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 Auteur Message
Idris2000 MessagePosté le: Sam 03 Sep 2016 19:08   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 15 Juin 2016
Messages: 131
Localisation: Dans une ville, dans un pays, dans un continent, sur une planète, dans l'univers...
Citation:
J'étais impatient de voir le début des deux branches et je ne suis pas surpris de constater que c'est sur Aelita que s'est portée la première différence. On se souvient du contexte de Cold Case... On sait désormais à quelle branche correspond quel univers.


Personnellement, je ne pense pas que Cold Case appartient à l'une des deux branches. Voilà ma raison (À ne pas lire pour ceux qui n'ont pas fini Cold Case où qui projettent de le lire):

Spoiler


Je n'ai pas grand chose à dire sur ces chapitres (Vadrouille, manque d'idées et tout...), cependant:

Citation:
-Ils…ils ont tué Kenny !
Et non, je ne tuerais pas l'humour en faisant cette blague.

Prix du troll 2016 sur codelyoko.fr remis à...Icer (T'as cru Ikorih?).

Après, Stella me laisse de marbre pour l'instant...

Je vais conclure mon malheureusement court commentaire sur cela:

Citation:
Stella jeta un regard au match, pour voir Ulrich se faire tacler par le rouquin de Diderot.


Tu as fait exprès qu'elle voit exactement CE moment, connaissant ton "affection" pour Ulrich, je me trompe?

C'était le commentaire inutile d'Idris2000, en espérant désespérément que cela vous a plu...

_________________
Je suis quelqu'un d'observateur. L'avis des autres m'intrigue et m'intéresse.

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Je suis un Pro-Laura et Pro-CLE.

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Ikorih MessagePosté le: Sam 24 Sep 2016 16:46   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1417
Localisation: Sûrement quelque part.
Spoiler


Chapitre 11
Un avenir professionnel assuré


http://i.imgur.com/T5qfwRq.png


12 avril 2012 – France – Centre pénitentiaire de Laon – Cellule n°37

Wreck était allongé sur son lit, fixant le plafond, pensif. Quelques échos lui parvenaient du couloir, mais il était trop déconnecté de la réalité pour les entendre. Il ne savait même pas exactement quelle heure il était : il était perdu dans les méandres de son imagination. Cette dernière n’était pas d’une compagnie excessivement charmante, étant composée de visions sombres et torturées empreintes de souffrance. Principalement de la souffrance des autres.
Le chœur de lamentations qui résonnait sous son crâne ne l’affectait pas spécialement, ou alors il y puisait le calme et la tranquillité qui faisaient défaut à beaucoup d’autres à sa place. Il y en avait toujours pour crier leur innocence et tenter de sortir. Si rester enfermé ne l’enchantait pas spécialement, Wreck n’en était pas à ce genre d’extrémités. Il patienterait le temps qu’il faudrait, puis le monde extérieur lui ouvrirait de nouveau ses portes. Et il ferait gaffe à ne pas se faire chopper cette fois.
A environ vingt-cinq ans, il avait réussi à faire sniper à l’armée puis à en être viré à cause de son tempérament, avant de plutôt mal tourner. D’où sa présence en ces murs. Il avait déjà vu quelques champs de bataille, brièvement et de loin. Mais voir à travers sa lunette les ennemis s’écrouler, la poitrine explosée dans une gerbe de sang ne lui avait jamais posé de souci. Bien au contraire. Et il lui semblait régulièrement les entendre à nouveau. Sa mère lui avait souvent dit que quelque chose ne tournait pas rond dans sa tête. Elle n’avait pas changé d’avis au fil de ses visites au parloir.
Quelques bruits de pas dans le couloir, puis le bruit de la porte qui s’ouvrait. Wreck se redressa d’un mouvement vif, similaire à celui d’une vipère. Son regard gris se fixa sur l’entrée de la cellule. Son expression rêveuse se recomposa en un masque suffisant. Un des gardiens de la prison se détacha dans l’embrasure, se retourna pour parler à quelqu’un :
-Vous êtes sûres de votre coup hein ?
-Ne vous en faites pas. Contentez-vous d’attendre à l’extérieur, vous nous raccompagnerez quand on en aura fini.
Pour le coup, c’était inhabituel. De la visite en pleine cellule et non pas au parloir ? L’intérêt du rouquin était totalement piqué. Il adressa un petit sourire au geôlier, qui lui rendit un regard noir, puis il attendit de voir qui allait entrer.
C’étaient deux femmes, qui devaient avoir une petite trentaine d’années. L’une avait des cheveux blonds noués en queue de cheval et de grands yeux marron qui lui auraient donné l’air mignon si elle n’avait pas un visage aussi fermé et un maintien aussi…militaire, oui, c’était le mot. L’autre arborait une chevelure rose bien plus inhabituelle, et avait un regard bleu perçant. On pouvait également noter qu’un mince sourire en coin s’étirait sur ses lèvres, comme pour achever le contraste avec son accompagnatrice. Les deux étaient cependant vêtues sobrement de noir.
-Wreck Moore entre quatre murs…pas trop difficile à supporter ? On doit bien s’ennuyer là-dedans, tout seul, commenta celle aux cheveux roses en balayant la pièce du regard, sans en accorder un à son occupant.
-Moi, la question que je me pose, c’est ce qui vous pousse à venir rencontrer personnellement un dangereux psychopathe de mon espèce, dans sa cellule, et sans le gardien de prison…répliqua-t-il, un sourire mauvais sur le visage.
Son interlocutrice eut un petit rire. Wreck nota que la blonde s’était adossée à la porte, le regard braqué sur lui.
-Discuter, simplement discuter. Vous n’êtes pas stupide, vous saurez très vite cerner votre intérêt.
Le roux se rallongea, les mains derrière la tête. Elle n’avait pas tort. Et elle avait l’air de connaître un peu son CV. On ne se pointait pas dans la cellule d’un type comme lui sans un minimum de précautions. Il lui fit signe de continuer.
-Et donc, je repose ma question : pas trop difficile à supporter, la prison ?
-Qu’est-ce que ça peut vous foutre ?
Il vit la blonde jeter un regard affligé à sa…camarade ? supérieure ? collègue ? il n’en savait trop rien d’ailleurs. Cette dernière s’arma d’une froide patience :
-J’allais en oublier les bonnes manières, je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Elisa Cloud, je représente une organisation secrète qui recrute volontiers des types comme vous. Et donc, on vous a remarqué, et on se demandait si vous n’aviez pas envie de prendre l’air.
Si l’intérêt de Wreck était déjà piqué au préalable, cette fois le roux n’en perdait plus une seule miette. Elle dut sentir qu’elle avait ferré le poisson et retint une ombre de sourire satisfait.
-Visiblement vous n’êtes pas regardants sur le personnel. C’est quoi comme taf ? questionna-t-il.
-Il paraît que vous vous débrouillez avec un fusil de sniper, répondit Elisa avec un air de sphinx.
-Ok, je signe.
Il aurait pu faire sa diva et tourner autour du pot, demander d’autres renseignements, mais il devait admettre qu’il voulait sortir de ce trou, et si en plus c’était pour reprendre une activité un peu sanglante…il n’y avait aucune hésitation à avoir. La blonde devant la porte haussa un sourcil, visiblement surprise. Wreck lui jeta un regard :
-Et toi, on t’entend pas causer, t’es muette ? T’as un nom au moins ?
-Stella, décocha-t-elle après deux secondes de silence.
Elisa ne laissa pas le bourgeon d’échange se développer plus que ça.
-Bien. On règlera les diverses formalités dans les jours qui viennent et on vous ramassera à la sortie. Profitez des derniers moments dans votre cellule…

http://i.imgur.com/qOJiL1o.png


14 avril 2012 – France – A4

-Bon, maintenant qu’on est plus dans une cellule, vous avez des infos en plus à me livrer au sujet de votre « organisation secrète » ? lança Wreck sur le ton de la conversation.
Il regardait par la vitre du 4x4 noir si cliché qui l’avait effectivement récupéré à sa sortie de prison. Le paysage était monotone et vert. Il était assis sur la banquette arrière, à droite, accoudé tranquillement à la fenêtre, parfaitement détendu. L’autre place à la fenêtre était occupée par Elisa, qui n’avait pas encore dit un mot de tout le trajet. Plus silencieuse encore, Stella conduisait, seule à l’avant.
-Vous n’avez pas à en savoir trop, mais pour faire court, nous sommes le Projet Carthage. Nous avons pour objectif le progrès scientifique et l’ascension de notre organisation. Car nous ne dépendons pas de l’Etat, si vous vous posiez encore la question. Nous avons juste de l’influence…
Wreck haussa un sourcil, peu passionné par ce qu’il apprenait.
-Le progrès scientifique ? Et c’est ça qui implique de recruter des gros bras ? Je suis pas convaincu.
-Vous seriez surpris, répondit simplement Elisa avec un petit sourire. La sécurité, les rivaux gênants, des vestiges d’expérience à faire disparaître…d’où le recrutement notamment dans les prisons. On a aussi besoin de types peu scrupuleux.
Le rouquin hocha la tête, puis désigna la conductrice du menton en baissant un peu la voix :
-Et elle, vous allez me faire croire qu’elle fait partie des « types peu scrupuleux » ?
-Je t’entends quand même, Wreck, lâcha simplement Stella. Et non, moi j’étais dans l’armée avant.
-Oh, mais moi aussi, répliqua-t-il avec un petit sourire railleur.
Elle poussa un soupir agacé :
-Crois-moi, ça ne se voit pas.
Elisa se retenait manifestement de rire de l’échange somme toute assez puéril. Wreck nota ce détail et ravala une pique qui lui laissa un goût amer dans la bouche, avant de tenter de changer de sujet :
-Et pourquoi vous recrutez en prison si vous pouvez récupérer des militaires ?
-Problèmes d’effectif, déplora Elisa. Alors on mange un peu à tous les râteliers. En espérant ne pas avoir à le regretter…
Elle le transperça de son regard bleu et pour une fois, il se sentit mal à l’aise. Wreck savait reconnaître une menace. Il se renfonça dans son siège et reporta son attention sur le paysage.
-Je suis convaincue que tout se passera bien. Nous n’avons que très rarement eu de cas d’insubordination. J’imagine que vous vous doutez de comment ça finit.
Il hocha la tête.
-Ouais, ouais. Rien d’autre que je doive savoir ?
-Vous ferez sans doute équipe avec Stella. Ah et sauf objection, on devrait vous trouver une place dans les dortoirs, la plupart de nos agents ne sont jamais très loin des complexes.
Wreck cligna des yeux, reporta son attention sur la conductrice qui n’avait pas bronché. Sans doute était-elle déjà au courant. Il sentait le regard d’Elisa rivé sur lui, guettant sa réaction, comme une sorte de rapace.
-Ok, répondit-il simplement.
Le silence revint dans l’habitacle. Stella prit la sortie de l’autoroute, s’engageant sur un chemin plus fin mais encore goudronné. Wreck détacha une nouvelle fois son regard du paysage, qui ne parvenait pas à capter suffisamment son attention. Il devait reconnaître qu’il était curieux. Et au risque d’être agaçant, il se risqua à poser une ultime question :
-Au fait, les cheveux roses, c’est pour le côté agent secret ?
Elisa remit une mèche derrière son oreille. Wreck ne sut décrypter la façon dont elle prenait la question. Gêne ? Agacement ? Désintérêt ? Amusement ?
-Parfois, le meilleur moyen de passer inaperçu consiste à se faire remarquer, répondit-elle simplement avec un air mystérieux.
Visiblement il n’aurait pas de réponse plus claire. Tant pis.
Finalement, le 4x4 s’engouffra dans le parking souterrain d’un grand bâtiment gris dissimulé au milieu de la forêt et cerclé de barrières « accès réservé » ou autres dissuasions standard. Stella gara la voiture au milieu d’autres similaires, puis le trio descendit. Elisa n’attendit pas les deux agents et s’éloigna dans les allées sous le regard interrogateur du nouveau.
-Rêve pas, elle a du boulot. C’est moi qui te prends en charge désormais, l’informa Stella.
Il récupéra son sac dans le coffre puis emboîta le pas à sa nouvelle équipière, vers les dortoirs du personnel. Aucun des deux n’essaya spécialement d’engager la conversation. La jeune femme le trimbala à travers un labyrinthe de couloirs (dans lequel il faudrait bien qu’il sache s’orienter…) et lui ouvrit une porte, donnant sur une chambre d’une dizaine de places.
-Normalement tu peux t’installer là. Prends juste un coin où y ait personne. Si je dis pas de bêtise, le lit du fond est inoccupé actuellement.
-Ok. Et…ma première mission c’est pour quand ? questionna-t-il avec une certaine impatience.
-Julius nous bipera quand il faudra, répondit simplement Stella en haussant les épaules.
Devant le regard interrogateur de son partenaire, elle précisa :
-Un de nos supérieurs. En général c’est lui qui distribue les missions. Mais te presse pas, ça viendra.
Après une ou deux secondes de flottement, elle le laissa s’installer et s’éclipsa dans les couloirs.

http://i.imgur.com/qOJiL1o.png


Entrée n°078
J’ai beaucoup réfléchi à la question et il m’apparaît aujourd’hui que l’être humain reste encore le plus grand mystère posé à la science. Ses réactions incroyablement complexes, son organisme, ses sociétés, les tréfonds de son cerveau ou de son ADN. Ses peurs. Cela fait des années que je le côtoie, et le genre humain me fascine toujours, dans de nombreux domaines. Je ne suis pas psychologue, et les psychologues eux-mêmes ne savent rien des humains. Toutefois j’ai la certitude qu’un mystère élucidé est gage de savoir, proportionnellement à l’obscurité qui l’entoure. L’ombre ne peut exister sans être projetée par une lumière.
Je pense que mon cas est une preuve formelle. Je suis un mystère parmi le mystère, mais je pense que je détiens plus de clés en main que les autres. Carthage est un passe-partout dont je me servirai pour percer les secrets du genre humain. J’ignore ce que mon prédécesseur en penserait, mais au vu du portrait qu’on m’en a tiré (au vu de ce que j’ai observé de lui), je me permets d’imaginer qu’il approuverait ma démarche. Après tout, s’il est une personne qui a toujours détesté les mystères, c’est lui.
C’est le défi que je me pose. Analyser le genre humain, comprendre le genre humain, pour mieux dominer le genre humain. Que la lumière du savoir repose entre mes mains. Car je reste un être humain également, et l’être humain a peur des ténèbres. C’est probablement la raison pour laquelle nous portons des masques. Je dis nous, car j’ai conscience de faire partie d’une lignée. D’une continuité plus grande que moi. Si j’ai espoir de comprendre le genre humain, ce n’est pas forcément le cas de mes successeurs. Peut-être s’intéresseront-ils à d’autres domaines. Mais nous resterons une continuité malgré tout. Les travaux des uns serviront aux autres, la priorité absolue reste que Carthage grandisse. Le pouvoir entraîne le savoir, et réciproquement. C’est une spirale dans laquelle nous devons nous maintenir.
J’ignore encore jusqu’où ma propre piste me mènera. Mais il faut un début à tout. Je tenterai donc de percer une partie des potentiels cachés du genre humain. Peut-être que je cours après une chimère.



A la recherche du passé
http://i.imgur.com/CpVw9yP.png


2 août 2016 – Massifs Forestiers des Bouches du Rhône – Base désaffectée

« Zone militaire – Accès interdit »
Le panneau rouillé pendait tristement au milieu des grillages bardés de barbelés. Le temps était relativement doux, la forêt verdoyante bruissait tranquillement. On entendait même quelques chants d’oiseaux dans les alentours. Autrement dit, la tension instillée autrefois par cet épouvantail d’acier n’était plus d’actualité.
La personne qui s’avançait entre les arbres semblait parfaitement consciente de cet état de fait. Elle ne prenait pas la peine de se mettre à couvert, piétinant les plantes qui entravaient sa route.
Ecrasant du pied quelques ronces, la jeune fille continua sa progression jusqu’aux grilles. Elles n’étaient plus entretenues depuis quelques années, et la rouille faisait là aussi son œuvre. La visiteuse était en jean et chaussure de marche, présentait quelques écorchures de ronce sur les avant-bras et un sac à dos. Ç’aurait pu être la tenue de la randonneuse classique si elle n’avait pas tiré dudit sac une pince coupante pour se débarrasser des barbelés. Elle devait avoir vingt ou vingt-cinq ans et portait une casquette rouge à l’envers qui dissimulait des cheveux blonds courts et clairs. Pendant de longues minutes, on n’entendit que le cliquetis métallique des barbelés cédant sous la pince. La jeune fille semblait rester attentive à son environnement, comme si elle attendait ou craignait que quelque chose la dérange. Mais aucune présence particulière ne se manifesta.
Une fois les barbelés écartés, et malgré quelques écorchures aux mains, elle escalada le grillage usé qui lui scia les paumes alors qu’elle se hissait. Elle n’était pas d’une constitution spécialement sportive et son teint pâle laissait penser qu’elle passait même plutôt son temps en intérieur, mais elle disposait tout de même d’une musculature sèche et suffisante pour tracter son poids. Elle se laissa lourdement tomber de l’autre côté, et son regard fut avalé par la bouche de ténèbres qui s’ouvrait devant elle. L’entrée du bunker proprement dit. Après avoir extrait de son sac une lampe torche, elle s’engouffra dans les abysses de la forêt.
Le tunnel était fait de pierre lisse. Au bout se trouvait une porte métallique. Elle se figea, une sorte d’effroi, de surprise, paraissant pour la première fois sur son visage. Comme une plaie béante dans le bâtiment, la porte était à moitié arrachée, pendant au bout d’un gond comme un os brisé au bout d’un mince ligament. Les tâches de rouille évoquèrent l’espace d’un instant une éclaboussure de sang.
La visiteuse prit une profonde inspiration, analysant froidement la situation. Quelqu’un était déjà venu ici avant elle, et ce quelqu’un avait les moyens d’opérer des déchirures pareilles…le halo de sa torche capta des griffures sur le mur, qui prolongeaient celle de la porte. Sur le mur de pierre. Et pourtant les grilles avant étaient intactes ? Etrange.
C’était une sensation perturbante. L’impression que sa piste avait déjà été suivie par quelqu’un d’autre, l’impression qu’un sanctuaire avait été profané. Ces lieux étaient supposés être ceux de ses réponses, et ceux-là seuls…et pourtant quelqu’un d’autre s’y était introduit. Ce n’était même pas une question d’être effrayée de ce qui pouvait avoir brisé le sceau de la porte, non. Et quelque part pourtant, cette présence inconnue la galvanisait. Elle savait qu’elle se trouvait à un lieu important. Un lieu assez important pour que cette chose s’y soit introduite. Quand bien même elle serait réduite à picorer dans les traces de l’autre, elle pouvait espérer que les miettes soient consistantes.
Avec une infinie prudence, elle franchit le seuil ravagé, et son sang se glaça une nouvelle fois. Cette fois ce n’était pas de la rouille.
Des squelettes gisaient au sol, des pistolets entre leurs doigts. Des impacts de balle sur les murs, comme s’ils avaient ricoché, rayonné depuis le point précis où elle se tenait.
Sachant déjà ce qu’elle découvrirait, la jeune fille s’avança vers les vestiges de cette bataille du passé, s’accroupissant auprès d’un squelette. Certains os présentaient des lacérations parallèles. Elle n’était pas anthropologue, mais les assimiler aux scarifications de la pierre de l’entrée lui paraissait cohérent.
Quelque chose de dangereux était venu ici. Mais au vu de l’état de ses victimes, c’était il y a longtemps. Le risque que la chose soit encore dans les parages était faible… Galvanisée par cette idée, la jeune fille continua à marcher dans un des boyaux qui partaient de la salle du massacre.
Elle choisit de prendre à droite, balayant la pierre de sa lampe. Le couloir était tranquille, calme. Un tournant, seulement le bruit de ses pas et les ombres chinoises projetées sur les parois par sa lumière. Finalement, elle arriva dans un tronçon parsemé de portes. Toutes éventrées. Avec un air sombre, elle pénétra dans une des salles latérales : un véritable cimetière informatique, des écrans détruits, des composants arrachés, des câbles sectionnés. Cette vue sembla davantage l’attrister que celle des squelettes à l’entrée. Elle se détourna de la pièce. Ce n’était pas ce qu’elle cherchait. Elle continua, jetant de temps à autres un œil à l’intérieur de salles identiques, mais sans s’attarder plus que ça. Partout le même spectacle. Ce qu’elle visait davantage, c’était le bout du couloir qui, elle l’espérait, lui révèlerait des trésors insoupçonnés.
Le boyau se resserra. Elle nota vite des griffures sur la pierre, encore. Elle posa la main dessus, intriguée, et toujours incapable de dire ce qui avait pu les provoquer. La pierre était froide. Au bout du couloir, ce qui avait été jadis une énorme porte blindée. Les battants avaient été déformés pour qu’une créature (la chose aux lacérations sans doute) puisse forcer le passage. La visiteuse se faufila dans le passage ainsi ouvert, et se retrouva face à un nouveau carnage. Les pièces présentaient des reflets dorés qui n’étaient pas dus à sa lumière. Un léger froncement de sourcil lui échappa, elle accéléra le pas. Elle avait déjà vu cette technologie. Et elle semblait toujours entourée de cette aura de mort et de destruction.
La jeune fille se pencha pour ramasser un des débris gisant autour de l’énorme carcasse informatique au centre de la pièce. Rien d’utilisable, non. Un éclat de douleur lui fendit la main, et elle réalisa qu’elle venait de se couper la paume sur un bord métallique. Avec un grognement, elle lâcha la pièce et pressa sa main contre son T-shirt (heureusement noir).
Finalement, cette visite n’était pas excessivement fructueuse. Rien de concret et de matériel à se mettre sous la dent, et cependant, elle avait désormais la confirmation que ceux qui avaient habité ces lieux s’intéressaient aux ordinateurs quantiques. Cela leur faisait un point commun… Il fallait qu’elle en apprenne davantage encore. Elle voulait percer ce mystère.
Elle fit demi-tour, repartant explorer les autres branches du pseudo-bunker.

http://i.imgur.com/lB0lESi.png


26 août 2016 – 7h56 – France – Paris – Domicile des Dérobâme

Ardath Dérobâme était installée à la table de la cuisine, une tasse de café fumante posée à côté de deux tartines. Elle parcourait les colonnes du Monde, déplié sur ses genoux. Elle avait également l’habitude de consulter les nouvelles américaines sur son portable, pour ne pas perdre contact avec la terre qui l’avait hébergée si longtemps.
L’environnement était sobre, pas de photos de famille quelconques ou autres décorations du même acabit. Le visage de l’ancienne agente d’Urbe avait souffert des années, en plus de présenter quelques marques de brûlures sur le côté droit. A maintenant plus de cinquante ans, elle présentait les rides qui allaient avec et ses cheveux noirs arboraient quelques reflets gris. Cependant, son maintien et son style vestimentaire (toujours du noir) n’avaient pas vraiment évolué.
Elle entendit la porte d’entrée se fermer et vit apparaître dans l’embrasure de celle de la cuisine une sorte de double plus jeune d’elle. Sa fille, vingt-cinq ans de moins. Un regard sombre et froid, le teint blafard, les cheveux noirs et lustrés. Dorothée Dérobâme, sa mère tout craché. La jeune femme agita le courrier qu’elle tenait en main : factures. Cependant, lorsqu’elle étala les divers papiers sur la partie non encombrée de la table, une enveloppe se détacha des autres. Elle n’indiquait pas d’expéditeur ni d’adresse, ce qui laissait à penser qu’elle avait été déposée à la main dans leur boîte aux lettres.
Ardath fronça les sourcils, écarta d’un geste le journal qu’elle tenait et tendit la main pour saisir le pli. Dorothée se coula derrière elle en silence. Sa mère déchira le haut de l’enveloppe et en sortit une feuille. Pas d’écriture manuscrite, uniquement des caractères tapés à l’ordinateur. Des manières plutôt particulières…


Salutations, Ardath Dérobâme
J’ai cru comprendre que vous aviez eu des démêlés avec le Projet Carthage. Je m’intéresse particulièrement à eux et je souhaiterais percer les secrets qui les entourent. Vous êtes donc parmi les personnes les mieux placées pour m’aiguiller. J’ai conscience que vous n’avez pas forcément de raison de m’aider mais songez que si j’ai pu obtenir votre identité et remonter jusqu’à vous, vous êtes peut-être plus impliquée dans cette affaire que vous ne le croyez. Quant à moi, je pense être en mesure de me débrouiller sans votre aide au final. Réfléchissez bien.
Si vous êtes partante pour collaborer avec moi, retrouvez-moi devant la bibliothèque des archives de Paris, le premier septembre à 20h.


-C’est pas signé, nota simplement Dorothée.
-J’aime pas ça, marmonna Ardath. Je pensais pas réentendre parler du projet Carthage.
Sa fille réfléchit à la situation de son côté. Elle connaissait globalement l’histoire de sa mère au niveau de ces organisations secrètes, et commenta :
-Mais ils sont dissouts non ? Au fond qu’est-ce qu’on risquerait ?
Ardath haussa un sourcil inquisiteur en se tournant vers sa progéniture :
-« On » ? Je ne suis pas sûre d’avoir vraiment envie de t’impliquer là-dedans. C’est déjà assez problématique qu’une personne se renseignant sur Carthage remonte jusqu’à moi…
Dorothée fit la moue, visiblement déçue. Sa mère lâcha un soupir agacé.
-Ce n’est pas dans ton intérêt de trop fouiner là-dedans. J’ai vu des choses qui dépassent l’entendement, au fil de ces années de service.
La voix d’Ardath s’éteignit tandis qu’elle revoyait ces images de cauchemar au cœur de l’usine. Une question lui traversa l’esprit : Craig était-il aussi hanté qu’elle par ces souvenirs, ou avait-il tourné la page sans problème ? Ce n’était pas le moment d’y penser. Elle devait raisonner sa fille, qui pour l’instant semblait trop intéressée. Encore que…finalement, elle avait son âge lors de son entrée à Urbe. Elle savait déjà se servir d’un pistolet. Et elle marquait un point en assurant que Carthage était dissoute. C’était en effet ce qu’on pensait. Mais si jamais ce n’était pas le cas…
-Si jamais c’est dangereux, tu crois pas que je risque moins en étant au courant ? glissa Dorothée, comme si elle lisait dans ses pensées. De toute façon, je suis exposée. Je préfère agir plutôt que rester une simple cible dans cette histoire.
Ardath retint un grognement. Dorothée n’avait pas tort, mais c’était justement ce qu’elle avait voulu éviter pendant des années. A croire que quitter Urbe n’était pas un moyen suffisant de la mettre à l’abri.
-Très bien, tu m’accompagneras alors. Garde ton pistolet sous la main.
-Toi aussi.
Ardath rit jaune. Elle se souvenait encore de ce moment où elle s’était dit qu’elle essaierait de vivre sans son arme. Finalement elle l’avait gardée, incapable de s’en séparer…
-Je me fais trop vieille pour ces conneries…
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png
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Idris2000 MessagePosté le: Sam 24 Sep 2016 17:57   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 15 Juin 2016
Messages: 131
Localisation: Dans une ville, dans un pays, dans un continent, sur une planète, dans l'univers...
Salutations!

