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[Fanfic] Abysses [Terminée]

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 Auteur Message
Oddye MessagePosté le: Jeu 19 Juin 2014 10:13   Sujet du message: Répondre en citant  
Fleur immonde


Inscrit le: 27 Fév 2008
Messages: 2017
Localisation: Dans un autre horizon
Non, ceci n'est pas un commentaire en retard depuis ... euh ... plusieurs mois ?
Mais désolée mais avec mon genou en miettes, je me traîne aussi Mr. Green

Bon, j'ai lu les 9 premiers chapitres et je te fais part de mes impressions, vu qu'il y a déjà pas mal de choses à dire.
Il est vrai que je ne saisis pas toutes les allusions et tous les enjeux parfaitement, n'ayant pas lu Abysses entièrement. Néanmoins, cela ne m'empêche pas d'apprécier ton style d'écriture. Je parle par exemple de toutes ses petites phrases comme :

Citation:
Le jingle de la SNCF se fit entendre, simplement pour le fun.

Citation:
Xanadu, n’étant pas toujours une lumière, commenta :
-On dirait une sorte de cristal.
-C’est pour ça que ça s’appelle comme ça, andouille. Evidemment que ça ressemble à un cristal.


Citation:
-Techniquement, cette rue n’a rien de déserte puisque vous êtes là, tous les deux, fit remarquer Dorothée.
=> Fucking genious !

Namé XDDDD ! J'adore ce genre de références et de phrases totalement sorties de ton esprit déjanté. On est dans une situation compliquée et grave, mais on a toujours le droit à ce genre de phrase qui semble être sortie de nulle part, et vu que ça colle pas à la situation, ça ressort encore plus et ça fait bien marrer ! Je pense d'ailleurs que c'est ce que je préfère le plus dans ton style d'écriture. Ce côté humoristique alors qu'on est dans du drame, j'aime bien.

J'aime bien ce que Odd est devenu, je pense que c'est l'intrigue que je préfère le plus dans tout cette fic. Le pauvre, il cherche son enfant disparu, et la policière lui aurait mis un coup de pied dans le ventre que ça aurait été pareil vu comment elle lui disait "nan mais on clôt le dossier ! Bonne journée, cordialement !". Bon, après c'est vrai que ça semble bizarre que à peine quelques heures après le dossier soit déjà clos. Moi je dis, c'est louche !
Je me demande néanmoins s'il va réussir à retrouver son fils. Te connaissant, je parie que tu vas en tuer un devant l'autre, au moment où ils allaient se retrouver Mr. Green
"Tu me veux ? Et bah tu m'auras paaaaaaas !" (JDG Powaa !)

Ensuite, en ce qui concerne Xana et Xanadu. J'aime bien leurs interactions, leurs dialogues. Xanadu est très explorateur, très pointilleux, j'aime bien le genre de détails hyper précis qu'il donne, comme si le savoir et le dire était hautement important. Je verrais bien XANA lui dire "nan mais on s'en fout en fait ! Fais ce que je te dis, point barre!"

Et William, qu'est-ce qu'il fout ? Pourquoi fait-il ça ? J'ai hâte d'en savoir davantage sur ses intentions. Mais bon, ça fait toujours plaisir de le voir !

On a le retour d'Aelita, qui vient aider Odd. Leur amitié semble donc être de l'histoire ancienne, mais avec cette toute nouvelle aventure, c'est peut-être le moment de recoller les morceaux. Moi qui suis à la fin du 9ème chapitre, j'espère voir des scènes où la complicité et la proximité qui avaient toujours entouré ces deux personnages seront, progressivement, au rendez-vous.

Le fait que l'histoire s'articule autour de trois groupes peut donner lieu à de superbes scènes, la suite est prometteuse : Odd qui cherche son fils, XANA et Xanadu qui font leurs magouilles, et Carthage qui magouille aussi. Et là-dedans, on a plein d'OC, un William qui fait on ne sait quoi, un Ulrich qui a disparu, et Aelita qui vient à la rescousse. Des idées intéressantes qui donnent envie de savoir comment tout ça va finir !

Et y a Kiwiiiii ! Yeeah ! Un Kiwi possédé en plus de ça !

Pour en revenir au chapitre 9, Dorothée n'était donc pas une gentille alliée ^^ En même temps, je le sentais à plein nez (j'ai peut-être une mémoire à chier, mais mon odorat est super développé Mr. Green). Odd et Aelita se sont faits avoir ! J'aime bien d'ailleurs le parallèle monde virtuel/monde réel, pensé par Odd. Oui, sur Lyoko, il protégeait Aelita. Mais sur Terre, il ne peut rien faire face à des flingues. C'est assez sympathique de le voir comme ça, frustré par ses propres limites humaines, qu'il n'avait plus lorsqu'il était un félin virtuel.

Et à la fin, ...
Jérémie !!!!

Yeeeah, ça va envoyer du pâté !

Bref, tu gères les patates, et avec toi + les consanguins, la production agricole n'aura plus jamais de problèmes !
Bref², je lirai la suite et t'auras d'autres commentaires de ma personne. Bon, ils seront pas du niveau de Zéphyr, mais bon, je suis une mère-gr... euh, mère-petite j'voulais dire et avec ma mémoire de poisson rouge, c'est pas gagné !

Mais je le ferai Wink
Bon courage pour la suite Smile
_________________
http://img11.hostingpics.net/pics/155549Ravensignaturecoinsarrondis.png

Je n'étais pas anciennement odd-4-ever.
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Icer MessagePosté le: Jeu 19 Juin 2014 10:40   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2131
Localisation: Territoire banquise
Bon du coup complétons la M.A.N.T.A avant que Zéphyr ne casse tout. Tu l'as pas volé.

En effet, les deux derniers chapitres étaient excellents. Bon au sens d'Abysses hein, pas de l'Engrenage, mais... *sbaf*

Le point le plus intéressant ici est la fuite et donc le recyclage ailleurs de William. Après faut voir où. Mais je trouvais déjà son intégration à Carthage un peu inutile, quoique le paradoxe après la capture d'Aelita était sympathique, mais il s'est vite fait écarter, du coup, ça se voyait moins. C'est donc une bonne chose qu'il parte. En plus, tu préfères largement tes OC Razz

J'avoue que l'explosion du cœur avec X.A.N.A dessus était Imprévue mais si je ne me trompe pas, c'est un excellent moyen de lui faire atteindre un endroit important rapidement, les Abysses, tmtc Mr. Green

Le combat virtuel, même si plus bref que dans le 17, était aussi très bon, tu t'es améliorée.

Enfin, il y a ce nouvel arc que je surnommerai tout simplement l'arc du viens avec Aelita et Ulrich. Pas grand chose à dire, on en sait pas assez. Cependant si bonbon rose pouvait en crever, je valide.

On se voit au prochain !

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Zéphyr MessagePosté le: Dim 22 Juin 2014 23:43   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1027
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Bon, ben c'était franchement. La petite séquence éclairant nos lanternes étant franchement cool. J'avais pas du tout tiqué sur l'anomalie de téléchargement du chapitre 2. Tyker a géré ici o/.

Bon, la partie concernant Xana. La révélation sur le symbiote m'a plu. J'aime beaucoup les rebondissements de ce genre, soit « depuis le début, ce n'est pas du tout ce qu'on croit ». Et l'effet est d'autant plus réussi avec le personnage de Xana, qui est un programme parfait à l'origine. Sans les impressions de Xanadu, je crois pas que j'aurais vraiment trop grillé (on fait bien entendu la liaison avec mon manque total de mémoire sur le passage important du chapitre 2).

Citation:
Quelque chose aurait pu prendre la place de Xanabis sans se faire remarquer.


En tout cas, ça explique les événements du chapitre 19 lors de la coupure de communication entre Aslinn et les agents de Carthage. Et puis, le passage de folie d'Ulrich².

Côté Aelita, j'avoue être curieux de voir ce qu'il va lui arriver. Comme elle a suivi l'entité inconnue sur son invitation, on peut nécessairement penser que celle-ci veut se servir de bonbon rose. Mais la question qui reste est : va-t-elle l'éliminer après s'être servi d'elle ? Ou alors va-t-elle lui proposer de la rejoindre, signant un passage du côté obscur (obscurité, abysses, tout concorde Cool) ? J'avoue que la seconde me plaît bien, dans la mesure où Aelita pourrait ainsi échapper à Wreck. Je la pense assez désespérée pour ça. Néanmoins, il est fort probable que je me trompe dans les deux cas, le manque d'informations ne permettant pas d'aller plus loins. Dans tous les cas, je valide également si cela se termine par un coup de Faucheuse.
Côté William, pas grand-chose à dire. Je conçois trois options dans son cas. Premièrement, une disparition pure et simple de la circulation et de la fanfiction, hypothèse qui me semble peu probable au vu du nom de l'auteur. Deuxièmement, une tentative pour rejoindre Xana, peut-être la seule capable de l'aider à échapper à Carthage, monnayant une main-d'œuvre bien sûr (et comme ça, si Xana passe enfin à l'acte en éliminant Drake, Aslinn pourra le remplacer au pied levé Mr. Green). Dernièrement, William se fait discret quelques temps, avant un retour épique vers la fin. Oui, il est tard, et on sent que je pars dans tous les sens xD.

La furtive séquence virtuelle était rafraîchissante après la petite réflexion de Xana. De même, que le chapitre précédent, la fin est chiante, dans le sens on peut penser que ça en est fini de Fort Trinité. Néanmoins, il me semble que Xana avait fait mention d'une possibilité de survie du monde virtuel même sans son cœur (je ne saurais retrouver le chapitre o/). J'attends donc de voir ce que ça va donner, mais je sens que ça va être original, as usual.

J'ai fait le tour je crois. J'ai peut-être omis ou me suis peu étendu sur certains points pour une raison que je t'ai déjà exposée. Je viendrais sûrement t'en parler en privé.
J'espère que ce modeste commentaire saura contenter l'Empereur que tu es désormais Mr. Green.On se voit au prochain chapitre !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Ikorih MessagePosté le: Jeu 26 Juin 2014 15:17   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1438
Localisation: Sûrement quelque part.
Spoiler


Chapitre 24 : Du fond du coeur


L’agente de Carthage se retourna et me décocha un sourire moqueur.
-Ton monde va tomber en morceaux et on entendra plus parler de vous !
Je sais que ce n’est pas une réaction très spectrale, mais je ne pus m’empêcher d’éclater de rire après l’avoir dévirtualisée. Je regardai le monde virtuel dans son ensemble, parfaitement identique à d’habitude. Le seul petit détail qui manquait, peut-être, était la sphère lumineuse au centre, celle qui alimentait l’endroit en énergie et l’empêchait de tomber en morceaux, pour reprendre l’expression de Sabriël.
M’enfin toujours était-il que ça marchait très bien sans.
-Si t’avais pas vu, le cœur est détruit.
-Xana va pas aimer.
-Mh ?
La voix venait de plus loin. La patronne allait-elle se lever ?
-Carthage a dégommé le cœur.
-Ah.
La voix était toujours aussi lointaine et le ton des plus monocordes. Pas normal, ça. Elle aurait au moins dû s’énerver un peu. J’avais pu percevoir le choc créé par la découverte du symbiote mais plus le temps passait et plus il me semblait important. Drake me rematérialisa finalement et me fit signe de m’approcher. Je constatai que Xana n’en avait rien à cirer, enfermée dans sa bulle, et je me faufilai donc dans l’organisme de l’assistant.
Un frisson parcourut son échine. La sensation de pouvoir, sans doute. Il n’avait jamais connu ce contact avec un être comme moi.
« Qu’est-ce que tu veux ? »
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »
« Ah. Pour faire court, elle a découvert qu’un programme informatique étranger et parasite s’était incrusté dans son crâne depuis un moment et l’a manipulée jusqu’à pouvoir s’arracher à elle pour accomplir de plus grands projets. C’est ça qui s’est passé dans la pièce mystère qui l’obsédait tellement. »
Drake ne dit plus rien, le temps de digérer. Il gardait les yeux fixés sur la forme prostrée, là au fond. Ça faisait bizarre. Bizarre de ne pas voir l’énergie froide qui parcourait perpétuellement Xana. Cette espèce de détermination inexorable qui la poussait toujours plus loin et qui faisait qu’elle ne lâchait rien, jusqu’à la toute fin.
Et là, on aurait juste dit une marionnette sans fils. Le changement avait été brutal. Comme si le symbiote, en s’en allant, avait emporté la hargne de ma maitresse avec lui. Ou aspiré. Peu importait le terme, les faits étaient là. Je me demandais si cet effet allait être permanent et si non, combien de temps ça allait bien pouvoir durer. Sans doute le temps qu’il fallait à Xana pour surmonter le choc. Je me doutais que ça remettait en cause sa vision d’elle-même. Mais l’heure n’était pas tellement à psychanalyser aussi j’espérais qu’elle pourrait vite passer outre.
Odd était tout aussi végétatif. Je remarquai que Laura n’était pas là aussi je m’extirpai du corps de Drake pour partir à sa recherche.
Les réseaux électriques du manoir paraissaient coupés, vus de l’extérieur, mais le Supercalculateur redonnait silencieusement vie à l’endroit pour me permettre de me déplacer plus facilement, et sans perte d’énergie. Et on était les seuls à en avoir conscience…
Laura n’était pas loin, assise dans un escalier en bois sombre (comme toute la bâtisse), muette et immobile. Sa petite tête blonde tranchait avec le décor, tout comme son univers décalé tranchait avec le nôtre. Nous, nous nous souciions de conquérir le monde en éliminant les rivaux ; elle se contentait de souris digitales comme amies. Son jeu aurait dû lui manquer mais elle avait l’air de conserver un contact avec les rongeurs sans l’aide de l’interface qu’était la tablette. Fascinant. Odd s’inquiétait pour elle, craignant qu’elle ne soit un peu folle. Je n’avais pas fréquenté assez de fous pour pouvoir le dire. Et même si elle était légèrement dérangée, ça ne changeait rien à son esprit curieux et au fait qu’elle soit capable de communiquer avec nous très librement.
Laura était juste unique.
Je me faufilai hors du système électrique pour ensuite me glisser dans sa tête. Elle n’eut pas l’air très surprise de mon contact. Elle avait l’habitude.
« Tu fais quoi ? »
« Je pense. »
Deux mots suffisaient à définir une activité aussi complexe que ça. Incroyable. Les choses compliquées étaient dures à résumer. Comme les personnalités. Quelqu’un de réellement complexe ne pouvait pas être défini en trois mots. Dire que Xana était un programme égocentrique très intelligent ne suffisait pas à exprimer les petites facettes de sa personnalité qui s’étaient développées au fil du temps. Je n’en avais pas vu beaucoup du temps où elle était un programme pur souche, mais ces facettes s’étaient développées depuis son arrivée sur terre. Ça devait être lié. Une forme d’humanisation, peut-être. Mais elle ne voudrait jamais l’admettre, et ne voudrait pas que j’évoque l’idée. Alors je garderais mes théories pour moi.
« Et toi ? »
« Je pense aussi. »
Je pensais à beaucoup de choses. Elle n’aurait sans doute pas voulu savoir à quoi. Il y avait son père et Xana, au sous-sol, complètement assommés. Odd par le choc de la mort de la mère de Laura et le sort d’Aelita. Xana par une perte de contrôle monumentale. Je pensais à Carthage, qui avait réussi à désactiver les cinq spectres envoyés chez eux et même à détruire le cœur principal de Fort Trinité. Du coup, ils avaient dû comprendre qu’il en existait un second, sans pour autant savoir qu’il était dans la mer numérique, dans une sorte de labyrinthe marin protégé par les Rekins.
« A quoi ? »
Je n’aimais pas mentir à Laura, mais je ne pouvais pas non plus lui dire toute la vérité. Lui parler de ses parents, et surtout de sa mère, était inconcevable, tout comme lui parler d’Aelita. Elle n’avait pas à savoir pour l’une, et apprendrait de la bouche de son père pour l’autre. Alors je lui envoyai une image mentale. L’eau rouge partout, des Rekins patrouillant autour d’un tube qui rentrait dans un cube frappé de l’œil de Xana. Puis une image de l’intérieur du cube : des intersections, des virages, des conduits étroits. Et l’itinéraire changeait régulièrement. Si le premier cœur était très vulnérable, et particulièrement aux attaques aériennes, celui-là était très compliqué à abattre.
Il l’aurait été encore plus si on avait pu mettre des Mantas dans l’eau, comme Incinerator ou Little Girl, mais la simple idée de faire ça donnait à Xana une impression de répugnance profonde, comme un écrivain qui s’abaisserait à écrire un scénario digne d’une mauvaise série. Alors l’idée ne serait jamais mise en pratique.
« In… »
Elle avait failli dire « intéressant », mais quelque chose la retint.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Le second cœur de Fort Trinité. Carthage a détruit le premier et il va falloir le régénérer, mais celui-là est bien caché. Aucun autre monde virtuel n’a deux cœurs. Avec ça, le nôtre est sûr de ne pas pouvoir être détruit. »
J’en retirais une certaine fierté. J’étais dans le camp de ceux qui avaient un monde virtuel à deux cœurs, tout de même !
« Et toi, tu penses à quoi ? » ajoutai-je.
« Maman. »
La réponse me surprit. Je voyais mal Laura faire du sentimentalisme envers sa mère, mais d’un autre côté, elle n’avait que cinq ans. J’avais tendance à l’oublier tellement elle semblait mature. Je me sentais du même coup encore plus mal à l’aise. J’aurais bien voulu pouvoir lui expliquer que sa mère était morte à cause d’une expérience ratée de Carthage mais ce n’était pas mon rôle. Alors je ne dis rien.

