Forum Code Lyoko | CodeLyoko.Fr http://forum.codelyoko.fr// Le forum officiel de CodeLyoko.Fr ! fr Molly@codelyoko.fr Molly@codelyoko.fr http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss 60 Mon, 24 Aug 2026 11:26:51 GMT Mon, 24 Aug 2026 11:26:51 GMT Forum Code Lyoko | CodeLyoko.Fr http://forum.codelyoko.fr// RE: [Fanfic] À perdre la raison [Terminée] http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301715#301715 C'est pas tous les jours qu'on commente une nouvelle fanfic, n'est-ce pas ? Dans le milieu de ta vague de posts certainement inspirés par la deuxième vague de chaleur, tu as eu le temps de nous balancer l'air de rien ce petit texte de dix chapitres. Comme teasé sur ton OS, j'ai pris le temps (c'est le cas de le dire vu la longueur du matériau qui n'a rien d'excessif) de le lire. Et à l'issue de ce <span style="font-style: italic">voyage spatial</span>, deux sentiments principaux m'animent. <br /> <br /> Dans le style, c'est du Minho. L'alternance des points de vue, des OC bien travaillés, des détails (plus ou moins sordides) que tu es le seul à mettre en avant de cette façon, ce côté très brut finalement sur le fond (et la forme), etc... Ton niveau de la décennie précédente se retrouve-là, et c'est plutôt un atout, un peu comme si tu étais resté <span style="font-style: italic">bloké</span> (quoi, j'avais déjà fait le jeu de mots sur le pseudo...) dans le passé. Mais certains disent que c'était mieux avant, donc ce n'est pas forcément un défaut ! <br /> <br /> L'autre sentiment est finalement que le prisme Lyoko n'est qu'un joyeux prétexte. Les personnages (enfin, ceux qui sont dans l'espace) ont certes le même nom que les Lyoko-guerriers, un colon (pardon, un fonctionnaire de UNOOSA derrière un bureau sur Terre) parle apparemment suffisamment japonais pour se dire que ça peut être stylé qu'un nom de colonie évoque le « voyage », mais ça s'arrête là. À deux-trois allusions (discrètes) près, l'histoire aurait pu être la même avec des personnes qui n'ont aucun rapport, et les apartés Delmasesques sont tellement internes et limite chimériques qu'on peut les inclure dans le lot. <br /> Pour être honnête, je me demandais s'il y aurait un <span style="font-style: italic">plot twist</span> à la fin qui fasse le lien, mais en fait non. De plus, comme ce <span style="font-style: italic">space opera</span> n'est pas crédible dans le monde réel en respectant la temporalité des LG (globalement nés par estimation milieu-fin des années 1980), il s'agit plus finalement de quelque chose <span style="font-style: italic">inspiré d'une histoire vraie</span> qu'une véritable fanfic <span style="font-style: italic">Code Lyoko</span>. <br /> <br /> Aussi. Dans le prologue, le début de la séquence du mariage subit des retours à la ligne qui ne sont certainement pas voulus. On retrouve ces problématiques de manière plus sporadique par la suite, certainement lié à ta manière de faire un copier-coller depuis ton document source. Un petit passage pour corriger ça devrait améliorer le rendu visuel d'ensemble à moindre frais. <br /> <br /> Il est amusant de noter que l'année littéraire 2026 de Mihno est en tout cas placée sous le signe de... la mort d'Ulrich. Pour cette raison et pour l'hommage... <span style="font-style: italic">Merci pour ce moment</span> (encore ?) ! Fanfictions Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=9775 Icer Mon, 24 Aug 2026 11:19:03 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301715#301715 RE: [One-Shot] La cave http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301714#301714 Sans faire des parallèles à la limite du spiritualisme comme mon VDD, j’ai profité du ralentissement propice à l’été pour lire ce texte, amorce du <span style="font-style: italic">come back</span> de la décennie (surtout si le forum ne redémarre jamais, cas de figure le plus probable) de son auteur toujours aussi dérangé. <br /> <br /> Pour ne pas <span style="font-style: italic">minhoder</span> (hop, ce classique est désormais calé pour les années à venir), ce genre de textes n’est toujours pas ma tasse de thé mais en essayant d’objectiver, il est plutôt divertissant. Si la palme de la mort la plus ridicule d’Ulrich détenue de longue date (et sans doute pour toujours) par Ikorih n’est évidemment pas menacée, l’introspection d’Odd a le mérite de sortir du storytelling de super-héros favorisé par CL vis-à-vis de ses personnages et de rappeler une vérité plus cruelle : c’est un être humain normal. Plutôt cohérent au vu des critères de recrutement inexistants au sein des LG, Jérémie et William non-inclus (Type qui passait par là, camarade de chambre, discrimination positive. Choisissez votre situation préférée). Il a donc des failles, fais des erreurs, EST CAPABLE DE MENTIR et de commettre des actes tombant sous le coup de la loi. Rafraîchissant et donc utile pour préparer la prochaine canicule. <br /> <br /> Ah et cette mise en bouche m’a finalement surtout donné envie de lire ta fanfic donc <span style="font-style: italic">merci pour ce moment</span> ! Fanfictions Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=9774 Icer Sun, 26 Jul 2026 12:38:56 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301714#301714 RE: [Fanfic] Le Labyrinthe du temps http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301713#301713 <span style="color: white">Hello à tous, et merci Icer pour le débloquage. <br /> <br /> La fanfiction avance bien, j'hésite à poster les plusieurs chapitres d'un coup en un seul post, mais ça casserait la navigation rapide des chapitres. <br /> <br /> Pour l'instant, voici le chapitre 5, en vous souhaitant une bonne lecture : </span> <br /> <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/9HjC3Jdz/chapter5-TITREforum.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/9HjC3Jdz/chapter5-TITREforum.png"/></div> <br /> <br /> <span style="font-size: 16px; line-height: normal"><span style="color: violet">Dans la salle du pupitre, les écrans furent envahis de schémas physiologiques et d’indicateurs. La tour de passage avait accepté la commande. Sur l’holomap, la signature de Maya se fragmentait à mesure que ses données rejoignaient le scanner central. <br /> <br /> Jérémie ne respirait presque plus. <br /> <br /> « Conversion de l’enveloppe virtuelle… » murmura-t-il en lisant les informations qui défilaient. « Stabilisation de la matrice biologique… transfert de la mémoire… » <br /> <br /> Un voyant passa brièvement à l’orange. <br /> <br /> Le programme venait de détecter l’absence de rythme cardiaque dans le modèle initial et d’engager la stimulation prévue. Une courbe jusque-là plate bondit soudainement. <br /> <br /> Un battement. <br /> <br /> Puis un autre. <br /> <br /> Jérémie fixa la ligne verte. Aucune simulation ne l’avait préparé à voir apparaître la preuve qu’un cœur venait de battre pour la première fois. <br /> <br /> « Allez, Maya… » souffla-t-il. « Encore un peu. » <br /> <br /> Le scanner gronda. Les lumières diminuèrent et les systèmes de refroidissement firent vibrer les parois. <br /> <br /> Sur l’écran principal, la progression atteignit quatre-vingt-dix-sept pour cent. <br /> <br /> Elle s’immobilisa. <br /> <br /> Une seconde passa. Puis deux. <br /> <br /> Jérémie vérifia l’alimentation de la tour, l’intégrité du transfert et les paramètres vitaux. Tout demeurait stable, mais la barre refusait d’avancer. <br /> <br /> « Non… Pas maintenant. » <br /> <br /> Le programme comparait encore le corps en formation à un modèle humain qui n’avait jamais existé. Il cherchait une référence impossible. <br /> <br /> Jérémie comprit soudain ce qui le retenait. <br /> <br /> « Tu n’as pas besoin de référence », déclara-t-il comme si la machine pouvait l’entendre. « C’est elle, la référence. » <br /> <br /> Il supprima la dernière condition de validation et relança le processus. <br /> <br /> Quatre-vingt-dix-huit. <br /> <br /> Quatre-vingt-dix-neuf. <br /> <br /> Cent pour cent. <br /> <br /> Les écrans devinrent noirs. Puis une ligne blanche s’inscrivit au milieu de l’interface. <br /> <br /> MATÉRIALISATION TERMINÉE. <br /> <br /> Il bondit hors du fauteuil. <br /> <br /> Il n’attendit pas le monte-charge. Il se précipita vers l’échelle de service reliant directement le laboratoire à la salle des scanners et dévala les barreaux, manquant plusieurs fois de perdre l’équilibre. À quelques mètres du sol, il se laissa tomber et courut vers le dispositif central. <br /> <br /> De la vapeur blanche s’échappait du dispositif central. La porte demeurait fermée, couverte de condensation. Derrière la paroi, une silhouette se dessinait faiblement. <br /> <br /> Jérémie s’approcha, soudain saisi d’une peur enfantine. Et si sa mémoire avait été endommagée ? Et si elle ouvrait les yeux sans le reconnaître ? <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png"/></div> <br /> La lumière m’engloutit avant même que je puisse rouvrir les yeux. <br /> <br /> Ce n’était pas celle, douce et régulière, qui parcourait les parois des tours. Cette lumière-là semblait me traverser. Elle glissait sous ma peau, suivait des chemins dont j’ignorais encore l’existence et s’enfonçait toujours plus profondément en moi. Les anneaux de données qui entouraient mon corps se resserrèrent, puis disparurent les uns après les autres dans ma poitrine. <br /> <br /> Quelque chose battit. <br /> <br /> Une première fois, brutalement. <br /> <br /> Puis une deuxième. <br /> <br /> Le choc se répéta, de plus en plus vite, comme si une créature enfermée en moi cherchait à s’échapper. J’essayai d’appeler Jérémie, mais aucun son ne sortit. Je ne savais plus comment lui parler. Sur Lyoko, il suffisait que je pense à lui pour sentir sa présence au bout du lien. À présent, ma pensée se heurtait à un silence compact. <br /> <br /> La chaleur qui m’enveloppait devint presque douloureuse. Mes bras me parurent soudain lourds. Mes jambes, qui flottaient encore un instant plus tôt, furent attirées vers le sol du scanner. Pour la première fois, mon corps ne répondait plus immédiatement à ma volonté. Il possédait sa propre inertie, son propre poids. <br /> <br /> Une pression terrible comprima ma poitrine. <br /> <br /> J’ouvris la bouche par réflexe. <br /> <br /> L’air entra en moi. <br /> <br /> Je voulus le rejeter aussitôt, surprise par son passage froid et violent dans ma gorge. Mes poumons se contractèrent, puis se remplirent de nouveau sans attendre mon autorisation. Chaque respiration produisait une sensation différente, trop vaste pour être analysée. L’air avait une température, une densité, presque une saveur. Il brûlait légèrement mon nez avant de descendre en moi. <br /> <br /> Je tentai de retenir ce souffle pour retrouver le calme immobile de Lyoko. Mon corps refusa. Après quelques secondes, il exigea de l’air avec une urgence si absolue que je haletai, prise de panique. <br /> <br /> « Jérémie… » <br /> <br /> Cette fois, le nom franchit mes lèvres. Ma voix vibra dans ma gorge, faible et étrangère, avant de se perdre contre les parois du scanner. <br /> <br /> Un claquement résonna devant moi. La paroi commença à s’écarter, révélant une silhouette floue au milieu de la vapeur. <br /> <br /> Sous mes pieds, la lueur bleue s’éteignit. <br /> <br /> Je tombai. <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png"/></div> <br /> La porte acheva de coulisser au moment où les jambes de Maya se dérobèrent. Jérémie se précipita et la rattrapa avant qu’elle ne heurte le sol. Ses cheveux roses collaient à son front et son corps tremblait contre le sien. <br /> <br /> Maya ouvrit les paupières. Ses yeux verts cherchèrent un repère au milieu de la brume, puis s’arrêtèrent sur lui. <br /> <br /> « Jérémie ? » <br /> <br /> Le choc