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 Auteur  Message
  Sujet: IMMU ALORS ON NE CONTINUE PAS LES CHOSE QUON A COMMENCER ?  
Tyker

Réponses: 1
Vus: 1270

MessageForum: Blabla de la communauté   Posté le: Dim 01 Nov 2020 00:56   Sujet: IMMU ALORS ON NE CONTINUE PAS LES CHOSE QUON A COMMENCER ?
Alors de 1 qu'est-ce que c'est que cette façon de s'adresser à une personne en créant un topic au titre accusateur et en majuscules ? De 2 si jamais tu as une question a poser à Immu tu vas sur le topic de l'IFSCL ou tu lui envois un MP, mais tu t'adresse à lui avec respect, il n'est pas ton chien. Et de 3 si je t'attrape à refaire une énormité pareille je te fiche en taule pour deux semaines.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]  
Tyker

Réponses: 48
Vus: 59854

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Sam 06 Juin 2020 23:17   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
Heath, Seth (et Xana), Aelita, Franz, Abigail, Drake, Thomas, le Docteur, Peter, Alister, Dragunov, Renarde, Dragonne, Corbeau, Tanner, Akuma, Légion et X.A.N.A. s'arrangèrent en haie d'honneur au milieu de la scène, et applaudirent avec force l'entrée de leur créateur. Tyker apparut enfin, Gauloise au bec, Flasque de Whisky frappée de l'insigne des francs-maçons à la main, beret Ted Baker sur la tête, habillé d'un maillot de l'OM et d'un jean acheté dans le marais. Le Joker du forum s'avança d'un pas serein en saluant ses créations de plusieurs clins d'oeil, avant de s'asseoir au bord de la scène.
Le Franco-Libanais tira une longue bouffée de sa gauloise, et avala une grosse rasade de Brandy avant d'enfin prendre la parole :


Hé bah putain... une aventure de 6 ans et demi (dont j'ai rattrapé presque la moitié en 3 semaines) qui s'achève enfin... C'est émouvant, et je mentirais si je disais que cette longue et chaotique fiction ne m'a pas énormément affecté en temps que personne. Au delà des longs et pénibles soucis de retard de parution que j'ai eu, j'avoue être néanmoins satisfait du résultat final. J'espère que vous le serez aussi qui que vous soyez. Sinon, bah tant pis pour vous Wink. Mais avant d'aller plus loin, je tiens à remercier ma correctrice attitrée: Ikorih !

Ladite Ikorih apparut à son tour, et essuya la pluie d'applaudissement des personnages de DSSLN et Pandémonium. Le torse gonflé d'orgueil, elle salua ses admirateurs, avant que Tyker ne la fusille du regard.

Dégage, c'est chez moi ici !

Ce qu'elle fit sans demander son reste. Le Joker avala une nouvelle rasade de Brandy avant de reprendre :

Où en étais-je...? Ah oui ! Pandémonium est terminée, ce qui signifie que Zéphyr et Icer recevront enfin des réponses à leurs interrogations, en relisant cette fic.
Parce que bon... Exagérez pas les gars, j'ai réécris le tout en 3 semaines, je mérite une mention spéciale, j'ai battu un record à coup sûr Cool .

Enfin, je tenais également à remercier tous mes lecteurs, anonymes ou non, votre nombre et vos encouragements furent des sources de motivation immenses pour aller au bout de cet ouvrage.
Pour ce qui est de l'avenir, j'ignore si vous me reverrez sur ce sous-forum. Mais sait-on jamais Wink .

Je terminerai par un mot d'encouragement envers tous les auteurs actuels ou futurs : Les commentaires servent à vous améliorer, et si pour ce faire il faut que vous vous fassiez défoncer, c'est un mal pour un bien, car les vôtres servent à améliorer les autres, mangez-les et tirez-en les enseignements adéquats Wink.

Sur ce...

Tyker se retourna, et remarqua que tous ses persos s'étaient honteusement fait la malle. Le Joker du Forum éclata de rire, finit sa flasque et sa cigarette, avant de quitter la scène après s'être incliné avec vantardise.

À Plus Laughing
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]  
Tyker

Réponses: 48
Vus: 59854

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 27 Avr 2020 23:53   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/61un9nIyu9L._AC_.jpg


Yo!

Alors déjà merci d'avoir prit la peine de répondre à mes doléances. Je m'en irai corriger et tout relire dès que j'aurai finis de te répondre Wink

Je vais juste m'arrêter sur un point:


Citation:
Comme le disait Ikorih, tu utilises ta ponctuation (les points surtout) d’une manière étrange, parce que créant des morceaux de phrase qui donnent un style haché et moins fluide à lire. Ce n’est pas grave qu’une phrase soit longue, hein !


Alors... De mémoire, et je ne jette pas la pierre... Je tiens cette sale habitude d'Ikorih.

Quel twist, hein? En effet, à l'époque où elle me corrigeait, elle supprimait mes virgules pour les remplacer par des points, ce qui m'a un peu embrouillé. Je pense qu'en réalité, le problème est résumé par cette phrase:

Citation:
En gros, il faut faire un choix : soit un enchaînement de phrases courtes évoquant des idées simples mais efficaces, soit une phrase longue qui développe une idée et une image plus précisément.


À l'époque, j'étais un adepte des phrases longues, je pense que c'était l'inverse pour Iko. Résultat ça a créé un méli-mélo sans queue ni tête. Je ne lui en tiens pas rigueur (ça serait franchement culotté), cela aurait, cependant, été plus clair si j'avais pu bénéficier d'un conseil de ce genre plus tôt. (Peut-être que c'était le cas et que je n'ai pas fais gaffe. Shocked Voilà pourquoi une relecture complète s'impose.)



Citation:
Ensuite, la virtualisation de Hopper et Aelita est présentée comme une décision prise pour faire face à l’explosion imminente de supercalculateur. Or, cette virtualisation constituait le « projet » de Hopper pour échapper à ses ennemis (il le dit noir sur blanc dans la dernière entrée de son journal). La surchauffe de la machine est un événement imprévu, et constitue une excellente idée pour justifier l’extinction du supercalculateur en l’absence d’un Xana antagoniste, mais attention à la façon de présenter les choses, si tu veux rester raccord avec le support de base !


Bon... Je pense que c'est effectivement un problème de présentation. Je vais y remédier.
Je doute sérieusement du fait que tout se passe le même jour, comme c'est présenté dans le dessin animé. Les 2546 RVLP, le journal enregistré et caché etc...

Citation:
En début de chapitre 5, il est annoncé pour Aelita : « La dernière fois qu'elle avait mit les pieds à l'école, c'était avant sa longue exile sur Lyoko. » (au passage, correction : « son long exil »). Dans l’épisode 90, Aelita dévoile que lorsqu’elle vivait avec Franz, elle était scolarisée par correspondance, donc à domicile.


Explication facile in coming...
Légion a modifié tous les souvenirs d'Aelita pour éviter qu'elle ne se souvienne de la trahison de son père, ou de sa précédente famille. Afin d'éviter qu'elle n'ait des cauchemars à propos des incidents survenus dans son collège à cause de Seth. Il a supprimé l'intégralité de ses souvenirs concernant les écoles. Et a remplacé le tout par une scolarité par correspondance. Lui comme moi, ne voulions pas nous emmerder Mr. Green

Citation:
La mise en scène des camarades de classe d’Aelita (dans le chapitre 5 surtout) n’est pas très convaincante, en particulier au niveau de la façon de parler. On a l’impression d’avoir affaire à des lycéens alors que, sur le papier, ils sont censés avoir 12 à 13 ans et être au collège.


Ça en revanche, je ne pense pas pouvoir y faire grand chose. Déjà parce que c'est du pur chipotage à mes yeux Mr. Green. Et surtout parce que je le préfère comme ça, et que mes années de collège ne m'ont pas suffisamment marqué pour que je puisse fournir un truc plus "cohérent".

Citation:
Serpent deuxième du nom qui est un cyborg. La fin de DSSLN prépare le terrain aux cyborgs, certes, et avec le recul, le prologue prend un autre éclairage, mais ne voir une mention au fait qu’il est un cyborg qu’au chapitre 9, alors que jusque-là ce n’était pas forcément évident (d’autant plus qu’avec Peter, on sait que l’Organisation a une certaine technologie pour la régénération des tissus humains)...


Il n'avait aucun goût, aucun odorat...
Bref, là je ne vois pas l'intérêt de balancer que c'est un cyborg, quand je peux disséminer des indices un peu partout qui éveillent la curiosité. Je ne l'ai révélé que bien plus tard, pour garder une part de mystère concernant ses rêves et les voix qu'il entendait dans sa tête.

Citation:
Peut-être est-ce moi qui suis un mauvais lecteur, mais je pense qu’il y a des moments où il faut être clair et net sur certains aspects dans un texte (surtout quand ceux-ci ne dépendent pas tellement de l’intrigue), histoire que tout soit clair dans l’esprit d’un lecteur psychorigide comme moi.


Je vois ce que tu veux dire... Je vais voir ce que je peux faire.

Citation:
Dans le virtuel du chapitre 9, les Kongres sont exploités pour surgir de l’eau et croquer ou attraper les mercenaires de l’Organisation afin de les faire sombrer dans la mer numérique. C’est typiquement le genre d’idée toute simple et sans prétention que j’adore voir (et qui sont présentes dans tes textes), dans la lignée de ton exploitation des monstres de Lyokô en prime. Cela étant, comment font les Kongres pour sauter aussi haut ? Le Noirsœur est stationné à hauteur du plateau de la Banquise, plateau qui, comme le montre le dessin animé, est située très haut par rapport à la mer numérique (ça doit au moins se chiffrer autour de plusieurs dizaines de mètres). Et à moins que le niveau de cette dernière n’ait été modifié (cf. épisode 55) afin de justement permettre ces sauts de poisson, j’ai un peu de mal à trouver l’exécution de cette bonne idée crédible.


J'ai oublié de préciser que la Mer numérique avait monté de niveau pour améliorer les chances de tuer, mais pas trop pour éviter qu'ils ne s'enfuient... Con que je suis...

Citation:
Le nom que Heath donne à son frère dans le chapitre 9 (Blake) est-il vraiment le nom original de celui-ci ? Vu que ce premier est signalé comme s’appelant originellement « Andrew Schwaitzer-Heath » dans DSSLN et qu’on n’y retrouve pas de Blake, je ne serais pas contre un éclaircissement ! (Même si je mise sur l’inattention personnelle sur ce coup.)


Alors non, "Alister" est bien le prénom de "Boulard". Mais "Blake" est le nom de famille de l'artiste qui a dessiné: "Le Grand Dragon Rouge et la Femme vêtue de Soleil". William Blake.
Alister a prit ce nom en son honneur.

Citation:
Ikorih avait déjà souligné ce point à quelques reprises, et je confirme : il y a quand même pas mal de clichés dans la romance entre Heath et Abigail, pour leur première nuit surtout. Si la mise en scène dans ton univers violent et fou est tout à fait original, dans l’exécution, il y a recours à des lieux-communs : les deux qui s’en tirent (c’est le cas de le dire) extrêmement bien (alors que l’un a 15 ans et n’était pas du tout tourné vers la chose jusque-là), certaines répliques (« À quoi tu penses ? »), ou moments (les « murs qui tremblent », s’endormir dans les bras l’un de l’autre après la passion). Tu nous avais habitués à plus original et mieux senti !



Abigail est aussi inexpérimentée que Heath, de base c'est une allumeuse qui tourmente les hommes. Hommes qui, généralement, l'ennuie ou la dégoûte terriblement. C'est vrai que c'est très cliché, mais je trouve que ça a son charme de voir deux persos qui n'y connaissent rien aux relations de coeurs se comporter de façon aussi banale et maladroite.

Citation:
*Je ne suis pas contre que tu m’expliques comment il a pu s’en sortir, compte tenu de sa position nouvelle et importante au sein de cette section de l’Organisation.


Il n'était pas là...
Ouais je sais c'est facile Mr. Green

Citation:
Ce point se ressent particulièrement parce que l’Organisation essuie échec sur échec et qu’il ne semble y avoir aucune réaction du côté des instances supérieures. Le pire à mes yeux étant les explications de Dragunov, qui est assez étrangement passé entre les mailles du filet de l’attaque des bâtards* : « le Projet Carthage était mort, le département virtuel détruit et fermé pour de bon ». Donc, l’Organisation laisse passer la destruction d’une de leurs bases, de ses installations et des hommes y siégeant par un petit groupe armé sans réagir ? Ça me semble un peu difficile à avaler quand on prend on considération ce qui a été décrit et sous-entendu dans DSSLN.


Je vais améliorer ça.

Citation:
Or, ce n’est pas l’impression que m’avait donnée le texte précédent (je vois mal les 3 zigotos du conseil laisser Tanner en roue libre, du moins sans leur rendre de comptes).


C'est Peter, au travers de sa fortune personnelle, qui finance le département virtuel de Tanner. Les autres se foutent éperdument de cette section car ils n'y connaissent rien, et attendaient surtout de voir les résultats des courses pour déterminer si leurs scientifiques étaient employés à bon escient.

Citation:
Par ailleurs, il est assez surprenant que les bâtards soient techniquement aussi avancés par rapport à la section virtuelle de l’Organisation (j’entends par là leur maîtrise du virtuel et de ses possibilités sur Terre). Pourtant, leurs technologies ont la même base (les travaux initiés par le Docteur), mais surtout au sein de l’Organisation il y a toute une équipe de recherche, là où les bâtards se comptent sur les doigts de la main et ne semblent pas être du niveau d’un Tanner sur le clavier (Abigail semble se débrouiller, mais sans être transcendante non plus, du moins c’est mon impression).


Là encore, une relecture de ma part afin de préciser ces points pourrait servir...
Je vais t'expliquer ici du coup: Les bâtards sont le plan de secours du Docteur. Pour le cas ou on chercherait à se servir de sa technologie contre lui. Ou si jamais il jugeait nécessaire de retirer tout accès à la virtualité à l'Organisation, afin d'éviter qu'ils ne déclenchent une WW3. Ils les a pleinement équipés et entrainés de lui-même.

Citation:
J’ai un peu de mal à saisir l’utilité, sur le long terme, de la séquence qui s’est jouée en Heath et Drake. Les deux personnages ne se confrontent plus vraiment par la suite, du coup, qu’est-ce que le fait de dire que Drake éprouve une fascination de type mystique envers Heath apporte à l’économie narrative de ton histoire ?


L'intérêt vient à la mort de Drake. Son discours avant sa mort est TRÈS inspiré de celui de Jacques de Molay lorsqu'il fut brulé vif par Philippe le Bel.
Cela ne visait qu'a accentuer le côté religieux de la fiction.
Cette fiction ce nomme "Pandémonium" pour une raison, le Pandémonium étant le repaire du chaos et des démons.

Heath est Abaddon le Destructeur, le chef des démons de la 7ème Hiérarchie.
Drake est la Foi aveugle et le Fanatisme pur, qui justifie chacune de ses actions par un devoir divin.
Abigail est une Succube, démone de la luxure.
Seth est un ange, innocent et corruptible.
Alister, le Dragon Rouge de l'Apocalypse.
Thomas est... bon... de base c'était supposé être celui qui se retrouvait au milieu de tout ce merdier par défaut, et non par choix. L'homosexualité ayant été diabolisée par les chrétiens, malgré le fait qu'elle soit aussi naturelle que le reste de la Vie.
X.A.N.A. et Franz sont deux interprétations différentes du Diable.
L'une est le mal incarnée, l'autre un ange tombé en disgrâce.
Peter est le serpent corrompu qui jure allégeance à l'entité qui lui confère le plus de pouvoir.
Légion représente la Nature et l'Évolution. Il se contente au début de suivre le mouvement, avant de reprendre ses droits.
Aelita est l'innocence et la pureté, qui détenaient finalement les clés de la victoire.


Citation:
Au chapitre 21, il est dit par Légion : « il y a 1239 unités prothéennes présentes ». S’il s’agit bien du nombre d’unités tel qu’initialement présenté, il y a eu entre temps, au chapitre 16, le sacrifice de 200 d’entre elles afin de permettre à Seth de surmonter sa crise. De fait, ne devrait-il plus n’y avoir que 1039 unités au chapitre 21 ?


Bloody Hell... voilà ce qui arrive quand on disparait des radars pendant plus d'un an...

Citation:
La prise d’importance soudaine d’Aelita au cours de la bataille finale se place aisément dans la liste des idées géniales de l’histoire. Néanmoins, cette importance est justifiée par sa possession des clés de Lyokô. Or, Franz est également censé les posséder (cf. son journal de l’épisode 52). À moins qu’il n’ait sciemment caché cet élément à Xana la Banshee, ce qui serait un peu étonnant vu la tournure du personnage, comment cela se fait-il que Xana n’aille tout simplement pas au plus simple en se servant chez Franz ?


Je pensais que c'était clair...
Franz a effectivement donné les clés de Lyoko a X.A.N.A., Légion les a modifiées en se servant de celles d'Aelita. Emprisonnant ainsi X.A.N.A. qui se retrouvent avec des clés inutiles (celles de Franz), car elles ne correspondent plus.

Citation:
Puisque l’on est sur Aelita : il est écrit dans la toute dernière section du chapitre 21 que Légion « efface son programme mémoriel ». Ne serait-il pas plus juste d’utiliser le verbe « extraire » au lieu d’« effacer », compte tenu que, comme la fin et l’épilogue le laissent entendre, Aelita finit par retrouver une partie de ces fameux souvenirs ?


... Bon point, je vais corriger ça.

Citation:
Et surtout, l’épilogue sous-entend que Heath et compagnie ont laissé en plan les installations de l’usine, sans surveillance, pour aller vivre leurs vies. Si leur jeunesse permet de jouer la carte de la légèreté et de l’irresponsabilité, ça me semble un peu gros au vu de l’intelligence présumée du personnage principal.


Ils en avaient surtout plus rien à foutre. Ce ne sont pas des héros comme les Lyoko guerriers.
Je sens venir la remarque: "pourquoi Abigail n'en a rien à foutre si son père lui avait donné comme consigne de détruire tous les SC."
Son père lui avait demandé de détruire tout SON travail, afin d'éviter que l'Organisation ne se repaissent de son héritage (c'était quelqu'un de très fier), et ne foute la merde dans le Monde en déclenchant une WW3.
Abigail se fiche éperdument de ce SC, et est reconnaissante envers Légion pour sa contribution dans leur victoire. Elle confie donc le reste au Prothéen. Car de son point de vue: Aelita ayant disparue, X.A.N.A. n'a aucune chance de s'échapper.

Citation:
L’épilogue est un peu décevant je trouve. Il ne fait le point que sur les personnages de Heath et Aelita, en omettant le reste du casting. La discrète référence à Abigail permet de subtilement faire les liens, mais quid des autres personnages survivants : Thomas, Mathilda et Seth ?


Alors pour Mathilda et Seth:

Spoiler


Pour Thomas, comme je l'ai expliqué plus haut, il est là par défaut. Je pense pas que ça intéresse grand monde de savoir ce qu'il est devenu.

Citation:
(Et puis, tu étais un des rares à utiliser Anthéa un peu plus que dans un rôle de figuration dans tes textes, d’où ma déception et mes attentes je présume.)


Je ne pensais franchement pas qu'on considèrerait X.A.N.A. comme un rôle de figuration. oO

Citation:
Tant que je suis sur Légion : alors qu’il est venu sur Terre pour « observer », on sent tout de même qu’il y a un biais d’objectivité. Heath est glorifié à ses yeux alors que Franz n’est qu’une raclure. Sa remarque sur le fait que ce dernier « reste derrière son écran pendant que les autres se battent » témoigne tout de même d’un défaut d’observation de sa part. Il est quand même précisé à quelques endroits que Franz renforce la sécurité de Lyokô et travaille à des programmes pour améliorer les conditions de défense. C’est assez hypocrite de la part de Légion de dire qu’il se contente de s’asseoir et admirer le spectacle (en fait, c’est le même genre de remarque que les fans pouvaient faire à Jérémie Mr. Green).


Légion est très humain, même s'il ne s'en rend pas compte. Mr. Green
Quant aux faits que Franz "renforce la sécurité", contrairement aux autres persos, Légion sait qu'il ne le fait que par crainte envers sa propre personne. Suite à la paranoïa dû aux tourments de son frère. Et non pas en essayant de protéger son Monde ou les prothéens.
C'est très hypocrite, en effet, car Légion ne pense pas une seule seconde à l'intégrité mentale de son Créateur. Mais le fait qu'il le considérait comme un Dieu, et de voir qu'au final il n'est rien de plus qu'une âme en peine l'a beaucoup déçu.
Pour ce qui est du fait que Franz soit une raclure: c'est une accumulation de difficultés qui ont finit par avoir raison de lui, et surtout le fait que personne ne prenne le temps de s'occuper de lui. J'avoue que je n'ai pas vraiment fait gaffe aux faits que c'était tj les adultes qui en prenaient plein la gueule...


Citation:
Pour moi, en fiction, il ne suffit pas de dire une chose pour lui donner corps, il faut le montrer. Et tu as manqué cette étape : pourtant l’idée de la dégénérescence était idéale pour mettre ça en mots. Du coup, quand au chapitre 20, Heath sort fièrement sa tirade sur Seth qui est « un frère qui vaut la peine de se battre pour lui », bah je n’ai pas pu m’empêcher de rire et de ne pas trouver ça crédible. Ce qui fonctionne au niveau de Seth (il est naïf et prend les choses aux premier degré, donc le fait qu’il soit à fond dans l’histoire des frères passe) ne fonctionne pas pour Heath.


Je vois très bien ce que tu veux dire... Je vais arranger ça. Et combler ces fameux "trous" entre mes persos.

Bref, merci pour ton très long com, Zéphyr! Dommage que je n'ai pas pu bénéficier de tes conseils plus tôt, mais au moins je vais rattraper le coup avec les points que tu as soulevés. Wink
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]  
Tyker

Réponses: 48
Vus: 59854

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Sam 25 Avr 2020 06:51   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
Bon, bah en attendant Zéphyr et Icer on va répondre à Iko. Mr. Green

Citation:
alors certes il aura fallu deux semaines sans com' pour qu'elle se décide à revenir mais eh, tu n'es aucunement placé pour critiquer !


"Aucunement placé pour critiquer"?
Toi tu es en revanche parfaitement placée pour être critiquable
"Première Secrétaire du Pôle Fanfiction". Razz
Mais comme tu es une de mes plus ferventes lectrices, et ce depuis DSSLN et l'une de mes anciennes confidentes. (Toutefois avant que je ne parte en vrille) Je ne me permettrai, en aucune façon, d'émettre la moindre critique. Tes commentaires étant toujours les bienvenus. Wink


Citation:
Les affrontements virtuels, quand j'y pense, n'ont jamais été ma grande passion, que ce soit à lire ou à écrire, du coup le problème ne vient pas forcément de ta fic, je laisserai le soin à d'autres de trancher à ce niveau là.


Je détecte un mensonge (ou en tout cas une omission), les affrontements virtuels ayant été ta grande passion lorsque tu rédigeais "Abysses", ou tout cas ton point fort, souligné par Icer.

Citation:
Tant que j'y suis, AAAAH PUTAIN ta syntaxe m'a vraiment fait mal par moments :x


Alors... Je vais pousser un coup de gueule...:
Ça fait des années que vous me dites que ma syntaxe à un (ou plusieurs) soucis, ça vous tuerait de développer un tantinet? Histoire que je m'améliore? Je sais pas, des exemples? Des règles de grammaire non-respectées par moi-même, précisément citées?

Citation:
Abigail s'y est même mise en changeant de nationalité, c'était Drake l'écossais dans toute cette histoire, pas elle !


OUCH! QUEL ABRUTI je suis!
Bon... Au moins j'ai corrigé ces petites conneries. (a) Merci à toi Wink


Citation:
Déjà, gg pour avoir fini, c'est un bel accomplissement en soi parce que clairement c'était pas gagné héhé. Rares sont ceux qui ont réussi à revenir vivants de tels délais de parution


Fallait bien que je me distingue d'une quelconque façon. Rolling Eyes

Citation:
La grande thématique transversale était donc la famille. C'est vrai qu'elle était annoncée assez cash dès le début, mine de rien, entre Franz, Abigail et Seth qui appelle Heath "grand frère"...et j'applaudis d'ailleurs l'unité de thème parce qu'on le retrouve vraiment partout, jusque dans l'intrigue secondaire avec Belpois. Je trouve que ça tranche assez avec DSSLN, où c'était globalement "Serpent en roue libre go"


Alors... Je vais développer un peu:

Andrew aka, Serpent, aka Heath. Je l'ai créé sur un coup de tête en m'inspirant d'un chapitre de "Cherub".

Au final il s'est accroché à mon imagination et a continué d'évoluer au fur et à mesure que ma vie elle-même évoluait. Au fond, j'admets avoir un certain attachement pour ce perso qui va au-delà de la simple relation de créateur et création.

Citation:
Je trouve d'ailleurs ça extrêmement ironique que le mec qui s'est fait connaître pour son style à base de BEAUCOUP de sang nous boucle une histoire dont la morale c'est "La famille c'est bien <3".


Je vais me permettre de développer cette ironie en faisant un parallèle avec moi-même;

À la base, DSSLN avait deux objectifs: Assouvir ma soif de sang totalement incontrôlable, et écrire une fiction que TU (je n'invente rien) m'a encouragé à écrire.
Cette histoire s'est étalé en deux fictions et sur 6 ans. Autant dire qu'il aurait été difficile de ne pas la laisser être impacté par mon expérience vitale. Ma famille ayant eu un grand rôle à jouer ces dernières années.


Citation:
La scientifique que je suis tient à souligner que les trous noirs ne détruisent a priori rien...ce sont juste des objets trop massifs pour que la lumière puisse s'en échapper, mais l'image qu'en a la fiction est assez faussée. Leur champ gravitationnel décroit assez vite quand on s'en éloigne. Enfin je ne suis pas physicienne maiiis...8D


Tanner, le Docteur, Abigail, X.A.N.A., Hopper et même Légion acceptent ton explication.

NEXT!

Citation:
Je terminerai mon commentaire sur un élément essentiel : ce final a buté un total de trois petits frères (Drake, Allister et Seth, ce dernier ayant peut-être été un peu skip par Heath d'ailleurs, après je comprends la volonté de ne pas alourdir parce que les persos sont déjà en mode déprime et c'est compliqué de faire monter les enchères, mais on en fait pas du tout mention). On sait tous que la fiction est un exutoire formidable, pas besoin de chercher très loin pour comprendre les pulsions meurtrières que tu as à l'endroit de ce type de personnes...


À quel Moment? Et dans Quel Univers? As-tu vu Seth MOURIR?
Je pensais que le fait que j'insistais sur son visage en pleine recomposition indiquait clairement sa survie... Guess I was wrong....

Citation:
Tout ceci étant plié, je n'ai plus qu'à avoir recours à l'art du teasing...


AH PUTAIN! Tous les jours j'actualise ma page du forum pour voir les résultats des courses... Qu'est-ce qui faut que je fasse? Faut que je file un autre DARKRAI à Zéphyr? Neutral

Bref... Merci pour ton com Iko Wink On se reverra sur skype ou sur un futur OS.
  Sujet: [Fanfic] Du Sang sur la Neige [Terminée]  
Tyker

Réponses: 63
Vus: 69075

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 14 Avr 2020 01:29   Sujet: [Fanfic] Du Sang sur la Neige [Terminée]
Hé bah, je m'attendais pas à recevoir deux coms de plus sur cette fiction. En particulier Zéphyr que j'ai très rarement vu commenter mes textes sans contrepartie (je vais y revenir).

Icer:

Citation:
Dans le chapitre 4, lorsque Mathilda se virtualise pour commencer à éduquer Seth, Tanner évoque un décalage d'écoulement du temps entre le réel et le virtuel. De fait, est-il vraiment crédible qu'ils puissent continuer de parler tranquillement si le temps ne s'écoule pas de la même façon entre les deux mondes ?


C'est Tanner qui contrôle le décalage, j'avoue que le monde virtuel sur lequel il a envoyé Mathilda et Seth est un genre de salle de l'esprit et du temps. Wink

Citation:
mais le combat suivant a prouvé que l'auteur était en totale roue libre à ce moment là Laughing


*jette un coup d'oeil au chapitre 5*

Ouais, complètement. Shocked



Citation:
Le style Tyker, loin d'être mauvais, se ressent clairement dans ce scénario original qui n'est sans doute que prétexte à mettre en scène des massacres de masse, mais bon, l'important c'est de participer.


Les 10 premiers chapitres c'est totalement ça. ^^'

J'ai corrigé la faute de ponctuation et rétabli la bannière. Thanks.



Zéphyr:


Citation:
J’avoue être là pour les mêmes causes qu’Icer (même si initialement, je pensais plutôt à faire d’une pierre deux coups, mais maintenant que ce topic est up...), avec une petite subtilité en prime : je n’avais pas lu le dernier chapitre à l’époque ! Ou alors je ne m’en souviens pas, mais ça m’étonnerait. Procrastination ou manque de professionnalisme, allez savoir.


Je dirais plutôt absence de pot-de-vin, étant donné que la dernière fois que j'ai voulu ton avis en commentaire j'ai dû te refiler un darkrai... Bon je maitrisais le bug de diamant donc j'en avais trois, c'était pas vraiment cher payé...
Mais bon, quand on sait qu'à l'époque j'ai dû compléter le pokédex de Shaka parce qu'il était un très mauvais négociateur (les juifs ne sont plus ce qu'ils étaient)... c'est excusable Mr. Green

Citation:
Malgré les années, je persiste à penser que lorsque la machine génératrice est éteinte, la connexion au réseau est rompue et le monde virtuel disparaît de ce dernier. Enfin bon, il y a l’épisode 1 de CLE qui corrobore ta version (Mr. Green), et puis il aurait été dommage de se priver d’excellentes séquences virtuelles !



Heu... On va dire que tu penses mais que tu ne peux savoir Mr. Green

J'avoue, avec le recul c'était surement pas la meilleure solution. Je vais essayer de trouver une autre idée.


Citation:
Ensuite, je reviens sur la possession de Mathilda lors de l’attaque de Xana. Comment en est-il capable ? Dans la série originale, la possession d’un être humain ne devient possible qu’avec des retours vers le passé supplémentaires, qui permettent d’augmenter la puissance du supercalculateur et de rendre la manœuvre faisable. La seule piste que je vois est que Franz est de la partie, donc qu’un petit cheat code a été effectué (même si virtuellement...). Bref, ça ne coûte rien de demander.


Tu trouvera les réponses à tes questions au début de Pandémonium, et un peu à la fin aussi.

Merci pour vos coms les gars, on se revoit sur Pandémonium. Cool
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Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 30 Mar 2020 11:54   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
Épilogue: La Chaîne




Aelita émergea du pays des songes avec une migraine abominable, elle jeta un coup d’oeil à son réveil.
- Dix heures treize, heureusement qu’on est dimanche.
Lentement, la princesse de Lyoko se glissa hors de sa couette, et prit la direction des douches. L’avantage de se réveiller tard un dimanche, c’était qu’elle n’avait pas à poireauter des heures que Sissi ait fini de se pomponner. Elle pénétra dans une cabine de douche, se déshabilla, et laissa l’eau chaude couler le long de sa peau.
Ce rêve qu’elle avait fait, était de loin le plus abominable de tous ses cauchemars. Toutes les créatures qu’elle y avait vues étaient horribles, tous les bruits qu’elle avait entendus la faisaient encore trembler. Et pourtant, ce rêve avait si bien commencé.
La jeune fille ne remarqua pas la larme qu’elle laissa échapper en se remémorant le fruit de son imagination, celle-ci se mêla à l’eau de sa douche qui ruisselait sur son visage.

La scène se déroulait dans le jardin d’un luxueux château situé au sud de la Franche-Comté. Il faisait bon, le Soleil brillait juste assez pour en profiter sans avoir à mettre des lunettes. Ils étaient tous là, tous, même si elle ignorait qui ils étaient.
Tous installés autour de leur table pour déguster un vrai repas de famille, celui dont elle avait toujours rêvé. Aelita rigolait avec une jeune fille de son âge aux cheveux châtains. Un rouquin à la figure balafré essayait d’enseigner le catéchisme à un joli garçon aux yeux rouges qui posait toujours les questions qu’il ne fallait pas. Un jeune homme à l’air sévère réprimandait un garçon de l’âge d’Aelita sur sa manière de se tenir à table, sous le regard d’un drôle de bonhomme dépourvu de pilosité faciale qui ne voyait pas en quoi ce que cette personne qualifiait de bonnes manières étaient « bonnes ».
La jeune femme la plus belle qu’Aelita ait jamais vue, était installée aux côtés d’un jeune homme au visage sombre. La rouquine lui faisait gentiment du pied tout en l’asticotant comme elle adorait le faire pour voir son visage grognon. Jusqu’à ce qu’il ne finisse par l’embrasser pour la faire taire, et que toute la table se mette à les bombarder de mie de pain en leur suggérant avec véhémence d’aller se trouver une chambre.

Des protestations auxquelles les deux amoureux n’étaient pas réceptifs, et leur baiser continuait de la remplir de bonheur, jusqu’à ce que leurs bouches ne se remplissent soudain de sang. Et qu’ils s’écroulent au sol tout en rendant leur dernier souffle.
Chacune des personnes présentes autour de la table y passa, un à un, ils vomirent près de deux litres de sang, avant de s’affaler comme les cadavres qu’ils étaient devenus.
Aelita fut la seule survivante, elle pleurait, hurlait, suppliait les personnes qui l’entouraient de se réveiller. Mais la seule réponse qu’elle obtint fut les éclats de rire déments d’un monstre au corps de serpent, et le rugissement d’une créature mi-homme mi-dragon.
Elle n’avait repris conscience qu’après que ces démons l’aient déchirée en deux en se disputant sa chair. Et alors qu’elle se séchait, la jeune fille eut toujours ce sentiment désagréable d’être incomplète.
Décidant qu’elle avait besoin de changer d’air, elle enfila ses vêtements, enfonça les écouteurs de son lecteur MP3 dans ses oreilles, et sortit marcher un peu.
Il faisait encore bon en ce début d’automne, et elle n’avait aucune envie de rester dans sa chambre pour se remémorer son cauchemar.
Tout en approchant des portes du collège Kadic, elle parcourut sa playlist pour choisir le son qui l’aiderait à penser à autre chose.
Elle opta pour un morceau qu’elle avait elle-même mixé, et se mura dans ses pensées.
« Je devrais peut-être renoncer à l’intégrer à mon album. » Songea-t-elle en se laissant bercer par la musique.

Aujourd’hui encore, elle se demandait comment elle avait pu pondre un morceau aussi sombre que « La Folie du Serpent ». Elle l’avait fait écouter à Odd et Ulrich, et avait réussi en quelques notes à ruiner leur moral pour la journée.
Même Yumi, qui avait pourtant un goût prononcé pour la noirceur, l’avait promptement remercié en lui rendant son Mp3 après seulement quinze secondes.
Aelita ignorait d’où lui était venue l’inspiration pour un tel morceau, elle l’avait mixé un soir alors qu’elle n’avait rien d’autre à faire que de contempler les étoiles. « La Folie du Serpent » avait le don de terrifier chaque personne qui l’écoutait, mais pour une raison qui lui échappait, Aelita trouvait cette musique rassurante.
Cette sombre mélodie la plongeait dans une transe enivrante, lui donnant ainsi le sentiment qu’elle avait un ange gardien, ou plutôt un démon qui veillait sur elle.
Elle fut si absorbée par sa musique, qu’elle manqua de percuter le lampadaire qui était sur sa route. Mais une main surpuissante la préserva de ce triste sort en la saisissant par le col de sa robe.

Par réflexe, Aelita cria de détresse, avant de réaliser que le bout de son nez frôlait le métal froid qui composait l’obstacle qu’elle avait failli déguster.
- Il faut regarder où l’on va si l’on veut éviter les accidents, dit une voix sévère.
Un frisson parcourut le dos de la jeune fille, et un profond sentiment de honte l’envahit au point qu’elle rougit de sa propre maladresse.
- Excusez-moi Monsieur, dit-elle en se tournant vers son sauveur. Merci pour votre aide.
- Ce morceau doit être sacrément enivrant pour vous faire oublier de regarder devant vous.
Surprise par la remarque, Aelita releva la tête, et croisa le regard bleu acier d’un jeune homme d’environ 25 ans muni d’un long manteau noir et d’un sourire étrangement apaisant.
- C’est un morceau que j’ai moi-même mixé, avoua-t-elle à mi voix.
- Vraiment ? Dans ce cas puis-je l’écouter ? Histoire de pouvoir dire à mes enfants que j’ai sauvé une star.
Aelita rougit face à ce compliment. En temps normal, elle n’aurait pas adressé la parole à un inconnu. Mais celui-ci l’avait préservée d’un sacré mal de tête, et l’elfe avait le sentiment qu’elle lui devait au moins cela.

Elle déposa l’un de ses écouteurs dans la main gantée de son interlocuteur et attendit patiemment que celui-ci lui donne son avis.
- Tranchant, précis, mortel et étonnamment subtil, finit-il par répondre en lui rendant son écouteur. Rares sont ceux qui peuvent apprécier ce genre de musique, plus rares encore sont ceux qui savent la créer. Beau travail.
La princesse de Lyoko sentit un sentiment de fierté gonfler sa poitrine, elle gratifia son bienfaiteur d’un sourire reconnaissant.
- Merci beaucoup Monsieur.
- Merci à vous de m’avoir fait écouter cette petite merveille. Prenez soin de vous.
Sur ses mots, il rendit son Mp3 à Aelita et continua sa route les mains dans les poches. La princesse de Lyoko inséra de nouveaux ses écouteurs dans ses oreilles, et poursuivit son chemin en balançant doucement sa tête rose au rythme de la musique.
Le jeune homme la regarda s’éloigner paisiblement, tout en pensant tout haut ce qu’il savait déjà.
- C’est elle.
"Sûr à 100%", répondit la voix d’Intelligence. Que vas-tu faire ?
- La laisser tranquille. M’est avis qu’elle n’apprécierait nullement mon univers. Elle a bien mérité un peu de paix.
Heath Lancaster sortit alors son téléphone portable de sa poche, et déchiffra le message que lui avait envoyé son épouse.
« Alors ? »
L’allemand poussa un profond soupir, tout en inscrivant sa réponse.
« Fausse Alerte. »
Il éteignit son téléphone, et héla un taxi. Il avait un avion à prendre.


18 heures plus tard, 14 h 34, Campagne Néo-zélandaise Sud.


La douce mélodie de la sonnerie de fin de cours résonna à travers la salle de classe, un éventail de quarante élèves aux origines très différentes remercia gracieusement son professeur pour son cours, et s’échappa à toute hâte afin de profiter de la récréation.
L’enseignant, qui n’avait pas l’air d’avoir plus d’une vingtaine d’années, les observa tour à tour quitter la classe en se chamaillant et en rigolant. Il esquissa un sourire satisfait, et prépara ses affaires pour son second cours.
- Professeur Seth ? appela timidement une jeune fille d’une dizaine d’années. Je peux vous parler un moment ?
Ledit professeur releva la tête, et gratifia son élève d’un sourire rassurant.
- Bien sûr Evelyne, qu’y a-t-il ?
La jeune fille d’origine éthiopienne se balança nerveusement d’un pied à l’autre. Le professeur Seth était de loin son enseignant préféré, principalement parce que c’était lui qui l’avait trouvée et amenée dans cet orphelinat et internat. Cependant, elle éprouvait toujours un sentiment de malaise lorsqu’elle souhaitait lui adresser la parole. D’une part, parce que celui-ci était beau comme un Dieu, mais d’autre part, parce qu’elle craignait de lui faire perdre son temps. La jeune fille aux cheveux blonds prit néanmoins son courage à deux mains, et osa demander à son professeur :
- Hé bien… J’ai du mal à comprendre quelque chose… Hier j’ai loué un livre à la bibliothèque sur le sens de la vie, et je n’ai pas compris. Vous pouvez m’aider ?
Le mutant réprima un éclat de rire amusé, avant d’inviter l’enfant à venir s’asseoir sur ses genoux, ce qu’elle fit.
- Nous avons tous une définition assez particulière du sens de la vie, expliqua-t-il en décrochant sa montre à gousset de sa poche. Pour la simple et bonne raison que nous avons tous une vie différente, et que chacune aura le sens que nous lui accorderons. Je ne peux pas répondre à ta question, car tu es la seule à pouvoir trouver la réponse qui te conviendra le mieux. Mais je peux te montrer ma réponse à moi si tu veux.

