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 Auteur Message
*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Lun 07 Nov 2016 15:10   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


Inscrit le: 14 Sep 2008
Messages: 1305
Localisation: Sur le territoire Banquise entrain de faire de l'overboard
intéressant mais confus de mettre un prologue après tant de chapitre.
Je me demande qui est le maitre, vu que XANA est son ennemi. le -?- est évidemment william, le POV du maitre donne l'indice.

Donc ce chapitre est le futur du monde original, et c'est le RVLP utilisé par le maitre qui a mené à la situation des LG.
Mais pourquoi faire tuer les LG et Odd (juste pour un bouquin c'est exagéré) pour les ressusciter juste après, surtout si XANA est un ennemi du maitre?

_________________
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Ikorih MessagePosté le: Lun 07 Nov 2016 17:44   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1437
Localisation: Sûrement quelque part.
C'est une catastrophe, je n'ai pas d'intro Crying or Very sad Jeanne, au secours!
...
Voilà au moins ça c'est fait.

Essayons d'organiser ce fouillis, on va la jouer en trois partie o/ Les trucs cools, les théories et les trucs moins cools Mr. Green
Détail presque anodin, j'ai beaucoup aimé le coup du livre d'Odd. Je pense qu'il serait totalement capable de faire un truc pareil, salaud comme il peut être. En même temps la tentation était grande de sortir un bouquin là-dessus, même si comme le souligne le chapitre (...prologue..), ce n'était pas nécessaire à ses finances.
Ce qu'on peut également noter, avec stupéfaction, c'est que...
Ce prologue apporte des réponses

Pour une fois putain! On peut citer l'explication des changements de personnalité des personnages, on peut citer l'apparition de persos totalement inconnus de la série, on peut citer le pourquoi du What If (puisque le RVLP a causé un peu de merde mais la série s'est vraiment passée), le pourquoi de la présence d' "Amy" dans le monde de Simon....Bref c'est la foire aux explications oO (du moins comparé aux précédents chapitres eh eh eh)
Et personnellement j'ai trouvé ce coup du grand RVLP extrêmement cool. Wala Mr. Green

Spoiler


Au niveau théorie...
Déjà, une question à laquelle je n'ai pas de réponse : comment se fait-il que XANA soit toujours en vie, les LG ne l'avaient-ils pas dégommé avant le RVLP? (Comme si t'allais me répondre...)
Deuxième question : Holy Shit mais d'ailleurs tu n'as toujours pas inclus FH dans ton bordel sans nom?
Cependant, le Maître m'inspire bien davantage. Il est en ce qui me concerne à peu près acquis qu'il dirige le monde de Simon, puisqu'il mentionne des morts et des souffrances dans son monde (comme ce bon vieux bouquin remis à Aelita par son ami le scanner). Le seul petit hic est du côté de XANA, qui était présenté comme un bienfaiteur dans ce monde et ici comme un antagoniste. Luttes de pouvoir? Peu probable. Le Maître s'est fait baiser par XANA? Pas impossible! Couille dans le potage? Très certainement.
Deuxième point de théorie sur le Maître, il a d'énorme chances de ne pas être humain. "Ma création"? Son absence étrange d'émotions alors que son plan est en train de se réaliser? Serait-ce un programme, étrange symétrique de XANA dans le monde inversé? Mais non, il a un corps :/....ça n'a jamais rien empêché (a) #autopub #Imprévu #Abysses #lisezmesfics #ellessonttropbien #merci.
Ou bien, ce manque d'émotions peut évoquer ce bon vieux Max qui n'en a rien à foutre de se faire bécoter par Aelita (même pas de sensation de dégoût!!!)...mais franchement, ça m'étonnerait que ce soit lui xD
Idem, je pense que Dido est quelqu'un de cet autre monde, et que c'est elle que William rencontre quand il y retourne. La question est : va-t-il se refaire conditionner la gueule? (il n'avait pas l'air extrêmement dévoué à des forces occultes jusque là mais il cache peut-être bien son jeu...même si a priori il se trouvait dans un environnement propice aux trucs glauques (a)) De là, j'ai envie de dire, le fait qu'elle s'appelle Dido n'est pour l'instant en rien connecté aux Chronicles (fin à part pour la référence mais c'est sans doute un personnage tout à fait différent...une version renegade peut-être?). Elle en revanche est assurément humaine, aucun programme n'aurait jamais l'envie de se faire refaire la tronche (a)


Au vu de l'efficacité de la précédente transition, on va pas en refaire une pour aboutir à la troisième partie hein (a)
J'avoue que William en méchant, bon, j'ai moyen apprécié. Mais je sais pas si c'est déjà le moment où je te scalpe (au fait Odd est mort tu vas perdre deux lect...ah ben non y en a un qui a posté avant moi déjà), ou si ce sera quand je découvrirai qu'il est en fait toujours le méchant traître dans la suite de la fic. Smile
Je me ferai également porte-parole d'une petite voix extrêmement énervée sur Skype qui trouve les chapitres de plus en plus courts, et conteste également l'utilité de certains persos type Simon, sans oublier le départ intensif en couille un peu partout dans la fanfic (et la petite voix craint également qu'il n'y ait aucune vraie explication à la fin, tu sais ce qu'il te reste à faire). Et bien entendu, ce prologue qui aurait aisément pu s'insérer au début de la fanfic sans problème et aurait évité les embrouilles inutiles...la hype pour la hype, c'est mal, c'est même une pratique condamnée au nom de la jurisprudence Yumimi...
J'ai supprimé quelques points du réquisitoire, tout ça pour pouvoir dire...qu'il n'a pas forcément tort sur ceux que j'ai cités. Tout particulièrement sur la longueur des chapitres...(a)
(si tu me fais "oui mais c'est un proloooogue (a)" je lance l'autodestruction de ta fic)

Sur ce, à la prochaine!
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Minho MessagePosté le: Lun 07 Nov 2016 20:08   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


Inscrit le: 29 Jan 2016
Messages: 89
Vu que j'ai eu droit à un roman d'Ikorih, autant répondre maintenant ! À dans deux semaines pour les autres.

Réponse à *Odd Della Robbia*
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Réponse à Ikorih
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Theoph69 MessagePosté le: Mar 08 Nov 2016 18:38   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 20 Avr 2016
Messages: 103
Localisation: Sûrement devant mon pc, à tuer du kevin !
Salut !

j'avais pas commenté le dernier chapitre, je reviens sur celui-ci (même si techniquement c'est un prologue mais well)

ha et avant toute chose
Citation:
(au fait Odd est mort tu vas perdre deux lect...ah ben non y en a un qui a posté avant moi déjà)


si j'ai bien compris le chapitre (prologue oui si tu veux, m'interromps pas stp) Odd est mort avant le RTTP 1, donc dans 1 Temps 1, que l'on appellera T1 (cette fic ressemble à un problème de maths, comme si je m'en tapais pas assez -_-).
Bref, la fic que nous lisons depuis le chapitre 1 se déroule dans le T2, après le RTTP 1, que le maître lance APRES la mort d'Odd. Doooonc, si dans la fic on retrouve Odd, on suppose donc que celui-ci a été resurécté (je n'ai aucune idée de comment on écrit ce mot mdr). Donc ça va, tu me comptes encore parmis tes lecteur Mr. Green ( bon ne pense pas que je fais du chantage ou quoi que ce soit hein, c'est pour rire, même si je pense comme *ODR* que je ne continuerais pas de commenté, lire immédiatement la fic comme je le fais souvent actuellement et je risque de décrocher si il meurt pour de bon).
En plus, anecdote amusante, ton Odd est un clone de celui de Silius Italicus, dans sa fic "le diable dans ma maison", le producteur richissime, qui habite dans une somptueuse villa et qui peine a oublié la mort de ses amis etc ^^ (encore une fois ce n'est pas une critique, je précise)

BREEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEF

j'ai trouvé ce chapitre extrêmement interessant !
le coup des explications, même si je fais gaffe avec toi, ca fait toujours plaisir ^^ surtout dans ta fic ou on ne fait que rebondir de personnage en personnage, sans que tu nous fournisse d'éléments de raccords entre eux.. Au moins on a une piste c'est déjà ça !
Le coup des LG qui se comporte différament de la série originale, c'est excélent ( conséquence d'un retour a la vie grace au retour vers le passé ?) !
Ce qui signifie que t'as fic n'est plus un "What if ...", en l'occurence "what if the OC Max was added to Code Lyoko".
On a une réelle explication de pourquoi les chose se passe différement que la version que l'on connais ! ( j'approuve !")
Ensuite bien sur on est dans ta fic, on aura pas d'info sur le maitre avant 375 chapitre, mais bon, quoi de plus normal ?
Au final, je retiendrais de ce chapitre qu'il est vraiment très intéressant sur les réactions qu'il provoque chez le lecteur, et sur les pistes de réfléction que tu entraines !
Tu nous as tué Odd une fois dans ta fic, c'est bon tu peux t'arréter là, et t'acharner sur huuum Max par exemple ;p
En conclusion, continue comme ça, lache rien, et ne tue pas Odd une 2eme fois, ou tue le autant de fois que tu veux si ça te fais plaisir, mais ramène le a la vie chaque fois ^^

Bonne continuation !
Theoph69


EDIT
Citation:
Couille dans le potage
je préfère couille dans le paté ça sonne mieux je trouve (oui cet edit était absolument indispensable pour ce topic)
_________________
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



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Repose en paix Nastia, la Lyokofan la plus gentille partie trop tôt. Je ne t'oublierai pas.
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Icer MessagePosté le: Ven 11 Nov 2016 11:40   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2130
Localisation: Territoire banquise
J'ai adoré le chapitre jaune. C'est d'un réalisme à couper le souffle, le seul point soulevé par Ikorih, à savoir Hiroki, viendra visiblement plus tard, nous verrons bien. Mais en tout cas, j'ai vraiment accroché, on dirait en partie un OS de Léana Mr. Green

J'ai aussi fait une gueule bizarre en voyant le court prologue qui s'en est suivi. Mais comme l'a dit ma collègue, il a l'avantage d'apporter des réponses... en partie. Il ne dit pas encore en détail comment on en est arrivé à ce besoin de retour dans le temps si ? Sad

Enfin bref, tu ne facilites vraiment pas la tâche de ceux qui doivent suivre une bonne dizaine de fics en même temps Crying or Very sad

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Minho MessagePosté le: Dim 20 Nov 2016 18:12   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


Inscrit le: 29 Jan 2016
Messages: 89
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Réponse à Icer
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Chapitre 21 : Au nom du Père


QUATRE JOURS AVANT LE DRAME


-Élisabeth-

« Ulrich, c'est vraiment important...
— J'ai besoin d'être seul et tu es vraiment celle que je n'ai pas envie d'entendre maintenant ! Va voir tes potes et laisse-moi tranquille. »

Juste en me concentrant sur le timbre de sa voix, je réalise que quelque chose ne tourne pas rond. On dirait qu'il se retient de sangloter et ça, ce n'est vraiment pas son genre. Je ne suis pas douée pour consoler les gens mais, si c'est lui, je devrais être en mesure de le faire.

« C'est à cause de tes parents ? »

Un grand silence, voilà ce que j'obtiens comme réponse à ma question. Après réflexion, c'est vrai que c'était plutôt maladroit comme tentative d'approche. Le petit garçon confus n'a jamais aimé qu'on aborde le sujet... et ça n'a pas changé. D'ailleurs, je suis certaine qu'il pensait que j'avais oublié mais il m'est très difficile de ne pas penser à ce que l'on me confie. En réalité, ça relève sûrement de l'impossible.

« Ulrich, essayai-je cette fois d'une voix suppliante au possible, je dois impérativement te parler. »

Toujours pas de réponse. S'il avait pu s'échapper par la fenêtre à cet instant précis, je crois qu'il l'aurait fait sans hésiter.

« Sissi ? »

Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir de qui il s'agit, sa manière de parler est trop particulière pour ça. Pourquoi faut-il qu'il se ramène maintenant ? J'ai toujours détesté cette habitude que Jérémie, Ulrich, Odd, Yumi et Aelita ont prise de se retrouver tous ensemble pour comploter en cachette. Sans compter William, la pièce rattachée, qui vient compléter ce pitoyable tableau. On ne peut jamais discuter tranquillement avec un membre du club des cinq sans qu'un emmerdeur débarque. Et je ne parle pas de toutes les fois où ils se sont permis de se moquer de moi... même s'ils ont toujours eu plus de courage une fois la bande au complet, c'est incontestable.

« Jérémie, quelle bonne surprise ! »

Il y avait un peu trop d'enthousiasme simulé dans cette phrase. J'ai toujours su mentir sans broncher mais, sans que je ne puisse me l'expliquer, j'ai toujours été un brin mal à l'aise face à Einstein. Contrairement aux autres personnes que je n'ai jamais eu aucune difficulté à manipuler, le petit blond a un petit don pour provoquer un stress inouï, bien dissimulé derrière mon sourire narquois. Je ne sais pas d'où vient cet étrange sentiment mais son cerveau n'a eu de cesse de représenter une menace pour moi. Pourtant, il suffit de regarder sa relation avec Aelita pour comprendre qu'il n'est pas doté d'une intelligence relationnelle... Ce qui n'empêche cette sensation oppressante que chaque mensonge de ma part pourrait s'écrouler face à son regard glacé. J'évite donc délibérément de croiser ses yeux calculateurs pour ne pas me faire avoir par plus malin que moi. J'ai beau être rusée, je sais aussi admettre que s'il y a un rival à abattre sur le plan intellectuel, c'est lui.

« Pourquoi tu nous tournes le dos ?
— J'ai un énorme bouton de fièvre, répondis-je instinctivement. Personne ne voudrait voir ça. »

S'il se doute de quelque chose, ce qui est plus que probable, je vais ramer pour me sortir de cette situation. Mais... il a dit « nous » ? Une respiration quelque peu saccadée me confirme que nous ne sommes pas seuls. Sans réfléchir, je pivote pour leur faire face et marque un temps d'hésitation devant la personne qui accompagne Jérémie.

« William ? Ça fait un moment qu'on ne t'avait plus vu par ici ! »

Le ténébreux se contente de m'adresser un demi-sourire et c'est à ce moment-là que je réalise qu'il n'est plus tout à fait le même qu'avant physiquement parlant. Hormis son style vestimentaire, j'ai l'impression qu'il a changé. La première chose qui m'a frappée est sa masse musculaire, non négligeable à la base, qui semble avoir fondu comme neige au soleil... Pas de là à en faire un africain rachitique, c'est juste moins impressionnant qu'auparavant... comme si ses membres n'étaient plus très proportionnés. Ses traits semblent moins fatigués par contre, ce qui rajeunit légèrement son visage... particulièrement séduisant je dois l'avouer. Car, ce qui est le plus surprenant, c'est ses yeux d'encre qui ont l'air d'avoir adopté une teinte plus claire, presque noisette... Comme si sa tête s'était soudainement sublimée au détriment du reste de son corps.

« Alors, on fait de la chirurgie sans m'inviter ? plaisantai-je pour détourner l'attention.
— Il est toujours malade et vomir ne pouvait que le faire maigrir, s'empresse de répondre Jérémie. Fiévreux aussi, c'est pour ça que ses yeux brillent un peu.
— Il ne peut pas répondre lui-mê...
— Je ne vois pas ton bouton de fièvre, m'interrompt Einstein avec un air suspicieux bien marqué sur son visage.
— Beaucoup de maquillage, rétorquai-je. Si tu cherches Ulrich et Odd, ils viennent de partir en ville.
— En ville ? s'étonne le blondinet.
— Oui, ils voulaient s'acheter le nouveau Galactic Battle.
— Ok, merci de l'info, conclut-il avant d'entrainer William par le bras. À plus. »

Ils s'éloignent lentement et je lance une dernière réplique pour rester cohérente avec la cruche superficielle que je suis censée être à ses yeux :

« N'oubliez pas de vous trouver un costard pour la soirée d'élection de Miss Kadic, ça approche à grand pas ! »

Une fois le couloir vide, je jette un coup d'œil à ma montre et réalise qu'il est déjà 19h10. Bientôt la fin du service à la cantine, il faut que je me dépêche !

« Ulrich, au nom de notre ancienne amitié, je t'implore de me laisser avoir une discussion avec toi. »

Tentative ultime en jouant la carte de la corde sensible, il n'a pu oublier notre rencontre et tout ce qui s'en est suivi. Du moins, je l'espère... La porte finit par s'ouvrir et il m'ordonne de rentrer en vitesse. À peine entrée, je réalise que la situation est peut-être critique de son côté aussi... Le premier élément perturbant est le poster fétiche d'Ulrich... déchiré, ce qui va à l'encontre du soin qu'il a toujours porté à ce souvenir d'enfance. Mais il y autre chose d'anormal, qui me saute aux yeux sans que je puisse l'identifier. Cette étrange impression qu'un endroit est radicalement différent sans qu'il soit possible d'expliquer le pourquoi du comment. Devant ma mine effarée, le sportif s'efforce de sourire pour me rassurer mais ce n'est pas convaincant. Pâle comme jamais et les cheveux en bataille, il semble à mille lieux du moment présent.

Tapant du pied nerveusement pour bien lui faire part de mon impatience, il finit par déclarer, d'une voix si basse que je dois tendre l'oreille pour l'entendre : « Ça parait vide maintenant... » En portant la main droite à son front en signe d'épuisement, je constate que ses phalanges sont comme... lacérées. Il semblerait que ses poings se soient abattus... sur un objet dans le meilleur des cas. Peut-être un mur ? Je ne savais pas qu'Ulrich pouvait se montrer sanguin à ce point.

« Merci d'avoir éloigné Jérémie, se contente-t-il de dire, le regard perdu dans le vide. Je n'avais vraiment aucune envie de le voir maintenant.
— Surtout que William était avec et tout le monde sait que ce n'est pas vraiment la grande entente entre vous ! »

Cette phrase semble le sortir de sa langueur. Il fronce les sourcils, sans doute que même son prénom lui donne de l'urticaire, mais je ne regrette en aucun cas mes paroles. Comment Dunbar, sous prétexte qu'il a le béguin pour la chinetoque, avait-il pu rejoindre leur groupe ? Sincèrement, je n'ai toujours pas compris cette soudaine amitié... forcée du côté des garçons. Que Yumi et Aelita l'aient toléré, ce n'est pas surprenant pour un sou : quoi de mieux que la jalousie permanente pour obtenir encore plus d'emprise sur leurs mâles respectifs ? Ce qui est plus étonnant, c'est qu'Odd, Ulrich et Jérémie ne se soient pas opposés vigoureusement à cette entrée fracassante...

