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[Fanfic] L'Engrenage

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 Auteur Message
Uraguio Koork MessagePosté le: Dim 28 Juil 2013 23:24   Sujet du message: Répondre en citant  
[Odd] Pince-sans-rire


Inscrit le: 03 Sep 2012
Messages: 395
Localisation: Dans un lieu qui n'existe pas...
Ave Zephyr !
J'ai lut toute ta fic d'un coup, et elle est sublime. Tout d'abord, elle est originale, meler Code Lyoko, l'Evolution et des touches des Heros de l'Olympe est une idée de génie Idea .

Déjà, prendre cette histoire du coté de tyron est très... excitante. Tu peux nous faire découvrir l'envers du décors. Alors comme ça, certains ninja s'appellent Patrick et Clément ! Il est vrai que je n'avais jamais pensé que les ninjas pouvait êtres des filles...

Dans cette fics, tu critiques les épisodes de CLE subtilement... Bravo ! De plus, il y a de nombreuses reférences, comme Harry Potter, etc...

Ensuite, parlons des traces Olympiennes.
On retrouve la possibilité de Jason de controler le vent, et le fait de le repenser sous forme de pouvoir virtuelle est magnifique. On remarque également la pièce d'épée et de lance, ainsi quelques allusions au feu de Léo Valdez. Je me demandais quand aller arrivé Piper, mais nous l'avons retrouvé dans Anaïs/aphrodite.

J'ai deux hypothèses concernant la marque dans le dos de Chris:
-la première est liée aux brûlures sur son visage (et au monde de Percy Jackson). Chris aurait eu un accident avec le feu (peut-être provoquer par lui) et cela aurait tué ces parents et fait une cicatrice dans le dos.
-Son oncle l'aurait battu dans le dos, et cela aurait un lien avec le feu.

Je n'ai qu'une seul question: quand Chris contrôlera le skid avec une manette de wii? Wink

@+, et j'ai hate de lire le prochain chapitre
_________________

http://imageshack.us/a/img10/1027/du6g.png
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IDM4 MessagePosté le: Lun 29 Juil 2013 01:26   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


Inscrit le: 10 Fév 2013
Messages: 205
yo ! Ca fait un moment que j'ai pas commenté !

Tss tss toujours pas de Laura et pourtant j'ai le sentiment que tu veux la faire apparaître je le sais !

Maintenant, j'arrive pas à donner une explication aux colères de Chris...
Possession partielle de XANA (ce qui expliquerait les quelques minutes que Xana a utilisées) ? Schizophrénie ? Traumatisme du passé ?

Aaah ! Donc l'attaque de "Yumi découvre le bâton mais sait déjà l'utiliser" est donc passée en plus ça explique l'incohérence de "Aelita a déjà combattu les Ninjas alors que logiquement non"...
Cependant, cela donne une nouvelle incohérence sur le fait que Yumi suggère en disant qu'il est du côté de XANA ou bien de Tyron alors qu'à l'époque ils pensaient que XANA et Tyron étaient du même côté...

Petit coup de coeur pour

Citation:
Et puis, il y avait aussi l'arrivée de l'autre, qui l'énervait au plus haut point.


Gnark gnark !

'Fin bon ! Tu sais ce que je pense hein ! Bien, génial, veux la suite, etc...

_________________


Porte-parole des pro-Laura avec Zéphyr et Café Noir !
Un pour tous, tous pour Laura !

Auteur de la fic : Code Lyokô Génération
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Icer MessagePosté le: Mar 06 Aoû 2013 09:40   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2103
Localisation: Territoire banquise
Bon bon bon...

Avec l'arrivée d'Icer, le vent d'Ouest eut une franche envie de repartir dans la direction opposée.

Alors, je viens d'utiliser ta fic que je voulais lire depuis une paye comme passe-temps dans le train et c'était ma foi une fort bonne idée : Je l'ai adorée. Oh bien sûr, tout n'est pas parfait : William n'occupe pas de place centrale, l'auteur fréquente Gummybear... Mais au-delà de ces erreurs de jeunesse, on a vraiment de bons élements. J'aime beaucoup les passages chez les ninjas, c'est bien imaginé, et puis c'est franchement sympa d'explorer le potentiel de ce coté là. Ensuite, j'aime bien ton style, tes références, et au final on peut dire que c'est largement à la hauteur de ce qui était annoncé au vu de l'auteur du texte.
Je constate aussi avec plaisir que tu fais partie des rares personnes qui savent exploiter les figurants, même si Anaïs jouant les sa... les filles de joie devient presque un classique Walt Disney. Après, je ne suis pas forcement fan de Chris Blanc mais je ne le déteste pas, donc il me convient, en quelque sorte.
Bref, continue, je veux que ce récit aille au bout. C'est vraiment du beau boulot.

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Zéphyr MessagePosté le: Mer 14 Aoû 2013 13:47   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1012
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Spoiler







Chapitre 7
Dolor






Hors-Piste :


Jeudi 14 Février 2013

- Qu'est-ce que tu fais là ?
Cette simple phrase eut pour effet de faire se redresser le garçon britannique au moyen d'un bond. Après cela, il se retourna brusquement : l'auteur de la question n'était nulle autre qu'Amanda Juillet. Chris la regarda pendant quelques secondes, incrédule, se demandant les raisons de sa présence. Il put aussi la détailler physiquement : à peine plus grande que Yumi, elle possédait de longs cheveux châtains-blonds qui descendaient jusqu'au niveau de sa poitrine, ainsi que des yeux bleu-vert qui lui donnaient un air sympathique et détendu.
- Alors ? demanda-t-elle d'un ton insistant. Pourquoi tu traînes dans le parc à cette heure-ci ? C'est pas un endroit sûr la nuit tu sais.
- Je pourrais te poser la même question, répliqua le jeune homme. Et il n'y a pas grand chose à craindre dans le coin. Au pire, je sais me défendre.
Amanda soupira.
- C'est toujours pareil avec vous les mecs. Tout se résume à je suis le plus fort, je suis assez grand pour gérer seul, et cetera.
Le silence de la nuit kadicienne se chargea de suivre cette annonce. Voyant le manque de réaction du côté masculin, elle offrit un semblant d'explication :
- Je faisais un tour dans le parc si tu veux savoir. C'est un truc qui me prend parfois la nuit. Comme j'ai réussi à piquer une des clés de l'internat à Jim, je peux sortir quand j'en ai envie.
Puis, d'un seul coup, elle s'installa par terre, dos à l'arbre où Chris était installé quelques secondes plus tôt. Elle tapota de la main à ses côtés, invitant son camarade de classe à prendre place et à parler avec elle. Chris étouffa un juron. Il se retrouvait encore à devoir discuter avec une fille. Il commençait à croire que c'était un complot. Bon gré, bon mal, il s'exécuta quand même.
- T'as une sale mine ces derniers temps, fit-elle remarquer.
Ce genre d'entrée en conversation ne plaisait pas à Chris. Cela ne présageait rien de bon.
- Est-ce tu te drogues vraiment ?
- Pas du tout ! répondit le jeune homme précipitamment. Ne me dit pas que tu crois vraiment ces rumeurs débiles ?
D'un sourire taquin, Amanda répondit :
- Bien sûr que non, mais tu devrais voir ta tête. T'es direct tombé dans mon piège.
Reprenant un air neutre, elle poursuivit :
- Tu fais des insomnies, je me trompe ?
- Comment t'as deviné ? demanda le concerné, surpris.
- J'en ai fait il y a quelques mois. Même aujourd'hui, il m'arrive d'en faire une de temps en temps. Et puis, pourquoi traînerais-tu dehors à cette heure si ce n'est parce que t'arrives pas à dormir ?
Une chose était sûre : elle était perspicace. Ne souhaitant pas s'étendre sur ce sujet, Chris détourna la discussion avec la première chose qui lui vint à l'esprit :
- Dis-moi, est-ce qu'il s'est passé un truc entre Ernest et Caroline ? Je veux dire, avant lundi dernier ?
- Malheureusement pour Caro', oui. Ils sont sortis ensemble pendant les vacances de Noël. Mais ça s'est mal passé : au bout d'une semaine, Ernest a voulu la forcer à aller plus loin avec lui, chose qu'elle a refusée. Il l'a très mal pris, ce qui l'a poussé un soir à venir complètement bourré chez elle. En plus de l'insulter, il a dérapé en la frappant. Heureusement pour Caroline, elle avait organisé une soirée fille – à laquelle j'étais présente avec Yumi. Je n'ose pas imaginer ce qui serait arrivé si on n'avait pas été sur place pour empêcher Ernest de faire une connerie.
- Et elle a pas porté plainte contre lui ? s'étonna le jeune White.
- C'est ce qu'on voulait qu'elle fasse, mais elle a refusé, répondit Amanda d'un ton irrité. Elle voulait lui laisser « une deuxième chance ». On a vu le résultat lundi... Ernest est juste un crétin qui pense que les filles lui sont inférieures et doivent accéder à ses désirs. Pour lui, Caroline n'est qu'une sorte d'objet. C'est pour ça qu'il l'a embrassée de force l'autre jour, il estime qu'elle lui appartient encore. C'est vraiment dégueulasse comme comportement !
Voyant que l'ambiance commençait à devenir morne du côté de sa camarade, Chris se permit une remarque :
- En gros, Yumi a bien fait de lui mettre la tête dans la cuvette des toilettes si j'ai bien compris l'histoire.
Amanda se dérida d'un seul coup et éclata d'un rire cristallin.
- T'as tout compris !
Étrangement, son rire était contagieux : même une personne aussi renfermée sur elle-même que Chris ne put y résister.


Une fois que les deux premières se furent calmés, Amanda déclara subitement :
- Au fait, il paraît que t'es avec Fiquet maintenant.
Malgré lui, la question gêna le garçon :
- C'est pas vraiment ça, se justifia-t-il. Elle m'a... pris de court.
- Ok, je vois ce que tu veux dire.
Après un imperceptible silence, elle ajouta d'une voix sérieuse :
- Écoute, t'es un gars sympa, donc je vais te donner un conseil : méfie-toi d'Anaïs. Quoi qu'elle t'ait dit, elle n'est pas sincère.
C'était la deuxième fois que quelqu'un disait à Chris de se méfier de la blonde aux yeux bleus. Et quelque chose lui disait que la fille assise à ses côtés avait en sa possession des éléments qui lui permettraient de comprendre la raison de ce conseil.
- Pourquoi tu me dis ça ? Explique-toi.
Amanda soupira, puis débuta son récit :
- Elle sortait encore avec Christophe M'Bala au début de l'année scolaire. Seulement, il a décidé de la quitter à la mi-septembre, de manière assez douce. Mais Anaïs l'a très mal pris. Je pense qu'elle était plus amoureuse de Christophe qu'elle ne voulait le faire croire, à elle et aux autres. Au lieu de s'enfoncer dans la déprime, elle s'est lancée dans la « collection ». Elle sortait avec un garçon différent chaque semaine et le larguait violemment dès qu'elle s'en lassait. On peut interpréter ça comme une sorte de vengeance envers les garçons, ou alors comme une défense préventive : elle quittait avant d'être quittée.
Chris commençait à comprendre où elle voulait en venir en ce qui le concernait lui. Sans se douter que ses mots avaient déjà fait mouche, Juillet poursuivit :
- Elle s'est rapidement lassée de ce mode de vie. Aucun garçon ne résistait à ses avances, ce qui l'ennuyait profondément. Elle s'est donc cherché une cible qui lui offrirait plus de difficulté. Ta réputation d'ours solitaire pas bavard faisait de toi la proie idéale pour Anaïs.
Ledit « ours solitaire » se sentit mal au fond de lui. Cette révélation sonnait en lui comme une trahison de la part de Fiquet, mais aussi comme un manque de clairvoyance de son côté. Il articula plutôt difficilement :
- En gros, tu veux dire qu'...
- Qu'elle s'est foutu de ta gueule oui. Désolée de t'avoir annoncé un truc pareil de cette manière, mais Anaïs ne s'intéresse à toi que par jeu. Avec elle, tout se termine soit par des cris, soit par des larmes.
Un temps de pause fut marqué par Amanda avant qu'une des questions les plus posées au monde - et pourtant une des moins utiles – ne franchisse ses lèvres :
- Est-ce que ça va ?
Chris était encore un peu sous le choc, mais au final, il encaissa tant bien que mal la nouvelle.
- C'est bon, répondit-il. Je mettrai les choses au clair avec elle demain.


Ils discutèrent encore de tout et de rien durant de longues minutes avant qu'Amanda, visiblement fatiguée, n'annonce :
- Bon, je vais aller me coucher. On a un devoir de français tout à l'heure. Faut que je dorme un peu.
Elle se leva et épousseta l'arrière de son jean avant de se souvenir d'un élément : mettant la main dans la poche de son pantalon, elle en extrait une petite boîte et la tendit à Chris. Une fois en main, le jeune homme lut sur l'étiquette un nom incompréhensible.
- Ce sont des somnifères. En prendre un, c'est t'assurer quelques heures de sommeil. J'ai gardé la mauvaise habitude de toujours en avoir sur moi malheureusement. Donc, je te les donne.
- Tu sais, j'étais sérieux quand je disais que je me droguais pas, commenta-t-il.
L'expression de sa camarade se mua en un masque de douleur et de mauvais souvenirs :
- Il y a un peu moins d'un an, j'ai vécu une période de ma vie très difficile, peut-être même la pire. Mais j'ai eu de la chance en rencontrant Yumi à cette époque. Elle m'a apporté un immense soutien moral et m'a aidé à me relever. Mais malgré sa présence, j'ai commencé à devenir insomniaque, parce que je ne pouvais oublier. J'ai donc commencé à prendre des médicaments afin d'échapper quelques heures à mon tourment. Aujourd'hui encore, il m'arrive d'en prendre de temps en temps. Mais il y a des nuits, comme maintenant, où je n'ai pas envie d'oublier, alors je sors faire un tour dans le parc pour réfléchir.
Chris n'aurait jamais imaginé qu'Amanda Juillet, cette fille qui avait souvent le sourire aux lèvres, trainait derrière elle des bagages aussi obscurs. Elle devait prendre énormément sur elle pour ne rien laisser paraître. Une pointe d'admiration pour la jeune fille naquit en lui.
- Et puis, rien ne t'oblige à les prendre, ajouta-t-elle. Mais au bout d'un moment, tu n'en pourras plus de toute cette pression sur tes épaules et tu souhaiteras de toutes tes forces t'en décharger quelques heures au moins. Je t'offre seulement une échappatoire, pas une solution. Allez, bonne nuit Chris.
Sur ces paroles, elle se dirigea d'un pas ferme vers l'internat. Cependant, elle s'arrêta au bout de trois foulées pour se retourner et envoyer un objet sur son camarade de classe assis au sol. Celui-ci attrapa de justesse le lancer et découvrit sa nature : une clé.
- Oublie pas de fermer derrière toi, recommanda-t-elle avant de reprendre sa route, l'air de rien.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Après être retourné dans sa chambre, Chris ne parvint toujours pas à trouver le sommeil, malgré le bien provoqué par sa discussion avec Amanda. Les paroles de celle-ci tournaient dans sa tête dans une litanie incessante, notamment en ce qui concernait Anaïs Fiquet. Mais plus que ces révélations, quelque chose troublait le jeune homme. Et cette chose se trouvait dans son placard : il s'agissait de la boîte de médicaments donnés par Amanda. Chris savait qu'ils pouvaient lui apporter le sommeil et donc le soulager, mais en même temps, il s'en méfiait énormément, ne souhaitant pas dépendre de simples cachets.
Pourtant, ces médicaments semblaient appeler le garçon, qui tenta d'oublier leur existence par l'écoute de musique. Malgré tout, cela ne suffisait pas, Chris « sentait » la présence de la boîte dans son placard. Il savait qu'elle l'attendait. Il lui suffisait juste de se lever de son lit, de faire quelques pas, d'ouvrir l'armoire et d'en extraire la fameuse boîte. Après cela, le monde de l'oubli et du néant s'ouvrirait à lui. Pour cela, il lui fallait seulement avaler un cachet. C'était une solution si simple... Cependant, une voix criait en Chris de ne pas le faire et de résister à cet appel.
Durant le reste de la nuit, c'était une véritable obsession qui hantait Chris. Il dut faire appel à des trésors de volonté pour ne pas succomber à la tentation d'aller prendre le médicament. Jusqu'au lever du jour, son regard ne décolla pas de la porte de l'armoire. Enfin, le moment de la libération arriva : le réveil sonna à six heures et demi.
La longue période nocturne était enfin terminée.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Piste 11 : (15/02/2013)


Ma journée de jeudi ne fut pas des plus roses. Après avoir passé une des nuits les plus longues de ma vie à cause du cadeau d'Amanda, un devoir de français m'attendait pour les deux premières heures de cours. Il s'agissait d'une écriture d'invention dont le sujet était : « Décrivez l'histoire d'un personnage en plein tourment sentimental / émotionnel / psychologique ».
Heureusement pour moi, je trouvai rapidement de quoi mon texte parlerait. Mon devoir abordait donc l'histoire d'un jeune homme victime d'insomnies. Celui-ci en devenait agressif et paranoïaque, ce qui lui pourrissait la vie. Le sommeil et le temps se transformaient en véritable obsession pour lui, à un tel point qu'il finit par en devenir fou.
Dans l'ensemble, je m'en sortis pas trop mal.

