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[One-Shot] Aiguille grise et perle fine

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 Auteur Message
Tazz MessagePosté le: Mer 20 Déc 2017 21:11   Sujet du message: [One-Shot] Aiguille grise et perle fine Répondre en citant  
[Kankrelat]


Inscrit le: 13 Juil 2016
Messages: 13
Aiguille grise et perle fine


Il était six heures et William était déjà réveillé. L’enfant en sueur hurlait dans son petit lit. Ophélia ne se rappelait plus de ce qu’était une grasse matinée. Elle s’assit et fit le décompte des heures de sommeil. Une, deux, trois… Découragée, elle s’enfouit sous les couvertures. Entre le boulot, le ménage et le petit bonhomme, elle ne s’en sortait plus. Comment allait-elle tenir ? Elle releva la couverture, s’assit sur le bord du lit et observa ses pieds nus. Elle frotta le tapis avec le bout des orteils. La vie était injuste. Elle fouilla son tiroir, en sortit cette aiguille grise qu’elle affectionnait tant et la planta au creux de son coude, là où la peau avait tourné au violet, et une petite perle, fine goutte rouge, sortit de l’angle que l'aiguille avait formé avec l’épiderme. C’était si bon putain, mieux que n’importe quel baiser de pseudo-étalon, mieux que l’orgasme, mieux que la vodka et l’absinthe réunies. Pendant quelques doux instants, cette injection brisait l’inertie du morose qu’était son quotidien. Avec ce doux venin, Ophélia devenait musique, mélodie enfiévrée façon Tchaïkovski. Elle était aussi équilibriste, capable de jouer les funambules sur la rambarde métallique d’un pont du canal Saint-Martin, elle sentait le feu de la passion, grisée à tout instant par la pulsion de mort.

Les femmes sont plus libres que jamais : elles peuvent choisir qui elles épousent, entretenir une relation basée sur un lien mutuel ou sur le plaisir, travailler et jouir d'une indépendance économique et demander le divorce si elles ne sont plus heureuses. Mais elles "pèchent" plus que jamais. Cette évolution est une conséquence logique de l'émancipation des femmes. Il est clair que l'infidélité masculine a longtemps été acceptée parce qu'on ne se mariait pas par amour, mais pour des questions économiques. L'apparition de contraceptifs et d'une plus grande indépendance économique a permis aux femmes d'éprouver moins de craintes pour les conséquences de l'infidélité et de prendre conscience qu'elles aussi ont des "droits". Nous observons ce phénomène dans plusieurs domaines, par exemple au niveau de la consommation d'alcool. Les femmes boivent beaucoup plus, et souffrent donc plus de maladies cardio-vasculaires qu'autrefois.

Ophélia coupa la radio. William, lui, arrêta de hurler. Il se leva et se frotta les yeux. Son pyjama était trempé. Dans sa chambre, Ophélia soupira et se releva en poussant un petit cri de douleur. Hier, en rangeant la marchandise, elle s’était fait mal au dos. Le patron ne l’avait pas crue, elle avait été obligée de continuer la journée. En sortant du travail, elle avait pris sa voiture pour aller rechercher William à l’école maternelle, puis elle était partie chez le médecin. Là-bas, la salle d’attente était remplie. Deux heures et trente-deux minutes de patience… William n’arrêtait pas de pleurnicher, c’est qu’il n’aimait pas attendre. Maman lui avait interdit de bouger et tous ces drôles de gens n’arrêtaient pas de le fixer. Une vieille femme soupirait. Ophélia n’avait cessé de s’excuser. Un monsieur lui avait alors fait remarquer à quel point son enfant était insupportable. Profondément choquée, elle s’était levée et était sortie de la pièce. Elle s’était assise en tailleur sur le carrelage froid du couloir avec William entre les jambes pour ne plus déranger les autres patients. Une jeune femme l’avait aussitôt défendue, reprochant au monsieur de ne pas connaître les difficultés de l’éducation.

Chacun trouva le moment opportun pour donner son avis :
« Moi je pense que la dame ne sait pas trop y faire avec les enfants »,
« Elle a l’air fatiguée, trop pour s’occuper correctement de son fils »,
« Son gosse est infernal ! »,
« Voyons, laissez-la tranquille ! Ce petit est sûrement malade »,
...
Deux heures et trente-deux minutes de patience… Rien que d’y repenser, Ophélia en avait la nausée. Elle alluma la lampe de sa chambre et éblouie par la lumière, elle dut se retenir au meuble de rangement à droite de la porte. Le petit apparut pieds nus dans le couloir.

