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 Auteur Message
Ikorih MessagePosté le: Jeu 03 Mai 2018 12:17   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1501
Localisation: Sûrement quelque part.
Citation:
Et si à la place on faisait un petit deal? Plus ton com (ou un autre) arrive vite, plus la suite arrivera vite. C'est une promesse. Mr. Green


Voilà ce qui arrive aux auteurs qui carburent aux coms :3

Bon en vrai j'ai pas la masse à dire sur ce chapitre, vu que c'est 75% d'action virtuelle, 15% de "Oh merde!" et 10% de "Aelita on s'en va, mais avant on va te télécharger le scénario de la première fic dans la tête".
Ah d'ailleurs on me signale que quelqu'un a un commentaire à faire au sujet de ce recyclage de l'intrigue du 1 pour meubler :
Spoiler


Le fait que Seth choke en balançant le nom de son bro' était bien pensé, mais du coup si Franz Hopper bouge, ça va potentiellement rendre un peu plus compliqués les rencards entre Agibail et Serpent, sans parler d'un éventuel "oupsie pardon monsieur Hopper je voulais pas foutre la merde" (vu qu'elle a l'air de souhaiter des relations cordiales avec son tonton, elle pourrait être tentée de venir s'expliquer avec lui). Ah on a aussi XANA qui bouffe les Prothéens, reste à voir si Légion reste vivant du coup vu qu'il est sur Terre, a priori y a pas de raison mais du coup il reviendra et constatera le pseudo-génocide de son peuple. C'est peut-être l'occasion d'avoir un développement du personnage!

Edit 20/10/18 (oui c'est longtemps après) : Je viens de trouver le nom d'Agibail Hobbs dans la liste des victimes de chasse aux sorcières de Wikipédia. Coïncidence? M'étonnerait!
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png


Dernière édition par Ikorih le Sam 20 Oct 2018 17:12; édité 1 fois
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Fog MessagePosté le: Jeu 09 Aoû 2018 18:05   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kankrelat]


Inscrit le: 10 Juil 2017
Messages: 30
Localisation: Il est parti trop loin...
Apres du sang sur la neige que j'ai également découvert à l'occasion voici donc une fanfic qui à le mérite de bien porté son nom et tout simplement parce que aucun des personnage inclus ici n'est innocent et à commis au moins l'un des sept Péché capitaux et cela je tenais à le faire remarqué.
Quoi ? Aelita est innocente ? AH AH relis donc le texte !
( Bon pour sont Péché je suis pas sur mais responsable de plusieurs meurtre indirectement quand même )

Bon je vais juste donné un avis sur l'ensemble de la fic hein parce que si je prend tout point par point il faudra deux pages. Allons donc bien fort bien pas mal du tout.

J'ai accroché à ton style et pas uniquement parce que y' a plein de sang.
Les auteur qui parviennent à mettre en forme un récit assez complexe avec un minimum de cohérence je doit donc dire que c'est un bon point. Et comme tout ce qui est cohérent je n'ai pas été surpris une seul fois.

Mais j'ai vraiment bien aimé la lire car elle est, je dois dire, bien écrite et tu es parvenu à garder mon attention sur l'histoire et même si mon personnage préféré de CL ( se cher X.A.N.A. ) n'est pas souvent là. Bien vu d'avoir utilisé les différents orthographe de ce dernier d’ailleurs.

Quoi qu'il en soit j’espère lire la suite bientôt.

A bientôt. Very Happy

_________________
Alors c'est l'histoire d'une blague dans un commissariat :
- Vous avez tuer cinq personne ! Qu'avez vous à dire pour votre défense ?
- Et bien... ils étaient morts de rire.
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Tyker MessagePosté le: Dim 21 Oct 2018 10:18   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


Inscrit le: 02 Nov 2013
Messages: 239
Localisation: Arkham Asylum
Spoiler


Spoiler




Chapitre 15: Une Putain de Mauvaise Journée.



11 octobre 2001, 92 avenue Mozart, 23h 20 


-Donne-moi leur adresse.
-Non.
-Abigail…
-Tu ne m’as jamais prise pour une idiote, gronda la jeune fille, ne commence pas aujourd’hui.
-Ils doivent être en train de faire leurs valises à l’heure qu’il est. Alister faisait partie de l’Organisation. Or ils ignorent qu’on l’a détruite, et qu’il n’est plus avec eux. En révélant leurs noms, Seth les a littéralement vendu. Il faut qu’on les intercepte, maintenant.
Abigail grogna, elle n’avait rien à répondre à cet argument.
-Je vais t’y conduire.
-Ne sois pas ridicule, tu ne tiendrai pas la cadence.
-Là tu me prends vraiment pour une conne! Cracha la hollandaise qui sentait la colère l’envahir. Je vais activer deux tours, une pour toi, et une pour moi. On ira à la même allure. Et tu ne fais rien sans mon accord, pigé?!
L’Augure lâcha à son tour un grognement, mais elle finit par accepter.
-Bien. Reprit Abigail en s’occupant d’activer ses tours. Ne prends pas une apparence trop menaçante, on va seulement leur parler pour clarifier la situation.
-Et s’ils ne sont pas ouvert au dialogue?
-Ta gueule! Ou on procède à ma manière, ou j’y vais toute seule! À toi de voir!
Un nouveau grognement se fit entendre.
-Très bien. Vas-y, active-les tes tours. Mais dépêches-toi.



11 octobre 2001, Banlieue Parisienne, 23h 35


Franz Hopper n’avait rangé que le stricte nécessaire dans sa valise, Aelita avait fait de même. La jeune fille avait cependant prit la peine d’emporter quelques vêtements pour Seth et Heath. Ces derniers étant toujours inconscients.
La décision avait été prise, ils iraient se cacher à l’usine le temps de trouver un nouveau toit, ainsi que de nouvelles identités. Aelita n’avait émit aucune réticence, elle était bien trop préoccupée par la situation et ce qu’elle avait vue pour se soucier de son confort. Comme Intelligence le lui avait réclamé, elle avait fait en sorte que l’IA retourne dans le corps de Heath. La dernière parole qu’elle entendit d’elle fut un commentaire assez décourageant:
-« Hé bien, il y a du travail ».
Franz s’était déjà maudit plusieurs fois de ne pas avoir laissé les garçons à l’usine tant ils étaient encombrant. Mais si jamais Seth s’était réveillé durant son absence, il ne pouvait anticiper ce qu’il ferait. Ni lui, ni Xana.
Une fois que toutes leurs affaires furent réunis dans le salon, Franz attrapa ses clés de voitures, et se s’apprêtait à ouvrir la porte de la maison.
La sonnette résonna.
Le scientifique et sa fille se paralysèrent de terreur. Était-ce déjà trop tard?
Franz se maudit à nouveau de ne pas avoir appelé Aelita pour lui dire de le rejoindre immédiatement à l’usine au lieu de passer la chercher, elle et ses affaires. Mais à quoi avait-il pensé?
-Il y a quelqu’un? Appela une voix qui arracha un soupir de soulagement à Aelita.
-C’est la petite amie de Heath. Précisa-t-elle à son père qui eut la même réaction que sa fille.
Celui-ci cacha ses valises dans le placard, et ordonna à Légion de reposer les garçons dans leurs lits. Puis, il alla ouvrir la porte.
-Bonsoir. Salua chaleureusement Abigail. Je suis navrée de vous déranger à une heure aussi tardive, mais mon… ami et moi aurions besoin de vous parlez quelques instants. Pouvons-nous entrer?
L’esprit encore embrumé par l’alcool, Franz répondit en balbutiant:
-Hé bien… Heu… C’est à dire… Que toute la famille est assez fatiguée ce soir. Cela ne peut pas attendre demain?
-Non, répondit le jeune homme derrière Abigail d’un ton cassant, ça ne peut pas.
Il avait des cheveux blonds, et des yeux verts sombres aussi sinistres que son regard. Mais Hopper n’avait pas de temps à perdre avec de stupides querelles de jeunes adultes.
-Écoutez, lâcha-t-il d’une voix ferme, je ne sais pas pourquoi vous êtes là. Mais vous êtes ici chez moi, aussi vous aurez l’obligeance de patienter jusqu’à demain matin. Bonne soirée.
Mais alors qu’il était en train de leur claquer la porte au nez, le garçon la poussa avec une telle force que le scientifique fut projeté au sol. Abigail fusilla son compère du regard.
-On avait dit qu’on ferait ça à ma manière.
-Ça n’a pas marché, maintenant on passe à la mienne.
Sur ses mots, il saisit Hopper par le col de son pull, et le plaqua contre le mur. Abigail s’empressa d’entrer, et de fermer la porte.
-Où est Seth? Cracha l’Augure. Dites le moi si vous ne voulez pas que je vous brise les côtes!
Le visage du scientifique devint livide.
-Vous faites partie de l’Organisation?
-L’Organisation est morte, répondit calmement Abigail, la branche qui vous en voulait tout du moins.
L’Augure ne laissa pas à Hopper le temps de digérer sa surprise, il le secoua comme un vieux pruneau.
-Où est Seth?! Aboya-t-il.
C’est alors qu’une main puissante se posa sur son avant-bras, le spectre tourna la tête, et se retordva nez-à-nez avec Légion.
Ce-dernier le fit passer par-dessus son épaule, et l’envoya s’étaler contre le sol du salon.
-Personne ne fera de mal au Créateur. Prévint le prothéen en se plaçant devant celui-ci afin de le protéger.
En rage, l’Augure effectua un saut carpé. Il semblait décidé à en découdre avec le trouble-fête malgré les supplications d’Abigail de se calmer.
C’est alors qu’il aperçut une jeune fille aux cheveux roses qui était paralysée de terreur.
Franz lu aussitôt son intention dans son regard.
-Non!
Mais trop tard, Aelita était déjà prisonnière des bras puissants de l’Augure. Elle était si terrorisée qu’elle ne tenta même pas de se débattre.
-Je ne le répèterai plus, prévint le spectre de sa voix la plus menaçante. Où est Seth?!
-Je vous en prie, supplia Franz, lâchez ma fille.
-Vous n’avez toujours pas répondu à ma question!
-Mathilda! Rugit Abigail. Arrête ça tout de suite!
Aelita écarquilla les yeux, avait-elle bien entendu? Son imagination n’était-elle pas en train de lui jouer un mauvais tour?
De son côté, l’Augure relâcha partiellement sa prisonnière, mais maintint une bonne prise sur son bras de sa main gauche. L’autre était posé sur sa hanche.
Alors, sous les yeux éberlués de la jeune fille, le spectre morpha, prenant l’apparence d’une adolescente de son âge. Ayant des traits similaires aux siens, mais des cheveux châtains relativement courts.
-C’est franchement pas très sympa de révéler une identité secrète, grande soeur. Dit-elle en la narguant.
Puis elle se remit à morpher.
-Mais bon, ça n’est pas si grave…Dit-elle avec le visage d’Abigail.
-… Puisque je peux être n’importe qui… Continua Franz Hopper.
-… Et que je ne sais plus du tout qui je suis… soupira Thomas.
-…À part un monstre! Ricana Drake, et c’est avec ce nouveau visage qu’elle continua de parler.
-Savez-vous ce qui différencie un homme d'un monstre? Une putain de mauvaise journée!
Elle posa ses yeux sur le figure estomaquée du scientifique.
-Dis-moi tonton, est ce que tu as déjà eu une putain de mauvaise journée?
Mais face au manque de réaction de son interlocuteur, elle roula des yeux.
-J’aurais cru pourtant…
-Mathilda! L’interrompit Abigail. Arrête! Arrête ça, tu te fais du mal pour rien!
-Je suis un programme, répliqua cette dernière, je ne ressens plus la douleur.
-Mathilda…
C’était Aelita qui l’avait appelée, ce qui eut pour effet de diriger toutes les paires d’yeux vers sa personne. Mais la jeune fille aux cheveux roses ne croisait que le regard de l’intéressée.
-…Ma soeur.
-Nous sommes cousines, lui beugla-t-elle en pleine figure.
-Nous sommes soeurs, répondit Aelita d’une voix calme. Nous avions la même mère. Je t’ai vu, je t’ai vu dans les souvenirs d’Intelligence. Je l’ai vu te révéler qui tu étais.
À cela, le spectre ne sut que répondre. Il se contenta d’observer l’elfe virtuelle de la tête aux pieds, avant de finalement la lâcher, et de reprendre son apparence de jeune fille.
Les deux soeurs s’observèrent quelques secondes, avant qu’Aelita ne vienne l’enlacer avec force. De chaudes larmes coulaient le long de ses joues.
-Je suis tellement heureuse, souffla-t-elle entre deux sanglots, j’ai toujours voulu avoir une soeur.
Mathilda ne répondit pas, mais Abigail devina que si elle disposait elle aussi d’un corps de chaire et d’os, elle aurait les yeux aussi mouillés que ceux de l’elfe virtuelle. Elle se contenta de lui rendre son étreinte, devant le regard confus et éberlué de Franz Hopper.
-Seth est à l’étage, dit Aelita à sa soeur, je vais t’y conduire.
Le scientifique voulu protester, mais Abigail le retint.
-Vous n’avez rien à craindre, lui souffla-t-elle, nous ne vous voulons aucun mal.
Ses paroles auraient sonnés bien faux il y a encore quelques secondes, mais la vue d’Aelita qui entrainait sa soeur par la main vers l’étage avait fait fondre en lui toute méfiance à l’égard de ses invitées forcées.
En revanche, il avait des milliers de questions. Cela se voyait comme le nez au milieu de sa figure. Abigail l’invita à s’asseoir, puis dit de sa voix la plus douce:
-Je vais tout vous raconter.




