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[Fanfic] Supernova [Terminée]

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 Auteur Message
LouRiddle MessagePosté le: Dim 09 Fév 2014 00:05   Sujet du message: [Fanfic] Supernova [Terminée] Répondre en citant  
[Krabe]


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Avant-propos : Ce texte fait partie d'un univers encore plus froid que le nôtre. Cliquez sur l’icône pour en savoir plus.

https://i.imgur.com/gTOotBq.png


Spoiler


http://i.imgur.com/b4LejQX.png


http://i.imgur.com/duneO3O.png


« En ma fin gît mon commencement. »


X.A.N.A était vaincu et il était désormais temps pour les jeunes Lyoko-guerriers de mettre fin à leur vie héroïque. Alors que l’heure d’éteindre le supercalculateur approchait dangereusement, chacun redoutait plus ou moins ce moment éprouvant, puisque malgré tout, une page de leur histoire se tournait. À ce jour, Jérémie ne pouvait plus attendre. La fin de XANA signifiait pour lui le commencement d’un nouveau chapitre, où il pourrait désormais vivre sereinement sans se demander constamment quelle sera la nouvelle attaque. Aujourd’hui, il avait atteint son but, sauver Aelita. Cette dernière suivait ce dernier événement avec une attention toute particulière puisqu’ainsi, elle tournait d’une certaine façon le dos à son passé. Non pas qu’elle désirait l’oublier, mais elle voulait avant tout profiter de sa jeunesse et rattraper toutes ces années perdues. Heureusement, elle savait qu’elle pourrait toujours compter sur ses amis, dont notamment Yumi, l’autre fille du groupe. Comme Jérémie, celle-ci attendait avec impatience ce tournant, car étant consciente des enjeux et des dangers du supercalculateur, elle ne pouvait qu’approuver son extinction pour qu’elle puisse, enfin, se concentrer sur ses études, même si Ulrich Stern pouvait être parfois (voire souvent), tout aussi pénible que XANA pour elle. En effet, ce dernier, même après deux ans et demi de lutte aux côtés de sa belle, n’a jamais été capable d’avouer ses sentiments, principalement à cause de William, qu’il considère toujours comme un adversaire. Celui-ci, récemment libéré de l’emprise de XANA, a rapidement réussi à se réadapter à la vie au lycée, notamment grâce à l’aide d’Odd, qui, à l’inverse de certaines personnes, a continué d’entretenir une complicité avec lui. Ce dernier de son côté, est resté fidèle à lui-même, enchaînant les conquêtes et les blagues douteuses.
Tous les cinq étaient regroupés devant le supercalculateur et plus Jérémie s’approchait de la manette d’extinction, plus le groupe se resserrait, tendu mais aussi ému. Tous regardaient attentivement Jérémie attrapant théâtralement la manette, sauf Aelita qui, quant à elle fermait les yeux avec douleur, voulant mettre fin à ce moment amer. Il était temps. Aucune marche arrière n’était possible. Yumi prit alors la parole, venant en aide à Jérémie.
- Nous avons des échecs et des réussites. Des heures de colle et des heures de gloire. Pour nous cinq, il y a eu la vie avec Lyoko. Désormais, il y aura la vie sans.
Chacun ferma les yeux tout en cherchant la main du voisin, afin de finir leur aventure comme ils l’avaient commencé : ensemble. Doucement, Jérémie baissa alors la poignée malgré sa hâte et attendit le bruit sourd qui signifiait l’extinction du supercalculateur. Aucun bruit ne retentit cependant et tous regardaient horrifiés l’édifice qui n’avait pas bougé d’un centimètre...
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LouRiddle MessagePosté le: Dim 09 Fév 2014 00:07   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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http://i.imgur.com/ZDWjFqP.png



Mardi 13 février

Jérémie ne broncha pas. Il avait certainement fait une mauvaise manœuvre et reprit la procédure d’extinction. Une fois. Deux fois. Son corps se mit alors à suer et ses membres à trembler. Quelque chose clochait, il n’y avait pas de place pour le doute. Sans un mot et le regard inquiet, il s’éloigna de la machine à petits pas et se dirigea vers l’ascenseur. Le groupe se tourna alors vers lui, troublé. Yumi pensa alors à un nouveau manque de courage de la part de Jérémie.
- Jérémie, qu’est-ce que tu fous ? C’était le moment ou jamais !
Pour seule réponse, il se tourna vers elle et la regarda droit dans les yeux, comme s’il essayait vainement de faire part de sa crainte par la pensée. Tous le suivirent vers le laboratoire où Jérémie prit place devant son ordinateur. Il se mit à pianoter vigoureusement sur le clavier pendant que des messages à première vue incompréhensibles s’affichaient sur l’écran. Désormais, le groupe comprenait qu’il y avait un problème et Aelita s’avança vers l’ordinateur pour tenter de deviner de quoi il était question.
- Jérémie, ne garde pas tout pour toi. Je peux t’aider, explique-moi.
L’intéressé se retourna alors vers son interlocutrice et observa le groupe derrière elle. Il devait leur dire. Il voulut réfléchir un instant afin de choisir sagement chaque mot, mais il ne pouvait plus perdre de temps, sans compter le regard insistant de ses amis. Il prit alors une grande inspiration pour se donner du courage.
- Très bien. Je n’arrive pas à éteindre le Supercalculateur. C’est aussi simple que ça. Mais je n’ai aucune explication… Je… Je suis désolé.
Le silence pesait dans la pièce. Jérémie se retourna vers l’écran pour ne pas apercevoir la réaction de ses amis. Il distingua cependant un léger « oh putain » s’échapper de la bouche d’Odd. Quelques secondes interminables s’écoulèrent et Aelita mis fin au calvaire en posant doucement sa main sur l’épaule de Jérémie.
- Ne te tracasse pas. On finira par trouver une solution, comme toujours.
Par ces mots encourageants, le reste du groupe osa enfin se prononcer, dédramatisant la situation qui selon Odd, ne devait pas être « si terrible ».
- Je suis certain qu’en moins de deux vous aurez trouvé une solution. Vous n’êtes pas Monsieur et Madame Einstein pour rien.
Aelita sourit en retour et reprit la parole, s’adressant cette fois-ci à tout le groupe.
- Odd a raison. Vous, retournez en cours, pas question de s’attirer encore des ennuis. Je reste ici avec Jérémie.
- Non Aelita, tu vas en cours avec eux. Je veux régler ça moi-même. Si on est absents tous les deux, on va se douter de quelque chose.
Aelita parut déçue mais accepta tout de même, elle savait qu’il avait raison.
- D’accord, je te rejoins dès la fin du cours de Jim. À tout à l’heure alors.
- À tout à l’heure…
Dans l’ascenseur, chacun relâcha la pression à sa manière. Ulrich fut le premier à aborder le sujet tabou.
- Putain ! Sérieusement ? C’est quoi le problème maintenant ? Comme si on en n’avait pas eu assez.
- Calme-toi Ulrich, ça sert à rien de s’énerver. Si ça se trouve ce n’est rien de grave, pas besoin de hurler.
Contre toute attente, Yumi semblait la plus calme de tous car malgré les paroles remplies d’optimisme d’Aelita envers Jérémie, celle-ci semblait pour le moins anxieuse.
- C’est étrange, tout de même. Nous n’avons jamais eu ce genre de problème auparavant…
Le reste de la journée se poursuivit dans l’inquiétude et dans l’attente. Tout le monde restait calme. Dans la classe de Yumi, celle-ci se torturait l’esprit en imaginant tous les scénarios imaginables, comme si une issue positive lui semblait impossible. Et s’ils étaient destinés à se battre toute leur vie ? Auraient-ils un jour la chance de vivre une vie paisible comme la plupart des autres adolescents ? Le doute planait et Yumi finit par geindre de frustration.
- Yumi ? Tout va bien ?
Quelqu’un venait de la sortir de ses pensées tourmentées. Le premier visage qu’elle aperçut fut celui de son ami William, l’air troublé.
- Ah. Oui, ça va. C’est juste que…
Devait-elle le mettre au courant de ce changement programme ? William avait été informé de l’extinction même s’il n’y avait pas été convié. Cependant, elle avait peur d’en dire trop, de l’alarmer pour rien. Oui, si ça se trouve, elle se prenait trop la tête. Pas besoin d’en faire toute une histoire.
- C’est juste que j’ai oublié de rendre le devoir de Meyer, je vais encore me taper un zéro. Fait chier.
- Je l’ai pas rendu non plus. On est tous les deux dans la misère apparemment.
- Pour pas changer.
De leur côté, Odd, Aelita et Ulrich subissaient un cours d’escalade interminable. Ils n’avaient qu’une idée en tête : retourner au labo et en finir avec XANA une fois pour toutes. Ils ne laisseraient pas passer un jour de plus. Tandis que Jim se ridiculisait devant tous ses élèves qui ne réagissaient même plus, Odd tenta de détendre l’atmosphère au vu de l’expression attristée de ses amis.
- Hé les mecs, c’est quoi ces têtes ! Tout va bien, n’est-ce pas Aelita ? Tu l’as dit toi-même.
- Oui bien sûr, Odd…
Odd fit la moue et se tourna vers Ulrich, assis en tailleur et son visage enfouie entre ses mains.
- Tout va bien vieux ?
- Ouais.
- On dirait pas.
- Pourquoi j’irais bien ? Tout va mal.
Face à tant de pessimisme, Odd gémit et se laissa tomber dramatiquement en arrière. Il se glissa alors discrètement vers lui, s’approcha de son visage et lui dessina un sourire en tirant sur l’extrémité sur ses lèvres.
- Putain ! Dégage !
- Smile Ulrich, smile !
Ce dernier se dégagea de l’emprise d’Odd et se tourna gravement vers lui.
- Y’a pas que le supercalculateur qui m’inquiète.
Il attendit une réaction de son ami, mais voyant que celui-ci le questionnait du regard, il poursuivit.
- Ouais. On se parle plus, avec Yumi. Les seules fois qu’elle m’adresse la parole c’est pour me rappeler que je suis une grosse merde. Et me fais pas croire que tu l’as pas remarqué.
- Ouais bon ok, c’est vrai j’ai capté. Alors pourquoi tu ne vas pas lui prouver le contraire ? Tout ce que tu fais ne fait que renforcer ton statut de grosse merde.
Ulrich le dévisagea froidement et Odd rit bruyamment à sa propre blague.
- Non mais sérieusement, Ulrich. Demain, c’est la saint Valentin. Montre à Yumi ce que tu vaux. Fais pas le con, c’est tout, et tout s’arrangera. C’est un conseil de professionnel.
Ulrich fit mine de ne pas prêter attention aux conseils de son ami mais au fond, il n’avait pas tort. Et sans lui, il n’aurait même pas su que demain était la saint Valentin. Il lui revaudra ça.

À dix-sept heures, les quatre ex Lyoko-guerriers se rejoignirent à l’entrée de la forêt. C’était l’heure de vérité. Yumi fit une accolade à Aelita et tous cinq s’enfoncèrent dans les bois, une certaine boule dans la gorge. Arrivés au labo, Jérémie fit tourner son siège au bruit du monte-charge. Il se leva et leur fit rapidement part de la situation.
- Bon écoutez, je ne vais pas vous mentir : je n'en sais pas vraiment plus que tout à l'heure, à part que le problème vient très certainement du cœur de Lyoko. En vérifiant, il m'a également semblé y déceler une activité anormale, mais pour en savoir plus...
- Il faut qu'on aille sur Lyoko, acheva Yumi.
- C'est ça. Donc vous connaissez la suite.
Odd appuya sur le bouton permettant de descendre au niveau inférieur. Effectivement, ils connaissaient.

http://i.imgur.com/gAZqTsZ.png


Ulrich et Odd furent virtualisés les premiers dans l'Arena, et les filles suivirent peu après.
- Donc si j'ai bien tout pigé on se rend dans la salle du cœur ? résuma le félin.
- Correct. Je suis quasiment certain que le problème vient de là-bas. Il doit de toute façon être sérieux pour empêcher l'extinction de la machine. X.A.N.A ou Franz eux-mêmes n'étaient pas de cette catégorie.
Bien qu'Aelita n'aimait pas beaucoup cet exemple, elle devait reconnaître que Jérémie avait raison.
- Alors allons-y, ordonna-t-elle avant de s’élancer la première dans le passage qui venait de s'ouvrir.
Le reste des Lyoko-guerriers prit sa suite.
Carthage, depuis sa recréation, n'avait plus grand-chose d'effrayant comparé à la période où X.A.N.A s'y terrait. Autrement dit, on pouvait désormais arriver jusqu'à l'ascenseur en quelques minutes, et sans risquer de se faire écraser entre-temps. Les quatre Lyoko-guerriers se retrouvèrent donc rapidement dessus au complet.
- Pour l'instant, rien d'anormal, déclara Ulrich à Jérémie au moment où l'ascenseur arrivait dans la voûte céleste.
C'est alors que le groupe constata que William les attendait devant l'interface.
- Je confirme, rajouta Odd ironiquement. William du côté des méchants, rien d'anormal.
Aelita lui lança un regard venimeux avant de se mettre sur ses gardes comme le reste du groupe. Mais William ne bougeait pas, il se contentait de tenir droit devant lui le manche de son épée pointée vers le bas. Il avait d'ailleurs un peu changé : Bien que son apparence soit similaire à celle que celui-ci possédait alors qu'il était sous contrôle de X.A.N.A, la couleur rose qui était autrefois présente sur ses avant-bras, sur le bas du dos et ses bottes était devenue bleue. Il n'y avait plus de sigle de X.A.N.A sur son zanbatō et celui de son torse avait changé. Les cercles avaient laissé place au triangle, et un œil semblait se distinguer à l'intérieur. En tout cas, c'était tout ce que les adolescents pouvaient voir d'ici.

- Supersmoke.
William se réfugia sous la plate-forme en quelques secondes. Puis Odd, qui se trouvait à l'arrière du groupe, se fit brusquement dévirtualiser.
- Hein ? s'exclama Yumi en se retournant.
- Jérémie ?
- Je n'ai bien évidemment rien sur mes radars. Ce n'est sûrement pas X.A.N.A.
- C'est toujours ça... commenta Aelita.
Elle activa ses ailes, tandis qu'Ulrich demandait les véhicules, ce que Jérémie consentit à donner. Mais son Overbike fut rapidement transpercé par une lame. La présence d'Aelita sur place empêcha le faux William de faire subir le même sort au transport de Yumi et l'ange virtuel se mit à poursuivre la fumée violette tandis que le samouraï se résignait à devenir un passager de la geisha.
L'ennemi se dirigeait vers la salle du cœur de Lyoko. Étant donné qu'il était plus rapide qu'Aelita, celle-ci anticipa le piège avant de franchir l'entrée mouvante et décida de foncer jusqu'au cœur en ligne droite, ce qui était l'objectif premier des combattants. Elle espérait du même coup que la diversion permette à ses deux amis de passer. Elle attendit donc le bon moment, puis dirigea son ascension droit sur le cœur. Une salve dans le dos mit rapidement fin à son existence virtuelle. Elle avait d'un côté prévu ce scénario, et celui-ci lui permettait d'en apprendre davantage sur la nature de l'ennemi. De plus, le faux William n'avait de fait pas pu guetter Ulrich et Yumi, qui franchirent le sas avant que leur ennemi n'ait pu les abattre par surprise. D'un geste expert, ayant repéré la position de l'ennemi grâce à l'agression d'Aelita, Yumi braqua son véhicule de façon à l'envoyer sur William. Bien entendu, au préalable, elle sauta sur l'un des flancs de la salle, le plus proche, et Ulrich grâce à son Supersprint pût faire un bond bien plus large, pour atterrir sur la plateforme opposée. Le sas d'entrée de la salle du cœur formait en effet un carré constitué uniquement de petites allées sur les côtés, le centre se résumait au trou qui accueillait les mâchoires de la salle. Les Lyoko-guerriers, présents de chaque côté de William, avaient une position avantageuse, même si Odd aurait été plus utile qu'Ulrich ici. L'ennemi joua dessus, bondissant sur Yumi, épée en main. La geisha n'eut aucun mal à esquiver d'un salto arrière, malgré l'étroitesse de la plateforme. Stern, d'où il se trouvait, envoya alors l'un de ses sabres sur sa cible, histoire de montrer qu'il n'était pas si inoffensif que ça à distance. Un mouvement de tête de dernière seconde du William permit à l'arme de se planter dans le mur. Le plus étonnant, c'est qu'il n'avait même pas tourné la tête pour regarder le projectile. La japonaise voulût profiter de la maigre diversion et balança à son tour ses deux éventails, mais le clone de William s'en saisit. Puis il s'empara de l'épée plantée au mur et empala les deux armes de Yumi dessus avant de le replanter au même endroit. Avec cette option, trois des quatre armes des deux combattants étaient piégées dans la surface bleue. Yumi en avait toutefois profité pour rejoindre Ulrich, à l'opposé.
- C'est pas gagné.
- Jérémie, tu peux pas me reprogrammer des éventails ?
- Pas tant que les deux premiers n'ont pas disparu.
La geisha pesta.
- Il a tout prévu.
- Et toi Jérémie, tu peux pas dévirtualiser nos armes à distance pour les reprogrammer ? demanda Ulrich.
- Et bien... en théorie si. Mais je ne m'étais jamais posé la question, et donc il me faudrait un moment pour y parvenir.
- Un moment ?
- Dix minutes.
Le samouraï secoua la tête.
- Trop long. Essaye plutôt de trouver un moyen de le détecter.
- C'est en cours.
- Chacun son côté, déclara Yumi. William n'a qu'une arme. S’il me choisi moi, il prend un plus gros risque car tu es plus rapide. S’il te choisi toi, le risque est que je récupère une de mes armes à moi.
- Je marche !
Les deux Lyoko-guerriers commencèrent donc à faire le tour du carré chacun de leur côté. Le William les observait tour à tour tandis qu'ils s'approchaient mais ne semblait pas se décider. Il fut cependant contraint de faire un choix car les deux adolescents se retrouvaient finalement de part et d'autre de sa plateforme. Simultanément, les deux camarades s'élancèrent. William se tourna vers Yumi et l'empala sur son épée.
- Supersprint !
Conformément au plan prévu, Ulrich en profita, sabre au clair, pour trouer la peau de son adversaire. La chose à l'image de l'adolescent en noir leva son bras libre dans la direction de Stern. Tout se passa très vite. Mais un instant plus tard, Ulrich venait de s'écraser contre le poing de William, changé en bloc de glace, et fut dévirtualisé.

http://i.imgur.com/gAZqTsZ.png


- Au final, on a appris quoi ? demanda Ulrich, blasé par sa défaite.
- Plus de choses que tu ne le penses, répondit Aelita. La précision avec laquelle le William m'a eue prouve qu'il s'agit d'un programme. J'ai fait le test exprès.
- C'est logique, confirma Jérémie. Il est possible que ce programme ait récupéré certaines données de X.A.N.A. Si vous avez affronté quelque chose ressemblant fortement à William, c'est parce que...
- … X.A.N.A l'a un jour eu sous son contrôle, devina Yumi.
- Exactement.
- Le William de X.A.N.A n'était pas aussi intelligent... Celui-ci était plus redoutable encore.
Jérémie remonta ses lunettes.
- Hm, oui, et s'il s'agit d'un programme, je doute que ce soit le seul ennemi à affronter pour atteindre le cœur. Je sais très bien que cette idée ne réjouira personne, et c’est vrai, peut-être qu’on finira par le regretter, mais le fait est qu’on va sûrement avoir besoin d’aide... Il faut recruter à nouveau William…
Cette annonce fut comme une douche froide pour le groupe, surtout pour Ulrich qui voulait effacer son rival de sa vie. Désormais, il en était convaincu, il devait être maudit. C’était l’unique explication. Or, il ne broncha pas, conscient que William était leur meilleure possibilité de renfort à ce jour. Jérémie reprit alors la parole, constatant l'absence d'opposition farouche.
- Donc… Yumi, si ça ne te pose pas de problème, je te confie la mission d’aller en parler à William, en étant la plus persuasive possible. Tu le vois plus souvent que nous et puis… Il ne pourra certainement pas te résister, n’est-ce pas ?
Il accompagna sa dernière phrase d’un clin d’œil, ce qui fit blêmir le samouraï et rougir les joues de la japonaise. Elle accepta sans problème, consciente des enjeux que cela représentait.
- Très bien. En plus, on est supposés se voir demain matin avant les cours pour se montrer nos devoirs, ça facilitera les choses… Je suppose.
- Super, merci Yumi. Bon, ce soir, je reste au labo pour travailler. Vous, allez vous reposer car demain, on replonge ! Et ce ne sera pas de tout repos, croyez-moi.
- Oh t’inquiète pas Einstein, on te croit sur paro-
Aelita s’interposa vivement, coupant la parole en question entre ses deux amis.
- Tu comptes rester seul ici ce soir ?
- Oui, nous n’avons pas le choix.
- Jérémie, laisse-moi t’aider ! Je reste avec toi.
Jérémie tenta de contester en vain. Sachant pertinemment le caractère entêté d’Aelita, il accepta finalement à contrecœur. Tout en déposant un baiser sur sa joue, cette dernière murmura un « merci Jérémie » qui fit rougir ce dernier. Rempli d’espoir, le reste du groupe s’en alla, motivé malgré leur échec précédent. Demain, ils auraient toutes les cartes en main.
Lorsque Yumi quitta les garçons à mi-chemin pour se rendre chez elle, Odd fit part de ses inquiétudes à Ulrich.
- Ulrich, il faut que je te parle de quelque chose. Un truc qui me tracasse depuis quelques jours.
Ulrich parut alors inquiet. En effet, Odd prenait que très rarement un air aussi sérieux que celui-ci. Il se lança alors dans des conjectures plus farfelues les unes que les autres. Il en vint même à se demander si Odd aurait de quelconques informations à propos de ce qui se passait actuellement sur Lyoko. Voyant que son ami gardait le silence, il le relança.
- Mais dis-moi enfin ! Tu m’inquiètes.
- Bon… J’ai peur.
- De quoi tu as peur, toi, Odd Della Robbia ? Tu ne crains personne, c’est nouveau ça.
- J’ai peur pour ma réputation mec… Tu sais quel jour on est demain ?
- Ouais, demain c’est mercredi et on va se défouler sur Lyoko.
- T’es con ou quoi ?
Il fit une pause, comme à son habitude, pour augmenter l’effet dramatique.
- Demain c’est la saint Valentin, vieux. Et j’ai pas de copine, putain !
- Ah ouais, t’as raison c’est pire que tout ! T’en trouveras une demain, je te connais.
- J’en doute.

http://i.imgur.com/gAZqTsZ.png


Le faux William se trouvait assis au bout de la piste qui donnait sur l'unique tour du territoire carthaginois, son genou droit ramené vers lui. Quelqu'un d'autre, quittant le dédale obscur du labyrinthe précèdent, apparut derrière lui. Le William bleuté ne se retourna pas, et déclara :

- J'imagine qu'il n'a pas apprécié notre efficacité.
- En effet
, lui répondit l'autre. On supporte mal de se faire houspiller par des nouveaux. Il ne faut pas avoir l'outrecuidance d'aller trop vite bonhomme.
- Ce n'est pas ma faute si notre tandem est déjà efficace en un seul combat. Quoique, si en fait
, rajouta-t-il avec un petit rire.
- La diplomatie, c'est l'art de faire valoir ses intérêts, tu sais.
- Ta gueule Ronald. Notre existence est là pour défendre les intérêts d'une seule personne.

