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 Auteur Message
Zéphyr MessagePosté le: Mar 06 Mai 2014 20:23   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1016
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Ikorih a écrit:
parenthèse fourbe

Vive les parenthèses (smirk) !

Allez, on débute par les séquences flash-back. Bon, tout porte à croire qu'on affaire à une créature dangereuse *paf*. Soyons sérieux deux minutes. Il semble évident que c'est pour elle qu'Aelita s'échine à construire un scanner géant. Et au vu de tout le bien qu'elle semble vouloir à l'humanité, ça promet. Quant à sa nature, j'ai tout d'abord pensé comme tu le sais au Skorpion car certains points concordaient avec la description. Malheureusement, les quatre pattes cassent cette hypothèse.
Je me suis ensuite un peu plus creusé la tête pendant que je me noyais tout à l'heure (abysses, noyade, tout concorde). Du coup, je me suis dit que la créature, dans son apparence générale, avait peut-être été inspirée par la véritable forme d'Envy, tandis que les côtes externes avaient peut-être été influencées par un certain Gluttony.

*Rafale de vent pour illustrer les propos*

Qu'avons-nous d'autre ?

Citation:
Au vu de la puissance de feu de cette IA et du fait qu’on a pas besoin de la gérer nous-même, je me demande si ce ne serait pas une bonne idée d’en créer une à notre compte.

Je maintiens mon opinion sur la foire aux I.A.

Bref, parlons de l'exploration du tunnel par Xana. Premier point que j'ai apprécié : la localisation dudit tunnel et la petite explication là-dessus. J'admets avoir bien aimé l'idée, parce que d'ordinaire, il est plus communément admis que depuis sa reconstruction par Jérémie, le 5ème territoire a gagné un accès plus libre. Du coup, cela fait qu'on ne peut rejoindre Carthage à partir d'un territoire de surface sans user du Transporteur sur Lyo.
Pour le tunnel en lui-même, l'obscurité et le mystère qu'il dégage ramènent immanquablement au titre de la fanfiction Mr. Green.
Autrement, j'ai souri lors de la coupure des communications, qui nous fait penser au projet Carthage tel que le décrivait Hopper. Et je ne pense pas que ce soit un hasard. Je m'explique. Xana avait à l'origine été créée pour trouver et détruire le projet Carthage. Or, la fameuse coupure de communication me pousse à croire que le projet militaire n'a pu être détruit. Il aurait alors été... scellé ? Peut-être même que Xana, sous forme de programme en était le gardien. Entre autres, cela expliquerait les rêves de notre IA sous forme humaine et le fait qu'elle soit « reconnue » par l'issue du couloir. Ce n'est là qu'une hypothèse, mais elle me semble pas mal o/.
Dernière question à moindre importance : où est Ulrich ? Déjà que le chapitre précédent a remis en question ses capacités de gardien... Non pas que je m'inquiète de son sort, mais j'aime bien savoir où sont les pièces d'échiquier. *Sort

Côté Wolfy, c'est déjà un peu moins intéressant. Pas d'évolution pour le toutou, il en aurait bien eu besoin. Quoique quand on en voit certaines *paf*.
On finit sur Odd et Laura. Le passage sur les doutes du père étaient bien sympathiques, mais dans le fond, il se fait peut-être un tout petit peu de mauvais je trouve. Il semble oublier que sa fille à cinq ans. Normal qu'elle ne discerne pas vraiment les enjeux qui se cachent derrière le champ de bataille auquel elle a pris part. Et puis, à son âge, on a un peu de mal à discerner la réalité (dis-moi où elle est ? *Sort*). Bref, même si ça montre qu'il pense un minimum au sort de sa progéniture, il s'emballe peut-être un peu vite selon moi. Au pire, il pourra toujours confisquer la tablette tactile de sa fille (ce qui serait un clin d'œil à #8 Virus o/) et lui donner un livre de physique pour compenser cette perte.

Sur ce, on veut la suite !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Ikorih MessagePosté le: Jeu 15 Mai 2014 21:56   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1425
Localisation: Sûrement quelque part.
Spoiler


Chapitre 19 : A l'aveuglette


-Je m’ennuie !
Ce cri du cœur résonna dans Lyô avec la petite note de désespoir qui convenait. Stella se contenta de le ponctuer d’un facepalm.
-Tu as déjà dit ça tout à l’heure.
-Oui, ce qui implique que la situation n’a pas changé et que je me fais toujours chier ! grogna Wreck.
-Je dois vraiment te rappeler pourquoi on est là ?
-Non c’est bon.
Pour une fois, la mission sur le monde virtuel s’annonçait très ennuyeuse, mais les deux agents n’avaient pas le choix. Depuis la dernière double intrusion, l’équipe était placée en alerte rouge et devait rester en immersion sur Lyô. Ils auraient pu y rester une éternité : pas besoin de dormir, de manger ou de se livrer à d’autres activités plus triviales. Et donc, le duo se tournait les pouces. Wreck avait monté son canon prismatique du côté de l’interface et s’était assis à côté, les yeux dans le vague, priant pour que quelque chose se passe. Stella, elle, faisait les cent pas, ses ailes s’agitant vaguement quand elle traversait une phase d’agacement particulier. Toutefois, ils n’étaient pas seuls : le petit zombie stupide qui servait de gardien (à se demander pourquoi il était là d’ailleurs, il n’avait pas semblé très rapide à l’action la dernière fois) déambulait en dodelinant de la tête. Il avait l’air de parler tout seul. Bien qu’il n’y ait jamais fait vraiment attention, Wreck n’avait pas le souvenir de l’avoir déjà vu faire ça.
-L’attardé est bizarre aujourd’hui.
-Ah, oui. Hé Aslinn, il se passe des trucs avec XANA ?
-Je ne pense pas. Il ne présente pas d’activité anormale.
-Tu es sûre ?
Le gamin commençait à se frapper la tête sur le mur.
-Mais oui. Pourquoi, vous avez des évènements bizarres ?
-Plutôt oui, répondit Stella. Je t’envoie un visuel.
Aslinn put constater par elle-même que quelque chose clochait. Pourtant, les écrans ne lui montraient définitivement rien. Soit XANA était en train de bugger gravement, soit le petit pétait les plombs.
-Restez sur vos gardes. Il doit y avoir une raison à ça. Peut-être une attaque informatique qui empêcherait XANA de transmettre des données. Je…
La transmission cessa brusquement, faisant se relever Wreck et agiter les ailes de Stella.
-Aslinn ? Eh, régie ?
-Bordel, on est tout seuls, grogna le roux.
Sa collègue hocha gravement la tête.
-Du coup, qu’est-ce qu’on fait ? On a deux options. Soit on reste là à tenir la position, soit on va faire un tour.
-Je propose de tenir. Ils vont sûrement nous expédier des renforts. Gardons un œil sur le nain. Et puis si quelqu’un lance un assaut, ça passera forcément par ici.
-Pas con, admit-elle.

Aslinn grogna. L’attaque informatique devenait de plus en plus probable. La liaison avec le monde virtuel manquait de stabilité. Le programme qui les agressait, ou le hacker, devait la brouiller. William lui jeta un regard inquiet :
-Qu’est-ce qui se passe ?
-Je ne sais pas. L’esclave de XANA disjoncte, ce qui implique une perturbation chez le programme, mais les écrans ne m’indiquent rien à ce sujet. XANA ne peut pas communiquer avec nous. Ou alors, on subit une boucle, un peu comme sur les vidéos.
Elle commença à pianoter, nerveuse.
-Et euh, ce serait pas mal qu’on envoie des renforts à Wreck et Stella. Parce que un problème de cette ampleur implique que ça risque de chauffer.
-On a déjà eu des problèmes de ce style ? Qui ça pourrait être ?
-Je ne sais pas. Je n’arrive pas à identifier l’origine de l’attaque. On avait un jour eu une défaillance, mais c’était lié à Xana, enfin, la version originale. Elle a réussi à lancer une attaque depuis son avatar virtuel. Là…non, je ne sais pas. Wolfy n’a jamais tenté de nous pirater, mais il a récemment lancé un assaut sur Lyo. Il pourrait recommencer. Du coup, je peux essayer de transférer quelqu’un mais ce n’est pas dit que la personne arrive à destination.
William eut un instant de réflexion avant de lancer :
-J’y vais.
Avant qu’elle ait pu répondre quoi que ce soit, il appuyait sur le bouton du monte-charge. Elle se mordit la lèvre, un peu inquiète, tandis que Dérobâme et Kimblee jetaient un œil aux écrans. Puis l’informaticienne programma la virtualisation de son petit copain.
« Sois prudent. »

William retomba dans l’Arena, comme prévu. Tout s’était bien passé, mais il ne pouvait sans doute pas prévenir Aslinn que c’était le cas. Il essaya quand même.
-Aslinn, tu m’entends ?
Pas de réponse. Il espérait que son point s’affichait bien sur le radar, pour qu’elle ne s’inquiète pas. Pour le moment, il devait rejoindre ses camarades, qui ne savaient probablement pas qu’il était là. De ce qu’il savait, le duo était en poste à l’interface. Il s’élança donc, comptant sur son pouvoir de propulsion pour accélérer comme il le faisait toujours. Tout en courant, il surveillait les côtés pour s’assurer qu’aucune menace ne viendrait troubler son déplacement. Pour le moment, tout semblait calme, et c’était bien le plus inquiétant.
Un cliquetis attira son attention et il s’arrêta, faisant apparaître son épée dans une fumée rougeâtre. Le bruit se rapprocha, et bientôt il vit surgir un loup noir, imposant et robotique. Il nota une inscription sur le flanc, « Brussaï ». Probablement son petit nom.
-Salut, clébard, siffla l’ex Lyokoguerrier.
La bête grogna et se jeta sur lui sans autre forme de procès. William lui interposa son épée, provoquant un « clang » métallique extrêmement audible. Avec ça, si Wreck et Stella ne l’entendaient pas, ils devraient aller consulter pour leurs oreilles. Encore fallait-il qu’ils aient le temps d’arriver. Ou qu’ils décident de le faire. Pour le moment, William était tout seul. Il bondit en l’air pour éviter les crocs de la bête et pouvoir retomber l’épée en avant, comme il avait vu Dorothée le faire parfois. C’était une technique assez efficace. Mais le loup avait des réflexes, et il se poussa sur le côté, laissant l’arme se planter dans le sol. Forcé de réagir vite, l’agent ne perdit pas de temps à tirer et préféra se reculer tout en redonnant au zanbatô l’aspect d’une fumée. Plus intelligent.
En rematérialisant cette fumée, il décida de charger le loup avec la plus grande finesse et une certaine mesure. Il se propulsa donc à nouveau, droit devant lui, et même le blindage de la bête ne fut pas insensible à la frappe. Le robot recula de quelques pas, titubant, et William en profita pour redonner un second coup. Toutefois, puisque moins puissant, celui-là le sonna pas le laquais de Wolfy qui se permit donc de riposter. Mais il était amoché, moins performant et sans doute avec beaucoup moins de points de vie. Sans aide de la régie, William ne pouvait pas estimer combien il lui en restait, ni combien il en avait.
Pour le moment, il se concentra de parer le nouveau coup, puis décida de lancer son phénix pour finir le combat. Avec un peu de chance, ce serait suffisant. Il s’arrangea donc pour que les mâchoires de la bête se referment sur son épaisse lame en espérant que ça l’empêche de bouger un petit moment (juste assez), et donna une commande mentale. Avec un cri perçant, l’oiseau de feu s’éleva, se détachant de William, resta en suspension aérienne quelques temps, puis s’écrasa sur le loup robotisé. Celui-ci produisit quelques éclairs, eut l’air incapable de bouger plus, puis tomba en morceaux sur le sol, morceaux qui clignotèrent et disparurent.
-Bon, ça c’est fait.
Il espéra un commentaire de la régie qui lui prouverait qu’il n’était pas tout seul, mais ce ne fut pas le cas. Avec une grimace, il fit disparaître son arme et reprit sa course vers l’ascenseur. Très vite, il arriva au couloir menant à l’interface, pour remarquer le canon prismatique pointé sur lui.
-Hé, c’est moi ! Tirez pas !
Wreck fit une petite moue mais aucun point rouge n’apparaissant dans la bouche de l’arme, il en conclut que son collègue n’allait pas tenter de le flinguer. Il remarqua également la présence de Stella.
-Ok. Bon alors, tu as l’intention de nous expliquer ce qui se passe, Willy ?
William retint une grimace. Il n’aimait pas entendre son surnom dans la bouche du rouquin.
-Comme vous avez pu le constater, la communication avec la régie est coupée.
-Merci Einstein, on s’en était pas rendus compte ! ironisa le psychopathe.
-Laisse-le parler, Wreck, il a peut-être d’autres informations.
-Merci Stella. Il n’y a pas que la communication : la base est en train de perdre la liaison avec le monde virtuel. Pas moyen d’assurer le contact. Les données des écrans sont en désaccord avec ce qui se passe. L’informaticienne pense qu’on subit une attaque informatique, mais elle n’a pas réussi à déterminer qui nous la lançait. Du coup elle m’a virtualisé pour vous filer un coup de main.
-Est-ce que XANA disjoncte vraiment ?
Pour appuyer son propos, Stella montra le sbire dudit XANA qui se cognait toujours la tête contre le mur dans le couloir d’où William était venu.
-Les écrans n’indiquent rien, mais si lui est dans cet état, sans doute.
Une idée folle traversa l’esprit de William.
-On a déjà pu parler à ce môme ?
-Pourquoi tu veux parler à un attardé qui vire cinglé en plus du reste ? ricana Wreck.
-Parce que XANA pourrait réussir à raconter ce qu’il sait à travers lui, peut-être ? répliqua William d’un ton sec.
Avant que le sniper ait le temps de peaufiner une réplique cinglante et cynique, Stella marcha vers le môme en question et lui attrapa l’épaule pour attirer son attention.
-Hé, petit ? Enfin, XANA, techniquement. Est-ce que tu peux nous dire ce qui se passe ?
Rien ne se passa. Même un Magicarpe utilisant Trempette aurait été plus efficace. Wreck afficha un petit sourire narquois.
-Je vous l’avais dit. Attardé, fit-il en détachant bien les syllabes du mot.
William retint un grognement. Pourquoi devait-il travailler avec ça ?
-Bon. Maintenant, on doit décider de ce qu’on fait, non ?
-Ouaip.
Stella réfléchit un peu et commença à résumer la situation :
-Donc, on est coincés là, sans communications ni moyen de savoir ce qui se passe. On est trois, dont un qui ne sait pas se démerder tout seul…
Wreck eut l’air tenté de la pousser du bord, tout d’un coup.
-…mais qui possède la plus grosse puissance de feu qu’on ait. Et il faut qu’on garde un œil sur l’interface, mais aussi qu’on puisse savoir ce qui se passe. L’idéal serait que toi tu fasses un tour, William, et nous on conserve notre position. Sauf si tu veux qu’on échange nos places, auquel cas tu restes avec mon charmant coéquipier et je fais un tour.
-Non, ça ira, tu as plus l’habitude que moi.
« Et je n’ai aucune envie de me coltiner Wreck » termina-t-il pour lui-même.
Il croisa le regard gris dudit Wreck qui lui adressa un petit sourire méprisant. William fut tenté de lui mettre une beigne, mais se retint. Ce n’était pas le moment.
-Mais j’y pense, qu’est-ce qui nous dit que se séparer est la bonne option ? Là, on est plutôt dans une optique de défense, non ? Donc on devrait se regrouper autour de l’interface. En plus, je doute que Willy soit en mesure de se défendre tout seul dans le Noyau…
L’envie dudit Willy prenait de l’ampleur. Il serra les poings un instant puis fit remarquer :
-Si on se planque là, on est aveugles. Je préfère pouvoir surveiller la situation.
-Oui, ça ou alors tu en as marre de bosser pour nous.
Brusquement, tout semblant d’esprit d’équipe alla se cacher très profondément sous terre. L’atmosphère avait viré au glacial.
-Qu’est-ce que tu insinues, Wreck ?
Prononcé par William, le prénom arrivait à sonner comme une insulte. Le rouquin, peut-être plus que quiconque, se délectait de la tension présente dans l’air.
-Je crois qu’on a dépassé le stade de l’insinuation, là. J’affirme très nettement que je ne te fais pas confiance. Et j’ai de bonnes raisons ! C’est pas parce que les gros bonnets ont été sympas avec toi que je le serai.
-Tu n’es sympa avec personne, fit remarquer Stella sans attirer la moindre attention.
-Donc oui, je te considère comme un mec extrêmement louche.
-Parce que tu ne l’es pas, toi ? ironisa William. Tu es probablement le psychopathe le plus instable de tout le projet. Si quelqu’un a le rôle de bombe à retardement qui va péter et faire des dégâts dans notre camp, c’est bien toi. Je suis sain d’esprit, au moins.
Le regard de Wreck commençait à devenir plus meurtrier que son canon prismatique.
-Mais je ne dissimule aucune information capitale, moi. Et tu devrais éviter de m’énerver. Je te rappelle que je peux tout à fait me porter volontaire pour accompagner ta copine quand elle va bosser avec ton amie Aelita. Tu vois ce que je veux dire ?
-Tu ne toucheras pas à Aslinn, crois-moi.
-J’en aurais presque peur, dis donc !
Un petit rire malveillant échappa au roux. William jeta un regard à Stella, espérant qu’elle intervienne. Mais elle se tenait à l’écart, les bras croisés, silencieuse. Le brun décida donc de céder à une pulsion longtemps réprimée : celle de pousser le psychopathe dans le vide. Il n’eut pas le temps : la coéquipière de ce dernier s’interposa, ailes déployées, prête à l’embrocher avant qu’il puisse faire le moindre mouvement.
-Ne fais pas le con, William. Dis-toi que si tu fais ça, tu vas définitivement avoir ton statut de traître et ça va chauffer pour ton compte.
-Tu as l’intention de raconter tout ça à la hiérarchie ?
-Si tu catapultes mon partenaire dans le vide numérique, oui. Réfléchis bien. En plus, je pourrais même altérer la version. Retirer quelques phrases de Wreck…
-Alors ça vous arrange bien, tous les deux, que les communications soient coupées, hein ?
-Je n’aime pas tes suggestions, William.
Le ton de Stella avait lui aussi ces intonations menaçantes qui avaient toujours énervé Dunbar chez Wreck. Il ne pouvait pas prendre le risque de se battre avec ces deux-là. Il ne savait pas ce que ça pouvait donner. Et s’il lui arrivait quelque chose, Aslinn serait exposée. Peut-être même trop exposée (on était toujours trop exposé quand on était exposé à Wreck).
-Alors maintenant, tu vas te calmer, et on réfléchit calmement à ce qu’on fait. Ce sera plus constructif que se taper dessus.
Elle jeta un œil par-dessus son épaule et commenta :
-Mh, ça vaut pour toi aussi, tu sais.
-Je n’en doute pas, répondit Wreck en esquissant un sourire.
William avait clairement la sensation de ressortir perdant de cette joute. Et il sentait bien qu’on était contre lui. Mais il décida de changer de sujet.
-J’ai abattu un loup de métal en venant. Probablement un monstre de Wolfy. C’est bizarre qu’on en ai pas vu d’autres arriver.
-Exact. Mais ça risque de changer prochainement.
Stella désigna l’endroit où arrivait l’ascenseur, et la petite meute de chiots robotisés qui en descendait. Elle fit un pas de côté pour dégager la ligne de tir de Wreck. Lentement, le canon commença à chauffer, mais il fut plus rapide que les créatures du programme pompeur d’énergie. Il n’en resta bientôt que quelques débris fumants sur le sol. Curieusement, ça sembla faire réfléchir Wolfy.
Sur le côté, le gamin s’était proprement écroulé sur le sol. Stella le remarqua et fit la grimace.
-J’aime pas ça. On dirait que la situation empire sur le plan informatique.
-C’est peut-être le cas.
-Parle pas de malheur.
William s’approcha du petit zombie inerte et lui tapota le crâne.
-Hé ? XANA ? Dis un truc ?
Pas de réponse. William grimaça, c’était mauvais signe. Il commençait à retourner vers ses collègues quand un long hurlement le fit sursauter et lui glaça le sang. Un cri de rage, de désespoir, et plein de haine. On ne parvenait pas à reconnaître de mot, mais il n’y en avait peut-être pas besoin.
William fit volte-face, pour confirmer ce qu’il savait déjà : c’était bien le petit qui avait hurlé. Et donc, à travers lui, XANA.
-Ok, là, ça veut dire qu’on a un problème, commenta Stella quand le gamin retomba, inerte (et muet).
Elle se tourna vers son coéquipier et demanda :
-Toi qui t’y connais en cris, une idée de ce qui a pu causer celui-là ?
William vit immédiatement que le substantif utilisé avait fait plaisir à Wreck. Pas étonnant. Il adorait faire souffrir les gens, mais aimait aussi qu’on reconnaisse son talent. Le psychopathe a souvent un côté égocentrique.
-Mhh…une grosse frustration, et beaucoup d’impuissance. Il se passe un truc que XANA n’arrive pas à empêcher et il est furieux. Et il a peur aussi. Ça se sent, crois-moi.
L’ancien Lyokoguerrier se demandait bien comment Wreck pouvait déduire tout ça à partir d’un simple cri. Ça sentait l’entraînement. En fait, il préférait ne pas savoir…
Jetant un œil dans le vide derrière ses collègues (où il aurait bien voulu les balancer, aussi), il nota qu’un des tunnels était très actif. Probablement XANA qui tempêtait. Qui d’autre pouvait gérer des flux de données ?
-Je vois. Eh, on a de la compagnie je crois !
La remarque de Stella s’appliquait de deux côtés. Un petit groupe d’oiseaux en métal approchait par la partie aérienne, et un autre loup venait d’arriver via l’ascenseur.
-Je m’occupe des piafs, décida William.
Wreck ne dit rien mais arma son canon vers les oiseaux également. Il jeta un regard à Willy, l’air de dire « Tu m’excuseras si je te touche… ». Ledit Willy espérait que son « camarade » ne serait pas assez stupide pour lui tirer dessus directement.
Il espérait aussi ne pas louper son saut.
-Mh, tout compte fait, je vais aider Stella avec le loup.
-Dégonflé.
Le ténébreux fut tenté (très tenté) de donner un coup de pied puéril dans le trépied de l’arme de l’autre, mais se retint, encore une fois.
Ainsi, il alla assister la blonde qui s’en sortait très bien sans lui. Son agilité lui permettait d’éviter tous les divers coups de crocs qui auraient pu traîner, ainsi que les coups de patte, et elle était en mesure de rendre lesdits coups grâce à tout son arsenal de corps à corps. Entre le couteau dentelé et les ailes…
William avait un peu la sensation d’être inutile. Il craignait de la gêner s’il s’avançait trop vers le loup. Il regarda alors où en était Wreck, qui avait abattu la moitié des oiseaux, mais ceux-là faisaient déjà demi-tour.
-Euuh…
Il jeta alors un œil vers le robot qu’affrontait sa collègue : il venait d’être abattu sans avoir le temps de s’enfuir.
-Vous me recevez ?
La timide voix d’Aslinn fit sursauter William. Pour un peu, il aurait senti son cœur accélérer, mais on était sur un monde virtuel.
-Oui, on te reçoit !
Un soupir de soulagement leur parvint.
-Bon, euh, c’est bizarre mais j’ai l’impression que l’attaque est finie.
-Des dégâts à signaler ? interrogea Stella.
-Mh, d’après XANA, tout est en ordre.
-Lui aussi ?
-Oui oui. Il a corrigé son petit dérapage, tout va bien. Il affirme que l’attaque avait été lancée par Wolfy. Et de votre côté, tout s’est bien passé ?
William fit la grimace. Il n’aurait pas vraiment employé ce terme pour définir la situation. Ironiquement, ce fut Wreck qui répondit, un large rictus sur les lèvres.
-Parfait, oui. Une coopération sans accroc.
Tout en parlant, il avait coulé un regard amusé à Dunbar qui lui en retourna un beaucoup plus meurtrier.
-Super alors ! Je vous rematérialise et je vous remplace par Sabriël et Dorothée. On ne sait jamais.
Elle pianota quelques commandes et le trio revint dans les scanners. Alors qu’ils se dirigeaient vers le monte-charge, Wreck s’approcha de William et lui glissa à l’oreille :
-Vraiment charmante, ta copine. Ce serait dommage qu’il lui arrive un truc parce que tu fais l’imbécile. Je me demande à quoi ça ressemble quand elle crie. Je pense que tu n’as pas envie que je trouve la réponse, hein ? Pas la peine de me faire ton regard noir, tu sais. Ça ne pourrait que m’agacer un peu plus.
William se contint. Il ne donnerait pas à Wreck une raison d’assouvir ses pulsions destructrices et sadiques. Surtout pas sur Aslinn.