— Maman ?, dit-il en reniflant.
Ophélia esquissa un sourire. Qu’avait-il encore ? Elle pria pour qu’il ne soit pas malade.
— Maman, j’ai fait un cauchemar.
Elle eut un soupir de soulagement. Cachant sa douleur au dos, elle l’enlaça et lui déposa un baiser sur le front. Elle le prit dans ses bras et le coucha dans le grand lit vide et froid. Il se blottit contre elle et lui raconta son mauvais rêve. Une histoire banale : la nuit, un enfant et un méchant loup. Elle attendit qu’il ferme les yeux et ils partirent à la ferme. Il fallait imaginer Fernand, le fermier du coin, avec le béret marron vissé sur la tête et la clope au bec.
— Avec un tracteur ?, demanda-t-il, les yeux pétillants.

Elle acquiesça. Conduire un tracteur, c’était là son rêve d’enfant. Elle sourit devant tant d’innocence. William lui cita alors les animaux que l’on trouve à la ferme. Entre le cochon et la poule, ils se rendormirent dans les bras l’un de l’autre. Ophélia se réveilla en sursaut. William venait de faire tomber une petite cuillère sur le parquet de la chambre. Il regarda sa mère comme s’il avait été pris en faute. De fait, il avait du chocolat jusqu’aux oreilles. Il savait qu’il ne pouvait pas. Il tenait le pot entre ses petites mains. Il avait déposé deux tranches de pain sur la table de nuit pour faire plaisir à maman. Ophélia eut des difficultés à le gronder, mais il ne pouvait pas manger du chocolat à la petite cuillère, c’était la consigne à la maison. Elle le remercia tout de même pour le « délicieux petit-déjeuner ».

Aujourd’hui, c’était samedi : le jour des courses. Chouette, William imaginait déjà ce qu’il pourrait faire entre les rayons. Il fallait se dépêcher d’y aller avant midi pour éviter la file. Le magasin était à une vingtaine de minutes de Sceaux. C’était là-bas qu’on pouvait trouver les meilleures promotions, promotions indispensables à la survie de la petite famille. Depuis quelques semaines, Ophélia ne s’en sortait plus : elle n’avait plus assez d’argent pour chauffer la maison. Honteuse, elle n’avait pas osé en parler à Papou et Mamou qui étaient pourtant si généreux. Heureusement, le vieux poêle chauffait le salon. Elle avait alors déplacé la petite table de la cuisine dans la pièce chauffée afin que le petit n’ait pas à manger dans le froid.

Quant à William, il était très content de la situation. En effet, il pouvait exceptionnellement regarder la télévision en mangeant. Ophélia descendit les escaliers et demanda à William de se laver le visage. Il se mit à bouder car il ne voulait pas mettre ses mains sous l’eau froide. Ophélia fit alors chauffer de l’eau dans la petite cuisine, il se mit à bouder car il ne voulait pas mettre ses mains sous l’eau chaude. Elle l’attrapa de force et lui frotta le visage avec une serviette. Il se débattait. Elle le gronda, il courut jusqu’au salon et s’enferma dans la pièce. Il alluma la télévision et se mit à sauter sur le canapé. Comme d’habitude…

Un robot supergalactique l’attaquait, il fallait se défendre ! Il lança les coussins devenus des grenades sur les ennemis. Ophélia ne sachant que faire lui cria d’ouvrir la porte. Il ne lui répondit pas. Tant pis, il fallait profiter de la situation. Elle enfila un pantalon et une blouse à fleurs. L’enfant sautait toujours dans le divan, on entendait la structure du fauteuil s’affaisser à chaque petit saut. Elle se maquilla généreusement pour cacher les cernes qui se dessinaient sous ses yeux. Elle prépara ensuite en vitesse les vêtements de l’enfant et attendit dans le vestibule, assise sur le banc, face à la porte du salon. Elle pesta contre elle-même. Pourquoi avait-elle laissé cette clef sur la porte ? Encore une chose qu’elle devrait cacher. Au bout de quelques minutes, la télévision s’éteignit. William tourna la clef et ouvrit la porte. Il souriait.

