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[Fiction] Les Chroniques des Anges Gardiens

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 Auteur Message
Shadowfox MessagePosté le: Dim 26 Mai 2013 20:02   Sujet du message: [Fiction] Les Chroniques des Anges Gardiens Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 19 Avr 2007
Messages: 654
"Les Chroniques des Anges Gardiens" est une fiction scénarisée par moi-même et écrite par une amie : Myeko Klovinski. Cette fiction raconte l'histoire de Roy Reilly, un métarite renard vivant dans un monde qui ne l'intéresse pas et qu'il ne comprend pas. Au fil des chapitres, Roy explorera son monde et finira par en découvrir les origines et le fonctionnement. Mais acceptera t-il cet état de fait ?

Organisée en 5 livres eux-même divisés en plusieurs parties, "Les Chroniques des Anges Gardiens" ont la particularité de mélanger un scénario de style Comics avec une écriture correspondant au style fantastique. Ce mélange des genres permet non seulement de toucher un plus large public mais permet également de traiter de thématiques actuelles avec un regard tout autre que celui employé de manière générale. Actuellement, le scénario des deux premiers livres est terminé et l'écriture de la troisième partie du premier livre est en cours.

Ajoutons à ceci que beaucoup de références à des évènements ainsi que des personnages d'autres licences sont insérées à travers l'histoire. Tantôt utilisées dans un but comique, tantôt pour apporter un nouveau développement, une autre manière de voir le personnage original, je cherche personnellement à faire de ces références un petit jeu avec le lecteur que vous êtes libre de suivre ou non. Pour finir, afin de compléter la lecture, je m'efforce à certains moments de trouver des musiques permettant de former une playlist complète pour favoriser l'immersion dans le moment décrit. Encore une fois, vous êtes libre d'écouter ou non ces musiques lors de votre lecture. Ces musiques sont également des références pouvant parfois aider à la compréhension pour ceux qui connaissent l'évènement en question.

Je ne peux désormais que vous souhaiter une bonne lecture !

[Attention, la version que vous avez sous les yeux est une vieille version. Étant actuellement à l'étranger, je n'ai pas accès à nos fichier originaux. Je vous pris donc de nous excuser si certaines fautes grossières sont restées malgré nos relectures de l'époque.]


Edit Kerian : Le rouge, comme le cyan sont des couleurs réservées au staff, si tu avais lu le règlement, tu ne l'aurait pas remise après que je l'ai enlevé la première fois. Merci de faire un peu plus attention.

Edit Shadowfox : J'ai lu le règlement, mais j'admet avoir oublié ce détail. Merci de m'avoir prévenu.

Les Chroniques des Anges Gardiens

Livre 1 : L'avènement de l'invocateur des émotions.
Partie 1 : Enfance ?

Chapitre 1


Il faisait encore nuit noir lorsque le radioréveil se mit en marche, hurlant le dernier tube à la mode. Une main à la fourrure orangée émergea de sous le monticule de couverture et d'un geste précis baissa le volume. Il n'allait pas réveiller toute la maison. Puis ce fut une tête au museau allongé qui s'extirpa d'entre les plis du tissu. Une mèche blanche en bataille entre deux oreilles pointues, des yeux orangés encore emplis de sommeil, Roy s'étira et se sortit de son lit. C'était bien la première fois que la radio réveillait le jeune renard. D'ordinaire, il se levait bien avant. Il réprima un bâillement et parcourut rapidement sa chambre du regard. Relativement bien rangée pour celle d'un garçon, en dehors du bureau couvert de papiers et d'une montagne de livres. On voyait à peine l'ordinateur portable éteint qui trônait au milieu de la paperasse. C'était justement à ces papiers qu'il devait cette grasse matinée. Il avait passé une bonne partie de la nuit sur des calculs. Pas pour ses cours à la fac. Ceux là, il les expédiait assez vite en général. Il s'approcha de la table, rangea un peu les feuilles tout en jetant un coup d'œil dessus. Il était pourtant certain de toucher au but. Le tout atterrit rapidement dans son sac. Il aurait un peu de temps pour s'y pencher aujourd'hui. L'ordinateur alla rejoindre le reste de ses affaires dans le sac noir. Il visa rapidement que la batterie était déchargée. Décidément celle-ci n'avait pas tenue longtemps il lui faudrait passer en prendre une autre dans le labo avant de partir.

La chanson se terminait, le présentateur annonçait les nouvelles. Roy étouffa un bâillement et s'enferma dans la salle d'eau, écoutant d'une oreille distraite les informations.

« Encore une manifestation à Xehri. Les partisans du Wazydrisme veulent établir un temple en centre ville. Comme toujours ça a fini en émeutes que les forces de l'ordre ont rapidement maitrisées. Moi je dis retournez chez vous !! Politique, le ministre des affaires étrangère est en visite à Savyragle. Il tente d'apaiser les tensions suite à l'affaire du trafic d'armes dans la zone de neutralité. Il a pour le moment obtenu l'envoi de troupes pour sécuriser le périmètre. Energie : les champs de la Silvecop viennent d'essuyer de lourdes pertes à cause de la neige. Des centaines d'hectares de plants ont été décimés par le gel. Les économistes prévoient une crise pour les jours à venir si le temps ne s'améliore pas. Météo justement : bonne nouvelle, le temps va se calmer. On devrait avoir un beau ciel sans nuage cet après-midi. Depuis trois jours qu'il neige, il était temps ! Et on reprend avec le dernier Feather Dreams ! »

Une nouvelle chanson sortit des haut-parleurs. Roy n'écoutait que d'une oreille, seule la météo le concernait. Il avait beau habiter près de la frontière, les conflits entre son pays et son voisin ne l'intéressaient pas. Par contre la perte des plants de la Silvecop l'intéressait un peu plus. Pas qu'il ait une âme d'économiste mais les recherches de son père portaient justement sur une nouvelle méthode de synthèse et de rétention de l'énergie. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer toutes les implications qu'aurait la réussite de son projet sur la vie courante de millions d'habitants. Ils ne seraient plus esclaves d'une source d'énergie aléatoire. Avec le sentiment de faire de grandes choses, il acheva de se vêtir avec un sweet à capuche noir, assez chaud. Il coiffa sa mèche blanche en arrière comme toujours, enfila ensuite ses chaussures et prit son sac avant d'éteindre la radio et de descendre à la cuisine. Les écouteurs de son MP4 dans les oreilles, il avala rapidement son petit-déjeuner et se hâta d'aller à la fac. Il n'était pas vraiment loin, pas besoin de véhicule autre que son vélo, mais avec cette neige, impossible. Le goupil n'avait pas d'autres choix que d'y aller à pied. Il rabattit sa capuche sur ses oreilles et remonta le col de son blouson. Il neigeait encore. Roy espérait vraiment que cela allait cesser, il avait déjà raté plusieurs cours à cause du mauvais temps et les partiels débutaient dans deux jours. Pas qu'il fût vraiment inquiet, il avait largement le niveau mais il redoutait un retard des examens.

