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[Fanfic] Du sang sur la neige [Terminée]

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 Auteur Message
Tyker MessagePosté le: Dim 26 Jan 2014 17:37   Sujet du message: [Fanfic] Du sang sur la neige [Terminée] Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Prologue
Chapitre 1: Condamnée à vivre
Chapitre 2: Battements de coeur
Chapitre 3: Seth
Chapitre 4: Le goût du sang
Chapitre 5: Les masques du Serpent
Chapitre 6: Une nouvelle façon d'apprendre
Chapitre 7: Coup d'envoi
Chapitre 8: Imprévu (1ère partie)
Chapitre 9: Imprévu (2ème partie)
Chapitre 10: Imprévu (3ème partie)
Chapitre 11: Tension
Chapitre 12: Abandonnez le navire
Chapitre 13: Fraternité Mortelle
Épilogue
__________________________________________



Prologue



??/??/1987

Une puanteur ignoble régnait dans la pièce, mais la jeune femme qui s’y trouvait ne s’en souciait pas. Elle s’était habituée à l’odeur depuis déjà quelques jours. Recroquevillée dans un coin de sa cellule, la prisonnière se tenait le plus éloignée possible de l’immonde tas d’excréments recouvert d’urine situé à l’autre bout de la petite pièce. La cellule ne faisait pas plus de deux mètres carrées, et ses geôliers n’avaient pas l’air de trop se soucier de son confort. Elle ne disposait ni de toilettes ni de lit. Elle ne portait pas de vêtements, un simple drap qui ne semblait pas avoir été lavé depuis une éternité était son seul bien. Sa seule source de chaleur, tout ce qui lui restait. Il n’y avait aucune lampe, pas même une bougie. Même la porte était trop épaisse pour laisser filtrer le moindre rayon de lumière. Les ténèbres étaient la seule compagnie dont la prisonnière bénéficiait. Anthéa Schaeffer passa sa main dans ses cheveux crasseux, jamais auparavant elle n’avait été autant dégoûtée. Dégoûtée d’elle-même.

La première fois qu’elle l’avait compris, elle avait régurgité le faible contenu de son estomac dans le coin où elle entreposait ses déjections. Si elle se dégoûta encore plus de cette nouvelle immondice qui était venue s’ajouter à son mélange fétide. Elle regretta bien vite d’avoir recraché le peu de nourriture qu’elle obtenait. La faim était l’un de ses pires supplices. Elle n’était nourrie qu’une fois par jour. Et en plus de la faible quantité qu’elle recevait, son plat avait un goût tellement répugnant qu’à maintes reprises elle s’était retenue de tout recracher. Un peu de bave coula le long de la bouche de la jeune femme. Elle avait si faim. L’heure du déjeuner était proche, elle le savait bien qu’elle n’ait plus aucune notion du temps. Ce n’était plus qu’une question de secondes, dans très peu de temps on lui apporterait le pain rassis et immonde qui était tout ce qui lui restait. Elle se pencha vers la petite trappe près de la porte qui servait à lui transmettre son bien, de plus en plus de bave coulait le long de ses lèvres. Le peu de raison qui lui restait semblait s’être envolé, elle n'était plus qu’un animal affamé.
Soudain, un petit bruit métallique se fit entendre, et une violente lumière envahit la cellule. Anthéa n’avait plus vu de lumière depuis des semaines. Celle-ci avait frappé ses yeux si brusquement, que la jeune femme plaqua ses mains crasseuses sur ses orbites et hurla.

-Petite cochonne, lança le garde en apercevant son tas de déjections, et dire que ma femme me répète sans arrêt que les hommes sont des porcs.

N’importe quel être humain sur Terre aurait prit ses jambes à son cou, rien qu’en reniflant l’horrible odeur qui s’échappait de la pièce. Mais le garde était habitué à ce genre de scène. Il pénétra dans la salle sans hésiter une seule seconde, et ressortit en tirant sa prisonnière par le bras. Celle-ci n’opposa aucune résistance, elle avait les idées bien trop embrouillées pour y penser. De plus, ayant gardé son bras devant ses yeux, elle ignorait totalement où on l’emmenait. Mais une chose était sûre, cela ne pouvait pas être pire que cet endroit. Elle entendit les gonds d’une porte grincer, le garde la jeta sans ménagement sur ce qui semblait être du carrelage. Puis elle entendit la porte se fermer.
Rassemblant le peu de force qui lui restait, Anthéa chercha à tâtons un point d’appui pour pouvoir se relever. Elle promena ses doigts un peu partout autour d’elle, et un léger frisson parcourut son corps lorsque son index entra en contact avec ce qui lui sembla être un mur. Lentement, elle plaqua les paumes de ses mains contre la paroi, et tenta de se relever. Ses yeux continuaient de la faire souffrir, malgré tout elle parvint à écarter ses paupières. Pourtant, même si elle savait ses yeux grands ouverts elle avait du mal à y croire. Elle se trouvait dans une petite salle de bain qui devait être de mêmes dimensions que sa cellule. Sauf qu’elle, elle disposait d’un lavabo, d’une douche, d’un miroir, d’une serviette propre, d’un assez gros bout de savon « le petit marseillais », et même d’un petit flacon de shampoing ! Après avoir passé des jours enfermée dans la crasse la plus totale, dépourvue de la moindre hygiène, elle avait l’impression de vivre un rêve.

Il ne lui fallut pas plus de trois secondes pour se précipiter dans la douche et tourner la manivelle afin de libérer la pression de l’eau. Anthéa savoura chacune des secondes qu’elle passa sous ce jet de chaleur, frottant avec frénésie sur son corps afin de retrouver son beau teint blanc. Mais la crasse s’accrochait à sa peau, et il lui fallut près de trente minutes pour s’en débarrasser. Une fois bien propre, elle se sécha rapidement. Puis commença à se coiffer avec la brosse posée à côté du lavabo, sans pour autant oser se regarder dans le miroir. Elle n’avait pas le courage malgré sa récente propreté de se regarder dans une glace, plus jamais elle n’en aurait le courage. Plus depuis… Depuis qu’elle avait perdu Aelita. Anthéa arrêta soudain de se coiffer, et quelques larmes se mirent à couler le long de ses yeux. Elle la revoyait, courir après la voiture qui l’avait emmenée. Elle revoyait chacune de ses larmes, entendait chacun de ses cris. La jeune femme s’affaissa contre le mur, elle avait énormément pensée à sa fille lors des premiers jours de sa séquestration. Mais au fur et à mesure que sa situation empirait, ses pensées pour Aelita s’était faites de plus en plus rare. Anthéa avait l’impression d’émerger d’un long cauchemar pour se retrouver à nouveau dans cette cruelle réalité. Elle s’en voulait terriblement de ne pas être, en ce moment même, au chevet de sa fille. Dieu seul sait où elle se trouve et si elle va bien. La jeune femme joignit ses mains, et se mit à prier le Seigneur pour que sa fille aille bien. Où qu’elle soit.

-C’est pas bientôt fini ?! Beugla le garde en donnant de grands coups sûr la porte. Les femmes je vous jure…

Anthéa manqua de l’envoyer balader, mais elle se ravisa de peur de retourner dans sa cellule. Elle fini de se coiffer rapidement, puis son regard se posa sur un sac en papier rose placé sous le lavabo. Intrigué, elle jeta un coup d’œil à son contenu. Et retint son souffle. Dans le sac était placée une superbe robe blanche Michael Kors, Anthéa n’avait jamais vraiment aimé les habits de haute couture, mais cette robe avait dû coûter une fortune. Cependant elle éveilla sa curiosité, on la voulait belle aujourd’hui, et elle ne put s’empêcher de se demander pourquoi.
On la traitait comme la dernière des merdes durant deux semaines, et maintenant on voulait la transformer en princesse. Ca n’avait pas beaucoup de sens à ses yeux.
Mais la jeune femme ne se posa pas tant de questions, elle savait que quelle que soit la raison pour laquelle ses geôliers la voulait élégante, il valait mieux éviter de les contrarier. Elle sortit la robe du sac, et y trouva des sous-vêtements ainsi que des chaussures à talons tous deux de la même marque que sa robe. Anthéa grimaça à la vue des talons hauts. Elle avait toujours détesté ce genre de chaussures. La dernière fois qu’elle en avait porté elle avait dû se retenir des heures durant pour ne pas hurler la douleur qu’elle ressentait à chacun de ses pas. Elle s’habilla doucement pour ne pas froisser la robe, puis sortit de la sale de bain non sans avoir pris une grande inspiration.

-Hé bin c’est pas trop tôt, souffla le garde en posant son regard sur le décolleté de la jeune femme, le docteur n’aime pas qu’on le fasse attendre.



Anthéa avait un peu de mal à croire ce qui lui arrivait. Il y a moins de deux heures elle était encore en train de pourrir dans le trou du cul du monde, et là elle était assise dans une somptueuse salle à manger, habillée comme une star du cinéma. La salle à manger en question était immense, et pourtant il n’y avait qu’une douzaine de tables. Une magnifique moquette bleu marine sur laquelle étaient brodées des fleurs de lys blanche recouvrait le sol. Et les murs de la pièce étaient tous décorés par de somptueux tableaux de la Renaissance. Mais l’homme assis en face de la jeune femme n’avait rien d’un noble de l’époque. Il était plutôt petit, il ne devait pas être trop vieux (dans les cinquante ans) et pourtant son crâne chauve ainsi que son visage était couvert de rides. Il portait un superbe costume Massimo Dutti gris foncé avec une cravate verte sombre de la même marque. Le Docteur (comme il aimait qu’on l’appelle) était un homme qui aimait dégager une aura sérieuse. Il sourit à Anthéa mais elle n’osa pas lui rendre son sourire

-Vous êtes très en beauté ce soir, dit-il d’une voix douce.
-Merci.
-Allons ne faites pas cette tête, rassura-t-il en faisant un signe discret à l’un des serveurs, aucun mal ne vous sera fait.
-J’ai du mal à vous croire, répondit Anthéa en se remémorant les deux semaines de supplices qu’elle avait vécu.

Le Docteur dut comprendre ce à quoi elle faisait allusion car il ajouta:

-Oui, je dois d’ailleurs vous présenter mes plus plates excuses pour la façon indigne dont vous avez été traitée ces deux dernières semaines. Le chef de notre prison a commis une erreur lorsqu’il vous a reçue. Vous étiez supposée intégrer l’une de nos chambres car vous nous êtes très précieuse, mais il vous a prise pour une prisonnière ordinaire.
-Ah. Répondit la jeune femme tout en se retenant au maximum pour ne pas se jeter sur le vieil homme et lui crever les yeux à coups d’ongles.

Mais une délicieuse odeur vint lui chatouiller les narines, et son estomac se remit à la torturer.
Un jeune homme brun lui apporta un magnifique plat de tagliatelles cuisinées à l’Italienne mélangé avec des champignons et des fins morceaux de poulets.
Anthéa avait un mal fou à contrôler son corps, elle brulait d’envie de se jeter tel un animal sur cette nourriture dont on l’avait privée durant des journées entières.
Elle leva les yeux vers le Docteur qui lui adressa un signe de tête encourageant, elle attrapa ses couverts avec la rapidité d’un serpent et se mit à manger. Elle tâcha cependant de conserver ses bonnes manières pour éviter de contrarier l’homme qui se tenait en face d’elle. Il ne lui fallut pas plus de cinq minutes pour nettoyer parfaitement son assiette de la moindre trace de nourriture.

Le Docteur, satisfait de voir la jeune femme en partie rassasiée, sortit un petit carnet en cuir noir de la poche intérieur de son veston.
-Ecoutez-moi bien, dit-il d’une voix sérieuse, je vais être honnête avec vous, vous resterez ici jusqu’à ce que votre mari termine ses recherches. Peu importe si cela doit durer des dizaines d’années, nous serons patients. Ensuite, je veux que vous aidiez nos équipes de recherches sur les mondes virtuels. Votre mari et vous avez travaillé ensembles durant presque cinq ans, vos connaissances ne seront pas négligeables.

Anthéa frémit un peu du ton sérieux et déterminé de son interlocuteur, elle mit quelques secondes à se reprendre, puis veilla à employer un ton identique.

-Je me moque de ce que vous pourrez me faire subir, je ne veux qu’une chose.
-Je vous écoute.
-Garantissez-moi que quoiqu’il puisse arriver, vous ne toucherez pas à un seul cheveu de ma fille. C’est tout ce que je vous demande. Je ne tenterai pas de me suicider et j’aiderai vos équipes du mieux que je pourrai à condition que vous la laissiez tranquille. Sommes-nous d’accord Docteur ?

