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[Fanfic] L'Engrenage

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 Auteur Message
Ikorih MessagePosté le: Lun 08 Déc 2014 10:07   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1406
Localisation: Sûrement quelque part.
http://www.pokemonespace.com/jeux-video/pokemon-x-et-y,xy/img/ingame/100.jpg


Dresseur Aérien Zéphyr veut se battre!
Zéphyr envoie l'Engrenage!
Wait, l'Engrenage ne vole pas!
Engrenage envoie chapitre 14!
Chapitre 14 envoie plein de monde!

....C'est légal cet engrenage d'envois?


Le ton du commentaire me semble donné.

On va procéder par pokémon, donc.

Chapitre 14 envoie Magnézone du film 11!


http://www.thehollywoodnews.com/wp-content/uploads/THN-Pokemon-Giratina-4.jpg


Comme vous l'aurez aisément compris en regardant cette image, il s'agit de Clément. Il est par ailleurs accompagné de son armée de Magnéti et Magnéton, symbolisant les Ninjas.
Magnézone se voit confier une mission très simple. Il doit, accompagné de ses camarades, retrouver Chris et le capturer grâce à Magnépiège. Cependant, Magnézone se demande si sa cible est bien de type Acier et par conséquent, s'il peut facilement la coincer ainsi. Tyron n'en a rien à foutre et se barre! Surprised (c'est super efficace)
Les pokémon Acier/Electrik se retrouvent donc dans le gymnase. Pourquoi le gymnase? Parce que les autres pièces lancent l'attaque Canicule, qui comme on sait, est de type feu, soit super efficace sur les Acier. A éviter donc.
Magneti lance tentative de troll!
Malheureusement pour lui, c'était une attaque de type poison et personne n'est affecté dans la pièce. Magnezone fait un facepalm! (Ne me demandez pas comment il fait avec ses aimants pour faire un facepalm, je ne sais pas.)
Magnezone et son armée, quelques jours plus tard, mettent la main sur Léo, alias un random pokémon rageux. Mais ça ne les avance pas plus. "Ooh". Qu'à cela ne tienne, on applique le plan secret, et on ramène Léo à Tyron en passant.
C'est donc à la suite de ce plan, futurement détaillé, que la bande tombe sur "le fantôme" qu'ils doivent retrouver. Ce n'est donc pas un pokémon Acier et Magnépiège ne marche pas.
Magnézone utilise Vol Magnétik! Chris est kidnappé?! WTF?!!
On m'informe que l'usage de Vol Magnétik a été sévèrement détourné. Tant pis. Dans la foulée, des Magnéton utilisent Fouille et trouvent un téléphone portable!
Wait. Fouille ne s'utilise pas? Et Magnéton ne peut pas l'avoir?
Tant pis.²
Bref en gros, Magnézone a vachement éclipsé Greninja pour cette fois. C'est triste, certes, mais ce n'est pas désagréable d'avoir son point de vue à lui aussi. Donc les parties "Ninja" restent très keuwl. (y)


Chapitre 14 envoie Tyron pour expliquer le plan!

http://www.pokepedia.fr/images/thumb/f/fd/Pikachu_Docteur-ROSA.png/507px-Pikachu_Docteur-ROSA.png
:trollface de l'illustrateur:


Alors Ty-kachu,comment avez vous fait pour attraper Chris?
"Euhm bah voyez vous c'est très simple. Magnézone a utilisé Flatterie sur mon Supercalculateur et je me suis senti obligé d'approuver son plan. J'ai donc enfilé mon costume et j'ai utilisé Champ Electrifié! Résultat, la ville entière a pété les plombs et paf, on a attrapé Chris.
-Mais, c'est pas un peu osé comme coup de pot? Qui vous disait qu'il serait dans le secteur et se montrerait?
-....Pika pika? Pikachuuuu."
Tyron utilise Acrobatie! Tyron prend la fuite!
Bon..


Chapitre 14 envoie Chris!

http://www.quizz.biz/uploads/quizz/804847/12_fR9C9.jpg


Attendez, quoi? Branette perd l'usage d'un bras et d'une jambe! Branette se sent animé d'un sentiment de vengeance! WHAT?! Branette désévolue!

http://www.pixenli.com/images/mini/1320/1320774584042060100.jpg


Puisque chacun sait que Polichombr est aussi revanchard que Branette, mais sans bras ni jambes. Ainsi donc, Polichombr, muni de son plâtre, en petits morceaux, papote avec son tonton. Leur relation est décrite de façon assez in...fascinante, ici, puisque à la fois on est influencé par l'animosité de Chris envers son oncle, mais en même temps, ledit oncle vient prendre de ses nouvelles à l'hosto, lui passe un nouveau portable et règle ses petits soucis avec Kadic. Sympa. Et puis Chris s'inquiète pour lui, à juste titre, lorsque Tykachu utilise Champ Electrifié. Du coup c'est un personnage assez ambivalent et ça, c'est cool. (y)
Le passage du spectre de XANA est aussi étrange. On ne sait pas trop ce qu'il foutait là : il est passé en coup de vent (kassdédi) et laisse juste à Chris de petites pulsions vengeresses qui partent vite. Tentative de manipulation? Mystherbe...
Sinon, y a les LG qui tentent de faire venir Polichombr dans leur équipe, mais il en a rien à foutre et les envoie paître. Et ça, c'est cool aussi.
Suite à l'utilisation de Vol Magnétik, Polichombr se retrouve prisonnier de Tykachu et des Magnétons/Magnétis.
Tykachu utilise Malédiction! (à ce stade, on s'en fout qu'il l'apprenne ou pas...)
Polichombr est changé en Munja! WTF?!

Spoiler


Munja, donc, est piégé sur le monde virtuel par Tykachu, avec pour seule liberté celle de penser. Sympa (y) Voyons combien de temps il tient, mais ça va donner lieu à des passages d'introspection epic, ça. Piégé dans son propre corps, tout ça....


Chapitre 14 est désespéré : Chapitre 14 envoie une Horde de 6 Pokémons !

Polichombr utilise "Allez vous faire foutre!"
La Horde retourne dans sa Pokéball!


Plus sérieusement, le seul intérêt de ces passages c'était d'expliquer le pourquoi de la mémoire de Laura et de formuler une possible hypothèse sur le black-out. Tu t'en tires très bien, alors yeah.

Chapitre 14 envoie son dernier pokémon! (Putain il était temps)

http://poketruc.free.fr/ombre/162.png
I'm back in black!


Alors Fouinar, que t'arrive-t-il de beau aujourd'hui? En fait, pas grand chose. Tu cogites, comme souvent, tu te prends un Coup Bas de Yumi...pas grand chose de fun quoi. Mais bon, tu es toujours là, Mastermind à fourrure, et on a enfin placé ton homonymie avec Théo Gauthier. Du coup, Fouinar², alias Thierry, te stalke. Mais bon. Tu as vu pire, petit Fouinar. o/


Ce commentaire déjà bien long s'achève ici. Il me faudrait peut-être une conclusion.
Ah oui.
Munja ne pourra pas s'en sortir tout seul. Il aurait sans doute besoin de l'aide de....

Spoiler

_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png
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Willismine MessagePosté le: Lun 08 Déc 2014 22:34   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 09 Avr 2014
Messages: 106
Localisation: Les deux mains dans le chocolat.
[07/12/2014 22:46:50] Zéphyr: Heu, le niveau est absolument pas équivalent au 13 D:
[07/12/2014 22:47:05] Zéphyr: Ne nous emballons pas trop o/.

En effet, c'est inutile. Ne pas s'affoler, "pas équivalent", c'est du langage de matheux, ça signifie qu'il n'y a pas autant de mots et que le paratexte ne contient pas le nombre 13. Pas que le chapitre est moins excellent.

C'est au moment où, alors qu'on a ouvert une page Word pour relever des citations et des trucs à dire, on oublie complètement d'y retourner tellement on est absorbés, qu'on comprend ce qu'est un chapitre zéphyrien pour lequel "il ne faut pas s'emballer". Que de modération.

Quelques réactions "à chaud", donc :

"Vivre dans un bâtiment souterrain, même extrêmement bien ventilé, n'était pas de tout repos. Clément Bradley pouvait en témoigner. Même un an et demi après son arrivée dans cet endroit, il ne s'était pas vraiment adapté à l'environnement. La sensation de confinement restait présente de manière instinctive, malgré l'arrangement aéré des espaces." >> J'adore ces passages où les sensations prédominent et sont surtout réalistes, un brin angoissantes.
« Il doit avoir un service à nous demander pour nous avoir sollicité en masse. » XD
''- Me débarrasser de lui faisait partie de mon idée de base. Après réflexion, il s'est avéré que c'était une réaction beaucoup trop impulsive et expéditive." >> c’est pour ça que je t’admire. Les personnages qui se trompent et sont capables de revenir sur leur décision.
"Fait rare, voire unique, Clément fit un facepalm. Quant à Puck, il se contenta de hausser un sourcil en direction de l'auteur de la réplique, lequel n'ajouta rien et savoura l'échec de son intervention." >> double zeph XD
"- Et si on se tournait vers sa fausse identité ? Vous savez, Léo Chevalier." >> Et un personnage passé au plumeau à poussière, un !
"Épais et gélatineux. Voilà les qualificatifs que Chris aurait utilisé pour définir sa perception du temps" << Encore un de ces passages (y). Dans les sensations, métaphorique sans en faire des tonnes, tout juste et frappants (parce qu'on a déjà pensé la même chose dans ces situations...).
"- Une envie." >> Moui. Ils y ont trop cru. « Alors je me fais agresser, ensuite on passe à la grimpette pour le fun, et puis après… Non. Non ! Oo
"Tandis que Chris fermait les yeux, l'inconsistant être noir se fraya une entrée par l'endroit qu'il jugea le plus adapté : l'oreille droite." >> Beuârk. Film d’horreur avec des insectes. Tellement réussi.
"- J'ai retrouvé deux places de cinéma au fond d'un tiroir, et il se trouve qu'elles périment à la fin de la semaine. Comme je pense en utiliser qu'une, je me demandais si tu voulais utiliser l'autre et m'accompagner mercredi après-midi. Ça te dit ?" >> Mr. Green Je crois que cette excuse date de l’invention du cinéma, ou non, des places de spectacle x)
"Ce dernier se consola alors en jetant un furtif coup d’œil aux jambes de celle qu'il convoitait." >> Permets-moi un instant d'étonnement. Dans TA fic Oo
"Christophe lui avait dessiné une espèce d'ours à l'air mal léché tandis qu'Amanda s'était contentée d'écrire en-dessous du dessin en question : « Emmerde le raisonnable ». L'ensemble comblait son manque de subtilité par une puissance certaine." >> Me fait tellement penser à ma blouse xD (et vlan ! ... comme ça c'est fait)
"Un peu perdu, il demanda :
- C'est un poisson d'avril ?" >>> Mr. Green En fait, tout ce passage est amené avec classe.
"Aelita marmonna quelques mots bougons que personne ne décrypta." >> L’aelita de CLE à 100%.
"S'il veut vraiment faire faire ce qu'il veut à Chris, une possession standard lui suffit. J'ai donc pensé à une autre réponse possible : un effet secondaire de l'utilisation du casque de virtualisation qui se traduirait par une schizophrénie." >>>> … Atchoum !
"Ton insensibilité au programme est donc expliquée : les données entrées par Xana dans le supercalculateur au cours de l'attaque de la forêt. Aelita et moi n'avons pas trouvé le temps de les analyser, mais je commence à penser qu'il s'agissait de celles de l'esprit de Chris." >>> Il m'arrive donc de comprendre ce que je lis, de temps en temps Cool
"Xana a accès aux données du supercalculateur de Tyron, et il a dû se procurer les données en question qui y étaient enregistrées, ce qui a rendu la procédure complètement fiable." > YEAAAH
"À peine la tirade fut-elle achevée que la réponse du britannique fusa, froide et implacable :
- Non." >> Il a tellement la classe à cet instant (y)
"Un arbre ne viendrait pas lui demander de s'engager dans un combat potentiellement mortel et ne tenterait pas de le tuer ou de le posséder. L'hypothèse n'était cependant pas à exclure." XD

Sur le général. Ikorih a parlé du tour de magie par lequel Chris se fait avoir. Pas la peine d'en rajouter.

Juste une petite remarque : ta chute frôle le sommet du sadisme.

Sur ce.
(on n'est pas toujours constructif --')
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Willismine : nom égoïste. Vieux psychotrope interdit à la vente.
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Ma fiction : Les Voyageurs
Avatar made in Dyssery.

Lé siniaturre sé tro ouffe.
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Icer MessagePosté le: Ven 12 Déc 2014 18:36   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2098
Localisation: Territoire banquise
Il m'a semblé lire que tu trouvais ce chapitre ci moins au niveau que le dernier. Bah ta gueule tu veux, c'était trop bien Mr. Green

J'avais peur que Chris passe du côté des "gentils", mais dès qu'ils l'ont pris à part, j'ai su qu'il dirait non. Et tant mieux. Bon, j’espérais qu'il reste un peu davantage de son plein gré dans le camp Tyron mais c'est vrai que c'est assez difficile à justifier à l'heure actuelle. Plus tard peut-être, après une nuit d'amour avec Sally ? (a)

Bon après je t'avoue que j'ai lu ton chapitre entre deux révisions de partiels et les examens sont passés entre la lecture et le commentaire alors j'ai plus tous les détails en tête...
Mais le me rappelle en vrac des excellentes références que tu as faîte sinon (y)

Au final ce com est nul comparé au chapitre mais peut-être qu'au prochain chapitre... Faudrait que tu le publies pour voir... Rolling Eyes

_________________
http://i.imgur.com/028X4Mi.pnghttp://i.imgur.com/dwRODrW.pnghttp://i.imgur.com/mrzFMxc.pnghttp://download.codelyoko.fr/forum/avataricer.gifhttp://i.imgur.com/h4vVXZT.pnghttp://i.imgur.com/gDzGjSF.pnghttp://i.imgur.com/x46kNev.png

« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Belgarel MessagePosté le: Dim 15 Mar 2015 12:04   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
Ben…euh…si ce chapitre est bon ? Euh…c'est un chapitre de l'Engrenage, quoi…

* * *


La dernière fois que Tyron a vu Chris, ce dernier montait à bord d'une voiture piégée dont il ne s'est probablement enfui qu'en sautant et en se blessant. Aussi (c'est rien qu'une suggestion) une bonne manière de commencer les rechercher serait :
⋅ fouiller le bord des routes de campagne empruntées par la voiture
⋅ jeter un œil rapide aux différents hôpitaux du coin.
Certes, c'est pas le Nirvana, mais ça paraît une piste plus sûre que ce bon vieux Léo, que Chris n'a croisé qu'une seule fois, complètement par hasard.
Mais bon, au moins Tyron se révèle moins crétin qu'il en a l'air, en changeant d'avis et en prenant une décision plus appropriée à ce qu'il connaît de la situation : ne pas tuer Chris.

Pour ce qui est de Laura, elle est maligne, elle emmerde la fin de CLÉ, elle fouille et elle réfléchit proprement. Supposer que c'est XANA qui est responsable des black-outs de Chris (surtout au stade où elle en est), c'est aller un peu vite en besogne, mais passons.
Citation:
La première phase de son plan lui aurait permis de le vérifier – avec prévision d'envoi de sms d'urgence à Ulrich, William et Odd si besoin de muscles était. En seconde phase, l'entretien avec le groupe. L'opération prévue avait été compromise par l'hospitalisation de la cible, obligeant le cerveau à attendre.
Exit Jérémie. Et Aelita aussi. De toutes façons, on les aimait pas. Et c'étaient pas de vrais cerveaux.
Comme tu l'as déjà dit plutôt justement, "Laura n'est pas totalement sympathique" Mr. Green

En résulte une scène très attendue par le lecteur : celle où le groupe, ayant compris tout ce qui se rapportait à Chris, lui propose de le rejoindre. La date n'est, visiblement, pas anodine Mr. Green Dommage que tu la reprécises lorsqu'on offre le magnétophone, au lieu de laisser le lecteur attentif déduire Razz
La réponse, si elle fait la blague, montre encore une fois que la processus de décision de Chris est moins rationnel que tiraillé entre "guerre" et "paix". En l'occurrence, il sait que XANA est un problème, et les Lyoko-guerriers, tout paumés qu'ils soient, peuvent lui fournir un soutien moral, tester des hypothèses pour diagnostiquer le problème, voire, détruire XANA. Sa décision n'est pas logique : elle est avant tout motivée par son désir de marginalitéisation.
L'introduction et la conclusion de ce dialogue donnent toutes les clés pour comprendre comment Chris fonctionnait lorsqu'il envoyait chier ce scénario : autrement dit, bon boulot.
Zéphyr a écrit:
« Connais-tu le principe d'échange équivalent ? »
Et visiblement, tu envoies aussi chier Iko Mr. Green

Le chapitre se termine sur le WTF électrique qu'on n'a pas besoin de détailler. Seul désaccord : "s'être fait capturer pour rien" ? Comment ça, pour rien ? Si Chris avait été à Kadic, il aurait fait dysfonctionner l'équipement de Kadic. Ça aurait peut-être pas été aussi spectaculaire, mais ça aurait été suffisant pour que des chercheurs parviennent à le retrouver.



Et comme ça faisait longtemps…bon, c'est un peu branlé en une (fastidieuse et fragmentaire) lecture, mais…
https://d13yacurqjgara.cloudfront.net/users/457822/screenshots/1339697/bob-dribble_1x.jpg
Spoiler

_________________
http://nsm04.casimages.com/img/2010/10/30//101030031134926107021414.png
http://imageshack.us/a/img545/1418/n6uz.png
http://imageshack.us/a/img266/4029/ck80.png
Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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Icer MessagePosté le: Dim 15 Mar 2015 22:21   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2098
Localisation: Territoire banquise
J'ai cru qu'il y avait un nouveau chapitre de l'Engrenage... Belgarel... Comme l'a très justement dit un jour le philosophe et essayiste E. Cartman :

Spoiler


Merci de m'avoir lu.

_________________
http://i.imgur.com/028X4Mi.pnghttp://i.imgur.com/dwRODrW.pnghttp://i.imgur.com/mrzFMxc.pnghttp://download.codelyoko.fr/forum/avataricer.gifhttp://i.imgur.com/h4vVXZT.pnghttp://i.imgur.com/gDzGjSF.pnghttp://i.imgur.com/x46kNev.png

« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Sirix MessagePosté le: Mar 28 Juil 2015 18:18   Sujet du message: Répondre en citant  
[Rampant]


Inscrit le: 27 Aoû 2013
Messages: 360
Localisation: Entre une chaise et un PowerMac G5
Oh ! L'ENGRENAGE SE REVEILLE !

Nan, blague, c'est juste le Sire qui commente.

Bon ! Ben j'arrive à point nommé moi ! Alors que la fic s'est fait oubliée...Mais je m'en fiche, si j'ai commenté chaque chapitre sur Skype fut un temps, j'avais envie de résumer mon ressenti global du texte sur son topic.

Alors ! Et bien. L'Engrenage quoi. Fic du maître des vents, troisième membre emblématique du pôle et à ce jour, le seul double Empereur du forum.

Et bien. Je dois dire que le texte vaut effectivement le détour.

Vous me permettez de placer Replika on the Web ? Je voudrais l'utiliser comme comparaison.

Et oui, on est tous les deux partis avec des objectifs similaires : un scénario parallèle à l'univers de Code Lyoko, tentant de mettre au clair des zones d'ombres inexpliquées. Ce en racontant l'histoire par le biais d'un personnage de notre invention. Mais là où j'ai choisi de rester parallèle, tu as préféré ne pas attendre la série et bifurquer vers ton scénario. Hein ? Heu...Pourquoi je fais ce constat ? J'en sais rien. Je l'ai fait souvent. Je trouve que nos fics respectives ont quand même des ressemblances assez marrantes.^^Même si au fur et à mesure que nos textes avancent nos choix finissent par différer. Assez logique mais amusant à constater.

Le personnage de Chris est un personnage très bien conçu et très bien manipulé, sa réflexion est toujours très bien menée et très réaliste, et on a tendance à s'y attacher, à s'y identifier. Bien qu'il ne nous ressemble pas forcément. Pendant les débuts de l'histoire, on vit chaque scène avec lui, par ses yeux, et la sensation d'immersion est géniale, bien gérée par les franches descriptions. Pas toujours faciles à digérer pour un lecteur peu assidu comme moi, mais qui donne une précision et un réalisme palpable à la fic.

Autre avantage de la fic, elle ne fait pas que passer par son intrigue principale. Dés le début, on voit la vie des lycéen de kadic, leurs soucis, leur scènes, bref, ça accentue énormément le réalisme, précise les personnages et agrémente le texte qui du coup n'en est que plus agréable.

J'avoue que je n'aime pas bien le choix de quitter le point de vue de Chris vers la fin du texte, qui du coup prend une petite distance de l'action, mais ça n'enlève pas grand chose à l'immersion finalement.

Côté scénario, c'est surprenant. Tout est calculé pour être en hyperadéquation avec tout ce que tu savais d'Evolution à l'époque, et ça marche. Diablement bien. C'est original, réaliste, cohérent et là aussi très immersif, car bien décrit. Les coulisses de Tyron sont très impressionnantes. On découvre l'univers de ce personnage mystérieux, ainsi que des côtés de sa personnalité que l'on ignore dans la série. Bref, tu crée ta version de l'univers de Lyoko. Et bon sang ce qu'elle est détaillée.

Pour ce qui est de l'écriture en elle même, comme je disais, je préfère te voire écrire à la première personne, mais le style reste agréable à lire dans tous les cas. Un peu lourd par moment je trouve, mais rien de grave.

En résumé, donc, l'Engrenage est un superbe texte qui mérite ses distinctions, et j'ai moi aussi, comme tous les autres lecteurs, hâte de voir sa suite se ramener à nous. Que pour le coup, le cliffhanger est vraiment saisissant.^^

Bon courage donc pour la suite !