12 octobre 2001, Banlieue Parisienne, 01h 10

Franz Hopper avait un mal de chien à maitriser la tempête d’émotions qui le traversait. Ce qu’il avait entendu paraissait si… irréel. Et pourtant, il y croyait. Ce récit qui venait de lui être conté, cette histoire invraisemblable concordait parfaitement.
À un détail prêt. Il doutait fortement qu’Herman son frère, ait pu souhaiter abandonner son travail pour se concentrer sur sa famille. Ça ne lui correspondait pas. C’était même la seule chose qu’il ne parvenait pas à croire dans le récit d’Abigail. Mais il ne lui fit pas part de ce doute, cela n’en valait pas la peine. Et puis cette jeune fille vivrait surement mieux en pensant cela.
Il y avait cependant un point qu’elle n’avait pas soulevé, un point qui le tracassait.
-Qui est Mathilda? Comment peut-elle être la soeur d’Aelita?
Abigail soupira.
-Mon père souhaitait se venger de vous, il a donc conçut Mathilda de force en injectant un échantillon de son propre sperme dans votre femme. Il lui a fait croire qu’elle était de vous. C’est comme ça qu’Aelita et elle sont soeurs. De même qu’elle et moi le sommes.
Hopper serra les poings de rage. Cela en revanche, ressemblait bien à quelque chose que son frère ferait. Cependant, il s’efforça de se calmer. Herman était mort, et haïr un mort ne le mènerai nulle part. Et puis, il était bien trop fatigué pour se mettre en colère sur un élément passé. Seul le présent et l’avenir comptait, et c’est en bon scientifique qu’il s’en tint à ce raisonnement. Pour le moment.
-Mathilda… Commença-t-il d’une voix un peu étranglée, comme si ce nom à lui seule le faisait souffrir. Pourquoi est-elle… un spectre? Que lui ait-il arrivé?
-C’est… un peu compliqué… Vous permettez que je fumes?
Franz avait l’odeur du tabac en horreur, mais il ferait une exception aujourd’hui. Pour sa nièce. Il alla chercher un verre vide qu’il tendit à Abigail en guise de cendrier. Cette dernière le remercia, et alluma une cigarette. Elle tira quelques bouffées avant de reprendre la parole:
-Mon père savait qu’on allait tenter de le renverser tôt ou tard, et il voulait s’assurer de plusieurs choses: d’abord, que l’on récupère toutes ses données. Ensuite, qu’on le venge s’il ne parvenait pas à mettre son plan a exécution. Et surtout, de protéger Mathilda. C’est pour cela que Drake, mon frère cadet, était présent lors de la destruction du complexe.
-Tu veux dire: le jour où Heath et Seth se sont échappé?
-Exactement, Drake était infiltré à « Silver Wings » dans le seul but de mettre Mathilda en sûreté quand la rébellion contre lui se déclencherai. Mais on a eu quelques soucis.
Elle tira une nouvelle bouffée avant de reprendre:
-Mathilda n’était pas là où elle était supposée être lorsque Drake est venu la chercher. Elle était en train de libérer Seth, et elle a reçu une grave blessure en faisant cela. Résultat, on a été un peu aveugle pendant quelques minutes. J’étais en train de télécharger les données que nous avait laissé notre père sur son terminal personnel situé dans sa chambre. Et lorsqu’enfin, Drake est parvenu à lui mettre la main dessus, elle n’en avait plus pour très longtemps. Il l’a donc amené dans la chambre de notre père sous ma directive, et l’a virtualisée sur Olympia -le monde virtuel de « Silver Wings »- à partir du scanner personnel qu’il possédait. Malheureusement, le corps de Mathilda à lâché juste après la procédure. Mais son esprit est resté intact sous la forme de son avatar virtuel, je l’ai donc « téléchargée » comme le reste des données. Et nous l’avons gardée dans notre super calculateur durant tous ces mois. Au cas où vous vous demanderiez comment nous avons réussi à en créer un: on ne l’a pas fait, notre père l’a voler aux services secrets russes -ne me demandez pas comment, je n’en ai aucune idée-. Quand à nos scanners, notre père nous en a fait livrer depuis « Silver Wings ». Mais je m’égare. Pour en revenir à Mathilda, notre but était de réussir à mettre la main sur les deux derniers mutants que votre frère a créé: Crystal et Thanos. Nous voulions que notre soeur ait à nouveau un corps, et c’est la raison majeure pour laquelle nous avons continué le combat contre l’Organisation après la mort de notre père. Mais nous avons commis une petite erreur, voyez vous. Afin de vérifier si notre entreprise était possible, nous avons dû faire un test avec Thanos. Et avons utilisé l’esprit d’Alister Blake, un esprit qui correspondait parfaitement comme sujet d’expérimentation. Puisqu’il avait été lui aussi réduit à l’état de programme informatique, et inséré dans un corps de cyborg. Notre expérience fut un succès, et Alister obtint le corps de Thanos. Cependant, j’étais loin de me douter que Serpent et Heath ne faisait qu’un. Ainsi, lorsqu’il m’a demandé s’il pouvait aller « tuer Serpent ». J’ai accepté pensant qu’il ne comprenait pas la différence entre dévirtualisation et mort. Je l’ai grandement sous-estimé, et cela vous a causé beaucoup de tort. Aussi, je suis vraiment désolée.
-Pourquoi ne l’avez-vous pas rematérialisé lorsque vous avez comprit son plan?
-Parce que je ne le pouvais pas. Un autre problème avec les mutants de mon père, visiblement, il faut qu’il donne leur accord pour être rematérialisé, sinon ça ne marche pas.
-Et où est-il maintenant?
-En stase.
Elle écrasa sa cigarette, et en ralluma aussitôt une autre avant d’étayer son propos devant les sourcils froncés de son oncle.
-Je me suis bien vite rendu compte qu’il était incontrôlable. Aussi, lorsqu’il a été dévirtualisé, je l’ai empêché de se réveiller. Et l’ai laissé en sommeil. Il devrait se tenir tranquille jusqu’à ce que Mathilda prenne le corps de Crystal.
-Et ensuite?
-Ensuite? Dites plutôt tout de suite. J’irai droit au but, je veux que vous éteignez et détruisez votre super calculateur.
-Pas question!
Il avait répondu au quart de tour. Son ton était intransigeant.
-Pourquoi tenez-vous tant à le garder? S’enquit Abigail.
-J’en ai besoin, se défendit Hopper, j’en ai besoin pour combattre l’Organisation.
La jeune fille leva les yeux au plafond.
-L’Organisation est détruite.
-Rien ne les empêche de construire un nouveau super calculateur.
Abigail éclata de rire, de la fumée jailli de ses narines.
-Si justement, tous les en empêche. Nous avons tué tous leurs scientifiques, et détruit toutes leurs données. Ils ne parviendront pas avant TRÈS longtemps à reconstruire un super calculateur. Le Projet Carthage n’existe plus, vous n’avez plus de raison de vous battre.
-Et vous alors? Demanda le scientifique. Qu’allez vous faire du vôtre?
-L’éteindre, et le laisser à la cave.
-Pourquoi ne pas le détruire?
-Au cas où.
-Et bien je ferais de même, au cas où.
Abigail lâcha un soupir exaspéré, mais elle dû reconnaître que ce marché était honnête. Si tout du moins, son oncle tiendrait parole, et elle ne le connaissait pas assez pour en être bien sûr.
-Très bien, finit-elle par concéder.
Un silence pesant s’installa dans la pièce pendant quelques secondes, Abigail termina sa deuxième cigarette.
-Et ma femme?
La jeune fille fronça les sourcils.
-Anthéa, la mère de Mathil… D’Aelita. Que lui ait-il arrivé?
Abigail afficha une mine désolée.
-Hé bien… Nous l’ignorons.
-Je vois.
La discussion était close, il n’y avait rien d’autre à ajouter. Aussi la hollandaise se leva, et son regard se posa sur l’escalier.
-Puis-je aller voir Heath?
-Oui, répondit le scientifique d’une voix monocorde. La troisième porte à gauche.
Abigail lui adressa un hochement de tête reconnaissant, mais elle se rendit compte que son oncle ne faisait plus du tout attention à elle. Pendant un instant, elle se permit de le fixer. Il y avait tant de tristesse dans cet homme, un chagrin d’une telle intensité, que la jeune fille ne s’attarda pas plus longtemps. Elle monta l’escalier, et se dirigea vers la chambre indiquée par son oncle. Elle s’aperçut cependant, que l’une des portes était entrouverte. Piquée par la curiosité, elle glissa son regard dans la pièce, et vit Mathilda et Aelita assises sur les bords du lit de Seth. Le spectre caressait doucement les cheveux du mutant qui dormait avec le visage d’un vrai petit ange, elle souriait, tout comme la jeune fille aux cheveux roses.
Abigail tendit alors l’oreille, curieuse de connaître la conversation que pouvait avoir deux soeurs qui se rencontraient pour la première fois.
La hollandaise pensait au départ qu’elles parleraient de leur mère, mais non, c’était bien Seth qui était le sujet de leur discussion. Et Abigail comprit alors pourquoi.
Anthéa Schaeffer était morte, cette pensée devait être trop douloureuse pour les deux jeunes filles. Et la seule autre chose qu’elles avaient en commun, c’était Seth. Il était donc logique qu’elles parlent de lui.
-Il t’appelait « Mère »? Murmura Aelita en pouffant.
-Il faut dire que parmi tous les idiots qui vivaient dans ce complexe, j’étais la seule à lui avoir apprit des choses. Je pense avoir mérité ce titre.
-Je ferais une bien mauvaise mère pour Seth, mais j’essaie malgré tout d’être une bonne soeur.
-Tu t’entendrais bien avec Drake si t’es aussi proche de Dieu. Se moqua Mathilda.
Elles pouffèrent ensembles, Abigail était un peu jalouse. Jamais elle n’avait été aussi proche du spectre que n’était en train de l’être Aelita. Mais avec tout le travail qu’elles avaient eu, aucune d’elle n’avait pensé à tisser des liens fraternels avant que Mathilda n’obtienne un corps. C’était la seule chose qui avait compté à ses yeux jusqu’ici.
-Vu le sourire qu’il affiche, chuchota Mathilda en regardant Seth, il doit quand même être heureux de t’avoir comme soeur.
Malgré la pénombre, Abigail devina qu’Aelita était en train de rougir face à ce compliment. Cela lui faisait penser qu’elle aussi faisait parti de sa famille maintenant, elles étaient cousines après tout.
-Peut-être qu’il est heureux parce qu’il sent la présence de sa mère. Répondit-elle en adressant un bien beau sourire à Mathilda.
Cette dernière fut désarmée par cette théorie, et affichait désormais une mine aussi heureuse que triste. Elle aurait sans doute pleuré si elle le pouvait.
-En tout cas, c’est pas à un frère comme Heath qu’il doit sa joie de vivre. Ou alors j’ai beaucoup de souci à me faire.
Les deux soeurs pouffèrent de nouveau, et Abigail eut bien du mal à ne pas glousser elle aussi. Mais elle ne voulait pas briser ce moment, il n’appartenait qu’à elles.
Cette dernière plaisanterie d’Aelita lui rappela la raison de sa présence à cet étage. Elle s’éclipsa discrètement, et alla jusqu’à la porte que lui avait indiquée Franz Hopper.
Elle tourna doucement la poignée, et entra dans la chambre.
Allongé sur son lit, Heath était aussi immobile qu’un cadavre dans un cercueil. Mais cette comparaison ne fit pas rire Abigail qui s’empressa de vérifier si son petit ami respirait toujours. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu’elle sentit son souffle sur son visage, et s’agenouilla pour l’observer.
L’allemand avait toujours cette maudite expression sérieuse, même le sommeil ne semblait pas affecter son comportement.
-Il n’y a qu’en faisant l’amour que je peux voir le vrai toi, murmura Abigail, celui qui se cache derrière cette sombre mine.
Elle lui caressa doucement la joue, espérant peut-être obtenir une réaction. Mais Heath resta parfaitement immobile, et sa respiration conserva son rythme. Abigail s’assit sur le bord du lit, et continua de lui caresser le visage. Cependant, elle sentit des larmes chaudes couler le long de ses joues.
-Heath, murmura-t-elle dans un sanglot, qu’est-ce que je t’ai fais? Je te demandes pardon, je ne voulais pas te faire ça.
Elle pencha la tête, et colla ses belles lèvres rouges contre celles de son amant. C’est alors qu’elle sentit la bouche de celui-ci remuer, comme s’il ressentait sa présence. Son baiser fut le plus doux et le plus tendre possible, même s’il ne pouvait lui répondre, elle espérait de tout son coeur qu’il lui pardonnerai son erreur. Ce baiser, c’était son repentir.
Enivrée par son odeur, elle se retint toutefois de ne pas céder à ses hormones. Mais c’était difficile pour la jolie hollandaise, il avait si bon goût.
Elle décolla doucement ses lèvres, et après avoir observé son beau visage une dernière fois, finit par se lever. Mais alors qu’elle s’apprêtait à sortir de la chambre, elle se retourna vers son propriétaire une dernière fois.
-Je t’aime Heath Lancaster. Dit-elle. Je ne sais pas si c’est réciproque, mais je ferais tout, absolument tout pour que ce soit le cas.
Sur ses mots, elle referma la porte, et se dirigea vers la chambre de Seth.
Aelita et Mathilda avaient cessées de discuter, elles se contentaient à présent de savourer ce moment de compagnie qu’elles partageaient en regardant le mutant dormir. Abigail toqua doucement à la porte pour signaler sa présence.
-Mathilda? Il est temps de rentrer à la maison.
La jeune fille acquiesça, et se leva pour rejoindre sa soeur. Aelita les raccompagna jusqu’à l’entrée, mais ne pouvait masquer la tristesse qu’elle ressentait en les voyant partir.
-Alors, lâcha-t-elle timidement à l’adresse d’Abigail, nous sommes cousines.
-Hé oui, répondit-elle en lui ouvrant ses bras, viens là que je t’embrasses.
Aelita ne se fit pas prier, et lui tomba dans les bras. De grosses larmes se mirent couler le long de ses joues.
-Je suis si heureuse, dit-elle, si heureuse.
-Viens déjeuner chez nous, lui proposa la hollandaise. Dès que Mathilda aura un corps et que Seth et Heath seront réveillés, nous pourrons organiser un beau repas de famille. Ça te tente?
-Oui, répondit Aelita presque trop vite, ça me plairait beaucoup.
-Parfait, on se reverra bientôt cousine, ne t’en fais pas.
L’elfe virtuelle relâcha son étreinte pour enlacer sa soeur. Celle-ci aussi semblait aussi heureuse que triste. Abigail était contente de voir que les choses s’étaient aussi bien déroulées.
-Au revoir Oncle Waldo, lança-t-elle au scientifique.
Celui-ci ne répondit pas avant une bonne douzaine de secondes, créant un blanc des plus gênants.
-Au revoir, finit-il par lâcher.
Sentant son malaise, les deux soeurs comprirent qu’il était temps pour elles de disparaître. Elles saluèrent Aelita -qui ne pouvait décidément plus s’arrêter de pleurer-, et s’en allèrent.
Une fois la porte refermée, l’elfe virtuelle était aux anges. Elle s’apprêtait à regagner sa chambre, lorsque son père l’interpella:
-Aelita?
-Oui?
-Comment te sens-tu?
-Je… Commença-t-elle en ravalant ses larmes et avant de sourire de toutes ses dents. Je n’ai jamais été aussi heureuse.
Le scientifique acquiesça doucement.
-Il vaudrait mieux que tu ailles dormir, la soirée a été épuisante.
Aelita ne pouvait qu’être d’accord, elle n’avait jamais été aussi fatiguée.
-Où est Légion?
-Il défait nos bagages.
-Ah.
Elle avait envie d’éclater de rire à présent. Oh qu’ils avaient l’air bêtes d’avoir voulu fuir leur propre famille.
-Bonne nuit Papa.
-Bonne nuit mon trésor.
Franz Hopper attendit d’entendre la porte de la chambre de sa fille se refermer, avant d’aller à nouveau chercher la bouteille de bourbon, et de s’enfiler deux bonnes rasades. Puis il se mit à grogner entre ses dents et ses sanglots:
-Herman… Espèce d’enfoiré. Espèce de monstre. Espèce de connard.
Sa femme… L’amour de sa vie… Son ordure de frère avait oser concevoir un enfant avec elle. Il était impossible pour Franz Hopper de ressentir pire répulsion que celle qui le possédait en cet instant.
Cette Mathilda, celle qui se dit être la soeur de sa fille. Celle-là même qui est sortie des entrailles de celle qu’elle aimait, la vengeance personnifiée d’Herman à son encontre. Et la nouvelle source de haine qui dévorait à présent son esprit.
Il n’y avait pas qu’elle, il y avait aussi Abigail. Une grossière copie féminine de son frère: de belles paroles et des actes barbares. Elles et leurs frères n’étaient que le poison qu’Herman avait eu le temps de lui cracher à la figure avant de succomber. Même enfermée dans sa tombe à jamais, il continuait de le torturer.
Il passa le reste de la soirée ainsi: à se saouler comme un polonais, et à trouver après chaque gorgé d’eau de vie, un nouvel adjectif pour qualifier son frère. Jusqu’à ce que l’alcool ait eu raison de lui, et qu’il ne s’endorme sur le canapé.


Waldo Schaeffer avait six ans, et il était sur le point de faire une énorme bêtise: désobéir à l’ordre suprême que son frère aîné lui avait donné.
Ce jour-là, le jeune garçon n’avait pas su trouvé le sommeil. C’était son anniversaire, et Herman lui avait offert de bien beaux livres qu’ils s’empresseraient de dévorer. Mais Waldo n’avait su se satisfaire de ses cadeaux, il voulait quelque chose d’autre. Quelque chose que son frère refusait pertinemment de lui offrir, et ce, malgré le peu de valeur et la possibilité du présent en question.
Herman n’avait jamais montré le visage de leur mère à son petit frère, et cela plongeait celui-ci dans une profonde tristesse.
Au beau milieu de la nuit, Waldo était sortit de son lit. Puis, sur la pointe des pieds, avait atteint le bureau de son frère. La pièce dont l’accès lui avait toujours été interdit. Il tenta alors d’y pénétrer, mais le verrou l’empêcha d’atteindre son but. Il entreprit donc de prendre un risque encore plus grand: celui de voler la clef. Et il n’y avait qu’une seule façon de s’y prendre.
Aussi silencieux qu’il lui était possible de l’être, il pénétra dans la chambre d’Herman et aperçu immédiatement l’objet qu’il convoitait. Lentement, il s’approcha de la table de lit tout en observant le visage endormi et ferme de son frère, et tendit la main pour s’emparer du trousseau de celui-ci.
C’est alors que les paupières d’Herman se séparèrent, et que son regard perçant se posa sur l’intrus qui avait perturbé son sommeil.
Terrorisé par les yeux luisants de son frère, Waldo s’était paralysé sur place.
-Qu’est-ce que tu fais là? Gronda l’aîné.
S’il était fatigué, il ne laissa aucun signe transparaitre. Son ton était aussi sévère que la force de sa voix.
Waldo n’était pas un menteur, il baissa les yeux sur ses pieds nus, et confessa son crime à son frère.
-Je… Je voulais voir Maman.
À la grande surprise du petit garçon, Herman se contenta de soupirer, avant de s’emparer de ses clefs et de se lever. Il prit la direction de son bureau, son petit frère sur les talons.
-Alors tu veux voir Maman? Grinça-t-il en ouvrant la porte de son bureau. Entre.
C’était un ordre, et Waldo ne savait qu’obéir. La tête toujours baissée, mais l’esprit en ébullition, il se faufila dans la pièce, et attendit que son frère agisse.
Celui-ci actionna l’interrupteur, et Waldo prit un temps pour observer le petit espace uniquement dédié aux travaux d’Herman. Il y découvrit des dizaines de classeurs impeccablement ranger sur de hautes étagères, ainsi qu’un bureau bien entretenu et une armoire avec des portes miroirs. Et c’est justement vers cette dernière qu’Herman se dirigea.
Il l’ouvrit, s’accroupit, et se saisit d’une boite de chaussure qu’il sortit du meuble.
Bouillant de curiosité, Waldo s’approcha et découvrit trois larges rangés de photos prises par l’appareil polaroid 900 qui était rangé dans l’armoire. Herman les trifouilla un moment, avant d’en sortir une et de la tendre à Waldo.
-Voilà Maman. Lâcha-t-il.
Le petit garçon fut si excité qu’il ne remarqua pas le ton énervé de son frère. Il se contenta de le remercier, et d’observer la jolie femme souriante qu’il appelait « Maman ». C’était la première fois qu’il pouvait mettre un visage sur ce nom.
-Elle est belle. Lâcha le petit garçon d’une voix admirative. Elle est si belle.
Il était tellement accaparé par la photo qu’il ne remarqua pas les mains tremblantes d’Herman. Celui-ci, n’y tenant plus, la lui arracha violemment et la rangea avec soin. Il respirait comme un boeuf lorsqu’il referma la porte de l’armoire.
De son côté, Waldo avait les larmes aux yeux. Lui qui avait toujours rêvé de voir sa mère, il n’avait même pas pu bénéficier du temps nécessaire pour lui dire au revoir. Son frère n’avait exaucé son souhait que pour mieux détruire rêve.
-P-pourquoi? Demanda-t-il en sanglotant.
À ces mots, une véritable tempête de haine traversa les yeux d’Herman.
-Pourquoi? Répéta-t-il enragé. POURQUOI?!
Sans crier gare, il se saisit de la nuque de l’enfant, et serra de toutes ses forces. Waldo cria de douleur.
-VOILÀ POURQUOI! Rugit-il en lui cognant le visage contre le miroir.
-VOILÀ POURQUOI!
Il frappa à nouveau.
-VOILÀ POURQUOI!


Trempé de sueur, Franz se réveilla en sursaut, les mains plaquées contre sa nuque dont la douleur avait disparu en même temps que son cauchemar. L’esprit toujours embrumé par l’alcool, il ne put contenir les larmes qui coulèrent le long de ses joues et mouillèrent sa barbe. Il avait tout tenté pour oublié cet abominable moment. Absolument tout. Ce n’était que lors de son sommeil dans le super-calculateur, ou lorsqu’il apprit la mort d’Herman que cet affreux cauchemar l’avait enfin quitté. Mais voilà qu’il refaisait surface, et ce juste après avoir rencontré ses nièces. Y comprit l’abomination que son frère avait engendré avec l’amour de sa vie.
Même mort et enterré, Herman ne cesserait jamais de le hanter. L’araignée avait beau être morte, elle avait eu le temps de pondre ses oeufs. Et ses petits continueraient de lui ravager l’esprit comme leur géniteur avait eux. Il n’y avait pas de paix pour Franz Hopper dans ce monde, seulement de la souffrance et des larmes. Et maintenant, sa fille risquait le même sort que lui. Le fruit des entrailles d’Herman venait de poser ses pattes sur le sien. Il ne le lâcherait jamais, Mathilda videra Aelita de sa vie comme son père l’avait fait avec Franz. Non! Jamais il ne laisserait une chose aussi ignoble se produire! Jamais Herman n’aurait sa fille!



C’est alors qu’une volée de puissants coups frappés contre la porte le tira brutalement de ses pensées en le faisant sursauter de terreur.
Encore embrumés par les effets de l’alcool, il eut bien du mal à se relever. Et il faillit se vautrer sur le sol à trois reprises tant la peur lui ravageait le cerveau.
Lorsqu’il arriva devant sa porte, il prit une grande inspiration pour se donner le peu de courage dont il disposait, et l’ouvrit. Mais il n’y avait personne sur le palier. La seule chose qu’il y trouva, ce fut un petit paquet en forme de cube sur le paillasson. Il se pencha maladroitement pour le ramasser, et y découvrit une enveloppe qui y avait été placée dessous afin de ne pas être emportée par le vent.
Une fois son courrier en main, il referma la porte en soupirant de soulagement. Et alla s’installer sur la table de la cuisine.
Il commença par ouvrir l’enveloppe, et en sortit la lettre qu’il déplia. Puis, il déchiffra les pattes de mouches qui y étaient écrites.


