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 Auteur Message
JCVgamer MessagePosté le: Mar 28 Avr 2015 16:13   Sujet du message: Commentaire Répondre en citant  
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Inscrit le: 29 Aoû 2012
Messages: 160
Localisation: Dans le labyrinthe de mon âme
Bonjour Ellana

Voici un nouveau chapitre, dont je vais me faire un plaisir de commenter.
Bien commençons.

Premier point : Longueur du chapitre.

La longueur est plus ou moins identique aux autres chapitres, donc la elle est très bien.


Deuxième point : Analyse du texte paragraphe par paragraphe.

Bien alors voyons voir ce que je peux dire.

1er paragraphe

Citation:
Je crois qu’on l’a semée.


On a semé le spectre, c'est du masculin : "qu'on l'a semé".

Citation:
ce qui vous a rapprochés.


Je crois qu'il faut écrire : "Ce qui vous a rapproché".

Citation:
ça vous a bien gênés


"ça vous a bien gêné"

Citation:
On ne se parlait plus quand vous avez éteint le Supercalculateur.


C'est purement personnel, mais je trouve que "vous aviez" sonne mieux à l'oral.

Citation:
Il a fallu que vous soyez dépassé par XANA


Ici, c'est l'auxiliaire "être" donc "dépassé" prend le "s" du pluriel.

Citation:
un ou deux midi


Je crois ici que "midi" prends un "s".

2ème paragraphe :

Citation:
sang sur la neige.


Tyker est passé par là ^^ *jerem fuit*

3ème paragraphe

Citation:
mieux valait être prudents


"mieux vaut être prudent" et pas de "s" pour "prudent".

Citation:
monte-charges


"monte-charge"

Et je n'ai rien trouvé pour le dernier paragraphe.


Dernier point : Avis général et personnel sur le chapitre.

Alors certaines zones d'ombre commence à s'éclairer, on arrive à voir certains éléments de réponses pour à certaines de nos questions.
Bien alors le premier paragraphe est une scène de cache-cache avec un spectre et un point de vue externe omniscient centré sur Yumi et un peu sur William.
On apprend notamment que Mathilde a été rejeté après son passage sur Lyoko, notamment par la japonaise. Egalement que celle-ci n'arrive toujours pas à avouer ses sentiments pour Ulrich, et on a William qui lui fait des remontrances sur la jalousie et qui pense que Ulrich l'apprécie plus que Yumi ^^ (c'est un peu le monde à l'envers non ?)
Objectif de Yumi, mettre les choses au clair avec Stern. Oui mais non Hiroki intervient pour demander...non c'est limite imposé que sa soeur lui rendent un service. Ah l'amour quand tu nous tiens...Hum. Bref.
Le spectre qui débarque et...wait...quoi ? William embrasse Yumi ?? et elle aime ça ??? Tout ceci est inacceptable Wink

Nouveau passage sur ton personnage mystère (j'ai nommé Sandra). On commence a en savoir un peu plus, et le personnage commence a dévoilé légèrement son passé. Mais encore trop peu d'éléments pour faire une analyse satisfaisante du personnage.

Retour à l'usine, avec Jérémy et Laura. Bon tout va bien jusqu'ici. Puis Yumi débarque, en colère et se tire une balle dans le pied toute seule ^^.
Le retour dans le passé est requis, quoique non car Jérémy refuse en utilisant une excuse qui pour ma part ne me convient pas vraiment. Dans CLE, XANA a besoin des codes sources pour récupérer toutes sa puissance et seulement les codes. Le retour dans le passé ne lui permet pas de gagner de la puissance. Après que Jérémy dise qu'il n'est pas nécessaire pour car ce qui s'est passé entre Yumi et William n'est pas extrêmement grave, moi je dis oui.
Un petit passage assez mignon sur Aelita et notre blondinet.

Bien et dernier passage sur Sandra qui rend visite...au père de Laura ? Voici un personnage secondaire destiné à avoir un rôle des plus intéressant dans cette histoire. On risque d'en apprendre beaucoup sur sa vie et celle de sa famille. J'ai hâte de voir ce que tu vas nous proposer comme passif pour lui.

Bien alors, j'ai trouvé ce chapitre peu intéressant concernant les Lyoko-guerriers. Dans la mesure où on a une attaque de spectre tout ce qu'il y'a de plus banale et qui bizarrement fini sans trop de problème contrairement à tes premiers chapitres. Les seuls points intéressant c'est, Yumi qui se fait embrassé par William, ce qui donnera lieu sûrement à un passage psychologique sur Yumi plus poussé. Et l'apparition de Hiroki et de nos deux journalistes préférés ^^.
En revanche ce qui était beaucoup plus prenant c'était tes deux passages sur Sandra (passages un peu trop court malheureusement), qui franchement nous donnent envie de connaître la suite.
Je ressors donc de ce chapitre avec un sentiment plutôt positif, j'ai bien aimé mais sans plus.

Voilà pour ce commentaire, je te souhaite une excellente journée Ellana.

Au plaisir de lire la suite.
_________________
S'il existe différents maîtres contrôlant chacun un élément, je m'exerce à devenir le maître de la lumière.

Une nouvelle attaque lancée contre ces enquiquineurs, enfin une parodie d’attaque, car après celle-ci je lance l’attaque fantôme, un projet que prépare déjà depuis quelques temps et qui les mèneras tout droit à leur perte. One-Shot à paraître

https://lh3.googleusercontent.com/-07EHZzPU0Ko/Vgzy9hJt4qI/AAAAAAAAH10/3EekCXHPMjg/s600-Ic42/moviewatchSeptember2015.png

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Silius Italicus MessagePosté le: Dim 03 Mai 2015 16:18   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 174
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonjour Ellana,
Il est des auteurs qui investissent tout leur art dans une seule tâche à la fois. À voir le saupoudrage discret, mais efficace que ce chapitre, à l’instar de tout votre récit, offre à la lecture, ce n'est clairement pas votre cas.

En effet ce chapitre tente, et y réussi plutôt bien, de faire avancer l'intrigue sur tous les plans.

À commencer par Yumi, dont les réactions avaient fait débats—doit-on se réjouir de pouvoir penser que les commentateur ont fait changer d'avis un auteur. Ce qui est intéressant, c'est la manière dont se mêlent deux raisons, cœur et raison. D'une part elle est semblable à une chatte jalouse, d'autre part elle porte un jugement assez justifiable, et partagé par nombre de ses camarades, sur Mathilde. Autrement dit vous réussissez assez bien à donner un aperçu de l'opacité de l'esprit humain, y compris pour le sujet qui en est à l'origine.

Et cela rajoute de la légèreté au récit. Les commentateurs devraient avoir plus foi en l'auteur, hélas le scepticisme est leur lot.

Cela nous amène au deuxième nœud agité par ce texte, à savoir le triangle amoureux dans son versant William. Yumi et William ont donc correspondu, maintenu le contact durant les vacances. Étant donné qu,elle ne lui a jamais précisé, du moins à notre connaissance, les limites de leur relation il pouvait très légitimement considérer que ses avances étaient acceptées. Il a noté d'ailleurs l'incohérence, l'attentisme de Yumi. Son comportement est d'ailleurs ambigu. D'une part il semble avoir mûri, être prêt à poser la question suprême à Yumi ; d'autre part, il l'embrasse, profitant inconsciemment du couvert que lui offre le spectre.

Et c'est ce qui fait basculer le récit dans une autre ambiance. Hiroki, Milly et Tamiya, fidèles à eux-mêmes avaient déjà amorcé ce point, mais les réactions de Yumi opèrent la bascule dans la comédie romantique. Puisque ici les réactions de Yumi, ses paroles et espoirs, son exclamation en apprenant qu'il n'y aura pas de retour vers le passé sont clairement du registre comique et prêtent à sourire. d'ailleurs Xana et Mathilde, les points sérieux de l'intrigue kadicienne sont absent de ce chapitre.

La réplique de Jérémie, «Arrête un peu d’être égoïste !», est des plus appréciable. Elle vient comme un retour de bâton, après l'égoïsme dont fit preuve Yumi envers Mathilde.

«William n’était pas laid», certes cela s’intègre dans une gradation ternaire, mais c'est extrêmement désobligeant envers William, et envers le goût de Yumi.

Mathilde est cependant présente au travers des réactions qu'elle suscite. En particulier chez Odd. Il veut lui apprendre à «vivre sans Lyoko», ce qui est, comme il le note assez ironique.

Tout cela compose un net contraste avec la partie de ce chapitre centrée sur Sandra. d'une certaine manière, ce chapitre à donc soufflé avec brio le froid et le chaud. Outre que Sandra est en elle-même peu rassurante, la terreur qu'elle inspire à M. Gauthier contribue pour beaucoup à l’ambiance de cette deuxième moitié de chapitre.

les questions d'ordre métaphysiques posés par les événements de Caldin sont aussi intéressantes. En effet, ce sang est en contradiction avec l'une des données de Lyokô, à savoir que l'on ne peut y mourir qu'au contact de la mer virtuel (le destin du corps physique ne se posant pas).

Aussi, ce récit poursuit son chemin, un pas après l'autre, semblable à la tortue qui finit toujours par arriver.

Au plaisir de voir les rires devenir passion.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Ellana MessagePosté le: Dim 17 Mai 2015 20:09   Sujet du message: Répondre en citant  
X.A.N.Alloween 2013 (T)


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 240
Localisation: Al-Jeit.
JCVgamer a écrit:
Jérémy refuse en utilisant une excuse qui pour ma part ne me convient pas vraiment. Dans CLE, XANA a besoin des codes sources pour récupérer toutes sa puissance et seulement les codes. 


Peut-être. Mais c'est un point de CLE qui (entre autres) ne me satisfait pas : il sous-entend qu'avant son extinction, XANA n'aua jamais été à 100 % de sa puissance. Jusque là, ça se tient, mais en quoi les codes injectés dans les LG lui permettrait alors d'atteindre ce seuil ? Pour ma part, je trouve ça moyennement convaincant. Donc on conserve un JérémIE prudent à l'extrême (et peut-être un peu soûlé par l'attitude de Yumi, ce qui serait compréhensible : imaginez une relou qui vient vous parler de pseudos-problèmes de cœur alors que vous avez une intelligence artificielle à détruire...).


Et oui, sinon, même pas un mois après le dernier chapitre, voici le 8. Un chapitre qui m'a frustrée, puisque je n'ai pas pu aller au Jardin des Plantes pour étayer ma description Crying or Very sad Chapitre qui sera donc sans doute étayer à l'avenir Mr. Green


Chapitre 8 : Ever dream


- Mathilde ?

La jeune fille ne tourna pas la tête. Les yeux embués de larmes, elle resta à fixer la fenêtre donnant sur le soleil de fin d’après-midi. Comment pouvait-on avoir aussi froid alors qu’il faisait si beau ?
Le dos tourné à la porte, elle restait là, vide. Essayant par tous les moyens de se convaincre qu’elle ne perdait rien et intimement persuadée du contraire.

- Mathilde ?
- Quoi ?

Michael avança doucement dans la chambre. Il s’assit sur le lit, attendit quelques secondes et demanda d’une voix douce :

- Qu’est-ce qui t’arrive ?
- Rien.

Pas convaincu, Michael s’allongea contre elle et la prit dans ses bras. Il la connaissait trop pour espérer qu’elle parlerait. Elle n’avait pas besoin de se confier ou, au moins, ne le souhaitait pas. Il voulait quand même qu’elle sache qu’il était là.

- I’d take you away, castaway on a lonely day, chanta-t-il à voix basse en lui caressant les cheveux. Bosom for a teary cheek, my song can but borrow you grace.

Les pleurs que Mathilde avait retenus toute la journée la submergèrent. Serrée dans les bras de Michael, elle éclata en sanglots.

- Parle-moi, je t’en supplie, parle-moi, murmura-t-il, le cœur serré.
- Je t’aime.
- Moi aussi, je t’aime. Qu’est-ce que je peux faire ?

Avant que Mathilde réponde, son portable sonna. Elle ne décrocha pas, étouffée à moitié par ses larmes, mais au deuxième appel, elle renifla peu élégamment avant de se redresser. Un numéro qu’elle ne connaissait pas était inscrit sur l’écran.

- Allo ?
- Allo Mathilde ? C’est Odd.

Les pleurs de Mathilde cessèrent aussitôt tandis que son sang se glaçait.

- Il y a un problème ?
- Hein ? Non pas du tout ! Je voulais savoir si tu savais faire du skate !
- Qui c’est ? demanda Michael, sourcils froncés.

Mathilde agita la main pour lui signifier de se taire.

- Je n’en ai jamais fait.
- Génial ! Tu veux que je t’apprenne ?
- A quoi tu joues, Odd ?
- Écoute, Mathilde, je connais les autres. Que ce soit pour William ou Laura, on a toujours commencé par les rejeter mais finalement, ils se sont bien... enfin, ils se sont intégrés ensuite, qu’on le veuille ou non ! Jérémie te rappellera quand il en aura besoin et Yumi ne pourra rien redire à ça !
- Je ne veux pas m’imposer. Ni être un bouche-trou.
- Mais t’inquiète ! De toute façon, je ne te parlais pas de Lyoko mais de skate ! Tu me rejoins au parc dans dix minutes ? Tu sais, pas le parc avec les arbres du collège, hein, le parc du centre-ville !
- J’avais compris. Tu ne vas pas avoir de problème avec l’internat ?
- Mais non, je gère Jim !
- Et le DS de maths de demain ?
- Quel DS ?

Mathilde réussit à sourire.

- Je suis nulle avec des rollers.
- Oui mais le skate, c’est pas du roller ! Allez, viens, s’te plait !
- Pourquoi tu fais ça, Odd ?
- Si c’est à cause de lui que tu pleures, passe-le moi, ordonna Michael, le regard noir.
- Bah je sais pas, on se parlait bien à une époque et t’as l’air d’être toujours une fille cool. Je serais content qu’on devienne potes.
- Je ne sais pas trop...
- Attends, tu n’avais pas peur d’aller sur Lyoko mais une pauvre planche avec des roulettes te fait flipper ?
- Tu ne me lâcheras pas de toute façon ? devina Mathilde, souriant pour de bon.
- Ce serait triste à mon avis.
- J’arrive alors. Je ne te promets pas de rester longtemps mais j’arrive.
- Trop bien ! A tout de suite !
- Attends, Odd ! Est-ce que… Est-ce que Ulrich sera là ?
- Non, il est parti s’entrainer avec Yumi.

Mathilde ne sut pas trop si elle devait être déçue ou soulagée. Elle allait sans nul doute se ridiculiser mais elle aurait aimé qu’Ulrich soit là. Il avait l’air proche de Yumi, elle aurait pu essayer de comprendre pourquoi la japonaise la rejetait tant.

- A tout de suite !
- A tout de suite.
- Où tu vas ? demanda aussitôt Michael.
- Au skate-park.
- Avec qui ?
- Un ami.

Le regard de Michael s’éclaircit mais il restait soucieux.

- Donc tu me promets que si tu es dans cet état, c’est seulement à cause d’un garçon ?

Mathilde ne répondit pas tout de suite. Elle détestait mentir et ne le faisait jamais. En revanche, elle était passée maîtresse dans l’art de ne dire qu’une facette de la vérité.

- On va dire qu’il fait partie du problème.
- Et tu es certaine que ça va aller ?
- Oui.

Michael la regarda plusieurs secondes avec insistance mais elle ne rajouta rien. Il haussa donc les épaules avant de lui embrasser le front.

- Prends juste soin de toi, petite sœur.

Mathilde hocha la tête. Vingt minutes plus tard, elle était bien en peine de tenir sa promesse. En voulant simplement monter sur le skate apporté par Odd, elle avait fini le nez par terre. Au deuxième essai, elle avait réussi à rouler sur quelques mètres mais son équilibre restait mauvais et elle n’arrivait pas à prendre confiance en elle.

- Tu ne veux pas me montrer comment toi tu fais ? demanda-t-elle à Odd après une autre chute. Je crois que je ne comprends pas du tout la position à avoir.
- Tu ne te laisses pas assez aller, c’est tout. Remonte sur la planche, je vais te guider.

Malgré sa réticence, Mathilde obéit. Ses joues s’empourprèrent quand Odd vint poser ses mains sur sa taille.

- Il faut que tu t’intéresses au mouvement de la planche avant de penser à que va faire ton corps. En fait, il ne faut pas que tu réfléchisses. Tout est une question d’intuition.
- C’est toujours ce que disent les pros dans un domaine. Ils sont persuadés que le monde entier est naturellement doué pour ce qu’ils maîtrisent.
- Bon d’accord, j’ai compris. Descends de là, je te montre.

Mathilde retrouva avec soulagement la terre ferme. Alors qu’elle enlevait le casque prêté par Odd, le garçon la regarda. Elle était beaucoup plus jolie que lorsqu’il l’avait draguée en quatrième. Elle restait ronde mais ses cheveux coupés plus courts lui allaient mieux. Elle gardait un air timide que son regard vif dissipait par moment et si sourire n’était pas un geste naturel chez elle, il savait éclairer son visage lors de rares apparitions.

- Dis, Mathilde…
- Oui ?
- Pourquoi tu m’as mis un râteau ?

Mathilde se remémora la scène. À l’époque, Odd était déjà un coureur. Sa mèche violette avait de quoi faire rire mais il se pensait tout de même irrésistible. Lorsqu’il avait jeté son dévolu sur elle, Mathilde avait été surprise. Elle était son parfait opposé : timide, éternelle célibataire et introvertie, elle n’avait pas compris pourquoi il s’intéressait à elle.
Comme tout ce qu’elle ne comprenait pas, elle l’avait repoussé.

- Tu n’étais pas mon genre. Et, ajouta-t-elle en le voyant s’avancer, tu ne l’es toujours pas.

Le garçon éclata de rire.

- Fallait tenter !
- Tu es un mec bien, Odd. Pourquoi tu t’entêtes à le nier ? Trouve-toi une nana sympa et reste avec.
- J’ai peur de m’ennuyer.

Mathilde eut un regard amusé. Odd avait presque l’air surpris de son propre aveu.

- En fait, c’est pareil avec les jeux vidéo. Dès que je commence à trop en connaître un, je me lasse. Tout dans la vie finit par rapidement m'ennuyer. La seule chose pour laquelle ça ne me le fait pas…

Odd ne termina pas sa phrase. Il réalisa soudain qu’il était en train de faire exactement le contraire de ce qu’il avait prévu. Le sourire de Mathilde devint triste.

- Lyoko.
- Oui. Mais tu sais, il y a d’autres choses cool, hein !
- Ne te fatigue pas, Odd. Merci pour la leçon, je crois que le skate n’est pas mon truc.
- Tu rentres déjà ?
- Oui. Tu as de la chance, profite de tes amis. J’ai eu une vie avant vous.

Mathilde s’éloigna sans attendre de réponse.
Elle avait eu une vie avant eux.
Sans avoir vraiment vécu.

***


Allez, tu dois lui dire, bon sang, tu dois lui dire !
La gorge nouée, Yumi enfilait ses chaussures, encore assise sur un banc du vestiaire des filles. L’entrainement avec Ulrich s’était bien passé. Déjà, il ne l’avait pas refusé. Ensuite, ils avaient réussi à échanger quelques mots et mêmes quelques éclats de rire. Elle en avait déduit qu’il ne lui en voulait pas tant que ça pour Mathilde.
Ce qui la poussait d’autant plus à ne pas lui raconter son baiser avec William. Elle ne voulait pas briser leur fragile équilibre retrouvé.
Elle sortit du gymnase. Il l’attendait appuyé contre un arbre, avec un sourire un peu timide sur les lèvres.