Le dénommé Ronald soupira.
- J'avais commencé à préparer un discours de temporisation des choses au besoin mais si tu es mêlé à la conversation, il sera nécessairement superflu...
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Zéphyr MessagePosté le: Dim 09 Fév 2014 22:37   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


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Messages: 1034
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
*Le maître des rouages s'amusait avec le vent, sous un ciel étoilé, lorsqu'il vit une Supernova passer sous ses yeux. Il décida de voir ça de plus près.*

Après cette intro qui était un peu à chier (il faut le dire), on va pouvoir être un peu plus sérieux.
Pour commencer, j'aime bien le logo oculaire de cette fanfiction. Un peu mystérieux et clairement obscur, presque malsain, mais qui attire par son éclat, comme une étoile *Vlan*. Promis j'arrête et je parle du texte Mr. Green.

Bon, alors qu'avons-nous là ? Une fin et suite alternative au #95. Très bien. Bon, dès le prologue, une question se pose : pourquoi le Supercalculateur ne s'éteint-il pas ? Surtout en considérant que dans les épisodes #26 et #37, il n'y a eu aucun soucis. Wait and see (faut vraiment que j'arrête de sortir ces trois mots o/).
Ensuite, ce qui est assez sympa dans cette histoire, c'est que Xana ne semble, à priori, pas de retour. Dans ce cas, on partirait sur la piste du nouvel ennemi, lié à ce nouvel œil (enfin, même si les histoires « nouvel ennemi » ne sont pas si rares en soi).

Le combat LG VS Blue William était assez dynamique dans son genre. Par contre, je doute que les éventails de Yumi ne soient pas détruits après perforation par le sabre d'Ulrich. Ils sont censés être en acier et ultra-résistants, pas en tissu aussi solide que du papier toilette. Je pense que le sabre les aurait détruits, même si on voit ensuite que ça ne t'arrangeais pas pour la suite du combat.
On a également un élément assez mystérieux dans ce combat : la congélation d'Ulrich. J'avoue avoir été perplexe au début par les conditions, mais en lisant la fin, je pense (hé oui, je suis reparti pour une hypothèse foireuse o/) que c'est le dénommé Ronald qui a figé Stern, permettant à William de frapper son doux visage. Il semble également que tu considères les coups de poings comme dangereux pour les points de vie d'un avatar.

Côté personnages, les caractères me semblent respectés, le langage adapté à notre jeunesse décadente. On semble orienté sur les problèmes de (ran)cœur pour ce début. Surtout à l'approche de la Saint-Valentin (que je n'espère pas égale à celle du DA dans cette fic (a)).

Citation:
Tout ce que tu fais ne fait que renforcer ton statut de grosse merde.

Des voix m'ont murmuré que cette phrase avait fait sensation chez une certaine catégorie de lecteurs (a).

J'ai également l'impression (hypothèse foireuse is back) que tu comptes exploiter le mystère qui plane autour de la tour de Carthage, chose très peu faite dans le coin, ce qui offrirait un plus à ton histoire.

Bon, j'ai fait le tour du prologue + chapitre 1. Passons au style d'écriture. C'est propre au niveau de l'orthographe et de la langue, ça se lit bien, donc bon pour toi. Par contre, et c'est assez personnel, je trouve qu'il manque un poil de description par rapport à la quantité de dialogues présente. Certes, nous ne sommes pas en terre et lieux inconnus, mais bon...
Ce n'est pas la remarque la plus pertinente que j'ai faite ce soir o/.

Comme je suis théoriquement un vent chiant (un certain Vulturnus plussoie d'ailleurs), je relèverai ceci :

Prologue a écrit:
 A ce jour, Jérémie ne pouvait plus attendre.

Mettre un « À » avec un accent serait parfait (a).

Prologue a écrit:
elle ne pouvait qu’approuver son extinction pour qu’elle puisse, enfin, se concentrer sur ses études,

Il n'y a pas de faute ici, mais les virgules entre le « enfin » sont parasites je trouve.

Prologue a écrit:
Nous avons des échecs et des réussites. Des heures de colle et des heures de gloire. Pour nous cinq, il y a eu la vie avec Lyoko. Désormais, il y aura la vie sans. 

Ici, ça aurait pu être sympa de mettre soi un tiret devant la citation, soit des guillemets. Question de goût.

Prologue a écrit:
et attendit le bruit sourd qui signifiait l’extinction du supercalculateur. Aucun bruit ne retentit

Répétition de « bruit ». On a aussi un répétition de « Tous » plus haut, mais elle est moins dérangeante je trouve.

Chapitre 1 a écrit:
Odd fit la moue et se tourna vers Ulrich, assis en tailleur et son visage enfouie entre ses mains.

« enfoui »

Chapitre 1 a écrit:
Et sans lui, il n’aurait même pas su que demain était la saint Valentin. Il lui revaudra ça.

« Il lui revaudrait ça » et on écrit généralement « Saint-Valentin ».

Chapitre 1 a écrit:
Les quatre Lyoko-guerriers se retrouvèrent donc dessus au complet rapidement

La phrase est plutôt maladroite ici (et il manque un point (a)). Inverser certains mots pourrait y remédier.

Chapitre 1 a écrit:
Quelqu'un d'autre, quittant le dédale obscur du labyrinthe précèdent

« du labyrinthe précédent ».

Pour finir :

Citation:
J'essayerai de tenir un rythme de publication d’un chapitre par semaine, 


Surprised ! C'est un rythme très soutenu dis-moi ! Je ne peux que te souhaiter bonne chance si tu comptes t'y tenir, même si je suis très tenté de te conseiller de doubler ce délai. Mais si tu t'en sens capable...

Au final, je me rends compte que je ne t'ai pas vraiment donné d'avis précis sur ta fanfiction. J'ai apprécié ce début. J'attends bien évidement la suite pour juger un peu plus profondément le scénario.

Voilà pour mon commentaire plus ou moins sérieux/tempétueux/génial/chaleureusement glacial/pas terrible (rayer les mentions fausses).
Bonne chance pour la suite très chère !
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« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Lun 10 Fév 2014 04:52   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


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Interessant.
Donc on a de nouveaux ennemis.
Je me demande ce que va faire Odd pour la saint valentin.
Le coup du sam qui revient et s'inscrit à Kadic par hasard le jour de la saint valentin serait trop gros, surtout que si tu pars de la saison 4 de l'animé, Sam n'est qu'une fille problématique qui a fait 2 crasses au félin.

vivement la suite.

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LouRiddle MessagePosté le: Ven 14 Fév 2014 18:08   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Hello, désolée pour la réponse tardive but here it is!

Tout d'abord merci pour ta critique très complète Zéphyr ! Je tenterai de régler le problème d'équilibre entre dialogues et narration pour la prochaine fois. Côté fautes d'orthographe, je réglerai évidemment ça. J'attend tes avis sur les prochains chapitres Smile

Citation:
Par contre, je doute que les éventails de Yumi ne soient pas détruits après perforation par le sabre d'Ulrich. Ils sont censés être en acier et ultra-résistants, pas en tissu aussi solide que du papier toilette. Je pense que le sabre les aurait détruits, même si on voit ensuite que ça ne t'arrangeais pas pour la suite du combat.


Bien vu ! Mais j'ai quand même une explication de mon coté sur le pourquoi du comment. Un très discret indice sera donné dans le chapitre 2 mais je ne peux pas en dire plus. Il faut juste s'orienter sur le fait que ça vient des prérogatives du faux William.

Citation:
On a également un élément assez mystérieux dans ce combat : la congélation d'Ulrich.


Tu t'es fait piéger par la tournure : Le bloc de glace, c'est le poing, pas Ulrich !

Odd Della Robbia, ravie que ça te plaise. Tu en découvriras plus dans le prochain chapitre Wink

A tout bientôt!

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LouRiddle MessagePosté le: Mer 19 Fév 2014 22:29   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Spoiler



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Mercredi 14 février

Il était sept heures trente quand Yumi partit de chez elle suivie de très près par son petit frère, surexcité comme à son habitude. Alors qu’ils se dirigeaient vers le collège Kadic, Hiroki ne cessait de lui poser toutes sortes de questions sur Ulrich, ce qui agaça sa sœur.
- Vous comptez faire quoi aujourd’hui, tous les deux ?
- Mais putain, j’en sais rien ! Pourquoi tu me demandes toutes ces conneries ?
- Bah, tu sais pas quel jour on est ?
Ignorant la date du jour, Yumi réalisa soudainement que c’était la Saint-Valentin et jeta un regard noir à son frère dont les questions prenaient tout son sens et devenaient encore plus agaçantes. Arrivés dans l’enceinte, la jeune fille ébouriffa les cheveux de son frère en lui lançant un rapide « fous-moi la paix maintenant. » En effet, celle-ci devait se concentrer sur la mission qui lui avait confiée la veille. Ainsi, elle aperçut William au loin, devant la classe de Mme Meyer. Quand elle ne fût plus qu’à quelques mètres, elle distingua un bouquet de roses composé d’une bonne cinquantaine de fleurs. Ledit bouquet était fièrement tendu à une jeune fille, grande et les cheveux noirs en carré. Yumi pesta discrètement « Quelle bitch cette Priscilla. » Coupant court à leur discussion, Yumi prit la parole.
- William. Tu viens ? Il faut que je te parle de quelque chose d’important.
- J’arrive dans deux minutes.
Elle ne broncha pas et alla s’assoir plus loin sur un banc, subissant une scène de romance dégoulinant de niaiserie. Elle ne pût s’empêcher de laisser échapper un petit bruit d’écœurement. Elle n’arriva cependant pas à entendre leur conversation, ce qui la frustra au plus haut point.
- Donc hm… On se fait un truc ce soir ?
Tout en proposant cela, William prit délicatement la main de sa Valentine. Il reprit.
- J’ai du champagne chez moi.
- Ça me parait tentant. Pourquoi pas, après tout ?
- À ce soir, alors.
William lâcha sa prise, lui fit un sourire à damner et s’en alla nonchalamment, comme le mec cool qu’il était. Il arriva à hauteur de la japonaise.
- De quoi tu voulais parler ?
Yumi voulut s’en débarrasser rapidement, exaspérée par l’attitude de son ami. Cependant, elle devait faire les choses bien, et ne devait donc laisser aucune place à ses émotions maintenant.
- C’est très important, alors écoute-moi bien. Je ne vais pas rentrer dans les détails – car je t’avoue que je ne les connais pas tous, mais il y a un nouvel ennemi sur Lyoko. Nous avons donc besoin… d’un coup de main. Toi.
Il sembla hésiter un moment qui parût une éternité pour Yumi. Constatant son incertitude, la japonaise sortit toutes ses cartes.
- Et tu sais pourquoi il s’agit de toi, spécialement, dont nous avons besoin ?
- Dis-moi.
- Parce que le nouvel ennemi, c’est toi, William. Quelqu’un s’est approprié ton avatar et il est surpuissant. Nous pensons donc que tu pourrais nous aider grandement à en venir à bout. Aide-nous…
Le discours de Yumi semblait suppliant, mais avait-elle réellement choix ? William devait sentir qu’il était nécessaire, et c’était la seule façon de lui faire comprendre que sans lui, la lutte était compromise. Il sembla alors hésiter à nouveau même si sa décision était prise. Il aiderait les Lyoko-guerriers. Il voulait leur prouver qu’il n’était plus un débutant, qu’il savait désormais les erreurs à ne pas commettre. Il leur montrera que le passé était révolu, et que désormais, il pouvait être un warrior, comme eux. Il leva alors les yeux vers son interlocutrice, et sans dire mot, il lui tendit la main. Yumi lui rendit son étreinte en souriant.
- Marché conclu, alors. On retrouvera les autres à la pause pour que Jérém’ t’explique mieux la situation. Il en connait plus sur le sujet que moi. Et il nous parlera de la mission de ce soir aussi.
- Je plonge ce soir déjà ?
- Oui. Tu es dispo, j’espère ?
William ne comptait pas être absent pour sa première mission. Tant pis pour Priscilla, même s’il devait lui mentir, il ne pouvait pas manquer ça. Il sourit donc à la japonaise en acquiesçant.
Au même moment, dans la chambre d’Ulrich et Odd, ces deux derniers tentaient tant bien que mal de se délivrer de leurs draps. Arriver en retard était certes une habitude pour Odd, mais ce n’était pas le cas d’Ulrich. Inquiets, Jérémie et Aelita, revenant du labo, vinrent toquer à leur porte.
- Hé, les mecs ! Debout ! On va être en retard !
Odd fut, à la plus grande surprise de tout le monde, le premier à se lever et à venir ouvrir à Monsieur et Madame Einstein, comme il aimait les appeler. Il vint les accueillir d’un ton sarcastique malgré sa mine toute endormie.
- Bonjour vous deux. J’aimerais pouvoir être réveillé comme ça tous les jours. Que du bonheur.
- Plus le temps de rigoler ! Réveille Ulrich.
Jérémie lança un rapide coup d’œil à sa montre et soupira.
- Ça y est, on est en retard, bravo les gars. On se rejoint dans la salle.
- Oui chef.
Jérémie et Aelita partis, Odd s’approcha doucement du lit d’Ulrich, et quand il fut à la hauteur de ce dernier, il lui souleva les paupières tout en susurrant d’une voix mielleuse « the sun is rising, sleepy head ». La réaction d’Ulrich ne se fit pas attendre, il tenta de frapper Odd de son bras encore endormi et hurla quelque chose d’à peine compréhensible.
- Fous-moi la paix. J’vais pas en cours.
- Comme tu veux, répondit Odd quelque peu vexé. On se retrouve à midi.
Puis il s’en alla en claquant la porte.
Les cours de la matinée se déroulèrent dans une ambiance plutôt tendue, sans que personne ne sache vraiment pourquoi. Etait-ce Ulrich qui les avait contaminés avec sa mauvaise humeur ? Etait-ce dû à l’appréhension de la mission ? Ou alors était-ce à cause… D’autre chose ?
Au premier rang, Jérémie et Aelita étaient assis l’un à côté de l’autre, dans le silence. Le blond semblait préoccupé par le fait que leurs recherches de la nuit dernière furent un échec plus ou moins total. Pour tout dire, ils n’avaient absolument rien trouvé. Aelita, quant à elle, avait toutes autres sortes de préoccupations.
- Dis, Jérémie. On est quel jour, aujourd’hui ?
Ce dernier ne daigna même pas lever les yeux de sa feuille de recherche et lui répondit le plus rapidement possible.
- Mercredi.
- Merci.
Aelita tourna alors le dos à son voisin et ne lui adressa plus la parole de tout le cours, de même pour Odd, assis silencieusement derrière eux, seul.
A la pause déjeuner, toute la bande se rejoignit comme convenu au self, même Ulrich, et Yumi accompagnée de William. L’ambiance était à nouveau pesante, chacun n’osait dire mot, si ce n’est pour répondre mécaniquement aux vagues explications de Jérémie concernent leur prochaine mission. On pouvait cependant distinguer quelques regards de mépris, la plupart adressés à Ulrich, venant de chaque coin de la table. Ce dernier ne cilla pas, concentré sur la jeune japonaise en face de lui, qui ignorait visiblement son existence-même. Quant à Odd, il ne pût s’empêcher d’analyser la situation et d’en rire intérieurement. Cette Saint-Valentin craignait, certes, mais au moins, elle craignait pour tout le monde, et ça, c’était fun. William était étonnamment la seule personne à l’écoute des conseils de Jérémie. D’un seul coup, ce dernier haussa la voix, signifiant qu’il arrivait à la fin de ses explications, sortant la moitié de la table de ses pensées.
- Bon. Tout est clair ? On se donne rendez-vous à dix-sept heures tapantes à l’entrée du parc, côté cour.
La bande se dissipa alors, chacun se rendant dans leur salle respective. Sous les arcades, Odd s’approcha discrètement d’Aelita en ralentissant le pas.
- Qu’est-ce qui cloche, princesse ?
- Tout baigne.
- Oh non, je suis pas dupe ! Je vois bien que quelque chose te tracasse !
Pour seule réponse, la jeune fille s’arrêta, leva les yeux vers son ami et haussa les épaules. Elle avait honte de se sentir déçue vis-à-vis d’une chose aussi futile et superficielle que la Saint-Valentin. Ne voulant donc pas l’avouer à Odd, elle détourna rapidement le sujet.
- Et toi, qu’est-ce qui ne va pas ? Tu n’es pas allé au rab’, à midi.
- Bah… C’est juste un mauvais jour.
- Bienvenue au club.
Les deux sourirent, et en un high five, se séparèrent en rentrant dans la salle, juste le temps pour Odd de serrer les épaules de la jeune fille et de lui murmurer « N’y pense plus Princesse. »
Il se posa alors bruyamment à côté d’Ulrich pour signaler sa présence.
- C’est bon, t’as fini de faire la gueule ? Sinon je change de place j’te préviens.
- Arrête ça Odd. Oui c’est bon. Je suis désolé pour ce matin, voilà.
- Bien.
Tout fier, Odd oublia sa rancune et s’approcha de son voisin. Il ne comptait décidément pas suivre le cours pour le moins inintéressant de Madame Hertz. Il chercha péniblement dans son sac un bout de papier – plutôt douteux et un stylo mâchouillé. Ainsi, il y gribouilla quelque chose et le tendit à Ulrich. Ce dernier déplia la feuille où il pût lire, non sans mal, « Il me faut une meuf pour ce soir. Ou sinon JE MEURS. » Ulrich se retourna vers son ami, l’air blasé. Odd hocha alors la tête, incitant le samouraï à répondre, comme s’il y a avait quelque chose à répondre à ce genre d’idioties.
« Moi je vais parler à Yumi tout à l’heure. Je lui ai acheté un collier. »
Ce à quoi Odd répondit, l’air euphorique.
« WOW tu vas baiser mec ! »
A la vue de cette dernière phrase, Ulrich piqua un fard et donna un gros coup de coude dans les côtes d’Odd qui laissa échapper un gémissement.
- Arrête de me frapper bon sang !
- T’es complètement con, Odd.
Devant eux se trouvaient Aelita et Jérémie, toujours silencieux. À première vue, ils semblaient être attentifs au cours mais de plus près il n’en était rien. Aelita, de son côté, le dos presque tourné à son voisin, griffonnait des petits Mister Puck, mettant en pratique les cours de dessin d’Odd. Quant à Jérémie, toujours dans sa réflexion, posait des dizaines de calculs à l’apparence insensée. Le reste du cours se déroula sereinement dans une ambiance paisible de fin d’après-midi. Lorsque la cloche retentit, chacun attrapa son sac, et sans dire mot, rejoignirent Yumi et William, déjà en place à l’entrée du parc.

http://i.imgur.com/gAZqTsZ.png


Le faux William n'avait pas changé d'endroit depuis la veille, et à nouveau, le fameux Ronald vint à sa rencontre.

- Ils vont revenir, John.
Cette fois, il se releva, et se tourna vers son camarade, avant de le rejoindre.
- J'espère qu'on lui a pas trop alloué de crédits pour parvenir à cette conclusion simpliste, ironisa le faux William, alias John.
- Il se base seulement sur les travaux d'une commission, répondit Ronald.

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Jérémie scruta sa montre – il était dix-sept heures treize exactement puis leva les yeux vers le ciel qui commençait à se couvrir. Il fallait y aller. L’ambiance était lourde.
- Les gars, il est temps d’aller donner du fil à retordre à ces parasites.
Dans l’étroit chemin menant aux égouts, Jérémie se plaça à côté d’Aelita qui n’avait pas l’air d’avoir été motivée par ce petit discours, les yeux tombants et le teint pâle. Il posa alors la main sur l’épaule de la jeune fille.
- Tout va bien Aelita ?
Pour seule réponse, celle-ci se dégagea de son étreinte sans même poser le regard sur son ami. Son pas se fit plus rapide, puis une fois arrivée à la hauteur d’Odd, elle modéra la cadence. Loin derrière eux, Jérémie aperçut la jeune fille passer sous le bras réconfortant de l’autre blondinet. Ce dernier lui murmura quelque chose à l’intérieur de son oreille que Jérémie ne put distinguer. Une masse douloureuse se mit alors à peser dans sa poitrine et la neige se mit à tomber en légers flocons.
Tout en marchant, Ulrich se torturait l’esprit. Il s’était promis de faire avancer les choses avec Yumi, et pourtant, impossible d’agir. Ils allaient bientôt arriver à l’usine. Il devait intervenir maintenant où il sera trop tard. Il inspira tout en comptant dans sa tête « 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7… » et relâcha son souffle tout en comptant jusqu’à 11. C’était une technique qu’il avait acquise pour maitriser son angoisse et ses crises de colère. Il serra les poings et ralentit le rythme pour se trouver petit à petit au niveau de la japonaise, accompagnée de près par William. Tout en gardant son sang-froid, Ulrich prit la parole.
- William, tu peux nous laisser deux minutes ?
Celui-ci acquiesça tandis que Yumi lança un regard stupéfait au samouraï. Ce dernier ne laissa pas le temps à la belle de réagir et enchaîna, tout en regardant ses pieds.
- Écoute Yumi. On ne s’est pas parlé depuis quoi ? Une semaine, si ce n’est plus ? Je me disais qu’aujourd’hui, tu vois… C’était l’occasion.
Elle ne se laissa pas attendrir et répondit du tac au tac.
- L’occasion pour quoi ?
Surpris par tant de froideur de sa part, Ulrich tenta de se désister, tandis que désormais une couche de neige s’épaississait sous leurs pieds.
- Je sais pas. Pour quoi à ton avis ?
- Je n’en sais rien Ulrich, dis-moi.
Le guerrier commença à perdre son calme. Il compta « 1, 2, 3, 4… » jusqu’à 7 puis jusqu’à 11. Il sentait l’anxiété monter, de plus en plus haut. Il préféra définitivement se défiler. Il lui parlerait ce soir.
- Pour rien. Tant pis.
Yumi se stoppa net à la suite de ces dernières paroles.
- Tant pis ? Putain Ulrich !
Elle lui attrapa le bras avec violence et Ulrich aperçut de petites perles embuées dans ses yeux noirs. Elle pinça les lèvres, comme si elle luttait pour dire quelque chose et qu’aucun son ne sortait. Elle savait que la prochaine phrase qui jaillirait se terminerait dans un craquement de voix. Elle pouvait déjà sentir un sanglot dans sa gorge. Elle rendit les armes.
- Non, tu as raison, tant pis.
Ils arrivèrent enfin à l’usine, les lèvres et le cœur gercés.