_________________
http://arnaud.maurin.perso.neuf.fr/images/Sirixsign.png

Auteur de la fic Replika on the Web.
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Zéphyr MessagePosté le: Jeu 20 Aoû 2015 20:45   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1011
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Spoiler







Chapitre 15
Hypocritès






Samedi 13 Avril 2013

« Trente-neuf... Quarante... Quarante-et-une. »
Depuis la dernière fois où il les avait comptées, le nombre de rainures courbes incrustées dans l'iris d'accès au noyau de Tron n'avait pas changé. Enfin, il s'agissait uniquement des rainures qui s'offraient au champ couvert par ses yeux immobiles. Dans tous les cas, ça restait bon signe. Tant que le quarante-et-un perdurait, sa santé d'esprit était encore sauve. En théorie.
La réalité était plus intraitable : Chris n'avait plus aucune notion du temps. Passées les premières minutes – à moins que ce ne soient des heures – de virtualisation où son corps bougea sans qu'il ne puisse rien contrôler, il avait été abandonné sur le pont menant au noyau du monde virtuel, debout devant l'entrée. De là, son interminable contemplation avait démarré. Sans possibilité de fermer les yeux ou bouger la tête, l'univers se résumait à une seule chose : une partie de porte et ses quarante-et-une rainures. Oui quarante-et-une. L'équilibre était toujours là. Il fallait l'entretenir constamment en enchaînant les distractions, qu'elles soient visuelles ou spirituelles, parfois auditives. Oublier la condition présente était impératif, mais vain. Comment Chris pouvait-il faire abstraction de l'absence totale de sensations, et de son impuissance à aller contre ce qui l'empêchait de bouger ? C'était une boucle infernale. Plus il tentait de se défier du temps, plus sa frustration désespérée grandissait. Et quand elle était sur le point d'exploser, Chris rassemblait ses morceaux restants de raison pour se forcer à ne pas sombrer en s'accrochant à un élément solide : les rainures.
« Une… Deux… Trois... »
Compter était la seule option viable pour se décentrer de sa personne.
« Douze… Treize... »
Chris sentait le flot de pensées tourmenteuses battre en retraite. Elles reviendraient assurément, mais avaient perdu cette bataille.
« Dix-neuf… Vingt... »
Il dénombrait le plus lentement possible les rainures visibles, afin de retarder le moment où les tourments et le temps reviendraient le câliner.
« Vingt-cinq… Vingt-six… Vingt-sept... »
Dans le fond, ce qu'il vivait là n'était qu'une simple régression des nuits passées dans le cagibi de son oncle. L'obscurité en moins, mais l'enfermement et l'oppression largement plus intenses.
« Trente-deux... »
Quelque temps après la mort de ses parents, il avait traversé une période où son sommeil s'était trouvé agité, provoquant de réguliers réveils en sursaut. Lorsque son tuteur les décelait, il l'enfermait pour le reste de la nuit dans le cagibi, lequel lui offrait à cette époque tout juste la place de s’asseoir.
Tu dois apprendre à maîtriser tes émotions, lui disait-il avant de fermer la porte. C'est le seul moyen de t'apaiser.
« Trente… six. »
Mais comment était-il possible de se contrôler alors que l'on ne pouvait ni s'effondrer de fatigue physique, ni hurler à en percer des tympans ? Et quelle était la logique de cette logique ? Contrôler sa personne pour accéder à la liberté ? Plutôt contradictoire, ce qui n'avait pas empêché le garçon de l'assimiler et de l'appliquer.
« Quarante-et-une… Quarante-deux. »
Quarante-deux ! Cela ne pouvait être ! L'élément auquel le jeune homme s'accrochait dernièrement ne pouvait être constitué d'incertitude et d'inconstance, sans quoi il était perdu. Sûrement une distraction causée par les réminiscences parasites. Quarante-et-un était l'alpha et l'oméga, le salvateur, le garant des rouages de ce monde, il ne pouvait pas ne pas être sous ses yeux. Afin de se le prouver, Chris fit ce que n'importe quelle personne saine d'esprit ferait : recompter les rainures.
« Une… Deux... »


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Un petit pain tout chaud. Voilà ce à quoi s'assimilait Ulrich Stern en cet instant, confortablement emmitouflé dans sa couette et calé dans son lit. Il était pris dans cette torpeur qui caractérisait si bien l'état entre sommeil et réveil, dans laquelle il se trouvait si bien. La chaleur de son lit était tellement douce. C'était une invitation à rester. En plus, Odd, ses bruits de bouche et ses fragrances particulières n'étaient pas là. L'occasion de faire une belle grasse matinée était beaucoup trop belle. Le petit-déjeuner pouvait sauter, c'était un détail de l'histoire.
Cette décision prise, il somma à son corps de se tourner légèrement afin de s'installer toujours plus agréablement. La friction de la couette tiède contre son corps induit par ce déplacement lui transmit de très agréables sensations. Oui, son esprit embrumé avait fait le bon choix. Celui-ci profita de cet état typique pour ouvrir les vannes des pensées, permettant leur écoulement sans possibilité de contrôle. Voguant à leur gré, elles passèrent par les grands fleuves, tels que le lycée ou la lutte contre Xana, mais remontèrent également de petits affluents à l'instar du dernier film vu. À un moment, elles se mirent à voguer autour d'un point particulier, ou plutôt d'un visage. Un visage connu. Et agréable à regarder de surcroît, mais pour qui Ulrich éprouvait certains sentiments, qu'il n'assumait pas toujours. Mais dans sa tête, il n'avait pas besoin de se cacher, surtout si celle-ci n'était plus entravée par quelconque obstacle contradiction. Il pouvait y penser sans crainte. Ainsi, sans s'en rendre compte, le garçon s'était mis à serrer son édredon, et l'image que celui-ci soit la propriétaire du visage commença à s'imprimer dans son esprit. Ouvrant les yeux brusquement, Ulrich se redressa de la même, se défaisant au passage de sa couverture. Puis il poussa un soupir : la chaleur qui avait commencé à se diffuser dans son bas-ventre avait reflué.
Non sans grogner un ou deux jurons contre ses hormones pour avoir détruit sa tentative de grasse matinée, il se leva, s'empara de ses affaires de toilette, et quitta sa chambre.


Un peu plus tard, une fois son corps et ses ardeurs douchés, Ulrich s'installa à une table libre du réfectoire, seul avec son plateau. Jérémie et Aelita ne descendraient probablement pas, les deux voulant comprendre à quoi rimait l'attaque de la veille. En plus d'une localisation sur le Cortex, la tour avait eu le culot de se désactiver avant qu'ils ne parviennent à son pied. Dans tous les cas, Jérémie avait jugé l'événement beaucoup trop suspect pour envoyer un retour vers le passé, et ce en dépit des blessés provoqués par l'attaque. Mesure de prudence certainement. Jérémie devait craindre une attaque de plus grosse envergure dissimulée derrière une première. De ce côté-ci, il avait souvent du flair, même si dans le cas présent, Ulrich regrettait que cette histoire laisse des gens souffrir physiquement.
« Il n'y a pas eu de morts au moins », relativisa-t-il.
Il but une longue gorgée de chocolat chaud afin de sucrer cette morosité naissante. Cela fonctionna environ une minute, avant que sa solitude ne la fasse revenir. Pour le coup, il aurait bien voulu partir en week-end comme Odd et William, le premier étant parti avec ses parents, de passage à Paris, et l'autre chez son oncle à Marseille. Ils avaient l'occasion de décompresser un peu, alors que lui devait rester à Kadic en cas d'attaque de Xana. Enfin, il n'allait pas se plaindre, c'était un point qui avait été discuté avec tous les membres du groupe, et la répartition des « tours de garde hebdomadaires » avait été faite de manière juste. Il n'en restait pas moins qu'il aurait préféré ne pas se retrouver seul. Un instant, il fut tenté d'envoyer un sms à Yumi, avant d'abandonner l'idée. La japonaise avait clairement annoncé la veille qu'elle comptait réviser durant le week-end et peaufiner sa présentation de T.P.E en vue de son passage à l'oral. La contacter pour une autre raison qu'une urgence s'apparentait à du suicide lorsque l'on savait qu'elle pouvait s'énerver ou faire la tête sur n'importe quel sujet.
Ulrich se résolut ainsi à terminer son petit-déjeuner de son côté, à l'instar de sa matinée. La contradiction décida de ce fait de s'insurger contre le garçon, sous les traits d’Élisabeth Delmas :
- Je peux m’asseoir ?
La voix assurée le tira de ses pensées et lui fit remarquer la présence de sa camarade. Celle-ci était visiblement toujours soucieuse de son apparence, la brillance de ses cheveux, ses ongles soigneusement entretenus et sa tenue impeccable pouvant témoigner.
- Oh. Heu, ouais, répondit-il d'une voix mal assurée.
La nouvelle venue ne se fit pas prier pour s'installer et embrayer sur une remarque :
- C'est rare de te voir seul le matin. Tu t'es embrouillé avec les autres peut-être ? À voir ta tête on a l'impression que c'est ça.
- Pas du tout ! renvoya Ulrich plus précipitamment que prévu. C'est juste qu'Odd et William sont partis pour le week-end et que Jérémie et Aelita font…
- Des trucs de couple ?
- Hum.
- Pas besoin d'être aussi prude ! argumenta « Sissi » avec une intonation théâtrale. Même les cerveaux réagissent aux hormones.
Une nouvelle gorgée de chocolat chaud fut nécessaire au jeune homme pour effacer l'ébauche d'image mentale dans son esprit. Cela fait, il entreprit de rediriger la conversation :
- Et toi, comment ça va ?
La feinte se révéla efficace. À partir de là, les deux lycéens papotèrent tranquillement, s'installant même sur un banc de la cour après avoir terminé leur petit-déjeuner. Ulrich prit, à sa propre surprise, plaisir à échanger ainsi avec son amie. Amie. Même le fait d'utiliser ce qualificatif envers elle ne lui faisait plus d'impression particulière. Faire la paix avait été une bonne idée. Depuis, elle n'avait plus été aussi agaçante et collante envers lui et les autres. Bien entendu, la divergence des classes en entrant au lycée avait joué sur cette distanciation et cet adoucissement, pour cette année scolaire là tout du moins. Même ses deux anciens acolytes Hervé et Nicolas n'étaient pas avec elle. Malgré tout, l'accumulation de ces facteurs ne signifiait pas qu’Élisabeth avait complètement changé. Outre le soin de son apparence, son attitude altière caractéristique ne s'était pas si atténuée que ça, en tous cas pas avec ceux qui sortaient de son cercle amical. En réalité, le changement le plus notable chez elle restait le blond de ses cheveux. Cette nouvelle couleur datait du retour des vacances de Noël, et nul ne savait ce qui l'avait motivée.
- J'ai quelque chose dans les cheveux ? fit soudainement la concernée, qu'Ulrich avait commencé à fixer inconsciemment.
C'est avec beaucoup de spontanéité que le seconde attrapa la perche :
- Non, je me demandais juste pourquoi tu avais changé de couleur comme ça.
Après quoi il s'asséna une baffe mentale pour le manque de tact. Mais bizarrement, Sissi ne prit pas mal la question, répondant simplement :
- J'ai passé les fêtes à Lyon, chez mon oncle et ma tante. Je venais de passer un début de cours plutôt solitaire, malgré de bons rapports avec certaines personnes. Et je ne sais pas pourquoi, j'avais envie de nouveauté dans ma vie. Mon cousin Parfait m'a suggéré la coloration parce que selon lui, un changement physique avait un effet sur la perception de soi-même, ou quelque chose comme ça. Je comprends pas toujours ses explications. J'ai tenté le coup et le blond m'a plu. Fin de l'histoire.
- Oh, d'accord.
Il n'y avait donc pas d'histoire épique là-dessous. Mais Ulrich n'en était pas déçu. Il découvrait des détails sur son amie, ce qui renforçait leur lien. En fait, il ne faisait pas seulement connaissance avec une personne de son entourage, il apprenait à l'apprécier. Pour aller plus loin, il trouvait même que discuter avec d'autres personnes que ses amis de la bande faisait du bien. Leur secret avait beau être le ciment de leur amitié, il était à double-tranchant puisque les poussant au sectarisme, et ce à leur insu. Il se promit mentalement de ne pas oublier ce point. Tenter au moins.
La suite de la conversation entre le deux lycéens se poursuivit dans la même lignée, jusqu'au moment où Ulrich reçut un sms :


Sujet délicat à traiter. Rdv dans ma chambre. J.


« Fait chier. », ne put-il s'empêcher de penser.
Dans les faits, il ne rapporta pas sa pensée à son interlocutrice physique :
- Désolé Sissi, mais je vais devoir te laisser. On a besoin de moi ailleurs.
- Ah, déjà ?
La déception était perceptible dans son intonation, à un tel point qu'elle paraissait exprimer par ces mots son « Fait chier » personnel.
- Une prochaine fois ? suggéra le jeune homme.
Il y eut une lourde seconde de silence avant qu'il n'obtienne l'acquiescement féminin. Un peu plus léger, il se leva du banc et fit les premiers pas pour se diriger vers l'internat.
- Ulrich !
Légèrement interloqué, il stoppa son mouvement pour se tourner vers Sissi. Celle-ci se leva à son tour et enchaîna :
- Tes lèvres ont l'air complètement sèches, tu devrais les hydrater plus souvent. Tiens.
Elle lui tendit un petit tube de couleur bleue. Un stick à lèvres. Par réflexe, le garçon passa furtivement sa langue sur les bords de sa bouche et constata en effet la présence de gerçures. Ne trouvant matière à se plaindre, il accepta le présent.
- Merci, dit-il maladroitement.
Il ne traîna pas plus longtemps et s'en alla. Néanmoins, ce cadeau qu'il venait de recevoir le fit s'interroger : contenait-il un message caché ? Ce biais était-il utilisé pour dire « Je ne t'oublie pas », ou mieux : « N'oublie pas de prendre soin de toi » ? Non, ça ne pouvait être ça, c'était trop subtil.
Après tout, il s'agissait de Sissi.


Ulrich avait à peine abandonné la blonde qu'il en croisa une nouvelle sur le chemin de l'internat, en la personne de Laura. Celle-ci sortait visiblement d'une discussion avec Jim, qui s'éloignait d'une démarche à mi-chemin entre le sergent-instructeur et le bulldozer. Étant obligé de croiser la jeune fille, Stern se sentit obligé de démarrer un échange poli :
- Salut.
- Salut, renvoya-t-elle d'un revers.
Égale à elle-même. Ordinairement, Ulrich n'aurait pas plus creusé et aurait poursuivi son chemin. Néanmoins, il n'avait pas oublié sa petite réflexion précédente, sur l'ouverture à autrui. C'est pourquoi il tenta un développement :
- Qu'est-ce qu'il te voulait ?
- Il cherchait Chris. Apparemment, il ne l'a pas vu depuis hier et le proviseur avait besoin de le voir.
- Bizarre.
- Il est plutôt discret de nature, ça me paraît pas bizarre.
Le tranchant de la dernière réplique fut suffisant pour faire s'installer un silence entre les deux camarades de classe, ce qui n'était pas sans frustrer Ulrich. Cette volonté de non-intégration et ce dédain spécifique de son interlocutrice ne facilitaient pas la communication. C'était plutôt irritant.
- Tu allais aussi voir Jérémie j'imagine, reprit Laura.
L'affirmation lâchée, elle ne laissa même pas le temps au brun de confirmer qu'elle tourna les talons pour entamer le trajet.
« Super compagnie... » se dit le garçon.
Heureusement pour lui, il en trouva une meilleure une fois dans la chambre de Jérémie. Yumi était bien évidemment absente, son statut d'externe jouant, ce qui en ajoutant celles de William et Odd, offrait assez d'espace pour ne pas être les uns sur les autres. Néanmoins, personne n'était assis. L'envie de comprendre les raisons de ce rassemblement prenait le pas sur le confort.
- Bon, débuta Jérémie une fois certain d'avoir l'attention. Déjà, désolé de vous déranger dès le matin.
Le génie laissa son annonce en suspens, afin de laisser les éventuels râlements ou répliques ironiques s'exprimer. La manœuvre se solda par un silence.
- Suite à l'attaque de Xana d'hier, un problème évident est apparu : nous n'avons aucun moyen d'être informés d'une attaque lancée depuis le Cortex. Pas avec le Superscan en tout cas. J'ai laissé traîner le problème, en me basant sur le fait que Xana ne pouvait que nous cibler nous lors de ses attaques, et que depuis le Cortex, ses attaques étaient trop faibles. Au vu de ce qu'il s'est passé hier, il est clair que je me suis trompé. Je me suis donc tourné vers le problème. J'ai pas encore d'idée précise pour le long terme, mais pour le court... j'ai remis en route mon programme d'alerte catastrophe. Comme ça, si une attaque ne nous vise pas, on pourra toujours déceler des signes plus rapidement qu'hier.
Il s'accorda une pause respiratoire calculée, se disant qu'il y en aurait bien un pour poser une question sur les raisons d'une convocation matinale. Mais il n'en fut rien, ce qui lui permit de continuer :
- Le moment où ça devient ennuyant, c'est que j'ai déjà reçu une alerte qui collerait avec une nouvelle attaque.
- Pourquoi est-ce qu'on ne va pas à l'usine alors ? demanda Ulrich.
- L'alerte qu'on a reçue nous a mis sur les infos télévisées qui relataient des pannes électriques inexpliquées dans plusieurs secteurs de la ville, répondit Aelita. Quelque chose de similaire à hier, même si cette fois, personne ne se fait électrocuter. Enfin, ça cause quand même des soucis aux gens...
- Là où le problème se pose, reprit Belpois, c'est que le mode d'action est identique à hier : attaque qui vise la ville et pas nous, plus tour sur le Cortex. Pour moi, si on se rend sur place pour s'occuper de la tour, il y a d'énormes chances qu'elle se désactive encore d'elle-même.
- Ce qui justifie de ne pas agir ? répliqua la fille aux cheveux roses d'un air de reproche.
- J'ai juste dit que la question méritait réflexion. Imagine que Xana fasse ça pour nous forcer à nous virtualiser et envoyer un spectre durant le temps d'attente d'après-matérialisation, ou simplement recycler ses vieilles ruses : nous éprouver avec des attaques à répétition ou bien nous faire baisser notre garde pour frapper fort.
Les deux adolescents se dévisagèrent, sous le regard d'Ulrich et Laura, qui observaient l'échange sans intervenir. Il fallait dire que la tension qui s'en dégageait ne faisait pas envie. Aelita exposa fermement :
- Quand Xana active une tour, il faut la désactiver. C'est la règle. On s'est toujours tenus à ça, même si on savait qu'il y avait piège derrière.
- Justement ! Il est temps d'arrêter de se faire avoir par Xana et de lui montrer qu'on est capables de l'anticiper ! Il stoppera son attaque quand il verra qu'on n'y réagit pas.
Aucune réponse ne se fit entendre, ce qui ne fit qu'intensifier la tension ambiante.
- Jérémie… relança la voix féminine quelques instants plus tard.
Point rassurant : son intonation avait repris ses douces teintes.
- Laisser Xana avoir le contrôle d'une tour, c'est accepter qu'il puisse faire n'importe quoi avec. Qu'il l'utilise de manière ridicule, c'est son choix, mais nous, on a une responsabilité, qu'on ne peut pas miser sur des suppositions de piège. C'est peut-être ça que Xana espère : nous rendre suffisamment douteux pour qu'on ne sache plus comment traiter ses attaques, et en profiter pour nous porter un coup fatal. Si on garde comme objectif de désactiver chaque tour qu'il infectera, ce type de ruse ne passera pas.
Suite à cette tirade, l'expression du garçon blond se détendit, même si la réflexion s'y lisait. En réalité, au-delà de la réflexion en question, c'était la lutte entre sa logique et ses sentiments qui était lisible. Heureusement pour les occupants de la pièce, elle ne dura pas longtemps, et finit par se cristalliser en paroles :
- Je comprends. Mais je veux quand même l'avis des autres sur la question.
Il tourna la tête vers les deux oubliés de la conversation.
- Alors ? On s'occupe de cette tour ou pas ?
Ulrich, comme à son habitude, préféra laisser Laura répondre avant lui afin de suivre ou exprimer son opposition, selon sa position. Le tout dans un soucis d'économie de mots.
- Vous m'avez assez répété comme ça que Xana était dangereux, donc en suivant ce principe, je suis d'accord avec Aelita.
Les derniers mots de la blonde provoquèrent une légère surprise chez deux personnes dans la pièce, probablement pour leur rareté. Mais l'événement passa rapidement à la trappe lorsque le dernier membre du groupe présent exprima son avis :
- Même chose.
La question était réglée. Voyant que rien ne fut ajouté, Jérémie s'empara de son téléphone portable et lança un appel.
- Yumi ? Oui je sais, c'est le matin...


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La force de l'habitude permit au petit groupe d'enchaîner efficacement la suite de leurs actions, qui pouvait se résumer en un mot : voyages. D'abord jusqu'à l'usine, où Yumi les retrouva, puis du monde réel au virtuel, dans lequel la traversée sous-marine en direction du Cortex démarra, et une fois cette dernière effectuée, parcourir l'anneau constitutif de la structure de ce monde avec leur véhicule tout terrain jusqu'à la tour. Pour le coup, Ulrich était bien content de l'absence de sensations au niveau physiologique dans ces mondes en trois dimensions. Ça permettait de ne pas sentir le poids de tous ces voyages s'accumuler dans les jambes. Malheureusement, ce n'était pas le cas pour l'ennui. Tout ce qu'ils avaient effectué jusque-là se résumait à des automatismes éveillant la lassitude. Même la vision du rêve bleuté que constituait le réseau informatique mondial était devenu banale aux yeux du samouraï numérique, encore plus lorsque Xana ne les y attaquait pas. Il devait se rendre à l'évidence : la routine était de retour. Peut-être n'était-elle jamais partie en fait, préférant se tapir dans un obscur refuge en attendant son heure.
- Yumi, arrête-toi là. Vous avez des monstres au pied de la tour. Et vu la configuration, va falloir établir un plan d'action.
Ulrich reprit ses esprits à ce moment-là, avec une pointe de soulagement quant à l'approche d'un élément rupteur d'ennui. La conductrice du Mégapod suivit les instructions données par la voix de Jérémie, qui exposa un topo :
- La prochaine à gauche donne sur un couloir pas très large formé par les structures hautes qui se termine en cul-de-sac, où est la tour. Le problème, c'est que quatre Bloks vous y attendent. Une approche terrestre est compliquée, puisqu'ils n'ont qu'une direction dans laquelle tirer. En bonus, ils sont soutenus par deux Mantas. Un peu juste pour vous trois...
Rien qu'au ton pris lors de l'explication, il était possible de sentir la réflexion à une solution derrière. Dans ces moments-là, les suggestions étaient les bienvenues.
- Il n'y a pas d'autre chemin ? demanda Yumi.
- Apparemment, non. Vous pourriez bien tenter de prendre de la hauteur et sauter ensuite dans le couloir juste au pied de la tour, mais je doute que les Mantas vous laissent faire.
- Au pire on peut attendre que le terrain se modifie de lui-même et offre une disposition plus avantageuse, se fit entendre Laura depuis le laboratoire.
- Mais on ne sait pas combien de temps ça prendrait pour que le changement ait lieu, remarqua Jérémie. C'est un peu hasardeux. On peut pas vraiment se permettre d'attendre comme ça.
- Ulrich et moi, avec nos Supersprint et ailes, on pourrait tenter une diversion pendant que Yumi fonce, relança Aelita.
- Ils vous verront venir. Il faut faire ça plus subtilement.
- Et faire le bulldozer c'est pas possible ?
Un silence accueillit cette déclaration d'Ulrich.
- Tu sais… s'aventura Belpois. Bulldozer et subtilité, ça va pas trop ensemble. Te laisser foncer dans le tas, c'est...
- Je ne parle pas de ça, mais du Mégapod, le coupa le samouraï. L'autre fois, vous vous en êtes servis pour déblayer des Krabes à l'entrée du noyau.
- Hum.
L'absence d'enthousiasme de l'opérateur du groupe ne fut pas partagée par sa camarade virtuelle rose.
- C'est vrai que la carrosserie nous permettrait d'approcher tout en nous protégeant des tirs. Mais est-ce qu'elle tiendra ?
- En théorie, oui, répondit Jérémie. Je sais qu'avec des Krabes ou des Tarentules, elle résiste bien, mais avec ceux-là, je ne peux rien affirmer. Ça reste avant tout un véhicule, pas un tank. Le risque de destruction existe. Après, ce n'est pas comme si j'avais une autre solution.
- Va pour le bulldozer alors, conclut Yumi. Et si on détruit le Mégapod, tu pourras toujours le reconstruire Einstein !
Le concerné dut contenir la répartie sur la conduite des femmes qui lui brûlait la langue.
- Comme si ça m'amusait de reprogrammer plusieurs fois la même chose...


Contrairement à l'établissement du plan d'action, l'application fut très brève. Yumi engagea le véhicule dans le couloir et fonça. Quelques mètres plus tard, ils furent à portée de tir des Bloks. Alignés en une ligne nette, ceux-ci sortirent le grand jeu en mitraillant l'engin de cercles de feu. Les Mantas les rejoignirent presque immédiatement dans leur œuvre. Le Mégapod ne tenta aucun mouvement d'esquive, que le terrain ne permettait presque pas, et continua de rouler droit devant. À quelques mètres des monstres au sol, et donc de la tour, la conductrice entama la manœuvre d'arrêt en tournant brutalement le volant sur sa gauche tout en freinant. Le flanc du véhicule s'offrit ainsi aux cercles de feu des cubes l'espace d'un instant, avant de rentrer violemment en collision avec eux. Le constat fut sans appel : deux explosèrent directement sous le choc, un troisième fut éjecté contre la tour, causant sa destruction. Le dernier eut la chance de survivre, mais se retrouva face contre terre – au sens propre du terme – le rendant ainsi inoffensif.
L'accident de la route n'avait pas perturbé les Mantas, qui continuèrent de bombarder de lasers le Mégapod garé devant la tour. Ses occupants ne les laissèrent pas faire longtemps puisqu'ils se téléportèrent juste à côté de celui-ci. Ils dégainèrent leurs armes l'instant qui suivit, geste louable puisque les tirs avaient été redirigés à leur encontre. Ulrich, qui bénéficiait de la protection du bouclier d'Aelita en attendant une ouverture contre les créatures volantes, se fit interpeller par Jérémie :
- Ulrich, fonce à la tour. Tu es désavantagé contre ce type d'adversaire. Laisse les filles gérer.
Ah oui, lui aussi pouvait aussi désactiver les tours. Il ne s'était pas vraiment fait à cette évolution dans son univers, malgré la routine. Néanmoins, il s’exécuta et se rendit à l'intérieur de l'édifice infecté par Xana.
- Ulrich...
- Quoi encore ?
- La tour vient juste de se désactiver.
La nouvelle inspira au jeune homme de l'irritation et une flopée de mots injurieux. Xana s'était à nouveau amusé à leurs dépends. Jérémie avait vu juste : ils s'étaient à nouveau fait avoir. À ce niveau, ça relevait presque du viol.
- Il se fout de nous ou quoi ? balança finalement Stern.
- Soit c'est ça, soit sa capacité à agir sur la réalité a encore été touchée par une mise à jour du Cortex, relativisa son ami au micro.
Aucune autre parole ne suivit. Le samouraï s'était muré dans un silence énervé, qui ne se calma pas lorsque Yumi et Aelita, libérées des monstres survivants, le retrouvèrent dans la tour.
- On fait quoi maintenant du coup ? demanda la première. On rentre ?
Une fois de plus, la réponse fut apportée par la voix de Belpois :
- Le Mégapod a pas mal encaissé, mais il est encore en état pour un voyage. Quitte à avoir fait tout le trajet jusque-là, autant en profiter pour faire un saut dans le noyau. Comme ça on verra si Xana disjoncte à cause du système ou non. Des objections ?
Calme plat au sein du trio virtuel.


