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[One-shot] Cauchemar en jaune

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 Auteur Message
Minho MessagePosté le: Mar 15 Aoû 2017 17:13   Sujet du message: [One-shot] Cauchemar en jaune Répondre en citant  
[Frelion]


Inscrit le: 29 Jan 2016
Messages: 90
ONE-SHOT


http://4.bp.blogspot.com/_wfnllUR1Sqc/TKLy9MyM4DI/AAAAAAAAAKM/ztV9Heyd_JM/s1600/Takeo+y+Akiko+Ishiyama.jpg


Spoiler


CAUCHEMAR EN JAUNE



Cher Takeho,

Pour nous à Lourdes, tu étais notre ami aux yeux bridés. Celui qui savait rire quand il le fallait tout en bossant corps et âme pour ce qui te semblait être juste. La vie est un sport de combat, effrayante pour qui se sent maigre et petit. Mais on peut apprendre à se battre, pour évoluer dans l'existence avec la même force et le même courage qu'entre les cordes d'un ring. Eh putain, on peut le dire que t'étais un sacré combattant. Tu ne payais pourtant pas de mine à ton arrivée en France. Je me souviendrai toujours des premiers mots que tu m'as adressés quand on s'est rencontrés : « Les vacances vraiment réussies sont celles dont on revient plus riche, parce qu'on a découvert un nouveau bout de planète, mais aussi parce qu'on a tissé des liens et découvert deux ou trois chose utiles sur soi. » Au fond de toi, je sais que tu te demandais ce que ce bénévolat allait bien pouvoir t'apporter. Et j'ai la réponse pour toi aujourd'hui. Quand on donne du temps aux autres sans compter, on s'intègre dans une nouvelle nation, comme tu l'as si bien fait. Et puis surtout, on gagne des amis pour la vie. Ces mêmes camarades qui sont toujours là pour toi aujourd'hui, même après ta mort. Je peux te le dire mon ami, c'est moi qui étouffe alors que c'est toi qu'on enterre.

Après Edmond, ton ami et collègue qui t'avait enrôlé comme brancardier pour servir à Lourdes, tu as pris le relais et tu es devenu le pilier des brancardiers de Paris. Grâce à ta si gentillesse sollicitude, tu as donné l'occasion à beaucoup de paumés de la vie de découvrir ce monde de partage et d'espoir au service des malades lors des pèlerinages dans notre ville sainte. Une foi inébranlable au service des plus faibles, quoi de plus beau qu'un tel dévouement ?

Que du bonheur à partager à chaque fois que tu es monté dans le train qui nous conduisait à Lourdes... Toujours jovial, sans aucune critique négative, tu étais un exemple pour nous. À l'écoute des malades, tu as donné beaucoup d'amour et de joie à travers tes paroles réconfortantes : « On va prier Notre Dame de Lourdes et ça va aller ! » Le service terminé, tu aimais te retrouver avec tes amis en partageant les anecdotes de la journée devant un petit Jurançon. Tu nous disais « On ne le dira pas à Akiko » avec plein d'amour pour elle dans les yeux, comme si elle ne savait pas.

Le soir, tu aimais te recueillir à la Grotte, vers 23h, pour prier dans le silence ou assister à la dernière messe. C'était l'occasion de déposer les intentions confiées par l'un ou l'autre, en laissant dérouler le doux film de la journée. Tu nous confiais toujours, à nous et à Marie, tes craintes et tes peurs, ainsi que ce vœu si cher à tes yeux : « Je souhaite, si ma santé me le permet, revenir l'année prochaine. »

Takeho, nous te disons une dernière fois merci. Merci, au nom des malades, des brancardiers, des hospitalières et de toute l'équipe du diocèse. Avec toi, nous avons partagé ces beaux moments en toute simplicité. Nous ne t'oublierons jamais car tu as as tracé un chemin d'amitié derrière toi...

Maintenant, tu es auprès de Celle que tous ces malades allaient saluer et avec Elle, tu veilles sur nous.