Le vieil homme s’autorisa le luxe d’un sourire, il ne pensait pas qu’ils trouveraient un accord aussi rapidement. Il prit cependant le soin de peser le pour et le contre. Aelita Schaeffer ne présentait aucun intérêt scientifique, elle pouvait certes servir de moyen de pression sur son père, mais ils avaient déjà Anthéa. Il suffisait simplement de le menacer de faire de même avec sa fille sans qu’il sache qu’ils ne tenteront rien. Il ne voyait aucun inconvénient dans les termes du marché qu’il venait de passer.

-Marché conclu, sourit-il, maintenant que nous avons fait le plus important, je vous souhaite la bienvenue au Projet Carthage Madame Schaeffer. Et si vous me le permettez, je voudrais vous poser quelques questions avant que vous n’alliez passer le test médical.

Anthéa hocha la tête, s’ensuivit alors une longue liste de questions toutes plus ennuyeuses les unes que les autres. La jeune femme y répondit poliment sans plus. Mais bientôt, elle sentit la fatigue la gagner. Elle avait bien besoin d’une vraie nuit de sommeil.

-Pouvons-nous reporter la visite médicale à demain? Demanda-t-elle en bâillant. Je ne me sens pas au mieux de ma forme.
-Je comprends très bien, répondit le Docteur en levant les yeux de son carnet, répondez seulement à la dernière question et vous serez menée à vos appartements.
-Très bien.
-Êtes-vous enceinte?
Anthéa eu toutes les peines du monde à ne pas éclater de rire devant une question pareille.

-Non. Répondit-elle simplement.
-Vous en êtes sûre? S’enquit son interlocuteur pas vraiment convaincu. Depuis combien de temps n’avez-vous pas eu vos règles?
Une nouvelle fois la jeune femme étouffa son rire dans sa gorge. Comme si elle avait eu le temps de faire attention à ça.
Elle poussa un profond soupir et se mit à compter.
« Une semaine, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, hu… »

Une profonde stupéfaction marqua son visage, huit semaines, elle n’avait pas eu ses règles depuis huit semaines.
Le Docteur le remarqua et haussa l’un de ses épais sourcils.
-Et bien, lâcha-t-il d’un ton neutre en rangeant son carnet, je crains que votre demande pour reporter la visite médicale ne soit refusée en fin de compte.

Anthéa ne lui répondit pas, elle promena sa main sur son ventre. Était-ce possible?
Elle sentit son estomac se nouer, et intérieurement, elle savait qu’elle devait probablement être l’une des pires mères au monde. Après avoir abandonné son premier enfant, elle allait condamner son deuxième à une vie en Enfer.



C'est là que je vous laisse, bien entendu je compte sur vos remarques pour m'aider à sortir des chapitres qui seront à chaque fois un cran au-dessus du précédent.

Donc je vous laisse à vos commentaires, ce que je vous demande seulement ce sont des arguments.

Sur ce, Je vous souhaites à tous une excellente fin de journée.


Dernière édition par Tyker le Sam 20 Aoû 2016 03:28; édité 20 fois
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Draynes MessagePosté le: Dim 26 Jan 2014 18:29   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 156
Et bien.. Je trouve ça bien pour un début !
Le calvaire d'Anthéa est bien écrit (avec la description bien fournie de la cellule) et quelques éléments intéressants de scénario sont avancés : le Docteur, le second enfant d'Anthéa...
Je suivrais cette fanfic avec une grande attention !

Et c'est bien écrit niveau orthographe et niveau mise en page...c'est bon tout simplement !
_________________
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Ikorih MessagePosté le: Dim 26 Jan 2014 19:07   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1406
Localisation: Sûrement quelque part.
Bieen, voilà notre jeune padawan enfin en mesure de nous présenter son travail. Mr. Green Devant une publication d'une telle importance, j'ai bien entendu sorti un Word éphémère pour lister mes impressions et pouvoir faire un commentaire digne de ce nom sans rien oublier. Je te devais bien ça, surtout vu l'assiduité avec laquelle tu suis Abysses. o/

La majeure partie de ce prologue est descriptive, c'est pour ça que je vais m'attarder dessus. Globalement, les descriptions sont bien faites, il n'était absolument pas difficile de visualiser la scène. On peut dire que ça part bien. D'ailleurs, je salue le réalisme sur les conditions de vie de la cellule (eh oui, prendre la peine de se soucier des déjections et autres déchets organiques d'Anthéa est louable! Mr. Green).
Il y a un point qui fait un peu étrange, c'est la présence des mots grossiers dans la narration même. Ce n'est pas un reproche, on peut choisir d'adopter un style oral (même si c'est plus simple lorsque on narre à la première personne, à tout hasard, nous citerons Imprévu Mr. Green) mais à première vue ça peut passer pour une maladresse d'écriture. Après, quand on voit que vraiment ça gère autour, on peut tout à fait passer l'éponge et le voir comme une caractéristique de ton style.
J'ai également noté deux trois fautes, comme par exemple "se mit à mangé" et "plus aucune trace de nourritures", mais tu n'es pas en danger du point de vue orthographique.

Bon après c'est un prologue, c'est dur d'en dire plus notamment sur le scénario, mais pas de problème, tu as le temps de développer ton intrigue. Les fictions centrées exclusivement sur Carthage qui mettent les LG à la porte sont intéressantes à lire, et cette plongée originale dans la back-story promet de bonnes choses (surtout au vu de ce que tu m'en as dit (a)).
A titre personnel, la cellule d'Anthéa est un endroit a haut potentiel sadique. Mr. Green Je pense que tout le monde sait à quel point j'approuve ce choix.

Bref, continue à écrire et à commenter Abysses régulièrement, au boulot. Razz
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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benjisop MessagePosté le: Dim 26 Jan 2014 19:49   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 23 Juin 2006
Messages: 608
Localisation: Devant mon PC
Je suis d'accord avec Ikorih, c'est du bon boulot.
C'est très agréable à lire, les descriptions sont détaillées et nous plongent dans l'ambiance. Le contexte est posé bien qu'on ne sache pas vraiment pour le moment à quel moment on est.

C'est une intro parfaitement adaptée, qui nous laisse sur notre fin (surtout avec la fin du prologue). Ça nous plonge bien dans l'histoire grâce à la qualité d'écriture. Le contexte de ta fic (la back-story) mélangé à la réussite de ce prologue promet donc pour le premier chapitre.

Il y a effectivement 2-3 fautes, mais rien de bien gênant.

Je m'installe donc en attendant la suite Wink

_________________

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solal MessagePosté le: Lun 27 Jan 2014 07:04   Sujet du message: Répondre en citant  
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Tyker MessagePosté le: Lun 10 Fév 2014 19:30   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Chapitre 1: Condamnée à vivre



24 septembre 1987

Cela faisait près de six heures que Le Docteur consultait l’épais dossier qui contenait le rapport de ses chercheurs. Six heures qu’il était assis à son bureau. Six heures qu’aucune partie de son corps mis à part ses doigts n’avait bougé d’un millimètre. Les travaux réalisés par Anthéa Schaeffer ces sept derniers mois étaient fascinants. Jamais le Projet Carthage n’avait connu une telle avancée. La plupart des scientifiques avec qui elle travaillait avouaient qu’il y avait des moments ou elle parvenait même à les perdre avec ses explications techniques.
Malheureusement, l’équipe sous la direction de la jeune femme venait de découvrir un problème qui avait vite fait d'agacer le cinquantenaire.
En effet, même si les recherches d’Anthéa offraient la possibilité de créer un monde entièrement virtuel, aucun réacteur au Monde n'était assez puissant pour le générer.
Contrarié par cette nouvelle, Le Docteur leva enfin les yeux du dossier pour examiner la pièce dans laquelle il se trouvait. Chose qu’il avait très souvent l’habitude de faire quand il réfléchissait. Le bureau du cinquantenaire ressemblait d’avantage à celui d’un proviseur d’un collège religieux qu’à celui d’un scientifique. Un papier-peint gris peu esthétique recouvrait les murs. Le bureau sur lequel étaient amassées des piles de dossiers semblait dater du siècle dernier.

Et pourtant il était en parfait état. Une simple bougie était la seule source de lumière de la pièce. Le scientifique contempla pendant quelques minutes cette petite flamme dansante devant ses yeux. Le Feu était un élément si intéressant. Douloureux et mortel, mais également réchauffant et vital. Le Docteur s’était toujours demandé depuis son enfance pourquoi il y avait autant de choses sur cette planète. Pourquoi toutes ces plantes, ces animaux, ces insectes, ces matières étaient présents en ce monde? Dans son adolescence, il avait rapidement comprit que l’homme se croyait parfait, et qu’il n’hésitait pas à mépriser quiconque possédait une tête qui ne lui revenait pas. L’être humain avait même montré des faiblesses ridicules, ainsi qu’un manque total d’honneur ou de respect. Rapidement, les auteurs moralistes du XVIIème tels que La Rochefoucauld devinrent les auteurs préférés du Docteur. Il se penchait souvent sur le cas de la nature humaine. Tentant de trouver ses moindres défauts, ses moindres faiblesses. Toute sa vie la question de l’imperfection humaine l’avait obsédé. Et aujourd’hui, son but était précis. Le Projet Carthage n’était qu’une infime partie de tout le complexe scientifique qu’il dirigeait. Ses chercheurs étaient parmi les plus performants au Monde. Les meilleurs travaillaient en ce moment même sur ce qui serait très probablement le projet le plus important de sa carrière. Le Docteur haussa un sourcil, une idée lumineuse lui était venue en tête. Ses employeurs ne devraient pas émettre d'objection a transférer Anthéa dans son meilleur centre de recherches. Il fallait seulement éviter de leur révéler la position exacte de celui-ci.

Le cinquantenaire se mit a réfléchir. L'idée en elle-même était bonne, mais elle pouvait représenter un danger potentiel étant donné la distance qui les séparait de l’endroit auquel il pensait. De plus Anthéa était enceinte. Un voyage en avion était donc exclu. Et si encore ce n’était que ça. Le cinquantenaire posa les yeux sur un porte-document rouge près de sa main gauche. Il s’agissait du rapport d’un espion à la solde des services français provenant de L’U.R.S.S. Et les nouvelles n’étaient pas rassurantes. L’opération de transfert risquerait d’être délicate, et il ne pouvait pas se permettre de perdre la jeune femme. Il pressa un bouton dissimulé sous son accoudoir, et aussitôt, un jeune homme d’une vingtaine d’années muni d’un petit carnet entra dans la pièce.

-Dites-moi Monsieur Tanner, commença le cinquantenaire sans lever les yeux de ses dossiers, est-il possible de faire réunir les quinze meilleurs hommes présents dans ce bâtiment et de les faire venir ici en moins de deux minutes?

Son interlocuteur hocha la tête, et partit sans rien ajouter. Il revint après une minute et quarante-sept secondes accompagné d’une quinzaine d’hommes de haute stature.

Le Docteur les examina un par un. Il les avait tous recrutés personnellement.
Il ne faisait pas confiance au jugement des autres, et ne tolérait ni l'incompétence, ni l'erreur.
Le scientifique savait qu'ils rempliraient la mission qu'il s'apprêtait a leur donner.
Il était hors de question de perdre Schaeffer.

***



Un Soleil couchant éclairait encore faiblement la cité marseillaise. Coloriant l'eau de la Méditerranée d'une brillante couleur rose. Assise sur un banc, Anthéa regardait les derniers bateaux rentrer au port après une journée de travail. La jeune femme observa certains touristes qui prenaient des photos tout en baragouinant une langue qu’elle ne connaissait pas. Elle jeta un coup d’œil à sa montre, et poussa un profond soupir. L’heure de sa promenade était terminée. D’ici quelques minutes, une voiture viendrait la chercher. Qu’à cela ne tienne, elle était épuisée. Un bon dîner et une bonne nuit de sommeil lui remettraient les idées en place.
La jeune femme ferma les yeux, et se mit à caresser son ventre.
Il ne restait plus beaucoup de temps avant l’accouchement. Dans un mois tout au plus, il ou elle naîtrait.

Un coup de klaxon attira son attention. Elle tourna la tête, une voiture noire métallisé équipée de vitres teintées semblait l’attendre. Elle avait toujours trouvé ce genre de véhicule absurde. Ca se voulait discret mais c’était beaucoup trop voyant à son goût.

Une portière arrière s’ouvrit, et l’assistant du Docteur en sortit.
Anthéa connaissait assez bien le jeune Alex Tanner. C’était un rouquin de petite taille, avec un visage marqué par une acné tenace. Originaire de Glasgow, ce jeune homme à lunettes semblait sortir d’un film pour ado. Dans le genre: le petit génie ringard et moche dont personne ne veut.
Mais au Projet Carthage, ce n’était pas le physique qui comptait, mais le talent.
Or du talent, ce garçon en avait à revendre. Diplômé de Cambridge moins d’un an après son entrée, ce jeune savant avait toujours un train d'avance sur les autres. Ses professeurs affirmaient qu’un pareil génie ne naissait qu’une fois tout les trente ans.