Citation:
Chapitre 11
Un avenir professionnel assuré


T'es sérieuse??

Ikorih a écrit:
Y a des gens à écouter, et d'autres non (a) Tu penses bien que XANA n'a jamais expliqué la vérité à Aelita...


Ben, connaissant ton caractère de trolleuse professionnelle, je vais rester sur mon opinion pour l'instant. (Bien que je sais d'avance que j'aurais faux, mais, voilà...)

Et puis, comme un gros con digne d'Ulrich, ce n'est que maintenant que je rends compte que Wreck est roux. Coincidence? Mmm... Fort probable...

Citation:
L’autre arborait une chevelure rose bien plus inhabituelle, et avait un regard bleu perçant. On pouvait également noter qu’un mince sourire en coin s’étirait sur ses lèvres, comme pour achever le contraste avec son accompagnatrice. Les deux étaient cependant vêtues sobrement de noir.


Moralité: Ne parlez jamais de cheveux roses dans les fanfics CL en ce qui concerne un personnage supposé inconnu, cela pourrait spoiler qui est le personnage. (Mais les exceptions existent...)

Plus sérieusement, mon opinion sur Stella a changé avec ce chapitre, elle est plutôt intéressante dans ce chapitre, mais sans plus.

Citation:
Entrée n°078
J’ai beaucoup réfléchi à la question et il m’apparaît aujourd’hui que l’être humain reste encore le plus grand mystère posé à la science. Ses réactions incroyablement complexes, son organisme, ses sociétés, les tréfonds de son cerveau ou de son ADN. Ses peurs. Cela fait des années que je le côtoie, et le genre humain me fascine toujours, dans de nombreux domaines. Je ne suis pas psychologue, et les psychologues eux-mêmes ne savent rien des humains. Toutefois j’ai la certitude qu’un mystère élucidé est gage de savoir, proportionnellement à l’obscurité qui l’entoure. L’ombre ne peut exister sans être projetée par une lumière.
Je pense que mon cas est une preuve formelle. Je suis un mystère parmi le mystère, mais je pense que je détiens plus de clés en main que les autres. Carthage est un passe-partout dont je me servirai pour percer les secrets du genre humain. J’ignore ce que mon prédécesseur en penserait, mais au vu du portrait qu’on m’en a tiré (au vu de ce que j’ai observé de lui), je me permets d’imaginer qu’il approuverait ma démarche. Après tout, s’il est une personne qui a toujours détesté les mystères, c’est lui.
C’est le défi que je me pose. Analyser le genre humain, comprendre le genre humain, pour mieux dominer le genre humain. Que la lumière du savoir repose entre mes mains. Car je reste un être humain également, et l’être humain a peur des ténèbres. C’est probablement la raison pour laquelle nous portons des masques. Je dis nous, car j’ai conscience de faire partie d’une lignée. D’une continuité plus grande que moi. Si j’ai espoir de comprendre le genre humain, ce n’est pas forcément le cas de mes successeurs. Peut-être s’intéresseront-ils à d’autres domaines. Mais nous resterons une continuité malgré tout. Les travaux des uns serviront aux autres, la priorité absolue reste que Carthage grandisse. Le pouvoir entraîne le savoir, et réciproquement. C’est une spirale dans laquelle nous devons nous maintenir.
J’ignore encore jusqu’où ma propre piste me mènera. Mais il faut un début à tout. Je tenterai donc de percer une partie des potentiels cachés du genre humain. Peut-être que je cours après une chimère.


Ok, j'ai l'impression de voir à la fois de la philosophie et de la curiosité, voire les deux. Et la combinaison des deux, ben ça donne cette citation que j'aime beaucoup!

Bon, ben, j'ai beaucoup aimé ce chapitre au final.

Je vais conclure sur ceci:

Citation:
Bah ok mais si c'est la seule à te laisser de marbre, pourquoi tu parles que d'elle et pas des autres persos super badass introduits ici? Sad


https://cdn.meme.am/instances/62868804.jpg


Tu as ta réponse. http://i1229.photobucket.com/albums/ee461/LovelySandwichBread/Trollface-emoticon.png

Et puis, j'ai jamais dit que c'était uniquement elle. Et puis, des persos badass, on a Xana que j'aime beaucoup, puis X.A.N.A., alors, les persos badass, on commence straight.

_________________
Je suis quelqu'un d'observateur. L'avis des autres m'intrigue et m'intéresse.

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Je suis un Pro-Laura et Pro-CLE.

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Dernière édition par Idris2000 le Lun 26 Sep 2016 20:46; édité 2 fois
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Lhetho MessagePosté le: Sam 24 Sep 2016 20:14   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Citation:
Vous aurez constaté que la prépa m'écrase de boulot et que j'ai plus de temps pour écrire...


Dès que tu l'as annoncé sur le forum je me doutais bien que ce serait le cas. Mais à ce que j'ai compris tu es en prépa scientifique... Tu as donc fait le choix de suivre la voie de la science, je ne peux donc que te souhaiter bonne chance dans cette aventure.
Bref, assez parlé IRL, passons au premier chapitre de cette deuxième partie. Déjà et forcément, changement total de décor (tu l'avais annoncé). Tu avais également pris soin de demander à tes lecteurs de lire Cold Case et Abysses pour mieux comprendre la tournure des événements. J'avoue ne pas avoir lu Abysses (et pourtant la fic est sur mon pc...), quant à Cold Case... évidemment que je l'avais lue. Cet écrit est juste génial et a renforcé je l'avoue mes opinions scénaristiques faites de récits dark.
Mais bon, j'ai trouvé ce chapitre intéressant et bien écrit. Il replace une nouvelle intrigue à cause du changement de repère temporel tout en gardant des personnages importants de la première partie comme Ardath. Le fait qu'elle soit confrontée au passé est intéressant, même si pour l'instant on n'a pas tellement de détails (la lettre place déjà pas mal le contexte dans lequel elle se trouve).
En outre, tu as gardé ce système de parties que me plaisait beaucoup et cet enchâssement de récits est sympa à la lecture. Mais j'avoue que l'on avait pas eu de scènes tellement gore depuis le début d'Hélicase, et le passage dans le bunker m'a fait plaisir de ce point de vue là. Merci.

On verra bien comment cela va se dégoupiller mais ce premier jet de deuxième partie est réussi.

Bonne et longue semaine de travail à toi Smile .
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Icer MessagePosté le: Ven 30 Sep 2016 21:06   Sujet du message: Répondre en citant  
<br>


Inscrit le: 17 Sep 2012
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Localisation: Territoire banquise
Citation:
(Vous aurez constaté que la prépa m'écrase de boulot et que j'ai plus de temps pour écrire...)


Mdr, ce taunt si subtil, ça aurait toute sa place dans une de mes intros. Mais je ne suis pas en prépa Sad

Citation:
Jamais tu t'es dit que le subconscient de Waldo était rempli de boules blanches lumineuses?


Euh alors là je suis très sceptique. Si on part du principe que le supercalculateur peut ne pas générer d'avatars humanoïdes par défaut, c'est s'engager sur une pente très dangereuse. Qu'est-ce qui garantissait à Waldo que sa fille pourrait vivre sur Lyoko s'il n'était pas certain qu'elle serait sous forme humaine (Il était clairement souligné qu'elle n'était jamais venue auparavant donc il n'a pas pas analyser son subconscient en amont pour préparer le terrain) ? Odd, qui est un vrai fou, a eu un avatar possédant une queue de chat, des griffes, et un chien qui pisse en guise de logo. Mais il est resté humain. Trouve autre chose Mr. Green

Pour une fois je ne suis pas trop à la bourre donc j'ai davantage les chapitres précédents en tête.

Coté rouge, il s'agit essentiellement d'un éclaircissement sur le passé des protagonistes qui feront partie de la sinistre organisation carthaginoise de GB, on s'en souvient. Bien sûr, il y a cette histoire d'Entrée n°78 mais ce n'est sans doute qu'un attrape tout destiné à faire genre que la partie rouge vaut la bleue, ce qui est évidemment totalement faux.

Les vraies étrangetés donc demeurent coté bleu. Je ne peux m'empêcher de tiquer sur l'image de clé qui sert (pour la première fois je crois bien) de transition, j'ai l'impression d'être devant une évidence pourtant ça ne m'évoque rien. Mais il est bien possible que je sois seulement induis en erreur par sa couleur or.

Hum par contre, devoir trouver deux titres par chapitre ne te réussi pas. Ils sont de plus en plus nuls... Evil or Very Mad

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Ikorih MessagePosté le: Sam 01 Oct 2016 08:56   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Spoiler


Chapitre 12
Pyrolyse


http://i.imgur.com/T5qfwRq.png


10 septembre 2014 – 19h30 – Lorraine – Complexe forestier de Carthage – Salle de briefing

-Voilà le topo, commença Julius. On a un entrepôt en Auvergne (on vous transmettra la localisation exacte) qui a servi à stocker du matériel de haute technologie. Seulement voilà, on a encore des trucs à y nettoyer qui ne doivent pas être découverts. Votre boulot : faire le nettoyage. Vous partez demain.
Wreck et Stella n’avaient pas eu droit à une chaise et se tenaient donc debout, face à Julius (surnommé amicalement le commandant Julius) qui leur expliquait très rapidement la situation. Derrière lui, un vieux tableau à craie qu’on se serait attendus à trouver dans un collège. Sans doute de l’humour carthaginois.
-Des consignes particulières sur la méthode, monsieur ? demanda Stella de son habituel ton professionnel.
Wreck avait appris à s’y faire. Ils étaient restés en binôme durant ces deux ans passés à Carthage, et il devait reconnaître qu’elle savait faire le taf’. Lui-même était plutôt content de son propre parcours.
-Eh bien…on vous a adjoint Sköll sur la mission. Tirez-en les conclusions nécessaires.
D’un geste, il leur signifia que le briefing était fini. Wreck allait ouvrir la bouche pour protester, mais Stella le tira par la manche pour le sortir de la pièce. Il la foudroya du regard, elle ne sembla pas s’en formaliser. Peut-être avait-elle pris l’habitude.
-Quoi ? siffla-t-il, agacé.
-Pose pas de questions superflues. Je vais te présenter Sköll. Tu comprendras très vite la méthode qu’on va employer.
Wreck se dégagea d’un coup sec.
-Ok, présente-le moi.
-C’est l’heure de bouffer, amène-toi. On le croisera à la cantine.
Elle le planta là, commençant à s’éloigner dans le couloir. Wreck commençait à en avoir assez qu’elle lui donne des ordres, mais prit une énième fois sur lui et suivit. Deux ans et il avait encore parfois la sensation d’être le petit nouveau qui a besoin d’être briefé sur tout.


Quelques minutes plus tard, ils déambulaient dans les allées du réfectoire, avec chacun en main un plateau type cantine scolaire qui comportait l’extrêmement classique steak frites. Entre ça et le tableau à craie, Wreck avait l’impression de retomber en enfance, ce qu’il n’appréciait pas forcément.
Stella repéra une table dans un coin, où ne s’étaient établies que deux personnes, une fille et un garçon qui leur tournaient le dos. Elle alla s’asseoir face à la fille, et Wreck lui emboîta le pas. La première était une brune aux yeux verts, plutôt souriante, qui avait laissé sa chevelure défaite cascader dans son dos. En revanche, son camarade avait une apparence physique un peu plus spéciale. Ses cheveux noirs étaient parsemés de petites mèches rouge vif, couleur que l’on retrouvait de façon surprenante sur ses iris. Il tenait son couteau de la main gauche et présentait quelques brûlures superficielles aux avant-bras…non tout compte fait, un peu partout, de ce que Wreck pouvait voir.
-Salut ! lança Stella en s’asseyant.
Le type aux yeux rouges leva le nez de son assiette.
-Ah tiens, Stella, ça faisait un moment. Tu nous présentes ? fit-il en donnant un coup de menton vers Wreck.
-Mon coéquipier, Wreck. Voilà Hati, et Sköll, le mec avec qui on va pas tarder à bosser, résuma Stella.
Sköll lâcha son couteau pour tendre la main à Wreck, qui l’imita par réflexe…et se trouva face à une situation problématique. Son vis-à-vis rit, et changea de main.
-Désolé, je suis gaucher. Les vieux réflexes. Wreck, donc ?
Leurs regards se croisèrent. Wreck crut retrouver quelque chose, une petite étincelle au fond de ces yeux rougeâtres. Sköll sonda ses iris gris pendant quelques secondes, avant de se fendre d’un petit sourire.
-Ok, je t’aime bien, décida-t-il avant de reporter son intérêt sur ses frites.
-T’as pas les mains un chouïa abîmées ? ironisa Wreck.
Sköll marqua une pause, jeta un œil à ses mains, puis ricana :
-Oh, ça…si je te dis que je passe mes dimanches à faire des barbecues tu me croiras pas, hein ?
Une fois encore, Wreck vit s’allumer une petite étincelle familière dans son regard. Il se coupa un bout de steak avant de répondre.
-C’est à voir. A quel point ça fait mal, de se brûler ?
Avant que Sköll puisse parler, la dénommée Hati ouvrit enfin la bouche :
-Vous avez rien de plus malsain comme sujet de conversation ? On est à table quoi…
Les deux garçons répondirent en même temps. Cependant, l’un avait opté pour la réplique cinglante et l’autre pour le ton doux et conciliant.
-Ta gueule connasse.
-Désolé, tu as raison, on reparlera de ça plus tard.
Stella jeta un regard à Wreck. Visiblement elle avait entendu ce qu’il avait dit, au contraire des deux en face. Cependant elle ne releva pas, habituée aux sorties de route de son collègue.
Sköll jeta un œil à son portable, puis termina en vitesse ses frites.
-Je vais vous laisser, je veux pas louper le coucher de soleil. D’habitude je suis tout seul mais t’avais l’air de vouloir causer…ajouta-t-il à l’adresse de Wreck. Si tu me cherches, je serai dehors, pas loin du parking poids lourds.
Sur ces dernières paroles, Sköll se leva, ébouriffa les cheveux d’Hati avec un « à tout à l’heure » et débarrassa son plateau avant de sortir du réfectoire. Avec son départ, l’atmosphère devint beaucoup plus silencieuse. Hati semblait beaucoup moins causante, et Wreck ne l’aimait de toute façon pas. Quant à Stella, elle n’avait jamais été du genre à taper la discute quand elle n’avait rien à dire. Finalement, le rouquin termina son assiette quelques minutes après, se fendit d’un froid « A plus » et s’éloigna à son tour.


Il émergea du bâtiment par la porte principale et marcha le long du bitume. La route qui menait au complexe forestier faisait une fourche à cet endroit, l’une des branches menant au très utilisé parking souterrain, l’autre au parking poids lourds. Ce dernier n’était pas souvent requis, sauf pour les livraisons de matériel.
Wreck marcha jusqu’à ce parking annexe sur le côté. La forêt était plus clairsemée par là, ce qui permettait d’être ébloui par le coucher de soleil. Il trouva Sköll assis sur un vieux tronc couché à quelques mètres de la zone bitumée. L’autre avait une paire de lunettes noires sur le nez et fixait l’horizon qui se parait de couleurs sanguinolentes. Wreck ne put s’en remettre qu’à sa main pour éviter de se démolir les yeux.
-T’as vraiment rien d’autre à foutre, hein ?
-Et toi ? lui répliqua simplement Sköll.
Il marquait un point. Son collègue l’invita à s’asseoir d’un geste, mais le rouquin choisit de rester debout.
-Au fait, pour ta question de tout à l’heure. Une brûlure, ça fait atrocement mal. En plus ça pue, quand c’est trop grave. Tu sens une odeur de chair cramée, et tu sais que c’est la tienne. Et puis après, ça laisse des traces, et tu te rappelles toute ta vie de cette douleur. Est-ce que ça te convient comme réponse ?
-Je prends note, déclara simplement Wreck, pensif.
-Et pourquoi ça t’intéresse autant ? continua Sköll. Tu as l’intention de finir dans le même état que moi ?
Il lui présenta son avant-bras sans se retourner. Wreck jeta un œil, confirmant ce qu’il avait déjà remarqué au réfectoire.
-Moi, non, répondit-il, un sourire carnassier se dessinant sur son visage.
Le soleil continuait à disparaître derrière l’horizon. Il n’y en avait plus que pour une poignée de minutes. Sköll eut un petit rire vite éteint.
-Je vois le genre. T’as un léger grain, tu sais ?
-On n’avait jamais utilisé ce terme-là, commenta Wreck d’un ton désintéressé.
-C’est parce que je suis unique en mon genre. Personne n’utilise les mêmes termes que moi.
La fin du coucher de soleil passa sans qu’aucun des deux ne parle. Lorsque le dernier rayon eut disparu derrière les arbres, Sköll remonta ses lunettes sur son front et se leva.
-Bon c’est pas tout ça, mais si je reste pour regarder la lune j’en ai pour toute la nuit. C’était sympa de causer avec toi !
Il commença à repartir vers le complexe, gratifiant Wreck d’une claque sur l’épaule en passant. A un ou deux mètres de distance, il se retourna et lança :
-On se voit demain, donc ?
-Il semblerait. Ce sera l’occasion de voir si je te crois au sujet du barbecue le dimanche.
Sköll éclata d’un rire franc et sympathique, plutôt en accord avec sa personnalité.
-T’as de la mémoire on dirait ! Allez je file, ne te perds pas en rentrant…
Il s’éclipsa dans la pénombre naissante tandis que Wreck levait les yeux au ciel.

http://i.imgur.com/hlfIZS1.png


11 septembre 2014 – 3h47 – Auvergne

Le trio était dissimulé derrière un buisson, à observer le bâtiment qui partait en flammes. L’endroit était assez isolé et le feu vorace : normalement, les pompiers ne devraient pas arriver à temps. Wreck jeta un regard à Sköll, qui était complètement hypnotisé par le brasier. En y repensant, son camarade avait fait une drôle de tête au moment de repérer les lieux. Etait-il déjà venu ? Wreck préféra ne pas trop se poser de questions. Il valait mieux éviter, à Carthage. Quand bien même leur mission comportait un objectif secret, ça ne les concernait pas, ils étaient là pour faire le boulot et fermer leurs gueules. Savoir ne lui aurait pas apporté grand-chose.
Un pan de l’entrepôt s’effondra. Stella glissa à voix basse :
-Eh bah, ça brûle bien Sköll. On sent l’expert.
Le jeune franco-norvégien lui rendit un sourire satisfait, visiblement content que ses talents soient reconnus à leur juste valeur.
-C’était la partie où Carthage a magouillé, si je ne m’abuse. Normalement c’est bon, on a réglé le souci.
Stella considéra ce qu’il restait à consumer, regarda la route pour s’assurer qu’aucun camion de pompier n’était en chemin, puis concéda :
-Soit, il est tard et on a de la route. On bouge.
Ils se reculèrent discrètement dans la pénombre, surveillant que personne ne les observait, puis reprirent le chemin de leur 4x4 garé plus loin. Sköll bailla, puis renifla son blouson qui puait l’essence avant de le balancer dans le coffre, l’air un peu dépité. Il ouvrit la portière arrière et se cala derrière le siège du conducteur, avant de prévenir :
-Moi je vais pioncer pendant le trajet, je suis totalement HS. J’ai le sommeil lourd mais mettez pas la musique trop fort…
-C’est pas dans mes projets, assura Stella.
Elle prit le volant tandis que Wreck se calait sur le siège à côté d’elle. Quittant précautionneusement les lieux de l’incendie, ils ne croisèrent personne et s’éclipsèrent dans la nuit. Les premières minutes du trajet furent silencieuses, jusqu’au bruit de la tête de Sköll cognant contre la vitre et signifiant au passage qu’il dormait. Stella jeta un œil dans le rétroviseur, puis s’adressa à son coéquipier :
-Alors, tu l’aimes bien ?
Le roux haussa les épaules.
-Mouais ça va. Il parle beaucoup mais par moments on se ressemble.
-Tu veux dire, les moments où il crame des trucs et fait des grands sourires inquiétants ?
-Ouais voilà, résuma Wreck.
-Je m’y attendais. Si tu dois te faire un seul ami à Carthage, ce sera lui. Vous allez trop bien ensemble.
Wreck lui rendit un regard ennuyé, l’air de dire « J’ai une tête à me faire des amis ? ». Elle détourna le sujet sur une question plus terre à terre :
-On continue comme ça ou je mets la musique ?
-M’en fiche.
-J’ai un album d’ACDC.
-…
Wreck ouvrit la boîte à gants. Quelques secondes plus tard, les premières notes de Back in black se faisaient entendre, mais pas trop fort, pour le sommeil de Sköll.
-Par contre, reprit-il, je m’explique pas pourquoi il sort avec l’autre gourde mijaurée.
Stella lui adressa un regard interrogateur avant de comprendre.
-Ah, Hati ? Mauvaise pioche, c’est sa sœur jumelle. Ils ne se ressemblent pas, mais ils sont extrêmement proches tout de même.
Wreck se dit qu’il avait loupé une occasion de fermer sa gueule.
-Et elle a pas les yeux rouges, elle ?
-Comme si les yeux rouges pouvaient être naturels, soupira Stella. C’est des lentilles, il fait juste ça pour se rendre intéressant.
-Et alors, j’ai le droit non ? répliqua une voix depuis l’arrière de la voiture.
Visiblement, le son n’était pas encore assez bas. Personne ne fit mine de le baisser. Sköll se pencha en avant, s’accoudant sur le siège de Stella.
-J’ai raté des trucs ? Je viens d’émerger.
-Rien de passionnant, le rassura la conductrice. Tu peux te rendormir.
-Ah ben d’accord, tu préférais le tête à tête avec Wreck ? minauda Sköll avant de se jeter contre son dossier pour esquiver le poing de Wreck. Doucement mec, je plaisante ! Mais si ça se trouve, t’as une touche et t’en sais rien…
-Rien à foutre, rétorqua sobrement Wreck.
-Sköll, le mets pas trop de mauvaise humeur, on voit bien que c’est pas toi qui bosse avec après…soupira Stella.
-A moins que tu bosses avec cette nuit…il aura oublié demain, fit remarquer Sköll.
Wreck croisa les bras et regarda par la fenêtre, désœuvré, écoutant d’une oreille la musique. Sköll, visiblement parfaitement réveillé, continua à déblatérer pendant quelques temps avec Stella, avant que finalement un moment de blanc ne se fasse et se prolonge. Le franco-norvégien colla de nouveau sa tempe contre la vitre et un léger sourire plana sur son visage. Pas comme les sourires de maniaque qu’il déployait dès que la moindre étincelle entrait dans son champ de vision, non. Un sourire apaisé et un peu rêveur. Il tira son portable et commença à pianoter dessus. Wreck avait la certitude qu’il ne jouait pas à Angry Birds, mais ne fit aucun commentaire.

http://i.imgur.com/qOJiL1o.png


12 septembre 2014 – Complexe principal de Carthage – Bureau de Baal Hammon

L’individu au faciès d’oiseau était assis derrière son large bureau d’ébène, revêtu de sa tenue intégrale. La pièce était à son image : sombre. Un cheveu roux avait chu sur son épaule, il le brossa d’un revers de sa main gantée avec une certaine forme de mépris. Puis il reposa les coudes sur son sous-main, joignant le bout des doigts.
Face à lui, Elisa Cloud. Elle était également vêtue de noir, avec une veste longue, un pantalon et des bottes. Elle avait les mains croisées dans le dos, et ses cheveux roses étaient probablement la seule touche de couleur de la pièce, à l’exception des bordures flamboyantes de la tenue de Baal et de sa broche de phénix vert.
-J’ai reçu les rapports, l’entrepôt a bien été détruit, et les traces du projet Chimera avec.
-Parfait. Au sujet de l’agent Silfberg ?
-Il est stable.
Baal hocha la tête, puis se leva en silence pour contourner le bureau et s’approcher de son adjointe. Il prit entre deux doigts une mèche de cheveux de la jeune femme et l’observa, dégageant un léger hochement de tête approbateur. On l’entendit murmurer un « Remarquable, vraiment ». Elisa resta impassible sous cet examen, puis lorsque le maître de Carthage se recula d’un pas ou deux, elle interrogea :
-Des consignes particulières pour Chimera ?
-Relancez des tests sur d’autres cobayes. Le taux de survie est…consternant. Essayez d’isoler de nouvelles souches. Répertoriez.
Elisa eut un léger mouvement du buste s’apparentant à une révérence, puis s’enquit :
-Ce sera tout ?
Baal eut un geste de la main pour la congédier. Elle tourna les talons et sortit du bureau, sa chevelure si particulière dessinant un gracieux mouvement derrière elle.