Notre Dame de Lourdes, priez pour nous.

https://68.media.tumblr.com/f5e811623ac50bd61f3b622fbc5fbaff/tumblr_inline_ormqvaclsB1tc39nk_540.jpg


« Bonjour madame, je suppose que je vais avoir le plaisir de saluer votre époux ? »

Akiko Ishiyama resta pétrifiée sur place une fraction de seconde, elle eut l'impression subite et terrifiante que l'entièreté de la salle la regardait. Ce vieux voisin là-bas, le grand-père de Hervé Pichon, qui la dévorait du regard comme à son habitude, se caressant le menton face à cette femme seule et apeurée. Cette jeune demoiselle, la grande sœur d'une jolie camarade de Hiroki dont elle avait oublié le nom, semblait pointer le doigt dans sa direction, des dents jaunes en guise d'accueil sur laquelle elle passait sa langue avec délectation. Elle était certainement en train de penser : « La chinetoque est venue toute seule alors qu'elle ne quitte jamais son mari d'un pouce quand elle est en déplacement. Il y a de l'eau dans le gaz, en voilà une nouvelle réjouissante. »

« Heu... non mon mari a eu un empêchement. Il est... il est un peu souffrant. »

L'excuse était sortie machinalement de sa bouche sèche, la langue gonflée par la déshydratation qu'elle s'imposait implacablement depuis que les disputes avaient repris. Tout à coup, Akiko vit une belle japonaise qu'elle ne connaissait que trop bien, sur scène, vêtue d'un costume traditionnel. Les couleurs de l'ensemble lui brûlaient la rétine. Il y avait du rouge, du blanc et un voile noir qu'il l'attirait inexorablement. Un signal d'alarme résonna dans sa tête mais elle ne l'écouta pas. Comme possédée par une volonté supérieure, elle rejoignit une rangée où il y avait deux sièges vides, Yoko – la japonaise en question – la suivit et alla se placer à côté d'elle. Échange de regards. Un doux parfum fleuri émanait de la geisha, Akiko dût faire appel à toute sa volonté pour ne pas inspirer à fond et inhaler cette brume exquise qui l'ensorcelait. Même si elle le connaissait par cœur, madame Ishiyama ne put s'empêcher d'examiner méticuleusement le visage radieux qui se trouvait devant elle. Une peau de porcelaine naturelle, très pâle, qui contrastait étrangement avec la plupart des asiatiques qu'elle avait pu rencontrer dans sa vie. Un grain de beauté, pile entre les deux sourcils épilés à la perfection, grossissait et diminuait au gré des pulsations de son cœur. Les genoux d'Akiko tremblèrent quand la geisha posa ses yeux gris sur elle, deux perles de pluie qui semblaient s'effriter avec le temps. Ce gris ardoise, qui hantait ses jours et ses nuits, semblait avoir été poli par l'artisan le plus doué de sa génération, créateur numéro un de regard à couper le souffle. Yoko posa sa main sur la cuisse d'Akiko, qui rougit aussitôt, petite loupiote qui s'anime dans un océan de visages européens ennuyeux à souhait. « Pas en public » murmura-t-elle d'une voix tremblante qui laissait pourtant suggérer le contraire. La quadragénaire sentait sa féminité se réveiller, après des années d'aridité vaginale. Takeho ne l'avait jamais vraiment excitée. Ni lui, ni les autres.

私の願望から私を守ります
Protect me from what I want
Protège-moi de mes désirs


Elle avait envie d'explorer chaque parcelle de peau parfumée, le bonheur n'était plus qu'à deux doigts d'être atteint. Elle pensa à ses enfants, aux insultes qu'ils allaient recevoir si la foule présente venait à parler, un maelström de mots inonda son esprit de son flot incessant : Un répugnant spectacle contre-nature au possible, voilà ce que vous nous offrez là mesdames. Tu vas achever notre pauvre mère avec tes conneries Akiko, elle mourra de honte quand elle va apprendre ça. C'est ce que sa sœur lui avait dit presque mot pour mot quand elle avait surpris les deux demoiselles dans la demeure familiale au Japon, une vague de haine parfaitement visible au creux de son regard bridé... Du coup, Akiko avait dû se ranger, rentrer dans le rang, comme beaucoup d'homosexuels à l'époque. Et elle savait, même si ça lui fendait le cœur, que Yoko n'était pas vraiment présente à cette fameuse représentation de Roméo et Juliette. Les antidépresseurs ingurgités suite aux disputes incessantes avaient eu raison de son subconscient qui se forçait tant bien quel mal à retenir les fantasmes refoulés. Par crainte. Vu que Takeho avait fini par découvrir les vrais sentiments de sa femme à son égard.