Puis, le moment de la confrontation sonna, d'abord par le biais de la sonnerie de la récréation de dix heures, puis par le fait d'entraîner Anaïs dans un coin à l'écart, près des casiers, le même que celui de la veille. Bien entendu, je ne lui avais pas demandé son avis, mais je n'étais pas d'humeur, de même qu'elle visiblement :
- Bon, de quoi est-ce que tu veux encore me parler ? me demanda-t-elle avec une pointe d'irritation dans la voix.
- De ce qu'il s'est passé hier, lui dis-je simplement.
Instantanément, un léger sourire s'épanouit sur son visage. Elle était de retour dans son rôle de séductrice.
- Tu veux recommencer, c'est ça ? fit-elle d'une voix enjôleuse.
Avant même qu'elle n'ait pu s'approcher, je la repoussai doucement, mais fermement.
- C'est pas ça. Des rumeurs sur toi et moi circulent au lycée depuis la veille. Et ça me plaît pas. Donc, je viens mettre les choses au clair avec toi : je veux que tu arrêtes de jouer ton petit numéro avec moi.
- Quel numéro ?
- Je veux que tu me dises si je compte vraiment pour toi ou si je ne suis qu'un jouet à tes yeux, lançai-je sans détour.
- C'est Amanda qui t'a dit ça sur moi ? devina-t-elle. On peut pas faire confiance à cette fille. Il n'y a que Yumi Ishiyama et William Dunbar qui acceptent de la fréquenter.
- On ne parle pas d'elle, mais de toi.
La blonde ignora ma remarque et s'apprêta à passer sur ma gauche. Seulement, pris d'un accès de colère, je lui barrai la route en donnant un violent coup de poing sur le casier qui se trouvait justement de ce côté, la manquant de peu. Une douleur me parcourut la main suite à ce coup, mais l'énervement agissait comme un anesthésiant en moi.
- Réponds ! fis-je d'une voix impérieuse.
Instantanément, les regards se tournèrent vers nous. Le silence était retombé dans la cour. Tout le monde attendait de voir ce qu'il allait se passer, sans oser intervenir. Quant à Anaïs, son regard avait pris une teinte apeurée, signe qu'elle ne jouait plus. En cet instant, elle avait peur de moi et de ce que je pouvais lui faire en cas de réponse insatisfaisante. À cause de cela, elle s'enferma dans le silence.
De ma voix la plus tranchante et la plus glaciale, je lui assénai :
- Il ne se passera rien de plus entre nous deux. Je ne veux pas sortir avec toi et encore moins te revoir.
Avant de l'abandonner, encore tétanisée par la violence de l'échange, je lui donnai le coup de grâce en une réplique mesquine :
- Tu n'es qu'une petite fille qui pleure sur son amour perdu et qui tente de le compenser. C'est pitoyable.
À ma grande surprise, je pris plaisir à lui envoyer cette pique cinglante, bien que cela n'apaisait pas ma colère. Mais quel bien fou ça procurait de dominer quelqu'un !


Laissant une Anaïs complètement esseulée et à la limite des larmes derrière moi, je décidai de sécher le cours suivant, incapable de calmer ma fureur. Je me rendis dans le parc et m'allongeai au beau milieu de l'herbe. Une petite séance d'introspection semblait de mise dans cette situation, chose que je fis.
Après tout, ma colère était justifiée. Anaïs représentait la première fille avec laquelle j'avais véritablement échangé, mais aussi la première que j'aie embrassée. Peut-être que le fait d'apprendre qu'elle n'était en rien sincère m'avait déçu. Et, ne voulant pas l'accepter, je masquais cette déception derrière de la colère. Non, ça ne tenait pas la route. Je m'énervais sans raison depuis le début de la semaine, que ce soit contre Ernest, Matthias, ou même mon oncle.
J'en vins à me demander ce qui me plaisait chez Anaïs. J'imaginais que c'était le fait qu'elle fasse attention à moi. Maintenant que je savais qu'elle n'avait fait ça que par jeu et par défi, seule de la colère subsistait en moi, principalement dirigée contre moi : comment avais-je pu être aussi stupide ? De toutes manières, notre baiser m'avait prouvé que je ne ressentais rien pour elle, alors pourquoi me mettais-je dans un état pareil ? La déception ne pouvait pas à elle seule tout expliquer. Dans tous les cas, je m'étais bien gouré, en particulier d'avoir cru qu'Anaïs valait mieux que ça.
Finalement, j'ai laissé mes émotions me guider, ainsi que mes hormones. C'était une erreur que je me jurai de ne plus refaire. Je devais retrouver mon masque caractéristique qui cachait si bien mes sentiments. C'était la solution la plus fiable et la plus efficace : ne rien montrer pour ne pas se faire attaquer. Cette logique ne m'avait jamais trahie au moins.

Au bout de deux heures, je m'étais enfin calmé, me permettant de prendre part au cours de l'après-midi l'esprit un peu plus léger.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


On en vient à ma journée d'aujourd'hui, vendredi. Si celle d'hier était mouvementée, celle-ci était placée sous le signe de l'étrange.

En sortant du réfectoire après le petit-déjeuner, je vis des hommes en train de transporter des ballots de foin pour les déposer devant ledit réfectoire. Premier événement inhabituel de la journée. J'ignorais alors quelle tournure tout cela allait prendre.
Durant le cours de maths de neuf heures, notre professeur principal, Mme Meyer, nous distribua nos bulletins. Un nouveau sommet en terme de bizarrerie fut atteint.
- Burrel, Matthias... premier de la classe ? fit la prof de maths d'un ton véritablement surpris.
Son étonnement était compréhensible lorsque l'on savait que l'élève en question repoussait toujours plus les limites du je-m'en-foutisme. La prof dut tout de même continuer sa distribution. C'est ainsi que Yumi et Amanda se retrouvèrent dans les derniers de la classe tandis que William était devenu le nouveau crack en français et histoire-géo. Lorsque ce fut au tour du dernier bulletin, c'est-à-dire le mien, je craignais le pire :
- White, Chris... meilleures moyennes de la classe dans les matières scientifiques ?
Nous avions atteint le summum de la science-fiction. Au vu des regards auxquels j'avais droit, le reste de la classe pensait la même chose que moi. Après réception du bulletin, je vis que non seulement mes notes de maths, physique et SVT étaient quasi irréprochables, mais qu'en contrepartie, mes autres moyennes étaient toutes catastrophiques. Deux sur vingt en anglais. Impossible d'y croire, lorsque l'on savait que je parlais cette langue couramment et qu'elle avait bercé mon enfance. Zéro en sport, la bonne blague. Je pense que même si je le voulais, je n'arriverais pas à décrocher un score aussi minable dans cette matière.
Ces résultats eurent un effet marteau sur l'ensemble de la classe, qui en fut abasourdie.
Puis, tel un messager, le proviseur fit son entrée dans la salle de classe pour annoncer sans détour :
- Une minute d'attention je vous prie. Le système informatique de l'établissement rencontre un sévère problème technique. Par conséquent, vos notes se sont toutes mélangées. Je vous demanderai donc de me restituer vos bulletins le temps que vos véritables résultats soient délivrés.
Une vague de soulagement traversa l'ensemble des élèves, Matthias mis à part.


Ce bug informatique était sur toutes les lèvres durant la récréation de dix heures. Les cours du reste de la matinée en furent même annulés le temps que la situation soit réglée.
Comme je bénéficiais de temps libre, je décidai de flâner dans le parc et d'y lire. Une demi-heure plus tard, je retournai dans ma chambre, dans l'idée de rattraper les deux heures de cours que j'avais manqué la veille. En chemin, je croisai Jim, qui transportait un carton débordant de tongs de couleur rose. Ce qu'il se passait dans ce lycée était complètement débile et improbable, digne d'une série télé pour les moins de douze ans en fait. Ne m'y connaissant pas dans ce domaine, je préférai ne pas m'avancer.


Alors que je m'apprêtais à franchir la porte de l'internat, celle-ci s'ouvrit à la volée, révélant une jeune fille blonde que je n'avais jamais vue auparavant. Un homme d'âge mûr - certainement son père – la suivait.
- Dépêche-toi ! le somma t-elle.
L'homme, derrière ses lunettes posées sur le bout du nez, grommela :
- Elle est vraiment comme sa mère.
Voir ces deux-là me fit me raviser dans ma décision d'aller travailler dans ma chambre. Une des tables dans la cour était tout aussi bien, en plus de présenter l'avantage d'être en plein air. Je tournai donc les talons et me rendis dans la cour, où je dénichai une table vierge de monde. Quelques dizaines de minutes après m'y être installé, mon portable sonna. Les mots « Oncle Marc » s'affichèrent sur l'écran. Je savais déjà pour quelle raison il appelait : mon bulletin et mes notes. Je savais d'avance qu'il me formulerait bon nombre de critiques sur mes résultats, quand bien même mes notes dans les matières scientifiques étaient excellentes grâce au bug.
Encore énervé par notre conversation de mercredi, je décidai de ne pas lui répondre. Il n'aurait qu'à me faire la leçon à son retour de voyage. En plus de ça, je n'avais aucune envie de prendre à nouveau le risque de m'énerver. Je m'étais fait le serment la veille de reprendre le contrôle de mes sentiments et de mes émotions. Or, répondre à cet appel m'offrait toutes les chances de le briser. En bonus, cela ferait peut-être enrager mon oncle. Je me délectai de cette pensée, imaginant mon tuteur pestant contre son téléphone.
Le fil de mon imagination fut coupé par un phénomène lumineux : une intense lumière m'enveloppa moi et mon environnement.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Je me retrouvai d'un seul coup dans le réfectoire, face à mon plateau de petit-déjeuner. En jetant un œil à ma montre, je vis qu'il était sept heures quarante-trois. J'étais retourné plus de trois heures en arrière. Non, le monde entier était retourné trois heures en arrière, puisque la mystérieuse lumière avait tout envahi, moi y compris. Encore fallait-il que cette lumière soit en cause. Enfin, cela paraissait évident puisque durant le stage commando, il m'était arrivé la même chose. Par conséquent, les événements en rapport avec le spectre étaient bien réels, mais avaient été effacés par un retour temporel. Comment cela était-il possible ? Et pourquoi personne ne semblait se rendre compte du bond en arrière que nous venions d'effectuer ?
Ces questions, j'en ignorais les réponses, mais j'avais la connaissance d'une piste : la bande de copains de Yumi Ishiyama. Ils étaient avec moi lorsque j'ai vécu pour la première fois ce phénomène. Et avant cela, un autre phénomène étrange s'était manifesté : le spectre. Cette histoire m'était sortie de la tête avec le début de mes insomnies et ces rêves qui m'accaparaient l'esprit. Une conclusion s'imposa à moi : j'allais devoir les espionner si je voulais comprendre le fin mot de l'histoire.


La matinée se déroula normalement cette fois-ci. Aucune botte de foin ne fut livrée, pas plus que des tongs roses. Mes notes retrouvèrent leur valeur normale, soit en dessous de la moyenne dans les matières scientifiques et bonnes pour le reste. Une fois de plus, je ne décrochai pas lors de l'appel de mon oncle, toujours fermement résolu à lui faire la tronche.


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Hors-Piste :


Samedi 16 Février 2013

Lorsqu'il vit le professeur Hope l'accueillir, Chris sut que son après-midi allait être inhabituelle. Celle-ci ne l'emmena pas directement au laboratoire où se déroulait le test, mais dans une salle assez particulière. Cette dernière contenait un fauteuil de psychologue, un tapis de course, des appareils divers et variés, ainsi que l'un de ces lits surélevés que l'on trouvait chez les médecins. La femme en blouse expliqua immédiatement la situation au jeune homme :
- Avant que tu ne retournes sur Tron, je dois faire un bilan sur ton état de santé afin de déceler tout effet secondaire lié à l'usage du casque. Ne perdons pas de temps, commençons.
Elle fit se mettre le jeune homme torse nu et lui demanda de s'asseoir sur l'espèce de lit. Pour commencer, elle contrôla les battements de son cœur au moyen d'un stéthoscope avant de mesurer sa tension et de lui faire passer un examen de la vision. S'ensuivit toute une batterie de tests visant à vérifier le non-endommagement des fonctions motrices, sensorielles ou autres par le casque. Des questions accompagnèrent les vérifications de la femme, notamment sur les substances que le jeune homme pouvait consommer ou les maladies qu'il aurait eu ou avait encore. Tout était pris en compte afin d'être certain que la virtualisation ne soit pas contre-indiquée pour le sujet.
Alors que Chris – Léo pour quelques heures – courrait sur le tapis de course, des capteurs sur le corps, Hope parvint à une seule et unique conclusion : le casque ne provoquait aucun dégât sur le physique de son utilisateur, bien qu'elle ait noté une légère perte de poids du garçon. Ne restait plus qu'à voir les possibles effets sur le plan psychologique et émotionnel.
Pour cela, elle fit s'arrêter de courir celui qu'elle nommait le sujet Chevalier. Elle lui donna une serviette pour qu'il éponge la sueur produite au cours de son effort précédent avant de lui désigner le fauteuil de psychologue :
- Allonge-toi, je t'en prie.
Une fois que le jeune homme se fut exécuté, elle prit place dans un siège à ses côtés. Un nouvel interrogatoire débuta :
- Est-ce qu'il t'est arrivé de ressentir des nausées, des maux de ventre, de tête ou autre chose du même type suite à une virtualisation ?
- Jamais, répondit une seconde plus tard le questionné.
Le doute prit cependant place chez lui, lui faisant modifier sa réponse :
- En fait, les sensations d'après virtualisation sont assez spéciales. Au retour de mon premier transfert, je me sentais étrange : j'étais là sans avoir l'impression d'être présent. C'était une sensation encore plus bizarre que la fatigue. Pour mes autres retours, c'était différent, mes sens étaient aux aguets, comme si un danger était imminent.
La femme réfléchit un petit moment, avant d'apporter une explication :
- Ce que tu viens de me décrire est un phénomène normal. Dans le premier cas, ton corps était encore éprouvé par l'expérience qu'il venait de vivre. N'oublie pas que tu venais de passer une heure sans avoir à respirer et avec moins de sens qu'à l'ordinaire. On pourrait presque dire que même revenu dans ton corps, ton esprit avait encore la sensation d'être sur Tron. Il t'a fallu un temps de pour récupérer tes repères, voilà tout. Pour le second cas, c'est encore plus simple : tu as été dévirtualisé de manière non-conventionnelle : ton retour a été forcé et non induit. Les deux dernières fois, tu étais en situation de combat, qui demande d'avoir ses sens et son attention aux aguets. Au retour, tu étais encore dans le bain de l'affrontement, ce qui t'a permis de recouvrer rapidement tes sensations.
Chris prit le temps d'assimiler ces informations. Cela lui faisait une chose de moins auquel se soucier désormais.
- Mis à part cela, as-tu constaté des changements chez toi sur le plan émotionnel ? enchaîna Hope. Es-tu plus joyeux ? Plus triste ? Ou alors plus en colère ?
La scientifique venait de mettre le doigt sur un point qui troublait le première ces derniers jours. Pourtant, pour une raison mystérieuse, il n'avait pas envie d'avouer que c'était exactement ce qui lui arrivait. Pour une simple raison : il en avait honte. Honte de s'emporter de cette manière, honte de ne plus parvenir à contrôler ses émotions comme avant, honte de causer du tort aux autres pour cette raison. S'il devait admettre devant le professeur Hope qu'il n'arrivait pas à se maîtriser, ce serait non seulement une preuve de faiblesse, mais aussi un engrais qui ferait grandir ladite honte. C'est pourquoi Chris répondit :
- Non, rien.
Après un léger silence, il continua :
- Par contre, je fais des rêves étranges...
- Je t'écoute.
C'est ainsi que le jeune homme décrivit le cauchemar auquel il faisait de plus en plus souvent face. Il fit aussi mention du rêve qui avait suivi son premier voyage virtuel, la succession d'images de Tron sous fond de voix indistinguable. Il décida cependant de passer sous silence ses insomnies, qui auraient pu être un facteur l'empêchant de retourner sur Tron – du point de vue de Hope en tout cas. Or, Chris voulait y retourner, il en avait besoin. Là-bas, il ne ressentait plus ni la fatigue, ni le sommeil. Il pouvait aussi y oublier les soucis qui le tourmentaient le temps d'une heure, ce qui lui suffisait amplement.
- Je ne pense pas que ces visions nocturnes soient une conséquence de tes virtualisations, assura la collaboratrice de Tyron. J'ai tendance à croire que cela vient de toi.
- Ce qui veut dire ?
- Pour le cauchemar, il s'agit du reflet de l'impuissance que tu éprouves. Le fait que tes peurs te poursuivent montre que tu ne souhaites pas y faire face et qu'en ton for intérieur, tu te sens faible, ce qui se traduit par l'écrasement à la fin du songe.
- Et pourquoi me sentirais-je impuissant ?
- À toi de me le dire, répliqua-t-elle d'un ton sans appel. Quant à ton autre rêve, cela peut provenir du fait que ton esprit ait assimilé beaucoup de nouvelles informations le jour de ton premier transfert. Le tout s'est répercuté sur ton inconscient, te faisant revoir par succession d'images ce que tu avais vu quelques heures plus tôt.
Visiblement, elle avait réponse à tout. Étrangement, malgré ces explications qui semblaient tenir la route, Chris sentait que quelque chose d'autre, de plus puissant et d'effrayant encore, se cachait derrière toute cette histoire de rêves.
- Une dernière chose, fit la scientifique. C'est à propos de ton dos.
Aussitôt, le jeune homme se mit sur ses gardes, craignant les questions qui pourraient soit le gêner, soit compromettre sa fausse identité.
- Si tu as besoin d'en parler, n'hésite pas.
Chris ne s'était pas attendu à ça, il devait l'avouer. Cependant, bien que l'intention soit gentille, il savait qu'il ne se confierait jamais à elle. Malgré son aura rassurante, ce n'était qu'une étrangère pour lui au final.
Après l'avoir laissé méditer les paroles précédentes, Hope annonça :
- Nous en avons fini Léo. Je te déclare apte à continuer les tests.


