laquelle reposait une lampe et un réveil quasiment inutile, puisque les insomnies du blond le réveillaient toujours avant six heures du matin. Il hésita pendant une seconde à allumer la télévision, placée idéalement au bout du lit afin qu'il puisse la voir même allongé, mais il préféra se caler confortablement contre le mur sur lequel son mur est collé et se plonger dans ses pensées.
Ses grands yeux bleus tristes, qui avaient étrangement pris une teinte grisâtre depuis maintenant quelques mois, le confortaient dans sa morosité et ses cheveux blonds délavés qui retombaient paresseusement sur ses épaules n'arrangeaient rien au schmilblick. Il savait qu'il devait se faire beau pour l'arrivée d'Aelita, mais il n'arrivait pas à se motiver, rien n'y faisait : il déprimait, comme ça lui arrivait souvent bizarrement.

Pourtant, la vie du garçon n'était pas non plus catastrophique et ce, même jusqu'à sa prochaine majorité : à 17 ans, il rêvait du moment où il pourrait enfin se proclamer comme étant majeur, surtout depuis que sa copine les avait atteint, tout récemment. Il devait bien s'avouer avoir été un peu jaloux sur le coup, mais il n'arrivait jamais à rester fâché bien longtemps quand il croisait son éblouissant regard vert émeraude.
Il était comme ça, amoureux, et il ne pensait vraiment pas réussir à se caser, surtout pas après les événements qui avaient à tout jamais changé sa vie : il était parti de Kadic pour arriver à Buffon, il avait repris ses études en main et était désormais en Terminale S Spécialité Mathématiques, il sortait avec sa meilleure amie depuis le début de l'année de primaire, soit quasiment un an au jour d'aujourd'hui.
Tout allait pour le mieux dans la vie du benjamin Della Robbia, en somme.
Et pourtant, les cauchemars revenaient, incessants, toujours les mêmes : un visage en particulier, un visage cruel et mesquin le tourmentait en rêve et ne voulait jamais le lâcher.
En y repensant, Odd prit derechef une nouvelle gorgée du liquide brûlant contenu dans la bouteille de bière, histoire de repousser cette hideuse face au plus profond de sa mémoire, à un endroit où elle attendra bien quelques heures avant de refaire surface pour se foutre de lui, de son état mental.
Une petite série de timides coups sur la porte le firent esquisser un sourire timide et aimant, avant que sa voix momentanément éraillée par l'alcool ne réponde de manière pressante :
« Vas-y, entre, je n'ai que ça à faire de toute manière !
— Alors comme ça, rétorqua l'adolescente en rentrant avec un ton et un sourire ironique, je ne suis qu'une distraction aujourd'hui ?
— As-tu été un jour autre chose ? rétorqua Odd avec un sarcasme perceptible tout en se redressant avec effort. »

Un léger rire moqueur jaillit de la bouche d'Aelita Belpois quand elle se pencha pour déposer un rapide baiser sur les lèvres de son compagnon avant de se redresser aussi sec et de surenchérir :
« Tiens d'ailleurs, j'ai croisé Héloïse dans le couloir tout à l'heure, elle m'a dit qu'elle voulait te voir pour un travail, un projet sûrement...
— Ah ouais, réagit rapidement Della Robbia en esquissant un sourire amusé, j'irai la voir après, y a rien d'urgent, c'est juste un DM de Chimie qu'on doit rendre en commun, tu vois le genre...
— Je vois parfaitement, répondit la jeune femme en jetant un rapide coup d’œil au décor de la petite chambre dans laquelle elle avait passé de longues heures, en ES on a aussi ça... Surtout en Économie, d'ailleurs ! »
En perdant son regard sur les cheveux teints en blond de la jeune femme qui lui arrivaient jusqu'au milieu du dos et ses yeux verts émeraude somptueux qui se perdaient dans la contemplation de la fenêtre, il se dit pendant un temps qu'il était très chanceux. Mais ce fut à cet instant que quelque chose de curieux se passa, qui ne lui arrivait d'habitude jamais quand il était avec sa copine.
La tête rousse qui le harcelait en rêve apparut devant lui, calmement posée sur son fauteuil de bureau et se contenta de lui susurrer d'une voix à la fois douce et incroyablement menaçante :
« Rappelle-toi que c'est grâce à moi que tu l'as... Hin hin hin... »
En entendant cela, le blond serra brusquement les poings, ce que remarqua Aelita qui avait entre temps braqué ses yeux sur sa personne :
« Qu'est-ce qui t'arrive ? Les cauchemars encore ?
— Maintenant, grommela Odd en portant son regard sur la chaise désormais vide avec un air soucieux, il apparaît même en cours, même quand t'es là... Ce connard de rouquin va continuer à me faire chier, même dans la mort...
— À qui le dis-tu, rétorqua avec une soudaine froideur la jeune femme en se détournant brusquement, tu sais que je continue à voir un psychologue pour mon viol... L'image de ce malade ne veut pas sortir de ma tête, même deux ans après...
— William aussi, répondit Odd en se levant facilement pour poser la bière sur la table et aller l'étreindre, m'a avoué qu'il revoyait ce psychopathe de Baker dans ses rêves... Notre passé ne partira jamais, faut vivre avec... »
Un long silence s'ensuivit, pendant lequel les deux adolescents s'enfoncèrent dans leurs moroses pensées, Odd ayant posé sa tête sur l'épaule de sa concubine qui le dépassait bien d'une bonne tête. Le garçon avait toujours été petit, et la poussée de croissance de sa copine avait été bien plus fulgurante, mais ça ne le gênait pas plus que ça. Maintenant, il s'en foutait des remarques que les quelques personnes qui ne les connaissaient pas émettaient.
Tout le monde ici, quasiment, les connaissait depuis l'épisode de la Famille, et savaient ce qu'ils avaient enduré, la mort brutale de leurs amis entre autre. Du coup, ils étaient relativement tranquilles, et ça se ressentit parfaitement ici.
Le silence, calme, apaisant. Qui fut cependant rompu par Aelita qui s'agita dans ses bras tout en maugréant :
« Moi qui voulais passer un moment agréable, voilà que ce salaud de Sean me hante...
— On peut toujours se l'accorder... rétorqua Odd avec un ton ironique et un sourire intéressé »

Le regard suivi du baiser enflammé que lui accorda Aelita firent fondre leurs réticences respectives, et il ne fallut pas plus de deux minutes pour que les deux jeunes se retrouvent nus dans le lit à s'enlacer tranquillement.
Tout aurait pu aller pour le mieux, la température montait et la jeune femme commençait à émettre des petits sons étouffés, mais cela fut ruiné par une remarque mesquine du fantôme de Sean dans l'esprit d'Odd qui le fit instantanément s'éloigner :
« Eh bin mets-toi bien, moi je regarde... Elle a vraiment un joli fessier, je l'avoue bien... »
Le jeune homme se retrouva debout, nu, au milieu de sa chambre en train d'émettre un hurlement de douleur et de rage non contenu qui fit sursauter Aelita qui resta cependant immobile. Elle avait déjà vu une crise de ce genre, et elle savait quoi dire.
Rien. Pendant ce temps, Odd était tombé à genoux et grommelait en tremblant :
« Putain, sors de ma tête, j'en ai marre de toi... Je veux t'oublier, tu me ruines la vie bordel de merde...
— Tu parles à qui ? À moi ? rétorqua une voix moqueuse qui provenait de la personne qui venait d'ouvrir la porte brusquement, sans même toquer à la porte »
Cela amena des réactions différentes : Della Robbia se redressa avec difficulté, mais resta nu sans aucune honte, là où sa copine s'était dépêchée de se couvrir d'une couverture pour ne pas que Héloïse Laroche puisse apercevoir son frêle, mais ferme corps.
La voix franche d'Aelita raisonna alors dans le silence gênant qui s'était installé :
« Dis, tu peux te retourner une seconde ? Que je me rhabille ?
— Oui oui t'inquiète pas, rétorqua la jeune brune en étouffant un sourire amusé, mais j'étais juste venu apporter quelque chose à Odd.
— Quoi ? demanda en relevant un sourcil le blondinet qui restait immobile pendant que sa copine se dépêchait de remettre ses habits en rougissant.
— Une lettre, répondit simplement la brune en dardant son étrange regard violacé dans les yeux de son ami, c'est le surveillant qui m'a choppé dans le couloir et m'a demandé de te la filer. »