Je somnolais dans un coin du labo. Activité passionnante, destinée à regagner un peu d’énergie et accessoirement à tuer le temps. J’étais également en train de démonter un slogan publicitaire entendu il y a un petit moment de cela : « Arrêtez le temps un instant ». Techniquement, ce slogan n’avait aucun sens. Si on arrête le temps, ça implique qu’il n’y a plus d’avancée du temps. Par exemple, les aiguilles d’une horloge ne bougeront plus. Donc si on choisit d’arrêter le temps une minute, par exemple. Etant donné que le temps ne s’écoule plus, la minute ne passera jamais et ça revient à arrêter le temps pour toujours. Donc, vouloir arrêter le temps un instant était une mauvaise idée. De manière générale, on associe pas l’arrêt du temps à une durée. C’est comme si on disait « Arrêtez-vous quelques mètres ». Si on avance plus, les mètres en question ne seront jamais franchis et on restera sur l’ordre « Arrêtez-vous ».
Quels idiots, ces humains.
-Xana ?
Je levai le nez. C’était Odd. Qu’est-ce qu’il faisait là ?
-Ouais ?
-On a des nouvelles d’Aelita ?
Ah, Aelita. Je l’avais un peu passée à la trappe, elle.
-Non. Tu peux toujours essayer de demander à William, mais je ne suis pas sûre qu’il t’en donnera.
Je lâchai un ricanement ironique.
-Très drôle. Tu crois qu’elle est encore vivante ? Et Yumi ?
-J’en sais rien. Carthage peut les avoir zigouillées tout comme ils peuvent avoir décidé d’exploiter les connaissances d’Aelita avec Yumi comme moyen de pression.
Bon, c’était un peu cru comme façon de dire les choses mais c’était la pure vérité. Malheureusement pour Odd qui afficha une petite mine.
-J’espère qu’elles vont bien.
Je ne répondis rien. Je ne me préoccupais pas tellement de leur santé. Je n’avais pas que ça à faire, tout de même.


Spoiler

_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png


Dernière édition par Ikorih le Jeu 03 Aoû 2017 17:49; édité 1 fois
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Icer MessagePosté le: Dim 18 Mai 2014 20:54   Sujet du message: Répondre en citant  
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Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2115
Localisation: Territoire banquise
J'ai bien aimé ce chapitre. Définitivement le rythme a accéléré, on est largement dans la phase "minimum un camp vient mettre sur la gueule d'un autre" par chapitre. Et tu t'en tires très honorablement en virtuel donc voilà.
Étant (pour changer) dans le train, je ne m'étend pas davantage ce qui induit que ce commentaire sera encore plus petit que celui d'Oddye. Une excellente référence donc parce que blablabla approuvé par Oddye mais pas par Ikorih... Mr. Green

_________________
http://i.imgur.com/028X4Mi.pnghttp://i.imgur.com/dwRODrW.pnghttp://i.imgur.com/mrzFMxc.pnghttp://download.codelyoko.fr/forum/avataricer.gifhttp://i.imgur.com/h4vVXZT.pnghttp://i.imgur.com/gDzGjSF.pnghttp://i.imgur.com/x46kNev.png

« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Zéphyr MessagePosté le: Lun 19 Mai 2014 14:09   Sujet du message: Répondre en citant  
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Je note une chose : ton spoil confirme que l'hypothèse de mon avant-dernier chapitre était juste. Vive moi Mr. Green !

Mon impression sur ce chapitre est la même qu'Icer. Néanmoins, en ce qui concerne, je me demande s'il va réussir à se contenir encore longtemps face à Wreck. Le ténébreux n'est pas réputé pour être quelqu'un qui se soumet facilement (remember Le lac). En tout cas, je pense qu'il ne va pas faire le Wolfy bien longtemps.
Pour rebondir sur cette dernière remarque, cette dernière attaque de Wolfy peut laisser perplexe. Le petit passage dans le chapitre 18 laissait clairement entendre qu'il n'allait pas rester inactif et qu'il comptait accomplir ses objectifs. Après, comme l'avait fait remarquer Xana, la question est : va-t-il rester sur son schéma comportemental de base, soit pomper de l'énergie ou il peut et la stocker sans savoir quoi faire, ou il va enfin lui trouver une utilité ? Ça reste à voir.
En ce qui concerne l'attaque de ce chapitre, je pense qu'elle cache quelque chose de bien plus gros que ce que l'on pourrait penser au premier abord. Et puis, il y a la coupure des communications entre Aslinn et les agents, qui ramène immanquablement à ma remarque du chapitre précédent sur le projet Carthage. Et puis, le dérapage de Xanabis n'était clairement pas là que pour l'humour. Étant donné que Krystal avait donné une piste à Xana sur ses rêves, je pense que l'objectif du jour de Wolfy était ce qui se trouve au bout du fameux tunnel abyssal, ou en tout cas, tâter le terrain.

Autrement, des rumeurs prétendent que Raymentase, chef de file du mouvement Mort aux OC (MAOC), aurait prévu une frappe stratégique en réponse au comportement, mais surtout, à la survie de l'agent Wreck Moore.

Ouais, mon commentaire est court pour cette fois, mais pas pour les mêmes raisons que mon VDD de glace Razz.
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Ikorih MessagePosté le: Sam 24 Mai 2014 17:26   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Chapitre 20 : L'échec


Aelita se retrouvait devant le pupitre du Supercalculateur. Elle avait les mains moites. C’était maintenant qu’elle allait devoir faire la manipulation. Elle priait pour que le scanner n’ait aucun défaut. Derrière elle, Aslinn surveillait ce qu’elle faisait pour qu’elle ne détraque pas le Supercalculateur. Elle connaissait assez bien l’informatique pour voir quand on trafiquait sous son nez, elle.
Il y avait une fenêtre avec une webcam sur un écran latéral, mais Aelita n’y prêtait pas attention. C’était surtout là pour que les informations passent en continu. Dans la salle du scanner, on amenait la bête endormie sur un chariot. Les sédatifs lourds devaient pouvoir tenir. Dans un coin, l’air grave et un fusil à tranquillisants dans les mains, Wreck suivait toute l’opération sans en perdre une miette. Evidemment : le passage sur le monde virtuel risquait de dissiper les produits, ou alors le monstre allait les évacuer plus vite que prévu. Il allait falloir le rendormir pour le remmener dans sa cellule de conditionnement.
La créature fut déchargée dans son scanner sur-mesure et Aelita enclencha une procédure de scan/modification. Bientôt, un grand nombre de données s’affichèrent. Les mains tremblantes, la fille de Franz tapa quelques commandes pour créer le clone. Par prévention, on avait mis un second chariot dans la salle pour pouvoir ramener les deux futurs monstres dans leurs cellules.
On lui confirma la création du second individu. Un poids s’envola. Elle relâcha alors le premier, qui ne s’était pas réveillé, et garda en mémoire le second. Les portes du scanner se refermèrent alors qu’elle lançait la matérialisation (ou plutôt la création) du clone. Son cœur battait à toute allure. L’angoisse lui serrait encore la gorge. Si elle échouait, elle avait très peur de ce qui pouvait lui arriver.
Les portes se rouvrirent, une forme sombre se dessinait dans la fumée. Wreck affichait une expression de fascination et d’émerveillement. L’ombre d’un sourire s’ébauchait, et il était déjà convaincu que la seconde machine de guerre était prête.
Un feulement retentit, et le sourire disparut. Ce n’était pas un feulement rageur, ni même celui d’une créature qui feule pour la première fois. C’était un feulement qui indiquait une grande souffrance. Le rouquin blêmit, resserrant sa prise sur son fusil. Même lui était stressé. Il avait, en quelque sorte, peur.
La fumée se dissipait. On voyait de mieux en mieux le monstre. Et les couleurs. Il y avait du rouge plein le scanner. Du sang. Un silence de mort se fit.
-NON !
La voix de Wreck avait claqué, se révoltant contre ce qu’il avait sous les yeux. La masse était une réplique exacte d’Helion…à quelques détails près. Par exemple, là où se situait normalement la patte avant gauche, il n’y avait qu’un moignon sanguinolent. La langue pendait à même la gorge, faute de mâchoire inférieure pour la retenir. Bien entendu, là aussi, le liquide avait tout recoloré. Le dos avait l’air dépourvu de l’exosquelette qui suivait la colonne vertébrale et offrait une seconde protection à la cage thoracique en prenant la forme de côtes. Personne n’osait bouger. Certains scientifiques étaient pâles comme la mort, incapables d’articuler quoi que ce soit. L’un d’entre eux resta dans les mémoires pour avoir trempé son pantalon.
Un nouveau cri, qui relevait plus du gémissement d’agonie. Wreck, motivé par une certaine dose de colère, se mit à crier pour réveiller tout le monde.
-Emmenez le premier Helion ! On se dépêche !
Tirant de sa main gauche le pistolet à sa ceinture, il tira en l’air, ce qui eut l’effet escompté : donner un bon coup de fouet à l’assistance. Puis il se précipita vers le scanner et la chose agonisante. Aslinn, blafarde (Aelita craignait qu’elle ne s’évanouisse, sans se douter qu’elle était dans le même état) activa le zoom de la caméra pour mieux voir.
Le psychopathe s’agenouilla à côté de la créature, tâchant ses chaussures et son pantalon au passage, puis chercha une veine. Une fois trouvée, il y injecta la dose de sédatif pour assommer la créature. Il évalua la gravité des plaies et grimaça. On risquait la mort par hémorragie. Ayant des tendances pyromanes par moment, il gardait sur lui son briquet, et n’avait jamais été aussi heureux de l’avoir. Il le sortit, et l’alluma.
Wreck marmonna quelque chose, mais il était trop loin pour que le micro de la caméra capte. Ensuite, il appliqua la flamme sur le moignon avec une grimace qui pouvait ressembler à de la souffrance. De vieux souvenirs. Malgré l’évidente douleur, la bête ne se réveilla pas. Les sédatifs devaient être vraiment puissants. Une odeur pestilentielle força les plus sensibles à se couvrir le nez : la chair brûlée sans doute.
Une fois le moignon cautérisé, il s’approcha de la volumineuse tête et réitéra l’opération. Puis, enfin, il se releva pour constater les dégâts sur le dos et les flancs : les surfaces étaient trop larges pour être intégralement brûlées avec son briquet. Il aurait fallu un lance-flamme. Il serra les poings, espérant sans doute que ça suffise, puis donna de nouveau de la voix.
-Maintenant, on ramène ça au département scientifique, et on le soigne ! Il est pas encore mort, et on a une chance de le tirer de là ! Bougez vos culs, bordel !
Après quelques difficultés, on chargea l’Helion cloné sur le second chariot pour exécuter les ordres de Wreck. La salle s’était brusquement vidée. Plein de sang, le rouquin finit par tomber à genoux dans la flaque. Il jeta un regard vers la caméra, puis se contenta de tirer dessus pour couper l’image.
Dorothée, qui assistait à la scène depuis le début, regarda froidement Aelita.
-Je crois qu’il va falloir répondre de cet échec. Surtout que Wreck risque d’être très en colère. Encore plus si le clone meurt.
-Je…
Aelita n’arrivait plus à articuler une phrase. Trop choquée et trop débordée par la peur de son sort. Et elle avait bien raison, dans le fond. Elle fondit donc simplement en larmes, ce qui n’émut pas le moins du monde l’agente.
-Allez, on monte dans la voiture.
Elles reprirent le monte-charge, Aslinn jeta un regard attristé et plein de pitié à Aelita. Une fois dehors, Dorothée surveilla que les deux montent bien à l’arrière puis s’assit sur le siège du chauffeur.
-Et on est repartis au bercail. Ne t’en fais pas Aelita, on ne s’occupera pas de toi tout de suite. La créature agonisante que tu nous as donnée a la priorité. Wreck va sans doute rester à son chevet avec de grands yeux larmoyants. Ensuite seulement il se défoulera.
Un petit rire limite hystérique échappa à Dorothée, tandis qu’Aelita tentait de pleurer le moins bruyamment possible.