À sa demande, et parce qu’il l’intriguait, le Docteur avait permis à Anthéa de lire le dossier du jeune homme. Elle s’était d’ailleurs souvent demandé s’il existait un dossier sur Waldo ou sur elle. Probablement. Mais de toute façon, elle doutait d’avoir l’opportunité de pouvoir les lire un jour.

Elle salua le jeune homme d’un signe de tête, mais fut assez surprise de voir l’expression sérieuse de son visage.

-Bonjour Alex, dit-elle nerveusement tout en se demandant quelles nouvelles le rouquin lui apportait pour tirer une tête pareille.
-Bonjour Madame Schaeffer. Comment vous sentez vous ?
-Un peu faible je l’avoue. J’aimerais rapidement rentrer.
- Je comprends. Malheureusement, je doute que vous puissiez bénéficier d’un temps de sommeil suffisant ce soir.
-Vraiment ? S’étonna la jeune femme. Et pourquoi cela ?
-Vous êtes transférée. Votre travail nous a permis d’avancer considérablement dans nos recherches. Mais ici, le matériel technologique est bien trop limité. Et si l’on en croit votre équipe, il n’y aucune machine sur Terre qui soit capable de générer suffisamment d’énergie pour pouvoir créer un monde virtuel.
-Et j’en suis profondément navrée, je…
-Laissez-moi finir. Le Docteur possède de nombreux centres de recherches à travers le Monde. Il se trouve que le meilleur d’entre eux pourrait obtenir ce dont vous avez besoin.
-Attendez une minute. S’exclama la mère d’Aelita. Vous voulez dire que vous possédez un supercalculateur quantique ?
-Pas tout à fait. Confessa Tanner. Mais nous pensons avoir les moyens d’en créer un d’ici quelques années. Avec votre aide cela irait encore plus vite. Et ainsi, nous pourrons enfin réaliser l’impossible.

Anthéa nota que son interlocuteur tentait de dissimuler son excitation. Elle savait que les mondes virtuels étaient devenu la plus grande passion du jeune homme, mais tout de même. Alex devait savoir quelques choses qu’elle ignorait. Et intérieurement, elle se promit d’en savoir plus à ce sujet.
Elle se contenta seulement de soupirer, avant de reprendre:

-Et quand partons-nous ?
-Ce soir.
-Pardon ?
-Je sais que c’est assez précipité. Admit son interlocuteur. Mais pour des raisons que je vous expliquerai plus tard, il vous faut partir au plus vite.

Sur ses mots, il invita Anthéa à monter dans la voiture. Celle-ci eut cependant un petit moment d’hésitation. Elle n’aimait pas qu’on la laisse dans le brouillard. Si on lui cachait la vérité, cela signifiait qu’il allait se passer quelque chose qui allait lui déplaire. Et Dieu seul savait à quel point elle avait horreur des mauvaises surprises.
Malgré tout, elle se décida à suivre l’assistant du Docteur. De toute façon, elle n’avait pas vraiment le choix.

***


Anthéa dévisagea la quinzaine d’homme qui se tenait au garde-à-vous face à elle.
Tanner l’avait conduit dans un espèce de hangar situé sous le centre de recherches où elle travaillait. Ledit hangar était peu éclairé. Et le sol parsemé de flaques dénonçait une humidité un peu trop présente. L’ambiance était assez glauque, ce qui fit frémir la jeune femme. Chaque fois qu’elle allait dans un endroit sombre et humide, elle ne pouvait pas s’empêcher de repenser à la cellule dans laquelle on l’avait enfermée à son arrivée ici. Elle salua poliment ses gardes du corps, mais aucun d’entre eux ne le lui rendit. Tandis que l’assistant du Docteur réglait les dernières formalités avec le chef de l’escouade, Anthéa examina ce qui semblait être le véhicule dans lequel elle allait voyager: c’était un fourgon Renault blanc dans un état assez déplorable. Bien qu’elle devina à l’avance que le voyage serait loin d’être confortable. Elle salua tout de même la présence d’esprit des soldats qui l’accompagneraient. Une vieille camionnette passait plus inaperçue qu’une voiture de grande marque aux vitres teintées. Un bruit de raclement de gorge la fit soudainement sortir de ses esprits:

-Navré de vous dérangé mais nous sommes prêt à partir. Annonça le jeune écossais d’une voix qui trahissait son excitation

Le ton employé étonna la jeune femme. Elle ignorait à quel point il était excité à l’idée de rejoindre le plus grand centre de recherches de l’organisation. Cependant, elle ne put s’empêcher d’avoir pitié du rouquin. Ce pauvre garçon à peine sortit de l’adolescence se comportait encore comme un enfant. Il ne savait donc pas dans quel enfer il s’était embarqué? Elle se contenta d’un hochement de tête, après quoi on la fit monter dans la camionnette.
Un profond sentiment d’angoisse envahit soudainement son corps. Elle posa sa main sur son ventre. Le voyage ne risquait pas d’être de tout repos.


***



Quatre heures s’étaient écoulés depuis le départ du convoi qui emmenait Anthéa au centre de recherches. Pourtant le Docteur n’était pas tranquille. Il ne parvenait pas à sortir de sa tête le rapport de l’espion en mission en URSS. Rapport qui faisait état d’un intérêt assez inquiétant du chef du KGB, Viktor Tchebrikov pour la jeune femme. Le cinquantenaire qui avait personnellement rencontré cet homme lors d’un gala à Moscou n’en avait pas gardé un bon souvenir. Et il savait de source sûre que ce n’était pas un homme qui lâchait prise facilement.
Il s’essuya le front. Il transpirait toujours lorsqu’il était anxieux. Ce qui avait pour conséquence de l’énerver. Il ouvrit l’un des tiroirs de son bureau, et en sortit un petit transistor. Il avait l’habitude d’écouter une chaîne musicale pour calmer ses nerfs lorsqu’il était trop stressé ou trop énervé. Il l’alluma. Mais aucun son ne sortit de l’appareil. Un espèce de grésillement désagréable fut la seule musique à laquelle il eut droit. Ce son provoqua chez le cinquantenaire un vif mécontentement. Jamais son transistor ne lui avait joué un tel tour dans l’enceinte de son bureau. Il leva l’appareil à bout de bras. Le grésillement baissa en intensivité, et une charmante petite musique phocéenne inconnue du vieil homme se mit à résonner. Cependant, le grésillement était encore trop présent pour pouvoir écouter paisiblement la chanson. De rage, le Docteur balaya son bureau d’un revers de main violent. Le dossier contenant le rapport fut projeté à l’autre bout de la pièce. Aussitôt, la musique résonna parfaitement à travers les enceintes. Le cinquantenaire ouvrit de grands yeux. Son regard se posa sur le porte-document qui gisait dans un coin. Il avait un très mauvais pressentiment tout à coup. Il se leva de sa chaise le transistor à la main. Et rapprocha l’appareil du dossier. Au fur et à mesure qu’il avançait, la musique se fit plus lointaine, et les grésillements résonnèrent à nouveau. Soudain, il se jeta sur le dossier et le vida sûr le sol. Il n’y avait rien à part du papier. Le Docteur s’intéressa alors au porte-document. Il passa ses grandes mains sur toutes les surfaces de l’objet, jusqu’à ce qu’il sentit une forme ronde à travers l’épaisseur du carton.
Un micro.
Comprenant qu’il s’était fait avoir comme un débutant. Le scientifique se leva d’un bond, et se précipita vers le téléphone.


***



Anthéa bâilla à s’en décrocher la mâchoire. Cela faisait près de six heures qu’ils voyageaient. Il devait être au moins trois heures du matin. La jeune femme s’ennuyait à mourir, aucun des hommes qui ne l’accompagnait ne semblait vouloir bavarder. Ils conservaient tous leur visage sérieux, ce qui les rendait assez ridicules à ses yeux. Elle savait que le chef de l’escouade était danois, son nom par contre était bien trop compliqué à retenir. Elle ignorait totalement d’où venaient les autres. Sauf le plus jeune, qu’Anthéa connaissait assez bien. C’était un jeune homme à peine plus âgé que Tanner. Ses longs cheveux noirs étaient coiffés en queue de cheval. Il était assez petit comparé aux autres soldats. Serguei Dragunov était un jeune russe qui avait émigré en France quelques années auparavant. Il connaissait la jeune femme car il avait été son garde du corps personnels durant les sept mois qu’elle avait passés à travailler au Projet Carthage. Ils avaient bavardé ensemble lors des nombreux repas qu’ils ont partagés. C’est ainsi qu’elle put découvrir ce jeune russe qui avait perdu toute sa famille à cause de la Guerre Froide. C’était même probablement le seul « ami » d’Anthéa depuis son arrivée.
Tanner faisait également partie du voyage, mais il préférait s’enfermer dans la lecture d’un livre de science sur l’ADN. Personne ne parlait à personne. Et le convoi ne devait pas s’arrêter. Anthéa regrettait de n’être pas allée aux toilettes avant le départ.

Soudain, un coup de feu retentit. Et la camionnette se mit à tanguer. Les passagers tentèrent désespérément de s’accrocher à ce qu’ils pouvaient. Mais un choc violent propulsa tout le monde contre l’arrière du fourgon. L’escouade se releva péniblement. Avant que deux d’entre eux ne sortent pour constater l’ampleur des dégâts. Anthéa gisait toujours par terre. Son ventre lui torturait les boyaux.

-Alors? Demanda le danois à ses hommes.
-On s’est encastré dans un arbre. Répondit l’un des soldats avec un accent britannique très prononcé. Je crois qu’on a atteint la Forêt noire.

Anthéa enregistra l’information. Ainsi donc, c’était là qu’on la conduisait. La Forêt noire allemande. Le pays était en piteux état depuis la fin de la
Seconde guerre mondiale. Normal que le Docteur en ait profité pour y construire son centre de recherches dans les environs.

Les soldats s’approchèrent du conducteur. Le pauvre homme avait reçu une balle dans la tempe. La portière était couverte de sang.

-On est attaqués! Hurla le deuxième soldat avant qu’un autre coup de feu ne résonne.
Il s’écroula dans la neige, avec un trou béant à l’arrière du crâne.
L’autre n’eut pas le temps de réagir. Une ombre s’abattit sur lui. Le bruit de sa gorge tranchée résonna jusqu’aux oreilles d’Anthéa.

Le chef de l’escouade referma brutalement les portières. Tout le monde sortit son arme et se mit en position de combat.

Tanner, qui avait reçu un mauvais coup à la tête, rampa vers Anthéa.
Cette-dernière lâcha un hurlement de douleur.

-Vous allez bien? S’inquiéta l’Ecossais en lui prenant la main.
-Je crois que je vais accoucher. Murmura la jeune femme entre deux cris.

A cette nouvelle, le commando se tourna vers elle. Elle répondit par un sourire embarrassé avant de ressentir une nouvelle contraction.

-Qu’est-ce qu’on fait ? Demanda l’Ecossais au Danois. Sa voix trahissait sa panique.
-Occupez-vous d’elle.
-Moi ? Mais je n’ai aucune notion dans…
-Démerdez-vous! Répliqua le soldat. J’ai d’autres chats à fouetter.

Un bruit métallique se fit entendre. Et la portière s’ouvrit.
Dragunov lâcha une rafale de balles contre celui qui avait tenté le coup avant de la refermer brutalement. (La portière hein ?)

-Relaxez. Dit Tanner à l’adresse d’Anthéa. Je sais ce que je fais.
-Vous en êtes sûr ? Répondit-elle faiblement.
-Oui, oui. Assura-t-il d’une voix qui voulait dire tout le contraire. Mais ça risque d’être long.
-Et bah magnez-vous alors. Balança le Danois. On n’a pas toute la nuit.

Un nouveau coup de feu se fit entendre. L’un des soldats s’écroula, un trou sanguinolant entre les deux yeux.
La panique se mit à monter.

-Putain mais ils sont cons ou quoi! Beugla un des hommes. S’ils tirent à travers la portière ils risquent de la toucher.
-Ils ont peut-être des rayons X. Suggéra un autre avant de prendre une balle à son tour.

Un à un, les soldats tombèrent comme des mouches. Il n’y avait absolument rien à faire. Ils étaient faits comme des rats. Certains tentèrent de tirer à travers les parois et les portières. Mais ils furent rapidement mit hors de combat. Le Danois fut le dernier à mourir. La balle qui le tua traversa son œil gauche avant de se ficher juste au-dessus de la tête de Tanner qui paniquait tellement qu’il avait finit par mouiller son pantalon. Dragunov, Tanner et Anthéa étaient les derniers survivants. Le carnage avait duré à peine plus de dix minutes.

