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 Auteur Message
Oddye MessagePosté le: Lun 17 Juin 2013 11:01   Sujet du message: Répondre en citant  
Fleur immonde


Inscrit le: 27 Fév 2008
Messages: 2017
Localisation: Dans un autre horizon
Café Noir a écrit:

Zéphyr a écrit:
Quelle est ton impression pour ce premier essai Léo ?
Fail ?


Fail, oui, mais pour toi^^
Le personnage s'appelle Chris, mais Tyron et les autres croient que c'est Léo ^^ C'est pour ça qu'il est appelé Léo. Wink
_________________
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Je n'étais pas anciennement odd-4-ever.
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Zéphyr MessagePosté le: Lun 17 Juin 2013 15:18   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1034
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Spoiler






Chapitre 3
Puck






Piste 3 : (29/01/2013)


Mon rêve étrange de samedi ne m'a pas troublé plus que cela. Enfin, c'est ce que je pensais avant d'avoir le TP de chimie de ce matin avec Mme Hertz.
Nous étions en train de corriger un exercice, qui ne me passionnait pas au plus haut point. Puis, sans m'en rendre compte, ma main se mit à dessiner toute seule sur ma feuille, alors que je ne pensais à rien de précis. Une fois l'esquisse terminée, je reconnus sur le papier le pilier noir aperçu en songe. Le revoir dans ces conditions et reproduit par ma main m'estomaqua et ramena en moi des interrogations.
Je n'eus pas le temps de me demander le pourquoi de ce geste, puisque je fus interpellé par la professeur qui se planta devant ma table :
- M. White, pouvez-vous me dire quelle est la masse maximale d'aspirine que l'on peut obtenir lors de cette hémisynthèse ?
Le seul intérêt que je trouvais à l'aspirine était sa capacité à soulager mes maux de tête après un cours de physique-chimie. Bien entendu, n'ayant ni suivi, ni compris l'exercice, je ne connaissais pas la réponse, ce qui n'était pas du goût de l'enseignante.
- Si vous souhaitez passer en terminale M. White, je vous demanderai d'accorder plus d'attention aux cours que je vous dispense. Rangez-moi ce dessin aussi, vous n'êtes pas là pour faire ça. Et vous me ferez une heure de retenue demain après-midi.
Elle retourna au tableau suite à cette réplique et interrogea Maïtena Lecuyer pour répondre à la question.
Hertz n'avait jamais pu m'encadrer à cause du peu d'intérêt que je portais pour sa matière. Elle avait d'ailleurs été farouchement opposée à mon passage en première S, me conseillant plutôt une ES ou une L. Malheureusement, mon comportement calme en cours et mon attitude sérieuse ont joué contre elle et favorisé mon passage.
Bref, une heure de colle n'allait pas me tuer. En réalité, je m'en fichais complètement puisque je ne prévoyais jamais rien de mon temps libre.


Les événements déroutants auraient pu s'arrêter là pour cette journée, si ce n'est la pause-déjeuner qui décida de mettre son grain de sel.
Comme à mon habitude, je me trouvais adossé à un pilier des arcades, en train de lire un livre. J'en étais à la phrase : « Nous lisons les livres et les brûlons, de peur qu'on les découvre. » lorsqu'on vint m'aborder :
- Salut Chris !
Je levai les yeux de mon ouvrage, ou plutôt, les baissai en direction de celle qui venait de me saluer. Il s'agissait d'Anaïs Fiquet, une fille de ma classe. C'était une des filles les plus convoitées par les garçons au lycée. Et il fallait l'avouer, Anaïs avait de quoi : une magnifique silhouette qui dépassait le mètre soixante-dix, des cheveux blonds éclatants qui lui tombaient sur les omoplates et des yeux bleus pétillants.
- Salut, lui répondis-je d'une voix qui se voulait neutre. Est-ce qu'il y a un problème ?
- J'aimerais te demander quelque chose, me dit-elle d'un air mystérieux.
- Je t'écoute.
Ma parole ne fut pas associée à l'acte, car je vis dans la cour une des personnes chargées de l'entretien des locaux. Rien de bien extraordinaire si ce n'est l'électricité qui la parcourut et l'espèce de mini-explosion qui suivit. L'homme avait fait place au jardinier Michel Rouiller, qui continua sa route l'air penaud. Je me frottai les yeux, afin de vérifier que je ne rêvais pas et que la transformation à laquelle je venais d'assister était réelle. Tandis que l'homme au chapeau de paille continuait sa route, je le suivis du regard, comme si mes yeux n'attendaient que d'assister une nouvelle fois au phénomène.
- Chris, tu m'écoutes ? fit la voix d'Anaïs, m'interrompant dans ma contemplation.
Encore abasourdi par ce que je venais de voir, je dis confusément :
- Hein ? Désolé. Tu disais quoi ?
- Je te proposais de venir avec moi et deux-trois de mes amis au cinéma ce vendredi après les cours.
Elle avait drôlement appuyé sur le « moi ». C'était aussi la première fois qu'elle me proposait de faire autre chose que discuter. Je ne savais plus quoi penser de notre relation.


Tout avait commencé au milieu du mois de novembre. Anaïs avait d'abord commencé par des « Salut Chris ! » auxquels je ne répondais pas au départ, pensant qu'elle me ficherait bien vite la paix. Mais c'était sans compter la ténacité de celle-ci, qui me proposa un beau jour de papoter. Je l'ai bien évidemment envoyé bouler la première fois, ce qui ne l'a pas empêché de retenter sa chance à plusieurs reprises. Au bout d'un moment, deux semaines avant les vacances de Noël et lassé de devoir la repousser, je décidai d'accepter de discuter avec elle. Elle me posa beaucoup de questions sur moi. Je répondais en tentant de ne pas trop me dévoiler, mais le fait était que je pris goût à ces discussions, m'habituai à la compagnie et à l'énergie de la jeune fille. Puis, au fil du temps, nos entrevues devinrent plus fréquentes, plus longues, et les décolletés d'Anaïs plus plongeants. Bien entendu, n'étant pas complètement stupide, je voyais bien qu'Anaïs me draguait depuis le retour des vacances, et ce à coup de petites évocations très subtiles qu'elle parvenait à placer, ainsi que par des clins d'œil et autres gestes. Cependant, je préférais ne pas évoquer ceci avec elle.

En tout cas, ses méthodes étaient efficaces puisqu'elle ne me laissait plus aussi indifférent qu'auparavant. Pire encore, il m'arrivait de bafouer lorsque je lui parlais : je commençais à perdre le contrôle sur mes émotions. Mais je ne faisais rien pour arrêter ça, car j'avais envie de voir et de fréquenter Anaïs Fiquet.


Mon long silence causé par ma réflexion fit se dessiner un air interrogé sur le joli visage de mon interlocutrice. Je me repris précipitamment :
- Vendredi pas possible. J'ai un rendez-vous que je peux pas louper.
Pour le coup, je n'avais même pas besoin de lui donner une excuse bidon.
- Un rendez-vous ? Pas de chance, dit-elle, visiblement déçue.
Elle remit une mèche de ses cheveux derrière l'oreille. En mon for intérieur, je trouvais ce mouvement incroyablement beau et gracieux.
- Mais il y a bien un jour où j'arriverai à t'avoir mon petit Chris, glissa t-elle d'un ton enjôleur.
Sur ces mots, elle tourna les talons et prit la direction du réfectoire.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Entre moi qui dessine mes visions nocturnes et le personnel d'entretien qui se transforme en jardinier, je ne sais plus quoi penser des événements qui me tombent dessus. Il n'est pas impossible que je me prenne trop la tête. Qui sait, les réponses se dévoileront peut-être par la suite.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Piste 4 : (01/02/2013)


Plus l'on attend qu'un événement se produise, plus le temps pour y accéder est long. Et une fois que l'on vit ledit événement, celui-ci passe très vite, nous donnant l'impression de ne pas en avoir assez profité. L'après-midi d'aujourd'hui m'a donné ce ressenti.


http://i.imgur.com/7tNqoHf.png


Comme la dernière fois, James me conduisit dans le mystérieux parking souterrain, où Bernard m'attendait déjà. Il m'emmena dans la salle d'expérimentation. En y pénétrant, je vis Tyron et le reste de son équipe observer une image holographique. Celle-ci provenait d'une tablette numérique posée sur le grand bureau. Je m'en approchai.
- C'est une modélisation de ton avatar Léo, expliqua Tyron sans même se retourner.
Je détaillai du regard la silhouette qui tournoyait dans les airs. Après quelques secondes d'observation, je ne pus m'empêcher de demander :
- J'ai vraiment une tête comme ça sur Tron ? Vous êtes sûr ?
- Cet avatar a été créé sur la base de ton inconscient et de tes rêves donc il n'y a aucune erreur possible, répondit le professeur Hope. Certes, ton visage est un peu surprenant, mais nous n'y pouvons rien. Après tout, il n'y a pas que l'apparence qui compte.
Ma tête était... comment dire ? Spéciale. Pour commencer, mes cheveux semblaient à peine plus longs que la normale et ils étaient dressés et partaient dans tous les sens, comme si j'avais mis le doigt dans une prise électrique. Ça, je pouvais encore l'accepter, mais la peau de mon visage... Elle était entièrement noircie par endroits, et présentait des marques rouges à d'autres. Finalement, ce n'est pas le doigt mais ma tête tout entière qui avait été mise dans la prise. La peau de mon cou demeurait intacte. Les marques de brûlure s'arrêtaient pile sur les arêtes de mon visage et épargnaient les oreilles. Si je n'avais pas déjà fait un transfert, je n'aurais pas parié que cette apparence était la mienne.
- Bon, il est temps de se remettre au travail, fit Tyron en éteignant la tablette. Préparons-nous pour la virtualisation.
Je m'installai torse nu sur la table et les diverses électrodes plus le casque furent placés sur mon corps. Le professeur Fontaine m'injecta une dose de tranquillisant dans le bras, exactement au même endroit que la semaine précédente. J'espérais que les traces de piqûres ne se verraient pas, je ne tenais pas vraiment à ce que l'on me prenne pour un drogué. Une fois la mise en place terminée, Tyron me dit :
- Pour ce deuxième essai, je te laisse faire ce que tu veux : explore un peu plus Tron, teste ton nouveau corps, cherche-toi de nouveaux pouvoirs. Tu as l'embarras du choix. Allez, je vais lancer la procédure.
Quelques instants plus tard, la sensation d'embourbement me gagna, suivie de la décorporation.


Mon avatar apparut dans la sphère qui composait le centre de Tron. Je me réceptionnai parfaitement et, presque immédiatement, je me palpai le visage afin de sentir les brûlures qui me marquaient le visage. Bien entendu, mes doigts ne firent aucune différence entre la peau brûlée et la peau normale, ce qui me rappela les particularités de la virtualisation, à mon grand dépit.
Sans perdre de temps supplémentaire, je sortis de l'endroit.
Une fois à l'extérieur, je repris vite mes marques avec le territoire et utilisai mon pouvoir de contrôle de l'air pour m'envoler. À mon grand plaisir, voler était quelque chose qui ne s'oubliait pas. Je profitai de la hauteur prise pour tenter de repérer un éventuel accès à un lieu souterrain. Rien n'y fit, j'eus beau parcourir l'anneau de long en large, aucune ouverture ne semblait exister. Il n'y avait que les couloirs, les fossés, les zones plates et leurs bâtiments. J'en arrivai à une seule conclusion : mon rêve en était bien un – ce qui n'est pas vraiment un scoop. Cette histoire de pilier noir et de salle mystérieuse m'avait trop troublé, au point de perdre le sens des réalités. Je devais me ressaisir.
Décidant de passer à autre chose, et mon pouvoir commençant à me fatiguer, je me dirigeai vers les structures flottantes en hauteur afin de m'y poser et m'asseoir sur le rebord.
Avoir vu l'essentiel du décor lors de ma première visite ne me réussissait pas, car très rapidement, mon pire ennemi vint me tourmenter : l'ennui. Il m'envahit de la même manière qu'un essaim d'abeilles défend sa ruche, faisant ralentir ma perception du temps. Cette sensation m'horripilait au plus haut point, à un tel point que je bouillonnais de l'intérieur. Malheureusement, sans de quoi m'occuper, la frustration et l'irritation qui m'habitaient ne pouvaient que grandir encore et encore. Réfléchir était la dernière option qu'il me restait.
« Tu peux faire tout ce que tu veux », avait dit Tyron. Je fus un instant tenté de me jeter dans la mer numérique pour en finir une bonne fois pour toutes, mais une autre des paroles du clown scientifique me revint à l'esprit : « Trouver de possibles nouveaux pouvoirs ». Pourquoi pas ? C'était toujours mieux que de s'embêter comme un rat mort.
Je me relevai et me mis en quête de cette ou ces hypothétiques facultés par diverses approches. Je me concentrai sur l'horizon afin que des rayons lasers me sortent des yeux. Sans résultat. Je fixai ensuite un point à quelques mètres derrière moi pour m'y téléporter, ce qui n'apporta aucun résultat. Je tendis ma main droite paume vers le ciel afin que quelque chose en sorte, peu importe ce que cela pouvait être. Boule de feu, toile d'araignée ou fumée, je prenais tout ce qui se présenterait, du moment que l'ennui ne me tue pas. C'est là qu'une boule de lumière, de la taille d'une balle de golf et crépitant légèrement, surgit au creux de ma main. Celle-ci s'allongea en brillant d'une lueur vive qui me força à plisser les yeux. La lumière fit place à une longue lance.
L'arme dépassait les deux mètres d'après mes estimations. Elle était d'une superbe couleur argentée sur toute sa surface mis à part en un endroit : une sphère placée entre la pointe et le manche, qui était d'un transparent bleu électrique, un peu comme du verre coloré. La tête était constituée d'une pointe à l'aspect meurtrier, dont le coeur était d'un gris plus clair que le reste – presque blanc. Elle avait un volume assez inhabituel pour une pointe. Le manche cylindrique, qui constituait la partie la plus longue de l'objet, était relativement fin, tout au plus deux-trois centimètres de diamètre. À sa queue se terminait une sorte de butoir, qui devait servir de contrepoids de la tête. En tout cas, elle était magnifique.
Cette découverte me fit me rendre compte de mon fourvoiement sur le toucher virtuel. J'étais capable de ressentir le poids et la présence de l'objet dans mes mains, donc je possédais ce sens, ou du moins partiellement. En guise de test, j'appuyai mon index droit sur la pointe aiguisée pour faire en sorte de me faire mal. Je ne ressentis aucune douleur. Pour vérifier ma théorie, je déclenchai un léger courant d'air. À son passage, je pus sentir mes cheveux se soulever et le contact de l'air sur ma peau. Cependant, je ne décelai ni chaleur, ni fraîcheur. Je tentai ma chance avec un vent plus fort : cette fois-ci, aucun ressenti de l'air sur mon épiderme. Le toucher était donc bien partiel dans le monde virtuel. On en possédait suffisamment pour se mouvoir et sentir les choses que l'on touche ou porte ; mais pas assez pour distinguer les textures, éprouver la douleur et capter les températures. En ce qui concerne le vent, si celui-ci était trop puissant, je ne le sentais pas. Toute cette histoire de sens était bien compliquée. À moins que ce ne soit moi le compliqueur.


J'en revins bien vite à ma nouvelle arme, qui me donna l'occasion de m'occuper. Je commençai à m'entraîner à la manier. Mes débuts furent médiocres : je n'exploitais pas suffisamment la longueur que me conférait la lance, préférant me rapprocher de mon adversaire invisible. Puis, petit à petit, je parvins à en faire une extension naturelle de mon bras, ce qui m'offrait une très belle allonge. Cela me serait utile dans un cas de combat à semi-distance, enfin si j'avais un jour à combattre sur Tron. Je tentai ensuite un lancer contre une paroi située à une quinzaine de mètres. Elle se planta dedans comme dans du beurre. L'utilisation à distance n'était pas trop mal non plus mais avait comme inconvénient de me laisser désarmé. Je dus récupérer l'objet manuellement. En revenant vers le bord de la structure flottante, je vis du mouvement dans la zone anneau. Il s'agissait de l'engin de couleur jaune que j'avais pu voir de près la dernière fois. N'écoutant que mon instinct, je pris l'initiative de m'envoler jusqu'à la sphère, destination certaine de l'appareil observé.
Je me posai au sommet de la boule et entrepris de faire disparaître ma lance dans un premier temps. Il me suffit de me concentrer un peu pour cela et l'arme disparut dans un léger crépitement accompagné d'une lueur. J'entendis un bruit de moteur qui se rapprochait. Je me plaçai à plat ventre sur mon point d'observation afin d'être le plus discret possible. Quelques instants plus tard, le véhicule de la couleur d'un taxi new-yorkais déboula en trombe pour s'arrêter devant le pont.
Jusque-là, je pouvais encore tout encaisser, si ce n'est lorsque je vis des personnes, certainement les occupants de la machine, apparaître juste devant. Depuis ma position, je pouvais les détailler assez nettement : ils étaient trois au total, une fille et deux garçons. Le plus à gauche était en combinaison marron et jaune-orange avec un bandeau assorti. Des poignées dépassaient de son dos – sûrement des épées ou des sabres. Une sorte de samouraï en somme. Celui du milieu avait une tenue dans des tons violets avec des zébrures jaunes au bras, ainsi qu'une queue de chat et les papattes griffues qui vont avec. Sa coupe de cheveux blonde en pointe avec une mèche violette à l'avant était des plus extravagantes. Quant à la fille de droite, sa combinaison était entièrement rouge et ses cheveux, noirs coupés jusqu'aux épaules.
Tous trois avaient aussi l'air d'avoir à peu près le même âge que moi. Du moins, en apparence, car on ne pouvait pas savoir ce que la virtualisation pouvait réserver. La preuve, mon visage me faisait ressembler à un malade qui se serait cramé le visage par accident.
Un séisme parcourut le territoire : j'entendis l'entrée du noyau s'ouvrir. Les inconnus s'y dirigèrent quand soudain, un des plateaux bascula quasiment à la verticale, avec l'espèce de chat violet encore dessus. Malgré ses griffes, celui-ci était à deux doigts de tomber dans la mer. Ses compagnons ne pouvaient rien faire ou plutôt n'avaient pas la moindre idée de ce qu'ils pouvaient faire. L'idée d'aller l'aider grâce à mon pouvoir m'effleura un instant, mais après tout, je ne savais pas qui il était, ni quelles étaient ses intentions. Étais-je capable d'abandonner un garçon pas plus vieux que moi à ce triste sort qu'est cette dangereuse eau numérique rien que sur de simples appréhensions ? Je fus trop long à prendre une décision et le félin chuta dans le vide. Au cours de sa descente, son corps s'éparpilla en cartes blanches et disparut juste avant d'atteindre la surface de l'étendue aqueuse. Il avait certainement été rapatrié vers son lieu de départ.
Je reportai mon regard sur les deux autres restants. Ils courraient vers la sphère et parvinrent à y entrer. Sans hésiter, je décidai de les suivre en quittant mon perchoir pour me retrouver devant l'entrée fermée. Je posai ma main sur la paroi qui, comme par magie, s'ouvrit à nouveau rien que pour moi. Je pénétrai dans l'obscur globe et m'installai sur le téléporteur, qui m'emmena dans la pièce principale.


En arrivant dans la salle aux plateformes aériennes, mes oreilles furent immédiatement agressées par un bruit strident, ressemblant à une alarme. Le silence s'imposa de nouveau malgré tout. Je vis depuis le point élevé où j'étais situé que le samouraï et la fille en rouge étaient devant l'appareil à écran noir, l'air interloqué. Le garçon dit :
- Non, rien. Pourquoi, on devrait ?
J'avoue que je n'y comprenais rien et me demandais à qui il parlait. Sa copine ne lui avait rien demandé. D'ailleurs, ça ne l'avait pas dérangé, elle, de voir son compagnon parler seul. C'est sur cette interrogation que je les vis : des formes flottant à la surface des autres plateformes et se déplaçant. L'une d'elles apparut non loin du couple.
- Là ! montra la fille en pointant l'endroit où se trouvait l'étrange chose.
- Où ça ? Je vois rien, lui répondit l'autre.
Remarquons qu'elle venait quand même de lui montrer du doigt le coin en question.
- J'ai pas rêvé. Je te dis que j'ai vu quelque chose, ajouta la jeune fille.
Malheureusement, elle n'a pas été victime d'une hallucination ou d'un rêve puisque j'ai moi-même vu ce « quelque chose », accompagné d'autres amis. Le couple se plaça dos à dos. Bonne idée pour pas se faire avoir par surprise.
La situation avait quelque chose d'angoissant je dois avouer. Une menace au mode de déplacement furtif qu'on pouvait à peine distinguer avait de quoi donner froid dans le dos, même sous forme virtuelle. Je n'osai pas imaginer ce que devait ressentir le tandem qui ne voyait pas ce à quoi il allait devoir faire face.
- Je comprends rien, lança le samouraï. C'est quoi ça des présences ? C'est des monstres ? Tu peux être un peu plus précis ?
En entendant le mot « présence », j'eus le réflexe de me placer en l'air afin de ne pas me faire repérer. Mon emplacement me permettait de garder un oeil sur le couple tout en restant à l'écart des événements qui allaient suivre.
Les dernières paroles du garçon me firent comprendre pourquoi celui-ci parlait tout seul : quelqu'un que je ne pouvais entendre lui parlait et il répondait à son interlocuteur, tout simplement. Je compris aussi que le duo était habitué à combattre une certaine catégorie d'adversaires appelée monstres, et qu'il semblait désarçonné par une menace qu'il ne connaissait pas. Ils sortirent leurs armes, deux sabres pour lui, deux éventails pour elle. Chacun s'avança vers un bord de la plateforme afin d'inspecter les alentours, brisant leur formation dos à dos, ce qui de mon avis n'était pas très prudent. Ils avaient un air très attentif sur leurs visages et pourtant, ils ne m'avaient pas encore remarqué, alors que je ne me cachais même pas. Il leur suffisait de lever la tête pour me voir.
- Quoi que ce soit, on les attend, ajouta le garçon.
Il n'arrivait pas à les voir et il les attendait. La bonne blague. Il allait se faire laminer, c'était sûr. Soudain, un bruit se fit entendre, un peu comme un courant d'air, mais produit par un truc un peu visqueux et électronique. Un son indescriptible en gros. En plus, je savais d'où il venait : un des machins qui flottait au sol se dirigeait vers la fille. Celle-ci se retourna et dit à son compagnon :
- T'as entendu cette fois ?
- Ouais, et j'aime pas ça du tout.
Le samouraï recula, et dès cet instant, une forme commença à émerger du sol. Sa copine réagit vite en envoyant un de ses éventails dessus et en criant :
- Sous tes pieds !
L'entité mystérieuse s'était déjà de nouveau réfugiée dans le sol. Le jeune homme se mit à scruter de droite à gauche, sur ses gardes. Malheureusement, il ne regardait pas au bon endroit : ce qu'il cherchait se dirigeait vers son alliée et sortit enfin du terrain. C'était un genre de créature humanoïde qui tenait deux épées et qui visiblement, allait les utiliser pour attaquer la fille isolée. Je fus tenté un instant de lui dire « Attention derrière toi ! » mais me retint au dernier moment. Après tout, c'était leur problème. Elle se fit trancher par les deux lames un peu au dessus de la poitrine.
J'avais bien dit que c'était pas prudent pour eux de ne pas rester dos à dos. Elle lâcha ses éventails et son corps se désagrégea en une multitude de cartes blanches. Tandis que la créature regagnait instantanément le sol, elle cria :
- Ulrich !
Lorsque son ami se retourna, il était trop tard : l'assaillant et la jeune fille avaient disparu. Il continua de scruter les environs, dans l'espoir de voir cet ennemi invisible.
- J'en sais rien, j'arrive pas à les voir. Ils se cachent, commenta-t-il.
Un nouveau bruit étrange retentit, le samouraï ne savait pas où regarder. Il décida donc de courir et de sauter de plateforme en plateforme tel SuperMario, soit pour échapper à ce poursuivant, ce qui me paraissait improbable, soit pour le débusquer. Petite remarque au passage, il ne détecta pas ma présence, alors que moi, je l'observais comme si de rien n'était. De retour sur le bord de la plateforme d'où il était parti – celle de l'interface – il se retourna et aperçut enfin une créature qui surgit face à lui. Il dit même :
- J'en ai un, là, juste en face de moi !
Avait-il vraiment besoin de le faire savoir au monde entier ? À mon avis, son interlocuteur devait bien posséder un radar capable de détecter les « présences ». Si c'était le cas, pourquoi n'avais-je toujours pas été repéré ? Non pas que j'en crevais d'envie, mais on pouvait se demander.
- Oh non, il y en a d'autres qui se rapprochent ! ajouta Ulrich – c'était son prénom apparemment – au moment où quatre autres adversaires en plus apparurent à leur tour, identiques au premier.
Depuis mon emplacement, je ne pouvais pas les détailler précisément si ce n'est leur tenue noire et leurs deux épées chacun. Pour en revenir au samouraï, sa position laissait croire qu'il était prêt à se battre jusqu'au bout. Je fus surpris lorsque je le vis foncer tel un bourrin sur l'adversaire le plus proche. Je me souviens avoir pensé :
« Il est con ou quoi ? »
À cinq contre un, c'était évident qu'en fonçant tête la première, il n'aurait aucune chance. Bien sûr, j'avais encore raison : la créature évita aisément le coup de sabre du garçon et lui donna un coup de coude qui le fit s'étaler par terre. Il n'y avait même pas eu de combat. La honte ! Ulrich poussa un cri avant d'être achevé par deux épées plantées dans son corps, qui, tout comme sa compagne, s'éparpilla en cartes blanches. Les mystérieux monstres se refondirent dans le sol tandis que les restes du combattant aux sabres disparaissaient.
Je me posai sur une des plateformes. Le silence était retombé dans la salle du noyau, me laissant seul. Enfin, c'est ce que je pensais. Le bruit vento-électronique retentit à nouveau, me faisant tressaillir. En regardant le sol, je vis cinq formes partiellement à la surface tournant autour de moi, tels des requins autour de leur proie. Et cette proie, c'était moi.