12 octobre 2001, Lieu inconnu, 9h 47


Serguei Dragunov était dans une colère noire. Ils avaient échoués, ils avaient TOUS échoués. Le Docteur, Tanner, Serpent, Peter, Dragonne, Corbeau et Renarde. Des bons à riens et des idiots. Voilà ce qu’ils étaient!
Et maintenant, ils étaient pratiquement tous morts. Jetés à la poubelle comme les déchets qu’ils étaient, et le russe avait le désagréable sentiment de n’être plus qu’un vulgaire clochard qui fouillait les ordures pour récupérer de quoi survivre.
Ils n’avaient presque plus rien, le Projet Carthage était mort, le département virtuel détruit et fermé pour de bon. Il ne restait plus que la vengeance, et c’était là son seul et unique objectif désormais. Se venger des auteurs de leur destruction, et ce malgré le peu de moyen qui lui restait. Mais cela ne représentait rien de plus qu’une simple contrainte, il avait déjà fait bien plus avec moins de ressources.
Maintenant il se tenait debout devant la vitre qui le séparait de la salle d’opération du Docteur Akuma. Une personne que le russe avait apprit à respecter et apprécier pour sa vision du Monde similaire à la sienne. Pour le japonais, les êtres humains n’étaient que rats de laboratoire, alors que le Major n’y voyait que chair à canon.
Cependant, c’était bien plus que cela que le scientifique était en train d’offrir au russe. Il ne lui offrait pas de simples munitions, mais deux armes en bonnes et due formes qui obéiraient à chacun de ses ordres. Des armes uniques et dévastatrices, dont il allait faire très bon usage pour prendre sa revanche. Une tâche dont il devait impérativement s’acquitter. Car si jamais il échouait, il rejoindrait les autres détritus dans cette poubelle qu’on appelle une « tombe ». Et disparaitrait pour toujours oublié de tous.
Cependant, Dragunov avait la conviction que là n’était pas son destin. Il avait survécu à toutes les attaques auxquelles ceux qu’il avait appelé autrefois ses supérieurs ou ses compagnons avaient péris. Il était à temps à présent de contre-attaquer, et de forger un nouveau destin sur les cadavres de ses ennemis.


Prochain chapitre: Family, Duty, Horror

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Fog MessagePosté le: Mer 24 Oct 2018 16:27   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Il est parti trop loin...
Fog pianotait rapidement l'adresse du forum sur sont clavier d'ordinateur. Il appuya ensuite sur la touche entrée, comme à chaque fois qu'il lançait un jeu ou exécutait un troll sans pitié. Et son visage s'illumina : " OWI un nouveau chapitre ! "

ENFIN.
Alors qu'avons nous là. L'augure est donc Mathilda... Je pensais que c'était le grand méchant Docteur. Laughing
Sinon chapitre court mais intense d'une certaine manière, et... Oui. Je ne m'y attendais pas mais en fin de compte c'est une sorte de dénouement logique. Bref beau chapitre, même s'il est trop calme à mon goût. J'ai pas grand choses à dire la-dessus honnêtement mais je me devais de commenter.
Et j'ai aussi quelque chose à dire énooorme potentiel spoiler c'est une théorie sur le suite x)
Spoiler

J'ai hâte de voir si j'ai raison ( et de lire la suite aussi bien entendu Smile )
Bonne continuation, et que la santé te garde kamarade.

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Alors c'est l'histoire d'une blague dans un commissariat :
- Vous avez tuer cinq personne ! Qu'avez vous à dire pour votre défense ?
- Et bien... ils étaient morts de rire.
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Tyker MessagePosté le: Dim 03 Fév 2019 02:16   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler


Spoiler


Chapitre 16: Family, Duty, Horror


12 octobre 2001, Banlieue Parisienne, 09h 10

-Debout Schaeffer! Allez, on se réveille!
Franz fut brutalement tiré de son sommeil par deux mains puissantes qui le secouaient par les épaules. Il lâcha un grognement caverneux semblable à celui d’un ours, et releva la tête.
Il s’était assoupie contre la table de la salle à manger, résultat, son dos le faisait atrocement souffrir. Il s’étira, et chercha ses lunettes qu’il avait enlevé pour pleurer. Lorsqu’enfin il mit la main dessus, il sentit une vive douleur lancinante qui lui secouait la caboche. Il en était quitte pour une méchante gueule de bois.
Malgré sa migraine, il replaça ses lunettes sur son nez. Et haussa les sourcils en apercevant celui qui l’avait réveillé.
Heath avait une apparence similaire à la sienne; il tirait une petite mine. Ses yeux mi-clos trahissaient le poids de sa fatigue. Il se traina d’ailleurs jusqu’à la chaise la plus proche, et s’assit face au scientifique.
-Tu es déjà debout. Fit remarquer ce dernier d’une voix monocorde.
-J’étais déjà assez étonné d’avoir été capable d’ouvrir les yeux. Répondit l’allemand en grognant. Je me croyais foutu.
Il prit un moment pour boire le café qu’il s’était visiblement préparé, et en tendit une tasse pleine à Franz qui l’accepta volontiers.
-Qu’est-ce qui s’est passé?
Le scientifique ne se sentait pas assez fort pour raconter les évènements de la nuit dernière avant d’avoir avalé la totalité du contenu de sa tasse. Aussi, il fit signe à Heath de patienter, tandis qu’il sirotait avec délice son nectar matinal favori.
Il prit un certains temps pour boire son café, dégustant chacune de ses gorgées comme s’il s’agissait de la dernière qui lui serait permis d’avaler.
Lorsqu’il finit par reposer sa tasse, il remarqua qu’Heath s’était emparé de la lettre qui trainait sur la table, et en lisait à présent le contenu.
Encore hanté par les mots qui y étaient inscrit, il fut tenté d’arracher le papier des mains de l’allemand. Mais il renonça à cette idée, il n’en avait pas la force. Et face à Heath, il ne l’aurait jamais.
De son côté, l’aîné des Lancaster serrait les poings de frustration malgré son état. Visiblement, la lettre ne le réjouissait pas non plus.

-Qui est Norman Belpois? Demanda Franz en se servant une nouvelle rasade de café.
-Mon espion au sein de l’Organisation. Grinça Heath d’une voix qui trahissait sa colère.
-Comment l’as-tu convaincu de travailler pour toi?
-J’ai menacé de massacrer sa famille. Dit-il comme s’il s’agissait simplement d’un détail sans valeur.
Absorbé par le contenu de la lettre, l’allemand ne vit pas les yeux du scientifique s’emplir de mépris à son égard.
-J’imagine qu’il n’y a plus aucun espoir pour Seth. Dit-il avec nonchalance, tandis que Heath lui jeta un regard meurtrier qu’il se permit d’ignorer.
-On trouvera un autre moyen.
-C’est ça.
Heath se mit tout à coup à froncer les sourcils.
-Qu’est-ce qui vous ait arrivé Schaeffer?
Le scientifique ne répondit pas, l’allemand reposa les yeux sur la lettre, avant de les lever de nouveau.
-Pourquoi le reste du message vous ait-il adressé?
Franz ne répondit toujours pas, il se concentra sur son café.
Face au manque de réaction de son interlocuteur, l’allemand se contenta de continuer de lire la lettre. Arrivé au bout, il affichait une mine écoeurée.
-Beurk, commenta-t-il tandis que le scientifique le fusillait du regard. L’Organisation a des idées de plus en plus tordues.
-Avait, rectifia Franz en finissant son café.
Heath haussa un sourcil.
-C’est à dire?
Une fois encore, le scientifique ignora copieusement sa question. Furieux, le général de l’armée prothéenne contourna la table, et saisit son interlocuteur par la nuque.
Celui-ci laissa échapper un petit cri de douleur pitoyable.
-Je me doute que le contenu de cette lettre vous ait mis dans un triste état, siffla Heath entre ses dents en posant son regard sur la bouteille de bourbon vide, mais vous avez intérêt à me répondre si vous ne voulez pas que j’aggraves votre mal de tête.
-D’accord, d’accord. Maugréa Franz. Je vais te raconter.
Satisfait, Heath relâcha sa victime. Cette dernière se massa le cou tandis que l’allemand reprit sa place afin d’écouter dans de meilleurs conditions, le récit qui allait lui être conté.
Hopper lui dit tout. Tout ce qui s’était produit entre le moment de sa dévirtualisation, et le moment où il avait découvert ce message sur le seuil de leur porte.
Les paupières de Heath se rétracterent au fur et à mesure qu’il avançait dans son récit, jusqu’à ce que ses yeux soient totalement écarquillés par la partie concernant la visite d’Abigail et de Mathilda.
Lorsqu’enfin, il vit le bout de son histoire. Il se servit un troisième café qu’il but d’une traite.
Heath quant à lui, semblait assez perturbé.
Il jeta un coup d’oeil à la lettre, avant de soupirer de fatigue.
-Il vaudrait mieux détruire ce bout de papier. Je pense qu’il serait préférable de s’assurer que Seth et Aelita ne tombent pas sur son contenu.
Hopper se contenta de hocher la tête pour signifier son approbation. L’allemand emmena donc le papier au-dessus de l’évier, et fit jaillir une petite boule de feu de sa main de métal. Le papier mit quelques secondes à être entièrement consumé, avant que Heath n’ouvre le robinet pour que l’eau emporte ses cendres. Une infecte odeur de brûlé envahie la cuisine, Franz ouvrit une fenêtre.
-Je retourne me coucher, informa l’allemand en affichant un visage impassible, vous feriez mieux d’en faire autant. Cependant, je vous recommandes une bonne douche avant ça. Vous puez la gnôle, vaudrait mieux pas qu’Aelita vous voit dans cet état.
Sur ses mots, il remonta l’escalier sans laisser la moindre émotion jaillir de son corps. Laissant Franz seul, seul avec sa souffrance.



12 octobre 2001, Banlieue Parisienne, 10h 32

Lorsque Franz sortit enfin d’un sommeil un peu plus réparateur que le précédent, il prit la peine de prendre un bon bain afin de détendre son corps rouillé.
Mais peu importait les nombreuses méthodes qu’il employait pour tenter d’accepter les évènements qu’il avait vécu, il ne parvenait pas à chasser la culpabilité et la rage qui le rongeaient de l’intérieur. Alors il entreprit de soigner l’extérieur.
Une fois sortit de son bain, il se présenta devant le miroir de la salle de bain, et s’empara d’une paire de ciseau et d’un peigne. Il passa les dix minutes qui suivirent à tailler et coiffer sa barbe et ses cheveux, et à s’enduire le visage de crème hydratante et énergisante. Puis il nettoya soigneusement ses lunettes, et se dirigea vers sa chambre afin de choisir ses vêtements du jour.
En temps normal, il ne prêtait pas beaucoup d’attention à son apparence. Mais aujourd’hui, il avait besoin de se sentir propre et soigné. Ne serait-ce que pour oublier la crasse qui lui rongeait le cerveau. Il choisit donc un pantalon de treillis noir, et une impeccable chemise blanche qu’il n’avait surement jamais porté. Une fois habillé, il s’observa dans le miroir de son placard.
Un faible sourire satisfait se dessina sur ses lèvres, il n’avait pas le souvenir de s’être trouvé un jour aussi soigné. Cette agréable vision lui fit l’effet d’une douche froide sur sa tête brulante.
Se sentant un peu mieux, il prit la direction de l’escalier. Mais un étrange bruit attira son attention. Il tendit l’oreille, et entendit pour sa plus grande surprise, le fredonnement joyeux d’Aelita.
Intrigué, il toqua à la porte de sa chambre, et entra.
L’elfe virtuelle était tranquillement allongée sur son lit, et gratifia son père d’un sourire chaleureux.
-Bonjour Papa.
-Bonjour mon trésor. Tu m’as l’air d’excellente humeur aujourd’hui.
Cette remarque étendit le sourire de la jeune fille, elle baissa les yeux sur l’objet qu’elle tenait dans sa main droite.
Il s’agissait d’une photographie prise par un appareil Polaroïd. Sur celle-ci, on pouvait l’y voir avec Mathilda et Abigail. Les trois filles affichaient toutes des sourires joyeux et émus.
-Je n’ai jamais été aussi heureuse, confessa-t-elle. Je… Je suis si contente d’avoir une famille.
Franz observa sa progéniture avec un air ahuri. Mais cette dernière était trop occupée à observer la photo qu’elle tenait pour le noter.
Le scientifique observa alors le mur contre lequel était collé le lit de sa fille, et découvrit une vingtaine de clichés similaires. Aelita apparaissait sur chacun d’entre eux, mais elle était toujours accompagnée par une autre personne.
Il en y avait qui affichaient la mine réjouissante de Seth, d’autres la figure riante de Lucius, et même un avec le visage grognon de Heath. Puis il y en avait avec différents adolescents, qui devaient surement être les amis qu’elle s’était fait au collège.
Aelita suivi le regard de son père, et accrocha fièrement sa dernière photo sur son mur à l’aide d’une punaise.
-C’est ma nouvelle passion, avoua-t-elle sans s’arrêter de sourire, mais il en manque encore beaucoup. Mathilda ne m’a pas encore présenté ses frères, et il faut aussi que j’arrive à en prendre une meilleure avec Heath. Mais pour ça je crois qu’il va falloir attendre qu’Abigail revienne, elle y arrivera surement bien plus facilement que moi.
Sur ses mots, elle gloussa innocemment. Et prit un temps pour contempler sa petite collection personnelle.
Elle était si absorbée par la joie que celle-ci lui procurait, qu’elle ne remarqua pas la mine blessée qui se dessinait sur le visage de son géniteur.
En effet, Franz avait passé chacune des photos en revue, et fut submergée par le chagrin lorsqu’il remarqua qu’il ne figurait pas dans sa collection. Son regard se posa sur sa fille, qui n’avait toujours pas réussi à arracher le sien de son petit mémorial.

-Merci Papa, lâcha-t-elle sous le coup de l’émotion. C’est grâce à toi si on a pu retrouver notre famille.
Sur ses mots, elle se leva, et se précipita dans les bras de son père. Mais elle ne remarqua toujours pas la tristesse que celui-ci s’efforçait de masquer.
Cependant, il apprécia ce moment de tendresse offert par sa fille. Et Dieu sait qu’il en avait besoin.
Sans desserrer son étreinte, Aelita murmura:
-Maintenant que tout est finit, je suis contente qu’on puisse vivre comme une famille normale. Et même si je sais que tu aimes toujours autant Maman, est-ce que… Est-ce que tu ne penses pas qu’il serait temps que tu te trouves une petite amie? Une personne qui te fera sourire comme avant, et qui nous permettra d’agrandir notre famille? D’avoir d’autres frères et soeurs?
Ces mots eurent l’effet d’un coup de poignard dans le coeur du scientifique, à tel point qu’il resserra son emprise sur sa fille.
-Papa, gargouilla-t-elle. Tu me fais mal.
Il ne l’entendit pas, il était paralysé par la colère et la tristesse.
-Si seulement tu savais, songea-t-il, si seulement.
-Papa!
Le cri de sa fille le ramena enfin à la raison, et il la libéra enfin de son étreinte.
-Je suis désolé, dit-elle en regardant ses pieds, je ne voulais pas te faire de mal.
-Non, répondit son père en tentant de la prendre à nouveau dans ses bras. Mais Aelita effectua par réflexe, un mouvement de recul. Élargissant la plaie dans le coeur de Franz.
-C’est moi qui suis désolée. Lâcha-t-il dans un souffle. Je ne sais pas ce qu’il m’a prit.
En réalité, il le savait parfaitement. Mais il n’osait l’avouer.
-Ce n’est pas grave Papa. Sourit Aelita. Je comprends que tu ai besoin de temps pour digérer tout ça.
Non, il n’avait pas besoin de temps, et il était tout simplement incapable d’accepter quoique ce soit. C’était au-dessus de ses forces.
-Je… Je vais te laisser, finit-il par annoncer d’une toute petite voix. Je ne voudrais pas gâcher ton bonheur.
C’était un mensonge, en réalité, rien ne lui ferait plus plaisir que d’arracher toutes ces fichues photos. Mais il ne pouvait se résoudre à faire autant de mal à sa fille.
Cette dernière lui sourit à nouveau.
-Tu ne me l’a pas gâché Papa, tu me l’as donné. Je ne pourrais jamais assez te remercier pour ça.
Franz Hopper sentit une sensation inconnue lui envahir le crâne, il devait partir, VITE!
-À tout à l’heure mon trésor. Dit-il de sa voix la plus naturelle possible en s’éclipsant.
-À tout à l’heure Papa. Répondit Aelita juste avant que sa porte ne se referme.
Franz se précipita alors dans sa chambre, et s’y enferma, avant de s’adosser contre un mur, et de s’y laisser glisser jusqu’au sol.
Le chagrin et la colère étaient en train de le ravager tels deux cancers en phase terminal. Pourquoi? Pourquoi devait-il souffrir autant? Pourquoi sa fille voyait-elle une famille là où il voyait les fruits des entrailles d’un monstre?
Franz Hopper, le corps parcouru de convulsions, était au bord d’un gouffre sans fin.



12 octobre 2001, XIXème arrondissement parisien, 11h 04


-Alors tu es venu.
Heath Lancaster était loin d’être au meilleur de sa forme: sa vision était partiellement trouble, et il n’avait pas le pied sûr. L’allemand devait faire preuve de toute la concentration à sa disposition pour parvenir à avoir ne serait-ce qu’une allure convenable. Mais la migraine qui tambourinait dans son crâne ne l’aidait pas vraiment.
Le lieu qu’avait choisi Belpois pour leur rencontre était assez sordide: il s’agissait d’une station de métro abandonnée nommée « Haxo », située sur les lignes 3bis et 7bis dans le XIXème arrondissement de Paris. N’ayant pas d’accès extérieur direct, Heath avait dû entrer par une bouche d’égout situé plus loin, et suivre à la lettre les indications de Norman. La pièce dans laquelle il se trouvait était à environ dix mètres de profondeur sous les railles. Et avait été réaménagée en un étrange laboratoire, à l’intérieur duquel une multitude de cadavres squelettiques de chiens, de chats, de rats et de singes étaient enfermés dans plusieurs cages cubiques. De toute évidence, l’endroit n’avait plus été utilisé depuis un bon moment. Même l’équipement électronique qui recouvrait presque tous les murs de la pièce semblait dater d’une bonne décennie.