— J’ai gagné cont’ les méchants, je suis le meilleur !
Elle leva les yeux au ciel. Cet enfant finirait par la tuer. À présent calmé, le petit se laissa faire. Elle lui enfila une petite chemise et un pull vert. Elle s’étonna en le voyant défiler dans le salon les bras croisés.
Ses petits pieds frappaient le carrelage en rythme.
— Chuis joli maman ?

Non, elle ne pouvait pas le laisser déambuler dans cette tenue. Il ressemblait trop à James, ce salaud disparu dans la nature la laissant seule avec un nouveau-né. Quelle imbécile elle avait pu être… Comment avait-elle pu croire qu’il l’aimait ? Pourquoi les avait-il abandonnés ? Ces questions, cela faisait bientôt cinq ans qu’elle les ressassait. Elle changea la tenue de William et opta pour un simple petit pull gris. Enfin prêts, elle demanda à l’enfant de l’attendre sur le pas de la porte et monta les escaliers. Il n’avait pas envie lui de rester là, sur le pas de la porte. Quand elle descendit avec son sac à main, la porte d’entrée était ouverte et William avait filé dans le jardin.
Elle le retrouva là, simplement assis sur le petit muret devant la maison, il avait le visage tourné vers le ciel et il comptait les nuages. Elle l’observa. William serrait les poings. Il avait l’air si concentré.

— Un, deux, trois, quat’… Cinq… Trois, quat’…
Elle le voyait qui commençait à protester. Pourquoi ne savait-il pas compter ? Fâché, il recommença trois fois. En vain. Elle l’appela.
— Maman, j’y arrive pas, prononça difficilement le petit garçon, consterné devant ce nouvel échec, un de plus.
Ophélia aurait tant voulu lui chuchoter à l'oreille « Tu n’y arriveras pas, jamais, tu es trop différent, trop bien pour ce monde » mais la pauvre femme n’en trouva pas la force.

William, devant les yeux vides de maman, alla s’asseoir dans la voiture et attacha sa ceinture, comme on le lui avait appris. Il était déçu et triste. Ophélia ferma la porte d’entrée et s’arrêta un instant en l’observant à nouveau. William était un garçon très intelligent, mais quelque chose la préoccupait.... Il était distrait, maladroit et colérique. Elle en était certaine, c’était une figure paternelle qui lui manquait. Mais, comment refaire confiance à un homme ? C’était inenvisageable. Le pied d’Ophélia alla s’écraser dans une flaque, éclaboussant copieusement le bas de son pantalon kaki. La malchance semblait être avec elle, encore une fois. William pouffa de rire.

— Cette journée va être une bonne journée, d’accord William ? Si tu es sage, il y aura une surprise pour toi !

C’était comme ça qu’il fallait se convaincre. Si William était heureux, alors elle était heureuse. Elle glissa un CD dans la radio et ils étaient partis. Sortis de la Rue du Paradis, ils bifurquèrent sur le Chemin de la Buissière. La voiture s’élança sur la grande chaussée si encombrée pour quitter la petite ville de Sceaux. Ophélia se mit à chanter : — When the working, when the working day is done…
Les arbres défilaient. Ils s’éloignaient peu à peu de la campagne. William dansait sur son petit siège. Que c’était beau les champs… Des kilomètres de verdure, le vent, les oiseaux. Et il partait gambader au milieu des prairies sous une chaleur étouffante.

— GIRLS JUST WANT TO HAVE FUN !

William, interrompu dans sa rêverie, se mit à taper des mains en rythme pour encourager Ophélia. Il riait, ils s’amusaient. C’était ça leurs moments à deux. Des disputes, des bêtises, des misères, mais aussi de l’amour et des instants de bonheur. C’était son fils, c’était son sang. Elle se promettait d’être pour lui créatrice de souvenirs. Fort heureusement, ses parents étaient aussi présents pour son fils qu’ils chérissaient. Ils les aidaient beaucoup. William et sa grand-mère étaient très complices. D’ailleurs, c’était ça la surprise : ce soir, elle l’emmènerait chez Mamou et Papou et elle savait pertinemment qu’il sauterait de joie quand elle le lui annoncerait. Elle se gara sur le parking bondé du magasin. C’était une première réussite, le petit était resté calme tout au long du trajet. Il fallait maintenant enclencher l’étape numéro une de la mission « faire les courses avec un enfant difficile » : les directives.