Tout en écoutant sa musique, il cheminait tranquillement, saluait les voisins. Il avait grandi ici et connaissait presque tout le monde. Pourtant il n'avait pas vraiment d'amis. Des connaissances, des camarades de fac mais son caractère renfermé n'attirait pas vraiment les foules et encore moins les filles. Cela ne le préoccupait pas. Toutes ses pensées étaient tournées vers son père. Un chercheur de renom qui avait plaqué sa chair pour entreprendre ses propres recherches, seul. Il délaissait sa famille, passait son temps à travailler, enfermé dans son atelier. Roy était un élève brillant, major de sa promotion à tous ses examens et pourtant jamais son père n'avait prêté la moindre attention à lui. Le jeune renard avait tenté de s'intéresser à son travail, espérant ainsi se rapprocher de lui mais son paternel refusait obstinément de l'écouter ou de lui accorder le peu de crédit que son fils lui demandait. Bien sûr, il leur arrivait de faire des sorties ensembles, mais celles-ci, trop rares et trop amères, ne suffisaient pas à dissiper le sentiment de manque du métarite. Les seuls bons souvenirs qu'il a de son père, remontent à une époque bien trop ancienne à son goût. Le dernier espoir de Roy était donc de parvenir à créer en lien avec son géniteur par le biais de son travail. Mais malgré ses efforts, il n'était pas pris au sérieux. Pourtant, il savait qu'il touchait au but. Perdu dans ses réflexions, il se rendit à peine compte qu'il avait déjà atteint l'université. Un grand bâtiment relativement moderne de béton et de verre. Un large parvis en asphalte était constamment bondé. Et aujourd'hui encore, malgré le froid et la neige, c'était la même chose. Les élèves se bousculaient pour entrer au chaud tout en évitant les recruteurs de divers mouvements étudiants. Il y avait de tout et de rien. Du club d'échec au soutien scolaire en passant par les communautés étudiantes. Roy ne s'intéressait à aucune d'entre elles, il avait bien d'autres occupations. D'ordinaire il les évitait habilement. Pourtant aujourd'hui, happé par la masse d'élèves, il ne put passer outre la main qui le tira vivement en arrière manquant de le faire glisser sur les marches gelées. Le jeune hybride roux se retourna brusquement prêt à discuter de cette façon peu cavalière de le retenir mais il se retrouva avec un prospectus mauve sous le nez.

« Rejoint nous pour la prière. Nous discutons ensemble de théologie tous les jeudis soir. »

Roy fut sur le moment figé. Son regard orange passa du papier au fennec qui le brandissait fièrement. Un large sourire se peignait sur son visage. Il agita le papier devant le renard.

« Alors tu viendras ? »
« Ca ne m'intéresse pas ! » répondit simplement le renard qui allait reprendre son chemin.

Pourtant le recruteur ne semblait pas l'entendre de cette oreille. Il resserra sa main sur le poignet de Roy.

« Voyons tu es un renard ! Tu es baptisé ? On organise gratuitement des baptêmes. Il faut enrayer la progression des païens. »
« Ca ne m'intéresse pas ! » répéta l'étudiant en détachant bien ses mots.

D'un mouvement sec il se dégagea et entra dans le bâtiment sans prêter garde aux hurlements dans son dos.

« Ils nous envahissent si on n'y prend garde ils sèmeront la terreur chez nous. Si tu n'es pas avec nous tu es avec eux !! »

Roy sentit une boule de neige lui frôler l'oreille, il ne se retourna pas sachant pertinemment qu'il était inutile de discuter avec ces fanatiques. Il pénétra dans le bâtiment bientôt noyé dans la foule.

Ces histoires de religion lui passaient bien au dessus de la tête. Roy n'était pas croyant tout comme ses parents. Pourtant il ne pouvait ignorer les conflits que cela générerait. Sa mère prédisait une guerre dans les prochaines années si aucun des deux gouvernements n'apaisait les tensions. Roy n'y croyait pas vraiment, cela faisait des siècles que les Nekartistes et les Wazydristes ne pouvaient se supporter. Leurs idéologies, leurs théories différaient beaucoup trop. Chaque gouvernement clamait haut et fort que sa croyance était la bonne, celle de l'origine, la meilleure. A force militaire égale, cela avait créé une sorte d'équilibre. Et les athées dans tout cela ? Ils étaient constamment pris à partie par l'une ou l'autre ethnie qui cherchait à les rallier à leur cause. Roy essayait autant que possible de ne pas se mêler de ce genre de choses. C'était source de conflits. Laissant le fennec recruteur vociférer ses insultes sur le Wazydrisme, il grimpa deux étages pour se rendre dans son amphithéâtre. Comme bien souvent, il était dans les premiers. L'élève trouva donc une place assise à l'extrême droite, espacé de trois rangs par rapport au bureau du professeur. Il sortit son ordinateur portable de son sac, l'ouvrit et attendit patiemment le début du cours. C'était si calme ici, si apaisant. Roy aimait se retrouver ainsi seul, mais cela ne dura pas très longtemps. Deux de ses camarades s'assirent à côté de lui, dont l'une en pleurs. Il les regarda avec curiosité. Ce n'était pas vraiment des amies mais depuis le début du semestre, ils travaillaient ensembles en TP. Il ne les connaissait pas plus que d'autres, mais il peinait à reconnaître Cassandre. La jeune lapine d'ordinaire toujours joyeuse et optimiste ne semblait plus pouvoir s'arrêter de pleurer dans l'épaule de son amie. La louve lui tapotait doucement le dos pour la réconforter. Roy croisa son regard, il sut que cela était bien plus important qu'un simple chagrin d'amour. Peu à peu l'amphi se remplissait, personne ne fit attention à elles. Le cours commença et les sanglots de la lapine agacèrent rapidement les autres étudiants. Aussi elle sortit en prétextant prendre l'air un instant. La louve la regarda partir, attristée.