À peine fis-je apparaître ma lance qu'ils se montrèrent à moi. Cinq humanoïdes, dépassant les deux mètres de hauteur et me regardant avec leur unique œil lumineux – enfin, j'imagine que c'était un œil. Ils portaient une sorte de combinaison noire sur laquelle d'épais traits blanc formaient des motifs. Une aura verdâtre les entourait, leur donnant un air fantomatique ainsi qu'une coloration à leur vêtement. Chacun d'eux avait déjà sorti ses deux lames jumelles sombres comme du charbon, et les avait levées dans ma direction.
Dix épées contre une lance, j'étais clairement désavantagé. N'étant pas stupide – pas comme Ulrich - j'optai pour une retraite immédiate par les airs. Par chance, mes adversaires furent pris au dépourvu et mirent plus de temps que prévu à réagir, me permettant de me diriger vers le téléporteur. Cependant, ils étaient malins. Deux d'entre eux bondirent pour atterrir pile devant l'unique sortie de la sphère. Les trois restants tentèrent de me tailler en pièces avec leurs lames en exécutant des bonds surhumains. Ma chance me permit d'esquiver ces attaques meurtrières. Non seulement, ils étaient furtifs et silencieux, mais en plus, ils étaient rapides et doués à l'épée. Presque comme des ninjas...
Ça fait un bon surnom tiens. On va le garder.
Je me mis à l'écart de ces dangereux adversaires en m'élevant le plus haut possible dans l'espace disponible. Malheureusement, cette solution ne pouvait être que temporaire au vu de l'épuisement qu'était capable d'engendrer mon pouvoir.
Face à une proie inatteignable, les ninjas ne restèrent pas passifs. Je les vis entrer à nouveau dans le sol et disparaître. Flairant un piège, je gardai ma position, la lance au poing. Soudain, j'entendis dans mon dos le bruit étrange qui traduisait la présence de mes adversaires. Je me retournai subitement et les observai qui se tenaient debout sur les espèces de pointes qui tapissaient les parois de la sphère. Ils étaient certainement entrés dans les parois de la pièce pour en ressortir à mon niveau. Une dizaine de mètres nous séparaient.
Étrangement, ils ne bougèrent pas dans un premier temps, se contentant de me fixer. Puis, un des cinq envoya une de ses lames dans ma direction que je déviai grâce à la pointe de mon javelot. Le projectile chuta jusqu'aux profondeurs de la sphère dans un bruit métallique. Je vis alors le lanceur tendre sa main non armée : son épée réapparut. S'ensuivit alors un ballet aérien de ma part afin d'éviter les armes tranchantes qui se dirigeaient vers moi à grande vitesse. Je dus m'élever, virevolter, tournoyer, me déplacer latéralement afin d'assurer mon esquive. Les ninjas avaient un excellent timing : à peine avais-je évité un projectile qu'un autre prenait la relève, ne me laissant pas le temps de m'éloigner. Le retour immédiat en main des épées ne me facilitait pas les choses non plus. J'étais parti pour danser longtemps si un des opposants n'avait pas bondi de son perchoir et ne m'avait pas collé un coup de pied dans les côtes qui m'envoya sur une des plateformes.
Je réussis à amortir ma chute au moyen d'un coussin d'air, mais en lâchai ma lance. Je me dépêchai de récupérer le long objet avant que les quatre autres ninjas ne rejoignent celui qui se tenait déjà en garde devant moi. N'ayant plus la force de m'envoler, il ne me restait qu'à défendre chèrement ma peau. Lorsque les cinq créatures noires furent prêtes à me tailler en pièces, je leur dis sur un air de défi :
- Amenez-vous je vous attends !
J'étais bien décidé à ne pas me faire avoir comme le samouraï et j'attendis le premier assaut de pied ferme. À ma grande surprise, les humanoïdes baissèrent leurs armes. Méfiant, je gardai ma lance brandie devant eux.
- Pas un geste, sinon je fais un carnage ! les menaçai-je.
Il était évident que je ne possédais pas les moyens de mettre à exécution mes menaces. Mais les mots semblaient les tenir en respect : aucun des cinq n'esquissa le moindre mouvement. Ils étaient plutôt obéissants. Trop même. Il y avait obligatoirement une embrouille. Mon intuition me poussa à me retourner, hélas trop tard : une sixième créature identique aux autres se tenait derrière moi, me prouvant que ma méfiance était justifiée. Je fus tranché par ce nouvel arrivant au même niveau que la fille en rouge avant moi, et ce, avant que je n'aie le temps de réagir. Mon corps se décomposa lentement en de nombreuses petites cartes blanches depuis l'entaille effectuée. Avant de disparaître complètement, je vis mon meurtrier entrer dans le sol.


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Je me réveillai immédiatement dans le laboratoire de Tyron. La sensation de ce retour était différente de celle de la semaine dernière. La première fois m'avait donné l'impression d'émerger d'un rêve après une bonne nuit de sommeil. Ici, c'était différent. J'avais la sensation de me réveiller après avoir fait un cauchemar. Les professeurs Hope et Fontaine s'affairèrent presque tout de suite autour de moi afin de vérifier si je me portais bien. Tyron, toujours assis sur son siège devant l'ordinateur, se retourna et me regarda avec surprise.
- Qu'est-ce qui se passe ? dit-il à lui-même. Je n'ai pas lancé la rematéralisation de l'esprit pourtant.
Il se plongea dans ses réflexions quelques secondes avant de me demander :
- Est-ce que tu vas bien ? Que s'est-il passé sur Tron ?
Je me mis en position assise sur la table puis relatai au scientifique les événements des dernières minutes. À la fin de mes explications, il se leva et se dirigea vers la porte en me disant d'un air contrarié :
- Je reviens dans dix minutes.
Il sortit en me laissant seul avec son équipe et un peu déboussolé. En attendant son retour, j'arrachai les électrodes de ma peau, ce qui n'était pas sans douleur. Heureusement pour moi, ma pilosité n'était pas encore trop développée. Après avoir remis mon T-shirt, je pris le temps de réfléchir à ce qu'il venait de m'arriver sur Tron tout en étant interrompu de temps à autre par Bernard ou Hope me demandant si je me sentais bien. Je répondis par la positive à chaque fois. Le seul malaise que je ressentais était ce combat des plus étranges contre les créatures à la brillance verdâtre.
Dire que je m'étais foutu de ce samouraï, Ulrich, parce qu'il s'était fait avoir comme un crétin rentre dedans. En définitive, je n'avais pas fait mieux vers la fin. Voire pire. Ça avait effectivement été un carnage... pour moi. J'aurais mieux fait de la fermer face à eux. Ma performance peut être qualifiée de fail je pense.
Tiens, en parlant de fail, ça me rappelle ce film où une fille était coincée dans une voiture qui menaçait de tomber dans le vide. Il n'y a que le garçon dont elle est amoureuse qui puisse la sauver et il lui dit même : « Je te laisserais pas tomber ! ». À peine deux secondes plus tard, il se fait assommer par une pierre. Vraiment pas la classe. À la fin, la fille a réussi à s'en sortir de justesse grâce à l'aide de deux de ses amis, arrivés inopinément pour la sortir de cette galère. Morale : ne jamais se retrouver dans une voiture au dessus du vide et ne jamais faire confiance à quelqu'un pour t'aider dans une situation dramatique.
Mais qu'est-ce que je raconte moi ? Aucun rapport avec mon histoire actuelle.


Bref, Tyron me fit poireauter pendant plus de dix minutes avant d'arriver en affichant une mine grave, ce qui n'augurait rien de bon. Il m'annonça :
- Léo, il y a quelque chose dont je ne t'ai pas parlé ...
Aïe, si on commençait par un secret, la suite allait craindre encore plus.
- Mieux vaut que tu voies par toi-même. Allez-y, entrez donc.
Sur ces mots, six personnes entrèrent, ou plutôt six personnes déguisées entrèrent dans la pièce et s'alignèrent de façon quasi militaire. Chacune portait le même costume avec bottes, cagoule, lunettes de ski et combinaison noire avec des sortes de poches à l'avant ressemblant étrangement à celle des créatures que je venais de voir.
- C'est quoi ce délire ? demandai-je à voix basse.
- Ils font partie de mon système de défense du noyau de Tron contre les tentatives d'intrusion dans le système. Un peu comme des gardiens. Ils t'ont pris pour un indésirable, c'est pour ça qu'ils t'ont attaqué. J'espère que tu les en excuseras.
Je ne répondis rien tellement la situation devenait improbable. Je regardai ces nouveaux arrivants : aucune différence entre les six. Ils se ressemblaient beaucoup physiquement. Tous, sauf un, qui se détachait du lot et était beaucoup plus grand que les autres, et même plus que moi. Ce type dépassait les deux mètres de hauteur, c'était certain. Je crois que c'est la première fois que j'ai dû lever la tête pour regarder le visage de quelqu'un – d'accord, ici c'était la cagoule. Mon silence inquiéta Tyron, qui s'adressa aux personnes encagoulées :
- Révélez vos visages je vous prie. Je crois que vous mettez notre ami mal à l'aise.
Ils s'exécutèrent, révélant ainsi six têtes masculines différentes. Ainsi donc, les ninjas étaient des avatars virtuels de véritables personnes, de la même manière que moi. Je n'étais donc pas le premier homme à poser le pied sur un monde virtuel.
Une question me vint immédiatement à l'esprit, que j'exprimai sans plus attendre à Tyron :
- Si vous les avez déjà pour aller sur Tron, quelle est la raison de ce test que j'effectue pour vous ?
- C'est compliqué..., me répondit le scientifique. Comment t'expliquer ?
- Avec des mots, rétorquai-je.
- Leur procédure de virtualisation est proche de la tienne : au travers de leurs tenues, je peux implanter leur esprit dans un avatar, tout comme toi. Bien que leur système soit plus au point que celui que tu utilises, il comporte plusieurs inconvénients. Pour commencer, leur enveloppe virtuelle se limite à la même pour tous les utilisateurs. En plus de ça, programmer leurs apparences et leurs pouvoirs m'a pris de longs mois, alors qu'avec l'autre système, l'avatar est programmé en à peine quelques secondes pour donner quelque chose d'unique. Le casque ouvre plus de perspective que les tenues dans mes recherches. Le second défaut est le temps d'attente entre chaque virtualisation sur Tron. Un voyage dans le monde numérique est éprouvant, il faut attendre un certain délai avant de retenter un transfert. Pour toi Léo, l'attente entre chaque voyage est de douze heures tandis que pour eux, elle est de cent soixante-huit heures, soit une semaine. En cas d'invasion, nous aurions bien du mal à tenir.
- Une invasion ? demandai-je, surpris. Mais de qui ?
- Nous aborderons ce point après. Un autre problème des combinaisons est la compatibilité : tout le monde ne peut pas s'en servir et certaines prédispositions semblent nécessaires. Les premiers essais ont connu... des complications.
Encore un point que Tyron venait d'éluder. Ça commençait à faire beaucoup.
- Le défaut majeur du système des gardiens est la consommation d'énergie importante qu'elle implique pour le transfert. Depuis que j'ai mis au point cette procédure, j'ai déjà dû la changer à deux reprises. C'est principalement pour cette raison que je te fais tester le casque Léo, moins gourmand en ressources. As-tu d'autres questions ?
Je ne me fis pas prier pour lui en renvoyer une :
- Pourquoi me l'avoir caché alors ? Est-ce à cause des avatars que j'ai aperçu tout à l'heure ?
Le silence un peu trop long de Tyron répondit à sa place. Il y avait deux possibilités : soit on ne me faisait pas confiance, soit on me mentait depuis le départ sur l'objectif de ce test et il y avait quelque chose de bien plus grave en jeu.
- Si je peux me permettre professeur, je vais lui expliquer, s'immisça une voix.
Il s'agissait d'une des personnes en costume de ninja, celui qui me dépassait en taille. Il avait des cheveux blonds éclatants et des yeux verts. Rien qu'en le regardant, on pouvait sentir la confiance en lui qu'il transpirait.
Tyron ne lui ayant pas répondu, il continua :
- Il y a quelques minutes, quelqu'un a tenté d'implanter un virus dans le supercalculateur qui génère Tron dans le but de le détruire. Un des pare-feu mis en place s'est alors activé pour le contrer. Puis, grâce à la virtualisation automatique que génère le pare-feu suite à son activation, nous avons été transférés sans attendre dans la salle du noyau pour éliminer toute menace restante. Nous étions six à être de garde à ce moment-là. Tu peux nous considérer en quelque sorte comme des chiens de garde de Tron. En temps normal, nous n'étions pas censés être là-bas durant tes phases de test, mais avec l'intrusion nous n'avons pas eu d'autre choix. Tu as d'ailleurs toutes nos excuses pour t'avoir attaqué, nous pensions que tu étais l'un d'eux. Quand je dis « eux », je parle des intrus bien sûr. Leurs objectifs se sont un peu dévoilés avec leur visite de tout à l'heure : visiblement, ils veulent détruire Tron. Pourquoi ? Dans quel intérêt ? Moi, j'ai ma petite idée là-dessus.
- Patrick..., lui lança Tyron, tel un avertissement.
- Comme tu l'entends, notre cher professeur est assez sceptique sur ma théorie, continua le dénommé Patrick. Je pense que ces autres personnes possèdent elles aussi un supercalculateur générant un monde virtuel, ce qui leur offre un accès au réseau. À mon avis, ils veulent utiliser ce canal d'accès pour leur propre compte. Posséder un monde virtuel permet de nombreuses choses si l'on sait s'y prendre. On peut par exemple s'en servir pour agir sur les réseaux et créer un lien avec la Terre : provoquer une panne de courant, pirater des informations militaires, ce ne sont pas les utilisations qui manquent. Pour moi, s'ils veulent détruire Tron, c'est pour qu'on ne se mêle pas de leurs affaires ou tout simplement pour éviter une éventuelle concurrence. En plus...
- Ça suffit maintenant ! s'énerva Tyron. Tu n'as aucune preuve de ce que tu dis, alors je te prierai de garder tes hypothèses douteuses pour toi.
- Un virus et des visiteurs indésirables ça vous suffit pas comme preuves ?
Le scientifique prit un air dur et sévère.
- Aucun élément ne nous permet de relier les avatars que vous avez combattus et le virus – dont je n'ai pas réussi à localiser la source d'ailleurs. Nous ferons des recherches afin de mettre la lumière sur cette affaire. De toute manière, j'ai des défenses suffisamment efficaces pour contrer ce genre de menaces.
Son ton prit soudain une autre teinte, plus rêveuse :
- Quant aux intrus, ils ne m'inquiètent pas, ils me fascinent. Je suis très intrigué par les moyens qu'ils doivent posséder. Par exemple, comment ont-ils fait pour arriver sur Tron sans être broyé par la pression de la mer numérique ou quel type de procédure utilisent-ils pour se virtualiser. Autant de questions aussi intéressantes que mystérieuses.
À ce moment-là, je crus que nous venions de le perdre. Pour partir dans des divagations en plein milieu d'une dispute, il fallait vraiment avoir une case en moins. Néanmoins, le scientifique se reprit lorsqu'il vit que l'équipe, les ninjas et moi-même le regardions étrangement :
- Toujours est-il que tu n'as aucune preuve irréfutable de ce que tu avances Patrick, tu comprendras donc que je ne prenne pas ton hypothèse au sérieux. À présent, je te demanderais de te taire et de faire ce pour quoi tu es là. C'est bien compris ?
Le concerné acquiesça et se renfrogna. Tyron se tourna ensuite vers moi :
- Excuse moi pour cette petite scène Léo. Pour en revenir à ta question, si je ne t'ai rien révélé sur les gardiens du noyau, c'est parce que j'ai estimé inutile de t'inquiéter avec d'éventuelles intrusions sur mon territoire virtuel.
Durant sa tirade, il me regarda droit dans les yeux. À moins qu'il ne soit un excellent menteur, je n'avais aucune raison de ne pas le croire. Et puis, je m'étais quand même engagé à les faire, ces tests ! Ce n'est pas parce qu'on a omis de me donner certains détails que j'allais remballer sur-le-champ. Surtout que je respectais toujours mes engagements et détestais généralement descendre d'un train en marche. Je répondis donc :
- Je comprends. Mais prévenez-moi s'il y a encore un plan dans ce genre. Et ne vous inquiétez pas, je continue l'aventure.
Très franchement, je sais pas ce qui m'a pris de dire cette phrase. En y repensant, ça me donne envie de me taper le crâne sur une table. C'était une réplique digne d'une mauvaise téléréalité. Or, je les détestais toutes, donc je me détestais moi-même pour avoir dit cela. Mais bon, je n'y peux rien à présent.
- Parfait ! conclut le scientifique avec une pointe de folie dans la voix. Clément ?
Un des ninjas qui avait des cheveux bruns coupés à la militaire et une expression impassible sur le visage s'avança, l'air prêt à recevoir des directives.
- Fais visiter le complexe à Léo et explique-lui votre tâche.
Ledit Clément hocha de la tête.
Tout le monde fut congédié, mis à part ceux qui portaient la blouse. Avant cela, on me confirma la prochaine séance de test pour le samedi suivant, toujours dans les mêmes conditions. Suite à quoi, je fus entraîné dans l'ascenseur par les six garçons en combinaison de ski pour une visite des lieux.


On me mena au niveau moins trois. Les portes du monte-charge s'ouvrirent sur un immense hangar haut de plafond d'une quinzaine de mètres et de la taille d'un terrain de football au minimum. Le tout était composé de deux niveaux. Je me trouvais sur une mezzanine qui formait un U, le mur du fond empêchant de faire le tour complet de l'endroit. Elle constituait le premier niveau. En face de l'ascenseur, devant sa sortie, un escalier se présentait, permettant d'accéder au second niveau, dans lequel une sorte de sculpture ovale de couleur verte était située en plein centre. Le métal était un élément très présent : il tapissait aussi bien les parois que les marches ou la mezzanine.
- Bon, je vous laisse à votre visite touristique les gars, lâcha Patrick.
Il prit les escaliers aussi sec, sans même un regard en arrière. Je vis Clément froncer les sourcils et soupirer d'une manière qui laissait entrevoir son exaspération.
- Quelle feignasse celui-là ! râla un des ninjas, qui étrangement, portait un cache-œil à gauche. Quand il y a pas de baston, il se défile toujours !
Cela n'empêcha pas la visite guidée de débuter. La mezzanine fut la première à m'être présentée. Elle permettait l'accès à un nombre incalculable de salles, lesquelles pouvaient être des infirmeries, des bibliothèques, des salles informatiques, des salles de détente – celles-ci comportaient des fauteuils et des jeux de bar tel que le babyfoot. Les salles de classe se trouvaient aussi à ce niveau.
- En échange de nos services, la Deckard Inc. prend en charge l'intégralité de nos études qui se déroulent ici par les professeurs les plus compétents, m'expliqua Clément. Il y a des cours pour chaque année d'études, que ce soit lycéen ou universitaire. En plus de tout ça, si nous sommes suffisamment bons, notre avenir professionnel au sein de l'entreprise sera assuré.
- Vous faites ce boulot de gardien par appât du gain si j'ai bien compris, commentai-je.
- Mais pas du tout ! s'exclama Clément. Disons que c'est un échange de bons procédés.
Il fallait qu'il me donne la plus vieille excuse du monde. Mais au fond, valais-je mieux qu'eux ? J'usurpais après tout de l'identité d'un autre dans cette histoire.
Sur ces sombres pensées, la visite se poursuivit au second niveau. Alors que nous nous dirigions vers les escaliers, j'en profitai pour demander à chaque ninja son prénom. Ils avaient tous leur petite particularité qu'il est important de préciser.
Il y avait tout d'abord Dylan, que l'on pouvait comparer à un mannequin pour deux raisons. Avec sa peau d'un teint chocolat et ses yeux à la limite du doré, il ressemblait à ceux que l'on voyait dans les magazines. Sa démarche et sa posture étaient toujours droites, comme s'il avait défilé sur des podiums toute sa vie. Venaient ensuite Franck et Anthony. Le premier avait un rire exagérément bruyant tandis que le second était le propriétaire du cache-oeil. Quant à Sébastien, il était toujours une bouteille en verre de limonade à la main, sirotant son contenu. J'ignorais s'il buvait la même bouteille depuis que la visite avait commencé ou s'il comptait déjà les cadavres. Ma réponse fut fixée lorsque je le vis en sortir une de la poche avant de sa combinaison.
Le dernier larron était donc Clément. Sa manière de parler aux autres laissait voir qu'il était en quelque sorte le leader de ce petit groupe. Son attitude quasi militaire lui donnait un air inflexible, enfin moins que mon oncle.


Les escaliers descendus, Clément continua son speech, à la manière d'un présentateur de téléachat :
- Ici, nous retrouvons principalement les chambres, une vingtaine au total. Chacune est équipée de sa salle de bain personnelle. En bonus, nous avons accès au câble et à une connexion wifi d'excellente qualité. Le réfectoire, se trouve aussi à ce niveau.
À la parole, il associa le geste, me désignant la rangée de portes fermées.
- Vous passez toutes vos journées sous terre ? soulevai-je. Et vous devenez pas fous à la longue ?
- Bien sûr que non ! répondit Sébastien entre deux gorgées. On a des permissions de sortie, tu sais. En dehors de nos heures de cours et de garde, on est presque libres comme l'air.
- Des heures de garde ? Qu'est-ce que c'est ?
- On te montrera après.
Ils m'invitèrent à les suivre tout au fond du hangar sur lequel une énième porte se trouvait. On m'y fit entrer, me révélant un gymnase au moins quatre fois plus grand que celui de Kadic. Des appareils de musculation et autres équipements sportifs étaient disposés dans un coin. Un terrain de basket ainsi qu'un mur d'escalade étaient présents.
- Voilà la salle d'entraînement, dit Franck.
Je me permis de les interroger sur certains termes :
- Pourquoi « d'entraînement » ? Vous êtes à l'armée ou quoi ?
- Le mode de virtualisation dont on use peut être éprouvant physiquement à la longue, expliqua Dylan. C'est pourquoi il est important que l'on renforce nos corps afin d'éviter un accident ou des séquelles. Malgré tout, ce n'est pas le détail le plus important.
Voir toutes ces installations était drôlement impressionnant. Visiblement, la Deckard accordait une énorme importance à ce projet et y avait mis les gros moyens.
- On a une dernière chose à te montrer et ce sera tout pour la visite, déclara Clément.
Nous sortîmes du gymnase pour aller nous placer devant la sculpture verte qui constituait l'élément central du hangar. Elle ressemblait à une espèce d'immense œuf soudé au sol haut de cinq mètres et long de dix. Anthony posa la main sur une portion, révélant une ouverture à échelle humaine.
- Bienvenue dans la salle de garde Léo, indiqua celui-ci. Nous l'appellons le Cocon. Va-y, entre.
Je m'exécutai pour découvrir ce dernier lieu. Il n'était pas aussi grand que le reste, ne possédait aucune décoration particulière, mais il avait quelque chose d'effrayant. L'intérieur était illuminé d'une couleur verte à vomir, et une vingtaine de fauteuils étaient alignés le long des parois. Des écrans étaient visibles sur le fond.
- C'est ici que nos corps restent lorsque nous sommes transférés sur Tron, exposa Clément. Selon l'accord qui nous lie à l'entreprise et à Tyron, nous avons l'obligation d'être disponibles de jour comme de nuit. C'est pour cela que des tours de garde nous ont été assignés. Au minimum trois d'entre nous doivent être ici en tenue, prêts à défendre le noyau de Tron, et ce en permanence. De cette manière, en cas d'activation du pare-feu, notre virtualisation instantanée nous permet de répliquer immédiatement face aux envahisseurs.
- Eh ben, commentai-je. Tu m'étonnes que Tyron ne craigne pas les intrusions avec tout ça.
Je n'ajoutai rien d'autre, digérant la masse d'informations que l'on venait de me délivrer. Le Cocon avait quelque chose de malsain : une fois l'entrée fermée, les occupants étaient coupés du monde. Enfermé à l'intérieur, un réflexe incontrôlable survint en moi : ma respiration s'accéléra, il me fallait de l'air. Ce lieu était trop étroit pour moi. Je tentai de ne rien laisser paraître à mes accompagnateurs malgré mon alarme interne qui me criait de sortir de ce bunker. Heureusement, la visite ne s'éternisa pas et Franck proposa d'y mettre fin. C'est donc avec un soulagement bien dissimulé que je sortis de ce œuf étrange.
Je jetai un regard à l'heure, élément qui m'était sorti de la tête ces dernières minutes : vingt heures vingt et une, je m'étais beaucoup trop attardé dans le complexe. Il me restait encore une heure de trajet devant moi. Une certitude s'imposa dans mon esprit : mon oncle allait m'incendier en rentrant.