Les trois rescapés s’étaient callés au fond du fourgon. Anthéa tentait toujours d’accoucher. Devant l’incompétence de Tanner, Dragunov l’avait remplacé. Même s’il se demandait à quoi cela pouvait bien servir. La mort était là. Elle n’attendait plus qu’eux. Les assaillants avaient cessé de tirer. Probablement parce qu’il était devenu trop difficile de différencier Anthéa des deux autres. Ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’ils n’arrivent. A un moment, leur officier perdrait patience et ordonnerait l’assaut général. Il n’y avait plus d’espoir.


Le crépitement d’une mitrailleuse déchira le silence qui s’était installé (cris d’Anthéa non-compris). Tanner sursauta violemment. Il se saisit de l’arme d’un des morts, et arrosa les portières dans un accès de pure folie. Dragunov le calma d’un direct en plein visage.
Des hurlements se firent entendre.

-Nous sommes fichus. Pleurnicha le jeune scientifique en posant la main sur son nez cassé.
-Taisez-vous abruti! Vociféra le Russe en lui en remettant une.

Les hurlements laissèrent bientôt place à plusieurs bruits de moteurs. Le dernier des soldats ouvrit de grands yeux étonnés.
C’est alors qu’un nouveau cri se fit entendre. Mais il était en tout point différent des précédents.
Dragunov se tourna vers Anthéa. Elle avait du finir le travail toute seule, mais le résultat était là.
Le jeune nourrisson gigotait bizarrement entre les jambes de sa mère.
Le Russe dégaina un long couteau de chasse, et coupa le cordon ombilical.
Puis, il enleva sa veste afin d’y envelopper le nouveau né. Ceci fait, il le donna à Anthéa qui était au bout de ses forces.

-C’est une fille. Murmura-t-il tandis qu’elle prenait l’enfant dans ses bras.

Soudain, la portière s’ouvrit à la volée. Dragunov se saisit de son arme, et fit volte-face.

-Du calme Serguei! Lança la voix rocailleuse du Docteur. Vous êtes hors de danger.

A nouveau, le soldat ouvrit de grands yeux étonnés. Comment le scientifique s’était-il retrouvé ici? Il avait l’impression d’être dans un mauvais film de guerre américain. Tanner en revanche laissa éclater sa joie.

-Docteur! S’exclama-t- il. Vous êtes arrivé à temps.
-C’est vous qui le dites. Répondit le cinquantenaire en jetant un œil dégoûté vers le pantalon souillé d’urine de son assistant.

Le Russe s’avança vers le scientifique, et jeta un coup d’œil hors du fourgon.
Quatre hélicoptères illuminaient la zone à coups de projecteurs. Des dizaines d’hommes s’occupaient d’établir un périmètre de sécurité. Décidemment, ils revenaient de loin.

Anthéa ne faisait pas attention à eux. Elle pleurait. Elle était à la fois heureuse et triste.
Heureuse de pouvoir voir sa nouvelle fille. Mais triste à l’idée de la vie qu’elle allait mener.
Elle devait être la seule mère au Monde à avoir condamné son enfant à vivre.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


Dernière édition par Tyker le Ven 20 Mar 2015 11:11; édité 2 fois
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Icer MessagePosté le: Mar 11 Fév 2014 11:51   Sujet du message: Répondre en citant  
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Et bien, je dois dire que c'est une agréable surprise de te voir débarquer ici (Note le fait que je viens de lire les deux publications en une fois), de surcroît avec un texte qui m'a l'air prometteur. Le thème – la back-story – appartient d'ailleurs à une certaine catégorie d'auteur, car une bonne dose de maturité notamment, est nécessaire pour apporter une version crédible. Donc le fait que tu commences bien sur pareil sujet est révélateur d'un potentiel non-négligeable pour le pôle fiction et notre sous-forum. On peut aussi souligner le fossé entre toi et un certain Wolverine, ce qui remet en cause une ou deux théories sur la génétique, mais c'est un autre débat. Mr. Green
J'ai discerné deux ou trois fautes en rapport avec les é, mais comme ça n'enlève rien au scénario, personnellement, je m'en fou.
Sache que j'ai apprécié ce début, on voit clairement que ça a été mûrement réfléchi. Le soin des détails est là. Le passage rapide d'Anthéa des ténèbres à la lumière est tout simplement génial à mon sens, car on croit au début au classique du fil rouge qui concerne une cellule sordide qui rappelle Bataille pour l'Espoir, mais tout ceci s'efface brutalement lorsque le Docteur prononce le mot erreur. Excellent vraiment.
La suite est encore évidemment un peu floue, c'est voulu, il me reste à attendre.

Bon courage pour la suite en question Wink.

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Tyker MessagePosté le: Ven 21 Fév 2014 23:53   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler


Chapitre 2: Battements de coeur



19 décembre 1994, 21 h 23

Le Docteur choisit un sandwich au saumon et le tint délicatement entre ses doigts. Il se trouvait au « London Hilton Hotel », à Londres, son hôtel préféré en Europe, même si la direction tolérait un peu trop à son goût la présence de nombreux touristes dans le grand salon. Il aimait les mini-sandwichs découpés en triangles parfaits, suivis d’un scone avec de la confiture et de la crème. Et les français prétendent que les britanniques ne savent pas cuisiner?
Ridicule. Ils sont simplement trop égocentriques pour apprécier une autre cuisine que la leur.
La théière et les tasses de porcelaine fine était signées Wedgwood, la célèbre entreprise familiale établie en 1779 dans le Staffordshire. Il but une gorgée de thé et tamponna ses lèvres avec une serviette. Le fait qu’on l’ait convoqué comme un vulgaire secrétaire ne l’avait pas vraiment enchanté, mais il ne laisserait pas cela lui gâcher son thé. Bien sûr, la construction du supercalculateur avait pris bien plus de temps que prévu. Mais les dernières nouvelles d’Anthéa lui avait tout de même arraché un sourire, chose assez rare.
L’homme assis en face de lui n’était pas le bienvenu. Il était très rare que le Docteur rencontre en public l’un de ses employeurs, surtout lorsqu’il s’agissait d’une personnalité aussi connue. Mais Edouard Balladur l’actuel premier ministre français lui avait téléphoné et insisté pour le rencontrer. Le scientifique avait choisi cet hôtel et il le regrettait. C’était une erreur. On pouvait facilement déceler la nervosité sur le visage du politicien, et sa fâcheuse tendance à vouloir se faire le plus discret possible le rendait facilement repérable.

-Pourquoi ne pas nous avoir tenus informé de l’avancement de la construction de la machine? Demanda Balladur.
-Je n’ai pas jugé cela opportun.
-Pas opportun?
-C’est moi qui suis à la tête de ce projet. Rétorqua le sexagénaire. Je contrôle parfaitement la situation.
-Ce n’est pas ce que j’ai entendu dire.

Le Docteur haussa un sourcil, voilà quelque chose qu’il n’avait pas prévu.
Bien qu’il sût qu’il ne fallait jamais faire confiance à un politicien, il ne se doutait pas qu’on le surveillait d’aussi près. Le vieil homme retint un juron, le gouvernement était donc au courant pour son centre de recherche. C’était vraiment contrariant.

-Pour tout vous dire, j’ignore moi-même où nous en sommes. Mais notre équipe travaille à plein régime, il ne nous faudra pas plus d’un an pour…
-Un an!

Le Premier ministre français s’était levé, et dominait son interlocuteur.
Celui-ci lui lança un regard empoisonné, mais parvint à conserver son calme.

-Vous travaillez sur ce projet depuis plus de sept ans, gronda Balladur. Mes prédécesseurs ont été trop gentils avec vous, il est temps que quelqu’un vous secoue les puces. Dois-je vous rappeler que vous avez perdu la trace de Waldo Schaeffer depuis maintenant près de cinq mois ?
-Peut-être que j’aurais pu le convaincre de reprendre son travail si vous n’aviez pas commis la bêtise, vous autres politiciens, d’envoyer trois agents de la DGSE chez lui.
-Vous ne pouvez pas vous permettre de remettre en cause nos actes. Pour qui vous prenez-vous? Savez-vous qui je suis?
-Un imbécile!

Le Docteur s’était levé, et fixait son interlocuteur droit dans les yeux. Il était dur de décrire l’expression meurtrière qui luisait dans son regard.

-Vous êtes un parfait crétin, poursuivit-il. Vous êtes un ignorant, doublé d’un inconscient. Et vous croyez que les politiciens ont le pouvoir? Balivernes! Laissez-moi vous faire une démonstration de ce qu’est le pouvoir.

Le sexagénaire fit claquer ses doigts, et le noir se fit.
Des cris de paniques résonnèrent pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce que le gérant rassure la clientèle en affirmant que le courant serait bientôt rétabli. Et effectivement, dix minutes plus tard, la lumière revint. Et un cri d’effroi se fit entendre.
Tous les regards se tournèrent vers la table d’Edouard Balladur.
Le Premier Ministre français s’était écroulé d’horreur devant l’horrible spectacle qui s’offrait à lui.
Le Docteur avait disparu comme par enchantement.
Et sur la table, cinq têtes avaient été placées de façon parfaitement alignées.
C’étaient celles des cinq gardes du corps du politicien qu’il avait prit soin de dissimuler dans la salle.

Le taxi qui transportait le Docteur se trouvait déjà dans le quartier français de South Kensington. Ce taxi n’avait pas de licence, et sa plaque minéralogique était fausse. Le chauffeur en lui-même exerçait d’ailleurs un tout autre métier. Serguei Dragunov ajusta son rétroviseur, personne ne les suivrait. Ses vêtements, son couteau ainsi que ses lunettes de vision nocturnes se trouvaient dans un sac plastique à ses pieds.
Le sexagénaire sortit son téléphone portable afin de féliciter son assistant Alex Tanner pour son timing. Balladur allait avoir du mal à s’en remettre.

-Où en êtes-vous du côté du supercalculateur? Murmura le scientifique à travers son téléphone.
-Je m’avance peut-être, mais j’estime que nous aurons terminé d’ici quelques jours. Répondit la voix de l’Écossais qui s’était faite plus grave avec le temps.
-Bien, et comment ça se passe avec la petite?
-Mathilda ? Cette fillette est très douée. D’ici une dizaine d'années, elle pourrait devenir l’égale de sa mère.
-Très bien, très bien.

Sur ce, la communication fut coupée, et le scientifique se plongea dans ses pensées.
Il avait déjà compris qu’une ou plusieurs taupes étaient infiltrées dans son organisation. Heureusement qu’aucune d’entre elles ne connaissaient l’emplacement exact de son meilleur centre de recherche (étant donné que leurs yeux étaient bandés chaque fois qu’ils entraient ou sortaient du complexe), mais il ne pouvait pas se permettre de laisser les politiciens avoir un coup d’avance sur lui. Ils jouaient sur son terrain, ils allaient devoir se plier à ses règles.
Le Docteur ouvrit une bouteille d’eau minérale (achetée par Dragunov) et avala quelques gorgées. L’incident à l’hôtel était déjà oublié. La question était maintenant pour lui de savoir lequel de ses projets il valait mieux mener à bien en premier. Le supercalculateur était presque achevé, et Tanner et Anthéa s’occuperaient très bien de cette opération. Sa présence n’était pas nécessaire. Pas plus que dans n’importe quel autre projet informatique qui était en route. Mais en ce qui concerne le secteur biologique, c’était une autre histoire. Il y avait bien les quelques palestiniens que ses hommes avaient retrouvés en Turquie, et qui avaient été mutilés par des pillards. Ou encore les différentes expériences faites sur les mammifères qui promettaient d’être intéressantes. Et puis il y avait le projet n°3. Le plus important d’entre eux aux yeux du sexagénaire. Même si pour le moment, il valait mieux faire preuve de patience. A cette pensée, le scientifique posa sa main sur sa poitrine, et des gouttes de sueurs se formèrent sur son front. Il fallait attendre, attendre de voir si son cœur pouvait battre.

***


Quelques jours plus tard, et à près d’un millier de kilomètres d’ici, une scène assez similaire avait lieu. Assise devant son bureau personnel, Anthéa Schaeffer fixait le plafond tout en tapotant du bout des doigts sur l’accoudoir de son fauteuil. Pour la quatrième fois aujourd’hui, elle se repassa toute la procédure concernant la dernière étape de l’assemblement du supercalculateur. La dernière avant que la pile nucléaire ne soit insérée et que la machine ne soit testée. Cette dernière marche était probablement la plus délicate, car elle savait que le Docteur insisterait pour y assister. Et le moindre pépin dans sa construction ruinerait purement et simplement le projet tout entier. Ce qui ne laisserait pas indifférent le sexagénaire.
Elle chassa ses idées noires de sa tête, et se replongea dans les préparatifs de la dernière étape. Mais une irrésistible envie de se gratter lui envahit la jambe. Elle se pencha pour pouvoir passer sa main vernie sur son tibia, mais celle-ci entra en contact avec un genre fourrure.
Surprise, la jeune femme laissa échapper un petit cri de stupeur, avant de plonger sa tête sous son bureau. Une petite touffe de cheveux couleur châtain foncé ricanait bêtement, visiblement fière de sa farce.
Mathilda Schaeffer n’avait pas héritée de la couleur capilaire assez rare de sa mère contrairement à sa sœur. Mais bien de celle de son père, le professeur Waldo Schaeffer.
Par contre, son visage ressemblait énormément à celui d’Aelita au même âge. Anthéa sourit en contemplant le petit être qui lui chatouillait la jambe. Cet enfant représentait à elle seule l’ancienne et la nouvelle vie de sa mère. Celle-ci ne pouvait s’empêcher de penser à son mari et à Aelita lorsqu’elle observait sa fille. Elle était vraiment tout ce qui lui restait à ce jour. Un petit morceau de tendresse et d’espoir auquel elle s’accrochait pour tenir le coup.