-Salut les geeks !
Les informaticiens qui travaillaient à la restauration des dossiers informatiques sur William Dunbar et Aslinn O’Pak levèrent le nez. Il n’y avait aucun doute qu’ils étaient visés par l’interjection. Sur le seuil des archives, Wreck Moore les fixait avec un sourire mauvais sur le visage.
-Alors, ça avance ?
-Non, avoua l’un d’entre eux en regardant ses chaussures, Aslinn est vraiment douée. On a du mal à récupérer les données. Elle a eu le temps de corrompre une partie des copies numériques.
Le rouquin grogna et passa son chemin, déclenchant quelques mines soulagées. La fuite en douce des deux tourtereaux l’avait passablement énervé. La direction partageait son avis. Les recherches faisaient chou-blanc, avec ces données manquantes tout comme l’émetteur GPS du véhicule qui aurait pu localiser les fuyards. Et là aussi, ça énervait un peu. Wreck tournait en rond dans les locaux, attendant un ordre ou une opportunité d’agir. Parfois il se posait dans un coin et s’écoutait un morceau de Slipknot pour se calmer les nerfs (si Slipknot avait le pouvoir de calmer quoi que ce soit), mais ça ne durait jamais très longtemps. Il passait régulièrement par le département scientifique pour suivre les réparations de Némésis et voir son original.
-Salut.
Il fut tiré de ses pensées (composées à 20% de menaces de mort et à 80% de réflexions sur l’exécution des menaces) par sa coéquipière. Son regard passa rapidement sur son flanc, se doutant de la présence du bandage dessous. Les griffures n’allaient pas cicatriser aussi vite, mais Stella avait participé à l’opération de destruction du monde virtuel de XANA malgré leur présence. Son coup d’œil n’eut pas l’air de passer inaperçu, mais elle ne releva pas.
-Salut, répondit-il.
-On ne bouge toujours pas ?
Alors elle s’ennuyait autant que lui…
-Nan. Ils ont rien. Ils disent que c’est trop galère de restaurer les dossiers.
Le ton de Wreck laissait très clairement entendre ce qu’il pensait de cette excuse. Et aussi les quelques idées qui lui venaient pour motiver les informaticiens. Mais ce n’était pas avec la blonde qu’il abordait ce genre de sujets, en général.
-Tu penses qu’on entendra encore parler de XANA ? lance-t-elle alors qu’il s’apprêtait à s’éloigner.
Il s’arrêta et prit deux secondes pour réfléchir.
-Pourquoi on devrait ne plus l’avoir sur le dos ? Elle est toujours vivante. Et reconstruire un monde virtuel ne doit pas être si chiant pour elle, vu ce que la connasse rose nous a dit. Un « programme parfait qui a pris forme humaine » ça doit être un peu plus doué en programmation qu’un simple humain.
Il jette un œil à l’entrée des archives pour bien souligner quels humains étaient en tout cas moins doués que d’autres. Là aussi, elle nota son coup d’œil et sourit.
-Pris sous cet angle…bon, faut que j’y aille !
Et rapidement, l’univers de Wreck se retrouva à nouveau rythmé de ses propres pas et animé par les pensées qui traversaient son esprit malade. Des pensées peu recommandables au commun des mortels qui ne les avait pas spontanément. Mais il lui arrivait de réfléchir sur la situation actuelle. Carthage ayant perdu un agent impliqué dans le projet Lyo et la meilleure informaticienne (au vu du niveau des autres, c’était une catastrophe), la partie virtuelle était un peu en panne. Ce qui laissait le champ libre à XANA et, finalement, à cet autre programme qui leur balançait des oiseaux en métal. Celui qui habitait dans le monde virtuel violet.
Si la direction était un tant soit peu maligne, elle allait leur donner des renforts, non ?
Mais Wreck n’était pas totalement sûr que la direction soit maligne, justement. Il ne le disait jamais à voix haute, pas la peine de s’attirer des ennuis, mais la pensée était présente. Il s’arrangeait juste pour qu’elle ne lui retombe pas dessus.

-Xana, qu’est-ce qu’on doit faire ?
C’était la question que posait Drake à mon retour, accompagné de Laura. Il n’obtint pas de réponse. Je pouvais même douter qu’elle l’ait entendu. Alors qu’il s’apprêtait à répéter, elle marmonna :
-Faut trouver ce monde.
Il marqua une pause, intrigué.
-Quel monde ?
-Celui dont vient cette saloperie. Lance un scan.
Drake essaya d’avoir des informations supplémentaires, en vain. Xana ne cracherait pas le morceau. Si elle ne nous disait déjà pas grand-chose avant, là, ce n’était pas la peine d’essayer. Il se tourna donc vers le clavier et programma ledit scan, c’était la seule chose à faire. Quant à moi, je quittai l’organisme de Laura pour passer chez Xana.
Mentalement, elle était aussi éteinte que ce qui paraissait. Le monde d’origine du symbiote était pour le moment sa seule piste pour comprendre de quoi il retournait. Je ne savais même pas comment elle était au courant qu’il existait.
« Je l’ai vu en rêve. Il ne peut pas avoir conçu les images tout seul. »
Ah, encore cette histoire de rêves. Visiblement, le symbiote faisait passer ses messages subliminaux par ce biais. Et ça marchait. Xana m’envoya une image du supposé monde, et il me sembla terriblement similaire à ce que je voyais d’elle en ce moment : quelque chose de mort, sans couleurs, sans énergie. Il y avait de la brume, dans laquelle se dessinaient de pâles formes. Je vis aussi un escalier, un vortex vert contenu dans deux arcs (des quarts de cercle) qui s’élevaient du sol. Xana m’indiqua que ça devait être l’entrée ou la sortie. Ou les deux.
Alors c’était ça, ce qu’elle avait vu et nous avait caché. Et j’avais le sentiment que Xana n’entendait pas que j’en parle à Odd, Laura ou Drake.
« Peux-tu garder un secret ? »
L’ironie faisait partie des procédés employés très régulièrement par Xana. Si je ne gardais pas le secret, je ne donnais pas cher de ma peau inexistante.
Le scan tournait lentement.
-On a fait les 25% les plus proches de nous, annonça Drake. Rien pour le moment.
Eh bien, ça allait être loin. Mais ça ne voulait pas dire qu’il n’y avait rien. Il devait y avoir quelque chose. Parce que sinon, Xana allait perdre sa seule piste sur le symbiote, évènement qui risquait d’avoir des conséquences plutôt…ennuyeuses, pour employer un euphémisme.
Toujours rien. La barre des 50% passa, sans aucune alerte signifiant qu’on avait repéré quelque chose. Il y avait une certaine tension dans l’air (autre euphémisme, cette figure de style est marrante).
75%.
90%.
On s’attendait presque à voir s’afficher 100% sans que rien ne soit découvert, mais le bip retentit juste avant. Quelque chose à l’extrême périphérie. Le plus loin possible.
-Quelle région terrestre du Réseau ?
-Non identifiée. C’est…comme un endroit à part. Mais dans cet endroit, on a repéré un monde virtuel. On aurait sans doute pas pu sans affiner la recherche, le signal est très faible. Mais on a pas les codes pour se connecter donc pas question d’y aller via les tours.
La signification de ceci était claire. On allait devoir construire un vaisseau virtuel. Ce qui me rappelait que Xana n’aimait pas le procédé, trop risqué et long. Elle ne devait pas trop apprécier la situation.
-Eh bien, au boulot, commenta-t-elle un peu froidement.
Drake avait dû sentir le ton aussi. Il regarda ailleurs, subitement passionné par la représentation en trois dimensions de Fort Trinité. Représentation où un cœur avait disparu. La partie immergée n’étant pas projetée, l’autre n’apparaissait pas non plus. Xana se replia un peu plus sur elle-même sans rien ajouter. Pour un peu, son manque de moral allait me contaminer.
Laura avait tout suivi sans rien dire. Le mutisme collectif, peut-être. Elle jetait régulièrement des regards à son père qui ne la voyait pas. Au bout d’un certain temps, elle alla s’asseoir à côté de lui. Drake demanda si c’était la peine de chercher à avoir plus de renseignements sur le monde virtuel découvert par le scan. Xana marmonna. Face à cette réponse très claire, l’assistant décida de faire comme il l’entendait.
Dans sa tête, elle esquissait déjà les plans du sous-marin virtuel. Après quelques temps, elle se leva (miracle !) et dressa un écran holographique dans un coin pour travailler sur un support. Autant avoir le code prêt à l’emploi. Son désir d’efficacité n’avait pas été trop entamé par le symbiote, et c’était tant mieux. C’était un aspect important de sa personnalité. Xana sans efficacité, ce n’était pas vraiment Xana.
-J’ai pas d’informations, grogna l’assistant. On ne sait vraiment rien de cette zone.
Ma maîtresse s’arrêta deux secondes en fronçant les sourcils.
-Bizarre.
Elle n’ajouta rien et se replongea dans son travail. Ça n’allait pas lui prendre longtemps, comparé à la vitesse de Jérémie lorsqu’il avait fallu construire le Skidbladnir, néanmoins son esprit traitait tellement de choses différentes en même temps que ça la ralentissait un chouia. Elle réfléchissait en même temps aux prochaines actions de Wolfy, Carthage, du symbiote et à ce monde virtuel bizarre et inconnu.
Et puis en parlant de Carthage, que devenait Xanabis ? Il était censé monter la garde sur Lyo, mais à moins d’avoir un lien avec le symbiote, on ne l’avait pas vu faire grand-chose…il s’était quand même fait chourer les droits d’administration du monde virtuel puisque le symbiote avait réussi à construire son complexe de fusion en douce. Niveau sécurité, on avait décidément vu mieux.

L’Irlande était une terre verte pourtant curieusement appréciée des joueurs d’échec. William n’y jouait pas, et pourtant il partageait leur avis. Le paysage était charmant, mais ce qui le réjouissait plus encore, c’était peut-être de voir qu’ils avaient une planque provisoire.
-Maison de vacances de mes parents, expliqua Aslinn en sortant ses clés. Je ne pense pas que Carthage viendra fouiner ici avant un moment. Peut-être lorsque leurs dossiers seront complets, mais d’ici là on sera partis. Et on peut espérer qu’ils aient d’autres préoccupations…
Elle poussa la porte. La maison en question était assez sobre, en bois et en pierre, avec un jardin un peu délaissé à l’arrière. Il la suivit à l’intérieur, mais pas bien loin : la jeune femme s’arrêta vite en constatant la présence d’un genre de chat de gouttière gris semi-sauvage sur la fenêtre. Elle alla l’ouvrir, s’attirant le regard méfiant de l’animal qu’elle gratta derrière les oreilles, ses yeux verts brillant d’enthousiasme.
-C’est Nyan, il traîne souvent dans le coin. Il m’aime bien, je crois.
William étant moins passionné de chats que sa copine, il observa les alentours. Ils étaient, selon toute évidence, dans la cuisine, ce qui l’amena à penser à une question pratique.
-On a à bouffer ?
Elle leva le nez de sa boule de poil grise.
-Je pense. Mes parents sont distraits, ils oublient parfois de vider tout les placards en partant. C’est pour ça que Nyan traîne ici, d’ailleurs, il arrive à dérober quelque chose de temps en temps.
-Pourquoi il s’appelle Nyan ?
Aslinn rit.
-Euh en fait un jour, je lui ai fait tomber ma tartine de confiture sur le dos, sans faire exprès. Il a fait un bruit de ce style. Du coup c’est resté. Aha.
William n’essaya même pas de savoir comment elle avait réussi à faire tomber sa tartine sur un chat. Aslinn le surprendrait toujours. Il alla donc ouvrir un des placards en croisant les doigts.
-Trop cool, des Chocapics !
Il s’estimait assez chanceux pour le moment. Il s’assit sur la table et observa le félin se faire câliner tout en se demandant quelle serait leur prochaine étape.
En fait, ça les arrangerait bien que le projet soit détruit. Pour ça, il fallait compter sur Xana, ce qui ne rassurait pas spécialement William. Certes, Xana était tout à fait en mesure de démolir Carthage, mais ce n’était pas la personne à laquelle William faisait le plus confiance, loin de là. Il se surprit à tripoter la crosse de son pistolet, ce qui l’agaça puisque ce tic était celui de Wreck.
Un moment, le chat en eut assez de se faire caresser et décida de sauter des bras de l’ex-informaticienne du projet Carthage. Cette dernière afficha une mine déçue et prit un peu plus de temps pour observer les lieux. Il y avait des souvenirs partout. Jamais elle n’aurait pensé utiliser cette maison comme planque pour échapper à des agents secrets. Enfin, jamais hors d’un jeu.
C’était bien rangé, même si il y avait un peu de poussière. Quelques citrons traînaient dans la coupe à fruits mais ils n’étaient plus bons qu’à pulvériser leur jus dans les yeux des gens. Et encore.
-Et après, où on va ? demanda-t-elle subitement.
-Je n’en sais rien, avoua William.
Ce n’était peut-être pas la réponse à faire, mais il n’en avait pas d’autre. Du moins, lui n’en avait pas d’autre. Elle n’ajouta rien, lui non plus. On verrait bien le moment venu. Si le moment venait un jour. L’ambiance n’était pas particulièrement bavarde ni joyeuse. Le chat parti, les soucis semblaient revenir accabler Aslinn. Du coup, William aurait bien aimé qu’il reste, mais il ne pouvait rien y faire. Il n’avait pas le pouvoir de faire revenir les animaux.

-Toujours rien ?
Wreck se promit d’étrangler ce boulet au retour. Ils quadrillaient le monde virtuel de Lyo, à la recherche d’Aelita Schaeffer. Le seul léger pépin qu’ils rencontraient était peut-être le fait qu’elle soit introuvable. Alors si en plus l’opérateur se mettait à leur demander des évidences…
Ils étaient deux, mais ce n’était pas Stella qui l’accompagnait, pour une fois. On lui avait déconseillé de replonger tant que ses griffures n’iraient pas un peu mieux. Ça l’avait énervée. Et Dorothée avait dû la remplacer. Ils ne parlaient pas beaucoup. Ça devait faire deux fois qu’ils faisaient le tour du labyrinthe, et leur agacement allait croissant.
-Vous croyez pas que si on avait un truc on vous le dirait ? Si vous voulez descendre sur le terrain, ne vous gênez pas…
Le ton de sa coéquipière de circonstance laissait clairement entendre qu’elle serait capable de se dévirtualiser pour jeter l’informaticien dans le scanner. Le silence revint, une fois la communication coupée, mais pas pour longtemps.
-Tu penses qu’ils vont nous envoyer quelqu’un pour remplacer Dunbar ?
-Peut-être. A leur place, c’est ce que je ferais. Je crois qu’ils y pensent, y a des noms qui circulent.
-Ah ?
La vague onomatopée de Wreck n’était là que pour l’encourager à continuer.
-Ouais. Souvent, le nom en question c’est « Le Faucheur ». Steven Svokeg. C’est encore un pote de Kimblee. Il aurait perdu un bras dans la même bagarre qu’elle. Du coup ils ont préféré le démobiliser, mais c’était une connerie et ils commencent à s’en rendre compte. Les bruits de couloir affirment qu’il va être réintégré dans notre branche.
Le rouquin prit quelques minutes pour digérer ce qu’il venait d’apprendre. C’était du lourd quand même. Il avait déjà entendu parler du Faucheur, et ce qui se disait lui semblait souvent bien exagéré.
-Je vois. Tiens, on a pensé à jeter un œil du côté du cœur ?
-Pas con. Allons voir.
Ils se dirigèrent vers l’ascenseur. Le trajet jusqu’à l’interface se déroula sans un mot de plus. Une fois arrivés à destination, Dorothée invoqua son espèce de tapis volant fait d’ombres et monta dessus. Wreck suivit et ils plongèrent vers le pôle Sud et ses mâchoires dignes d’un broyeur. Il n’y avait pas à s’en faire de ce côté, Dorothée savait piloter et ils passèrent sans encombres.
Ils auraient pu descendre une fois le passage franchi et gravir la structure qui évoquait vaguement un escalier et qui montait au cœur. Mais même des adolescents idiots et irresponsables n’auraient pas fait ça. Par conséquent, leur moyen de transport s’envola directement jusqu’à la dernière plateforme et ce n’est que là qu’ils le quittèrent.
Les deux agents balayèrent la salle du regard. Rien. Pas d’Aelita. Quelque chose les dérangeait, mais ils ne pouvaient pas mettre le doigt dessus.
-Bon, RAS, là encore, soupira Wreck.
Sa collègue fit preuve d’un peu plus d’observation.
-Non. Regarde.
Elle pointa un index vers la boule qui flottait, entourée de ses barrières. Au début, le sniper ne capta pas ce qu’elle voulait dire.
-On est d’accord que la lumière émise était blanche, à la limite jaune, avant ?
C’était là le point gênant. L’éclairage avait changé.
Désormais, le cœur diffusait une lumière rose.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Dernière édition par Ikorih le Jeu 03 Aoû 2017 17:58; édité 1 fois
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Icer MessagePosté le: Ven 27 Juin 2014 18:06   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


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Localisation: Territoire banquise
Nous voici cette fois avec un chapitre de transition sympathique, bien que largement en-dessous du niveau que l'on attend de l'Empereur, mais...

Bon bon ok Mr. Green

La fuite de William est définitivement une bonne chose, ça réduit les séquences de Carthage dont certains avaient dénoncé l'omniprésence médiatique type Sarkozy 2007 - 2012. Et puis on attend toujours de savoir où le couple va finir (Ma proposition faite en interne est sans aucun doute la meilleure de toute mais bon, tu n'es pas référent fanfic, seulement Emp... *sbaf*).

M'bref. Je suis arrivé sur mon lieu de travail donc je vais conclure par un : C'est bien, continue, mais à froid toujours évidemment !

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Zéphyr MessagePosté le: Lun 30 Juin 2014 15:41   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


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Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Comme spécifié par Icer, on est bel et bien dans une transition, nécessaire pour remettre un peu d'ordre au milieu de ce chaos. On va aborder ça au cas par cas pour changer un peu Mr. Green.

Du côté de Xana, ça semble pas s'arranger. Je sais pas comment tu vas lui redonner un coup de fouet à elle et Odd, mais ça semble mal parti de ce côté-ci. Je te suggère la boisson énergisante ou l'attaque Calm Mind. Néanmoins, on a une légère avancée avec la détection de l'autre monde virtuel, qui de manière surprenante, se situe dans les confins du réseau, les abysses en somme *paf*.
Autrement, ravi de voir que j'avais raison concernant Fort Trinité. Le fait que le second coeur se trouve dans la mer numérique complique un peu plus la tâche de Carthage puisqu'ils n'ont aucun moyen d'y pénétrer. À moins que « Le Faucheur » ne change la donne...
Pour finir, j'aime bien cette petite relation entre Laura et Xanadu. Bien évidemment, je me demande ce que tu comptes faire de cette première. Peut-être deviendra-t-elle l'assistante de Xana une fois Drake envoyé par le fond.
*Sort*

Pour William et Aslinn, ta réponse à Icer semble concorder avec la troisième hypothèse de mon commentaire. N'ayant pas envie de développer, je vais attendre de voir ce que tu as prévu pour lui. On soulignera juste la proximité relative entre l'Irlande et l'Écosse. Le choix des Chocapics est approuvé par un membre du pôle Fanfiction. Mais qui ?

Carthage pour finir. Apparemment, on va avoir droit à un nouvel OC, pour le plus grand plaisir de Mentase Mr. Green. En plus, ça a encore l'air d'être un sacré cas à lui seul, enfin on verra ce qu'il donne.
Concernant Aelita, on peut spéculer sur le fait qu'elle ait « fusionné » avec le cœur de Lyokô. Dans tous les cas, l'objectif de celui qui l'a poussée à s'approcher dudit cœur reste encore sombre. Ironiquement, on peut souligner qu'Aelita est bel et bien la Gardienne de Lyokô à présent Mr. Green.
Pour revenir sur la « saloperie » (pour reprendre Xana), j'ai oublié dans mon dernier commentaire d'évoquer le fait qu'elle avait peut-être un lien avec Franz Hopper (la phrase qu'elle utilise pour attirer Aelita est un début de piste ). N'ayant pas trop de points d'appui sur lesquels balancer des hypothèses, on va s'arrêter là et attendre les prochains chapitres.