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- Aujourd'hui, j'aimerais que tu partes à la recherche d'une tour, expliqua Tyron.
À peine le scientifique lui avait-il expliqué l'objectif du jour que Chris était déjà perdu. Le garçon était assis sur la désormais habituelle table d'opération de la salle d'expérimentation, attendant avec une légère impatience sa virtualisation.
- Et c'est quoi une tour ? questionna-t-il.
- Une banque de données qui fouille les réseaux terrestres - auxquels elle est directement reliée - à la recherche d'informations et d'énergie, expliqua le professeur Bernard comme s'il récitait une leçon apprise par cœur.
- Ces structures sont apparues il y a peu sur Tron, ajouta Tyron. En conséquence, je veux en savoir plus sur elles. J'aimerais que tu tentes d'en trouver une et d'y pénétrer. Si possible, essaye d'y faire quelque chose. Je souhaiterais voir les possibilités d'utilisation qu'offre une tour lorsque une personne est sur place.
- Ok, répondit simplement le testeur. Mais comment est-ce que je suis censé les reconnaître, vos « tours » ?
- Tu n'auras aucun mal à les discerner du reste du décor, crois-moi. Maintenant que tout est dit, tu vas pouvoir y aller.
C'était le moment que Chris attendait. Sans se faire prier, il s'allongea sur la table, puis attendit qu'on lui applique les électrodes et le casque. Cela fait, la procédure de transfert de l'esprit fut enfin lancée.


Embourbés dans leur habitude de toujours réussir la virtualisation, ni Tyron, ni aucun membre de son équipe ne remarqua l'anomalie. Celle-ci s'était affichée sur l'écran d'une des machines mesurant les signes vitaux du jeune homme. Rien qu'une petite seconde...


Chris atterrit pile devant l'entrée du noyau. L'innovation dans le lieu d'atterrissage l'arrangeait. Il tendit ses bras en croix et usa de l'air pour se soulever au-dessus du sol. Il enchaîna immédiatement en sommant au vent de le propulser, chose qu'il fit docilement. Retrouvant l'incroyable sensation de légèreté, Chris se laissa aller à fermer les yeux, son corps toujours en mouvement. En une semaine, cela lui avait manqué au-delà de ce qu'il s'imaginait. Dans les airs, il avait l'impression que rien n'avait d'importance. Ses problèmes et soucis restaient avec son corps, ils pouvaient attendre.
À son grand dam, il dut se poser rapidement, car d'une part, un usage prolongé de son pouvoir l'épuisait et d'autre part, il devait faire ce pour quoi il était sur Tron : trouver une tour. Il s'attela immédiatement à cette tâche, en scrutant depuis les hauteurs aériennes le sol turquoise du territoire.
En réalité, ce fut plus simple que prévu : dix minutes plus tard, il se posa devant une structure qu'il n'avait jamais vue auparavant, située au beau milieu d'un espace dégagé. Il s'agissait d'une longue colonne à base carrée, de couleur noire, montant sur une bonne quinzaine de mètres de hauteur. Cette chose ressemblait en effet à une sorte de tour, bien que pilier et colonne soient les premiers mots qui soient venus à l'esprit du garçon.
Pilier... Chris buta sur cette appellation. Elle le ramenait à ce qu'il avait vu dans un de ses rêves étranges, celui qui avait suivi la découverte de Tron. Lui qui croyait que ses problèmes resteraient avec son corps au labo, c'était raté. Dans son observation de l'édifice qui lui faisait face, il nota plusieurs différences avec ce qu'il avait aperçu dans sa vision onirique. Sur la tour devant lui, des morceaux de la partie supérieure - majoritairement - se détachaient et flottaient autour. Ensuite, les parties manquantes révélaient une couleur en dessous de la paroi noire : du rouge. Cette couleur était aussi retrouvée en des sillons incrustés sur la base de cette structure sombre. Or, dans son rêve, le pilier que Chris avait vu était entièrement noir, de haut en bas, sans trace de rouge, ni d'autre coloration.
Bien décidé à éclaircir cette affaire, Chris chercha un moyen d'y entrer. Cependant, aucune porte, ni aucune ouverture n'était présente. Le jeune homme se mit à toucher la paroi, dans l'espoir de trouver un mécanisme qui lui permettrait de pénétrer à l'intérieur. Rien n'y fit, la tour était bel et bien inaccessible.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? se demanda-t-il. Tyron a évoqué la possibilité d'y entrer, pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ? Et pourquoi elle n'a pas la même couleur que celle de mon rêve ? »
Ses interrogations durent attendre : un bruit de moteur retentit subitement, son qui lui était familier. Quelques instants plus tard, un engin de couleur jaune à quatre roues déboula dans la zone dégagée qui entourait la tour avant de s'arrêter à quelques mètres de Chris. Puis, deux personnes apparurent subitement devant le véhicule. La première était la fameuse « fille en rouge » qui avait dérouillé les ninjas mercredi - selon les termes de Puck. La seconde se trouvait être le chat violet qui avait échappé de peu à la baignade la dernière fois que Chris l'avait aperçu. D'ailleurs, ce dernier, en voyant le britannique au visage brûlé, réagit immédiatement :
- C'est le gars de la dernière fois !
Il fit apparaître sur ses gants des dispositifs dont l'usage restait à voir et les dirigea sur « le gars » en question tandis que la jeune fille sortit ses éventails, prête à combattre. Ils restèrent immobiles, attendant de voir ce qu'allait faire Chris. À une distance aussi proche, ce dernier put détailler un peu mieux ses opposants que la première fois. L'homme-chat avait de la peinture sur les joues et ses gants ne contenaient que quatre doigts. Quant à sa compagne, les traits de son visage évoquaient des origines asiatiques. En plus de cela, des espèces de piercings métalliques étaient accrochés au-dessus de ses sourcils.
Leurs têtes lui disaient quelque chose, mais il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. Pour une raison qu'il ignorait, son esprit était embrumé, comme envahi par des parasites, ce qui l'empêchait de réfléchir correctement.


Chris fit apparaître son glaive. Il ne se faisait aucune illusion quant à la réaction des deux avatars qui lui faisaient face. Les combattants se toisèrent du regard, attendant de voir qui allait donner le premier assaut. N'y tenant plus, le garçon à la cape piqua un sprint en direction de ses opposants, ce qui marqua le début du combat à deux contre un. La seule fille présente envoya ses éventails en direction de la cible en face d'elle, tandis que son compagnon félidé tirait une rafale de fléchettes depuis ses gants, ou plutôt depuis les mystérieux dispositifs placés dessus, qui les envoyaient trois par trois. Chris repoussa les premiers projectiles à l'aide d'un mouvement en arc de cercle de sa lame, puis esquiva les seconds en exécutant un bond latéral. Le jeune homme enchaîna en changeant d'arme : son épée s'allongea pour former la lance. Sans attendre, il l'envoya sur son adversaire blond, lequel prononça un mot en croisant les bras :
- Bouclier !
Une protection énergétique arrondie de couleur violette devant lui, sur ses membres. Le javelot ricocha contre cette défense, la fissurant grandement au point d'impact et faisant reculer son propriétaire. L'arme atterrit sur le sol dans un bruit métallique. Chris avait fait un mauvais calcul lors de cette attaque, puisqu'il se retrouvait désarmé.
Le silence commençait à peine à revenir qu'un bruit semblable à une alarme retentit à travers tout le territoire. Un tremblement de terre parcourut alors le terrain : un changement de configuration s'amorçait. Des trous se formèrent dans la zone autour de la tour tandis que plus loin, les murs et les structures se mirent à se déplacer de manière latérale, formant ainsi de nouveaux chemins et en barrant d'autres.
Une fois le territoire immobile, Chris reporta son regard sur ses deux adversaires. Le félin le tenait toujours en joue tandis que l'autre avait ses index et ses majeurs posés sur ses tempes. Une aura blanche aux bords rougeâtres l'entourait. Son expression indiquait une extrême concentration. Sur ses gardes, Chris se contenta de regarder la jeune fille afin de parer à tout pouvoir surprise. Du coin de son œil, il décela un mouvement sur sa droite. À peine tourna-t-il la tête qu'il vit sa propre lance se diriger vers lui. Dans un réflexe salvateur, il manipula l'air pour dévier la trajectoire de l'arme, qui partit se ficher dans le pilier noir.
- Mais comment il a fait ça ? demanda à haute voix le chat violet.
Sa partenaire avait l'air aussi interrogée que lui, profitant au jeune homme tout de blanc vêtu. Il se dépêcha de parcourir les quelques mètres qui le séparaient de l'édifice noir et rouge pour y récupérer son instrument de combat.
- Pas le choix. On doit s'occuper de lui si on veut entrer dans la tour, fit celle qui avait vraisemblablement fait usage de télékinésie.
Suite à cette annonce, elle fit apparaître un manche de couleur framboise dans sa main. Une fois saisi, deux extrémités de couleur grises s'allongèrent, formant ainsi un bâton, prêt à être utilisé au combat. Elle piqua un sprint en direction de l'avatar au visage brûlé en criant à son partenaire :
- Suis-moi !
Le félin la suivit dans sa course. Voyant le danger arriver, Chris passa à nouveau au glaive, et s'élança à son tour, prêt à croiser le fer avec le membre de la gent féminine. Il repoussa un premier coup de bâton sans mal avant de tenter une botte visant à décapiter l'assaillante. Celle-ci exécuta une pirouette latérale à faire pâlir de jalousie un gymnaste. De là, elle enchaîna avec une tentative de frappe sur la nuque, parée également par le glaive. Chris s'aperçut alors de la disparition du chat violet de son champ de vision. Retirant une main de son épée, il tourna la tête : le chat en question courrait à quatre pattes en direction de la tour. Sans se demander les raisons d'un tel geste – son esprit n'étant plus suffisamment lucide de toutes façons -, il tendit la main et provoqua une bourrasque qui fit tomber le félin tête la première dans un des trous au sol.
Brusquement, il sentit la pression se retirer de sa lame : le bâton adverse s'était esquivé et attaquait à nouveau, sur la droite du manipulateur d'air. Il n'avait plus le temps d'utiliser son épée, le confortant dans l'idée de partir dans l'autre direction. Il sentit alors quelque chose lui tirer dans le dos. Son adversaire ne tenait son arme qu'à une main. L'autre serrait la cape du jeune homme, limitant ainsi ses mouvements.
« Et merde ! » , se dit-il.
L'asiatique en profita pour asséner son bâton sur la main droite de son opposant, celle qui tenait l'épée. Il en lâcha la lame, qui en roulant, traversa un des trous en direction de la mer numérique, qui émit un rayon bleuté en réponse à la chute de l'objet. La jeune fille en combinaison rouge tenta ensuite d'appliquer l'arme sur le crâne de Chris, qui réussit à s'arracher à son emprise et à s'envoler avant le coup fatal. Il se posa au pied de la tour pour jauger la situation. Le chat violet venait de ressortir du trou au moyen de ses griffes. Sa partenaire le rejoignit et lui dit quelque chose que Chris n'entendit pas. Pendant qu'ils étaient occupés, le garçon brûlé se concentra pour faire réapparaître son glaive, sans résultat. Visiblement, une fois détruit ou tombé dans la mer numérique, il ne pouvait plus être invoqué. Chris payait cher le fait d'avoir baissé sa garde, mais aussi d'être habillé d'une cape. Voyant ses deux adversaires courir dans sa direction, il tenta sa chance avec la lance, qui apparut sans attendre au creux de sa main dans le crépitement habituel. Bien que cette arme ne lui était pas familière dans le maniement, il dut s'en contenter.