« Et... rien de spécial ? finit-il par demander en essayant tant bien que mal d'atténuer son air soupçonneux .
— Ne change pas de sujet, il est temps de vider ton sac. Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Ma question le désarçonne, il croise les bras et je suis certaine à cet instant précis qu'il va me foutre dehors. Mon regard s'égare alors sur son lit et tout revient en une série de flashs percutants. Matelas gorgé de sang, crâne défoncé et cri de terreur.

« C'est Odd. »

Je sors de ma torpeur. En une fraction de seconde, je réalise ce qui m'échappait jusqu'à présent. La chambre semble propre, rien ne traine sur le sol... et ce n'est clairement pas dans l'habitude des deux garçons.

« Il est parti, poursuit-il d'une voix qui se veut dénuée de toute émotion, je n'ai pas pu le retenir. »

Abasourdie par la nouvelle, de nombreuses hypothèses émergent et j'ai déjà une fameuse série de questions à lui poser. Coup sur coup, j'imagine Odd fuyant les mauvaises notes, Odd en route pour aller retrouver son chien, Odd voulant s'éloigner de ses amis,... Et pour ce qui est de la destination, je pense que mon imagination s'emballe un peu avec des images qui apparaissent à mon esprit telles des cartes postales que le blagueur m'enverrait. Même si, en réalité, il n'a vraiment aucune raison de m'adresser du courrier... sauf pour me piéger dans l'enceinte de Kadic. Voyant que je m'apprête à l'interroger sérieusement sur cette révélation, Ulrich s'empresse de reprendre le contrôle de la conversation.

« Et toi ? Pourquoi voulais-tu absolument me voir ? Ça avait l'air vraiment urgent... et tu as gardé le silence sur la raison de ta venue jusqu'à présent. Qu'est-ce que ça cache ? »

L'enfoiré, il a bien retourné la situation... Me tenir dans cette chambre à nouveau fait ressortir en moi des sentiments qui pourraient me faire passer pour une faible. Je déteste ça ! Quelle comportement adopter ? La franchise totale comme je le prévoyais ? Dangereux... surtout quand je vois le contexte d'instabilité dans lequel il se trouve actuellement. Mentir à moitié ? Il me poserait des questions qui risquent de me déstabiliser... Inventer un bobard ? Ça ne m'aiderait en rien, faut bien que j'en parle à quelqu'un pour avoir un point de vue extérieur à la situation... Pas le choix, va falloir que je lui raconte tout ce que je sais.

« Écoute Ulrich, il s'est passé quelque chose de grav... »

Mon portable vibre dans la poche de ma veste, ça doit être lui... Je m'empresse de vérifier l'expéditeur du message et, effectivement, c'est bel et bien un texto de sa part.

La police sera bientôt là, on a finalement décidé de s'en tenir au plan de base. N'oublie pas de supprimer ce message.

Tout ce que j'aurais voulu éviter... Mais c'est trop tard maintenant, la supercherie va commencer et je vais devoir tenir le rôle qui m'a été assigné. Alors que je me concentre pour lister rapidement les consignes qui m'ont été données, le portable vibre à nouveau. Numéro non répertorié cette fois...

Rdv à 20h à l'entrée du parc, j'ai quelque chose qui pourrait t'intéresser. W.

« Qu'est-ce que c'est ? s'enquiert Ulrich qui a sans doute dû me voir pâlir. Tu peux tout me dire tu sais.
— Rien du tout... Il faut vraiment que j'y aille, on parlera une autre fois. »


-Aelita-

Le Kankrelat se contracte quelques secondes avant de disparaitre définitivement en une nuée de particules numériques. Son copain ne réussit pas non plus à esquiver mon champ de force et subit le même sort : la destruction pure et simple. C'est la première fois depuis longtemps que XANA se manifeste. Via ses monstres, c'est peu... et c'est à se demander ce qu'il a pu faire pendant tout ce temps. J'entends à nouveau le bruit caractéristique des pattes métalliques en action et je fais volte-face pour éliminer une autre vermine. Quand je pense qu'il n'y a pas si longtemps j'étais totalement vulnérable face à la plus ridicule créature ennemie... Totalement dépendante de mes gardes du corps, heureusement que ce temps-là est révolu. Ma gentillesse et ma naïveté me cloisonnaient dans une faiblesse que je ne peux concevoir aujourd'hui. Sans doute qu'ils en riaient entre eux, de la nunuche aux cheveux roses incapable de dire non à qui que ce soit. Mais depuis hier soir, je sais qu'il n'y a rien de mieux que la liberté.

C'est Charlotte qui m'a invitée dans « l'endroit le plus branché de la capitale » pour fêter son départ. Elle avait pris la décision de se barrer du bahut et personne n'était au courant à l'exception d'Odd et moi. Nous étions donc les seuls à l'accompagner et ce fut sans hésiter la meilleure soirée de ma vie. Bon, c'est vrai que je n'avais pas encore vraiment testé la vie nocturne en dehors de Kadic et de l'usine, ce qui n'est pas très excitant faut l'avouer. Alors que je m'inquiétais un peu, vestige d'une Aelita passée, nous sommes rentrés comme une lettre à la poste dans la boite de nuit bondée. Le videur n'a pas bronché à la vue de nos cartes d'identité trafiquées... Bizarre tout de même, je pense sincèrement que Charlotte le connaissait et que ça n'aurait pas été si simple avec un autre vigile.

La fête était juste... waouh, exceptionnelle ! Même si mes tympans étaient meurtris dès la file d'attente, ça valait la peine de faire taire la petite voix qui me soufflait de déguerpir. C'est certain que je rechignais à y aller. J'avais accepté seulement parce qu'Odd allait nous accompagner et, au fond de moi, je n'étais pas si mécontente du départ de Charlotte, il fallait célébrer cette bonne nouvelle ! J'avais toujours en travers de la gorge les sales coups qu'elle a pu nous faire depuis son arrivée à Kadic. Malgré tout, maintenant qu'elle est partie et après ce qu'on a vécu hier soir, il est fort possible que je la regrette. Je vais me sentir seule dans ma chambre maintenant... C'est pour ça qu'il faut que je retrouve Max, c'était une erreur de baisser les bras.

Des flashs lumineux, même sur Lyoko, dansent devant mes pupilles depuis hier soir et je me demande de plus en plus si les néons ne m'ont pas légèrement aveuglée. C'est possible ça ? Ou alors, j'ai eu une saleté dans mon verre. Charlotte m'en a parlé de ce danger potentiel, ces prédateurs qui n'attendent qu'un moment d'inattention pour en profiter. Alors qu'elle me mettait en garde sur plusieurs sujets, avertissements plus ou moins tombés dans l'oreille d'une sourde vu les décibels émis par le DJ, je me réjouissais de voir Odd aussi heureux. Il se trémoussait au rythme de la musique, chantant les (rares) paroles des chansons dans un anglais approximatif, et son sourire béat, dissimulé depuis un moment derrière une tristesse apparente, m'a véritablement remplie de joie. Il n'y a pas à dire : il était à 100% dans son élément. Les fêtards plus âgés s'étonnaient de la présence de ce petit blond excentrique et certaines demoiselles scrutaient de près sa coiffure en pointe et sa mèche violette.

Charlotte ne passait pas inaperçue non plus mais elle avait cette faculté de se montrer désirable et inatteignable à la fois, de sorte qu'aucun garçon n'osait l'approcher, une aura quelque peu effrayante irradiant de son regard si glacé par moments. Au fur et à mesure de la soirée, elle vacillait de plus en plus, preuve que son état d'ébriété atteignait des sommets. Quant à moi, je dois aussi avouer que les dernières heures ont été difficiles. L'alcool me rendait à la fois euphorique et triste, deux facettes qui pivotaient sans cesse, pointe de l'iceberg de mes émotions multiples que j'étais encore capable de retenir pour le bien de tous. À plusieurs reprises, des piques verbales, affutées à souhait, menaçaient de s'échapper et de froisser mes deux compères, j'ai tenu bon en dépit de ma rage intérieure.

En arrivant à canaliser cette agressivité, j'ai pensé à Jérémie et à nos disputes incessantes. J'essayais de l'imaginer, avec ses calculs savants et son aigreur, à nos côtés mais c'était juste... inconcevable. Il est beaucoup trop coincé pour ça. Bien sûr, je ne suis pas prête d'oublier tout ce qu'il a réussi à accomplir, les nombreuses nuits blanches dédiées à ma matérialisation. Mais ça ne veut pas dire que je lui suis redevable indéfiniment. Est-on condamnés à passer notre vie ensemble sous prétexte que nous sommes liés par une série de codes informatiques ?

« Aelita, pars tout de suite ! Il ne faut pas que tu restes là, va immédiatement sur le cinquième territoire ! »

Je reste pétrifiée au son de cette voix que je ne connais que trop bien... celle de mon père. Ça n'augure rien de bon, un nouveau piège de XANA ?


-Odd-

Ma chérie m’a dit qu’elle savait conduire, pourquoi mettre en doute sa parole ? Voiture fournie par « un gars redevable rencontré il y a peu » de quoi susciter ma curiosité une nouvelle fois... Je suis parti sur un coup de tête ce matin, pas bien réveillé et sur les nerfs. J’ai fait mes adieux à Aelita et Ulrich, ça s’est moins bien passé avec lui. Les autres, je leur ai tout dissimulé. Est-ce par égoïsme ? Dois-je mettre ça sur le compte de la lâcheté ? Je ne le saurais sans doute jamais. Sans doute qu’ils m’auraient retenu... J’ai déjà eu assez de mal comme ça, je n’ose pas imaginer si j’avais eu Jérémie et Yumi en plus sur le dos.

« Katrina, est-ce que tu pourr...
— Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça !
— Désolé... T’as pas envie de rouler moins vite ?
— Ne me dis pas que t’as la trouille. La vie d'aventuriers, c’est pas pour les peureux ! »

J’avais délibérément menti à Ulrich et elle avait fait de même avec Aelita. Il n’y a pas de nouvel internat, juste nous deux et un futur incertain sur un chemin sinueux grimpant en altitude à chaque kilomètre. C’est ce qu’elle m’avait répété jour et nuit avant notre départ : « L’important, c’est de s’éclater ensemble ! Les autres, on les emmerde ! » Évidemment que ma famille allait s’inquiéter mais je savais qu’on finirait par revenir un jour ou l’autre, non ?

Premièrement, attardons-nous sur Jérémie. C'est un personnage en général plutôt apprécié du Conseil donc ce n'est pas nécessaire de le défendre beaucoup. Néanmoins, certains le catégorisent comme "l'intello asocial qui n'en fout pas une" alors que d'autres le trouvent moins cool car ce n'est pas, au sens propre du terme, un Lyoko-guerrier. Au premier abord, l'intelligence est clairement la caractéristique qui ressort chez lui mais depuis quand est-ce négatif d'avoir un QI élevé ? Et malgré le fait qu’il soit le moins sportif de la bande, Jérémie sait quand même se bouger quand il le faut ! Souvenez-vous de son escapade sur les toits de Kadic pour sauver ses amis de la mer numérique, tout le monde ne l’aurait pas fait ! Niveau social, c'est clair qu'il n'avait pas d'amis au départ mais il a construit de véritables liens pour combattre XANA. C'est avec lui que tout a commencé et s’il n'était pas habité par la curiosité envers l'inconnu, personne n'aurait connu le vaste univers créé par Franz Hopper, notre modèle à tous. Au final, c'est vraiment Jérémie qui soude le groupe et qui coordonne toutes les opérations.

Toujours prêt à agir à n'importe quelle heure pour contrer les plans les plus diaboliques, il est perpétuellement opérationnel et vif. Ceux qui disent qu'il a la vie facile car il ne va pas sur Lyoko ne prennent sûrement pas en compte les heures de son temps libre qu'il passe sur divers programmes afin de faciliter la tâche des Lyoko-guerriers, de décrypter le journal de Franz Hopper, de travailler sur la matérialisation/l'antivirus d'Aelita, sur la création du Skidbladnir et j’en passe. Jérémie est sans doute celui qui tient le plus à Lyoko, au même titre qu'Aelita. C'est un travailleur courageux qui s'inquiète toujours du bien-être de ses amis et de son grand amour. Il a d’ailleurs donné le CD des compositions d’Aelita au batteur des Subdigitals afin que celle-ci s’épanouisse aussi en dehors du combat quotidien contre XANA. Comme Atlas dans la mythologie grecque, Jérémie a eu un énorme poids sur les épaules et personne ne peut contester le fait qu’il a relevé le défi avec brio ! Il a pu jouer à l’apprenti sorcier (frayeurs avec la terrible Marabounta) mais au final, c’est celui qui s’est dévoué corps et âme pour la cause qu’il trouvait juste : vaincre XANA tout en ramenant Aelita chez les siens pour qu’elle puisse avoir la vie qu’elle mérite. S’il y a un pion à sacrifier, ça ne peut être lui, on en a encore besoin.

Passons maintenant à Yumi, personnage qui a visiblement embrasé les débats et qui récolte 33% de votes, ce qui est loin d’être négligeable. Attention, il est important de prendre en compte que seulement 61 votants ont participé pour le moment. On va d’abord aborder les avis de ses détracteurs... D'après beaucoup de critiques que j'ai pu lire, elle est haïe pour deux raisons majeures : son comportement jugé immature envers Ulrich et William ainsi que pour le fait qu'on se ne sait jamais vraiment ce qu'elle pense, ce qui la rendrait distante et inatteignable du point de vue de notre réalité à tous. Au niveau de ses relations avec les garçons, Yumi ne sait tout simplement pas où elle en est. Je pense que pour elle, l'amour est sans doute un signe de faiblesse et elle ne veut pas s'y résigner. Surtout que ça pourrait aussi gâcher ses amitiés. Soyons clairs, si elle avait choisi un des deux mortels, elle aurait immédiatement perdu l'autre rongé par la jalousie.

Au final, elle avait sans doute peu de sentiments véritablement amoureux ou les a placés dans un coin de son esprit suite à tous les tracas qu’elle a déjà endurés au quotidien. Elle avait une complicité dingue avec Ulrich mais notre expert de l'amitié garçon-fille, notion compliquée pour nous, pense que c'est possible chez ces primitifs. D'ailleurs, il n’a jamais été question de voir naitre un couple Jérémie-Yumi ou encore Odd-Aelita, tout simplement car c’était de notoriété publique qu’ils voulaient montrer au reste de Kadic qu'ils étaient juste amis. Je ne dis pas que Yumi n'a pas eu des moments de doutes envers son amour pour Ulrich mais au final, peut-être qu'elle le considérait juste comme son meilleur ami. Si elle était vraiment folle de lui, pourquoi se priver d'une belle histoire d'amour? Quand à William, il lui apportait une bouffée d'oxygène car il a le même âge qu'elle et surtout n'est pas dans le groupe d'amis à la base. Pas besoin d’aller chercher plus loin la source de ce désordre intérieur, il n’est pas assez entouré et facilement manipulable, heureusement pour nous d’ailleurs. C'est toujours agréable pour une femelle de fréquenter une autre personne mais je reste personnellement convaincu qu'elle n'aurait jamais pu sortir avec lui. Si elle l'avait vraiment voulu, ils seraient ensemble depuis longtemps, comme avec Ulrich d'ailleurs. Lourdeur, voilà comment résumer les tentatives de drague du cas William.

Ça aurait été tellement plus facile et bateau pour nous d’avoir à observer une énième fille populaire du lycée bien habillée qui a un couple dans lequel tout fonctionne bien et que tout le monde jalouse. Mais ils nous ont fait le cadeau empoisonné d’une ado mystérieuse, dans son comportement et dans son look, avec des valeurs et une culture différente. C'est en général la plus mature du groupe, définition qui peut néanmoins être remise en question au vu de ses erreurs de comportement. La japonaise n'hésite pas à prendre des décisions difficiles et remet toujours tout en question, notamment au niveau de ses relations amoureuses. Elle n'est pas facile à convaincre et est vraiment une jeune fille sportive et imprévisible qui reste malgré tout assez forte mentalement.

Dernier point, par le fait que c'est la seule externe du groupe, opportunité d’exploiter et d’analyser les liens qu'elle entretient avec sa famille et on ne peut que constater qu'elle est prête à tout pour les siens. C’est celle qui a dû le plus mentir et elle ne l’a pas fait de gaieté de cœur. Elle aurait pu s’effondrer mille fois mais elle a tenu bon, alignant vie familiale, scolaire et virtuelle. Et certains voulaient lui rajouter la pression d’une vie amoureuse en plus ? Elle a déjà bien assez à gérer. On peut lui permettre quelques sautes d’humeur à ce niveau-là car ceux qui la critiquent auraient sans doute craqué bien avant elle. Elle aurait pu tout plaquer mais elle a toujours été là pour venir en aide à la petite bande, tout en voulant être la fierté de ses parents et un modèle pour Hiroki. Qui n'aimerait pas l'avoir pour grande sœur franchement ? Vous l’aurez compris, je suis défavorable à sa substitution.


La voix s’éloigne, je tente tant bien que mal de reprendre mes esprits... Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

Troisièmement, je vais m'attarder sur Ulrich: le samouraï controversé de la bande. C'est clairement le plus facile à détester, ou du moins à critiquer. Je partage l'opinion qu'il a un rôle un peu ingrat car ce n'est pas évident de s'attacher à lui. Dans beaucoup de périodes de crise, on peut observer un nouveau défaut de sa personnalité, notamment le fait qu'il pique des crises quand quelqu’un s’approche de sa japonaise, il peut alors agir de manière stupide en se montrant froid et borné. La jalousie, il n’y a que les Français pour se compliquer la vie avec ça ! Mais le fan des arts martiaux a vraiment évolué suite à un moment que nous avons encore tous en mémoire. En effet, Yumi lui a dit qu’ils devaient être juste amis et cesser le couple présumé qu’ils formaient. Après cet instant déchirant, Ulrich va devenir progressivement plus mature et sera beaucoup moins jaloux. Il ne proteste même pas quand son « ex » doit prétendre être la copine de la réplique de William peu de temps avant l’attaque des motards. Mais même quand il avait encore tous ses défauts, en l'analysant attentivement, on constate que derrière ses allures de loup solitaire, c'est peut-être celui avec le plus grand cœur. Il aime passionnément Yumi comme tout le monde le sait et est définitivement prêt à tout pour elle car il déteste la voir malheureuse. Il a une grande fierté d’adolescent viril (il avouera quand même son vertige), des sénateurs le pensent insensible mais il versera même des larmes de désespoir lors de la tempête de neige car il se sent inutile, pas assez efficace pour sauver la geisha de l’arbre qui la retient prisonnière.