Suivant l'exemple d'Icer, je conclus mon commentaire le plus court de la journée par : continue, et reste dans le vent !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Ikorih MessagePosté le: Sam 12 Juil 2014 23:58   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Localisation: Sûrement quelque part.
Spoiler


Chapitre 25 : Xylem


-Donc si je résume, la fille de Schaeffer serait peut-être dans le cœur ?
-C’est l’idée, oui. Elle est introuvable et ça a viré au rose, couleur qui lui est très facilement associable. Bien sûr, il faudrait encore faire des tests pour vérifier.
Sabriël hocha la tête, pensive. Wreck jeta un œil à la dernière personne présente dans la pièce, en dehors de lui et du reste de l’équipe. Difficile de le rater. Il devait mesurer plus de deux mètres et avait dans le regard quelque chose qui incitait à ne pas lui chercher des crosses. Ça ne plaisait pas au rouquin. Il percevait ça comme de la concurrence. Son regard passa sur le bras mécanique du Faucheur, fait dans un métal noir et décoré d’une tête de mort sur l’épaule. Il avait également un pistolet massif à la ceinture.
Sabriël suivit le regard du sniper et commenta :
-Oui, il faudrait peut-être faire les présentations de façon plus officielle. Voilà Steven Svogek, dit « Le Faucheur » qui intègre notre unité.
Elle passa ensuite en revue chaque agent en précisant rapidement les capacités qu’ils avaient. Lorsqu’elle en arriva à Wreck, Steven eut une vague ébauche de sourire approbateur.
-Un sniper, hein ? Pas mal.
Ce fut son seul commentaire. La discussion se clôtura très rapidement par ailleurs, mais Kimblee lança :
-Au fait, on a envoyé une équipe sur la trace supposée de Dunbar et O’Pak, je me suis dit que ça vous intéresserait.
Quelques rictus lui permirent d’évaluer que l’information avait eu l’effet escompté.

Je vérifiai une dernière fois les codes du vaisseau virtuel. Tout était parfait, en théorie, plus qu’à lancer la réalisation technique. Elle prendrait quelques heures, et une fois finie, on pourrait aller chercher ce foutu monde. Et en savoir plus sur ce symbiote. Et l’éliminer.
J’écrasai la touche Enter.
Plus qu’à tuer les quelques heures. Je ne voyais pas trop comment faire. Je jetai un œil à Odd dans le coin, et des souvenirs remontèrent lentement. Je m’approchai de lui et lui donnai un coup de pied assez fort pour qu’il sorte de sa torpeur.
-Odd, la phase légume est finie.
Il leva les yeux, l’air peu convaincu.
-C’est obligé ?
-Tout à fait.
Ce dialogue ressemblait un peu à un écho du passé. Il se leva mornement et me suivit jusqu’à deux des écrans auxiliaires. Les tâches de fond du Supercalculateur en somme. Il fronça les sourcils en constatant la page internet affichée.
-Mais, c’est un…
-Eh ouais.
Le laissant à ses contemplations, je m’occupai de ma propre phase de préparation. Ça prenait du temps. Odd m’imita après un moment, sans rien dire. Il aurait été plus enthousiaste précédemment.
-On s’arrête à la sixième ? vérifia-t-il.
Il fallut une petite demi-heure pour se préparer, puis je lançai le duel. En face, les pokémon de Odd s’alignèrent. Avaltout, que j’avais l’impression d’avoir déjà vu, Ronflex, Léopardus, Clamiral, Cadoizo et Couafarel. De mon côté, j’avais Porygon Z, Corboss, Rattatac, un Hypnomade shiney, Ectoplasma et un Insécateur qui avait pris une couleur rose dégueulasse. Un bug ?
Je lançai Rattatac, qui se retrouva face à Avaltout (bizarrement nommé Jean-Pierre). Etant plus rapide, le Rattatac put creuser un Tunnel. L’effet ne fut pas spécialement spectaculaire, Avaltout ayant utilisé stockage, il ne perdit même pas la moitié de ses points de vie et plaça une Vantardise pour bien signifier à quel point il était doué. Je réitérai le Tunnel et la multiplication d’attaque ne plut pas vraiment au pokémon d’Odd qui fut achevé. Il renvoya Cadoizo.
Je rappelai mon rat mutant pour le remplacer par Porygon Z, le premier pokémon que j’aie jamais utilisé. Il obtint un boost d’attaque spéciale avec Télécharge et plaça un Fatal-Foudre sans appel au vu des défenses de Cadoizo. Joyeux Noël Odd.
Cette fois, ce fut un Ronflex qui apparut sur le terrain. Il me sembla entendre un « Dodie dodie », mais c’était sûrement un bug. Il y en avait pas mal, en ce moment. Je décidai d’utiliser Machination et l’énorme bestiole fit une Malédiction. Là encore le coup le réduisit au silence rapidement : une Triplattaque avec un multiplicateur d’attaque de 2,5.
Avec un froncement de sourcils agacé, Odd envoya un Léopardus. Le chat violet empêcha Porygon de bouger avec Bluff, qui fit des dégâts assez importants, puis enchaîna sur Ultralaser qui acheva complètement mon pokémon. Pour une fois, le blondinet sourit. Je lui lançai donc mon Insécateur moche et buggé qui lui expédia une Onde Vide prioritaire. KO en un coup. Il me restait cinq pokémon, il en avait deux. Il sortit une sorte de loutre mutante avec un coquillage sur le crâne, le dénommé Clamiral. Ayant constaté le double tranchant de la Vantardise, je lui préférai Frustration. Là encore, KO en un coup, sans lui laisser le temps de placer la moindre Coquilame. Surprenant que ce truc fasse autant de dégâts.
Arriva le dernier, Couafarel (surnommé Kiwi). Je tentai une nouvelle Onde Vide qui lui fit perdre un peu plus du quart de ses points de vie. Il allait être un peu plus coriace. Une Morsure coûta plus de la moitié de ses points de vie à Insécateur, pas très solide. Ce tour se répéta, ce qui laissait un Couafarel avec globalement la moitié de sa barre et moi utilisant un Ectoplasma.
Je fronçai les sourcils à mon tour. Pourquoi connaissait-il Câlinerie ? Il ne pouvait même pas l’apprendre. Encore un bug pourri. Je soupirai et décidai de faire exploser mon spectre. Cette action régla vite la fin du duel.

(https://www.youtube.com/watch?v=cbIL4YhZ70o&feature=player_detailpage musique d’ambiance)
Le cœur de Fort Trinité était en train de se régénérer, lentement. La Méduse s’y accrochait avec insistance comme si sa vie en dépendait, vie au péril de laquelle elle devait le défendre. Des ondes rouges partaient de son crâne pour se déverser dans ses tentacules et ensuite dans la boule d’énergie qui reprenait petit à petit de l’éclat et de la taille.
Mais nous n’étions pas là pour admirer cette renaissance. Debout au bord extérieur du premier anneau, nous observions la mer numérique, moi, Xanadu, Laura et Odd. Non, en fait Laura s’occupait plus de ses souris. Nous autres attendions.
Après quelques instants, l’eau s’agita un peu plus que d’habitude. Encore un peu plus de temps, et une forme noire émergea lentement pour s’élever jusqu’à nous. C’était, extérieurement, un Rorkal agrandi (je n’avais pas pris le temps de penser un nouveau design). Contrairement au Skidbladnir, il n’y avait pas de vaisseaux individuels. Il s’agissait plutôt d’un genre de croiseur. Une fois l’appareil stabilisé face à nous, une partie de la coque s’effaça pour laisser apparaître un trou. C’était l’entrée.
-Et on y va, annonçai-je.
Odd aida sa fille à monter, puis moi, puis Xanadu qui fermait la marche. La coque se reforma derrière nous. Il y avait pas mal de place à l’intérieur, six sièges de prévus (on ne voyait jamais trop grand) et un pare-brise assez grand, plus quelques vitres sur les côtés et l’arrière (on ne voyait jamais assez non plus). Les commandes étaient automatisées.
Au niveau du placement, les blonds squattèrent l’arrière, et nous l’avant. Une fois installés, le vaisseau plongea à nouveau dans les eaux rouges de Fort Trinité. Un regard par les vitres nous permit d’apercevoir les Rekins. Ils avaient été revus, eux aussi. Déjà, les parties blanches à l’origine tournaient au rouge. Ensuite, la forme avait fait peau neuve pour être plus hydrodynamique. L’aileron, anciennement trop haut, avait été rabaissé à des proportions normales pour un requin et on l’avait rendu tranchant. La queue avait aussi eu droit à une petite élongation et pouvait désormais servir à assommer et à frapper à la façon du requin renard.
Quelques monstres longèrent notre véhicule et s’en désintéressèrent une fois sortis de leur rayon de défense. Le second cœur était en sécurité.
Le sas s’ouvrit, et le Réseau nous engloutit. Il était comme dans mes souvenirs. Grand, bleu, avec des airs de ville engloutie. De petits anneaux lumineux flottaient, rappelant des méduses. Le haut s’éclaircissait indéfiniment, laissant le doute sur la présence d’une surface. Le bas, quant à lui, s’étendait toujours plus vers les abysses. Tout autour, les « bâtiments inversés » qu’incarnaient les banques de données étaient reliées par de longs tubes fins et légèrement fluorescents. Quelques-uns se regroupaient autour d’un disque dans lequel un vortex rosé tourbillonnait. Le hub.
-Je vous envoie au hub le plus éloigné possible de chez nous, droit vers le signal, annonça Drake tandis que le croiseur plongeait dans la tourmente.
Un long tunnel de la couleur préférée d’Aelita. Quelques éclairs sur les côtés. Le trajet ne prit que quelques instants et notre vaisseau se retrouva expulsé par le hub d’arrivée. J’observai les alentours. Les banques de données étaient moins nombreuses. Moins de tubes. Comme si on arrivait à la périphérie de la ville. Les souris de Laura se précipitaient vers les vitres pour mieux voir, elle les accompagnait. Même Xanadu jetait un regard intéressé. Mais Odd ne bougeait pas. Il fixait le sol, visiblement reparti dans des vagues de souvenirs qui le rendaient légumineux.
On continua à avancer. On allait doucement, les phares allumés. Je ne pouvais que constater que la lumière s’amenuisait. Pourtant, on ne plongeait pas plus profond. Les banques avaient presque toutes disparu et les ténèbres donnaient l’impression de vouloir nous avaler et nous isoler du monde. L’ambiance avait changé. Et quelque part, ce n’était plus tout à fait le Réseau. Je commençais à comprendre pourquoi le signal qu’on avait n’était pas possible à rattacher à un endroit. Cette partie était trop différente.
Il faisait noir. Même la lumière des phares semblait se faire grignoter par les ombres. Ce n’était qu’une illusion mais elle restait dérangeante. Le temps s’étirait, en silence. Combien de temps il avait fallu pour arriver jusque-là, et combien restait encore ? Je n’en savais rien. Je ne pouvais qu’attendre. Et attendre. Et attendre.
Après une éternité, une secousse fit vibrer la machine.
-Drake, qu’est-ce qui se passe ?
-On dirait qu’une force attire le vaisseau. La direction correspond au signal, mais faudrait faire gaffe.
-C’est parti.
On accélérait petit à petit, traînés vers une destination inconnue. Après un moment, les phares s’éteignirent.
-Drake ?
Aucune réponse. Xanadu nota :
-Comme la salle.
Je hochai la tête. On s’approchait, alors. Encore un peu de patience.
Une lumière verte déchira les ténèbres. Elle n’était pas très brillante et pourtant, elle donnait l’impression d’être éblouissante au milieu des eaux sombres. Je sentais l’excitation croître, presque comme quand le symbiote prenait le dessus. Mais là, je gardais le contrôle sur moi-même. J’espérais.
La lumière grandissait et se faisait plus brillante de seconde en seconde. Ce vert me disait quelque chose. Il était sorti tout droit des tréfonds de ces visions. Celles que je pensais issues de mon subconscient. La bonne blague. Ici, ça voulait dire qu’on était sur la bonne voie. Après tout, c’était cet endroit qu’on cherchait.
Le silence devenait écrasant. Tout le monde retenait son souffle. Même Laura fixait le rayonnement, hypnotisée. La tension augmentait de minute en minute. On attendait avec impatience de voir ce qui allait se passer.
Dans la lumière, une sorte de tourbillon se dessina. Et puis l’obscurité revint.
Il fallut le temps de se réhabituer à l’ombre. Une fois que ce fut fait, nous aperçûmes une lueur verte derrière nous, un peu plus haut. Une volée de marche y conduisait. Deux quarts de cercle émergeaient du sol pour entourer un vortex verdâtre. Une légère brume flottait.
-On y est, annonçai-je en me levant.
Je sortis la première. Tout était conforme à ce que j’avais vu en rêve. La grande étendue noire quadrillée de gris, sans murs ni plafond, avec son brouillard blanchâtre. Quelques formes se dessinaient dans le lointain, mais trop floues pour qu’on puisse les distinguer vraiment.
Odd et Laura fermaient la marche. Le blond demanda d’une voix un peu intimidée :
-On est où là ?
-Dans l’endroit dont j’ai rêvé.
C’était la seule réponse valable.
-Il a un nom ? interrogea Xanadu.
Bonne question. Je ne lui en avais jamais connu. Un lieu si reculé dans le Réseau pouvait très bien ne pas en avoir. Alors que j’émettais cette théorie à voix haute, une autre idée me vint. Si c’était comme ça, je n’avais qu’à lui en donner un. Je réfléchis un peu. Sans que je sache pourquoi, une notion de biologie m’inspira.
-On va l’appeler Xylem.
Odd haussa un sourcil, incapable de comprendre la référence. Laura n’avait pas les connaissances pour non plus. Et Xanadu pouvait ne pas saisir qu’il y en avait une. Tant pis, mon génie des noms resterait incompris.
Je m’avançai un peu. Mes pas résonnèrent de façon inexpliquée puisqu’il n’y avait pas de murs pour faire un écho. A bien y réfléchir, c’était pareil pour nos voix. Et puis plus j’observais les lieux et plus je me disais que c’était bizarre comme monde virtuel. Trop vide, trop grand. Et cette impression de mort qui se dégageait, comme si on marchait dans un cimetière.
Je continuai mon chemin et entendis Xanadu se lancer sur mes talons, soucieux de ne pas me lâcher. Je me retournai un instant vers Odd et Laura et leur enjoignit de rester près du vaisseau. Nous, on allait jeter un œil plus avant. C’est ainsi que progressivement, nous nous enfonçâmes dans la brume. Xanadu ne disait rien, comme d’habitude. Un léger crépitement émanait de sa dague. Avec nos pas, c’était le seul bruit audible. On aurait pu imaginer un léger souffle de vent morbide comme dans une forêt sombre en pleine nuit d’hiver, mais non, le silence pesait.
Les fantômes brumeux pouvaient parfois se laisser entrevoir pendant notre monotone progression, mais on n’arrivait toujours pas à les identifier. Je pensai à l’œil de Xana vu dans mon rêve. Sans doute une simple projection faite par le symbiote pour que je croie à son histoire. Rien ne pouvait laisser suggérer la moindre trace de moi ici. Je ne savais pas où on était exactement, ni à quoi ça servait. Car il y avait une utilité à ce monde. C’était obligé. Il était trop particulier pour ne pas en avoir.
Un grognement. Xanadu pivota et je suivis son regard vers la gauche : un des spectres s’était assez approché pour être visible. C’était un loup. Je pouvais faire assez facilement un lien avec Wolfy, d’autant plus qu’il n’avait pas l’air de m’apprécier. Là, c’était louche. Je ne croyais pas à ce style de coïncidences.
La bestiole bondit, prête à nous bouffer. Mais elle nous traversa et retourna à la brume un instant après. Apparemment, les fantômes ne pouvaient pas nous atteindre.
Nous reprîmes notre marche monotone dans le paysage qui l’était tout autant, dans l’attente du moment où l’on verrait quelque chose sortir des vapeurs blanches. Quelque chose de différent.
Et finalement. Ce que je cherchais depuis le tout début.
L’œil de Xana se dessina dans la brume, face à moi, me dominant de sa hauteur. J’en restai le souffle coupé, même si on avait pas de souffle dans les mondes virtuels. Je tendis la main vers le symbole. Mes doigts ne rencontrèrent rien.
J’avais l’impression de retomber dans mon rêve. Le moment où j’avais vu cet œil avait scellé la catastrophe de la salle. Et je ne voulais pas voir cette catastrophe se reproduire d’une quelconque façon que ce soit. Un mélange de fascination et de méfiance me traversait. Si c’était encore une illusion ? En tout cas, ça ne pouvait pas être ces données illusoires. Mais il y avait un lien entre moi et cette projection.
Je ne m’attendais pas vraiment à la croiser, mais c’était peut-être ce que je voulais en venant ici. Et comprendre. Oui, je voulais comprendre. Comprendre le pourquoi de tout ça, et je pensais obtenir mes réponses en venant à la source présumée. Pour le moment, je n’avais que des redites de mes rêves. Ça ne m’apprenait pas grand-chose.
Je serrai le poing. Cet œil impassible incapable de me révéler quoi que ce soit m’agaçait. Il ne faisait rien, se contentait d’être là, face à moi.
-Qu’est-ce que tu es, à la fin ?
J’avais haussé le ton. Le son se répercuta jusqu’à se perdre dans le lointain. Et toujours aucune réponse.
-Tu peux pas me répondre ?
J’allais finir par vraiment m’énerver. Pour couronner le tout, le sigle commença à s’estomper. Il allait disparaître dans le brouillard. Et je ne pouvais pas le retenir. C’était frustrant.
Fulminante, je le regardai faire. Et c’est alors qu’une voix, autre que la mienne ou celle de Xanadu se fit entendre.
-Il ne peut rien te dire.
Cette voix.
Je me retournai lentement, espérant me tromper.
Mais cette voix…
Ce n’était pas possible.
Non, vraiment pas.
Et pourtant…
Un spectre me faisait face. Celui-là était différent. Apparemment il pouvait parler. Mais sa forme réveilla de violents souvenirs. C’était une sphère blanche et lumineuse, presque parfaite. Et qui était trop familière.
-Toi, murmurai-je avec un ton glacial.
Je n’en croyais pas mes yeux. Il ne pouvait pas être là. Il était mort. Je l’avais tué, sous les yeux de sa fille pleurnicharde. Elle avait tenté de le sauver. Elle avait échoué. J’avais peut-être encaissé un programme multi-agent pour ça, mais je l’avais tué. Je l’avais tué.
Alors que faisait-il face à moi ?
-Qu’est-ce que tu fais là ?
Ce n’était plus un ton glacial. C’était un crachat plein de mépris et de haine. Je tendis la main à Xanadu. Après une hésitation, il me donna sa dague. Je savais que ça ne ferait rien, mais j’avais une violente envie de la planter dans cette foutue boule.
-Et toi, Xana ?
Il répondait calmement, avec une pointe de mélancolie. Quelque part j’avais l’impression qu’il me considérait comme sa progéniture. L’idée me mit encore plus en rogne. Je ne voulais pas être considérée comme sa progéniture. J’étais Xana, le programme parfait. Pas sa gentille tête blonde.
-C’est pas tes affaires, vieux salaud. Dégage.
Je mis un instant à comprendre qu’il était surpris. Une sphère blanche n’exprimait pas beaucoup d’émotions. Et un autre instant pour comprendre que ma façon de parler était plus humaine que ce qu’il attendait de la part d’un programme.
De toute façon je n’avais pas besoin de tailler une bavette avec lui. Qu’il crève de solitude là dans ce trou. C’était un des fantômes de l’endroit, je ne pouvais pas le tuer. Et ça m’énervait beaucoup. Je m’apprêtai donc à partir.
-Attends. Est-ce que tu sais ce que c’est que cet endroit ?
Je me figeai. L’instant de faiblesse de trop. Le délais que je mettais pour répondre parlait de lui-même : je ne savais pas.
-Dites-nous.
Ce n’était pas moi qui avais dit ça. Je jetai un regard meurtrier à Xanadu. Qu’est-ce qu’on avait besoin de s’encombrer avec les explications du vieux débris ? Maintenant il n’y avait plus le choix, il allait les donner…
-Et bien, comment vous expliquer…
-Vite.
Il émit un son qui ressemblait à un soupir. Comme face à un enfant impatient. Je pianotai sur la dague de Xanadu, de plus en plus tentée de lui jeter dessus.
-Cet endroit est un cimetière. C’est là où vont les programmes morts. Moi j’avais un statut un peu spécial, du fait de mon avatar, c’est pour ça que je m’y suis retrouvé.
L’idée que, même mort, il continue à me causer m’agaçait. Mais chez lui, tout m’agaçait.
-L’ombre que tu as croisée, c’est le reste de tes données quand tu t’es matérialisée. Tout ce qui n’a pas pu être compressé dans un avatar humain.
-Comment vous savez ça ? crachai-je une fois encore.
-J’ai vu l’histoire à travers les débris de ce Wolfy. Parfois, les spectres montrent des scènes sans pouvoir s’en empêcher, c’est comme un reflux de leur passé. C’est plus fréquent quand ils sont nouveaux.
Alors on était dans un cimetière. Une partie du Réseau dédiée aux morts. D’accord, pourquoi pas. Mais alors, comment quelque chose avait pu en sortir ? Cette chose qui s’était incrustée en moi…venait d’un endroit où rien de vivant ne se développait.
-Est-ce que quelque chose a bougé, ici ? Il s’est passé quelque chose ?
Il eut l’air surpris.
-Pourquoi veux-tu savoir cela ? Y a-t-il un lien avec ta présence ?
-Ça ne te concerne pas. Réponds.
Ma colère remontait petit à petit. S’il avait des infos, qu’il les crache sans faire d’histoires.
-Eh bien…oui. Il s’est passé quelque chose qui n’aurait jamais dû arriver. Certains des programmes morts se sont recombinés. Et…ils ont donné naissance à une entité vivante.
L’idée faisait froid dans le dos. Imaginer un programme né ici, au milieu de tous ces programmes morts dépassait l’entendement.
-Comment ?
-Je ne sais pas, avoua-t-il.
Ah c’était utile ça, hein. Très utile. Mes pulsions meurtrières à son égard revenaient elles aussi. Maintenant qu’il avait sorti ce qu’il avait à dire…
-C’était un programme très étrange. Il avait la faculté de se faire passer pour un autre avec une grande facilité. Je l’avais surnommé l’Invisible, mais ça c’était avant que…
-Que quoi ?
S’il avait été humain et matériel, je l’aurais attrapé par le col et je l’aurais secoué jusqu’à ce qu’il avoue tout sans pauses ou temporisations inutiles. Mais cette possibilité m’était ôtée par son statut de boule spectrale.
-Qu’il parte. Un jour il a réussi à s’arracher au cimetière en passant par le portail. Et il a dû être projeté ailleurs.
Une idée me traversa la tête.
-Il était unique ?
-Oui. Pourquoi ?
Je ne lui répondis pas. Je n’avais pas envie de trop lui en dire. Qu’il reste dans son ignorance. Je ne lui devais rien.
Dans ma tête, les questions bouillonnaient, mais il n’y avait pas réponse et par conséquent, je ne les poserais pas. S’il n’y avait qu’un seul Invisible, avec quoi avait-il fusionné en quittant mon organisme ? Certes, n’importe quel autre programme aurait fait l’affaire mais j’avais l’intuition que c’était bien un programme du même genre que lui. C’était sans doute celui-là qui avait réussi à créer la salle, et vu ce à quoi elle ressemblait, il fallait avoir vu Xylem pour y penser. Or, aux dernières nouvelles, le seul programme à être sorti d’ici, c’était l’Invisible.
D’ailleurs, en parlant de sortir, j’allais bientôt devoir faire la même chose. Apparemment, il était possible de le faire via le portail. Alors on allait revenir sur nos pas, regagner le vaisseau, et faire pareil. Super simple.
Je tournai le dos à Franz Hopper et m’éloignai en rendant sa dague à Xanadu. Il hésita un instant, puis m’emboîta le pas.
-Xana, attends !
Je ne me retournai pas. Je ne voulais pas parler avec ce vieux dingue. J’avais plus urgent à faire, que diable. Il ne chercha pas à me suivre. Apparemment, il avait compris que ce n’était pas la chose à faire. Que ça ne servirait à rien.
Bientôt, la silhouette du croiseur se détacha au loin. On vit ensuite plus précisément Odd et Laura, assis à côté, à nous attendre. On allait pouvoir lever l’ancre.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Zéphyr MessagePosté le: Jeu 17 Juil 2014 19:10   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Ce chapitre va faire des heureux. À peine une quinzaine de lignes sur Carthage, j'entends déjà Mentase et Icer dire « Yeaaaah ! ».
Ce petit passage nous offre tout de même trois informations. La première était la plus évidente à la fin de l'avant-dernier chapitre : Aelita est dans le cœur, reste à voir l'utilité. De deux, « Le Faucheur » entre en scène, et il semble déjà y avoir des étincelles entre lui et Wreck. Et pas sûr que cette fois-ci, ça se passe comme avec William, soit Wreck qui domine. Si ça le fait un peu tomber de son piédestal, ça peut être cool. Dernièrement, ça sent mauvais pour William et Aslinn. À mon avis, il y a de fortes chances que les recherches de l'équipe à leurs trousses se révèlent infructueuses. Les agents de Carthage pourront ainsi crier : « Fuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuulguris ! ».