La japonaise s'imaginait presque que son mari allait entrer dans la salle, prêt à lancer un flambeau dans sa direction : « Brûlons l'infidèle ! » et que la foule se précipiterait pour l'aider. Comme un lapin pétrifié dans le halo des phares d'une voiture, elle remuerait son nez pour inspirer une dernière fois, avant de lever instinctivement une main à hauteur de son front pour se protéger des flammes de l'inquisition. Dérisoire. Pour chasser cette idée loufoque de son esprit, Akiko finit par cligner des yeux, rapidement, tel un essuie-glace qui veut éliminer une impureté bien ancrée sur le pare-brise. Son mari l'aimait bien trop pour commettre un acte aussi vil, pas vrai ? De toute façon, Yumi lui avait affirmé qu'il ne viendrait pas à la représentation théâtrale. Heureusement pour elle d'ailleurs... C'est sûr qu'elle n'aurait pas beaucoup rigolé s'il avait été présent.

https://img4.hostingpics.net/pics/668269YumiandUlrichGetMrandMrsBackTogetherAgain.png


« Ah monsieur Ishiyama, s'exclama Delmas d'un air ravi. Content de voir que vous vous êtes rétabli aussi vite.
— Rétabli ? demanda Takeho d'un air soupçonneux.
— Votre femme est assise là-bas. »

En un instant, le proviseur de Kadic venait de briser le projet de soirée tranquille que Takeho s'était imaginé. Oh, il n'était pas naïf et savait bien que ça n'allait pas être l'évènement de l'année. Il s'était vu coincé entre une vieille tante odorante et un gamin mâchonnant un chewing-gum durant toute la représentation, rotant bruyamment à intervalles réguliers pour manifester son mécontentement face à ses parents qui l'avaient traîné de force à Kadic un soir de repos alors qu'il aurait préféré être à la maison en train de tripoter les différents boutons de sa manette pour se détendre un peu après une longue semaine de cours. Mais même le spectateur le plus horripilant aurait été mieux que sa femme, il préférait encore regarder la pièce à côté de Michael Myers plutôt que de se retrouver confronté à Akiko une nouvelle fois.

« Ma femme ? Elle est là ? »

Cette salope, elle est là ? C'est ça qu'il aurait voulu dire mais sa politesse légendaire, prétendument due à ses origines, l'avait précédé.
Il entra néanmoins dans une torpeur intérieure inouïe, se laissant dévorer par la rage contenue depuis trop longtemps. Il tourna les talons et se précipita vers sa voiture. Au volant, son existence passée allait bientôt commencer à défiler en quelques fractions de secondes alors qu'un gaz douteux s'insinuait peu à peu dans l'habitacle via la fenêtre du passager, entrouverte comme à l’accoutumée. Le vieil homme se retrouva avec pour toute compagnie le sentiment qui avait grandi en lui ces derniers temps : la nostalgie. En réalité, il n'était pas si âgé mais c'est dans cet état d'esprit qu'il vivait désormais. Vaincu par les événements tumultueux qui avaient forgé son existence, il ne pouvait être qu'un ancêtre. Il s'était habitué à compter les jours, les mois, les années en prenant comme point de repère la tragédie qui l'avait fait peu à peu sombrer dans le regret le plus amer.

Il contempla un bref instant ses mains crevassées et se remémora brièvement le travail dans les rizières qu'il avait accompli pendant toutes ces années. Sa vie passée se mit alors à danser devant ses pupilles qui en avaient déjà bien trop vu. Le vert flamboyant à perte de vue et le repas du soir valaient à peine l'effort fourni. Malgré l'ouvrage sans fin, son enfance restait associée à un bonbon acidulé dans son esprit. À l'époque, tout paraissait simple. L'enfant trapus qu'il était riait à pleines dents et irradiait de bonheur en compagnie de ses frères et sœurs. Sa joie éclaboussait les murs de la modeste chaumière et personne ne pouvait rester de marbre face à son charme. Car, plus que le physique, l'humour désarmant était sa véritable arme, celle qui faisait de lui le « beau gosse » de la région. Bien qu'il était trop jeune pour réellement en profiter.

