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[Fanfic] L'Engrenage

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 Auteur Message
Ellana MessagePosté le: Ven 21 Mar 2014 00:39   Sujet du message: Répondre en citant  
X.A.N.Alloween 2013 (T)


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 241
Localisation: Al-Jeit.
Pfiiou quoi de mieux pour se remettre dans le bain du forum après une semaine d'absence qu'un petit chapitre de l'Engrenage ? Mr. Green

D'abord, coup de gueule obligé :
Citation:
De même, le nombre de commerces que l'on y trouvait était assez impressionnant, que ce soient les enseignes de luxe ou le simple café.

=> Objection : tu ne peux pas parler des Champs-Elysées sans citer la boutique Disney. Désolée, ça passe pas.
Citation:
sa façade se trouvait sur l'angle formé entre l'avenue et une autre rue

=> Mais justement, c'est pas le ciné à côté de la boutique Disney ça ?! *se prend une claque derrière la tête et poursuit sa lecture*

Edit anonyme : Si, mais l'Engrenage se voulant réaliste, je pense que parler d'un souris de ta taille qui parle avec des paraboles qui ne captent même pas la Ligue 1 aurait fait mauvais genre.

Niveau style, ça reste agréable à lire, même si j'ai quelques remarques :
Spoiler


Niveau références :
Citation:
on aurait pu croire que je m'étais pris une cuite, à l'instar d'un père Noël qui, en faisant la tournée des maisons, aurait bu son volume en alcool au passage.

=> *SNUUUUUUURFLE* J'aiiiiiime cette phrase ! *sanglots*
Citation:
Sam Villain

=> Je surinterprète trop ou il y a une référence à Gone ? XD (je n'ai pas lu le commentaire d'Ikorih qui a déjà dû le faire remarquer Razz)
Citation:
Le « Quatrième » était une fille de dix-neuf ans. Elle s'appelait Mélanie Flemming. Son avatar était celui d'une sorcière armée d'une baguette magique.

=> Hum, ça me donne envie de dire caliiiiiin et de manger de la pizza... (hug)


Sinon globalement
: On a une avancée et reconfirmation plus flagrante de l'identité réelle du professeur Hope Mr. Green
Puck est vraiment un personnage complexe. Y a des moments où j'ai envie de dire qu'il est grave classe et d'autres où il me file la chair de poule O.o Sa manière de décrire le fait de se battre, presque amoureusement, son côté sadique... Mouais, pas agréable au final comme type !

Ce passage permet de nous conforter dans l'idée que l'oncle est un salaud :
Citation:
Un frisson incontrôlable remonta le long de ma colonne vertébrale à la vue du réduit. Il arrivait encore à me faire cet effet après tout ce temps

=> Hum ça sent le gamin qui y a passé des heures enfermé =/

Après, j'avoue que Mathilde Ducroc m'intrigue : son pouvoir a très bien pu lui éviter la disparition comme le pense Tyron et ce flou autour d'elle laisse penser qu'elle va revenir après. Du moins, je l'espère, elle a l'air cool ! (uniquement pour les raisons susmentionnées, hein, pas parce qu'elle m'évoque bizarrement quelqu'un... ^^).

Encore un très bon chapitre, sans avancée majeure mais bon quand même ! Etrangement le suivant ne m'inspire pas... (a)

_________________
Ma belle, douce lune sous un chant blanc d'étoiles, / Astre fatigué, vagabonde hors-la-loi / Toute pâle dans l'oeil noir de loups qui aboient, / Hisse les rêves, aux nuits où tu es seule voile. ♥
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Zéphyr MessagePosté le: Dim 23 Mar 2014 23:20   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1034
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Bonsoir à tous ! Non, pas de chapitre imprévu pour fêter ma Carpe, mais une réponse aux commentaires.


Ikorih a écrit:
Oui, c'est ça, puisque tou le mond sé ke lora C 1 agant de Tirone. J'ai percé ton complot à jour.

Argh ! Spotted Razz !

Ikorih a écrit:
Ta fic prend une dimension moraliste

J'aurais plus dit une dimension coup-de-gueuliste. Je profite de mon texte pour placer certaines convictions, la dangerosité des capes se trouvant en tête. Pour le cinéma, c'est la même chose. C'est assez embêtant de se concentrer sur ce qu'on a devant les yeux quand les personnes autour discutent ou pire : font du bruit avec leurs paquets de chips / pop-corn / autre friandise étant sous sachet. On notera aussi qu'en cherchant à ne pas faire de bruit avec ledit paquet en prenant lentement leur denrée à l'intérieur, ils font un bruit encore plus long et insupportable. Hell.
Bref, fin du coup de gueule.
En ce qui concerne les clichés, j'aime bien en caser certains pour les casser, ce qui ne veut pas dire qu'ils sont tous faux, même si je doute fortement de la véracité de certains.
Conclusion : les clichés auront toujours la vie dure avec moi Mr. Green.

Ikorih a écrit:
Troisième point : Oh, un Puck. Donc bah il gère. Franchement, ce perso me plaît beaucoup.

L'image m'a bien fait rire. Moi aussi j'aime bien Puck en fait. Il m'arrive même d'avoir du mal à le cerner moi-même Oo. Autrement, je suis très satisfait de voir que mes OC sont appréciés. Ce n'est pas un exercice simple dans le coin d'après mes constatations.

Ikorih a écrit:
D'ailleurs, j'ai noté qu'il portait le numéro 5 et pas 4. Cela signifierait-il que on a loupé une vidéo? Si oui, est-elle importante?

Tu t'es laissée avoir par l'ordre de visualisation des vidéos et aussi par le fait que Sally ait été la troisième à réussir la virtualisation. Par ailleurs, ceci aurait dû te mettre la puce à l'oreille :

Chapitre 12 a écrit:
- Clément Bradley. Treizième testeur. Premier à supporter le voyage dans la virtualité.

Pour résumer, les vidéos ne sont pas dans l'ordre. Par rapport aux personnes visionnées, l'ordre chronologique est le suivant : Sam – Clément – Sally – Patrick.

Merci pour ce très beau commentaire Iko' Smile.


Icer a écrit:
La découverte des décès précédents donne une nouvelle dimension à l'Engrenage : Après les amis "méchants" de Chris (Le camp Tyron) et ses ennemis "gentils" (Les LG), voilà qu'il doit également composer face à son propre camp, sachant que le lien avec les gentils était déjà en cours de construction à cause de Laura

Effectivement, on appelle ça « être pris entre deux feux » je crois, ou plus communément « être dans la merde » Mr. Green.
(L'épisode 22 ? Jamais entendu parler (a))

Icer a écrit:
P.S : Je dédicace la scène du 16ème arrondissement à Nicolas Sarkozy et bien sûr à ma grand-mère 

Et j'en profite pour te remercier à nouveau pour l'aide informative que tu m'as apportée là-dessus =).


Ellana a écrit:
Objection : tu ne peux pas parler des Champs-Elysées sans citer la boutique Disney. Désolée, ça passe pas.

Objection² : Ne connaissant que très superficiellement Paris, je n'avais pas connaissance de la présence de cette boutique aux Champs-Elysées. Je suis donc automatiquement pardonné et le saurai pour la prochaine fois (a).
Quant à l'édit anonyme, on va dire que je le plussoie partiellement.

Ellana a écrit:
Je surinterprète trop ou il y a une référence à Gone ? XD (je n'ai pas lu le commentaire d'Ikorih qui a déjà dû le faire remarquer )

Non, non, il y a bel et bien une référence à Gone. Je suis surpris que tu ais loupé Drake sinon. Un jour, j'essayerais de placer Dekka. En fait, pour les chapitres 11 et 12, je me suis beaucoup amusé à placer des références au moyen des deuxièmes prénoms des personnages.
Sinon, heureux de voir que les références t'ont plu. Je suis fier de celle sur le père Noël personnellement.

Ellana a écrit:
reconfirmation plus flagrante de l'identité réelle du professeur Hope 

Oui, oui, je fais ce que je peux hein... Surtout qu'il faut prendre en compte que j'ai commencé la fic avant la diffusion de la fin de CLE, donc j'ai dû faire en sorte d'intégrer le fait que Tyron était marié avec l'autre et ses cheveux pas roses un peu en improvisation. Alors, c'est qui qui gère Mr. Green ?

En ce qui concerne Mathilde, je t'ai déjà plus ou moins répondu en interne (a). Mais mon scénario est relativement souple et une idée de dernière minute peut tout à fait s'y infiltrer (kassdédi à ma sœur adorée). Wait and see.


Merci à tous pour ces commentaires plus que positifs et extrêmement encourageants. Je m'attelle donc au plus vite à la suite.


Avant de vous quitter, une petite annonce. Je suis repassé sur les 12 chapitres publiés (plus particulièrement les sept premiers) afin de revoir leur présentation et en corriger les fautes, décelées pour le plus grand nombre par Ellana. J'aimerais donc la remercier une nouvelle fois (neuf pages Word quoi Oo) avec ceci :

*Tonnerre d'applaudissements*

La concernée se voit également décerner un bon pour un (hug), un (highfive) ou une (handshake) (au choix).

Ensuite, la présentation de la fanfiction dans le premier post a fait peau neuve, l'ancienne commençant à devenir obsolète.
Et c'est tout pour ce soir.

Je vous dit donc à la prochaine !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.


Dernière édition par Zéphyr le Ven 18 Aoû 2017 00:01; édité 2 fois
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Belgarel MessagePosté le: Lun 31 Mar 2014 05:46   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
Ouf ! J'ai fini !


Tyron-Tron ! Je viens de comprendre XD

Bon, alors ! Un texte riche en pas mal de trucs. Notamment des idées, mais aussi des émotions, une certaine part de suspens, des descriptions splendides, des tonnes de références et surtout une blinde de scènes d'action !
Bon, c'est officiel : l'action, c'est pas ma tasse de thé. Mais tu fais ça très bien, il faut te le reconnaître, et je ne me suis pas ennuyée en te lisant (…enfin, sauf une fois, au châlet…pardon, au handball). J'aurais toutefois un reproche : sachant que tu te bases sur CLÉ, tes spectres sont beaucoup trop vifs et intéressants.
Donc, je le dis : j'aime bien. Mais bien entendu, faire des éloges c'est très difficile. Twisted Evil

Pour commencer, un point de détail :
Le chapitre 4 a écrit:
un boulet, chose que William n'était pas, contrairement à Ulrich
Comme d'autres, je ne comprends pas pourquoi Chris est aussi pressé de considérer Ulrich comme un boulet dans la piste 6. Contrairement à ce qui se passe dans le chapitre 3, il n'y a aucune raison pour qu'il éprouve de l'animosité envers lui, qui ne lui a rien fait, alors qu'il regarde plutôt amicalement William qui s'est foutu de sa poire et n'a pas été des plus sympas. Et vas pas me répondre que c'est parce qu'il est dans les vapes : l'ennemi est herculéen, William se fait péter la guibole, bref être inconscient n'est pas censé être dévalorisant. Gênant, oui, mais pas dévalorisant.
En somme, les sympathie personnelles d'un auteur débordent parfois involontairement sur les jugements de l'OC. J'appelle cette attitude envers les personnages le syndrome imprévu. (obvious troll Mr. Green Ikorih va sûrement me ressortir Chair Aimée d'ailleurs – à tort, bien évidemment Rolling Eyes )

La fin du chapitre 6 a écrit:
- Son épée était bien réelle, elle, souligna William. La lance avec laquelle il a embroché Odd aussi.
Je m'étonne que personne n'ait relevé qu'Odd n'avait jamais combattu contre Chris. Autrement dit, que personne n'ait étayé l'hypotèse que permettait de faire la réplique de William sur le Cortex, comme quoi l'avatar de Chris pouvait être contrôlé par quelqu'un d'autre. (Éventuellement XANA, d'après le Hors-Piste du chapitre 5.) Le dernier chapitre jette une lumière nouvelle sur cet aspect, en ajoutant une hypothèse.
Le début du chapitre 9 a écrit:
Il m'arrivait même d'apercevoir des passages dont je n'avais pas le souvenir, tels que ma lance embrochant Yumi ou bien la vue d'une espèce de pilier à dominante noire possédant des morceaux flottants. Ces derniers révélaient « l'intérieur » de l'édifice, qui arborait une couleur rouge.
(J'ai failli crier à l'incohérence (chapitre 7). C'était sans compter sur le début du chapitre 8 ^^" Donc : bien foutu, tu ne fais pas d'erreur, tu gardes un compte précis des informations dont le héros se souvient et de celles qu'il oublie.)

Je crois qu'on a déjà tout dit sur comment que t'écris bien, que ton OC il est cool et que sa vie elle est sympa à lire, que tu ménages trop bien le suspens dis donc et que j'suis trop curieuse de connaître la suite.
Incrémentation.
Après, j'aurais quand même une réaction face à l'effroi complètement paniqué que, visiblement, il éprouve en se rendant compte qu'il devient complètement schizophrène à tendance psychotique :
Spoiler
Nan, juste pour dire, avant la découverte des vidéos de la clé USB, je le sentais juste pas très investi dans son histoire Laughing


Pour le dernier chapitre, la discussion au café m'a laissée un peu plus froide que vanille. Par contre, pour la partie ciné, je sais pas quel film ils regardaient mais c'était bien parti pour devenir la BEST DATE EVER.
Après, on a droit à du lourd point de vue révélations. Pour formuler ça de manière philosophique : "la nature est bien faite tout de même : non seulement ce Tyron a une tête de méchant, mais en plus, il est méchant."
La très sympathique professeur Hope n'apparaît pas sur ces vidéos. Pourtant, je suis sûre qu'elle a dû tremper les mains jusqu'au coude dans la merde de Tyron.
Heureusement, cet amour de Sally n'a pas l'air d'être au courant, vu qu'elle semblait penser qu'elle aurait droit à une deuxième chance, ou que les ninjas étaient pas forcément au courant du deuxième procédé de virtualisation (mais je crois pas que ce soit l'indice puisque c'est pas affirmé clairement.)
(Au passage, point de vue vie sentimentale, je trouve dommage que l'intrigue avec Anaïs soit demeurée sans suite. Je suis sûre qu'elle se la jouait pas femme fatale et qu'elle a passé des semaines à pleurer T.T)
Sinon, je crois que le chapitre 13 nous montrera un Chris incapable (ou empêché par les circonstances) de résister à une nouvelle plongée dans Tron. À moins qu'on ait droit à un chapitre côté Lyokô.

Zéphyr a écrit:
Avant de vous quitter, une petite annonce. Je suis repassé sur les 12 chapitres publiés (plus particulièrement les sept premiers) afin de revoir leur présentation et en corriger les fautes, décelées pour le plus grand nombre par Ellana. J'aimerais donc la remercier une nouvelle fois (neuf pages Word quoi Oo) avec ceci :

*Tonnerre d'applaudissements*
Vraiment ? Ou ça ? Moi, j'ai rien vu ! Mr. Green
Passons donc à ce que j'aime le plus faire dans un commentaire. Le garant d'une lecture attentive, mais pas d'une lecture intelligente ; l'expression de mes obsessions de lecteur bêta ; j'ai nommé : l'Œil de Faucon© !
Pour rappel : numéros = ortho/grammaire, S = style, ? = incertain / à vérifier / à ta convenance, et X = cette remarque n'existe pas. Maintenant allons-y !
Spoiler


Et pour le mot de la fin…(attention, la balise SPOILER – Code Geass – n'est pas là par hasard…)
Spoiler

_________________
http://nsm04.casimages.com/img/2010/10/30//101030031134926107021414.png
http://imageshack.us/a/img545/1418/n6uz.png
http://imageshack.us/a/img266/4029/ck80.png
Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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¤PurpleCat¤ MessagePosté le: Lun 01 Sep 2014 20:58   Sujet du message: Répondre en citant  
[Odd] Irremplaçable


Inscrit le: 07 Aoû 2012
Messages: 386
Comme promis. T'as de la chance, parce que ma co m'a lâché pendant un bon bout de temps aujourd'hui ^^'
Enfin bref…

On a du lourd, quand même. Partir sur CLE est une bonne idée, peu d’auteurs prennent le risque, on connait le niveau de ladite « Évolution ».

On va faire point par point, parce que je ne sais pas quoi faire d’autre.

Contexte :
On suit donc les péripéties d’un personnage sorti tout droit de ton cerveau. Partagé entre Tyron et Kadic, où, évidemment, on a les LG. Ca finira mal, tout ça. Surtout avec Laura. En fait, je n’arrive pas à trouver de réelle intrigue, je veux dire que Chris n’a pas réellement de but. Il finira forcément par arriver quelque chose, on sent qu’il ne va pas pouvoir continuer à alterner Tron et la fréquentation des LG. Et en plus il retourne vers le passé en gardant sa mémoire (si on exclut ses black-out). On ne sait d’ailleurs toujours pas d’où ils viennent, ses black-out. Ni ce que la méduse lui veut. Ni s’il finira par mourir, comme les autres cobayes précédents. Voilà, je m’embrouille dans tout ce que je ne sais pas, et c'est cool ! C'est bien, de réussir à m'embrouiller. T'y arrives presque mieux qu'Icer Mr. Green


Personnages :
Chris : personnage sorti de ton cerveau, comme pas mal des personnages de la fic. Je l’aime bien. Son caractère est bien défini, le physique aussi, j’arrive très bien à le visualiser, j’aime beaucoup. J’aime les personnages inventés, à condition qu’on les cerne bien. Évidemment, il reste beaucoup de zones d’ombres le concernant. Ah si, petit truc que j’ai remarqué. Je suis grand, pourtant bien moins que Chris. Mais j’ai toujours l’habitude de me baisser en passant les portes, quelles qu’elles soient (dans la limite du raisonnable, si je vois que la porte fait trois mètres de haut, je me baisse pas). Enfin bref, tout ça pour dire qu’il devrait avoir l’habitude, surtout que les portes ne sont pas adaptées au mètre quatre-vingt-quinze à Kadic/Guez de Balzac, et donc qu’il ne devrait pas se cogner en entrant dans le cube (qui, au passage, m’a fait penser à la Huitième Porte), au Salon des Avancées Technologiques. Enfin bref, je parle pour ne rien dire, comme d’habitude. Dernier truc, je fais court : j’aie beaucoup la cuite qu’il se prend ^^
Niveau Lyokô j’aime beaucoup son problème de cape, et, à l’instar d’Ikorih, j’ai revu Edna qui refusait la cape au costume de M. Indestructible. Génial, merci beaucoup. Son pouvoir sur le vent est super intéressant, bien que s’il l’utilisait correctement, il pourrait faire beaucoup plus à mon avis. On ne sait pas encore ce que sait que cette électricité qu’il lui parcourt le corps, peut-être qu’il va pouvoir lancer des éclairs. C’est juste bête qu’il ne puisse pas utiliser les deux en même temps. Le visage brûlé, ça a forcément un rapport avec son dos. Après, soit il a été brûlé dans l’accident de voiture qui a emporté ses parents, soit (et je pense cette hypothèse plus probable) c’est son oncle qui lui a fait ça, comme punition par exemple. Comme quand il l’attachait dans le cagibi (je suppose qu’il ne l’a pas brûlé dans le cagibi, car il en parle comme d’un endroit froid x)).

Les Lyokô-guerriers : toujours fidèles à eux-mêmes. Pas grand-chose à dire.
J’aime bien Laura, elle est moins antipathique que dans CLE, mais on la voit pas parler aux mêmes personnes. Et elle garde ses secrets, qu’elle ne partage pas avec les autres, comme toujours. C’est bien qu’elle donne des cours à Chris, elle va pouvoir apprendre des trucs. Je pense juste qu’elle doit déjà connaître une certaine partie du programme de première S, pour pouvoir donner des cours, mais elle dit qu’elle le fait pour prendre « de l'avance dans le programme de l'année prochaine ». Elle a quand même de l’avance, pour pouvoir donner des cours. Enfin, rien de grave. Cela reste relativement cohérent tout de même, au vu de son intelligence.
Ulrich est franchement décrit comme un boulet, mais en même temps, il en est un la plupart du temps. Aelita, de même que Laura, m’a paru moins antipathique, même si on voit bien qu’elle n’aime pas cette dernière. Jérémie a plus ou moins gardé son intelligence (d’ailleurs, s’il ne l’avait pas fait, Delmas ne l’aurait pas proposé comme tuteur de Chris). Yumi et William, plutôt égaux à eux-mêmes, je trouve juste dommage que Chris n’ait pas dispersé William d’une rafale dès le début, ça aurait réglé des tonnes de trucs (ou pas, puisqu’on ne sait pas ce que ça lui aurait fait) ! Ah si Yumi, elle ne plaisante pas, quand elle est énervée, la tête sous la chasse d’eau, ça rigole pas.

Tyron : scientifique fou, je crois que ça colle assez avec ce que je connais de lui. Prêt à sacrifier quelques gamins pour arriver à ses fins. Normal, quoi, faut faire avancer la science. Il est donc marié à Anthéa (subtile changement du nom) et a une fille dont on ne connaît apparemment pas la mère. Mais Anthéa sait-elle qu’elle a une fille ? Vas-tu nous poser les mêmes problèmes de tutorat que dans CLE ?

Sa fille, donc (à Tyron, pas à Anthéa), Sally. Elle a l’air d’en pincer pour Chris, mais est-ce que le gros ours mal léché va sortir de sa tanière ? Bonne question, à suivre… Ninja femelle, très intéressant ! C’est vrai qu’il n’y a pas de raison que ce ne soit que des hommes. D’ailleurs, Tyron à l’air de l’aimer beaucoup quand même, parce qu’il avait une certaine réticence pour la faire essayer le costume.

Puck, que j’ai du mal à voir avec des oreilles de lutin, vu sa taille et sa corpulence. Enfin bref, un mec assez dérangé et plutôt violent, mais il a l’air plutôt sympa, malgré le sang qui lui tache les mains (a-t-il déjà tué quelqu’un, ou s’amuse-t-il juste ?).

Les ninjas, en général. On retrouve l’envers du décor, et le pourquoi de leur pouvoir. Vont-ils pouvoir contrôler le vent ? Les LG seraient clairement désavantagés pour le coup. Mais ils ne peuvent peut-être récupérer le pouvoir que des morts, et alors tu vas faire mourir Chris (ce serait glauque quand même, et d’ailleurs faire mourir le perso principal, c’est rare). Plusieurs morts dans les essais des ninjas, comme pour le casque, c’est magnifique.

Jim : toujours égal à lui-même, capable de se faire mal n’importe comment.

Le proviseur : je trouve sa réaction exagérée. J’ai jamais passé la nuit dehors au lycée (enfin, si, mais pas en tant qu’interne), mais je trouve que la punition est un peu exagérée, surtout qu’il ne s’était jamais vraiment fait remarqué jusque-là.

Léo Chevalier : le vrai. Mais qu’est-il devenu ? Moi, je pense qu’il va finir par réapparaître et causer quelques ennuis. Parce qu’on lui a volé son identité quand même. Ce qui serait drôle, c’est qu’il se présente à une batterie de test après que Chris soit mort. Ca poserait peut-être un léger problème XD
« Monsieur Chevalier ? Vous êtes noté dans nos registres mort pendant une expérience. »


Décors :
J’ai beaucoup plus de mal à ce niveau-là. Étant donné que tu te places dans Évolution, je sais que je dois voir Guez (ce qui est plutôt simple ^^). Mais dès qu’on sort du lycée je me visualise l’environnement du DA. Ce qui me pose un petit problème : où dois-je visualiser l’histoire ? Paris, comme dans le DA, ou Angoulême, comme dans CLE ?

À ce propos, étant élève à Guez, si tu as besoin d’aide de repérage au lycée ou alentours, n’hésite pas à me demander, je peux facilement t’aider Wink (et même te fournir un plan du lycée Razz).


Pour finir, tu nous as fait un paquet de référence, j’aime beaucoup (j’ai juste bugué sur le détraqueur, va savoir pourquoi, sur le coup j’avais honte. ‘fin bref).


Léger point noir, t’avais pas mal de fautes, même si ça reste correct et n’arrache pas complètement les yeux, et je ne vais pas m’amuser à tout lister, Ellana et Belgarel l’ont déjà fait.


Voilà voilà, je te dis d’office que si je trouve du temps, je reviendrais poster un com’ pour tes nouveaux chapitres, et si je n’ai pas le temps, je lirais sans rien dire, comme je fais souvent.
En tout cas, tu mérites ton Empereur.
D’ailleurs, le prochain chapitre risque d’être intéressant, quand on connaît la fic éponyme.

Maintenant, ya plus qu’à !


Bonne chance Wink

L'Engrenage : fait.

_________________


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Zéphyr MessagePosté le: Ven 12 Sep 2014 22:58   Sujet du message: Répondre en citant  
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Dernière édition par Zéphyr le Lun 30 Jan 2017 21:13; édité 2 fois
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Zéphyr MessagePosté le: Ven 12 Sep 2014 23:00   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre 13
Imprévu






Piste 18 : (20/03/2013)


Les vacances d'hiver étaient terminées. Et ce n'était pas plus mal. J'avais passé le reste de ma semaine enfermé chez mon oncle à consulter encore et encore les documents de la clé USB. Mine de rien, encaisser une partie de la vérité n'était pas aussi simple. Pour le parallèle, c'était comme si après être parvenu à assembler plusieurs parties d'un puzzle, un esprit fourbe venait toutes les détacher et rajouter trois puzzles supplémentaires sur le tas de pièces déjà existant. Enfin, n'exagérons pas. Ce que j'avais appris montrait clairement que je jouais dans un camp dangereux et qu'en bonus, on pouvait l'assimiler aux « méchants » – pour caricaturer.
Mais en vérité, la clé et ses révélations n'étaient pas les éléments principaux qui m'avaient poussé à rester confiner plusieurs jours. Il s'agissait de la peur. De moi-même, ou plutôt de mes réactions. Mon dernier black-out m'avait marqué. Que je le veuille ou non, j'avais blessé des personnes. Inconsciemment certes, mais ce n'était pas une excuse. Au fond, peut-être n'était-ce qu'une remontée de ma nature profonde, pas si différente de celle de Puck. Une soif de combat et d'adrénaline. Un désir de violence inscrit dans mes gènes. La volonté de dominer autrui et de faire étalage de ma bestialité ancestrale. Mais je m'égare.
J'étais donc retourné à Kadic depuis plus de deux jours, baignant dans un état d'esprit résultant d'un étrange mélange : la peur du prochain black-out plus une question retentissante : « Que faire maintenant par rapport à ma situation avec Tyron ? ». La réponse m'est apparue cet après-midi, dans un contexte que je n'aurais pas imaginé.


Bien entendu, avant que l'illumination ne m'atteigne, mon niveau de tension était élevé, même si comme souvent, je faisais en sorte de ne rien laisser paraître au monde lycéen. Et consulter encore et encore la clé USB sur le même portable emprunté à mon tuteur et emmené avec moi à l'internat ne l'aiguillait pas. Pourtant, le choix était évident : tout abandonner et disparaître en silence. J'avais l'avantage de bénéficier d'un faux nom. Autant en profiter et ne plus me manifester auprès de Tyron. Mais je n'arrivais pas à me résoudre à cette option. À chaque fois qu'elle m'effleurait l'esprit, une voix murmurait doucement dans ma tête :
« Et si on continuait quand même ? Juste pour retourner une dernière fois sur Tron et ressentir toutes ces sensations… »
L'idée me plaisait énormément. Après tout, ils ne savaient pas que j'avais découvert leurs secrets. Quel mal y avait-il à tirer sa révérence en profitant d'un ultime voyage dans la virtualité ? Je n'en voyais aucun. Et c'était ça qui me bloquait quant à une prise de décision. Une bataille entre le bon sens et l'envie de se mettre en danger venait d'éclater en moi. Et l’inconvénient, c'est qu'elle m'empêchait de me concentrer sur autre chose avant qu'elle ne soit réglée. Résultat des courses, j'eus droit à des réprimandes de la part de mes partenaires de T.P.E, non seulement pour n'avoir presque pas avancé ma part durant les vacances, mais aussi pour ma dissipation au cours des deux heures de cours aménagées pour ce travail. Priscilla, de par son naturel franc et grande gueule, m'asséna un « Tu pourrais au moins faire semblant d'avoir bossé connard. » , ainsi qu'un cinglant « Boulet ! » que je ne relevai pas, trop absorbé par mes pensées.
À la pause de dix heures, je fus abordé par Christophe M'Bala et son air détaché reconnaissable entre tous. Il m'envoya sur un air de conversation :
- Priscilla t'as pas traumatisé au moins ? Elle s'énerve souvent pour un rien. Un coup, elle a même baffé quelqu'un parce qu'il répétait le même mot sans cesse.
Tout naturellement, je ne pus m'empêcher de sourire à l'anecdote, m'imaginant parfaitement la scène. Mon camarade de classe venait de faire une belle entrée en matière.
- Je survivrai, répondis-je amusé.
Par politesse, mais surtout par curiosité, je poursuivis :
- Tu avais besoin de quelque chose ?
- De temps en temps avec quelques amis et des élèves d'autres classes, on s'organise des après-midi film au foyer. Je me suis arrangé avec Sissi pour avoir le foyer pour nous tous seul à ces moments-là, pour être plus tranquilles.
J'ignorais comment Christophe avait réussi à convaincre la fille du proviseur – responsable du foyer en prime – mais cette simple performance m'inspira du respect pour lui. D'un autre côté, je n'avais jamais rencontré d'os en échangeant avec lui. Toujours posé, ouvert, aucune condescendance dans la voix, laquelle avait un timbre qui mettait en confiance. Il ne sortait jamais de ses gonds, ou plutôt, je ne l'avais jamais vu dans un tel état, même pas un peu. Peut-être était-il modéré. Mais par-dessus tout, il émanait de lui comme une aura de calme qui inhibait toute émotion négative et donnait envie de converser avec lui. Pour résumer, c'était un mec cool. Même Sissi ne pouvait nier ce point. C'était probablement pour ça qu'elle avait accédé à sa demande.
- Est-ce que ça te dit de venir ? me demanda Christophe suite à sa petite explication.
Sa proposition était tout à fait sérieuse, sans ambiguïté ni raison cachée. J'ignorais complètement la raison de son invitation.
- Quel film ce sera ? éludai-je.
- La menace fantôme.
Je connaissais bien entendu ce titre, comme beaucoup, mais pas son contenu.
- Pas vu, dis-je dans un souffle.
Christophe conserva comme à son habitude une expression tranquille, en totale contradiction avec la surprise qu'il manifesta oralement :
- Mais c'est le meilleur des six Star Wars ! T'as un gouffre culturel à combler man. Du coup, pas le choix, tu dois venir.
- D'accord.
Je me surpris moi-même à lâcher cette parole, pour le plus grand plaisir de mon camarade de classe, qui conclut avec :
- Quatorze heures au foyer. Je suis sûr que tu vas adorer.