À cet instant, Odd dut le reconnaître, il trouva Héloïse jolie : son corps était bien proportionné, ses cheveux bruns arrivaient jusqu'au bas de sa nuque et ses yeux bleus violacés lui octroyaient un regard unique, envoûtant et souvent rieur.
Mais le regard langoureux que Laroche adressa à Belpois quand elle sortit précipitamment le ramena immédiatement à la réalité de la sexualité de son amie et il se contenta de demander en se baissant enfin pour ramasser ses habits :
« Tu fantasmes encore sur ma copine ? Je croyais que tu étais avec Claire...
— Elle a couché avec Ludivine, rétorqua avec un ton mauvais la jeune lesbienne en dardant un regard rieur sur la bouteille de bière oubliée sur le bureau, donc je cherche à me venger... Tu me prêterais Aelita pour une nuit ? »
L'éclat de rire du garçon contamina la jeune femme, qui rigola de manière énergique pendant quelques minutes, avant qu'elle ne reprenne son expression assurée ordinaire. Cela, Odd l'admirait beaucoup, la faculté qu'avait son amie à passer du rire aux larmes et au sérieux en moins de trente secondes, elle possédait une parfaite maîtrise de soi.
Ainsi, la lettre qui avait interrompu le joyeux moment entre Odd et Aelita atterrit dans les mains du concerné, qui se dépêcha de l'ouvrir en pestant comme à son habitude, sous le regard amusé de Héloïse. Quand il prit connaissance de son contenu, un haussement de sourcil intrigué se grava sur son visage et il demanda brusquement :
« Dis, tu connais le latin non ?
— J'en ai fait pendant deux-trois ans oui, pourquoi ?
— Tu saurais me traduire ça ? demanda Della Robbia en lui mettant de manière plus brusque que prévue le papier sous le nez. »

Laroche lui adressa un ironique sourire charmeur avant de la prendre et de saisir son téléphone en énonçant tranquillement :
« Même aller sur Google Traduction, je peux le faire à ta place beau gosse... Voir même te le chuchoter à l'oreille, tant qu'à faire ! »
L'adolescent, qui était habitué à l’ambiguïté cynique qu'entretenait soigneusement la jeune femme avec tous ses amis, se contenta d'un sourire espiègle comme seule réponse. Quand cette dernière se rapprocha doucement, il ne put s'empêcher de l'amplifier.
Toutefois, quand les mots chuchotés doucement à l'oreille parvinrent à son cerveau, il n'eut plus du tout envie de rire, son visage s'était même mis à pâlir d'une manière tellement brusque qu'elle fit hausser un sourcil à la placide Héloïse :
« Tu es sur que ça va ? On dirait que je viens de te parler d'un fantôme !
Tu crois pas si bien dire, ma cocotte... rétorqua la tête coupée de Sean Baker sur son promontoire avec un sourire médisant et cruel.
— Tu crois pas si bien dire, gronda Odd en détournant le regard pour fixer la lettre, il faut que tu ailles chercher Aelita tout de suite. S'il te plaît. »
La brune avait reconnue son ton qui n'opposait aucune contestation, son ton de leader ayant vécu de terribles épreuves, c'est pourquoi elle déguerpit sans demander son reste en laissant un Odd silencieux, amer, hanté par le fou rire cruel de la tête du psychopathe roux et les yeux collés aux inscriptions latines présentes sur le papier.

“Spero autem te non oblivisci tui domo.”

“Quia non oblita est, adfectat autem te.”

“Puella”



Lieu Inconnu, Région Inconnue, Pays Inconnu – 3 Septembre 2009


Assis tranquillement sur un confortable fauteuil, ses yeux marrons si classiques rivés sur ses deux partenaires dans cette histoire, Sean Baker ne souhaitait pas rompre le silence s'étant installé.
Après un an de travail acharné pour mettre en place un plan cohérent et infaillible, les trois chefs de l'organisation s'étaient enfin mis d'accord. Ils avaient décidé qui combattrait sur quel front, et le psychopathe ne pouvait que se féliciter d'avoir imposé aux autres de se charger du volet terrestre.
Il n'y connaissait rien au monde virtuel et la politique l'ennuyait énormément, c'était un homme d'action avant tout, il laissait à Paella et Avus le soin de gérer ces volets par eux-mêmes. Un sourire ironique naquit sur ses lèvres gercées quand il repensa aux fameuses lettres qui allaient déclencher toute cette histoire et lui permettre de prendre sa revanche.
Chacune laissait transpirer la personnalité de son rédacteur et ce, de manière bien curieuse et amusante.
Avus s'était contenté d'un proverbe classique, mais voulant tout dire à la fois. L'homme aimant travailler sur les non-dits et les sous-entendus, Sean le reconnaissait bien là.
Lui-même, sous son évident pseudonyme de Pater, avait opté pour une menace à peine masquée et jouant sur le fait de faire remonter de très mauvais souvenirs à la personne qui allait le réceptionner. Il faisait souffrir les gens avant même qu'ils le voient physiquement, et cela le faisait frémir de plaisir.
Puella était celle qui l'avait le plus surpris, il devait bien le reconnaître : elle avait dévoilé, implicitement, leur volonté sans que Avus ne fasse un seul pas pour l'en empêcher. Cette femme était un danger, même pour Sean, c'est pour quoi il la surveillait de près depuis le début.

La réunion n'étant pas prévue pour s'éterniser, ce fut le chef qui énonça calmement avec sa voix charismatique de baryton :
« Bon très bien, il est temps de débuter. Puella, tu vas immédiatement activer Kantus et rejoindre leur monde virtuel, nous devons le détruire le plus rapidement possible.
— Très bien Monsieur, rétorqua la femme avec un ton procédural qui fit se hérisser les poils de Baker sans qu'il comprenne pourquoi, ce sera fait selon vos désirs.
— Toi Pater, continua l'homme plus âgé en se tournant vers le rouquin qui se recentra immédiatement sur l'instant présent, tu pars à Paris avec Drake et Alex. Vous faîtes ce que vous avez à faire, je te laisse la pleine commande des opérations sur ce point là.
— Oh ne vous inquiétez pas, mes deux compères sont déjà installés... cependant, demanda Baker avec un espoir dans la voix perceptible, ai-je le droit de m'amuser un peu ? »
Ses deux partenaires, connaissant sa nature, se regardèrent rapidement et Avus énonça dans un murmure qui doucha considérablement les attentes du psychopathe :
« L'idéal étant qu'ils ne sachent pas que tu es vivant, tu comprends très bien pourquoi on t'interdit pour l'instant de... t'amuser comme tu le dis. Mais ne t'inquiète pas, une fois que le plan sera bien avancé, là tu pourras retrouver tes anciens amis et jouer avec. »
Le sourire sadique et cruel qui illumina le visage de Sean Baker fit apparaître un petit rictus satisfait sur le visage de Avus. Après tout, c'était lui qui l'avait fait renaître, qui l'avait arraché de son trépas forcé pour en faire l'élément central de son plan.
Ensemble, ils allaient finir ce que la Famille et X.A.N.A. avaient essayé de faire en leur temps, mais avaient lamentablement échoué. Et Avus savait que c'était de sa faute : il n'avait pas assez orienté et guidé Blackwell, il lui avait trop fait confiance.
Et maintenant, ils se retrouvaient à devoir arrêter de déléguer la tâche à des sous-traitants et à l'effectuer eux-même, ce qui n'était pas pour déplaire cependant à ses subordonnés comme il pouvait le voir sur leurs visages déterminés.

Ainsi, le chef de Carthage se leva souplement, afficha un air placide et sérieux à la fois et énonça avec un calme surprenant et inquiétant :
« Il est donc temps que nous commencions, Messieurs et Mesdames. »


Dernière édition par Draynes le Sam 16 Déc 2017 14:45; édité 3 fois
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
 
Sorrow MessagePosté le: Sam 16 Déc 2017 10:14   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kankrelat]


Inscrit le: 04 Nov 2017
Messages: 18
Localisation: Sur un arbre perché
Bonsoir Draynes !