Adolescent, les choses se mirent à changer. D'une taille raisonnable physiquement, il avait surtout acquis avec le temps une force de caractère et un charisme qui faisaient trembler son entourage. Conscient de ses atouts, il accumula les conquêtes, malgré la culture prude, et ne se fit jamais prendre. Un jour, il alla courtiser sa voisine d'en face. Et après, ce fut au tour de cette paysanne aux formes généreuses qui était pourtant la nièce de son père. C'était un véritable challenge pour lui, se noyer dans le plaisir sans jamais s'attacher. Il continua ainsi pendant de longues années avant de quitter sa campagne pour une terre plus propice au développement personnel auquel il aspirait grâce à une association caritative, désireuse d'éloigner un maximum de personnes de l'enfer sur Terre. Hiroshima. Même s'il était né après l'impact et qu'il ne se trouvait pas sur les lieux-mêmes, sa famille demeurait néanmoins très près de la zone de contamination. Ce qui explique cette envie soudaine de fuir, au moment où l'innocence de l'enfance disparaissait au profit de cette angoisse quotidienne qui allait caractériser sa vie adulte.

C'est à Tokyo qu'il emménagea. Étudiant en marketing parmi tant d'autres, Takeho passa alors inaperçu pour la première fois de sa vie. Jetant son dévolu sur une fille fréquentant le même bar que lui après les cours, le jeune homme rencontra une résistance farouche alors qu'il avait pourtant utilisé une de ses meilleures techniques d'approche. Sans le savoir, il venait de trouver celle qui allait le changer à jamais.

Elle s'appelait Yoko. Lors de leur première rencontre, elle portait une tunique courte en soie rose agrémentée d'un petit bouquet de fleurs éparses à l'agrafe de l'épaule droite. Son visage reflétait une certaine innocence et aussi un manque d'expérience évident en matière de relations amoureuses. Pourtant, elle écarta les avances de Takeho avec un aplomb bien marqué et ça ne fit qu'attiser le désir du jeune homme qui voulut impérativement la revoir. La revoir, encore et toujours. Elle et surtout ses yeux gris, si rares au Japon.

C'est ainsi que commença le rituel qui allait marquer le début d'une idylle plus apocalyptique que romantique. Chaque soir, Yoko attendait son preux chevalier pour le rabrouer d'une façon proportionnellement cruelle à la tentative élaborée. Celui-ci passait son temps libre à faire la plonge dans les restaurants – à défaut de réussir sa formation universitaire – pour impressionner sa belle avec des cadeaux relativement luxueux. À chaque fois, elle l'éconduisait avant de conclure la conversation avec une phrase vicieusement bien tournée : « On se revoit demain, Rome ne s'est pas faite en un jour... »

Véritablement obsédée par l'Occident, la demoiselle ne pouvait s'empêcher d'indiquer subtilement à Takeho la seule chose qui aurait pu faire pencher la balance en sa faveur : une escapade dans la plus belle ville du monde. Malheureusement pour lui, l'amoureux désemparé ne pouvait faire autrement que de penser à sa magnifique citadine, ce qui condamnait ses neurones à un état d'activité proche de zéro. Pas facile de décrypter les messages subliminaux des jolies femmes, il l'apprit à ses dépens. Un soir d'hiver, elle ne se présenta pas à un de leurs rendez-vous... et même constat le lendemain. Pendant des semaines, Takeho l'attendit avec une fidélité sans faille avant d'enfin se rendre à l'évidence... Yoko avait – délibérément ou pas – déserté leurs rendez-vous. Le jeune asiatique ne pouvait évidemment pas savoir que Yoko naviguait entre les deux bords de la sexualité, pour ensorceler un maximum de gens, à la recherche cette fameuse personne qui finirait par lui faire découvrir l'Europe. La terre promise pour tout étranger avec des rêves plein la tête.