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Au total, nous fûmes douze, lycéens pour les trois quarts. Pour plus de confort, l'espace offert par le foyer avait été optimisé. Canapé trois places, chaises rembourrées et coussins par terre avaient été disposés autour de l'écran, de sorte à ce que tout le monde puisse voir clairement et confortablement le film. Néanmoins, les meilleures places revinrent aux plus rapides. Étant arrivé dernier, je me contentai d'une chaise.
Parmi les personnes présentes pour cet après-midi cinéma, je reconnus Amanda et Christophe, mais aussi Anaïs, accroché au bras d'un garçon que j'identifiai comme étant en terminale. Je n'avais plus eu de contact avec elle depuis près d'un mois. D'un autre côté, ma scène de la dernière fois n'invitait pas forcément à revenir me parler, mais je ne m'en plaignais pas. J'avais eu un bref coup de cœur pour elle et elle m'avait déçu. C'était aussi simple que ça. Quant aux autres élèves présents, je repérai Odd Della Robbia installé sur le canapé en compagnie d'une jeune fille coiffée d'un chapeau. La dernière place dudit canapé était occupée par un jeune homme à l'air quelque peu ahuri et aux cheveux tirant sur le roux. Je ne le connaissais pas, mais ce n'était pas le cas de la jeune fille, Samantha. Il me semblait l'avoir vue à la compétition de skateboard organisée il y a un et demi à Kadic, mais je n'en étais pas certain. Elle avait pas mal changé entre-temps. Porter le chapeau à la bretonne faisait toute la différence.
Une fois tout le monde en place et la pièce obscurcie au maximum, Christophe lança le film. La séance se révéla assez agréable si l'on exceptait les quelques bruits de pop-corn que quelqu'un avait eu la bonne idée d'emmener. Seulement, la technologie moderne en décida autrement : la télévision planta, l'instant suivant une nouvelle apparition de Dark Maul, qui devait probablement donner lieu à un combat. Christophe, d'ordinaire blasé, fut le premier à réagir à cette panne :
- Non mais c'est quoi cette télé !
Il lui donna un coup pour la relancer, sans résultat. Étouffant quelques jurons bien sentis, il annonça :
- On a besoin d'un plan B là, au moins pour regarder la fin. Je vais m'arranger.
En un éclair, il quitta le foyer, nous laissant nous remettre de la torpeur caractéristique du visionnage d'un film. En attendant des nouvelles de Christophe, chacun dut attendre tant bien que mal. Parler fut le procédé privilégié pour tromper le temps. Pour ma part, j'étouffai quelque peu dans l'atmosphère du foyer, aussi, je choisis de sortir prendre l'air. Malgré quelques regards interrogateurs, personne ne me posa de question sur mes intentions. En me dirigeant vers la sortie, mon regard croisa celui d’Anaïs, laquelle baissa les yeux instantanément. Non pas en signe d'ignorance, mais d'autre chose, que je ne saurais définir. Une simple impression, rien de plus.


Le bunker d'égout du parc me sembla l'endroit le plus approprié pour profiter de la fraîcheur extérieure. Je portai donc mon choix dessus et m'y assis. Une minute après m'être installé, je fus frappé d'un monstrueux coup de barre. Ma tête se fit un peu moins légère, et mes oreilles n'entendirent plus le moindre bruit alentour, ne percevant que ma respiration lourde. En réponse à ça, je me massai les tempes machinalement. C'était un miracle que je ne me sois pas endormi devant le film. Une bonne concentration devait être supérieure à l'envie de se reposer. Malgré tout, je ne pus m'empêcher de songer :
« Si j'étais sur Tron, je ne ressentirais pas la fatigue… »
L'envie d'être virtualisé refit alors surface, toujours plus tentante, même face aux remontées de mes horribles découvertes. Je ne me sentais pas la force de refuser si Tyron me proposait une nouvelle séance. Tiraillé entre mes deux options, je ne vis pas Amanda arriver. Elle prit le temps de s’asseoir à côté de moi avant de m'interroger :
- Tu tires une tête encore pire que d'habitude. T'as vu un mort ?
- …
Sa question passa à des kilomètres de mon esprit, bien que perçue par mon cerveau.
- J'adore parler avec le vent, fit-elle remarquer. Lui au moins me répond.
- ...
Mon éloquence venait de s'exprimer en toute beauté une seconde fois. Néanmoins, je commençais à émerger.
- Bon, j'étais venue te chercher parce qu'ils ont trouvé un plan de secours pour voir la fin du film. Christophe tient à ce que tu voies la fin. Il est intraitable à ce sujet. Le dernier qui lui a dit que La menace fantôme était de la merde s'est pris un coup de pied au bon endroit. Christophe y a été si fort qu'on a surnommé son attaque le Brise Moule.
La réplique me tira de ma bulle et me fit même esquisser un vague rire. Le problème, c'est que je ne savais pas si l'anecdote était sérieuse. Aussi, je demandai timidement :
- Vraiment ?
Amanda haussa les épaules avec un air de mystère accompagné d'un sourire. Puis, en total contraste avec son expression, elle dévia sur un sujet plus sérieux :
- J'imagine que ce que je t'ai donné n'a pas été efficace.
- Ils ont fini dans les toilettes, répondis-je sans délai.
C'est à ce moment-là qu'un déclic se produisit en moi, profitant du silence induit par ma réplique. Le dernier mot prononcé fit remonter certains souvenirs. Toilettes. Matthias Burrel. Amanda. Expériences de Tyron. Morts. Mathilde. Matthieu. Amanda. Voilà pourquoi le nom Ducroc m'évoquait quelque chose. Je l'avais déjà entendu une fois de la bouche de Matthias.
« Après ce que t'as fait à Matthieu Ducroc, t'as aucune leçon à donner. »
Avec un peu de chance, les deux étaient de la même famille. Et Amanda en connaissait au moins un. Peut-être pouvait-elle m'aiguiller. Emporté par ma prise de conscience, je ne perdis pas une seconde et questionnai ma camarade de classe :
- Excuse-moi d'être aussi direct, mais j'ai cru comprendre l'autre fois que tu connaissais un certain Matthieu Ducroc. Et il se trouve que j'ai perdu de vue une amie qui portait le même nom de famille, Mathilde. Du coup, j'ai pensé qu'ils avaient peut-être un lien de parenté. Est-ce que tu en saurais plus ? Ou alors, si possible, me présenter Matthieu ?
Au vu du regard que me lança Amanda, je compris que je venais de mettre royalement les pieds dans le plat. Surprise, interrogation et tristesse. Je n'aurais su dire quel sentiment prévalait chez elle en cet instant.
- Je croyais… que tout le monde était au courant, dit-elle à voix basse.
Cette fois-ci, je me retins de répondre « De quoi ? » et laissai Amanda poursuivre :
- Pour te répondre, Mathilde et Matthieu sont bien frère et sœur, mais… elle a disparu du jour au lendemain. Et lui, il est mort quelque temps après.

Ce fut mon tour d'être sur les rotules. Je ne m'attendais qu'à moitié à ça. Elle m'avait annoncé ça d'une voix légèrement tremblante et non dénuée d'émotion. Je ressentis alors une immense gêne pour ma maladresse et pour avoir forcé quelqu'un à ressasser de mauvais souvenirs.
- Désolé, tentai-je de formuler, c'était débile de te poser des questions comme ça.
Après tout, qu'est-ce que cela m'apporterait de savoir ce qu'il était advenu de Matthieu et son lien avec Tyron ? Je savais assez de choses sur ce dernier. Inutile de réveiller plus de morts.
- J'avais commencé à sortir avec Matthieu deux mois après mon entrée en seconde, raconta Amanda. Ça...
- C'est bon, la coupai-je. T'es pas obligée de me raconter si t'en as pas envie.
Mais trop tard, elle était déjà complètement immergée dans son passé.
- Ça se passait pas trop mal entre nous, même si on avait nos périodes de « je t'aime, moi non plus » comme beaucoup. Bref, en début d'année dernière, ses parents ont déménagé à l'autre bout de la ville et il a dû changer de lycée. La logique adolescente aurait voulu qu'on rompe, mais on a quand même décidé de rester ensemble. Et on se débrouillait pas trop mal il faut dire.
Jusque-là, son histoire donnait une forte impression de hors-sujet. Mais elle voulait sûrement remettre les choses dans leur contexte. C'est pourquoi je me contentai simplement d'écouter attentivement. Après tout, cette situation était partie de ma curiosité inutile.
- Courant juin, tout a basculé avec la disparition de Mathilde. Matthieu était très proche d'elle. L'événement l'avait profondément bouleversé. En plus de ça, les autorités étaient inactives à cause de la majorité de Mathilde et du fait qu'elle ne vivait déjà plus chez ses parents. Du coup, une fois remis du choc initial, Matthieu a décidé de chercher lui-même des éléments qui lui permettraient d'expliquer la disparition de sa sœur. Il était persuadé qu'elle ne pouvait pas s'être évanouie dans la nature sur un coup de tête. C'est ça qui lui a permis de pas se noyer dans le chagrin, comme ses parents.
Elle fit une pause dans son récit, semblant chercher à formuler la suite. Je l'y aidai en posant une question :
- Et il a trouvé quelque chose ?
- Oui. Il est tombé sur le carnet personnel de sa sœur. Apparemment, il était tombé de son sac lors de sa dernière visite chez ses parents, avant sa disparition. Et il comportait quelques indices intéressants, que Matthieu ne m'a jamais révélés.
Un léger silence s'abattit, me faisant croire que l'histoire était terminée, mais ce n'était pas le cas :
- Et puis, le neuf août, il est arrivé avec un bras en écharpe et quelques bleus. Il a justifié ça à ses parents par une chute, mais à moi, il a avoué qu'il s'était fait agresser et menacer. Selon lui, c'était une preuve de plus comme quoi la disparition de Mathilde n'était pas normale. Avec le carnet de Mathilde, il était persuadé de pouvoir coincer les coupables. C'est là que j'ai pris peur. Pour moi, mais aussi pour Matthieu. L'affaire prenait une tournure trop grave à mes yeux. C'est pour ça que je lui ai supplié d'arrêter son enquête tant qu'il le pouvait encore. Mais il a refusé. Alors, j'ai fait ce qui me semblait le plus sûr pour moi : je l'ai quitté.
Amanda renifla légèrement. Elle n'était visiblement pas tout à fait remise.
- Quatre jours plus tard, on retrouvait son corps dans la rivière. L'enquête a conclu à un suicide. Beaucoup ont pensé qu'il en avait fini parce que je l'avais lâché dans un des pires moments de sa vie, et que c'était la goutte de trop pour lui. Matthias par exemple.
Elle respira un grand coup pour marquer la fin du récit. Puis, quelques minutes d'encaissement silencieuses plus tard, Amanda reprit la parole :
- Tu sais, je n'avais jamais parlé à la police de ça. Parce que je manquais de preuves principalement, et aussi parce que… j'ai peur. De découvrir qu'en réalité, Matthieu s'est bel et bien suicidé, et que c'est ma faute.
L'ombre d'un instant, je fus tenté d'apporter des éclaircissements à Amanda, de lui dire que Matthieu avait raison et lui parler de mes dernières semaines. Mais si je le faisais, rien ne disait qu'elle ne se lancerait pas sur la même voie que son petit copain mort. La laisser dans l'ignorance était peut-être mieux. Du coup, je me contentai de laisser couler avant d'embrayer :
- Sinon, je m'excuse de t'avoir poussée à me parler de ça. C'était pas intelligent.
- C'est plutôt moi qui suis désolée de t'annoncer la disparition de ton amie Mathilde. Je ne l'ai pas énormément fréquentée, mais elle a toujours été sympa avec moi.
Avec tout ça, j'en avait presque oublié mon mensonge initial. Heureusement pour moi, Amanda m'offrit le luxe de ne pas avoir à inventer un mensonge à répondre à ça.
- Et puis, je me sens un peu plus légère après ça. Alors merci.
Je lui mentais, et elle m'en remerciait. C'était triste à entendre, mais réel dans le fond.

La conclusion de tout ça, c'est que Mathilde Ducroc était décédée sur la table de virtualisation et son frère avait réussi à remonter la piste de Tyron, mais celui-là l'avait fait taire. Se débarrasser de tout ce qui le dérange ou ne lui sert pas était sa méthode. En ce qui me concernait, je n'étais plus tiré de deux côtés. Il fallait que je coupe les ponts avec Tyron et que je tente d'oublier tout ça en faisant profil bas. C'était le minimum à faire si je ne voulais pas grossir la liste des victimes. Même si l'envie de faire un dernier voyage virtuel était toujours présente, je savais que je ne pouvais pas me permettre d'être aussi peu prudent. La peur des représailles du malheur se révélait plus forte que cette envie.
J'avais la réponse à ma question.

Mon aventure est terminée, et par extension, ce journal audio.


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Hors-piste :


Jeudi 21 mars 2013

Après sortie de la douche matinale et séchage consciencieux du corps, Patrick commença à s'habiller. Jour de garde oblige, il dut mettre sa combinaison spéciale. Il s'abstint de mettre la cagoule immédiatement. C'était probablement l'élément du costume le plus désagréable à porter. Lourd, étouffant, inconfortable. Retarder le moment où il faudrait la mettre était un geste de survie dans les environs.
Fin prêt, il sortit de sa chambre. Située comme celle des autres au troisième sous-sol du complexe souterrain, elle donnait directement sur ce qu'il pourrait nommer La Grand-Place, qui n'était qu'un espace vide avec en son centre une sorte d'œuf géant, œuvre pondue non pas par un animal d'envergure exceptionnelle, mais par l'homme. Quoique ça ne faisait pas une grande différence pour Patrick. C'était d'ailleurs la destination de ce dernier. Le Cocon, l'espace où il fallait attendre patiemment de se faire virtualiser. Bien entendu, ce cas de figure arrivait rarement, même si cela devenait plus mouvementé dernièrement.
Sur le chemin – qui se composait d'une vingtaine de pas à tout casser – il croisa Sally. Comme à chaque fois qu'elle l'apercevait, elle lui lança un regard noir. À cela, le surnommé Puck lui envoya un sourire provocateur, afin de l'énerver un peu plus. Elle rentra dans son jeu en noircissant un peu plus son regard, chose que le garçon n'aurait pas crue possible. Dans le fond, malgré toute l'animosité qu'elle manifestait envers lui, il l'aimait bien. Parmi les autres gardiens, c'était une marginale, tout comme lui. En plus de ça, elle était une des rares à oser lui parler franchement et à lui tenir tête. Les autres avaient cessé depuis longtemps, surtout depuis le malencontreux accident qui avait vu une rotule se briser. Le bruit qu'elle avait produit ce jour-là avait été presque musical aux oreilles de Puck.
La croisade éclair terminée, il continua sa route jusqu'à être au pied du Cocon. Se plaçant à un endroit bien localisé, il appuya sur un bouton subtilement incrusté dans la paroi, ce qui eut pour effet de faire apparaître une ouverture devant lui. Il s'y engouffra. Dès son entrée dans l'espèce d'habitacle, il eut immédiatement le droit à une remarque cinglante :
- T'es en retard.
Clément évidemment. Tous les tours de garde de Puck étaient communs avec lui. Il soupçonnait Tyron de l'avoir fait exprès afin d'éviter que d'autres genoux ne souffrent. Sally aurait fait l'affaire pour cette tâche également, mais elle était beaucoup trop impulsive. Elle aurait fini par l'étrangler. Alors que Clément lui, était tout le contraire. Si on le détaillait physiquement, il n'était pas plus différent des autres garçons, mais il dégageait une aura qui ne donnait pas envie de s'opposer à lui. Parmi le groupe des gardiens, il était ce qui s'approchait le plus d'un chef de groupe. Premier à réussir le voyage dans la virtualité grâce à la combinaison, des performances au combat supérieures à la moyenne, assez intelligent pour ne pas être perdu par le premier terme compliqué, mais surtout, suivant toujours les instructions et les ordres. L'ensemble de ces facteurs lui avait attiré le respect de presque tout le monde, même de Puck, enfin surtout parce qu'il lui tenait tête.
- Il y avait un chat coincé dans un arbre, servit le retardataire en guise d'excuses. Et tu me connais, je ne résiste pas aux animaux mignons.
- Je m'en tape. T'es en retard, appuya à nouveau Clément.
- Si rigide dès le matin ? fit Puck d'une voix faussement surprise. Toi, tu sais me faire plaisir.
Comme à son habitude, le visé ne présenta aucun signe de déstabilisation. Il était coriace, même face aux allusions douteuses.
- C'est si chiant que ça de respecter ce qu'on te demande ? lança un des trois autres gardiens présents, dont Puck ne connaissait pas le prénom.
La présence du « leader » avait probablement donné du cran à l'auteur de la dernière réplique. Ce qui n'empêcha pas une nouvelle remarque du jeune Swan de partir :
- C'est pour ça que je préfère les chats. Moins dociles que les chiens.
- Mais largement plus stupides visiblement, renchérit Clément.
- Alors pourquoi c'est au chat qu'on a confié une mission importante ?
L'assemblée au complet tiqua, même Clément, qui eut un léger froncement de sourcils. La pique était remarquablement bien placée. Patrick faisait référence à sa mission d'intrusion sur le monde virtuel ennemi afin d'y placer une balise, mission qui avait été couronnée de succès. La majorité pensait que ce type de travail reviendrait obligatoirement à Clément Bradley, archétype du ninja. Inutile de spécifier l'étonnement suscité par l'annonce de la personne sélectionnée. Cette affaire n'avait fait que diminuer un peu plus la cote de popularité du garçon au surnom d'elfe, qui devait à présent flirter avec le zéro absolu.
Voyant l'absence de réaction orale à sa question, Puck poursuivit :
- Le chat est capable de prendre des initiatives et de s'adapter à une situation imprévue, contrairement au toutou qui se retrouvera acculé sans être capable de se libérer de son schéma comportemental habituel. C'est moi qui ait été choisi parce qu'on savait que j'arriverais à faire ce qu'on me demande sans forcément suivre les consignes.
Sa tirade achevée, il s'installa dans un des nombreux sièges disponibles, ne prenant même pas la peine de s'éloigner des autres, pour leur plus grand déplaisir silencieux.


Le gros souci avec les tours de garde, c'était l'attente. Et l'ambiance confinée qui se dégageait du Cocon – possédant pourtant un système de ventilation performant – n'arrangeait pas les choses. C'était la principale raison pour laquelle Patrick se permettait d'arriver en retard, puisque statistiquement, il n'avait que treize pourcents de chances qu'il manque une virtualisation lors d'une de ces périodes.
Aussi, le silence prévalait dans la pièce. Deux des cinq jeunes, dont celui qui était intervenu dans l'échange précédent, jouaient à un jeu sur une console portable. La troisième personne inconnue, une fille, lisait un livre, ce qui était un exploit puisque la luminosité verdâtre qui régnait n'était pas l'idéal pour pareille activité. Clément se tenait immobile à sa place, les yeux fermés. S'il ne somnolait pas, peut-être explorait-il les tréfonds de sa spiritualité. Puck n'était pas loin du même état, à la différence que son regard fixait sans sourciller un point devant lui. Sa méthode à lui pour perdre la notion de temps consistait en une simulation mentale des possibles combats qu'il livrerait sur Tron. Bien entendu, il faisait en sorte de jouer toutes les combinaisons possibles d'adversaires dans son esprit, ce qui était véritablement pratique au niveau de la longue durée. Néanmoins, il y avait quelqu'un contre qui il tenait à avoir sa revanche : le samouraï orangé. Malgré le succès de sa mission d'infiltration, sa défaite contre ce garçon était restée gravée en lui. Il l'avait complètement sous-estimé et s'était fait avoir en conséquence. Mais au final, c'était tout aussi bien. Un ennemi avec du répondant ne pouvait qu'ajouter du piquant à l'action.
Pour le coup, il aurait préféré se battre contre ce garçon dans le monde réel, poing contre poing. À ses yeux, un affrontement était moins intéressant si l'on ne pouvait éprouver la douleur et la fatigue. C'était moins vivant. Plus artificiel. Mais ça n'enlevait rien à la singularité du virtuel et s'y rendre ne l'embêtait jamais, car Tron lui offrait une certaine diversité dans les situations qu'il avait à y vivre. L'univers numérique avait même l'avantage de lui faire savourer beaucoup plus les retrouvailles avec les sensations de son corps. Passer d'un monde à l'autre étaient extrêmement savoureux et permettait d'éprouver des sensations inédites pour le commun des mortels.
Les pérégrinations spirituelles du ninja furent interrompues par une musique diffusée par les hauts-parleurs. Il s'agissait de l'alarme qui spécifiait le lancement de la virtualisation. À partir de là, toute personne présente pour un tour de garde avait un délai de trente secondes pour s'installer et se préparer à la virtualisation.
Alors que tous s'exécutèrent comme des robots pour se mettre en place, Patrick prit une fois de plus son temps. Tranquillement, il s'installa plus confortablement dans son fauteuil et enfila sa cagoule, le tout accompagné par la chanson des Daft Punk qui tenait lieu de signal d'alarme. Le choix de ce fond sonore serait, selon ce qui se disait, une touche destinée à détendre ceux qui allaient subir un transfert. De quoi être perplexe. Dans tous les cas, Puck adorait ces trente secondes. C'était une durée courte sur le papier, mais longue lorsqu'on la vivait. L'essence même de son exaltation d'avant-combat se concentrait en cet instant. Qu'allait-il découvrir une fois là-bas ? Des ennemis prêts à en découdre ? Une personne isolée et désespérée ? Ou bien rien du tout, une simple fausse alerte ? Dans tous les cas, l'inconnu suffisait à le mettre dans un état d'esprit combatif. Il allait enfin pouvoir décharger son feu intérieur.
À la fin du compte-à-rebours, tous étaient prêts, comme prévu.


Patrick n'avait jamais vraiment compris comment sa tenue pouvait transférer sa conscience dans un monde numérique. Mais à chaque fois, c'était la même chose : il ressentait comme un courant électrique se propager dans son corps, immédiatement suivi d'une perte de conscience. Venait ensuite la plongée en elle-même, ou plutôt la remontée, sensation qui le traversait toujours. Enfin, l'impression de sortir la tête de l'eau lui signalait qu'il était arrivé à destination. Dans un monde clair et obscur à la fois : le sol. Pour des raisons stratégiques, les avatars étaient toujours envoyés directement dans le décor. Incontestablement, ce pouvoir était le plus fascinant et le plus grisant de toute la palette, mais demandait pas mal d'entraînement pour le maîtriser. Se déplacer dans la matière solide était assez proche de la nage en milieu liquide. Même avec un toucher inhibé, une résistance était palpable lors des mouvements. D'ailleurs, l'avantage qu'avaient les éléments du décor, c'était que battre des bras et des jambes pour avancer était inutile, la pensée et la concentration suffisaient. Par contre, une fois un membre ou une autre partie du corps à l'air libre, il fallait de nouveau user de ses muscles virtuels pour bouger. Mais la capacité la plus captivante de la faculté ne se trouvait pas là.
On pourrait croire que se fondre dans le sol rendait aveugle, mais ce n'était pas tout à fait le cas. Si la vue se trouvait bel et bien complètement obscurcie, un nouveau sens faisait surface lors d'une plongée dans le décor. Celui-ci s'apparentait à un radar interne, qui permettait en plus de se localiser spatialement, de situer ceux qui entraient en contact avec le sol/mur/paroi intégré. Bien entendu, ce radar interne ne s'étendait que sur un périmètre donné, mais c'était un détail.
De cela, il résulta que Puck et ses compagnons repérèrent vite divers intrus dispersés sur les nombreuses plateformes du Noyau. En sortant brièvement leur tête du sol, ils purent constater leur nature. Des monstres. Huit au total, et classifiables en deux types. Les premiers étaient d'une couleur orange prononcée et évoquaient des crabes géants avec leurs longues pattes articulées. Les seconds s'apparentaient à des araignées aux couleurs allant de beige à marron. Un symbole se dessinait sur leur tête. Celui que Chevalier leur avait décrit à son retour d'exploration dans l'autre monde virtuel. Outre leur apparence, les ninjas notèrent que les créatures pouvaient tirer des lasers, lesquels étaient dirigés en plein sur la console, deuxième élément notable du Noyau après le cœur lumineux central. Comme un seul homme, tous se dirigèrent au pied du petit dispositif, sortirent du sol et dégainèrent leurs épées pour parer les traits rougeâtres. Au cours des différents briefings, il leur avait été expliqué que cette console était intimement liée au supercalculateur. On pouvait la comparer à une interface entre les deux mondes. Pour cette raison, si elle se faisait endommager virtuellement à long terme, certains fichiers du supercalculateur pouvaient être détériorés eux aussi, voire détruits. Bien entendu, ce n'était pas suffisant pour faire exploser la machine génératrice de Tron, mais pouvait lui occasionner de lourds dégâts mémoriels. Il n'en restait pas moins que l'importance de cette petite console leur avait été soulignée et encadrée en gras. Pour Puck, ça cachait obligatoirement quelque chose, mais ce genre de question ne le concernait pas au fond.
À contrario, il s’interrogeait vraiment sur la présence des monstres dans le Noyau. Certes, ce n'était pas la première fois qu'ils étaient aperçus dans le coin, mais jamais ils n'avaient été hostiles lorsque des envoyés de Tyron les observaient ou s'approchaient d'eux. Au final, le scientifique en avait déduit que leur présence devait résulter d'une propriété émergente de Tron et l'histoire était passée au second plan. Alors pourquoi montraient-ils de l'animosité seulement maintenant ?
Cette question, il dut la remettre à plus tard pour se concentrer sur ses bras et la pluie de lasers qui déferlait sur lui et ses compagnons. Depuis qu'ils s'étaient placés devant la console pour la défendre, les ninjas étaient parvenus à détruire cinq des créatures adverses en leur renvoyant leurs propres attaques, au prix de la dévirtualisation de l'un d'eux. L'affrontement aurait pu tourner en leur avantage si des renforts ennemis n'avaient pas débarqué en empruntant le téléporteur d'entrée. Par chance, ils reçurent également du soutien de leur côté, qui leur permit de retenir avec plus de fermeté les assauts. Mais cela se révéla insuffisant. Les monstres prenaient petit à petit l'ascendant sur eux de par leur position élevée et leur supériorité numérique, qui ne put être endiguée malgré une tentative de barrage de l'entrée du Noyau. Le tout se traduisit par plusieurs lasers qui passèrent la barrière humaine pour venir frapper la console. Au bout de quelques minutes, à moins que ce ne soient des secondes, plus aucun renfort n'arriva de leur côté. Heureusement, cela sembla être le cas de l'autre côté aussi. Mais une chose était sûre.
Ils allaient perdre.
C'est à ce moment-là qu'un grain de sable vint s'incruster dans la bataille rangée. Enfin, il serait plus juste de dire que ces grains étaient plusieurs. Trois. Un chat violet, un samouraï orangé et un sombre ténébreux. Ce dernier se jeta sur un des semblables de Puck et lui offrit un retour à la réalité avant de s'esquiver furtivement. À partir de là, les événements s'enchaînèrent de manière fulgurante. La bataille rangée entre deux camps se transforma en mêlée générale. Les gardiens restants partirent à l'assaut des monstres, profitant de la mini-diversion offerte par les nouveaux arrivants, qui eux aussi seraient éliminés. Patrick se contenta de laisser ses réflexes prendre les commandes. Renvoyer ou esquiver un laser, plonger dans le sol, couper une patte, chercher une occasion de détruire l'ennemi. On aurait pu croire que c'était une danse savamment préparée. L'âme entière du ninja était concentrée sur le combat. Parmi le chaos qu'était le champ de bataille, un seul sentiment le traversait.
L'harmonie.
Son corps aux sensations modifiées s'était parfaitement adapté à l'environnement. Ses mouvements n'étaient plus que fluidité et précision. Et s'il avait eu besoin de respirer, nul doute que son souffle aurait été aussi léger que l'air. Pouvait-on se sentir plus en vie qu'ainsi ? Il en doutait.