Pardonne mon retard au commentaire de ce texte, je comptais le faire plus tôt mais la traduction du latin m’a donné plus de mal que prévu. Je ne suis plus tout jeune et mes notions n’ont que trop daté, mais je pense néanmoins avoir réussi à démêler les messages rédigés en latin. Malgré tout, ce travail entend payer puisque je vais faire toute une partie de mon commentaire dessus. Que n’importe quel latiniste plus calé que moi me vole dans les plumes, je ne prétends pas détenir la vérité universelle !
Je ferai remarquer en premier lieu que la structure des phrases, même si elle ne suit aucune règle explicite en latin, fait malgré tout très calquée du français. On s’attendrait à trouver plus volontiers les verbes à la fin, par exemple. Avant d’aller plus loin sur le contenu des phrases, je voudrais revenir sur les patronymes qu’empruntent les trois protagonistes. Avus et Puella ont manifestement fait preuve de peu d’originalité pour se décrire eux-mêmes, malgré tout Patrem suscite l’interrogation : pourquoi le choix de l’accusatif ? Pour un pseudonyme, il eut été convenu d’utiliser le nominatif, à savoir le très connu « Pater », à l’instar des précédents pseudonymes cités. On pourrait arguer de la volonté de rapprocher de l’expression « Ad patres » mais ça n’explique pas le m final… L’étrangeté se retrouve également dans le titre : pourquoi Patriam et non pas Patria ?
Enfin bref, le vif du sujet. La première phrase du message d’Avus se traduit comme « Il/elle a vaincu votre bataille », allusion donc à un conflit passé qui saute assez nettement aux yeux quand on sait qu’il s’agit de la suite de la Famille. La suite reste plus délicate à traduire. Il est en tout cas question de « réellement » vaincre la guerre (le verbe utilisé dans la phrase est d’ailleurs scabreux, au sens qu’il signifie ainsi « Dépasser en quelque chose » et non pas simplement « vaincre »), ce qui pourrait sans doute signifier « Il a gagné une bataille mais pas la guerre ». Cela me semble le plus adapté. Je pense que les mots parlent d’eux-mêmes, mais du coup, ils sont vraisemblablement adressés à un ancien ennemi de Carthage/La Famille. A ce titre, je me pose la question : Eugène est-il un ancien personnage ayant changé de nom ?

Le second message avait le ton bien donné, ça m’a plutôt facilité la vie pour le traduire. Je dis ça, mais le nom « pullos » m’a bien fait m’arracher les plumes ! La traduction la plus courante désigne… les personnes de couleur noire. Avec un titre Pétainiste, pourquoi pas. Mais j’opte finalement pour « Les jeunes », éventuellement « les jeunes coqs » par chauvinisme aviaire, cela donnera donc « les jeunes (coqs) éclosent ». « Numeras unum » pourrait se traduire par « Tu en comptes un » mais dans le contexte, cela ne fait pas grand sens. Je vais donc feindre de l’omettre. La seconde proposition se traduit comme « Il aura plaisir à (vous ?) mettre en pièce », assez clair là aussi. La seconde ligne, elle, commence par « Cette erreur est la tienne » sans aucune équivoque, mais la suite souffre de l’ambivalence du nom « stipendium » qui signifie grossièrement un tribut, qu’il soit payé ou reçu. Difficile donc de savoir si le sujet aimera payer le tribut ou le recevoir, je penche cependant pour la deuxième option au vu du ton du message.
Dernier mais non des moindres, le mot de Puella commence par « J’espère que dans ton entourage tu n’oublieras pas ceux qui te sont le plus proche ». Des relents de menace, mais cela fait probablement référence aux Lyokoguerriers qui mettront un pied de plus dans la partie. J’en profite pour signaler que « tui » aurait dû s’écrire « tuos » si ma traduction est correcte.
La seconde partie semble faire omission du fait que adepto est un verbe déponant mais… Diantre ! Alors comme ça tu te permets de changer le contenu de ton texte pendant que je ponce mes analyses ? Heureusement que j’ai pris le temps de vérifier ! Pour la peine, je me permets de communiquer qu’il était précédemment écrit quelque chose qui signifiait « Puisqu’il tuait ce qu’il a dans la main après avoir acquis quelque chose provenant du mal » (traduction très approximative j’en ai peur). Ma remarque sur le verbe déponant reste valable, puisque adfectat n’est pas conjugué à la voix passive alors qu’il le faudrait, petite subtilité latine.
Heureusement pour toi, la phrase de remplacement est assez simple à traduire. J’opterais pour « Parce qu’il n’a pas oublié, il cherche à t’atteindre » au vu du contexte, mais cela pourrait aussi être « Parce que ce qui n’a pas été oublié cherche à t’atteindre ». Là aussi, référence assez transparente au fait qu’il existe une connexion entre cette fiction et la précédente.

Mon déblatérage de latiniste achevé, je vais pouvoir en venir à du plus concret. Quoique, me connaissant…
Le style du texte est direct, sans fioritures, avec même parfois du langage familier en plein milieu de la narration (l’emploi de verbes tels que crever, etc). J’y ai cependant repéré quelques ébauches de figures de style, et des endroits qui méritent de se poser la question. Par exemple, le groupe nominal « maigre gaillard » pourrait fort bien être un oxymore… ou juste une maladresse d’écriture, le doute est permis. On sent cependant une certaine précipitation dans la parution, dont je ne saurais moi-même te tenir rigueur, mais elle se sent particulièrement dans les coquilles qui traînent encore entre les lignes. J’en ai attrapé quelques-unes en survolant pour mon commentaire, les voici :

Spoiler


Globalement, on sent aussi des fragilités dans les participes passés, et des répétitions. Une relecture serait du meilleur effet. Je m’interroge aussi sur la structure des indications spatiales : la localisation des antagonistes est donnée par « Lieu Inconnu, Département Inconnu, Pays Inconnu », or le début du chapitre 1 est localisé « Brest, Bretagne, France ». Ce n’est pas cohérent, à moins que tu ne considères la Bretagne comme un vulgaire département, ce qui risque de froisser du monde. Par acquis de conscience, j’ai vérifié la réforme des régions de 2015, mais la Bretagne y reste une région à part entière, et de toute manière, la fiction se tient en 2009.

Pour ce qui est du scénario, il n’est pas encore grand-chose à en dire j’en ai peur. Le latin m’avait premièrement orienté sur la piste, que dis-je, le boulevard menant droit vers Rome (car après tout, tous les chemins mènent à Rome !). Ç’eut été logique au vu de la rivalité historique avec Carthage, mais tu en as décidé autrement. Dans ce cas, pourquoi le choix du latin plutôt que d’un dialecte carthaginois, ou même simplement l’arabe qui y est actuellement parlé ?
J’ai trouvé ça extrêmement cocasse d’avoir « Lazare » et « Archange » dans un autre camp que celui qui est responsable de la résurrection. Malgré tout, le lien entre le symbolisme biblique et le latin reste tout à fait présent, bien que pas encore traduit dans le récit en pratique.
A titre de conclusion, j’aimerais lancer une problématique : est-ce que finalement, l’utilisation de Carthage ne dynamite pas ce qui avait fait l’originalité de la Famille à l’époque, à savoir un combat contre une organisation qui ne soit pas celle du dessin animé ?

Votre corbeau analyste,

Sorrow
_________________
http://nsa39.casimages.com/img/2017/11/04/171104080107452966.png
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
 
Draynes MessagePosté le: Mar 03 Avr 2018 15:40   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 164
Spoiler


Spoiler


CHAPITRE 2 : Lancement du Plan Carthaginois


Brest, Bretagne, France – 4 Septembre 2009


Le faux quaterback blond était furieux, ses mains tremblaient violemment et il faisait les cent pas dans le salon de sa petite maison située à proximité du collège, dans lequel il n'était pas allé depuis deux jours, malgré la rentrée. À vrai dire, il espérait presque se faire renvoyer, histoire de pouvoir quitter la ville, voir même le pays et mettre enfin derrière lui ce maudit passé qui revenait le hanter au moment où il s'y attendait le moins... où plutôt au moment où il en avait le moins envie.
La voix lassée de son ami interrompit sa morose réflexion et sa marche forcée dans le même temps :
« Jules, tu peux arrêter de marcher s'il te plaît, tu me donnes mal à la tête et j'aimerai bien éviter de souffrir aussi de là, tu vois !
— C'est Eugène, gronda Briscoll avec colère en se retournant pour planter son regard bleu dans celui étrange du handicapé, Jules a cessé d'exister il y a un an.
— Tu vas pas me faire croire ça, rétorqua avec un rictus amusé l'homme en commençant à faire rouler son fauteuil roulant pour se rapprocher de lui, tu vas pas me faire croire que Jules Stamper n'est pas encore là, derrière Eugène Briscoll !
— Vu cette foutue lettre, répondit avec un ton amer l'ancien chef des services secrets en serrant les poings, il ne serait plus en paix... Putain, moi qui croyais avoir enfin quitté ce milieu... »

