CodeLyoko.Fr
 
 Dernières news  
[Site] IFSCL 3.5.0 sortie
[Site] 10 ans plus tard... Les scripts ...
[IFSCL] IFSCL 3.5.0: Trailer
[Site] Le point sur les fangames!
[IFSCL] IFSCL 3.4.0: Sortie!
[Code Lyoko] Code Lyoko sur Youtube et...
[IFSCL] IFSCL 3.4.0: Trailer
[Code Lyoko] Un Youtubeur vous offre u...
[Code Lyoko] La Renaissance de l'île S...
[IFSCL] IFSCL : 7 ans déjà !
 
 Derniers topics  
[Jeu PC] Sortie IFSCL 3.5.0
[One-shot] Le petit chien est mort
[Fanfic] Jeux d'enfants
[Fanfic] Oblitération
[One-Shot] Aiguille rouge et flocon s...
[One-Shot] Aiguille grise et perle fine
[Fanfic] Replika on the Web
Creative Maker Universe
[LyokoVN Editor] Fanfics Interactives...
[Jeu VN] Travail d'équipe 0.5 - Code ...
 
     
 Accueil | Règles du forum News | FAQ | Rechercher | Liste des Membres | Groupes d'utilisateurs | T'chat | Retour au site 
  Bienvenue, Invité ! (Connexion | S'enregistrer)
  Nom d'utilisateur:   Mot de passe:   
 

192 résultats trouvés
Forum Code Lyoko | CodeLyoko.Fr Index du Forum

 Auteur  Message
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 22 Aoû 2017 01:15   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Bon comme je n'ai rien à faire (et que je suis obligé de rester debout) je vais répondre tout de suite à ce commentaire d'Iko, principalement parce qu'elle a soulevée les bons points à mes yeux. Smile

Citation:
Je vais attaquer par la déception Serpent-bis. Son apparition sur Lyoko a totalement fait plouf alors qu'il était annoncé comme un antagoniste super badass. Et il l'avait été, dans un chapitre précédent, sauf que tout le monde a eu le temps d'oublier ça vu le temps écoulé depuis


Citation:
Dans la catégorie des personnages qui auraient pu être classes mais qui se chient, on a aussi Peter qui a actuellement le rôle du méchant qui tape du pied en promettant de se venger en arrivant jamais à rien, un peu comme un personnage de dessin animé. Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas


Je vais simplement te dire que ces effets étaient voulus. Je suis donc content d'avoir réussi mon coup. Smile

Avis d'Ikorih:

Citation:
En fait, je pointerai du doigt Heath, et son aura de personnage à peine pété. Concrètement, y a jamais trop de suspens sur ses combats virtuels et je ne me souviens même pas l'avoir vu perdre, preuve qu'il n'a jamais encaissé de revers significatif...


Avis d'Icer:

Citation:
Le combat entre Heath et l'Augure était haletant, avec un véritable suspense sur l'issue.


Spoiler


Je te laisses débattre de ce point avec ton bro'. Qui au passage, a réussi a orthographier le mot "suspense" mieux que toi. Je le laisses fêter son triomphe. Mr. Green
Edikorih : Une remarque à faire sur mon orthographe, Tyker? Surprised

Edityker: C'est déjà fait. Wink

Ceci dit, tu mets aussi le doigt sur le fait que mes délais de publications font oublier certains détails que je croyais assez marquant pourtant... Je vais devoir me montrer davantage régulier pour éviter ce souci.

Heath est pété? Hmm... Tout à fait normal Mr. Green

Citation:
Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas, même si elles lui ont permis de battre Légion (dont on a plus entendu parler depuis d'ailleurs, à voir ce qu'il est devenu)...


J'ai beaucoup de personnages, je dois parfois faire l'impasse sur les secondaires pour me concentrer sur les principaux. Ça me fait penser que je n'ai pas rajouté Légion à la liste des persos. Je te remercie donc de m'en parler Wink


Citation:
Un mot vite fait sur le meilleur orphelinat du monde : déjà, je ne viens de percuter que maintenant que Thomas était le Thomas de chez Abigail and co. Comme quoi il est bien la fantôme-attitude incarnée, là où même Drake qui pourtant n'a quasiment pas de dialogues se permet de laisser une empreinte plus marquante.


On parie que tu te souviens de Drake mieux que de Thomas simplement parce que celui-ci s'appelle Drake? Rolling Eyes
Je plaisantes. J'avoue, je ne pensais pas que Thomas serait fantomatique à ce point. La grosse différence doit venir du fait que j'ai écris sa scène flashback après l'avoir déjà présenté comme étant le frère d'Abigail à l'inverse de ses frères et soeurs. Ça devrait changer maintenant que sa scène est postée. Mais si jamais ce n'est pas le cas, je changerais quelques petits trucs dans mon scénario.


Citation:
Vivement qu'ils voient leur soeur rentrer avec une balafre XXL sur la face, ça devrait les faire réagir. Ensuite, donc, l'orphelinat : il est toujours ouvert avec les merdes qui s'y passent?! Certes, dans ta fic les flics servent surtout à être bourrés en service m'enfin...


Ce point est intéressant, je n'en dis pas plus. Mr. Green


Citation:
Sinon on m'a dit que ce passage sentait un peu l'hémoglobine gratuite...les luttes de pouvoir pour le titre de l'auteur le plus sanguinolent du sous-forum sont toujours ouvertes.


https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/736x/28/82/c1/2882c1dd39d5793ae2b6eb2ba0757017--le-joker-joker-heath.jpg


Non mais...

Citation:
Je vais en arriver au gros point du chapitre qui est juste au dessus : la relation Heath/Abigail (dont la conclusion n'est guère surprenante héhé). Je pense que c'était un pari risqué, et possiblement délicat à écrire puisqu'après tout, rien de mieux qu'une romance pour ruiner un personnage sanguinaire. Globalement, ça passe bien quand même, et ça vaut mieux pour le reste de la fic parce que au vu de la part que prend le traitement d'Heath, ç'aurait été la merde autrement. Le plus rigolo sera probablement quand ils découvriront leur implication mutuelle dans les mondes virtuels (Abigail avait bien mentionné qu'il pouvait lui être utile pour sa vengeance...).
Tu t'en étais assez bien sorti pour esquiver les écueils niais mais la fin du chapitre a eu raison de tes efforts : le moment où ils s'endorment l'un contre l'autre est teeeellement mignon (a) Remarque, de la part d'un mec qui a une signature Reine des Neiges...(smirk)


J'avoue que ça me rassures, j'ai vraiment essayé de faire en sorte que cette "romance" soit cohérente avec Heath. Pour ce qui ait de la dernière phrase, je me suis un poil adoucie depuis que j'ai adopté un chaton (elles sont démoniaques ces bêtes-là) Mr. Green


Citation:
Je me suis honnêtement fait chier en lisant la backstory racontée par Hopper. Autant globalement ta fic en brosse un tableau plutôt original, autant là j'ai eu la vague impression de retomber sur des trucs qui avaient été vus et revus dans d'autres textes. A l'exception notable de la phase "casino" de Franz. Mais sinon, baah...mouaif.


C'était un peu forcé, j'avais déjà raconté la backstory de Franz dans le premier chapitre. On remarquera (ou pas puisque le chapitre 1 a été posté il y a deux ans (a)) que les deux versions ne sont pas identiques. Car Franz a caché une partie de la vérité à Aelita. En faites, je voulais simplement qu'Aelita soit au courant pour son oncle. Et je n'avais pas envie de sauter d'un bout à l'autre en skippant le récit. Aelita et son père ayant eu trop peu de scènes ensembles.


Citation:
Je conclurai en disant cependant que je continue à suivre, malgré les remarques mitigées que j'ai pu formuler, ça reste une très bonne fic avec de très bons persos. L'un des points que j'aime bien dans l'intrigue est la période à laquelle elle se déroule, qui fait d'ailleurs que l'action a un temps limité pour se faire (à ce propos, quelle chronologie prends-tu pour la série? 2003 ou plus tard?).


Celle de 2003. Et pour ceux qui se demandent, si j'ai bien l'intention de faire en sorte que ma fic soit cohérente avec le dessin animé:

Spoiler


Citation:
PS : Y a pas la liste des persos avant le chapitre 10 :c


Corrigé, Merci beaucoup au passage Smile
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 21 Aoû 2017 15:51   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler


Spoiler



Chapitre 10: Le Diable et La Succube


27 septembre 2001, 16ème arrondissement, 20h04

Drake L. O’conner s’adonnait à son activité favorite: la prière.
Certaines personnes qui le connaissaient à peine, croyaient qu’il s’était tourné vers Dieu pour éviter de penser aux cicatrices horribles qui recouvraient son visage. Ces personnes avaient tort. Drake avait accueilli ces marques comme une bénédiction de la part du Seigneur. Elles représentaient le jour de sa résurrection, le jour où il avait été libéré du joug des démons qu’il avait appelé ses parents. Le jour où il avait rencontré sa soeur, Abigail Hobbs, l’ange qu’il appelait sa soeur

Le jour où il avait juré de passer le reste de son existence, à anéantir le moindre parasite à forme humaine qui polluait le monde de Dieu. Et c’était par le feu, l’arme divine du Seigneur, qu’il s’y prenait.
Drake possédait une obsession pour le feu très particulière, sa fascination pour cet élément était sans égale. Pour lui, il représentait le cadeau ultime que Dieu avait fait aux hommes afin qu’il se dresse au sommet de la chaîne alimentaire, ce qu’ils ont fait.

Les règles concernant ses prières étaient simples et strictes: aucune interruption ne sera tolérée. Lucius avait un jour commis l’erreur de l’appeler pour le diner, Drake l’avait alors envoyé balader d’un regard abominable. Il priait tout les jours, à huit heures, quatorze heures, vingt heures, et minuit. Ses prières quotidiennes duraient cinq minutes montre en main, et il avait la réputation fondée d’être réglé comme une horloge. Si l’on respectait cela, la cohabitation avec lui ne posait aucun problème. En dehors de ses moments de foi intense, c’était quelqu’un de très gentil, qui aimait les gens en général.

Thomas Von Kane, attendait avec une assiette de cassoulet à la main que son petit frère rouvre les yeux. Une fois ceci fait, il lui fit signe de le suivre. L’écossais acquiesça, et lui emboita le pas.
Depuis leur rencontre, Drake et Thomas s’entendaient assez bien. Enfin, aussi bien que pouvaient s’entendre deux frères. Ils se respectaient, discutaient régulièrement, et s’appréciaient assez pour leur ouverture d’esprit commune. Ce qui ne les empêchaient pas d’être en désaccord sur de nombreux sujets, notamment celui concernant l’existence même de Dieu.
Ils avaient eu de nombreuses disputes à ce sujet, et à maintes reprises, Abigail avait été forcée d’intervenir pour éviter qu’ils en viennent aux mains. Au final, et après un temps d’adaptation l’un à l’autre. Drake avait réglé ce conflit par cette simple phrase:
-« Dieu préfère de bons athées à de mauvais chrétiens. »
A partir de ce moment, il n’y eut plus jamais de problèmes sérieux entre les deux frères. Seulement des chamailleries qui étaient propres à l’amour fraternelle qu’ils portaient l’un pour l’autre.

Thomas et Drake empruntèrent l’escalier de service de leur immeuble, et descendirent au dernier sous-sol. Une fois arrivés, l’aîné sortit un trousseau de clés et ouvrit la grille de métal qui donnait accès aux caves. Ils s’enfoncèrent dans les galeries grossièrement aménagées pour atteindre la porte la plus éloignées des autres. Une imposante porte d’acier se dressait devant eux à présent, Drake tapa le code à 7 chiffres, fit vérifier son empreinte digitale sur la fausse serrure, et après un déclic, poussa la porte.

La pièce dans laquelle ils pénétrèrent était affreusement mal rangée. Des centaines de câbles et de fils électriques jonchaient le sol, ce qui obligeaient les deux frères à faire de grandes enjambées pour les éviter. Un immense supercalculateur en forme d’obélisque occupait un tiers de la pièce, les trois scanners étaient alignés les uns contre les autres. Abigail Hobbs et son pupitre de commande, étaient quand à eux situés dans un coin.
Elle salua ses frères d’un sourire, mais prit un air embêté aussitôt qu’elle vit ce que Thomas tenait dans les mains.

-Je suis vraiment désolé les garçons, mais je ne manges pas ici ce soir.
-Ah bon? Qu’est ce que tu as prévu de faire?
La jeune fille laissa échapper un sourire malicieux, et tapota son écran du doigt.
-Ce que j’avais prévu de faire depuis bien longtemps. Mais que j’ai été forcée de reporter à cause du virus.
Drake se tourna vers le pupitre.
-Le virus est déjà prêt?
-Évidement qu’il est prêt, répondit la voix de l’Augure. Nous pensons d’ailleurs l’utiliser très prochainement, une fois que le reste de l’attaque sera définitivement planifié.
-À ce propos, commença Thomas. Vous ne pensez pas qu’il est encore un peu tôt? On vient à peine de commencer quelque chose qui devait durer des mois, vous êtes sûr que ce virus nous garantirait la victoire?
Abigail leva les yeux au ciel.
-Tu crois que je n’ai pas préparé mon coup? Nous avons un avantage énorme sur l’Organisation. Un avantage dont ils n’ont pas conscience. Une fois l’attaque lancée, il faudra compter sur le chaos ambiant pour la réussite de notre opération.
-Je ne comprends toujours pourquoi il faut que tu sois présente grande soeur. Remarqua Drake. Si jamais il t’arrivait malheur…
-Il ne lui arrivera rien, coupa l’Augure. Je serais là pour m’en assurer.
Les deux frères ne semblaient pas convaincu, mais se laissèrent fléchir. Satisfaite, Abigail se frotta les yeux, puis se leva.
-Où est ce que tu vas? Demanda Drake alors que sa soeur avait déjà ouvert la porte.
-Je vais me faire belle pour mon rencard, répondit la jolie hollandaise.
Elle sortit de la salle, laissant Thomas rouler des yeux, Drake froncer les sourcils, et l’Augure soupirer d’exaspération.


27 septembre 2001, Banlieue parisienne, 20h 36



Heath Lancaster était en train de crever d’ennui. Allongé sur son lit, un livre sur la dynastie Tudor à la main, le psychopathe était envahi par un profond sentiment de lassitude.
Il était lassé d’attendre.
Sa dernière confrontation avec l’Organisation avait déchaîné sa passion, à tel point qu’il s’était excité comme un enfant en attendant la prochaine attaque. Mais les jours passèrent, puis les semaines, et au final, il n’avait plus rien eu à se mettre sous la dent depuis plus de vingt jours. Vingt jours, 480 heures passées à broyer du noir. Son impatience était telle, qu’il avait suggérer au professeur Schaeffer d’attaquer eux-mêmes l’Organisation. Ce à quoi le scientifique avait répondu:
-« C’est exactement ce qu’ils attendent de nous. Grâce à la destruction de leur vaisseau, nous sommes tranquilles pour un bon mois. Mais ils reviendront, et à ce moment là nous les détruirons. Pas avant. »

Franz lui avait alors expliqué son plan: Il allait envoyer un virus de sa conception à travers leur vaisseau pour griller leur supercalculateur. Heath s’était alors emporté. Il reprocha à Franz son manque de pragmatisme et pointa du doigt le fait que rien ne les empêcherai d’en construire un nouveau. Mais le scientifique n’était pas dupe, et il avait compris ce que l’allemand avait réellement en tête.
-« Tu veux tous les tuer, c’est ça »?
La discussion n’était pas allé plus loin, Heath ayant parfaitement compris que Franz ne changerait pas d’avis.
Aujourd’hui, il regrettait de ne pas être allé plus loin. L’Organisation n’était pas constituée d’enfants de choeurs, ils n’abandonneraient pas aussi facilement. Mais la destruction de leur supercalculateur permettrait à Franz de disparaitre définitivement, lui et sa fille. Et c’était tout ce qui intéressait le scientifique.


Heath soupira, il n’avait toujours rien à faire. Il caressa l’idée de sortir se trouver une victime à torturer, mais il se ravisa. Il devait cesser de penser comme un enfant de quatorze ans, maintenant qu’il en paraissait dix-huit. C’était finit les caprices de jeunes psychopathes, il se devait de murir. Résigné, il décida de descendre prendre quelque chose à grignoter dans la cuisine. Mais à sa grande surprise, son téléphone sonna. Et plus surprenant encore, le numéro affiché lui était inconnu. Méfiant, il décrocha, et porta le portable à son oreille.
-Allo?
-Coucou!

La voix d’Abigail Hobbs lui fit l’effet d’une gifle en plein visage, lui qui avait espéré ne plus jamais entendre parler d’elle.
-Qu’est-ce que tu veux? Vociféra-t-il.
-Hé bien quelle forme. Gloussa la jeune fille. Je me demandais simplement si tu étais libre ce soir?
-Comment est ce que tu as eu mon numéro?
-Tu n’as pas l’air très emballé.
-Comment tu l’as eu?
-À ton avis?
Heath prit un moment pour réfléchir, avant de grogner:
-Aelita…
-Ne lui en veut pas, je lui ai un peu mis la pression. Et puis, je lui ai promis que je te sortirais un peu .

-Je ne suis pas ton chien.
-Bien sûr, bien sûr. Alors? Tenté?
Le psychopathe éclata de rire.
-Je n’ai aucune envie de revoir ta tête de poufiasse.
Abigail était vexée, mais elle ne se laissa pas abattre.
-Même contre ta fausse carte d’identité?
-Ma…
Par réflexe, le psychopathe se mit à fouiller ses poches; Rien. Abigail gloussa de nouveau.
-Heath Lancaster, lut-elle à haute voix, né le 15 mai 1983 à Manchester. 1m 82 pour 75 kilos. Cheveux bruns, yeux bleus, habite au…

-C’est bon, grogna l’allemand, j’ai saisi.
-Je dois dire que c’est une très belle imitation, commenta la jeune fille d’une voix studieuse. Malheureusement pour toi, j’en connais un rayon sur les faux papiers. Et si ta carte est fausse, j’imagine que tu caches quelque petits trucs qui feraient plaisir à la police. Je me trompes?
Heath avait l’impression de se faire manipuler comme un banal mouton, en rage, il se retint de ne pas briser son téléphone.
-Qu’est ce que tu veux?
-J’ai envie de sortir ce soir. Elle avait prit une voix mielleuse, ce qui donnait de furieuses envies de meurtres à l’allemand. On se retrouve au Boulevard Barbes dans une heure.
-Attend une minute, je…
Trop tard, Abigail avait raccrochée. Heath resta un moment sans bouger, avant de se jurer de lui faire payer son insolence de la meilleure des manières.
En rage, il attrapa son manteau, enfila ses chaussures, et sortit en trombe de sa chambre.
-Et où est ce que tu vas comme ça? L’interpella Franz Hopper au moment où il passait devant le salon.
-T’occupes! Répondit-il avant de claquer la porte d’entrée.