- Tu rentres chez toi ? demanda-t-il.
- Oui, il commence à se faire tard, j’ai encore des cours à bosser.
- Tu veux que je te raccompagne ?
- Pourquoi pas. Il faudrait que je te dise quelque chose.

Le cœur d’Ulrich s’accéléra. Peut-être qu’enfin ce soir…

Dis-lui, dis-lui. Mais dis-lui !

Ils marchèrent en silence jusqu’à la maison de Yumi.

- Bon bah, à demain, salua la jeune fille, les joues écarlates.
- Ouais, c’est ça, à demain.

La voix d’Ulrich était devenue glaciale. Alors que Yumi se traitait de tous les noms en refermant le portail, il la héla.

- Yumi !
- Oui ?
- Si tu as refusé d’intégrer Mathilde parce que t’es jalouse d’elle, c’est qu’en plus d’être mauvaise, tu es stupide.
- Qu’est-ce que tu veux dire ?

Ulrich se contenta de hausser les épaules avant de repartir en direction du collège.

Rouvre ce portail et cours-lui après, espèce d’idiote ! Mais bouge, BOUGE, qu’est-ce que tu attends ?

Yumi resta immobile. Elle allait encore passer une nuit blanche à ressasser ce nouveau sous-entendu.
Seulement, il y avait tellement de sous-entendus avec Ulrich qu’elle finissait par croire qu’elle les voyait partout. Et puis, à partir d'un certain nombre de sous-entendus, ne pouvait-on pas considérer cela comme un aveu ? Qu'attendait-elle ?
Elle fut heureuse de constater à la récréation du lendemain qu’elle n’était pas la seule à avoir mauvaise mine.

- Tu as encore bossé toute la nuit sur ton virus ? demanda-t-elle à un Jérémie épuisé.

Le garçon hocha la tête. Il avait profité du cours de piscine pour faire croire à Jim qu’il se sentait mal et gagner une maigre heure de sommeil à la bibliothèque. Aelita avait prétendu être indisposée pour rester avec lui, aussi se dirigeait-elle vers la machine à café avec ses deux amis, attendant que Odd et Ulrich les rejoignent. William, vexé par le silence que lui imposait Yumi depuis leur baiser, était resté en arrière lorsqu’elle avait quitté la salle de classe. Quant à Laura, si elle avait été à la piscine comme les autres, elle n’était pas attendue.

- Au fait, je voulais votre avis sur le Megapod. Étant donné que le Cortex est plus qu’instable d’un point de vue territoire, je me disais qu’il serait bon que vous n’ayez à vous concentrer que sur les changements de terrain.
- Ce qui veut dire ? demanda Aelita.
- Ce qui veut dire qu’il faut vraiment que j’améliore l’armement. J’avais pensé à des sortes de fenêtres qui permettraient à Odd et Yumi de tirer depuis l’intérieur. Qu’est-ce que t’en penses Yumi ?

La japonaise ne répondit pas. Son attention avait du mal à rester fixée sur Jérémie. Un groupe d'élèves venait de les croiser et l'avait fixée avec intensité, en murmurant les uns aux oreilles des autres. Quelques secondes plus tard, deux collégiennes la pointèrent du doigt.

- Vous avez vu comment les gens me regardent ?
- Hein ? Bah, ne fais pas attention. Tu sais bien qu'ils sont toujours à l'affut de ragots. Certains ont dû te voir embrasser William.
- Ouais, c'est bien ça qui m'inquiète, répondit Yumi à voix basse.

Ils arrivèrent aux arcades en silence, Aelita et Jérémie conscients que le souvenir du baiser avec William hantait leur amie. Mue par un mauvais pressentiment, celle-ci trembla en remarquant l'attroupement formé autour des rédactrices des Échos de Kadic.

- Ne manquez pas notre édition spéciale ! Toutes les infos sur la romance entre William Dunbar et Yumi Ishyiama ! Notre photo exclusive ! Comment Ulrich Stern va-t-il réagir ? Est-il seulement au courant ?

Jérémie poussa un petit cri quand les ongles de Yumi s'enfoncèrent dans sa main. Aelita, bien que subissant le même sort, resta muette. D'un pas vif, elle se dirigea vers Milly et Tamiya.

- Aelita ! Un commentaire sur la relation entre tes amis ? demanda aussitôt la petite rousse tandis que sa collègue lui tendait un journal. Depuis quand sont-ils ensemble ? Ulrich est-il au courant ?
- Les filles, vous étiez vraiment obligées de faire ça ? s’étrangla Yumi.
- Tu rigoles ? On n’a pas dormi de la nuit pour être certaine qu’il sortirait aujourd’hui !

La première page dévoilait un couple en train de s'embrasser. Bien que le cliché soit pris d'assez loin et que le bouche à bouche des deux jeunes dissimulait à moitié leur visage, impossible de ne pas reconnaître Yumi et William.

- Oh mon Dieu. Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu…, répéta Yumi, les yeux de plus en plus écarquillés.
- Si leur romance a toujours été évoquée à demi-mots, l’ombre d’Ulrich Stern, beau brun de seconde, semblait les freiner dès le début, lut à haute voix Jérémie. Mais depuis la rentrée, on a pu constater un rapprochement des deux tourtereaux qui ont finalement laissé tomber leurs masques hier.
- Des tourtereaux ? Y a un nouveau couple ?

La voix de Odd avait résonné, enjouée et curieuse. Aelita, Jérémie et Yumi se retournèrent d’un même mouvement. Par chance, le blondinet était seul.

- Bah quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Vous en faîtes une tête !
- Odd, où est Ulrich ?
- Sissi est en train de lui parler, il ne devrait pas tarder. Vous cachez quoi derrière votre dos ?
- Pas de commentaire s’il te plait, siffla Yumi en lui tendant un journal.

Odd resta quelques secondes la bouche ouverte avant d’éclater de rire.

- Alors ça ! Tu caches bien ton jeu, Yumi. Il embrasse comment ?
- J’avais dit pas de commentaire !
- Cache ça, Ulrich arrive.
- Vous, vous ne bougez pas, ordonna Yumi à l’intention de Milly et Tamiya.

Elle n’attendit pas de réponse et fonça vers Ulrich, ses amis sur les talons.
- Salut, lui lança-t-il d’une voix glacée tandis que Sissi s’éloignait après un signe amical.
- Ulrich, je suis désolée.
- Désolée ?
- Je n’aurais pas dû rejeter Mathilde, déclara-t-elle sans réfléchir, j’aurais dû te faire confiance, j’aurais dû…

Un cri strident retentit derrière eux. Aelita fut la première à faire volte-face et à voir le journal entre les mains de Sissi. Elle voulut intervenir mais ne fut pas assez rapide.

- Yumi ! Félicitations, je suis super contente pour toi !

La blonde revint à grands pas vers les Lyoko-Guerriers et serra une Yumi livide dans ses bras.

- C’est vraiment génial ! Vous êtes ensembles depuis longtemps ?
- De quoi tu parles, Sissi ? gronda Ulrich.

Sans attendre de réponse, il lui arracha le journal des mains. Il resta les yeux écarquillés, fixant la photo sans croire ce qu’il voyait. Sa bouche s’ouvrit, son regard passa de la une à Yumi, et finalement, il demanda :

- On peut se parler ?

La japonaise hocha la tête. Ils s’éloignèrent du groupe sous le regard inquiet d’Aelita.

- Ce sera comme d’habitude, la rassura Jérémie en haussant les épaules. Ulrich va s’énerver, puis se calmer, mais ce sera au tour de Yumi d’être énervée, ils se sépareront en se faisant la tête et se rabibocheront demain !
- Cette fois, c’est quand même un peu plus grave…

Ulrich était bien de son avis. Les bras croisés, le regard noir, il demanda sèchement à Yumi :

- Alors ?
- C’est pas ce que tu crois !
- Bizarrement, je m’attendais à ce que tu dises ça. Mais encore ?
- Il a juste voulu faire en sorte que le spectre ne me voit pas.
- Quand tu joues à cache-cache, tu roules des pelles à tes adversaires ?

Yumi serra les poings. Elle comprenait qu’Ulrich soit en colère, peut-être même blessé, mais elle en avait assez qu’il manque perpétuellement de confiance en elle.

- Je n’ai rien réclamé, j’ai ...
- C’est cela, oui. T’as pas l’air particulièrement mal sur cette photo ! Comment t’as pu me faire ça ?

Cette fois, Yumi perdit patience.

- C’est Monsieur j’ai embrassé Sissi qui me fait la morale ?

Comme Jérémie l’avait prédit, la colère de Yumi calma aussitôt Ulrich.

- Mais… c’était pour toi ! plaida-t-il.
- Oh, pardon de ne pas déborder de gratitude ! ricana en réponse la japonaise. De toute façon, qu’est-ce que tu me reproches ? Est-ce que c’est d’ailleurs à moi que tu reproches quelque chose ou à toi ? Tu ne serais pas juste furieux parce que William a eu plus de cran que toi, parce que tu as laissé passer ta chance un milliard de fois alors qu’il l’a saisie au vol ?

Ulrich ouvrit plusieurs fois la bouche sans réussir à répondre et Yumi s’éloigna sans plus de cérémonie, furieuse.
Pourquoi aimait-elle autant un pareil crétin ?
Ulrich la regarda s’éloigner. Odd le rejoignit avec son air jovial habituel.

- Allez, mon pote, te fais pas du mouron comme ça ! Tu sais très bien qu’au fond, elle est dingue de toi !
- Ouais, c’est ça.

Hasard cynique, William apparut dans le champ de vision d’Ulrich. En réponse à son regard haineux, il lui adressa un sourire narquois.

- Je vais me le faire.
- Bien sûr. En attendant, viens en physique, on en reparlera après !

Ulrich ne suivit pas un mot du cours.
Qu’est-ce qu’entendait Yumi par « tu as laissé passer ta chance un milliard de fois alors qu’il l’a saisie au vol » ? N’y avait-il qu’un baiser comme elle le disait ou une vraie histoire comme les autres le chuchotaient dans les couloirs ?
Et pourquoi, alors même que ses pires craintes approchaient de leur réalisation, pourquoi n’arrivait-il pas à lui dire ce qu’il ressentait ?

***


Yumi déposa son sac sur sa table dans un mouvement rageur. Elle sortit son livre d’anglais et surtout, elle attrapa une copie double. Elle n’avait pas prévu de rédiger son devoir de français pendant un autre cours et sous un tel angle mais les mots allaient l’étouffer si elle ne les laissait pas jaillir.
Mia n'en croyait pas ses yeux. Eric, ce garçon si profond, son ami de toujours, son âme-sœur, dévoilait soudain un tout autre visage...

- Yumi ?

La japonaise serra les dents et ses yeux noirs se braquèrent sans gentillesse sur William. Il ne se laissa pas démonter.

- Écoute, je ne vais pas m’excuser de ce que j’ai fait, on a passé l’âge des gamineries, non ? Je ne pensais pas que ça te toucherait à ce point !
- Je ne suis pas touchée.
- Ah bon ?
- Peut-être un petit peu. Mais tu as raison, il n’y a pas de quoi en faire un plat. Je suis désolée, je sais que tu pensais pas à mal.

William retint un rire. Une fois de plus, c’était en reconnaissant son attitude chez Ulrich que Yumi s’en débarrassait.

- On fait la paix ?
- D’acc’.

Un-zéro, Ulrich, songea William en rendant à Yumi son sourire.

Alors qu’elle avait tendance à rester au lycée le mercredi après-midi pour profiter de la présence de ses amis, Yumi rentra directement chez elle après les cours. Elle monta dans sa chambre avec un bol de nouilles et s’installa à son bureau.
Elle avait encore beaucoup à écrire.
Beaucoup à avouer.
Le bon, comme le mauvais.
Surtout le mauvais maintenant qu'elle y pensait.
A sa propre surprise, le devoir fut fini en deux heures. La première demi-heure avait laissé filer la rancœur et la colère, ce qui avait ensuite permis à l'amour et la tendresse de prendre le relais. Finalement, le tableau était plutôt élogieux.
Restait à savoir si elle serait capable de le faire lire à Ulrich...
Et si lui serait capable de comprendre.

***


Seule, son sac sur le dos, sa tablette dans son sac, Laura avançait d’un pas vif. Elle détestait le métro et ses couloirs sales. Mais même son cerveau surdéveloppé avait du mal à comprendre les méandres du bus parisien.
Elle émergea avec un soupir de soulagement et cligna plusieurs fois des yeux, le temps de s’habituer à la lueur vive du soleil. L’après-midi commençait à peine et il faisait un temps radieux. Elle n’allait pas énormément en profiter mais c’était toujours plus agréable que marcher sous la pluie.
D’un pas vif, Laura se dirigea vers le Jardin des Plantes. Elle n’accorda pas un regard aux wallabies, pourtant admirés par des enfants ravis. D’une main, elle fouilla l’intérieur de son sac pour en sortir sa carte de membre des « Amis du Museum » et passa la caisse reptiles en adressant un vague sourire à la caissière. Elle fila ensuite devant les bouquetins, enfin, les Turs de Caucase pour être précis, méprisa les flamands roses et entra dans le vivarium.
Comme souvent, il n’y avait pas grand-monde. Les enfants préféraient en général la fauverie et par ce temps, les animaux d’extérieurs avaient plus de succès. Mais c’étaient les serpents que Laura adorait. Elle travaillait mieux ici, entourée de ces êtres calmes. C’était son rendez-vous du mercredi. Elle avait dû batailler avec son père pour qu’il signe l’autorisation de sortie d’internat mais quand elle lui avait fait remarquer que c’était lui qui l’emmenait au Jardin des Plantes depuis qu’elle était toute petite, il avait cédé.
Philippe Gauthier préférait les crocodiles du Palais des reptiles. Il était fasciné par la puissance soudaine que pouvaient déployer ces créatures, passives et quasi-immobiles la majorité du temps. Ici bien sûr, ladite puissance ne s’exprimait pas. Laura était à chaque fois un peu plus déprimée par le manque d’eau. Crocodiles du Nil, qu’ils disaient… Le Nil n’avait jamais semblé aussi loin.
Laura passa devant chacun des terrariums, connaissant par cœur les espèces qui s’y trouvaient. Elle restait quelques minutes face à chaque espèce, parfois plus quand ses yeux avaient du mal à repérer l’animal camouflé. Elle pianotait en même temps sur sa tablette mais rien en rapport avec les reptiles. Ce jour-là, la vipère rhinocéros retint son attention plus longtemps que d’habitude. Dressée sur une branche, elle passait son appendice nasal dans chaque trou du grillage supérieur. Laura se dit que c’était une manière sinistre de passer le temps.
Aujourd’hui, seules quatre personnes arpentaient le vivarium. Un couple de quinquagénaire avec un jeune enfant, sans doute leur petit-fils, et un trentenaire à lunettes. Laura se demanda un bref instant s’il s’agissait d’un professeur en préparation de visite mais elle se désintéressa vite du sujet. Elle n’en avait tout bonnement rien à faire. Elle préféra fixer les Dendrobates azureus, les grenouilles bleues comme les appelaient avec fascination le gamin sous l’œil impassible de ses grands-parents. Que représentait l’informatique quand de si petits animaux pouvaient devenir mortels ?
Elle tapait sur sa tablette depuis près de deux heures lorsque la sensation d’être observée lui fit relever la tête. Elle était passée au palais des reptiles et s’était assise sur le banc près des crocodiles. Elle était seule. Pourtant, elle était prête à jurer que quelqu’un la fixait. L’espace d’un instant, elle faillit se lever pour faire le tour mais elle haussa les épaules en se concentrant à nouveau sur sa tablette. Elle ne croyait pas au sixième sens, à l’instinct, à toutes ces choses irrationnelles.
Mais quand elle entendit quelqu’un passer devant elle pour se diriger vers la sortie, elle fut presque tentée de croire qu’une puissance surnaturelle ordonnait à sa tête de se relever.
Elle ne vit la femme que de dos. Déjà, la porte se refermait derrière elle, pourtant, Laura eut le souffle coupé.

- Maman ?

Il lui sembla que son être se scindait en deux de manière presque physique tant cela fut brutal. Son cerveau lui hurlait que ce n’était pas possible, que sa mère était morte. Mais son corps mourait d’envie de se lever d’un bond, de sortir à son tour pour vérifier, voir le visage de cette inconnue à l’air familier.
Au lieu de ça, Laura ferma les yeux, ressassant les détails qu’elle avait pu happer en quelques secondes. Elle ne se fiait pas à la taille, elle-même avait grandi et n’avait plus la même notion des hauteurs. La silhouette lui paraissait pourtant si ressemblante ! Quant aux cheveux blonds, ils auraient pu paraître semblables à n’importe quels autres cheveux blonds. Mais Laura aurait juré qu’ils avaient une lumière différente, une teinte bien particulière.
Elle n’y tint plus.
Elle courut vers la porte, l’ouvrit à la volée et sortit dans la lumière du jour. Un instant aveuglée, elle poursuivit toutefois sa course vers les caisses et eut le temps de voir la femme blonde, déjà sortie, se retourner. Dans les souvenirs de Laura, sa mère avait un regard plus chaleureux mais même s’ils cachaient une sorte d’éclat glacé, les yeux de l’inconnue avaient exactement la même couleur que les siens.
Le cœur de la jeune fille battait trop fort pour qu’elle puisse parler et déjà, la femme avait disparu.
Laura resta immobile. De nouveau, son corps et son cerveau lui hurlaient des instructions contradictoires, chose rare chez elle. Elle mettait un point d’honneur à rester maîtresse d’elle-même, à agir avec logique et sans hésitation. Là, en deux minutes à peine, elle voyait tout son sang-froid voler en éclats.
D’un geste rageur, elle ouvrit la porte du palais des reptiles et retourna s’asseoir sur le banc où elle avait, dans la précipitation, laissé sa tablette. Un geste stupide qui ne lui ressemblait pas.
Allez, ça va, tu es juste bouleversée parce que c’est une coïncidence qui arrive peu de temps après les dix ans, c’est normal que ça te fasse bizarre. Tout va bien.
Laura eut un sourire ironique. Se parler à elle-même, à haute voix comme en pensées, ne lui ressemblait pas non plus. Il fallait qu’elle continue calmement son projet, qu’elle pense à autre chose…
Elle passa l’après-midi à regarder les crocodiles, l’esprit troublé, sa tablette rangée dans son sac.

-----------------------------------

Avertissement : l'avancement du 9 est assez lent, toutes mes excuses anticipées !

_________________

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Ma belle, douce lune sous un chant blanc d'étoiles, / Astre fatigué, vagabonde hors-la-loi / Toute pâle dans l'oeil noir de loups qui aboient, / Hisse les rêves, aux nuits où tu es seule voile. ♥


Dernière édition par Ellana le Dim 09 Oct 2016 17:59; édité 3 fois
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Icer MessagePosté le: Mer 20 Mai 2015 14:51   Sujet du message: Répondre en citant  
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Coucou, me revoilou ! Mr. Green

Après un moment de recherches vu que je n'avais pas commenté le dernier chapitre lu, et grâce au troll sur le loup, j'ai pu me souvenir que je m'en étais arrêté au chapitre 7.

Citation:
Elle commençait à en avoir assez de cette routine.