À cet instant précis, Kane Leviathan ne répondit rien et laissa ses mains jouer avec les roues de son fauteuil roulant, comme il le faisait à chaque fois qu'il se préparait à lancer une tirade. Stamper avait appris à identifier les autres signes, et il les voyait se profiler.
Son regard fauve se perdait dans le néant, ses yeux se plissaient, ses jambes immobiles semblaient se tendre comme s'il allait se lever même s'il avait perdu leur usage des années auparavant, sa main gauche allait triturer ses cheveux roux cuivrés. Et, dans ces instants là, le blond savait qu'il en aurait pour de longues minutes s'il ne l'interrompait pas rapidement, voir avant même que son meilleur ami ne commence.
Ce fut pour cela qu'il récupéra vivement la lettre posée en bord de table, l'agita rapidement tout en maugréant :
« Qui peut être au courant et m'envoyer ça bordel ? Si ta traduction est correcte, c'est clairement une référence à la Famille...
— Quoi, se moqua franchement Kane, tu doutes de mes talents de linguiste et de latiniste accompli ? Je suis formel, même si c'est horriblement mal exprimé et que c'est sûrement des personnes très peu familières à la langue qui ont écrit ça, cela signifie bien ce que j'ai dis !
— Vous avez gagné une bataille, se remémora l'ancien colonel pour la sixième fois depuis le début de la conversation, ne pensez pas avoir gagné la guerre... Tous les membres de la Famille sont morts, même Franck Delano...
— C'est peut-être ton successeur, railla le roux en tiquant cependant nerveusement à la mention du traître dont il avait entendu les pires méfaits, qui a décidé de te faire une vanne... Non, mais plus sérieusement, au lieu de te préoccuper de ça, tu ferais mieux de t'occuper de ton absence le jour de la rentrée et le lendemain, Bartoux va pas te faire de cadeau !
— Je dois bien t'avouer, maugréa Stamper en affichant un petit sourire amusé, que cet abruti est le cadet de mes soucis, mais bon ce serait pas le dernier collège que je quitterai, après tout t'as été un de mes premiers voisins après mon arrivée !
— Je ne comprends d'ailleurs toujours pas, avoua Kane en triturant son fauteuil roulant, pourquoi tu m'as avoué ton passé et, surtout, pourquoi j'ai cru une histoire aussi invraisemblable... »

À cet instant, Stamper poussa un profond soupir mêlant à la fois l'amusement et le découragement, se caressa brièvement les cheveux et énonça calmement :
« Je devais avoir besoin de me confier, tout simplement, et t'as été la première personne qui semblait un tant soi peu digne de confiance... J'ai pris un énorme risque et vraiment fait une énorme bêtise en te racontant tout !
— Et t'as donc eu de la chance que je sois du milieu, rétorqua calmement le paraplégique en faisant tourner son fauteuil roulant, et que je sois assez ouvert d'esprit pour croire un ramassis de conneries aussi violent ! »
Un ricanement moqueur sortit de la gorge de Jules et il se détourna pour regarder un instant par la fenêtre, le regard perdu dans ses pensées. Il avait rencontré Kane peu de temps après son exil forcé à Brest, et s'était vite lié d'amitié avec cet ancien militaire, handicapé et excentrique certes, mais fidèle et présent également. Il avait été une oreille attentive, écoutant les problèmes de l'ancien colonel avec une patience que lui-même n'aurait pas eu s'il s'était raconté son histoire.
Kane Leviathan était la meilleure personne à être entrée dans sa vie, et il l'avait même soutenu dans sa décision difficile de reprendre en main son existence.
Soudainement, le regard fauve du paraplégique se perdit vers la porte d'entrée, il sourit de toutes ses dents légèrement jaunâtres et énonça avec calme et mépris :
« Tiens, voilà ton collègue... Tu m'excuseras, mais je crois que je vais y aller hein !
— Putain mais quand est-ce que vous arriverez à vous entendre tous les deux ? souffla le blond en fixant le chauve en train d'avancer d'un pas franc et nonchalant à la fois vers sa petite résidence
— Quand il arrêtera de me chercher des noises, tout simplement ! se contenta de répondre Kane avec un ton aigri avant de commencer à manœuvrer son fauteuil roulant pour se diriger vers la sortie
— Tu restes là et tu ne dis rien compris ? se contenta d'énoncer Stamper avec une tonalité dans la voix similaire et tellement sérieuse à la fois qu'elle fit s'arrêter net le paraplégique »

Un soupir de frustration sortit des lèvres décharnées et squelettiques du militaire aux yeux fauves mais malgré tout, à la grande surprise de son meilleur ami, il ne bougea pas. L'ex-colonel le connaissant bien, il pensait qu'il allait n'en faire qu'à sa tête, partir et s'engueuler encore une fois avec Stéphane pour des raisons futiles.
Il allait décidément de surprise en surprise en ce moment... Cette réflexion intérieure lui arracha alors un sourire nerveux, ce qui fut la première chose que l'air sérieux et inquiet de Guimart capta quand il entra dans la maison et c'est ainsi qu'il débuta d'entrée de jeu :
« Eh bin, t'as pas l'air d'être si malade que ça, à ce que je vois... Encore que, tu t'es enfilé combien de bouteilles ce coup-ci ?
— Aucune. se contenta de répondre le faux professeur en cessant brusquement de sourire
— Ah si effectivement, t'es malade... Salut Leviathan, qu'est-ce que tu fous là ? »
Kane ne répondit pas de suite, comme s'il cherchait sa réponse en triturant nerveusement les roues de son fauteuil roulant, et aucune répartie sarcastique ne sortit de la trachée de Stéphane, ce qui éberlua complètement Stamper. Il commençait même à se demander s'il n'était pas depuis le début dans un simple rêve, que cette lettre, cette discussion... n'étaient pas arrivés.
Ce petit moment de flottement lui permit cependant de se rappeler qu'il tenait encore la lettre dans la main, qu'il se dépêcha donc de ranger dans sa poche. Il ne tenait pas à ce que ces deux vies se rencontrent, seul Leviathan constituait un pont malgré lui entre les deux.
Et l'ancien colonel souhaitait ardemment qu'il reste le seul et unique édifice faisant une transition, dans son cerveau, entre sa vie d'action et sa paisible retraite.
Le silence s'était installé depuis quelques secondes quand Kane arrêta de jouer avec ses mains, redressa la tête et énonça avec un grand sourire :
« Je suis juste venu soutenir un vieil ami qui avait besoin de moi, comme toi en ce moment, alors bon je pense être le bienvenu ici! »
Le collègue du blond effaça de manière rapide le rictus moqueur qui commençait à poindre le bout de son nez et ouvrit la bouche pour rétorquer, mais une sonnerie de téléphone vint, de manière impromptue, interrompre la situation.

Surpris, l'ancien chef des services secrets sortit son portable de sa poche droite, examina avec un air perplexe le numéro qui s'affichait sur l'écran, puis énonça calmement tout en décrochant et en s'éloignant :
« Je vous rejoins de suite, ça a l'air urgent ! Allô ?
— Ah, Monsieur Stamper ! Ça fait un bail, dis donc !
— Je peux savoir qui vous êtes, rétorqua le concerné avec un ton beaucoup plus sombre, et comment vous avez eu ce numéro ?!
— Disons que je suis votre nouveau meilleur ami, rétorqua avec un calme inquiétant la voix modifiée, je peux vous aider à vous dépêtrer de la menace qui arrive, mais vous devrez m'obéir...
— Woh woh woh, attendez deux secondes ! C'est lié à cette foutue lettre, c'est ça ?! Mais la Famille a été dissoute...
— Vous pensez vraiment, le coupa avec toujours le même entrain le mystérieux interlocuteur, que c'est elle la responsable de tout ce bordel... Vous êtes bien naïf... Mais bon, je ne peux pas m'attarder ! Je vous rappelle bientôt pour vous donner des... conseils, on va dire ! »
Jules connaissait trop bien ce système d'appels étranges, ce qui fit qu'il se tut et raccrocha lui-même le téléphone avant de se composer un visage assuré et de retourner dans le salon de sa charmante demeure de Brest, où l'attendaient ses deux meilleurs amis.

À cet instant, Stamper n'a pas eu l'autre réflexe qu'il avait quand il était agent secret, à savoir de surveiller les fenêtres.
Ainsi, s'il l'avait eu, il aurait vu un roux cuivré avec des yeux fauves l'observer en souriant depuis l'autre côté de la rue, ranger son téléphone et s'en aller calmement.
Il aurait, peut-être, également vu la voiture noire garée au coin de la rue, dans lequel le mystérieux rouquin venait de rentrer et qui venait de s'en aller.
S'il l'avait vu, peut-être que le futur aurait été différent. Mais, à cet instant précis, le Briscoll tout sourire qui discutait en riant jaune aux plaisanteries de ses deux amis qui semblaient étonnamment bien se tenir, ne pouvait pas le deviner.