Après ces quelques délicieux instants de symbiose, Puck interrompit sa transe combative. Même si la sensation éprouvée était incomparable, il ne devait pas en abuser, sous peine de se laisser dominer par elle. En plus de ça, elle avait pour désavantage de lui faire oublier ce qui l'entourait. Or, s'il s'était octroyé un arrêt, c'était justement pour jauger la situation de la zone de combat. Il n'en eut malheureusement pas le temps puisque un laser le prit pour cible. Reculant pour éviter les suivants, il identifia son agresseur : une araignée qui se situait de l'autre côté de la salle, au même niveau que lui. Intérieurement, il se félicita de son initiative précédente, qui lui a probablement été salvatrice. Pour esquiver les tirs et atteindre la créature, il se paya le luxe d'user de son pouvoir de super-vitesse. En temps normal, l'activation de cette faculté se faisait sur autorisation préalable, mais au vu de sa performance au cours de la dernière mission, on lui pardonnerait cet écart. Cette tâche accomplie, Patrick put enfin balayer du regard l'espace qui l'entourait. La bataille royale touchait visiblement à sa fin puisque le nombre de combattants en présence se comptait à peine sur les doigts. Le bruit caractéristique des lasers et des épées ne résonnait plus. Sur une plateforme inférieure, un de ses compatriotes et le samouraï se faisaient face, signe de prélude au duel.
« Et merde. »
Ce n'était pas là qu'il pourrait se charger du garçon aux deux sabres.
Un éclat de voix attira alors son attention. Levant la tête vers le niveau supérieur, il aperçut le garçon en costume de chat violet se tenant debout. Seul. Il n'en fallut pas plus à Puck pour qu'il pique un sprint d'élan afin d'atteindre la plateforme haute où sa proie l'attendait. Celle-ci, le repérant, se mit à décharger des salves de fléchettes depuis ses gants au moment où il s'élança dans les airs. Le ninja laissa les projectiles le toucher. Bien sûr, les parer aurait été chose aisée, mais il aurait perdu son élan dans l'affaire. Et en cet instant, il ne voulait qu'une seule chose : vaincre un dernier adversaire pour étancher sa soif de combat. À peine atterrit-il qu'il prit une impulsion en avant afin de trancher l'adversaire à la coiffure en pointe qui lui faisait face. Et c'est ce qu'il fit. Malgré tout, encaisser toutes ces attaques eut pour effet notable de désintégrer son corps en même temps.


Le premier réflexe du ninja au réveil fut de retirer le plus rapidement possible sa cagoule. C'était un mouvement que presque tout ceux qui subissaient ce mode de transfert avaient adopté. Expliquer le pourquoi de ce geste aurait été complexe. Il fallait le vivre pour comprendre.
Ce n'est qu'après s'être délesté de ce fardeau que les sensations de son corps revenaient à lui. Et cette fois-là ne faisait pas exception. D'abord, la respiration. L'air s'infiltra tout naturellement dans ses poumons par ses narines. Quelques bouffées lui permirent de se réhabituer. Le toucher prenait ensuite la main, pour s'exprimer de manière toujours brutale. La température de la pièce que la peau de son visage percevait, la chaleur de son corps dans sa combinaison, la texture de cette dernière sur sa peau... Toutes ces informations jaillirent dans le cerveau de Puck. Ce sens était certainement celui qui se révélait le plus fragile au réveil. Le choc de le retrouver demandait un délai d'adaptation plus élevé. Le goût, l'ouïe et l'odorat étaient bons derniers à s'exprimer. Sa bouche était pâteuse et évoquait au garçon la saveur d'un médicament qui aurait tourné. Un bruit de grésillement et des murmures parvenaient à ses oreilles. Il identifia également la subtile fragrance qui planait dans l'atmosphère : celle de la sueur. C'était un des inconvénients des combinaisons. Elles donnaient très chaud et la matière de leur tissu n'était pas des plus respirantes. Même avec un bon déodorant, il était difficile de ne pas exhaler cette odeur.
Au final, Puck s'en fichait des sensations de son corps. Seuls comptaient les combats qu'il venait de mener. Le bruit de l'acier des épées, des tirs de lasers, ainsi que les images des adversaires qu'il avait abattus... Il se rejoua mentalement toute la scène. Penser à ses performances au combat suffit à lui faire éprouver ces sensations qu'il aimait par-dessous tout : la fierté et l'exultation. Il ne put alors s'empêcher de penser :

« Il vaut vraiment le coup... ce champ de bataille. »


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Chris poussa un long et profond soupir. Il s'ennuyait. Depuis combien de temps cela ne lui était plus arrivé ? Longtemps. Il fallait dire que ses dernières semaines avaient été riches en émotions, avec tous ces combats, mystères et dangers...
« Non ! »
Sa petite voix intérieure avait parlé. Sa résolution de la veille devait être tenue, donc il n'avait plus à penser à cette histoire. Du moins essayait-il. Il avait bien failli rejeter un œil sur la clé USB après son insomnie de la nuit dernière. On avait clairement vu mieux en terme de volonté. Dans l'espoir de chasser ses pensées dérangeantes, Chris secoua la tête, puis tenta de se concentrer sur les nuages qui s'épanouissaient au-dessus de sa tête. Leur gris caractéristique promettait une soirée orageuse. Mais d'un autre côté, ce dégradé de couleurs à la frontière du noir et du blanc était beau, quoique donnant au garçon une sensation de vide immense, sans qu'il n'en identifie la cause. Il repensa alors à sa journée.
Il avait eu un contrôle de physique-chimie le matin même. Étrangement, il ne s'était pas autant noyé qu'à l'accoutumée, notamment en ce qui concernait les calculs. L'insistance de Laura pour qu'il les retienne parfaitement s'était révélée efficace, encore plus que des coups de pioche sur le crâne. Peut-être décrocherait-il la moyenne cette fois-ci. Dans tous les cas, ça n'empêcherait pas Laura de souhaiter revoir tout le devoir avec lui le lendemain matin à dix heures, profitant de l'heure de trou de Chris créé par l'absence de madame Meyer. Quant à Laura, ça tombait pile sur ses heures d'E.P.S, cours dont elle est dispensée pour une raison qu'elle n'avait pas souhaité bon d'expliquer au garçon.
Le reste de sa journée s'était écoulé tranquillement, à cette vitesse si particulière qu'elle altérait la perception même du temps. Interclasses et débuts de cours trop rapides, fin de ces mêmes cours donnant l'impression d'évoluer dans une matière lourde, dense et collante. Mais finalement, comme toujours, ce rythme avait trouvé sa fin et sans s'en rendre, Chris se retrouvait déjà assis sur un banc de la cour du lycée, à profiter de ses minutes d'ennui de fin d'après-midi. Aucune interrogation qui sortait des préoccupations lycéennes habituelles ne venait le ronger de l'intérieur. Il n'avait plus besoin de veiller à cacher son identité ou à rester entier. Ne rien faire lui apparaissait comme très agréable en cet instant.
Des vibrations en provenance de la poche gauche de sa veste le tirèrent de sa torpeur. Un appel sur son portable. Sans précipitation, il s'en empara et vérifia l'identité du correspondant. C'était Sally. Le britannique maugréa contre son téléphone : il n'avait pas pensé à neutraliser cette possibilité pour Tyron de le retrouver. D'autant plus que sa correspondante lui avait laissé un message vocal. L'espace d'un instant, il fut tenté de fracasser son portable contre un mur sans attendre, mais la curiosité, en éternelle intrigante, le poussa à quand même écouter ce qu'il venait de recevoir. Mieux valait ne pas rester dans l'ignorance, par précaution. Le message était à l'image de Sally, direct :
« Bon, je vais faire court, même si t'es pas accroché à ton combiné. On a subi une grosse attaque ce matin. Des créatures avec le symbole que tu nous as décrit l'autre jour et les intrus habituels en bonus. On a réussi à limiter les dégâts, mais la dernière mise à jour sur nos pare-feu a été détruite. Et juste après la bataille, on a reçu un message du camp d'en face – dont on n'a pas réussi à remonter la provenance bien sûr. Ils souhaitent nous parler. De notre supercalculateur. Mon père compte leur donner rendez-vous demain matin vers neuf heures et demi. Il veut aussi que tout le monde soit présent, au cas-où la discussion cacherait un piège ou une nouvelle offensive. Bref, rappelle-moi pour me dire si t'es disponible. Et si t'es dans l'impossibilité de nous joindre d'ici-là, sache qu'une voiture t'attendra à l'endroit habituel à huit heures. Voilà. À demain peut-être ! »
Chris ne prit même pas une minute pour réfléchir à ce qu'il venait d'entendre. Il retira la coque arrière de son téléphone et enleva ensuite la batterie de l'appareil, puis la carte SIM. Sans marquer d'hésitation, il brisa cette dernière en deux, la rendant inutilisable, et donc injoignable par quiconque possédait son numéro. En brisant son dernier lien avec cette folle histoire, sa résolution était tenue.

Une sensation de fin définitive le traversa suite à ce geste, différent de celui éprouvé lorsque l'on finissait un livre ou un jeu vidéo. Il n'y avait ni nostalgie, ni regret. Seulement de l'apaisement masquant un subtil fragment de peur.


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Vendredi 22 mars 2013

Chris était dans une situation tendue. Sa pire crainte s'était réalisée. Pire encore, il se trouvait dans un lieu qu'il s'était juré de ne plus fréquenter.
« Black-out de merde ! » , s'asséna-t-il mentalement.
Ses yeux s'étaient directement ouverts sur un modèle réduit d’amphithéâtre, probablement au troisième sous-sol du complexe. Pour une fois qu'il ne faisait pas d'insomnie, il devait perdre le contrôle. Pourquoi justement maintenant, alors qu'on lui avait fixé un rendez-vous la veille auquel il avait choisi de ne pas aller par résolution ? C'était à croire que son subconscient, ou quelque chose du genre, prenait un malin plaisir à le contredire. En l’occurrence, ce dernier venait de placer le jeune homme dans une situation épineuse. Mais avant d'aviser quoi que ce soit, il fallait d'abord prendre connaissance de chaque détail. Observer en somme. Chris s'y attela sans attendre.
Il était donc adossé à un mur dans l'amphithéâtre précédemment évoqué. La disposition des sièges et des tables en pente douce de celui-ci donnait l'impression que la pièce était basse de plafond. Une sensation d'étroitesse était bien présente. Un rétroprojecteur fixé au plafond était allumé. Il dirigeait son rayon lumineux sur un écran placé juste devant les places, ce qui paraissait logique au vu du l'endroit. Seul un écran de veille noir contenant un D stylisé vert était visible. En ce qui concernait les occupants de la salle, ils se trouvaient être une dizaine. Il n'y avait que deux représentantes de la gent féminine dans l'assemblée, ce qui se révélait insuffisant à diluer la concentration de testostérone de la pièce. Aucune trace de Sally ou autre personne connue de Chris. Non seulement on l'avait jeté sans ménagement dans la fosse aux loups, mais voilà qu'en bonus ses repères étaient absents. D'ailleurs, que faisaient-ils tous dans un amphithéâtre ?
Comme pour répondre à sa question, l'écran de veille projeté fit place à un retransmission vidéo. En direct d'une partie du noyau de Tron, restant centré sur la plateforme de l'interface. Deux avatars féminins étaient placés devant. Combinaison de couleurs rose et blanc pour la première, le tout surmonté d'un visage en forme de cœur avec des cheveux roses. La seconde était intégralement vêtue de rouge. Chris se remémora le message vocal de la veille. Il allait assister à la fameuse entrevue qui y était évoquée. Aelita et Yumi étaient ainsi les porte-parole d'en face.
L'échange démarra avec des questions de Tyron :
- Alors les mini-avatars, c'est quoi cette info capitale que vous avez à m'apprendre ? Savez-vous seulement qui je suis ?
Le scientifique devait probablement se trouver devant son ordinateur dans une autre pièce. Les « mini-avatars » avaient probablement le droit à une vue sur sa tête.
- Nous savons très bien qui vous êtes Tyron, répliqua Aelita.
- Professeur Tyron ! corrigea le scientifique avec une pointe d'irritation.
Avec un début pareil, la suite promettait d'être un peu plus explosive.
- Professeur Tyron, connaissez-vous Xana ? demanda la jeune fille aux capillaires irréels.
La réponse fut sans appel :
- Xana ? Jamais entendu parler. C'est quoi ? Un jeu vidéo ?
- Xana n'a rien d'un jeu ! Xana est une intelligence artificielle qui tente de prendre le contrôle du réseau.
- Dans votre message, vous disiez que ça concernait mon supercalculateur, signala l'homme, ignorant carrément l'avertissement précédent.
Le ton d'Aelita se fit alors très sérieux :
- Effectivement. Xana habite votre supercalculateur.
Un furtif gloussement de Tyron se fit entendre l'espace d'un instant.
- Mais si c'était le cas, je le saurais, rétorqua-t-il sur un air de pure logique.
Chris comprenait un peu mieux pourquoi ses camarades de Kadic en avaient après Tron. Mais Tyron n'avait sincèrement pas l'air d'être au courant. Un élément devait échapper aux deux camps.
- Professeur, poursuivit la jeune fille rose, vous ne vous rendez pas compte. Xana est en train d'échapper à tout contrôle. Il est prêt à tout.
Sa déclaration ne dut pas plaire au scientifique, puisque son timbre de voix se fit moins posé, plus mégalomane :
- C'est moi qui contrôle tout ! Tyron ne craint personne ! Pas même votre Xana soi-disant caché dans mon supercalculateur ! Vous en voulez la preuve ?
Il claqua des doigts. L'instant suivant, deux gardiens s'extirpèrent du sol à côté des filles. Une belle mise en scène. Les avatars à l'aura verdâtre levèrent chacun leur main droite qu'ils pointèrent sur celles qui étaient considérées comme des indésirables.
- Mais qu'est-ce qu'ils font ? demanda Yumi, qui avait eu le réflexe de sortir ses éventails.
Ni elle, ni sa coéquipière n'eurent le temps d'esquiver le rayon laser vert qui jaillirent des paumes des deux ninjas. Touchées, un halo – toujours vert – les enveloppa., puis elles se soulevèrent de terre sous l'injonction des deux attaquants. Leurs paumes brillaient encore malgré la disparition du rayon au sens strict. Ça signifiait donc qu'une fois touchée, la cible immobilisée était entièrement soumise à leur main. Ce spectacle rappela à Chris un des pouvoirs évoqués sur le fichier informatique. Le rayon de mort.
- Des encodeurs ! cria Aelita. Jérémie, ils essayent de nous bloquer dans le monde virtuel !
Les deux avatars donnaient l'impression de lutter contre un étau qui se resserrait doucement sur eux, confortant le britannique dans son idée que le pouvoir était en train de les tuer. Tyron ne pouvait pas réellement faire exécuter de sang-froid deux jeunes personnes, juste parce qu'il était contrarié. Quelque chose devait être fait. Mais depuis sa position, le lycéen était impuissant. Sa pensée fut concrétisée lorsque les corps virtuels des filles se désagrégèrent en une multitude de confettis blancs. L'entrevue était bel et bien terminée.


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Chris jouait de la malchance. Lui qui avait souhaité s'éclipser discrètement après l'entrevue virtuelle, c'était raté. Un des assistants de Tyron l'avait épinglé avant qu'il n'atteigne l'ascenseur puis l'avait mené dans un bureau situé au quatrième sous-sol. Celui-ci était agencé sur le même modèle que celui qui avait connu le premier entretien entre le lycéen et le scientifique. De même que cette fois-là, ils étaient de nouveau installés face à face, séparés par un simple meuble.
- Je ne t'ai pas seulement fait venir ici pour assister à l'échange avec l'autre camp, commença le plus vieux. Je souhaitais parler avec toi d'un point en lien avec la virtualisation.
La formulation fit froncer les sourcils du britannique, notamment à cause de son caractère vague. Mais au fond, ça lui importait. La seule chose qui comptait, c'était quitter le complexe souterrain au plus vite. Et ne plus y retourner si possible.
- Un problème Léo ? Tu n'as pas l'air très à l'aise.
L'espace d'un instant, Chris avait oublié son nom d'emprunt. Aussi, il faillit trahir une expression de surprise, ce qui n'aurait pas été malin à ce stade. Il se reprit et commença à réfléchir. Pas le choix, il devait répondre à la question, sa garde ayant été percée. Nier donnerait naissance à des soupçons. Aussi, mentir en restant cohérent était une solution. La seule qui lui vienne dans un laps de temps aussi réduit.
- Vous êtes certain que les deux filles de tout à l'heure vous ont menti ? se lança-t-il.
Parallèlement, son esprit fut flagellé. Il ne devait plus laisser voir pareilles failles à son interlocuteur, du moins, pas tant qu'il était en terrain instable. Cacher ses émotions, pour ne pas offrir d'armes à son ennemi. C'était la base. Quant à Tyron, il ne marqua pas la moindre surprise devant le doute de l'adolescent, juste un instant de silence. À ses yeux, il coulait de source que la jeunesse ne parvenait pas à appréhender toutes les subtilités d'un mécanisme. Aussi, il argumenta de bon cœur :
- Certain en effet. Si l'on regarde bien, ils n'avaient jamais cherché à me contacter jusqu'à hier. Pourtant, ça fait un bout de temps qu'ils se baladent dans mon monde virtuel. Ils ont même tenté d'y injecter un virus. Alors pour quelle raison sinon la ruse ils passeraient aux pourparlers ? Ce sont eux qui ont lancé la première attaque. À partir de là, ils ont gâché leur chance de discuter.
Le but premier de Chris était de rattraper une maladresse, mais malgré lui, il ne put s'empêcher de creuser le sujet :
- Mais ces monstres qui vous ont attaqué, et si c'étaient ceux de ce Xana ?
- Jusqu'à présent, je pensais que ces créatures résultaient d'une propriété émergente de Tron. Mais maintenant, j'ai la confirmation que ce sont eux qui les génèrent et nous les envoient. La preuve, on les retrouve sur leur monde virtuel. Et il y a aussi le symbole que tu as aperçu à plusieurs reprises chez eux et qui est inscrit sur les monstres. Cela prouve qu'ils sont intimement liés à ces monstres. Lorsque tu as exploré leur territoire, ils t'ont tiré dessus. Si ce ne sont pas leurs créations, pourquoi ce Xana se serait-il fatigué à défendre leur monde ? Ça n'a aucun sens. Ce n'est qu'un mensonge pour justifier leurs tentatives de destruction de mon supercalculateur. D'ailleurs, ça expliquerait aussi pourquoi la dernière mise à jour sur les pare-feu a été détruite. Elle devait certainement constituer un trop grand obstacle à leur entreprise. Et pour mieux nous berner, ils ont attaqué et détruit quelques-uns de leurs monstres lors de l'assaut d'hier.
L'homme reprit son souffle et termina son exposé :
- Au passage, cette explication colle parfaitement avec cette méduse qui t'a attaqué la dernière fois. Elle t'avait ciblé sans détour, sans une once d'attention pour les autres. Sally me l'a dit. Ton avatar est différent de celui des gardiens, l'autre camp s'est probablement dit que tu étais un des nos éléments clés et s'en est donc pris à toi spécifiquement.
En toute logique, Chris était censé exprimer de la compréhension, ce qui aurait raccourci la durée de l'entretien, et donc de son échappée. Au lieu de ça, il osa surenchérir :
- Vous avez l'air convaincu que Xana ne se trouve pas dans votre machine.
- Dès que j'ai lu dans leur message que mon supercalculateur était impliqué, j'ai veillé moi-même à ce que toutes les vérifications possibles soient effectuées. Rien d'anormal n'a été détecté. Et crois-moi, s'il y avait une intelligence artificielle tapie dans ma machine, je serais le premier à le savoir. Xana n'est qu'une invention. Une illusion pour nous tromper.
À la fin de cette ultime explication, Tyron fronça les sourcils à son tour.
- Pourquoi ces questions ? Tu es au courant de quelque chose ?
Chris se flagella spirituellement une seconde fois. Il s'était laissé prendre par la discussion et manquait une nouvelle fois de déraper. Adopter un masque glacé inexpressif, ce n'était pourtant pas si compliqué.
- Non. C'est juste une impression, répondit-il.
Son ton ne dut pas être suffisamment convainquant, puisque l'homme à la blouse blanche remit le couvert :
- Il y a autre chose qui te chiffonne, je me trompe ?
- La fille aux cheveux roses, improvisa le jeune homme. Elle a parlé de blocage dans le monde virtuel lorsqu'elle a été touchée par le laser vert. Est-ce que… vous alliez les tuer ?
La référence s'était envolée toute seule. Elle était susceptible de le trahir si l'adversaire savait lire entre les lignes. Ce n'était pas le cas :
- Bien sûr que non ! C'est une attaque paralysante qui empêche la rematérialisation pendant quelques minutes. Je voulais les immobiliser pour les interroger plus spécifiquement.
L'explication était bancale, même sans connaître l'origine du pouvoir. Il suffisait d'avoir assisté à la scène et entendu Tyron s'emporter. Ce dernier changea subitement de sujet, sentant probablement de lui-même qu'il s'enfoncerait s'il poursuivait.
- Bref, cette histoire est réglée pour le moment. Je t'ai convoqué pour parler avec toi du casque et de la virtualisation. Jusqu'à présent, les résultats sont très encourageants et je voulais te proposer d'augmenter la fréquence de tes plongées sur Tron, et d'augmenter leur durée. Deux fois deux heures par semaine.
Inévitablement, le contenu de la clé USB se rappela à Chris, ainsi que sa discussion avec Amanda. Cela suffit à lui ôter toute envie de remettre le casque.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée, dit-il.
La mine surprise du scientifique l'incita à développer :
- C'est pas la forme en ce moment. Je fais des insomnies, je perds du poids et l'appétit et mes humeurs changent tout le temps. Je suis épuisé.
Le première comptait arrêter ses explications là, mais une idée germa dans son esprit. Il allait peut-être pouvoir se tirer de là sans trop de dommages.
- Je crois qu'il vaudrait mieux que j'arrête les expériences ici, lâcha-t-il. Je crois que j'arrive au bout de ma résistance.
Pour obtenir un effet théâtral, il se leva de sa chaise et se dirigea vers la porte, le tout en articulant :
- Je suis vraiment désolé.
Il n'était plus qu'à trois pas de la sortie lorsque Tyron lui coupa subitement la route en faisant preuve d'une célérité étonnante. Puis, il leva la main pour la poser sur une des épaules de Chris. À cela, il déclara, d'une voix aux accents rassurants et paternels :
- Écoute, tu as juste un petit coup de mou passager. C'est tout à fait normal. Mais tu ne peux pas laisser tomber maintenant. Pense à tout ce qu'on a déjà fait, et à ce qu'on peut encore faire. Léo, nos recherches avancent grâce à toi. On a besoin de toi pour les poursuivre. Tu es le meilleur candidat que l'on ait. Je ne peux pas te laisser partir comme ça, tu es beaucoup trop précieux.
Le ton utilisé était savamment calculé. Une personne avec un minimum d'égo aurait pu être convaincue par ce discours, ou dans le pire des cas, troublée. Mais pas Chris, qui se remémora le sort de ses prédécesseurs et de Matthieu pour résister aux mots. Ce fut l'élément déclencheur, l'étincelle. Une colère sèche s'empara du britannique, qui choisit de l'exprimer oralement :
- Et qu'est-ce que vous allez faire si je m'en vais ? M'attacher avec votre foutu casque sur le crâne jusqu'à ce que mon cœur s'arrête de battre ? Ou mieux, me liquider comme Matthieu Ducroc ?
La main de l'homme glissa de l'épaule du garçon. Son propriétaire ouvrit grand les yeux et fut frappé par le mutisme. C'était ce qu'on appelait « être sur le cul ». Profitant de cette occasion de parler, le britannique poursuivit :
- Je m'en vais. Point.
Et alors qu'il s'apprêtait à pousser doucement sur le côté Tyron pour passer, celui-ci décida de se ressaisir.
- Attends Léo. Comment sais-tu...
Chris ne voulait plus écouter, ni avoir à répondre à des questions. Il voulait la paix. Alors naturellement, il s'emporta à nouveau :
- Je ne suis pas Léo Chevalier, alors ne m'appelez pas comme ça !
Se dévoiler ainsi était certainement l'idée la plus stupide de l'année, même sous le coup d'une impulsion soudaine ou de l'effet secondaire d'un casque. Mais Chris avait envie d'ébranler le scientifique. De lui montrer que non, il ne contrôlait pas tout, contrairement à ce qu'il affirmait plus tôt. Et rien que pour sa tête, il l'aurait refait sans hésiter.
- Qui es-tu ? demanda le scientifique.
La question fut ignorée par l'adolescent, ce qui lui laissa le temps d'improviser un nouveau plan sur son précédent plan. C'est donc d'une voix qui se voulait froide et contrôlée qu'il annonça :
- Laissez-moi partir, sinon tout ce que j'ai sur vous sera envoyé aux autorités. Même si vous me gardez ici, elles seront quand même informées.
Le garçon jouait un jeu dangereux. Son bluff était sa dernière défense. Intérieurement, il croisa les doigts pour que cette attaque effraye suffisamment Tyron pour qu'il le laisse s'en aller. Celui-ci garda le silence pendant deux minutes, retournant certainement dans son esprit les révélations sur le jeune homme géant qui lui faisait face. Au bout de ce long délai, une réponse sans ambiguïté arriva :
- Va-t-en.
Les trois mots avaient claqué dans l'air, implacables sur la forme, soucieux sur le fond. Le plus calmement possible, Chris contourna l'homme sur sa route, et partit.


Dernière édition par Zéphyr le Lun 13 Fév 2017 14:54; édité 20 fois
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Zéphyr MessagePosté le: Ven 12 Sep 2014 23:03   Sujet du message: Répondre en citant  
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Les aiguilles formaient un angle de soixante degrés dans le quart supérieur gauche de l'horloge. Dix heures pile. Laura attendait sans manifester le moindre signe d'impatience. Du moins à l'extérieur. Intérieurement, une pointe d'agacement commençait à poindre. Le garçon qu'elle attendait était en retard. Pourtant, ce n'était pas faute d'avoir vérifié plusieurs fois auprès de lui s'il était bel et bien libre à l'horaire voulu. Décidément, on ne pouvait pas se fier au sexe masculin.
« Il aura droit à un exercice d'entraînement supplémentaire, songea-t-elle. Plus un par tranche de cinq minutes de retard. »
La sanction lui paraissant convenable, elle se promit de s'y tenir. Encore faudrait-il que Chris arrive. En dernier recours, elle tenta de l'appeler discrètement, l'utilisation des téléphones portables étant proscrite au CDI – point de règlement que seule une minorité d'élèves devait respecter. Aucune sonnerie ne se fit entendre de l'autre côté de la ligne. Étrange, mais pas singulier. Le mobile de son élève pouvait être éteint pour une raison X ou Y, peut-être même noyé par une cuvette de toilette. D'ailleurs, Laura avait un peu de mal à se faire au fait que Chris soit son « élève ». D'une part parce qu'il était son aîné d'un an, de l'autre parce qu'elle ne faisait pas ça par amour de la transmission de connaissances. Tout ce qu'elle voulait, c'était confirmer ses soupçons sur le garçon. Pour l'instant, elle était forcée d'admettre que son enquête en était au point mort. Mais le temps se rangerait inévitablement de son côté et elle obtiendrait ce qu'elle souhaitait à la fin. À moins qu'elle ne se soit trompée bien sûr… ce qu'elle ne pouvait se résoudre à accepter. Confiance en ses capacités ou fierté, elle ne saura justifier le pourquoi de sa détermination.
Il n'en restait pas moins qu'elle devait se montrer patiente, aussi bien pour ses investigations sur Chris que pour attendre celui-ci dans le CDI du lycée. Elle s'était installée à une table isolée de celles placées vers l'entrée, vers la rangée d'ordinateurs du fond. Pour une fois, il y avait un nombre modéré de personnes présentes dans l'espace de travail. Deux dévoreurs de livres arpentaient les rayonnages à la recherche de quoi se sustenter. Cinq personnes avaient quant à elles fait le choix de se mettre devant un écran d'ordinateur. Il devait certainement y avoir d'autres élèves, mais Laura ne pouvait tous les voir à cause des rayonnages. Elle jeta un nouveau coup d’œil à sa montre : dix heures six. La sonnerie de fin de récréation avait déjà retenti et toujours aucune trace de Chris. Ça commençait à faire long. En conséquence, elle décida de fixer une durée d'attente de dix minutes. Si ce laps de temps ne voyait pas le première arriver, Laura irait le chercher elle-même.
Si elle avait su qu'elle en arriverait là, elle en aurait profité pour voir si Jérémie et les autres étaient de retour de leur excursion au laboratoire, demander ce qu'ils y ont fait et si le problème de Xana et ses attaques éclairs était réglé. Plus tôt dans la matinée, elle les avait vu se diriger vers le parc. Ils avaient ainsi séché le cours de neuf heures. Et une fois encore, ils ne l'avaient pas invitée à se joindre à eux. Certes, la furtive recherche sur Franz Hopper qu'elle avait effectué la veille avait été malvenue, mais pour elle, sa curiosité était légitime. C'était sa nature : elle voulait savoir, avoir le plus de connaissances possibles afin de devenir toujours plus performante. Son éducation l'avait fait aller en ce sens. Elle détestait ne pas avoir toutes les informations, des armes qui pouvaient se révéler puissantes entre les mains de n'importe quel individu.
Huit minutes restantes.
- Mais quelle chamane de merde !
Ce juron qui venait visiblement du cœur avait pour source Jean-Baptiste Pujol, un seconde installé non loin de Laura. L'ordinateur devant lequel il était assis devait lui avoir fait une sacré crasse pour se faire insulter de la sorte. Par chance, la blonde pouvait sans problème voir ce qu'il se passait sur l'écran du garçon. Sa curiosité lui somma d'y porter le regard. Jean-Baptiste jouait à un jeu. Visiblement, des souris devaient y chercher un fromage et le ramener dans leur trou. Laura jouait à ce type de jeu lorsqu'elle était toute petite. Mais c'était un temps révolu. Elle avait des occupations bien plus passionnantes à présent, comme la physique quantique. Néanmoins, elle ne détourna pas les yeux de la scène virtuelle qui s'offrait à elle.
Le rongeur au-dessus duquel était inscrit le pseudo Dark JB, était debout sur une plateforme à l'écart d'autres rongeurs, sans moyen de les rejoindre. Ces derniers étaient tous arrivés au trou et la jeune fille eut à peine le temps d'en détailler deux avant qu'ils ne soient avalés par l'ouverture. La première portait un haut-de-forme ainsi qu'un nœud papillon rouge. La seconde avait quant à elle des cheveux violets, une paire de cache-oreilles, ainsi qu'une écharpe autour du cou. Parée à affronter l'hiver. Ne restaient plus que deux souris sur le niveau. Celle de Jean-Baptiste et une autre, plus grosse que la moyenne, avec des tatouages orangés et des plumes de même couleur sur le haut du crâne. Une touffe de cheveux – toujours dans le même coloris – s'épanouissait sur sa tête et une écharpe verte parachevait sa tenue. Probablement la fameuse « chamane ».
D'un seul coup, Dark JB se retrouva piégé dans la glace. À en voir son doigt pointé vers le congelé ainsi que son rire, Laura en déduisit que la chamane était derrière cela. Jean-Baptiste lui, accusait le coup :
- Oh le sale petit...
Son insulte resta tapie au fond de sa gorge car l'instant d'après, sa souris se retrouva à nouveau sur le terrain, à côté du rongeur à dominante orange. Avant même que le garçon ne puisse réagir, son avatar animal se fit à nouveau geler. Quant au bourreau tatoué, il entama une danse pour fêter sa performance. De rage, Jean-Baptiste quitta le jeu. C'était peut-être mieux ainsi. Si elle en avait eu l'envie, Laura lui aurait conseillé d'éteindre l'ordinateur et de méditer sous une cascade pour se calmer. Elle avait entendu dire que la méthode était efficace si l'on prenait la peine de tester, chose qu'elle ne ferait certainement jamais puisqu'elle ne se laissait jamais submerger par ses émotions. Pas comme son camarade de seconde à l'instant.
Estimant qu'il n'y avait plus rien d'intéressant à voir, elle retourna à son attente. Pour sept minutes encore.