Remake féminin de #22 Routine ? Imaginez que les problèmes d'Ulrich sont remplacés par une Yumi dans la mauvaise semaine. Brr.
D'ailleurs la suite m'a un peu fait penser à du Léana, la demi-embrouille amoureuse à partir d'un élément insignifiant, tmtc Razz De ce point de vue c'est plutôt bien joué !
Et le grand final made in Inception :


Citation:
William attrapa le poignet de Yumi, la colla contre lui en se retournant et l’embrassa.
Il s’agissait d’un pur réflexe de protection


Il ne manquait plus qu'un "qui ne tente rien n'a rien." Mr. Green

En revanche la partie qui concerne diront nous les Gauthiers sort bien plus des sentiers battus. Même si évidemment on a encore trop peu d’éléments, je mise sur cet arc scénariste pour dire que ta fic a le potentiel de gérer sa race o/
Mais j'espère qu'on na va pas se rendre compte que Laura a la même mère qu'Aelita ou Mathilde quand même (a)

Place au 8. Déjà, le premier mot suscite un débat important :


Citation:
- Mathilde ?


Attention au vieux piège de l'overfocus. La dernière fic avec un personnage qui avait le même nom que son auteur (le hasard sans doute) commençait et finissait 90% de ses chapitres avec une phrase qui contenait son nom. Inutile de dire que le scénario était un désastre. On connait la suite Mr. Green
Mathilde qui pleure aussi, ça me rappelle quelque chose... Bon ok j'arrête.

Évidemment, réutilisation des Échos pour foutre la merde, ce qui fait toujours plaisir.
Il est intéressant de noter qu'au milieu de tout ça, Odd semble tremper dans toutes les affaires : Ulrich, Mathilde... Allons jusqu'à dire qu'il fourre son nez partout. Il va peut-être falloir lui dire de mettre ses mains sur son cul à celui-là. Héhé.

Je m'arrête sur cette élégante répartie, j'attends toujours d'en apprendre davantage sur l'arc des Gauthiers Smile

Bon courage pour la suite !

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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JCVgamer MessagePosté le: Lun 25 Mai 2015 12:21   Sujet du message: Commentaire Répondre en citant  
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*Alors qu'il méditait dans son sanctuaire, un étrange bruit attira l'attention de de l'apprentie mage de lumière. Il ouvrit les yeux et se releva lentement avant de se retourner. Un loup lui faisait face, tenant dans sa bouche un parchemin portant le Sceau de la Meute. Le loup s'approcha et donna le parchemin à Jerem qui le déplia et le lût. Un nouveau chapitre d'Ellana. Fort bien. Le jeune homme se rendit à son bureau et commença a écrire un commentaire.*

Bonjour Ellana,

Voici donc le chapitre 8 de cette fic.

Ayant un boulot monstre en ce moment et donc un manque de temps en découlant je ferais juste un avis global sur le texte. Oui je sais c'est moche mais bon on fait avec ^^.

Bien tout d'abord on apprend enfin quel est le lien entre Michael et Mathilde (frère et sœur). Bon c'était une des hypothèses les plus probables mais tu avais très bien su nous faire douter donc chapeau bas.
Odd qui essaye de draguer Mathilde *SBLAF*. Non restons sérieux, par contre Icer l'a déjà fait remarquer mais il est vrai que Odd est dans toutes les affaires sentimentales ou amicales. En soi cela n'a rien de choquant puisque dans le DA il est exactement pareil. Bon après invité une fille à faire du skate...on va dire que c'est du Odd ^^ (n'en déplaise aux filles qui en font, c'est juste que quand ça correspond pas vraiment à la personnalité de cette personne ben on a vu mieux comme point de rendez-vous).
Bon sinon cette rencontre se déroule comme il était possible de le prévoir c'est-à-dire gamelles en tout genre ^^ puis conversation qui finit sur Lyoko. Bon la conversation est bien gérée donc pas grand chose à dire.

Ensuite Ulrich et Yumi. Ben on a le même refrain que d'habitude hormis que cette fois-ci c'est Yumi qui n'arrive pas à parler à l'autre et donc il s'en va avec un air froid non sans lancer une remarque glaciale au passage...wait...remarque glaciale ?...Icer est passé par là ^^

Bien ensuite on arrive à mon passage préféré, "Les Echos de Kadic". Là ce fut juste magnifique. La scène est très bien décrite d'un bout à l'autre et la chute est très bonne aussi. Bon la discussion entre les deux concernés s'est déroulée conformément à ce que Jérémy avait pensé mais elle fut agréable à lire.

Réconciliation entre William et Yumi que j'ai trouvé assez rapide voir trop rapide mais bon pourquoi pas.

Et enfin le passage sur Laura qui devient de plus en plus indispensable. Ben à part dire que plus Sandra se rapproche, plus Laura semble...stressé, ben ici y'a pas grand chose à dire de plus. Mais on sent que la confrontation entre elle et Sandra approche à grand pas.

Bien un chapitre plutôt bon que j'ai pris plaisir à lire et j'attend donc le chapitre suivant.

Au plaisir de lire le 9.

*Jerem enroula le parchemin et le ferma magiquement. Il le donna ensuite au loup afin qu'il le rapporte à Ellana*
_________________
S'il existe différents maîtres contrôlant chacun un élément, je m'exerce à devenir le maître de la lumière.

Une nouvelle attaque lancée contre ces enquiquineurs, enfin une parodie d’attaque, car après celle-ci je lance l’attaque fantôme, un projet que prépare déjà depuis quelques temps et qui les mèneras tout droit à leur perte. One-Shot à paraître

https://lh3.googleusercontent.com/-07EHZzPU0Ko/Vgzy9hJt4qI/AAAAAAAAH10/3EekCXHPMjg/s600-Ic42/moviewatchSeptember2015.png

http://imageshack.us/a/img163/1125/ksmc.pnghttp://imageshack.us/a/img9/7127/sd8u.png
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MotmotK MessagePosté le: Mer 27 Mai 2015 19:20   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Messages: 211
Je dois vous dire que je n’avais pas très envie de commenter au début, étant donné que ça prend du temps et que je suis assez nul dans ce domaine, mais un récent élément m’a décidé. Je me lance donc.

Commençons général avant de revenir sur ce détail qui éclaircit – selon moi – une petite partie de l’intrigue. Je vous donne mon impression globale sans rentrer dans les détails.
J’adhère bien à l’idée de départ (bien que la soudaine idée d’adopter un nouveau lyoko-guerrier est un peu soudaine, surtout pour Jérémie) et le fait de se baser sur Code Lyoko Evolution apporte des points supplémentaires et nouveaux – ce qui nous change de la routine ; et ce n’est pas de refus -, et notamment un dont tu as fait ici un des points principaux de l’intrigue : Laura. La psychologie et les descriptions sont supers, on garde une bonne intrigue au niveau stable tout au long de l’histoire ainsi que des nouveaux éléments apportés régulièrement, donc de quoi faire mouliner nos petits neurones… Enfin bref, tout ce qu’il faut. On obtient un texte bien équilibré et très agréable à lire d’autant plus que les fautes de français sont rarissimes !

Mais si je suis là, c’est surtout pour l’intrigue. On a apparemment des vilains agents au service de Tyron qui veut faire des vilaines choses. C’est pô bien ! Le père de Laura a apparemment des bonnes raisons d’avoir peur de Sandra et il a de toute évidence eu des relations (professionnelles, hien Very Happy) avec Tyron, et ce dernier n’est pas content à cause d’on ne sait quoi ; peut-être Mr Gauthier est-il déserteur ? Mais apparemment Sandra en a quelque chose après Laura particulièrement. Sa mission a apparemment un caractère psychologique et je suis sûr que c’était elle qui espionnait Laura au Jardin des plantes. Cela m’a fait tilt à cause de « cette foutue ressemblance physique ». Ressemblance physique entre Sandra et Laura et par conséquent entre Sandra et la mère de Laura, ce qui fait que Laura a confondu sa mère avec Sandra. On se demande bien ce que Sandra et Tyron peuvent avoir après Laura. Qu’a-t-elle bien pu leur faire ? Et qu’est-ce que ce fameux exposé sur les nanotechnologies qui n’en est pas un ? Et aussi que va devenir Mathilde ?

F’in bref, je vais arrêter le massacre et clore mon commentaire sur ceci. J’attends avec impatience la suite. Bonne continuation.

@+
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Silius Italicus MessagePosté le: Jeu 18 Juin 2015 16:45   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


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Messages: 174
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonjour Ellana,
Là où louvoie le cœur, se noie la raison.

C'est à mon sens le thème de chapitre. Un chapitre centré sur les problèmes de cœur.

Le point central ici, c'est l'analyse que vous proposez de la relation entre Ulrich et Yumi. Cette manière systématique qu'ils ont de conduire leurs disputes et de toujours en revenir au point de départ. Cela dit, je suis étonné que Milly et Tamiya s'en sortent indemne. À tout prendre, j'aurais bien vu la rage de Yumi s'abattre sur elles.

Le perdant dans cette histoire, c'est William. En effet, il croit avoir fait grimper sa cte, alors qu'en fait il a précipité sa chute. Certes l'avenir reste imprévisible, mais ses réactions futures vont être des plus intéressantes.

La sortie de l'impasse que vous offrez À Yumi et Ulrich est assez intéressante. Si le problème réside dans la difficulté à parler, alors pourquoi ne pas convoyer les mots par écrit. C'est une solution élégante, et peu envisagée jusqu'alors. Cela dit, on voyait mal Ulrich se mettre à écrire.

Reste le cas de Laura. Personnage relativement antipathique, et pourtant, on souffre de savoir ce qui lui pend au nez, et dont la panique qu'elle manifeste n'est qu'un avant-goût.

Au plaisir de voir l'esprit le céder aux raisons du cœur.
_________________
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Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Ellana MessagePosté le: Lun 22 Juin 2015 19:49   Sujet du message: Répondre en citant  
X.A.N.Alloween 2013 (T)


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Localisation: Al-Jeit.
Allez, réponse aux commentaires.

Icer a écrit:
Mais j'espère qu'on na va pas se rendre compte que Laura a la même mère qu'Aelita ou Mathilde quand même (a)

=> Juste ciel, j'ai donc tant baissé dans ton estime ? Sad

Pour rebondir sur un point évoqué à la fois par Icer et Jerem... en fait, je ne sais jamais trop quoi faire de Odd. Ce n'est pas un personnage que j'aime spécialement et j'ai tendance à le laisser un peu derrière. On va essayer de lui trouver une place quand même ^^

Pour l'anecdote, la scène avec les Echos a failli être le plus gros fail de l'histoire étant donné qu'elle devait arriver dans le chapitre 2, après un baiser William / Yumi dès le premier chapitre. Sauf qu'avec le retour dans le passé, c'était juste un epic fail. Fin d'anecdote.

Merci d'avoir pris le temps de commenter Motmok, ça m'a vraiment fait plaisir =) Par contre, que ce soit bien clair :
Citation:
On a apparemment des vilains agents au service de Tyron

=> Sandra n'est pas au service de Tyron. Son boss et Tyron travaillent pour la même organisation, le G7 et Sandra n'a de loyauté qu'envers son boss même si en l'espèce, elle est obligée de collaborer avec Tyron.

Silius, le fait de faire passer les sentiments de Yumi à l'écrit sert principalement à amorcer le rapprochement avec la série puisqu'à la base, c'est le refus viscéral de l'épisode 14 qui a créé l'envie de me mettre à la fanfic mais bon, passons.


Bon sinon, je ne vous cache pas que je me fais un peu chier avec les LG alors ce chapitre sera un peu plus tourné vers l'arc Sandra.

Chapitre 9 : Crier au loup avant d'en voir la queue



Celui que Sandra appelait « le boss » était assis à son bureau, un bureau long de deux mètres de large et pourtant impeccablement tenu. Aucune feuille ne traînait, chacune étant rangée dans un dossier. Une bouteille de vodka trônait près d’un verre plein et d’un aquarium où nageaient quelques néons. Son homologue allemande avait un jour ricané qu’il y avait plus viril et impressionnant comme animal de compagnie mais il avait haussé les épaules en rétorquant qu’ils n’étaient pas des seigneurs du mal. Il n’allait pas acheter un jaguar juste pour paraître impressionnant. Il en avait les moyens pourtant. Seulement, il n’avait pas besoin d’un fauve pour faire trembler les personnes qui entraient dans son bureau.
Ce soir, il n’avait rien de redoutable. On aurait même pu noter de légers plis sur son front, indiquant un certain trouble. Les mains croisées sous son menton, il réfléchissait intensément.
La situation devenait critique.
Ce qui l'énervait le plus, c'était cette petite voix dans sa tête qui ricanait. Il avait eu un avant-goût de la situation. Quand Tyron lui avait demandé de lui envoyer la gamine, il avait hésité. Elle faisait des merveilles ici, il n'avait pas envie de s'en séparer mais le G7 l'avait poussé à obéir, pour des raisons qu'il ne comprenait toujours pas. Il avait même eu peur que Tyron ait réussi à construire un autre SuperCalculateur alors que lui-même avait eu tant de mal à cacher le sien. Après tout, le français avait "recueilli" Anthéa Hopper. Mais le boss avait finalement rejeté cette hypothèse. Tyron n'avait ni le courage de défier le conseil, ni l'intelligence pour ce genre de projet, ni la discrétion pour le cacher. Il voulait sûrement Laura pour une réalisation quelconque et bénigne. Sauf que deux mois plus tard, la petite était enlevée par son père. Le boss l'avait prévu et il s'en mordait encore les doigts.
Mais bon. Tout ceci était en passe de rejoindre le rang des vieux souvenirs. Sandra s’en sortait à merveille avec la gamine, c'est-à-dire qu’elle ne l’avait pas encore tuée. Certes, la rencontre n’avait pas encore eu réellement lieu mais cela ne devrait plus tarder.
Ce qui n’arrangeait pas le boss.
Au début, il avait pensé que plus vite Sandra aurait la gamine sous sa coupe, plus vite elle reviendrait. Seulement, il connaissait son agent. Elle n’agissait jamais de manière précipitée et c’est ce qui faisait ses succès. Son dernier message indiquait qu’elle avait bon espoir sur le succès de la mission mais qu’il serait nécessaire d’attendre plus que prévu avant de rejoindre la Russie.
Or, le boss avait besoin de Sandra dès à présent.
Étant donné qu'il n'avait pas voulu risquer la vie d'un autre membre de son équipe, il avait chargé les scientifiques de virtualiser des sortes de robots-espions. Des merveilles de technologie, des bijoux de recherches et de talent. Qui n'avaient pas fait long feu.
Au début, il avait cru à un Agki buggué, mal vaincu par Sandra par le passé et capable de parasiter Caldin. Cela n'aurait pas expliqué la mort de Christelle mais aurait au moins justifié la forme de gigantesque serpent noir aperçue par un des robots. Mais cette hypothèse rassurante avait vite volé en éclats. Le lendemain, une autre forme sombre, sous forme d'un oiseau géant, avait été repérée entre deux montagnes. Ce n'étaient que des aperçus, des ombres fugaces, mais le boss pensait qu'il s'agissait d'une seule et même chose. Une sorte d’entité polymorphe. Quoi exactement ? Il n'en savait rien. Virus, animaux virtualisés par un pirate, les possibles étaient variés. La chose en question n'apparaissait pas sur les radars. D'après les scientifiques, elle ne pouvait pas exister.
Le boss n’aimait pas ses chercheurs, avec leurs certitudes et leur air arrogant. Il n'aimait personne de toute façon mais il méprisait par-dessus tout cette équipe de binoclards qui lui apportaient bien trop rarement de la fierté.
Alors que Sandra...
Le boss jeta un regard à sa montre. Même avec le décalage horaire, il était fort peu probable qu'elle dorme à cette heure.
Il commença à composer un numéro sur sa ligne privée et sécurisée avant de raccrocher. Il devait passer un autre coup de fil avant.

- Blaskof. J'ai besoin d'un pensionnaire tout de suite pour une expérience sur Caldin. Un cobaye, pas un cerveau.

Il raccrocha à nouveau, sans laisser à son interlocuteur le temps de répondre.

***


Sandra sortait de la douche lorsque son portable, posé sur le lavabo, sonna. Elle prit le temps de s'envelopper dans une serviette avant de prendre l'appel. Ayant vu qu'il s'agissait du boss, elle ne parla pas, attendant les ordres.

- J'ai besoin de toi ici. Rejoins notre espion, il te fournira un jet. Je te veux à la base le plus vite possible. Il faut que tu sois de retour en France avant l'aube.

Sandra jeta un œil à son portable. Vingt-heures dix-huit. Elle avait largement le temps.

- J'y serai.
- Je sais. Mais méfie-toi. Je ne veux pas que Gauthier sache que tu es repartie. Il ne faut pas qu'il nous échappe une nouvelle fois.
- Je vais demander à Tyron de venir le surveiller.
- Hors de question. Il est capable de fouiner pour connaître la raison de ton départ. Il ne doit surtout pas découvrir que nous avons un SuperCalculateur. Cette fouine en informerait aussitôt le G7 et ce ne serait pas bon pour nous.
- Entendu boss, je me charge de Gauthier.
- Je te rappelle qu'il nous faut le garder vivant encore un peu.

Une grimace déforma les traits de Sandra. Heureusement que le boss ne pouvait pas la voir, il l'aurait réprimandée pour cette manifestation de dégoût.

- Comme vous voulez.

La communication cessa sans plus de cérémonie. Sandra sortit en peignoir de la salle de bain, traversant un couloir qui ne fit pas disparaître sa mine écœurée. Des photos de Laura étaient encadrées au mur. Comme si Philippe Gauthier essayait de passer pour un père modèle.
Entre Tyron et lui, Sandra ne savait pas qui elle méprisait le plus. Mais elle aurait peut-être quand même préféré rester chez le premier. Il était faible et elle ne doutait pas de réussir à le tuer alors que Gauthier était bien plus intelligent. Lui pouvait être un danger. Seulement, le boss avait été clair. Une fois le contact établi, elle devait rester sur place, au plus près de leur ennemi et de leur future proie. Sandra ne s’y faisait toujours pas. Elle n’aimait la compagnie des hommes que quand elle savait pouvoir les tuer ensuite. Elle n’ignorait d’ailleurs pas que certains à la base l’appelaient la Mante Religieuse.
Elle entra dans la chambre que Gauthier, par crainte plus que par galanterie, lui avait laissée. Il dormait dans le bureau en attendant. Cela lui laissait un libre accès à Internet mais Sandra avait pris soin de pirater sa connexion. Il ne pourrait appeler personne à l'aide. Avait-il seulement des amis à contacter ?
Elle attrapa des vêtements au hasard dans sa valise. Elle n'aurait que le vol à effectuer, inutile de se préoccuper de sa tenue. De toute façon, une fois sur Caldin, elle retrouverait sa toque ridicule.

- Gauthier ! appela-t-elle.

Le père de Laura marmonna mais monta l'escalier sans poser de questions. Il s'approcha de Sandra qui se tourna vers lui, tenant son Beretta par le canon.

- Je sors ce soir.
- Où ça ? s'enquit Philippe Gauthier, déjà prêt à calculer le temps dont il disposerait pour fuir.

Un violent coup sur la tempe fut sa seule réponse. Sandra le laissa tomber sans chercher à le rattraper. Elle espéra même qu’il s’était cassé le nez dans sa chute.
Il allait normalement être sonné toute la nuit mais elle préférait ne pas prendre de risque. Elle sortit de sa valise une paire de menottes qu'elle utilisa pour attacher Gauthier au pied de sa table de nuit. Les mauvaises langues auraient dit que ces menottes n'avaient pas servi qu'à empêcher des évasions. Et elles auraient eu raison. Sandra ne comprenait toujours pas les fantasmes de certains hommes mais quand elle n'arrivait pas à les tuer avant, elle était bien obligée de sortir le grand jeu.
Le boss lui avait dit de rejoindre l'espion mais lorsqu'elle quitta la maison, une voiture l'attendait déjà. Sandra méprisait les films clichés avec leurs longues limousines noires. Quoi de mieux pour attirer l'attention dans les moments où on était censé rester discret ? La mini Cooper vert foncé garée à la va-vite se ferait bien moins remarquer. Elle ressentit une vague fierté. Là encore, elle constatait la supériorité du boss par rapport à un incapable comme Tyron.
L'espion la toisa avec un air goguenard.