Dorothée attendait devant la porte du bureau du directeur du département scientifique. Elle jeta un œil à sa montre : il allait être 18h50, et elle avait rendez-vous à 19h pour son rapport sur ce qui s’était produit lors du clonage. Elle jeta un œil par une fenêtre du couloir : la nuit tombait déjà.
Un bruit de pas se fit entendre. Elle tourna la tête et vit sans grande surprise Wreck arrivait. Il avait l’air un peu moins en forme que d’habitude. Elle aurait dû se douter qu’il ferait son rapport aussi, éventuellement en même temps qu’elle pour pouvoir confronter les versions.
-Comment ça va ?
-Il a perdu beaucoup de sang, ils ne savent pas s’il va s’en tirer.
Dorothée soupira.
-Je parlais de toi.
S’arrêtant face à elle, il esquissa un sourire cynique.
-Moi ? Mais oui, ça va très bien. J’ai une immunité au stress et aux grosses émotions. Et c’est pas comme si j’étais en danger de virer cinglé, non ?
L’agente aux cheveux noirs le fixa un instant, puis baissa d’un ton :
-T’es celui d’entre nous qui es le plus affecté par cette histoire, que tu le veuilles ou non. Tu t’es attaché à cette bestiole à un point extrême, surtout par rapport à la quantité de sentiments que tu peux manifester. C’est la chose à laquelle tu tiens le plus après toi-même. Tu es fasciné par son potentiel destructeur.
-La ferme, siffla-t-il. N’essaie pas de comprendre ce qui se passe dans MON crâne. C’est trop complexe pour toi.
-Oui bien entendu. C’est vrai quoi, tu es le seul psychopathe de ce service, voire de la Terre entière. Personne ne peut imaginer saisir la finesse de ta pensée de sadique.
Son regard gris se durcit et il rétorqua :
-Arrête l’ironie. Je suis pas d’humeur.
Dorothée ne dit rien. Il n’y avait plus rien à dire. En silence, ils attendirent les dix dernières minutes. A la seconde près, un homme d’une cinquantaine d’années couvert de rides (et chauve) avec un costume cravate leur ouvrit. Ponctuel et sérieux.
-Ah, vous êtes là, tous les deux. Parfait, entrez.
Il s’effaça pour leur laisser la voie libre, et referma la porte derrière eux pour aller s’asseoir dans son confortable fauteuil. Un problème se posait aux deux agents : une seule chaise de libre devant la table. Ils échangèrent un regard. Au final, les deux restèrent debout côte à côte. Leur supérieur, qui se faisait mystérieusement appeler « Le Doc’ », nota ce point.
-Pas intéressés par la chaise ? Agent Moore, agente Dérobâme ?
-Merci de l’attention, Doc’, mais ça ira.
-Si vous y tenez.
Dorothée eut la bizarre sensation d’être un peu ridicule, debout à côté de cet échalas roux, mais elle se voyait mal dire « oh et puis zut, finalement si ». Elle tenta de ne pas laisser filtrer son malaise.
-Bien. Vous le savez tous les deux, si vous êtes là, c’est pour nous toucher un mot du regrettable incident de ce matin.
« Nous ? » s’interrogea Dorothée. Puis elle remarqua, discret comme une ombre, l’agent des renseignements. Il était tapi dans un coin, calepin en main, prêt à prendre des notes. De son côté, Wreck était en train de se faire un commentaire comportant les mots « rat des archives » et d’autres un peu moins sympathiques.
-On va commencer par celui des deux qui était le plus impliqué. Agent Moore, auriez-vous l’amabilité ?
Wreck se renfrogna imperceptiblement.
-Tout avait commencé par la procédure normale. On avait branché la caméra pour que le labo puisse suivre la situation, et on avait amené l’Helion anesthésié au scanner. Il a été scanné, et lorsque l’engin a rouvert ses portes, il allait bien. On l’a rechargé sur son chariot, et on a attendu la matérialisation du clone. Lorsque le clone est arrivé, il était gravement mutilé. Sa patte avant gauche, sa mâchoire inférieure et tout son exosquelette avaient disparu, comme arrachés, et il y avait du sang partout. Mais il était encore vivant. Alors je suis intervenu. J’ai dû tirer en l’air pour réveiller les scientifiques qui avaient trop la trouille, et je suis allé voir le clone pendant qu’ils évacuaient l’original. Je l’ai endormi, et j’ai pu cautériser le moignon et la mâchoire, mais pas le reste. C’était trop étendu. Finalement, on a réussi à évacuer la bestiole, qui est toujours en soins intensifs. Je crois qu’ils envisagent de le transfuser d’après son original.
-Je vois. Si on excepte le coup de feu sur la caméra, vous avez très bien agi. D’après les rapports médicaux, si vous n’étiez pas intervenu, il serait mort vidé de son sang. La cautérisation n’était pas complète et n’aurait pas suffi sur un organisme standard, loin de là. Il semblerait que cette chose soit très résistante. Mais elle n’est pas encore hors de danger, j’imagine que vous le savez déjà ?
-Oui.
Le Doc’ fit pivoter son fauteuil pour être face à Dorothée.
-Agente Dérobâme, si vous êtes là, c’est parce que c’était vous qui escortiez l’informaticienne et la fille du professeur Schaeffer. Avez-vous noté quoi que ce soit d’inhabituel, vous ou mademoiselle O’Pak ?
-Non, rien. Si elle a vu un problème, elle ne m’en a pas fait part. Mais j’ai noté que la prisonnière semblait très stressée.
-Allons, c’est bien normal. Elle savait ce qu’elle risquait en cas d’échec.
Les yeux de Wreck étincelèrent : son attention était totale, tout d’un coup.
-Est-ce que ça veut dire que… ?
-Un peu de patience, agent, s’agaça le Doc’. Vous vous occuperez d’elle en temps voulus. Astaroth, vous classerez le dossier dans les incidents techniques jusqu’à preuve du contraire.
-Bien monsieur.
Le petit ton servile adopté par le gratte-papier agaçait un peu Wreck.
-Parfait. Ce bref entretien touche à sa fin. Avez-vous des questions, à part celle (évidente) qui brûle les lèvres de notre sniper ?
Dorothée secoua la tête. Le rouquin attendait sa réponse.
-Le service scientifique n’a plus besoin d’elle…
Lueur d’espoir dans les yeux gris du tireur.
-…en tant que technicienne. Toutefois, nous serions ravis d’avoir quelques cobayes pour tester les manipulations ADN via les scanners. Donc, elle reste en vie. Pour le reste, adressez-vous à vos propres supérieurs. Voilà, vous pouvez disposer, les deux.

A la limite de la synchronisation, ils tournèrent les talons et sortirent. Une fois dans le couloir, Dorothée sourit.
-Tu sais, ce serait dommage que tu ne t’en prennes pas à Aelita, au final.
-Pourquoi tu dis ça ?
Elle soutint son regard interrogateur en étirant un petit rictus.
-Tu aurais dû voir sa tête lorsqu’elle a vu qu’elle avait merdé. Elle était toute pâle. Et puis elle s’est mise à pleurer. Tu la terrifie purement et simplement. Ce serait vraiment bête qu’elle stresse pour rien, non ?
-Tout à fait.
L’expression de Wreck devenait pratiquement un miroir de celle de son interlocutrice. Dorothée était contente de constater qu’il restait égal à lui-même malgré les circonstances. Elle avait redouté que son esprit malade soit plus ou moins gravement affecté par le choc.
-Déjà une idée de ce que tu vas lui faire ? Faut arriver à faire pire que la dernière fois, ce qui n’est pas si simple…
Son sourire s’élargit.
-Je ne sais pas encore. Faut que j’y réfléchisse. L’inspiration viendra…
Il éclata d’un petit rire qui avait de légers accents de démence, rire que sa collègue ne tarda pas à rejoindre, globalement sur le même ton. Ce sympathique unisson résonna dans le couloir, les précédant, et restant derrière eux après leur départ.

Quelques jours après cette conversation, Dorothée se retrouvait devant la porte d’Aelita. Elle se força à garder un visage neutre et entra.
Comme souvent, la fille de Schaeffer était allongée sur son lit, regardant dans le vague, visiblement désespérée. Elle avait les yeux rougis. Lorsqu’elle tourna la tête vers Dorothée, elle pâlit.
-Debout jeune fille, c’est l’heure d’affronter ton destin !
Elle ne put s’empêcher de sourire. Trop tard pour le visage neutre. Voir la figure de sa captive se décomposer encore un peu plus la mettait en joie.
-Eh oui, c’est l’heure d’assumer un peu les conséquences ! T’as merdé et t’as failli tuer notre clone. En tout cas, il est handicapé à vie. On aime pas trop ça, nous.
Aelita tremblait. Dorothée songea que si elle était terrifiée dans l’expectative, qu’est-ce que ce serait en vrai !

-Alors tu vois, toute la pièce est blindée en ciment.
Wreck Moore faisait les cent pas dans sa salle d’interrogatoire, abordant pour le moment un sujet tout à fait banal. La petite ampoule pendait au plafond, et on entendit Dorothée verrouiller la porte.
-Bon, ça et puis le revêtement anti-bruit. Faut croire que ça dérangeait mes collègues.
Il laissa échapper un soupir théâtral. Apparemment, il avait le sens de la mise en scène. Aelita ne voyait toujours pas où il voulait en venir.
-Du coup, j’avoue que ça m’ennuie un peu. J’aurais bien voulu pouvoir planter des trucs dans les murs mais c’était pas possible. Donc j’ai dû adapter. C’est frustrant, tu sais ?
-Tu as besoin que je te l’attache ? interrogea sa collègue brune.
-Naan, on est plus à ça près. Quoique, réflexion faite, tiens-la quand même. Elle pourrait décider de faire chier.
Il sourit. Aelita était blême comme la mort. Wreck marcha vers un coin mal éclairé de la salle, on entendit un tintement métallique et il revint, les mains dans le dos. Sa future victime avait l’impression qu’elle n’allait pas aimer ce qu’il avait ramassé, mais alors pas du tout.
-Euh, juste une question avant pour éviter d’avoir des emmerdes.
Elle le regarda, un peu effrayée. Il avait presque l’air normal, à cet instant.
-T’es vaccinée contre le tétanos ?
Sur cette réplique glauque, Wreck exhiba enfin l’objet qu’il cachait. Une tige en métal d’une quarantaine de centimètres, avec une pointe. En revanche, elle était assez fine. Il échangea un regard avec sa collègue qui prit les mesures nécessaires, à savoir coincer le bras d’Aelita pour qu’elle ne puisse pas bouger. Il fit la moue.
-Nan, plie-le un peu plus. J’ai une idée.
Aelita tremblait déjà. Le stress post-traumatique. Elle ne supportait plus la proximité de Wreck et tenta d’échapper à la prise de Dorothée, en vain. Elle glapit lorsque la pointe entra en contact avec sa peau. Il lui jeta un regard atterré.
-Fais pas ta chochotte, merde, je t’ai encore rien fait.
Et sur ce, il lui transperça allègrement l’avant-bras du bas vers le haut, lui arrachant un superbe hurlement et créant un petit trou suintant. Elle se sentit incapable de bouger les doigts, mais ignorait si c’était à cause de la douleur. Wreck ne s’arrêta pas simplement à ça : il poussa un peu plus loin la tige jusqu’à avoir une certaine longueur à l’extérieur, et lui fit replier le bras de force (bien qu’il n’y eut pas vraiment à forcer) pour pouvoir percer l’autre partie du membre. Nouveau hurlement, et encore plus de sang. Il en avait déjà sur les doigts. Non seulement la position était très inconfortable pour le squelette de la jeune fille, ce qui n’était que la moindre des choses, mais la pique plantée dans son corps arrivait à endolorir tout le bras. Elle commença à sangloter, plus rapidement que la dernière fois. Elle produisait un mélange de cris et de pleurs qui ne laissait personne insensible. Même pas Wreck, même si lui c’était pour une tout autre raison. Il rit, fit signe à Dorothée qui lâcha le bras coincé par l’instrument. Les muscles endommagés de la jeune fille eurent une série de contractions incontrôlées qui lui arrachèrent de nouveaux gémissements.
Après un passage dans le coin où il laissait traîner ses tiges, il revint vers sa victime avec deux nouvelles pièces de métal à planter. Aelita, adossée au mur, blafarde et toute tremblante, ne pouvait pas faire grand-chose pour se défendre ni tenter de filer. Il s’arrêta et l’observa, l’air perplexe.
-Qu’est-ce que tu attends ? lui demanda Dorothée qui s’était un peu écartée pour admirer la scène.
-Je réfléchis. Voilà, je sais.
Histoire d’avoir les mains libre, il rangea une de ses piques dans la poche de son pantalon en la laissant un peu dépasser, puis considéra à nouveau l’avant-bras d’Aelita. Après quelques instants supplémentaires d’observation, il lui prit le poignet, le recula un peu pour améliorer son angle (et accessoirement faire coulisser le bras sur la tige, ce qui provoqua un nouveau cri de la prisonnière) et planta parallèlement à l’os. En gros, l’objet passa sous la peau puis à nouveau en dehors, sans faire de coupe transversale. Wreck jeta un regard à Aelita qui avait détourné les yeux, de plus en plus pâle, et qui continuait à émettre son mélange de pleurs et de hurlements.
-Hé, regarde, ça te rappelle pas des souvenirs les objets sous la peau ?
Devant l’attitude adoptée par sa cible, il soupira et lui prit la mâchoire pour orienter de force son visage vers son membre meurtri.
-Et tu ouvres les yeux, sinon je t’en crève un, menaça-t-il d’un ton enjoué.
Contrainte et forcée, elle ouvrit les yeux et cria encore un peu, pour le plus grand bonheur des oreilles de son tortionnaire. Il la lâcha, et ses jambes en profitèrent pour faire de même, la faisant s’écrouler au sol, prostrée. Il espéra qu’elle lâche une réplique grandiloquente mais fut un peu déçu.
-…ça fait mal !
-C’est à un génie pareil qu’on a confié le clonage ? Je comprends que ça ait foiré.
Dorothée nota la contraction imperceptible de la mâchoire de Wreck. Elle comprit que les images des évènements remontaient en lui. Il devait être en train de revoir la chose informe qu’ils avaient créée, et en train de réentendre ses hurlements.
Sans prévenir, il lui flanqua un coup de pied dans les côtes. Nouveau cri, et elle se recroquevilla plus sur lui-même en contractant les muscles, et se blessant encore un peu plus.
Wreck considéra la troisième tige qui dépassait de sa poche, avant de jeter un nouveau regard à sa prisonnière, au bord de la syncope. Puis il alla s’asseoir contre le mur de façon à l’avoir bien en vue. Dorothée l’observa, surprise.
-Qu’est-ce que tu fais ?
-Je veux la regarder traîner sur le sol en gémissant et en suppliant pour que je lui retire les tiges. Juste la regarder souffrir.
Après quelques instants de réflexion, elle s’approcha de lui et tendit la main.
-Tu permets ?
-Va-y, éclate-toi, sourit-il en lui donnant l’instrument de torture.
-Merci, répondit-elle avec un sourire équivalent au sien.
Elle s’approcha d’Aelita qui couina comme un lapin écrasé (oh que si les lapins écrasés couinent, en tout cas plus que les pendus) et une lueur démoniaque passa dans son regard. Elle s’accroupit et commenta :
-Si tu me mords, j’applique la méthode Wreck : je te crève un œil.
La remarque eut le mérite de faire rigoler le dénommé Wreck. Dorothée, elle, mesura son effet à la terreur lisible dans les yeux de la jeune fille aux cheveux rose. Et c’était une terreur très aisément visible.
-Ouvre la bouche.
Et lorsque son ordre fut appliqué, elle enfonça la pique dans la bouche d’Aelita…en passant par la joue. Long hurlement horrifié et très significatif. Avant que la jeune femme ne soit tentée de ne plus desserrer les dents, elle fit ressortir sa tige de l’autre côté, par l’autre joue. Le dispositif empêchait Aelita de refermer la bouche et témoignait d’un sadisme remarquable. Le niveau sonore monta.
Dorothée se retourna pour jeter un œil à la réaction de son collègue : il était tout simplement fasciné. Ses yeux gris argent brillaient d’émerveillement, presque comme un enfant le jour de Noël. Avec une petite différence de contexte.
Elle retourna s’asseoir à côté de lui pour observer le résultat.
-Super ! Franchement, ça te tenterait pas de venir plus souvent ?
-Je ne t’avais plus vu aussi bavard depuis un moment. Bon. On attend combien de temps avant de lui enlever et de l’emmener à l’infirmerie ?
-Boarf, on a juste à attendre qu’elle tombe dans les pommes. Tiens, c’est marrant, je jurerais qu’elle est en hyperventilation.
En effet, la poitrine d’Aelita se soulevait et s’abaissait extrêmement rapidement sous l’effet de l’angoisse. Pour un peu, Wreck aurait regretté de ne pas avoir amené de pop-corn.
-Donc, pour ma proposition, t’en dis quoi ? Intéressée ?
Le ton sur lequel il le disait donnait plutôt l’impression qu’il lui proposait un ciné. Ce qui était le cas, d’une certaine façon…enfin, à la manière des psychopathes.
-Pourquoi pas, si j’ai le temps.
Pour finir, Aelita cessa de bouger, inerte. Wreck soupira.
-Bon, je crois que c’est le moment où on retire tout ça et où on l’amène à l’infirmerie. Je compte sur ta coopération.
Elle attendit qu’il se lève le premier puis parvint à vaincre la flemme, ennemie jurée de tous, pour le suivre.
-Va falloir les laver, observa Dorothée en retirant les bouts de métal du bras de la jeune fille.
Wreck haussa les épaules, pas l’air très concerné par cette corvée, et dégagea la dernière tige. Puis il la chargea (Aelita, pas la tige) sur son épaule et fit signe à sa collègue d’ouvrir la porte. Ils quittèrent donc la salle sinistre, pleine d’écho de cris de beaucoup de gens, pour s’en aller côte à côte vers l’infirmerie, stratégiquement située pas loin. L’agencement était très bien pensé, il fallait bien éviter les…accidents.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Dernière édition par Ikorih le Jeu 03 Aoû 2017 17:51; édité 1 fois
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Raymentase MessagePosté le: Sam 24 Mai 2014 17:45   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Raymentase)


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Je suis traumatisée.