-On peut jouer? Demanda Mathilda en agrippant la jambe de sa mère.
-Je suis désolé ma chérie, répondit-elle d’un ton penaud. Mais j’ai du travail.

La petite fronça les sourcils, et afficha une mine boudeuse. Anthéa crut pendant une seconde qu’elle allait pleurer ou se plaindre. Mais il n’y eu aucune réaction, mis à part le rictus abominable qui s’était dessiné sur le visage de sa fille.
Sans crier gare, Mathilda sortit de sous le bureau, attrapa un dossier bleu, et s’enfuit à toute allure dans les couloirs.

-Oh non. Se plaignit sa mère en se levant. Pas encore.

Les courses-poursuites entre la mère et la fille étaient devenues légendaires au sein du complexe scientifique. N’importe lequel des employés ne pouvait se retenir de rire lorsqu’il entendait Anthéa ordonner à son enfant de s’arrêter. Mais malgré son jeune âge, elle était bien plus véloce que sa mère. A bout de souffle, la jeune femme s’arrêta devant un panneau de contrôle fixé au mur.

-Intelligence? Tu sais ou est parti Mathilda?
-Bonjour. Répondit le panneau d’une voix qui faisait penser à celle d’un GPS. Je m’appelle « Intelligence », une I.A. conçu afin de veiller à la sécurité du bâtiment…
-Je sais très bien qui tu es. Coupa Anthéa. Ce que je te demande c’est « Où est parti ma fille » ?
-Mathilda Schaeffer ne fait partit d’aucune équipe. Répondit l’IA. Elle n’a donc aucun émetteur qui permette de savoir ou elle se trouve.
-Mais c’est pas vrai. Gronda la mère en tapant du pied. Je fais comment maintenant?


***



Le Docteur descendit de son avion privé, un Learjet 40 à six places, et s’arrêta un instant sur le tarmac. Il faisait froid au Sud de l’Allemagne, mais cette fraicheur apaisait l’esprit tourmenté du scientifique. Derrière lui, Dragunov scruta le terrain vêtu d’un manteau de cachemire noir. Bien que conservant une attitude neutre, le russe examinait très attentivement la piste d’atterrissage privée sur laquelle ils avaient atterri, et plus particulièrement les ouvriers qui s’affairaient près du moteur de l’avion. Il savait parfaitement faire son travail de garde du corps. Et dans ce genre de travail, tout le monde est suspect. Une BMW les attendait près de l’escalier. Le voyage en voiture ne dura pas plus de dix minutes, après quoi ils s’arrêtèrent devant un assez grand bâtiment. De faibles rayons de Soleil vinrent réfléchir sur les façades d’argent des murs. Planté près de la porte, un panneau répétait le même message dans cinq langues différentes: « Bienvenue au musée de Silver Wings ».

Les deux passagers de la BMW pénétrèrent dans l’enceinte du bâtiment et se dirigèrent vers la réception. Une jeune femme d’une vingtaine d’années qui semblait revenir d’un concert de Hard Rock jouait au solitaire sur son ordinateur. Tandis que Dragunov s’occupait d’acheter deux billets, le Docteur observa quelques instants les touristes qui s’affairaient autour des œuvres exposés. Il n’aimait pas les musées, bien qu’il possédait quelques objets volés dans certains d’entre eux. Toute la question était là. Pourquoi laisser moisir un objet d’un prix inestimable dans une salle sombre, devant un public d’abrutis qui n’avaient aucune idée de sa valeur? Pour profiter d’une chose il fallait la posséder, et la fin justifiait les moyens.
Les deux hommes se dirigèrent vers la salle baptisée « Napoléon » à l’intérieur de laquelle on pouvait admirer des statues de cires représentants l’Empereur français du début du XIXème ainsi que quelques uns de ses soldats armés de baïonnettes. Une Allemande encombrée d’un landau et d’un gamin de moins de six ans observait avec attention ce qu’elle croyait être un authentique canon de l’époque, mais qui n’était en réalité qu’une banale copie. Une fois arrivé au fond de la salle, Dragunov ouvrit une porte sur laquelle était collée l’étiquette « Privée ».
Il laissa le scientifique entrer avant de s’engouffrer dans la pièce à son tour.
Ils venaient de pénétrer dans un placard à balais. Nullement dérangé, le Docteur tourna la tête vers l’un des sauts posés sur une étagère, et le russe fit de même. Derrière le saut se trouvait un scanner biométrique qui prit une image instantanée du réseau de vaisseaux sanguins sur la rétine de son œil pour la comparer avec les données enregistrées sur la mémoire de l’ordinateur du bureau de la réception. Sur l’écran de la réceptionniste, le roi de trèfles ainsi que le valet de piques venaient d’apparaitre. La poignet était équipée d'un scanner d'emprunter afin d'éviter que des touristes curieux ne pénètrent dans la pièce. Si jamais un espion avait tenté de s’introduire dans le complexe en forçant l'entrée, la carte « Joker » se serait affichée. La jeune femme aurait aussitôt activée une décharge électrique de plus de quinze mille volts, envoyés depuis le sol métallique du cagibi, ce qui aurait littéralement incinérée l’intrus sur place. Mais les deux hommes n’étaient ni des espions, ni des touristes. Et vu leur grade, il valait mieux les laisser entrer sans trop tarder. Elle appuya sur un bouton situé sous son bureau. Et le placard (qui était en faites un ascenseur) descendit. Lorsqu’il s’arrêta, la voix robotique d’Intelligence résonna dans un haut-parleur dissimulé à l’intérieur d’un aspirateur (qui était vissé au sol):

-Bienvenue Docteur et Lieutenant Dragunov.

Le russe ouvrit la porte, et les passagers débouchèrent sur un immense couloir au plafond arrondi dans lequel des dizaines de chercheurs circulaient en discutant de leurs projets en cours.
Le complexe scientifique de « Silver Wings » était souterrain, des dizaines d’arbres en fer blanc situés dans l'enceinte d'une propriété privée géraient l’aération de tout ce beau monde. L’ascenseur les avaient déposés dans le sous-sol cinq, celui consacré à la recherche informatique. Mais en réalité, il y en avait une quinzaine.
Le sexagénaire consulta sa montre, il allait bientôt être l’heure de vérité.
Les deux hommes progressèrent à travers le couloir, jusqu’à croiser la route d’une femme aux cheveux roses. Celle-ci semblait à la recherche de quelqu’un, et ne remarqua même pas leur présence. Le Docteur dut se racler la gorge pour se faire remarquer.

-Oh Bonjour Docteur. Bredouilla Anthéa confuse de ne pas les avoir vus.
-Bonjour. Répondit le scientifique. Vous avez perdu quelque chose?

La jeune femme avait l’air embarrassée. Elle se balançait nerveusement d’un pied à l’autre comme une gamine en tort.

-Ma fille s’est enfuie avec le dossier contenant les résultats des derniers examens effectués sur le projet numéro trois.

A ces mots, le sexagénaire poussa un soupir d’exaspération. Dragunov n’avait pu s’empêcher de sourire, ce que son patron remarqua.

-Vous trouvez ça drôle Serguei? Et bien allez donc chercher cette gamine, et je vous conseille d’être revenu avant la fin de l’inauguration. Suis-je bien clair?

Cela ne plut pas vraiment au russe qui n’aimait pas jouer les nounous. Mais il était hors de question de désobéir à un ordre direct de son chef. Il se contenta d’hocher la tête et de se retirer. Le scientifique consulta une nouvelle fois sa montre, avant de se tourner vers Anthéa.

-C’est l’heure. Dit-il simplement en continuant son chemin.

La jeune femme aux cheveux roses le suivit, des gouttes de sueurs perlaient déjà sur son front.


***



Habituellement, Mathilda parvenait toujours à gagner les parties de cache-cache avec sa mère. Mais cette dernière avait fini par connaitre toutes ses cachettes, il fallait donc innover un peu.
Ne l’ayant pas vue depuis une bonne demi-heure, la fillette en conclut qu’elle devait probablement passer au peigne fin chacun des sous-sols du complexe un par un. La petite brune entra dans un ascenseur de service, et se hissa sur la pointe des pieds pour pouvoir accéder au panneau de contrôle. Elle connaissait tout les niveaux, mais pas le dernier, et qui dit nouveau niveau dit nouvelles cachettes.

-Quinzième sous-sol. Annonça Intelligence après quelques secondes. Département biologique.

Mathilda s’engagea dans un couloir beaucoup plus petit que celui du cinquième. Il y faisait aussi beaucoup plus sombre, une simple rangée d’ampoules chacune espacée d’une dizaine de mètres était la seule source de lumière environnante. La petite fille avança sans trop savoir ou aller. Tout ce qui lui importait, c’était de trouver une cachette sûre afin que sa mère ne la retrouve pas avant un petit moment. Elle continua sa route, jetant un coup d’œil à chacune des salles qu’elle croisa, mais aucune d’entre elles ne lui parut faire l’affaire. Jusqu’à ce qu’elle ne tombe sur une porte blindée d’au moins trois mètres de longueur et de largeur. Un petit sourire malin se dessina sur son visage.

-Voilà la cachette parfaite. Susurra-t-elle en s’approchant du panneau de contrôle.
-Veuillez présenter votre passe! Tonna la voix d’Intelligence faisant sursauter la jeune fille.

Mathilda se ressaisit, puis se mit à réfléchir. Le seul moyen d’entrer dans cette salle était d’avoir la carte d’accès. Or, elle savait qu’on ne fournissait ce genre de carte qu’a ceux qui travaillait dans la salle à laquelle la carte correspondait. Et qu’ils devaient la rendre une fois la journée de travail terminée. Cependant, elle n’était pas en possession de l’un de ces passes. La seule chose qu’elle avait sur elle c’était…
La petite baissa les yeux, son regard se posa sur le dossier bleu qu’elle tenait toujours sous son bras. Et si par hasard…

Elle s’agenouilla, et l’ouvrit. Une vingtaine de feuilles étaient parfaitement rangées dans la pochette de carton. Elle les parcourut, jusqu’à tomber sur trois cartes magnétiques rouges.
Elle en choisit une au hasard, et la présenta devant le panneau de contrôle. L’appareil émit une petite lueur de la même couleur que la carte, puis la voix d’Intelligence résonna à nouveau.

-Merci. Dit l’IA avant que l’énorme porte de métal ne s’ouvre en faisant un boucan pas possible.

Toute contente, Mathilda s’engouffra à l’intérieur de la salle sombre qui s’ouvrait à elle.


***



Jamais Anthéa n’avait éprouvé une telle anxiété. Elle se trouvait dans une salle de cinquante mètres carrés au plafond arrondi. Autour d’elle, une bonnes dizaine de scientifiques s’affairaient près d’une pyramide de métal de quatre mètres de haut. Il s’agissait du supercalculateur carthaginois. Plus les minutes passaient, et plus la jeune femme stressait. Elle avait jetée plusieurs regards nerveux vers la vitre teintée derrière elle à quelques mètres de hauteur. Elle savait parfaitement que le Docteur devait la regarder depuis cet observatoire assis derrière la vitre, les mains jointes et l’œil attentif. Elle n’avait pas le droit à l’erreur.

Bientôt, l’un des membres de l’équipe leva son pouce, les dernières manipulations étaient terminées. Anthéa ordonna à chacune des personnes présentent dans la pièce d’enfiler la combinaison antiradiation qui leur avait été remis avant d’entrer dans la salle. Une fois ceci fait, elle fit signe à deux hommes d’amener le colis. Ceux-ci empoignèrent une lourde caisse de plomb et l’apportèrent près de la jeune femme. Cette dernière croisa un instant leurs regards, elle ne les connaissait pas.

-Qui êtes vous? Demanda-t-elle à travers sa combinaison. Où sont David et Stéphane?
-Ils ont eu un empêchement. Répondit l’un des hommes.