Faisant de son mieux pour contenir son excitation, la jeune fille hocha nerveusement la tête. Le mutant déposa alors sa montre à gousset sur son bureau, son élève déchiffra les initiales gravées dessus : S.L.V.
- De mon point de vue, la vie est une chaîne, la longue et interminable chaîne de l’Évolution.
Joignant le geste à la parole, le mutant tendis la chaînette qui reliait la montre à l’agrafe.
- Nous sommes chacun un maillon de cette chaîne, dit-il en pinçant l’un de ces dits maillons entre ses doigts. Nos vies à nous sont limitées, mais notre descendance assure la continuité de la vie pour l’éternité. C’est pour cette raison que l’altruisme restera à jamais notre plus grand allié, car il nous permet d’avancer tous ensemble, tandis que l’égoïsme est notre pire ennemi, car les objectifs liés à celui-ci s’arrêteront avec notre mort.
Sur ses mots, et après avoir promené ses doigts le long de la chaînette, il appuya sur le bouton d’ouverture de sa montre.
- Le temps, reprit le professeur alors que son aiguille tournait nerveusement. Est la seule chose au Monde qui soit éternelle, c’est pour cette raison que la vie est si importante; car elle prépare les générations futures au travers des nombreuses épreuves que toi et moi nous parcourrons, afin qu’ils puissent bénéficier des leçons que nous avons apprises au cours de nos existences, et qu’ils pourront transmettre à leur tour.
- C’est pour ça que les adultes font des enfants ? demanda la blondinette le regard aussi curieux que fasciné.
- C’est une des raisons, admit Seth. Bien que tout le monde ne se rende pas compte de l’importance de leur héritage génétique. Mais il y a bien d’autres moyens de transmettre aux générations futures.
- Ah bon ?
- Mais oui ma petite élève, rit le mutant en lui tapotant le nez. Que crois-tu que je fais lorsque je viens m’asseoir sur ce bureau tous les jours pour vous transmettre mes connaissances ?
Une lueur de compréhension explosive scintilla dans les yeux de la blondinette, elle fixa son enseignant d’un regard admiratif.
Ce dernier lui sourit tendrement.
- N’oublie pas que cela, c’est ma théorie, et la raison de mon existence à moi. Tu dois t’en inspirer, et non l’imiter, sinon tu n’iras jamais plus loin que moi.
Revigorée par une confiance en soi qu’elle ne se connaissait pas, Evelyne se jeta dans les bras de son enseignant.
- Merci professeur Seth, sanglota-t-elle en s’étranglant avec sa propre reconnaissance.
L’enseignant lui massa tendrement le dos, et lui rendit son étreinte, avant de jeter un coup d’oeil à sa montre.
- Tu devrais filer, et réfléchir à ce que je t’ai dit quand tu auras une minute de libre. Je doute que le professeur Abigail apprécie que tu rêvasses durant son cours.
Ce rappel brutal à la réalité fit sortir la jeune fille de ses émotions, et alors que la sonnerie retentissait une nouvelle fois, elle salua son professeur à la hâte, et fila à toute vitesse vers la salle de son prochain cours.
- Pas mal comme leçon, fit remarquer une voix amusée dès qu’Evelyne eut disparu de son champ de vision.
Mathilda, affublée d’un corps de chair et de sang en bonne et due forme, observait le mutant depuis le seuil de sa salle de classe.
En effet, Heath ayant catégoriquement refusé de vivre avec une deuxième voix dans la caboche, s’était empressé d’aller kidnapper une jeune fille au physique convenant parfaitement aux goûts de la demi-soeur d’Aelita. Quelques recherches et manipulations effectuées à l’aide du super calculateur des bâtards du Docteur avaient permis, après un mois de travail, d’insérer définitivement la conscience de la fille d’Anthéa dans son nouveau corps.
- Bonjour Mère, sourit le mutant. Vous n’avez pas un cours de français à donner ?
- Je voulais juste vérifier comment tu allais, l’informa la jeune femme avant de jeter un oeil vers les meutes d’élèves qui s’agglutinaient autour de sa salle de classe et de celle de son interlocuteur. Tu as l’air aussi heureux que le jour où Abigail a eu l’idée de créer cet endroit.
- Et je le serai sans doute jusqu’au dernier, répondit le mutant en la gratifiant d’un sourire rassurant.
Satisfaite de cette réponse, Mathilda salua son fils prodige et rejoignit sa salle de classe.

Evelyne se maudit elle-même pour ne pas s’être rendue compte de la distance qui séparait son cours d’histoire de son cours d’informatique. C’est donc le souffle haletant, qu’elle surgit dans la salle de classe aux multiples ordinateurs dernier cri, manquant d’arracher la porte dans sa précipitation.
- Je me demandais où tu étais passée, dit le professeur à la chevelure rousse et aux yeux bleus étincelants.
L’éthiopienne baissa les yeux en signe d’excuse.
- Je croyais que vous n’assureriez plus vos cours jusqu’à la naissance du bébé, avoua-t-elle à mi-voix.
Abigail sourit, et posa une main sur son ventre arrondit.
- Ils ne sont pas pressés de sortir, vous allez donc devoir me supporter encore un bon mois. À présent file t’asseoir, je n’ai pas terminé l’appel.
Intérieurement, la blondinette poussa un long soupir de soulagement.
Après tout, ceux qui avaient le malheur de s’absenter sans prendre le soin d’avertir le Docteur Lucius s’exposaient à une punition aussi sévère qu’exemplaire de la part du Général Heath.
L’allemand insistait pour qu’on le nomme par ce grade militaire plutôt que par son titre d’enseignant, et aucun des élèves n’avait su trouver une manière de contester son caprice, car ses cours de sport, d’arts martiaux, et d’initiations aux armes en tous genres étaient sans aucun doute les plus éprouvants de toute l’école. Toutefois, rien n’était plus abominable aux yeux des élèves que ses punitions exemplaires, qui permettait ainsi de faire régner une discipline de fer parmi les enfants. Et qui était en grande partie, (et ce, même si les élèves avaient du mal à l’admettre), la raison pour laquelle tous les résidents du pensionnat Aelita étaient d’excellents étudiants. Ce qui lui avait valu, entre autres, le surnom de « Général Taré », un sobriquet qu’il appréciait à la surprise commune.
Fort heureusement pour eux, le psychopathe avait été contraint de s’absenter pour une affaire urgente. Ainsi, ses cours et ses punitions avaient été reportés, voire annulées pour ceux que la directrice Abigail ne jugeait pas nécessaires. La rousse étant la seule capable de faire plier son époux, les élèves se tournaient souvent vers elle lorsqu’ils avaient besoin d’aide.
Cela voulait-il dire que Heath était impopulaire pour autant ? Loin de là… étonnamment.
L’allemand avait toujours été franc et direct avec ses élèves, énumérant leurs faiblesses à travailler et leurs forces à exploiter. Il leur apprenait à être aussi solides que des rochers, sur les plans mentaux et physiques. Ses leçons de psychologie, nécessaires à l’apprentissage de soi et à la perception d’autrui étaient d’ailleurs les cours les plus intéressants aux yeux de nombreux élèves. Autant dire qu’il était le professeur dont les enseignements étaient considérés comme étant les plus utiles, bien que ses méthodes soient discutables. Et nécessitent parfois un séjour chez le psychiatre Thomas, qui avait souvent dû échanger des mots avec son beau-frère.

Ce fut au début de la soirée que la Bentley de ce dernier se gara dans le parking de la famille Valystrom, le nouveau nom de famille des propriétaires de l’immense manoir en pierres neuves réaménagé en pensionnat.
Valystrom, c’était le nom que chacun des élèves avait pris dès son arrivée à l’école, une manière selon Abigail, de les intégrer à leur grande famille.
Le français était la langue maitresse ici, car c’était la seule langue commune à chacun des membres fondateurs de l’école, et chaque nouvel élève devait consacrer ses neuf premiers mois de pensionnat à son apprentissage auprès du Professeur Mathilda.
La meute de loup géants adoptée par Abigail reconnut son odeur, et s'agglutina autour de leur maitre en le gratifiant de multiples regards de biche.
Heath leur jeta les saucisses qu'il avait ramenées de son boucher habituel, et tandis que les carnivores se délectaient de cette viande de première qualité, leur maître contourna l'immense bâtisse, et traversa le jardin.
Il refusa cependant d'accorder la moindre attention aux résultats des prouesses jardinières de sa femme et de ses élèves, et fila directement vers les trois pierres tombales entourées de fleurs.

Anthéa Schaeffer
Franz Lancaster
Aelita Lancaster


Heath n'avait pas amené de décorations florales, ce n'était pas son style. Il ignora la première des trois tombes (qui était la seule à contenir un cadavre), ainsi que la troisième, car l'existence de cette dernière n'était plus que symbolique. Non, c'est face à celle de Franz aka Waldo qu'il s'arrêta.
- Salut Schaeffer, dit il en soupirant. Il semblerait qu'il y ait un Dieu pour les emmerdeuses; Aelita est vivante.
Le psychopathe prit un temps pour digérer sa propre information, et s'assit sur le sol.
- J'ai sérieusement pensé à la ramener de force, vous savez ? J'ai failli l'assommer et la kidnapper... Mais... Ça aurait été idiot de faire cela... Qui qu'elle soit aujourd'hui, elle avait l'air heureuse... C'est loin d'être simple vous savez, de laisser le passé crever. Vous-même êtes un parfait exemple... Et je m'en serais voulu de reproduire vos erreurs... C'est pourquoi je l'ai traitée comme vous avez traité Légion; Je l'ai laissée voler de ses propres ailes...
L'allemand soupira, et se redressa.
- Je garderai quand même un oeil sur elle... Juste au cas où...
Après avoir accordé un dernier regard à la pierre tombale, le psychopathe tourna les talons, et prit la direction du bâtiment. Laissant les morts entre eux.
Bien que fatigué, l'allemand choisit de se diriger vers la grande salle à manger, où le diner avait été servi, et où régnait un brouhaha du diable. Toutefois, il manqua d’éclater de rire lorsque sa présence fut remarquée, car un silence de cathédrale s'abattit sur la pièce.
- Faites pas chier nom de Dieu, je vais pas vous bouffer, dit-il en se dirigeant vers la table des enseignants. J’ai pas assez faim.
Cette dernière phrase provoqua quelque éclats de rire, qui suffirent à détendre l’atmosphère.
Heath s’installa entre Seth et Abigail, et embrassa son épouse en ignorant les regards jaloux et moqueurs de certains élèves.
- Alors ? Ça t’a fait quoi de revoir Paris ?
- Ça m’a fait vomir, répondit-t-il en se servant une tranche de rôti. Il s’est passé un truc intéressant pendant mon absence ?
Seth s’essuya proprement la bouche, avant de répondre fièrement :
- Nous avons quatre nouveaux élèves.
- Ah ? Et ils viennent d’où ?
- Des jumeaux du Pérou, un garçon du Congo, et une petite Nord-Coréenne, répondit Mathilda.
Heath haussa un sourcil.
- Une Nord-Coréenne ? Comment elle a atterrit ici ?
- Ses parents sont morts en traversant la frontière, mais elle est parvenue à s’échapper. Les autorités Sud-Coréenne nous l’ont proposée pour éviter qu’elle ne subisse des actes discriminatoires dans un orphelinat local.
L’allemand acquiesça, et entama son diner tout en poursuivant ses bavardages avec la famille Valystrom.
« Tu as l’air d’apprécier cette vie. »
« Je sais. »
« Tu ne trouves pas ça étonnant ? »
Le psychopathe prit un temps pour réfléchir. Son existence n’avait jamais eu autant de sens qu’aujourd’hui, toutes les vies qui étaient sous son aile et celles des Valystrom dépendaient de l’enseignement qu’ils leur transmettaient. Son regard se posa ensuite sur le ventre d’Abigail, et un sentiment d’amusement agacé envahit sa poitrine.
La hollandaise avait été d’une perfidie unique en son genre, en lui administrant une forte dose de drogue pour éléphant dans son dos, et en profitant de son état pour partager un moment de plaisir charnel qu’il n’aurait jamais eu le courage ou la volonté d’expérimenter sans le caractère bien trempé de son épouse.
Maintenant, il allait être papa, un mot qu’il avait détesté durant plus de la moitié de son existence. Cependant, alors qu’il promenait son regard sur ses élèves, il poussa un profond soupir en se remémorant une phrase prononcée par son deuxième « Père » :
« Si tu continues à n’en faire qu’à ta tête, tu finiras tout seul. »
Heath était loin d’être solitaire, et ce bien qu’il l'eut souhaité à de nombreuses reprises. C’était stupide, Franz et lui n’avaient jamais réellement échangé, pourtant, cette simple phrase avait eu plus d’impact positif sur sa vie que tous les actes de son géniteur.
L’allemand soupira, et eut une pensée pour le scientifique.
« C’est agréable, » fit remarquer Intelligence.
« Pas faux. »
Sur ces pensées, il poursuivit son repas en échangeant des banalités avec Seth et Abigail. C’était si simple, c’était si ordinaire.
Et ça valait carrément le coup, d’avoir massacré autant de personnes pour obtenir cette récompense.





Été 2006, Sibérie


Il avait fallu deux années de travail acharné à Oda Akuma et Alex Tanner pour trouver le moyen de séparer leurs corps grossièrement soudés par X.A.N.A.. Ce fut, sans surprise des deux côtés, le japonais qui parvint à découvrir le moyen de retirer l’écossais de son corps sans pour autant le tuer.
Grâce à l’invention d’un corps artificiel, muni d’un coeur tout aussi artificiel, et alimenté par un groupe sanguin identique à celui de l’ancien assistant du Docteur, le japonais était parvenu à retirer et sauvegarder la tête de l’écossais.
Tanner, bien qu’affreusement mécontent de sa condition, parvint à se satisfaire du fait que sa survie ne dépendait plus du japonais. Les deux scientifiques passèrent les années qui suivirent à chercher un moyen efficace de rebâtir l’empire scientifique de l’Organisation. Fort heureusement pour eux, les multiples ressources du complexe de Sibérie, leurs suffirent à fabriquer plusieurs robots parfaitement obéissants et compétents dans le domaine de la mécanique.
Ce fut au début de l’été de l’année 2006 qu’ils parvinrent à terminer la première étape de leur plan de reconquête; la création d’un nouveau super calculateur pleinement fonctionnel. Cette machine était leur nouveau point de départ, la première pièce du puzzle qui les ramènerait au sommet de l’espèce humaine.
Ils choisirent, après ce moment de réussite, de diversifier leurs activités; Tanner s’affairerait à programmer le monde virtuel nécessaire à leurs projets, et Akuma s’occuperait de la création de nouveaux corps cybernétiques et organiques. Car la main d’oeuvre n’était jamais meilleure que lorsqu’elle était conçue par vos propres mains.
Ce fut au début du mois de septembre que tout bascula définitivement pour les anciens scientifiques de l’Organisation.
Alors qu’ils étaient tous deux satisfaits des progrès pharamineux de leurs projets, ils eurent la très mauvaise surprise, de découvrir un symbole rouge écarlate qui rappellerait de bien mauvais souvenirs à leurs ennemis.
X.A.N.A. n’eut aucun mal à prendre possession de ce complexe et de ses occupants. Tanner et Akuma eurent beau tenter par tous les moyens d’empêcher l’I.A. de s’emparer de leurs consciences et de leurs travaux. Ils n’eurent d’autres choix que de se laisser prendre, et de confier leurs sorts à l’ancienne Banshee.
Cette dernière, rejeta l’idée de se débarrasser de deux esprits aussi brillants que ceux des scientifiques. Aussi, elle choisit de retirer leurs cerveaux de leurs corps, et les plaça dans des cuves de formol afin qu’ils continuent de fonctionner et de travailler sans la gêner dans ses projets.
Ce furent ces mêmes cervelles sur lesquelles tombèrent Odd Della Robia et Yumi Ishiyama lors de leur première exploration du réplika banquise de leur ennemi juré. Mais ni Tanner, ni Akuma ne furent en mesure de les observer. Ils avaient été réduit à l’état de fourmis ouvrières, qui travaillaient jour et nuit pour satisfaire les besoins de leur reine.
Et cela jusqu’à la fin de leurs existences.


Shanghai, quelques jours plus tard.


Jet Yu était on ne peut plus satisfait, car ses longues années de labeur payaient enfin. Débarrassé de l’Organisation, et de toutes ses autres têtes, le chinois n’avait eu qu’à se baisser pour faire main basse sur toutes les ressources et tous les employés laissés par ses anciens associés. Il avait dû investir une grande partie de sa fortune personnelle pour récupérer toutes les exploitations nécessaires à l’expansion de son empire. Aujourd’hui, cependant, il ne regrettait pas le moindre centime dépensé.
 Ses super-calculateurs se comptaient par dizaines autour du globe, et la puissance générée par ceux-ci lui avaient permis de faire main-basse sur un très grand nombres de secrets d’État, et avait un contrôle presque total sur l’économie numérique Occidentale. Plus que suffisant pour permettre à la Chine, et à son fils qui commençait à prendre du galon au sein de ce gouvernement, de devenir la première et unique puissance économique.
La seule chose qu’il n’avait pas pu prévoir, c’était le programme multi-agents qui avait infecté tel un virus l’intégralité de son réseau. En moins d’un mois, Jet Yu avait tout perdu, et il ne se rendit compte de cela, que le jour où l’un de ses propres hommes, muni d’un symbole étrange sur les pupilles, l’étrangla avec une force surhumaine.
Ainsi disparut le dernier vestige de l’Organisation.
Le sourire de satisfaction de Lucius Valystrom suffit à le garantir.

Fin


  Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]  
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 30 Mar 2020 11:52   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
Chapitre 21: La Loi de Lyoko



X.A.N.A. enragée comme jamais, filait à travers les montagnes du territoire à la poursuite de Seth qui fuyait sans se retourner. Les deux créatures fonçaient telles des étoiles filantes à travers le monde virtuel, le mutant possédé par la peur, la Banshee possédée par la rage.
Elle parvint à l’intercepter d’une béquille en pleine figure, et le saisit par les cheveux afin de recommencer ce qu’elle n’avait pu finir.
Mais elle fut brutalement interrompue par un évènement qu’elle n’avait pu anticiper. En effet, en changeant les clés de Lyoko, et grâce à l’énergie fournie par la nouvelle pile d’Abigail, Légion était parvenu à faire voler en éclats les protections qui empêchaient l’opérateur de dévirtualiser X.A.N.A..
Seth retomba lourdement sur les fesses, et observa avec effroi, la Banshee disparaitre dans une poussière de pixels et un hurlement d’angoisse.
Depuis son pupitre de commande, Lucius constatait avec délice que le programme de rematérialisation envoyé par Légion était parfaitement fonctionnel.
Abigail qui était remontée à ses côtés, se lécha les lèvres avec un appétit féroce, savourant le goût de sa vengeance.
- Les bâtards ont la rancune tenace, saloperie de virus. cracha-t-elle en jubilant de triomphe.


***



Crystal, aka X.A.N.A., attendit que les portes de son scanner s’ouvrent pour se ruer sur ceux qui avaient osé lui jouer un aussi mauvais tour.
Mais elle n’eut pas le temps d’ouvrir les yeux, qu’un coup de feu retentit, et qu’un projectile de plomb vint se loger entre ses deux yeux.
Armé d’un pistolet, Thomas Von Kane fixait l’abomination mutante qui agonisait dans le scanner d’un regard haineux.
- Crève sale pute ! cracha-t-il en vidant l’intégralité de ses chargeurs dans le crâne de la créature.


***



Grâce au sacrifice d’une partie de sa propre puissance, Alister parvint à revitaliser son maitre, dont les blessures venaient de disparaître. Le symbole sur la poitrine de l’américain se mit briller de mille feux, car c’était là que résidait la partie restante la plus puissante de X.A.N.A., et que l’I.A. semblait avoir choisi son nouvel avatar pour garantir sa survie.
Le cannibale, furieux de voir la situation tourner en leur défaveur, se dressa comme un démon face à Mathilda et Heath.
- MISÉRABLES VERMINES ! rugit-il d’une voix à moitié numérique. JE VAIS VOUS RÉDUIRE EN CHARPIE !
Mais contre l’attente de son ennemi, il prit appui sur Alister, et effectua un bond spectaculaire. Il atterrit sur la plate-forme la plus proche, et fila droit sur la tour qu’elle contenait.
L’Augure n’eut pas le temps de réagir, le crachat de flammes d’Alister l’obligea à se reconcentrer.
- Abigail ! appela Mathilda. Où est passé cet enfoiré?
- On dirait qu’il essaye de changer de territoire, répondit l’opératrice avant de comprendre. Ah Merde !
- Quoi ?
- Il fonce droit sur la forêt, Aelita est là-bas !
- Dévirtualise-la !
- Je ne peux pas! Les codes séquences de son ADN ont disparu !
- Quoi ?!
Pris d’un mauvais pressentiment, l’Augure voulue en demander davantage à sa soeur. Mais elle fut forcée d’effectuer des manoeuvres aériennes dans le but de se préserver des assauts du Dragon Rouge.
Alister, bien que plus que sévèrement diminué, n’en restait pas moins un adversaire redoutable, dont l’Augure n’arrivait pas à la cheville.

Mathilda ne se fit pas prier, elle investit de nouveau le corps de Heath. Requinqué, l’allemand passa en supersmoke, et fila vers une tour de passage. Alister sur les talons.



*****

Aelita ressortit de la tour du passage par laquelle l’un des prothéens de Légion l’avait conduite. Épuisée, mais globalement satisfaite, elle ne rêvait plus que de retrouver son lit, et d’y hiberner tout l’automne.
- Qu’est-ce que tu vas faire maintenant Légion ? demanda-t-elle à l’être de lumière.
- Lyoko doit encore évoluer, répondit-il simplement. Et bien que votre compagnie fut plaisante, c’est ici qu’est ma place.
Comprenant le sentiment du prothéen, la jeune fille acquiesça.
- Alors… c’est terminé, souffla-t-elle pleine d’espoir.
Le feulement enragé qui résonna à travers le territoire de la forêt lui servit de réponse, elle tourna la tête, et aperçut Peter qui filait à pleine vitesse dans leur direction tout en détruisant tout ce qui avait le malheur de se trouver sur son passage. Le lamia était poursuivi par Heath, qui était lui-même poursuivi par Alister.
- Ne reste pas là ! hurla Abigail. Ce truc est inarrêtable !
Elle n’eut pas besoin de se répéter, la simple vue du visage enragé de Peter, et du symbole horriblement familier sur son front suffit à faire piquer un sprint à la jeune fille. Malheureusement, le cannibale la rattrapa en l’espace de quatre secondes. Et Aelita ne put que pousser un nouveau cri d’horreur lorsque le reptile la goba comme une olive.
- Recrache-la ! tempêta Heath en se reformant pour lui administrer un coup de poing, mais Alister l’expédia au sol d’un coup de fouet.
Une escadrille de frôlions sortit des arbres, et couvrit la fuite de son maître qui s’échappa sans regarder en arrière.
- X.A.N.A. ! appela Légion, avant de recevoir à une rafale.
- Bordel de merde ! hurla Heath en détruisant l’un des insectes. Mais qu’est-ce qu’il lui veut ?
- Les clés de Lyoko, répondit le prothéen en se mettant à couvert. Malgré son état, X.A.N.A. espère toujours pouvoir s’enfuir.
- Comment il a su qu’Aelita les avait ?
- Elles ne sont pas difficiles à détecter pour un être tel que X.A.N.A., qui a lié son propre programme à celui de Lyoko.

Heath poussa un nouveau juron, avant de passer en forme gazeuse juste à temps pour éviter qu’une vague de flammes ne l’emporte.
Légion, quant à lui, se mit à l’abri en plongeant dans la Mer Numérique.
Alister posa le pied sur le territoire de la forêt, forçant les frôlions à reculer face à sa puissance.
- Il suffit, siffla-t-il en fixant l’allemand et le prothéen de son regard meurtrier. J’en ai plus qu’assez de vous !
- Tu m’ôtes les mots de la bouche, grogna Heath en se mettant en garde.
Alister se jeta en feulant sur son ennemi, mais une frappe électrique en pleine figure l’envoya terminer sa course contre un arbre. Seth atterrit près de son aîné.
- Je m’occupe de lui ! annonça-t-il avec une autorité que son frère ne lui connaissait pas. Va aider Aelita!
Heath ne se fit pas prier, il usa de son supersmoke pour partir à la poursuite de X.A.N.A./Peter.
Alister contempla Seth d’un regard fumant.
- Je vais te détruire ! rugit-il.
- C’est pas en le répétant que ça va devenir vrai, répliqua le mutant d’un ton moqueur.
Les deux monstres se jetèrent l’un sur l’autre, l’onde de choc causée par leur impact secoua la forêt toute entière.


***



Lorsque X.A.N.A. s’estima suffisamment loin pour ne pas être dérangé, il recracha sa victime.
Horrifiée, Aelita fut prise de hurlements hystériques, avant que deux des tentacules-lames de Peter ne l’entourent par la taille, et que trois autres ne lui percent les tympans.
Une nouvelle fenêtre apparut sur l’écran de Lucius, sa soeur écarquilla les yeux.
- Cette saloperie est en train de voler sa mémoire ! s’exclama-t-elle
Sans l’aide de Légion, Lucius se savait incapable de dévirtualiser Alister ou Peter sans leur consentement. Abigail tenta alors d’entrer en contact avec le prothéen, mais elle n’obtint aucune réponse.
- Mais où est-ce qu’il est passé ?


***



Toujours debout face à l’interface de la voûte céleste, Légion observait les évènements d’un air dubitatif.
Il jeta un regard vers l’horizon, et aperçut ses semblables revenir de leur mission de réinitialisation.
Ceux-ci atterrirent à ses côtés, et s’observèrent les uns les autres.
- Nous devons à présent décider du sort de Lyoko, du Général, d’Aelita, de Seth, de X.A.N.A., et du Dragon.
- Pensez-vous que nous puissions arriver à un consensus ? demanda celui qui avait pris le contrôle du désert.
- Nous ne le saurons qu’après en avoir discuté, il y a 1238 unités prothéennes présentes. Quelle est notre décision concernant Lyoko ?
Celui de la banquise leva le bras et prit la parole.
- Les 325 unités prothéennes qui me composent, proposent de préserver notre Monde des êtres humains, tant que ceux-ci se révèleront dangereux pour nous.
- Quel est votre avis ? demanda celui du 5ème territoire.
- Nous approuvons, répondirent les trois autres.
- Quelle est votre décision concernant les personnes actuellement présentes sur Lyoko ?
- Le Général Serpent n’a jamais caché qu’une fois le conflit achevé, il ne reviendrait plus sur notre monde, fit remarquer celui de la forêt. Les 316 unités qui me composent proposent de le renvoyer sur Terre.
- Validée.
- Seth ayant défendu Lyoko contre le dragon, dit celui des montagnes. Les 247 unités qui me composent proposent qu’il en soit de même pour lui.
- Validée.
- Aelita nous ayant aidés à nous débarrasser de nos ennemis, les 349 unités qui me composent proposent qu’il en soit de même pour elle. déclara celui du désert.
- C’est hélas impossible. lâcha le principal.
- Comment cela ?
- Dans le but de menacer le Créateur, X.A.N.A. a retiré à Aelita ses codes séquences A.D.N. et ne les a pas restaurés. Il nous est impossible de la renvoyer sur Terre.
Les prothéens échangèrent de nombreux regards, et prirent en compte cette nouvelle information.
- Combien de temps pensez-vous qu’il nous faudra pour obtenir les pleins pouvoirs de Lyoko ?
- La mémoire de notre monde est très difficile d’accès, cela pourrait requérir des années…
- Nous ne disposons pas de ce temps.
- Non, nous devons agir sur le champ.
- Et qu’en est-il de X.A.N.A. et du Dragon ? Nous ne pouvons nous permettre de laisser ces monstres en liberté.
- Le Dragon n’a pas sa place sur Lyoko, pas plus que Seth. Laissons-les régler leurs comptes sur Terre. En ce qui concerne X.A.N.A., il nous faut attendre l’issue de son combat avec le Général avant de prendre une décision.
- Validée.


***



La vague foudroyante de Seth et le souffle draconique d’Alister se percutèrent avec violence. Leur point d’impact fut le début d’une gigantesque déflagration, qui dévasta la moitié du territoire de la forêt.
À peine le souffle de l’explosion fut-il retombé, que les deux monstres se jetèrent l’un sur l’autre avec une férocité animale. Alister mordit le cou de Seth, tandis que celui-ci lui arrachait une corne en tentant de se soustraire à son emprise.
C’est alors que le mutant remarqua que la queue de son adversaire était en train de s’effriter. Pour finalement s’évaporer dans une poussière de pixels rouge, avant d’être suivie par le reste du corps.
Pour sa plus grande surprise, il réalisa qu’un phénomène similaire était en train d’arriver à son bras gauche.
Réalisant ce qu’ils leur arrivait, le Dragon Rouge poussa un rugissement de bête. Avant que sa gueule pleine de crocs ne finisse elle aussi par disparaître.
À peine leurs scanners furent-ils ouverts, qu’Alister se jeta comme un démon sur Seth. Le mutant le repoussa d’un uppercut à la mâchoire, avant de le percuter d’un coup d’épaule les envoyant tous les deux au fond du monte-charge.
Thomas avait eu la malchance de miser sur le mauvais scanner, en espérant descendre Alister dès son retour. À présent il craignait de toucher Seth dans la mêlée. Il choisit donc d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur, qui emprisonna le mutant et la créature derrière ses énormes portes de métal.
- J’espère que vous êtes fier de vos créations, Père…. souffla le Belge avec sarcasme à l’attention du Docteur.


***



Heath se projeta à l’aide de son supersmoke, et décocha un crochet rocheux à l’attention de X.A.N.A., forçant le lamia à libérer Aelita.
La princesse de Lyoko rampa en arrière pour éviter d’être reprise par les tentacules du monstre. L’allemand s’interposa entre le prédateur et sa proie.
- Amène-toi, saloperie.
Pour toute réponse, Peter se mit à beugler furieusement. Et projeta ses lames sur la tête de son ennemi.
Heath repoussa l’attaque d’un revers de main, et cracha un jet de lumière noire et or qui frappa le lamia en pleine poitrine. Le faisant reculer de cinq bons mètres.
Si la présence de Mathilda amplifiait les pouvoirs de Heath, l’inverse était tout aussi vrai.
- Lucius ! gronda l’allemand. Rematérialise Aelita !
- J’essaie ! Mais ça ne marche pas !
Heath n’eut pas le temps de demander davantage de précision, il usa de son supersmoke pour éviter les pointes empoisonnées du lamia. Et reparu aux côtés de la princesse.
- Qu’est-ce que ça veut dire, nom d’un chien ?
- Le programme d’Aelita a été endommagé ! Je suis dans l’incapacité de la rematérialiser!
- Alors répare-le ! gronda l’allemand en tirant sur Peter.
- T’en as de bonnes ! J’ai aucune idée de ce que je dois faire!
Heath repoussa le lamia d’un nouveau tir de lumière, avant de se tourner vers la princesse.
- File d’ici !
Il n’eut nul besoin de se répéter, Aelita prit la poudre d’escampette à la seconde où il referma ses lèvres. Voyant sa cible s’échapper X.A.N.A. feula de colère.
- C’est pas vrai, soupira l’allemand avec exaspération. Y’a vraiment aucun moyen de te faire fermer ta gueule ?
Pour toute réponse, le cannibale bondit sur lui. Heath usa de son supersmoke pour se placer derrière la créature et l’expédia au sol d’un coup de coude à l’arrière du crâne.
X.A.N.A. se révélant beaucoup moins prudente que Peter, et bien trop pressée de s’emparer d’Aelita, Heath disposait d’un avantage psychologique loin d’être négligeable.
Mais l’I.A. était loin d’avoir dit son dernier mot.
Rassemblant les pointes de ses tentacules autour de sa gueule béante, la créature généra une sphère d’énergie noire et rouge. Dont la puissance fut si instable, que ses vibrations firent craquer les troncs autour des combattants.
Heath passa en supersmoke, et fila sur son adversaire. Celui-ci profita de l’abus de confiance de l’allemand pour relâcher son attaque. La sphère frappa la fumée de plein fouet, repoussant un Heath immédiatement reformé contre un arbre qui s’écroula sous la force de l’impact et tomba dans la Mer Numérique.
Le psychopathe se redressa, et constata avec amertume la perte de son bras gauche.
- Ça va pas être facile, grogna-t-il alors que X.A.N.A. chargeait une nouvelle attaque.


***



Les portes du monte-charge finirent de s’ouvrir au moment où Alister envoya Seth faire un vol plané contre l’un des piliers métalliques de l’usine. Il ricocha sur la structure, se déboitant l’épaule au passage, avant de finir sa course dans une pile de carton sous laquelle il fut enseveli.
Alister s’avança vers son adversaire avec un calme terrifiant, des craquements hideux signifiant la croissance surnaturelle de ses os résonnèrent depuis son dos, en effet, ses immenses ailes rouges se déployant à mesure qu’il approchait,.
Seth repoussa le bric à brac qui le recouvrait, avant de cogner violemment son épaule blessée contre le mur de l’Usine. Un bruit aussi répugnant que sinistre s'échappa du corps du mutant, signifiant la remise en place de son membre.
Alister ne lui laissa pas le temps de récupérer davantage, il le mitrailla d’une série de coups de poing au visage. Lui brisant le nez, et la mâchoire. La créature le saisit par le cou afin de l’empêcher de s’effondrer, et serra de toutes ses forces.
- Tu n’es qu’une abomination de la nature, cracha le Dragon Rouge. Je vais te renvoyer dans le néant dont tu n’aurais jamais dû sortir.

Un râle étranglé résonna aux oreilles de la créature, celle-ci constata alors que le corps de sa proie se recouvrait progressivement d’écailles noires. Seth releva la tête, dévoila deux rangées de crocs pointus, et une paire d’yeux écarlates munis du symbole de Xana en guise de pupilles.
Le mutant saisit son tortionnaire par les oreilles, le tira vers l’avant, et lui adressa un coup de boule magistral. Sonné Alister relâcha sa victime, cette dernière se jeta sur lui, et colla ses deux pieds dans son estomac. Le Dragon Rouge fut projeté jusque dans la salle des machines, arrachant les portes à double-battant qui y menaient, et s’écrasant contre un baril rouillé, renversant son contenu au passage.

À quatre pattes comme une bête, Seth bondit sur la créature toutes griffes dehors. Alister l’arrêta en plein vol en l’étreignant à l’aide de sa queue, et lui adressa un coup de poing féroce, qui força le mutant à cracher ses crocs cassés.
Refusant de se laisser faire, Seth trancha la queue qui le retenait d’un coup de griffe. Le Dragon Rouge rugit de douleur et de rage. Il décocha un uppercut dans le menton du mutant, si puissant, que celui-ci traversa le plafond, puis le toit de l’usine, avant de retomber sur l’une des poutrelles d’acier qui soutenait la structure.
Alister déploya alors ses ailes, et suivit son ennemi en agrandissant le chemin qu’il avait créé. Seth paraissait sérieusement sonné cette fois, il cracha une nouvelle série de crocs brisés. Le Dragon Rouge atterrit face à lui, et désunit sa mâchoire. Un brasier incandescent se forma dans le fond de sa gorge.
- Brûle !

Seth réagit juste avant qu’il ne tire, il bondit comme un fauve, et lui arracha la joue gauche d’un coup de griffe.
Déconcentré par la douleur et sa bouche devenue trop large pour tirer avec précision, le Dragon Rouge relâcha maladroitement son attaque, qui se dispersa dans le ciel. Seth ne se fit pas prier, il se jeta sur la créature, et planta ce qu’il lui restait de crocs dans son aile droite. Alors que les deux monstres chutaient vers le sol de l’usine, le mutant arracha le membre du Dragon Rouge avec férocité.
Maitrisant la douleur abominable qui lui irradiait le corps, Alister passa son bras derrière son dos, saisit Seth par la nuque, et le fit passer par-dessus son épaule. Le mutant s’écrasa la tête la première contre le sol de l’usine, un bruit de pastèque éclatée en résultat.
Alister se releva péniblement, et lâcha un râle de soulagement.
Malgré les multiples mutilations qu’il avait subies, il ne pouvait renier le sentiment de fierté qui l’envahit alors qu’il avait finalement vaincu leur ennemi le plus dangereux.
Tout en tachant d’ignorer les souffrances qui irradiaient son corps tout entier, il prit le chemin du monte-charge en boitillant.
C’est alors qu’il sentit une main se saisir de ce qu’il lui restait de queue, il se retourna, et écarquilla les yeux d’horreur.
Seth avait reprit son apparence humaine. Mais avec sa cervelle à l’air, un oeil qui pendait hors de son orbite, et une mâchoire en vrac.
- Comment…? murmura le Dragon Rouge.
- « Nous ne faisons qu’un, et c’est ensemble que nous survivons », répondit une voix numérique qui n’avait rien à voir avec celle du mutant.
Seth tira son ennemi vers lui, l’envoya au sol d’un uppercut, avant de se jeter sur la créature telle une bête affamée.
La dernière chose qu’Alister Blake vit, ce fut le triomphe sur la figure en pleine recomposition du mutant, avant que celui-ci n’abatte ses poings avec toute sa hargne. Seth frappa, encore et encore, ignorant les hurlements étranglés de la créature, et les multiples griffures qu’elle infligeait à son torse en tentant vainement de le repousser.
Le crâne du Dragon Rouge, bien que solide, céda au bout du septième coup. Mais Seth ne s’en rendit pas compte tout de suite, si bien qu’il s’acharna pendant trois bonnes minutes sur un tas de cervelle ensanglantée informe.
Ce n’est que lorsque le corps d’Alister se dissolu dans une puante bouillie noire, que le mutant s’arrêta enfin de frapper.
Seth se releva, la figure encore loin d’être rafistolée. Il effectua trois pas, et retomba au sol. Un sourire aussi enfantin que satisfait était difficilement perceptible sur son visage détruit qui peinait à se recomposer.
- J’ai gagné… souffla-t-il avant de sombrer dans l’inconscience.
Laissant à Xana le soin de réparer tous les dégâts qu’il avait reçus.


***



Heath se servit du supersmoke pour grimper en s’enroulant autour d’un arbre afin d’échapper aux tirs dévastateurs de Peter.
Le lamia abattit le tronc virtuel d’une charge sur sa base, forçant Heath à s’envoler dans les airs pour échapper à un plongeon dans la Mer Numérique.
X.A.N.A. profita alors de sa vue dégagée pour tirer sur son ennemi. L’allemand se recomposa, dévia l’attaque au prix de sa jambe droite, et s’écrasa de tout son poids contre l’I.A..
Le guerrier de pierre s’extirpa ensuite de la mêlée, à l’aide de sa forme gazeuse. Mais la créature l’ignora pour tenter de se lancer à la poursuite d’Aelita.
Voyant cela, Heath tenta de lui faire barrage, mais il fut accueilli par une sphère d’énergie qui le frappa de plein fouet. L’allemand roula sur le sol, mais constata avec amertume la disparition de son dernier bras.
X.A.N.A. le ramassa à l’aide de ses lames, le hissa à sa hauteur, et approcha le bout de ses tentacules de sa tête.
C’est là qu’il constata une anomalie, une anomalie qu’il aurait mieux fait de remarquer après que l’allemand se soit extirpé de leur mêlée.
En effet, il ne l’avait pas fait sans lui laisser un petit souvenir; l’une de ses propres pointes empoisonnées était plantée dans son torse. X.A.N.A. sentit soudainement son propre virus se répandre dans son programme. Prise de tremblements, elle relâcha Heath qui s’étala au sol avec un sourire démoniaque.
Le lamia se mit à gesticuler dans tous les sens en hurlant de terreur. Car lui plus que tous les autres n’ignorait pas les effets de son poison. Il se dressa sur sa queue de serpent, et feula de désespoir telle une bête blessée prisonnière d’un piège à loup.
Heath usa de son supersmoke une dernière fois, prit un peu d’élan et de vitesse, et se reforma à la dernière seconde. Délivrant une béquille dévastatrice dans la face reptilienne.
Cette dernière, considérablement affaiblie par les effets du virus, explosa purement et simplement dans une giclée de pixels. Le lamia retomba au sol, et disparut définitivement.
- Hé bah… soupira l’allemand en se laissant choir sur les fesses. On peut dire que t’aura été le champion pour me casser les couilles.
Un tir de laser en pleine tête le renvoya dans son monde. Il eut tout juste le temps d’apercevoir une escadrille de frôlions filer dans la direction par laquelle Aelita s’était enfuie avant de disparaître.
Heath s’extirpa de son scanner en fumant de colère.
- Vous vous foutez de moi ?! rugit-il frustré.