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Aelita, Ulrich et Odd, déjà virtualisés dans l'Arena, attendaient anxieusement l'arrivée de leur nouvel ancien allié. Celui-ci apparut aux cotés de Yumi, celle qui l'avait recruté. La première chose frappante pour les trois adolescents, c'était que son zanbatō n'était pas arrivé avec lui. Ceci mis à part, sa tenue virtuelle était identique à ses premières virtualisations, mais sa ceinture et quelques parties de ses bottes, originellement roses, étaient devenues bleues.
- Le changement de couleur de William est exactement le même que celui de la copie d'hier... fit remarquer Yumi – qui essayait de penser à autre chose que sa dernière conversation – en l'observant à son tour. Le rose est devenu bleu.
- Moi, je me demande surtout pourquoi je n'ai plus d'arme, souligna l'intéressé. Jérémie ?
- Ben... Si c'est comme ta version xanatifiée, tu peux la faire apparaître. Essaye de te « concentrer » sur l'idée.
Le lycéen, soucieux d'être plus discipliné que la dernière fois mais surtout de ne pas être un spectateur inoffensif du futur combat, s'exécuta, levant le bras. Une forme aqueuse apparut alors, avant de se solidifier et de prendre la forme de son zanbatō. L'épée de glace, aux bonnes dimensions désormais, fut recouverte de la dernière couche qui donnait à l'arme son apparence initiale. Excepté que la partie du manche qui était originellement rose passait – comme on pouvait cette fois s'y attendre – au bleu.
- Il a changé, commenta Odd.
- Tant mieux non ? lui fit William.
- On y va, coupa Aelita, rappelant par la même occasion que le passage était ouvert depuis un moment.
Le groupe se mit en branle, Odd se dépêchant de rejoindre Aelita en tête de convoi pour la protéger en cas de besoin. Yumi et William se trouvaient derrière, ce dernier épée sur l'épaule, craignant de perdre un temps précieux à la virtualiser dans le feu de l'action, surtout quand l'objet était de glace. Ulrich fermait la marche, dans ses pensées.
Les choses sérieuses commencèrent plus rapidement que la dernière fois, car la copie de William les attendait cette fois dans la première salle du noyau, carré, et sans blocs, celle-ci ne servant que d'avant-goût avant de s'engager dans le labyrinthe. Sa position était similaire à celle qui tenait la veille, devant l'interface.
- Tiens, je le connais lui, plaisanta Dunbar.
Le groupe s'arrêta net.
- Bon... Au moins, pas la peine de se demander quand il va nous apparaître, déclara Odd.
- Supersprint !
Prenant littéralement tout le monde de vitesse, Ulrich émergea de la queue du convoi pour se jeter sur l'image de William, ayant besoin de se défouler. C'était d'ailleurs d'autant plus efficace s’il massacrait un adversaire ayant la même tête que son rival amoureux. Il sortit ses sabres, prêt à les abattre sur sa cible qui ne bronchait pas, mais sa course fut contrecarrée par un projectile venu de sa droite, qui l'envoya bouler sur le côté. Sa vitesse diminuant, le reste du groupe vit qu'il s'agissait d'un cercueil de métal. Ce dernier se mit d'ailleurs à léviter tout seul et alla se poser à côté du faux William. Quelque chose en sorti alors, pas en ouvrant l'objet comme le ferait n'importe quel être vivant enterré par erreur pour signaler la confusion avec son père mais en émergeant de la porte même. C'était un sacré morceau : D'une hauteur d'au moins deux mètres, sans vêtements ni cheveux, l'homme ne semblait avoir aucune peau, et était uniquement recouvert de métal de la tête aux pieds.
Ulrich se releva, secoué.

- Tiens, je ne l'ai même pas mis hors-jeu, dit le nouveau venu.
- C'est ça le problème avec les fonctionnaires de nos jours, répondit John que les Lyoko-guerriers entendaient également pour la première fois. Leur productivité est souvent à remettre en question.
- Peuh.

- Dîtes, vous m'aviez pas dit que le pire, c'était la Méduse ? interrogea William.
- C'était il y a longtemps... répondit Odd sans quitter le géant des yeux. Très longtemps.
Ulrich revint se cacher dans les rangs, sans un mot.
- Si ces types-là font équipe, on doit faire comme eux, ordonna Yumi en s'avançant.
- Et on aura besoin de tout le monde... compléta Aelita. Compris Ulrich ?
- Hm.
- Prenons ça pour un oui. Je vous explique le plan. On charge au milieu, d'un même bloc. Je suis en tête. Dès que je m'envole, le groupe se divise en deux : Ulrich sur le clone, William sur l'autre. Odd et Yumi, vous les couvrez respectivement. D'en haut, je verrais ce que je peux toucher.
- Bonne stratégie Aelita !
Elle ignora la remarque de la régie, attendant simplement confirmation de tous les combattants.
- Pourquoi pas William sur William ? demanda Yumi.
- Ulrich a déjà affronté le clone. Et l'autre à l'air résistant, je pense que la grosse lame de William a plus de chance de l’inquiéter.
Devant la justesse de cette analyse, tout le monde consentit à approuver. Il fallait dire qu'Aelita prenait l'affaire au sérieux, ne supportant pas de nouveaux problèmes sur Lyoko alors que le récent sacrifice de son père était censé éviter ça.
- Go !
Le groupe fondit sur les deux adversaires, qui n'attendaient que ça. Puis aux trois quarts du parcours, Aelita s'envola tout en envoyant un champ de force à chaque créature. Le faux William utilisa son pouvoir gazeux une seconde pour que l'attaque lui passe au travers. L'autre encaissa, ce qui n'eut pas l'air de le faire pleurer. Ulrich et William décrochèrent sur leur cible respective. Chose étonnante, ce n'était pas le samouraï qui parvint jusqu'à sa cible en premier, refroidi par le choc précèdent. La lame de William s'abattit en plein sur le torse de l'homme de fer. Et c'est l'arme qui céda, reprenant dès qu'elle fut brisée une apparence glacée, ses restes fondus tombant pitoyablement sur le sol. Yumi lui envoya alors ses éventails, que l’homme de fer intercepta avec ses deux mains. Il envoya le premier sur Ulrich dont les sabres venaient de se faire bloquer dans le bloc de glace formé par les mains du faux William qui avait parfaitement su contrecarrer la charge du samouraï. L'adolescent fut donc obligé de lâcher ses armes pour esquiver, tandis que le second projectile made in Japan se dirigeait plus haut, sur Aelita qui de là où elle se trouvait avait constaté que le sommet du crâne de son adversaire de métal était marqué du même sigle que le torse du faux William. La jeune fille rendit l’éventail inoffensif sans problème avec un champ de force et le récupéra avant qu'il ne tombe pour le rendre à sa propriétaire, qui en profitait pour intercepter le second ustensile avant qu'il ne retombe dans la main du géant gris. Odd fut contraint de rabattre ses flèches sur ce dernier pour donner le temps à William – désarmé – de s'éloigner. Tandis qu'Ulrich, dans le même cas, avait déjà reculé. Au final, c'est tout le groupe qui battit en retraite. Si la récolte des armes de Yumi avait été un succès grâce à elle-même et Aelita, le samouraï n'avait pas pu récupérer ses deux sabres. Le faux William mit fin à sa glace et prit lui-même les lames en main. Elles arborèrent une teinte violette.
- Ah ouais, lâcha Odd.

- Ils ont réussi à sortir sans dommage de cette première charge. Ce ne sont définitivement pas des touristes, commenta le faux William.
- Tu en doutais ?
- Le rush à l’aveugle du grognon était quand même assez primaire. Au fait, on va continuer à jouer longtemps comme ça ?
- En effet. C'est pour éviter le couplet sur la surréfficacité.
- Je vois.

- Il faut les séparer, dit Aelita à son propre groupe. Ces deux là – on le voit bien à leur façon de se parler – se connaissaient bien et forment une fine équipe.
- Un groupe peut faire le tour par l'extérieur ? suggéra William.
Yumi hocha la tête.
- Très bien. Ils n'ont pas l'air de vouloir nous attaquer. Parlons de la division.
- Il est logique que je passe par la voûte, avec mes ailes.
- Je t'accompagne, fit immédiatement Odd. Le combat aérien ne me dérange pas. William et Ulrich seront plus utiles ici.
- Et comme il vaut mieux ne pas les laisser seuls, je reste avec eux, conclut Yumi.
- Très bien. Allons-y Odd.
Les deux concernés rebroussèrent chemin afin d'emprunter le transporteur. Quelques secondes passèrent, puis John utilisa soudain un des sabres d'Ulrich pour tracer un petit sillon dans le sol.

- La limite à ne pas dépasser, fit-il aux Lyoko-guerriers.
Puis il se changea en fumée, tandis que le cercueil de fer absorbait de nouveau son propriétaire et se mit à léviter. Les deux s'éloignèrent plus au fond de la salle et se reformèrent respectivement à leur façon.
- Ils ne veulent pas qu'on les entende... commenta William.
En effet, les deux s'étaient mis à parler plus loin.

- Ils veulent nous séparer, annonça Ronald.
- Je sais, répondit John. C'est plutôt bien joué. Il y a bien qu'un seul autre accès ?
- Oui.
- Vu le terrain, c'est à toi de t'en charger.
- Je suppute que je n'ai pas le choix.
- Tu supputes bien.

L'homme de fer fit alors voler son cercueil tout en restant dessus et quitta la pièce en direction de l'ascenseur.
- Ils vont avoir du mal, avoua William, le vrai.
- En effet. Raison de plus pour gagner ici, lui dit Yumi.
Dunbar fit réapparaître son arme, de la même façon que la première fois.
- Je fonce. Tu me couvres.
- Je ne peux pas. Il a les deux sabres d'Ulrich. Le risque qu'il les utilise pour encore bloquer mes éventails est trop élevé. Je suis obligé d'attendre une ouverture fiable.
- Soit, je me débrouille au possible.
Et il s’élança vers son double, suivi de Yumi. Ulrich, désarmé, était contraint au rang de spectateur. Le clone para la charge de William de la même façon qu'Ulrich avait l'habitude de le faire du temps où il combattait William xanatifié, en croisant ses deux sabres. Puis Yumi, sautant au-dessus de William, envoya ses éventails, misant sur le fait que les mains de son adversaire étaient occupées ailleurs. Mais l'homme en noir donna un coup de pied dans l'épée de William pour se dégager puis bondit en arrière pour éviter l'attaque. Le zanbatō du lycéen fut projeté plus loin et son propriétaire se pressa de reculer. Son double se mit à foncer sur lui. Yumi s'interposa mais attendit le dernier moment pour envoyer ses projectiles. La cible ne put que les repousser au loin grâce aux sabres d'Ulrich, mais Yumi commençait à s'y habituer et fut assez vive pour faire une roue sur le côté et s'écarter de la trajectoire de la course de son adversaire. William avait atteint son arme avant que John n'arrive à sa hauteur, en conséquence, le présumé programme lui envoya un sabre, que Dunbar put éviter tout juste. L'arme vint se planter dans le mur juste à côté d'Ulrich, qui ne se fit pas prier pour essayer de la reprendre. Pour l'en dissuader, celui qui aimait bien les lui piquer lui envoya le second, continuant sa course après que William se soit à son tour écarté sans avoir le temps de récupérer son zanbatō toujours au sol. Stern esquiva mais le temps perdu permit à John d'arriver à sa hauteur et de le dégager sur la gauche d'un coup de pied. Il arracha les deux sabres du mur rapidement et se retourna juste au moment où les éventails que Yumi avait renvoyé arrivaient sur lui. Il les empala à nouveau sur les couteaux d'Ulrich qui rayonnèrent d’une teinte violette de plus belle, comme la veille, et envoya le tout en l'air. Les sabres se fixèrent au haut plafond de la salle, les deux armes de la japonaise bloquées à l'intérieur. William avait récupéré sa propre arme pendant ce temps et recula vers sa camarade de classe. Ulrich rejoignit le groupe peu après. Yumi fut alors entourée d'une fine aura mauve pendant quelques instants.
- Je n'arrive pas à les déloger avec ma télékinésie. Il les envoie avec une telle force...
- Autrement dit, il n'y a vraiment plus que moi cette fois, conclut William.

Pendant ce temps, Aelita et un Odd sur Overboard arrivaient en vue de la planète bleue via le tunnel du territoire montagne, ouvert quelques instants plus tôt par Jérémie. Mais Ronald attendait déjà au Pôle sud de la voûte – sur son cercueil volant – ce qui incita les deux Lyoko-guerriers à s'arrêter à bonne distance.
- Merde. On fait quoi ? Ce type a l'air imbattable, se plaignit Odd. Même une diversion pour faire passer l'un d'entre nous sera inutile, il ne bougera pas.
- J'ai une idée fit Aelita. Remontons près de l'interface.
Le blondinet s'exécuta. Ronald les suivit du regard jusqu'à ce que Carthage les masque, mais ne bougea pas.
Une fois posée sur la plate-forme, Aelita se baissa et mit ses paumes sur ses genoux.
- C'est quoi alors, l'idée ?
Pour répondre à Odd, elle releva brusquement les mains et se mit à charger un champ de force.
- Il est probable que les attaques physiques ne lui font rien. Mais lorsqu'il a subit la mienne, des étincelles l'ont parcouru. Et même s’il a eu l'air de s'en moquer, je connais le fonctionnement de mon pouvoir : S’il avait été immunisé, il n'y aurait pas eu ces étincelles. Donc, en lui envoyant quelque chose d'énorme...
- C'est un peu désespéré comme plan.
- Je n'ai pas mieux, Odd.
La boule gonflait de plus en plus. Aelita alla bien plus loin que l'unique fois où elle utilisa ce pouvoir de concentration, dans le Garage Skid. Et puis, lorsque le rayon de la boule d’énergie équivalait presque à la taille d'Odd, coiffure non incluse, elle annonça qu'elle ne pouvait faire davantage.
Le félin virtuel hocha la tête et parti dans une direction. L'ange rose, lentement, fit basculer le missile d’énergie dans une seule main et utilisa l'autre pour activer ses ailes. Elle redescendit alors tout aussi prudemment. Ronald ne remarqua pas Della Robbia immédiatement mais une flèche laser bien placée dans sa direction eut vite fait de lui faire tourner la tête. Un second projectile lui fut adressé, et l'homme de fer l'attrapa, avant de le relancer sur le félin qui esquiva facilement, vu la distance.
« Ah ouais, d'accord » se dit Odd.
Toutefois, la possibilité de riposte de Ronald amplifiait l'efficacité de la diversion. Alors Odd continua. Un peu.
« C'est une diversion... » réalisa tout de même assez vite le concerné. « Où est la gamine en rose ? »
Il se retourna. Une boule d’énergie de taille insoupçonnée volait vers lui, lentement mais sûrement. Il ne pourrait pas esquiver.


- Assez joué, lança John qui fit réapparaître sa propre arme, pour changer.
Il se mit à envoyer des salves d’énergie violettes en rafale vers les Lyoko-guerriers. Les projectiles étaient d'une vitesse meurtrière, mais ils étaient tout de même à bonne distance. Le problème, c'était qu'il s'avançait petit à petit. Et contre toute attente, la japonaise fut la première touchée.
- Yumi !
Pour regarder la dévirtualisation de son amie, William avait détourné les yeux une seconde. Lorsqu'il refit face à son double, celui-ci avait disparu.
« Merde ! »
Il se retourna en catastrophe. John s’apprêtait à lui mettre un coup de zanbatō bien placé. Au dernier moment, William parvint à parer mais son épée se brisa sous le choc.
« De la glace... » pensa John en constatant cette fois ce qui se produisait quand William perdait son arme.
Il sembla perturbé, et n'acheva pas immédiatement un William désarmé. Il aperçut tout aussi peu rapidement le samouraï lui foncer dessus, sabres en main. Il voulut changer son arme de direction, mais le fit un peu tard : Les canifs d'Ulrich étaient déjà plantés dans son torse. Il le coupa tout de même en deux avant de disparaître lui-même – d'une façon similaire à celle de l'épée de William – en morceaux de glace. En quelques secondes, le nouveau Lyoko-guerrier venait de se retrouver seul.
- Jérémie, qu'est-ce qui s'est passé ?
- Héhé. J'ai enfin trouvé comment taper le programme pour dévirtualiser les armes à distance. J'ai donc rendu ses jouets à Ulrich. Tu connais la suite je suppose.
- Super bien joué les gars ! Et les autres, ils s'en sortent comment ?
- Ben...

Ronald ne bougea pas. Il fit pivoter rapidement son cercueil et le leva de façon à présenter sa face arrière au mégachamp de force. À son contact, la boule rose fut purement et simplement renvoyée sur Aelita qui ne s'y attendait tellement pas qu'elle fut dévirtualisée avant même de penser à bouger. L'homme de fer se retourna vers Odd.

- Je n'avais pas le choix.
- Ben voyons, cracha le félin.
Il avait été totalement impuissant alors qu'Aelita était en danger et s'en voulait. Pour autant, il avait encore une chance d'être utile :
- Odd, surtout garde bien ta position. L'autre a été éliminé. William se dirige vers le cœur.
- C'est noté Einstein.

William courrait dans un couloir obscur. Jérémie lui indiquait comment se rendre au cœur sans passer par le pôle sud, un vieux truc qu'il avait mis au point durant la nuit en s'inspirant de X.A.N.A, afin « d'augmenter les probabilités d'atteindre ce maudit cœur ».
La nouvelle recrue déboucha sur une salle où se trouvait un puits. Il commença à s'y engouffrer grâce aux plateformes les plus élevées avant de constater la présence d'une ouverture dans le mur. Il s'y rendit. Des escaliers l'amenèrent alors dans une nouvelle salle avec un chemin tracé en ligne droite. Au bout de celui-ci : L'entrée de la salle du cœur. Le guerrier virtuel ne se fit pas prier pour foncer et déboucher juste en face du noyau tant convoité. Il fit alors ce qu'il avait à faire : Il observa.
Il avait beau n'avoir jamais vu le cœur dans son état normal, il sut immédiatement qu'il y avait un problème. Déjà, les barrières de protections dont les autres avaient parlé n'étaient pas présentes. Ensuite, le rayon de la sphère ne faisait plus deux fois le diamètre d'un ballon de foot mais il était bien plus important. Ce qui en résultait diffusait une lumière blanche très forte, ce qui empêchait de la distinguer avec précision. Toutefois, des filaments noirs qui tournaient autour comme la Terre le faisait avec le Soleil venaient l'obscurcir par endroit de manière périodique.
- Oh, merde...!
- William ? Qu'est-ce que tu vois ?
Mais Dunbar n'eut pas le temps de répondre étant donné qu'il venait de remarquer la présence de quelqu'un. Et que ce quelqu'un fonçait sur lui armé d'un sabre laser violet.
L'intrus en question était de petite taille et semblait entièrement recouvert d'une armure rouge. Une simple boule blanche sur fond noir lui tenait lieu de visage, boules blanches qui faisaient également office de mains, qui tenaient donc un gadget de Star Wars. La chose venait de surgir de sous la plateforme principale de la salle du cœur – celle où se trouvait donc William – mais sa discrétion était à revoir puisqu'au final, il s'était impunément révélé sous les yeux de son ennemi. Dunbar en profita et misa le tout pour le tout : Il cria avant d'envoyer son arme de toute ses forces droit devant lui. Le lancer n'était pas parfait mais convenait au contexte : Surpris, le type rouge ne para même pas et la reçu en plein dans la cuirasse, ce qui à première vue ne lui faisait rien, mais l'action avait le mérite de le projeter hors de la plateforme, ce qui le fit chuter aussi vite qu'il était apparu. Quant au zanbatō, il poursuivit un peu plus loin, se rapprochant du cœur de Lyoko, ce qui le fit visiblement fondre. William n'avait plus qu'à le faire ré-apparaître dans sa main.
Toutefois, tandis qu'il se concentrait de ce but, il sentit quelque chose le transpercer par derrière, et eut le temps de voir... un sabre laser violet dépassant de son ventre. Il se dépixelisa...

- J'ai réuzzi ! cria une voix.

http://i.imgur.com/gAZqTsZ.png


Tout le monde était revenu au labo et William avait achevé de décrire ce qu'il avait vu à Jérémie. Ce dernier fit basculer sa chaise et prit un regard sombre pour s’adresser à ses amis.
- De toute évidence, le problème vient du cœur même de Lyoko, comme nous le pensions. Ce qui explique que la machine n'arrive pas à s'éteindre.
- Et comment on fait alors ? demanda Yumi. On pète le cœur ?
- C'est là tout le problème ! À première vue, c'est une bonne option étant donné que sans Lyoko, la cause de l'espèce de surchauffe qui empêche la machine de se mettre sur off va disparaître dans le même temps...
- Mais ? coupa Odd, devinant une mauvaise nouvelle.
- Mais de toute évidence, c'est une sacrée saloperie qui fait disjoncter Lyoko. Or, détruire notre monde virtuel revient à libérer cette chose dans le réseau si ça ne la détruit pas avec... Je ne prends pas le risque. Pour le moment elle semble isolée ici. C'est un avantage dans un sens.
- Ah, je vois, commenta William qui au fond s'y connaissait bien en destruction de cœur de Lyoko.
- C’est pour cela qu’une fois de plus, je dois rester à l’usine ce soir. Pour travailler.
Des exclamations de protestations surgirent du groupe unanime. Aelita s’avança vers lui, et dans un élan de courage, lui prit le visage entre les mains, oubliant le monde autour d’elle.
- Jérémie… Tu vas te tuer à force. Combien de nuits blanches comptes-tu faire ?
Jérémie l’observa gravement, examinant chaque élément du visage enfantin d’Aelita, si près du sien… Dans l’ambiance bleutée du laboratoire, Aelita paraissait encore plus belle, malgré son expression dure. Le vitrage humide de ses yeux renforçait le vert de ses iris et Jérémie pensa à ce moment même que jamais il n’avait aimé quelqu’un aussi intensément. Il reprit finalement ses esprits, sans savoir réellement depuis combien de temps il fixait la figure angélique qui lui faisait face.
- Je… Je dois rester.
Aelita ferma les paupières et fronça les sourcils. Elle n’avait plus la force d’insister. D’un geste suave, elle retira ses mains et tangua doucement vers l’ascenseur. Le reste du groupe resta pantois, le cœur serré, sans savoir réellement quoi faire à présent.
- Vous feriez mieux de rentrer. Il est déjà tard.
Odd ne se fit pas prier. Il ébouriffa rapidement les cheveux de Jérémie et courut vers le monte-charge, à la poursuite d’Aelita. Il fut rapidement suivi par William et Yumi, partant en silence, comme s’ils désiraient déjà ne plus être ici. Seul Ulrich restait, dans cette pièce froide désormais sans vie. Il s’approcha de son ami et s’assit sur l’accoudoir du siège.
- Personne n’est parfait. On est tous un peu maladroit, surtout quand on croit faire ce qu’il y a de meilleur. Je reste avec toi ce soir. Demain tout ira mieux.
Ainsi, Jérémie se blottit entre les bras de son ami et des larmes se formèrent sous ses paupières. Au même moment, Ulrich palpa sa poche et en sortit le collier acheté plus tôt dans la journée. Il observa longuement la petite perle violette, gracieusement suspendue à une chaînette en argent, assez longuement pour comprendre que plus jamais il n’aurait l’occasion de l’offrir. Il se détestait.
Parallèlement, Odd avait finalement rejoint Aelita assise au bord de la rive, en dessous du pont. La nuit était tombée et d’énormes flocons dansaient désormais dans le ciel. Odd s’installa à côté de son amie, les genoux pliés contre son torse. Il s’aperçut qu’elle tremblait de froid, le visage enfoui entre ses bras. Il ôta alors son gilet violet pour le poser sur les épaules frémissantes de la jeune fille.
- Merci Odd.
- Tu te fais du mal, Aelita. On ne changera plus notre cher Jérémie. Il a beaucoup de responsabilité tu sais, on ne peut pas lui en vouloir…
Aelita leva enfin les yeux et posa son regard sur le canal qui semblait se cristalliser à vue d’œil.
- J’aimerais simplement pouvoir vivre. C’est débile de dire ça mais… Jamais je n’ai eu de véritable Saint-Valentin. Au fond, ce n’est même pas une histoire de Saint-Valentin, tu sais. Je voudrais juste pouvoir être égoïste, une seule fois, et vivre pour moi. Arrêter de me dire « stop Aelita, c’est pas raisonnable ! ».
- Emmerde le raisonnable. C’est ce que je fais moi.
Odd s’approcha alors un peu plus d’elle, la prenant immédiatement dans les bras, la serrant fort. Il sentit son souffle saccadé dans son cou et sa poitrine contre la sienne. Aussitôt, Aelita se mit à resserrer son étreinte, de plus en plus fort, et enfin, elle laissa échapper son sanglot. Ses larmes chaudes coulaient sur la clavicule d’Odd qui passa alors la main dans ses petites boucles roses.
- Odd, j’en peux plus !
Elle commença à hurler, malgré son souffle court.
- J’en peux plus, je te jure ! Cette histoire me bouffe !
Naturellement, Odd passa son doigt sous le menton d’Aelita, relevant doucement son visage humidifié par les larmes et rougi par le froid. Il lisait la douleur dans son regard. Sans réfléchir, et d’un geste vif, Odd approcha son visage de celui de l’adolescente et l’embrassa de pleine bouche, un baiser fougueux qui ne dura que quelques secondes, avant qu’Aelita n’y mette fin. Elle regarda Odd avec surprise, comme si elle attendait une explication.
- T’emmerdes le raisonnable, non ?
Elle sourit alors, pour se blottir à nouveau entre les bras d’Odd. Ils restèrent ainsi un moment, seuls à contempler la neige tomber, aussitôt hors du temps et bien loin de tout ce que l’avenir pouvait leur réserver.
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Zéphyr MessagePosté le: Mer 19 Fév 2014 23:55   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
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Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Je constate une chose : même après la Saint-Valentin, il y a encore la Saint-Valentin.
Suite à cette remarque tout à fait vide d'intérêt ayant pour seul objectif d'introduire mon commentaire, il est temps de parler plus sérieusement.