Norman Belpois n’avait plus rien d’humain. Son corps était entièrement mécanique, et son apparence était grossière.
À l’inverse des bras de Heath, ses membres étaient plus minces, son tronc clignotait de toutes parts, et sa figure… n’en était tout simplement pas une.
Deux petites caméras lui faisaient office d’yeux, sa bouche n’en avait que la forme, c’était une enceinte en forme de sourire, ses oreilles étaient des espèces de micros encastrés dans son crâne.
Au moment où Heath avait fait son apparition dans le sous-sol, il était en train de pianoter sur le clavier de l’ordinateur le plus vieux que l’allemand ait jamais vu.
-Où est le Lazar? Gronda-t-il en s’efforçant de paraître menaçant.
Le cyborg ne répondit pas, il posa son genou mécanique au sol, et ouvrit la porte d’un petit réfrigérateur. Il en sortit deux fioles pleines d’un liquide jaune phosphorescent, il en posa une sur un bureau, et montra l’autre à Heath.
L’allemand, qui se trouvait à une vingtaine de mètres de Belpois, s’avança pour récupérer le précieux sésame. Mais le robot rétracta son bras avant même qu’il n’ai parcouru la moitié du chemin. Heath fronça les sourcils.
-Comment te sens-tu? Grésilla la voix de l’être de métal. Tu n’as pas l’air bien.
-Je n’ai pas le temps de jouer avec vous. Répliqua l’allemand.
-Pourtant, tu n’as aucun autre choix.
Sur ses mots, le robot se mit à serrer les fioles dans ses doigts mécaniques. L’une d’entres elles se fissura.
Heath soupira de résignation.
-D’accord, jouons puisque vous êtes d’aussi bonne humeur.
-Comment va notre cher petit Seth? À en juger par ton envie pressante de récupérer le Lazar, il ne doit pas être au mieux non plus. À quelle tâche ingrate l’as-tu soumis?
-Je ne l’ai soumis à rien! Rugit Heath.
-Vraiment? Ça te ressemblerai bien pourtant. Prendre avec toi un mutant d’une telle puissance et ne pas l’utiliser. Je ne vois pas ce que tu as à gagner en agissant ainsi.
-Seth a eu une crise, à cause d’une fille. Je n’ai rien à voir là-dedans.
-Une seule crise? Il peut bien tenir encore quelques temps dans ce cas.
Belpois serra davantage la fiole, la fissure se propageait à vue d’oeil.
-Il s’est virtualisé pour me protéger. Vous êtes content maintenant?
Cette fois-ci, le robot prit un petit temps avant de répondre.
-Te protéger tu dis? Tu dois vraiment beaucoup compter à ses yeux dans ce cas. Quel dommage… J’ose à peine imaginer la tristesse qu’il ressentira lorsqu’il découvrira qui tu es.
Heath lâcha un bref éclat de rire.
-Je suis son frère, répliqua-t-il comme s’il s’agissait de l’évidence même, Seth m’aime. Il ferait n’importe quoi pour moi.
-Mais en ferais-tu de même?
L’allemand serra les poings de rage.
-Sais-tu à quelle point j’aime ma famille? À quelle point elle compte à mes yeux?
Heath ne répondit pas, laissant Belpois enchaîner:
-Je ferais tout pour eux, bien que certains de ses membres ne le mérite pas. As-tu toi aussi une famille? Des gens dont tu te soucies réellement? Des gens pour lesquelles tu serais prêt à donner ta vie?
L’allemand fixa le robot d’un regard dubitatif. Les images de Seth, d’Abigail et d’Aelita s’imprimèrent dans son esprit, et à sa grande surprise, il ne parvint pas à les chasser.
-Intelligence! Rugit-il dans ses pensées. Vire-moi ces saloperies de ma tête tu veux?
-« Je ne vois pas pourquoi je le ferais. Ce sont les expressions de tes sentiments après tout. »
Heath ne croyait pas un traitre mot de ce qu’il venait d’entendre.
-C’est n’importe quoi!
-« Ah vraiment? Pourtant c’est bien là, que tu le veuilles ou non. Si tu es venu jusqu’ici, c’est pour sauver Seth n’est-ce pas? »
-Parce que… Parce que j’ai besoin de lui!
-« En effet, tu as besoin de lui. Tout comme tu as besoin de ces gens qui t’entourent »
-Ferme-la!
-« Admets-le Andrew, ou Heath comme tu préfères t’appeler. Admets-le et tout sera beaucoup plus simple pour toi. »
L’allemand était tellement secoué par ses émotions et affaiblie par la fatigue, qu’il posa un genou à terre tout soutenant son front de la main gauche. Belpois le regarda sans dire un mot.
Heath avait le sentiment que l’Enfer s’était déchaîné dans sa tête, il avait un mal de chien à garder les idées claires.
-Je suis en train de péter un câble.
C’était si dur, si compliqué. Pourquoi était-ce compliqué? Pourquoi les choses n’étaient-elles pas comme il l’avait toujours pensé? Pourquoi ne pouvait-il tout simplement pas considérer ces gens comme de simples outils? C’était pourtant ainsi qu’il avait toujours procédé! Qu’est-ce qui a changé? Qu’est-ce qui l’a changé?
-« Tu n’as jamais eu la moindre affection pour qui que ce soit avant de rencontrer Seth. Ce genre de sentiment ne s’efface pas comme une simple tâche. Ils sont forts, ils te rendent forts. »
-Arrête de me raconter des conneries! Je n’ai jamais eu besoin de qui que ce soit pour être fort!
-« Et pourtant, tu ne l’as jamais été plus que tu ne l’ai aujourd’hui. »
Heath sentit une larme couler le long de sa joue. Il recueilli la goûte d’eau amer sur le bout de son gant, et la contempla ébahi.
Aussi loin qu’il se souvienne, jamais il n’avait pleuré. Même se faire massacrer par Alister ne l’avait pas mis dans un état aussi misérable.
-« Admets-le. » Répéta la voix d’intelligence. « Admets que tu as changé. »
Heath soupira et éclata d’un rire nerveux et… triste. Il se redressa.
-Je l’admets. Lâcha-t-il dans un état second. J’admets… J’admets que les choses ont changés. J’admets que j’ai changé. Même si je doute fortement que cela m’ait rendu plus fort.
-« Ça viendra avec le temps. »
L’allemand prit une grande inspiration, et la relâcha. À sa surprise, une grande partie de la pression qui pesait sur ses épaules disparue.
Son regard se posa à nouveau sur le robot, celui-ci n’avait pas cessé de le fixer ne serait-ce qu’une seule seconde.
-Il y a… Commença-t-il peu sûr de lui. Il y a des gens. Des gens auxquelles je tiens, pour des raisons qui m’échappent complètement. Mais il y en a.
Il y eu un long moment silencieux, moment qui paru durer une éternité aux yeux de Heath.
-Je vois, répondis Belpois en reposant la fiole. Il semblerait que même les ordures de ton espèce aient droit au bonheur. Dieu est vraiment miséricordieux.

-Épargnez-moi vos conneries, grinça l’allemand, et donnez-moi ce putain de Lazar!
L’androïd contempla les fioles un moment, avant de les ranger dans le coffre-fort encastré dans le mur, et de le fermer.
-Je ne crois pas, lâcha Belpois sur un nouveau ton, vois-tu Serpent… Tu viens de me donner ton dernier ordre.
Heath commençait à fumer de l’intérieur, il était encore faible, mais cela ne l’empêcherai pas de corriger ce tas de ferrailles ambulant.
-Je te le demandes pour la dernière fois tête de boulon! Cracha-t-il. Files moi ces fioles ou sinon…
-Sinon quoi? Ricana l’androïd. Il faudrait être aveugle pour voir que tu n’es pas dans ton état normal. Je n’aurais aucune difficulté à me débarrasser de toi.
Heath haussa les sourcils de surprise.
-Vous avez des circuits grillés? Ou alors vous êtes juste complètement con?
Un bruit mécanique se fit entendre, et la main droite du scientifique se détacha de son corps. Un choc sourd résonna dans la pièce lorsqu’elle heurta le sol, et l’avant bras du cyborg pointa alors en direction de l’allemand, dévoilant ainsi, sa forme de mitrailleuse. Heath grogna d’agacement.
-Vous avez très mal choisi votre jour pour négocier avec moi Belpois. Prévint-il les poings serrés de rages.
-Je n’avais aucun autre choix à faire. L’Organisation a perdu ma trace, mais ma famille est toujours en danger. Tu va assurer sa protection. Tu vas protéger Jérémy, ou bien, tu vas… mourir.
Là-dessus, la mitrailleuse se mit à tourner, et cracha une rafale de balles qui arrosèrent la pièce.
Heath était cependant déjà passé en mode « Spectre », et laissait les projectiles de plomb le traverser.
-Il va falloir faire beaucoup mieux que cela. Fit-il remarquer avant d’être violemment emporter dans les airs par une force invisible. Belpois s’arrêta de tirer, et se contenta de regarder avec satisfaction l’allemand prisonnier de son électro-aimant qui était placé sur le plafond. Emprisonné par la force magnétique qui retenait ses bras, Heath se mit à tirer comme un idiot dans l’espoir de se dégager, mais rien n’y fit.
-Est-ce que ce petit tour est à la hauteur de tes espérances, gamin? Lança le scientifique d’une voix qui sonnait parfaitement moqueuse, et ce malgré la déformation produite par l’enceinte qui lui servait de bouche.
Heath répondit en lâchant un hurlement de bête, mais il devait bien admettre qu’il s’était fait avoir en beauté. Le mode « Spectre » ne lui était absolument d’aucune utilité, la force magnétique de l’aimant était si puissante qu’elle l’empêchait de changer de forme sans abandonner ses bras de métal. Et ça, l’allemand ne pouvait s’y résoudre.
-Alors? As-tu réfléchis aux conditions de mon marché? Il est plutôt honnête pour un parasite de ton espèce n’est-ce pas?
Malgré sa situation désespérante, un fou rire incontrôlable s’échappa de la gorge de l’allemand, et envahie la station abandonnée. Belpois froncerait les sourcils d’incompréhension s’il en avait.
-Puis-je savoir ce qu’il y a de si drôle?
-Votre stupidité et votre hypocrisie. Répliqua le psychopathe entre deux éclats de rire. Voilà ce qu’il y a de si drôle. Vous voulez que je protège votre famille de l’Organisation car vous avez peur de représailles à votre encontre. Vous me qualifier d’ordure parce que vous avez travaillé pour moi. Vous êtes le plus grand hypocrite que je connaisses. Ce n’est pas moi qui vous ait forcé à travailler pour des gens aussi dangereux qu’eux, ce n’est pas moi qui ait mis votre famille en danger ou qui ait réalisé des expériences sur des êtres humains. Vous êtes seul responsable de la menace qui plane sur ceux que vous aimez. Vous connaissiez les risques en travaillant pour l’Organisation, mais j’imagine que la perspective de réaliser tous vos rêves de savant fou vous les a fait ignorer. Et maintenant que vous êtes dans la merde vous dites que c’est ma faute? Vous n’aviez qu’à faire un autre choix de carrière pauvre débile!
Norman Belpois se mit à bouillir de colère.
-Tu ne sais pas de quoi tu parles! Cracha-t-il.
-Ah non? Répliqua Heath en employant à son tour un ton moqueur. Moi je trouve que je vise assez juste, et j’ai une preuve évidente pour confirmer la véracité de mes propos:
si vous voulez vraiment protéger votre famille bien-aimée de l’Organisation et de vos erreurs, il faut vous suicider, et faire en sorte que votre carcasse de métal soit retrouvée. Une fois qu’elle aura eu la confirmation de votre trépas, jamais l’Organisation ne perdra son temps à lancer de stupides représailles sur votre famille. Vous seriez mort, à quoi diable cela servirait?
Le scientifique ne répondit pas, et Heath devina que le choc auquel il était confronté aurait pu se lire aisément sur son visage si celui-ci était toujours fait de chair. Il lança:
-Alors? Comprenez-vous votre situation à présent?
-Tais-toi! Rugit le cyborg, mais l’allemand répliqua de plus belle:
-Le seul parasite ici c’est vous! Acheva-t-il. Votre existence seule représente un danger pour ceux que vous aimez! Il n’y a qu’en vous exterminant que vous garantirez leur sécurité!
Pendant de longues secondes, l’être de métal se garda d’émettre le moindre signe qu’il était encore en vie. Il ne bougeait plus, ne parlait plus, sa tête était basse, son esprit rongé par la honte.
Puis finalement, il appuya sur un bouton de la télécommande qu’il tenait dans la main gauche, et Heath fut libéré de l’électro-aimant.
Cependant, sa libération fut si brutale qu’il n’eut pas le temps de se réceptionner, et s’écroula sur le dos, laissant le choc de ses bras de métal sur le sol raisonner dans toute la pièce. Il grogna, avant de se relever et de s’étirer. Puis, il se tourna vers l’androïde qui n’avait pas bougé d’un pouce.
L’allemand se demanda pendant une seconde s’il n’avait pas fait buguer son interlocuteur, avant que celui-ci ne reprenne enfin la parole:
-J’aurais un service à te demander. En échange de quoi je te donnerais le Lazar, ainsi que la formule.
-Quel service?
-Je veux que tu me tues.
Heath haussa un sourcil.
-Pourquoi?
-Tu as besoin d’une raison?
-Oui, répliqua-t-il froidement, pourquoi?
-Parce que tu as raison. Tant que je vivrais, l’Organisation n’aura de cesse de me traquer pour continuer de mettre à profit mes connaissances. Et pour cela, il n’hésiteront pas à s’en prendre à ma famille. À mon neveu.
-À ce qu’il paraît, l’Organisation est morte.
Un son étrange sortit des enceintes du robot, Heath finit par comprendre qu’il s’agissait d’un rire moqueur.

-Tanner est mort, rectifia Belpois. L’Organisation ne se limitait pas à cet imbécile. Il me traqueront sans relâche, cette carcasse de métal dispose d’un puissant émetteur. Ils me retrouveront où que je sois. Et je ne peux pas continuer à me cacher sous-terre, sinon ils s’en prendront à ma famille pour me faire sortir. Je dois disparaître, mes restes doivent être retrouvé à la vue de tous. C’est le seul moyen de mettre ma famille à l’abri.
Les yeux de Heath s’écarquillèrent.
-C’est comme ça que vous m’avez retrouvé! Cracha-t-il furieux. Mes bras aussi ont un putain d’émetteur!
Le robot acquiesça.
-En effet, j’avais besoin d’une garantie quelconque quand je t’ai installé tes bras. Mais je suis la seule personne qui en connaisse la fréquence, étant donné que c’est moi qui l’ai réglée. Tu devrais me remercier, j’aurais pu donner cette information à Tanner et tout aurait été fichue pour toi et ces gens auxquelles tu tiens.
L’allemand sentit la colère embraser ses joues.
-Enlevez-moi ça, immédiatement!
-Très bien. Dois-je donc considérer notre marché comme conclu?
Heath rumina, mais finit par hocher la tête. Avant d’enlever son manteau, sa chemise et ses gants.
-Retirez cette saleté.
Belpois s’approcha de lui, et tendit l’index gauche. Aussitôt, un petit tournevis en jaillit. Il retira alors les vis d’une petite plaque située dans le triceps droit de l’allemand. Il se saisit alors d’un petit point vert clignotant entre son pouce et son index, et l’arracha d’un coup sec. Avant de le remettre dans le creux de la main de Heath qui l’écrasa sans hésitation.
Une fois que Belpois eut remis la plaque en place, l’allemand se rhabilla, tandis que le robot se saisit d’un stylo et d’une feuille.
Il griffonna alors des chiffres et des lettres qui remplirent le recto et le verso du papier, avant de la plier soigneusement, et de la ranger ainsi que les fioles de Lazar dans une petite sacoche de cuir qu’il tendit à Heath.
-Marché conclu. Marmonna l’allemand en approchant ses mains de la tête de métal du scientifique.
-Attends, j’aurais un dernier service à te demander.
Le jeune homme lâcha un soupir exaspéré.
-Quoi encore?
Le robot lui tendit alors une lettre, Heath déchiffra les deux mots qui y étaient inscrits:
« Pour Jérémie »
-Ça vous aurait tué de la poster? Grinça-t-il.
-J’ai une tête à pouvoir aller acheter des timbres? Répliqua Belpois.
-Vous auriez pu la déposer comme vous l’aviez fait pour moi.
-Je ne l’ai écrite que ce matin. L’adresse est au dos.
L’allemand soupira, mais il prit l’enveloppe et la fourra dans son manteau.
-Maintenant, grésilla doucement la voix de l’androïde, notre marché est conclu.
-C’est pas trop tôt. Soupira Heath avant de le saisir par la tête.


12 octobre 2001, Banlieue Parisienne, même moment


Lorsque son aide n’était pas quémandée, Légion avait de nombreux moyens à sa disposition dans le but de se distraire. Que ce soit la lecture, la télévision, ou encore tout simplement le plaisir de s’octroyer une petite balade à travers les rues de la banlieue parisienne. Malgré la puanteur que dégageait cette ville, Légion s’était incliné sous le charme du Monde. Pour lui, c’était une aventure sans fin. Il prenait énormément de plaisir à saluer un commerçant chez qui il faisait les courses, et bien davantage lorsque celui-ci lui rendait son salut. Il s’était découvert un côté très coquet, puisqu’il adorait faire du shopping à travers les multitudes de boutiques à sa disposition. Faire des choix étaient aussi difficile qu’excitant, d’une part, parce qu’il disposait de 1239 consciences différentes qui le forçait à faire de nombreux compromis. Mais surtout parce qu’il aimait tellement changer de vêtement qu’il finissait toujours par en acheter trois fois trop, et il en était si content qu’il lui arrivait de se changer plusieurs fois durant la journée pour profiter au mieux de ses possessions.
Cependant, ce que Légion aimait le plus, c’était l’interaction avec les êtres humains. 
Dans le dos de sa « famille », il s’était inscrit à des clubs d’échecs et de football. Au cours desquelles il s’était distingué par son intelligence et ses capacités surhumaines.
Rapidement, il avait finit par faire de nombreuses connaissances. Des personnes tellement impressionnés par son talent qu’elles semblaient le vénérer, et d’autres jalouses et vexées, qui tentaient de minimiser ses exploits, voire de le rabaisser lui personnellement. Mais cela Légion ne l’avait jamais compris. Comment pouvait-on critiquer quelque chose qui fonctionnait parfaitement? Cela n’avait pas de sens à ses yeux.
Assis sur le canapé à attendre que quelque chose se produise, Légion fit un rapide tour de ce qu’il pensait de sa « famille ». C’était une sorte de rituelle quotidien, comme un rapport ou un journal intime qu’il mettait à jour après chaque moment marquant. Il commença d’abord par son Créateur, et admit avec tristesse que celui-ci le décevait jour après jour. Sur Lyoko, il était le Dieu qui leur avait donné la vie, ainsi que tous ce qu’ils possédaient. Mais ici, sur Terre, il semblait bien plus faible et fragile sur les plans physiques et mentaux. Cela s’est vérifié par sa consommation abusive d’alcool qui le mettait dans un état pitoyable. Mais plus grave encore, c’est son incapacité à protéger son peuple du Grand Dragon Rouge qui l’avait stupéfait. Et à sa plus grande surprise, il avait enragé. Cet homme était supposé être leur protecteur, et pourtant, lorsque la créature avait surgie, il était resté paralysé de terreur sur son siège, comme un rat.
C’était la même chose au quotidien, malgré qu’il soit le plus âgé et le plus expérimenté, il n’avait pas l’âme de leader que les prothéens auraient voulu lui trouver. C’était Heath le véritable chef de cette maison.
Et Légion avait un respect immense pour son général, lui qui avait risqué sa vie pour protéger Lyoko et son peuple. Lui qui n’hésitait jamais à aller se battre en première ligne, et à transmettre aux prothéens ses connaissances de la stratégie et du combat. Lui qui dégageait cette aura de meneur inébranlable que Légion aurait voulu retrouver chez son Créateur. Lui qui veillait sur le bien-être de la famille en protégeant Seth et Aelita, lui qui lui donnait foi en l’humanité et en leur combat.
Et puis il y avait Seth, le sauveur de Lyoko. Celui dont la puissance avait chassée la plus grande menace que les prothéens avaient connue. Légion l’appréciait tout particulièrement parce qu’il était en partie prothéen, il en avait eu la confirmation lorsque celui-ci avait reprit le contrôle du super-calculateur. Lui aussi avait risqué sa vie pour protéger leur famille et son peuple. Il était toujours d’humeur si joyeuse, tellement joyeuse qu’elle le remplissait d’espoir. L’espoir que ce bonheur soit un jour partagé avec les siens comme il l’est avec lui.