Le délai fixé écoulé, Laura quitta le CDI et partit à la recherche de Chris. Aller voir à l'internat fut sa première idée. La cour et le parc constituaient également des options, mais les nuages grisâtres dans le ciel incitaient à s'abriter, même en l'absence de pluie. Et puis, Laura s'attendait presque à retrouver Chris dans sa chambre occupé à faire des trucs de garçon. Type jouer à la console ou quelque chose du même goût. En fait, ça ne l'étonnerait pas si son élève avait oublié leur rendez-vous. Au vu des difficultés rencontrées pour lui faire entrer des formules de physique et de mathématiques dans la tête, c'était une possibilité.
Arrivée à destination, elle se rendit au premier étage, celui des garçons. Il ne présentait aucune différence avec celui du dessus si ce n'était la différence d'ambiance. Laura sentait qu'elle se trouvait dans le territoire des mâles – à moins que ce ne soit juste psychologique. Ce détail passé outre, elle se posta devant la porte de la chambre de Chris, dont elle connaissait l'emplacement grâce à une petite séance d'espionnage matinale. Elle toqua avant d'entrer. Un lit, une armoire et un bureau, mais aucune présence humaine. Suspect si l'on considérait l'entrée non-verrouillée, quoique la pratique semblait être monnaie courante à Kadic. C'est sur ce dernier point que s'appuya Laura pour balayer des yeux les deux côtés du couloir pour constater leur vide et ainsi s'engouffrer tranquillement dans la pièce et la refermer derrière elle. Elle tenait là une excellente opportunité de trouver ce qu'elle cherchait : des preuves. En plus de ça, c'était la première fois qu'elle pénétrait concrètement dans la chambre, ses précédentes tentatives ayant abouti sur des échecs. Bien entendu, la possibilité que Chris se soit juste absenté de son espace privé quelque minutes n'était pas à exclure. C'est pourquoi elle devait faire vite.
Sans éprouver le moindre remords de s'infiltrer ainsi dans l'intimité d'autrui, elle s'attela à la tâche en commençant dans un premier temps par l'armoire. Celle-ci ne retint son attention que trois minutes à peine. La suite voulut qu'elle se concentre sur le bureau. Néanmoins, elle fut déviée de son objectif, ou plutôt, c'est son pied gauche qui dévia un objet au sol, lequel glissa sous le lit. Ne voulant prendre le risque que son passage soit remarqué, elle se hâta d'aller récupérer son « ballon ». Pour cela, elle s'agenouilla et jeta un œil dans l'ombre du meuble. Immédiatement, elle repéra une petite masse sombre. Un sac à dos. Sa curiosité la poussa à s'en emparer, la faisant dévier de son objectif pour la seconde fois. Un bruit de métal qui tinte se fit entendre, qui trouva une explication par l'inspection du contenu : des bombes de peinture plus ou moins vides. Laura s'autorisa alors un léger sourire. Le tag sur les casiers était le fait de Chris. Quant au logo de Xana qui y figurait, il était possible que cela ait un lien avec le phénomène suspect dont elle avait été témoin au laboratoire lors de la xanatification de Chris. Ce mystère-là n'était pas désépaissi pour autant. Il n'en restait pas moins que cette première découverte constituait un signe d'encouragement pour la suite, à défaut d'être une preuve. Il fallait à Laura un élément que les autres ne pourraient réfuter. Pour la peinture, plusieurs explications sur sa présence pouvaient être trouvées, le complot par une organisation terroriste se trouvant en tête.
La jeune fille remit le sac à dos à sa place originelle et en profita pour récupérer l'objet shooté. Il s'agissait d'un livre de poche, certainement emprunté au CDI au vu de la protection plastique. Elle le remit du mieux que possible là où elle estimait qu'il se trouvait avant de rencontrer sa chaussure. Pour une fois, elle n'écouta pas sa curiosité et ne prit pas le temps de lire le titre de l'ouvrage. Une certaine galvanisation s'était emparée de la jeune fille, qui fut soufflée nette lors de l'inspection du bureau, aussi infructueuse qu'un coup d'épée dans le vent. Refroidie, elle scanna le reste de la chambre de ses yeux verts. Un ordinateur portable, innocemment posé sur le lit semblait l'enjoindre de le consulter. L'option lui paraissant intéressante, elle s'y tint.

La machine devint rapidement une source d'irritation pour Laura. Non seulement le ventilateur faisait un vacarme désagréable, mais en plus de ça, le temps de chargement de la session était à la limite du légal. Elle s'estimait déjà heureuse de ne pas avoir eu à craquer un mot de passe, même si ce n'était théoriquement pas un souci pour elle. Contrainte de se plier au caprice de l'appareil, elle s'assit sur le bord du lit et s'appuya sur le mur, ce qui lui permettait de surveiller la porte en même temps. Tourner l'écran face à elle lui permit de remarquer la présence d'une clé USB déjà insérée dans l'ordinateur. Encore un élément surprenant. Pourtant, il n'avait jamais semblé à Laura que Chris soit une tête en l'air. À moins qu'il ne fasse rien paraître en public en se cachant sous un sérieux apparent. Ou alors elle avait raison en pensant qu'il n'était pas naturellement lunatique, ce qui signifierait implicitement que le garçon n'était pas vraiment dans son état habituel.
- La base virale VPS a été mise à jour.
La phrase avait retenti aussi subitement que la mort. Pendant quelques secondes, Laura n'esquissa plus le moindre geste. Ses muscles s'étaient raidis, tandis que son cerveau tâchait de remettre les éléments à leur place. Les mots étaient partis des hauts-parleurs de l'ordinateur, lesquels étaient à un niveau élevé, ce qui accentuait la surprise. Une fois certaine que le bruit ne l'avait pas fait repérer par un élève ou un surveillant de passage dans le couloir, elle étouffa un juron. Manquer de perdre son sang-froid pour une misérable notification d'anti-virus prouvait qu'elle manquait encore de concentration. Son père le lui avait assez martelé quand elle était plus jeune. Machinalement, elle se frotta le bout des doigts. En parallèle, elle prit trois grandes bouffées d'air pour retrouver son calme. Cela lui permit de revenir à l'ordinateur, qui avait terminé de charger. Consciencieuse, elle fit d'abord un rapide tour des fichiers de l'ordinateur, durant lequel elle constata que la machine n'appartenait probablement pas à Chris, au vu de l'absence de documents personnels ou pouvant être reliés à lui. Peut-être un proche ou un ami lui avait-il prêté. Sans transition, elle passa à l'épluchage de la clé USB pré-insérée.

Ces derniers temps, Laura avait eu l'occasion d'être impressionnée par nombre de choses : l'existence d'un supercalculateur quantique dans une usine désaffectée, le fait que celui-ci soit capable de provoquer un retour dans le temps, mais aussi qu'une technologie pareille soit le fruit d'une seule personne. Ce qu'elle avait sous les yeux en était une nouvelle. Si elle avait eu des raisons de nourrir des doutes sur Chris White, elle n'imaginait pas qu'il cachait des éléments si lourds. Les Ninjas, Tyron et des données cryptées, suspectes donc. Elle tenait-là suffisamment de preuves à présenter aux autres. Mais elle n'avait pas le loisir de tout consulter dans la chambre. Mieux valait faire une copie et voir ça sur son propre ordinateur. Dans cette optique, elle ouvrit sa besace à la recherche de son disque dur externe. Malheureusement, il s'avéra que l'objet ne s'y trouvait plus. Laura pesta contre elle-même : comment avait-elle osé sortir en oubliant pareil équipement ? Encore que, elle pouvait aller chercher la sienne à l'étage supérieur. Deux-trois minutes à peine suffiraient... Non, le fait même de se trouver là où elle était constituait un risque. Elle devait se dépêcher de récupérer ce qu'elle pouvait et de filer avant que Chris ne la surprenne, ou pire, un surveillant. Dans une complète improvisation, elle arracha la clé USB de son support. Elle l'étudierait plus en détail plus tard, notamment les informations cryptées. De toutes manières, Chris ne saurait pas relier la disparition de son petit appareil avec elle, ou alors il penserait simplement l'avoir égaré.
Après avoir éteint et remis l'ordinateur à sa place initiale, la jeune fille fit un balayage oculaire du reste de la pièce, histoire de vérifier qu'aucun autre élément ne soit susceptible de lui servir. Pour couvrir tout l'espace, elle dut inévitablement faire pivoter légèrement son corps, ce qui lui fit écraser quelque chose au sol, laissant s'échapper un « Crac ! » significatif. Décidément, l'occupant de la chambre avait un problème avec le rangement. Retirant son pied comme si elle avait marché sur un charbon ardent, Laura ramassa sa victime. Un magnétophone numérique. Le passage de la semelle avait occasionné une fracture de l'écran ainsi que quelques fissures sur le corps. Une seconde de réflexion plus tard, l'appareil endommagé rejoignit la poche de Laura en compagnie de la clé, histoire que son passage ne soit pas immédiatement remarqué.
« Me voilà devenue kleptomane. » songea la jeune fille avec une pointe d'ironie.
Son semblant de remords s'envola net lorsqu'elle se rappela qu'elle allait enfin atteint son but : prouver que Chris avait un lien avec cette histoire de Xana et de supercalculateurs. Elle éprouva par avance une légère satisfaction en imaginant la tête des Lyokô-guerriers lorsqu'elle leur montrerait tout ça. Cela n'empêcha pas à une question de se placer sournoisement dans son esprit :
« Est-ce que je dois vraiment leur dire maintenant ? »
Ce n'était pas de l'hésitation, ni même l'absence d'envie de montrer à ces rigolos qu'elle pouvait leur être plus qu'utile, tant soit peu qu'ils ne la mettent pas de côté. Une simple question. Devait-elle vraiment leur révéler ce qu'elle avait mis un certain temps à trouver ? N'avait-elle point découvert la veille que la bande lui cachait encore beaucoup des choses, ce qui, par extension, était une preuve supplémentaire qu'ils la plaçaient à part ? Combattre le feu par le feu était peut-être la meilleure solution. Elle l'avait déjà fait en modifiant à son avantage le programme de retour vers le passé. Elle pouvait tout à fait agir de la même manière et attendre son heure. D'un autre côté, il était peut-être temps d'arrêter ce jeu et se montrer raisonnable. Collaborer. Laura n'avait pas l'habitude de ce mode d'action, mais il paraissait beaucoup plus viable que la rétention d'informations. Et au final, malgré ses méthodes discutables, le résultat était là : elle avait des pistes sérieuses sur Tyron. Et ça, personne ne pourrait le lui enlever.
Ses réflexions firent germer une idée dans son esprit, ou plutôt, un plan. Elle savait comment elle allait procéder. Là-dessus, elle quitta la pièce, l'air de rien.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Veiller à avoir une respiration régulière. Contrôler les battements intempestifs de son cœur. C'était un exercice difficile pour Chris. Difficile, mais nécessaire. Il ne pourrait se détendre qu'une fois sorti du complexe souterrain. Pour l'heure, il devait montrer qu'il était le maître du jeu et que ses menaces étaient réelles, quand bien même elles étaient improvisées. Le trajet jusqu'au parking lui parut une éternité. Une fois sur place, il entreprit de chercher une issue de secours pour retourner à la surface. Mais il se ravisa. Que ferait-il une fois dehors ? Il ne savait même pas où était situé le complexe géographiquement, alors songer à en repartir à pied… Il ne fallait pas rêver. Ne lui restait qu'une option : attendre. Chris misait sur Tyron et sa volonté de le voir partir. Laisser un indésirable sur son territoire n'était pas une idée ingénieuse. Et donc, en toute logique, le scientifique lui fournirait un moyen de partir.
Sa théorie se confirma quelques minutes plus tard, avec l'arrivée d'une voiture qui se stationna devant lui. Ce n'était pas la limousine à laquelle on l'avait habitué mais une voiture beaucoup moins spacieuse. À l'instar de sa cousine, elle possédait également des vitres teintées. L'espace d'une seconde, Chris fut tenté de ne pas monter à bord. C'était trop facile. Mais il n'avait plus le choix, cela faisait partie de son rôle. Il devait montrer une confiance impénétrable à Tyron, qui devait certainement l'observer depuis d'éventuelles caméras de surveillance. S'il montrait trop d'hésitation ou ne grimpait pas dans le véhicule, il serait définitivement grillé. Le britannique ouvrit la portière arrière qui se présentait devant lui et pénétra dans l'habitacle. Ce dernier était similaire à l'habitude, bien que plus réduit : la banquette arrière était séparée de l'avant par une vitre opaque. Le détail ne présentait pas de réelle importance, contrairement au fait de se tirer de cette situation. Toujours est-il que son malaise se poursuivit, même lorsqu'il fut installé. Non pas qu'il n'avait pas confiance en ses talents de menteur, mais de ce qu'il savait de Tyron et de son réseau, ils n'étaient pas du genre à laisser agir une potentielle source d'ennuis telle que lui, à l'instar de Matthieu Ducroc.
Alors que la voiture démarrait, le garçon se promit d'être prudent, notamment lorsqu'il serait en ville et que le danger embaumerait l'air.

Chris profita du voyage pour mettre se mettre sur le mode Absent, histoire de pouvoir souffler quelques instants sans avoir à trop réfléchir. La technique consistait à fixer un point fixe et de ne plus le lâcher. Dans le même temps, il fallait fixer sa pensée sur quelque chose de précis. Le jeune homme s'imagina en train de nager dans une piscine dont l'extrémité se confondait avec l'horizon. Il pensa aux mouvements qu'il ferait s'il était dans cette situation.
Tracer des cercles avec ses deux bras, en alternance.
Battre des jambes en continu.
Et surtout ne pas oublier de sortir la tête de l'eau pour respirer.
C'est cette dernière pensée qui le sortit de sa transe, un laps de temps incalculable plus tard. Sa méthode de détente s'était avérée plus efficace que prévu, mais avait eu le mérite de le calmer. Il décida alors de jeter son regard par la fenêtre pour voir où en était le trajet. Là où son esprit s'attendait à distinguer du bitume et des habitations, celui-ci n'aperçut que des étendues de verdure parsemées par de très rares arbres qui défilaient à toute vitesse. Mais où le conducteur l'emmenait-il ? Et aussi, pourquoi la voiture roulait-elle si vite ? Les deux questions grignotèrent la tranquillité durement gagnée de Chris, et lui firent frapper à la vitre teintée qui le séparait du chauffeur.
- Hé ! Vous m'amenez où ? cria-t-il.
Aucune réponse ne lui fut retournée. Rien que le ronronnement moqueur du moteur. Le calme qui l'avait habité quelques instants auparavant vira en un début de tempête transportant un vent de panique et une bruine de peur. Il avisa un brise-glace mural sur sa gauche. Sans réfléchir ni se demander le pourquoi de la présence d'un tel objet, il s'en empara. Cette fois-ci, son corps était sur le mode Automatique, ce que l'on pouvait qualifier de proche d'un état second. Le compte de la vitre fut réglé en trois coups de marteau, aidé par le coude de Chris, lequel semblait se ficher des éraflures écopées, insignifiantes pour lui en échange des clés de la compréhension. La vue de l'habitacle avant fut le moment choisi par la vérité pour lui porter un coup sournois.
Il n'y avait pas de conducteur.
Le monde, dans un élan de compassion, sembla se figer pour que Chris puisse encaisser cette découverte. Comment avait-il pu penser une seconde qu'on le laisserait s'en tirer ? Tyron n'en était pas à son coup d'essai. Se débarrasser d'un garçon de seize ans n'était qu'une formalité pour lui. Il en avait la preuve, ou plutôt, il se trouvait dedans. La voiture était certainement pilotée à distance dans le but de l'éloigner au maximum du complexe souterrain. Et une fois cette étape accomplie, il suffisait de provoquer un accident suffisamment grave pour le transformer en souvenir. Le britannique avait été stupide. Il était acculé par un adversaire plus redoutable que prévu et il était seul. Personne ne pourrait l'aider, pas même l'écrivain de sa propre histoire.
L'évidence lui apporta l'électrochoc dont il avait besoin : il devait quitter le véhicule. Par tous les moyens. Un seul paraissait viable : sauter. D'ordinaire, il aurait trouvé l'idée absurde, mais le cocktail peur-panique qui circulait dans ses veines lui susurrait le contraire. La voiture était incontrôlable, il fallait s'en extirper. Donc sauter. Point.

Une fois la vitre passager dégagée au brise-glace, Chris posa ses mains sur le rebord, se coupant les paumes au passage. Il devait lutter contre l'air battant pour parvenir à garder sa tête dehors et faire sortir le reste de sa carcasse. La fenêtre était étroite, mais ça passerait. Il n'y avait pas d'autre alternative. L'appréhension de dernière minute prit alors le parti de le titiller. La voiture roulait vraiment vite. La réception au sol serait douloureuse. N'allait-il pas vers sa mort en faisant ce pari insensé ? Les Subdigitals eux-mêmes ne pourraient le contredire sur ce point. Il allait s'écraser, c'était écrit.
Mais il n'avait plus le choix. Se bouger ou crever. La finalité resterait la même, alors autant choisir comment.
Petit à petit, il sortit partiellement du véhicule et parvint à se mettre dans une inconfortable position de lancement qui lui offrirait l'occasion de limiter les dégâts de la réception. Le moment de sauter était venu. Au fond, c'était comme plonger dans une piscine. Sans eau. La peur était toujours présente. Toujours oppressante. Toujours plus profonde. En réponse à cela, une sournoise sueur coula le long de sa tempe, vite balayée par un vent indifférent au sort du garçon. Il devait y aller. Ni une, ni deux, son cerveau ordonna à son pied d'appui de se propulser, sans veiller à respirer avant.
Il sauta les yeux fermés vers l'inconnu.

Lors d'un saut, il paraissait que la partie la plus compliquée à gérer était l'atterrissage, mais aussi qu'en cas de réussite, c'était revigorant.
Chris ne pourrait en témoigner.


Lorsqu'il ouvrit les yeux après quelques instants de ténèbres, il y eut un instant de flottement, durant lequel son corps se centrait à nouveau sur lui-même et n'éprouvait plus rien durant une poussière de seconde. Ce n'est qu'ensuite que la douleur déferla sur le britannique, lui laissant à peine quelques secondes de gémissements avant qu'il ne s'évanouisse à nouveau. Son acrobatie l'avait immanquablement blessé, malgré son saut destiné à se réceptionner le moins lourdement et la chance qui avait voulu qu'il atterrisse sur une zone herbue relativement épaisse, ce qui avait réduit la puissance du choc. Il alterna plusieurs phases de conscience durant lesquelles il n'était que douleur, et phases d'inconscience, vectrices d'images tirées d'un recoin obscur de son esprit. Il vit entre autres une espèce de chauve-souris à queue de scorpion qui lui signifiait de s'approcher dans un geste purement provocateur, et plus délirant encore, une bouteille violette qui l'invitait à la suivre dans un monde parallèle constitué de fer, ou plutôt d'acier, comme le spécifia une voix venue de nulle part. Au final, tout brûla.
La mesure du temps devenait extrêmement floue pour Chris, qui ne distinguait ses phases de délire de la réalité qu'en éprouvant la douleur provenant de tout son corps. Il n'était plus un jeune homme de seize ans, mais une blessure ouverte. Pourquoi son organisme continuait-il de le torturer ainsi ? Ne pouvait-il pas lâcher prise et accueillir la mort en son sein ? Apparemment non. Comme pour appuyer cette détermination, ses paupières tentèrent de s'ouvrir. Mais sa vue chancelait. Il n'allait pas tarder à replonger. Dans une volonté inexplicable, il s'appliqua à enregistrer les dernières images qui s'offraient à lui. Un morceau de ciel d'orage. Quelques brins d'herbe. Le sommet d'un éclairage public. Une sombre forme spectrale s'en extirpant. Le garçon était toujours groggy, aussi il n'était plus certain de ce qu'il voyait. Le spectre prit l'improbable forme... d'un lapin, qui se mit à bondir innocemment dans sa direction, jusqu'à occuper une bonne partie de son champ de vision. Puis il se jeta sur lui.

Cette fois-ci, Chris ne tenta même pas d'opposer de résistance. À l'instar de la possession précédente, il perdit le contrôle de son corps, mais demeura conscient des événements. Alors qu'un instant plus tôt, il était près à sombrer dans l'inconscience, il était de nouveau plus ou moins lucide. Il n'éprouvait plus la moindre douleur, comme si quelqu'un l'avait effacée d'un claquement de doigts.
La suite se déroula comme dans un rêve. La douleur disparut sans demander son reste. Puis il s'était relevé de manière presque naturelle, le presque venant de sa cheville. Durant le processus, sa bouche exprima quelques grognements de douleur. Visiblement, le contrôleur du corps avait aussi le droit d'expérimenter la douleur, malgré une résistance supérieure. Ce point se confirma lorsque le corps de Chris fit quelques pas prudents en avant, puis des petits rebonds. Le spectre qui l'avait infiltré semblait vérifier si l'enveloppe physique tiendrait le choc. Et tout portait à croire qu'il était satisfait puisqu'il piqua un sprint, qui se mua bien vite en course supersonique. La scène semblait irréelle tant elle singulière. Cela n'empêcha pas Chris d'espérer que son pied ne se détache pas suite à cet effort physique exceptionnel.
La destination se trouva être Kadic. Le contrôleur du corps de Chris le fit entrer sans se faire remarquer par quiconque – ce qui tenait du miracle au vu du nombre d'élèves présents devant le portail et dans la cour – et le mena jusqu'à la porte de l'infirmerie. C'est à ce moment-là que le spectre ressortit de son corps. Une seconde après avoir été libéré, l'adolescent fut à nouveau fait prisonnier. Par la douleur cette fois-ci. Elle se rappela à lui sans préavis, que ce soit dans son bras et sa jambe gauche, sa tête ou ses côtes. L'association de la souffrance de toutes ces parties blessées eut pour effet de le faire sombrer dans l'inconscience tout aussi rapidement que son corps possédé avait couru jusque ici.
Chris s'effondra dans un mouvement évoquant la chute d'une plume au sol. Une très grosse plume.


À suivre : La proie et l'ombre


Dernière édition par Zéphyr le Lun 13 Fév 2017 15:01; édité 6 fois
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Ikorih MessagePosté le: Sam 13 Sep 2014 12:58   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Waouw, on en a des choses! Et ce titre de chapitre gère sa race!


Ikorih envoie Gallame!

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A été victimisé par Priscilla Blaise en TPE


Gallame, donc, réfléchit sérieusement à ce que lui rapporte la clé USB. Et pendant quelques temps, il hésite à continuer quand même, malgré le danger, juste pour l'exaltation qu'apporte la virtualisation. Ouais, ça se conçoit. D'ailleurs au début du chapitre, ses pensées sont plus focalisées sur la bagarre avec Puck et ce qu'elle peut signifier pour lui que sur la clé. Mais ça change vite lors du chapitre.
On nous annonce qu'il a la réponse à ce qu'il va faire, sans nous la donner tout de suite. Vil salopard va. Mais je traiterai cette réponse quand même : il veut lâcher Tyron définitivement, et c'est pas con. L'avantage c'est qu'il a une option pour continuer à se virtualiser sans risquer sa peau, et c'est l'option LG, parce que Life's Good. *SBAF*
En plus, ça lui offrirait l'opportunité de faire chier Tyron.
Mais sa réflexion avant d'arriver à tout ça est bien menée. Il réfléchit, il se torture ses petites méninges (faut que le type Psy serve, merde!)...de façon sympathique. La conversation avec Amanda lui permet d'appréhender encore un peu mieux la situation avec Ducroc (ouais!) et de bien prendre conscience qu'il s'est engagé dans une histoire avec des mecs qui rigolent pas. Mais genre carrément pas. Le contrecoup de la mort de Ducroc (s'il s'est fait menacer et tabasser, Puck est-il impliqué? Mr. Green) sur Amanda est bien classe aussi, parce qu'elle passe un peu pour une salope et est parfois tentée de le penser, visiblement.
La conclusion de ce dialogue m'a tiré un sourire, parce qu'elle est bien écrite. Remercier les gens qui nous mentent arrive plus souvent que ce qu'on croit...

Pour continuer avec Gallame, le voilà qui démonte scrupuleusement sa carte SIM pour se planquer. L'attaque Charme de Sally semble avoir échoué. Enfin, à moitié seulement, puisque la partie qui blackout semble avoir décidé de répondre à son appel. Et de foutre Gallame dans la merde. S'ensuit l'entrevue diplomatique où Tyron fait encore le salopard sous cape avec Yumi et Aelita "mais non j'allais pas les tuer!"....mais osef.
Par ailleurs, j'ai une théorie pour expliquer ses réactions au sorti des blackout. Il est connu que le talent le plus souvent joué sur Gallame est Cœur Noble, ce qui implique que son attaque augmente quand une attaque ténèbres le touche...BLACKout, tout ça.
Avec son X1,5 d'attaque (qui a déjà servi dans la bagarre avec Puck par exemple), Gallame fait donc le (finger) du siècle à Tyron (qui lui sortait un gros troll "tu veux 2x plus d'heures sup'? Mr. Green), là où il aurait pu tenter de se la jouer discret. Ce serait peut-être passé...
Mais non. Gallame utilise Provoc'! Tyron est stupéfait : Chris l'envoie chier et lui révèle qu'il sait tout!
Gallame détruit son clone! "Eh oui Tyron je ne suis pas Léo Chevalier, AHAHAHAHA!"
Gallame utilise Bluff! "Laisse moi sinon je dis tout à la police. Mr. Green"
Et ça semble marcher.
Environ cinq minutes.
Tyron relit la fiche de Gallame et découvre qu'il ne peut pas apprendre Bluff! Tyron utilise Abîme !
Et Chris se retrouve avec un aller simple pour la mort. "Ce serait pas arrivé avec des barbares"...ni s'il avait été moins con.
Heureusement pour lui, Tyron a utilisé Amnésie pour augmenter la défense spéciale de Tron et a au passage oublié de retirer le marteau brise-vitre, ce qui implique que Gallame s'en sort. Bon, il a super mal et il hallucine, mais il s'en sort. (VB et Scorvol quoi (rofl))
M'enfin de là à dire qu'il est en bon état...
Zéphyr envoie PorygonZ!
PorygonZ envoie Sapereau! C'est légal ça? Osef!
Sapereau utilise bougetoileculgallame (ou Téléport. XD)! C'est super efficace : Gallame est KO dans l'infirmerie!

Malgré l'intervention de PorygonZ, Gallame va encore devoir trouver un bobard à sortir à l'infirmière....
D'ailleurs, on peut supposer que PorygonZ a un intérêt à ce que Gallame reste en vie...


Ikorih envoie Fouinar!

http://auto.img.v4.skyrock.net/4106/25254106/pics/1064275916.gif
"En fait j'suis même pas une vraie blonde..."


Eh oui, Fouinar était là!
Fouinar utilise Prescience! Gallame prendra une attaque pour cinq minutes de retard!
Mais il n'y a pas de cible...

Eh oui. Il s'ennuie le Fouinar, tout seul, au point qu'il regarde Dark JB se fait congeler par Nono, le CDM, sur un jeu qu'il connaissait étant encore un Fouinette... Soyez compréhensifs envers Dark JB, Nono est un fléau quand il s'y met...
Fouinar décide d'aller faire ce qu'il fait le mieux : fouiner. Et c'est donc ainsi qu'il va se pointer dans la chambre de Gallame et inspecter les lieux. Il trouvera ainsi des preuves que Gallame a tagué les casiers, probablement sous l'influence des Demanta.
ODM utilise Mégaphone! C'est super efficace...
L'ordinateur qu'on a identifié comme celui de Zéphyr dispose d'une capacité trollesque assez élevée et on compatit (après tout, qui n'a jamais entendu avast hurler pendant un vocal où le son est à 90%?) pour Fouinar , qui surmonte cette difficulté et trouve une récompense à la hauteur de son courage...la Vérité.

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Non, pas celle-là. Celle sur la clé USB. Du coup, Fouinar sait que Gallame est dans le camp des méchants, mais le temps presse et Fouinar doit décamper sans trop laisser de traces...
Fouinar utilise Larçin! Fouinar vole la clé USB de Gallame
C'est ainsi que se conclut la partie de Fouinar, qui décide de ne pas mettre les autres au courant de ses découvertes et de faire cavalier seul, leur rendant ainsi la monnaie de leur pièce. Par contre, on peut parier que Gallame aura droit à une petite explication en tête à tête, tôt ou tard...