— Bon William, dit-elle en se tournant vers lui dans le véhicule, tu restes à côté de maman. On va aller au plus vite, maman va faire de son mieux. Comme tu peux le voir, il y a beaucoup de monde, alors c’est primordial que tu restes sage. Pas de bonbons, pas de jouets, pas de crises.
Pas même un signe de tête de la part du gamin, il n’avait rien écouté, il descendait déjà de la voiture et sautait d’impatience sur le bitume. William pensait déjà aux plateaux de dégustation. Ophélia tenta de se rassurer et passa à l’étape numéro deux : faire les courses. Elle entra dans le magasin, le petit à ses côtés. Elle l’assit dans le caddie et se dirigea vers le rayon des boissons. Les gens se bousculaient, les chariots étaient abandonnés ici et là, quelle idée d’aller faire les courses le samedi matin... Arrivés près des briques de lait, William demanda à descendre du chariot.

Étape numéro trois : continuer à faire les courses malgré le filou qui courait partout. La plus difficile...

Il galopa jusqu’au rayon charcuterie pour aller se servir généreusement sur le présentoir. Le boucher lui sourit et lui demanda s’il voulait une tranche de saucisson. William se demandait pourquoi ce gros monsieur lui parlait aussi gentiment, il n’avait pas vraiment l’habitude des compliments, c’est pas ce qu’on recevait quand on était un débile comme lui. Il lui tira alors la langue et s’enfuit.
Ophélia, occupée à chercher les biscuits préférés de William, le rattrapa. Il lui expliqua fièrement ce qu’il venait de faire, elle l’obligea à aller s’excuser auprès du gentil monsieur. Elle avança son chariot jusqu’au rayon des légumes. Au bout de quelques minutes, elle se rendit compte qu’il ne la suivait pas. Que faisait-il encore ? Elle rebroussa chemin pour le retrouver. William n’était pas allé s’excuser, il avait simplement trouvé sur le sol un papier de réduction qu’il trouva intéressant de transformer en avion. Ophélia fut tout à coup percutée par un groupe de femmes qui couraient vers elle.
— Ne vous excusez surtout pas !, s’exclama-t-elle en ramassant son sac de tomates.
Pas de réponse, évidemment. Pourquoi couraient-elles ? Cette question ne traversa même pas l’esprit de la jeune femme. Cherchant toujours William et choquée par ce qu’il venait de se passer, elle ne réalisa pas que tous les clients se pressaient dans le sens inverse de sa marche. Un jeune homme l’attrapa par le bras.
— Madame, dépêchez-vous, il faut vous mettre en sécurité, ordonna-t-il sévèrement.
— Je cherche mon fils, vous n’avez pas vu un petit garçon de quatre ans ? le coupa-t-elle.
L’homme ne l’avait pas écoutée et la tirait vers lui :
— Un type est armé à l’entrée du magasin, il réclame l’argent des caisses. Alors, je vous en supplie, suivez-moi, reprit-il.

Non, non, non. Ça ne pouvait pas être vrai, pas maintenant, pas dans ce magasin, c’est à la télé qu’on voit ce genre de fait divers putain. Ophélia se dégagea de l’emprise du jeune homme. Elle regarda autour d’elle, le magasin était tout à coup plongé dans le silence. On entendait plus que des chuchotements et les pas pressés des clients qui se dirigeaient vers la réserve. Ne sachant que faire, elle se mit à crier le nom de William. Désespérément, sans penser une seule seconde qu’elle se plaçait ainsi dans une situation plus que délicate. L’homme se jeta sur elle et étouffa ses cris avec son avant-bras. Il la souleva et demanda de l’aide à un employé qui partait se cacher derrière les marchandises. Elle se débattit, vigoureusement, et lui mordit même le bras. Un seul mot martelait son crâne : William, William, William, au gré des pulsations qui agitaient la grosse veine de son cou. Une première larme se mit à rouler sur sa joue, cela ne régla rien. Les deux hommes la portèrent jusque dans la réserve, là où s’étaient réfugiés le directeur du magasin et quelques autres clients. Ils fermèrent la porte à clef, pour se protéger, mais ça empêchait Ophélia de sortir. Et l’idée même que son petit garçon se retrouvait seul à errer dans les rayons avec un taré à proximité la dévorait de l’intérieur, lui rongeait les synapses, une par une.