Assis dans son fauteuil, le scientifique réajusta ses lunettes.
-On ne l’a vraiment pas assez corrigé quand il était môme celui-là.
Il s’apprêtait à reprendre sa lecture, lorsqu’une Aelita tout ensommeillée fit son apparition en baillant.
-C’est quoi tout ce raffut?
-Ce n’est rien ma chérie. Heath était en colère après je ne sais pas trop quoi. Ça devrait lui passer.
Aelita se remémora alors la demande qu’Abigail Hobbs lui avait faites plus tôt dans la journée, et elle ne put s’empêcher de pouffer. Elle ignorait complètement la raison pour laquelle la jeune hollandaise avait souhaiter s’approprier le numéro de l’allemand. Mais une chose était sûre, Heath n’avait pas apprécié.
Elle s’apprêtait à retourner se coucher, lorsque son père la rappela:
-Aelita?
La jeune fille se figea sur place. Il s’écoula une dizaine de secondes pesantes, avant que Franz ne se décide à reprendre la parole:
-Parle moi ma puce, tu ne peux pas rester en colère contre moi indéfiniment. Je sais que tu m’en veux beaucoup, et je serais prêt à tout pour que tu me pardonnes. Mais on n’arrivera jamais à rien si jamais on ne se parle pas. Je t’en pris…
La princesse de Lyoko se sentait trop fatiguée pour se battre avec son père. De plus, elle devait admettre que ne plus rien partager avec lui la faisait aussi un peu souffrir. Alors elle se laissa fléchir, et hocha la tête.
Le visage réjouit, le scientifique chercha rapidement un sujet de conversation.
-Seth rentre de plus en plus tard ces temps, remarqua-t-il, qu’est ce qui le retient occupé comme ça?

-Il a une copine.
Le regard interloqué de Franz Hopper fit pouffer sa fille.
-Je suis sérieuse. C’est une fille de notre classe qui s’appelle Valentine, elle est gentille, tellement gentille que ça en devient presque dérangeant.
-Comment ça se passe avec Seth?
-Je l’aime bien, je crois que je commences vraiment à le considérer comme mon petit frère tellement j’ai de choses à lui expliquer. Il est tellement naïf, c’est très mignon.
Franz sourit à cette nouvelle, le fait de savoir que sa fille appréciait sa nouvelle vie lui fournissait une source de motivation supplémentaire pour réussir sa quête.
-Les relations fraternelles sont très importantes, commenta-t-il, je suis content de savoir que vous vous entendiez si bien.
-Mouais, si Heath pouvait rentrer dans son personnage ce serait plus simple. Mais bon, je n’aimerais pas avoir cet excité comme grand frère de toute façon.
-Je te comprends, j’en ai eu un comme ça moi.

À peine eut il finit de prononcer ses paroles, qu’il se rendit bien vite compte de son erreur. Aelita écarquilla les yeux.

-J’ai un oncle?
Le scientifique hésita, avant de se résigner. Elle en avait de toute façon trop entendue pour essayer de nier.
-Oui, soupira le scientifique. Enfin plus maintenant… Mais oui, j’ai eu un frère.
Fascinée par les paroles de son père, la jeune fille s’assit dans le canapé en face de lui.
-Raconte-moi.
-Aelita…
-Papa, s’il te plait.
-Je ne sais pas si c’est vraiment nécessaire.
-Tu as vendu la mèche, remarqua la jeune fille. C’est un peu tard pour se demander ça maintenant.
Franz soupira d’exaspération, avant de se redresser dans son fauteuil, et de poser son livre.
-Très bien, marmonna-t-il. Mais je te préviens: ce n’est pas une belle histoire.
Aelita acquiesça, se mit à trembler d’excitation. Hopper, de son côté, réfléchissait au moment où il devrait commencer son récit.
Une fois le point de départ trouvé, il invita sa fille à s’installer sur le canapé. Puis, il prit une longue gorgé de la tasse de thé qui était posée sur la table basse.
-Mon frère s’appelait Herman, et il était mon aîné de vingt ans. Il est né un peu avant la seconde guerre mondiale, de l’union de ma mère et d’un allemand naturalisé français qui s’appelait Franz Schaeffer. Dans sa jeunesse, c’était quelqu’un d’extrêmement sérieux, qui travaillait dur pour gagner la fierté de ses parents. De ce que je sais, cette petite famille était tout ce qu’il y avait de plus heureuse. Le père avait un bon emploi, et la mère offrait volontiers tout l’amour qu’elle possédait à son fils et son mari. Malheureusement, Franz Schaeffer était juif, et la seconde guerre mondiale eut raison de lui juste avant la libération. Je ne sais pas exactement comment il est mort. Je crois qu’il s’est battu avec un soldat nazi pour protéger sa famille, et que le combat a eu raison des deux combattants. Toujours est il que ce jour aura marqué un tournant dans la vie de Herman, il n’avait que huit ans lorsqu’il a vu son père mourir. Cela lui a donné la rage suffisante pour réussir tout ce qu’il entreprenait.
Un genre d’obsession était né chez lui, celui de devenir l’un des hommes les plus puissants du monde. J’ignore encore la raison qui motivait son ambition… Peut-être cherchait-il toujours la fierté de son père? Impossible à savoir.

-Peut-être qu’il cherchait à prendre soin de sa mère? Proposa Aelita qui était sincèrement plongée dans le récit.
Franz secoua tristement la tête.
-Il a délaissé notre mère, le jour de ses seize ans. Il a obtenu son Bac, et est parti étudier à l’étranger pendant plusieurs années. Mais même avant cela, il ne lui accordait plus beaucoup d’attention. Seul son travail l’intéressait.
Aelita acquiesça, elle ressentait un peu de tristesse pour cette grand-mère qu’elle n’avait pas connue. Elle aurait sans doute méritée beaucoup plus d’amour après tout ces sacrifices.

Hopper prit une nouvelle gorgée de thé, et continua son histoire:
-Quatre ans ont passés, et après avoir obtenu son diplôme, Herman est rentré chez sa mère. Où une bien mauvaise surprise l’attendait…
Franz marqua une courte pause pour déglutir, avant de reprendre:
-Notre mère était décédée, elle était morte en me donnant la vie.
Aelita resta interdite.
-Herman n’avait jamais répondu à la moindre lettre de sa mère, celle-ci s’était sentie abandonnée de tous. Elle avait tentée de trouver du réconfort après d’autres hommes, mais la seule chose qu’elle réussit à en tirer, ce fut moi. Un enfant qu’elle avait mit au monde au prix de sa propre vie.
Je dois dire que j’ai été extrêmement chanceux: il n’y avait personne à la maison lorsque Mère m’a mis au monde. La femme de ménage nous a découvert le lendemain, ma mère morte dans son lit, et moi qui hurlait de faim entre ses jambes. Herman est rentré en France une semaine plus tard, et m’a emmené avec lui. Mais je peux d’ores et déjà te dire qu’il ne l’a pas fait par amour pour moi ou notre mère.

Pour la première fois depuis bien longtemps, la princesse de Lyoko adressa à son père un regard compatissant. Celui-ci lui répondit par un sourire qui se voulait rassurant.
-Herman ne m’a jamais maltraité, il était même très investi dans mon éducation. Il m’a enseigné tout ce qu’il connaissait, faisant de moi le gamin le plus savant du monde. Quelque part, je crois qu’il cherchait en moi ce qu’il voulait donner à son père: de la fierté.
Mon enfance et mon adolescence se sont plutôt bien déroulés, ce n’est qu’après mon entrée dans la vie professionnelle que les choses ont changées. Herman venait de mettre sur pied ce qu’il avait appelé une « entreprise », et naturellement, il m’avait demandé de travailler pour lui une fois mon diplôme en poche. Mais à ce moment là, j’ai choisi de refuser. J’en avais assez de faire tous ce qu’il demandait. J’étais un jeune homme de 21 ans, et j’avais envie de croquer la vie à pleine dents. Nous avons eu une violente dispute le soir de mon refus, mais je ne pourrais pas te la décrire, car j’ai préféré oublier ce fichu moment. Le lendemain, j’ai utilisé un peu d’argent durement gagné pour m’offrir un voyage à Las Vegas. C’est à ce moment là que j’ai lancé ma carrière de compteur de cartes.

Aelita fronça les sourcils, ce qui amusa son père.
-Je n’ai pas toujours été ce vieux scientifique rabougri. Et ces années furent parmi les plus belles de ma vie: avec mon niveau en calcul mental, je gagnais des milliers de dollars sans jamais me faire prendre. Je vivais confortablement, j’avais des amis riches, et un certains nombres de conquêtes. Mais tout à voler en éclats. Et je pense aujourd’hui que Herman n’était pas étranger à ce malheur.
Je me suis fais prendre, j’ignore encore comment c’était arrivé, mais j’ai passé un sale quart d’heure. Les gorilles du casino que je fréquentais le plus souvent m’ont mis en pièces. Et je suis rentré chez moi en boitant avec une gueule démolie, pour découvrir que j’avais été cambriolé. Tou mon argent avait disparu, et mon compte en banque avait été vidé je ne sais comment. Je me suis retrouvé à la rue sans un sou pendant deux mois. Tout mes « amis » m’avaient abandonnés, et je ne parles même pas de mes conquêtes qui ont oubliées mon existence. Vivre dans la rue a été une expérience plus que déplaisante. Heureusement pour moi -enfin, si on peut dire ça-, Herman m’a retrouvé. Et il m’a à nouveau proposé de rentrer en France pour travailler pour lui. Et j’ai été forcé d’accepter. Cela a duré trois longues années, et j’ai vite compris que Herman me considérait comme étant indispensable. J’avais bien plus d’imagination que lui -à ce moment là en tout cas-, et mes inventions faisaient la fortune de son « entreprise ». Jusqu’au jour où j’ai rencontré ta mère.

Un soupçon de tristesse s’était glissé dans les dernières paroles de Franz, une tristesse qu’Aelita ne connaissait que trop bien.
-C’était une jeune stagiaire qu’Herman m’avait envoyé. Je dois dire qu’au départ, j’étais assez vexé. J’étais le scientifique le plus brillant de la boite, et c’était à moi qu’on confiait la jeune étudiante. Mais je ne me suis pas plaint très longtemps: Ta mère était d’une intelligence hors du commun. Elle comprenait tout ce que je lui apprenais et buvait mes paroles comme si c’était du vin de messe -oui, ta mère était très croyante-. J’ai finis par adorer passer du temps avec elle, elle était si brillante. Nous avons commencé à nous fréquenter hors du travail, même si au final, nous ne parlions presque que de cela. J’ai rencontré ses amis, et même sa mère -qui ne m’aimait pas beaucoup au passage-. Et puis un soir, je suis tombé amoureux d’elle. Je me souviendrais toute ma vie de cette soirée, nous avions passés une bonne partie de la nuit à nous promener dans les rues de Paris avec une bouteille de whisky à la main. Et nous avons finis chez elle, le lendemain, au-delà de son génie, j’ai vu sa beauté, et je n’ai pas été capable de voir quoique ce soit d’autre après ça.

J’avais peur que notre relation ne dure qu’une soirée, mais je fus vite rassuré lorsque le lendemain, ta mère me confia ses sentiments. Et je fis de même. Notre histoire fut vite connue au sein de l’entreprise, mais Herman n’était pas inquiet car je continuais de fournir du bon travail. Un an plus tard, ta mère et moi nous nous sommes mariés, et là encore mon frère n’a pas fait d’objections. Il a même payé pour le mariage, et a vanté mes qualités auprès de ma belle famille qui s’était toujours montrée méfiante à mon égard. Tout se déroulait pour le mieux, jusqu’à ce que tu viennes au monde huit mois plus tard. Herman et moi avons eu notre première vraie dispute depuis un bout de temps. Je voulais quitter son entreprise pour m’occuper de ma famille, mais lui était intransigeant à ce sujet. Au final, nous sommes parvenu à trouver un compromis: il m’offrait trois mois de congés pour prendre soin de ta mère et toi, et il mettait à notre disposition une baby-sitter dès que nous en avions besoin. Je n’étais pas vraiment satisfait, mais c’était mieux que rien et je m’en suis contenté. Jusqu’à ce que je ne découvre l’horrible vérité.

Franz marqua une pause, raconter cette histoire était éprouvant pour lui, mais il trouva la force nécessaire pour continuer.
-Je travaillais sur un projet qui avait été baptisé le « Projet Carthage ». Je dois avouer que j’ai mis du temps à me poser des questions sur ce projet tant il était passionnant. J’y avais mis toute mon énergie et tout mon talent, et même pendant mes congés, je continuais de travailler là-dessus. Mais un détail avait éveillé ma curiosité: j’ignorais complètement à quoi ce projet allait servir. J’ai donc fais quelque recherches, et j’ai découvert qu’il s’agissait d’un projet militaire commandé par le gouvernement français dans le but de contrôler les réseaux informatiques du monde entier. Pour quelqu’un comme moi qui connaissait de nombreux secrets concernant la guerre froide, je savais ce que cela allait entrainer. Mais pire encore, j’ai découvert que « l’entreprise » de mon frère n’était qu’une couverture pour couvrir une organisation criminelle d’envergure mondiale. J’ai failli m’évanouir en voyant cela. Prit de panique, j’ai confier tout ce que j’avais découvert à ta mère. Et nous avons prit la même décision: celle de nous enfuir.

J’ai acheter un chalet en Suisse, changer nos noms, modifier nos comptes etc… Et nous sommes allés nous installer dans les montagnes. La première année fut l’une des plus stressantes de toute ma vie, j’étais persuadé qu’Herman allait nous retrouver. Mais plus le temps passait, plus nous nous sentions en sécurité. Et plus tu grandissais, et tu nous comblais de bonheur. Mais lorsque tu avais cinq ans, j’ai commis une terrible erreur.
J’ai piraté les serveurs de l’organisation pour savoir comment avançait le projet. Au départ, j’étais satisfait car il était au point mort. Mais Herman m’a retrouvé grâce à cela, et il… Il a enlevé ta mère…
Une larme coula le long de la joue de Franz Hopper, mais il se força à continuer. Il voulait en finir.
Juste avant de nous quitter, ta mère m’a demandé de lui promettre de veiller sur toi quoiqu’il arrive. Et cela m’a encouragé à fuir une deuxième fois, à Paris, où j’ai pris le nom de Franz Hopper, et que j’ai commencé à enseigner au collège Kadic. J’imagines que je n’ai pas vraiment besoin de te raconter cela.

Aelita acquiesça. Franz reprit alors:
-Je n’avais cependant pas l’intention de laisser Herman s’en tirer à si bon compte. Alors j’ai décidé de détruire son projet, et avec un peu de chance, son organisation. Je me suis alors pris pour meilleur que je ne l’étais, et j’ai pirater les fonds de son « entreprise » afin de me construire un supercalculateur dans l’usine renault que tu connais. Ça a plutôt bien fonctionné, en quelque mois à peine, j’avais réussi l’impossible à moi tout seul. Et grâce à la fonction « retour vers le passé » que j’avais découverte, je disposais de tout le temps nécessaire pour préparer ma vengeance, et te mettre à l’abri. Mais j’ai à nouveau pêché par orgueil, je croyais que Herman était mon seul adversaire. Je compris un peu tard que le gouvernement français pour lequel mon frère travaillait, avait également des projets pour moi. Ils ont du percer à jour ma véritable identité, et on envoyé les gros bras chez nous.
-Les hommes en noirs. Se remémora Aelita.
Franz acquiesça.
-Des agents de la DGSE envoyés spécialement pour nous. Je compris que nous étions fait, mais le gouvernement ignorait tout de mon supercalculateur et de Lyoko. J’en ai alors déduis que c’était le seul endroit où nous serions en sécurité. Le reste tu le connais, je nous ai envoyé sur Lyoko, et j’ai demandé à X.A.N.A. d’éteindre le supercalculateur après que nous nous soyons tout les deux réfugiés dans des tours. J’avais programmé ma machine pour qu’elle se rallume d’elle-même après plusieurs années. Mais comme tu le sais, ce ne fut pas le cas. L’organisation avait bien exploitée ta mère, et elle réussi à nous retrouver. J’ai alors tenté de détruire ce tas d’ordure en me servant de X.A.N.A.. Mais j’ai manqué de chance.
-Que s’est-il passé?
Franz sourit de manière ironique.
-Et bien, de ce que j’ai compris, c’est Seth qui est intervenu.
Aelita resta interdite. Elle n’avait aucune idée de ce que racontait son père.

-Seth est une créature mutante créée par Herman. Lorsque j’ai envoyé X.A.N.A., il l’a absorbé. Mais seulement la moitié du programme, ce qui était déjà bien assez. Mon attaque fut un échec, et je n’eu d’autres choix que de te ramener sur Lyoko malgré la présence de ta mère. Je devais honorer ma promesse, et te protéger.
-Et ensuite?

La voix d’Aelita était fébrile, elle bataillait pour retenir les larmes de son corps.
-Ensuite je t’ai mis en sommeil pour éviter que tu ne te débattes. Puis j’ai tenté de m’attaquer à nouveau à l’Organisation, mais c’était un peu tard pour ça.
La princesse de Lyoko haussa un sourcil, et Franz clarifia:
-Heath et Seth avait déjà détruit le complexe dans lequel reposait le supercalculateur. Nous mettant à l’abri pour un certain temps. De plus, et selon les dires de Heath, Seth a tué Herman.
Aelita se paralysa d’horreur en entendant ses paroles, jamais elle n’aurait imaginé le mutant capable d’une telle chose. Franz poursuivit, visiblement pressé d’achever son récit:
-Heath et Seth sont alors venu à notre rencontre grâce à X.A.N.A.. Et aujourd’hui, nous combattons ensembles contre les restes de l’organisation qui continue de nous pourchasser. Sauf que cette fois-ci, j’ai bien l’intention de les anéantir, et de nous permettre de vivre normalement, et en sécurité, pour toujours.
Aelita se leva, incapable de contenir les larmes qui coulaient le long de ses joues. Et se précipita dans les bras de son père afin d’étouffer ses sanglots. Celui-ci imita sa fille, et laissa ses pleurs envahir ses yeux. Il plaça ses bras protecteur autour de son enfant, et la serra aussi fort qu’il put.
-Je t’aime mon ange, murmura-t-il, et je ferais tout pour te protéger. J’ai fais cette promesse à ta mère.