C'était vraiment horrible. Bien plus que la scène du film que tu as pla... dont tu t'es inspiré. Parce qu'à l'écrit, c'est pire.
Ca a même réussi à me faire oublier le début du chapitre ! Franchement, t'exagères.

En tout cas, ce soir je vais pas beaucoup dormir, mais t'as pas intérêt de te servir de moi comme cobaye de chapitres !

Sinon, Wreck (dont j'avais oublié le retour (a)) m'est toujours aussi antipathique. Mais au moins il est fidèle à lui-même, bien que le "je me suis attaché à la bestiole" me paraisse totalement incohérent.
Et puis, j'aime pas les OC.
_________________

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Merci pour ce beau pack Abby !

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Zéphyr MessagePosté le: Dim 25 Mai 2014 13:45   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Le chapitre en lui-même ne m'a pas énormément emballé je dois dire. C'est quand même le deuxième d'affilée qui se trouve du côté de Carthage, et du coup, on se demande ce que peux bien faire Xana de son côté. D'ailleurs, on sent une certaine mise en avant de Wreck depuis ces derniers chapitres Mr. Green.

Raymentase a écrit:
bien que le "je me suis attaché à la bestiole" me paraisse totalement incohérent.

Je plussoie légèrement ici. Ce n'est pas la fascination de Wreck pour l'Helion qui me choque, mais le fait que l'échec du clonage l'affecte autant. Après tout, l'original est encore en vie (et c'est à lui qu'il s'est attaché en premier lieu), donc dans le pire des cas, pourquoi ne pas refaire une tentative plus tard ?
Bref, j'en profite de cet intermède clonage pour placer cette image.

Ensuite, en ce qui concerne la scène de torture. Comme c'est pas trop mon truc, je ne sais pas si je peux être réellement objectif dessus. Mais à mon sens, la scène du même genre du chapitre 12 était mieux. Le petit exposé sur le système nerveux et le fait que ce soit plus propre rend mieux sur papier/écran selon moi. Pour la scène de ce chapitre, il y a certes du sadisme et un sens du détail assez horrible, mais le souci, c'est que c'est lourd, notamment par sa longueur. Tu dépeins ce moment sur un tiers du chapitre environ, ce qui enlève quelque peu l'intérêt du moment. D'habitude, je suis partisan du fait de mettre des descriptions, mais il y a certaines scènes qu'il faut savoir doser pour éviter l'indigestion.
Ici, ça s'étend trop en longueur. Je pense qu'il vaut mieux jouer sur le fait que le personnage ne soit exposé à la douleur que durant un bref moment, mais jouer sur ses sensations et les mots pour donner l'impression que ça dure une éternité. Du coup, j'ai un peu tendance à m'aligner avec la remarque que t'avais faite IDM4 sur Skype (un peu reformulée à ma sauce (a)) : « On s'ennuie un peu vers la fin ». Du coup, ça retire quelque peu l'horreur de l'acte, ça désensibilise le lecteur. C'est un peu comme une scène de combat : ne pas la faire durer 5 tomes, mais en faire assez pour captiver le lecteur et lui faire continuer sa lecture.

D'ailleurs, je pense que les chapitres 19 et 20 auraient presque pu être fusionnés, puisque la scène avec Xana du précédent était une sorte d'avant-propos sur ce qui allait arriver à Aelita. Du coup, le fait qu'on soit encore entièrement du côté de Carthage contribue à cet effet de longueur.
Pour le reste, le sort d'Aelita semble presque scellé. Reste également à voir ce que Carthage compte faire de l'Helion.

Voilà au final, je ressors un poil déçu de ce chapitre, principalement pour le fameux effet de longueur. Enfin, ce ne serait pas marrant si j'aimais intégralement tous tes chapitres (a).

Dans tous les cas, j'attends le chapitre 21 Wink.
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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IDM4 MessagePosté le: Dim 25 Mai 2014 16:21   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Messages: 205
Bon.... je me dois de venir commenter ce chapitre un peu plus en longueur que ce que je ne fais d'habitude (par Skype)...
Je t'ai déjà dit ce que j'en pensais sur Skype mais je vais le refaire ici, ne t'attends pas à de grandes éloges... (et tu peux me sortir autant de fois que tu veux que CLG n'a pas avancé depuis des mois, je m'en fous, t'échapperas pas à ma critique négative =p)

Tout d'abord le début... est le plus intéressant. On assiste enfin à une avancée du projet qu'Aelita devait développer (et que j'avais un peu zappé, je dois admettre...) et l'intérêt que porte Wreck à la chose... soit.
Ensuite l'échec du projet et la réaction de Wreck lui-même... est vachement intéressante mais comme l'ont dit mes deux collègues plus haut, un brin incohérente dû au fait que c'était pas l'original mais soit, je peux comprendre ce que Wreck ressent en voyant une bestiole à laquelle il tient être complètement blessée (même si Wreck triste à cause d'une blessure chez un autre me paraît bizarre malgré tout...)
Notre connard de psychopathe a donc un(e sorte de) côté humain ce qui n'empêche pas de vouloir le jeter d'une falaise dans l'océan avec une batterie attachée aux testicules et trois balles de 9mm tirées directement dans son anus...
Par la suite ça se gâte... non pas les événements, le chapitre je veux dire... Autant le passage chez le directeur garde un côté distrayant, autant le passage où Wreck torture Aelita est totalement superflu...
Le chapitre aurait été aussi intéressant, si pas plus, sans ce passage-là... qui représente presque la moitié du chapitre...

Tel que tu nous le présentes, on voit juste un long passage sur lequel tu te défoules sur Aelita. On en a déjà eu un dans un chapitre précédent qui m'avait plus ou moins affecté, celui-ci me laisse de marbre. On sait déjà que Wreck est un psychopathe fini qui se délecte de la souffrance des gens, la seule chose de nouvelle qu'on a apprise là-dedans est que Dorothée est quasi pareille et ça on l'avait déjà plus ou moins deviné avec les indices que tu nous laisses au cours de la fic.
Non une méthode bien meilleure aurait été de donner une description précise de tous les instruments de Wreck et celui-ci expliquant avec passion ce qu'il pourrait faire avec, et au final nous laisser le chapitre en suspens sur un regard terrifié d'Aelita sur le point de se faire torturer (et au chapitre suivant décrire précisément également les blessures de bonbon rose) afin que seul lecteur puisse s'imaginer quelles horreurs elle a dû traverser. L'instant précédent l'horreur est toujours plus effrayant que le moment de l'horreur elle-même, si tu nous laissais en plein cliffhanger à ce moment-là, la peur dure techniquement jusqu'à la publication du prochain chapitre...

Maintenant autre détail :

Citation:
Le service scientifique n’a plus besoin d’elle en tant que technicienne.


Wowowow what ? J'aurais loupé un épisode ou un passage de la fic, là ?
L'expérience a merdé non ? Aelita doit pas corriger des trucs pour que ça marche par la suite ? Parce que se débarrasser d'elle maintenant serait complètement stupide bordel ! Il aurait fallu la menacer d'un châtiment de plus en plus sévère à chaque échec et seulement au final se servir d'elle comme cobaye humain. Ici ils vont laisser des semaines de travaux partir à l'eau comme ça ?
'Fin bref, explique-moi ce que j'ai loupé parce que pour moi ça n'a pas de sens...

Bon mon com' a été moins long que prévu (y'avait un autre truc qui m'avait dérangé mais en écrivant je me suis rendu compte que ce détail était déjà expliqué *paf*)

_________________


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Auteur de la fic : Code Lyokô Génération
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Ikorih MessagePosté le: Dim 01 Juin 2014 12:24   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Chapitre 21 : Bêtises humaines


Wreck était derrière une vitre qui le séparait de ce qu’on pouvait assimiler à un bloc opératoire géant. Sur la table massive, la carcasse inerte du monstre gisait. On entendait des bruits de machine et on voyait des gens passer, chargés de pièces de métal. Il savait que quelque chose était en train de naître. Et il savait aussi que c’était grâce à lui. Et en même temps, il était anxieux. Il ne voulait pas que ça puisse échouer.
-Patte bionique connectée !
La prothèse était terminée par des griffes brillantes. Probablement du diamant. Carthage en avait un joli petit stock depuis son passage au Congo. Les autres griffes avaient été remplacées aussi pour améliorer le potentiel destructeur. On allait garder les modèles originaux quelque part, sans doute. Si tout se passait bien.
On s’affairait encore autour du dos de la créature, là où il avait perdu son exosquelette. Il était en train d’être remplacé par des plaques de vibranium façonnées de façon à ressembler globalement à celles perdues. Le système de côtes externes était plus compliqué, puisqu’il s’agissait de ne pas bloquer la respiration ni d’être trop lourd, tout en étant solide. On avait donc ajouté des parties élastiques pour laisser à la cage thoracique la liberté de croître de volume.
La partie finale vint : la tête. Une mâchoire à remplacer. Elle était connectée par des fils au second ajout, un petit bijou de la technologie : un implant neuronal. A l’extérieur du crâne, on ne voyait qu’une fine trace de métal témoignant de la présence de l’équipement. L’animal pouvait interagir avec, mais surtout, l’implant pouvait prendre le relais. Il avait même le pouvoir de contrôler un dispositif situé sur l’exosquelette dorsal. Le dispositif était composé d’un boîtier et de deux tubes fins ancrés dans le monstre lui-même, au niveau des reins. Il y avait également une réserve qui pouvait être injectée directement dans le sang sans passer par un stimulus des glandes. L’installation était enfin finie. Les scientifiques se reculèrent pour observer le résultat. Tout semblait s’être bien passé, mais Wreck se montrait méfiant en ce qui concernait la bestiole nouvellement robotisée. Et c’était normal, étant donné le gros accident dès sa création. Le rouquin finit par se détacher de la vitre pour se diriger vers la porte. Il sursauta en constatant que Dorothée y était adossée.
-T’es là depuis quand ?
-Un moment. Tu te coupes beaucoup du monde quand tu observes cette bestiole.
-Si tu le dis. Tu voulais un truc ?
-Yep. Il se trouve que l’équipe scientifique veut faire ses petits tests sur cobayes et qu’elle s’en est trouvé deux. Et faut des gens pour les accompagner, logiquement. Ils veulent trois à quatre agents. Sabriël étant de garde sur le monde virtuel, on doit passer prendre William et y aller. D’ailleurs on a une petite contradiction au niveau des ordres puisque Dunbar n’est plus sensé être en contact avec la débile aux cheveux roses. Faudra veiller à ce qu’il ne lui parle pas.
Il se permit son habituel sourire carnassier.
-Je pense pouvoir m’en sortir. Même si mon boulot est plus de faire parler les gens, en général.
L’humour noir ayant toujours du succès, surtout auprès des psychopathes, la réplique suscita quelques instants de rire.
-Bon, du coup, envoie un SMS à Stella, moi je m’occupe de William.
Dorothée avait été la première à reprendre son sérieux. A l’injonction, elle ajouta une question :
-J’imagine que c’est moi qui vais devoir conduire ?
-Faut bien quelqu’un pour le faire, nan ?

William s’était incrusté dans le véhicule de l’équipe scientifique. Il n’y avait que cinq places dans la voiture prise par ses collègues et vu qu’ils emmenaient aussi Aelita et Yumi, il fallait que quelqu’un saute. Il n’avait aucune envie de se retrouver avec Aelita (ça allait créer un malaise) ou avec Wreck (qu’il abhorrait). Mais là, il était temps de descendre et de recroiser tout ce monde sur le pont de l’usine.
Yumi avait l’air assez effrayée. Aelita, elle, complètement traumatisée. William nota la présence de pansements sur ses joues. Et il nota aussi qu’elle se tenait le plus loin possible de Wreck et Dorothée (qui de toute façon étaient côte à côte). Pendant que l’équipe scientifique échangeait de passionnantes théories, ils rentrèrent. Durant la descente du monte-charge, Yumi jetait des regards inquiets autour d’elle, au point que Dérobâme finit par dire :
-T’as peur, pitchoune ?
La japonaise ne répondit rien. Elle jeta un regard à William, semblant se rendre compte de sa présence, et fronça les sourcils comme si elle avait un doute. Il détourna les yeux. Il n’avait pas envie qu’elle le reconnaisse. Ce qui attira immédiatement l’attention de Wreck.
-Oui oui, c’est bien William Dunbar. Surprise ?
-William ?! Mais…que…comment ?
Les portes du monte-charge s’ouvrirent, donnant sur le labo en lui-même. Dorothée réfléchit un instant puis sortit, faisant signe à William de la suivre. Elle se retourna et suggéra :
-Stella, Wreck, je pense que ce sera plus simple si vous gardez un œil sur nos deux cobayes directement en bas.
La blonde hocha la tête et appuya sur le bouton. William jeta un regard noir à celle qui avait les cheveux de la même couleur.
-Pourquoi vous leur faites ça ?
-Les motifs sont divers et variés. Aelita s’est attiré les griefs de Wreck, son père nous a pourri la vie… Yumi, elle c’est plus une histoire de manque de pot. Techniquement, on pourrait aussi souligner que ce serait de la faute de son mari puisque la raison pour laquelle l’équipe scientifique s’intéresse autant à elle, c’est parce qu’elle est enceinte.
-C’est juste dégueulasse.
-Oui.
Dorothée n’avait pas l’air très affecté par ce qu’elle venait de dire. William rageait intérieurement. Il en avait assez d’être pieds et poings liés. Pour évacuer sa frustration, il fut tenté de faire un commentaire sur les liens douteux qui existaient entre sa collègue et Wreck, mais l’équipe scientifique débarqua.
-Bon, alors, on commence par quoi ? demanda le chef d’équipe
-Je veux tester les modifications ADN possibles ! glapit immédiatement une chercheuse avec une tresse.
-Nan, d’abord on virtualise la japonaise !
-Faut essayer d’en changer une en enclume, suggéra une autre avec les cheveux verts.
-Bande de gauchistes, il faut voir si on peut alimenter une machine avec leur sang !
-Vos gueules, soupira le malheureux chef d’équipe. Si c’est comme ça, réglons le problème mystérieux de la japonaise.
Il y eut des « Yeah » enthousiastes. Un des informaticiens qui remplaçait Aslinn pour l’opération (elle était patraque) activa le micro pour donner le feu vert au duo d’agents dans la salle des scanners. Après quelques instants, un « C’est bon ! » remonta des profondeurs. On enclencha la procédure de virtualisation.
William aurait bien voulu pouvoir bondir sur le type en train de taper les commandes et l’étrangler. Il sentit une main sur son épaule, ce qui le fit nettement tressaillir, mais il entendit la voix de Dorothée, très basse :
-Ne fais pas le con, surtout. Tu es impuissant. Tenter quelque chose reviendrait simplement à mettre ta copine dans la panade. J’ai dit à Wreck que je l’accompagnerai la prochaine fois qu’il a quelqu’un à torturer, je pense que tu n’as pas envie que ce soit pour se défouler sur cette chère Aslinn, hum ?
-Alors c’est à ça que ça ressemble, un rencart pour psychopathes ? siffla William.
Il ignorait d’où lui venait une telle réplique. Il avait eu envie de cracher un truc mesquin et portant sur un bruit de couloir. Tout plutôt que montrer que cette menace lui fichait sacrément les jetons. Dorothée plissa les yeux, un peu agacée.
-Si j’étais dans ta position, j’éviterais de jouer les bravaches. J’ai la rancune tenace, tu sais.
Le processus de virtualisation s’acheva. Aucun message d’erreur. Un des chercheurs prit le micro et tenta de joindre le cobaye.
-Alors, madame Della Robbia, vous êtes arrivée à bon port ?
Pas de réponse. Ils vérifièrent la liaison avec le monde virtuel, ainsi que le branchement du micro, rien n’y fit. Dans le doute, ils envoyèrent Stella vérifier en direct. Elle fut en mesure de les éclairer.
-Mh, y a pas d’avatar virtuel clair. C’est plus une sorte de masse noire bouillonnante.
Les scientifiques se concertèrent un moment. William se mordit la lèvre, nerveux.
-Incroyable, finit par dire le chef d’équipe comme s’il s’agissait d’une bonne nouvelle, je crois que le scanner a reconnu l’esprit du fœtus en même temps que celui de sa mère, et il a créé une chose hybride entre les deux qu’il représente sous cette forme de boule noire.
-C’est glauque.
-Oui, et ça pourrait relancer les débats sur le fœtus en tant qu’être humain et donc, l’avortement. Mieux vaut ne pas publier ce genre de découvertes trop vite.
-Tout à fait. Si on passait à l’autre ?
William fit volte-face et prit le monte-charge, résolu à ne pas subir une seconde de plus de ces atrocités. Dorothée ne fit pas mine de le retenir : elle suivit sa progression avec un petit sourire.