Déprimé au possible, Takeho reprit néanmoins le chemin de l'école et se démena pour étudier sérieusement. Sa plus belle revanche arriva assez vite : il décrocha un diplôme et un emploi, de quoi subvenir aux besoins de sa famille qui lui manquait pourtant de moins en moins avec le temps. Les visages des Ishiyama se dissipaient à la lueur des néons de la capitale japonaise et Takeho voulut oublier leur existence qui faisait tâche dans son passé de petit bourgeois qu'il avait décidé de créer de toutes pièces pour s'assurer un minimum de crédibilité et éviter les faux condescendants. Pour renier ses origines de misérable cultivateur, rien de plus simple que le silence... et c'est ce qu'il fit. Dénués de ressources, les paysans restés au village ne purent jamais reprendre contact avec le jeune homme si souriant qu'ils avaient laissé partir pour un endroit pire encore... Takeho ne connut jamais son neveu et ça ne le gêna pas du tout, qu'est-ce qu'un morveux a de plus qu'un autre finalement ?

L'employé docile finit par gravir les échelons de son entreprise de communication et une véritable rage de vaincre s'installa progressivement au cours de cette ascension. À vingt-neuf ans, il devint le plus jeune sous-directeur du building regroupant une multitude de filiales internationales. C'est à cette époque que lui fut assignée une ravissante secrétaire, Akiko, avec qui il commença sa première vraie relation passionnelle. Quelques années plus tard, ils officialisèrent leur union lors d'une grande cérémonie entre amis. Suite logique de cette décision irréversible, pas un seul membre de la famille des jeunes mariés ne vint souhaiter la bienvenue à la petite Yumi qui pointa le bout de son nez en plein milieu d'une conférence animée par Takeho.

http://images6.fanpop.com/image/photos/36100000/Yumi-Ishiyama-image-yumi-ishiyama-36159688-500-400.jpg


Après cette heureuse naissance, le bonheur du couple était inégalable. Personne ne pouvait rivaliser avec ce duo charismatique et attachant qui partageait tout, que ce soit au travail ou dans la vie quotidienne. Jusqu'au jour où une restructuration remit en question le fondement de leur relation. Après avoir répandu leur cire sur les tables de chevet, les bougies qui entretenaient l'épanouissement du couple selon la tradition japonaise avaient fini par s'éteindre... et c'était irrévocable. De fait, l'agence publicitaire commença à douter de l'utilité de certains employés : à quoi bon payer une secrétaire au sous-directeur quand il peut s'occuper lui-même de l'administratif en passant plus de temps au boulot ? Quand Akiko apprit la nouvelle, elle refusa de se laisser abattre et alla immédiatement trouver le big boss pour lui poser un ultimatum de taille : s'il commettait l'erreur de la licencier, Takeho démissionnerait aussitôt. Impressionné par la détermination de cette frêle employée qu'il ne connaissait que de vue, le directeur accepta de la garder et lui offrit même une promotion exceptionnelle : il lui proposa le poste de déléguée syndicale, fraîchement créé, qui « conviendrait parfaitement à une experte des compromis » selon les dires du grand patron. Honorée, Akiko se voyait déjà représenter la centaine de travailleurs qui arpentaient chaque jour le carrelage doré du building.

Par orgueil, Takeho interdit à sa femme d'accepter le poste. Il préférait, en réalité, qu'elle se fasse virer plutôt que de ne plus l'avoir sous son contrôle permanent au boulot par crainte qu'elle ne le surpasse un jour. La montée du pouvoir accordé aux business women l'inquiétait énormément. Il se servit habilement de Yumi pour faire culpabiliser son épouse.

« Maman, si tu acceptes ton nouveau travail, ça veut dire qu'on se verra encore moins alors ? »

Usant de ruses plus tordues les unes que les autres – allant même jusqu'à droguer Akiko à l'aide de somnifères dilués dans son café pour qu'elle s'interroge sur son état de santé –, Takeho fit tout ce qui était en son pouvoir pour convaincre sa femme qu'il valait mieux renoncer à cette responsabilité qui allait l'exténuer et compromettre l'équilibre de Yumi qui se retrouvait déjà bien trop souvent toute seule pour une enfant de cet âge. Mais Akiko n'en démordit pas et, courageusement, elle signa le contrat qui allait détruire son mariage. Takeho vit en cet acte une véritable trahison et c'est précisément à ce moment que Yoko refit surface. Coïncidence extrême ou accident parfaitement orchestré, elle le bouscula dans la rue et il replongea immédiatement dans son regard si expressif. Il la supplia pour obtenir un numéro de téléphone qu'elle lui accorda avant de s'enfoncer dans la foule perpétuelle de la métropole.