27 septembre 2001, Boulevard Barbes 21h12

Animé par une rage animal, Heath paya son taxi et sortit de la voiture sans attendre sa monnaie. Le quartier de Barbes était l’un des plus malfamés de la capitale française. Les prostitués africaines étaient incroyablement nombreuses, de même que les dealers, les voyous, et les sans-abris. Tous ce que l’allemand voyait autour de lui faisait penser à un bidonville moderne. Il se demandait comment une fille comme Abigail Hobbs pouvait choisir un tel endroit comme lieu de rendez-vous.

Comme pour répondre à sa question, la jeune fille lui fit un petit signe de main. Elle était tranquillement assise sur un banc, une cigarette au bec. Il fallait être aveugle pour manquer la cohorte de noirs qui la fixaient de leurs regards affamés.
Pressé d’en finir, Heath se planta devant la jeune fille, et la toisa du regard.

-Où est ma carte?
-Bonsoir, répondit Abigail en laissa la fumée lécher ses belles lèvres, on ne t’as jamais appris à saluer avant de parler?
Le psychopathe prit une grande inspiration, et se relaxa. Il était évident que la jolie hollandaise tentait de le faire sortir de ses gonds par tout les moyens. Et bien qu’il en ignorait la raison, il était bien décidé à ne pas jouer à son jeu.
-Bonsoir, répondit-il d’une voix bien plus calme, est ce que tu as ma carte?
-J’ai bien peur que non, mais si tu te comportes bien, je te la rendrais.
Sur ses mots, elle invita l’allemand à s’asseoir près d’elle.
Bien que réticent, ce-dernier accepta l’invitation.
-Pourquoi nous donner rendez-vous ici? Demanda-t-il en observant les alentours. Ce quartier est dégueulasse.
-Tu viens de donner la réponse à ta question, dit Abigail en tirant sur sa cigarette. Nous sommes dans le trou du cul de Paris, tout ici est sale, bourrés des pires parasites existants. Le cauchemar pour tout parisien qui se respecte.
Elle tira une nouvelle bouffée, avant d’éclater de rire.
-J’adore cet endroit, commenta-t-elle en pouffant.

Les yeux de Heath roulèrent d’exaspération, cette fille était tellement cinglée à ses yeux.
Il s’apprêtait à lui faire part de sa pensée, lorsqu’un grand homme de couleur noir le poussa sans ménagement pour s’asseoir à côté de la jolie rousse.
-Dégage connard, lâcha ce dernier en posant une main sur le genou de la jeune fille, celle-là est à moi.
Heath le saisit par la nuque, et l’envoya percuter un arbre de plein fouet. L’homme s’écroula au sol, un filet de sang coulant de son front.
-Pas mal, applaudit Abigail, mais je crois que tu t’es foutu dans la merde.
Sur ses mots, la jeune fille désigna la douzaine d’hommes qui les encerclaient. Une lueur furieuse étincelait dans leurs regards.
-Tu t’en prends à l’un d’entre nous, tu t’en prends à nous tous. Cracha l’un d’entre eux.
Heath ricana, se leva, et fit craquer sa nuque.
-Mais c’était bien mon intention.

Sans crier gare, l’allemand bondit sur le plus proche de ses assaillants, et le percuta d’un coup d’épaule. Un craquement hideux se fit entendre, sa victime tomba du trottoir, et hurla en se tenant la clavicule.
Deux autres sortirent des machettes de sous leurs chemises, et se lancèrent à l’assaut. Heath saisit leurs poignets, et les brisa d’une simple pression.
Un homme plus grand que les autres le ceintura, et tenta de l’étrangler. Le psychopathe éclata de rire, avant de lui administrer un coup de coude dévastateur. Et une fois libérer, il lui colla une gifle monumentale. Son agresseur tournoya dans les airs, et s’écrasa sur le sol, la mâchoire disloquée.
-Ça suffit!
Heath se retourna, l’un des africains s’était emparé d’Abigail, et menaçait de lui trancher la gorge avec un cutter.

-La fille est à nous. Gronda-t-il, si tu fais un geste, je la butes.
L’allemand soupira, avant de glousser.
-Si vous voulez vous faire cette pouffe, lâcha-t-il en désignant la belle rousse du doigt, faites vous plaisir.
Les africains furent alors plongés dans un abîme de perplexité, ignorant s’il s’agissait d’un piège ou s’il était sérieux.
Abigail profita de cette occasion pour planter un couteau à cran d’arrêt dans la cuisse de son agresseur. Une fois libérée de son emprise, elle se retourna, et traça une belle estafilade sur son visage. L’homme cria sa douleur en plaquant ses mains sur sa figure, avant de s’écrouler dans les bras de ses comparses. Satisfaite, Abigail se plaça aux côtés de Heath.
-Connard, soupira-t-elle à l’encontre de l’allemand qui répondit par un sourire mauvais.
Terrorisés, les africains ramassèrent leurs blessés, et déguerpirent sans demander leur reste.

Déçu, Heath se tourna vers la jeune fille.
-File moi une clope.
-Demande-moi gentiment, répliqua-t-elle en lui collant son cran d’arrêt sous la gorge.
Vif comme un serpent, Heath se saisit de son poignet, plongea la main dans son sac, et en sortit un étui à cigarette en argent.
Il se vissa l’une d’entre elles au bec, et regarda la jeune fille droit dans les yeux.
-Est-ce que je dois encore demander gentiment pour avoir du feu? Demanda-t-il en la lâchant.
Abigail le foudroya du regard, avant de lui tendre un zippo en or massif.
L’allemand alluma sa clope, et souffla sa fumée au visage de la jolie rousse.
-Ma carte.
-Je ne l’ai pas, si tu veux la récupérer il va falloir faire un jeu.
Confiant comme jamais, le psychopathe ne pu s’empêcher de ricaner.
-Si tu veux, alors de quoi s’agit-il?



27 septembre 2001, Boulevard Barbes, 21h 47




Heath ignorait ce qui lui était passé par la tête pour avoir accepté l’invitation d’Abigail. Toujours était il qu’il se retrouvait à présent dans la chambre d’un hôtel miteux, en compagnie de la belle rousse, et de deux prostituées africaines qui semblaient plus jeunes qu’elles ne le prétendaient. Le psychopathe avait l’impression désagréable de n’être qu’un pantin dans le jeu malsain de la jeune fille. En effet, celle-ci avait poussée la porte de l’hôtel comme une habituée des lieux. Elle avait réglée la somme exacte en liquide au réceptionniste, et avait même indiquée la chambre qu’elle désirait.

Les prostituées avaient suivie sans poser de question, mais Heath n’était pas dupe, et il détestait cette manière qu’elle avait de le prendre pour son jouet.
Le lit ne devait son nom qu’à sa forme, le matelas était dans un triste état, et les draps empestaient la lessive bon marché. L’allemand frémis de dégoût, il se demanda combien de porcs s’étaient amusés à copuler dans ces draps.

-Alors ça t’excite? Ricana Abigail.
Écoeuré, le jeune homme s’apprêtait à rétorquer d’une réplique cinglante. Mais au moment où il tourna la tête, il se retrouva avec les lèvres de la jeune fille collées aux siennes. Paralysé d’horreur, il reprit rapidement ses esprits à l’instant où la jeune fille tentait d’insérer sa langue dans sa bouche. Il rejeta sa tête en arrière pour rompre le baiser, et fixa son bourreau avec un profond sentiment de dégoût.
Cette dernière posa ses poings sur les hanches, et poussa un profond soupir. Puis elle se tourna vers les prostituées:
-Dites, vous croyez que je vous ai payé pour rien foutre? Venez donc m’aider.
Les africaines hochèrent la tête, et se déshabillèrent sous le regard médusé de Heath. Une fois leurs vêtements sur le sol, elles s’approchèrent du psychopathe qui recula de quelques pas. Abigail se plaça discrètement derrière lui, le saisit par les épaules et le força à s’allonger. Glacer d’horreur par ce qui lui arrivait, Heath n’était pas en état d’opposer la moindre résistance.

La belle rousse posa la main sur son torse musclé, et susurra à son oreille:
-Je suis sûr que tu vas aimer ça.
Complètement sous le choc, le psychopathe vit l’une des prostituées défaire sa ceinture et baisser son pantalon. Tandis que l’autre retirait ses chaussures, ses chaussettes, et au comble de son horreur, son caleçon.
Heath écarquilla les yeux à s’en faire exploser la rétine, jamais personne n’avait vu son sexe, jamais personne n’avait osé toucher son corps. Jamais il ne s’était sentit aussi faible.
La fellation que lui pratiquèrent les jeunes femmes lui arracha un gémissement étrange, ce qui amusa Abigail.

-Détends-toi, dit elle en promenant sa langue sur son visage pour son plus grand dégoût, laisse nous s’occuper de toi.
Les africaines suivirent son exemple, et laissèrent leurs mains se promener sous la chemise de l’allemand. L’une d’entres elles se redressa pour l’embrasser, mais Abigail l’envoya paitre d’un regard glacial.
-Ça c’est à moi, occupez-vous de vos affaires.
La prostituée reçu parfaitement le message, et s’abaissa pour aider sa collègue. De son côté, Abigail avait enfin réussit à s’accaparer les lèvres de Heath, et elle ne comptait pas les laisser s’échapper de si tôt.
Du coin de l’oeil, elle remarqua que le sexe de l’allemand était en train de gonfler. Ce qui, de toute évidence, n’était pas pour la déplaire.

-Il est prêt, lâcha-t-elle en indiquant du regard le membre de sa victime. Faites votre boulot.
Intrigué par ses paroles, Heath rouvrit les yeux, et découvrit avec effroi qu’on lui avait enfilé un préservatif. L’une des deux jeunes femmes s’était à présent positionnée au-dessus de lui, et descendait doucement tout en écartant ses lèvres vaginales.
Mais au moment où l’irréparable était sur le point de se produire, le psychopathe se sentit envahir par un profond sentiment de rage. D’un geste, il repoussa Abigail. La jeune fille en fut si surprise qu’elle en tomba du lit.
Rapide comme un serpent, Heath plaça sa main en opposition entre son sexe, et celui de la prostituée. Avant de la saisir par le vagin, et de l’envoyer valdinguer. L’africaine fit un salto arrière absolument pas controlé, avant de s’étaler lourdement sur le sol. Sous le choc, sa collègue se mit à ramper en arrière en criant de peur.
-Ta gueule! Cracha le psychopathe visiblement à nouveau maitre de lui-même. Maintenant allez vous faire foutre ailleurs!

Les africaines hochèrent la tête, récupérèrent leurs affaires, et déguerpirent sans demander leurs restes. Satisfait, Heath dirigea son regard furieux contre Abigail. La jeune fille semblait plutôt dégoutée de voir son jolie plan partir en fumée.
-Heureusement que je les ai bien payées, soupira-t-elle. Avant que l’allemand ne la saisisse par le chemisier avant de la plaquer contre le mur.
-J’ai trois mots à te dire, sourit Heath en approchant sa main gantée du visage de la belle rousse.
Un bruit d’éclat métallique vint cependant le couper dans son élan, l’allemand haussa un sourcil, et chercha du regard ce qui avait bien pu le causer.
Il aperçu alors le morceau de lame brisée qui reposait sur la moquette, et le couteau à cran d‘arrêt cassé qu’Abigail fixait avec incompréhension.
Heath aperçu alors le trou dans sa manche, le reste était simple à deviner.
-C’est tout ce que t’as? Soupira-t-il d’une voix pleine de déception.

Tout en pressant son avant-bras contre sa gorge pour l’empêcher de s’enfuir, Heath retira l’un de ses gants. La jeune fille contempla alors avec stupeur la main métallique du jeune homme.
Un sourire dément se dessina sur les lèvres de celui-ci, il la saisit par le menton, et la souleva de terre.
-Maintenant c’est à mon tour de m’amuser.
D’un geste, il arracha le chemisier d’Abigail, dévoilant une poitrine parfaitement dessinée.
-Jolie, commenta-t-il en saisissant celui de droite. Lequel est ce que je devrais arracher en premier d’après toi?

La jeune fille ne répondit pas, elle semblait hypnotisée par les membres métalliques du psychopathe. Vexé de son manque d’attention, Heath colla son front contre celui de sa victime.
-Il me semble t’avoir promis que le médecin légiste qui ouvrirait ta housse mortuaire vomirait en te voyant. Mais je crois qu’au final, il n’y aura pas besoin de housse mortuaire. Je filerais ce qui restera de ton corps pitoyable aux chiens du premier clochard que je croiserais dans ce quartier de merde.
Sans crier gare, Abigail profita de ce rapprochement pour l’embrasser à nouveau. Surpris, Heath relâcha sa victime, recula d’un pas, et cracha sur le sol.

-Sale pute!
Mais alors qu’il était bien décidé à faire payer ce nouvel affront à la belle rousse en lui arrachant les tripes, ce qu’il vit le coupa dans son élan.
Abigail pleurait.
Ce n’était pas des larmes de terreurs, comme Heath avait pu en voir des litres au cours de son existence. Non, c’était de la tristesse et du désespoir qui coulaient le long de ses belles joues.
-Pourquoi? Murmura-t-elle plus pour elle même que pour Heath. Pourquoi?
L’allemand contempla la jeune fille pendant une seconde, avant de lui tourner le dos. Il renfila son pantalon et ses chaussures, puis se dirigea vers la sortie.
-Attends!
Heath commençait à en avoir ras le bol de cette fille, il la considérait comme étant complètement timbrée.
-« Et toi tu te prétends sain d’esprit? »Souffla la voix d’Intelligence.
-« Ta gueule! »
L’allemand se retourna, et son regard croisa les yeux enragés de la jeune fille. Étrangement, savoir qu’il avait réussi à l’énerver lui procura un délicieux sentiment de satisfaction.
-Qu’est ce que tu veux encore? Soupira-t-il.
Il avait prit soin d’employer un ton particulier, un ton qui laissait penser que la belle rousse était devenu une source d’ennui mortel. Et il fut heureux de constater qu’il avait fait mouche.

-J’ai croisé des centaines d’hommes dans ma vie. Des cons, des tarés, des beaux, des arrogants et j’en passe. Chacun d’entre eux m’a trouvé belle. Pourquoi pas toi?
-Tu ES belle espèce de conne, c’est juste que j’en ai rien à foutre. Tu n’as aucun intérêt à mes yeux.
Dire qu’Abigail était choquée aurait été un euphémisme. Satisfait, Heath ouvrit la porte pour sortir. Avant que la jeune fille ne la lui claque au nez.
-Tu me gaves, cracha-t-il, laisse moi passer ou je t’écartes.
-On n’en a pas terminé, tonna Abigail.
Heath leva les yeux au ciel.
-Et qu’est ce que tu vas faire maintenant? Tu vas appeler d’autres putes? Ou alors tu vas encore tenter de m’embrasser pour essayer de te convaincre que tu es irrésistible?

-Non.
-Quoi alors?
-Je veux… Je veux parler.
-Pardon?
-Tu m’as compris, je veux qu’on parle toi et moi.
Si la main de Heath n’avait pas été en métal, il se serait déjà frappé le front.
-Tu m’as fais corriger des blacks, amené dans une chambre d’hôtel pour me faire baiser avec des putes qui étaient probablement bourrées de maladies, et tu m’as embrassé de force. J’ai ruiné tout ton plan, j’ai menacé de te buter, j’ai arraché ton chemisier, je t’ai fais chialer. Et maintenant tu veux qu’on cause? C’est quoi encore ce jeu à la con?
-Ce n’est pas un jeu, lâcha Abigail. Je ne veux plus jouer.

Heath fronça les sourcils, mais resta méfiant. La jeune fille releva la tête, ses yeux semblaient sincères cette fois.
-Je veux seulement qu’on cause, j’ai encore assez de clopes et d’alcool pour un bout de temps. Et je me fiches de l’heure à laquelle je rentrerais chez moi. Ça te va comme plan?
-En quoi est ce que ça m’irait? Soupira l’allemand. Tu ne m’intéresses pas.
-Ça tu n’en sais rien, cracha la jeune fille. Tu ne sais rien de moi, je t’ai entrainé dans mon jeu, et t’en ai sorti. Je veux savoir ce qui te rends différent des autres.
-Je ne vois toujours pas ce que j’y gagne.

-Ça ne t’intéresses pas de savoir pourquoi tu ne m’as toujours pas tuée?
Heath se figea pendant une seule seconde, suffisamment pour qu’Abigail comprenne qu’elle avait vue juste.
-Ne me fais pas croire que c’est simplement parce que je ne t’intéresses pas. Je ne te crois pas, je penses plutôt que c’est le fait de me tuer qui ne t’intéresses pas. Et je suis sûr que même toi tu ne sais pas pourquoi.
Heath pesta, et jeta un regard mauvais à la jeune fille qui lui indiqua la direction du lit.
-On s’assoit?
Blasé, le psychopathe sembla peser le pour et le contre. Avant d’obtempérer un peu à contrecoeur.
-Bien, sourit Abigail en s’asseyant à son tour. Alors je commences.

27 septembre 2001, Boulevard Barbes, 00h 23

Le fait qu’Abigail boive la moindre des paroles de Heath était gratifiant pour ce dernier, mais également assez gênant. Il n’aimait pas cet espèce de regard de biche qu’elle lui lançait chaque fois qu’il commençait à raconter un moment important de sa vie. Enfin, il avait bien entendu réinventer la partie de son passage dans l’organisation et comment il était arrivé dans la famille d’Aelita. Il n’était pas si bête.

-Et ta mère?
Heath s’arrêta brutalement dans son récit, et fronça les sourcils. Il détestait être interrompu, encore plus lorsqu’il racontait la raison pour laquelle il avait tabassé une infirmière.
-Quoi ma mère?
-Tu m’as beaucoup parlé de ton père, mais jamais de ta mère. Enfin, mis à part sa mort.
-Qu’est-ce que tu veux savoir?
-Est ce que tu l’as aimée?
La question le prit par surprise, à tel point qu’il n’était pas sûr de sa réponse.
En temps normal, il lui aurait ri au nez. Mais Abigail avait été d’un sincérité étonnante durant leur petite conversation, sincérité qui avait été confirmée par le détecteur d’Intelligence.
Heath ne s’était encore ouvert à personne, mis à part Seth. Mais là, cela servait un but précis. Alors que dans ces circonstances, il ignorait encore pourquoi il racontait tout ça.