Dégel
http://i.imgur.com/CpVw9yP.png


1er septembre 2016 – Paris – Bibliothèque des Archives de Paris

Les allées et venues des gens dans les escaliers devant la bibliothèque se faisaient rares en cette soirée, alors que les réverbères commençaient à s’éclairer. Adossée à un mur près de l’entrée, une jeune fille à casquette rouge retournée observait les alentours, semblant attendre quelque chose. Et elle ne fut pas déçue. De l’ombre sortirent deux silhouettes curieusement identiques, qui semblèrent s’arrêter et chercher du regard quelque chose, ou quelqu’un. Avec un sourire, celle qui attendait ôta sa casquette pour les saluer, et les deux silhouettes la rejoignirent. Ardath et Dorothée Dérobâme, qui n’avaient pas l’air spécialement ravies.
-Bon. Je sais pas qui vous êtes, mais à mon avis, vous avez mis le nez dans quelque chose de trop gros, siffla Ardath avec toute la sympathie dont elle était capable.
Celle qui leur avait donné rendez-vous poussa un léger soupir, remettant sa casquette en place.
-Bonjour à vous aussi. Je m’appelle Dorka Skjor, et j’ai de très bonnes raisons de m’intéresser au projet Carthage. Si vous êtes ici, c’est que vous avez l’intention de m’aiguiller un minimum, j’imagine ?
-Le projet Carthage n’existe plus. J’ai été témoin de son démantèlement il y a vingt ans, pourquoi est-ce que tu ramènes ça sur le tapis ?
Une once de crainte filtra dans la voix d’Ardath, mais Dorka sembla passer à côté, trop occupée à réfléchir à ce qu’elle venait d’apprendre.
-Je vous l’ai dit, j’ai de très bonnes raisons.
Dorothée secoua la tête avec un petit claquement de langue et se permit d’intervenir :
-Je crois que tu n’as pas très bien pigé, on est pas un puits à informations gratuites. Va falloir te montrer plus claire.
Dorka retint une moue boudeuse et croisa les bras. C’était plus compliqué que prévu. Quelque part, elle préférait fouiller les vieux bunkers.
-Très bien. J’ai découvert il y a quelques années un élément de très haute technologie, et je les soupçonne d’avoir participé à sa création. Et j’espérais que vous puissiez m’aider à mieux comprendre ceux qui sont derrière tout ça.
Ardath cligna des yeux :
-Pardon ? Juste de la curiosité ? Et pourquoi on t’aiderait à l’assouvir ?
-…Parce que cette machine est entourée d’affaires louches. Parce qu’elle contenait pas mal de données sur vous, bizarrement. Et parce que pour une machine d’un projet démantelé, elle est en excellent état.
Ardath sut alors à quelle machine elle faisait allusion. Son instinct ne la trompait pas. Elle resta silencieuse. Elle s’était juré de ne plus jamais approcher cet instrument du diable. De son côté, Dorka était très satisfaite de ses arguments plus ou moins plausibles pour obtenir l’aide du duo. Elle flairait quelque chose de gros et par conséquent, se refusait à le lâcher.
-La machine. Elle était allumée lorsque vous l’avez trouvée ? finit par demander Ardath, le visage fermé.
Dorothée suivait l’échange, silencieuse. Elle sentit sa mère perdre pied et vit le regard vert de Dorka s’allumer d’une flamme verte. Elle sentit que quelque chose inquiétait sa mère. Quelque chose de grave.
« J’ai vu des choses qui dépassent l’entendement » avait-elle dit.
-Les circonstances qui entourent la découverte de cette machine sont…délicates. Mais oui. Et elle l’est toujours.
Dorka se rappela que garder l’ordinateur en vie n’avait pas été si facile. Il lui avait fallu subtiliser une pile nucléaire…mais la réaction d’Ardath valait son pesant d’or. Maintenant c’était elle qui lui demandait les informations.
Rapide réflexion du côté de l’ex agente. Si la machine était allumée mais qu’il n’y avait pas eu de trace de l’entité depuis ces quelques années, qu’est-ce que ça signifiait ? Il fallait qu’elle en sache plus, et elle se savait suspendue aux paroles de Dorka. Ce n’était pas du tout le bon plan.
-Très bien, concéda-t-elle finalement. Je te renseignerai dans la mesure du possible.
Elle jeta un discret regard à sa fille. Elle serait son atout dans la manche. Si quelqu’un pouvait garder un œil en douce sur les activités de Dorka, c’était elle.

http://i.imgur.com/K2wk4sp.png


15 décembre 2009 – 2h08 – Collège lycée Kadic – Chambre de Jérémie Belpois

La chambre était calme et silencieuse. Sombre, aussi. Le halo d’une lampe de poche se promenait sur les murs et les meubles, dévoilant les environs. Un lit bien fait à gauche de la porte d’entrée, des étagères à gauche, un bureau au fond au milieu. Dans les étagères, divers traités d’informatique, de physique ou de maths, mélangés à des livres de science-fiction. On y trouvait même quelques vieilles solutions de jeux vidéo. Elle passa un doigt sur la tranche des ouvrages, songeuse.
Les murs étaient recouverts de divers posters. Une équipe de handball, une macrophotographie de fourmi, et même Albert Einstein. Décidément, l’occupant de la chambre aimait étaler ses goûts personnels. Un tableau en liège sur la gauche de la pièce montrait quelques dessins épinglés. Des boîtes en carton au sommet de l’étagère attirèrent l’attention de la visiteuse, qui tira la chaise de bureau pour grimper dessus et mieux étudier leur contenu. Des pièces de robots, des câbles électriques, voire même des bouts de ferraille sans intérêt. Elle haussa un sourcil dubitatif et reposa les pieds par terre, dépitée. Il n’y avait décidément rien qui puisse lui être utile.
Elle jeta un regard au bureau. C’était peut-être l’endroit qui la frustrait le plus. Sur la surface en bois légèrement poussiéreuse, on pouvait voir une photo de la famille de l’occupant, deux écran, un clavier blanc poli par l’utilisation…et des rectangles propres qui témoignaient de la présence récente d’une unité centrale, voire plus, et d’autres composants informatiques majeurs. Les flics avaient déjà embarqué le matériel de Belpois.
-Fait chier…murmura-t-elle.
Elle s’apprêtait à faire demi-tour quand sa torche accrocha une boîte planquée dans un coin, juste en dessous des tiroirs du bureau du génie. Une lueur brilla dans ses yeux verts et elle s’accroupit furtivement, tendant la main pour saisir le carton. Si c’était planqué, c’était forcément quelque chose d’important. Elle souleva le couvercle poussiéreux, et un large sourire éclaira son visage : au fond reposait un ordinateur portable plutôt vieux, avec son alimentation soigneusement enroulée à côté. Finalement, elle n’était peut-être pas venue pour rien…
Un dernier regard à l’emplacement vide de l’unité centrale lui arracha une moue boudeuse. Elle referma la boîte en carton en y glissant au passage sa lampe, désormais inutile, puis la cala sous son bras gauche. Elle se faufila de nouveau vers la porte, esquivant soigneusement le lit. Elle ouvrit la porte avec la plus grande précaution, retenant son souffle, puis se baissa pour éviter la rubalise installée à la va-vite. Voilà, elle était dans le couloir, ni vue ni connue. Elle tendit l’oreille, essayant de prévoir une éventuelle ronde de Jim, mais à priori, elle avait fait son coup trop tard pour que le surveillant soit encore debout. Elle décampa rapidement, sachant que si on la grillait là avec l’ordinateur portable d’un mort sous le bras, elle aurait des ennuis. Elle ne fut vraiment tranquille que quand elle remonta l’escalier vers l’étage des filles, retrouva le chemin de sa chambre et s’y réfugia, sa nouvelle acquisition bien à l’abri.
Elle étudia son propre gourbi, cherchant un endroit où ranger le carton. Elle bénéficiait d’une chambre seule, ce qui n’était pas si rare à Kadic, et lui enlevait le problème du colocataire à gérer. Elle avait donc étalé son propre fatras informatique, dans une configuration assez similaire à celle de Belpois.
Belpois, Belpois…le petit génie du lycée, en informatique comme en sciences. S’il y avait un trésor dans Kadic, pour elle, il s’agissait bien de son ordinateur, qui renfermait probablement des merveilles insoupçonnées. Maintenant elle n’aurait plus qu’à le décrypter…l’envie de lancer ses programmes de déverrouillage à l’assaut de la machine la dévorait, mais elle devait attendre. La précipitation ne lui ferait aucun bien.
Après réflexion, la boîte en carton glissa discrètement au fond du tiroir sous son lit, qu’elle referma précautionneusement.
Maintenant, il était enfin temps de dormir.

http://i.imgur.com/lB0lESi.png


2 septembre 2016 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

Comme toutes les semaines depuis la disparition inexpliquée de XANA, il franchit le pont de l’usine, un vieux carnet sous le bras. Il ne savait pas trop si ce qu’il faisait était constructif ou non. A vrai dire, il avait le sentiment de se montrer utile mais au fond, il sentait qu’il n’arrivait pas à tourner la page. Et pourtant cela faisait presque sept ans que tout était fini. Le fait qu’il continue à revenir pouvait-il signifier qu’il n’arrivait pas à s’en convaincre ?
Si XANA avait pu se faire passer deux ans pour mort, qu’est-ce qui l’empêchait de le faire pendant sept ans ? On n’avait jamais su comment le programme avait disparu. Jamais. Il n’avait pas l’expertise du Supercalculateur que possédait Jérémie, et il le regrettait un peu : peut-être aurait-il pu avoir la preuve de la mort de XANA en fouillant un peu. Mais il n’avait appris que les procédures de base. Sa plus grande fierté restait d’avoir réussi à se scanner de nouveau pour mettre à jour son avatar et se débarrasser du costume et des capacités que XANA lui avait greffées. De toute façon, chaque fois c’était plus ou moins pareil : il prenait le monte-charge, il descendait, il faisait une vérification rapide à l’aide du carnet, se virtualisait parfois pour faire un tour sur Lyoko et vérifier sur le terrain que rien d’anormal ne se montrait, puis repartait comme il était venu. Il grattait la surface, se refusait à essayer de comprendre les arcanes du Supercalculateur, craignant de réveiller les démons de celui-ci.
William appuya sur le bouton du monte-charge, attendit patiemment que le rideau se déroule, songea qu’il faudrait ajouter une petite musique d’ascenseur pour ôter de la tension, comme toutes les semaines. Cette usine, il lui arrivait parfois de l’explorer, quand une bouffée de…nostalgie ? l’envahissait. Il cherchait encore comment il pouvait être nostalgique de cette période. Et pourtant ce n’était pas totalement ça. Il avait juste l’impression que ce n’était pas résolu. Que c’était trop facile qu’un beau jour, il réalise que XANA ne se manifestait plus. Et ça faisait sept ans.
Le rideau de fer remonta, dévoilant la salle du pupitre. Toujours pareille, elle aussi. C’en était presque lassant…
Il s’assit sur le siège, ouvrit le carnet tâché sur ses genoux. Il n’avait jamais compris d’où venaient ces tâches de brûlé sur la couverture, mais elles ne le rassuraient pas. Elles y étaient déjà lorsqu’il avait découvert le livret, dans la salle des commandes déserte, le jour où XANA avait disparu. Ça faisait sept ans qu’il se posait ces questions sans vraiment aller chercher les réponses. Il lança un scan des activités numériques, se laissa aller dans le siège, ses yeux glissant sur les murs qu’il connaissait maintenant par cœur. Ironiquement, il pouvait se targuer d’être davantage venu ici que les Lyokoguerriers.
Les résultats s’affichèrent progressivement. Toujours les mêmes. Pas de tour activée, pas de…un instant.
William se raidit, se pencha brusquement vers l’écran pour s’assurer que ses yeux ne le trompaient pas. Le cahier glissa de ses genoux pour aller s’écraser mollement par terre dans un bruit de papier froissé. Des traces d’activité sur Lyoko. Un programme qui n’activait pas de tours mais qui semblait rôder autour du Supercalculateur. Et le scan était formel. XANA.
Il sauta presque de la chaise pour lancer une virtualisation différée. Il devait voir ça par lui-même. Le scan avait repéré quelques créatures qui erraient dans le territoire du Désert. Ça lui permettrait d’être fixé. Car il n’osait pas encore y croire.


2 septembre 2016 – Lyoko – Territoire Désert

William se réceptionna parfaitement, un genou à terre et son épée déployée sur le dos. Il avait eu le temps de pratiquer. Il commença à regarder autour de lui, à la recherche des créatures en question. Le reboot de son avatar sur le Supercalculateur l’avait ramené à sa première tenue, et il préférait largement ça à la souillure de XANA. Il était donc en blanc, une ceinture en tissu autour de la taille et un pantalon bleu gris. Sa lame était d’une clarté éblouissante sous le soleil écrasant du désert.
Son arme sur l’épaule, l’adolescent se mit à avancer. Il s’était habitué au poids de l’épée, au fil des virtualisations. Au bout de quelques minutes de marche (ils n’était pas un expert en termes de coordonnées de virtualisation), il repéra la silhouette d’une Tarentule. Pour le moment elle lui tournait le dos, mais elle ne tarderait pas à le repérer. Se mettant en garde, la lame inclinée de façon à le couvrir le plus possible, il s’avança précautionneusement. La créature tourna la tête, avec son bruit si particulier, et commença à le canarder. William rectifia un instant la position de sa lame pour absorber correctement les tirs et courut tant qu’il était à l’abri. Une fois assez près du monstre, il bondit pour abattre son zanbatô dessus. Une ligne lumineuse émana du monstre, qui explosa. Le brun retomba par terre, remettant son épée sur son épaule. Plutôt pas mal !
Seulement, il avait désormais une autre menace à gérer. Pendant que son attention était focalisée sur la Tarentule, trois créatures inconnues s’étaient mises en position autour de lui. Elles étaient quadrupèdes, avec sur le dos une plaque de métal présentant l’œil de XANA qui se prolongeait jusqu’à leur tête et se terminant de deux protubérances situées au-delà de son œil rouge, qui servaient sans doute à attaquer. La moitié postérieure de leur dos était recouverte d’une sorte de feuille un peu métallique elle aussi. A la moitié de leur corps, la peau marron caoutchouteuse laissait place à un abdomen métallique qui avait été comme greffé dessus. Ce mélange de biologique et de robotique rendait un côté monstrueux extrêmement courant chez les sbires de XANA…
William fit un moulinet avec son épée, la positionnant pointe vers le bas. Il s’immobilisa, et une sphère d’énergie blanche apparut autour de lui, stoppant net les lasers adverses. Il pouvait prendre le temps de réfléchir. Les trois créatures (qu’il nomma instinctivement Skarabées) ne pouvaient l’atteindre pour le moment, mais étaient plutôt séparées. S’il brisait sa protection pour foncer sur l’un d’entre eux, les autres auraient le champ libre pour le canarder…
Finalement il se décida à tenter le coup, se ruant brusquement sur la gauche, hors de la sphère qui se volatilisa. Quelques traits rouges fusèrent autour de lui, il sentit son épaule crépiter, signe qu’il avait été touché, mais il parvint à transpercer le Skarabée de gauche. Il pivota sur lui-même, recréant son bouclier pour ré-évaluer la situation. Il fronça les sourcils. Il ne restait qu’un Skarabée ? Il avait mal vu ? Il avait beau chercher du coin de l’œil, aucun autre monstre ne lui semblait visible. Malgré la menace d’un piège, il chargea le second Skarabée, qui lui tira dans le genou. Un lancer de zanbatô un peu maladroit eut raison de lui. William crut déceler un mouvement à sa droite, aussi plongea-t-il dans une roulade pour récupérer son arme. Il regarda autour de lui, comme un animal traqué : rien.
Soudain, il crut distinguer une forme humanoïde dans les tons noirs et blancs qui lui fonçait dessus, pratiquement à bout portant, peut-être de la taille d’un enfant de dix ans…avant qu’il puisse réagir d’une quelconque manière, il encaissait un coup d’une sorte de masse non identifiable et se faisait dévirtualiser.


2 septembre 2016 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

William ressortit du scanner, haletant. Il prenait conscience de toute la catastrophe virtuelle en perspective. XANA était revenu. Et il était tout seul pour l’affronter.

Spoiler

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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Idris2000 MessagePosté le: Sam 01 Oct 2016 11:49   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Dans une ville, dans un pays, dans un continent, sur une planète, dans l'univers...
Yo!

Ikorih a écrit:
Un petit taunt de CLE ne fait jamais de mal Mr. Green


Moi, pro-CLE, approuve tes dires et respecte ton opinion. **Idris s'enfuit après avoir dit cela, poursuivi par plein d'autres pro-CLE enragés.**

Ikorih a écrit:
Totale coïncidence, tout d'abord parce que je visualise les cheveux de Wreck plus foncés que ceux de Nicolas, et ensuite parce que s'il y a un personnage de fiction auquel on peut connecter Wreck, c'est Drake Merwin, de Gone. Rien à voir avec Code Lyoko donc....


Pas forcément à voir avec CL, mais apparemment, tu semble aimer ce qui est roux et donne des baffes en général alors voilà...

Citation:
Wreck avait l’impression de retomber en enfance, ce qu’il n’appréciait pas forcément.


Dommage pour lui, en général, c'est plutôt cool de retomber en enfance.

Spoiler


Citation:
-Ta gueule connasse.


Toute passage tel que celui-ci a une musique adaptée.

Citation:
William appuya sur le bouton du monte-charge, (...)


Puisque William is back bitches, il faut évidemment une musique adaptée. (Pas que son thème badass, faut varier après tout...)

Citation:
le Supercalculateur l’avait ramené à sa première tenue, et il préférait largement ça à la souillure de XANA. Il était donc en blanc, une ceinture en tissu autour de la taille et un pantalon bleu gris. Sa lame était d’une clarté éblouissante sous le soleil écrasant du désert.


William blanc? Idris et Icer approuvent.

Citation:
Il s’immobilisa, et une sphère d’énergie blanche apparut autour de lui, stoppant net les lasers adverses.


Et tu lui crée des pouvoirs propres? Je suis au paradis là.

Citation:
Dégel


Icer désapprouve...Du moins je pense.

Plus sérieusement, j'ai trouvé Pyrolyse un peu...Classique, là où Dégel brille.

Maintenant que j'ai dit ça, va falloir développer.

Pyrolyse semble se concentrer sur l'intégration de Wreck. J'avoue que j'aime bien Sköll, je ne sais pas vraiment pourquoi. C'est purement subjectif, je l'affirme. Après, si tu voulais bien introduire les nouveaux personnages, ben, c'est moyennement parti. J'aime bien Sköll, mais Hati...Elle n'est pas très présente.

Hati a écrit:
-Vous avez rien de plus malsain comme sujet de conversation ? On est à table quoi…


Voilà la seule ligne de dialogue d'Hati. Ca ne vous rappelle rien?

http://vignette3.wikia.nocookie.net/codelyoko/images/7/70/Garage_Kids_Ulrich.gif

Rappelons qu'Ulrick (Et non pas Ulrich car on est dans GK, pas CL), n'a qu'une seule ligne de dialogue dans GK.


Coïncidence ou Taunt? Telle est la question.

Je doute fort que les prochains chapitres se concentreront sur elle, mais après, j'espère quand même en savoir plus sur Hati et Sköll.

Passons à Dégel.

William qui est forcé d'affronter X.A.N.A. seul est plutôt intéressant. Maintenant, comment va-t-il s'y prendre?

Voili voilou, fin du commentaire quasi-inutile.

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Ikorih MessagePosté le: Sam 08 Oct 2016 08:20   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler


Chapitre 13
Zenith


http://i.imgur.com/T5qfwRq.png


12 juillet 2015 – 14h09 – Forêt Amazonienne – Environs d’une base abandonnée

-There’s a place called the rainforest and it truly sucks ass…
-Wreck, ça va faire trois fois que tu chantonnes ça, soupira Stella. Faudrait être discrets, si ça se trouve le coin est toujours fréquenté…
-Je vois pas qui aurait envie de fréquenter cette jungle à la con, répliqua-t-il, visiblement de mauvaise humeur.
Le quatuor progressait dans la jungle depuis quelques temps déjà. L’air était humide, le terrain glissant, et il y avait des obstacles partout. Wreck râlait depuis au moins une demi-heure, à coté de lui Sköll semblait se demander si faire cramer la forêt était un bon plan et Stella désespérait du peu de professionnalisme de l’équipe tout en ouvrant la marche. La petite nouvelle du groupe fermait la marche, silencieuse. Dorothée Dérobâme avait pour l’instant eu l’impression de se faire refiler une bande de boulets pour sa première mission, et n’appréciait guère. Au moins ne forçaient-ils pas la discussion.
Elle escalada un tronc à la suite de Sköll, songeant qu’il ne manquait peut-être qu’un « quand est-ce qu’on arrive » plaintif pour perdre toute crédibilité.
-Et c’est encore loin cette merde ? grogna Wreck qui venait de marcher dans une matière non-identifiée.
Dorothée contint son envie de se frapper le crâne contre un arbre. Carthage avait vraiment des problèmes d’effectif…
-D’après les coordonnées GPS on est plus très loin, déclara Stella en consultant l’appareil. Cinq minutes de patience, s’il te plaît. Les autres, vous vous en sortez ?
Dorothée n’était pas dupe, la question ne s’adressait pas vraiment à Sköll. Elle se sentit bouillir intérieurement, frustrée d’être la petite nouvelle sur qui il fallait garder un œil. Elle rétorqua d’un ton froid :
-Parfaitement.
Elle entendit le rouquin ricaner, mais décida de passer outre et continua à suivre. L’escouade finit par arriver dans un endroit un peu plus dégagé. Une grande clairière artificielle. Des grilles entouraient une partie du complexe, composé de bâtiments en béton carrés. On voyait des escaliers de secours sur les côtés de certains, comme une sorte de lierre métallique, et des antennes radio qui se dressaient au milieu des arbres. A croire que ce complexe était totalement intégré à la nature. L’accès à l’espace dégagé entre les bâtiments se faisait par de larges pentes dépourvues de grilles. Les agents de Carthage sondèrent les alentours.
-On dirait que c’est vide.
Stella vérifia son chargeur avant de reporter son attention sur les bâtiments. Après quelques minutes d’attente, elle finit par concéder :
-Bon, effectivement. On sort les flingues et on est prudents.
Ils s’avancèrent précautionneusement en terrain découvert. C’était toujours une expérience dérangeante, mais personne ne leur tira dessus. L’accès le plus proche à l’intérieur des bâtiments se trouvait dans un renfoncement de l’un d’entre eux, qui avait d’ailleurs une façade oblique. Ils s’y dirigèrent précautionneusement, quand Wreck arrêta le groupe pour pointer un détail un peu plus loin.
Devant ce qui ressemblait à un vieux générateur explosé caché derrière des grilles, des morceaux de ferraille rongés par la rouille. Ils traînaient là depuis longtemps, et semblaient appartenir à quelque chose de désactivé depuis un moment.
-Soit c’est désert, soit le ménage n’est pas fait souvent, commenta-t-il simplement.
-On dirait des pattes, fit remarquer Dorothée en s’approchant un peu. Des pattes insectoïdes.
Elle entendit un soupir agacé et devina immédiatement de qui il s’agissait.
-Et alors, t’as la phobie des insectes ? grinça Wreck.
-Non, mais ce genre de composé électronique, c’est pas banal, rétorqua-t-il d’un ton glacial.
-Eh bien on rentre, on en saura sans doute plus sur ce qu’ils trafiquaient en allant voir directement à la source, intervint Stella qui souhaitait désamorcer la dispute.
Ils se dirigèrent vers l’entrée qu’ils avaient précédemment repérée, pour constater que la porte était déjà entrouverte.
-Ok, ça pue, souffla Wreck, raffermissant sa prise sur la crosse de son pistolet.
-Ils se sont peut-être fait défoncer la gueule, ça expliquerait qu’il n’y ait personne, spécula Sköll. Et les bouts de robot dans la cour.
-Ouais mais c’était pas nous. On nous a signalé une base d’Urbe abandonnée, mais Carthage ne nous aurait pas envoyés vérifier si c’était du fait de nos forces, souligna Dorothée.
-Ok et c’était quoi alors ? lui lança le rouquin d’un ton provocateur. Puisque tu sais tout sur tout…
-Je ne sais pas, rétorqua la brune, piquée au vif. Mais c’est pas impossible qu’on soit là pour le découvrir. Si tu voulais bien avancer, on serait fixés plus vite.
Le ton impératif fit passer une lueur menaçante dans le regard de Wreck, mais il suivit Sköll qui prenait la tête du groupe. Le métal rouillé grinça terriblement lorsqu’il poussa un peu plus la porte. Le bruit strident leur tira des grimaces, les figeant un instant, mais confirmait quelque part que c’était bien abandonné.
A l’intérieur, les couloirs étaient métalliques, on croisait de temps en temps de la peinture écaillée indiquant un quelconque numéro, ou des écrans éteints. Mais bientôt se présenta une intersection.
-Et là du coup on se sépare en plein cœur d’une base abandonnée sortie d’un scénario de film d’horreur ? demanda innocemment Sköll.
-…On est des grands, armés, on est en communication radio et accessoirement on est pas dans un film d’horreur, soupira Stella.
Dorothée garda dans un coin de sa tête cette réplique pleine de bon sens et qui montrait une ébauche de maturité dans le groupe. Stella était probablement la personne la plus sensée de ses nouveaux collègues.
-Bref, Sköll amène toi on va à droite, décida la blonde. On reste en contact et on se retrouve ici quand on a fini de faire le tour.
-Eh ! D’où ? s’insurgea Wreck, outré de ne pas avoir voix au chapitre.
D’un peu plus loin dans le couloir, Stella lui lança :
-Parce que te laisser avec Sköll est une connerie et que j’en ai marre de t’entendre râler !
Sköll ne put s’empêcher d’ajouter son grain de sel.
-T’inquiète en vrai c’est parce qu’elle veut être seule avec moi !
Dorothée vit clairement une veine se gonfler sur la tempe de Wreck, et décida de se faire un peu oublier le temps qu’il décolère…s’il pouvait décolérer un minimum. En l’occurrence, le roux se contenta d’une volte-face agacée et s’enfonça dans le couloir, sans s’assurer qu’elle le suive. Dorothée se glissa dans son sillage, son arme toujours sortie. Très rapidement, ils arrivèrent à une partie du couloir où les murs étaient vitrés. Wreck s’arrêta, balayant du regard les tables d’opérations et la verrerie qui traînaient dans la pièce. Dorothée l’imita, songeuse. Visiblement, il y avait eu des expériences en cours dans ce coin. Mais dans quel but ? Elle avisa une porte qu’ils avaient ratée, un peu plus tôt, et alla l’ouvrir, précautionneusement. Rien ne lui sauta à la figure. Elle déambula dans la pièce, observant les ordinateurs éteints et se demandant ce qui pouvait bien s’y cacher. Peut-être qu’en leur fournissant à nouveau une source d’énergie, il y aurait moyen de se renseigner sur les technologies étudiées ici.
Ou les biotechnologies, au vu du scalpel abandonné sur un coin de la table.
-Me demande ce qu’ils pouvaient disséquer, marmonna-t-elle pour elle-même.
-Disséquer ? Qu’est-ce qui te dit que c’était mort ? commenta Wreck, qui s’était glissé dans son sillage sans un bruit.
Il érigea un sourire de requin, probablement dans le but de lui faire peur. Mais Dorothée, toute nouvelle qu’elle soit, n’était pas de cette trempe-là et se contenta de rire franchement.
-Tu marques un point, admit-elle.
Wreck cligna des yeux et masqua sa surprise en tournant la tête pour jeter un œil aux ordinateurs. Ce n’était pas supposé se passer comme ça. Elle aurait dû avoir la trouille et regretter de se trouver juste avec lui pour l’exploration du bâtiment. C’était frustrant.