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Je quittai les ninjas et courus jusqu'au parking, pressé de rentrer au plus vite. Heureusement, la limousine m'attendait déjà. En pénétrant à l'intérieur, j'eus la surprise de découvrir une autre personne installée à l'arrière. Je la reconnus à son visage : il s'agissait de Patrick. Un sourire narquois flottait sur ses lèvres. Il portait un simple jean avec un T-shirt blanc et un blouson en cuir par dessus. Une discrète touche de gel donnait à ses cheveux blonds un style décoiffé. Son look lui donnait un air de mauvais garçon. Mais sur lui ça ne choquait pas. Lorsqu'il m'aperçut, il me demanda :
- Ça te dérange pas que je fasse le voyage avec toi ?
Pure question rhétorique. Je m'installai à ses côtés puis James démarra la voiture dès que je refermai la portière avec, comme toujours, un timing millimétré. Lorsque le véhicule s'engagea sur la route, mon voisin brisa le silence :
- Au fait, désolé pour le coup d'épée de tout à l'heure. T'as pas eu trop mal ?
C'était donc lui, le ninja qui m'avait attaqué par surprise et m'avait fait passer pour une grande gueule. À la manière d'un télépathe, il ajouta :
- Quand même, t'es une sacrée grande gueule !
- On a pas de leçons à donner lorsqu'on attaque les gens dans le dos, lui rétorquai-je froidement.
- Un combat est un combat, il n'y a pas de règles à part celle du plus fort. Au fait, moi c'est Patrick Swan, et toi ?
Très beau détournement de sujet soit dit au passage.
- Léo Chevalier. Mais dis-moi, tu serais pas un peu frimeur sur les bords Patr...
- Puck, me coupa-t-il. C'est le surnom qu'on me donne. Je préfèrerais que tu m'appelles ainsi si ça ne te dérange pas. Et non, je ne suis pas un frimeur, j'ai juste confiance en moi et en mes capacités.
- Ok, Puck. Avoue quand même que mesurer plus de deux mètres de hauteur, ça aide à la confiance tu crois pas ?
- Peut-être. Toi par contre, t'as l'air d'en manquer un peu, ce qui contredit ce que tu viens de me demander. Y aurait-il une raison à cela ?
Il devenait un peu trop indiscret à mon goût. Je détournai à mon tour le sujet :
- C'est pas un peu étrange Puck comme surnom ? Gargantua n'aurait pas été mieux ?
Il éclata de rire alors que je n'avais rien dit de drôle. Il tourna la tête et souleva quelques mèches de cheveux qui masquaient ses oreilles afin de me les dévoiler. Elles avaient une forme assez particulière, faisant comme une pointe à leur sommet. Leur propriétaire ajouta :
- Tu vois, je ressemble plus à un elfe ou un lutin qu'à un ogre. Et en plus, « Puck » se rapproche beaucoup de mon prénom d'origine, c'est donc l'idéal pour moi.
Tout s'expliquait. J'embrayai immédiatement sur autre chose avant qu'il ne revienne sur des sujets que je n'avais aucune envie d'aborder :
- J'imagine que pour toi aussi, c'est l'appât du gain et l'avenir professionnel assuré qui te motivent à jouer au ninja pour Tyron.
D'accord, je n'étais pas le mieux placé pour juger ce genre de choix puisque moi-même, je faisais des tests sous une fausse identité afin de mettre un peu de piment dans ma vie.
- Tu te trompes, me répondit-il. C'est par piston que j'ai été mêlé à cette histoire. Tu connais le professeur Bernard je crois, c'est un ami de mon père et aussi mon tuteur actuel. C'est lui qui m'a parlé des recherches de Tyron et m'a impliqué dans le projet.
Sur sa lancée, Puck me parla de sa vie. Depuis sa plus tendre enfance, il avait toujours été supérieur physiquement par rapport à ses camarades et était de ce fait, vu comme une sorte de monstre. Il avait alors décidé d'utiliser sa force pour se faire respecter des autres, ce qui fonctionna très bien jusqu'à ses dix-sept ans, où il dérapa. Frapper un de ses profs lui avait valu le renvoi définitif de son bahut de Bordeaux. Ses parents ne savant plus quoi faire de lui, ils décidèrent de le confier à Bernard. Par suite logique, Puck avait intégré les rangs des ninjas et s'était quelque peu calmé : moins violent, mais toujours dans un état d'esprit rebelle. Le contraire de Clément en somme.
Étrangement, son parcours me fit me rappeler du mien, bien différent. Contrairement à lui, je n'ai pas toujours eu un physique de géant. C'est à partir de mes onze ans qu'une fulgurante poussée de croissance m'a touché. Avant cela, j'étais plutôt sociable et souriant. Bien sûr, la mort de mes parents avait changé la donne : je m'étais petit à petit refermé sur moi-même. Ma super-croissance n'avait rien arrangé à cela. Au collège, on me voyait comme une sorte de gros ours mal léché. À cette époque-là, je savais déjà cacher mes émotions donc je n'avais aucun mal à ignorer ces remarques. J'étais devenu quelqu'un de très solitaire : je ne cherchais pas à aller vers les autres et eux me fichaient la paix. Je devins quelqu'un de très effacé parmi la foule, ne cherchant pas à me mettre en avant. C'est ainsi qu'un sentiment de vide naquit en moi, que je comblais en lisant toutes sortes de livres possibles, en dessinant ou en pratiquant différents sports. Je n'avais jamais dévié de cette ligne de conduite jusqu'à aujourd'hui. Je suivais ma route, sans trop me soucier de ce qu'il y avait autour.
- Autre chose, continua Puck, je m'en tamponne pas mal de ce que la Deckard peut m'apporter si je leur rends service. Tout ce qui m'intéresse, c'est le combat et l'exaltation qu'on y ressent. Mmh, la tension avant une bataille... il n'y a rien au-dessus.
Un silence suivit cette réplique. Je commençai vraiment à le prendre pour un malade. Quelques minutes plus tard, il me dit sur un ton grave :
- Tyron est naïf. À propos des intrus. Je suis certain que mon explication est la bonne. Ils ne se sont pas introduits sur Tron pour nous dire bonjour. Si je les revois, je leur réglerai leur compte. Définitivement si possible. Dommage que la douleur n'existe pas dans un monde virtuel parce que je saurais leur faire sentir à quel point c'est une erreur de s'en prendre à nous et surtout de se frotter à moi.
Ça tournait presque à la rancune personnelle son histoire ! Il me faisait me sentir de plus en plus mal à l'aise avec ses paroles de psychopathe.
- Mais bon, si je me trompe, tant mieux ! termina-t-il d'un ton enjoué.
La voiture arriva à destination pile à la fin de cette réplique. Encore un bon timing de notre chauffeur. En sortant du véhicule, je comptais partir direct si ce n'est Puck qui m'interpella :
- Hé ! Désolé pour le coup de gueule, ça m'arrive parfois sans que je m'en rende compte.
Il me tendit un morceau de papier où un numéro de portable était écrit.
- Prends-ça. Si t'as un souci, hésite pas à m'appeler. Par contre, si tu pouvais aussi me filer le tien, ce serait plus pratique si on a un message à te faire passer durant la semaine.
Je ne voyais aucune raison de refuser puisqu'il était vrai qu'en dehors de la fin de la semaine, je n'avais aucun contact avec les membres du projet. Mis à part le fait que Patrick soit du genre borderline, ça pouvait toujours m'être utile d'avoir une source d'informations sur Tyron et ses travaux. Je lui communiquai donc mon numéro et ne m'attardai pas plus longtemps dans les environs.


Pendant que je marchais, je sentis que mes sens n'étaient pas troublés cette fois-ci. Au contraire, ils étaient même aux aguets. Curieux phénomène. Était-ce le fait d'avoir été dévirtualisé différemment de la dernière fois, plus brutalement ? Ou bien étais-je simplement fatigué la première fois ?
Je rentrai chez moi à vingt-deux heures sept et coup de chance, mon oncle n'était pas encore arrivé. Il fallait quand même que je fasse attention à ne pas réitérer ce genre d'action au risque que mon tuteur découvre mes activités secrètes. Ne jamais trop tenter sa chance, sinon elle vous revient en pleine face.
Plus tard dans la soirée, alors que je me rendais dans la salle de bains, une sensation d'insécurité m'envahit et mes entrailles se glacèrent. L'impression d'être épié résonnait très fort en moi. L'obscurité qui régnait ainsi que le léger « Plic, Ploc » que j'entendais n'étaient pas pour arranger les choses .
- Il y a quelqu'un ? demandai-je à l'appartement vide.
Aucun écho, ni aucune réponse ne vint. Seul le bruit d'égouttement se poursuivit, imperturbable. Suspicieux, je jetai tout de même un coup d'œil à chaque pièce afin de m'assurer de ma solitude. En arrivant dans la dernière, la cuisine, je m'aperçus que le robinet de l'évier était mal tourné, ce qui générait l'angoissant son. Conclusion : rien à signaler, j'étais aussi seul qu'un célibataire.
Je ne pourrais dire si la paranoïa me touchait ou bien si la fatigue était en cause. Toujours est-il que j'avais encore un mystère à élucider.


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Les événements commencent à s'accélérer pour moi. J'espère seulement qu'ils ne finiront pas par me submerger.


À suivre : Complications en forêt


Dernière édition par Zéphyr le Mar 17 Oct 2017 23:01; édité 38 fois
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Chaton MessagePosté le: Lun 17 Juin 2013 20:09   Sujet du message: Répondre en citant  
[Mégatank]


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Super !
Chic, un Anthony ! Mais pourquoi tu lui as enlevé un œil Evil or Very Mad ? (non je plaisante)
Alors j'ai repéré 2 petites fautes :
Citation:
Cependant, je préférais ne pas évoqué ceci avec elle.

ne pas évoquer
Citation:
Tout trois avaient aussi l'air d'avoir à peu près le même âge que moi.

Tous trois
Sinon à part ça tout va bien, j'ai aimé !
En fait ça se passe dans l'épisode 8 !
Vivement la suite !

_________________
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Ikorih MessagePosté le: Lun 17 Juin 2013 20:53   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Vachement intéressant Smile J'aime les nombreuses références (notamment des trolls de CLE, je t'ai contaminé), franchement, c'est bien écrit, tout ça...tu vois le genre Mr. Green
Bien entendu, je me permets de te demander quand tu vas tenter un Master Troll de CLE, avec la phrase XD (Tu sais laquelle Razz)

J'aime déjà le perso de Puck Razz (Eh, un nouveau perso sympa et psychopathe à la fois? je signe!) Je sens de plus que les brûlures de machin, le faux Léo, ça cache un truc.
PS : Anaïs Fiquet?! *facepalm*
PPS : Je sais qui l'espionne, c'est Anna, la petite fille du voisin qui veut jouer avec lui o/ (à un jeu? :s ça fait flipper)
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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Zéphyr MessagePosté le: Dim 30 Juin 2013 19:22   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


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Spoiler






Chapitre 4
Forêt d'embûches






Piste 5 : (05/02/2013)


Il faisait complètement noir, impossible de distinguer quoi que ce soit. Je pouvais sentir une surface solide sous mes pieds ainsi que la température ambiante, qui donnait l'impression de se trouver dans une étuve. J'étais complètement en nage et mes vêtements, que je pouvais sentir sur moi, me collaient à la peau. Cela ne m'aida pas à mieux me concentrer. Où étais-je ? Y avait-il une sortie dans cet obscur lieu ? Le silence parfait qui régnait me donnait la sensation d'être seul ou alors en danger imminent. Dans tous les cas, les battements de mon cœur s'accélérèrent et résonnèrent dans mes oreilles, comblant l'absence de bruit.
Afin de m'occuper, je me mis à marcher droit devant, sans savoir vers quoi je me dirigeais. Durant un temps que je ne saurais déterminer, j'avançai dans le sombre espace sans objectif. Échapper à la folie que causeraient le silence et mon rythme cardiaque assourdissant peut-être.
Un bruit d'égouttement retentit : je stoppai ma marche afin d'en détecter la source. Malheureusement, le son semblait être partout à la fois. Je l'entendis devenir de plus en plus fort, mais aussi plus rapide, comme s'il s'approchait de moi. Ce « plic, ploc » parvint à me faire paniquer et à augmenter mes pulsations ainsi que ma respiration. Un frisson glacé me parcourut malgré la chaleur, me poussant à piquer un sprint à une vitesse qui donnait l'impression que ma vie en dépendait. Au bout d'un moment, je m'arrêtai, épuisé. Le silence était revenu, mais l'air avait changé. Il était encore plus humide, lourd et chaud qu'au départ – pire que dans une forêt tropicale. Je repris malgré tout ma route, mu par un instinct mystique me poussant à aller droit devant. S'ensuivit une nouvelle période où je perdis la notion du temps, me contentant de mettre un pied devant l'autre, encore et encore.
Cette routine aurait pu se poursuivre pendant longtemps si je n'avais pas heurté une paroi de plein fouet. En la touchant, je remarquai sa fraîcheur, chose étrange au vu de l'atmosphère qui régnait. Je la frappai du pied afin de tester sa solidité, mais ne parvins qu'à me faire mal. Je me mis ensuite à la tâter afin de déceler une issue. Rien n'y fit, ce mur était parfaitement lisse et ne présentait aucune ouverture, que ce soit en haut ou en bas. La seule option restante était de le longer, dans l'espoir de trouver quelque chose qui m'aiderait peut-être à comprendre. Pour la troisième fois, un rythme s'imposa en moi : avancer et garder un contact avec la surface solide de la main droite. Ce nouvel itinéraire me mena à un parfait angle droit, formé par la paroi que j'avais suivie et une autre, qui se prolongeait sur ma gauche.
L'hypothèse de l'enfermement germa dans mon esprit. Je devais me trouver dans une sorte de boîte où régnaient une obscurité insondable et une chaleur insoutenable. D'ailleurs, celle-ci avait encore augmenté. À vrai dire, elle s'intensifia jusqu'à devenir brûlante, à l'instar du feu. Pris une nouvelle fois de panique, je me mis à courir. Malheureusement, cela n'arrangea en rien la température. Au bout d'un moment, je trébuchai et m'étalai de tout mon long au sol. La douleur en profita alors pour s'insinuer dans chaque parcelle de mon être : je sentis ma peau et mon corps brûler sans se consumer et sans que je ne perde connaissance. La morsure ardente était continuelle : elle s'exacerba au fur et à mesure et se concentra plus particulièrement sur mon dos, réveillant de vieilles blessures. Pour traduire ma souffrance, je tentai de crier, mais aucun son ne voulut sortir, ce qui n'apporta que du dépit à mon désespoir.
En cet instant, plus rien ne comptait : il n'y avait que moi et ce feu qui me faisait mal en me collant à la peau. J'avais l'impression d'être un vieil os rongé encore et encore, pour l'éternité. Paradoxalement, je me sentis plus vivant que jamais dans cette situation, la souffrance se chargeant de me rappeler cette condition. Je me crus condamné à savourer cette torture à jamais. La prise fut alors décrochée d'un coup sec : toute sensation de brûlure s'évapora, comme si elle n'avait jamais existé. L'air adopta une teinte glaciale, me faisant cette fois-ci frissonner. Je pris quelques minutes avant de me relever, afin de me calmer par rapport à ce qu'il venait de m'arriver.
« Calme-toi Chris, c'est terminé. », tentai-je de me rassurer à haute voix, avant de me souvenir que je ne pouvais plus parler, ni hurler.


Une fois debout, je constatai un nouveau problème : une paroi était présente sur ma gauche. En tendant le bras à droite, j'en touchai une seconde. Puis en cherchant à tâtons devant et derrière moi, je pus constater la présence de deux autres parois. Je me trouvais toujours dans le même espace, cette espèce de boîte, mais ses dimensions avaient fortement réduit. Je tapai des poings sur les murs dans une vaine tentative de fuite, en vain. Mais c'était plus fort que moi, j'avais complètement perdu le contrôle sur mes émotions. Seule une chose m'importait : sortir de cette boîte, qui commençait à devenir un peu trop étroite. Pour cause : ses parois commencèrent à se resserrer autour de moi. Je fis mon possible pour contenir leur pression.
Malgré mes efforts, on m'infligea le coup de grâce : une lame de glace se planta dans mon dos, en bas à gauche. Je la sentis s'insinuer de plus en plus dans mon corps, me faisant ressentir une vive douleur. Le froid qui émanait d'elle me paralysa les membres et offrait une brûlure encore plus intense qu'avec le feu. C'était encore pire que de se faire brûler vif. Toujours privé de voix, je ne pus que gémir, tandis que les parois se rapprochaient de moi, profitant de ma faiblesse. Arriva le moment où elles m'empêchèrent tout mouvement, ne cherchant plus qu'à m'aplatir. La terreur m'envahit alors complètement. Pas la petite frayeur que l'on peut éprouver de temps à autres, mais celle qui prend aux tripes, telles des mains de glace enserrant votre être tout entier.
Je ne voulais pas finir écrasé dans cet espace si étroit et sans issue. En réaction à ma peur, je me mis à hyperventiler, mon corps fut parcouru de tremblements et mes muscles se tétanisèrent, tandis que la douleur dans mon dos devenait proprement insupportable. Je sentis mes os commencer à craquer sous l'impulsion des parois, je n'allais plus tarder à finir en bouillie.

Avant que cela n'arrive, je me réveillai en sursaut dans mon lit à l'internat, couvert de sueur.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Voilà le rêve qui m'a tourmenté la nuit dernière. Son réalisme était effrayant, à un tel point que je n'ai pas pu me rendormir. Les images revenaient en boucle dans ma tête, bien décidées à ce que je n'oublie jamais ces sensations horribles et douloureuses.
Même si je le souhaitais, je ne parviendrais jamais à complètement me défaire des choses que j'ai vécues dans ce songe. Elles m'ont renvoyé à mes pires frayeurs sans ménagement.
Et ça me terrifie encore plus.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Piste 6 : (06/02/2013)


Aujourd'hui, j'ai participé à un stage commando de Jim. Le pire, c'est que je n'ai pas eu le choix puisque j'avais fait signer le papier d'inscription par mon oncle, en pensant prendre part à une compétition sportive. Comme un idiot, je l'ai rendu à Jim. Et pour couronner cette boulette, une clause dudit papier stipulait que l'inscription une fois effectuée amenait à l'obligation de participation au stage. En gros, j'étais coincé.
Participer à ce stage, c'est une chose, manquer de s'y faire massacrer, une autre. Mais vivre deux fois d'affilée la même après-midi, je ne me l'explique pas.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


La première après-midi de ce mercredi a débuté normalement, dans la mesure du possible. Le rendez-vous du stage était fixé dans le gymnase à treize heures trente, où il fallait être en tenue. Pour une fois, je fus le dernier arrivé à cause d'une histoire de livre de physique et de crayons – trop long à raconter. Une réprimande toute chaude de Jim, alias sergent-instructeur, m'attendait :
- Wite !!! Un soldat n'arrive jamais en retard ! La prochaine fois, c'est dix pompes !
Je tiens à souligner qu'à ce moment-là, j'ignorais encore que j'avais souscrit à un stage commando.
- Vous savez monsieur, ce n'est qu'une compétition, lui fis-je remarquer.
- Non, ce n'est pas une compétition ! hurla l'homme au survêt rouge. C'est la guerre ! Maintenant, toi, moi et tous les autres ici présents sommes un commando. On vit, on court et on souffre pour le commando ! C'est compris Wite ?
Une chose était sûre, ce prof avait soit une case en moins, soit il se prenait trop au jeu du sergent-instructeur. Me rendant compte de mon fourvoyement sur la nature de l'événement sportif, je me contentai de hocher la tête à Jim. Ce dernier enchaîna directement :
- Et maintenant, en route mauvaise troupe ! Direction la forêt. Et en petites foulées, histoire de s'échauffer. Le premier qui râle aura droit à dix pompes !
Le footing démarra dès la sortie du gymnase. Il ne fallut que peu de temps pour parvenir à destination. Jim nous fit nous arrêter dans une clairière où il nous demanda de faire des étirements pendant cinq minutes. J'en profitai pour voir quels étaient les autres participants.
Nous étions dix au total, moi y compris. À ma droite, un trio se détachait : ils appartenaient au club d'athlétisme. Je le savais car ils avaient tenté de me recruter et que j'avais décliné leur proposition assez sèchement. L'un d'eux me lança un regard noir. Visiblement, ils n'avaient toujours pas digéré mon refus.
Sur ma gauche, un deuxième groupe était visible. Il était constitué de quatre personnes, dont deux ne m'étaient pas inconnues, puisqu'elles faisaient partie de ma classe. La première était William Dunbar, habillé d'un T-shirt et d'un short dans des nuances de gris, s'accordant avec sa chevelure sombre. Sa voisine, Yumi Ishiyama, était d'origine japonaise ainsi que sérieuse de nature. Sa tenue de sport était assortie à ses cheveux : entièrement noire. À la droite de celle-ci se tenait un autre garçon. Celui-ci était brun et semblait plus ou moins taillé comme William. Son visage arborait une expression renfrognée. Je n'avais pas la moindre idée de quel pouvait être son nom, mais ce n'était pas le plus important après tout. Le dernier membre du quatuor était aussi un garçon, mais très différent des ses congénères. Il était beaucoup plus petit, avait des cheveux blonds soigneusement coiffés et portait des lunettes. Sa carrure laissait penser qu'il n'était pas un fervent pratiquant du sport. Je me demandai s'il ne s'était pas lui aussi fait avoir comme moi pour ce stage. Sauf erreur, il me semblait reconnaître Jérémie Belpois, le surdoué de seconde dont la moyenne générale frisait, disait-on, la perfection.
Quant aux derniers membres du « commando », il s'agissait d'Émilie Leduc, une jeune fille sportive en classe de première, ainsi que de Matthias Burrel – encore un gars de ma classe. La présence de ce dernier me surprit car tel que je le connaissais, c'était une grosse feignasse qui faisait son travail au dernier moment et qui le rendait souvent en retard, voire jamais.
Lorsqu'il estima que l'échauffement avait assez duré, Jim nous fit subir tous les exercices propres à son stage. Cela débuta par une course d'endurance effrénée à travers les bois d'une demi-heure, puis continua par des travaux d'équilibre sur poutres, de montée de corde sur un arbre, de rampement sous des obstacles au sol ainsi que de tas d'autres pratiques sportives militaires toutes plus physiques et éprouvantes les unes que les autres. Je crois que la pire chose que le sergent Jim nous ait demandée de faire était de porter un tronc d'arbre tous ensemble et de marcher pendant cinq minutes avec ce fardeau. Afin que tout le monde puisse profiter de cet exercice, je dus marcher les genoux fléchis durant toute la durée de la portée, étant plus grand que la moyenne. Mes articulations me font encore mal rien que d'y repenser.


Passer plus de deux heures à cravacher comme un commando était franchement épuisant, de telle sorte qu'une pause nous fut accordée, provoquant un soulagement collectif. Nous nous trouvions alors en plein milieu d'une intersection entre quatre sentiers.
Le trio du club d'athlétisme était tellement H.S que ses membres se soutenaient les uns les autres afin de ne pas s'écrouler par terre. Ils avaient vraiment l'air pitoyables. Même Jérémie Belpois semblait en meilleure forme qu'eux et pourtant, il n'était pas un grand sportif. En parlant des autres membres, Émilie, William, Yumi et le garçon brun avaient l'air de tenir le choc. Soit dit au passage, c'était la même chose pour moi. Quant à Jim, il avait l'air de sortir d'une balade de santé. Mais le plus surprenant n'était pas là, il se trouvait en Matthias Burrel, qui ne présentait ni marque de fatigue, ni trace de transpiration. Rien chez lui ne montrait qu'il venait de faire du sport en non-stop pendant cent vingt minutes. En plus de cela, son visage arborait un air blasé, et ses yeux derrière ses lunettes étaient inexpressifs. Quelque chose ne tournait pas rond chez lui, en tout cas, plus que d'habitude. Visiblement, je devais être le seul à avoir remarqué ce détail anormal. Je décidai de garder un œil sur le binoclard juste au cas où.
- Allez bande de larves, la pause est terminée ! annonça Jim d'une voix puissante lorsque le groupe retrouva son souffle. À présent, on va débuter un nouveau genre d'exercice.
Sur ces mots, il sortit du sac qu'il transportait avec lui des menottes, cinq paires au total. Des regards interloqués de la part des participants suivirent cette révélation de matériel. La suite s'annonçait mal. Avec un sourire, notre prof de gym s'expliqua :
- Cette fois-ci, vous allez courir, mais en duo. Chacun sera attaché par la cheville à celle de l'autre. Personne ne court de la même manière, il faudra donc vous adapter à l'allure de votre partenaire et trouver l'osmachinchose.
- L'osmose, vous voulez dire ? intervint Belpois.
- C'est ça, l'osmose ! Où est-ce que j'en étais moi ? Ah oui, je vais vous mettre par deux et vous attacher les chevilles. Le premier qui râle sur la composition des duos aura droit à...
- Dix pompes, compléta en chœur le commando.
Les équipes furent donc composées : deux membres du trio d'athlétisme en binôme, le troisième avec Émilie.
- Stern ! cria Jim. Avec Dunbar !
William et le garçon brun se regardèrent avec répulsion. Ces deux-là n'avaient pas l'air prêts à trouver l'osmose. Au moins, je pouvais associer un nom à la tête qui m'était jusqu'à aujourd'hui inconnue.
- Wite avec... allez, Belpois ! Ça lui fera les jambes !
Il ne restait donc plus que Burrel pour Yumi. C'est sûr que là, je m'estimais un peu plus chanceux qu'elle : au moins, aucun ragot sur l'hygiène de Jérémie ne circulait au lycée. Par contre, celle du binôme de la Japonaise était, semble-t-il, plus que douteuse. Les rumeurs les plus terrifiantes allaient jusqu'à dire qu'il ne se brossait les dents qu'une fois par mois. Je ne dirais pas « à vérifier », car je n'y tiens pas.
Son hygiène buccale mise à part, Matthias s'avança tranquillement vers Yumi, ignorant les obscures pensées que je nourrissais à son sujet. Puis, d'un seul coup, tout s'accéléra en trois secondes à peine. Une sonnerie de téléphone se fit d'abord entendre, puis un éclat lumineux apparut dans le regard de Burrel. William lui fonça alors dessus et le bouscula sans ménagement par terre tandis que Stern prenait Yumi par le bras et que Jérémie annonçait :
- C'est un spectre ! Faut qu'on se barre d'ici !
Ils partirent au pas de course, vers l'entrée de la forêt. En regardant la victime du quatuor se relever, l'éclat étrange au fond de ses pupilles se manifesta à nouveau, trop furtif pour être distingué clairement. Le binoclard démarra au pas de course à la suite des premiers partis.
Le réflexe de Jim, crier, fut sans attente :
- Quoi !!! Des soldats qui désertent ! Wite, rattrape-les et amène-les moi ! Exécution !
Sur le coup, ma réaction ne se fit pas immédiatement, ce qui ne manqua pas de faire hausser le ton du sergent-instructeur d'un cran :
- EXÉCUTION !
Mon sursaut constitua à lui seul un tremplin pour mon départ en trombe, à la poursuite des déserteurs.
Plus que d'obéir à mon prof, une chose me motivait à les rattraper : la vengeance. Je tenais à leur faire payer de m'avoir obligé à courir encore plus pour la journée.