« Son jeune cousin vient de choper le Virus. Il n'a que deux ans. Y'a deux mois à peine ils le baptisaient. » Expliqua-t-elle sans que Roy ne lui demande quoi que ce soit.

Il connaissait à peine Cassandre et encore moins sa famille mais il compatissait au drame que vivait la jeune étudiante. Cette maladie encore mal connue faisait des ravages. Mortelle dans tous les cas. Il hocha la tête lorsque la louve lui demanda de prendre le cours pour elles. Puis elle rejoignit son amie. Roy la regarda partir puis se replongea dans les propos du professeur.

La journée, somme toute ordinaire, se passa sans autres incidents. Roy ne revit ni Cassandre ni la louve et supposa qu'elles étaient rentrées. Cela valait mieux. Il avait quant à lui photocopié ses notes et s'était accordé deux heures pour travailler à son projet. Ou plutôt celui de son père. Avide de lui prouver qu'il était capable, qu'il était digne d'un intérêt que son géniteur ne lui montrait pas, Roy était fermement décidé à l'aider dans ses recherches. Avec ou sans son accord. Il se mit à plancher sur une formule. Oubliant l'heure, il fut littéralement mis à la porte par la bibliothécaire. L'hybride à la mèche blanche rentra donc chez lui, avec une nouvelle version du composé chimique que son père tentait de découvrir. Il espérait pouvoir la lui proposer. Peut-être celui-ci commencerait enfin à l'écouter, et prendrait un peu de son temps pour lui consacrer une minute d'attention. Une attention qui lui manquait cruellement.

Le chemin du retour fut plus long que prévu. Il neigeait encore et de nuit on ne discernait pratiquement plus le chemin.

« Le jour où la météo ne se trompera plus… » Soupira le renard une fois rentré au chaud.

Nouvelle déception pourtant. Il n'y avait personne, ni à la maison, ni dans le grand hangar qui servait de laboratoire. Roy ne s'en étonna pas vraiment, cela faisait deux jours que sa mère réclamait qu'on l'emmène faire des courses. Visiblement son père avait fini par céder à la pression. Après une longue hésitation, Roy alla dans l'antre du scientifique. C'était l'occasion idéale pour lui prouver ses talents. Sa main se posa sur la poignée, objet qu'il tourna lentement jusqu'à entendre un clic familier, qui le hantait. Ce son signifiait pour lui, la fin d'une trop courte époque, durant laquelle son géniteur avait décidé de se consacrer à lui. Un temps qui bien que trop ancien, était toujours gravé dans sa mémoire. Mais l'onde sonore créée par le mécanisme d'ouverture de la porte, était et resterait probablement le centre de ses cauchemars. Avant même d'appuyer sur l'interrupteur, il sentait l'atmosphère chimique qui flottait dans la pièce. Le bruit omniprésent des ventilateurs à l'intérieur de chaque appareil, et les petites lumières de différentes couleurs qui témoignaient de la présence dans cette pièce, d'un matériel scientifique que peu de gens pouvaient se vanter d'avoir. Le jeune homme prit une grande inspiration avant d'appuyer sur le bouton, qui révéla tout le contenu de la pièce au grand jour. Il y avait tellement de matériel informatique ou analogique, de produits stables ou non, que les mains de ce futur scientifique le démangeaient. Manipuler était un de ses grands plaisirs. Mais il devait dans un premier temps vérifier sa formule.

L'étudiant posa son sac à l'entrée du laboratoire. Il en sortit son ordinateur et mit un peu de musique. Il aimait bosser au rythme de ses groupes préférés contrairement à son père qui préconisait le silence. Voulant tester sa formule avant l'arrivée de son paternel, il se mit au travail. Il entra les données dans l'ordinateur et vérifia ses théories plusieurs fois, puis il effectua les câblages avec le caisson d'expérience. Ce dernier était en fait une salle hermétiquement fermée, possédant une seule porte commandée par l'ordinateur. Roy attendit que l'automate se mette en place. Il était prêt et commença à synthétiser la solution. Un dosage précis d'une centaine d'éléments chimiques variés. C'était le principal problème de la théorie de son père. Le dosage était si complexe que tester toutes les formules était impossible en une vie d'expérience. Roy avait procédé par élimination et même s'il doutait que cette première tentative soit la bonne, il voulait quand même la tenter. De toute façon, le résultat même négatif lui permettrait d'affiner sa formule. Tout était prêt, il ne restait qu'à réinitialiser le programme et lancer la procédure automatique. Roy poussa un long soupir et regarda l'installation comme si il jugeait une œuvre artistique. Tout lui semblait correct.