-« Parce que tu en as envie », l’informa Intelligence.
L’allemand soupira, avant de s’adresser à nouveau à la jeune fille:
-Je penses que oui, mais je ne serais pas capable de l’affirmer avec certitude. Ma mère était quelqu’un d’assez simple, et elle aimait trop ses enfants.
Le visage d’Alister émergea dans son esprit. Heath le chassa presque immédiatement.
-À toi de raconter quelque chose.
Abigail soupira.
-Je ne sais plus tellement quoi te dire, avoua-t-elle.
-Alors c’est à ça que se résume ta vie? Se moqua-t-il. Une pute, un vieux, un binoclard, un castré et un brûlé?
La jeune fille lui lança un regard noir auquel il répondit par un sourire maléfique.
-Je ne peux peut être plus vraiment parler de mon passé, mais j’ai un avenir.
-Ah vraiment? Et en quoi est il si important?
Cette fois-ci, ce fut au tour d’Abigail de sourire.

-Mon avenir se résume pour l’instant à un seul mot: « Vengeance ».
Satisfaite de l’intérêt que semblait lui porter l’allemand, elle poursuivi:
-Je comptes détruire un certain nombre d’individu, et par « détruire », je veux dire « anéantir ». Leur travail, leur vie, leur famille. J’ai l’intention de tout prendre. J’anéantirai leur existence de la surface de la Terre une bonne fois pour toute.
-Et tu comptes faire quoi? Dépêcher une armée de putes pour les baiser jusqu’à la mort?
Abigail éclata d’un rire cristallin, réellement sincère aux yeux de l’allemand.
-C’est pas une mauvaise idée. Avoua-t-elle entre deux éclats de rire. Mais non, j’avais en tête quelque chose de moins agréable.
Heath sourit, la jeune fille se révélait être plus amusante qu’il ne l’avait cru.

Abigail nota ce petit changement de comportement, et sourit à son tour.
-Alors? Est ce que tu sais maintenant pourquoi tu ne m’as pas tuée?
Le sourire de l’allemand se décomposa, pour laisser place à une moue de déception. Il n’avait aucune envie de répondre à cette question qu’il jugeait idiote.
-J’ai simplement eu pitié de toi. Lâcha-t-il. Je t’ai trouvé assez pitoyable. Ça ruinait mon plaisir.
La gifle qui suivit la fin de sa phrase ne lui infligea aucune douleur physique. En revanche, ses yeux s’emplirent de colère, la même qui brillait dans le regard de la jeune fille.
-Je t’interdis d’avoir pitié de moi, cracha-t-elle pleine de haine.
Un sourire maléfique se dessina sur le visage de Heath, il colla son nez contre celui de son interlocutrice, et plongea son regard dans le sien.
-Tu es un être… Absolument… Pathétique.
En rage, Abigail leva à nouveau sa main, mais Heath s’en saisie. La jeune fille tenta de se débattre, mais elle ne pouvait rien face à la puissance physique du psychopathe. Il se saisit de son deuxième bras, et la plaqua contre le lit.
Abigail était furieuse, mais elle se figea lorsqu’elle remarqua la proximité du visage de Heath avec le sien. Son regard bleu acier semblait avoir plus d’effet sur elle que ses bras de métal.
-Tu comptes encore m’embrasser? Se moqua le psychopathe. Avant qu’Abigail ne lui morde la joue de toutes ses forces.
Heath n’était pas vraiment gêné par cette drôle de tentative. Néanmoins, lorsque la jeune fille le relâcha, il nota le sang qui coulait le long de ses lèvres. Il sentit alors un liquide chaud dévaler sa joue, pour tomber sur la poitrine nue de la belle rousse. Heath contempla avec fascination l’hémoglobine qui coulait le long de la magnifique peau de la jeune fille. Ce qui n’échappa pas à l’attention de cette dernière.
-Le sang t’excites, pas vrai?
Heath la regarda droit dans les yeux, ce qui permit à un peu plus de son sang de couler sur le visage d’Abigail.
Le sourire aux lèvres, il libéra son bras droit. Et se mit à faire danser la griffe de métal qui lui servait d’index, sous les yeux de la jeune fille. Avant de le placer juste au dessus de son oeil.
-« Il ne doit pas faire ça! » Hurla une voix dans la tête d’Abigail. « Ne le laisse pas faire ça !»
Heath planta le bout de sa griffe dans la peau de la belle rousse, et sourit
-« Tu ne vas pas faire ça!  Tu ne vas pas le laisser mutiler ton visage! Plus jamais ils ne te regarderont de la même manière! »
-« Je m’en fous. »
Lentement, Heath traça une fine ligne ensanglantée qui traversa entièrement son visage. Abigail se crispa de douleur pendant quelques secondes. Jusqu’à ce qu’il finisse le travail.
-Ceux des autres plus que le mien. Dit il en contemplant la figure couverte de sang de la jeune fille.
Cette dernière ne bougea pas, elle resta un moment à contempler le regard nouveau qui venait de naître dans les yeux de Heath. De sa main libre, elle récupéra le sang de sa blessure, avant d’y rajouter celui de l’allemand. Pour finalement l’étaler sur leurs lèvres.
-Et si on goûtait? Murmura-t-elle en rapprochant à nouveau sa bouche de celle du psychopathe.
Cette fois-ci, il n’y eu aucune protestation, aucun rejet, aucun dégout. Heath accueilli ses lèvres avec les siennes, ce qui permit à Abigail d’échanger le plus splendide baiser qu’elle eut jamais goûté. Leurs langues s’entremêlaient de manière sauvage, partageant avec délice le goût de l’autre. Heath avait toujours adoré la saveur unique du sang, et celui d’Abigail était absolument exquis.

Lorsque leurs lèvres finirent par se séparer, la jeune fille récolta à nouveau un peu de sang, et l’étala langoureusement sur sa poitrine. Amusé, Heath ne put s’empêcher de glousser:
-Sérieusement?
La faim qu’il lisait dans le regard de son amante lui servit de réponse. L’allemand était transcendé par ces yeux, fasciné par le désir immense que cette jeune femme avait pour lui.
Il mordit violemment son téton, ce qui fit légèrement crier la belle rousse. Heath se mit à promener sa langue sur la poitrine de la jeune femme, comme un prédateur lècherait un bout de viande fraiche. Il prit soin de ne pas y laisser la moindre goute de sang.

Abigail se redressa, ce qui obligea l’allemand à faire de même. Ils échangèrent un nouveau baiser, tandis qu’elle déboutonnait sa chemise.
Il ne fallut pas longtemps pour que l’intégralité de leurs vêtements déguerpissent du lit.
La jeune fille se sentit tout à coup envahie par une fragilité qu’elle ne se connaissait pas. Aucun homme ne l’avait encore vu nue jusqu’à présent, et cela la rendait un peu nerveuse. Pour ne rien arranger, c’était Heath Lancaster qui avait sa peau collée contre la sienne. Et elle ignorait encore ce que cela impliquait.
Mais elle s’en moquait.

L’allemand avait positionné son sexe à l’entrée de son intimité, ce qui était presque risible étant donné sa réticence d’il y a quelques heures.
-Je ne vais pas y aller doucement. Prévint Heath d’une voix sadique.
Nullement impressionnée, Abigail saisit le visage de son amant à deux mains, et plongea ses yeux bleus dans les siens.
-Déchire-moi.
Elle regretta ses paroles, Heath l’empala. Le cri de douleur qu’elle lâcha fut cette fois tout ce qu’il y avait de plus authentique. Son corps tout entier fut transpercé par la souffrance, au grand amusement du psychopathe, qui laissa échapper un petit rire.
Vexée et furieuse, la jeune femme repoussa son amant, et s’assit à califourchon sur lui.
Elle planta ses ongles dans sa peau, et se mit à remuer ses hanches de manière à faciliter la pénétration et forcer son corps à s’y habituer.

Une stratégie qui fonctionna à la perfection, puisqu’elle se surprit à gémir de plaisir. La douleur disparu rapidement, et une volée de spasmes incontrôlables vint ébranler son corps. Heath se redressa, et plaqua ses lèvres contre les siennes. Abigail était heureuse, c’était le premier baiser qu’il lui offrait.

Les deux amants perdirent rapidement la notion du temps, leurs ébats furent longs. Les positions qu’ils utilisèrent nombreuses, et la sauvagerie et le désir qui les consumaient n’avait cessés d’augmenter. Jusqu’à atteindre le point culminant. L’orgasme commun qui les secoua leur arracha à tout deux un rugissement de plaisir, les murs de l’hôtel miteux tremblèrent, incapables de contenir leur fougue.
Épuisée, Abigail s’écroula sur Heath, et lui arracha un dernier baiser avant de le libérer de son étreinte.

De son côté, le psychopathe avait définitivement cessé de penser correctement. Il avait oublié ses meurtres, il avait oublié l’Organisation, il avait oublié Lyoko. Il avait même oublié qui il était réellement, car il n’était plus sûr de le savoir lui-même.
Abigail sentait la semence de son amant couler le long de ses cuisses, ce qui la fit frissonner. Le fait d’avoir perdue sa virginité la laissait perplexe, elle qui avait toujours été fière de l’avoir préservée des instincts animaliers des hommes.

Mais Heath Lancaster n’était pas un homme, c’était un démon, un démon à qui elle avait inconsciemment vendue son âme.
Elle passa la main sur son visage, et contempla le sang qui y coulait toujours. Abigail n’avait jamais vraiment su si elle devait considérer sa beauté comme étant un don, ou une malédiction. Cette marque nouvelle lui permettait d’y trouver un bon compromis, et cela lui laissera un souvenir de la première nuit où elle s’est sentie réellement vivante.

Son vagin la faisait souffrir, ce qui était assez normal quand elle y pensait.
Elle avait ordonné à Heath de la déchirer, et le psychopathe n’y était pas allé de main morte. Mais qu’à cela ne tienne, cela en avait vraiment valu la peine.
Satisfaite, elle se tourna vers lui pour le contempler.
-« Il tire une tête si sérieuse. » songea-t-elle en observant sa moue pensive.
-A quoi est ce que tu songes?
Le psychopathe interrompit ses pensées, et croisa le regard de la jeune fille.
-Je me demandais pourquoi j’avais fais ça, avoua-t-il sans aucune retenu. Jusqu’à présent, je ne voyais les femmes que comme des jouets fragiles. Toi en revanche… Je ne saurais pas te décrire. Tu es assez intéressante, mais ce n’est pas ton seul truc. Et je n’arrives pas à mettre le doigt dessus.
-Tu te poses de ces questions, railla-t-elle en l’embrassant sur les lèvres. Pourquoi est ce que tu veux absolument tout savoir?
-En quoi est ce que c’est dérangeant?

-Tu casses l’ambiance, et tu profites pas du moment. On a couchés ensemble, il y aura beau y avoir un millier de raisons qui expliqueraient notre geste, on a pas à se préoccuper de ça. Qu’est ce qu’on s’en fout de savoir pourquoi on a fait ça. L’important c’est qu’on ait aimé.
-T’as aimé ça? S’étonna Heath.
Abigail passa une main sur son vagin douloureux, avant de lui lancer un regard mauvais.
-T’es beaucoup trop violent, soupira-t-elle. Mais on ne peut pas dire que je ne savais pas à quoi m’attendre. A part ça… J’avoue que c’était pas trop mal comme première fois. Et puis le sang à rajouté un peu de piment. Ça m’a plu.
Heath avait un peu de mal à la croire.
-Ça t’as vraiment plu que je ruines ton jolie minois?
-Est ce que tu me trouves plus à ton goût?
L’allemand prit un temps pour observer le visage de la jeune fille, il devait reconnaitre que cette trace lui donnait un certain charme. À ses yeux tout du moins.
-C’est pas mal, lâcha-t-il.
-Alors ça me convient.

Heath n’en croyait pas ses oreilles.
-T’as vraiment un grain ma pauvre fille.
-Tu peux parler Monsieur le psychopathe. Gloussa-t-elle. Je me fiches de savoir qu’on me trouvera moins belle qu’avant. J’en avais marre qu’on ne cesse de me mater. Alors si ça peut m’aider à m’en débarrasser, c’est pas plus mal. Et puis… On aura qu’à dire que je me suis faites belle pour mon premier petit ami.

L’allemand haussa un sourcil, et croisa le regard de la belle rousse. Cette dernière lui répondit par un simple sourire.
-Depuis quand une nuit passée ensemble fait de nous un couple?
-En quoi sortir avec moi te dérangerait?
Heath poussa un soupir d’exaspération, la tournure que prenait les choses ne lui plaisait pas du tout.
-Écoute-moi, grinça la jeune fille en le voyant s’éloigner d’elle. Je ne te demandes pas de m’emmener au cinéma ou de faire du shopping avec moi. Je te proposes simplement de partager nos différentes expériences, tout en ponctuant le tout par quelques parties de jambes en l’air de temps en temps. Et puis, je penses que tu pourrais être utile pour m’aider dans ma vengeance.

-Je ne suis pas ton jouet.
Abigail se redressa, s’assit à califourchon sur son torse, et plongea son regard dans le sien.
-Si tu n’étais qu’un simple jouet, je ne t’aurais pas offert ma virginité espèce d’idiot. Je n’ai jamais eu de relation intime avec qui que ce soit avant toi. Tu me plais beaucoup, et j’ai envie de partager ma vie avec quelqu’un d’autre que mes frères. Si c’est nul, on arrêtera, et on se contentera d’un peu de sexe. Mais je suis sûr que toi et moi, on pourrait créer un truc unique. Et je suis persuadée que tu pourrais même finir par tomber amoureux de moi, enfin, à ta façon je veux dire.

Heath hésita. D’un côté il n’avait jamais été intéressé par une relation avec une femme, et de l’autre, il avait passé un très bon moment. Abigail Hobbs lui promettait peut être d’autres surprises de ce genre-là. Au fond, il pouvait bien essayer. De toute façon, il ne faisait rien de son temps libre. Mis à part se moquer d’Aelita.

-On peut bien tenter le coup, soupira-t-il.
Rayonnante, Abigail se pencha pour embrasser son nouveau petit ami. Puis elle se blottie contre lui et ferma les yeux.
-Il va peut être falloir que tu me dises d’où tu sors tes bras. Gloussa-t-elle.
-Tu peux toujours rêver, répliqua Heath avant de poser sa tête sur la sienne.
Les deux amants s’endormirent rapidement, la chaude respiration de l’un faisant office de délicieuse berceuse aux oreilles de l’autre.






Prochain Chapitre: Union Virtuelle.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 14 Juil 2017 17:17   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Chapitre 9: Blackwater




Lieu inconnu, heure inconnue, date inconnue


Au vu de l’état dans lequel il se trouvait, Norman Belpois semblait désormais connaître la définition du mot « souffrance ». Ses membres avaient été brisés, ainsi que ses côtes et son nez. Il avait perdu près de la moitié de ses dents, l’autre moitié était cassée.

Mais il se moquait de sa douleur, car il était en train de vivre son pire cauchemar: se retrouver sur la table d’opération du Professeur Akuma.
Ce japonais de cinquante deux ans, était l’un des plus grand biologiste et chirurgien de la planète. Mais malgré ses talents hors du commun, il fut évincés des plus grands postes qu’il eut jamais occupés suite à ses expériences démentes. Ses diplômes lui furent retirés, et il fut condamné à vivre une vie qui n’avait plus aucun intérêt à ses yeux.
Mais un génie n’est pas toujours incompris, et ce fut le cas pour Akuma. Le Docteur avait eut vent de ses talents, et lorsqu’il apprit sa misère, il lui proposa l’un des postes les plus convoités de Silver Wings: celui de Directeur du département Biologique.

En quinze années de bons et loyaux services au sein de l’Organisation, Akuma avait menés tout un tas d’expériences. Toutes plus contre natures les unes que les autres. Certains croyaient qu’il se prenait pour Dieu, à force de rendre l’impossible possible. En réalité, le japonais agissait plutôt comme un enfant trop curieux. Incapable de contenir sa soif de découvertes, et son incroyable curiosité. C’était d’ailleurs lui qui avait mis au point les bras métalliques de Heath, ceux-là même qui avaient permis à l’allemand de détruire Silver Wings. Sa seule réaction lorsqu’il avait appris la nouvelle, fut un large sourire de satisfaction. Il avait été trop heureux de savoir que sa création avait fonctionnée.
En revanche, la plus grande déception de sa carrière fut la conception de Seth. En effet, Akuma était tombé des nus lorsqu’il avait apprit qu’il n’y participerait pas. Le japonais s’était alors confiné dans son laboratoire pendant des jours. A l’image d’un enfant qui bouderait en apprenant qu’il n’irait pas à Disneyland. Au final, il s’était fait une raison. Seth était la créature du Docteur, sa création, et il ne laisserait personne d’autres que lui-même y toucher. Cela, Akuma pouvait le comprendre.

Mais quelle ne fut pas sa joie lorsque le Docteur, trop malade pour s’en occuper lui-même, lui avait confié les rênes de la création de Thanos et Crystal. Il y avait consacré toute son âme, tout son talent, à tel point que les deux mutants surpassaient désormais Seth au niveau de leur conception génétique. Mais ils étaient toujours dépourvu de conscience.
Cependant cela n’avait aucune importance, son travail s’était arrêté là. Désormais, le projet était entre les mains de Tanner.

Au fil des années, Norman avait vu les pires horreurs passer par la salle d’opération d’Akuma. Tout d’abord, il y avait eu des animaux, des cobayes communs comme des chimpanzés. Puis les cobayes furent de plus en plus gros. Jusqu’à ce qu’il décide de passer aux êtres humains, et c’est à ce moment là que Belpois avait manqué de cracher son coeur. En effet, les sujets d’expérimentation d’Akuma étaient de jeunes enfants palestinien, vendu par leurs parents pour la plupart. Ou tout simplement kidnappés.

Norman Belpois avait vu bien des horreurs dans sa vie, mais les pires d’entres elles avaient eu lieu ici. Jusqu’à présent, il n’avait assisté qu’à deux opérations du Professeur Akuma. Qui plus est, deux « légères » selon Tanner. Il lui était impossible d’imaginer ce que pouvait donner une opération sérieuse, alors en vivre une. Il doutait fortement de la capacité de son coeur à supporter une telle expérience, il priait pour qu’il ne la supporte pas.

Le Professeur Akuma se pencha au-dessus de son cobaye, un air sincèrement désolé sur le visage.

-J’aurais bien aimé passer tout de suite à l’opération vous savez, soupira-t-il, mais Monsieur Tanner m’a demandé de commencer par vous faire souffrir. C’est assez grotesque quand j’y pense. Je suis un scientifique, pas un bourreau.
Belpois était tétanisé par la peur, il n’osa pas émettre le moindre son. De toute façon, la douleur dans sa bouche l’en empêchait.
Akuma attira vers lui un chariot de taille moyenne, et retira le drap blanc qui le recouvrait. Des centaines de lames différentes étaient parfaitement alignées sur chaque étage du chariot. Le regard du Professeur Belpois se rempli d’effroi. Akuma ne le remarqua pas, il était trop occupé à choisir son ustensile de travail. Il passa la main au-dessus de ses lames, en choisit une, et l’approcha de la chair de son cobaye.
Un hurlement de souffrance transperça la nuit.