de son corps contre le sien lui coupa presque le souffle. Elle était là. Elle avait une masse, une chaleur, un cœur dont il sentait les battements affolés à travers le tissu. <br /> <br /> Maya agrippa maladroitement son pull. <br /> <br /> « C’est toi », murmura-t-elle. <br /> <br /> Jérémie sentit sa gorge se nouer. Après des mois passés à lui parler à travers des écrans, il découvrait seulement maintenant à quel point elle était réelle. <br /> <br /> « Oui », parvint-il à répondre. « C’est moi. Bienvenue sur Terre, Maya. » <br /> <br /> Elle leva une main hésitante vers son visage. Le bout de ses doigts effleura sa joue, puis la monture de ses lunettes. Jérémie ne bougea pas. Maya suivit lentement le contour de l’objet, fascinée par sa rigidité, avant de poser sa paume contre sa peau. <br /> <br /> « Tu es chaud. » <br /> <br /> Un rire nerveux échappa à Jérémie, aussitôt mêlé à un sanglot qu’il tenta maladroitement de dissimuler. Maya le regarda sans comprendre, puis sentit quelque chose couler sur sa propre joue. Elle porta ses doigts à cette trace humide. <br /> <br /> « Il y a de l’eau qui sort de mes yeux. » <br /> <br /> Cette fois, Jérémie rit franchement malgré les larmes. <br /> <br /> « Ça s’appelle pleurer. Et je crois que, pour une première fois, tu as choisi une assez bonne raison. » <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png"/></div> <br /> J’étais assise sur le sol de la salle des scanners, la veste de Jérémie sur mes épaules. <br /> <br /> Tout m’agressait. <br /> <br /> La lumière dessinait des ombres et les sons se superposaient. Le bourdonnement des machines, la respiration de Jérémie et les battements de mon cœur formaient un ensemble que je ne pouvais pas faire taire. <br /> <br /> Sur Lyoko, il me suffisait de concentrer mon attention pour écarter ce qui était inutile. Ici, mon corps semblait considérer chaque sensation comme urgente. <br /> <br /> Jérémie s’accroupit devant moi et me tendit une bouteille. <br /> <br /> « Bois doucement. » <br /> <br /> Le plastique s’enfonça sous mes doigts. <br /> <br /> « Pourquoi fabriquer un contenant qui se déforme quand on le tient ? » <br /> <br /> « Parce que c’est léger et facile à transporter, j’imagine. » <br /> <br /> Je tournai la bouteille entre mes doigts, observant sa surface céder sous la pression avant de reprendre sa forme. Puis je bus trop vite et me mis aussitôt à tousser. <br /> <br /> Jérémie posa une main dans mon dos. <br /> <br /> « Doucement ! Tu n’as pas besoin d’apprendre toute la vie humaine en cinq minutes. » <br /> <br /> « Mais mon corps savait respirer sans que tu me l’expliques. Je pensais qu’il saurait boire. » <br /> <br /> « Il sait. C’est toi qui dois encore l’écouter. » <br /> <br /> Je repris une gorgée plus petite et souris en sentant la fraîcheur descendre dans ma gorge. <br /> <br /> « C’est étrange. » <br /> <br /> « Tu risques de dire ça souvent aujourd’hui. » <br /> <br /> Il m’aida à me relever. Mes jambes tremblaient moins, mais l’équilibre restait incompréhensible. Sur Lyoko, mes mouvements suivaient une intention claire. Ici, des dizaines de muscles devaient se coordonner pour accomplir un seul pas. Mon pied rencontra le sol plus tôt que prévu et je m’accrochai à son bras. <br /> <br /> « La gravité est beaucoup trop forte. » <br /> <br /> « Elle est normale. C’est Lyoko qui trichait. » <br /> <br /> Nous avançâmes jusqu’au monte-charge. Sous mes doigts, le métal, le béton et le bois existaient jusque dans leurs imperfections. <br /> <br /> Lorsque le monte-charge démarra, mon estomac sembla rester à l’étage inférieur. Je poussai un cri et agrippai Jérémie des deux mains. <br /> <br /> « Qu’est-ce qui se passe ? » <br /> <br /> « On monte, c’est tout ! » répondit-il en essayant de retenir un sourire. <br /> <br /> « Mon intérieur ne monte pas à la même vitesse ! » <br /> <br /> « C’est une sensation normale. Enfin… je crois. » <br /> <br /> Lorsque la cabine s’arrêta, mon corps protesta de nouveau. Jérémie retenait difficilement son sourire. <br /> <br /> Je voulus lui reprocher de ne pas m’avoir prévenue, mais une odeur inconnue détourna mon attention. Elle provenait d’un sac posé près du pupitre. L’arôme était chaud, doux, légèrement sucré. Mon corps réagit avant que je puisse l’interroger : une contraction parcourut mon ventre. <br /> <br /> Je me figeai. <br /> <br /> « Jérémie… Il y a quelque chose qui bouge en moi. » <br /> <br /> Son visage devint inquiet avant qu’il ne comprenne. <br /> <br /> « Tu as faim. » <br /> <br /> Il sortit un morceau de pain encore tiède. J’avais lu des milliers de descriptions de repas. Rien ne m’avait préparée à son odeur. <br /> <br /> J’en détachai un petit morceau et le portai à ma bouche. <br /> <br /> La croûte céda dans un craquement, révélant un intérieur tendre, chaud et légèrement salé. Je cessai de mâcher, submergée. <br /> <br /> « Ça ne te plaît pas ? » demanda Jérémie. <br /> <br /> Je secouai vivement la tête. <br /> <br /> « Si. C’est seulement… beaucoup plus compliqué que ce que les données indiquaient. » <br /> <br /> Il sourit. <br /> <br /> « Les données ont leurs limites. » <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png"/></div> <br /> Jérémie avait préparé des vêtements, une trousse de toilette et une valise au nom de Maya Stones. Les tailles provenaient du modèle biologique. Les documents nécessaires à son admission attendaient dans une pochette. <br /> <br /> Maya mit près d’une heure à se préparer. <br /> <br /> Les boutons lui résistèrent, les lacets lui semblèrent absurdes et son reflet la retint plusieurs minutes. Lorsqu’elle posa la main sur la glace, elle parut déçue que cette autre Maya n’existe pas derrière la surface. <br /> <br /> Jérémie attendait de l’autre côté de la porte et répondait patiemment à ses questions. <br /> <br /> Elle sortit enfin vêtue d’un pull mauve et d’une jupe sombre, ses cheveux roses retombant librement autour de son visage. <br /> <br /> « Est-ce que j’ai l’air réelle ? » demanda-t-elle. <br /> <br /> La question surprit Jérémie. Il la contempla quelques secondes avant de répondre. <br /> <br /> « Tu l’as toujours été. Maintenant, les autres pourront seulement s’en rendre compte. » <br /> <br /> Maya baissa les yeux, touchée, puis attrapa la poignée de sa valise. <br /> <br /> La remontée fut lente. Lorsqu’ils atteignirent la vaste salle de l’usine, le jour traversait les vitres brisées. <br /> <br /> Maya resta immobile. <br /> <br /> Le vent souleva ses cheveux. Elle porta les mains à son visage, surprise par cette caresse chargée de l’odeur de la rivière et des arbres. <br /> <br /> Au-dessus d’elle, le ciel s’étendait sans plafond. <br /> <br /> Elle recula d’un pas. <br /> <br /> « Il est trop grand. » <br /> <br /> Jérémie suivit son regard. Il n’avait jamais songé que le ciel puisse être effrayant. <br /> <br /> « Il ne va pas tomber », dit-il doucement. <br /> <br /> « Comment peux-tu en être certain ? Il n’est fixé à rien. » <br /> <br /> Jérémie renonça à lui expliquer l’atmosphère. « Tu peux me faire confiance. » <br /> <br /> Maya hésita, puis avança jusqu’au bord de la lumière. Un rayon de soleil atteignit son visage. Elle ferma les yeux, d’abord crispée, avant de sentir la chaleur se répandre sur sa peau. <br /> <br /> « Sur Lyoko, la lumière ne faisait pas ça. » <br /> <br /> Le vent jouait avec ses cheveux lorsque, au-dessus des structures rouillées, un oiseau lança une suite de notes claires. <br /> <br /> Maya rouvrit brusquement les yeux. <br /> <br /> « Qu’est-ce que c’était ? » <br /> <br /> « Un oiseau. » <br /> <br /> « Je sais ce qu’est un oiseau. Mais pourquoi celui-ci a-t-il produit exactement ces sons ? » <br /> <br /> « Peut-être qu’il chante. » <br /> <br /> « Pourquoi ? » <br /> <br /> Jérémie eut un petit rire. <br /> <br /> « Bienvenue dans un monde où les choses n’ont pas toujours une raison simple. » <br /> <br /> Ils quittèrent l’usine côte à côte. Maya s’arrêtait devant les feuilles agitées par le vent et les reflets de la rivière. Elle ramassa un caillou et le glissa dans sa poche comme un objet précieux. <br /> <br /> Le trajet jusqu’à Kadic ne devait prendre qu’une vingtaine de minutes. Il leur en fallut presque le double. <br /> <br /> Près du collège, les moteurs et les conversations formèrent une masse confuse. Maya se rapprocha de Jérémie, qui lui proposa son bras sans commentaire. <br /> <br /> Devant les grilles de Kadic, il s’arrêta. <br /> <br /> « À partir d’ici, on doit suivre ce qu’on a préparé. Tu viens d’arriver seule du Canada. Ton tuteur a organisé ton transfert, mais il n’a pas pu t’accompagner. Tu ne me connais pas encore officiellement. » <br /> <br /> Maya fronça les sourcils. <br /> <br /> « Mais je te connais. » <br /> <br /> « Je sais. C’est seulement pour quelques minutes. Monsieur Delmas doit croire qu’on se rencontre ici. » <br /> <br /> Elle regarda le bâtiment principal, puis la cour traversée par des groupes d’élèves. <br /> <br /> « Dans les histoires que j’ai lues, mentir est généralement présenté comme une mauvaise chose. » <br /> <br /> « C’en est une. » <br /> <br /> « Mais nous allons le faire quand même. » <br /> <br /> Jérémie baissa les yeux. <br /> <br /> « Oui. Parce que la vérité te mettrait en danger et que personne ne la croirait. Le monde réel n’est pas toujours aussi logique qu’un programme. Parfois, une mauvaise action peut protéger quelque chose de juste. » <br /> <br /> Maya médita sa réponse. Sur Lyoko, une instruction était valide ou ne l’était pas. Ici, la même décision pouvait être à la fois mauvaise et nécessaire. <br /> <br /> « Je crois que cette partie de votre monde sera la plus difficile à apprendre. » <br /> <br /> « Pour être honnête, la plupart des humains ne la comprennent jamais complètement. » <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png"/></div> <br /> Lorsque je franchis les grilles de Kadic, j’eus l’impression d’entrer dans un autre territoire virtuel, à la différence que rien n’en indiquait les règles. <br /> <br /> Des dizaines de personnes se déplaçaient autour de moi selon des trajectoires imprévisibles. Certaines parlaient très fort, d’autres riaient sans raison apparente. Deux garçons couraient après un ballon qui changeait constamment de direction. Je tentai de prévoir son prochain mouvement à partir de son angle et de sa vitesse, mais l’un d’eux le frappa du côté de son pied au dernier instant et rendit tous mes calculs inutiles. <br /> <br /> Jérémie s’était éloigné de quelques mètres comme prévu. Je sentais pourtant son regard posé sur moi. Cette présence discrète m’empêcha de céder à l’envie de le rejoindre. <br /> <br /> Je traversai la cour en tirant ma valise. Chaque roue produisait un claquement différent lorsqu’elle passait sur les joints du pavage. Plusieurs élèves se retournèrent sur mon passage. Leurs regards s’attardèrent surtout sur mes cheveux. Je savais qu’ils étaient inhabituels, mais je n’avais jamais eu à supporter la curiosité de plusieurs inconnus en même temps. <br /> <br /> Une jeune fille brune murmura quelque chose à son amie. Toutes deux rirent. <br /> <br /> Je vérifiai ma tenue, inquiète d’avoir commis une erreur. <br /> <br /> Jérémie m’avait expliqué qu’il ne fallait pas réagir à chaque parole entendue dans un lieu public. Pourtant, ignorer volontairement une information me demandait un effort considérable. <br /> <br /> J’atteignis enfin le bâtiment administratif. Une femme installée derrière un comptoir consulta mon nom puis me conduisit jusqu’au bureau du proviseur. Le couloir sentait le papier, le bois ciré et une substance citronnée utilisée pour nettoyer le sol. Cette combinaison n’existait dans aucune des descriptions que j’avais lues. <br /> <br /> Jean-Pierre Delmas m’attendait devant sa porte. <br /> <br /> Je le reconnus grâce aux photographies accessibles dans les dossiers du collège. En personne, il paraissait plus grand. Sa barbe était constituée de milliers de poils distincts, détail que les images numériques avaient toujours simplifié. <br /> <br /> « Maya Stones ? Bienvenue au collège Kadic. Je suis Jean-Pierre Delmas, le proviseur. » <br /> <br /> Il tendit la main. <br /> <br /> Je la regardai une seconde de trop avant de comprendre. Je plaçai ma paume contre la sienne et refermai mes doigts avec précaution. Sa main était chaude, plus large que celle de Jérémie, et légèrement rugueuse. <br /> <br /> « Bonjour, monsieur Delmas. Je suis heureuse de vous rencontrer physiquement. » <br /> <br /> Ses sourcils se soulevèrent. <br /> <br /> « Physiquement ? » <br /> <br /> Mon cœur accéléra. Je cherchai une explication, mais aucune ne vint assez vite. <br /> <br /> « Maya veut sans doute dire qu’après tous les échanges administratifs à distance, elle est heureuse d’être enfin sur place », intervint une voix derrière moi. <br /> <br /> Jérémie se tenait à l’entrée du secrétariat, un dossier sous le bras. Le proviseur se tourna vers lui. <br /> <br /> « Jérémie ? Que fais-tu ici ? » <br /> <br /> « Madame Hertz m’a demandé de vous apporter les résultats du concours de sciences. » <br /> <br /> Il brandit le dossier avec un naturel presque parfait. Je savais pourtant qu’il l’avait préparé uniquement pour justifier sa présence. <br /> <br /> Monsieur Delmas prit les feuilles puis reporta son attention sur moi. <br /> <br /> « Je vois. Le voyage a dû être éprouvant. » <br /> <br /> J’acquiesçai avec un soulagement peut-être trop visible. <br /> <br /> « Il était très… sensoriel. » <br /> <br /> Le proviseur esquissa un sourire bienveillant. Mon dossier lui avait appris que je venais de perdre mes parents et que je pouvais éprouver des difficultés d’adaptation. Chacune de mes maladresses semblait confirmer l’histoire créée par Jérémie. <br /> <br /> Après avoir vérifié les derniers documents, il me remit une clé et plusieurs feuilles présentant les horaires, le règlement et le plan de l’établissement. La quantité de papier me rassura. Pour la première fois depuis mon arrivée, quelqu’un me donnait des instructions clairement définies. <br /> <br /> « Votre chambre se trouve dans le dortoir des filles. Vous intégrerez les cours dès demain matin. En attendant, je vais demander à un élève de vous faire visiter les lieux. » <br /> <br /> Son regard tomba naturellement sur Jérémie. <br /> <br /> « Puisque tu es là, peux-tu t’en charger ? » <br /> <br /> « Bien sûr, monsieur », répondit-il avec une politesse exemplaire. <br /> <br /> Je dus baisser les yeux pour cacher mon sourire. <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png"/></div> <br /> La visite de Kadic fut plus courte que ne l’avait prévu Jérémie. Maya découvrit que les plans ne disaient presque rien des lieux qu’ils représentaient. Le bâtiment des sciences, dressé face au terrain de sport, sentait le métal, la craie et les produits chimiques. Le réfectoire portait l’odeur persistante de centaines de repas. Le gymnase associait le bois verni, la poussière et le caoutchouc. La bibliothèque, au contraire, étouffait les pas sous le parfum sec des pages anciennes. <br /> <br /> À chaque étape, Maya l’interrompait pour des détails qu’il n’avait jamais remarqués. Pourquoi les marches d’un même escalier n’émettaient-elles pas toutes le même son ? Pourquoi les élèves demandaient-ils « ça va ? » sans attendre une réponse exacte ? Jérémie répondit autant qu’il le put. Pour le reste, il dut admettre que la vie humaine reposait sur des conventions dont personne ne connaissait vraiment l’origine. <br /> <br /> Jim Morales les rejoignit devant le bâtiment des dortoirs. Il consulta la feuille transmise par Delmas, jeta un regard intrigué aux cheveux roses de la nouvelle interne, puis saisit sa valise avec un professionnalisme autoritaire. <br /> <br /> « Les chambres sont interdites pendant les heures de cours, les sanitaires sont communs et l’extinction des feux n’est pas une suggestion. Pour le reste, vous verrez, Kadic est une grande famille. Une famille bien disciplinée. J’ai moi-même vécu quelque temps dans une communauté très réglementée au cours d’une mission dans les Andes, mais je préfère ne pas en parler. » <br /> <br /> Maya ouvrit la bouche pour l’interroger. Jérémie secoua discrètement la tête. <br /> <br /> Sa chambre se trouvait à l’étage des filles, dans le même couloir que celle d’Elisabeth Delmas. Elle était petite : un lit, une armoire, un bureau et une fenêtre donnant sur le parc. Avant de partir, Jérémie déposa l’ordinateur qu’il avait préparé et lui promit de l’attendre devant le réfectoire à sept heures trente précises. <br /> <br /> La précision de l’heure produisit l’effet espéré. <br /> <br /> « Alors je serai là à sept heures vingt-neuf », répondit-elle. <br /> <br /> Cette première nuit, Maya dormit près de douze heures sans rêver. Son corps, épuisé par sa propre naissance, ne lui laissa pas même le temps de s’étonner du sommeil. <br /> <br /> Le lendemain matin, à sept heures vingt-sept, elle attendait déjà devant le réfectoire. <br /> <br /> Le petit-déjeuner constitua sa première épreuve publique. Rosa lui servit un bol de chocolat chaud, du pain et une pomme. Maya mordit dans le fruit sans anticiper le bruit sec de la peau sous ses dents ni le jus qui se répandit dans sa bouche. Elle resta immobile, les yeux écarquillés. <br /> <br /> « Ça ne te plaît pas ? » demanda Jérémie. <br /> <br /> « Je ne sais pas encore. Il y a trop d’informations. » <br /> <br /> À huit heures, Mme Hertz présenta la nouvelle élève à la classe de quatrième. Maya reconnut aussitôt les noms étudiés dans les fichiers de Kadic. Odd Della Robbia lui adressa un sourire curieux. À côté de lui, Ulrich Stern se contenta d’un signe de tête. Sissi Delmas examina sa tenue avec l’assurance d’une personne chargée de rendre un verdict, tandis qu’Hervé Pichon se redressa lorsqu’il apprit que la nouvelle venue possédait un excellent dossier scolaire. Nicolas Poliakoff, assis près de lui, semblait surtout fasciné par ses cheveux. <br /> <br /> « Maya arrive du Canada », expliqua Mme Hertz. « Je compte sur vous pour faciliter son intégration. Vous pouvez vous installer à côté de Jérémie. Il vous aidera à rattraper les cours. » <br /> <br /> Hervé fronça les sourcils. Odd se pencha vers Ulrich. <br /> <br /> « Elle arrive aujourd’hui et Einstein a déjà le poste de guide officiel. Il travaille vite. » <br /> <br /> Jérémie fit semblant de ne pas l’entendre. <br /> <br /> La leçon portait sur les réactions d’oxydoréduction. Maya en connaissait les principes, les variantes et plusieurs applications industrielles. Pourtant, lorsqu’il fallut verser une solution dans une éprouvette, sa main trembla. Le liquide dépassa le trait indiqué et quelques gouttes éclaboussèrent la paillasse. <br /> <br /> « La théorie ne suffit pas toujours », observa Mme Hertz sans sévérité. « Recommencez plus lentement. » <br /> <br /> Maya fixa sa main, contrariée. Sur Lyoko, une commande correctement formulée produisait un résultat exact. Dans le monde réel, même un geste simple pouvait échouer à cause d’une pression légèrement excessive, d’un angle imparfait ou d’une seconde d’inattention. <br /> <br /> Jérémie rapprocha discrètement une éprouvette vide. <br /> <br /> « Tu vas t’y habituer », murmura-t-il. <br /> <br /> Elle recommença. Cette fois, le ménisque s’immobilisa exactement sur le trait. <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png"/></div> <br /> Les jours suivants furent une succession d’expériences dont j’étais à la fois l’observatrice et le sujet. <br /> <br /> Le mardi, je découvris que la fatigue ne disparaissait pas toujours après une nuit de sommeil. Mes jambes me faisaient mal à cause des escaliers et Jim exigea que je participe au cours d’éducation physique. Courir ne ressemblait en rien aux déplacements sur Lyoko. Mon souffle se désorganisa, mes muscles protestèrent et je terminai l’échauffement loin derrière Ulrich. <br /> <br /> Odd revint vers moi en trottinant à reculons. <br /> <br /> « T’inquiète pas, même Jérémie arrive à survivre aux cours de Jim. Enfin, jusqu’à présent. » <br /> <br /> « Ce n’est pas très rassurant », répondis-je. <br /> <br /> Il éclata de rire. Je compris avec quelques secondes de retard que j’avais moi-même produit quelque chose d’amusant. <br /> <br /> Le mercredi, je parvins à déjeuner sans demander la température de chaque plat. Rosa déposa une part de tarte sur mon plateau en affirmant que j’avais besoin de reprendre des forces. Le sucre provoqua une sensation si intense que je dus fermer les yeux. Lorsque je les rouvris, Sissi, Hervé et Nicolas me regardaient depuis la table voisine. <br /> <br /> « Tu n’avais jamais mangé de tarte au Canada ? » demanda Sissi. <br /> <br /> Jérémie se raidit à côté de moi. <br /> <br /> « Pas comme celle-ci », répondis-je, ce qui était parfaitement vrai. <br /> <br /> Sissi sembla satisfaite par l’hommage indirect rendu à la cuisine française. Hervé, en revanche, profita de l’occasion pour m’interroger sur mon ancien programme scolaire. Il voulait manifestement déterminer si mes résultats menaçaient sa place derrière Jérémie. Je répondis avec prudence, en limitant volontairement mes connaissances. Cacher la vérité exigeait une attention constante. Il ne suffisait pas de mentir une fois : chaque phrase devait rester compatible avec toutes les précédentes. <br /> <br /> Le jeudi, les sensations cessèrent enfin de former un vacarme permanent. Je pouvais traverser la cour sans analyser chaque conversation, choisir un repas à partir de mes préférences et reconnaître les élèves à leur démarche. Le monde réel ne devenait pas plus logique. J’apprenais seulement à ne plus lui demander de l’être. <br /> <br /> J’avais aussi découvert des choses qu’aucune donnée ne pouvait restituer : la chaleur d’une tasse entre mes mains, l’odeur de l’herbe après la pluie et la façon dont le rire de quelqu’un pouvait devenir contagieux sans raison scientifique valable. <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png"/></div> <br /> <br /> Le vendredi matin, Mme Hertz conduisit sa classe dans la forêt bordant le collège. Pour l’occasion, les élèves de quatrième avaient été réunis à ceux de la classe supérieure. La pluie avait assombri les troncs et couvert le sentier de feuilles humides. Chacun devait choisir une plante et en réaliser un croquis dans un carnet. <br /> <br /> « Je ne vous demande pas une œuvre d’art », précisa-t-elle. « Une bonne démarche scientifique commence par une observation précise. » <br /> <br /> Odd choisit la première plante à portée de main et s’installa au pied d’un arbre avec Ulrich. Ce dernier semblait pourtant peu intéressé par l’exercice. L’air bougon, il levait régulièrement les yeux vers une grande fille aux cheveux noirs appartenant à la classe supérieure, avant de détourner le regard dès qu’elle se tournait dans sa direction. Maya ne connaissait pas cette élève et ne comprenait pas pourquoi Ulrich semblait à la fois vouloir l’observer et éviter son regard. Hervé, de son côté, s’éloigna avec Nicolas à la recherche d’un meilleur spécimen, tandis que Jérémie resta près de Maya. <br /> <br /> Elle s’accroupit devant une fougère. Le dessin exigeait un compromis nouveau : observer la plante, comprendre sa structure et accepter que sa main n’en reproduise jamais parfaitement les contours. <br /> <br /> Une branche craqua derrière elle. <br /> <br /> Maya releva la tête. <br /> <br /> Le murmure de la classe s’était éteint. Mme Hertz, Jérémie et les autres avaient