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D'un point de vue spatial, Chris n'avait pas bougé depuis qu'on l'avait abandonné. Intérieurement, ce n'était pas si différent. Cela faisait une éternité qu'il avait arrêté de compter les rainures. Ça ne servait à rien de tenter de se distraire pour oublier sa condition. Le statisme mental et la résignation contemplative étaient bien plus efficaces. Ainsi, il ne pensait plus à rien, et prenait le chemin pour devenir une enveloppe vide, une exuvie. La seule chose qui l'empêchait de complètement sombrer étaient les sursauts de conscience qui s'activaient inconsciemment. Au cours de ceux-ci, il lui fallait surmonter sa confusion d'éveil en faisant un listing sur sa personne, au bout duquel sa position d'impuissance lui revenait. Il se rendait alors compte qu'il n'était pas parvenu à s'oublier et se concentrait donc à nouveau pour retomber dans l'état qui avait précédé son sursaut de conscience.
Mais cette fois-ci, la concentration de Chris ne visait pas l'oubli, mais ce qui le fixait de près. À priori, il s'agissait d'un humain, même si le masque blanc et lisse collé sur son visage laissait planer un doute. Néanmoins, l'accessoire laissait dépasser une partie des oreilles et voir des cheveux noirs dont les mèches étaient plaquées par la virtualité, rendant le tout indécoiffable. À partir de ces éléments, la probabilité que ce soit un simple avatar numérique prenait de l'ampleur. Chris ne pouvait s'empêcher d'en douter lorsqu'il tentait de distinguer les yeux de l'inconnu par les fentes de son revêtement facial. Ils n'étaient pas visibles, et ne laissaient place qu'à du noir. C'était comme si le masque blanc ne servait qu'à recouvrir un second masque fait d'obscurité. À moins que l'expression ne se vérifie et qu'il ne s'agisse là que d'un reflet d'âme.
La question n'était de toute manière pas là. La fixation que subissait Chris le dérangeait, et même l'irritait. Son sentiment n'alla pas en s'arrangeant lorsque la main de l'individu bougea devant ses yeux, dans un mouvement signifiant « coucou ». Constatant l'absence de réaction physique chez le jeune homme, il s'arrêta. Pour le pousser dans l'instant qui suivit, d'une léger geste presque comique. Sans le moindre contrôle sur son équilibre, le concerné s'écroula sur le dos dans un bruit mat.
« Enfoiré !! »
L'irritation du garçon immobile se transforma en envie de frapper le type derrière son masque. Chose qu'il ne pouvait évidemment pas accomplir en l'état. Le cercle vicieux de la frustration aurait pu reprendre si son regard n'avait pas eu la bonne idée d'enregistrer les nouvelles informations visuelles que la position allongée offrait : le ciel nuageux et jaune-orangé de Tron. Après tout ce temps à contempler la porte du noyau, voir autre chose lui procura un certain soulagement. Malgré ça, il se força à se concentrer sur la présence de l'inconnu, qui n'était plus à portée de ses yeux. Ce furent ses oreilles qui captèrent quelque chose en premier. Le monde virtuel étant majoritairement silencieux, et les changements de configuration pas si fréquents que ça, elles n'avaient pas vraiment de sons à attraper. Dans le cas présent, c'était bel et bien un bruit de moteur en approche que Chris entendit. Il aurait volontiers eu un regain d'espoir en devinant ce que pouvait cacher cette nouveauté, mais déjà ses organes auditifs discernèrent de nouvelles informations : des sons semblables à des coups. Assénés contre un corps. Leur présence cessa d'emplir l'air très rapidement, laissant le moteur comme seule bande sonore.


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Les trois adolescents en provenance de la tour parvinrent aux abords du noyau sans avoir à faire de nouvelles victimes de la route. Néanmoins, lorsqu'ils virent un avatar humain à terre, l'idée qu'ils l'avaient potentiellement renversé et envoyé voler avec leur véhicule les effleura. Ils durent l'abandonner bien vite, puisque d'une part, celui-ci ne se relevait pas, et de l'autre, ils identifièrent l'individu dès l'instant où leurs yeux se posèrent sur sa cape. Les informations furent immédiatement relayées à Jérémie, via un visuel d'Aelita.
- Bien entendu, mon radar ne le détecte pas, nota celui-ci. Faudrait que je pense à me tourner là-dessus un de ces quatre.
- La question c'est plutôt : qu'est-ce qu'il fait là ? envoya Yumi. Il était pas censé avoir laissé tomber Tyron ?
- C'est peut-être un simple clone, proposa Aelita.
Ulrich se remémora alors son échange avec Laura.
- Pas sûr. Il paraît qu'il a pas été vu au lycée depuis hier.
Un silence perplexe se posa fugacement sur l'assemblée, avant de s'envoler à nouveau grâce au souffle de Belpois :
- Le plus bizarre, c'est cet immobilisme. On croirait qu'il est inconscient. Il faudrait que l'un de vous s'approche.
La tâche fut confiée au seul mâle virtuel présent, qui avait l'avantage de la vitesse en plus des réflexes en cas de phénomène impromptu. Il parcourut les quelques mètres de passerelle instaurés à la découverte de l'avatar, et une fois à côté de ce dernier, l'observa. Dès le premier coup d’œil, il eut un mouvement de recul, non pas à cause du visage brûlé – qui faisait toujours son petit effet – mais de ses yeux. Grands ouverts, les iris de ceux-ci arboraient une surnaturelle et éclatante couleur améthyste. Mais étrangement, ils ne semblèrent pas remarquer Ulrich. Pour étayer sa théorie, le samouraï agita ses bras devant lui pour capter son regard. Sans effet. Il tâta ensuite du pied les côtes du garçon à terre. Aucune réaction.
- Alors ? s'impatienta Jérémie.
- Bah, formula Stern. Il donne l'impression d'être conscient, mais sans rien capter.
- Comme une transe ?
- Ouais. Une vraie loque.
Ulrich acheva à peine sa phrase que son œil accrocha un mouvement à ses pieds. Le bras droit de Chris s'était tendu en l'air, pour faire apparaître ensuite un glaive au creux de sa main. L'ensemble tenta par la suite de frapper le Lyokô-guerrier à la jambe. Celui-ci évita le coup sans grande difficulté du fait de la position inadaptée de l'attaquant, et recula prudemment de quelques pas. Il fut rejoint par ses deux camarades.
- Rectification Jérémie. C'est plus une loque maintenant.
Avec des gestes désordonnés, Chris se remit sur ses pieds. Puis il s'avança vers le trio lame au clair, d'une démarche hésitante, comme si ces mouvements étaient nouveaux pour lui. Prenant les devants, Ulrich dégaina un sabre et intercepta l'attaque de l'assaillant. Suite à ce premier échec, ce dernier tenta de donner un nouveau coup d'épée, mais il bougeait son bras à peine plus vite qu'un mort-vivant et le samouraï n'avait aucun mal à parer. À l'arrière, Yumi et Aelita n'avaient toujours pas bougé. Une voix familière dans leurs têtes les réveilla :
- Les filles, inutile de se poser des questions maintenant. Les réponses devraient venir en piratant des données. Laissez les garçons s'amuser et allez-y.
Électrisées par ces instructions, elles s'exécutèrent sans attendre, passant sans difficulté à côté des épéistes. Les étapes suivantes s'enchaînèrent simplement : ouverture de l'entrée du noyau par injonction tactile d'Aelita, pénétration à l'intérieur, traversée de la dernière portion de passerelle, emprunt du téléporteur, et enfin traversée des plateformes de la pièce sphérique jusqu'à la console d'accès aux informations. À peine cet objectif spatial fut-il atteint que celle qui avait les cheveux rose reçut de Jérémie une carte DMA, qu'elle inséra dans l'interface sitôt reçue. À partir de là, il n'y avait qu'à attendre que le périphérique, en combinaison avec Jérémie, fasse son travail d'infiltration de système.
Yumi avait commencé à inspecter le sol qui l'entourait. Des Ninjas pouvaient surgir instantanément lorsqu'ils s'adonnaient à la piraterie. Mais rien ne semblait approcher, ce qui ne la rassura pas pour autant. Elle n'aimait pas traîner dans cette zone. L'éclairage clair-obscur provoqué par l'interaction entre les éléments tangibles du lieu et la lumière du cœur du monde virtuel donnait une sensation d'oppression et d'insécurité. Pour se rassurer, la japonaise fit glisser ses éventails dans ses mains. La familiarité de son geste suffit à lui faire voir différemment la situation : tout semblait converger vers une réussite de la mission. Ce simple constat suffit à lui insérer un fragment de doute.


De son côté, Ulrich s'amusait un peu plus. Son adversaire avait des gestes tellement grossiers et des mouvements d'épée si amples qu'esquiver relevait de la farce. Il s'autorisa à lui faire un croche-pattes en fourbe. Chris s'écrasa alors face contre terre. Tant bien que mal, il tenta de se redresser, mais ne parvint qu'à se retourner sur le dos, tel une tortue étrange. Face à ce spectacle, les lèvres du Lyokô-guerrier s'étirèrent pour former un sourire. Même le rayon laser jaune qui le transperça par le dos ne parvint pas à le lui effacer.


- Les filles ? Ulrich vient de se faire dévirtualiser.
- Par Chris ?
- J'en ai pas l'impression. Il avait l'air de gérer. Par contre, si c'est un nouvel ennemi, je n'arrive pas à le détecter lui aussi. Soyez attentives.
Yumi tourna le regard en direction de la zone autour du téléporteur d'entrée. Rien à signaler. Visuellement en tout cas. Les Ninjas pouvaient devenir entièrement invisibles et échapper au détecteurs de présence après tout. Jérémie interrompit alors son inspection :
- Ok, j'ai trouvé ce que je voulais. Je vais vous ramener.
Avec le bon timing, Aelita retira la carte DMA de la console. Son geste fut suivi par l'entente d'un sifflement d'acier dans l'air. Une surprise teintée de panique saisit les deux jeunes filles. Mais l'inconnu arrivait trop tard. Les avatars féminins commençaient déjà à se désagréger rapidement. Une fraction de seconde avant de disparaître de la virtualité, Yumi eut le temps d'entrevoir une vague forme et deux points rouges. L'ensemble forma une image mentale chez la lycéenne.
Une gargouille.


http://i.imgur.com/7tNqoHf.png


Admirer un ciel dans lequel les nuages ne s'ébattaient pas était aussi intéressant que de fixer un mur. Chris avait fait ce constat suite au nouvel arrêt sur place de son corps, resté allongé sur le dos sur la passerelle. Il n'avait rien compris à ce qu'il venait de se passer et ne tenait pas vraiment à y réfléchir. Le faire impliquerait de se remémorer l'affreuse impression de ballottement incontrôlable ressentie lorsqu'il bougeait par une volonté autre que la sienne. Or, il ne tenait pas à recommencer un cycle où ses émotions s'alternaient et virevoltaient en lui. Pas tout de suite. Il en était donc réduit à la contemplation des nuages, seul champ couvert par sa vision. Mais ils n'étaient absolument pas coopératifs en restant aussi immobiles que lui, ce qui empêchait de constater et mettre un nom sur leurs changements de forme. Finalement, il n'avait sous les yeux que des camarades d'infortune.
Qui avaient la chance de flotter dans les airs, eux.
À cette pensée, il la sentit revenir, sans se presser. Elle fit un tour du propriétaire mental avant de s'approcher du centre de contrôle pour le narguer. En cela, la frustration était une vraie ménagère, s'accrochant dur afin d'obtenir le symbole de l'impuissance sur un plateau. Chris tenta de contenir la pression qu'elle exerçait, sans parvenir à un résultat concluant.
Alors il se laissa écraser.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


- Pourquoi nous avoir ramenées si précipitamment ? On a même pas pu voir à quoi on avait affaire.
Les répliques fusèrent des lèvres d'Aelita dès sa remontée de la salle des scanners via le monte-charges. Yumi demeura quant à elle silencieuse et se contenta d'aller s’asseoir à côté d'Ulrich et Laura sur le dispositif générateur d'hologramme. Jérémie, qui consultait les informations récoltées depuis son poste de commande, répondit sans s'arrêter de lire :
- La dernière fois, les Ninjas ont pas été loin de vous virtualiser à jamais. J'ai préféré être prudent.
Le raisonnement se tenait. La jeune fille aux cheveux roses n'ajouta rien, préférant laisser son ami se concentrer sur la lecture de son écran.
- Par contre. L'historique des dernières activités du supercalculateur de Tyron permet de répondre à quelques unes de nos questions.
L'informaticien s'arrêta quelques secondes le temps de réfléchir à la manière de formuler ce qui allait suivre. Malgré cette attente, l'auditoire demeura silencieux et alerte.
- L'attaque d'hier n'a pas été perpétrée par Xana, mais par le camp de Tyron. J'ai des raisons de croire qu'ils ont causé tout ce bordel en ville juste pour Chris. Si on regarde sur l'historique l'heure de sa virtualisation, on remarque qu'elle s'est passée juste après l'attaque. Un peu curieux comme coïncidence, surtout quand on voit l'état dans lequel il était quand vous l'avez vu.
- Ils auraient fait ça juste pour le récupérer ? s'étonna Laura. C'est complètement hasardeux comme méthode ! Un groupe organisé ne peut pas se reposer sur… de la chance.
Les derniers mots avaient été prononcés avec un peu de scepticisme et de mépris, ce qui n'empêcha pas l'échange de se poursuivre avec Aelita :
- Même si c'est suspect, on est sûrs et certains que Chris n'est pas du côté de Tyron, sinon on ne serait même plus ici pour en parler. Et après tout, il avait quelques informations sur eux. Ils ne voulaient probablement pas prendre un risque de diffusion. Après, je pense qu'avec ce qu'on vient de voir, on sera tous d'accord pour dire qu'il n'agit plus de son plein gré.
- Et Xana dans tout ça ? demanda soudainement Yumi. Il fait quoi ?
Un discret sourire fier se forma sur les lèvres de Jérémie.
- Selon moi, il a appliqué ce dont je vous parlais avant de venir à l'usine : nous attirer sur le Cortex avec une tour activée, en jouant sur une répétition avec la veille. La seule différence, c'est que son but n'était apparemment pas de nous piéger, juste de nous faire découvrir la situation de Chris.
- Tout ce mal juste pour ça ?
- Si on en croit les témoignages et remarques de Chris sur ses enregistrements, fit Laura, ou même ce qu'on a pu observer de nous-mêmes, il est évident que Xana a des vues sur lui.
- Et si on ajoute le fait qu'il est virtualisé à temps plein via la procédure instable du casque… ajouta Jérémie.
- Alors il est possible qu'il ne tienne pas très longtemps comme ça, reprit la blonde dans un souffle.
La vision peu rassurante des documents sur les testeurs du casque de Tyron revint à tout le monde. L'atmosphère sembla se refroidir dans le laboratoire, coupant quelque peu l'élan de la réponse à la dernière question, sans non plus le tuer.
- Avec ce raisonnement, on peut penser que Xana ne veut pas perdre Chris, mais qu'il n'a pas les moyens de l'aider comme lors de l'accident de voiture.
- Du coup, il veut se servir de nous pour qu'on s'en occupe, conclut Aelita.
Après la perte de degrés, l'ambiance prit en densité. Les paramètres à prendre en compte dans cette affaire commençaient à proliférer. Belpois en profita pour récupérer la parole :
- Maintenant, il va falloir qu'on se décide sur quoi faire par rapport à Chris. Tenter de le sortir de là dans un temps indéfini et limité, en risquant un choc frontal avec Tyron ; ou ne rien faire pour ne pas aider Xana, voire retourner son jeu contre lui en le poussant à se débrouiller seul sur ce coup, et possiblement être indirectement responsables d'une mort.
L'absence totale de tact de la déclaration ajouta un peu plus de gravité de l'échange, déjà bien chargé. La « Princesse » du groupe sembla la plus frappée par la teneur des propos.
- C'est une vie humaine en jeu, on a la possibilité et les moyens d'agir, alors évidemment qu'on va essayer de le tirer de là ! dit-elle d'une voix forte.
- Je suis d'accord avec elle, enchaîna Yumi.
Sans surprise, Ulrich suivit. Jérémie ne donna pas son avis, mais il était clair aux yeux de tous qu'il n'allait pas se placer à nouveau contre Aelita. Il avait atteint son quota pour la journée. Laura ne jugea pas utile d'intervenir oralement, se contentant d'un simple mouvement de tête pour valider, pour la forme. De toutes manières, Jérémie avait synthétisé les conséquences de chaque décision dans sa réplique. Il n'y avait rien à ajouter.


L'étape décisionnaire franchie, il fallait en venir à la mise en place des options et solutions. Ce fut toujours le même blond à lunettes qui prit l'initiative à l'oral :
- On a pas un nombre de possibilités étouffant pour ce cas de figure malheureusement. Je vais me tourner dessus dans l'après-midi et la soirée. En attendant, préparez-vous à retourner récupérer des données demain matin, il m'en faudra certainement de nouvelles. D'ici demain soir ou lundi, il faut qu'on ait un plan valable à mettre en place.
Un acquiescement général suivit la tirade.
- Pourquoi on utiliserait pas le retour vers le passé ? demanda subitement Yumi. On revient un jour en arrière et on prévient Chris. Comme ça, pas besoin de se casser la tête à monter une opération sauvetage.
L'idée était simple dans son exécution, mais efficace.
- Oui, ce serait plus simple. Le souci, c'est que ce sont Tyron et ses sbires qui ont attaqué et activé la tour. Revenir en arrière ne les empêchera pas de recommencer. Surtout si c'était une attaque liée à la capture de Chris, comme je le pense. S'ils n'attrapent pas leur cible, il faudra qu'on aille désactiver la tour nous-mêmes. Et rien ne dit que ça ne nous demandera pas du temps, surtout si des Ninjas sont de la partie. Utiliser le retour vers le passé, c'est risquer l'irréparable par rapport aux victimes de l'attaque. Je n'ai pas envie de prendre ce risque.
Dans un dessin animé pour enfants, la japonaise lui aurait rétorqué que le risque valait la peine d'être encouru et que s'ils croyaient en leurs capacités, ils y arriveraient. Dans le cas présent, elle ne pouvait qu'être d'accord avec son ami.
- Tu as raison.
S'ensuivit une courte période de silence, au bout de laquelle Laura se souvint d'un détail, qu'elle partagea :
- Par contre, comment est-ce qu'on va gérer l'absence de Chris au lycée ? Jim et le proviseur le cherchaient déjà tout à l'heure. Il n'y aura pas de marge pour les mensonges.
La remarque frappa Jérémie : il avait presque manqué ce point ! Et il savait d'expérience que s'occuper de ce type de situation était une vraie épreuve. Cela renforçait l'intérêt de libérer le concerné dans les plus brefs délais.
- Pas le choix, je vais devoir programmer un clone, comme pour William à l'époque. Je vais m'arranger pour que ce ne soit pas un double débile cette fois, quitte à le rendre presque muet. Par chance, Chris n'est pas un bavard. Le clone sera moins suspect si je procède ainsi.
- Le mieux pour éviter de se faire remarquer, ajouta Aelita, ce serait que l'un de nous reste avec le futur clone à Kadic une partie du temps pour limiter les débordements et couvrir plus efficacement Chris.
- Et ce sera plus efficace si c'est un interne qui s'en charge, glissa Yumi, le clone étant aussi à l'internat.
- Ouais.
Ulrich osa alors soulever la question fatale :
- Qui va s'en charger alors ?
Tous les regards se posèrent sur lui.
« Mauvaise réplique... », grogna-t-il intérieurement.


À suivre : Frelon Assassin


Dernière édition par Zéphyr le Lun 13 Fév 2017 14:43; édité 9 fois
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Dyssery MessagePosté le: Sam 22 Aoû 2015 20:09   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


Inscrit le: 03 Mar 2014
Messages: 66
Salut !

Oui je sais, on ne me voit guère commenter depuis que je suis sur ce forum. Mais le fait est que ça arrive de temps en temps, et que ça m’est même déjà arrivé sur ta fic. Mais je ne suis pas la meilleure des commentatrices et je comprendrais que mes incursions ne t’aient pas plus marquées que ça o/ (D’ailleurs je ne me souviens pas non plus de la dernière fois que j’ai commenté L’Engrenage…)

Tu savais déjà que je te suivais – skype, cette merveilleuse invention – mais il était temps pour moi de me rappeler de façon plus concrète à ton humble souvenir Smile Alors commençons.

Je suis. Dans un drôle d’état. Je ne suis exactement claustrophobe. Je peux monter dans un ascenseur sans le moindre problème, aussi étroit soit-il, tant qu’il bouge. Mais s’il s’arrête entre deux étages et ne fait pas mine de vite repartir, je ne suis pas sûre de pouvoir garder mon calme longtemps. Dans la même veine, je ne suis pas vraiment tentée par le parapente, malgré l’enthousiasme sans borne qu’y avait montré ma chère grande sœur, non pas à cause de l’altitude (qui joue sans doute un petit rôle tout de même, ne nous leurrons pas) mais bien à cause de cette impossibilité d’agir. Et je viens de lire ce chapitre. Ce chapitre dans lequel Chris n’est non pas prisonnier d’une cellule mais de son propre corps. Enfin, une représentation de son corps, et son corps par extension puisque son enveloppe réelle ne peut de toute façon pas bouger non plus. Et il ne peut pas bouger. Ni parler. Ni ressentir. Suis-je la seule à être aussi chamboulée par l’horreur d’une telle situation ?

Ce monologue est bien entendu présent pour bien te signaler à quel point je trouve la situation bien rendu. Compter les rainures (bon, je ne sais pas de quoi tu parles, n’ayant pas vu CLE, mais passons) s’avère étonnamment immersif, pour quelque chose d’aussi simple. De même que contempler un « ciel » immobile. Et pour en revenir à la façon dont Chris s’est retrouvé à le contempler, ce ciel, c’est absolument horrible ! Je visualise tellement l’action dans ma tête, une créature étrangère qui s’approche sans qu’on ne puisse rien y faire, et qui n’agit même pas avec violence, peut-être avec malveillance, peut-être simplement avec curiosité… J’ai une telle idée de lenteur dans cette chute ! Si j’avais été à ta place, je me serais sans doute un peu plus étendue dessus, sur la lourdeur du choc notamment. Mais vu mes réactions à cette partie de l’histoire, je suppose que ce n’était pas nécessaire.

Je vais conclure sur le passage où le corps de Chris se meut sans sa participation. Je n’arrive même pas à savoir si c’est une évolution appréciable à l’immobilité ou si au contraire ça rend son état encore pire… En tout cas, la balourdise de ces gestes est vraiment bien rendu. Tout comme, mais c’est le cas depuis le début, l’espèce d’état de choc dans lequel il se trouve. Parce que ce n’est l’état de panique pur dans lequel je me trouverais moi que tu nous offres ici, mais bien un état semi-végétatif où l’esprit menace de ne plus répondre du tout.



Bien, arrêtons-nous là pour cet aspect du texte. Parce que le reste était bien aussi o/

J’ai beaucoup aimé ton Ulrich. Grognon mais pas rébarbatif, fatigué, aussi, mais prêt à faire des efforts. Mention spéciale au petit pain chaud =3 Ta Sissi aussi était cool. Je ne sais pas comment CLE l’a traité, je savais juste qu’elle était devenue blonde, et ton explication en vaut une autre. L’absence d’epicness à ce sujet est un très bon choix, d’ailleurs. En tout, son évolution, et leur discussion à Ulrich et elle m’a paru rondement mené et dans la continuité de ce qu’on pourrait attendre à la fin du DA. Et je salue avec plaisir le fait que tu n’en aies pas fait une idiote.

Oh, et en passant :
Citation:
elle pouvait s'énerver ou faire la tête sur n'importe quel sujet

<3

(Et puis évidemment :
Citation:
Lyon

<3 <3 )

Malheureusement, ce que j’ai pensé en lisant tes anciens chapitres n’est plus assez frais dans ma tête pour que je puisse te faire un bon retour dessus, je vais donc me contenter de quelques remarques, dont je t’ai peut-être déjà parlé sur skype.