Le jeune hybride programma l'ordinateur et alla chercher un fusti pour le placer dans le caisson. La plante était magnifique, de larges feuilles rouges ciselées qui cachaient de petits boutons mauves prêts à éclore. D'ordinaire ces plantes donnaient les meilleurs résultats. C'étaient d'ailleurs elles que la Silvecop utilisait pour les productions de masse d'énergie. Malheureusement, c'étaient des plantes fragiles et la quantité d'énergie qu'elles fournissaient restait très aléatoire, comme toutes les autres plantes. Depuis des années, les grandes industries et les gouvernements cherchaient à optimiser la synthèse d'énergie à partir des plantes et surtout à stabiliser les accumulateurs. Malheureusement rien n'y faisait. Une plante pouvait donner une batterie d'une autonomie de plusieurs jours comme de moins d'une minute. Tous se concentraient sur une sélection des meilleurs plants, tentant de les reproduire entre eux. Tous sauf son père. Lui aussi était concerné par ce grand problème, mais contre l'avis de ses paires, il avait radicalement changé de tactique. Il cherchait un autre moyen d'extraire l'énergie et surtout, il cherchait à l'identifier correctement pour la stabiliser. Mais il fallait bien l'avouer c'était un travail de longue haleine et depuis déjà quinze ans qu'il s'y consacrait, il n'avait pratiquement pas avancé, délaissant de plus en plus sa famille. Le jeune renard regrettait qu'il ait passé plus de temps dans son labo avec ses plantes qu'à jouer dans le jardin avec lui. Roy s'ébroua, il n'était pas là pour ressasser le passé. Avec précaution, il porta le plant de fusti dans le caisson. Ce fut à ce moment que le sort décida de s'en mêler.
Dehors, il neigeait toujours à gros flocons. Le poids de cette nouvelle couche de glace fit céder la branche du chêne situé dans le jardin. Elle s'abattit sur le toit du laboratoire, emportant dans sa chute les câbles d'alimentation dans un vacarme infernal. Il en résulta une coupure de courant qui plongea Roy dans le noir le plus complet.

« Et merde ! » Pesta-t-il après s'être figé.

Il devait revenir à l'ordinateur. Le générateur de secours allait bientôt prendre le relais et relancer la procédure. Il n'avait pas encore placé son plant. En se précipitant, il tenta de parvenir jusqu'au caisson ne se guidant qu'au son de la musique que son portable, imperturbable, diffusait toujours. Roy avançait à tâtons, et se cogna durement dans une table, renversant par accident les flacons qui reposaient dessus. Le renard jura contre le sort qui semblait s'acharner. Un nouveau craquement se fit entendre. La branche glissa sur le toit en pente emportant une partie du câblage et des tuyaux présents à l'extérieur de l'édifice dans son sillage. Roy eut un mouvement brusque de recul, surpris par la coupure de courant et le bruit sourd résultant de la chute des matériaux détériorés. Se prenant les pieds dans les câblages, il sentit son pied d'appui glisser au sol comme si toute friction entre sa semelle et le dallage avait disparue, le poussant ainsi à s'effondrer de tout son long. Sa tête heurta violement le fond de la cuve à expérimentation. Sonné, l'adolescent sombra dans l'inconscience, perdant d'abord la vision, avant de laisser le bruit de la neige qui tombait autour de lui s'éteindre lentement. Le groupe électrogène reprit le relais quelques secondes plus tard. La lumière se fit soudaine dans le laboratoire, montrant un beau capharnaüm mais finalement peu de dégâts. L'ordinateur toujours branché se remit en marche en relançant automatiquement la procédure. Alors que la composition s'affichait sur l'écran, l'expérience programmée suivait son court imperturbable. La porte de la cabine d'expérimentation se referma lentement mais sûrement, poussant la jambe de Roy à l'intérieur. L'enfermant dans ce cocon hermétique. Prisonnier.
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Shadowfox MessagePosté le: Jeu 30 Mai 2013 19:30   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


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Les Chroniques des Anges gardiens
Livre 1 : L'avènement de l'invocateur des émotions
Partie 1 : Enfance ?
Chapitre 2
Musique conseillée : - Réveil de Roy -


Chapitre 2

Je m'appelle Roy Reilly, j'ai dix-neuf ans et je suis un garçon ordinaire. Mais ce soir-là tout a changé. Un soir d'hiver où j'ai voulu aider mon père, lui prouver que j'étais digne de lui. Pourtant rien ne s'est passé comme prévu. Cet accident allait avoir de terribles conséquences sur mon existence et sur bien des choses.


Roy se réveilla péniblement. Il avait horriblement mal à la tête. Il ne sentait rien autour de lui en dehors des courbatures et de l'écho qui résonnait dans son crâne.

Inquiétude.


Peu à peu ses autres sens revenaient. Il avait toutes les peines du monde à simplement soulever ses paupières. La vive lumière du plafonnier l'agressa, il dut cligner des yeux pour s'y habituer. Bien que ce fût encore flou, il reconnut sa chambre. Il était allongé dans son lit. Maintenant, il sentait aussi l'épaisse couverture qui le recouvrait.

« Enfin tu te réveilles !! Comment te sens-tu? »

Une voix féminine, une voix très inquiète. Sa mère. Le jeune renard tourna la tête vers le côté. Il découvrit le visage d'une renarde au pelage légèrement plus clair que le sien mais aux yeux d'un bleu azur. Quoiqu'ils étaient rougis d'avoir tant pleurés. Que s'était-il passé ? Ses souvenirs se faisaient fuyants. Sa journée à l'université, le laboratoire de son père... Mais après ? Peu importait pour le moment, l'étau dans son crâne se resserra lorsqu'il tenta de se souvenir, aussi il préféra arrêter et rassurer sa mère qui en avait terriblement besoin. Sa bouche était pâteuse mais il parvint à articuler quelques mots.

« Ca va... Je crois... »

Comme pour lui prouver qu'il se sentait mieux, Roy leva la main droite pour la porter à son front, il sentit un bandage lui enserrant le crâne.

L'accident! Il s'était évanoui dans le laboratoire, maintenant tout lui revenait. Ses pensées se faisaient plus claires, de même que sa vision qui se focalisa sur le renard qui se tenait derrière sa mère. Il lui ressemblait : même couleur flamboyante dans le regard, même mèche blanche bien que celle de son père tirait plus sur le gris. Roy croisa son regard. Il y vit beaucoup d'inquiétude, de l'anxiété qui semblaient s'estomper, mais aussi beaucoup de colère.

« On t'as trouvé évanoui dans le laboratoire. Que faisais-tu là-bas ? »

L'étudiant ne répondit pas immédiatement, il se redressa d'abord dans son lit pour s'asseoir. Les courbatures disparaissaient, mais son ventre commençait à se faire douloureux et son crâne bourdonnait toujours. Un sentiment de malaise l'envahissait peu à peu sans qu'il puisse le contrôler.

Colère !


La renarde toussota, elle se leva de sa chaise en essuyant précipitamment une larme naissante puis se dirigea vers la porte.