disparu. Les troncs se resserraient autour d’elle comme un passage sans issue. <br /> <br /> Quelque chose courait entre les fougères. <br /> <br /> Une petite silhouette bondit derrière un arbre. Elle avait l’apparence d’un enfant minuscule, au visage rond et aux grands yeux clairs. Un long bonnet bleu retombait derrière sa tête, tandis qu’un large col pourpre, découpé en pointes, encadrait ses épaules. Sous une tunique claire serrée par une ceinture rose, ses jambes trop longues semblaient faites de morceaux de tissu rembourrés, noués à leurs extrémités comme de petites houppes. Le personnage courait debout, maladroitement, ses bras tendus devant lui. Il trébucha, tourna vers Maya un visage paniqué, puis disparut entre les troncs. <br /> <br /> Plus loin, un grondement sourd répondit au craquement des branches. <br /> <br /> Des formes noires surgirent dans le sous-bois, basses sur leurs pattes, leurs yeux pâles suspendus dans l’obscurité. Des loups, ou quelque chose qui en possédait l’apparence. <br /> <br /> Ils poursuivaient le petit personnage. <br /> <br /> Une peur brutale traversa Maya. Elle savait seulement qu’elle ne devait pas les laisser atteindre le petit être. <br /> <br /> « Attends ! » cria-t-elle en se redressant. <br /> <br /> Le bruit de la forêt revint d’un seul coup. <br /> <br /> Odd et Ulrich levèrent la tête. Mme Hertz se tenait de nouveau sur le sentier et Jérémie accourait. Il n’y avait ni loups ni silhouette entre les arbres. <br /> <br /> « Maya ? Qu’est-ce qui se passe ? » <br /> <br /> Elle chercha une réponse, incapable de séparer sa vision de la réalité. <br /> <br /> « Je croyais que… quelqu’un était en danger. » <br /> <br /> Mme Hertz observa les alentours avant de poser une main rassurante sur son épaule. <br /> <br /> « La forêt joue parfois des tours. Restez près du groupe. » <br /> <br /> Maya acquiesça. Jérémie, lui, continua de l’observer avec inquiétude. <br /> <br /> Elle se rassit et récupéra son carnet. Son dessin n’était plus celui dont elle se souvenait. <br /> <br /> Au milieu des traits représentant la plante se trouvait une forme minuscule au visage humain, coiffée d’un bonnet à plusieurs pointes. Tout autour, entre les ombres des feuilles, des yeux la fixaient. <br /> <br /> <div align="center"><img src="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png" border="0" alt="https://i.ibb.co/qx9r8y9/Frame-2821.png"/></div> <br /> <br /> Cette nuit-là, je rêvai de branches qui fouettaient mon visage et de pattes lancées à ma poursuite. Je ne distinguais jamais ce qui courait devant moi. Seulement une petite main qui apparaissait parfois entre les arbres, comme si elle cherchait la mienne. <br /> <br /> Je me réveillai avant de pouvoir la saisir. <br /> <br /> La chambre était silencieuse. Sur mon bureau, le carnet de Mme Hertz était resté ouvert à la page de la fougère. <br /> <br /> Je ne connaissais pas le petit personnage dessiné entre ses feuilles. <br /> <br /> Pourtant, j’avais peur pour lui.</span> <br /> </span> <br /> <span style="color: white"><div align="center">--------------------------</div></span> Fanfictions Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=9719 Theoph69 Sun, 26 Jul 2026 12:30:02 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301713#301713 RE: [Fanfic] L'Engrenage [Terminée] http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301709#301709 Petit com' rapide ! <br /> <br /> Je pense n'avoir jamais commenté un de tes textes Zéphyr mais il faut nous comprendre, ce n'est pas évident d'analyser le texte de quelqu'un qui passe déjà son temps à analyser ! <br /> <br /> J'avais lu le début il y a quelques années et ici j'ai tout repris, du début à la fin. Pour avoir passé mes dernières semaines sur l'ensemble du sous-forum pour lire tous les textes que j'avais ratés et ceux dont j'avais envie de poursuivre la lecture, je peux dire ceci : Chris White est le meilleur OC du sous-forum pour moi. Je trouve qu'on se le représente parfaitement : il est à la fois complexe, attachant et il décrit très bien son environnement. Notamment ses premières virtualisations (d'ailleurs pour moi le meilleur chapitre est le &quot;Tourisme Virtuel&quot;, après il y a parfois de la surenchère dans les effets). ! Comme l'a dit Silius, twister le principe de l'OC en le faisant joindre « l'autre camp » pour en savoir plus sur Tyron est vraiment la bonne idée de la fic. Petit point sur la mise en page qui est belle et aérée. <br /> <br /> J'ai moins accroché aux scènes d'action (il est dur de faire aussi bien qu'Icer sur ce point) mais tout ce qui concerne la Terre m'a vraiment scotché. Tu comprendras donc que j'ai préféré le premier tiers au reste. J'aurais voulu voir Chris interagir avec chaque perso (figurant ou non) de Kadic un à un tellement il est peu intéressé par eux à la base ! Voir les LG depuis son point de vue est un délice. <br /> <br /> Bref, ce qui m'a fait aller au bout (car oui, il y a quelques longueurs), c'est vraiment ce protagoniste masculin qui avait un potentiel scénaristique dingue (foncer dans l'expérience Tyron malgré le quiproquo avec Chevalier, son air nonchalant et peu stable/fiable, il a quand même de sacrés grelots pour faire tout ce qu'il a accompli pour &quot;pimenter&quot; sa vie). J'ai par contre peu accroché avec Laura, mais je n'aime déjà pas le perso dans CLE ceci dit. <br /> <br /> Good job et bravo pour avoir réussi à nous tenir en haleine sur 9 années ! Fanfictions Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=7552 Minho Mon, 29 Jun 2026 20:20:23 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301709#301709 RE: [One-shot] Le diable dans la maison http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301708#301708 On dit que le diable se cache dans les détails... j'aime bien ce titre pour un OS (a) <br /> <br /> On a ici un texte assez bigarré qui réunit selon moi science-fiction, introspection philosophique, critique de la célébrité et réinterprétation de nos fameux personnages. Je ne peux que valider l'idée de confrontation entre G-I Jim et Odd, c'est assez original. Le thème est par contre un peu éculé : derrière la richesse, la gloire et la séduction permanente, il y a un homme profondément vide et hanté par son passé. C'est toutefois logique après un passé si traumatisant mais on aurait pu attendre un brin de folie supplémentaire. <br /> <br /> Le grand point de l'OS est le décalage entre l’image extérieure et la vérité intérieure. Tout chez Odd est construit comme une façade : son appartement, son statut, ses relations, son personnage public. Mais Jim découvre que cette façade cache une souffrance ancienne. Le texte pose donc une question : peut-on réussir socialement tout en étant intérieurement détruit ? <br /> <br /> L’écriture insiste beaucoup sur ces oppositions, petit-être un peu trop : lumière / obscurité, richesse / vide, gloire / solitude, apparence / réalité ainsi que plaisir / souffrance. <br /> <br /> Le passage du tableau blanc est important : il devient un symbole du vide et de la dissolution d’Odd. Le blanc représente à la fois une forme de pureté absolue et une menace car il efface les repères. <br /> <br /> « Incline-toi devant l’éternel et infini ! » <br /> L’art devient une force qui dépasse l’humain, mais cette révélation est aussi terrifiante : elle fait perdre au personnage son identité. J'ai pensé à Dorian Gray et son fameux portrait. Ça colle avec l'arrogance et personnellement je vois bien le Odd adulte avoir ce défaut. <br /> <br /> Jim, lui, joue le rôle du révélateur. Il vient confronter Odd à son passé et refuse de croire à son personnage public. Ce bon vieux prof de gym représente à la fois la mémoire, la conscience ainsi que la possibilité du changement. Jim n’est pas parfait non plus : il doute, il boit, il a ses propres failles. Mais il garde une forme d’humanité. <br /> <br /> « La chère est bonne ici, je pense. » <br /> Cette phrase n’est pas mauvaise, mais elle m’a semblé moins forte que beaucoup d’autres passages. Dans une scène très chargée émotionnellement, cette remarque de Jim paraît plus légère et casse un peu la tension dramatique. <br /> <br /> Le texte est souvent dans une grande intensité philosophique, qui peut parfois dérouter le lecteur lambda. Sa grande force est l’utilisation des lieux et des objets comme symboles psychologiques. Le principal risque est parfois l’excès : certaines descriptions et réflexions sont très longues, ce qui peut ralentir le récit, mais cela correspond aussi au côté contemplatif et philosophique du texte. <br /> <br /> C'est tout pour moi ! <br /> <br /> PS : il y a un problème de syntaxe ici &quot;Il avait eu—en son for intérieur&quot;. Fanfictions Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=9080 Minho Mon, 29 Jun 2026 13:20:29 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301708#301708 RE: Potentiel come back de Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301707#301707 <span style="font-size: 9px; line-height: normal"><span style="font-style: italic">Merci au staff pour la réactivation !</span></span> <br /> <br /> Bonjour, <br /> <br /> Je passe ma réaction quant aux événements passés ; mon sentiment rejoint globalement celui d'Evil Goat. Je reste à l'affût comme nombre d'entre nous mais je reste prudent, Code Lyokô Évolution nous ayant autrefois invité à la retenue. <br /> <br /> En attendant la sortie de la vidéo de l'interview, je vous partage quelques photographies prises à l'occasion. Rien d'exceptionnel mais peut-être de quoi faire patienter un peu. <br /> <br /> <div> <div class="spoiler"> <span style="float:left;">Spoiler</span> <input type="button" value="Voir" style="width:80px;font-size:10px;margin:0px;padding:0px;" onclick="if (this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display != '') { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = '';this.innerText = ''; this.value = 'Cacher'; } else { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = 'none'; this.value = 'Voir';}"> </div> <div> <div class="spoiler_visible" style="display: none;"><a href="https://ibb.co/bM1m92z6" class="postlink" target="_blank"><img src="https://i.ibb.co/pB2wFRJ1/495A9239.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/pB2wFRJ1/495A9239.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/xytxXfq" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/PRvqF9G/495A9252.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/PRvqF9G/495A9252.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/4Rzs10cQ" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/B2b4nYm1/495A9256.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/B2b4nYm1/495A9256.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/Xx9Hmy7C" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/PGRkBTc6/495A9258.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/PGRkBTc6/495A9258.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/YFBgc2pv" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/MxkdcnMq/495A9298.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/MxkdcnMq/495A9298.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/Y7GCcvby" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/rGJjxnvc/495A9312.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/rGJjxnvc/495A9312.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/gFzQTwzT" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/n8z4cfzc/495A9339.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/n8z4cfzc/495A9339.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/m5YMx9gG" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/tpNWdqF4/495A9416.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/tpNWdqF4/495A9416.