XVème Arrondissement, Paris, France – 4 Septembre 2009


Quand Archange entra dans la grande salle circulaire emplie d'une douce lumière verdâtre, au sortir de cet ascenseur branlant et manquant de s'effondrer à chaque seconde qui la faisait frissonner de terreur, elle ne put retenir un sifflement admirateur.
Et, au vu de la mine émerveillée qui éblouissait le visage de son collègue Lazare, la surprise était de mise pour eux deux.
La jeune femme, en vingt-deux ans de vie, n'avait jamais vu quelque chose d'aussi magnifique. Et elle était également admirative du fait que Savin n'avait jamais laissé fuiter l'information, que personne ne savait que cette merveille existait.
Enfin, au vu de la personne imberbe et aussi grande que Lazare debout à côté du fauteuil qui les observaient tous les deux avec une mine intriguée, il devait être au courant depuis bien longtemps.
La voix fatiguée et ferme de leur chef interrompit cependant ces pérégrinations mentales :
« Personne d'autre n'est au courant ? Pas de nouvelles d'autres lettres ?
— Non et non chef, répondit le balafré en observant fixement le quatrième étrange bonhomme présent dans la pièce, on a prétexté un congé maladie tous les deux... Faudrait que vous nous le signiez d'ailleurs ! D'ailleurs, pourquoi sommes-nous là alors qu'on était censé ne rien faire ?
— Dis, rétorqua le quatrième homme avec une voie enrouée tout en grattant son unique œil, c'est eux les deux renforts ?
— Oui c'est ça, devança Archange avec un ton aigre en s'avançant rapidement pour aller se placer devant le borgne, et à qui ai-je l'honneur de parler ?
— William, rétorqua l'adolescent aux cheveux noirs avec un grand sourire, William Dunbar pour vous servir ! »

Savin n'émit aucun commentaire, occupé qu'il était à taper de manière frénétique sur le clavier du Supercalculateur de l'ancienne usine Renault qui était censé être démantelé depuis la mort de Blackwell, mais Lazare haussa un sourcil et sa collègue recula d'un pas pour demander :
« Et vous êtes encore là... Mais pourquoi ?
— On dirait que je ne peux pas me passer de ce Supercalculateur de malheur, rétorqua l'étudiant calmement en haussant les épaules, surtout que mes parents m'ont coupé les ressources tout récemment alors...
— On a conclu un marché, intervint le chef des services secrets en retournant son fauteuil pour fixer ses deux subordonnés, il m'aide à surveiller le Réseau de temps en temps et moi, je lui finance ses études tout en essayant de le rabibocher avec sa famille, ce qui n'est pas chose aisée. »
Pour seule réponse, William se mit à gratter nerveusement le bandeau noir placé sur son œil gauche, crevé par le psychopathe Sean Baker deux ans auparavant, et Archange renchérit derechef après avoir jeté un dernier regard critique envers l'adolescent aux cheveux noirs :
« Et pourquoi nous avoir amené ici, Monsieur ? Quel est le rapport avec cette lettre ?
— Quelle lettre ? demanda à son tour Dunbar en jetant un regard intrigué envers son collègue. »
Les yeux vert pomme de l'homme se plongèrent dans celui de l'étudiant, puis dans ceux d'Archange, un petit sourire germa sur son visage, mais il se reprit rapidement avant de surenchérir :
« Eh bien, c'est la raison de leur présence ici... Je crois que Carthage va passer à l'attaque dans peu de temps. »

La jeune femme, assez alerte dans ses déductions, parvint à comprendre en voyant le visage de Dunbar blêmir d'un seul coup, que cette situation était assez grave, ce fut pourquoi elle demanda :
« Bon, sauf votre respect, on aimerait savoir ce qu'on fait là ! Que disait cette foutue lettre ? Et qui sont Carthage ?
— La lettre disait, répondit calmement Savin en se levant de son fauteuil de manière doucereuse, qu'il ne fallait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir dépecé, tué et brûlé, ce que je n'aurai pas fait auparavant et ce que je vais payer maintenant. Au vu de cette phrase, il n'y a que deux possibilités.
— La Famille, répliqua Lazare qui écoutait les bras croisés et enregistrait toutes les informations, mais Xana, Delano, Blackwell, Kant et les Baker sont morts, donc c'est peu probable.
— Le deuxième reste donc Carthage, conclut le chef en le félicitant d'un signe de tête. »
À cet instant, Archange ressentit une certaine pointe de jalousie, en voyant son collègue récolter de nouveau tous les honneurs, mais elle aperçut du coin de l'oeil Dunbar l'observer avec un petit rictus et elle se détourna rapidement en croisant les bras rageusement avant de demander :
« Et donc, qu'est-ce que c'est que Carthage ? Ça ne peut pas être la cité de Hannibal ou l'organisation ayant embauché Hopper quand même ? »
Elle sut, au silence de Savin, qu'elle avait pourtant vu juste, ce à quoi elle rétorqua encore avec un ton interloqué :
« Mais... Hopper et Blackwell sont morts, tu es là, il n'y a plus aucun informaticien du Projet Carthage encore en vie ou dans le camp ennemi ! Les chefs ont tous été arrêtés par le gouvernement !
— Pas tous, rétorqua sombrement le chef en poussant de la main le fauteuil pour dévoiler l'écran, trois d'entre eux sont encore dans la nature à l'heure qu'il est ! »

Les deux agents et William se regardèrent, surpris, et s'avancèrent rapidement pour aller examiner de plus près les trois têtes de leurs probables nouveaux ennemis, à savoir deux hommes et une femme.
Le premier d'entre eux avait des yeux verts clairs, une mine sévère et des cheveux châtains sombres, sa compère avait de longs cheveux noirs lui arrivant en dessous de la nuque et des yeux d'un gris clair presque blanc. Le dernier était le plus marquant, car chauve et noir avec des yeux marrons foncés et des épaules évoquant presque celles d'un basketteur.
Savin commença son exposé après que Archange et Lazare eurent fini d'enregistrer les têtes dans leurs mémoires en expliquant calmement :
« Aurélien Orbuta est le premier du tas, c'était un ancien chercheur militaire d'origine espagnole et l'époux de Elena Descott, que vous voyez à côté, qui était une experte en communications de l'armée anglaise.
— Et le dernier ? demanda Dunbar avec un intérêt croissant dans le regard
— C'est le fondateur et principal créancier du Projet à l'époque, répondit le chef avec un regard nostalgique et furieux à la fois, Desmond Bryan. Un ancien informaticien militaire français, qui a été mon formateur à l'époque du Projet. J'ai encore des contacts avec lui d'ailleurs.
— Son nom me dit quelque chose, intervint rapidement Archange en se grattant les cheveux, il est pas président d'une grosse boîte ou quelque chose ?
— Effectivement, l'approuva Savin en lui souriant chaleureusement, il s'est racheté auprès du gouvernement en créant une boîte de sécurité privé qui aide à protéger plus de la moitié des centres commerciaux du pays. Sa popularité a été accrue depuis les attaques terroristes de la Famille d'ailleurs. »

Suite à cette explication, le silence se fit dans la petite pièce et Lazare vint énoncer calmement l'évidence qui avait germé dans l'esprit de tous à cet instant précis :
« Notre job, c'est donc de les rechercher et de les ramener ici, de les arrêter définitivement en gros ?!
— Ce serait plus, tempéra son patron en haussant les sourcils succinctement, de vérifier qu'ils ne sont en rien liés au nouveau Projet qui s'est manifesté dans le Réseau et, si c'est le cas par contre, de les éliminer purement et simplement. La Famille, à côté de ces gens et de ce qu'ils sont capables de faire, ce n'est rien du tout, soyez-en conscient !
— C'est à cause d'eux que vous surveillez le Réseau n'est-ce pas ? conclut Archange en fixant directement Dunbar.
— Oui, répondit ce dernier en prenant part à la conversation pour la première fois, on a détecté il y a un an environ un signal d'un corps étranger semblable à celui de Lyoko, un autre monde virtuel... Kantus selon nos quelques informations.
— Comment vous avez fait pour savoir ça d'ailleurs ? »
Les deux hommes se fixèrent du regard un long moment, puis un soupir sortit des lèvres gercées du chef des services secrets qui se contenta de dire :
« En vérité, je ne veux pas que vous pourchassiez les chefs, ça c'est ma tâche exclusive étant donné que je les connais bien. Non, je veux que vous vous débarrassiez de la main d’œuvre et de Kantus. »
À cet instant, le rythme cardiaque de la jeune femme s'emballa et elle recula rapidement pour aller se coller contre le mur adjacent à l'ascenseur. Elle imaginait ce moment depuis son entrée dans cette salle, mais elle n'osait pas y croire.
Elle avait trop peur de cette possibilité : ils voulaient la faire plonger sur Lyoko, le territoire enchanteur ayant provoqué la mort de trois adolescents lors de leur infernal combat contre la Famille et Xana. Toute la France, désormais, connaissait l'existence de la création de Waldo Schaeffer.
Et Archange en avait une peur bleue, irraisonnée, presque phobique de ce monde virtuel. Elle ne savait pas du tout d'où ça lui venait, mais elle ne pouvait juste pas. Elle ne voulait pas décevoir son supérieur, mais dans l'instant présent, seul Lazare pourrait y aller.
Et il le savait, au vu de son regard tranquille quand il plongea ses yeux dans les siens avant d'expliquer :
« Archange ici présente a une peur panique de Lyoko. Ne me demandez pas pourquoi, je ne saurais l'expliquer moi-même, et elle non plus. Il faudrait donc la renvoyer au QG, elle ne serait ici d'aucune utilité ! »

