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[Fanfic] Trepalium, Familia, Patriam

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 Auteur Message
Draynes MessagePosté le: Jeu 07 Déc 2017 20:31   Sujet du message: [Fanfic] Trepalium, Familia, Patriam Répondre en citant  
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Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 163
Bonjour ou bonsoir selon l'heure à laquelle vous voyez ce message xD eh ouais, je suis de retour sur le sous-forum avec une nouvelle fanfiction, suite à une nouvelle idée qui a germée dans ma tête x) cette nouvelle idée étant, tout connement, une suite de "La Famille" x).
Sa lecture est fortement conseillée, donc, pour pouvoir bien appréhender cette fiction, même si ce n'est pas obligatoire, étant donné que je rappellerai les événements principaux de la fanfic' précédente durant celle-ci, afin que ceux qui décident de la prendre sans avoir lu "La Famille" puissent suivre (même si je vous presse d'aller la lire, en faisant abstraction toutefois du début un poil faiblard Mr. Green)

Évidemment, je tiens à préciser maintenant que ça ne signe pas l'abandon de "Game of Power" pas du tout, c'est juste que j'ai envie d'un peu me diversifier en terme d'écrits et de toujours avoir des choses à vous proposer x) j'ai parfaitement conscience que les chapitres de GoP sont relativement conséquents et me prennent énormément de temps, c'est pourquoi je vous propose à côté cette fanfic plus modeste, qui devrait être plus courte et moins scénarisée de A à Z, je m'autorise donc quelques imprévus Mr. Green.

Bon, on en arrive aux recommandations d'usage : ceux qui me connaissent savent ce dont je suis capable, même si cet écrit sera beaucoup moins violent et glauque que Game of Power, normalement x).
Toutefois, il y aura des morts, de la torture, du glauque etc... Parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne Mr. Green

Du coup, je ne vais pas vous retenir dans la préface plus longtemps, je vous laisse profiter de ma nouvelle idée avec un prologue introductif et un premier chapitre qui suit le même chemin x).
Sur ce, j'espère que la surprise vous plaira Mr. Green

Prologue : Un Retour Miraculeux


Chapitre 1 : Des Courriers Mystérieux

_________________
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Draynes MessagePosté le: Jeu 07 Déc 2017 20:32   Sujet du message: Répondre en citant  
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Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 163
PROLOGUE : Un Retour Miraculeux


Lieu Inconnu, Département Inconnu, Pays Inconnu – 1er Juin 2008


L'homme se déplaçait énergiquement dans les couloirs du complexe, après avoir été alerté dans son bureau par un jeune apprenti qui soufflait bruyamment comme un bœuf en rut. Il avait l'air de sortir d'un marathon, et l'homme comprit immédiatement pourquoi en entendant la nouvelle.
D'ailleurs, l'apprenti faisait à cet instant le maximum pour rester dans son sillage, mais l'homme naviguait entre les couloirs d'un pas vif, alerte et puissant. Il ne prenait même pas la peine de lire les panneaux collés au mur, il connaissait parfaitement le chemin. Après tout, il en était le fondateur, c'était donc normal qu'il savait parfaitement se repérer.
Après deux minutes de marche effrénée, il arriva devant une immense porte de métal qui menait à la morgue, sa destination, là où s'était déroulé un miracle. Cependant, il n'entra pas de suite, et attendit patiemment que l'apprenti soit arrivé à ses côtés, lui qui s'était arrêté un instant pour reprendre son souffle.
L'homme plus âgé, lui, ne semblait pas du tout fatigué. Étant un sportif par nature, ce genre d'exercice ne le fatiguait pas, bien au contraire : ça le stimulait et le motivait derechef.
Sa voix de baryton résonna alors dans le couloir et son écho se perdit dans le lointain en ricochant contre les parois de métal quand il demanda à son interlocuteur de l'instant :
« J'espère pour vous que ce que vous m'avez rapporté dans mon bureau est vrai et qu'il ne s'agit pas d'une vulgaire fanfaronnade.
— Ne... Ne vous inquiétez pas Monsieur, rétorqua le jeune homme en rougissant légèrement, c'est Puella elle-même qui m'a envoyé.
— Elle vous a dit le sujet de l'expérience d'aujourd'hui, qui aurait réussie ?
— Euh... Ah oui, elle m'a dit de vous dire que c'était en rapport avec le projet Patrem ! »

À cette mention, un éclair de lucidité traversa le regard placide de l'homme et un petit sourire éclaira son visage, avant qu'il ne se retourne vers la porte et annonce avec un ton beaucoup plus chaleureux :
« Tu as bien bossé petit. Demande à ton chef de monter ta prime, il comprendra. Et maintenant, va !
— Oh merci beaucoup Monsieur ! rétorqua l'apprenti en partant dans le couloir avec un grand sourire gravé sur son visage. »
L'homme savait se faire aimer de ses employés, il estimait que la terreur ne permettait pas tout et, même si certains de ses collègues n'étaient pas totalement en accord avec cette théorie, ça lui avait pour l'instant réussi. Il espérait cependant que ça continuerait une fois qu'il aurait ouvert cette porte.
Et c'est ce qu'il fit : la pièce était partiellement plongée dans le noir et seules trois personnes se situaient à l'intérieur.
La première, une femme, se tourna en entendant le son de la porte, lui fit un rapide hochement de tête amical avant de se recentrer sur l'objet de l'attention général. L'homme savait pertinemment qu'elle était habituellement plutôt distraite et hyperactive, alors pour que quelque chose la captive, il fallait vraiment que ça soit exceptionnel.
La seconde n'était qu'un simple employé, un médecin chargé de surveiller les fonctions vitales de la personne la plus importante de cette pièce. Pendant un instant, l'homme vit le visage du responsable de ce miracle apparaître devant ses yeux et il se promit de le récompenser grassement, toutefois si le sujet ne crevait pas entre ses mains dans quelques minutes.