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/6JRsvGwF" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/4gZNsCtp/495A9457.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/4gZNsCtp/495A9457.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/TBQV7h1z" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/pvHtMXQC/495A9462.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/pvHtMXQC/495A9462.jpg"/></a> <br /> <a href="https://ibb.co/8D7YsGJF" class="postlink" target="_blank"> <br /> <img src="https://i.ibb.co/3yCRdVwt/495A9544.jpg" border="0" alt="https://i.ibb.co/3yCRdVwt/495A9544.jpg"/></a></div> </div> </div> <br /> <br /> Allez, on espère que les obstacles résistant à une reprise de la série se lèvent un à un ! Autour de la série http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=9689 Tab Mon, 22 Jun 2026 23:47:46 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301707#301707 RE: [Fanfic] Gnosis [Terminée] http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301706#301706 </span> <table width="90%" cellspacing="1" cellpadding="3" border="0" align="center"> <tr> <td><span class="genmed"><b>Citation:</b></span></td> </tr> <tr> <td class="quote">il n'avait rien trouvé qui puisse l'aider à amener la gosse sur terre.</td> </tr> </table> <span class="postbody"> <br /> <br /> Si seulement Belpois avait échoué aussi, on aurait pas dû se taper Aelita dans le virtuel ET à Kadic •/ <br /> <br /> Commençons à revenir sur cette fanfiction qui s'est plutôt faite discrète jusque-là, après le pourtant remarqué <span style="font-style: italic">Dix ans après</span>. Bon, l'époque n'étant plus la même et le support non plus : peut-être que certains n'ont pas été jusqu'au site fanfiction.net pour te lire. La mise en page y est pourtant clean. <br /> <br /> Et si on inversait les rôles ? C'est un peu le postulat de base de cette fanfic. C'est bien trouvé de commencer par &quot;L'attaque du gymnase&quot;. On s'attend à enfin savoir ce que les Lyoko-guerriers ont dû affronter ce jour-là et en fait... on découvre que dans ton univers, c'est le personnel éducatif qui en plus de se taper les cours, les parents d'élèves et l'administratif, ils doivent par dessus le marché sauver leurs élèves ! C'est sympa de savoir ce qu'ils pensent de leurs étudiants, de voir le quotidien double qu'ils mènent. Le retour de la médaille est que nous venons souvent découvrir des textes pour l'intérêt que nous portons à la bande originale des 5, ici ils se retrouvent presque figurants. <br /> <br /> Nous voici aussi avec un autre monde virtuel dénommé « Gnosis ». Tu m'as parfois perdu avec des termes de créatures qui n'étaient pas toujours spécialement décrites en détails, on se demandait alors si, pour certaines, elles étaient semblables à celles de Lyoko ou pas. <br /> <br /> Dès le début, j'ai vu le potentiel de Jim et Hertz dans ce rôle, tandis que Delmas m'apparaissait plus suspect, moins fiable... malgré son focus sur sa relation avec sa fille au début du chapitre 2. Gustave est un bon perso : complexe juste ce qu'il faut et j'ai eu l'impression qu'il avait plus de recul sur l'aventure que les autres. <br /> <br /> Pas mal les incursions dans le passé comme au moment où on découvre la petite Suzanne. Autant je pouvais te reprocher un trop-plein de dialogues dans ta fanfic précédente, autant ici j'en aurais voulu davantage. <br /> <br /> Par contre, j'ai décroché avant la fin (j'ai quand même terminé entre les lignes). On va peut-être se demander pourquoi je commente une œuvre non terminée de mon côté 1) pour te faire un retour car peut-être que d'autres ont eu le même souci que moi <br /> 2) j'avais tellement d'attentes (comblées) lors de la première moitié, que j'ai vraiment été délusionné au moment où d'autres protagonistes sont apparus, d'autres traumas plus graves qui étaient en décalage avec l'ambiance de base. En un coup, on avait perdu le ton CL dans ta narration pour une invasion de préoccupations qui viennent, à mon sens, desservir le récit. <br /> <br /> Dommage, c'est un coup manqué pour moi pour cette fois mais je garderai quand même en tête cette originalité du basculement profs/élèves &amp; l'approfondissement du caractère de ces enseignants dévoués <img src="images/smiles/icon_mrgreen.gif" alt="Mr. Green" border="0" /> Fanfictions Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=9613 Minho Sun, 21 Jun 2026 20:52:48 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301706#301706 RE: [Fanfic] Dix ans après [Terminée] http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301705#301705 Désolé de remonter aussi loin <div> <div class="spoiler"> <span style="float:left;">Spoiler</span> <input type="button" value="Voir" style="width:80px;font-size:10px;margin:0px;padding:0px;" onclick="if (this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display != '') { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = '';this.innerText = ''; this.value = 'Cacher'; } else { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = 'none'; this.value = 'Voir';}"> </div> <div> <div class="spoiler_visible" style="display: none;">Ne me tapez pas le Pôle, après ce com' je retourne normalement définitivement dans ma grotte <span style="color: #2C75FF">Edit d'Icer : Ben, j'ai rien dit moi !</span></div> </div> </div> mais comme j'ai découvert (et je me suis inscrit) après la clôture de cette fanfiction, je voulais la découvrir en tant que Perle du Net. <br /> <br /> En fait, en lisant les dialogues, j'entendais les voix des persos tellement ce qui se disait collait à leur personnalité, pas de fausse note et c'est chouette de voir un auteur qui ne change pas totalement les persos car le lore se déroule dans le futur par rapport à l'animé de base. Le rythme (des lignes de dialogues notamment) était bon mais j'aurais aimé un peu plus d'introspections. Trop de répliques tuent la réplique ! <br /> <br /> Il y a énormément d'idées développées au fil des pages (193 selon le fichier PDF, bien que la policé d'écriture soit grande). Parfois trop. Mais lorsque l'idée touche juste, c'est vraiment remarquable (notamment le fait que Xana avait prévu sa résurrection 10 ans à l'avance). <br /> <br /> Jérémie et Aelita sont, pour moi, les personnages les mieux écrits. <br /> <br /> Leur lien est encore plus fort. <br /> On comprend immédiatement qu'ils sont mariés depuis plusieurs années. <br /> On voit qu'ils s'aiment énormément et qu'ils se disputent comme un vrai couple (et pas pour des niaiseries, quoi qu'il est quand même question d'une bête pizza à un moment). <br /> <br /> Le fait que la fille de Hopper reproche à son conjoint de trop travailler... c'est le complexe d'Œdipe inversé, elle a pris un homme comme son père. Sauf que Hopper a détruit sa famille et cette fois Aelita est assez grande pour tenter (voire contrôler) que Jérémie ne commette pas les mêmes erreurs. <br /> La phrase &quot;Tu travailles trop/Tu ressembles à mon père&quot;, quand on pense au contexte, est lourde de sens... sans blague, le mec est devenu meilleur programmeur du monde, architecte, designer, hacker, inventeur, scientifique absolu et désormais lyokoguerrier... Fallait en laisser un peu pour les autres, non ? <img src="images/smiles/icon_mrgreen.gif" alt="Mr. Green" border="0" /> C'est d'ailleurs toujours cool de voir le Belpois virtuel quand c'est bien fait ! <br /> <br /> On visualise bien le &quot;nouveau&quot; Lyoko : on retrouve la magie mais avec 10 ans d'expériences en +, tu as fait du bon taf au niveau du redesign virtuel. <br /> <br /> J'ai trouvé néanmoins que certaines scènes n'apportaient pas grand chose à l'intrigue, on aurait sans doute pu en faire 150 pages plutôt que presque 200. <br /> <br /> J'ai remarqué aussi que le narrateur adore expliquer. <br /> Il dit souvent explicitement ce qu'un personnage ressent alors que certaines émotions auraient sans doute gagné à être laissées au lecteur. Mais en se remettant dans le contexte de l'époque de publication et de l'âge des lecteurs potentiels à ce moment-là, je comprends ce choix. <br /> <br /> Sissi n'est plus une caricature et son métier lui correspond bien. Aelita reste le cœur émotionnel du récit tandis que Odd est dans l'humour et Ulrich dans la mélancolie. <br /> <br /> La scène où Jérémie rallume le Supercalculateur est réussie. Celle où on découvre son journal intime de l'époque aussi. Pour le coup, on sent réellement le poids des souvenirs. <br /> <br /> Je voyais arriver un épilogue presque trop optimiste, ressemblant davantage à une utopie qu'à une véritable fin. <br /> Tout semble avoir trouvé sa place. <br /> Tout le monde paraît heureux. <br /> <br /> Heureusement qu'il y a eu le twist ! J'aurais aimé une conclusion un peu plus douce-amère où on voit les conséquences sur les survivants car cela se termine un peu trop net mais bon ça c'est peut-être propre aux goûts de chacun. <br /> <br /> Néanmoins, le texte ne manque jamais d'idées, et c'est précisément cette générosité qui le rend mémorable. Bien joué ! Fanfictions Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=5279 Minho Sun, 21 Jun 2026 15:23:05 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301705#301705 RE: [Fanfic] Chacun sa chimère [Terminée] http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301704#301704 </span> <table width="90%" cellspacing="1" cellpadding="3" border="0" align="center"> <tr> <td><span class="genmed"><b>Citation:</b></span></td> </tr> <tr> <td class="quote">Nous espérons donc que, contrairement à cette intro, ce texte plaira aussi aux gens de gauche</td> </tr> </table> <span class="postbody"> <br /> <br /> On m'a appellé ? (a) <br /> <br /> Hello ! <br /> <br /> J'étais passé totalement à côté de cette fanfiction, c'est en relisant l'index que je me suis dit que cette « chimère » ne me disait rien du tout ! J'ai pas mal traîné (comme pas mal de gens je pense) sur le forum lors de la pandémie mais beaucoup moins lors de la période post-confinements &amp; cela m'a fait plaisir de redécouvrir un de vos textes après tout ce temps ! <br /> <br /> <div> <div class="spoiler"> <span style="float:left;">Spoiler</span> <input type="button" value="Voir" style="width:80px;font-size:10px;margin:0px;padding:0px;" onclick="if (this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display != '') { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = '';this.innerText = ''; this.value = 'Cacher'; } else { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = 'none'; this.value = 'Voir';}"> </div> <div> <div class="spoiler_visible" style="display: none;">C'est possible aussi que j'ai eu la flemme de lire à la vision de Laura dans le triptyque initial de photos. Ma mémoire est assez embrumée <img src="images/smiles/icon_mrgreen.gif" alt="Mr. Green" border="0" /></div> </div> </div> <br /> <br /> Posons les bases, la fanfiction s’inscrit dans une période de transition : après la victoire apparente contre X.A.N.A., ils doivent tous réapprendre à vivre dans un quotidien &quot;normal&quot;. Pourtant, cette normalité reste fragile : les anciens conflits, les traumatismes et les sentiments non résolus continuent d’influencer les relations. En début de texte, j'ai vu en William la peur d’être exclu et en Jérémie l’incapacité à tourner la page. <br /> <br /> Le conflit Jérémie/Laura est intéressant parce qu’il oppose deux visions : <br /> Jérémie : <br /> « On a gagné, il faut tourner la page. » <br /> Laura : <br /> « Le danger existe encore, donc l’histoire n’est pas finie. » <br /> D'un naturel optimiste (smirk), je suis évidemment du deuxième avis ! <br /> <br /> Le style est plutôt différent de ce que je connais de vous (peut-être le mélange de vos 2 plumes ou l'aspect plus court que vos autres fanfics ?), avec une narration proche du roman young adult je trouve... pas