-Allez, va-y, virtualise Mark 42.
Drake obtempéra. Il tapa la commande de virtualisation et ouvrit le visuel. L’IA créée, une sorte de créature humanoïde en métal, était visiblement bien arrivée. Après quelques mouvements pour tester sa motricité, on aperçut un éclair bleuté dans le lointain. L’oiseau glacial.
Rapide, il fondit vers notre prototype d’IA, tira un laser bleu et…pouf. Perte du contact visuel.
-Quoii ?!
-Euh, les radars m’indiquent que la Mark 42 a été détruite.
-C’est n’importe quoi, tout le monde sait que la solidité des armures d’Iron Man est inversement proportionnelle à leur nombre, regarde la fin du troisième film…
Je jetai un œil à la fenêtre, désormais noire, qui contenait autrefois le canal visuel. Avec un mouvement d’humeur, je lâchai :
-Fait chier.
-Tu veux qu’on retente une virtualisation du modèle ?
-Nan, ça m’énerve.
Drake, connaissant la procédure comme personne, s’éclipsa par la porte. J’avais ainsi le labo à moi seule pour soliloquer et m’énerver.
-C’est pénible, pourquoi il m’a détruit mon IA ?
J’atteignis le mur, déjà. Il fallait faire demi-tour et marcher dans l’autre sens.
-Encore une de ces propriétés émergentes aléatoires. Cet oiseau a une personnalité de plus en plus complexe. C’est gênant.
-Pour un peu, on croirait voir un syndrome Xanadu appliqué à une IA.
« J’ai un syndrome à mon nom ? »
Contrairement à d’habitude, je lui répondis à voix haute. De toute façon, j’étais en phase soliloquante.
-Oui, mais ferme-la, je réfléchis avec moi-même.
Nouveau mur. Il y a trop de murs.
-Du coup. On fait quoi ?
-On laisse tomber l’IA, c’est évident.
-Alors on fait quoi ? Wolfy ? Données ?
Je me mis à agiter les mains, agacée. Il fallait évacuer l’énervement.
-On se disperse ! On part dans tous les sens ! Faut se décider !
-Vaut mieux régler le problème de Wolfy, non ?
-On est dans une quête de l’identité, c’est plus important que ce clébard !
-Eh, du calme, tu t’emportes.
Oui, effectivement, les inconvénients de l’humanité. Il fallait retrouver les réactions du programme.
-Objectivement. Si on se débarrasse de Wolfy d’abord, on aura plus facilement accès à ces données. Idem pour Carthage. Les données, en revanche, ne nous assurent pas un avantage stratégique.
-Oui, mais, si Wolfy sait quelque chose, idem pour Carthage ? Si on les détruit, ça pourrait au contraire nous ralentir.
-Oui mon précieux. Mh, non, pas cette réplique. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On essaie de voir à quel point Carthage et Wolfy sont liés à ces données ?
-Bonne idée. Allez, hop, brainstorming.
Je frappais machinalement dans mes mains, immobilisée au milieu de la pièce.
-Qui dit données dit mes rêves. Et dit la salle, qui y ressemble. J’ai vu un loup dans le rêve, ce qui porte à croire que Wolfy a un lien avec tout ça.
-Je suis vraiment en train d’analyser un rêve pour savoir ce que je vais faire ? Oh bon sang.
« C’est quoi cette histoire ? »
Zut, j’avais oublié la présence de ce maudit spectre.
« Dehors, toi. »
Dépité, de toute évidence, le spectre se coula dans les câbles. S’il avait un peu de jugeote, il filerait hors de portée d’ouïe.
-Donc. On va partir dans du symbolique. Le loup, c’est Wolfy. Pour Carthage, la salle était sur leur monde virtuel mais rien n’indique qu’ils soient au courant. On manque d’indices, quand même. Mais Carthage a des infos sur ce salopard de Franz qui est lié à ce vol de données.
-Hé, tu te souviens de la voix qui t’envoyait voir chez Carthage, quand on était chez Wolfy ?
-Cette voix n’a rien de louche voyons.
-Qu’est-ce que je viens de dire ? Elle est complètement louche. Moralité, la suite du plan sera de retourner trouver cette voix.
-Yeah, on a enfin un plan d’action.
-Je sais pas si on peut parler d’un plan. Une piste, peut-être.
Mon monologue se terminait. Juste à l’instant, Odd entra dans le laboratoire. Zut, j’allais encore devoir parler. Ce n’était pas pour tout de suite l’intériorisation de la réflexion précédemment menée.
-Non, tu sors, tu me ramènes les autres, on retourne chez Wolfy.
Après trois secondes où il prenait le temps de capter qu’il devait foutre le camp, il recula et referma la porte. Parfait. Un peu de solitude.

-Bon, je vous annonce avec joie que j’ai une petite idée de ce qu’on va faire par la suite.
-Seulement une petite idée ? On a pas de plan ?
Drake mettait le doigt sur quelque chose de gênant. On avait pas de plan. Je n’avais pas de plan.
-Mais si, le plan c’est de réussir à mieux cerner nos ennemis. Ensuite on a les scénarios tout prêts.
-C’est vague, comme plan.
Un instant de silence. Cet assistant devenait trop bavard.
-Un problème avec mes plans ?
-Ben je crois que si on en savait plus sur ces données et l’influence qu’elles auront sur notre façon d’agir…c’est quoi au juste ? Pourquoi c’est si important ?
Merde. Je ne pouvais pas leur expliquer, ils ne pourraient pas saisir l’importance que ces données avaient pour moi. J’en avais besoin pour arriver à retrouver ce que Franz m’avait arraché. Peut-être un frein à ma puissance d’antan ? Des explications quelconques ? Je ne savais pas exactement ce que c’était. Mais si Franz (qu’il brûle à jamais dans l’enfer numérique) me l’avait retiré, c’était pas pour rien.
Mais en même temps, je ne pouvais pas rester sans rien dire.
-Un fragment perdu de mon code ça semble pas si important, pour toi ? sifflai-je.
-Ben, tout dépend de quel code ça faisait partie. Si c’est un code secondaire (parce que tu es un programme très complexe), alors ça ne justifie pas qu’on bouscule notre emploi du temps.
-Franz Hopper ne m’aurait pas retiré un code secondaire. Il cherchait à m’handicaper.
-Je sais que t’as jamais aimé le vieux Franz, Xana, mais tu sombres pas dans la paranoïa ? risqua Odd.
Je lui jetai un regard noir. Suggérer que ma réflexion puisse être entravée par un trouble psychologique humain était aberrant.
-Non. Je ne suis pas paranoïaque. Et je sais que j’ai besoin de ce code.
-Depuis quand tu te fies à ton instinct ? Y a anguille sous roche, là, tu nous caches un truc.
-Encore un mot et je vous foudroie, c’est clair ?
La menace eut plus d’impact lorsque je créai quelques étincelles dans ma main droite. Le silence se fit. Manière un peu maladroite de reprendre le contrôle de la situation. Mais je ne pouvais pas les laisser contester mon autorité encore longtemps.
-Donc. J’ai décidé qu’on allait faire un tour du côté de chez Carthage. Je veux en savoir plus sur cette mystérieuse salle.
-Vu que les communications ont coupé la dernière fois, tu penses que c’est une bonne idée que tu y ailles seule ?
-Je n’étais pas seule la dernière fois, j’étais en avatar complet. Mais la connexion avec Xanadu a lâché aussi.
« Moi je me souviens très mal de ce moment, c’était flou. »
-Et il dit que c’était flou.
Drake réfléchit un instant.
-Peut-être que cette salle a un effet sur Xanadu, qu’elle n’a pas sur toi.
-La porte m’a reconnue. Il y a peut-être un lien. Au vu de tout ça, je ne pense pas que quelqu’un d’autre puisse entrer.
-C’est louche, non ?
-Pas forcément.
Silence quand tu nous tiens. Mais on avait la prochaine action. C’était déjà pas mal.

Semblerait que dormir devienne une véritable aventure, maintenant. J’étais de retour dans ces terres quadrillées et brumeuses. Je jetai un regard derrière moi : le portail qui conduisait à la sortie.
Après un petit temps de réflexion, je descendis les marches noires, la lumière verte arrivant de moins en moins, et laissant de la place au gris, au noir. Je baissai les yeux sur moi-même, un instant. Mon symbole, théoriquement imprimé sur mon vêtement, ne brillait plus si aisément. Je notai également que j’étais sous ma forme virtuelle. Et une sorte de fumée s’élevait de mes mains. De minces filets argentés. Bizarre. Je clignai des yeux, et ils disparurent.
Oubliant l’incident, je regardai ces champs d’Asphodèle, cherchant à repérer un des spectres de brumes qui y évoluaient.
L’un d’eux, une sorte de moto mal dessinée, alla se perdre dans le néant, visiblement incapable de tourner. Je haussai les épaules. Aucun intérêt. J’allais peut-être revoir mon œil…et là, je vis cette forme ronde. Elle me disait un truc, je l’avais déjà vue lors d’une précédente visite. L’instinct me poussa à m’en approcher. Parce que qui disait rond et brillant disait…
-Hé, toi ! Reviens ici tout de suite, tu as des comptes à rendre !
La forme s’estompa. J’eus un grognement rageur. Encore parti. Ce n’était qu’un rêve, mais ne pas pouvoir mettre la main sur ce vieux croûton…ça me mettait en rage.
Je me retournai pour jeter un œil au portail : il avait disparu dans l’ombre, comme avalé. J’avais dû m’enfoncer dans l’endroit plus que je ne pensais. Je décidai de continuer dans cette voie, tant que j’y étais. Après tout, ce n’était qu’un rêve.
Je ne faisais pas de bruit en marchant. Comme si le moindre son était absorbé. L’atmosphère, en fait, respirait la mort. C’était un lieu perdu, oublié, et désert. Enfin, si on exceptait ces spectres brumeux dont je n’arrivais pas à saisir la nature. J’aurais pu dire qu’ils ressemblaient à des souvenirs si j’avais le sens de la métaphore, mais il s’agissait de les définir concrètement. Arriver à poser des repères dans ce cimetière onirique. J’avais vu un loup, une forme ressemblant à Franz Hopper, mon œil, et une cohorte de formes non identifiées. Vraiment, ça semblait être un endroit où l’on gardait des données.
Une idée me vint. Ce lieu existait peut-être en réalité. Si c’était le cas, je devais trouver le moyen de m’y rendre, même si je soupçonnais au minimum un lien avec la salle mystérieuse de Lyo.
Je fis volte-face. La seule chose qui ressemblait à une entrée, de ce que j’avais vu, c’était ce grand portail verdâtre et irréel. Il avait certes disparu, mais je devais pouvoir le retrouver. C’était mon rêve, donc, je pouvais avoir un contrôle dessus. D’autant plus que mon inconscient cherchait à me faire passer un message. Si c’était pour que je trouve ça, il me fallait voir où le portail conduisait, si un double de celui-ci pouvait m’amener là.
Je commençai à courir, activité horrible, etc. Mais là, c’était une urgence. Je pouvais me réveiller n’importe quand. Si je me réveillais, j’aurais le même effet que si j’éteignais une console sans sauvegarder ma progression : je me retrouverais au début du jeu à devoir tout recommencer. Très rageant. Trop. Je refusais catégoriquement que ça puisse arriver. Sinon, j’allais encore piétiner dans mes recherches et me faire contester par l’assistant et le chat. Voire par le spectre.
Oui, d’ailleurs je voulais trouver le portail avant que l’un d’entre eux me réveille. Je continuai à courir, dans ces ténèbres un peu brumeuses. Rien ne ressemblait à un chemin, tout était pareil. Aucun sentier, pas de pancarte. Bref, ce n’était visiblement pas l’idéal pour se diriger. Peut-être que c’était ça, d’ailleurs. Endroit peu fréquenté…ça collait bien avec l’image morbide.
Arrête tes théories et cours. Mais j’avais beau avancer, aucune lumière verte ne se dessinait. Je partais peut-être dans le mauvais sens, comment savoir ? S’orienter était aussi simple que faire jouer un fan du Joker à Transformice.
Vraiment, c’était beaucoup trop grand.

Merde, déjà réveillée. Même pas par une intervention d’un guignol sur lequel j’aurais pu passer mes nerfs. Toujours aucune progression, situation hautement frustrante. La galère totale. En tout cas, j’avais déjà une idée de ce que je ferai la prochaine fois que je rêvais. Encore fallait-il rêver. Et savoir ce que je ferais ne suffisait pas, je l’avais bien observé tout à l’heure. La zone semblait aimer perdre les gens, et était trop grande pour être totalement explorée. Peut-être n’était-elle-même pas fixe, ce qui serait normal pour un décor de rêve, mais auquel cas ça allait me compliquer la tâche.
J’étais en train de baser tous mes plans sur des rêves incertains et douteux. On avait vu mieux comme stratégie. Vraiment.
Je lâchai un soupir. Visiblement, on avait tous des jours sans plan illuminés. Je ne savais pas où j’allais, ni comment j’y allais. Je ne faisais qu’attendre qu’un flash daigne m’éclairer. Quelle misère.
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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Dernière édition par Ikorih le Jeu 03 Aoû 2017 17:53; édité 1 fois
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Icer MessagePosté le: Jeu 05 Juin 2014 12:07   Sujet du message: Répondre en citant  
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Bon j'étais à la bourre de deux chapitres, que j'ai avec style réussi à lire dans le bus ce matin et achevé en faisant à bouffer Mr. Green

J'ai été un peu moins emballé par ce bloc là, il faut dire que ta fic est assez déstabilisante parce que paradoxale : D'un coté, je n'aime ni X.A.N.A, ni Carthage, ni Wolfy (et la référence que j'aime n'est qu'une pâle copie de la vraie, tmtc sistah' Mr. Green ) mais de l'autre, je n'ai absolument aucune idée de l'endroit où le scénario va nous amener contrairement à d'autres, c'est donc la porte ouverte à des choses incroyables... ou au chapitre 20. On verra !

*s'enfuit rapidement mais reviendra quand même lire le prochain*

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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Ikorih MessagePosté le: Mer 11 Juin 2014 14:57   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Chapitre 22 : Intuitions


Aelita était seule dans l’Arena quand elle se réveilla. Elle était conforme à ses souvenirs. Rien n’avait bougé. Sauf peut-être au fond d’elle-même.
Se rendre sur un monde virtuel lui avait manqué. Elle avait souffert le martyre. Elle se sentait brisée, éparpillée. Elle tenta de se souvenir comment les choses avaient pu dégénérer. Odd avait voulu partir à l’aventure chercher son fils, enfin, Xana pour qu’elle l’y aide. Elle l’avait accompagné. Ils avaient sillonné la Grande-Bretagne pour trouver son cousin, mais il y avait eu ce moment où ils s’étaient arrêtés dans ce village. Il était désert.
Ensuite ils avaient croisé cette femme. Au début, ils lui avaient fait confiance, bien sûr, elle leur avait raconté qu’ils avaient une organisation secrète aux fesses. Enfin, c’était avant d’apprendre, à la manière dure, qu’elle-même en était membre. Ils étaient tombés dans un piège. Là, l’enfer avait débuté. Odd avait été réduit à l’impuissance, et elle s’était fait kidnapper sans rien pouvoir faire non plus. A peine une balle dans la cuisse. Ridicule.
Là, séquestrée par Carthage, elle avait observé que la cruauté d’un être humain dépassait de beaucoup celle de Xana. Et que la douleur dépassait les limites de l’imagination.
Péniblement, elle se leva. Elle n’entendait rien : Carthage avait dû délaisser les commandes. Elle était seule.
« Au moins, on ne souffre pas sur un monde virtuel. »
Elle fut secouée par un petit rire. Voilà qu’elle centrait tout sur la souffrance. Décidément, ses deux entrevues avec Wreck l’avaient marquée. Trop marquée.
Observant les alentours, elle constata que la paroi était ouverte. Elle hésita, puis décida d’aller explorer. On ne le lui avait pas interdit. Elle avait une vague impression de déjà-vu. Être seule, comme ça, sur un monde virtuel vide et hostile. Et pourtant, ce n’était plus tout à fait Lyoko. Elle ne le ressentait plus de la même manière. Aelita aurait bien voulu que son père soit là. Ou Jérémie. Mais ils étaient morts tous les deux, sans qu’elle ait pu les protéger. Tous les deux à cause de Xana, d’ailleurs. C’était Xana qui avait envoyé Jérémie sur leur monde virtuel provisoire, là où il était tombé dans la mer numérique. Une bouffée de colère l’emplit, mais elle fut brève. La capacité d’Aelita à éprouver des sentiments violents s’était assez réduite, maintenant, elle avait surtout peur. Principalement de Wreck.
Elle n’entendait que le bruit de ses pas, puis nota qu’elle ne ressemblait pas à ce dont elle se souvenait. Elle était habillée en noir, avec quelques touches de violet. Elle avait une veste ample qui n’entravait pas ses mouvements, et elle constata vite qu’elle avait des ailes noires dans le dos, et beaucoup plus grandes que d’habitude.
Il lui fallut quelques instants pour percuter. Elle utilisait encore l’avatar conçu des années plus tôt pour aller finir Wolfy. A son cou était encore pendu un œil de Xana. Les souvenirs remontèrent. C’était le bon vieux temps finalement. Jérémie venait de disparaître mais ils étaient encore tous ensemble et Carthage ne s’impliquait pas encore dans leur histoire. Si à l’époque elle avait trouvé la situation dramatique, aujourd’hui, elle avait l’air paisible. Elle eut envie de pleurer, mais étant sur un monde virtuel, elle ne pouvait pas.
Alors qu’elle encaissait la montée d’émotions, elle remarqua une petite silhouette à la démarche désarticulée et lente qui s’approchait depuis le fond du couloir. Pour avoir vu une photo montrée par Odd, elle savait qui c’était. Ces mèches multicolores, cette tenue évoquant celle d’un samouraï daltonien et ces tongs de mauvais goût ne pouvaient appartenir qu’à une personne.
-Ulrich ? tenta Aelita.
Il s’arrêta et la fixa de ses yeux vides.
-Alors tu es là ? Ton père te cherche, tu sais. Qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?
Elle craignit un instant que le gamin n’ait eu à faire face à Wreck. Si c’était le cas, il resterait sans doute traumatisé toute sa vie. Il ne lui répondit pas.
-Ulrich ?
-Il ne répondra pas.
La voix venait bien de l’avatar arc-en-ciel, mais Aelita avait du mal à l’associer à un enfant. Elle avait un côté robotisé.
-C’est mon esclave, maintenant, continua la voix.
-Xana ? murmura-t-elle, interloquée.
Il y eut un instant de latence.
-Oui, c’est moi.
-Mais, tu…enfin, la Xana ? De retour sous la forme d’un programme ?
-J’ai toujours été un programme.
L’enfant semblait perplexe. Aelita l’était tout autant.
-Qui t’a créé ?
Il eut un petit délai de latence, encore une fois.
-Carthage.
Aelita avait sa confirmation. Elle n’était pas en face de la Xana qu’elle connaissait, mais d’une version faite par ses tortionnaires. Une version plus froide, plus insensible, plus Xana, mais aussi plus contrôlée. Donc moins Xana. C’était compliqué.
Mais elle ne pouvait pas ne pas le considérer comme une menace. C’était un programme beaucoup plus proche du Xana originel, à l’exception des libertés dont il disposait.