Quand le médecin le vit s'approcher tranquillement et doucement, le son de ses pas résonnant dans l'enceinte de la petite pièce qui ressemblait plus à un bloc en métal qu'à une salle de dissection et de congélation de cadavres, une goutte de sueur perla sur son front, mais l'homme le rassura par un sourire aimable et énonça de sa puissante voix :
« Veuillez sortir, je vous prie, j'ai à m'entretenir avec notre... miraculé !
— Très bien Monsieur, s'empressa de répondre le médecin avec un soulagement dans la voix palpable.
— Comment va-t-il ? murmura l'homme à l'oreille de son employé quand il passa vivement à côté de lui.
— Ses fonctions vitales sont excellentes et tout fonctionne normalement d'après les quelques tests que j'ai pu effectuer, répondit immédiatement le médecin avec un regard en biais en direction de son patient, mais il me semble étrangement... amorphe. Vu sa réputation, vous comprenez... »
L'homme avait compris et il le congédia d'un rapide signe de tête avant de fixer son regard sur le patient en question qui le fixait droit dans les yeux. Le silence qui s'ensuivit ne fut rompu que par le mouvement de la porte qui s'ouvrait et se refermait, et par les tapotements nerveux de la femme sur l'arme qu'elle portait autour de sa ceinture.

Soudainement, l'objet de l'attention prit la parole avec une voix éraillée, comme si elle n'avait pas été utilisée depuis des années :
« Comment je suis mort ?
— Ça fait un an qu'on vous a retrouvé criblé d'au moins une dizaine de balles de pistolet dans le torse et une dans la tête. Un de mes agents vous a ramené ici et nous vous avons conservé au frais en attendant de trouver un moyen de vous ramener.
— Et si je suis là, railla le revenant en promenant son regard marron foncé si classique sur l'ensemble de la pièce, j'en déduis que vous avez réussi. Comment ?
— Nous tenons au secret professionnel, rétorqua l'homme avec un petit sourire amusé, vous comprendrez donc aisément pourquoi nous gardons cela secret. »
Un petit rictus agacé naquit sur le visage du nouveau vivant, qui prit appui sur ses bras pour se soulever du lit sur lequel il était assis depuis maintenant plus d'une demi-heure. La femme, par réflexe, porta la main à son arme mais l'homme l'interrompit par un simple, mais sévère claquement de langue.
Le revenant afficha un regard surpris quand il s'aperçut qu'il arrivait à tenir debout sur ses jambes sans aucun tremblotement et il se mit à tester son corps en marchant sans aucune difficulté, comme s'il n'était jamais mort. La femme parla pour la première fois depuis le début de l'entrevue, avec une voix aimable, pour anticiper la question qui allait jaillir des lèvres du maigre gaillard :
« Évidemment, votre corps était relativement abîmé, alors on en a profité pour vous faire quelques... améliorations, notamment au niveau de votre motricité, comme vous pouvez le constater.
— Mais bordel, vous êtes qui à la fin et comment vous êtes capables de faire ça ? commença le patient avec un accent légèrement inquiet, comme s'il commençait à s'énerver.
— Vous nous connaîtrez, rétorqua la voix de baryton de l'homme qui semblait vouloir éviter un probable débordement, sous les noms de Avus pour moi et Puella pour ma charmante collègue. »

Cela ne sembla pas tranquilliser le ressuscité, qui ferma les yeux une seconde plus tard comme s'il enregistrait l'information, et continua ses questions avec une moue agacée et une incompréhension palpable dans la voix :
« Pourquoi vous m'avez ramené à la vie et, putain de bordel de merde, comment vous avez fait ? En quoi je peux vous être d'une quelconque utilité ?
— Disons que nous avons besoin de vos talents, rétorqua avec une soudaine sécheresse la femme qui voulait garder le contrôle de la situation, et nous vous connaissons, nous avons entendu vos exploits alors comprenez bien que...
— Quel est votre dernier souvenir ? l'interrompit soudainement l'homme qui semblait réfléchir depuis quelques secondes »
Le revenant afficha pendant quelques instants une mine perplexe, de même que la femme qui semblait un tant soit peu vexée par cette interruption, mais Avus n'en avait cure. Tout ce qui l'intéressait en cet instant, c'était la réponse de, peut-être, leur futur nouvel homme de main.
Et, quand il vit le regard marron foncé de l'homme se teindre d'une once de haine, son cerveau afficha une mine satisfaite car il sut alors avoir remporté la partie.
L'homme ouvrit la bouche pour poser une question, mais il vit à la mine désolée de Avus que la réponse était sous ses yeux. Il la referma, se prit le visage dans les mains pendant quelques secondes, avant de se redresser et de demander avec un ton froid :
« Qu'est-ce que vous attendez de moi au juste ?
— Oh pas grand chose, rétorqua Puella avec un petit sourire suffisant, juste de terminer ce que tu as commencé... Patrem. »

Le susnommé n'avait plus rien à perdre : il était mort, revenu à la vie, entouré de mystérieux nouveaux alliés qui lui offraient une nouvelle chance. Et il n'allait pas se priver pour la croquer à pleine dent. Il n'avait jamais, de toute façon, éprouvé dans sa vie le moindre remords ou la moindre réticence, alors pourquoi ne pas en profiter ?
C'est ainsi que, en affichant un sourire carnassier, Sean Baker passa la main dans ses cheveux roux et demanda simplement :
« Quand est-ce qu'on commence ? »
_________________
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Draynes MessagePosté le: Jeu 07 Déc 2017 20:33   Sujet du message: Répondre en citant  
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CHAPITRE 1 : Des Courriers Mystérieux