Côté Xana maintenant. Je passe vite fait la partie combat Pokémon, nid à références, et me contenterai de dire que trop de bug tue le bug Mr. Green.
Passons à l'élément éponyme du chapitre :


http://nsa33.casimages.com/img/2014/07/17/140717024918987733.png
Xylem.


(Sachez que l'image n'a pas été choisie au hasard et qu'elle cache deux clins d'œil à l'auteur d'Abysses. Et mes excuses pour la qualité du screen =/)

Que dire là-dessus ? Le principe de cimetière pour programmes « morts » est particulier quand même. On peut penser que lorsque un programme disparaît, il ne subsiste rien de lui, contrairement à l'humain qui laisse un corps (enfin, parfois il ne laisse rien o/). Quoique, l'inverse est également plausible. Après, on peut se demander comment les programmes morts font pour « aller » au cimetière. Peut-être comme lorsqu'on envoie un fichier sur la corbeille de son ordinateur : ça se fait automatiquement (Xylem, la corbeille du Réseau, image sympathique, mais pas cohérente o/).
Ensuite, Hopper, ou plutôt son fantôme. Bizarrement, j'ai jamais été trop fan des retours de Hopper post-saison 4 alors que pour Xana, ça me dérange pas du moment que c'est cohérent. Enfin, Franz étant ici aussi consistant qu'un souvenir, j'ai rien à dire. Et puis, c'est un moyen efficace d'obtenir des informations sans avoir à inventer un programme OC de plus o/.

Concernant le symbiote si mystérieux, voilà mon hypothèse pour son échappée de Xylem :

Spoiler


Plus sérieusement, je vais m'appuyer sur les informations gracieusement lâchées par ce cher Franz. On a des informations qui ne font qu'épaissir le mystère. Enfin, essayons d'en tirer des hypothèses.
D'abord, la faculté de l'Invisible à se faire passer pour un autre. Voilà qui explique comment Xana s'est faite avoir par la symbiote si facilement. C'est vicieux comme capacité, mais faire croire à l'adversaire qu'il contrôle tout alors que c'est pas le cas, c'est classe quand même. La capacité en elle-même m'évoque plus un Caméléon que quelqu'un d'Invisible, mais c'est du pareil au même.
Donc, ledit Invisible s'est échappé de Xylem sans qu'on sache trop comment. J'espère que tu vas nous expliquer ce point (sinon, tu peux utiliser ma théorie du spoiler Mr. Green). À partir de là, on peut penser qu'il s'est infiltré sur Fort Trinité, ce qui lui a permis de s'insinuer sournoisement en Xana pour la suite que l'on connaît.
Mais la question importante, évoquée par la même Xana, est la suivante : avec quoi l'Invisible a-t-il fusionné ?
Personnellement, je pense qu'il a fusionné avec lui-même, tout simplement. Ou pour reformuler, une partie de lui-même. Ce qui me permet de sortir ça, c'est cet extrait :

Citation:
- L’ombre que tu as croisée, c’est le reste de tes données quand tu t’es matérialisée. Tout ce qui n’a pas pu être compressé dans un avatar humain. 


Imaginons que pour une raison X ou Y (kassdédi), l'Invisible ait perdu une partie de ces données, mais que son code lui permettait de se restaurer, même depuis Xylem. À partir de là, une fois le symbiote échappé du cimetière des programmes, on peut penser logiquement qu'il ait cherché un moyen de retrouver son autre partie (et vice-versa pour l'Autre, kassdédi²). Ceux qui lisent ce commentaire vont me dire d'où je sors que celui avec lequel l'Invisible a fusionné est lui-même ? La réponse se trouve pour moi dans la caractéristique de l'Invisible : « Il avait la faculté de se faire passer pour un autre avec une grande facilité. ».
Rappelons-nous : Xanabis s'est fait prendre sa place sur Lyokô, sans même que Carthage ne s'en rende compte. Pour moi, c'est signé l'Invisible, ou du moins, un programme avec la même faculté.
Hypothèse encore plus foireuse : et si les deux parties de l'Invisible étaient reliées entre elle, type lien spirituel (kassdédi cube) ? C'est ce qui expliquerait leur relative synchronisation. Une fois sortie de Xylem, les eux parties ont très bien pu mettre tout ça en place pour se retrouver. La première devant manipuler Xana pour qu'elle se rende dans la salle mystérieuse de Lyokô, la seconde devant s'infiltrer discrètement sur le monde créé par FH et fabriquer la salle obscure. Tout cela pour aboutir à la fusion.

Je vais me donner la peine de détruire mes belles hypothèses seul :

Citation:
 Certains des programmes morts se sont recombinés. Et…ils ont donné naissance à une entité vivante.

L'Invisible n'est peut-être juste qu'un programme mutant, qui n'existait pas avant que les « certains programmes morts » ne se recombinent. Un imprévu de plus en somme.
À moins que les « certains programmes morts » ne soient issus de l'Invisible à l'origine *paf*

Dernière question : que vont faire les entités qui ont fusionné à présent ? Je ne pense pas qu'elles vont se contenter d'un : « Merci de nous avoir aidé à ne faire qu'un (wave) ! ». Pas mal de questions planent là-dessus, même sur l'Invisible en lui-même. Et j'ai la flemme de toutes les poser. Je me demande vraiment ce que tu comptes faire de lui, mais ce qui est sûr, c'est que ça risque exploser dans tous les sens avec tout ce monde Mr. Green. J'ai hâte de lire ça.
Je finirai donc en maintenant ma remarque sur la foire aux intelligences artificielles/programmes informatiques.

Comme j'ai pas de conclusion à proprement parler (et que mes hypothèses sont probablement les plus foireuses que j'ai pu sortir dans ce sous-forum), on va se contenter d'une image hors-sujet, mais dans le thème du chapitre dans le fond :


http://nsa33.casimages.com/img/2014/07/17/140717025517882113.png
On soulignera la pertinence du parallèle entre Bakura et Ikorih (/Yckhory).

_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Ikorih MessagePosté le: Sam 26 Juil 2014 12:10   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Chapitre 26 : Dispersion


Le vaisseau s’éleva lentement du sol et s’orienta vers le portail. Il était temps de le passer. Une légère appréhension me vint. Cet endroit était un cimetière. En théorie, il n’était pas prévu qu’on puisse en ressortir.
L’appareil s’avança jusqu’au vortex, marqua un léger ralentissement et s’y engagea définitivement. Heure de vérité. Il y eut un grand flash, un peu comme lorsqu’on était passés dans l’autre sens, et puis le noir. J’avais un peu mal aux yeux lorsque la lumière se dissipa, et il me fallut deux secondes pour constater que je n’avais pas de dossier comme j’aurais dû.
Puis je recouvrai totalement la vue. Le décor était très violet. Et surtout très lumineux, en fait. Je me trouvais dans une salle circulaire, brillante, comme au sommet d’une tour. Au centre de la pièce, une boule de lumière.
-Mh, Imprévu, lâchai-je. Drake ?
Heureusement, les communications n’avaient pas foutu le camp.
-Ah, euh, je crois qu’on a eu un petit problème.
-Merci j’avais vu. Où sont les autres ?
-Xanadu et le vaisseau ont déboulé sur Fort Trinité mais il y a eu un vilain crash qui a dévirtualisé le spectre. Odd a fini sur Lyô avec Laura.
Alors on avait été séparés au passage du portail et projetés sur des mondes virtuels différents…à noter.
-Je vous ramène tous ? proposa-t-il.
-Non, répondis-je. Seulement si je me fais assommer par les monstres de Wolfy.
Tout d’abord, j’utilisai mon don de création pour boucher la porte et ensuite je m’avançai vers la sphère. Je la reconnaissais. Elle me permettrait de voir les positions des différents gardes de Wolfy, par exemple. Je me concentrai en premier lieu sur Jérémie. Il était posté sur une muraille, pas encore averti de l’intrusion. Les loups patrouillaient. Le reste m’importait peu.
Il y avait une présence qui pesait. Cette salle était un peu plus sensible que les autres du point de vue communication avec un programme. Je me rendais compte que c’était ici que j’avais entendu pour la seule et unique fois l’Invisible, autrement que par messages subliminaux.
Et là, je pouvais sentir qu’un programme m’observait. Mais les gardes ne bougeaient pas. Ce n’était pas Wolfy.
-Qui es-tu ?
La réponse ne vint pas tout de suite. Une hésitation plana.
-Je suis XANA.
-Non. XANA, c’est moi.
Nouvelle hésitation. Moi je savais maintenant à qui j’avais affaire : le programme de Carthage. Ce qu’il faisait là, mystère.
-Toi tu es Xanabis. Parce que tu es le deuxième XANA.
-Pourquoi ?
-Tu as été créé après. Moi j’ai été créée par Franz Hopper il y a des années.
-…
Bien, je lui avais coupé le sifflet. Qu’allait-il me sortir ? Cet échange devenait très intéressant.
-Mais, XANA doit être un programme.
-…
Pour le coup, c’était l’inverse. Son argument était des plus choquants.
-Je suis un programme.
-Non, tu es une humaine.
Une vague envie de lui mettre une baffe via la catharsis me vint mais je me retins. Ça aurait pu alerter Wolfy.
-Pas vraiment. J’ai été obligée de prendre une forme physique. Mais je suis quand même un programme à l’intérieur. Qu’est-ce que tu fais là ?
Mon changement de sujet était un peu abrupt, je le reconnais, mais la conversation qu’on menait m’agaçait déjà. En espérant qu’il ne le remarque pas. Pour étoffer un peu, je précisai :
-Normalement, ton monde, c’est Lyo. Là où Carthage dirige. Pourquoi tu es sur un autre monde virtuel ?
-J’ai été chassé. Mais je reviendrai et j’expulserai ce programme à son tour. Mes maîtres doivent déjà chercher un moyen de le faire. Ils m’aideront.
Il me donnait presque envie de rire. Qu’il était naïf. Comme si Carthage allait faire la différence entre lui et l’Invisible qui avait pris sa place (depuis combien de temps, ça, mystère). Et il avait été créé à partir de mon code ? Lui ? On avait dû lui mettre tellement de modifications et l’assommer qu’il ne pouvait même pas prétendre être le vrai XANA.
-XANA n’a pas de maître, glissai-je subtilement.
Bien qu’étant une présence immatérielle, il eut l’air de tiquer.
-Si.
-Non. XANA est un programme libre.
Impressionnant. J’en étais à parler de moi-même comme d’un idéal à atteindre et non pas d’une réalité.
-Alors tu n’es pas XANA non plus, tu es enfermée dans un corps. Ce n’est pas être libre.
-Je suis plus libre que toi.
Une petite idée me venait en tête. Visiblement, deux choses comptaient pour ce programme perdu. Tout d’abord, servir Carthage, parce qu’on l’avait lobotomisé pour ça. Et deuxièmement, être XANA. Parce que c’était sa nature profonde. On ne pouvait pas effacer totalement ce qu’était XANA, tout au fond. Et c’était cette nature qui nous faisait avoir ce débat existentiel sur ce qu’impliquait le rôle de XANA.
Mais ses deux buts s’opposaient, et j’étais en train de marquer cette opposition avec plus de netteté.
-Tu étais au service de Franz Hopper, nota-t-il.
-Etais. En tant que XANA, j’ai retrouvé ma liberté et je l’ai tué.
Il prit le temps de digérer. A l’extérieur, des formes commençaient à bouger. Apparemment, Wolfy avait envie de couper court à ce dialogue existentiel. Dommage, ça pouvait être intéressant de débattre de la nature même de XANA.
S’ils tiraient tous sur ma porte improvisée, ils allaient finir par la casser. Et ils semblaient motivés.
-Une dernière chose. Tu sais quel était le but de XANA ?
J’avais encore un petit temps pour placer mon effet de suspens. Peu importait si la porte (ahaha, quelle allitération) volait en éclats.
-Non ?
-XANA devait détruire Carthage.
Et puis une salve de laser passa ma barrière et m’assomma.

Wreck avait une curieuse impression de déjà-vu. Là où c’était normal, c’était peut-être parce qu’il s’était déjà tenu derrière cette vitre avec sous les yeux la même scène. Némésis, une fois encore, voyait les parties mécaniques de son anatomie être revues et les circuits électriques changés. Il suivait le va-et-vient des techniciens et éprouvait, à moindre dose peut-être, les mêmes émotions que la dernière fois.
Là où ça différait, c’était qu’il n’était pas seul. La nouvelle recrue de l’unité, Steven, était appuyé sur le mur pas loin. Wreck ne l’appréciait pas spécialement. Probablement la tranquille assurance dégagée par celui qu’on surnommait « Le Faucheur ». Il était peu bavard, mais ses répliques avaient le don d’être légèrement provocatrices.
Pour l’heure, ils ne faisaient pas vraiment attention l’un à l’autre, concentrés qu’ils étaient sur le cyborg.
-Comment il était sorti de sa cage ?
Visiblement, Steven était décidé à faire mentir la narration.
-Il a démoli le grillage. Le spectre qui avait infiltré son organisme a décuplé ses facultés. On avait pas anticipé ça.
La réponse avait quelque chose de froid et haché. Son interlocuteur, qui n’était pas de nature très bavarde, n’insista pas et le silence revint. Au bout de quelques temps, Steven se désintéressa de la créature et sortit. Le son de la porte se fermant avait quelque chose de conclusif. A présent, le psychopathe était seul, et il pouvait sans problème le rester des heures s’il pouvait observer Helion ou Némésis. La compagnie de ses collègues n’était pas ce qu’il recherchait le plus.