Enfin, j’avais un plan.
Debout sur la plateforme supérieure de la tour, je terminais le programme. Bientôt, il allait servir, et me permettre de renouer avec mes vieilles habitudes.
-Drake, j’active la tour, fis-je après un temps.
A l’extérieur, quelques pans se détachèrent pour flotter à côté en rougeoyant. Il en fut de même pour cinq autres tours du premier anneau, selon mon interface. Une représentation simplifiée de la zone s’afficha, pour montrer une tour plus grande que les autres (celle où je me trouvais) et les cinq petites autour. A présent, il fallait ordonner la création de spectres. Je tapai une commande. Un signal, ou plutôt plusieurs signaux se dégagèrent de la grande tour vers les petites.
-Drake, les spectres sont créés ?
-Ouaip.
-Parfait. Donc maintenant, je leur donne leurs objectifs.
Usant encore du programme et d’une projection GPS en 3D, j’indiquai aux spectres leur destination. La tour mère allait gérer leurs actions de façon autonome et moi j’allais pouvoir faire autre chose, en théorie. Comme par exemple profiter du chaos pour mener mes plans.
L’idée était très simple. On prenait le principe de la diversion et on appliquait ça à la sauce Xana. Les cinq spectres allaient débouler sur le complexe principal de Carthage, puis un peu après, j’allai foncer sur le Cinquième Territoire (enfin, désormais territoire unique) et retourner dans la salle mystère. J’aurais peut-être de meilleures réponses que la première fois. Et au pire, j’aurais embêté Carthage.
-On va attendre un peu, le temps qu’ils arrivent et commencent à mettre la pagaille. Je garde un œil pour m’assurer que la tour va superviser correctement les spectres, et ensuite je vais sur Lyo.

La salle était très grande, et haute de plafond (apparemment elle devait être bien ventilée). Une énorme partie de la surface au sol était occupée par deux cages grillagées en vibranium. Dans l’une, Helion tournait en rond. Il s’était habitué à son environnement, mais brûlait toujours d’envie de sortir faire un tour. Wreck lui jeta un regard compréhensif.
-T’en fais pas, tu finiras par sortir.
Il était seul dans l’allée qui séparait les deux cages, voire seul dans la salle entière. Les manipulations sur les résidents de l’endroit étaient faites lorsqu’ils étaient sous sédatif. Wreck préférait les observer en mouvement, lorsque leur musculature jouait sous la peau verdâtre et que leurs six yeux bougeaient indépendamment les uns des autres pour produire l’image la plus complète possible. Les antennes du mastodonte à sa gauche remuaient, analysant l’atmosphère à la façon de la langue des serpents, et sa queue ondulait. Au bout de celle-ci, une aiguille fine capable de se faufiler jusqu’aux vaisseaux sanguins pour y injecter une toxine destructrice et corrosive, ainsi que de grosses pustules vertes contenant ladite toxine, situées à la base du dard. La composition du venin n’était pas encore connue, mais Wreck n’y prêtait pas grande attention. Ce qui importait était l’efficacité.
A droite, par contre, c’était une autre histoire. Les glandes à venin et l’aiguillon avaient été perdus lors du transfert. Les antennes avaient aussi été endommagées. La musculature était clairement moins présente étant donné la mécanisation partielle de l’animal. Ayant été baptisé Cybhelion par l’équipe scientifique, il n’avait pas gardé l’appellation très longtemps, Wreck ayant fermement exigé qu’on lui trouve quelque chose de plus potable. C’était donc Némésis. Il commençait à s’habituer à son organisme. Le processus était lent. Parfois, il ne s’en sortait pas bien avec sa prothèse et s’écroulait au sol avec un feulement agacé et un tintement métallique de son exosquelette. Il avait également du mal à manger la viande qu’on lui jetait, avec sa nouvelle mâchoire. Pour le moment, c’était un handicapé faible. Mais il était vivant. Avec l’assistance mécanique, Wreck avait désormais bon espoir que le clone serve un jour au combat. Et surtout, comparé à son original en pleine forme, il était contrôlable. L’implant neuronal marchait parfaitement, il avait déjà observé des scientifiques prendre le contrôle de l’animal. Un simple ordinateur qui fournissait le point de vue de Némésis, quelques commandes simples à lui communiquer…et le tour était joué.
Les deux créatures en présence ne s’étaient jamais approchées. Elles étaient restées séparées par les grilles. Aucune interaction, si ce n’est par les cris. Et ça continuerait au moins jusqu’à ce que Némésis soit habitué à ses extensions mécaniques. On craignait que Helion s’en prenne à lui ou tente de s’assurer la suprématie. A raison. Si les deux étaient identiques d’un point de vue génétique, l’original se montrait beaucoup plus agressif et dominant que sa copie, mais on pouvait incriminer les prothèses et le handicap physique de Némésis qui l’empêchaient de vraiment se donner à fond.
Wreck observa le cyborg. Son regard s’arrêta sur la patte avant gauche, qui portait encore quelques cicatrices de brûlure, puis sur sa propre main droite. Il fit la grimace, plia les doigts. L’implant robotique qu’il avait lui aussi n’était pas parfait. Bien sûr, il pouvait bouger, mais utiliser sa main gauche était vite devenu plus simple. Il ne s’attarda pas sur lui-même, revenant bientôt à la massive créature. Elle avait cessé de déambuler pour s’asseoir devant la grille, l’observant en retour. Il était dur de savoir ce qui traversait son esprit, et même si ledit esprit n’avait pas été abîmé par le traumatisme de ses premiers instants de vie. On avait pas cherché à le savoir.
Le rouquin était hypnotisé par les trois yeux jaunes à la pupille fendue qui le fixaient. L’animal s’était placé de profil, ce qui pouvait faire penser qu’il voyait moins bien devant lui. Sa patte robotique était légèrement décollée du sol ce qui indiquait qu’il s’appuyait bien sur les trois autres, probablement à cause du caractère étranger de son nouveau membre. Le psychopathe repérait facilement ces détails et analysait leur signification très rapidement, sans doute plus aisément sur ces créatures que sur un être humain. Il n’avait pas conscience de ce phénomène, et n’avait jamais été tellement intéressé par l’étude de son comportement. C’était comme ça, point.
-Magne-toi de te rétablir. T’es pas là pour rester planté comme une larve. Je veux voir ce que tu vaux en combat.
Les premiers essais d’Helion, eux, étaient prévus pour bientôt. Il comptait bien y assister. Némésis, en était encore loin, puisque à peine capable de coordonner les mouvements basiques pour marcher, ce qui ne changeait rien au fait que Wreck avait bon espoir.
Quelque chose eut l’air de changer dans l’atmosphère. Helion, peut-être plus sensible que son double, se figea et sonda l’air de plus belle avec ses antennes, attirant le regard du psychopathe. Rapidement, la créature se mit à exhaler un souffle rauque proche du grognement et à remuer la queue. L’agent de Carthage posa la main sur la crosse de son pistolet et balaya la zone du regard. Il ne savait pas ce qui se passait, mais Helion n’avait pas l’air d’apprécier.
Rapidement, le portable de Wreck diffusa les premières notes du thème principal de Saw, comme s’il souhaitait coller à l’ambiance.
-Dorothée, il se passe un truc ? demanda-t-il en décrochant.
-Ouais, comment t’es au courant ?
-Helion. Mais si tu pouvais me raconter ce serait cool.
-Ok. On a très peu d’infos pour le moment mais quelque chose se promène dans nos systèmes électriques et pourrait causer des dégâts. Ça correspond à la définition qu’on a des « spectres ».
Quelque chose sembla bouger dans un coin d’une des cages. Les yeux gris de Wreck se braquèrent automatiquement dans la direction suspecte, et il cessa d’écouter ce que pouvait lui raconter sa collègue. Les deux créatures eurent l’air de sentir la même chose puisqu’elles l’imitèrent, avec toujours ce pseudo-grognement.
Une forme sinueuse et noire se tortilla paresseusement, s’extirpant de l’ombre pour ramper vers le cyborg. Wreck ne se posa pas de question et tira un coup de feu, mais la balle eut l’air de passer au travers. L’espèce de ruban de fumée se glissa alors dans la patte robotisée de Némésis, qui poussa un feulement avant de se taire brusquement. Wreck nota que la forme de ses six pupilles avait changé, et constata également que les problèmes de coordination n’étaient plus qu’un vieux souvenir puisque le mastodonte était désormais en état de se jeter contre la grille pour tenter de la démolir.
-Wreck bordel, tu vas me répondre ? Pourquoi la bestiole gueule et pourquoi t’as tiré ?
-Je pense qu’un de ces spectres s’est incrusté dans l’organisme de Némésis. Est-ce que ce truc est en mesure de modifier des paramètres dessus ?
-C’est pas impossible que sa force augmente. Pourquoi ?
-Parce qu’il est en train d’essayer de défoncer sa cage.
-Dans le doute, taille-toi et on boucle la salle. On risque d’avoir besoin de toi ailleurs. Fiche le camp, et ne t’en fais pas pour ta bestiole !
Sur ce, Dorothée raccrocha. Wreck prit une demi-seconde pour réfléchir puis en conclut qu’elle avait raison. Il s’élança donc vers la porte, se doutant que Dorothée aurait déjà fait relayer l’information de boucler dès qu’il serait sorti.

L’alarme résonna dans les couloirs. William s’arrêta, surpris. Rien n’avait laissé présager une attaque directement sur le centre des opérations. La voix de Dorothée résonna dans les couloirs, calme et directe.
-Votre attention. Nous subissons actuellement une attaque de nature infiltrée. Une demi-douzaine de champs de forces nommés « spectres » se promèneraient dans le bâtiment. Ils ont la capacité de posséder les êtres vivants et les dispositifs informatiques. La prudence est recommandée.
L’euphémisme final le fit rire. Comme si être prudent suffisait face à un spectre.
Il réfléchit rapidement sur la conduite à tenir. Tous les autres étaient probablement déjà mobilisés et en train de s’organiser pour contrer la menace. Il pensa à Wreck, et à Dorothée, ce qui lui retira un peu l’envie de voler à leur secours. Non, par contre, il pouvait faire autre chose…
Et c’est avec cette idée en tête qu’il prit son portable pour envoyer un SMS à Aslinn.
« T ou ? ». Bien sûr, en temps normal, il vomissait le langage SMS mais là, il devait faire vite. La réponse ne tarda pas, et il se dépêcha d’aller la rejoindre.
-Tu as une idée de la provenance des spectres ? demanda-t-elle une fois réunis.
-Absolument aucune. Peut-être Xana.
-Qu’est-ce qu’on fait, alors ?
-Les spectres vont finir par être désactivés à coup de bombe EMP, je pense. Mais il faut le temps pour ça. Et je pense que je sais comment on peut exploiter ce temps.
Aslinn lui jeta un regard interrogateur. Sans en dire davantage, il lui fit signe de le suivre et fila dans un couloir. Très vite, elle reconnut les lieux : ils se dirigeaient vers les archives du projet, le domaine de Nergal. Elle ne saisit pas vraiment ce que William comptait faire. Il lui fit signe de rester sur le pas de la porte et se glissa dans la pièce chargée de dossiers. Très vite, le propriétaire des lieux surgit face à son collègue et lui demanda, méfiant :
-Qu’est-ce que tu veux ? Y a pas une attaque à repousser ?
-Si, mais j’ai besoin de voir un truc sur les spectres avant, justement.
L’autre haussa un sourcil, puis les épaules.
-Soit, je te cherche ça.
Il fit volte-face, mais n’alla pas très loin puisqu’il se prit un coup de la crosse du pistolet de William sur le crâne, et s’écroula, inconscient, sur le sol.
-Bon, ça, c’est fait. Aslinn, tu sais où il range les dossiers personnels des agents ?
Entendre la voix de son copain sembla la tirer de son semi-état de choc.
-Euh, oui, l’étagère au fond. Mais la moitié des données est conservée dans les ordinateurs.
-Oui, c’est pour ça que je bénis tes compétences informatiques, fit-il avec un clin d’œil.
-Qu’est-ce que tu veux faire ? interrogea-t-elle avec une pointe d’inquiétude dans la voix.
-Je veux me tirer de là et t’emmener avec moi. Ce sont tous des tarés ici, et j’en ai plein le dos de me faire menacer par Wreck.
Elle eut un frisson. Visiblement, elle partageait la vision de son compagnon. C’est la raison pour laquelle elle s’approcha d’un des ordinateurs et entreprit de cracker l’accès à la base de données, et à sa modification. De son côté, William mit la main sur son dossier et celui de sa copine. Il décida de les embarquer pour avoir un aperçu de ce que Carthage savait sur eux (le dossier était sûrement copié, inutile de le détruire) et revint suivre la progression d’Aslinn dans le monde informatique. La seule chose à déplorer de cette opération-fuite était peut-être que Carthage n’allait pas être si handicapé : les procédés de base type virtualisation étaient répertoriés clairement et ils n’avaient pas le temps de s’en débarasser…

Je n’aimais pas vraiment ce qui était en train de se passer. On avait plus lancé d’attaque depuis un bon moment déjà, et reprendre avec un coup aussi gros semblait peut-être un peu…exagéré. Je ne pouvais pas partager mes pensées à Xana, bien sûr, c’était trop risqué, mais le doute persistait. Cette virée en prévision dans la salle mystère était aussi quelque chose qui me faisait tiquer. La dernière fois, on avait pas vraiment eu de contrôle sur les évènements. Xana avait presque foncé tête baissée vers ce tunnel, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Je pouvais mettre ça sur le compte de la frénésie de retrouver ces données perdues, mais Xana ne cédait pas facilement à la frénésie. Xana, étant XANA le programme multi-agent, savait gérer ses émotions, les museler et les garder éloignées de ses capacités de réflexion. Pourquoi, dès qu’on partait sur ce sujet de morceaux de codes qui auraient été arrachés par Franz Hopper, montrait-elle une telle agressivité ? Quelque chose clochait. Mais je ne pouvais pas mettre le doigt dessus. Je n’avais même pas de doigt.
En plus, une fois dans cette salle, je n’avais été qu’un spectateur impuissant. Plus moyen de communiquer avec Xana, d’essayer de la raisonner. Elle avait été complètement hypnotisée par cette console. Vraiment, je n’aimais pas ça. Pour ne rien arranger, Xana faisait apparemment des rêves dont elle me cachait les images. Pas moyen de savoir tout ce qui se passait dans sa tête. Certes, c’était une qualité chez elle, mais là, ça allait juste me bloquer. Je ne pouvais rien faire.
Je tentai une manœuvre désespérée pour éviter qu’on ait à y retourner.
« Et si ces données étaient cachées dans un autre monde virtuel, par exemple ? Cette salle n’a peut-être pas tant d’importance que ça… »
Xana eut l’air de considérer ma suggestion, et un instant, j’eus bon espoir.
« Pourquoi Franz aurait planqué ça dans un autre monde virtuel ? C’est pas logique. Elles sont là-bas. »
Autant parler à un mur. J’étais condamné à l’impuissance, tel un gamin se faisant dépecer dans une ruelle glauque. J’espérais que la suite me donnerait tort, parce que j’avais de très mauvais pressentiments concernant cette virée.