Il s’entraine dur pour être le plus performant possible et on ne peut que constater les résultats car il réalise des exploits sportifs étonnants au cours des épisodes que nous avons pris la peine de segmenter. Au niveau de ses sautes d’humeur, ses réactions inappropriées viennent sans doute du fait que c'est juste un jeune garçon en pleine puberté qui est blessé par la relation qu'il entretient avec ses parents. D’ailleurs, la manière dont son père le traite est tout simplement infecte, on n’aurait pas fait mieux. Le dialogue est complètement rompu entre eux. Ulrich peut se refermer comme une huître mais au final, il pense plus aux autres qu'à lui. Il peut parfois être blessant dans ses paroles, comme avec Sissi, mais peut aussi se montrer très doux, comme quand celle-ci se retrouve en danger, la scène de l’ascenseur se remplissant d’eau doit défiler sur l’écran qui se trouve derrière moi. Il n'hésite pas non plus à réparer ses erreurs quand il en a l'occasion, notamment avec Johnny, merci les retours vers le passé ! Et quand il s’agit de couvrir ses amis, c’est toujours le premier ! Il prend même la responsabilité de la publication du cliché compromettant de Yumi dans le journal de l’école. Pour terminer, c'est vraiment le sportif de la bande et ce n'est pas pour ça que c'est un imbécile, n’en déplaise aux mauvaises langues ! Souvenez-vous du jour où il est arrivé à manipuler tout le conseil de classe en étant dans la peau de Jim. Il est doué dès qu’il faut agir vite et sauver la situation. Sans lui, nos cobayes auraient de nombreuses fois échoué, que ce soit sur Lyoko ou sur Terre lors des attaques de XANA, Ulrich n'hésite jamais à prendre les choses en main et est incontestablement indispensable au groupe.

Son meilleur pote est le félin au look inoubliable, je parle bien sûr d'Odd ! Que ça soit clair, c’est celui qui trimbale la réputation du petit dragueur débile qui a un humour gamin. Et je ne parle même pas de ceux d’entre vous qui étaient persuadés d’avoir affaire à une fille suite à ses mimiques et sa voix inégalables. Que ce soit clair, oui je concède qu'Odd peut être lourd mais non il n'est pas insupportable ! Il amène à notre expérience un côté comique (qui peut le pénaliser) et est un peu le reflet de nombreux ados. Mais Odd est unique, ce n'est pas juste une caricature. C'est un personnage très intéressant qu'on adore ou on déteste, cependant personne ne peut nier qu'il a de nombreux bons côtés. Il admet ses défauts et s'accepte comme il est, ce qui lui apporte une grande confiance en lui. Rarement en proie au doute, il gère donc bien son stress et rebondit dans toutes sortes de situations. Cette énergie positive lui permet aussi d’exceller dans ses différentes passions : il est créatif musicalement et cinématographiquement parlant, sans compter toutes les cascades qu’il réalise avec son skateboard ou encore en gymnastique. Il a un très bon sens de la répartie, d’ailleurs le groupe compte sur lui pour répondre aux agressions verbales de Sissi. Toujours là pour apporter de la bonne humeur et pour remonter le moral de ses complices, il est dynamique et très sociable.

Son côté tête brûlée peut être très profitable sur Lyoko, notamment quand il se jette dans le vide pour faire du rodéo sur les Mantas. Comme tous les autres héros, il arrive à Odd de faire des erreurs. Il a sans doute fait une des plus grandes boulettes de l’histoire du groupe : révéler la présence du Supercalculateur à Bringa, la correspondante islandaise de Sissi. Mais il s’est très bien rattrapé. À la place de vouloir pavaner auprès de sa magnifique copine que tout le monde matait, il a préféré voler au secours de ses amis et a sauvé Aelita de William ! C’est sûr que le « ventre sur pattes » de la bande n’est pas prêt d’abandonner définitivement ses précieux amis pour une fille.

En parlant de ses amourettes, aux féministes qui disent que c'est un Don Juan qui fait souffrir les filles, je leur dis : « Regardez de nouveau les événements car on n'a pas dû voir les mêmes ! » Les histoires amoureuses du félin n’ont rien de bien méchant, il n’a embrassé que Sam et Aelita (par stratégie) si on ne compte pas notre joker évidemment. Au final, il aime s'amuser mais n'a jamais joué avec les sentiments de manière cruelle, aucune fille n’a été détruite par son comportement. D’ailleurs, il aurait pu tout à fait briser l’intimité de Yumi lorsqu’il s’est retrouvé dans son corps mais il l’a respectée. La seule fille avec qui il a eu un peu plus qu'une simple amourette est Sam, le blondinet était même prêt à se faire renvoyer pour elle, ce qui prouve une nouvelle fois que NON : Odd ne pense pas qu'à lui!

Voici en exclusivité la scène où il abandonne sa place de finaliste à la compétition de skate et réfrène son envie de passer la journée avec Sam, revenue exceptionnellement le temps du concours, pour aider ses amis qui ont besoin de lui pour combattre William. Un autre très bel exemple qui prouve qu’Odd n’est pas uniquement centré sur lui-même est le jour où il s’est surpassé en se montrant très protecteur envers Milly et Tamiya lors de l’éboulement de Kadic alors que ça aurait été bien plus facile pour lui de les laisser tomber. Certes, Odd est comme il est mais non, il est n’est pas la personnification de tous les défauts du monde. Le sort en est jeté, à vous de choisir...

Terminons sur Aelita, sans aucun doute moins victime que les trois précédents mais elle reste une autre cible facile pour les critiques. "Elle prend des risques inconsidérés, ne pense qu'à elle, inutile princesse qu'il faut sauver et qui est juste bonne à taper ce foutu code,..." Soyons clairs, s’il y a une personne qui est prête à tout pour ses amis, c'est bien elle ! Il y a de nombreuses preuves de sa dévotion mais un de ses plus grands sacrifices reste l'ordre donné à Jérémie de matérialiser Yumi sur Terre plutôt qu'elle, cruel dilemme... Dans l’ensemble de la saison 1, elle risque sa peau sur Lyoko pour désactiver les tours alors que les attaques de XANA sur Terre ne la concernent pas directement, elle aurait pu rester tranquillement dans une tour sans se soucier des monstres ni de ses amis humains. Elle n’est certainement pas une simple "princesse" qu'il faut protéger des créatures infernales, regardez son évolution à partir du moment où les territoires ont été détruits !

La petite elfe fragile est clairement devenue une Lyoko-guerrière au même titre que les autres : ça lui est même arrivé d’être celle qui a abattu le plus de monstres du mois ! Malgré ses cauchemars récurrents qui auraient pu la rendre irascible, Aelita est toujours restée positive et à l’écoute de ses amis. Si elle a pu être déstabilisée par les attaques de Sissi, force est de constater qu’elle s’est endurcie jusqu’à être bien dans sa peau sur Terre... Elle a vraiment pris son envol progressivement et toutes les épreuves l’ont fait devenir une fille équilibrée et réfléchie, ce n’est pas que la version féminine du cerveau de Jérémie ! Pour finir sur elle, Aelita est vraiment une fille qui aimé profondément la vie et les petits plaisirs du quotidien. Quand je pense qu’elle irradie littéralement de bonheur juste en étant DJ de la petite soirée du Collège... C'est une humaine qui a vécu des événements extraordinaires et qui a dû s'adapter à de nombreux changements. Et vous savez quoi ? Elle en est sortie la tête haute, preuve que c'est une fille forte avec une sensibilité évidente, ce qui ne la rend que plus attachante.

Vous pouvez continuer à détester l'un d'entre eux mais j'espère qu'avec les pistes que j'ai apportées, vous allez remarquer qu'ils ont tous des côtés positifs ces héros originaux ! Avant la période trouble, ils étaient vraiment adorables... Au final, c'est comme dans la vie, on peut remarquer les défauts de quelqu'un mais il ne faut surtout pas se focaliser là-dessus. Chacun est une pièce du puzzle et coller des étiquettes négatives aussi facilement ne peut que vous rendre aigris. Apprenez à apprécier tous les individus de notre Communauté pour vous assurer de ne pas passer à côté de quelqu'un qui peut s'avérer formidable si on prend la peine d'avoir un autre regard sur lui. Dommage qu’on ne peut pas tous les garder...


Charlotte a perdu connaissance, j’essaie tant bien que mal d’agripper le volant. Les roues du véhicule crissent sur la chaussée humide et la trajectoire de la bagnole dévie dangereusement vers un ravin dont je ne vois pas le fond. En détachant ma ceinture et sautant sur les genoux de ma chérie, je réussis de justesse à reprendre le contrôle de la voiture et donne un grand coup de volant... pour percuter de plein fouet la camionnette qui arrivait en sens inverse.


À suivre : Born to die

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Ikorih MessagePosté le: Dim 20 Nov 2016 20:11   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Localisation: Sûrement quelque part.
Avant propos : une perquisition à la recherche de drogues en tous genre à été lancée chez Minho. Ce dernier aurait déclaré qu'il cachait aussi peu de choses que les personnages de sa fiction et aurait d'ailleurs proposé aux enquêteurs de choisir quelle était la pire pétasse parmi les personnages du sexe féminin. A l'heure actuelle, cela n'a toujours pas été déterminé et le LSD de Minho est en lieu sûr.

Une introduction un peu plus sérieuse serait peut-être de mise. Déjà sache que "la petite voix" te lit et a spotted ton chapitre à la seconde où il est sorti XD Mais sache que c'est moins un problème de timidité que de...flemmardise x) Elle préfère taper l'incruste sur mes coms alors qu'elle sait en faire d'excellents U_u
Tout ça pour dire :
La petite voix a écrit:
Bah putain, si tous les chapitres étaient comme ça, j'aurais jamais râlé ! XD


Bon bah du coup, le chapitre en question? XD
J'aime beaucoup l'exploitation d'un background Ulrich/Sissi, tu as l'air de sous entendre qu'ils sont plus proches que la série le laisse croire et c'est une relation qui me plaît. J'attends de voir où tu vas nous amener tout ça. Dans la même catégorie, son petit coup de stress par rapport à Jérémie amène une sorte de nuance par rapport à ce qu'on en voit dans la série, et c'est cool parce que ça donne du relief à Jérémie sur le plan social, ce qui est plutôt rare.
Je ne peux pas m'empêcher de tiquer sur la description qui est faite de Jérémie, comme si y avait un truc pas net derrière. Je crois que ta fic m'a retourné la tête et que je suis parano maintenant.
Arrivée de la réplique de William (joli parallèle avec la série là aussi), pas difficile d'imaginer ce qui a fait que Jérémie était claqué/fiévreux x)
Je note le petit taunt aux fics de romance adeptes des soirées à Kadic, et je ne peux m'empêcher de penser que ce cher Paul Gaillard fera son retour précisément à l'élection de Miss Kadic...(ouais j'ai réussi à repenser à lui dans ton bordel sans nom, on dit bravo)
On nous rappelle aussi que Sissi a cru que Ulrich avait été assassiné il y a quelques temps. Elle voulait lui parler de ça, obviously, et visiblement ça implique des magouilles pas nettes, avec deux interlocuteurs que je soupçonne masculins (parce que W (qui n'est pas William) ça me fait pas penser à une fille et l'autre et mentionné comme étant un garçon).

Transition qui vend du rêve :
La petite voix a écrit:
S'il te plaît.... Grouille-toi de buter cette connasse de bonbon rose, elle nuit au scénar' cette sale ****

Moi j'ai beaucoup rigolé en voyant la façon dont elle considère son ancienne version nunuche, mais globalement elle casse effectivement les couilles. Imbuvable xD Et en prime elle rage sur Jérémie...au moins, la fic n'a pas l'air de faire en sorte qu'elle se recase avec Odd. Je crois. Par contre, FH? je croyais que tu avais oublié qui c'était! Razz
On notera le changement radical : elle pense cash à un piège de XANA en l'entendant. Les boîtes de nuit l'ont plus changée que ce qu'on croyait o.o
Citation:
Je vais me sentir seule dans ma chambre maintenant... C'est pour ça qu'il faut que je retrouve Max

La saloooooooooope.

Bon évidemment c'est pas ce passage là qu'on attendait hein? C'est pas celui-là qu'on veut voir commenté, hein? XD
Essayons de mettre ce bordel en ordre.
J'exit direct le "pourquoi il entend ça sinon?". Sinon on va pas s'en sortir XD
Ce que cet italique bordélique nous explique, c'est qu'il y a un Sénat (s'toi qui l'a dit) qui vote et débat au sujet de nos personnages. Et que Charlotte est leur "joker". Ils s'expriment beaucoup comme des créatures supérieures et immortelles, et leurs propos mettent en lumière qu'il s'agit de cl.fr. Nan j'déconne! 8D
Il est fort probable qu'il s'agisse de genre de dieux en fait (théorie de la petite voix, j'avoue). A l'appui, je veux la référence à Atlas et le titre de ton chapitre. Et ils ont des infrastructures un minimum similaires à ce qu'on connait : mention de l'écran derrière l'orateur.
Quant à la nature de ce que vivent les LG du coup...moi ça m'a évoqué une téléréalité (la notion d'épisode, les votes éliminatoires...), mais ça semble beaucoup plus sérieux : les termes pions, le fait qu'ils aient inséré Charlotte dans tout ce merdier...
Et bien entendu, ils veulent virer quelqu'un, ce qui serait plausiblement le drame. Qui, me direz-vous? J'en sais rien putain! Mais ce que je sais, c'est que dans une dizaines de jours, Charlotte sera à Kadic (si je me souviens bien de la chronologie de la scène avec Ulrich) et pas Odd. See what I mean? Tout ça pour dire qu'elle réchappera de son accident de voiture, et qu'elle reviendra assez vite de cette escapade qu'elle a totalement planifiée parce qu'il y a Odd (elle refusait qu'il l'accompagne au départ puis elle a changé d'avis...(smirk)). Odd qui remporte au passage un prix de connardise pour avoir lâché la lutte (contre qui déjà?) aussi tranquillement xD. ça justifierait aisément que le Sénat le vire, non? (a)

Allez c'est fini pour moi, à la prochaine (a) probablement avec la petite voix sauf si je lui botte assez le cul pour qu'elle aille faire un com' toute seule....
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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Dim 20 Nov 2016 22:15   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


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chapitre vraiment étrange, ou on a une sorte de quatrieme mur inversé ou odd entend les opinions du point de vue extérieur à l'univers (la ou lyoko est une fiction produit par moonscoop)

au vu du prochain titre , cette fois on dirait qu'odd va mourir pour de bon (c'est presque toujours lui que les auteurs choisissent quand ils veulent tuer un LG dans une fic, souvent parce qu'il ne savent comment écrire un odd dans un genre d'histoire ou l'humour serait déplacé).

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Minho MessagePosté le: Lun 21 Nov 2016 20:06   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Réponse à Ikorih
Spoiler

Réponse à *Odd Della Robbia*
Spoiler


Surprise pour les neuf mois de la fic ! Je comptais publier ce chapitre hier mais, finalement, je vous ai laissé un peu le temps de digérer le 21 car le 22 est tout aussi costaud !

Chapitre 22 : Born to die


-Yumi-

Il y a des instants d'existence qu'on n'oubliera jamais. L'appel d'hier soir, je m'en souviendrai certainement jusqu'à mon dernier souffle. Je revois la scène en boucle. La cuisse de poulet à moitié rongée, la compote déjà avalée et la sonnerie de ce putain de portable. On m'a pourtant déjà répété maintes et maintes fois qu'il ne fallait pas répondre en plein repas... Mais bon, ça n'aurait fait que prolonger mon ignorance quelques minutes de plus. À chaque fois que je vais l'entendre, ce son électronique détestable, je vais l'assimiler à une désastreuse nouvelle. Deux conversations téléphoniques, voilà ce qu'il faut pour décimer la moitié d'une famille. On pense toujours que le malheur, cette ombre si menaçante, va se contenter de faucher les autres en nous épargnant de tout tracas... pour finalement se retrouver à philosophier à chaque heure du jour et de la nuit en se remémorant les intervalles heureux. « Profite du moment présent, on ne sait pas de quoi demain sera fait... » Ça ne m'a jamais semblé aussi vrai. Si Lyoko n'était pas entré dans nos vies, j'aurais eu beaucoup plus de temps à consacrer à ma famille.

Depuis l'annonce du décès de mon père, mon esprit divague et revient perpétuellement en arrière. Je me promène à nouveau dans les rues de Tokyo, petite fille folle de son papa, trimballant partout son imper flambant neuf rapidement devenu marron suite aux nombreuses balades dans la métropole. Un petit parapluie fuchsia, bien inutile la plupart du temps, vient compléter le tableau de la fillette qui se laisse encore habiller par sa mère. Les pigeons m'intéressaient plus que le kiosque aux journaux et je me suis éloignée... erreur fatale dans la métropole si hostile, du moins c'est comme ça que je percevais cette ville. Au fond, j'ai perdu mon père deux fois. Car ce dimanche de février, j'ai erré sans but, dépourvue de mon guide qui me protégeait de tous les dangers, pendant quatre heures, une véritable éternité.

Takeho avait beau travailler énormément, sa progéniture n'en était pas oubliée pour autant. Je ressentais pourtant un terrible sentiment d'abandon durant la longue semaine qui me séparait de lui et encore plus pendant les voyages d'affaires interminables. Me levant aux aurores pour le surprendre au petit-déjeuner et guettant tard le soir son retour à la maison, j'étais la plus heureuse des gamines quand je l'apercevais. La plupart du temps, c'était un échec. Je n'avais pas de réveil à cette époque, mauvais pour le sommeil des enfants selon les pédagogues... Et je ne compte même pas les soirées où je me suis endormie de fatigue en l'attendant. Ça m'arrivait même de sortir de mon lit douillet en pleine nuit pour m'introduire dans la chambre de mes parents mais la déception était souvent grande. Malgré tout, il se consacrait entièrement à moi lors des deux journées de chaque week-end et c'est d'ailleurs pendant une de ces après-midis privilégiées que je me suis égarée.

En me retrouvant seule dans la foule, j'ai compris que la vie n'étais pas un Disney et encore moins à Tokyo. Partout, les gens se bousculaient, trop pressés de rentrer chez eux pour faire attention à tout ce qui se passait réellement autour d'eux. Et en vérité, il valait peut-être mieux comme ça. Quand on commence à regarder véritablement les dessous d'une ville, ça n'a rien de propre. Au hasard des rues, j'ai réalisé que la crasse suintait des murs, que de nombreuses personnes dormaient dehors et tous ces animaux abandonnés, peut-être plus les chats que les chiens, avaient la peau sur les os. Ces êtres vivants, humains ou bestioles affectueuses, crevaient littéralement de faim.