Ikorih envoie Greninja!

Spoiler


Greninja, probablement le perso que je préfère dans cette fic. Trop badass kwa. Ses interactions avec Sally et Yoshi étaient très amusantes à lire, même si dans le deuxième cas, l'influence de Pikam...chu est perceptible...
En parlant de perception, celle qu'il a du monde qui l'entoure et des bastons est vraiment originale et du coup il gère. J'ai particulièrement apprécié le moment où il arrive à parler d'harmonie au milieu du chaos (ces propos sont toutefois contestés par d'autres (et cette illustration approuvée par Icer)), comme quoi Greninja arrive à être bourrin ET philosophe en même temps. Classe. Ah quoique sa réflexion sur les chats est...><

Après un énième aperçu du quotidien des ninjas et de leurs piques entre eux, voilà le moment de la baston (DAFT PUNK! o/). Evidemment, Greninja est tout content. "Comme prévu" indique le chapitre, sauf que connaissant le titre, j'ai ri. Mr. Green
On se replace donc dans la situation d'un épisode de CLE dont j'ai préféré oublier le titre et au final on s'en fout parce que ta version est mieux.
En revanche! Greninja semble apprendre Lire-Esprit...au vu de ça :
"Celui que White leur avait décrit à son retour d'exploration dans l'autre monde virtuel". Hum, en fait c'était pas si grave de se dévoiler à Tyron, il était visiblement bien cramé déjà...
Le champ de bataille (dénomination approuvée par les nains) permettra de donner un peu de temps pour parler des pouvoirs des ninjas. Tu justifies le peu d'utilisation fait du Supersprint par eux en disant que la hiérarchie les limite (mais pourquoi donc, hein?), soit, mais ce que j'ai bien aimé c'est le coup du radar interne qui gère pas mal du tout. Bien trouvé.

Bien, je crois avoir fait le tour des Pokémons...mais, attendez, quoi?



Un Regice sauvage apparaît!

Spoiler


Eh oui. Tu es percé à jour, Zéphyr, tu n'as pas rédigé toi-même le début de ce chapitre...La menace fantôme? Christophe? Brise Moule qui prouve que Matthias a traité "la menace fantôme" de merde? Tu pensais vraiment que ces caractéristiques échiquiéennes ne se verraient pas?

"Mais..j'ai mis un doute sur la nature de biatch d'Anaïs! Et puis j'ai placé le fait d'être modéré! Et le vent! Comment as-tu pu deviner?! :s"

Héhéhé.

C'est sur cette dénonciation que ce termine ce long commentaire. Mr. Green
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Belgarel MessagePosté le: Dim 14 Sep 2014 08:47   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
Bon, réponse à la réponse \o/
Citation:
Alors alors, l'usage du mot « entropie » t'as marqué visiblement. Si je ne dis pas de bêtises, l'entropie désigne du chaos qui génère plus de chaos (kassdédi à Floyd). Je rejoins ce que je disais plus haut sur mon écriture instinctive. Ici, j'ai pensé que parler d'entropie alors que l'instant que vivait mon personnage était proche de l'harmonie était plutôt approprié. Bref, je voulais signifier que tout moment où l'on croit enfin être tranquille est inévitablement brisé par le chaos, soit l'entropie. Je sais pas si l'explication tient la route, mais je n'ai pas jugé bon de changer ici. Sinon, je suis preneur si un autre mot conviendrait mieux Wink .
Spoiler
Disons qu'"entropie" est un terme scientifique utilisé à tort et à travers en SF. Bien que je ne comprenne que très sommairement de quoi il s'agit, c'est simplement une "mesure du désordre", lequel se trouve inévitablement augmenter dans un milieu fermé.
Prenons un exemple. Un verre d'eau séparé par une paroi : en-dessous de la paroi, de l'eau froide, au-dessus, de l'eau chaude. C'est propre, c'est rangé, on a deux ensemble distincts.
Retire la feuille isolante et attends deux minutes. C'est tout mélangé. Le désordre a augmenté. Les chances de retrouver un état ordonné (à savoir : tout le chaud en haut, tout le froid en bas) sont infinitésimales. Entropie.
C'est pourquoi ça me gêne de voir le terme utilisé pour désigner le moindre pépin Razz Mais bon, c'est un détail.
(En attendant, ça m'a inspiré lors de l'écriture de la troisi-me geste de William Dunbar, l'histoire d'un héros. Si ça sort un jour, j'espère que tu liras Wink )

Sinon, t'en fais pas : pour l'histoire des bulletins, je trollais surtout l'épisode 12 de CLÉ ("Entropie à Kadic"). xD Idem pour Émilie Leduc (dans ce vieux système de Faucon, le X indiquait que la remarque "n'existait pas" Une façon de se détendre gratuitement).



Tiens, on revoit Anaïs. Ne te méprends pas, quand je trouvais dommage qu'elle ne réapparaisse pas, c'était pas parce que je voulais tellement voir ces personnages ensemble. C'est surtout que j'avais besoin d'un dénouement. Et on en a un. Dysphorique, puisqu'il ne s'y passe rien, mais au moins c'est un dénouement.
La petite sirène a écrit:
L'amour, c'est mieux quand ça finit en queue de poisson.
Note que Christophe a probablement raison. La Menace Fantôme est peut-être le meilleur des Star Wars, même si je trouve le III pas dégueu non plus. Quant aux vieux, certes, ils ont le charme vintage pour eux ; mais ils sont lents, restent basiques, et ont vraiment mal vieilli sur le plan technique. Na.

En tous cas, deux posts ! Pour des problèmes de longueur, je suppose. Toujours est-il que j'ai pas vu le chapitre passer. C'est dire si ça se lit tout seul.

Pauvre DarkJB.
Citation:
retrouver Chris dans sa chambre occupé à faire des trucs de garçon. Type jouer à la console ou quelque chose du même goût.
Retourne à la cuisine, Laura.

Laura fouineuse <3 Très très bien. Il n'y a que toi pour écrire avec autant d'amour sur Laura, et frapper par l'exactitude de tes vues. D'ailleurs, certains passages ressemblaient moins à une fanfiction qu'à une Tribune pour Laura Gauthier Mr. Green

Sinon, bon. La voiture, la tentative de meurtre de Tyron, le spectre [de XANA], tout tiens remarquablement debout. À une seule exception : pourquoi [XANA] enverrait-il un blessé grave dans une infirmerie de collège ? Vu son état, Chris a besoin d'une hospitalisation, pas d'un verre d'eau avec une aspirine.
En attendant, on remarquera tous les différents hommages à Tyker ou VB qui parsèment le passage. Ou à toi-même évidemment – même si, pour le coup, je pourrais en tirer le même genre de reproches que Jessie me faisait sur l'histoire d'un héros, à savoir : ça brise l'illusion.

Spoiler

_________________
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Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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Icer MessagePosté le: Mer 17 Sep 2014 14:50   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2143
Localisation: Territoire banquise
Et bien... on peut dire que ma fiction préférée n'a pas volée son titre. Et quel chapitre !
Bon, Ikorih a déjà fait un splendide commentaire et je doute qu'il soit nécessaire de faire de même (et puis j'ai moins de temps, ça sert à ça les assistants, à sous-traiter (a)). J'en viens à saluer les références qui me concerne, cependant je nie toute implication dans le brise moule.
Il est certain que compte-tenu du temps écoulé entre les deux derniers chapitres, certaines subtilités m'ont échappé. Il faudra que je relise tout quand tu aura terminé, BpE like. Encore faut-il que tu termines =D Tu as intérêt, vu le bijou.
Encore une fois, la sensation de te retrouver à travers les sentiments de Chris et ce coté limite blasé par des événements chaotiques constituent sans doute, indépendamment du scénario en lui-même, un énorme point fort de la fiction. 6 mois après le dernier chapitre et malgré le fait qu'entre temps on ait eu droit à l'original IRL, cela demeure vrai.
Sans compter ce motherfucker Imprévu. Ainsi, Léo quitte le navire Tyron. À vrai dire, je ne m'attendais pas à ce que ce soit si tôt et d'ailleurs, je crois que je le préfère dans ce camp là. Mais vu la fin du chapitre, ne commençons pas les conclusions hâtives...
Tu le sais, je veux la suite et vite è_è

Edit : Lol, tu t'es pris pour un admin à foutre du rouge dans mon commentaire Ikorih ? Rolling Eyes
Mais, c'était du rouge foncé Sad

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Oddye MessagePosté le: Dim 21 Sep 2014 17:31   Sujet du message: Répondre en citant  
Fleur immonde


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Messages: 2017
Localisation: Dans un autre horizon
Chose promise, chose due !
Voici enfin le commentaire attendu !


J'aime beaucoup ce chapitre. Ça, c'est fait ! Je pense que c'est l'un des meilleurs chapitres que tu as pu écrire. J'ai été véritablement scotchée, et je buvais les lignes comme une assoiffée.

J'aime, pour plusieurs raisons. Dans ce même chapitre coexistent plusieurs parties : on a une situation badine d'étudiants qui regardent un film, une situation où on assiste à de l'espionnage (Laura qui fouille), et Chris qui finit par sauter d'une voiture.

J'aime, pour l'histoire d'Amanda. Parce qu'on assiste à des destins qui se croisent, sans que les protagonistes en question ne le sachent; seul Chris le sait. Parce que, même si l'histoire est centrée sur Chris et sur son aventure, on découvre quand même l'histoire d'une jeune fille qui semble ravagée silencieusement par des remords. Et c'est vraiment intéressant de voir que Chris peut lui apporter la vérité, peut apaiser sa culpabilité, que la vérité pour Amanda est juste à portée de main sans même qu'elle ne le sache, et que finalement, la vérité lui échappe encore.
"Je lui mentais, elle me remerciait." ~ Triste constat, mais si réel.

J'aime, pour ces destins croisés que j'évoquais plus tôt. Amanda, sans le savoir, venait d'apporter clairement la réponse à Chris, sur le sujet de "je continue ou pas?".
"Mon aventure est terminée, et par extension, ce journal audio. " est une belle façon de dire que pour Chris, tout est clair : ça doit s'arrêter.

J'aime, pour les autres personnages. Pour Patrick, surtout ! Voir l'histoire de son côté est très intéressant ! Ça nous permet aussi d'en apprendre plus sur les procédures, les manières de faire de Tyron, du Cortex, des virtualisations... On en apprend davantage sur Patrick, sur sa manière de faire, de voir les choses. C'est exaltant !

J'aime, parce qu'on voit les LG, mais à travers les yeux du camp des ninjas. Du coup, on a le droit à des appellations du style "le ninja aux deux sabres" !

J'aime, pour le coup d'éclat de Chris. Il était en mode "Ah, vous alliez me faire du mal comme les autres ! Espèce de salaud !" Et c'était franchement génial ! Stupide de sa part, mais génial ! Parce que là, du coup, il vend carrément la mèche, et c'était pas la meilleure idée du monde !

J'aime, parce que Laura frôle la vérité sans encore s'en apercevoir. Bon, elle montre à quel point c'est "Laura la biatch" vu qu'elle fouille sans penser à la vie privée de Chris ! Mais j'aime bien parce que, dans son esprit, il y a toujours un rapport avec les autres LGs. Elle se demande si elle doit les prévenir tout de suite, ou non, et on voit en fait que son esprit est quand même bien conditionné par les lyokoguerriers.

J'aime, pour la référence à Transformice.

J'aime, le coup de la voiture. Le saut, la chute, la peur.

J'aime, parce que du coup, on se demande vraiment quelle sera la suite pour Chris !

Et donc...
Vivement la suite !
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Je n'étais pas anciennement odd-4-ever.
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Zéphyr MessagePosté le: Sam 27 Sep 2014 16:13   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1034
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Bon, pas de nouveau chapitre (ma page de traitement de texte étant encore blanche et mes brouillons noirs :3), mais réponse à ces quatre superbes commentaires. Et avant d'entrer concrètement dans le sujet :

Ikorih a écrit:
Waouw, on en a des choses ! Et ce titre de chapitre gère !

Belgarel a écrit:
En tous cas, deux posts ! Pour des problèmes de longueur, je suppose. Toujours est-il que j'ai pas vu le chapitre passer. C'est dire si ça se lit tout seul.

Icer a écrit:
Et bien... on peut dire que ma fiction préférée n'a pas volée son titre. Et quel chapitre !

Oddye a écrit:
Je pense que c'est l'un des meilleurs chapitres que tu as pu écrire. J'ai été véritablement scotchée, et je buvais les lignes comme une assoiffée.


Donc, merci pour tous ces compliments, vraiment. J'ai été remarquablement lent pour rédiger tout ça, et je n'avais pas prévu d'atteindre les 21 pages (ni que le post ne prendrait pas tout le chapitre), mais j'avoue avoir traversé une légère période de vide. Du coup, ça fait plaisir et ça remotive de lire tout ça Smile. Par contre, je m'attendais pas au coup du « ça se lit tout seul ». Je m'attendais au contraire à ce que la longueur conséquente soit un frein à la lecture x).
Nous pouvons donc passer au plus détaillé, en vrac :


Ikorih a écrit:
A été victimisé par Priscilla Blaise en TPE


N'exagérons rien, il a juste eu à subir un torrent d'injures, qui ont glissé sur un voile d'indifférence plus ou moins marquée Mr. Green.

Belgarel a écrit:
Note que Christophe a probablement raison. La Menace Fantôme est peut-être le meilleur des Star Wars, même si je trouve le III pas dégueu non plus.


Comme je l'ai dit ailleurs, je suis un inculte notoire. Du coup, il s'avère que je n'ai pas vu le moindre Star Wars. Ici, je me contente de croire Christophe (et Icer) sur parole Mr. Green (même si je me suis un minimum informé sur La menace fantôme et en ai visionné quelques extraits avant d'écrire).

Ikorih a écrit:
Tu es percé à jour, Zéphyr, tu n'as pas rédigé toi-même le début de ce chapitre...

Icer a écrit:
J'en viens à saluer les références qui me concerne, cependant je nie toute implication dans le brise moule. 


Voilà qui répond à Iko'. Pures références voulues. Néanmoins, l'ajout du Brise Moule n'avait pour but que d'ajouter une touche personnelle (et référencée o/) sur un personnage que j'ai tenté de calquer par rapport au modèle de L'échiquier, lequel me plaisait bien.

Ikorih a écrit:
Le contrecoup de la mort de Ducroc […] sur Amanda est bien classe aussi, parce qu'elle passe un peu pour une salope et est parfois tentée de le penser, visiblement. 

Oddye a écrit:
on découvre quand même l'histoire d'une jeune fille qui semble ravagée silencieusement par des remords.


J'aime le contraste entre vos deux remarques sur une même personne. Mais oui, Amanda est tout aussi lâche qu'elle avait eu raison de se tenir à l'écart. Sinon, peut-être le mot « ravagée » est un poil fort Oddye. Les événements ayant eu lieu il y a un certain temps déjà, Amanda a déjà fait son deuil, mais quand elle y repense, il y a des restes de culpabilité, et surtout les fameux « Pourquoi ? Comment ? ». Dans tous les cas, la peur fait faire des choses que l'on est amené à regretter, fin' je crois.

Ikorih a écrit:
La conclusion de ce dialogue m'a tiré un sourire, parce qu'elle est bien écrite. Remercier les gens qui nous mentent arrive plus souvent que ce qu'on croit...

Oddye a écrit:
"Je lui mentais, elle me remerciait." ~ Triste constat, mais si réel.


Le pire, c'est que j'avais même pas prévu d'écrire cette conclusion à la base. Elle m'est venue tout naturellement, et j'en suis assez fier du coup o/.

Oddye a écrit:
J'aime, pour ces destins croisés que j'évoquais plus tôt. Amanda, sans le savoir, venait d'apporter clairement la réponse à Chris, sur le sujet de "je continue ou pas?". 
"Mon aventure est terminée, et par extension, ce journal audio. " est une belle façon de dire que pour Chris, tout est clair : ça doit s'arrêter.


À la base, j'avais prévu de mettre en scène un Chris déjà au clair avec lui-même en début de chapitre, mais avec l'histoire de Matthieu à côté, que j'avais prévue depuis le chapitre 6, je pouvais pas me permettre de bâcler ainsi. Au final, je suis plutôt content d'être parvenu à croiser ces destins.


Ikorih a écrit:
(S'il s'est fait menacer et tabasser, Puck est-il impliqué? Mr. Green)


Pour tout te dire, en effet. J'avais à la base souhaité mettre dans le témoignage d'Amanada une petite référence à Puck, mais j'y ai renoncé. Trop lourd à mon goût. Mais du coup, il était techniquement censé être impliqué dans l'affaire d'agression. Comme je pense pas en parler par la suite, autant le dire en brut x).

Ikorih a écrit:
Greninja arrive à être bourrin ET philosophe en même temps. Classe. Ah quoique sa réflexion sur les chats est...><


On veut faire une référence à Imprévu, et voilà comment on est remercié Sad

Oddye a écrit:
Voir l'histoire de son côté est très intéressant ! […] On en apprend davantage sur Patrick, sur sa manière de faire, de voir les choses. C'est exaltant ! 


Un de mes petits objectifs pour cette scène. Les Ninjas ayant une grande place dans mon idée d'origine, j'avais envie d'aller plus loin dans leur organisation que celle évoquée dans le chapitre 3. Bon choix de mot avec exaltant, j'étais dans cet état d'esprit en rédigeant la scène puisque pour parler proprement, c'était ma première scène introspective avec un personnage autre que le principal (Laura étant la seconde o/).

Ikorih a écrit:
Dans le deuxième cas, l'influence de Pikam...chu est perceptible...


Je nie l'influence o/. Mais comme on est dans le domaine de la provocation, je trouvais cette petite réplique douteuse parfaitement adaptée.

Ikorih a écrit:
En revanche! Greninja semble apprendre Lire-Esprit...au vu de ça :
"Celui que White leur avait décrit à son retour d'exploration dans l'autre monde virtuel". Hum, en fait c'était pas si grave de se dévoiler à Tyron, il était visiblement bien cramé déjà...


http://i65.servimg.com/u/f65/12/65/67/67/dp179c10.png


Ikorih a écrit:
Tu justifies le peu d'utilisation fait du Supersprint par eux en disant que la hiérarchie les limite (mais pourquoi donc, hein?), soit, mais ce que j'ai bien aimé c'est le coup du radar interne qui gère pas mal du tout. Bien trouvé.

Oddye a écrit:
Ça nous permet aussi d'en apprendre plus sur les procédures, les manières de faire de Tyron, du Cortex, des virtualisations...


Bon, ma réponse rejoint un peu ce que je dis un poil plus haut : mon but était surtout de décrire un peu plus toute cette petite organisation. J'écrirai sûrement d'autre scènes de ce type pour la suite.
Quant à la limitation du Supersprint, la justification se trouve dans le chapitre précédent, ou plutôt, est sous-entendue. Il est signifié que la procédure de virtualisation avec combinaison est gourmande en énergie. Mon idée est ici la même : si tous les Ninjas présents se mettaient à utiliser le Supersprint, ça entraînera une grande consommation d'énergie sur le Supercalculateur de Tyron (en considérant bien sûr que l'énergie utilisée pour extraire l'esprit et celle utilisée pour un pouvoir ne forment pas un tout). Or, un des but de ce dernier est de limiter ladite consommation. Du coup, il a instauré une restriction sur certains pouvoirs des avatars des Ninjas (l'entrée dans le décor n'y figurant pas) pour ne pas avoir à recharger sa machine trop souvent, parce que mine de rien, c'est pas une chose simple à faire. Au passage, ça explique la disparition d'une partie des pouvoirs des Ninjas après #14 Intrusion.
Je suis assez content pour le radar interne. J'avais pensé également à les pourvoir d'une vision à rayons X/double-vue à la place, mais ça me plaisait moins.


Belgarel a écrit:
Retourne à la cuisine, Laura.


D'ordinaire, je fais en sorte de contredire les clichés, mais pour Laura, je trouvais que ça collait mieux de la faire adhérer à certaines idées de ce genre, alors qu'elle même y échappe. Une petite contradiction en somme. Mais la leçon de tout ça étant : « Les clichés ont la vie dure. ».
Autrement, je n'ai jamais testé les coups de pioche sur la tête Razz.

Belgarel a écrit:
Laura fouineuse <3 Très très bien. Il n'y a que toi pour écrire avec autant d'amour sur Laura, et frapper par l'exactitude de tes vues. D'ailleurs, certains passages ressemblaient moins à une fanfiction qu'à une Tribune pour Laura Gauthier  

Oddye a écrit:
Bon, elle montre à quel point c'est "Laura la biatch" vu qu'elle fouille sans penser à la vie privée de Chris ! 


Moi aussi j'aime Laura dans le rôle de fouineuse <3 (et oui c'est écrit avec amour). Principalement parce que c'est plus simple de lui faire endosser ce rôle, puiqu'elle ne s'encombre pas de questions morales. Certes, les LG sont eux aussi capables de fouiller dans la vie privée des autres (n'est-ce pas Odd ?), mais principalement quand ils sont dos au mur et qu'ils n'ont pas le choix. Je trouve que Laura est beaucoup plus légère là-dessus et donc, c'est plus agréable de la mettre en scène comme ça.
J'assume complètement les passages orientés Pro-Laura. Notamment parce qu'on se trouvait dans son point de vue à elle, et qu'elle a sa propre vision de certains événements, avec cette légèreté que je lui trouve assez caractéristique. Bien entendu, ce ne sera pas l'unique passage de ce type. Je compte bien me servir des arguments pro-Laura pour servir mes intérêts scénaristiques.

Ikorih a écrit:
Il trouvera ainsi des preuves que Gallame a tagué les casiers, probablement sous l'influence des Demanta.


Tout juste ! Cette affaire n'est qu'un complot des Démanta en partenariat avec Electhor Mr. Green.

Oddye a écrit:
Mais j'aime bien parce que, dans son esprit, il y a toujours un rapport avec les autres LGs. Elle se demande si elle doit les prévenir tout de suite, ou non, et on voit en fait que son esprit est quand même bien conditionné par les lyokoguerriers.


Je n'aurais pas vraiment employé le verbe « conditionner » personnellement. Mais on reste dans cet esprit de compétition que Laura a. Et si elle se positionne par rapport aux LG après avoir trouvé les preuves, c'est parce qu'elle s'est pas embêtée à chercher ça pour au final ne rien en faire, mis à part servir son auto-satisfaction. Son objectif reste de démontrer son utilité aux autres et regagner des points de confiance pour renouveler son accès au supercalculateur de l'usine – même si la fin du passage contient quelques traces de réflexion sur un arrêt de « guerre » et une collaboration plus ouverte.


Oddye a écrit:
J'aime, pour le coup d'éclat de Chris. Il était en mode "Ah, vous alliez me faire du mal comme les autres ! Espèce de salaud !" Et c'était franchement génial ! Stupide de sa part, mais génial ! Parce que là, du coup, il vend carrément la mèche, et c'était pas la meilleure idée du monde ! 

Ikorih a écrit:
Et Chris se retrouve avec un aller simple pour la mort. "Ce serait pas arrivé avec des barbares"… ni s'il avait été moins con.


Tout juste, Chris se révèle complètement con ici. Moi-même j'ignore si son coup-de-sang est dû à un des effets du casque ou à un acte spontané, voire un mix des deux. Mais un personnage n'est jamais parfait. On ne fait pas toujours ce qu'on devrait faire, ce que la logique impose de faire même. Cela donne donc une réaction débile qui scelle son sort pour la fin du chapitre Razz.

Icer a écrit:
Ainsi, Léo quitte le navire Tyron. À vrai dire, je ne m'attendais pas à ce que ce soit si tôt et d'ailleurs, je crois que je le préfère dans ce camp là. Mais vu la fin du chapitre, ne commençons pas les conclusions hâtives...


Pour être honnête, si je m'en étais tenu à mon plan scénaristique initial, Léo aurait déjà claqué la porte depuis le chapitre 9 Mr. Green. J'avoue moi aussi bien l'aimer dans ce camp-là, mais l'étau était beaucoup trop serré pour que je fasse machine arrière. Pour le coup, ça aurait fait Acrobatie scénaristique o/. Néanmoins, la décision d'inclusion d'une vieille idée – avec apparition dans mon esprit d'éléments conducteurs – stimulée par ton commentaire va peut-être valider ta dernière phrase.

Belgarel a écrit:
Sinon, bon. La voiture, la tentative de meurtre de Tyron, le spectre [de XANA], tout tiens remarquablement debout. À une seule exception : pourquoi [XANA] enverrait-il un blessé grave dans une infirmerie de collège ? Vu son état, Chris a besoin d'une hospitalisation, pas d'un verre d'eau avec une aspirine.


J'avoue avoir craint de mal maîtriser l'aspect voiture, saut et spectre. Du coup, ta première phrase me rassure un peu. Pour ta question, tu tapes encore une fois juste. Ici, j'ai appliqué une logique humaine, ou du moins tenté. Je pars du principe que lorsqu'on est/se fait blesser, on a pas comme réflexe premier de se diriger vers l'hôpital le plus proche. On aurait plutôt tendance à chercher/demander assistance à autrui. Et instinctivement, je pense qu'on a plus tendance à aller vers des lieux connus pour ce faire (l'infirmerie en l'occurrence). Bien sûr, Xana n'a pas à appliquer cette logique et aurait du l'envoyer à l'hôpital le plus proche. Et c'est ce que je voulais faire à l'origine. Mais j'ai réfléchi, et j'admets avoir été paresseux. Particulièrement par rapport aux soucis que rencontre Chris avec l'administration de Kadic. Un envoi direct à l'hôpital m'aurait obligé à ne pas ignorer cet aspect, et du coup, j'ai eu peur de mal gérer ce point. J'ai donc joué la sécurité pour me faciliter la tâche.
Sinon, pour (tenter de) justifier sérieusement, on peut dire que Xana a fait en sorte que Chris n'éveille pas encore plus de soupçons.

Belgarel a écrit:
En attendant, on remarquera tous les différents hommages à Tyker ou VB qui parsèment le passage. Ou à toi-même évidemment – même si, pour le coup, je pourrais en tirer le même genre de reproches que Jessie me faisait sur l'histoire d'un héros, à savoir : ça brise l'illusion.


Heu, j'ai pas encore placé la moindre référence à Tyker dans ma fic Razz. Mais c'est tout juste pour VB sinon (enfin, c'est pas comme si c'était complexe Rolling Eyes). Je suis plutôt d'accord avec ce que tu dis sur le brisage d'illusion, mais pour le coup, c'était parfaitement calculé et voulu. D'une part, je voulais trancher avec l'accumulation de situations graves en insérant quelques éléments qui font sourire. D'autre part, je me suis inspiré du style d'Imprévu pour certaines parties. Et j'ai constaté qu'Ikorih aimait bien ajouté une ou plusieurs notes complètement en décalage avec la scène. Du coup, j'ai fait de même pour cette fois, même si je n'ai techniquement pas besoin d’appeler mon chapitre Imprévu pour ça x).


Icer a écrit:
Encore une fois, la sensation de te retrouver à travers les sentiments de Chris et ce coté limite blasé par des événements chaotiques constituent sans doute, indépendamment du scénario en lui-même, un énorme point fort de la fiction. 6 mois après le dernier chapitre et malgré le fait qu'entre temps on ait eu droit à l'original IRL, cela demeure vrai.


Pourtant, j'ai tenté de détacher ce côté détaché de Chris pour l'écriture du chapitre. J'imagine que c'est une de mes particularités d'écriture ici et que j'arriverai pas à m'en détacher, même en le voulant. C'est ce qu'on appelle le style je crois x).


Derniers remerciements au passage pour vous quatre, notamment Belgarel pour son relevé (appliqué d'ailleurs) et Iko' pour son magnifique pavé. Ne me reste plus qu'à écrire la suite. Au boulot donc o/.

Tchuss !
_________________
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« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Willismine MessagePosté le: Sam 22 Nov 2014 22:22   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 09 Avr 2014
Messages: 106
Localisation: Les deux mains dans le chocolat.
Il semblerait qu'il soit l'heure de commenter. De commenter un double Empereur. De commenter un double Empereur de génie. A table !
(Ellana, je t’annonce solennellement que j’ai réussi ma réponse à ton défi. Mr. Green)

Alors, comme ce sont treize chapitres (joli chiffre) énormes de pur génie, et que le commentateur a autant de mémoire qu'un poisson rouge dans son bocal et autant d'esprit critique qu'un personnage de Disney, pas de garantie qualité. Mais je vais m'y atteler. Avec un peu de méthode, une fois n'est pas coutume.

L'Idée.
Nous avons donc pour base un semi self-insert qui se retrouve cobaye consentant de Tyron, soit chez l'Ennemi, se rapprochant ainsi peu à peu des clés de compréhension du secret de Lyoko. Je reviendrai sur le personnage plus tard.
La partie Tyron tout d'abord. Je ne ferai pas un mystère du fait qu'après trois tentatives plus ou moins espacées de visionner Code Lyoko Evolution, l'auteur de ce commentaire a dû lamentablement rendre compte de son échec. Tout ce que j'ai pu retenir de ce brave CLE, en résumé, c'est que la 3D était mimi, qu'il y avait Laura et que, avec du recul (il en a fallu), cette fille était le truc le plus cool de toute cette mascarade. J'étais donc dans l'ignorance quasi-complète de ce qui se tramait du côté de Tyron et cela s'annonçait mal. Je n'ai donc pu que me délecter de cette plongée du côté des méchants. J'ai trouvé Tron assez génial, ainsi que l'immersion dans le monde des ennemis des LG et de leurs objectifs. La base secrète est classe. La technologie et l'organisation qui l'entourent sont assez séduisants également. Dans le concept, le fait de placer le héros du mauvais côté me séduit à un point... Et enfin, il y a la clause "cobaye". Comment pourrais-je ne pas aller dans ce sens en sachant... euh... la filière dans laquelle je suis ? (a) Bref, on part d'une idée fort sympathique.