- T'es en retard.
- La ferme.

Leurs conversations avaient toujours la même teneur et la même brièveté. Un moyen de se montrer mutuellement qu'ils se respectaient. L'espion était un des rares agents à ne pas dégoûter Sandra. Quand elle échangeait plus de trois phrases avec ses "collègues", ceux-ci s'attendaient à mourir dans les minutes suivantes.
Le trajet jusqu’à l’aérodrome se fit dans le silence le plus complet. À un détail près.

- Tu devrais penser à faire vérifier le moteur, lança Sandra en descendant de la voiture. Ton joujou fait un drôle de bruit.
- Quand tu rouleras à 200, tu comprendras ce que c’est qu’un drôle de bruit. Bonne nuit.
- Toi aussi.

L’espion haussa les épaules. L’un comme l’autre savaient que la nuit ne serait pas bonne.
Commença pour Sandra un autre trajet, tout aussi silencieux. Elle lut avec attention le mail récapitulatif que lui avait envoyé le boss et pour la première fois, elle redouta de retourner sur Caldin. Non pas qu’elle ait vraiment peur, elle ne savait plus ce qu’était ce sentiment. Elle était juste intriguée, un peu anxieuse à l’idée de ne pas comprendre ce qui se passait. Elle n’aimait pas décevoir le boss. Et elle détestait ne pas comprendre.
Personne ne l’attendait à la sortie du jet, ce qui ne la surprit pas. Un instant saisie par le froid, elle marcha d’un pas vif jusqu’aux bâtiments et ne mit pas longtemps à attendre la salle du scanner.
Blaskof, le responsable de la sécurité du pensionnat, attendait avec un garçon d’environ seize ans. Sandra ne pensait pas qu’elle serait accompagnée pour cette mission mais de toute évidence, l’adolescent était un cobaye. Il n’avait pas l’air craintif, soumis et pourtant perpétuellement émerveillé des cerveaux.

- Sandra, Benji. Tu plonges la première, il te suit. Vous trouvez la forme noire, vous essayez de comprendre ce que c’est, vous vous en débarrassez. On vous ramène.

Blaskof avait toujours aimé la concision et Sandra, déjà dans le scanner, hocha la tête. Elle ne faisait pas souvent de mission en binôme. Elle n’aimait pas franchement le travail d’équipe.
Retrouver Caldin lui fit du bien. Ce fut en atterrissant sur la neige qu’elle réalisa combien vivre chez Gauthier l’oppressait. Elle n’était pas chez elle, elle le haïssait viscéralement et elle se sentait plus prisonnière que lui. Alors qu’ici, la neige semblait déjà lui chuchoter « Bienvenue à la maison ».
Le dénommé Benji tomba à ses côtés. Comme tous les cobayes, il n’avait pas un avatar très développé. Il portait une armure sombre, avec un heaume et un bouclier, et tenait à la main une épée. On aurait dit un chevalier tout droit sorti du Moyen-Age mais à la manière dont il tenait son arme, Sandra devina qu’il avait suivi un entraînement sévère au pensionnat.

- La dernière fois qu’un de nos robots a vu la chose, elle était près des monts du Nord, pas loin de l’endroit où Christelle est morte. Elle semble ne pas quitter les parages. Allez-y.

Deux chevaux apparurent et quelques secondes plus tard, Sandra et Benji galopaient à travers la plaine. D’ordinaire, Sandra ne se laissait pas distraire en pleine mission mais la présence de l’adolescent amena ses pensées vers le pensionnat.
Bien que très sensible sur le sujet de l’anonymat, le boss avait ouvert depuis près de vingt ans un « orphelinat ». Aux yeux du public, il s’agissait d’un établissement comme un autre où on recueillait les enfants dont les parents étaient décédés ou les avaient abandonnés, les enfants dont aucune famille ne voulait. Sauf qu’aucun orphelin n’était adopté par la suite. Il s’agissait en réalité d’un pensionnat, divisé entre cobayes et cerveaux. Les noms étaient peu originaux mais reflétaient assez bien la réalité. On étudiait, comme des souris de laboratoire, les enfants. Les plus résistants devenaient des cobayes et étaient entraînés au maniement des armes en tout genre. De temps en temps, l’un d’entre eux était envoyé sur Caldin pour des tests. Cela restait une opération extrêmement rare et jamais renouvelée pour la même personne.
De leur côté, les cerveaux se voyaient formatés pour accroître leurs capacités cérébrales et recevaient une éducation scolaire tournée entièrement vers les sciences et l’informatique. Ils apprenaient les différents langages de programmation en même temps que l’alphabet et passaient leurs journées entre les livres, les laboratoires et les ordinateurs de recherche. Sandra ne savait pas grand-chose d’eux, si ce n’est que Laura était la plus brillante.
Tout comme lors de sa dernière venue sur Caldin, les chevaux continuèrent à avancer une fois arrivés dans les monts. Ils traversèrent le blizzard sans que rien ne se révèle à eux. Ils observèrent un instant la cascade sur leur gauche, balayèrent la rivière des yeux et s'approchèrent du rebord. Caldin restait calme.

- Il n’y a que vous sur les radars mais cela ne veut pas dire que vous êtes seuls.

Cette fois, c’était le boss qui avait pris le relais des indications.

- C’est bon, on ne va pas crier au loup, ronchonna Benji.

Sandra fut surprise. D’ordinaire, les cobayes ne parlaient pas alors pour ce qui était de se plaindre…
Elle allait demander au boss par où il voulait commencer l’exploration lorsque quelque chose changea. Sandra n’aurait pas su expliquer quoi : il n’y eut aucun bruit, aucune irruption dans son champ de vision et pourtant, elle perçut le changement.
Avant qu’elle ait pu avertir Benji ou le boss, la cascade explosa.
Des trombes d’eau fusèrent, balayant les chevaux. Benji eut le réflexe de planter son épée dans la glace et résista aux flots. De son côté, Sandra effectua un Super-Saut pour rejoindre la cime d’un arbre. Elle était donc idéalement placée pour observer avec stupéfaction la gigantesque créature qui avait bondi à travers la cascade et fixait Benji.
On aurait dit un loup, un loup énorme dont la tête arrivait à la hauteur de Sandra. Il n’avait qu’à tendre le cou pour la croquer. Quant à ses pattes de la taille d’un trente-six tonnes, il n’avait qu’à en bouger légèrement une pour écraser Benji. Le plus étrange, c’était qu’il semblait constituer de fumée. Une épaisse fumée noire qui tourbillonnait autour de lui, s’échappait d'entre ses crocs, voltigeait autour de ses pattes et faisait onduler son pelage. On avait du mal à distinguer ses yeux, d’un brun très foncé. En revanche, le rouge était bien visible à l’intérieur de sa gueule.

- C’est bon, tu la vois la queue du loup ? ne put s’empêcher de railler Sandra.

Benji ne répondit pas. Il arracha son épée du sol dans un geste courageux ou stupide. Il ne semblait pas avoir remarqué qu’une seule des griffes noires du loup faisait deux fois la taille de son arme. S’il ne l’avait pas remarqué, il s’en rendit peut-être compte la fraction de seconde avant que l’une d’elle ne le décapite.
Sandra resta bouche bée. L’action n’avait pas été particulièrement rapide, ni particulièrement impressionnante pour une créature de cette taille mais le résultat n’était pas normal. Au lieu de s’évaporer en flocons blancs comme les monstres ou Sandra, l’avatar de Benji resta en deux parties sur le sol. Plus intriguant encore, il saignait.

- Qu’est-ce qui se passe ?

Pour la première fois de sa vie, Sandra ne répondit pas à une question du boss. Pour la première fois de sa vie, elle se dit qu’elle allait mourir. Pour la première fois de sa vie, elle rencontrait plus fort qu’elle.
Le loup n’eut pas besoin de tourner la tête pour l'observer. Il se contenta de décaler légèrement son regard. Son œil était aussi grand que Sandra. Elle se demanda si cela allait la faire souffrir de mourir. Étant donné qu’elle ne ressentait pas la douleur, la réponse évidente était non mais rien ne semblait sûr sur Caldin.
Il se produisit alors une chose qu’elle n’aurait jamais imaginé.
Le loup perdit sa forme, ne devenant plus qu'une masse de fumée noire rapetissant à vue d’œil. En quelques secondes, il se remodela en dragon à peine plus gros qu’une voiture, agitant paresseusement ses ailes dans le ciel immaculé. Il s’approcha de Sandra qui eut le même réflexe idiot que Benji. Elle attrapa ses revolvers et vida ses chargeurs sur le dragon. Deux chose la surprirent. La première, c'est que les balles se perdirent dans la fumée sans que la chose semble en souffrir. La seconde, c'est que du sang tomba néanmoins sur la neige.
Le dragon ne rugit pas de rage comme elle s'y attendait. Son regard demeura impénétrable et il ouvrit la gueule. Un flot de fumée noire jaillit vers Sandra. Elle bondit pour l'éviter mais le dragon était bien plus rapide qu'elle. Des crocs la saisirent en plein vol et elle eut juste le temps de réaliser qu'elle n'avait personne à qui penser une dernière fois avant de sentir le monde s'écrouler autour d'elle. Si c'était ça mourir, ce n'était pas si douloureux.

- Bon sang, qu'est-ce qui s'est passé !

Sandra leva la tête.
Elle était recroquevillée dans un scanner. Entière et vivante.

- Bouge, lui ordonna Blaskof.

Sans réfléchir, Sandra roula en avant. Elle resta tremblante aux pieds du boss, fixée par des scientifiques effarés de la voir dans cet état.

- Arrêtez de la regarder comme ça et ramenez-le. Magnez-vous !

Les scientifiques s'activèrent aussitôt derrière leurs écrans. Quelques secondes plus tard, le scanner se refermait puis s'ouvrait à nouveau.
La tête de Benji roula jusqu'à Sandra.

***


- I’m lying on the moon. My dear, I’ll be there soon...

Debout près du self, Ulrich écoutait en boucle la même chanson. The moon song. Il l’avait découverte dans le film « Her », qu’il avait été voir avec Yumi. L’idée d’un amour entre un homme et une intelligence artificielle les avait d’abord laissés dubitatifs, XANA obligeait, mais ils avaient passé un moment tendre tous les deux. Ils avaient pleuré, Yumi avait même posé sa tête sur l’épaule d’Ulrich pendant la moitié du film. Mais une fois sortis de la salle, comme toujours, le charme s’était rompu.
Pourquoi, là où n’importe qui aurait concrétisé, restaient-ils comme deux imbéciles ? Il y avait eu des centaines d’occasions. Peut-être n’étaient-ils tout simplement pas compatibles.
Mais dans ce cas, pourquoi n’arrivaient-ils pas à se faire une raison une bonne fois pour toutes ? Le « copain et puis c'est tout » aurait dû arranger les choses depuis longtemps ! Mais entre ce qu'ils disaient et ce qu'ils pensaient, il y avait toujours un monde… Là, elle l'avait rejeté. Quand ils avaient éteint le SuperCalculateur il avait pensé avoir une nouvelle chance. Sauf qu'en fait, rien n'évoluait jamais. Ils stagnaient entre amour et amitié, pas dans leur tête où la question était tranchée, mais dans leurs actes. Ils savaient très bien pourtant ce que l'autre pensait, tout le monde le savait.
Alors qu'est-ce qui clochait ?
Le courage, ducon ? se moqua une petite voix. C'est facile de dire ou de se dire qu'on aime. Un jour, faut quand même finir par le montrer !
Ulrich eut envie de ronchonner mais on pouvait difficilement ronchonner contre sa propre tête.
Il sentit quelqu’un s’approcher de lui. Il leva les yeux et se dit que pour le coup, il avait le droit de ronchonner.

- Qu’est-ce que tu me veux, Yumi ?

La jeune fille ne répondit pas. Ulrich allait s'emporter mais il vit trop tard l’éclat bleuté dans le regard de la japonaise. Déjà, elle le serrait dans ses bras. Un bourdonnement s’éleva aussitôt sous son crâne alors que ses forces le quittaient.

- Odd, réussit-il à balbutier.

Mais il savait bien que ses amis ne le chercheraient pas. Il avait demandé lui-même à être seul et étant donné le contexte, pour une fois, personne ne le lui avait reproché. Il allait devoir attendre que la tour activée lance son alerte, que Jérémie la remarque, qu’il essaye de l’appeler avant d’envoyer de l’aide devant son absence de réponse.
Il serait alors trop tard.

***


- Allez, dis-moi ce que t’as !
- Lâche-moi, Heidi.
- C’est à cause d’un garçon, c’est ça ?
- Mais qu’est-ce que vous avez tous avec les mecs, sérieux ! Je peux vivre sans et ma vie ne tourne pas autour d’eux !
- T’as tes règles ?

Mathilde se retint de serrer les poings. Elle ne savait pas si c’était lié à son bref passage sur Lyoko mais elle supportait de moins en moins Heidi, sa perpétuelle soif de potins et ses remarques stupides.

- En tout cas, j’espère que ce n’est pas à cause d’Ulrich !
- Je t’ai déjà dit que je m’en fichais. Je le trouve archi-beau, c’est tout, ça n’ira pas plus loin.
- Heureusement, parce qu’il sort avec Yumi.
- N’importe quoi.
- Regarde.

Heidi désigna d’un signe de tête un coin de la cour. Mathilde suivit son regard et fronça les sourcils en remarquant Ulrich et Yumi en train de s’enlacer.

- Et bah, il était temps ! pouffa Heidi. Mais je croyais qu’elle était avec Dunbar ?

Mathilde ne répondit pas. Les sentiments que Yumi avait pour Ulrich étant évidents, elle n’avait pas cru une seule seconde à cette histoire d’amour avec William. Toutefois, ce câlin en public n’était en rien plus crédible.

- Tu m’excuses une minute ? lança-t-elle à Heidi en descendant du muret.
- Quoi ? Je croyais que t’étais pas en kiffe sur lui !

Une fois de plus, Mathilde ne prit pas la peine de répondre. Elle avança d’un pas vif jusqu’à Yumi et lui tapota sur l’épaule.

- Hey…

La japonaise ne réagit pas. Mathilde tourna alors son regard vers Ulrich et remarqua ses yeux vides, ses traits nauséeux.
Elle n’hésita pas.
Ses doigts se refermèrent autour du bras de Yumi. Elle la tira de toutes ses forces en arrière, essayant de desserrer son étreinte de sa main libre. À sa propre surprise, elle n’eut aucun mal à y arriver. Le spectre recula d’un pas.

- Va-t-en, je le retiens, souffla Mathilde à Ulrich en sachant très bien qu’elle ne ferait jamais le poids.

Le garçon la regarda comme s’il ne la comprenait pas. Mathilde sentit l’angoisse l’étreindre. Elle ne pouvait pas à la fois emmener Ulrich à l’usine et tenir tête au spectre.
Par chance, Odd arriva à toute allure.

- Ulrich ! Y a un… Ah bah je vois que t’es déjà au courant !
- Dégagez, je m’occupe de lui.
- Euh… T’es sûre ?
- Mais oui. Jérémie a dit qu’ils ne me feraient pas de mal.

Odd hésita. Il savait très bien que le spectre, s’il ne chercherait pas à tuer Mathilde, pouvait quand même le faire « accidentellement ». En même temps, amener Ulrich en sécurité et se rendre lui-même à l’usine lui permettrait de désactiver la tour et donc de mettre la jeune fille également en sécurité.

- Tiens bon, on se dépêche.

Mathilde hocha la tête. Le spectre ne bougeait toujours pas.
Il est stupide ou quoi ?
Ce ne fut que quand Odd et Ulrich se furent éloignés vers le parc que la fausse Yumi réagit. D’une démarche mécanique, elle avança vers Mathilde. La gorge nouée, celle-ci visualisa Michael en face d’elle. Le nombre de fois où elle lui avait lancé sa jambe au menton en criant « Ninja » ! Entre eux, c’était un jeu. Là, le contexte n’avait plus rien d’amusant mais au moins, elle ne devrait pas avoir de mal à atteindre Yumi.
Et à la toucher pour de vrai.
Son pied heurta comme prévu le menton du spectre. Il n’eut pas l’air très impacté et continua à avancer vers Mathilde. Une main s’abattit sur son épaule alors que la jeune fille comptait bien lui tenir tête.

- Bon, c’est quoi votre problème ?

Le spectre se retourna. Heidi le regardait avec un air blasé.

- Sans déconner, vous n’allez quand même pas vous battre pour Ulrich ? On n’est plus au collège, les filles ! Surtout que si Jim arrive…
- ISHIYAMA ! ERIKA !
- Quand on parle du loup, soupira Heidi.

Elle s’éloigna du spectre qui fit mine de s’en aller mais Jim était déjà planté en face de lui.

- Qu’est-ce que c’est que ça, Erika ? beugla-t-il à l’attention de Mathilde. Qu’est-ce qui te prend de te battre ? Si tu veux rejoindre mon club de Penchak-Silat, c’est quand tu veux mais les cours ne s’appliquent pas pendant la récré !
- Je l’ai vu s’en prendre à Ulrich, Monsieur, répondit calmement Mathilde.
Jérémie avait mentionné l’existence d’un retour vers le passé mais n’étant pas certaine de ses modalités de déclenchement, elle préférait rester dans des explications normales autant de temps que possible.
- Ishiyama ! C’est vrai cette histoire ?

Seul un éclat bleuté vint troubler le visage impassible du spectre.

- Très comique, ces lentilles. Si tu crois que ça m’amuse ! Allez, toutes les deux, chez le proviseur ! Et Stern, où il est ?
- Odd est venu le chercher, il l’emmène sûrement à l’infirmerie, mentit Mathilde. Je peux aller vérifier s’il va bien ?
- Arrête de crier au loup avant d’en voir la queue, toi ! Bien sûr qu’il va bien ! Ce que j’ai vu, c’est ta figure de ninja contre Yumi qui ne t’a rien fait !
- Monsieur, voulut intervenir Heidi, elles…
- Mademoiselle Krum, ce n’est pas le moment ! Allez, chez le proviseur vous deux, et que ça saute !

Mathilde hocha la tête sans rien dire. Le spectre s’agita, se tortilla même sous la main de Jim, mais le surveillant l’entraîna sans sourciller dans le bureau de Delmas.

- Monsieur le – arrête de bouger, toi !, - Monsieur le Proviseur, je vous signale une bagarre entre ces deux jeunes filles.
- Erika ? s’étonna Delmas.

Mathilde comprenait son trouble. Elle était scolarisée à Kadic depuis sa sixième et n’avait jamais eu ni heure de colle, ni rendez-vous chez le proviseur. Elle passait pour une élève modèle. « Exemplaire » aux yeux des professeurs, « chiante » à ceux des élèves. Généralement, on ne lui parlait que pour approcher Heidi ou lui demander son dernier devoir de français.

- Erika, pouvez-vous m’expliquer ce qui s’est passé ?
- J’ai vu Yumi frapper Ulrich, je suis intervenue.
- Si je peux me permettre, Monsieur le Proviseur, je n’ai pas vu Stern dans le secteur et il est bien plus à même de se défendre que Mademoiselle Erika. Tiens-toi tranquille, Ishiyama !
- Mademoiselle Ishiyama, votre version ?