de la dark romance non plus, n'exagérons pas mais + du style saga ado ! Notamment avec l'humour intégré dans les pensées, le ton narratif, le rythme plutôt rapide. Bon évidemment l'âge des persos aide aussi, vous qui avez parfois versé dans des protagonistes beaucoup plus adultes. <br /> <br /> William m'a un peu gavé (mais bon je n'ai jamais été son plus grand partisan contrairement à certain.e.s <img src="images/smiles/icon_mrgreen.gif" alt="Mr. Green" border="0" />), notamment lors de la confrontation physique du dernier chapitre et je trouve que les remarques ironiques sur le physique ou les vêtements de Jérémie donnent un effet bizarre à la scène. <br /> <br /> Je suis d'accord avec Zéphyr pour dire que les sentiments amoureux dans le texte sont expédiés même si j'apprécie assez l'idée d'un couple Laura-William ! (Pour les éjecter + facilement dans la mer numérique et en être rapidement débarrassés, une pierre deux coups). Non plus sérieusement, j'ai apprécié me plonger dans la psyché de Laura qui est assez peu représentée en ces lieux (aka le sous-forum). La relation avec Dunbar fonctionne particulièrement bien parce qu’elle ne repose pas sur leur simple attirance romantique. Leur opposition est exploitée avec un William plutôt instinctif, social, affectif tandis que Laura est fidèle à elle-même : cérébrale, méthodique, contrôlée. William lui apporte la spontanéité qu’elle n’a pas. <br /> <br /> Le chapitre 2 exploite un thème central de Code Lyoko : la mémoire comme identité. <br /> La question n’est pas seulement :&#8232;« Laura oublie-t-elle des choses ? » mais « Que reste-t-il d’une personne quand une partie de son histoire disparaît ? ». C’est particulièrement intéressant parce que William sait ce qui s’est passé, mais ne peut pas lui dire et c'est toute la problématique du retour vers le passé qui n'est pas assez abordée dans l'animé. Ce genre de secret peut menacer un couple (la mémoire devient un enjeu émotionnel) et cela aurait été intéressant de voir l'un des protagonistes de l'animé en couple avec une personne de Kadic et voir comment il/elle aurait géré tous les mystères liés à leur double vie de Lyoko-guerriers. <br /> <br /> J'ai bien aimé la phrase « Le cadre était aussi poétique que convenu. » parce que le narrateur reconnaît presque le cliché romantique tout en l’assumant et c'est vraiment le second degré qui plane tout du long qui est assez délicieux... comme le fameux &quot;Il avait donc été jusqu’à mettre le monde en danger pour une meuf.&quot; Même si le risque est que parfois certaines blagues cassent l'immersion. L'équilibre humour-gravité est toujours un fameux jeu d'équilibriste. <br /> <br /> Le reste du récit met bien en valeur le fait que la fin d’un loooong conflit (contre X.A.N.A) ne signifie pas forcément la fin des blessures qu’il a provoquées. <br /> <br /> Pour finir, je ne peux que déplorer l'absence d'importance de Sissi, mais bon, on est dans CLE <img src="images/smiles/icon_cry.gif" alt="Crying or Very sad" border="0" /> <br /> <br /> Ce que je retiens du texte est la façon dont il traite des personnages après l’aventure : le vrai conflit n’est plus de sauver le monde mais d'apprendre à vivre après avoir été défini par une crise. <br /> <br /> En bref, ce n'est pas la lecture la plus marquante de vos écrits respectifs (mais ça n'avait pas l'ambition à l'être) mais cela a le mérite de combler efficacement ce pan de l'histoire générale... jusqu'à une potentielle suite de CL <img src="images/smiles/icon_wink.gif" alt="Wink" border="0" /> Fanfictions Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=9605 Minho Sat, 20 Jun 2026 18:45:52 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301704#301704 RE: [Fanfic] À perdre la raison [Terminée] http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301703#301703 <span style="color: orange">Chapitre 10 (final) : Clause de rupture / Paladin Strait</span> <br /> <br /> Jour après jour, la chaleur diminue. Le soleil blanc projette des ombres dures tandis que la pluie teinte les feuilles d'un émeraude plus profond, avant qu'elles ne tombent. Les pieds blêmes libèrent l'odeur de baskets portées sans chaussettes. La lumière brillante miroite sur les journées qui, une fois la nuit venue, s'affaissent comme de la boue lorsque le froid rend le sommeil inaccessible. Le soleil s'enlise. Les jours pèsent, immobiles, le temps est visqueux, collant. <br /> Le travail rémunéré est précaire, rare. Les divisions restent profondes ; les graffitis pleins de colère de l'époque des grèves sont encore visibles. Les poches sont vides, on emprunte, on raccommode, on rafistole. Tout semble provisoire. L'insomnie engendre le délire, l'horizon rétrécit, la vallée rapetisse. <br /> <br /> Tel un phare, la crête accroche le soleil matinal. Dans la cuisine mal éclairée, Odd la fixe du regard. À la fois somnolent et agité. La bouilloire fait un bruit métallique, des volupes de vapeur embuent la fenêtre. L'excitation oscille à travers son corps comme une onde sonore. Il fait et défait un sac. Restes de nourriture héritée d'innombrables vestiges des repas de fin d'année. Des chocolats enveloppés de papier doré se répandent sur la table, caramels mous qui collent aux gencives et arrachent les plombages. <br /> <br /> C'est un logement social assez récent ; suffisamment pour sembler temporaire. Cuisine aménagée, chambres meublées, moquette, mais des portes aux poignées en aluminium creux dont les frêles panneaux en carton-pâte fermaient mal. Dont les fonds à ressort cliquettent dans les couloirs humides avant de se rabattre sur de doux coussins d'air. Le tout de plain-pied. Accessible. Poignées à portée de main, surfaces nettoyées et l'odeur des cendriers et du hachis de Papa qui persiste même après tous ces mois. <br /> <br /> Un cul-de-sac d'unités en place aux allées de pavés imbriquées sur une colline quelconque. <br /> <br /> Dans la baignoire, Odd se frictionne intégralement, encore et encore. L'écume de savon carbonique s'écoule et ondule. Une jambe passée par-dessus le rebord rafraîchit tandis qu'il relève son bassin pour se laver les fesses. Quand il replonge, le liquide monte dans ses oreilles et le son change, son corps une île dans l'eau laiteuse. L'eau se trouble de nuages roses. Un saignement de nez coule de sa lèvre supérieure vers sa bouche. Quelques bouchons de papier hygiénique font disparaître le goût ferreux de sang salé. <br /> <br /> L'expédition qui se prépare semble parallèle à sa vie ici, séparée, irréelle. Elle est suspendue juste en dessous de la surface de son esprit, même peur et excitation. Il ne sait pas exactement où il met les pieds. Attribution et répulsion - son instinct dit vas-y ; son anxiété, reste. L'un ou l'autre choix semblent une erreur. Il ne peut pas ne pas agir. Il ne peut pas ne pas interrompre le bourdonnement, la vibration, la soif de nouvelles aventures. Il se souvient du visage souriant de Jérémie (lors de sa proposition) sur lequel est passée une expression fugace qu'il n'a pas manqué de reconnaître. Alors qu'il essuie un arc de cercle dans le miroir - une fois sorti du bain, il s'interrompt en croisant son propre regard. Il n'aime pas se raser mais étale un peu de Brut 33 abandonné sur son menton recouvert d'une barbe naissante. Il tousse. Il en a trop mis, ça brûle. Il frotte pour l'enlever, ses joues sont bien trop roses, trop brillantes. Odd trouve que ses rides du front, qu'il déteste, sont fort marquées aujourd'hui. <br /> <br /> Retenu dans la paume de la vallée en contrebas afflue un brouillard glacial. Pâle comme l'hiver, le versant d'en face quadrillé de mélèzes. La plaine a été laissée à son sort. Des sols argileux compactés en prévision de constructions neuves, une friche industrielle couverte de gel au-dessus de la rivière, de la route, de la voie ferrée et de la ville. Le froid est mordant et il frissonne. La vallée rétrécit. Les maisons tombent en ruine, n'ont plus aucune valeur. Un lieu où l'on s'affairait désormais déserté, sous-alimenté, privé de raison d'être. Les fossés de drainage sont étouffés par les ronces qui griffent les pâturages. Des iris des marais s'agitent dans le vent, desséchés par l'hiver et brunis là où s'agglutinent les roseaux. Les plantes marginales prospèrent sur la pente détrempée de la ferme abandonnée et l'herbe cède la place à la broussaille, blanche de givre. Il paraîtrait que là-haut, la neige n'existe pas. Jamais. <br /> <br /> Il voulait partir, mais quelque chose le retenait. Deux raisons, en réalité. Féminines. <br /> D’abord, Élisabeth. Elle n’allait pas bien. Elle lui parlait au téléphone de discussions qu’ils auraient soi-disant eues, de confidences qu’il ne se souvenait pas avoir faites, de sujets qu’il n’avait pourtant jamais abordés avec elle. Ses paroles le troublaient. Il ne savait plus quoi penser, ni comment réagir face à cette réalité qu’elle semblait être la seule à partager. <br /> Ensuite, Aelita. Il gardait encore l’espoir de la conquérir. Il l’imaginait vivre une existence privilégiée, entourée de confort et de luxe grâce à tout son argent. Une vie facile, brillante, inaccessible. Et lui, au fond, se demandait ce que cela ferait de connaître le même train de vie, de ne plus avoir à compter, de pouvoir enfin goûter à ce monde qui lui semblait réservé aux autres. <br /> <br /> Entre la culpabilité, l’attachement et l’envie d’une vie meilleure, Odd Della Robbia restait là, sur Terre, incapable de faire le choix qui pourtant s’imposait à lui. <br /> <br /> __ <br /> <br /> <br /> Depuis qu’ils étaient petits, Josseline et Marco avaient toujours été inséparables. <br /> Ils avaient grandi dans la même ville, joué dans les mêmes rues, construit des cabanes dans les arbres, inventé des histoires de mondes lointains et passé des après-midi entiers à regarder le ciel en imaginant ce qui pouvait bien se cacher derrière les nuages. <br /> Josseline était celle qui, petite, posait toujours mille questions. <br /> Comment fonctionnent les étoiles ? Pourquoi les planètes tournent ? Est-ce qu’un jour les humains vivront ailleurs ? <br /> Josseline était cette fille qui transformait les rêves en projets. Yeux verts enjoués et dents acérés, vive et ambitieuse. Elle dessinait des plans, écrivait des idées dans des carnets et disait toujours : <br /> -Si quelque chose semble impossible, c’est peut-être juste qu’on n’a pas encore trouvé comment le faire. <br /> Et Marco… Marco était celui qui gardait les deux pieds sur Terre. <br /> Entre eux, les étés n'étaient que chutes, sauts et forfaits. Que croûtes dont on grattait les bords et égratignures sur le macadam, pommades à la patience sauvage sur les piqûres, respiration retenue sous l'eau. Que courses escortant les trains et roue libre à vélo, dégringolant des chemins en pente défoncés d'ornières. Des étés d'audace et de chuchotements sur ce que les jeunes font et ce que les adultes font, et qui a vu quoi. <br /> <br /> Ce soir, c'était la veille du grand départ. Josseline allait quitter la Terre avec Ulrich Stern, son conjoint depuis quelques années. <br /> <br /> -Vous pouvez aller explorer l’univers entier, se moqua Marco, mais moi je veux être là, bien en vie et sans risque de crash, pour me souvenir de toutes nos aventures. <br /> Quand ils avaient vingt ans, ils avaient fait une promesse. <br /> Assis sur leur colline préférée, sous un ciel rempli d’étoiles, Ulrich avait levé la main vers la nuit. <br /> -Un jour, j’irai dans l’espace. <br /> Josseline avait souri. <br /> -Alors je viendrai avec toi, promit la jeune femme. <br /> Marco avait ri. <br /> -D’accord, mais quelqu’un devra rester pour vous rappeler comment on mange de vrais repas et comment on profite d’un coucher de soleil. <br /> Ils avaient ri tous les trois. <br /> À ce moment-là, cela ressemblait à un rêve impossible. <br /> Mais les années passèrent. <br /> Ulrich devint passionné par les voyages spatiaux, il regardait tous les reportages consacrés à ce sujet. Josseline, elle, travailla sur les systèmes qui permettraient aux humains de vivre loin de la Terre. Ensemble, ils voulaient adhérer à un grand projet : la création d’une colonie sur une planète lointaine, un endroit où des familles pourraient commencer une nouvelle histoire pour l’humanité. <br /> Et un jour, la nouvelle arriva. <br /> Ils avaient été choisis. <br /> Ulrich et Josseline partiraient. <br /> Pour de vrai. <br /> Ils allaient quitter la Terre. <br /> <br /> Le dernier soir avant le départ donc, les trois amis retournèrent sur leur colline, celle où ils avaient si souvent refait le monde. <br /> C’était devenu leur endroit à eux. <br /> Marco avait préparé un sac avec des choses importantes : une vieille photo, une lampe de poche que Josseline et lui utilisaient enfants, quelques petits cailloux ramassés lors de leur première randonnée ensemble. <br /> -Je sais que ce ne sont pas des objets extraordinaires, dit-il, mais je voulais qu’on garde quelque chose de notre histoire. <br /> Marco prit un des cailloux. <br /> -Tu te rappelles ? C’est celui qu’on avait appelé &quot;la pierre magique&quot;. <br /> Josseline éclata de rire. <br /> -Parce que vous pensiez qu’elle pouvait vous donner des pouvoirs ? Elle n’a jamais marché j'imagine, plaisanta Ulrich. <br /> -Peut-être qu’elle fonctionne, dit Marco. Peut-être qu’elle vous a juste donné le pouvoir d'être sélectionnés pour cette aventure. <br /> Cette fois, personne ne se moqua. <br /> Parce qu’ils savaient que c’était vrai. <br /> Le silence tomba. <br /> Au loin, les lumières de la base spatiale brillaient. <br /> Le départ approchait. <br /> Marco regarda ses amis. <br /> Il essaya de sourire, mais il n’y arriva pas complètement. <br /> -J’ai une question. <br /> -Vas-y, répondit Ulrich. <br /> -Là-bas… quand vous verrez la Terre depuis l’Espace… elle sera vraiment aussi belle qu’on le dit ? <br /> Josseline regarda le ciel. <br /> -Je crois qu’elle sera encore plus belle. <br /> -Pourquoi ? <br /> Elle réfléchit un instant. <br /> -Parce qu’on réalisera que toutes les personnes qu’on aime sont là-dessus. La Terre ne sera pas juste une planète. Ce sera un peu comme notre maison d'enfance. <br /> Marco baissa les yeux. <br /> -J’aimerais que vous puissiez rester. <br /> Ulrich ne répondit pas tout de suite. <br /> Puis il dit : <br /> -Moi aussi, une partie de moi aimerait rester. <br /> Marco releva la tête, surpris. <br /> -Vraiment ? <br /> -Oui. Parce que partir ne veut pas dire que c’est facile. Je suis heureux de partir, mais je vais laisser derrière moi quelqu’un qui compte énormément. <br /> Josseline posa sa main sur celle de Marco. <br /> -On a peur aussi. <br /> -Vous avez peur ? demanda Marco. <br /> Elle sourit. <br /> -Bien sûr. On va aller dans un endroit où personne de notre famille n’a jamais été. On va devoir tout reconstruire. Tout apprendre. <br /> Ulrich regarda les étoiles. <br /> -Mais parfois, il faut accepter de suivre ses rêves. <br /> Marco hocha la tête. <br /> Il comprenait. <br /> Même si ça faisait mal. <br /> -Les humains pensent souvent à court terme, déclara Josseline. Ils veulent des résultats immédiats. Mais certaines choses prennent des dizaines ou des centaines d’années. C'est pour cela que c'est primordial d'investir d'autres lieux que la planète bleue qui n'a pratiquement plus de ressources. <br /> Triste constat. <br /> -Tu es en train de dire que tu veux préparer un monde pour des gens que tu ne connaîtras jamais ? <br /> -Oui, admit-elle. <br /> La nuit était devenue froide, mais aucun d’eux ne voulait partir, briser cet instant qui ne se reproduirait plus jamais. <br /> <br /> Plus tard dans la soirée, le couple sortit trois petites lettres. <br /> -C’est quoi ? demanda Marco. <br /> -Des lettres pour plus tard, expliqua Josseline. <br /> -On les ouvrira quand on aura besoin de courage, ajouta Ulrich. <br /> Marco prit la sienne. <br /> -Et si j’ai besoin de courage avant vous ? <br /> Ulrich sourit. <br /> -Alors ouvre-la. <br /> Marco ouvrit doucement l’enveloppe. <br /> <br /> À l’intérieur, il n'y avait qu'un feuillet sur lequel étaient inscrites quelques phrases à l'encre verte : <br /> <span style="color: green">Les souvenirs disparaissent parfois, les lieux changent, les personnes évoluent… mais certains liens refusent de s’effacer. <br /> Rappelez-vous ce que nous étions. Rappelez-vous ce que nous avons promis. Car une histoire commencée à trois ne se termine jamais vraiment. <br /> •-• <br /> Trois potes. <br /> Deux mondes. <br /> Une seule amitié.</span> <br /> <br /> Marco resta silencieux. C'était plus mièvre que ce à quoi il s'attendait (du Josseline tout craché) mais il apprécia quand même le message. <br /> Puis il plia la lettre avec soin, bien conscient que c'était la dernière fois qu'il voyait ses deux amis. <br /> <br /> __ <br /> <br /> <br /> <span style="text-decoration: underline">Lieu : New Amsterdam</span> <br /> Les contacts avec Durn et son équipe étaient coupés depuis plus de vingt minutes. <br /> Belpois venait de s’enfiler deux verres de whisky proximarien. Le nom relevait presque de la plaisanterie : le goût était âpre, métallique, sans aucune noblesse, mais le degré d’alcool faisait son office. Dans ce genre de situation, la qualité importait peu. Seul comptait l’engourdissement. <br /> Un pressentiment lui rongeait les entrailles. <br /> Et si l’UNOOSA apprenait cette expédition punitive ? <br /> Que pourrait-il faire ? Qui pourrait-il opposer ? <br /> Durn était parti avec l’essentiel des hommes armés. Ne restaient dans le complexe que quelques mécaniciens et techniciens, errant entre les baies de maintenance, inconscients du danger qui s’approchait. <br /> Belpois se sentait nu. Exposé. Comme un enfant enfermé dans une maison vide, attendant le retour de parents qui ne reviendraient peut-être jamais. <br /> En bas du bâtiment, trois fourgons floqués de l’insigne des Nations Unies venaient de s’arrêter dans un crissement de pneus. Les portières s’ouvrirent avec une synchronisation militaire. <br /> Deux femmes en civil en descendirent, escortées par une vingtaine d’hommes armés. Leurs pas résonnaient avec une précision froide sur le sol du parvis. <br /> L’une d’elles tendit un document à l’agent de sécurité, un homme visiblement dépassé, désarmé, figé. <br /> -Roberta Giulani, procureure. <br /> -Je… je vais prévenir mon responsable, balbutia-t-il. <br /> -Inutile. C’est lui qu’on vient chercher, répondit-elle simplement. <br /> Elle franchit les portes automatiques sans ralentir. <br /> Le téléphone de Belpois sonna. <br /> Il s’apprêtait à répondre via son interface de montre, mais il entendit déjà la voix paniquée de sa secrétaire à travers la porte entrouverte du bureau. <br /> La seconde suivante, la porte explosa littéralement contre le mur. <br /> Deux femmes entrèrent, suivies de casques bleus armés. <br /> -Monsieur Belpois, déclara la procureure, j’ai ici un mandat d’arrêt pour trahison, ainsi qu’une ordonnance de saisie émise par le juge Born. Vous êtes, à compter de cet instant, placé en détention pour une durée initiale de cinq jours. À l’issue de cette période, une décision sera prise concernant votre maintien en détention préventive dans l’attente de votre procès. <br /> Elle marqua une pause. <br /> -Conformément au contrat-cadre liant la Compagnie interstellaire de Proxima et l’UNOOSA, l’ensemble des actifs de votre entreprise est immédiatement saisi. <br /> Belpois déglutit. <br /> Tout s’arrêtait ici. <br /> Un agent s’approcha et lui présenta les menottes. <br /> À la surprise générale, il tendit les poignets sans résister. Sans un mot. Comme si une partie de lui avait déjà anticipé cette fin. <br /> Autour de lui, ses employés observaient la scène, paralysés. <br /> -Puis-je demander comment vous avez su ? murmura-t-il. <br /> -Vous lirez le dossier. Il s’agit d’une dénonciation interne, émanant d’un de vos employés administratifs. <br /> Elle le fixa sans émotion. <br /> -Nous allons maintenant récupérer votre équipe… ainsi que les colons de Lyoko que vous comptiez arrêter ou éliminer. Peu importe le terme que vous utilisez. <br /> Belpois hésita à répondre que son équipe ne donnait déjà plus aucun signe de vie depuis plus de vingt minutes. <br /> Mais il se tut. <br /> <br /> Elmira était morte. <br /> Rose la suivrait. Ou peut-être était-ce déjà fait. <br /> C’est ce que pensa Yumi en courant. <br /> Waylon et elle traversaient la prairie à toute vitesse, les jambes brûlantes, les poumons en feu. Derrière eux, les cris se succédaient, irréguliers, brisés. Les soldats de la Compagnie tentaient de suivre, mais quelque chose les rattrapait plus vite encore. <br /> La bête. <br /> Elle ne courait pas : elle dominait le terrain. Les hautes tiges, épaisses et mouvantes comme une mer végétale, réduisaient la visibilité à quelques mètres à peine. Chaque pas y devenait un piège. Chaque bruit, une condamnation. <br /> Le monstre, lui, voyait parfaitement. <br /> Il chassait. <br /> Ils atteignirent enfin une clairière sommairement dégagée où leur camp avait été installé la veille. Un rare espace ouvert, presque rassurant… en apparence. <br /> Mais à peine eurent-ils le temps de reprendre leur souffle qu’un hélicoptère surgit au-dessus d’eux. <br /> Une salve de tirs frappa le sol, soulevant terre et poussière. Yumi sentit la chaleur des impacts frôler ses jambes. <br /> Les soldats de la Compagnie arrivèrent ensuite, essoufflés, sales, nerveux. <br /> L’un d’eux, massif, couvert de sueur et de poussière, s’arrêta en premier. Il dégaina son arme avec une lenteur théâtrale, comme pour retrouver un semblant de contrôle. Deux soldates restèrent en retrait, leurs visages fermés, tendus. <br /> Puis l’hélicoptère repartit brusquement, abandonnant la zone. <br /> Ce fut pire. <br /> Un silence lourd tomba, immédiatement déchiré par un hurlement venu des profondeurs de la jungle. <br /> -C’est à cause de vous ! cracha le soldat. Vous ne sortirez pas d’ici vivants. <br /> La bête répondit. <br /> Le sol trembla. <br /> Waylon leva son arme vers les tiges mouvantes. <br /> Yumi, elle, n’avait plus rien. <br /> Puis tout explosa. <br /> Yumi courait encore. <br /> Son cœur frappait si fort qu’elle avait l’impression qu’il allait se fissurer dans sa poitrine. Chaque respiration était trop bruyante, chaque pas trop lourd. Elle sentait la présence de l’animal sans même le voir. <br /> Comme une pression derrière sa nuque. <br /> Elle n’avait pas d’arme. Rien. <br /> Et elle comprit qu’elle ne gagnerait jamais contre quelque chose qui ne doutait pas. <br /> La bête bondit. <br /> Les tirs éclatèrent. <br /> Le monde devint chaos. <br /> Yumi fut déjà loin lorsque les cris de Waylon s’éteignirent dans la végétation. <br /> Elle appuya sur sa montre avec désespoir, envoyant le signal comme une prière mécanique. <br /> Trois cents mètres plus loin, Musqué avançait à pleine vitesse. <br /> Le robot hybride, mi-organique mi-mécanique, traversait le terrain sans hésitation, comme s’il jouait une mission simple et joyeuse. <br /> Il sauta par-dessus le corps d’Elmira. <br /> Puis celui de Rose. <br /> Puis fonça vers Waylon. <br /> Yumi retenait son souffle. <br /> Le monstre hurla. <br /> Puis un impact. <br /> Touché. <br /> <br /> Soif. <br /> Yumi avançait péniblement. <br /> Chaque pas lui arrachait un peu plus de force. Son plastron était couvert de sang séché, collant, lourd, comme une seconde peau devenue hostile. La colonie apparaissait enfin au loin, noyée dans la lumière basse du coucher de