http://i.imgur.com/qOJiL1o.png


12 juillet 2015 – 9h12 – Complexe principal de Carthage – Salle des Archives

Hati avait somme toute très peu d’expérience sur le terrain, et quand elle s’y trouvait, elle se montrait souvent d’une utilité réduite. C’était sans doute ce qui faisait qu’elle était de garde aux archives aujourd’hui alors que son frère était expédié en mission aux confins de l’Amazonie. Elle devait reconnaître qu’il lui manquait. Assise sur une chaise près de la porte d’entrée de la salle, elle s’ennuyait ferme. Les archives étaient silencieuses, poussiéreuses, et la personne qui devait être de garde avec elle aujourd’hui avait la crève et n’était même pas remplacée : en cause les petits problèmes d’effectif que le projet traînait encore et toujours pour des raisons inconnues. Elle avait entendu dire que les recruteurs avaient encore crapahuté un peu partout pour tenter de gratter du personnel, et d’ailleurs, une nouvelle recrue accompagnait Sköll et sa clique pour sa première mission. En y repensant, une petite grimace de jalousie tordit le visage d’Hati.
Elle se leva de sa chaise, s’étira un peu et fit les cent pas. A un ou deux mètres sur sa gauche s’étendait un grand dédale d’archives papier. Les archives informatiques, elles, étaient localisées ailleurs dans le bâtiment, à l’abri dans de gros serveurs ronronnant. Elle n’osait imaginer combien de secrets dormaient là, au creux de ces pages. Il y avait un dossier à son nom, et un au nom de son frère, d’ailleurs. Pensive, elle déambula un peu dans les allées, son regard suivant les tranches. Cette errance la mena à moitié accidentellement aux rangées des dossiers en S, et elle se mit à chercher du regard son nom de famille. Silfverg…
Elle trouva plutôt rapidement son dossier, mais eut la surprise de constater que celui de Sköll n’était pas à côté. Elle fronça les sourcils. Son regard continua à dériver tout de même, remontant un peu. Elle croisa le nom de « Schaeffer ». Elle suivit des yeux le triplet, trois personnes qui avaient visiblement eu des contacts avec Carthage, de près ou de loin. Aelita Schaeffer. Emile Schaeffer. Waldo Schaeffer. Elle eut un regard d’hésitation, observant rapidement les alentours comme un lapin traqué, puis elle s’empara du dossier d’Aelita, se demandant ce que sa famille pouvait avoir de si lié au projet.
Une photo était accrochée. Une gamine. Avec les cheveux roses…
L’image d’Elisa Cloud lui passa en tête. Cette femme un peu mystérieuse avait également cette coloration atypique. Elle pouvait même jurer que c’était la même.
La main tremblante, elle remit précautionneusement le dossier en place. Elle repensa au dossier manquant de son frère. Avait-il été perdu ? Il faudrait alors signaler son absence. Ou alors…elle porta son regard vers le fond de la pièce. Derrière cette salle des archives se trouvait une porte blindée, avec un code d’accès. Les archives vraiment confidentielles. Celles qui touchaient aux affaires en cours, ou aux secrets les plus profonds de Carthage. Elle se doutait que par exemple, le dossier concernant le chef de Carthage s’y trouvait. Et peut-être que celui de son frère aussi.
Non, c’était stupide. Qu’est-ce que le dossier de Sköll irait faire dans la zone à haute sécurité de Carthage ? Il n’avait rien à lui cacher. Ils n’avaient été séparés que quelques mois à leur arrivée dans les rangs de l’organisation, durée pendant laquelle il avait visiblement décidé de se mettre à porter ses lentilles tape à l’œil en plus des mèches rouges. Des missions de routine sans intérêt, avait-il assuré. Il ne pouvait pas lui avoir menti.
Le doute s’insinua néanmoins dans un coin de son esprit. Elle revint sur ses pas, nerveuse, préférant cesser de mettre son nez dans des affaires qui ne la concernaient pas.

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12 juillet 2015 – 16h – Forêt Amazonienne – Base d’Urbe abandonnée

Le reste de l’inspection s’était déroulé platement. Quelques vivariums louches aux vitres explosées du côté de Wreck et Dorothée, deux trois cadavres dans le cas de Sköll et Stella. Ils ressortirent du bâtiment, leur mission somme toute peu périlleuse touchant à sa fin. La blonde s’éloigna un peu dès que ce fut possible pour faire un bilan auprès de leurs supérieurs (de toute façon ils auraient à fournir un rapport complet après…), laissant les trois autres en plan. Wreck et Sköll échangèrent quelques mots, tandis que Dorothée restait silencieuse, les mains dans les poches. Ce galop d’essai à Carthage avait été quelque peu décevant. Et ennuyeux. Elle espérait sincèrement que les prochains vaudraient le coup. Surtout si c’était pour se coltiner ces gugusses.
Elle se rappela des râleries de Wreck sur le trajet, et jeta un œil à sa discussion avec Sköll. Il avait l’air moins grincheux vu d’ici, comme si échanger avec son collègue le galvanisait. Elle se demanda ce qu’ils avaient en commun qui leur permette de se retrouver ainsi sur un terrain de discussion. Wreck lui avait paru plutôt froid et agressif avec son entourage, alors que Sköll semblait beaucoup plus sociable. Ses réflexions sociologiques furent cependant interrompues par le retour de Stella.
-Ok on rentre, je vous propose de rédiger le rapport dans la voiture histoire de gagner du temps.
-On aurait teeeellement dû se garer plus près ! grogna Wreck en lui emboîtant le pas dans la brousse.
Sköll le laissa s’éloigner mais attendit que Dorothée remonte à son niveau pour engager la conversation, confirmant ainsi les pensées de la nouvelle sur son côté sociable :
-Bon alors, cette première mission ?
-Honnêtement, un peu plate. Crapahuter dans un bâtiment avec pour seule compagnie un type grognon, c’est pas le must, ajouta-t-elle en baissant la voix.
Sköll pouffa, jetant un regard à Wreck pour s’assurer qu’il n’ait pas entendu.
-Oh ça, il était de mauvaise humeur… Mais bon c’est vrai que c’est un type un peu particulier, y a pas grand monde qui aime traîner avec.
Dorothée lui jeta un regard en se baissant pour éviter une branche trop basse.
-Du genre toi ? Pourquoi Stella disait que c’était une mauvaise idée de vous garder ensemble ?
-Disons que nous sommes deux éléments un peu instables…moi on m’appelle quand il faut cramer des trucs, et lui…vaut mieux que ce soit pour en tuer.
Dorothée jeta un regard à la tignasse rousse quelques mètres devant, pensive. Ça avait déjà transparu dans sa blague sur les dissections tout à l’heure. Maintenant que Sköll le disait… Elle nota un petit éclat dans l’œil de son interlocuteur qui lui rappela celui dans le regard de Wreck. Elle commençait à comprendre.
Sköll semblait attendre sa réaction, se demandant peut-être si elle allait le regarder d’un air flippé. Elle répondit simplement :
-Je la comprends. Et je comprends aussi qu’elle en ait marre de se le coltiner.
Nouveau ricanement de Sköll, qui semblait trouver marrante l’attitude de Dorothée vis-à-vis de son…ami ? camarade ? Elle ne savait pas trop. Ce fut le moment que choisit Wreck pour regarder par-dessus son épaule et commenter :
-Stella te fait dire que draguer en mission c’est pas sérieux, Sköll.
-Demande-lui si elle est jalouse, répliqua le pyromane avec un sourire innocent.
Le regard de Wreck se fit un peu plus agacé.
-J’ai l’air d’un crétin de pigeon voyageur ?
Sköll se contint pour ne surtout pas imaginer, en vain. Il retint en revanche bien mieux son rire que son imagination et haussa la voix pour charrier sa collègue lui-même, qui eut l’air d’accélérer le pas, agacée. Wreck, dans le même temps, s’était retourné pour pouvoir regarder où il marchait. Dorothée le fixa quelques instants, essayant de se figurer à quoi il pouvait ressembler lorsque sa petite étincelle de folie révélait l’ampleur de sa gravité.

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14 juillet 2016 – Alentours de Paris – Aéroport privé de Carthage

Julius était présent lorsque le quatuor descendit de l’avion, ainsi qu’Hati qui s’empressa de sauter au cou de son frère, sous le regard méprisant au possible de Wreck, et celui simplement désintéressé de Dorothée.
-Mauvaises nouvelles les gars, vous repartez. Le projet a des intérêts menacés en RDC, un groupe armé qui se la joue et prétend nous chourer notre mine de diamants. On augmente les effectifs là-bas, donc vous repartez tous les cinq.
Sköll jeta un regard à sa sœur, souriant :
-Tu viens aussi ?
-Ouaip ! répondit-elle, visiblement radieuse.
-Putain j’en peux plus des avions, grogna Wreck, excédé.
Julius fit mine de ne pas les avoir entendus et commença à déblatérer sur les détails de la mission, la localisation précise de la mine qu’ils allaient devoir surveiller, etc. Le portable de Wreck sonna en plein milieu du briefing, lui valant un regard noir de Julius. Le roux s’écarta cependant pour décrocher, sachant de toute façon que Stella serait capable de lui recracher les moindres détails.
Le numéro était inconnu, mais la voix ne l’était pas.
-Alors Wreck, comment c’était l’Amazonie ?
Le ton donnait clairement l’impression qu’Elisa s’en fichait royalement. Wreck soupira :
-Dites-moi ce que vous voulez.
-J’imagine que Julius vous a mis la main dessus pour tout vous expliquer ? poursuivit-elle.
Wreck acquiesça, attendant toujours de savoir ce qui lui valait cet appel.
-Je crains que votre mission n’ait un petit détail de différent par rapport à celle de vos camarades. Un détail supplémentaire, dirais-je. Nous sommes intimement convaincus que vous saurez la mener à bien malgré tout.
Et elle lui expliqua. Ce fut bref, mais en entendant ses ordres, Wreck ne put retenir un large sourire carnassier.
-Ce sera fait. Je dois être discret ?
-Ce serait mieux, concéda-t-elle. Si ce n’est pas possible tant pis, les hautes instances de Carthage useront de leur autorité suprême pour étouffer l’affaire.
Elle mit fin à la discussion en lui raccrochant au nez. Wreck se recomposa un visage neutre avant de se retourner vers l’équipe, et Julius qui commençait à virer au rouge.
-C’était qui ? demanda Dorothée, le regard empreint d’une sorte de curiosité froide.
Wreck se contenta d’un clin d’œil énigmatique.
-Va savoir. Bon, j’ai raté quoi ?
-Je te ferai un résumé dans l’avion, soupira Stella, qui avait déjà l’air fatiguée.


Devoured by shadows
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3 septembre 2016 – 7h12 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

Le jour se levait à peine que William était déjà sur le pont, au sens propre. Il avait très mal dormi. Ses périodes de somnolence étaient obscurcies de fumée et hantées par le sifflement de la Méduse, mais cette nuit-là, ç’avait été l’enfer. Depuis qu’il avait eu la preuve du retour de XANA, il se liquéfiait face à son impuissance. Si XANA attaquait, personne ne pouvait désactiver les tours : Aelita avait disparu en même temps que leur maître, et il la supposait morte. Et quand bien même, elle n’irait sûrement pas l’aider. L’un des gamins, par un procédé inconnu, y arrivait. Mais XANA avait soupçonné une arnaque qui lui aurait permis de copier les clés de Lyoko. Toujours était-il que le gamin en question n’avait plus été aperçu depuis la disparition de XANA…
Enfin si. On l’avait retrouvé au fond de la Seine avec ses amis. Une énigme de plus au sujet de ce fameux jour. Arriverait-il à l’élucider un jour ?
Au fond il s’en fichait pour le moment. L’angoisse de savoir si XANA avait agi. L’angoisse de savoir si le monde devait craindre. Il pourrait toujours dévoiler la présence de l’usine, comme ç’aurait dû être fait depuis des lustres…et ainsi briser un secret gardé par deux générations d’adolescents comme lui, qui quelque part, avaient sacrifié leur vie pour ce secret. Il écrasa le bouton du monte-charge.
Pourquoi ses prédécesseurs n’avaient-ils jamais rien dit ? Cette usine contraignait-elle si bien les gens au silence ? Avaient-ils peur de ce que les autres pourraient faire de l’ordinateur ? Avaient-ils peur de ne pas être crus ? Ou souhaitaient-ils garder jalousement toute cette rêverie (ce cauchemar ?) pour eux ? William craignait de ne jamais savoir. Ou à l’inverse, de le découvrir.
Lorsque le rideau du monte-charge remonta, XANA passa au second rang dans la liste de ses préoccupations. Il y avait quelqu’un sur le siège du Supercalculateur. Une jeune fille blonde dont les cheveux courts étaient surmontés d’une casquette, habillée à la garçonne, qui semblait comme chez elle dans la pièce. La mâchoire de William manqua de se décrocher.
-Mais…mais t’es qui ?!
-Oh zut, t’étais pas supposé te ramener aujourd’hui ! grogna-t-elle.
-D’où tu me connais ?! interrogea William qui était totalement perdu.
Puis il se rappela de ses priorités et enchaina sans attendre la réponse :
-Est-ce que XANA a attaqué ?
Dorka soupira. Il fallait que cet énergumène change ses habitudes. Ça faisait sept ans qu’il se pointait toujours aux mêmes moments de la semaine, et voilà que maintenant il lui prenait la fantaisie de débarquer pile quand elle explorait les méandres de la machine.
-Non. Je croyais que ce truc n’existait plus, commenta-t-elle en pianotant sur le clavier.
-Pas la peine de lancer un retour vers le passé, je suis immunisé, fit remarquer William.
Elle suspendit ses mains. Il avait deviné.
-Et non, XANA existe encore. J’étais sur Lyoko hier, j’ai vu ses monstres, et c’est la cata. Il va détruire le monde et on pourra rien faire pour l’en empêcher…
Dorka grinça des dents. Si vraiment XANA était revenu, il faudrait trouver un moyen de le vaincre ou bien révéler au monde cette petite merveille…et c’était la dernière chose dont elle avait envie.
-Ok, du calme. Il a pas lancé d’attaque, il a pas l’air motivé à le faire, donc on peut prendre un moment pour trouver un moyen de le contrer et de le détruire.
-On est deux, comment tu veux qu’on détruise XANA ? Il est trop puissant. Les autres avant nous étaient bien plus nombreux, et ils ont échoué…et eux pouvaient désactiver les tours.
Dorka lâcha un soupir et se tapota la tempe du doigt.
-Avec ça, on va détruire XANA. Et d’abord, comment tu sais qu’il y en avait d’autres avant ?
William fit la grimace. Cette révélation allait lui coûter.
-J’ai failli faire partie de la première équipe, et j’ai…été au service de XANA du temps de la seconde. Je n’avais pas le choix. Hé, minute. Toi, tu as l’air d’être aussi au courant, comment ça se fait ? Je t’ai jamais vue et ça fait dix ans que j’ai connaissance de cet ordinateur…
-…Désolée, mais ça ne te regarde pas, trancha la blonde. Sache simplement que je sais me montrer discrète.
William serra les poings. Il n’aimait pas cette réponse. Il n’insista cependant pas. Un moment de flottement, puis l’inconnue fit :
-Bon, tu vois que XANA n’a pas bougé, je peux bosser tranquille maintenant ?
-Tu ne m’as pas répondu quand je t’ai demandé qui tu étais. Je veux savoir ça au moins.
-Je m’appelle Dorka, cracha-t-elle avec réticence.
-William Dunbar, se présenta-t-il.
-Je sais, le Supercalculateur te connaît, répondit-elle simplement avant de se focaliser à nouveau sur l’écran.
Il se rendit compte qu’il s’apprêtait à faire demi-tour et à la laisser là, avec le Supercalculateur dans les mains, alors qu’il avait à peine son prénom et qu’elle semblait extrêmement réservée sur ses motivations. A peine une vague promesse de combattre XANA.
-Je ne te fais pas confiance. Il va falloir que tu m’en dises plus.
-Sinon quoi ? soupira-t-elle, agacée de l’avoir dans les pattes.
-Sinon, dès que je sors d’ici, je préviens les autorités, au sujet du Supercalculateur et de tout le reste. Tant pis si ça m’expédie moi-même en prison.
Elle serra les poings. Avec un soupir agacé, elle se tourna complètement vers William puis céda :
-Soit, je peux peut-être t’en dire un peu plus. J’imagine que tu te souviens de la mort de Jérémie Belpois ? A l’époque, j’étais complètement fascinée par son intelligence et je me disais que son ordinateur devait receler des secrets inimaginables. Et quand je vois un truc qui m’intéresse un peu, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour m’en emparer. Quand il est mort, donc, j’ai…subtilisé son ordinateur portable. Les flics n’étaient pas tombés dessus. Et du coup, de fil en aiguille, je suis discrètement remontée jusqu’à tout ce qui concernait Lyoko et cet endroit, sans me mêler aux Lyokoguerriers de l’époque et à leur lutte contre XANA. Pas trop le genre de truc qu’on a envie de rejoindre en connaissance de cause, ajouta-t-elle avec un petit rire.
William se sentit l’envie de lui coller son poing dans la figure. Savait-elle qu’il avait, lui, rejoint ce « truc » en connaissance de cause ? Qu’il avait eu le cran ?
-Il semblerait que j’aie bien fait, ajouta-t-elle d’un ton un peu plus sombre. Est-ce que mon histoire te suffit ?
Le brun réfléchit quelques longues secondes puis finit par concéder un :
-Pour l’instant…

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5 septembre 2016 – 14h32 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

Dorothée en aurait presque trépigné sur place. Face à la curiosité maladive de la dénommée Dorka, Ardath avait fini par mettre sa fille au jus de ce qui s’était tramé des années plus tôt autour de cette machine. XANA, le Supercalculateur à éteindre, Urbe…
Si elle en était arrivée là, c’était pour que sa fille puisse garder un œil sur le Supercalculateur à sa place, se refusant à remettre les pieds dans cet univers de cauchemar. Et à présent, Dorothée se tenait sur le pont menant à l’usine, à un horaire où a priori, Dorka ne serait pas dans les parages. Suivant les indications que sa mère lui avait données, elle emprunta le monte-charge et descendit jusqu’à la salle du pupitre de commandes, qu’elle trouva vide. Parfait.
Elle s’approcha de l’écran. L’informatique n’était pas vraiment son domaine et la machine était extrêmement complexe à utiliser, aussi ne put-elle pas en tirer grand-chose de plus que les bandes vidéos des caméras, somme toute assez simples d’accès. Ce fut avec une certaine surprise qu’elle vit Dorka discuter avec quelqu’un d’autre, un jeune homme de leur âge avec les cheveux noirs qui avait débarqué au laboratoire en panique pendant qu’elle travaillait. Et il semblait totalement obsédé par un retour de XANA.
Dorothée fronça les sourcils. Elle reconnut dans cet air paniqué un écho de l’attitude de sa mère vis-à-vis de la machine. Ce programme si obscur faisait-il cet effet à tous ceux qui entraient en contact avec ? Si oui, pourquoi Dorka n’était-elle pas dans le même état, voire semblait-elle le prendre à la légère ?...bien entendu. C’était tout bête. Elle n’avait jamais vraiment eu affaire à XANA. Toujours était-il qu’il fallait s’assurer que les craintes de l’autre sur la vidéo étaient justifiées (de préférence avant d’en avertir sa mère, au cas où). Malheureusement elle n’avait pas les compétences pour s’en assurer elle-même, il faudrait donc…s’adresser à Dorka. C’était sa seule option, quand bien même elle ne lui plaisait pas.


16 janvier 2009 – 22h07 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

Dorka se faufila dans l’usine, s’éclairant de façon ténue avec son portable plutôt qu’avec une lampe torche pour éviter d’être trop voyante. Si ça pouvait changer quelque chose. Heureusement pour elle, certaines lumières du corridor fonctionnaient encore.
Elle avait pris l’habitude de l’emprunter, sachant pertinemment que la bande pouvait traîner dans l’usine : une arrivée par le monte-charge n’était pas discrète et elle ne tenait surtout pas à être repérée. Elle se glissait donc par le corridor, écoutait prudemment si quelqu’un se trouvait au laboratoire, et le cas échéant, rebroussait chemin et s’offrait une nuit de sommeil.
Ce soir-là, elle monta silencieusement à l’échelle comme toujours et s’écrasa dans un coin, aux aguets. Elle entendit des bruits de conversation. N’osant trop s’approcher, elle ne saisit que des ébauches de voix. Quelqu’un parlait, mais le son était comme étouffé par quelque chose. Au bout d’un moment, une lueur blafarde émana du laboratoire, et poussa Dorka à se tapir encore plus dans son coin. La lueur fut vite suivie par des hurlements de douleur. La blonde pâlit. Ce n’était pas prévu. Mais ce serait du suicide de tenter d’intervenir. Elle resta là, priant pour que la chose qui projetait ces éclairs n’ait pas l’idée de venir regarder. Elle n’osait pas bouger de peur de faire le moindre bruit, et ses articulations comprimées par sa position commençaient à lui faire la tête. Bouger pour les détendre était hors de question.
Elle entendit quelqu’un grimper à une échelle. Son sang se glaça, avant qu’elle se rende compte que c’était toujours dans le laboratoire. Quelqu’un remontait de l’étage du dessous.
-Bien, une bonne chose de faite. Il est temps de retourner se consacrer à notre propre bataille, fit une voix différente de la première.
Elle entendit des bruits de pas, puis une lueur bleue plus ténue que celle des éclairs se fit voir. Lorsqu’elle s’éteignit, Dorka n’entendit plus rien. Il fallut cependant de très longues et interminables minutes pour qu’elle se décide à jeter un œil prudent dans la pièce. Ce qu’elle y trouva ne la surprit malheureusement pas.
Trois cadavres. Deux filles et un garçon. Elle descendit l’échelle pour mieux voir, mais elle savait déjà qu’il s’agissait de la bande qui utilisait l’ordinateur habituellement. Sylith Senjak, Emeline Thare et Alexandre Hensley. Elle fronça les sourcils. Où était Senja Lua, le quatrième larron ?...
Elle regarda vers le monte-charge, le trouva en place et la porte ouverte. Personne ne l’avait utilisé pour partir. Elle fit volte-face vers la trappe qui menait à l’étage du dessous, une ombre terrifiée dans ses yeux verts, s’attendant à voir émerger le meurtrier de tout ce petit monde. Mais rien ne vint, et elle n’entendait que son souffle qu’elle tentait désespérément de faire taire. C’était comme si il s’était volatilisé. Elle repensa à la lumière bleue.
Son regard revint sur les cadavres. Elle ne pouvait pas les laisser pourrir là à côté du pupitre de commandes dont elle comptait encore se servir. Tout comme elle ne pouvait pas se pointer chez les flics la bouche en cœur et leur annoncer qu’elle avait trouvé les trois gosses dans les environs de l’usine. Il y aurait forcément enquête et le Supercalculateur risquait d’être découvert ou, au mieux, inaccessible.
Finalement il ne lui restait qu’une option. Son regard vert se durcit, et elle traîna un par un les macchabées dans le monte-charge.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Icer MessagePosté le: Mar 11 Oct 2016 08:52   Sujet du message: Répondre en citant  
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Citation:
Venant de l'auteur d'un amour brûlant, ça fait mal Crying or Very sad


Bien sûr mais c'était en 2012 et puis en tant que juif, j'ai l'immunité diplomatique sur ce genre de titre Wink

En parlant de ça... Brûlure, soleil, barbecue... Et le titre du chapitre suivant, Zénith... Serais-tu en réalité en train de construire un groupe néo-nazi ?
En tout cas on sent bien, en effet, que c'est la partie rouge que tu préfères. Parce que ça te donne l'occasion de développer les OC sans remord alors que leur œuvre originale, Abysses, était contraint de parler du héros au sein de l'organisation (William de mémoire), quand ce n'était pas directement X.A.N.A l'écossais qu'il fallait mentionner. Bien sûr, on aura reconnu la base amazonienne de CL. Mais c'est plutôt sympa, même si le suspense s'instaure sur la fameuse "mission bonus".