Finalement, manier le javelot fut assez facile pour Chris, qui s'était laissé impressionner par l'aspect imposant de l'arme. Il suffisait de faire comme en escrime : n'attaquer qu'en utilisant la pointe. Il sentait que son bras et l'extension métallique ne faisaient plus qu'un. La lance lui semblait aussi légère qu'un fétu de paille, permettant à son membre armé de fuser vers sa cible à une vitesse appréciable. Cependant, le duo qui faisait face au jeune homme esquivait tous ces coups avec une souplesse et une agilité surhumaines. Le chat parvint même à s'éloigner de façon à tirer ses fléchettes. Chris se servit de sa main libre pour dévier les dangereux projectiles grâce à son pouvoir.
Il venait de trouver la bonne méthode de combat : son bras droit était une épée perforante, le gauche un bouclier d'air. Ce combat le faisait se sentir plus vivant et invulnérable que jamais. La sensation éprouvée était tout simplement exaltante.
L'affrontement venait d'atteindre son point d'équilibre : aucun camp ne parvenait à prendre l'ascendant sur l'autre, se contentant d'éviter les assauts de l'autre et voyant ses offensives sans effet.
Le bruit semblable à une sirène d'alarme, caractéristique des mouvements de terrain, ne tarda pas à retentir. Cette fois-ci, les trous se rebouchèrent pour laisser sortir du sol des structures parallélépipédiques et des murs. L'un de ces derniers surgit pile dans le dos de la fille en combinaison rouge, l'acculant. Sans qu'elle n'ait le temps de réagir à cette situation, Chris la transperça d'un coup droit dans le ventre. Son corps s'éparpilla en de nombreuses cartes blanches.
En cet instant, Chris ressentit alors quelque chose en lui : il était fier d'avoir vaincu un adversaire virtuel, lui qui n'avait fait qu'enchaîner les défaites depuis le début des tests. Un bruit de tir en rafale coupa le fil des pensées du jeune homme. De nouvelles salves de fléchettes du félin violet se dirigeaient sur lui. Il tendit sa main libre pour dévier les projectiles grâce au vent et s'approcha au pas de course vers l'adversaire restant afin qu'il puisse le perforer à son tour. Malheureusement, le félin était trop agile pour se laisser avoir comme sa partenaire. De même qu'il évitait tous les coups de Chris, ses armes étaient toutes sans exception déviées par le pouvoir du vent.
Le garçon à la cape fit alors disparaître sa lance pour n'attaquer qu'avec l'air. Il tendit ses deux paumes droit devant lui et provoqua une bourrasque qui fit tomber à la renverse son adversaire. Celui-ci contre-attaqua avec une nouvelle volée de fléchettes. Chris eut alors l'idée de faire tournoyer le vent autour de lui, à l'instar d'une tornade – en largement moins puissant évidemment. Arrivés dans la zone venteuse, les projectiles suivaient son mouvement, pris dans un cercle infernal. Chris dirigea par la suite ce vent armé sur son adversaire à la coiffure en pointe.
- Bouclier !
Les encoches rencontrèrent la surface violette émise par le félin. L'une d'elles le toucha au genou, le faisant vaciller un instant. Profitant de son immobilisation, Chris courut à pleine vitesse dans sa direction en sortant du néant sa lance, qu'il asséna en estocade à une vitesse dont il n'aurait certainement jamais pu faire preuve dans son corps réel. Mais c'était sans compter les réflexes du chat violet, qui, après avoir dissipé son bouclier, se décala pour éviter l'arme mortelle. Sans perdre une seconde, il empoigna de sa patte droite le manche de la lance et pointa l'autre sur Chris. Les tirs partirent aussitôt. Le jeune britannique dut son salut à un lâcher de javelot suivi d'un abaissement de tête d'urgence. Il enchaîna immédiatement avec une tentative de coup de poing dans le ventre qui échoua elle aussi grâce à un bond adverse.
Instinctivement, celui qui portait comme faux nom Léo tendit la main au-dessus de sa tête pour tenter d'attraper la jambe du petit blond. Sa main se referma sur une queue de chat. Il tira dessus et ramena ainsi le félin sur la terre ferme.
- Hé ! se plaignit le propriétaire de cette extension. C'est pas du jeu !
La semelle de Chris dans son thorax l'empêcha d'ajouter autre chose. Il fut repoussé un peu plus loin, au bord d'un autre fossé. Chris ramassa prestement sa fidèle lance et s'avança en courant. Alors qu'il allait asséner l'ultime estocade, une douleur subite et foudroyante vint lui vriller la poitrine. Après avoir poussé une plainte douloureuse, il lâcha son javelot et se tint le siège de la souffrance – le cœur – à deux mains. Pris de vertiges, il ne tarda pas à s'effondrer au sol.
« Je croyais qu'on n'avait pas mal sous forme virtuelle », se dit-il avant que l'affliction n'occupe son esprit au complet.
Chris commençait à perdre conscience. Son corps eut alors une sorte de convulsion soudaine, comme s'il venait de se prendre une décharge électrique, n'arrangeant en rien son état. Un poing serré de couleur violette avec un dispositif d'armement placé sur son dos apparut à quelques centimètres de son visage. Le visage d'un garçon aux cheveux blonds en pointe s'ajouta à cette vision.
- À ton tour de mordre la poussière le brûlé.
Sur ces mots, plusieurs salves de fléchettes s'abattirent sur le visage de Chris, provoquant la désintégration de son corps en un millier de cartes blanches.


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Au laboratoire d'expérimentation, la panique était de mise : une des machines produisait un son alarmant. Les professeurs Hope et Fontaine tentaient de réanimer Chris, ou plutôt, celui dont ils pensaient que le prénom était Léo. L'esprit de ce dernier avait beau être revenu, son corps n'esquissait pas le moindre mouvement. La femme tenait un défibrillateur en main. Elle avait déjà tenté un premier choc, sans résultat. Elle augmenta alors la charge, appliqua les deux électrodes sur la poitrine nue du jeune homme qui se souleva lorsque l'électricité fut libérée. L'appareil à leur côté continuait de faire le bruit perçant.
Tyron regardait la scène d'une œil inquiet. Le garçon allongé sur la table était très prometteur pour ses recherches. Ce serait très embêtant de perdre cet élément : il faudrait alors le remplacer en organisant de nouvelles sessions de tests. Une perte de temps en somme, chose que le scientifique ne pouvait se permettre.
Un troisième électrochoc fut appliqué au porteur du casque. Un long « Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » résonna dans la salle en guise de réponse à cette tentative.
Ils étaient en train de perdre Léo Chevalier.


À suivre : Fusion spectrale


Dernière édition par Zéphyr le Dim 29 Jan 2017 14:48; édité 28 fois
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Nyx MessagePosté le: Mer 14 Aoû 2013 18:33   Sujet du message: Répondre en citant  
[Rampant]


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Je viens de lire d'un seul coup les sept chapitres de ta fiction, et la moindre des choses à dire c'est que tu manques pas d'imagination Mr. Green

C'est assez surprenant de lire une fiction sur CL centrée sur un personnage autre qu'un de nos LG, mais on s'y habitue rapidement, principalement grâce au scénario prenant et à ton style d'écriture très agréable!

Va falloir aussi que je m'habitue à voir Ulrich passer pour un boulet et Yumi en tireuse de chasse d'eau, mais en fait ça me surprend qu'à moitié. Yumi surtout m'a toujours donné l'impression de ne pas hésiter à avoir recours à des options disons... extrêmes!
Pourquoi tant de haine envers Ulrich ? Mr. Green

Le personnage de Chris/Léo est vraiment intriguant, et plus on en sait sur lui plus on a envie de le découvrir! Et je me demande dans quel camp il se trouvera à la fin, même si j'ai déjà une petite idée Rolling Eyes

Autant de qualité mériterait un commentaire bien plus long, mais il n'y a vraiment rien à redire! Bonne chance pour l'écriture de la suite Wink

_________________
Tout ce qui plaît a une raison de plaire, et mépriser les attroupements de ceux qui s'égarent n'est pas le moyen de les ramener là où ils devraient être.
Charles Baudelaire
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Oddye MessagePosté le: Jeu 15 Aoû 2013 19:05   Sujet du message: Répondre en citant  
Fleur immonde


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Allez, c'est parti pour mon commentaire ! Enjoy !

Alors, on apprend qui est la voix de la fin du chapitre précédent.
J'ai bien aimé cette scène, leur conversation, et quand Chris apprend le jeu d'Anaïs. Pourtant, je ne sais pas, je me demande si derrière ses faux-semblants, Anaïs ne voit pas Chris autrement que comme un jouet... Hum, affaire à suivre.

La scène où Chris pense aux somnifères. J'aime l'idée qu'ils aient été donnés par Amanda, qu'elle en prenait. Elle a vécu une période difficile? Je me demande ce par quoi elle a du passer. Deuxième affaire à suivre^^

Le moment intense entre Anaïs et Chris, je l'ai adoré ! J'avais presque de la peine pour Anaïs et, en même temps, je trouve ça cool un Chris qui explose un peu.

Alors on a une référence à l'épisode Chaos de CLE, j'aime bien !

Mais le meilleur moment, c'est surtout la fin. C'était inattendu ! Quand Chris s'écroule, quand il ne se réveille pas ...
Vas-tu le tuer? Vas-tu le faire vivre? Hum, j'aurai tendance à penser qu'il aura survécu. Troisième affaire à suivre^^

En bref, j'ai bien aimé ton chapitre. Comme je te l'ai déjà dit, je l'ai bu, je l'ai englouti assez rapidement. J'ai vu quelques fautes, mais rien de bien méchant.

J'attends la suite Wink
_________________
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Je n'étais pas anciennement odd-4-ever.
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Café Noir MessagePosté le: Jeu 15 Aoû 2013 21:22   Sujet du message: Répondre en citant  
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C'est à moi de commenter ?
Okay, je me lance.

Alors tu commences par une scène qui se passe la nuit. Forcément, j'aime.
Bon, je ne suis pas vraiment fan des couples, histoires de couples, secrets et méandres des couples, toussa... C'était plutôt bien raconté, mais ce n'est pas la partie qui m'a le plus interessé, on va dire.
Nous retrouvons notre cher personnage, énervé comme d'habitude, sans qu'on sache pourquoi, ce qui devient presque problématique. Chose aussi intrigante qu'inquiétante d'ailleurs...
Le passage entre Anaïs et Chris est assez riche en émotion. Difficile de savoir par la suite si Anaïs était vraiment sincère ou pas. Très perturbant. Mais bon, allez, on switche les couples pour aller au plus intéressant. Les allusions à l'un des plus mauvais épisodes de la série (référence : le plus mauvais=22) étaient assez marrantes, bien placées. J'ai beaucoup aimé ta manière de raconter les effets du retour temporel. C'est super bien ficelé.
Ensuite, le combat sur Cortex/Tron. Génial, aussi. Comme d'habitude, tu décris à merveille les scènes d'action. L'ennui avec toi, ce que tu fais quasiment tout à merveille, et que du coup, je ne sais jamais quoi dire XD. Les pensées du personage sont assez bien décrites, et sont anxiogènes aussi par moment.
Tu décides de terminer sur un cliffhanger. Vilain ! Peut-être que Chris aurait du signaler son énervement prolongé. Pas bon, toussa...
J'attends avec impatience le moment où chris - providentiellement sauvé - se rendra compte qu'il a attaqué Yumi, Odd, Ulrich, William et Aelita, où Tyron se rendra compte que Chris=/=Léo et où Chris sortira avec Laura. Hein ? Qu'est-ce que je dis, moi ?

Super chapitre, donc. J'ai rien commenté, mais c'est pas grave, tu m'aimes quand même. Et puis tu sais quoi ? Un pour tous, tous pour Laura !

Sur ce, je te laisse. Je vais te signaler sur Skype que je viens de poster un commentaire vraiment très pourri.

_________________
Le $ang et la $ueur chapitre 12

« L'avenir, je vois comment qu'y sera... Ça sera comme
une partouze qui n'en finira plus... Et avec du cinéma
entre... Y a qu'à voir comment que c'est déjà... »
Céline, Voyage au bout de la nuitr
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Zéphyr MessagePosté le: Sam 17 Aoû 2013 19:45   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


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Allez, on est parti pour répondre aux commentateurs :

Nyx :

Je suis content que mon récit te plaise autant. Merci pour les compliments que tu m'adresses. C'est toujours agréable de découvrir de nouveaux lecteurs (bienvenue dans ma fic au passage Wink).

Citation:
mais en fait ça me surprend qu'à moitié. Yumi surtout m'a toujours donné l'impression de ne pas hésiter à avoir recours à des options disons... extrêmes!


Le fait que Yumi n'ait pas hésité à faire boire le bouillon des toilettes à Ernest se justifie en deux points :
    – Elle savait ce qui était arrivé à Caroline et voyant qu'Ernest n'avait pas lâché l'affaire, elle a décidé de lui montrer de manière plus directe qu'il n'avait pas intérêt à recommencer ce genre de connerie. N'oublions pas que dans CLE, la Yumi 2.0 s'est donné pour mission d'aider la veuve et l'orphelin.
    - Elle était en colère à cause des paroles de Matthias, notamment celles sur Amanda. Yumi sait ce qui est arrivé à cette dernière, par conséquent, entendre des inepties ne lui a pas plu et a contribué à un énervement, lequel n'a pas aidé Ernest à s'en sortir.

Citation:
Pourquoi tant de haine envers Ulrich ? 


Tu trouves que ce que j'ai fait à Ulrich est de la haine Surprised ? Attends de lire la suite alors et tu verras que le fait de traiter Ulrich de boulet était une bien douce punition. Mais stop-spoil.
Bien que je n'aime pas du tout Ulrich, il serait regrettable de me confondre avec un membre du M.A.N.T.A (et pour cause, je suis PPPL Mr. Green). Pas de jaloux, tout le monde verra son tour arriver pour s'en prendre dans la tête.

À toi Oddye :

Ravi que ce chapitre t'ait plu à ce point-là. Personnellement, j'en suis très fier pour une raison que j'ignore ^^. Bref.

Citation:
Alors, on apprend qui est la voix de la fin du chapitre précédent. 
J'ai bien aimé cette scène, leur conversation, et quand Chris apprend le jeu d'Anaïs.


Ça fait plaisir de voir que cette scène t'a plu parce qu'elle m'a posé pas mal de soucis, notamment pour le dialogue entre Chris et Amanda. J'arrivais pas à les faire parler de manière naturelle alors je me suis arrangé comme j'ai pu ^^.

En ce qui concerne Anaïs, l'affaire est classée pour moi. Chris a brutalement coupé les ponts avec elle. Il a interprété le silence de la blonde comme un aveu de ses torts. Mais qui sait, peut-être reverra-t-on un jour Anaïs Fiquet sur le devant de la scène ?

Pour les deux autres affaires à suivre : le cas « Amanda » sera abordé plus tard tandis qu'on apprendra ce qui est arrivé à Chris dans le prochain chapitre.
Merci beaucoup pour ton commentaire Wink.

On termine avec Café Noir :

Citation:
C'était plutôt bien raconté, mais ce n'est pas la partie qui m'a le plus interessé, on va dire.


Moi aussi, les histoires de couple, c'est pas mon fort. J'ai fait de mon mieux pour expliquer les différentes situations correctement. Content de voir que « c'est plutôt bien raconté », ça me rassure. Normalement, il n'y aura plus d'explications pareilles sur les couples à l'avenir.

Le cliffhanger de la fin était voulu (sans blague Rolling Eyes ?). Je voulais travailler sur ma capacité à créer du suspens à travers les deux parties de « Mauvaise Semaine ». Je tenterai d'en refaire à l'avenir.

Citation:
Sur ce, je te laisse. Je vais te signaler sur Skype que je viens de poster un commentaire vraiment très pourri.


Mais non, ton commentaire est très bien et m'a fait très plaisir Wink (surtout lorsque tu dis que c'est parfait Mr. Green).


Un grand merci à vous trois d'avoir pris le temps de commenter. En ce qui concerne le chapitre 8, j'ai terminé le travail au brouillon. Il ne me reste plus qu'à l'écrire. Peut-être même irai-je plus vite que prévu qui sait ?

A la prochaine !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.


Dernière édition par Zéphyr le Dim 23 Mar 2014 15:06; édité 1 fois
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Nyx MessagePosté le: Dim 18 Aoû 2013 12:41   Sujet du message: Répondre en citant  
[Rampant]


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Citation:
N'oublions pas que dans CLE, la Yumi 2.0 s'est donné pour mission d'aider la veuve et l'orphelin.

Je n'ai pas encore attaqué CLE *Nyx se protège des pierres lancées*, donc je découvre ce nouveau caractère chez notre chère Lyoko-guerrière ^__^

Citation:
Tu trouves que ce que j'ai fait à Ulrich est de la haine Surprised? Attends de lire la suite alors et tu verras que le fait de traiter Ulrich de boulet était une bien douce punition. Mais stop-spoil.

Oh oui c'est bien ça, fais lui ravaler sa vanité et son orgueil, ça lui apprendra Mr. Green Mr. Green Mr. Green

Citation:
Bien que je n'aime pas du tout Ulrich, il serait regrettable de me confondre avec un membre du M.A.N.T.A (et pour cause, je suis PPPL Mr. Green). Pas de jaloux, tout le monde verra son tour arriver pour s'en prendre dans la tête.

Bon, je sens qu'il va falloir que je me renseigne sur ces sombres organisations d'écrivains, je suis encore tout jeune sur ce forum, et la signification de tous ces sigles m'est encore obscure Embarassed

Tout le monde va s'en prendre plein la tête ? Du moment que ça ne se finit pas comme Cold Case ça me va Mr. Green

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Tout ce qui plaît a une raison de plaire, et mépriser les attroupements de ceux qui s'égarent n'est pas le moyen de les ramener là où ils devraient être.
Charles Baudelaire
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Zéphyr MessagePosté le: Dim 01 Sep 2013 21:15   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Me revoilà ! Avec un chapitre tout neuf. Avant cela, je réponds brièvement à Nyx : si tu souhaites en savoir plus sur ces « sombres organisations » comme tu le dis, n'hésite pas à m'envoyer un MP. On devrait bien s'entendre je pense (surtout que t'es aussi un lecteur de HDO Mr. Green). Bref.
Je ne pense pas tourner ma fic à la Cold Case, même si je ne puis assurer un monde lumineux et coloré.

Allez, c'est parti pour le chapitre 8. Bonne lecture à vous !