16 septembre 2001, Usine, 04h 14

Dire que Franz Hopper était fatigué aurait été une bien sinistre moquerie. Le scientifique était possédé par la fatigue. Ses yeux étaient rouge sang, les poches sous ses paupières étaient plus épaisses que jamais. Et pourtant, il devait être présent. Il devait se tenir devant ce satané pupitre de commande. L’alarme de Légion l’avait tiré de son sommeil supposé être réparateur. Ce qui l’avait forcé à réveiller Heath, et à se présenter ici pour défendre son territoire.
Comme prévu, le verrou sur la porte de Lyoko donnait bien plus de fil à retordre à l’Organisation que la dernière fois. Ce qui leur avait laissé le temps de se rendre à l’usine pour préparer leurs défenses. Et ils avaient justement une petite surprise pour leurs invités.

-Nos soldats sont en place, informa son second, c’est quand vous voulez.
Hopper pianota sur son clavier, et appuya un première fois sur la touche « entrée ».
-D’abord on met la table, murmura-t-il dans sa barbe, et ensuite…
Il plongea la main dans sa serviette en cuir, et en sortit une boite de CD. Il en prit un, et l’inséra dans la machine.
-… On accueille les invités.



Même Moment


-La porte est ouverte. Annonça Dragonne en poussant un soupir de soulagement.
-C’est pas trop tôt. Grogna Renarde. Ça a prit une éternité.
Alors qu’elle finissait de se plaindre, le Noirsoeur fut entouré par un espèce de champ électromagnétique rouge. Cette force inconnu paralysa les commandes du vaisseau, et l’entraina de force à l’intérieur de Lyoko.

-Qu’est-ce qui se passe?! Hurla Peter tandis que son moyen de transport était en train de valdinguer.
-Au secours!
Le vaisseau s’arrêta brutalement, ce qui causa aux passagers un jolie choc contre leur tableau de bord respectif.
En rage, Peter releva la tête.

Le Noirsoeur avait émergé sur la banquise, et pas vraiment au meilleur endroit qui soit. Il se trouvait à l’extrémité du territoire, soit, au bout d’un cul de sac. Il n’avait qu’un seul chemin où débarquer, chemin qui était bloqué par un gigantesque mur de glace. Sur lequel était perchée une ribambelle de Krabes et de Kankrelats, ainsi qu’une vieille connaissance.
-C’est gentil de passer. Ricana Heath assis sur sa muraille. Vous voulez jouer un peu?
Peter grinça des dents, mais il s’autorisa un sourire.
-Il veut jouer, il va être servit. Tanner? Envoyez les renforts.
Une vague d’électricité se mit à parcourir le Noirsoeur. Le vaisseau vibra un petit moment, avant de recracher son énergie. Permettant à une soixantaine de soldats de se virtualiser devant lui.
-Oh merde, lâcha Heath sans s’arrêter de sourire. Ils ont des munitions cette fois.

Dragonne se matérialisa à son tour, et se plaça devant sa petite armée.
-Sortez vos armes! Ordonna-t-elle d’un ton ferme. A l’attaque!
Les mercenaires dégainèrent leurs pistolets et boucliers, et foncèrent sur leur objectif.
Exciter comme jamais, Heath leva son bras droit, et l’abaissa. Laissant ainsi une pluie de laser s’abattre sur ses ennemis.
-La Mer numérique est noire, murmura-t-il en la contemplant. Ça va être un spectacle magnifique.



Même Moment


Peter sourit de satisfaction, son plan avait fonctionné.
Tandis que Noirsoeur avait dû débarqué en plein dans le traquenard de Heath, lui et Dragunov avait su profiter du chaos pour s’éjecter du vaisseau. Puis, à l’aide de leurs petits modules de navigations, s’étaient débarqués à environ un kilomètre du champ de bataille. Grâce au camouflage que Tanner avait rajouté à leurs combinaisons, ils étaient invisibles aux yeux de Hopper.
-Bien, commença Peter, notre objectif se trouve à deux cent mètres de notre position. Nous savons quoi faire.
Dragunov acquiesça, et, marteau au poing emboita le pas de son capitaine. La tour au halo bleu qui se dressait devant eux était bien évidement leur objectif. Le but de cette mission était de localiser le super calculateur qui générait Lyoko. Et dans la foulé, de le paralyser à l’aide du virus que Tanner avait implanté dans le cimeterre de Peter.

Le plan avait tout de suite plut à Peter, retrouver son pire ennemi dans le monde réel avait bien plus d’intérêt que ces combats sans enjeux. Des combats où le seul moyen de mourir était de faire un plongeon dans l’eau. Cela n’avait aucun intérêt, et surtout pas pour Peter.
Le cannibale s’était en effet juré de déguster la chair de Heath, chair qu’il rationnerait pendant des mois pour faire durer son plaisir. Il rêvait chaque nuit de sa tête, empaillé au dessus de son lit.
Il atteindrait son objectif, comme il l’avait toujours fait.

-Allons-y.
Ce n’est qu’au moment où ses paroles franchirent ses lèvres, qu’une flèche électrique transperça le crâne de son subordonné. Dragunov en fut si surpris qu’il n’esquissa pas le moindre geste, même après que le projectile l’ait touché.
Peter fit volte-face, un être à la forme humanoïde se tenait face à lui. Il n’était pas composé de chair, seulement d’un genre d’énergie bleu électrique. L’arbalète qui s’était formée sur son poing se dissipa, pour reprendre la forme d’une main.

-Alerte! Intrus détecté, mise en place du protocole de défense.
L’avant bras droit de la créature se changea en une longue lame. Le gauche doubla de volume, et forma une main avec de tranchantes serres à la place des doigts.
Peter était très loin d’être impressionné par son adversaire, il dégaina son cimeterre, et se mit en garde.

-Il va falloir bien plus que ça pour réussir à m’avoir. Prévint le cannibale. Un avertissement qu’il regretta presque aussitôt.
Lentement, une minuscule particule se détacha du corps de la créature. Et après un flash aveuglant, prit la même forme que lui.
Une autre particule se détacha également, puis une autre, et encore une autre.
Peter se retrouvait à présent face à cinq adversaires, disposant chacun d’armes différentes.
-Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux.
Le cannibale pesta.



Même Moment


La bataille faisait rage, sans qu’aucun des deux camps ne prennent l’ascendant sur l’autre.
Les mercenaires, bien que désavantagés face à des adversaires en hauteur, bénéficiaient d’une douzaine de glaçons en forme de rochers derrière lesquelles s’abriter.
-Couvrez-moi, hurla l’un d’entre eux en dégainant son bouclier.
Il sortit de sa cachette, et malgré le feu ennemi, se plaça au milieu du chemin pour bénéficier d’un meilleur angle de tir et d’une meilleure vue. Considérant qu’il s’agissait d’une idée intéressante, quatre autres mercenaires l’imitèrent. Et vinrent se placer à ses côtés pour constater… Leur erreur.

Heath avait préparé quelques morceaux de glace qu’il avait posé sur sa muraille. Il en saisit un, et l’envoya de toutes ses forces contre le petit groupe d’imprudent. Les mercenaires ne purent que hurler en voyant le projectile leur foncer dessus et les happer dans sa course. L’un d’entre eux se jeta sur le côté, et esquiva miraculeusement le bloc de glace. Mais cela ne lui fit gagner qu’un bref répit, car il reçut une douzaine de tirs dans la seconde qui suivit et disparut.

-Idiots, pesta Dragonne avant de tirer une flèche explosive.
Son arme se planta dans la glace, et sauta. La déflagration fit son effet, un petit trou s’était formé dans la muraille.
Malheureusement pour elle, la brèche se remplit de glace et disparut. Une rangée de cinq blocks avaient été postée derrière le mur, et réparait le moindre impact qui avait réussi à le transpercer.
La coréenne poussa un juron, avant de recevoir un tir à l’épaule. Ce qui la força à s’abriter de nouveau.
Du haut de sa muraille Heath riait de l’incompétence de ses adversaires, jusqu’à ce qu’un coup de feu plus puissant que les autres ne retentisse. Le psychopathe eut à peine le temps de relever la tête, pour voir le tir lui entailler la tempe. Il pressa sa main contre son visage, qui se crispa de rage.

-Qui a fait ça? Rugit-il.
Allongée juste devant le Noirsoeur, hors de porté des tirs de monstre, Corbeau leva sa main gauche pour dire bonjour. Et la replaça sur la détente de son fusil de sniper.
-Attends un peu, gronda-t-il en levant son bras pour protéger son visage, ton petit manège ne fonctionnera pas deux fois.

Voyant que la posture défensive de Heath le privait d’un champs de vision respectable, Dragonne décida d’agir. Elle se tourna vers Corbeau, et l’interrogea du regard. La jeune fille leva son pouce.
La coréenne se dressa hors de sa cachette, et tira une flèche grappin en plein dans la patte avant du Krabe situé juste à la gauche de son général. Elle se mit à nouveau à couvert pour échapper à d’éventuelles représailles, et tendit le cable aux trois mercenaires qui étaient cachés avec elle.

-Tirez!
La force combiné des quatre soldats fit déraper la patte du Krabe, celui-ci perdit l’équilibre, bouscula Heath, et alla s’écraser en bas de la muraille. L’allemand fit de grands moulinets avec les bras pour éviter de subir le même sort, ce qui laissait sa tête sans défense.

-Vas-y Corbeau! Cria Dragonne pleine d’espoir.
-Au secours!
La coréenne tourna la tête. Sa collègue avait été saisie au mollet par un Kongre qui se tortillait en tentant de l’entrainer dans la Mer Numérique. Corbeau essayait désespérément de rester sur la banquise en s’accrochant au couteau qu’elle avait plantée dans le sol. Mais le monstre était trop fort, et elle finit par lâcher prise.

-Mange donc, lança Heath à l’adresse du prothéen, ceci est le corps d’une sombre conne.
Le Kongre envoya sa victime dans les airs, et attendit qu’elle retombe pour mordre son tronc à pleine dents. Le corps de Corbeau ne tint pas une seule seconde, et fut broyé par les mâchoires du monstre.
Prit d’une impulsion, Dragonne tenta d’abattre la créature d’une flèche. Mais elle fut stoppée dans son élan par un cri et un « plouf » retentissant, elle tourna la tête. Il n’y avait plus que deux soldats cachés derrière elle, ceux-ci canardaient l’eau sans réfléchir comme s’ils avaient vu un fantôme.

Un nouveau cri se fit retentir, et un autre. Au final ce fut une dizaine de cris qui retentirent.
Malgré leurs protections de glaces, les mercenaires étaient impuissants face aux Kongres. Les monstres surgissaient de l’eau, attrapaient une victime, et replongeaient trop vite pour subir des dégâts. Les soldats de l’organisation furent entrainés les uns après les autres dans les profondeurs numérique. Du haut de son mur, Heath leva les yeux au ciel devant tant de facilité.

Avant qu’un tentacule de métal ne lui saisisse la main, et l’entraina en avant. Le psychopathe, surpris par la manoeuvre, n’eut pas le temps de s’alourdir. Et alla s’écraser au pied de sa muraille. Aussitôt, une cinquantaine d’armes se pointèrent dans sa direction. Par réflexe, il joignit ses bras rocheux en garde de boxeur pour protéger sa tête.
-Je tuerais celui qui tire! Rugit une voix haineuse. Il est à moi!
Intrigué, Heath écarta ses bras de son champs de vision, avant d’écarquiller les yeux à s’en faire exploser la rétine.

Ce n’était pas n’importe quel sbire de Peter qui se trouvait face à lui; c’était lui-même.
Enfin, il s’agissait plutôt de l’ancien lui, celui à qui il ressemblait lorsqu’il faisait encore parti de l’organisation.
Du côté de celle-ci, la troupe de mercenaire s’était divisés en deux, de sorte à former une haie d’honneur pour son membre le plus puissant. Serpent avançait vers sa proie d’un pas lourd, en trainant ses lames derrière lui. Il s’arrêta à quelques mètres de Heath, et le fixa d’un regard qui trahissait son envie de meurtre.

L’allemand, à défaut d’être impressionné par la puissance imposante de son adversaire, ne parvenait toujours pas à comprendre ce qu’il avait en face de lui. Peter l’aurait-il cloné? Cela aurait été un véritable gaspillage de temps et d’argent, en plus de n’avoir aucune utilité réelle face à lui.
-Qui es-tu? Gronda-t-il en se redressant sur ses deux jambes.
-Je suis Serpent.
Heath fit rouler ses yeux.
-Non, Serpent c’est moi.
-Je le sais.
Cette fois, il fronça les sourcils.
-Pourquoi est-ce que tu as mon nom?
-C’est le nom que le maitre m’a donné. Le nom que je porterais jusqu’à ta destruction.
-Autant dire que tu portera ce nom jusqu’à la fin de tes jours. Railla le psychopathe.
-Jamais!

Serpent fit tournoyer ses lames au-dessus de son crâne et les abattit tels des fouets sur son adversaire. Heath para l’attaque sans difficulté en plaçant ses bras en opposition, mais le cyborg ne s’arrêta pas là, et il redoubla de violence. Une avalanches de coups tranchants vinrent fouetter les solides bras rocheux du psychopathe, qui sembla ployer sous les attaques. En transe face à ce combat peu commun, les mercenaires encouragèrent leur poulain.
-Je dois gagner mon nom! Rugit Serpent. Je veux servir mon maitre jusqu’à la fin des temps! Je dois te détruire! Si je parviens à obtenir mon nom, je serais son bras pour l’éternité!

Le vacarme assourdissant provoqué par ses assauts s’arrêta brusquement, et Heath sortit la tête de sa défense.
Serpent ne put que constater le traquenard dans lequel il s’était fourré. En se servant des lames de ses adversaires enroulées autour de ses bras, L’allemand tira pour entrainer son ennemi à porté de ses coups. Une fois ceci fait, il planta un pied rocheux dans la face de Serpent, et l’écrasa sur le sol. Encastrant au passage la tête de son ennemi dans la glace de la banquise.

-« Intelligence? »
-« Oui? »
-« Analyse ce truc, je veux savoir comment Peter s’y est prit pour me cloner. »
Heath ignora copieusement sa victime couinante qui tentait vainement de se dégager. Mais il n’avait aucune chance, l’allemand avait neutralisé ses armes. Et il n’était pas assez puissant pour se libérer.
-« Alors? » S’impatienta Heath
-« Ce n’est pas un clone. Votre code A.D.N. est similaire, mais pas identique. »
Serpent avait réussi à dégager son visage, mais le pied du psychopathe était à présent pressé contre sa gorge.
-Je vais t’exterminer!
-Ta gueule! Cracha Heath en lui barrant à nouveau la figure.
-« Peter m’aurait cloné à 80%? Ou quelque chose du genre? »
-« Impossible. »
L’allemand commençait sérieusement à s’impatienter, les mercenaires hésitaient encore à prendre part au combat suite à l’ordre de Serpent. Mais nul doute qu’eux aussi allaient finir par manquer de patience.
-« Compare le avec les membres de ta base de données, il s’agit peut être d’un agent modifié. »
-« C’est possible, vérification en cours. »
Heath dirigea son regard vers les mercenaires, deux d’entre eux avaient dégainés leurs armes.
-N’y pensez même pas! Gronda l’allemand. Ce qui les fit à nouveau hésiter.
-« J’ai trouvé. »
-C’est pas trop tôt.
Intelligence lui transmis les informations qu’elle avait obtenues, Heath les examina, et tomba des nu.

Il fut si choqué qu’il relâcha son emprise, permettant à Serpent de se dégager. De craintes d’être à nouveau capturés, le cyborg s’éloigna d’une dizaine de mètres. Et fixa son adversaire de son regard haineux.
Heath n’avait toujours pas esquissé le moindre geste. Il semblait un peu perdu, décontenancé, comme si cette simple information avait chamboulé son esprit.

Serpent ne se fit pas prier, il dressa ses lames au-dessus de sa tête, et les envoya s’abattre sur l’allemand. Une stratégie de piètre qualité, qui permit à Heath de happer à nouveau sa proie.
Un sourire se dessina sur le visage, du psychopathe, sourire qui se transforma en fou rire incontrôlable. Le Général de l’armée prothéenne était incapable de se contenir, il riait à gorge déployée sans se préoccuper de ses adversaires. Serpent ignorait quoi faire, son rival se tordait dans ses propres éclats de rire. S’il ne se trouvait pas sur un monde virtuel, il se serait probablement déjà cassé plusieurs côtes.

Heath releva la tête, un rictus abominable déformait son visage. Il tira Serpent vers lui, le saisit pas la gorge, et le souleva de terre.
-Mon très cher petit frère. Lâcha-t-il entre deux éclats de rire. Tu m’as un peu manqué Boulard.
Serpent écarquilla les yeux, le psychopathe relâcha son étreinte, et le frappa dans le plexus. Le cyborg fut projeter dans les airs, avant que son adversaire ne saisisse ses tentacules.
Heath prit alors un malin plaisir à faire valdinguer son adversaire dans tous les sens, l’envoyant s’écraser tantôt contre le sol, tantôt contre le mur. Serpent n’avait aucun contrôle sur ce qui lui arrivait, il n’était plus qu’une poupée désarticulée entre les mains d’un enfant dément. Impossible pour lui d’agir ou de réfléchir, il ne pouvait que subir.

-Tous ça pour ça?! Hurla Heath entre deux éclats de rire. Tous ce cinéma pour ÇA?! Mais c’est la meilleure farce de l’année!
Heath tira de toutes ses forces, faisant passé Serpent par dessus son épaule, et l’envoyant s’écraser contre la muraille de glace. Les prothéens se mirent à mirent à rugir la victoire de leur général, avant que celui-ci n’attrape sa victime par les cheveux.
-C’est ça l’arme suprême de Peter? Ricana-t-il en contemplant le regard de chien battu de Serpent.
Il secoua la tête.

-Ça aura eu au moins le mérite de me faire mourir de rire.
Le cyborg ne parlait plus, il n’accordait plus la moindre attention à l’allemand. Son regard était vitreux, il semblait si vulnérable.
-Ah non!
Heath le saisit par le col, et se mit à le secouer de toutes ses forces.
-Je t’interdis de redevenir faible. Gronda-t-il. Pour une fois que je te trouve digne de moi, tu n’as pas intérêt à redevenir la larve que tu étais.