— Qui êtes-vous pour décider de m’enfermer ? cria-t-elle à haute voix, tapant du poing sur la porte qui la séparait de son fils, de sa chair, de l’unique raison qui la poussait à se battre au quotidien.
Tous les gens autour d’elle s’accroupirent et lui demandèrent de se taire. Elle n’en revenait pas : l’égoïsme à l’état pur. Elle chuchota en découpant les syllabes :
— Laissez-moi sortir, mon fils est dehors !!

Les deux connards qui l’avaient emmenée refusèrent d’abord catégoriquement. Puis, le directeur prit le parti d’Ophélia, il refusait qu’un enfant puisse se trouver en danger dans son supermarché. Les clients se mirent à débattre pour savoir qui irait dehors, il fallait retrouver ce gamin. Elle les menaça d’hurler s’ils ne la laissaient pas partir. Pendant ce temps, William marchait les mains dans les poches. Les rayons étaient presque vides. Il en profita pour attraper un paquet de bonbons et l’ouvrir. Il croqua dans une bille bleue (faite avec de la graisse de porc, détail moins glamour) et apprécia la saveur sucrée qui se répandit peu à peu le long de sa langue, comme si un ange lui avait pissé dans la bouche l’espace d’une seconde. Alors qu’il s’apprêtait à gober un nouveau globule, vert cette fois, il entendit un monsieur s’énerver à l’entrée du magasin. Une femme pleurait. Il bifurqua dans un rayon et trouva là, à une vingtaine de mètres de lui, une dizaine de personnes couchées sur le sol et cachées derrière des caisses.
— Pourquoi vous faites dodo ici ? demanda-t-il naïvement.
— Viens petit, chuchotèrent-ils, l’angoisse dévorant leurs traits plus tirés que des draps mis à sécher.
— Mais il n’est pas l’heure de dormir !
Une jeune femme voulut l’attraper. Se sentant en danger, il courut à son tour dans le sens inverse et se cacha de la jeune femme. Elle dut se résigner à retourner dans sa cachette, le petit était introuvable.
Qu’est-ce qu’elle lui voulait cette folle ? Sûrement lui voler ses bonbons, il en était certain. Elle ne les aurait pas, nah !

Dans la réserve, Ophélia brûlait d’impatience et commençait à protester violemment.
— Madame, calmez-vous, s’agaça le directeur. Je pars le chercher. Je vous en prie, restez là.
Elle s’emporta, lui criant que c’était à elle de fouiller le magasin, qu’elle n’allait pas rester là les bras croisés pendant que son fils se trouvait peut-être nez-à-nez avec un brigand. Le directeur, un certain Armand Verbist si l'on en croyait son badge, fit abstraction des plaintes lancinantes d’Ophélia et partit aussitôt à la recherche de l’enfant. Ils étaient cinq à retenir la mère de famille dans la réserve. Quelle semaine… Quelle journée… Son fils était là dehors avec un grand malade armé. Si on touchait à un seul cheveu de William, elle se promit qu’elle tuerait tout le monde. On entendit un coup de feu et des cris. Ophélia se mit à pleurer et à donner des coups à ses ravisseurs. Puis, elle comprit qu’elle ne pourrait s’échapper et épuisée, elle cessa de se débattre. Elle se recroquevilla dans un coin de la réserve en fermant les yeux.
— Maman est là mon bébé, ne t’inquiète pas…, répétait-elle, maman est là.
Les clients se regardaient gravement, ne sachant que faire pour la réconforter. Angoissé au possible, Armand courait entre les rayons. Quand il entendit le coup de feu, il se jeta sur le sol avant de se relever aussi vite. Il devait se dépêcher de retrouver l’enfant. La situation semblait s’aggraver. William sursauta, est-ce que c’était un vrai coup de feu comme dans les films pour les grands ? Il alla voir ce qu’il se passait. Il vit un homme avec une arme tendue vers le ciel. Il était habillé en noir et portait une cagoule. Il hurlait sur les caissières et demandait de « vider les caisses ». William s’approcha. Un sac ouvert était déposé en face du voleur.
— Est-ce que ça c’est un vrai fusil ? demanda-t-il, les yeux écarquillés par une excitation certaine.
— Dégagez ce gosse ! hurla l’homme en pointant son arme sur l’enfant.