-Légion?
Le prothéen sortit la tête de ses pensées pour observer Aelita. La jeune fille était un véritable trésor à ses yeux, toujours gentille et bienveillante à son égard, toujours là pour lui conseiller de nouveaux livres à lire, ou de nouvelles choses à apprendre. Et puis, il ressentait un besoin naturel de protéger la seule femelle de leur groupe. Les prothéens étant bien évidement asexués. Le concept le fascinait au point qu’il ne pouvait jamais rien refuser à la jeune fille.
-Oui Aelita?
-Est-ce que tu as une minute?
-J’en ai beaucoup plus, que puis-je faire pour toi?
Souriante, Aelita s’assis à ses côtés, passa un bras autour de son cou, et colla sa joue contre la sienne tout en brandissant son appareil polaroïd dans leur direction.
-Fais-moi un beau sourire s’il te plait.
Sa demande était inutile, Légion aimait tellement le contact physique que ce soudain rapprochement avait suffit à étirer ses lèvres.
Aussi la photo fut réussie et celle-ci fit vibrer le coeur du prothéen, il avait si bonne mémoire, que cet art aurait pu lui sembler superflue, mais un simple coup d’oeil aux oeuvres de la jeune fille suffisait à le transporter de joie.
-Puis-je? Demanda-t-il en tendant la main.
Toujours aussi souriante, Aelita lui tendit le cliché, et Légion l’examina attentivement pour l’enregistrer dans sa base de données.
Une fois ceci fait, il rendit la photo à la jeune fille qui le salua avant de monter dans sa chambre pour l’accrocher. De son côté, le prothéen s’empara de son ordinateur personnel, qui avait été miraculeusement épargné par la bataille avec Mathilda. Puis il y brancha un câble qu’il se planta dans la nuque. C’était l’autre partie de son rituel: partager tous ses souvenirs, ses opinions et ses connaissances avec son peuple une fois qu’elles étaient suffisamment conséquentes.
Légion connecta son ordinateur au réseau du super-calculateur, puis il chercha la base de données de la mémoire collective prothéenne.
L’accès lui fut refusé.
Stupéfait, il renouvela sa tentative. Mais en vain. Un sentiment d’inquiétude se mit à le parcourir, cela n’était pas normal. Même en veille, le super-calculateur devrait lui laisser accès à la mémoire.
Soit il y avait un bug, soit quelque chose de terrible s’était produit. Dans tous les cas, il y avait un problème qui requérait l’attention de son Créateur.
Il se débrancha, puis se précipita à la porte de celui-ci. Malgré l’urgence, il prit le temps de toquer poliment. Mais faute de réponse, il se permit d’entrer, et découvrit avec exaspération et dégoût l’état navrant de Franz. Celui-ci s’était écroulé dans un coin de la pièce, et pleurait à chaudes larmes comme un nouveau né. Le prothéen s’approcha doucement, et s’agenouilla.
-Créateur?
Aucune réponse, Légion posa alors sa main sur son épaule. Mais il fut violemment repoussé d’un revers du bras du scientifique.
-Laisse-moi tranquille. Gronda-t-il entre deux sanglots. Je ne veux pas être dérangé, tu m’entends?!
Sa grossièreté ne fit qu’attiser le mépris que le prothéen ressentait à son égard, malgré tout, il ne pouvait pas se permettre d’accéder à sa requête. Et ce, bien que l’envie ne lui manquait pas.
-Nous avons un problème…
-Je m’en moque! Le coupa le scientifique. Je n’en ai strictement rien à faire!
Une colère noire se mit à gronder dans le coeur de Légion, mais il refusa de laisser parler ses émotions. Il ne savait pas encore les maitriser.
-Nous avons perdu le contact avec notre peuple. Il nous est impossible d’accéder à la base de données du super-calculateur.
Le regard de Franz s’adoucit, et il eu l’air de comprendre la gravité de la situation. Mais sa compréhension fut partielle, car il répondit:
-Je verrais cela plus tard. Pour l’instant… J’ai besoin de repos.
-Vous avez passé les seize dernières heures à vous reposer. Lui fit remarquer Légion avec une pointe d’irritation dans la voix.
Hopper remarqua cela, car il haussa un sourcil de surprise. Mais il n’eu pas le temps de répondre, le prothéen enchaîna:
-Notre peuple et notre monde sont peut-être en danger. Nous avons besoin de votre aide Créateur, et nous en avons besoin MAINTENANT.
Franz ne semblait pas en croire ses oreilles. Sa propre création était en train de lui dire quoi faire. Habituellement, cela l’aurait plus intrigué qu’autre chose. Mais étant prit dans une véritable spirale d’émotions, le scientifique fut piqué au vif.
-Écoute-moi bien. Je fais ce qui me chante quand cela me chante. Tu m’as compris? Je me suis battu toute ma vie pour avoir ce droit. Et ce n’est certainement pas toi qui va…
Légion explosa de colère, il saisit son créateur par le col avant qu’il n’ait eu le temps de finir son caprice, le redressa, et le plaqua contre le mur.
-Vous avez beaucoup de droits, cracha le prothéen, mais vous avez aussi beaucoup de devoirs envers votre famille et votre peuple. Si jamais le problème est plus grave que vous ne semblez le penser, alors non seulement les nôtres sont en dangers, mais Aelita, Heath, Seth et vous-même l’êtes aussi. Alors faites votre devoir comme nous avons toujours fait le nôtre.
Pas une seule fois Légion n’avait élevé la voix. Mais son ton avait été si menaçant, que Franz avait perdu le peu de confiance en lui qu’il lui restait. Abasourdi, il fit part de sa résignation à sa création d’un signe de tête.
Satisfait, celui-ci le relâcha, et le regarda avec mépris se traîner les pieds hors de sa chambre, non sans avoir croisé son regard. Le scientifique fut si choqué par ce qu’il y vit qu’il accéléra le pas. Et sortit en trombe de la maison.
Légion s’apprêtait alors à le suivre par sécurité, lorsqu’un puissant gémissement de douleur résonna à travers toute la maison.
Surpris, le prothéen tourna la tête autour de lui pour tenter d’identifier ce qui avait provoqué ce cri. Mais Aelita fut plus rapide, elle sortit de sa chambre en trombe, et se précipita vers celle de Seth, d’où un nouveau gémissement se fit entendre. Légion emboita le pas de la jeune fille, et découvrit le mutant en train de convulser sur le sol tout en se tordant de douleur, les mains plaquées sur sa tête.

-J’ai maaaaaaaal. Glapit-il en pleurant. J’ai maaaaaal.
-Seth! S’écria Aelita en le prenant dans ses bras. Calmes-toi. Je suis là. Tout va bien, ça va aller.
-Aelita, j’ai si mal. Où est Heath?
-Il va revenir. Ne t’en fais pas.
-Je ne veux pas mourir. Gémit-il tandis qu’un flot de larmes se déversa sur le t-shirt rose de la jeune fille. Je vous aime tous tellement, je ne veux pas vous quitter.
Visiblement ébranlée par ces révélations, Aelita ne parvint pas à retenir ses propres larmes de couler. Elle resserra son étreinte sur le mutant.
-Tu ne vas pas mourir Seth. Dit-elle avec une conviction aveugle, et ce, malgré la panique qui lui traversait la poitrine. Tout va s’arranger. On va trouver une solution, tu vas voir.
Incapable de maitriser ses émotions, la jeune fille posa sa joue contre la tête du mutant.
-Moi aussi je t’aime petit frère. Je ne te laisserai pas partir, tu m’entends? Tu vas survivre.
Légion ne parvenait pas à bouger, il était paralysé, paralysé par le chagrin et l’effroi. Deux émotions qu’il ne comprenait ni ne contrôlait.
À son tour, des larmes coulèrent le long de ses joues. Son corps se fit lourd, à tel point qu’il posa un genou à terre, et prit la main du mutant.
-Seth, murmura-t-il. Ça va aller. Ce n’est qu’un mauvais moment, tout rentrera dans l’ordre tu verra. On protège et on prend soin des nôtres.
-Oui, renchérit Aelita, nous sommes une famille. On va trouver une solution.
Légion sentit son coeur battre à toute vitesse, la jeune fille venait-elle de dire qu’il faisait parti de leur famille? Il en fut si ému que les larmes coulèrent de plus belle. Il serra la main de Seth de toutes ses forces, il ne voulait pas le perdre. Pas ainsi, pas après qu’il eut sauvé les siens. C’était injuste!
-À… l’aide…
Le prothéen se paralysa sur place, ses yeux s’écarquillèrent de stupeur.
-Au… se…cours…
Cette voix n’était pas celle de Seth. Cependant, il la connaissait. Ou plutôt, ilS la connaissaient.
-Xana? Murmura-t-il sous le choc. Est-ce que c’est toi?
Aelita était trop préoccupée par les gémissements de Seth, aussi, elle ne l’entendit ni lui, ni la réponse qui résonna dans sa tête.
-À… à l’aide.
-Où es-tu? Demanda Légion en pensée.
-D… Dans son corps.
Le prothéen n’en croyait pas ses oreilles.
-Mais que fais-tu ici? Le Créateur a dit que tu avais été détruis par nos ennemis!
La voix de Xana était rauque et trahissait son agonie, néanmoins il parvint à répondre:
-J’ai… j’ai été séparé. Et j’ai dû… me réfugier dans… le corps de Seth. Cela fait… des mois que j’y habites. Mais… ce corps… est instable… les cellules s’auto-détruisent. Et je… je n’ai pas assez de puissance.
-Ça n’a pas de sens! Si tu avais été séparé, il resterait une partie de toi dans le super-calculateur!
-Le… le Créateur… l’a effacée. Je l’ai… vu. Je l’ai vu lorsque… je me suis reconnecté au système.
Légion mit un temps à digérer ce qu’il venait d’apprendre.
Ainsi Xana était vivant, c’était lui qui avait reprit le contrôle lors de l’attaque, et désormais, du corps de Seth. Cela expliquait pourquoi celui-ci était en partie prothéen, et pourquoi il était aussi puissant. Cependant, une furie monstrueuse s’empara de son organisme. Lors de la création de X.A.N.A., près de vingt mille prothéens avaient fusionné pour ne former qu’un seul et même être. Soit presque les trois quarts de leur peuple! Et le Créateur l’avait effacé! Comme si il n’était rien de plus qu’un fichier périmé!
-À… À l’aide.
L’agonie de Xana lui fit oublier sa colère, il devait faire quelque chose. Ils devaient les sauver tous les deux!
-De quoi as-tu besoin? Dis moi!
-De… l’énergie. Je peux… stabiliser… le corps de Seth. Mais… Je n’ai plus assez… de force.
Cette nouvelle attrista Légion, car pour ce faire, il devait sacrifier un grand nombre d’unités prothéennes. Et le pire, c’est qu’elles se portaient toutes volontaires. Un compromis ne pouvait être trouvé.
C’est alors qu’une idée germa de leurs esprits. Une idée qui leurs fendit les coeurs.
En effet, il fut décidé que ce serait les deux cent plus rapides à être transféré qui seraient sacrifiés. Une course pour mourir le premier, non, une course pour sauver leur famille. Et puis ils ne mourront pas vraiment, ils feront simplement partie de Xana. Bien qu’ils perdront leur indépendance pour ne devenir qu’un seul et même être.
Légion serra la main de Seth aussi fort qu’il pu, et commença le transfert. Aussitôt, le mutant s’apaisa, pour finir par cesser de trembler. Lorsque le prothéen eu terminé, Seth avait perdu connaissance, et était à présent plongé dans un sommeil profond. Pendant un instant abominable, Aelita cru que son petit frère était mort. Mais les bruits de sa respiration la rassurèrent, bien qu’elle se demandait si jamais elle avait encore matière à s’inquiéter.
Légion lui prit délicatement le mutant des bras, et alla le déposer sur son lit, avant de tirer sa couette sur son corps.
-Ça va aller. Dit-il à Aelita d’une voix rassurante. Tout en prenant soin de masquer la tristesse qu’il ressentait suite à la perte des siens.
La jeune fille fut si soulagée qu’elle se jeta à son cou si violemment qu’il failli tomber.
-Merci! Dit-elle en pleurant. Merci Légion!
Ce dernier lui rendit son étreinte, mais il n’osa pas lui informer que Seth n’était pas tiré d’affaires. Il fallait trouver une autre solution, et veiller sur lui. Cependant, Légion se promit qu’une fois son créateur de retour, il aurait une petite conversation avec lui. Une conversation dont Aelita n’entendra jamais parlé, et dont son père allait se souvenir.



12 octobre 2001, Usine, 13h 23

Franz Hopper en avait assez. Il n’avait pas la force nécessaire pour supporter tout ce qui était en train de lui arriver. Tout d’abord il y avait Heath qu’il ne parvenait plus à supporter. Ensuite, Herman bien que décédé, continuait de le hanter à travers sa descendance. Il avait même osé concevoir un enfant avec la femme qu’il aimait. Cette… CHOSE. Mathilda était un véritable parasite pour son existence. Pourtant, sa propre fille l’avait appelée sa soeur.
Et maintenant, voilà que sa propre création se retournait contre lui. Mais qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire que les prothéens n’aillent pas bien? Ils n’étaient que programmes, il n’aurait aucun mal à les reprogrammer si besoin.
Assis devant son pupitre de commande, Franz était en train de se torturer l’esprit à se demander comment chasser tous ces démons de sa vie. Et de celle de sa fille.
Aelita ne le savait pas, Aelita ne pouvait pas voir ce qu’il voyait. Mais tous ces gens n’avaient rien à faire dans leurs vies. Ils étaient supposés vivre ensembles, en sécurité sur Lyoko. Aujourd’hui, Franz savait que ce projet était proche d’être réduit à néant. Sa fille était trop heureuse, trop aveugle pour quitter ce monde répugnant. Et il se doutait qu’Abigail, Heath ou même Légion se mettrait en travers de sa route si jamais il tentait de lui forcer la main.
Il était si préoccupé par ses pensées qu’il avait oublié pourquoi il était venu ici. Il soupira, et tenta de se concentrer sur son travail histoire de se changer les idées.
Légion disait avoir perdu l’accès à la base de données, pourtant, Franz ne nota aucun problème particulier. Mis à part le territoire banquise qui avait presque finit de se recharger, Lyoko allait pour le mieux.
Prit d’une impulsion soudaine, le scientifique enclencha une procédure de virtualisation différée. Puis il descendit en salle des scanners, et attendit la fin du compte à rebours pour se virtualiser.
Il avait besoin de calme, il avait besoin de se détendre, de profiter de ce monde qu’il avait créer. Une petite balade sur Lyoko lui permettrait peut-être de se remettre les idées en place. Et qui sait, peut-être trouverait-il une solution à tous ses problèmes au terme de sa promenade.
Promenade qui lui fit tellement de bien qu’il ignora combien de temps elle avait durée. Il avait traversé le territoire du désert, celui des montagnes, et était presque arrivé à la fin de celui de la forêt avant qu’il ne finisse enfin par se demander depuis quand avait-il été virtualisé. Mais au final, il s’en moquait royalement. Il était très bien ici, à l’abri de tous ses soucis. Bercé par le calme et la tranquillité de sa création.
Franz était si apaisé, qu’il n’avait pas sentit la présence de la créature étrangère qui s’était faufilé dans son dos. Et lorsqu’enfin il s’en rendit compte, la seule chose qu’il fut en mesure de faire fut d’hurler son effroi face à la forme terrifiante de X.A.N.A..

12 octobre 2001, 92 Avenue Mozart, 16ème arrondissement, Paris, 13h 54

Alister en avait assez!
Il ne pouvait bouger, il ne pouvait dormir, il ne pouvait rien faire!
Rien si ce n’est attendre, attendre que quelque chose se produise, attendre qu’on se décide enfin à le libérer. Car voilà ce qu’il avait finit par devenir: un prisonnier.
Son état de stase était en train de le rendre fou, malgré toute sa puissance, il lui était impossible de lever ne serait-ce que le petit doigt. Lui le Grand Dragon Rouge avait été mit de côté, comme un jouet abandonné sur une étagère.
Son nouveau corps le livrait à des émotions violentes: rage, peur, impuissance, horreur.
Allait-il rester ainsi le restant de ses jours? Était-ce là le destin que lui avait promis l’Augure? Était-ce là sa punition ultime pour avoir échoué?
N’avait-il pas droit à une seconde chance? Ne pouvait-il pas retourner affronter Serpent et Seth? Ne pouvait-il donc pas prouver sa valeur?
Il avait perdu la notion du temps, il ignorait s’il était dans cet état depuis des jours ou de simples heures.
Lorsqu’il était sous la tutelle de son maître, il avait déjà été puni plusieurs fois. Mais ce châtiment qui lui était infligé, il ne pouvait l’accepter! Qui étaient ces gens pour le laisser ainsi? Ils n’étaient pas son maître, il n’avait aucun pouvoir sur lui!
Cette punition, il la refusait! Il ne la méritait pas! Et une fois qu’elle aurait prit fin, une fois que ses soi-disant compagnons lui rendraient sa liberté. Il comptait bien leur montrer qu’il n’avait pas d’ordres à recevoir d’eux, ni de punitions.
C’est alors que son scanner s’ouvrit, que son casque et ses électrodes lui furent retirés. S’il avait été humain, il n’aurait pas survécu à un réveil aussi brutal. Mais il ne l’était pas, il était le Dragon Rouge.
Aussi, lorsque il put enfin ouvrir les yeux, il s’apprêta à envoyer valdinguer les traitres qui l’avaient mit dans cet état.
Mais il ne fit rien de tout cela, il était encore faible et confus suite à son réveil. Il se contenta donc de fixer les personnes qui l’avaient délivré les unes après les autres, et fronça les sourcils.
Pour une raison qu’il ignorait, ils étaient tous affublés de masques étranges. Ce qui le plongea un peu plus dans sa confusion.
Il se redressa, et son regard croisa celui de la seule personne dont le visage était découvert.
C’est à ce moment précis, que tout devint clair à ses yeux.