Odd ne pouvait que constater que l’endroit lui était très familier. Il était dans la salle du cœur, au sommet, même. Instantanément, les souvenirs de batailles épiques lui revinrent. Le nombre de fois où il avait sauvé cette boule rose…
Un instant. Le cœur n’avait jamais été rose.
Laura, à côté de lui, découvrait totalement. Ses souris tournaient la tête dans diverses directions, visiblement tout aussi surprises et curieuses, mais Odd ne faisait pas attention à ça. Il regardait la boule d’énergie, cherchant à comprendre ce qui s’était passé.
-Pourquoi est-ce que c’est rose ?
Il s’approcha un peu plus du bord de sa plateforme, plus près du cœur. Autant qu’il le pouvait. Il s’assit, les jambes pendant dans le vide, et regarda fixement l’objet de ses interrogations. Il tendit la main, inutilement, pendant quelques secondes et la laissa retomber théâtralement.
-Papa, c’est quoi la voix ?
La voix ? De quoi parlait sa fille ?
Il mit un instant ses pensées en veilleuse et écouta. Effectivement, un genre de murmure subsistait dans l’air. A mesure qu’il écoutait, le murmure enflait pour devenir rumeur et puis finalement, il parvint à comprendre les paroles.
« Odd ? »
Oh non. Il distinguait les mots mais surtout la voix.
-Aelita ? Où tu es ?
Un instant de flottement.
« Je suis le cœur. »
Il cligna des yeux, incapable de concevoir comment le cœur d’un monde virtuel avait pu fusionner avec un être humain. Elle-même ne le savait sans doute pas. D’ailleurs, quelque chose chiffonnait Odd dans la voix qu’il entendait. Elle ne collait pas avec la dernière vision qu’il avait eue d’Aelita. Il avait vu une jeune fille traumatisée, sous le choc, à deux doigts de craquer si ce n’était pas déjà fait. Là, elle avait l’air tellement paisible…
-Mais, qu’est-ce qui s’est passé ?
« J’ai trouvé ma vraie place. »
Odd se permit un clignement d’yeux perplexe. Aelita se mettait vraiment à parler comme si elle avait fumé.
« Tu vois Odd, ça a toujours été mon destin de devenir le cœur de Lyoko. J’aurais dû le comprendre plus tôt. Ce monde a tellement à voir avec moi. Et puis mon père l’avait bien dit. J’ai été créée pour être la gardienne… »
Il en restait sans voix. Elle avait l’air d’avoir oublié certaines choses. Par exemple, que Lyo n’était plus vraiment Lyoko. Et que son père n’avait jamais dit ça, contrairement au spectre de Xana qui en avait pris l’apparence. Ses doutes au sujet de Laura revinrent mais cette fois dirigés vers Aelita. Elle avait l’air d’avoir complètement déconnecté de la réalité.
-Non, c’est faux Aelita !
« Mais si. »
Il restait septique. En fait, il était convaincu qu’elle avait complètement pété les plombs. Et ça le désolait de voir son amie dans cet état. Il aurait voulu faire quelque chose pour elle, comme elle était venue l’aider au début de cette aventure. Sauf que, comme lorsque Carthage l’avait enlevée, il ne pouvait rien faire pour elle. Les images lui revenaient encore, de ce jour. Lui qui pensait pouvoir lui donner le temps nécessaire pour s’enfuir. Il revoyait le moment où elle était tombée, avec une balle dans la cuisse. Il y avait eu du sang sur la neige.
Et maintenant, elle avait perdu les pédales et il ne pouvait rien faire pour la remettre dans le droit chemin. Il jeta un regard vers Laura qui l’observait et décida qu’elle n’avait pas à assister à tout ça.
-Laura, je vais te dévirtualiser et tu vas retourner au labo. Moi je reste un peu là.
Elle hocha la tête et encaissa une salve de flèches laser. Son avatar se désagrégea en confettis virtuels et Odd put se refocaliser sur le cœur. La boule n’avait pas bougé.
-Aelita, tu es folle. Comment ça en est arrivé là ?
« Tu ne comprends pas, Odd. »
-Mais si, c’est juste que…
« Non. Comme Jérémie quand je voulais retrouver mon père et qu’il me disait qu’il était mort. Tu ne comprends pas. »
La remarque le frappa comme un coup de poing au ventre. Pour avoir assisté Aelita lors d’une recherche de données sur son père, recherche que Jérémie n’avait pas cautionnée, il savait à quel point cette comparaison était forte. Et ça le blessait. Il n’arrivait pas à reconnaître son amie. Il n’arrivait pas non plus à comprendre comment un tel changement avait pu avoir lieu chez elle. Il n’arrivait pas à concevoir que les traumatismes endurés à Carthage lui aient autant abîmé l’esprit. Et pourtant, c’était visiblement ce qui s’était passé.
Un reflux de souvenirs le submergea. Il la revoyait, cette fois au collège, souriante et joyeuse, un peu timide et très sensible. Ou encore avant, sur Lyoko, calme et déterminée à remplir sa mission, avec un grand sens du sacrifice. L’attitude qu’adoptait maintenant cette Aelita pourrait ressembler à celle qu’il avait connue, mais quelque peu exagérée, avec un côté absent. C’était ce côté absent qui lui confirmait qu’elle avait perdu les pédales et que cette fusion avec le cœur achevait de la détacher de la réalité.
Il était très triste pour elle. Un instant il fut tenté de détruire cette fichue boule. La vraie Aelita n’aurait pas voulu finir comme ça, elle qui avait tellement aimé devenir humaine. Elle n’aurait pas voulu être à nouveau coincée sur un monde virtuel, sans même avoir la possibilité de bouger ou d’agir.
Mais il ne trouva pas la force. Il baissa alors les yeux vers le sol de la salle, si loin sous ses pieds, et plus précisément vers le trou dont les mâchoires claquaient comme celles de l’enfer. En dessous, la mer numérique. Il se demanda si s’y jeter résoudrait quelque chose. Pour lui, sans doute. Mais pour les autres, non. Il pensa à sa fille. Il ne pouvait pas la laisser toute seule.
Alors il jeta un dernier regard navré au cœur. Il devrait le détruire. C’était mieux pour tout le monde. En plus ça allait handicaper Carthage. Penser à Carthage lui rappela qu’ils étaient responsables de la mort de Yumi et une sourde douleur mêlée de rage et de tristesse monta en lui. Il pointa les poings vers ce mélange contre-nature entre le cœur et Aelita, inspira un grand coup. S’il détruisait cette chose, alors il n’y aura plus aucune trace d’Aelita en ce monde. Là aussi, ça lui faisait mal au cœur. Elle était tellement géniale…méritait-elle vraiment de tomber dans l’oubli ?
Il hésita. Et puis il entendit un bruit qui lui fit changer ses préoccupations. En bas de la salle, quelqu’un grimpait. Et vite. De ce qu’il voyait, c’était la blonde avec ses ailes squelettiques et sa combinaison grise. Il tira, sans grande conviction, quelques flèches vers elle. Agile, elle les évita sans problème et continua son ascension. Odd rata une nouvelle salve. Décidément, il n’était pas en forme.
En quelques bonds, elle fut sur lui. Le blond ne dût sa survie virtuelle qu’au réflexe de sortir les griffes pour parer le coup de couteau. Il se déporta vers l’arrière pour rester hors de portée des ailes, dont il connaissait la dangerosité. Elle siffla, agacée, et arrêta d’avancer, pour le moment. Elle se contentait d’attendre le bon moment.
Odd tira une fois encore. Son adversaire se mut presque trop vite pour l’œil, balayant les projectiles avec son aile droite tout en lui fonçant dessus. Il n’eut pas le temps de réagir. La courte lame s’enfonça dans son abdomen, conduisant à sa dévirtualisation.

-Alors, qu’est-ce qui s’est passé exactement ?
-Je pense que franchir le portail a provoqué une dispersion des entités virtuelles qui ont été réparties sur divers mondes.
Drake ne faisait que confirmer ce qu’on savait déjà. Xana n’aimait pas trop ça. Elle jeta un regard vers Odd. Il était revenu après elle, on pouvait donc en conclure qu’il avait aussi eu quelque chose à faire. D’ailleurs, elle avait émergé du scanner dans les pommes et j’avais dû la réveiller avec un petit électrochoc. J’avais un peu l’impression d’être un boulet, mais je ne savais pas grand-chose des évènements sur Lyo et Krystalcore. Il allait falloir que je me renseigne.
-Odd, qu’est-ce qui t’a retenu sur Lyô ?
Apparemment, Xana avait pensé la même chose que moi. Le blondinet hésita, chercha quelque chose à répondre, puis referma la bouche.
-Alors ?
Elle ne lâcherait pas l’affaire si facilement.
-Je…j’ai pas envie d’en parler.
Le visage d’Odd se décomposait (la première fois que j’avais entendu cette expression, je l’avais prise au pied de la lettre…imaginez le tableau) et il sentait que se cacher derrière la vieille ritournelle du prof de sport du lycée ne le sauverait pas du regard inquisiteur de l’ex-programme.
Contre toute attente, elle n’insista pas. C’était surprenant.
« ? »
« Quoi qu’il se soit passé, ça lui a encore fichu un coup. Comme il va pas bien, pousser plus pourrait le faire craquer et j’ai encore besoin de lui. Tu lui pomperas ses souvenirs plus tard pour me mettre au courant. »
« Et sur Krystalcore… ? »
Elle sourit. Ça devait faire bizarre pour les trois qui regardaient. Encore que non, ils devaient avoir l’habitude.
« J’ai croisé Xanabis. Je pense qu’il a été viré de Lyo par notre nouveau venu sur l’échiquier. Mais on a pu discuter. Et je pense aussi que j’ai réussi à lui coller un méchant doute. »
« Quel genre de doute ? »
« Eh bien de par son code, il pense être moi. On a eu un grand débat théologique sur XANA et sa nature profonde. Débat que j’ai gagné haut la main. Et avant que Wolfy ne déboule, j’ai décidé de lui rappeler deux choses. 1) XANA est destiné à détruire Carthage. 2) XANA n’obéit pas à son créateur. Alors certes il est programmé pour être docile mais je peux espérer que la partie de code qu’on a en commun suffise à prendre le dessus. Et là, on aura un allié. »
« Oh, malin. »
Ma réaction manquait certes beaucoup d’originalité et j’étais le premier à l’admettre. Mais je n’avais rien d’autre à dire, moi. Cette petite manipulation psychologique pouvait nous booster et nous donner un avantage décisif sur Carthage. Pourtant, quelque chose me faisait tiquer. Par exemple, le fait qu’elle s’étende peu sur les détails de sa victoire. Si elle avait vraiment voulu flatter son ego, elle l’aurait fait. La simple mention n’était pas suffisante et l’information n’avait pas d’intérêt dans le contexte. Alors si ce n’était ni à valeur informative ni à valeur auto-congratulatoire…
Connaissant Xana, elle cachait un truc là-dessous. Je ne savais pas quoi, et je n’avais pas spécialement envie de fouiner (ça pouvait m’attirer des emmerdes). Donc ça allait rester en dehors de mon entendement.

Tout se bousculait en ce moment. Entre l’entrevue avec Franz Hopper et celle avec Xanabis, mes nerfs avaient pris un sacré coup. A croire qu’on avait voulu dynamiter les bases de mon univers. D’abord je découvrais que cet enfoiré de créateur subsistait encore quelque part sous une forme plutôt vivante et ensuite un programme débile tentait de me faire avaler que je n’étais pas moi, contrairement à lui. On se dirigeait tout droit vers une crise de l’identité, à ce stade. Un truc d’humains. Manquait plus que ça, tiens, me mettre à développer des complexes. Comme si j’étais pas assez dans la merde. On était dans une guerre à quatre fronts, pas le temps pour psychoter…
Je n’étais en tout cas pas la seule. Odd avait l’air au fond du trou. C’était peut-être le moment pour voir ce qui s’était passé en douce. J’envoyai Xanadu fouiller dans son crâne avec la plus grande discrétion. Le spectre revint très vite. Apparemment, Odd devait se ressasser la scène…
Les images se mirent à défiler chez moi aussi. Le cœur de Lyo(ko ?) avait pris une couleur rose. Je pouvais revivre la discussion qu’Odd avait eue avec…Aelita ? La vache, la gamine avait sacrément disjoncté. C’était donc pour ça que Odd était en mode déprime. Ça se concevait. Personnellement, ça ne m’affectait pas, cette gamine m’avait toujours agacée et en plus elle m’avait mis de gros bâtons dans les roues par le passé. Là elle n’avait servi à rien depuis le début de cette histoire, à part à donner des infos à Carthage et à déconcentrer Odd.
Quelle connasse.
Ça allait me faire une raison de plus de vouloir péter le cœur de Lyo, tiens. Si c’était un moyen de tuer la rosasse (bah quoi, on dit bien blondasse pour les blondes)…pourquoi se priver ? Bon, Odd allait avoir des scrupules mais un bon éclair bien placé suffisait, pas besoin de flèches laser…
En tout cas, maintenant, il allait falloir trouver un moyen de calmer l’Invisible. Si Wolfy pouvait se faire tuer (ou presque) en détruisant son monde virtuel, l’autre était un programme bien libre comme moi après avoir pompé la mémoire de bonbon rose (ah si elle avait eu une utilité un jour finalement). Je n’avais même pas vraiment d’idée de ce que lui était. Un genre de patchwork de bouts de code associés un peu à la va-vite qui avaient donné quelque chose de leur propre volonté ? Dit comme ça, ça semblait dingue, et pourtant…
Une idée me vint. J’avais supposé que la partie qui habitait mon organisme avait fusionné avec une autre globalement identique à l’extérieur. Ça, ok. Je n’avais pas de preuve avant. Mais notre petite aventure avec le vaisseau virtuel avait amené à une séparation de notre groupe, physiquement parlant. Oui, voilà, on avait été dispersés. Supposons que notre groupe modélise l’Invisible.
Mh, mais là j’étais en train de traiter un ensemble de petits éléments comme un gros.
Quoique, non. Si on y réfléchissait bien, l’Invisible était aussi un ensemble de petits éléments. Ils s’étaient attachés ensemble de façon bizarre et inexpliquée (la magie de l’endroit, admettons), et surtout, possiblement mal. A partir de là, le choc du passage du portail avait pu suffire à détacher les deux morceaux. Le premier avait atterri sur Fort Trinité, où il s’était planqué jusqu’à utiliser la tour pour infiltrer mon organisme. Là, pas de secret.
Le parcours de l’autre était plus trouble. Il avait dû débarquer sur un des mondes restants. Il y avait le choix entre Lyo et Krystalcore. De mémoire, il avait utilisé les attaques de Wolfy pour voler les droits d’administration pendant que Xanabis faisait autre chose. Du coup, si c’était une action combinée, il y avait de fortes chances pour qu’il ait débarqué sur Krystalcore et rencontré Wolfy. Mais sinon, il pouvait avoir été sur Lyo depuis le début, dans le silence le plus complet.
Xanabis avait signifié avoir été expulsé mais là encore ça ne voulait rien dire. L’Invisible avait pu décider de le bouter dehors après avoir fusionné, et avoir fait profil bas avant. Bref, là, rien ne pouvait m’indiquer où il était tombé. Et ça n’allait sans doute pas changer. J’avais peut-être raté un indice en évoluant sur Krystalcore et Lyo. Ou alors je l’avais vu mais cette saleté de symbiote s’était arrangée pour que je ne m’en souvienne pas. Oui parce que ça allait me compliquer la tâche, ça, d’avoir possiblement des souvenirs atténués.
« Je voudrais bien aider mais je ne vois rien qui soit louche. »
Même Xanadu n’était pas fiable, puisqu’on avait vu que le symbiote parvenait à obstruer en partie sa perception des choses.
« Eh. »
« Ne râle pas, c’est vrai. »
Il n’ajouta rien. Peut-être qu’il râlait intérieurement quand même. Du moment qu’il ne râlait pas à voix haute. Enfin, façon de parler. Les spectres n’ayant pas de voix propre…
« Tu sais, on a jamais trouvé le cœur de Krystalcore au fond. Faudrait ptête le détruire, si on cherche un objectif simple ? »
« Mh…ouais, peut-être. »
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Dernière édition par Ikorih le Jeu 03 Aoû 2017 18:01; édité 1 fois
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Tyker MessagePosté le: Jeu 07 Aoû 2014 10:46   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Bon, et bien que pouvons-nous dire là-dessus...

On va commencer par Xana et Xanabis (mon dieu ce nom -_-), leur dialogue est plutôt intéressant, et ça m'a un peu saoulé qu'il ce soit arrêté si vite. Pour une fois qu'il y avait une discussion intéressante... Débattre de la nature même de Xana était une idée géniale à mon sens, et il aurait sans doute été préférable de rallonger ce dialogue ne serait-ce que de quelques lignes. J'espère aux moins qu'ils en ont pas terminés et qu'on pourra assister à la suite bientôt.

Venons-en ensuite à Aelita, j'avoue que mes yeux ont failli jaillir de leurs orbites tellement elle m'a saoulé. Elle est devenu l'exacte contraire de ce qu'elle était dans la série et veut rester bien au chaud dans son petit coeur.
Le monde réel était sans doute trop cruel pour bonbon rose, elle a préféré fuir. Quel mauviette (smirk)

Odd quant à lui est de plus en plus déprimé (j'adore ça (a) ), la seule raison qui ne le pousse pas au suicide c'est ses enfants. Mais bon, autant Laura j'ai un doute sur sa mort prochaine, autant Ulrich... Je pense pas qu'il revienne vers son papounet un jour, ça me parait même assez improbable. Mr. Green

Quoi qu'il en soit, ce chapitre n'a pas apporté grand chose en réponse, on a même encore plus de mystères sur les bras. Mais je doute que ces mystères restent entiers très longtemps. Il se pourrait même qu'on est bientôt une belle surprise. (smirk)

Bref, un chapitre de transition distrayant, qui nous tend les bras vers de nouvelles choses.