Anthéa était très loin de s’imaginer que « l’empêchement » était une balle entre les deux yeux. Un châtiment radical qui s’était imposé dès qu’Intelligence avait intercepté leur coup de téléphone à leurs supérieurs. Le prix de la trahison pour les deux taupes du gouvernement.
Mais la jeune femme ne se posa pas de questions, si le Docteur n’intervenait pas c’était que tout allait bien.
Elle ouvrit la caisse, et en sortit une pile nucléaire. Pendant un bref instant, tout le monde admira la faible lueur vert fluo qui émanait de l’uranium. C’était terrifiant de se dire qu’une si petite chose pouvait faire de si gros dégâts. La jeune femme s’avança vers le supercalculateur, et inséra la pile dans la fente prévue à cet effet. Puis elle se dirigea vers la commande d’allumage. Sa main se referma sur la manette, c’était l’heure de vérité. Anthéa retint son souffle, son cœur battait fort dans sa poitrine. L’instant paru durer une éternité, mais il ne lui fallut pas plus d’une seconde pour abaisser la manette. La machine émit un étrange bourdonnement métallique. L’espace d’un instant, Anthéa cru qu’elle allait exploser. Mais il n’en fut rien.
Malgré tout le bourdonnement persista, et cela commençait à l’inquiéter. Mais l’ouverture de la porte de la salle la sortie de ses pensées. Alex Tanner venait d’entrer dans la pièce.
Les années avaient fait disparaitre ses derniers boutons d’acné, et il semblait beaucoup plus confiant et sûr de lui qu’il y a sept ans. Il s’approcha de la chef de l’équipe avec un large sourire. Il devait revenir de la salle de contrôle.

-Madame Schaeffer. Commença-t-il d’une voix chaleureuse. Vous venez de créer un authentique supercalculateur quantique.

Un tonnerre d’acclamation accueillit la nouvelle. Les chercheurs retirèrent leur combinaison et se donnèrent des tapes dans le dos. L’équipe toute entière alla étreindre Anthéa qui n’avait jamais été aussi soulagée de toute sa vie. A la fin des félicitations, elle s’arracha de sa combinaison, et s’empressa d’aller prendre une douche dans sa salle de bain personnelle au deuxième sous-sol. Avec l’odeur de sueur qu’elle dégageait, elle aurait fait fuir un putois.

***


Cela faisait presque une demi-heure que Mathilda parcourait la salle dans laquelle elle s’était réfugiée. Le secteur biologique était probablement le plus étrange qu’elle avait vu jusque là. La pièce était remplie d’animaux mutilés qu’on avait recouverts d’électrodes et enfermés dans des prisons de verres remplies de formol. Chacune de ces pauvres bêtes était numérotée de façon à pouvoir la retrouver où la classer facilement. La petite fille avait vu un tas de choses bizarroïdes. Comme quatre chiens à trois pattes, une truite sans écaille, deux chat sans oreilles, un aigle sans bec et sans plumes, et même un ours imberbe et dépourvu de patte gauche. Mathilda était fascinée par toutes ces étranges créatures tout droit sorties d’un film d’épouvante. Mais elle resta clouée sur place lorsqu’elle aperçut la créature la plus horrible de toutes.
Il s’agissait d’un humain, ou tout du moins on pouvait le supposer. En effet, le rat de laboratoire ne disposait ni de bras, ni de jambes, et sa tête n’était pas très bien formée. Sa peau flasque semblait fondre comme du caramel, et on avait du mal à discerner ses paupières car elles paraissaient soudées l’une à l’autre, tout comme ses lèvres d’ailleurs. Un grand « 3 » était dessiné sur le bocal géant dans lequel il était enfermé. Son « corps » était parsemé de bien plus d’électrodes que toutes les autres créatures que Mathilda avait vues jusqu’ici. Un respirateur avait été placé autour de son nez et de sa bouche. Mais il ne semblait pas respirer.
La jeune fille l’observa pendant environ dix minutes. Elle ne parvenait pas à détacher son regard de la chose. Une expression de fascination avait recouvert son visage. Elle était tellement fascinée qu’elle n’entendit pas la personne s’approcher. derrière elle Par contre, elle ressentit parfaitement la vive douleur qui irradia son oreille.

-Salut gamine. Ricana Dragunov en accentuant son mouvement de torture.

-Salut Dragounet. Répondit la jeune fille en tentant de se soustraire en vain à son agresseur..
-La prochaine fois que tu voles un dossier à ta mère, n’en prends pas un qui dispose d’un émetteur. L’informa le lieutenant en exhibant le dossier bleu que la fille d’Anthéa avait oublié à l’entrée. Et ne laisse pas traîner les autres cartes d’accès devant la porte.
-J’y penserai.

Le russe emmena la fillette avec lui en la tirant par l’oreille. Pendant quelques instants, les plaintes de la petite fille résonnèrent dans la salle. Puis plus rien. La porte s’était refermée, la pièce était redevenue aussi silencieuse qu’avant.
A un détail près.
Un bruit sourd s’était mis à résonner quelques minutes après le départ des deux visiteurs inopportuns. C'était un son rapide, régulier, semblable à des petits coups de tambour.
Soudain, un ordinateur s’alluma et l’appareil émit un grésillement strident qui faisait penser à une sorte d’alarme. L’écran affichait un message en lettres blanches que la voix robotique d’Intelligence répétait toutes les cinq secondes à travers les haut-parleurs de la salle.

« Sujet vivant »

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


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Belgarel MessagePosté le: Sam 22 Fév 2014 06:45   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
En ami de la nuit, je poste à l'aube. Que me dis-tu ?
Oui, commentaire-fleuve…

En tous cas, moi je dis : Perle en construction. Inclinez-vous. (Enfin, reste pas mal à voir, on n'en est encore qu'au début…)
Car en toute honnêteté, ton récit est très bien lancé, et il est prenant. L'intrigue a lair assez complexe, faut voir comment tout ça s'emboîtera avec CL (même si le 6 juin étant déjà passé, je sais pas si c'est vraiment ton objectif, ce que je trouverais dommage). Mais le centre de ta fic, pour le moment, c'est le méchant.
Et bon, c'est le Docteur, alors forcément, il est mystérieux. Je suis vraiment curieuse, pour le coup, d'en apprendre plus, même à la fin du chapitre 2. Attention, ceci dit, j'ai parfois l'impression de tomber dans un archétype manichéen caricatural.
Je n'ai pas lu tout ce qu'il y a sur le forum, mais un point original, je trouve, c'est d'avoir considéré que F.H. n'avait pas participé à Carthage avant l'enlèvement de sa femme (comme c'est le cas dans Dix ans Après, ou chez "Évangelyne" par exemple…). Mais alors, la photo du générique, t'en fais quoi ? Mr. Green

Remarques :

- Fais-tu une référence à Chrétien de Troyes dans le titre de ta fic ? Si ce n'est pas le cas, je t'envoie l'explication par MP ; elle pourrait t'intéresser.
- Incohérence : le deuxième paragraphe du prologue dit : "bien qu’elle n’ait plus aucune notion du temps" alors que quand le Docteur lui demande si elle a été enceinte, elle arrive à compter précisément les semaines.
- Si tu veux un "moraliste" du XVIIème, ne prends pas Boileau. La Rochefoucauld et La Bruyère sont bien plus dans cette veine ; notamment, LRF sur la question de l'amour-propre à laquelle songeait le Docteur.
- On transporte une femme à 8 mois de grossesse sur plusieurs milliers de kilomètres, et tout ce qu'elle subit, c'est une compression de la vessie. Ah, les femmes, je savais bien que c'était du chiqué Rolling Eyes Heureusement, l'accident déclenche une fausse couche bien réaliste…encore que…
- Pour l'accouchement, je ne suis pas sûre de mon coup, mais s'assurer que le machin respire et beugle proprement, c'est pas du luxe en général.
- Je passerai le comique sur l'intello qui mouille son froc et le Docteur qui fait la grimace Rolling Eyes …Après tout, l'humour est une chose que les gars aux cheveux verts revendiquent mieux qu'ils ne la réalisent.
- Un mauvais film de guerre américain. Je salue l'autodérision prudente, qui clôt très agréablement une scène d'"action" parmi les plus bizarres que j'aie jamais pu voir…
- Mais oui, l'incident du London Hilton Hotel, je m'en souviens ! Celui où un homme a disparu "comme par enchantement" après dix minutes de coupure de courant…Paraît qu'après, y'a eu une histoire de bowling présidentiel, mais je me rappelle plus des détails, ils ont dû étouffer l'affaire…
- "Cette fillette est très douée. D’ici cinq ans, elle pourrait devenir l’égale de sa mère."
Spoiler

- "l’Empereur français du début du XVIIIème" : soit plusieurs décennies avant sa naissance ? Ouille !
- "la carte « Joker » se serait affichée" XD
- "Anthéa était très loin de s’imaginer que « l’empêchement » était une balle entre les deux yeux."…et pourtant, elle savait qu'elle était en Enfer ?
- Suit une promenade dans un zoo, le dimanche après-midi. Sincèrement, c'est pas le musée des horreurs le plus traumatisant que j'aie pu voir, vu les réactions de la gamine…
Spoiler


Sur le plan de l'écriture, rien à redire : c'est très agréable, le style coule tout seul. J'aime beaucoup tes descriptions, qui posent très bien l'ambiance dans laquelle évolue le personnage et que tu lies aux pensées qui l'agitent.
La seule chose qui me gêne, c'est que j'ai parfois l'impression que tu sous-ponctues, que tu mets une virgule là il il faudrait un point…Mais bon, comme me le rappelait Ellana, de toute évidence, personne n'est parfait de ce point de vue-là, puisque je ne le suis pas !


Tyker a écrit:
Comme d'habitude, si vous voyez des fautes n'oubliez pas de me le signaler Wink

En ce qui concerne l'orthographe, c'est tout à fait lisible. Parce qu'il n'y a rien de proprement monstrueux. Ceci dit, j'arrête d'être gentille, c'est l'heure de passer à la caisse : j'active le mode Œil de Faucon™, pour repérer statistiquement tes faiblesses. Attention, c'est…aussi proche de l'exhaustivité que j'ai pu l'être ! Twisted Evil
Spoiler
Voilà. Ça t'apprendra à faire des remarques sur "résister éternellement insensible à l'ardente flamme de mon amour" ! Mr. Green

_________________
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Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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Ikorih MessagePosté le: Sam 22 Fév 2014 11:00   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1406
Localisation: Sûrement quelque part.
Mon commentaire sera un fouillis, parce que je vais commencer par un surnom qui a réveillé un traumatisme au fond de moi.

Citation:
Dragounet.

En lisant ces mots, Ikorih est propulsée des semaines en arrière, dans un autre univers avec une fille courant comme le vent prononçant ce mot : "Drakounet!"
Mwargh. Ce souvenir est atroce. Comment peux-tu m'infliger ça? Sad (Brianna je t'aurai, raclure.)


Mhhh donc reprenons. Tiens, si je parlais de la petite? Elle est purement atroce. Malicieuse, les tripes bien accrochées, intelligente...ignoblissime? Oui aussi. C'est pour ça que je l'aime bien. Franchement, cette gamine va bien faire chier et a un potentiel de corruption par Carthage énorme. Elle me rappelle un peu Volesprit par moments, ce petit côté malicieux je pense. CE qui explique entre autres que je l'adore. Manquerait plus qu'elle découpe des gens en rondelles Smile tu peux arranger ça?

Sinon la scène avec Balladur, je te l'ai déjà dit, ça va faire kiffer mon (beau-)frère. Avec ça tu t'assures ta place dans les perles XD (Des statistiques montrent que incorporer un personnage politique augmente tes chances d'inclusion dans le top de 30%). Et le background mature y contribue encore. Je pense que ça va donner du joli (si y a des gens pour sauver ton orthographe (a))
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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solal MessagePosté le: Sam 22 Fév 2014 14:15   Sujet du message: Répondre en citant  
[Rampant]


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Messages: 369
A

Dernière édition par solal le Ven 19 Juin 2015 06:14; édité 1 fois
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Icer MessagePosté le: Mar 25 Fév 2014 11:05   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2098
Localisation: Territoire banquise
Mon commentaire sera un fouillis, parce que je vais commencer par une scène qui a réveillé un super souvenir au fond de moi :

Chapitre 2 a écrit:
Il s’agissait d’un humain, ou tout du moins on pouvait le supposer. En effet, le rat de laboratoire ne disposait ni de bras, ni de jambes, et sa tête n’était pas très bien formée. Sa peau flasque semblait fondre comme du caramel, et on avait du mal à discerner ses paupières car elles paraissaient soudées l’une à l’autre, tout comme ses lèvres d’ailleurs. Un grand « 3 » était dessiné sur le bocal géant dans lequel il était enfermé. Son « corps » était parsemé de bien plus d’électrodes que toutes les autres créatures que Mathilda avait vues jusqu’ici. Un respirateur avait été placé autour de son nez et de sa bouche. Mais il ne semblait pas respirer.


http://cdn.bulbagarden.net/upload/thumb/9/9f/Movie_1_Deleted_Scene_8.png/250px-Movie_1_Deleted_Scene_8.png
Mewtwo is baaaaaaaaaaaaaaaaaaaack !