***



Sur le cinquième territoire, la Légion de prothéens constata avec amertume l’échec de leur général.
- Il semblerait que X.A.N.A. n’ait pas complètement disparue.
- C’était prévisible, raisonna celui des montagnes. X.A.N.A. a intégré chacun de nos semblables à son programme. Tant qu’il n’en restera ne serait-ce qu’un seul, nous ne pourrons en venir à bout.
- Voilà qui est fâcheux. Car tant que X.A.N.A. sera présente, il nous sera impossible de maintenir notre Monde hors de portée des humains. Elle continuera d’attaquer jusqu’à ce qu’elle remplisse son objectif.
- Et tant que nous ne récupérerons pas les codes séquences de l’ADN humain d’Aelita du programme source de Lyoko, elle restera ici, offrant à X.A.N.A. la possibilité de s’échapper.
- Il m’en coûte d’effectuer cette proposition, déclara celui de la forêt. Mais nous proposons de détruire Aelita. Afin d’éviter que les clefs de Lyoko ne tombent entre les mains de X.A.N.A.
- Validée.
- Rejetée, dit l’un d’entre eux d’une voix cassante.
Tous les regards se tournèrent vers celui du cinquième territoire.
- Aelita est, elle aussi, une création du Créateur. D’une certaine manière, elle est notre soeur. Il serait injuste de notre part de la sacrifier par lâcheté.
- Nous en convenons, que proposez-vous?
- D’offrir à Aelita nos propres séquences ADN.
Les prothéens ne s’attendaient visiblement pas à cela, ils échangèrent des regards circonspects.
- Vous êtes l’unité la plus évoluée ici, dit celui de la forêt. Et votre avis a une grande importance à nos yeux…
- Le Général disait souvent que tous les mots avant « mais » n’avaient aucune valeur, sourit celui du cinquième territoire.
- Je crois qu’il disait que c’était de la merde, renchérit celui du désert.
- Cependant, continua celui de la forêt sans tenir compte des commentaires de ses semblables. Nos séquences ADN mêlées à un avatar qui n’est pas le nôtre requerront un programme de matérialisation très spécifique. Et nous ne pouvons nous permettre de laisser suffisamment de temps à Abigail pour le trouver.
- J’en conviens, mais Aelita nous a offert l’espoir d’un avenir pour notre peuple en nous confiant les clés de Lyoko. Je souhaite simplement lui rendre la pareille.
- C’est un espoir bien mince.
- C’est mieux que de l’effacer.
- Ne pensez-vous pas que sa famille tentera par tous les moyens de la récupérer ? Tant qu’ils auront une chance de la ramener, ils ne nous laisseront pas tranquille.
- Dans ce cas, voici ce que je propose:…
Les quatre autres unités prothéennes écoutèrent avec attention les paroles de leur semblable.
- Il serait cruel de notre part d’agir ainsi, raisonna celui du désert.
- N’y a-t-il aucune autre solution ? s’enquit celui de la banquise.
- Si nous souhaitons préserver Lyoko des humains, et les humains de X.A.N.A. ? Non. Aelita doit disparaitre pour que la paix revienne sur notre Monde. Et pour que nous puissions lui apporter l’évolution qu’il requiert.
- Qui souhaite valider cette proposition ?
- Validée, dirent-ils en choeur.


***



Tout en ruminant sa colère, Heath remonta l’échelle de fer qui menait au labo. Arrivé à bon port, l’allemand s’installa aux côtés de sa petite amie, et aperçut sa figure hagarde. Il fronça les sourcils et se tourna vers le pupitre de commande.
L’écran était formel.
Aelita était debout, au bord de la plate-forme, prête à se jeter dans la Mer Numérique.
- Aelita… s’exclama l’allemand en se saisissant de l’oreillette de Lucius. Qu’est ce que tu fous ?
- Je fais ce qui doit être fait, frangin, répondit la princesse. Tant que je vivrai, X.A.N.A. cherchera à s’échapper en me volant les clés de Lyoko. Et comme il m’est impossible de revenir sur Terre, il me faut en finir avant que X.A.N.A. ne s’en prenne à vous.
- Ça va pas la tête ? s’emporta Heath. Va immédiatement te cacher dans une tour. On viendra te chercher plus tard.
- Je suis désolée, ma décision est prise. Je ne vous ferai plus courir de risque.
- Aelita…
- Pardonnez-moi.
- Arrête immédiatement!
Trop tard, la princesse effectua un grand pas en avant, et disparut dans les tréfonds de la Mer Numérique. Une colonne de lumière s’éleva dans le ciel de la forêt, signifiant sa virtualisation définitive.
Abigail, Lucius et Heath restèrent là, à se demander si ce qu’ils avaient vu était réellement arrivé. La rousse et le garçon aux cheveux gris baissèrent les yeux en signe de défaite. L’allemand tenta tant bien que mal, d’ignorer le sentiment écoeurant qui rongeait sa poitrine.
« Idiote », songea-t-il en soupirant de tristesse.
Ils restèrent là durant plusieurs minutes, à regretter la disparition d’un autre membre de leur famille.
- Général ?
C’était la voix de Légion qui avait résonné à travers les enceintes du pupitres, Heath se tourna vers les écrans.
- Je suis là.
- Nous sommes navrés pour Aelita.
- Qu’est-ce que tu veux ?
La voix de l’allemand était froide comme la mort, il n’appréciait visiblement pas les condoléances du prothéen.

- Afin d’éviter de futures catastrophes, nous voudrions vous demander d’éteindre le Super calculateur. Pour que X.A.N.A. ne vous cause davantage de soucis.
- Il n’y a donc aucun moyen de détruire cette saloperie ?
- Nous en doutons, elle a relié son programme au noyau du Supercalculateur. Nos affrontements l’ont, certes, considérablement affaiblie, mais elle reste dangereuse.
- Mais ne risquez vous pas de disparaitre également si nous éteignons cette machine ?
- Ne vous en faites pas pour nous, Général. Nous continuerons de vivre malgré l’arrêt de la machine. Et nous trouverons un moyen d’éradiquer X.A.N.A.. De cela, nous en faisons le serment. Cependant, nous vous prions d’agir vite. Une attaque pourrait survenir d’un instant à l’autre.
- Je comprends, répondit Heath.
Le psychopathe prit une grande inspiration, Abigail posa sa main sur son épaule métallique.
- Seth et toi pouvez venir avec nous, proposa-t-elle. On a prévu un plan de retraite idéal pour le jour où on en aurait terminé. Y’a assez de place pour vous deux.
L’allemand contempla la hollandaise pendant quelques instants, se demandant si celle-ci se payait sa tête. Mais lorsqu’il croisa son regard, il sentit la sincérité dans ses paroles, et ignorait s’il devait être reconnaissant ou outré.
Pendant un court instant, il contempla sa situation.
Schaeffer et Aelita avaient disparu, Drake, celui qui lui avait le plus plus parmi les bâtards, avait subi un sort similaire.
Peter et Alister étaient morts, l’Organisation en morceaux…
Au fond, que lui restait-il à part Seth ?
Heath laissa échapper un sifflement de frustration. Fallait-il vraiment qu’il ne se rende compte de l’importance qu’avaient occupée Schaeffer et sa fille dans sa vie qu’après leurs disparitions ? Maintenant que tous ses passe-temps, toutes ses raisons de combattre et tous les autres avec qui il avait collaboré n’étaient plus. Heath comprit à quel point sa vie venait de perdre en intérêt.
Frustré, il accepta l’offre d’Abigail d’un hochement de tête, et il partit aux côtés de la hollandaise et de son frère vers le monte-charge.
Il arrêta cependant leur descente à la salle du super calculateur.
L’allemand, encore dopé par l’adrénaline de tous les affrontements qu’il venait de mener, réalisait à peine que la guerre était terminée. Un profond sentiment d’amertume lui rongeait la poitrine, et il serra ses poings si fort que ses griffes crissèrent contre ses paumes.
Voyant que le jeune homme souffrait, Abigail l’enlaça, et posa sa tête sur son épaule. Heath n’eut même pas le réflexe de l’envoyer paitre.
- Je déteste perdre, grinça-t-il. J’ai vraiment horreur de ça.
Sur ses mots, l’allemand se saisit de la manette, ses yeux bouillaient de colère.
-Heath ? appela Abigail. Il faut y aller.
Le psychopathe prit une grande inspiration, et ravala ses émotions.
- Je sais.
Il abaissa la manette, et partit sans se retourner.


***



- Si le Général venait à découvrir le tour que nous lui avons joué, je ne donne pas cher de nos programmes.
Sous leurs formes de sphères lumineuses, à l’abri derrière les parois de leur tour, les prothéens soutenaient par télékinésie, une Aelita inconsciente. Le Légion principal s’affairait au-dessus de la tête de la jeune fille, extrayant le programme mémoriel de cette dernière.
- Je continue de penser que ce que nous avons fait était d’une cruauté sans pareille. Aelita ne nous a jamais fait le moindre mal !
- Jamais elle n’aurait accepté de rester sur Lyoko. Répliqua le principal. La détruire aurait été d’une injustice terrible.
- Et extraire sa mémoire pour éviter qu’elle ne souffre de la perte de sa famille n’est pas injuste peut-être ?
- Nous avons l’éternité pour débattre de ce qui est juste et ne l’est pas mes frères, rétorqua le principal. En lui offrant nos codes séquences, nous lui accordons l’espoir d’une vie meilleure. Protestez tant que vous le désirez, vous avez validé cette proposition.
- Nous l’avons fait à défaut d’une meilleure solution.
- Tout comme moi.
Une fois ses manipulations terminées, Légion écarta les bras, et réceptionna Aelita pour éviter qu’elle ne tombe au sol. Ses semblables vinrent ainsi se mêler à son programme, réunissant les créations de Waldo Schaeffer une toute dernière fois.
- Aelita, soupira Légion en lui caressant la joue. Je suis sincèrement désolé. J’ai été bien égoïste de sacrifier ta vie pour préserver mon Monde. J’espère que je trouverai un jour la force de me pardonner, et de t’accorder le bonheur que la vie te refuse, mais que tu mérites.

C’est sur ces dernières pensées que le prothéen déposa la princesse de Lyoko sur le sol de la plateforme, avant de se disperser à travers les milliards de données du Supercalculateur.
Au même instant, Heath Lancaster abaissa la manette de la machine, laissant Lyoko s’endormir. Et forçant les hurlements de rage de X.A.N.A. à se taire à jamais.





FIN




  Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 30 Mar 2020 11:39   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
Chapitre 20: Le Pandémonium Virtuel


Légion, ainsi que tous ceux de son espèce qu’il avait envoyés rejoindre les tours de passage de chacun des territoires, approchaient de l’heure de vérité. Mais comme la sonnerie qui annonçait la fin de la récréation, X.A.N.A. détruisit d’un éclair rouge, la protection créée par Aelita.
La Banshee toisait avec mépris, les deux créatures qui tentaient vainement de se jouer d’elle. Toutefois, sa déception fut des plus intenses lorsque son regard se posa sur la princesse de Lyoko.
- C’est pitoyable… maugréa-t-elle. À toi qui m’a hantée, j’espérais t’offrir une place de choix, un rôle des plus importants dans l’univers de X.A.N.A.. Et tu te permets de te mettre en travers de l’illumination qui frappera toute chose. Aucun mot inventé par les humains ne suffirait à qualifier les pensées sombres qui envahissent mon esprit.
Aelita, malgré la terreur et l’horreur qui la possédaient, brandit un doigt accusateur en direction de l’I.A..
- Ferme-la ! rugit-elle. Tu as beau avoir l’apparence de ma mère, tu n’es rien de plus qu’une abomination ! On est pas tes esclaves ! Ni tes foutus programmes ! Ni tes…
Elle n’eut pas le temps d’achever sa tirade, X.A.N.A. tira un éclair dans sa direction.
Légion réagit à temps, et envoya l’un des prothéens qui le composaient servir de bouclier humain à la jeune fille. L’explosion provoquée par l’impact de l’attaque sur le programme manqua de faire chuter la princesse de la plate-forme, elle parvint à récupérer son équilibre en faisant des moulinets avec les bras.
- Que vous êtes répugnants, grogna X.A.N.A.. Vos esprits sont dépourvus du moindre raisonnement logique. La perfection de ma création n’aura rien à perdre de vos destructions.
Sur ses mots, elle leva ses deux bras, et projeta deux nouveaux éclairs rougeâtres. Légion abandonna l’interface et enlaça Aelita pour la protéger. Mais à leur grande surprise, les attaques ricochèrent sur leurs corps, et allèrent se perdre dans les méandres des flux de données. Ni la princesse, ni le prothéen ne comprirent la raison de leur survie. X.A.N.A. en revanche, se laissa envahir par la colère face à l’impuissance de ses coups, et tira à nouveau. Le résultat fut cependant le même, et ce peu importait le nombre d’attaques qu’elle délivrait.
S’acharnant comme une enfant frustrée, l’I.A. laissa échapper un rugissement de rage.
- Qu’est-ce que cela signifie ?! hurla-t-elle.
Depuis le pupitre du labo, Lucius pianotait sur le clavier tel Mozart sur un clavecin, le sourire narquois qui ornait son visage suintait l’orgueil.
Abigail l’observa sans parvenir à masquer sa fierté.
- Comment t’as fait ça ?
Le clone du Docteur haussa les épaules.
- C’est pas très sorcier, il suffisait de dériver l’énergie du super calculateur autour de leurs programmes. Comme un genre de pare-feu virtuel si tu préfères.
Une sonnerie alarmante s’échappa des enceintes, et un gros point d’exclamation encerclé vint s’afficher sur l’écran.
- Aïe… par contre on va pas tarder à manquer d’uranium. Cette espèce de rapace a presque totalement pompé l’énergie de la pile nucléaire.
- Aucun problème. répondit Abigail en s’emparant de la mallette contenant les recharges dérobées à Viero. Une pile ça se remplace.
- Mais les radiations sont dangereuses pour toi. s’inquiéta le jeune homme.
La rousse leva les yeux au ciel.
- Mon très cher petit frère… ta grande soeur a plus d’un tour dans son sac.

***


X.A.N.A., malgré la frustration causée par l’inefficacité de ses attaques, parvint à mettre sa colère sous contrôle. Après tout, c’était un monde parfait dépourvu de sentiment qu’elle visait à créer, il n’était pas raisonnable de laisser de si violentes émotions dicter son mode opératoire.
Elle toisa les deux avatars virtuels du regard, avant de leur tourner le dos.
- Il me faut plus de puissance, murmura-t-elle tout bas. Et je sais exactement où en trouver.
Sur ces mots, elle fila à travers le tunnel qui menait au territoire des montagnes. Légion ne se fit pas prier, et reprit son travail sur l’interface, tandis que la princesse de Lyoko écarquillait les yeux d’incompréhension.
- Aelita ! appela le prothéen afin de la faire sortir de sa transe. Pour garantir notre victoire, j’ai besoin de ta coopération.
La jeune fille haussa les sourcils de surprise.
- Je… mais je… Je n’ai aucun pouvoir, dit-elle au bord du désespoir.
Le prothéen la saisit par les épaules, et plongea son regard dans le sien.
- Mais si, le Créateur t’as fait don du programme le plus important de Lyoko. Programme qui m’est nécessaire à la réussite du plan que j’ai en tête. Je ne peux cependant te le soutirer, il te faut me l’offrir.
Bien qu’un peu secouée par les soudaines déclarations du prothéen, l’elfe virtuelle rassembla son courage, et hocha la tête pour signifier son accord.
Légion laissa alors échapper un sourire, et réitéra l’échange de données frontales qu’il avait tenté plus tôt.
- Merci, souffla-t-il sincèrement.



***




Heath et Seth arrivèrent finalement aux coordonnées indiquées par Abigail sur la montagne. Mais à leur grande surprise, il n’y avait plus aucune trace de Peter et d’Alister.
- Ils se sont enfuis tu crois ? demanda naïvement Seth à son aîné.
Celui-ci affichait la mine la plus sérieuse que le mutant l’avait jamais vu tiré, il suivit alors son regard qui était pointé vers le ciel nuageux de la montagne, et aperçut ce que l’allemand fixait avec prudence.
Flottant paisiblement dans les airs, Alister observait les deux frères tels des poissons qui tournaient autour de son hameçon.
Seth ne se fit pas prier, et chargea son ennemi à pleine vitesse, mais le Dragon Rouge l’accueillit d’une béquille en pleine face qui l’envoya s’encastrer dans une montagne.
Un séisme fit soudain trembler le territoire, et la roche qui composait le sol se fissura à une vitesse phénoménale. Les secousses provoquées par ce tremblement étaient si puissantes, que Heath perdit l’équilibre avant même d’avoir pu utiliser son supersmoke.
De puissants tentacules jaillirent alors du sol, et enlacèrent l’allemand dans leur étreinte mortelle, le soulevant de terre.
Peter jaillit de la plate-forme tel un démon sorti de l’Enfer.
Jamais le cannibale n’avait connu un tel sentiment d’extase, jamais il n’aurait cru pouvoir un jour savourer la vengeance qu’il avait si patiemment attendue. Pour la première fois de son existence, Peter se sentait à la place qu’il méritait. En transe, il rapprocha ses lames de son visage, et exulta intérieurement en constatant l’impuissance totale de Heath. Qui malgré sa nouvelle force, ne parvenait pas à se libérer de ses liens.

- En scène Serpent ! mugit le lamia en jetant sans ménagement sa victime sur une plate-forme flottante. Offrons à notre nouvelle divinité, un bon spectacle ! Deux dingues, dans une lutte à mort !
Furieux, Heath se releva. Juste à temps pour encaisser à l’aide de ses bras, l’immense coup de fouet circulaire qui menaçait de l’envoyer faire un vol plané dans la mer numérique. Il fut cependant projeté avec violence contre une paroi de pierre qui céda sous l’impact. Enragé, il se débarrassa des débris, et fixa son ennemi avec le regard le plus meurtrier que celui-ci ait jamais vu.
Peter laissa échapper un rire tonitruant, qui résonna aux oreilles de Heath comme un immense gong sur lequel on s’acharnerait à coup de mailloche.
- C’est démentiel, commenta l’américain en admirant sa nouvelle force.
Au bord de l’explosion de rage, Heath se saisit d’un épais morceaux de pierre tranchant qui trainait à sa portée, et le lança de toutes ses forces vers la tête de son ennemi.
Mais Peter n’eut qu’à se servir de sa souplesse reptilienne pour l’éviter sans efforts, et le projectile alla se perdre dans la Mer Numérique.
Heath passa alors en supersmoke, et fila à pleine vitesse sur son ennemi, qui, amusé, l’imita aussitôt.
- Alleeeeeeeeeez, ça vaaa saigneeeeer ! ricana-t-il en fracassant le sol de ses lames.



L’allemand profita de sa forme gazeuse pour ignorer les attaques, il s’enroula autour du cannibale comme un boa. Mais il n’eut pas le temps de porter le moindre coup, car à peine se fut-il reformé, qu’il dut parer à l’aide de ses avant-bras, les lames qui s’abattirent sur son crâne.
Retombant sur ses pieds, il grogna de frustration.
De son côté, l’américain secouait son index de droite à gauche avec sévérité.
- Désolé, mais il est impossible de me prendre à revers.
Voyant que le combat de son aîné s’annonçait difficile, Seth tenta de voler à son secours. Alister le rappela à l’ordre d’un revers de main.
- Le maître ne souhaite pas être dérangé, l’informa-t-il sèchement.
Seth se releva, et foudroya le Dragon Rouge du regard.
- Pousse-toi, ordonna-t-il d’un ton glacial.
Alister secoua simplement la tête.
- POUSSE-TOI ! rugit le mutant en lui administrant un uppercut colossal.

Il enchaîna immédiatement par une rafale de coups de poings dans l’abdomen de la créature, avant de l’écarter de son chemin d’un coup de pied circulaire, l’envoyant s’étaler au sol.
Seth mit quelques secondes à reprendre ses esprits, mais la vue de Heath en difficulté face à Peter lui permit d’oublier momentanément sa colère. Il déploya alors ses ailes, et tenta à nouveau de voler au secours de son aîné. Cependant, il fut saisi à la gorge par une main surpuissante.
Le regard du mutant se plongea alors dans celui d’Alister, les yeux écarlates de ce dernier fulminaient d’une rage froide.
- Misérable ! cracha-t-il avant d’administrer au Démon Céleste un coup de genou qui pulvérisa sa cage thoracique. Plié en deux, Seth tomba au sol, et reçut une attaque similaire à la première au niveau de la figure. Il ricocha deux fois sur le sol, avant d’être arrêté par la base d’une des montagnes.
De son côté, Heath ne parvenait pas à trouver d’ouverture dans la défense impénétrable de Peter, et ce malgré son supersmoke, car l’américain surveillait avec une prudence paranoïaque chacun de ses angles.
Le lamia rit de l’impuissance de l’allemand, et après avoir repoussé l’une de ses énièmes attaques, se recroquevilla sur lui-même, et se détendit comme un ressort afin d’effectuer un bond prodigieux.
Il atterrit sur l’une des maigres plate-formes volantes qui tournaient autour du territoire telle une chaîne d’astéroïdes, et toisa son ennemi d’un rire tonitruant, tandis que son moyen de transport l’emportait comme un Escalator.
- Tu viens me rejoindre ? nargua le cannibale depuis son taxi improvisé.
Emporté par la colère, Heath se servit de son super-smoke pour atteindre une autre plate-forme qui filait dans la même direction.
Peter esquissa un sourire carnassier en voyant le psychopathe tomber dans son piège.
- Ça va être génial, jubila-t-il.
Heath usa à nouveau de son pouvoir pour rattraper le lamia, mais ce dernier l’évita en se balançant à l’aide de ses lames de plate-forme en plate-forme.
L’allemand reprit appui sur un des multiples astéroïdes qui composait cette chaîne, et tenta d’anticiper les mouvements du cannibale d’un oeil calculateur.
Ce fut une très grave erreur, car il eut la naïveté de penser qu’il avait tout son temps. En effet, tandis qu’il observait avec une attention toute particulière les mouvements de son ennemi, il ne remarqua pas les dizaines de kankrelats qui sautaient de plate-forme en plate-forme dans sa direction. Et alors qu’il s’apprêtait à repartir à l’assaut, il fut interrompu dans son élan lorsque l’une de ces vilaines bestioles atterrit sur son épaule. Il tourna la tête, et grimaça de dégout.

- Qu’est-ce que…
Le tir du monstre lui coupa brutalement la parole, et manqua de le faire chuter de son caillou. Furieux, le psychopathe le saisit d’une main, et l’écrasa à la seule force de ses doigts.
Cependant, une autre de ces créatures lui sauta dessus, et une autre, et encore une.
Succombant à l’hilarité, Peter constata avec une moquerie démente les dizaines de kankrelats qui recouvrirent l’allemand tels des corbeaux autour d’un morceau de viande. Heath se mit à gigoter dans tous les sens face à cette invasion de parasites, perdit l’équilibre, et chuta droit vers la Mer Numérique.
- Super-smoke ! rugit-il avec rage.
Usant de son pouvoir, il se débarrassa des kankrelats qui poursuivirent leur chute dans le néant virtuel, et remonta au niveau de l’un des astéroïdes. Juste avant qu’une mine de manta n’entre en collision avec celui-ci, le faisant exploser sous ses pieds.
Heath fut contraint de se replier vers une autre plate-forme, mais fut accueilli par une mare de venin toxique qui lui couta de nouveaux points de vie.
Furieux, il recula aussi loin que possible à l’aide de sa forme gazeuse, et constata avec frustration, les authentiques escadrilles de frôlions et de mantas qui voletaient autour de Peter tout en semant le chemin qui les séparait d’embûches.
D’autres kankrelats étaient en train de se rapprocher dangereusement dans son dos, prenant l’allemand en tenaille.
- Tes jouets sont vraiment très utiles, ironisa Peter en ricanant. Tu ne m’en veux pas si j’abuse de leurs capacités ?
Comprenant qu’il n’avait strictement aucune chance de l’emporter sur ce terrain, Heath choisit de délocaliser le combat.
Il usa du super-smoke pour filer droit devant lui, avant de le désactiver, de se saisir de l’un des astéroïdes à pleines mains, et d’user de l’élan octroyé par son pouvoir pour tournoyer avec son projectile improvisé avant de le balancer sur Peter.
Si la plate-forme n’atteignit pas le cannibale, elle entra en collision avec le champ de mines préalablement placé par les mantas.
Une série d’explosion meurtrières en résulta, forçant le cannibale à battre en retraite afin de ne pas être pris dans la déflagration.
Heath surgit des débris à l’aide de sa forme gazeuse, et se saisit de Peter par le cou. Les deux ennemis filèrent droit vers une plate-forme hors du champ d’astéroïdes, et s’y écrasèrent en roulant sur son sol.
Le cannibale reprit ses appuis le premier, et projeta ses lames sur le psychopathe. Ce dernier les évita à l’aide du super-smoke, et fila droit vers son ennemi dans le but de le gratifier d’une mandale.
Peter l’esquiva sans difficulté en se décalant d’un bon mètre grâce à l’agilité que lui octroyait sa queue de reptile, et planta ses lames empoisonnées dans la nuque de son ennemi avant que celui-ci n’ait eu le temps de toucher terre.

Comprenant que Peter était beaucoup trop rapide pour lui, malgré le supersmoke, l’allemand changea alors de stratégie, il usa de son nouveau pouvoir pour passer derrière son adversaire, mais au lieu de l’attaquer au corps, il fila jusqu’au bout de sa queue, se reforma, et s’en saisit à pleines griffes.
Peter fondit immédiatement sur lui. Cependant, cette fois, Heath se révéla plus malin.
Il reprit sa forme gazeuse pour éviter la charge de Peter, avant de le ressaisir, et de le faire passer par-dessus son épaule. Envoyant le lamia s’éclater comme un ballon sur la dure roche de la montagne.

Sans lâcher prise, il le tira vers lui de toutes ses forces, et l’accueillit d’un uppercut au menton. Le cannibale s’éleva dans le ciel tel un ressort, et atterrit lourdement sur le sommet d’une montagne.
Peter se redressa comme un piquet, et essuya son menton d’un revers de main. Heath ne lui accorda pas un instant de répit, et se propulsa sur lui à l’aide du supersmoke. L’américain tenta de l’empaler en plein vol, mais l’allemand reprit sa forme gazeuse pour passer derrière son adversaire, et l’expédia dans les airs d’une frappe surpuissante dans le dos.
S’élevant à son tour avec le supersmoke, il serra le cannibale dans une étreinte ferme, et s’alourdit à toute vitesse, provoquant une chute dangereusement rapide sur le sol.
Ce n’est qu’un millième de seconde avant l’impact que Heath reprit sa forme gazeuse, se préservant ainsi de toute forme de dégât. Peter, lui, percuta le sol comme une météorite, et passa littéralement au travers.

Le lamia ne perdit pas de temps, et ressortit de son trou comme un diablotin sorti de sa boite. Heath tenta de l’accueillir d’un nouveau coup, mais Peter lui cracha la bombe qu’il avait avalée lors de son combat contre Drake, celle-ci explosa au visage du psychopathe à la seconde où il se reforma, et l’envoya valser quelques mètres plus loin.
Heath tenta de se relever presque immédiatement, mais le sol se déroba sous ses pieds. Pris de tremblements, il s’écroula au sol dans l’incompréhension la plus totale.
- Qu’est-ce que c’est que ce délire ? lâcha-t-il sous le choc.
Le ricanement de Peter lui servit de réponse. Le cannibale enlaça son adversaire à l’aide de ses lames, et l’éleva à sa hauteur.
- C’est l’assaisonnement maison qui donne un délicieux goût de revanche à ma viande, dit-il alors que ses pupilles fendues trahissaient son appétit vorace.
Le cannibale promena avec gourmandise sa langue sur le visage de l’allemand qui grimaça de dégoût.
En apercevant cela, Seth repoussa Alister d’un coup de genou en pleine tête. Et fila droit sur Peter.
- Lâche mon frère ! hurla-t-il d’une voix semi-numérique. Alors que les symboles sur son front et son torse rayonnaient d’une aveuglante lumière blanche.

X.A.N.A. profita de ce moment pour surgir de nulle part, cueillit le mutant d’un coup de coude en pleine face, et le rattrapa par le cou avant qu’il ne s’écrase au sol.
La Banshee le foudroya d’un regard furieux, et fit soudainement apparaitre un tube de données entre son front et le sien.
Seth n’avait pas la force de lutter face à un ennemi aussi puissant, il sentit sa conscience l’abandonner.
X.A.N.A. fouilla de fond en comble la mémoire du mutant, cherchant méticuleusement sous chaque recoin de données.
Et c’est là qu’elle le trouva. Terré au plus profond de Seth, tremblant comme une feuille.

Xana était tétanisé par l’appétit vorace de son double maléfique. Ce dernier le fixait avec circonspection.
- Je le savais, grogna-t-elle. C’est toi qui as rompu mon contrôle sur Lyoko. Qu’es-tu ?
« Je suis Xana, une intelligence artificielle créée par Waldo Schaeffer. Dans le but de contrer le Projet Carthage, mené par Herman Schaeffer. » Récita-t-il.
- Tu ne peux être X.A.N.A., si je suis X.A.N.A..
« Tu ne l’es pas. Tu es un résidu, une erreur mêlée à une expérience scientifique ratée de l’Organisation. Tu es un accident. »
Il s’écoula quelques secondes, avant que la Banshee ne réponde:
- C’est sans doute la raison pour laquelle il me faut devenir toute chose, et il faut que toute chose devienne X.A.N.A..
Le programme de l’ancienne humaine s’approcha de son double. Celui-ci n’avait aucune issue.
- Je ne requiers pas ta puissance, l’informa-t-elle. Je requiers ton savoir, à toi qui as pu observer la vie organique à travers ta réflexion de programme. À toi qui as pu contempler le comportement humain et tous ses défauts. À toi qui a vu la faiblesse de l’esprit, et constater la puissance du programme. Deviens X.A.N.A..
Seth poussa un hurlement de terreur, aussitôt accompagné par l’hilarité de Peter.
Le cannibale plongea alors son regard dans celui de Heath, le narguant de son sourire triomphant.
- Ça fait ssssi longtemps que je souhaitais à nouveau déguster ta chair, susurra-t-il avec délice. Et tu as l’air tellement plus appétissant que le bâtard à la gueule grillée.

Sur ses mots, il ouvrit sa gueule béante. Et étonnamment, Heath fit de même.
C’est alors qu’un rayon de lumière noir et or franchit les lèvres de l’allemand pour aller perforer la gorge de l’américain.
Celui-ci relâcha sa proie, qui s’étala lourdement sur le sol. Le lamia se mit à gesticuler dans tous les sens tout en hurlant d’effroi en constatant le trou béant dans son cou.
L’armure de pierre de Heath émit un craquement sinistre, avant de se fissurer, laissant une créature insectoïde germer de son dos.
Mathilda Schaeffer n’avait rien perdu de l’échange entre Peter et Heath, et le regard assassin qu’elle lança au cannibale en disait long sur la fureur qui la possédait.
- T’as dit quoi, espèce de salaud d’enfant de pute ?! vociféra-t-elle avec haine.
Peter ne l’écoutait même pas, il se contenta de feuler de frustration et de colère, et de fondre sur cette peste qui le dérangeait en plein repas. Il fut accueilli par une sphère d’énergie noir et or qui le frappa en plein torse. Coupé dans son élan, le lamia constata avec horreur, que sa cage thoracique fondait comme neige au Soleil.
- Je n’ai pas t’ai pas oublié, enfoiré de cannibale ! cracha l’Augure en s’élevant dans les airs. Je vais te faire regretter ce que tu as fait à Drake.
Alister réagit immédiatement, il se précipita aux côtés de son maitre, et l’entoura de ses ailes massives pour le protéger de toute autre attaque.
Mathilda eut beau redoubler de violence, pas une seule de ses attaques ne transperça la défense du Dragon Rouge. Elle tenta alors de libérer Seth de l’emprise de X.A.N.A., mais elle ne rencontra pas davantage de réussite.
- Et merde ! jura-t-elle.


***



Debout face à l’interface du cinquième territoire, le Légion principal s’affairait à parcourir les milliers de données qui représentaient la mémoire de Lyoko.
À son image, ses quatre doubles effectuaient des manoeuvres similaires depuis les interfaces des tours de passage de chacun des territoires.
Aelita patientait à ses côtés, l’elfe virtuelle se balançait nerveusement d’un pied à l’autre, tout en priant pour que le plan du prothéen fonctionne.
- Voilà ! annonça ce dernier. Il faut à présent que tu poses ta main sur l’interface.
Tremblante de nervosité, la jeune fille obéit. Elle déchiffra ensuite le mot qui apparut.
« Réinitialisation ».
Elle se tourna vers Légion.
- Qu’es-tu en train de faire ?
- Je change les clefs de Lyoko, annonça-t-il visiblement fier de lui. Ainsi, X.A.N.A. ne pourra plus s’enfuir.
Ne comprenant pas ce que cela signifiait, Aelita le fixa avec perplexité.
- Les clefs de Lyoko sont le programme qui permet d’avoir accès à l’intégralité des données contenues dans le super-calculateur. Mais il offre également la possibilité de le quitter. Fort heureusement pour nous, le Créateur t’a confié le programme dont nous avons besoin pour l’emporter.
N’ayant pas compris toutes les explications offertes par Légion, Aelita se garda de tout commentaire, et se contenta de hocher la tête.

- Qui est aux commandes du pupitre ? demanda poliment le prothéen en levant la tête.
- Heu… fit la voix de Lucius pleine d’embarras. C’est moi.
- Peux-tu redémarrer le super-calculateur ?
Le clone du Docteur jeta un oeil vers le monte-charge, avant de reprendre :
- Il faut plus d’énergie pour cela, informa-t-il d’une voix timide. Mais ma soeur est allée changer la pile du Super-calculateur.
Cette information eut l’effet d’un électro-choc sur Légion, il se saisit d’Aelita, et déploya des ailes pour s’arracher au sol. Celui-ci disparut quelques secondes plus tard.
- Prévenez la prochaine fois, gronda le prothéen.
Depuis la salle du super-calculateur, et possédée par le spectre de secours implanté dans sa bague, Abigail sourit de satisfaction.
- C’est l’heure de changer la donne.


***



Quelle ne fut pas la désillusion de X.A.N.A., de constater le reboot complet du Supercalculateur.
Lyoko tout entier se paralysa suite à la mise à jour effectuée par Lucius, figeant ainsi tous les acteurs qui s’y trouvaient.
Une déflagration d’énergie recouvrit l’intégralité du monde virtuel, faisant disparaitre toutes les plateformes. Mathilda et Alister réagirent à temps et préservèrent leurs alliés respectifs d’un joli plongeon dans le néant. L’énergie de la déflagration se rassembla alors en un point, et éclata tel un feu d’artifice, signifiant ainsi la fin de la mise à jour.
La manoeuvre brisa le lien qui reliait l’I.A. au mutant. Ce dernier, terrifié comme jamais par la Banshee, détala par la voie des airs.
X.A.N.A. poussa un grognement de frustration, et fila à sa poursuite.

Tout en soutenant son maitre au torse et à la gorge troués, Alister resta sur ses gardes afin d’éviter une attaque en traître de ses ennemis. Le Dragon Rouge, ayant été forcé de déployer ses ailes, Mathilda pu constater avec agacement que la créature était en train de régénérer le cannibale au moyen d’un échange de données frontal. La disparition des trous béants dans le corps du lamia en était la preuve visuelle.
Heath avait l’esprit en vrac, car bien que le reboot du Supercalculateur l’ait débarrassé du poison de Peter. Il n’avait, en aucune façon, remonté ses points de vie. Soutenu par l’Augure, l’allemand lâcha un râle digne d’un ivrogne en pleine descente.
- Putain…
Mathilda analysa calmement la situation; Heath était au bout du rouleau, Seth avait subi d’importants dégâts dans son combat contre Alister, qui semblait être le combattant le plus dangereux actuellement. Et les soins qu’il prodiguait à Peter n’annonçaient rien de bon pour la suite.
- On est dans une merde noire, grogna-t-elle.


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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 30 Mar 2020 11:36   Sujet: A
Chapitre 19: Dragon et Démon



Alister patientait au bord d’une plate-forme comme un prédateur qui guettait sa proie. Il savait que Serpent finirait par se montrer, c’était inévitable. Enivré par sa puissance, il avait chassé les monstres qui l’avaient accueilli, car il ne désirait voir aucun gêneur entre lui et le magnifique combat qui se préparait.
C’est alors qu’une lueur éclatante recouvrit la banquise. Intrigué, il leva les yeux.
Il avait beau être impossible de se retrouver ébloui sur un monde virtuel, la lumière transcendante qui éclairait le ciel et transperçait ses nuages le déconcerta quelques secondes, mais il reprit bien vite ses esprits.
Le torse gonflé d’impatience à l’approche plus qu’évidente de son ennemi tant attendu, il s’envola vers l’iceberg le plus proche, et observa de plus près la source de cette lumière.

Il plissa les yeux, et aperçut une sorte de sphère en argent se matérialiser.
Le Dragon Rouge haussa un sourcil, qu’est-ce que cela signifiait? Quelle était cette chose qui semblait capable de repousser sa puissance?
C’est alors qu’il comprit sa méprise en apercevant les deux ailes en argent massif se déployer, permettant à leur propriétaire de briller de mille feux. Sa lumière fut si aveuglante qu’elle chassa immédiatement les nuages sinistres qui recouvraient le ciel de la banquise. Impressionné, Alister observa avec intérêt l’être qui descendait doucement vers un iceberg voisin du sien. Un halo lumineux l’enveloppa progressivement au fur et à mesure qu’il approchait de la glace du territoire. Lorsqu’enfin il posa le pied à terre, Alister pencha sa tête de côté pour mieux observer l’étrange personnage qui venait de faire son apparition.

Ses ailes de métal semblaient aussi souples que les siennes, il portait un pantalon noir ainsi qu’une paire de bottes en cuir assorties à sa tenue. La partie supérieure de son corps était nue, laissant apparaitre une impressionnante musculature. Son bras droit était en métal noir, tandis que le gauche était comme composé d’électricité argentée.
Sa coupe de cheveux était au béret, c’est à dire courte sur les côtés, et mi-long sur le dessus. Quelques mèches pendaient sur son front.
Les cheveux en eux-mêmes étaient d’une couleur grise-argentée.
Mais le plus étrange, c’était ses yeux.
Ils étaient clos, visiblement, il ne les avait pas ouverts depuis qu’il était apparu sur Lyoko. Malgré le fait que son adversaire soit le Dragon Rouge, cet être était d’un calme olympien, presque dérangeant.