À cet instant précis, la jeune femme se mit à haïr son partenaire, véritablement, pour la première fois. Il venait, proprement et simplement, de l'humilier devant Savin, comme s'il essayait de bien se faire voir.
Toutefois, elle vit rapidement dans le regard froid de William et dans celui neutre du chef que la situation allait échapper au contrôle précaire que venait d'instaurer le balafré, ce qui fut confirmé par la réplique cinglante de l'homme assis sur le fauteuil :
« Si tu la détestes à ce point, dis-lui en face, mais ne mens pas. Elle nous sera utile, elle ne le sait juste pas encore. Et ne la ramène pas une deuxième fois, ou sinon c'est toi que je renvoie au QG aussi sec avec mon pied dans ton cul, c'est compris ?!
— Oh j'enregistre Monsieur, rétorqua Lazare sans se démonter tout en conservant son ton assuré, j'énonçais juste un fait. Sinon, quand est-ce que je plonge avec le gamin ?!
— Le gamin va te faire ravaler ton assurance rapidement, mon coco... gronda Dunbar en se rapprochant et en serrant les poings »
La situation allait rapidement dégénérer si quelque chose ou quelqu'un n'intervenait pas. En l'espèce, Savin était trop occupé à soupirer de dépit et Archange à s'offusquer tout en s'étonnant du changement de ton de son partenaire, d'ordinaire amical, pour intervenir.
Heureusement, une autre personne intervint dans la discussion, ce qui arracha un sursaut à William et Savin, un haussement de sourcil surpris pour Lazare qui décroisa les bras et un frisson de terreur pour la jeune femme.
La voix qui sortait directement du Supercalculateur, assurée et assez aristocratique, venait simplement d'énoncer :
« Bonjour Messieurs et Mesdames, je suis l'émissaire de Kantus. Je ne souhaite pas vous tuer tout de suite, c'est pourquoi je vous propose une... trêve avant la guerre, peut-on dire ! J'attends dans votre splendide château de glace l'arrivée de votre représentant ! »

Et il stoppa net son entrée fracassante, laissant le petit groupe dans un état entre la blasitude, la surprise, la peur et la hâte.
Restait à savoir quel membre du groupe éprouvait chaque sensation. Pour Archange, ils avaient tous en commun la même chose.
À savoir les quatre émotions qui envahirent son esprit à cet instant et qui la poussèrent à se lever, à inspirer un grand coup et à proclamer de manière solennelle :
« Je serai la représentante de notre groupe, Carthaginois ! »


Lycée d'État Jean Zay, Paris, France – 4 Septembre 2009


Une journée après les cours et la lettre, alors que l'internat venait doucement de sombrer dans un sommeil réparateur et que les trois jeunes gens étaient tranquillement assis sur les marches devant leur lieu de vie, Odd Della Robbia n'arrivait toujours pas à y croire. Il était ébahi, là ou sa complice de toujours était terrorisée et là où Héloïse Laroche, qui venait d'entrer de manière totalement impromptue à l'intérieur du problème, ne ressentait qu'un certain désappointement et ne comprenait strictement rien à la situation, ce qui avait le don d'enrager le blondinet et, plus précisément, son ami la tête coupée :
« Bon, elle va la fermer la pimbêche là, j'aimerai bien réussir à me reposer avant d'aller tuer quelqu'un ! »
Un sifflement agacé sortit de la bouche hermétiquement fermée du blondinet, qui fit éclater d'un rire sombre la tête de Baker, mais les paroles qui sortirent étaient, elles, destinées à Héloïse :
« Bon, on t'a tout expliqué, tu peux arrêter de le rabâcher cinq secondes ?! Tu me donnes un mal de tête pas possible !
— J'essaye de comprendre, répliqua Laroche en tirant une ultime fois sur sa cigarette avant de l'écraser d'un geste souple et contrôlé sur la dalle de béton à ses pieds, le pourquoi du comment de cette foutue lettre.
— Répète encore, demanda Aelita avec hargne, ce que disait cette dernière au juste ?! »
La jeune fille faillit se moquer d'elle par une œillade appuyée, mais elle sentait d'avance que le couple à ses côtés n'était pas du tout d'humeur pour ses plaisanteries mesquines, ce pourquoi elle se contenta de se lever et d'énoncer calmement :
« La lettre disait donc, selon ma traduction, que l'écrivain espérait que vous n'avez pas oublié votre famille, que elle non et qu'elle venait même vous chercher.
— Ça n'a aucun putain de sens, s'énerva Belpois en se levant elle-aussi brusquement pour darder son regard vert émeraude vers l'horizon, la Famille a été dissoute, tous ses membres sont morts... Mais qui peut bien envoyer un truc pareil ?
— Que veut dire « Puella » ? »
La question posée par le seul homme du trio surprit ses deux comparses, mais Laroche se ressaisit vite et se contenta de dire :
« Ça veut dire « la petite fille » ou la Fille plus succinctement, mais quel est ton point ?
— Qui dit qu'il y a une Fille, rétorqua Della Robbia en se levant et en se retournant pour fixer l'entrée, dit qu'il doit y avoir un Père quelque part. On est peut-être pas les seuls visés par ces lettres...
— Tu n'as plus de nouvelles de ton oncle et Oblong, énonça avec froideur Aelita, et William ne répond pas, ce qui voudrait dire qu'il n'a rien reçu. Faut que tu arrêtes d'être paranoïaque à ce point, ça doit juste être un canular ! »

Pour la première fois depuis un an, Odd tomba rapidement d'accord avec la réplique de la tête coupée posée comme un oiseau sur son épaule, qui se contenta de lui susurrer :
« Si ça, c'est un canular, alors moi je suis la représentation mentale de John Fitzgerald Kennedy !
— Tu peux m'appeler Onassis si c'est un canular, reprit Della Robbia en se tournant vers elle et en se mettant à sourire, mais j'espère la même chose que toi... Mais bon, autant s'assurer de ça. »
Quand sa petite amie voulut se tourner pour vérifier la raison de son soudain engouement, elle entendit une forte voix grave retentir :
« Vous êtes au courant qu'il existe un couvre-feu non ? Et comment vous avez réussi à sortir de là, au juste ?
— Tu as laissé la porte ouverte Pierson, se contenta de constater Odd avec un rictus amusé, et tu es au courant que tu es censé être non stop dans l'enceinte de l'internat non ? »
Le petit rire qui échappa de la gorge du surveillant fit gronder la tête coupée et sourire le blondinet en même temps : il s'était rapidement lié d'amitié avec Alexander Pierson, qui était arrivé un an auparavant en remplacement de l'ancien surveillant parti à la retraite. À vrai dire, de par ses manières comme son franc-parler, il lui faisait souvent penser au regretté Jim Morales, décédé durant la guerre contre les terroristes de Blackwell.
Même physiquement, il lui ressemblait légèrement : cheveux clairs-sombres reposant tranquillement grâce à un gel sur son front, yeux d'un bleu orageux, carrure de vigile de boîte de nuit tout en muscle qui contrastait forcément avec sa taille, puisqu'il dépassait légèrement le mètre quatre-vingt six. Et surtout, il était reconnaissable à des lieux à la ronde grâce à son bras droit, qui avait l'étonnante particularité d'être entièrement bionique, sa main étant masquée en permanence par un gant sombre.
Odd n'avait jamais réussi à lui arracher la raison pour laquelle il avait perdu son bras, mais Pierson aimait cependant l'exhiber en cas de bagarre imminente, sûrement pour rappeler qu'il était plus puissant que la moyenne et que le premier qui bronchait allait s'en prendre une. Il était assez sévère, mais avait ses chouchous.
Et, heureusement pour lui à cet instant précis, Della Robbia en faisait partie depuis les premières semaines.