Avec le recul, je me dis que j'aurais dû rester à proximité du kiosque à journaux, là où nous nous étions perdus de vue. Mais, à cet âge, on écoute rarement les recommandations des adultes. Au début, je m'éclatais. Je prenais vraiment ça à la rigolade, à slalomer entre les gens pressés tout en chantant à tue tête, mais ce petit jeu a vite fini par me lasser. La réalité a repris le dessus et il n'y avait plus qu'une chose qui comptait : j'étais séparée de mon père. J'ai pleuré, longtemps, et j'ai tellement épuisé mon stock de larmes que je ne me rappelle pas avoir pleuré à d'autres occasions pendant le reste de mon enfance. Même en cas de chutes et de contrariétés typiques aux mioches, j'ai serré les dents. Ça ne sert à rien de pleurer, ça n'atteint pas le reste du monde et ça vous rapproche de la folie. Sur un banc, je n'ai eu de cesse de geindre et personne n'a fait attention à moi, comme si un gosse pouvait être dangereux... C'est pour attirer l'attention que les gens pleurent en public et, inconsciemment, c'est ça que les petits font quand ils se retrouvent sans repères. Je suis persuadée qu'une grosse partie de la foule ne m'apercevait même pas mais d'autres faisaient clairement semblant de ne pas me voir. Ne pas s'arrêter, on évite les ennuis et le regard des autres, comme c'est pratique...

Une seule personne a pris la peine de s'arrêter, un vieillard aux dents cariées. Mais j'ai pris peur et j'ai préféré partir en courant. Difficile de respecter l'interdiction de parler aux inconnus quand on se retrouve dans une situation critique. Takeho a fini par me retrouver comme toujours. Mais plus rien n'a jamais été comme avant. Ma mère a commencé par lui faire un reproche, puis ça a été deux, pour finir avec un florilège d'accusations en tous genres, elle a même été jusqu'à supposer que mon père avait essayé de se débarrasser de moi. Quant à lui, il revenait toujours avec le souci du travail, qu'elle ne fournissait rien de positif à la famille. Quelque chose avait dû se produire entre eux au niveau du boulot car c'était vraiment LE sujet à ne pas évoquer... Je n'en pouvais plus d'assister à leurs crises quotidiennes, ça me détruisait peu à peu. Pour pallier à ce problème, ils ont pris une décision radicale : me placer en pension. « Moins de temps à s'occuper de toi, ça permettra à ta mère de trouver un job ! » Ils m'ont envoyé à l'autre bout du pays et je n'ai pas eu de nouvelles d'eux pendant une année complète, c'était un véritable orphelinat leur institution... On entassait les gosses dans un vaste domaine pour ne pas avoir à s'occuper d'eux, charmant programme. Quand ils ont fini par venir me rechercher, nous n'étions plus seuls. Un petit garçon avait rejoint le foyer familial, j'ai appris que j'étais grande sœur avec quelques mois de retard. Plus que jamais, je me demande ce qu'ils ont pu trafiquer pendant cette année sabbatique. Akiko, je te jure bien que je vais t'obliger à répondre à toutes mes questions...


-Odd-

Ma chérie m’a dit qu’elle savait conduire, pourquoi mettre en doute sa parole ? Voiture fournie par « un gars redevable rencontré il y a peu » de quoi susciter ma curiosité une nouvelle fois... Je suis parti sur un coup de tête ce matin, pas bien réveillé et sur les nerfs. J’ai fait mes adieux à Aelita et Ulrich, ça s’est moins bien passé avec lui. Les autres, je leur ai tout dissimulé. Est-ce par égoïsme ? Dois-je mettre ça sur le compte de la lâcheté ? Je ne le saurais sans doute jamais. Sans doute qu’ils m’auraient retenu... J’ai déjà eu assez de mal comme ça, je n’ose pas imaginer si j’avais eu Jérémie et Yumi en plus sur le dos.

« Katrina, est-ce que tu pourr...
— Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça !
— Désolé... T’as pas envie de rouler moins vite ?
— Ne me dis pas que t’as la trouille. La vie d'aventuriers, c’est pas pour les peureux ! »

J’avais délibérément menti à Ulrich et elle avait fait de même avec Aelita. Il n’y a pas de nouvel internat, juste nous deux et un futur incertain sur un chemin sinueux grimpant en altitude à chaque kilomètre. C’est ce qu’elle m’avait répété jour et nuit avant notre départ : « L’important, c’est de s’éclater ensemble ! Les autres, on les emmerde ! » Évidemment que ma famille allait s’inquiéter mais je savais qu’on finirait par revenir un jour ou l’autre, non ?

Ravi de vous retrouver chers confrères ! Avant d'aborder le cas qui nous intéresse tous, on va parler un peu de... romance ! Nous avons décidé de segmenter encore plus les événements en attribuant des titres aux épisodes. Un peu plus d'excitation que diable, on est ici pour prendre des décisions lourdes en conséquences, je vous le rappelle ! Sans plus attendre, je vais donner la parole à notre spécialiste des sentiments amoureux.

« Les Einstein, la base, quand ils étaient encore ensemble évidemment. Le fait que personne ne se mêle de leur couple est positif pour eux. Ils ont pu avoir quelques crises, souvent dues au contraste entre la sensibilité parfois à fleur de peau d'Aelita et le côté neutre/indifférent que Jérémie peut avoir quand il travaille sur un programme. J'ai été impressionné par Jérémie, il répare toujours ses erreurs quand il en a l'occasion, il ne pourrait vraiment pas rester fâché longtemps avec sa belle. Notamment dans #89 Il est sensé d'être insensé où Aelita mixe pour la première partie du concert des Subdigitals et son copain ne se rend pas bien compte que c'est important pour elle qu'il soit là. Ce moment de complicité est vraiment touchant.
— C'est bien beau tout ça mais c'est du passé ! Et si Aelita succombait ? Soyons réalistes, Jérémie n'est pas en mesure de plaire à une autre fille. Mais qu'en est-il de Stones ? Elle a déjà abandonné son rôle de gardienne de Lyoko, est-ce vraiment la fin pour tous ?
— J'avais déjà envisagé la possibilité que certains des héros pourraient avoir subitement l'envie de commencer une nouvelle vie... Tout ce qui les reliait, en dehors de leur profonde amitié, était le combat contre XANA. Après autant d'épreuves, on ne peut pas reprocher à quelqu'un de vouloir aller de l'avant. Mais c'est sûr que toutes ces difficultés feront toujours partie d'eux et donc, il y a peu de chances qu'ils trouvent un partenaire extérieur à qui ils pourront confier la double vie qu'ils ont pu mener.
— Et Ulumi ?
— Un peu de sérieux s'il vous plait, on n'est plus au stade où on donnait des combinaisons débiles pour s'exprimer ! L'option la plus facile pour Ulrich et Yumi serait encore de se remettre en couple la lutte une fois terminée, surtout que William et Sissi ne seront plus dans le passage. Mais on ne sait jamais ce que la vie nous réserve et les différentes possibilités de chemins que les membres de la bande peuvent prendre après Évolution sont nombreuses... Mais puisque vous voulez aborder notre duo platonique plus en détails, je ne vais pas me gêner. »

Silence dans l'assemblée, on écoute jusqu'au bout !

« J'utiliserai sans cesse le mot "rupture" avec précaution et toujours entre guillemets car nous ne sommes jamais sûrs de rien avec eux. Yumi a voulu faire cesser la situation "mi-couple mi-amis" dans laquelle ils se trouvaient. Mais la raison qui l'a poussée à prendre cette décision n'est pas claire. Je vois personnellement deux possibilités, qui peuvent être plus ou moins complémentaires. La première, c'est que ses sentiments se sont amoindris au fil du temps et dans le doute, elle a préféré faire un break. La deuxième (la plus probable et la plus estimée par les sénateurs) serait une conséquence de sa pseudo-maturité (et après ses détracteurs viendront encore dire qu'elle est immature...). En se rendant compte qu'ils souffraient plus qu'autre chose dans ce "couple", elle aurait préféré mettre les choses au clair, probablement pour mieux se retrouver par après. C'est vraiment bien qu'elle se soit rendue compte qu'elle n'avait pas une relation saine avec lui. Pour nous spectateurs, ça saute aux yeux mais quand on vit une situation comme ça, parfois on s'accroche à ce qui nous fait du mal et ça aurait pu être son cas.

Ce qui est intéressant dans le cas de Yumi, c'est son comportement dans les saisons 3 et 4. Du fait qu'elle garde tout pour elle, on en sait peu sur ses véritables intentions et sentiments. Contrairement à Ulrich dont on sait pertinemment qu'il est toujours amoureux. Là encore, je vois deux possibilités. La première est qu'elle a perdu ses sentiments au fil du temps, se rendant compte qu'Ulrich n'est peut-être pas le garçon qu'il lui faut. Elle aurait donc pu être prête pour une nouvelle relation amoureuse à la fin du combat contre XANA mais se pose cette question : Yumi sera-t-elle jamais prête à être en couple en jour ? Comme on le sait, elle a du mal à donner sa confiance et à partager des relations (très) intimes. Parfois, je me dis qu'elle voit sans doute l'amour comme un piège. Le meilleur moyen de se protéger des ravages qu'il peut nous faire est de ne pas tomber dedans. Peut-être aussi qu'elle s'est trouvée trop jeune pour déjà se "caser" après tout, beaucoup d'ados sont comme ça.

La deuxième interprétation qui peut-être envisagée, toujours au vu de son comportement, est terriblement frustrante pour elle : dans le cas où elle a gardé des sentiments pour Ulrich après la "rupture" ou mise au point si vous préférez. Elle aurait donc réprimé son amour pour ne pas risquer de complètement détruire leur relation, assez abimée au cours des deux premières saisons suite à différentes crises. Tout en le protégeant d'un éventuel décès sous le joug de XANA... Mais si c'est le cas pourquoi ne pas se remettre avec dans le dernier épisode ? Certes, cela aurait été un "Happy Ending" prévisible. D'un coup, les comportements ambigus auraient changé et les sentiments seraient devenus plus clairs ? Ce n'est pas très crédible et au final, je préfère la fin ouverte qu'ils nous ont laissée, à nous de l'exploiter !

On peut émettre aussi l'hypothèse qu'ils ont voulu nous montrer qu'ils n'étaient pas faits pour être ensemble. C'est vrai que si ils n'arrivent pas à faire évoluer leurs réactions (explosives quand ils sont en couple) et à rétablir le lien endommagé, comment peuvent-ils un jour former un couple sain et vraiment amoureux ? Je ne suis pas convaincu qu'ils auraient fini par se retrouver avec tout le temps passé depuis #53 Droit au coeur. Surtout que "L'après XANA" leur donne logiquement plus de temps libre pour élargir leurs horizons et rencontrer de nouvelles personnes, notamment le jour où ils vont quitter le collège Kadic... Comme on a pu le dire dans différents discours, leur histoire a tourné au vinaigre. Il ne serait sans doute pas enrichissant pour eux de continuer à se déchirer, cet échec contraste d'ailleurs avec la réussite et la complicité de l'autre couple phare de la série... jusqu'à aujourd'hui car là aussi ça devient problématique mais c'est un autre récit. C'en est fini pour moi, merci de votre attention ! »

Il est grand temps de relancer le débat sur un autre sujet. Parlons peu (impossible avec moi, vous le savez), parlons bien. Évoquons le personnage d'Élisabeth, hors de question qu'on l'élimine car je la trouve personnellement extrêmement complexe alors que d'autres déclarent à demi-voix que c'est juste la garce de service. C'est d'ailleurs une des raisons majeures qui contribuent au succès de la saison 1, Sissi est clairement plus mise en avant que dans les autres. Beaucoup ont sans doute remarqué que, malgré tous ses défauts, elle a parfois un comportement très troublant. Elle est effectivement un horrible frein à la relation Ulrich-Yumi et est infecte avec tout le monde mais de temps en temps Delmas peut s'avérer étrangement protectrice dans des moments plus ou moins critiques. Notamment dans #14 Piège avec Ulrich dans l'ascenseur, dans #34 Chaînon manquant lorsqu'elle accepte de prendre la place de Yumi pour la photo sans rien demander en retour ou dans #40 Contagion où elle se montre très tendre avec Milly lorsqu'elle est effrayée des "zombies". Ce qui m'amène à me demander si Sissi a toujours été si méchante.

J'ai pensé qu'elle a peut-être eu une relation tendue avec sa mère (à la même manière qu'Ulrich avec la figure paternelle). La femme de Delmas dont on ne sait pratiquement rien... Se pourrait-il qu'elle soit pire que Sissi ? Que ses parents soient divorcés et qu'elle en a tellement souffert qu'elle est devenue amère ? Personnellement, je pense que son côté superficiel vient peut-être de son caractère à la base mais que son côté garce est le contrecoup d'une situation familiale difficile. D'ailleurs le fait que son père soit le principal n'est pas qu'un cadeau, il est souvent derrière elle, la remettant à sa place publiquement et elle n'a donc pas eu une vie scolaire exactement comme les autres. Dans la vie réelle, peu de filles sont purement méchantes gratuitement avec les autres sans raisons derrière leurs comportements et c'est souvent suite au passé compliqué qu'elles ont pu avoir. Que se serait-il passé si Sissi avait pris encore plus d'importance ? On aurait peut-être remarqué une évolution même si le dernier épisode marque quand même un contraste dans son comportement.


La voix s'éloigne, je tente tant bien que mal de reprendre mes esprits... Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

Merci pour cette info sur sa mère que je n'avais pas dans ma base de données. Comme quoi, même les plus informés ne sont pas au courant de tout ! Son comportement a donc clairement un lien avec le fait qu'elle n'a pas eu une figure maternelle présente à ses côtés au quotidien. Et ça soulève pas mal d'interrogations aussi. Notamment, je vois mal son père parler à Elisabeth des changements à la puberté ou encore lui apporter de la tendresse, il est quand même assez distant avec elle (à noter qu'on ne voit leur relation que quand ils sont à Kadic). Au final, il y aurait donc une raison derrière tous les coups bas qu'elle a pu faire aux gens qui l'entourent.

J'avais oublié de vous exposer un comportement troublant qu'elle a eu dans #69 Double foyer, Ulrich accroché à la gouttière du toit du collège retient Sissi. Elle lui dit qu'il ferait mieux de la lâcher comme ça il aura plus de chances de survivre. Je ne voyais pas la Sissi égocentrique se sacrifier pour qu'une autre personne puisse vivre (bon la personne en question ici est quand même l'amour de sa vie mais elle aurait pu avoir une réaction du genre "Si je meurs, il doit partir avec moi comme ça Yumi ne l'aura pas.") Tout ça pour dire qu'il ne faut pas oublier non plus ses nombreux défauts. C'est comme ça qu'on l'aime après tout sinon elle nous est inutile !

Après tout ce que Sissi leur a fait subir, c'est vraiment clair qu'elle ne mérite pas du tout de finir avec Ulrich ! Quand on y pense, le fait qu'elle soit toujours sur son dos peut même limite s'apparenter à du harcèlement et je pense que d'une certaine manière le samouraï en a souffert, déjà rien que par le fait que ça a créé pas mal de crises dans sa relation avec Yumi. Néanmoins, on peut toujours s'arranger pour organiser un rapprochement... L'amour inattendu, c'est la recette miracle !

Je vois que le temps passe à une vitesse folle, il est temps de faire notre choix. Je vais rapidement, et pour la dernière fois, exposer mes arguments au nom de la Communauté sur notre sujet majeur du jour.

Les Lyoko-guerriers sont incontestablement bons pour vaincre les monstres de XANA, la preuve en est que c'est presque à chaque épisode une réussite de la mission ! Ils ont tous développé leurs propres techniques de combat et il faut dire qu'elles sont inventives et efficaces. Dans ce groupe, un candidat est mis sur la sellette aujourd'hui.

Parlons tout de suite de son plus grand défaut... L'humour d'Odd a beau être bancal, il est efficace pour la bande puisqu'ils rigolent aux éclats à chaque fois (dans le cas des réponses qu'il fait à Sissi). Il ne faut pas oublier qu'il répond du tac au tac donc ce n'est pas comme s'il avait le temps de créer la vanne du siècle. En tout cas, il la fait partir tout en la remettant à sa place donc c'est le principal. Sinon parfois, c'est un autre qui s'y colle mais c'est assez rare.

Il a peut-être le physique le plus chétif mais son courage (énorme il faut le dire) le pousse aux actions héroïques. C'est clair qu'il ne se prenait pas toujours au sérieux mais c'était une méthode sacrément convaincante et qui a fait ses preuves. C'est tout ce qu'on lui demandait au final donc il a pu le prendre à la rigolade mais pas de trop non plus vu qu'il n'a jamais eu de problèmes irrémédiables. J'aime aussi beaucoup la technique de combat qu'il utilise pour éliminer l'avatar xanatifié d'Ulrich sur Lyoko et qu'il réutilisera sur William. Quand Odd s'accroche à une paroi avec ses griffes, l'adversaire se penche pour regarder s'il a fait le grand plongeon et le félin en profite pour détruire son adversaire, on ne peut pas perdre un tel atout...

Au niveau de son baiser avec Aelita qui a fait couler énormément d'encre, je suis mitigé. Sur le moment quand on regarde, c'est impossible de dire s'ils l'ont vraiment fait ou pas vu qu'Aelita est de dos, penchée vers Odd. S'ils avaient été de profil, on aurait pu le dire clairement mais on découvre la scène du point de vue d'Hervé et Nicolas. Au début, je pensais que c'était du pipeau mais il y a deux éléments qui m'intriguent :
• Odd dit à Jérémie qu'il va devoir avoir "l'esprit ouvert" s'il veut que le plan réussisse.
• Jérémie, à la fin de l'épisode, est assez contrarié par ce qu'il s'est passé dans l'ascenseur.

Si vraiment ce n'était qu'un tour de passe-passe, Jérémie n'a absolument aucun motif de devoir avoir l'esprit ouvert et il n'aurait pas râlé après coup. En tout cas, quoi qu'il s'est passé, c'était à 100% stratégique (sans sentiments DU TOUT) et si il y a eu baiser, ce n'était sûrement pas à pleine bouche. Ça a du être un bisou du bout des lèvres. Mais avec l'ambiguïté que cette scène apporte chez certains, je vais quand même vous demander de ne pas retenir cette petite partie de mon discours sinon on va croire que je suis pour les voir en couple alors que pas du tout.