Les caissières en pleurs rampèrent jusqu’à l’enfant. Le truand s’avança vers elles et leur cria de se dépêcher. William se rapprochait petit à petit, il enjamba le sac en observant son contenu. Le braqueur tira à nouveau au plafond. Elles se couvrirent toutes la tête avec leurs bras. William, quant à lui, se cacha derrière une caisse. Il se releva après un certain temps en frappant dans ses mains comme pour féliciter l’homme. C’est que la détonation l’avait impressionné…
— Eh m’sieur, recommencez ! Il est gros votre fusil, vous l’avez eu où ? C’est un vrai ? Et ça, c’est un cartable ? dit-il en enjambant à nouveau le sac.
L’homme cagoulé s’impatientait. Il baissa son arme et le fixa.
— Pourquoi vous vous disputez tous ? reprit William, inconscient du danger qui l’encerclait de toutes parts.
— TOI !, hurla le cambrioleur à une dame en pointant son arme sur celle-ci, tu prends le gosse, tu l’éloignes, tu le fais disparaître.
La dame l’attrapa et l’emporta dans un rayon.
— Pleurez pas m’dame.
Elle ne lui répondit pas et le prit par la main, en serrant si fort les doigts de l’enfant que ses phalanges menaçaient de percer la membrane cutanée à tout moment.
— Vous êtes bizarres, vous les grands. En tout cas, le monsieur, il avait pas l’air content. Vous pouvez me lâcher la main ? J’ai oublié mon paquet de bonbons.

Armand Verbist apparut au coin du rayon, il accourut vers l’enfant, le prit dans ses bras et demanda à la dame de le suivre. Il voulut les rassurer.
— Lâchez-moi, mais lâchez-moi !
William se mit à pleurnicher en tenant son pantalon qui tombait et qui lui semblait maintenant si lourd. Quelque chose tomba de la poche de son manteau, mais personne ne le remarqua. William détestait qu’on le porte, c’était un petit garçon maintenant, plus un bébé.
— Je t’emmène près de ta maman, n’aie pas peur, c’est bientôt fini. Comment tu t’appelles ?

William dévisagea l’homme au nez rouge qui tentait de le consoler. Il devait avoir soixante-cinq ans, tout au plus, il avait une bague au doigt, sans doute était-il marié, comme sa maman l’avait été autrefois. Il avait l’air vif, une intelligence certaine dans le regard, ses enfants devaient avoir de la chance d’avoir un papa comme lui.

— Tu m’emmènes voir maman ? J’ai pas peur tu sais, jamais. C’est bizarre... y a pu personne. C’était qui le gars en noir, pas content, avec son fusil ?
Le monsieur en costume lui expliqua qu’il s’agissait d’un jeu, un exercice en cas de réel danger.
— Comme on fait avec les incendies ?
— Oui, c’est ça. Et le but, c’est d’aller se cacher sans faire de bruit pour que personne ne nous trouve.
— Je connaissais pas ce jeu, avoua le garçon en souriant de plus belle. C’est moi qui vais gagner, j’le sais.
Ils frappèrent doucement à la porte de la réserve. On leur ouvrit. Ophélia se jeta sur William et l’embrassa. Elle essuya ses larmes.
— Tu étais où ? Comment tu vas ? Il ne t’a pas fait de mal ? cria-t-elle en le serrant fort, si fort dans ses bras ankylosés par la peur.
Elle remercia cet homme, ce blond au regard perçant, et s’excusa du comportement qu’elle avait pu avoir.
— Chut maman, il faut faire chut pour pas qu’on nous trouve.

Ophélia s’étonna. En temps normal, il aurait fait une crise d’hystérie si on lui avait demandé de se taire.
— Le méchant est devant le magasin, alors on doit attendre et se cacher. C’est comme un jeu, tu comprends ? Mais moi, j’avais compris. Fin j’veux dire c’est le monsieur qui m’a expliqué, continua-t-il en faisant un clin d’œil à Armand qui n’en demandait pas tant.
Elle le berça, remerciant le seigneur pour sa grande gratitude. Sa miséricorde avait oublié la famille Dunbar de nombreuses fois mais, aujourd’hui, il avait été là pour eux.