Brest, Bretagne, France – 1er Septembre 2009


Eugène Briscoll était fatigué, les vacances d'été étaient passées à une vitesse folle, le discours annuel du proviseur lui vrillait les tympans déjà fragilisés par les six verres de whisky bus avant de se diriger vers l'établissement et, surtout, il ne souhaitait vraiment pas retourner enseigner.
La raison n'était pas qu'il détestait son métier, mais il était surtout dans une mauvaise passe : sous ses airs de « quaterback » avec son mètre quatre-vingt dix bien entamé, ses cheveux blonds coupés courts à la militaire et des yeux bleus clairs évoquant le ciel étrangement dégagé, il avait tout pour plaire. Mais son humeur, elle, n'était pas au beau fixe : il déprimait.
Le souvenir de sa femme le hantait chaque jour et les conquêtes successives qu'il emmenait dans son lit après avoir bu un verre de trop ne le soulageaient pas, loin de là. Le petit sourire de Agathe et son air désespéré au moment de sa mort revenaient le hanter et il se mettait alors à pleurer.
Souvent après l'acte, quand elle était partie, parfois pendant : il ne s'en formalisait pas à vrai dire, quand ça devait sortir, il ne se refrénait pas du tout.
Ce n'était absolument pas son genre.

Le silence qui se fit soudainement dans la salle de sport du collège Kerhallet dans lequel il officiait le fit relever la tête et son regard blasé se perdit dans le lointain, jusqu'à ce qu'une voix aimable ne résonne dans ces oreilles :
« Bah alors, ne me dis pas que t'as déjà bu ? Putain, il est que 9 heures du mat' !
— Ta gueule Stéphane, répondit avec un ton bourru et un air amusé Eugène, t'as pas à me dire ce que je dois faire, si j'ai envie de boire, je me lâche point !
— Ça répond pas à ma question... »
Un soupir agacé fut sa seule réponse et le fait que le grand blond se lève mit un terme à la conversation naissante, du moins en apparence. Car Stéphane Guimart n'était pas le genre à laisser les choses se dérouler sans tenter d'influencer un minimum.
« Non, répondit-il en se plaçant subitement devant lui, je veux une réponse claire et concise, même si je crois avoir déjà deviné... Combien ?
— Six, répondit Briscoll en se grattant la nuque vigoureusement, et du Single Mat Armorik de 1991, si tu veux tout savoir.
— Eh bin tu t'améliores mon cochon, énonça en souriant le puissant professeur de sport, d'habitude tu t'en enfiles dix d'affilée ! T'es peut-être en train de te faire une cure.
— Rêve pas, répondit Eugène avec un sourire blasé, ça partira pas... »
C'était pour cela que le professeur de mathématiques adorait son collègue : il savait être sérieux quand il le fallait, et à ces instants son rictus moqueur qui recouvrait habituellement son visage se dissipait, il passait une main dans ses cheveux inexistants par réflexe et ses yeux gris pâles se voilaient.

Le blond s'attendait, dans ces instants là, à une grande tirade censé le tirer de sa dépression bien installée, mais une simple question franchit les lèvres de Stéphane :
« Agathe ? Mais pourtant, c'était il y a plus de dix ans...
— Que veux-tu, répondit l'homme en dardant son regard triste vers la scène de laquelle descendait le proviseur, j'ai une mémoire d'éléphant malheureusement...
— Et tes coups d'un soir ne servent à rien, on dirait...
— Oh, rétorqua Briscoll en observant Augustin se diriger vers eux avec un pas pressé, elles m'aident sur le coup, mais c'est tout... Attends, vlà le chiant, on reprendra après »
Ayant saisi le message, Guimart lui fit un léger signe de tête chaleureux et se prépara à l'arrivée du directeur, qui prenait toujours un malin plaisir à s'incruster dans les discussions sérieuses, et il le fit rapidement avec une simple formule de bonjour :
« Briscoll, Guimart, je suis content de vous voir ! Alors, prêt pour cette rentrée ?
— Aussi chaud qu'on puisse l'être actuellement, Monsieur. répondit Eugène avec un ton aigre et désintéressé »
Stéphane, qui connaissait le dédain de son collègue récent envers le proviseur, détourna l'attention de l'homme avec un aimable sourire. Il s'y connaissait très bien, savoir user de son charme pour détourner les gens de leur discussion, surtout s'il était intéressé par les hommes en question. Et Augustin Bartoux, du haut de son mètre quatre-vingt, avec ses petites lunettes rondes, ses yeux verts clairs et ses cheveux châtains plutôt sombres entraient typiquement dans le genre d'homme qui plaisait à Stéphane.
Et ça, Eugène le savait très bien, et il n'avait rien contre l'homosexualité de son ami. Non, c'était plutôt son « crush » qui l'énervait au plus haut point. Sa condescendance, son ton hautain, sa curiosité... Tout chez Bartoux énervait Briscoll, et le proviseur ne portait pourtant pas outrage de son comportement très... réservé et froid.