Over.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

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Ikorih MessagePosté le: Jeu 07 Aoû 2014 12:00   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler


Chapitre 27 : Urbe


Tout était sombre dans l’immeuble. Ils venaient d’entrer. Carthage avait réquisitionné le meilleur commando disponible, c’était une opération délicate. Très délicate. Ils savaient qu’un échec pouvait leur coûter cher. Mais un succès leur serait des plus profitables.
L’opération était assez simple, en fin de compte. Le projet avait découvert que ses recherches sur les cyborgs avaient été…empruntées par leurs plus féroces concurrents. Le plan était de leur rendre la pareille en faisant de préférence quelques dégâts dans leurs installations. Alors ils allaient se tenir au plan.
Ils étaient une douzaine, mais uniquement les plus talentueux. Celle qui ouvrait la marche était une fille d’environ vingt-cinq ans, les cheveux noirs et des yeux bleus perçants. Elle tenait un fusil d’assaut. Juste derrière elle, un de ses collègues. Difficile à rater, au vu de sa carrure et de sa taille supérieure à deux mètres. Lui disposait d’un pistolet dernier cri, un prototype de Carthage.
-On se sépare en deux groupes. On reste en contact, chuchota-t-elle.
D’un geste, elle désigna son oreillette. On lui répondit par hochements de tête et la scission du commando eut lieu.
Six partirent d’un côté du couloir, sept de l’autre. Dans les sept, il y avait la meneuse et le colosse. Leur équipe, munie comme l’autre de lunettes infrarouges, progressait rapidement dans le noir. Il ne leur fallut pas longtemps pour arriver jusqu’à la partie sensible, en évitant les caméras et autres systèmes de surveillance. La porte était verrouillée par un code, et il y avait deux gardes devant. Elle tira : l’un d’entre eux s’écroula. L’autre n’eut pas le temps de donner l’alerte, ayant subi le même sort. Steven rengaina son pistolet aussi vite qu’il l’avait sorti.
Ils se glissèrent jusqu’à la porte. Derrière se trouvait le département scientifique, hautement protégé. La prudence était de mise, encore plus à partir de maintenant. Passer l’obstacle ne devrait pas être un problème, Carthage avait réussi à se procurer le code grâce à la taupe TW, de son alias. La brune le tapa, et le panneau coulissa. Elle leva le pouce et fit signe à son groupe de s’engager dans la suite du couloir.
C’est là que les problèmes commencèrent.
Une pétarade de coup de feu éclata. Les troupes de leurs concurrents n’avaient pas d’armes prévues pour la discrétion et par conséquent, les détonations illuminaient toute la zone.
-Bordel !
Steven, évidemment. Il avait toujours eu un langage des plus châtiés. Tandis qu’il chargeait ses munitions explosives, sa collègue brancha son oreillette.
-Ici Ecarlate, on est repérés, faut foutre le camp !
Elle n’attendit pas la réponse. Le reste de son unité avait réussi à se mettre à couvert mais deux étaient morts. Leur sang luisait à la lueur des rares rayons de lune. Plusieurs d’en face étaient blessés, mais elle n’arrivait pas à évaluer leur état. Ni même leur nombre. C’était la cata.
« On a dû être balancés, c’est pas possible… »
-Repli ! ordonna-t-elle avec dépit.
Ce qui restait du groupe (à savoir peu) commença à reculer, mais ils n’allèrent pas bien loin. La porte se referma juste avant qu’ils la franchissent. On entendit vite les balles ricocher sur le blindage.
-On peut plus rien pour eux, sauvons notre peau !
Elle hocha la tête. Le duo s’élança donc vers l’angle du couloir, dans le but de rejoindre leur point d’arrivée et de filer par le trou ménagé. Ils rencontrèrent peu de difficultés. Sans doute qu’on était plus occupé à arrêter l’autre équipe. Pas le temps pour deux éléments isolés.
Ils étaient entrés par la fenêtre du deuxième étage, celui où se trouvait le département souhaité, en escaladant la façade. Le grappin était toujours accroché là.
Des bruits de course se firent entendre. Apparemment, on les avait retrouvés et on voulait régler leur compte. Steven chargea ses têtes creuses et lui fit signe de décamper la première. Elle s’exécuta, mais une des premières balles tirées en face lui rentra dans le bras. La douleur lui fit lâcher prise (et quelques jurons), mais elle ne fut rien à côté de celle qui lui lacéra la jambe au contact du sol. Quelque chose avait lâché, c’était sûr, mais quoi ? Elle tenta de se relever, le regretta amèrement et retomba. Avec une nouvelle bordée de jurons, elle raccrocha son fusil dans son dos avec son bras valide et commença à ramper. Elle se doutait que ses chances de survie étaient minces.
Quelques explosions retentirent et elle entendit le bruit de quelqu’un qui se réceptionnait sur le sol. Encore quelques tirs, et puis des pas s’approchèrent.
-Je crois que t’es dans la merde, là, non ? lâcha crûment Steven.
Elle leva les yeux au ciel. Il s’accroupit et lui permit de s’appuyer sur lui. Les bruits provenant de l’immeuble s’étaient calmés, mais une lueur jaune en émanait.
-Ils ont pas aimé les incendiaires.
Elle nota alors un détail assez important. Il était plein de sang. Il lui suffit d’un autre regard pour noter qu’il avait un bras en purée tout aussi sanglante. C’est dans cet état déplorable qu’ils parvinrent à s’éloigner du champ de bataille et à prévenir la direction du fiasco.
Quelques semaines plus tard, Steven Svogek et Sabriël Kimblee étaient démobilisés. L’un manchot, l’autre boiteuse.


Némésis avait réintégré sa cellule. Il n’en avait pas l’air spécialement enchanté, mais pas spécialement peiné non plus. Depuis qu’il était revenu de réparations, Wreck lui trouvait un petit changement. Il n’arrivait pas à mettre le doigt dessus mais la créature semblait moins pataude, et la lueur de son regard avait changé. Il n’aurait pas su dire comment c’était arrivé, mais c’était comme ça.
Il ne pensait pas qu’il faille s’en inquiéter. Ce changement avait l’air profitable, s’il résolvait les problèmes de motricité de la bête. La porte s’ouvrit, et pour changer, Dorothée entra.
-Un problème ? demanda-t-il.
-Tu ne vas pas aimer. Un nouveau bug a démoli le travail des informaticiens sur les bases de données. On ne sait pas encore ce qui s’est passé, peut-être qu’Aslinn a laissé un virus derrière elle…
-Ou alors ils ont réussi à se mettre un virus tout seuls, nuls comme ils sont…
Elle laissa échapper un petit rire.
-Possible. Toujours à observer Némésis ?
-Comme si on pouvait s’en lasser.
Il hésita à embrayer sur le petit changement mineur dénoté. Son hésitation dût se sentir, parce que Dorothée plissa légèrement les yeux et l’interrogea comme lui précédemment.
-Un problème ?
Là, elle se méfiait. Il avait le choix entre lâcher le morceau maintenant ou la laisser chercher seule. Un mensonge ne la détournerait pas.
-Pas grand-chose. Je le trouve un peu bizarre ces temps-ci, c’est tout.
-Ah.
Sa réponse évasive eut l’air de la dépiter un peu, mais elle le cacha vite et reporta son attention sur l’animal, peut-être en essayant de trouver ce qu’il pouvait voir de louche.
-Je ne vois rien d’inhabituel, moi.
-Il se déplace mieux, je trouve.
Elle prit son temps pour observer encore.
-Ah oui, exact. Fallait avoir l’œil pour voir ça. Si tu ne m’avais rien dit, je n’aurais rien vu.
Il afficha un petit sourire satisfait.

Nergal rattrapa précipitamment Sabriël dans le couloir.
-Mh, agent Kimblee ? J’ai quelque chose qui pourrait vous intéresser.
Il lui tendit un dossier. Elle le reconnaissait très bien.
-On a de nouveaux éléments là-dessus ? Après tout ce temps ?
-Non, mieux que des nouveaux éléments. On a le nom de la taupe. Il faudrait juste lui faire avouer quelques noms ou des infos, et quelqu’un dans votre unité pourrait parfaitement s’en charger…
Elle jeta un œil à la ligne qu’il lui pointait.
-Alors comme ça il faisait agent double, lui ?

-J’ai jamais aimé les carottes.
Dorothée fit un facepalm mental. Wreck avait peut-être un faible pour les introductions un peu théâtrales et à première vue, décalées par rapport au contexte, mais là il faisait fort. Le type ficelé sur sa chaise face à eux avait une tête à se demander où il voulait en venir. Une tête avec pas mal de crainte, aussi.
-Par contre, j’aime bien les éplucher. Je veux bien tester ce que ça fait sur un humain…
Là, il était tout pâle. Le lien venait de se faire. Et maintenant il comprenait le pourquoi de la métaphore des carottes. Dorothée décida d’en placer une rapidement :
-Je vais être plus directe que mon collègue. Tu peux te mettre à balancer tout ce que tu peux nous dire sur nos concurrents et tu évites peut-être qu’on te fasse payer pour la fusillade qui a décimé le meilleur commando de l’époque.
TW déglutit. C’était un personnage effacé en temps normal, bien que parfois un peu louche dans ses questions. Et maintenant, on avait grillé le fait qu’il bossait pour Urbe depuis le début en faisant mine d’être de leur côté. Il risquait gros. Son regard tomba sur le couteau qui était dans la main de Wreck. Mais rien ne sortit. Il en avait assez de trahir.
-Tant pis, soupira le roux.
Il s’approcha de sa future victime et s’accroupit pour être à peu près à hauteur de son bras. Il amena la lame au contact de la peau.
-Dernière chance, prévint-il.
Aucune réponse ne vint. Il en conclut que l’autre laissait passer sa chance et se mit au travail. L’idée étant de lui peler au minimum la peau. La taupe serra bravement les mâchoires en évitant de regarder le lambeau qui se détachait petit à petit. Le couteau envoyait de régulières salves de douleurs dans son système nerveux, mais ces pics se dessinaient sur un fond de souffrance permanente. Mais TW était un minimum plus entraîné qu’Aelita et il ne commença pas à crier tout de suite. Il fallut attendre que la moitié de l’avant-bras soit à vif, avec des bouts de peau pendant comme sur une banane épluchée, pour entendre les premiers hurlements.
-Ah ben tout de même, je me demandais si tu avais des cordes vocales.
Dorothée observait la scène en silence. La résistance de cette fichue taupe était bien entamée. Elle échangea un regard avec Wreck qui finit par marquer un temps d’arrêt et lui lancer l’outil.
-Ok, va-y.
Elle ébaucha un sourire sadique et s’approcha à son tour. Elle avait le choix entre élargir la partie pelée ou s’attaquer à la chair. La deuxième solution allait faire plus mal.
Des lambeaux poisseux de sang tombèrent bientôt au sol avec un bruit flasque. Et un hurlement très convaincant. On pouvait commencer à apercevoir l’os si on fouillait un peu dans les chairs. Ce qu’elle fit. Mais elle avait du sang plein la main et le couteau glissa, arrachant un nouveau cri et une giclée de sang.
-Oups.
Son sourire amenait à s’interroger sur le caractère accidentel de l’action. En tout cas, la taupe n’avait pas dû aimer.
-Arrêtez ! Je vais parler !
Elle retira le couteau, à contrecœur, et le rendit à son collègue. Il avait cédé plus vite que prévu.
-On t’écoute, répondit la brune en déclenchant l’enregistrement via son portable.
-Le projet Urbe n’a plus beaucoup de puissance, mais il est toujours vivant. Ils ont peu d’effectifs, peu de bases, mais une création de leur part sillonne encore le réseau. C’est ce qui se dit.
-Quelle création ?
-Une vieille. Elle…doit dater de la Guerre Froide.
Sa voix était tremblante, mal assurée.
-C’est un programme primitif de recherche d’énergie…il a été mis en sommeil à la fin de la Guerre Froide mais il refait surface depuis peu.
-Ont-ils le contrôle dessus ? demanda Wreck.
-Je ne sais pas, bégaya la taupe.
-Où sont-ils basés ?
-Je ne sais pas, gémit-il, craignant sans doute que ses tourments recommencent.
-Allons bon. Tu sais un truc au moins ? ironisa le psychopathe.
L’autre pâlissait à vue d’œil. Dorothée nota que son avant-bras saignait beaucoup. Beaucoup plus qu’il n’aurait dû. Aucune information ne franchissait les lèvres de la victime. Elle reprit le couteau à Wreck et le replanta froidement dans la chair massacrée, provoquant une autre giclée de sang et un cri. Elle fit mine de tourner la lame, mais il glapit en la suppliant d’arrêter.
-Oui, oui je sais quelque chose !
-Mais crache le morceau alors !
L’énervement était palpable.
-Ils ont encore des agents infiltrés dans les rangs de Carthage, bafouilla-t-il, je ne suis pas le seul, ils…
Il tomba dans les pommes.
-Merde. Le stress sans doute, siffla Dorothée.
Wreck grogna, visiblement peu convaincu. Et surtout énervé. Il décida donc de coller une baffe à TW pour le réveiller, en vain. Son mouvement entraîna un « floc ». Surpris, il regarda par terre et constata la présence d’une flaque de sang assez conséquente.
-D’où ça sort tout ça ? J’ai pas ciblé les artères.
Il jeta un regard à sa collègue, puis à la blessure (conséquente, certes) du prisonnier. Et il commença à faire le lien.

-Mort ? répéta Sabriël en ouvrant de grands yeux.
Wreck hocha la tête.
-Hémorragie accidentelle.
-Et en plus, avant de pouvoir nous livrer le nom des taupes d’Urbe qui restent dans nos rangs. Génial. C’est Baal Hammon qui va pas aimer ça.
Même le psychopathe roux ne put s’empêcher de ressentir un certain respect mêlé de crainte en entendant le nom. Personne ne savait qui se cachait derrière ce pseudonyme, mais il s’agissait de l’être le plus puissant de Carthage.
-Par contre, continua-t-elle, il nous a dit qu’un de leurs programmes de la Guerre Froide tournait encore. Et…
Elle marqua un arrêt. Wreck attendit qu’elle expose son idée.
-Et si on l’avait croisé ? Si il était actif dans le réseau ?
-Tu penses à l’autre, là ? Celui qui nous envoie des robots bizarres ? Il aurait un lien avec eux ?
-Pour le moment, certes, rien ne nous permet de l’y relier, mais…
Sabriël faillit sursauter en remarquant que l’agent des renseignements, Nergal, venait d’arriver avec son silence habituel.
-J’ai le dossier détaillé de l’autopsie, ça servirait ?
-On sait qu’il est mort d’une hémorragie accidentelle, ça doit suffire, non ? répondit Wreck.
L’autre lui jeta un regard torve.
-Oui d’ailleurs ça me surprend qu’aucun de vous deux n’ait remarqué qu’il se vidait de son sang. Une explication à fournir ? Après tout, les taupes d’Urbe auraient eu tout intérêt à éviter qu’il en dise trop…
Un léger silence plana. Wreck fixait son interlocuteur, attendant qu’il se décide à ajouter quelque chose. Comme ce n’était pas le cas, il siffla :
-Je n’aime pas cette insinuation. Tu veux vraiment me mettre en colère ?
Sabriël décida de couper court au début d’altercation. Il n’y avait pas vraiment besoin de ça maintenant.
-Il n’est pas impossible qu’une taupe soit intervenue d’une façon ou d’une autre dans la mort de TW. Toutefois, les accusations gratuites ne sont pas souhaitables et ne relèvent pas de notre compétence. Agent Astaroth, vous êtes prié de retirer.
Il marmonna un semblant d’excuse puis tourna les talons pour retourner rôder dans ses archives, bien décidé à fouiner dans le dossier du psychopathe en espérant trouver quoi que ce soit qui puisse l’incriminer.

Joseph Payne était allègrement vautré sur son canapé, les yeux rivés sur « La nouvelle revue d’histoire » avec en fond sonore « Auf Dem Wasser zu singen ». Une béquille traînait dans un coin, sans qu’on sache trop ce qu’elle faisait là. Elle devait sans doute être plus efficace qu’une barre de fer pour se battre.
Kiwi, alias Sam, dormait paisiblement à même le sol. La sonnerie du portable de son maître ne sembla pas l’affecter, en revanche ce dernier posa sa lecture, jeta rapidement un œil à l’écran : il avait un message crypté.
Lançant le décodage via une petite application personnelle, il attendit patiemment de voir ce qui allait arriver. La missive, rendue lisible, s’afficha bientôt.
« Carthage a découvert TW. Il est mort en avouant qu’il y avait d’autres taupes. Ils se méfient. Ils savent d’où vient Wolfy. »
Il prit quelques minutes pour bien réfléchir aux enjeux de cette annonce. Carthage allait se montrer plus prudent maintenant. Ils pourraient aussi décider de cibler plus spécifiquement Wolfy lors de leurs attaques. Ils étaient assez intelligents pour deviner que le programme n’avait pas été créé pour leur faciliter la vie.
Et ils allaient se mettre à se suspecter les uns les autres. Bien sûr, ça pouvait faire découvrir les taupes mais de toute façon, Carthage était en train de couler. Il le savait. Xana leur mettait des bâtons dans les roues de façon spectaculaire, leurs expériences douteuses allaient leur exploser à la figure et ils étaient contraints de réengager de vieux troupiers face au manque de personnel. La moitié de leurs agents étaient rafistolés, à qui un implant nerveux, à qui un bras de cyborg, quand ce n’était pas de la blessure incurable. Et ils espéraient vraiment conquérir le monde numérique avec ça ? Ridicule. Urbe avait Wolfy. Et l’avantage qu’on les croie complètement éparpillés. Même si Carthage avait déjà porté des coups durs à leur organisation, cette fois, ils étaient clairement au-dessus.
Il rangea son portable. Répondre n’aurait servi à rien. Il n’avait pas d’instructions particulières à faire passer à son contact infiltré. Peut-être plus tard.
En revanche, ça lui avait donné envie de descendre voir comment allait sa machine. Il laissait Wolfy s’en occuper, en général, mais gardait un œil tout de même. C’est donc avec naturel qu’il déverrouilla le digicode et rejoignit la salle où le pupitre de commande lui permettait d’avoir un aperçu des activités du plus grand espoir d’Urbe.
Il se plut à regarder un aperçu de Krystalcore. Il avait une âme d’artiste au fond, et voir l’œuvre du fils prodigue le remplissait de joie, ou d’une certaine sérénité. Il avait également noté la présence de traces de dialogue de Wolfy avec une autre IA. Suivre l’historique de leurs conversations l’avait plongé dans une certaine perplexité. Si la plupart du temps ils coopéraient, l’autre semblait poursuivre ses propres objectifs et Joseph n’était pas certain qu’ils soient en corrélation exacte avec les leurs.
Il avait tenté d’analyser cette chose mais elle avait évité le scanner comme une anguille. Comme si sa nature était insaisissable. Il avait ensuite interrogé Wolfy pour tenter d’en savoir plus, ce qui l’avait conduit à constater que le programme lui-même n’en savait pas beaucoup plus sur son mystérieux allié. Juste qu’il l’aidait beaucoup à défendre sa forteresse. L’autre l’avait même aidé à s’infiltrer dans le monde virtuel de Carthage et lui donnait indirectement accès à la formidable source d’énergie qu’était le réacteur Iter. La simple idée que tout ceci se soit fait au nez et à la barbe de ses rivaux le confortait dans sa théorie qu’ils n’étaient plus que des morts en sursis.
Les dernières analyses lui révélèrent un point étrange. Depuis peu, une nouvelle force se promenait sur leur monde virtuel. On pouvait même considérer qu’elle s’y était établie. Et là, il n’avait pas été trop compliqué de l’analyser : il s’agissait du programme de Carthage, le dérivé de Xana. Que faisait-il ici ? Sans doute chassé de sa résidence, il avait cherché un endroit où s’installer. Et pensait l’avoir trouvé. Comme si on allait le laisser faire.
Il nota que Wolfy avait déjà tenté de s’en débarrasser, mais en vain. Alors en plus il avait la peau dure ? Peut-être le côté « Xana ». Après tout, cet ex-programme de malheur avait réussi à détruire la version originelle de Wolfy par le biais de son supercalculateur. Joseph n’arrivait pas à saisir comment Xana avait réussi à se détacher d’un monde virtuel. Se baladait-il librement dans le réseau ? L’idée était clairement dérangeante. Il aurait aimé donner la même autonomie à l’emblème d’Urbe, mais ne voyait pas vraiment comment s’y prendre. Il avait déjà eu de la chance d’arriver à le récupérer. Retrouver sa trace, et ensuite ses vestiges dans le corps de ce vieux chien, puis arriver à le reconstituer…tout ça tenait du miracle. Les fondateurs d’Urbe, un peu fanatiques sur les bords, auraient affirmé qu’il s’agissait de la faveur de Jupiter. Mais ils n’étaient plus aux commandes. Lui n’en savait rien et mettait ça sur le compte d’un gros coup de chance.
Il laisserait Wolfy et son camarade de jeu régler le problème du programme de Carthage. Il n’avait pas l’air bien menaçant. Rien que le voir coupé de son monde d’origine donnait une idée du peu d’attention qu’on lui portait. Peut-être même que ses créateurs ignoraient tout de sa situation. Ce serait amusant, ça. De toute façon, ce truc n’était pas l’œuvre de Carthage. A peine une mauvaise imitation du travail de Franz Hopper, qui lui, était un génie. Mais depuis qu’il avait laissé tomber le projet, s’attirant pas mal d’emmerdes au passage, ils avaient perdu toute chance de progresser technologiquement.
Tant pis pour eux.
Joseph aurait pu rester des heures devant ce pupitre. Contempler avec fascination ce que faisait Wolfy dans l’ordinateur, comment il gérait ses monstres, ou suivre la suite aléatoire de chiffres que représentait le débit d’énergie volée à Carthage qui était réutilisée ou stockée dans Krystalcore. Ce monde était fait pour ça, à la base.
Un petit halètement l’informa de l’arrivée de « Sam », le réceptacle des vestiges de Wolfy première version. La bête se hissa sur ses genoux, fatiguée, et eut l’air de recommencer à somnoler. Joseph lui gratta une oreille.
-Heureusement que tu t’es retrouvé dans un chien. Je n’aurais pas supporté un ragondin. Ce sont de viles créatures parasitaires. Comme Carthage, en fait, ajouta-t-il.
Petite provocation gratuite. Ça faisait toujours du bien.
Et puis il avait toujours eu horreur des ragondins avec leurs sales petites dents orange et leurs queues de rat.
De temps en temps, il tapait une commande, mais sa principale occupation restait l’observation. Les petits points qui bougeaient sur le radar, les jauges qui montaient. Vraiment, il ne s’en laissait pas. Il perdait la notion du temps, complètement hypnotisé par ce qu’il voyait. C’était un autre monde, au sens propre du terme, et il ne voyait aucun souci à laisser cet autre monde l’aspirer un peu. Peut-être aurait-il aimé pouvoir voyager sur Krystalcore, mais il n’avait pas de scanner. Et en ces temps-ci, c’était un endroit dangereux. C’était la guerre numérique, il ne fallait pas l’oublier. Carthage traînait, avec sa clique de psychopathes en pièces détachées, et Xana avec ses…il ne savait même pas ce que Xana utilisait. Il n’avait jamais vu les monstres ailleurs qu’en défense. En attaque, on avait des avatars virtuels intelligents. Une sorte de chat, un type bizarre qui parlait peu, une fille aux cheveux noirs (Xana, d’après les informations volées à Carthage) et depuis un peu moins longtemps, une gamine blonde.
Sérieusement ? Xana envoyait des gamins au combat ? Vraiment, le manque de troupes devait se faire sentir…pire encore que Carthage. Mais Xana était drapée de plus de mystère que ses principaux rivaux pour la simple et bonne raison qu’il n’avait pas de taupe chez elle. Carthage laissait quasiment tout filtrer jusqu’à lui, mais Xana…il ne savait même pas ce qu’elle faisait ni quels étaient ses objectifs exacts. Il l’avait vue arpenter les mondes virtuels des autres (enfin, sur le radar) et livrer quelques combats mais n’avait pas encore compris pourquoi elle les livrait. N’y avait-il que l’instinct de destruction chez elle ? Allait-elle vouloir détruire quelqu’un plus que quelqu’un d’autre ? Il aurait bien aimé savoir tout ça. Et pas uniquement sur le plan tactique. La psychologique l’intéressait, alors celle d’un programme un peu déviant qui avait réussi à s’acheter une humanité…
-On verra bien ce que tu vas faire, Xana…
Dans un film douteux, il aurait lâché un rire maléfique et un peu fou. Là, il se contenta de continuer à fixer le moniteur de ces yeux fascinés. Ce qui lui permit de voir arriver un pop-up d’information sur le débit de pompage d’énergie à l’Iter. Il l’aurait zappée rapidement s’il n’avait pas vu un petit décalage avec les chiffres théoriques.
Il n’était pas idiot et Wolfy n’était pas un incapable. Alors son énergie dégageait quelque part. Il fit très vite le lien.
-Il va falloir prendre des mesures contre notre invité surprise…
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Icer MessagePosté le: Sam 09 Aoû 2014 10:09   Sujet du message: Répondre en citant  
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Bon, pendant que ça se bat sur Imprévu (J'ai pas lu encore, manque de pop-corn, mais ça viendra), moi j'ai rattrapé mon retard sur les trois chapitres d'Abysses.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que la fiction a eu le temps de changer de dimension. L'Invisible est devenu clairement plus visible, et Joseph est, comme tous les Joseph, un bâtard. Et merci, j'ai pas eu besoin d'aide pour prononcer Urbe alors que j'étais une quiche en latin (a)
Je comprend toutefois que certains lecteurs lisent Yourbeuh, surtout depuis Xanabis.