« Je vais te préparer quelque chose à manger ! Vous avez à discuter tous les deux. »

Sitôt qu'elle fut partie, Roy baissa les oreilles. Il regarda son père prendre place sur la chaise tandis qu'un lourd silence s'installait entre eux.

« Que s'est-il passé ? » finit par demander le vieux scientifique.

Comment lui avouer ? Roy sentait bien que son père était en colère et même si au fond de lui il savait que cette colère n'était pas dirigée contre sa personne, il se voyait comme un petit enfant qui venait de commettre une bêtise. Ses parents l'avaient toujours éduqué pour être honnête. Aussi il raconta tout à son père qui l'écouta sans l'interrompre. Même lorsqu'il eut fini, son paternel ne prononça aucun mot. Roy aurait largement préféré se faire sermonner. Le silence de son père était pire que tout. L'atmosphère lourde qui s'installa fut rompue par une longue plainte de son estomac. Le jeune métarite porta la main sur son ventre qui se tordait de douleur.

« Ca fait deux jours que tu dors. D'après le médecin tu as une sérieuse commotion. Ta mère va te monter un repas. »

Le vieux chercheur, sur ces paroles, se leva et s'apprêta à quitter à son tour la chambre. Roy voulut le retenir, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Même lorsqu'il faisait les pires absurdités son père ne lui montrait pas le moindre intérêt. Il aurait dû l'engueuler, lui reprocher son imprudence, son comportement irresponsable... En fait Roy le savait déjà. Lui dire n'aurait rien changé. Son père était en colère, mais pas après son fils. Il s'en voulait à lui-même, lui qui avait oublié de fermer ce laboratoire. Il en voulait à ses expériences qui lui prenaient sa vie, sa famille, et qui avait failli lui prendre son fils unique.

L'étudiant resta un long moment sans bouger, la tête dans les mains. Il attendait que le lancinement dans son crâne s'estompe. Lorsque cela devint une migraine plus supportable, il se leva, passa rapidement des vêtements et descendit à la cuisine. Il leur avait causé une inquiétude telle, que le remord commença peu à peu à l'envahir.

Il rejoignit sa mère dans la cuisine et y prit une rapide collation qui calma ses crampes d'estomac. La renarde ne cessait de parler, elle lui racontait tout ce qu'il avait raté durant ces deux jours. Il la sentait bien moins angoissée de savoir son enfant hors de danger maintenant, et son euphorie le gagna rapidement.

Soulagement !


Roy finit par mettre un terme au long monologue de sa mère en lui demandant où était son père. Sa mine s'assombrit soudain, sans un mot elle désigna la fenêtre. Elle donnait sur l'atelier. Le jeune métarite poussa un long soupir et se leva. Il aida rapidement sa mère à débarrasser puis alla dans le laboratoire.

Rien n'avait bougé. Du moins ce fut ce qu'il en déduit. Il y régnait un véritable capharnaüm. Des fioles renversées, des câbles arrachés. Son portable n'avait pas bougé mais éteint, la batterie depuis bien longtemps épuisée. Il découvrait l'ampleur du désastre : Il faudrait sûrement une bonne semaine pour tout remettre en état. Son père était installé dos à lui, devant l'ordinateur. Roy vit l'écran briller mais impossible de voir ce qu'il y avait dessus, les larges épaules de son géniteur lui cachant la vue.

« J'aurais dû t'attendre, je suis désolé ! S'excusa l'étudiant en baissant la tête.
- Tu n'as rien, c'est l'essentiel. »

Honte !


Rien d'autre, toujours aucune remarque, aucun sermon. Ils restèrent ainsi en silence longtemps. Le jeune homme observa les alentours, ne sachant pas quoi dire pour relancer le dialogue. Ses yeux ne lui permirent qu'une chose : voir les douloureuses conséquences de son inconscience. Cette vue ne l'enthousiasmait guère, c'est pourquoi il laissa son champ de vision s'éteindre progressivement. Un bruit lui parvint alors. Peu audible, le renard avait besoin de se concentrer dessus pour pouvoir avoir la chance de l'entendre. Ce son semblait être issu d'un grattement et mêlé à de petits cris. Le silence régnant dans la salle, lui permit d'en retrouver plus facilement l'origine. Faisant quelques pas vers la source de ce signal, il finit par soulever une caisse de produits renversés, et un cahier rempli de formules chimiques, pour s'apercevoir qu'une souris avait été piégée depuis deux jours sous ces affaires tombées lors de l'accident. Délicatement, il souleva la masse qui l'empêchait de se mouvoir. Ces deux jours de captivité semblaient l'avoir assoiffée. Ainsi, Roy put l'observer alors qu'elle tentait de retrouver un point d'eau. Elle passa d'abord à côté d'une flaque de produits chimiques dont les conteneurs furent brisés lors de l'accident du jeune métarite. Mais son flair suffit à la dissuader de boire. Continuant ses recherches, elle finit par trouver un second écoulement de liquide, qui sembla lui convenir une fois les tests préliminaires réalisés. Etonné, le renard se dirigea vers cette flaque et la respira à son tour, découvrant qu'il s'agissait bien d'eau, mais non distillée comme on en trouve dans tous les laboratoires y compris celui de son père. Cette anomalie l'intriguait, alors que le petit rongeur étanchait sa soif. Son géniteur n'ayant toujours pas énoncé une parole, Roy finit par sortir de l'atelier pour retourner dans la maison. Son père revint bien plus tard dans la soirée, bien après qu'il se soit couché.