Chapitre 8
Fusion spectrale






Piste 12 : (17/02/2013)


C'est troublant de se réveiller dans un endroit que l'on ne connaît pas, encore plus si l'on ne se souvient pas de ce qu'il s'est passé auparavant.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Je repris conscience dans un lit et des draps qui m'étaient inconnus. Des murs, un sol et un plafond d'un blanc immaculé m'entouraient. Un « bip-bip » régulier faisait office de musique de fond, provenant d'une machine sur ma droite. Son écran dessinait des oscillations de couleur verte. Devant moi se dressait un fauteuil, sur lequel une personne était installée, dont les yeux gris perlés me regardaient avec une légère pointe de soulagement. Il s'agissait bien entendu de Sally. Étant encore un peu déboussolé, je me mis en position assise et articulai :
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Je sais pas trop en fait, me répondit-elle. Il paraît que t'as fait un malaise durant ton transfert. On m'en a pas dit plus. Au fait, si ça t'intéresse, on est au niveau moins trois ici, dans une des chambres de l'infirmerie.
- Je me souviens de rien, lâchai-je d'un seul coup.
En fermant les yeux, je me mis à égrener les événements restés ancrés dans mon esprit à haute voix :
- J'étais dans le laboratoire, à quelques secondes d'être virtualisé. Je me rappelle avoir combattu des intrus, je crois. J'ai plus aucune idée de quels avatars il s'agissait. Et ensuite, le noir complet.
Je rouvris les yeux : Sally avait l'air de ne pas savoir quoi me dire. Je la comprenais d'ailleurs. Après un instant de silence, elle me fit remarquer avec un petit sourire :
- Jolis abdos.
Instantanément, je compris à quoi elle faisait référence. En m'asseyant en tailleur sur le lit, les draps avaient glissé, révélant mon torse, sur lequel des électrodes étaient encore collées. C'est ainsi que je remontai la couverture jusqu'à mon cou, non sans éprouver une minuscule gêne.
- Pas besoin d'être timide comme ça, se moqua-t-elle. On est entre nous...
Je ne trouvai rien à répondre à cela. Heureusement pour moi, c'est le moment que choisit le professeur Hope pour débarquer dans la pièce. Elle avait dans les mains ma chemise et ma besace. Après avoir regardé Sally, elle lui demanda :
- Peux-tu nous laisser s'il-te-plaît ? J'ai à parler à Léo.
- Ok, répondit-elle simplement.
Elle se tourna vers moi et ajouta :
- Léo, j'suis contente que t'ailles mieux.
Elle tira sa révérence sur ces mots. Hope en profita pour poser mes affaires sur le lit et pour s'asseoir dans le fauteuil. Après un instant à peine volé par le calme, elle commença à me parler :
- Au cours de ta virtualisation, tu as fait un arrêt cardiaque. Tu as d'ailleurs failli en mourir, mais j'ai réussi à relancer ton cœur.
En moins de deux phrases, elle était parvenue à me glacer le sang. Je la regardai dans les yeux et y vis une lueur désolée. Elle n'était pas une insensible au moins, sous ses airs de sérieux apparent.
- As-tu déjà eu des problèmes cardiaques avant aujourd'hui, que tu aurais oublié de me signaler ? me demanda-t-elle.
D'un signe de la tête, je lui répondis par la négative. Une ride se plissa sur son front à cette affirmation.
- Très bien. J'ai effectué quelques tests pour voir comment tu te portais ce matin et ils sont tous bons. Tu vas beaucoup mieux. Évite cependant les efforts physiques trop intenses pour ces prochains jours.
Je butai sur un de ses mots :
- Pardon, vous avez dit « ce matin » ? On est quel jour ?
- Dimanche. Il n'est pas loin de six heures du matin.
Je commençai à paniquer : avec une heure pareille, mon absence avait sûrement été remarquée à l'internat. Je n'osais pas imaginer la sanction qui m'attendait, sans compter que la police avait peut-être été prévenue.
- Est-ce que je peux retourner chez moi maintenant ? demandai-je d'une voix quelque peu pressée.
- Je n'y vois aucun inconvénient. Mais avant, je dois t'informer que j'ai tenté de prévenir ta famille d'accueil, pour qu'elle ne s'inquiète pas de ta disparition soudaine. Comme ça n'a pas répondu, je leur ai laissé un message.
- Ma famille d'accueil ? fis-je interloqué. Comment ça ?
Je venais de faire une bourde magistrale. Hope devait certainement parler des proches du vrai Léo Chevalier, pas de moi. Par chance, le fait que je sois convalescent jouait en ma faveur.
- Tu nous avais fourni leur numéro au moment où tu t'es porté volontaire pour les tests, m'expliqua la femme en blouse. Après ta sélection, nous les avons conservé en cas de problème, comme aujourd'hui.
- Ah oui, c'est vrai ! Ça m'était sorti de l'esprit !
Mon ton faussement convaincu parvint à rattraper le coup et à entretenir l'illusion de ma fausse identité. Néanmoins, je l'avais échappé belle.
Hope me désigna du doigt une porte que je n'avais pas remarquée jusque-là et qui n'était pas l'entrée de la chambre.
- Si tu le souhaites, tu peux faire un brin de toilette dans la salle de bains avant de partir.


Je retirai les électrodes restantes de mon corps, récupérai mes affaires ainsi que mes chaussures qui se trouvaient au pied de mon lit, puis m'enfermai dans ladite salle de bains. Celle-ci disposait d'un vaste lavabo et d'une cabine de douche. Elle était très spacieuse, chose surprenante si l'on considérait le site dans lequel je me trouvais. Ce complexe souterrain ne donnait pas l'impression de ce qu'il était. On ne s'y sentait pas à l'étroit, pas plus qu'on y étouffait ou souffrait de la température.
Je posai mes affaires sur un meuble rempli de serviettes propres. La présence de ces dernières me poussa à prendre une douche. L'eau chaude me permit de réfléchir et d'évacuer un peu. Je peinais encore à croire que j'étais passé à deux doigts de la mort. Lorsque je posais ma main contre mon cœur, je pouvais le sentir battre, à un rythme assez rapide. Il était difficile de s'imaginer qu'il avait arrêté de fonctionner d'un seul coup. Risquais-je encore un accident de ce type à l'avenir si je continuais cette aventure ? Je l'ignorais en fait. En coupant l'eau, une certitude s'imposa en moi : je ne savais plus du tout quoi faire pour la suite.


Après m'être séché et rhabillé, je me préparai à sortir de la pièce. Soudain, Hope y entra sans frapper, referma prestement la porte et s'appuya dessus.
- Il faut qu'on ait une dernière petite discussion, toi et moi, m'envoya-t-elle.
Sa voix laissait clairement présager que je n'avais pas le choix.
- Tu m'as menti durant notre entretien, continua-t-elle. Je sais que tu m'as caché des choses, choses qui pouvaient rendre dangereuse une virtualisation. Te rends-tu compte qu'en faisant cela, tu as mis ta vie en danger ?
La chaleur qui parcourait mon corps suite à la douche se transforma en onde glacée. La scientifique avait entièrement raison. C'est pour cette raison que je hochai doucement la tête.
- Dis-moi tout.
À ces mots, la femme ajouta un regard impérieux. Le bleu grisé de ses yeux avait quelque chose d'intimidant. Aucune possibilité d'esquive ne m'était offerte. Je lui parlai donc de mes subites bouffées de colère ainsi que de mes insomnies.
- Évidemment, marmonna-t-elle suite à ces révélations. Dans ces conditions, tout s'explique. Il faut revoir une partie du système...
Suite au petit instant où elle sembla se perdre dans le fil de ses pensées, elle se reprit :
- Je vais être honnête avec toi : je ne peux pas garantir ta survie si tu continues les tests.
Un horrible frisson me parcourut alors. Le sérieux avec lequel elle m'avait annoncé cela ne faisait qu'augmenter le poids de cette annonce.
- Je te conseille de tout laisser tomber et d'oublier cette histoire. Tu n'es que la première personne à user de la virtualisation par le casque. Tes quatre voyages nous ont déjà fait grandement avancer dans nos recherches. Nous pouvons aussi trouver une nouvelle personne pour prendre ta place. Cependant, si tu souhaites continuer malgré tout, alors libre à toi. Mais sache que ce sera ta décision et que je ne ferai rien pour t'en empêcher. De mon côté, je ferai en sorte de limiter les dégâts.
Je pris un moment pour digérer cet afflux d'informations. Même si je tentais de ne rien faire paraître devant Hope, ses paroles avaient eu un grand impact sur moi.
- Bien, plus rien ne te retient ici, asséna-t-elle pour achever l'entrevue. Je vais te raccompagner.
Elle s'exécuta et me conduisit jusqu'au parking souterrain, où le véhicule avec chauffeur m'attendait, comme si le job de ce dernier se résumait à ça. Avant de me quitter, la femme aux longs cheveux blonds me dit :
- Nous te contacterons pour te transmettre la date de la prochaine séance. Libre à toi de venir ou non.


Dans la voiture, je retournai dans ma tête les paroles de la collaboratrice de Tyron. Elle avait raison sur un point : il était inutile que je risque ma vie. Surtout que ma fausse identité avait manqué d'être décelée. Le jeu aurait bien pu se terminer pour moi, que ce soit par la mort ou par levée du masque. Je devais m'arrêter tant que j'en avais encore l'opportunité.
Ma décision était prise : je ne referais plus les tests et couperais les ponts avec Tyron et son entourage.


http://i.imgur.com/7tNqoHf.png


En arrivant à Kadic, je me heurtai à un nouvel obstacle : le portail. En effet, le dimanche, celui-ci n'était ouvert qu'à partir de neuf heures pour les élèves internes restés dans l'établissement. Sans prendre le temps d'y réfléchir, je me mis à escalader la structure de métal, en espérant ne pas être vu, que ce soit par un élève matinal ou par un passant. Une fois l'effort effectué et les pieds dans l'enceinte du collège-lycée, je me permis un soupir de soulagement : j'allais enfin pouvoir me reposer après cette semaine infernale. Malheureusement, dans la vie, rien ne se passe jamais comme prévu. La voix qui m'interpella m'en donna la preuve :
- C'est gentil de nous rendre une petite visite Wite.
Je me retournai pour découvrir Jim à quelques mètres de moi, dans son éternel survêtement rouge. Il fallait bien entendu qu'il se trouve dans le coin au moment où je rentrais en douce. Décidément, la poisse refusait de me quitter ces derniers temps.
- Tu pensais peut-être que le bon vieux Jim ne remarquerait rien ? Figure-toi que j'ai travaillé comme gardien dans une prison et que là-bas, on me surnommait œil-de-lynx, parce que rien ne m'échappait. Mais pas le temps d'en parler. Toi et moi, on va aller voir le proviseur.


Conformément à ses dires, mon professeur d'EPS me mena dans le bureau de M. Delmas, déjà au travail alors qu'il n'était même pas huit heures du matin. Il ne fut pas surpris une seule seconde de me voir et lorsque Jim lui résuma la situation, ses sourcils se froncèrent. Une fois l'homme au survêt' parti, le proviseur put commencer son engueulade à mon égard :
- Votre comportement est inqualifiable monsieur White ! L'établissement est régi par un règlement intérieur, que vous avez pour devoir de respecter. Les internes doivent être de retour pour dix-huit heures, grand maximum, sauf autorisation exceptionnelle, ce qui n'est pas votre cas.
Il laissa ses mots faire effet en moi. Certainement une méthode pour appuyer la gravité d'une situation. Il poursuivit ensuite avec une voix radoucie, mais toujours aussi ferme :
- Où étiez-vous cette nuit ?
Heureusement pour moi, j'avais déjà préparé une histoire sur le chemin du bureau pour parer aux questions de ce genre.
- Je suis allé rendre visite à des amis. J'ai pas vu l'heure tourner alors j'ai passé la nuit dans l'appartement de mon oncle, qui est non loin de Kadic.
Mon mensonge passa comme une lettre à la poste, puisque l'adulte devant moi laissa glisser pour passer à autre chose :
- Nous étions à deux doigts de prévenir les autorités de votre disparition ainsi que votre oncle. Imaginez quelle aurait été sa réaction suite à cette nouvelle.
Un second silence fut incorporé. Delmas tentait de jouer sur la corde sensible, mais ça ne fonctionnait pas sur moi. J'étais encore trop énervé contre mon tuteur pour me soucier de ses états d'âme. Une fois que le proviseur estimait que les remontrances suffisaient, il passa à l'annonce de la punition :
- Ça ne me fait pas plaisir, mais je n'ai pas le choix. À la prochaine infraction de ce genre, c'est le renvoi définitif qui vous attend. Et désormais, lorsque vous souhaiterez quitter l'établissement durant votre temps libre, il faudra que vous alliez voir monsieur Morales qui vous signera une feuille d'autorisation de sortie. De retour dans l'enceinte de l'établissement, il faudra refaire de même, sans quoi nous considérerons que vous avez encore une fois fait le mur.
Il fit glisser sur son bureau ladite feuille. Un tableau à deux colonnes y était imprimé, probablement pour indiquer les heures de départ et d'arrivée. Suite à quoi l'entretien fut terminé. Jim me raccompagna dans ma chambre, afin d'éviter les « fuites » comme il disait. Une fois sur place et le lourd surveillant parti, je lançai ma besace à terre sans aucun ménagement. Je n'avais qu'une idée en tête : dormir. Passer la nuit précédente inconscient ne m'avait pas aidé à être reposé.
Souhaitant m'enfoncer le plus rapidement possible dans les brumes du sommeil, je m'emparai de la boîte de somnifères offerts par Amanda et en pris un sans une once d'hésitation.
Quelques instants plus tard, je m'endormis comme une masse.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Piste 13 : (20/02/2013)


Je suis vraiment crevé, à un tel point que je n'ai même plus la force de m'énerver. Peut-être que cela mettra fin à mes bouffées de colère et d'agressivité. Dans tous les cas, je n'ai pas repris de somnifères depuis dimanche dernier. L'idée de dépendre de quelque chose me dérange pas mal et surtout, je ne tiens pas à tomber dans l'addiction. En plus, ils ne m'empêchent pas de faire ces foutus rêves, donc ça ne change rien à mon problème. Dormir ne fait que m'épuiser.
En plus de ça, le niveau d'étrangeté ne fait qu'augmenter de plus en plus, à en devenir angoissant. La journée que je viens de vivre en est le parfait exemple. J'ai eu un contact direct avec un ennemi, un peu trop à mon goût même...


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


En début de matinée, notre classe effectuait ses deux heures hebdomadaires de T.P.E au sein même du CDI. Le groupe composé d'Amanda, Yumi et William était le plus en avance sur son travail. Il ne faisait aucun doute que leur note serait élevée, contrairement à d'autres, tel que le groupe de Ronaud, Matthias et Ernest. Heureusement pour moi, l'équipe que je constituais avec Emmanuel Maillard et Priscilla Blaise était plutôt efficace, même si la représentante féminine était un peu fumiste sur les bords. Notre association pour cette épreuve du bac avait été forcée, puisque nous étions les seuls à ne pas avoir de groupe. Très vite, après avoir défini notre sujet, « Les ondes, effets et applications », nous avions décidé de diviser le travail en trois et de faire chacun sa part de son côté. Chaque mercredi, durant les deux heures aménagées pour cela, nous discutions de l'avancée de chacun sur sa partie et nous vérifions le boulot afin de ne pas faire de contre-sens ou d'autres bourdes de ce genre.
Bref, comme à notre habitude, nous étions en train de discuter.
- Tain' Manu, tu fais chier ! fit Priscilla de sa voix brutale.
Le garçon au catogan, Emmanuel donc, tenta de garder son calme en répondant :
- Je me suis déjà excusé ! Ça arrive à tout le monde d'oublier ses affaires.
- À l'internat passe encore, mais t'as réussi à oublier toutes tes notes et ton boulot chez tes parents. Du coup, on va presque pas avancer aujourd'hui ! Ta connerie va nous retarder d'une semaine.
Je préférais ne pas intervenir dans leur échange, surtout au vu de ce qu'était capable de faire Priscilla sous le coup de la colère, comme donner un coup-de-poing en pleine face. C'est à cet instant-là que ma vision fut recouverte par un voile sombre. À cela s'ajouta une coupure du son et l'évanouissement de ma conscience. Par la suite, le noir le plus total fut mon compagnon.