La fête des amoureux donc. Directement, on s'aperçoit d'une chose : c'est la merde pour tout le monde, sauf William.
J'ai trouvé la retranscription de la légendaire mauvaise langue féminine au travers de Yumi très convaincante Mr. Green. Plus sérieusement, voir que ça l'embête de voir William en courtiser une autre à la Saint-Valentin, ça ne peut que faire plaisir. En plus de ça, William s'y prend exactement de la même façon avec Priscilla qu'avec Yumi lors de la S2. Le pire, c'est que ça fonctionne avec Priscilla. Est-ce une manière subtile de dire que les filles sont toutes les mêmes (a) ?

*S'enfuit avant qu'une horde de féministes ne vienne s'occuper de lui*

Paradoxalement, on s'étonne quand même un peu de voir Yumi rager autant. Personnellement, je pense que le « Elle ne pût s’empêcher de laisser échapper un petit bruit d’écœurement. » était peut-être de trop. Un soupir d'agacement serait un peu mieux passé selon moi.
Puisque je suis sur William, une question :

Citation:
- J’ai du champagne chez moi.


Hum, William est interne me semble-t-il. La phrase laisse entendre qu'il ne vit pas à l'internat. À moins qu'il ne cache ladite bouteille dans sa chambre, dans la plus grande illégalité Surprised. Pour le coup, je fais la même remarque pour leur rendez-vous du soir (non fait à cause de Lyokô). Si on prend en compte que William est interne, il lui aurait donné rendez-vous dans sa chambre ?
À, ces jeunes...

J'ai trouvé le Ulumi plutôt bien géré. Rien d'inhabituel venant d'eux. Mention spéciale à : « Etait-ce Ulrich qui les avait contaminés avec sa mauvaise humeur ? » (par contre, si tu pouvait mettre un petit accent aigu à « Était », ce serait parfait).
Nous reste Jerlita et Odd. Ici, je suis beaucoup plus partagé, surtout pour la fin. Jérémie reste pour moi cohérent. Travailler pour parer à un danger imminent est ce qu'il y a de plus judicieux, au détriment de sa vie amoureuse. Le craquage d'Aelita s'en trouve bien amené, surtout au vu du contexte du jour.
Par contre, pour le baiser qu'Odd lui donne, je ne pourrais être objectif, détestant le Oddita.
Cependant, si on analyse les éléments du chapitre, on peut y voir un sens. Premièrement, Odd voulait se trouver une fille avant le soir. Deuxièmement, Aelita était très vulnérable et le blond l'avait réconfortée déjà deux fois. L'association des deux facteurs peut en effet découler à un baiser. Mais au fond, je sens (et espère) que c'est plus un coup d'un soir que le début d'une relation sincère et honnête et toussa...
Autrement, j'espère qu'on ne va tomber dans quelque chose de vu et revu (et pas crédible surtout). Ce serait dommage alors que tu t'en tires bien pour le reste.

Citation:
« Moi je vais parler à Yumi tout à l’heure. Je lui ai acheté un collier. »
Ce à quoi Odd répondit, l’air euphorique.
« WOW tu vas baiser mec ! »


Il est très très très très optimiste.

Pour ce qui est de la partie virtuelle. Combats fort sympathiques avec l'ajout de combattants des deux côtés. On remarquera également que tu n'es pas tombée dans le piège du « remettage de tenue de xanatifié » à William, même si tu y as apporté ta griffe (as Ikorih).
Par ailleurs, en voyant la description de William, sa manière de faire apparaître son épée, ainsi que le mode de dévirtualisation du faux William, je ne peux m'empêcher de penser à un certain référent... Quant à Ronald, son côté « homme de fer » me fait énormément penser au collègue de ce fameux référent Mr. Green. Est-ce que je me trompe (a) ?
(Et techniquement, si c'est le cas, il manque la présence de vent, ainsi que de feu. C'est un scandale !)
*Sort*

Visiblement, je ne suis pas le seul à aimer colorer les lames des sabres d'Ulrich en violet, même si ici, ils semblent obtenir un effet autre que le simple côté lumineux. Les remarques sans importance, c'est cool aussi.
Autrement, j'ai hâte d'en savoir un peu plus sur le phénomène qui touche le coeur.

Pour terminer, il y a une réplique que je ne risque pas d'oublier dans ce chapitre :

Citation:
- Emmerde le raisonnable.


Best quote ever. J'adore (et je l'ai mise en phrase d'humeur Skype (a)).


Sur ce commentaire plus que chaotique, je te dis à la prochaine Wink !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Peppy MessagePosté le: Jeu 20 Fév 2014 16:51   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


Inscrit le: 01 Fév 2013
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Localisation: Dans une chouette communauté !
Bonjour !

Petit commentaire rapide vu que Zéphyr est au taquet, il a presque tout dit. Je ne peux cependant m'empêcher (a) de faire une remarque personnelle.

Je trouve le langage que tu utilises, comment dire...pas vulgaire car c'est un peu fort mais j'avoue que je ne me fais pas du tout au langage d'Odd, aux "putain" d'Ulrich etc... Je pense qu'il y a d'autres façons d'exprimer ses pensées. De temps en temps ok, mais rien que dans la première partie de ton premier chapitre j'en ai compté 3.

Je n'ai pas encore lu la suite mais bon... Question d'habitude peut être.

Pour le scénario, j'attends de voir la suite mais cela me paraît un début vraiment pas mal.

Je t'encourage pour la suite, de plus qu'un chapitre par semaine c'est plutôt fort. Je crois qu'on a tous dit ça pour nos fics, malheureusement le rythme de publication s'élargit de lui même. En tout cas, bon courage.

_________________

« Les mots boivent notre pensée avant que nous ayons eu le temps de la reconnaître. » Sartre.

http://imageshack.us/a/img18/3926/ddqo.png
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*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Jeu 20 Fév 2014 21:28   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


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Messages: 1307
Localisation: Sur le territoire Banquise entrain de faire de l'overboard
Chapitre intéressant.
Aelita déteint un peu sur Odd avec ses plans, "on fonce dans le tas, et on balance une grosse attaque".

J'aime bien aussi la fin, c'est touchant comment Odd réconforte Aelita (contrairement à certains, j'aime le Oddlita et j'espère que sa finira en relation sérieuse).
Je me demande en quoi vous trouver ce couple non crédible, ils ont un paquet de point commun.

Icer donne 5 € à Zéphyr suite à une sombre histoire de pari.

_________________
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LouRiddle MessagePosté le: Lun 24 Mar 2014 14:35   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Spoiler



http://i.imgur.com/4x9cNLP.png



Jeudi 15 février

Ronald se rendit dans la salle du cœur. Dans l'ombre d'une des plates-formes, légèrement sous l'astre de la salle, se trouvait un siège qui ressemblait davantage à un trône. Quelqu'un, vêtu d'une longue robe noire et de surcroît encapuchonné, s'y trouvait assit.
- John a été vaincu.
L'homme hocha lentement la tête.

- Tant pis... pour lui.
Sa voix était usée, ce qui était cohérent avec la vieillesse de ses mains fermement agrippées aux accoudoirs de son siège. Puis, il en leva une, pour pointer la sphère blanche qui tenait lieu de cœur.

- Ils ont ouvert un nouveau passage. Par le haut. Richard va s'en occuper.
Une ombre passa alors devant Ronald et s'inclina devant l'homme. De dos, l'homme de fer ne vit qu'un épais manteau noir et un chapeau de la même couleur. Richard semblait également être un nain.

- Pas de soucis ! déclara-t-il avant de disparaître aussi vite qu'il était apparut.
- Je suppose que je m'occupe une nouvelle fois de l'entrée inférieure ? demanda ensuite Ronald.
L'être encapuchonné hocha de nouveau la partie supérieure de son corps.

- C'est l'idée.
- Très bien. Mais ça laisse un troisième accès...
- On va s'en occuper.

Le géant d'acier remarqua alors que l'ombre diffusée par les filaments noirs qui tournaient autour de la sphère se faisait plus vive. Relevant la tête, il constata qu'ils se mettaient en ébullition. Il y en avait de plus en plus qui s’agglutinaient pour former quelque chose. Au fur et à mesure de l'augmentation de la forme sombre, les filaments s’éloignaient de l'astre et s'approchaient du bord de la plate-forme sur laquelle se trouvait Ronald, ainsi que l'homme. Elle finit par atterrir dessus, et se révéla être un grand homme à la peau verdâtre vêtu de rouge.

- Sans compter ce qui va leur arriver s'ils arrivent jusqu'ici, lança une voix derrière l'homme encapuchonné.
« Les quatre chiens de garde de Dwight » devina Ronald qui s'inclina devant son chef avant de repartir.
Dwight se leva alors lentement de son siège, et s'avança pour pouvoir contempler l'astre. Il était redevenu calme, les filaments noirs dansant autour de lui tout à fait normalement.
« Bientôt... bientôt. »

http://i.imgur.com/gAZqTsZ.png


Le soleil se levait peu à peu sur Kadic. Un soleil lumineux, spécial, nouveau. Il était presque huit heures lorsqu’il éclaira timidement la chambre d’Ulrich et Odd à travers les stores. Ainsi, Ulrich ouvrit douloureusement les paupières. Jérémie et lui étaient finalement rentrés du laboratoire vers cinq heures, épuisés. La soirée fut silencieuse, presque irréelle. Quelques minutes plus tard, il se leva. Sa tête tourna. Il se rassit.
Quand il reprit ses esprits, il aperçut qu’il était seul dans la chambre, seul face à ses démons. Odd n’avait pas passé la nuit ici. C’était curieux et pourtant Ulrich n’y pensa plus, bien trop embrumé pour se poser des questions. Aujourd’hui était une belle journée et il décida de profiter de ce soleil d’hiver pour faire un tour.
Il sortit alors des dortoirs et s’en alla vers le parc, dans un but bien précis. Son esprit lui disait qu’il ne s’agissait qu’une simple balade, et pourtant son cœur le guida vers un endroit spécifique. Il semblait flotter vers le parc, sans penser, tout en admirant le ciel et les arbres défilant autour de lui.
Tour à tour, le reste du groupe fut réveillé par cette même lueur chimérique, comme si la veille n’avait jamais existé. William se défit de ses draps. Il ne pût s’empêcher de sourire dès son réveil. Ce qui se passait sur Lyoko était une tragédie et pourtant, il était là, rayonnant. Il attrapa alors son portable, composant aussitôt le numéro de Priscilla. Il devait s’excuser.
« Pardon pour hier soir, j’ai eu un empêchement. Je t’explique tout ce soir ! »
Son portable retentit dans la minute qui suivit.
« Tu es allé voir Yumi hier soir, t’es qu’un gros bâtard ! »
« Je n’aurais pas osé ! Tu me connais ! Rejoins-moi ce soir dans ma chambre et je t’expliquerai. »
La réponse se fit attendre, pendant de longues minutes.
« …Bien. »
William sourit de plus belle. Tout allait pour le mieux pour lui.
Il s’admira alors dans son miroir, le torse bombé et l’air fier. Il passa la main dans ses cheveux de jais. Il n’y avait aucun doute que le bonheur le rendait beau. Après avoir pris sa douche, il se rendit en classe, le cœur léger. Sur le chemin, il rencontra Odd, s’allumant une clope dans un coin éclipsé derrière l’internat. Ce dernier leva le regard, rayonnant.
- Comment ça va vieux ? C’était tendu hier hein ! ça fait quoi de revenir sur Lyoko alors ?
William serra dynamiquement la main de son ami, ravi à l’idée de répondre à toutes ses questions.
- Ouah mec je pète le feu si tu savais ! Ça m’avait tellement manqué de me défouler comme ça.
Il baissa alors le ton, se rendant compte de la gravité des choses.
- Ne le répète pas aux autres… Je voudrais pas qu’on me lynche parce que je me prends mon pied. Je sais bien que vous rêvez de mettre fin à cette histoire…
- T’inquiète poto. Je t’avoue que ça me plait aussi, dans un sens.
Tous deux sourirent et William prit la parole avant que la situation devienne gênante.
- Comment va Aelita ?
- Hm… Ça va mieux.
- Bien… Bon. Il faut que j’aille en cours ! À ce soir.
- À toute !
Seul, Odd se mit à penser à la soirée de hier. Alors qu’ils avaient attendu sous la neige un long moment, Aelita lui proposa de rentrer. Il était une heure environ. Il l’avait alors accompagné dans sa chambre, pour s’assurer qu’elle dormirait paisiblement. Il l’aida à se changer puis, il se dirigea vers la porte.
« Tu peux rester, si tu veux. »
Odd lui répondit, la main toujours sur la poignée et le dos tourné.
« On risque d’avoir des soucis. Si Jim fait des rondes. »
« Il dort à cette heure-là. »
Le blondinet soupira alors et vint s’installer à côté d’elle sur le lit, tous deux adossés au mur. Il s’attendait à vivre un moment féérique, plongé dans du coton. Mais rien de tout cela. Il ressentait simplement de la culpabilité tandis que la jeune fille posa la tête sur son épaule. Il la laissa se blottir contre lui. Il se demanda alors ce qu’il faisait ici, à la place de Jérémie.
Quand Aelita fut profondément endormie, il la coucha et la couvrit. Puis il s’en alla. Il ne voulait pas aller se coucher, mais qu’était-il supposé faire à cette heure-ci ? Il erra un moment dans les couloirs, se sentant comme un sans-abri. Il ne voulait pas dormir tout seul. Il ne voulait pas aller au labo et il faisait bien trop froid dehors.
Il fit alors demi-tour et se rendit au seul endroit où il se sentait le bienvenu. Il entra dans la pièce, timidement et sur la pointe des pieds. Il s’installa au pied du lit. Quelques secondes plus tard, Aelita fit pendre son bras au-dessus d’Odd et ce dernier lui attrapa la main. La jeune fille la serra alors et tous deux s’endormirent ainsi.
Il était presque neuf heures quand Ulrich arriva à son point de destination. Il avait décidé, une fois de plus, de ne pas assister aux cours de la matinée. Mais au point où il en était, ça n’importait pas. Ainsi, à quelques mètres devant lui, une jeune fille était assise paisiblement au creux d’un arbre. La froideur de la neige ne semblait pas la déranger, emmitouflée dans un épais manteau de velours bleu. Lorsqu’Ulrich arriva à sa hauteur, celle-ci leva les yeux de son magazine et esquissa un large sourire.
- Bonjour Ulrich ! Tu as besoin de quelque chose ?
- Salut Nora. Hm…
Ulrich observa la prénommée Nora. Il s’agissait d’une jeune fille noire d’une beauté indéniable. Elle était une camarade de classe de Yumi, qui malgré son air angélique, n’avait pas la réputation qu’on lui donnerait… Ulrich s’approcha d’elle et s’assit à sa hauteur.
- Oui. Tu sais, j’ai entendu que… Enfin, Yumi m’en avait parlé une fois et hm…
- Te tracasse pas, j’ai compris. Pas de langue de bois avec moi ! T’en veux combien ?
Ulrich, décontenancé par l’aisance de Nora, ne trouva pas ses mots et se mit à rougir. Il ne pouvait s’empêcher de se sentir intimidé par une fille aussi jolie et surtout aussi entière. Aussi, il ne pouvait croire qu’à travers cette enveloppe de jeune femme amusante et pleine de vie se trouvait une dealeuse. Il la voyait comme une étrange créature difficile à cerner.
- J’ai trente euros.
- Parfait alors. Voilà.
Elle fouilla rapidement dans son sac à main avant de tendre deux barrettes à son interlocuteur, un grand sourire aux lèvres. Cependant, son rire disparu aussitôt et son visage devint vite grave alors que le jeune homme tournait les talons. Elle l’interpella au loin et couru sur ses pas.
- Ulrich, attend deux minutes !
- Désolée Nora je dois y aller, j’ai cours.
Elle lui agrippa violemment le bras pour le faire se retourner.
- Décidément, t’es borné toi ! Dis, je me demandais quelque chose.
La neige se remit à tomber, faisant frissonner les deux adolescents tour à tour. Le parc était désert à cette heure-là, et surtout par ce temps. Nora ne prit alors pas la peine de baisser le ton.
- Tu ne m’avais acheté quoique ce soit avant. Tu organises une petite fête ?
- Désolé mais je ne pense pas que ce soit vraiment tes affaires.
La jeune fille se renferma à nouveau, quelque peu vexée par l’attitude déplaisante du jeune homme. Elle faisait tous les efforts possibles pour être polie, agréable et à l’écoute, et c’est ainsi qu’on la remerciait. Elle se dit alors que certaines personnes contribuaient délibérément à rendre le monde terne. Elle leva les yeux au ciel.
- Écoute-moi bien guignol ! Je n’ai pas envie qu’il t’arrive des problèmes. Et moi aussi je risque gros en vendant ça à un débutant alors j’espère que tu sais ce que tu fais. Compte pas sur moi pour te materner !
Ulrich, désormais rouge pivoine retira simplement son bras, délicatement. Cette Nora avait raison, il n’avait aucune idée d’en quoi il s’embarquait. Sans savoir où cela le mènerai, il baissa doucement les yeux.
- J’en ai juste besoin pour décompresser.
Le visage de la jeune fille s’attendrit, le regard presque compatissant. Un jour, elle avait été à sa place.
- Je comprends. Excuse-moi. Fais-en bon usage.
Il jeta alors un dernier coup d’œil à Nora, l’air sincèrement peinée. Il s’en alla alors sans se retourner, laissant la jeune fille à ses affaires.
Au même moment, Jérémie et Aelita assistaient à un cours d’anglais pour le moins passionnant. Aussi studieux soit-il, même Jérémie somnolait sur sa table, prenant quelques notes lorsque la culpabilité le troublait. A côté de lui était assise la jeune fille aux cheveux roses. Elle aussi semblait suivre le cours d’une seule oreille, le regard dans le vague. Dans un élan de lucidité, elle réalisa qu’elle n’avait pas adressé une seule fois la parole à son voisin, curieusement silencieux. Soudainement, elle se demanda s’il pouvait être au courant, d’une façon ou d’une autre, de ce qui s’était passé entre elle et Odd. Elle rougit à cette idée et se tourmenta de savoir si le baiser de la veille signifiait quelque chose. Elle plongea la tête dans ses bras en réalisant qu’elle était peut-être en train de faire la plus grosse erreur de sa vie. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de penser à toutes ces petites choses qu’elle aimait chez Odd. Son humour, sa générosité, ses mains, sa chaleur… Elle coupa court à ces pensées parasites, empourprée.
- Jérémie ?
- Oui ?
Ce dernier semblait s’être réveillé d’un long songe, regardant partout autour de lui tel un chien perdu pour se rappeler qu’il était bien en cours.
- Comment ça s’est passé hier soir ? Tu es resté toute la nuit au labo ?
- Ulrich était épuisé, on est rentré au petit matin mais j’ai encore bossé dans ma chambre.
- Bon sang Jérémie, est-ce qu’il t’arrive de dormir ?
Oubliant qu’ils se trouvaient actuellement dans une salle de classe, Aelita haussa involontairement le ton et attira le regard incrédule de quelques élèves autour d’eux. Elle tenta de se cacher derrière une mèche de cheveux tout en s’excusant, avant de remarquer l’absence de ses amis. Plus doucement, elle reprit la parole.
- Où sont Ulrich et Odd ?
- Ulrich dort certainement, quant à Odd… Euh ? Il sèche, sans doute. Je l’ai vu partir à ta recherche hier soir…
À ces mots, la gardienne de Lyoko perdit son sang-froid et coupa court à la conversation. Ce matin à son réveil, le blondinet ne dormait plus paisiblement à ses côtés. Elle s’était simplement dit qu’il était parti rejoindre son véritable amour : son lit.
- Euh oui… On a fait le trajet vers Kadic ensemble.
- Ah. D’accord.
Jérémie sembla d’abord se contenter de cette réponse puis, quelques minutes plus tard, tendit un bout de papier à sa voisine.
« J’ai été idiot hier soir, désolé. Mais j’ai besoin de travailler, tu comprends ? Cette histoire est complètement dingue, je veux comprendre. »
Pour seule réponse, Aelita plongea le petit bout de papier dans sa trousse et sourit tristement à Jérémie. La culpabilité la rongeait désormais.
À douze heures, la cloche sonna la pause déjeuner. Elle sonnait aussi l’heure de compte-rendu et de mise au point pour les six héros. Ulrich était le premier à arriver et s’assit donc sur les marches du réfectoire. Quelques minutes plus tard, Odd apparu, seul.
- Salut mec. Mince ! T’as vraiment une sale mine !
- T’as créché où hier ?
Le visage d’Odd devint alors cramoisi. Ulrich était bien sûr son meilleur ami, mais… Il voulait garder le secret. Avoir des secrets, c’est amusant, excitant. Pour se donner bonne conscience, il se dit qu’Ulrich devait en avoir des tas, de secrets.
Les secondes passaient et Odd ne parvint pas à trouver un mensonge satisfaisant. Il pouvait sentir le regard grave et sombre d’Ulrich pesant sur lui et sortit alors la première chose lui venant à l’esprit. Il savait que c’était une énormité, il savait que cela éveillera des soupçons mais trop de temps s’était déjà écoulé et son petit esprit ne lui avait proposé que cette pâle excuse.
- Euh, j’ai dormi chez William. Je pensais que tu resterais avec Jérém’ donc… Je voulais pas dormir seul en fait.
- D’accord.
Odd sursauta alors, surpris par cette réponse aussi improbable que son mensonge.
- Quoi ? « D’accord » ?!
Las, fatigué, Ulrich haussa simplement les sourcils, douloureusement comme si cela lui coutait un effort. Une coquille vide. Odd l’observa alors de plus près et aperçut quelques détails auxquels il ne prêtait habituellement aucune attention. Les cernes au creux des yeux de son ami avaient formé des poches, des veines saillantes parcouraient ses avant-bras maigres, et le bout de ses doigts tremblants étaient rongés, saignants.
- Tout va bien… ?
Au même moment, Aelita et Jérémie apparurent devant eux, suivis de près par Yumi et William. Odd scruta alors une dernière fois Ulrich avant de lever les yeux vers Aelita. Ses yeux pétillaient et semblaient illuminer tout son visage. Il lui rendit alors un sourire béat, voire plutôt idiot. Jérémie sembla remarquer ce regard complice mais fit rejoindre le groupe à l’intérieur le plus naturellement possible.
Une fois installés à leur table habituelle et désormais attribuée – celle au fond du réfectoire, pour être les plus discrets possibles. William spéculait (et se vantait) sur son rendez-vous du soir-même auprès d’Odd tandis qu’Aelita et Yumi discutaient des derniers potins. Seul Ulrich restait calme. On pouvait s'attendre à ce que Jérémie leur parle des trouvailles de cette nuit, mais celui-ci se contenta de rappeler qu'ils avaient rendez-vous à dix-sept heures à l'entrée du parc. Il restait hermétique aux demandes de précision.
La cloche retentissante mit alors fin aux tentatives des autres pour le faire parler. Alors que chacun se dirigeait vers sa salle respective, Odd, en file avec Aelita changea brusquement de voie.
- Euh, je dois aller aux toilettes avant, m’attendez pas !
D’un geste rapide, il pinça alors le bras de la jeune fille et lui fit un regard évocateur, l’invitant à le suivre. Cette dernière roula des yeux tout en se disant que si le but d’Odd était d’éveiller les soupçons, il y était parvenu. A contrecœur, elle le suivit en prétendant qu’elle aussi devait s’accorder « une pause pipi ».
Une fois à l’écart derrière la machine à café, Aelita s’enflamma.
- Odd ! T’es complètement stupide ou quoi ?
- On me le dit parfois, donc je suppose que oui ?
Sans le vouloir, un large sourire se dessina sur son visage. Elle se détendit alors en se disant que la probabilité que les autres se doutent de quelque chose était proche de zéro. Après tout, il n’y avait pas de quoi douter, puisque dans les faits, ils ne faisaient rien de mal, non ?
- Bon. Qu’est-ce que tu voulais ?
Odd tendit l’index et demandant à son amie de patienter. Après avoir fouillé dans le joyeux bordel de son sac à dos, il en sortit une petite boite et la tendit à Aelita.
- Odd… Qu’est-ce que…?
- T’emballes pas Aelita, c’est rien ! Je me disais juste que tu n’as pas eu de cadeau de Saint-Valentin, et c’est pas très cool. Alors accepte, ça me fera plaisir.
Incrédule, la jeune fille ouvrit la boite avec une certaine crainte mais ses peurs disparurent aussitôt. A l’intérieur de la petite boite rouge de velours était délicatement posé un pendentif en forme de cœur. À l’intérieur était gravé le mot Princesse. Aelita attacha immédiatement le médaillon autour de son cou, tout en prenant soin de le cacher sous son col. Elle s’approcha alors de son ami, l’enlaça et lui chuchota un « merci » au creux de l’oreille.
Le reste de la journée se déroula paisiblement, comme elle avait commencé. Une sorte de légèreté et d’euphorie planait jusqu’au moment de la virtualisation. Ce que Jérémie avait hélas le devoir de briser une fois le groupe arrivé au labo :
- Le temps nous est compté, annonça-t-il.
- Hein ?
- Qu'est-ce que tu dis ?
- Le cœur de Lyoko est en danger. J'ai compris pas mal de choses cette nuit. Premièrement, d'où vient notre virus : Il s'agit d'un résidu de mon programme multi-agent... résidus qui ont été corrompus par les restes de X.A.N.A.
- Euh... comment s'est possible ça ? demanda William en serrant le point à l'idée que X.A.N.A ne soit pas mort.
- Mon programme a été utilisé pour anéantir X.A.N.A. Bon, à ce titre, comment dire... il est allé au contact du virus. D'infimes traces, au lieu d'être éliminées, ont du se mélanger à mon programme qui de fait ne les a pas éliminé.
Aelita lança un petit cri.
- Je me souviens... le programme est sorti de la salle du cœur ! Donc une fois le travail terminé, il y est retourné...
- ... avec les résidus de X.A.N.A, acheva Yumi.
L'explication avait beau être lourde de sens, pour une fois, elle était plutôt simple à comprendre.
- Pour le moment le virus, un peu comme X.A.N.A a ses débuts, est bloqué sur Lyoko, je vous l'avais dit. Mais le cœur est en train de s'effondrer progressivement sur lui-même. Comme... une supernova. Et à un moment ce sera l'explosion. Et si le virus survit - ce qui est le plus probable, puisqu'il est capable d'anticiper l'explosion, étant dans le cœur lui-même, il va donc s'y préparer - on aura de nouveau un programme très dangereux dans le réseau mondial.
- Un X.A.N.A bis... maugréa William.
- Ok, c'est plutôt bad, avoua Odd. Donc, c'est quoi le plan ?
- Commencez par nettoyer le secteur. Une fois l'accès au cœur dégagé, on pourra mieux l'étudier, et donc je pourrais trouver la meilleure option possible.
- Bref, il est plus que temps d'en découdre, conclut William en invitant les autres à le suivre au monte-charge.
- Attendez ! calma Jérémie. Pour cette fois je suggère que vous vous sépariez. Je vais vous expliquer...