Déjà, et ça je sais que je te l’ai déjà dit : je reviens sur mon idée première, Chris est cool quand on apprend à le connaître o/ Et oui, je t’avais dit plusieurs fois que ton personnage principal me tapait sur les nerfs, mais j’ai changé d’avis Mr. Green

Ensuite, l’oncle ! Je suis contente que tu lui aies accordé plus de scènes ! Au début, les quelquefois où tu le mentionnais le faisaient plutôt passer pour un connard fini, et c’est cool que tu en aies finalement fait un personnage plus complexe, plus ambigu. J’attends toujours l’explication pour les brûlures de Chris – ma théorie « Fairycube like » tombe à l’eau :c – mais cette histoire de placard est sacrément classe. Je ne sais plus trop quel âge est censé avoir Chris après la mort de ses parents, mais son oncle a manifestement des idées assez malsaines sur la façon dont on peut aider un enfant. Et pourtant tu nous as fait sentir dans le passage de l’hôpital qu’il tenait vraiment à son neveu. Je salue la performance et j’espère voir se développer encore un peu plus cette relation conflictuelle.
Bon, je suppose que je pourrais continuer un temps en te disant « j’ai aimé ça, ça c’était cool », mais ça n’apporterait pas grand-chose à ce com, qui se révèle déjà n’être qu’un blablatage sans grand intérêt. Enfin passons, je te dis juste que Patrick est stylé et que Sally ne m’a pas manqué (et à bas le popcorn ! Et aussi les gens qui parlent pendant les films, mais le popcorn est encore plus répandu. Et lynchons ceux qui éclairent leur portable pendant les séances.)

Ta fic est cool, Zèph, et même si ce n'est certainement pas le meilleur parmi tout ceux que tu reçois (et que j'ai beaucoup parlé pour ne pas dire grand chose), je crois que je viens de lui dédier le com le plus long que j’ai écrit jusqu’alors.
_________________
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Icer MessagePosté le: Dim 23 Aoû 2015 12:12   Sujet du message: Répondre en citant  
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Évidemment, compte-tenu du délais, j'ai eu du mal à recontextualiser. Je me rappelais vaguement que Chris était coincé virtuellement, même si je ne me souviens plus de comment ils ont fait. Par contre, c'était très flou sur "l'attaque de la veille", la veille en question pour nous étant en 2014. Bref, oui, il faudra que je relise tout quand ce sera terminé. Procédure habituelle pour les très bonnes fics.

Bon après... Tu sais déjà que j'aime beaucoup ton style et bien entendu, tu ne l'as pas perdu. D'un point de vue du scénario, ce chapitre ne contient pas d'avancées fracassantes, il était logique que la prochaine étape soit que les Lyoko-guerriers remarquent que Chris soit sur Tron, cela faisait un moment que cette histoire traînait. Ce sera donc le nouveau William, avec un clone. Je me demande si tu vas l'exploiter, ce double de Chris.

Je me range derrière Dyssery pour le coup des rainures, c'était bien trouvé. Il y a toujours les petites références sympathiques par ci par là également.

Le titre du chapitre suivant me rappelle que les frelons avaient battu les mantas (De peu bien sûr, et c'était parce que Thomas était cheaté comme chacun sait (a) ). C'est bon signe, ça devrait gérer Razz

Sinon tu as profité de tes... 8 mois pour rajouter tes transitions, simples et efficaces, c'est bien joué !

Bref, on se voit en avril 2016 Mr. Green

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Zéphyr MessagePosté le: Jeu 24 Déc 2015 15:43   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler







Chapitre 16
Frelon Assassin






Entendant frapper à la porte, le proviseur de Kadic leva les yeux de son écran.
- Entrez !
La porte du bureau s'ouvrit, dévoilant un visage qui s'y rendait un peu trop ces derniers temps : Chris White. Évidemment, il fallait qu'après une matinée sans manifestation de l'élève, celui-ci ressurgisse au moment où l'homme s’octroyait un moment de décompression sur son ordinateur. La relativisation restait néanmoins possible : Nicole n'étant pas présente le samedi, il pourrait reprendre sa session une fois seul, sans crainte de surveillance poussée. Après avoir refermé l'entrée, le visiteur n'eut qu'à s'avancer un tout petit peu pour atteindre les deux chaises face au bureau. Sans s'asseoir, il dit :
- Bonjour monsieur. Désolé de venir vous voir si tard.
Une intonation particulière dans cette voix fit tiquer Jean-Pierre une fraction de seconde, avant qu'il ne passe outre pour adopter son masque de proviseur.
- Hé bien, avec Jim nous pensions que vous étiez encore parti dans une de vos escapades. Je n'étais pas loin de prévenir votre tuteur...
Bien entendu, il enjolivait un peu la réalité sur le dernier point, puisqu'il avait laissé couler après que Jim lui ait annoncé qu'il ne le trouvait pas. La convocation de base n'était en soi pas urgente. Sa réplique n'avait pour but que de rendre l'élève plus réceptif en lui donnant un petit coup de stress. Cela ne sembla pas fonctionner sur White, qui ne trahit aucun signe témoignant d'un quelconque trouble.
- Enfin, nous ne sommes qu'au début d'après-midi, il n'est pas si tard que ça, continua Delmas. J'imagine que vous avez dû vous rater avec Jim.
D'un geste de la main, il invita le jeune homme à s'installer. L'approche avait toujours pour but la réceptivité, par une mise en confiance cette fois-ci. Toujours sans manifester de vraie réaction faciale, Chris tira à lui un peu trop brutalement une chaise, avant de s'y asseoir avec autant de force. L'adulte ne put s'empêcher de relever l'étrangeté des derniers gestes effectués. Même après tant d'années de travail auprès de l'animal nommé adolescent, il n'arrivait toujours pas à saisir toutes les subtilités et les nuances.
- Pour en venir aux raisons de cette convocation, reprit le proviseur, j'ai reçu un appel de votre tuteur ce matin. Apparemment, vous ne répondez plus à ses appels ou ses messages et il voulait vérifier que vous alliez bien – ce qui a l'air d'être le cas.
Le concerné eut enfin une réaction visible en clignant des yeux plusieurs fois d'affilée. Mieux que ça, il parla :
- J'ai cassé mon téléphone portable. En m'asseyant dessus un peu trop brutalement.
Ça, Jean-Pierre voulait bien le croire au vu de ce qu'il venait de voir. Et puis avec tous les portables qu'il avait dû payer ou remplacer pour sa fille, il était bien placé pour savoir quel soin les jeunes apportaient à ces appareils…
- Du coup, continua White pour combler le silence en formation, j'avais plus vraiment de moyen de le prévenir...
- C'est compréhensible. Autant régler cette histoire en l'appelant tout de suite.
S'exécutant, Delmas s'empara du combiné qui siégeait sur son bureau, pour sélectionner dans l'historique le numéro qui l'avait joint quelques heures plus tôt. L'appel déboucha sur le répondeur, qui invita aimablement à laisser un message. L'option fut retenue et la situation se vit résumée en quelques phrases à tendance rassurante. Cela fait, ne restait qu'une chose à faire.
- Et bien voilà, votre oncle est prévenu. Je pense que sauf urgence, il ne devrait pas passer par ici pour vous transmettre un message et que vous aurez l'occasion de régler votre souci de communication quand vous vous reverrez.
Chris se contenta d'acquiescer mécaniquement. Le geste pouvait se traduire par une volonté d'écourter le plus possible l'entrevue en passant par l'économie de mots.
- Dernière chose : il m'avait également demandé de vous confirmer que vous rentriez bien chez vous le week-end prochain. Ne l'oubliez pas.
Nouvel acquiescement. Peut-être trop formel pour l'homme qui faisait face à l'élève. Il n'avait plus l'air de savoir comment aborder ce spécimen.
- Si tout est bon, vous pouvez y aller monsieur White.
- Merci, fit celui-ci d'une voix égale. Bonne journée.
Le lycéen se leva, presque trop doucement par rapport au mouvement inverse, et quitta le bureau. Une fois la porte refermée, Jean-Pierre, constatant que le face-à-face l'avait un peu plus fatigué, préféra économiser un soupir et retourner à son écran d'ordinateur. Ces élèves allaient lui faire perdre la tête, comme un vulgaire pingouin de jeu vidéo.


Adossé à un pilier constitutif des arcades, Ulrich vit arriver de loin la carcasse de la réplique. Celle-ci s'approcha, pour s'arrêter face à lui, droit comme un i. Puis, elle déclara :
- Problèmes administratifs réglés. Il est à toi pour l'après-midi.
L'intonation paraissait un peu trop militaire et rigide – le plâtre et l'attelle portés par le corps renforçaient cet aspect de soldat au rapport – mais il restait convainquant dans son économie de mots.
- Super…
- Arrête de râler, il est docile comme tout. Tu vas l'adorer ! Il a encore besoin de deux-trois réglages pour paraître plus naturel, mais Laura est actuellement sur le coup, vu que de nous tous, elle est celle qui sait le mieux comment agit l'original. Enfin, fais en sorte qu'on ne vous remarque pas trop, au moins aujourd'hui. Et n'oublie pas qu'on retourne chez Tyron ce soir !
Le Lyokô-guerrier marmonna quelque chose en rapport avec la mémoire et les poissons rouges, avant de croiser le regard du clone qui le dévisageait. Jérémie avait dû couper la manipulation à distance. Il semblait attendre qu'Ulrich agisse pour faire de même. Sa programmation devait être conçue pour qu'il ne se sépare pas du brun pour la demi-journée à venir. Vu comme la précédente avait démarré, il y avait suffisamment de niveau pour qu'il y ait continuité dans l'altération. Ulrich n'avait donc aucune raison de s'en faire. Il décida en conséquence de tester la docilité de la réplique. Dans cette optique, il se mit en marche sans prévenir oralement de son intention. L'être artificiel le suivit naturellement. Il l'entraîna jusque dans le hall de l'internat, qui était désert, et s'arrêta d'un coup, sans rien dire non plus. Le suiveur s'immobilisa également.
- Ne me suis plus, lui demanda Stern.
Il reprit sa route immédiatement et entama la montée des escaliers. La réplique était à sa place. Ulrich se remit face à elle.
- Ne résiste pas et laisse-toi faire.
L'instant suivant, le brun appliqua une légère pression de la paume sur le torse du faux-humain, qui perdit l'équilibre et s'effondra au sol, dans un bruit plutôt sourd. Un peu trop pour le samouraï qui le fit se relever presque immédiatement, de peur que quelqu'un ne soit attiré par le bruit. Comme ce ne fut pas la cas, il poursuivit son expérience :
- Insulte quelqu'un ?
- Yumi la p…
- Stop ! Silence !
Dont acte. Ulrich n'alla pas plus loin. Il avait assez d'éléments pour comprendre comment gérer la réplique. Comme promis par Jérémie, elle était effectivement très docile. Si aucune instruction à l'oral ne lui était donnée, elle restait avec lui et le suivait dans ses déplacements. Lorsqu'on lui donnait un ordre, il fallait être précis dans sa demande et ne pas laisser de doute, sans quoi il y avait possibilité d'une prise d'initiative non souhaitée, l'exemple de l'insulte étant littéralement parlant. À l'inverse, si l'absence de précisions laissait une marge d'initiative trop grande, comme le coup de ne plus le suivre, la réplique ne savait que faire et restait sur place. Sa capacité d'initiative était faible, il fallait donc dans ce type de configuration lui laisser une liste d'ordres ou instructions précises. Les actes et paroles de ce faux-Chris étaient plus facilement contrôlables qu'avec l'ancienne réplique de William, mais sa gestion globale en était plus compliquée, puisque demandant à être accompagné d'un membre de la bande pour lui donner des ordres.
Maintenant qu'il avait une idée de comment bien utiliser le clone, Ulrich n'avait plus qu'à trouver comment tuer le temps jusqu'au soir. Tout logiquement, il s'inspira des conditions dans lesquelles il était et entraîna son compagnon inhumain au foyer. Bien évidemment, le canapé face au poste de télévision, le baby-foot et la table de ping-pong étaient occupés. Il fallait dire que la météo mitigée était des plus engageantes pour les activités en intérieur. Ulrich s'étonna tout de même un peu d'une telle occupation : c'était le week-end et qu'un tel monde reste à l'internat était plutôt rare. Sa bande était un cas à part, puisqu'en pleine période de Xana à durée indéterminée. Se reconcentrant sur ce qui était faisable dans le foyer, le Lyokô-guerrier se rabattit sur le meuble où étaient rassemblés divers jeux. Il s'empara des échecs, plus inspiré par le plateau aux cases noires et blanches que par le dangereux Jungle Speed.
Deux échecs plus tard, qui rendirent Ulrich mat de résignation, la table de ping-pong se libéra. L'occasion de se rattraper fut saisie par Stern, qui se ramassa un onze-zéro en bonne et due forme, en dépit de l'ordre donné avant de commencer de ne pas y aller à fond – sans compter les handicap théoriques relatifs au corps copié. Cela lui força à admettre que malgré sa docilité, la réplique restait craquée niveau capacités.
- Des partants pour un foot ?
La proposition émanait de Julien Xao, depuis l'entrée du foyer dans laquelle il était resté. De la part des quelques personnes présentes, il reçut un vague « Mouais, nan » et un « Panini » qui devait signifier « Pas envie », mais marmonné avec si peu de conviction qu'il avait été déformé. L'élève d'origine asiatique remarqua Ulrich, et l'apostropha :
- T'en es évidemment vieux ? Il n'y aura pas que moi je te rassure.
- Et qui sera présent ? répliqua le concerné, une pointe de soupçon dans la voix.
- En plus de toi et moi, d'autres membres de l'équipe de foot du bahut : Nicolas, Alexandre et Théo. Et on a aussi une grande nouvelle dans le clan des footeux : une fille super balèze qui est un mur aux buts. En plus de ceux-là, on rameute du monde là.
Ulrich se fit la remarque qu'il y avait bien du monde qui restait à l'internat ce week-end, ce qui n'était pas tellement commun. Les parents devaient être bien excédés de leurs progénitures adolescentes… Mais il n'allait pas s'en plaindre, ça lui ouvrait des possibilités d'occupation, du moins plus que s'il était resté seul ou allé chez ses parents.
- Ça me va. Le temps de me changer et je vous rejoins sur le terrain.
À peine la réponse fut-elle décrochée que Julien lâcha un rapide « Niquel, à tout' ! » et fila en express. Sa particularité à passer d'un état visiblement calme à une attitude plus hyperactive était toujours aussi déconcertante – ce qui lui servait bien dans un sport comme le football. Ulrich choisit de ne pas traîner non plus et de quitter le foyer pour passer une tenue de sport à l'internat. Puis il se souvient du petit détail qui le suivait dans ses déplacements.
Il s'asséna une gifle mentale. Julien n'avait naturellement pas parlé au clone, puisque plâtré au bras et avec une attelle à la jambe. Mais que lui arrive à l'oublier l'espace de quelques minutes, c'était insensé ! Pour se consoler, il se mit note de signaler aux programmeurs que leur création était beaucoup trop effacée pour qu'elle donne l'illusion d'être humaine. Et il tâcherait de ne pas oublier cette fois.


De son côté, Jérémie en avait fini avec sa liste de tâches du jour, soit trouver des idées pour secourir le prisonnier du Cortex et travailler dessus. Or, les deux choses ne lui avaient pas demandé tant d'efforts que ça. Il lui suffisait d'exploiter convenablement les cartes qu'il avait en main puis de les croiser avec des vols de données ennemies, et c'était tout. En terme de travail pur et dur au clavier, il ne se foulait absolument pas.
- Une balade dans les environs, ça te branche ?
Aelita. Elle avait insisté pour lui donner un coup de main, ce qui avait un peu plus accéléré l'achèvement de son boulot, en plus de l'obliger à proposer à Laura d'aller s'occuper de la maintenance de la réplique depuis l'ordinateur de sa chambre de l'internat. L'idée avait un intérêt double : éviter les combats de catch féminin dans le laboratoire, et dégager du temps pour se concentrer sur l'opération sauvetage. Finalement, Jérémie avait mis moins de temps qu'il ne l'imaginait pour imaginer cette dernière. Il regrettait presque d'avoir délégué la gestion du clone...
- Jérémie tu m'écoutes ?
- Ouais ! Ouais pourquoi pas ! s'exclama-t-il précipitamment pour compenser son oubli de réponse.
Un instant plus tard, il ajouta à voix basse, amèrement :
- Puisqu'il n'y a plus rien à faire pour le moment.
Ne s'attardant pas dans le laboratoire souterrain, les deux adolescents prirent la route vers la sortie de l'édifice qui les abritait. Le tout dans le silence le plus neutre. Pendant ce court trajet, les pensées de Jérémie se teintèrent à sa grande surprise de nostalgie. L'époque où affronter Xana ouvrait la voie à un grand nombre de défis, informatiques notamment, était lointaine. Avant, il avait toujours quelque chose à faire, un programme à créer, des recherches à mener, des tests à effectuer, et des attaques à gérer. À présent, maintenant que la solution pour vaincre Xana était plus simple et que celui-ci n'avait plus son répondant d'antan, les défis se faisaient plus rares. Bien sûr, il avait pu stimuler son cerveau au moyen du Mégapod ou encore des faux-codes, mais ce n'était pas assez pour lui, il avait besoin d'un objectif qui le retranche aux limites de ses capacités. Là, il ne faisait que s'entretenir sans avancer. Stagner en somme.
- À quoi tu penses ?
La question lui avait été envoyée dès l'engagement sur le pont de l'usine, et revêtait une innocente naïveté digne de l’émettrice.
- À Chris. Un peu à sa réplique aussi.
Évidemment, il n'allait pas révéler le fond de sa pensée à Aelita. Le risque que ça dévie sur elle était grand, et Jérémie n'était pas prêt à gérer une dragonne ou une fontaine – tout dépendait de l'humeur de la concernée. Ainsi, pour que sa manœuvre fonctionne, il dut étayer sa réponse :
- Je me disais que si on se loupait à le tirer de là-bas, on pourrait utiliser le retour vers le passé pour faire gagner du temps à son corps réel, histoire d'éviter d'avoir à mettre en scène sa disparition via son double.
Le silence s'installa à nouveau. Jérémie se rendit compte qu'en cherchant à éviter un sujet sensible pour la personne qui marchait à côté de lui, il la déprimait.
- Mais bon, c'était qu'une pensée en l'air ! envoya-t-il pour réchauffer l'ambiance. J'ai plus songé à ce qu'on pouvait faire avec une réplique de quelqu'un sous la main, du point de vue virtuel.
- Tu parles de la virtualiser ? Avec en test celle de Chris ?
Même si la voix de la jeune fille affichait une certaine perplexité, au moins n'y avait-il aucune morosité ou ennui.
- Voilà. C'est bête, mais quand on avait dû remplacer William par une réplique, on n'a jamais pensé à l'utiliser pour vous donner un coup de main sur Lyokô. Pourtant, c'était ce qui avait motivé le recrutement de l'original à l'époque.
Aelita acquiesça avec un « Ahin » de gorge.
- Par contre, je ne pense pas que ce serait possible avec l'autre Chris. Le supercalculateur n'a pas les données de son avatar stockées dans sa mémoire, Xana n'ayant inséré que ce qui permettait une survie au retour vers le passé, ce qui ne les incluait pas. Et sans avatar pré-enregistré de la personne clonée à virtualiser, impossible de le faire. C'était comme ça que Xana avait réussi à me faire envoyer son polymorphe sur Lyokô par le passé.
Encore un silence. Ils commençaient à s'accumuler. Jérémie préféra ne rien ajouter, de crainte d'aggraver la situation. Il se concentra sur le fleuve qu'ils longeaient. Sa couleur douteuse, qui n'avait rien d'un rêve, ne lui évoquait que salissure. Ça ne l'aida pas à se sentir plus détendu.
- On arrête de parler boulot et on décompresse en marchant, d'accord ?
Le blond tourna la tête vers Aelita, qui lui sourit, puis lui agrippa le bras. Il se décrispa, tout en se disant un peu mesquinement que c'était bien facile pour elle de dire ce genre de choses, sachant qu'on ne lui avait jamais rejeté la culpabilité d'un échec dessus. C'était probablement pour ça qu'il avait engagé le matin-même avec elle ce débat sur la désactivation des tours. Malgré sa défaite, il s'était surpris à être content de la ferme ardeur qu'elle lui avait opposée. Ses sautes de caractère commençaient à trouver un point d'équilibre.
Le duo arrêta de longer le fleuve pour traverser la route et s'engager dans une rue qui leur permettrait de quitter la zone industrielle. Parallèlement, Jérémie, lancé dans sa cogitation et poussé par le silence de la marche, entreprit de retracer les points de passage qui avaient conduit Aelita au stade où elle en était, émotionnellement parlant. Dans une approche théorique bien entendu.
La mort définitive du père était le point départ évident. Contrairement à ce qui aurait pu être cru, elle n'était pas restée dans une phase de tristesse bien longtemps. En prenant en compte la période de vide durant laquelle le parent et l'enfant ne s'étaient plus faits face, sans compter le côté distant et immatériel du premier, c'était concevable. La suite constituait le vrai embranchement de problèmes, se résumant en une émotion : la colère. Jérémie savait par Aelita en personne qu'elle était en colère contre elle-même pour avoir traîné à lancer le programme multi-agents. Il en avait été plutôt surpris d'ailleurs, voyant plus la jeune fille tomber dans la culpabilité que dans l'auto-fustigation.
Leurs pas les menèrent devant la vitrine d'une boulangerie-pâtisserie, devant laquelle ils s'arrêtèrent sur injonction féminine, laquelle était aidée par le fait de mener le garçon par le bras. Le but de la manœuvre se limitait à regarder la décoration proposée par la vitrine en question, une tentative de représentation du printemps par des symboles parlants, tels que des fleurs. L'ensemble était un peu brouillon, mais pas inharmonieux. Aelita s'appliquait à tout regarder avec minutie. Cet aspect de découverte et d'observation de son environnement chez elle s'était vérifié dès sa sortie du scanner, sans jamais s'étioler par la suite. Il avait l'avantage de lui faire apprécier les balades silencieuses, même accompagnées. Cela lui permettait de profiter sans se soucier de devoir parler de manière non-spontanée pour meubler une ambiance. De ce côté, Jérémie avait de la chance. Il pouvait cogiter tout son soûl durant ses instants, sans craindre de louper une parole. Enfin, il veillait tout de même à ne pas se faire prendre en délit de réflexion qui n'avait aucun rapport avec l'instant présent. C'était un coup à se faire réprimander, potentiellement avec sévérité, mais jamais avec fureur.
Et justement, par le fait qu'elle n'était pas colérique de nature, Aelita n'avait pas pu ruminer cette émotion d'après-décès de son père bien longtemps. Elle n'était pas Ulrich ou Yumi. Son calme et sa tranquillité avaient donc repris place… jusqu'à ce que Xana refasse surface, entraînant avec lui la colère de la Gardienne de Lyokô. Cette fois-ci, elle s'alimentait non seulement du fait que Hopper s'était sacrifié pour un résultat non-concluant, mais aussi de la lassitude à traîner cet ennemi héréditaire si longtemps derrière soi. Pour finir, il y avait l'apparition de Laura qui n'avait rien arrangé. Enfin, elle ne constituait qu'un petit élément de cette équation de colère, pas son intégralité. Jérémie n'était pas convaincu de l'exactitude de son analyse, mais il était certain de son résultat : Aelita était fatiguée de combattre, prenant part à la lutte, mais sans la volonté nécessaire pour l'accompagner. Ses statistiques virtuelles depuis la reprise, qu'il avait retenues, parlaient pour elle.


Esquive : 0,82 tirs esquivés par combat.
Défense : 0,30 tirs parés par combat.
Précision : 57% de taux de réussite des coups.
Endurance : Dévirtualisée 43% du temps.
Meilleure Lyokô-guerrière 8% du temps.


Ses moyennes se maintenaient à grand-peine, malgré l'appui évident des autres aidant certains critères. Même si un revirement était possible depuis qu'elle avait entraperçu sa mère, il ne fallait pas s'emballer. Les chances de rechute restaient fortes, par la collaboration de l'ex-disparue avec Tyron, qui n'était pas tout blanc aux dernières nouvelles.
Jérémie fut tenté de soupirer un grand coup, mais se retint, afin de ne pas soulever de questions chez la fille à son bras. Il était largement plus intimidé par la gestion des potentiels futurs tourments émotionnels d'Aelita que par une charge conséquente de travail à abattre sur le supercalculateur. La situation aurait été tellement plus confortable dans le second cas...