Coté bleu, bonne idée d'avoir pensé aux artworks de monstres qui auraient bien davantage diversifiés la série... Mais surtout, William apparaît sur Lyoko, et en blanc, du coup j'ai globalement retenu que ça... Razz

Mais t'as vu je suis de nouveau à jour ! Mr. Green

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Ikorih MessagePosté le: Sam 15 Oct 2016 08:16   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Messages: 1417
Localisation: Sûrement quelque part.
Spoiler


Chapitre 14
Supernova


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16 juillet 2016 – 21h – République Démocratique du Congo – Kasaï Oriental

L’équipe des nouveaux venus sur le site minier avait eu droit à un rapide tour d’horizon des lieux, et avait désormais pour mission de participer à la surveillance. Si Stella, Sköll et Hati étaient plutôt assignés à des postes classiques avec d’autres agents, Wreck s’était empressé de récupérer un emplacement de tir idéal dans les hauteurs. Il grimpait donc la pente un peu abrupte qui l’amènerait en haut de la colline, son Barrett XM500 passé dans le dos. Dorothée, qui avait décidé de l’accompagner parce que c’était un coin a priori sûr, suivait tranquillement.
-Avoue que t’as la trouille parce que ça risque de chauffer, commenta le roux sans se retourner.
-Non.
-Alors pourquoi tu me colles au train ? siffla-t-il, un peu agacé.
Sa Rangers heurta un caillou, qui, une fois délogé, roula quelques secondes avant de heurter la chaussure de Dorothée, qui lui jeta un regard agacé, pas totalement convaincue de sa présence fortuite.
-Parce que ce ne serait pas prudent que tu restes tout seul, répondit-elle d’un ton innocent. Et puis les snipers ont besoin d’avoir quelqu’un à côté pour la vue d’ensemble, non ?
Il s’arrêta, regarda par-dessus son épaule, affichant son habituelle gueule de pitbull.
-Je crois pas que ce soit moi qui ait le plus besoin d’être accompagné, rétorqua-t-il finalement, un sourire suffisant aux lèvres.
Dorothée fit la grimace, encaissant la pique sans rien trouver à répondre. Satisfait de lui avoir cloué le bec, Wreck accéléra un peu le pas jusqu’à une plateforme entourée de roches qui formaient une planque naturelle quasi-parfaite. Il poussa un léger sifflement admiratif.
-Eh bah, ils avaient pas menti, c’est impec comme coin !
Il s’accroupit derrière la pseudo-muraille, jaugeant les lignes de tir potentielles avec un hochement de tête appréciateur. Dorothée resta en retrait, l’observant déployer son Barrett. Elle sortit en revanche ses lunettes multifonctions carthaginoises qui risquaient de s’avérer utiles. Elle s’apprêtait à rappeler à Wreck de les mettre, mais elles étaient déjà sur son front, bizarrement intégrées au milieu de sa tignasse rousse. Pendant les minutes qui suivirent, il fut extrêmement appliqué et silencieux, ce qui amena Dorothée à reconsidérer son opinion sur son collègue qui lui semblait jusque-là être un râleur peu réceptif aux procédures. Puis elle songea qu’il était question de tuer, et que ça devait modifier un peu les enjeux. Sans doute se sentait-il plus impliqué là que à crapahuter en Amazonie…
-Reste pas plantée debout comme une conne, tu vas nous faire repérer, informa-t-il sans même se retourner.
Elle s’accroupit avec une moue boudeuse. La nuit tombait, et pour l’instant, tout était calme. Lorsque la luminosité fut trop faible, les deux agents de Carthage baissèrent leurs lunettes pour balayer la zone. Un tour des différents postes fut fait par radio interposée pour savoir s’il tout se passait bien. Wreck marmonna un « RAS » tout en continuant à surveiller. Il étouffa un bâillement. Dorothée, assise à côté, resta silencieuse jusqu’à un certain point, avant de questionner :
-Au fait, c’était quoi ta première mission à toi ? Un truc plus classe que l’Amazonie ou pas ?
-Ouaip, répondit-il à voix basse. Stella et moi on devait interroger un agent d’Urbe puis le zigouiller. Quand on a débarqué chez lui, il était pas là mais on est tombés sur sa gamine.
Il laissa la fin des évènements à la discrétion de son imagination, se contentant de lui lancer un sourire malsain auquel elle fit écho d’un petit rire.
-Je vois.
Wreck ne répondit rien, recommençant à scruter la zone en contrebas.
-Premiers mouvements vers le Nord, déclara-t-il sur le canal de communication de Carthage. Préparez vous, c’est maintenant que ça chauffe.

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16 juillet 2016 – 21h47 – République Démocratique du Congo – Kasaï Oriental

La tranchée exploitée par les carthaginois comme protection avait requis que certains s’écartent pour mieux couvrir le terrain. Hati, un peu nerveuse, était donc située à quelques mètres de Sköll pour son baptême du feu. Ce dernier lui fit un signe encourageant, puis reporta son attention sur l’extérieur. Wreck et Dorothée leur avaient signalé du mouvement pas si loin, et mieux valait les voir venir.
Elle vit du coin de l’œil ses collègues commencer à viser, et réalisa qu’elle discernait également des silhouettes qui s’avançaient dans l’obscurité. Mais elles étaient encore un peu loin pour être atteintes, et mieux valait conserver l’avantage de la discrétion (et les munitions). Elle jeta un œil vers le ciel, cherchant la lune du regard, mais elle ne la vit pas, trop de nuages sans doute. Puis elle songea que si eux pouvaient voir leurs ennemis, ces derniers pouvaient probablement les voir…et elle songea que la première ligne était peut-être un endroit un peu risqué. Et enfin elle se dit que si leurs ennemis avaient également un sniper, ils étaient dans la merde.
Le premier coup de feu vint d’en face, la faisant sursauter et se baisser vivement avant d’espérer voir d’où il venait. Le collègue à sa droite lui jeta un regard dubitatif, puis ce fut l’apocalypse : coups de feu dans tous les sens, bruits de douilles roulant au sol, grognements de douleur ou hurlements assumés. Hati inspira un grand coup et visa à son tour. C’était pas plus compliqué que faire un carton au champ de tir, hein ?
-Ils ont un sniper, prévint la voix froide de Wreck sur le canal radio. Je m’en occupe.
Hati se mordit la lèvre, inquiète. Elle se sentait brusquement exposée, et n’aimait pas ça du tout. Heureusement, les assaillants anonymes n’avançaient plus, et battaient même lentement en retraite, ce qui contrebalançait un peu ce sentiment. Elle commençait presque à se détendre.
Puis un projectile atteignit son flanc et elle s’écroula. La dernière chose qu’elle vit fut son frère se ruant à ses côtés et un nuage laissant place à la lune. Elle agonisa dans les bras de son frère, qui était trop choqué pour articuler quoi que ce soit. Mais il eut le temps après, pendant que les autres continuaient à défendre la ligne.
-Hati putain t’as pas le droit de me faire ça !
Pas de réponse, évidemment. Il constata le flanc totalement détruit de sa sœur, et détourna le regard, dégoûté et fixé en même temps. Sa vue se brouilla et il remonta ses lunettes de vision nocturne pour s’essuyer les yeux, rageur. Puis il alluma son micro.
-Wreck bordel, t’en es où avec ce sniper ?
-Ta gueule, il vise, lui rétorqua Dorothée. Ce sera bientôt réglé.
Sköll ne répondit rien, fixant le cadavre pas encore refroidi de sa jumelle. Il serra les poings, accroupi dans la poussière à côté d’elle, et complètement impuissant. Il n’avait rien pu faire pour la protéger. Dire qu’il lui avait promis à maintes reprises que tout se passerait bien. Il jeta un regard dans le paysage, espérant que le type qui venait de descendre sa sœur se soit bien fait dégommer à son tour. La plupart d’entre eux restant épargnés par les tirs, ça avait l’air d’être le cas.
Il ressentit un profond sentiment d’injustice. De tous ceux dans la tranchée, il avait fallu que ce soit sa sœur qui y passe. Il leva les yeux vers la colline de la mine tandis que l’assaut refluait lentement et que la tension redescendait. Il entendit la confirmation de la mort du sniper crépiter dans son oreille. Et il souhaita de tout son cœur que ce soit vrai. Mais il voulait les détails. Il voulait savoir si cet enfoiré avait eu la cervelle pulvérisée ou s’il avait perdu un bras avant, ce genre de détails qu’un esprit vengeur apprécie toujours. Et il serait toujours mieux là-bas. Il jeta un rapide regard autour de lui, puis s’éclipsa.

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16 juillet 2016 – 21h56 – République Démocratique du Congo – Kasaï Oriental

-C’est tout ? commenta Wreck d’un air ennuyé en décollant son œil de la lunette. J’en ai eu que trois…
-Il semblerait que ce soit tout en effet, répondit Dorothée. Peut-être qu’ils regroupent leurs effectifs.
Wreck s’assit dos au petit muret naturel qui permettait d’abriter leur position. Dorothée lui jeta un regard indéchiffrable, écoutant les transmissions radio qui passaient dans son oreillette. Finalement elle lâcha :
-On a un mort dans nos rangs. La sœur de Sköll.
Il haussa les épaules, visiblement peu affecté. Même pas surpris.
-Tu vois, commenta-t-il, le baptême du feu c’est risqué.
Dorothée plissa les yeux, étudiant du regard le profil de Wreck. Il lui sembla déceler une ébauche de sourire contenue. Elle prit deux secondes pour retracer les évènements.
-Dis voir. Le sniper adverse…tu l’as descendu assez vite non ?
-Juste après l’avoir signalé. A partir du moment où je l’avais vu…
Il assuma complètement le rictus qui s’épanouissait sur son visage et tourna la tête vers elle.
-Pourquoi cette question ?
Les inflexions de sa voix firent largement comprendre à Dorothée qu’il avait compris ce qu’elle insinuait. Ils se fixèrent quelques secondes, Wreck arborant un air de défi et sa collègue un masque pensif. Finalement elle parla.
-Juste pour avoir confirmation. Et savoir si je dois te balancer…
Il ricana.
-C’est pas la peine, je suis pas une taupe. J’ai juste des ordres qui viennent de plus haut. Je ne sais pas pourquoi il fallait qu’elle meure, mais j’allais pas me formaliser. J’ai jamais aimé cette conne.
-Et qu’est-ce qui me prouve que tu mens pas ? rétorqua Dorothée, sur la défensive.
-Facile, répondit-il avec un air mauvais. T’es toujours vivante. Si j’avais été une taupe, voyant que tu m’avais grillé, je me serais arrangé pour que tu meures héroïquement pour me sauver la peau, tu vois l’idée ?
Il lui montra ses mains vides, sans se départir de sa grimace. Elle garda une main méfiante sur son pistolet, mais se détendit un tout petit peu.
-Et Sköll ? T’as pensé à lui à un moment, avant d’abattre sa sœur ?
Elle n’avait pas adopté de ton accusateur ou moralisateur quelconque. C’était une simple curiosité, un simple moyen de sonder discrètement l’intérieur du crâne du sniper. Wreck sembla saisir l’idée et rit franchement, pendant une ou deux secondes, avant de lâcher d’un ton désintéressé :
-Il s’en remettra. Peut-être. On lui demande juste de cramer des trucs, de toute façon. Il a déjà un grain, qui sait comment ça tournera…
-Moi j’ai bien une idée, grogna une voix un peu trop familière venue du bout du sentier.
Le coup de feu partit, faisant sursauter Wreck. Ce fut cependant Sköll qui eut à lâcher son pistolet, la main désormais en sang, et un juron aux lèvres. Dorothée le braquait d’un air froid, implacable, mais ne fit pas mine de tirer une nouvelle fois.
-Ne fais pas de bêtise, Sköll, lâcha-t-elle d’une voix froide.
Le franco-norvégien s’étrangla en entendant ça, pressant sa main blessée contre lui.
-Il a buté ma sœur et c’est moi qui fais une bêtise ? Mais t’as un truc qui disjoncte connasse ? Dégage. C’est entre lui et moi.
Ses iris rouges semblèrent briller un instant alors qu’il tournait la tête vers Wreck. Dorothée nota à ce moment-là qu’il ne portait pas ses lunettes de vision nocturne. Le rouquin, tranquillement adossé à la pierre, un peu de poussière rougeâtre sur la joue, lui sourit, conscient d’être en parfaite position de supériorité. Il avait certes été pris au dépourvu au début, mais avait entièrement repris le contrôle sur la situation, et pouvait désormais se permettre d’être arrogant.
-Dis quelque chose, espèce d’enfoiré. Fais-moi croire qu’il y avait une bonne raison derrière ça.
Wreck lui répondit d’un sourire, soutenant son regard sans aucun scrupule. Sköll se rua sur lui, une balle de Dorothée lui effleurant la tempe dans une traînée sanglante. Le pyromane attrapa son adversaire par le col, s’arrangeant au passage pour qu’il se trouve entre lui et la tireuse, avant de prendre un poing dans le nez. Wreck, relevé par la force des choses, fut contraint d’encaisser un coup dans le ventre avant d’arriver à se dégager de la poigne de son adversaire plus costaud que lui, et de reculer assez pour sortir à son tour son pistolet.
-T’as pas fait le bon choix, Sköll, soupira-t-il. C’est dommage, j’aimais bien discuter avec toi.
Sköll l’insulta en norvégien. Il s’apprêtait à plonger pour tenter de récupérer son arme, mais une balle se logeant dans son flanc gauche l’en empêcha. Il tomba un genou à terre, mais Wreck fut surpris de constater qu’il était encore prêt à en découdre. Et qu’il était encore capable de parler alors même que son T-shirt s’imbibait de sang. Du sang, de la poussière, décidément il n’y avait que ça ici. Tenu en joue par ses deux collègues, le pyromane cracha péniblement :
-Je te jure, Wreck, que je te buterai. Lentement. Comme l’enfoiré de lâche…que t’as toujours été. T’auras l’occasion…de prendre des notes…sur les brûlures. Et cette salope… sera pas toujours là pour te couvrir.
Wreck marcha jusqu’à lui et lui administra un coup de pied dans les côtes, hilare.
-Tu m’as pas l’air d’un mec en position de proférer des menaces de mort, en fait. Et c’est pas cool, moi j’avais tué ta sœur rapidement. Juste une balle de dix centimètres bien pénétrante dans le flanc.
Sköll profita de son excès de confiance pour ramasser une pierre et bondir pour lui coller un coup à la tempe avec. Wreck le dégagea d’un coup de pied dans le ventre, le coin du crâne désormais sanguinolent. Avant que Dorothée puisse le viser correctement, Sköll fonça vers la protection naturelle qui avait abrité les deux acolytes, et bondit purement et simplement vers le vide. Wreck ricana.
-Toutes ces menaces à la con pour finalement aller se briser le cou. C’est un concept !
Dorothée cligna des yeux puis rangea lentement son pistolet, gardant de nouveau la main dessus, puis elle fixa son camarade :
-Euh…tu vas bien ?
Le roux grinça des dents, palpant l’endroit où Sköll l’avait frappé au ventre.
-J’ai vu mieux. Mais ça va. Connard, il tape fort.
Dorothée eut un signe de tête en direction de la tempe de son collègue.
-A mon avis, ceci est un peu plus problématique que ton futur bleu. Si je puis me permettre…faut te faire soigner.
La blague le fit rire. Il porta la main à sa tempe et fit la moue en constatant qu’il la ramenait pleine de sang.
-…J’imagine que oui.
Dorothée porta une main à son oreillette pour brancher son micro, avant de s’interrompre.
-On est d’accord que Sköll a pété un câble suite à la mort de sa sœur, t’a injustement désigné comme responsable et a tenté de te buter tout aussi injustement avant de prendre la fuite ?
-Evidemment, répondit Wreck avec un sourire.

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17 juillet 2016 – 7h30 – République Démocratique du Congo – Kasaï Oriental – Poste de Carthage

Wreck était allongé sur le dos, les mains derrière la tête, comateux mais pas encore endormi. Il fixait le plafond. La fin de la nuit avait été calme. Après un saut rapide à l’infirmerie pour se faire bander le crâne, il était retourné à son poste et venait juste de le quitter, la nuit s’achevant. Désormais il s’agissait de récupérer ses heures de sommeil. Le dortoir n’était pas hyper grand, ni hyper confortable, et il avait écopé d’un lit en hauteur dans un coin de la pièce, au fond à côté de la fenêtre qui avait un rideau minuscule. Il avait chaud, ses blessures, quoique légères, le lançaient désagréablement, et il y avait cette putain de mouche qui tourbillonnait dans la pièce depuis vingt minutes…
-Wreck, bordel, qu’est-ce que tu t’es fait ?
Il n’avait pas entendu Stella rentrer. Il daigna cependant s’asseoir et la regarder depuis son lit pour lui répondre.
-Me dis pas que t’es pas encore au courant ?
-J’étais sur le flanc Sud, je sais absolument pas ce qui s’est passé chez vous. Du coup je passais prendre des nouvelles…ça a chauffé ?
-Oh si on veut, répondit-il en haussant les épaules. En fait, Hati s’est fait abattre par un sniper.
Stella ne répondit rien, l’air grave.
-Merde. C’est moche, c’était sa première fois sur un front…comment va Sköll ?
Wreck eut un soupir agacé.
-Laisse-moi finir ! Sköll, donc, a totalement pété un plomb et il a cru que c’était moi qui avait tiré. Il a foncé là où on s’était installés avec Dorothée et a tenté de me buter. Bilan général : j’ai un putain de bleu, la tempe un poil amochée, et il a pris trois balles, deux coups de pied et un coup de poing avant de sauter dans le vide. On a pas cherché son corps mais à mon avis il a la nuque brisée quelque part. Et toi, ça a été ta soirée ? ajouta-t-il, absolument pas perturbé.
-C’était calme oui on…putain non mais attends c’est du délire ! Comment tu peux sortir ça comme ça et être aussi calme ? Sköll, c’était ton ami !
Wreck soupira une fois de plus et la regarda comme si elle était un enfant en bas âge.
-Stella, sors toi cette idée de la tête, on en a déjà parlé. J’ai pas d’amis.
Elle fit la grimace, puis conclut la conversation.
-Bon, euh…j’imagine que t’es crevé. Je vais te laisser te reposer, faut que je dorme aussi de toute façon.
-C’est ça, marmonna-t-il en se rallongeant.


19 juillet 2016 – France – Quartier général de Carthage – Bureau de Baal Hammon

Elisa se permit d’entrer sans frapper, tombant comme d’habitude sur cette éternelle silhouette à nez d’oiseau drapée dans sa cape. Baal tourna la tête vers elle, lui fit signe qu’elle pouvait parler. Refermant la porte derrière elle, Elisa sourit.
-J’ai des nouvelles du Congo. Visiblement, c’est fait, j’ai eu un rapport sur les pertes et Hati Silfverg y figurait.
Une note de surprise se sentit quand Baal répondit à son acolyte aux cheveux roses :
-Déjà ? Visiblement, l’agent Moore est…
-Efficace ?
-J’aurais dit précipité, mais pourquoi pas. Vous avez eu des détails de sa part ?
Elle hocha la tête.
-Oui, je l’ai rappelé suite à la réception de ce rapport. Et il semblerait que l’agent Silfverg (l’autre) ait senti le coup fourré. Ils se sont battus et Silfverg a fini par sauter dans le vide, plusieurs balles dans le corps.
Baal Hammon secoua la tête, visiblement un peu agacé.
-Dommage, c’était plutôt pratique de l’avoir sous le nez pour le surveiller…maintenant qui sait comment il va pouvoir tourner ? Ses gènes chimères risquent d’émerger sous le coup de la colère, et on ne pourra pas voir ça…
Elisa eut un sourire malicieux.
-Le voir en direct non, mais on verra le résultat. Je doute qu’il laisse Moore, ou même le projet, s’en tirer si facilement. Donc, comme nous l’avions prévu, il activera probablement le gène Helion sous le coup de la rage, mais ne vous en faites pas : il reviendra. Et à ce moment-là on pourra admirer le résultat.
Baal Hammon ne semblait pas totalement satisfait. Restant silencieux quelques temps, il déambula dans la pièce avant de dire :
-Oui, mais tout de même, c’est frustrant de ne pas avoir de suivi propre. Silfverg est probablement la plus belle réussite du projet Chimera (sans vouloir vous vexer).
-Je ne me vexe pas. Mais si vous voulez avoir plus de chances de le coincer pour l’étudier (mort ou vivant d’ailleurs), à mon avis, il serait judicieux de dépêcher son nouveau pire ennemi dès qu’on réentendra parler de lui…
Baal Hammon laissa échapper un rire cristallin.
-Judicieux en effet.


Eclipse
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23 janvier 2009 – 22h – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

Dorka avait toujours ressenti une sorte de frisson en entrant dans l’usine. Habituellement, c’était de l’excitation face à la découverte d’horizons insoupçonnés par le commun des mortels. Cette fois-ci, il s’agissait d’effroi, de souvenirs macabres et du morbide bruit des cadavres plongeant dans le fleuve. Il lui avait fallu une semaine pour oser revenir sur les lieux. Mais maintenant qu’elle se rasseyait sur le siège de l’opérateur, dans le laboratoire empreint d’une aura funèbre, elle se sentait de nouveau comme chez elle.
Et sa première action fut de consulter les vidéos de surveillance de la semaine dernière.
La caméra lui montra un quatuor, debout dans le labo. L’un des quatre était masqué, et se tenait devant le siège de l’opérateur. En somme, c’était le chef. Senja. Celui qui manquait à l’appel lors du décompte des morts. Sans grande surprise, elle le vit électrocuter froidement ses amis, se rappelant de la crainte qu’elle avait ressentie alors qu’elle attendait dans le corridor que tout se calme. Lorsque le silence et les corps retombèrent, elle vit quelqu’un remonter de la salle des scanners. C’était un visage qu’elle avait déjà vu, mais elle n’aurait su se rappeler où. Il avait cependant le teint plus bronzé que les autres.
-Bien, une bonne chose de faite. Il est temps de retourner se consacrer à notre propre bataille, déclara-t-il.
L’être au masque hocha la tête et ils se dirigèrent vers le monte-charge. La caméra ne lui permit pas de voir exactement ce qu’ils firent, mais la lumière bleue qu’elle avait entraperçue était bien au rendez-vous. Elle stoppa la vidéo en se voyant elle-même rentrer en scène.
La curiosité l’avait replongée dans cette sinistre soirée. Elle savait maintenant ce qui s’était passé. Elle pouvait potentiellement aller le dire à la police…mais ce serait révéler l’existence de ce joyau perdu au cœur de l’usine, qui n’était à présent plus qu’à elle..dans l’idée où les meurtriers ne reviendraient pas. Elle se savait capable de gérer ce cas de conscience. Mais sa curiosité la poussait en revanche à essayer de résoudre cette histoire elle-même. Que ce soit en s’assurant que les deux personnages ne reviendraient pas, ou en comprenant simplement l’histoire pour éviter leur chemin.
Elle ignorait encore le temps que ça allait lui prendre.


6 septembre 2016 – 6h50 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

Dorka fit la moue. C’était décidément impossible de travailler en paix, ces derniers temps. Cette fois, ce n’était pas William qui débarquait dans le labo, mais Dorothée Dérobâme. Le fait qu’elle sache exactement comment venir poussa Dorka à songer qu’elle avait pu s’y introduire avant, et elle n’aimait pas du tout que son nid soit ainsi exposé. Certes, William y venait depuis des années également, sur des horaires différents, mais jamais il n’avait réellement su se servir du Supercalculateur, et ce malgré ce carnet un peu cramé qu’il promenait…carnet qu’elle devinait avoir été touché par un minuscule éclair égaré d’une décharge. Elle rageait de ne pas avoir pu le récupérer, trop occupée à dégager les cadavres et à se dégager elle-même des lieux. Elle ne pouvait pas se douter que quelqu’un d’autre encore errait dans l’usine.
Toujours était-il qu’elle avait la mesure des compétences de Dunbar avec l’ordinateur. Mais pas de celles de Dorothée. Qui savait ce qu’elle pouvait trafiquer ? Et maintenant elle était là, à lui demander des comptes.
-Est-ce que XANA est toujours vivant ?
-Mais c’est pas vrai, vous avez quoi, tous, avec XANA ? siffla Dorka, agacée. J’en sais rien de s’il est vivant ou pas ! William dit avoir vu des créatures de XANA, mais je n’ai pas d’activité numérique vraiment significative.
-Il faut tirer ça au clair, ordonna la jeune femme. C’est une question de sécurité mondiale.
La blonde poussa un soupir :
-Je sais, je sais. Mais y a pas lieu de s’alarmer…
-Si. Si tu ne tires pas ça au clair, on ne coopèrera plus avec toi. Fini les infos sur Carthage et toute l’histoire qui réside derrière cette machine, menaça Dorothée en enjolivant un peu ses connaissances.
Dorka fit une grimace excédée, puis rétorqua :
-Très bien, alors dans ce cas on se balade jusqu’à l’interface du 5ème Territoire de Lyoko et on récupère des données pour être fixées. Je vais appeler William.
Elle joignit le geste à la parole. Dorothée ne chercha pas à savoir comment elle avait eu le numéro du jeune homme et fit mine d’avoir parfaitement compris de quoi il retournait. Alors qu’en réalité elle n’avait aucune notion de Lyoko ou du 5ème Territoire.

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6 septembre 2016 – 7h32 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

William fronça les sourcils en voyant Dorothée, et jeta un regard interrogateur à Dorka. Cette dernière l’ignora royalement et lança :
-Bien, on va faire une plongée sur le Cinquième Territoire. Mais je recommande la prudence : il a été très peu fréquenté ces dernières années et il semblerait qu’il soit revenu à une sorte…d’état sauvage.
Le brun haussa un sourcil.
-Hein ? Parce que ce truc est…vivant ?
-Evidemment. Pas hyper vivant, mais un peu quand même. Rassure-moi, tu t’étais rendu compte que ce territoire n’avait pas grand-chose de commun avec les autres ? soupira la blonde d’un air condescendant.
William aurait pu rétorquer qu’il n’était pas allé si souvent que ça dessus, mais il se dit que ça n’aurait pas d’autre effet que de le décrédibiliser, et il choisit donc plutôt de se taire, à l’instar de Dorothée qui ne captait pas grand-chose de la discussion. Dorka s’avança vers l’ordinateur et tapa une commande, avant de faire signe aux autres de la suivre dans le monte-charge.
Lorsque le rideau de fer se rouvrit, Dorothée regarda d’un air dubitatif les tubes de métal dans lesquels les deux autres se dirigeaient.
-Allez, on a pas toute la journée, marmonna Dorka à son attention.
-Mais c’est quoi, tout ça ? finit-elle par demander, mettant son orgueil de côté.
-Le matos pour nous expédier dans le monde virtuel, et si tu n’es pas dans un de ces caissons à la fin du décompte, on part sans toi ! prévint la blonde en rentrant dans son propre scanner.
Dorothée ne trouva aucune brillante réplique à sortir et les imita, dubitative.