Takeho regretta aussitôt cette demande et se promit de jeter le bout de papier sur lequel était griffonné la combinaison de chiffres qui pouvait tout remettre en question. Mais il finit par garder le numéro et craqua au bout de trois jours... Yoko décrocha au bout de la première sonnerie et ce qu'elle déclara glaça le sang de celui qui n'avait pas réussi à l'oublier : elle partait. Fleuriste de formation, elle avait réussi à obtenir un stage professionnel dans une boutique française. Le hasard, ou sa bonne étoile comme elle l'appelait, l'avait fait rencontrer une touriste parisienne qui cherchait de nouvelles variétés de fleurs qui dépayseraient totalement les européens et, par la même occasion, une spécialiste du sujet qui serait en mesure d'informer la clientèle. Pour se rapprocher de Rome, Yoko accepta la proposition faite par la vieille dame et, de ce fait, pliait bagage pour un avenir qui ne pouvait qu'être radieux. Le premier amour de Takeho conclut la conversation en avouant qu'elle n'avait eu de cesse de penser à lui avant de mettre fin à la communication. L'âme du garçon éconduit pendant si longtemps resurgit et il rappela immédiatement mais c'était trop tard : le numéro n'était plus attribué.

Après ces quelques phrases échangées, la trajectoire du couple Ishiyama ne pouvait qu'être déviée du sillon initial. Sur un coup de tête, Takeho rédigea une lettre de démission qu'il porta en mains propres à son employeur. Prétextant une dépression due à une charge de travail trop importante, il manipula à la perfection sa femme pour qu'elle finisse par laisser tomber son poste à son tour. Au bout de quelques mois, ils envisagèrent – suite à de nombreuses allusions plus ou moins subtiles de Takeho – d'aller s'installer ailleurs afin de pouvoir recommencer à zéro mais les discussions furent stériles. Dans un instant de folie, le chef de famille décida de vendre la confortable maison de banlieue dans laquelle Yumi avait vécu ses premières années pour aller retrouver celle qu'il aimait... en France. Le jour où Akiko ouvrit la porte de sa maison aux futurs acquéreurs, elle manqua de défaillir. Son mari les avaient quittées, Yumi et elle, pour une destination inconnue et n'avait rien laissé derrière lui à l'exception de cet étrange billet : « On se reverra... »

Folle de rage et d'inquiétude à la fois, Akiko essaya de contacter le père de sa fille par les tous les moyens possibles... mais ce fut un échec monumental. Elle emménagea avec la petite chez Mitsa, une ancienne collègue qui était son dernier rempart face à la précarité qu'elle envisageait chaque jour plus proche du cocon familial créé si laborieusement. Un an, quatre mois et trois jours plus tard, Yumi trouva devant la porte de ce même domicile un petit colis dont le contenu ne faisait aucun doute : IL n'était pas complètement sorti de leurs vies. De fait, Takeho les invitait à venir le rejoindre en France... et c'est là qu'Akiko revit le seul grand amour de sa vie : Yoko. Du moins, sa tombe puisqu'elle était décédée des suites d'une crise d’épilepsie particulièrement violente. Terriblement rongée par la jalousie et la rancœur, Akiko apprit que son mari avait vécu avec cette femme pendant tout ce temps où elle avait été délaissée au Japon. Durant toute cette période où son mari prenait du bon temps en sautant la femme de sa vie, la brave mère de famille s'était retrouvée coincée à l'autre bout de la planète, sans le sou et avec un mioche dans les pattes. Enfant de ce même homme qu'elle détestait plus que tout au monde. Akiko comprit aussi que Takeho les invitait en France uniquement parce que son joujou préféré venait de passer l'arme à gauche. Si Yoko était restée en vie, tout porte à croire que la famille Ishiyama serait restée dispersée dans ce monde obscur, avec le patriarche en Europe et ses restes en Asie.