Sa mère insista pour qu'il garde la chambre encore deux jours, mais dès qu'il put enfin reprendre le chemin de la fac, Roy se sentit revivre. L'ambiance dans la maison était très tendue. Beaucoup trop pour lui. D'autant plus qu'il avait loupé ses partiels avec cet accident. Fort heureusement il avait obtenu grâce à son professeur, une dérogation. Il repassait tout d'ici une semaine. Et il avait encore beaucoup de cours à rattraper. Ce fut pour cela que, ce soir là, il resta tard à la bibliothèque. Il faisait nuit lorsqu'il prit le chemin du retour. La couverture neigeuse était encore épaisse, bien que le temps fut plus clément. Voulant rentrer plus vite, il décida de couper par le parc de l'université. Un grand parc boisé qui, l'été, accueillait des centaines d'étudiants faisant l'école buissonnière. En hiver, il était désert. Roy mit ses écouteurs et rabattit sa capuche sur ses oreilles, il faisait encore froid. Le parc n'était pas éclairé mais cela ne le dérangeait pas, il aimait l'obscurité. C'était une compagne appréciable : silencieuse, discrète. De plus avec ses vêtements souvent sombres, il passait presque inaperçu et cela lui convenait parfaitement. Cette attitude lui avait valu un surnom au collège et si aucun de ses camarades ne l'avaient suivi à l'université, ce sobriquet lui était resté. Il l'appréciait et l'utilisait parfois. Il marchait depuis un bon moment déjà et allait quitter l'enceinte de la fac. Se croyant seul, il murmurait les paroles de la chanson. Pourtant… Une main lui agrippa l'épaule et le fit se retourner brusquement. Il reconnut avec surprise le fennec qui quelques jours plus tôt avait failli le faire tomber sur les marches de l'établissement. Il n'était pas seul, trois autres métarites l'accompagnaient. Ils portaient du matériel, des banderoles, des tracts fraîchement imprimés. Un frisson lui parcourut l'échine. Il se sentait tout à coup oppressé sans raison apparente. Tentant de se calmer, Roy respira profondément.

« Tu es venu pour la réunion ? Viens c'est par là on allait commencer ! » s'exclama le canidé en entraînant Roy vers une petite baraque non loin de l'entrée. Le renard se dégagea brutalement.

« Je ne suis pas intéressé laissez moi tranquille ! «

Son ton était bien plus abrupt et sec qu'il ne l'aurait fallu. Son angoisse transpirait au travers de ses paroles. Une angoisse qu'il ne comprenait pas. Le fennec le regarda un moment en plissant les yeux, cherchant où il avait déjà vu ce visage. Puis se souvenant soudain il s'écria :

« Le type de l'autre jour !! T'es un Wazydriste c'est ça ? »

Haine !


Son intonation n'avait rien d'une question. Il en était persuadé et Roy comprit immédiatement qu'il serait inutile de tenter de l'en dissuader. Une haine palpable commençait à émerger du groupe de fanatiques de même que des murmures d'insultes. Une haine raciste gagnait l'ensemble des métarites. Le jeune étudiant se savait incapable de se battre contre autant d'adversaires à la fois. Il tourna aussitôt les talons et se mit à courir. Malheureusement, prenant cette fuite comme un aveu, les Nekartistes le prirent en chasse. Roy se retrouva rapidement encerclé et l'un des plus grands, un ours à l'air patibulaire, le plaqua immédiatement au sol. Le renard se retrouva à plat ventre dans la neige, une vive douleur lui traversa le bras droit qu'il avait mis en avant pour se retenir. Il n'eut guère le temps de se préoccuper de la douleur que le premier coup fusa. Son bras gauche se leva par réflexe pour le parer, pas question qu'il se laisse faire ! Le jeune renard se releva et repoussa le fennec qui le chargeait en criant. Etait-ce dû à la chute ou à l'adrénaline ? Il avait mal partout comme si de l'acide coulait dans ses veines. L'un des agresseurs le tira en arrière par le col, ce qui déchira son sweet. Roy le repoussa de toutes ses forces sur un cri de rage. Le métarite fit un vol plané avant d'atteindre le muret de la clôture et de s'effondrer, sonné. Tous s'arrêtèrent une fraction de seconde, figés par la stupeur. Autant les fanatiques que l'étudiant surpris de sa propre puissance. Il ne se savait pas une telle force. De plus il avait cru voir un mince filet vert. Comme une volute de gaz. Son imagination lui jouait des tours ? Les agresseurs se reprirent plus vite que lui. L'ours le ceintura par derrière, lui maintenant les bras pour l'empêcher de se défendre tandis que leur chef lui assénait un coup de poing dans le ventre qui lui coupa le souffle. Plié en deux par la douleur, ses jambes le lâchèrent. Il ne s'effondra pas sur le sol uniquement parce que l'ours le retenait toujours. Celui-ci passa son avant-bras autour de la gorge du renard pour le redresser tandis que le fennec le frappait de nouveau. Ce second coup faillit lui faire perdre connaissance. Des larmes de douleur s'échappèrent d'entre ses paupières closes. En plus des coups et des insultes, le poison de la haine lui brûlait les veines. C'en était trop.

« Assez... »

Ce n'était qu'un murmure, le son passait à peine dans ses cordes vocales comprimées, mais c'était un cri du cœur.

Désespoir !


Tout s'arrêta soudainement. Les coups, la pression sur son cou, la force qui le maintenait debout. Roy s'effondra à quatre pattes dans la neige, toussant pour reprendre son souffle. Ses douleurs s'estompaient. Lentement, il releva les yeux cherchant à comprendre ce soudain revirement de situation. Il avait cru à l'intervention d'un sauveur providentiel mais l'horreur qui s'imposa à son regard le détrompa rapidement. Tous les partisans du culte du renard gisaient à terre, immobiles à jamais. Déjà la neige se teintait de rouge sous les corps. Un véritable carnage.

Roy se releva en tremblant, une main plaquée sur son ventre, l'autre sur sa bouche pour réprimer la nausée qui l'envahissait. Mais cette dernière ne fut pas suffisante pour la stopper. Dégoûté par cette vision, il ne put s'empêcher de relâcher les produits de ses entrailles, genoux et mains, posés sur le sol gelé. Une perle de sueur s'écoula de son front, puis entama une chute libre, jusqu'à cette mixture infâme, relâchée sur une des dalles qui pavait le parc. Tachant de se reprendre, il se releva et put constater que l'image qui s'offrit à lui, tout à l'heure, était on ne peut plus réelle. Chacun des corps était bardé de trous comme si une rafale de balles les avait fauchés. En titubant, le renard s'approcha du fennec. Du moins, ce qu'il en restait. Son visage était lacéré, des impacts couvraient tout son torse. Son cou, sa tête, tenait au tronc que par un lambeau de chair. Une vision de cauchemar auquel s'ajoutait un silence de mort. Pourtant un faible râle attira son attention. Oubliant ses douleurs, Roy se précipita vers le seul survivant, ou plutôt, le seul encore en sursis. Il n'avait pas besoin d'être médecin pour savoir que le jeune chien aux oreilles pendantes était condamné. Une large coupure sanguinolente lui barrait le torse, laissant apercevoir ses muscles palpitants, ses côtes fracturées. Ses membres pressentaient les mêmes traces de coups que les autres. Dans ses yeux, il n'y avait plus de haine, plus de dégoût, juste une peur indescriptible. Cette frayeur qui précède la mort certaine.