Serpent releva la tête.
-Je ne peux pas t’abattre, souffla-t-il. C’est terminé, le maitre ne me laissera jamais obtenir mon propre nom.
Heath colla son front contre celui de son ancien frère, et plongea son regard emplie de folie dans le sien.
-Tu veux un nom petit frère? Prend celui que notre mère t’as donné. Tu n’es pas Serpent, et tu ne sera jamais Serpent.
-Notre mère?
Le psychopathe laissa échappé un sourire en coin, et approcha ses lèvres de l’oreille du cyborg. Là, il lui murmura quelque chose. Quelque chose qui sembla le transporter de joie, avant que Heath ne lui transperce le crâne d’un coup de faux.
-A plus petit frère.

Aussitôt, les mercenaires pointèrent à nouveau leurs armes vers Heath et tirèrent. Le psychopathe protégea sa tête, et se précipita hors de la plateforme. Pour se réquisitionner sur une manta.

-Ouvrez le feu. Ordonna-t-il à l’adresse de ses troupes. Permettant à la bataille de reprendre là où elle avait été laissée.
-Voyons ce que vous allez faire maintenant, ricana Heath en contemplant les assauts vains des mercenaires.



Même Moment


Peter n’en menait pas large, à chaque adversaire qu’il détruisait, un autre apparaissait. Sans parler des nombreux coups qu’il avait subit. En effet, il ne disposait plus que de vingt points de vies, et il avait toujours cinq ennemis en face de lui.
Le cannibale poussa un juron, et se remit en garde alors que la Légion s’approchait de lui.
-Rendez-vous, vos chances de réussites sont nulles.
-C’est ça. Grogna-t-il avant d’appuyer sur le bouton situé sur son poignet.
Il fut alors surélevé de quelques centimètres, ce qui eut le mérite de surprendre Légion pendant une demi-seconde. Jusqu’à ce que celui-ci ne remarque les roues sous les botes de l’américain.

-Et c’est partie, ricana Peter avant d’enclencher les boosters situés derrière ses talons. Le cannibale fit un départ canon, se déplaçant à une telle vitesse que Légion n’eut pas le temps de calculer sa trajectoire. Son adversaire slaloma entre les différents « lui », et les détruisit un à un. Puis il s’arrêta brusquement devant l’original, qui eut un mouvement de surprise.
-Va dire à ton patron que je le dégusterai avec un plaisir infini.
Il lui trancha la gorge avant même que la dernière syllabe ne fut prononcée, ce qui le fit disparaitre dans un nouveau flash de lumière. Peter secoua la tête.
-Bruyant.

Il se concentra à nouveau vers la tour, la voie étant libre, il n’avait plus qu’à remplir sa mission.
Cimeterre à la main, il fila à toute allure vers sa destination. Persuadé qu’il ne pouvait plus être détourné de son objectif. Il était enivré par la vitesse impressionnante qu’il avait acquis. Élancé comme il était, il avait le sentiment que plus rien ne pouvait l’arrêter. Mais le projectile noir et or qui le percuta de plein fouet était là pour le sortir de son rêve. Emporté par sa vitesse, Peter fut projeté sur une centaine de mètres. Il rebondit quatre fois sur le sol avant de totalement disparaitre. L’Augure ramassa son cimeterre.
-Merci pour le cadeau.



Même Moment


Renarde en avait plus qu’assez.
La troupe de mercenaire engagée par Peter était incapable de causer le moindre dégât à la muraille de Heath. A chaque coups qu’ils portaient, un block colmatait la brèche. Et à chaque fois qu’un monstre était détruit, deux autres le remplaçaient. La situation était devenu intenable, une escadrille de frelons s’était même joint à la fête pour arroser les invités d’acide.

Ils avaient déjà perdu les deux tiers de leurs hommes ainsi que Corbeau. Dragonne était bloquée derrière son bouclier, à encaisser sans pouvoir riposter. Il fallait trouver une solution, et elle en avait justement une sous la main.

Elle s’installa dans le poste de commande du Noirsoeur, et s’empara du volant.
Le vrombissement soudain du moteur fit tourner la tête à toute l’escouade. Même les monstres avaient arrêtés de tirer.
-Garez-vous, cria Renarde à travers les haut-parleurs du vaisseau. Avant de projeter celui-ci contre la muraille, la pointe la première.

La secousse causée par le choc fit perdre l’équilibre à plusieurs monstres, qui vinrent chuter contre le véhicule. Mais à cause des boucliers de l’engin, ils ricochèrent, et atterrirent dans la Mer numérique.
Noirsoeur reprit un peu d’élan, et frappa une seconde fois.
C’est avec une plaisir non-dissimulé, que l’indienne vit un pan entier du mur s’effondrer, et les prothéens qui se trouvaient au sommet s’écroulèrent avec lui.

Les monstres, complètement paniqués, tiraient à l’aveugle. Motivés par un regain de confiance, les mercenaires se mirent à les descendre comme des mouches.
Triomphante, Renarde leva un poing vers le ciel. Avant d’apercevoir ce qui ressemblait à une météorite tomber à pleine vitesse sur son vaisseau.
-Coucou c’est moi! Ricana un Heath roulé en boule, avant de percuter de plein fouet le Noirsoeur.

Une gigantesque déflagration vint happer la totalité des mercenaires présent du mauvais côté du mur. Déchirés en deux, les débris du vaisseau restèrent un moment sur le terrain. Avant d’exploser purement et simplement. Les derniers monstres restant crièrent leur victoire, tandis qu’un Heath pleinement satisfait sortait de son scanner.
-Voilà qui devraient nous en débarrasser quelques temps. Sourit-il.
Il était loin de se douter qu’à quelques centaines de mètres du champs de bataille, l’Augure observait le spectacle en affichant un sourire identique.
-Quels êtres pitoyables.
Sur ses mots, il plongea dans la mer Numérique. Et disparu de la surface de Lyoko, le cimeterre de Peter était toujours en sa possession.



Même Moment


Serpent était dans un autre monde, un monde où il n’entendait pas la violente dispute entre son maitre et Tanner. Assis sur le bord de son sarcophage, la peau toujours mouillé, il se remémorait le nom que le véritable Serpent lui avait glissé à l’oreille. Pour une raison qui lui échappait, il aimait ce nom. C’était comme si un ange descendu du ciel était venu le lui offrir en récompense, un ange qui avait le visage de sa mère. Même si cela, il l’ignorait.
Immergé dans son univers, il pensa à l’aquarelle qu’il avait vue dans la chambre de Tanner. Le Grand Dragon Rouge l’inspirait, l’auteur lui aussi l’inspirait.

-William Blake. Murmura-t-il si bas que personne n’aurait été capable de l’entendre.
Le nom que Heath lui avait donné résonna à nouveau dans son esprit, et forma une mélodie d’une harmonie fantastique avec le nom du créateur du Dragon.
-Je m’appelle…Je m’appelle…
Le nom refusa de franchir ses lèvres, comme si la joie qu’il contenait était trop lourd à cracher.
-Je m’appelle… Alister Blake.
Serpent sourit paisiblement, et ferma les yeux. Une voix familière résonna alors dans sa tête.
-Tu t’appelles Alister Blake, un nom magnifique pour le Grand Dragon Rouge.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 14 Juil 2017 17:09   Sujet: [Fanfic] Pandémonium


Spoiler


Spoiler



Chapitre 8: Légion Prothéenne


7 septembre 2001, Usine, 16h 23


Cela ne faisait que quelques minutes que Heath patientait devant l’un des scanners, pourtant il avait du mal à contenir son impatience. Franz Hopper n’avait pas menti, ramener un prothéen sur Terre n’avait rien eu de bien compliqué. À peine deux heures de travail, et le tour était joué. Il ne restait plus qu’à attendre que le scanner ait finit de modéliser son apparence, mais cela prenait un peu plus de temps que prévu.
-Il arrive, prévint Hopper, soit prudent.
Heath failli éclater de rire, mais conserva son sérieux. Le scanner s’ouvrit, et un… être humain (ou tout du moins il en avait l’air) en sortit.
Il était très difficile pour Heath de déterminer s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme, ses vêtements étaient plus que commun: un jean, des baskets et un pull à col roulé. Mais surtout, les traits sur son visage étaient aussi masculin que féminin. Pas de cheveux (ni de sourcils), bref, un être complètement neutre en terme de sexualité. Mais bon, cela n’avait aucune importance.

-Tu me comprends? Demanda Heath en le fixant droit dans ses drôles d’yeux jaunes.
-Oui.
Il (elle?) avait une voix bizarre, presque identique à celles que l’on enregistre pour les annonces dans les gares ou le métro.
-Tu vas m’attaquer?
-Non.
Selon Franz, ses IAs ne peuvent pas mentir. Mais Heath avait quand même un petit doute.
-Et pourquoi?
-Nous ne voyons aucune raison logique de le faire.
L’allemand hocha la tête.
-Tu sais pourquoi tu es ici?
-Nous avons transmis au créateur la requête d’envoyer certains d’entre nous sur son monde, afin de l’observer, et d’être tenu au courant des décisions qui seront prises concernant notre peuple. C’est ce que nous allons faire.

-C’est vrai, mais cela restera ton objectif secondaire, ta priorité sera de m’aider à combattre nos ennemis. Ici c’est moi qui commande. Tu es donc tenu de suivre mes ordres à la lettre, et de venir me voir dès que tu as une question. Compris?
-Oui Général.
-Parfait, alors comment dois-je t’appeler?
-Prothéen.
Heath haussa un sourcil.
-Je ne te demande pas le nom de ton peuple, je le connais, je te demande ton nom à toi.
-Nous sommes tous prothéens
Agacé, l’allemand se planta à quelques centimètres de son interlocuteur, il le dépassait d’une bonne tête.

-Comment s’appelle l’individu en face de moi.
-Il n’y a pas d’individu, nous sommes prothéens.
Heath poussa un profond soupir, et se frotta la tête.
-Il va falloir que tu m’expliques.
-Ce corps n’est qu’un outil dont nous nous servons pour nous fondre dans la masse, en réalité, il y a très exactement 1239 unités prothéennes qui l’habitent, nous nous sommes dis que cela était préférable afin de prendre nos décisions par consensus.
-Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux.
La voix de Franz Hopper avait résonné aux oreilles de l’allemand comme un enfant qui lui plaquerait avec fierté son dernier dessin sur le visage. Malgré tout, les prothéens semblaient apprécier l’idée.
-Evangile selon Saint-Marc, chapitre cinq, verset neuf. Nous reconnaissons la pertinence de la métaphore.
Il fixa l’allemand droit dans les yeux, et annonça:
-Notre nom est Légion Lancaster, nous sommes ravi de travailler avec vous Général.
-De même, répondit Heath, mais je t’en pris, prend l’habitude de parler à la première personne du singulier.



7 septembre 2001, Banlieue Parisienne, 17h 13


Étonnamment, Heath appréciait Légion. Il ne parlait que lorsqu’il avait quelque chose d’intéressant à dire ou quand on le lui demandait. Il savait se montrer discret, et se rendre utile quand il le souhaitait. Ce qui tombait plutôt bien, puisque l’allemand commençait à en avoir assez de faire le garçon de courses.

Le prothéen et son général effectuaient une simple balade dans les environs de l’usine, jusqu’à la maisons des Lancaster. Histoire que Légion ait une assez bonne connaissance de ce coin de la ville, et qu’il évite de se perdre stupidement. Heath avait royalement ignoré les regards et les remarques à voix basses qui supposaient que le prothéen était atteint de cancer. Et qu’il n’avait plus beaucoup de temps à vivre. Ils ignoraient qu’à ses côtés se trouvait un homme qui rendrait la leur encore plus courte.

-Bon, tu as bien tous retenu?
-Oui général, les informations que vous nous avez transmises ont été enregistrées.
-Je t’ai déjà dis d’arrêter de parler à la première personne.
-Nous sommes 1239 unités à l’intérieur de cet enveloppe, nous juger comme une seule personne est incorrect.
-Et tu dis toujours ce qui est exact?
-Bien évidement.
L’allemand soupira.
-Bon… et bien essaye au moins de ne pas m’appeler « général » quand nous sommes à l’extérieur. Heath ça ira très bien.

-D’accord Heath.
-Une dernière chose, tu as l’interdiction formel de révéler à qui que ce soit la moindre information sur nous. Et cela comprend Lyoko, le Créateur, Aelita, Seth et moi. Si on te pose une question sur un seul de ses sujets, tu répondras: « Je préfères ne pas vous répondre ».
-Compris Heath.
-Bien. Il leva la tête et pointa du doigt l’une des maisons qui s’élevaient devant eux. C’est ici que l’on habite. Je vais rentrer, toi tu peux retourner à l’Usine.
Sur ses mots, l’allemand abandonna le prothéen sur le trottoir et se dirigea vers la porte.
-Heath?
-Oui?
-Qui est Seth?
Le jeune homme laissa un petit sourire en coin se tracer sur son visage, il se retourna:
-On a qu’à dire que c’est l’ange déchu, celui qui punira ceux qui ont péchés.



9 Septembre 2001, Lieu inconnu, 08h 21


-Qu’est-ce que c’est que ce bordel?!
Peter Warren détestait être interrompu lorsqu’il donnait une conférence dans la salle adéquate, et bien davantage si le trouble-fête s’appelait Alex Tanner et qu’il beuglait comme une vache.
-Qui sont ces personnes?!

Du doigt, le scientifique pointa les dizaines d’individus qui servaient d’auditoire à l’américain. Celui-ci conserva son calme.
-Ce sont nos nouveaux soldats virtuels, annonça-t-il d’un ton détaché, pourriez-vous vous exprimer de façon un peu plus cordiale histoire de ne pas passer pour un bouffon?
L’écossais le fusilla du regard, mais reprit ses bonnes manières.
-Pouvez-vous m’expliquer qui vous a demandé de recruter des hommes supplémentaires?
-C’est moi qui ait prit cette initiative. Nos deux récentes défaites m’ont ouvert les yeux: nous avons cruellement besoin de renfort, ce qui est chose faite.

Tanner manqua de se frapper le front, ses nerfs étaient en ébullition.
-Dois-je vous rappeler que nous ne disposons que d’une dizaine de scanners? Nous n’avons pas les moyens d’envoyer autant d’hommes dans la virtualité.
-Nous n’avions pas, corrigea Peter, d’ici quelques jours nous disposerons de très exactement soixante-dix scanners financés par mes soins.
-Vous… Quoi?! Mais qu’est-ce qui vous ait passé par la…
-Arrêtez de vous donner en spectacle! Cracha le cannibale d’un ton venimeux.
Tanner remarqua alors les dizaines de paires d’yeux moqueuses qui étaient tournées vers lui. Ce qui ne fit qu’accentuer sa colère.

Profitant de ce moment de silence, Peter reprit la parole:
-Il se trouve professeur Tanner, qu’on s’est joué de vous.
Le scientifique fronça les sourcils, mais n’eut pas le temps d’en placer une.
-Nos scanners, avec le bon matériel et les bons ouvriers, peuvent être construit en une semaine montre en main. Si toutefois personne n’a la mauvaise idée de saboter les plans de construction. N’est-ce pas Professeur Belpois?

Le regard de Peter se posa sur l’homme qui reposait en piteux état sur le côté de la pièce. Suivit presque instantanément part ceux des autres personnes présentes.
Norman gisait sur le sol aux pieds de Dragunov, a en juger par le piètre état de son visage, il avait été battu.
Les yeux du professeur Tanner se remplirent de colère et de haine, il se planta devant son ancien employé.
-Vous avez de la chance Belpois, vociféra-t-il, vous m’êtes encore trop précieux pour que je vous laisse mourir. Néanmoins, votre trahison vous coutera bien plus que la vie.
Norman laissa échapper un petit gémissement de douleur, accentué par le mouvement de ses dents cassées.

-Puis-je reprendre? Demanda Peter visiblement à court de patience. Je vous rappelle que nous avons une attaque à préparer.
-Vraiment? Grinça Tanner. Et quel sera le but de cette attaque?
Le cannibale laissa échapper un sourire maléfique, son regard trahissant son envie de meurtre.
-La destruction totale de notre cher Professeur Schaeffer et de sa clique.



12 septembre 2001, Lycée Jean-Baptiste Say, 12h 39


Attablée tranquillement à la cafétéria de son école, Aelita poussa un soupir de soulagement qu’elle retenait depuis bien trop longtemps. Et pour cause, la plupart des ennuis dans lesquelles elle s’était fourrée semblaient désormais derrière elle. Heath et son père étant trop occupés par leurs magouilles pour s’occuper d’elle, elle s’était permise de leur cacher ses quelques soucis. Le retour prématuré de Matthieu, et la protection de Sylvie l’avaient bien aidée à les résoudre. Grâce à leurs soutiens, les petits malins qui avaient répandus des rumeurs sur Seth s’étaient calmés, et le calme était revenu dans la classe. Mais contrairement à sa soeur, le mutant n’avait jamais vraiment remarqué l’animosité que lui portait ses camarades. Il faut dire que lorsque l’on est aussi bien entouré que lui, il est difficile de se sentir mal dans sa peau.
Seth avait un nombre incalculable d’admiratrices, il était si populaire que certains garçons envisageaient même de devenir son ami seulement pour pouvoir en profiter.
Heureusement pour lui, sa « soeur » savait le protéger de ce genre de fréquentations. Elle était d’ailleurs tellement habituée à le voir cerné par toute une meute, qu’elle fut assez surprise de le voir arriver vers sa table avec seulement une fille à ses côtés.

-Coucou soeurette, dit-il en faisant la bise à la princesse de Lyoko, tu fais une drôle de tête.
-Je ne m’attendais pas à ce que tu ai si peu de compagnie, répondit-elle sans quitter Valentine du regard.
La jeune fille rougie et salua Aelita en baissant légèrement la tête. Ce qui la fit rire.
-Soit pas si timide, je ne vais pas te manger.
-Pardon. Dit-elle en se redressant.
-Et ne t’excuses pas pour rien.
De plus en plus gênée, elle se tourna vers Seth pour chercher un peu de soutien. Le mutant lui adressa alors un très beau sourire, qui eut vite fait de la remettre en confiance.
Les deux adolescents s’assirent donc à la table d’Aelita, qui examina la jeune fille des pieds à la tête.

Elle avait un look de petite fille modèle, elle portait un chemisier blanc assez élégant, et une jupe bleu marine. Ses cheveux blonds étaient coupés en carré court.
La princesse de Lyoko remarqua alors du coin de l’oeil, les regards jaloux de plusieurs filles de sa classe. Et cela ne présageait rien de bon.
-Qu’est ce que vous faites là tous les deux?
-On sort ensembles, annonça Seth sans s’arrêter de sourire.