Je traçai à toute vitesse. Les branches et les ronces griffaient ma peau exposée à l'air libre. Je me promis de ne plus jamais faire du sport dans les bois vêtu d'un short et d'un T-shirt.
Ceux que je recherchais ne pouvaient pas être allés si loin que ça et pourtant, je ne parvenais pas à leur mettre la main dessus. Au moment où je crus avoir perdu leur trace, j'entendis un cri de douleur appartenant à un garçon. Je bifurquai immédiatement pour me diriger vers la source du son. J'aperçus Burrel au bout d'un petit sentier, les mains tendues au dessus de sa tête. Une boule d'électricité se formait au creux de ses paumes. Quant à son regard, il était dirigé vers quelque chose qui m'était caché par un bosquet sur ma gauche. Visiblement, il avait l'intention d'électrocuter quelqu'un.
Sans réfléchir, je lui fonçai dessus et l'envoyai valdinguer d'un coup d'épaule bien placé. Le pauvre, deuxième fois qu'il mordait la poussière. Je tournai ensuite la tête vers l'endroit où ma victime comptait envoyer son attaque : sans surprise, je vis le reste des élèves déserteurs. William et Stern étaient à terre. Ce dernier fumait un peu, il s'était sûrement fait griller. Yumi et le surdoué étaient debout à leurs côtés et me regardaient avec étonnement.
- Derrière-toi ! me cria la jeune fille japonaise.
Je me retournai à temps pour éviter un coup-de-poing de Matthias et dans la foulée, lui envoyai le mien dans sa face sans mesurer ma force. Mon adversaire se prit ma frappe de plein fouet et se retrouva sur les fesses. Je pensais vraiment lui avoir cassé le nez ou au moins ses lunettes, mais il n'en fut rien. Ses yeux se mirent à clignoter comme des ampoules tandis que son corps était comme parcouru d'une sorte de courant électrique. Il avait l'air sonné.
- Qu'est-ce que tu fiches ici ? demanda une voix grave dans mon dos.
William était l'auteur de cette question. Il venait de se relever. Son ton n'était pas super aimable mais vu qu'il venait d'échapper à la grillade, c'était compréhensible.
Je gardai mon calme et annonçai :
- Jim veut que je vous ramène parmi le troupeau.
- Désolée Chris, mais on a d'autres priorités, annonça Yumi.
- Comme échapper à Matthias par exemple ? demandai-je. Pourquoi il vous en veut ? Ou plutôt, est-ce véritablement Matthias ? Aussi loin que je me souvienne, il n'est pas capable de balancer des décharges électriques, ni de s'en sortir indemne – ou presque – après une patate comme celle que je viens de lui coller.
Un silence suivit mes questions, que Jérémie combla quelques instants plus tard :
- Écoute, on n'a pas le temps d'en discuter. Est-ce que tu peux nous aider à sortir de là, oui ou non ?
Il manquait pas d'air le blondinet ! Mais d'un autre côté, s'ils répondaient à mes questions après, pourquoi pas ? En plus, je ne pouvais pas retourner auprès de Jim les mains vides. Je préférais encore lâcher le commando et ses exercices tordus.
- Ok, leur répondis-je. On bouge ?
Leurs visages surpris étaient assez amusants à voir, à croire qu'ils n'étaient pas habitués à ce qu'un parfait inconnu accepte de collaborer avec eux.
- Il a raison, se reprit Yumi. Comment on fait pour Ulrich ?
Question bête. Je fus très tenté de proposer – ironiquement – l'abandon du concerné mais ça aurait pas été très sympa. Au lieu de quoi, je dis :
- Je m'en charge, je vais le porter.
Sur ces mots, je soulevai le poids mort que représentait Ulrich et le portai dans mes bras comme on porte une petite fille inconsciente. Il émanait de lui une odeur de poulet grillé.
- Sans rire, tu comptes le transporter comme ça ? me questionna William, qui semblait à deux doigts d'éclater de rire. On dirait que tu viens de le sauver de la noyade.
- Si tu as une autre idée ou mieux si tu veux le porter toi-même, ne te gêne pas, répliquai-je d'un ton glacial.
Nous nous mîmes à courir. Même si je ne le voyais pas, je sentais bien que Dunbar se foutait de ma pomme en ce moment critique, à moins qu'il ne se moque de celui qui était porté. Dans tous les cas, l'envie de lui envoyer Ulrich en pleine face m'effleura de nombreuses fois. Seulement, la situation n'était pas des plus appropriée. De toutes manières, je me refusais de porter quelqu'un sur mon dos, à cause de ce qu'il cachait – mon dos, pas le mec.
En parlant de Stern, quel boulet celui-là ! Dans les deux sens du terme puisqu'il n'était pas léger et pratique à transporter. J'aurais préféré que Jérémie se fasse griller à la place. D'ailleurs, le prénom du brun me rappela le samouraï que j'avais aperçu sur Tron.
« Sûrement un hasard, me dis-je. Les homonymes ont toujours existé. »
Plongé dans mes réflexions, je ne me rendis pas compte que nous étions presque sortis de la forêt. Alors que nous y parvenions, Jérémie s'arrêta sans prévenir pour répondre au téléphone. Je croyais rêver ! Nous étions poursuivis et il prenait le temps de faire quelque chose d'aussi futile.
- Désolé, mon appli a bugué, disait-il. Il y a un spectre à nos trousses. Quoi ? Deux tours ? Allez-y toi et Odd, on va essayer de vous rejoindre le plus vite possible. Sois prudente Aelita.
Malgré mon agacement, des informations intéressantes me parvenaient. Comme le fait que celui qui nous poursuivait était apparemment « un spectre ». Je n'avais aucune idée de ce que cela pouvait être. Certainement pas un fantôme puisque je l'avais frappé.
- T'as fini de papoter avec ta copine ? On n'a pas de temps à perdre, fis-je remarquer.
- Si t'es pas content White, il fallait pas nous suivre, répliqua William.
- Pardon ? Je me suis juste permis de dire que téléphoner dans un moment pareil n'est pas adapté à la situation.
- Ça suffit maintenant ! s'interposa Yumi. Vous croyez que c'est le moment ?
Jérémie venait de raccrocher. La Japonaise poursuivit :
- Pour le moment, vous la fermez et on recommence à courir ! C'est compris ?
Aucun de nous deux n'osa répondre.
Nous allions reprendre notre parcours lorsque Matthias qui apparut devant nous à une dizaine de mètres. Sous l'effet de la surprise, j'en lâchai Ulrich. Son corps atterrit par terre dans un « SCHBROF » retentissant. Je lançai un coup d'œil au terrain : nous étions sur un large sentier bordé par de nombreux arbres à notre gauche et par une profonde dépression à notre droite.
Le spectre – appelons-le comme ça – me regarda avec ses yeux clignotants et un air de défi. William s'avança vers Burrel. Je fis de même après avoir enjambé Stern, ou plutôt ce qu'il en restait. C'est là que le corps du binoclard fut parcouru par de l'électricité et se transforma dans une sorte de mini explosion. Devant moi ne se tenait plus Matthias Burrel, mais quelqu'un d'autre dont je ne connaissais que trop bien le visage puisque c'était le mien. Je me tenais en face de moi-même.


Je crois qu'après le voyage dans un monde virtuel, c'est l'expérience la plus étrange à laquelle il m'ait été donné d'assister. Que ce soit au niveau du visage, des vêtements et du corps, tout était à l'identique de l'original. C'était comme se regarder dans un miroir avec pour seule différence que l'autre soi avait l'air maléfique. D'ailleurs, celui qui me faisait face arborait un rictus qui semblait vouloir dire : « C'est moi le plus fort ! Vous avez vu ces muscles ? ». J'espérais ne jamais avoir eu cette tête parce qu'elle faisait vraiment gros frimeur super lourdingue, image à laquelle je ne tenais pas à être associé. Cela renforça ma détermination à régler son compte à ce faux-Chris.
Sans que l'on ne voie rien venir, il se déplaça vers William à une vitesse stupéfiante et l'envoya contre un arbre proche d'un revers de main. Avec cette même célérité, il me décrocha un superbe coup de pied sauté en pleine mâchoire. Ce fut mon tour de m'étaler au sol. Une douleur me parcourut le dos, ma bouche prit un goût de sang et ma vision me joua des tours. Cela faisait longtemps que je n'avais plus éprouvé la douleur physique, qui était tout sauf agréable – chose normale il me semble.
- Va-t'en Yumi ! Je le retiens, cria la voix de Jérémie.
Pensait-il sérieusement ce qu'il disait ? À moins que le génie ne se transforme en colosse vert sous l'effet de rayons gamma, il n'avait aucune chance. Je parvins à me relever avec plus ou moins de volonté tandis que le spectre avançait tranquillement vers le garçon blond. Je me jetai instinctivement sur lui, en m'accrochant à son dos pour tenter de l'entraîner par terre. Ce plan ne se déroula pas comme prévu puisque Chris-maléfique me prit par les poignets, me tira vers l'avant au dessus de sa tête avec une force incroyable et m'envoya sur Jérémie. Heureusement pour moi, l'impact ne fut pas trop rude, me faisant atterrir de dos sur le génie. L'instant qui suivit le choc, un grésillement se fit entendre, accompagné d'une gerbe d'électricité qui passa devant mes yeux, puis d'un cri. En me redressant, je vis Yumi un peu plus loin, à terre et fumant légèrement. À mes pieds, Jérémie était hors-service, assommé par mon poids.
Je me retournai : mon double était aux prises avec William, lequel esquivait les coups de son dangereux opposant avec difficulté. Mon regard croisa celui du ténébreux durant une seconde. Par un invisible et mystérieux accord commun, nous optâmes pour une attaque surprise. Je commençai par ramasser un épais bout de bois, puis, aussi furtivement que possible, je me plaçai derrière le spectre, dans l'optique de l'assommer. Celui-ci flaira l'embrouille et fit volte-face avant que je ne puisse agir. Il tenta un direct du droit que j'évitai en me baissant. Je contre-attaquai en lâchant mon arme et en appliquant mon poing dans le ventre de mon jumeau. Cela eut pour effet de le faire reculer de quelques centimètres. Dunbar en profita : il lui asséna un balayage, ce qui provoqua sa chute à terre.
Malheureusement, suite à cela, William et moi avons baissé notre garde. Chris-maléfique attrapa nos chevilles et tira dessus pour nous faire nous écrouler à notre tour. Il se redressa ensuite vivement, puis nous souleva tous deux par le col de nos T-shirts. D'un coup sec et puissant, il fit entrer mon front et celui de mon allié en collision. Le choc ne fut pas des plus agréables : des étoiles dansèrent devant mes yeux, ma tête tourna désagréablement et un liquide chaud coula sur mon visage. Après ça, faux-Chris nous laissa à nouveau tomber au sol, déboussolés.
Les événements qui ont suivi restent encore flous pour moi. Difficile de suivre une suite d'événements avec le cerveau retourné. Mais d'après ce que j'ai pu percevoir, William s'était remis en selle instantanément. Son crâne devait être plus dur que le mien. Toujours est-il qu'il repartit à l'assaut de notre ennemi. Le combat qui en a découlé m'est inconnu, puisque lorsque je commençai à reprendre mes esprits, mon clone tenait la jambe gauche de William à deux mains, lequel se maintenait encore debout et tentait de se dégager de l'emprise adverse. J'imagine qu'un de ses coups de pied avait été intercepté.
D'un coup brutal, le ténébreux fut déséquilibré, faisant de nouveau goûter à son dos la texture du sol. Mon double démoniaque appuya son pied gauche sur le sternum de Dunbar afin de l'immobiliser. L'instant d'après, et par un moyen qui m'est encore obscur, le spectre lui cassa la jambe à deux mains. Un craquement horrible traduisit ce geste, suivi de près par un hurlement de douleur de William qui résonna à travers la forêt de toute sa puissance. Ma vision et mes autres sens commencèrent alors à retrouver leurs repères. Par malheur, je fus trop lent à me relever, ce qui profita au faux Chris, qui offrit à la figure de sa victime le privilège de goûter à un violent coup de semelle. William ne poussa cette fois-ci qu'une légère plainte.


Mon jumeau me lança un regard : ses yeux eurent un éclat suspect une fraction de seconde. C'est là qu'un changement se montra sur lui : son expression était passée du stade prédateur au stade huître. Il me semblait beaucoup moins menaçant d'un seul coup. Décidant de ne pas me fier à ce ressenti, je me mis en garde, dans l'attente d'une attaque imminente. Celle-ci n'arriva pas, car mon opposant se plaça à côté d'Ulrich, dont le corps traînait encore sur le chemin. Il s'accroupit et descendit lentement ses mains en direction du visage du brun. Sans chercher à comprendre le pourquoi du comment, j'appliquai la méthode du rugbyman : plaquer d'abord et réfléchir après. Le spectre ne m'opposa aucune résistance et se laissa faire. La facilité avec laquelle je le maintenais à terre me déconcerta : n'avait-il pas fait preuve de capacités hors du commun quelques instants plus tôt ? En guise de test, je décidai de le relâcher. Résultat : il m'ignora complètement pour se diriger vers la silhouette inanimée de Yumi tel un zombie affamé. Je l'en empêchai en le tirant par le col et en le replaçant dans une position d'immobilisation au sol.
Je profitai de la mise hors-circuit de l'adversaire pour regarder dans quel état se trouvait William, encore à terre. À vrai dire, il n'était pas beau à voir. Son visage était en partie recouvert du sang provenant de son nez brisé et de son front ouvert. Quant à sa jambe, elle formait un angle absolument indescriptible. Rien qu'en la regardant, on en avait mal pour lui. Celui qui me ressemblait n'y était vraiment pas allé de main-morte.
Durant cinq longues minutes, il ne se passa rien. Je me contentai de maîtriser tranquillement Chris-maléfique, qui de toute manière, était en mode grosse nouille.
Puis, sans signe précurseur, la force herculéenne de mon double revint, lui permettant de me repousser et de se redresser. Je n'eus même pas le temps de reprendre mon souffle qu'il tenta de me donner un coup-de-poing que je parvins à esquiver. Je contre-attaquai en une tentative de direct du droit qui fut parée aussi aisément qu'une goutte d'eau sur une vitre par la main de mon adversaire. Un courant électrique parcourut cette main en question pour se propager dans mon corps, me secouant pas mal et faisant se dresser mes cheveux. S'électrocuter est vraiment une action que je ne recommande pas. Ça a beau être rapide, ça n'en reste pas moins désagréable. C'est assez dur à décrire en fait comme sensation. Je tombai à genoux devant mon clone, qui en profita pour se reconcentrer sur Ulrich alias la carpette humaine.
Il s'apprêtait à l'empoigner, mais quelqu'un l'en empêcha : William. Il s'était accroché à la jambe du spectre afin de déranger ses déplacements, à l'instar d'un boulet, chose que William n'était pas, contrairement à Ulrich. L'autre Chris se débarrassa de lui d'un coup de pied qui l'envoya rouler au fond de la dépression située au bord du sentier où nous nous trouvions.
Ce geste de la part du ténébreux me donna le temps nécessaire à ma remise d'aplomb. Je repris immédiatement le combat. Le spectre tenta un crochet que j'évitai en me baissant. Sans perdre une seconde, je lui décrochai mon poing sous la mandibule en un magnifique uppercut qui ne le désarçonna que peu. L'autre moi me sourit avant de me rendre la pareille avec un punch dans l'estomac. Lors de mon ultime tentative de direct du droit, il attrapa mon bras et le serra si fort que je sentis les os se briser petit à petit. À peine criai-je de douleur que je me pris un coup de pied dans le ventre qui me mit sur les rotules. Littéralement. Les doigts de ma main gauche posés à terre se firent écraser par l'impitoyable semelle de mon double. Je sentis mes phalanges et mon cartilage craquer sous la pression. Je poussai un nouveau cri de douleur qui se mêla au rire de mon bourreau. Il était beaucoup trop fort pour moi, je ne pouvais rien faire d'autre que me débattre. Ma défaite était inéluctable.
Puisant dans mes dernières ressources, je poussai sur mes jambes et me jetai sur lui, nous faisant chuter dans la dépression à notre tour. Pendant les quelques secondes de roulement, chacun tenta de prendre le dessus sur l'autre à coups de tête et d'ongles. Mon jumeau y parvint dès que le fond du trou fut atteint. Il empoigna le col de mon t-shirt d'une main pour me maintenir en place. Durant cet instant, je vis distinctement un logo dans ses pupilles. Il s'agissait d'une sorte d'œil composé de deux cercles concentriques avec un point au milieu et quatre tirets : un en haut et trois en bas. Sur le moment, la signification de ce symbole ne m'effleura pas, puisque le spectre leva le poing de sa main libre, certainement pour m'achever. Je pris les devants en lui collant un coup de genou dans le bide de toutes mes forces, ce qui ne le stoppa pas du tout. Ma posture était très mauvaise. Le poing toujours levé du spectre se mit à briller d'électricité légèrement verte. Quelque chose me disait que j'allais déguster.
Puis, chose étrange, il se mit à parler tout seul d'une voix mi-humaine, mi-robotique :
- Élimination de la cible défendue. La neutraliser sans la tuer.
Le poing meurtrier ne bougea pas d'un poil, son propriétaire s'étant plongé en grande réflexion.
Il n'y eut aucune suite à ceci, car Chris-maléfique explosa en étincelles bleutées.



Je pris d'abord le temps de faire une synthèse psychique des dernières minutes et un bilan des dégâts physiques avant de tenter de me relever. J'avais super mal au ventre, à la main gauche, au bras droit, à la mâchoire, mon front était ouvert et j'avais un caillou dans ma chaussure. Sans compter les égratignures en bonus. Mis à part ces détails, je m'en tirais relativement bien. Du coin de l'œil, je vis une forme sombre sur ma droite : il s'agissait de William, dans les vapes. Son corps se trouvait à cinquante centimètres à peine de moi.
Je me plaçai en position assise, non sans douleur, au moment où deux silhouettes nous rejoignirent : Jérémie et Yumi. Le visage du blond se décomposa à la vue de la jambe de William, ce qui ne le découragea pas à jauger l'état de son ami.
- Tu vas bien ? me demanda Yumi.
Question extrêmement idiote. Je dus me faire violence pour ne pas la gifler verbalement. À la place de quoi, je répondis :
- Super. La prochaine fois que je fais un stage commando, c'est décidé, j'apporte une armure.
- J'en possède une chez moi. Je te la prêterais si tu veux.
Un petit rire nerveux m'échappa. Elle se tourna alors vers Jérémie :
- Alors, comment s'en sort William ?
- Il respire encore, signala le génie. Mais il est bien amoché.
Yumi pivota à nouveau de mon côté. Son expression trahissait l'inquiétude qu'elle devait éprouver pour son ami.
- Ulrich est encore dans les pommes mais ça devrait aller pour lui, m'informa-t-elle.
Pour ce que j'en avais à faire de Stern franchement ! On ne peut pas dire qu'il avait brillé par son utilité.
- Au fait, avant que j'oublie, merci pour ton aide, ajouta Yumi. Sans toi, on était mal.
Sans le vouloir, elle venait d'ouvrir la faille qui allait me permettre de glaner plus d'informations :
- Pourquoi il en avait après vous ce truc ? Ce spectre comme vous dites ? Et c'était quoi ce symbole bizarre dans ses yeux ?
- C'est une longue histoire... éluda-t-elle.
- Yumi ! Est-ce que ça va ? fit une voix.
Bien entendu, Ulrich avait choisi pile ce moment pour débarquer. L'image d'un énorme boulet se fit de plus en plus nette mon esprit. Lorsqu'il arriva à notre hauteur, c'est-à-dire au fond de la dépression, il me regarda d'un air méfiant et envoya :
- Qu'est-ce qu'il fait là lui ?
Cette fois-ci, je ne fis preuve d'aucune retenue dans ma réponse :
- Sympa l'accueil envers celui qui t'a porté sur plus de cinq cent mètres Stern. Au passage, j'ai un prénom : Chris. Au fait, tu sais que tu pèses lourd ? À peu près autant qu'un boulet...
Il comprit mon allusion rapidement et ne trouva rien à y répliquer, ce qui était une sage solution. Je me trouvais dans mon droit tandis que lui risquait de s'enfoncer encore plus.
- Chris nous a filé un coup de main, lui expliqua Yumi.
Le brun en fronça les sourcils. C'est le moment que choisit le téléphone de Jérémie pour sonner. Son propriétaire le décrocha presque immédiatement. Décidément, c'était une vraie drogue pour lui, impossible qu'il s'en passe.
- Oui Aelita ? l'entendis-je dire. Tout va bien pour nous.
Tout allait bien pour lui oui ! On voyait bien qu'il n'avait pas eu à se battre !
- Xana ne nous a rien volé, continua-t-il. Comment vous avez fait pour désactiver les deux tours aussi vite ? Attends, on verra ça tout à l'heure. Oui, il va falloir que tu l'envoies.
Là, j'étais un peu à la ramasse. Des tours ? Envoyer quoi ? Une ambulance ? Je bombardai le blond à lunettes de questions une fois son portable raccroché :
- Attend, c'est qui ce Xana ? C'est quoi cette histoire ? Qu'est-ce que tu veux...
L'occasion d'en demander plus ne me fut pas offerte puisqu'une vive lumière blanche apparut et nous envahit.


http://i.imgur.com/7tNqoHf.png


Je me retrouvai debout dans le gymnase, face à Jim.
- On vit, on court et on souffre pour le commando ! C'est compris Wite ? me dit le prof au survêt rouge.
Pour la seconde fois, je hochai la tête. À ce moment-là, je n'avais plus aucun souvenir de ce que je venais de vivre en compagnie de Belpois and co.
- Et maintenant, en route mauvaise troupe ! Direction la forêt. En petites foulées histoire de s'échauffer. Le premier qui râle aura droit à dix pompes !
Le groupe commando sortit de l'enceinte du lycée pour se diriger dans la forêt. Je profitai ensuite des étirements dans la clairière afin de jeter un œil aux participants. Il en manquait un : Matthias Burrel. Ne me rappelant de rien, cette absence ne me choqua pas.
J'imagine qu'exploser en ayant mon apparence n'avait pas favorisé le retour du spectre binoclard. Cependant, si j'étais bel et bien remonté dans le temps, il aurait dû être à nouveau présent, non ? Avais-je rêvé la première fois, ou y avait-il quelque chose de surnaturel là-dessous ?
Le début des exercices d'entraînement – ou de torture – imposés par G.I Jim me permit de me souvenir des événements d'avant la grande lumière aveuglante. Des sortes de flashs s'imposaient d'un seul coup en moi. Le premier vint lors de la montée à la corde : je vis Matthias Burrel se transformer en moi. La vision me déconcentra et me fit tomber au sol, de trois mètres de hauteur par chance.
Très rapidement, les fragments de ce passé oublié revinrent en moi, jusqu'à reconstituer le puzzle de la première après-midi de ce mercredi. Une fois le tout reconstitué, j'eus du mal à admettre la réalité de ces souvenirs. Malheureusement, je m'en souvenais avec une trop grande netteté pour que cela ne soit qu'un simple rêve de ma part. En plus de cela, je revivais la plupart des scènes que ma mémoire avait retenue. J'étais bel et bien revenu dans le passé, ou alors je possédais un don de prescience. Je préférai garder la première hypothèse, qui me semblait plus potable.
Bizarrement, une fois l'idée du surnaturel acceptée, je me sentis beaucoup mieux. Au moins, je n'étais pas fou. Mais de nouvelles questions se posaient : Yumi et ses amis avaient-ils un rapport avec le retour temporel ? Et quelle était la nature de ce clone qui nous avait attaqués ? D'ailleurs, les paroles de celui-ci avant de disparaître étaient suspectes : pourquoi n'avait-il pas le droit de me tuer ? Il en avait les moyens et le temps aussi, alors pourquoi ne pas être passé à l'acte ? Cette histoire commençait à se compliquer pour moi. Il me manquait beaucoup trop d'éléments pour que je puisse répondre à toutes ces questions.
L'instant de la pause vint enfin : le trio d'athlétisme était toujours aussi pitoyable et le groupe de Belpois discutait. Je savais que si je souhaitais en savoir plus, c'était eux qu'il me fallait espionner. Malheureusement, je ne pouvais pas m'approcher d'eux sans qu'ils ne me remarquent. Stern se retourna pour me gratifier d'un regard noir. Le brun avait une dent contre moi apparemment.