Au bout d'une durée qui m'est inconnue, les sons, les couleurs et autres sensations me revinrent. Je me trouvais dans un lieu bruyant, où les voix se mélangeaient joyeusement. J'étais assis devant une table sur laquelle étaient posés une carafe d'eau en métal ainsi qu'un plateau contenant une assiette de couscous-boulettes, un dessert, un verre et des couverts. J'étais dans le réfectoire en somme. Abasourdi, je ne tardai pas à me demander ce qu'il venait encore de m'arriver. La réponse était des plus simple : un black-out, pour la seconde fois de ma vie. À cette explication se succédèrent les questions : pourquoi cela m'arrivait-il ? Que fabriquais-je durant ces périodes ? Malgré moi, je me mis à angoisser : j'étais susceptible de subir un nouveau trou noir à n'importe quel moment et de perdre tout contrôle de mes actes. Ne plus être le maître de son corps avait quelque chose de réellement effrayant. Je priai pour que cela ne se reproduise plus.
Avisant le plateau qui s'offrait à moi, qui devait certainement m'appartenir puisque j'étais seul à ma table, je me mis à manger pour me donner une contenance. Au bout d'à peine trois bouchées, je me sentis nauséeux et ne pus plus rien avaler d'autre. Je décidai alors de quitter le self sans attendre, puisque je n'avais plus rien à y faire. Et tant pis si tout le monde me prenait pour un débile resté deux minutes à peine après être arrivé.
Alors que je me dirigeais vers le coin de débarassage des plateaux, on m'interpella :
- Hé, toi ! Le grand costaud !
Je me retournai et vit Odd Della Robbia juste devant moi. Il arborait un petit sourire qui devait signifier : « La vie est une blague ». Il portait un t-shirt noir à tête de mort en dessous d'un sweat à capuche violet – en accord avec sa mèche de cheveux. Le fait qu'il soit en short alors qu'il ne faisait pas super chaud à l'extérieur montrait son côté extravagant, ou idiot, c'est au choix.
- Tu manges pas ton couscous-boulettes ? Mais c'est un crime !
- J'ai pas très faim, me contentai-je de répondre.
- Je peux te le prendre alors puisque tu comptes pas le manger ? quémanda-t-il.
- Fais-toi plaisir. Tu peux aussi prendre mon dessert si tu veux.
- Yes ! cria-t-il.
Tous les regards convergèrent vers notre direction. Moi qui adorais être le centre d'attention... Odd ne s'en formalisait pas, il avait obtenu ce qu'il voulait, c'est-à-dire la quasi-totalité de mon repas.
- T'as fini de le racketter Odd ? retentit une voix féminine. T'es pas obligé de nettoyer les plateaux de tous ceux qui passent.
L'auteur de la remarque se trouvait à la table juste sur notre gauche : c'était Aelita Stones. Inutile de dire qui peuplait le reste de la tablée, puisque toute sa bande était au complet, et même plus : une jeune fille blonde que je ne connaissais pas était elle aussi présente. Il me semblait l'avoir vue quelque part, mais impossible de remettre le doigt dessus.
- T'inquiète pas pour moi, je survivrai, répliquai-je. Par contre, je sais pas si Della Robbia va réussir à manger tout ça en plus de ce qu'il a déjà...
- Pas de souci à te faire de ce côté-là, me coupa Ulrich Stern, c'est un ventre sur pattes.
Je détaillai du regard la frêle silhouette du concerné.
- Si vous le dites... dis-je, sceptique.
Je m'apprêtais à repartir, lorsque Yumi me demanda :
- Est-ce que ça va Chris ? T'as une drôle de tête.
Elle devait parler de ma mine de déterré. Enfin, je partais de l'hypothèse que ma tête devait être semblable à ça après toutes ces nuits d'insomnie. En ce qui concernait la jeune fille japonaise, s'inquiétait-elle pour moi ? Peut-être, qui sait ?
- C'est rien, j'ai juste mal dormi cette nuit. Je me rattraperai ce soir, éludai-je en lui envoyant un sourire au passage. Je dois y aller. Bon appétit Odd !
Je partis sans leur laisser le temps de me répondre.
Après avoir quitté le self, je me posai sur un banc à l'extérieur, dans l'attente de la reprise des cours. Je me souvins alors que le mercredi, aucun cours ne se déroulait l'après-midi. L'inactivité était la seule option qu'il me restait.


À peine cinq minutes s'écoulèrent lorsque je vis la bande à Yumi que je venais de laisser traverser les arcades à une allure rapide. Ils ne pouvaient quand même pas avoir fini de manger aussi rapidement, surtout Della Robbia et son énorme quantité de nourriture. D'ailleurs, de là où j'étais, je pouvais le voir tirer la tronche.
Sans réfléchir, je partis à leur poursuite. J'espérais ainsi découvrir la raison de ce départ précipité, voire des informations au sujet des retours dans le temps. Je traçai le groupe à bonne distance, pour qu'il ne me remarque pas. Il se dirigeait vers le parc.
Cependant, quelque chose m'empêcha de continuer à les suivre : un grésillement parvint à mes oreilles. En jetant un œil dans la direction du son, je vis une sorte d'ectoplasme noir s'extraire d'une installation électrique, plus précisément, celle qui gérait la sonnerie. Cette forme incertaine de couleur sombre avait l'air de provenir d'un autre monde, flottant en l'air de manière spectrale. Elle se dressa devant moi comme si elle sentait ma présence. Cet espèce d'ectoplasme semblait fait d'une matière pas très ragoûtante, comme du pétrole. Plus je l'observais, et plus je le trouvais suspect. C'est alors que sans prévenir, il se jeta sur moi, ou plutôt, entra en moi – littéralement – par mon thorax.
Imaginez qu'un poulpe bien visqueux soit en train de fouiller dans vos entrailles sans en oublier le moindre recoin. On est encore loin de ce que j'ai ressenti lorsque ce truc s'est infiltré dans mon corps. C'était cent fois pire. Sans oublier la souffrance qui allait avec : l'intérieur de mon être était chauffé à blanc, comme sur le point d'exploser. Une torture absolument atroce, que l'on ne souhaite à personne.
La douleur est un concept étrange. Elle fait mal, mais en même temps, elle permet de se rendre compte qu'on est en vie. Un vrai paradoxe.
Je ne sais pas si j'ai crié, ni combien de temps s'est écoulé. Toujours est-t-il que la sensation d'intrusion intérieure s'est arrêtée au bout d'un moment. Je sentis que j'étais à genoux et que mes yeux étaient fermés, ce dont je ne m'étais pas rendu compte.
C'est là que les problèmes ont commencé : mon corps se releva sans que je ne lui en donne l'instruction. Une fois debout, mes yeux s'ouvrirent sans mon autorisation. Je me rendis alors compte que ma vision était bizarre. Je voyais mon environnement comme à travers un filtre ou des lentilles légèrement bleutées, au centre desquelles se dessinait un sigle en transparence : une sorte d'œil composé de trois cercles concentriques et de quatre barres, une en haut et les autres en bas.
Bizarrement, je me sentais plus que bien : je n'éprouvais plus la moindre fatigue et me sentais prêt à escalader le Mont-Blanc. J'étais véritablement chargé à bloc.
Je m'entendis pousser un grognement, puis me mis à courir. Pas besoin de préciser que tout cela est resté indépendant de ma volonté. Plus surprenant encore : ma vitesse de déplacement, qui dépassait largement le seuil humain. Je traversai en un éclair le parc pour me retrouver tout aussi vite au pied d'une sorte de bunker sortant de terre. Il s'agissait en fait de l'entrée des égouts, dont ma main ouvrit la trappe. J'étais apparemment prêt à m'introduire dans ce lieu habituellement évité par le commun des mortels.
- Où tu crois aller comme ça Wite ?
Je tournai la tête malgré moi vers la source de la question. Il s'agissait bien entendu de Jim.
- Je t'avais dit que rien n'échappait à l'œil-de-lynx. On va retourner voir le proviseur et cette fois, on va passer un petit coup de fil à ton oncle pour lui parler de...
L'occasion de finir sa réplique fut coupée par moi-même, et plus précisément, par mon dextre gauche. Celui-ci se leva de son propre chef vers le surveillant. Ce qui suivit était proprement impossible : un éclair jaillit de ma paume, frappant de plein fouet l'homme au survêt' rouge. Il s'écroula à terre, non sans avoir poussé un cri avant.
Après ce contretemps, mon corps hors de contrôle s'engouffra dans les égouts et les traversa à la même vitesse que précédemment pour déboucher sur un pont. Ce dernier menait à la vieille usine abandonnée que je savais non-loin de Kadic. Elle ressemblait à une sorte de bateau échoué au milieu du fleuve dont l'unique entrée, une ouverture large, formait comme une bouche n'attendant que d'avaler son repas. Malgré tout, je m'introduisis dans ce sinistre lieu.


L'immense salle cathédrale de l'ancienne fabrique ne manquait pas de luminosité je dois dire. Des dizaines de caisses et supports en bois, vestiges de l'activité passée du lieu, s'entassaient un peu partout dans l'étage inférieur. Certaines contenaient encore de vieux composants. L'entrée m'avait permis de déboucher sur une passerelle latérale située à quinze mètres de hauteur du niveau du dessous. Après avoir rejoint ce dernier, en un saut qui ne causa aucun dommage à mes jambes, je repris ma course dans ce lieu spacieux. Une poignée de secondes plus tard, j'aperçus un groupe de personnes devant une espèce de monte-charges. Le bruit de mes foulées me trahissant, ils se retournèrent dans ma direction. Sans aucune surprise, je retrouvais la bande à Yumi au complet. Je m'arrêtai à environ trois mètres d'eux.
- Chris ? fit la japonaise, dont les yeux étaient écarquillés.
Elle eut droit à un regard de travers en guise de réponse. Un je-ne-sais-quoi s'agita alors en moi, me faisant sentir une envie de meurtre. Celle-ci ne venait pas de moi, mais était en moi. Je pris alors conscience que l'ectoplasme ne s'était pas contenté de rentrer dans mon organisme, mais qu'il me possédait. Je l'admets, j'ai mis un temps pas possible à comprendre ce qui m'arrivait sur ce coup.
Moi qui pensais que croiser mon jumeau maléfique était le comble de l'étrange, je venais de passer à un stade supérieur. Il n'y a rien de plus déroutant que d'habiter un corps qui ne vous obéit pas. Par-dessus le marché, l'entité qui me squattait commençait à faire pression sur moi, sur cette part de mon être qui me permettait d'assister aux événements. Je parvins quand même à lui résister, lui interdisant le vol complet de moi-même.
Pour en revenir à l'usine, l'autre – la chose qui me possédait – tenta de me faire lever la main en direction de la japonaise, mais en fut empêché par un Ulrich qui se jeta sur moi et me plaqua au sol.
- Barrez-vous, je m'occupe de lui ! brailla-t-il.
Le reste du groupe ne se fit pas prier pour rentrer dans l'ascenseur, lequel possédait une ouverture/fermeture automatique. Je sentis mon colocataire ressentir de la colère. Capter ses émotions avait quelque chose de troublant et de dérangeant. Je n'avais plus l'impression de posséder d'intimité, alors que l'esprit d'une personne était censé représenter un refuge où nul ne peut s'infiltrer. Enfin, les ectoplasmes visqueux mis à part. Le mien me fit repousser Stern, puis me relever avant de se mettre à réfléchir à ce qu'il devait faire :
« Accomplir mission ? Tuer...gêneur ? Gêneur obstacle. Élimination. »
Assez limitée comme réflexion quand même. Heureusement pour moi, je ne captais pas ses pensées en continu, parce que sa voix mécanique spirituelle n'était pas des plus agréables. Elle donnait vraiment l'impression qu'il n'était qu'une sorte de robot esclave. Et moi, j'étais le sien d'esclave – mon corps en tout cas.
L'autre me fit tendre la main vers l'opposant : un arc d'électricité bleu turquoise en jaillit. Au grand déplaisir de l'entité, l'attaque fut esquivée. Le garçon aux cheveux bruns en profita pour se faufiler sur ma droite et envoya :
- Si tu veux jouer, suis-moi !
Il s'enfuit dans les profondeurs de l'usine, s'éloignant du monte-charge. Après un instant d'hésitation, le squatteur me fit grogner, et repartit au pas de course, avec pour seul objectif : faire sa fête à Ulrich. Cependant, notre vitesse n'était plus aussi phénoménale que précédemment, ce qui faisait enrager le contrôleur du corps. Il renforça la pression psychique sur ma part consciente, mais se heurta à un mur formé par ma volonté de ne pas me perdre entièrement. Même si je n'arrivais pas à récupérer mon enveloppe, j'étais content de ne pas céder entièrement face à lui.


Une partie de chat avait débuté entre moi et le seconde. Malgré le fait de ne plus avoir une vitesse égale à celle d'une fusée, mes jambes nous permirent de talonner notre proie. Mais Stern n'avait pas dit son dernier mot : il se mit à lancer les couvercles des caisses traînant dans les parages ainsi que tout ce qui lui tombait sous la main. Mon corps survitaminé n'éprouva aucune difficulté à briser ces projectiles d'une seule main. Le lanceur redémarra au quart de tour et poursuivit sa fuite. La lassitude commençait à se faire ressentir chez l'entité m'habitant, qui bon gré, mal mal, poursuivit la traque.
La suite du combat se déroula dans la salle de montage de l'usine. Des tapis roulants et d'étranges bras mécaniques hors-service depuis des années occupaient l'espace. Des morceaux de ferraille trainaient dans certains recoins. Ulrich avait profité de la légère avance qu'il était parvenu à gagner en m'envoyant des objets à la face pour se cacher dans un coin de la pièce.
Mon corps se baissa d'un seul coup, mû par un instinct qui m'était inconnu, afin d'éviter la barre de fer destinée à l'arrière de mon crâne. Instantanément, ma main se tendit pour la troisième fois afin de délivrer une charge électrique qui toucha mon adversaire puis le fit s'écrouler à terre. Cependant, le jeune homme se releva presque immédiatement, comme s'il était habitué à être électrocuté, chose probable depuis le spectre de la forêt.
Un duel au corps-à-corps fut ensuite engagé par moi-même et mon ami l'ectoplasme. L'affrontement s'étala sur plusieurs minutes, se résumant en une éternelle boucle : mon corps frappait, Ulrich esquivait, l'entité qui me possédait s'énervait encore plus et retentait un coup. La frustration de mon occupant était telle que je pouvais palper son envie de massacrer Ulrich. Et le fait que le brun esquive sans arrêt ses coups n'était pas pour le calmer. C'est là qu'une idée germa dans l'esprit pétroleux de mon squatteur, si l'on considère qu'il était capable de réflexion supérieure à trois mots. Étant aux premières loges, je perçus immédiatement ses intentions.
« Il ne va quand même pas faire ça ? » , pensai-je dans ma partie consciente.
Pour le plus grand malheur d'Ulrich, mon corps osa effectuer cette action outrageuse, cette attaque en traître. Pour ceux qui n'auraient pas compris – quoique dans un enregistrement... – je venais d'attaquer Stern sur le point faible commun à tous ceux appartenant au sexe masculin, d'un coup de pied bien placé.
Il ne poussa aucun cri et se contenta de fermer la bouche. Ses deux joues se gonflèrent d'air, montrant la retenue dont il faisait preuve pour ne pas crier. Son visage prit également une couleur rouge, le tout avant qu'il ne s'écroule au sol.
La chose qui me possédait était une vraie saleté quand même ! On a beau avoir envie de tuer quelqu'un, c'est pas une raison pour faire quelque chose d'aussi tordu. J'avoue même avoir ressenti de la compassion envers Stern, malgré le fait qu'il semble ne pas m'aimer du tout depuis les événements du stage commando. Au vu de la puissance que mon corps possédait en cet instant-là, Ulrich devait souffrir. Si j'étais capable de faire ployer du métal avec mon poing, alors que dire d'un coup de pied pareil ?
Pour en revenir au combat, notre adversaire étant vaincu avec plus ou moins de fair-play, mon nouvel ami me fit sortir de la salle des machines inutilisée au pas de course pour revenir dans la salle cathédrale. Là-bas, il nous fit aller jusqu'au monte-charge, qu'il ouvrit en détruisant le boitier de code d'un coup-de-poing électrifié.