Toutefois, au regard de la mine qui commençait à s'assombrir de Alexander, il sentait qu'il allait finir par s'énerver, alors il enchaîna rapidement :
« T'inquiète, on va pas te dénoncer, on tient à notre vie ! On voulait juste savoir un truc, tu te souviens de la lettre que tu as donné à Héloïse pour moi ?
— Oui, pourquoi ? demanda le surveillant tout en faisant un petit signe de la tête pour saluer la jeune femme qui venait timidement de relever la tête.
— Eh bien j'aimerais tout simplement lui répondre, répliqua Odd derechef, donc je voulais juste savoir s'il t'avait donné son nom ?
— Hmm, réfléchit Pierson en se grattant la tête et en ouvrant la porte pour qu'ils puissent entrer tous les quatre, à vrai dire je ne me souviens pas de son visage, j'étais trop occupé à chercher mes clopes, mais je me souviens bien de son nom parce que j'ai éclaté de rire quand il l'a dit.
— Sérieusement ?
— Oui, il m'a dit qu'il s'appelait Sean Baker ! »
Immédiatement, les visages d'Aelita et Odd se fermèrent, ce que ne sembla pas remarquer l'homme qui continua, après avoir déposé Laroche dans son petit studio, en montant les marches pour les raccompagner à leurs chambres respectives :
« Je lui ai demandé son véritable nom, de fait, puisque c'est très peu probable qu'un homonyme existe, surtout depuis que l'enflure originelle est morte, mais il est parti sans me répondre !
Je sens que la pimbêche était pas la prioritaire dans le classement des gens à tuer, au final...
— Bon bin tant pis, souffla Della Robbia dans sa barbe avec le cœur battant à s'en rompre, merci quand même d'avoir essayé ! On se revoit demain du coup !
— Bonne nuit, Della Robbia ! rétorqua le surveillant sans en rajouter en le laissant seul, avec Aelita, au milieu du couloir pour retourner au rez-de-chaussée. »

Les deux amants restèrent immobiles et silencieux un long moment, même après que l'éclairage du couloir minuté les aient laissés dans le noir complet. Ce fut Odd qui lança cependant la conversation en tentant une approche conciliante :
« Sean Baker est mort devant moi, définitivement (Mais bien sur...), ça ne peut donc pas être lui (Quelle logique dans tes déductions, Della Robbia !), ce qui fait que tu as raison... Ça doit être un canular, on a aucune raison de s'inquiéter !
— Si, murmura son amie en se détournant pour descendre à son étage, on a encore plus de raisons de s'inquiéter au final... »
Quand il la vit s'éloigner, le blondinet n'essaya pas de la rattraper, il savait que ça ne servirait à rien. Dans les moments où elle se remémore son viol, personne ne peut l'atteindre, pas même lui.
C'est avec cette déprimante pensée en tête qu'il ouvrit la porte de sa chambre doucement, entra, la referma à clé, puis fixa son lit et se figea pendant une seconde, avant de rétorquer avec un ton blasé :
« Est-ce qu'il y a une putain de soirée où tu vas me foutre la paix oui ?
Tu ne le dis pas ça à Aelita hein, répliqua la tête coupée du roux avec un sourire cruel, que tu ne peux pas me passer de moi... Dommage pour toi !
— Tu n'es pas moi, tu es juste une hallucination, je t'oublierai un jour... gronda l'adolescent en commençant à se déshabiller pour mettre son pyjama.
Si tu désirais vraiment m'oublier, tu arrêterais de me parler tous les soirs, déjà ! railla Baker avec un regard délicieusement ironique.
— Tu es de plus en plus présent, pourquoi ? posa très sérieusement Odd en se glissant dans son lit après avoir éteint la lumière.

À cet instant précis, un petit quelque chose le mit mal à l'aise, comme une impression de pas à sa place, mais son attention était centrée sur les yeux luisants de la tête, qui avait étonnamment adoptée une mine songeuse.
Elle resta ainsi immobile pendant quelques secondes, avant de sourire de toutes ses dents, de ricaner sadiquement et d'expliquer avec un ton doucereux :
« Tu le sais déjà, Della Robbia... Tu ne veux juste pas te l'avouer hein ?! Peut-être que, si je veux chercher une autre hypothèse, cette maudite lettre t'a fait te rappeler de tous les somptueux souvenirs de moi que tu avais... En tout cas, bonne chance pour m'oublier de nouveau ! »
Excédé, le blondinet se redressa pour le frapper, mais la tête coupée avait disparu, laissant l'ex lyoko-guerrier dans un état de consternation totale. Il avait failli se battre avec une hallucination d'un ancien psychopathe terroriste mort depuis deux ans, qui le hantait en permanence.
Odd pouvait décemment se poser des questions sur sa santé mentale, mais il était trop fatigué et perplexe sur sa situation actuelle et physique pour réfléchir sur son cerveau.
C'est ainsi qu'il s'endormit en quelques minutes, la tête pleine d'interrogations, de questions sans réponses et de problèmes insolubles.


Rue de l'Assomption, Paris, France – 4 Septembre 2009


Sean Baker, immobile à l'arrière du grand véhicule noir, se frottait les mains vigoureusement en écoutant le récit de son subalterne, qui était très efficace et loyal, mais beaucoup beaucoup trop bavard pour le rouquin. Cela faisait cinq minutes qu'il écoutait son charabia sur sa vie de famille, il commençait à en avoir plus qu'assez, c'est pourquoi il l'interrompit sèchement :
« Je ne t'ai pas embauché... Enfin plutôt, nous ne t'avons pas embauché pour entendre ta vie de famille, donc tu vas me faire le plaisir de la fermer, Drake...
— Donc, j'arrive parfaitement à rentrer dans la peau de mon personnage, c'est parfait ! rétorqua le concerné avec un grand sourire amusé. »
À cet instant, son chef eut une soudaine et puissante envie de meurtre, mais il se ressaisit et se contenta de le regarder fixement pendant quelques secondes, ce qui lui fit ravaler rapidement sa soudaine arrogance. L'anglais était épuisé, le trajet depuis Brest lui avait littéralement donné envie d'égorger des chatons, et la Phase I de leur plan n'était même pas totalement terminée.
Il devait attendre un SMS... Enfin, plutôt deux pour savoir s'il pouvait lancer la Phase II. En fait, tout dépendait véritablement du bon vouloir de Kantus, cette machine infernale.

En un an passé avec ses deux collègues de Carthage, il avait appris à haïr plus que tout au monde leur création : ce monde virtuel, cette machine et les deux fous / assistants de Puella faisaient partie des choses qu'il évitait de mentionner dans une conversation, au risque de provoquer un énervement immédiat.
Il ne savait pas lui-même pourquoi, à vrai dire, cela devait être juste viscéral, un peu ce qu'il a ressenti pour Yves Blackwell sur la fin de sa première vie, à vrai dire... Il n'avait, d'ailleurs, jamais su non plus comment les deux génies avaient réussi à le ressusciter. Le psychopathe s'était d'ailleurs promis de découvrir cela, mais le lancement de leur plan plus tôt qu'initialement envisagé l'avait empêché de mener à bien sa mission.
Heureusement pour lui, une fois les trois phases terminées et une fois que Carthage aura gagné, « leur » Phase IV pourra s'enclencher...
Toutefois, la vibration sonore de son portable l'interrompit dans sa réflexion et il le sortit rapidement pour observer le SMS avec un sourire carnassier.
Ainsi, sans un mot, il se pencha pour ouvrir la porte du côté opposé à l'endroit où il se tenait, ce qui fut le signal pour Drake qui, sans dire la moindre parole, partit de son côté remplir son rôle. Baker avait confiance en lui, c'était pour ça qu'il l'envoyait en solitaire. Il était, par ailleurs, admiratif du flair de Avus qui avait réussi à détecter le talent indispensable à la suite de leur opération du susnommé...

Encore une fois, son téléphone vibra dans le silence religieux qui s'était établi dans l'habitacle de la voiture.
Encore une fois, il baissa les yeux et eut un sourire carnassier et sadique, mais la suite des événements ne fut pas forcément la même.
Au contraire, il alla doucement refermer la porte après être sorti pour aller se placer sur la place du passager. Il prit également bien soin de recouvrir son si reconnaissable visage avec une cagoule sombre, de mettre des gants pour éviter de poser la moindre empreinte là où se trouvaient ses cibles.
Il vérifia ensuite le contenu du sac posé sur le siège passager : du chloroforme, un taser, un couteau de chasse et un pistolet mitrailleur MP5 avant de poser ses mains sur le volant et d'attendre, patiemment, calmement, que le jour se lève.
Sean Baker avait tout son temps, après tout la Phase II du plan carthaginois allait débuter avec lui, et il avait vraiment hâte que tout se passe comme prévu.
De plus, la troisième vibration de son portable, qui aurait du le surprendre, eut l'effet inverse, qui fut celui de provoquer l'apparition d'un grand sourire ravi sur son visage d'ange maléfique.
Tout se déroulait comme il l'avait envisagé, et il ne pouvait en être plus heureux.
_________________
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/siffle11.pnghttp://i.imgur.com/x05bL4j.pnghttp://i.imgur.com/MfmDTMk.png
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
 
Ikorih MessagePosté le: Mar 03 Avr 2018 18:22   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1475
Localisation: Sûrement quelque part.
Citation:
Je suis formel, même si c'est horriblement mal exprimé et que c'est sûrement des personnes très peu familières à la langue qui ont écrit ça

Je crois que dans le milieu on appelle ça un autoclash de l'enfer...