Le spectre garda évidemment le silence. Consciente qu’elle ne devait pas espérer de miracle de ce côté-là, Mathilde réfléchit à toute vitesse et visualisa presque une ampoule s’allumer au-dessus de sa tête.

- Elle ne vous répondra pas, Monsieur, annonça-t-elle en adoptant un regard triste. Je ne devrais pas vous en parler mais si elle en vient à s’en prendre à d’autres élèves, c’est mon devoir de vous informer.
- Je vous écoute.
- Depuis quelques temps, Yumi se drogue. Je pense qu’elle a dû prendre une dose trop importante ce matin. C’est ce qui l’a poussée à attaquer Ulrich et c’est ce qui explique son état actuel un peu étrange.

Jim et Delmas échangèrent un regard. Ce fut le moment que choisit le spectre pour tendre la main en direction de la porte. Un éclair en jaillit et le bois explosa.
Ah, je me disais aussi qu’il était un peu faiblichon ! songea Mathilde avec une grimace.

- ISHIYAMA ! s’étrangla Delmas.
- Reviens ici, jeune fille !

Jim attrapa à nouveau le spectre par l’épaule et cette fois, celui-ci se défendit. Un autre éclair brilla et Jim ne dut qu’aux réflexes de Mathilde de ne pas finir en miettes. Il tomba sur le sol en hurlant de douleur, le bras à moitié arraché.
Mathilde eut un haut-le-cœur. Les yeux rivés sur le spectre qui tournait les talons, elle hésita. Elle ne pouvait rien faire pour arrêter cette chose mais elle avait les moyens de le distraire.
Espérant de toutes ses forces que le retour vers le passé était capable de sauver Jim, elle courut dans le couloir. Les élèves commençaient à retourner en cours et elle mit quelques secondes à repérer le spectre. Sans réfléchir, elle accéléra. Des exclamations choquées résonnèrent lorsqu’elle sauta sur le dos de Yumi.

- C’est qui cette folle ?
- Combat dans la boue !
- Où tu vois de la boue, abruti ?
- Mais arrêtez !
- Mathilde !

Le hurlement d’Heidi couvrit les autres. Mathilde venait de se faire violemment projeter contre le mur. Elle sentit son portable vibrer au moment où elle tombait sur le sol, à moitié inconsciente. Elle tâtonna sa poche, espérant que c’était Odd qui l’appelait mais elle ne fut pas assez rapide. L’espace d’un instant, elle envisagea de courir après le spectre qui s’éloignait. Sauf que son corps refusa de bouger et son esprit n’avait pas la moindre envie de le motiver. Il ne fallut que quelques secondes pour que la fausse Ishiyama disparaisse de son champ de vision.

- Elle est complètement folle aujourd’hui, Yumi ! s’exclama Heidi en s’accroupissant près de Mathilde.

D’autres élèves s’attroupaient autour d’elles. Le bruit de leur voix formait un brouhaha vague qu’une sonnerie de portable ne suffit pas à interrompre. Heidi sortit son portable de son jean.

- Allo ? Odd, si c’est encore pour… Oui, ça va, ne t’énerve pas, Mathilde est avec moi ! Euh… Je ne crois pas qu’elle soit vraiment en état de te parler. C’est bon, c’est bon, ne t’énerve pas, je te la passe ! Qu’il est lourd, ce gars, ajouta-t-elle en tendant le téléphone à son amie.
Celle-ci eut à peine la force de lever le bras.

- Odd ?
- Mathilde, comment ça va ?
- J’ai connu mieux.
- Est-ce qu’il y a besoin d’un retour vers le passé ?
- Tu crois que ça dérangera Yumi de savoir qu’elle se drogue ? Et que Jim a perdu un bras par sa faute ?
- Quoi ? s’étrangla Heidi en ouvrant de gros yeux.
- Ok, message reçu ! Prépare-toi à revivre un cours de sciences !
Odd raccrocha sans plus d’explications. Mathilde rendit son portable à Heidi avec une grimace.
- Merci.
- C’est quoi ces histoires ? Où est Jim ?
- Laisse tomber ?
- Que je laisse tomber ? Mais…
La voix d’Heidi fut coupée par l’apparition d’un grand mur de lumière blanche qui les engloba, elles et tout le collège.

***


Mathilde battit plusieurs fois des paupières. Odd n’avait pas menti. Elle était de nouveau assise derrière sa paillasse, dans la classe de Madame Hertz. Heidi dessinait une nouvelle fois des cœurs autour du prénom « Michael ». Mathilde aurait aimé que sa meilleure amie fasse une obsession sur un autre garçon que son frère mais la fascination étant à sens unique, elle attendait juste que ça passe. De toute façon, Heidi changeait de cible tous les mois. Il n'y a avait pas de quoi envisager une histoire sérieuse entre elle et Michael.
D'autant plus que l'esprit de Mathilde était préoccupé par des choses bien plus importantes.
Son regard croisa celui d'Ulrich. Quelques jours plus tôt, elle aurait tout fait pour le fuir et quelques semaines plus tôt, elle aurait violemment rougi. Aujourd'hui, elle n'éprouvait que du soulagement à l'idée qu'il aille bien.

- T'es OK ? articula-t-il silencieusement.

Elle hocha la tête.

- Merci.

Cette fois, elle haussa les épaules. Elle n'avait rien fait d'extraordinaire. Elle avait même eu la chance de tomber sur un spectre a priori débile.
C'était à cela que pensait aussi Jérémie. La tour avait été désactivée trop vite.

- Tu crois que XANA s'affaiblit ? demanda-t-il à Aelita.
- Je ne pense pas. Surtout avec ce qu'il vient de récupérer à Ulrich. On n'a pas encore l'étendue des dégâts mais je pense que ça va être lourd.
- Il n'y avait quasiment pas de monstres sur Lyoko, comme s'il ne faisait qu'une petite attaque sans importance. Qu'est-ce qu'il cherchait à ton avis ?
- J'espère qu'il ne rassemble pas ses forces pour un gros coup. Il retombe peut-être dans une période où il nous fait des petites attaques pour endormir notre méfiance avant de lancer une grande offensive à laquelle on ne s'attendait pas. De toute façon avec XANA, on ne peut que supposer. Nous torturer la cervelle ne nous avancera pas. On ne peut que patienter et rester prêts.
- Ouais, c'est sûr.

Aelita attendit la fin du cours pour relancer la conversation.

- Jérémie ?
- Oui ?
- Et pour Mathilde, qu'est-ce qu'on fait ?

Jérémie suivit des yeux l'intéressée qui quittait la salle de classe avec Heidi, non sans leur avoir lancé un regard.

- Je ne sais pas… Elle a eu du flair en repérant le spectre et du courage en allant aider Ulrich mais… Est-ce que c'est vraiment suffisant ? Je veux dire… Est-ce que ça réussira à convaincre Yumi ? D'autant plus que si XANA continue à nous faire des attaques aussi risibles, nous n'aurons pas besoin d'une personne supplémentaire.
- Et si il en prépare une plus grande ? Ce n'est pas quand on sera débordés qu'il faudra qu'on se rappelle de son existence. Il sera trop tard.
- Je sais bien, soupira Jérémie, indécis. Bon, va parler à Yumi. Elle t'écoutera peut-être, toi.
- Laissez tomber, intervint Ulrich. Je vais aller lui parler, moi. De toute façon, si elle apprend par quelqu'un d'autre que Mathilde est intervenue pour m'aider, elle va encore plus mal le vivre.

Les autres le regardèrent avec un air dubitatif mais il s'éloignait déjà. Il faillit heurter Yumi au détour du premier couloir. La japonaise fut un instant tentée de reprendre l’air froid qu’elle arborait dernièrement dès que Ulrich entrait dans son champ de vision mais l’inquiétude l’emporta.

- Désolée, j'étais en DS, j'avais oublié de rallumer mon portable. Pourquoi il y a eu un retour vers le passé ?
- Je me suis fait attaquer par un spectre qui avait ton apparence. Il m'aurait vidé entièrement de mes codes si Mathilde n'était pas intervenue.
Des émotions contradictoires défilèrent sur le visage de Yumi. Peur, soulagement, colère, soulagement à nouveau.
- L'important, c'est que tu ailles bien, finit-elle par murmurer.

Ulrich lui sourit timidement. Il aurait voulu la prendre dans ses bras mais n'aurait pas supporté qu'elle le rejette. Dans le doute, il préférait s'abstenir.

- Comment ça s'est passé ton DS ?
- Normal. Le faire une deuxième fois m'a permis de retrouver quelques idées.
- Super. On… on mange ensemble ce midi ?

Depuis une semaine, Yumi avait toujours une bonne excuse pour esquiver : elle avait promis à Hiroki de le rejoindre, elle devait bosser un cours, elle rentrait exceptionnellement chez elle, elle mangeait avec des copines…
Aujourd'hui, elle sourit franchement.

- Ouais, bien sûr, ça me fera plaisir.
- Super.

Ils restèrent quelques secondes sans rien dire puis Ulrich déclara :

- Bon, bah, j'y vais.
- Attends ! La semaine prochaine, je distribue des tracts pour l'opération « Une heure dans le noir ». Tu voudras m'aider ?

La partie la plus grivoise du cerveau d'Ulrich resta fixée sur « Une heure dans le noir » mais il réussit à effacer les images tentantes de son esprit pour répondre :

- Ouais, pas de problème !
- Super ! On se retrouve à 8 heures jeudi devant l’entrée ?

Ulrich hocha la tête en souriant.

- Tu peux compter sur moi.

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Le chapitre 10 est en cours mais lent, comme d'hab ! Mr. Green

_________________

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Ma belle, douce lune sous un chant blanc d'étoiles, / Astre fatigué, vagabonde hors-la-loi / Toute pâle dans l'oeil noir de loups qui aboient, / Hisse les rêves, aux nuits où tu es seule voile. ♥


Dernière édition par Ellana le Dim 28 Juin 2015 16:38; édité 1 fois
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Icer MessagePosté le: Mer 24 Juin 2015 14:02   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


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Coucou ! Il me reste peu de temps avant de partir réellement en vacances alors puisque tu as fait l'effort de poster avant cette date, me voici pour commenter, d'autant que ce chapitre en vaut la peine !

Citation:
=> Juste ciel, j'ai donc tant baissé dans ton estime ? Sad


Citation:
Crier au loup avant d'en voir la queue


Ben...

Ellana a écrit:
Son boss et Tyron travaillent pour la même organisation, le G7


Spoiler


C'est vrai que ça a de la gueule comme organisation. J'attends avec impatience l'introduction de l'espion français surnommé L'équilibriste. Mais si, tu sais, le petit gros à lunettes, là.

Citation:
le française


Ou comment démasquer un espion soviétique...

Cette partie du chapitre est excellente en tout cas. On en apprend plus sur Sandra, le boss, l'organisation... le coup du pensionnat, c'est juste brillant, je suis fan. C'est une fabrique à monstres encore pire que Tom Jédusor apparemment.


Citation:
Yumi avait même posé sa tête sur l’épaule d’Ulrich pendant la moitié du film.


C't'échec quand même. On a un début de chapitre qui tue et en un éclair, on se retrouve à lire ce genre de phrases qui brise toute notre immersion Sad

Citation:
- T’as tes règles ?


Bon ça va, ça se rattrape...

Donc oui comme je le disais j'adore ton intrigue basée sur le G7 mais les séquences Kadic, putain... Ça tourne trop autour de Mathilde, d'autant qu'après la feinte de l'intégration, on a le droit à la séquence réflexion sur la réintégration... Faut voir où ça mène mais pour l'instant, je ne suis pas emballé. Toutefois je ne m'exprime ici que d'un point de vue scénaristique, j'aime beaucoup la façon dont c'est écrit et on sent que tu ne te précipites pas, que tu prends bien ton temps pour réfléchir à chaque scène. La montée en puissance progressive de la fic me semble inéluctable désormais, ça risque de déchirer ! Smile

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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JCVgamer MessagePosté le: Mer 19 Aoû 2015 22:08   Sujet du message: Commentaire Répondre en citant  
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Bonsoir Ellana,

Le RP est laissé au repos ce soir et le commentaire sera rapide.

Ce chapitre soulève davantage de question qu'il n'apporte de réponse, laissant le lecteur formuler ses propres hypothèses avant que l'auteur ne viennent y répondre.
Déjà l'organisation du G7, j'avoue que je m'y perd un peu dans les noms, qui commande qui, etc... Ceci a pour avantage de laisser à l'auteur le soins de surprendre le lecteur au niveau des intrigues internes.
Et effectivement comme la signalé Icer, ça promet du lourd.

J'aimerais revenir sur le monde virtuel dans lequel évolue Sandra. (Enfin j'ai déduis qu'il s'agissait d'un monde virtuel). Comment une créature virtuelle peut-elle tuer dans tout les sens du terme un avatar ? Car en principe il était sensé se dévirtualiser tout simplement. J'espère que l'explication sera cohérente.
J'ai bien aimé le principe de cerveau et de cobayes, c'est bien expliqué.

Pour ce qui est de Kadic, Icer se plaint que l'intrigue est centrée sur Mathilde, personnellement je ne trouve pas cela dérangeant en soi, il s'agit du personnage principal de ta Fanfic donc il est normal que la plupart des passages soient centrée sur elle.
La scène avec le spectre est classique dans la forme, mais le fond est assez surprenant, comment Mathilde a-t-elle pu remarquer aussi facilement qu'il s'agissait d'une création de XANA ? Le fait que Yumi fait un câlin a Ulrich devant tout le monde ?

Après la façon dont elle gère la chose entre Jim, le proviseur, toussa est assez excellente, bien écrite et plutôt cohérente. Notons qu'elle n'a pas forcément eu trop la trouille lorsqu'il a fallu retarder le spectre, un surplus d'adrénaline dû au fait que c'est Ulrich qui s'est fait attaqué ? ^^
Bref si les séquences de Kadic n'emballent pas trop notre référent des glaces à cause de leurs centralisation sur Mathilde, moi je les trouves pour l'instant assez intéressante, après j'imagine qu'il y a moyen d'améliorer la chose (on peut toujours faire mieux) Peut-être que lorsque l'intrigue commencera à s’accélérer, il y aura davantage de passage sur les héros en globalité ? A voir.

En clair un chapitre plutôt bon et une intrigue qui monte en puissance. Bref, je t'encourage pour la suite.

Au plaisir de trouver une réponse aux questions virtuelles.
_________________
S'il existe différents maîtres contrôlant chacun un élément, je m'exerce à devenir le maître de la lumière.

Une nouvelle attaque lancée contre ces enquiquineurs, enfin une parodie d’attaque, car après celle-ci je lance l’attaque fantôme, un projet que prépare déjà depuis quelques temps et qui les mèneras tout droit à leur perte. One-Shot à paraître

https://lh3.googleusercontent.com/-07EHZzPU0Ko/Vgzy9hJt4qI/AAAAAAAAH10/3EekCXHPMjg/s600-Ic42/moviewatchSeptember2015.png

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Silius Italicus MessagePosté le: Dim 13 Sep 2015 14:33   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


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Bonsoir chère Ellana,
c’est un chapitre de transition que celui-ci, mais non dénué d’intérêt, n’est-ce pas ?

Ce neuvième chapitre adopte une structure ternaire. Il commence en Russie, se poursuit en France, et se termine à Kadic, le tout dans une forme descendante. En effet, le texte descend depuis les sphères du pouvoir et de l’initiative jusqu’au quotidien presque ordinaire de ceux qui cherchent à sauver leur monde. De ceux qui ont l’initiative à ceux qui subissent en somme. La cohérence logique de ce développement occulte les effets liés à l’aspect transitif de ce chapitre, ce qui est bienvenu.

L’intérêt est relancé par les deux portraits auxquels vous vous livrez. Un portrait du membre russe du G7, et un portrait de Sandra. Cette dernière avait déjà été présentée et dépeinte. Rien de foncièrement nouveau n’apparaît ici. Mais vous complétez, ajoutez de petites touches et des réactions qui permettent au lecteur de la jauger dans ses relations. Le traumatisme qu’elle vit sur Caldin laisse à penser qu’elle va changer en profondeur durant le reste du récit, ce qui va être des plus intéressants à regarder. La description de son chef est bien plus intrigante. En fait elle pivote autour d’une phrase : « ils n’étaient pas des seigneurs du mal ». En effet tout dans sa position, ses plans, son comportement tend à faire de lui un personnage de méchant dans la norme, un seigneur du mal. Et pourtant, il dénie ce statut, sans pour autant poser que ses méthodes et objectifs ne sont pas typiques d’un tel modèle. En quelques mots il est devenu particulièrement attirant et intéressant. Il a acquis une saveur nouvelle. Son orphelinat est une idée très intéressante, qui demande tout de même, outre une vision à long terme, des moyens et une position stables. Aussi n’est-il sans doute pas le parrain d’une quelconque mafia.

Quant à Caldin, le mystère continue de planer, et même de s’épaissir sur ce qui s’y passe et ce que veulent en faire les Russes.

La partie française présente une attaque rondement menée, qui présente deux intérêts. D’abord, elle prépare en douceur l’insertion de Mathilde dans la bande. Elle s’est rendu très utile, et bientôt sera indispensable. Un défaut classique, paraît-il, des récits en ce royaume, consiste en l’ajout expéditif de personnages dans le cercle. Ici, c’est le contre-pied qui est pris. Aussi est-il logique que les choses semblent durer. Après tout la vie n’est pas toujours impulsive. Et puis cela permet de développer le personnage de Mathilde, de la faire évoluer et de regarder ses réactions face à divers dangers.

Enfin, tout en finesse, et presque en discrétion, l’intrigue entre Ulrich et Yumi connaît une avancée. Cette histoire d’amour est l’un des plus lourds héritages laissé par les scénariste. Et voir cette difficulté prise au sérieux n’est pas très courant.

Deux choses cependant interpellent dans ce chapitre. Laura parle parfaitement français, alors qu’elle est censée n’avoir eu de formation que scientifique, ou peu s’en faut et ce en Russie. D’autre part, sachant qu’il faut trois heures en avion pour rallier Paris et Sanit-Petersbourg, l’aller et retour avant l’aube entre la maison des Gauthier et le laboratoire Russe paraît pour le moins difficile.

Au plaisir de voir les meutes se croiser.

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AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Ellana MessagePosté le: Jeu 17 Sep 2015 17:15   Sujet du message: Répondre en citant  
X.A.N.Alloween 2013 (T)


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Spoiler




Voici le dixième chapitre ! Pour être sincère, il ne sert pas à grand-chose si ce n'est la dernière page qui amène deux bouleversements dans l'intrigue : une amorce de remise en question pour un personnage et un profond choc pour un autre.
Voilà, comme d'habitude, j'essaierai d'être moins longue pour la parution du prochain chapitre !


Chapitre 10 : Fantômes


Aelita n’avait pas mis de réveil. On était samedi, Jérémie avait enfin reconnu que du sommeil lui ferait du bien et elle était tout à fait d’accord avec lui.
Les rayons du soleil lui caressèrent le visage tôt mais il était plus de dix heures lorsqu’elle ouvrit les yeux. Elle resta allongée dans son lit, le regard fixé sur le plafond. Elle avait une mission pour le week-end.
Cinq minutes plus tard, elle était sur Internet en train de regarder les horaires de cinéma.
Cela pouvait paraître stupide comme ça mais Aelita était plutôt sûre d’elle. Si Yumi refusait catégoriquement d’accepter Mathilde sur Lyoko, peut-être fallait-il commencer par les faire s’accepter en tant qu’amies. Le nœud du problème étant sans doute la jalousie, cela ne serait pas forcément efficace tout de suite mais à moins qu’Ulrich décide enfin de clarifier les choses, Aelita ne voyait pas d’autre solution.
Mathilde était occupée à écrire dans son journal lorsque son portable vibra. Elle ne connaissait pas le numéro mais se doutait que Jérémie l’avait sans doute donné à son groupe.