L’Arena était a priori identique aux dernières fois où William l’avait vue. Bleue, blanche, et tournante. Le temps qu’une entrée se dessine quelque part, il jeta un œil aux avatars des deux filles. Dorothée avait une tenue plutôt moyenâgeuse noire comportant une capuche. Elle était munie d’une épée et d’une arbalète de poing. Quant à Dorka, elle avait une allure moins militaire, avec une sorte de tunique noire brodée or lui arrivant mi-cuisses, un pantalon et des bottes assorties. Dans son dos se dessinait en doré un symbole obscur, comme un Z dont on aurait remplacé le trait le plus haut par un cercle et dont le trait le plus bas ondulait. Et plus atypique encore, son arme était une clé. Une sorte de grande clé en or qui avait les dimensions d’une épée. William ne fit aucun commentaire, il avait déjà vu plus bizarre.
-Bien, nous voici sur le Cinquième Territoire, commenta la blonde à l’attention de Dorothée. Il va nous générer un chemin aléatoire jusqu’à l’interface, qui ne sera pas excessivement amusant, mais au bout, on aura les moyens de collecter les données qu’on veut. Et croyez-moi, on les veut.
William hocha la tête, songeant à cette menace invisible qui planait peut-être même actuellement autour d’eux. XANA… Le mur s’ouvrit, coupant court à ses réflexions. Il s’avança en premier dans le couloir bleu, suivi par ses deux acolytes de circonstance. Dorka jeta un œil à un bracelet doré accroché à son poignet droit.
-On prendra à gauche quand on pourra. D’après mon radar, l’interface est de ce côté.
-T’entendais quoi par « sauvage » ? interrogea William en pénétrant précautionneusement dans la première salle, arme au clair.
Il nota des dessins de circuits imprimés sur le mur, dans un bleu discret. Quand ils entrèrent, il les vit rougeoyer d’une façon mauvaise, des lueurs courant tout du long.
-Tu vas comprendre, répondit Dorka en prenant son arme en main.
Une sorte d’excroissance rouge commençait à grossir sur un coin du mur, et des lasers rouges avaient surgi pour bloquer les issues. La chose semblait vivante. Comme une sorte de cocon qui déformerait la matière du mur. Elle semblait légèrement bouger, pulser d’une lumière rouge comme au rythme du battement d’un cœur, et William plissa les yeux pour tenter de discerner plus clairement l’ombre qui semblait grandir au sein de la poche. Puis elle explosa, projetant un liquide transparent qui disparut en touchant le sol, et révéla une créature volante qui rappela à William les Mantas. Elle possédait en effet un corps d’une forme similaire, mais fait d’un métal argenté très lisse, et orné à l’arrière d’une queue épaisse formée de chairs d’où s’échappaient quelques filaments. Deux symboles de XANA étaient présents sur la partie métallisée, et entre eux…une large ouverture béante rouge, ornée de dents sur tout le pourtour, d’où s’échappait une sorte d’œil relié par des nerfs au fond de la gorge. Cet œil, sans surprise, n’était qu’un orbe blanchâtre frappé du sceau de XANA.



Ce monstre différait largement de ceux que William avait vus sur le désert l’autre jour. De celui-là émanait une véritable intelligence, une forme malveillante d’autonomie. Comme une dégénérescence de XANA dans ce territoire abandonné.
-Bordel mais réveille-toi !
Il sursauta, tiré de ses réflexions par Dorka qui venait de faire apparaître une sorte de paire d’ailes de pie dans son dos et décollait à l’assaut de la créature, clé en main. Dorothée avait l’air un peu moins scotchée que William et avait sorti son arbalète, un peu hésitante. Un carreau ricocha sur le métal de la créature. Le brun se décida à réagir et orienta son épée vers le bas. Il inspira un grand coup, et une aura blanche apparut autour de lui, ses pieds quittant lentement le sol.
La créature se contorsionna pour éviter un coup de Dorka, laissant échapper un râle qui n’avait plus rien de commun avec le chant harmonieux des Mantas, dont William se souvenait encore. Après tout, il avait combattu aux côtés de XANA, quand bien même ce n’était pas lui aux commandes mais…celui que XANA avait placé à sa place.
Accepte-le, je fais partie de toi.
Passant sur le dos, la pseudo-Manta glissa sous Dorka et tira un laser par son ventre, qui projeta la jeune fille vers le plafond dans un tonneau peu contrôlé. Un carreau atteignit sa queue, la faisant se retourner dans un sifflement agacé vers Dorothée. Le manque d’expérience des deux se faisait clairement ressentir, et William savait parfaitement qu’il était celui des trois qui avait le plus combattu sur un monde virtuel. Il savait comment s’y prendre. C’était à lui d’agir et de faire en sorte qu’ils arrivent tranquillement à l’interface…
Il devait faire quelque chose. Et il était trop lent en lévitation.
Laisse tomber, c’est pas comme ça que tu interviendras.
Il eut soudainement la bizarre impression de suffoquer (théoriquement impossible sur un monde virtuel), et une explosion de fumée noire l’enveloppa. Avant qu’il comprenne vraiment, il avait fusé sur la pseudo-Manta et avait tranché net le câble reliant son œil au fond de sa gorge, émergeant d’une fumée noire violacée. Il retomba à terre, son zanbatô sur l’épaule, et regarda ses deux camarades avec un sourire mauvais.
-Eh bien, on va vérifier si XANA est toujours vivant ?
Pour la première fois depuis longtemps, Dorka paraissait déstabilisée. Elle le regarda en clignant des yeux, et William comprit que ce n’était pas que à cause de sa subite performance. Du coin de l’œil, il avait noté que ce qu’il voyait de sa tenue n’avait plus grand-chose à voir avec son uniforme blanc. Il était pourtant convaincu de s’être purgé de cet avatar préconçu par XANA…d’ailleurs, celui de sa première xanatification n’avait pas été réutilisé, sept ans plus tôt. XANA avait jugé que c’était trop dangereux pour son anonymat, car il lui avait également confié le rôle d’espionner les Lyokoguerriers sur Terre.
Alors pourquoi avait-il retrouvé cette tenue noire… ?
Je te l’ai dit, je fais partie de toi.
C’est à ce moment-là qu’il réalisa qu’il n’avait plus le contrôle sur ce qu’il faisait ou disait.
-Euh, William, pourquoi ta tenue est différente ?
Le jeune homme, ou ce qui occupait son corps, ne répondit pas, et se dirigea vers la sortie de droite, son épée disparaissant dans une bouffée de fumée, lui laissant les mains totalement libres. Dorka finit par lui emboîter le pas, se souvenant de leur objectif. Dorothée ferma la marche, la main sur son épée, mais le souvenir de la performance de William face au monstre limitait un peu son envie de l’en menacer pour demander des précisions. Et pendant ce temps, le jeune homme impassible ouvrait la marche, alors même qu’à l’intérieur de son crâne il cognait pour essayer de reprendre la main sur les évènements.
-La configuration est sympa, mon bracelet m’indique qu’on a plus qu’une salle à traverser et on arrivera à l’ascenseur, soliloqua Dorka.
Personne ne releva. Ils arrivaient à une salle haute de plafond mais sans sol, traversée de plateformes volantes qui y traînaient comme autant de nuages. De l’autre côté, un couloir obscur menant vers l’ascenseur. Dès qu’ils furent entrés, une myriade de lasers apparut, quadrillant la salle. Au moins étaient-ils bien visibles dans cet environnement bleu. William n’attendit personne, se fondant dans une traînée de fumée qui l’emporta de l’autre côté de la pièce sans encombre. Il disparut dans le couloir d’un pas tranquille, sans se retourner.
-Mais quel blaireau, grogna Dorothée.
-Si t’as pas moyen de voler, je pense que tu es dans la merde, commenta simplement Dorka en décollant. Evite de sauter, on a jamais su ce qui arrivait à ceux qui chutaient tout en bas…
Elle fit apparaître ses ailes et prit un peu d’altitude, jetant un œil à la novice virtuelle.
-Alors ? Est-ce que je te renvoie dans le monde réel le temps qu’on finisse nos manœuvres ?
Dorothée serra les poings, mais finit par hocher la tête, songeant qu’elle pourrait peut-être les surveiller depuis l’ordinateur.
-Ne touche à rien là-haut, on ne sait jamais, commenta simplement Dorka, comme si elle lisait dans ses pensées, avant de la transpercer de sa clé.
Ceci fait, la blonde se recula un peu jusqu’au mur de la salle, sur lequel elle prit appui pour se propulser plus vite jusqu’à l’autre côté. Bien entendu, il y avait les lasers. Le sigle dans son dos brilla, et elle devint légèrement transparente, les quelques secondes nécessaires pour qu’elle puisse traverser et atterrir un peu à l’arrache sur le bord opposé. Rétractant ses ailes, elle se mit à courir jusqu’à l’ascenseur dans l’espoir de rattraper William. Elle le retrouva devant l’interface. Il ne touchait à rien, debout sur le côté, les bras croisé. Elle lut dans son regard une certaine forme d’impatience, si tant est que ce type bizarre laisse filtrer quoi que ce soit.
-Fouille là-dedans. Tu t’en sortiras mieux que moi.
-Malin de dire ça après t’être barré sans m’attendre, répliqua-t-elle d’un ton sec avant de poser ses mains sur l’interface.
Elle ne l’avait pas manipulée si souvent, les données étant la plupart du temps accessibles depuis le Supercalculateur. Mais sa soif de connaissances l’avait poussée à savoir maîtriser cet outil.
-Alors, toujours pas décidé à m’expliquer pourquoi t’as changé de tenue ? Tu fais la gueule ? commenta-t-elle tout en travaillant.
Elle n’obtint pas de réponse. William fixait la Voûte Céleste d’un air pensif.

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7 septembre 2016 – 2h15 – Collège-lycée Kadic – Bâtiment administratif

Dorka avait son habituelle tenue noire et son sac à dos assortis. Ceux qui, en général, signifiaient qu’elle allait se faufiler quelque part, potentiellement de nuit. A la seule lumière de la lune, elle s’avança vers la porte annexe de la partie administrative du lycée, tirant déjà son matériel de crochetage. C’est alors qu’elle découvrit un blocage de l’autre côté : la clé était sur la porte. Mais de l’autre côté. Intérieurement, elle maudit le vieux Jim qui commençait un peu à dérailler, puis sortit son stylo 4 couleurs, une vieille technique qui avait fait ses preuves pour déloger les clés. Une fois les quatre mines à l’air libre et dans la serrure, elle n’eut qu’à triturer un peu et entendit un petit bruit métallique prometteur de l’autre côté. Puis elle crocheta la serrure en bonne et due forme et entra.
Les bureaux s’annonçaient sombres et silencieux, identique à ceux dont elle se souvenait. Elle tendit l’oreille pour s’assurer que personne n’ait entendu son effraction, puis se faufila dans le couloir, droit vers la salle des archives. Il y avait quelque chose dont elle devait s’assurer, et elle se maudissait de ne pas y avoir songé plus tôt. Cependant le passé semblait décidé à refaire surface ces derniers temps, alors le contexte s’y prêtait.
Elle mit la main assez rapidement sur le dossier qui l’intéressait, sachant qu’il y avait peu de chances pour que Jim se pointe là à cette heure. Elle prit donc soigneusement son temps pour étudier les pages. Et elle tomba sur l’élément intéressant.
Le quatrième membre, Senja, avait eu un accident plutôt important courant décembre. Un accident dont la gravité avait mené à une défiguration et à des dégâts sur les cordes vocales. Sauf que Dorka avait bien lu la presse. En dehors de « ses » trois corps à elle qui avaient été repêchés, on avait retrouvé à un autre moment un quatrième cadavre, qui était resté là déjà depuis un moment. La blonde n’était pas dupe : ce genre d’accident bizarre (et si pratique, puisqu’il justifiait un port de masque et un changement de voix…) n’arrivait certainement pas un mois avant que le blessé ne zigouille tous ses amis avant de disparaître dans une lumière bleue. Il y avait une embrouille, et la jeune fille était sidérée que l’administration ait gobé une ânerie pareille. Mais de toute manière, ce masque apparu en cours d’année n’aurait pas vraiment pu avoir une justification crédible, et c’était ce qu’elle était venue vérifier. Ça et peut-être le goût de l’entrée par effraction.
Un détail la fit tiquer. Le visage de Senja, sur la photo, dont elle ne se souvenait absolument plus par ailleurs, lui rappela celui présent sur cette vidéo de sécurité qu’elle avait observée maintes fois pour tenter de comprendre. C’était le visage du type bronzé remonté de la salle des scanners. Sauf que sur cette photo, il avait la peau beaucoup plus pâle. Elle était très tentée de conclure qu’il s’agissait de la même personne, mais le Supercalculateur était capable de générer des copies, des clones…un point d’interrogation de plus.
Elle referma le dossier d’un coup sec et s’éclipsa avec comme elle était venue, dans les ténèbres.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Draynes MessagePosté le: Sam 15 Oct 2016 15:32   Sujet du message: Répondre en citant  
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Bon bon bon... Alors là, je suis bien emmerdé parce que Idris2000 est arrivé avec des commentaires bien plus construits et intéressants que les miens, alors bon... Je devrais peut-être le laisser post' en premier Mr. Green.
Enfin bref, vu que le "plus grand fan" doit poster un com' depuis longtemps, il est temps d'honorer cette promesse en commençant par des petits rappels rapides des anciens chapitres, sous forme de petits tirets (a) :

- Tout d'abord, j'aime le traitement des personnages de la partie rouge, même si globalement ils restent dans leurs formats clichés : Stella la râleuse, Wreck le psychopathe taré, Hati l'inutile (on en reparlera après x)) et Skoll le joyeux cinglé. Leurs scènes de discussion sont plutôt sympathiques et montrent bien l'ambiance de franche camaraderie (Mr. Green) qui s'installe entre eux.
Dorothée, de son côté, est à mon sens la plus ambiguë du tas et donc, la plus intéressante de par son côté totalement détaché, qui se laisse pas marcher sur les pieds et on a le début d'une relation assez glauque et intéressante avec le rouquin plus développée dans "Abysses" x).

- Ensuite, la partie bleue : toujours très mystérieuse et étant ce qu'aurait du être un certain GB (Mr. Green), plusieurs questions se posent toutefois, la principale concernant William : la fin de CC nous faisait clairement comprendre que William était du côté de X.A.N.A. de son plein gré.
Or là, il raconte qu'il s'est, encore une fois, fait posséder... ce qui est un peu con à mon sens. Je veux bien que X.A.N.A. joue la sécurité pour éviter la trahison, mais bon voilà quoi, j'ai trouvé cette absence de justifications très bizarre x).
Mention spéciale à Dorka qui est la Laura de CLE en moins insupportable et plus développée Mr. Green (et bien meilleure que dans GB, soit dit en passant.).

- Petit passage vite fait par deux personnages, avant d'embrayer sur le 14 : Wreck et Hati.
Pour le premier, je trouve le traitement de son début à Carthage assez intéressant, quoique extrêmement classique... Parce que bon, le taré qui fait des sourires malsains et ne se fait pas d'amis, ça a été vu cinquante fois Mr. Green. Mais là, ça marche et surtout à cause d'Abysses : l'avoir montré plus vieux, attaché à des choses (un monstre et un animal entre autre... Mr. Green) et c'est surtout sa relation avec Skoll qui est affaire de symbolique, mais j'en parlerais plus tard.
Pour Hati, ce court passage dans la salle des archives fait clairement comprendre qu'elle va se faire tuer dans peu de temps, de préférence par Wreck car cela expliquerait les fameuses brûlures, sachant que le frère de Hati est... Oh surprise, un pyromane Mr. Green. Ce personnage ne sert proprement qu'à ça, en vérité x).


Voilà voilà, et si nous passions assez rapidement sur les événements du 14 avec d'abord la rouge, puis la bleue, parce qu'il y a affaire à théoriser là Mr. Green.
Bon déjà, je retiens que l'un des chefs doit être belge, pour être aussi inquiet de la situation au Congo Wink, mais bon, trêve de plaisanteries.
On retient quand même l'installation de la relation Dorothée - Wreck, pas grand chose à en dire à part que c'est intéressant et qu'il va (sûrement) la former à devenir plus cruelle x).
Ensuite... Oh putain quelle surprise : Wreck qui tue Hati Mr. Green non, sérieusement, comme dit plus tôt, quand tu réfléchis un minimum, tu devines tout ce qui va se passer plus tard dans les chapitres x).
Le fait que Skoll s'enfuie fait évidemment comprendre qu'il va revenir dans quelques chapitres, cramer Wreck et se faire buter, de préférence par Dorothée en fonction du lien crée, et qui fera en sorte que le roux blessé la considère comme autre chose qu'un poids mort Mr. Green.

Avant de passer à la partie bleue, la partie sur Baal Hammon amène des éléments très intéressants en terme de symbolique x) (je ne me retire pas de la tête que Baal est Anthéa, soit dit en passant).
En effet, il est subtilement expliqué que Skoll possède des gènes "Hélion" et que le projet Chimera repose sur lui x) donc, on comprend ce qu'est Hélion dans "Abysses" : le corps de Skoll ayant muté pour former Hélion.
Et donc, il y aurait une symbolique énorme (dans l'optique où Wreck bute Skoll une première fois x)), car Wreck s'est attaché à la créature comme il s'est plus ou moins attaché au pyromane, et tuerait de nouveau ce dernier avant de buter Dorothée (ça doit être très étrange à lire putain xD).
Pour Némésis, qui est un clone de Hélion / Skoll, le fait qu'il gagne le combat évoque fortement Wreck et le fait que son chien s'appelait Némésis et donc, ce serait encore une fois Wreck qui batterait Skoll... Mais là, je pars en couilles Mr. Green.


Et si nous passions donc à la partie bleue ? On va y aller plus rapidement, parce qu'au final il n'y a pas grand chose à dire x).
Tout d'abord, l'idée de reprendre des fan-arts du site pour des créatures bien plus glauques pour X.A.N.A. est une excellente idée et promet du beau à venir x).
Ensuite, le talent des nouveaux sur Lyoko est encore une fois bien présent (Mr. Green) et je note l'avatar de Dorothée très... classique XD.
William qui se refait posséder par X.A.N.A. (ou une autre entité, on ne sait pas) et qui manipule Dorka et Dorothée assez facilement est assez sympa à voir (même si le fait qu'elle suive un type qui a changé d'un coup d'avatar et d'intonation de voix en fait une parfaite conne, à mon sens Mr. Green). D'ailleurs, je le verrais bien se débarrasser de Dorka une fois la recherche effectuée, histoire de rajouter du piment x).
Et enfin, le lien (enfin !) avec l'Echiquier : ça semblait évident dans GB que le type masqué était Senja Blanc ou Noir. Là, on voit que le faux Senja bossait avec Senja Noir (aucun doute là-dessus, pour le coup), mais son identité reste encore inconnue et pousse à la théorie :
Deva ? Peu probable.
Eisen ? Plus probable pour le coup, en raison du fait qu'il voit l'univers parallèle dans les Perles, avec Light Maul. De plus, ça le ferait servir à quelque chose Mr. Green.
Arianne ? Probable... Ou pas Mr. Green.

Bref, trêve de troll : j'ai bien aimé, j'attends la suite et, vu que je ne sais pas conclure, j'invite un meilleur commentateur que moi à venir poster à ma suite Wink.
Car après tout : les chiffrés ne sont-ils pas les meilleurs éléments de ce forum ? Mr. Green.
Bref, à bientôt ! x)
_________________
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Idris2000 MessagePosté le: Sam 15 Oct 2016 20:26   Sujet du message: Répondre en citant  
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Draynes a écrit:
Bon bon bon... Alors là, je suis bien emmerdé parce que Idris2000 est arrivé avec des commentaires bien plus construits et intéressants que les miens


Tu trouves? Tes commentaires sont au moins 15 fois plus construits que les miens, crois-moi.

Ensuite, Hati... Ce n'est pas le personnage principal, mais je pense qu'elle est là pour une certaine raison...Mais vu qu'elle est morte, j'assume qu'elle remplissait les fonctions de:

-Magicarpe. Au vu des tes standards, même Yumi est plus utile.

-Cause d'un probable changement de comportement, de psychologie et de personnalité de Sköll et/ou de Wreck. Etant donné que le cadavre de Sköll est introuvable, je reste sceptique jusqu'à confirmation.

Je rejoins Draynes concernant Dorka. Inutile de recopier ses dires.

Ensuite...

Ben, je n'ai rien à dire d'autres, je rejoins majoritairement Draynes!

Je conclus sur cela:

Draynes a écrit:
Je devrais peut-être le laisser post' en premier Mr. Green


Ecoute Draynes, si tu as quelque chose à dire, n'hésite pas...On s'en fout de moi au final Mr. Green.

_________________
Je suis quelqu'un d'observateur. L'avis des autres m'intrigue et m'intéresse.

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Je suis un Pro-Laura et Pro-CLE.

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Ikorih MessagePosté le: Sam 22 Oct 2016 08:29   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler


Chapitre 15
Chimères


http://i.imgur.com/T5qfwRq.png


15 août 2016 – Dunkerque – Domicile de la famille Silfverg

Elisa se présenta sur le pas de la porte, en noir malgré ses cheveux roses qui tranchaient en retombant sur ses épaules. Un homme d’une cinquantaine d’années lui ouvrit, l’air las et fatigué. Il lui demanda ce qu’elle venait faire ici, et elle se présenta.
-Je suis Elisa Cloud. Tout d’abord je tenais à vous réitérer mes condoléances pour la mort de votre fille…elle était consciente des risques de son métier et n’aurait pas voulu que…
-La ferme, grogna-t-il. Si vous n’avez rien d’autre à faire que retourner le couteau dans la plaie, vous pouvez partir.
Le regard d’Elisa se refroidit, puis elle répliqua :
-C’est à propos de votre fils, puis-je entrer ?
Circonspect, il la laissa faire. La jeune femme s’engouffra dans le couloir terne en bois étroit qui menait au salon, suivie par son hôte. Au salon, elle trouva l’épouse du norvégien, qui avait l’air complètement écroulée dans son fauteuil. Sur la cheminée, une photo des jumeaux. Elisa croisa le regard de Sköll sur le papier glacé, et y chercha l’étincelle maniaque qui se cachait derrière ses yeux verts. Mais aux côtés de sa sœur, il était juste joyeux. Sans, à quoi ressemblait-il ?
-Eh bien ? insista l’homme d’un ton bourru en fermant la porte du salon. Faites vite, on est occupés.
Elisa en doutait fort. Il ne l’invita pas à s’asseoir, aussi resta-t-elle debout en promenant son regard dans la pièce. Puis elle parla :
-Sköll est porté disparu depuis un mois. Nous sommes persuadés qu’il n’est pas mort.
Lueurs d’espoir dans les yeux des deux parents. Ils se disaient ça depuis des semaines sans doute. Ils voulaient y croire. Elisa brisa leurs espérances d’une phrase sèche.
-Entendons-nous bien, il est dangereux. Votre fils est un pyromane maniaque incontrôlable qui risque bien de faire des dégâts quand il réapparaîtra. Aussi je n’irai pas par quatre chemins, car je suis occupée : où peut-il se cacher, et a-t-il déjà tenté d’entrer en contact avec vous ?
Le père, toujours lui, contra d’un air mauvais :
-Vous dites n’importe quoi. Sköll est un gentil garçon, un peu turbulent mais droit dans ses bottes.
-Vous ne voulez pas la liste de ses états de service, et vous ne voulez pas que je vous présente son meilleur ami, qui est accessoirement la dernière personne à l’avoir vu avant qu’il saute d’une falaise.
-Il a sauté d’une falaise et vous voudriez me faire croire qu’il est vivant ?
-Il est malin. Et coriace. Nous sommes intimement convaincus qu’il n’est pas mort.
La mère semblait n’être atteinte que par ce type de phrase. Elle releva un visage creusé de cernes aux cheveux dépeignés et articula comme un enfant :
-Mon fils est vivant ?
-Dites-moi où il est, insista Elisa qui éluda le fait qu’ils comptaient le tuer dès que possible.
Le père la gratifia d’un regard noir.
-Même si je le savais, je ne vous le dirais pas. Sortez. Vous salissez la mémoire de mes enfants.
Elisa n’ajouta rien et s’éclipsa vers la sortie, repartant vers la suite de son programme. Grimpant dans sa voiture, elle nota sur un bloc-notes de placer la famille Silfverg sous surveillance. Le chauffeur démarra. L’habitacle était conçu avec une vitre au milieu comme dans les limousines, pour éviter que l’agent affecté à sa conduite entende le contenu de ses coups de fil. Et justement, elle sortit son portable pour appeler son unique supérieur hiérarchique. Leur ligne ultra-sécurisée était toujours accessible à l’un et à l’autre, aussi Baal ne tarda-t-il pas à décrocher.
-Je reviens de chez les Silfverg. Ils refusent de coopérer, je donnerai les consignes nécessaires pour qu’ils soient placés sous surveillance. Amusant de constater comme ils refusent de croire qu’ils aient élevé un psychopathe.
-Les parents sont souvent naïfs au sujet de leur progéniture, répondit simplement Baal Hammon. Au fait tant que vous êtes dans le Nord, faites un crochet par Paris pour récupérer un dossier au centre de robotique, je veux voir leurs dernières avancées. Et faites renforcer la sécurité au Projet Chimera, je n’aime pas le savoir exposé avec Silfverg dans la nature.
-Entendu. Autre chose ?
-Ne laissez pas Moore et ses collègues traîner trop longtemps aux States. On aura besoin d’eux quand notre rebelle se montrera.
Baal Hammon raccrocha. Elisa passa les coups de fil nécessaire pour accéder à ses requêtes. Elle était l’exécutrice des quatre volontés de Baal depuis maintenant quelques années. Elle soupçonnait l’ego de son employeur d’en être la cause, autant que sa propre efficacité. Baal n’avait pas seulement choisi son assistante, il l’avait conçue à son image…

http://i.imgur.com/qOJiL1o.png


1er avril 2010 – France – Auvergne – Siège du projet Chimera – Salle d’expérimentation 2

Sanglée sur la table d’opérations, Elisa Cloud fixait le plafond, jugulant son stress. Elle savait qu’elle avait été choisie pour les débuts du projet Chimera, qui s’attaquait au grand mystère du génome humain. Aux trésors qu’il cachait. Certains individus présentaient des anomalies qui se développaient de façon spectaculaire et surprenante. Les scientifiques avaient mis la main sur un échantillon d’ADN spécial, aux propriétés à moitié connues. Et avaient choisi de tester son adaptation sur un cobaye neutre. Elisa avait un physique plutôt banal, les cheveux bruns, les yeux bleus, rien de particulier. L’analyse de son génome n’avait détecté aucune fantaisie qui puisse mal réagir avec leur échantillon magique, aussi étaient-ils enthousiastes et persuadés que ça marcherait.
Dans un coin de la pièce, une silhouette en habit noir intégral et masquée, mais bientôt dissimulée par un scientifique s’approchant d’Elisa avec la fatidique seringue contenant le virus qui irait implanter le bout d’ADN dans son génome. Elle inspira un grand coup, fit signe qu’elle était prête. L’injection se fit. Ils avaient adjoint un réactif qui permettait d’accélérer le développement des nouveaux caractères. Elle sombra dans l’inconscience pendant un temps inconnu. Lorsqu’elle se réveilla, la silhouette noire tournait encore autour.
-Incroyable, souffla l’inconnu.
Elisa cligna des yeux, sans comprendre. L’être masqué la détacha pour qu’elle puisse se tourner vers le miroir dans un coin de la pièce. Elle constata alors que ses cheveux avaient totalement changé de couleur, et eut un moment d’arrêt. La silhouette, cependant, continua à parler.
-J’ai conscience que c’est un peu soudain mais mon précédent assistant a pris un obus. J’aimerais que tu le remplaces pour pouvoir exploiter au mieux tes capacités nouvelles.
Elisa cligna des yeux. Elle avait conscience que Baal Hammon, maître incontesté de Carthage, s’adressait à elle.
-Je…d’accord. Ce doit être plus gratifiant que servir de rat de laboratoire…
-Tu restes un rat de laboratoire. Une souris transgénique, qui, on l’espère, saura révéler les mystères de mon ADN…
Elisa fronça légèrement les sourcils, regarda ses propres mèches roses, puis la silhouette noire. Elle ne releva cependant pas, ne voulant pas trop questionner l’identité de son maître, qu’elle finirait par apprendre en temps voulus…ou non.