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Conformément à la stratégie préalablement établie, les Lyoko-guerriers furent virtualisés en trois groupes. Le premier fut sans doute celui qui rencontra le moins de problèmes. En effet, le rôle de Yumi avait été anticipé à l'avance : Elle était là pour bloquer l'homme de fer au pôle Sud de la voûte. Et étant donné que celui-ci ne semblait avoir aucune possibilité de frapper à distance du moment qu'on ne l'attaquait pas excepté en envoyant son cercueil sans qu'il soit dessus ou dedans – ce qui n'était pas possible au-dessus du vide – la japonaise n'avait pas non plus besoin de lutter pour sa survie. Sur son Overwing, elle devait simplement montrer qu'elle était là. Elle était cependant aux premières loges pour constater le changement esthétique du cinquième territoire : La boule bleue était devenue grise. Sans vie.
Odd et Aelita, qui formaient le second groupe, le virent aussi en entrant par le pôle Nord. Mais la couleur ne semblait pas avoir modifié plus que ça la forme du territoire : L'ancien garage Skid n'avait pas changé en dehors de la teinte. Comme Jérémie l'avait dit, la faille se prolongeait désormais au-delà de l'ascenseur du garage et tombait directement sur le salle du cœur. Ce qu'il n'avait pas précisé, c'est la multitude de rayons lasers rouges qui quadrillaient le puits entre les deux. Les deux Lyoko-guerriers se possèdent sur la plate-forme qui menait à l'ascenseur.
- Wow, c'est quoi ça ? demanda la blondinet.
- Sûrement un cadeau des nouveaux propriétaires des lieux.
- Génial. On fait quoi ?
Aelita s'assit en tailleur, les mains sur les tempes. Elle se mit à méditer.

William et Ulrich, le dernier groupe, coéquipier malgré eux, arrivèrent dans la première salle habituelle du noyau. Celle-ci ne semblait pas avoir changée outre mesure. Mais à peine à l'intérieur, quelqu'un se téléporta entre les deux adolescents et la porte suivante. Un visage presque connu.
- Putain mais... Jim ??? s'écria William en s'arrêtant.
Pas exactement. L'adversaire face à lui ressemblait à Jim, mais il semblait zombifié. Ses yeux n'avait pas de pupilles, ses doigts étaient presque des griffes, et sa dentition semblait avoir un peu poussée. En revanche, il portait l'habituel survêtement que le vrai Jim exhibait constamment pendant la période chaude de l'année. Le symbole propre à son camp était également cousu dessus.
- Hein ?
- On est face à un Jim à l'air méchant Jérémie.
- Comme lors de l'attaque des zombies... murmura Ulrich.
Ce n'est pas la référence à l'attaque des zombies qui effraya le plus Jérémie. Non... ce Jim là avait également été utilisé par X.A.N.A dans la bulle virtuelle, bien plus tôt... et maintenant, il se retrouvait ici. Il devenait de plus en plus évident que le programme corrompu avait la mainmise sur des données appartenant à l'ancien ennemi virtuel numéro un... dans un sens c'était parfaitement logique.
En plus de ses vêtements, GI-Jim portait un gros sac de sport en bandoulière. Il l'ouvrit pour en sortir un ballon de basket. Il commença à le faire rebondir.
- Euh... ?
Puis il le propulsa soudainement à toute vitesse vers William qui ne dut son salut à Ulrich qui le poussa, prenant sa place et crevant le ballon sur une de ses épées.
- Supersprint !
Le samouraï en profita pour contre-attaquer, fonçant sur la réplique de Jim. Celui-ci, qui n'était pas tout près, eut le temps de sortir deux choses du sac de sport : La première, une paire de lunettes de soleil qu'il mit sur lui. Puis, un pistolet, qu'il pointa sur Ulrich. Il fit feu. Pour esquiver, l'assaillant se déporta sur le mur, sur lequel il pouvait courir avec la vitesse, et se mit à tourner autour de Jim qui vidait son chargeur dans le vide en tentant de le toucher. Puis le zombie cessa de tirer, tout en pointant toujours son arme sur Stern qui songea au piège. Il n'approcha donc pas, et c'est sur cela que misait Jim qui sortit en un temps record des patins à roulettes de son sac et les chaussa tout aussi rapidement, lui permettant de se mouvoir encore plus vite, ce qui déstabilisa William qui avait sorti son zanbatō et se rapprochait de lui.
- Oh bordel.
GI-Jim décrivit rapidement un grand arc pour faire demi-tour, et se mit à fouiller dans son sac. William se positionna de manière à le trancher en deux au passage. Son zanbatō vint alors s’exploser contre une plaque d'égout que son adversaire arborait en guise de bouclier. Les morceaux de glace brisés s’éparpillèrent un peu partout. Et tandis que William tentait – étrangement, en vain – de faire ré-apparaître son épée, le champion de patins à roulettes lui envoya sa plaque d’égout en pleine tête à la manière d'un frisbee. Dunbar fut dévirtualisé. Mais quelque chose d'anormal se produisit alors : Les morceaux de glace qui constituaient le reste de son épée, au lieu de disparaître avec lui, restèrent sur place. Mieux : Ils se mirent à bouger, à s’élever, et à quitter la pièce en direction de l'ascenseur menant à la voûte célèste sans qu'Ulrich ne remarque rien.
Il fallait dire que le samouraï était occupé à courser un adversaire presque aussi rapide que lui. Pour autant, il le rattrapait petit à petit, tandis que la copie de Morales tournait en rond tout autour de la salle. Avant que le collégien ne le rattrape, Zombijim sorti un briquet de sa poche, l'alluma et le balança sur Ulrich qui parvint à l'éviter d'un mouvement de tête au dernier moment. Il stoppa sa course.
« Quel malade... ».
Jim refit un tour de la salle. Cependant, il stoppa sa course à l'opposé, et ôta ses patins. Il posa aussi son sac de sport par terre et se mit en position. Une position qu'Ulrich connaissait bien.

- Seule la sérénité te conduira au calme... déclara simplement celui-ci, d'une voix aussi neutre que robotique.
Stern fit mine de cracher avant de planter ses sabres à coté de lui. Un combat de Pencak-silat ? Très bien. Restait à espérer que celui-ci ne maîtrise pas vraiment la Main Ardente de Li Fou Chang. Il se mit lui-même en garde.

Ronald attendait encore et encore sur son cercueil. Il était frustré. Il rêvait de faire la peau à cette petite salope co-responsable de la mort de son ami John, mais il ne pouvait pas. Concrètement, ses capacités défensives étaient aussi élevées que son offensif était bas. Soudain, quelque chose s’incrusta dans son champ de vision. De petits morceaux de glace, qui restèrent en suspension devant lui. Il comprit.
L'homme de fer entrouvrit à moitié son cercueil et les résidus s'y engouffrèrent. Quelques temps après, la boite de métal se mit à vibrer et une énergie bleutée sembla entrer en Ronald par les pieds. Celui-ci hurla et une aura glaciale se diffusa alors tout autour de lui. La japonaise la reçu de plein fouet, et en fut engourdie. Le gardien du pôle Sud fusionna alors avec son cercueil et le missile vint percuter violemment une Yumi qui pouvait à peine se mouvoir pour esquiver. Dévirtualisation.

- Merci mon ami. Que Dieu te bénisse.

Aelita se releva.
- Okay Odd. On va tenter un truc.
- Je t'écoute ?
- Je vais utiliser mon don de création pour bloquer temporairement les lasers. J'ignore combien de temps ça tiendra mais en tout cas, je pense que tu as tes chances de passer.
- Et toi ?
- Je ne peux pas à la fois me concentrer sur le blocage et voler. On risquerait de se faire dévirtualiser tous les deux.
- D'accord Princesse...
Aelita se plaça sur la plate-forme de manière à avoir le puits piégé juste au-dessous d'elle. Elle se concentra et la future construction apparût en reliefs blancs, prêts à être virtualisés.
- Prends bien ton élan. Et fais-moi confiance, je concrétiserais la chose au dernier moment.
Le félin hocha la tête, remonta avec son Overboard quasiment à la hauteur de l'ancien emplacement du Skid, puis fondit en piqué. Conformément à sa promesse, Aelita fit apparaître le mur le plus épais qu'elle pouvait à l'intérieur du puits. Le contraste avec le reste était d'autant plus fort que le pouvoir d'Aelita continuait de générer des constructions de la couleur originelle de Carthage, et non pas de ce gris sans vie.
Elle força autant qu'elle put, mais très vite, le bleu vira au rouge, puis explosa tout simplement. Les rayons lasers reprirent leur quadrillage initial.
« J'espère qu'Odd a pu passer » pensa l'ange de Lyoko, qui n'avait pas envie de le demander à Jérémie.

Odd avait en effet pu passer. Mais à peine le cylindre d'Aelita venait d'exploser derrière lui que ses yeux durent très rapidement faire face à plusieurs choses. La première, c'est la lumière aveuglante diffusée par l'astre dont avait parlé William. La seconde, c'est Ronald qui fonçait sur lui avec un pic de glace – certains diraient stalactite – dans sa main. Évidement, avec sa vitesse actuelle, Della Robbia n'était pas vraiment en position d'esquiver et fut dévirtualisé rapidement. L'homme de fer ne sembla prêter aucune attention à sa victoire récente et fondit droit dans le champ de lasers, qu'il ignora sciemment, ne les craignant pas outre mesure. Il comptait bien également crever l'autre morue. Mais juste avant d’émerger du puits piégé, il reçut des instructions différentes. Il agrippa alors Aelita à la gorge, totalement par surprise. Et au lieu de la dévirtualiser, il la jeta dans son cercueil ouvert. L'objet se referma aussi sec, emprisonnant la jeune fille. Avant de se remettre en route pour le noyau, son propriétaire dessus.

Ulrich hésitait. Affronter Zombijim ainsi avait l'avantage de lui retirer l'effet de surprise vis-à-vis de son sac de sport. Mais cela n'enlevait en rien la différence de physique. Il fallait être très prudent. Son ennemi attendait qu'il attaque le premier, de toute façon il avait le rôle du défenseur, il était chez lui désormais.
Stern s'était décidé. Il allait tenter un coup plutôt audacieux, le genre quitte ou double. Mais il ne voyait pas d'autres options. Il ne lui restait plus qu'à espérer que ça marche, où il se couvrirait de ridicule face au seul adversaire virtuel maîtrisant une si noble discipline de combat.
Heureusement pour lui, la question fut réglée lorsqu'il se fit éclater en plein bond par un objet métallique, et dévirtualisé.

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Jérémie tapait frénétiquement sur son clavier. Aelita n'avait pas été dévirtualisée selon les scanners, mais avait disparu des radars. La procédure de dévirtulisation à distance ne donnait rien non plus. C'était très mauvais.
Derrière lui, aucun Lyoko-guerriers n'osait en placer une, de peur de le déconcentrer.

http://i.imgur.com/gAZqTsZ.png


Ronald se posa devant Dwight, soulagé. John avait eut sa vengeance. Mais ce n'était que le début.

- Beau travail, déclara simplement le chef.
- J'ai le colis demandé.
L'empereur hocha la tête.

- Et bien, « ouvre » le.
Le cercueil s’éleva, s'ouvrit, et se retourna pour déposer une Lyoko-guerrière cryogénisée.

- Richard.
Le nain apparût soudain, se posant à l'opposé de Ronald qui put enfin le voir de face. C'était un petit homme apparemment dégarni même si son chapeau empêchait habilement de faire toute la lumière sur l'état capillaire de son crane. Il était vêtu d'un costume gris, d'un épais manteau noir ouvert et de lunettes de soleil. Au beau milieu du costume était brodé un sigle composé d'un œil dans un triangle et un rond.

- Oui, dit-il. Je suis curieux de savoir comment celle-ci a fait pour avoir autant de facilités pour venir à bout de mes pièges. Je veux l'étudier.
Mais il n'avait pas fait un pas vers elle qu'Aelita fut dévirtualisée par Jérémie, car le cercueil ne la protégeait plus de ce genre de manipulations à distance.

- Pas d'soucis ! déclara simplement le scientifique avant de disparaître.
- Merde... lâcha rageusement Dwight.

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Tout le monde fut soulagé du retour d'Aelita, Jérémie le premier. Mais vu l'état actuel de ses relations avec la jeune fille, il ne pouvait pas trop le montrer. Alors c'est d'un œil las qu'il laissa les autres faire câlins et embrassades à la jeune fille. Les conclusions de l'expérience virtuelle de la soirée étaient vite faîtes : Ils avaient encore échoué, mais la prochaine fois, en prenant en compte les nouveaux éléments, ils feraient mieux. De la même façon qu'ils avaient fini par avoir le faux William.
Le vrai justement se rendit dans sa chambre en quittant l'usine, le souffle succinct et les poumons encombrés. Il ne partageait pas l'optimisme principalement diffusé par Aelita, Yumi et Odd. Il était en colère contre tout, et surtout contre lui-même. Il n’avait pas été à la hauteur et cela le rendait furieux. Le pire était qu’il n’avait rien pu y faire, il avait été simplement impuissant sur ce coup. Il n’était pas prêt à dormir et heureusement, alors qu’il arrivait devant la porte de sa chambre, il distingua une ombre dans l’obscurité. Il prit d’abord peur puis se souvint de son rencard. Il se calma alors, ralentissant son pouls pour pouvoir expliquer sereinement son retard. Il était presque minuit.
-Salut Priscilla. Excuse-moi encore une fois pour le retard. Tu attends depuis longtemps, comme ça assise dans le noir ?
Cette dernière se leva et appuya sur l’interrupteur. William aperçut alors le visage de son interlocutrice, et à sa plus grande surprise, elle n’avait pas l’air irritée. Au contraire.
- Salut William. Je t’attendais oui, mais je t’avoue avoir été aussi retenue, alors je ne t’en veux pas. Et puis, comment en vouloir à cette gueule d’ange ?
- Bon… Super alors ! Tu entres ?
Au même moment, Ulrich s’était éclipsé dans le parc tandis qu’Odd s’éternisait sous la douche. Il marchait avec peine dans la nuit, les genoux engourdis et le regard vitreux. Chaque pas lui infligeait un peu plus de douleur, le vent glacial frictionnant sa peau et l’humidité lui irritant ses lèvres déjà meurtries. Il s’arrêta finalement sur un banc en prenant soin d’y enlever la neige. Il sortit alors de sa poche un joint. Ce n’était pas son premier, ce ne sera pas son dernier. Pourtant, il se sentait misérable, ridicule, inutile. Un véritable déchet. Il prit une bouffée.
Un peu plus loin dans la chambre de William, celui-ci tentait d’oublier vainement son échec en s’abandonnant à des petits jeux de flirt grotesques. Ils se touchaient, en attendant plus de l’autre mais sans jamais oser aller plus loin. Mais quelques minutes plus tard, Priscilla se leva du lit, l’air malicieux et enleva son pull maladroitement avant de s’avancer à nouveau vers William.
- On est là pour jouer au scrabble ou bien ? Je m’attendais à plus du fameux William Dunbar.
À ces mots, elle s’avança vers lui, le poussa du doigt sur le lit afin de le dominer, à califourchon sur ses hanches. Will sourit, impressionné par la confiance de cette fille. À cet instant, il la fit basculer afin de se retrouver dans la position de dominant.
- Si tu avais de grandes espérances, tu ne vas pas être déçue ma chérie.
À l’autre bout de Kadic, Ulrich était désormais embrumé dans un nuage d’hallucinations de toutes sortes. Il tenta de se lever mais trébucha à plusieurs reprises. Au bout du cinquième essai, il y parvint plus facilement, comme si quelqu’un avait été là pour le soulever puis le soutenir dans son ascension. Il ouvrit alors grand les bras, leva la tête haut vers le ciel se mit à tourner tout en s’intéressant à chaque flocons tombant sur son visage. Une minute semblait être passée avant qu’il ne remarque une présence à ses côtés. Quelqu’un le tenait par la taille, s’assurant qu’il ne chute pas, inspectant chacun de ses mouvements toujours plus cocasses. Il se laissa alors tomber dans les bras qui le soutenaient.
William avait couché avec Priscilla. Elle était endormie à côté de lui, l’air apaisé par le plaisir mais aussi par l’alcool. Ça n’avait été ni vraiment sensuel, ni réellement sauvage. C’était inconfortable, maladroit. Il avait utilisé cette fille pour combler sa frustration. Il s’était même surpris à penser à ce qui l’attendrait sur Lyoko le lendemain et c’est à ce moment qu’il réalisa son erreur. Il était trop tard : malgré les baisers et malgré les caresses, rien n’y faisait et il jouit en se ressassant les images de sa défaite.
Lorsqu’Ulrich reprit connaissance, il était dans un lit inconnu, Nora assise à ses côtés. Cette dernière le prit directement par les épaules, et le regarda droit dans les yeux. Elle mit plusieurs secondes avant de pouvoir faire sortir ne serait-ce qu’un mot à cause d’un sanglot coincé dans la gorge. Pourtant, elle luttait.
- Ulrich, le bonheur ne s’achète pas et ne se consomme pas par bouffée ! Pourquoi es-tu si triste...?
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Zéphyr MessagePosté le: Lun 24 Mar 2014 16:43   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Avant toute chose, une petite rectification s'impose :

Citation:
Pour le Oddlita, je m’excuse de t’imposer ça. J’ai conscience que ce n’est pas le couple le plus aimé de la fandom (doux euphémisme)

En fait, ce n'est pas que je le déteste. À vrai dire les histoires de couple ne sont pas le point qui m'intéresse le plus. Le truc, c'est qu'à chaque fois que j'ai eu l'occasion de lire une romance Oddlita, on avait grosso modo le même schéma : « Odd et Aelita se rendent compte qu'ils ont des sentiments l'un pour l'autre d'un seul coup/par un malencontreux hasard, bonbon rose découvre ce qu'est le vrai amour, Jérémie passe pour un salaud, Odd est un modèle de générosité et d'attention et les oiseaux gazouillent tandis que le vent ragequit ». Je caricature peut-être, mais j'ai jamais rien lu qui déviait de cette version. Néanmoins, tu me sembles beaucoup plus méticuleuse dans ton approche de ce couple, mais j'y reviendrai plus bas.
Bref, ce n'est pas vraiment le fait qu'il y ait un couple improbable ou non qui me préoccupe, c'est la manière avec laquelle il est abordé que je regarde. Et autant dire que je préfère quand c'est réaliste (kassdédi l'échiquier).

Bref, retour à nos vents (je détourne les expressions sans complexe en effet). Ce troisième chapitre prouve une chose : tu n'as pas volé ta Carpe Sociale, ni ta Carpe Virtuelle.