Le Style.
On n'en fera pas un secret, tu écris super bien. Cependant. Je tiens à le faire remarquer parce qu'à mon arrivée sur le forum, je me souviens d'avoir tenté de lire l'Engrenage et d'avoir reculé. (Par la suite, mes motivations furent différentes mais tu les connais Smile).
Je commencerai donc par ton tout premier paragraphe :

"La vie est vraiment étrange parfois. Elle est faite de telle manière qu'elle parvient toujours à nous surprendre, surtout aux moments où l'on ne s'y attend pas. Bien sûr, cela peut être en bien ou en mal. Dans mon cas, ça reste encore à déterminer. Tout a commencé lundi dernier..."

Ne vois-tu pas quelque chose d'étrange dans la partie en gras ? (a)
Personnellement, j'ai du mal à être surprise quand je m'y attends. C'est... comment dire... souvent contradictoire. Même si, techniquement, on peut s'attendre à ce qu'un événement ne soit pas comme on l'aurait prédi... enfin. Sur tout le début de la fic, tu as des paragraphes isolés qui sont en fait des ramassis de lieux communs, destinés à nous mettre sur nos gardes, mais qui d'un point de vue purement stylistiques ne sont pas vraiment top.

Je sais que ça déborde du style, alors on va dire "technique d'écriture" : comment réprimer mon angoisse quand j'ai vu que tu utilisais l'entrée en matière la plus pourrie au monde dans ce premier chapitre ? Je veux dire, d'accord, on commence par les lieux communs mais pas grave, c'est la Journée de la Tolérance. Mais ensuite, l'OC qui se présente ? Bon, ça fait que je vais malheureusement et malgré mes résolutions pourrir mes désirs de commentaire ordonné, mais tant pis. Comment dire... Un OC qui se présente à la première personne au tout début d'un chapitre, c'est généralement une marque de débutant qui ne sait pas écrire (imagine ma frayeur. Bon sang, Zéphyr qui fait un truc pareil, quoi. Où va le monde ?! TT__TT ). Mais ensuite, ton OC accumule. Non content de faire ses premiers pas au monde en tant que bleu (Mr. Green), il faut qu'il ait des origines étrangères, un physique plutôt avantageux et même des yeux zarbis. L'alerte Gary Tsu était dès lors sonnée...

Le chapitre 1 a également un petit défaut, c’est que j’ai comme l’impression que c’est le bordel dans l’accord, par exemple dans la partie sur Jim.

Bon, là, je fais mon emmerdeuse, mais la suite a prouvé que ton style était quand même assez extra. Les crises de panique derrière mon écran parce que tu faisais une fin de chapitre sadique, je ne te dis pas.

Les Personnages.
Eh bien... on va attaquer avec Chris, histoire de ne pas me stopper dans ma lancée. Malgré ses débuts avec quelques handicaps (en plus de ses caractéristiques premières, il fallait qu'il ait une famille qui craint et un lourd passé...), ce héros est finalement une incontestable réussite. Un personnage d'une complexité dont je ne me lasse pas, et qui a été développé de telle sorte au fil de l'histoire qu'il est juste devenu extraordinairement attachant. Bien que les origines anglo-saxonnes et les yeux hétérochromes restent à ce stade du scénario sortis d'un chapeau, je ne puis qu'approuver le reste. Chris me fait penser au poème de Baudelaire, l'Albatros. Une apparence qui, d'un côté est une nécessité pour une composante secondaire (scénaristiquement) de l'histoire, qui fait se demander si tout cela avait été prévu, et qui, d'un autre point de vue, est avec toute la grâce du paradoxe un véritable paradoxe. Ca fait tout de suite de lui un personnage extrêmement touchant, ce contraste entre son air de grosse brute mal lunée et sa gentillesse, sa sensibilité, telle qu'elle est illustrée dans l'épisode Savorani par exemple.

De même, sa brûlure dans le dos, qui aurait très bien pu se contenter d'être un abominable cliché du je-souffre-je-suis-un-incompris-je-ne-veux-pas-en-parler, est (bien que la complainte ait parfois des airs de radotage) un véritable moteur de l'histoire, et pas seulement avec sa découverte par Yumi (d'ailleurs, malgré le fait que c'est opposé à ce qu'on attendrait de ta part, Yumi et Chris ont une relation qui flirte avec le futur couple). Je pense bien sûr par là à son apparence virtuelle (pas évident de reconnaître un visage de brûlé modifié en plus par la numérisation), mais aussi au lien de cause à effet qui lui procure des cauchemars, cauchemars dont la description est assez troublante et réussie pour qu'à chaque nouvelle exploration virtuelle, la peur qu'ils deviennent réalité m'effleure l'esprit. C'est encore l'un de ces "trucs", quand tu écris, qui est formidable. Tu arrives à retranscrire par des actions une foule de sentiments qui ne s'arrêtent pas au trop classique amour/haine/ plus éventuel colère/peur. Il y a des huis-clos inattendus, des sensations, des ellipses parfois qui parlent pour toi, comme celle assez marquante sur la nécessité qu'ont les Ninja de retirer leur masque après un plongeon virtuel. Avec juste des actions, juste des personnages qui ne se comprennent pas eux-même, tu nous parles de réflexes vitaux qu'on comprend avec les tripes avant même d'y mettre les mots et le côté rationnel (comment ne pas réagir comme ces Ninjas par exemple, avec le désir de se libérer, de respirer. L'Engrenage, c'est aussi une tempête de sensations Wink.

Maintenant, j’ai bien envie de parler de l’avatar de Chris. Ce pouvoir si inattendu du vent qui lui sauve la mise dès sa première virtualisation (et d’ailleurs, j’aimerais bien savoir comment Tyron a appris que tomber dans la mer numérique équivalait à mourir, et qui a testé pour lui. Ahem), mais amené plutôt bien – par la surprise – et ses bons aspects. J’y arrive. Le fait qu’il se rate. Ce pouvoir est paradoxalement ce qui va révéler la première faiblesse de Chris. C’est, si mes souvenirs sont bons, la toute première fois où on le voit faire une erreur flagrante. Et, comment dire que cet aspect de Chris, c’est ce que je préfère chez lui. Il fait des erreurs. De vraies erreurs. Pas des erreurs de héros qui sont en fait des tremplins déguisés ou des compliments pris à l’envers. Il a des faiblesses. Comment exprimer combien c’est magnifique, et quasi miraculeux, de trouver un auteur qui fait commettre des fautes à son héros. Et qui ne donne pas l’impression de les avoir placées là pour le bien de sa fiction, mais parce qu’elles résultaient du fait que le personnage est humain. Bien sûr, je ne peux pas résister à l’idée de parler de ses bourdes auprès de Tyron, même si je crois que j’aurai le loisir de les évoquer plus longuement un peu plus tard. Pourtant, c’est bien dans son caractère que réside toute la force de Chris, même si on sentait que les fils étaient encore un peu énorme au tout début de l’histoire, lorsqu’il rentre dans l’Elu et se fait enrôler chez Tyron par haine – en quelques sortes –. J’aime bien ces personnages passagers tels que le petit intello prétentieux qui juge Chris sur son apparence. Un petit mensonge par omission qui déclenche une cascade.

Le véritable Léo m’a bien plu aussi. Ne pas faire de tous ses personnages des enfants de chœur. L’effet aurait été le même si Léo Chevalier avait demandé poliment à Chris de s’occuper de ce papier – tiens d’ailleurs, il a disparu sans demander son dû, ce cher Léo… comme c’est étrange Surprised –. Mais le rendre antipathique a donné… je dirais, un peu de peps au rendu. Ça renforce les chances d’appréhender correctement les schémas de pensée de Chris, son côté assez solitaire, renfermé, et sa tendance à considérer le monde extérieur et l’autre en général comme hostile, et les étrangers comme ses ennemis. Je suis prête à avouer que j’aime bien cette mentalité, parce qu’elle est en fait plus complexe que ces lignes (qui sont un peu réductrices). En fait, ce qui est magnifique, c’est qu’on se rend compte que Chris a en fait une part assez dévorante de naïveté et d’idéalisme contre laquelle il essaye de combattre de lui-même, par ce tempérament renfermé justement. Je ne crois pas me tromper en affirmant que c’est cet aspect, le self-insert Wink. Ça et la relation en apparence catastrophique que Chris a avec les membres du Beau Sexe.

Mais ne passons pas trop vite. La mentalité de Chris. Celle qui le pousse à s’isoler. Elle a plein de bons points pour un auteur, par exemple de ne pas s’encombrer d’amis peu utiles pour faire avancer l’histoire Wink. (Et des personnalités à inventer en moins o/) Mais je trouve la bonté fondamentale de Chris assez touchante, quand on sait qu’en parallèle il se désinvestit de toute activité sociale et que ce sont les autres qui vont le chercher au fond de sa tanière. On se demande pourquoi, tout à coup (: … Je pense à sa manière de vouloir protéger des gens qui ne lui ont rien demandé, parce qu’il considère ça comme juste, et la façon dont c’est mis en scène, assez fine puisqu’elle ne donne pas l’impression que tu veux montrer que ton personnage est un petit saint parfait. Il y a cette ambigüité, dans ce que Chris pense des autres, et de ce que lui-même fait lorsqu’il interagit avec eux, qui est très plaisante. ’’J’interviens, mais tu m’intéresses pas’’ alors qu’en parallèle on a des personnages très secondaires et plutôt fouillés (maman SPPS approuve (y)). Et toujours cette dualité ‘autres hostiles’ (si l’on suit ses raisonnements internes) v.s sentiment de trahison lorsque cela s’avérait justifié, preuve qu’il ne croyait pas vraiment ce qu’il racontait. Le passage avec Anaïs Fiquet en tient une couche sur le sujet.

Parlons un peu des autres. Amanda-qui-n’est-pas-Emeline, par exemple (a). Je l’aime bien, cette petite. C’est un peu, à mon avis, LE personnage qui a compris Chris (et Chris est bigleux. Me tromperais-je ou est-ce bien une nouvelle manière métaphorique de jouer avec la notion de self-insert ?). Je l’aime bien, donc, disais-je. Pauvre Chris qui ne se rend pas compte que l’autre moitié de l’humanité ne partage pas forcément ses soucis séparatistes. Il y a beaucoup de filles qui aiment savoir qu’elles sont écoutées, et qu’en prime, ça ne se retournera pas forcément contre elles. Ça me rappelle une certaine personne qui dit que moins les autres en savent à votre sujet (le légendaire masque des gens qui se sont pris un peu trop de baffes par croyance en la bonté de l’humanité, ou au contraire, trop peu, et des mauvaises personnes), mieux on se porte. Bon, c’est pas très linéaire tout ça. Amanda, je l’aime parce qu’elle est un peu l’alter ego féminin de Chris, en version plus bavarde, histoire qu’on soit au courant de ces détails – de ça et de son histoire avec Matthieu –. Avec sa détresse mal soignée et son comportement qui sort des classiques. Et parce qu’elle a du caractère, d’une certaine manière. Parce qu’au fond, même s’il le nie, ça leur fait du bien à tous les deux, à Chris et elle, lorsqu’il y a une discu- un monologue entre eux… (devil)

Allez, les relations avec les filles. Ça rend Chris touchant. Au moins, on a un lycéen qui n’a pas une maturité trop élevée par rapport à son âge de ce point de vue-là, ça fait du bien (ces fics HP où un Harry de 11 ans sous polynectar drague une fille de 20 comme s’il avait fait ça depuis qu’on lui a enlevé sa première couche (vomit)). Et puis, un faux insensible, ça va à l’encontre de ce cliché saoulant du BG séducteur qui résiste à toutes les filles sauf comme par hasard miss-mon-nom-n’est-pas-Sue (vacances supplémentaires). Je n’ai pas déjà dit que j’adorais l’arc avec Fiquet ? o/ Sinon. Je ne considère pas que ce soit une salope. Enfin, si, un peu (ok peut-être plus qu’un peu), mais je lui trouve des excuses quand même. Sus au tout-blanc-tout-noir !

L’oncle de Chris est, je le devine, au moins inspiré d’une personne réelle. C’est peut-être pour ça qu’il n’est pas totalement cliché (on échappe au gars ivre qui jette ses bouteilles sur le pauvre neveu haï dont il ne peut pas piffrer l’apparence et qu’il songe à vendre aux trafiquants d’enfants). Bien sûr, ça ne veut pas dire qu’il fait particulièrement aimable. Le contraire aurait été étonnant. Ça nous fait un Chris bien solitaire et isolé, tout ça… je comprends pourquoi il a besoin de parler à son dictaphone *sbaf !*

+1 pour la cape-pas-pratique-détestable-et-pourtant-là. Je n’arrête pas penser à la styliste des Indestructibles quand c’est évoqué, c’est plus fort que moi. Je cautionnerais assez peu le coup de la cicatrice sans son utilité au niveau de l’avatar de Chris, mais l’explication pour la cape est géniale. A ce propos. La découverte de la cicatrice par Yumi n’est pas mal du tout. Encore un truc à propos duquel je me demandais quand il allait arriver. Mais d’un côté, ça signifie que ce n’était pas prématuré, cette mise en scène de la piscine. J’aime bien la manière dont tu traites Yumi, d’ailleurs. Même si je ne sais pas si la Yumi de la saison 4 serait si aimable o/. Enfin, elle a oublié d’être bête, alors ces attentions ne sont peut-être pas injustifiées.

Ta manière de basher Ulrich, par contre, je la désapprouve Sad. Mais tu le sais déjà. Mais sinon, globalement, tu respectes super bien le caractère des personnages de la série. Notamment Jim.
« Malgré le succès de sa mission d'infiltration, sa défaite contre ce garçon était restée gravée en lui. Il l'avait complètement sous-estimé et s'était fait avoir en conséquence. Mais au final, c'était tout aussi bien. Un ennemi avec du répondant ne pouvait qu'ajouter du piquant à l'action. » >> Chapitre 13, ou comment tu te rattrapes Mr. Green.

La partie suivante est censée s’intituler « Scénario », mais je trouve que Fourre-Tout serait un peu plus réaliste (et m’accorderait davantage de libertés xD).

‘’Le lundi, personne ne l'aime, sous prétexte que c'est le jour de la semaine le plus éloigné du week-end.’’ >>> Dans mon cas, c’est parce que c’est le jour le plus proche. Le jour de la désillusion (a).

Le premier chapitre est toujours le plus important, c’est connu, et c’est pourquoi je vais m’y attarder. Malgré son début auquel je n’accorderais pas mon admiration inconditionnelle, je dois reconnaître qu’il a quand même un certain nombre de très bons points. La balance dans la présentation de Chris, par rapport à ce qu’il y avait juste avant, par exemple. Le portrait qui en est lentement fait au cours de cette mise en bouche est magnifiquement mené, notamment dans le passage avec Jim. Je dirais que cet extrait permet de démarquer ton personnage de l’OC bateau qui était à craindre. On a vraiment un portrait de son caractère général avec très peu de mots et quasi uniquement des gestes (solitaire, marginal, qui a un fort caractère mais fondamentalement serviable, et enfin, la manière dont il est perçu par son entourage). C’est la preuve d’une grande maîtrise de l’écriture, pour une ‘‘première’’ fic. Le contraste avec le tout début est saisissant.
(Puisqu’on est sur le sujet : ‘’ Je l'accompagnais donc, ou plutôt le supportais, jusqu'à l'infirmerie.’’)

Pour le paragraphe suivant, les réactions de Léo n’étaient peut-être pas les plus réalistes qu’on aurait pu imaginer, mais cette scène étant fondamentalement nécessaire, tu es tout excusé. Cela n’empêche. Léo a une manière de réagir assez étrange. Si ce bout de papier était si important pour lui, vu son caractère, il est étonnant qu’il le confie à une personne sur laquelle il vient de gueuler. Ou alors, on peut penser que c’est un crétin. Ce qui n’est pas impossible.

La scène suivante prend un tout autre visage quand on en est au chapitre 13 XD. Autant elle paraissait improbable à la première lecture, autant, aujourd’hui, je ne peux que me dire que tu passes ton temps à nous manœuvrer. Sur ce coup, la réaction de Chris est totalement adaptée.

J’ai beaucoup aimé la scène sur le procédé de sélection et l’alignement des geeks. Mais pourquoi seulement des geeks ? Pour qu’ils soient isolés socialement en plus d’être sans famille, ou pour qu’ils s’y connaissent en jeux vidéo ? Alors que survivre à Tron nécessite une bonne santé physique ? La charade était pas mal aussi, malgré l’affirmation contraire de notre brave narrateur, quand on sait qu’on recherchait quelqu’un qui a de l’imagination, parce qu’elle demande de ‘penser autrement’ même si ça reste très simple.

(Dans le genre, à demi hors sujet : passez par tous les ronds de la figure suivante sans lever le crayon et avec uniquement quatre segments de droite. Non non, je n’essaye pas de gagner de la place Mr. Green
o . . o . . o
o . . o . . o
o . . o . . o
Euh… on va appeler ça une entracte de mi-commentaire, d’accord ? M’en fiche. Ellana avait mis une image Mr. Green)

Petites notes sur la rencontre avec Tyron :
‘’ Tu as surclassé tous tes concurrents !’’
‘’ Je ne pus répondre, j'étais quelque peu estomaqué par ces (doutes sur le c/s selon le sens que tu as voulu leur donner) dernières paroles. Un supercalculateur ? Moi, une personne plus imaginative qu'une bonne trentaine de geeks ? Il y avait de quoi être surpris.’’ >> Malgré l’emploi de synonymes, je trouve que la dernière phrase fait redondante.
‘’- Si tu ne souhaites pas participer à ce test, je comprendrais’’
‘’J'avais une nouvelle difficulté à surmonter mais je décidais de voir cela plus tard.’’
‘’- C'est le début d'une grande aventure, (<< césure please) tu peux me croire.’’
‘’Une fois à l'extérieur, j'inspirais une grande bouffée d'air’’ Et la phrase suivante a un accord au présent alors que ton texte est à l’imparfait.
Dans cette partie, j’adore le fait que tu invoques la fierté de Chris pour le pousser à accepter. D’ailleurs, on a son premier petit mensonge…

Le final :
‘’ Peut-être vais-je disparaître dans des conditions mystérieuses et que tout ce que l'on aura pour me retrouver, c'est cet enregistrement.’’
Grand. Sadique. J’ose espérer que mes craintes ne sont pas justifiées. J’ose. Le chapitre 14 ne sera pas celui du décès du héros, hein ? Rassure-moi. Rassure-nous tous… TT____TT

Skip jusqu’au chapitre treizième. Ça tombe bien, on voit l’évolution du personnage. Nous voilà projeté devant le casse-tête de Chris qui découvre qu’il se fait utiliser depuis maintenant douze chapitres. Ce qui m’étonne, c’est que la copine de Tyron et également docteur conseille à Chris de se carapater alors qu’elle connaît très bien les méthodes de son cher et tendre, et que par conséquent, elle sait que l’espérance de vie de Chris est intrinsèquement liée au temps qu’il voudra bien rester au service de la Deckard. Alors peut-être que Chris n’aurait pas été dans le plan nettoyage s’il était parti gentiment sans faire de vagues et que Tyron se serait nourri de l’espoir qu’il change subitement d’avis. Cela dit, je n’y crois pas.

Le casque est une chose bien intéressante, à propos de laquelle je t’ai déjà dit deux-trois mots médicalement parlant (vive la science-fiction). En fait, ce qui m’intéresse principalement avec le témoignage de l’utilisation d’autres personnes et de la copie de leurs pouvoirs, c’est que ça signifie que, même si Chris va voir ailleurs si l’herbe y est plus verte (même si ça doit finir au paradis des cochons d’Inde), Tyron pourra doter ses Ninja des mêmes capacités que possède actuellement Chris. Donc, si Chris rejoint les lyokoguerriers, il pourra certes leur révéler le contenu de la base secrète, l’état de Tyron, les secrets des Ninja ou encore ce qu’il sait du Supercalculateur qui génère Tron, mais il devra aussi – et c’est plutôt intéressant – affronter quelqu’un qui possèdera des pouvoirs égaux aux siens, ou plutôt, égaux à ceux que Chris possède dans ce chapitre 13. Après tout, il paraîtrait qu’il est plein de ressources et qu’il n’a pas fini de les explorer. Donc si tu as la gentillesse de ne pas lui faire exploser la cervelle dans les jours qui vont suivre (ou de ne pas le tuer, tout court), ça promet en combats.

Tes combats virtuels sont tops. Difficile de s’y ennuyer. J’en réclame et j’en raffole. Tout comme les explorations virtuelles.

Au fond de moi, je ne crois pas que tu vas tuer Chris malgré certaines insinuations odieuses. C’est quand même le personnage qui nous a présenté tous les autres et le seul pour lequel on a un point de vue interne, malgré l’usage que Laura va permettre d’en faire.

Laura, tiens. Une Laura sauvage apparaît. Et elle est ‘’sympa’’ avec Chris. Comme c’est étrange. Ta Laura est franchement cool, par contre, elle m’enfonce XD. (Je dois faire des dérivées cette année, ô enfer et damnations, et je ne sais plus du tout comme ça marche… enfin, presque.) Elle me plaît. Présente, mais pas envahissante. Utile. Patiente. Fouineuse. Salvatrice (bizarre, bizarre…). Avec tous ses bons côtés mis en valeur (oui, ‘’fouineuse’’ en est un).

Les blackouts de Chris sont un élément de l’histoire qui me fascine. J’ai terriblement envie d’en connaître la raison, pas simplement celle qui lui permet de s’enfoncer dans les profondeurs du catastrophisme en fin de chapitre, mais l’autre raison. Liée aux histoires virtuelles. Vu qu’on a Xana qui protège Chris exagérément, on pourrait s’imaginer que ça signifie qu’il se fait ‘un peu’ posséder, sauf que d’un autre côté, il a aussi réussi à se faire posséder en en étant conscient durant le fameux épisode de la bataille contre soi-même. (Quel étonnement, que Matthias ne soit pas en odeur de sainteté…) Alors quelle est la différence fondamentale entre ces deux types de possession, sachant qu’on peut mettre deux événements qui penchent à l’opposé sur la balance ? Je parle bien sûr du blackout-castagne, en présence de Puck le voyou, et de l’autre côté, du blackout-expo, où Chris tape à toute vitesse des codes sur les ordinateurs de l’exposition. Quel a été ou quel sera l’effet de ces codes ? Et pourquoi d’ailleurs, à l’intérieur de l’attraction, a-t-on eu une coupure de courant ? On ne m’ôtera pas l’idée que Xana a des choses à nous révéler par la suite. Ça m’arrange. C’est une bonne raison pour laquelle Chris survivra. Si tu le tues, j’empoisonne tes muffins et je te les fais manger… Ce sera une mort agréable, au moins. Je te dois bien ça. (a) (Ou alors il y a la technique Amélie Nothomb. Séquestration. Niark niark…) Enfin. On ne peut pas rester indifférent face aux blackouts. Je comprends totalement l’aspect paniquant. Il suffit d’avoir fait un ou deux malaises pour ça. Déjà, ne pas savoir quand on risque de perdre conscience et ensuite, avoir conscience du danger et du fait qu’on ne peut rien mettre en œuvre pour s’en prémunir.

J’aime bien Sally. N’ayant pas eu le courage d’affronter Code Lyoko Evolution jusqu’au bout, je ne sais pas s’il s’agit ou non d’un OC, mais elle est plutôt plaisante. Elle a sa petite part de complexité. Elle n’est pas parfaite. Son égoïsme, ses petites envies passagères et la manière dont elle se démarque de l’étiquette « filles » que Chris colle à tous les personnages correspondants la démarque en bien. J’aime d’ailleurs les remarques que tu en profites pour glisser (le chromosome Y, les filles qui parlent ordis et physique quantique…). C’est le côté mignon de la misogynie qui ressort. Et puis je n’arrive pas à déterminer si elle se rapprochait de Chris par ordre de son père ou non, mais si ce n’est pas le cas, j’espère qu’il y aura au moins une confrontation après l’épisode de ‘trahison’.

Tes personnages se démarquent tous. C’est d’un superbe. Même Priscilla et Emmanuel ont leur petit côté craquant. Les scènes de vie quotidienne sont aussi une force de ton histoire, parce qu’elles ne sont pas répétitives et qu’elles donnent plus de profondeur à l’histoire. (Contraste entre un match de foot à la Icer et un match de hand à la Zéphyr…) J’aimerais bien, par contre, qu’on revoie Anaïs, Christophe, Ernest, Caroline, Amanda et compagnie. Et que ce ne soient pas seulement des tremplins passagers (caprice SPPS Wink ). Et j’aimerais aussi… savoir de qui ils sont inspirés xD.

« Et si on continuait quand même ? Juste pour retourner une dernière fois sur Tron et ressentir toutes ces sensations… » >>> Dis-moi… Je veux bien qu’il existe une addiction aux mondes virtuels, à Tron, à tout ça comme c’est le cas pour les lyokoguerriers à la fin de la saison 4… Et je veux bien, aussi, que Chris soit victime d’effets secondaires à cause de ses virtualisations, mais ça n’empêche. Ce ne serait pas Xana qui bidouille derrière tout ça ? On sait que Xana a besoin de Chris d’une manière ou d’une autre. Pourquoi pas pour aller sur Tron ?

Toutes les allusions aux autres membres dans le chapitre 13 sont plutôt cools, sinon.
Mais… euh… tu l’avais déjà vue, La menace fantôme ?
Ce qui me fait penser. C’est troublant, un self insert. Tu n’as pas idée du nombre de fois, pendant ma lecture, où je me suis demandée si tu ne cachais pas une cicatrice de brûlure dans ton dos. Parce que par certains aspects, ça a un côté « vécu », malgré le fait qu’on sait l’utilité de cette cicatrice. Après c’est stupide, je ne dis pas. Mais j’avais mal pour ton dos, enfin, pour le dos de Chris. Ça doit être un peu chiant aussi pour se changer dans les vestiaires pour le sport, ce dos. Breeeef.

« Quant aux autres élèves présents, je repérai Odd Della Robbia installé sur le canapé en compagnie d'une jeune fille coiffée d'un chapeau. » >>> donc tu lui as choisi l’apparence qu’elle a dans Code Lyoko Evolution. Soit. Tant pis. J’espère qu’on va la revoir. Sans surprise, je l’aime bien.

Il est vrai que toutes ces pannes (au Parc des Expositions, puis ici, devant la télévision), suivies comme par hasard d’un événement qui touche à la santé de Chris pourraient être des hasards. Mais en fiction, dans l’Engrenage en tout cas, je me permets gracieusement de ne pas croire au hasard (a).

Arrive Amanda. J’adore sa franchise, même si on sait quel but ça sert niveau scénar.
J’aime aussi beaucoup le passage sur les Ninja. Incroyable comme Puck peut être à la fois détestable et fascinant. Sa relation avec Sally m’intéresse…

« La conclusion de tout ça, c'est que Mathilde Ducroc était décédée sur la table de virtualisation » >> Me fait horriblement penser à de la chirurgie.
« - Nous savons très bien qui vous êtes Tyron, répliqua Aelita.
- Professeur Tyron ! corrigea le scientifique avec une pointe d'irritation. » >>> Cet extrait me fait craquer. C’est pour moi l’un des intérêts de basculer du point de vue des méchants. Ils le paraissent moins, et les héros, avec leur manière hargneuse de parler, leur gloriole ou leurs réflexes pour interpeller l’ennemi, acquièrent un aspect ridicule. Ça les désacralise. Comme lorsqu’ils s’adressent aux Ninja en pleine bataille et que ceux-ci ne leur répondent pas. Ou lorsque l’un ou l’autre des lyokoguerriers fanfaronne pour avoir abattu un adversaire. Tout de suite, le changement de point de vue rend les méchants plus intelligents. On les prendrait presque pour des gentils. Bon, après, c’est vrai que le « Professeur » peut passer pour une marque d’orgueil mal placé, mais zut.

Sinon. Chris serait-il stupide ? (a) Monter dans la voiture d’un mec qui, il le sait, n’attend plus qu’un instant d’inattention pour l’assassiner, c’est… risqué. Mais c’est un de ces trucs super dans l’Engrenage. Chris fait des erreurs. Que notre chère petite Laura va s’empresser de réparer pour lui, car c’est un ange… n’est-ce pas ? Et enfin… pourquoi Xana lâche un Chris quasi mourant dans… une infirmerie de lycée ? :O

‘’ Lors d'un saut, il paraissait que la partie la plus compliquée à gérer était l'atterrissage, mais aussi qu'en cas de réussite, c'était revigorant.
Chris ne pourrait en témoigner.’’ >>> Ceci était la phrase sadique du siècle.