— Maman ? T’inquiète pas. On va gagner, je le sens. Mieux, j’le sais !

Elle continuait de l’embrasser et de le serrer si fort qu’il essaya de s’écarter d’elle.
— Maman, j’ai fait une bêtise. Tu vas me punir ? chuchota-t-il, soucieux de ne pas se faire repérer, pour repartir gagnant, se sentir victorieux au moins une fois lors de sa courte vie.
Non, plus de bêtises, plus de punitions, il était en vie, son fils, son sang, entre ses bras, en vie.

— J’ai volé un paquet de bonbons, dit-il sur un ton encore plus bas, tel le pécheur qui se confesse à son curé.

Ophélia sourit, les règles qu’elle avait instaurées auparavant lui semblaient si dérisoires désormais. L’heure qui suivit fut un calvaire : il fallait faire croire à William qu’on était toujours en plein jeu, qu’on ne pouvait pas perdre, qu’il ne fallait pas sortir de la cachette. Heureusement, William finit par s’endormir sur les genoux d’Ophélia qui continuait de prier pour que cela se termine. L’attente devenait insupportable. Ce fut un soupir de soulagement quand un policier vint ouvrir la porte de la réserve pour leur annoncer que c’était terminé. Personne n’était blessé, mais l’on recherchait encore activement le voleur, il s’était enfui.

— B’jour m’sieur le policier, cria William qui s’était réveillé et avait compris que le jeu était terminé.
Les clients, en état de choc, furent tour à tour interrogés. Ophélia était tremblante, elle rangeait les courses dans des sacs réutilisables. William discutait toujours avec son nouvel ami.

— Aujourd’hui, maman m’a dit que ça allait être une bonne journée. Y a une surprise qui m’attend, elle a dit que c’était parce que j’ai été un p’tit garçon sage.

Après lui avoir tapoté la tête, le vieux monsieur au nez rouge s’éloigna et laissa l’enfant seul devant l’entrée du magasin. William souriait. Il tourna la tête à droite puis à gauche afin de vérifier que personne ne l’observait. Il glissa sa main dans son pantalon et caressa les billets qu’il avait cachés dans son caleçon, tâta les poches de son manteau, croisa les mains dans celle de son sweat. Il sourit car il pensait déjà à tous les jouets qu’il pourrait s’offrir désormais. Quelle journée… Quelle semaine…
_________________
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La chair humaine, c'était comme du porc en fin de compte, gras à souhait en fonction de la zone désirée.
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Zéphyr MessagePosté le: Ven 22 Déc 2017 07:02   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1036
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
J'ai un peu l'impression que ce One-Shot passe à côté de ce qu'il aurait pu raconter. C'est typiquement le genre de texte duquel je ressors avec une impression de « Oui, et ? », à savoir que je n'ai pas du tout saisi où le texte à voulu m'emmener dans son histoire et par rapport aux éléments qu'il a déroulés.
De ce côté, je pense que l'absence d'introduction de l'auteur, comme il est de coutume et de politesse de le faire sur ce sous-forum, a pu jouer, même s'il n'était pas dit que tu exposes tes raisons sur ce texte.

Cela dit, je me méfie toujours lorsque je réagis à chaud à une lecture. L'expérience m'a montré que j'avais parfois (pas toujours, heureusement) tendance à passer à côté de certaines choses.
Toujours est-il que je me suis posé la question suivante : qu'a-t-on à tirer de ce texte, en terme d'intérêt ? Que William est un vilain garnement, très particulier comme on dit dans le jargon ? Que sa mère est débordée et survit au quotidien ? Au moment où j'écris ces lignes, je n'ai aucune certitude par rapport à la conclusion à laquelle tu as voulu amener.