La voix tonitruante de Jim annonça la fin de la pause, puis enchaîna avec le principe de la course en duo à trois pattes avant de constituer les équipes :
- Stern ! Avec Dunbar ! Ensuite, Wite avec ... allez, Ishiyama !
La concernée me sourit lorsque je la regardais. Je ne pus m'empêcher de penser qu'elle n'avait rien oublié. Je ne laissais rien paraître de ce malaise et me comportais de la manière la plus naturelle possible.
- Et toi Belpois, tu vas avoir la chance d'être avec moi, termina Jim. Venez par ici que je vous attache par les chevilles !
Voilà comment je me suis retrouvé attaché à Yumi Ishiyama. Durant toute la durée de cet exercice, Ulrich ne cessa de me fusiller gratuitement du regard. Par pure provocation, je proposai à Yumi que l'on enlace nos bras du côté attaché pour avoir moins de chances de tomber en courant. Celle-ci approuva l'idée, provoquant certainement chez son prétendant une furieuse envie de me découper en morceaux et de les disperser dans la mer, afin que des requins les dévorent. En tout cas, ses regards furieux à mon égard s'amplifièrent à cette vision. Sa jalousie transpirait par chacune des pores de sa peau. C'est sûr que lui, il n'avait jamais été aussi proche de la Japonaise que moi je l'ai été à ce moment-là.
Amour à part, la course en duo put commencer, et une série de gamelles aussi. La première fut attribuée au duo d'athlé, qui s'étala au bout d'à peine dix mètres de course. Quand je disais qu'ils étaient pitoyables... Bon, j'étais peut-être un peu médisant. Le troisième s'en sortait plutôt bien, mais c'était surtout grâce à Émilie Leduc qui s'était adaptée à la vitesse de son partenaire. Ulrich et William étaient hilarants à regarder : même s'ils arrivaient à courir au même rythme, le premier profitait de prétextes stupides, du type « Arrête de me pousser ! », pour s'énerver contre le ténébreux.
Les plus drôles à regarder courir étaient certainement Jim et Jérémie. Le professeur courait beaucoup trop vite pour le garçon blond, qui au bout d'un moment s'écroula. Cela n'empêcha pas G.I Jim de le traîner sur plusieurs mètres avant de se rendre compte de l'état de Belpois. Le génie y avait perdu quelques cheveux et ses vêtements étaient plein de terre dans le dos. Quant à Yumi et moi, on s'en sortait pas trop mal. Dès le début, on avait trouvé la bonne méthode : la Japonaise donnait le rythme de course et moi je m'y adaptais. Nous avions synchronisé nos foulées et tout s'était bien déroulé. Et nous n'avions eu que trois chutes à notre actif, et encore, parce que j'avais trébuché sur des pierres.
Notre sergent-instructeur voulant que tout le monde – lui y compris – parvienne à courir en harmonie, la course se poursuivit pendant encore deux heures. Yumi et moi fûmes autorisés à nous arrêter au bout d'une heure puisque nous avions trouvé la bonne technique. Toujours attachés, nous nous assîmes sur l'herbe, en attendant que les autres finissent. Pour passer le temps, la japonaise engagea la conversation. Qu'avaient donc les filles à toujours vouloir discuter? Une fois n'est pas coutume, elle me posa diverses questions auxquelles je répondais et que je retournais au passage. Elle me parla plus en détail de ses origines, auxquelles elle était très attachée. Tout le contraire de moi, qui malgré mes racines anglaises, ne me suis jamais intéressé à la culture du pays mis à part sa langue. Au final, et à ma grande surprise, le courant passait plutôt bien entre nous deux.
Jim revint avec le reste du groupe. Les membres présentaient tous un air épuisé, mais visiblement, ils étaient parvenus à courir en osmose avec leur compagnon d'attachement.
- Bon, je vous détache, et ensuite direction Kadic, dit Jim.
Il se mit à chercher les clés ouvrant les menottes dans son sac. Ne les trouvant pas, il fouilla ses poches pour aboutir au même résultat.
- Soldats, nous avons un imprévu, nous annonça-t-il d'un ton qui se voulait rassurant. Ne paniquez pas, mais je crois que j'ai perdu les clés.
Sur le coup, Yumi et moi sommes partis dans un fou rire alors que les autres présentaient une mine angoissée – en particulier Ulrich et William. Le professeur d'EPS regarda de nouveau dans ses effets personnels et sur lui si les clés s'y trouvaient, mais il dut se rendre à l'évidence : elles étaient complètement paumées. Le commando n'eut d'autre choix que de retourner au lycée dans ces conditions. Inutile de préciser que notre arrivée dans la cour à fait sensation parmi les internes qui y étaient présents.
Une fois dans le gymnase, Jim tenta de briser les menottes à l'aide de divers outils. Malgré ses efforts, les instruments d'emprisonnement restèrent à leur place, obligeant notre pauvre sergent-instructeur d'un jour à appeler un serrurier pour venir régler ce problème. Par miracle, l'artisan arriva rapidement. En plus de ça, il ne mit que dix minutes à tous nous libérer. Selon ses propres termes, « N'importe qui aurait pu ouvrir ces serrures ! ». Notre bon vieux Jim prit pour lui cette remarque en précisant qu'il avait été serrurier dans sa jeunesse, ce dont il préférait ne pas parler, comme toujours. Cependant, il changea d'attitude lorsqu'il vit la note de l'artisan, que je devinai salée. Et pour ajouter au problème, le proviseur arriva en trombe dans le gymnase, l'air remonté. Il nous congédia, car il souhaitait « s'entretenir avec M. Morales ». Lui faire passer un sale quart d'heure plutôt ! Il n'était pas sûr que d'autres stages commando soient organisés. Mais tout ça ne me concernait plus.


En sortant du gymnase, Yumi me dit :
- Ça fait du bien de pouvoir bouger ses deux jambes comme on veut. Même si c'était sympa d'être attaché par la cheville avec toi.
- Merci bien, répondis-je.
- On s'est quand même bien éclaté cet aprèm', alors merci... pour la course.
Étrangement, je sentais qu'elle me remerciait pour autre chose que les raisons qu'elle m'avait énoncées. Elle devait penser que j'avais oublié ses premiers remerciements et me les a réitérés. Enfin, si elle s'en souvenait, ce que je soupçonnais fortement.
Elle repartit avec sa bande en direction de la cour. Loin de vouloir en rester là, je décidai de les suivre aussi furtivement que mon physique de géant me le permettait. Je retrouvai leur trace quasi immédiatement : ils s'étaient rassemblés autour d'une table au milieu de la cour avec deux autres de leurs amis. Le premier était un garçon aux cheveux châtains blonds avec une mèche violette à l'avant. Pour l'avoir aperçu à une compétition de skateboard il y a plus d'un an, je savais qu'il s'appelait Odd Della Robbia. Quant au second, il s'agissait d'une jeune fille dont les cheveux étaient en accord avec la jupe : de couleur rose. Il s'agissait d'Aelita Stones, une D.J qui avait fait la première partie au concert des Subdigitals, un groupe populaire chez les jeunes.
Malheureusement, au vu de la localisation du groupe, je ne pouvais pas l'espionner sans être repéré. Je tirai donc ma révérence et me dirigeai vers l'internat, déçu de ne pas avoir l'occasion de démêler les événements de cette journée.


À suivre : Traverser le smog


Dernière édition par Zéphyr le Mar 17 Oct 2017 22:44; édité 21 fois
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Ikorih MessagePosté le: Dim 30 Juin 2013 19:51   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Messages: 1442
Localisation: Sûrement quelque part.
Donc, on résume, Chris fait des cauchemars où il flambe et où il gèle (Ikorih et Icer seraient ils référencés?), sans doute liés à son passé Razz
La scène avec Jim était monstrueuse XD Non mais sérieusement, j'ai trouvé l'osmose avec ta fic. Attacher William et Ulrich en faisant passer Ulrich pour un connard? Je dis, oui!
D'ailleurs, Ulrich, on l'abandonne, on le lance, punaise, que d'idées malveillantes à son égard pour finalement le jeter par terre! Zéphyr, je me demande pourquoi on se parle pas plus, parce que là, franchement, j'applaudis XD A côté de ça, XANA était angélique avec lui! Non mais sérieusement XD En plus de ça, on le traite de boulet. J'admire.

Passons aux références. Hulk, Imprévu et peut-être même Oddye (la jambe de William Smile, tu as fait fort! Beau boulot Mr. Green

Mais je te délivre un avertissement : les réminiscences et autres coups façon CLE ne seront pas tolérés. Ta fic serait immédiatement et irrémédiablement rayée, peu importe le nombre de trolls de CLE que tu feras.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Dim 30 Juin 2013 21:02   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


Inscrit le: 14 Sep 2008
Messages: 1307
Localisation: Sur le territoire Banquise entrain de faire de l'overboard
Superbe chapitre.
Léo a vécu une belle attaque de XANA et fait connaissance avec une partie de la bande.
GI-Jim toujours aussi strict dans ses stages et Ulrich toujours jaloux.
Par contre c'est étrange que léo ne face pas plus de lien entre eux et les intrus de Tron (un guerrier brun virtuel et un élève brun d'un age similaire qui ont le même prénom c'est plus qu'un coincidence, surtout si on ajoute Odd qui a la même coupe sur terre que sur lyoko/cortex).

Aussi j'ai l'impression qu'Aelita et surtout Odd sont un peu délaissé (pourquoi, ils étaient au stage commando?). Et vu le titre du prochain chapitre (ulrich le chevalier, aelita la gardienne et william l'enfumeur), l'apparition du félin n'est pas pour maintenant.

Bref vivement la suite, et j'espère que tu introduiras Odd rapidement

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Oddye MessagePosté le: Lun 01 Juil 2013 12:28   Sujet du message: Répondre en citant  
Fleur immonde


Inscrit le: 27 Fév 2008
Messages: 2017
Localisation: Dans un autre horizon
Hey, je viens commenter. (Quoi? Je l'ai pas fait au chapitre précédent? Mais non, c'est pas vrai d'abord!)

Bref. Si je te dis que j'ai aimé, est-ce que tu seras surpris?^^

Alors, déjà, on commence avec le rêve. OMG, j'ai ressenti le côté noir, malsain, à fond. J'avais trop envie de terminer le paragraphe, que le rêve soit terminé. En ça, tu as bien réussi ton coup. C'était un cauchemar. Et on l'a vécu avec lui.

Après, attaque de spectre. Alors, le combat dans la forêt, c'était plutôt bien. Bon, peut-être un peu long, à vrai dire. Mais en tout cas, j'ai trop aimé ça : "une odeur de poulet grillé. ". XD J'imagine bien Ulrich en poulet, tournant au-dessus d'un feu Twisted Evil Bref, c'était extra, j'ai bien rigolé.

Ulrich qui est décrit en boulet=> J'en connais certains qui ont apprécié héhé!

OMG William. Mais comment tu l'as amoché! (Le coup de la jambe, coïncidence ou référence?^^).

Pourquoi le spectre n'a pas éliminé Chris... ? Hum, XANA est dans le supercalculateur qui génère Cortex, Cortex est sous le contrôle de Tyron, Chris travaille pour Tyron... Hum, peut-être est-ce ça...

Ensuite, le coup du retour vers le passé qui ne fonctionne pas sur Chris. Hum, allusion à Laura^^ Tu fais honneur à ta protégée^^
Par contre, les souvenirs qui reviennent peu à peu, c'était trop rapide. Tu aurais du développer ça un peu plus. Bah pendant dix paragraphes non plus, mais là j'ai trouvé que c'était trop rapide.

Jim qui oublie les clés => (facepalm) M'étonne pas de lui tiens!

Et le lien spirituel a encore marché. Parce que j'ai trouvé une phrase (pas banale comme "il marcha" hein) que je comptais mettre dans ma fic et qui amènerait de la colère entre certains protagonistes (OMG je spoile!). Bref!

En tout cas, le protagoniste principal commence à se poser pas mal de questions. Ca promet pour la suite!

En bref, j'ai aimé ce chapitre. Il n'annonce que du bien pour la suite.
Suite que j'ai hâte de lire =) Continue comme ça Wink

(Et j'ai trouvé que les caractères étaient plutôt bien respectés. Ulrich jaloux, William en héros^^. Bref, j'aime, j'adhère!)

Citation:
mais bon voilà, je suis un mec, je vais à mon rythme Mr. Green. Normal dira t-on...

J'étais pliée^^

Bonne journée à toi =)
_________________
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Je n'étais pas anciennement odd-4-ever.
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kender MessagePosté le: Lun 01 Juil 2013 14:44   Sujet du message: Répondre en citant  
[Magazine]


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Localisation: Paris
Oups, je viens de remarquer que j'avais oublié de commenter ta fic. Bon ben je me rattrape Mr. Green

Alors lorsque j'ai vu pour la première fois ta fic, je me suis dit "Oulà, un gros paquet de narration qui va bien me faire chier dans ma lecture en diagonale" (je me dis toujours ça d'ailleurs Razz). Oui, je lis tjs les fics en diagonale. Une habitude xD

Bon, revenons à ta fic. Déjà, un OC est le personnage principal. J'aime pas lorsqu'un OC est le narrateur. Je suis plutôt attaché à nos LG moi Mr. Green

Mais je reconnais l'originalité de ton scénario. Tu nous montre un côté plutôt sympa de Tyon et des ninjas. C'est autre chose qu'un savant fou à lier et des combattants qui font que se battre sans dire un mot.

La flemme de commenter tes 3 premiers chapitres, on va donc passer au dernier.

Alors contrairement à certains de mes VDD, j'aime pas trop qu'Ulrich soit encore considéré comme un abruti jaloux inutile. J'en ai déjà ma claque avec les fics d'Ikorih. Donc ne fais pas comme elle, hein ? Moi, j'aime tous les Lyoko-guerriers, sans exception.

Le combat dans la forêt était bien écrit. Je me demande pourquoi XANA n'a pas attaqué Chris. On va voir les surprises que tu nous réserves Wink

Dernier truc, pas besoin d'être régulier. Ecris quand tu veux, lorsque tu le veux. L'écriture est un plaisir après tout Wink

Edit : D'ailleurs tu reprends mon petit rituel. Amusant Mr. Green

_________________
http://img11.hostingpics.net/pics/716747kender.png
Merci à la talentueuse Lénaelle pour ce pack criminel

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Zéphyr MessagePosté le: Lun 01 Juil 2013 17:46   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


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Messages: 1034
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Ce n'est pas dans mes habitudes de revenir sans nouveau chapitre, mais j'ai très envie de répondre aux commentaires déjà postés, qui demandent quelques explications pour certains.

Ikorih pour commencer :

Citation:
Ikorih et Icer seraient ils référencés?

La réponse est non. Sauf pour la « lame de glace » qui m'est venue au dernier moment en lisant un post d'Icer. Mais sinon, c'est juste comme ça que devait se passer le cauchemar.

Je suis assez content de la scène de Jim avec les menottes moi aussi. Ça me trottait dans la tête depuis un moment...
Citation:
Attacher William et Ulrich en faisant passer Ulrich pour un connard?

Le but n'était pas vraiment de faire passer Ulrich pour ça en fait (enfin, peut-être un peu ^^). Je voulais juste faire ressortir son côté puéril, à l'instar de l'épisode « Soupçons » où il s'énerve contre Willy pour un rien.
Mais il est vrai que je n'ai pas retenu mes coups contre lui dans ce chapitre. Il ne sera pas le seul à morfler de toutes manières... un certain bonbon rose est sur la liste Twisted Evil.

J'ai fais une référence à Imprévu Surprised ? Si c'est le cas, c'est purement fortuit.
Citation:
Mais je te délivre un avertissement : les réminiscences et autres coups façon CLE ne seront pas tolérés.

Ma jauge de stress vient de passer à 273,5... Mais pour tout te dire, pour le fait que Chris soit non-RVLPassifiable, je suis pas allé inventer une explication farfelue du type : « Il combat sur le Cortex donc il n'est pas affecté. ». En fait, je me suis pas foulé pour l'explication Mr. Green. J'espère en tout cas échapper à la mort lorsqu'elle viendra – l'explication, pas la mort ^^.


Ensuite, *Odd Della Robbia* :

Pour commencer, mon personnage s'appelle Chris. Léo, c'est une fausse identité qu'il a volée par accident.
Citation:
Par contre c'est étrange que léo ne face pas plus de lien entre eux et les intrus de Tron (un guerrier brun virtuel et un élève brun d'un age similaire qui ont le même prénom c'est plus qu'un coincidence, surtout si on ajoute Odd qui a la même coupe sur terre que sur lyoko/cortex). 

Personnellement, ça ne me semble pas bizarre. Pour rappel, nous sommes dans CLE, donc on a des acteurs réels. Et Quentin Merabet n'est pas non plus le portrait craché de l'avatar d'Ulrich.
De toutes manières, Chris ne fait pas le lien parce qu'il n'a pas de preuves vraiment solide. Ce serait partir trop vite en besogne et je n'aime pas aller vite. En ce qui concerne Odd, Chris n'a tout simplement pas fait le parallèle avec le félin virtuel. Et puis, la coupe de Gulliver et de Odd, c'est kif-kif j'ai envie de dire. En plus, l'acteur a des cheveux châtains-blonds il me semble (et non blonds éclatants), et l'avatar est plus grand que le Odd réel. Autant de raisons qui poussent Chris à ne rien déduire.
En conclusion, il va falloir quelque chose de plus solide pour que Chris fasse le lien.

Citation:
Aussi j'ai l'impression qu'Aelita et surtout Odd sont un peu délaissé (pourquoi, ils étaient au stage commando?).  

Si Odd et Aelita n'étaient pas au stage commando, c'est pour de bonnes raisons. Pour la participation des LG, je suis parti des réactions du #74 :
    – Jérémie : avait dit qu'il le referait.
    - Yumi : ne voulait pas le refaire c'est vrai. Mais dans CLE, Yumi est devenue quelqu'un qui veut sauver la Terre entière et aider son prochain (épisodes 6, 13 et 14 sont des exemples). Comme elle est sympa, elle accompagne Jérémie pour qu'il n'y aille pas tout seul.
    - William : ne l'a jamais fait, donc il est curieux de savoir comment se déroule un stage commando. En plus, il y a Yumi qui vient ^^.
    - Ulrich : avait dit qu'il n'y retournerait pas. Cependant, Yumi + William = jalousie. Pas besoin de faire un dessin sur ses motivations...
    - Odd et Aelita : ne voulaient pas le refaire et ne sont pas assez fous pour y retourner ^^.

Pour finir, je dirais que j'ai plus de mal avec les personnages de Odd et Aelita. J'ai peur de les flinguer si je les met trop en avant. Je suis plus à l'aise avec William, Yumi et Ulrich (Jérémie aussi car il agit de manière logique en général). C'est pour ça que Odd est « mis de côté » comme tu dis. Mais il aura son moment ne t'inquiètes pas Wink.


C'est au tour de Oddye :

Citation:
J'avais trop envie de terminer le paragraphe, que le rêve soit terminé. En ça, tu as bien réussi ton coup. C'était un cauchemar. Et on l'a vécu avec lui.

Je suis content que le rêve t'ai donné cet effet. C'était le but recherché Mr. Green. Je me suis bien éclaté à le rédiger en tout cas.

Pour la jambe de William, il s'agit en effet d'un clin d'oeil à ta fic. Je t'en prie Wink. Mais bon, comme il y a eu RVLP, on peut pas dire que j'ai été sadique, hein ?
Je suis découvert pour l'allusion à Laura Surprised.
Citation:
Par contre, les souvenirs qui reviennent peu à peu, c'était trop rapide. Tu aurais du développer ça un peu plus. Bah pendant dix paragraphes non plus, mais là j'ai trouvé que c'était trop rapide.

* Zéphyr retint son souffle. Oddye venait de soulever LE point noir de ce chapitre. C'est donc stressé et hésitant que l'auteur répondit * :
Tu m'as encore perçé à jour, zut ! À la base, c'était rédigé de manière à être plus décrit, mais le résultat final faisait que ça s'enchaînait mal avec ce qu'il y avait avant et après. Donc, j'ai abregé. Et puis, Laura aussi à retrouvé la mémoire rapidemment, non Mr. Green ?
Citation:
Et le lien spirituel a encore marché. Parce que j'ai trouvé une phrase (pas banale comme "il marcha" hein) que je comptais mettre dans ma fic et qui amènerait de la colère entre certains protagonistes (OMG je spoile!).

J'y crois pas oO ! En ce moment, c'est la totale concernant le lien spirituel. Ça en devient effrayant...


Et on finit avec Kender :

Déjà, bienvenue dans ma fic. Oui, ma fic se veut originale. J'ai encore plein d'idées sous le coude que j'ai hâte de vous faire découvrir...

Citation:
Alors contrairement à certains de mes VDD, j'aime pas trop qu'Ulrich soit encore considéré comme un abruti jaloux inutile. J'en ai déjà ma claque avec les fics d'Ikorih. Donc ne fais pas comme elle, hein ? Moi, j'aime tous les Lyoko-guerriers, sans exception


Chris n'a côtoyé Ulrich que le temps d'une après-midi. Donc, pour le moment, il a cette image d'Ulrich selon les comportements qu'il a observé chez lui. Donc, il n'y a que le narrateur (et Ikorih, Icer et les autres), qui considère Ulrich comme un abruti jaloux inutile.
À titre d'exemple, prenons... Laura (ben voyons...). Dans l'épisode 4, elle envoie à Aelita un superbe « Penses un peu aux autres ». Dans cet épisode, Aelita n'a pas un comportement qui laisse croire qu'elle est la même que dans CL, d'où cette remarque de Laura.
Ici c'est pareil. Chris voit qu'Ulrich a l'air assez jaloux et puéril, il le voit donc de cette manière.
Et puis, le point de vue de Chris n'est pas obligatoirement fixe, il est susceptible d'évoluer.
Pour finir sur l'histoire du boulet, Chris n'est pas un saint malheureusement. Il est assez critique envers les autres (enfin, sauf envers Anais Fiquet et ses décolletés Mr. Green *sors*).
Autre chose : Ulrich aura un ou deux moments de « gloire » (remarquez l'utilisation des guillemets s'il vous plaît).

Non, je ne ferais pas comme Ikorih. Ulrich ne mourra pas (enfin normalement) ... * Ikorih : Nooon ! *
... Mais il souffrira, c'est sûr * Cris de joie de Ikorih et de tous les anti-Ulrich *.

Toujours sur Ulrich. Je ne dirais pas que je le hais mais plutôt que je peux pas le voir en peinture. Depuis « Marabounta », il m'énerve au plus haut point. Après c'est personnel...

De toutes manières, tout le monde aura droit à sa part de lynchage... même Laura.
*Surprise totale de l'assemblée suivie par des chuchotages interrogatifs*

Pour terminer, eh oui, je t'ai volé ton petit rituel sans aucun remord Mr. Green. Fallait poser des droits dessus Twisted Evil. Tu n'es pas ma première victime tu sais, j'ai déjà piqué le copyright du Tonnerre d'applaudissements à Café.



Un grand merci à vous tous d'avoir pris le temps de lire et de commenter Wink. À bientôt pour le chapitre 5 !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.


Dernière édition par Zéphyr le Dim 23 Mar 2014 15:04; édité 1 fois
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Zéphyr MessagePosté le: Dim 14 Juil 2013 15:34   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler







Chapitre 5
Traverser le smog






Piste 7 : (10/02/2013)


Hier était le jour de ma troisième virtualisation sur Tron. Je dois dire qu'elle n'a pas manqué d'intensité. Normal, puisque j'y ai livré mon premier combat virtuel.


http://i.imgur.com/7tNqoHf.png


Inutile de rappeler comment je me suis rendu au laboratoire de Tyron. La seule différence était en la personne qui m'a accueilli sur le parking : ce n'était pas un scientifique, mais une jeune fille. Celle-ci portait une tenue de ninja sans la cagoule. Physiquement, elle était assez grande - un mètre soixante-dix selon mes estimations - et était svelte. Son visage était plutôt joli avec des yeux gris pétillants et des cheveux noirs tombant jusqu'aux épaules. Ces derniers étaient attachés au moyen d'un élastique.
Lorsque je m'approchai, elle me lança avec un sourire :
- Salut ! Léo, c'est ça ? Je m'appelle Sally Lowel. C'est à mon tour de te conduire en salle d'expérimentation.
Son nom de famille me disait quelque chose, mais impossible de mettre le doigt dessus. Comme si elle avait deviné ce à quoi je pensais, elle ajouta :
- Et au cas où tu te demanderais, je suis la fille de Tyron. On y va ?
Sans dire un mot, je la suivis jusqu'à l'ascenseur. Apprendre que Tyron avait un enfant, ninja par-dessus le marché, était très surprenant. Comme quoi, on ne savait jamais tout sur les autres. D'ailleurs, n'en étais-je pas la preuve, moi qui ne faisais que mentir sur qui j'étais réellement ?
Alors que le monte-charge descendait dans les tréfonds du complexe, Sally me glissa :
- T'es plus grand que ce que je pensais.
- Et moi, je ne savais pas que Tyron avait une fille, répondis-je. Encore moins qu'elle protégeait le noyau de Tron.
- Parce que tu pensais qu'un chromosome Y était nécessaire pour pouvoir être virtualisé ?
Elle venait de me clouer le bec en une phrase. Cette réplique sonna l'arrêt au quatrième sous-sol. La suite du trajet se fit en silence. Juste avant d'arriver à destination, notre route croisa celle de Puck, lui aussi en tenue de ninja sans la cagoule.
- Léo, t'es déjà là ? dit-il. C'est fou comme une semaine passe vite.
- Dis-moi l'elfe, c'est quoi ces taches sur ta combinaison ? demanda brusquement Sally.
À cette remarque, je regardai le vêtement de Puck : quelques tâches sombres étaient visibles sur son torse. Instinctivement, je devinai leur nature. Du sang. Une onde glacée parcourut mon cou durant une fraction de seconde.
- T'occupes, lui répondit le concerné.
La jeune fille n'en resta pas là :
- Écoute, tu peux aller tabasser tous les pauvres types que tu veux, mais t'es prié d'enlever cette tenue lorsque tu sors ? Tu sais à quel point les entretenir coûte cher, donc t'en prends soin. Compris ?
Le ninja blond joignit ses deux mains, plat contre plat, et s'inclina légèrement tout en adoptant un sourire moqueur.
- Pardon boss, je le referai plus, dit-il. Promis.
Il poursuivit ensuite sa route, l'air de rien, puis ajouta :
- À la prochaine Léo !
Sally poussa un soupir et fit le reste du chemin jusqu'au laboratoire. Je marchai sur ses talons.


La pièce qui abritait mes transferts n'avait pas changé en une semaine, ses occupants non plus d'ailleurs. Ils étaient toujours habillés de la même façon avec leurs éternelles blouses – immaculée dans le cas de Bernard. Quant à Tyron, il était toujours devant son écran, une tasse et un récipient contenant ce que j'identifiai comme du café posés à côté de lui.
L'équipe me salua, puis son chef décolla les yeux de son ordinateur pour me faire son habituel topo :
- Nous avons de la visite aujourd'hui. Les intrus de la dernière fois sont revenus.
- Je croyais que vous ne pouviez pas repérer les intrus, signalai-je.
- En réalité, je suis parfaitement au courant lorsqu'ils s'introduisent dans Tron. Cependant, je ne suis jamais en mesure de les localiser précisément sur le territoire. Une fois sur place, j'aimerais que tu les combattes et que tu utilises sur eux un de mes nouveaux gadgets virtuels.
Surpris par cette demande, je lui renvoyai :
- Pourquoi c'est à moi de faire ça ? Vous avez les ninjas pour le sale boulot non ?
- Hé ben, tu ne te prends pas pour n'importe qui toi, commenta Sally.
- Il me semble que je suis là pour tester une machine, pas pour me battre contre des ennemis virtuels, lui rétorquai-je.
- Dis plutôt que tu flippes à l'idée de combattre oui !
Je m'apprêtai à lui renvoyer en pleine face sa remarque si ce n'est Tyron qui intervint :
- Sally, tu ne devrais pas déjà être dans le Cocon ?
La jeune fille s'en alla aussi sec sans demander son reste.
- Comme je te l'ai déjà dit, les autres demandent pas mal d'énergie au supercalculateur pour leurs transferts. En plus, par un phénomène qui m'échappe, le gadget que j'ai mis au point est incompatible avec leurs avatars.
- Je croyais que vous ne considériez pas ces intrus comme une menace, lui fis-je remarquer.
- En effet. Mais j'ai aussi dit que je souhaitais connaître les moyens qu'ils avaient à leur disposition, non ? Le gadget que tu auras à ta disposition me permettra d'en savoir un peu plus sur eux. Il te suffira de l'envoyer sur l'un d'eux puis de le dévirtualiser : cela me permettra de remonter le signal de l'avatar vaincu et de récolter quelques informations.
Rien de compliqué à comprendre jusque-là, mais à réaliser, oui.
- Comment je m'y prends pour coller votre gadget ? demandai-je. Je ne pense pas que mes adversaires vont se laisser faire tranquillement. En plus, j'arriverais pas à me battre correctement si je tiens ce truc en main. D'ailleurs, à quoi est-ce qu'il ressemble ?
- Je te fais confiance pour l'application de ce plan. Pour le gadget, je le programmerais lors de la virtualisation. Tu pourras le faire apparaître à volonté dans une de tes mains et le lancer avec une simple pensée. Attention ! Tu n'auras droit qu'à un seul essai ! Fait donc attention au modèle unique que je te confierai. Et ne t'inquiète pas pour sa forme, tu le reconnaîtras au premier coup d'œil.
Son poste d'ordinateur émit un léger bruit.
- Il va falloir que tu te décides Léo. Si tu ne veux pas plonger, je ne te forcerai pas, mais notre collaboration s'arrêtera définitivement. Dans le cas contraire, dépêche-toi un peu s'il te plaît.
Bizarrement, les paroles de Sally me revinrent en tête. Elle avait insinué que j'étais un trouillard. Elle allait voir.
- C'est bon, j'y vais, dis-je simplement.
En réalité, ce n'était ni la pique de la fille de Tyron, ni la menace de ne plus participer à ce projet qui me poussait à y aller. Une force invisible à l'attraction irrésistible m'attirait. Était-ce le goût du risque et de l'aventure, ou autre chose ? Je l'ignorais. Tout ce que je savais, c'était que mon cerveau me criait d'y aller, à l'instar d'un besoin vital frôlant l'obsession.
Alors que je m'apprêtais à m'installer sur la table d'opération, ma vision me joua des tours en commençant à s'assombrir. Je chassai le brouillard noir qui se formait dans mes yeux d'un clignement des paupières. Mais les ténèbres étaient coriaces : elles recouvrirent d'un seul coup mon regard avant de m'engloutir moi.