Soudainement, en baissant les yeux, il put observer que sa main droite s'était mise à trembler et ce, de plus en plus rapidement et violemment. En maugréant et en réprimant un juron, il se dépêcha de la ranger dans sa poche et se fendit d'un simple et classique :
« Je dois y aller, faut que j'aille au petit coin et je repasserai sûrement pas ici avant demain, j'ai de la famille qui vient cet après-midi...
— C'est pas grave, répondit Augustin avec un sourire en se tournant vers Eugène avant d'ajouter en haussant les sourcils, mais au fait, quelqu'un a déposé un courrier inconnu dans la boîte aux lettres, ça vous concerne peut-être.
— Comment ça ? demanda Stéphane avec un air visiblement intrigué pendant que Briscoll se détournait avec un air maussade.
— Eh bien, il y a un nom d'écrit, mais personne ici ne s'appelle comme ça, alors bon ça doit être un canular... »
Le grand blond aux yeux bleus n'entendit pas le reste de la conversation, puisqu'il s'était déjà éloigné le plus vite possible dans le couloir menant à l'extérieur, son sac de cours posé sur son épaule.
Arrivé dans la rue, il jeta un regard rapide en arrière, pour bien observer que personne ne risquait de le surprendre, et il sortit la fameuse bouteille de whisky de 1991 qu'il gardait précieusement pour en boire quatre-cinq grosses gorgées. Le feu qui brûla dans ses entrailles lui fit le plus grand bien, sa main cessa petit à petit de trembler et la crainte d'être vu se transforma en une joie sans pareil.
Peu de choses arrivaient à le sortir de sa déprime, et l'alcool était certainement ce qui réussissait le mieux, il ne regrettait même pas d'être accro aux boissons, à vrai dire.
Elles l'aidaient quotidiennement et, même si Stéphane tentait de l'en sortir, il savait qu'il ne pourrait trouver un meilleur échappatoire.

Cependant, ses yeux eurent le malheur de glisser vers le sol, sur lequel se trouvait la fameuse lettre dont avait parlé Augustin que ce bouffon avait du laisser ça en espérant que quelqu'un marche dessus ou la ramasse.
Immédiatement, en lisant le nom marqué à l'encre noire sur le devant de la lettre, il eut une sueur froide et referma immédiatement la bouteille. Le cœur battant, il la rangea dans son sac, saisit cette maudite enveloppe et l'ouvrit tellement violemment qu'il l'arracha presque en deux.
Ses mains froides, énormes et maladroites déplièrent avec le plus de délicatesse possible le papier précieux et il blêmit à vue d’œil en voyant les caractères latins écrits sur cette feuille qu'il allait apprendre à haïr.

“Vos pugnam vicistis.”

“Non putatis bellum vincere.”

“Avus”



XVème Arrondissement, Paris, France – 2 Septembre 2009


Archange, assise derrière son bureau, maugréait en tapotant sur son ordinateur aussi rapidement que ses mains le lui permettaient. Elles hurlaient grâce, exigeaient un peu de repos, mais la jeune femme désirait en finir le plus vite possible et donc, continuait. C'était sa philosophie, ce pour quoi le patron l'avait engagé : à bas la procrastination, le travail donné devait être rendu dans la journée.
À la base, c'était la meilleure agente de sa promotion, mais le patron en avait décidé autrement après un regrettable incident dont elle n'était évidemment même pas responsable. Elle était plus, comme on peut le dire dans le jargon, une victime collatérale. Elle devait maintenant se cantonner à un poste classique d'employée de bureau, ce qui l'enrageait.
Elle voulait de nouveau faire ses preuves, avoir des responsabilités. Elle voulait de l'action, que diable ! Mais tout cela, c'était dans ses rêves... Le boss n'était pas du tout dans ses beaux jours en ce moment, il déprimait. Et Archange désespérait, avec l'aide de ses collègues, de trouver quelque chose pour l'aider.
Car, sans le patron, plus rien ne fonctionnait, c'était comme si le temps s'était arrêté dans le service. Les missions n'avançaient pas, les nouveaux agents commençaient petit à petit à en avoir marre, et Archange pouvait parfaitement les comprendre, mais elle avait aussi apprise à se tasser, et attendre sans rien faire.

Cependant, une voix amicale la sortit de ses moroses pensées en déclamant avec un certain sens du lyrisme ironique :
« Eh bin dis donc, elle a l'air palpitante ta mission d'aujourd'hui ! Encore un rapport classique ou un accident quelconque ?
— La ferme Lazare, rétorqua la femme avec un ton amusé qui déclencha un léger rire chez son interlocuteur, dis moi plutôt ce que le coursier officiel de l'agence vient foutre ici ? »
La réplique, prononcée pourtant sans méchanceté, fit disparaître le sourire naissant sur les lèvres du balafré et il ne s'en formalisa pourtant pas. Le collègue de Archange était habitué à ses répliques cinglantes et bien senties, c'est pourquoi il se contenta de lever la main pour que cette dernière puisse voir une lettre qui était auparavant hors de sa portée, sous le bureau.
Intriguée, la jeune blonde de vingt-deux ans se pencha en avant pour que ses yeux d'ébène puissent déchiffrer le nom inscrit en encre noire sur l'enveloppe. Une fois que cela fut terminé, elle haussa les sourcils et demanda :
« Depuis quand Savin reçoit du courrier ?
— C'est la première fois, rétorqua Lazare en haussant les épaules et en faisant se perdre ses yeux bleus sombres dans ceux de sa collègue, depuis que je suis à ce poste en tout cas... Tu m'accompagnes ? C'est pas bon de se ramener seul à son bureau par les temps qui courent.
— Parfait, répondit Archange avec un sourire en saisissant son gilet qui traînait sur son fauteuil et en éteignant rapidement l'ordinateur après avoir enregistré son document, fallait que je me dégourdisse les jambes, de toute manière. »