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Son idéal était devant lui. Une simple sphère lumineuse blanchâtre nimbée de violet, dont l'éclairage pâle plongeait le noyau de Tron dans une ambiance de mystère, propice à la découverte, mais aussi à la peur.
Néanmoins, Chris ne pouvait plus partager cette impression concernant l'endroit. Une fois encore, son corps avait été déplacé sans son autorisation, puis exécuté divers mouvements sur une période assez étendue, avant d'être abandonné. Sur le bord d'une plateforme, assis, les pieds immobiles au-dessus du vide, au niveau visuel de la fameuse sphère qu'il contemplait avec moins de lassitude que les autres éléments statiques avant elle. Il avait beau ignorer sa fonction au sein du monde virtuel, celle-ci exerçait une forte attraction sur lui. Elle apaisait son esprit, l'aidait à relativiser, et plus encore en l'éclairant – littéralement – sur l'acceptation de son sort. Au stade où Chris en était, la résignation était la meilleure solution. Il ne pourrait s'enfuir de ce piège numérique, et il doutait que l'intervention de ses camarades de lycée vus auparavant change la donne. De ces faits, il ne lui restait qu'une seule chose à attendre : le lâcher-prise de son cœur dans la réalité. Son esprit enchaîné le suivrait naturellement. Mais depuis une éternité, cet événement n'arrivait pas. Chris avait l'impression qu'une force bloquait l'arrivée de cet événement. Cette même force qui empêchait les plateformes et le pilier cristallin central de s'approcher de la sphère. La répulsion lumineuse était présente dans les deux cas.
Malgré tout, le jeune homme arrivait à rester patient, mû par une certitude : la lumière au bout du tunnel n'était plus très loin. Sous ses yeux.


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Le retour au laboratoire sonna comme une libération pour Ulrich. La garde de clone se voyait immédiatement relayée au personnel de maintenance informatique pour le reste de la soirée.
- Alors cet aprem' ? lui demanda Jérémie.
- Niquel.
Il veilla à garder le ton le plus égal possible en complément de l'économie de détail. Il préférait éviter d'avoir à expliquer comment il avait abandonné son poste de garde plus de deux heures pour aller faire un football. Enfin, il avait tout de même donné l'ordre à la réplique de ne pas bouger de sa chambre jusqu'à son retour, et il n'y avait eu aucun soucis. Exposer ces éléments ne conduirait qu'à une prise de bec inutile.
- Des observations à faire sur la réplique ?
- Pas trop mal, mais son côté soldat prêt à recevoir des ordres n'est pas très crédible. En fait, il est trop docile. Faudrait le laisser agir seul, sans surveillance ou ordre à donner, au moins pour les actions basiques, type se déplacer ou prendre son repas.
- Il a besoin d'autonomie en gros, résuma Laura d'un air professionnel.
- C'est ça.
L'introduction technique achevée, Jérémie jugea bon de parler de choses plus sérieuses :
- Bon, ben on va y aller. L'objectif de la soirée, c'est de faire comme d'habitude : voler des données. Je vise les plans du complexe souterrain de Tyron, et une éventuelle localisation du corps de Chris là-bas, histoire de voir si mon idée de sauvetage tient la route.
- Une Translation ? interrogea Yumi, perplexe.
- Le procédé est possible, mais je préfère l'éviter. Sinon tu penses bien que je ne me serais pas embêté à programmer des virus pour détruire le supercalculateur du Cortex.
- Première nouvelle !
La japonaise avait pris son ton qui laissait entendre le reproche. Jérémie, plutôt habitué, ne se démonta pas :
- Personne ne m'a jamais posé la question – hormis Aelita en privé – et une action à distance m'a semblé plus logique lorsque j'ai appris l'existence de Tyron et compagnie. À l'inverse des Réplikas, on a affaire à des humains conscients de ce qu'ils font, ce qui est sensiblement différent de xanatifiés et autres. Vous confronter face à ça n'était pas le meilleur plan selon moi.
Yumi ne fit pas d'enchère supplémentaire et se tut, signant d'une certaine manière sa défaite dans le débat.
- Donc, reprit Belpois. Pour récupérer Chris, pas besoin de trop se faire mal au crâne, il suffit simplement de plagier Xana. Pixellisation de son corps et prise de contrôle à distance pour le faire s'échapper grâce aux capacités offertes par le procédé. J'ai besoin des plans du complexe pour ne pas perdre de temps lorsqu'on tentera la grande évasion. D'autres questions ?
La petite assemblée n'en fit rien. Au fond, Jérémie aimait provoquer ces silences où la contradiction était absente.


Quelques généreuses minutes plus tard, le trio d'explorateurs virtuels sillonnait le Cortex à bord de leur véhicule multi-pods, conduit une fois encore par Yumi. La tâche lui revenait régulièrement, Aelita préférant de son propre aveu manœuvrer le sous-marin, et les garçons ayant une conduite plus que discutable selon Jérémie. Ulrich n'était pas d'accord avec cette opinion. Sa première fois avec le Mégapod n'avait pas été aussi désastreuse que celle de la japonaise. Lui s'était contenté de s'écraser à pleine vitesse dans le décor, sans frôler la noyade numérique. Enfin, il savait que discuter sur ce sujet ne lui donnerait pas gain de cause. Et ce n'était pas le moment de provoquer une brouille au sein du groupe, même mineure. Leur efficacité virtuelle pouvait en être affectée. Au vu de la sienne dernièrement, il valait mieux tenter de l'entretenir le plus longtemps possible. Les événements virtuels roulaient plutôt bien. Peut-être un peu trop pour Ulrich, qui rationalisa en se disant que son impression était influencée par le véhicule qui le transportait. Celui-ci parvint d'ailleurs à destination, s'arrêtant en douceur. L'instant suivant fut celui de la téléportation des passagers de l'engin à l'extérieur, qui eurent immédiatement le champ de vision plaqué contre l'accès au noyau.
Ce point leur permit de ne pas perdre de temps dans la contemplation de l'avatar qui se tenait sur la passerelle.
- Jérémie, j'imagine que le radar ne t'a rien indiqué ? demanda Aelita.
Le juron proféré par l'opérateur envers l'efficacité de son système confirma l'information. Naturellement, l'attente à revoir Chris planté au même endroit que plus tôt dans la journée influençait la surprise apportée par la découverte de ce petit nouveau, qui semblait l'avoir remplacé à son poste. La différence notable tenait du fait qu'il était certainement autonome, même s'il semblait avoir hérité de l'immobilité de son prédécesseur.
- Trois contre un, ça reste du gâteau, fit remarquer Ulrich.
- Méfiez-vous quand même, intervint la voix lointaine de Jérémie. Si on l'a envoyé seul, c'est qu'il est suffisant à la défense du noyau.
L'avertissement de l'opérateur était bien évidemment sensé, mais il était difficile pour les trois Lyokô-guerriers de déceler du danger du gringalet qui les dévisageait. En plus de son physique peu impressionnant, sa tenue de combat était certainement la moins époustouflante de tous les mondes virtuels. Un short beige allant jusqu'aux genoux, un T-shirt orange portant l'inscription CHB en lettres blanches, et un baudrier sur lequel pendait un sabre marin dans son fourreau. Sans l'arme à la ceinture, l'apparence du garçon lui aurait donné l'air d'être un simple vacancier. Odd ne pourrait plus jamais se plaindre de n'être qu'un gros chat violet.
La bataille de regards entre êtres virtuels se poursuivit quelques secondes encore, avant qu'Ulrich, fatigué d'attendre, dégaine un sabre. Instantanément, l'ennemi évident attrapa de la main gauche le fourreau de sa lame, et de l'autre empoigna le manche. Néanmoins, il ne dégaina pas et se contenta de garder sa position. Ne faisant pas grand cas de ce comportement, le dénommé samouraï s'apprêta à engager un assaut. Son intention fut stoppée lorsque la main de Yumi vint se poser sur son épaule pour capter son attention :
- Tu ne le trouves pas un peu louche là ? Sa position, ça ressemble à de l'Iaido. Il attend qu'on s'approche pour nous attaquer et nous vaincre d'un coup.
Ulrich sembla perplexe quant aux tous derniers mots, même si la grossièreté du piège se flairait effectivement de loin. Malgré tout, ils n'allaient pas rester comme ça toute la soirée. Foncer dans le tas était l'option la plus rapide, au moins pour jauger ce qu'il y avait en face.
- Je vais juste tâter le terrain.
Le samouraï s'élança droit devant, à vitesse maximale. Même si l'observation de Yumi restait juste, il pourrait toujours exploiter sa célérité pour feinter ou esquiver en urgence. Lorsqu'il atteignit les deux tiers de la distance le séparant de son adversaire, celui-ci se décida à sortir son sabre. C'était néanmoins trop tôt pour espérer trancher qui que soit d'un coup, et aucune onde de choc ou d'énergie quelconque n'en résulta.
Un événement bien plus déroutant se produisit à la place : une immense forme sombre surgit par enchantement derrière le nouvel ennemi, laquelle se dirigea directement sur Ulrich. La rapidité du choc fut telle que les filles ne virent pas l'ombre d'une carte blanche signalant la dévirtualisation de leur ami. N'arrivant pas à se remettre du coup de la surprise, Aelita suivit de près son camarade, transpercée par un rayon laser jaune. Quant à Yumi, le léger sursis dont elle disposa ne fut exploité que pour sortir ses éventails, jeter un vague coup d’œil à la forme non-identifiée, puis se faire transpercer à son tour. En dépit de son réflexe de protection avec ses armes, qui pour le coup eurent véritablement la solidité du papier.


Une bonne raclée avait le don de remettre les pieds sur terre, au sens propre comme au figuré. Aussi, les vaincus gardèrent le silence lorsqu'ils se retrouvèrent en salle des scanners. Ils durent néanmoins le rompre une fois les blonds rejoints, afin de leur relater ce que le radar aveugle leur avait fait manquer. Le court récit achevé, Jérémie eut le réflexe de retirer ses lunettes et se frotter les yeux. La réaction pouvait paraître particulière, mais il s'agissait seulement d'un tic, exécuté en signe de synthèse des informations. La seule personne ignorant ce détail étant Laura, elle interpréta la chose comme de la fatigue ou de la poussière gênante, et prit la parole :
- Vous ne trouvez pas ça bizarre d'avoir été attendus devant l'entrée du noyau alors que c'est passé sans problème ce matin ?
- Ouais, réagit Jérémie tout en nettoyant ses verres avec le bord de son pull. Avant, ils ne nous envoyaient la cavalerie que lorsqu'on s'introduisait trop profondément dans leur système et qu'on activait le pare-feu. Ça reste à confirmer mais je pense qu'on peut désormais partir du principe que les intrusions sur le Cortex sont détectées. On perd cet avantage, et en plus, Tyron n'a pas perdu de temps pour se trouver un nouveau testeur – un Septième si on suit sa numérotation. Une gargouille volante qui tire des lasers...
Le suspens instauré laissait entendre la perte du garçon dans ses réflexions. Il se recentra sur ses objectifs.
- On y retourne demain en début d'après-midi. D'ici-là, je vais m'occuper d'améliorer le radar pour détecter les avatars en provenance de chez Tyron. Ras-le-bol de ne rien voir.
Il se tourna vers Laura.
- Pour la réplique, je me charge des derniers arrangements. Merci pour ce que t'as déjà fait dessus. Du coup, j'aurais un autre boulot sur écran à te proposer. Pas d'une importance capitale à vrai dire, mais qui pourrait faire la différence virtuellement. Ça te dit ?
L'étincelle de curiosité qui naquit dans l’œil de la concernée fut suffisante en terme de consentement.


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Dimanche 14 Avril 2013

D'une certaine manière, avant que son corps ne décolle, l'esprit de Chris planait également. Le fait que son corps se mette à nouveau en mouvement seul pour exécuter toutes sortes de gestes était toujours un mauvais moment à passer, mais voler était peut-être pire. Associer l'emprisonnement corporel avec l'une des choses les plus liées au concept de liberté avait un côté de cruelle ironique.
Chris semblait ne pas trop s'en soucier sur le moment. L'événement avait éveillé une nouvelle pensée en lui. Il souhaitait que ce qui contrôlait son avatar jauge mal les aspects du pouvoir de manipulation de l'air et se rate, provoquant la chute de son corps. Cette prière ne semblait pas devoir se réaliser. Les manœuvres réalisées n'étaient pas spécialement audacieuses : ascension, descente, déplacement d'un point à un autre, légères accélérations… Tout cela n'était qu'un simple test. Celui-ci se poursuivit lorsqu'il descendit plus bas que l'anneau constitutif de Tron, jusqu'à se placer au-dessus du niveau de la mer numérique. Selon Chris, l'étendue aqueuse le narguait. Ses gracieuses ondulations étaient autant d'invitations à piquer une tête que de promesses d'oublis.
« Tombe. Tombe. Tombe. Tombe. », se martela-t-il.
Évidemment, sa volonté ne fut pas exaucée. À la place, sa main droite se tendit vers l'eau. Quelques instants plus tard, le liquide montra des signes de perturbation en un point, divergent des vagues habituelles. Il tentait de tournoyer. Lentement, il gagna en vitesse et en ampleur. L'avatar ne sembla pas apprécier l'effort, puisque commençant à vaciller, pour le plus grand espoir de son occupant :
« Tombe à court d'énergie. Tombe à court d'énergie. Tombe à court d'énergie. Tombe à court d'énergie. »
Cet espoir se réalisa presque lorsque le réceptacle spirituel perdit son appui aérien et manqua de plonger pour de bon. Les réflexes du marionnettiste furent largement suffisant pour l'éviter, puis remonter sur quelque chose de plus stable que l'air. La déception se manifesta chez Chris. Il était presque arrivé à quitter ce monde virtuel.


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Un copié-collé presque parfait se jouait sur le Cortex. Aelita, Ulrich, Yumi et l'avatar adverse se tenaient dans la même situation de toisement que la veille. La différence se situait dans leur placement. L'ennemi se tenait cette fois devant l'accès au pont, et non sur celui-ci. Les Lyokô-guerriers avaient en conséquence pris la distance nécessaire. Cette redite avait au moins le mérite de confirmer le fait que les intrusions sur le Cortex étaient détectées, mais aussi que la nouvelle tête ne prendrait pas d'initiative offensive, ce qui dégageait du temps de discussion stratégique.
- Pourquoi est-ce qu'il attend qu'on vienne à lui et ne pas nous attaquer directement ? souleva Aelita. Il a de quoi frapper fort en plus.
- Peut-être parce qu'il ne doit que vous empêcher d'entrer, tenta Jérémie de sa voix d'outre-monde. Il n'a pas besoin de lancer d'assaut pour ça.
- Ou alors c'est un novice qui n'est pas encore très à l'aise au combat et qui préfère s'adapter au rythme adverse plutôt que d'imposer le sien pas encore bien défini, suggéra Yumi.
Perplexe face à cet échange, Ulrich apporta sa contribution :
- Au pire, on s'en fout non ?
Il enchaîna avec son plus vieux réflexe virtuel : attraper la poignée d'un des sabres qu'il portait au dos. Yumi l'empêcha de dégainer, sans prendre la peine d'ajouter de réprimande orale, se contentant d'un regard. C'est en tournant la tête que le samouraï capta un détail chez l'adversaire. Probablement suite à sa tentative d'armement, celui-ci avait empoigné sa propre arme à sa ceinture, dans une posture qui trahissait la crispation. Stern, replaçant son bras contre le corps, partagea l'observation :
- Je crois que t'as raison. Ce type est un novice en combat. Regardez comment il tient son sabre. Le stress le crispe. C'est pour ça qu'il attend qu'on s'approche.
- Donc tu nous as interrompus juste pour répéter ce qu'on vient de dire, conclut la japonaise, cassante.
Ulrich se renfrogna. Il fallut un silence tendu pour que le sujet du jour soit relancé par Jérémie :
- Du coup, puisqu'on a apparemment affaire à un débutant, une option viable serait de lui mettre la pression. Attaquez-le sous différents angles. Aelita, par le haut. Ulrich, de face, plus la droite et la gauche. Yumi, utilise une trajectoire courbe de tes éventails pour couvrir son dos. Il ne pourra pas gérer toutes ces attaques à la fois.
La suggestion, qui prenait plus la forme d'un ordre d'assaut, ne rencontra aucune contestation. Les trois lycéens adoptèrent immédiatement une attitude plus professionnelle. Après un échange de signes de tête, l'attaque débuta.


L'ennemi sortit son épée plus rapidement que la première fois. Une fois celle-ci à l'air libre, la masse sombre se forma immédiatement derrière lui en moins d'une seconde. Plus précisément, l'ombre du garçon s'éleva depuis le sol où elle aurait dû rester fixée, pour grossir et adopter une apparence solide. Yumi avait dépeint cette dernière comme proche de la gargouille, mais ce n'était pas tellement ça. La chose restant liée aux pieds de son propriétaire par un lien noir, son corps véritable ne commençait qu'à partir du dessus de la ceinture – à transposition humaine. Cette incomplétude ne la rendait pas moins impressionnante. D'une taille oscillant entre les trois-quatre mètres, l'ombre avait un buste, des bras et des poings similaires à ceux des hommes. La tâche se compliquait avec la présence d'ailes à son échelle dans le dos, et de sa tête évoquant celle d'une chauve-souris, avec ses grandes oreilles percées chacune d'un anneau, ses yeux complètement rouges, son nez à la forme caractéristique, sans oublier ses discrets crocs. Pour parachever cet ensemble, elle était d'une couleur bleu-violet sombre, plus prononcée au visage, ailes, doigts et oreilles.
Bien évidemment, les Lyokô-guerriers, impliqués dans leur tentative d'offensive, n'avaient pas vraiment le loisir de détailler l'apparition. Cette dernière cibla du regard Aelita pour tirer instantanément un laser optique jaune. Légèrement prise au dépourvu et agissant par réflexe, la combattante ciblée répliqua en tirant deux champs de force sur le rayon. Ceux-ci ne firent pas le poids, lui faisant encaisser l'attaque. Ses ailes se désactivèrent sous le choc, et son absence de réaction lui coûta un retour sur le plancher des vaches, propre puis figuré.
La perte rapide de leur alliée aux cheveux roses offrit l'opportunité à trois Ulrich de se placer devant l'avatar adverse, prêts à trancher dans le vif. De même, Yumi, qui s'était éloignée du pont et se dirigeait vers ce qui pourrait être qualifié de « douves », avait eu le temps d'envoyer ses éventails, dans une trajectoire prometteuse. Le monstre de l'envoyé de Tyron n'eut pas le temps de contre-attaquer, et se contenta de protéger son émetteur en l'entourant de son enveloppe charnelle. Les lames se cognèrent contre ce corps et provoquèrent des coupures, d'où s'échappèrent durant quelques instants une étrange fumée bleu-violette. Les Stern se firent alors repousser plus loin d'un mouvement de bras de l'ombre. Ils s'en tirèrent sans dommage ni perte d'équilibre, et rééditèrent leur attaque précédente. La chauve-souris-gargouille ne l'entendit pas de cette façon. Elle fit apparaître dans un éclat lumineux et sa main une épée à la pointe évoquant une grande encoche de flèche. Elle s'en servit pour faucher latéralement les samouraïs hébétés, qui n'avaient pas jugé utile de réactiver leur Supersprint.
Durant ce dernier laps de temps, Yumi était restée passive. Un détail avait attiré son regard lorsqu'elle avait vu le sabre tenu par l'adversaire humain : la longueur de la lame. Elle lui semblait plus courte que la dernière fois. Peut-être était-ce un effet d'optique dû à la distance qu'elle avait prise, mais vérifier ne lui coûtait rien. Ainsi, l'ennemi et sa créature n'eurent pas le temps de se recentrer sur la japonaise que celle-ci se mit à courir selon une trajectoire en demi-cercle, par rapport à l'avatar masculin. Elle lui décocha un éventail au passage, immédiatement repoussé par l'arme de la créature, qui en réponse tira un nouveau rayon laser depuis ses yeux. Trop bien lancée, une pirouette fut suffisante à la jeune fille pour esquiver. Le même manège se reproduisit quelques secondes plus tard, pour le même résultat. Yumi jeta un nouveau coup d’œil à la lame de l'humain. Elle semblait avoir encore raccourci. En plus de ça, elle nota que le garçon n'avait pas bougé physiquement depuis le début des hostilités. L'assemblage des données du combat fit naître une théorie en elle. Pour en avoir confirmation, elle prit le parti de s'éloigner. Néanmoins, il lui fallut freiner afin de changer de trajectoire, ce dont l'adversité profita pour envoyer un autre laser optique. Malgré son énième acrobatie d'évitement, l'attaque effleura la nippone, lui coûtant des points de vie, mais pas une chute. Elle en profita pour mettre encore plus de distance entre elle et l'opposant. Ne lui restait qu'à tenir cette position quelque temps encore. Sous peu, elle pourrait vaincre sans mal l'obstacle. Cette affirmation fut démentie : l'avatar leva son sabre marin, qui se changea en lumière violette, laquelle alla envelopper l'épée de l'ombre d'une espèce d'aura de même couleur. La créature trancha ensuite l'air de haut en bas. Par ce mouvement, une nuée de lasers violets évoquant des dards fusa rapidement sur Yumi, qui n'était définitivement pas assez souple pour tous les éviter.


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Lundi 15 Avril 2013

- Les gars, vous me dégagez ce touriste cette fois.
La ferveur employée par Jérémie dans ses mots résumait la situation. Après un week-end sans avancée concrète sur l'affaire en cours, se bouger virtuellement n'était plus une option. En particulier avec l'effectif au complet face à un avatar seul dont les mécanismes n'étaient plus trop inconnus. Celui-ci, de manière prévisible, avait déjà adopté sa posture de garde habituelle.
- Bon, qui joue le kamikaze ? demanda directement Aelita, afin d'accélérer l'action.
- Honneur aux japonais !
Yumi fusilla Odd du regard, ainsi que l'ambiance.
- J'y vais, soupira Ulrich.
Pour la troisième fois en deux jours, il s'élança à pleine vitesse, dans l'espoir de déclencher le cercle vicieux de la routine chez son opposant. Comme prévu, ce fut le cas : la lame au clair fut suivie de près par le déploiement de l'ombre. Puis, le reste se corsa lorsque la créature invoqua son épée, laquelle se nimba un instant après d'énergie violette.
- À couvert tout le monde ! hurla la voix de Yumi.
Les lasers-dards violets fusèrent, bien plus nombreux que le dimanche passé. Ulrich succomba assez logiquement, tout comme celle qui avait crié juste avant, n'étant pas parvenu à appliquer son ordre. Fait exceptionnel : Aelita avait eu un bon réflexe de survie en synthétisant une paroi derrière laquelle se protéger des tirs, en compagnie d'Odd. La création tint le coup. Par élimination, seul le devenir de William restait inconnu. Le Supersmoke lui avait bien évidemment permis de rire au nez de l'attaque ennemie, mais une fois celle-ci achevée, il avait pu appliquer le plan initial. En toute simplicité, il se dirigea sous sa forme intangible vers le barreur de route, pour le trancher après reprise de forme. Sans créature ailée pour faire obstruction, la tâche devenait beaucoup plus aisée.
Avec ce barrage éliminé du chemin, le trio de rescapés gagnait enfin la possibilité d'accéder au noyau.