Une fois à l'intérieur, l'ascenseur entama sa descente pour s'arrêter quelques instants plus tard et dévoiler une salle aux parois métalliques, qui devait correspondre au niveau moins un. En son centre trônait un appareil circulaire générant un hologramme dont je ne parvenais pas à identifier la forme. À côté de celui-ci était placé un ordinateur à quatre écrans, soutenu par un pilier attaché au sol et autour duquel venaient s'enrouler d'innombrables câbles. Le tout donnait l'impression de se situer dans un laboratoire appartenant à la NASA. D'ailleurs, l'endroit présentait des similitudes avec l'équipement que possédait Tyron. Bien entendu, ce dernier était la dernière de mes préoccupations au moment où je découvris ce souterrain.
Installé confortablement sur un fauteuil en cuir devant ledit ordinateur, Jérémie Belpois me regardait d'un air à la fois étonné et effrayé m'avancer dans sa direction. Une fois à sa hauteur, on me fit le soulever par le col de sa chemise, puis le jeter sans ménagement contre un des murs. Le choc mit le génie hors-service. Mon colocataire tourna ensuite ma tête sur la droite, toisant ainsi la jeune fille blonde dont j'ignorais le nom. Celle-ci tentait de cacher la peur que ma vue pouvait lui procurer en arborant une expression qui se voulait calme. Cependant, la lueur dans son regard trahissait le contraire.
Décidant de s'occuper d'elle, le squatteur me fit marcher lentement vers elle, mais au bout de trois pas, je reçus un projectile en pleine tête. Complètement pris au dépourvu, l'autre relâcha en partie la pression spirituelle qu'il exerçait sur moi, me permettant de l'attaquer à mon tour. Grâce à cela, je parvins à récupérer le contrôle de mon être au complet. Quant à l'indésirable, il fut purement et simplement expulsé par mon thorax sous sa forme spectrale visqueuse. Suite à cela, il rentra dans le plafond du complexe souterrain.
Être de nouveau aux commandes eut pour moi son lot de conséquences. Tout d'abord, mes jambes se dérobèrent à moi, me faisant tomber à genoux. Ensuite, je ne parvenais plus qu'à bouger la tête, le reste refusant encore de m'obéir. Enfin, j'avais un mal fou à respirer, chose prouvée par mes inspirations et expirations bruyantes. Malgré tout, j'étais heureux d'être à nouveau l'unique contrôleur de moi-même.
Je notai la présence d'un sac beige à mes pieds. Ce devait sûrement être le projectile qui m'avait permis d'expulser mon colocataire. Je levai légèrement mon seul membre obéissant pour voir l'auteur du lancer de sac : il s'agissait bien entendu de la blondinette que l'autre s'apprêtait à mettre hors-circuit. Une expression interrogée pouvait se lire sur son visage tandis qu'elle m'observait sans complexe, tel un problème auquel elle n'aurait pas trouvé de solution.
En dépit de ma bouche sèche, je décidai de lui poser une question, qui semblait hors-propos au vu des circonstances :
- Qu'est-ce qui se passe ici ?
Je n'obtins aucune réponse de la part de la jeune fille. Cependant, elle eut l'air de cogiter de toutes ses forces, à un tel point que l'on pouvait presque voir les rouages de son cerveau en mouvement. Au bout de quelques instants, elle prit une grande inspiration, se préparant certainement à me donner une explication, si ce n'est l'étonnement qui se dessina subitement sur sa face, lui faisant dire :
- Derrière-toi !
À peine tournai-je le crâne que l'ectoplasme noir – revenu d'entre les disparus – entra par effraction dans mon corps pour la seconde fois en passant cette fois-ci par ma bouche. Je n'eus même pas le temps de lui opposer la moindre résistance que mes yeux se voilaient à nouveau du symbole étrange, prouvant mon asservissement plus ou moins complet.
Avec un grognement, je me relevai et envoyai un regard assassin à la seule fille de la pièce. Puis, d'un seul coup, ma main se tendit dans sa direction pour libérer un éclair, la frappant de plein fouet. Sous la puissance du choc, elle percuta de dos la paroi métallique du laboratoire. Elle s'écroula ensuite à terre sans avoir poussé le moindre cri. Satisfait d'avoir mis hors d'état de nuire une gêneuse, l'autre se concentra sur l'ordinateur à quatre écrans. Il me fit taper à toute vitesse des lignes de codes auxquelles je ne comprenais rien. Une fois cette tâche effectuée, un compte-à-rebours apparut à l'écran, comptabilisant trois minutes. Mon corps reprit alors le monte-charge, pour descendre une fois de plus.


Le niveau moins deux était une pièce haute de plafond, abritant en son sein trois cylindres creux. Ceux-ci, présentant une ouverture permettant de s'y placer, étaient lumineux en leur intérieur et reliés à une multitude de câbles qui partaient se planter dans le sol et dans le plafond. Leur utilité m'échappait complètement je dois dire. Toujours est-il que l'ectoplasme me fit entrer dans l'un d'eux, celui du fond plus précisément. Et puis, il se mit à attendre, certainement la fin du décompte qu'il avait enclenché plus tôt. Le silence en profita alors pour reprendre la place qui lui était due. Durant ces quelques instants de calme, on aurait presque pu croire que tout était redevenu normal.
Un bruit de glissement légèrement mécanique retentit alors, faisant presque sursauter celui avec qui je partageais le corps. L'instant suivant, une forme mouvante violette me tira violemment par le bras, me faisant sortir du caisson. Ce dernier se referma hermétiquement une seconde après ma sortie. Le nouvel arrivant se trouvait être Odd Della Robbia. Son arrivée dans la salle restait pour moi un mystère, étant donné que l'ascenseur était la seule issue et qu'il ne s'était pas ouvert.
En guise de vengeance, je tentai de lui mettre mon poing dans la figure, qu'il esquiva en reculant. Je lui envoyai ensuite un éclair, facilement évité également. Le garçon aux cheveux châtains-blonds usa alors de sa petite taille pour se faufiler derrière moi et s'accrocher sur mon dos. De plus en plus irrité, l'entité qui m'habitait me fit me débattre pour se débarrasser de la présence de cet énième indésirable. Il fallait l'avouer, Odd avait la ténacité d'une sangsue, ou d'une puce. Malgré tout, cette pugnacité avait ses limites, qui me permirent d'éjecter le pauvre seconde au-dessus de ma tête en l'attrapant par un de ses poignets. Sa course aérienne le fit se crasher tête la première sur un des murs puis retomber lourdement. Sous l'impact, son front s'était ouvert, provoquant un début de saignement.
Les portes du monte-charge s'ouvrirent brusquement, révélant Ulrich, vraisemblablement remis de son coup en dessous de la ceinture. Il s'avança jusqu'au centre de la pièce avant de remarquer son compagnon blessé. À cette vision, son expression se fit plus dure et plus déterminée que jamais. Il m'envoya même :
- Tu vas voir ! Prêt pour le deuxième round mon grand ?
Le contrôleur actuel de mon corps le prit au mot et lui colla un magnifique coup de pied dans les côtes à la vitesse de l'éclair. Stern se tordit de douleur, ses os venant sûrement de morfler méchamment. Il s'écroula à genoux. Dans cette position, mon pied gauche ne pouvait qu'en profiter pour le frapper au visage, chose qu'il fit. En lâchant un cri de douleur déchirant, celui que l'on pouvait appeler le beau gosse s'étala sur le dos. L'autre me fit appuyer le plat de ma semelle droite sur le sternum de notre adversaire pour le maintenir en place. Il me fit ensuite m'accroupir en augmentant la pression plantaire exercée sur notre victime qui en gémit un peu plus. Les paumes de mes mains se placèrent face à face, avant de libérer de l'électricité en continu sous forme de plusieurs petits éclairs. Le tout constituait une arme probablement mortelle pour qui serait grillé. Mon colocataire ordonna ensuite à mon corps de descendre lesdites mains en direction du visage de Stern, lequel était très amoché, après cette raclée.
Il allait vraiment utiliser mon corps pour tuer quelqu'un, cet espèce d'ectoplasme sadique. Une fureur soudaine m'envahit : pour qui se prenait-il pour oser me voler le contrôle de MON corps ? Je ne comptais pas le laisser faire n'importe quoi sans agir. Ce fut mon tour de faire pression sur le squatteur, lequel fut surpris de cette réaction inattendue. S'ensuivit une féroce bataille psychique dans laquelle je ne parvenais pas à éjecter l'entité, qui elle n'arrivait pas à me repousser. Ce combat intérieur eut pour effet notable de faire s'arrêter le mouvement de mes mains, qui restèrent électrifiées à quelques centimètres du visage d'Ulrich, lequel dut être surpris de me voir m'arrêter en si bon chemin dans le meurtre.
« Ce n'est pas possible... Non ! Élimination... Élimination... Élimination !!! » , retentit dans mon esprit la voix mécanique adverse.
Il était en train de péter un câble, qui lui permit tout de même de m'évincer et de poursuivre son geste meurtrier envers le seconde, lequel ferma les yeux avant de recevoir le coup de grâce.
- Ah ! Ah ! Ah !
Fut le rire maléfique provenant de ma bouche qui résonna durant trois secondes, me paraissant des heures. Mes dextres foudroyants s'approchaient lentement du visage, afin de faire durer le plaisir de celui qui s'apprêtait à commettre l'assassinat.
Puis, quelqu'un débrancha subitement la prise : l'électricité disparut de mes mains, de même que ma vision redevint normale. Ulrich rouvrit les yeux juste à temps pour voir une forme noire et fantomatique sortir de ma bouche. De mon point de vue, ce fut une véritable libération, comme lorsque l'on sort de l'eau après avoir retenu sa respiration beaucoup trop longtemps. Par contre, ça devait être une horreur de regarder ce pétrole visqueux sortir de mon corps d'une telle manière.
Une fois l'indésirable complètement expulsé, je me sentis physiquement vidé : mes jambes me paraissaient faites de coton, mes muscles étaient tétanisés, j'avais anormalement froid et mon esprit s'embrumait de plus en plus. Stern, toujours coincé sous ma semelle, me fixait avec des yeux méfiants. Je m'évanouis sur lui.


À mon réveil, je fus accueilli par six visages, deux féminins et quatre masculins. On m'avait transporté à l'étage supérieur de la salle des cylindres, là où se trouvaient l'ordinateur et l'installation holographique. J'étais assis par terre, adossé au mur à l'opposé au monte-charge. Sur ma gauche, un autre inconscient était installé : la jeune fille blonde que j'avais électrocutée.
Je tentai de me lever, mais à peine esquissai-je un mouvement que mes muscles crièrent à l'agonie, me suppliant de garder ma position. L'une des personnes devant moi, qui n'était autre que Yumi, s'accroupit à ma droite et me demanda :
- Comment est-ce que tu te sens Chris ?
- Comme quelqu'un qui s'est fait posséder par un truc noir informe psychopathe, c'est-à-dire plutôt bien, répondis-je d'un ton ironique.
Ma réponse ne devait pas être la bonne, car je vis la jeune japonaise froncer les sourcils, de même que William et Ulrich. Ce dernier se tenait les côtes de la main droite d'ailleurs, et des bouts de mouchoirs étaient placés dans ses narines, teintés de rouge. Toujours est-il que ma révélation estomaqua le petit groupe. Une minute de silence plus tard, Della Robbia – qui appuyait un bout de tissu taché de sang sur son front – réagit :
- Comment c'est possible ça ? Depuis quand on peut se souvenir d'une xanatification ?
- Une quoi ? questionnai-je.
- Une xanatification, fit Yumi. Ça veut dire que tu étais possédé par Xana.
Sans le savoir, elle venait de me tendre la perche vers des questions qui me permettraient peut-être d'y voir plus clair dans cette histoire :
- Et c'est qui ce Xana ?
- Un programme extrêmement dangereux, m'expliqua Jérémie. Une sorte de virus qui contrôle l'énergie électrique. Il active les tours de Lyokô pour accéder à notre monde. Cela fait plus de trois ans que nous nous battons contre lui. Quant à Lyokô, c'est un monde virtuel généré par notre supercalculateur.
En cinq phrases, j'en avais appris plus qu'en plusieurs semaines. Ce groupe dont la moyenne d'âge ne dépassait pas la mienne possédait un supercalculateur et un monde virtuel qui allait avec. L'utilité des cylindres de l'étage inférieur m'apparut alors clairement : ils servaient certainement à se rendre sur ce monde, Lyokô. C'est aussi pour ça que je n'ai pas entendu Odd arriver : il venait probablement d'être renvoyé dans le monde réel et était réapparu dans le caisson.
Cette explication me fit penser à une autre conclusion : ils étaient sûrement les intrus qui s'introduisaient sur Tron puisqu'ils possédaient eux aussi un monde virtuel. À bien regarder leurs visages à tous, on pouvait noter des ressemblances avec les avatars que j'avais déjà aperçus. Ulrich était donc le samouraï orangé, Yumi la fille en combinaison rouge, Odd le chat violet que j'avais vu de loin. Ne restait que l'enfumeur, qui ne pouvait être que William. Comment avais-je pu ne pas me rendre compte de leur identité ? Ils étaient sous mon nez depuis le début.
Tandis que ces réflexions se formaient dans mon esprit, la jeune fille à ma gauche se réveilla. Une légère surprise passa dans ses yeux lorsqu'elle s'aperçut de ma présence, mais elle reprit le contrôle de ses émotions bien vite et en profita pour se remettre sur ses jambes.
- Qu'est-ce qui m'est arrivé ? demanda-t-elle d'un ton quelque peu troublé tout en époussetant sa jupe.
Je vis Stones rouler des yeux. Heureusement pour la blonde, ce fut Jérémie qui répondit :
- Chris était possédé par Xana, tu te souviens ? Il t'a certainement mise hors-course après m'avoir assommé.
- Il s'approchait de moi, je ne savais pas quoi faire, alors je lui ai lancé mon sac à la figure. C'est là qu'il...
Elle s'interrompit quelque instants, semblant réfléchir aux mots qu'elle allait prononcer.
- Qu'il m'a assommée, je crois. C'est un peu flou dans mon esprit.
Son ton incertain montrait qu'elle ne mentait pas sur ce dernier point. Cependant, je sentais qu'elle avait volontairement omis une information, laquelle pouvait me compromettre. Elle avait assisté à l'expulsion de l'ectoplasme hors de mon corps. Pourquoi ne faisait-elle pas part de cela aux autres ?
- L'essentiel, c'est que tu ne sois pas blessée Laura, lui assura Jérémie. Bon, maintenant, j'ai des questions à poser à Chris.
Ladite Laura en profita pour se placer aux côtés du génie, ainsi face à moi. Elle me toisa du regard, lequel semblait me dire : « Inutile de me mentir, je sais tout », mais qui en même temps, exprimait une pointe de doute.
Belpois remonta sa monture sur son nez et débuta son interrogatoire :
- Si j'ai bien compris Chris, tu te souviens des événements des dernières minutes, même lorsque tu n'étais plus toi.
Je confirmai d'un signe de tête.
- Laisse moi te dire que ce n'est pas une réaction ordinaire. Une personne possédée par Xana oublie tout de cette expérience.
- Je confirme, glissa sombrement Dunbar.
- Il n'y a pas que ça qui est étrange dans ta xanatification. Ulrich m'a dit que tu as eu une réaction bizarre avant de tenter de le tuer : tu as semblé hésiter à l'achever. Pourtant, pour avoir combattu Xana aussi longtemps, on sait que ce genre de réaction est anormale. Pourrais-tu nous expliquer comment était ta xanatification ?
M'étant grillé dès la première minute, je n'eus d'autre choix que de leur raconter. De la manière avec laquelle l'envahisseur avait tenté de me soumettre tout entier à sa volonté jusqu'à notre combat spirituel, je n'omis que deux détails. Ces deux oublis me valurent deux regards bien particuliers. Le premier venait d'Ulrich, équivalent à une fusillade. Visiblement, le fait que je me souvienne de son humiliation n'était pas pour lui plaire. Le second prenait sa source en Laura, dont les yeux verdoyants croisèrent les miens une fraction de seconde. Cet échange silencieux me conforta dans mon idée : elle se rappelait de ce qui s'était passé lorsque son sac m'avait frappé et avait menti aux autres – par omission, mais quand même.
À la fin de mon histoire, Aelita émit une hypothèse :
- Et s'il n'avait pris le contrôle que de son corps ? Xana n'a recouvré que quatre-vingts pourcents de sa puissance nominale. Peut-être que c'était pas assez pour réussir une xanatification complète. Du coup, ça pourrait expliquer que seul le corps de Chris se soit fait posséder et que son esprit soit resté libre.
- Pourquoi pas ? répondit Belpois. Mais dans ce cas, Xana aurait eu meilleur intérêt à nous envoyer un spectre standard, c'est moins gourmand en énergie et il n'aurait eu aucune résistance interne.
- Pas s'il pensait qu'il était capable de posséder un être humain à nouveau.
- Mais le but de Xana pour le moment, c'est de récupérer les codes-sources non ? intervint la blonde. Alors pourquoi est-ce qu'il a tenté de virtualiser Chris ?
- Il voulait peut-être un nouveau général pour ses troupes, supposa le petit blond aux binocles, à l'instar de William il y a quelques mois. Ou alors, il avait besoin d'un otage pour nous empêcher de le vaincre.
Je ne perdais pas une miette de leurs paroles. Elles me permettaient d'y voir un peu plus clair, même si je ne comprenais pas tout. Mais une question subsistait en moi : quel rapport avait leur bataille contre ce Xana et Tron ? Pourquoi s'introduire sur le monde virtuel de Tyron et tenter de le détruire si leur ennemi est un virus ? Il me manquait encore des pièces du puzzle. Bien entendu, je ne pouvais pas leur demander sans me trahir. Il me fallait continuer à glaner des informations en les écoutant.
- Bon, je pense qu'on tient la bonne explication, conclut Aelita. On pourra en reparler tout à l'heure aussi.
Laura ne semblait pas du tout en accord avec ces paroles. Je pouvais sentir sa curiosité rien qu'en la voyant me regarder. Elle voulait percer le mystère que je représentais, j'en étais certain. Je devais me méfier d'elle à présent.
- Bon, je voudrais pas casser l'ambiance mais mon couscous-boulettes et mes desserts m'attendent. Si vous pouviez abréger...
Odd avait enfin repris la parole après un aussi long silence – ce qui devait constituer un record pour une pipelette comme lui. Il avança ses arguments :
- Ça remplit pas l'estomac de parler vous savez. C'est vrai quoi ! Xana nous a même pas laissé le temps de commencer notre déjeuner, alors moi, j'ai les crocs.
- J'ai compris Odd, soupira Jérémie. Je l'envoie tout de suite.
Jérémie retourna sur son clavier et se mit à taper sur le clavier avec dextérité.
- Attendez, j'ai encore quelques questions, tentai-je.
- Retour vers le passé, me coupa la voix du jeune génie.
Il appuya sur la touche Enter. L'appareil holographique au centre de la pièce se transforma alors en puit de lumière blanche qui s'éleva d'abord en colonne, puis qui engloba le reste de la pièce et de l'univers, moi y compris.