Il y a eu beaucoup d'élèves avec qui Odd a eu des "aventures" mais au final, on n'en a vu aucune profondément blessée ou avec une dépression nerveuse suite à l'attitude d'Odd. Quand on y pense, c'est même plutôt positif pour elles que ça casse car c'est vraiment un lourdaud en couple. Au final, toutes ces histoires avec différentes filles, c'est plus de la blague pour voir la situation se retourner contre lui qu'autre chose. Ça n'a jamais été plus loin que des sorties au cinéma ou des balades, ce n'est pas un « gros bâtard qui force les filles » jusqu'à preuve du contraire. On peut trouver bien pire que lui niveau connard avec la gente féminine. Et on arrête de contester dans l'assemblée, ODD N'EST PAS UN SALAUD ! Moi j'ai juste l'impression qu'il a toujours besoin d'avoir une présence féminine à ses côtés et cela s'explique peut-être par le fait qu'il a grandi avec cinq soeurs qu'il a dû quitter subitement en arrivant au collège-lycée que nous connaissons tous.

Toutes les histoires d'Odd se soldent par un échec, parfois avec quelques gifles en prime. C'est donc le parfait exemple pour montrer "ce qu'il ne faut pas faire" à nos jeunes enfants. C'est en quelque sorte la morale : il est condamné à réessayer avec une autre fille à chaque fois car il n'est jamais satisfait et donc ne parvient pas à trouver un équilibre. D'ailleurs, je pense qu'il a pu en souffrir par moment, même si c'est extrêmement peu exploité dans l'histoire. Mais dans #85 La belle de Kadic, on peut constater à la fin de l'épisode qu'il est assez triste que Bringa ne prenne même pas la peine de lui dire au revoir. C'est un ultime retour de flammes pour celui qui a parfois eu un comportement assez blessant envers ses amoureuses.

Quant à ses véritables sentiments... Le félin virtuel porte un masque en permanence et c'est sans doute sa manière à lui de se protéger des déceptions et des coups durs de la vie. Yumi préfère passer à côté de ce qui aurait pu être une belle histoire d'amour plutôt que d'en souffrir. Ulrich se ferme comme une huître et ne veut voir personne. Aelita préfère retourner seule sur Lyoko (endroit dangereux pour elle) plutôt que de continuer à subir les brimades de Sissi. Et Jérémie préfère fuir la réalité pour se mettre devant son écran. Ils ont tous leurs propres façons de gérer les crises et c'est sûr qu'Odd ne nous a pas souvent montré une facette paniquée de sa personnalité. Pourtant, tout le monde stresse et a des moments de doute... On ne sait jamais vraiment ce qu'il ressent, il a un côté parfois presque inhumain par le fait qu'il esquive tout ce qui peut le déstabiliser.

Pour conclure, je dirais qu'il a apporté une bonne humeur constante et sa capacité à relativiser a pu s'avérer utile. Sans lui, tout aurait pu être plus sombre et les héros auraient sans doute eu plus de mal à aller de l'avant sans sombrer dans une angoisse permanente. Et je ne suis pas du tout d'accord sur le fait que le groupe aurait été plus équilibré avec seulement deux couples, quatre membres donc, car ça aurait tout recentré sur l'amour et pas sur l'amitié qui unit cinq jeunes complètement différents. Sans oublier que beaucoup de sénateurs sont fous d'Odd donc je suis persuadé que ça va faire vide sans lui étant donné que le tout va devenir trop sérieux pour le public-cible. En une phrase, je pense vraiment qu'ils méritent tous leurs places et c'est ça qui rend notre programme si unique. Est-ce qu'Odd Della Robbia a plus de mérite qu'un autre ? À vous d'en juger... Chers sénateurs, il est temps de procéder au vote.


Charlotte a perdu connaissance, j’essaie tant bien que mal d’agripper le volant. Les roues du véhicule crissent sur la chaussée humide et la trajectoire de la bagnole dévie dangereusement vers un ravin dont je ne vois pas le fond. En détachant ma ceinture et sautant sur les genoux de ma chérie, je réussis de justesse à reprendre le contrôle de la voiture et donne un grand coup de volant... pour percuter de plein fouet la camionnette qui arrivait en sens inverse.


À suivre : Goodbye my lover

_________________
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Dernière édition par Minho le Mar 22 Nov 2016 17:27; édité 1 fois
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Ikorih MessagePosté le: Lun 21 Nov 2016 21:16   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Citation:
À moins que je ne me sois totalement gouré, ne serait-ce point un auteur familial (pour la petite blague) très porté sur les chapitres interminables ? (a)

Eh bah voilà, il est vexé d'avoir été spotted maintenant! x)

Citation:
t'es vraiment la reine des intros :')

On avait dit que ça restait professionnel Minho voyons! Du coup je vais malheureusement devoir me passer d'intro cette fois parce que je manque d'inspiration...

Bon, passons très vite fait sur Yumi : tout le monde s'en fout. L'anecdote était sympatoche mais voilà, concrètement on apprend rien...
Voilà c'était Yumi, dans une analyse approuvée par la petite voix.


La première chose qui m'a frappée, c'est que nos chers sénateurs ont l'air d'être assez...en marge de la notion de temps. Ils poursuivent leur débat par dessus ce qui pourrait être une sorte de rembobinage de la séquence du chapitre précédent, et pourtant après ils arrivent à nous sortir qu'ils ont plus le temps de causer et qu'il faudrait accélérer le mouvement!
Les termes méta sont totalement confirmés. Les titres des épisodes, les noms de pairing, la notion de public-cible et de fin ouverte...j'ai cependant une théorie de plus : on a affaire à des connards (car on est dans ta fic). Et des connards qui réfléchissent sur comment la série pourrait continuer, moi j'appelle ça des scénaristes de CLE.....
Par contre les personnages ont l'air vraiment mentionnés comme des êtres vivants propres, d'où l'idée de téléréalité. Et pourtant...ce moment où ils parlent d'Ulrich/Sissi en sous-entendant qu'ils pourraient arranger ça en douce? quel degré de liberté ont nos personnages?

Et dernière remarque, en lien avec le côté "meta" de ces nouveaux protagonistes anonymes : ils mentionnent la saison 4. Certains hausseront un sourcil : "mais ta fic est dans la S3!". D'autres se croiront malins et sortiront "mais non lol, on a bien vu qu'il y a eu un RVLP et que l'histoire de CL est réécrite une seconde fois mais a déjà eu lieu!". A ceux-ci, je leur réponds : pourquoi ne parlent-ils pas une seule fois du post CL à ce compte-là? Puisqu'ils jugent les persos sur leur bilan jusque là, pourquoi ne sait-on pas ce qu'ils ont fait de leur vie après la série et avant le RVLP?
=> "Parce que Minho est un connard". C'est très juste, mais moi j'aurais limite l'impression que tout ce contexte en post n'a jamais existé...capillotractation certaine, et je part trop loin.

Mais pour conclure ce commentaire, je resterais sur un point majeur : c'est Odd qu'ils projettent de virer.

Citation:
Odd qui remporte au passage un prix de connardise pour avoir lâché la lutte (contre qui déjà?) aussi tranquillement xD. ça justifierait aisément que le Sénat le vire, non? (a)

J'avais raison et je vous emmerde

_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Mar 22 Nov 2016 02:37   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


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Localisation: Sur le territoire Banquise entrain de faire de l'overboard
Donc mise à part l'anedocte Yumi dont comme le dit ikorih, personne n'en a rien a branler; est une répétition du précédent mais cette fois du point de vue du sénat.
Et cette fois on a une meilleur idée de la situation actuel: l'univers de lyoko est basiquement une téléréalité horrifique ou les sénateurs tirent les ficelles du scénario et décident qui vie ou meurt.

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Minho MessagePosté le: Lun 28 Nov 2016 17:48   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


Inscrit le: 29 Jan 2016
Messages: 89
Réponse à Ikorih
Spoiler

Réponse à *Odd Della Robbia*
Spoiler


Petite précision avant de passer aux choses sérieuses, tous les événements narrés dans ce chapitre se déroulent quatre jours avant le Drame, comme dans les deux épisodes précédents, sauf pour ce qui est du dernier point de vue mais c'est précisé au début de celui-ci. Bonne lecture !


Chapitre 23 : Goodbye my lover


Papa, tes yeux se sont fermés pour la dernière fois et je te parle à travers cet ultime contact. Un voile morbide s’est installé sur ton visage et je te regarde pour graver dans ma mémoire cette enveloppe corporelle qui n’est déjà plus toi. Un amas de cellules qui n’ont plus de raison d’être. On dit souvent que tous les défunts se ressemblent mais toi, c’est différent. Tu as l’air soulagé et j’ai fini par comprendre pourquoi. Tu es parti avec tes secrets, tu n’as pas dû traverser cette épreuve, celle qui allait me permettre de découvrir toute la vérité. Tu as préféré partir avec ta culpabilité et j’espère sincèrement que tu n’auras pas à rendre des comptes devant une entité divine qui joue avec le commun des mortels tout en décidant du sort de ceux qui ne sont plus. Notre dernier échange ne s’est pas bien passé, tu m’as demandée de te pardonner mais je n’ai pas su m’y résoudre. Quand j’ai réalisé que c’était au-dessus de mes forces, je n’imaginais pas que notre prochaine rencontre allait se dérouler dans ce salon funéraire. Tes joues pendent déjà, bientôt c’est le reste de ton visage qui va fondre de la sorte. Je dois te laisser partir… même si c’est sans doute la sentence la plus sévère qu’on puisse infliger à un être humain. Des années de remords, voilà ce qui m’attend pour une relation chaotique que nous n’avons jamais réussi à améliorer. Il y a deux semaines encore, nous étions tous à table, Maman, Hiroki et toi, à bouillonner intérieurement suite à une dispute qui me semble bien futile désormais.

Si tu peux m’entendre de là où tu es, j’ai une requête urgente et qui me dévore de minute en minute : ramène-moi mon frère. Sans lui, je ne sais pas si je vais avoir la force de continuer. Il est hors de question que je commette un acte irréparable comme tu as pu le faire mais je risque de dériver vers des horizons dont je ne ressortirais jamais. En échange, je vais faire ce qu’il y a de mieux pour toi. Cet été, je prendrai l’avion pour Tokyo. Je retournerai dans les rues de cette ville que tu as tant aimée et j’apporterai avec moi tes cendres pour les disperser à la lueur des néons de la métropole qui ne dort jamais. L’homme que j’ai connu mérite de reposer là… et pas auprès des deux familles qu’il a abandonnées. Néanmoins, je parcourrai les campagnes pour débusquer tous ceux qui t’ont connu, une part de toi vit en eux pour l’éternité. Je veux apprendre à les connaitre, partager leurs traditions et évoquer ce jeune homme qui plaisantait à toute heure du jour et de la nuit, celui que je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer. Cette terre où tu semblais heureux malgré la misère, je veux la découvrir de mes propres yeux. Bon voyage Takeho, promène-toi jusqu’à la nuit des temps dans les rizières qui ont bercé ton enfance et profite du repos que tu mérites.

***


Sa colonne vertébrale vient de craquer de manière inquiétante, le genre de bruit qui fait froid dans le dos, qui glace l’échine des moins fragiles. Il ne lui reste que la pensée qui se déplace contre les parois de son crâne si douloureux. Il relâche son esprit, ferme les yeux en attendant la mort. Il revoit tour à tour la colline où il jouait au foot avec ses voisins, la piscine de sa tante en Sicile, la chambre à poupées de sa sœur ainée, le lac où il avait l’habitude de se baigner nu… comme si la capacité de se souvenir venait de s’échapper de son corps pour survoler tous les lieux aimés. Ce retour vers le passé ultime lui faisait de la peine car ça le ramenait au point de départ de manière éphémère. Les souvenirs s’écoulaient déjà, synchronisation parfaite avec le filet de sang qui s’écoulait de sa tempe brûlante au possible. Le dernier film auquel il allait avoir droit, c’était celui de sa destinée écourtée trop tôt.

« Tiens bon mon garçon, l’ambulance arrive ! Tu vas t’en sortir, accroche-toi… il n’y a que ça à faire. »

On le retourne dans tous les sens, on le plaque sur un brancard. Il respire, de ça il en est conscient. A l’intérieur du cercueil métallique roulant à pleine allure, il n’est déjà plus qu’un squelette en sursis, sa peau se contractant langoureusement autour de ses organes palpitants. Son corps est mort, il ne ressent plus aucune douleur. Le jeune homme le sait, un fil crucial vient de se briser… pas encore celui de la vie mais il aurait sans doute préféré ça. Les sirènes hurlantes, le moral brisé, les battements de cœur qui semblent s’espacer avec la vitesse fulgurante du bolide qui est censé l’amener dans un lieu sûr. Il aurait tant voulu revenir en arrière, refuser cette proposition d’escapade romantique et rire une nouvelle fois avec ses amis… comme avant, quand tout était si simple. Quand il ne les connaissait pas encore en réalité, c’est là que la routine était savoureuse. Au début de l’épopée, c’était excitant, comme toujours. Mais cette excitation s’est effilochée peu à peu pour aboutir au point de non retour, la fin du jeu vidéo virtuel, le niveau final de la lutte contre le mal. On n’enseigne pas à analyser ses sentiments face à la mort, ça ne fait pas partie du programme de cours de Madame Hertz…


-Aelita-

Après avoir entendu l'avertissement de mon père, j'hésite plus que jamais sur le comportement que je devrais adopter. Que faire ? Rester sur place pour éviter de tomber dans un piège ? Quitter la banquise et me rendre sur le cinquième territoire ? J'ai comme l'impression que je vais me faire avoir dans les deux cas mais il ne faut pas que je perde mon objectif de vue : Max... et celui-ci se trouve sur Carthage. Ça tuerait Jérémie de voir mon raisonnement mais il n'est heureusement pas là pour me contrôler cette fois. Le seul inconvénient à son absence, c'est que je ne sais pas qui va taper le code SCIPIO et c'est un problème de taille...

Si j'avais mon portable, j'aurais pu lui passer un coup de fil. Quoique, me connaissant, je n'aurais pas eu envie de l'entendre, même par téléphone. Ulrich aurait été capable de me désintégrer en faisant une fausse manœuvre, reste Yumi... Mais de toute façon, la question ne se pose pas puisque je suis dénuée de tout moyen de communication. Et si j'essayais d'activer une tour pour interagir avec le monde réel ? Au fond, si XANA en est capable, pourquoi pas moi ? Ça se me semble hautement improbable mais au point où j'en suis... Je ne peux pas dire que c'est impossible avant d'avoir essayé, je vois bien une tour avec un halo rose pour toutes mes petites magouilles. Après tout, j'ai promis de ne plus en désactiver mais je n'ai jamais abordé le processus d'activation...

Je sprinte donc en direction de la première colonne beige à base sombre s'élevant vers le ciel tout en regardant autour de moi pour vérifier qu'il n'y a pas de traces d'activités malfaisantes. Le sol vibre et je ne peux m'empêcher de frissonner intérieurement. Ça recommence... À chaque destruction de territoire, les pulsations devenaient d'autant plus fortes sur ceux restants. J'ai donc l'intime conviction que la banquise est notre dernier baston, celui réunissant les énergies virtuelles de la forêt, du désert et de la montagne. Contrairement aux apparences, l'essence même de ces secteurs n'a pas disparu. La forme n'est plus mais le fond demeure, bien planqué dans les veinures vigoureuses qui sillonnent la glace de part en part.

Ces vibrations ne signifient pas forcément que XANA est passé à l'attaque, je l'ai appris avec le temps. En réalité, cette oscillation permanente des flux qui font vivre Lyoko est le reflet de l'humeur du programme multi-agent. C'est un peu déplacé de parler de caractère puisque XANA en est dépourvu mais c'est son activité numérique qui est la cause de ce remue-ménage virtuel. C'est pour ça que les pulsations sont extrêmement fortes en cas d'échange de données entre deux réalités, celle qui requiert de l'informatique et la Terre à proprement parler. Mais entre Lyoko et le réseau mondial où notre vieil ami s'est réfugié, le lien ne s'est jamais rompu. Sa surveillance ne s'arrêtera qu'au moment où on ne pourra plus contrer ses machinations.

J'ai cru que XANA était immobile entre-temps mais en tendant l'oreille j'ai pu m'apercevoir qu'il était toujours possible de déceler sa présence... inhumaine puisque c'est bien ça le problème. J'ai du mal à croire qu'il ne ressent rien, bien sûr ce n'est pas comparable avec ce qu'on peut connaitre de notre ressenti humain mais notre ennemi a réussi à développer tellement d'intelligences qu'il a inévitablement hérité de l'aspect émotionnel. Certains sentiments amènent à l'échec mais d'autres, telle que la rage de vaincre, sont incontestablement des atouts pour une entité qui veut envahir le monde. Ces pulsations, je les interprète comme de la colère. XANA est furieux mais cette énergie dévastatrice est contenue, cloisonnée par une puissance peut-être plus terrible encore. Le frelon contenu dans un bocal qui n'attend qu'une occasion de planter son dard acéré dans de la chair fraiche...

Au pied de la tour, je marque un temps d'arrêt pour chasser ces idées noires de ma tête. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, je vais ramener Max avec moi et on se cassera dans un endroit tranquille comme Odd et Charlotte. J'inspire profondément, plus pour me donner du courage que par réelle utilité puisqu'on est sur Lyoko, et fais un pas en avant pour pénétrer à l'intérieur. Instantanément, je comprends que quelque chose cloche, je suis toujours à l'extérieur... Je pose ma main contre la paroi mais celle-ci est plus réelle que jamais, infranchissable pour mon avatar. Refusant de me laisser abattre, je fais quelques petits bonds en arrière afin de prendre de l'élan. Une fois à bonne distance de la tour, je m'élance vers l'entrée... pour me cogner lamentablement contre la surface palpable à souhait.

Fallait encore qu'on me complique la vie à un moment décisif, j'espère que ce n'est pas une manipulation de Jérémie qui a provoqué ce changement ! Va falloir que j'agisse sans aide extérieure cette fois. Pas le choix, je me rends à l'extrémité du territoire, à proximité heureusement, avec un dernier espoir vivace, cette petite voix qui me souffle à l'oreille que la situation va sa stabiliser. À force de courir, les pensées se stabilisent et convergent vers l'objectif, aucune digression permise ! Une fois sur place, je joue mon dernier atout.

« Papa, si tu m'entends, j'ai besoin de toi. Active ce code, c'est tout ce que je te demande. »

Un long silence suit cette supplique. Au bout de quelques minutes, je soupire et réalise que mon plan était voué à l'échec depuis le début. Au moment où je m'apprête à tourner les talons, une sphère blanche s'élève dans les airs. J'ai réussi ! Plus qu'à att...