soleil. <br /> Mais elle était encore trop loin. <br /> Elle longeait un champ, scrutant chaque mouvement, chaque ombre. Rien. Personne. <br /> La colonie devait être vivante, intacte, loin du chaos. <br /> William et Merie restaient introuvables. <br /> Et pourtant, elle avait l’impression que quelque chose la suivait encore. <br /> Toujours. <br /> Comme une patience animale. <br /> Soudain, deux enfants sortirent du champ. <br /> Ils s’arrêtèrent net en la voyant. Leurs visages se figèrent, mélange de peur et d’incompréhension. <br /> Yumi tenta de parler, mais sa voix se brisa. <br /> Puis elle s’effondra. <br /> Trou noir. <br /> Elle se réveilla. <br /> Ligotée. <br /> Dans son bureau de co-consul. <br /> Hank était en face d’elle, immobile, froid. <br /> -Du calme, dit-il. J’ai suivi les ordres de Belpois. Je n’ai pas le choix. <br /> Yumi comprit immédiatement qu’il ne regrettait rien. Qu’il savourait même cette position. <br /> -Où est Merie ? demanda-t-elle. <br /> Silence. <br /> -Vu le sang retrouvé… tu es probablement la seule survivante. <br /> Elle revit les corps. <br /> Et elle cria. <br /> Les heures passèrent. <br /> Puis le bruit des rotors. <br /> Un hélicoptère. <br /> Enfin. <br /> La porte s’ouvrit. <br /> William entra. <br /> Vivante contradiction de tout ce qu’elle avait cru perdu. <br /> Il la serra contre lui avec une force presque désespérée. <br /> -C’est fini, murmura-t-il. <br /> Une femme entra à sa suite, manteau sombre, posture assurée. <br /> -Roberta Giuliani, procureure. <br /> Elle annonça l’arrestation de Belpois et l’intervention d’urgence de l’UNOOSA. <br /> Yumi pleurait encore. <br /> Puis elle posa une dernière question, brisée : <br /> -L’animal… il est vivant ? <br /> William et Giuliani échangèrent un regard. <br /> -Il ne t’a pas suivie, répondit simplement Giuliani. <br /> <br /> <div> <div class="spoiler"> <span style="float:left;">Spoiler</span> <input type="button" value="Voir" style="width:80px;font-size:10px;margin:0px;padding:0px;" onclick="if (this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display != '') { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = '';this.innerText = ''; this.value = 'Cacher'; } else { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = 'none'; this.value = 'Voir';}"> </div> <div> <div class="spoiler_visible" style="display: none;"><span style="color: orange">Épilogue : Ce qui survit dans le vide / You brought a fire to a world so cold</span> <br /> <br /> L'autrice Élisabeth Delmas avait été placée en maison de soins. Au début, on parla de fatigue, de stress, de désorientation. Des mots rassurants. Administratifs. <br /> Mais très vite, les médecins durent changer de vocabulaire. <br /> Élisabeth ne dormait plus. <br /> Elle décrivait des couloirs qui n’existaient pas dans l’architecture de la maison. Des forêts qui s’infiltraient sous la peau des murs. Et surtout… des présences. <br /> <br /> On pensa à des récits reconstruits. Une mémoire contaminée par la folie de la fiction. Elle ne cessait parler de son ancienne école, d'élèves côtoyés. Elle voulait à tout prix retrouver un certain Ulrich Stern. Les médecins ne purent le localiser. Elle ne pouvait pas savoir qu'Ulrich, même avant d'être dévoré par une créature de l'Espace, ne pensait jamais à elle. <br /> <br /> __ <br /> <br /> <br /> La chute de la Compagnie interstellaire de Proxima dans les mains de l’UNOOSA a fait l’effet d’une bombe, tant sur cette planète, que sur Terre où les actionnaires, biberonnés aux dividendes, s’en voyaient privés. <br /> D’un coup, les Nations Unies, sans grand investissement, étaient devenus propriétaires de huit colonies, dont la riche (en proximarium) New Amsterdam mais également d’une flotte de vaisseaux spatiaux interstellaires. Cette clause « bombe atomique », comprise dans les contrats-cadres, fut sûrement la meilleure idée qu’eut un fonctionnaire new-yorkais, probablement mort à l’heure qu’il est. <br /> Mais déjà, les autres entreprises impliquées dans la colonisation craignaient le même sort et avaient revu leurs procédures internes, envoyant frénétiquement des messages à leurs employés, contremaîtres, managers, directeurs de services, rappelant la règle ultime : la transparence totale envers l’UNOOSA. Et elle était remerciée. Une enquête menée par les terriens avait levé le voile sur la colonie disparue de Croatoan, permettant le deuil des familles. Une plaque, listant tous les colons disparus depuis le début de l’exploration proximarienne fut érigée au centre de New Amsterdam et il fut demandé à ce qu’un monument similaire soit érigé dans chaque colonie, aussi petite soit-elle. Un culte héroïque dédié aux colons morts dans cette aventure était né et continuerait d’être valorisé afin d’unir les membres de la communauté autour d’une même valeur : la reconnaissance du sacrifice. <br /> De nouveaux investissements furent effectués à Lyoko afin de protéger la colonie de la bête. <br /> Caméras à détecteur de mouvements, barrières, armes. Tous ces équipements rassurait la population mais seulement en partie. Yumi, William et Merie savaient que l’animal n’en avait cure et que même un peloton de mercenaires ne lui faisait pas peur. L’idée de l’UNOOSA était également d’étudier l’animal grâce à de nouvelles expéditions scientifiques et des pièges. Tout ceci était évidemment grandement réalisé par des robots ou sous haute protection armées. <br /> <br /> Mais depuis l’attaque sanglante, l’animal ne s’était plus montré. Des scientifiques, dédiés entièrement à la recherche, vinrent rejoindre la population. Davantage de trappeurs furent envoyés dans la zone, quoique Sica eut disparu comme elle était apparue. Face à cet afflux de nouveaux travailleurs, les cultures sur place augmentèrent, ce qui pu être réalisé grâce à d’autres robots, fraîchement arrivés de la Terre. <br /> Orpheline, il fut proposé à Merie de rejoindre une école prestigieuse à New Amsterdam et disposant d’un internat. Du haut de ses neuf ans, elle refusa, désirant rester à Lyoko, là où étaient ses petites habitudes, ses souvenirs, ses amis et ceux qu’elle considérait comme ses nouveaux parents : Yumi et William. <br /> Ce dernier avait repris son travail de bûcheron et de milicien, surtout comme formateur. <br /> Même s’il n’avait jamais combattu l’animal, il pouvait au moins se targuer d’avoir survécu. <br /> En courant très vite, certes. Mais survécu quand même. <br /> Il lui arrivait de penser à Josseline. Était-elle au fond consciente et prisonnière de ce qu'elle faisait, dominée par un mal plus profond comme lui l'avait été par Xana, ou est-ce que toute humanité avait disparu en même temps que l'arrivée du parasite dans son organisme ? <br /> <br /> Yumi, quant à elle, fut remerciée par l’UNOOSA. Réception à New Amsterdam, petits fours, reconnaissance. On lui proposa également un poste dans l’administration onusienne ayant pris la place de la Compagnie interstellaire. Mais elle refusa. Sa place était à Lyoko, pour défendre la colonie aux côtés de William. <br /> Et justement, au sommet d’un arbre, la bête était là, à les regarder. Entaillée au visage et au torse, elle était encore plus laide. Elle descendit quelques branches, sauta de lianes en lianes et s’arrêta sur une petite falaise couverte de mousse dorée. Elle se glissa dans un interstice et rejoignit son nid fait de feuilles et de carlingues de modules d’exploration. À l’intérieur, un petit primate au pelage blanc se réveilla et se blottit contre sa mère, de retour de la chasse.</div> </div> </div> <br /> <br /> <div> <div class="spoiler"> <span style="float:left;">Spoiler</span> <input type="button" value="Voir" style="width:80px;font-size:10px;margin:0px;padding:0px;" onclick="if (this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display != '') { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = '';this.innerText = ''; this.value = 'Cacher'; } else { this.parentNode.parentNode.getElementsByTagName('div')[1].getElementsByTagName('div')[0].style.display = 'none'; this.value = 'Voir';}"> </div> <div> <div class="spoiler_visible" style="display: none;"><span style="text-decoration: underline">Liste des chansons</span> <br /> Prologue : Cette histoire que le temps n'a pas effacée <br /> Valentine - 5 Seconds of Summer 2018 <br /> <span style="font-style: italic">Jette les ballons, les ours en peluche et les éclairs au chocolat... Je n'ai que de l'amour pour toi, et je t'aimerai encore plus chaque jour.</span> <br /> <br /> Chapitre 1 : Le lore <br /> Feed Me - Mustii 2016 <br /> <span style="font-style: italic">Je veux en faire partie, je serai au sommet.</span> <br /> <br /> Chapitre 2 : Un ami perdu <br /> Just Keep Watching - Tate McRae 2025 <br /> <span style="font-style: italic">Vous n'y croyez pas ? Continuez simplement à regarder.</span> <br /> <br /> Fashion - Heidi Montag 2010 <br /> <span style="font-style: italic">Je suis, je suis trop fabuleuse <br /> Je suis tellement audacieuse que c'en est fou <br /> Je vis pour être mince comme un mannequin <br /> Habillez-moi, je suis votre mannequin <br /> J'adore Vivienne, habillez-moi. <br /> Gucci, Fendi et Prada. <br /> Valentino, Armani aussi. <br /> Madame les adore, ces Jimmy Choo <br /> La mode me donne tout <br /> Vous ne voulez pas me voir porter ces vêtements ? <br /> La mode me donne tout <br /> Je suis qui vous voulez <br /> Il me faut de nouveaux talons aiguilles <br /> Impossible de marcher dans la rue avec ceux-là <br /> On est ce qu'on porte, c'est vrai <br /> Une fille est aussi sexy que les chaussures qu'elle choisit <br /> J'adore Weitzman, habillez-moi <br /> Louis, Dolce &amp; Gabbana <br /> Alexander McQueen, eh-oh <br /> Merde, j'adore ces Manolo</span> <br /> <br /> Chapitre 3 : Destins liés <br /> Tell Me Why - Braaheim &amp; Now O Later 2023 <br /> <span style="font-style: italic">Fuyez, détournez-vous.</span> <br /> <br /> Chapitre 4 : Ils ne sont pas seuls <br /> High Voltage Queen - Ghinzu 2004 <br /> <span style="font-style: italic">La reine de la haute tension</span> <br /> <br /> Chapitre 5 : Sur les traces de Josseline <br /> Confident - Demi Lovato 2015 <br /> <span style="font-style: italic">Qu'y a-t-il de mal à avoir confiance en soi ?</span> <br /> <br /> Chapitre 6 : Une nouvelle perte <br /> 12 to 12 - Sombr 2025 <br /> <span style="font-style: italic">Je n'y suis absolument pas contraint.</span> <br /> <br /> Chapitre 7 : Ceux qui obéissent, ceux qui résistent <br /> All The Things She Said - t.A.T.u. 2001 <br /> <span style="font-style: italic">Je suis complètement déboussolée, je me sens acculée et pressée.</span> <br /> <br /> Chapitre 8 : Les survivants n'ont pas survécu <br /> I Was Made - Le Pedre &amp; VINAI 2020 <br /> <span style="font-style: italic">Tu ne peux pas te lasser de moi ?</span> <br /> <br /> Chapitre 9 : Ce que la jungle réclame <br /> Wonderwall - Oasis 1995 <br /> <span style="font-style: italic">Aujourd'hui sera le jour J.</span> <br /> <br /> Chapitre 10 : Clause de rupture <br /> Paladin Strait - Twenty One Pilots 2024 <br /> <span style="font-style: italic">Détroit de Paladin</span> <br /> <br /> Épilogue : Ce qui survit dans le vide <br /> Ocean Drive - Duke Dumont 2015 <br /> <span style="font-style: italic">Tu as apporté le feu à un monde si froid.</span> <br /> <br /> Bonus <br /> Goud - Bazart 2015 <br /> <span style="font-style: italic">Oh, je préfère aller vite en enfer que lentement au paradis. <br /> Oh, crois-moi, ici, toutes les fêtes durent une éternité.</span> <br /> (traduit du néerlandais - flamand)</div> </div> </div> Fanfictions Code Lyoko http://forum.codelyoko.fr//posting.php?mode=reply&t=9775 Minho Sat, 20 Jun 2026 12:07:03 GMT http://forum.codelyoko.fr/viewtopic.php?p=301703#301703