Pas de William cependant. On se demande ce que ça prépare.
Comme le disait Tyker, le dialogue des X.A.N.A était bien pensé, presque au niveau d'un entretien entre Thatcher et Chirac.

Après pour le coup d'Aelita, je suis plus mitigé. Je ne comprend pas l'intérêt de faire ça alors même que Lyo(ko) est entre des mains ennemies. Il y a un problème de logique. Bon ok, elle n'en a jamais vraiment eue, donc ça peut passer.
Mais c'est surtout pour t'en débarrasser non ? Mr. Green

Concernant la fameuse nouvelle idée... Je pense que ça pose davantage problème dans Imprévu. Sur le papier, si ils avaient existé, je pense que Wolfy n'aurait pas été fixé sur son sort si rapidement. Bon après ça fait longtemps mais je crois en plus que son origine se trouvait dans un endroit mort non ?
Sinon dans Abysses, je l'ai trouvé plutôt bien intégré, même si peut-être un peu tardif oui.

Mais dans l'ensemble c'est très bien, continue Smile

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Ikorih MessagePosté le: Jeu 28 Aoû 2014 08:01   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Chapitre 28 : Forage


L’équipe de Carthage débarqua du vaisseau virtuel qui les baladait habituellement. La programmation dudit vaisseau avait repris de vieux codes qui traînaient dans la mémoire du Supercalculateur et les notes de Jérémie, ainsi que des informations d’Aelita. Par conséquent, il ressemblait beaucoup à l’ancien Skidbladnir, mais ça, Carthage ne pouvait pas le savoir. Et ne s’y intéressait sans doute pas.
Ils étaient au complet. Sabriël, Steven, Wreck, Stella et Dorothée. William n’était plus vraiment considéré comme faisant partie du groupe. Là encore, s’ils avaient su que cette considération n’avait rien de nouveau et qu’elle datait d’environ quinze ans…mais ils ne le savaient pas. Les détails de l’aventure des Lyokoguerriers ne les intéressaient pas, de toute façon. Ce qui les intéressait à l’heure actuelle, c’était qu’ils avaient découvert que leurs anciens grands rivaux avaient toujours un pied dans les mondes virtuels, et ils comptaient bien les en amputer. Détruire Wolfy était l’objectif numéro un, et ça passait par détruire son monde virtuel.
Sabriël vérifia que tout le monde était prêt. A côté d’elle, Steven (toujours aussi grand) fit jouer les articulations de son bras mécanique qu’il avait conservé sur le monde virtuel. Niveau tenue, il restait dans le sobre avec un bête uniforme noir parsemé de quelques têtes de mort argentées. La manche du bras mécanique était déchirée à l’épaule pour ne pas gêner le membre, ou plutôt l’arme si on considérait les lames émergeant de l’avant-bras. Il avait également été observé pendant les premiers essais qu’il était télépathe, capacité plutôt utile. Derrière, Dorothée puis Wreck et Stella qui fermaient la marche.
-Je vous rappelle pourquoi on est là. Au cœur de cette foutue tour se cache le centre d’énergie du monde virtuel, le cœur. On le démolit, et le programme d’Urbe ne gênera plus jamais Carthage.
-On a vu ce que ça a donné en ce qui concerne le monde virtuel de Xana, ironisa Dorothée.
Elle écopa d’un regard noir, mais nota un détail inhabituel : la porte principale était fermée. Une sorte de herse irrégulière en cristal barrait le chemin.
-Ok alors je crois qu’ils ont renforcé la sécurité depuis la dernière intrusion.
-Brillante déduction.
Sabriël décida de couper court au déchaînement d’ironie.
-On a besoin d’un plan. Faut qu’on passe par la voie des airs, au moins pour ouvrir cette grille. Dorothée, combien de personnes tu peux porter sur ton tapis ?
-Je dirais une personne en plus de moi, pas beaucoup plus. Et j’imagine qu’il y a des gardes, donc on pourra pas débarquer si facilement.
-C’est pourtant le seul moyen qu’on ait.
-Non, on pourrait frapper à la porte. Ça marche, parfois, dans les vieux donjons…
Stella haussa un sourcil, peu convaincue par la suggestion de Dorothée.
-Bref, donc on doit déterminer dans quel ordre on se faufile à l’intérieur, poursuivit Sabriël. Je pense que je peux commencer par me placer sur la muraille pour couvrir le périmètre à l’arc, ensuite on pourra envoyer Stella et Steven pour faire le ménage de façon plus définitive. Et Wreck en dernier parce que son placement est des plus épineux. Des objections ?
Comme personne ne semblait motivé pour en formuler, le plan (basique, certes) fut adopté. Dorothée matérialisa donc le rectangle fait des mêmes ombres que celles dont elle se drapait, et s’assit dessus, attendant que Sabriël monte à sa suite. Lorsque ce fut chose faite, elle décolla et fila rapidement vers la muraille, larguant sa collègue, puis fit demi-tour pour récupérer les suivants. L’agente de Carthage examina rapidement la cour derrière la grille : deux loups gris tournaient en rond dedans, grognant de temps à autres. Mais ils ne tardèrent pas à se rendre compte de sa présence. Après quelques secondes à la fixer de leurs yeux violets, ils poussèrent un long hurlement d’alarme qui ne fut même pas affecté par les flèches ricochant sur leur blindage.
Rapidement, Steven débarqua à côté de la tireuse, et Stella, qui avait visiblement eut la flemme d’attendre le transport aérien, se hissa au sommet de la muraille. Apparemment, elle était montée en plantant les bouts acérés de ses ailes dans la paroi. Les deux ne tergiversèrent pas plus longtemps et sautèrent dans l’arène pour en finir avec les bestioles. Subtilité : zéro. Dorothée déposa Wreck et fit disparaître son moyen de transport. Dans le ciel, les ombres des oiseaux de métal se décidèrent à venir défendre leur territoire.
-Je crois qu’on va avoir de la visite.
Les deux tireuses de l’équipe se préparèrent à ouvrir le feu en se plaçant derrière Wreck histoire de s’assurer que les lasers ennemis seraient déviés par le bouclier de ce dernier.
En bas, chacun s’occupait de son loup à sa façon. Stella virevoltait dans tous les sens en tentant de frapper un point faible de la carapace de métal tout en évitant les attaques. Steven, lui, jouait plus sur l’offensive et sur la capacité de parade que lui conférait son membre robotique. La seconde méthode paya mieux, ou en tout cas plus vite : il parvint à transpercer le crâne du loup, provoquant sa destruction (celle du crâne oui, mais qui entraîne celle du loup). La seconde bête ne put pas tenir bien longtemps face à deux combattants et termina à son tour à l’état de débris de fer numérique. Wreck, qui gardait un œil sur la scène en même temps qu’il montait son canon, laissa transparaître une moue agacée. Il ne pouvait pas faire grand-chose au vu du temps qu’il lui fallait pour se mettre en position. Pareillement, les oiseaux cybernétiques étaient partis pour se faire descendre avant qu’il ait fini. Il se cantonnait au rôle de bouclier humain.
Proprement rageant.
Alors certes, oui, son champ protecteur avait permis à ses deux collègues de tirer les oiseaux comme des lapins sans avoir à se soucier de leur riposte, mais il aurait bien aimé jouer un rôle un peu plus actif.
-Ok, la cour est sécurisée. Ça nous fait un point de départ pour progresser.
-« Sécurisée »…ouais, enfin ce serait pas étonnant qu’ils renvoient des troupes pour tenter de reprendre le contrôle de la zone.
-Si on doit laisser une partie de nos forces à chaque coin qu’on arrive à passer, on s’en sortira pas. Ce truc possède plusieurs enceintes à franchir et à chaque fois ça nous fait faire une trotte avec des monstres partout. La méthode de passer par les murailles avec le tapis de Dorothée est clairement fastidieuse et de toute façon un peu risquée…mais a-t-on le choix ?
-Oui on l’a, répondit Dorothée.
Devant les regards intrigués de ses collègues, elle développa un peu plus.
-Si on braque le canon prismatique assez longtemps sur ces murs, on devrait arriver à créer une ouverture. Après tout, on a l’arme virtuelle la plus puissante dans l’état actuel des choses alors on peut au moins tenter le coup.
Elle se tourna vers Wreck, qui était quand même le plus qualifié pour approuver ou contester son plan.
-Toi, ça te semble viable ?
-Mh…ça vaut au moins le coup qu’on tente.
Elle esquissa un sourire. Sabriël prit les choses en main et répartit ses troupes.
-Stella, Steven, bloquez chacun une des deux voies. Moi et Dorothée on se poste près de Wreck et on vous couvre. On se charge aussi des menaces aériennes. Wreck, concentre ce laser sur la paroi en face. Et à la régie, essayez de voir si vous pouvez estimer les dégâts faits au mur pour qu’on sache si ça vaut le coup et en combien de temps ce sera réglé.
Personne ne contesta ses ordres. La fibre du commandement sans doute. Tandis que les deux combattants au corps à corps se postaient chacun à l’endroit indiqué, Wreck faisait pivoter son lourd canon et lança le chargement.
Sabriël s’approcha pour lui repréciser :
-Ne t’occupe pas de nous. On te défend, et toi tu te focalises sur la destruction du mur. Si tu détournes le rayon, ça va nous prendre plus de temps. Surtout qu’il y a trois murs à abattre.
Il hocha la tête sans la regarder, concentré sur son objectif. Elle eut un sourire approbateur et recommença à fixer le ciel. Le calme plat s’installa lentement, mais pas pour longtemps. Bientôt une silhouette se fit voir sur les murs, une sorte d’humanoïde équipé d’un grand bouclier.
-On a de la visite. Quelque chose à signaler, en bas ?
-Yep. Deux loups de mon côté, le brun et le noir.
-J’en ai un blanc et un autre brun.
Quelques instants après cette annonce, un rayon incandescent rougeâtre jaillit de la gueule du canon et s’écrasa sur le mur en un flot continu de lumière. L’éclairage soulignait un peu plus le regard fou de Wreck, si besoin était. Dorothée sauta de la muraille pour rejoindre Stella, tandis que Sabriël se déportait, sans pour autant descendre, vers la position de Steven.
La blonde ailée ne tenait plus en place. A chaque instant elle bougeait, se décalant sur un côté, portant un coup d’une aile ou du couteau, sautant, se baissant, pivotant encore. Elle arrivait à compenser son infériorité numérique. Dorothée savait que tirer des flèches sur un des loups ne ferait que donner à sa collègue davantage de choses à esquiver, et donc davantage de difficulté. Elle tira donc son épée dont la garde rappelait un corbeau et se lança à l’attaque du loup noir. Le coup en traître surprit l’animal mais il parvint à l’éviter à temps. Le duel était rééquilibré.
En face, Steven gardait le coin de l’œil sur l’avancée de sa partenaire, mais focalisait le gros de son attention sur les bêtes de Wolfy. Toutes deux avançaient vers lui en grondant, attendant le moment où sa garde serait un peu plus faible et où ils pourraient le déchiqueter. Ils pouvaient toujours attendre… L’un des deux, le brun, visiblement trop impatient, se rua sur lui le premier. Il écopa d’un coup de poing sur le museau, métal contre métal, mais tenta un coup de griffe au niveau de la cuisse. Là encore, Steven l’avait vu venir et en profita pour lui administrer un coup de genou en prime. Le second décida qu’il était temps d’intervenir pour éviter le massacre complet. S’il avait su. Sabriël raccrocha son arc dans son dos et se laissa silencieusement tomber derrière les canidés robotiques. En quelques instants, elle frappa dans ses mains et les colla sur la carlingue. La créature se figea. Son semblable eut quelques instants de flottement, complètement déboussolé, ce qui suffit à le faire achever par Steven. Le premier, totalement paralysé, ne put rien faire pour éviter de subir le même sort. Sabriël regarda au-delà de son camarade pour voir où en étaient les deux autres, juste à temps pour voir le loup brun se faire transpercer les flancs par les ailes de Stella. Le duo se focalisa ensuite sur le noir, le seul restant, qui se défendit bravement, mais peu.
-Menace en approche par les murs, annonça Wreck.
Dorothée fit signe à Sabriël de la rejoindre, ce qu’elle fit (avec le bonheur de pouvoir courir correctement) et elles remontèrent rapidement sur les murs. La silhouette au bouclier avait tenté de tirer quelques flèches sur Wreck avant de comprendre que ça ne servait à rien, et avait décidé de régler ça à courte portée. Il passa par une arcade qui reliait la muraille externe au mur qui séparait la première de la deuxième enceinte pour rejoindre la première (rejoindre la muraille externe, la première citée quoi, et puis c’est tout à fait clair non ?).
-Le mur est bien entamé, proclama l’opérateur en régie (personne ne s’intéressait à son nom de toute façon).
-Et les radars ?
-Rien sur les écrans. Impossible de discerner quoi que ce soit.
-On avait pas adapté le scanner à ce style de monstres ? grogna Sabriël en arrosant (de flèches hein ?) la silhouette abritée derrière son bouclier qui continuait à progresser vers eux.
-On avait essayé, précisa cet opérateur décidément plus inutile qu’un assistant chinois, mais ça n’a jamais marché.
La bordée de jurons qu’il encaissa eut l’air de le dissuader de parler davantage. Dorothée finit par en avoir assez de voir sa collègue se casser les dents (au figuré) sur un simple monstre qui avançait planqué derrière un bouclier, et décida de charger ledit monstre à l’épée. Plus simple, plus efficace… Encore qu’il se défendait bien en corps à corps aussi. L’arbalète fonctionnait aussi à bout portant, et le bouclier, n’en parlons pas. Un coup de pavois bien placé fit valser Dorothée vers la gauche, droit vers les communistes et surtout vers la mer numérique. Personne n’eut le temps de faire d’action héroïque et désespérée, et personne n’en eut besoin : elle matérialisa son tapis volant pour la récupérer et remonter du côté de Sabriël.
-On devrait trouver un autre plan, fit remarquer cette dernière.
-Ah bon ? ironisa Dorothée.
Sabriël réfléchit un peu, en continuant à tirer sur la créature de Wolfy, puis une idée lui vint. Elle en fit part à sa camarade qui hocha la tête et fit réapparaître son tapis, amorçant une manœuvre pour se retrouver derrière leur adversaire. Une fois cela fait, Dérobâme sauta, et la coquille à l’image de Jérémie Belpois se vit prise en tenaille et obligée de choisir un côté à défendre. Elle choisit de continuer à bloquer les flèches de Sabriël.
Dorothée n’hésita pas et lui fonça dessus une fois encore, l’épée à la main. Il tenta de la bloquer avec son arbalète de poing mais elle s’entoura d’ombres, se conférant une bien meilleure capacité d’esquive. Les projectiles la ratèrent. Mais elle ne le rata pas.
Incrédule, il regarda la plaie brillante, lilas, que présentait à présent son abdomen. Le rayonnement lumineux s’accroissait de seconde en seconde. Bientôt, une colonne de lumière le consuma, emportant un cri de rage impuissante au loin.
-Menace éliminée.