« Tu ne pensais tout de même pas que ça serait aussi facile ! »

Cette voix me cloue de terreur mais je n'ai pas le temps de faire marche arrière. Alors que je suis en train de me faire happer par le transporteur, il explose en plein vol. La déflagration est très violente, je retombe sur mes fesses quelques mètres plus loin, soufflée par cette onde de choc. Angoissée par cette attaque d'origine inconnue et toujours face contre terre, je crée un dôme de glace autour de moi avant de me relever pour analyser la situation. La première chose que je constate est sans précédent dans l'histoire de Lyoko : le ciel azur est désormais zébré de rayures sanguinolentes, sûrement un mauvais présage...

« C'est pas en l'air qu'il faut regarder mais ici ! Toujours aussi idiote... »

Je n'ai pas besoin de me retourner pour savoir à qui appartient cette voix... et c'est justement ça qui me terrifie au plus haut point. J'entends cette élocution tous les jours depuis que je suis en âge de parler, la seule différence notable est cette pointe cruelle qui accentue la dernière syllabe de chaque phrase, un véritable plaisir sadique. Je finis quand même par regarder mon interlocutrice et, sans surprise, je me retrouve confrontée à un pâle reflet de moi-même.

« Je parie que tu ne savais même pas que les champs de force pouvaient détruire le transporteur. Tu devrais essayer un de ces jours... Ah mais oui, c'est vrai, il n'existe plus désormais !
— Qui est tu ? grognai-je pour tenter un tant soit peu de l'impressionner.
— Ne me dis pas que tu ne me reconnais pas ! Cet avatar magnifique, cette chevelure sublime, cet amour inconditionnel pour le rose, ça ne t'évoque rien ?
— Je sais très bien qui tu es censée représenter... Mais ça ne répond pas à ma question. De toute façon, je n'ai pas besoin d'entendre tes explications. C'est XANA qui t'envoie, tu n'es qu'une misérable création de plus.
— Si seulement, réplique-t-elle en rigolant comme si je venais de lui raconter la blague de l'année. Malheureusement, je ne suis que ta moitié même si j'ai gardé la meilleure partie évidemment... Celle pourvue de neurones. »

Là c'en est trop. L'estomac tordu par la rage, je crée un énorme champ de force que j'envoie directement dans sa direction. Malheureusement, il finit sa course sur la paroi de glace que j'ai moi-même fait apparaitre. Quand les monstres sont là, une telle protection est éphémère mais quand c'est moi qui essaye d'y venir à bout ça ne veut pas se détruire...

« Tu n'y arriveras pas, siffle-t-elle d'un ton méprisant, une deuxième couche vient de s'ajouter et je continuerai infiniment si j'en ressens l'envie. Pour une fois que j'ai de quoi m'amuser, tu ne vas pas gâcher mon plaisir. »

Effectivement, la paroi du dôme semble plus épaisse qu'auparavant. Cette salope veut me faire exploser de colère mais il ne faut pas que je rentre dans son jeu. Je décide de m'asseoir en tailleur pour lui montrer que ses manigances ne m'atteignent pas. Dans cette position, c'est plus aisé de contenir sa fureur. C'est décidé, je ne dirai plus un mot jusqu'à ce que ce cauchemar prenne fin.


-Élisabeth-

Trois jours avant le Drame

Sa chambre est... bordélique, il n'y a pas d'autre mot. Rien ne semble à sa place, c'est un véritable capharnaüm. Ambiance très sombre de prime abord, les tentures tirées, seule une faible lumière parvenait à percer le tissu. Quelques posters de motos au mur et un autre plus... équivoque, à croire que Jim oublie toujours cette chambre dans sa tournée des dortoirs. Pour rehausser le niveau, une sorte de frise historique était scotchée à hauteur du regard. En y regardant de plus près, la ligne du temps améliorée retraçait tous les événements de la deuxième guerre mondiale. Encore un élément troublant...

Le lit, pourvu d'une couverture étonnamment orange, était jonché de feuilles de cours et de chaussettes excentriques qui contrastent avec la personnalité de leur propriétaire. Les draps semblaient ne pas avoir connu de machine à laver depuis un bon moment et l'odeur générale n'était d'ailleurs pas très reluisante. Quant au bureau... couvert de dessins niveau maternelle et de boites de médicaments plus agressifs les uns que les autres. Mais le plus surprenant, c'était ces nombreuses petites tâches rougeâtres disséminés ici et là, sans doute le résultat d'un marqueur qu'un enfant aurait pris plaisir à utiliser. Si je m'attendais à trouver un tel décor dans l'enceinte de Kadic... Des bruits de pas pressés se font entendre très distinctement à l'intérieur de cette pièce et l'écho de ces déplacements résonne en moi, me donne le tournis... J'ai presque envie de prendre mes jambes à mon cou mais il faut que je reste, ce n'est absolument pas le moment d'abandonner.

Inattendue, ça résume bien la situation. Le fameux « W. » qui s'est manifesté au moment où j'étais sur le point de sombrer. J'avais pourtant tout envisagé, même Nicole Weber, mais ça me semblait impossible que ce soit William Dunbar. Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais. Quand je suis arrivée à l'endroit de rendez-vous et que j'ai réalisé que le mystérieux auteur du message n'était autre que lui, j'ai halluciné. Ce William, si différent et familier à la fois, a réussi à me mettre en confiance alors que ma méfiance était à son paroxysme quand je l'ai aperçu. Je ne sais pas comment il s'y est pris, ça doit être un tout : ses paroles douces, son charisme, ses yeux d'une teinte plus claire presque semblables à ceux d'Ulrich... En y réfléchissant bien, il avait l'air d'avoir imité le comportement ainsi que le style de ses nouveaux potes. Hormis ses vêtements, il avait un adopté un humour percutant digne d'Odd, un côté imperturbable et digne proche des mimiques de Yumi sans compter une chair rose et parfumée qui me rappelait vaguement Aelita. Bizarre, je n'arrive toujours pas à m'expliquer ces changements...

Hier soir, lors de notre discussion, il a agi comme s'il voulait s'affirmer, William Dunbar le seul et l'unique ou un truc du genre... et il s'est montré plus collant que jamais. Malgré ce numéro de séduction, j'ai été droit au but. « Il me semble que tu as quelque chose qui pourrait m'intéresser ! » que je lui ai balancé à la figure. C'est là qu'il a craché le morceau et je suis restée paralysée d'excitation. « J'en ai marre... » était un excellent début et il m'a très vite confirmé ce que je pensais depuis pas de temps : l'ambiance n'est pas au beau fixe dans la bande d'amis de toujours.

« Tu es venue... »

Il vient de prononcer ses paroles au creux de mon oreille, son souffle chaud caressant ma nuque tandis que sa voix me fait frémir d'impatience. Le moment, que j'ai l'impression d'attendre depuis toujours, est sur le point de se produire. Après toutes ces tentatives infructueuses de crever l'abcès entourant ce secret si bien gardé, je vais enfin découvrir la vérité. Mieux vaut tard que jamais... Mécaniquement, je le suis. Il m'emmène d'abord dans la cour, ensuite dans les rues de la ville.

« Ce n'est pas l'itinéraire le plus rapide mais c'est celui qui te convient le mieux. Crois-moi, tu n'aurais pas apprécié l'autre alternative...
— Je n'arrive toujours pas à saisir ce que ça peut t'apporter de tout me dévoiler, t'as un intérêt caché dans tout ça ? T'as besoin de mon aide, c'est ça ?
— Pas le moins du monde, tout ne tourne pas autour de toi Élisabeth.
— Depuis quand tu m'appelles de cette façon ? Sissi et rien d'autre, m'indignai-je en pinçant les lèvres pour manifester mon mécontentement.
— On va bientôt arriver, déclare-t-il pour éviter de répondre à ma question. Il est temps de remplir ta part du contrat. »

Il accompagne cette consigne d'un regard équivoque tout en tendant l'écharpe sombre qu'il avait pris le soin d'emporter. Je regarde rapidement autour de moi pour repérer une destination potentielle mais, si l'on excepte la Seine, il n'y a pas grand chose à l'endroit où nous nous trouvons. Un trottoir tout ce qu'il y a de plus normal bordé d'une route peu fréquentée et un terrain vague de l'autre côté de la chaussée. Bref, rien de très excitant.

À contrecœur, je me bande les yeux, occultant ainsi une parcelle de réalité que William ne désirait pas me faire partager. C'était son deal, il acceptait de me révéler ce qui se tramait dans le groupe à condition que je m'aveugle volontairement lors de la dernière partie du trajet. Après qu'il ait nonchalamment vérifié le nœud réalisé pour maintenir le tissu en place, nous nous mettons en route d'un pas rapide. Le bras gauche sur mes épaules, il me guide habilement sur la voie pavée et je m'efforce de conserver une allure vive pour ne pas qu'il puisse se douter que je déteste cette situation. Ne pas avoir le contrôle et dépendre de quelqu'un est très pénible pour moi, une véritable épreuve. Chaque mètre est un nouvel affront à ma volonté infaillible de mener la danse en toutes circonstances. Ce n'est pas dans mes habitudes de suivre bêtement sans imposer ma trajectoire...

« Ne vous inquiétez pas, dit-il d'un ton qui se veut rassurant, c'est pour un jeu. »

Je ne sais évidemment pas qui est son interlocuteur mais j'ai bien ma petite idée... Une petite vieille promenant son yorkshire dégueulasse et nous lorgnant d'un air curieux, ça ne peut être que ça. Du moment que ce n'est pas quelqu'un que je connais ! Et comme ça ne m'arrive pas souvent de papoter avec des croulants, peu de chances qu'une mamie me reconnaisse.

« On en a encore pour longtemps ?
— Nous sommes partis seulement depuis deux minutes Sissi... »

C'est le problème avec l'aveuglement, toute action semble se prolonger dans l'obscurité, allongeant à souhait la réalité temporelle. Participer à une course nocturne comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire, c'est parcourir deux fois le trajet mentalement. Ce souvenir me fait sourire, elle était belle l'époque où Ulrich avait encore un peu d'influence sur moi. Jamais ça ne me serait venu à l'esprit de m'inscrire à un événement sportif de cette ampleur, c'est bien parce qu'il a insisté.
Toute ma bonne volonté ne m'avait pas empêché de chuter à un endroit où le dénivelé devenait extrêmement compliqué à gérer et où le sol était glissant à souhait. Je ne risque pas d'oublier l'inquiétude qu'il a ressentie, rapidement remplacée par ce rire si caractéristique quand il a réalisé que je n'étais pas plus blessée que lui.

« Pourquoi es-tu si crispée tout à coup ?
— J'ai l'impression que ça glisse à certains endroits, je n'aime pas ça. Je te jure bien que si je tombe, tu vas me le payer très cher. »

Ça serait malhonnête de dire que ma vision est totalement obstruée par ce bandeau de fortune, on arrive toujours à apercevoir une once de réalité extérieure, rien que par la luminosité traversant le tissu par exemple. Si je louche vers le bas, j'arrive même à entrevoir mes chaussures. Sans compter les indices concrets, comme le vent glacé qui fait onduler mes cheveux, preuve incontestable que nous nous trouvons toujours à l'extérieur. Les sens sont décuplés par ailleurs, j'entends un bruit de circulation lointaine, probablement un axe routier majeur. Cette routine auditive est parfois perturbée par des cris d'enfants qui ont l'air de bien s'amuser, nous sommes sans doute passés à proximité de la plaine de jeux du quartier.

« Il va falloir que tu gardes le secret... »

Cette consigne me frappe de plein fouet et me renvoie à la nuit où tout a basculé. Le message d'Ulrich m'invitant à le rejoindre dans sa chambre quand tout le monde sera endormi, la macabre découverte et la frayeur de mon père quand je lui ai annoncé la nouvelle. À deux, nous avons pénétré une nouvelle fois sur le lieu du crime pour constater l'impossible. La victime, dont le visage était légèrement enfoncé dans l'oreiller, avait reçu un coup d'une extrême violence à l'arrière du crâne. Vitaline, soi-disant alertée par le bruit, avait débarqué pour nous prêter main forte et c'est elle qui a retourné le cadavre. Situation hautement improbable, nous étions face au corps de Théo Gauthier. Instantanément, une série de questions ont tournoyé dans ma conscience embrumée. Est-ce vraiment Ulrich qui m'a donné rendez-vous ? Pourquoi n'est-il pas dans son lit ? Est-il avec Odd en pleine excursion nocturne ? Et plus que tout, qui avait des raisons d'en vouloir à Théo Gauthier pour en arriver à commettre un tel acte ?

Immédiatement, mon père a voulu avertir la police. Mais Vitaline a voulu s'entretenir avec lui à l'abri des regards. Et quand il est revenu, son discours avait totalement changé. Max et William introuvables et maintenant un mort sur les bras ? Ça allait attirer trop d'ennuis et la réputation de Kadic allait en prendre un coup. Il a donc décidé de prendre une décision irrévocable : simuler une fugue groupée. Vitaline s'occupait de la scène du crime, et du corps par la même occasion, tandis mon père se chargeait d'alerter les flics plus tard dans la semaine afin de laisser un délai de sécurité non négligeable pour effacer les preuves. Mais un problème majeur pouvait mettre en péril leur plan machiavélique : mon témoignage.

J'ai promis de mentir si on m'interrogeait dans le cadre des disparitions et je compte bien tenir ma promesse pour deux raisons. Premièrement, je ne tiens pas à ce que mon père aille croupir en prison. Pas vraiment par amour, je n'ai surtout pas envie qu'un principal fraichement débarqué vienne abolir les privilèges qui m'ont été accordés jusque-là. Deuxièmement, il faut que j'en sache plus sur la nature de la relation qui unit les deux adultes tout en tentant de découvrir la véritable raison qui se cache derrière cette décision risquée.

« On est en haut d'un escalier, fais attention aux marches car elles ne sont plus en très bon état. »

Rassurant... J'ai beau faire de mon mieux pour ne pas trop m'appuyer sur cette structure bancale, nos poids combinés semblent être une véritable épreuve pour cet escalier. Je prie intérieurement pour qu'il ne s'effondre pas, j'ose à peine imaginer les conclusions que tirerait la presse en trouvant deux magnifiques adolescents décédés de la plus bête des manières. En tout cas, nous ne sommes certainement plus à l'extérieur. À l'abri du vent désormais, nous continuons de progresser vers notre destination que je ne parviens toujours pas à identifier. Vieux, mal chauffé et peu fréquenté, c'est à peu près tout ce que je peux déduire du bâtiment pour le moment.

« On y est presque, encore un peu de patience. »

À ces mots, une sombre pensée s'impose à mon esprit. Et si c'était une énième supercherie ? Une blague débile d'Odd pour que tous puissent rire de ma crédulité ? Ce ne serait pas la première fois que je tombe dans le panneau... Malgré tout, j'ai envie d'y croire et de faire confiance à William. Il est différent. Malgré sa noirceur apparente, je ne pense pas qu'il a été perverti par son nouveau groupe d'amis. Ce n'est pas le genre de gars à perdre son temps dans d'idiotes combines ! Et si jamais il s'est vraiment moqué de moi, il va la regretter amèrement...

J'entends qu'il appuie sur une série de boutons et un fracas métallique retentit dans ce qui semble être un assez vaste espace. Mon guide m'attrape par le poignet et nous avançons de quelques pas avant de réentendre ce même bruit désagréable. Je sens que nous bougeons de haut en bas... comme dans un ascenseur en réalité. Au bout d'une quinzaine de secondes, il m'ordonne d'avancer de quelques mètres tout en faisant perdurer l'interdiction d'enlever le bandeau. Le fracas métallique retentit à nouveau pour faire place au silence, seule ma respiration sifflante fait écho dans l'endroit où je me trouve. William m'a laissée seule... ou alors c'est un test pour vérifier que je suis digne de confiance.

Après quelques minutes de réflexion, je décide de faire confiance à ma première intuition, c'est souvent la bonne. Il ne peut pas être à mes côtés, je l'aurais forcément entendu. Spontanément, j'enlève l'écharpe d'un grand geste théâtral tout en adoptant la mine de celle qui a compris la supercherie au cas où un public de plaisantins serait présent. Heureusement, il n'y a personne pour se foutre de moi, je suis bel et bien seule... dans l'endroit le plus étrange qu'il m'ait été donné de voir. Le plafond de la pièce est vraiment très haut et les murs sont dépourvus de fenêtres, ce qui confirme ma théorie du sous-sol. Illuminés par une lueur qui fait un peu mal aux yeux, trois caissons disposés en triangle sont reliés à une multitude de câbles dont le diamètre est plus large que mon poing. Ça me donne la chair de poule de poule de me trouver ici, comme si j'avais déjà visité ce lieu dans une autre vie...

« Tu m'as désobéi. »

J'étais tellement captivée par l'ambiance pesante de cet environnement inédit que je n'ai même pas entendu William revenir ! Je me prépare à inventer une excuse mais je vois dans ses yeux que ça ne vaut pas la peine de me casser la tête.

« Ne t'inquiète pas, poursuit-il d'une voix neutre, j'aurais sans doute agi de la même façon à ta place.
— Je ne comprends pas ce que je fais ici...
— Je voulais juste te montrer ces scanners. C'est tout ce que tu dois savoir pour le moment. »

Les portes d'un de ces « scanners » coulissent à l'approche de William et il s'empresse de se faufiler dedans.

« Regarde, ce n'est pas compliqué ! Je suis sûr que tu meures d'envie d'essayer. »

Peu motivée, je finis tout de même par me positionner à ses côtés. On est un peu à l'étroit à deux là-dedans... Il se penche vers moi et je pense pendant une demi-seconde qu'il va m'embrasser, ce qui ne m'aurait pas déplu d'ailleurs, mais il se contente de me plaquer contre la paroi du fond en positionnant mes bras le long du corps.

« Bon voyage ! »

Il saute en dehors du scanner et les parois se referment sur moi. Je crie de toutes mes forces et tente de m'échapper mais c'est trop tard... Mon hurlement retentit à l'intérieur du cylindre doré. Malheureusement pour moi, personne ne l'entendra.


À suivre : Sexy bitch

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Ikorih MessagePosté le: Lun 28 Nov 2016 20:02   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Citation:
Mais rien ne t'empêche de sauter ces passages si ça ne t'intéresse pas

Tu m'as pris pour une conne? C'est un coup à louper des éléments capitaux! :c

Avant de m'attaquer au gros du sujet (car il y a du contenu putain!), je vais laisser un petit mot à la petite voix qui trouve que les vieux persos se font trop oublier et deviennent inutiles...