L'agente, une fois dans le couloir, suivit son collègue en direction de l'ascenseur situé au fond du bâtiment. À sa droite, les éternels bureaux inoccupés donnaient, de l'extérieur, l'illusion qu'il s'agissait d'un immeuble classique, ce qui était normal vu que l'anonymat de l'endroit était essentiel pour la bonne tenue des opérations.
Savin, après la démission de l'ancien directeur, avait tenu à conserver cette tradition et avait expliqué directement à ses nouveaux agents, dont Archange et Lazare, le but de la manœuvre et cela alors qu'il venait à peine de prendre son poste. À cet instant, la jeune femme avait commencé à admirer son patron, qu'elle était prête à suivre jusqu'au bout du monde.
Maintenant, elle devait bien reconnaître ne plus le voir de la même façon : il donnait juste l'impression d'être un jeune cadre déprimé, les rares fois où ses sbires pouvaient le voir cavaler dans un couloir pour aller boire un café. Sinon, il restait dans son bureau à déprimer et à échanger avec les rares élus qui pouvaient entrer sans se faire chasser.
Et Lazare, avec sa cicatrice qui partait du bas du cou pour terminer en ligne droite au milieu de la joue gauche juste en dessous de son œil de couleur bleu sombre et ses cheveux blonds clairs à la limite de la teinture, faisait partie de ses rares élus. Et là, pour la première fois depuis longtemps, Archange allait pouvoir le voir, lui parler. Elle n'arrivait pourtant pas à être excitée.
L’entièreté du trajet se passa sans qu'aucune parole ne soit prononcée, de même que la montée de l'ascenseur jusqu'au bureau du chef des services secrets, mais cela ne dérangeait pas Archange : elle savait que son collègue n'était pas un très grand bavard et elle-même préférait se plonger dans ses pensées et les analyses que digresser avec d'autres personnes.

Quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, le regard noir d'ébène de la jeune agente se porta immédiatement sur son boss, debout les mains dans les poches en train de regarder l'extérieur de l'immeuble, au fond de l'immense salle de briefing. Elle nota d'ailleurs que la fameuse table mesurant au moins deux mètres de long était toujours là, ainsi que les chaises qui semblaient cependant commencer à vieillir.
La voix énervée de Savin la sortit cependant de ses réflexions incessantes :
« Je peux savoir ce que vous foutez là ?
— Y a une lettre pour vous, patron, je suis passé vous l'apporter !
— Je parle pas à toi Lazare, rétorqua l'homme en se retournant et en s'avançant vers le duo, mais à ta collègue. D'habitude, tu viens seul.
— J'avais besoin de marcher, et ce n'est pas interdit de rendre visite à son boss à ce que je sache ! répondit simplement la concernée en levant la tête pour regarder son interlocuteur dans les yeux »
Un rictus amusé et amer à la fois naquit sur le visage de l'homme à la barbe prononcée, aux yeux verts pommes et aux cheveux noirs charbons, en accord avec sa tenue résolument sinistre. Il se saisit rapidement de la lettre, fixa avec intérêt son nom et commença à l'ouvrir tout en commençant à parler avec un ton résolu :
« En tout cas, j'espère pour toi que ton dossier est prêt à être posé sur mon bureau demain à la première heure. Encore que je ne remets pas en cause ton professionnalisme, mais... »
Le chef des services secrets ne termina jamais sa phrase, se mit à serrer les poings et les dents de fureur à peine contenue. Les deux agents s'échangèrent un regard interloqué, Archange étant la plus choquée car voir Savin perdre ses moyens était quelque chose de rarissime.
Cependant, l'homme reprit immédiatement ses moyens, regarda la jeune femme dans les yeux et énonça avec un calme olympien :
« Qui d'autre dans le bâtiment est au courant pour cette lettre ?
— Personne Monsieur, répondit Lazare avec un ton perplexe, j'ai juste informé ma collègue comme l'exige le protocole...
— Personne ne doit être mis au courant, rétorqua immédiatement Savin en posant de manière brutale la lettre sur le bureau et en se détournant pour aller maugréer, mais tant que je vous ai sous la main... Je crois que vous allez retourner sur le terrain bientôt ! »

Le cœur d'Archange se mit à battre la chamade et elle réprima de justesse un sourire de satisfaction : enfin, cette lettre allait la remettre sur le devant de la scène et la pousser à faire ses preuves ! Savin savait normalement qu'elle était la plus compétente pour l'instant, mais depuis son épisode de déprime, elle n'avait jamais osé réclamer une mission de peur de la réaction de son patron.
Ce dernier semblait avoir repris du poil de la bête rien qu'en lisant cette foutue lettre et, quand il se retourna, une détermination sourde régnait dans son regard vert pomme. À cet instant, la désillusion n'en fut que plus forte dans l'esprit d'Archange quand Savin énonça avec un calme froid :
« Pour l'instant, on ne fait rien... Ça m'étonnerait que je sois le seul à qui cette lettre a été adressé, surtout quand je vois le nom inscrit dessus. Attendez d'avoir des nouvelles d'autres lettres et, si c'est le cas, venez me voir immédiatement. Ce sera tout. Disposez maintenant. »
Ses paroles n'amenaient aucune contestation possible et Lazare le vit immédiatement : étant de nature beaucoup plus raisonnable et pragmatique, il tira légèrement sa collègue furibonde du bras vers l'ascenseur, le visage de cette dernière n'affichant que la déception.

Une fois ses deux meilleurs agents partis, Savin laissa son expression confiante rejoindre le néant et son visage se décomposa. Il pensait savoir à quoi correspondait cette missive en latin, et si c'était le cas... Ils étaient tous dans une merde noire.
Toutefois, son regard vint relire pour la quatrième fois en moins de trois minutes la lettre, afin qu'elle soit bien imprimée dans son crâne jusqu'à la fin de sa vie.

“Minime excludunt pullos numeras unum, dilaceranda incendit.”

“Is error tuus est, et stipendium amet.”