12 octobre 2001, 92 Avenue Mozart, 16ème arrondissement, Paris, quelques minutes plus tôt.


Thomas Von Kane se massait le crâne, il avait ingéré trop d’information en une seule fois.
D’abord il apprenait qu’Alister, celui qui était supposé devenir leur arme la plus redoutable était trop dangereux à manipuler. Ensuite on l’informa que le petit ami d’Abigail, celui qui avait ruiné son jolie visage n’était autre qu’un ancien membre de l’Organisation qui avait rejoint leur oncle. Oncle qui avait une fille qui se trouvait être la soeur de leur soeur Mathilda. Et enfin, Abigail venait de leur annoncer qu’elle comptait organiser un grand diner familial. Il était véritablement en train de se demander si le Monde n’était pas devenu fou dans ce petit laps de temps. Drake semblait enchanter de savoir qu’Heath allait être convié à leur table. Lucius ressentait la même chose au sujet d’Aelita.
Lui était complètement perdu.
-Abigail? Qu’est-ce qu’on est supposé faire à présent? Demanda-t-il l’esprit toujours aussi embrumé.
-Profiter de nos vies, répondit sa soeur comme si c’était l’évidence même. L’Organisation a perdu toute trace de la technologie de notre père. Tous les traitres ont été anéantis. Et notre famille s’est agrandie. Il ne nous reste plus vivre confortablement, sans nous soucier de notre avenir.
-C’est super. S’écria Lucius visiblement soulagé. On en a enfin terminé avec toutes ces histoires.
-Pas tout à fait, fit remarquer Drake en posant son regard sur Mathilda. Il nous reste encore un dernier détail à régler pour que ce réellement finit.
Tout le monde se tourna alors vers Abigail qui affichait un sourire à la fois confiant et rassurant.
-Ce n’est rien de plus qu’une dernière petite corvée.
-Alors est-ce qu’on peut s’y atteler tout de suite? Demanda Mathilda d’un ton pressant.
Sa soeur haussa les sourcils.
-Tu es donc si pressée de revoir Aelita? Lança-t-elle d’un ton moqueur.
À sa grande surprise, Mathilda se contenta de détourner le regard, visiblement gênée. Abigail posa alors une main rassurante sur son épaule.
-Tu as raison, tu as suffisamment attendu pour avoir un nouveau corps. Il est temps de corriger cela.
Le visage de Mathilda s’illumina.
-Vraiment?
-Mais oui. Allez viens.
Sur ses mots, elle prit sa soeur par la main, et l’entraina vers la porte d’entrée.
Le bruit de la sonnette se fit entendre.
Surprise Abigail lança aux membres de sa famille un regard interrogateur. Mais ils exprimèrent tour à tour leur incompréhension mutuelle.
Qui pouvait bien sonner chez eux? Et à cette heure-ci qui plus est?
Mathilda prit la décision d’aller jeter un coup d’oeil à travers la lentille. Elle vit alors un drôle de bonhomme affublé d’une casquette de sur laquelle elle déchiffra les mots suivants:
« Friandises à volonté »
-Qui est là? Demanda-t-elle méfiante.
-Le livreur de bonbons. Répondit une voix hautaine.
-C’est TRÈS amusant. Grinça le spectre. Mais allez donc faire votre foutu blague ailleurs avant que je ne vous botte le cul.
C’est alors que le bonhomme releva la tête, dévoilant le visage le plus laid que Mathilda eut jamais vue.
Sa peau était blanche comme neige, ses lèvres rouges sang, d’horribles cicatrices étendait son sourire dément, et ses yeux verts pétillaient d’une aura maléfique.
-Toc toc. Ricana le clown.
Mathilda soupira d’exaspération, mais se décida à jouer le jeu pour se débarrasser au plus vite de ces gêneurs.
-Qui est là?
-Dante.
-Dante qui?
Le livreur s’écarta alors, et le spectre écarquilla les yeux d’horreur en découvrant Alister.
-Dante Agueule.
Sur ces mots, la créature chargea à pleine puissance la porte blindé de l’appartement qui céda sous sa puissance et écrasa Mathilda.
Les bâtards du Docteur étaient paralysés d’effrois alors que Peter Warren jaillit dans la pièce transcendé par l’effet de son entrée théâtrale.
-I’M HERE BITCHES! AND I BROUGHT FLAVORS FOR EVERYBODY!
Il leva alors son bras droit, dévoilant une poignée de billes noires qu’il s’apprêtait à éclater sur le sol. Lorsqu’une main puissante le retint.
-On se calme. Grinça Dragunov visiblement peu satisfait du bazar provoqué par l’américain.
Sur ces mots, le russe pointa sa mitraillette en direction des occupants, et constata avec agacement que ceux-ci avaient eu le temps de réagir. Thomas, Abigail et Drake les visaient avec des Browning 9mm, et semblaient prêt à tirer les premiers.
Dragunov fit alors un signe de tête à Alister qui, à la vitesse de l’éclair, se saisit de Lucius qui poussa un cri perçant et menaça de lui briser la nuque.
Thomas s’apprêtait à tirer sur la créature avant qu’Abigail n’intervienne:
-Ne tirez pas!
Satisfait, le russe lâcha Peter, et se décala pour laisser entrer Renarde. L’indienne avait un regard complètement vide, dénué de la moindre émotion. On aurait dit un fantôme.
-Bien, dit Dragunov d’une voix parfaitement calme. Maintenant que nous sommes tous réunis, il est temps pour vous de payer la dette immense que vous avez envers nous.
-Comment vous nous avez trouvés? Gronda Thomas qui n’avait pas écouté un mot du discours du russe.
Celui-ci soupira, avant de pointer Alister du doigt.
-Vous auriez dû vous douter qu’on ne se permettrait jamais de perdre des spécimens aussi rares et précieux que celui-là. Lui et sa « soeur » ont tous les deux un émetteur planté dans le cerveau. On aurait pu vous localiser à l’autre bout du Monde si vous y étiez.

-Qu’est-ce que vous voulez? Cracha Abigail qui n’avait pas quitté Lucius des yeux.
-Comme je le disais avant d’être interrompu, vous avez une dette à rembourser auprès de l’Organisation. Nous avons déjà prit possession de votre super-calculateur, mais cela ne suffit pas. Nous avons été témoins de l’efficacité redoutable dont vous avez fait preuve, et souhaiterions que vous travaillez pour nous jusqu’à ce que nous jugions votre dette remboursée.
Abigail éclata d’un rire nerveux.
-Vous vous foutez de nous? Je sais très bien comment vous fonctionnez. Personne ne prend sa retraite dans l’Organisation. On y travaille jusqu’à la mort. Et on a pas mit tant d’efforts à vous neutraliser pour qu’ensuite vous nous explo

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-Dans ce cas, il mourra. Puis ce sera votre tour. On se contentera de récupérer ce qui nous appartient. Réfléchissez bien. Avec vous hors course, nous n’aurons plus aucune difficulté. Peu importe le nombre d’années que cela prendra, nous prendrons le contrôle du réseau mondiale. Soit vous vous joignez à nous, soit vous crevez ici comme des rats. À vous de choisir.
-J’ai déjà choisi Dragounet.
Le russe eu tout juste le temps de se retourner avant de se prendre la porte d’entrée en pleine figure. D’un bond, Mathilda se précipita sur Alister, et lui planta deux doigts dans les yeux. Le mutant lâcha un grognement de douleur, et lâcha Lucius qui fila se cacher derrière Abigail. Celle-ci ne se fit pas prier, elle tira deux balles dans le corps de Peter qui s’écroula sur le sol en ricanant.
-Renarde. Rugit Dragunov le visage ensanglanté. Descends-les!
L’indienne leva ses bras les paumes en avant, et une rafale de balles fut crachée en direction des bâtards. Mathilda fut cependant plus rapide, elle la saisit par les poignets, et la plaqua contre le mur. Ce fut donc le plafond qui reçut les projectiles mortelles. Un pluie de plâtres et de sciure s’abattit elles.
Malgré le chaos ambiant, Abigail entendit des sirènes de police se rapprocher.
-Il faut partir! Hurla-t-elle avant de voir Alister se jeter sur elle. Le mutant fut cependant couper dans son élan par une balle en pleine poitrine tirée par Drake, il s’écroula sur le sol.
Peter éclata de rires tout en hoquetant, un filet de sang coulait de sa bouche. Mais il semblait pas y prêter attention.
-Vous n’irez NULLE PART! Ricana-t-il en dévoilant les dizaines de grenades attachés à l’intérieur de sa veste, ainsi que le fil en nylon qui reliaient toutes les goupilles, et dont le bout se trouvait entre son pouce et son index. C’est trop tard! Tout va sauter!
C’est alors… Qu’une multitude de formes spectrales noires d’ébène jaillirent des prises électriques. Et se mirent à danser en cercle au-dessus des différents combattants. Cette soudaine apparition eu le mérite de faire cesser le chaos, et de faire lever les yeux à tous ses acteurs.
Au même moment, au sous-sol, l’écran du pupitre de commande d’Abigail affichait un sigle rouge sur un fond noir.
-Mais qu’est-ce que…?
Abigail n’eut pas le temps d’ajouter un mot, chacun des spectres plongèrent en direction des membres de l’organisation et entrèrent dans leurs bouches respectives. Seul Alister fut épargné. Aussitôt, Peter se releva comme un possédé, et dégoupilla toutes ses grenades.
-QUE LE SPECTACLE COMMENCE!

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Chapitre 17: Chaos et Trahison



12 octobre 2001, banlieue parisienne, 14h 26


Heath était satisfait. Le Lazar était en sa possession, le corps métallique de Belpois avait été laissé en évidence proche des bureaux de TF1, et son état semblait s’améliorer de minute en minute. Malgré le fait qu’il ait détesté être utilisé comme un pion par le scientifique, il dû reconnaître que lui arracher la tête lui avait fait un bien fou. Et à présent qu’il approchait de sa maison, il ne pensait plus qu’à deux choses: guérir Seth, et se reposer.
Cependant, lorsqu’il franchit la porte d’entrée, il fut accueilli par une Aelita totalement paniquée et visiblement au bord de la crise de panique.
-Dis moi que tu as une solution pour Seth! Dis le moi s’il-te-plaît.
-Oui j’en ai une, tu veux bien me lâcher maintenant?
Les yeux d’Aelita pétillèrent de joie, et la jeune fille se mit à grimper quatre à quatre les escaliers de la maison.
-Dépêches-toi!
Un peu agacé, mais comprenant l’urgence de la situation, Heath lui emboita le pas. Une fois arrivé dans la chambre de Seth, il y découvrit Légion qui tenait la main au mutant.

-Qu’est-ce que tu fabriques? S’étonna Heath.
-Je discutais avec un ami.
-Xana?
-Vous le saviez?
-Évidemment.
Le visage de Légion se crispa de colère. Heath haussa un sourcil.
-Je peux savoir ce qu’il t’arrive?
-Est-ce que vous saviez que le Créateur avait supprimé son autre moitié?
-Hein?
-Est-ce que vous le saviez?
-Je n’ai aucune idée de ce que tu baragouines Légion. Cracha l’allemand d’une voix autoritaire. À présent pousse-toi tu veux? J’ai un frère à sauver.
Le prothéen sembla satisfait de cette réponse, bien que sa colère fut toujours palpable. Mais Heath l’ignora royalement. il s’approcha du lit de Seth, en sortit une seringue pleine de Lazar, et la planta dans le bras gauche du mutant avant de lui injecter le liquide.
-Voilà, ça devrait aller.
Tandis qu’Aelita poussa un ouf de soulagement, Légion reprit la main de Seth.
-Xana? Appela-t-il. Comment te sens-tu?
-Beaucoup mieux, mais il va me falloir du temps pour le remettre sur pied.
-Vous savez qu’on vous entend? Lança la voix de Heath qui vint perturber les pensées de Légion et Xana. Le prothéen leva les yeux vers son général.
-Comment? Demanda-t-il toujours en pensée.
-Grâce à moi. Lâcha la voix d’Intelligence. Vos communications ne sont pas très compliqués à intercepter.
-Puisqu’on est entre nous, reprit Heath sans quitter Légion des yeux. Explique-nous donc la raison de ta grosse colère. Ah, et dis nous où est passé Schaeffer. J’ai deux mots à lui dire.
Le visage du prothéen s’assombrit.
-Moi aussi.
Heath se tourna vers Aelita.
-Tu veux bien veiller sur Seth? Légion et moi devons discuter.
-De quoi?
-C’est malheureusement un peu privé. Je t’expliquerai plus tard.
La jeune fille ne semblait pas convaincue, mais elle se laissa fléchir. La santé de Seth était plus importante que le reste.
Une fois seul à seul dans le couloir. Légion expliqua à son général les raisons de sa colère, sans oublier de mentionner l’état déplorable dans lequel était Franz. Heath se gratta la tête.

-Pour être tout à fait honnête avec toi, les problèmes que tu as avec le Créateur ne me concerne pas. Aussi, je ne m’en mêlerai pas. Cependant, je te demande de te souvenir qu’il reste le père d’Aelita, et qu’elle devra être préservé de ce conflit.
-Je comprends. Répondit simplement Légion.
-Quant à sa ridicule petite dépression, je m’occupe de lui botter le cul si nécessaire. Mais je le ferais après votre discussion.
-Cela me convient Général.
-Parfait, se réjouit l’allemand. À présent, si tu le permets, je vais aller me reposer. J’aurais besoin de toutes mes forces pour dégommer ce vieux con.
Mais alors qu’il s’apprêtait à prendre le chemin de sa chambre, il entendit la sonnette résonner.
-Le Créateur est de retour.
-Ça m’étonnerait, il a la clef.
-Il a pu l’oublier dans son ivresse.
Légion était décidément très en colère contre Franz, cela allait être amusant à regarder pour Heath. Mais celui-ci choisit de faire preuve de prudence en entendant la sonnette retentir une deuxième fois.
-Allons vérifier.
Sur ces mots, le prothéen et l’allemand se dirigèrent vers l’entrée. Heath jeta un coup d’oeil à travers la lentille.

-Mais qu’est-ce que…?
Il ouvrit immédiatement la porte, découvrant Mathilda qui portait ses frères sous ses bras, et sa soeur sur son dos, un sac à la main.
Heath nota les multiples blessures dont ceux-ci étaient victimes, une certaine quantité de sang coulait sur le paillasson.
-On peut entrer? Demanda la voix pressante de Mathilda.
Heath s’écarta, et laissa le spectre passer la porte. Celle-ci connaissant déjà les lieux, alla déposer ses frères et soeurs sur le canapé. Ils grognèrent de douleur chacun leur tour.
-Vous avez de quoi les soigner?
-Évidemment. Répliqua Heath d’une voix presque outrée. Intelligence?
Un petit spectre jaillit de sa main de métal et vint refermer les plaies d’Abigail en premier. Légion s’attela à la même tache avec Drake.
-Comment vous vous êtes retrouvé dans cet état?
-On a sauté par la grande fenêtre du salon. Pour échapper à une explosion. Ajouta l’écossaise au moment où Heath fronça les sourcils.
-L’Organisation nous à envoyer les gros bras. Continua Mathilda. On a eu quelques soucis.
-Où est Lucius?
Tour à tour, les bâtards du Docteur affichèrent une mine des plus sombres. Heath n’eut pas besoin d’en demander davantage.
-Je n’ai pas réussi à l’attraper. Avoua Mathilda à mi-voix. C’est ma faute.
-Non petite soeur. Tenta de la rassurer Abigail. Tu n’y pouvais rien.
-Dites voir, l’interrompit Heath, je croyais que vous en aviez finit avec l’Organisation. Comment ils vous ont trouvé? Le coup de l’émetteur?
La jolie rousse acquiesça tout en rougissant de honte, elle aurait dû y penser.
-Il y a autre chose, dit Mathilda. Au moment où on a dû s’enfuir, les gars de l’Organisation avaient été possédés par des spectres. Ils avaient le même symbole que celui de Seth dans leurs yeux.
Heath et Légion échangèrent des regards stupéfaits.
-Seth n’a pas bougé d’ici, informa l’allemand.
-Pas plus que Xana, ajouta le prothéen avant de préciser: l’IA à qui appartient ce sigle.
-Pourtant, c’est bien celui-là que j’ai vu. Grinça Mathilda
-Cela a peut-être un rapport avec le fait que nous ayons perdu le contact avec notre peuple.
Abigail fronça les sourcils.
-Votre peuple?
-On a pas le temps pour toutes ces explications. Coupa Heath. L’important maintenant c’est d’aller au labo vérifier tout ça. On devrait aussi pouvoir s’y cacher des gars de l’Organisation. Des objections.
Un silence approbateur suivit ses paroles, l’allemand se tourna vers sa petite amie.