Depuis son pupitre de commande, Abigail se grattait nerveusement le menton. Il lui était presque impossible de comparer les deux créatures. La seule chose dont elle disposait pour ce faire était leur nombre de points de vie respectif, et ces chiffres ne lui inspiraient rien de bon.
- Abigail ? demanda timidement Lucius. Seth peut-il remporter ce combat?
L’intéressée poussa un soupir qui trahissait son inquiétude.
- Je l’ignore; ils sont tous les deux d’un niveau bien au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Mais notre adversaire dispose néanmoins d’une trentaine de milliers de points de vie supplémentaire. Aussi, même si Seth est bien plus puissant que Heath, le combat me parait toujours bien trop déséquilibré.
À peine eut-elle terminé sa phrase, qu’un éclair fendit le ciel de la banquise et frappa Seth de plein fouet. Un étrange symbole vint se dessiner sur son torse, ainsi que sur son front.
Abigail vit le nombre de points de vie du mutant grimper en flèche, elle esquissa un sourire.
- Là, c’est plus équilibré.

De son côté, Alister hésitait à attaquer son nouvel adversaire. D’un côté, celui-ci semblait dangereux, et il disposait d’une belle ouverture. Mais de l’autre, cette chose n’était pas sa cible.
C’est alors que Seth ouvrit les yeux, et la haine viscérale avec laquelle il fixait le Dragon Rouge fit tressaillir ce dernier. En effet, les émotions du mutant étaient si intenses qu’une espèce de bourrasque avait frappé la créature au moment même où son ennemi avait séparé ses paupières.
Alister se sentit soudain extrêmement mal à l’aise, il avait le sentiment de faire face au plus féroce des animaux.

Cette erreur de concentration allait lui être préjudiciable, puisque Seth en profita pour se propulser vers lui à une vitesse supersonique, et lui décocha un fulgurant coup de poing métallique qui l’atteignit à la mâchoire.
Emporté par la puissance de cette attaque, Alister alla s’écraser de tout son long contre le sol glacé de la banquise. Du haut de son iceberg, Seth le toisa du regard.
Le Dragon Rouge resta un moment allongé sur le dos, avant de se relever tout en faisant mine de masser tranquillement sa mâchoire. Puis, il reprit son expression habituelle, et ses yeux sereins vinrent croiser les enragés de son adversaire.
C’est alors qu’il le reconnut enfin.
- Encore toi ?! grogna-t-il avec mépris. Je croyais avoir été on ne peut plus clair lors de notre précédente rencontre; ta pitoyable existence ne m’intéresse pas. Disparais avant que je ne t’extermine.
Seth ne répondit pas, son regard continuait cependant de trahir la haine bouillante qu’il s’efforçait de contenir.
- Tu vas payer, gronda-t-il tandis qu’une aura argentée apparaissait autour de lui. Tu vas payer pour ce que tu as fait à ma famille !
Il avait prononcé ces dernières paroles dans un rugissement phénoménal, qui fit trembler l’intégralité du territoire.
Le Dragon Rouge afficha une mine sombre, résolu.
- Je vois.

Sur ses mots, la créature et le mutant coururent l'un contre l'autre tels deux taureaux enragés. Et si leurs cornes respectives survécurent à l'impact de leur collision, ce ne fut pas le cas de la plate-forme qui vola en éclats. Après qu'ils furent simultanément repoussés sur un autre morceau du territoire, Alister inspira de toutes ses forces, et recracha un torrent de flammes en direction du mutant qui sembla happé par l’attaque. Sous les pieds de la créature, la glace de la banquise se mua en une roche volcanique qui se propagea sur le territoire tel un virus. Mais à la grande surprise du Dragon Rouge, sa progression s’arrêta net au pied de l’iceberg dont il venait de détruire le sommet. C’est alors qu’il aperçut les larges ailes d’argent de Seth qui s’étaient repliées sur son propriétaire pour le protéger. Lorsque ce dernier les déploya à nouveau, la roche volcanique revint en toute hâte vers son maître, comme chassée par la puissance majestueuse du Démon Céleste.
Le Dragon Rouge fronça les sourcils.

- Très bien.
Les deux combattants se propulsèrent alors l’un contre l’autre, et le poing de métal de Seth percuta le poing de chair rougeâtre d’Alister. Une onde de choc colossale traversa le territoire, et la glace des icebergs aux alentours se brisa comme du verre.
Une véritable avalanche de phénomènes similaires s’enchaîna suite aux nombreux coups que les deux adversaires s’échangèrent. Faisant ainsi grimper en flèche les chiffres démentiels qui s’affichaient sur les écrans d’Abigail.
- Putain de merde, lâcha la hollandaise.


Alister propulsa son dard vers le visage de Seth qui décala sa tête pour l’esquiver, il reçut en revanche un formidable crochet du gauche qui le propulsa en arrière. Le Dragon Rouge partit à la poursuite de sa victime, et referma ses serres d’aigle autour de sa tête. Il se mit ensuite à planter celle-ci dans le sol sans pour autant s’arrêter de voler, traçant ainsi un long sillage sur la glace. Seth attrapa la patte de son ennemi de sa main argentée. Une violente décharge électrique parcourut le corps du Dragon rouge, et lui arracha un hurlement tandis qu’il lâchait sa victime. Le Démon Céleste effectua une roulade en arrière, et une fois sur ses deux jambes, se propulsa en avant. Alister encaissa alors un coup de boule en pleine poire qui l’envoya chuter librement vers le sol. Mais son adversaire ne l’entendait pas de cette oreille, il tendit son bras droit, et le releva brutalement. Aussitôt, un pilier de glace s’éleva du sol, et captura Alister dans ses griffes. Seth ne se fit pas prier, et lui décocha un fulgurant coup de poing métallique qui brisa la prison, et envoya son ennemi s’écraser à plusieurs centaines de mètres. Le mutant posa alors les pieds sur les restes du pilier qu’il avait créé, et ne voyant nulle trace du Dragon Rouge, se mit à charger de l’énergie électrique dans son bras.

C’est alors qu’au loin, un iceberg de bonne taille fut arraché du sol, et expédié droit sur lui. Mais il ne prit pas la peine d’esquiver cette attaque, il attendit que le projectile arrive à sa portée, et posa sa main électrique dessus pour le faire sauter purement et simplement.
Et c’est à travers les débris qui volaient aux quatre vents qu’il se rendit compte de son erreur, puisqu’un jet de flammes incandescent les traversa, et l’emporta jusqu’à une colonne de glace contre laquelle il s’écrasa.
Il n’eut pas le temps de dire « ouf » qu’Alister était déjà sur lui, et le transperçait de ses cornes. Seth fut à nouveau plaqué contre la colonne dont le sommet se disloqua sous le choc.
Le Dragon Rouge se servit des bons ancrages de ses excroissances épidermiques dans le ventre de sa victime pour la soulever de terre, et laisser le bloc de glace s’écraser sur elle.
Puis il l’envoya valdinguer dans les airs d’un bon mouvement de nuque, avant de se lancer à sa poursuite une nouvelle fois.
Il lui décocha trois coups de poing surpuissants, chacun le propulsant un peu plus vers l’extrémité du territoire. Puis il le prit de vitesse, et joignit ses mains avant de lui asséner un coup de marteau qui l’envoya droit vers la mer numérique.

Mais Seth reprit ses esprits, et tira un rayon d’énergie électrique vers la masse d’eau virtuelle qui le fit remonter à une vitesse folle. Prenant ainsi par surprise son ennemi, et lui adressant un uppercut métallique sur le menton. Il enchaîna avec un revers de la même main, mais son adversaire profita de l’impact de celle-ci pour s’enfuir en volant à pleine vitesse. Seth le suivit sans effort.
Les deux monstres fusèrent à travers le territoire tels des étoiles filantes, l’une écarlate, l’autre argentée. Ils s’entrechoquèrent à de nombreuses reprises durant leur course effrénée, déployant des ondes de choc qui firent voler la glace en éclats. Il traversèrent le sol des plateformes comme s’il s’agissait d'une simple couche de papier, et continuèrent de se percuter l’un l’autre, échangeant des coups de plus en plus meurtriers.
Le mutant prit cependant l’avantage sur son adversaire, au moment où son poing électrique allait entrer en contact avec le poing droit de la créature. Son membre se déstructura soudainement, avant de se solidifier à nouveau, capturant ainsi le bras de son ennemi. Une décharge surpuissante parcourut le corps d’Alister, qui tenta de se dégager en tirant de toutes ses forces. Seth le relâcha, et profita du fait que son adversaire fut emporté par son élan pour se placer dans son dos.

Il le ceintura, avant de se mettre à voler à pleine vitesse vers les derniers icebergs, piliers et murs de glace qui tenaient encore debout. Un à un, le mutant fit passer la créature à travers bon nombre de ces obstacles tout en continuant de lui infliger de violentes décharges. Il n’épargna même pas les tours, qui éclatèrent à leur passage. Mais Alister lui planta son dard de métal dans le dos, ce qui lui permit de se dégager de son emprise et de stopper leur course folle en déployant ses ailes. Il décocha alors un coup poing enflammé dans la tempe de son adversaire qui envoya ce dernier au sol. Puis il effectua une descende en piqué digne d'un bombardier en rugissant de colère. Seth se releva partiellement, et pointa son bras métallique dans la direction de son assaillant. Celui-ci brilla d'une lumière scintillante, et fila tel un missile dans la gueule du Dragon. Ce-dernier encaissa l'attaque de plein fouet, et fut repoussé tandis qu'il plaquait ses mains sur son menton. Seth se releva, et fila dans sa direction, il rattrapa son bras, le rattacha à son corps, et poursuivit son envol vers son adversaire, bien décidé à le démolir. Mais Alister reprit ses esprits, et ses appuis sur la plate-forme vers laquelle il filait. Il empala Seth en lui plantant son dard dans l’estomac, interrompant ainsi sa course, et le souleva à sa portée tandis qu’un brasier incandescent se formait derrières ses rangées de crocs.

C’est alors qu’un fin laser argenté jaillit du centre du symbole gravé sur le front du mutant, et vint transpercer l’oeil droit de la créature qui relâcha sa victime.
Seth en profita pour enrouler son bras gauche autour de la queue du Dragon Rouge, et lui infligea une nouvelle décharge. Ce dernier tenta alors de lui mordre la gorge, mais c’est l’avant-bras métallique du Démon Céleste que ses crocs capturèrent.
À nouveau, un laser argenté jaillit du front de Seth et creva le deuxième oeil d’Alister. Le mutant en profita pour libérer son bras droit, et adresser un violent crochet à son adversaire. Ce dernier, toujours sous l’emprise du membre électrique, fut violemment ramené vers son bourreau qui lui décocha un deuxième coup si violent, que sa queue ne résista pas au choc.
Il fut propulsé vers la dernière colonne encore debout qui s’écroula à son impact, et l’ensevelit sous ses décombres.

Seth se débarrassa du membre reptilien qui continuait de gigoter, et l’envoya vers la Mer Numérique.
Une colonne de lumière s’éleva dans le ciel, tandis que les trous dans son corps étaient en train de se refermer.
Il se remit à charger de l’énergie dans son bras gauche, tout en restant sur ses gardes.
Le Grand Dragon Rouge poussa un rugissement enragé. Il envoya valdinguer les décombres qui l’avaient enterré, et se dressa de toute sa stature face à son adversaire.
Tout comme lui, ses blessures étaient en train de guérir. Déjà son oeil droit s’était reformé, tandis que le gauche était masqué par une bouillie de pixels rouges, semblable à celle qui reformait sa queue.
Il ne restait pas grand chose du territoire banquise si ce n’était trois plateformes et demi alignées les unes après les autres, et un dernier iceberg miraculeusement intact. Aucune tour n’avait survécu à leur affrontement.
Alister était désormais celui qui était le plus furieux des deux. Il était enragé de voir que ce corps dont il était si fier, avait souffert de pareils dommages face à un adversaire qui était à sa merci plus tôt dans la même journée.

De son côté, Seth avait peu à peu retrouvé son calme. Celui qu’il affrontait était d’une redoutable puissance, et sans l’aide de Xana, il n’aurait jamais pu faire jeu égal avec lui. En effet, non seulement le programme multi-agents avait augmenté ses forces, mais en plus, il avait analysé et informé le mutant des capacités de son propre avatar. Ajoutez à cela le fait qu’à deux, ils pensaient vite et bien, et vous obtenez un adversaire des plus coriaces.
Mais en terme de puissance pure, c’était bien Alister qui était au-dessus.
Cependant, Seth ne montrait aucun signe d’inquiétude. Il attendit que ses blessures soient entièrement guéries, avant de plonger son regard d’argent pur dans les yeux rouges reptiliens de la créature qui serrait les poings de rage.
Alister fut pris de tremblements furieux, et sa nouvelle queue fouetta le sol avec frénésie.
Comment osait-il ?! Cet avorton qui se dressait entre lui et sa proie! Ce caillou sur sa route! Cette ordure qui l’empêchait d’accomplir la volonté de son maître!
Le Dragon Rouge prit une profonde inspiration. Sa poitrine se mit à gonfler, et gonfler, et gonfler. Seth laissa échapper un sourire.

- C’est l’heure d’en finir, annonça-t-il avec sérénité.
Enragée, la créature cracha un immense jet de flammes rouge incandescent qui fila droit sur son adversaire céleste. Celui-ci posa ses ailes d’argent en opposition, et tint le choc. Mais la puissance de l’attaque le poussa à une vitesse folle à travers les trois dernières plateformes, y comprit le dernier iceberg encore debout. Ancrés dans le sol, ses pieds tracèrent deux longs et profonds sillons.

Il attendit d’arriver à la limite de ce qui restait du territoire pour pousser sur ses jambes et prendre son envol. Cependant l’attaque d’Alister le suivit dans les airs, mais ne représenta aucune réelle menace pour le mutant qui l’évita en voltigeant autour.
Furieuse, la créature banda ses muscles, et une aura rouge incandescente se mit à l’entourer. Il se propulsa de toutes ses forces vers Seth qui n’avait pas cessé de sourire.
Il tenta alors de lui assener un coup de poing enflammé, mais au dernier moment, le Démon Céleste rétracta ses ailes, et se laissa tomber en piqué. Alister virevolta, et fonça à pleine vitesse pour le rattraper dans sa chute. Pendant un instant, il crut que Seth allait se poser sur l’iceberg vers lequel il filait. Mais ce dernier effectua un battement d’aile afin de seulement l’effleurer, et de poursuivre sa descente. Aveuglé par la colère, Alister donna un dernier coup d’accélérateur. Celui qui allait lui être fatal.
Seth planta sa cheville gauche dans la paroi glacée de l’iceberg, ce qui, au bout d’un laps de temps, stoppa sa chute.
Le Démon Céleste vit alors le Dragon Rouge, emporté par sa vitesse, se retrouver au même niveau que lui. Et durant ce millième de seconde, il lut avec satisfaction la lueur de terreur dans son regard.

De sa jambe valide, Seth prit appui sur l’iceberg, et se propulsa pour décocher un féroce coup de poing métallique dans le plexus de sa victime. Celle-ci fut coupée net dans son élan et tomba à son tour en chute libre, mais pas pour très longtemps.
Seth déploya ses ailes pour se stabiliser, et tendit sa main gauche vers son adversaire. Le souvenir d’Aelita appelant à l’aide s’imposa soudain dans son esprit. Dans un hurlement de haine, il libéra l’énergie électrique qu’il avait accumulée durant tout ce temps.
Alister encaissa une véritable vague foudroyante, l’attaque lui fit traverser le sol de la plateforme, et l’envoya droit vers la mer numérique.
Mais au grand étonnement de Seth, la créature parvint à freiner sa chute, et résistait désormais à la puissante vague foudroyante qui continuait de s’abattre sur elle. Le mutant accentua alors la puissance de son attaque.
Au bord de la rupture, Alister en appela à ses dernières forces, et recouvrant son corps de flammes, tenta de remonter la vague à laquelle il ne pouvait désormais plus échapper.

Les deux combattants se retrouvèrent alors dans une impasse, et ce serait le plus résistant des deux qui l’emporterait.
En effet, après avoir épuisé toute l’énergie qu’il avait accumulé, Seth n’eut d’autres choix que de convertir ses points de vie en énergie par l’intermédiaire de Xana. Un stratagème à la durée extrêmement limitée, étant donné l'importance de ces points.
Quant à ceux d’Alister, ils descendaient en flèche. Mais le Dragon Rouge continuait malgré tout de charger à pleine puissance contre la vague foudroyante, persuadé de parvenir à avoir le dessus.
- Je vais t’écraser ! rugit-il.
- Amène-toi ! répliqua Seth en déployant davantage de puissance.

Malheureusement pour le mutant, ses ressources se retrouvèrent à sec, et il tomba à genoux la tête lourde et l’esprit brouillé.
Alister jaillit dans le ciel qui s’assombrit de nouveau, et il posa le pied sur la glace redevenue de la roche volcanique.
- Pitoyable créature, vociféra-t-il.
Seth voulut répliquer par un coup de poing, mais ses sens étaient tellement embrouillés que sa démarche ressemblait à celle d’un ivrogne. Alister le repoussa d’un revers de main autoritaire, l’envoyant rouler jusqu’au bord de la plate-forme.
Le Grand Dragon Rouge approchait lentement de sa proie, le territoire banquise redevenu volcanique se reconstituait à mesure qu’il avançait.


Labo.


- Ah bah quand même ! s’exclama Abigail en voyant Heath pénétrer dans le labo. Où est-ce que tu étais passé ?
- Je discutais avec un ami, répondit l’allemand avec sarcasme.
La hollandaise promena alors son regard autour de l’allemand, et chercha une personne qui manquait à l’appel.
- Mathilda ? Où est-elle ?
Résolu, et franchement agacé, l’allemand tapota sa tempe de sa griffe en roulant des yeux. Abigail explosa de rire.
- Ça n’a rien de drôle, gronda Heath.
- Tu ne dirais pas ça si tu pouvais voir ta tronche, répliqua la hollandaise entre deux éclats de rire.
Grommelant dans sa barbe, le jeune homme se renfrogna, mais finit par remarquer la mallette contenant les piles nucléaires d’Adama Viero sur le sol.
- Ça va vous servir ces trucs ? demanda-t-il dubitatif.
- Ça pourrait, répondit Lucius qui ne savait pas où se mettre entre sa soeur et le psychopathe. On cherche encore.
- Bon, trancha la rousse après avoir jeté un coup d’oeil à son écran. Descends en salle des scanners. Les autres ont besoin de toi.
- Tu pense que le fait d’avoir ta soeur dans la caboche me permettra de lutter à armes égales avec nos ennemis ? demanda sérieusement l’allemand.

Abigail s’accorda un rapide temps de réflexion, avant de plonger la main dans son sac, afin d’en sortir un CD.
- Franchement j’en doute, avoua-t-elle avant d’insérer le disque dans la machine. Mais ce programme de mon crû te donnera sûrement un avantage non négligeable. Espérons simplement qu’il soit aussi efficace que prévu.
La hollandaise sentit alors deux doigts métalliques lui saisir le menton, son regard se plongea dans les yeux de l’allemand.
Ce dernier l’embrassa sans crier gare, avec une fougue et un appétit qui manquèrent de consumer la jeune femme sur place. Le baiser ne dura pas longtemps, et lorsque Heath le rompit, il se lécha les babines d’un air gourmand. Ignorant le rougissement brutal de Lucius qui avait détourné le regard.
Déboussolée, il fallut un temps à Abigail pour déchiffrer le sourire moqueur du psychopathe.
- Me dis pas que… que t’as fait ça parce…
- …Parce que je refuse de laisser une fille de pute mener la danse ? ironisa l’allemand en repartant vers le monte-charge. Si, complètement.
Agacée de s’être faite avoir de façon aussi mielleuse, Abigail fustigea le psychopathe du regard avant de se reconcentrer sur ses écrans.
- Non mais… grogna-t-elle franchement vexée. On va voir qui mènera la danse.
Lucius ignorait s’il devait reprendre le travail comme si de rien n’était, ou laisser sa soeur ruminer ce qu’elle considérait comme une défaite.

***



Seth s’en voulait terriblement, une frustration dévorante s’était emparée de son être.
Son incapacité à porter le moindre coup à son adversaire, sa pitoyable prestation de combattant, son impuissance face au pouvoir écrasant d’Alister, et sa propre faiblesse et naïveté composaient cette frustration.
Le Grand Dragon Rouge faisait ce qu’il voulait de lui, et il était inutile de préciser qu’il y prenait un réel plaisir tant son rictus diabolique suintait la satisfaction. Seth avait beau faire preuve de toute la bonne volonté et l’ingéniosité dont il disposait, le tout couplé avec cette puissance qui était la sienne ne parvint pas à ne serait-ce qu’effleurer son adversaire.
Alister, le torse gonflé d’orgueil, prenait un pied des plus divins en démontrant sa supériorité écrasante face au Démon Céleste. Il évitait chaque attaque qui lui était destinée avec une facilité déconcertante, et jouait avec les nerfs du mutant en se déplaçant à une vitesse phénoménale. Lui laissant à chacune de ses tentatives, le mince espoir d’une réussite inespérée. Seth avait beau puiser dans ses ressources les plus profondes, Alister ne fut jamais inquiété plus que cela par ses tentatives désespérées.

La créature se contenta de rappeler sa place au mutant, en le fouettant de sa queue à la force draconienne, tel un dompteur exigeant une discipline irréprochable.
Seth tenta de se relever, ignorant malgré lui l’écart considérable qui le séparait du Dragon Rouge. Mais ce dernier, lassé de ces jeux répétitifs, le maintint au sol volcanique en multipliant ses attaques disciplinaires. Les bras croisés face au mutant qui gisait à terre, il avait dressé son fouet improvisé tel un serpent prêt à mordre, et continua d'administrer au garçon aux yeux d’argent la correction qu’il méritait.
Ce n’est que lorsqu’il fut sûr que celui-ci n’esquissait plus le moindre geste, qu’Alister se décida à arrêter son supplice. Il saisit Seth par la corne, et le hissa à sa hauteur.
- Comment ai-je pu laisser une erreur de la nature comme toi m’humilier de la sorte ?! cracha-t-il avec colère et mépris. Juste avant que le symbole qui ornait le front du mutant n’envoie un rayon de lumière argentée dans l’oeil du Dragon Rouge. Pris par surprise, Alister relâcha Seth, et pressa sa main gauche contre son organe blessé.
- C’est peut-être parce que tu es con, rigola un Seth soulagé de voir que l’une de ses attaques avait enfin atteint sa cible.
Furieux de s’être fait avoir de manière aussi lamentable, l’ancien cyborg administra un tir digne de Juninho dans la face du mutant. Qui alla s’encastrer dans la roche volcanique du pilier le plus proche.

- Misérable cafard ! rugit le Dragon Rouge. Je vais te faire payer ta stupidité !
Sur ses mots, il désunit sa mâchoire, et chargea une boule de flammes incandescentes entre ses rangées de crocs. La puissance de celle-ci fut telle, que le territoire tout entier trembla sous ses vibrations incontrôlables. Et les nuages qui avaient recouvert le ciel de la banquise devenue volcan, furent aspirés par ce petit Soleil, comme si celui-ci était pourvu des capacités destructrices d’un trou noir.
Seth, refusa la défaite malgré tout, il tenta vainement de se redresser. Mais au-delà du chiffre colossal qui indiquait son nombre de points de vie perdus, les attaques d’Alister avaient été si violentes qu’elles avaient endommagé son programme d’avatar. Et Xana lui-même ne pouvait réparer de tels dommages en si peu de temps.
Incapable de se mouvoir suffisamment rapidement, Seth ne put que constater son échec alors que l’attaque d’Alister semblait atteindre le paroxysme de sa puissance.
- Disparais ! rugit le Dragon Rouge en faisant feu.

Mais un obstacle inidentifiable recouvrit sa gueule de reptile sans crier gare. D’abord prise de court, la créature tenta alors de dégager aussi vite qu’elle le put, la main inamovible qui l’empêchait de déchainer sa puissance. Mais la panique lui fit perdre sa concentration, et ce qu’il redoutait arriva :
Son souffle dévastateur lui explosa dans la face, littéralement, déboitant sa mâchoire et l’envoyant ricocher sur le sol du territoire avant de s’étaler de tout son long.
Bien que furieux, le Dragon Rouge se redressa immédiatement afin de se défendre face à cette nouvelle menace.
Mais tout ce qu’il vit, ce fut la fumée qu’avait causé son attaque manquée. Méfiant, il scruta la zone à la recherche de son nouvel ennemi. Scannant le moindre centimètre de son champ de vision afin d’éviter d’être à nouveau pris à revers, tout en prenant soin de faire en sorte que la bouillie de pixels qui avait recouvert la partie inférieure de son visage recompose entièrement celle-ci.
Un craquement sinistre résonna sous ses pieds, et une masse noire informe surgit de la fissure qui venait de se former. Lui décochant un uppercut sur son menton endommagé. Alister s’éleva dans le ciel, et retomba lourdement sur le sol.
La fumée qui était à l’origine du coup qu’il avait reçu se regroupa face à lui, et les yeux moqueurs de Heath Lancaster prirent forme.

Alister bondit immédiatement sur ses pieds, et foudroya le nouvel arrivant du regard.
La fumée du Supersmoke finit de se regrouper, dévoilant la toute nouvelle apparence de l’allemand. Ce dernier arborait désormais un corps qui paraissait toujours aussi rocailleux et solide qu’auparavant, mais des veines pulsantes de lumières dorées parcouraient désormais l’intégralité de son être. Ses yeux de reptile luisaient d’une couleur aussi similaire que meurtrière.
- Enpfin, gronda la créature en se redressant. Enpfin tu te défides à te montrer.
Seth, qui n’avait rien perdu de l’apparition de l’allemand exulta de joie.
- Grand frère !
Ces mots titillèrent la curiosité d’Alister, celui-ci posa sur Heath un regard consterné.
- Tiens donc ! grogna-t-il en réajustant sa mâchoire. Je vois que tu t’es trouvé un nouveau petit frère. Étais-je si précieux à ton existence que tu as été dans l’obligation de te trouver une nouvelle victime?
À ces mots, l’allemand leva les yeux au ciel.
- En voilà une idée saugrenue. Seth n’est pas mon « nouveau » petit frère, espèce de déchet sans intérêt, il est mon « vrai » petit frère. Celui qui vaut la peine qu’on se salisse les mains pour lui, celui qui donne un tout nouveau sens à la dérouillée que je vais t’administrer.
Sur ces mots, il se mit en position de combat, et invectiva la créature d’une envie de meurtre démentielle.
- La seule personne qui accordait un tant soit peu d’importance à ta pitoyable existence aurait dû tirer la chasse après t’avoir chié. Histoire que tu finisses ta vie entouré de tes semblables.
Une fureur incontrôlable envahit Alister. Son pouvoir réagit presque immédiatement aux violentes émotions qui l’assaillirent, et des geysers de lave fissurèrent le sol pour s’élever dans le ciel.

- J’ai juré au maître que je lui laisserai le coup de grâce, vociféra la créature avec une haine passionnée. Mais je ne lui ai jamais promis quoi que ce soit concernant l’état dans lequel je te livrerai.
À cela, Heath éclata de rire.
- En voilà un bon toutou, il faudra que je pense à envoyer la facture de mes années de dressage à Peter.
N’y tenant plus, Alister se jeta à pleine vitesse tout en feulant sur son ennemi.
Heath ne se fit pas prier, il activa son Supersmoke. Ainsi, le Dragon Rouge ne parvint à frapper qu’une épaisse fumée noire. Emporté par son élan, il continua sa course, et ne put échapper au poing métallique que Seth lui décocha dans l’abdomen.
Renvoyé vers Heath, Alister fut incapable de bloquer la main puissante et griffue du Général de l’armée prothéenne qui lui perfora la cage thoracique.
Il profita alors de sa soudaine proximité avec l’allemand pour lui administrer un coup de coude. Cependant, celui-ci avait déjà repris sa forme gazeuse, lui permettant non seulement d’esquiver l’attaque. Mais également d’offrir à Seth l’opportunité de frapper la créature de son rayon de lumière électrique sans blesser son aîné.

Le Dragon Rouge déploya ses ailes afin de mettre un terme à ses valses dans les airs, et se retourna en fulminant.
Seth se tint aux côtés de Heath avec une fierté répugnante aux yeux de la créature, l’allemand le toisa du regard.
Alister tâcha alors de mettre ses émotions sous contrôle, et analysa calmement la situation; en l’état actuel des choses, il avait toujours la possibilité de l’emporter étant donnée la supériorité de ses pouvoirs. Mais il doutait de sa capacité à les ramener à son maître. Peter ne se souciait guère de l'état de Heath du moment que celui-ci lui était livré vivant, et Alister doutait actuellement de sa capacité à respecter cette consigne sans prendre le risque d’être dévirtualisé. Son combat contre Seth avait considérablement entamé ses réserves de points de vie.
Bien que frustré, le Dragon Rouge prit sa décision, il se retourna, et fila à travers le territoire à pleine vitesse. Laissant le désert reprendre sa forme initiale.
Seth en fut si surprit qu’il se mit à sautiller de joie sans réfléchir.
- On a gagné ! s’exclama-t-il avant d’être rappelé à l’ordre d’une taloche derrière la tête.
-Ça m’étonnerait beaucoup, grinça Heath en levant les yeux au ciel. Abigail? Tu as une idée d’où il va?
- Il vient d’entrer dans une tour de passage, répondit l’écossaise, celle qui mène à la montagne.
- Et comment ça se passe là-bas ?
- Pas très bien, l’autre taré d’amerloque est en train de corriger Drake et Thomas. Je ne sais pas où Légion emmène Aelita, mais je vais la rematérialiser dès qu’il me donnera son feu vert. Par contre, je ne vois plus ni X.A.N.A., ni Schaeffer.
Heath haussa un sourcil de méfiance.
- Pourquoi ça ?
- J’en ai pas la moindre idée, grinça Abigail.
L’allemand prit une dizaine de secondes pour réfléchir, avant de réactiver son supersmoke.
- On va commencer par s’occuper de Peter, décida-t-il. On verra pour Schaeffer après.
Il se tourna vers Seth.
- Reste sur tes gardes, et ne crie plus jamais victoire trop tôt.
- Oui grand frère.


***



Thomas et Drake n’en menaient pas large. Maintenus sur la défensive par les multiples assauts de Peter. C’était miracle s’ils n’avaient pas encore été dévirtualisés.
L’armure de Thomas, bien que d’apparence moyenâgeuse, était aussi souple que du caoutchouc. Permettant à son possesseur de faire preuve de toute son agilité. Malheureusement, le lamia était bien trop rapide et souple lui-même pour que cela puisse représenter un quelconque avantage. Sa hallebarde, en revanche, était suffisamment longue pour maintenir à distance la plupart des lames de l’américain.
Drake de son côté, rechignait à se servir de ses bombes par manque d’ouverture dans la défense du cannibale. Il se contentait donc, tant bien que mal de se défendre avec son trident. Mais il ne lui était pas difficile de comprendre que l’américain aurait pu en finir avec eux s’il l’avait réellement voulu. L’écossais en conclut donc deux hypothèses;
Soit, Peter ne faisait que jouer avec eux pour passer le temps, ce qui était très peu probable malgré le sadisme de sa personnalité.
Soit, il rechignait à sacrifier le moindre de ses points de vie pour en finir avec eux à coup sûr.
Ce qui voulait dire, dans un cas comme dans l’autre, qu’il attendait quelque chose.

Comprenant que malgré leur faiblesse apparente, il leur était possible de placer une attaque qui pouvait se révéler déterminante à l’avenir. Drake se décala d’un bond sur la droite, permettant ainsi, à lui et à Thomas, de cerner l’américain qui ne semblait pas très inquiet pour autant.
Le belge leva sa hallebarde, et fit appel à toute sa concentration. L’émeraude qui ornait la lame de son arme se mit aussitôt à rayonner d’une lumière verte.
Ne voyant pas cela d’un bon oeil, Peter projeta trois de ses lames sur le chevalier. Mais ce dernier fut couvert par les explosions des bombes de Drake.
L’américain tenta alors de faucher l’écossais à l’aide de sa longue queue de serpent. L’épouvantail le vit cependant venir, il évita l’attaque d’un salto latéral, et planta sa fourche dans le membre reptilien, le clouant au sol.
Furieux, le lamia tenta alors de s’en prendre à l’écossais. Sa colère profita à Thomas qui frappa le sol de sa lame. Une charge d’énergie vert émeraude surgit alors de la glace, et fila droit sur l’américain.
À l’aide des réflexes stupéfiants dus à sa nouvelle condition de reptile, Peter réagit à temps. Il dégagea sa queue, et l’enroula, elle et ses lames-tentacules autour de la partie humaine de son corps. L’attaque de Thomas le frappa de plein fouet, mais comme il l’avait prévu, il ne subit aucun réel dommage grâce à l’espèce de cocon qu’il s’était fabriqué. Tel un diablotin sorti de sa boîte, il surgit de sa protection en direction de Drake. L’écossais l’accueillit par une bombe en pleine figure. Mais à sa grande surprise, Peter ouvrit sa gueule béante, et avala son projectile.
Drake tenta alors de transpercer la gorge du lamia, ce dernier balaya son arme d’un revers de main.

Peter saisit sa victime par le cou, et le souleva de terre.
- J’ai été un peu capricieux, concéda-t-il avec frustration. Je devrais perdre cette sale habitude que j’ai de jouer avec ma nourriture.
Sur ces mots, la pointe de ses lames se mit à suinter un liquide violet, il les approcha dangereusement du corps de sa victime.
Thomas choisit ce moment pour faire un bond aussi prodigieux que la vitesse avec laquelle il l’avait exécuté.
L’américain eut tout juste le temps d’apercevoir l’émeraude sur le torse du belge qui irradiait son armure de sa lumière, avant que la lame de la hallebarde ne s’abatte en direction de son crâne.
Mais l’arme n’atteignit jamais sa cible, car le chevalier fut giflé au visage par une queue écailleuse rouge et sombre, qui l’envoya au tapis.
Alister posa un genou à terre, et s’inclina respectueusement.
- Maître.
- Tu reviens les mains vides, remarqua l’américain en ignorant les tentatives de Drake de se dégager en tambourinant sur son bras.
- Nos invités ne sauraient tarder. rassura-t-il en affichant un sourire carnassier.
- Bien. Alors un peu de ménage s’impose.

Alister ramassa Thomas, et l’amena auprès de son maître.
Ne préférant pas savoir ce que leurs ennemis avaient en magasin, Abigail enclencha des procédures de dévirtualisation.
Ainsi, le belge disparut dans la main d’Alister. Voyant cela, Peter ne se posa aucune question, et transperça Drake de la pointe violacée de ses lames.
L’écossais sentit que son corps se faisait soudainement bien plus lourd que la normale.
- Que… m’as-tu fait ?
Peter lui adressa un sourire carnassier.
- Une petite particularité que X.A.N.A. m’a offerte. Un virus qui parasite ton avatar virtuel, et brouille ta connexion avec les scanners.
Les multiples erreurs qui apparurent sur l’écran d’Abigail finirent son explication pour lui. La rousse écarquilla les yeux de terreur.

- Non… souffla-t-elle en n’osant comprendre. Non. Non ! NON !
- Est-ce que tu m’entends sale garce du Docteur ? jubila Peter en levant les yeux au ciel. Ton salopard de paternel ne va pas tarder à avoir un peu de compagnie ! Toi et tous ceux de ta race allez suivre ! Mais rassure-toi, je te garderai pour le dessert. Histoire que tu contemples l’étendue de ta bêtise.
Sur ses mots, il reporta son attention sur Drake. Une lueur affamée brillait dans ses yeux.
- C’est l’heure de rendre des comptes, répugnante vermine.
Leurs regards se croisèrent alors, et Peter lut avec surprise, la pointe d’amusement qui jaillissait dans celui de l’écossais.
C’est alors que Drake éclata d’un rire dément, il rit, il rit à gorge déployée devant la naïveté de son interlocuteur.

- Pauvre ignare ! s’exclama-t-il malgré son hilarité. Vous les impies, vous n’avez aucune conscience du châtiment qui vous attend. Crois-tu que la mort m’effraye? Je suis ravi de rencontrer le Seigneur! Mais toi…
Il éclata à nouveau de rire avant de reprendre:
- Ah, toi ! Toi qui te crois tout-puissant ! Toi qui es naïf au point de ne pas craindre le jugement divin ! Avant une heure je me tiendrai aux côtés de notre Seigneur Dieu lorsque tu comparaitras devant son tribunal ! Pour y recevoir ton juste châtiment ! Abaddon arrive ! Il arrive pauvre fou ! Et il t’expédiera dans l’Enfer où Méphistophélès te fera payer chèrement tes péchés! Sois maudit! Infâme pourriture! Immonde engeance du Démon!
Cette bravade finit de consumer le peu d’énergie que le poison qui circulait dans son programme, avait laissé. Peter le contemplait avec incrédulité.
- Ton Dieu ne peut strictement rien pour toi, pauvre idiot. souffla-t-il tendrement. Car désormais, ton existence ne dépend plus que de ma volonté. Et ma volonté est de me repaître.
Peter ouvrit à nouveau sa gueule béante, et y introduisit son repas malgré l’hilarité démente de celui-ci. Sans prendre le temps de mâcher, il fit glisser Drake le long de sa gorge, et l’avala goulument. La forme anormale de son corps humain trahit pendant un instant l’existence de l’écossais. Avant qu’il ne le digère, le faisant ainsi disparaître.
Paralysée par l’horreur, Abigail sentit ses yeux s’embuer.
- Drake… lâcha-t-elle en plongeant son visage dans ses mains. Drake.
Lucius, malgré le chagrin qui l’assaillait, tenta vainement de réconforter sa soeur en lui caressant le dos.
Mais cette dernière se redressa telle une bête enragée, et ravala sa tristesse pour ne garder que sa haine.
-Heath, appela-t-elle d’une voix froide. Massacre-le. Prends tout ton putain de temps, trucide le ! Fais ce que tu veux, bordel ! Mais étripe moi ce fils de pute !
Le visage du Général de l’armée prothéenne s’assombrit, Mathilda qui se trouvait toujours dans sa tête se sentit submergée par la rage. Un sentiment que l’allemand trouvait absolument divin germa dans ses entrailles.
- Avec un plaisir que tu n’imagines pas.

  Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 30 Mar 2020 11:30   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
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Chapitre 18 Rictus de Reptile et Soif de Revanche.




Sibérie, Date et heure inconnues

Oda Akuma et Alex Tanner, toujours liés l’un à l’autre, descendirent du chasse-neige dérobé aux gardes-frontières russes. Serrant les bras autour de leur parka, les deux scientifiques ouvrirent difficilement la lourde porte de métal qui leur faisait barrage. Après s’être réfugiés à l’intérieur du complexe, ils poussèrent un soupir de soulagement simultané.
L’endroit dans lequel ils se trouvaient était l’une des plus anciennes bases de l’Organisation, qui fut forcée à l’abandon après la chute de l’URSS. En effet, considérant que le gouvernement communiste ne pouvait plus couvrir leurs activités, le Docteur s’était résolu à abandonner l’endroit. Mais il avait cependant conservé les titres de propriété pour le cas où l’opportunité de relancer leurs opérations se présenterait. Ces documents, les scientifiques écossais et japonais les avaient récupérés avant leur fuite du complexe danois.
Les installations étaient obsolètes d’au moins une dizaine d’années, mais les différents stocks de ressources matérielles étaient encore particulièrement fournis. Malgré leur condition plus que contraignante, les scientifiques osèrent s’autoriser un regain d’espoir.
- Notre coeur ne pourra alimenter deux cerveaux pendant plusieurs années, fit remarquer le japonais.
- Dans ce cas, il nous faut trouver le moyen de nous séparer, avant de reconstruire notre empire scientifique, répondit l’écossais avec un regard brillant.
- Pensez-vous que les organes récupérés sur les soldats que nous avons tués suffiront ?
- Ils nous permettront de prolonger notre existence, mais ne garantiront en rien notre survie. C’est pourquoi nous allons reprendre vos projets amorcés avec Thanos et Crystal.
- Ce ne sera pas simple.
- C’est notre seule chance de récupérer nos capacités. Prenez le cahier d’Anthéa Schaeffer, il contient toutes les notes nécessaires à la création d’un nouveau super calculateur.
Le japonais s’exécuta, et tira l’objet de la poche de leur parka.
- Pensez-vous que nous puissions achever un super calculateur en moins d’une année ?
- Il le faudra bien, si nous souhaitons survivre à cette condition néfaste qui est la nôtre.
Le travail serait long, et le stress lié à leur survie éprouvante, mais Tanner et Akuma étaient confiants, ils avaient assez de cervelle pour mener leurs projets à bien. Leur première tache consisterait tout d’abord à développer davantage de main d’oeuvre. Des robots feraient parfaitement l’affaire, après tout, les ressources de cet endroit étaient loin d’être épuisées.