- Allo ?
- Salut, c’est Aelita. Je ne te réveille pas ?
- Non, non pas du tout.
- Est-ce que tu es dispo cet après-midi ?
- J’ai rendez-vous avec la dissert’ de français mais j’envisage de lui poser un lapin.
- Super ! Est-ce que ça te dirait d’aller voir les mondes de Ralph au cinéma ?

Mathilde se retint de dire qu’elle l’avait déjà vu.

- Ouais, avec plaisir.
- On se fait ça entre filles avec Yumi, ça ne te dérange pas ?
- C’est plutôt à elle qu’il faut demander…
- Je m’en occupe ! Je t’attends à 14h15 devant le ciné, ça te va ?
- OK.

Aelita raccrocha en se disant que c’était la partie facile. Et effectivement, Yumi ne fit pas preuve du même enthousiasme.

- Arrête de faire ta gamine !
- Cette fille ne me plait pas.
- Tu ne dirais pas ça si tu allais parler à Ulrich.
- Il n’a rien à voir là-dedans.
- C’est ça…
- De toute façon, j’ai pas envie.

Aelita soupira. Il était étonnant qu’Ulrich ne soit pas encore devenu gay.

- Dis-toi que c’est un ciné entre copines ! Histoire de se changer les idées.
- Bon, je te renvoie un texto tout à l’heure. J’ai promis à Hiroki de l’aider sur ses devoirs.
- Un jour, il faudra que tu arrêtes de te servir de lui comme excuse.
- Ouais, ouais, je le note.

Sans grande surprise, Aelita et Mathilde se retrouvèrent seules devant le cinéma. Si la première grogna en découvrant un SMS d’excuse sur son portable, l’autre sourit avec un air presque méprisant.

- Elle a l’air tellement engageante, cette fille !
- Elle est sur les nerfs en ce moment, entre XANA et… Enfin, elle est perturbée.
- Je vois ça. Bon on y va ?

Aelita hésita une brève seconde, son portable toujours à la main. Cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas éteint son téléphone. Elle le gardait en vibreur de jour comme de nuit mais la puérilité de Yumi l’agaçait. Elle aussi allait être égoïste.

Bah, le monde peut bien tourner sans moi pendant deux heures.

Elle entra dans la salle au moment où XANA attaquait.

***


Jérémie faillit tomber de son lit lorsque l’alerte retentit. Il attrapa ses lunettes, découvrit dans un geste brusque que sa lampe ne savait pas voler et cligna plusieurs fois des paupières, abruti par la lumière trop vive dans sa chambre.

- 14 heures 10 ? s’étrangla-t-il en jetant un œil à son réveil. C’est une blague ?

Il ne prit pas la peine de répondre à sa propre question. Le portable déjà à la main, il composa le numéro d’Aelita.

- Répondeur ? s’étrangla-t-il à nouveau. Sérieusement ? J’espère que ce n’est pas elle qui est visée…

Il pianota à nouveau sur son portable et se sentit soulagé en entendant Ulrich lui répondre.

- Ouais Jérémie ?
- Tour activée. T’es avec les autres ?
- Avec Odd et William, on se fait un baby-foot.
- Dépêchez-vous d’aller à l’usine. Je préviens Yumi.

Jérémie raccrocha au moment où la japonaise lui téléphonait.

- Jérémie ! J’ai un spectre aux basques !
- Où tu es ?
- Je sors de chez moi. Je vais vers l’usine.
- Ok, on s’y rejoint. Les autres ne devraient pas tarder.

Jérémie se trompait. Alors que William, Odd et Ulrich allaient quitter le foyer, les murs tremblèrent. Les rares tableaux accrochés aux murs vinrent se briser sur le sol.

- Oh non, ça me rappelle quelque chose ! marmonna Ulrich en échangeant un regard avec Odd.

Le blondinet se précipita vers la poignée de la porte. Il poussa une exclamation de douleur plus que de surprise.

- C’est pas vrai, il nous refait le coup de la pièce électrifiée !
- Quoi ? s’étonna William.
- XANA nous avait enfermés dans le réfectoire une fois. On ne pouvait plus sortir ou entrer, tout le bâtiment était soumis à de la pression électrique.
- Là ça a l’air moins fort, nota Odd. Tu te souviens comment j’avais volé en essayant d’ouvrir la porte la dernière fois ?
- Parce que cette fois, XANA ne veut pas prendre le risque que le bâtiment s’écroule. Il a besoin de nos codes, il nous veut vivants.
- Euh… Rappelle-moi quand ça a été prouvé qu’on avait besoin d’être vivants pour qu’il pique nos codes ?

Ulrich en eut le souffle coupé mais il secoua vite la tête.

- S’il voulait nous tuer, il aurait mis la même pression que la dernière fois. Là, j’ai l’impression qu’il veut seulement nous retenir.
- J’espère que Yumi et Aelita sont ensemble et prêtes à aller sur Lyoko, s’inquiéta William en sortant son portable.
- Je rappelle Jérémie pour le prévenir qu’on est bloqués.
- Pas besoin, signala Odd.

William et Ulrich tournèrent la tête vers la fenêtre. Jérémie les regardait à travers la vitre et la grimace sur son visage indiquait déjà qu’il avait compris le problème. Il articula quelque chose puis fit un V avec ses doigts avant de filer.

- Euh… il nous demande de rester Peace and Love ou il nous fait le signe de la victoire ? railla Odd.
- Il voulait peut-être nous inciter à patienter en disant deux minutes ? proposa Ulrich, lui aussi perplexe.
- Si vous aviez regardé un peu sa bouche, vous auriez compris. Deux tours ont été activées.
- Encore ? Décidément, XANA nous la joue replay aujourd’hui !
- Ouais. J’espère qu’Aelita et Yumi vont s’en sortir.

***


Yumi arriva sur le pont de l’usine, hors d’haleine. Elle se força toutefois à garder un visage calme et assuré pour ne pas inquiéter Jérémie qui, comme elle le soupçonnait, l’attendait en panique dans le labo.

- Où est le spectre ?
- Il devrait débarquer d’ici une ou deux minutes. Les autres sont déjà sur Lyoko ?
- William, Odd et Ulrich sont coincé au foyer. Je n’arrive pas à joindre à Aelita.
- Attends, comment ça coincés ?
- XANA a activé deux tours. L’une pour créer une sorte de champ magnétique autour du foyer, comme la fois où il a bloqué la cantine. La seconde génère le spectre. L’ennui, c’est que je ne sais pas laquelle gère quoi. Logiquement, celle activée en premier est responsable du premier impact, donc a priori du spectre mais si les garçons n’ont pas remarqué tout de suite qu’ils étaient prisonniers, plus rien n’est sûr. Et je ne comprends pas pourquoi je n’arrive pas à joindre Aelita.
- Einstein, calme-toi. Je te jure que le spectre en avait après moi. Aelita a peut-être juste un souci avec son portable.
- Ou alors, XANA a réussi à générer plusieurs spectres en activant une seule tour.

Yumi voulut répondre que c’était impossible mais elle se rappela les trois exemplaires de Rémy et préféra ne pas s’étendre sur le sujet.

- Je vais aller sur Lyoko. Je désactive la première tour, puis la deuxième. Avec un peu de chance, Aelita m’aura rejoint. Par contre, est-ce qu’il ne vaut pas mieux que je libère les garçons avant de détruire le spectre ?
- Si… Si, c’est une meilleure idée. Le spectre va sûrement leur courir après quand il verra que tu n’es plus à portée mais au moins, ils pourront venir désactiver la deuxième tour si jamais tu es dévirtualisée.
- Tu vois, on va s’en sortir comme des chefs, ne panique pas !

Jérémie regarda le visage souriant de Yumi, ses yeux remplis de confiance, et il hocha la tête.

- Tu as raison. C’est pas le moment de paniquer.
- Voilà. Je descends, reste calme et ne me virtualise pas dans la Mer Numérique !
- T’inquiète.

Yumi adressa un clin d’œil à Jérémie mais les portes du monte-charge étaient à peine refermées qu’elle perdait son sourire.

- Punaise, je comprends enfin ce que pouvait ressentir Aelita… Tu parles d’une pression…

Son assurance se dissipa au fur et à mesure qu’elle avançait vers le scanner et lorsqu’elle atterrit sur le territoire Montagne, elle réalisa que jamais elle n’avait eu réellement peur en allant sur Lyoko. La présence de ses amis suffisait à la rassurer et à lui faire oublier que la situation pouvait terriblement mal tourner. Même la fois où elle avait failli mourir dans la Mer Numérique n’avait pas suffi à l’effrayer.
En revanche aujourd’hui, savoir que tout reposait sur ses épaules la rendait malade.

- Je t’envoie l’overwing. La tour activée n’est pas trop loin. Tu la désactives et après, tu rejoins la tour de passage pour aller dans le Désert. J’essaye encore de joindre Aelita.
- OK.

Yumi sauta sur son véhicule et fila droit devant elle. Elle ne tarda pas à avoir la tour en visuel mais un détail l’interpella.

- Jérémie… Il n’y a pas de monstres.
- Si, moi j’en ai deux sur mes écrans.
- T’es sérieux ?
- Deux Bloks. Ça ne devrait pas être trop dur.
- Jérémie, je ne les vois pas, affirma Yumi en décrivant un cercle à bonne distance de la tour.
- Ils doivent être invisibles.
- Sans blague !
- La dernière fois, Aelita avait remédié à ça avec un champ de force. Mais je n’arrive toujours pas à la joindre…
- Les monstres, puis Aelita, c’est vachement cool les fantômes, soupira Yumi. Des nouvelles du spectre ?
- Il a dû partir à la recherche d’autres codes parce qu’il ne s’est pas montré ici.
- OK. Est-ce que tu peux me dire un peu plus précisément où sont les monstres ?
- Il y en a un de chaque côté de la tour par rapport à ta position. Si tu traces en ligne droite, tu entreras sans les croiser mais ils risquent de te détecter dès que tu approcheras et tu n’auras pas le temps d’atteindre la tour.
- Je ne vais pas faire la kamikaze.

Yumi réfléchit plusieurs secondes avant de lancer :

- J’ai une idée.
- Je te fais confiance.

Descendant le plus près possible du sol, Yumi fila en rase-motte vers la tour. Les premiers lasers ne tardèrent pas à fuser. Elle en absorba quelques-uns avec ses éventails, se positionna de manière à ce qu’ils arrivent bien de face et sauta de l’overwing en plein vol. Comme elle l’espérait, le véhicule alla heurter un des monstres invisibles qui explosa en pixels rouges.

- Ah, je vous préfère comme ça !

Un laser la toucha à la main et elle se força à rester concentrée. Les tirs lui permettaient de visualiser à peu près l’endroit où se situait le monstre mais elle allait avoir du mal à le vaincre.
Il ne lui restait qu’à courir en espérant attendre la tour avant d’être dévirtualisée.
Yumi esquiva un dernier laser et commença sa course, l’inquiétude semblant lui donner des ailes. Cela aurait pu marcher si un rayon glaçant ne l’avait pas touchée à la jambe alors que sa main allait se poser sur la tour. Les mâchoires serrées sur un juron, elle se retourna. Elle ne pouvait toujours pas voir le monstre mais des lasers continuaient de pleuvoir sur elle, lasers qu’elle parait avec de plus en plus de difficulté.

- Jérémie ! ne put-elle s’empêcher de hurler.
- Je cherche, je cherche… Baisse-toi !

Yumi obéit et se recroquevilla sur sa jambe glacée. L’overbike apparut alors devant elle, bouclier inattendu.

- Tu ne vas gagner que quelques secondes. Bon sang ! Mais que fout Aelita !

La japonaise ne se laissa pas gagner par l’énervement de Jérémie. Qu’il parle d’Aelita fit naître une autre idée dans son esprit.
Au moment où l’overbike explosa, elle porta les mains sur ses tempes. Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Lorsqu’elle utilisait son don de télékinésie, elle percevait les choses dans son esprit. La vue des choses en question facilitait sans doute la tâche mais son instinct lui soufflait qu’elle n’était pas indispensable.
Le tir du Blok passa au-dessus de la tête de Yumi lorsque le monstre s’éleva dans les airs. La japonaise ne le voyait toujours pas mais elle savait qu’elle le tenait. Elle concentra alors toute son énergie pour l’envoyer le plus loin possible de la tour. Le temps qu’il se relève, elle avait retrouvé sa liberté de mouvement.

- C’est bon, Jérémie !
- Beau boulot.

Yumi hocha la tête. À croire que l’angoisse stimulait l’intellect.
Elle entra dans la tour avant de se laisser porter jusqu’à l’étage supérieur. Sa main se posa sur le tableau de contrôle et elle ne put s’empêcher de murmurer :

- Tour désactivée.
- Super. J’appelle les garçons.

***


- Nickel. Merci Jérémie.
- Alors ?
- On peut sortir ! On a en fait intérêt à vite le faire, étant donné qu’un spectre ne va pas tarder à rappliquer et que Yumi est toute seule sur Lyoko.
- Quoi ? s’étrangla Ulrich. Aelita a déjà été dévirtualisée ?
- Pas exactement… Jérémie n’arrive pas à la joindre.
- Le spectre est avec elle ?
- Je crois pas non, intervint William en forçant les deux autres à reculer.

Aelita venait d’entrer dans le foyer. Son sourire avait un éclat glacial et ses yeux une lueur familière.

- C’est très ironique, XANA !
- Odd, Ulrich, vous foncez sur Lyoko. Moi je le retiens ici.
- Mauvais plan. Tu ne l’intéresses pas, si on te laisse seul, il va partir à la recherche d’Aelita.
- Au moins, on saura où elle est !

Ulrich ouvrit la bouche pour protester mais trouva finalement que l’argument sonnait juste.

- D’accord.

Le spectre avança vers Odd mais William avait déjà attrapé le drap qui recouvrait le canapé face à la télévision. Il sauta sur la fausse Aelita et entreprit de l’emmitoufler soigneusement.

- Cassez-vous !

Odd et Ulrich ne se le firent pas dire deux fois.

***


- Tu les vois cette fois ?
- Pour sûr, soupira Yumi.

À plat ventre sur le Territoire Désert, elle fixait les monstres qui patrouillaient au cœur du cratère. Trois Tarentules et quatre Krabes. Même si elle sentait toujours son cerveau tourner à toute vitesse, elle voyait difficilement comment s’en sortir. Elle ne pouvait pas prendre le risque d’attaquer pendant qu’elle était seule.

- Évite de te faire dévirtualiser trop tôt, conseilla Jérémie comme s’il avait lu dans ses pensées. Je viens de t’envoyer Odd et Ulrich, il leur faudra un peu de temps pour te rejoindre. William suit le spectre, il a dû partir à la recherche d’Aelita mais si tu reviens sur Terre rapidement, il risque de changer de cible.
- Je vois le topo. Ne t’inquiète pas, j’attends sagement les garçons. En parlant d’Aelita, tu n’as toujours pas de nouvelles ?
- Non. Je suis en train de me demander si je ne vais pas appeler Laura pour qu’elle me remplace.
- Si le spectre est toujours en mouvement, c’est qu’Aelita ne risque rien pour le moment, non ?
- Tu as sans doute raison.

Yumi hésita. Elle ne pouvait pas dire la vérité à Jérémie. Elle était persuadée à plus de 95 % qu’Aelita se trouvait au cinéma avec Mathilde, il y avait peu de chance pour qu’elle ait annulé sous prétexte que Yumi ne venait pas. Mais l’annoncer à Jérémie n’arrangerait sans doute pas la situation.
D’un autre côté, cela retarderait peut-être encore l’intégration de Mathilde dans le groupe, intégration sans doute déjà quasiment acquise par son sauvetage chanceux d’Ulrich.
Mais Yumi ne pouvait pas se mentir éternellement : dans ce genre de situation, l’aide d’une autre personne ne serait pas de refus.

Spirale schizophrénique bonjour…

Elle se contenta donc d’attendre en silence que Odd et Ulrich, à deux sur l’overboard, la rejoignent.

- Merci jolie princesse de nous avoir délivrés de notre donjon ! lança le premier alors que le second retrouvait la terre ferme avec soulagement.
- Y a pas de quoi. Je vous ai laissé quelques dragons, répondit Yumi en souriant, soulagée de ne plus être seule.
- Trop aimable ! Go !

Sans attendre davantage, Odd plongea dans le cratère, tirant des salves de flèches laser.

- Et deux Krabes en moins ! se vanta-t-il.

Les Tarentules ripostèrent aussitôt tandis que les deux autres Krabes visaient Yumi et Ulrich qui arrivaient en courant.

- Triplicata !

Couverte par un des Ulrich, Yumi envoya ses éventails. Une Tarentule fut coupée en deux mais avant que la japonaise puisse se réjouir, un laser fusa dans son dos, suivi par un autre.

- Yumi ! s’écria Odd depuis son surf.

La jeune fille disparaissait déjà. Ulrich se retourna et n’eut que le temps de parer un troisième laser avec son sabre.

- Jérémie ?
- Deux autres Tarentules juste devant toi.
- Je ne les vois pas !
- C’est pas vrai…
- Ulrich, je m’en occupe, toi, tu fonces à la tour, sans te poser de questions ! ordonna Odd.

Le samouraï hocha la tête.

- Supersprint !

Il sentit un tir lui frapper le bras alors qu’il courait mais il ne s’en préoccupa pas.

XANA est devenu plus fort. À cause de moi… S’il ne m’avait pas pris tous ces codes…

Il faillit se faire dévirtualiser mais Odd veillait. Essayant d’anticiper les tirs des Tarentules invisibles, il se concentra sur les monstres les plus proches de la tour pour laisser le champ libre à Ulrich qui ne tarda pas à entrer.

- C’est bon, Jérémie !
- Parfait.

Le blondinet ne ressentait pour autant pas le même soulagement que d’habitude. Alors que Yumi le rejoignait, il appela William.

- Tour désactivée.
- Ouais je sais, le spectre vient d’exploser.
- Il t’a amené jusqu’à Aelita ?
- Euh… Bah c'est-à-dire que je crois savoir où elle est. Je suis en train de rentrer au lycée là parce que y a plus de danger et…
- Où elle est ?

Yumi grimaça dans le dos du génie qui ouvrait des yeux ronds. Elle croisa les doigts pour que William tienne sa langue mais déjà, Jérémie hurlait :

- Tu te fous de moi ?

***


- Alors ? demanda Mathilde lorsque les lumières se rallumèrent.
- Pas mal ! Vraiment pas mal !
- Au début, je trouvais qu’il faisait un peu plagiat d’autres dessins animés et finalement, je n’ai pas été déçue.

Aelita hocha la tête et fut la première à sortir du cinéma. Elle ne se rappelait pas à quand remontait la dernière fois où elle s’était sentie aussi détendue. Elle se sentait libre, sereine, l’esprit léger. Pour une fois, elle arrivait à mettre de côté toutes les préoccupations liées à Lyoko, sa mère, Tyron.

- On se prend une glace ?

Mathilde ne put s’empêcher de sourire.