Ce ressenti-là, je l'impute principalement au fait que, de mon point de vue, ce genre de texte, antérieur au dessin animé, a pour devoir de proposer un contenu qui s'y raccorde parfaitement (sauf s'il est assumé par l'auteur que l'on est dans un alternate universe, mais comme tu balances le texte de but en blanc...).
En l’occurrence, on ignore comment la situation des parents Dunbar s'est arrangée, finalement. Logiquement, le père a dû finir par revenir, mais est-ce que ça a pour autant apaisé les problèmes de nerfs de la mère ?
De même, on ne voit pas vraiment comment, de ce point de départ proposé, William a fini par évoluer vers le personnage qu'il est dans la série, en particulier par rapport au contexte de ton texte, où il est qualifié à de nombreuses reprises comme étant naturellement inférieur à la moyenne intellectuellement. Si l'on excepte cette situation de la saison 3 où William se trompe de matière à réviser pour un contrôle, les seules situations de pure stupidité intellectuelle liées à lui qui me viennent sont liées à sa réplique physique de la saison 4. Est-ce là le parallèle à comprendre dans ce texte ? Est-ce une forme de justification au fait que la réplique a réussi à rester crédible aussi longtemps auprès des adultes ? J'ai un peu du mal à y croire, personnellement, tant par rapport à cette interprétation que sur le fait que ce soit l'objectif caché ou d'écriture du texte.

Finalement, je pense que ce texte n'a pas d'ambitions narratives folles et vise plutôt à raconter un morceau de quotidien d'une mère seule avec son enfant (ou du moins, si je me base sur le titre du texte, le trip vécu par une mère débordée). Je sens un écho avec ton précédent One-Shot sur le propos général, notamment sur la première dizaine de lignes, où toute l'ironie de l'extrait radio se fait sentir par les paragraphes qui l'enrobent (par rapport à la condition féminine).

Je ne m'étends pas plus, ce texte ne m'a pas emballé, pas même stylistiquement. Cela étant, tes tentatives d'explorations de pistes de la série et d'expérimentations en fanfiction sont louables et appréciables. Continue comme ça, c'est une bonne dynamique de travail ! Wink

À bientôt sur un autre texte, j'imagine !
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« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Tazz MessagePosté le: Ven 22 Déc 2017 15:10   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kankrelat]


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Messages: 13
Bonjour Zéphyr.

Tout d'abord, c'est gentil de m'avoir lu et d'avoir pris le temps de rédiger un avis, c'est toujours précieux pour progresser. Je n'ai pas voulu introduire ce texte car il fait partie d'un ensemble... festif, c'est sans doute un tort de ma part mais je ne voulais rien laisser transparaître jusqu'au jour J qui aurait dû être celui de Noël mais bon... je déteste tellement cette journée que je ne serai sûrement pas dans de bonnes conditions pour publier. Je dois avouer que c'était assez amusant pour ma part de lancer un pavé dans la mare sans aucune explication derrière, sans doute est-ce un poil impoli comme tu dis. Si tu n'y vois pas de conclusion, eh bien j'en suis sincèrement désolé, chacun a un procédé d'écriture différent et je présume que certains vécus ne s'accordent pas toujours avec le fameux esprit cartésien prôné. Il y a plusieurs grandes thématiques de fond derrière tout ça mais elles ne comportent qu'un seul objectif, une peinture à l'acrylique sombre qui se profile. En tout cas, du moment qu'on me laisse faire, je continuerai d'explorer cette voie qui m'intrigue car j'écris avant tout pour essayer de comprendre certains comportements et pour faire écho à ceux qui auraient pu vivre des situations similaires.

Merci encore pour ta critique, promis cette fois-ci je m'éclipse jusque 2018 Wink
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La chair humaine, c'était comme du porc en fin de compte, gras à souhait en fonction de la zone désirée.
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Icer MessagePosté le: Dim 07 Jan 2018 20:48   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2146
Localisation: Territoire banquise
Salut !

J'ai lu le texte, le commentaire de Zéphyr et ta réponse avec attention. Je dois avouer que mon collègue a parlé pour deux. Cela dit, ce que tu lui as répondu ne me surprend pas tant que ça, il me semble évident que tu ne fais pas ça par hasard mais c'est vrai que le sens doit être bien caché et nous échappe. Mais je passe quand même louer la rédaction du texte, qui n'a pas démérité. La description de l'attitude de William aurait été un calvaire pour moi mais tu t'en tires plutôt bien ! Finalement, j'ai passé un moment simple mais plutôt plaisant.

Et du coup je vais aller enchaîner sur l'autre.

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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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