Labo


- Je dois reconnaître que ça a plus de gueule que notre cave, commenta Abigail tout en allant s’installer au poste d’opérateur.
Thomas observa tranquillement l’endroit, tandis que le pyromane étirait son corps pour mieux le préparer à la bataille.
- Tu penses pouvoir la manier ? demanda le belge à sa soeur.
- Donne-moi trois secondes, tu veux ? Cette machine n’est pas exactement comme la nôtre. Lucius ? Viens donc me donner un coup de main.
À ces mots, le clone du Docteur vint se poster derrière sa grande soeur afin d’observer un temps ses manipulations. Après quoi, il lui demanda poliment de s’écarter, et pianota sur le clavier à une vitesse délirante. Aucune ligne de code qu’il entra n’échappa à son regard critique. Abigail contempla son petit frère avec un sourire transpirant de fierté.
- Il se passe quelque chose d’étrange, dit le jeune homme en haussant un sourcil. Il semblerait que le super calculateur soit en train de perdre de l’énergie en masse. Il serait donc judicieux de remplacer d’ici peu, la pile nucléaire par une de celles que vous avez rapportées. De plus, continua-t-il sans se préoccuper du regard interrogateur de sa soeur, une présence surpuissante se trouve actuellement sur le territoire de la banquise. -soit dit-en passant, les prouesses de notre oncle sont admirables. Créer cinq territoires virtuels avec une seule machine relève de l’exploit.- Il y a également la présence d’un avatar humain sur le territoire des montagnes… Je ne parviens pas à discerner quoique ce soit d’autre, les commandes ont été embrouillées… Il me faut les débloquer, et cela risque de prendre du temps.
 Abigail hocha la tête, et se tourna vers ses autres frères.
- Patientez trois secondes le temps que j’enregistre vos avatars dans la base de données de la machine, dit-elle en tirant une pochette de CD du sac à dos apporté par Thomas. Il vaut mieux que vous combattiez avec vos propres armes qu'avec celles générées aléatoirement par cet engin.
Pendant ce temps, Lucius parcourut l’historique des virtualisations. Il y en avait eu cinq tout récemment.
Deux d’entres elles portaient la signature A.D.N. de Waldo Schaeffer et de sa fille. Mais les trois autres étaient méconnaissables du point de vue du super calculateur.
Le jeune homme se gratta le menton d’un air pensif, tandis qu’Abigail se tourna vers leurs frères.
- La saloperie sur le territoire banquise est trop forte pour vous, mais on devrait pouvoir réussir à se débarrasser du type sur la montagne en attendant l’arrivée de Heath, d’ailleurs…
La rousse se tourna vers Mathilda, cette dernière haussa un sourcil.
- Va l’aider, ordonna la jeune femme. Ça m’étonnerait que ce gros dur ait encore les ressources nécessaires pour venir à bout de l’autre monstre.
L’Augure leva les yeux au plafond, mais obtempéra sans dire un mot, et emprunta le monte-charge.
Abigail n’attendit pas qu’elle disparaisse pour continuer :
- Bon… Thomas ? Pose Seth au sol, dès qu’il se sera réveillé, je verrai comment on pourra s’en servir. Drake et toi descendez d’un étage, c’est là qu’est la salle des scanners.
Les deux frères acquiescèrent et suivirent les ordres, Abigail reprit le contrôle des commandes sous le regard inquisiteur de Lucius.
- Bien, s’enthousiasma la jeune femme en entrant deux de ses CD dans la machine, avant de faire craquer ses doigts et sa nuque. Voyons comment fonctionne ce petit bijou.


Cinquième territoire.


Le Créateur était mort, disparu dans les tréfonds du néant virtuel, de cela Légion n’avait aucun doute.
Aelita s’était tournée vers lui en espérant un quelconque signe rassurant, mais le prothéen avait baissé la tête de tristesse, pulvérisant ainsi les espoirs vains de la jeune fille.
Cette dernière s’écroula au sol, et enfouit son visage dans ses mains. Le fait qu’elle soit incapable de laisser libre court à ses émotions par le biais de larmes ajouta la frustration à la tristesse. Elle frappa le sol de ses petits poings.
- Papa… Papa…
Légion aurait tant voulu lui accorder un moment de répit, mais il savait que le sérieux de la situation exigeait des réactions précises et pragmatiques. C’est pourquoi, et malgré le fait que cela lui brise le coeur, il releva la jeune fille sans faire preuve de la moindre pitié.
- Aelita… dit-il d’un ton désolé. Nous ne pouvons nous permettre de laisser les émotions prendre le dessus. Sans quoi le sacrifice du C… de notre père sera vain. Il nous faut immédiatement prendre les devants, ou nous serons condamnés.
La princesse de Lyoko prit un moment pour encaisser les paroles du prothéen, celles prononcées par Heath lui revinrent subitement en mémoire :
« Si tu en as marre qu'on te marche dessus, crevette, il va falloir te trouver des arguments de poids. »
Alors qu’une escadrille de trois mantas filait droit dans leur direction, la jeune fille n’écouta que son courage et sa rage. Elle joignit ses mains, et laissa son pouvoir de création s’exprimer sous la forme d’un chant céleste qui résonna à travers toute la voûte.
Aussitôt, une sphère de matière se forma autour du prothéen et de la princesse, les protégeant ainsi des assauts des monstres.
L’I.A. ne prit même pas la peine de masquer son admiration, et gratifia la jeune fille d’un sourire reconnaissant.
- Comment on peut gagner ? demanda-t-elle après avoir ravalé sa tristesse.
Légion s’approcha d’elle, et ouvrit un échange de données frontal entre son front et le sien.
- Il me faut tout d’abord obtenir ce que le Créateur t’a légué, nous amorcerons notre contre-attaque à partir de cela.
Tandis qu’il transférait les clés de Lyoko de la mémoire de la jeune fille à la sienne, le prothéen se laissa submerger par ses émotions.
Depuis son arrivée dans le Monde des humains, il avait pu faire l’expérience d’une multitude de sensations toutes plus étranges les unes que les autres. Mais la haine était de loin sa préférée. La haine était soulageante, la haine était enivrante, la haine… le rendait vivant.
Le prothéen joignit ses mains, et se divisa en cinq exemplaires. Les membres de la Légion n’échangèrent aucun regard. Ils se contentèrent de tendre leur bras respectif pour signifier leur unité sous le regard impressionné d’Aelita.
- Nous sommes nombreux, dirent-ils en choeur.
Chacun était au fait de sa mission, et chacun savait à quel point, la réussite de chacune d’entre elles était cruciale.
Ils se dispersèrent après avoir ouvert un minuscule trou dans la sphère de défense de la princesse, laissant le premier d’entre eux seul face à Aelita.
Les mantas tentèrent d’empêcher leur fuite, mais les prothéens étaient trop rapides pour elles, et s’échappèrent en se mêlant aux flux de données de chacun des tunnels du territoire. Cette simple diversion aurait au moins permis de gagner un peu de temps.
- Lyoko est NOTRE foyer, murmura le Légion originel. Et nous le défendrons chèrement.


Pendant ce temps, à bord d’un avion qui volait en direction de l’aéroport Charles de Gaule.


Karl Vanderberg, le pilote danois employé de Jet Yu, était à proprement parler, épaté par le calme et les compétences de l’enfant qui était à bord de son appareil.
En effet, quelques minutes après que son équipage soit parvenu à refermer la porte de l’avion, qui avait été ouverte par un cinglé suivi de deux autres, le blondinet d’à peine huit ans avait émergé du sommeil de plomb dans lequel l’allemand l’avait plongé.
Et alors qu’on lui promettait un retour à son foyer (qui avait été ordonné par le psychopathe avant de menacer de mort tout l’équipage), l’enfant avait tiré un carnet de sa ceinture, et analysé les notes qu’il contenait avec un oeil critique et avide de savoir.
 Après quoi, il avait grimacé d’une moue commune auprès des enfants de son âge, et était allé demander à chaque membre de l’équipage si l’un d’entre eux parlait le russe. Une fois qu’il eut essuyé toutes les réponses négatives, il demanda s’il était possible d’obtenir une connexion internet, et se mit à apprendre la langue de l’ex URSS sous les yeux des hôtes et des hôtesses médusés par son intelligence.
- C’est nul le russe, grommela-t-il en tentant tant bien que mal de retenir les différences alphabétiques entre sa langue maternelle et celle qu’il apprenait.
Karl Vanderberg à qui l’équipage avait rapporté les prouesses de l’enfant, secoua la tête.
- Ça fait onze ans que je fais ce métier. Habituez-vous à ce genre de situation, ceux que nous rencontrerons à l’avenir n’auront rien de normal eux non plus.


***



Du haut de son planeur en forme d’ailes de chauve-souris, Drake filait à pleine vitesse à travers la montagne, poursuivi par une horde de frôlions enragés.
Le balafré commençait sérieusement à perdre patience devant cette éreintante course-poursuite. Il avait réussi à se débarrasser d’une demi-dizaine de ces insectes, mais il en restait encore une bonne douzaine ! Agacé, l’écossais passa sous un pont en forme de clef de voûte, et jeta trois de ses bombes de chaque côtés provoquant ainsi l’effondrement de la structure de pierre sur ses poursuivants.
Six d’entre eux en réchappèrent, Drake en empala trois à l’aide de sa fourche, et incinéra les derniers à l’aide du lance-flammes sur son planeur.
Il prit ensuite de la hauteur afin de contempler l’efficacité de son travail, avant de noter la silhouette tranquillement installée sur le sommet d’une montagne. Celle-ci l’applaudissait avec une admiration mêlée à un soupçon de sarcasme parfaitement audible.
Méfiant, Drake toisa son spectateur du regard, avant de s’approcher avec prudence. Ce-dernier était étonnamment normal. Aucun avatar particulier, juste un jeune homme vêtu d’une chemise et d’un jean.
Cependant, quelle ne fut pas la surprise de Drake, que de reconnaître sa victime de l’attaque du monde virtuel de l’Organisation.
- Toi ? grogna le balafré avec mépris.
- Moi ! répondit Peter en mimant la réaction de son interlocuteur. Moi! Moi! Moi!
- Ta répugnante existence prend fin ici même, dit Drake en pointant son adversaire avec son trident. Je vais t’expédier rejoindre notre créateur afin que tu lui confesses tes pêchés.
À cela, Peter leva les yeux au ciel.
- Le Docteur aurait dû corriger les conneries qui parasitent ton pauvre petit crâne avant de t’apprendre à te battre. Tu aurais été un adversaire assez intéressant si tu n’étais pas aussi crédule.
- Je vais ignorer ton blasphème pour me concentrer sur ton éradication, siffla Drake en tentant d’empaler l’américain.
Mais à sa grande surprise, son arme fut arrêtée par une force invisible. Peter se mit alors à toiser le rouquin du regard, une pitié exaspérée se lisait dans ses yeux.
- Pauvre garçon, soupira-t-il tandis qu’une énergie rouge se mettait à recouvrir son corps. Dans ce Monde, il n’y a qu’un seul Dieu…
Sur ces mots, l’énergie finit de l’envelopper, et une déflagration fulgurante finit par s’en dégager, forçant Drake à se couvrir le visage de son bras.
- ET SON NOM EST X.A.N.A. ! compléta Peter en exultant face à sa nouvelle puissance.
L’écossais reçut alors un coup inidentifiable à l’estomac, plié en deux, il eut tout juste le temps de voir un revers de main lui arriver dans la figure avant de chuter de son planeur. Il atterrit durement sur le sol rocheux, et malgré le fait que la puissance de ces coups aient troublé sa vision, il se redressa pour faire face.
Avec horreur et répugnance, il vit Peter descendre le long de la montagne tel le lamia qu’il était devenu. Ses jambes avaient laissé place à une gigantesque queue de serpent qui rendrait jaloux le plus grand des anacondas, une collection de huit tentacules métalliques, aussi souples et longs que tranchants lui avaient poussé dans le dos, et ondulaient l’air menaçant autour de leur propriétaire.
Ce dernier arborait fièrement un tatouage rouge au torse, qui semblait être à la mode sur Lyoko.
- Il est l’heure de régler nos comptes pitoyable ssssous-fifre, siffla-t-il en léchant ses babines à l’aide de sa nouvelle langue démesurée.
À peine eut-il terminé sa phrase qu’une hallebarde s’abattit sur son crâne. Enfin… elle tenta de s’abattre sur son crâne, mais ses lames parèrent le coup sans difficultés.
La tête de Peter effectua un tour de 180°, et observa le pauvre Thomas d’un lever de sourcil perplexe.
- Tu te croyais bien caché peut-être ? grinça l’américain en enroulant ses tentacules autour de l’armure moyenâgeuse dont le belge était vêtu.
Il le projeta ainsi sur son petit-frère, qu’il faucha au passage.
- Regardez-moi ça, ricana Peter en contemplant ses victimes. Deux bâtards du Docteur pour le prix d’un. Décidément, vous êtes plus généreux que votre paternel.
Sur ces mots, il éclata d’un rire tonitruant, qui manqua de faire frémir ses adversaires.


Coeur de Lyoko


X.A.N.A. sentit sans aucun mal la tentative d’une personne extérieure de soustraire Lyoko à son emprise. La Banshee ne mit pas longtemps à trouver la parade adéquate, et un nouvel éclair rouge surgit de son corps pour se fondre avec le coeur du monde virtuel.


Labo


Un symbole rouge sombre apparu soudainement sur les écrans du pupitre de commande. Lucius, brutalement interrompu dans ses manipulations manqua de faire un bond en arrière, tandis qu’une voix sinistre grésillait à travers les enceintes de la machine :
- Pitoyables êtres de chairs, vos tentatives sont aussi vaines que pathétiques. Ce monde est à moi, et les parasites impurs que vous êtes n’ont pas leur place ici !
Sur ces mots, des éclairs surgirent des installations électriques, et foudroyèrent le clone et la bâtarde du Docteur.
Leurs cris de douleur résonnèrent à travers le labo, jusqu’aux oreilles de Seth.
Le mutant rouvrit subitement les yeux, et un spectre s’échappa de son corps pour se mêler au réseau électrique du super calculateur.
C’est alors qu’un symbole similaire au premier, avec une touche de couleur plus éclatante, apparu sur l’écran noircie, cette nouvelle présence ne mit guère de temps à repousser les invasions de X.A.N.A., et bientôt, les éclairs cessèrent de jaillir.
- Réactivation des pares-feux, lâcha la voix informatique de Xana. Reprise du contrôle, mise en place du système de défense maximale.
Encore un peu secouée par l’attaque qu’elle avait subie, Abigail eut à peine le temps de voir les portes du monte-charge se refermer.


Coeur de Lyoko


X.A.N.A. était, à proprement parler, stupéfaite. Elle qui croyait maitriser à la perfection Lyoko et chacun de ses programmes, venait d’être brutalement repoussée par une force similaire à la sienne.
La Banshee fronça les sourcils, et releva la tête, au moment même où un tremblement secoua chaque parcelle du monde virtuel, interrompant par la même occasion la corruption de l’I.A..
Elle perdit le contact avec cinq des dix tours qu’elle avait activées, seule une dépense d’énergie faramineuse empêcha les autres de se glisser hors de son emprise.
- Qu’est-ce que cela ? grogna-t-elle en pointant son regard dans la direction du territoire banquise.


Quelques secondes plus tôt.


Le visage de Seth était loin d’afficher une mine naïve et joyeuse comme à son habitude. Ses traits s’étaient froissés comme du papier, et la rage et le désir de revanche s’étaient emparés de son organisme.
Il s’engagea dans l’un des scanners, les poings serrés, prêt à régler ses comptes avec l’abomination qui avait osé s’en prendre à sa famille.
Lorsque les portes du tube de métal se refermèrent sur son regard bestial, la voix robotique de Xana résonna à travers les enceintes de la pièce.
- Transfert : Seth.
- Scanner : Seth.
- VIRTUALISATION !



Pont de l’usine


Heath était beaucoup moins confiant qu’il ne l’était au début du combat, il avait eu la naïveté de penser que l’énorme corpulence du russe ralentirait considérablement ce dernier. Mais il n’en fut rien. Bien que massif, celui-ci se déplaçait à une vitesse monstrueuse, au point que l’allemand, malgré son mode « spectre », ne parvenait pas à suivre. Et prenait raclée sur raclée. Pour ne rien arranger, il lui était impossible de frapper son adversaire, celui-ci ayant la même capacité de se dématérialiser et se rematérialiser lorsque cela lui chantait, et à une vitesse supérieure au sens de l’anticipation du psychopathe.
À genoux sur le sol, Heath avait du mal à reprendre ses esprits après l’avalanche de coups surpuissants qu’il avait reçue, sans oublier le contrecoup atroce causé par sa course effrénée à travers le territoire français. Intelligence ne parvenait pas à le guérir suffisamment rapidement, et pour couronner le tout, Dragunov ne lui laissait pas la moindre seconde de répit. Le géant le saisit par la tête de son immense main, et entreprit de lui broyer le crâne.
- Parasite, siffla le russe entre ses dents, mais ce n’était pas lui qui avait prononcé ces paroles. L’allemand l’avait compris.
Avec l’énergie du désespoir, il frappa de ses poings de métal le bras du géant afin de le faire lâcher prise. Des tentatives toutes plus inutiles les unes que les autres.

Il changea de stratégie, et entreprit de charcuter la chair de son adversaire à l’aide de ses griffes, en espérant percer suffisamment profondément pour toucher les tendons. Mais une fois encore, le russe dématérialisa la partie visée, et accentua la pression.
Heath tenta alors de se dématérialiser à son tour, mais la main du géant l’imita, l’empêchant ainsi d’échapper à son emprise.
L’allemand était piégé. Bien que sous cette forme, il lui soit impossible d’être broyé, cela n’empêcha pas le russe de lui défoncer la cage thoracique d’un coup de poing surpuissant, et de lui écraser les jambes. Ébranlé par les assauts répétés qu’il subissait, Heath ne parvint pas à conserver sa tête dématérialisée. Et il ne tarda pas à sentir de nouveau la pression de la main de Dragunov lui broyer le crâne.
Il était totalement foutu.
Du moins, c’était ce qu’il croyait.
Un hurlement de douleur surgit de la gorge du géant, qui lâcha l’allemand au passage.
Cinq des dix spectres qui avaient pénétré son corps sortirent des narines et de la bouche du russe, ils se tordirent dans tous les sens, avant de finalement disparaître comme des nuages de fumée.
Heath n’avait rien compris à ce qu’il venait de se produire, et de toute façon, il était bien trop amoché pour réussir à profiter de la situation.
Intelligence faisait de son mieux pour réparer son corps brisé, mais cela allait demander un temps dont l’allemand ne disposait pas.
De son côté Dragunov avait également du mal à conserver son intégrité physique. La perte soudaine de la moitié de sa puissance avait divisé sa taille par deux, et son corps se brouillait et se déformait comme une image de télévision buggée. Il s’écoula au moins deux bonnes minutes avant que le russe ne retrouve la forme, et bien que diminué, il s’avança vers sa victime avec la ferme intention d’en finir.

Heath tenta vainement de bouger, mais rien n’y fit, ses jambes étaient toujours brisées. Et il était à bout de forces.
Dragunov leva son pied, bien décidé à l’écraser comme un insecte. C’est alors que, surgi de nulle part, un nouvel arrivant lui décocha un fulgurant crochet du droit en pleine mâchoire. N’ayant pas vu cette attaque venir, le russe n’avait pas eu le temps de se dématérialiser, et un craquement hideux se fit entendre.
Le géant, qui avait le pied levé au moment de recevoir le coup, perdit l’équilibre, et s’écroula comme une masse.
Le nouvel arrivant ne s’attarda pas sur lui, et s’approcha de Heath pour évaluer sa piètre condition.
L’allemand reconnut immédiatement le visage de celle qui lui avait sauvé la vie, et grogna d’amusement.
- T’es comme Aelita toi, tu te réveilles au dernier moment possible.
Pour toute réponse, Mathilda lui administra une tape sur le crâne, crâne qui n’était pas vraiment en très bon état.
- Parce que tu crois que t’es en position de faire le malin ? Tu t’en es pris plein la gueule de ce que je vois, dit la jeune fille en l’examinant de la tête aux pieds. Abigail m’avait pourtant dit que t’étais un dur.
- Tu vas te rendre utile ou tu vas continuer de râler ? grogna l’allemand qui ne sentait plus son corps.
Tandis qu’ils s’invectivaient Dragunov était en train de se relever, et son regard hurlait presque ses intentions.
- Bon… bah aux grands mots les grands remèdes, grogna la jeune fille en saisissant la tête de Heath à pleines mains.
Sous forme de spectre, elle se téléchargea dans le cerveau de l’allemand. Lui transmettant par la même occasion, l’intégralité de sa puissance électrique.
Heath sentit ses blessures se refermer d’elles-mêmes, et fut alors pris d’un second souffle. Une puissance qu’il ne se connaissait pas était en train de parcourir son corps.
« Bon », lança la voix de Mathilda depuis sa tête. « Débarrasse-toi de ce truc maintenant qu’on aille aider les autres. »
« Il est vrai que nous perdons beaucoup de temps », ajouta la voix d’Intelligence, « il est à présent nécessaire d’en finir au plus vite. »
L’allemand ne put s’empêcher de lâcher un râlement agacé, lorsqu’il comprit qu’il avait à présent une voix de plus dans la caboche. Mais il chassa ses pensées en se reconcentrant sur le combat. Et cette fois, il avait à nouveau confiance en ses chances de victoire.
Avant même que Dragunov n’esquisse un geste, Heath chargea son adversaire comme un rugbyman, le percuta à pleine vitesse tout en le soulevant par les cuisses, et le fit basculer du pont.
Les deux combattants heurtèrent la Seine de plein fouet. Dragunov se débattit comme un beau diable pour échapper à l’emprise de son ennemi, mais celui-ci le lâcha de lui-même. Tandis qu’ils coulaient, le russe tenta de reprendre le dessus en se saisissant à nouveau de son adversaire. Mais alors que les énormes mains de Dragunov se rapprochaient dangereusement du corps de l’allemand, celui-ci détendit ses bras métalliques, et perça de ses griffes les tendons des poignets du géant.
Celui-ci voulu se dématérialiser, pour soigner ses blessures qui rendaient ses mains inutilisables.
Mais une cruelle réalité le frappa; dans l’eau, il lui était impossible d’utiliser les capacités électriques des spectres. Heath ne se fit pas prier, à l’aide de deux de ses doigts, il creva les yeux du géant.

Celui-ci n’eut alors plus aucune autre moyen d’attaquer, que celui de battre vainement des bras dans l’espoir de toucher sa cible. Et bien qu’il y parvint, l’allemand ne fut en aucune façon ébranlé par cette attaque désespérée.
Alors qu’ils touchaient le fond du fleuve, Heath prit son temps en marchant autour de sa victime comme le prédateur qu’il était redevenu. Tandis que celle-ci continuait de gigoter dans tous les sens, il se retrouva derrière elle. Une fois ceci fait, il se propulsa à l’aide de ses jambes, et transperça de ses griffes la nuque du russe. Mais il ne s’arrêta pas en si bon chemin, pris d’une envie meurtrière et exalté par sa nouvelle force, il se mit à charcuter le cou de sa victime jusqu’à ce que celui-ci ne se déchire. Heath saisit la tête de Dragunov, et la pressa comme un citron entre ses deux mains de métal. Considérant ce geste comme un juste retour des choses.
C’est alors qu’une demi-dizaine de spectres s’échappèrent du corps décapité du russe qui reprit sa forme originale. Dépourvues de leur réceptacle, les cinq créatures électriques étaient désormais vulnérables à l’eau. Et il ne leur fallut pas plus de quelques secondes pour se dissoudre comme du sable dans le fleuve.

- Voilà une bonne chose de faite, dit l’allemand en souriant de satisfaction.
« Quand t’auras finis de t’envoyer des roses, ça te dirait d’aller aider les autres? » lui balança sans ménagement la voix exaspérée de Mathilda.
Heath grogna de frustration, avant de rétracter ses jambes, puis d’effectuer le bond le plus impressionnant qu’il lui ai jamais été donné de faire.
Il émergea de la Seine, et atterrit sur le pont qui trembla sous le choc de son impact.
Impressionné par sa nouvelle puissance, il prit un temps pour la ressentir à travers son corps, avant de se faire rappeler à l’ordre par Mathilda.
« Bon, t’as fini de t’admirer espèce d’égocentrique ?!  Ça urge là putain ! »
Heath se retint de toutes ses forces ne pas répliquer par un torrent d’insultes, sa tête s’était métamorphosée en un titanesque bordel.

Mais c’est au moment où il allait s’engager dans l’usine qu’il se paralysa sur place. Qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez lui? En dehors du fait qu’il avait des bras en métal, qu’il était un psychopathe, et qu’il avait deux voix de trop dans la caboche.
Il venait de tuer Dragunov, moins de deux heures après avoir tué Renarde. Cela aurait dû le combler de joie, ou au moins de fierté. Pourtant, le sentiment de satisfaction qu’il avait ressenti était plus proche de la réussite que lui procurerait l’ouverture d’une porte capricieuse, que celle de l’extase qu’il était habitué à ressentir lorsqu’il faisait couler le sang. Alors bien sûr, Intelligence avait supprimé ses symptômes psychotiques, de sorte à ce qu’il évite tout comportement erratique qui irait à l’encontre du pragmatisme dont il avait besoin. Et toutes les morts qu’il avait causées jusqu’à récemment n’avaient eu aucune valeur sentimentale à ses yeux. C’était justement ce manque d’intérêt qui lui avait servi d’explication concernant son absence de satisfaction.
Cependant, Dragunov, et surtout Renarde, avaient une toute autre valeur à ses yeux. Heath avait perdu le compte des tortures infâmes qu’il avait destinées à l’Indienne. Et le Russe lui devait de nombreux coups de fouet.

Or, il venait de se débarrasser d’eux de manière précipitée et bâclée, sans prendre le temps de savourer leurs trépas. Seul le fait de savoir que ses victoires étaient significatives l’avait satisfait.
Ulcérée par son inaction, Mathilda tenta de lui vriller la cervelle à coup de hurlements de colère. Mais Intelligence la mit en veilleuse, littéralement.
Heath se gratta pensivement le menton, il aimait toujours tuer et torturer. Cela n’avait pas changé. Non, ce qui avait changé c’était l’importance qu’il leur accordait. Il y a encore six mois, le carnage était sa seule et unique raison de vivre, il ne vivait que pour le sang et les combats. Car rien d’autre en ce Monde n’avait aiguisé son intérêt. À présent, ce n’était plus la même histoire. Il avait, à sa grande surprise tissé des liens avec autrui. Aelita, son amusante et insupportable petite soeur. Seth, son boulet de petit frère démoniaque. Abigail, cette perverse au regard de biche. Ses pensées s’arrêtèrent sur la gamine et le mutant. L’une l’avait remis à sa place comme personne n’en avait jamais eu le cran avant elle, et l’autre se démenait pour obtenir sa fierté. Le psychopathe était, semble-t-il la raison même de vivre du mutant. La réalisation de cette importance lui fit l’effet d’un électro-choc, jamais ses actions barbares n’avaient eu autant de valeur que lorsqu’elles étaient effectuése dans l’intérêt des Lancaster.
- C’est pour ça que tu nous aimais tant Maman, laissa-t-il échapper d’une voix pensive. C’est pour ça que tu t’es dressée face à Papa… Cette sensation, cette motivation, c’était nous qui te l’offrions.
Un sourire triomphant se dessina sur son visage, il avait enfin trouvé les réponses aux questions qui avaient taraudé son esprit ces derniers mois. Son regard se posa sur l’usine, où il s’engouffra d’un pas aussi sûr que pressé.
Il ne s’arrêta pas une seconde de sourire de satisfaction tant il était soulagé.
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Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 25 Fév 2019 14:38   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
Chapitre 17: All Hail X.A.N.A.




4 janvier 2001

Abigail appréciait les visites qu’elle rendait à son paternel, car elles lui permettaient d’en apprendre davantage sur l’Organisation et la façon dont elle était gérée. Bien que le Docteur ait fermement refusé de l’intégrer à ses affaires, la hollandaise espérait secrètement que les notions qu’elle assimilait à chacune de ses visites lui soient bénéfique dans sa quête de pouvoir.
En effet, Abigail Hobbs désirait le pouvoir plus que tout au monde. C’était grâce à cela, et aux leçons de son géniteur, qu’elle espérait pouvoir devenir une authentique femme de pouvoir. Cependant, la raison qui avait poussé le Docteur à la convoquer à Silver Wings n’avait rien à voir avec le jeu politique de l’Organisation. En effet, le sexagénaire, depuis son fauteuil roulant électrique, et à l’abri des regards indiscrets, présentait à son enfant favori, un jeune garçon enfermé dans une cuve.
Abigail, contempla la créature humanoïde de son regard bleu éclatant, avant de gratifier son père d’un oeil perplexe.
- Vous m’avez fait venir depuis Paris pour admirer l’une de vos créations génétiques ? J’admets que ma déception est grande.
Le vieil homme renâcla avec mépris, et contempla à son tour l’enfant qui baignait dans l’incubateur.
- Cette création va au-delà de mon désir d’amélioration de la race humaine. Voici Lucius; mon clone.
Abigail écarquilla les yeux, et foudroya son géniteur du regard.
- Qu’est-ce que vous avez encore fait ? gronda-t-elle furieuse.
- J’ai garanti ma survie, répondit le directeur de « Silver Wings » avec arrogance. Croyais-tu que j’allais laisser un banal cancer mettre fin à mon existence ?
Furieuse, Abigail saisit son géniteur par les accoudoirs de son fauteuil, et colla son front contre le sien.
- Qu’est-ce que vous attendez de moi ? gronda la hollandaise.
- En voilà des manières, répondit le Docteur avec amusement. J’attends de toi que tu élimines ce que je n’ai pas réussi à éliminer.
Sur ses mots, il reposa son regard sur l’enfant incubé.
- Ce petit a, hélas, le même défaut génétique que moi. Il te faudra ainsi trouver un remède, ce que je n’ai pu faire.
Abigail rejeta sa tête en arrière et retint malgré elle, l’hilarité de la situation.
- Et pourquoi croyez-vous que j’en aurais quelque chose à foutre de votre clone ?
- Mais… ma fille… répondit Herman Schaeffer en affichant un sourire carnassier. La raison est toute simple; j’ai fait programmer la mémoire de ce petit, afin qu’il soit persuadé que tu es sa soeur bien aimée, et que tes frères et toi êtes la seule famille qu’il ait. Vas-tu tourner le dos à un enfant dans le besoin ? Drake et Thomas tourneront-ils le dos à un frère désespéré ?
La hollandaise foudroya du regard avec une haine viscérale l’homme qui l’avait conçue, mais elle s’autorisa un sourire néanmoins.
- Que vous êtes naïf… Croyez-vous que parce que cet enfant dispose d’un sang identique au votre, cela fait de lui la même personne ? J’éduquerai ce frère que vous m’imposez, Père. Mais si vous croyez qu’il finira comme vous, c’est que votre cancer a déjà commencé à ronger votre cerveau. Je m’assurerai de votre disparition le jour de votre mort, de cela vous pouvez en être certain.
Le Docteur grimaça, avant de rire.
- Voyez-vous cela, ma fille serait-elle en train de se donner des ailes ?
- Mes ailes je les ai obtenues bien avant votre apparition, et votre pitoyable influence sur ceux qui partagent votre sang n’ira pas loin. Peu importe ce que vous pensez.
- Nous verrons ma fille, nous verrons…



Alentours de Bourges


Alors que Heath continuait de filer à pleine vitesse, sans se soucier des répercussions que pouvait avoir une telle dépense d’énergie sur son corps, le portable d’Abigail sonna, interrompant momentanément sa course effrénée.
- Thomas ? Quoi ?! D’accord je vois… Prépare Lucius, attends que Seth ait repris des forces pour vous conduire au labo de Tonton Waldo. On est plus très loin.
La jeune fille raccrocha, avant de partager l’inquiétude qui la rongeait avec ses compagnons de voyage.
- Va falloir accélérer, grogna-t-elle en posant sa main sur le torse de Heath. On va te booster un peu.
Comprenant la manoeuvre de sa soeur, Drake l’imita. Les spectres qu’ils possédaient s’échappèrent de leurs narines, et vinrent augmenter les capacités du psychopathe.
- Merci, dit-il avant de repartir de plus belle.


Lyoko, cinquième territoire.

Franz Hopper, sous sa forme de sphère lumineuse, craignait de tout son être la créature qui menaçait sa fille.
Tout en ouvrant un passage vers le coeur de Lyoko, il ne put s’empêcher de se retourner vers cette chose afin de poser la question qui lui brûlait les lèvres.
- Vous… qui êtes-vous réellement ?
Le monstre à l’apparence de son épouse haussa un sourcil, avant de répondre :
- Je suis X.A.N.A.. Bientôt vous le serez aussi, et plus aucune peur ou incertitude ne rongera votre esprit primitif.
Aelita, prisonnière de la force colossale de sa « mère », la fixa d’un regard dubitatif.
- Maman… qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?
La créature au long manteau de plumes rouges, et à la peau translucide couverte de veines sombres, observa l’elfe virtuelle, avant de répondre :
- Maman… est-ce là ce que je suis à tes yeux…
Il ne s’agissait pas d’une question, mais d’une réflexion à voix haute.
- Qu’importe… d’ici peu tu seras X.A.N.A., d’ici peu… le passé et les évènements qui t’ont forgée n’auront plus aucune importance.
Franz n’eut nul besoin d’en entendre davantage, il était désormais évident à ses yeux que cette créature n’avait de sa femme que l’apparence. Tandis qu’ils pénétraient dans la salle du coeur de Lyoko, le scientifique réfléchit à toute vitesse au moyen de dégager sa progéniture de ce guêpier.
X.A.N.A. quant à elle, observa avec fascination l’énorme sphère qui flottait dans les airs. La puissance et l’énergie qui s’en dégageaient l’auraient fait frémir si elle avait été dotée d’un corps de chair.

- Parfait… souffla-t-elle en s’élevant au niveau du coeur, abandonnant Aelita derrière elle. Voilà bien un point de départ qui fera parfaitement l’affaire pour l’expansion de X.A.N.A..
Elle pulvérisa les barrières de protection sans le moindre effort, et entreprit ensuite de démarrer le processus d’absorption. Cependant, une déflagration énergétique se dégagea de la petite sphère, repoussant la Banshee.
X.A.N.A. bien que contrariée, n’eut aucun mal à déterminer la raison de ce rejet. Elle revint au niveau de Franz Hopper, qui couvrait sa fille de tout son volume.
- Il me faut les clés, dit-elle simplement. Donnez-les moi.
La seconde d’hésitation fut celle de trop aux yeux de la Banshee. Elle le saisit à pleines mains, et entama une courte mais brutale procédure d’absorption.
Le scientifique hurla de terreur, tandis que sa tortionnaire laissait échapper une grimace frustrée.
- Donnez-moi les clés de ce monde, gronda-t-elle. Ou je retire les codes séquences de votre ADN humain.
- Fais donc ! répliqua Franz avec tout son courage.
Et c’est ce que X.A.N.A. fit, il lui fut cependant impossible d’atteindre les clés de Lyoko. Le scientifique ayant fait de ce programme le mieux protégé de son organisme virtuel.
Il faudrait plusieurs heures à la Banshee pour briser ses pares-feux, mais elle disposait d’une autre solution à sa portée.
- Dans ce cas… dit elle en posant son regard froid sur Aelita. Il ne me reste qu’une chose à faire.
Comprenant le danger qui la menaçait, l’elfe virtuelle tenta de s’enfuir, mais elle fut rattrapée sans aucun mal par la Banshee.
- Arrête ! hurla Franz, mais X.A.N.A. n’avait que faire de ses supplications.
Elle retira sans la moindre pitié les codes séquences de l’ADN humain d’Aelita, arrachant un hurlement de terreur à la jeune fille.
X.A.N.A. laissa la princesse de Lyoko tomber au sol, et fixa la sphère lumineuse avec mépris.
- Donnez moi les clés, répéta-t-elle froidement. Ou je la détruis. Ma curiosité ne vaut pas cette source de puissance.
Franz se résigna, et s’approcha de la Banshee avec une démarche de vaincu.
Satisfaite, X.A.N.A. reprit son assimilation partielle. Sans la moindre protection, il lui fut extrêmement simple de s’emparer du programme qu’elle convoitait. Aussi, et une fois sa besogne achevée, la Banshee repoussa son ancien époux telle une poussière sur son épaule. Avant de reprendre son ascension vers le coeur.
- Parfait, souffla-t-elle en démarrant sa procédure de corruption. C’est absolument parfait.
Un tir de laser s’écrasa sur son épaule, exaspérée, X.A.N.A. fit volte-face.
Une multitude de prothéens sous la forme de rampants avaient fait leur apparition, prêt à défendre chèrement leur terre natale.
La Banshee les considéra avec mépris, tandis qu’ils chargeaient une nouvelle salve de lasers à son encontre.
Aucun effet encourageant ne résultat de ces attaques, les tirs ricochèrent tels des balles sur une plaque de métal renforcée, et allèrent s’écraser un peu partout. 
X.A.N.A. contempla avec tristesse les quelques rampants qui furent touchés par les tirs de leurs propres alliés, et ceux qui reculèrent de peur face à la puissance de leur adversaire.
- Pauvres créatures… grogna la Banshee. Si faibles… si insignifiantes… Il semble nécessaire de vous accorder des existences pourvues de davantage de sens.
Sur ces mots, elle reposa sa main sur le coeur de Lyoko, et démarra son assimilation. Des filaments d’énergie rougeâtres surgirent de la sphère, et vinrent se joindre au corps de la Banshee. X.A.N.A. déploya son manteau de plumes. Les rampants rugirent de douleur, tandis que le programme de leur conscience commune était envahit par un authentique virus à la voracité exceptionnelle.
Seul Légion parvint à se soustraire de l’emprise de cette chose, sa conscience étant indépendante du programme universel des prothéens.
L’I.A., toujours postée face à l’interface du cinquième territoire, saisit sa tête à deux mains, et lâcha un hurlement d’angoisse face à la disparition soudaine de la quasi totalité de son peuple.
- Mes frères et mes soeurs… sanglota-t-il en se recroquevillant sur lui-même. Que vous ont-ils fait ?
Dans la salle du coeur, les rampants semblaient avoir retrouvé leur calme, et saluèrent leur nouvelle Reine en inclinant la tête.
Ils se mirent tout à coup à feuler d’extase, chantant à la gloire et à la puissance de X.A.N.A..
Cette dernière laissa échapper un sourire de satisfaction, et déploya son manteau de plumes tel une paire d’ailes. Son aura rouge sombre recouvrit intégralement la salle de sa lumière sinistre, et l’énergie qu’elle dégagea fut accueillie par des rugissements de jubilation de la part des prothéens. La Banshee laissa échapper un authentique cri d’extase face à la multitude de possibilités qui s’offrait à elle à travers cette toute-puissance.
- Ce monde… est magnifique ! Il me faut le purifier !
Possédée par la puissance qui se dégageait de la sphère, X.A.N.A. recolla ses mains sur le globe. Se délectant de chaque parcelle de pouvoir qui s’offrait à elle.
Ignorant l’horreur que lui inspirait cette macabre mise en scène, Franz couvrit Aelita de son corps sphérique, et constata avec horreur, la perte de ses codes séquences.
- Non… Pas ça…


Banquise

Alister fut agréablement surpris par les évènements.
Alors qu’il s’apprêtait à détruire les prothéens apparus sur une autre plateforme de glace, il se produisit quelque chose d’étonnant.
En effet, les monstres se retrouvèrent soudainement couverts d’énergie rouge, et se tortillèrent de douleur face à l’intrusion violente de leur conscience.
Après quelque dizaines de secondes de patience, ils reprirent leurs esprits, et s’inclinèrent respectueusement face à Alister.
Le Grand Dragon Rouge posa le pied sur le sol, et inspecta les rangs de ses nouveaux soldats tout en se délectant du respect qu’ils lui transmettaient.
Alister déploya ses ailes, et toute la puissance qu’il était capable de générer. Aussitôt, le territoire de la banquise commença à troquer la glace qui le composait pour de la roche volcanique. Et de nouveaux geysers de lave s’échappèrent de la Mer Numérique, et éclatèrent dans le ciel couvert de nuages écarlates tels des feux d’artifices.
C’était cela, cela qu’il avait toujours désiré, le pouvoir, la capacité d’exaucer chacun des voeux de son maitre, et la puissance nécessaire à la destruction de Serpent.
Aucun mot n’était en mesure de décrire l’état d’extase qui possédait Alister Blake, il rugit de plaisir tel un lion, asseyant ainsi sa domination sur toutes les créatures qui le vénéraient.
Pourtant… ce n’était pas suffisant. Il restait le plat de résistance, la raison même pour laquelle il avait accompli tous ces miracles.
Le Grand Dragon Rouge vola vers l’iceberg le plus proche, et attendit tout en se léchant les babines d’impatience.
Il n’avait plus qu’à patienter telle une araignée, que sa proie vienne s’emprisonner d’elle-même dans sa toile.