- Donc c’est ça, combattre une entité virtuelle démoniaque ? Passer ses week-ends au ciné et manger des glaces ?
- C’est quelque chose qui ne m’était jamais arrivé mais je pense que je vais le rendre obligatoire. Tu crois que ça te plairait ?
- Tu sais bien que ce n’est pas moi qui dis non, railla Mathilde. Je ne sais même pas comment montrer à Yumi que je suis digne de confiance. Je ne sais même pas si c’est ça le vrai problème.
- Le seul vrai problème qu’a Yumi n’est pas prêt d’être réglé, crois-moi.
- J’ai le droit d’être au courant ?
- Bof, ça n’en vaut pas la peine. Une glace alors ?
- OK !

Attablées devant une vanille / citron et une spéculoos / noisette, les deux filles discutèrent de tout et de rien avant que finalement, Mathilde ne résiste plus.

- Aelita, est-ce que tu crois que Yumi va changer d’avis ? Est-ce que tu crois que je vais pouvoir faire partie de votre groupe ? Je sais que je n’avais pas l’air emballé au début mais… Je regrette de ne pas avoir dit oui tout de suite.
- Même si Yumi continue à dire non, je pense que cela ne restera pas un problème. Elle était aussi contre l’arrivée de William et…

Aelita hésita. Au fond, Yumi n’avait pas eu tort de se méfier. William leur avait causé tellement d’inquiétudes. Et si Mathilde suivait la même voie ?
Elle secoua la tête. Mathilde ne semblait pas avoir assez confiance en elle pour s’éloigner du groupe sur Lyoko. Elle risquait même, à l’inverse, de ne pas savoir comment réagir si elle se retrouvait seule.

- Et finalement, elle a changé d’avis ? termina Mathilde sans se rendre compte qu’Aelita ne pensait pas à cela.
- Oui. Donc je suis presque certaine que ce sera la même chose pour toi. Je vais en reparler à Jérémie aujourd’hui ou demain, pour qu’on en discute tous entre nous.
- D’accord. D’ailleurs, tu devrais peut-être rentrée, vous n’avez pas une heure limite de retour à l’internat ?
- Il est déjà si tard ? s’étonna Aelita en prenant son portable. Je…

Elle ne termina pas sa phrase et pâlit brusquement.
Elle avait vingt-deux appels en absence.

- Hey, ça va ? s’inquiéta Mathilde.
- Une seconde.

Le cœur battant à tout rompre, l’esprit occupé par des dizaines de scénarios catastrophe, Aelita rappela Jérémie.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-elle avant même qu’il ne parle.
- Attaque de XANA. On s’en est sorti, c’est bon, tours désactivées.

La voix de Jérémie était glaciale et il raccrocha sans attendre de réaction. De toute façon, Aelita n’aurait pas pu répondre. Elle avait l’impression que son être entier s’était figé.
Ils étaient allés sur Lyoko.
Sans elle.

***


Laura bailla. Le retard qu’elle accumulait sur ses plans personnels l’agaçait mais elle dormait mal en ce moment. Cela réduisait son efficacité.
Aussi même si elle rêvait d’une sieste expresse avant le dîner, elle s’était installée devant son ordinateur, résolue. Rien ne pourrait l’arrêter, elle avait décidé d’avancer et c’était ce qu’elle allait faire.

- Gauthier !

Laura faillit tomber de sa chaise.

- Vous ne frappez plus, Monsieur Morales ?
- C’est un cas d’extrême urgence ! Le proviseur t’attend, tes parents veulent te voir !
- Vous avez dû vous tromper d’élève, Monsieur.
- Négatif ! Tes parents sont avec Monsieur Delmas, je crois qu’ils vont te retirer de l’internat.
- Mais oui, bien sûr, soupira Laura en levant les yeux au ciel.

Son père avait été touché par le retour vers le passé, il n’avait jamais mis les pieds à Kadic et n’avait aucune raison de le faire. Du moment que son bulletin était excellent, que pourrait-il bien lui dire ?

- Ta mère a l’air très décidée en tout cas.

Laura devint livide et, pour une fois, perdit son sang-froid.

- Ma mère ?
- Pour sûr ! Tu lui ressembles comme deux gouttes d’eau d’ailleurs ! Allez, descends, on t’attend !

Laura suivit Jim dans un état second. C’était impossible. L’hôpital, l’enterrement, la tristesse, elle n’avait pas imaginé tout ça. Sa mère était morte.
Mais alors… Le surveillant parlait-il sans le savoir d’une belle-mère ? Se pouvait-il que son père ait trouvé quelqu’un d’autre ? Il se serait remarié sans la prévenir ? Elle n’y croyait pas, il avait bien trop souffert du décès de son épouse.
Jim frappa à la porte du proviseur et s’effaça pour laisser entrer Laura. Le peu de couleur qu’elle avait repris en marchant disparut à nouveau.
Sa mère venait de quitter un des fauteuils et la regardait en souriant.

***


Sandra Ambrasie se délecta de l’expression de Laura, même si elle aurait bien aimé la tuer. De toute évidence, cette gamine s’attendait à tout, sauf à ça.
Elle allait être tellement simple à manipuler !

- Bonsoir chérie.

_________________

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Ma belle, douce lune sous un chant blanc d'étoiles, / Astre fatigué, vagabonde hors-la-loi / Toute pâle dans l'oeil noir de loups qui aboient, / Hisse les rêves, aux nuits où tu es seule voile. ♥


Dernière édition par Ellana le Dim 09 Oct 2016 18:00; édité 1 fois
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Mophie MessagePosté le: Jeu 17 Sep 2015 18:47   Sujet du message: Répondre en citant  
[Je suis neuneu]


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Je n'ai pas de temps alors je vais m'appuyer que sur la mère ou belle mère de Laura: .......................Rassure moi surtout ne me dis pas que t'a fait CA: le père de Laura s'est mariée avec .......ANTHEA? Surprised ........ Sinon bonne continuation.
Edit: désolé j'ai pas eu le temps de lire entièrement ta fic donc oui j'ai loupé. Je ferai attention à l'avenir.


Dernière édition par Mophie le Dim 10 Jan 2016 17:56; édité 1 fois
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Ellana MessagePosté le: Ven 08 Jan 2016 19:42   Sujet du message: Répondre en citant  
X.A.N.Alloween 2013 (T)


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Ouf presque quatre mois sans publication ? XD Comme le temps passe vite...
Mophie, sans vouloir être désobligeante, tu as lu juste une phrase par-ci par-là ? Parce que sérieusement, si tu confonds Sandra et Anthéa, relis depuis le début ^^ Parce que au cas, où cela ne serait pas évident pour les autres, la femme avec le père de Laura est Sandra et ils ne sont pas vraiment mariés... Vous aviez compris ? Merci !

Voilà, sur ce, le chapitre 11 que j'aime plutôt pas trop mal. Il est la continuité directe du chapitre précédent alors petit rappel :
Spoiler






- Tu es certaine que ça va ?

Aelita se contenta de hocher la tête. Mathilde l’avait raccompagnée jusqu’au lycée mais elles n’avaient pas échangé un mot.
Ils étaient allés sur Lyoko sans elle.
Désormais, il n’y avait plus à prouver son inutilité. Aelita avait perdu tout ce qui faisait d’elle une personne hors du commun. Elle n’était plus que l’orpheline Schaeffer, banale lycéenne. Elle avait trouvé plus intelligent qu’elle en la personne de Laura. Ses amis avaient la possibilité de désactiver des tours. Jérémie était en colère contre elle.
Tout allait de travers.

- Hé ho, Aelita ?

La jeune fille tourna les yeux vers Mathilde et son regard inquiet.

- Qu’est-ce qui s’est passé ?
- XANA a attaqué pendant qu’on était au ciné. Les autres s’en sont très bien tirés.

Mathilde marqua un temps d’arrêt, attendant une suite qui ne vint pas.

- Mais… C’est une bonne chose, non ?
- Bien sûr, soupira Aelita. Seulement… Enfin, tu vois, Lyoko c’est ma maison. J’ai…

Elle eut un petit ricanement cynique.

- J’ai l’impression qu’on est entré chez moi en mon absence, sans ma permission pour toucher à mes affaires. C’est égoïste je sais.
- Je suis désolée, je me sens coupable.
- Pourquoi ? C’est moi qui t’ai proposé de sortir.
- Ah oui c’est vrai.

Les deux filles se sourirent.

- Tu veux que je reste encore un peu ?
- Non, ça va aller. À lundi.
- N’hésite pas si demain, ça ne va toujours pas, je peux m’arranger pour passer.
- C’est gentil.

Mathilde tourna les talons après un dernier sourire timide. Aelita la regarda s’éloigner et au moment où elle partait vers l’internat, son portable vibra. En voyant le nom de l’appelant, elle choisit de prendre les devants.

- Écoute, Jérémie, je suis sincèrement désolée et…

Elle se tut aussitôt pour écouter son ami. Une joie presque coupable se peignit sur son visage et alors qu’elle raccrochait, son cœur s’emballa.
Elle avait honte des mots qu’elle allait prononcer mais comme elle se sentait mieux soudainement !

- Mathilde ! Hey Mathilde ! cria-t-elle en s’élançant dans la rue.
- Oui ?
- Tu crois aux miracles ?
- Euh… Je n’ai jamais eu l’occasion d’en voir un. Pourquoi ?
- Tour activée !

Mathilde écarquilla les yeux.

- Tu as des miracles bizarres…

***


Jérémie marmonnait devant son écran, entouré par Odd, Ulrich et Yumi. Son discours n’était pas très compréhensible mais on sentait son ton désapprobateur.
Les portes du monte-charge s’ouvrirent pour laisser apparaître William.

- C’est une blague, Jérémie, on a trois tours activées coup sur coup ?
- Oui mais je pense que XANA s’est surestimé. Une tour est bien activée, seulement… C’est difficile à expliquer, on dirait que le halo est plus faible. J’ai l’impression qu’il n’arrive pas à prendre totalement le contrôle de la tour.
- Il n’y aura pas d’attaque alors ? Parce que c’est le moment idéal, signala Yumi. On est trois codés à ne pas pouvoir retourner sur Lyoko avant douze heures, un spectre se régalerait.
- Il ne faut pas qu’on lui laisse le temps de reprendre un peu d’énergie. S’il finit l’activation de la tour, un spectre risque effectivement de débarquer.

Ulrich se renfrogna. Si seulement il avait été plus vigilant ! XANA regagnait trop de puissance et il n’arrêtait pas de se sentir responsable.

- Donc on attend en croisant les doigts pendant qu’Aelita va désactiver la tour avec William ?
- Et Mathilde, précisa Jérémie. Tu n’étais pas encore remonté des scanners Ulrich, j’ai appelé Aelita pour lui dire de prendre Mathilde avec elle. Seule avec William, ça risque d’être trop juste.

Le samouraï comprit soudain mieux pourquoi Yumi faisait une tête pareille.

- Ah, se contenta-t-il de répondre.

Le silence s’installa dans le labo, bientôt rompu par le monte-charge qui remontait.

- William, vas-y. Vous descendez tout de suite, tu leur expliqueras rapidement la situation.

Le garçon hocha la tête et lorsque les portes s’ouvrirent, Mathilde adressa aux autres un geste de la main hésitant.

- Salut.
- Salut ! rétorqua Odd avec entrain.
- Territoire Montagnes, magnez-vous, ajouta simplement Jérémie.
- On vous attend là !
- Parle pour toi, Odd, marmonna Yumi alors que les portes du monte-charge se refermaient.
- T’es lourde.
- C’est bon, je rigole.
- Pas moi.

Indifférente aux chamailleries qu’elle déclenchait à l’étage supérieur, Mathilde se dirigea vers un scanner, le corps parcourue d’excitation. Elle n’aurait pas dû se réjouir de se savoir en danger, elle, ses amis, voire le monde, mais à l’instar de Odd, elle ne pouvait s’empêcher d’être heureuse d’aller sur Lyoko.
Elle atterrit sur le sol, entourée par Aelita et William. Constatant que le garçon faisait une drôle de tête en la voyant, elle détailla à nouveau sa tenue.

- Oui… euh… C’est pas vraiment mon genre, balbutia-t-elle, mal à l’aise.
- Arrête donc, tu es super, lui assura William.

L’apparition de son loup dissimula son malaise.

- Je comprends que vous ayez eu peur la première fois ! s’exclama le garçon. Il est mastoc !

Mathilde se contenta de hausser les épaules avant de grimper sur sa monture. Elle ne put s’empêcher de lui caresser le cou et regretta de ne pas en sentir la douceur.

- A quoi tu penses ? demanda Aelita. Tu as l’air songeuse. Ça va ?
- T’as peur ? se moqua William. T’en fais pas, la dernière fois, tu n’étais pas avec le meilleur, tu ne crains rien, là.
- En fait, j’hésite juste sur le nom à lui donner.

Aelita sourit.

- Quoi, tu trouves ça ridicule de donner un nom à une créature virtuelle ? s’étonna Mathilde, gênée.
- Pas du tout. Odd surnomme tous les nouveaux monstres qu’on rencontre et la première fois qu’il m’a vue, Jérémie m’a baptisée Maya. Que penses-tu de Fenrir ? C’est un loup de…
- La mythologie nordique, je sais. Il a eu une vie un peu triste, non ?
- Effectivement. Je proposais cela parce qu’on a surnommé notre sous-marin virtuel le Skidbladnir.
- Vous avez un sous-marin ? On peut aller dans la Mer Numérique sans y laisser notre peau, enfin, notre avatar ?
- Bienvenue sur Lyoko !

Mathilde sourit à son tour.

- Va pour Fenrir alors.
- On fera en sorte qu’il aille une « vie » plus belle que celle de son homonyme.
- Oui, génial, en attendant, y a une tour à désactiver ! On se bouge !

Aelita activa ses ailes alors que William disparaissait dans un nuage de fumée noire, sous les yeux ronds de Mathilde. Elle lança son loup à leur suite et contrairement à la première fois, elle fut beaucoup plus sensible au manque de trois de ses sens. La suppression du goût passait encore mais l’absence absolue d’odeur lui faisait réaliser que dans le monde réel, rien n’était tout à fait inodore. Quant à son toucher inexistant, c’était le plus perturbant. Elle avait l’impression d’être un peu déséquilibrée et s’habituait difficilement à ce que la fourrure de son loup, ses vêtements et sa peau aient tous cette texture lisse et informe.
Penchée sur Fenrir, elle jetait des regards de tous les côtés. Le Territoire Montagnes, comme l’avait désigné Jérémie, lui plaisait davantage que le désert. Ici au moins, il y avait un vrai relief, des semblants d’arbres, des couleurs un peu plus variées.
Elle demanda à Aelita :

- Comment faites-vous pour vous repérer ?
- C’est très instinctif. En cas de besoin, Jérémie nous guide.

Ils n’eurent toutefois pas besoin de Jérémie pour trouver la tour. Elle se situait sur une plate-forme circulaire, reliée à leur propre terrain par une passerelle d’environ quatre mètres de large. D’ici, ils pouvaient déjà voir deux Krabes et une Tarentule.

- C’est un gros comité d’accueil ou ça reste raisonnable ? questionna Mathilde.
- On ne devrait pas avoir trop de mal, répondit William en reprenant forme humaine. Je peux m’en occuper tout seul.
- Hors de question, répondirent les deux filles en même temps.
- M’aurait étonné…
- A priori, il n’y a que ces trois monstres, je n’ai rien d’autre sur mes écrans. J’imagine que XANA commence à être à court de puissance pour aujourd’hui.

Aelita haussa les épaules.

- Allons-y.

William fila en avant, suivi par Mathilde. Aelita resta légèrement en retrait, prête à intervenir si un imprévu surgissait. Mais tout se déroula facilement : William réapparut juste sous le nez de la Tarentule qui fut tranchée en deux. Le premier Krabe subit rapidement le même sort, si bien que Mathilde lança :

- Laisse-moi le dernier !

William hocha la tête et se contenta de parer les tirs du dernier monstre.
Bien que le sens du toucher n'existe pas sur Lyoko, Mathilde crut ressentir quelque chose dans sa paume. Un pressentiment l'étreignit, accompagné d'une image dans son esprit. Guidée par son instinct, elle plaça son fouet à l'horizontal et lui donna une impulsion. Une onde d'énergie fusa, d’un bleu crépitant. Elle coupa les pattes du Krabe qui manqua écraser William. Plutôt que de se plaindre, celui-ci s'empressa d'achever le monstre.

- Copieuse ! Je fais la même chose avec mon arme !
- Les ondes de choc ?
- Oui.
- En fait, je…
- Plus tard ! leur lança Aelita. On s’en sort bien pour l’instant, on ne va pas s’arrêter pour faire causette !

William hocha la tête et Aelita avança vers la tour. À la surprise générale, le halo rouge disparut avant même qu’elle pose la main sur la paroi.

- Vous n’êtes pas censés rentrer dedans pour la désactiver ? s’étonna Mathilde.
- Jérémie ? Qu’est-ce qui se passe ?
- DEVIRTUALISEZ-VOUS !
- Quoi ?

Les trois Lyoko-Guerriers échangèrent des regards surpris. Le hurlement de Jérémie se confondit ensuite avec le cri paniqué de William.

- La Méduse !

Aelita sentit son cœur tomber dans sa poitrine tandis que Mathilde faisait reculer Fenrir dans un geste incontrôlé. Un monstre qu’elle n’avait pas vu la première fois venait de sortir de derrière la tour. Haut de deux mètres cinquante, peut-être trois mètres, il flottait à la même hauteur au-dessus du sol. Huit tentacules deux fois plus longs que son corps, ajoutés à sa sorte de tête transparente, justifiaient assez bien le nom de Méduse qu'avaient hurlé les garçons. Le signe de XANA apparaissait sur ce qui aurait pu lui servir de visage mais ce ne fut pas là que le champ de force d’Aelita vint s’écraser.
William ne parut même pas sentir l’attaque et s’évapora en confettis blanc avec une expression d’horreur dessinée sur son avatar.

- C’est quoi ? demanda Mathilde, gagnée par la panique de ses amis.
- Je t’expliquerai plus tard ! Dévirtualise-moi !

Mathilde ne chercha pas à comprendre. Elle plaça le manche de son fouet à l’horizontale et envoya une onde en direction d’Aelita. Celle-ci disparut au moment où deux champs de force venaient frapper Mathilde.
La jeune fille réapparut debout dans un scanner. Cette fois, personne ne l’attendait à la sortie. Elle ne tarda pas à remarquer William, assis juste devant un deuxième scanner, tremblant et enlacé par Aelita.

- Calme-toi, ça va aller. Ça va aller.

Mathilde s’approcha d’une démarche hésitante. William avait l’air en état de choc mais elle ne put s’empêcher de demander :

- Qu’est-ce que c’était ?

Aelita serra un peu plus fort William dans ses bras. Elle n’avait pas eu vraiment l’occasion de se montrer tactile envers lui, ce qui ne l’empêchait pas de ressentir pour lui la même affection que pour les autres. Elle savait de plus qu’en cet instant, les mots ne seraient pas suffisants pour l’apaiser.
Elle attendit qu’il respire un peu plus normalement pour glisser sa main dans la sienne et se retourner vers Mathilde.

- La Méduse. Un monstre a priori unique créé par XANA. On pensait s’en être débarrassés avant d’éteindre le Supercalculateur mais j’imagine qu’elle a été reprogrammée.
- Elle doit avoir quelque chose de spécial pour vous faire aussi peur…
- Elle est capable de prendre possession de ton avatar. J’ai déjà attaqué les autres plusieurs fois en étant sous son emprise, j’ai même détruit des territoires et…

Aelita jeta un regard à William qui ne réagit pas.