Terreur !


« Je vais t'aider, » tenta de l'encourager Roy d'une voix rauque.

Lorsqu'il s'approcha de lui le chien eut un mouvement de recul que son état ne permettait pas. Un flot de sang s'échappa brusquement de son corps. Il tremblait, son souffle saccadé se faisait de plus en plus faible. Pourtant il trouva encore la force d'articuler un dernier mot avant d'expirer.

« Mon... Monstre !! »

Roy le compris, cette dernière confidence lui était destinée. Il était responsable de ce massacre. Comment ? Il ne le comprenait pas, mais au fond de lui il en était certain. Il venait d'assassiner ces étudiants. Pris d'une soudaine panique le jeune renard partit en courant vers son seul refuge : sa famille.
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Shadowfox MessagePosté le: Jeu 13 Juin 2013 17:56   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


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Les Chroniques des Anges gardiens
Livre 1 : L'avènement de l'invocateur des émotions
Partie 1 : Enfance ?


Chapitre 3



Je pensais m'être bien remis de l'accident dans le laboratoire, pourtant c'est loin d'être le cas. Que s'est il passé? Je n'en sais rien mais une chose est sûre ils sont morts. Tous ! Et j'en suis responsable. Je les ai tué je ne sais pas comment mais j'en suis persuadé. Comment peut-on vivre avec autant de victimes sur la conscience? Qu'ai je fais ? Que suis je devenu ? Un monstre ?

Il ignorait la douleur, il ignorait les cris fictifs dans son esprit qui résonnaient, ces visions d'horreur qui le hantait. Il courait à en perdre haleine comme si mettre le plus de distance possible entre lui et le lieu du massacre pouvait tout arranger. Roy arriva chez lui paniqué, aussitôt il se précipita dans sa chambre et s'y enferma. Sa mère le vit passer en coup de vent sans dire bonjour. Ce n'était pas dans ses habitudes, redoutant une rechute elle monta à sa suite.

« Roy ça va ? Tu es malade ? »

Aucune réponse ne lui parvint, à peine entendit elle quelques sanglots étouffés derrière la porte. Son inquiétude monta d'un cran, elle tenta d'ouvrir la porte mais l'étudiant s'était assis contre le battant, empêchant quiconque de l'ouvrir.

« Ouvre moi, dis moi ce qu'il ne va pas ! »

Anxiété, doute.


Le jeune garçon se prit la tête à deux mains, ses migraines revenaient en force. Comme un marteau qui tambourinait son crâne à chacune des paroles de sa mère. Comme il ne répondait toujours pas la renarde alla chercher son époux toujours enfermé dans son laboratoire. Dans la chambre, Roy luttait contre le remord et sa conscience qui le torturaient. Qu'avait il fait ? Il avait l'impression d'être dans un cauchemar et cherchait à se réveiller. Alors que le silence revenait dans la chambre, son esprit se faisait plus clair, la migraine s'estompait doucement. Il pouvait de nouveau réfléchir. Ce n'était pas un cauchemar, mais bien la réalité. Comment ce drame avait il pu arriver ? Doucement le jeune garçon tenta de réorganiser ses pensées. Il essayait de se remémorer la scène tout en faisant abstraction de l'horreur. Mais ce genre d'exercice était plus facile à dire qu'à faire. Soudain, sans prévenir, la migraine revint plus forte que jamais. Elle martelait sa tête au rythme des pas dans l'escalier. Roy laissa échapper un gémissement en se recroquevillant sur lui même. Ses parents revenaient, il devait leur dire. Il ne pouvait cacher un tel secret. Lentement il se leva et ouvrit la porte pour trouver le couple sur le seuil. Sa mère laissa échapper un cri en découvrant ses vêtements tachés de sang et déchirés.

Stupeur, inquiétude.


Roy ne les laissa pas poser de questions, il leur raconta tout dans les moindres détails. En commençant par l'altercation qui avait eu lieu quelques jours plus tôt. Il leur avoua son crime comme si cette confession allait le soulager. Cela ne fut pas le cas et à mesure de son récit, il sentait son malaise grandir tandis que les visages de ses parents se décomposaient. A la fin de son long monologue aucun de ses deux parents ne prit la parole. Sa mère laissa échapper quelques sanglots. Accrochée au bras de son mari, elle tremblait tandis que ses yeux ne reflétaient que la peur.

Frayeur, dégout.


Quant à son père, comme d'ordinaire, il ne disait rien et ne bougeait pas. Roy se demandait même s'il l'avait écouté. Il ne pouvait voir ses poings se serrer dans son dos. Le vieux chercheur poussa un long soupir et persuada sa femme de leur préparer du café. Sitôt qu'elle fut sortie, il s'installa au bureau de son fils. A aucun moment il n'avait croisé son regard, et pour cause, Roy fixait ses chaussures.

« Je lui fais peur. » murmura le jeune renard en se laissant tomber assis sur son lit.

Il le savait, il l'avait compris, sa mère avait été effrayée par son récit. Elle avait peur de lui. Cela, plus que tout, lui perçait le cœur comme la lame d'une dague effilée.

« Comment le sais-tu ? »

Première parole du vieux renard. Une question que Roy mit quelques secondes à décrypter tellement elle lui semblait hors de propos. Mais pourtant, il sentait que comme à son habitude, son géniteur n'avait pas posé cette question au hasard, contrairement à ces paroles que l'on émet dans le vent et qui disparaissent au fil du temps.