Abordons le côté social de la chose pour commencer.
Ulrich pour commencer. Outre le fait qu'Ikorih va probablement intenter une action en justice contre toi pour plagiat de Cold Case, le chemin qu'il prend me semble logique (pour ne pas dire que j'aime le voir sombrer doucement dans les Abysses *Paf*). Néanmoins, peut-être que Nora arrivera à lui faire remonter la pente, même si elle a l'air d'être un personnage paradoxal : elle vend de la drogue, mais semble se soucier de ses clients et de leur motivations à consommer. Bref, j'ai envie de voir ce qui va se passer de ce côté.
Parlons du fameux Oddlita. Bon point pour toi : Odd qui éprouve des remords à faire ça. Généralement, lesdits remords sont tous attribués à bonbon rose, le garçon prenant la chose avec légèreté et n'ayant que très peu d'égards pour Jérémie. Work in progress dirait une certaine personne. Malgré tout, je sens qu'ils ne vont pas tarder à se faire pincer, vu leur discrétion Rolling Eyes.
Pour les autres, Yumi passe carrément à la trappe ici (geste approuvé par Oddye) et William frustré dans l'échec. J'espère que cela ne le poussera pas à commettre des imprudences.

Côté virtuel donc, on n'est pas en reste également. Les événements se précisent. Visiblement, le camp ennemi semble fourni. Si l'on compte le chef, Dwight, et les quatre « chiens de garde » évoqués, et en ajoutant Ronald, Richard et John (même s'il est mort physiquement), on arrive à huit ennemis en face. Sans compter la présence de Zombijim, qui si je l'ai bien compris a été créé depuis le coeur. J'ai envie de dire que les LG sont un peu dans la merde Mr. Green.
Au final, on commence à comprendre comment la partie adverse fonctionne. Quatre personnes postées à côté du coeur (on peut penser que la personne qui a dévirtualisé William dans le précédent chapitre en fait partie) et trois autres pour couvrir le reste de Carthage. Pour ces derniers, on constate une certaine complémentarité : John semblait axé offensive, Ronald défensive. Quant à Richard, il a l'air capable de modifier le cinquième territoire pour le piéger, comme le faisait Xana avant lui.
Dans tous les cas, cela laisse présager des batailles toujours plus disputées et variées pour la suite.

Je suis perplexe sur un détail : le fait qu'après dévirtualisation, l'épée de William n'ait pas disparu, ou du moins, la glace qui la constituait. Il ne me semble avoir vu aucun occurrence où l'arme d'un Lyokô-guerrier lui survivait. Bien sûr, on pourrait citer l'éventail de Yumi dans l'épisode 59, mais on peut mettre ça sur le compte du fait qu'elle n'avait pas encore entièrement disparu à ce moment-là. Dans tous les cas, j'espère que cette histoire de glace cache une subtilité , ce serait dommage de fail là-dessus Mr. Green.

Bref, j'ai hâte de voir comment la suite va se dérouler de ce côté-ci.

Ensuite, petites remarques stylistiques :

Spoiler


Autrement, quelques remarques d'ordre personnel/délirant :

Citation:
Elle s’était simplement dit qu’il était parti rejoindre son véritable amour : son lit.

J'aurais plus misé sur la nourriture personnellement Mr. Green.

Citation:
La boule bleue était devenue grise. Sans vie.

Objection ! Le gris est une couleur très vive. Regardez les nuages d'orage *Sort très loin*.
(Petit aparthé : j'ai remarqué qu'après avoir mis deux points ( : ), le mot suivant avait une majuscule. Techniquement, ce n'est pas nécessaire.)

Le tour du chapitre est donc fait. Je veux la suite !

Au fait, qui t'as donné le diminutif de mon pseudo ? Je veux des noms !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Belgarel MessagePosté le: Mar 25 Mar 2014 05:58   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
Citation:
Icer donne 5 € à Zéphyr suite à une sombre histoire de pari.
Même moi j'ai pigé Mr. Green

Attention. Cette fic est lisible, mais mon commentaire n'est pas forcément élogieux. Cherchez qui est responsable de ce paradoxe.

J'avais déjà remarqué cette fic parce qu'elle a commencé la veille de mon Grand Retour, mais je n'avais pas pris le temps de la lire avant qu'elle ne soit Carpée.
LouRiddle a écrit:
Je suis certes inconnue sur le forum mais
Ce problème est en voie d'être réglé Wink

La présentation est, tu t'en doutes, très correcte du fait que tu as pris la peine de recourir au graphisme et de flanquer des couleurs. Même si cet œil horrible me rappelle l'espèce de truc de Super Story (sic) ou je ne sais quoi.

Les nouveaux ennemis. [ironie]J'adore ça. Surtout s'ils ont un nom de toutou débile.[/ironie] Mais je dois avouer que l'idée de voir les LG se battre contre le complot mondial de la franc-maçonnerie ne m'aurait jamais effleurée.
Par contre, en ce qui concerne les noms, ils me font vraiment marrer. John, Ronald, Richard…Dwight ! mais où t'es allée les pêcher, ceux-là ? XD
Bon, les révélations du chapitre 3 me laissent songeuse. C'est original et bien trouvé. Je comprends que le virus de Jérémie soit supérieur à XANA et donc plus badass au combat, mais…que se passerait-il si nos héros essayaient de retirer la pile nucléaire ? ou les circuits du Supercalculateur ?

Je suis pas fan d'action, mais tes scènes bénéficient indiscutablement de l'alternance entre réunions stratégiques où ça papote et phases de combat où ça saute dans tous les sens. C'est intelligemment organisé.
Après, tes combats dépendent pas mal de tes ennemis. Et le surfer d'argent mode Dracula ou le trip du double maléfique, j'accroche pas trop. Par contre, GI-zombijim en patins à roulettes, c'était tellement nawak que j'étais totalement embarquée dans le trip !

Le chapitre 2 a écrit:
On pouvait cependant distinguer quelques regards de mépris, la plupart adressés à Ulrich, venant de chaque coin de la table.
En quel honneur ? Je ne suis pas vraiment une grande fan d'Ulrich et c'est tellement à la mode de lui taper dessus dans ce sous-forum que c'est étonnant que la plupart des fics ne commencent pas parce un assassinat de samouraï suivi d'une fête d'enterrement.
Comprends-moi bien : j'ai rien contre le fait de taper sur un perso, et à tout prendre Ulrich est un très bon candidat. Mais là, tu vas un peu vite en besogne.
Dans ta fic, qui pourrait en vouloir à Ulrich ? Jérémie et Aelita ont autre chose à faire, Yumi n'a pas eu d'engueulade (et elle ne lui a même pas fait de chocolats honmei), William semble complètement passé à autre chose et Odd peut vaguement se sentir agacé par son manque d'empathie…Allez, en tirant par les cheveux, Odd et Yumi sont un peu remontés contre lui. Ça fait deux coins de la table sur quatre.
À moins qu'on qualifie directement de "mauvaise humeur" son désir de faire la grasse mat' après une soirée fatigante et que tout le monde ait conséquemment décidé de l'étriper du regard ?
Le syndrôme Ikorih a de nouveau frappé. Ça en devient prévisible Mr. Green

J'ai déjà dit que j'étais pas fan d'Oddlita (et quelquefois avec une bonne dose d'autodérision), mais comme ici c'est bien foutu et correctement appuyé, j'apprécie volontiers.
Par contre, je suis pas du tout d'accord avec *ODR* Si on fait preuve d'un minimum de subtilité sentimentale, on ne peut pas trouver ce baiser romantique. Odd n'a pas l'air le moins du monde tourmenté par l'idée que Jérémie existe, il profite de ce qu'elle est en train de pleurer comme le dernier des salauds, et il a une attitude de queutard qui cherche à compléter ses objectifs Saint-Valentin à tout prix avant que ne sonne minuit.
Heureusement, le chapitre 3 vient remettre les points sur les i. On a une collégienne qui invite un garçon dans son lit de façon on ne peut plus naturelle et Odd se souvient d'un coup que Jérémie existe (et, en fait, qu'il est en train de se ruiner la santé pour sauver les miches de tout le monde). Aelita aussi le lendemain. Cool.
En revanche, Jérémie est peut-être un peu trop lucide sur sa propre situation, non (cf. matérialisation d'Aelita à la fin du chapitre 3) ?

Le chapitre 2 a écrit:
- Écoute Yumi. On ne s’est pas parlé depuis quoi ? Une semaine, si ce n’est plus ?
Le lendemain du #95 ?
(Y'a eu réécriture, je sais…)

Bon, après, le coup d'Ulrich qui veut se droguer après sa S-V ratée, ça fait un peu…mouais, ça
J'espère qu'il y a plus derrière cette histoire.
Zeph a écrit:
elle [Nora] a l'air d'être un personnage paradoxal : elle vend de la drogue, mais semble se soucier de ses clients et de leur motivations à consommer.
Je crois que tout bon dealer se soucie de ses clients. C'est pas dans son intérêt qu'ils fassent une overdose bêtement. De même qu'un vendeur sourit.
Après, c'est vrai que cette fiction cherchera sans doute à vous faire croire qu'une dealeuse peut également être un être humain. Méfiez-vous, c'est bien sûr totalement faux. Scientifiquement prouvé.

Point de vue style, les phrases du prologue sont pas mal compliquées à coups de subordonnées, de virgules, de "ce dernier" et "celle-ci"…
Un p'tit relevé de trucs qui ont échappé à l'ami Zéphyr. N'ayant pas été très attentive, je ne l'appellerai pas Œil de Faucon©. Même si c'en est assez proche.
Prends le temps de corriger les chapitres passés, ça va vite (surtout grâce à Ctrl+F, au cas où tu n'aurais pas l'habitude) et ça montre que tu respectes ton futur lecteur (même si en l’occurrence, tu as appliqué les remarques de notre Conseiller dans l'écriture de ton nouveau chapitre).
Spoiler



En un mot…il y a, dans un ta fic, un tas de trucs que j'aime pas. Le nouvel ennemi, notamment, ou encore l'Oddieuxlita, ou beaucoup d'action. Mais outre ces questions de préférences personnelles, en attendant, ça se laisse lire sans problème et je resterai à la page (surtout que tu as baissé son rythme de publication, de mon point de vue ça joue en ta faveur). Wait and see, comme dirait l'autre.

_________________
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Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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LouRiddle MessagePosté le: Dim 30 Mar 2014 20:15   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Hello bonsoir!

Zephyr : Tout d'abord concernant le Oddlita, je suis ravie que tu respectes ce couple malgré son impopularité. J'espère ne pas te décevoir par la suite !
Ensuite, je m'excuse auprès d'Ikorih (si elle passe par là) pour ce qui arrive à Ulrich mais ce n'était absolument pas voulu, mon nombre ridicule de passages sur le forum peut le prouver... ^^" Mais j’avoue que voir des perso souffrir c’est mon guilty pleasure.

En ce qui concerne Nora, j'aime retrouver dans des fics des personnages à plusieurs facettes, difficiles à appréhender. J’évite au maximum de tomber dans la caricature (Belgarel défend bien cette idée). C’était une sorte de défi pour moi puisque c’est la première fois que j’inclus un OC, j’espère ne pas me viander par la suite.

Citation:
Je suis perplexe sur un détail : le fait qu'après dévirtualisation, l'épée de William n'ait pas disparu, ou du moins, la glace qui la constituait. Il ne me semble avoir vu aucun occurrence où l'arme d'un Lyokô-guerrier lui survivait. Bien sûr, on pourrait citer l'éventail de Yumi dans l'épisode 59, mais on peut mettre ça sur le compte du fait qu'elle n'avait pas encore entièrement disparu à ce moment-là. Dans tous les cas, j'espère que cette histoire de glace cache une subtilité

Citation:
John s’apprêtait à lui mettre un coup de zanbatō bien placé. Au dernier moment, William parvint à parer mais son épée se brisa sous le choc.
« De la glace... » pensa John en constatant cette fois ce qui se produisait quand William perdait son arme.
Il sembla perturbé, et n'acheva pas immédiatement un William désarmé. Il aperçut tout aussi peu rapidement le samouraï lui foncer dessus, sabres en main. Il voulut changer son arme de direction, mais le fit un peu tard : Les canifs d'Ulrich étaient déjà plantés dans son torse. Il le coupa tout de même en deux avant de disparaître lui-même – d'une façon similaire à celle de l'épée de William – en morceaux de glace.

Citation:
Les morceaux de glace brisés s’éparpillèrent un peu partout. Et tandis que William tentait – étrangement, en vain – à essayer de faire ré-apparaître son épée

Citation:
Les morceaux de glace qui constituaient le reste de son épée, au lieu de disparaître avec lui, restèrent sur place. Mieux : Ils se mirent à bouger, à s’élever, et à quitter la pièce en direction de l'ascenseur menant à la voûte céleste

Citation:
De petits morceaux de glace, qui restèrent en suspension devant lui. Il comprit.
L'homme de fer entrouvrit à moitié son cercueil et les résidus s'y engouffrèrent. Quelques temps après, la boite de métal se mit à vibrer et une énergie bleutée sembla entrer en Ronald par les pieds. Celui-ci hurla et une aura glaciale se diffusa alors tout autour de lui. La japonaise la reçu de plein fouet, et en fut engourdie. Le gardien du pôle Sud fusionna alors avec son cercueil et le missile vint percuter violemment une Yumi qui pouvait à peine se mouvoir pour esquiver. Dévirtualisation.
- Merci mon ami.

Citation:
Ronald se posa devant Dwight, soulagé. John avait eut sa vengeance.

J'espère ne pas avoir été trop subtile Razz

Pour ce qui est des fautes, je vais vraiment essayer de prendre le temps de les corriger, si si c’est vrai ! (Surtout qu’on me mâche un peu le travail, et ça c’est cool)

Belgarel : Merci d’avoir pris la peine de poster une review, ça compte beaucoup !
Tout d’abord, pour ce qui est du nom des ennemis, je les ai effectivement pêché quelque par… Mais où ? Wink

Le Supercalculateur ne répond plus aux injonctions manuelles. Or la pile nucléaire nécessite que le Supercalculateur veille bien ouvrir la partie appropriée.
Le démonter physiquement, même délicatement, en phase de semi-bug est un truc trop lourd de conséquences pour que Jérémie ose le faire. En tout dernier recourt peut-être ?

Concernant Ulrich, ce sont en effet Odd et Yumi qui en ont après lui. Je conçois que « mépris » ici était peut-être un peu fort sauf que, quand les perso sont dans une situation de crise, Ulrich s’en va constamment faire son boudin comme si les choses n’étaient que difficiles pour lui. Je pense qu’au bout d’un moment, ça commence à taper sur les nerfs. C'est juste une accumulation de petites choses.

Pour ce qui est du baiser Oddlita, tu as tout a fait raison, il ne devait rien avoir de romantique. Je ne pense pas que Jérémie soit trop lucide, au contraire je pense qu’il se rend compte qu’Aelita lui en veut mais qu’il doit se concentrer sur la mission.

Citation:
- Écoute Yumi. On ne s’est pas parlé depuis quoi ? Une semaine, si ce n’est plus ?

C’est une erreur de ma part en effet je n’y avais pas pensé. Mais bon, les besoins scénaristiques, tout ça…

Citation:
Bon, après, le coup d'Ulrich qui veut se droguer après sa S-V ratée, ça fait un peu…mouais, ça…
J'espère qu'il y a plus derrière cette histoire.

Ce sera expliqué par la suite. Peut-être pas explicitement.

Enfin, je te remercie pour la correction des chapitres, il y a en effet énormément d’erreurs, c’est effrayant.

A tout bientôt pour la suite Smile

_________________
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LouRiddle MessagePosté le: Lun 09 Fév 2015 14:24   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Spoiler



http://img4.hostingpics.net/pics/351541874.png



Vendredi 16 février

Dwight avait demandé à ses sous-fifres de déplacer son siège et de le rapprocher de l'astre, qui avait encore perdu en volume.
- Bien... apparaissez.
Aussitôt, en-dessous de l'étoile, quatre ombres se dessinèrent. Puis les quatre gardes du corps du chef sortirent également de l'ombre et vinrent compléter le cercle qui s'était formé.
Les quatre silhouettes – en réalité des projections holographiques violettes dont seuls les yeux se distinguaient – étaient rendues possible grâce au travail récent effectué par Richard, et permettaient à toute l'équipe de rester en contact quelle que soit la position de ses membres respectifs. En somme, une installation très utile que Richard avait baptisé Suprême Communication Intra-muros Pour l’Étoile. SCIPE.

- Ils ne devraient plus tarder... annonça le chef de sa voix fatiguée.

http://i.imgur.com/gAZqTsZ.png


William se réveilla tôt, le visage chatouillé par un rayon de soleil. La journée s’annonçait particulièrement belle, ce qui le mit aussitôt de bonne humeur. Un sourire naquit sur ses lèvres et il referma les paupières, apaisé. Puis un soupir se fit entendre à ses côtés et il se tendit immédiatement. Ronchonnant, il ouvrit un œil et constata que Priscilla dormait toujours à ses côtés, les cheveux en bataille et la bouche en cœur. Soit. Il s’extirpa rapidement des draps et de son étreinte, puis enfila un pantalon. Il avait besoin d’une bonne douche.
- Tu pourrais dire bonjour au moins ?
La main de William se crispa sur la poignée. Pitié, qu’elle ne lui fasse pas une scène. Il se retourna pour lui faire face, se forçant à faire bonne figure.
- Je croyais que tu dormais encore, j’ai pas osé te réveiller.
- Bien sur, je comprends... C’est pas grave !
Elle bondit hors du lit et se rhabilla en vitesse, sans plus lui adresser un regard. La situation était déjà assez claire comme ça, pas besoin de la faire s’éterniser. Ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait confrontée à ce genre de plan foireux, et en vérité elle avait cru qu’avec William ça pourrait être différent. Mais même pas. Elle passa devant lui pour sortir et en profita pour le contempler une dernière fois. Il faisait certainement partie de son top trois, quel gâchis. Tant pis pour lui.
- Bon bah, bonne journée !
Elle lui sourit.
- Merci. Bonne continuation William !

Ulrich émergea aux côtés de Nora avec les idées embrumées et la tête engourdie. Ouvrant péniblement les yeux, il constata qu’elle était toujours là, assoupie contre lui, ce qui lui fit chaud au cœur. Il avait volontairement tout fait pour ne pas répondre à ses questions la veille, quitte à être désagréable, et n’ayant pas la force de se traîner hors de la chambre, il avait sombré dans les bras de Morphée rapidement. Malgré tout, elle était restée.
Ulrich se ressaisit. C’était sa chambre à elle, après tout. C’était lui, le squatteur. Il se releva en maugréant, titubant comme un ivrogne le temps de retrouver ses esprits. Son pied cogna contre la table de chevet et il jura rageusement, faisant un bruit épouvantable. Cherchant ses chaussures dans la pénombre, il fut surpris de voir une silhouette ouvrir les rideaux, lui permettant par la même occasion de repérer les deux fugitives.
- Merci.
- Ça va mieux ?
- Ouais.
Elle le vit s’asseoir sur le bord du lit et enfiler péniblement ses baskets en soupirant. Elle savait qu’il n’avait pas plus envie d’en parler qu’hier. Elle savait aussi pourtant qu’il avait un grand besoin de se confier, elle l’avait ressenti. Mais pourquoi il ne le faisait pas, ça...
- Ulrich...
- Non, j’ai pas envie d’en parler.
- Mais attends !
Il claquait déjà la porte. Soupirant à son tour, elle attrapa un peignoir et sortit à sa suite. Elle le rejoignit vite et, lui prenant le bras, elle le força à se retourner pour lui faire face. Comme il se débattait, elle le plaqua contre le mur, le prenant par surprise. Pointant un doigt furieux contre lui, il vit dans son regard qu’elle ne plaisantait plus.
- Maintenant ça suffit ! Tu vas m’écouter espèce de sale petit...
- Wow, calme toi ma jolie !
Dunbar, sorti d’on ne sait où, les fixait avec un drôle de sourire en coin qu’Ulrich ne comprit pas tout de suite.
- Je ne suis pas le seul a avoir connu une nuit mouvementée on dirait...
- Ta gueule William !
Ulrich se dégagea brutalement de l’emprise de Nora, encore sous le choc de ce que venait d’insinuer son camarade de classe, et partit sans demander son reste. Une porte claqua au loin, puis le silence s’installa.
- Il est toujours d’aussi bonne humeur au réveil ?
- Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ?
William roula les yeux, son sourire s’agrandissant.
- Baaah...
- ...Ta gueule, William.
Immédiatement, au vu du ton grave et blasé de Nora, la bonne humeur de Dunbar s’effondra comme un château de cartes. Un silence s’imposa, que Nora décida de rompre en voyant qu’il ne partait pas.
-Il va vraiment pas bien tu sais...
Le jeune homme lui lança un regard perplexe. Ce coup-ci, c’est lui qui ne voyait pas bien où elle voulait en venir. Qu’est-ce qu’elle en savait ? Et pourquoi lui dire ça à lui ?
Soudain il comprit.
- C’est pas moi qu’il écoutera.
- Et pourquoi pas ?
- Ben, tu sais, lui et moi…
- Ouais ?
- On a jamais été vraiment potes quoi...
- Tu m’en diras tant.
Un silence pesant suivit. Nora ne partait pas. William n’était pas décidé à bouger. Il ne cessait d’y penser et d’y repenser : Ulrich allait mal, il fallait être aveugle pour ne pas l’avoir remarqué. Et comme un con, il n’avait rien fait pour tenter d’y remédier. Alors qu’il pouvait, il en était convaincu. Ou du moins, il pouvait toujours tenter, car le pire c’était que Stern ne l’écouterait jamais. Surtout que William se doutait bien que le problème tournait autour de Yumi, et que ce sujet était toujours épineux à aborder avec Ulrich, même si le premier avait tourné la page depuis quelques temps maintenant. Oh puis merde, c’était ridicule cette affaire, et William allait tirer cette histoire au clair pour de bon.
- Ouais, t’as raison, j’irais lui parler.
- Merci.
Elle retourna dans sa chambre, l’esprit plus léger. William soupira puis, se rappelant pourquoi il était là, continua son chemin et s’arrêta quelques portes plus loin. Toquant contre le battant, il attendit que la locataire en sorte. Priscilla lui offrit son plus beau sourire, mais William se contenta d’agiter sous son nez un morceau de tissu d’un air blasé.
- Tiens, t’avais oublié ça dans ma chambre.
Le sourire de Priscilla disparut.

Odd avait passé un temps fou sous la douche la veille au soir. Il était lessivé. À tel point qu’il n’avait même pas remarqué qu’Ulrich n’était pas dans son lit. Lorsqu’il se réveilla, avec le sentiment qu’on avait martelé son crâne toute la nuit durant, il trouva son colocataire allongé face contre le matelas, et soupira. Encore un jour où Ulrich serait de mauvaise humeur, et le blondinet n’avait pas la patience de le supporter aujourd’hui. Odd se leva sans attendre et claqua la porte, filant se préparer pour aller en cours. Si seulement il avait pris le temps de parler à Ulrich, il se serait rendu compte que celui-ci, bien loin d’être grognon, était en train de tremper son oreiller de larmes.
Odd rejoignit le reste de la bande au réfectoire pour le petit déjeuner et constata que Yumi n’était pas encore arrivée. Bien, le couple de grognons ne l’embêterait pas. Il s’installa bruyamment aux côtés de William, écoutant Jérémie rappeler les événements de la veille.
- Ulrich n’est pas là ?
- Qu’est-ce que ça peut te foutre William ?
- Wow, je crois qu’on a un nouveau champion pour le titre de grognon !
- Ah ah, très drôle. Le vrai champion pionce dans sa chambre.
- Ça veut dire que bientôt il va te rafler ton titre de grosse larve !
Odd lui envoya un coup de coude dans les côtes, mais ne répliqua pas. William, lassé du blabla de Jérémie, se leva et quitta la table, bien décidé à tenir ses engagements de la matinée.