- Et il a eu ce genre de problèmes.
- Je vois…

Les portes du monte-charge s’ouvrirent et le reste de la bande déferla dans la salle des scanners.

- Vous allez bien tous les trois ?

Les filles hochèrent la tête mais William se recroquevilla un peu plus sur lui-même.

- Je l’ai senti, annonça-t-il d’une voix rauque. J’ai senti XANA dans mon esprit, comme s’il… Comme si je me souvenais, comme si je… j’y retournais… En voyant la Méduse, j’ai cru que j’allais à nouveau être sous son contrôle… Non c’était pire que ça, je savais que j’allais l’être à nouveau, il n’y avait aucun espoir…
- Tu es là, William, la Méduse ne t’a pas touché.
- Peut-être mais on sait qu’on a un problème de plus sur les bras, signala Yumi. De toute évidence, XANA veut récupérer son lieutenant.
- Peut-être pas, objecta Jérémie. Peut-être que c’est après Aelita qu’il en avait où…

Les regards se tournèrent vers Mathilde qui eut un mouvement de recul.

- Quoi, vous pensez que c’est ma faute ?
- On croyait la Méduse hors course et elle revient comme par hasard à ta deuxième virtualisation. C’est un peu gros comme coïncidence, tu ne trouves pas ?
- Je ne sais pas. Qu’est-ce que je pourrais apporter à XANA ? C’est vrai, je ne connais quasiment rien de Lyoko, je n’ai rien de particulier, je…
- Jérémie se trompe sûrement, intervint Aelita. XANA voulait sans doute récupérer William. Ou alors, la Méduse peut nous prendre des codes sur Lyoko, auquel cas, c’était moi qu’elle visait.
- Mais dans les deux cas, pourquoi on ne l’a pas vue avant ?
- Aucune idée. Je suis perdue aussi.

Le silence s’installa. Mathilde sentait que sa question allait paraître idiote et futile par rapport à la gravité de la situation mais elle demanda quand même :

- Vous croyez que Fenrir s’en est tiré ?
- La Méduse ne pouvait rien prendre en lui mais par précaution, je l’ai supprimé avant qu’elle l’attaque. Après, elle a disparu de mes radars donc oui, on peut dire qu’il s’en est tiré.

Le silence s’installa à nouveau. Perdu dans ses pensées, Jérémie regardait fixement devant lui tandis qu’à l’inverse, les yeux d’Aelita passaient de William à Mathilde. Les autres se jetaient des coups d’œil furtifs sans oser parler.

- Je vais rester un peu pour essayer de trouver quelque chose, finit par annoncer Jérémie.
- Moi aussi alors, ajouta aussitôt Aelita.

Le garçon parut sur le point de protester mais il se contenta de hausser les épaules. Hésitante sur la démarche à suivre, Mathilde lança :

- Je rentre chez moi ou je peux donner un coup de main ?
- Non, rentre, lui répondit Jérémie avec une esquisse de sourire. Merci de ton aide.
- Je te raccompagne.

William avait été plus rapide qu’Ulrich mais il n’échappa pas à Yumi que son samouraï avait également ouvert la bouche. Renfrognée, elle ne répondit pas au salut de Mathilde qui n’en prit pas ombrage. Moins égoïste, Aelita demanda à William :

- Tu es sûr ?
- J’ai besoin de m’aérer un peu.

La jeune fille hocha la tête. Quelques minutes plus tard, William et Mathilde marchaient côte à côte.

- Il faudrait que Yumi réalise qu’Ulrich est fou d’elle, signala timidement Mathilde, ne sachant pas trop comment lancer la conversation.

Les histoires de cœur paraissaient insignifiantes à côté de la peur qu’avait eue William mais la distraction lui convenait :

- Reconnais que son comportement porte à confusion.
- Je ne trouve pas. Au contraire, il essaye de la rendre jalouse en faisant semblant de me draguer. Tu connais mieux Ulrich que moi et tu me détromperas peut-être mais si je l’intéressais vraiment, tu crois qu’il serait aussi entreprenant ?

William sourit.

- Un point pour toi.
- Il a l’air timide.
- Trop. Je suis surpris qu’ils s’accrochent encore l’un à l’autre après tout ce temps.

Mathilde s’arrêta pour laisser passer un vélo avant de demander :

- Tu es jaloux ?
- Je l’ai été.
- Et ?
- Et quoi ?
- Pourquoi tu ne l’es plus ?
- Tu poses toujours autant de questions ?
- Et toi ?

Ils échangèrent un sourire. Mathilde se surprit alors à remarquer des détails auxquels elle n’avait pas prêté attention. La manière dont William gardait toujours les cheveux ébouriffés. Son sourire charmeur, probablement sans qu’il le réalise. Son regard sombre, en contraste avec son teint pâle. Sûr de lui, parfois orgueilleux mais pas inattentif aux autres pour autant. Il avait ce côté « je suis fort mais j’ai mes faiblesses » qui captivait les filles. Mathilde espérait sincèrement qu’ils deviendraient amis.

- Tu sais, le coup des ondes de choc avec mon fouet.
- Oui ?
- Je l’ai vu dans un jeu vidéo, avoua-t-elle avec un petit sourire. Je n’ai aucun mérite.
- C’était quand même bien pensé.
- Tu crois que j’aurai un pouvoir ? Aelita m’a dit que Yumi était télékinésiste et j’ai vu la fumée dans laquelle tu te déplaçais.
- Pour moi, ce n’est pas vraiment un pouvoir, plutôt…

William ne termina pas sa phrase. Mathilde comprit qu’ils abordaient la phase « j’ai mes faiblesses ».

- Ce que tu as dit tout à l’heure sur le fait d’être sous le contrôle de XANA… Ce n’était pas exactement comme pour Aelita, n’est-ce pas ?
- Pas exactement, railla William.

Il hésita un instant. Il n’avait jamais reparlé aux autres du temps que XANA lui avait volé. Il avait énormément échangé avec Yumi mais ce sujet était tabou, sans qu’il sache si la réserve venait d’elle ou de lui.

- Aelita n’était que très temporairement sous l’influence de XANA. Moi, quand la Méduse m’a lavé le cerveau… Je suis resté plusieurs mois prisonnier de Lyoko et de XANA.

Mathilde en eut le souffle coupé et William devina tout de suite ce qu’elle pensait.

- Oui, Jérémie s’est bien gardé de te raconter le revers de la médaille. Cette Méduse… C’est la chose sur Terre qui me fait le plus peur.
- Ce n’est pas vraiment sur Terre, donc tu n’as peur de rien, essaya de plaisanter Mathilde. Mon frère a la phobie des poissons et je te garantis qu’avec lui, ça n’a rien de virtuel !
- J’imagine. En tout cas, sache qu’on a bien agi tout à l’heure. Attendre aurait permis de voir après qui en avait la Méduse mais mieux valait ne pas prendre de risques.
- Nous étions à un contre trois pourtant.
- Crois-moi… Cela n’aurait pas été suffisant.

***


Alors que William et Mathilde se séparaient, Jérémie et Aelita travaillaient en silence. Ou plutôt, Jérémie pianotait sur son clavier tandis qu’Aelita hésitait sur l’attitude à adopter dans un silence pesant.

- Tu m’en veux ? finit-elle par demander.
- De quoi ? D’avoir pris ton après-midi tranquille, ce qui a entrainé une virée en solo de Yumi sur Lyoko ? Pourquoi je t’en voudrais ? répondit Jérémie, cinglant.
- J’avais besoin de prendre un peu l’air.
- Aelita, on ne peut pas se permettre ce genre de choses. Toi mieux que quiconque, tu sais que…
- Je voulais rapprocher Mathilde et Yumi, je ne pensais pas qu’on aurait une attaque. Je ne pensais pas que couper mon portable quelques heures serait considéré comme un crime de lèse-majesté ! Je ne pensais pas que tu pourrais stupidement bouder autant !

Jérémie leva la tête de son clavier et pour la première fois de sa vie, il eut un éclat de lucidité sur la gente féminine.

- Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Tout va bien, j’ai un petit ami qui me fait la tête pour une catastrophe qui n’a pas eu lieu.
- Arrête ta mauvaise foi. Quelque chose te tracasse.

Aelita fronça les sourcils. Jérémie n’avait plus l’air de lui en vouloir. Il semblait même sincèrement inquiet pour elle. Elle n’avait pas le droit de lui mentir.

- Je fais des cauchemars sur ma mère. Depuis qu’il y a eu ce spectre avec son apparence, ça n’arrête pas, j’y ai le droit presque chaque nuit. Elle est là, si proche que je pourrais la toucher, mais dès que je tends la main, elle disparait. Je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’elle…
- Qu’elle est vivante ?

Aelita hocha la tête.

- Pourquoi les hommes en noir l’auraient tuée ?
- Pourquoi l’auraient-ils laissée en vie ? ne put s’empêcher de répliquer Jérémie.
- Elle aurait pu être un moyen de pression sur mon père. Vivante, elle pouvait servir à le faire chanter. Et elle en savait sûrement long sur ses travaux. Peut-être qu’elle pouvait leur donner des informations ?
- Je ne sais pas, Aelita.
- Je pense que Tyron pourrait avoir des infos sur elle. Après tout, il semble avoir travaillé avec mon père. On ne peut pas exactement savoir si c’était avant ou après l’enlèvement de ma mère, si ?
- Je ne sais pas, répéta Jérémie.

Comprenant qu’il ne servait à rien d’insister, Aelita se tut et le silence s’installa à nouveau.

***


Laura était allongée sur son lit. Son vrai lit, celui dans la maison de son père. Dire que quelques heures plus tôt, elle retrouvait sa motivation à travailler ! À présent, elle avait envie de rester tout le reste de la soirée à fixer le plafond en essayant de ne penser à rien. Mais trop de choses se bousculaient sous son crâne.
Sa mère, Emma Gauthier, était vivante.
Elle l’avait espéré en secret pendant son enfance, cet espoir fou et impossible que l’on garde quand même. Adolescente, elle avait accepté l’idée de la mort mais ses rêves n’avaient pas cessé. Son subconscient l’empêchait de vraiment faire son deuil. Parfois, elle imaginait sa mère revenir et dans ces cas-là, elle se voyait folle de joie.
La réalité était toute autre. Elle n’avait pas décroché un mot de tout le trajet en voiture. Son père conduisait, en silence également, et sa mère avait vite renoncé à faire la conversation, comprenant que Laura « aurait besoin de temps pour accepter ».

- Certaines choses devaient rester secrètes. Je te promets que je t’expliquerai tout. Quand tu voudras.

Mais Laura n’était soudain plus sûre de vouloir.
Quel secret pouvait valoir qu’on simule sa mort pendant dix ans ? Qu’on se coupe de sa famille ? De sa fille unique ?
Laura eut un sourire amer. Elle valait moins qu’un secret.
Ses doigts jouaient avec son portable, verrouillé. Elle n’avait aucun ami à appeler, aucune famille non plus. Elle avait toujours cru, après la mort de sa mère, qu’elle resterait seule avec son père jusqu’au jour où elle envisagerait, peut-être, d’avoir des enfants. L’enterrement avait été sinistre, il n’y avait eu que quelques collègues de sa mère pour venir la pleurer. Pas de famille, pas de proches…
L’enterrement.
Elle n’avait pas pu l’imaginer. Le souvenir était bien présent dans sa tête. Il ne restait donc que deux options.
Laura s’empara de sa tablette. Le fait d’avoir grandie sans ami l’avait poussé à souvent écrire pour ordonner ses pensées. Elle n’arrivait pas à parler de ce qui la tracassait, elle n’avait jamais sur résoudre ses problèmes sans les avoir couché sur le papier ou sur son écran.
Soit cette femme n’est pas ma mère. Auquel cas, pourquoi se fait-elle passer pour elle ? Qu’est-ce qu’elle y gagne ? Qui le lui demande ? Pourquoi mon père est-il complice ? Pourquoi je réagis physiquement en la voyant si ce n’est pas ma mère ?
Soit c’est ma mémoire qu’on a trafiqué, auquel cas, les questions restent semblables. Pourquoi s’être fait passer pour morte ? Qu’y gagnait-elle ? Qui le lui a demandé ? Mon père était-il au courant ? Qui a réussi à jouer avec mes propres souvenirs ?
Il reste aussi l’option de ces deux hypothèses mêlées. Non seulement ma mère n’est pas morte mais en plus, une autre femme se fait passer pour elle. Peut-être pour la retrouver ? Pourquoi ?

Laura écrivit encore une dizaine de fois le mot « pourquoi » avant de reprendre ses esprits. Elle schématisa son écrit et changea son mot de passe, au cas où. Elle glissa ensuite sa tablette verrouillée sous son oreiller.
Maintenant, si elle voulait des réponses, elle n’avait plus le choix. Il fallait qu’elle pose des questions.
Sa mère (jusqu’à preuve du contraire, elle allait devoir la considérer comme telle) était assise sur le canapé à côté de son père. Elle tourna la tête vers Laura quand celle-ci entra dans le salon.

- Bonsoir. Tu as faim ?
- Non. J’ai envie de savoir.

Emma ne soupira pas, ne fit pas celle qui peinait à comprendre. Elle répondit sur un ton neutre, sans trace d’excuse ou de tristesse.

- Pour ta sécurité, il vaut mieux que tu en saches le moins possible. Tu étais sans doute trop petite pour t’en souvenir mais avant de… disparaître, j’étais scientifique. Je travaillais sur un projet gouvernemental secret qui a fini par attirer des personnes mal intentionnées. J’ai dû alors prendre des dispositions pour me protéger et vous protéger aussi. J’ai fait croire à ma mort et j’ai poursuivi mes recherches en Russie. Ton père était au courant.

Laura accusa le choc et se tourna vers son père. Comment avait-il pu lui cacher une chose pareille ? Comment avait-il pu lui mentir toutes ces années ? Une bouffée de haine inhabituelle lui monta au visage mais elle préféra se tourner à nouveau vers sa mère pour demander :

- Pourquoi tu es revenue ?
- Parce que j’ai besoin de toi.

La partie rationnelle, froide et posée de Laura reprit le dessus. D’accord, sa mère n’était pas revenue parce qu’elle lui manquait. Mais elle requérait son aide. La curiosité l’emportait largement sur la rancœur.

- Qu’est-ce que je peux faire ?
- Cela concerne mes recherches. Elles prennent une tournure de plus en plus concrète. Nous savons que nous touchons au but mais nous avons rencontré un problème récemment. Ton père m’a confirmé que tu n’avais rien perdu de ton intelligence. A quatre ans, tu essayais déjà de traficoter notre ordinateur… Tu t’intéresses toujours à l’informatique ?
- Oui.
- Qu’est-ce que tu dirais de travailler sur un ordinateur quantique ?

La méfiance de Laura revint au galop. La coïncidence était trop grande. Sa mère réapparaissait pour lui proposer de travailler sur un ordinateur quantique quelques semaines après qu’elle découvre Lyoko ? C’était forcément lié.
Mais pour le moment, elle devait jouer l’innocente.

- Bien sûr que ça me dirait.
- J’en ai parlé avec ton père et le proviseur. Samedi prochain, toi et moi, nous partons en Russie.

Laura regarda son père. Il souriait mais elle le sentait nerveux.

- Tu ne viens pas ?
- J’ai trop de travail ici ma chérie et ça te fera du bien de passer du temps avec ta mère.
- Et le proviseur me laisse quitter l’école comme ça ?
- Je lui ai assuré que ton enseignement là-bas serait optimal.
- Je ne parle pas russe.
- La majorité du personnel de la base parle plusieurs langues, tu n’auras pas de soucis. Mais si tu ne veux pas y aller, je comprendrais.

Les choses paraissaient de plus en plus incohérentes à Laura. Sa mère se faisait passer pour morte, assurait que c’était pour protéger sa famille, sortait de l’ombre pour venir la chercher et accepterait sans sourciller qu’elle ne vienne pas ? Ce n’était pas logique.

- Tu ne me dois rien, Laura, pas après tout ce temps à te faire croire que je n’existais plus. Mais j’aimerais vraiment que…
- Je viens.
- Tu es certaine ?
- Oui. A demain.

Laura quitta le salon sans attendre de réponse mais déjà, un large sourire s’étalait sur ses lèvres.
Elle n’avait plus besoin de feindre un exposé sur la nanotechnologie.
Elle allait pouvoir travailler sans se cacher sur un ordinateur quantique, ce qui allait drastiquement simplifier ses recherches sur la virtualisation.
Bientôt, elle serait capable d’aller sur Lyoko. Non pas qu’elle en tire un intérêt particulier. Elle voulait juste se savoir capable d’y arriver. Et puis... Cela pourrait toujours être utile plus tard.

-------------------------------------------------------------

Petite note pour Mophie : Emma = Sandra (trollface)

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Ma belle, douce lune sous un chant blanc d'étoiles, / Astre fatigué, vagabonde hors-la-loi / Toute pâle dans l'oeil noir de loups qui aboient, / Hisse les rêves, aux nuits où tu es seule voile. ♥


Dernière édition par Ellana le Mar 17 Mai 2016 13:54; édité 1 fois
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Icer MessagePosté le: Ven 15 Jan 2016 17:08   Sujet du message: Répondre en citant  
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Apparemment j'avais raté le chapitre 10, donc j'ai lu les deux d'une traite Mr. Green

Je n'ai pas vu les lignes passer. En dehors de quelques passages clichés faisant honneur à ta situation de jeune femme en couple, ce duo de pavés était plutôt rafraichissant. J'ai déjà du le dire mais ton style d'écriture est assez cool à ce niveau là.

Pour ce qui est du Laura/Sandra, c'est toujours aussi flou en vérité, on a pas beaucoup avancé, si ce n'est par rapport au devenir d'Emma. Nous verrons plus tard.

Pour le groupe des LG et notamment Mathilde/Yumi/Aelita, le coup du cinéma et les évènements que cela a engendré étaient bien pensés. Très bien pensés même. Franchement, c'est sans doute mon attaque préférée. J'étais un peu moins emballé pour la seconde attaque qui sentait un peu trop le "Bon, va falloir ramener Mathilde là hein ? William sous Supersmoke n'arrivera jamais à se faire trois monstres, on est d'accord ?" même si l'idée de la Méduse justifie cette façon de faire du coté de X.A.N.A (Une garde rapprochée la plus réduite possible sur Lyoko, pour d'évidentes raisons).

Par rapport à la Méduse justement, et William, il semble qu'une nouvelle mode datant de l'épisode 22 de CLE soit de le rendre terrifié à la vue du monstre virtuel. Comme la plupart des éléments venant de CLE, c'est douteux. Si on en croit la série, Dunbar ne se rappelle pas vraiment sa xanatification, et sa réplique à la sortie du scanner dans le 93 montre qu'il ne garde aucun souvenir et que tout se passe en un instant pour lui. Du coup, même si je comprends que ça lui fasse chier qu'une réplique baisse sa moyenne (Ce qui n'est même pas sûr à cause des maths et du sport lol), il n'a pas vraiment souffert durant sa période xanatifiée, et du coup le sentiment de terreur absolue que la Méduse pourrait engendrer sur lui me semble légèrement décalé dans le contexte. J'aimerai ton avis là-dessus, c'est un débat intéressant.

Globalement je trouve cette fanfic toujours aussi cool, j'espère vraiment que tu iras au bout (Si cela implique d'abandonner l'autre, pas de problème pour ma part (a) ).

Bon courage !

P.S : Quoi !? Emma c'est Sandra !!!???

EDIT : La balise meuf, la balise... Sad

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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


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