Évidemment, une fois dans la pièce sphérique aux plateformes flottantes, la seconde vague de résistance se présenta. Trois Ninjas, positionnés devant l'interface en contrebas, mais également Chris sous contrôle, qui les attendait à la sortie du téléporteur d'entrée, l'épée au poing.
- Pas la peine de s'en faire pour lui, assura Aelita à Odd et William. Il est inoffensif en l'état. Eux là-bas sont dangereux.
Comme pour la contredire, l'avatar au visage brûlé se jeta sur elle et tenta de la couper en deux. Heureusement pour la Gardienne de Lyokô, ses compagnons étaient aux aguets. Le zanbatō du premier stoppa la trajectoire du glaive, immobilisant son porteur qui s'offrit ainsi en cible idéale pour une rafale de fléchettes. Après en avoir encaissé quelques-unes, Chris se replia sur une plateforme inférieure. Ses mouvements étaient bien plus fluides et moins patauds qu'au début du week-end. Le détail n'arriva pas dans des yeux aveugles :
- Jérémie, vous nous aviez pas promis une espèce de zombie facile à maîtriser avant de venir ? demanda Odd sur un faux air de reproche.
- Tyron… siffla l'interpellé.
Pour peu, il aurait été possible d'entendre les rouages de son cerveau s'enclencher derrière l'écran.
- Oh et après tout, ça ne change rien. Ignorez-le concentrez-vous sur les Ninjas et les données.
La petite équipe s'exécuta. Aelita s'envola puis fonça directement vers son objectif. Au passage, elle généra deux champs de forces qu'elle envoya sur ses ennemis en guise de sommation. Dans le même temps, William s'était enfumé et avait contourné le cœur du monde virtuel pour prendre les Ninjas à revers. Néanmoins, ceux-ci flairèrent l'arnaque et plongèrent dans le décor afin de se mettre hors de portée. Leur action ouvrit le champ vers l'interface, profitant à la lycéenne ailée, qui n'eut plus qu'à se poser devant et insérer la carte DMA fourni par l'assistance informatique. Pour cadrer avec ce bon timing, William avait repris forme et surveillé les arrières de son amie, rejoint et assisté quelques instants plus tard par Odd qui avait dû faire le tour pour semer Chris. Les deux garçons se placèrent dos-à-dos, afin de couvrir le maximum de champ et éviter les attaques en traître.
Pourtant, cette formation que l'habitude leur avait fait maîtriser se brisa lorsque celui qu'ils cherchaient à aider atteignit leur niveau par la voie aérienne et déclencha une bourrasque de vent. Le chat violet se fit pousser en bordure de plateforme. Puis, l'avatar « White » fonça sur celui-ci, dans des intentions clairement offensives. Instinctivement, William voulut aider son allié et chargea une salve d'énergie dans son zanbatō.
- À neuf heures William, glissa Jérémie.
Abandonnant son initiative d'attaque, il se tourna pour accueillir le Ninja qui émergeait tout juste du sol. Le fer s'entrechoqua.
- Aelita, les autres sont cachés et pour toi.
La concernée crut sur parole l'information malgré le fait que ses yeux ne décelaient aucun signe d'approche. Elle déploya ses ailes et s'éleva à quelques mètres au-dessus de son point de décollage. Les deux Ninjas restants quittèrent leur refuge à cet endroit précis, potentiellement étonnés de la disparition de leur cible, laquelle ne se fit pas prier pour tirer une de ses sphères magiques. Cette fois-ci, l'attaque causa la dévirtualisation d'un des ennemis. Inévitablement, l'autre la repéra ; pour l'ignorer après-coup et s'avancer vers la console d'accès aux données. Comprenant ses intentions, la rose tenta un nouveau champ de force, intercepté par les lames jumelles. Le Ninja en fit disparaître une, puis glissa son doigt sur l'écran, afin d'extirper la carte DMA, tout en parvenant à se défendre des assauts angéliques de l'autre main. Son habileté évidente n'empêcha pas la salve d'énergie de William, tirée dans son dos, de le renvoyer dans le monde réel. Ce sauvetage de mission en urgence coûta au garçon sa garde, dans laquelle s'infiltra son Ninja d'adversaire, provoquant sa dévirtualisation. La vengeance du ténébreux suivit de près sa disparition et s'arma dans les gants d'Odd, qui avait à nouveau pu mettre de la distance entre lui et Chris. Le félin exécuta un mouvement de glissade au sol, proche d'un tacle, de manière à passer sous les jambes de l’humanoïde et le canarder sans retenue durant la manœuvre. Le succès fut au rendez-vous.
Les Ninjas éradiqués, Della Robbia put se concentrer à nouveau sur l'adversaire qu'il avait abandonné. Il prit les devants en libérant une salve de fléchettes, qu'un coup de vent dispersa facilement. Désormais trop près de Chris, il n'eut pas d'autre choix que de s'adonner à l'esquive. Heureusement pour lui, les mouvements de l'épéiste, malgré un naturel retrouvé, restaient trop mécaniques et prévisibles. Pire encore : il ne semblait connaître qu'une seule séquence d'attaque, un enchaînement commençant par un coup d'épée classique, puis un autre, avant d'enchaîner sur une triple estocade qui voyait l'arme s'allonger en lance, pour enfin se terminer sur un mouvement de balayage avec le nouvel instrument. Suite à quoi, le glaive était armé à nouveau et la séquence redémarrait. Une fois le principe compris, Odd n'avait qu'à jouer de son agilité pour éviter tout ça. C'était un peu comme affronter un boss de jeu vidéo. Au début, il fallait prendre le temps d'appréhender sa manière d'attaquer afin de trouver à quel rythme il fallait l'attaquer, esquiver et se défendre. Une fois cela fait, même un boss qui paraissait compliqué au premier abord devenait plus simple à combattre. Le parallèle était intéressant, mais dans le cas de Chris, le combat commençait à tourner à l'ennui.
- Vous avez géré les gars, j'ai les données ! annonça soudainement Jérémie.
Odd saisit l'occasion pour « finir en beauté » comme il aimait se le dire. Pendant qu'Aelita était occupée à récupérer la carte DMA, il profita de l'éternel enchaînement de l'avatar à la cape pour le mitrailler sans retenue. Il éclata en pixels aussi blancs que sa tenue.


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D'abord l'immatérialité. Puis le choc. Brutal. Comme une électrocution. Qui entraîna instantanément l'ouverture de ses yeux et de sa bouche. Le flou et l'air s'offrirent à lui. En grande pompe au commencement, pour s'effacer timidement après. Les instincts primordiaux passés, son cerveau prit le dessus, commençant à enregistrer et traiter les informations sensorielles. Il voyait un plafond qui ne lui était pas inconnu. De même pour le support sur lequel son corps était allongé et le ronronnement étrange perçu par ses oreilles. Mais ce qui interpellait le plus ce cerveau, c'était ce qu'il sentait enserrer son réceptacle. C'était également familier, et l'intriguait plus que le reste. Inspiration-réflexe. L'air avait une texture particulière. Proche de ce qui pouvait être qualifié d'ordinaire, mais avec quelque chose de différent. Un côté métallique. L'assemblage des éléments lui fit se rappeler qu'il était dans un complexe souterrain.
Puis la recontextualisation associée à la mémoire fit le reste, de manière rapide et brutale. Sa situation, le fait de retrouver des ressentis physiques après un temps inconnu et le choc émotionnel le submergèrent d'un coup. Un gémissement s'échappa de ses lèvres, vite étouffé par un début d'hyperventilation provoqué par la sensation de tétanisation de son corps. L'espace de ce moment, Chris reprit vie, par l'impression d'étouffement et d'enserrement. Mais cela se calma. Son rythme respiratoire se fit moins saccadé, et il put même bouger quelques doigts.
La réadaptation aurait pu se poursuivre sur cette voie sans le bruit sec évoquant l'ouverture brutale d'une porte. Naturellement, il en sursauta, ce qui n'était pas bon pour ce qu'il avait déjà. Une légère panique se rediffusa dans son corps. La dose augmenta lorsque le tapotement rapide se fit entendre. Instinctivement, il sentit le danger s'approcher. Une décharge à l'intérieur de son corps lui donna la force de lever et tourner la tête vers la source sonore. La vision de l'homme sur l'ordinateur confirma ses craintes. Une déferlante de panique, à moins que ce ne soit de la peur, le submergea alors. Le réflexe qui en jaillit fut de retirer le casque. Mais c'était surestimer les capacités de son corps retrouvé.
Après quoi, il sombra.

La virtualisation fit reprendre tout de suite conscience à Chris, mais pas le contrôle. Et pour une fois, ce point se trouva relégué au rang de détail, ne faisant pas le poids face au malaise qui le tenaillait. Il n'éprouvait pas de douleur, mais un mal-être, une nausée, comme s'il faisait une indigestion de sa propre enveloppe charnelle. Cet impact actif à l'intérieur se voyait à l'extérieur puisque son corps s'était étalé au sol à la réception, pour ne pas se relever, apparemment privé de ses forces.


http://i.imgur.com/3aKoVpr.png


Une fois de plus, la team des Lyokô-guerriers fut contrainte d'attendre que leur meneur technique finisse de traiter les données volées. Mais Jérémie avait une réputation à défendre, et il ne traîna pas pour faire son exposé :
- Déjà, on va pouvoir mettre un nom sur votre nouveau camarade de jeu : Léo. Léo Chevalier.
- Mais, tiqua Laura, ce n'est pas le nom que Chris a...
- Usurpé pour intégrer les expériences de Tyron, oui.
La perplexité envahit les occupants du laboratoire. Le manque d'éléments de compréhension se faisait ressentir.
- Inutile de s'attarder sur là-dessus, balaya Jérémie. L'important à retenir, c'est que j'ai mis la main sur ce que je cherchais, et que le plan de sauvetage est réalisable à la lumière de ces données.
Cette fois, une vague de soulagement face aux résultats obtenus par les efforts traversa l'assemblée, plus intense chez ceux qui avaient passé un week-end mouvementé. Par conséquent, il n'y eut pas de surprise à la question d'Ulrich :
- Tu peux t'en occuper maintenant du coup ?
- Malheureusement, non. Je préfère qu'on ait une préparation qui nous offre le maximum de prudence. Pour ça, on va prendre encore un peu de temps, pas plus d'une journée si on est efficaces.
Le brun se renfrogna légèrement. Son espoir principal de ne plus devoir gérer un clone se voyait reporté à plus tard.
- Par contre, poursuivit Belpois, il y a quelque chose que je peux faire tout de suite.
Dédaignant le temps de réaction à l'annonce, il pianota sur son clavier et fit apparaître l'Holomap. Néanmoins, elle n'apparut pas sous l'apparence indescriptible qu'il avait redessinée à son goût depuis la relance du supercalculateur. Il était retourné au design originel, avec la représentation de Lyokô en formes et en couleurs, Carthage occupant le centre, le Désert et la Montagne gravitant autour.
Après cela, Jérémie jugea que des explications s'imposaient :
- Comme je vous l'ai dit, je compte « jérémifier » Chris pour l'évacuer de chez Tyron. Le problème, c'est Xana. J'ai peur qu'il ne profite de la situation pour tenter de prendre le contrôle de la tour, ce qu'il est capable de faire au vu des éléments qu'on connaît. Et je n'étais pas certain d'avoir assez de puissance en réserve pour le contenir si ça devait arriver. Cette puissance en question, elle vient des tours de Lyokô qui la pompent dans le réseau pour l'acheminer au centre du monde virtuel, soit le cœur. Plus on a de tours, plus on a d'énergie. Bien sûr, il y a une limite au nombre de tours que peut posséder un monde virtuel. Dans le cas de Lyokô, elle est de quarante et une. À l'heure actuelle, on en compte à peine plus d'une vingtaine. Du coup, aussi bien pour avoir plus de tours – et donc une puissance plus élevée – que pour la symbolique...
- Il est temps que Lyokô retrouve son intégrité, compléta Aelita.
La réplique, prononcée avec cérémonie, constitua l'épilogue du fond de la question, ce qui permit à la mise en forme de démarrer. Moyennant une durée d'ouverture et de lancement de programme, les territoires Forêt et Banquise se reconstituèrent en temps réel sur l'Holomap, restituant à la surface de Lyokô sa diversité.


À suivre : Ré-volt


Dernière édition par Zéphyr le Lun 16 Mai 2016 17:09; édité 6 fois
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Icer MessagePosté le: Jeu 24 Déc 2015 21:36   Sujet du message: Répondre en citant  
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Tu as tenu parole et posté avant Noël. Ce chapitre est-il un cadeau ? Vérifions...

Citation:
- Insulte quelqu'un ?
- Yumi la p…


Cette réplique fonctionne bien mieux que l'on ne pourrait le croire...

Citation:
- Voilà. C'est bête, mais quand on avait dû remplacer William par une réplique, on n'a jamais pensé à l'utiliser pour vous donner un coup de main sur Lyokô.


Je ne peux qu'approuver. Par ailleurs, la première citation de mon commentaire sous-entend que la réplique est parfaitement apte à combattre sur Lyoko, puisqu'elle a les connaissances essentielles (À savoir, qu'on ne peut pas compter sur Yumi...).

Déception personnelle que tu ne te sois pas lancé ne serait-ce que partiellement dans la description du foot. On doit tous passer par là pour grandir Razz

J'ai été particulièrement intéressé par la (ou plutôt les) séquences virtuelles. Le nouvel avatar présenté est très intéressant, d'autant que tout le monde s'attendait logiquement à une confrontation avec Chris White. En tout cas son fonctionnement, on sent qu'il a été finement travaillé. En même temps t'es l'un de ceux qui gère le plus pour la créativité des avatars virtuels à mon sens.
Finalement, Chris White est logiquement retrouvé à l'intérieur même du noyau et évidemment en plus coriace, sinon on se serait fait chier. Je m'attendais éventuellement à un changement de donne avec sa dévirtualisation (Avoue que ça aurait été marrant que les Lyoko-guerriers, en cherchant un moyen de l'exfiltrer et en le dévirtualisant, aient eux-mêmes forcés Tyron à un changement dans l'utilisation de Chris qui aurait rendu le plan initial des français obsolètes, voire qui les aurait poussés à... refaire une mission de collecte d'information).
Ah, en plus, le plagiste de l'entrée, c'était le vrai Léo ? Si ça se confirme, excellent le retour du personnage.

Tu profites habillement du contexte pour ré-introduire un élément scandaleusement supprimé par CLE dont tu étais la victime collatérale vu le contexte de ta fic, la suppression de la forêt et surtout, de la banquise. Coup de bluff ou véritable utilisation à venir de ces territoires ? Nous verrons.

Finalement, un bien beau chapitre complet qui justifie sans mal le délais de publication. Le seul manque que l'on pourrait trouver, c'est que les scènes chez Tyron et sa clique sont désormais largement absentes, et c'est à mes yeux ce qui fait la spécificité et la saveur toute particulière de la fic. À voir là aussi si c'est temporaire ou non.

Bref, on se retrouve prochainement pour...


Spoiler

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Dyssery MessagePosté le: Sam 09 Jan 2016 14:06   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Bon, déjà, mettons les choses au clair : Waaaaaaaaaaaaah, j’étais pourtant persuadée que j’avais déjà commenté L’Engrenage :O Catastrophe ! Enfin bon, me voilà pour rectifier ça et augmenter mon capital de commentaires sur ta fic à…2 ! o/
J’avais un peu oublié les détails de ce qui s’était passé avant ce chapitre, alors je vais essayer de ne pas faire de contresens, mais je ne promets rien u.u

Nouvelle forme de réplique intéressante, qui empêche de la préférer à l’original (je me suis attachée à Chris, mais faut pas déconner non plus, si sa réplique avait été comme celle de William, je n'aurais jamais accepté qu'il revienne u.u). L’idée est intéressante, bien menée avec toute la dimension rigide de ce nouveau personnage, et permet des petites répliques fun :
Citation:
- Insulte quelqu'un ?
- Yumi la p…

(Ho ho ho, j’espère que tous les gens qui commenteront citeront ça =3)
Et puis je dois dire que j’aime beaucoup ce passage expérimental en mode « Jusqu’à quel point cet énergumène peut être mon esclave ? »
Cependant je crois que je regrette quand même un peu le principe des copies plus indépendantes, avec leur caractéristique émergente. Oui, j’aime vraiment beaucoup beaucoup la réplique de William, un problème ? =D Tout ça pour dire que je ne vois pas vraiment pourquoi Jérémie a changé de méthode pour l’instant. Alors oui, le passage chez le proviseur tendrait à prouver que le pilotage automatique est effectivement une option intéressante, mais pour le reste, je dirais que ce nouveau système va attirer beaucoup plus l’attention. Enfin, j’attends avec impatience le retour chez l’oncle. Va-t-on enfin avoir un adulte capable de voir que des changements de personnalité plus qu’anormaux se sont produits ? Serait-il possible qu’il mette ça sur le compte de la drogue ? *sort*

Rappelons encore une fois que je fais partie des épargnés qui n’ont pas été confrontés à CLE. Pourquoi est-ce donc important ? Parce que je vois bien que tu t’amuses bien à rectifier toutes les incohérences dont j’ai entendu parler ! Je t’avais déjà signalé – pas dans un com apparemment :/ – que j’avais vraiment apprécié l’explication d’une blondeur subite de notre chère fille de proviseur. Et voilà-t-y pas qu’on apprend le pourquoi du comment de l’état psychologique de bonbon rose et les raisons de son inutilité sur Lyoko (oué, bon, ça, ça change pas tant que ça de la série, en fait u.u) ? De même pour la disparition du programme de translation, et son absence de justification. En plus on en profite pour faire passer Yumi pour une chieuse, hu hu hu Twisted Evil

Du côté des reproches (mais alors mini-reproches, hein), je regrette que les passages de Chris n’aient pas été aussi immersifs que dans le chapitre précédent. Je veux dire, le moment où il prie pour tomber dans la mer numérique, prêt à tout y compris à mourir sans que personne ne sache jamais comment pour échapper à la plus oppressante des prisons, aurait pu être absolument horrifique ! Mais là, ben…c’est rapide. L’idée est là, tu nous la mets en tête, et l’urgence comme le désespoir sont quand même bien rendus par les répétitions. De plus, la dernière phrase de ce paragraphe est juste parfaite. Mais il n’empêche que la fan d’introspection que je suis en aurait voulu plus. Enfin, à chacun ses fétiches. Le sport pour certains, l’esprit pour d’autres (pas vrai Icer Wink )
En passant, gare à la coquille :
Citation:
« Tombe à court d'énergie. Tombe à court d'énergie. Tombe d'énergie. Tombe à court d'énergie. »
Non je ne l’avais pas remarqué à la première lecture. Je te l’aurais directement dit sur skype, sinon.

Je rejoins Icer sur la qualité des séquences virtuelles. L’avatar de Léo – j’espère que c’est pas un piège et que c’est bien Léo :c – est effectivement très intéressant, mais plus encore, sa tension quant à son statut de débutant est vraiment bien rendue, et c’est d’autant plus impressionnant qu’elle l’est d’un point de vue extérieur.
Après, je me souviens plus des explications sur le casque de virtualisation, mais on peut vraiment renvoyer Chris comme ça, sans latence ? Mais bon, malgré ce questionnement qui me chiffonne, j’ai beaucoup aimé le passage de transition de Chris dans le laboratoire. Encore une fois, j’aurais peut-être accentué encore plus les sensations, mais considérant la rapidité des évènements et son état probablement plus que groggy, la concision ne me gêne pas ici.

Je vais conclure ce com sur cette phrase :
De quoi, de quoi, il manquait des territoires ? Surprised
(Bon, j’avoue, j’avais vaguement dû lire ça quelque part, mais c’est une des choses qui transparaît le moins dans les critiques faites à CLE :’) )

Petit message à Icer : « Imaginez de l’électricité à la place du feu et cassez pas les couilles » --> tu m’as tuée, mec x)
« En juin 2016 » --> D=
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Zéphyr MessagePosté le: Dim 01 Mai 2016 16:48   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler







Chapitre 17 :
Ré-volt






Mardi 16 Avril 2013

Il n'y avait plus de respect pour rien. C'était la conclusion à laquelle Odd avait abouti lors de son trajet de la cantine jusqu'à l'usine. Dire qu'il n'y avait même pas d'urgence concrète pour justifier ce déplacement à une heure pareille ! La faute à ses blonds de coéquipiers. Pendant que le monte-charge le descendait à la salle des scanners, il songea à se teindre entièrement les cheveux en violet, pour ne pas être associé à des individus qui osaient profaner le jour des lasagnes. Arrivé à destination, il pensa à signaler sa présence, mais fut pris de vitesse par l'étage du dessus, via le haut-parleur :
- Parfait, te voilà, retentit la voix de Laura. Yumi y est déjà. Je te laisse t'installer.
- Ouais ben j'espère que ça ira vite, grommela Odd en retour. Avec du bol, je pourrais grappiller quelque chose à manger.
Dans le même temps, il se plaça dans l'un des scanners.
- On t'a pourtant laissé un peu de temps pour déjeuner non ?
- Pas suffisant ! J'ai besoin du deuxième service pour tenir, qui fait aussi office de troisième et de quatrième service avec le soutien de Rosa. Alors du coup...
Le porte du caisson se referma brusquement, manière détournée de lui demander de se taire.
« Oh la grognasse ! » , pensa Odd, tandis que la procédure de virtualisation s'entamait. Des dizaines de secondes plus tard, il atterrit sur un sentier du territoire Forêt nouvellement recréé. Dédaignant le décor, il préféra s'adresser au ciel :
- Merci pour la censure ! Elle est belle la solidarité capillaire !
- C'est moi qui ai fermé le scanner, annonça la voix tranquille de Jérémie, qui devait probablement être derrière Laura. Je connais très bien ton cinéma, alors je me suis dit qu'on n'allait pas y passer des heures, comme tu l'as demandé. En plus, Yumi n'est pas libre ce soir. Faire la même chose en deux fois est contre-productif.
Ne trouvant rien de judicieux à renvoyer, le félin abandonna la joute verbale et fit enfin attention à son environnement. Visuellement, la Forêt n'avait pas perdu ses sentiers d'un vert irréel, sa multitude d'arbres flottants dispersés aléatoirement sur toute sa surface et ses rayons lumineux crépusculaires. Le territoire était resté égal à lui-même malgré son passage à vide, à un détail près, situé non loin d'Odd. Il ne manqua pas cette occasion pour renouer le dialogue :
- Elles étaient pas noires et carrées les tours ?
Aucun opérateur ne lui répondit.
- De ce que j'ai compris, ils souhaitaient faire les choses jusqu'au bout en restaurant Lyokô comme avant. En plus ils en avaient le temps. Je crois aussi qu'Aelita était nostalgique de l'ancien design.
Le félin n'avait même pas noté la présence de Yumi. Pour lui, son inattention était la conséquence de l'inanition, quand bien même elle n'était pas effective virtuellement.
- Bon, on y va ? poursuivit la remarquée, l'air pressé.
- Très bonne idée, reprit Laura. Comme on a dû vous le dire, avec l'ajout de Léo Chevalier dans la liste de vos adversaires, vos avatars commencent à arriver à leurs limites. Jérémie m'a donc demandé de tenter de les améliorer, avec la seule journée d'hier. Dans un temps aussi restreint, j'ai préféré me concentrer sur vos deux tenues, puisque les autres restent plutôt bien fournis. Vous êtes donc là pour voir et tester les nouveautés.
La contrariété d'Odd muta en une simple moue boudeuse, tandis qu'il inspectait son corps.
- J'ai quoi comme nouveautés ? Je vois rien.
Une pause fut marquée de l'autre côté de l'écran. Ça allait être plus long que prévu.