Je sortis de la tour et attendis qu’Odd soit virtualisé. Se virtualiser en avatar complet ne suffisait pas à garantir ma sécurité, surtout que cette opération était très délicate. Le plan devait se dérouler sans accroc, alors qu’ils pouvaient surgir de n’importe où. Les spectres pouvaient merder. Les agents de Carthage ne pas être au complexe à ce moment, mais bien du côté du Supercalculateur. La salle, si étrange, pouvait très bien s’être fait la malle.
Une fois le félin noir (à croire qu’on avait des quotas raciaux à respecter) arrivé sur le monde virtuel de la même couleur, je laissai les commandes à Xanadu. Je les récupèrerai lorsqu’on arriverait à proximité de l’interface, et du même coup, de la zone. Pour le moment, mieux valait que le plus compétent en baston s’occupe de préserver la santé de l’avatar.
Nous nous dirigeâmes rapidement vers la tour chargée d’établir le lien entre Fort Trinité et les autres mondes virtuels identifiés. Une fois entrés dans le bâtiment rougeâtre, je checkai que la destination était bien la bonne, puis nous sautâmes dans le puits.
Une fois encore, il fallut sauter, mais cette fois pour franchir le fossé qui séparait la tour volante du reste du Noyau. Tout était calme, aucun signe de menace à l’horizon. C’était louche. Déjà que je n’aimais pas l’idée de cette expédition de base, là, ça puait complètement. C’était comme si Lyo attendait qu’on s’engouffre dans le labyrinthe pour nous avaler.
« Alors, tu avances ? »
Visiblement, Xana était impatiente. Et je savais que je n’avais pas du tout intérêt à aller contre sa volonté, puisque je n’étais qu’un pauvre spectre. Bien qu’unique, j’étais sans doute remplaçable. En plus, elle était de mauvaise humeur. J’avançai donc, suivi par Odd. Le terme s’élancer aurait d’ailleurs été plus exact, puisqu’il s’agissait d’aller vite.
Les murs hérissés de cubes défilaient avec leur motif de circuit imprimé, et pour le moment, rien n’avait encore tenté de freiner notre approche. Le gardien du monde virtuel, Ulrich Della Robbia, n’était nulle part en vue, tout comme un quelconque monstre de Wolfy ou agent de Carthage. La diversion semblait efficace de leur côté, mais j’avais du mal à croire que Xanabis se montre aussi inactif. XANA, même en version altérée et recréée, n’aurait jamais laissé des intrus pénétrer aussi facilement dans son monde virtuel.
-C’est calme, tu trouves pas ? fit Odd, qui semblait partager mes pensées.
J’ignorais si c’était une bonne chose de penser pareil que ce blondinet-là, mais ça me donnait quand même l’impression que mon intuition tapait juste. Seulement, Xana refuserait de m’écouter. Je ne savais pas quoi faire, dans le doute, j’exécutais les ordres.
-Oui.
J’empruntai un virage et freinai brusquement. Odd manqua de me rentrer dedans, et m’adressa un regard interrogateur. Pour ma part, je pointai la raison de notre arrêt brutal : une forme violette dans la salle.
Le félin tressaillit et écarquilla les yeux, incapable de croire ce qu’il voyait.
-Aelita !
Elle sursauta, tourna la tête vers lui, comme s’il était sorti d’un rêve.
-Odd !
L’ancien Lyokoguerrier décida d’oublier tout le reste et courut vers elle pour la serrer à l’en étouffer.
-Comment tu vas ? Qu’est-ce que tu fais là ?
« On a pas de temps à perdre avec leurs retrouvailles. Faut se bouger. »
La voix de la raison, une fois encore. Je fis signe à Odd et lui indiquai que j’avais l’intention de m’en aller. Il hésita, regarda Aelita.
-C’est bon, ajoutai-je.
Qu’il reste avec son amie. Je pouvais gérer la situation seul. Et le récit d’Aelita pourrait nous en apprendre plus sur ce qui se passait chez Carthage, pourquoi pas ? En tout cas, elle était parcourue de sanglots sans pour autant arriver à vraiment pleurer. Le monde virtuel est un endroit cruel.
Après quelques déambulations dans le Noyau, je trouvai l’ascenseur. Sautant sur la plateforme, je fermai les yeux pour que Xana n’ait pas envie de vomir, elle qui avait toujours haï cet endroit. Rapidement, je rejoignis l’interface, et me fis expulser des commandes. Xana reprenait ses droits. Et j’avais l’intuition que je n’allais pas aimer ce qui allait se passer.
Je sentais cette frénésie revenir chez ma maîtresse, et ça me déplaisait profondément. Elle recréa le pont invisible qui l’avait menée la première fois au tunnel actif, qu’elle ouvrit une fois de plus. Puis elle courut dans le couloir sombre qui menait à cette salle funeste. Je sentais un poids sur mon esprit, mes idées commençaient à s’embrouiller. Au bout du corridor, la même inscription apparut après quelques instants.
« Utilisateur reconnu. Déverrouillage. »
Je tentai une ultime fois de faire reculer Xana, mais je n’avais plus aucun contrôle sur la situation. J’étais muet, pieds et poings liés. Quelque chose m’empêchait définitivement d’entrer en contact avec elle. Je ne savais pas quoi. Mais ça ne me disait rien de bon.
La salle, cette fois, n’avait plus de trou. Tout était lisse, continu, et l’impression d’inachevé était partie. Maintenant, les lieux étaient prêts. Prêts à accomplir ce pour quoi ils avaient été créés.
Xana s’avança jusqu’à la console, comme hypnotisée. Elle se plaça sur les marques au sol, juste devant, et une sorte de force l’empêcha de faire un pas de plus, comme si on l’avait clouée au plancher. Sur l’écran s’affichèrent deux mots.
« Fusion enclenchée. »
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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Dernière édition par Ikorih le Jeu 03 Aoû 2017 17:55; édité 1 fois
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Tyker MessagePosté le: Mer 11 Juin 2014 15:26   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Localisation: Arkham Asylum
Tiens, ce chapitre me parait tout à coup plus potable Mr. Green

Alors, par où commencer...

Commençons par Aelita qui visiblement n'est pas ressortit indemne de sa thérapie avec Wreck, pauvre fille (continu comme ça)... décidément elle en chit, et elle va continuer d'en chier à mon avis. Je doute que Xana et Odd puissent la ramener avec eux. (De toute façon ils sauront pas quoi en faire Mr. Green).
J'espère (pas) pour elle que personne ne se rendra compte de son petit meeting avec Xana et Odd, sinon elle va encore se faire torturer (o/).

Ensuite, nous avons donc une partie très intéressante sur Wreck et ses deux bestioles (les scientifiques qui ont voulu le nommer Cybhélion n'ont vraiment pas d'imagination Mr. Green). J'apprécie particulièrement cette immersion dans la tête de notre cher psychopathe, on en apprend tous les jours à son compte.

Passons à William qui tente de se barrer avec sa gonzesse, je sens venir un gros fail perso. Enfin, peut-être que le bordel que causera Némésis sera une diversion suffisante qui sait? Mais je me demande où ils iront après?

Finissons donc par quelques choses que tout le monde attends: Qu'est-ce que c'est que ces fameux codes paumés par Xana et à quoi ça va servir dans l'intrigue? Je suis assez impatient je te l'avoue, mais après tout ça fait depuis le chapitre 2 que j'attends Mr. Green

Voilà voilà voilà, continue donc de nous pondre cette merveilleuse petite fic Mr. Green

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-
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Zéphyr MessagePosté le: Sam 14 Juin 2014 22:12   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1016
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Bon, ça recommence enfin un bouger un peu. Autant le bloc duquel on sort ne m'avait pas emballé, autant ce chapitre m'a redonné l'appétit (l'influence d'Oddye se sent ici Cool). J'ai envie d'y aller personnage par personnage :

Côté Aelita, c'est assez incertain il faut dire. On ne sait pas vraiment ce que Carthage compte en faire en la laissant piégée sur Lyo(kô). D'autres expériences probablement, qui aboutiront peut-être à la même conclusion que Yumi ? Personnellement, je pense qu'elle aura quand même un rôle à jouer dans tout ça. Notamment pour les investigations de Xana. Quand on sait que bonbon rose à une relation très particulière avec le monde virtuel et certains droits dessus, on peut penser que son aide pourrait se révéler utile pour explorer les abysses. Le truc, c'est qu'elle est trop terrorisée par Wreck, donc peu d'espoir là-dessus, à moins d'un sauvetage, ce que Xana pourrait consentir à faire si elle y voit son intérêt.
Pour Wreck, rien de vraiment nouveau à mes yeux, donc je passe.

Comme je me l'imaginais, William n'est pas resté les bras croisés. Mais reste à voir si sa tentative ne va pas déboucher sur un échec, auquel cas Aslinn morflerait (n'oublie pas ce qu'on t'as dit avec le belge sur les scènes de torture (a)). Enfin, personnellement, je pense plus à quelque chose du type : William parvient à s'échapper, mais pas Aslinn. Mais ce serait assez classique sur le fond, et on sait qu'Ikorih n'officie pas dans ce domaine. L'échec complet me paraît plus envisageable.

Xana a enfin décidé de bouger un peu. Les doutes de Xanadu sur son comportement sont tout à fait intéressants. D'ailleurs, le fait que Xana n'ait au final pas droit à de trop grands passages de son point de vue renforce cette impression d'étrangeté. Néanmoins, on peut tenter d'expliquer son obsession pour la console en liant avec ce que je dis ici. Si Xana avait un rapport avec ce couloir et la pièce du temps où elle était programme, on peut imaginer que c'est son instinct qui l'amène à renouer avec ses racines (on applaudit le placement). Le truc, c'est que le terme de « Fusion » à la fin de ce chapitre peut laisser perplexe quant à mon hypothèse linkée. Dans tous les cas, on est toujours dans le flou la concernant, et c'est cool.

En ce qui concerne la fin du chapitre, j'ai envie de dire pari réussi puisqu'on a vraiment envie de voir la suite. Tu sais donc quoi faire : envoyer la suite Mr. Green.
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Ikorih MessagePosté le: Dim 15 Juin 2014 16:22   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Chapitre 23 : Symbiote


Au début, je n’ai pas tout de suite capté. J’avais avancé jusqu’à la console comme un zombie, et m’étais retrouvée bloquée. Lorsque je lus l’inscription sur l’écran, une sorte de brouillard sembla se lever de mon esprit.
« Qu’est-ce qui se passe ? »
Xanadu. Je pouvais communiquer avec lui, maintenant ? Je ne pouvais que plussoyer son interrogation. Je ne savais pas ce qui se passait. Et en fait, c’était peut-être le cas depuis le début…
Un fourmillement désagréable commença à grimper dans mes jambes, ramenant un sens du toucher exacerbé par rapport à ce qui se faisait sur Lyoko. Bientôt, le fourmillement se mua en engourdissement, un engourdissement qui virait à la douleur sourde. J’avais l’impression que quelque chose me pompait mon énergie. Baissant les yeux, je constatai un phénomène étrange. Des filaments de lumière, sortis du sol, s’accrochaient petit à petit à moi, et d’étranges orbes dont la couleur changeait perpétuellement semblaient quitter mon avatar virtuel pour s’engouffrer dans la salle même et remonter vers la console. Le gouffre au centre commençait à s’illuminer, vibrant comme une créature vivante. De plus en plus intense, la lueur bleue semblait remonter des profondeurs, comme une grande colonne de lumière, de plus en plus haute.
La salle se réveillait.
La douleur se faisait de plus en plus intense, la fatigue de même. Une barre de progression s’était affichée sur la console. Elle avançait lentement. J’ignorais même ce qu’elle pouvait représenter. Pourquoi une fusion ? Et qu’est-ce qui était en train de s’arracher à moi pour être avalé par cet endroit ? Je l’ignorais. Et je ne pouvais que constater cet état de fait. Quelque chose me fuyait, et j’étais immobilisée dans une salle très énigmatique sans avoir le moindre contrôle sur la situation. Je devais lutter pour juguler la panique.
Les lumières commençaient à m’agresser les yeux. Je tombai à quatre pattes, incapable de rester debout plus longtemps. J’avais l’impression que ma tête allait exploser. Je sentais la présence de Xanadu au fond de mon crâne, silencieux, tout aussi impuissant que moi. Nous ne pouvions qu’attendre. Attendre que ce procédé infernal s’achève, attendre la fin, quelle qu’elle soit. Je n’étais même pas en mesure de lui céder ma place, de lui céder le contrôle de l’avatar et de me replier au fond de moi-même en silence. J’étais aussi coincée mentalement que physiquement. Et toujours la barre qui avançait incroyablement lentement. Quand ? Mais à quand la fin ?
Qu’on en finisse vite. Je ne voyais pas ce qui aurait pu me tirer de là. Je ne voyais pas la finalité de tout ça. Est-ce que j’allais bêtement mourir ?
« Mais non, on va s’en tirer, comme toujours. »
Xanadu. Son intervention ne me rassurait pas vraiment. Il ne savait sans doute pas plus que moi comment « s’en tirer », justement. Je me rappelai de ce qu’il avait dit avant qu’on parte. Il n’avait peut-être pas totalement tort.
« Tu l’avais senti venir, hein ? »
« Comment ça ? »
Il mentait mal.
« Tu sentais que quelque chose allait mal se passer. »
Le spectre ne répondit rien, ce qui équivalait à un aveu. Vu l’état dans lequel j’étais avant d’entrer dans la salle, je ne l’aurais sans doute pas écouté. Oui, d’ailleurs, d’où avait pu venir ce sentiment étrange ? Plus j’y repensais et plus cette histoire semblait ne pas tenir debout. Mon comportement récent ne me ressemblait pas. Il manquait de réflexion. En fait, je n’avais aucune idée de ce que je cherchais à faire. J’ignorais ce que j’espérais de ces données chimériques. Mes arguments étaient fragiles. Trop fragiles.
Un détail me revint en mémoire, très lointain. Ce jour où j’avais configuré les monstres. Ce jour où j’avais téléchargé les données, et eu l’intuition qu’un léger bug était arrivé. C’était là que tout avait commencé. A compter de ce moment, j’avais commencé à agir de plus en plus bizarrement. Il s’était passé quelque chose lors de ce fichu téléchargement. Mais on avait rien repéré d’anormal sur les écrans.
Mes coudes lâchèrent à leur tour. Je n’avais presque plus d’énergie, et j’étais trop bas pour voir l’avancement. Roulant sur le flanc, je croisai mentalement les doigts pour que ce soit bientôt fini. Les filaments et leurs orbes se faisaient plus nombreux. La colonne de lumière bleue devenait flammes. La salle commençait à vibrer. Ça sonnait comme une fin, mais je ne voulais pas avoir trop d’espoir.
Une présence pesait sur les lieux. Une présence inconnue. J’eus l’impression d’entendre comme un cri du cœur, mais je ne savais pas si c’était un effet de mon imagination.
« Enfin ! »
Le mot résonna longuement. Cette chose inconnue qui avait squatté mon organisme était en train de s’en arracher. Finalement, ce cri aurait pu être le mien…
Avec effort, je regardai dans le trou d’où émergeait la lumière. Le cœur de la colonne ne cessait de croître en luminosité. Puis tout d’un coup, la pression retomba, tout s’éteignit. C’était terminé.
La force qui me retenait sur place s’était dissipée elle aussi, mais je n’avais pas la force de me relever. Vidée, au sens propre en plus. Cette chose était partie. Je ne savais toujours pas ce que c’était ni même comment le définir, mais c’était parti.
« Euh, Xana ? »
Même pas la force de lui répondre. Tant pis. Qu’il prenne les commandes et demande la rematérialisation. Moi, j’étais out. Et pour appuyer ma volonté de ne plus bouger, je me repliai dans les profondeurs de mon propre esprit, laissant le spectre diriger.

Odd écoutait Aelita, muet d’horreur tandis qu’elle les déversait. Elle parlait d’une voix atone, le regard plongé dans le vide comme si elle revivait les évènements. Le blondinet se vit donc raconter les interrogatoires, la solitude, l’attitude de William et la torture permanente qu’elle avait subie à proximité de Wreck. Elle avait besoin de tout décharger, sans se rendre compte du poids qu’elle mettait sur les épaules d’Odd. Apprendre la mort de Yumi et de son enfant à naître (dont il ne connaissait pas l’existence) lui colla un coup au moral et il ne dit plus rien, laissant son amie continuer à parler seule. Il n’écoutait même plus, à vrai dire.
Cette situation fut vite changée par l’arrivée d’un nouveau facteur : Ulrich junior. Arrivé en catimini sans que personne ne le voie (étonnant au vu de ses coloris), il dévirtualisa Odd d’une salve de projectiles, ce qui eut aussi pour effet de reconnecter Aelita à la réalité en la tirant de ses flash-back. Elle sursauta et eut le vieux réflexe de s’envoler.
-Attends.
La voix monocorde du gamin xanatifié la retint. Il pointa la sortie de la salle.
-Viens.
-Pourquoi je devrais venir ?
Aelita sentit la peur lui nouer le ventre. Elle n’ignorait pas que le programme qui s’adressait à elle était contrôlé par Carthage. L’angoisse que lui inspirait le projet rampait, toujours présente, et s’enroulait autour de sa gorge.
-Viens, répéta-t-il.
Elle hésita. Où voulait-il l’emmener ? Et pour quoi faire ? Qu’est-ce qu’on lui réservait encore ? Mais si elle ne le suivait pas…
Oui, voilà, elle n’avait une fois de plus pas le choix. Si Carthage était impliqué, ne pas obéir pouvait lui apporter des ennuis. Et la compagnie de Wreck.
-Viens.
L’injonction, répétée pour la dernière fois, n’était teintée d’aucune impatience. Le programme attendrait jusqu’à ce qu’elle se déplace. Elle décida donc de s’exécuter, en accord avec ses précédentes réflexions. Aelita se posa et suivit le serviteur de Xanabis qui se dirigeait vers l’ascenseur. Il avançait lentement, traînant des pieds, avec sa démarche habituelle de zombie, mais montra une grande réactivité pour sauter à temps sur la plateforme.
Ils se rendirent ensuite à l’interface. Enfin, c’est ce que la fille de Franz crut au premier abord, mais une forme indéfinie plongea du ciel. C’était une sorte de losange grossier bleu qui s’apparentait à un brouillon de Manta. De toute évidence, leur destination était différente. Aelita eut un instant l’impression de revivre la scène où William, de retour au service de XANA, l’avait kidnappée. Sur le moment, elle avait eu peur, mais elle se rendait compte que c’était une situation bien dérisoire comparée à celle dans laquelle elle se trouvait.
Ulrich junior monta sur le losange et piqua vers le pôle Sud du monde virtuel. Aelita s’envola donc à sa suite. Le cœur ? Mais pourquoi ?
Le bruit des portes du tunnel qui s’ouvraient et se refermaient comme si elles n’étaient que les mâchoires d’un organisme plus gros se fit bientôt entendre. Ils attendirent le bon moment pour se faufiler et Aelita leva les yeux vers le cœur. Il était presque comme dans ses souvenirs, à l’exception du fait qu’une barrière de plus était visible. Carthage avait trouvé le moyen de renforcer les protections, visiblement. Le serviteur du programme multi-agent pointa la boule d’énergie loin au-dessus.
-Approche-toi.
-Pourquoi ?
La question était sortie toute seule et elle se maudit. Discuter un ordre émanant de Carthage n’était jamais bon. Jamais. Elle se crispa, attendant de voir la réponse ou la menace proférée par le gamin. Il eut l’air de réfléchir, ou plutôt de chercher quelque chose dans sa base de données.
-Ton père, finit-il par dire.
Le ton était hésitant, comme s’il ne savait pas exactement ce qu’il disait ou l’impact que ça allait avoir. Aelita sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine malgré elle. La mention de son père lui donnait envie de le retrouver et de se blottir dans ses bras. Elle se rappela le piège tendu par XANA, quand il s’était fait passer pour Franz Hopper. La supercherie pouvait très bien être la même. Et pourtant…
Qu’avait-elle encore à perdre ?
Ne trouvant pas de réponse, elle s’envola.