https://i.skyrock.net/2098/46032098/pics/1866483069_small_1.jpg


Takeho Ishiyama revint à la réalité. Sa famille n'était pas venue en Europe pour lui mais bien pour le confort de sa situation. Hiroki n'était rien d'autre que l'enfant de la prétendue réconciliation, celle qui servait à sceller de nouveau le mariage après sa décrépitude. C'est bien connu, les humains n'ont pas d'autre solution que de faire des gosses quand ça ne va plus au pieu. Désormais, le vieil homme comprenait pourquoi sa fille aînée n'avait pas trouvé utile de prêter attention aux garçons qui l'entouraient ni même autorisé son cœur à aimer. En réalité, Yumi n'avait jamais vraiment reçu de tendresse de la part de quiconque. Akiko était trop occupée à détester secrètement son mari alors que le chef de la famille avait cessé de se préoccuper du moindre être humain depuis bien longtemps, à l'exception de lui-même bien entendu. Comme ses parents avant elle, la jeune asiatique a fini par s'enfermer dans une cellule aux barreaux imaginaires. Pourquoi donc essayer d'être chaleureux quand le monde ne nous le rend pas ? À quoi bon se faire remarquer dans cette société qui se veut de plus en plus invasive ? La dignité et l'honneur avant tout, c'est le seul crédo qui unifia la petite tribu si désunie.

Si son mental n'avait pas été d'acier, des larmes auraient mouillé ses joues depuis de longues minutes. Takeko avait détruit sa famille... et il s'en foutait éperdument à vrai dire car il avait fini par embrasser l'idée que c'était eux, les monstres de l'histoire. Tout ce qui comptait à ce moment précis, c'était son envie pressante de quitter l'état de larve dans lequel il se trouvait et le simple fait d'imaginer l'éventualité que Yoko l'observait depuis l'au-delà le rendait fou. Mais de qui se souciait-elle vraiment ? Takeho ou Akiko ? Peut-être bien qu'elle épiait les deux à la fois... En tout cas, le père de famille avait fini par comprendre que la seule chose qui liait son couple, le ciment du foyer Ishiyama, c'était ce fantôme du passé qu'il aurait préféré oublier. Car maintenant, il sentait au plus profond de ses tripes que sa compagne ne l'avait jamais vraiment aimé. Si Akiko avait accepté de se marier avec lui, c'était uniquement pour savourer les dernières traces de Yoko qui subsistaient sur ses lèvres gercées par les baisers passés. Le seul homme avec qui Akiko pouvait un jour envisager avoir des enfants, c'était celui qui avait, comme elle, éperdument aimé Yoko.

Dans un monde virtuel aussi proche que lointain, Aelita entra dans la tour activée. Mais c'était trop tard. Takeho se mit à rire, rire à en verser des larmes de bonheur... jusqu'à en perdre le contrôle de son véhicule. Traces de freinage. Poteau et crâne fracassés. Avec un mort, le retour vers le passé se retrouvait définitivement bloqué... Grâce à une simple crise de rire, XANA venait de faire sa première victime.
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Icer MessagePosté le: Mer 16 Aoû 2017 11:55   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2135
Localisation: Territoire banquise
Bien joué. Après la lecture de l'OS, j'ai eu envie de relire le chapitre original pour comparer.
Il y a effectivement un énorme bloc commun entre les deux. C'est la première chose que l'on peut constater. À croire que l'auteur fasse un blokage là-dessus Mr. Green
Ceci étant dit, un passage en OS solo, permettant d'aller plus loin (même si tu changes des choses) n'est finalement pas si bête, car dans les liens du sang, on a eu un peu l'impression d'avoir l'histoire dans l'histoire, ce qui la limitait quelque peu. Comme je te l'avais dit pour l'autre, j'ai évidemment toujours apprécié cette petite histoire, d'un réalisme à en donner la jaunisse. J'aime d'autant plus ça que évidemment dans l'anime de base, où il s'agit du seul couple adulte mis en scène, on restait dans du très simpliste, avec une petite poilade permettant magiquement de réconcilier une séparation provisoire, sans compter la fin de l'épisode 35, où pour l'occasion, Takahashi obtient les capacités de recrutement de McDonald durant la période estivale. Donc c'est sûr que j'ai apprécié ta contribution. Tu es toujours autant dans ton élément, c'est de bon augure pour la suite de ta fic à venir j'imagine !
Et oui je sais, il faudrait que je commence bouffon du roi...

À plus Smile

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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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