-Vous êtes venu comment?
-En camionnette.
-Bien, ça nous permettra de transporter Seth plus facilement. Vous avez des armes?
-À quoi ça nous servirait contre des possédés? Demanda Mathilda.
-C’est comme la capote: mieux vaut en avoir quand on en a pas besoin que de pas en avoir quand on en a besoin.
-« Alors pourquoi on en a jamais utilisé? » Se retint de de faire remarquer Abigail.
Heath continua:
-Légion? Va chercher Seth, quant à vous autres…
L’allemand n’eut pas le temps de finir sa phrase, une rafale de balles vint briser les carreaux des fenêtres et traverser le salon.
Mathilda se précipita vers Abigail pour la plaquer au sol, Drake, Légion et Thomas les imitèrent. Heath passa en mode « spectre », et aperçut l’auteur de cette fusillade.
Les paumes en avant, Renarde canardait la maison des Lancaster sans la moindre retenu. Mais son feu bien que nourri se concentrait uniquement sur le rez-de-chaussé. Une aubaine pour l’allemand, qui malgré tout, avait les poings serrés de rage.
-Cette sale pute est toujours vivante! Vociféra-t-il avant de se tourner vers Légion.
-Va chercher Seth et Aelita! Hurla-t-il pour couvrir le bruit des rafales. Je m’occupe de cette garce.
Sur ces mots, l’allemand bondit à travers la fenêtre, et se précipita vers l’indienne qui concentra son feu sur lui en vain. Heath lui décocha un coup de poing magistral en pleine figure. Renarde fut projetée si violemment qu’elle percuta la porte des voisins d’en face, et atterrit dans leur entrée.
-Tous dans la camionnette!
Il n’eut pas besoin de le dire deux fois, les bâtards du Docteur se précipitèrent tour à tour dans le véhicule. Mais il manquait des gens à l’appel.
-Où est Légion? Cria-t-il en direction d’Abigail.
-Je n’en sais rien.
Agacé mais surtout inquiet, le psychopathe s’empara d’une voiture garé à proximité, la souleva de toute sa puissance, et l’envoya s’encastrer dans la bâtisse à l’intérieur de laquelle Renarde avait atterrit, l’écrasant au passage.
L’allemand fonça ensuite à toute allure à l’intérieur de sa maison, juste à temps pour rattraper un Légion groggy et un Seth toujours inconscient qui avait été balancé sans ménagement du haut de l’escalier.
Un cri de détresse mêlé à un rire sinistre parvint alors à ses oreilles, il leva les yeux, et découvrit une Aelita totalement paniquée sous l’emprise des bras puissant d’un drôle de bonhomme à la peau si translucide qu’il ressemblait à un sinistre clown.
-Salut Serpent! Balança celui-ci entre deux ricanements. Je t’ai manqué?
L’intéressé n’en crut pas ses oreilles.
-Peter?
-Oui c’est moi! Ton ennemi le plus amoché! Et j’ai quelques petites friandises pour toi!

L’américain leva alors son poing droit plein de billes noires, et les envoya en direction de l’allemand qui eut tout juste le temps d’attraper les siens et de bondir en arrière avant l’explosion. Mais le souffle de celle-ci le projeta violemment dans la rue, où il alla s’écraser sur le dos. Il parvint néanmoins à protéger Seth en l’entourant de ses bras de métal, mais pour ce faire, il dû lâcher Légion. Le prothéen alla s’éclater contre la camionnette d’Abigail qui manqua de se renverser sous le choc.
Heath ne prit même pas le temps de respirer, il se tourna vers l’arrière du véhicule dont les portières étaient toujours ouvertes.
-Attrape! Lança-t-il à Mathilda avant de lui lancer son propre frère que le spectre réceptionna sans difficultés. Il s’apprêtait alors à retourner dans la maison en flammes, lorsque qu’une nouvelle pluie de balles vint lui siffler prêt des oreilles. Renarde était enfin sortit des décombres dans lesquelles elle avait été ensevelie, et se faisait un malin plaisir de mitrailler la camionnette d’Abigail.
-Il faut qu’on dégage! Hurla celle-ci en démarrant le moteur.
Heath grogna de frustration, mais il finit par aller ramasser Légion et s’installer sur le siège passager. Tandis que Mathilda refermait les portes arrières, et qu’Abigail écrasait la pédale d’accélérateur.
Renarde continua de canarder le véhicule, mais heureusement pour les fuyards, aucun pneu ne fut touché.
Heath attendit qu’ils soient suffisamment éloignés pour laisser éclater sa rage.
-Vous avez détruit l’Organisation?! Mon cul oui! Tu veux bien m’expliquer pourquoi ces deux connards sont toujours en vie?!
-On a pas été aussi efficace qu’on l’avait pensé. Admit Abigail en tachant de se concentrer sur la route.
-Vous avez été nul à chier tu veux dire! Putain, si j’avais été là je n’aurais pas laissé un travail aussi bâclé!
-Non mais tu va la fermer oui?! Rugit la jolie rousse. Indique moi plutôt le chemin de votre planque!

-À gauche. Tu savais pour moi?
-Non.
-Et Alister? C’est toi qui l’a envoyé?
Abigail soupira de résignation et de regret.
-Oui. Admit-elle.
Heath leva les yeux au ciel.
-Je ne sais pas ce qui me retient de t’éclater la tête. Grogna-t-il.
L’écossaise s’esclaffa.
-On sait tout les deux ce qui te retient mon grand. Lança-t-elle, un sourire triomphant sur le visage.
L’allemand se renfrogna, avant de se tourner vers Légion.
-Comment tu te sens soldat?
-J’ai connu mieux général. Répondit le prothéen alors que ses os se remettaient en place dans une série de craquements hideux.
Heath se tourna alors vers l’arrière pour vérifier l’état de Seth.
-Comment il va? Demanda-t-il à Mathilda.
-Pas une égratignure.
-On a eu de la chance, ajouta Thomas. On a pas subit trop de dégât.
Le visage de l’allemand s’assombrit alors.
-On aurait pu faire mieux, Peter a enlevé Aelita.
Le coeur d’Abigail manqua de s’arrêter de battre.
-Tu es sûr?
-Oui.
-Excusez-moi Abaddon. S’immisça Drake en levant le doigt pour demander la parole qui lui fut accordée. Mais comment pouvez-vous être sûr qu’elle fut enlevée et non tuée?
-Parce que si Peter avait voulu la tuer il l’aurait fait sous mes yeux. Répondit Heath. En me balançant des explosifs à la gueule, il a surtout voulu couvrir sa fuite. Il était là pour Aelita, j’en suis certain.
Abigail semblait un peu déconcertée par ce qu’elle venait d’entendre, de même que Mathilda qui s’adressa à l’allemand.
-Mais pourquoi…?
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase que les hurlement d’une multitude sirènes vinrent leur vriller les tympans.
-Génial. Gronda Thomas. Voilà que les flics se joignent à la fête.
-Avec tout le bordel qu’on a créé je me demandais quand est-ce qu’ils finiraient par se pointer. Avoua Abigail.

Heath se contenta de grogner d’exaspération. La police n’était à ses yeux qu’un simple contretemps, il déplaça Légion à l’arrière de la camionnette. Puis il ouvrit sa portière, et recula juste à temps pour éviter un tir qui l’aurait touché en pleine tête.
-Bordel de…
Il jeta un coup d’oeil à son rétroviseur, et aperçut Renarde installée à l’avant de l’une des voitures qui les poursuivait.
-C’est pas les flics. Vociféra-t-il de rage. C’est pire.
-Quoi?
-Passe par les quais, ordonna-t-il à Abigail en ignorant ses protestations. On rejoindra plus vite notre planque et ce sera plus simple de se débarrasser de ces emmerdeurs.
Sans attendre de réponse de la part de sa petite amie, l’allemand passa en mode « spectre », arracha sa portière, et grimpa sur le toit de la camionnette sans prêter attention aux balles qui lui traversaient le corps. Une fois positionné, il pu observer avec agacement les sept voitures de police qui étaient à leurs trousses.
-Hé bin, ça va pas être long. Soupira-t-il avant de lancer de toutes ses forces son projectile dans le pare-choc du véhicule le plus proche.
Celui-ci perdit complètement le contrôle de sa trajectoire, et vira à gauche tout en percutant l’un des siens. Les deux voitures traversèrent la barrière qui délimitait la route, et finirent leur course au fond de la Seine.
-Plus que cinq. Dit-il avant de remarquer une drôle de forme du coin de son oeil droit.

Il tourna la tête, et aperçut un homme munit d’ailes écailleuses lui foncer dessus à toute vitesse. Il n’eut pas le temps de réagir que la créature le percuta de plein fouet, les envoyants tous les deux s’écraser à travers la vitrine d’un Spa.
Abigail, qui avait assistée à la chute, jura de rage.
-Il faut qu’on se débarrasse de ces connards, lança-t-elle à Mathilda qui acquiesça d’un signe de tête.
Mais alors qu’elle se dirigeait vers la caisse dans laquelle toutes leurs armes étaient entreposées, son corps se mit soudain à se déformer.
-Ma tour! Cria Mathilda avant de disparaître sous les yeux de ses frères, de sa soeur et de Légion.
-Mon super-calculateur! Renchérit Abigail en comprenant l’horreur de leur situation. Bande d’enfoirés!
Une volée de balles vint alors s’écraser contre les portes arrières de la camionnette, un Thomas complètement paniquée finit par hurler:
-Et maintenant on fait quoi bordel?!
Abigail serra les mains sur son volant. Elle n’avait pas la réponse à cette question.


*************


Un peu sonné, Heath sentit soudain une main puissante le saisir par la cheville, et le sortir des débris du bureau dans lequel il s’était écrasé.
Son bourreau se tenait bien debout, ses ailes étaient déployées dans toute leur splendeur.
-Bonjour Serpent. Sourit Alister de tous ses crocs avant de recevoir un violent coup de coude métallique sur le genou qui craqua sous le choc. La créature poussa un hurlement de douleur, et lâcha sa proie qui retomba sur les pieds
-Salut petit frère. Sourit Heath de toutes ses dents. Si tu savais à quel point j’ai attendu ce moment.
Sur ces mots, le psychopathe décocha un uppercut au menton du Dragon Rouge qui alla s’encastrer dans une voiture garée à l’extérieur. Mais il n’en resta pas là, d’un bond, il se projeta sur son ennemi, et lui planta son pied dans l’estomac. Alister en eu le souffle coupé.
Heath le saisit alors par la gorge, et le souleva de terre tout en continuant d’ignorer les hurlements des passants qui s’enfuyaient à la vue de leur combat.
L’allemand déclencha alors une avalanche de coups parfaitement ajustés sur le torse musclé de la créature qui eu bien du mal à encaisser le choc, et hoqueta quelques gouttes sang noir tandis qu’un filet du même liquide coulait le long de son nez.

-Tu as fais une très grave erreur Boulard. Dit-il d’une voix maléfique. Tu es peut-être beaucoup plus fort que moi sur Lyoko…
Avec force, il envoya son petit frère dans les airs avant de l’attraper par la queue, et de le tirer brutalement au sol pour qu’il s’éclate la face du corps contre le trottoir. Heath le fit alors passer par-dessus son épaule et en fit de même avec son dos. Puis il le fit tournoyer comme une vulgaire peluche au-dessus de sa tête, avant de l’envoyer s’écraser contre un lampadaire qui céda sous le choc.
-… Mais ici tu es sur mon territoire. Finit-il. Et personne au monde n’est assez fort pour me surpasser.
Alister peina à se relever suite à toutes les blessures qu’il avait subit. Malgré tout, il parvint à cracher un océan de flamme qui emporta Heath, et embrasa le bâtiment derrière lui comme une torche trop huilé.
Son triomphe fut cependant de courte durée lorsqu’une main de métal surgit du feu pour lui couvrir la bouche, mettant ainsi un terme à son numéro de cracheur.

En mode « spectre », Heath ne craignait pas les flammes.
En transe, il déboita la mâchoire du Dragon Rouge d’un simple mouvement du poignet. Puis il le força à le regarder droit dans les yeux.
-Cette fois je ne te laisserai aucun espoir, dit-il la voix emplie de haine. Je vais t’abattre comme un chien mon petit dragon.
Sans crier gare, Alister se fit aussitôt pousser une queue qui alla s’enrouler autour du bras libre de l’allemand qui fut distrait par la surprise de la manoeuvre.
Grâce à cette emprise, la créature parvint à tirer son bourreau vers l’arrière, et à le faire lâcher prise. Puis, avec l’énergie du désespoir, il se précipita vers le bord de la Seine, et s’envola.
Mais Heath l’attrapa par la queue, l’empêchant ainsi de s’éloigner.
-Où tu crois aller comme ça? Tempêta le psychopathe en tentant de le ramener vers la terre ferme. Cependant, au moment où il tira sur le membre, celui-ci se rompit. Emporté par son élan, Heath tomba sur les fesses. Tandis qu’Alister s’enfuit aussi loin que ses ailes blessées pouvaient le porter.
Assis par terre, une queue qui ne cessait de se tortiller dans la main, l’allemand bouillait littéralement de rage en voyant au loin sa proie la plus précieuse s’échapper.
-On se retrouvera petit frère, promit-il à mi-voix. Et cette fois tu ne m’échappera pas.
-Mettez vos mains sur la tête!
Heath se retourna et découvrit tout un escadron de membres du GIGN et de policiers prêt à tirer ou à lui foncer dessus.
-Vous allez faire une énorme connerie les gars, dit-il en se relevant, tandis que la queue fondait comme neige au Soleil. Pour ne laisser qu’une bouillie puante.
-À genoux! Hurla le policier avec le haut-parleur. Ne nous obligez pas à faire feu!
-Dernière chance. Prévint Heath avant qu’une balle ne vienne lui traverser la jambe.
L’allemand soupira d’exaspération face à l’incompréhension et l’horreur des hommes en uniforme.
-J’adorerai vous charcuter les uns après les autres, avoua-t-il, mais je suis très pressé.
Sur ces mots, il bondit par-dessus le barrage des forces de l’ordre sous la stupéfaction de ses représentants. Avant de repartir à pleine vitesse à la poursuite de ses compagnons.





**********


-Drake! Arrête tes conneries!
Le balafré repoussa son frère d’un revers de main en pleine figure, Thomas s’étala sur le sol de la camionnette qui continuait d’essuyer un feu nourri. Certaines balles avaient déjà réussi à transpercer la carrosserie, et Abigail avait dû se débarrasser de son pare-brise brisé à coups de poings pour pouvoir conserver une bonne visibilité. Mais ses mains n’étaient pas aussi solides que celles de Heath, et elles saignaient de toutes parts, serrées contre le volant d’un véhicule qui était de plus en plus difficile à manoeuvrer.
-Qu’est-ce qui se passe?! Hurla-t-elle à l’arrière.
Pour seule réponse, elle entendit l’ordre que Drake aboya à Légion.
-Ouvre les portes!
-Ce n’est pas une bonne idée, l’informa le prothéen. Vos chances de survie ne sont pas très élevés
Le balafré cracha sur le sol.
-Ma mort je suis libre de la choisir! Maintenant ouvre ces putains de portes!
Légion obtempéra, et enclencha le mécanisme d’ouverture des portières arrières qui se mirent à valdinguer dans tous les sens, offrant ainsi une piètre fenêtre de tir. Mais Drake n’avait pas besoin de bien voir pour toucher ses cibles.

En effet, depuis leurs voitures de polices, Renarde et ses compagnons xanatifiés observèrent avec curiosité, un adolescent de quatorze ans au visage balafré, allongé sur le sol d’une camionnette aux portes virevoltantes… Armé d’une mitrailleuse lourde M-60 à la John Rambo.
-HALLELUJAH! Rugit-il en appuyant sur la détente, libérant un véritable raz-de-marée de balles du calibre 7,62 × 51 même OTAN qui vint déchiqueter non seulement l’avant des voitures de police, mais également les portières de la camionnette.
Très vite les xanatifiés perdirent le contrôle de leurs véhicules. Les deux premières finirent dans la Seine, la troisième alla s’encastrer dans un salon de coiffure, la quatrième fut tellement déchiquetée qu’elle ralentit jusqu’à finalement s’arrêter au milieu de la route. La cinquième à l’intérieur de laquelle se trouvait Renarde se retrouva avec un pneu crevé, elle vira de travers, fit plusieurs tonneaux, et s’arrêta finalement sur le capot. Mais l’indienne profita de sa condition de xanatifiée pour défoncer l’une des portières, et continua la course-poursuite en courant aussi vite qu’elle le put.
Drake eut beau décharger sur elle les dernières douzaines de balles qu’il lui restait, il ne parvint pas à l’empêcher de sauter à l’intérieur du véhicule. Le balafré fut neutralisé d’un puissant coup de talon qui lui fractura la clavicule, Renarde envoya ensuite son arme s’écraser sur la route d’un coup de pied bien placé. Puis elle se tourna vers Thomas, et une vague de haine submergea son visage.
-Pour Xiao. Marmonna-t-elle avant que Légion ne lui attrape la tête à pleine main.
-Assimilation. Lâcha le prothéen.
Renarde poussa alors un hurlement à glacer le sang, tandis qu’un spectre qui semblait souffrir autant qu’elle s’échappa de sa bouche avant de plonger dans celle de Légion. Il s’écoula alors plusieurs secondes étonnamment calme, où personnes n’esquissa le moindre geste ou la moindre parole. À l’exception de Drake, qui se tordait de douleur sur le sol.
-Assimilation terminée. Annonça Légion avant de lâcher une Renarde visiblement au bord de l’évanouissement.
L’indienne tomba à genou, les mains à terre, elle cligna des yeux plusieurs fois avant de lâcher:
-Tu as… Tué Xiao…
-J’en suis sincèrement désolé, répondit Thomas d’une voix triste. Avant de lui décocher un coup de batte de baseball métallique en pleine figure.

Renarde fut emportée par la violence du choc, et rebondit plusieurs fois sur le bitume tandis que la camionnette en piteux état finit de semer sa dernière poursuivante.
-Il faut qu’on se planque! Cria le belge à sa soeur. Tous les flics de Paris vont nous courir après! Si on reste dans cette poubelle on est complètement baisé!
-Je m’occupe de ça, répondit la rousse. Comment va Drake?
-Je survivrais, gémit l’intéressé entre deux grognements de douleur. Est ce qu’on a de la morphine?
-Je vais voir.
Thomas fouilla alors la caisse dans laquelle était entreposé leur équipement, mais jeta tout de même un oeil du côté de Légion.
Le prothéen avait une mine sombre, la haine et la colère froissaient son visage habituellement neutre.
-Qu’est-ce que tu lui a fais? Demanda le belge tout en sortant un sachet en plastique remplie de petit cachets blancs.
-J’ai assimilé le spectre qui la renforçait. C’était l’un des nôtres.
-« C’était »? Il ne l’est plus?
-Non… Il n’avait pas de conscience, pas de libre arbitre… Seulement une mission. Celle de mettre tout en oeuvre pour nous éliminer.
Thomas fronça les sourcils.
-Qu’est ce que tu as appris d’autre?
Légion posa alors son regard sur son interlocuteur, celui-ci frissonna face à la haine viscérale qui s’en dégageait.
-Le Créateur… Nous a trahit.