Je ne sentais plus aucune entrave physique me retenir. J'étais là, mais sans l'être vraiment. Seul le noir absolu m'entourait, tel un cocon protecteur. J'ignorais qui j'étais, ce que je faisais à cet endroit, mais j'étais sûr d'une chose : rester ainsi le plus longtemps possible était mon unique désir. Toute notion de temps était inexistante dans cet espace obscur, et cela me convenait parfaitement. Je gardai ma position, me contentant de ne penser à rien sauf au calme qui m'entourait. Celui-ci était parfait, presque irréel. Autour de moi, le vide était mon compagnon, pour l'éternité peut-être. Dans tous les cas, je me sentais en harmonie avec moi-même et avec mon environnement.
Malheureusement, cette harmonie fut brusquement brisée : de la lumière me parvint, rendant l'espace disponible éblouissant. Elle me happa vers une destination inconnue.


Tout d'abord, je vis des couleurs se former, puis des formes se dessiner, me révélant les abords du noyau de Tron, ainsi que quelqu'un qui se tenait en face de moi, un large zanbatō à la main. Après la vue, je recouvrai l'ouïe et ensuite le contrôle de mon corps, sous sa forme d'avatar virtuel.
Ma lance était fermement maintenue par ma main droite. En face de moi, le mystérieux individu n'esquissait pas le moindre mouvement et se contentait de tenir son arme en garde. Probablement un des intrus dont Tyron parlait. C'était un garçon aux cheveux sombres, à la peau très pâle, en combinaison et bottes noires, le tout avec des touches de gris et d'orange. Son poignet gauche était équipé d'un bracelet à pointes.
- Qu'est-ce qui t'arrives mon grand ? T'as peur ? m'envoya-t-il d'un ton provocateur.
Encore sous le choc de ce qu'il venait de m'arriver, je n'eus pas la moindre réaction. Le phénomène que je venais de subir me préoccupait. Sauf erreur, je venais de subir un black-out, une période durant laquelle on ne se souvient plus de ce que l'on a fait.
Trop dérouté par cette perte de mémoire, je ne fis pas attention au type à l'épée. Il se dirigea sur moi au pas de course et tenta de me trancher de haut en bas. Un coup direct, sans grande imagination. Heureusement pour moi, mes réflexes étaient encore bons : je pris le manche de ma lance à deux mains et m'en servis pour parer l'assaut. Le choc me fit reculer, mais je réussis à tenir bon. La pression qu'exerçait mon opposant était forte, me donnant beaucoup de peine à y résister. En plus de ça, mon arme n'était pas appropriée pour parer ce genre de coup, surtout le manche, qui n'allait certainement pas tarder à se scinder.
« Une épée ne serait pas de refus pour combattre », me dis-je.
Étrangement, ma demande fut exaucée : ma lance se mit à briller d'une douce lumière blanche. Elle semblait comme parcourue d'électricité. Avec un bruit de crépitement, elle commença à se raccourcir. La hampe fit place à une poignée d'un peu plus de quinze centimètres parfaitement adaptée à ma main. Quant à la pointe, elle se transforma en lame à double tranchant. Cette dernière mesurait environ soixante centimètres de longueur et sept de largeur, offrant une bonne surface pour parer les coups. Le pommeau était constitué d'une sphère bleu électrique légèrement transparente à peine plus petite que celle de la lance. Certainement une décoration. Sur la garde, un symbole de la même couleur que la sphère était gravé. Je ne pus le détailler faute de temps.
Je me trouvais donc avec une épée... non, un glaive, en main.
Mon adversaire, surpris, fit alors quelque chose d'incroyable : il se transforma en fumée noire. La forme gazeuse se déplaça linéairement à quelques mètres de moi avant de reprendre l'apparence du ténébreux. Bon, ce pouvoir le rendait plus dangereux que prévu. Un seul instant d'inattention pouvait m'être fatal. Je me devais de ne plus penser au black-out pour me concentrer uniquement sur l'affrontement qui m'attendait.
Je me mis en garde : ma nouvelle arme faisait prendre au combat une dimension complètement différente. J'étais prêt à en découdre face à l'enfumeur qui donna un coup de zanbatō à l'horizontale dans l'air. L'instant suivant, une sorte d'onde de choc fusa dans ma direction. Tenter de le parer ne m'apporta qu'une chute sur le dos. L'imposante lame ennemie ne me laissa aucun répit et faillit me décapiter. Je ne dus mon salut qu'en roulant sur le côté. Je me relevai énergiquement, et tentai à mon tour la guillotine. Celui que je visais se changea à nouveau en fumée pour esquiver. Une fois qu'il reprit sa forme solide, il parla tout seul :
- Bizarre, il est moins coriace et hargneux d'un coup.
Que voulait-il dire par là ? La bataille n'en était pas à son début ? Et avant de me réveiller, je me battais mieux que ça ? Je me mis à maudire ce fichu black-out avant de me rappeler la demande que Tyron m'avait faite : coller son gadget sur un intrus puis le renvoyer vers son lieu de départ. Il fallait bien entendu que l'intrus sur lequel je tombe possède un pouvoir qui le rendait quasi invincible et une arme qui envoyait des ondes de choc. La malchance était visiblement avec moi.
Le fer des lames s'entrechoqua violemment : je venais d'engager un féroce combat à l'épée avec le ténébreux guerrier. Petit à petit, les leçons d'escrime me revinrent en tête : la maîtrise de mon arme devint plus assurée et naturelle. D'accord, l'escrime et manier un glaive qui datait sûrement de la légion romaine n'avaient pas grand chose à voir. Mais bon, après tout, se battre avec une lame, c'était pas ce qu'il y avait de plus dur. Les assauts et feintes étaient multipliés entre nous deux. Aucun ne parvenait à prendre l'ascendant sur l'autre. Soudain, j'aperçus une ouverture dans la garde ennemie, dont je profitai pour asséner une estocade.
- Supersmoke.
Il avait réutilisé sa capacité gonflante pour éviter mon coup. C'était très frustrant de se battre avec un être semi-gazeux.
- Shit ! laissai-je échapper.
Ayant perdu le sillon noir de vue, je bondis verticalement afin d'éviter toute attaque en traitre. Je venais de tomber dans un piège : mon opposant se rematérialisa sur mon côté droit, prêt à me découper en morceaux. Je parvins à éviter son offensive en usant de mon pouvoir de voler grâce aux vents. Je n'eus même pas le temps de penser à une contre-attaque que la fumée se forma à nouveau pour atterrir en toute sécurité. À peine posai-je le pied à terre que le métal s'exprima et repartit pour une mélodie cliquetante. Le propriétaire du zanbatō se permit même un commentaire durant notre échange musclé :
- T'as vraiment une sale tête.
La remarque me piqua au vif et me fit faire n'importe quoi avec mon épée. Cela me valut un coup de pied dans le ventre qui me fit tituber. Je me repris tant bien que mal, mais le fait était que mon adversaire avait plus d'expérience et était plus fort que moi. Je le sentais. Le combat tournait en ma défaveur, il me fallait ruser.


Au cours d'un combat à l'épée, celui qui avait la lame la plus courte était désavantagé, ce qui était mon cas. Je me rapprochai donc un peu plus de l'ennemi pour l'empêcher de manier comme il l'entendait son imposante arme. Je repris le dessus durant dix secondes. Après cela, l'enfumeur profita des bienfaits de son pouvoir pour s'éloigner de moi. Il est vrai que j'aurais pu user du vent pour dissiper la fumée qui constituait alors mon adversaire, mais j'ignorais si le faire reviendrait à le vaincre ou alors à pire, le tuer. Je ne tenais pas à tester donc je m'abstins.
Après avoir récupéré assez d'espace pour s'exprimer, le combattant ténébreux s'élança vers moi pour un nouvel assaut. Je décidai de tenter un coup risqué : j'assénai ma lame sur la base de celle de l'adversaire, puis tournai mon poignet en poussant vers le bas de toutes mes forces. Le zanbatō s'échappa des mains de mon antagoniste et cliqueta contre le sol, le laissant désarmé. C'était le moment idéal pour lui envoyer le gadget de Tyron. À peine le formulai-je en pensée qu'une boule d'énergie verte apparut dans ma main libre. J'en déduisis que c'était ce qu'il fallait lui envoyer. Le bras tendu vers le garçon en combinaison noire, je me concentrai pour que le projectile soit éjecté de ma paume. Tel un boulet de canon, la sphère verdâtre se dirigea vers sa cible. Seulement, elle s'écrasa sur le sol turquoise de Tron. L'ennemi avait esquivé grâce à son pouvoir. Il reprit ensuite son apparence, récupéra son épée à terre, puis se retransforma en fumée qui se mit à tourner autour de moi. J'exécutai un mouvement de rotation en même temps que le gaz afin d'éviter tout assaut surprise. Quiconque m'aurait vu aurait pu s'imaginer que j'étais en train de danser avec cette espèce de brume sombre.
Soudainement, le sillon noir s'éloigna pour se rematérialiser à quelques mètres de moi. Prudent, je décidai de rester en garde et de voir ce que l'adversaire projetait de faire. Je le vis poser sa main libre sur son oreille et adopter un air concentré, comme si quelque chose de plus important que notre combat nécessitait toute son attention. Je perçus ses paroles :
- Ulrich et les filles se sont fait avoir ? J'en ai presque fini avec l'autre, je peux y aller juste après...
Il se tut durant quelques secondes.
- D'accord, je rentre. Tu me laisses au moins en finir avec l'autre tête brûlée ?
Ce charmant surnom m'était certainement destiné.
C'est ainsi que le métal de nos épées parla pour nous une nouvelle fois. Le combat s'éternisait beaucoup trop à mon goût, surtout au vu de mon échec dans ma mission. Je collai un coup de pied dans le ventre du ténébreux qui en fut déséquilibré. J'enchaînai en tentant de le décapiter. Il stoppa ma lame avec son bracelet à pointes et prononça un mot :
- Supersmoke.
L'obscure fumée glissa à toute vitesse entre mes jambes. Ayant appris de ma déconfiture contre Puck, j'eus le réflexe de faire une rotation à cent quatre-vingts degrés et de porter un coup droit. Malheureusement, ma lame passa à un cheveu de la tête de mon adversaire, lequel fut étonné de ma rapidité de réaction. Son zanbatō traversa mon corps, m'offrant un billet retour pour le laboratoire d'expérimentation.


Je me réveillai brusquement sur la table d'opération, faisant sursauter le professeur Bernard.
Une fois remis de mes émotions, on me demanda de faire un rapport des derniers événements, comme d'habitude. À la fin de mon récit, Tyron n'en retint qu'une seule chose :
- Bon, le plan a échoué. On va trouver autre chose...
Il marmonna des paroles incompréhensibles et retourna à son écran d'ordinateur.
J'interrogeai le reste de l'équipe sur un point que je tenais à éclaircir :
- Il n'y aurait pas eu un problème durant la virtualisation ? Parce qu'il m'est arrivé un truc étrange.
Je leur racontai le déroulement de mon black-out, de la perte de conscience jusqu'à l'émergence. Le professeur Fontaine me sortit une justification d'une voix assurée :
- Le processus de transfert de l'esprit est éprouvant. Tu dois encore être sous le choc. C'est pour ça que certains passages de ton voyage te paraissent flous pour le moment. D'ici ce soir, ce problème sera réglé, crois-moi.
Sur ces mots, il me décrocha son sourire étincelant qui me brûla presque les yeux.
On m'annonça ensuite que je pouvais disposer. Sally m'attendait à la sortie de la salle, habillée normalement cette fois, c'est-à-dire d'un T-shirt, d'un jean et d'une veste. D'entrée de jeu, elle me demanda :
- Tu m'en veux pas pour ce que je t'ai dit tout à l'heure ?
- J'ai entendu pire comme remarque, me contentai-je de dire.
Nous nous mîmes à marcher vers le parking. Elle engagea à nouveau la conversation :
- Au fait, comment s'est passé ton combat ? Pour nous, c'était vraiment trop simple : il a suffi de quelques coups d'épée pour vaincre les trois intrus du noyau.
Je lui fis part de ma défaite ainsi que des capacités de mon adversaire.
- Au moins, t'as fait l'expérience d'un combat virtuel et t'as pas perdu en deux secondes. Ton honneur est donc sauf.
Elle me fit une tape dans le dos dans la foulée. Malheureusement, elle ignorait quelle serait alors ma réaction : je me plaquai immédiatement dos au mur, dans un réflexe incontrôlable. Ma respiration s'était saccadée en quelques secondes.
- Est-ce que ça va ? demanda-t-elle.
Elle tendit alors sa main vers mon épaule, que je rejetai en un geste. Une lueur interrogative brilla dans ses yeux.
- Évite de me toucher sans me prévenir, me justifiai-je d'un ton un peu brusque. Surtout dans le dos.
L'incident clos, nous prîmes l'ascenseur. Un silence s'était installé entre nous et je savais que j'en étais la cause. Je décidai de réparer les dégâts :
- Désolé pour ma réaction. Je n'aime pas trop qu'on touche cette partie de mon corps.
- C'est plutôt à moi de m'excuser, je savais pas que tu étais aussi craintif. On ne le devine pas tout de suite avec ton gabarit de géant.
Je fis un petit sourire et enchaînai en abordant un autre sujet :
- Dis, ces tâches sur la combinaison de Puck, c'était du sang, je me trompe ?
- Ouais, t'as tout compris, répondit-elle d'une voix grave. Ce type est un psychopathe en puissance. Il y a que le baston qui l'intéresse. Quand il sort en-dehors du complexe, il va provoquer des types dans la rue pour engager un combat à mains nues. Et le Puck, il ne retient pas ses coups. Ses adversaires se retrouvent souvent avec le nez ou les dents cassés. Le sang sur sa tenue provient de là. C'est à peu près tout ce que je sais sur lui.
Dans un timing parfait, un « Ding ! » ponctua la fin de sa phrase. Nous étions arrivés au parking. Alors que je comptais me diriger vers la limousine déjà positionnée, Sally m'annonça avec un sourire malicieux :
- La prochaine fois, t'auras droit à un interrogatoire, je te le promets.

En quittant le complexe, je me dis que l'univers devait absolument vouloir que je parle alors que ce n'était pas mon fort.


http://i.imgur.com/7tNqoHf.png


Les souvenirs de la période trou noir ne me sont toujours pas revenus, contrairement à ce qu'affirmait Fontaine. Je n'ai plus qu'à ajouter ça à la liste des choses étranges qui me sont arrivées avec le transfert dans un monde virtuel et le retour dans le temps.


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Hors-piste :


Lundi 11 Février 2013

Dans les tréfonds d'une usine située au milieu d'un fleuve, deux jeunes personnes travaillaient dans un laboratoire high-tech malgré la nuit qui était déjà largement avancée et la matinée qui se profilait à grands pas.
La première, un garçon portant des lunettes aux cheveux blonds bien coiffés travaillait sur un très gros ordinateur, confortablement installé sur un confortable siège. La seconde était une fille assise à même le sol métallique, un ordinateur portable sur ses genoux, d'un rose identique à celui de ses cheveux.
- J'ai fini de vérifier les avatars Jérémie, dit celle-ci d'une voix qui résonna à travers la pièce. Aucune chose d'anormale de ce côté-là : pas de bugs, ni de modifications visibles. T'en es où avec l'inspection du Skid ?
- Pour l'instant, rien de suspect, mais j'ai pas encore fini, répondit le dénommé Jérémie.
- C'est bizarre quand même. Si Xana n'a effectué aucun ajout, ni implanté de bug aux avatars, au Skid ou au retour vers le passé, qu'est-ce qu'il a bien pu faire pendant ces quelques minutes ?
- Je sais pas Aelita. Il va falloir qu'on vérifie tous nos programmes pour être certains. Mais avec un peu de chance, Xana n'aura pas eu assez de temps pour faire ce qu'il voulait.
- Tu sais bien qu'il ne fait jamais rien au hasard.
Un silence suivit cette réplique, brisé quelques secondes plus tard, par un « Bip » sonore émit par une machine.
- Bon, le Skid est ok, fit le blond. On va maintenant vérifier les sous-systèmes.


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Chris n'arrivait pas à se rendormir, et pourtant, il était deux heures vingt-quatre du matin. Dans moins de cinq heures, il devrait retourner à l'internat du lycée Kadic pour une nouvelle semaine.
Son insomnie était causée par un cauchemar, toujours le même, celui où ses pires peurs le poursuivaient. C'était la troisième fois d'affilée qu'il faisait ce rêve en deux jours. Tenter de dormir un peu durant l'après-midi dominical n'avait pas permis au jeune homme d'y échapper.
Sa gorge était sèche. Il se leva, puis se dirigea dans la cuisine toute équipée de l'appartement. En tâchant de faire le moins de bruit possible afin de ne pas réveiller son oncle, il s'empara d'un verre puis extrait du frigo une bouteille d'eau en verre. Il remplit ensuite le récipient pour le vider d'un trait la seconde d'après. Tout bascula alors en cette seconde : Chris sentit le liquide ingéré lui brûler la gorge - à l'instar de feu liquide - le faisant ainsi tousser. Le goût était absolument horrible. Pris d'un doute, il regarda l'étiquette de la bouteille qu'il tenait encore en main : de l'alcool, dont la couleur était aussi transparente que de l'eau.
« Merde... », se dit le jeune homme.
L'effet du liquide ne tarda pas à s'immiscer en lui : sa tête commença à lui tourner un peu, tandis qu'une sensation de flottement s'emparait doucement de lui. Le jeune homme profita de la clarté encore relative de son esprit pour se débarrasser des preuves. Il rinça son verre le plus discrètement possible dans l'évier, le nettoya, puis le remit à sa place. Il rangea la bouteille témoin de la bévue dans le frigo. Chris pria pour que son oncle ne se rende pas compte de la légère diminution de volume du liquide de la bouteille en question. Si par malchance, il remarquait ce détail, Chris craignait une sanction identique à celles qu'il subissait plus jeune. Un frisson parcourut son dos à cette pensée.
Il projeta ensuite de se diriger dans la salle de bains, afin d'éliminer toute odeur compromettante par un brossage de dents. Malheureusement, la traversée du salon ne fut pas des plus aisée. La démarche du garçon n'était plus droite tandis que le monde tournait. L'obscurité n'aidant pas, il se cogna sur les meubles et manqua de faire tomber un vase. Chris fut surpris de la rapidité avec laquelle ce qu'il avait bu agissait sur lui. Son oncle lui avait déjà parlé des personnes qui supportaient mal ce type de boisson et qui en conséquence, la « tenaient » très mal. Visiblement, le jeune homme en faisait partie.
Après s'être lavé les dents, il se dépêcha de retourner dans sa chambre. Encore une fois, ce ne fut pas sans mal. En y arrivant, à peine referma-t-il la porte qu'il s'effondra sur son lit. Les brumes du sommeil ne tardèrent pas à venir le chercher.


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Alors que Chris White venait enfin de s'endormir, dans les bureaux de la Deckard Inc, Tyron Lowel ne semblait pas prêt à faire de même.
Le scientifique se tenait devant une grande porte et s'apprêtait à y frapper. Avant cela, il prit une grande inspiration et tâcha de garder une expression lisse. Il leva le poing droit et cogna quatre fois sur le panneau. À peine le geste fut effectué que l'entrée s'ouvrit toute seule en grand. Bien que le créateur du monde de Tron ne veuille pas l'admettre, ce système d'ouverture automatique parvenait toujours à le surprendre. Il serra un peu plus la tablette numérique qu'il tenait dans sa main gauche et s'avança dans la pièce. Une fois le seuil franchi, un claquement l'informa de la fermeture de la seule sortie disponible.
L'endroit dans lequel Tyron se trouvait était très spacieux et sombre. L'éclairage électrique allumé était minimal, non par souci d'économie d'énergie mais afin de profiter au mieux de la vue qu'offraient les baies vitrées du fond sur la ville de Paris. Sur la gauche du scientifique se tenait un immense meuble accueillant les divers dossiers relatifs à l'entreprise – de moindre importance bien entendu, les plus confidentiels étant conservés ailleurs.
Sur sa droite, un tableau assez imposant était accroché au mur. Il représentait une scène très particulière : une sorte de monstre géant ressemblant à un mélange de requin et de lapin se tenait debout sur une pile de cadavres d'animaux tout ce qu'il y a de plus ordinaires, allant du simple chaton à l'éléphant. Cette macabre vision se déroulait sur un fond étoilé de pleine lune, laquelle avait une teinte légèrement rougeâtre. Tyron s'était toujours demandé le sens de cette œuvre, même s'il fallait lui reconnaître une réelle qualité au niveau des traits, des couleurs et des jeux de lumière. Juste en dessous de la toile, un petit encadré fixé au mur donnait son nom, plutôt obscur :


« Évolution sanglante »


Tyron se désintéressa vite de la peinture, se concentrant sur le bureau qui lui faisait face. Un homme était installé sur un grand siège en cuir noir derrière le meuble. L'obscurité ne permettait pas au chercheur de distinguer correctement ses traits, ni même ses yeux. Assis sur son trône, on aurait presque pu croire que l'homme se fondait dans l'obscurité.
- Bonsoir Tyron, fit ce dernier d'une voix neutre.
- Monsieur le directeur, répondit le savant avec respect.
Les salutations d'usage terminées, l'homme assis embraya avec une question :
- Comment se sont déroulées vos tentatives de repérage de l'autre supercalculateur ?
- Elles n'ont abouti nulle part malheureusement. Le mouchard virtuel était une bonne idée, mais sa mise en application est trop compliquée. Trop de paramètres jouent en notre défaveur. Je pense que tenter de localiser le supercalculateur adverse seulement lorsque leurs propriétaires s'introduisent sur Tron n'est pas la bonne solution.
Celui qui faisait face au scientifique ne dit rien d'autre, lui signifiant de continuer.
- Connaissez-vous l'expression « Oeil pour œil  » ? Je vous propose d'appliquer cette logique face à nos nouveaux adversaires : nous introduire dans leur monde virtuel. Une fois là-bas, nous pourrions y placer une balise qui nous permettrait de les trouver. Je travaille actuellement dessus. Selon mes estimations, nous devrions être prêts dans une quinzaine de jours.
- Très bien, commenta le directeur. Dans ce cas, je vous laisse carte blanche pour cette opération Tyron. N'hésitez surtout pas à mettre tous vos moyens à votre disposition, même s'il y a risque de dommage collatéral.
Tyron crut voir un sourire se dessiner sur le visage de son supérieur. Dans la pénombre, il ne pouvait l'affirmer. Un silence de quelques secondes fut perceptible avant que le directeur ne reprenne :
- Et pour le Sixième ? Comment cela se passe-t-il ?
- Les résultats sont assez concluants pour le moment. Les modifications apportées au système sont efficaces. Je suis parvenu à réduire la dépense énergétique de trois pour cent.
Tyron posa sa tablette sur le bureau et appuya sur l'écran : un hologramme en surgit. L'image représentait un avatar au visage mutilé et portant une cape.
- Quant à lui, continua-t-il, des capacités intéressantes se sont dévoilées mais je sens qu'il est capable de faire encore plus que ce qu'il a déjà montré. D'après moi, il n'utilise que cinquante pour cent de ses capacités grand maximum.
- Dans ce cas, faites en sorte que ses autres pouvoirs s'éveillent rapidement. Envoyez-le au combat dès que vous en aurez l'occasion.
Le scientifique déglutit avant de répondre :
- J'ai l'impression qu'il est très méfiant envers nous. Il lui arrive de poser certaines questions gênantes.
- Inventez ce que vous voulez, je vous fais confiance.
Il y eut un nouveau silence avant que la personne tapie dans l'ombre ne reprenne :
- Tyron, vous savez tout comme moi quel est l'intérêt de cette expérience et du Sixième. S'il ne fait pas l'affaire, il suffira de trouver un Septième et ainsi de suite jusqu'à l'aboutissement de votre système. En avez-vous conscience ?
- Je ne l'oublie pas monsieur.
- Très bien. Dans ce cas, nous n'avons plus qu'à nous dire bonne nuit. N'oubliez pas que j'attends au plus vite les premiers rapports sur l'avancée de la balise, afin que nous puissions organiser au plus vite la chasse.
L'interrogé acquiesça, puis quitta le bureau. L'homme qui se faisait appeler « Directeur » eut l'esquisse d'un sourire.


À suivre : Furor


Dernière édition par Zéphyr le Mar 17 Oct 2017 22:26; édité 31 fois
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Oddye MessagePosté le: Dim 14 Juil 2013 20:23   Sujet du message: Répondre en citant  
Fleur immonde


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Localisation: Dans un autre horizon
Oh, un nouveau chapitre.
Lire: FAIT
Commenter: EN COURS

Alors, ce chapitre... Je ne l'ai pas aimé. Vraiment.