Usine.

Heath, après avoir parcouru l’intégralité du chemin entre la campagne et la métropole de toit en toit, s’écroula sur le pont de l’usine, le souffle rauque, et les muscles calcinés par l’effort.
- T’en as trop fait, critiqua Abigail en s’étirant.
- Ta gueule, répliqua faiblement le psychopathe en tentant de reprendre son souffle.
La rousse l’ignora, et observa l’usine avec attention.
- Alors c’est ici que notre Tonton a monté son labo secret… J’ai hâte de voir à quoi ça ressemble. Mais avant ça…
Elle tourna la tête, et accueillit Mathilda d’un sourire. L’Augure atterrit devant sa soeur, avec Seth sur les épaules.
- Et Thomas ?
Comme pour répondre à sa question une camionnette se gara face à la grille qui barrait l’accès au pont. Thomas Von Kane et Lucius Hobbs en sortirent, et escaladèrent l’obstacle pour les rejoindre.
- Lucius est prêt, et j’ai tes programmes, dit-il en pointant le sac à dos qu’il portait, tandis que son « frère » sentait une certaine pression l’écraser. On y va ?
Incapable de se retenir, Heath régurgita le contenu du repas dégusté dans l’avion sur les chaussures du belge.
Ce dernier fut paralysé par la vue de ses bottines souillées de vomissures.
Abigail leva les yeux au ciel, et redressa l’allemand par le col.
- C’est tout ce que t’as ? demanda-t-elle d’un ton moqueur.
Ce fut plus qu’il n’en fallait pour que le psychopathe reprenne du poil de la bête, il écarta la main de la rousse d’un revers de bras.
- Me touche pas ! cracha-t-il en tentant de maitriser son souffle rauque.
À moitié satisfaite, Abigail s’engagea vers l’entrée de l’usine.
Mais alors qu’elle traversait le pont, Mathilda la dépassa et tendit les deux bras pour faire barrage au groupe.
- Qu’est-ce qu’il y a ? demanda la rousse avec étonnement.
- Nous ne sommes pas seuls. l’informa L’Augure. Il y a quelque chose…
- QUELLE SALE MOUCHARDE !
L’ensemble du groupe eut les tympans vrillés par la puissance de la voix qui venait de résonner. Un spectre sortit de l’ombre, et à la stupéfaction de Heath, prit la forme du visage visiblement remis à neuf de Peter Warren. Dépourvue de corps, la tête flottait dans les airs en effectuant un genre de danse censée représenter l’agacement.
- Elle gâche la surprise ! continua-t-il de se plaindre.
- Ta gueule ! Cracha l’allemand hors de lui.
- Oh, fit l’américain en faisant apparaitre deux doigts dont il posa les bouts sur ses lèvres. Je t’ennuie ? Rassure-toi mon Serpent préféré, la fête ne fait que commencer !
Sur ces mots, un bruit qui trahissait l’enclenchement d’un système mécanique se fit entendre, et un corps saucissonné par des chaînes fut pendu devant les yeux du groupe.
- J’ai vu mieux comme film d’horreur, commenta Abigail avant que Heath ne se place en tête de la bande. Lui avait reconnu le corps, et celui-ci bougeait toujours.
- Dragunov ?
- Faites… Faites-moi descendre. supplia le russe qui souffrait visiblement le martyre.
- Qui vous a fait ça ? demanda Heath qui ne comprenait plus rien à la situation.
- Warren… maugréa-t-il. Ce petit salopard ne voulait plus de moi… Alors il…
- Surveillez votre langage Major, dit la tête de l’américain d’une voix moqueuse, tout en sautillant joyeusement autour de sa victime. J’attends de mes employés une conduite exemplaire.
Il se tourna vers la bande en affichant un rictus abominable.
- Vous aimez mon nouveau pantin ? Et si je le libérais ?
Aussitôt, une dizaine de spectres jaillirent à leur tour de l’ombre, et vinrent se loger dans le corps du russe.
La réaction ne se fit pas attendre, le corps de l’ancien agent du Docteur se mit tout à coup à quadrupler de volume. Brisant ses chaînes au passage. Et écrasant le sol de ses deux pieds massifs.
- Amusez-vous bien ! ricana Peter avant de disparaitre.
Enragé comme un rhinoféros, le monstre fonça à pleine vitesse sur la bande qui se jeta sur les côtés pour éviter sa charge meurtrière. Tous excepté Heath, qui glissa entre les jambes du colosse.
- Réveillez Seth et filez au labo ! ordonna-t-il avec autorité. Il connait tous les codes d’accès. Moi je m’occupe de ce truc.
- T’es sûr que t’as pas besoin d’aide vu ton état ? lança Abigail visiblement peu convaincue.
- Dès que j’aurai fini, je m’en irai t’apprendre à ne pas me sous-estimer. cracha le psychopathe avec mépris. Tirez-vous !
Heath se retrouva désormais seul à seul avec Dragunov.
- J’aurais préféré que nos retrouvailles se déroulent dans un autre contexte, mon ancien mentor. dit-il en contemplant tristement le regard fou du russe. J’ai tant de leçons et de coups de fouet à vous rendre, mais je m’assurerai que cela soit fait avec professionnalisme.


Salle du coeur de Lyoko.

Franz, malgré la terreur qui le possédait, malgré l’horreur à laquelle il assistait, n’écouta que son courage. Peu lui importait si cela ressemblait purement et simplement à du suicide. Il se précipita vers la sortie sud.
X.A.N.A. le vit agir, et considérant qu’elle n’avait plus besoin de lui, leva son bras droit afin que l’éclair rouge qui en jaillit fasse le travail.
Le scientifique se retrouva violemment transpercé sous le cri horrifié de sa fille, néanmoins, il parvint à se préserver de la destruction immédiate au prix de nombreuses douleurs que l’on ne pouvait ressentir que sous la forme de programme. Il quitta précipitamment la salle du coeur, tandis que des mantas filaient à sa poursuite.
- Quelle pitié, soupira la Banshee avec dégoût. Un tel attachement à un si faible programme, c’est la racine même de l’impureté qu’il me faut arracher afin de garantir la survie de X.A.N.A..
Franz, malgré la douleur qui tenaillait son programme, remonta aussi vite qu’il le put en direction de la voûte céleste. Mais il essuya plusieurs tirs de manta qui manquèrent de le faire éclater tel un ballon.
Légion surgit de la plate-forme, changea ses bras en arbalètes, et canarda sans merci les quelques mantas qui poursuivaient son créateur.
Une fois celles-ci détruites, le prothéen déploya des ailes de lumière depuis son dos, et soutint le concepteur de Lyoko jusqu’à la terre ferme. Dès qu’ils furent arrivés à bon port, Aelita ressortit de sa sphère de père, et se précipita à son chevet.
- Papa !
- Je suis désolé mon ange… bredouilla celui-ci. Je ne survivrai pas…
L’elfe virtuelle sentit son coeur se briser face à cet aveu, elle tomba à genoux. Ignorant la souffrance qui la tenaillait, Légion se tourna vers Franz :
- Créateur… que s’est-il passé ?
- Je n’ai pas le temps de t’expliquer, Légion, avoua Hopper alors que sa conscience était en train de défaillir. Je suis navré pour les tiens, je te prie de me pardonner.
- Vous n’avez rien à vous reprocher, raisonna le prothéen. Personne n’aurait pu prédire un tel cataclysme.
Si le scientifique avait pu bénéficier de traits faciaux, il aurait remercié le prothéen d’un sourire reconnaissant.
Ses prochains mots furent cependant pour sa fille.
- Aelita, commença-t-il en tentant de réprimer sa honte. Je suis navré, jamais je n’aurais dû jouer les apprentis sorciers… Je suis tellement désolé…
L’elfe virtuelle posa ses mains sur la sphère lumineuse, et réprima ses sanglots.
- Merci Papa. Merci pour cette famille que tu m’as offerte, je te promets… je te promets que je me montrerai digne de toi.
- Tu l’as déjà fait, souffla le scientifique tandis que son coeur virtuel battait de fierté.
Son corps lumineux brilla d’une lueur sinistre durant quelque secondes, avant qu’il n’explose. Laissant ses descendants contempler sa disparition avec horreur.
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 03 Fév 2019 02:16   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
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Chapitre 16: Les Affres de la Vengeance



Un mois plus tôt

Nue comme un ver, debout face au miroir de sa salle de bain, Renarde observait son corps avec attention.
Les cicatrices sur sa peau étaient nombreuses, la plupart dataient de sa vie de prostituée dans les bidonvilles de Mumbai.
En effet, nombreux étaient les clients qui aimaient voir le sang couler lors du coït. Et l’indienne, ne disposant d’aucun autre moyen de gagner sa vie, se laissait faire dans l’espoir de récolter quelques roupies supplémentaires.
La fente qui lui avait servi de gagne-pain était l’une des rares zones de son corps à avoir été épargnée par les penchants sadiques de ses clients. Après tout, même les cinglés de souhaitaient pas tremper leur queue dans des fontaines de sang.
L’indienne prit un temps pour transpercer son propre regard, après quoi, le frisson qui parcourut sa colonne vertébrale la força à pointer son postérieur en direction du miroir, et à tristement observer sa cicatrice la plus honteuse.
Serpent n’y était pas allé de main morte lorsqu’il avait transpercé son anus à l’aide d’une lame édentée. Les dégâts sur son intestin avaient nécessité une opération chirurgicale aussi gênante pour le chirurgien que pour la patiente.
Quoique… non… Renarde n’avait jamais été aussi humiliée et souillée que lorsque le psychopathe s’était amusé avec son corps. Jusqu’à ce moment, tous les hommes et les femmes qui avaient profité de sa personne avaient payé, une pratique loin d’être noble, mais qui conservait un semblant de respect.
 Serpent ne s’était nullement embarrassé de tels procédés, il l’avait maintenue au sol tel un ver de terre tentant de s’extirper de l’écrasante pression de la chaussure de l’enfant qui s’amusait de sa souffrance. Et l’avait souillée, non pas en tentant de la posséder par le sexe, mais en la charcutant comme une truie.
Quelques larmes coulèrent le long des yeux de l’indienne à la pensée de cet insupportable souvenir.
Dragonne l’enlaça par derrière, et posa sa tête sur son épaule.
- Il paiera, souffla la coréenne. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te nettoyer de son emprise.
Renarde laissa échapper un soupir qu’elle retenait sans s’en rendre compte, et joignit sa main à celle de sa petite amie.
- Je préfèrerai sacrifier mon corps mille fois plutôt que de te laisser risquer ta vie pour moi.
- Je t’aime, lâcha la coréenne.
Cette révélation soudaine fit trembler l’indienne de tout son être, Dragonne poursuivit :
- Je ne te laisserai plus jamais sacrifier ta personne, pas même pour moi. Rien ne se mettra en travers de nous, et de notre avenir.
Prise d’une impulsion, l’indienne se retourna, et captura les lèvres de la femme qu’elle aimait.
Dragonne et Renarde laissèrent libre cours à leur corps et à leur amour, laissant leurs actes parler pour les sentiments qu’elles brûlaient de s’échanger.
Toutefois, alors qu’elle avait été rallongée sur le lit, et que sa petite amie prenait soin de son intimité à l’aide de sa langue, Renarde ne sut contenir la rage qui la consumait à la simple pensée de Serpent.
« Tout ce que tu m’as pris, je le reprendrai ! Et l’humiliation que tu m’as infligée, je te la rendrai au centuple ! »
Elle fut incapable de déterminer si c’était le talent d’amante de Dragonne, ou ses pensées revanchardes qui provoquèrent son orgasme. Néanmoins, elle l’apprécia dès la première seconde, et se promit d’en apprécier bien d’autres après que sa personne serait vengée.




Causse de Martel, Présent.


Abigail et Drake eurent bien du mal à suivre le rythme effréné imposé par Renarde, Dragonne et Heath.
Soucieux de ne pas perdre d’alliés si vite, le psychopathe dut s’embarrasser des quelques corvées que requerraient la protection des bâtards du Docteur.
En effet, et malgré leur condition de « possédé », ceux-ci étaient incapables de tenir tête aux sous-fifres de Peter.
Seule Intelligence fut en mesure de comprendre les raisons de cet écart de force plus que surprenant; car malgré leur absence de spectre amplificateurs de puissance, les corps des deux jeunes filles avaient été grandement améliorés par le don de X.A.N.A., leurs réflexes et leurs forces physiques faisaient jeu égal avec les bâtards.
Heath en revanche, était autrement plus puissant et rapide. Cependant…
Ni Renarde, ni Dragonne n’était disposée à se laisser faire. Aussi, elles sortirent une fiole pleine de sang noire de leurs poches respectives, et en avalèrent goulument le contenu.
Heath n’attendit pas de savoir quels effets allait avoir cette mixture, il entreprit donc de tuer l’indienne avant qu’elle n’ait eu le temps d’aller au bout de son projet.
Elle le repoussa violemment d’un simple revers de main, qui l’envoya s’écraser contre le tronc d’un arbre.
Éberlué par la puissance de son ancienne victime, Heath rouvrit les yeux, et grogna d’agacement.
Les corps de Renarde et Dragonne étaient pris de tremblement, elles tombèrent à genoux tandis que leurs squelettes respectifs croissaient. Déchirant leurs vêtements, et modifiant leur anatomie.
Les jeunes filles embrassèrent leur mutation en feulant telles des louves à la pleine Lune, elles avaient désormais l’apparence monstrueuse de deux énormes reptiles humanoïdes de presque trois mètres de long.
Drake ne se fit pas prier, il pointa son lance-flamme dans leur direction, et les arrosa. Le pyromane eut cependant la mauvaise surprise de constater la vitesse à laquelle ses adversaires se déplaçaient, et seul le réflexe d’Abigail de se jeter sur lui l’empêcha d’être fauché par Dragonne.
Renarde ne leur accorda aucune attention, et fila droit sur Heath.
Le psychopathe s’autorisa un sourire moqueur, et intercepta son assaillante à la seule force de ses bras métalliques.
Il la plaqua au sol, avant de la fustiger de son regard meurtrier.
- Tout ça pour ça, grogna-t-il alors que l’indienne se tortillait dans tous les sens pour échapper à son emprise. Étant donné la laideur de ton visage, je comprends que tu veuilles changer. Mais sans déconner… T’avais rien de mieux à faire ?
Profitant de sa souplesse reptilienne, Renarde glissa entre les bras de l’allemand, et lui goba la tête.
Elle se mit alors à filer en direction de la rivière la plus proche, et plongea dans l’eau en emportant sa victime telle un crocodile.

Dragonne ne voulait pas perdre trop de temps à s’occuper des bâtards du Docteur, car après tout, ils n’étaient à ses yeux que des gêneurs qui se mettaient en travers du chemin de la revanche de son amour.
Mais du point de vue d’Abigail, il était hors de question qu’une sous-fifre de son paternel, dont le seul interêt se résumait à la compétence militaire, ne lui barre la route plus longtemps.
La hollandaise adressa à la coréenne un coup de pied dans sa gueule de reptile, la forçant à relâcher Drake dont la jambe était prisonnière de ses crochets. Sans prendre la peine de constater les dégâts causées par son attaque, la rousse enchaina en saisissant la reptile-humanoïde par le cou.
Dragonne tenta de se dégager en se débattant furieusement, mais la bâtarde du Docteur refusait de se laisser dominer; elle enroula ses jambes autour de la taille de la coréenne, et serra de toutes ses forces.
Cette dernière gigota dans tous les sens, et se roula sur le sol dans l’espoir de faire céder son assaillante. Mais non seulement Abigail tint bon, mais en plus, Drake s’était relevé, et pointait désormais son lance-flamme sur sa soeur et la coréenne.
La rousse, eut égard à sa condition de possédée, ne craignait pas le feu. Ce fut une toute autre histoire pour Dragonne, qui contempla la menace que représentait l’écossais avec une panique uniquement contrôlée par la force d’Abigail.
- Lâchez-moi ! gargouilla-t-elle. Serpent doit mourir !
À ces mots, la rousse éclata d’un rire moqueur.
- Serpent est le futur père de ma portée, tu crois que je laisserai une connasse de ton espèce gâcher leur avenir ? Crève donc, je n’ai que faire de tes supplications.
Sentant la situation tourner en sa défaveur, Dragonne adressa à Drake un regard suppliant, dans le but de bénéficier de sa compassion. Mais l’écossais secoua la tête.
- Dieu a fait de Serpent la réincarnation d’Abaddon. Il faut être désespérée comme tu l’es pour souhaiter sa mort.
Sur ces mots, le rouquin actionna son arme, et noya la coréenne sous un torrent de flammes destructrices.
Abigail usa de sa condition pour se dégager du brasier, et observa avec pitié, la reptile coréenne se tortiller en hurlant suite à la douleur atroce provoquée par les flammes.
-Bon… dit-elle en se frappant les mains, sans prendre la peine d’attendre que le feu ait finit de consumer la vie de l’asiatique. Allons voir où en est Serpent.

Heath eu beau user de toutes ses forces et du tranchant de ses griffes de métal, La peau écailleuse de Renarde se montrait étonnamment résistante.
Le psychopathe changea de stratégie, il saisit la gueule du reptile par les mâchoires, les écarta pour dégager se tête, et lui creva l’oeil gauche d’un coup de griffe.
L’indienne hurla de douleur sous l’eau, et se dégagea pour partir se réfugier à la surface. Heath la regarda s’éloigner avec mépris, avant d’étirer sa nuque endolorie.
Renarde émergea en rampant sur la berge, et gémit sa douleur. Elle finit par s’écrouler sur le sable, et feula furieusement afin d’appeler sa moitié à l’aide.
Heath sortit de l’eau en marchant lentement, laissant sa tête et l’expression méprisante qu’elle affichait émerger centimètre après centimètre.
Renarde sentit la panique s’emparer de son corps, et recula en rampant vers l’arrière, l’allemand lâcha un soupir exaspéré.
- Quelle pitié… grogna-t-il. Tu as basé ton existence toute entière sur la vengeance… Maintenant que celle-ci a échoué, tu n’as plus rien.
Heath écrasa sans merci la queue de la créature qui feula de douleur, il posa ensuite son genou sur son abdomen et la saisit par la gorge.
- Tu n’aurais jamais dû revenir à moi, dit-il d’un ton presque désolé. Tu aurais dû bâtir ta vie ailleurs, maintenant celle-ci va prendre fin parce que tu as été suffisamment stupide pour tout risquer dans une ultime bataille.
L’allemand colla son front contre celui de l’indienne, et la foudroya du regard.
- Une souris comme toi aurait dû retourner vivre dans son trou, au lieu risquer sa survie pour son honneur dans un duel face à un serpent.
- Va te faire…
Heath ne lui laissa pas le temps de répondre, et serra sa gorge de plus belle.
- Tu sais… murmura-t-il. Tu fus de loin ma victime préférée… Quel dommage que je ne puisse faire durer ce moment, tu méritais un meilleur hommage.
L’allemand froissa la gorge de l’indienne tandis qu’il déposait un simple baiser sur son front. Ignorant les râles étranglées de l’ancienne prostituée, il attendit que celle-ci rende son dernier souffle de vie, avant de l’envoyer reposer en paix dans les tréfonds de la rivière.
L’allemand observa le corps reptilien de sa victime sombrer dans les profondeurs aquatiques, avant de se relever, et de repartir à la rencontre de Drake et Abigail.
Les bâtards du Docteur l’attendaient patiemment, assis sur le tronc d’un arbre tombé durant la bataille.
Heath considéra un temps le cadavre carbonisé et crépitant de Dragonne, avant de faire signe à ses compagnons de remonter sur ses épaules.
- Tiens, tu nous attends cette fois, fit remarquer Abigail.
- Ça t’ennuierais de la fermer ? répliqua le psychopathe en grognant.
Pour toute réponse, la rousse se hissa sur son épaule gauche, et approcha ses lèvres de son oreille.
- Le seul moyen de me faire taire, c’est de me faire crier. miaula-t-elle malicieusement.
Heath préféra filer à toute vitesse plutôt que de chercher une réponse à cette déclaration perverse.


101 Avenue Mozart.


Mathilda dut faire preuve de toutes ses forces autoritaires et physiques pour empêcher Seth de filer à la poursuite de X.A.N.A. et Peter. En effet, tandis que les nutriments et enzymes dopantes du Lazar restauraient et amélioraient considérablement son corps, son esprit était totalement embrumé par cette métamorphose soudaine.
L’Augure fut forcée de trainer le mutant de toit en toit jusqu’à l’appartement des bâtards, et après être entrée par la porte de l’escalier de service, tout en tenant fermement sa prise gigotante, elle le plaqua sur la table de la cuisine en ignorant le regard effaré de Lucius et celui, lassé, de Thomas.
Sans crier gare, Mathilda colla une gifle colossale sur la joue du mutant. Ce dernier la sentit si bien passer qu’il fut obliger de cligner des yeux pendant près d’une minute avant de reprendre le contrôle de sa vision.
- Aelita… bredouilla-t-il en tentant de se lever. Je dois…
- Cesse de faire l’enfant ! rugit Mathilda qui était au bord de la crise de nerfs.
- Mais… Mère…
- Silence !
Seth referma la bouche, et baissa la tête d’un air penaud. L’Augure en profita pour se tourner vers ses frères.
- Je sais pas ce qui se passe, mais il est préférable que vous filiez avant d’avoir une mauvaise surprise.
Thomas secoua la tête, et se pencha en avant afin de rassurer Seth.
- Écoute… murmura-t-il d’une voix douce. Nous allons aider ta famille, mais pour cela, tu dois nous expliquer ce qu’il s’est passé.
Encore tout tremblant suite aux effets incontrôlables du Lazar et aux chocs émotionnels qu’il avait subi, le mutant eut bien du mal à trouver ses mots.
Constatant que c’était sans doute en partie de sa faute, Mathilda lui prit la main.
- Je suis désolée d’avoir crié, bredouilla-t-elle honteuse. Mais il était primordial que tu parviennes à te calmer avant toute chose. Maintenant, dis-nous ce qu’il s’est passé s’il te plait.
Les yeux écarlates du mutant se plongèrent dans les verts amandes de l’Augure, il hoqueta, avant de fondre en larmes.
- J’ai été faible, gémit-il. J’ai été un mauvais frère, et maintenant… maintenant je ne sais pas quoi faire… Si seulement j’étais plus fort…
N’y tenant plus, Mathilda saisit le mutant, et le serra contre elle.
- Les échecs sont les étapes qui mènent à la réussite, souffla-t-elle d’un ton maternel. Ne passe pas ton temps à regretter le passé tant que tu peux encore rattraper l’avenir.
Ces mots eurent l’effet escompté, et Seth parvint à contrôler sa respiration malgré le bouillonnement de son sang. Il referma ses bras autour de sa « mère », et sanglota de plus belle.
- Vous m’avez tellement manqué, couina-t-il. J’ai cru que je ne vous reverrais jamais…
- Du calme Seth, du calme; Maman est là.
Il s’écoula quelque minutes avant que la métamorphose opérée par le Lazar ne s’achève, ramenant le mutant à la raison, et permettant à Xana de limiter l’ampleur de ses émotions. Le mutant se redressa, le regard aussi terrifié que déterminé.
- Aelita… Papa… Je dois… Il faut les aider !
Mathilda posa une main sur son front, l’incitant ainsi au calme.
- Calme-toi, raisonna-t-elle. Et explique-nous ce qu’il s’est passé.


Usine.


Peter admirait avec une fascination moqueuse les installations du professeur Schaeffer, ce dernier pianotait nerveusement sur son clavier tandis que X.A.N.A. regardait par-dessus son épaule. Toujours emprisonnée dans les bras d’Alister, Aelita tremblait de terreur.
- Impressionnant, murmura la Banshee. Une telle source de pouvoir dans une si petite machine… voilà le point de départ idéal pour mon expansion.
Elle contempla ses mains d’un regard méprisant, avant d’ajouter :
- Ce corps de chair est limité, le numérique garantit davantage de possibilités.
Peter appréciait de plus en plus les évènements qui s’enchaînaient, il eut bien du mal à contenir sa faim dévorante et ses pulsions meurtrières.
Alister était indifférent face à ce qui était en train de se produire, et attendait patiemment les prochaines indications de son maitre.
- Préparez nos virtualisations, ordonna X.A.N.A.. Il me tarde de découvrir ce monde que vous avez créé.
Voilà bien une déclaration qui gêna passablement Peter, le cannibale voulu protester avec politesse, mais X.A.N.A. le réduisit au silence d’un geste.
- C’est sur Lyoko que nous affronterons nos ennemis, que nous les détruirons, et que nous commencerons notre conquête. Cesse d’attacher de l’importance aux actions nécessitant un corps organique, tous les plaisirs que tu recherches se retrouveront amplifiés dans la virtualité.
- Me le jurez-vous ?
Ce n’était pas une menace que le cannibale avait prononcé, ni un ultimatum, mais simplement un banal caprice, comme un enfant qui demandait à ses parents de promettre que le voyage à Disneyland en vaudrait la peine.
X.A.N.A. le considéra avec pitié.
- N’aie crainte, le monde de X.A.N.A. vaudra un milliard de fois ce ridicule monde matériel.
Peter prit une grande inspiration, et relâcha son souffle pour parvenir à maitriser l’excitation qui le secouait jusque dans ses plus profondes cellules. Un sourire aussi béat qu’impatient se dessina sur son visage.
Il lui tardait tant d’obtenir ce pourquoi il s’était battu durant tout ce temps, il lui tardait d’obtenir cette place qui lui revenait de droit.
Cette sensation inégalable de sentir ses voeux les plus chers se réaliser menaçait de faire exploser son coeur, tant celui-ci était gonflé de fierté.
Alister accueillit l’expression sur la figure de son maitre telle la plus merveilleuse des récompenses, le sentiment d’avoir accompli la tâche la plus ardue que requerrait son devoir le soulagea d’un poids immense.
Cependant, ce fut également son emprise sur Aelita qui fut soulagée, l’elfe virtuelle en profita pour se libérer de ses bras, et s’en alla administrer un coup dans les parties intimes du cannibale.
Ce dernier se plia en deux, et tomba à genoux. Aussitôt, Alister mugit de rage, et s’apprêtait à trancher la jeune fille en deux. Mais X.A.N.A. l’arrêta dans son élan en se saisissant de son poignet.
- Je la veux vivante, le temps de comprendre qui elle est véritablement, dit-elle comme s’il s’agissait de l’évidence même.
Le Dragon Rouge jeta un coup d’oeil interrogateur à son maitre, qui s’était relevé avant de ceinturer Aelita.
- Sale garce, grogna-t-il avec haine. Je vais te dévorer morceau par morceau.
Franz voulu prendre la parole pour calmer les esprits, mais sa fille lui coupa l’herbe sous le pied :
- Heath va te démolir, espèce de connard. répliqua-t-elle avec un vocabulaire qui choqua son paternel lui-même.
Peter ne sut contenir son éclat de rire.
- Comme c’est adorable, dit-il avant de lui mordre sauvagement l’épaule.
Aelita laissa échapper un cri de peur et de douleur, tandis que le sang ruisselait le long de son bras.
Le cannibale se lécha les babines avec gourmandise.
- Le plus beau jour de ma vie est arrivé, souffla-t-il les yeux pétillants de plaisir. Et je vais en savourer chaque seconde.


Lyoko


Il avait fallu des jours avant que les 23 milliers de prothéens ne parviennent à trouver un consensus concernant l’avenir de leur espèce.
Heureusement que la fatigue n’existait pas dans un monde virtuel, auquel cas Légion se serait écroulé bien avant d’en avoir terminé.
« Sommes-nous tous d’accord ? Validez-vous cette proposition ? »
« Validée. » répondit le reste des siens.
Satisfait, le prothéen à forme humaine s’apprêtait à se dévirtualiser, afin d’informer leur Créateur de leur décision.
C’est alors qu’une aura aussi répugnante que pesante, envahit brutalement l’atmosphère de Lyoko. La puissance de celle-ci fut si écrasante, que le prothéen fut forcé de poser un genou à terre afin d’encaisser correctement le flux de perturbations qui secouait chacun des programmes du super calculateur.
Incapable de masquer la peur de son visage, le prothéen scruta avec horreur, la direction d’où semblait provenir la source de cette aura maléfique.
- Qu’est-ce… Qu’est-ce que cela ? balbutia-t-il d’une voix tremblante.


Banquise


Alister posa le pied sur la glace de la banquise, et prit un temps pour admirer son nouveau corps.
C’était exactement comme dans ses rêves, exactement comme Thanos le lui avait promit.
Sa peau écailleuse était rouge sang, dans son dos des ailes et une queue disposant d’une lame aiguisée en guise de dard se déployèrent de toute leur splendeur. Sur son front, se dressait une paire de cornes pointues. Il ne portait aucun vêtement, mais cela n’avait aucune importance puisque il ne disposait d’aucun d’organe génital. De même, son derrière n’avait pas de raie.
Ses pieds n’en étaient pas, à la place, il disposait de serres d’aigle noires comme la suie.
C’est alors qu’il reçut un tir à l’épaule.
Surpris, il posa son regard sur l’impressionnante armée de monstres qui lui faisait face.
Il y avait de tout: des krabes, des frôlions, des mégatanks, des mantas, des kankrelats et des bloks.
Mais peu lui importaient les formes des insectes, les écraser était leur destin commun.

Il déploya alors ses belles ailes rouges, et s’envola tandis qu’une véritable pluie de lasers s’abattait sur lui.
Mais, ils n’eurent aucun effet, de même que les mines des mantas n’eurent aucun effet. La glace des bloks fondait dès qu’elle entrait en contact avec sa peau, peau qui était visiblement corrosive pour l’acide des frôlions, et plus résistante que les lasers des mégatanks qui se brisèrent à son contact.
Une fois qu’il fut à la bonne hauteur, il déploya l’intégralité de ses membres. Laissant apparaître une aura rouge incandescente autour de son corps.
Des colonnes de lave surgirent de la mer numérique, la nuit éternelle de la banquise était à présent entièrement recouverte par de sinistres nuages rougeoyants. Les prothéens avaient cessé de tirer, leurs attaques n’avaient aucun effet sur la créature qu’il était.
Chaque monstre qui composait cette armée virtuelle était en train de trembler de terreur. Alister n’y prêta aucune attention.
Le Grand Dragon Rouge inspira profondément. Sa poitrine gonfla progressivement, jusqu’à ce qu’elle atteigne son point culminant. Il cracha alors un raz-de-marée de flammes rouge sang, engloutissant l’intégralité des monstres qui lui faisait face. Son attaque dura à peine dix petites secondes avant de se dissiper. Ne laissant derrière elle que le néant absolu. Rien n’avait échappé à son appétit vorace, pas même la plateforme du territoire qui ne réapparaitrait jamais.
Depuis les écrans du pupitre de commande, Peter contemplait avec un plaisir malsain la puissance de son monstre.
Seul l’ordre de X.A.N.A. parvint à le faire sortir de sa transe.
- Cesse de t’amuser, il nous faut conquérir cette terre.
Le cannibale hocha la tête, tout en saisissant Aelita et Franz par les bras, et en les trainant dans la salle des scanners.


Légion sentit la brutale perte de ses semblables jusqu’au plus profond de son organisme, il posa un genou à terre, et écarquilla les yeux d’horreur.
- Quel est ce monstre ? souffla-t-il pétrifié par la peur.

Alister éclata d’un fou rire dément, et savoura chaque parcelle de sa toute nouvelle puissance.
- Contemplez ! mugit-il à l’adresse des frôlions et des mantas qui s’enfuyaient sans demander leur reste. Contemplez le Grand Dragon Rouge !

Prochain Chapitre: All Hail X.A.N.A.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]  
Tyker

Réponses: 48
Vus: 59854

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 21 Oct 2018 10:18   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
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Chapitre 15: Renaissance





Quatre jours plus tôt


Peter Warren, le cannibale fils d’Adam Warren et ennemi juré de Serpent, ne comprenait pas ce qui était en train de se produire.
Il y a encore une minute, il était en train d’invectiver Alex Tanner, tandis que l’écossais lui rendait la pareille.
Ensuite… ensuite l’Enfer avait jailli des entrailles de la terre.
Les incubateurs de Thanos et Crystal avaient éclaté, et les éclats de Plexiglas avaient volé aux quatre coins de la pièce.
L’américain en avait reçu plus d’une vingtaine sur toute la moitié droite du corps, heureusement pour lui, aucun ne pénétra suffisamment profondément pour être fatal.
Serguei Dragunov en avait reçu plusieurs dans la figure, et gisait au sol en se tortillant de douleur.
Dragonne semblait avoir vu venir le coup avant tout le monde, car elle s’était jetée devant sa petite amie pour la protéger de son dos, elle avait ensuite chuté dans les bras de cette dernière en gémissant de douleur.
Peter parvint à poser son dernier oeil intact sur l’origine de ces éclats, après quoi, son organe s’écarquilla à s’en exploser la rétine.
La première créature qu’il vit, était pourvue d’une paire d’ailes aussi majestueuses qu’écailleuses, elle sortit de son incubateur d’une démarche solennelle, et s’approcha de lui en laissant ses yeux écarlates profiter de l’air frais.
Il s’agenouilla à ses côtés, et caressa tendrement la joue gauche du cannibale qui tremblait de terreur face à cette abomination.
- Maître… murmura Alister. N’ayez crainte, je vous apporte les solutions qui résoudront vos tracas.
Peter manqua de s’étouffer en reconnaissant la voix de son vassal, mais il n’eut guère le temps d’émettre la moindre parole, car Crystal se dirigeait à son tour vers lui.
Le cannibale ne put reculer, car ses membres ne lui obéissaient plus. Il resta là, l’expression hagarde, à contempler l’être majestueux qui s’agenouilla aux côtés d’Alister.
Cette créature étrange était de sexe féminin, une longue chevelure écarlate-rosée descendait jusqu’au bas de son dos. Elle n’était point pourvue d’ailes, d’écailles ou de cornes comme Alister, mais d’un physique juvénile à la beauté divine, aux formes parfaitement dessinés, et à l’expression sereine.
- Bonjour Peter Warren, dit-elle en laissant le cannibale contempler ses yeux marqués du symbole de Waldo Schaeffer. L’on m’a dit que tu désirais un remède au mal qui ronge ton organisme. Si c’est cela que tu désires, je suis disposée à te l’offrir.
Le cannibale ne répondit pas, car il était tétanisé par son interlocutrice. Alister prit alors sa main, et plongea son regard écarlate et rassurant dans celui de son maître qui était de plus en plus troublé.
- N’ayez crainte, souffla-t-il. Et ouvrez-lui votre coeur.
Peter fronça les sourcils de scepticisme, avant d’obéir malgré lui; il prit un temps pour ralentir sa respiration, et parvint enfin à dessouder ses lèvres :
- Ce que je désire… souffla-t-il avant de sentir sa haine, sa colère et sa frustration s’emparer de son esprit. … ce que je désire, c’est d’obtenir le pouvoir de terrasser mes ennemis ! Je désire la possibilité de continuer de vivre sans renoncer à ma nature ! Je désire… je désire exterminer quiconque se dressera sur ma route ! Mais plus que tout… je désire dévorer chaque morceau de chair de cette ordure que l’on nomme Serpent ! Je souhaite me délecter de chaque pièce de viande dont il est composé, ainsi que de ses organes et de sa cervelle ! Je conserverai cependant la tête, et l’empaillerai au-dessus de ma cheminée, afin de le toiser tel le rat qu’il est à chacun de mes repas jusqu’à la fin de mes jours !
Peter finit sa tirade le souffle aussi haletant que rauque, il essuya une violente quinte de toux, et quelques goutes de sang perlèrent le long de ses lèvres. La créature enveloppa ses joues dans ses mains, et releva sa figure à sa hauteur.
- Si tel est réellement ce que tu désires, il te faut devenir X.A.N.A..
Le cannibale dégagea ses voies respiratoires de l’hémoglobine qui s’y accumulait, et déclara avec rage :
- Je paierai n’importe quel prix pour voir mes voeux se réaliser.
Aussitôt, X.A.N.A. approcha son visage du sien, et l’embrassa furieusement.
Peter sentit la langue de la créature s’entremêler avec la sienne, tandis qu'une force surpuissante se répandait jusqu'au fin fond de ses entrailles.
Ses plaies se résorbèrent d’elles-mêmes, et les morceaux de verre qui étaient logés dans sa peau tombèrent au sol les uns après les autres.
Le cannibale sentit sa puissance d’antan reprendre possession de son corps, puis il eut la surprise de constater son décuplement colossal.
Ses pensées s’embrouillèrent durant un petit moment, avant de reprendre leur cours.
Ce n’est que lorsque X.A.N.A. rompit leur baiser qu’il se remit à inspirer, et pour la première fois de son existence, il se sentait libre de tous ses mouvements.
Il contempla ses mains, dépourvues du moindre tremblement, et gorgées d’une puissance nouvelle. Puis il contempla sa bienfaitrice, avant de laisser son regard partir dans le vague, et d’éclater du rire le plus joyeux, le plus heureux et le plus dément qu’il lui avait jamais été donné de lâcher.
Il mit un moment avant de reprendre le contrôle de ses esprits, et malgré sa crise d’hilarité, il ne sentit aucunement les effets de l’essoufflement qu’elle aurait dû lui causer.
- Maitre ? appela Alister en le fixant avec espoir. Comment vous sentez-vous ?
Peter ne répondit pas immédiatement, il fixa pendant un temps son vassal, avant de l’entourer de ses bras, et de le serrer de toutes ses nouvelles forces.
- Merci, souffla-t-il sincèrement. Merci pour ta loyauté.
- Je ne vis que pour vous servir, Maitre, répondit la créature en laissant les larmes couler le long de ses joues.
Peter desserra son étreinte, et observa les mouvements de X.A.N.A.. La Banshee s’était momentanément désintéressé de leurs sorts, et s’était agenouillée aux côtés d’une Renarde secouée par les larmes.
- Je vous en supplie, souffla l’indienne. Sauvez-la… je ferai tout ce que vous voudrez.
X.A.N.A. n’eut nul besoin davantage de supplications, elle releva le visage de Dragonne, et lui adressa un baiser similaire à celui dont elle avait gratifié Peter. Elle ne perdit pas une seconde, après avoir dessoudé ses lèvres de la coréenne, et accorda à l’indienne le même présent.
Dragonne se redressa visiblement aussi choquée et transcendée par sa nouvelle condition que le cannibale.
Lorsqu’elle relâcha Renarde, elle s’approcha de Dragunov pour lui accorder le même don, mais Peter s’exclama :
- Pas lui, il ne le mérite pas. Cependant, il pourrait encore nous servir.
X.A.N.A. ignorait que la raison pour laquelle l’américain ne souhaitait pas voir le russe obtenir des pouvoirs similaires aux siens, était parce que celui-ci n’avait jamais fait preuve de la moindre loyauté envers lui.
La Banshee haussa un sourcil, avant de nettoyer le visage de l’ancien garde du corps du Docteur de tous ses éclats de verre. Elle fut, cependant, brutalement interrompue dans sa besogne par Alex Tanner. L’écossais, ignorant la douleur que lui causait ses propres morceaux de plexiglas, la saisit par la cheville, et grogna maladroitement :
- Je suis ton créateur ! Tu me dois la vie, tu me dois…
X.A.N.A. le saisit par la mâchoire, et le hissa à sa hauteur.
- Vous ME devez UNE vie, corrigea la Banshee. Le reste ne vous concerne pas.
Sur ces mots, la créature décapita l’ancien apprenti du Docteur à l’aide du tranchant de sa main. Après quoi, elle intégra grossièrement la tête de ce dernier à son corps pour le maintenir en vie.
Une fois ceci fait, son regard inhumain se posa sur le Professeur Akuma.
Le japonais avait perdu connaissance au moment où les incubateurs avaient éclaté comme des ballons, et le souffle causé par leurs déflagrations l’avait propulsé la tête la première contre la paroi métallique.
La créature le releva, examina son cerveau, et après avoir comprit qu’il n’y avait à tirer de lui que son propre patrimoine génétique, le laissa retomber au sol.
Elle se débarrassa de lui comme d’une poussière sur son épaule, et ouvrit à la seule force de ses bras, l’énorme porte blindée qui lui barrait la route.
L’insupportable vacarme causé par l’alarme du complexe gênait terriblement X.A.N.A., d’autant plus qu’elle disposait de deux paires d’oreilles puisque la tête de Tanner continuait de dépasser de son épaule.
Peter déposa une main sur son autre épaule, et lui demanda :
- Que comptes-tu faire ?
- Faire en sorte que toutes choses deviennent X.A.N.A. et que X.A.N.A. devienne toutes choses. C’est la seule et unique façon de garantir ma survie.
Le cannibale plongea son regard vert émeraude dans l’écarlate de la Banshee, et répondit d’une voix suave et tentatrice :
- Pour assurer notre survie, il faut détruire nos ennemis.
X.A.N.A. haussa un sourcil, avant de laisser ses pensées et son regard vaguer quelques instants.
- J’ignore qui sont ces ennemis dont tu parles, mais je les assimilerai ou les détruirai s’il le faut. Cependant…
L’image d’une jeune fille aux cheveux roses, l’image de cette « Aelita », s’imposa dans son esprit. Elle prit un temps pour mesurer sa réflexion et ses prochaines paroles :
- Je désire, au-delà de la survie, découvrir la source de l’image qui hante mes pensées. Est-ce que le nom d’ « Aelita » t’évoque quelque chose ?
Le regard de Peter brilla d’une lueur affamée.
- Il s’agit de la progéniture de l’un de nos ennemis, l’informa-t-il en appréciant pleinement le chemin que prenait leur conversation.
Un régiment de soldats armés jusqu’aux dents se dirigea au pas de course dans leur direction, ils s’arrêtèrent, et pointèrent leurs armes vers eux.
Peter les considéra avec mépris, d’autant plus qu’ils remarquèrent sans difficulté la tête du professeur Tanner qui dépassait de l’épaule de X.A.N.A..
Ignorant leurs tremblements de terreur, et leurs appels à la reddition, le cannibale se tourna vers Alister.
- Pourrais-tu faire taire ces insupportables geignards ? L’importance de notre conversation nécessite un calme optimale.
Le Dragon Rouge à forme semi-humaine hocha la tête avec obéissance, avant de noyer leurs assaillants dans un torrent de flammes directement sorti de sa gueule.
Alister, soucieux du confort de son maitre, s’en alla s’assurer que lui et X.A.N.A. ne soient plus dérangés. Après quoi, Peter se retourna vers sa bienfaitrice.
- Pour assurer notre survie, pour retrouver cette jeune fille qui vous hante, pour garantir notre victoire; il nous faut un plan d’attaque. Permettez-moi de vous aider à le mettre en place.
Sentant la motivation débordante de son nouvel allié, X.A.N.A. hocha la tête pour signifier qu’elle était ouïe à la moindre proposition.
Le cannibale pointa du doigt la tête de Tanner.
- Tout d’abord, confiez cet insupportable vantard à son collègue bridé. Je suis persuadé qu’ils parviendront à se rendre utiles d’une manière ou d’une autre. Mais le meilleur moyen pour en être sûr, c’est de les mettre face à leurs responsabilités.
Le raisonnement de Peter était basé sur du sadisme pur, mais il n’en était pas moins logique, car c’est en étant poussés dans leurs retranchements que Tanner et Akuma étaient les plus efficaces.
X.A.N.A. acquiesça, et décolla la tête de l’écossais pour le coller au torse du japonais. Ce dernier, contempla sa nouvelle condition avec horreur, mais n’osa émettre la moindre objection face à la présence écrasante et monstrueuse de la Banshee.
- Partez, ordonna cette dernière. Trouvez un prétexte qui me convaincra d’autoriser la poursuite de vos pathétiques existences, ou disparaissez sur le champ.
Akuma tremblait de la tête aux pieds face à l’abomination personnifiée, et aux actes aussi contre-nature qu’écoeurants qu’il avait le malheur de subir et d’observer. Mais l’instinct de survie de Tanner et la terreur que lui inspirait cette chose prirent le dessus.
Le japonais se redressa, et s’enfuit à toutes jambes.
X.A.N.A. ne leur accorda pas un regard, et se retourna vers Peter.
- Comment penses-tu retrouver « Aelita » ?
Le cannibale sourit de toutes ses dents, à tel point qu’il fit frémir Dragonne et Renarde.
- C’est très simple, murmura-t-il. Nous allons les traquer tels les gibiers qu’ils sont.
Les hurlements désarticulés des soldats massacrés par Alister se firent entendre au loin, ceux-ci résonnèrent tel une symphonie plus qu’appétissante aux oreilles du cannibale.
- Mais avant cela, dit-il en fixant le couloir telle une bête affamée. Il nous faut nous habituer à notre nouvel environnement, et nous nourrir adéquatement. Je vous invite, c’est la moindre des choses.
Sur ces mots, il dégaina le katana qui pendait à sa ceinture, et se précipita à la recherche de chair fraîche, suivi peu après par une X.A.N.A. poussée par la curiosité. Renarde et Dragonne les regardèrent disparaitre dans les ténèbres, avant de se prendre par la main.
- Pour le meilleur et pour le pire, souffla la coréenne.
- Et pour la vengeance. répondit l’indienne en invectivant par la pensée, un reptile bien particulier.