Bon allez on y va, cette intro a assez duré!
Première réaction : ce premier focus nous pointe encore une arnaque! ça aurait coûté quoi de mettre "Yumi" puis "Odd" en titre de focus? (a) Oh mon dieu, mais tu n'assumerais pas d'avoir fait deux mini-focus???
Je note avec plaisir le retour du lien Yumi/Hiroki, que tu avais effectivement développé précédemment dans la fic. Comme quoi y a des trucs qui reservent et c'est pas juste du remplissage! Surprised
Mais surtout, et on est deux à insister sur ce point : Odd paralysé, c'est putain de bien pensé. C'est LE perso auquel faire ça est le plus abject. Certains se portent sur un pronostic suicidaire, mais je pense personnellement que ce suicide ne sera en tout cas pas le Drame, et pour cause : à mon avis, se réveiller, se remettre un minimum de l'accident puis planifier un suicide, tout ça en 4 jours...ça fait short.
Mais en revanche je vois bien le groupe en PLS suite à cette perte qui prend un caractère définitif, et du coup...un remake de Surmenage, peut-être? (a)
(De même, faire une tentative de foutage de gueule en nous faisant croire à des nouvelles d'Hiroki, pas mal. Heureusement que le suspens a vite coupé court (a))

Allons voir la vie en rose. (quoi, t'aurais trouvé mieux comme transition?)
Le début sur l'activation des tours m'a inspiré l'adjectif "machiavélique", comme quoi Aelita n'est pas aussi gentille que...pff, tout le monde le savait. Mais j'ai bien aimé la réflexion sur l'idée que les territoires seraient encore présents à travers celui de la Banquise. C'est une random (?) théorie intéressant.
On note les signes de vie de XANA, il est encore vivant!!!!
Citation:
cette énergie dévastatrice est contenue, cloisonnée par une puissance peut-être plus terrible encore

Random réflexion ou réel indice? Si c'est ça bah on va dire le Maître, histoire de faire genre qu'il serve à quelque chose, parce que c'est mon joker quand je sais pas quoi mettre XD
Citation:
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, je vais ramener Max avec moi et on se cassera dans un endroit tranquille comme Odd et Charlotte

Ma réaction en exclu : "Mais quelle pute!"
Aelita qui peut pas rentrer dans la tour? Je doute que ce soit une arnaque de Jérémie, sauf si j'ai oublié un détail, mais sinon ça peut avoir un lien avec l'apparition de cette copie d'Aelita (qui est la gentille évidemment). Le changement du ciel pue un peu aussi le foutage de gueule, à voir si t'as juste fait ça pour le fun ou si Aelita hallucine totalement...
L'hallucination serait limite la thèse la plus probable en fait. Ou du moins celle qui me tente le plus. Après tout, j'écarte la piste XANA : on en a parlé juste avant et bonbon rose évoque l'idée. ça fait deux raisons de penser que c'est pas ça.
Je trouve le coup de la destruction (définitive?) du transporteur génial. Personne y avait pensé, et ça isole totalement ce cinquième territoire où se trouve Max...ça alors...


Citation:
Inattendue, ça résume bien la situation.

Oh mais après tout, tout peut arriver!

Tout d'abord j'aimerais te féliciter pour cette description de la chambre de William, où on trouve plein d'éléments qui donnent de la personnalité au...personnage (oui j'ai du vocabulaire). Et c'est pas simple comme exercice! Trouver des trucs à caler dans une chambre, c'est l'enfer à mon avis *PAF*
J'adresse un coucou aux tâches rouges "de marqueur", puisque nous sommes dans "Les liens du feutre rouge". Smile
Bon, en ce qui concerne William. Déjà c'est pas la réplique : elle a pas autant d'initiative! Alors le vrai?...probable, mais à ce compte-là il a été reconditionné : comment tu veux qu'il sache faire une virtualisation différée et qu'il fasse un truc aussi louche sinon? (la thèse du complice marche aussi pour la virtualisation). Je m'interroge sur le pourquoi du fait qu'elle se fasse bander les yeux (jveux dire, il comptait la virtualiser et à mon avis c'est un aller simple....).
Au sujet du meurtre de Théo, on se rappelle qu'ils ont les mêmes fringues donc effectivement...on aura sans doute plus d'infos plus tard (hahaha, ma naïveté me fera toujours marrer). En tout cas, le meurtrier savait que Ulrich et Odd seraient absents (=> impliqué dans le secret ou un minimum au jus?). Tiens, ça alors, Vitaline cherche à étouffer l'affaire?....(a)

Dernière note : on veut un avatar virtuel de Sissi!!!
Ikorih regarde le titre du chapitre.
Ahin.
(Pour l'anecdote, j'ai appris vendredi que "bitch" ne voulait pas dire "pute" mais "chienne", et que c'était davantage utilisé dans le sens de "connasse". Voilà, c'était mon élément de culture anglophone, et j'emmerde ceux qui s'en foutaient)
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png
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Minho MessagePosté le: Lun 12 Déc 2016 20:02   Sujet du message: Répondre en citant  
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Réponse à Ikorih
Spoiler

POST DU 02/12
Spoiler


Vu que ce texte est prêt depuis un bon moment en réalité et qu'il apporte des éléments intéressants, je n'ai pas pu m'empêcher de briser mon serment d'abstinence de publications pendant ma session. Preuve que je ne sais pas respecter une promesse diront les mauvaises langues... Tant pis pour le répit annoncé ! Pour vous donner une petite idée de l'avancement de la fic de mon côté, je finalise l'épisode final de l'axe au grand D (les plus malins comprendront aisément) et je vais volontairement me taire à ce sujet pour l'instant. By the way, je voulais juste vous prévenir que le délai de publication risque d'être assez variable dans les prochaines semaines. Pour ce qui est d'aujourd'hui, assez gros morceau au programme. Le chapitre 14 comportait deux parties, on remet le couvert pour le 24. Bonne lecture !


Chapitre 24 : Sexy bitch
PARTIE 1


-William-

J'attends la phase de transition ultime avec impatience. C'est ce qu'Amy m'a dit : « Il faut régler ton cas une bonne fois pour toutes si tu veux aller de l'avant. » Et pour que la chenille puisse se métamorphoser définitivement, il n'y a qu'un seul moyen : faire face à ses propres démons et les anéantir. Le papillon sera alors invincible, c'est ce qu'elle m'a promis... Quand ce Simon est venu me trouver dans ma cellule, il avait un tout autre discours. Après m'avoir fait part de sa stratégie longuement élaborée avec ses complices, j'ai compris qu'il me tendait un énorme piège. Si un inconnu vient vous rendre visite lors d'une situation délicate, c'est forcément pour vous offrir un cadeau empoisonné.

À l'entendre, il voulait me faire évader, mettre fin à ma captivité. Mais tout ça n'était qu'illusion, j'en suis persuadé. Il ne faut pas se leurrer, ça semblait beaucoup trop beau pour être vrai. Ce que voulait faire ce groupe de jeunes extrémistes, c'était me sortir d'une cage pour me placer directement dans une autre plus sanglante encore, comme un poulet qui quitte son enclos uniquement pour se faire plumer. Quel but poursuivait cet émissaire ? Je n'en sais rien... mais on ne libère certainement pas quelqu'un par charité. À choisir entre deux prisons, je préfère garder celle aux barreaux dorés. Avec ma fidèle psychothérapeute qui me rend visite régulièrement, l'impression d'être retenu contre mon gré, bien ancrée au début de l'Expérience, s'est considérablement amenuisée.

Après notre dernière séance, j'ai été remis dans mon cachot habituel, cette pièce exiguë qui m'oppresse de plus en plus. Je sors de ma poche le papier que Simon m'a remis pour me faire changer d'avis, la signification qui se cache derrière le prénom de ma guide spirituelle. Amy serait un démon elle aussi, plus exactement « le grand président aux enfers et l'un des princes de la monarchie infernale, il parait là-bas environné de flammes, il enseigne les secrets de l'astrologie et des arts libéraux ; il donne de bons domestiques ; il découvre à ses amis les trésors gardés par les démons ; il est préfet de trente-six légions. Des anges déchus sont sous ses ordres... » Argh, je ne peux surtout pas douter d'elle maintenant ! Je veux juste qu'elle revienne au plus vite. Je pourrais m'enfuir au loin avec Simon, laisser tout ça derrière moi, mais je sais pertinemment que ça ne sert à rien. Depuis que je me suis fait dévirtualiser par Max, j'ai la certitude que mon futur ne m'appartient plus.

Un bruit de clochettes retentit et je pense instinctivement aux rennes du Père Noël, la période sans doute, mais après une seconde d'innocence enfantine je doute sincèrement que ce soit ça. Pour ce que j'en sais, on pourrait déjà être le 25 décembre. Lors de mon dernier devoir de français, nous étions encore en novembre, c'est une certitude. Mais depuis... J'ai perdu mes repères, impression lancinante d'avoir dormi une année et quelques secondes à la fois. Mais si c'est la deuxième option, mon sommeil de "quelques secondes" aura été si profond et réparateur que j'ai désormais l'impression d'être un homme neuf.

Pas que j'ai changé physiquement ni même mentalement, je suis toujours ce garçon torturé qui tente de dissimuler les spectres de son passé, mais j'ai l'impression que tous ces doutes sont maintenant contenus dans un bocal d'une opacité à toute épreuve. Tout ça pour dire que je me sens plus fort, prêt à résister à tout ce qui va m'être infligé. L'intérieur n'en est plus à son stade bancal et la carapace extérieure s'est incontestablement renforcée. Fini les tiraillements incessants, il est temps de passer à l'action.

Dans la continuité du son entendu, Amy s'est glissée à mes côtés, plus rayonnante et lumineuse qu'à son habitude. Elle est vêtue d'une tunique marron pourvue d'une multitude de paillettes, je comprends maintenant que c'est ce détail qui illumine considérablement sa tenue, lui conférant un air de prêtresse d'une quelconque secte. C'est peut-être d'ailleurs le cliquetis de cette décoration qui a provoqué le son, c'est possible ça ?

« Tu es prêt ? me demande-t-elle, une certaine excitation bien visible dans son regard doré.
— Je pense qu'on ne l'est jamais assez... Mais j'ai envie d'en découdre une bonne fois pour toutes. L'adrénaline circule dans mes veines et si j'évacue cette énergie destructrice, je sais que je vais guérir.
— Tu es devenu plus mature, c'est bien. Je suppose qu'avoir entrevu les horreurs que tu as commises sous les ordres du Maitre t'as finalement fait grandir. »

Tout ce qui m'a été exposé lors de la dernière séance d'hypnose me revient de plein fouet. Le meurtre d'Odd et de tous ceux qui l'ont précédé... Ressaisis-toi William, il faut que tu te concentres sur ta mission.

« Bois ça, poursuit-elle sur un ton autoritaire, et le combat final que tu désires si ardemment va avoir lieu. »

Elle me tend un calice doré rempli d'un liquide... turquoise pourvu d'une odeur semblable au chlore dont on aurait un peu trop forcé la dose, caractéristique des piscines privées où les gens font tout et n'importe quoi. D'où est-ce qu'elle sort ça ? Je pensais que je ne m'étonnerais plus jamais de rien avec Amy mais elle arrive encore à me surprendre. Je saisis la mixture et tente d'apercevoir mon reflet à la surface mais rien n'apparait, même la lumière évite de miroiter sur les abords de l'eau colorée.

« Je suppose que ça ne sert à rien de te demander ce que c'est...
— Tu supposes bien, rétorque-t-elle comme si je venais de lui confier la plus grande aberration depuis notre rencontre. Mais, grande magnanime que je suis, je vais quand même te répondre. Ça n'en a pas l'air mais je peux t'assurer que c'est un véritable onguent, il va panser tes plaies de l'intérieur et t'offrir cette porte de sortie dont tu rêves tant. Ce que je t'offre, c'est la liberté la plus totale. Crois-moi, tu ne seras plus jamais malheureux après ça.
— Trop beau pour être vrai...
— Pourtant, ça l'est.
— Donc je dois juste boire ta potion bizarre pour qu'un miracle se produise ? demandai-je sur le ton de l'énervement en résistant tant bien que mal à l'envie de tout balancer par terre. Désolé mais je ne crois pas à ces conneries.
— Ce n'est pas une potion, ricane-t-elle, je n'ai malheureusement pas de pouvoirs surnaturels sinon on n'en serait pas là aujourd'hui. Il s'agit juste de combattre tes propres démons mais si tu es trop lâche pour ça, personne ne pourra le faire à ta place. »

Elle marque un temps d'arrêt pour m'observer et plonge son regard d'or droit en direction de mes orbites, je déteste quand elle fait ça. Elle me sonde de l'intérieur et, comme toute bonne psy, elle est très forte à ce petit jeu-là. Je suis certain qu'elle voit en ce moment même que je compte bien tenter ma chance malgré tout, il ne me reste plus que ça. Au pire, la sève bleue va paralyser mon cœur... et alors ? C'est un risque à prendre et je sais que ça n'arrivera pas, Amy tient bien trop à moi pour attenter à mes jours de façon aussi sournoise et évidente à la fois.

« Écoute, poursuit-elle, il est grand temps de prendre une décision maintenant. Je n'ai pas envie de te forcer Simon. Si tu n'envisa... »

Elle s'interrompt, un air coupable passant aussi vite qu'un bolide, rides soucieuses sur le front qui ne sont apparues qu'une microseconde mais c'était assez pour que je le remarque. On dirait qu'elle s'est trompée d'interlocuteur et ça remet en question toute la considération que j'avais pour elle. Comment lui faire confiance si elle n'est même pas capable de retenir mon prénom ? Elle le connaissait pourtant... mais peut-être qu'elle a déjà jugé utile de l'oublier. Ce n'est pas de l'affection qu'elle a envers moi, je suis juste un pion de plus sur son damier de manipulation. Amy perçoit mon trouble et tente de reprendre le calice mais j'esquive en faisant un pas de côté.

« Ne bois pas ça ! Tu es contrarié et nerveux, ce ne sont pas des bonnes conditions pour affronter ta destinée. Tu vas plutôt retourner en cellule d'isolement, ça va te faire le plus grand bien. Donne-moi ça et on va tranquillement... »

Je ne l'écoute plus. Tout ce qui compte maintenant, c'est de rester stoïque face aux paroles mielleuses qu'elle va utiliser pour me prouver qu'elle sait mieux que moi ce qui est bon pour ma guérison. Le meilleur moyen de la contrarier, c'est d'agir sans son consentement. Je lui tourne le dos et avale en en une poignée de secondes le liquide si mystérieux. Elle crie quelque chose mais c'est inaudible, mes tympans se mettent à vriller et ma vision se floute très rapidement. Mon cœur s'emballe comme un cheval au galop et j'ai de plus en plus de mal à respirer. J'ai l'impression que je suis tombé sur le sol, on me secoue mais je suis déjà ailleurs.

« Need you by my side... »

J'ai mis un long moment avant de réaliser où j'étais. La pureté éclatante du lieu m'a d'abord ébloui mais ma vision a fini par se rétablir peu à peu. J'ai alors réalisé que je me trouvais sur une surface que je ne connais que trop bien pour y avoir déjà mis les pieds : le territoire banquise... Comment ai-je pu passer d'un monde concret à un univers virtuel en un claquement de doigt ? Logiquement, j'aurais dû passer par la case « transfert, scanner, virtualisation » si j'ai bien suivi les explications d'Einstein. Vraiment bizarre... Un léger picotement commence à me parcourir le corps et je sens mes poils se hérisser sous ma tenue moulante, c'est normal ça ? À quelques mètres de moi se trouve mon zanbatō, je me penche aussitôt pour le ramasser mais une détonation met tous mes sens en alerte, il y a une autre forme de vie sur Lyoko.

Une masse difforme au loin, c'est tout ce que je vois mais je ressens le danger, mon instinct me hurle de décamper. Sans que je ne puisse l'expliquer, un zoom en direction de ma cible se produit et je réalise alors ce qui m'attend : Aelita encerclée par une horde de monstres. Mon sang ne fait qu'un tour.

« William ? Putain, arrête de faire semblant de ne pas m'entendre, je sais que tu es là ! »

Jérémie ? Bel et bien sa voix en tout cas... Malgré nos différents, je suis soulagé de l'entendre, je vais avoir besoin de son aide pour mon premier vrai combat. Bye bye l'entrainement, ça va être le moment de passer à la pratique.

« Je t'entends Jérémie ! Il va falloir que tu m'aides, Aelita est en grand danger !
— Comme si je ne le savais pas, rétorque-t-il en soufflant de rage dans le micro, ça fait dix minutes que j'essaie en vain de te contacter ! Fonce maintenant, prends de l'avance et je vais te programmer une bécane sur le chemin. »

Moi qui pensais naïvement que je n'allais jamais devoir me battre, les combats étant source d'une violence contenue en moi que je ne peux que trop bien imaginer... Chassant ces pensées de ma tête, je me mets à sprinter en direction de la scène apocalyptique que cette « deuxième vue » a exposée au grand jour. Le stress m'envahit en repensant à ces différentes créatures que je n'ai jamais eu l'occasion d'affronter mais je refuse d'échouer à cause de ça. S'il doit y avoir un perdant, et il y en a toujours un en fin de compte, ça sera XANA.


-Odd-

Prodige de l'imaginaire selon certains et dieu de la création pour d'autres, ce qui revient à dire que mon œuvre est immanquable sur les devantures des librairies. Certes, mon style n'a rien d'exceptionnel, presque bancal parfois (heureusement que des petites mains ont amélioré mon manuscrit quand celui-ci a été accepté d'emblée par une prestigieuse maison d'édition) mais de toute façon l'histoire rattrape tout. Une intrigue bien ficelée, rythmée, passionnante et surtout innovante, voilà la recette du succès. Personne ne m'avait vu venir et la surprise n'en a été que plus belle. Mon entrée sur le marché du livre a été considéré par beaucoup comme la révélation annuelle de la rentrée littéraire. En même temps, je suis la représentation même de l'écrivain remarquable – et beau gosse cela va de soi – qui amène un vent de fraicheur et rebooste les ventes d'un secteur en crise, je ne pouvais être qu'acclamé par les foules.