“Patrem”



Lycée d'État Jean Zay, Paris, France – 3 Septembre 2009


Quand Odd Della Robbia entra dans sa chambre d'internat, son premier réflexe fut d'enlever de manière souple ses chaussures et les envoyer balader à l'autre bout de la pièce, près du radiateur en dessous de la fenêtre menant à un petit jardin classique et mitoyen, pas trop grand ni trop petit, idéal pour accueillir les petits barbecues que les responsables organisaient parfois.
Directement à sa droite, dans l'entrée, se trouvait le réfrigérateur qu'il ouvrit en soupirant pour prendre une bière qu'il décapsula aisément, et d'un geste maîtrisé, avec l'outil soigneusement disposé sur son bureau, sur lequel reposait uniquement son outil de travail, un ordinateur déjà ouvert et prêt au service.
Cependant, son esprit divaguait et il s'assit sur son lit, situé sur sa gauche à côté d'une grosse armoire en bois contenant ses vêtements bariolés et d'une petite table de chevet sur laquelle reposait une lampe et un réveil quasiment inutile, puisque les insomnies du blond le réveillaient toujours avant six heures du matin. Il hésita pendant une seconde à allumer la télévision, placée idéalement au bout du lit afin qu'il puisse la voir même allongé, mais il préféra se caler confortablement contre le mur sur lequel son mur est collé et se plonger dans ses pensées.
Ses grands yeux bleus tristes, qui avaient étrangement pris une teinte grisâtre depuis maintenant quelques mois, le confortaient dans sa morosité et ses cheveux blonds délavés qui retombaient paresseusement sur ses épaules n'arrangeaient rien au schmilblick. Il savait qu'il devait se faire beau pour l'arrivée d'Aelita, mais il n'arrivait pas à se motiver, rien n'y faisait : il déprimait, comme ça lui arrivait souvent bizarrement.

Pourtant, la vie du garçon n'était pas non plus catastrophique et ce, même jusqu'à sa prochaine majorité : à 17 ans, il rêvait du moment où il pourrait enfin se proclamer comme étant majeur, surtout depuis que sa copine les avait atteint, tout récemment. Il devait bien s'avouer avoir été un peu jaloux sur le coup, mais il n'arrivait jamais à rester fâché bien longtemps quand il croisait son éblouissant regard vert émeraude.
Il était comme ça, amoureux, et il ne pensait vraiment pas réussir à se caser, surtout pas après les événements qui avaient à tout jamais changé sa vie : il était parti de Kadic pour arriver à Buffon, il avait repris ses études en main et était désormais en Terminale S Spécialité Mathématiques, il sortait avec sa meilleure amie depuis le début de l'année de primaire, soit quasiment un an au jour d'aujourd'hui.
Tout allait pour le mieux dans la vie du benjamin Della Robbia, en somme.
Et pourtant, les cauchemars revenaient, incessants, toujours les mêmes : un visage en particulier, un visage cruel et mesquin le tourmentait en rêve et ne voulait jamais le lâcher.
En y repensant, Odd prit derechef une nouvelle gorgée du liquide brûlant contenu dans la bouteille de bière, histoire de repousser cette hideuse face au plus profond de sa mémoire, à un endroit où elle attendra bien quelques heures avant de refaire surface pour se foutre de lui, de son état mental.
Une petite série de timides coups sur la porte le firent esquisser un sourire timide et aimant, avant que sa voix momentanément éraillée par l'alcool ne réponde de manière pressante :
« Vas-y, entre, je n'ai que ça à faire de toute manière !
— Alors comme ça, rétorqua l'adolescente en rentrant avec un ton et un sourire ironique, je ne suis qu'une distraction aujourd'hui ?
— As-tu été un jour autre chose ? rétorqua Odd avec un sarcasme perceptible tout en se redressant avec effort. »

Un léger rire moqueur jaillit de la bouche d'Aelita Belpois quand elle se pencha pour déposer un rapide baiser sur les lèvres de son compagnon avant de se redresser aussi sec et de surenchérir :
« Tiens d'ailleurs, j'ai croisé Héloïse dans le couloir tout à l'heure, elle m'a dit qu'elle voulait te voir pour un travail, un projet sûrement...
— Ah ouais, réagit rapidement Della Robbia en esquissant un sourire amusé, j'irai la voir après, y a rien d'urgent, c'est juste un DM de Chimie qu'on doit rendre en commun, tu vois le genre...
— Je vois parfaitement, répondit la jeune femme en jetant un rapide coup d’œil au décor de la petite chambre dans laquelle elle avait passé de longues heures, en ES on a aussi ça... Surtout en Économie, d'ailleurs ! »
En perdant son regard sur les cheveux teints en blond de la jeune femme qui lui arrivaient jusqu'au milieu du dos et ses yeux verts émeraude somptueux qui se perdaient dans la contemplation de la fenêtre, il se dit pendant un temps qu'il était très chanceux. Mais ce fut à cet instant que quelque chose de curieux se passa, qui ne lui arrivait d'habitude jamais quand il était avec sa copine.
La tête rousse qui le harcelait en rêve apparut devant lui, calmement posée sur son fauteuil de bureau et se contenta de lui susurrer d'une voix à la fois douce et incroyablement menaçante :
« Rappelle-toi que c'est grâce à moi que tu l'as... Hin hin hin... »
En entendant cela, le blond serra brusquement les poings, ce que remarqua Aelita qui avait entre temps braqué ses yeux sur sa personne :
« Qu'est-ce qui t'arrive ? Les cauchemars encore ?
— Maintenant, grommela Odd en portant son regard sur la chaise désormais vide avec un air soucieux, il apparaît même en cours, même quand t'es là... Ce connard de rouquin va continuer à me faire chier, même dans la mort...
— À qui le dis-tu, rétorqua avec une soudaine froideur la jeune femme en se détournant brusquement, tu sais que je continue à voir un psychologue pour mon viol... L'image de ce malade ne veut pas sortir de ma tête, même deux ans après...
— William aussi, répondit Odd en se levant facilement pour poser la bière sur la table et aller l'étreindre, m'a avoué qu'il revoyait ce psychopathe de Baker dans ses rêves... Notre passé ne partira jamais, faut vivre avec... »
Un long silence s'ensuivit, pendant lequel les deux adolescents s'enfoncèrent dans leurs moroses pensées, Odd ayant posé sa tête sur l'épaule de sa concubine qui le dépassait bien d'une bonne tête. Le garçon avait toujours été petit, et la poussée de croissance de sa copine avait été bien plus fulgurante, mais ça ne le gênait pas plus que ça. Maintenant, il s'en foutait des remarques que les quelques personnes qui ne les connaissaient pas émettaient.
Tout le monde ici, quasiment, les connaissait depuis l'épisode de la Famille, et savaient ce qu'ils avaient enduré, la mort brutale de leurs amis entre autre. Du coup, ils étaient relativement tranquilles, et ça se ressentit parfaitement ici.
Le silence, calme, apaisant. Qui fut cependant rompu par Aelita qui s'agita dans ses bras tout en maugréant :
« Moi qui voulais passer un moment agréable, voilà que ce salaud de Sean me hante...
— On peut toujours se l'accorder... rétorqua Odd avec un ton ironique et un sourire intéressé »