Les yeux d’Aelita jaillir de leurs orbites. Rouge comme une tomate, Valentine se concentra sur ses chaussures.
-Depuis quand?
-Depuis trente minutes.
La jeune fille aux cheveux roses manqua de se frapper le front, mais elle parvint à se maitriser histoire d’éviter de se donner en spectacle. Elle soupira, techniquement, elle n’avait rien contre le fait que Seth se trouve une petite amie. Mais de là à ce que ce soit aussi rapide, et avec une personne qu’il connaissait aussi mal. Elle ne savait plus tellement quoi penser.

-Et toi alors?
-Quoi moi?
-Bin… ça a l’air d’aller entre Lucius et toi.
Aelita fronça les sourcils, et leva les yeux au ciel.
-Arrête, je le connais à peine. On est même pas encore réellement amis, on discute, c’est tout.
-Tu devrais faire attention, prévint Valentine de sa petite voix, Lucius n’a pas très bonne réputation dans l’école.
-Qu’est ce que tu veux dire par là?
La blonde prit un air embêté, mais finit par déballer son sac.

-L’année dernière, Lucius était le souffre-douleur préféré des « caïds » de l’école. Il se faisait souvent racketter après les cours, mais ça n’allait généralement pas plus loin que ça. Sauf qu’il y en avait un qui était plus violent que les autres, et qui en avait fait sa victime préférée. Il s’appelait Mohamed Fitoussi, et c’était un gros enfoiré de ce que j’ai entendu. En plus de racketter Lucius, il l’humiliait très souvent. Il le bousculait dans les couloirs, le faisait tomber dans les escaliers, il est même aller jusqu’à lui mettre la tête dans les toilettes.

Aelita frémit de dégoût en écoutant ce récit, elle n’avait jamais imaginé que Lucius aurait pu vivre de tels cauchemars. Valentine continua:

-Un jour, Mohamed est allé trop loin: Il a cassé le bras de Lucius, et l’a envoyé à l’hôpital avec une commotion cérébral. Tout le monde à l’école avait été choqué d’apprendre ça, et certains étaient allés demander l’exclusion de Mohamed auprès de la principale. Ce qu’elle avait refusée, l’incident n’ayant pas eu lieu dans l’enceinte du collège. Certains des garçons avaient cependant décidés qu’il était temps que la tyrannie de Mohamed cesse, et le jour suivant, l’avait patiemment attendu à l’entrée de l’école. Mais il n’est jamais venu. On l’a retrouvé quelques jours plus tard, le corps complètement carbonisé dans un immeuble abandonné.

Aelita n’en croyait pas ses oreilles.
-Et tu crois que c’est Lucius qui…?
-Non. Enfin, personne ne pense dans l’école que c’est lui le responsable. Mais il y a pas mal de rumeurs qui trainent concernant ses frères. Apparement, Lucius leur aurait caché la vérité pour éviter ça, mais quand il a été à l’hôpital…
-Il n’y pouvait plus grand chose. Compléta Aelita.
-Oui voilà.

La princesse de Lyoko avait un peu de mal à croire à cette histoire, mais elle ne put s’empêcher de penser aux mises en garde de Lucius concernant ses frères. Elle se gratta la tête. Pourquoi est ce que le monde dans lequel elle s’était réveillée était aussi dérangé?



12 avril 1999, Belgique, 19h00


-Que tout le monde se lève! Ordonna le Directeur Favard. Et montrez-moi vos assiettes.
L’orphelinat Asher, était réputé pour être plus une maison de correction qu’un véritable foyer pour jeunes orphelins. On y envoyait les délinquants drogués ou SDF qui trainaient dans les rues des métropoles belges. Situés au milieu de la Louvière, à à peine une soixantaine de kilomètres de Valenciennes. Cet établissement représentait ce que Thomas Von Kane haïssait le plus au monde: une prison. Bien avant cela, la vie du jeune homme n’avait été faites que de liberté et d’air pur. Ayant grandi dans une troupe de théâtre ambulante, Thomas avait toujours été un éternel optimiste. Jamais durant cette vie, il n’avait cru pouvoir un jour se sentir malheureux. Chacun de ses jours avaient été emplie de joie et de rire. Il avait eu la naïveté de penser que les multiples rôles qu’il avait joué pour sa troupe, lui avaient donnés une bonne image de ce qu’était la vie sur Terre. Aujourd’hui, il avait tous perdu.

Sa troupe avait été prise par des douaniers Luxembourgeois, plus de la moitié d’entre eux avait été emprisonnée. Par miracle, Thomas avait réussi à s’enfuir vers la Belgique. Où il avait pu commencer une nouvelle vie remplie de chapardages et d’amitiés nouvelles. Le jeune homme avait toujours eu le don pour se faire facilement des amis, et il n’eut aucun mal à devenir le mouton blanc d’une petite bande de voyous liégeoises . Sa nouvelle famille n’avait d’ailleurs pas tardé à l’appeler « grand frère », tant ses conseils avaient toujours été sages et avisés. Thomas s’était juré qu’il n’oublierait jamais les visages de ceux qu’il avait pu appeler ses frères. Et aujourd’hui, après leur avoir permit d’échapper à la police en se sacrifiant. Il savait qu’il ne regretterait jamais son geste. Même si aujourd’hui, il était prisonnier d’un univers qui lui donnait envie de vomir.

Le Directeur traversa le réfectoire, et vérifia assiette par assiette si les portions n’avaient pas été entamés. Histoire que les habitants affamés du foyer connaissaient leurs bonnes manières. Favard ne procédait pas à ce rituel tous les soirs, ainsi, il était persuadé d’attraper quelques imprudents. Thomas ne s’était jamais laissé prendre à son jeu, à ses yeux, cet homme était un idiot. Mais l’orphelinat regorgeait de gamins encore plus idiots. Prit d’un étrange pressentiment, il jeta un coup d’oeil autour de lui. Et vit ce dont il se serait bien passé ce soir. Benoît, un petit garçon de onze ans, avait entamé sa portion de haricot. Il s’y était prit si brutalement qu’il n’avait même pas prit soin d’essuyer sa cuillère. Prit d’une impulsion, il échangea rapidement son couvert avec le sien.

Mais il manqua de discrétion, et l’ustensile heurta son assiette. Rapide comme un serpent, Favard pointa ses yeux luisant sur le jeune homme. Et se dirigea vers lui d’un pas lourd et menaçant, avant de se planter devant lui.

-Votre cuillère est bien sale Monsieur Von Kane.
-Elle l’est Monsieur.
-Il me semble que vous connaissez les règles, la droite ou la gauche?
Favard avait conservé son manteau, impossible donc de savoir sur quelle main il avait mit ses chevalières.
-La droite Monsieur.
Le Directeur étira son sourire, et retira son manteau, avant de le confier à un de ses larbins.
-« Mauvaise pioche », songea Thomas.
La gifle fut beaucoup plus violente qu’il ne l’avait imaginée.


Lorsque le jeune homme reprit conscience, il était là où il savait qu’il atterrirait: au trou.
Cet endroit n’avait rien d’une réelle cellule, il s’agissait seulement de petites caves dégoutantes. Des caves qui étaient remplies d’araignées et généralement de deux ou trois rats. Les portes étaient en bois rongés. Très simples à forcer, mais le garde qui surveillait les cellules l’était beaucoup moins.
Thomas détestait la saleté, il avait toujours prit grand soin de son corps. Mais ce n’était pas obsessionnel au point de piquer une crise d’hystérie. Il se lavera quand il sortira, c’est tout.


Il n’eut d’ailleurs pas à attendre bien longtemps avant que la porte de sa cellule ne s’ouvrit. Mais au lieu du geôlier, ce fut un jeune homme de son âge qui pénétra dans la pièce, une bougie à la main.
-Stéphane?
-Bonsoir mon amour.
Le jeune adolescent se pencha en avant et déposa un baiser sur les lèvres de son petit ami. Avant de lui tendre un snicker, Thomas resta interdit.
-Mange-le s’il te plait. Si tu savais tous le mal que j’ai eu à le faire rentrer dans l’orphelinat.
-Tu n’aurais pas dû.
-Je sais. Allez mange.
-Si jamais Favard t’attrape…
-Mais tu vas manger oui?

Thomas soupira, mais déchira l’emballage. Il sépara la friandise en deux, et glissa l’autre moitié dans la bouche de l’homme qu’il aimait. Ils savourèrent leur plaisir culinaire lentement, avant d’achever la dégustation par un fougueux baiser.
-Avec quoi tu as payé le geôlier?
-Une cartouche de cigarette.
-Évidemment.
Les deux garçons n’échangèrent plus un mot durant quelques minutes, Thomas se contenta seulement de plonger sa tête dans la chemise de son petit ami. Pour y retrouver un peu de réconfort.

-Tu devrais partir, murmura-t-il, je ne veux pas que Favard nous découvre.
-Il semblerait que votre souhait n’est pas été exaucé Monsieur Von Kane.
Thomas releva la tête si brutalement qu’il se cogna contre Stéphane au passage. Le directeur Favard était là, et le geôlier de plus de deux mètres aussi.
-Sam? Aurais-tu l’obligeance d’apprendre à ses garçons comment les hommes sont supposés se comporter?
Ledit Sam hocha la tête, et s’approcha du couple. Stéphane se plaqua devant son petit ami pour le protéger, mais le géant le souleva comme une plume, et lui asséna un violent coup de poing dans l’estomac.
Thomas tenta de se relever, avant d’être renvoyer au sol d’un coup de pied au visage.

-Retire leurs pantalons, ordonna Favard.
Sam obéit, et arracha leurs vêtements comme un emballage plastique.
Le directeur plongea la main dans son manteau, et en sortit la lame la plus terrifiante que Thomas ait jamais vu. Un long coutelas à dents, plus aiguisé qu’un rasoir.
-Monsieur Laurence, cracha-t-il à l’adresse de Stéphane, vous avez été le pire élément que j’ai jamais accueilli dans cet établissement. J’ai cru quelques temps pouvoir vous sauver, mais votre cas me semble irrécupérable.
Sur ses mots, il enfila une paire de gants en plastique jetable, se saisit du sexe du jeune homme, et le trancha net. Testicules compris. Un hurlement atroce, étouffé par la main géante de Sam résonna dans l’intégralité du sous-sol.

Le sang de Thomas se glaça dans ses veines, tandis que l’horreur s’emparait de son visage.
-Vous avez mal? Sachez que je m’en réjouis. Jeta Favard comme s’il lui avait frappé les doigts avec une règle. Mais je veux m’assurer que vous ne posiez plus jamais les yeux sur le moindre garçon innocent que vous croiserez. Et pour cela, je ne connais qu’un seul moyen.
Stéphane n’entendait plus les paroles du directeur, la douleur lui avait fait perdre connaissance. Mais cela n’empêcha pas son tortionnaire d’écarter ses pupilles, et de lui crever les yeux un par un.
Thomas n’en pouvait plus, il se cambra, et vomit un filet de billes. Favard haussa un sourcil méprisant.

-J’avais un peu plus d’espoir pour vous Monsieur Von Kane, dit-il d’un ton mi-triste mi-méprisant. Mais je pense qu’il y a encore une chance pour vous, aussi je me contenterais de vous retirer seulement quelques centimètres. Peut-être cela sera-t-il suffisant pour trouver en vous la force de vous faire pardonner aux yeux de Dieu.

Là-dessus, il hocha la tête en direction de Sam. Le geôlier laissa alors tomber Stéphane, et empoigna Thomas. Le jeune homme se débattit vainement, mais sa force physique était dérisoire en comparaison de celle de son bourreau.
-Prenez votre sexe par le gland, ordonna Favard, et tendez-le.
-Non…

Le directeur brandit son coutelas sous les yeux de l’adolescent, ceux-ci s’écarquillèrent de terreur.
-Vous avez le choix: Ou je ne vous prive que d’une partie de votre membre, ou je vous coupe tout. Que choisissez-vous?
Le coeur au bord des lèvres, Thomas saisit son sexe par le bout, et le tendis. Fayard essuya son arme avec un mouchoir de soie, puis il la rangea, pour sortir une paire de ciseau.
-Rassurez-vous, murmura le directeur avec une voix qui se voulait rassurante, se sera rapide et propre.

Sur ses mots, le directeur fabriqua un petit garrot autour du sexe de Thomas à l’aide d’un autre mouchoir de soie. Puis, il y versa une portion raisonnable d’alcool.
-Ce sera très douloureux. Chuchota-t-il d’un ton désolé.
-J’en doute.

Le Directeur Favard fit volte-face, juste avant que les coups de feu ne retentissent. Les deux bourreaux restèrent figés sur place pendant un moment, avant de s’écrouler sur le sol, avec un trou béant dans le front.
Thomas Von Kane fut emporté par le poids de Sam, et fut écrasé par le géant. Le stress qu’il avait accumulé était si intense, que sa respiration se fit de plus en plus lourde. Il sentit cependant son corps être libéré du poids du geôlier. Puisant dans ses dernières forces, il leva la tête.

-Mon cher Thomas, je suis désolé, tous va bien?

Le jeune homme voulu pleurer, hurler, crier les pires horreurs qui lui venaient à l’esprit. Mais ses forces l’abandonnèrent, et il plongea dans le néant.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 11 Nov 2016 15:37   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler



Spoiler



Chapitre 7: L’Augure, le Serpent et la Banshee



6 Septembre 2001, Banlieue Parisienne, 22h 34


Dans un modeste appartement du dix-septième arrondissement parisien, Norman Belpois s’adonnait à ce qui était devenu avec le temps son plus grand plaisir personnel: le don de cadeau à son petit neveu.
Le cinquantenaire adorait cet enfant comme s’il était son propre fils, n’ayant jamais eu de temps à consacrer à une femme depuis vingt-cinq ans. Il avait été un homme comblé lorsque sa belle-soeur avait donné naissance à ce petit être dont la simple photo suffisait à lui réchauffer le coeur. Depuis ce jour, Jérémie Belpois avait été l’une des principales raison de vivre de son oncle. Ce dernier lui apprenait tout ce qu’il savait, ou en tout cas, tout ce que le petit garçon était en mesure de comprendre. Mais quand celui-ci ne parvenait pas à assimiler les complexes notions que son parent tentait de lui inculquer, et bien il travaillait nuit et jour pour qu’au prochain passage de son modèle, il soit capable de lui réexpliquer tout ce qu’il avait retenu de la physique quantique et de son utilisation. Oui, Jérémie avait pris son oncle comme idole. Qui pourrait le lui reprocher? A huit ans, le jeune homme ne connaissait aucun autre homme qui symbolisait à ses yeux la réussite.

Son propre père, frère de son oncle ne travaillait plus depuis près de trois ans. Pourtant, sa vie professionnelle avait très bien commencé. A la fin de ses bonnes études de finances, il avait monté avec trois de ses amis sa propre entreprise, qui a démarré en trombe avec la signature de plusieurs contrats juteux. Ses belles premières années lui auront permis de s’offrir un appartement de qualité dans le cinquième, ainsi que la possibilité d’élever son enfant dans un milieu plus que convenable. Mais tout avait volé en éclats lorsque ses anciens amis l’avaient remerciés pour ses services devenu inutiles au sein de l’entreprise. Il ne lui aura fallu qu’un jour, un seul jour pour que toute sa vie s’écroule comme un château de carte. Et aujourd’hui, il vivait principalement de l’aide financière que lui apportait son frère. Francis Belpois ne travaillait plus, il était trop occupé à noyer son chagrin et sa vie dans l’alcool. Martha, sa femme autrefois ravissante s’était enlaidie, tel une fleur flétrie par le temps. Son fils en revanche, restait la principale source de bonheur dans leur maison.

Il était toujours souriant, et bon vivant. Bien qu’il passait des heures enfermés dans sa chambre pour étudier les livres de son oncle. Il était sans hésitation la plus belle chose que ses parents aient jamais faites de leur vie, selon Norman en tout cas.
Celui-ci s’était installé dans un fauteuil de mauvaise qualité fait de faux cuir, face à face avec son frère. Francis était déjà saoul, pourtant il n’était même pas midi. Il semblait apprécier avec un plaisir non-dissimulé -si ce n’est trop voyant- le verre de bourbon qu’il portait à ses lèvres. Lorsqu’il eut finit de le déguster, Norman se rendit compte qu’il semblait plus enclin à apprécier les effets plutôt que le goût. Un frisson de répulsion lui traversa l’échine.

-C’est ton combientième verre de la journée?
Francis ne répondit pas, il contemplait son verre avec étonnement, comme s’il venait de se rendre compte qu’il en avait un en main.
-Alors?
-Je sais… pas.
Le scientifique le considéra d’un oeil mauvais, chaque jour qui passait semblait de plus en plus court. Il avait un très mauvais pressentiment concernant ce qu’il faisait, et ce qu’il faisait c’était de l’espionnage contre ses propres employeurs. De l’espionnage pour un jeune psychopathe de même pas seize ans qui avait menacé de mort sa propre famille. Famille dont il avait obtenu les coordonnées grâce à Intelligence. Et si jamais il tentait de les mettre en sureté, alors il s’en prendrait aux amis de son neveu, et à la famille de sa belle-soeur.
Norman Belpois savait ce que cela impliquait si jamais il était découvert: La mort. Une mort atroce.
Mais l’organisation ne ferait pas de représailles sur sa famille, ils ne l’avaient jamais fait pour qui que ce soit. Il n’avait donc que pas grand chose à craindre pour sa famille. En revanche, sa propre vie n’allait pas tarder à se terminer. De cela, il en était certains.

Il voulait donc régler tout ce qu’il avait mit de coté, de la triste vie de son frère, jusqu’à l’héritage scientifique qu’il laissera au monde. Et le plus tôt sera le mieux.
-Ecoute moi bien Francis, il prit une profonde inspiration, j’ai décidé d’arrêter de te donner de l’argent.
Etonnement, cette information là n’eut aucun mal à se frayer un chemin à travers le cerveau ramolli de l’alcoolique.
Il ouvrit la bouche pour prendre la parole, mais son aîné la lui coupa d’un geste de main.
-Laisse moi finir, j’ai décidé de te laisser de quoi vivre pendant encore un an. Après cela, tu ne pourras plus compter sur mon soutien financier. Tu as donc très exactement un an pour décrocher, et retrouver du travail.
Francis ne répondit pas, il semblait encore trop ivre pour comprendre l’ultimatum que lui avait imposé son frère. Ce-dernier se résigna a le laisser se légumer tranquillement, et pris la direction de la chambre de son neveu.