Meuh non, je plaisante. Mwahaha, je te fais le même coup que toi. Eh oui, tu me l'avais fait sur un de mes chapitres. L'heure de la vengeance était arrivée Twisted Evil

Bref, trêves de plaisanteries, passons à la critique de ce chapitre. Alors, comme tous les autres, j'ai aimé ce chapitre 5.

Alors, on fait la connaissance de Sally. Je l'aime bien. Elle a l'air plutôt sympa. Ce sera certainement un personnage qu'on verra beaucoup, ou du moins, plusieurs fois, vu que c'est la fille de Tyron. Et là, une idée me vient...
Si dans ta fic, y a Anthéa, qui serait alors avec Tyron. Si ça se trouve, Sally, c'est la fille de Tyron et de Anthéa.
...
OMFG!
Bon, ça n'est qu'une hypothèse, l'avenir m'en dira davantage.

Ensuite, J'ADORE Puck! J'adore vraiment ce gars. Sa façon d'être, ... ! Excellent!


Chris qui fait un black-out?! Hum, je sens que ça va s'annoncer mauvais c'te histoire! Ca ne doit pas un être un simple détail...

Citation:
comme du café noir

J'ai ri. Parce que j'ai tout de suite pensé à Tonton. Et je sens que, quand tu l'as écris, toi aussi. Ou alors, c'était délibéré.
Bref, maintenant, à chaque fois que j'entends ou lis "Café Noir", ça me fait automatiquement pensé à Tonton.
D'ailleurs, une fois, dans un restaurant, en allant me laver les mains, eh bien, quand j'ai voulu les sécher, devine ce qu'il y avait d'écrit sur la machine...
Et oui... Zéphyr!
Forcément, ça m'a fait penser à toi. (J'ai ri aussi d'ailleurs, parce que pour le coup, c'était vraiment inattendu).

Mais bref.
Alors, scène d'action avec Willy.
Alors, quand la lance s'est transformée en épée, bon, j'étais moyennement convaincue, parce que là, je trouve ça fait trop cheaté. (Bon, William aussi l'est, tu vas dire. Mais hé, c'est William, donc ça passe^^) (comment ça, argumentation pourrie?! ^^)).

Plus sérieusement, entre ses pouvoirs et son arme qui change de forme, ça fait trop en fait. Après, ça n'est pas non plus un défaut en soi, et surtout ça reste mon avis.

Alors, pour parler de la scène d'action. Bon, ça va, ça n'était pas trop long. C'était pas mal. Tu as mis quelques phrases de dialogue, ce qui permet d'aérer le combat, de casser l'effet "bloc de texte", parce que autant quand on regarde un combat, ça va, autant quand on lit un combat, c'est plus compliqué. Si tu mets un énorme bloc de combat, ça alourdit je trouve. Donc là, c'était bien.


Alors, on a encore des allusions au dos de Chris. Comme je l'avais dit précédemment, il doit y avoir des cicatrices, parce que l'oncle devait punir physiquement, et forcément ça laisse des traces. D'ailleurs, il a eu une réaction de rejet face à Sally. On a aussi des allusions à la relation avec son oncle, vu comment Chris essaye d'éviter de le réveiller. D'ailleurs, j'aime bien ce genre de scènes. En soi, elles ne font pas avancer l'histoire, le scénario. Mais je trouve qu'elles sont importantes, parce qu'elles permettent vraiment de montrer la psychologie et la façon d'être des protagonistes, leurs sentiments et leurs relations.

D'ailleurs, finalement, dans la vie réelle, y a des jours qu'on passe à ne rien faire. Pourtant, ces jours font parties de nos vies. Ils existent. Mais ils ne nous font pas spécialement avancer, progresser ...
Donc, j'aime bien ce genre de scènes, et je t'encourage à ne jamais te dire: "oh mais ça sert à rien, j'enlève". Ca donne un côté réel et réaliste.


Alors, c'est bien, on alterne un peu de points de vue. Alors, XANA a fait quelque chose, il semblerait. Mais quoi, on ne sait pas. (Ou alors, c'est moi qui ne sait pas. Faudrait que je revois les épisodes de CLE, tout n'est pas frais dans ma mémoire).


Ensuite, Tyron parle avec son patron. Bien, ça ajoute une atmosphère sombre à l'histoire. Expérience, Sixième... La suite de l'histoire nous en apprendra certainement davantage, donc il me tarde de la lire.

Bref, en résumé, c'est un très bon chapitre que tu nous as pondu là. Rythmé, étrange, il nous fait poser des questions.
Alors, vivement la suite, histoire que je puisse avoir des réponses.

Bonne soirée à toi =)
_________________
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Je n'étais pas anciennement odd-4-ever.
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Zéphyr MessagePosté le: Dim 28 Juil 2013 11:54   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler







Chapitre 6
Furor






Piste 8 : (11/02/2013)


Mon effondrement dû à de l'alcool me causa un réveil tardif à huit heures douze du matin. Par chance, je prenais toujours les cours à neuf heures le lundi. Je dus tout de même me dépêcher pour ne pas arriver en retard, sautant ainsi le petit-déjeuner. Avoir un horrible mal de crâne ne me simplifiait pas les choses : j'avais l'impression que l'on jouait des percussions contre ma tête. Finalement, c'est tant bien que mal que je parvins pile-poil à l'heure au lycée, une seconde avant que M. Fumet, le prof d'histoire-géo, ne referme la porte. Lorsque l'enseignant claqua la porte, le bruit résonna atrocement dans ma tête. Les autres sons, provenant des tables, des chaises ou des éclats de voix étaient semblables à des lames me transperçant le crâne.
Je devais avoir ce qu'on appelle la « gueule de bois ». Tout ça pour un malheureux verre – d'environ vingt millilitres quand même. Je pouvais m'estimer heureux que des nausées ou autres effets désagréables ne m'aient pas atteint.
La migraine me poursuivit toute la matinée pour finalement s'estomper un peu avant la pause déjeuner. Je tirai une leçon de ma bévue : l'alcool était vraiment une saleté dans son genre.

Je ne boirai plus jamais de boisson alcoolisée, par accident ou non.


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Ma classe, la première une, partageait ses cours d'EPS avec la première trois. Cette dernière partageait aussi nos cours de LV1.
Cet après-midi, nous n'étions que douze élèves parmi la trentaine qui constituait le groupe. Et tout ça grâce au hachis servi à la cantine ce midi-là, qui apparemment causait de sérieux problèmes digestifs à ceux qui le consommaient. Heureusement pour moi, je n'en faisais pas partie, ayant profité de la pause déjeuner pour faire une sieste, qui m'a apporté tout sauf du repos à cause d'un énième cauchemar. Quel paradoxe, le sommeil me fatigue. Du coup, non seulement j'étais crevé, mais en plus, j'étais d'humeur massacrante.
Pour en revenir à cette histoire de classe réduite à un effectif de douze, Jim dut annuler la séance de football prévue ce jour-ci pour la remplacer... par du handball. Nous étions donc tous dans le gymnase du lycée, prêt à jouer à ce sport. Deux équipes de six joueurs furent constituées.
La première était composée de Christophe M'Bala, d'Anaïs Fiquet, de Caroline Savorani, d'Amanda Juillet ainsi que de moi-même. Le dernier membre était un garçon un peu rondouillard portant des lunettes qui s'appelait Rémi. Nous avions les maillots rouges.
Les membres de la seconde team, les jaunes, n'étaient autres que William Dunbar, Yumi Ishiyama, Maïtena Lecuyer, Ronaud Limousin, Ernest Tié et ce bon vieux Matthias Burrel. D'ailleurs, sa présence me surprit – deuxième fois que sa présence me faisait cet effet d'ailleurs. Il était du genre à profiter d'une intoxication alimentaire pour sécher les cours.
« C'est quand même pas un autre spectre ? », me dis-je.
Un coup de sifflet retentit, me tirant de mes pensées.
- Tous en place bande de mollassons ! ordonna Jim d'une voix forte.
Les deux équipes s'éparpillèrent sur leurs moitié de terrain. Mon équipe avait opté pour une disposition standard : moi aux cages, Rémi et Anaïs en défense, les trois derniers en attaque. Nos adversaires optèrent pour la même formation avec Burrel aux buts, Yumi, William, Ernest à l'offensive et les deux dernières filles en défense.
Devant moi, je vis Anaïs me faire un clin d'œil. Elle n'avait pas l'air prête à jouer le match très sérieusement. À ses côtés, Rémi la regardait, ou plutôt regardait son décolleté, un air hébété sur le visage. À voir ces deux défenseurs, je ne pouvais clairement pas compter sur eux pour m'aider à protéger mes buts.
Après avoir vérifié qu'il n'y avait aucun arrivant de dernière minute, Jim siffla le coup d'envoi.


Le match commença par une prise de possession de balle par Ernest. Après deux pas, il la passa à William, qui la renvoya à Yumi, laquelle la rendit à Dunbar. Ils venaient de passer nos trois attaquants, et n'eurent aucun mal avec les deux défenseurs. William tenta un tir direct que je parvins à stopper. Je renvoyai à Christophe, qui parvint à l'aide d'un habile jeu de passe avec Amanda jusqu'aux trois-quarts du terrain. Juillet tenta une passe à Caroline qui fut interceptée par Yumi. Celle-ci s'élança immédiatement en dribblant vers mes cages. Elle passa Rémi et Anaïs avec aisance et tira. Je m'étais malheureusement élancé du mauvais côté, ce qui fit un à zéro pour les jaunes au bout de deux minutes.
Dix minutes de jeu en plus s'écoulèrent, M'Bala parvint à rattraper un peu le score en marquant deux fois, tandis que nos adversaires marquèrent quatre buts supplémentaires. On me passa en attaque tandis que Caroline partait en défense et Rémi aux buts. Ces changements nous donnèrent un second souffle. Grâce à ma haute taille, j'interceptais pas mal de passes des jaunes – ce qui faisait enrager Ernest – puis je renvoyais le ballon à Amanda ou Christophe qui parvinrent à marquer six buts en quinze minutes. L'équipe adverse peinait à nous traverser et ne nous remit qu'un seul but. Le score était de huit à six en notre faveur. La mi-temps n'allait plus tarder.
Dans un ultime assaut, les jaunes parvinrent à faire une percée au moyen de passes courtes et rapides, nous déstabilisant. Le ballon passa de William à Yumi à William à Ernest à Ronaud à Yumi à Maïtena à William et enfin, à la zone d'en-but, à Ronaud. Je me plaçai immédiatement devant lui pour l'empêcher de tirer. Celle-ci fit une passe en arrière à Ernest, que plus personne ne surveillait, et qui avait le champ libre pour tirer. Caroline réagit vite et au moment où le propriétaire du ballon leva le bras droit pour lancer l'objet, elle tenta de lui faire lâcher en utilisant sa main gauche. Tié l'avait cependant vu venir et avait abaissé son bras juste à temps. Le mouvement de Caroline, lui, se poursuivit jusqu'à la joue d'Ernest qui se prit une baffe monumentale, le faisant tomber sur les fesses.
C'est à ce moment-là que le sifflet annonçant la mi-temps retentit.
Les deux équipes s'assirent sur les bancs au bord du terrain, sauf Ernest qui réclamait à l'arbitre, c'est-à-dire Jim, un neuf mètres pour le coup porté par Caroline.
- C'était pas intentionnel donc c'est pas une faute, trancha le professeur. Vous avez dix minutes de pause, après on reprend pour une demi-heure de plus !
Son portable sonna. Il décida de sortir du gymnase pour répondre. Un « appel urgent » avait-il dit.
Furieux, Tié se dirigea vers les toilettes d'un pas rageur.


Cinq minutes plus tard, ce fut mon tour d'aller aux toilettes, mon corps réclamant de boire de l'eau. À mon arrivée, une scène étrange m'attendait : adossée au mur à côté du lavabo, Caroline et Ernest s'embrassaient. Rien d'étrange, si ce n'est le fait qu'elle se débattait violemment afin de se libérer de l'étreinte du garçon. Sans attendre une seconde, j'attrapai l'épaule de Tié et la tirai pour qu'il stoppe ce baiser forcé. Caroline en profita pour s'éloigner au maximum.
- De quoi tu te mêles toi ? me cracha Ernest en dégageant son épaule de l'emprise de ma main.
- Tu sais, j'ai beau ne pas m'y connaître en matière de filles, il me semble que lorsqu'elle te dit non, c'est non, lui répondis-je.
- C'est une affaire entre elle et moi. Compris ?
Des bruits de pleurs se firent alors entendre. Caroline venait de fondre en larmes.
- Et voilà qu'elle nous fait le coup des grandes eaux... commenta Ernest.
Son comportement était vraiment minable, chose que je lui fis savoir :
- Mais tu te prends pour qui à la traiter comme ça ? Tu te rends compte qu'elle a des sentiments ? Alors tu vas les respecter et t'excuser tout de suite !
- Crève, sale rosbif.
Mon bras agit de lui-même en attrapant la gorge de l'auteur des propos et en le plaquant à son tour contre le mur. Je venais d'agir sans réfléchir et en me défaisant de tout self-control. Il m'arrivait parfois d'agir sous le coup de l'impulsivité, mais ici, c'était plus puissant : c'était de la colère. J'ignorais d'où elle pouvait provenir, elle avait jailli d'un seul coup, tel de la lave crachée par un volcan en éruption.
L'optique de refaire le portrait d'Ernest germa dans mon esprit. S'il y avait bien une chose que je détestais qu'on insulte, c'était bien les origines des autres. Ma main commençait à se serrer autour de son cou lorsqu'une voix féminine intervint :
- Arrête ! Ça t'apportera que des ennuis !
Ma rage s'évanouit aussi instantanément qu'elle n'était venue. Je relâchai ma victime qui en toussa. Je me retournai : toute la classe était sur le seuil des toilettes et nous regardait. La voix qui m'avait coupé dans mon élan était celle de Yumi. Caroline, qui pleurait toujours, fut prise en charge par Christophe qui l'accompagna hors des cabinets sans oublier de jeter un regard noir à Ernest. Une partie du groupe suivit M'Bala mis à part Amanda, William et Yumi. Cette dernière ajouta à l'intention de celui qui avait failli être étranglé par mes soins :
- C'est bon ? T'as fini de te ridiculiser encore plus que tu ne l'es déjà ?
- J'te jure, t'es pathétique Ernest, fit Amanda. Faudrait vraiment te remettre en question pov'mec.
- Arrête de faire genre la sans-coeur !
Tout le monde se retourna : Matthias Burrel était encore présent, ses yeux de fouine cachés derrière ses lunettes.
- Tu m'as appelée comment là Burrel ? demanda Amanda, troublée.
- T'as très bien entendu, enchaîna le garçon à lunettes. Après ce que t'as fait à Matthieu Ducroc, t'as aucune leçon à donner. À personne.
Juillet baissa les yeux, l'air déstabilisé.
- Ça vaut pour toi aussi White ! continua Matthias. Tu vaux pas mieux, t'es qu'un drogué.
- Qu'est-ce que t'as dit ? criai-je.
Une nouvelle bouffée de colère monta subitement en moi. L'envie de mettre mon poing dans la face de Matthias se fit pressante. Si William et Yumi ne m'avaient pas retenu, j'aurais réduit ce binoclard en miettes. Ce dernier poursuivit sa provoc à mon égard :
- Tout le monde sait que tu bouffes des trucs pour gagner du muscle et que depuis quelque temps, tu consommes aussi des trucs illicites. Suffit de regarder ta tête pour s'en rendre compte !
- Ferme-là Burrel, on t'a assez entendu ! répliqua Dunbar. Tu veux juste te donner de l'importance en racontant des ragots complètement débiles.
Comment une dispute entre Ernest et Caroline avait-elle pu dégénérer à ce point-là ? La situation commençait à devenir électrique, trop même.
Yumi annonça d'une voix tranchante :
- Matthias, Chris et Amanda valent dix fois mieux que toi, alors tes rumeurs de petite commère, tu te les mets où je pense ! Et toi Ernest...
Elle se retourna, puis le tira par le col de son t-shirt et l'entraîna dans la cabine de toilette la plus proche. Le garçon ne parvint pas à lui résister alors qu'il était plus grand qu'elle. Ishiyama devait avoir une poigne de fer.
- Non, fait pas ça, retentit la voix d'Ernest, suppliante, juste avant qu'un bruit de chasse d'eau ne se fasse entendre.
En ressortant de la cabine, Yumi avait une expression d'extrême dureté sur le visage tandis que le crâne de Tié dégoulinait d'eau. Matthias trembla à cette vision. William et moi nous regardâmes : une lueur légèrement effrayée était présente au fond de ses pupilles. Le traitement que pouvait infliger une Yumi en pétard était proprement terrifiant. Je me fis la promesse de ne jamais la contrarier. À mon avis, William avait dû se faire le même serment.
Sans dire un mot, tout le monde retourna dans la salle principale du gymnase. Ernest s'installa à terre, le plus loin possible de la japonaise, Burrel à ses côtés. Sa tête était encore mouillée, mais visiblement, c'était le dernier de ses soucis. Quant à Caroline, elle avait arrêté de pleurer, ce qui n'empêcha pas à l'ambiance d'atteindre une température glacée.
Jim choisit alors de débouler en furie, ignorant tout de la scène qui venait de se dérouler :
- La pause est finie ! On reprend !


Le match se poursuivit, mais pas avec la même énergie. Ernest ne parvenait plus à tirer ou à faire des passes correctement, ce qui réduisait l'attaque des jaunes. Notre équipe en profita : grâce à deux superbes tirs d'Amanda et de Christophe, nous prenions le large. Cependant, même sans Tié, le jeu de passe de nos adversaires était rapide et efficace. Rémi encaissa trois tirs, deux de Yumi et un de Ronaud. Puis, William parvint à égaliser le score à dix partout. Le temps s'écoulait et les deux équipes se renvoyaient but pour but, sans que l'on puisse déterminer le vainqueur.
Alors qu'il ne restait plus que quatre minutes au chrono, notre équipe était aux abords de la zone d'en-but adverse. Amanda fit une passe en retrait à Anaïs, qui, après réception, commit l'erreur de tenter une passe à Christophe, marqué par Maïtena. Il était hélas trop tard lorsque Lecuyer dévia le ballon que rattrapa son petit-copain. Ce dernier s'empressa de faire une passe longue à William, qui s'était démarqué rapidement dès qu'il avait vu l'interception. Rien ne l'empêcha de mettre le ballon dans les buts de Rémi, qui n'en menait pas large depuis longtemps déjà. Quinze à quatorze en faveur des jaunes. La situation était mauvaise pour nous.
La balle fut remise au centre. Nous avions encore le temps d'égaliser à nouveau. Je passai à M'Bala qui fit circuler vers Amanda. Elle dribbla jusqu'à atteindre Ronaud et Maïtena qui faisaient barrage à son avancée. Elle envoya à Christophe, qui fit circuler vers Anaïs. Je vis une ouverture pour un tir et décidai de m'y précipiter, espérant que la propriétaire du ballon s'en rende compte. Je fus exaucé par une passe parfaitement exécutée. Après avoir rattrapé ce lancer, je levai mon bras, déterminé à marquer.
Je regardai Burrel dans les yeux, et l'espace d'un instant, je crus voir dans ces pupilles le symbole que j'avais aperçu dans le regard du spectre de la forêt : trois cercles concentriques avec un tiret en haut et trois en bas. Durant cet instant, je n'étais plus dans un gymnase, mais de retour dans les bois, face à l'être surnaturel. En mon for intérieur, je savais que mon imagination me jouait des tours. Cependant, les souvenirs désagréables liés à ce symbole me revinrent en mémoire. Cela me fit ressentir une puissante colère, qui s'imposa en moi instantanément. Le tout se traduisit par un ballon lancé de toutes mes forces en plein dans la face de Matthias.
- BWARGH !!!
Fut le son qui en découla. Jim siffla immédiatement un arrêt de jeu et alla constater l'état de l'élève touché. Résultat : un verre de lunette cassé dont quelques fragments lui avaient écorché le contour de l'œil droit.
Là, ça craignait pour moi. Seul point positif : je savais que Matthias n'était pas un spectre, le ballon ne lui aurait rien fait dans ce cas-là. Je sentis le regard des autres élèves posés sur moi, comme s'ils reconsidéraient cette histoire de drogue à mon sujet.
En y repensant, c'était la troisième fois en quelques minutes que je m'énervais de cette manière. Serait-ce le début de la folie pour moi ? Je me le demande...


Après avoir conduit le blessé à l'infirmerie et congédié les autres élèves, Jim m'emmena dans le bureau du principal. Le surveillant/professeur s'entretint d'abord avec le proviseur avant de me faire entrer dans la pièce. Celle-ci était très spacieuse : elle faisait au moins trois fois ma chambre à l'internat. Elle possédait sur son mur du fond une bibliothèque où s'entassaient de nombreux livres et dossiers. On m'invita à m'asseoir sur un des deux sièges placés face au bureau devant lequel M. Delmas était installé.
L'homme qui me faisait face me demanda d'un ton dur :
- Savez-vous pourquoi vous êtes là ?
D'ordinaire, dans ce genre de situation, j'étais plutôt tendu, mais étrangement, il n'en était rien. Je me sentais serein, presque invincible. Je baignais dans une confiance en moi absolue.
Je répondis à la question d'une voix faussement inquiète :
- À cause de ce que j'ai fait à Matthias. Comment est-ce que va son œil ?
En plus de cela, je baissai même les yeux. Très franchement, je n'en avais rien à faire de l'état de Burrel, surtout après qu'il m'ait traité de drogué. Seulement, mon cerveau me disait de voir la suite stratégiquement : si j'avais l'air coupable et torturé par mon acte, le proviseur n'en serait que plus indulgent envers moi, surtout si je me préoccupais du sort de ma victime. Ma technique s'avéra payante puisque Delmas se radoucit en m'expliquant :
- Le globe oculaire n'a pas été touché par les bris de verre, il n'y a plus aucun danger pour lui.
Sans y avoir réfléchi, je poussai un discret soupir de soulagement, rajoutant ainsi une couche à ma fausse culpabilité.
- Chris, est-ce que vous comprenez que votre geste d'aujourd'hui aurait pu avoir des conséquences graves ? continua le proviseur.
- J'en suis conscient, et je suis prêt à aller m'excuser auprès de Matthias ainsi qu'à subir ma punition, garantis-je.
Je mentais et jouais la comédie sans en éprouver la moindre difficulté. Les paroles coulaient toutes seules de ma bouche. C'était bien la première fois où je parvenais à une telle aisance mensongère. Cet élan de confiance en moi y était-il pour quelque chose ?
- D'après ce que M. Morales m'a raconté, vous n'avez pas cadré correctement votre tir, ce qui a entraîné ce malheureux accident. Et vos autres professeurs vous décrivent comme un élève sérieux, appliqué et discret. Je pense ne pas faire d'erreur en vous accordant le bénéfice du doute et en disant que vous ne souhaitiez pas que cela arrive. Il n'y aura pas de sanction, mais il faudra que vous vous excusiez auprès de Matthias Burrel.
- Bien sûr. Merci pour votre indulgence M. Delmas.
Là, c'était peut-être trop. Ma réplique passa tout de même comme une lettre à la poste auprès de l'homme, qui en bomba le torse.
L'entretien terminé, je pus quitter le bureau sans avoir subi la moindre réprimande ou récolté la moindre punition.
À peine me retrouvai-je à l'extérieur que la bouffée de confiance en moi s'évanouit aussi mystérieusement qu'elle n'était arrivée.


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Piste 9 : (12/02/2013)


Le collège-lycée a été le siège de Mardi Gras durant toute la journée. En ce jour spécial, les élèves ont été autorisés à venir déguisés, pour peu qu'ils assistent aux cours. Beaucoup de kadiciens se sont prêtés au jeu du déguisement. Même notre Jim national a débarqué en tenue de cosmonaute, dénichée on ne sait où.


En arrivant devant la salle où devait avoir lieu le cours de Mme Hertz, notre premier cours de la matinée, j'eus l'occasion de voir qui avait osé venir costumé parmi mes camarades. On retrouvait une Anaïs Fiquet qui, selon ses dires, était habillée en Aphrodite, la déesse de l'amour. Elle portait une élégante robe blanche sans manche, faite d'un tissu léger, qui la mettait très en valeur. Une orchidée était accrochée à sa chevelure blonde. À son cou, un pendentif était visible, sur lequel un bijou ressemblant à un oiseau était fixé. Ce devait certainement être une colombe, le symbole de la figure mythologique.
Yumi avait quant à elle revêtu un yukata noir aux motifs floraux rouge et blanc qui lui valait beaucoup de regards de la part des garçons. Poussant le détail plus loin, elle avait aussi mis les chaussons assortis et avait attaché ses cheveux en chignon. À ses côtés se tenait un William de mauvais poil, car énervé qu'autant de personnes dérangent la conversation qu'il tenait avec elle pour la féliciter de son superbe look. Il avait décidé de venir au lycée non déguisé, tout comme moi.
Plus surprenant encore, un des garçons de ma classe était venu en clown. Bien que je ne me souvienne pas du nom de celui-ci, je trouvais que sa tenue était de circonstance au vu de son comportement en cours, qui manquait cruellement de sérieux.
Après cette vue d'ensemble de mes camarades, je repérai Matthias Burrel afin de lui présenter « mes excuses ». Le trouvant adossé à un mur, je me plaçai devant lui. Ses yeux étaient fermés. Des pansements étaient disposés autour du droit, faisant comme une seconde lunette. Un casque était vissé sur ses oreilles. Il fredonnait les paroles de la chanson qu'il écoutait :
- I'm feeling sexy and free...
Il se mit à chanter cette chanson en entier. À mon avis, il ne devait pas comprendre la moindre parole de la musique, sinon, il ne l'aurait pas fredonnée ainsi. C'est quand même incroyable le nombre de personnes qui écoutent des chansons en anglais sans en comprendre le sens. Visiblement, Burrel n'échappait pas à cette catégorie. En plus de ça, les paroles n'étaient pas faites pour rentrer dans les bonnes mœurs. Sans faire de traduction, les propos de cet air étaient du genre explicite, et surtout, n'étaient pas adaptés dans leur contexte pour un garçon, enfin, il me semblait.
Son interprétation terminée, Matthias rouvrit les paupières et m'aperçut. Son visage se décomposa, sans chercher à masquer la note de peur de son expression.
- Salut, lui dis-je d'un neutre.
Instinctivement, il attrapa son sac et s'éloigna le plus loin possible de moi, se plaçant à côté d'Emmanuel Maillard, déguisé en épouvantail – ou du moins, quelque chose qui s'en approchait. J'en déduis que le problème « Burrel » était réglé, celui-ci n'ayant apparemment plus la moindre envie d'avoir affaire à moi.