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Le réveil fut compliqué pour Léo Chevalier. Il avait beau s'offrir des grasses-matinées outrageusement longues comme celle-ci, il dormait toujours aussi mal. En à peine deux semaines, il n'était visiblement pas arrivé à s'acclimater à l'ambiance souterraine dans laquelle on l'avait plongé. C'est avec l'impression de grésiller de l'intérieur qu'il se leva, pour se diriger vers la salle de bains attenante à la chambre. Il fit alors face à une porte verrouillée, sur laquelle il ne tarda pas à tambouriner avec force.
- Bouge-toi Princesse ! ajouta-t-il en supplément.
Comme tous les jours, aucune réponse ne fit écho à son appel. Son camarade de chambre ne lui avait pas adressé la parole, ni montré de signe d'attention depuis le jour où ils avaient été présentés, soit celui de l'installation de Léo au complexe souterrain. La raison de ce comportement n'était pas compliquée à deviner : l'avatar virtuel de Léo était plus puissant que le sien. De ce fait, le premier était accidentellement devenu testeur principal du casque de virtualisation, alors que cela aurait dû être l'inverse. Résultat des courses, à peine arrivé, le jeune homme était déjà snobé et détesté par le type qu'on lui avait attribué comme camarade de chambre, lequel s'appliquait visiblement à lui pourrir le quotidien du mieux possible. Occuper longuement la salle de bain lorsque Léo avait besoin d'y aller et ne pas laisser d'eau chaude était un exemple parmi d'autres.
Une vingtaine de minutes plus tard, la « Princesse » sortit de sa salle de bains, en prenant soin d'ignorer son colocataire, lequel par pur esprit provocateur, lui dit :
- Ça sent encore la rage et la jalousie. Trois plombes là-dedans, c'est pas encore assez pour t'enlever cette odeur.
Le destinataire ne releva pas la pique et quitta la chambre. Satisfait de sa réplique, le jeune Chevalier se dépêcha d'aller faire sa toilette. Elle fut très rapide, eau fraîche oblige, mais lui offrit assez de tonus pour entamer son après-midi avec entrain. Il se paya même le luxe d'un déjeuner avant de se diriger vers le bureau de Tyron, au quatrième sous-sol. C'était la procédure que Léo s'était engagé à appliquer si on ne l'appelait pas pour une mission-défense. En y repensant, l'enchaînement des derniers jours avait été très saccadé.
De base, il n'avait été contacté que pour une suspecte affaire de vol d'identité. Alors se voir offrir l'opportunité d'une prise en charge scolaire plutôt prestigieuse, et tout ce qui l'accompagne, en échange de séances de test du casque de virtualisation, était inattendu. Tyron lui avait avoué que son recrutement sur le vif avait été motivé par une volonté de rattraper le temps perdu sur ses recherches à cause de l'imposteur, par ajout d'un testeur secondaire de casque. Après quoi, les virtualisations d'essai avaient démarré. Immédiatement, la puissance de son avatar numérique fut constatée, lui offrant des plongées sur Tron à un rythme régulier, au détriment de son camarade de chambre, qui passait en conséquence toujours après lui. Ce n'est que quelques jours plus tôt qu'on le mit au courant des invasions virtuelles et qu'il mit la main à la pâte pour combattre les intrus – Tyron pensant qu'il s'agissait de saboteurs industriels. Malgré le rythme soutenu des tests et missions, Léo tirait une grande satisfaction de ses virtualisations. Là-bas, il se sentait différent. Ses capacités physiques restaient globalement les mêmes, si l'on exceptait les détails comme la non-nécessité de respirer. S'introduire spirituellement sur Tron l'emplissait d'une sensation incomparable. Celle-ci atteignait son plus haut niveau lorsqu'il faisait apparaître la Chauve-Souris – surnom qu'il avait donné à la matérialisation physique de son ombre. Rien ne pouvait plus l'arrêter ou lui barrer la route. Enfin ça restait un ressenti, son dernier combat ne s'étant objectivement pas très bien passé pour lui.
Léo mit en pause ses pensées lorsqu'il parvint au bureau de Tyron, qu'il trouva vide. Embêté à cause de son engagement à avoir une entrevue avec l'homme, il tenta sa chance dans la pièce d'où il se faisait virtualiser, située au même niveau. Même résultat. Ne lui restait qu'une dernière option avant d'opter pour l'abandon : la seconde salle de transfert. Il la connaissait par le biais du professeur Fontaine qui l'avait mentionnée lors de la visite des locaux. Bien sûr, il avait aussi précisé à Léo qu'il n'avait pas à s'y rendre, sur un ton beaucoup trop léger pour que le garçon le prenne pour une stricte interdiction. C'est ainsi que quelques instants plus tard, il frappa brièvement puis pénétra dans cette nouvelle pièce. Nouvelle restait un mot fort pour la désigner, puisqu'elle était la quasi-jumelle de celle qu'il connaissait. Elle possédait toutefois une différence notable : il y avait quelqu'un d'allongé sur la table de virtualisation, de constitution massive au premier coup d’œil.
- Léo, que fais-tu ici ? fit soudainement une voix légèrement surprise.
Le concerné tourna instantanément la tête à droite et vit Tyron, installé devant un des ordinateurs. Pour une fois, il ne portait ni sa blouse, ni ses étranges lunettes sur la tête, préférant son costume gris et le nœud papillon rouge seuls. Cette tenue a priori sérieuse vit sa crédibilité mise à mal par la manette de jeu vidéo qu'il avait en main. Son air mal-assuré n'arrangeait pas son cas, mais Léo ne s'en formalisa pas.
- Comme vous m'avez dit de venir vous voir dans les cas où il n'y avait pas d'alerte, je vous cherchais, s'expliqua-t-il.
- J'avais oublié. Le travail, des recherches…
Léo leva un sourcil. La manette dans les mains de Tyron laissait clairement entendre le contraire de cette déclaration.
- Passe dans l'autre salle de transfert s'il-te-plaît, poursuivit l'adulte. Je t'y rejoins.
Il devait vouloir terminer son niveau ou sa partie sans être jugé par le regard d'un adolescent. Ce dernier quitta donc la salle sans avoir pu détailler de plus près le corps allongé ou les activités du scientifique, lequel s'était appliqué à masquer son écran.


Dans la salle voisine, le jeune Chevalier attendit à peine deux minutes l'arrivée de Tyron. Il semblait avoir retrouvé sa contenance habituelle. Léo tenta de la mettre à mal par des questions :
- Qui c'était le gars sur la table ? Un autre testeur ?
- Pas vraiment. C'est un peu compliqué à expliquer.
- Je n'aurais pas dû voir ça et vous allez me faire disparaître pour ça ? fit le jeune homme dans une tentative d'humour, visant à contrebalancer le calme de son interlocuteur.
Tyron n'eut pas la moindre esquisse de sourire.
- Le cas de ce jeune homme est sérieux. Il n'y a pas si longtemps, il était encore en pleine forme et pouvait bouger librement. L'accident dont il a été victime l'a mis dans un état végétatif.
Léo songea alors qu'il aurait eu plus d'intérêt à ne pas parler pour le coup.
- La médecine traditionnelle n'offre aucun espoir d'amélioration de son cas. Pas ma technologie. Avec l'accord de ses parents, j'ai pu démarrer une expérience sur le long terme. Le but est d'extraire sa conscience pour pouvoir ensuite l'implanter dans un avatar programmé. L'ultime étape serait de matérialiser ce corps virtuel dans la réalité. Je t'ai passé beaucoup de détails, mais grossièrement, le principe est de transférer la conscience de quelqu'un, dont le corps est devenu un fardeau, dans un nouveau, programmé et matérialisé. Enfin, à l'heure actuelle, nous en sommes toujours au début, soit l'extraction de la conscience du sujet, qui présente des différences singulières avec celle que tu connais. Par ailleurs, les tests que l'on te fait mener nous permettent également d'avancer dans ces recherches-là.
Une explication pareille semblait assez folle, certains auraient ri au nez de Tyron. Ce n'était pas le cas de Léo. L'histoire collait trop avec les faits qu'il connaissait pour qu'ils aient été improvisés dans un mensonge aussi complet. Le garçon se sentit un peu bête d'avoir mal placé sa curiosité. Par voie de conséquence, il ne sut quoi dire, et commença à se tripoter les mains, par réflexe de gêne. La voix de Tyron se fit alors plus douce :
- Essaie de ne pas trop te préoccuper de ce que je viens de te dire, nous sommes sur l'affaire. Ta présence et ton implication sont déjà des aides précieuses. De même pour ton camarade.
Ces paroles de réconfort n'aidèrent pas le jeune homme à se sentir plus détendu. Il se força néanmoins à faire un léger sourire.
- Bien. Il n'y aura pas de virtualisation-test aujourd'hui, profites-en pour te reposer. Tron ne restera pas calme longtemps.
- D'accord. Merci.
Léo s'éclipsa sans traîner. Il fit remonter l'ascenseur au niveau le plus élevé pour prendre l'air. Il ne savait pas trop comment interpréter ce qu'il venait d'entendre. S'il ne mettait pas en doute la véracité des faits, il était moins sûr de la narration de Tyron. Le mal-être qu'il avait ressenti suite à celle-ci le troublait. Il n'était pas du genre à être aussi touché du sort d'autrui, aussi tragique soit-il. Quelque chose semblait clocher, mais il ne parvenait pas à deviner quoi. C'était en partie pour ça qu'il se sentait stupide.
« Arrête de te prendre la tête » , lui glissèrent ses pensées.
Peut-être l'appréhension d'enjeux plus élevés qu'il ne l'imaginait constituait son vrai problème. Avoir une confirmation concrète de sa contribution au bien commun l'avait seulement déstabilisé. Il n'avait pas à se triturer l'esprit sur un simple ressenti.


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Yumi ne voyait plus le bout de cette journée. Faire un huit à dix-huit bardé de cours et entrecoupé d'une pause-déjeuner virtuelle, ça faisait beaucoup. L'ultime attroupement express au portail réclamé par Jérémie pouvait potentiellement être l'élément de trop. Pourtant, elle s'y rendit sans mauvaise volonté, avec William, lorsque la dernière sonnerie du jour retentit. Heureusement, les secondes étaient déjà là à leur arrivée, enfin presque.
- Où est Odd ?
- Aucune idée, répondit Ulrich.
Jérémie ne se formalisa pas de cette absence et démarra. Yumi, quelque peu dans la masse, l'écouta distraitement. De toute manière, ce n'était qu'une mise en point définitive pour l'opération du lendemain, qui ne divergeait pas tellement de ce qui avait posé auparavant. L'action se ferait en deux groupes. Le premier serait déposé à une tour en Mégapod pour la surveiller et la défendre le temps de son utilisation ; l'autre se rendrait au centre du Cortex simuler un énième vol de données, une diversion donc, mais surtout retrouver l'avatar-prison de Chris et le dévirtualiser après signal. Bien entendu, exposé de cette manière, le plan présentait deux failles. D'abord, ils n'étaient pas assurés de retrouver leur camarade à l'endroit qu'ils pensaient, auquel cas le radar amélioré de Jérémie prendrait le relais. Ensuite, si même ce dernier n'arrivait à rien, signifiant une absence virtuelle de Chris, cela voudrait dire que la stratégie d'action serait à revoir. Ce serait un retour au point de départ, soit le vol d'informations. Néanmoins, Jérémie était plutôt confiant sur ce point, et ne voyait pas de raison valable pour que Tyron libère le prisonnier de son monde.
- Yumi, une question ? T'as l'air perplexe.
La concernée redescendit sur terre. Elle n'avait absolument rien écouté du discours de Jérémie. Craignant de perdre trop en crédibilité, elle improvisa :
- Désolé, je viens de me rendre compte que l'on était qu'à quelques jours des oraux pour les T.P.E. Ça m'a donné un coup de mou.
- D'ailleurs, il faudrait aussi qu'on réfléchisse à comment on va gérer ça avec la réplique de Chris, glissa soudainement Aelita. Je vais me pencher dessus et demander à ses binômes leur date de passage.
- Une chose à la fois, tempéra Jérémie. Réussir la mission de demain, c'est faire au moins la moitié du travail. Les détails viendront après.
Odd choisit ce moment pour arriver. Sa mine présentait un renfrognement explicite, ouvrant une nouvelle question lorsqu'il se joignit à son cercle d'amis :
- Tu vas bien ?
- Jérémie, ce serait possible que je sois en première ligne demain, genre au cœur de la baston ? Je suis plutôt motivé pour.
Même celui à qui la demande s'adressait leva les sourcils de surprise. Odd n'avait pas habitué le groupe à l'ignorance des questions sur sa personne, un de ses sujets favoris. Par contre, les requêtes gonflées étaient tout à fait son domaine, si ce n'était qu'elles étaient faites sur le ton de l'amusement, et non d'un sérieux désarroi. Le plus jeune mâle du groupe ne formula pas de réponse immédiate, qui se serait dans tous les cas faite prendre de vitesse par les réactions des autres face à l'initiative :
- C'est une mission sérieuse demain, pas une exploration de routine, rappela gentiment Aelita.
- Ta « motivation » ressemble au meilleur moyen de te faire latter rapidement, ajouta William sur le ton de l'ironie.
Yumi fut tentée d'y mettre son grain de sel, avant de se dire que ça ne ferait que rallonger la conversation. Dix minutes qu'ils échangeaient déjà, elle ne rêvait plus que de rentrer prendre un bain. Elle se garda ainsi de formuler toute remarque supplémentaire. Quant à Odd, devant ce double retour aux airs de mises en garde, il se mit à réfléchir. Avant même qu'il ne trouve de quoi défendre son cas, Jérémie reprit la parole :
- Allez, épargne-nous la tentative de chantage sur ta présence que je vois venir. C'est d'accord. T'as intérêt à suivre les instructions et à assurer !
Le visage du garçon à la coupe originale, toujours sombre de son renfrognement, se fendit d'un timide sourire reconnaissant.


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Mercredi 17 Avril 2013

De l'avis de Tyron, les casse-têtes portaient mal leur nom et méritaient d'être renommés catalyseurs de pensées. Il s'était vu offrir un petit assortiment de ces puzzles et les rentabilisait lorsqu'il avait besoin de réfléchir calmement, tout en permettant à ses mains de rester occupées par un travail. Bien sûr, à la longue et à force de les faire encore et encore, il finissait par en résoudre certains les yeux fermés, ce qui n'empêchait pas un blocage ou un trou de mémoire de se produire parfois. Or, c'était le cas en ce moment. Il était parvenu à assembler le tonneau miniature, en échange de l'omission d'ajout d'une des pièces du casse-tête, chose qui n'était bien entendu pas réglementaire. L'homme dut se résoudre à désassembler la petite structure. Ses pensées suivirent cet exemple.
Le déjeuner professionnel auquel il avait assisté il y a plus de deux heures l'avait particulièrement épuisé. Trop de discussions et trop de calme à son goût. C'était une case par laquelle il devait obligatoirement passer afin de pouvoir continuer d'étancher sa curiosité scientifique. À une autre époque, les méthodes étaient bien différentes… Tyron interrompit son flux de réflexion. Il détestait se mettre à remonter les vieux souvenirs, ça avait tendance à contrecarrer tout dynamisme des pensées. Il prit quelques secondes pour reprendre la reconstitution du casse-tête, l'esprit vide. Puis de nouvelles réflexions s'immiscèrent, prenant pour sujet les données volées les jours d'avant. Que pouvait-on faire du plan d'un complexe souterrain et de la répartition des personnels au sein de celui-ci ? L'assaut était la piste qui inquiétait le plus le scientifique. Après tout, il ne savait qu'une chose : l'autre partie employait également de jeunes personnes pour les actions virtuelles, comme lui. Il ignorait complètement qui commandait les opérations au loin, alors qu'à l'inverse, eux avaient déjà obtenus des renseignements le concernant. D'un autre côté, Tyron n'avait pas l'impression de faire face à une organisation si bien… organisée que ça. Même les événements virtuels ne permettaient pas de trancher ce simple argument. Il lui manquait des informations.
Pour la seconde fois, le catalyseur de pensées retrouva sa forme de tonneau, au prix d'un trou dans son assemblage. La pièce non-ajoutée n'était pas la même que précédemment. Un léger énervement monta chez le chercheur, qui changea d'avis au sujet de l'appellation des casse-têtes.
L'ordinateur posé sur la table émit un triple « bip-bip », son écran affichant quasi-simultanément un message d'alerte. Tyron ne le lut pas, c'était une énième infiltration sur Tron. Avec ce qu'il s'était passé dernièrement, il y avait de grandes chances qu'une nouvelle tentative de vol de données s'exécute. Délaissant le puzzle invaincu, le bougre quitta son bureau, et sortit son téléphone portable. Malgré un état a priori d'alerte, il n'oublia pas de se féliciter pour sa décision de sacrifier du temps de recherche sur un système de détection rapide des intrusions virtuelles, puis de l'avoir relié à tous les postes de travail du complexe dont il avait l'usage.
Deux appels plus tard, Lowel avait déjà atteint la salle de transfert libre. Les quelques instants qu'il avait à attendre ses assistants et le combattant virtuel furent employées à avancer les protocoles informatiques à venir. Comme à son habitude, le scientifique exécuta ces actions sans se départir de son sang-froid. Peut-être en avait-il trop. La dernière défaite du jeune Chevalier ne se devait pas au hasard, l'ennemi s'était préparé à l'affronter. Les chances que ce soit aussi le cas cette fois ne faisaient pas un doute. Prévoir des Gardiens serait plus sage finalement. Il n'eut pas le temps de réfléchir à la question, ceux qu'il attendait arrivant. Bernard et Fontaine procédèrent rapidement à l'installation du testeur-défenseur de Tron. Heureusement, il n'y avait pas besoin d'expliquer le but de la virtualisation du jour, Léo sachant parfaitement pourquoi on l'avait sollicité. Le transfert de son esprit sur Tron ne traîna pas.


Le chercheur tenta de suivre la suite des événements par le biais d'une ébauche de radar bidouillée entre deux projets. Enfin, plus concrètement, ce n'était pas nécessaire pour détecter et localiser la présence d'un objet ou d'un avatar dans son monde virtuel, mais cela nécessitait de grappiller un peu au clavier. Il n'y avait pas de réelle fonction dédiée de surveillance instantanée de Tron, la programmation de ce dernier ayant demandé d'aller à l'essentiel par rapport à leurs objectifs, qui ne comprenaient pas des escarmouches virtuelles. De plus, les multiples pare-feu apportaient un certain sentiment de confiance.
Toujours était-il que Tyron parvenait à localiser son protégé et tout objet non-identifié autour de lui sur un rayon de vingt mètres. Les envahisseurs ne tardèrent pas à se montrer sous forme de petits triangles sur l'écran. À nouveau, ils étaient venus à cinq, leur effectif virtuel le plus complet connu à ce jour. Léo s'était très professionnellement posté au milieu de la passerelle d'accès au noyau, position qui l'avantageait au maximum, à mi-chemin entre l'entrée et les intrus. Les hostilités ne tardèrent pas à commencer, en témoigne la diminution d'une des jauges sur la carte de l'avatar de Chevalier. C'était le révélateur de l'activation son unique pouvoir, puissant, mais extrêmement limité dans le temps par virtualisation : trois minutes au maximum, encore moins lorsqu'il utilisait pleinement ses capacités spéciales. Les défauts de cette incarnation virtuelle prédisposaient son propriétaire à un rôle de kamikaze défensif. Sa fonction n'était pas de repousser complètement les adversaires, mais de faire suffisamment de dommages dans leurs rangs pour qu'ils soient repoussés facilement par la vague défensive suivante.
Évidemment, le combat fut très bref. Sur le pseudo-radar, deux triangles ennemis s'évaporèrent en même temps qu'une partie de la jauge de Léo, avant que celui-ci ne les suive dans la disparition, vraisemblablement abattu à distance. À cinq contre un, la limite du jeune Chevalier se trouvait donc à deux avatars emmenés dans la dévirtualisation. Cela restait plutôt rentable. Sur ces considérations statistiques, Tyron se leva, non pas pour accueillir le retour de son poulain à la réalité, mais pour quitter la pièce. Il prit tout de même le temps d'annoncer à ses assistants :
- Je vais à côté. Restez dans le coin, je pourrais avoir besoin de vous. En attendant, appliquez la procédure habituelle.
Assuré que son message avait été compris, l'homme se rendit prestement dans la salle voisine, jumelle de celle qu'il venait de quitter. Il ignora le corps comateux du Sixième et s'installa devant l'ordinateur. Une fenêtre fut ouverte, couvrant une bonne partie de l'écran : un visuel sur le cœur lumineux de Tron. Quelques manœuvres de clavier supplémentaires firent apparaître dans un coin inoccupé du bureau le pseudo-radar, focalisé cette fois-ci sur le dernier avatar sur place. Après quoi, Lowel s'empara de la manette de jeu vidéo, qui n'avait pas bougé depuis la veille. Il allait pouvoir tester en condition virtuellement réelle la manœuvrabilité et l'efficacité de l'avatar du faux-Chevalier sous contrôle. C'était exactement pour ça qu'il avait passé un appel plus tôt : aucun Gardien ne se mêlerait de l'affrontement à venir.
Il somma à celui qu'il manipulait de se placer devant l'interface d'accès aux données. Peu après, deux garçons se présentèrent dans le champ de vision : l'un armé de deux sabres, l'autre en combinaison violette. Immédiatement, Tyron releva les problèmes. Léo n'avait vaincu que deux ennemis précédemment, alors où était passé le dernier ? L'affaire commençait à sentir mauvais.
- Bernard ! appela-t-il d'une voix forte.
Parallèlement, à l'écran, il fit s'envoler et stabiliser près de la paroi de la sphère l'ancien testeur, de manière à ce qu'il soit hors de portée du duo adverse. Ce dernier, bien que légèrement étonné, ne réagit pas outre-mesure. Heureusement pour Tyron, son appel fut capté et son collègue arriva, le bruit de ses pas le trahissant.
- Qu'est-ce que Léo a raconté sur sa virtualisation ? lui demanda-t-il sans attendre ni détourner les yeux de son écran. Est-ce qu'il a relevé quelque chose de bizarre ?
- Il n'est pas sûr de lui, mais les deux personnes qu'il a réussi à vaincre n'auraient pas disparu de manière conventionnelle, avec la dissémination en cartes blanches. Leurs enveloppes se seraient déformées dans l'air avant de disparaître. Néanmoins, il était trop concentré sur les trois autres pour véritablement en attester, de son propre aveu. Ce n'est pas impossible qu'il ait mal vu.
Encore un point louche. Ils commençaient à se cumuler, formant un gros doute dans l'esprit de Tyron, qui ne perdit pas le nord pour autant :
- Très bien. Est-ce que tu peux inspecter Tron et tenter de localiser le dernier intrus ? Je sais bien que plus c'est gros, mieux ça passe, mais là... Ça sent la diversion. Il faut qu'on essaie de reprendre la main en les anticipant.
Bernard ne répondit pas et s'installa immédiatement au second poste de travail disponible dans la pièce, à côté de son supérieur. C'est à ce moment-là que le visuel du Sixième se mit à vaciller. L'élément perturbateur fut tout de suite identifié par l'homme aux commandes : il ignorait comment, mais un des adversaires – celui en combinaison violette – s'était pendu au dos de l'avatar manipulé à distance, mettant à mal son équilibre aérien. Tyron tenta de le désarçonner en faisant tourner sur lui-même son personnage. La manœuvre fonctionna plus facilement que prévu, puisque le poids disparut soudainement. Sans s'interroger sur la raison de ce soudain allégement, le scientifique passa à l'offensive. En quelques pressions de boutons, il déclencha un vent violent à flux tournoyant couvrant toutes les zones avec plateformes du noyau, le but étant d'user de la force centrifuge pour projeter brusquement les intrus contre les parois et endommager fatalement leurs enveloppes virtuelles. La manœuvre eut un succès discutable : le duo s'accrochait, littéralement, grâce aux sabres et griffes des gants plantés sur la surface praticable à pied.
Utiliser la manipulation de l'air à plein régime en continu n'était pas possible, la jauge d'endurance sur l'écran de Tyron, s'écoulant assez vite, lui rappelait désagréablement. Le scientifique ne se laissa pas abattre pour autant. Les ennemis étaient en position fixe. Il passa ainsi l'avatar du faux Léo en pilotage automatique, qui consistait simplement à le bloquer sur la dernière action exécutée, soit continuer à éventer la salle sphérique tout en maintenant sa position de vol stationnaire. Après ciblage approximatif des positions de chacun, une nouvelle fenêtre fut ouverte, masquant de fait le visuel. Enfin, la commande d'envoi d'un morceau de mur en guise de projectile se fit, ciblant prioritairement le garçon blond aux déplacements suspects, hélas trop éloigné de son camarade pour pouvoir faire un carton. Le replacement automatique du visuel au premier plan, symbolisant une perturbation du pilotage automatique, déconfit Tyron. L'avatar manipulé à distance avait à nouveau un parasite accroché à son dos, toujours le même, lequel était pourtant encore signalé en position d'immobilisation l'instant d'avant. Il n'y avait pas trente-six explications au phénomène.
- De la téléportation... marmonna l'homme aux commandes.
Il ne perdit pas pied pour autant. L'endurance du pouvoir des airs n'était pas suffisante pour maintenir deux corps en suspension et tenter de s'en délester d'un. Ce pourquoi, avec les dernières forces restantes, il provoqua une brutale poussée sur son pantin en direction de la plateforme la plus proche. Lui et le garçon qui s'accrochait à lui s'écrasèrent au sol, se séparant au passage. Profitant de l'occasion, Tyron fit se relever son bras armé virtuel et s'éloigner de son adversaire, apparemment plus affecté par le choc, pour rejoindre le palier supérieur voisin. Il allait falloir gagner du temps pour que le pouvoir principal de l'avatar de l'ex-testeur se régénère au maximum. Avoir le radar au coin de l’œil permis au scientifique de ne pas être surpris par le rapide assaut en traître du larron orangé restant. Mieux encore : l'attaquant avait fait l'erreur de ne dégainer qu'un seul sabre, ce qui permit au Chevalier imposteur de lui asséner une habile prise préprogrammée. Suite à une esquive d'un pas sur le côté, il attrapa le bras tenant l'arme et projeta son propriétaire un peu plus loin, mais surtout plus bas. Il perdit néanmoins des points de vie dans l'affaire dû à l'effleurement du tranchant de la lame sur le corps numérique du Sixième.
« La synchronisation entre manette et avatar n'est pas encore optimale, releva mentalement Tyron. Les réflexes du contrôleur ne sont pas tout à fait en adéquation avec la réponse du manipulé. »
Parallèlement à cette observation, il profita de la neutralisation très momentanée de ses jeunes opposants pour continuer à mettre de la distance avec eux.
- Tyron, je l'ai localisé, prévint soudainement Bernard.
- Alors ?
- Le dernier intrus s'est rendu dans une tour. Plus précisément, il y a rejoint deux complices, qui ont les signatures virtuelles de ceux que Léo avait prétendument abattu – des leurres j'imagine. Le plus préoccupant reste que l'accès à la tour en question est coupé. Ils nous en ont volé le contrôle. Inutile de préciser que je n'arrive pas à la récupérer manuellement.
Comme à son habitude, le collaborateur de Tyron n'avait pas fait son boulot à moitié, même si pour le coup ce qu'il annonçait n'était guère encourageant. Pour en rajouter une couche, le duo dans le noyau revint à la charge. La situation exigeait une réflexion rapide. En premier lieu, il fallait évacuer toute source de distraction. Une commande de manette arma l'avatar-esclave de son glaive, puis une double pression sur le même bouton lui fit distribuer un coup simple et vif à chaque adversaire, leur forçant à parer avec leur lame ou bouclier. La fraction de seconde gagnée par ces simples mouvements permit d'embrayer sur une ultime impulsion sur le même bouton, qui déclencha le dernier mouvement du combo offensif préprogrammé. L'arme du pseudo-Léo s'allongea en lance, qui lui permit de balayer circulairement l'espace autour de lui. La pointe ne toucha aucun ennemi, ce qui n'était pas le but de l'attaque, contrairement à la hampe qui faucha leurs jambes et provoqua un nouveau tête-à-tête avec le sol. Tyron tira profit de la situation et d'une partie de pouvoir récupéré pour faire atteindre rapidement le téléporteur d'accès à son bras armé. L'entrée du noyau étant restée ouverte, il n'eut qu'à s'envoler pour sortir. Le second lieu pouvait démarrer, c'est-à-dire réfléchir à la situation du moment.
Pour cela, il fit atterrir sa marionnette sur une des structures hautes composant l'anneau de Tron, pour étudier calmement ses options. Envoyer ses Gardiens pour répondre au vol de contrôle de tour était la réaction la plus naturelle qu'il pouvait avoir. Néanmoins, cela prendrait trop de temps à tous les niveaux, d'autant plus que Tyron avait démobilisé ceux de garde pour mener son expérience virtuelle avec le Sixième. Appeler en urgence le camarade de Léo pour qu'il s'occupe de l'affaire n'était pas très réaliste au vu du peu d'expérience de celui-ci, sans compter le facteur du temps – qu'il perdait à réfléchir par ailleurs. Ne rien faire n'était pas envisageable non plus. En réalité, le scientifique n'avait que son avatar manipulé à disposition. Malgré des résultats satisfaisants à deux contre un, le bilan global n'était pas exceptionnel. Alors aller au contact de trois adversaires frais pour tenter de reprendre manuellement le contrôle de la tour était irréalisable, du moins en totalité.
L'homme derrière l'écran devait l'admettre : il courrait à la défaite, quoi qu'il fasse. Pour reprendre la main, il lui faudrait, outre les forces armées virtuelles, comprendre ce que projetaient de faire les envahisseurs avec la tour activée. Il s'adressa à son assistant, qui n'était pas resté inactif pendant ce temps :
- Tu as du nouveau ?
- Pas vraiment. Il nous faudrait une quantité d'énergie bien supérieure à ce que l'on a pour reprendre le contrôle de la tour. Pour le moment, je cherche des options exploitables.
- Aurais-tu une idée de ce qu'ils comptent faire de la tour ?
Silence de Bernard. Il n'était pas plus avancé que lui. Tyron relança son cerveau, pour une série de questions simples. Sur quoi pouvait-on agir en activant une tour ? Sur le monde virtuel dans lequel cette dernière s'ancrait, mais plus particulièrement sur le monde réel. Bien entendu, l'ennemi disposait aussi de son propre monde virtuel, alors pourquoi prendre la peine de faire le déplacement ? Quel avantage leur conférait l'activation d'une tour chez lui ? Un détail lui revint soudainement en mémoire : les données volées en début de semaine. Elles concernaient son complexe souterrain. Peut-être que l'objectif était d'agir directement dans sa base, que les moyens adverses ne permettaient pas de faire.
- Bernard, j'aimerais que tu inspectes et vérifies toutes nos installations. S'il y a quelque chose de louche, préviens-moi.
Le concerné s'exécuta sans poser de questions. C'était un début, mais les chercheurs n'en étaient pas pour autant plus avancés. Pour ne pas rester inactif, Lowel entreprit d'inspecter Tron, histoire d'explorer toutes les pistes. Cette fois-ci, il n'eut même pas le temps d'ouvrir la moindre fenêtre que son visuel lui permit de détecter du mouvement : un objet volant et violet s'approchait.