J'ai hâte de le voir s'évader et devenir X.A.N.A, pas vous ? Mr. Green

Sinon effectivement, j'ai beaucoup apprécié cette intervention politicienne dans le projet, même si, hasard du calendrier, tu n'es pas tombé sur le plus facile, je veux dire par là que :


Chapitre 2 a écrit:
Le Premier ministre français s’était levé, et dominait son interlocuteur.


J'ai du mal à imaginer Balladur dans cette situation, de même qu'avec ses propos plus ou moins agressifs. Pour moi il a toujours ressemblé à un vulgaire homme de paille.

Le scénario est pour moi toujours aussi correct et passionnant, bravo et bonne chance pour la suite. Vivement Jacques.

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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benjisop MessagePosté le: Lun 03 Mar 2014 14:30   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 23 Juin 2006
Messages: 608
Localisation: Devant mon PC
Tout a été dit au niveau des critiques.

J'accroche véritablement à cette fic. Le style et le scénario me plaisent énormément, c'est un réel plaisir à lire. L'ambiance comporte son lot de mystère mais on ne sait pas trop si la fic se dirige vers une ambiance sombre ou non, et c'est la qu'on se dit que ce texte est une perle en formation.

J'attends aussi de voir si on se dirige vers les années 2000 et donc retrouver nos héros ou pas et quelle place ils auront dans l'histoire (seront ils les chercheurs ou les cherchés?). De plus, si jamais ça se fait, des retrouvailles Anthéa/Aelita (qui découvrirait de facto sa "petite mais grande" soeur) seraient très intéressantes à lire. Enfin la, je m'avance beaucoup Mr. Green

Bref, continue, et prends ton temps pour nous sortir d'aussi belles suites Wink

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Spoiler

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kender MessagePosté le: Lun 03 Mar 2014 17:25   Sujet du message: Répondre en citant  
[Magazine]


Inscrit le: 18 Fév 2013
Messages: 710
Localisation: Paris
J'ai eu une envie tout à un coup de lire une nouvelle fiction, j'ai choisi la tienne, et franchement, je ne le regrette pas. L'histoire est intéressante et ça nous change des classiques XANA. Une backstory bien mené pour le moment, quoique la chose vivante dans le laboratoire et l'intelligence superficielle reste des grands classiques de la SF. Je reste également sceptique sur le fait qu'on puisse cacher une base dans la foret noire. Ce n'est pas une grande forêt et, même s'il y avait les dégâts de la IIWW, elle reste un peu trop accessible pour cacher une base.

Enfin, tout a été dit avant. Je n'ai pas grand chose à rajouter à mes prédécesseurs. Je te souhaite juste bonne chance pour la suite Wink

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Merci à la talentueuse Lénaelle pour ce pack criminel

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Tyker MessagePosté le: Dim 09 Mar 2014 18:03   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Messages: 226
Localisation: Arkham Asylum
Spoiler



Chapitre 3: Seth



25 mars 2001 15h43


L’aube rouge libérait le parfum des cerisiers en fleurs. C’était une heure que Mathilda ne supportait pas. En effet, la jeune fille n’avait jamais apprécié les parfums naturels. Encore moins ceux des cerisiers depuis la réaction allergique qu’elle avait eue l’année précédente. Agée de treize ans, elle avait arrêté de laisser pousser ses cheveux trois années auparavant. Ils étaient bien trop longs et la gênaient affreusement durant son travail. C’est ainsi que malgré les réticences de sa mère, elle s’était fait couper ses beaux cheveux châtains jusqu’à ce que chacun d’entre eux ne mesure plus que trois centimètres. A la suite de sa dernière poussée de croissance, elle mesurait un mètre quarante six. La promenade était l’un de ses rares passe-temps en dehors de son travail. Son quotidien ne se résumait qu’à quelques étapes. Elle consacrait le matin à l’apprentissage d’une nouvelle langue. Ces dernières années, elle avait appris l’anglais et l’allemand auprès de professeurs particuliers. Bien sûr, tout ses cours se faisait par téléphone. Il n’était pas question d’amener un inconnu à Silver Wings. Mais ce n’était pas cela qui l’empêchait de s’instruire, sa capacité d’assimilation était époustouflante. Elle n’avait eu besoin que d’un an pour parler couramment l’anglais, et un mois de moins pour l’allemand. En ce moment, elle apprenait le japonais, l’une des dernières langues qu’elle s’était promise d’apprendre. Elle ignorait encore lesquelles suivraient, mais elle avait tout le temps d’y réfléchir, le japonais étant bien plus difficile que ses deux premiers succès. Les activités de l’après-midi en revanche variaient régulièrement. Le plus souvent, elle améliorait ses compétences en biologie avec quelques scientifiques du complexe qui avaient un peu de temps à lui accorder. Sinon, elle s’amusait de temps en temps à pirater l’ordinateur de sa mère pour étudier quelques rapports sur lesquelles Anthéa travaillait. Bien qu’on la considérât trop jeune et pas assez expérimentée pour faire partie d’une équipe de recherche, elle n’avait aucun problème à comprendre chaque étape de chacun des projets qu’elle étudiait.
Bien sûr, l’informatique était également l’une de ses grandes passions. D’autant plus qu’elle avait droit à un instructeur de première dans ce dans ce domaine. C’était Tanner qui s’était désigné pour lui apprendre les joies du clavier, lui offrant les moyens de progresser à une vitesse fulgurante. Mathilda était devenu une pro dans presque tous les arts scientifique étudiés à Silver Wings . Mais elle était encore loin du niveau requis pour intégrer l’organisation. Elle consulta sa montre. L’heure de la promenade était terminée, elle allait devoir retourner travailler. Un profond soupir s’échappa de ses lèvres.

-Enfin te voilà.

La jeune fille fit volte-face. Un homme d’environ trente cinq ans se tenait devant elle. Il avait des cheveux roux, et une mèche qui lui tombait sur l’œil. Un visage mince et pâle au pommettes bien dessinées. Il portait un jean, une chemise noire et des baskets. Mathilda le reconnut sans mal. Même si en temps normal, il avait l’habitude de porter une blouse blanche.

-Salut Alex, lança-t-elle. Tu as du temps pour me donner un petit cours?
-J’aimerais bien, sourit Tanner. Malheureusement je crains que cela ne soit pour une autre fois. Le Docteur voudrait te parler.

A la mention de ce nom, la fille d’Anthéa frémit d’excitation. Le directeur de l’organisation ne lui avait adressé la parole que très rarement. Et ils conversaient essentiellement sur des sujets dérisoires. Mais jamais il ne l’avait convoquée expressément. La raison devait être importante.

-C’est à quel sujet? Demanda-t-elle sans parvenir à dissimuler son excitation.
-Il te l’expliquera lui-même. Répondit l’écossais. Allons, ne le faisons pas attendre.

Là-dessus, il tourna les talons et se dirigea vers le musée. Mathilda lui emboita le pas, tout en se demandant ce que lui voulait le sexagénaire. Elle pria pour qu’il ait décidé de l’intégrer à l’une des équipes de recherches. Non pas que les cours de sciences l’ennuyaient, loin de là. Mais elle ne supportait plus cette routine qu’était sa vie. Elle mourrait d’envie de pouvoir enfin mettre à profit ses connaissances, et être reconnue par les autres scientifiques.


***



Derrière son écran, Anthéa Schaeffer observait avec intérêt la progression de son unité d’espionnage. Elle se trouvait dans ce qui pourrait faire office de salle de conférence. Assis autour d’une grande table rectangulaire, une dizaine de scientifiques muni d’ordinateurs s’occupaient de pirater le système de sécurité qui empêchait les agents d’avancer. La mission que leur avait confiée Tanner était simple: s’introduire dans la base de donnés de la C.I.A et effacer toute trace de l’existence de leur organisation. Depuis quelques années, l’organisation avait définitivement coupé les ponts avec le gouvernement français. Agissant désormais pour leur propre compte, la technologie virtuelle leur a permit de s’emparer de nombreux projets scientifiques sur les quatre coins du globe. Mais ils avaient fini par manquer de discrétion. Et à cause de cela, différents services de renseignements comme le R.A.W., la D.G.S.E., et la C.I.A. s’étaient un peu trop intéressés à l’organisation, allant même jusqu’à tenter de localiser certaines de leurs bases en Asie et en Amérique. Une nouvelle intolérable aux yeux du Docteur. L’unité virtuelle avait donc été chargée d’infiltrer la base de données de chacune des agences, et de détruire toutes les informations les concernant. La C.I.A. était la dernière d’entre elles. Elle allait avoir droit à un petit supplément.

-Où en êtes-vous ? Demanda Anthéa à travers le micro fixé à son oreille.
-On entre dans leur base de données. Répondit une voix masculine. Ça devrait nous prendre quelques minutes.
-Faites-vite. Quoiqu’il arrive, vous ne devez pas vous faire repérer.

La jeune femme se mordit nerveusement la lèvre. Elle ne doutait pas de l’efficacité de son équipe, mais elle savait de quoi était capable les experts de la C.I.A.. S’ils détectaient une anomalie dans leur système, leurs anti-virus fondraient droit sur ses hommes. Le pire scénario possible serait qu’ils les localisent, et si ça arrivait, Anthéa ne donnerait pas cher de sa peau. Mais tout se passa tranquillement. Et bientôt, une nouvelle voix résonna dans le casque de la jeune femme.

-C’est fait. La C.I.A. n’a plus aucune info sur nous.

Anthéa laissa échapper un soupir de soulagement, c’était à elle de jouer à présent.

-Beau travail. Retournez à bord de l’Octobre rouge, je vais finir le travail.

Elle attrapa un CD-ROM posé près de son ordinateur, et l’inséra dans l’unité centrale. Après quoi, elle lança le programme. Un petit sourire se dessina au coin de ses lèvres.

-Voilà bien quelque chose qu’ils ne sont pas prêt d’oublier. Murmura-t-elle. Vous pouvez rentrer, vous avez bien travaillé.


***



Tanner emmena Mathilda au troisième sous-sol, celui qui abritait la plupart des chambres de première classe de l’organisation. La jeune fille connaissait très bien ce sous-sol pour la simple et bonne raison qu’elle y vivait. Mais sa chambre à elle était située à l’autre extrémité du couloir, juste en face de celle de sa mère. L’écossais s’arrêta devant une porte noire sur laquelle un « 1 » en or était accroché. Il toqua poliment à la porte, et une voix étranglée lui répondit:

-Entrez.

Là-dessus, les deux visiteurs entrèrent dans la pièce. Et Mathilda en profita pour l’observer.
Elle n’eut pas de mal à comprendre que le Docteur avait une toute autre conception de la première classe qu’elle. La chambre était gigantesque. Elle devait faire soixante mètres carrés. Une bonne quinzaine de tableaux étaient accrochés aux murs, qui eux-mêmes étaient recouvert d’un magnifique papier peint bleu marine. Mathilda examina quelques instants ces fameux tableaux. Elle reconnu un portrait de David Hockney et une roue de couleur de Damien Hirst. Même si elle ne connaissait que vaguement le monde de la peinture, elle savait que ces tableaux valaient des millions. Elle vit aussi un bureau encombré de documents, un téléviseur à grand écran plasma et un canapé en cuir. Une table de billard se trouvait à quelques mètres du bar dans lequel le Docteur aimait prendre un petit apéritif. Puis son regard se posa finalement sur le lit. Lui aussi était grand, peut-être même un peu trop grand pour un homme aussi petit. Elle finit par apercevoir le sexagénaire, et même si Tanner ne lui avait rien dit à ce sujet, elle devina immédiatement qu’il était mourant. Allongé dans son lit, il avait le torse nu recouvert d’électrodes. Une machine située prêt de la table de nuit surveillait son rythme cardiaque. Une aiguille de perfusion était plantée dans son bras gauche, il ne devait pas être en état de manger correctement. Son apparence était effrayante, comme si la mort le rongeait de l’intérieur. Cela se voyait dans les joues creusées, le teint blafard, la posture ratatinée de momie égyptienne, le corps qui semblait rentrer à l’intérieur de lui-même. Tanner se dirigea vers lui, et plaça quelques oreillers dans son dos afin de l’aider à se redresser. Après quoi, il resta debout prêt du malade. Ce dernier n’avait cessé de fixer Mathilda depuis son arrivée. L’écossais savait qu’il l’examinait dans le but de voir si elle conviendrait, il vaudrait d’ailleurs mieux qu’elle convienne.

-Bonjour Mathilda.

La voix du malade était sèche, étranglée. Comme sortie d’un cou de lézard.