- Stern, faut qu’on cause tous les deux !
La porte claqua dans le dos de William. Ulrich sursauta, il s’était assoupi à force de pleurer. S’essuyant le visage d’un revers de la main, il maugréa.
- Honnêtement William, t’es bien la dernière personne avec qui j’ai envie de causer tout de suite...
- Ah bon ? Ça serait pas Yumi plutôt, la dernière personne ?
- Qu’est-ce que ça peut te foutre de toute façon ?
- À moi ? Je me le demande bien. Surtout que t’es pas le premier à me faire la remarque, mais bon, je me sens concerné, c’est un fait.
- Si tu veux lui courir après, t’es libre hein. Elle est pas à moi.
- Oh non, merci. Bien que jamais je me serais attendu à t’entendre dire ça un jour !
Il espéra un instant qu’Ulrich lui sourit, mais ce ne fut pas le cas.
- J’ai tourné la page avec Yumi.
- C’est vrai, j’ai cru voir ça...
William repensa à Priscilla. Devait-il dire à Ulrich qu’ils n’étaient plus ensemble ? Non, certainement pas maintenant.
- Ouais, bref. Je suis là pour toi. On oublie Yumi un moment.
Ulrich, qui jusque ici s’efforçait d’ignorer sa présence, lui jeta un drôle de regard. Qu’est-ce qu’il insinuait là, au juste ?
- Je m’inquiète pour toi Ulrich, t’agis bizarrement en ce moment, du coup je me demandais si...
- Euh ouais, écoute c’est ça qui est trop bizarre, je vais aller faire un tour moi et...
- Putain mais arrête de fuir ! Tu m’étonnes que Yumi ait pété les plombs au bout d’un moment !
Immédiatement, Ulrich s’arrêta et William put voir quelque chose de briser dans son regard. Les remords le rongèrent.
- Je suis désolé mec, je voulais pas dire ça...
Ulrich se laissa retomber sur le lit, faisant son possible pour masquer ses émotions.
- Tu as raison. Je suis qu’un lâche. Un gros con de lâche.
- Mais non... Fin, peut être un peu con parfois ouais sur les bords, mais rien qu’on puisse pas gérer.
Il lui adressa un sourire qu’Ulrich lui rendit sans hésiter. Finalement, il n’était pas si difficile de parler à William.
- Allez, raconte. C’est quoi qui va pas ?
Ulrich lâcha un soupir et son visage se renferma un peu.
- On a dit qu’on en parlait pas...
- Oh, je vois.
Bingo, c’était bien Yumi le gros du problème. Un petit silence s’installa, William réfléchissant à ce qu’il allait bien pouvoir dire.
- Ce que j’avais essayé de te dire la dernière fois est toujours valable, et je suis pas sur que tu ais appliqué mes conseils. Il faut que tu ailles voir Yumi, que tu lui parle avec ton cœur !
- Et si elle me jette ?
- Elle m’a bien jeté moi ! Je m’en porte pas si mal !
- C’est pas pareil... Et c’est pas encourageant !
- Bah si, justement ! Si elle m’a jeté moi, c’est bien qu'elle te voulais toi, pauvre cruche ! Je vois pas d’autre solution, même en me forçant...
- ...
William laissa l’idée mûrir dans la tête bornée de Stern. Il était peut-être temps de mettre ses conseils à profit.
- Ouais mais...
- Oui ?
- T’es sur qu’elle t’as vraiment jeté ? Genre définitivement ? Parce que des fois, j’ai pas l’impression que ça soit vraiment fini, ça se voit dans ses yeux.
William manqua d’éclater de rire, mais se reprit juste à temps.
- Bwah, c’est surtout que comme maintenant je lui donne plus la satisfaction de lui tourner autour pour ses beaux yeux, madame se vexe.
Un éclair passa dans les yeux d’Ulrich, et ceci n’échappa pas à William. Immédiatement, il fit le rapprochement avec ce qu’il venait de dire, et il flaira le mauvais plan à des kilomètres.
- Non, j’ai pas dit ça...
- Oh que si...
- Non Ulrich, déconne pas putain, tu fais pas ça !
Le samouraï se redressa du lit d’un bond et il semblait avoir retrouvé sa bonne humeur.
- Merci mec, t’es génial en vrai !
- Mais… Évidemment que je suis génial du con, c’est inné chez moi !
Ulrich rit franchement cette fois, et William sentit que, même si tout n’était pas réglé et qu’il allait devoir continuer à veiller au grain, cette conversation leur avait fait du bien à tous les deux. Alors qu’ils s’apprêtaient à quitter la chambre, William le retint par le bras un instant.
- Sérieusement Stern, foire pas tout encore une fois.
Ulrich lui fit un clin d’œil et s’empressa de rejoindre les autres en cours.

Arrivant dans la salle de classe, il constata qu’Odd s’était installé auprès d’un autre camarade. Sans dire que cette nouvelle l’attristait, il eut quand même un petit pincement au cœur. Néanmoins, la situation l’arrangeait dans un sens. Prenant place aux côtés de Sissi, il entreprit de commencer son petit jeu.

À midi Ulrich choisit d’aller déjeuner avec la fille du proviseur. Le groupe, posé sur une table non loin de là, posa sur eux un regard consterné. William, observant la scène de loin, se prit la tête entre les mains en soupirant. Comme quoi, il avait eu raison de pressentir le coup foireux, Stern n’était vraiment pas passé à côté. Un coup d’œil à Yumi suffit à confirmer ses craintes, il n’y avait pas un soupçon de jalousie dans ses yeux mais une profonde exaspération. Il fallait sérieusement remédier à ça, et d’une façon moins puérile que celle d’Ulrich.
- Beh, ça vous dirait de faire un saut à la piscine cet aprem ? Vu que Jim et Mme Hertz sont en excursion avec les sixièmes, on a quartier libre ! Et puis je pense que ça ferait du bien à tout le monde de se détendre.
- Très bonne idée William !
Il rendit son sourire à Aelita, qui était sortie de son mutisme à l’annonce de cette nouvelle. La piscine lui ferait le plus grand bien, elle avait besoin d’un endroit où réfléchir dans le calme, et nager était une bonne solution.
- Moi je peux pas venir. J’avais prévu d’aller à l’Usine cet après midi. Il faut que je trouve un moyen pour éviter que le fiasco d’hier soir se reproduise.
- Mais...
- Vas-y avec Odd et les autres Aelita, on se voit tout à l’heure.
Odd lui sourit et lui prit la main sous la table, vaine tentative pour la réconforter. Soupirant, elle le laissa faire, sans grande conviction. Yumi de son côté ne broncha pas, perdue dans ses pensées. Elle se leva rapidement et partit chercher des affaires chez elle. Profitant de son absence, Dunbar saisit l’occasion pour aller voir Ulrich et clarifier certains points avec lui. Le traînant à l’écart comme un adulte traînerait un enfant par l’oreille afin de le gronder, il lui donna un coup sur la tête duquel il retira plus de satisfaction que prévu.
- Aie ! Mais qu’est-ce qu’il te prend ?
- C’est quoi ce plan foireux ?
- Ça a pas marché ?
- Évidemment que non ! Je...
Un juron s’étouffa dans sa gorge. Le regard d’Ulrich s’éteignit quand il se rendit compte de l’étendue de sa bourde. Puis un autre sentiment l’envahit, plus puissant encore. Et plus dévastateur.
- J’avais raison alors... Si elle n’est même pas foutue d’être jalouse, c’est qu’elle ne m’aime pas.
- Ulrich, j’ai pas dit ça...
- Non, c’est moi qui le dit.
Il lui tourna le dos et commença à s’enfoncer dans le parc, ignorant les appels de William. Ce dernier le regarda s’éloigner, n’osant pas le suivre. Ça ne servait à rien. Ulrich avait besoin de se retrouver seul pour faire le point. Qui plus est, il n’était plus lui même sur de ce que Yumi pensait. Une chose était sure, Ulrich ne méritait pas pour autant ce qui lui arrivait... Les autres rejoignirent William et observèrent le samouraï partir à la dérive. Aelita fut la première à oser rompre le silence.
- Il va bien ?
- Non.
La réponse était claire, nette et sans appel. Elle eut un pincement au cœur. Sortant son téléphone portable de sa poche, elle lui envoya un texto pour soulager sa conscience.
« On va tous à la piscine cet aprèm. Joins toi à nous ça nous ferait plaisir ! À toute, bisous ! »

Yumi rejoignit les autres en début d’après midi directement dans le grand bassin. Elle ruminait. Rentrer chez elle n’était pas une bonne idée, elle aurait mieux fait de rester à Kadic et d’emprunter un maillot de bain à Aelita. À peine arrivée, Hiroki, qui n’avait pu se rendre à l’excursion avec sa classe car il s’était tordu la cheville après avoir tenté d’impressionner Milly, s’était mis à la harceler à propos d’Ulrich et de leur relation stagnante. C’était bien la dernière chose dont elle avait besoin. Tentant de garder son calme, elle couru presque jusqu’au bord de l’eau et plongea sans demander son reste. Elle enchaîna les longueurs pendant un long moment, jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus, en profitant pour faire le vide. Se hissant tant bien que mal sur le bord du bassin, elle s’assit et se mis à réfléchir. Elle aperçut Aelita au loin qui sortait également de l’eau, sans savoir que la fille aux cheveux roses avait elle aussi nagé sans s’arrêter dans l’espoir de reprendre ses esprits. Yumi ne se rendit compte qu’elle tremblait qu’au moment où William passa une serviette autour de ses épaules. S’asseyant à ses côtés, il lui fit un petit sourire.
- Tout va bien ?
- Pourquoi il a fait ça ? Je veux dire, qu’est-ce qui a encore pu lui passer par la tête pour qu’il se mette à traîner avec Sissi ?
- Beh, en fait je...
- Si c’était pour me rendre jalouse, c’est vraiment la pire connerie qu’il ait faite...
William, intrigué, la força à continuer.
- Tu n’es pas jalouse ?
- De Sissi ? Plus maintenant.
- Mais, tu l’as quand même été.
- Y’a longtemps.
Le regard du jeune homme l’incitait à en dire plus, maintenant il mourrait d’envie de savoir, et comme elle en avait gros sur le cœur elle ne se fit pas prier.
- Il est le premier à m’avoir convaincue qu’il n’y avait rien. Sissi est raide dingue de lui et j’en ai même de la peine pour elle. C’était quoi le cirque de tout à l’heure hein ? Honnêtement la scène dans le réfectoire était tellement pas crédible ! Alors à moins de vouloir prouver que c’est un gros connard en allant traîner avec elle, il aurait dû s’abstenir.
William se gratta la tête, embarrassé. Il n’avait pas vraiment d’excuses pour Ulrich, même s’il était hors de question qu’il le laisse dans le pétrin.
- Il est très maladroit tu sais...
- Ouais, fin ça excuse pas tout.
- Je sais mais quand même il...
- Bref. Priscilla ne vient pas ?
- J’en sais rien. On a rompu ce matin.
- Ah.

Dans l’autre bassin, Odd et Aelita s’occupaient d’une façon bien différente. Il avait profité que la jeune fille change de bassin pour se l’accaparer... Et il ne manquait pas une occasion pour se rapprocher d’elle au plus près. Il ne savait pas si c’était l’eau, le petit deux pièces de son amie ou bien la frustration de n’avoir rien eu à se mettre sous la dent depuis quelques temps, mais il était déterminé à tirer le plus possible de la situation. Les soucis de bien faire à cause de Jérémie lui étaient complètement sortis de la tête à cet instant et il était de toute façon persuadé que chacun avait bien d’autres problèmes plus importants que ce qu’il voulait faire avec Aelita. La plaquant contre le rebord, il prit avec fermeté son visage entre ses mains et s’appliqua à lui faire passer le message. Au début, elle n’opposa aucune résistance, mais lorsque la main du garçon commença à s’aventurer là où elle ne devait pas aller, elle mit fin au baiser et aux caresses d’un ton ferme.
- Non.
Souriant, il tenta de faire abstraction de cette légère rébellion et entreprit de l’embrasser une nouvelle fois.
- Non Odd, j’ai dit non !
Elle le repoussa et il soupira, vexé et encore plus frustré qu’auparavant. Elle sortit de ses bras et du bassin, passant sa serviette autour de son corps, et partit en direction des vestiaires.

Le silence s’était installé entre Yumi et William à l’annonce de la rupture de ce dernier, sans qu’aucun d’eux ne pense à le rompre. Ulrich arriva quelques instants plus tard. Non pas que le SMS d’Aelita l’ai motivé plus que ça à sortir, mais il avait un rendez vous important ici. William lui fit signe de la main au loin et il se résignât à les rejoindre en attendant.
- Super, t’es venu !
- Ouais... On se demande pourquoi.
Yumi fuyait son regard et replongea avant même qu’il ne finisse sa phrase. Ce geste lui serra le cœur mais il décida de l’ignorer, il n’avait plus le temps pour Yumi. William posa une main bienveillante sur son épaule.
- T’occupes... Regarde là-bas plutôt !
Ulrich tourna la tête et vit Nora au loin, qui lui sourit. Voir qu’elle était venue pour lui comme il l’avait demandé lui fit chaud au cœur. Un sourire illumina son visage immédiatement et il s’empressa de les rejoindre. William, de son côté fut surpris en entendant une voix dans son dos.
- Il est passé où encore celui là ?
- Ulrich ? Je croyais que tu voulais pas le voir.
- Peu importe.
Yumi se rassit sur le bord. Alors même qu’elle s’était dit quelle devrait avoir une conversation avec Ulrich, elle avait constaté qu’il s’était mystérieusement volatilisé.
- Mouais. Il est allé rejoindre Nora, si tu veux tout savoir.
- Nora ?!
William fut surpris par le cri de la japonaise et mis un temps avant de comprendre de quoi il était question. Un air franchement surpris transparaissait sur le visage de Yumi mais il y avait autre chose, quelque chose de beaucoup plus puissant et de bien plus surprenant aux yeux du Lyoko-guerrier. Elle déglutit.
- Depuis quand il traîne avec Nora ?
William sourit intérieurement, victorieux. Bingo.
- Quelques temps...
Il marqua une pause, accentuant le suspense. Pour une fois, Yumi ne parvenait pas à contrôler ses émotions et la bataille interne qu’elle menait pour se contenir transparaissait sur son visage.
- Pour tout te dire... Je crois qu’ils ont passé la nuit ensemble hier.
- QUOI !?
Ce fut comme une explosion. Elle était folle de rage, extrêmement choquée et meurtrie à la fois.
- Bah, ce matin je suis passé devant la chambre de Nora et Ulrich en sortait tout décoiffé tu sais, avec un petit sourire aux coins des lèvres, donc...
Okay, il avait été un peu loin, il fallait le reconnaître. Mais Ulrich ne lui en voudrait certainement pas d’avoir enrobé la vérité d’une couche de mensonge superflue. En effet, elle était là la réaction qu’ils attendaient !
- N’importe quoi ! Il n’est pas en couple avec Nora !
- Je n’ai jamais dit qu’ils étaient "en couple", j’ai juste dit qu’ils prenaient du bon temps ensemble !
- Mais... Et Sissi ?
- Peut-être qu’avec elle aussi, après tout...
Après tout, pourquoi pas ? C’était en toute honnêteté ce que William pensait. Pourquoi pas. Et cette hypothèse avait l’air de mettre Yumi dans tous ses états, ce qui ne faisait que le faire espérer davantage. Jamais il ne l’avait vue comme ça, et il ne pouvait s’empêcher d’être satisfait.
- Je te crois pas. Où est Odd, qu’il confirme ?
Un éclair de panique passa dans les yeux de William, qui n’avait pas prévu ça. Faire entrer Odd dans cette demie entourloupe était un coup sacrément risqué, et malgré les apparences, il n’aimait pas trop ça.
- Non mais, arrête Yumi. Odd a un sommeil très lourd tu le sais très bien, donc même si Ulrich était parti en douce la nuit dernière, il a pu ne pas s’en rendre compte.
- C’est ça ! Prends moi pour une conne maintenant ! Bon, il est où ce Casanova de bas étage ? Jamais là quand on le cherche ! ...À tous les coups lui aussi il essaie de se taper une nouvelle nana !
William, trottinant derrière Yumi qui s’était mise en tête de fouiller toute la piscine de fond en comble, tourna la tête à ce moment précis et vit une chose qui le laissait littéralement bouchée bée, ce qui n’était pas peu dire puisqu’il venait d’assister au réveil du volcan Ishiyama.
Odd était en train d’embrasser Aelita à pleine bouche. Oh oh. Ça, il ne l’avait pas vu venir. Vite, il devait attirer l’attention de Yumi ailleurs.
- Euuuh, je crois qu’il est retourné aux vestiaires chercher un truc à bouffer dans son sac !
- Évidemment, ça m’étonnerait même pas ! Après les femmes, la bouffe est sa deuxième passion.
Ils partirent en vitesse dans la direction opposée, au grand soulagement de William. Yumi, portée par son élan, insista jusqu’à vouloir pousser la porte du vestiaire des garçons, mais une main vigoureuse l’en empêcha.
- Eh, c’est le vestiaire des mecs, t’es sure que t’as pas oublié un détail ?
- Et alors, je dois parler à Odd, ça prendra pas longtemps !
Il la bloqua avec plus de force, insistant pour qu’elle le regarde. Tout ça commençait à devenir franchement ridicule.
- Yumi, arrête. Ça frôle le ridicule là. Tu attends qu’il sorte au moins ! Surtout que ça le concerne même pas cette histoire, et s’il y a quelqu’un à qui tu dois demander des comptes c’est bien Ulrich !
- Non, je veux parler à Odd d’abord ! Et maintenant !
- Alors ça, c’est vraiment un comble-! Tout ça parce que t’es pas foutue d’affronter Ulrich en personne !
- Mais non je...
- Et le pire dans tout ça, c’est que t’ose lui reprocher de pas venir vers toi après !
Le visage de la japonaise se ferma. Elle était certainement blessée mais choisit de ne pas le montrer ouvertement et répliqua, sur la défensive.
- Ce ne te regarde pas.
- Peut être. N’empêche que tu te fous vraiment de la gueule du monde en agissant comme ça Yumi.
- C’est pas tes oignons, occupes toi de ce qui te regarde !
- Alors ça c’est clair, compte sur moi pour le faire dès maintenant. Tu vais pas la peine qu’on se prenne la tête pour toi.
L’affront fut de trop. Le visage de Yumi se décomposa, et William jura que son menton s’était mis à trembler. Pour autant, il ne s’attendrit pas.
- Et tu sais quoi ? Je suis bien content, non, plus même, je suis fier qu’Ulrich aille voir ailleurs !

L’après midi piscine se termina sans aucun autre conflit. Toutefois, comme personne ne s’adressait la parole, ce n’était pas un si grand exploit. Le groupe se rejoignit dans le hall du bâtiment. Quelques tensions semblaient subsister, mais rien qui ne paraissait insurmontable. Ils devaient de toute façon mettre leur soucis de côté pour la mission de ce soir. Yumi faisait de son mieux pour oublier la présence des garçons et espérait qu’Aelita sortirait bien vite des vestiaires. William quant à lui se retenait de provoquer une nouvelle embrouille avec Odd, le geste de celui-ci dans l’eau tout à l’heure lui étant resté en travers de la gorge. Enfin, ce dernier se décida à rompre le silence.
- Et bah, c’est bien épuisant la piscine ! J’aurais besoin d’une bonne sieste moi maintenant...
... Et d’une personne avec qui la partager. Il se retint de finir sa phrase, et fut donc surpris de voir Yumi s’échauffer.
- Parce que tu dors pas assez la nuit peut-être ? Je te signale qu’en plus on a une mission importante sur Lyoko ce soir alors c’est pas le moment de ne rien foutre !
- Eh, calme toi un peu ! Je sais qu’entre Ulrich et toi c’est la merde mais c’est pas une raison pour se défouler sur les copains !
- Copains ? Ah bon ! Un vrai pote serait venu me dire en face qu’Ulrich allait voir ailleurs la nuit !
- Quoi !? Mais...
William intervint en souriant.
- C’est bon, ça sert plus à rien de le couvrir Odd, il assume maintenant.
Tout le groupe suivit le regard de William et se tourna. Ulrich et Nora étaient à l’autre bout du hall et semblaient particulièrement proches. En effet, la belle africaine venait tout juste d'enlacer le jeune homme et ils se murmuraient quelque chose à l’oreille. Ulrich rougit jusqu’à la racine des cheveux, et Yumi sortit de ses gonds.
- Non mais il se fout de ma gueule là !
- Yumi attends !
La japonaise ignora les remarques d’Odd et s’empressa de traverser le hall pour rejoindre son ancien amoureux et sa nouvelle prétendue rivale.
- Eh ! Ulrich, je peux te parler là !?
- Euh, je suis un peu occupé là...
Il échangea un regard entendu avec Nora qui lui fit signe d’y aller.
- Excuse moi, j’en ai pour deux secondes...
Yumi le prit par le bras et l’entraîna à l’écart. Le règlement de comptes commença, et il n’était pas sans en rappeler un précédent en particulier.
De son côté, Odd avait tenté d’empêcher la japonaise de partir mais William l'avait retenu. Il se mit à protester.
- Putain mais pourquoi tu m’as pas laissé l’arrêter William !
- Parce que, faut qu’ils aient une petit conversation tous les deux !
- Peut-être mais pas dans ces conditions ! Je sais que t’aime bien les voir s’en foutre plein la gueule, mais y’a forcément malentendu là !
- Non, je crois pas. Je l’ai vu sortir de la chambre de Nora ce matin. Et donc j’en déduis aussi que t’as fait chambre à part la nuit dernière, vu que tu sembles pas au courant...
- Je... Ça, ça te regarde pas !
- Si, tes parties de jambes en l’air avec Aelita, ça me regarde ! Ça fout en l’air toute la cohésion du groupe !
- Alors là je te jure que...
- Ta gueule ! Je vous ai vu dans la piscine. Putain Odd, mais à quoi tu pensais !?
- Ça va, t’as rien à redire ! Je te rappelle que t’as passé ta vie à essayer de te faire Yumi par le passé !
- Ouais, mais y’avait déjà des emmerdes entre eux, y’en a toujours eu ! J’en ai jamais été responsable !
- Alors là c’est l’hôpital qui se fout de la charité ! Tu as volontairement mis la merde entre eux, tu prenais ton pied en les voyant se déchirer !
- Tu te fous de moi là... J’ai jamais été responsable de leurs problèmes ! Cette histoire aurait pu consolider leur couple comme le détruire, ce qui en a découlé ne dépend que d’eux !
- Ouais ouais, c’est ça. Et puis d’abord, t’es gonflé. Qu’est-ce que t’en sais hein, le génie, qu’il n’y avait pas de problèmes entre Aelita et Jérémie !?
- Peu importe, ce que tu as fait ça se fait pas, merde !
- Mais t’y croit pas ! Et en plus il va me faire un sermon ! Je te signale monsieur le prêtre, que...
- Les gars bon sang, où sont vos portables !? Jérémie arrête pas d’appeler, on doit filer tout de suite !
Aelita venait d’arriver en trombe, interrompant net la conversation. Les regards se tournèrent en direction d’Ulrich et de Yumi, qui semblaient être toujours en train de s’engueuler. Aelita courut vers eux et leur montra le dernier SMS qu’elle venait de recevoir. Immédiatement, ils s’interrompirent, se jurant mentalement de reprendre cette discussion plus tard. Ulrich fila rapidement dire au revoir à Nora, à laquelle il claqua un baiser sur la joue, savourant non seulement le contact de sa peau mais également la douleur qu’il infligeait à Yumi, qui fixait la scène des éclairs plein les yeux. Tous les Lyoko-guerriers disparurent en un instant. La belle africaine resta plantée là comme un piquet, et, s’apercevant qu’Ulrich avait oublié ce pourquoi elle était venue le voir à la piscine, elle se décida finalement à les suivre.