3 avril 2010 – France – Complexe principal de Carthage – Bureau de Baal Hammon

-Bien, il est temps pour toi d’effectuer ta prise de fonction. Les scientifiques ont-ils décelé une quelconque aptitude originale chez toi, à part la couleur de cheveux ? interrogea Baal, debout derrière son bureau.
-Oui, ils ont détecté un développement assez spectaculaire des réseaux mémoriels.
Le dirigeant de Carthage eut un sourire derrière son masque.
-Je me doutais que ce serait quelque chose du style. Parfait, tu n’en es que meilleure pour le poste.
Il baissa sa capuche, dévoilant des cheveux roux s’échappant du masque. Elisa haussa un sourcil.
-Sauf votre respect, n’aviez-vous pas sous-entendu que vous aviez les cheveux roses ?...comme moi ?
Baal eut un petit rire.
-Les teintures, tu connais ? Le roux, c’est quand même beaucoup plus normal que le rose. Ça aide à passer inaperçu, dans une certaine mesure. Tu découvriras vite ça…
Elisa rejoignit son chef (ou plutôt sa chef, comme elle le devinait) dans son rire. Le début d’une longue et fructueuse collaboration s’annonçait.

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15 février 2017 – Norvège – Bergen

-Tout d’abord, merci à vous d’être présents. Ça faisait un moment que je n’avais plus remis les pieds au pays, et vos gueules de repris de justice me manquaient presque.
L’endroit était souterrain, et un peu oublié de la plupart des gens. Sauf peut-être de la bande de mercenaires qui y tenait actuellement réunion, sur demande d’une silhouette encore dans l’ombre.
-Eh, on a toujours pas vu ta gueule à toi, Sköll. Tu veux pas venir là où on te verra mieux ? lança un gaillard du nom de Nils.
-Hum…je préfère attendre la fin du récit si ça ne vous dérange pas. Je vais avoir besoin de vous. C’est pour une vengeance.
Il leur résuma l’affaire. Ses mutations génétiques étudiées au projet Chimera, sa reprise de service tranquille au sein du corps régulier de Carthage, et puis Wreck, et le destin d’Hati. Il termina sur l’affrontement en Afrique, et termina ainsi :
-Tu voulais que je sorte de l’ombre. Très bien, mais ce n’est pas très beau à voir.
Sköll s’avança de quelques pas. Il était toujours grand et costaud, avec des marques de brûlures. Pas de trace de blessure par balle. En revanche, son œil gauche avait été crevé. Le plus abject était peut-être que la partie de la cicatrice le plus vers la tempe n’avait pas l’air parfaitement guérie. Non, on aurait plutôt dit qu’elle…se développait. Pour former un nouvel œil. Actuellement borgne, Sköll balaya l’assistance de son iris rouge, et fit la grimace.
-Oui, c’est laid. Y a des vengeances qui se mangent froides, mais ça n’a jamais été mon genre. Et après ça…difficile de me montrer patient.
Ce qui auparavant aurait été un sourire fut réduit à un mince étirement de la lèvre supérieure, dévoilant des crocs assez peu humains.
-Ce n’est pas contagieux, assura-t-il. Mes gènes un peu…bizarres ont travaillé dur pendant que je me reconstruisais. Mais ils ont un peu zappé de bien me reconstruire la gueule. Alors tant pis. Je disais donc, se venger…déjà, est-ce que vous êtes avec moi ?
Un murmure d’approbation traversa la salle. Sköll afficha un large sourire.
-Parfait. J’ai un plan.


20 février 2017 – 6h50 – France – Complexe principal de Carthage – Bureau de Baal Hammon

-Maître, il est revenu. On a plus de nouvelles de Chimera.


Souvenir
http://i.imgur.com/CpVw9yP.png


7 septembre 2016 – 9h15 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

Dorka ne fut même pas étonnée lorsque William pénétra dans le laboratoire sans prévenir, impatient de voir ce que donnait le traitement des données récoltées la veille. Dorothée n’était pas présente, et Dorka la soupçonnait d’être allée raconter tout ça à sa mère dès qu’elle avait pu. Tant pis, elle n’avait plus le contrôle sur cette information.
-Alors, tu trouves quelque chose ? attaqua William, impatient.
-Rien. Tout n’est pas fini, mais aucune trace d’activité de XANA qui soit particulièrement virulente. J’ai cependant un bout de signal pour les monstres que tu as aperçus l’autre jour. Des traces ont l’air de remonter dans le réseau, vers je ne sais quoi. Je poursuis les…eh, c’est quoi ça ?
-Mh ?
-Un signal qui clignote sur le radar, actuellement sur le territoire forêt. Il disparaît par moments et réapparaît plus loin. J’essaie d’en savoir plus dessus, mais c’est pas grand-chose. Je pense que ce serait plus simple que tu ailles voir ça sur le terrain.
William se figea, songeant à ce qui s’était passé la dernière fois qu’il était allé sur Lyoko.
-Quoi, y a un problème ? T’assures, pourtant, commenta Dorka sans comprendre.
-Ehm…c’était pas moi, marmonna-t-il.
Il s’attendait à une question, histoire de l’aider à mieux s’expliquer, mais rien ne vint. Dorka attendait qu’il développe tout seul.
-J’ai entendu une sorte de voix dans ma tête et puis là c’est mes pouvoirs de xanatifié qui sont revenus à la surface tout seuls… Et j’avais plus le contrôle sur rien. J’ai peur que ce soit XANA qui puisse encore me contrôler…
-Sauf qu’on a aucune trace d’activité de XANA. Et tu n’as pas manifesté d’hostilité envers Dorothée et moi à ce moment. Donc je pense que c’est autre chose. Je ferais des analyses pendant que tu plonges, si tu veux, proposa-t-elle.
Il soupira, sachant qu’il était en train de se faire entuber. Mais s’il y avait la moindre chance d’en savoir un peu plus là-dessus, eh bien soit, il ferait confiance à Dorka…

http://i.imgur.com/lB0lESi.png


7 septembre 2016 – 9h20 – Lyoko – Territoire Forêt

William fut satisfait de se trouver tout de blanc vêtu en arrivant sur les verts chemins du territoire Forêt. Il observa les alentours, cherchant l’origine du signal mentionné par Dorka. Il nota alors au bout d’un sentier une petite silhouette humanoïde noire et blanche qui le fixait. Puis qui disparut. Il avait déjà vu cette silhouette. Elle avait surgi pour le dévirtualiser l’autre jour. Elle l’avait vu, il en était persuadé. Orientant son épée vers le haut, il se concentra pour faire apparaître son bouclier. Une sphère d’énergie blanche l’entoura, et il fut ravi de voir son adversaire réapparaître juste devant, s’arrêtant net. Pas de trace d’expression faciale particulière chez elle cependant. La détaillant de plus près, il nota qu’elle avait le visage blafard et sans bouche, des cheveux blancs courts parsemés de mèches noires à l’avant, et ses yeux étaient deux larges fentes noires avec deux orbes blancs à l’intérieur. Il ne faisait aucun doute qu’elle n’était pas humaine. Sa tenue restait dans les tons noirs et blancs, symétrique. La séparation entre les deux côtés prenait la forme d’une frontière en éclair entre le noir et le blanc sur son thorax. Elle avait une ceinture, un pantalon gris, un haut un peu long qui lui retombait sur le haut des cuisses, et deux chaussures dépareillées (une noire et une blanche) qui avaient l’allure de patins de gymnastique. Elle portait à la main une sorte de masse blanche assez harmonieuse dans la forme, avec une tête asymétrique ronde, et dans l’autre un petit bouclier rond gris. William nota enfin un boomerang noir ouvragé en forme d’aile passé dans la ceinture.
-Qui es-tu ? demanda-t-il, sans relâcher sa protection.
Son adversaire se volatilisa. Prudent, William rompit la protection, et se retourna pour parer l’attaque venant de derrière. La masse cogna contre le zanbatô avec un bruit métallique clair. Le guerrier fut cependant trop lent : le temps qu’il amorce une riposte, elle avait à nouveau disparu. Ses réapparitions rapides à diverses positions autour de lui avaient le don de l’agacer, et il finit par réactiver son bouclier le temps de souffler, et de réfléchir un peu mieux à ce merdier. Si elle pouvait se téléporter, pourquoi ne se planquait-elle pas dans un arbre pour le harceler de là ? Y avait-il un rayon limite ?
-Dorka, t’as du neuf sur le truc que j’affronte ?
-Très peu, juste que c’est un programme. Mais j’ai une idée, retiens-le encore quelques minutes…
William leva les yeux au ciel et tenta une attaque surprise au zanbatô. Le programme, surpris, para de justesse avec son bouclier, dans un grand bruit de métal. William ne put qu’être admiratif de la force déployée par son adversaire, qui avait l’allure d’une petite fille de dix ans. Après tout, elle avait réussi à arrêter un coup de son zanbatô, ce qui n’était pas rien. Il n’eut cependant pas le temps de trop s’extasier, parce qu’elle contrattaquait en le frappant sur le flanc gauche avec sa masse. Il dût faire un pas sur le côté pour éviter, et leva à nouveau son imposante arme pour une attaque. Elle bondit alors droit vers lui, lui collant un coup de pied en pleine poitrine avant de se volatiliser. Une fraction de seconde plus tard, il prenait un coup à l’arrière du genou, et fut contraint de choir d’une façon peu noble.
Tu es dépassé. Il faut un vrai guerrier sur ce coup-là.
« Non, non, non ! »
Et si. Il venait de glisser mentalement et ne pouvait que voir l’autre jaillir des ténèbres de son esprit, là où lui-même était aspiré. Un coup de pied vers l’arrière atteignit l’IA de combat, et William prit quelques mètres de distance à l’aide de la redoutable Supersmoke. Il tira une salve d’énergie en direction de la gamine, qui disparut en pivotant vers lui. Elle réapparut un peu après en courant vers lui, puis s’éclipsa à nouveau pour esquiver la seconde.
« Intéressant, on dirait qu’elle continue ses mouvements ailleurs, ça n’est pas totalement une téléportation…et si elle réapparaît, ce ne doit pas être pour nous narguer, il doit y avoir une raison également… » songea William.
Pas déconnant, lui concéda son alter ego avant de se laisser happer par une traînée de fumée.
Lorsque le programme se montra de nouveau, il se fit charger par la traînée de fumée en question, William en émergeant au dernier moment avec la lame au clair. Le petit bouclier gris fut levé, mais l’impact projeta le programme à un ou deux mètres, sonné. A cet instant, une sorte de pyramide ambrée transparente jaillit du sol sous lui, le paralysant.


William haussa un sourcil intrigué.
-C’était quoi, ça ?
-Eh bien, j’ai mis en place une stase sur Lyoko. Ce programme ne peut plus bouger ou activer ses pouvoirs, mais il est toujours capable de parler si c’est à sa portée. Interroge-le !
William constata avec stupeur que la présence qui lui avait dénié le contrôle de son avatar refluait. Il vit en temps réel sa tenue noire s’évaporer en volutes de fumée, laissant de nouveau place à la blanche. Et il pouvait de nouveau bouger comme il le voulait. Il pourrait s’enthousiasmer, mais ce n’était pas le moment. Il marcha vers la stase, puis regarda l’être assis par terre dedans.
-Décline ton identité, programme, ordonna-t-il d’un ton qui se voulait assuré.
-Je suis Alice, rétorqua froidement la créature, sans remuer les lèvres qu’elle n’avait pas.
-Qui t’a créé, et pourquoi ?
-Le créateur a demandé de combattre XANA. J’obéis au créateur et au Palamède.
William haussa un sourcil.
-Le Palamède ?
Elle ne lui répondit rien. Evidemment, ç’aurait été trop facile. En tout cas, il se souvenait maintenant avoir eu quelques démêlés avec elle. Enfin, l’autre lui, cette personnalité artificielle que XANA avait placée aux commandes pour combattre plus efficacement lors de son deuxième service. Sur Terre, il était presque libre, tenu seulement d’obéir à XANA et d’espionner les Lyokoguerriers. Sur Lyoko, l’autre prenait le pas. Les deux faces d’une même pièce…
-Qui est le créateur ?
-Tu es un sbire de XANA. Tu as combattu avec lui.
-On s’en fout, ça fait sept ans, cracha-t-il sans s’en empêcher. Et toi, pourquoi t’es encore là après ces sept ans ? Est-ce que tu as revu le créateur depuis le temps ? Et comment XANA est mort ?
La dernière question était sortie presque par accident, mais elle lui sembla juste. Il n’avait jamais su. Il avait trouvé le labo désert, les notes roussies de Jérémie, et personne n’avait su le renseigner. Il avait plus ou moins deviné la mort des Lyokoguerriers, car il ne les voyait plus, mais il n’avait jamais su ce qui était arrivé à XANA…
-Le créateur l’a vaincu. Il avait fini son œuvre, il n’avait plus rien à faire ici.
-Intéressant, commenta Dorka dans la tête de William. On dirait que c’est un programme oublié sur le Supercalculateur par celui qui a tué XANA…et les Lyokoguerriers.
-Minute, comment tu sais que c’est la même personne ? nota William, suspicieux.
L’interrogatoire était en train de se rediriger.
-…
-Dorka, va falloir causer.
-…J’ai vu les vidéos du soir où ils sont morts. Leur chef masqué leur a annoncé la chute de XANA, avant de les massacrer et de partir. Je ne l’ai plus jamais revu.
Dorka garda pour elle l’information sur la lumière bleue et le deuxième Senja sortant du sous-sol. William n’avait pas besoin d’être au courant.
-Mh, grogna William.
Il se retourna vers Alice.
-Pourquoi t-a-t-il laissée derrière ?
Pas de réponse.
-Dorka, on peut pas laisser ce truc nous traîner dans les pattes. Je vais la détruire. J’espère que tu as analysé tout ce que tu voulais dessus.
Dorka ne dit rien, pensive. Le Palamède ? Voilà un mot qu’elle n’avait jamais entendu. Qu’est-ce que ça pouvait être ? William s’avança au bord de la stase pour mettre le coup de grâce à la créature sans défense piégée à l’intérieur. Elle disparut stoïquement dans une envolée de débris virtuels.

http://i.imgur.com/lB0lESi.png


7 septembre 2016 – 10h – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

-Je vais laisser tourner l’ordinateur. Il va pouvoir continuer la remontée du signal, et il ira d’autant plus vite si on lui ramène des données complémentaires. Une plongée supplémentaire est probablement à méditer, demain ou ce soir.
-Est-ce que tu as repéré des…trucs bizarres, sur mon avatar, pendant que je combattais ? interrogea William.
-Non, rien de spécial, pourquoi ?
-Pas de trace de XANA ? insista-t-il.
-Non. Je ne sais pas ce qui t’arrive, mais ce n’est pas de son fait…
William se renfrogna. Si ce n’était pas XANA, alors qui ?


8 septembre 2016 – 0h12 – Région parisienne – Appartement de Dorka Skjor

Dorka poussa la porte de son petit appartement sans grand entrain, un peu fatiguée de sa longue soirée sur le Supercalculateur. Et encore, elle s’était forcée à partir tôt. Elle se traîna jusqu’à sa chambre, et eut un instant d’arrêt en voyant une petite lumière jaune dans la vitre. Deux petites lumières jaunes. Elle fronça les sourcils, croyant tout d’abord à une des énièmes sources de lumière de la capitale, avant de réaliser qu’il s’agissait de ses yeux. Elle passa une main sur son visage, toujours interdite. Les yeux des humains ne brillaient pas. Avait-elle un peu trop abusé du Supercalculateur et commençait-elle à avoir des hallucinations de fatigue ? C’était fort probable.
Et puis elle se rappela qu’elle n’avait pas eu besoin d’allumer la lumière sur le trajet. Et qu’elle y avait vu clair.
-Bon sang, ça c’est pas normal…
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Ikorih MessagePosté le: Sam 29 Oct 2016 09:33   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Chapitre 16
Omega


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20 février 2017 – 11h36 – France – Auvergne – Abords du complexe Chimera

Carthage avait déployé des moyens considérables. Le bâtiment était cerné par les troupes du projet, et Baal en personne était présent au point de commandement, observant le plan des lieux avec les gradés. Le chef des opérations de terrain se lança dans une explication :
-On ne sait pas où ils sont localisés, et on a plus de contact avec l’intérieur. On ne sait même pas précisément combien ils sont, même si on est à peu près sûr qu’il s’agit du renégat Sköll Silfverg. La situation est délicate.
Baal croisa les bras.
-On ne peut pas nucléariser la zone, le gouvernement français s’en apercevrait et ce serait un peu gros à étouffer. Et je n’ai pas envie de désintégrer Sköll, même mort il peut être utile. N’oublions pas que c’est un sujet de laboratoire, évadé précisément d’ici. J’ai une idée pour régler ça…
Il leur expliqua brièvement son plan. Le chef des opérations hocha la tête.
-Mh, ça demanderait un minimum de préparation mais pourquoi pas. C’est vous le chef. Vous êtes sûr qu’il réagira comme vous l’attendez ?
Baal tourna la tête vers lui et il se tut. D’un vague signe de la main, le maître de Carthage envoya son attachée chercher le trio dont il avait besoin. Elle revint quelques minutes après, accompagnée de trois silhouettes bien connues : Stella, Dorothée et Wreck. La première semblait à cran, sans doute à cause de la présence de son supérieur ultime, mais les deux autres étaient bien plus décontractés et échangeaient quelques mots le temps de parcourir les derniers mètres. Baal les fixa tour à tour avant de prendre la parole.
-Bien. Je vais avoir besoin de vous trois pour arrêter Sköll. On ne sait pas où il s’est retranché, et on ne peut pas juste atomiser la zone. Donc, vous allez devoir vous faufiler par une entrée secondaire et atteindre le poste central d’où on peut surveiller tout le complexe, et ensuite nous communiquer leurs positions. On vous accrochera une balise GPS histoire de pouvoir vous guider une fois à l’intérieur.
Stella hocha la tête, n’ayant aucune objection à faire. Dorothée se permit une question :
-Pourquoi nous précisément ?
Elle sentit le regard de Baal se braquer sur elle, et le maître de Carthage répondit tranquillement :
-Vos états de service ? On ne peut pas expédier n’importe qui sur ce genre d’opérations…
Dorothée ne répondit rien. Bien entendu, la réplique bravache vint du seul garçon du groupe :
-Alors, on y va ou on attend qu’il ait tout cramé ?

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20 février 2017 – 13h02 – France – Auvergne – Entrée secondaire du complexe Chimera

Le trio n’avait pas eu de difficultés pour se faufiler dans le bâtiment. Ils ignoraient si c’était un piège, une grande efficacité de leur hiérarchie ou simplement un symptôme d’un gros manque d’effectif en face. Dans le doute, les trois agents se montraient vigilants. Dans leur oreille, les indications des types avec le plan dans les mains. Il y avait quand même une petite trotte jusqu’au centre de contrôle.
« Ils auraient pu prendre une entrée plus proche » songea Wreck dans un brin de mauvaise humeur.
Mais dans le fond, il n’était pas si agacé que ça. Plutôt excité. La confrontation avec Sköll, à nouveau. Du sang, de la haine, des envies de vengeance, tous ces sentiments négatifs dont Wreck se délectait. Il marchait en tête, son HK416 en main, et son habituel petit sourire arrogant aux lèvres. Avec néanmoins un peu de prudence, il passa la tête dans l’angle d’un mur et la retira aussitôt, une balle ricochant devant son nez. Pour la discrétion, c’était râpé. La fusillade s’engagea, et finalement ils entendirent des bruits de course : leurs assaillants se repliaient. Un « ils sont là ! » retentit dans le couloir. Wreck poussa un petit soupir avant de foncer dans le couloir pour finir les embusqués, histoire d’éviter qu’ils ne donnent vraiment l’alerte…
-Wreck putain ramène ton cul ! siffla Stella entre ses dents, n’osant pas trop élever la voix.
D’autres coups de feu retentirent, suivis de bruits mats. Alors que Dorothée et Stella s’enquéraient de la suite de l’itinéraire auprès des supérieurs, Wreck leur signala que les deux tireurs avaient été neutralisés.
-Génial, maintenant reviens, on est pas nombreux alors si en plus on se sépare, soupira Dorothée sur le canal radio.
-Ouais j’arrive…attendez, minute.
Nouveaux coups de feu. Visiblement, pour la discrétion, c’était cuit. Les deux agentes foncèrent dans le couloir à la suite de leur camarade, mais se heurtèrent très vite à un problème totalement inattendu : une porte fermée.
-C’est quoi ce bordel ?
-Les portes sont automatisées, informa leur responsable logistique. Quelqu’un a dû en déclencher la fermeture à distance.
Stella poussa un juron.
-On s’est totalement fait avoir. Sköll nous a tendu un piège et ça m’étonnerait pas qu’il ait prédit exactement le comportement de Wreck. Et lui il a encore fait la tête brûlée…abruti ! grogna-t-elle, furieuse et dépitée de voir sa mission prendre une tournure aussi mauvaise.
-Wreck, t’as entendu ? questionna Dorothée sur le canal radio.
Son collègue aurait eu un peu de mal à lui répondre. Il avait blessé le troisième tireur en planque dans la vieille salle d’expérimentations, mais sa tête tournait. Et pour cause : il avait dans le flanc une fléchette hypodermique. Bien que ralenti, son cerveau parvint quand même à atteindre les conclusions qui s’imposaient : il était dans la merde. Après avoir arraché le projectile qui s’était payé de luxe de le toucher à un endroit où son gilet pare-balles faisait défaut, il tenta d’achever sa cible mais tira à côté avant de tomber dans les pommes, n’entendant pas son ennemi appeler son propre commandant…

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20 février 2017 – 13h15 – France – Auvergne – Abords du complexe Chimera

-Repliez vous, c’est grillé pour la discrétion. On va préparer une riposte plus musclée, déclara le chargé du relais entre le commandement et les troupes.
Pendant que Stella et Dorothée exécutaient l’ordre de repli (non sans une certaine frustration), Baal jeta un regard entendu à Elisa, qui lui rendit un sourire satisfait.
-Sköll est loin d’être bête, pour quelqu’un de théoriquement aveuglé par la colère, commenta l’assistante de Baal Hammon.
-Il faut croire en effet. Mais je ne m’inquiète pas, je suis bien plus malin que lui, assura le masque d’oiseau, drapé dans son costume. Nous collons au plan, comme prévu.
Elisa hocha la tête et alla distribuer les directives de son chef. Ce dernier observa d’un air pensif le bâtiment un peu plus en contrebas. Encore remarquablement intact pour une pseudo zone de guerre, il risquerait de subir davantage de dommages très prochainement. Il l’imagina partir en fumée, avec toutes les recherches qui pouvaient encore y subsister si Sköll n’avait pas tout ravagé. Aucune importance. Ils avaient une copie des dossiers aux archives centrales… Ce qui leur manquait en revanche, et qu’on trouverait bientôt au laboratoire, serait la carcasse refroidie du franco-norvégien.