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À l'éblouissement succéda l'obscurité. Contrairement aux deux autres fois, je ne repris pas immédiatement conscience après avoir vu cette clarté surnaturelle. Le noir m'entourait une fois encore, oppressant, étouffant et silencieux.

Ce n'est qu'après un temps que je ne saurais déterminer que mes yeux se rouvrirent. Les formes et les couleurs mirent quelques secondes à se mettre en place. Une fois installées, elles m'offrirent une vision sur mon plateau de cantine. Le brouhaha provoqué par les élèves qui pinaillaient et papotaient en profita alors pour m'agresser les oreilles. Ces dernières s'adaptèrent tout de même rapidement.
Une fois certain que plus aucun de mes sens ne me jouerait de tour, je pus réfléchir à ce qu'il venait de se passer. Il y avait eu cette grande lumière blanche dans le mystérieux laboratoire de Yumi et ses potes. Et je me retrouvais une bonne demi-heure en arrière dans le temps. Un premier point était éclairci : Belpois était donc l'auteur de ces retours en arrière. La question suivante était : pourquoi n'avais-je pas repris immédiatement conscience dès que la lumière avait été dissipée ? Mes deux autres expériences avaient prouvé que le rembobinage du temps ne durait qu'une fraction de seconde et que le réveil était brutal, mais immédiat. Mais ici, ça ne s'était pas déroulé de cette manière. Pour quelle raison m'étais-je retrouvé dans le noir ?
Je bloquai sur le mot « noir ». Il me ramena au trou noir, et par conséquent, à ce moment de la matinée où j'ai oublié les actes que j'ai pu effectuer. Le « retour vers le passé » m'avait fait atterrir au moment où je vivais ce second black-out. Le deuxième point était au moins éclairci, mais je ne pouvais m'empêcher de m'interroger sur mes activités durant ces périodes d'inconscience.

Après avoir à peine picoré le contenu de mon assiette, je décidai pour la seconde fois de m'en aller. Cette fois-ci, Della Robbia se planta devant moi, un grand sourire aux lèvres, et ce, avant même que je n'atteigne la table de sa bande. D'un ton et d'un air innocent, il me demanda :
- Tu comptes finir ton plateau ? Je peux m'en charger si tu veux.
- Sers-toi, fis-je nonchalamment.
Tel un rapace, Odd usa de ses serres pour me prendre mon plateau des mains.
- Je te le débarrasserai en échange, ajouta-t-il. Merci.
Il retourna sans attendre à sa table, me laissant planté au beau milieu du réfectoire. Une fois le petit blond à mèche violette installé, Ulrich lui fit remarquer :
- Avec une portion de couscous-boulettes supplémentaire, tu risques plus de rester maigrichon bien longtemps, lui fit remarquer Ulrich.
- Pas maigrichon, svelte ! râla le concerné.
Tandis que le petit groupe riait de voir leur ami se vexer ainsi, mon regard croisa celui d'émeraude de Laura, qui ne s'était pas jointe à la séance de rire. Aucune de ses pensées ou de ses émotions ne transparaissaient. Tout comme moi, elle était douée dans ce domaine – quoique ces derniers temps, je ne me contrôlais plus aussi bien.
Après cet échange aussi bref qu'oculaire, je décidai de ne plus m'attarder dans ce réfectoire et de le quitter sur-le-champ.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


L'après-midi me donna l'occasion de réfléchir à tout ce qui m'arrivait. Je savais désormais que Yumi et ses amis étaient les avatars qui s'introduisaient régulièrement sur Tron. Je savais également qu'ils se battaient contre une sorte d'ennemi maléfique, Xana. Mais j'avais beau retourner la question dans tous les sens, je n'arrivais pas à faire le lien entre tout ça. Je ne pouvais pas aller en parler à Yumi sans me compromettre. En plus de ça, je ne savais rien de leurs réelles intentions. Après tout, peut-être usaient-ils de leur puissante machine pour leur intérêt personnel. Je n'en avait pas connaissance. J'ignorais aussi qui étaient les méchants et les gentils dans cette affaire. Je ne pouvais donc rien dire à cette bande, mais je ne pouvais rien dire à Tyron non plus. Trop d'éléments me manquaient pour que je puisse faire confiance à l'un des deux camps.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


À la fin de la journée, ma décision était prise. Deux options s'offraient à moi pour la suite. La première consistait à tout laisser tomber et à tenter d'oublier cette histoire. Cependant, elle ne me paraissait pas envisageable. J'étais trop impliqué dans pour arrêter maintenant, je devais aller jusqu'au bout pour découvrir la vérité. Et pour cela, je devais prendre la deuxième option : continuer les tests avec Tyron, quitte à risquer ma peau.


À suivre : Infiltrés


Dernière édition par Zéphyr le Lun 16 Mai 2016 17:02; édité 27 fois
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Nyx MessagePosté le: Lun 02 Sep 2013 11:12   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chouette chouette chouette un nouveau chapitre de L'Engrenage, j'avais presque perdu espoir Mr. Green

Je vais réfléchir à ce que tu m'as dit, pour l'instant je n'ai écris que deux OS et je me considère sur un terrain neutre (A moins de trouver une secte vouant un culte à mes deux chouchous Mr. Green); mais je t'en reparlerai assez rapidement ^.^

Bon, ce chapitre huit. Comme tous les autres, j'ai accroché directement et j'ai tout lu d'une traite! Je ne vais pas m'attarder une énième fois sur le style, c'est toujours aussi bien écrit.

Le scénario devient de plus en plus intéressant, je me demande bien dans quel camp va finir Chris. Petite question comme ça: est-ce que tu vas beaucoup modifier le scénario de CLE ? Parce que je suppose que faire une fiction autour d'un personnage qui au final n'apportera rien de nouveau n'a pas grand intérêt!
J'ai bien aimé ta description du combat mental entre lui et le spectre; cependant si je l'avais fait, je pense qu'au contraire le spectre aurait été une sorte d'ordinateur, enfin quelque chose qui analyse tout, qui prend des décisions réfléchies, et que Chris aurait été assailli de tous les côtés par les pensées de cet être, puisqu'après tout c'est quand même une entité contrôlée par X.A.N.A., et que notre copain psychopathe est loin d'être bête Mr. Green (Je note au passage qu'encore une fois c'est Ulrich qui prend cher, à ce rythme on va le retrouver en lambeaux Twisted Evil)

Citation:
Et pour cela, je devais prendre la deuxième option : continuer les tests avec Tyron, quitte à risquer ma peau.

Il change rapidement d'avis je trouve notre ami Chris Mr. Green

Bref, encore un très bon chapitre, et bonne chance pour la suite Smile

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Tout ce qui plaît a une raison de plaire, et mépriser les attroupements de ceux qui s'égarent n'est pas le moyen de les ramener là où ils devraient être.
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Zéphyr MessagePosté le: Ven 06 Sep 2013 09:41   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


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Petite annonce en 2 points :

Le premier étant de répondre à Nyx (mon unique commentateur pour ce chapitre 8 dans lequel je plaçais de grands espoirs T.T). Bref, merci à toi.

Citation:
Petite question comme ça: est-ce que tu vas beaucoup modifier le scénario de CLE ? Parce que je suppose que faire une fiction autour d'un personnage qui au final n'apportera rien de nouveau n'a pas grand intérêt!


Comme je l'ai dit en postant le premier chapitre, je ne prendrais en compte que les 18 premiers épisodes de CLE. Je pense délivrer une fin alternative de CLE, imaginée par mon esprit tempétueux et dérangé. Cependant, il n'est pas impossible que je réutilise certains éléments des 8 derniers épisodes pour mes chapitres (enfin, sauf pour le 22, que je renie sans complexe Mr. Green).

Citation:
cependant si je l'avais fait, je pense qu'au contraire le spectre aurait été une sorte d'ordinateur, enfin quelque chose qui analyse tout, qui prend des décisions réfléchies, et que Chris aurait été assailli de tous les côtés par les pensées de cet être, puisqu'après tout c'est quand même une entité contrôlée par X.A.N.A., et que notre copain psychopathe est loin d'être bête  (Je note au passage qu'encore une fois c'est Ulrich qui prend cher, à ce rythme on va le retrouver en lambeaux ) 


C'est très intéressant ce que tu dis là. Cependant, je ne pouvait pas faire un spectre trop intelligent. Pourquoi cela ? Déjà, on est dans CLE. Dois-je rappeler comment se comportent les spectres standards ? Soit ils nous la font à la zombie attitude, soit ils tombent (edit rapide : l'image qui va suivre est tirée de l'épisode 19, donc attention au spoil pour ceux que ça n'intéresse pas) dans des pièges grossiers.
Bref, tout ça pour dire que les spectres de CLE ne sont pas très fut-fut Mr. Green. Faire celui-là trop intelligent aurait été prématuré (surtout qu'on en est qu'à l'épisode 12, et que les spectres n'ont pas encore appris à courir).
Que dire d'autre ? Tu disais que tu l'aurais plus vu agir comme un ordinateur, moi je le vois agir beaucoup plus mécaniquement, (spirituellement tout du moins). Pourquoi cela ? J'estime que lorsque Xana prend le contrôle de quelqu'un, il préprogramme les tâches que devra accomplir le spectre une fois dans le corps de sa victime (j'estime aussi que le spectre est une entité à part entière, je suis parti de « Mix Final » et de « Révélations » pour ces points). Le spectre de ce chapitre avait 2 missions : virtualiser Chris et éliminer ceux qui se mettaient en travers de sa route. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'est pas intelligent. La preuve, pour écourter son combat contre Ulrich, il l'a frappé en plein dans son point faible Mr. Green. Si ça, c'est pas de l'analyse !
Ensuite, pour le côté « assaillir de pensées ». C'est une option que je comptais mettre en œuvre au départ, mais je me suis ravisé au dernier moment. Aussi, Chris ne captait pas toutes les pensées de son parasite, seulement quelques unes. C'est un point que j'ai oublié de préciser. C'est con, parce qu'en plus, j'avais écrit cette précision dans un coin et j'ai oublié de la remettre ^^.
En gros, deux esprits bien distincts étaient dans le même corps et se battaient pour son contrôle,avec un net avantage pour le spectre.

En ce qui concerne Ulrich, c'est promis, il ne morflera plus avant longtemps Mr. Green. Dans la forêt, il avait rien foutu, alors sur ce coup, je lui ai donné un rôle plus prépondérant. Ma liste de victimes est déjà prédéfinie. Comme ce sont les gars qui ont morflé sur ce coup-là, c'est au tour d'une fille à présent Twisted Evil( oui, je suis pour l'égalité des sexes (a) *Zéphyr sort*).

Citation:
Il change rapidement d'avis je trouve notre ami Chris 


Il ne s'est quand même pas réveillé un beau jour pour se dire : « Tiens, et si je continuais ? ». J'ai laissé s'écouler trois bons jours pour qu'il change d'avis. En voyant qu'il était dans le Nutella (faudra vraiment que je remercie Shaka un jour pour cette belle expression ^^) jusqu'au cou, il s'est dit qu'au lieu d'attendre que les embrouilles viennent à lui, c'est lui qui allait les chercher.

Je te remercie encore pour ton commentaire Nyx Wink.


Deuxième point, c'est à propos de ma vitesse de publication. Elle va connaître un très fort ralentissement pour les prochains mois à cause de ma reprise des cours, qui vont me prendre pas mal de temps (en plus, j'ai pas de vacances à la Toussaint -_-). Je ne peux donner de date pour le prochain chapitre, mais je ferais au mieux. Vous pouvez toujours m'envoyer un MP si vous souhaitez vous renseigner sur l'avancée du chapitre. Sachez néanmoins que la fic ne sera pas abandonnée.
Bien, j'ai tout dit. Alors à la prochaine Wink.
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« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.


Dernière édition par Zéphyr le Mer 29 Jan 2014 23:56; édité 2 fois
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kender MessagePosté le: Ven 06 Sep 2013 16:27   Sujet du message: Répondre en citant  
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J'ai enfin un peu de temps pour lire tes derniers chapitres. Je ne vais beaucoup m'attarder. Il n'y a pas grand chose à dire à part que j'adore ta fic. Bon, je n'aime pas trop les histoires de cœur de Chris, j'ai du mal à m'intéresser sérieusement aux personnages figurants de Code Lyoko.

Par contre, la demi-xanatification (à défaut de trouver un autre mot pour désigner ton truc), j'ai adoré. C'est original. Je me demande si XANA ne l'a pas fait exprès pour que Chris se rappelle de tout ça pour qu'il raconte tout à Tyron. Après tout, si Tyron sait que les LG sont à Kadic, cela va leur mettre des bâtons dans les roues.

Le coup de pied dans les couilles d'Ulrich (j'ai mal pour lui, le pauvre xD), c'était comique. Je ne pense pas que la série va nous montrer une scène de ce genre un jour.

Je sens qu'on aura droit à une petite discussion entre Laura et Chris. Elle semble se douter de quelque chose. ^^


Bon courage pour la suite, malgré la rentrée. On est tous dans le même cas. Razz

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Merci à la talentueuse Lénaelle pour ce pack criminel

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Nyx MessagePosté le: Ven 06 Sep 2013 18:53   Sujet du message: Répondre en citant  
[Rampant]


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Et bien apparemment j'ai bien fait de prendre le temps de commenter, sinon qui sait, peut-être que notre Zéphyr aurait de rage déchaîné sa puissance dévastatrice sur nous (Mais que peut le vent d'Ouest face à la Nuit ? Cool)? Mr. Green

Merci d'avoir pris la peine de répondre point par point, je sais tout ce que je voulais savoir; et c'est normal de commenter quand on apprécie, même si en France on a plutôt tendance à parler quand on n'aime pas Rolling Eyes

Citation:
c'est au tour d'une fille à présent Twisted Evil ( oui, je suis pour l'égalité des sexes (a)


Je me demande bien ce que tu lui réserve Twisted Evil


En tout cas bon courage pour l'écriture, avec les cours c'est pas toujours facile de trouver du temps quand on a des devoirs, des révisions (pas déjà je l'espère T_T), etc!

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IDM4 MessagePosté le: Sam 07 Sep 2013 21:05   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Bon t'as tellement insisté pour que je commente que je vais le faire hein Wink
Mais t'attends pas à un pavé, j'ai la fleeeeeemme !

Concernant Chris : Je veux décidément savoir ce que sont ces blacks-out, surtout que même le RVLP semble ne pas les effacer....
Déjà qu'il risque sa vie sur la "table de virtualisation" si en plus il se souvient pas de la moitié de sa journée, c'est plus une vie ça....

Concernant la xanatification, j'aime cette vue qu'on a sur le "comment pense un possédé" même si Chris n'a pas accès à toutes les pensées du spectre. Etrange en revanche que Chris soit dépossédé en étant frappé.

Concernant Laura, c'est évidemment un epic win. Elle reste sur son comportement habituel en ne révélant pas tout aux LG et elle se révèle badass =) Bon elle a un peu morflé mais s'pas grave, ça prouve qu'elle fait partie du groupe.

'Fin bon, vivement la suite. (et tu m'en as déjà donné un avant-goût =D)

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