Le regard suivi du baiser enflammé que lui accorda Aelita firent fondre leurs réticences respectives, et il ne fallut pas plus de deux minutes pour que les deux jeunes se retrouvent nus dans le lit à s'enlacer tranquillement.
Tout aurait pu aller pour le mieux, la température montait et la jeune femme commençait à émettre des petits sons étouffés, mais cela fut ruiné par une remarque mesquine du fantôme de Sean dans l'esprit d'Odd qui le fit instantanément s'éloigner :
« Eh bin mets-toi bien, moi je regarde... Elle a vraiment un joli fessier, je l'avoue bien... »
Le jeune homme se retrouva debout, nu, au milieu de sa chambre en train d'émettre un hurlement de douleur et de rage non contenu qui fit sursauter Aelita qui resta cependant immobile. Elle avait déjà vu une crise de ce genre, et elle savait quoi dire.
Rien. Pendant ce temps, Odd était tombé à genoux et grommelait en tremblant :
« Putain, sors de ma tête, j'en ai marre de toi... Je veux t'oublier, tu me ruines la vie bordel de merde...
— Tu parles à qui ? À moi ? rétorqua une voix moqueuse qui provenait de la personne qui venait d'ouvrir la porte brusquement, sans même toquer à la porte »
Cela amena des réactions différentes : Della Robbia se redressa avec difficulté, mais resta nu sans aucune honte, là où sa copine s'était dépêchée de se couvrir d'une couverture pour ne pas que Héloïse Laroche puisse apercevoir son frêle, mais ferme corps.
La voix franche d'Aelita raisonna alors dans le silence gênant qui s'était installé :
« Dis, tu peux te retourner une seconde ? Que je me rhabille ?
— Oui oui t'inquiète pas, rétorqua la jeune brune en étouffant un sourire amusé, mais j'étais juste venu apporter quelque chose à Odd.
— Quoi ? demanda en relevant un sourcil le blondinet qui restait immobile pendant que sa copine se dépêchait de remettre ses habits en rougissant.
— Une lettre, répondit simplement la brune en dardant son étrange regard violacé dans les yeux de son ami, c'est le surveillant qui m'a choppé dans le couloir et m'a demandé de te la filer. »

À cet instant, Odd dut le reconnaître, il trouva Héloïse jolie : son corps était bien proportionné, ses cheveux bruns arrivaient jusqu'au bas de sa nuque et ses yeux bleus violacés lui octroyaient un regard unique, envoûtant et souvent rieur.
Mais le regard langoureux que Laroche adressa à Belpois quand elle sortit précipitamment le ramena immédiatement à la réalité de la sexualité de son amie et il se contenta de demander en se baissant enfin pour ramasser ses habits :
« Tu fantasmes encore sur ma copine ? Je croyais que tu étais avec Claire...
— Elle a couché avec Ludivine, rétorqua avec un ton mauvais la jeune lesbienne en dardant un regard rieur sur la bouteille de bière oubliée sur le bureau, donc je cherche à me venger... Tu me prêterais Aelita pour une nuit ? »
L'éclat de rire du garçon contamina la jeune femme, qui rigola de manière énergique pendant quelques minutes, avant qu'elle ne reprenne son expression assurée ordinaire. Cela, Odd l'admirait beaucoup, la faculté qu'avait son amie à passer du rire aux larmes et au sérieux en moins de trente secondes, elle possédait une parfaite maîtrise de soi.
Ainsi, la lettre qui avait interrompu le joyeux moment entre Odd et Aelita atterrit dans les mains du concerné, qui se dépêcha de l'ouvrir en pestant comme à son habitude, sous le regard amusé de Héloïse. Quand il prit connaissance de son contenu, un haussement de sourcil intrigué se grava sur son visage et il demanda brusquement :
« Dis, tu connais le latin non ?
— J'en ai fait pendant deux-trois ans oui, pourquoi ?
— Tu saurais me traduire ça ? demanda Della Robbia en lui mettant de manière plus brusque que prévue le papier sous le nez. »