Tandis que les deux renards cherchaient à comprendre les raisons de ce drame, les cadavres avaient été découverts. Un homme se posait approximativement les mêmes questions. Pourquoi ? Comment et surtout… Qui ? Une foule curieuse se pressait autour des cordons de sécurité. La zone était envahie d'officiers de police, certains s'activaient sur la scène du crime tandis que d'autres prenaient les dépositions. La jeune femme qui avait fait cette découverte macabre en promenant son chien était encore sous le choc, elle peinait à répondre au métarite iguane qui l'interrogeait. On avait chargé Curtis de cette affaire, sûrement parce qu'on l'estimait délicate. L'appartenance des victimes à un groupe de radicaux Nerkartiste laissait supposer un crime discriminatoire. Évidement il devait marcher sur des œufs. Mais à ce stade bien précoce de l'enquête, il ne voulait privilégier aucune piste, bien que l'opinion de ses collègues semblait déjà bien arrêtée. Trop de choses ne collaient pas. Perplexe, l'humain aux cheveux brun clair impeccablement coiffés restait un peu en retrait, observant la scène de crime d'un œil critique. L'hybride qui avait pris la déposition revint vers lui en rangeant son stylo dans la poche de son uniforme.

« Alors Castle ca devrait aller vite cette fois. Y'a pas à se prendre la tête. »

Curtis ne répondit pas, il ne daigna même pas regarder son interlocuteur.

« Vraiment ?! »

Laissant le policier en uniforme seul, il s'avança vers le médecin légiste qui, maintenant que ses collègues en avaient finis avec le relevé d'indices, pouvait s'occuper d'emmener les corps. Du moins ce qu'il en restait.

« Une idée de l'arme du crime ? »

Le légiste secoua négativement la tête. Curtis s'y attendait et n'en demanda pas plus. Il fallait attendre la fin des analyses, il le savait. Pour le moment il allait devoir se contenter d'interroger le personnel de la faculté. Alors qu'il allait faire demi tour il se retrouva nez à nez avec l'iguane en uniforme. Visiblement, le métarite n'avait pas apprécié la réponse précédente.

« C'est forcement un groupe de fanatiques Wazydristes. Des professionnels, ces gamins n'ont eu aucune chance. »

Curtis était un homme d'expérience. Son sens de l'observation avait néanmoins écarté depuis longtemps cette hypothèse.

« Il n'y avait qu'un seul agresseur et il n'a rien d'un professionnel. »

Son regard d'acier se déporta du métarite pour se poser sur les deux scientifiques tout de blancs vêtus, qui ramassaient ce qui semblait être du vomi. L'inspecteur reprit son avancée en contournant le policier, il se dirigea vers sa voiture. A cette heure il n'avait plus grand-chose à faire ici. Il repartit donc à la voiture qu'il avait louée, monta dedans et mit le contact. Aussitôt, la ventilation se mit en marche créant un nuage de buée sur le pare-brise.

« Mais y'a aucune douille ! » insista l'iguane lui courant après.

Curtis lui claqua presque la porte au nez. Il prit quand même le temps de descendre la vitre et d'informer son ignorant collègue.

« Un pro ne dégueule pas sur le lieu du crime. »

Laissant le métarite perplexe devant une telle révélation, il se dirigea en centre ville vers le petit hôtel où sa chambre avait été réservée.

Tôt ce matin là, Curtis se rendit à l'université, il obtint très rapidement un rendez vous avec le recteur, un vieil hibou particulièrement choqué par ce qui venait d'arriver à ses élèves. Déjà, une cellule psychologique avait été mise en place pour prendre en charge les étudiants et le personnel. L'inspecteur, dans son costume bleu marine impeccable, entra dans le grand bureau. Une pièce assez grande, mais relativement vide. La grande table ovale couleur gris acier où reposaient quelques dossiers et un ordinateur noir dernier cri était le seul mobilier. Après quelques secondes d'observation, Curtis repéra de discrets rayonnages dans les murs. Les deux pans de mur, de part et d'autre du bureau, étaient des rangements. Sûrement pour les nombreux dossiers d'élèves. La secrétaire, les yeux rouges et bouffis d'avoir trop pleuré, le fit s'installer dans le bureau en attendant le recteur. Celui-ci annonçait la triste nouvelle à l'ensemble des étudiants. Le recteur ne le fit pas attendre longtemps, il entra bien vite à son tour dans le bureau, la mine sombre et d'un geste de la main, invita l'officier à s'asseoir tandis que lui-même se laissait lourdement tomber dans son siège. Le rendez-vous fut rapidement fructueux. Les jeunes victimes s'étaient faites bien des ennemis. Ils suivaient plus assidument leurs réunions de groupe que leur propres cours, et étaient responsables de plusieurs altercations. La dernière ne remontant qu'à quelques jours.

« Vous savez, ce n'était pas vraiment une bagarre. Juste des insultes mais le jeune Reilly est l'un de nos meilleurs étudiants, comme son père qui enseignait ici. C'est un élève calme et discret, je suis certain qu'il n'a rien à voir avec cette histoire. »

Curtis approuva de la tête mais son regard fixé sur la liste des absents du jour disait tout le contraire.

« Je préfère quand avoir même son dossier. » Demanda l'humain en relevant les yeux sur le vieil hibou visiblement gêné de ce qui arrivait à son établissement.

Il finit par se lever et alla fouiller dans un des grands placards encastrés. Il en retira un classeur peu épais qu'il tendit à l'inspecteur. Curtis prit la chemise, l'ouvrit rapidement et regarda la photo du jeune renard puis le referma, le posa sur la pile déjà bien conséquente de dossiers qu'il avait sélectionné. Il se leva et tendit la main au doyen.

« Merci de votre aide monsieur le Directeur, » dit il avant de prendre congé.

Il avait plein de monde à voir, tous les dossiers élèves à étudier, ceux des profs aussi. Une longue, très longue journée l'attendait. Mais pour le moment il devait rendre visite aux familles des victimes. C'était indispensable, pourtant il savait mieux que personne qu'il est difficile de parler de son enfant récemment disparu.
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