William jeta un œil aux voitures garées sur le parking arrière de l’agence. Il était nerveux.
-Tu sais où ils placent les émetteurs GPS ? Ce serait con de se faire griller.
-Je crois, oui. Je vais essayer de le retirer.
La brune se faufila donc jusqu’à un des véhicules noirs et commença à l’examiner. Son copain continuait à surveiller les environs. On ne savait jamais quand les spectres pouvaient s’en prendre à eux ou arrêter de semer le chaos. Une bombe EMP ne prenait pas tant de temps que ça à être posée. Bientôt, la diversion dans laquelle il reconnaissait le style de Xana allait se terminer. Et s’ils étaient encore à moisir là, ce serait embêtant…très embêtant.
-Je l’ai !

Stella considéra l’autre agent, évanoui à ses pieds, tout en répondant à quelqu’un au téléphone.
-Ouais, j’ai eu le quatrième. Il avait eu l’idée de posséder l’agent Tutriz, tu sais, le portugais. Sauf que ça a pas duré longtemps, une bonne petite balle EMP a vite arrangé tout ça. Mais oui, Tutriz va bien, il se réveillera dans une heure ou deux avec un petit mal de tête.
La blonde poussa du pied le corps de son collègue sur le côté pour qu’il n’encombre pas le passage.
-Où est le dernier ?
La réponse la fit grimacer.
-Oh merde, je sens que ça va être plus dur.
Et, sans ranger son pistolet, elle fila vers le département scientifique, puis vers la pièce où étaient retenus les deux monstres. L’entrée de la zone en crise n’était pas vraiment difficile à voir : c’était une titanesque porte blindée, seule au fond d’un couloir, devant laquelle attendaient Wreck et Dorothée. Stella les rejoignit rapidement et s’enquit de la situation.
-Apparemment, Némésis, possédé par le spectre, a réussi à démolir sa cage et à endommager celle d’Helion. Il essaie maintenant de détruire la zone de confinement et son original veut s’échapper.
-Eh bien, on va envoyer une bonne décharge électrique au cyborg et on va endormir son copain, puis les transférer dans leurs cages secondaires, annonça Stella en vérifiant son chargeur à balles EMP.
-C’est l’idée en effet.
La porte s’ouvrit, laissant échapper les rugissements caractéristiques des créatures. Très vite, un bruit sourd se fit entendre, qu’on pouvait assimiler à un galop. L’un des temps était plus proche du « clang » mécanique, ce qui confirmait que c’était le cyborg. Et il leur fonçait vraisemblablement dessus.
Heureusement dotés de réflexes, les trois agents bondirent sur le côté pour éviter la charge, en espérant qu’il s’écrase contre le mur. Mais le spectre était assez malin pour éviter ça et freina à temps. Stella tira, mais un mouvement imprévu de l’animal fit ricocher la balle sur son exosquelette métallique et tira un juron à la propriétaire du pistolet. Némésis pivota vers elle, apparemment décidé à lui régler son compte. Avant qu’elle puisse tirer un second coup, le coup de patte fusa, la repoussant et lui laissant trois sillons rouges dans le flanc. La bête s’approcha lentement de sa victime, pensant pouvoir la finir. Malheureusement pour lui, Stella pouvait encore viser correctement et lui vida son chargeur dans le cou, peu protégé. Forcément, la surcharge de balles EMP créa un joli flash de lumière. Pendant quelques instants, tout fut chaotique. On ne voyait plus rien, et on entendit un feulement de la part de Némésis, le bruit sourd d’une masse qui tombait par terre et des crépitements indiquant que les parties robotisées du monstre n’avaient pas vraiment aimé.
Une fois la lumière dissipée, le trio un peu ébloui put constater que la cible était HS. Stella se releva en tentant de compresser sa triple plaie sur un arrière-plan sonore de feulements d’Helion. Lui était toujours réveillé. Dorothée échangea un regard avec Wreck et sortit son portable pour qu’on vienne transférer les deux bestioles et qu’on lève l’alerte générale. Son collègue, fusil à tranquillisants en main, alla faire taire la version originale.

De retour sur terre. Je levais les yeux vers le labo, le centre d’opérations. Ses écrans holographiques, sa projection de Fort Trinité dans un coin, le pupitre de commandes, bref, tout. Mais je n’avais pas envie de bouger. Avec effort, je fis le strict minimum : quelques pas pour aller m’affaler dans un coin.
Ensuite, je me retirai dans les abysses de mon crâne une fois de plus. J’étais sans doute sous le choc. J’avais besoin de temps pour réaliser ce qui s’était passé, et encaisser. Car c’était bien de ça qu’il s’agissait. J’étais XANA, le programme parfait, qui avait déjoué Franz Hopper et une multitude d’autres ennemis moins intelligents, alors comment, étant moi-même, avais-je pu être dupée par ce…je ne savais même pas vraiment ce que c’était. Peut-être un bout de programme.
Résumons. Mon organisme avait été infiltré sur Fort Trinité par une sorte de parasite numérique sans que je le remarque. Ensuite, j’avais probablement été influencée par lui et ces rêves étranges. Les rêves devaient être de son fait, d’ailleurs. Sous cette influence, j’avais réussi à foncer tête baissée dans un piège très grossier qui tirait de façon évidente sur les ficelles qui m’intéressaient : moi et Franz Hopper. Il avait dû sonder ma mémoire. Le plus habile dans tout ça c’est qu’il avait réussi à se confondre avec mon subconscient. Un vrai caméléon. En parlant de mémoire, plus je me repassais les évènements des dernières semaines et plus j’avais l’impression que certains passages étaient légèrement floutés. Probablement les moments où la volonté du parasite avait pris le pas sur la mienne. Ça me mettait en rogne. Et je n’avais rien remarqué.
Maintenant, suite à une énième manipulation de sa part, un protocole de « fusion » avait été enclenché. Il avait quitté mon organisme pour fusionner avec autre chose. Voyons. La console dans la salle permettait à un programme (ou un autre opérateur ne possédant pas de corps virtuel) de communiquer avec un non-programme. En l’occurrence, plutôt avec l’hôte matériel d’un programme parasite…donc, ledit parasite avait fusionné avec autre chose de présent à l’extérieur, mais qui n’avait pas plus de forme que lui. De ce que je savais, il n’y avait qu’un programme sur Lyô, mais après cette sinistre mésaventure, j’arrivais à en douter. Quelque chose aurait pu prendre la place de Xanabis sans se faire remarquer. L’ère de la paranoïa était amorcée.
Je recommençai à m’interroger sur les rêves. Avaient-ils un quelconque intérêt, ou n’étaient-ils qu’une projection créée de toutes pièces ? Non, ça aurait été trop compliqué à faire. Les programmes n’étaient pas connus pour avoir beaucoup d’imagination. Il avait sans doute pioché les images de quelque part. Peut-être pas toutes, mais…il y avait sûrement un monde virtuel qui ressemblait à ça. Et on pouvait espérer qu’en trouvant ce monde, on en apprendrait plus sur le squatteur. Ça faisait une nouvelle direction où chercher…
Mais la motivation manquait pour se ruer dans cette branche. La motivation manquait pour tout, à vrai dire. Employons une métaphore pour décrire ça. J’avais emprunté un long chemin sinueux depuis ma création. J’avais vite quitté la piste qui m’étais tracée pour couper à travers bois et tracer ma propre route vers ce que je pensais être le sommet de la gloire, la domination du monde. Et là, brusquement, je me retrouvais face à un précipice là où je pensais pouvoir m’asseoir pour regarder l’univers à mes pieds. C’était un peu ça, oui. Un grand gouffre. Celui de l’échec. Et il était aussi grand devant que dedans. Ou alors, on pouvait dire que j’étais sur le point d’atteindre le sommet, et hop, un glissement de terrain. Toujours était-il que je me retrouvais plus profond que prévu.
Et que la volonté de remonter manquait. Parfois, c’est plus simple de rester au fond. Mais c’est minable. Je le sais, je le sais que c’est minable. Ce qui ne m’empêche pas de me sentir minable à cet instant. Je n’ai rien anticipé du tout. Je me suis fait avoir. Roulée, pire que la Dame par Volesprit. Au fond, tout au fond du trou. Je pouvais lever la tête et voir la lumière, le chemin à suivre, mais l’énergie pour l’atteindre n’y était pas. J’avais cru suivre la bonne voie avant de découvrir que je m’étais fait embobiner par un stupide symbiote parasitique numérique. Un programme même pas multi-agent. Rien.
Je levai le nez et remarquai la présence de Odd, assis de l’autre côté de la pièce. Il était grosso-modo dans le même état catatonique que moi. Le regard vide, les bras autour des genoux, écroulé sur lui-même. J’envoyai Xanadu pour récupérer ses souvenirs et pouvoir savoir ce qu’il avait. C’était toujours ça de pris.
Les informations revinrent vite. Je vis son entretien avec Aelita, les multiples horreurs qu’elle lui avait racontées, et la réponse fut claire. Ainsi, Yumi n’était plus de ce monde. Sa mort n’avait pas eu l’air de faire beaucoup de vagues du côté de la communauté Carthage, mais elle était responsable du choc subi par Odd. Les séquelles psychologiques allaient être lourdes à porter. Le poids de l’échec était très lourd à porter, plus précisément.
-Xana ?
-Ta gueule Drake, grognai-je.
-Mais, Carthage a…
-Quoi, qu’est-ce qu’ils ont encore ?
-Ben je crois qu’ils ont pas aimé l’attaque. Ils ripostent.
-Genre comment ?
-Encore une grosse opération chez nous.
-Fait chier.
J’ordonnai à Xanadu de se bouger pour rejoindre un scanner. Il allait régler ça tout seul avec l’aide des machines de guerre mantesques.

Une fois encore, je me retrouvais sur le champ de bataille à faire face aux infiltrés. Et ils étaient nombreux. Et plus dispersés. Le duo Wreck/Stella fonçait déjà vers le cœur, tandis que Kimblee et Dérobâme vadrouillaient pour démolir des monstres et leur ouvrir la voie. D’après Drake, elles faisaient équipe et pouvaient se déplacer très rapidement. Je pouvais voir de loin une pluie de flèches bleutées tomber du ciel. Dorothée avait donc sorti son tapis volant d’ombres…et si Kimblee n’avait pas été là, elle se serait camouflée avec aisance dans le ciel noir. J’obtins une Manta assez rapidement, et l’escadron de ses congénères colorées se rassembla autour de moi, à l’exception de Winter Soldier qui tentait plutôt de cibler Stella. J’envoyai Little Girl pour l’aider à s’en débarrasser et pris Incinerator et Confuse Ray pour dégommer leurs collègues. Incinerator ouvrit littéralement le feu dès que l’objectif fut à portée, en balançant ses redoutables anneaux. Une manœuvre acrobatique de la pilote du tapis réduisit l’efficacité des projectiles à néant, toutefois, et la réponse fut rapide.
Je déviai les flèches trop insistantes avec mes deux lames tandis que Incinerator décidait de charger sans grande subtilité. Confuse Ray se tenait encore en retrait, peut-être de peur de tirer contre quelqu’un de son camp, ce qui était compréhensible au vu de ses précédentes performances. La Manta enflammée faillit se faire dégommer par Sabriël, mais un laser gelant la contraignit à se replier. Elle lança un piaillement agacé vers le ciel, d’où Winter Soldier lui répondit. Je ne parlais pas le langage des Mantas mais on pouvait imaginer que la Manta bleue avait été assez maligne pour empêcher l’autre de faire des conneries.
Confuse Ray finit par se décider à tirer, et toucha le tapis. En soi, ça ne semblait pas mieux qu’une performance d’elfe au tir à l’arc, mais l’effet de confusion sembla s’appliquer et Dorothée perdit le contrôle du véhicule, ce qui contraignit les deux à sauter. Tandis que les Mantas leur tiraient dessus du ciel, je bondis vers le sol pour pouvoir utiliser mes compétences au corps-à-corps (étant complètement inutile à distance).
Dorothée fut la première à réagir. Elle para mon assaut aérien qui était un peu inspiré de sa propre méthode, et me tira dessus avec son arbalète de l’autre main. Je dus pencher la tête en urgence pour ne pas être dévirtualisé par un carreau à quasi bout portant. Et pendant ce temps, elle me collait un coup dans la jambe, me faisant glisser. Je ne me cassai pourtant pas la gueule et dégageai mes armes. Sabriël ne s’impliquait pas trop pour le moment, préférant canarder les Mantas qui assuraient la supériorité aérienne.
-Xanadu, les deux autres ont presque atteint le bord du premier anneau !
-Déploie les Tarentules. Je suis occupé.
Incroyable, je battais des records niveau longueur des phrases…
Il y eut une confirmation, mais je n’y faisais pas attention. Il me fallut éviter des anneaux de feu tirés par Incinerator qui n’avait pas l’air de se soucier de me toucher aussi. Sale bête. Confuse Ray essayait de cibler Kimblee, et s’y appliquait avec une certaine virulence, mais elle bougeait trop vite. Vint le moment où l’agente frappa dans ses mains et appliqua son pouvoir, vraisemblablement sur elle-même. A compter de là, elle bougea plus vite. Dorothée échangea un regard avec elle et tira subitement une volée de carreaux sur les créatures volantes. Ray, ne les ayant pas vus arriver, se fit dévirtualiser sans autre forme de procès. Incinerator riposta d’une charge, mais son adversaire se rendit immatérielle en s’entourant de sa brume noire étrange et la Manta, déconcertée, se prit un coup d’épée qui la finit également.
J’étais seul contre deux. Embêtant.
Sur l’instant, ça ne semblait pas si compliqué, parce que Sabriël prenait déjà la poudre d’escamette pour rejoindre ses deux collègues. Ça en faisait une de moins à combattre, en théorie. Malheureusement, Dorothée avait bien l’intention de me barrer le chemin pour donner le temps à la percée de se faire. Je lui fonçais dessus purement et simplement en utilisant mon don de passe-muraille, mais un trait décoché peu après ma tentative me toucha à l’épaule et me convainquit de régler son compte à Dérobâme d’abord. Je fis donc demi-tour sans pour autant laisser ma place à un autre pokémon, et usai de la technique du jet de dague tout en chargeant. Dorothée ne s’y attendant pas, elle n’arriva pas à l’éviter et ne put que la dévier. La lame ne la transperça pas, et elle perdit donc simplement des points de vie. Avec un juron, je demandai à Drake de détourner Winter Soldier pour qu’on en finisse vite.
Quelques passes d’arme s’opérèrent. Dorothée savait se servir d’une épée, pas de doute là-dessus. Elle était rapide, surtout. Mais elle ne regardait pas assez au-dessus d’elle. Elle ne vit donc pas le laser qui lui congela le pied, l’empêchant d’exécuter une esquive au bon moment. Ça lui fut fatal.
Je n’avais pas le temps de regarder son avatar disparaître en confettis. Je devais me grouiller pour protéger le cœur. Mes capacités physiques de spectre me permirent de couvrir la distance plus vite que ce que Sabriël avait pu faire, et je constatai avec plaisir que Stella n’était pas visible, probablement dévirtualisée. Ce qui me faisait moins plaisir, c’était de voir Wreck au bord du second anneau, en train de terminer de monter son canon et Sabriël qui achevait les dernières Tarentules. Little Girl n’était pas visible et Winter Soldier tirait trop lentement pour l’atteindre. Je devais me dépêcher. Un des plus grands sauts que j’aie jamais fait, surtout en termes de longueur, m’amena d’un anneau à l’autre et je fonçai de plus belle vers le duo. Il me fallut parer des flèches perfides et agressives, et elles me ralentissaient trop. Le laser commença à s’activer.
-Xanadu, tu n’as que quelques secondes, la Méduse et les barrières ne peuvent pas absorber ça.
-Je sais.
J’y étais presque. Après quelques bonds acrobatiques, j’étais sur Sabriël. Le réflexe de dévirtualiser d’abord Wreck et son canon me vint, mais il avait eu assez de temps pour détruire les barrières. Ce truc était surpuissant. Sabriël eut quelques instants de répit pendant que je réglais le compte du tireur : ça suffit pour tirer une seule flèche.
-Xanadu, le cœur va…
-Je sais !
Et le cœur explosa.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Dernière édition par Ikorih le Jeu 03 Aoû 2017 17:56; édité 1 fois
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Raymentase MessagePosté le: Lun 16 Juin 2014 13:34   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Raymentase)


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Carthage Sad
Pourquoi tu passes tout ton temps dans ce truc plein d'OC ?

Sinon, je commente pas le dernier, pas celui d'avant, ni celui d'enco'ch avant, mais un mélange étrange des trois. Plus ... moins chiant Mr. Green

Déjà, la mo'ch de Yumi. Elle est nulle. Vraiment, c'est presque pi'ch que la mo'ch de Drake. Même pire que l'Ulrich d'Imprévu je pense. Elle est morte parce qu'elle était enceinte... Okay, si tu veux. T'as mis une justification mais ça change rien au fait que c'est trop simple.

Autrement, Confuse Ray est une merde Crying or Very sad (Oui, aléatoi'ch en plus d'étrange). Bref, "Winter Soldier" (appelons Wice'ch) est bien utilisé. T'as marqué sa faiblesse, avec sa lenteu'ch mais son coup sauveu'ch est pas trop cheaté. Bien. Puis Little Girl a disparu, dévirtualisée quand Xanadu suivait pas.

XANA a une petite révélation intérieu'ch. Tu nous fais un pavé psychologique sur un programme informatique. J'aime bien. Tu l'as bien amené, c'était pas inutile, même constructif. Elle était bien paranoïaque pour Hopper, mais Franz, ne lui aurait pas fait de mal si vicieusement. Tiens, autre chose, moi quand je parle à l'oral, j'appelle pas quelqu'un pa'ch son prénom puis son nom ensuite. C'est rien du tout mais ça m'a dérangé.

Donc voilà, j'ai préféré ce dernier chapitre à ceux d'avant qui était quand même bien et t'as eu ton commentai'ch de chapit'ch avec ma vengeance des 'ch (qui se prononce comme le -ch allemand, donc quasi comme un r)
Désolée pour les aut'ch mais je vous néme quand même !
_________________

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Merci pour ce beau pack Abby !

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