Laroche lui adressa un ironique sourire charmeur avant de la prendre et de saisir son téléphone en énonçant tranquillement :
« Même aller sur Google Traduction, je peux le faire à ta place beau gosse... Voir même te le chuchoter à l'oreille, tant qu'à faire ! »
L'adolescent, qui était habitué à l’ambiguïté cynique qu'entretenait soigneusement la jeune femme avec tous ses amis, se contenta d'un sourire espiègle comme seule réponse. Quand cette dernière se rapprocha doucement, il ne put s'empêcher de l'amplifier.
Toutefois, quand les mots chuchotés doucement à l'oreille parvinrent à son cerveau, il n'eut plus du tout envie de rire, son visage s'était même mis à pâlir d'une manière tellement brusque qu'elle fit hausser un sourcil à la placide Héloïse :
« Tu es sur que ça va ? On dirait que je viens de te parler d'un fantôme !
Tu crois pas si bien dire, ma cocotte... rétorqua la tête coupée de Sean Baker sur son promontoire avec un sourire médisant et cruel.
— Tu crois pas si bien dire, gronda Odd en détournant le regard pour fixer la lettre, il faut que tu ailles chercher Aelita tout de suite. S'il te plaît. »
La brune avait reconnue son ton qui n'opposait aucune contestation, son ton de leader ayant vécu de terribles épreuves, c'est pourquoi elle déguerpit sans demander son reste en laissant un Odd silencieux, amer, hanté par le fou rire cruel de la tête du psychopathe roux et les yeux collés littéralement aux inscriptions latines présentes sur le papier.

“Spero autem te non oblivisci tui domo.”

“Quia non oblita est, adfectat autem te.”

“Puella”



Lieu Inconnu, Département Inconnu, Pays Inconnu – 3 Septembre 2009


Assis tranquillement sur un confortable fauteuil, ses yeux marrons si classiques rivés sur ses deux partenaires dans cette histoire, Sean Baker ne souhaitait pas rompre le silence s'étant installé.
Après un an de travail acharné pour mettre en place un plan cohérent et infaillible, les trois chefs de l'organisation s'étaient enfin mis d'accord. Ils avaient décidé qui combattrait sur quel front, et le psychopathe ne pouvait que se féliciter d'avoir imposé aux autres de se charger du volet terrestre.
Il n'y connaissait rien au monde virtuel et la politique l'ennuyait énormément, c'était un homme d'action avant tout, il laissait à Paella et Avus le soin de gérer ces volets par eux-mêmes. Un sourire ironique naquit sur ses lèvres gercées quand il repensa aux fameuses lettres qui allaient déclencher toute cette histoire et lui permettre de prendre sa revanche.
Chacune laissait transpirer la personnalité de son rédacteur et ce, de manière bien curieuse et amusante.
Avus s'était contenté d'un proverbe classique, mais voulant tout dire à la fois. L'homme aimant travailler sur les non-dits et les sous-entendus, Sean le reconnaissait bien là.
Lui-même, sous son évident pseudonyme de Patrem, avait opté pour une menace à peine masquée et jouant sur le fait de faire remonter de très mauvais souvenirs à la personne qui allait le réceptionner. Il faisait souffrir les gens avant même qu'ils le voient physiquement, et cela le faisait frémir de plaisir.
Puella était celle qui l'avait le plus surpris, il devait bien le reconnaître : elle avait dévoilé, implicitement, leur volonté sans que Avus ne fasse un seul pas pour l'en empêcher. Cette femme était un danger, même pour Sean, c'est pour quoi il la surveillait de près depuis le début.

La réunion n'étant pas prévue pour s'éterniser, ce fut le chef qui énonça calmement avec sa voix charismatique de baryton :
« Bon très bien, il est temps de débuter. Puella, tu vas immédiatement activer Kantus et rejoindre leur monde virtuel, nous devons le détruire le plus rapidement possible.
— Très bien Monsieur, rétorqua la femme avec un ton procédural qui fit se hérisser les poils de Baker sans qu'il comprenne pourquoi, ce sera fait selon vos désirs.
— Toi Patrem, continua l'homme plus âgé en se tournant vers le rouquin qui se recentra immédiatement sur l'instant présent, tu pars à Paris avec Drake et Alex. Vous faîtes ce que vous avez à faire, je te laisse la pleine commande des opérations sur ce point là.
— Oh ne vous inquiétez pas, mes deux compères sont déjà installés... cependant, demanda Baker avec un espoir dans la voix perceptible, ai-je le droit de m'amuser un peu ? »
Ses deux partenaires, connaissant sa nature, se regardèrent rapidement et Avus énonça dans un murmure qui doucha considérablement les attentes du psychopathe :
« L'idéal étant qu'ils ne sachent pas que tu es vivant, tu comprends très bien pourquoi on t'interdit pour l'instant de... t'amuser comme tu le dis. Mais ne t'inquiète pas, une fois que le plan sera bien avancé, là tu pourras retrouver tes anciens amis et jouer avec. »
Le sourire sadique et cruel qui illumina le visage de Sean Baker fit apparaître un petit rictus satisfait sur le visage de Avus. Après tout, c'était lui qui l'avait fait renaître, qui l'avait arraché de son trépas forcé pour en faire l'élément central de son plan.
Ensemble, ils allaient finir ce que la Famille et X.A.N.A. avaient essayé de faire en leur temps, mais avaient lamentablement échoué. Et Avus savait que c'était de sa faute : il n'avait pas assez orienté et guidé Blackwell, il lui avait trop fait confiance.
Et maintenant, ils se retrouvaient à devoir arrêter de déléguer la tâche à des sous-traitants et à l'effectuer eux-même, ce qui n'était pas pour déplaire cependant à ses subordonnés comme il pouvait le voir sur leurs visages déterminés.

Ainsi, le chef de Carthage se leva souplement, afficha un air placide et sérieux à la fois et énonça avec un calme surprenant et inquiétant :
« Il est donc temps que nous commencions, Messieurs et Mesdames. »
_________________
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