20 février 2017 – 14h – France – Auvergne – Intérieur du complexe Chimera

Une des premières choses que nota Wreck en émergeant fut qu’il faisait chaud. Il comprit assez rapidement en constatant que tout le pourtour de la salle était enflammé. Ils étaient dans une ancienne salle d’expérimentations, avec du matériel scientifique qu’on avait repoussé contre les murs sans ménagement. Lui-même était, sans grande originalité, attaché à une chaise au milieu de la pièce. Et face à lui, sans grande originalité non plus, il y avait Sköll, apparemment seul. Ses sbires devaient garder la salle de l’extérieur. Debout, les bras croisés, le grand brun avait changé. Ses yeux rouges luisaient de haine et de satisfaction, y compris le troisième en train de pousser sur le côté de l’orbite, et sur son front avaient poussé deux ébauches d’antennes. Il était visiblement en pleine forme, surtout pour quelqu’un tombé d’une falaise six mois auparavant.
-Eh ben voilà, t’es réveillé ! Je savais que tu serais sympa et qu’on pourrait régler ça vite fait, sourit le pyromane.
Son vis-à-vis cligna des yeux et secoua la tête pour essayer de retrouver un peu plus vite ses esprits. Difficilement. Il était toujours HS. Quoi qu’il ait dans le sang, ça allait sérieusement l’handicaper s’il s’agissait de mettre une raclée à Sköll. Il dut répondre quelque chose comme « gnehh » ou une réplique intelligente de ce style.
-Alors, je te l’avais bien dit qu’un jour cette connasse de Dorothée ne serait plus là pour te couvrir ! Je m’occuperai d’elle quand j’en aurai fini avec toi, t’en fais pas. Elle t’a regardé descendre ma sœur sans se demander une seule seconde si c’était bien. Toi non plus tu t’es pas posé la question, hein ? Les ordres, j’imagine. Carthage paiera aussi. Mais le premier coupable et le premier condamné, c’est toi. Parce que tu es l’être le plus détestable que j’aie jamais vu.
Sköll fixa Wreck, attendant visiblement qu’il lui réponde quelque chose. Le roux leva la tête vers lui, le détailla quelques secondes de ses yeux gris avant de commenter :
-T’as une sale tronche.
-La faute à qui ? siffla Sköll. Je serais presque tenté de te cramer la gueule et de te laisser repartir juste comme ça, pour que tu comprennes, mais hors de question de te laisser vivant. Tu te contenteras de souffrir atrocement et de me supplier de t’exécuter.
Wreck parvint à rire, quand bien même c’était à moitié de nervosité. Il était conscient d’être en position de faiblesse.
-Tu peux courir pour que je te supplie. Tu n’as pas rampé à mes pieds pour que je t’épargne, le jour où j’ai explosé ta sœur. Ça a fait quoi de la voir crever sous tes yeux, Sköll ? T’as eu mal à ton petit cœur ? T’as direct senti que c’était de ma faute, ou…tu n’y as vu que du feu ?
Sköll le frappa sans préavis. La lèvre fendue, Wreck encaissa, mais il avait les idées un peu plus claires. Lorsqu’il releva les yeux vers son ennemi, ce dernier le regardait avec des yeux brûlants de colère. Ce qui rappela un détail à Wreck…
-T’es sûr qu’on va pas cramer bêtement tous les deux ? Niveau vengeance c’est pas top…
-J’ai vérifié l’aération et les flammes ne prendront pas sur le sol sans essence. On ne risque absolument rien…sauf en s’approchant du feu, peut-être…ricana Sköll, qui avait visiblement une idée derrière la tête.
Wreck pâlit, et pria pour que son ex-camarade ne le remarque pas. Raté. Sköll était entièrement focalisé sur lui, et rit.
-Ouais, t’as compris l’idée. Mais c’est pour satisfaire ta curiosité. Tu te souviens, le jour où on s’est rencontrés ? Tu m’avais demandé si ça faisait mal de se brûler. Et j’avais dit que je t’aimais bien. Maintenant je te déteste, mais je suis toujours prêt à te répondre !
-…Je suis pas très chaud, admit Wreck.
Sköll lui fit une grimace qui dévoila sa dentition un peu modifiée.
-Et t’arrives encore à faire de l’humour ? Crois-moi, quand j’en aurai fini avec toi, je t’aurai fait passer l’envie de rire.
L’ex-agent de Carthage marcha vers son prisonnier et lui remit un coup dans le nez pour s’assurer de sa coopération, avant de le détacher. Imprudent, mais Wreck n’était pas tout à fait en état de lui résister. Sköll l’empoigna par le bras et le traîna vers le cercle de feu, sans paraître affecté par la mince résistance que lui opposa l’autre. Une fois arrivé tout au bord, Sköll le poussa au sol, juste devant le feu, et commença par profiter de son écrasante supériorité avec un grand soupir de contentement.
-Alors Wreck, est-ce que tu regrettes ?
Le rouquin loucha sur les flammes, à quelques centimètres de lui, mais ne dit rien. Sköll lui attrapa le poignet, et il rua pour tenter de se dégager de la poigne du pyromane, en vain. Quoi que ses gènes un peu spéciaux lui aient fait, ça avait également dû booster sa force.
-Un dernier truc à dire sur ma sœur, peut-être ? siffla-t-il, menaçant, et exultant déjà de la perspective de le faire souffrir.
Wreck toussa un peu pour cause de fumée dans les poumons, avant de répondre.
-Ouais…j’avais jamais pu la blairer et tu peux pas imaginer à quel point…ça m’a fait plaisir de lui exploser le bide.
Sköll lui tordit le poignet avec une grimace de rage, avant de lui plonger le bras dans les flammes. Il se fit vriller les tympans, et lui-même se brûla la main, mais ça en valait la peine. Il cicatriserait. Il n’aurait jamais cru que Wreck soit capable de crier aussi fort. L’odeur de chair brûlée lui monta aux narines, et il inspira un grand coup, presque en transe. De son côté, Wreck souffrait le martyre. La douleur était insoutenable, vive comme jamais, et ne semblait pas vouloir s’arrêter. Le feu lui bouffait le bras, la fumée lui piquait les yeux (encore que ce soit le cadet de ses soucis), il avait l’impression à cet instant précis de n’être plus qu’une incarnation de la souffrance. Un éclair de lucidité lui fit penser que ses victimes avaient dû être dans le même état que lui, mais très vite, la douleur submergea tout. Il oublia toutes ses ébauches d’idée pour neutraliser Sköll et foutre le camp, il oublia le moindre trait d’esprit qu’il aurait pu sortir pour le faire enrager, il en oubliait même la minuscule douleur de ses cordes vocales qui n’avaient pas apprécié. Tous les muscles contractés, pour ceux qui le pouvaient encore, il endurait sans aucune gloire le supplice. Il finirait probablement à chialer comme une merde par terre, sous le regard réjoui de son pire ennemi, mais son orgueil la mettait en veilleuse pour une fois. L’objectif unique était de survivre à ce calvaire. Survivre, si tant est qu’il est une chance face à Sköll et la déferlante de sa haine. Il avait l’illusion, peut-être était-ce son cerveau surchargé, de sentir sa chair se creuser seconde après seconde sous l’effet des flammes, de sentir les cloques se former, les moindres terminaisons nerveuses s’embraser et hurler à l’unisson, et puis la chair noircir...pas besoin d’être un génie pour comprendre que son bras aurait des séquelles irrémédiables. Les larmes lui montèrent aux yeux, mélange de souffrance, d’orgueil blessé et de simple effet de la fumée. Il savait que Sköll les voyait, et il savait que ça lui procurait une joie sans commune mesure. Il avait dû rêver de ce jour toutes les nuits.
Wreck n’avait désormais plus qu’une pensée : que ça s’arrête. Il n’était pas en état de produire un son articulé, et il s’en félicitait, autrement il aurait sans doute pu supplier Sköll dans l’attitude la plus misérable. Il repensa à ces fois où il s’était imaginé en train d’achever le franco-norvégien de façon cruelle pour lui montrer qu’il était le plus fort, mais ces images prenaient une couleur amère maintenant. Mais pas aussi grande que la brûlante agonie qui lui lacérait le bras. Il entraperçut la main de Sköll noircissante, crispée sur son poignet au point d’y laisser des traces de griffures, et réalisa que le pyromane souffrait également. Et pourtant il était prêt à endurer une fraction du supplice de son ennemi, pour la vengeance. Ou parce qu’il était davantage habitué ? La douleur le ferait-elle lâcher un jour ? Et Wreck serait-il capable de replier son bras pour l’arracher au feu si ça arrivait ? Rien n’était moins sûr.
Une lumineuse évidence s’imposa alors à lui. C’était la délivrance qu’il attendait, mais elle lui glaça le sang. Il avait attendu cette révélation depuis une éternité, et pourtant elle ne lui apportait que l’effroi. Il n’avait plus mal. Non, il n’était pas mort, mais la douleur diminuait sérieusement. Son esprit ayant une mince fenêtre de réflexion, il douta fort que ce soit un effet secondaire du sédatif qui traînait dans son sang. Et il devait reconnaître que son bras était toujours dans les flammes. Mais à de nombreux endroits où sa chair ravagée criait merci, il restait sourd. Et il savait ce que ça voulait dire. Ça voulait dire qu’il était complètement ravagé.
Le temps, qui jusque-là avait un cours plutôt flou et mystérieux pour Wreck, revint à la normale quand Sköll lui lâcha brutalement le poignet, alerté par un bruit derrière lui. Le bruit de la porte. Wreck eut la présence d’esprit de ramper en arrière avec son bras gauche, le droit n’étant plus qu’amas informe de chair carbonisée et de douleur. Ça puait. Dans tous les sens du terme. Sköll allait de toute façon le remettre à cuire dès qu’il aurait fini de parler avec son sbire…
Six coups de feu en rafale. Wreck, la vue floutée, vit Sköll s’écrouler comme au ralenti, évitant les flammes par un quelconque fait de son ange gardien défectueux. Il avait le crâne complètement explosé, et la silhouette noire qui fonçait maintenant vers Wreck était partiellement maculée de rouge. La douleur avait légèrement décru, mais le cerveau de Wreck était complètement saturé et n’en pouvait plus. Il décida donc de ne pas avoir la politesse d’écouter quand on l’appelait par son prénom, et s’évanouit…

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20 février 2017 – 14h10 – France – Auvergne – Intérieur du complexe Chimera

…pour reprendre connaissance deux minutes plus tard sous un jet d’eau glaciale. Avec un nouveau cri, mélange de douleur et de surprise, mais pas de dignité. Il fit mine de bouger mais une main sur son épaule l’en empêcha.
-Reste là-dessous le temps que l’évac’ se ramène, tu veux ? Et ne t’agite pas trop, ça va empirer.
Wreck voyait mal comment ça pouvait empirer. L’eau lui coulait sur la figure, il n’y voyait toujours rien mais en plus il était trempé et il avait froid. Il était assis sur une grille glaciale d’évacuation pour l’eau qui lui tombait dessus du plafond, et le contact du liquide sur sa chair à vif lui tira un grognement de douleur. S’il ne voyait pas son interlocutrice, il l’avait cependant reconnue à la voix : Dorothée. Ça ne le surprenait qu’à moitié.
-Qu’est-ce qui s’est passé ? articula-t-il. Et pourquoi ça ? ajouta-t-il en désignant d’un coup de tête le point du plafond d’où venait l’eau.
-On t’a localisé grâce à ta balise GPS. Baal a jugé qu’il était temps d’employer les grands moyens pour dégager Sköll et on a balancé une offensive lourde. Je suis arrivée dans les premiers, et je l’ai abattu par derrière. Et comme tu…as pris cher, j’ai jugé préférable de foutre tout ça sous la flotte le temps que tu aies droit à une prise en charge plus sérieuse. T’as de la chance, comme c’est un ancien labo, il y a une douche de sécurité.
-Mf, marmonna Wreck, les dents serrées.
Il inspira un grand coup, du moins autant que c’était possible avec l’eau qui lui tombait dessus, et articula avec effort :
-T’es sûre qu’il est mort ?
-On se relève pas de six balles dans le crâne, répliqua-t-elle sobrement.
Il devina un regard sur son bras. Probablement entre le dégoût et l’évaluation des dégâts, Dorothée n’étant pas le genre à s’apitoyer sur le sort de qui que ce soit. Il pivota un peu, pour lui cacher l’étendue du carnage. Non qu’il se souciât de sa sensibilité, mais il s’agissait quand même de préserver le peu de dignité qui lui restait. Là, trempé piteusement sous un geyser d’eau froide, le bras mutilé à vie et tout ça avec le souvenir de son imprudence. Il eut l’impression que sa collègue cherchait à dire quelque chose sans trouver quoi, et pria pour qu’elle se taise si c’était pour lui demander comment il allait. Ça se voyait parfaitement.
-Wreck ?
-Quoi ? grogna-t-il abruptement, sentant ses pires craintes se réaliser.
-Je trouve que t’es vachement courageux, pour un mec qui a le bras en ruine.
Il ne répondit rien, ne sachant pas trop s’il s’agissait d’un compliment, d’une raillerie ou du commentaire d’une bleue encore impressionnable. Ouais, ça devait être ça. Il ferma les yeux, essayant d’occulter l’eau qui coulait dedans et les restes de douleur dans son bras, car ça ne disparaissait pas comme ça malgré tout. Dorothée ne se formalisa pas de son mutisme et jeta un coup d’œil au reste de l’équipe qui avait fini d’investir la salle, restant tout de même entre eux et son collègue. Elle eut une pensée pour le plan de Baal Hammon, qu’elle soupçonnait plus pervers que juste les expédier en reconnaissance. Elle était persuadée que le chef de Carthage avait tout prévu, d’où la balise GPS pour repérer Wreck une fois face à Sköll. D’ailleurs, il allait bientôt falloir sortir leur grand brûlé de là, une fois que le bâtiment serait sécurisé. En priant pour que rien ne s’infecte au moment de le soigner. Elle ne put s’empêcher de se demander, en masquant aisément ses réflexions à son camarade, comment il gèrerait mentalement la possible amputation qui allait suivre. Ou en tout cas, le fait que son bras ne récupère jamais totalement. Et ça pouvait mener à son éviction de Carthage. Et là, que ferait-il ? Elle essaya de visualiser Wreck handicapé et sans ce boulot. Cette image l’inquiéta. Et lui rappela que le projet Carthage était dirigé par des ordures.


Alpha
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15 septembre 2016 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

-Comment ça, t’en sais rien ?
-Pas moyen de trancher. Je ne sais pas si XANA est actif ou non, répondit froidement Dorka, les bras croisés.
Devant elle, William et Dorothée lui faisaient presque un procès pour incompétence, visiblement à cran. Alors qu’après une semaine de vide, on avait toutes les raisons de penser que XANA n’était pas une menace, quand bien même il serait vivant…
-On retourne sur Lyoko, décida William.
-Depuis quand tu commandes ? s’étrangla Dorka, scandalisée qu’il veuille prendre le contrôle de la situation.
Il lui retourna un regard mauvais.
-Tu veux que je raconte tout ? Non ? Alors tu fais ce que je dis. On doit protéger le monde de XANA.
Dorka jeta un regard à Dorothée et la vit hocher la tête. Avec un soupir excédé, elle programma la virtualisation différée, marmonnant qu’elle détestait aller sur Lyoko de toute façon. Et ensuite William allait encore se faire posséder par le truc bizarre qui habitait son avatar, et faire sa dramaqueen…et Dorothée ne servirait à rien…
Une pensée traversa l’esprit de Dorka et elle se rappela qu’elle voulait se scanner de toute façon. Ce serait du coup fait en même temps que la virtualisation…
Lorsqu’elle entra dans le caisson quelques secondes plus tard, elle songea à la liste de mystères non élucidés. Le projet Carthage, sur lequel elle n’avait pas appris grand-chose. L’avatar de William, et l’activité inexpliquée qui pouvait impliquer XANA. Le fait qu’elle soit nyctalope. Et le plus ancien de tous : la mort de Sylith, Emeline et Alexandre alors qu’ils venaient juste de détruire XANA, et la disparition de leurs meurtriers dans une lumière bleue.


15 septembre 2016 – Lyoko – Cinquième Territoire

A la sortie de l’Arena, ils trouvèrent une salle plus étroite et basse de plafond que précédemment. Les cubes, empilés de façon un peu anarchique, laissaient des ouvertures un peu irrégulières. Une seule passerelle, pas vraiment plate et pas vraiment droite non plus, traversait le vide lumineux. Avec un haussement d’épaules, ils s’avancèrent jusqu’à ce que les circuits imprimés sur les blocs virent au rouge vif et que des lasers barrent la porte.
-Ok c’est quoi le topo cette fois ?
Deux Rampants vinrent leur répondre en s’extirpant de fissures du mur. La partie brune de leur corps avait un peu jauni, et leurs avant-bras étaient rongés un peu plus par le métal, ou plutôt, leur chair avait disparu de l’endroit pour laisser apparaître davantage l’armature métallisée. De leur queue métallique également sortaient des câbles parcourus d’étincelles, comme s’ils avaient été endommagés. Toujours était-il qu’ils chargeaient déjà leurs tirs meurtriers.
William, plutôt que de préparer son bouclier en prévision du choc, décida de prendre les devants et de s’attaquer à un Rampant tout seul. Après tout, il était capable de s’en faire une demi-douzaine tout seul… Le brun fit cependant preuve de prudence et para le laser avant de fendre la créature en deux. Il jeta un regard sur sa droite et décida de laisser Dorka et Dorothée gérer le second. Ça ne pouvait pas être bien compliqué… Il avisa dans une fissure du mur un dispositif dont la forme lui évoquait bien quelque chose : la fameuse clé qu’il avait foncé activer…il y avait quoi, dix ans ? Le mode de fonctionnement du Cinquième Territoire était probablement toujours le même. Il se faufila dans l’ouverture et appuya sur le dispositif. Une onde rouge traversa les circuits imprimés, et un bruit indiqua l’ouverture des lasers. Satisfait, il revint sur ses pas, juste à temps pour constater la destruction du Rampant par Dorka d’un coup de clé.
-Pas mal, mais on peut faire plus rapide, lança-t-il.
-On fait comme on peut, marmonna la blonde avant de s’engouffrer dans le tunnel.
Ils crapahutèrent jusqu’à la salle suivante, pour la gratifier d’un haussement de sourcil intrigué.
Ils ne voyaient pas une grande partie de la salle. En effet, devant eux, un mur bleu montant jusqu’au plafond leur bouchait très rapidement la vue. Cependant, il avait la particularité de défiler, laissant entrevoir de temps en temps une ouverture par laquelle ils pouvaient passer, et qui amenait une vue sur la suite du parcours. Lorsqu’elle repassa devant leur nez, ils la franchirent sans grande difficulté. Une portion de salle vide, mais à présent, les murs défilaient dans des ouvertures devant, derrière, et sur un côté. Les deux nouvelles directions étaient parcourues de blocs un peu penchés flottant sobrement au-dessus du vide.
-Dorka, c’est par où l’interface ? questionna William.
La blonde nota avec satisfaction la remarque intelligente, puis consulta son bracelet.
-A droite.
Ils s’avancèrent vers l’ouverture. Juste après, c’était le vide, pas de rebord où se stabiliser. Il faudrait foncer à travers la fente pour bondir dans les airs et rejoindre les cubes.
-L’un de nous passe en premier. Si Dorothée se rate, il faut qu’on puisse la dévirtualiser avant qu’elle ne tombe au fond du gouffre, analysa William.
-Il se passe quoi si on tombe ?
-Mer numérique probablement…je préfère ne pas le découvrir. J’y vais.
Il attendit patiemment le bon moment puis se rua dans le vide. Ne voulant prendre aucun risque, il positionna son épée vers le bas et se concentra. Entouré d’une aura blanche, il lévita tranquillement jusqu’au cube et se laissa tomber en douceur sur une arête, un pied de chaque côté. Puis il se retourna pour observer les tentatives des deux autres. Dorka le suivit, mais déploya ses ailes et resta en suspens, sa Keyblade en main. Elle attendait le saut de Dorothée pour voir s’il serait nécessaire de la dévirtualiser en chute. William devait reconnaître que ce n’était pas déconnant. Cependant ce ne fut pas nécessaire, puisque la jeune femme réussit à rejoindre le cube. Le trio n’eut plus qu’à poursuivre son chemin en sautant de cube en cube, grâce à la gravité un peu particulière de Lyoko qui amplifiait la hauteur des sauts.
Finalement, ils atteignirent l’autre côté, et furent ravis de trouver derrière un nouveau mur coulissant l’ascenseur. Cette excursion serait plus courte que prévu. Ils pourraient aller dormir tôt.
Dorka marcha tranquillement vers l’interface. William était enchanté de constater qu’aucune personnalité xanatifiée intempestive n’était venue lui reprendre le contrôle de son avatar, et Dorothée découvrait pour la première fois la Voûte Céleste. La blonde se pencha sur les données, et ils attendirent patiemment qu’elle finisse de télécharger ce qu’il leur fallait.

http://i.imgur.com/lB0lESi.png


15 septembre 2016 – 23h12 – Région parisienne – Usine Renault désaffectée

William était debout dans un coin de la pièce. Plus étonnamment, Dorothée luttait elle aussi contre le sommeil pour connaître les résultats des dernières analyses de Dorka, sur les résultats qu’ils avaient grappillés à l’interface. Finalement la blonde inspira un grand coup et se retourna vers eux.
-Bien. J’ai quelque chose. Le signal qu’on a obtenu est lié à celui du programme qui a envoyé les monstres l’autre jour à William. Cependant, ce n’est pas XANA. Le codage, de ce que j’ai réussi à voir, est trop différent. Il imite la façon de faire de XANA, mais ce n’est absolument pas lui. Et j’ai réussi à finalement remonter le signal jusqu’à son point d’ancrage dans le réseau. C’est putain de loin. Mais avec un moyen de transport dans le réseau, on pourrait l’atteindre et voir de quoi il retourne.
-Le programme, il est hostile ? questionna William, très à cheval sur la question de la sécurité.
-Non. Il n’a jamais lancé d’attaque contre la Terre ou quoi que ce soit, il a juste balancé deux trois monstres, peut-être pour tester ou pour attirer notre attention. Je ne pense pas qu’il soit dangereux, mais il m’intrigue. J’ai envie d’en découvrir plus sur lui.
Dorothée prit la parole, pour surprendre toute l’assemblée.
-Ok, si ce n’est pas XANA, je n’ai plus rien à faire ici. Démerdez-vous, moi ça ne m’intéresse pas tout ce fatras.
Puis elle marcha vers le monte-charge sans autre forme de procès.
Dorka cligna les yeux, un peu choquée qu’on puisse parler comme ça du Supercalculateur. Mais dans le fond ça l’arrangeait. La brune partie, ça faisait une personne de moins pour fouiner dans cette histoire…restait encore William qui malheureusement, avec son passif, ne voudrait sans doute pas lâcher l’affaire si facilement.
-Moi je reste, se crut-il obligé de préciser.
Dans le fond ça pouvait lui être utile. William était un combattant dont la valeur n’était plus à prouver sur le virtuel, et elle ne savait pas trop ce qu’elle trouverait à l’emplacement du signal.
-Ok, mais on va pas aller au signal tout de suite. D’abord faut que je trouve un moyen de voyager dans le réseau…
-Jérémie avait une solution, finit par répondre le ténébreux. Il avait programmé un sous-marin virtuel qui permettait de naviguer dans le réseau.
Les yeux de Dorka brillèrent un instant. William battit des paupières, un peu affecté par la fatigue sans doute. Il fouilla dans ses poches et lui tendit un carnet un peu brûlé.
-Je ne sais pas pourquoi ses notes sont dans cet état, mais dedans il y a le mode d’emploi pour reconstruire le sous-marin, je crois. De toute façon, elles ne me sont pas si utiles…à part pour que cette machine me gangrène un peu plus la vie en me faisant croire que je peux m’en servir.
Dorka contempla le livre comme s’il s’était agi de saintes écritures. Elle le remercia à peine, déjà aspirée dans la découverte des pages de notes mystérieuses. Après quelques secondes de flottement, elle regarda William et fronça les sourcils :
-Au fait, comment tu t’es retrouvé dans tout ce merdier à la base ?
-Pff…j’avais le béguin pour une fille de l’équipe des premiers Lyokoguerriers, ceux que XANA a massacrés…j’ai fini dans leur bande, mais à ma première virtualisation, XANA m’a possédé. Ensuite ils m’ont récupéré, ils l’ont cru mort mais deux ans après il est revenu et j’ai pactisé avec, parce que j’avais la rage contre eux et la façon dont ils m’avaient traité. Ma vie était en ruine. Elle l’est un peu toujours d’ailleurs. Et du coup cette deuxième fois, XANA me laissait mon libre-arbitre sur terre, je devais juste les espionner pour son compte discrètement. Quand je prenais part aux combats sur Lyoko, je laissais la place à cette personnalité xanatifiée qui doit encore traîner quelque part sur mon avatar et prendre le pas dans les grosses bastons.
-Ah, répondit Dorka qui ne voyait pas trop quoi dire. Bon, eh ben…merci pour les notes de Jérémie. Je vais commencer à plancher dessus dès que possible.
William eut un bout de sourire en quittant le laboratoire. Il venait enfin de se délester de ce fichu livre, et de raconter tout ce qu’il avait sur le cœur depuis sa période XANA. Il pouvait presque espérer voir le bout de cette histoire. Après tout, s’il voulait voir cet endroit avec le signal mystérieux, c’était par pure curiosité…n’est-ce pas ?

http://i.imgur.com/lB0lESi.png


15 septembre 2016 – 23h20 – France – Paris – Domicile des Dérobâme

Ardath veillait assez tard le soir, et décrocha par conséquent quand sa fille lui passa un coup de fil.
-Alors ?
-J’ai eu la confirmation que XANA était toujours mort. Tu peux dormir tranquille, lança Dorothée avec un petit sourire.
-Je dors très bien, mentit sa mère. Et toi alors, qu’est-ce que tu vas faire ? Continuer à les surveiller ?
-Mh…non. La gamine a totalement oublié le projet Carthage de toute façon, elle a des trucs plus intéressants on dirait. Du moins pour elle. Les voyages aux confins d’Internet pour retrouver un signal mystérieux, ça me branche pas trop.
Ardath se sentit soulagée. C’était parfait. La gamine se détournait du passé, et sa fille s’écartait d’une activité potentiellement dangereuse.
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Icer MessagePosté le: Dim 30 Oct 2016 14:09   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Territoire banquise
Hey, j'ai rattrapé mes trois chapitres de retard Cool

Coté rouge, je trouve intéressant cette exploration des expériences A.D.N en rapport avec Hélion. Si le destin de Sköll en lui-même était prévisible du fait de sa non-présence dans Abysses, ça n'en restait pas moins bien foutu comme séquence !

Coté bleu, j'aime beaucoup ton design du Carthage sauvage. Mais William est redevenu noir un peu vite Sad

Citation:
une vieille technique qui avait fait ses preuves pour déloger les clés


Fox a-t-il fait partie de l'assistance technique pour l'écriture de la scène ? 'Parait qu'il a du skill... Mr. Green

Dans un cas comme dans l'autre, je me rend compte que je n'ai absolument aucune idée de l'objectif de cette fic. Je veux dire, au début il fallait montrer la cassure, mais maintenant que c'est fait, où va-tu nous amener ? Du coup, c'est plutôt bon signe mais ça peut être à double tranchant ! Wink

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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