« Vous voulez quoi comme dédicace ?
— Juste un autographe, ça ira très bien. »

J'ai posé cette question toute la journée. Tout un panel de personnes a défilé dans la librairie la plus branchée de Paris, vaste opération marketing pour vendre plus de livres. « Qu'il est sympa ce Della Robbia, toujours là pour son lectorat ! » La presse couvre l'événement, plus de visibilité pour plus de fric. C'est tout ce qui intéresse mon agent : les mecs et le cash. Malgré ces deux gros points faibles, Émilien est un véritable atout. Il a un don pour me faire oublier mes conneries et me forcer à avancer quoi qu'il arrive, tout en vendant mon image de manière efficace. « Vous pouvez observer tous ces gens qui sont si enthousiastes à l'idée de rencontrer l'homme qui a donné un sens à leurs vies, déclare-t-il avec un large sourire tout en accompagnant ses paroles de gestes passionnés devant la caméra de la plus grande chaine télévisée du pays. Lyoko-guerrier un jour, Lyoko-guerrier toujours ! » Bon ok, il en fait parfois un peu trop...

Parfois, je me demande vraiment comment je peux le supporter, en particulier sa voix fluette qui me rappelle mon adolescence. Heureusement que la clope a endommagé mes cordes vocales de manière irrémédiable. Les particules ainsi que la chaleur de la fumée sont le meilleur moyen pour obtenir un outil de travail plus adéquat, j'en avais bien besoin pour mon métier d'acteur après avoir complexé pendant des mois en écoutant les sons dérangeants qui sont sortis de ma bouche lors de la première vidéo postée. Paradoxalement, j'ai aussi subi un entrainement sévère constitué de footing et de cyclisme quotidien pour améliorer mon souffle. C'était aussi pour avoir une masse musculaire plus conséquente, une pierre deux coups et me voilà avec un planning sportif plus chargé qu'un athlète. Ce qui est complètement idiot parce que fumer diminue la capacité respiratoire de manière effarante... mais je voulais mettre toutes les chances de mon côté.

Je n'ai pas lésiné sur les efforts pour modifier ce qui m'apparaissait de plus en plus comme étant un énorme défaut : le tabac, le sport, le souffle... sans compter les exercices de dictions où j'ai forcé sur chaque syllabe pour faire disparaitre ces tics de langage. Après tous ces efforts, j'ai fini par obtenir ma nouvelle voix. Toujours la mienne mais cette version améliorée est plus rêche et voilée... avec des aigus qui manquent de clarté pour mon plus grand plaisir. J'ai dû changer pour être encore plus apprécié de tous, s'adapter à la norme et ravaler un peu mon excentricité pour rentrer dans les cases hollywoodiennes. Car oui, j'ai même appris l'anglais. Comme quoi, tout peut arriver quand le succès nous tend les bras.

« Ne poussez pas, il y en aura pour tout le monde ! Vas-y gamin. »

Je m'y perds avec cette rotation perpétuelle de visages inconnus. Beaucoup de gosses évidemment mais aussi un tas d'autres personnes plus âgées : pas mal d'informaticiens et de journalistes, les habituelles femmes au foyer et même quelques scientifiques. C'est tout ce que j'avais à faire, leur causer un peu, daigner m'intéresser à leur misérable métier, répondre à leurs éternelles questions dont je ne voulais pas me souvenir des réponses et, surtout, signer ce foutu bouquin. Malgré leurs différences, tous s'accordaient sur une chose : j'étais un génie. Marrant quand on sait que j'ai pris la plume uniquement pour provoquer d'éventuels témoins de mes aventures passées. William et Ulrich entre autres, les autres n'étant plus en état d'entamer une lecture aussi passionnante soit-elle. À moins qu'ils aient accès à la biblio du paradis, ça risque d'être compliqué...

« Vous avez vraiment un talent exceptionnel Monsieur Della Robbia, s'exclame un garçon qui ressemble comme deux gouttes d'eau au Johnny que j'ai connu il y a des années de cela, j'attends avec impatience la suite !
— Je suis désolé petit mais il n'y aura pas de deuxième tome. Le combat est terminé.
— Je vais le convaincre de continuer sa carrière d'écrivain, déclare Émilien avec cynisme. On trouvera une bête excuse pour ressusciter XANA s'il le faut mais les aventures des Lyoko-guerriers ne peuvent pas s'arrêter en si bon chemin ! »

Il m'adresse un petit sourire satisfait et je me sens tout à fait confus à cet instant précis. Suis-je condamné à satisfaire tous ces lecteurs qui vont toujours m'en demander plus ? J'ai du mal à m'y faire, je voulais maitriser mon destin et voilà que des milliers de personnes peuvent me contrôler à distance. Avec tout cet emballement autour des aventures de la bande de Melvin (pseudo péjoratif utilisé dans le scénario pour représenter le génie qu'était Einstein), est-ce vraiment possible de quitter la scène en toute discrétion ? Ce n'est pas mon objectif pour le moment mais je sais que je vais finir par me lasser de cette vie surexposée. Je ne peux même plus sortir chercher mon courrier en caleçon le matin sans qu'un cliché de mes parties bien moulées fasse la une des magazines.

« Vous voulez quoi comme dédicace ?
— À mon vieil ami de Kadic. Ça devrait suffire. »

Le stylo en l'air, je reste paralysé par le timbre de cette voix acerbe pendant une seconde d'intense réflexion en évitant de relever les yeux avant de répondre à l'intéressé avec un tact de circonstances :

« Les amis que j'ai pu avoir à Kadic ne sont pas prêts de me revoir... Vous devez faire erreur.
— Oh que non. Un enfoiré comme toi, ça ne s'oublie pas. »

Il y avait une sorte de mépris dans cette réponse qui glaça immédiatement l'ambiance dans la pièce. J'ai l'habitude d'avoir les regards tournés sur moi, je peux donc balancer ce que bon me semble à la tête du premier venu sans que ça ne choque personne... Dans ce cas-ci, je me retiens d'émettre une réponse cinglante qui provoquera inévitablement un conflit, c'est tout ce que je cherche à éviter. Après tout, qui sait ce qu'il peut détenir comme informations ? Fixant avec obstination le bouquin qu'il m'a tendu pour ne pas avoir un contact visuel avec lui, je sais que je ne vais pourtant pas y manquer. Je vais devoir affronter la personne qui se tient derrière cette voix familière que je n'arrive pourtant pas à identifier.

« Vous voulez qu'on évacue cet individu Monsieur ?
— Faites plutôt sortir tous ceux qui attendent. La séance de dédicaces est terminée. »

Un élan de contestations retentit dans la file de mes fidèles admirateurs alors qu'ils sont déjà poussés vers la sortie par mes trois gardes du corps, faut bien ça quand on est le trentenaire le plus prisé de la sphère médiatique. Karl, un vigile spécialement affrété pour l'occasion, s'interpose devant mon interlocuteur et je le calme immédiatement via une simple interjection. Il faut que je parle à ce gars, que je sache si c'est un affabulateur ou une vieille connaissance comme il le prétend... D'un geste de la tête, je lui fais comprendre qu'il va devoir me suivre à l'arrière de la boutique.

« Où allez-vous Monsieur Della Robbia ? On avait dit aux clients que la rencontre finirait à dix-huit heures !
— Eh bien je me barre avec une heure d'avance, que cela vous plaise ou non Marchal.
— Vous ne pouvez pas faire ça ! Pensez à tous ces gens qui ont fait le déplacement juste pour vous apercevoir en chair et en os !
— Ils reviendront, déclare Émilien qui semble légèrement embarrassé par la tournure que prennent les événements, ce n'est que partie remise ! Je suis confus Monsieur Marchal, Odd reviendra dans votre librairie dès la semaine prochaine.
— À condition que je puisse occuper votre appartement le temps de conclure cette entrevue, précisai-je en pointant du doigt mon mystérieux fan.
— Vous avez un des ces culots Della Robbia !
— C'est à prendre ou à laisser... Si vous refusez, je claque la porte de votre librairie et vous pourrez effacer mon numéro de votre répertoire.
— Je vous laisse dix minutes, finit-il par concéder en me fusillant du regard. Pas besoin de guide, vous connaissez le chemin. »

On peut bel et bien tout se permettre quand on a un nom comme le mien. Je me dirige vers la porte du coin sur laquelle la pancarte « Ne pas entrer » est bien mise en évidence. Ignorant cette consigne, j'invite mon "vieil ami" à me suivre et monte rapidement les marches dissimulées derrière le battant de la porte. Arrivés devant le digicode permettant d'accéder au loft, je tape sans hésitation la combinaison. J'ai toujours eu une bonne mémoire pour ce genre de trucs... sans compter que c'est loin d'être la première fois que je rends visite à la femme de Marchal.

« Si tu me traites d'enfoiré et que tu m'as aussitôt tutoyé, je suppose que je peux t'accorder les mêmes politesses. Pour ce qui est du surnom sympatoche, qu'est-ce que tu penses de "casse-couilles professionnel" ? Ça devrait t'aller comme un gant, non ?
— Ton humour est toujours aussi naze, réplique-t-il aussitôt.
— Alors on est deux à ne pas avoir évolués. Plus personne n'utilise le mot "naze" en 2024.
— On en parle de "sympatoche" ?
— Bien vu. Prends un siège, histoire qu'on discute du bon vieux temps. »

J'ai conscience que j'agis étrangement. Je viens d'autoriser un inconnu – du moins quelqu'un que je ne reconnais pas – à avoir une conversation avec moi, l'homme le plus envié du pays. Et c'est seulement pendant qu'il s'installe dans le sofa en cuir que j'ai tout le loisir de l'observer plus à mon aise. Mon invité est assez massif, larges épaules et pectoraux moulés par une chemise à carreaux un brin trop courte pour lui. Pas de là à être Musclor en personne mais sa musculature reste plus que correcte. Hormis ses cheveux foncés qu'il coiffe étonnamment en arrière, le plus frappant est son nez imposant qu'on ne peut manquer, tordu par un accident ou une bagarre (simple supposition mais il n'est sûrement pas né avec une cloison nasale dans cet état). Des joues bien remplies arrondissent le visage déjà bien marqué par le temps. Pas vraiment ridé, c'est plus de l'ordre de séquelles cutanées légères au niveau du front, du menton, du contour des yeux,... Partout en fait. Après réflexion, c'est sans doute dû à une acné ravageuse, celle qui ronge la peau des adolescents en profondeur. Malgré tout, ce garçon ne manque pas de charme. De par sa carrure comme précisé auparavant mais il y a aussi autre chose dans sa gestuelle de très attirant pour la gente féminine... ou pour les fragiles comme Émilien qui bandent devant le postérieur du premier venu.

« Tu ne peux pas savoir à quel point c'est jouissif de voir que tu ne m'as toujours pas reconnu...
— Tu te trompes, je sais qui tu es. Des gens comme toi, j'en rencontre tous les jours.
— Ah bon ? Ce n'est pas l'impression que tu renvoies.
— Patron, tout va bien ? demande mon chauffeur depuis la pièce d'à-côté.
— No stress, tout roule. Va m'attendre dans la voiture, je n'en ai plus pour longtemps. Mon "vieil ami" me lasse déjà.
— Tu mens, siffle l'intéressé en fronçant les sourcils selon un angle impressionnant, ce qui me fit grandement penser à Yumi Ishiyama. Tu n'es même pas capable d'identifier un ancien camarade qui te rend visite. Il est beau le surdoué de cette rentrée littéraire !
— Tu es juste un imposteur, raillai-je en le dévisageant de plus belle, faut pas avoir un QI bien élevé pour le deviner. Un petit malin de plus qui s'est renseigné sur le lycée que j'ai fréquenté, ce n'est guère compliqué de se rendre sur ma page Wikipédia pour en tirer des infos sur ma vie passée.
— T'y crois pas ! Odd serait toujours aussi con après toutes ces années ? »

T'y crois pas ? Je n'ai plus dit cette phrase depuis ma majorité, c'était la bonne résolution de mon anniversaire et je l'ai tenue. J'en avais marre qu'on me résume à cette réplique bidon. Si ce mec sait ça, c'est qu'il m'a vraiment connu à Kadic. Mais je doute fortement que ce soit un des mes proches comme il le prétend. Après tout, pas mal d'élèves me connaissaient de réputation et il était sans doute en sixième quand je m'apprêtais à passer le bac.

« J'oubliais... À l'époque, j'avais une tête légèrement différente. »

Il se décide alors à sortir de sa poche un étui dont je n'identifie pas tout de suite le contenu. Une fois ouvert, je réalise qu'il s'agit d'une paire de lunettes... à la Harry Potter, très rondes et imposantes. Saisi par cet accessoire, mon regard est instantanément attiré par ce que renferme le col de sa chemise, une cravate au rouge particulier bien trop petite pour son cou massif. Mon « vieil ami » portait déjà la même à l'époque. Le connaissant, il l'a sûrement remise pour l'occasion, le genre d'indice qui est mis bien en évidence depuis le début mais qu'on remarque seulement après coup.

« Merde alors... Le toutou de Sissi a bien changé. »

Hervé Pichon ne put s'empêcher de jubiler intérieurement face au constat de son meilleur ennemi.


-Théo-

Cinq minutes avant sa mort

Ligoté de la tête aux pieds et à moitié conscient, je m'efforce tant bien que mal d'écouter les arguments des uns et des autres. Tout ce que je peux comprendre, c'est que mon cas va être réglé dans les prochaines minutes. En relevant un peu la tête, je peux l'apercevoir. Lui, Ézéchiel, celui qui dirige cette bande de cinglés. Depuis le repas du soir de la cantine, je ne me souviens de rien. Black out total. J'ai fini par émerger dans cet état, bâillonné et les membres liés, un vrai saucisson.

« Je le répète une nouvelle fois, Théo Gauthier représente l'avenir de notre groupe, cet objectif pour lequel nous nous sommes battus avec tant d'ardeur ! »

Ézéchiel, car c'est bien lui dont il est question, veut convaincre ses troupes. Je n'ai jamais rien vu de plus effrayant que ces personnages qui sortent tout droit de la culture américaine si j'interprète bien la tenue collective... Une sorte de toile assemblée en cône pointu, un capirote si je ne me trompe pas, recouvre l'entièreté du visage – à l'exception des trous pour les yeux – de chaque acteur de cette étrange assemblée. À la place des tenues blanches, symbole de la secte bien connue pour sa ségrégation raciale, j'ai devant moi des uniformes sombres comme la nuit, ce qui n'empêche l'éventuel spectateur de penser immédiatement au Ku Klux Klan. Avec un plagiat si éhonté du groupuscule qui fait trembler l'Amérique, j'en viens à me demander si ces tarés partagent la même idéologie que les modèles originaux... Peu probable, c'est Tamiya qu'ils auraient enlevée si ça avait été le cas. Une petite négresse, c'est la proie idéale et sa disparition aurait eu un impact monstre. Une fille dont on ne retrouve plus la trace est beaucoup plus vendeur qu'un garçon enlevé dont on s'empressera de dire qu'il a fugué.

« Il est temps de procéder au vote, la séance a déjà bien trop duré et chacun doit retourner vaquer à ses occupations. Il ne faudrait pas que qui que ce soit se doute de ce que nous trafiquons ici. »

Si je pouvais raconter cette histoire à ma mère, elle me lancerait à la figure sa réplique préférée « C'est quoi ce bordel encore ? Comme si on n'avait pas assez d'ennuis... » qu'elle sort à chacune de mes anecdotes inventées pour la déstabiliser. Malheureusement pour moi, je suis bel et bien en train de vivre ce cauchemar éveillé.

« Levez la main droite si vous êtes en faveur du cas de figure A et la main gauche si vous voulez exécuter le plan B. Personne ne peut s'abstenir, la situation est bien trop critique pour que des membres refusent de prendre parti. »

Même si je vais plus que probablement passer un sale quart d'heure, je ne peux m'empêcher d'être en admiration devant le charisme dégagé par Ézéchiel. Contrairement aux autres, l'extrémité de son capuchon est verte, ce qui me conforte dans l'idée qu'il est le leader de la bande. J'ai même l'impression de connaitre cet homme, sentiment sans doute biaisé par l'attitude typique des grands dirigeants populistes qui se ressemblent tous.

« Neuf voix contre trois, je pense que c'est réglé. Nous nous en tiendrons donc au projet de base malgré les contestataires. Alastor et Gargantuel, vous pouvez mener notre hôte jusqu'à sa nouvelle demeure... »

Ils veulent me faire peur avec cette cérémonie ridicule mais ça ne va pas fonctionner. Je ne vais certainement pas leur laisser le plaisir de me voir effrayé par la décision qu'ils ont prise. Si j'avais été libre de mes mouvements, ils auraient eu du souci à se faire. Comme ce n'est pas le cas, je suis bien obligé d'attendre gentiment que les deux colosses qui m'ont empoigné par les épaules finissent par me lâcher. Encadrés par les gorilles et suivis par les autres ploucs déguisés, nous descendons une volée de marches pour arriver dans une grande pièce aux murs étincelants au centre de laquelle trône un... caisson de décompression si je ne m'abuse. Un cylindre laiteux relié à toute une série de câbles qui mènent tout droit à une sorte de pyramide constituée de puces électroniques et autres voyants lumineux plus inquiétants les uns que les autres.

« Placez-le dedans, j'ai hâte d'en finir. »

Les parois du tube horizontal coulissent et je suis déposé, en position couchée, au centre de la bestiole infernale qui ronronne à l'idée d'accueillir un nouvel habitant en son sein.

« Transfert. »

J'ai envie d'hurler à plein poumons, ce qui serait plus ou moins inaudible après un rapide examen de la densité du bâillon qui me recouvre les lèvres, mais je vais m'en tenir à mes bonnes résolutions : serrer les dents. Quoi qu'il arrive, cela ne peut pas être si douloureux. Je ressens quand même une gène qui devient de plus en plus insupportable au niveau des reins, comme si quelque chose fermentait à l'intérieur de mon corps.

« Scanner. »

Mon tibia vient de craquer sans aucune pression extérieure. L'os s'est littéralement fissuré, je n'en ai aucune preuve mais c'est clairement l'hypothèse qui s'est imposée à mon esprit. J'ai mal mais, plus que tout, je ne comprends pas. Qui sont ces gens ? C'est quoi cette foutue machine ? Un liquide tiède et gluant s'échappe de mes oreilles et de mon nez. Rapidement, c'est ma bouche et mon anus qui subissent le même sort. Je ne tarde pas à comprendre que je suis en train de me vider de mon propre sang.

« Virtualisation. »
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Dernière édition par Minho le Mar 13 Déc 2016 21:16; édité 2 fois
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*Odd Della Robbia* MessagePosté le: Lun 12 Déc 2016 20:48   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Sur le territoire Banquise entrain de faire de l'overboard
chapitre interessant.
donc la partie odd doit se dérouler dans le future de l'ancienne ligne temporelle (avant d'être tué par william).
La partie théo est assez confuse, d'après elle, on pourrait croire qu'il n'y a pas vraiment de monde parallèle/alternatif, mais que nos LG sont coincé dans lyoko ou une simulation, comme dans l'episode canal fantôme.

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