*****

Renarde mit un certains temps à se remettre les idées en place suite à la confusion qui régnait dans son esprit. Plusieurs passants s’approchèrent d’elle afin de vérifier son état, mais lorsqu’ils se rendirent compte qu’il lui manquait la moitié du visage. Ils s’enfuirent à toute jambe. L’indienne posa la main sur son crâne robotique, mais refusa de s’apitoyer sur son sort.
Elle était plus forte qu’elle ne l’avait jamais été, elle avait été à deux doigts de venger la mort de celle qu’elle aimait. Elle était prête à tout sacrifier, y comprit sa propre personne. Lorsque cette présence maléfique, cette X.A.N.A. avait joint son esprit au sien. Elle savait qu’elle n’aurait plus jamais de besoin à combler. Servir ce nouveau maître lui convenait très bien du moment qu’elle parvenait à obtenir sa vengeance. Mais à présent, elle n’entendait plus sa voix dans sa tête, elle avait perdu toute la force qu’elle avait reçue. Elle était à nouveau seule.
Renarde se redressa difficilement, et s’apprêtait à reprendre la poursuite bien que fortement diminué.
Mais ses plans furent immédiatement compromis lorsqu’elle fut percuté de plein fouet par ce qui lui sembla être un rhinoféros, et l’envoya mordre la poussière une seconde fois.
-Tiens donc, ricana une voix qu’elle n’osa reconnaître, mais qui voilà?
En un éclair, Renarde se redressa, et tenta d’envoyer un coup de poing à son agresseur. Celui-ci le bloqua avec presque trop de facilité.
-Salut la pouffiasse. Lança Heath en tordant le bras de sa victime. Tu m’as manqué tu sais?
Sur ces mots, l’allemand lui balaya les jambes, et la plaqua sur le dos. Complètement paniquée, Renarde se débattit comme une furie pour échapper à l’emprise de son bourreau. Mais celui-ci disposait d’une puissance physique écrasante.

-Jolie jouet, commenta-t-il en lui arrachant son bras en métal, mais les miens sont indémodables.
-« Je dirais plutôt mis à jour. » Précisa Intelligence alors que Heath saisissait sa proie par la gorge.
-Dis moi pourquoi cet emmerdeur de Peter a enlevé Aelita.
Si Renarde avait encore de la salive, elle lui aurait craché à la figure.
-Va te faire foutre!
Heath leva les yeux au ciel.
-Je ferais bien une vanne sur ta profession préférée, mais là je suis vraiment énervé. Alors soit tu craches le morceau…
-…Soit tu m’embroches par le vagin avec ton bras?
L’allemand haussa les sourcils.
-Je suis vraiment devenu si prévisible? Demanda-t-il vexé.
-Tu es un connard! Cracha Renarde. Les connards j’en ai connu des centaines!
-D’accord… Alors voilà ce que je propose: soit tu me dis tout ce que tu sais, et je t’accordes une mort rapide. Soit je t’arraches l’autre bras, les jambes, ce qui te sert de langue, ce qui te sert de chatte. Puis je te crèves les yeux et je te laisse pourrir ici jusqu’à ce que quelqu’un te récupère et te recycle. Ça te va?
Renarde éclata de rire.
-Tu n’as plus aucun moyen de me faire peur enfoiré! Et je n’ai plus rien à perdre! Fais ce que tu veux, savoir que tu vas souffrir comme le sale porc que tu es suffit amplement à me satisfaire!
-Pour une pute dans ton genre ça m’étonne pas qu’il en faille si peu. Cependant…

Renarde vit alors avec horreur une forme de spectre s’échapper du nez de Heath, avant de plonger dans le sien.
Une douleur abominable irradia le cerveau de la jeune fille qui laissa échapper un hurlement désarticulé. Sa vie toute entière défila devant ses yeux, mais ce qu’elle ignorait, c’était qu’elle défilait également devant ceux de Heath. Après dix bonnes secondes de torture, l’allemand relâcha sa victime qui continua malgré tout de gémir sa souffrance.
-Sale fils de pute! Cracha-t-il avant de saisir l’indienne par la tête.
-J’aurais adoré faire durer ce moment tu sais? Grinça-t-il entre ses dents. Mais je n’ai plus le temps de m’amuser. Alors je vais simplement m’assurer de ne plus jamais revoir ta sale tronche!
-Merci… Eut-elle le temps de lâcher avant que le psychopathe ne lui arrache la tête.
Ses dernières paroles auraient, en temps normal, agacé son bourreau, mais celui-ci n’avait plus qu’une seule chose en tête.
-Schaeffer. Gronda-t-il de rage tout en ignorant les centaines de sirènes et les hélicoptères qui se faisaient de plus en plus proches. Je vais vous déchirer la face!


************


Peter déposa une Aelita inconsciente dans un des scanners, puis il remonta jusqu’au labo, et s’installa sur le siège.
-À vos ordres X.A.N.A.. Récita-t-il plein de fierté. Transfert Aelita, scanner Aelita, virtualisation.
La jeune fille aux cheveux roses s’étala de tout son long sur le territoire des montagnes. Complètement déboussolée, elle prit un temps pour se remémorer son kidnapping. S’il était possible d’avoir des réactions physiques sur Lyoko, elle aurait été prise de convulsion en se remémorant le visage abominable de son ravisseur. Qui était-il? Pourquoi l’avait-il amené sur ici? Un flot de question dont elle n’avait pas le temps de faire le tri, elle devait fuir, et le plus tôt sera le mieux. L’elfe virtuelle aperçu au loin une tour au halo bleu, ce serait la meilleure cachette dont elle pourrait disposer en cet instant. Et avec un peu de chance, il s’agirait d’une tour de passage. Ce qui rendrait sa fuite plus bien aisée.
Mais alors qu’elle s’apprêtait à piquer un sprint, une voix familière lui vrilla les tympans:
-Aelita! Attends!
La jeune fille n’en cru pas ses oreilles, elle se retourna.
-Papa?
-Oui mon trésor, c’est bien moi. Dit le scientifique sous sa forme de sphère lumineuse. Tu n’as pas à t’inquiéter, tout va très bien.
-Très bien?! Tempêta Aelita. Tu plaisantes j’espère? Un espèce de cinglé m’a kidnappée! La maison a été détruite! Je ne sais même pas si Abigail et les autres vont bien! Comment veux-tu que les choses aillent bien!
-Tout ça n’a plus d’importance mon trésor. Heath, Seth, les enfants d’Herman. Ils n’ont plus aucune importance.
Aelita resta estomaquée devant de telles horreurs. Était-ce véritablement son père qui prononçait ces paroles?
-Ça n’a plus d’importance, continua-t-il, car notre famille est à nouveau réunie.
Devant l’incompréhension de la jeune fille, le scientifique s’écarta. Dévoilant la surprise qu’il offrait à sa progéniture.
Les yeux d’Aelita jaillirent de leurs orbites.
-Ma… Maman?


************


Toujours installé au pupitre de commande, Peter ne se souciait guère de la réunion de famille à laquelle il assistait.
En revanche, son attention fut tout de suite accaparée par l’ouverture soudaine du monte-charge, et de l’Alister en piteux état qui en sortit.
Malgré le fait que ce résultat était prévisible sans pour autant être garantie, Peter n’en resta pas moins extrêmement déçu.
-Je suis navré maître, souffla la créature à bout de force, je n’ai rien pu faire.
Warren balaya ces excuses d’un revers de la main. Ils avaient encore bien d’autres cartes dans leurs manches.
-Va te placer dans un scanner. Ordonna-t-il d’une voix ferme. La partie est loin d’être terminée.
Alister inclina légèrement la tête, et obtempéra. Peter devrait être en colère, il devrait même être furieux de voir qu’un autre de ses plans avait échoué. Mais il n’en fut rien, car il savait parfaitement ce qui allait suivre.
Il n’avait plus qu’un souhait, un souhait que la créature informatique qui nichait dans son cerveau était prête à lui accorder.
-« Enclenche la virtualisation différée que j’ai spécialement préparée pour toi. Ensuite va dans un scanner. Ta récompense t’y attends. »
Le cannibale sourie autant que la chirurgie faciale qu’il avait subie le lui permettait. Il fit ce qui lui était demandé, et prit place à l’intérieur du scanner.
-Mon chère, TRÈS chère Serpent, siffla-t-il entre ses dents alors que les portes se refermaient, nous allons enfin pouvoir régler nos comptes. Une bonne fois pour toutes.




**********


Mathilda n’en menait pas large, une puissance inconnue avait désactivée sa tour et visiblement prit possession de leur super calculateur.
Sous sa forme de spectre virtuel, elle n’avait aucun contrôle. Et la configuration stupidement simpliste de son monde virtuel ne lui laissait aucune cachette.
En effet, Abigail n’avait pas chercher à créer un « monde » à proprement parlé, mais seulement une interface virtuel qui leur permettrait de s’en prendre à leurs ennemis.
Mathilda se trouvait donc au milieu d’un grand carré violet qui disposait de cinq tours. Une à chaque extrémité, et une au centre. Et son plus gros souci était là: elles avaient toutes été activées par cette puissance inconnue qui leur faisait des misères.
Elle avait d’abord tenté de les désactiver, mais avait misérablement échouée, car les codes avaient été changés.

-Putain de merde! Hurla-t-elle en signe d’impuissance. Il y a forcément une solution, bordel! Creuse-toi les méninges!
Si elle avait disposées de mains, même virtuels, elle se serait sonné les cloches à coups de poings.
Mathilda finit par changer de stratégie. Si elle ne pouvait rien tirer de son monde virtuel, pire encore, si quelqu’un d’autre en profitait, alors elle devait s’en débarrasser. Mais elle se retrouva à nouveau face au même problème: elle n’avait pas accès aux tours pour regagner le monde extérieur.


Mais il y avait peut-être un autre moyen, un moyen extrêmement risqué, mais le seul qu’elle avait trouvé.
Elle plongea dans la Mer Numérique, en espérant avoir suffisamment de puissance énergétique pour y survivre le temps de sa manoeuvre.
« -Vous auriez dû vous douter qu’on ne se permettrait jamais de perdre des spécimens aussi rares et précieux que celui-là. Lui et sa « soeur » ont tous les deux un émetteur planté dans le cerveau. On aurait pu vous localiser à l’autre bout du Monde si vous y étiez. »
Un émetteur planté dans le cerveau de Crystal, voilà sa solution! Si elle parvenait à la localiser, elle pourrait peut-être réussir à prendre le contrôle de la dernière mutante de la fratrie de son père.
Certes… Elle ne connaissait pas la fréquence émise par le dispositif, mais sa capacité à être localisé partout dans le Monde était la preuve qu’il ne devait pas être difficile à repérer.
Pourtant, elle n’y parvint pas. Elle eut beau utiliser toutes les forces qu’elle avait en réserve, rien n’y fit.
Crystal, qui aurait dû se trouver toute proche de leur super calculateur était introuvable.
Mathilda sentit ses forces diminuer, et la panique l’envahir. Elle ne voulait pas disparaître! Pas comme ça! Sa famille avait besoin d’elle! Abigail, Thomas, Drake, Seth… et Aelita. Elle n’avait pas réussi à sauver Lucius. Mais elle ne devait pas baisser les bras, elle devait se battre.
ELLE DEVAIT SURVIVRE!

C’est alors qu’enfin, elle détecta l’émetteur tant rechercher. Cependant, si la manoeuvre paraissait risquée lorsqu’elle disposait encore d’une bonne puissance énergétique, celle-ci avait à présent des airs suicidaires dans son état actuel.
Mathilda ne prit même pas la peine de réfléchir, elle remonta le signal aussi vite qu’elle le pu, et lorsqu’elle parvint au bout de ce tunnel virtuel, elle abattit sa dernière carte.
Avec le peu de force qu’il lui restait, elle entra à pleine vitesse dans le corps qui représentait désormais son salut.
Malheureusement, elle ignorait si sa manoeuvre avait été couronnée de succès, ou si son échec avait été fatal. Car c’est à instant précis qu’elle sombra dans l’inconscience. Le coeur virtuel plein d’espoir, un espoir qui était sans doute trop mince pour s’y accrocher. Mathilda Schaeffer disparut du réseau mondial. Sans savoir elle-même quelle serait sa destination.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


Dernière édition par Tyker le Dim 28 Juil 2019 22:15; édité 1 fois
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StellaeArrente MessagePosté le: Mar 23 Avr 2019 21:23   Sujet du message: Répondre en citant  
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Je ne voulais pas accrocher, j’ai accroché.

Au début je me suis dis bon je vais lire ce fameux « Pandémonium », je clique sur le sujet et je vois : Lire « Du sang du la neige » avant pour comprendre cette fiction. J’me suis dis fais chier.

Bah je me suis pas fais chier.

Tout d’abord merci à toi aussi d’avoir écrit cette petite pépite. Ca fait plaisir de lire des histoires intéressantes, d’autant plus qu’elle est original, elle a sa petite touche et son propre univers.
Lyoko, Olympia, les Prothéens, XANA/Xana, les Thanos/Seth/Crystal, la Banshee, le Death Battle à ta sauce. J’aime bien.

Sur son style d’écriture, c’est fluide, agréable à lire. Je souligne que les descriptions des scènes de combats sont vraiment TON point fort. Il y a eu des phrases lourdes, parfois trop ponctué ou pas assez justement. Un point sur lequel je vais venir : les descriptions
Voilà les scènes de combats sont bien, on est dedans, on s’imagine bien la scène. Ce qui manque selon moi dans tes chapitres (ça s’applique à tes deux fictions) c’est le manque de descriptions sur les personnages.
On sent que Andrew/Serpent/Heath est ton personnage, il a une évolution assez particulière.

Là ou pour moi il y a un manque c’est au niveau du Docteur Herman, d’Anthéa, De Renarde, de Corbeau, de Dragonne même, ect… J’aurai aimé que tu nous démontre plus la psychologie de ces personnages, que tu les développe plus. Même si tu finis toujours par éclaircir certains points à un moment dans ton récit, moi j’aurai aimé plus.
Après je peux comprendre si c’est un choix de ne pas développer plus tous ces persos’, mais tu le fais très bien avec Heath, Franz Hopper, Aelita, même Peter (j’croyais que tu l’avais tué mais en faite non c’est un putain de survivant.)

T’installe des dynamiques entre personnages qui sont intéressantes :

Heath/Peter : C’était top
Heath/Renarde : Putain excuse- moi, tu pouvais développer plus ce rapport haineux et apporter une meilleure conclusion à leur histoire. (Okey il lui arrache la tête mais c’était rapide, RIP Renarde.)

Heath/Abigail : Pitié j’espère que tu en feras pas un HarleyxJoker ou alors une relation plus subtile. (parce que pour le moment ils se Ken tous les soirs, mais on sait pas vraiment c’est quoi exactement… Je veux dire tu as fais la scène du dépucelage le plus hardcore, chapeau à la madame d’avoir supporté la douleur alors quelle avait jamais sentie le loup avant. Mais c’est quoi les interactions qu’il y a entre eux ? Ils parlent de quoi ? C’est quoi ce petit truc qui fait que Heath accroche à cette fille et ne la tue pas ? Oui il lui a fait une cicatrice, mais bon y a pas que ça.)

Heath/Alister : Alors encore une fois je croyais que tu l’avais tué. Je sais pas comment il a survécu à l’explosion. Autant je t’ai dis que les scènes de combat c’était ton point fort, autant j’ai trouvé que ça manquait cruellement de dialogue entre les deux vrais frères. D’interactions.

Heath/Seth : J’adore comment ta fais de Seth un boulet. Un boulet mignon. Ce qui est dingue c’est de voir qu’Heath s’est attaché à ce mutant. Il le prend sous son aile, prétend être son grand frère et y a un aspect touchant. Pourquoi Heath s’est cherché un deuxième frère ? Il voulait un être plus fort ? Je veux dire quelle était la finalité de cette action. (je reviendrai sur le point des relations entre frère dans ta fic)

Heath/Hopper : On dirait un peu un fils et un père qui ont beaucoup de mal à communiquer entre eux, bien qu’Heath ne soit pas attaché au vieux con il se souci quand même de sa fille.

Heath. Tu réussi à le rendre attachant (pas forcément aimable) après je suis étonnée qu’on passe d’un psychopathe aux pulsions sanguinaires limites incontrôlables à un psychopathe qui finit par ressentir de l’attachement auprès de personnes dont il ne pensait pas s’attacher. Seth et Aelita. Et Abigail mais à sa façon hein.

Je ne sais pas ce que tu as contre les jeunes filles, mais décidément tu aimes les faire souffrir… RIP Sabrina. Pourquoi ce problème avec les femmes quand il n’avait aucune envie de meurtre envers Corbeau et Dragonne ? Renarde on comprend pourquoi, Sabrina bon il avait envie de tuer c’est tout. Abigail c’était le déni parce cette meuf lui plait (j’étais étonné qu’elle soit vierge d’ailleurs). Si on revient à la base de tout ça : le rapport avec sa mère.

Il dit juste que sa mère aimait trop ses enfants. Okey. C’est tout ? C’est quoi qui a provoqué chez Heath cette méfiance des femmes, ce dégoût et cette envie de tuer les femmes (jeunes surtout) ?
Heureusement, heureusement qu’Intelligence lui a « retiré/réduit/diminué » ses pulsions meurtrières…

Le rapport avec les femmes il est un peu particulier, pourtant avec les hommes ça l’est aussi. Il aimait pas son père, il voyait son petit frère comme un faible, Hopper est utile mais c’est une sale merde (mais on comprend Hopper aussi). On sait qu’il aime avoir l’ascendant sur son adversaire. La petite référence à l’ange Abbadon était vraiment pas mal.

Est-ce que son rapport avec les femmes sera réglé, ou il finira par buter Abigail ?
Est-ce que ce qui retient Heath de tuer Abigail c’est juste son cul ?

Ah oui, RIP Valentine même si cette fois c’est pas du tout la faute à Heath. Je te dis t’aime bien tuer les jeunes files toi. xD

Moi ce qui me tue avec ton personnage, c’est que malgré tout ce qu’il est, il a quand même du bon sens.

Je viens maintenant aux rapports familiaux entre frères. Déjà je ne m’attendais pas à ce que Docteur et Hopper soient des frères, et que tu fasses un parallèle avec Heath/Alister. Décidément les grand frères sont toujours des connards abusifs et pourrissent la vie de leur petit frère adoré.
Hopper est un connard mais on comprend vraiment pourquoi il est tel quel, fatigué, usé, déprimé, alcoolique, désespéré, mal dans sa peau, avec la présence d’Herman qui ne le lâchera jamais en faite.

Ton histoire n’est pas encore finit, j’espère qu’elle durera encore un bon moment. Ça me fait tout drôle de lire cette fic’ et de voir quelle n’est pas encore fini.

Dans Pandémonium ton style s’est encore plus amélioré, donc heu… Continu ! Voilà. Very Happy

J’pense que y a d’autres points que je voudrais aborder mais je pense t’avoir posé pas mal de questions.

Vivement la suite, vivement l’évolution de tes persos, leurs rapports, et tout ce qui va se passer (parce que là je suis obligé d’attendre maintenant.. Very Happy)
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