- Et bah, vous en avez mis du temps !
Jérémie savait accueillir. La plupart des membres du groupe regardèrent leur pieds. Seul Odd lâcha un petit « Désolé ». Il n'en saurait pas plus. Jérémie redressa ses lunettes sur son nez.
- Bon, alors reprenons...
Mais il fut de nouveau interrompu parce que le monte-charge venait de se remettre en marche, remontant. Après un léger blanc, Belpois se rua sur le pupitre pour consulter les caméras de surveillance. Il bloqua l'ascenseur qui redescendait avant d’annoncer aux autres.
- Euh... C'est qui ?
Ils osèrent finalement approcher. Tous les autres adolescents reconnurent immédiatement Nora.
- Ah, c'est la gonzesse d'Ulrich ! expliqua Odd.
- J'ai du être absent quelques pages du récit...
- Non, coupa Ulrich. Dans tous les cas elle n'a rien à faire ici.
- Ahem bon... Vous avez peut-être zappé que le Supercalculateur avait quelques problèmes ces derniers temps. On ne peut pas utiliser de retour vers le passé comme ça.
Ils n'y avaient pas pensé, en dehors de Jérémie. Le silence fit office de réponse. Puis...
- Et bien utilisons-la.
C'était William qui venait de s'exprimer. Il poursuivit :
- Notre temps est compté. Il y a donc urgence. Et on sait toujours pas combien de types bizarres il y a. Pour m'être rendu sur place j'ai bien l'impression que le cœur est bien gardé. Ne crachons pas dans la soupe et donc sur les renforts.
- Hors de question !
Yumi avait réagit au quart de tour. Jérémie lui scrutait les caméras. Nora, constatant qu'elle était bloquée, se mit à sortir son téléphone portable.
- Et merde.

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- Virtualisation !
Yumi, William et Nora furent virtualisés sur le sol de l'Arena, retrouvant les trois autres. La nouvelle venue fut immédiatement l'objet de toutes les attentions : Vêtue d'une combinaison bleu clair – exceptée sa jambe et son bras gauche, couvert d'un ton plus sombre – moulante, qui ne laissait probablement aucun des garçons indifférents devant ses formes, ses cheveux étaient attachés en une queue de cheval. On pouvait enfin noter la présence d'un tatouage de la même couleur que sa combinaison autour de son œil gauche, représentant un flocon de neige. Aucune arme apparente cependant.
Les Lyoko-guerriers n'avaient guère eu le choix. Jérémie avait été obligé de libérer Nora avant qu'elle n'alerte des personnes extérieures. Si un adulte découvrait le Supercalculateur, ils étaient cuits, en l'absence de retour vers le passé. Bien sûr, la jeune africaine avait immédiatement acceptée de leur venir en aide et avait reçue une formation théorique sommaire. Le reste serait pour plus tard, le temps pressait. Bien sûr, le groupe ne souhaitait pas commettre la même erreur qu'avec William. Mais lui avait été envoyé quasiment seul au front. Là, ils étaient six.
- Bon, et maintenant ? demanda Odd.
- Comme nous l'avons dit, nous avons cette fois choisi de nous concentrer sur un seul endroit pour passer en force et augmenter nos chances d'atteindre le cœur de Lyoko, rappela Aelita. Seulement, nous allons procéder par vagues : Odd, Ulrich et moi-même, nous y allons tout de suite. Yumi et William restent ici un temps avec Nora pour l'aider à découvrir ses pouvoirs... On ne sait même pas quelle est son arme, elle ne servirait à rien si nous l'amenions maintenant sur le champ de bataille.
- Très bien, approuva William. Je suis d'accord.
Le reste du groupe confirma, sauf Yumi, boudeuse. De fait, les troisièmes se mirent en route. Tandis qu'ils empruntaient le premier couloir, personne ne vit la tête de Richard émerger du plafond, et les observer un moment avant de disparaître.


- Ils arrivent, déclara le plus petit des hologrammes. Ils ont choisi de concentrer leurs forces cette fois-ci. Toutefois...
Il marqua un temps d'arrêt, comme pour vérifier quelque chose.
- ...Oui c'est bien ça. Deux sont restés en arrière le temps d’entraîner un troisième. Un nouveau.
Dwight eut un petit rire.
- C'est donc ça.
Il se tourna vers Ronald.
- Tu t'en occupes ?
Mais l'hologramme de l'homme de fer ne bougeait pas.
- ...
- Il nous fait quoi le mec ?
fit Démétrius, le garde du corps rouge de Dwight.
Son chef ne broncha pas.

- Richard. Retrouve-le.
- Pas d'soucis
, répondit l'hologramme de Richard.
- Et pour les intrus ? demanda Hélèna, le garde du corps vert.
Dwight tourna brièvement la tête vers le quatrième hologramme qui cligna des yeux, pour signifier son approbation à ce qui allait suivre.

- ...Je ne pensais pas devoir faire appel à lui... répondit finalement le vieil homme.
Les filaments qui tournaient autour du cœur s'agitèrent soudain.

- C'est forcement un piège.
Aelita, Odd et Ulrich étaient arrivés dans la première salle. Pour découvrir qu'elle avait un peu beaucoup changée. En effet, celle-ci était tout simplement devenue une immense piscine : Les deux couloirs d'accès, l'un face à l'autre, se trouvaient tout deux désormais au sommet de la salle – par conséquent, l'eau s'arrêtait juste au bord des deux plate formes. La surface était également couverte de nénuphars.
- Il y a forcement quelque chose de louche qui se cache là-dedans, confirma Odd.
- Hum, fit simplement Ulrich.
Quelqu'un se téléporta alors sur la plate-forme d'en face. Le Jim zombifié. Et il semblait tenir quelque chose. Mais sa tenue avait surtout un peu changée.
- C'est vrai qu'il a été plongeur de combat, déclara Odd d'un air blasé en le voyant.
Le professionnel des profondeurs plongea alors sous les nénuphars, non sans soulever une quantité d'eau suspecte pour sa corpulence.
- Je ne le vois plus ! se plaignit le blondinet en cherchant son ennemi du regard au travers des nénuphars.
- Peu importe, déclara Aelita en serrant les poings. Je vais passer en force, nous verrons bien s'il y a piège ou pas.
Elle activa ses ailes, prit appui sur le mur grisâtre, et fonça tout droit vers l’ouverture opposée. Quelque chose surgit alors brusquement de l'eau à mi-parcours. Il s’agissait d'une sorte de boomerang ressemblant à un croissant de lune. C'est tout juste si la princesse de Lyoko ne se fit pas faucher les jambes. Le projectile rebondit contre le plafond et replongea. Au final, Aelita parvint au bout sans plus de problèmes.
- C'était moins une ! lança-t-elle.
- Yeah ! répondit Odd. Mais à la vitesse du truc, je ne pourrais pas l'éviter en utilisant mes griffes ! Il faudrait éliminer le machin avant !
- Okay, détruisons les nénuphars !
Les collégiens se mirent au travail. Ulrich se mit à transpercer toutes les plantes à portée de sabre de son coté, tandis qu'Odd ciblait les plus lointaines. Aelita utilisait les champs de force à l'autre extrémité. Les fleurs d'eau se dépixelisaient en un impact. Après en avoir éliminés les deux tiers, les trois adolescents purent voir ce qui se cachait là-dessous : Il ne s’agissait nullement de GI-Jim, mais d'un espèce de petit elfe à la peau entièrement violette. On pouvait vaguement distinguer le boomerang dans sa main.
- Ah ouais, lâcha Stern. De mieux en mieux. Et où est passé Moralès ?
- On va avoir du mal à l'avoir dans son élément. Alors que lui, un coup de boomerang et bye-bye !
- Je peux passer moi.
- Et moi ?
- Attends les autres ici, vous trouverez une solution. Aelita et moi, on avance.
- Mais...
- Vous aurez plus de chances de le combattre à quatre.
- Ouais...
Ulrich se mit alors à reculer, retournant dans le premier couloir qui menait à l'Arena.
- Supersprint !
Si Aelita avait failli se faire avoir par le gardien de l'eau, le samouraï lui allait tellement vite sur son bond qu'il ne fut nullement inquiété par le projectile qui tenta de le faucher de la même façon que sa camarade.
- Allons-y, déclara Aelita lorsqu'Ulrich fut relevé et qui n'avait pas de remord à abandonner le félin.
- Bonne chance... lança Odd, déçu, tout en s'essayant en bord de l'eau. Il aurait aimé pouvoir au moins jouer avec des galets.

Dans l’aréna grise sans vie, William et Yumi commençaient à assister à des choses intéressantes.
- C'est très bien, déclara Dunbar, bienveillant. Mieux que moi la première fois même. Enfin c'est pas difficile. Maintenant...
Il s'interrompit en voyant la chose qui s'était téléportée derrière Nora. Il fut plus vif que Yumi, et bloqua avec son zanbatō heureusement déjà sorti le javelot que zombiJim voulait mettre dans le dos de la nouvelle Lyoko-guerrière. Son attaque surprise ayant échoué, la mauvaise copie du professeur d'EPS se volatilisa de nouveau. Nora se retourna :
- Qu'est-ce que c'était ?
- Un de nos ennemis. Il voulait t'avoir en traître.
Elle déglutit. C'était ça Lyoko alors.
- Odd a besoin de vous. Allez-y.
Yumi hocha la tête.
- On y va. Et ne traîne pas, lança-t-elle à Nora.
Le groupe de lycéens se mit alors à parcourir la distance qui le séparait d'Odd et de la première salle. Enfin, la mare/piscine.
- Hé, c'est quoi ce bordel !? s'exclama William.
- 'sais pas, répondit Odd. Mais y a un truc dans la flotte qui nous envoie un boomerang dans la gueule dès qu'on essaye de passer, et vu où il est, impossible de le combattre.
- Je vois.
- Laissez-moi faire, déclara Nora.
Sa main gauche se détacha alors de son bras.

Ulrich et Aelita étaient arrivés jusqu'à l'ascenseur sans encombre. Ce qui était suspect. Ils comprirent pourquoi dès qu'ils furent pris pour cible par des tourelles tirants des rayons lasers rouges lorsqu'ils débouchèrent dans la voûte céleste. L'extérieur de la planète grise en étant apparemment désormais truffées. De justesse, Ulrich ramena Aelita à couvert.
« Une vraie étoile noire » pensa celui-ci.

Le bras gauche de Nora, ayant perdu sa main, révéla un trou béant. Une sorte de canon, qu'elle eut tôt fait de plonger dans l'eau. L'elfe violet se rua rapidement sur elle. Mais plus il avançait, plus ses mouvements étaient lents, et plus il ralentissait... finalement, il fut cloué sur place. Car l'eau s'était changée en glace. Les Lyoko-guerriers pouvaient désormais traverser facilement avec pour seul risque de glisser, ce qui n'en était pas vraiment un sur Lyoko.
- Y a pas à dire, tu débutes mieux que William ! s'écria Odd avant d'éviter un coup de zanbatō.

L'hologramme de Richard s'anima.

- Ronald est introuvable. Et Gérald est mort.
Dwight soupira.
-Il a bien choisi son moment... Georges, reviens ici.
L'hologramme de zombieJim se volatilisa. Une seconde plus tard, le vrai se téléporta à sa place.
- J'ai un plan.

Ulrich et Aelita avaient décidé de rebrousser chemin pour passer par l'accès Nord. En effet, l'ancien puits permettant d’accéder directement à la salle du cœur, ou plus précisément, le couloir y menant, était désormais rempli de lances-flammes qui crachaient à intervalles réguliers. Un peu trop dangereux donc pour songer à passer aussi facilement que Wiliam la dernière fois. Les lasers restaient plus faciles à gérer pour Aelita, il avait d'ailleurs été décidé que la même technique que la veille serait employée, à ceci près qu'Ulrich remplaçait Odd et servirait d'éclaireur. L'ange de Lyoko attendrait alors les autres pour les envoyer à leur tour en masse.
- Go !
Contrairement à son camarade de chambre, Stern n'allait pas utiliser son véhicule pour fondre en pique dans le puits, mais son Supersprint, car il pouvait sans mal traverser à la verticale avec, une fois les parois d'Aelita générées. En tombant dans la salle du cœur, il fut immédiatement accueilli par le type en rouge qu'avait décrit William, armé d'un sabre laser violet. Mais ce dernier, sûr de lui, avait bondit sur le samouraï alors que celui-ci descendait à une vitesse folle. Jouant habilement avec ses lames, Ulrich le balança droit sur l'astre de Lyoko sans être inquiété par l'arme adverse. Son adversaire fut arrêté par une sorte de champ de force violet qui protégeait le cœur, celui-ci n'étant visible qu'en action, et sembla tout de même bien souffrir. Puis l'ennemi fut de nouveau repoussé par le champ de force. Il s'écrasa plus bas, visiblement mal en point. Ulrich se posa sur une des plate-formes les plus hautes de la salle. Le même genre de type que le premier surgit face à lui, à ceci près que son armure était jaune.

- Tu vas prendre cher. Je vais te zodomiser.
Ulrich soupira. Il n'était pas rendu.

Odd, Yumi, William et Nora étaient dans un couloir sombre qui menait à l'ascenseur du Garage Skid, car Jérémie les avait mis au courant de la situation. Soudain, un bruit étrange se fit entendre.
- Stop ! ordonna Yumi. Vous entendez ?
- Ouais. Je sais pas ce que c'est mais c'est sûrement mauvais signe, répondit William.

- C'est du gaz virtuel, lança une voix derrière eux.
Odd et William se retournèrent, mais ne virent rien. En revanche, le visage de zombiJim apparût soudain devant eux, car celui-ci venait d'allumer un briquet. Il sourit, montrant sa dentition, puis jeta son briquet sur le groupe.

Ulrich n'était pas dupe : Bien que le type en jaune était moins impressionnant physiquement que le rouge, il ne fallait pas le sous-estimer. Tous les êtres rencontrés depuis le début de cette histoire demeuraient incroyablement louches. Un elfe nain violet dans un étang quand même, rien que ça.
Les deux êtres jaunes chargèrent. Le sabre classique s'entrechoquant contre le sabre laser. Stern tenta un coup de pied mais son adversaire y demeura insensible, son armure le rendant apparemment suffisamment lourd pour ne pas bouger. Ulrich fit alors une roulade en diagonale pour passer derrière lui rapidement mais l'ennemi était plus vif que prévu : Ironiquement, ce fut à son tour de goûter un coup de pied, sauf que lui fut bel et bien dégagé. Et d'ailleurs, puisqu'il se trouvait désormais du bon coté, il suivit le même chemin que l'ennemi rouge avant lui. Arrivant près de l'astre, il fut violemment repoussé par le champ de force et s'écrasa plus bas. La bonne nouvelle, c'est que l'adversaire rouge n'y était plus. La mauvaise, qu'il n'était pas loin et pas seul.
Le samouraï se releva péniblement. Au bout de la plate-forme sur laquelle il était désormais se trouvait un homme encapuchonné assis sur un grand siège. Il était entouré de trois types, dont le rouge. Les autres lui ressemblaient aussi, sans visage, et recouvert d'une armure : cependant, un vert était plus petit et plus gros, tandis que le bleu ressemblait davantage à une fille. Bien vite, le jaune sauta pour les rejoindre.

- Vous êtes en état d'arrestation, lança le vert. Et condamné à la peine capitale.
- Ouais
, renchérit le jaune. On va lui marav za raze à zet enculé.
- Je vous laisse faire hein
, dit le bleu.
- Go ! ordonna le rouge.
Il fut cependant stoppé dans sa course par un zanbatō qui se planta juste devant lui. Puis l'arme se changea en glace et disparût. Odd et William atterrirent alors à coté d'Ulrich.

- ...Du « renfort », toisa Dwight, le spectateur.
- Et les autres ? demanda simplement Ulrich.
- Il y a eu une explosion, informa Odd. William s'est protégé avec son épée, moi avec mon bouclier. Mais les filles y sont passées. Quant à Aelita ben, elle est toujours là-haut.
- ...
- On a nos chances, fit William en regardant leurs adversaires.
- On a surtout pas besoin de se faire chier.
Stern lança son sabre droit sur Dwight. Celui-ci ne tenta rien pour esquiver. Mais le sabre laser du type vert vint pourtant parer le projectile avec une dextérité extrême. Le sabre se coucha mollement au sol, mais il disparût bien vite, et un autre fut reprogrammé dans la main d'Ulrich.
- Bien tenté, mais ça ne marchera pas, fit remarquer William. Si j'ai bien compris nous sommes face à des programmes. Ils n'auront aucun mal à calculer et parer ce genre d'attaques.
Dwight sourit.

- Occupez-vous d'eux.
- Un chacun ?
demanda le garde du corps rouge
Le jaune hocha la tête, mais le vert sembla hésiter.

- Bah, vas-y, lança le bleu. Je reste ici.
- Soit.

Le rouge bondit alors immédiatement sur Ulrich, sabre laser en main. Stern, tout en parant la charge violente avec ses armes, ce qui le fit basculer en arrière, se rendait compte que son adversaire avait décidément récupéré son énergie d'une manière suspecte.

Aelita fixait le puits. Elle s'était certes rendue utile en permettant à tous ses amis de passer, mais maintenant ? Elle était coincée au vu des tourelles placées à l'extérieur de la sphère, tout comme la rangée de lasers.
C'est alors que, grâce à la lumière de la voûte qui filtrait à travers l'entrée du garage Skid, l'ange de Lyoko vit soudain apparaître l'ombre d'une silhouette derrière elle. Une silhouette ailée.

Ulrich chutait de la plate-forme, toujours collé à son adversaire. Il lui donna un coup de pied pour se dégager et se mettre hors de portée du sabre laser. Puis, il se retourna, étant donné qu'il ne tombait pas à la verticale. La première plate-forme à sa portée fut utilisée pour dégager rapidement du point d'impact avec le Supersprint, étant donné que son adversaire allait débarquer juste après. Il s'éloigna un moment avant de faire demi-tour et de charger Démétrius, qui parvint à bloquer ses deux lames avec l'unique sienne. Toutefois, la boule blanche qui lui servait de main libre se mit à rougeoyer, et Ulrich sentit le danger. Il bondit en arrière, juste à temps pour éviter un uppercut de feu.
Plus haut, le jaune s'était jeté sur Odd, contraignait le félin à fuir constamment son adversaire tout en tirant un maximum de fléchettes, qu'il contrait lui-même grâce à son sabre. Le garde du corps vert et William demeuraient donc – en dehors de Dwight et du bleu en retrait – les seuls sur la plate-forme. Ils firent également parler leurs lames. Mais plus les coups contrés pleuvaient, plus l'adversaire de Dunbar semblait en difficulté. Il finit par lui mettre un coup de pied pour le faire reculer et se donner un peu de temps.

- Ce mec... il... commença le garde du corps.
Il fut interrompu dans son argumentation lorsque quelque chose passa en trombe derrière l'humain qu'il combattait. Puis une boule d’énergie rose fut balancée sur Dwight, qui fut touché. Son corps se changea alors en poussière noire. Cette même poussière prit rapidement la forme de filaments qui remontèrent rejoindre les autres de leur espèce autour de l'astre de la salle.
Le type vert hurla :

- BORDEL HERMIA !!? TU ÉTAIS PAS CENSÉE PROTÉGER LE BOSS !??
Celle-ci releva la tête.
- Hein ?
Elle avisa le siège, désormais vide.
- Mais... c'est pas ma faute, je regardais mes ongles.
L'autre fit une brève fixation sur les boules blanches qui, tout comme lui, tenaient lieues de main à la fameuse Hermia.
- MAIS TU N'AS PAS D'ONGLES BORDEL !
Intrigués par le bruit, le rouge et la jaune rappliquèrent.
- Qu'ezt-ze qui ze pazze ? J'allais caztrer l'autre pédale en lui coupant za queue.
- Hé, où est le boss ?
- Hermia a pas fait attention, et il s'est fait toucher !
- Et merde.

Les trois gardes du corps a priori masculin se retournèrent. Aelita se posait aux cotés de William. Ils furent bientôt rejoints par Odd. Ulrich lui, mettait un peu de temps à remonter.
- Wow ! Comment t'as fait pour passer ? demanda Ulrich.
- Je vous expliquerai. Éliminons-les eux aussi au cas où.
Démétrius sembla surchauffer.

- Vous vous foutez de moi ? Vous allez voir ce qu'on va vous mettre.
Il abandonna à terre son sabre laser, tout comme ses collègues jaune et vert. Ses deux boules blanches virèrent alors à l'orange et prirent feu. Les deux mains du jaune passèrent à son tour de cette même couleur et furent parcourues d'étincelles. Les deux agressifs se rapprochèrent. Puis les boules blanches du type en vert prirent également la teinte de l'armure de leur propriétaire, en conservant cependant une simple apparence de boule ronde contrairement aux premiers. Le petit gros passa chacune de ses mains derrière le rouge et le jaune et sembla les enfoncer à l'intérieur d'eux. Quelques secondes plus tard, les deux autres se mirent à vibrer fortement avant d'hurler et de se jeter sur les quatre Lyoko-guerriers (Ulrich ayant rejoint le groupe pendant ce temps) à une vitesse prodigieuse. Seul Stern eut le réflexe de bondir en hauteur grâce à son pouvoir, les trois autres se firent frapper par un poing brûlant ou électrifié, avant d'être dévirtualisés. Le survivant se mit à courir partout dans la salle du cœur, les deux enragés ne parvenant pas à le rattraper à cause du Supersprint. Finalement, alors qu'il tournait la tête derrière lui, Ulrich se fit trancher en deux par le sabre laser d'Hermia, qui s'était finalement décidée à bouger.
- Vous voyez, quand je m'y met !
Le groupe se reforma sur la plate-forme.
- Mouais, répondit le vert.
- ...
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je crois que je me suis faite mal au dos.


http://i.imgur.com/gAZqTsZ.png


- Alors, tu nous expliques Aelita ?
Tout le monde était de retour au labo.
- J'ai été aidé par un espèce d'ange, comme moi. Il m'a couvert en passant par l'extérieur car les lasers ne lui tiraient pas dessus.
- Un ange...
Jérémie réfléchissait.
- Un ange... comme toi... Peut-être... Ton père ?
- Jérémie, j'y ai pensé mais ça me semble dingue...
- La meilleure façon de le savoir est de toute façon d'éliminer la menace, intervint Ulrich. Si Franz se sent en sécurité, il se montrera définitivement.
- Oh yeah. Aelita a éliminé un type qui avait l'air de commander, fit remarquer Odd. On a bien progressé aujourd'hui.
- Mais qui nous dit qu'il ne va pas revenir ? intervint William. C'est un programme...
- Un programme très instable, souligna Jérémie. Il ne doit pas avoir une énergie illimitée. Et puis, depuis qu'Ulrich a battu la copie de William, on ne l'a plus revu...
- Ah ouais, c'est pas faux.
Une petite voix se fit alors entendre par derrière.
- Euh... Alors, je peux avoir un topo complet ? Je me sens complètement perdue.
L'ensemble du groupe se retourna puis soupira presque à l'unisson. Nora. Ils avaient presque oubliés. La soirée était loin d'être finie.
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86tg MessagePosté le: Lun 09 Fév 2015 18:43   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kankrelat]


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Messages: 15
Je peux pas dit que c'est pas genial.
Pour les filaments c'est pas une bombe qui fera explosé le cœur.
N'es pas ?
Bon continuation .

_________________
"Les ténèbres ne peuvent pas éclaircir les ténèbres: seule la lumière peut faire cela"
Luther King.

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