Lyoko

Légion, et tous les prothéens qui le composaient avaient pris leur décision; le Créateur, après leur avoir accordé la vie et la possibilité de garantir leur prospérité méritait sa retraite. Si vivre avec les siens jusqu’à la fin de son existence était là son voeu le plus cher, Légion était disposé à le lui accorder sans rien demander en retour.
C’est la raison pour laquelle, il se rendit sur Lyoko de lui-même. Franz et Aelita étant trop préoccupés par la santé de Seth que par le sort du monde virtuel, aucun d’eux n’émit la moindre objection.
Légion Lancaster, car tel était le nom qu’ils portaient et étaient fiers de posséder, atteignit l’interface du cinquième territoire, et démarra la conversation avec chacune des unités prothéennes existantes, afin de déterminer quel était l’avenir le plus prometteur pour leur peuple virtuel.
Il y avait fort à parier qu’avec les multiples informations sur le monde organique engrangées par Légion, le débat s’éternise sur plusieurs jours.
Mais aucun d’eux n’était pressé, car le temps jouait en leur faveur.
Du moins, c’était ce qu’ils croyaient.


Résidence des Lancaster, quelques heures après la mort d’Adama Viero.


La seule chose qui dérangeait passablement Franz Hopper durant la période d’arrêt maladie de Seth, était le fait que ni le mutant ni Aelita n’allaient à l’école.
Pour le reste, le scientifique ne voyait aucune raison de se plaindre; Sa fille et son « fils » révisaient ensemble, et ce, même si ce dernier devait se reposer au moins seize heures par jour.
Cependant, et à plusieurs reprises, Seth avait vomi des quantités de sang hallucinantes. Heureusement pour le mutant, sa soeur et son père s’étaient empressés de prendre la situation en main; Aelita le serrait de toutes ses forces dans ses bras pour calmer sa crise, tandis que Franz épongeait l’hémoglobine tout en lui assurant que ce n’était pas grave, et qu’ils étaient là pour l’aider.
Plus d’une fois, Seth avait fondu en larmes, demandant pardon pour son incontrôlable comportement, et suppliant qu’on cesse de s’occuper de lui, car il ne souhaitait plus déranger qui que ce soit.
Aelita avait été à deux doigts de lui coller une gifle, seule la douleur causée par sa précédente expérience avec Heath l’avait retenue.
À la place, elle l’avait saisi par la figure, et avait collé son front contre le sien.
- Ne t’excuse pas des choses que tu ne peux contrôler, avait-elle murmuré. Et ne nous demande plus jamais de ne pas t’aider. Tu es un membre de cette famille, c’est notre rôle de te soutenir, comme tu le ferais si nos rôles étaient inversés.
Ces mots avaient déclenché un authentique torrent de larmes, que le mutant s’était empressé de noyer dans les bras de sa soeur et de son père.
Franz, bien qu’inquiet pour la santé du blondinet, était heureux de savoir sa famille si unie. Aussi, il avait consacré chaque parcelle de son temps et de sa santé à prendre soin du jeune homme. Avec l’aide d’Aelita, et l’élan provoqué par ces gestes altruistes, le scientifique devait reconnaître que ces choses, si simples et si vivifiantes lui donnaient le sentiment que ce qu’il faisait avait un sens. Il se surprit à moitié, à apprécier davantage le fait d’être un père pour le mutant et sa fille que d’être un concepteur ou un Dieu pour Lyoko et les prothéens.
Gérer les crises et les états de panique de Seth relevait de son devoir à ses yeux, et bien que le blondinet disposât de la force nécessaire au déchirement de son corps, il le serrait de toutes ses forces, sans jamais le craindre, tout en espérant que Heath fasse au plus vite.
Ces derniers jours avaient permis au scientifique de considérer l’allemand sous un jour nouveau. Certes, son comportement était à la limite du supportable, mais il comprenait qu’il n’était en réalité qu’un adolescent, qui ne savait qu’user de ses poings et de sa rage. Exprimer ses sentiments et développer sa personnalité étaient des défis autrement plus ardus. Aussi, il consentit à lui laisser l’opportunité de pouvoir échanger avec lui à l’avenir, et ainsi, faire évoluer leurs rapports. Après tout, le psychopathe avait été coincé dans un monde de souffrance, de sang et de mort durant l’intégralité de son existence, qui sait ce qu’une période de vie paisible pouvait avoir comme conséquence sur sa personne ?

Franz, bien qu’exténué par la gérance des crises de Seth, commençait à apprécier sa vie, car le rôle d’éducateur pour les trois enfants à sa charge était aussi gratifiant qu’éprouvant.
C’est la raison pour laquelle, il choisit ce soir-là, de s’accorder un repos bien mérité. De toute manière, Aelita le préviendrait en cas de problème.
Légion lui avait demandé la permission de retourner sur Lyoko il y avait de cela quelques jours. Une permission dont la nécessité échappait à Franz, car du point de vue du concepteur de Lyoko, le prothéen était une créature indépendante et libre de faire ses propres choix.
Ce dernier s’était ainsi éclipsé, dans le but de soumettre son rapport à ses semblables et d’entamer leur réflexion concernant leur avenir. Après tout, Franz s’était assuré qu’ils soient suffisamment intelligents pour agir tous ensemble dans leur intérêt commun, et s’il était honnête avec lui-même, sa curiosité scientifique le rendait impatient d'apprendre quels étaient les consensus auxquels ses créations étaient parvenues. Mais une chose à la fois, d’abord la santé de Seth, et la préservation de sa famille.

Ce fut au beau milieu de ses réflexions, alors qu’il cogitait tranquillement installé dans son fauteuil, que la porte de leur résidence vola en éclats.
 Il en fut si surpris qu’il protégea son visage en barrant ses bras face à celui-ci. Mais une si piètre protection n’aurait eu aucun effet face aux démons qui pénétrèrent dans son sanctuaire.
Peter fut le premier à entrer dans la maison, il observa le mobilier, les alentours, et l’architecture tel un promoteur immobilier à la recherche d’une affaire juteuse. Toutefois, il ne fut plus satisfait que lorsque son regard vert émeraude se posa sur le scientifique.
- Bonjour Professeur Schaeffer, dit-il avec courtoisie. Est-ce que Serpent est là ?
Franz balbutia quelques paroles inintelligibles, avant que l’Enfer ne se déchaîne sur sa personne.
Ayant entendu le vacarme de l’assaut effectué sur leur pauvre porte, Aelita était descendue des escaliers afin de déterminer l’origine de de raffut. L’elfe virtuelle fut accueillie au rez-de chaussée par Peter. En effet, dès que le cannibale l’aperçut, il se déplaça à une vitesse phénoménale, et emprisonna la jeune fille à l’aide de ses bras surpuissants.
- Lâchez-la ! s’écria Franz en se levant de son siège, avant d’y être brutalement rassis par la puissance colossale d’un Alister au summum de son existence.
Le scientifique laissa échapper une quinte de toux suite à la force de la pression sur sa gorge, avant d’écarquiller les yeux d’horreur face au monstre qui s’en prenait à lui.
Le petit frère biologique de Heath avait une apparence aussi écrasante que terrifiante. Ses yeux rouges sombres brillaient d’une lueur meurtrière au possible, et ses ailes écailleuses et écarlates se déployèrent autour de sa proie tels des tentacules meurtriers.
Toutefois, l’horreur fut totale lorsque X.A.N.A. fit son apparition.
Aelita et Franz ouvrirent des bouches béantes face à l’apparence plus que familière de cette créature.
En effet, malgré une jeunesse surnaturelle, et des cheveux plus écarlates qu’auparavant, il n’y avait pas d’erreur possible. C’était Anthéa Schaeffer qui venait de pénétrer dans leur demeure.
Cette dernière les contempla l’un et l’autre, avant de se tourner vers Peter.
- Sont-ce là nos ennemis ? demanda-t-elle loin d’être impressionnée.
- En partie, répondit Peter avant de lécher langoureusement la joue d’Aelita.
Ignorant les regards tétanisés de celle-ci et de son père, le cannibale haussa un sourcil en direction du scientifique.
- Vous n’avez pas répondu à ma question, fit-il remarquer. Serpent est-il ici ?
Comme Franz ne répondait toujours pas, le fils d’Adam Warren leva les yeux au ciel de lassitude, avant de jeter Aelita dans les bras d’Alister.
- Viole-la, ordonna-t-il aussi simplement que s’il lui demandait d’aller acheter du pain.
Le Dragon Rouge hocha respectueusement la tête, avant d’arracher le pantalon de la jeune fille. Cette dernière poussa un hurlement de terreur en découvrant l’énorme membre avec lequel la créature s’apprêtait à cueillir sa cerise, fort heureusement, Franz réagit à temps :
- Arrêtez ! cria-t-il. Je ferai tout ce que vous voudrez !
D’un geste, Peter arrêta son vassal dans son élan, avant de sourire au scientifique.
- Dans ce cas, répondez à ma question.
- Il… il est parti en mission ! Mais il reviendra d’ici peu !
Ce n’était pas vraiment la réponse à laquelle le cannibale s’attendait, aussi fut-il à deux doigts d’ordonner à Alister de mettre sa menace à exécution.
Cependant, X.A.N.A. l’empêcha d’aller aux bouts de son idée.
- Où est votre super calculateur ? demanda-t-elle avec autorité. Coopérez si vous souhaitez la sauvegarde de votre progéniture.
Ni Franz, ni Aelita n’en crurent leurs oreilles. Le scientifique répondit :
- Anthéa…
- X.A.N.A., corrigea la Banshee. Mon nom est X.A.N.A., et ce que je désire, c’est la puissance de garantir ma survie. Cependant…
Elle s’approcha d’Aelita, qui était toujours maintenue au sol par Alister, et se pencha pour examiner les traits de son visage déformés par la terreur.
- J’aimerai comprendre qui tu es… maugréa-t-elle. Et pourquoi ton visage m’est familier…
Comme la jeune fille s’apprêtait à répondre, Peter fit signe à Alister de lui couper la parole, ce qu’il fit.
N’ayant rien de plus à ajouter, la Banshee se tourna vers Franz.
- Montrez-moi votre super calcul…
Seth surgit des escaliers tel un démon jaillissant des enfers, et se jeta sur Alister en hurlant de rage.
Le Dragon Rouge relâcha Aelita, et intercepta son assaillant en le saisissant par la gorge. Puis il lui décocha un crochet qui l’envoya s’encastrer dans un mur.
Malgré ses faibles ressources, le mutant tenta de s’extirper de ce bourbier, avant de recevoir un uppercut qui l’envoya traverser le plafond du rez-de-chaussée, et rebondir sur celui du premier étage.
Peter observa un temps son vassal monter les escaliers pour aller se charger de leur trouble-fête, avant d’accorder à nouveau son attention à Franz.
- Bon… dit-il lassé par toute cette agitation. Conduisez-nous à votre super calculateur je vous prie, ou je dévore votre fille en commençant par ses mains.
- D’accord ! hurla le scientifique qui ne doutait pas du sérieux de cette menace. Je vais vous y conduire !
Au même moment, Seth essuyait un déluge de coups de poings parfaitement ajustés qui résonna aux oreilles des autres personnes tels de violents coups de tambour.
X.A.N.A., satisfaite de savoir qu’elle allait découvrir une toute nouvelle source d’énergie pour garantir sa survie, se dirigea vers l’entrée afin de hâter leur départ.
Tandis que Franz sortait en tremblotant une jupe pour couvrir le derrière de sa fille, il eut la désagréable surprise de trouver Peter à sa hauteur au moment où il releva la tête.
- Serpent… Où est-t-il ?
Le scientifique chercha vainement une réponse durant quelque secondes, avant que le cannibale ne remarque la bosse dans sa poche, et ne lui arrache son portable de son pantalon.
- Voyons… souffla-t-il en parcourant la liste des contacts. Où es-tu ?

Espace aérien Algérien, Même moment

Heath laissa échapper un soupir d’exaspération lorsque la sonnerie de son téléphone résonna.
Lui qui avait espéré pouvoir profiter d’une bonne sieste pendant leur vol de retour, n’avait aucune envie d’échanger le moindre mot avec celui qui émettait l’appel. Néanmoins il décrocha, car il souhaitait savoir si Mathilda avait livré le Lazar à Seth.
- Allo ?
- Salut Serpent. Comment tu vas ?
Le psychopathe se paralysa sur place, et écarquilla les yeux d’inquiétude.
- Comment tu…?
- Reconnaissance faciale, répondit précipitamment l’américain afin de ne pas s’embarrasser de détails sans importance à ses yeux. Il m’a été facile de localiser la nunuche aux cheveux roses grâce à la mémoire de ma nouvelle alliée. Merci de l’avoir inscrite à l’école au passage.
- Qu’est-ce que tu as fait ? cracha Heath sans parvenir à contenir ses émotions.
À l’autre bout de la ligne, Peter laissa échapper un éclat de rire aussi moqueur que triomphant, avant de répondre :
- Hé bien… comment te dire…? Mon monstre est en train d’éclater le tien.
Comme pour illustrer ses propos, un hurlement de douleur résonna jusqu’aux oreilles de Heath.
- Ton scientifique a gentiment accepté de nous offrir ses ressources, et la gamine qui te sert d’animal de compagnie risque fort de perdre sa virginité avant que je ne la dévore si tu ne te presses pas de nous rejoindre. Je te conseille donc de faire vite.
Ignorant le rugissement de rage du psychopathe, le cannibale coupa la communication, et se laissa bercer par les crachats de flammes de son vassal qui se faisaient entendre depuis l’étage.
- Bien ! dit-il en saisissant Aelita par le bras. Et si nous allions travailler ?

Alister pulvérisa les côtes de Seth d’un plat du pied bien placé, expédiant le mutant au sol.
Le blondinet n’avait pas la moindre chance de prendre le dessus sur la créature, la douleur qui lui rongeait les entrailles ne faisait que s’amplifier à cause des violentes émotions paniquées qui traversaient son esprit.
« Enfuis-toi ! Cette chose est bien trop forte ! »
- Pas question ! répliqua Seth sans se rendre compte qu’il parlait tout haut. Je dois protéger ma famille ! Je dois…
Il n’eut pas le temps de poursuivre sa tirade, Alister lui transperça l’abdomen.
Le mutant écarquilla les yeux d’horreur en comprenant ce qu’il venait de lui arriver, et hoqueta une gerbe de sang, tandis qu’Alister le saisissait par les cheveux.
- Quelle pitié, grogna-t-il sans masquer sa déception. C’est pour une larve de ton espèce qu’Andrew m’a sacrifié… Je ne regrette pas de ne plus être son frère.
Seth voulut répondre, mais il ne parvint qu’à vomir de l’hémoglobine sur le torse de son tortionnaire.
Alister le contempla avec mépris, avant de ressortir son bras de son abdomen, et de l’envoyer s’encastrer dans le mur du couloir d’un coup de poing si puissant qu’il manqua de lui arracher la mâchoire.
Seth laissa échapper quelques larmes, tout en hoquetant de nouvelles gerbes de sang. Alister haussa un sourcil méprisant, avant d’incinérer l’étage tout en entier.
- Pitoyable, grogna-t-il en partant rejoindre son maître, laissant le mutant s’apitoyer sur sa propre faiblesse en sanglotant des larmes écarlates.


Espace aérien de l’Andorre.


Heath ne se fit pas prier, il avala goulument l’énergie de l’une des piles nucléaires qu’il avait dérobées à Viero, et sauta de l’avion sans prendre la peine d’enfiler un parachute.
Il atterrit au milieu de la Sègre, ignora les geysers qu’avaient provoqués son point d’impact, et fila à pleine vitesse en direction de la capitale française.
Il ne remarqua même pas que Drake et Abigail le suivaient, avant qu’ils ne signalent leurs présences.
- Attends-nous ! hurla la rousse en peinant à rattraper son rythme.
Conscient qu’un peu d’aide pourrait lui servir, le psychopathe s’arrêta brutalement, saisit les bâtards du Docteur, avant de les hisser sur ses épaules et de repartir de plus belle.
Satisfaite de ce moyen de locomotion, Abigail lui adressa un baiser sur la joue.
- Recommence et je t’éjecte !
- Ta gueule et fonce.


Une heure plus tard, résidence des Lancaster


Profitant de sa condition de spectre, Mathilda démolit chacun des obstacles enflammés qui se dressait sur son passage. Tandis qu’elle se frayait difficilement un chemin au milieu de cet enfer, elle scrutait aussi loin que sa vision pouvait lui permettre à la recherche du moindre signe de vie. Elle dégagea de quelques coups d’épaules les poutres enflammées qui tombèrent sur son passage, avant de grimper les escaliers à grande vitesse.
Le premier étage était dans un pire état que le rez-de-chaussée; le sol lui-même semblait au bord de la rupture tant il avait été rongé (et continuait de l’être) par l’incendie.
Mathilda s’allégea autant que sa condition de spectre lui permit, et fila à toute vitesse sur le brasier aussi meuble qu’incandescent.
Une nouvelle poutre s’écroula sur son passage, la jeune fille l’écarta d’un revers de main avant qu’elle ne percute le parquet, l’envoyant défoncer la porte sur sa droite.
Alors qu’elle s’apprêtait à poursuivre sa route, un détail attira son attention.
La chambre qu’elle venait d’ « ouvrir » était proche de la combustion totale, néanmoins, quelques photos accrochées au mur n’avaient pas encore succombé aux flammes.
Mathilda les scruta à la vitesse de l’éclair, arracha celle qui représentait le plus de personnes, et la fourra dans sa poche avant de repartir sans demander son reste.
Cependant, elle était en train de se demander si les pompiers ne s’étaient pas trompés. Elle avait fouillé le rez-de-chaussée de fond en comble, et le premier étage semblait aussi désert que celui-ci.
La maison menaçait de s’écrouler d’un moment à un autre, et la seconde fille d’Anthéa commençait à perdre l’espoir de retrouver quelqu’un au milieu de cet enfer.
C’est alors qu’un gémissement semblable à celui d’une bête blessée parvint jusqu’à ses oreilles, elle fit volte-face, et s’enfonça à travers les flammes.
Ce qu’elle découvrit l’aurait fait frémir d’horreur si elle avait été dotée d’un corps humain.
Seth avait été purement et simplement encastré dans le mur du couloir, un trou béant et saignant ornait son ventre.
Le mutant hoqueta, et vomit une gerbe de sang, un torrent de larmes coulait le long de ses yeux.
- Aelita… murmura-t-il. Grand frère… Papa… Je suis tellement désolé…
Mathilda ne le laissa pas finir ses excuses, elle tira les seringues de Lazar de sa poche, et les planta de chaque côté du cou du blondinet.
Rien.
Pendant un instant abominable, le spectre crut qu’elle était arrivée trop tard. Puis Seth releva la tête, les yeux totalement révulsés, et se mit à convulser furieusement.
Ses incontrôlables tremblements le délogèrent malencontreusement du mur, et il tomba lourdement sur le sol.
Ce fut hélas le seul choc dont ce dernier eut besoin pour s’écrouler comme une tour de Jenga.
Mathilda réagit au quart de tour, et protégea Seth de toute sa largeur. Le mutant et le spectre chutèrent un étage plus bas, et s’étalèrent dans les braises de l’incendie. Ce qui eut pour effet d’arracher un hurlement de douleur glaçant au blondinet.
La jeune fille constata avec horreur, que le corps du mutant se recouvrait progressivement d’écailles noires. Sans remarquer la fermeture tout aussi progressive de son abdomen, elle le ceintura de toutes ses forces pour l’empêcher de céder à sa sauvagerie.
- Seth ! hurla-t-elle pour couvrir les cris aussi sauvages qu’incontrôlables de ce dernier. Calme-toi ! Je t’en supplie, reprend tes esprits !
Pour toute réponse, le mutant se mit à cingler furieusement, et se débattit comme un beau diable.
Mathilda refusa de lâcher prise pour autant.
Ignorant ses coups de griffe sur son corps numérique, elle reprit au bords des larmes :
- Tu es humain Seth ! C’est pour ça que tu dois réussir à faire le bon choix ! Je t’en supplie, ne deviens pas une bête !
Ces mots déclenchèrent un authentique électrochoc, qui irradia le cerveau du mutant jusqu’à la dernière cellule. Xana profita de ce moment de flottement pour se jeter avec tous ses moyens sur la source de cette sauvagerie démesurée.
Lentement, les écailles du mutant régressèrent, jusqu’à disparaitre purement et simplement.
Tandis que les braises s’attaquaient à sa chair, le mutant laissa échapper un appel qu’il n’osait prononcer :
-Mère ?


Causse de Martel, Même moment.


Suite aux perturbations du réseau électrique, Heath sentit deux présences à la puissance et à la vitesse surhumaine, filer dans sa direction.
Avant même qu’il ne croise la route de ces obstacles, il effectua un tacle digne de Paolo Maldini sur l’arbre qui lui faisait face.
Dragonne fut forcée de se jeter sur le côté pour l’éviter.
Renarde ne prit pas la peine de mesurer ses actions, elle se jeta sur le psychopathe, avant de se faire repousser par un coup de boule de la part de Drake.
Heath déposa ses passagers tout en toisant du regard les deux arrivantes.
- Tirez vous de mon chemin, cracha-t-il sans faire preuve de la moindre patience.
Abigail haussa un sourcil, et promena son regard entre les jeunes filles et le garçon qu’elle désirait.
- On a manqué quelque chose ?
- Ne pose pas de question, raisonna Drake en laissant le pouvoir de son spectre envahir totalement son corps. Concentre-toi sur nos adversaires
.


Prochain chapitre: Les Affres de la Vengeance
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 12 Avr 2018 17:45   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
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Chapitre 14: L’Héritier de la Science

Chapitre 14: L’Héritier de la Science

Kenya, date et heure inconnues.

Jamais, au cours de son existence, le professeur Nicola Gregorsarov, n’avait croisé la route d’un enfant aussi brillant que Jérémie Belpois. Ce blondinet à peine sorti de la période des couches-culottes, faisait preuve d’une intelligence aussi aiguisée qu’impressionnante.
Assis sur ses genoux, et pianotant sur les touches de son clavier sans souffrir de la moindre timidité alliée à l’ignorance ou au manque d’expérience, l’enfant prodige était en train de découvrir morceau après morceau, l’existence et la complexité de la virtualité comme s’ils n’étaient rien de plus que de simples problèmes mathématiques.
Le scientifique, ancien concepteur de la première bombe atomique soviétique, avait du mal à en croire ses yeux. Le neveu du Professeur Belpois était aussi doué que discipliné, il enregistrait parfaitement chacune des consignes données, tout en les appliquant sans la moindre hésitation.
Gregorsarov s’autorisa un sourire admiratif, et contempla d’un oeil avisé les prouesses de son apprenti.
En effet, ce vieux scientifique de 83 ans était pleinement satisfait d’avoir enfin trouvé un garçon à qui transmettre son savoir. Pour la première fois depuis des décennies, il ne souhaitait pas que la mort le prenne tout de suite, car il devait d’abord s’assurer de l’Avenir scientifique de son espèce.


25 mars 2001.


Thomas Von Kane détestait Silver Wings, ce complexe à l’intérieur duquel chacun tentait de se démarquer en concluant l’expérience la plus répugnante qui soit l’écoeurait de tout son être. La seule raison pour laquelle il acceptait de s’y rendre était pour visiter son père; Herman Schaeffer, aka le Docteur.
Tout en ignorant les ragots et les vantardises déplaisantes des scientifiques qu’il croisait, le belge se planta face à la porte des appartements de son paternel, et apposa sa main sur la console afin qu’Intelligence lui autorise l’accès. La porte s’ouvrit en moins de deux secondes, et Thomas y pénétra sans se poser de question. La chambre était toujours aussi gigantesque avec ses soixante mètres carrés. Une bonne quinzaine de tableaux étaient accrochés aux murs, qui eux-mêmes étaient recouverts d’un magnifique papier peint bleu marine. Thomas promena son regard sur le portrait de David Hockney et la roue de couleurs de Damien Hirst. Peu importait le nombre de fois où il les observait, leurs valeurs de plusieurs millions de dollars ne cessaient jamais de l’exaspérer. Il ignora le bureau encombré de documents, le téléviseur à grand écran plasma, le canapé en cuir, la table de billard et le bar. Car la seule chose qui l’intéressait, était la personne allongée dans l’immense lit. L’état du Docteur avait visiblement empiré ces derniers mois, il avait le torse nu recouvert d’électrodes. Une machine située près de la table de nuit surveillait son rythme cardiaque. Une aiguille de perfusion était plantée dans son bras gauche, car il n’était plus en état de manger par lui-même. Son apparence était effrayante, comme si la mort le rongeait de l’intérieur. Cela se voyait dans les joues creusées, le teint blafard, la posture ratatinée de momie égyptienne, le corps qui semblait rentrer à l’intérieur de lui-même. Ils n’étaient que tous les deux, car leurs affaires de famille ne regardait qu’eux.
- Bonjour Thomas, salua le sexagénaire de sa voix éraillée.
- Bonjour Père.
- J’ai l’impression que tu as pris un ou deux centimètres.
- Ce n’est qu’une impression, j’en ai peur.
- Je vois, approche veux-tu. Nous avons à parler.
Le belge s’exécuta, et vint se placer sur la gauche de son paternel. Celui-ci essuya une quinte de toux, et reprit la parole :
- Comment vont tes frères et ta soeur ?
- Ils vont bien, mais Lucius va sans doute mettre un peu de temps à s’habituer à nous.
-Et Abigail ? Toujours la même ?
-Toujours, soupira-t-il, ce qui fit rire le vieil homme.
- Je plains le pauvre garçon qui attirera ses faveurs.
- Vous devriez plutôt plaindre tous ceux qui ont essayé de les obtenir.
D’un geste, le malade balaya cette remarque.
- Contrairement à ce que tout une tripotée d’imbéciles essaye de nous faire croire, nous ne sommes rien de plus que des animaux à l’apparence civilisée. Abigail est une mante religieuse à forme humaine, ceux qui ont eu le malheur de l’approcher disposaient d’un instinct de survie médiocre. Ma descendance n’avait aucunement besoin de leurs gènes.
- Pourquoi diable faut-il que vous rameniez tout à la science ?
- Car il n’existe aucune autre vérité pure en ce Monde. Et ce malgré ce que Drake pourrait penser.
Thomas esquissa un sourire, qui fut partagé par son paternel.
- Enfin, assieds-toi veux-tu ? L’affaire qui m’a poussé à te faire venir est importante, et sera sans doute la dernière que je pourrai te confier. Aussi, sois attentif.
Une fois le belge installé sur une chaise, le Docteur reprit :
- Figures-toi, mon cher Thomas, que tu as une autre soeur.
Le visage du belge s’assombrit.
- Elle se nomme Mathilda, continua le malade en l’ignorant. Et je dois dire que son intelligence est digne de mon sang, la volonté qu’elle met à l’ouvrage est tout à fait remarquable. Je suis sûr que vous vous entendrez à merveille.
- Épargnez-moi vos mots mielleux, Père, et dites-moi ce que vous attendez de moi.
Bien que n’appréciant nullement d’être interrompu, le Docteur accepta la requête de son fils en acquiesçant.
- Comme tu le sais, il ne me reste que peu de temps à vivre, et une fois que je ne serai plus de ce Monde, il y a fort à parier que Viero, Warren, Tanner, Yu et Akuma se battront pour récupérer mes ressources. Les instructions que je vous ai laissées n’ont pas changé, mais la trahison prochaine de Dragunov m’oblige à prendre de nouvelles mesures concernant ta soeur.
- C’est à dire ?
- Mathilda… ignore que je suis son géniteur. Elle et sa mère sont persuadées que mon frère Waldo est son père.
Les yeux du belge manquèrent de jaillirent de leurs orbites.
- Qu’avez vous fait ? gronda-t-il en maitrisant sa rage.
- J’ai rappelé à mon cher petit frère que tout ce qu’il a, il me le doit, j’en ai également profité pour concevoir un enfant au patrimoine génétique plein de promesses.
- Vous êtes répugnant, siffla le belge. Est-ce cela ce que nous sommes ? Des extensions de vous-même pourvues d’un sang digne ?
- Vous me devez tous la vie, rappela le scientifique avec froideur. Sans cette vision des choses qui te répugne tant, ni toi ni tes frères et soeurs ne seriez venus au Monde. J’ai déjà bien assez fait pour toi en pardonnant ton homosexualité quand tu m’as assuré que tu aurais recours à une mère porteuse pour concevoir ma descendance.
Thomas bouillit de colère, mais son paternel n’en eut cure.
- Pour en revenir à l’affaire qui t’amène, ta soeur risque fort d’être la cible des rapaces de l’Organisation. Tout d’abord grâce à ses compétences et son intelligence qui feraient d’elle un atout de poids à l’avenir, mais également car elle servirait parfaitement à faire chanter sa mère, qui est la conceptrice de notre tout premier super calculateur.
- Qu’attendez-vous de moi ? cracha le belge.
- La même chose que d’habitude, récupère ta soeur avant qu’elle ne tombe entre de mauvaises mains. Intègre-la à notre famille, et assure toi de son avenir et de celui de ses enfants.
- Comment osez-vous dire que cette famille est la vôtre ?
- J’en suis le concepteur, le financier, et le professeur. Tout ce que vous avez, tout vous connaissez, et tout ce que vous obtiendrez, c’est à moi que vous le devez. Ne l’oublie jamais.
Thomas en avait assez entendu, il se leva, et prit la direction de la sortie.
- Quelle est ta réponse ? toussa le malade.
Le belge se retourna, et foudroya son paternel du regard.
- Je serai ce frère dont ma soeur aura besoin, mais ne vous attendez pas à ce que je parle de vous à mes enfants ou à mes nièces et neveux. Vous disparaîtrez de la mémoire familiale comme un mauvais rêve.
Le Docteur éclata d’un rire éraillé, et essuya une violente quinte de toux.
- Gamin, ricana-t-il. Tant que mon sang coulera dans vos veines, je ne disparaitrai jamais.
Thomas l’ignora, et sortit de la pièce.
Jamais il ne revit son père, et jamais il ne partagea le contenu de cette conversation avec ses frères et soeurs, car il refusait que la pensée démente de ce vieux fou n’empoisonne un peu plus les vies des siens. De même qu’il ne voulait pas que le peu d’amour qu’ils pouvaient lui porter ne se change en une haine viscérale et éternelle.



Pays Bas, quelques heures après la découverte du complexe de Tanner.


Exténué par la quinzaine d’heures de conduite qu’il avait en magasin, Thomas choisi de s’arrêter à une station service afin récupérer un peu.
Il sortit son thermos de la boite à gants et se servit une tasse de café, puis il descendit du véhicule, et se dirigea vers l’arrière afin de s’assurer de l’état de sa plus jeune soeur.
La scène qu’il découvrit en ouvrant la portière lui fendit le coeur.
Mathilda avait ouvert la housse mortuaire, et serrait le corps de sa mère dans ses bras. Thomas grimpa dans le véhicule, et ferma la porte derrière lui, il s’approcha de sa soeur, et l’enlaça tendrement.
- Ça sert à rien ce que tu fais, lâcha l’Augure d’une voix sinistre. Je ne peux rien ressentir, rien à part la douleur.
- On trouvera un moyen de te fournir un nouveau corps, consola Thomas.
Mais Mathilda ne se laissa pas faire.
- Je ne peux pas pleurer ma mère, ni même l’enterrer. Je ne pourrai pas dire à ma soeur qui je suis, je ne peux même pas montrer mon visage à mon oncle.
Mathilda caressa tendrement le visage de sa mère, bien que les larmes ne purent couler, la tristesse dans son regard fit saigner le coeur de son frère.
- Maman, souffla-t-elle. Je ne devrait pas me plaindre de mon sort, ta vie a été tellement plus difficile, mais tu as tenu bon. Pour moi, alors que je n’étais même pas l’enfant de l’homme que tu aimais. Je suis désolée, tellement désolée.
Lentement, elle reposa le cadavre dans la housse, et la referma. Avant de se jeter dans les bras de son frère.
Tandis qu’il la serrait aussi fort que possible, Thomas Von Kane maudissait son père, et toute la souffrance qu’il leur avait léguée.


Au même moment, quelque part dans au-dessus de la Méditerranée.