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Quelques minutes après le retentissement de la sonnerie de midi, Anaïs vint me parler. Elle tenait un étrange paquet dans ses bras. Sans perdre une seconde, elle me demanda :
- Dis Chris, tu voudrais pas participer avec moi au concours de déguisement de tout à l'heure ? On peut y participer seul ou en duo.
- Ben, c'est que j'ai pas de costume, répondis-je confusément.
- Pour ça, pas de soucis, j'en ai un sous la main pour toi.
Elle me désigna le paquet qu'elle portait. Cela expliquait une première chose.
Troublé par le regard insistant de la blonde, je répliquai :
- Je sais pas, c'est pas mon truc ce genre de choses. Je pense que je vais passer mon tour.
- Allez ! insista t-elle en se rapprochant de moi à un tel point que nos visages étaient très proches.
Aussi près l'un de l'autre, je pouvais sentir le parfum fleuri d'Anaïs et contempler son joli visage, légèrement maquillé. Ses yeux bleus se plantèrent dans les miens, un air suppliant dans leur éclat. Puis, une pensée me traversa l'esprit : cela faisait pas mal de temps qu'Anaïs venait régulièrement me parler, même si je ne lui avais rien demandé. En un sens, elle faisait quelque chose pour moi. Dans ce cas, n'étais-ce pas à mon tour de lui rendre la pareille, même si ce retour ne m'enchantait pas des masses ?
- Puisque tu insistes, c'est ok, lâchai-je d'un seul coup.
- Super ! fit-elle d'une voix jubilatoire. On va être géniaux, tu vas voir !
Elle me donna le paquet contenant le déguisement avant d'ajouter :
- J'espère que ça t'ira. C'est un vieux déguisement de mon frère. Il avait à peu près la même corpulence que toi. Bon, je te laisse te changer et on se retrouve dans la salle des fêtes à une heure moins le quart ? Je m'occupe de nous inscrire.
Elle tourna les talons, me laissant planté au milieu du couloir avec mon colis à la main.


Après avoir revêtu la tenue procurée par Anaïs, je me rendis directement en salle des fêtes sans prendre le temps de déjeuner. Je n'avais pas très faim en ce moment de toutes manières. Par chance, le costume que je portais m'allait pile-poil, comme si Anaïs l'avait fait sur mesure à mon intention. Il se composait d'un pantalon et d'une sorte de pull qui collait à la peau. Tous deux étaient de couleur noire. Sur ledit pull, je portais une veste fermée de même colori possédant des liserés et des boutons argentés. Une longue et légère cape sombre aux reflets argent vint compléter l'ensemble. Visiblement, j'étais la victime d'un complot. Quelqu'un devait absolument vouloir me faire porter la cape, vêtement que je trouvais plus qu'inutile, que ce soit dans la vie ou sous forme virtuelle. Pour apporter une dernière touche au costume, une bague à tête de mort, était accrochée à mon index gauche.
Je pouvais m'estimer heureux que Mardi gras ne soit pas réputé comme étant le jour le plus chaud de l'année, parce qu'avec la couche vestimentaire qui m'enveloppait...
En attendant ma partenaire, je pus détailler le lieu où je me trouvais, que je n'avais fréquenté que deux fois depuis mon arrivée à Kadic. C'était un endroit très spacieux et haut de plafond, capable d'accueillir un grand nombre de personnes. Tout au fond se trouvait une estrade, qui avait vu défiler plusieurs groupes de musique ainsi que des pièces de théâtre. Sur chaque bord de celle-ci, un épais rideau de velours rouge était fixé, donnant un certain cachet au tout. En somme, c'était la salle des fêtes.
Alors que je ruminais mes pensées dans un coin de la salle, Yumi, toujours dans son yukata d'ébène, s'avança vers moi.
- Sympa ton costume, me dit-elle.
- Le tien n'est pas mal non plus, répondis-je, du tac au tac.
Après un instant de silence, j'ajoutai :
- Je m'attendais pas à ce que tu te prêtes à ce genre d'événement.
- Moi non plus. Mais je l'ai promis à Amanda. Elle fait partie du conseil des élèves qui est parvenu à convaincre le proviseur d'accepter la journée déguisée. J'allais pas me défiler quand même. Et puis, je pourrais dire la même chose de toi, non ?
Je me contentai de hausser les épaules, ce qui signifiait : « Que veux-tu... » . Un second silence se fit sentir, brisé cette fois par Yumi :
- Qu'est-ce qui t'a pris au handball hier, j'avais l'impression que t'étais sur les nerfs. Quand t'as envoyé ce ballon sur Matthias, tu avais l'air... en colère.
Yumi avait entièrement raison, c'était bien de la colère que j'avais ressentie face à Matthias, et même avant devant Ernest. Je lui expliquai le plus posément possible :
- En fait, je dors pas super bien depuis quelques jours. Donc, je suis un peu à cran, mais ça va passer.
Un troisième instant silence s'incrusta, effacé de nouveau par la japonaise :
- Tu sais, si t'as besoin de parler à quelqu'un, je suis là.
J'ignore la raison, mais ces mots ont résonné en moi, me faisant me poser des questions, comme : « Pourquoi me dit-elle ça ? ». Cela faisait à peine une semaine que nous nous étions adressés la parole pour la première fois. Elle n'avait aucune raison amicale de faire ça. À moins qu'elle n'ait eu pitié de moi, ce qui m'énerverait si c'était le cas.
- Chris ! fit une voix que je commençais à bien connaître.
Anaïs venait d'arriver dans la salle, attirant au passage le regard de pas mal de mâles déjà présents. Yumi jeta un regard en biais à la blonde, avant de me chuchoter d'une voix rapide :
- Un conseil : sois prudent avec elle, on sait jamais.
Elle partit aussitôt, me laissant seul avec Fiquet.
- Chris ! Je savais que ce costume de Prince des Ténèbres t'irait à merveille, me complimenta-t-elle.
- Prince de quoi ? la questionnai-je.
- C'est le nom de ton déguisement. On y va ?
Avant même que je ne lui donne mon consentement, elle me tira par le bras vers les coulisses, situées derrière l'estrade. Une quinzaine de participants s'y trouvaient déjà, attendant l'ouverture du concours.


Un élève avait été choisi pour animer l'événement au micro, Christophe M'Bala. Ce fut lui qui donna le signal de départ :
- Salut à tous ! Je déclare ouverte la toute première compétition de déguisement organisée à Kadic ! Commençons sans plus tarder !
Il commença à égrener la liste des candidats qui devaient défiler une vingtaine de secondes environ avant de regagner les coulisses pour laisser place aux suivants. Ce fut un vrai festival de déguisements classiques, colorés, extravagants ou ratés qui passa sous nos yeux. Jusqu'à ce que notre tour à moi et Anaïs arrive :
- Bien que son nom signifie blanc, c'est vêtu en Prince des Ténèbres qu'il est venu : Chris White ! annonça M'Bala. À ses côtés, c'est sous les traits de la déesse de l'Amour qu'elle a décidé de se montrer : Anaïs Fiquet !
Il fallait l'avouer, Christophe était très doué en communication et avait le sens de la formule.
Bref, ma partenaire s'accrocha à mon bras droit et nous fîmes notre entrée sur scène. Il suffisait de se pavaner quelques instants pour que le calvaire se termine. Dans cet exercice, Anaïs était très douée. Pas moi. Tous les regards braqués sur moi me gênaient. Avoir une fille comme Fiquet pendue à mon bras n'arrangeait pas les choses, car c'était elle qui nous dirigeait, sa main exerçant sur mon bras une pression incroyable. En plus de ça, cette proximité soudaine avec la blonde me décontenançait, malgré ma tentative pour ne rien faire paraître.
L'animateur se permit d'ajouter un commentaire au moment où nous quittions l'estrade :
- Quelle alliance, n'est-ce pas ?
Cette question, d'apparence innocente, me troubla. Il y avait un sous-entendu là-dessous. Et ça ne me plaisait pas du tout. Je décidai de tirer ça au clair plus tard.


Une fois que le passage de tous les candidats fut validé, le jury, constitué de trois membres du conseil des élèves, délibéra durant plusieurs minutes. Christophe annonça ensuite qui avait décroché une place sur le podium :
- En troisième position, nous retrouvons... Aphrodite et le Prince des Ténèbres !
Des applaudissements de la part de l'auditoire suivirent cette annonce. Anaïs leva la main gauche pour saluer le public, son autre bras tenant toujours fermement le mien. La seconde place fut attribuée à une fille de terminale pour son costume de combattante de jeu vidéo.
Christophe en vint au gagnant :
- Et le vainqueur est... le Détraqueur!
Les applaudissements qui retentirent furent semblables à un tonnerre. Une personne de petite taille, entièrement recouverte de tissu noir, s'avança à côté de l'animateur. Il fallait, l'avouer, la ressemblance avec la créature incarnée était si frappante qu'on l'aurait crue directement sortie de sa série d'origine. Une aura froide et sinistre se dégageait de cette apparence.
En voyant l'annonce de ce premier prix, je vis Anaïs froncer des sourcils durant une fraction de seconde, comme si un de ses plans avait été contré. Était-elle contrariée par cette troisième position ? Je n'en avais pas la moindre idée. Toujours est-il que son visage reprit une expression normale en un battement de cils.
Quelques applaudissements plus tard, la salle des fêtes se vida, l'heure de la reprise des cours étant imminente. Avant de me rendre en langues, je fis faire un crochet par ma chambre pour enlever mon costume, me changer et rendre le déguisement à Anaïs.


La suite de ma journée se déroula étrangement suite au concours. Lorsque je traversais un couloir ou les arcades, la plupart des élèves se retournaient pour me dévisager. D'ordinaire, personne ne faisait attention à moi, ce qui convenait parfaitement. Alors pour le coup, j'étais assez déstabilisé de voir ces visages me détailler comme si j'étais un phénomène de foire. Aux regards vinrent s'ajouter les murmures, dont je captai quelques bribes : « C'est lui ? », « avec Fiquet », « Il a pas l'air commode ».
En fin d'après-midi, alors que je retournais à l'internat, un élève que je ne connaissais pas me félicita pour je ne sais quelle raison.
Cette situation me dérangeait au plus haut point. Je détestais être le centre d'attention, raison pour laquelle je tâchais toujours de me faire le plus discret possible. Cela avait forcément un rapport avec Anaïs, j'en étais certain. N'ayant pas trouvé l'occasion de lui parler durant l'après-midi, je décidai de mettre les choses au clair avec elle le lendemain, malgré ce pressentiment qui me disait que ça allait mal finir.


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Piste 10 : (13/02/2013)


Je choisis la récréation de dix heures pour aller parler à Anaïs. Par chance, je la trouvai rapidement, sous les arcades, à discuter avec des amies. Au moment où je m'approchai, lesdites amies se mirent à glousser. Comportement typiquement féminin j'imagine.
- On peut discuter ? demandai-je directement à Anaïs.
Elle me laissa l'entraîner dans un coin à côté des casiers, à l'abri des regards indiscrets. Une fois certain que d'avoir son attention, je me lançai :
- Je vais être direct. Depuis le concours d'hier, j'entends des rumeurs un peu partout qui nous concernent et je voulais savoir...
Sans prévenir, Anaïs me coupa la parole de la manière la plus efficace : elle posa sa main sur l'arrière de mon cou pour me forcer à baisser la tête, puis elle m'embrassa. Pris de court, je lui rendis son baiser sans m'en rendre compte.
Après avoir rompu le contact, elle partit sans dire un mot et sans me laisser le temps de parler. Trop surpris par ce qu'il venait de se passer, je restai immobile quelques instants.
Je m'étais toujours imaginé que l'embrasser provoquerait chez moi une immense joie. Ce n'était pas le cas : je n'avais rien ressenti lors de cet échange. Il avait été agréable, certes, mais ça n'allait pas plus loin. Une conclusion s'était imposée dans mon esprit : Anaïs avait beau m'attirer physiquement, je n'étais pas amoureux d'elle.
La sonnerie de mon portable, signifiant un appel me tira de ma réflexion. Je décrochai en disant sur un ton assez troublé :
- Allô ?
- Qu'est-ce que c'est que cette voix ? retentit la voix de mon oncle à l'autre bout du fil. Tu viens de te réveiller ou quoi ?
Dans un réflexe de survie, je repris une attitude neutre :
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Te prévenir que je pars pour New-York ce week-end. Trois semaines environ. Tu resteras donc à l'internat jusqu'à mon retour. J'ai déjà réglé les détails avec le proviseur.
Habitué à ce genre de départ surprise, je n'étais même plus étonné. En temps normal, je me contentais de ne rien répondre jusqu'à ce qu'il raccroche. Mais cette fois-ci, de la colère d'origine inconnue monta en moi, que j'exprimai sans attendre :
- Ça t'arrange bien finalement. Maintenant que tu t'es débarrassé de moi, tu vas pouvoir faire ton voyage tranquille pendant que j'attends dans ma minuscule chambre d'internat. Tu veux que je te dise : je suis bien content qu'on ne se voie plus durant trois semaines !
Je lui raccrochai au nez sans prendre de gants avant même qu'un début de réponse n'atteigne mes oreilles. Dans un timing presque parfait, la sonnerie, annonciatrice de la reprise des cours, propagea son bruit dans tout l'établissement.
Ma colère et moi nous rendîmes en maths sur le champ.


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Je passai tout mon après-midi dans ma chambre à l'internat. Celle-ci était plutôt petite et de forme rectangulaire. En y entrant, on trouvait sur la droite l'armoire contenant mes affaires et sur la gauche, collé au mur, le lit qui était bien entendu, trop petit pour moi. Impossible de m'y allonger de tout mon long sans que je ne dépasse. Sur le mur opposé à la porte était située la fenêtre, sous laquelle était placé un bureau. Heureusement pour moi, je ne partageais cette pièce avec personne. Avoir un compagnon de chambre m'aurait compliqué les choses, surtout pour la question de mes réveils en sursaut la nuit, causés par mon cauchemar.
Je passais désormais la plupart de mon temps libre à dessiner ou à tenter de dormir, négligeant quelque peu mes devoirs. L'option artistique fut retenue pour cette après-midi. Depuis que je m'étais engagé à faire les tests de Tyron, mon inspiration en dessin était revenue. Le problème était que je ne parvenais plus qu'à dessiner des choses ayant attrait au virtuel que ce soit les paysages de Tron ou bien des ninjas. Les images de mes voyages virtuels restaient imprégnées dans mon esprit, me permettant de les reproduire avec beaucoup de fidélité. Lorsque mon crayon touchait le papier, j'entrais dans une sorte de frénésie qui m'empêchait de m'arrêter avant d'avoir terminé. Dans ces moments-là, je ne pensais plus ni à ma fatigue, ni au rêve, ni au reste.
Après avoir finalisé un croquis représentant l'enfumeur que j'avais combattu la dernière fois, je me rendis compte que la nuit allait tomber. Il était plus de dix-neuf heures, moment d'aller manger.
Je rangeai donc les affaires éparpillées sur mon bureau avant de me rendre au réfectoire. Sur le chemin, mon téléphone se mit à sonner. Pensant que c'était de nouveau mon oncle, je décrochai et pris le ton le plus désagréable possible :
- Quoi encore ?
Seulement, mon interlocuteur n'était pas celui que je pensais. Aussi, une voix assurée que je ne connaissais que depuis deux semaines m'annonça :
- Hé ben, on est de bonne humeur à ce que j'entends Léo.
- Puck ? Désolé pour l'accueil, je m'attendais pas à ce que tu m'appelles. Qu'est-ce que tu veux ?
- On a eu de la visite cet aprèm'. « Ils » sont revenus dans le noyau. Et cette fois, ils sont parvenus à nous piquer des données.
Incrédule, je lui demandai :
- Ça veut dire que vous avez été vaincus ?
- Pas vraiment. Il n'y avait que Clément, Dylan et Anthony sur place à ce moment-là. D'après ce qu'ils m'ont raconté, les intrus n'arrivaient à rien au début et puis d'un seul coup, ils se sont mis à attaquer différemment. C'est la fille en combi' rouge qui a vaincu les trois si tu veux savoir. Bien sûr, si j'avais été sur place, elle n'aurait eu aucune chance... Se faire battre par une fille, je te jure.
Je poussai un soupir suffisamment bruyant pour que celui à l'autre bout du fil comprenne le message.
- Je t'appelle aussi pour te communiquer la date de ta prochaine séance de test. Tyron a oublié de le faire l'autre jour.
Avec le black-out, les rêves et aussi les incontrôlables montées de colère, cet élément m'était complètement sorti de l'esprit.
- Samedi, quatorze heures, m'informa-t-il.
- Ça marche.
Puck raccrocha aussi sec.


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Hors-Piste :


Mercredi 13 Février 2013

Aelita Stones fulminait. Le comportement d'Ulrich, l'un de ses amis, l'irritait au plus haut point. Comment pouvait-il penser à participer à une stupide compétition de karaté alors qu'ils avaient besoin de lui pour une mission de la plus haute importance ? Leur combat secret était plus important que tout le reste. Ils ne devaient pas se laisser aller à ce genre de futilités.
La jeune fille passa une main dans ses cheveux roses dans un geste nerveux. Malgré son agacement par rapport à son camarade, le voyage à venir l'inquiétait, à présent que de nouveaux adversaires avaient rejoint la partie : les créatures noires. Elle se rappela la manière avec laquelle ils avaient surgi du sol sans prévenir. Elle n'avait même pas eu le temps de les attaquer qu'elle était déjà vaincue. En repensant à cette défaite, elle serra les poings. Son impuissance la frustrait.
Il y avait encore un an, c'était elle l'élément indispensable du groupe, la seule à pouvoir contrer leur pire ennemi, ce qui compensait le fait qu'elle ne devait pas trop s'exposer au combat. Désormais, ses autres amis en étaient capables. Aelita commençait à se sentir de moins en moins utile au groupe, notamment par rapport à ses dernières performances, qui n'étaient pas des plus brillantes. Et puis, il y avait aussi l'arrivée de l'autre, qui l'énervait au plus haut point.
La jeune fille fut tirée de ses pensées par William, un ténébreux garçon, qui demanda à haute voix :
- Qu'est-ce qu'on fait pour le type au visage brûlé et à la cape ?
- Est-ce qu'on sait s'il est du côté de Xana ou alors avec Tyron ? ajouta Yumi, la japonaise de la bande.
Les regards étaient tournés vers Jérémie, le meneur de la plupart de leurs actions. Celui-ci prit un instant avant de dire :
- Je vous avoue que je n'en ai aucune idée. Le plus étrange, c'est que sa présence n'a presque pas été décelée. Aux yeux du radar, c'est un peu comme s'il n'existait pas.
- Son épée était bien réelle, elle, souligna William. La lance avec laquelle il a embroché Odd aussi.
- Je le sais bien. Seulement, s'il avait été un monstre de Xana ou un avatar humain, je l'aurais forcément repéré et identifié.
- Et s'il avait été du côté de Tyron, il nous aurait plutôt attaqué avec les créatures noires, continua Aelita. Peut-être qu'il n'est ni l'un ni l'autre.
- Il serait quoi dans ce cas-là ? demanda Odd, le dernier larron du petit monde.
- Une entité virtuelle indépendante, qui sait ? Si ça se trouve, elle ne reviendra plus maintenant que William l'a vaincue. Après, je n'en sais pas plus que vous à son sujet. Mais n'oublions pas que notre priorité, c'est Tyron et Xana.
- Aelita a raison, appuya Jérémie. Pour l'instant, on fait comme prévu : on s'introduit sur le Cortex et on récupère des données.
Un silence, signe d'une approbation générale, se fit sentir.
- Vous avez trouvé ce que Xana à fait au superordinateur ? interrogea soudainement Yumi.
Sans cérémonie, Jérémie lui apporta la réponse :
- Malheureusement, non. Aelita et moi, on a parcouru tous les programmes et toutes les données sans rien trouver d'anormal. Aucune trace de sabotage en vue. On compte quand même surveiller ça. Avec Xana, on ne sait jamais.
La sonnerie retentit sur ces derniers mots, symbole de la fin de cette récréation.
- Rendez-vous au labo après la pause déjeuner, rappela-t-il à ses amis.


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Chris se réveilla en sursaut dans son lit. Sa respiration était rapide. La sueur ruisselait sur son visage. Ce cauchemar le hantait littéralement depuis le week-end dernier. Chaque nuit, il se réveillait brusquement dans tous ses états. À chaque fois qu'il se réveillait de cette manière, il était encore plus fatigué qu'avant de s'endormir. Plus il dormait et plus il en ressortait épuisé.
Après s'être remis de ses émotions, il se rendit compte qu'il s'était endormi tout habillé, les écouteurs sur les oreilles, ce qui ne lui arrivait en général jamais. Petit à petit, ses yeux s'habituèrent à la pénombre ambiante, révélant ainsi les contours de sa chambre à l'internat.
Il jeta un coup d'œil à son portable, posé à côté du lit : il était vingt-trois heures cinquante et un. Comble du hasard, la chanson qui passait à cet instant-là dans son mp3 se nommait Midnight City. Chris savait qu'il restait encore sept longues heures d'attente avant le début de la journée et qu'il ne parviendrait plus à s'endormir. Le jeune homme commençait à s'habituer aux insomnies.
Subitement, il se sentit étouffer dans sa petite chambre, à un tel point qu'il décida de sortir faire un tour. Il éteignit son baladeur puis enfila ses baskets afin de sortir discrètement du bâtiment. Il traversa le couloir à pas feutrés, en prenant garde de ne pas réveiller le surveillant, Jim.
Par chance, la porte d'entrée de l'internat n'était pas verrouillée, ce dont le jeune homme profita pour se glisser à l'air libre. À sa sortie, il se dirigea vers le parc et s'assit au sol, dos à un arbre. Il ferma alors les yeux, non pas pour se rendormir, mais pour savourer la nuit, écouter des sons autrement plus intéressant que ceux de sa playlist. Un petit vent frais lui caressa la peau, faisant frissonner le garçon qui ne portait qu'un simple t-shirt. Ce même courant d'air faisait bruisser les herbes et les feuilles des arbres environnants, offrant comme une mélodie fantôme à ceux qui savaient l'écouter. L'odeur de l'humus parvint aux narines de Chris, lui rappelant fortement qu'il se trouvait en milieu presque forestier. Le chant des cigales se joignit à celui du vent, faisant éprouver au jeune homme une sorte d'harmonie entre lui et son environnement.
Il aurait pu rester ainsi pendant des heures si une voix dans son dos ne l'avait pas interrompu dans ce moment de calme :
- Qu'est-ce que tu fais là ?


À suivre : Dolor


Dernière édition par Zéphyr le Mar 17 Oct 2017 22:10; édité 28 fois
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Oddye MessagePosté le: Dim 28 Juil 2013 22:36   Sujet du message: Répondre en citant  
Fleur immonde


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Bonsoir Zéphyr ! Smile
C'est que j'ai un commentaire de chapitre à faire moi !
*sort sa casquette de commentatrice*

Allez, hop, c'est parti.
Alors, déjà, je prends bien des notes des remarques sur mon commentaire Wink J'ai hâte d'en savoir plus sur la relation de Chris et de son oncle.


Mais passons au chapitre.
C'est un chapitre sur la vie quotidienne, ce qui t'a, je sais, posé des difficultés. Et franchement, je vais te dire, je l'adore ce chapitre.

Dans une fiction, je pense qu'il n'est pas nécessairement obligatoire qu'il y ait beaucoup d'action dans chaque chapitre. Et j'ai aimé ce chapitre parce qu'on suit la vie de Chris, cette vie si particulière mais en même temps si commune.

Du sport qui tourne mal. J'ai trop aimé quand il balance la balle dans la tête de l'autre ! Haha, c'était bien amené !
D'ailleurs, la scène était bien décrite !
Pareil aussi pour la scène dans le bureau du directeur !


Ensuite, Mardi Gras! Héhé, merci pour la référence à Chun-Li ! Vive Chun-Li !
*sort*
J'aime comment Chris est la cible des regards et sa gêne !
Et quand Anaïs l'embrasse, G-E-A-N-T !

Je pense que l'un des moments phares de ce chapitre (qui en contient pas mal en fait^^), c'est quand il répond à son oncle! Miam, j'adore! Et il raccroche au nez de son oncle, en plus, oh yeah ! Bon, ça va faire mal quand son oncle sera de retour, mais bon Mr. Green

Finalement, la question que l'on se pose: Mais à qui appartient la voix, à la fin du chapitre?

En conclusion, un bon chapitre, l'un des meilleurs de ta fic pour l'instant. Il contient beaucoup de choses, beaucoup de détails.
J'aime tout, tout simplement.
_________________
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Je n'étais pas anciennement odd-4-ever.
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Café Noir MessagePosté le: Dim 28 Juil 2013 22:50   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Thugland
Super chapitre !
On ne s'ennuie pas. C'est écrit parfaitement bien et j'adore toujours autant.
En fait, si je commente tellement peu, c'est parce que ta fic ne m'inspire pas. Elle semble trop bien ficelée. Elle est trop parfaite (Oddye, c'est vrai, je commente, mais c'est pas pareilleuh !)
J'aime beaucoup les liens que tu tisses entre ta fanfiction et CLE. C'est toujours approprié, toujours bien placé.
Ta fiction est assez imprévisible et très riche scénaristiquement. Ton style est léger et très agréable.

Ce message ne sert donc pas à grand-chose à part montrer que j'adore ta fiction, mais ça tu le savais déjà.

Hum. Je clique sur "envoyer", là ? Non, inutile.

Hâte de lire la suite ! Il me tarde de savoir ce qu'il se passera pendant que Léo-Chris sera interne.

A très vite !

_________________
Le $ang et la $ueur chapitre 12

« L'avenir, je vois comment qu'y sera... Ça sera comme
une partouze qui n'en finira plus... Et avec du cinéma
entre... Y a qu'à voir comment que c'est déjà... »
Céline, Voyage au bout de la nuitr
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