Conclusion : il en est où, ce chapitre 14 ? Wink
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Chapitre 14
La proie et l'ombre






Mardi 26 Mars 2013

Vivre dans un bâtiment souterrain, même extrêmement bien ventilé, n'était pas de tout repos. Clément Bradley pouvait en témoigner. Même un an et demi après son arrivée dans cet endroit, il ne s'était pas vraiment adapté à l'environnement. La sensation de confinement restait présente de manière instinctive, malgré l'arrangement aéré des espaces. Sans oublier bien évidemment le fait de se retrouver dans la même pièce que dix autres personnes. Ça pouvait aussi influer sur l'étouffement ambiant.
Tyron l'avait convoqué dès le matin dans un des bureaux du niveau moins quatre, lui et neuf de ses camarades. Il en identifia une bonne partie sans grand mal : Dylan, Franck et Sébastien avec qui il s'entendait bien, contrairement à Patrick/Puck, également présent ; deux filles pour lesquelles il n'avait retenu que le prénom d'une, Élodie ; ainsi que trois autres garçons qu'il ne connaissait que de vue.
« Il doit avoir un service à nous demander pour nous avoir sollicité en masse. »
Sa pensée fut confirmée dès que l'adulte commença à parler :
- Vous devez savoir que le dernier testeur du casque de virtualisation était un imposteur, et qu'il nous a faussé compagnie. En soi, je me fiche un peu de tout ça, c'est son choix. Mais à partir du moment où il est en possession d'informations confidentielles, je ne peux pas laisser passer. Il me faut le retrouver et lui mettre la main dessus. Sauf que je manque de temps et de main d’œuvre pour le faire moi-même. C'est là que vous intervenez. Je veux que vous me retrouviez ce garçon qui se faisait passer pour Léo Chevalier et que vous me le rameniez.
Les dix jeunes gens prirent le temps d'encaisser et de retourner la demande qui, pour résumer grossièrement, consistait à retrouver un fantôme. Extrêmement simple.
- Comment vous voulez qu'on s'y prenne ? demanda un garçon non nommé.
- Certains d'entre vous ont eu des échanges avec lui il me semble. Vous devez bien connaître quelques éléments sur lui. Vous avez également accès à une documentation fournie ici. Il vous suffit d'être inventifs.
« Facile à dire... » se dit Clément.
Mais il devait s'exécuter. Il s'était engagé à ça après tout.
- Ce serait pas plus simple de l'éliminer directement ? demanda Franck. En engageant un tueur à gages ou quelqu'un du genre ?
- Tu t'es cru dans une série américaine peut-être ?
La réponse avait cinglé. Notant qu'elle était incomplète, Clément décida d'intervenir :
- Monsieur, comme mon camarade l'a plus ou moins fait remarquer, pourquoi s'embêter à vouloir le capturer ?
La répartie du scientifique jaillit sans attendre :
- Me débarrasser de lui faisait partie de mon idée de base. Après réflexion, il s'est avéré que c'était une réaction beaucoup trop impulsive et expéditive. À présent, je suis motivé par la récolte d'informations. Par exemple, savoir si ce garçon agit seul ou s'il est affilié à un groupe qui chercherait à nous espionner – disons un concurrent – , et surtout, savoir comment il a pu récolter les informations confidentielles. De plus, j'ai eu une idée assez intéressante en lien avec la virtualisation que j'aimerais mettre en pratique. Sur un sujet sain et préparé.
La manière de présenter les choses de l'homme n'était pas sans ajouter une pointe d'inquiétude parmi l'assemblée.
- J'ai conscience de vous confier une tâche difficile, mais vous êtes les seules personnes disponibles. Et je ne vais pas vous laisser livrés à vous-mêmes. Dans la mesure du possible, je pourrais vous fournir du soutien.
La précision ne retira nullement aux gardiens de Tron l'impression de faire face à une montagne infranchissable.
- Bon, je vais devoir y aller, ajouta Tyron. N'oubliez pas ce que je vous ai dit.
Il regarda ensuite spécifiquement Clément :
- Je te fais confiance pour gérer tout ça.
Le concerné acquiesça.


L'entrevue terminée, les dix convoqués se rendirent dans le gymnase situé au niveau supérieur, seul endroit assez spacieux pour tenir une réunion sans que l'atmosphère ne se transforme en étuve. Après installation sur les tapis de gymnastique empilés dans un coin, Clément fit un rappel :
- Bon, on doit retrouver un type dont on ne sait que peu de choses. Des idées ?
Un silence significatif se chargea de répondre.
- Elle est où l'autre râleuse ? émit brutalement Patrick. C'est elle qui lui a le plus parlé, elle doit bien avoir retenu quelque chose.
La périphrase fut comprise de tous, ce qui amena à une réponse sans trop d'attente de la part d'une des filles, la fameuse Élodie :
- Elle est partie pour la Suisse il y a quelque temps. Me demande pas pourquoi.
L'émetteur de la remarque primaire poussa un soupir voisin du grognement.
- Et toi alors ? contre-questionna Clément. Tu as échangé avec lui il me semble.
- Pas énormément, mais assez pour savoir de quoi il est fait.
- Vous avez couché ensemble ? lança un des garçons dans une tentative d'humour – et probablement de participation.
- ...
Fait rare, voire unique, Clément fit un facepalm. Quant à Puck, il se contenta de hausser un sourcil en direction de l'auteur de la réplique, lequel n'ajouta rien et savoura l'échec de son intervention.
- On n'est pas plus avancés, fit Élodie afin de relancer la conversation. On fait comment pour retrouver ce chais-pas-qui ?
Un autre garçon, qui n'avait rien de vraiment remarquable, avança alors la suggestion la plus constructive de tout l'échange :
- Et si on se tournait vers sa fausse identité ? Vous savez, Léo Chevalier.


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Épais et gélatineux. Voilà les qualificatifs que Chris aurait utilisé pour définir sa perception du temps, installé en position assise/allongée sur son lit d'hôpital. Pourtant, cela ne faisait qu'à peine trois jours qu'il était enfermé dans ces quelques mètres carrés du service de traumatologie, mais il se faisait proprement chier. Machinalement, il balaya du regard sa chambre, dont il connaissait quasiment par cœur tous les éléments. Sur sa gauche se trouvaient établies la porte d'entrée, et juste à côté, le coin salle de bain. Le reste de la pièce consistait en un carré dans lequel se dispersaient le mobilier propre à ce type d'endroit : le lit médicalisé qu'il occupait, placé de manière à avoir un bon angle de vue sur la télévision du mur d'en face – qui n'éveillait pas grand intérêt chez Chris, une petite armoire, et enfin une chaise. Du regard, le tour du propriétaire se faisait rapidement, même si en détaillant précisément chaque élément, la durée d'observation augmentait en conséquence. Mais le garçon l'avait déjà fait tellement de fois qu'il n'arrivait plus à se concentrer sur ces éléments inanimés. La monotonie avait fait son trou, uniquement modifiée par la luminosité que laissait passer la fenêtre le jour ; ou l'éclairage électrique selon l'heure. Quant au fait de dormir, c'était une option tout à fait viable, s'il n'avait pas eu un sommeil aussi agité, saupoudré de ses amies insomnies. Se trouver dans un lieu réservé à la guérison des pathologies ne faisait pas tout.
Ne restait alors à Chris qu'une activité possible : penser. Le nœud du problème s'établissait là. Penser ne lui faisait pas envie. Il ne voulait pas songer aux derniers événements. Pas dans l'immédiat en tout cas. Pour peu, il regrettait presque d'être sous antalgiques. La douleur l'aurait aidé à se vider l'esprit. Enfin, il ne tenait pas non plus à trop à sentir à quel point son côté gauche avait morflé suite à son accrochage avec le sol. Cheville déboîtée, avant-bras cassé, deux côtes cassées, une collection de bleus un peu partout, et quelques menues coupures sur les paumes des mains. Un constat aux intonations lourdes dans la bouche d'un médecin mais qui avec la connaissance des éléments ayant provoqué ces blessures, faisait ressortir une conclusion : il s'en sortait bien.
Les semaines qui suivraient la sortie de l'hôpital ne seraient évidemment pas un plaisir. On lui avait prescrit un bon mois de plâtre pour son bras, et une durée plus ou moins identique pour les côtes et son pied, qui eut la chance de n'être immobilisé que par une simple attelle suite à son opération. Le tout demandait très logiquement d'être modéré et prudent avec son corps tout le long de la convalescence et de la rééducation.
« Au moins, je n'ai plus besoin d'appeler un infirmier pour aller aux toilettes. », relativisa-t-il.
En plus, il avait déjà réglé la partie « administrative » du problème, alors la partie physique était – sans jeu de mots douteux – de tout repos.


La veille, un policier et le proviseur Delmas étaient venus lui rendre visite. C'était ce dernier qui avait fait appel au premier, acte compréhensible suite à la trouvaille d'un élève à moitié cassé sur le seuil de l'infirmerie. Ainsi, ils voulaient connaître la cause de toutes ces blessures.
Improviser une explication crédible en quelques minutes à peine relevait du défi olympique. Le plus compliqué était de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises idées, dont Chris ne manqua pas.
« J'ai été agressé par une petit groupe pour une raison que j'ignore. J'ai limité les dégâts du mieux que j'ai pu en me défendant avec une barre de fer ». L'excuse de base : le tabassage par des personnes inconnues. Chris n'était même pas arrivé à se convaincre lui-même avec ça, alors la police... Désavantage supplémentaire : il n'arrangerait pas sa situation en avouant avoir quitté l'enceinte de Kadic sans l'aval de Jim. Et puis surtout, pourquoi une barre de fer ? Pas le genre d'accessoire qui court les rues.
« Je planais à cause d'une consommation de stupéfiants et de ce fait, mes idées sont floues ». Pas sûr que se faire ficher comme toxicomane soit mieux. Des tests existaient pour ce cas de surcroît.
« Une première fois avec une fille. Ça a mal tourné. Vous savez ce que c'est ». Chris s'était giflé mentalement de sa propre connerie, tout en rayant cette suggestion.
« Je ne sais pas, je ne me souviens de rien ». Encore un grand classique. Mais sans blessure crânienne pour appuyer l'argument, autant fournir la corde pour se faire pendre.
« Kayviiiiiiine ! ». Dire n'importe quoi pour mettre en avant une folie. Poubelle.
Finalement, il était parvenu à formuler une explication à peu près stable qui se basait sur un principe simple : passer pour un idiot.
- J'ai tenté d'escalader un des arbres du parc du lycée et d'aller le plus haut possible. Et il s'est passé un truc bête. Mon pied à loupé une des branches qui me servait de prise. Du coup, j'ai chuté de plusieurs mètres. Après ça, je me suis traîné jusqu'à l'infirmerie comme j'ai pu.
- Et aucun témoin ? avait demandé le policier.
- Je ne crois pas.
- Il était surtout censé se trouver en cours à ce moment-là, était intervenu Delmas avec une pointe de sévérité. Mais nous en reparlerons plus tard. J'aimerais déjà savoir pourquoi vous avez voulu escalader cet arbre alors que nous avons un mur fait pour dans le gymnase.
- Une envie.
En sous-titre, la réplique signifiait qu'il était jeune et que ses actes étaient par conséquent souvent irréfléchis.
Suite à quelques questions supplémentaires accompagnées de réponses du même bord, les deux adultes avaient dû faire fi de leur perplexité et admettre que cette affaire n'était qu'un stupide accident. Enfin, il fallait espérer que personne n'ait la mauvaise idée de creuser plus.

Le flux de pensées de Chris fut soudainement perturbé par un grésillement électrique. Avant même que la question « Quoi encore ? » ne lui effleure l'âme, la réponse se manifesta à lui, sous la forme d'une sombre forme gazeuse qui s'épanouissait dans l'air. Le garçon comprit immédiatement ce qu'il allait se passer. Pour la troisième fois, il allait perdre le contrôle de son corps, sans pouvoir influer dessus de manière significative. S'il n'était pas aussi las, il aurait pris quelques secondes pour rager. Mais il préféra mettre ces dernières à profit pour se préparer psychologiquement à la désagréable sensation d'intrusion et de viol mental.
Tandis que Chris fermait les yeux, l'inconsistant être noir se fraya une entrée par l'endroit qu'il jugea le plus adapté : l'oreille droite.


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- Laura ?
Celle à qui s'adressait l'appel se retourna en direction de l'émetteur, non sans se dire que les arcades ne pouvaient plus être traversées entre deux cours sans se faire stopper. Elle identifia la cause de son arrêt : Thierry Suarez, un jeune homme au teint chocolaté avec le regard malicieux assorti, et dont le visage avait encore de légères traces juvéniles. Il était également en seconde. Une lycéenne de base l'aurait qualifié de « plutôt mignon » ; malgré le fait qu'il ne soit pas excessivement grand, point qui, combiné avec sa sveltesse caractéristique – en total contraste avec son goût intense pour le sport – contribuait à donner l'impression qu'il était beaucoup plus jeune que ce qu'il paraissait. Elle n'avait retenu que le minimum syndical sur son camarade : nom, prénom, attitude, intérêt et niveau scolaire.
- J'ai pas vraiment le temps de discuter là, annonça-t-elle en guise de salut, veillant à incorporer quelques effluves glaciales dans sa voix afin d'exprimer son irritation.
- Ça ne prendra que deux secondes, argumenta-t-il, visiblement non-ébranlé par la précédente réplique.
Après un rapide calcul, Laura estima qu'elle perdrait moins de temps à écouter la requête qu'à tenter de s'échapper.
- Je t'écoute.
Une esquisse de sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme.
- J'ai retrouvé deux places de cinéma au fond d'un tiroir, et il se trouve qu'elles périment à la fin de la semaine. Comme je pense en utiliser qu'une, je me demandais si tu voulais utiliser l'autre et m'accompagner mercredi après-midi. Ça te dit ?
Laura émit un juron dans sa tête. Il revenait à la charge. Tout ça à cause d'une homonymie !
Thierry avait commencé à lui parler à l'occasion du cross lycéen organisé par Jim. Il était alors dispensé de sport à cause d'une douleur au pied, ce qui ne l'empêchait pas de devoir regarder les autres courir. Du fait de sa dispense annuelle, Laura était également dans la même situation, ce qui la plaçait à côté de Suarez pour assister à l'événement sportif. Il en avait alors profité pour lui poser une question : « Est-ce que tu es la sœur de Théo ? Comme il est dans ma classe et que vous avez les mêmes noms de famille, je me demandais. ». Ledit nom de famille avait filtré à cause de la manie de Jim à nommer ses élèves par ceux-ci, comme s'ils étaient des petits soldats. Ainsi, Thierry avait entretenu la conservation tout au long du cross. L'histoire aurait pu s'arrêter là, mais il était par la suite revenu lui parler, pour proposer soit de travailler ensemble, soit de sortir hors de Kadic. Échecs successifs.
- Alors ?
Nouveau juron spirituel de Laura. Ses pensées l'avaient distraite. Elle se rattrapa et répondit :
- J'avais d'autres plans ce jour-là.
- Tu es certaine ? enchérit le prétendant. Même toi tu peux t'accorder une pause dans ton travail tu sais. Allez, s'il-te-plaît !
Il ajouta à cela un sourire léger. Son insistance commençait à être un peu lourde pour Laura. L'idée d'appliquer violemment sa main sur une de ses joues pour communiquer son refus lui semblait délicieuse. Mais elle se domina, s'inspirant du stoïcisme. Elle n'avait jamais montré son irritation au-delà de la simple pique verbale, alors pourquoi rompre cet équilibre, pour envoyer bouler un simple camarade ? C'est donc par la parole qu'elle se tira d'affaire :
- Thierry, quelle que soit ta proposition, je ne serai pas intéressée.
Subtilité proche du néant. Elle ne s'en était pas encombrée cette fois-ci. Le garçon qui lui faisait face tenta une réponse, mais sa bouche s'entrouvrit à peine. Il était sonné, tout comme la cloche annonçant la reprise des cours. Laura en profita pour laisser son camarade sur place. Ce dernier se consola alors en jetant un furtif coup d’œil aux jambes de celle qu'il convoitait.


Plusieurs pelletées de minutes après cette rencontre, Laura était à son cours de français, suivant de manière semi-attentive les paroles du professeur. Elle ne pouvait s'empêcher de penser aux événements des derniers temps. Tout d'abord, un homme de main de Tyron, Graven, lui avait fait une proposition alléchante en ce qui concernait son avenir. Bien sûr, en échange, elle devait lui révéler l'emplacement du supercalculateur. Elle avait été troublée par la suggestion, et même après-coup, elle ne savait pas trop ce qu'elle aurait été capable de répondre. Par esprit de vengeance et par ambition, elle aurait dit oui sans hésiter, mais la logique lui imposait de ne pas se précipiter en ce qui concernait les promesses faites par autrui. Si finalement, l'affaire s'est arrangée grâce à un retour vers le passé – et accessoirement, une déportation de balise virtuelle – la graine plantée par Graven dans l'esprit de Laura était restée, sous forme d'une carte de visite. L'homme la lui avait donné lors de leur entrevue et s'était perdue à cause du retour temporel. La blonde avait ainsi dû se débrouiller pour la récupérer. Ce fut assez simple. Graven avait prévenu le proviseur Delmas de sa venue trois jours avant, lui transmettant au passage la fameuse carte et quelques documents relatifs aux raisons « officielles » de sa venue : l'école pour surdoués. Laura s'était ainsi arrangée pour récupérer le morceau de papier gris et épais sur lequel était inscrit un numéro de téléphone ainsi qu'un logo et un nom : Quantum Research Center.
En faisant ça, elle se mettait de côté une possibilité. Si les affrontements face à Xana et Tyron tournaient mal, cette porte existerait. C'était également une information qu'elle gardait sous le coude et qui pouvait potentiellement s'avérer utile pour Jérémie et les autres. Surtout au vu de leur nouvel objectif : retrouver la mère d'Aelita, qu'il ont découverte en vie, mais aussi dans le camp de Tyron, histoire de corser le récit. En conséquence, la destruction de Xana avait été repoussée jusqu'à une limite fixe. Il ne restait qu'à espérer que l'intelligence artificielle ne la fasse pas exploser.
Mais en y réfléchissant bien, Laura se disait que sa carte était probablement devenue inutile depuis ses découvertes de la semaine précédente sur Chris et son affiliation évidente à l'organisation de Tyron. La clé USB qu'elle avait subtilisé dans la chambre du garçon lui donnait une preuve irréfutable pour le dénoncer aux Lyokô-guerriers en toute tranquillité. Néanmoins, son plan ne prévoyait pas que le concerné finisse à l'hôpital dans des circonstances brumeuses, empêchant la jeune fille de se confronter à son suspect. Bien entendu, il était dangereux pour elle de se dévoiler auprès d'un potentiel ennemi, supérieur physiquement, mais elle tenait à vérifier le statut de Chris. Parce que dans le fond, elle n'avait rien trouvé dans le support externe lié au garçon, ou du moins, pas de manière évidente. Et puis, il y avait l'impression, qu'elle détestait cordialement puisque brouillant son jugement. Elle doutait donc de l'étiquette à coller à son camarade : ennemi, ou autre chose ? La première phase de son plan lui aurait permis de le vérifier – avec prévision d'envoi de sms d'urgence à Ulrich, William et Odd si besoin de muscles était. En seconde phase, l'entretien avec le groupe. L'opération prévue avait été compromise par l'hospitalisation de la cible, obligeant le cerveau à attendre.
La sonnerie de fin d'heure retentit, tirant Laura de sa réflexion. Elle peinait à croire qu'elle avait rêvassé pendant la classe, ou fait quelque chose s'en rapprochant. Son père aurait été furieux s'il l'avait vue, et lui aurait certainement asséné un regard déçu et désapprobateur. Elle se mordit la lèvre à cette pensée, puis commença à ranger ses affaires. Elle tomba alors sur un objet qu'elle avait oublié au fond de son sac : le magnétophone de Chris. À la base, elle l'avait emporté pour éviter de laisser une marque de son passage, sans se demander ce qu'il pouvait contenir. Une étincelle de curiosité la traversa à cette dernière observation. Elle allait voir ce que cachait les recoins de l'appareil, puisque de toutes façons, son entreprise était au point mort.
« Un bon moyen de passer le temps... » se dit-elle.


Le cours duquel elle sortait se trouvant être le dernier de l'après-midi, Laura se rendit sans attendre dans sa chambre. Elle prit le temps de poser ses affaires avant d'allumer son ordinateur personnel. Il n'était pas aussi performant que celui de Jérémie, mais était bien pratique quand elle voulait travailler sur un autre support que sa tablette tactile. Une fois chargé, elle inséra prudemment le magnétophone de Chris par son port USB dans l'unité centrale. Quelques secondes plus tard, l'ordinateur annonça la présence de ce nouvel élément, et ouvrit dans la foulée la fenêtre permettant d'accéder aux éléments sauvegardés. Laura se permit un léger soupir : elle n'avait pas trop endommagé l'appareil en l'écrasant.
Au total, 18 fichiers mp3 étaient proposés, portant chacun comme titre le mot « Piste » associé à un numéro, qui collait probablement avec l'ordre d'enregistrement. C'est donc tout logiquement que le choix d'écoute de Laura se porta sur la Piste 1. Avant cela, elle brancha ses écouteurs, afin de ne pas attirer l'attention des oreilles cachées dans les murs. La séance d'écoute put débuter. À la base, Laura pensait avoir affaire à de la simple musique, mais entendre d'emblée la voix de Chris la fit se raviser. Elle écouta l'ensemble jusqu'au bout, avec attention, comprenant qu'involontairement, elle avait mis la main sur le journal de celui qu'elle soupçonnait. Aucune information ne lui échappa, que ce soit le recrutement involontaire chez Tyron, la première virtualisation, l'arrêt cardiaque, la possession par Xana, l'infiltration sur Lyokô, ou même les échanges avec les Ninjas. Dire qu'elle avait failli livrer une fausse interprétation sur Chris ! Il n'était pas un ennemi à la solde de Tyron, mais juste un type qui s'était engagé dans quelque chose de trop gros pour lui. C'était donc un potentiel allié, voire une précieuse source de renseignements. En cela, la récupération du magnétophone constituait le plus gros coup de chance de la vie de Laura, chose qui lui plaisait moyennement. Mais elle laissa couler pour cette fois.
Une fois l'écoute de toutes les pistes terminée, la jeune fille procéda à un changement de plan : elle allait devoir s'entretenir avec les autres. Le plus vite possible.


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Chris était dubitatif face à ce qu'il s'était passé lors de cette nouvelle infiltration dans son corps. Elle était différente des fois précédentes, beaucoup plus bizarre. Pas la possession en elle-même, mais la libération, l' « après ». Les deux fois précédentes, il s'était évanoui. Pas là. La furtivité de la chose y était peut-être pour quelque chose. Mais le point qui dérangeait le plus Chris se trouvait concentré en lui. Il sentait quelque chose bouillonner en lui, sans parvenir à lui donner forme. Comment mettre un nom sur une sensation qui conférait une vigueur nouvelle autant physique que psychologique ? La visite de l'être spectral constituait un début de réponse, il le savait, puisque son esprit était resté allumé durant l'événement et qu'il y avait assisté.
La réflexion du jeune homme dut être repoussée à plus tard, puisqu'un nouveau visiteur, humain cette fois-ci, entra dans la chambre : son oncle. Il referma soigneusement la porte derrière lui.
- Bonjour Chris, fit-il d'une voix neutre tout en s'installant sur la chaise. Comment te sens-tu ?
Le concerné bougonna une réponse incompréhensible. L'adulte largua alors une bombe afin de faire exploser le mur qu'était son neveu :
- Fini de se faire la gueule. On doit parler.
Il ne parvint qu'à tirer une note de silence et un sourcil levé du blessé. C'était probablement un signe d'écoute. Pas d'envie d'échange.
- Pourquoi est-on en froid déjà ?
La question prit Chris de court, non seulement pour son caractère direct, mais aussi parce qu'il ne savait pas quoi y répondre. Le lycéen ne savait plus pourquoi il en voulait à son tuteur. Cette colère qui devait être justifiée à l'origine s'était transformée avec le temps en quelque chose d'irrationnel. Et oublier les raisons d'un conflit ne pouvait que mener au chaos. Ainsi, le jeune homme se résolut à prononcer quelques mots :
- Pour rien. Sûrement une bête dispute.
En ajout à sa réplique, il regarda son oncle dans les yeux. La couleur de ceux-ci reflétaient très bien son expression caractéristique de dureté : gris acier. Tout dans son apparence évoquait ladite dureté, que ce soient les traits de son visage, sa coupe de cheveux militaire ou le costume sur mesure qu'il portait. Mêmes des signes de l'âge tels que les débuts de rides ou le léger embonpoint ventral contribuaient à renforcer ce point. Mais Chris parvint à soutenir son regard. Les choses remises au clair, l'homme enchaîna :
- Il reste encore quelques formalités à régler mais tu devrais pouvoir sortir ce samedi de l'hôpital. Je viendrai te chercher en voiture, et dès lundi, tu pourras retourner à Kadic.
- C'est noté.
- En prévenant monsieur Delmas de ton retour, j'en ai au passage profité pour régler tes soucis avec l'administration du lycée. Tu restes encore proche de la ligne rouge, mais au moins, tu n'auras plus à faire signer une feuille pour entrer ou sortir de Kadic. Pour les prochaines semaines, tu as tout intérêt à te faire encore plus discret que d'habitude.
Après acquiescement de Chris, celui qui monopolisait la parole se leva de son siège et se plaça à côté de l'adolescent, avant de demander calmement :
- Maintenant, j'aimerais que tu me dises la vérité sur tout ça.
Sur les deux derniers mots il montra du doigt le côté gauche du corps de l'hospitalisé.
- Je suis certain que tu as menti sur les raisons de ton accident. Toi, escalader un arbre sans raison apparente ? Aussi probable qu'une réélection de l'actuel président.
- C'est pourtant ce qu'il s'est passé, répliqua Chris afin de ne pas être noyé par l'accusation. Les jeunes font des conneries sans réfléchir.
- En effet, mais je te connais suffisamment bien pour savoir ce que tu es capable de faire ou non. Le premier avril n'est que dans quelques jours, tu ne me feras pas croire ça.
Aucun des deux ne chercha à surenchérir, l'un pour absence de répartie valable, l'autre pour attente de répartie de son interlocuteur. Un silence significatif s'installa. Trois minutes durant, ils se contentèrent de se dévisager, attendant une parole de la personne d'en face. C'est le plus vieux qui, le premier, rouvrit la conversation, ou plutôt le monologue :
- J'ai encore des affaires à régler, mais je compte prendre des vacances. Je compte bien te surveiller quelque temps, pour vérifier que tu n'as pas de mauvaises fréquentations ou que tu ne trempes pas dans des affaires louches.
Pour Chris, fort de son expérience, cette dernière phrase était annonciatrice du départ de son tuteur. L'étonnement le gagna lorsque celui-ci ajouta une dernière chose.
- Je voulais aussi te dire : au prochain exploit de ta part, je viendrai te chercher moi-même, à Kadic ou ailleurs. Par la peau du dos.


Quelques minutes plus tard, l'adulte avait déserté la chambre, laissant le blessé se reposer et distiller ses pensées. Étrangement, le cerveau de ce dernier plaça rapidement cette conversation en arrière-plan, osant même se gausser de l'avertissement familial final, pourtant symbolique et empli de sérieux. À la place, il se concentra sur un point qu'il considérait comme plus important : le passage de la créature spectrale en lui. La ré-imprégnation de l'événement s'accompagna d'une remontée de l'interrogation sur le sentiment non-identifié éprouvé plus tôt.
« Pourquoi est-ce que je ressens ça ? »
Chris se posait la question en référence à ce que son oncle lui avait demandé plus tôt au sujet de la tension entre eux-deux devenue factice. Savoir pourquoi on ressentait telle ou telle émotion, ça rentrait dans la ligne de self-control du garçon.
Soudainement, il eut l'illumination, tandis qu'en parallèle, le bouillonnement intérieur revenait, chatouillant presque ses entrailles. Il avait identifié sa nature.
Une pulsion vengeresse.


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Lundi 1er Avril 2013

Comment une matinée banale pouvait se métamorphoser en quelque chose de plus intéressant ? Léo Chevalier aurait pu répondre à cette question, puisqu'il en vivait la parfaite illustration.
Lorsqu'il s'était levé à six heures trente, il pensait que sa journée allait être mauvaise. Comme un lundi en somme. Cela ne l'avait pas empêché de s'habiller et de détailler son apparence dans le miroir, comme souvent. À chaque fois, il voyait un visage qui faisait son âge, soit quinze ans, et pas trop disgracieux par-dessus le marché. Il n'aimait pas trop la couleur marron commune de ses yeux, mais ils avaient le mérite de s'accorder avec sa masse de cheveux légèrement bouclés. Le tout était posé sur un corps assez gringalet et d'une taille frôlant le mètre soixante-dix. Passée cette étape d'auto-contemplation, Léo avait pris son petit-déjeuner, fait son sac, avait salué ses tuteurs de famille d'accueil, puis était parti pour le lycée à vélo. Il ne parvint jamais à destination, puisque se faisant arrêter et aborder par des jeunes un poil plus vieux que lui. Ceux-ci s'étaient présentés comme des envoyés de la Deckard Inc. souhaitant parler de la session de tests à laquelle l'entreprise l'avait convié.
L'échange avec ces inconnus l'avait amené à apprendre que le type qui était en partie responsable de son accident de vélo deux mois auparavant lui avait volé son identité et fait les expérimentations à sa place.
« Quel connard. » avait alors pensé Léo.
La suite s'était enchaînée sur des questions concernant ce garçon au nom inconnu. Chaque parcelle d'information offerte par Léo était bien accueillie, même s'il n'en possédait pas une quantité excessive. Lorsque l'interrogatoire prit fin, ce fut au tour de l'interrogé de demander une chose :
- Pourquoi ces questions ?
- Disons qu'on aimerait bien connaître la raison pour laquelle ce mec a volé une identité pour faire nos tests, répondit un des inconnus, nommé Clément. Peut-être a-t-il été envoyé par un entreprise concurrente, ou je ne sais quoi de tordu.
Face aux sourcils froncés du Chevalier, un de ses acolytes dut compléter :
- Relax, on va pas non plus le torturer et le démembrer !
L'humour douteux n'avait pas été relevé par Léo.