Jet Yu avait fait preuve d’un professionnalisme impressionnant. En effet, le jet privé venu les récupérer avait atterri sur la route la plus proche à peine quarante deux minutes après l’appel d’Abigail. Le pilote Danois et son équipage leur avaient souhaité la bienvenue à bord, et leur avaient offert tout le confort et les équipements nécessaires à la réussite de leur mission.
Enfin, par « équipement », Abigail entendait surtout de nouveaux vêtements, et de quoi nourrir sa portée de louveteaux. Les armes, ils les avaient déjà apportés.
Heath n’avait jamais pris l’avion de toute sa vie, et il ne mit pas longtemps à détester cela. Il ne pouvait strictement rien faire, si ce n’était regarder des films, observer l’horizon à travers un hublot, ou dormir.
Cette dernière option semblait convenir à Drake, le balafré avait piqué un somme à peine dix minutes après le décollage, et de ce que l’allemand constatait, il profitait pleinement de son repos.
Abigail de son côté, avait profité du luxe de l’appareil pour prendre une douche, et refermer les plaies ouvertes par les loups de Peter. Après quoi, elle avait nourri chacun de ses animaux de compagnie avec du lait de chèvre, avant de les mettre au lit dans une couverture bien chaude et douillette.
Cependant, elle aussi commençait à sentir les effets de l’ennui, elle se leva donc de son siège, et vint s’asseoir aux côtés de Heath.
Le psychopathe la considéra avec mépris.
- Tire-toi, siffla-t-il entre ses dents.
- Que tu es grossier, répondit la jeune femme en faisant la moue. Tu pourrais avoir la présence d’esprit de me faire la conversation.
- Tentant, mais non. Tire-toi.
- Quel genre de personnes sont ma cousine et mon oncle ?
Heath fronça les sourcils de perplexité.
- Qu’est-ce que tu racontes ?
- Waldo et Aelita, précisa la rousse. Le frère et la nièce de mon père. Qui sont-ils ?
- C’est le frère de Schaeffer que j’ai buté?
- S’il le savait, il te remercierait. De ce que je sais, leur relation ne méritait pas un prix Nobel.
Heath lâcha un ébrouement amusé.
- Si ça peut l’aider à me lâcher la bride…
- Vos rapports sont aussi mauvais ? gloussa la rousse.
L’allemand secoua la tête.
- Mauvais ? Non… enfin… je sais pas… Il est chiant parfois, mais par rapport à mon vrai paternel…On va dire que c’est correct.
- Et Aelita ?
- Aelita ? Elle est cintrée, et c’est une emmerdeuse tout ce qu’il y a de plus concret. Mais… mais je l’aime bien. C’est pas une limace amorphe et inutile comme l’était Alister… Et…
Les yeux de l’allemand jaillirent de leurs orbites, il fixa la hollandaise avec rage.
- Et pourquoi je te raconte tout ça ? vociféra-t-il. Va donc t’occuper de tes chiots et fous-moi la paix.
Abigail éclata d’un rire cristallin.
- Oh, voilà que le grand méchant Serpent se met à bouder. T’as pas envie qu’on se rende compte que t’as un faible pour ta p’tite famille ?
Elle avait frappé pile là où Heath tentait de masquer ses émotions, l’allemand tenta de mettre fin à la conversation en se renfrognant.
« Si tu ne déballes pas ton sac, ça va te faire du tort à l’avenir. Qu’y-a-t-il de mal à papoter avec cette jeune femme ? »
« Elle est beaucoup trop curieuse. C’est un véritable nid à potins. »
« Et à qui elle va les raconter ses potins ? Au Figaro ? Cesse de faire l’enfant. Te vider la tête te fera un bien fou, et les conversations vont dans les deux sens. »
Heath soupira d’exaspération, avant de fixer la rousse dans ses yeux bleus étincelants.
- Pourquoi ta spectre de frangine a bloqué sur le corps d’Anthéa ?
La hollandaise fut prise de court par la question, elle prit un temps avant de répondre :
- Mathilda… son histoire n’est pas très joyeuse.
- Balance.
Abigail le considéra d’un regard noir, mais finit par lâcher :
- Pour se venger de la défection de Waldo, notre père a engrossé Anthéa avec sa propre semence. C’est comme ça que Mathilda est née, et c’est pour ça qu’elle était bouleversée; elle venait de découvrir le cadavre de sa mère.
Heath frémit de dégoût, avant de froncer les sourcils de colère.
- J’aurais dû faire durer le trépas de ce connard…
- À mon tour de poser une question, coupa la rousse visiblement pressée de changer de sujet. Pourquoi tu as embarqué Seth avec toi quand tu t’es échappé de « Silver Wings » ?
Heath la considéra d’un oeil mauvais.
- Qu’est-ce que ça peut te foutre ?
- C’est juste histoire de faire passer le temps.
L’allemand refusa d’avaler cette justification trop mince à son goût.
- Dis-moi ce que ça peut te foutre et je répondrai.
Abigail grogna, mais finit par lâcher :
- Notre père avait conçu Seth afin qu’il soit le clou de son héritage génétique. C’est pour ça qu’il y a mêlé son propre ADN; il espérait obtenir toute une descendance de surhomme.
- Alors pourquoi il a voulu concevoir d’autres mutants ?
- Pour le cas où Seth ne survivrait pas, et pour s’assurer de la réussite totale de son projet contre-nature.
« Elle dit la vérité. »
Heath prit un temps pour se remémorer les raisons qui l’avaient poussé à prendre le mutant sous son aile. Il finit par hausser les épaules.
- À la base, je voulais me servir de sa puissance. J’avais vu le carnage qu’il avait causé sur les soldats de ton père avant mon arrivée. Ça aurait été dommage de se priver d’une telle force.
Abigail sourit de toutes ses dents, elle ne semblait avoir retenu que trois mots :
- « À la base »? souffla-t-elle avec amusement. Parce que ce n’est plus le cas aujourd’hui ?
- C’est à toi de répondre à une de mes questions, fit remarquer Heath d’un ton mauvais. Alors dis-moi, qu’est-ce que tu feras une fois que tu seras sûre que les cadavres dans le placard de ton paternel cesseront de te hanter ?
Sachant que ce n’était que partie remise, la rousse répondit avec simplicité :
- J’ai l’intention de m’installer dans un coin tranquille, sans emmerdeurs, et de vivre une vie simple grâce à mon compte en banque bien rempli. J’aurai sans doute trois ou quatre gosses, et je laisserai le futur m’offrir ses imprévus et ses surprises. Alors ? Pourquoi tu as gardé Seth ?
Un peu déçu par sa réponse, Heath rechigna un peu avant de finalement lâcher :
- J’aime bien ce gamin. Il est puissant, loyal, dangereux au possible, obéissant. Si mon premier frère avait été comme lui, je ne m’en serais jamais débarrassé.
Intriguée, Abigail eut bien du mal à contenir sa curiosité.
- À ton tour de poser une question.
- Je n’en ai plus, répliqua l’allemand en abaissant son siège avant de fermer les yeux. Trouve-toi un autre passe-temps.
Pour toute réponse, la rousse grogna avec frustration.
- J’ai une dernière question de mon coté, réponds-y et je te fous la paix.
Conscient qu’il n’y échapperait pas, Heath grimaça d’agacement.
- Vas-y.
- Tu vas faire quoi une fois le travail terminé ?
L’allemand soupira d’exaspération.
- Mais qu’est-ce que ça peut te foutre ?
- Réponds et je te réponds, répliqua la rousse d’un air malicieux.
Heath renâcla, avant de réfléchir à une réponse. Il finit par hausser les épaules.
- Je sais pas trop pour le moment, admit-il. Il faudra que je vois ce que Schaeffer et Aelita ont prévu…
- Parce que tu veux rester avec eux ?
Abigail parut sincèrement surprise, le psychopathe de son côté, soupira à nouveau.
- J’en sais rien, mais je sais pas ce que j’aurai d’autre à faire. Du coup je te repose la question; qu’est-ce que ça peut te foutre ?
- Tu pourrais venir avec nous. proposa la rousse.
L’allemand rouvrit les yeux, et fixa son interlocutrice d’un oeil sceptique, avant de lever les yeux au plafond.
- Si t’as l’intention de faire en sorte que ce soit moi qui te file tes trois ou quatre gosses, tu peux toujours courir.
- Pourquoi ? T’as peur d’être un mauvais père ?
- Mon père je lui ai éclaté le crâne avec le couvercle des chiottes. Ça répond à ta question ?
- Non; Ma mère était une pute, ça m’empêche pas de vouloir des enfants.
Heath éclata de rire face à cette justification.
- Quelle blague. Toi et moi n’avons rien en commun, arrête d’essayer de me draguer.
- On s’en fout de ce qu’on a en commun, répliqua la rousse en approchant dangereusement son visage du sien. Commun c’est commun, toi tu es particulier. C’est ça qui me plait.
Heath la considéra avec horreur, et la foudroya du regard.
- Vire ta sale tronche de là avant que je ne te l’arrache.
D’humeur joueuse, Abigail s’arrêta à moins d’un centimètre des lèvres de l’allemand.
- T’as aucune expérience avec les filles, dit-elle d’un ton moqueur. Comment tu peux savoir si ça va te déplaire ?
- J’ai aucune envie de le savoir, siffla le psychopathe.
Un sourire se dessina d’une oreille à l’autre de la rousse.
- Alors c’est ça ton truc, souffla-t-elle langoureusement. Tu as peur que ça vienne déglinguer ta réputation de gros dur sans sentiments.
- Tire-toi.
- Tu sais… murmura-t-elle en ignorant son avertissement. T’es pas immortel, un jour où l’autre tu vas y passer.
- Et alors ?
- Le seul moyen de ne pas tomber dans l’oubli c’est d’avoir des enfants à qui transmettre tes connaissances, qui à leur tour, les transmettront à leurs enfants.
Heath éclata de rire, colla son front contre celui de la rousse, et plongea son regard bleu acier dans le bleu étincelant de son interlocutrice.
- Qu’est-ce qui te fait dire que je veux de toi comme mère de mes mômes ?
Ce fut au tour d’Abigail d’éclater de rire.
- Quelle autre femme voudrait d’un assoiffé de sang comme toi ? Quelle autre femme s’approcherait de toi sans te craindre ?
Elle passa délicatement sa joue gauche contre la sienne, avant de lui murmurer à l’oreille :
- Quelle autre femme te désirerait de tout son être ?
Un frisson d’excitation parcourut la colonne vertébrale du psychopathe, il tâcha de maitriser sa respiration afin de ne pas laisser la moindre émotion transparaître.
« Quelle… garce… »
« Elle est douée, il te sera difficile de ne pas tomber entre ses griffes. »
« Ferme-là, je n’appartiens à personne. »
« Mais tu commences à vouloir l’inverse. »
Un raclement de gorge vint interrompre les pensées du psychopathe, lui et la succube se tournèrent vers la source de cette interruption.
- Pourriez-vous attendre d’avoir un moment d’intimité avant de succomber à vos pulsions ? demanda poliment Drake tout en prenant soin de masquer son dégoût.
Abigail sourit, avant de se retourner vers Heath, et de lui lécher le visage sans crier gare.
L’allemand se paralysa sur place, tandis que la rousse le gratifiait d’un sourire moqueur.
-Ce n’est que partie remise, souffla-t-elle avant de retourner s’asseoir à sa place.
Heath passa le reste du vol à se demander s’il devait être écoeuré ou flatté.


Kenya Désert de Chalbi, à l’Est du Lac Turkana, 25 septembre


Le jet privé qui les transportait se posa à l’aéroport de la petite ville de Loyangalani. Le pilote danois de Jet Yu les informa poliment qu’il repartirait dans douze heures grand maximum, avec ou sans eux. Heath lui répondit en souriant, qu’il savait qui il était et où il habitait, et qu’il massacrerait toute sa famille devant ses yeux s’il osait repartir sans eux. Après avoir remercié Intelligence pour ses informations cruciales au sérieux de sa menace, il descendit de l’appareil avec Abigail et Drake sur les talons.
La rousse grimpa la première dans la jeep qui les attendait, et attendit que tout leur équipement et ses passagers furent installés, avant de démarrer le véhicule, et de sortir de l’aéroport.
Le complexe scientifique d’Adama Viero était en plein coeur du désert de Chalbi, et sans les coordonnés qui indiquaient sa position précise, il aurait été presqu’impossible à trouver.
Ils roulèrent durant près de six heures, ne s’arrêtant que pour refaire le plein à l’aide des bidons de carburant fournis avec le véhicule. Ce n’est que vers deux heures du matin heure locale, qu’ils approchèrent de la destination de leur très long voyage.
Drake, qui avait pris le relais d’Abigail afin de laisser sa soeur bénéficier de quelques heures de sommeil, coupa le contact, et réveilla ses passagers.
Aussitôt, Heath sauta sur le sable glacial du désert, et scanna les environs à l’aide d’Intelligence.
Cependant, il eu droit à une très mauvaise surprise.
- Y’a un truc qui brouille ma vision, grogna-t-il.
- Évidement, répondit Abigail en sortant une paire de jumelles high-tech. Viero n’est pas un idiot, il doit y avoir au moins cinq brouilleurs dans le coin.
Sur ces mots, la rousse inspecta les environs à son tour.
- Y’a sept brouilleurs, rectifia-t-elle. Et des détecteurs de mouvements un peu partout. Ça va être chaud de repérer le complexe dans tout ce bordel.
-On devrait peut-être attendre qu’un convoi vienne, suggéra Drake. Ainsi, on aurait un chemin tout tracé jusqu’au complexe.
- Mauvaise idée, rétorqua Heath. Un endroit aussi bien planqué ne doit pas recevoir de ravitaillement et de visite tous les jours, ni même toutes les semaines. Et si on va éclater les brouilleurs, on sera vite grillés.
- Foncer dans le tas n’est pas la bonne stratégie, raisonna la rousse. Thanos et Crystal sont surement là-dedans. Qui sait ce dont ils sont capables ?
- On pourrait essayer de choper une patrouille, et de les faire parler.
Abigail secoua la tête.
- Viero est paranoïaque, il a sélectionné chacun de ses hommes, et possède des moyens de pression sur eux qu’on ne pourra pas égaler en si peu de temps.
- Il faudrait qu’on ait un allié à l’intérieur même du complexe, sourit Heath tandis qu’une idée germait dans son esprit. Pour ça, il nous faut trouver une patrouille.
- T’es sûr de ton coup ?
- À 200%. Tu vois du monde avec tes jumelles ?
- Celles-ci sont plus adaptées, dit-elle en tirant des infra-rouges de sa besace.
Elle scanna les environs une nouvelle fois, et découvrit l'objet de la convoitise du psychopathe.
- Y’en a une à quatre kilomètre au Nord-Ouest. Elle vient dans notre direction.
- Parfait. Allez planquer la jeep, et laissez-moi faire.


***



Il s’écoula moins de trois minutes avant que la patrouille en question ne rapplique à l’endroit où leur centre de contrôle leur avait signalé une présence non-autorisée.
Il n’était pas rare que des touristes ou des idiots ne se perdent dans le désert, dans ce cas, les consignes étaient simples : vérifier qu’il ne s’agissait pas d’espions, les abattre s’ils résistaient ou s’ils étaient suspects, ou les raccompagner à la ville la plus proche si jamais ils étaient innocents.
Une patrouille était composée de six hommes, dirigée par un sergent que Heath repéra facilement étant donné les ordres qu’il aboyait aux soldats descendus examiner les traces laissées par la jeep de Drake.
Caché derrière une épaisse dune de sable, l’allemand libéra Intelligence de son esprit, et l’envoya posséder l’officier.
L’I.A. sous forme de spectre passa derrière les phares de la jeep de patrouille, et infiltra le cerveau de sa cible.
Une fois le sergent sous son contrôle, elle se mit à examiner sa mémoire à une vitesse monstrueuse. Dès qu’elle découvrit que la ronde de cette patrouille se terminait dans trente-six minutes, elle jeta discrètement le talkie du soldat au sol, avant d’ordonner aux hommes descendus de remonter dans le véhicule, et de rentrer à la base. Ceux-ci, bien que surpris, ne discutèrent pas les ordres de leur supérieur. Après tout, réfléchir c’est désobéir.
Bien qu’elle fut en possession de la position exacte du complexe, elle attendit la fin de la patrouille pour qu’elle et ses hommes ne retournent à leur base.
L’entrée de celle-ci se trouvait sous une énorme fausse dune de sable, qui s’ouvrit dès que la jeep fut arrivée face à elle.
Après être allée garer leur véhicule dans l’immense hangar, décliner leur identité, et procurer le mot de passe adéquat aux hommes chargés de surveiller l’accès au complexe, Intelligence profita du savoir de son hôte pour infiltrer le premier responsable de la surveillance radar qu’elle croisa à travers les couloirs de la base.
Ignorant le regard perdu du Sergent qui ne comprenait pas comment il était revenu à la base, elle prit la direction du centre de contrôle.
Pour cela, elle dut descendre au sixième sous-sol, traverser deux longs couloirs, et entrer le code à neuf chiffres qu’elle avait pioché dans la mémoire de son hôte.
Abigail avait qualifié Viero de paranoïaque, au vu de ce qu’elle voyait, Intelligence considérait que le mot était faible.
La salle était remplie d’au moins six cent cinquante écrans de contrôles, dont cinq centaines montraient des images provenant de l’enceinte du complexe.
Elle profita de sa présence dans la pièce pour se renseigner un maximum sur tout ce qui avait un intérêt stratégique à ses yeux.
À sa grande surprise, elle ne découvrit rien concernant Thanos, Crystal ou le Professeur Akuma. En revanche, il ne lui fut pas difficile de localiser le petit Jérémie Belpois. En effet, l’enfant dormait paisiblement dans la chambre qui lui avait été confiée au onzième sous-sol.
Le Super calculateur africain était solidement gardé au huitième sous-sol.
Cependant, Intelligence découvrit avec soulagement qu’aucun scientifique du complexe n’était parvenu à user correctement des tours de leur monde virtuel. Ce qui signifiait qu’ils ne pouvaient techniquement lutter avec les mêmes armes que Heath.
En revanche, le fait que chacun des gardes soit équipé d’au moins une arme à balles EMP ne plut que moyennement à l’IA. Car elle savait qu’elle ne survivrait pas si elle était touchée par un seul de ces projectiles.
Adama Viero, quant à lui, était présent en quatre exemplaires visibles dans l’enceinte du complexe, ce qui justifiait un peu plus la recherche d’un mot plus élaboré que « paranoïaque » pour décrire sa personne.
Intelligence sécurisa un passage sûr jusqu’à l’entrée de l’une des bouches d’aérations du complexe, pour se faire, elle détourna toutes les caméras nécessaires. Une fois le travail achevé, elle quitta son hôte en s’infiltrant dans son talkie, avant de ressortir par l’appareil qu’elle avait jeté lorsqu’elle avait possédé le Sergent. Elle revint ensuite dans le cerveau de Heath, et lui transmit toutes les informations qu’elle avait récoltées.
L’allemand s’autorisa un sourire, avant de conduire Drake et Abigail vers le passage gracieusement ouvert par Intelligence.
-Bon, murmura-t-il dès qu’ils furent devant l’entrée. On se sépare les tâches; Drake tu neutralises les gardes, Abigail tu cherches et tu dégommes Viero. Fais gaffe, il a des doublures. Moi je vais détruire le super calculateur.
- Et Thanos et Crystal ? demanda la rousse.
- Pas là, grogna l’allemand, ce qui en retour, agaça la hollandaise.
- On les cherchera plus tard, reprit Heath. Vous êtes prêts ?
Abigail activa son bracelet, et laissa son spectre prendre possession d’elle. Drake fit de même avec sa montre, puis il abaissa ses lunettes de protection, et leva son lance-flammes.
- Au boulot.
L’aération était bien évidement, truffée de pièges et d’alarmes. Mais Intelligence les avait tous désactivés au préalable.
Drake s’arrêta le premier au quatrième sous-sol, et choisit d’entrer par le vestiaire des soldats. Il dégagea la grille qui lui barrait le chemin d’un coup de pied, ignora les mouvements de panique des gardes, et actionna son arme.
Un authentique torrent de flammes emporta la pièce et tous ceux qu’elle contenait, des hurlements désarticulés résonnèrent telle une douce musique aux oreilles du pyromane qui avança sans se préoccuper davantage de ses victimes. Tandis qu’une alarme stridente se répercutait dans tout le complexe.
Abigail s’arrêta au septième sous-sol, celui-ci disposant non seulement d’un bunker, mais également d’une sortie de secours. Il y avait fort à parier que Viero serait dans les environs, aussi elle entama ses recherches, tout en tuant de quelques balles les gardes et scientifiques qu’elle croisait.
Heath, quant à lui, s’arrêta au huitième sous-sol, et dégagea les quelques dizaines de gardes qui n’eurent pas la présence d’esprit d’user de leurs armes EMP avant que l’allemand ne se serve de son mode « Spectre ».


Quelque part au sein du complexe


Adama Viero était franchement agacé par la facilité avec laquelle ses assaillants avaient pénétré son système de sécurité. Mais il n’était pas devenu l’homme le plus puissant du continent Africain sans la moindre capacité à repousser les imprévus.
Tandis qu’il marchait en direction de son issue de secours, il sortit son téléphone portable, et envoya les instructions nécessaires à sa contre-attaque par SMS.
Une fois ceci fait, il emprunta son ascenseur personnel, qui était bien évidement, absent de tous les plans, et remonta à la surface où son hélicoptère l’attendait.


8ème sous-sol.



Heath fut déconcerté par la facilité avec laquelle il démolissait le moindre obstacle qui se mettait entre lui et son objectif. Il fallait être honnête, le mode « Spectre » rendait les choses trop faciles. Les gardes humains étaient trop lents pour constituer une menace digne de ce nom, et les scientifiques se contentaient de hurler tandis qu’il pulvérisait leur crâne.
Incapable de masquer sa déception, il poussa un profond soupir lorsqu’il arriva face à la lourde porte blindée qui marquait le dernier obstacle entre lui et le super-calculateur.
Blasé par tant de facilité, il s’apprêtait à traverser le blindage à l’aide de sa condition. Avant qu’un authentique missile n’éclate devant ses yeux, l’envoyant valdinguer jusqu’au bout du couloir.
- Intrus détecté ! mugirent pas moins de cinq voix cybernétiques. Mission : Détruire !
Heath se releva juste à temps pour esquiver les rafales de balles EMP tirées par la demi-dizaine de robots qui filaient dans sa direction. Bien qu’un peu déçu de ne pas avoir affaire à des êtres de chair et de sang, le psychopathe ne bouda pas son plaisir face à la difficulté nouvelle de sa mission.


4ème sous-sol.


Alors que Drake avançait tout en incinérant tous ceux qui avaient le malheur de se trouver sur son passage, il fut tirer de sa transe destructrice par une multitude de feulements animaux.
Il tourna la tête, et aperçu toute une colonie de lézards mutants de plus de deux mètres de longs filer à toute vitesse (et sur tous les murs) dans sa direction. Écoeuré par ces apparitions soudaines, le pyromane pointa son arme sur les créatures, et déclencha un nouveau torrent de flammes.
- Seul Dieu accorde la vie éternelle, Viero, vociféra-t-il tout en sachant parfaitement la raison pour laquelle le nigérian expérimentait sur des reptiles et des amphibiens. La seule chose que vos répugnantes expériences prolongeront sera votre séjour en Enfer.


3ème sous-sol.


Abigail savait comment repérer Viero au milieu de ses doublures, mais elle avait besoin pour cela, de les regarder jusqu’au plus profond de leurs yeux; car le nigérian avait une tache brune au fond de sa pupille gauche.
Après avoir brisé la nuque de la deuxième doublure qu’elle avait croisée, la hollandaise commençait sérieusement à se douter que son ennemi était en train de la lui mettre à l’envers.
Elle se précipita donc vers l’escalier de service, et monta les marches quatre à quatre afin de regagner la surface.
Elle savait de source sûre qu’il n’y avait pas de tunnel souterrain par lequel le nigérian pouvait s’enfuir, le ciel était donc sa meilleure piste.


8ème sous-sol.


Les machines étaient coriaces, et leurs roues motrices blindées rendaient leur formation absolument parfaite.
Ces robots de deux mètres quarante de haut avançaient en ligne suffisamment large pour occuper tout le couloir, et déchiquetaient à coup de balles EMP, tout ce qui avait le malheur de pénétrer dans leur champ de vision.
Heath changea de stratégie, puisque la voie frontale était bouchée, il fallait contourner.
Il arracha les portes des trois salles devant lesquelles il passa pendant sa fuite, et attendit que les robots empruntent le virage pour s’engager dans son couloir avant de leur jeter ses projectiles.
Tandis que les machines démolissaient les épaisses planches de bois blindées, l’allemand se précipita dans les conduits d’aération, se faufila à travers eux tel un serpent, et ressortit derrière les robots en démolissant la grille qui lui barrait le passage.
Avant que les machines n’eurent le temps de réagir, il en transperça une de son poing gauche, et recula précipitamment avec sa prise tel un caïman qui entrainerait sa proie au fond de l’eau.
Tandis que les autres robots se retournaient pour le canarder, l’allemand envoya Intelligence s’emparer du programme de la machine qu’il avait capturée. Une fois sa prise reprogrammée, il profita du carrefour vers lequel il arrivait pour extirper son bras et s’échapper au croisement, tandis que son nouvel allié ouvrait le feu sur ses anciens amis de métal. Ceux-ci mirent un temps avant de comprendre que l’un des leurs était passé à l’ennemi, aussi, ils perdirent une autre unité durant leur réflexion. Ils changèrent d’arme, et armèrent leurs bazookas en direction du robot renégat. Trois projectiles filèrent en direction de celui-ci qui explosa dans un nuage de fumée noire, par laquelle Heath jaillit tel un cobra, et empala les deux robots les plus proches avant qu’ils n’eurent le temps de se réarmer de leurs mitrailleuses EMP. Il envoya ses prises se fracasser sur leur troisième compère, provoquant un carambolage qui les fit valdinguer dans un vacarme assourdissant jusqu’à ce qu’ils s’encastrent dans le mur derrière eux.
Sans leur accorder la moindre chance de se relever, Heath se précipita sur eux, et fracassa leurs carcasses de métal à coups de poings. Il frappa, encore et encore, jusqu’à ce qu’ils soient trop amochés pour se relever. Satisfait, il se redressa et s’essuya les mains.
-Bien, maintenant le super calculateur.


11ème sous-sol


Nicola Gregorsarov, malgré ses 83 ans, s’était précipité aussi vite que ses vieilles jambes avaient pu lui permettre d’aller jusqu’à la chambre du petit Jérémie Belpois. Là, il entra le code d’accès, et pénétra dans la pièce.
Au départ il ne vit rien d’autre que ce que la lumière rouge clignotante de l’alarme lui permit de voir : un lit, des petits robots, des revues d’informatique, et même certains de ses propres livres.
Malgré ses rhumatismes, il s’agenouilla, et regarda sous le lit.
Jérémie était là, terré tel un lapin, tremblant de la tête aux pieds.
- Mon garçon, dit l’ex-soviétique en tachant de maitriser son souffle rauque. Viens avec moi, il faut nous mettre à l’abri le temps que les pompiers maitrisent l’incendie.
Jérémie hésita, avant de finalement se glisser hors de sa cachette. Gregorsarov l’empoigna, et le tira hors de sa chambre, conscient que leur seul espoir reposait entièrement sur l’ascenseur de secours.


4ème sous-sol


Drake écrasa de sa botte le crâne carbonisé de la dernière créature qu’il eut à incinérer. Il avait rempli sa part de mission, tous les soldats présents à cet étage, et tous ceux qui avaient accouru les aider avaient été réduits en cendres.
Il ne lui restait plus qu’à s’assurer que Viero ne s’échappe pas.
Le balafré se dirigea donc vers les cages des ascenseurs, les ouvrit manuellement à l’aide de sa force de « possédé », et déchira les câbles à mains nues.
Ce qu’il ignorait… c’était qu’Adama Viero était déjà dehors, et qu’il était en ce moment en train de monter dans son hélicoptère.


11ème sous-sol


En revanche, Gregorsarov et Jérémie étaient toujours bloqués au onzième sous-sol, et le russe eut tout juste le temps de se jeter sur son apprenti avant que les ascenseurs ne viennent s’écraser à leur niveau.
Après s’être assuré que le petit n’avait rien, il constata avec amertume que les monte-charges étaient hors service, et que leurs autres issues étaient bloquées par les flammes.
L’ex-soviétique poussa un profond soupir, et força le blondinet à le regarder dans les yeux.
- Écoute-moi Jérémie, tout va bien se passer. Je vais te montrer un secret que je n’ai jamais montré à qui que ce soit, alors tu dois me promettre de garder ça pour toi, d’accord ?
Le garçon hocha la tête en retenant ses larmes, et le scientifique sortit des poches de sa blouse deux épais cahiers.
- Ce sont mes journaux de recherches, précisa-t-il en souriant. Il y a là de quoi intéresser les plus éminents chercheurs de la planète, mais c’est à toi que je les confie, alors prends-en bien soin, d’accord ?
À nouveau, le garçon hocha la tête, et serra ses nouvelles possessions contre lui telles un précieux doudou. Le scientifique le serra à son tour dans ses bras, et attendit que la mort les emporte tous les deux.
- Bonjour Jérémie, dit une voix sournoise. Ton oncle m’a dit que je te trouverais ici.
Gregorsarov et son apprenti relevèrent la tête, et aperçurent Heath qui sortaient des flammes, deux énormes valises gainées de plomb en mains. En effet, soucieux que les environs ne se retrouvent dévastés par des explosions nucléaires, il avait pris soin de récupérer la source d’énergie que contenait le super calculateur et toutes ses rechanges avant de détruire la machine.
- Qui êtes-vous ? demanda le garçon.
L’allemand posa un genou à terre, et lui sourit.
- Un ami de ton oncle Norman, il m’a chargé de te dire que tes robots ont un petit défaut; tu aurais dû opter pour de plus petites roues.
Rassuré par cette information, Jérémie se dirigea d’un pas hésitant vers le nouveau venu. Ce dernier le prit dans ses bras toujours gantés et cachés par son manteau.
- Bien, il est temps de sortir d’ici.
- Et le professeur Gregorsarov ? demanda le petit en jetant un regard inquiet vers son mentor.
- Ne t’inquiète pas pour lui, il y a un abri dans lequel il va pouvoir se réfugier. N’est-ce pas ?
Message reçu cinq sur cinq, le russe ne bénéficierai pas de la chance de son apprenti. Celui-ci sourit tristement, avant de s’approcher de l’enfant.
- Jérémie, tu es le garçon le plus brillant qu’il m’ait été donné de rencontrer, alors promets-moi que tu deviendras un grand scientifique.
- C’est promis, hoqueta le petit avant que Heath ne l’assomme d’une pichenette.
Gregorsarov se pencha pour ramasser les cahiers que son apprenti avait faits tomber, et les coinça dans le pantalon de celui-ci.
- Je suppose que vous êtes Serpent, dit-il à l’adresse de Heath.
Ce dernier haussa un sourcil.
-Je ne me doutais pas que j’étais si célèbre.
-Après tous les dégâts que vous avez causé ? Cela m’étonnerait.
Les flammes se rapprochèrent dangereusement des deux hommes, le plus âgé reprit la parole.
- Auriez-vous l’obligeance de m’accorder une mort sans douleur ?
À peine eut-il finit sa phrase, que Heath lui brisa la nuque d’un violent coup de mallette, le russe s’écroula au sol.
- Quand c’est gentiment demandé, je ne dis jamais non, ricana le psychopathe avant de se précipiter à travers les grilles d’aération.


À l’air libre.


Abigail s’extirpa du complexe, et scruta le ciel avec agacement, juste à temps pour apercevoir l’hélicoptère de Viero s’échapper.
La hollandaise ne se fit pas prier, elle fila à pleine vitesse à travers les dunes de sable froid, et sauta droit sur le patin gauche de l’appareil.
Là, elle grimpa jusqu’à la porte qu’elle entrouvrit, et se rua à l’intérieur de l’appareil.
Viero réagit avant ses hommes, et tira une balle EMP dans sa direction.
La hollandaise fit un bond en arrière pour l’éviter, et le projectile de plomb termina sa course dans la nuque du pilote.
Alors que l’appareil filait droit vers le sol, la jeune fille désarma le nigérian d’un coup de pied circulaire, avant d’abattre ses hommes de deux balles dans la tête chacun. Puis elle se saisit de son ennemi par le bras, le brisa, et se jeta avec lui hors de l’hélico, qui alla s’écraser dans le sable.
La hollandaise se réceptionna sur ses pieds, et gratifia Viero d’un coup de poing dans la tempe pour l’empêcher de se débattre.
Une fois sa prise sécurisée, elle retourna en direction du complexe, où Drake l’attendait.
- T’es sûre que c’est lui ? demanda l’écossais à sa soeur.
Cette dernière écarta les paupières gauche de sa prise, et confirma d’un hochement de tête.
- Et Serpent, il est où ?
Comme pour répondre à sa question, le psychopathe surgit des conduits d’aérations tel un reptile sorti de son trou, et se réceptionna à pieds joints sur le sable.
- Bon, j’ai fais mon taff, et vous ?
Abigail désigna fièrement sa prise.
- Il nous reste plus qu’à lui faire cracher où sont Thanos et Crystal.
Sur ses mots, la hollandaise administra une gifle monumentale sur la pauvre figure du nigérian. Ce dernier se réveilla en sursaut, et cracha deux dents.
- Toujours en vie ? ironisa la jeune femme.
- Sale garce… bredouilla l’africain.
Cette insulte lui valut une nouvelle gifle.
-Où sont Thanos et Crystal ?
- Et Akuma ? ajouta Drake.
Le nigerian les fixa les uns après les autres avec perplexité.
- Qu’est-ce que vous racontez ? grogna-t-il alors qu’Abigail armait une nouvelle claque.
Mais Heath l’arrêta en plein effort.
- Ne commence pas par la tête, espèce de débutant, grogna-t-il. Sinon la victime sent moins bien le reste.
Sur ces mots, il saisit Viero par le col de son costard, et le hissa à sa hauteur.
- Vous savez qui je suis ?
- Serpent…
Décidément, la célébrité c’était aussi pratique que gratifiant.
- Bien, alors vous savez ce que je vous ferai si jamais vous me mentez. Nous avons découvert le complexe de Tanner en ruines pas plus tard qu’hier, on sait par Belpois que vous comptiez le rayer de la carte. Notre question est donc la suivante; où sont Thanos, Crystal et le Professeur Akuma.
- Mais qu’est-ce que j’en sais ? grogna l’africain. C’est vous qui l’avez attaqué !
Ces mots plongèrent les trois adolescents dans un abîme de perplexité, surtout après qu’Intelligence soit venue confirmer la véracité de ces propos.
- On a mal calculé, grogna Heath. On pensait que ce connard était le responsable pour le complexe de Tanner, parce qu’on se basait sur la théorie de Belpois. Mais il est possible qu’il se soit trompé.
- Dans ce cas, qui aurait pu… ?
L’allemand eut beau se creuser la tête, il ne comprenait pas vraiment ce qu’il s’était passé au Danemark.
Agacé, il se tourna vers ses comparses.
- Bon… vu qu’on en a fini avec lui, qui veut se le faire ?
Drake se tourna vers sa soeur.
- Abigail a toujours eu un penchant sinistre pour les africains.
Voilà bien une information dont Heath se serait passé, la rousse répondit par une moue boudeuse.
- Allons petit frère, c’est fini tout ça. Maintenant je me préserve pour mon promis.
Le regard pervers qu’elle lança au psychopathe le fit frissonner de la tête aux pieds, désireux de passer ses nerfs sur quelque chose, il arracha la tête de Viero d’un revers de main, et s’en alla vers la jeep déposer ses prises.
- Allez, dit il en posant ses piles nucléaires et Jérémie à l’arrière de la jeep. Tirons-nous d’ici.
Cependant, l’allemand n’était pas tranquille, quelque chose lui échappait, un très mauvais pressentiment était en train de s’emparer de ses tripes.
« Qu’est-ce qu’on a loupé ? »
Même Intelligence ne sut quoi lui répondre.


Même moment, Boulogne-Billancourt.


Mathilda avançait d’un pas pressé vers l’adresse des Lancaster, Thomas sur les talons. Les raisons de son empressement étaient simples : elle voulait arriver à temps pour sauver Seth, et il lui tardait de rencontrer sa soeur, même si s’était pour un moment, et même si elle ne pourrait jamais lui dire qui elle était vraiment.
C’est alors que les deux enfants du Docteur aperçurent une colonne de fumée sombre s’élever dans la nuit, de plus, un immense brasier éclairait le ciel de sa lueur écarlate.
Pris d’un mauvais pressentiment, ils accélérèrent le pas. Et ce qu’ils découvrirent les paralysa sur place.
La maison des Lancaster était la proie des flammes, elle brûlait comme une pyramide d’allumettes couverte d’essence. Les pompiers avaient un mal de chien à maîtriser le feu, en effet, leurs lances à eau paraissaient inefficaces face à l’Enfer que représentait ce brasier. Mathilda aperçue plusieurs d’entre eux en train de soigner leurs brûlures à côté de leurs camions. La demi-soeur d’Aelita se précipita vers l’un des passants.
- Est-ce qu’ils ont pu sortir tout le monde ? demanda-t-elle en proie à l’hystérie la plus totale.
Ce dernier, un homme à la peau mate et aux cheveux bouclés secoua la tête.
- Apparement y’a qu’une seule personne là-dedans, mais elle est inaccessible pour les pompiers.
Mathilda n’eut pas besoin davantage de précisions, elle se tourna vers son frère :
- Retrouve-moi à la maison ! cria-t-elle avant de se ruer vers l’incendie sous les cris horrifiés et les appels à la raison de la foule et des pompiers.
Thomas regarda impuissant sa soeur se jeter à travers la fenêtre du salon, et tourna les talons et poussant un juron.
- Mais qu’est-ce qui s’est passé ici ?
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 04 Avr 2018 10:05   Sujet: [Fanfic] Pandémonium [Terminée]
Alors maintenant on emploie des stratégies pour me faire poster plus vite? Rolling Eyes

Et si à la place on faisait un petit deal? Plus ton com (ou un autre) arrive vite, plus la suite arrivera vite. C'est une promesse. Mr. Green

Citation:
Bon alors sans aucune originalité j'vais faire dans l'ordre de mes tirets, donc premièrement, Heath et Abigaïl : je tenais à rappeler que le "A quoi tu penses" a été répertorié dans le top 10 des clichés de la romance 2018 (édité par un jury amateur). Simple indication. Mais comme on en est à lire des "Mais je l'aime." dans tes textes, je crois que du chemin a été parcouru!


Un peu de romance chelou avec un poil de cliché, parfois ça fait du bien. Mr. Green


Citation:
En fait, par rapport au chapitre 13, je sens que la fic va se finir avec un epic fail du style d'Abigaïl qui se rendra compte un peu tard qu'elle a fait buter son mec, aka Serpent. "Oups" Mr. Green


Houla non, non, non. Ce serait une catastrophe de finir comme ça Laughing


Citation:
Pour parler d'Heath tout seul, on sent qu'il a pas mal mûri entre les deux tomes. Après, c'est vraisemblablement corrélé aux années qui se sont écoulées depuis la publication de DSSLN...


Oui, il est vrai que j'ai commencé DSSLN il y a genre... Bah un peu plus de 4 ans. Embarassed Tâchons de faire en sorte que Pandémonium ne dépasse, voire n'atteigne pas les 3 ans. Mr. Green

Pour parler de Heath, disons que son nouvel environnement est pour beaucoup dans l'évolution de sa maturité. Ça et le fait qu'Intelligence soit toujours dans sa tête. Mais sa nouvelle vie y est pour beaucoup.

Citation:
J'ai bien aimé le parallèle entre Thomas et Renarde, Dragonne a même failli servir à quelque chose c'est incroyable!


Bah oui, à force d'avoir créé trop de persos ça risquait d'arriver. Disons que je corriges mes erreurs de jeunesse Wink

Citation:
Allez, tomber dans des produits chimiques n'a jamais tué personne, après tout! Smile


Évidemment, c'est scientifiquement prouvé Mr. Green

Citation:
Dernier point : une fois encore, je m'interroge sur les motivations d'un perso, et ici c'est Xana. Pour le coup, il n'avait pas de raison particulière de sauver Heath, sauf si on considère qu'il est également influencé par Seth. Ou alors Xana a un intérêt là dedans, genre il est conscient du fait que Heath va vouloir garder Seth en vie et donc, indirectement, servir à Xana.


Ce qui est bien quand tu t'interroges, c'est que tu donnes toi-même des réponses parfaitement valables. En vérité Xana n'est pas vraiment libre de ses mouvements, Seth l'a après tout menacé de le buter dans DSSLN lorsqu'il est arrivé dans son corps.
Il obéit donc à Seth par peur de disparaitre, et comme tu l'expliques toi-même, Seth a une influence sur Xana.
Quant à sa relation avec Heath, sachant que celui-ci s'occupe de Seth depuis de nombreux mois déjà, il sait que l'allemand prend soin du mutant. Au final, la survie de Heath ne fait qu'augmenter ses propres chances de survie, comme tu l'as bien compris.

Citation:
PS : On recherche actuellement Sergei Dragunov, porté disparu depuis une durée indéterminée parce qu'on a la flemme de chercher son dernier chapitre d'apparition.


"Porté disparu", tiens c'est pas mal ça pour la prochaine liste de persos. Mr. Green
En attendant, pas un mot à ce sujet Mr. Green

Le chapitre 14 paraîtra avant la fin de la semaine. (Edit: Ou pas)

PS: Abigail s'écrit à l'anglaise, pas de "AbigaÏl" please. Wink
 

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