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- Odd, je me permets de te rappeler que la Téléportation n'est pas la seule nouveauté de ton avatar. Attaquer ton adversaire n'est pas une option.
- C'est bon, j'ai compris Einstein !
L'adolescent à la coiffure en pointe n'avait clairement pas assuré précédemment. Grisé par son pouvoir et mû par une volonté de faire durer le combat un peu plus qu'il ne le devrait, il en avait oublié d'attaquer sérieusement l'avatar de Chris. Heureusement que celui-ci, en sortant du noyau, s'était contenté d'aller se poser sur un relief sans foncer sur la tour comme l'imaginait Jérémie, dont la mauvaise tension s'était sentie de l'autre côté du micro. Ce n'était qu'à cause de cet immobilisme de la cible que l'opérateur avait accepté d'envoyer son Overboard à Odd, lui laissant une chance de rattraper le coup. Ulrich le suivait depuis le sol, en Supersprint. Économie d'énergie oblige, l'envoi d'un seul et unique véhicule avait était concédé. Ainsi, la planche sous les pieds, le félin mauve fonça sur Chris. Celui-ci le repéra et réagit en conséquence en prenant son envol. Loin de chercher la confrontation, l'avatar à la cape s'échappa.
- Il cherche à vous balader, souffla la voix lointaine de Jérémie. Probablement en attendant l'arrivée de renforts. Vous devez vous grouiller de le dévirtualiser avant que des Ninjas ne débarquent.
Odd fut tenté de formuler une répartie sarcastique, avant de renoncer en se souvenant de sa performance antérieure. Au lieu de quoi, il fixa celui qu'il devait avoir, volant quelques dizaines de mètres plus loin en ligne droite, visiblement sans objectif particulier. Le problème qui se posait était que leurs vitesses de déplacement étaient sensiblement proches, ce qui n'amenait aucune altération de la distance les séparant, qui était par ailleurs trop grande pour espérer la combler par Téléportation. Il fallait trouver le moyen d'intercepter White à distance.
Odd se plaça alors à une hauteur supérieure à celui qu'il traquait, puis se concentra une seconde. Un écran miniature circulaire, sur lequel s'affichait en transparence un plus inscrit dans plusieurs cercles concentriques, se matérialisa devant son œil directeur, le droit. Dérivé du gadget improvisé par Jérémie pour trouver la faille du mur de Bloks, Laura avait programmé une lunette d'aide au tir. L'appareil avait entre autres la fonction d'indiquer automatiquement si un tir était possible sur une cible identifiée comme ennemie. Cela se manifestait par l'apparition d'un petit curseur vert sur l'écran, qui était un point de visée suggéré par l'engin en fonction des conditions. Suite à l'indication, Odd fit disparaître de ses poignets les dispositifs noirs qui lui permettaient de tirer plusieurs coups à la fois, les fléchettes de barrage comme les nommait Laura, non-adaptées dans le cadre d'un tir à plus grande distance. Le Lyokô-guerrier aligna son poing droit avec sa lunette. Un nouveau curseur, rouge et quelque peu tremblotant, fit alors son apparition sur cette dernière, indiquant le point qu'allait atteindre le tir d'Odd, c'est-à-dire à côté de Chris. Immédiatement, il réajusta sa main et enchaîna sur son tir. Son gant relâcha un projectile évoquant une large encoche de flèche, identique à ceux qu'il utilisait à ses débuts virtuels, mais avec une portée et une puissance bien supérieure. Son bras accusa d'ailleurs le recul, mal préparé au léger choc. Il en fut de même pour Chris, qui touché à la nuque relâcha son pouvoir un instant et commença à perdre de l'altitude. Profitant de l'occasion, Odd décocha deux nouvelles flèches laser, perforantes dixit Laura, qui firent également mouche, dans le dos cette fois. L'avatar blanc arrêta d'avancer et entama une descente en piqué. Le sniper ignorait si c'était intentionnel ou non, mais il ne manqua pas de le suivre de près, son déficit de distance ayant enfin été rattrapé.
Ne pouvant se stabiliser correctement pour tirer dans sa position de descente, le fraîchement promu tireur d'élite dut attendre que Chris redresse sa position un peu avant de s'écraser au sol pour repartir aussi sec dans un vol en rase-mottes au milieu des structures constituant l'anneau du monde virtuel. Le but de la manœuvre devait probablement être de déstabiliser Odd, mais c'était mal le connaître. Il maîtrisait ce type d'acrobaties virtuelles depuis suffisamment longtemps pour que le Superman immaculé ne parvienne à creuser l'écart. Néanmoins, ses divers changements de direction au travers des allées formées aléatoirement sur Cortex suffisaient à empêcher Odd de réussir le moindre tir. Ce fut sans compter la présence d'Ulrich au sol. Un ultime virage plaça l'avatar sous contrôle face au samouraï, qui courait à toute allure pour le rejoindre. Pris en tenaille, le traqué n'eut d'autre choix que d'exécuter une remontée en chandelle d'urgence, qui manqua de se faire couper court, littéralement. Deux Ulrich, placés sur des points beaucoup plus en hauteur, avaient profité de la manœuvre du jeune homme au visage brûlé pour lui bondir dessus par Supersprint et tenter de le trancher au cours de son mouvement. White tendit les mains vers les deux attaquants pour les détourner subtilement de leurs trajectoires, grâce à son fameux pouvoir. Malheureusement, cela impliqua de ralentir fortement et brusquement sa vitesse de vol, profitant à Odd qui put revenir à sa hauteur pour l'arroser généreusement de fléchettes de barrage. Celles-ci ne furent pas repoussées par du vent, comme souvent, mais par le glaive, dans des mouvements de bras du propriétaire qui n'avaient rien à envier à ceux des Ninjas. En outre, la parade força le jeune homme à s'immobiliser dans les airs.
Au moment où le félin sniper s'apprêtait à changer d'angle d'attaque, le corps de Chris fut soudainement parcouru de ce qui s'apparentait à de l'électricité, laquelle ressortait par endroits. Sans même que la moindre question sur ce phénomène n'ait le temps de se soulever, l'avatar blanc perdit tout appui aérien et commença à se rapprocher dangereusement du sol. Odd comprit tout de suite ce qu'il allait se passer et annonça d'une voix forte :
- Jérémie ! Prépare-toi, il va s'éclater par terre tout seul !
Conformément à cette annonce, l'enveloppe du prisonnier virtuel s'entrechoqua avec le terrain dans un bruit sourd, pour ensuite s'émietter en toute sobriété.


http://i.imgur.com/7tNqoHf.png


Générer un spectre, le faire se déplacer jusqu'au corps de la cible et l'introduire dans celle-ci furent autant de manœuvres que Jérémie exécuta aisément. Pendant que ledit spectre se confondait avec Chris, l'informaticien se sentit ironiquement dans la peau de Xana. L'impression s'effaça lorsque ses écrans lui indiquèrent que la pixellisation s'était effectuée sans accroc. Ne perdant pas de temps, il ouvrit une fenêtre permettant l'exploitation optimale des yeux qu'il avait dans le complexe de Tyron. Peu satisfait de ne voir qu'un banal plafond, il ordonna à celui qu'il manipulait de se redresser en position assise. Comme imaginé, Jérémie obtint une vue privilégiée de la pièce de virtualisation, pour remarquer aussitôt la présence de deux hommes devant des ordinateurs. Fort de ses réflexes, le lycéen fit enlever et jeter à terre son casque à Chris. Le geste ne manqua pas d'attirer l'attention des autres humains de la pièce, que Belpois identifia comme étant Tyron et un de ses assistants, lesquels exprimèrent un air interdit. Pour faire bonne mesure, Jérémie demanda à sa marionnette de les mettre hors-circuit par le biais de légères décharges électriques. Les adultes furent électrisés nets sur leurs chaises avant de comprendre quoi que ce soit.
Ces premières étapes franchies, une brève inspection du corps possédé était de mise. Une perfusion était plantée dans l'avant-bras droit, complexe à retirer au vu du plâtre toujours en place sur le membre symétrique. Un temps non-négligeable fut nécessaire pour la retirer. Loin d'être au bout de ses surprises, Jérémie laissa passer un moment de flottement lorsqu'il constata la présence d'une sonde urinaire. Se reprenant, il employa la méthode la plus logique pour l'enlever : la main dans le caleçon. Après avoir effectué ce travail plus délicat qu'il ne l'imaginait, l'opérateur constata qu'il avait déjà perdu de précieuses minutes, alors que la phase d'évacuation n'était même pas entamée. Il dut enclencher la vitesse supérieure et faire se lever Chris. Avant de définitivement se mettre en marche, le garçon derrière l'écran fit un balayage minutieux de l'espace, et nota la présence d'une paire de chaussures, qu'il relia immédiatement aux pieds nus de White. Peu désireux d'endommager encore plus le corps qu'il manipulait à distance, Jérémie perdit encore quelques instants à faire enfiler l'élément d'habillement, lacets compris – rater la mission à cause d'une chute sur ceux-ci aurait été des plus stupides. Le bon attachement des baskets fut ensuite testé avec plusieurs coups de semelle sur le casque de virtualisation jeté plus tôt. Satisfait de son œuvre à la vue des restes de l'appareil, Belpois put enfin commencer pour de bon l'exfiltration.
Grâce à l'étude des données volées sur le complexe et ce qu'il en savait déjà, il programma un itinéraire précis et efficace au jérémifié, qui eut la chance de ne croiser et d'estourbir qu'une personne supplémentaire sur son chemin. Atteindre le fameux ascenseur menant au parking souterrain s'avéra plus simple que prévu, retrouver l'air libre tout autant. La sécurité de la base n'était de toute évidence pas focalisée sur les éléments sortants, mais plutôt entrants. Plus serein que depuis le début de l'après-midi, Jérémie demanda à celui qui lui obéissait de rallier l'usine rapidement. Bien entendu, à l'échelle d'un corps pixelisé, l'allure dépassait largement les simples compétences du corps parasité. Néanmoins, le cerveau de l'opération espérait que la jambe gauche de Chris supporterait cette course à vitesse extrême, celle-ci n'étant pas dans un état d'utilisation optimal, à l'instar du bras homologue. Il serait fixé sur la question sous peu.
Une fois l'exfiltré parvenu à destination, Jérémie le fit descendre en salle des scanners. Plus précisément, il le plaça dans un des caissons, qu'il referma derrière lui. Puis, il désactiva la tour qu'il avait activée sur Cortex, libérant sa proie du spectre qui l'enserrait. Enfin, le corps de Chris fut soumis à un scanner complet, histoire de vérifier l'état de celui-ci. Pendant que la machine faisait son œuvre, le jeune homme blond annonça au micro :
- Les gars ? Mission accomplie. Vous pouvez rentrer.


http://i.imgur.com/7tNqoHf.png


En franchissant le portail du collège-lycée Kadic, Marc Desjardins était bien décidé à mettre au clair les choses avec son neveu. En somme, concrétiser son dernier avertissement. Ne plus avoir aucun contact à distance avec lui depuis leur rendez-vous annulé, le forçant à passer par le proviseur pour avoir de banales nouvelles, renseignant sur une nouvelle perte de portable, étaient autant et trop de détails étranges pour l'homme. Différer son retour de voyage professionnel de deux jours lui paraissait la réaction la plus adaptée. Quelque chose ne tournait pas rond, chez Chris ou bien ailleurs. Son rôle de tuteur le poussait à découvrir ce qu'il en était.
Avant d'entreprendre ce pourquoi il était venu, il se conforma aux usages en allant saluer le proviseur et ainsi signaler sa visite. L'étape ne s'étira pas en longueur, mais lui permit en passant de se renseigner sur la localisation de son neveu, grâce à un surveillant croisé en chemin. Il put alors se rendre à l'internat, à l'étage des garçons, pour se poster devant la porte de la chambre de Chris. S'étant suffisamment préparé psychologiquement à ce face-à-face auparavant, il frappa sans préavis pour la forme et entra avant même d'avoir entendu une réponse. L'occupant de la pièce était assis bien droit au bord de son lit, fixant le mur opposé à l'entrée. Il ne semblait pas avoir remarqué l'intrusion de l'adulte dans son espace.
- Bonjour, annonça ce dernier.
Aussitôt, la tête de l'adolescent se tourna vers lui et le dévisagea. Marc nota qu'il avait toujours cette même expression neutre caractéristique, ce qui pouvait se traduire comme un signe de normalité. C'était un début.
- Salut, lui répondit le jeune homme – un peu en retard pour le coup.
Enfin remarqué, le tuteur ferma la porte de la chambre, afin que la discussion à venir soit un peu plus privée. Il ignorait combien de temps prendrait celle-ci, mais il préférait rester debout pour nouer le dialogue. Toujours fixé par le lycéen, il décida de prendre la parole :
- Comment vont tes blessures ? Ta jambe et ton bras se remettent bien ?
La classique question sur l'état de la personne. Imparable pour introduire une conversation, bien que pouvant se révéler limitée dans certains cas. Tout échange sérieux avec Chris commençait de cette manière, avant de glisser sur le ou les sujets qui intéressaient celui qui avait lancé l'échange. Marc était de ce fait confiant, l'échange de banalités ne durerait pas, son neveu savait comment ils fonctionnaient.
- Plutôt pas mal. Je ne boite quasiment plus et ils vont bientôt me retirer le plâtre du bras.
- C'est bien. Niveau cours, ça donne quoi ?
Par chance, la question initiale n'avait pas été renvoyée à l'adulte, ce qui l'arrangeait dans son entreprise d'interrogatoire.
- Ça se passe aussi, même si ce n'est clairement pas fait pour mon niveau de mémoire.
Celui qui posait les questions fut interpellé par cette dernière réponse. Que voulait-il dire par là ? Qu'il était trop au-dessus du lot pour les cours dispensés à Kadic ou, plus logique, que la section d'étude lui posait difficulté ? Quand même, il ne fallait pas exagérer, cela restait le lycée. Le caractère ambigu de la déclaration suffit néanmoins à troubler Marc, qui creusa la piste scolaire :
- Monsieur Delmas m'a dit que les T.P.E arrivaient sous peu. Vous êtes prêts à présenter votre travail à l'oral ?
Chris parut décontenancé par la question, non pas par son expression, mais ses gestes. Il cessa de regarder son oncle pour rediriger son regard contre le mur. Après quelques instants de fixation, il tourna à nouveau la tête vers son interlocuteur.
- Je ne sais pas. Il faudra que je demande à Laura de me renseigner.
Le tuteur se garda de tout mouvement facial pouvant trahir sa perplexité. Quand bien même la majorité des lycéens avait cette traditionnelle tendance à boucler le travail au dernier moment, la nonchalance avec laquelle sa situation avait été décrite ne ressemblait pas à Chris. De plus, le temps de latence précédant l'annonce n'était pas sans ajouter une touche d'étrangeté à l'ensemble. Mais surtout, la mention du prénom d'un camarade signifiait… qu'il se reposait sur quelqu'un. Marc était certain, même si le léger manque de proximité jouait en sa défaveur, que son neveu, par sa nature solitaire, se débrouillait toujours lui-même des choses à sa portée. Sans dire qu'il était d'une indépendance extrême, il avait au moins le mérite de ne pas être quelqu'un d'excessivement assisté, du moins l'adulte l'espérait. Dans tous les cas, cette réponse alimenta un feu de soupçons chez ce dernier, qui décida de dévier du modus operandi habituel : il se déplaça jusqu'au bureau et en retira la chaise, qu'il plaça juste devant Chris. Puis, il s'y installa. De cette façon, ses yeux étaient au même niveau que ceux de l'adolescent, imperturbable face à ce spectacle.
L'homme plongea ses pupilles dans celles du jeune et lui demanda :
- Écoute, j'ai parfaitement remarqué qu'il se passait quelque chose de pas net autour de toi. Perdre deux téléphones portables dans des écarts de temps proches et t'endommager le corps sous un prétexte bidon d'escalade, pour moi il est clair que ça ne colle pas avec toi. Alors j'aimerais que tu m'expliques ce qu'il t'arrive. En tant que tuteur légal, je dois savoir ce que tu as pour aviser de la manière de t'aider. Tu as des ennuis personnels ? Avec d'autres personnes ? De drogue ?
Marc laissa le temps à ses paroles d'imprégner leur destinataire, qui adopta à nouveau un regard fixe avant de se défiger.
- Je ne comprends pas ce que tu veux dire.
Chris n'avait pas détourné le regard en parlant. Pire encore, au-delà de la nonchalance, sa voix était teintée d'une forme d'innocence, dans laquelle l'expression d'une vérité se ressentait. Le poseur de questions en était hébété, ne sachant que dire et penser. Les yeux ne mentaient pas. Son adage favori avait réussi à le faire se bloquer tout seul.
C'est alors qu'un détail le frappa. Dans son jeu de visions croisées, il était tellement absorbé par le fond de la situation qu'il n'avait pas prêté attention à la forme. Pourtant, c'est ce qui lui permit de faire dans sa tête une synthèse rapide et instinctive des éléments en sa possession.
- Mon neveu n'a pas les yeux bruns, déclara-t-il. Qui êtes-vous ?


À suivre : Dépistage


Dernière édition par Zéphyr le Jeu 01 Sep 2016 20:00; édité 4 fois
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Ikorih MessagePosté le: Jeu 05 Mai 2016 19:21   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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https://www.pokebip.com/pages/animation/galeries/geek/dp42.jpg
Image correspondant au chapitre


Le premier adjectif qui me viendrait à l'esprit pour désigner ce chapitre est "drôle". C'est le principal ressenti que me laissent la plupart des scènes, particulièrement chez Tyron (la manette de jeu, la scène du casse-tête, le "ah mince vous allez me faire disparaître alors? Razz"...). En soi c'est bien, mais du coup le camp de Tyron fait un peu moins impressionnant, surtout si on combine ça avec l'epic fail de Tyron aux commandes de Chris qui n'a pas vu arriver le changement de mode de l'avatar (d'où le crash). J'imagine que c'est le contraste avec les moments où Tyron tente de buter Chris ou mène des expériences dangereuses sur les mômes (a).
L'explication qu'il sert à Léo est pas mal trouvée soit dit en passant.
Globalement, je trouve quand même que le retour vers les LG au détriment du camp des ninjas est dommage. Perso je préférais les ninjas xD L'ambiance était tout à fait différente de ce qu'on avait dans la série, et on a déjà dit souvent que ça envoyait du pâté. Du coup je trouve ça moins cool qu'on s'éloigne de ça pour revenir à un truc plus standard...
Et bordel où sont Puck et Sally? D8
(Dans ce dernier bout de sérieux, j'ajouterai que le teasing de début de chapitre sur les avatars virtuels était extrêmement fourbe, surtout que pour Yumi on en a même pas vu la couleur dans ce chapitre là DCool

J'attends de voir comment ils vont gérer la grillade de la réplique (a)

Sinon, j'ai relevé une incohérence majeure : l'emploi du mot "capillaire" par Odd. Il est trop con pour connaître cet adjectif!
Et puis tant qu'on y est...un colocataire qui prend des douches trop longues et pique toute l'eau chaude? On a tous très bien compris de qui tu parlais! Le fait que, comme par hasard, il ait un avatar moins puissant que celui de Léo...ne fait que conforter la théorie comme quoi tu règles tes comptes dans ta fic. (a)

Le meilleur pour la fin :
Citation:
Jérémie, qui devait probablement être derrière Laura

Et après on se demande pourquoi Aelita est en colère!

Oui ce com' faisait approximativement ma taille
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Icer MessagePosté le: Mer 11 Mai 2016 12:37   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2098
Localisation: Territoire banquise
Bon chapitre. Mr. Green

Nan plus sérieusement je reviens d'abord sur un truc :

Citation:
Dans mon cas, je me suis éloigné d'entrée de jeu de la série en commençant le texte et à présent je m'en rapproche un peu plus. J'ignore si ceci est vraiment perceptible à la lecture, mais l'idée me plaisait sur le papier.


Dit comme ça, cela en jette et j'approuve !
Comme on le dit plus haut, c'est vrai que dans ce chapitre Tyron passe un peu pour un guignol mais en même temps, cela devait arriver. En soi, ses lignes défensives n'ont rien de très impressionnant pour des Lyoko-guerriers habitués à la lutte depuis plusieurs années contre le fils de pute X.A.N.A. Une fois bien informés, contrairement au début de CLE, il était normal que la fessée finisse par arriver. Ainsi, le corps de Chris a été récupéré, mais un peu trop tard : La chute à la fin avec le coup des yeux est habile. Cela promet de bons clashs. Après rien n'empêche une ré-volt contre l'oncle qui est juste casse couilles. Avec les moyens offerts par le Supercalculateur, il peut être facile de régler la question, en translatant un drone par exemple (a)
Cependant, le titre du prochain chapitre sous-entend assez largement que l'on en a pas fini avec Tyron. Après s'être fait baiser tout au long de cet épisode, un dépistage s’imposait assez logiquement...

4 mois c'est vrai que c'est long mais si c'est pour une qualité pareille à chaque chapitre... Courage pour la suite !

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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