Apparemment, c’était déjà n’importe quoi à notre arrivée.
J’avais prévu de refaire un petit tour dans la forteresse de Wolfy, pour espérer joindre Xanabis qui pouvait se révéler un allié utile. Mais mes plans étaient un peu contrariés. Accompagnée de Laura, Xanadu et Odd, je m’étais transférée sur Krystalcore, pour découvrir que nous n’étions pas les premiers. Pour commencer, Wolfy avait activé le système de sécurité, sans doute, puisque la herse était baissée. Et ensuite, il y avait des gens dans la cour et sur la muraille extérieure. Des gens qui n’avaient rien à cirer de cette herse.
Deux sources lumineuses inhabituelles. La première provenait de la partie de mur surplombant la porte, c’était une lumière rouge sur laquelle se découpait une silhouette. Je voyais vaguement un rayon pointer vers l’intérieur de la forteresse. Wreck tirait sur quelque chose. La seconde, c’était une colonne violette qui émanait d’un peu plus à gauche sur le rempart. Une voix qui ressemblait vaguement à celle de Jérémie se faisait entendre, et elle n’était pas spécialement en forme. Quelqu’un avait dû le détruire. Wolfy le recréerait sans doute, mais pas maintenant.
-Je crois que Carthage est déjà là. Une difficulté de plus. Bon, on a deux façons de rentrer. Soit on passe par la voie aérienne, soit on s’approche en douce et on dégomme la herse grâce à mon pouvoir. La première méthode n’est pas discrète mais a plus de chances de marcher, la seconde est plus délicate mais nous garantit l’accès si ça marche.
Je regardai mes équipiers, attendant des avis. Xanadu n’était pas trop branché débat et se plierait à la décision prise qui serait de toute façon bonne. Laura était obnubilée par ses souris, trop pour faire attention à ce qui se disait. Et Odd, il était encore dans son état de légume.
-Pas tous à la fois surtout. Bon. Va pour la deuxième.
Après tout, la première méthode nécessitait de faire appel à Odd, précisément. Comme il avait le moral plombé, ce n’était pas impossible qu’il soit inutile et je préférais ne pas prendre le risque de compter sur un maillon faible.
Je notai deux silhouettes sur les remparts, dos à nous. Une blanche, une noire. Sans doute Sabriël et Dorothée. Il allait falloir être vraiment très discrets. Si elles se retournaient…on était grillés.
Notre groupe s’élança le plus silencieusement possible vers la herse. L’équipe de Carthage se focalisait sur les menaces qui pouvaient provenir de l’intérieur, ce qui était normal puisqu’ils affrontaient Wolfy. Ou plutôt, assiégeaient. En tout cas, jamais je n’avais trouvée l’allée aussi longue. Au bout du compte, rien ne nous arriva et nous parvînmes à notre objectif. Vérifiant que les agents postés dans la cour ne faisaient pas attention à nous, je posai la main sur la grille et me concentrai. La faire disparaître était plus simple que de la modifier, il suffisait juste de trouver le bon petit fragment de code à faire sauter et…
A partir de maintenant, je hais les souris.
Une des sales bestioles de Laura trouva amusant d’aller se balader un peu plus loin. Laura, tentant d’éviter qu’on se fasse repérer, l’appela à voix basse. Bien évidemment, ça nous fit repérer. Xanadu eut alors une réaction des plus intelligentes en sortant de sous le porche, suivi d’Odd et de la gamine. On pouvait alors avoir l’impression qu’il n’y avait qu’eux.
Tandis que la bataille s’engageait à coup de boulets (inefficaces car trop bas), souris ou flèches laser, je continuais mon travail de destruction de la herse. Elle disparut bientôt en une envolée de pixels violets.
Super, mais on était grillés.
Un bruit assourdissant interrompit l’échange, nous faisant tous jeter un œil vers l’endroit dont il provenait. Le mur d’enceinte ciblé par Wreck venait d’être percé. Un trou fumant aux bords incandescents, quelques gravats responsables du bruit. On pouvait désormais passer à travers. Et le tireur pouvait passer à la paroi suivante. Alors c’était ce qu’ils projetaient ? Arriver au centre de la forteresse sans pour autant se fatiguer à faire le tour. Ok, pourquoi pas.
Mais ils n’avaient sûrement pas l’intention d’y aller pour faire du tourisme…
Xanadu nota l’ouverture de la porte le premier et décida d’attendre le bon moment. Il avait remarqué Stella et un nouveau qui montaient la garde. Le duo n’avait pas l’air d’avoir envie de bouger pour aider les autres, mais ça devait être du professionnalisme. Histoire d’éviter d’être débordés de ce côté.
Je m’extirpai de ma planque pour aller rajouter quelques éclairs à ce joyeux mélange. Mon attaque surprise toucha Sabriël, et Xanadu enfonça le clou en lui jetant sa dague (cette dague servait plus à ça qu’à écorcher les lapins, visiblement). Elle se recula, ses points de vie bien amochés mais toujours dangereuse.
Une des diaboliques souris de Laura, la grisâtre, décida de grimper rejoindre les deux agentes de Carthage. Elles ne la remarquèrent pas, même quand elle commença à psalmodier ses incantations. Une fois son œuvre accomplie, la souris couina « Orage ! » et bondit rejoindre sa maitresse.
Dorothée cligna des yeux en constatant ce qui venait d’être invoqué.
-Un mouton ?
Là où une louve affamée se serait jetée sur ce mouton empaillé, les deux agentes firent preuve de plus de méfiance et le gardèrent à l’œil, tout en poursuivant l’échange de projectiles avec notre camp. C’est ainsi que la bestiole explosa. Dorothée, un peu roussie, fut projetée en bas du rempart, mais Sabriël n’eut pas cette chance et écopa d’une dévirtualisation. L’explosion lui avait fait perdre trop de points de vie.
La situation se compliquait, pour Carthage. Tandis que leurs trois défenseurs se regroupaient dans la cour et que nous y entrions (triomphalement), une vague d’oiseaux métalliques descendit du ciel pour les harceler, leur seul obstacle étant les flèches de Dorothée. Mince protection.
Je décidai de les laisser se dépatouiller, ou plutôt s’entretuer. Ça me laissait le champ libre pour faire régler un détail.
-Odd, va t’occuper de Wreck.
Le regard du blondinet s’assombrit. La haine pouvait s’y lire très facilement. Il tira son Overboard et s’envola vers le haut du rempart, bien décidé à exécuter l’ordre que je lui avais donné, et le responsable de ses malheurs par la même occasion.
Alors qu’il atterrissait à quatre pattes, les griffes sorties (comme Wolverine quoi) et prêt à se laisser emporter par sa rage (toujours comme Wolverine), il eut à faire face à un élément imprévu. Un imprévu du style Dorothée.
Elle avait réagi vite. Matérialisant son tapis et emmenant sa collègue Stella à hauteur du piaf le plus haut, elle la largua sur la carlingue de métal et fila s’interposer entre Odd et Wreck. Ingénieux. La blonde allait régler le sort des oiseaux, et elle-même pourrait défendre leur foreur.
Odd grogna. Il la reconnaissait aussi.
-Tiens, ça faisait un moment qu’on ne s’était plus parlé, sourit la brune. Comment ça va ?
Aucune réponse. Enfin, sauf si on considérait que se jeter sur quelqu’un avec la ferme intention de le dépecer virtuellement était une réponse.
Mais Dorothée avait prévu cette réaction. Avec agilité, elle se poussa de sa trajectoire comme un toréador évitant un bovin furieux et l’éjecta du rempart, direction le pavé de la cour. En théorie. Dans la pratique, le blondinet eut la présence d’esprit de se rattraper par les griffes au mur et de remonter.
-Plus coriace qu’avant hein ?
Encore une provocation. Cette fois, Odd se retint. Il préféra user de flèches laser, à distance. Moins risqué. Son adversaire esquiva, néanmoins, et attaqua à l’épée, le forçant à se battre avec ses griffes. Cette fois, il était dans le virtuel, sur son terrain. Il allait pouvoir la vaincre. Il allait pouvoir…pouvoir se prouver qu’il en était capable.
Un saut sur le côté. Un autre. Un assaut de la patte gauche, une parade de la droite. Alors qu’il combattait, les images du kidnapping d’Aelita lui revinrent. Et de la raclée qu’il s’était prise.
Pas cette fois.
Il parvint à la faire tomber. Une bouffée de satisfaction monta en lui, il s’apprêtait à donner le coup de grâce. Il allait l’avoir. Elle avait perdu.
C’était ce qu’il pensait jusqu’à ce que son épée lui transperce le ventre.

De notre côté, on devait faire face à la nouvelle recrue de l’équipe. Grand, costaud, et avec un bras en métal. Le modèle tank sans aucune finesse, mais performant. Il ne semblait pas disposer de capacité spéciale (contrairement aux pokémon) ce qui ne l’handicapait pas du tout.
Stella, après avoir dégommé le dernier piaf de Wolfy, sauta. Et elle dégomma Laura en lui tombant dessus, sans lui laisser la moindre chance. Plus que moi et Xanadu, donc, et Xanadu s’occupait déjà du tank.
J’étais déjà tombée face à face avec la blonde. Ça ne s’était pas bien fini pour moi. Et là encore, une attaque rapide et meurtrière eut raison de mon pauvre petit avatar. Xanadu ne dût pas tenir beaucoup plus longtemps que moi.

Odd était sorti de son scanner, comme éteint. Il s’était dirigé vers l’extérieur assez rapidement, prétextant le besoin de prendre l’air. Un petit tour sur la falaise, en somme.
Il regardait la mer. Et il digérait son échec.
Il avait échoué face à Dorothée. Elle l’avait piétiné dans la réalité, et maintenant dans la virtualité. Elle lui avait enlevé Aelita. Son collègue l’avait torturée, et il avait enlevé Yumi. Il aurait enlevé Laura s’il avait pu. Carthage lui avait pris son fils, sa femme. Sa fille était sans doute à moitié folle et plongée dans une aventure trop démesurée pour elle. Son amie, celle qu’il devait protéger, avait subi beaucoup trop pour un être humain et avait pété les plombs aussi. Elle était redevenue une misérable partie d’un stupide monde virtuel. Et elle était convaincue que c’était sa place.
Ce n’était pas juste.
Et à chaque constat de la situation, il ne pouvait que se faire cette réflexion : il ne servait à rien. Il était inutile. Même sur un monde virtuel, il se battait mal. Il se sentait vide, misérablement vide. Une pauvre petite coquille vide inutile sans aucun but. Qu’espérait-il encore ? Retrouver son fils ? Avait-il vraiment le courage d’annoncer à son fils (si jamais il arrivait à le ramener) dans quel état était leur vie ?
« Oui, alors ta mère est morte. Elle attendait un enfant, et j’étais pas au courant. Elle a été kidnappée par une organisation secrète, et je n’étais pas là. Ce que je faisais ? Je te cherchais, mais je n’ai réussi qu’à faire kidnapper une amie qui a énormément souffert, juste parce qu’elle voulait m’aider. Comment elle va ? Maintenant elle est folle et intégrée dans un monde virtuel. En parlant de folie, ta sœur ne va pas très fort, je crois. »
Il n’était qu’un pauvre minable.
Il baissa les yeux. Les rochers et la mer semblaient lui faire signe. Oui, au fond, ce serait plus simple d’en finir là. Ici, et maintenant. Ne plus faire souffrir personne, ne plus causer de tort à ceux qui comptaient sur lui.
Il fallait qu’il le fasse maintenant. Après, il allait se dégonfler. Et il ne se le pardonnerait pas. Au moins aurait-il le courage de faire ça.
Il se laissa tomber. Et dans les derniers instants qui précédèrent le contact avec l’eau et la roche, il vit l’image de Laura découvrant ce qu’il avait fait. Et il regretta. Et ses dernières pensées ne furent qu’un mélange de honte et de remords.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png


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Zéphyr MessagePosté le: Jeu 28 Aoû 2014 20:58   Sujet du message: Répondre en citant  
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Bon, j'ai trois chapitres de retard niveau commentaire. Ça fait mal o/.

Je t'avais déjà donné mon avis sur « Dispersion » en privé il me semble, donc je vais le survoler. Le dialogue sur ce que représente Xana était bien sûr l'élément le plus intéressant, et je plussoie complètement ce qu'en a dit Tyker Mr. Green (mais j'ai lu ta réponse, donc inutile de te répéter sur ce point (a)).
Concernant Aelita, je plussoie cette fois-ci Icer, mais tout de même, c'est Ulrich² sous contrôle qui l'a menée vers le cœur. Et on savait à ce moment-là que c'était l'Invisible aux commandes. Du coup, quel est l'intérêt pour lui de suggérer indirectement une fusion cardiaque à Aelita ? À par pour avoir un gêneur de moins dans les pattes, je vois pas o/. Enfin, après, c'est pas parce que je vois pas une logique qu'il n'y en a pas *pan*.

« Urbe » maintenant. Commençons par cette histoire de taupes. D'abord, premier rire à la mention de T.W, personnage sympathiquement inclus. La scène de torture n'était pas trop lourde, notamment avec le côté interrogatoire accentué. Je la valide o/.
Donc, ce brave T.W a révélé qu'il avait d'autres petits camarades nuisibles au sein de Carthage. Cette fois-ci, je pense que les nouvelles taupes sont des personnages connus, puisqu'après tout, Carthage manque d'effectifs, ils doivent pas être des milliers. Bref, le premier suspect qui nous vient serait logiquement Dorothée, notamment avec le fameux « Oups ! » qui provoqua la blessure condamnant T.W. Néanmoins, ça apparaît comme trop simple ici. Personnellement, je ne pense pas qu'elle soit une des taupes, mais on peut s'imaginer que Wreck est susceptible d'avoir des soupçons avec ce qu'il a pu voir lors de l'interrogatoire. Je mise donc sur des ramifications futures pour Dorothée.
Sinon, j'avoue ne pas avoir relevé d'éléments pouvant désigner quelqu'un comme le coupable. Disons Stella, parce que je la trouve vachement discrète Mr. Green.

Ensuite, on passe à Urbe en elle-même. Une fois encore, je plussoie la remarque d'Icer. Malgré tout, ayant un peu mieux Imprévu en tête, je vais pouvoir développer un peu mieux. Dans le contexte, on est plutôt cohérent je pense. Le supercalculateur que Wolfy utilisait dans Imprévu datait de la Guerre Froide selon ce que disait le journal de Sacha Spencer. Carthage étant actif à ses débuts dans ces eaux-là, ça passe en théorie.
Mais, comme le dit si justement Icer, avec Urbe encore en course, « Wolfy n'aurait pas été fixé sur son sort si rapidement ». Et en effet, on pourrait se demander pourquoi les membres encore présents n'ont pas cherché à le retrouver plus tôt, à l'instar de Joseph ici. En plus de ça, il se trouvait à un endroit fixe dans Imprévu, lequel ne devait pas être dur à trouver puisque ce cher Sacha Spencer y était arrivé o/.
Enfin, au vu du contexte, Urbe ne nous dérange pas trop, même si son absence aurait eu le même effet je pense.
Néanmoins, et pour la première fois pour cette fanfic, je vais émettre un avis négatif sur un élément. Le personnage de Joseph Payne. Le fait que l'on apprenne dans le chapitre 27 que non seulement il soit au courant de ce qu'il se passe dans sa machine, mais qu'en plus, il soit un opposant direct à Carthage me paraît mal amené. Lors de ses deux précédentes apparitions (chapitres 7 et 18 ), il nous est largement montré sous le jour d'un vieillard qui coule des jours en bricolant son ordi. En plus de ça, dans le passage du chapitre 18, il parle à Kiwi/Wolfy comme à un chien alors qu'à ce moment-là, il est seul chez lui, donc pas de raison de jouer la même comédie que devant Xana. Du coup, il ne me semble pas avoir lu un élément qui aurait permis de douter de ce statut. Au final, le personnage me donne la même impression que Hans dans « La Reine des neiges », soit quelqu'un qui cache son jeu de manière beaucoup trop parfaite pour que la révélation de sa vraie nature paraisse cohérente (sauf que Joseph a pas un air aussi niais o/). Certes, le prénom de monsieur Payne pourrait expliquer certaines choses, mais bon voilà x).
(Par contre, si t'avais effectivement mis un élément permettant de douter de Joseph, n'hésite pas à me le quoter. Dans ce cas-là, ce serait bien entendu bien joué de ta part o/).

Et le dernier pour finir en toute logique. Il s'est lu tout seul je trouve. Ça gère toujours autant côté action virtuelle, et puis avec des moutons de l'orage, c'est encore mieux Cool.
Par contre, j'ai une petite remarque à t'asséner. Cette fois-ci, l'objectif de Xana était de trouver le cœur de Krystalcore et de le détruire. Mais pourquoi se compliquer la vie ainsi ? Elle aurait tout aussi bien pu se rendre directement à Strasbourg et détruire le SC manuellement. Bien sûr, la méthode présente le désavantage de laisser Fort Trinité avec une défense amoindrie. Et avec Odd dans un état légumineux, c'était peut-être pas le mieux…
En parlant d'Odd, je t'avoue avoir anticipé ce qu'il allait faire dès la mention du mot « falaise » (a). Après, son geste peut être contesté par l'argument : « Il n'oserait pas laisser sa fille sans parents et il ne faut pas trop compter sur Xana. » mais avec ce qu'il s'est pris dans la gueule dernièrement, ça peut s'expliquer facilement. Par contre, je n'exclue pas la possibilité qu'il survive à cette chute dans l'histoire Mr. Green. Auquel cas, cela donnerait lieu à des lignes psychologiques supplémentaires, dont on peut regretter la brièveté à la fin de ce dernier chapitre.

Voilà, j'ai fait le tour. Pas d'hypothèses pour cette fois, manque d'inspiration =/. Pour finir ce commentaire, j'ai été profondément choqué par ceci :

Spoiler


*Se barre*
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Icer MessagePosté le: Dim 31 Aoû 2014 12:19   Sujet du message: Répondre en citant  
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Bon, quand Zéphyr poste un com de trois chapitres on sait plus trop quoi dire.
Évidemment le virtuel est très bien mené, tes progrès sont définitivement visibles. J'ai particulièrement aimé le passage sur la "cour sécurisée" coté Carthage. J'ai même préféré leur point de vue à X.A.N.A. L'heure de la retraite peut-être ? Rolling Eyes
Le coup du suicide d'Odd est plus inattendu. Un peu dur quand même à avaler quand on est parent mais bon, déjà il a eu un coup de folie qu'il a regretté, ensuite, c'est Odd et il n'avait pas la gueule pour être parent peut-être. On suppose qu'il a épousé une asiatique uniquement parce que c'est recommandé dans South Park...

Le véritable évènement du chapitre se trouve ailleurs :

Citation:
vers la gauche, droit vers les communistes


Je vous informe qu'avec sa première blague politique, Ikorih devient enfin ce qu'on pourrait appeler une jeune femme au lieu d'une sale gamine. Physiquement ce sera encore un peu plus long mais bon... Mr. Green

*file rejoindre Zéphyr*

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


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