Bon, alors, pas de corbeau à l'horizon, je devrais pouvoir commenter en trouvant des choses à dire. Je dois dire que ce n'est pas Jules Stamper que j'espérais voir revenir sur le devant de la scène, mais plutôt le légendaire PATRICK (Edit : Ok j'ai spotted Patrick, batar) qui restera à jamais le personnage le plus badass du final de la fic, exploit d'autant plus difficile à accomplir qu'il n'est pas roux. D'ailleurs la concentration de roux au mètre carré a totalement explosé, entre Sean, Kane, et le roux non identifié qui a totalement le même physique que Kane en terme d'yeux et de couleur de cheveux...Sachant qu'on a douze persos répertoriés, que ce nombre monte à quatorze si on compte Kane et le roux anonyme, on a donc une fréquence de roux de 3/14, soit 21%. Incroyable mais vrai, le taux de roux dans la population est de 5% en France. Je te laisse conclure. Mr. Green
(Ok j'ai faussé les stats en ne comptant pas William. Techniquement c'est 3/15, soit 20%. MAIS MÊME)

Assez surprise du coup de pute de Lazare pour le coup, il avait l'air relativement sympa XD Par contre Archange me fait un peu plus l'effet d'une quiche versatile qui sait pas ce qu'elle veut, elle a intérêt à s'améliorer par la suite parce que c'est pas brillant :c On en a déjà parlé sur Skype mais je maintiens mon parallèle entre l'agacement de Sean par rapport à Kantus et la trouille qu'Archange a de Lyoko : les mondes virtuels déchaînent des émotions fortes. D'ailleurs, comment ça se fait que cette peur panique ne soit pas répertoriée quelque part dans le dossier d'Archange? J'veux dire, ils doivent bien passer des tests psychologiques les agents secrets, leurs phobies doivent être un peu connues de leurs supérieurs non?
Sinon Lyoko est une passoire, et les systèmes du SC aussi (à quel moment un avatar random a accès au système de son de l'usine pour parler?), mais la structure du monde virtuel a dû changer vu la mention du château. On peut y voir le territoire Banquise modifié dans le meilleur des cas, mais une refonte n'est pas à exclure.

Citation:
son ami la tête coupée

Eh bah putain la relation d'Odd avec son hallucination n'est même plus sous-entendue à ce stade!

Citation:
— Qui dit qu'il y a une Fille, rétorqua Della Robbia en se levant et en se retournant pour fixer l'entrée, dit qu'il doit y avoir un Père quelque part. On est peut-être pas les seuls visés par ces lettres...


Spoiler


Citation:
Tu n'as plus de nouvelles de ton oncle et Oblong

Nooon, Patrick Crying or Very sad

Funfact, j'aimerais bien voir comment l'hallucination de Odd réagira quand ce dernier tombera face au vrai Sean, y a moyen que ce soit une scène très drôle...

Citation:
Odd n'avait jamais réussi à lui arracher la raison pour laquelle il avait perdu son bras

J'pense qu'il préfère pas en parler...

Citation:
— Si, murmura son amie

Aelita qui se fait friendzone par le narrateur o.o

Bon en ce qui concerne Sean j'ai pas grand chose à dire, à part peut-être le sentiment qu'il a peut-être un agenda caché dans l'histoire. En ce qui concerne Drake j'attends de voir, un prénom ne fait pas tout...
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
 
Silius Italicus MessagePosté le: Ven 08 Juin 2018 16:01   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 202
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonsoir très cher Draynes,

Ce serait donc dans les vieux pots que se font les meilleurs soupes ?

Un petit propos liminaire néanmoins :
Ce qui est ironique, c'est que ce récit qui devait combler les espaces intersticiels entre la publication de deux chapitres de Game of Power a lui aussi fini par créer de tels écarts...

De la même manière, on reviendra sur vos essais latins :

Spoiler


Dans l'ensemble on n'a des messages qui rappellent fortement le roman noir et ne surprennent pas trop. La question est plus de voir comment tout ces fils vont se relier et s'intégrer tant entre eux dans la résistance et dans le plan de Carthage.
Cela étant, le choix du latin se comprend : après tout Carthage et Rome furent de grandes ennemies. Et le phénicien est assez mal connu de nos jours.


Pour en revenir aux choses sérieuses, ce récit laisse un peu sur sa faim, malgré le paradoxe intéressant qu'il propose. En effet, ce texte propose quelque chose de rare en étant la suite d'un récit qui s'était éloigné, tant dans le propos que dans l'ambiance de la série d'origine. En proposant une suite, il y avait moyen de marquer le coup, de rentrer dans quelque chose de très différent. Pourtant, sur le début, cela n'est pas évident, entre autre du fait de l'ambiance de lycée qui fait que l'on reste fort proche de la série. Encore que. Donc on a tout ce qu'il faut pour stimuler la curiosité, pour une certaine originalité, mais pour l'instant cela ne s'est pas encore tout à fait manifesté.
Dans le même temps, votre style s'il a évolué depuis la famille, que ce soit depuis les premiers ou les derniers chapitres, reste similaire à ce qu'on lui connaissait. De fait, il serait difficile de voir les différences avec Game of Power, mais surtout avec Arcadia. Autant cela se comprend dans le cas du Projet Arcadia, qui a beaucoup en commun ici, autant c'est plus troublant d'observer cette grande ressemblance avec Game of Power qui a quand même des enjeux bien différents. Dans tout les cas, on a affaire à quelque chose de consistant et satisfaisant. Ce n'est peut-être pas le grand frisson stylistique, mais la base reste assez solide, même si l'ami Sorrow a su remarqué des points d'améliorations.

Heureusement, le deuxième chapitre vient faire monter le récit en puissance. Dans l'ensemble cela se met en place sans trop de surprise, mais fait déjà nettement ressortir le potentiel du récit. L'intrigue se développe, même s'il est difficile de voir ce qu'il en est du front politique, et de son articulation avec les deux autres. Dans le même ordre d'idée, il est intéresant de voir Odd basculer dans la folie, mais étrange de ne voir aucune réaction d'Aelita, sa concubine - le texte usant de ce terme qui fait un peu étrange.

Les qualités de ce récit sont celles que l'on vous connaît : le travail des personnages, de leurs attitudes et raisons. On notera quand même une appréciation certaine pour le whisky, d'ailleurs tout le monde boit, même Odd qui ramène de la bière dans un établissement scolaire publique (ce qui est illégal. Il y a indubitablement quelque chose de très vivant dans leurs dialogues. On notera la commentaire méta-textuel sur la qualité du latin employé... les remarques de Sorrow ont portées visiblement.

Reste à voir ce que vous allez faire de ces fondations de style.

Quelques points étonnent cela dit à la lecture de ce récit. Notamment le fait que tout le monde, "toute la France" précise même le récit est au courant de l'existence du supercalculateur et du combat avec la Famille. Certes ma lecture est lointaine, mais il ne me semblait pas qu'il en fut ainsi à la fin du récit précédent.

De même, la porosité de Lyokô, c'est une quasi constante dans les récits, mais quand même.

William ne prévient pas non plus ces amis Odd et Aelita qu'il y a du nouveau.

Au fait : "Et qui sont Carthage ?", il faudrait corriger cette erreur. Ou bien l'assimiler à une sorte de tic de langage; parce que en l'état c'est un peu décevant.


La seule vraie question ici, c'est de savoir quand est-ce que Sean viole Odd, histoire de finir le boulot qu'il a si bien commencé.

Au plaisir de vous voir semer le chaos.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
Revenir en haut de page
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
 
Montrer les messages depuis:   

Forum Code Lyoko | CodeLyoko.Fr Index du Forum -> Vos Créations -> Fanfictions Code Lyoko Page 1 sur 1

Poster un nouveau sujet
 Réponse rapide  
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 
Répondre au sujet



Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure

Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum




Powered by phpBB Lyoko Edition © 2001, 2007 phpBB Group & CodeLyoko.Fr Coding Dream Team - Traduction par : phpBB-fr.com
 
nauticalArea theme by Arnold & CyberjujuM
 
Page générée en : 0.1622s (PHP: 50% - SQL: 50%) - Requêtes SQL effectuées : 22