-Bonjour Docteur.

La jeune fille essaya de faire preuve d’assurance, tout en tentant de contenir sa nervosité et son excitation. Elle fixait son interlocuteur droit dans les yeux. Elle voulait montrer sa volonté de prouver sa valeur.
Le scientifique se redressa un peu mieux, puis reprit la parole:

-Si je t’ai demandé de venir, c’est pour te confier une mission. Ta première au sein de l’organisation. Si tu la mène à bien, je t’autoriserais à rejoindre l’équipe de recherche de ton choix.

Mathilda ne put se retenir de sourire, le Docteur le vit.

-En revanche, si tu échoues, je serais au regret de te priver de recherches jusqu’à tes vingt ans. Et ce même si je meurs prochainement. Me suis-je bien fait comprendre ?
-Oui.
-A la bonne heure. Bien entrons à présent dans le vif du sujet.

Le sexagénaire fit un signe de main, et aussitôt, Tanner ouvrit le tiroir de la table de nuit et en sortit un dossier marron. Il s’approcha de la jeune fille pour le lui remettre.

-Depuis une dizaine d’années, nous travaillons sur un projet qui a été classé « top secret ». J’imagine que cela ne t’es pas inconnu.

Elle ouvrit le dossier, et en sortit une photo de format A4. En effet, elle connaissait la chose sur le cliché. Du moins, elle l’avait déjà vu.
« Numéro trois » comme elle l’avait appelé n’avait pas bougé depuis ces six dernières années. Il était toujours enfermé dans son énorme bocal, et avait même encore plus d’électrodes sur le corps. Elle nota cependant qu’il semblait avoir « évolué », il avait désormais une jambe droite et un bras gauche. Son crâne aussi avait l’air d’être en meilleur état, mais ses paupières et ses lèvres étaient toujours soudées. Un frisson parcourut le dos de la jeune fille, et une lueur fascinée traversa son regard.
Le Docteur lui laissa le temps de parcourir le dossier avant de reprendre:

-Nous l’avons baptisé « Seth », comme le Dieu égyptien du même nom. Nous l’avons créé dans le but d’améliorer la race humaine, nous l’avons rendu parfait. Récemment, nous avons réussi à accélérer l’évolution de son corps et à la stabiliser afin d’éviter des malformations. Mais nous avons rencontré un problème.

Le malade essuya une violente quinte de toux, se sentant trop faible, il fit signe à son assistant de continuer:

- Le cerveau de Seth est doté d’une intelligence hors du commun, rien que maintenant nous estimons son Q.I. à près de deux cent points. Mais être intelligent ne veut pas dire « être savant », en ce moment même il est aussi ignorant qu’un bébé.
-Je comprends. Répondit la jeune fille sans détacher son regard de la photo. Mais qu’attendez-vous de moi ?

Tanner lança un regard interrogateur à son patron qui hocha la tête en guise de réponse.

-Nous ne comptons pas le réveiller dès que son corps sera formé, pour des raisons que je ne t’expliquerais pas, nous voulons que tu l’instruises. Que tu l’éduques si tu préfères.

Mathilda ouvrit des yeux grands comme des soucoupes, elle se demandait si elle avait bien entendu ce qu’on lui avait demandé.
Le Docteur sembla deviner ses pensées car il ajouta:

-Je sais que cela peut te paraître bizarre que nous fassions appel à toi pour ce genre de mission. Il y a deux raisons à cela, la première est que nous manquons de personnel. Absolument tous nos scientifiques sont pris, c’est d’ailleurs pour cela que tu n’as pas eu de cours depuis plusieurs semaines. Nous avons bien trop de projets sur le feu pour nous permettre de nous séparer ne serait-ce que d’un seul de nos chercheurs. La seconde raison est plus… particulière. Et même si tu peux trouver cela étrange, nous préférons ne pas t’en parler pour le moment. Tout ce qui importe c’est que tu parviennes à l’instruire suffisamment pendant quelques temps. C’est tout ce que nous te demandons Mathilda. Qu’en penses-tu ?

La fille d’Anthéa prit quelques secondes pour peser le pour et le contre. Elle était à la fois enjouée et déçue par ce qu’on lui demandait de faire. Elle était enjouée de pouvoir revoir cette chose qui l’avait tant fascinée lorsqu’elle était enfant. Mais la déception était aussi présente, car la mission qu’on lui avait confiée ressemblait bien plus à une corvée qu’à un véritable travail. Cependant, c’était également une chance unique de pouvoir rejoindre rapidement une équipe de recherche. De plus, si elle refusait, le Docteur serait probablement assez irrité par son refus. Ce qui ne ferait que baisser ses chances.
Elle releva la tête, et regarda le malade droit dans les yeux.

-J’accepte.

Un sourire de satisfaction apparut sur les visages des deux hommes. Tanner se dirigea vers le bureau de son patron, ouvrit l’un des tiroirs, et en sortit une seringue hypodermique.

-Qu’est-ce que vous allez faire? S’inquiéta Mathilda.
-Comme tu vas faire partie d’une équipe, Intelligence doit avoir ton A.D.N. répertorier dans sa base de données, c’est la procédure. Ne me dis pas que tu as peur d’une petite aiguille ?
-De l’aiguille, non. Marmonna la jeune fille en relevant sa manche gauche.


***



-Bougez-moi ces culs de porcs tas de sacs à foutre! Si j’en vois un parmi vous qui s’évanouit je lui coupe un orteil.

S’il y avait bien une chose que Serguei Dragunov savait faire, c’était se montrer persuasif. Et ce n’était pas les six recrues qui étaient sous son aile qui allaient dire le contraire. Le russe leur avait donné l’ordre de courir quinze kilomètres munis d’un sac à dos contenant une dizaine de briques. La pluie tombait sans interruption sur le terrain d’entraînement depuis presque quatre heures. Mais ce n’était pas vraiment cela qui allait empêcher l’instructeur de former ses petits soldats. Et le fait que ce soient des enfants ne lui fournissait que plus de plaisir à faire son travail. En effet, chacune des recrues était âgée de douze à dix-huit ans. L’idée était venue à Dragunov après que son ancienne unité est essuyée de nombreuses pertes lors d’une précédente mission. Il avait personnellement recruté chacun des hommes qui avaient participé à l’opération. La mort d’un si grand nombre d’entre eux ne lui avait pas particulièrement plu. Surtout que la plupart étaient considérés comme des professionnels. C’est alors que lui est venue l’idée de former sa propre unité. Et choisir des recrues aussi jeunes lui permettait de ne leur apprendre que le métier de tueur, Ce qui était la seule chose dont il avait besoin. Peu de gens parmi les membres haut placé de l’organisation avaient approuvé cette idée. Mais le Docteur lui avait toujours fait confiance au niveau des choix militaires, et finalement, on lui avait accordé le droit d’entrainer quelques enfants à l’essai. Et si jamais les résultats étaient concluants, une vingtaine d’autres les rejoindraient.

Le centre d’entrainement était un cube de béton, sans fenêtre ni chauffage, posé au milieu d’un champ de boue. Une clôture de six mètres de haut séparait la zone du reste du monde. Situé dans les environs de Cardigan au Pays de Galles, cet endroit était pire que l’enfer pour les recrues. Dragunov ne leur accordait pas plus de quatre heures de sommeil chaque nuit, il les privait de repas chaque fois que cela lui chantait (et ça lui chantait très souvent), les punitions avaient souvent des motifs ridicules. Une jeune brune de dix-sept ans avait été condamnée à effectuer cinq kilomètres de plus que les autres pour avoir réveillé l’un des gardes de nuit en tirant la chasse d’eau. Sa partenaire avait du faire de même.
Le russe avait répartit chacun des membres de son petit commando en binômes. Le premier d’entre eux était constitué de deux filles de dix-sept et quatorze ans. La plus jeune était Indienne, née à Bombay, elle avait été élevée en tant que prostituée dans des quartiers malfamés. Une recrue facile à convaincre, puisqu’elle avait accepté à condition que l’on tue son oncle qui était son employeur. Une requête qui n'a posé aucun problème à l’agent de l’organisation qui se trouvait sur place. L’oncle en question fut retrouvé le lendemain même, étendu sur son lit, les poumons remplies d’essence. Une fois la session d’entrainement intégrée, on lui avait donné le nom de code de « Renarde ».
Son acolyte était la fille de l’un des anciens scientifiques du complexe, l’un des rares que le Docteur fut obligé d’abattre suite à une tentative de trahison pour une organisation américaine rivale. Le sexagénaire lui avait ensuite fait croire que son paternel avait été tué par cette même organisation. Ivre de vengeance, elle avait décidé d’accepter la proposition de s’engager dans l’unité de Dragunov. Son nom de code était « Corbeau ».

Le plus vieux de la bande était Ukrainien, arrêté de nombreuses fois pour coups et blessures, le profil psychologique de ce garçon avait suffisamment plu au russe pour qu’il soit recruté.
Un salaire confortable avait suffi à convaincre ce grand et maigre blondinet qu’était « Lion ». Sa partenaire était âgée de quinze ans, ses yeux bridés et ses longs cheveux noirs trahissaient ses origines asiatiques. « Dragonne » était originaire de Corée du Nord, ses parents étaient morts des blessures qu’ils ont reçues le jour où ils ont passé la frontière. Des soldats Sud-Coréens la trouvèrent, et l’amenèrent dans un orphelinat à Séoul, dont elle disparut quelques jours plus tard.
Les deux derniers étaient des frères originaires d’Allemagne, le plus jeune d’entre eux avait été appelé « Chaton » dû au fait qu’il s’agissait du plus jeune de l’unité. C’était un garçon assez rondouillard, extrêmement nerveux, qui ne tenait pas en place et agitait perpétuellement les bras en tous sens, comme s’il essayait de chasser des mouches.
Son frangin par contre, c’était autre chose. Les deux enfants avaient été envoyés dans un asile après qu’ils furent accusés du double-meurtre de leurs parents. Mais en réalité, « Serpent » l’ainé était l’unique responsable. Dragunov était d’ailleurs fasciné par ce gamin de treize ans. Il aimait tout particulièrement son regard, il dégageait une haine et une envie de meurtre constante, c’était quelque chose dont le russe était friand. Serpent était brun, une silhouette assez ordinaire pour un gamin de son âge. Il n’avait pas grand-chose de spécial en termes physiques, tout était dans la tête.

En revanche, si l’instructeur appréciait particulièrement l’ainé, il détestait le cadet. Sa forme physique était déplorable, de plus, il manquait cruellement de dureté. Il n’avait été recruté que parce que son frère refusait qu’ils soient séparés. Mais le russe regrettait cette décision, Chaton était le maillon faible du groupe.

Ce fut d’ailleurs lui qui s’écroula de fatigue au beau milieu de la piste de course, il était si exténué qu’il respirait comme un bœuf. Mais Dragunov n’était pas disposé à faire preuve de sentiment. Il attrapa le fouet qui était accroché à sa ceinture, et le fit claquer sur le dos nu de l’enfant, le garçon hurla sa douleur.

-Debout! Rugit le russe en le fouettant à nouveau. L’ennemi ne fera preuve d’aucune pitié!

Chaton tenta de se relever, mais un nouveau coup le renvoya au sol. Exaspéré d’avoir affaire à pareil mauviette, l’instructeur s’apprêta à lui donner la correction de sa vie.
Mais son prochain coup de fouet ne toucha pas le jeune allemand, Serpent s’était dressé entre son mentor et sa proie et avait encaissé la punition à sa place. Il se tenait bien debout, les pieds presque plantés dans le sol. Le coup ne l’avait pas fait plier, en réalité on aurait plutôt dit qu’il l’avait ignoré.
Bien qu’impressionné par cette démonstration d’endurance, le russe ne pouvait pas laisser passer un geste d’une telle insolence, il leva à nouveau son fouet, et déchaîna ses coups.

Serpent ne bougea pas d’un millimètre, encaissant chacun des coups qui pleuvaient sur son corps comme si c’était de la brise. Son torse et ses bras furent bientôt zébrés de traits sanguinolents qui coulèrent avec la pluie, lorsque Dragunov s’arrêta, le pré-ado semblait aussi solide qu’une statue. Puis, sans prévenir, il se précipita sur son instructeur en poussant un rugissement bestial. Celui-ci fut si surpris par la manœuvre qu’il évita de justesse le direct destiné à son entrejambe. Mais il n’eut ensuite aucun mal à se reprendre, et Serpent reçut un puissant coup de pied circulaire en pleine tempe. Cette fois, l’effet se fit ressentir sur le garçon, il tituba, tenta quelques instants de se maintenir conscient. Et finit par s’écrouler lourdement sur le sol, laissant la pluie se mélanger à son sang.

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Dernière édition par Tyker le Ven 20 Mar 2015 11:22; édité 1 fois
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