- Vous me demandez là de mettre en œuvre un paquet de ressources, aussi bien technologiques qu'humaines.
Clément s'attendait à cette réponse en allant voir Tyron pour lui exposer son plan, son unique option après interrogatoire de Léo Chevalier. À côté de lui, Puck semblait profiter du spectacle. Il avait insisté pour l'accompagner dans le bureau de l'homme à la tête du complexe souterrain.
- Où sont les deux zones sur lesquelles vous souhaitez vous concentrer ? demanda ce dernier.
- Dans le seizième arrondissement de Paris et vers la ville de Sceaux, répondit Clément. On pense que notre fuyard est susceptible de vivre ou d'avoir des attaches à ces endroits-là. Bien sûr, ce sont des zones vastes géographiquement parlant… d'où le besoin de gros moyens.
Le scientifique ne semblait pas convaincu. Le gardien du noyau de Tron dut argumenter un peu plus.
- En plus, le témoignage du vrai Léo nous prouve que notre cible s'est retrouvée parmi nous par un concours de circonstances, et mieux, qu'elle agit seule.
- Pourquoi ce garçon aurait pris une fausse identité dans ce cas ? demanda Tyron, toujours pas convaincu.
Clément ne trouva rien à répondre. Son accompagnateur intervint :
- L'adrénaline. C'est le meilleur remède contre l'ennui et la morosité. Ce serait tentant pour n'importe qui d'avoir la possibilité de plonger dans un monde différent du notre de temps à autres. Ajoutez à ça un petit mensonge sur l'identité et on obtient une situation dangereusement excitante.
L'adulte parut un peu plus assuré, quoiqu'un peu déçu par ce type de motivation.
- Êtes-vous sûrs de votre plan ? demanda-t-il.
- C'est notre seule piste et idée, avoua le meneur de l'opération.
- Vous me poussez quand même à mettre beaucoup de moyens en œuvre, pour un taux de réussite ridicule.
- Même si l'objectif initial n'est pas rempli, ça restera un excellent test de la puissance et des possibilités du supercalculateur.
La remarque fit mouche chez le scientifique, qui s'accorda quelques secondes de réflexion pour annoncer sa décision finale :
- Très bien, nous allons appliquer votre plan. S'il échoue, nous devrons considérer que notre cible est insaisissable et que nous l'avons définitivement perdue. De toutes manières, s'il est bien isolé comme vous le pensez, il ne devrait pas nous poser de soucis – même si je préfère rester prudent. La mise en place et les préparatifs se feront dès demain. Prévenez vos camarades d'ici-là.
Les deux combattants virtuels acquiescèrent, pour ensuite prendre congé de leur supérieur. Néanmoins, une ultime question choisit de sortir de l'esprit et de la bouche de la Clément :
- Que fait-on pour le vrai Léo Chevalier maintenant qu'il connaît certaines choses ?
- Ramenez-le moi, je m'en charge, assura Tyron.


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« On peut même plus se faire hospitaliser une semaine sans attirer l'attention. »
Telle était la pensée de Chris lorsque sa journée de cours prit fin. Heureusement pour lui, elle fut relativement légère, la dispense de sport jouant beaucoup, même s'il avait dû assister au cours quand même. Jim en avait bien sûr profité pour lui envoyer une remarque de son cru :
- Alors Wite, on a du mal en escalade ? T'en fais pas, on va bientôt en faire, mais pas sur les arbres du parc hein !
En cela, le surveillant-professeur avait détruit toute une matinée d'esquive de la question embarrassante du « Comment tu t'es fait ça ? » de la part de certains camarades de classe. Et les chances que l'information se transmette existaient. Il allait encore falloir laisser couler le temps que ça se calme. Mais face à certaines figures moqueuses, notamment Matthias, Chris se demanda si les limites de sa capacité d'encaissement n'allaient pas être atteintes.
Au terme de ce cours d'EPS passé à observer les autres, il tenta de s'éclipser le plus loin possible histoire de se faire oublier. Son attelle au pied gauche ne l'aida pas dans cette tâche, le membre ne pouvant être trop sollicité le temps de la guérison complète, même si marcher à petites doses faisait partie de la rééducation. Il ne comptait évidemment pas les élancements aux côtes lorsqu'il inspirait trop fort. Ces facteurs faisaient qu'il devait se déplacer lentement. L'extérieur offrant une température permettant de rester en T-shirt, il s'installa sur un banc libre. Puis il jeta un coup d’œil machinal au plâtre de son avant-bras gauche. Contrairement à ses congénères blessures, la fracture n'offrait aucune douleur. En revanche, il présentait une singularité : la présence d'un dessin et de trois mots. Le matin même, le britannique était arrivé en avance devant sa salle de classe. Christophe et Amanda étaient dans le même cas que lui, le premier adossé au mur du couloir et écoutant sa musique avec son inséparable casque, la seconde fixant un point imaginaire devant elle. L'arrivée de Chris avait donné une excellente raison à la jeune fille de ne plus s'ennuyer, et après la fameuse question de la cause des blessures, elle lui proposa de lui écrire quelque chose sur son plâtre. Selon elle, ce genre de choses ne pouvait rester blanc sous peine d'avoir un air morose aussi flagrant que le propriétaire. Le jeune homme aurait pu décliner poliment la suggestion si Christophe n'avait pas décidé de s'en mêler et de soutenir la proposition d'Amanda. N'ayant aucune envie de débattre, Chris avait accepté. Pour le regretter cinq minutes plus tard. Christophe lui avait dessiné une espèce d'ours à l'air mal léché tandis qu'Amanda s'était contentée d'écrire en-dessous du dessin en question : « Emmerde le raisonnable ». L'ensemble comblait son manque de subtilité par une puissance certaine.
Le plâtre fut laissé de côté pour se concentrer sur l'environnement de la cour. D'autres élèves avaient, comme le première, choisi de flâner sur un des bancs, que ce soit pour lire, discuter ou se bécoter dans le cas des couples. Chris trouvait à sa vision un aspect étrange. Peut-être était-il plus juste de dire qu'il se sentait comme complètement en-dehors de ce qu'il voyait, ce qui pouvait se comprendre au vu des dernières semaines vécues. Néanmoins, il y avait une différence entre comprendre quelque chose et la réalité. Avant même de s'engager dans l'affaire Tyron, il était déjà un marginal. La différence se trouvait dans le fait qu'il n'avait jamais été amené à se rendre compte de cet état, à l'éprouver pleinement, et surtout, à le regretter. Ce dernier point n'était que légèrement marqué, mais présent tout de même. Bien entendu, Chris ne ferait rien pour y remédier, il se connaissait trop bien pour ça. Sans une motivation invincible, il se contenterait de tout laisser passer. Comme d'habitude.
Sa réflexion fut interrompue par l'arrivée de deux filles qui se placèrent devant lui : Laura et Yumi.
- Salut, fit cette dernière d'un voix un peu crispée.
Le garçon se contentant de dévisager les deux arrivantes sans renvoyer le salut.
- Tiens. Ce sont les cours que tu as manqués depuis une semaine.
La japonaise lui tendit un classeur de couleur noire. Un instant d'hésitation plus tard, Chris s'en empara et le fourra dans un sac. Il avait en effet complètement oublié ce point-là en revenant de l'hôpital, ce pourquoi il dit à sa bienfaitrice :
- Merci c'est sympa.
Laura lui tendit alors un objet, sans un mot. L'acceptant également, le jeune homme put l'identifier. C'était un magnétophone, neuf à en croire le film protecteur qui recouvrait encore l'écran. Un peu perdu, il demanda :
- C'est un poisson d'avril ?
- Non, c'est pour remplacer le tien, que j'ai cassé par accident, répondit la blonde.
Le garçon n'eut même pas le temps de placer une expression de surprise ou une demande de précision sur la chose, car une deuxième vague explicative survint :
- Et aussi, nous savons tout. Sur ce qui s'est passé entre toi et Tyron, en plus du reste.
Chris aurait pu se prendre un coup de batte en acier que son hébétement n'aurait pas été différent. Il s'était attendu à des réactions de compassion, voire à des questions à son retour de l'hôpital, mais certainement pas à ça. C'est pourquoi il ne trouva rien à dire, malgré les deux-trois suggestions de son cerveau.
- On devrait aller ailleurs pour discuter, suggéra Yumi.


Une marche supplémentaire incluant des escaliers plus tard, les trois kadiciens arrivaient devant une chambre de l'internat dans laquelle ils pénétrèrent. À l'intérieur, cinq personnes étaient déjà présentes : Jérémie, William, Odd, Ulrich et Aelita. Ils avaient déjà pris toutes les places assises disponibles de la pièce, soit le lit, la chaise de bureau et le petit canapé placé à côté du bureau. En conséquence, les derniers arrivants furent contraints de rester debout devant la porte d'entrée fermée, ce qui n’arrangeait pas Chris et sa cheville. Le britannique préféra ne pas passer pour un emmerdeur et n'émit aucune remarque. Il espérait seulement que l'entretien serait court.
De manière prévisible, ce fut leur meneur blond à lunettes qui prit la parole :
- Bon, ça doit sûrement pas être simple pour toi de te retrouver au milieu de nous sept, alors qu'on était encore ennemis techniquement. On avait besoin d'éclaircir quelques points avec toi et de te poser des questions. Est-ce que ça te dérange ?
Le concerné opina du chef, avant de se rappeler de poser une question importante :
- J'imagine que vous avez fouillé ma chambre pour mettre la main sur mon magnétophone. Je me trompe ?
Il avait sans le vouloir usé d'un ton qui pouvait sous-entendre « Vous êtes pas gênés », même si en théorie, en enlevant les choses liées à Tyron, il n'avait rien à cacher.
- C'est moi qui m'en suis chargée. Les autres n'étaient pas au courant que je menais une enquête sur toi.
Aelita marmonna quelques mots bougons que personne ne décrypta. Laura se lança ensuite dans une brève explication sur ce qui l'avait amenée à soupçonner le première, à partir du rejet du spectre lors de la xanatification, jusqu'à la découverte de la clé USB et du fameux magnétophone. Étrangement, Chris ne fut pas très bouleversé du vol de son matériel – après tout, il l'avait laissé traîner n'importe où et il n'en avait plus besoin. Par contre, lorsque la blonde ajouta en fin de récit qu'elle avait trouvé des bombes de peinture sous son lit, le choc fut profond.
- Du coup, c'était lui le tag sur les casiers ? demanda inutilement Odd.
- Oui, répondit Belpois, excédé. Certainement pendant un de ses black-out.
- Mais c'est quoi comme phénomène en fait ? souleva William.
Nouveau silence gêné, du côté des cerveaux de la bande cette fois.
- Personnellement, fit celui qui portait des lunettes, j'ai immédiatement pensé à Xana, mais je n'arrive pas à cerner la logique du procédé. S'il veut vraiment faire faire ce qu'il veut à Chris, une possession standard lui suffit. J'ai donc pensé à une autre réponse possible : un effet secondaire de l'utilisation du casque de virtualisation qui se traduirait par une schizophrénie. Sachant qu'avant d'être virtualisé, il n'avait jamais subi ce phénomène, c'est une explication possible.
L'échange allait de mieux en mieux du point de vue de Chris. Après la dégradation du lycée, la double-personnalité. Il n'avait pourtant jamais spécialement eu l'impression d'être plusieurs dans sa tête. Enfin, ça restait dans le domaine de l'hypothèse, comme le souligna Jérémie, en voyant les mines inquiètes de certains :
- Ce n'est qu'une théorie je vous rappelle. En fait, je ne suis pas plus avancé que vous. C'est la même chose pour la semi-résistance à la xanatification.
La voix avait beau se vouloir rassurante, le contenu n'en restait pas moins dérangeant. Si même un cerveau de génie n'avait pas la réponse, que penser ? Toutes les personnes présentes dans la pièce cogitaient cette question, jusqu'à ce que l'invité du jour en remette une nouvelle sur le sol :
- Pourquoi vous m'avez convoqué ? Vous avez déjà toutes les informations dont j'avais connaissance. La seule chose que j'ai à y rajouter, ce sont les causes de ça.
Il leva son avant-bras plâtré pour signifier ce dont il parlait, avant de résumer les véritables raison de son hospitalisation. Puis, il ajouta :
- On est au même niveau d'information maintenant. Je peux m'en aller ?
- Encore quelques questions, précisa Aelita. Vas-y Jérémie.
La tête de classe de seconde prit le relais après s'être raclé la gorge :
- Je voulais te demander, puisque ton journal ne relate pas ce point. As-tu subi un nouveau retour dans le temps après ta première xanatification, hormis celui utilisé ce jour-là ?
- Nan, envoya Chris.
- C'est bien ce que je pensais. Ton insensibilité au programme est donc expliquée : les données entrées par Xana dans le supercalculateur au cours de l'attaque de la forêt. Aelita et moi n'avons pas trouvé le temps de les analyser, mais je commence à penser qu'il s'agissait de celles de l'esprit de Chris. En les retirant de la mémoire de la machine, il est redevenu vulnérable au retour temporel.
- Xana a fait comme Laura en gros, commenta Yumi.
La référence fit baisser la température de la pièce. Jérémie se poussa à enchaîner :
- En quelque sorte, oui. Comme vous le savez, le supercalculateur ne laisse leurs souvenirs qu'à ceux dont l'esprit a été enregistré dans sa mémoire. Mais finalement, qu'est-ce que sont ces enregistrements ? Des données. C'est comme ça que Laura y est parvenue. Elle a trouvé un codage possible de son esprit sans passer par le programme du scanner. C'était un vrai pari, parce que parvenir à cerner complètement sa psyché personnelle, ça tient du Délire avec un grand D.
Laura ne dit rien, ce qui suffisait à signifier que le blond à lunettes avait tapé dans le mille. Il se permit même d'ajouter :
- Mais le truc, c'est que ce codage est incomplet et que ça a probablement des effets après un retour vers le passé. Pas vrai ?
Une expression de véritable surprise traversa le visage de la concernée. Elle ne s'attendait visiblement pas à cette remarque de Jérémie. Voyant les regards plaqués sur sa personne, elle dut se reprendre :
- Tu as raison. Après un retour vers le passé, mes souvenirs des événements sont légèrement brumeux. Je dois fournir des efforts de concentration pour les visualiser nettement. D'autres éléments peuvent me revenir occasionnellement, en flashs, mais généralement, j'oublie complètement ce qui s'apparente au domaine des petits détails. Seules les grandes lignes restent.
- Je vois, fit Belpois. Il faudra qu'on règle ce problème plus tard.
Le poids du silence se fit sentir à la suite de cette déviation de sujet. Aelita en profita pour se glisser en note mentale de demander au blondinet pourquoi il n'avait pas retiré les données de Laura du supercalculateur si c'était si simple.
- Enfin, il y a quand même une différence entre Laura et Chris. Xana a accès aux données du supercalculateur de Tyron, et il a dû se procurer les données en question qui y étaient enregistrées, ce qui a rendu la procédure complètement fiable.
- Il y a quand même un temps d'adaptation avec le premier retour en arrière, souligna Laura, puisque l'on oublie tout avant de se remémorer de l'ensemble par flashs.
- Ouais.
Aelita choisit ce moment pour se faire entendre, et au passage, changer de sujet :
- Si je te suis bien Jérémie, ça voudrait dire que Xana voulait que Chris découvre l'usine et notre secret ?
Le sujet principal du jour poussa un juron dans la barbe qu'il n'avait pas. Il fallait qu'il revienne au centre de l'attention après cette déviation.
- Exactement, confirma Belpois. Reste encore à comprendre pour quoi faire, même si on avait compris qu'il avait besoin de lui en vie.
L'explication concise suffit à faire comprendre à l'assemblée que le blond était plus ou moins perdu dans cette histoire. Ce dernier leva ensuite la tête vers Chris :
- Maintenant qu'on est tous au courant de nos secrets respectifs, on voulait te proposer de te joindre à nous dans le combat contre Xana. Tes connaissances, ton expérience et même tes informations sur Tyron pourraient être très utiles.
À peine la tirade fut-elle achevée que la réponse du britannique fusa, froide et implacable :
- Non.
Les réactions du groupe pouvaient se diviser en deux catégories : les surpris et les impassibles. La bouche grande ouverte d'Odd le plaçait dans la première catégorie, de même que les gros yeux de Yumi et Aelita, phénomène moins visible chez l'asiatique. Les autres se classaient dans l'autre case. Une bonne minute s’égrena sans que personne ne réagisse oralement au refus. Puis, le concours de silence se solda par la défaite d'Aelita :
- Pourquoi ?
Une fois encore, le retour se fit sans délai de réflexion sur la formulation :
- J'ai failli y passer deux fois. Il n'y a rien à argumenter.
Personne n'osa contredire la déclaration. Tout le monde n'avait pas envie de risquer sa vie pour une histoire qui ne le concernait que très peu à la base.
- Vous pouvez garder la clé USB et mes enregistrements, ajouta Chris avec des airs d'épilogue.
Il quitta ensuite la chambre, prenant congé du septuor.


N'ayant aucune envie de retourner dans sa chambre, le première choisit de se poser dans le parc, devenu son refuge favori dans l'enceinte du collège-lycée. Ce n'était pas spécialement par une envie irrésistible d'être entouré de verdure, mais plus pour le silence et la neutralité qu'offrait la zone. Un arbre ne viendrait pas lui demander de s'engager dans un combat potentiellement mortel et ne tenterait pas de le tuer ou de le posséder. L'hypothèse n'était cependant pas à exclure. Sa cheville commençant à l'élancer, il s'installa ainsi au pied du tronc qui lui inspirait le plus de confiance, et tenta de penser à autre chose que ses histoires du moment. Sans succès. Le passage par l'hôpital n'avait déjà pas arrangé son cas, et il fallait que l'autre bande vienne en rajouter une couche. Néanmoins, ce dernier souci semblait également réglé, contrairement à celui que représentait Xana. Sa petite surprise spectrale amenait Chris à penser qu'il ne lui ficherait pas la paix tant qu'il n'aurait pas obtenu ce qu'il voulait.
- Fuuu, envoya le jeune homme en guise de soupir.
Il pouvait aller se faire voir pour qu'on lui fiche la paix. Autant par rapport aux autres personnes que pour lui-même et ses émotions, qui avaient la fâcheuse tendance à échapper à tout contrôle et à fluctuer depuis un certain temps. Les pulsions vengeresses épouvées quelques jours avant en étaient la meilleure illustration. Depuis, elles avaient bu la tasse, sans jamais oser ressortir la tête de la surface. Même en souhaitant la solliciter, Chris n'avait pas réussi à la faire remonter. Pourtant, il savait parfaitement vers qui cette pulsion était tournée : Tyron, celui qui l'avait envoyé vers la mort à plusieurs reprises. Le coup de la voiture piégée était suffisant pour entrer en colère contre cet homme. Pourtant le britannique n'y arrivait pas, ou plutôt, n'y arrivait plus. Pourquoi donc était-il incapable de rester énervé contre quelqu'un ou quelque chose, ou même à aller plus loin, vers la haine ? Quel était son problème ? L'indignation n'était pas assez digne de lui ? Ou ce n'était qu'une prévalence de son flegme anglais ? Il n'en savait rien. La manière fulgurante avec laquelle son appel au sang s'était dissipé avait de quoi le faire douter. Peut-être était-ce une réaction à une envie bien plus profonde : celle qu'on le laisse tranquille. Le problème, c'est que Chris ne voulait pas retourner à une vie stagnante et ennuyeuse. Mais il ne pouvait avoir la paix et l'adrénaline en même temps. C'était l'un ou l'autre.
« Connais-tu le principe d'échange équivalent ? »
- Ta gueule, serra-t-il entre ses dents à l'attention de sa tête.
Même son état mental n'était plus fixé. Comment pouvait-il réfléchir posément, ou même prendre une décision dans ces conditions ? Le résultat serait désastreux. En cela, le mieux à faire était de se reposer, physiquement et spirituellement, avant de tabler à froid sur sa situation irrégulière.


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Vendredi 12 Avril 2013

Ne rien faire de spécial avait une parfum délicieux, à peu près autant que celui d'un bubble tea, boisson que sirotait Chris tout en marchant. Dès la fin de son dernier cours de l'après-midi, il avait quitté l'enceinte du collège-lycée pour se rendre en ville, comme le lui autorisait sa liberté d'interne. Cette sortie était motivée non seulement par une envie de tester sa motricité qui commençait à se restaurer, malgré des boitillements, mais également par un rendez-vous donné par son oncle à seize heures et quelques dans un café. Celui-ci voulait discuter avec lui, « sérieusement » selon les mots sur l'écran du portable. Chris avait fait part de la destruction de sa carte SIM à son tuteur, qui lui avait prêté un de ses portables à carte qu'il n'utilisait plus et fonctionnait encore très bien.
Il ne put néanmoins s'empêcher d'être intrigué par cette invitation, assez inhabituelle de la part de ce qui lui restait de famille. Pourquoi ne pas avoir attendu qu'il rentre à l'appartement pour ça, ou plus simplement les vacances de printemps ? Il mit finalement de côté la future confrontation orale, pour se concentrer sur sa réadaptation à une vie lycéenne. En deux petites semaines, il était parvenu à retrouver un certain rythme, même si son léger retard ne rendait pas la chose facile. Les prochains jours lui offraient toute latitude pour rattraper ce dernier point. Bien entendu, il n'irait pas jusqu'à dire que c'était une pure extase de retrouver des activités plus communes à sa tranche d'âge, mais ça changeait des mondes virtuels et intrigues associées. Et lorsque son plâtre serait retiré, il pourrait reprendre l'activité physique pour se vider la tête. Du moins si Xana et compagnie le laissaient tranquille.
Chris consulta sa montre. Son rendez-vous avait lieu d'ici une dizaine de minutes. Il était temps de s'y rendre. À peine fit-il un pas que des grésillements électriques se firent entendre, suivis de près par des cris et un peu plus loin, des bruits de tôle froissée et de verre brisé.


Le regard de l'adolescent se posa tout de suite sur les deux voitures qui venaient de se percuter au carrefour non-loin de sa position. Cela aurait pu passer pour un accident banal si les feux tricolores ne s'étaient pas tous trouvés être verts, faisant comprendre le pourquoi de cet accrochage, même si les statistiques auraient trouvé le moyen de prouver qu'un des deux chauffeurs ne conduisait pas prudemment. Et ce n'était pas le seul événement notable. Outre les lampadaires qui clignotaient de manière intempestive, des cris se firent dans un petit magasin vendant des appareils électroniques. Allant voir depuis la vitrine, Chris remarqua que les modèles d'exposition fonctionnaient de manière incontrôlable, au grand dam du vendeur, qui se prit une petite décharge dès qu'il posa le doigt sur l'un d'eux. Dans la rue, le brouhaha s'intensifia. Les dérèglements des installations électriques semblaient aussi toucher les habitations, puisque le trottoir commença à se remplir de gens sortant de chez eux, dans le fol espoir de trouver de l'aide. Les premières sirènes firent entendre leur voix rapidement, tout comme celles des personnes posant des questions appartenant au registre « C'est quoi encore cette merde ? » ou qui poussaient des gémissements à cause d'une brûlure due à une décharge. L'ombre de l'incompréhension planait tranquillement au-dessus de la scène, devant laquelle Chris se contenta de rester immobile et d'observer, ne sachant quoi en penser, ni que faire.
Jusqu'à ce que la pensée que son oncle devait se trouver dans le même chaos que lui ne l'effleure. C'était un adulte, il pouvait se débrouiller seul. Mais peut-être avait-il été blessé ? Après tout, il y avait des chances qu'il ait pris sa voiture pour se rendre à leur rendez-vous, et avec le dérèglement des feux, un accident était possible.
« Est-ce que je dois vraiment m'inquiéter pour lui ? » se dit le garçon.
Après tout, ses rapports avec son oncle n'étaient pas au beau fixe, pourquoi se soucier de lui ? Mais il ne pouvait quand même pas ignorer que sa dernière famille était potentiellement en danger. Il pouvait faire semblant que non, mais il avait une certain sens moral. C'est pour cela qu'il se mit en route pour le café où il devait retrouver son tuteur, non sans songer qu'il faisait potentiellement des films et que les clichés l'influençaient un peu trop.
Ainsi, il se déplaça tant bien que mal en travers d'un petit monde ébranlé par la révolte des machines. Ça se passait relativement bien, malgré le ralentissement dû à sa jambe où aux divers détours afin d'éviter les premier policiers et pompiers déjà arrivés. Lorsqu'il ne fut plus bien loin de son objectif, la situation prit une toute autre teinte. Un visage connu se présenta à lui : un des ninjas qu'il avait rencontré le jour de sa deuxième virtualisation, celui à la démarche de mannequin, Dylan. Il était accompagné de deux adultes inconnus. Chris n'eut évidemment pas le temps de se cacher, se faisant de fait repérer. Il se retourna afin de rebrousser chemin, histoire de ne pas rester aussi statique que précédemment face au danger. L'idée aurait pu être une bonne solution temporaire… si un autre ninja, en la personne de Clément, ne s'était pas trouvé posté derrière lui. Encerclé, le kadicien analysa les options qui s'offraient à lui. La première consistait à donner un coup de plâtre à Clément et à s'enfuir. Faisable avec un corps fonctionnel, ce qui n'était pas le cas dans l'instant. La seconde se basait sur le cri pour demander de l'aide autour de soi. Un coup d'épée dans le vent au vu du bruit et de la panique ambiants. Quant à la troisième, elle consistait à continuer de réfléchir. Sauf que son temps s'écoula instantanément lorsque les trois autres arrivèrent dans son dos.
- Inutile que je te demande de nous suivre calmement ? lui glissa celui qui était devant lui.


Emmené à l'écart du tumulte entouré par une escorte non-amicale, Chris put commencer à poser une question, même si la réponse était évidente :
- Vous avez provoqué tout ce bazar juste pour me mettre la main dessus ?
- En partie, spécifia Clément. Le but était aussi de tester des possibilités en conditions réelles. Mais maintenant qu'on t'as attrapé, on va pouvoir stopper tout ça. Dylan, tu te charges de communiquer l'info' ?
Le concerné attrapa un téléphone dans sa veste, et commença à taper des sms.
Après un long voyage à pied qui visait à sortir de la zone de chaos, le petit groupe arriva dans une rue où des voitures aux vitres teintées les attendaient, stationnées sur le côté. D'autres gardiens de Tron et hommes inconnus étaient déjà sur place.
- Avant qu'on y aille, dit Clément, nous allons te fouiller, histoire de vérifier que tu ne nous caches pas un portable quelque part.
L'acte fut associé à la parole, et le portable plus quelques pièce de monnaie extraites de la poche de jean de Chris. Puis, on le fit monter à l'arrière d'une des voitures. Celui qui l'avait fouillé juste avant se plaça à ses côtés et lui fit remarquer après s'être installé :
- T'as un message non lu qui date de plus d'une heure. Tu peux le lire si tu veux, ça ne changera pas grand-chose.
Il montra l'écran de l'appareil au britannique.


Problème technique à l'appartement. Je ne pourrai pas venir à notre rendez-vous. N'oublie pas que tu rentres samedi prochain.


La griffe de son oncle se ressentait dans ce message. Une vague d'irritation lui submergea l'âme, puisqu'il venait de se faire capturer pour rien. À la fois contre son oncle, pour avoir annulé à la dernière minute, provoquant ainsi une inquiétude factice, et contre lui-même, pour avoir laissé le téléphone sur silencieux sans vibreur. S'il n'avait pas eu un minimum de contrôle, il aurait poussé un cri rageur.
Un conducteur adulte monta à l'avant du véhicule. Il démarra une minute plus tard.


Le voyage jusqu'au complexe souterrain se déroula assez rapidement. Une fois arrivé, Chris se fit emmener par son escorte au quatrième sous-sol, dans une salle qu'il connaissait bien : celle qui avait accueilli toutes ses virtualisations. Tyron l'y attendait, et se permit même de l'apostropher d'un salut exagérément joyeux, comme pour se moquer de lui :
- Bon retour parmi nous !
La tentation de lui mettre son poing de le nez démangea le britannique, sous l'impulsion des quelques milligrammes de colère qui coulaient encore en lui. Néanmoins, il se tempéra, car n'ayant pas envie de se battre avec les ninjas, contre qui il n'avait aucune chance dans son état physique.
- Je n'ai pas besoin de te dire quoi faire j'imagine, poursuivit le scientifique d'un ton plus sérieux.
L'espèce de table d'opération rembourrée sur laquelle le casque de virtualisation était posé lui fut désignée. Comprenant le message, il attrapa l'artefact et l'encastra sur sa tête.
- Nous nous passerons de capteurs cette fois, précisa Tyron. Tu peux donc t'allonger.
Le jeune homme s’exécuta à nouveau.
- Dis-moi, Léo. Avant d'y aller, ne souhaiterais-tu pas me confier comment est-ce que tu t'es procuré tes informations sur notre projet ?
- Si je le savais moi-même, grommela Chris.
Un soupir fut poussé par l'homme en blouse blanche.
- On en reparlera plus tard alors. Si tu tiens le coup jusque-là.
Sans plus de cérémonie, Tyron se rendit devant son écran d'ordinateur et programma la virtualisation.


À l'intérieur du noyau de Tron, l'avatar au visage brûlé tout de blanc vêtu caractéristique de Chris se matérialisa, pour se réceptionner deux secondes plus tard sur la plateforme de manière lamentable. Faisant fi de ce point, le garçon somma à ses membres de le relever. Sans résultat probant. Il refit un test et tenta de bouger le bras droit, lequel refusa de répondre. Ce n'est qu'après ça qu'il put se redresser, toujours avec la même problématique : il n'avait rien demandé à son corps. Ce dernier fit quelques pas, ainsi que des mouvements de bras et de tête maladroits et hésitants, comme s'il réapprenait les gestes de base. Et malgré ses tentatives, Chris ne parvint pas à récupérer les commandes.
Une explication germa dans son esprit à cet instant précis.
Tyron ne s'était pas seulement contenté de l'enfermer dans son monde virtuel. Il lui avait aussi façonné une prison physique qui lui retirait toute possibilité de se mouvoir de lui-même. L'horreur de la situation pesa de tout son poids sur le jeune homme.
Il était définitivement seul.


À suivre : Hypocritès


Dernière édition par Zéphyr le Lun 21 Aoû 2017 12:36; édité 15 fois
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