Assis devant son ordinateur dernier cri généreusement offert par son oncle, Jérémie tentait tant bien que mal de résoudre les problèmes que son idole lui avait gravés sur un cd. Lorsque celui-ci entra dans son espace privé, il laissa tout tomber, réajusta ses lunettes, et se tint prêt à boire la moindre des paroles que son oncle allait prononcer.
Norman lui sourit tendrement, avant de poser sur le sol un énorme sac de sport qu’on lui avait offert à Noël dernier, et dont il ne s’était servit que pour transporter ses affaires professionnelles.
Intrigué, Jérémie jeta à son oncle un regard interrogateur.

-Ce sont toutes mes notes, ainsi que tous les programmes que j’ai mis au point. Je te laisse le tout histoire que tu progresses plus rapidement. Si on se revoit un jour, tu sera en mesure de comprendre tout ce que je pourrais t’enseigner.
Malgré le clin d’oeil complice de Norman, Jérémie se sentit assez mal à l’aise.
-Comment ça « si on se revoit un jour »? Tu vas partir loin?
Le cinquantenaire se mordit la langue, il en avait un peu trop dis à son goût. Il posa un genou à terre, et prit la main de son neveu.
-Tiens, dit-il en lui mettant un cd de couleur bleu dans les mains. C’est mon journal professionnel, vois ça comme des cours par correspondance.
Sur ses mots, il serra son neveu dans ses bras, et ce-dernier lui rendit son étreinte. Une larme coula sur le long de la joue du petit garçon, mais il l’essuya rapidement de peur de paraitre faible devant son oncle.
Norman se redressa, lui sourit une dernière fois, et murmura:

-Au revoir Jérémie.
Sur ce, il tourna les talons et s’en alla, non sans entendre le chuchotement dans son dos:
-Au revoir Oncle Nono.
Les yeux emplie de désespoir, il fila le plus rapidement possible vers la sortie. Non sans avoir remercié poliment sa belle-soeur pour le repas, et ignorer copieusement son frère cadet.
Norman Belpois sortit de l’appartement, puis de l’immeuble, avant de s’enfoncer le plus possible dans la noirceur d’une nuit d’automne parisien.
Et lorsque Jérémie Belpois perdit son oncle de vue, il fut trop jeune pour se douter qu’il ne le reverrait plus jamais.

7 septembre, Lycée Jean-Baptiste Say 11h 04

Aelita « Lancaster » n’en menait pas large. Après le sermon que lui avait donné son père, elle aurait pensée que ses ennuis auraient cessés. Mais lorsque l’on fait une bêtise, on a du mal à en entrevoir les conséquences. Et lorsque l’on est collégien, on a tendance à sous-estimer l’ampleur que pouvait prendre les rumeurs. C’est ainsi qu’en entrant en cours ce matin, elle eut la désagréable surprise d’entendre quelques bavardages provenant d’un groupe de garçons. Le sujet de ces bavardages? Seth serait un dangereux malade mental enragé qui aurait tabassé près de cinq personnes, le tout accompagné de quelques morsures par ci par là. Bon, une partie de ces histoires s’approchait de la vérité: Seth avait en effet expédié trois personnes à l’hôpital. La première avait essayé de le frapper, la seconde (celle qu’il avait soulevé et jeté) s’en était violemment pris à une jeune fille qui s’était réfugiée à son bras. Et la dernière avait eut la mauvaise idée de tenter de lui piquer son portefeuille. Le reste de la bagarre, Seth s’était appliqué à protéger ses camarades et a extirper ceux qui s’étaient retrouvés dans la mêlé. Malheureusement pour lui, tous n’était pas forcément reconnaissant de son aide. Et certains garçons, sans doute jaloux de sa soudaine popularité, s’étaient empressés de raconter mille et un mensonges. Aelita s’était même surprise à entendre que c’était lui qui avait déclenché la bagarre en écrasant un bouteille sur le visage de Matthieu. Une rumeur violemment démentie par Sylvie, qui n’avait pas hésitée à se dresser contre les menteurs en leur hurlant qu’ils n’étaient que des traitres à leur ami. De son côté,

Seth ne faisait pas vraiment attention aux rumeurs. Il y en avait certains qui étaient tout de même reconnaissant envers le mutant de les avoir sauvés, et sa popularité auprès des filles de son âge était toujours aussi importante.
Aelita se promit cependant d’être plus prudente à l’avenir, elle savait qu’un miracle comme Abigail Hobbs n’arriverait pas deux fois de suites.
Tout en pensant à la jeune fille, elle se tourna vers Lucius. Le binoclard ne semblait pas vraiment attiré par les racontars qui se propageaient dans la classe, il semblait même d’humeur boudeuse.
Sa soirée à lui non plus n’avait pas du être amusante.

-Je peux me joindre à toi? Proposa Aelita en souriant.
Brutalement interrompu dans ses pensées, le jeune homme balbutia timidement son approbation avant de rougir. Ce qui arracha un petit rire à la princesse de Lyoko.
-Désolé d’interrompre tes rêveries.
-Non, non… Il n’y a pas de mal.
Un petit silence gênant vint ensuite s’installer entre les deux adolescents, silence qui fut maladroitement brisé par Lucius.
-Ton… ton frère ne t’as pas trop engueulé l'autre soir pour le bar?
-Non, je crois qu’il était plus en colère contre ta soeur que contre nous.
Ils rirent de bon coeur, après quoi Lucius reprit d’un ton un peu plus sérieux:
-Ton frère… il a eu de la chance qu’Abigail ne lui en ait pas voulu. Mes frères à moi l’auraient massacré sinon, et tu ne sais pas de quoi ils sont capables.
Nullement impressionnée, la jeune fille prit son interlocuteur par le bras, et dit d’une voix grave:
-Crois-moi, ce sont TES frères qui ont eu de la chance sur ce coup. S’ils s’en étaient pris à Heath, celui-ci n’en aurait fait qu’une bouché.
Lucius secoua la tête.
-Ce n’est pas un simple voyou qui arrêtera Thomas et Drake.
-Heath est très loin d’être un simple voyou, informa la jeune fille d’un ton tranchant. Si jamais tes frères ont le malheur de croiser sa route, tu les retrouvera pendu par les tripes. Et je ne plaisante pas.

Lucius ne semblait pas croire un seul mot de ce qu’elle disait, néanmoins il hocha la tête. Il désirait surement mettre un terme rapide à ce débat stérile.
-Bon, reprit-il d’un ton un peu plus joviale. On peut peut-être discuter d’autres chose que de nos « frères maléfiques ».
La transition était assez maladroite, mais Aelita joua le jeu. Elle n’avait pas envie de gâcher une journée de vie normale supplémentaire.
-Pas de souci, tu aimes lire?


7 septembre 2001, Usine, 13h 34


Franz Hopper avait terriblement mal à la tête. Il ignorait si ces migraines résultaient d’un temps de travail trop intense, ou d’un manque de sommeil trop important. Qu’importe, il souffrait, et dans ces conditions il était incapable de travailler à cent pour cent de ses capacités. Ce qui provoquait chez lui un léger sentiment d’impuissance, et d’exaspération. Les programmes qui ne devait lui prendre que quelques secondes devenaient des minutes, et l’organisation prothéenne avait durée une heure entière. Epuisé, il laissa tomber son dos contre le dossier de son fauteuil et soupira. Adossé contre la paroi du laboratoire, Heath s’ennuyait à en mourir.
-Vous en avez encore pour longtemps, bailla-t-il, je commence à avoir faim.
Excédé, Hopper se tourna vers son assistant.
-Et bien vas donc chercher le déjeuner, lança-t-il, au moins tu te rendras utile. Des sushis seraient parfait.
L’allemand leva les yeux au ciel.
-Et où est ce que je trouverais des sushis?
-Tu n’as qu’à demander ton chemin à des passants. Allez file donc, j’ai faim moi aussi.

Heath grogna, mais emprunta tout de même le monte-charge.
C’est au moment où les lourdes portes se refermèrent que Franz lui cria:
-Attends!
Par réflexe, il coinça son bras gauche entre les deux énormes morceaux de métal. Un puissant grincement métallique vint violemment siffler dans leurs oreilles.
-J’espère que vous n’allez pas me demander de vous ramener de la sauce sucrée. Gronda-t-il dans l’espoir de ne pas avoir ruiné la manche de son manteau pour rien.
Hopper ne répondit pas immédiatement, il déverrouilla d’abord l’ascenseur. Puis il se tourna vers son assistant.
-On a des intrus sur Lyoko.
-Combien?
Franz jeta un coup d’oeil à la multitude de points rouge qui coloraient son écran.
-Beaucoup.


7 septembre 2001, Lyoko, 13h 37



Elles étaient des dizaines, des dizaines de créatures immondes qui polluaient son désert. Du haut de son pilier de roche, Heath les voyait toutes. Des salamandres, répugnantes et dangereuses. Incandescente et rougeoyantes, une véritable vague infernale qui avait jaillit de la mer numérique. Cependant, l’allemand était peu impressionné par cette armée de l’Enfer. Il les contempla durant quelques secondes, avant de donner le signal de l’attaque. Au moment où il baissa son bras, une gigantesque nuée de frôlions recouvrit le ciel. Les salamandres attaquèrent les premières, crachant les unes après les autres une mortelle volée de boules de feu. Heureusement pour les frôlions, les tirs furent trop maladroits pour les atteindre. Amusé, Heath s’assit tranquillement, et profita du spectacle. Les frôlions se dispersèrent en deux escadrilles, l’une format un cercle tournoyant dans le ciel numérique, et lâcha une véritable pluie d’acide sur les envahisseurs rampants. L’autre se contenta de voleter autour de l’ennemie, et d’achever ceux qui survivaient au poison à coups de lasers.
-Peter doit vraiment être à court d’idées pour faire appel à ces trucs.



Même Moment



Abigail Hobbs contemplait avec tristesse la sévère dérouillé que prenait son escouade. Assis derrière elle, Thomas qui ne manquait pas une minute du spectacle se leva:
-Je vais y aller, sinon ça n’aura servit à rien.
D’un geste, la jeune fille rousse lui ordonna de se rasseoir, avant de pianoter sur son clavier.
-Ils ont effectivement besoin d’un leader, mais sans vouloir te vexer. Je préférerais que ce soit moi qui m’en occupe.
Sur ses mots, elle appuya sur la touche « Entrée », et murmura dans son micro:
-Intervention directe nécessaire: Prise de contrôle.


Même moment


La première chose que Heath aperçu, ce fut le spectre de fumée noire qui émergea de la mer numérique. Suspicieux, le psychopathe fit pousser une faux de pierre sur son poignet, la cassa, et l’envoya tel un boomerang sur l’objet de ses suspicions. Cependant, avec une dextérité surprenante, la chose se décala, laissant le projectile plonger dans l’eau virtuel. Le spectre laissa alors échapper un étrange bruit robotique.
Heath en déduit assez facilement qu’il s’agissait d’un gloussement.

-Mais c’est qu’il se paie ma tête en plus.
L’allemand sauta alors de son perchoir, et se rapprocha dangereusement de sa cible. Tout en renvoyant au passage l’attaque de l’une des salamandres d’un simple revers de main.
Le spectre ne l’attendit pas, il plongea immédiatement dans le corps de l’un des reptiles. Aussitôt, la créature lâcha un râle de souffrance, qui fut rapidement suivit par une lumière aveuglante qui masquait partiellement la métamorphose qu’elle subissait. Elle se redressa sur ses pattes avant, et sa gueule de reptile s’aplatit pour ressembler d’avantage à une figure humaine. Des ailes d’insectes poussèrent dans son dos, tendit qu’un dard semblable à un énorme crochet de serpent ornait désormais le bout de sa queue. Ses pattes avant avaient disparues, pour laisser place à des mains humaines griffues.

Une voix puissante et autoritaire vint résonner dans tous le territoire:
-Je prends le commandement.
Les salamandres baissèrent la tête en signe de respect, laissant leur nouveau leader volant prendre place à la tête de leur cohorte. Dérouté par cette apparition théâtrale, les frôlions avaient cessés de tirer, et se réfugièrent derrière leur général. Celui-ci avait durci son armure de pierre, et frottait ses faux l’une contre l’autre prêt à trancher dans la chair virtuelle de son adversaire.
-Frimeur.
Il jeta un coup d’oeil à ses troupes, les prothéens semblaient plus méfiant que découragé face à cet inconnu, mais leur morale ne semblait pas endommagé.
-Hey le mangeur de sushis, appela-t-il sans quitter son adversaire des yeux. J’aurais besoin d’un appuie de méga-tank si possible.
-Dis "S’il te plait professeur Hopper" et je te promets d’y penser . Répondit le scientifique visiblement fatigué de l’insolence de son assistant.
Excédé, l’allemand se mit à gronder:

-A moins que tu ne veuilles que je balances toutes nos infos à l’ennemie. J’aimerais que tu fasses preuve d’un peu plus de jugeote, espèce de bouffon sénile.
-Inutile d’avoir recours à des procédés aussi ridicules, informa le commandant des salamandres. Le professeur Schaeffer peut très bien être appelé par son titre professionnel.
Heath haussa un sourcil et soupira, voilà qui était inquiétant.
Franz, qui n’avait évidement pas entendu les paroles de la créature se mit à brailler comme une perruche à l’oreille de son assistant exaspéré.
-Ecoute-moi bien jeune homme! J’en ai plus qu’assez de ton insolence et de ton manque de respect envers moi! Je te ferais également remarquer que l’organisation est parfaitement au courant pour moi.
-Sauf qu’il ne s’agit pas de l’organisation, trancha Heath d’un ton haineux. Et qu’il est quand même au courant. Alors « s’il vous plait professeur Schaeffer » je peux avoir mes méga-tanks maintenant?

Bien que toujours énervé, Franz comprit bien assez vite la gravité de la situation. Il obtempéra donc, avant d’en informer son assistant.
Celui-ci reporta alors toute son attention vers son adversaire.
-Reprenons depuis le début si cela te convient.
La créature hocha la tête, visiblement amusée par la situation.
-Je peux savoir qui tu es?
Un ricanement à glacer le sang s’échappa de son coup de lézard, et les pupilles de ses yeux reptiliens virèrent au rouge.
-Je suis l’Augure de votre salut.
Heath laissa échapper un petit gloussement moqueur.
-Enchanté, moi je suis le Croque-Mort de ta carcasse répugnante.
« L’Augure » considéra l’allemand quelques secondes avant de s’approcher à pas confiant, Heath l’imita.


-On commence? Demanda la créature une fois qu’ils ne furent plus séparé que par quelques centimètres.
Le psychopathe n’eut pas le temps de formuler sa réponse, que déjà le dard de L’Augure fendait l’air virtuel.
Il le saisissa à pleine main, à seulement quelques millimètres de son visage. Puis il attrapa son adversaire à la gorge, avant d’enchaîner par un coup de boule magistrale. Profitant de son avantage, Heath se servit de son emprise sur la queue de son ennemi pour l’envoyer dans les airs à pleine puissance. Furieux, l’Augure déploya ses ailes d’insecte, se stabilisa rapidement, et fonça à toute vitesse sur le général de l’armée prothéenne. Celui-ci aperçu alors la sphère de lumière noire et or qui lui était destiné, il leva son bras de pierre et encaissa le coup sans broncher.
-C’est tout? Lança-t-il d’un ton moqueur.
Ce n’est qu’au moment où son membre émit un bruit chimique, qu’il put constater sa terrible erreur. En effet, la roche si solide dont il était si fière avait fondu comme neige au Soleil. Et en moins de deux secondes, la bouillie de pixels qu’était devenu son avant bras gauche s’écrasa sur le sol.
-Salopard, cracha-t-il avant de s’alléger rapidement pour pouvoir éviter les autres projectiles qui lui étaient destinés.

Hors de portée dans les airs, l’Augure prit un malin plaisir à canarder son ennemi qui n’eut d’autres choix que de prendre la fuite en zigzagant entre les colonnes.
Dépourvu de chef, les frôlions hésitèrent un instant de trop à repartir au combat. Profitant de la désorganisation ennemie, les salamandres descendirent avec une facilité enfantine les insectes immobiles.
De son côté, Heath n’en menait pas large. Les attaques de l’Augure faisant fondre la base des piliers, ceux-ci s’écroulaient les uns après les autres. Obligeant ainsi l’allemand à régulièrement plonger pour les esquiver. Le leader des salamandres prenait un réel plaisir à acculer son adversaire en brisant chacune de ses échappatoires, jusqu’à le pousser vers le bord de la plate-forme.
-Je suis franchement déçu par cette piètre résistance, avoua l’Augure avant de se prendre un caillou de la taille d’un melon en pleine figure.
Les yeux rivées sur son ordinateur, Abigail fit un facepalm.
-Mais quelle conne!
Le chef reptilien vola maladroitement plusieurs secondes avant de se stabiliser, juste à temps pour esquiver le second projectile de Heath. Dans un bourdonnement à la limite du supportable, il fila à pleine vitesse sur son adversaire, et le canarda d'attaques. Heath eut beau s’alléger et faire preuve de toute sa souplesse, il ne put que reculer jusqu’au bord. Un sourire triomphant apparu sur le visage de l’Augure, qui s’apprêtait à porter le coup de grâce. C’est alors qu’il remarqua le sourire narquois de son adversaire, ce qui le fit hésiter sur le coup. Heath n’attendit pas son attaque, il fit un grand pas en arrière, et tomba dans la mer numérique.

La créature eut bien assez vite la confirmation que son ennemi en avait réchappé, car il eut beau attendre, il ne vit aucun faisceau de lumière blanc s’élever dans le ciel. Indécis, il tourna la tête pour observer le champs de bataille. Les frôlions s’étaient visiblement ressaisi, et réemployaient la même stratégie qu’au début du combat. Acculés et maladroits, les salamandres perdaient de plus en plus des leurs et n’étaient déjà plus qu’une quinzaine. L’Augure s’apprêtait à filer dans leur direction, lorsqu’un cri sauvage inidentifiable vint lui siffler les oreilles. Il se retourna juste à temps pour voir un laser rouge, avant que celui-ci ne le frappe en plein visage. Fièrement installé sur sa manta bleue, Heath fonçait à une vitesse folle sur son adversaire. Celui-ci tenta alors de le détruire à coups de sphères, mais la créature faisait preuve d’une bien plus grande dextérité que son maitre, et évita chacun des projectiles sans difficultés. Heath se rapprochait très dangereusement, il n’était déjà plus qu’à une trentaine de mètres. Furieux, l’Augure poussa un rugissement déchirant, et leva sa main. L’allemand et sa monture furent alors frappés d’un éclair de lumière aveuglante, et se retrouvèrent paralysés dans les airs. Le général de l’armée prothéenne poussa un rugissement de rage, mais sa bouche étant fermée, l’Augure ne perçut qu’un pitoyable gémissement plaintif. La créature se mit à sourire de toutes ses dents, et chargea deux nouvelles attaques. Il détruisit simplement et cruellement la manta devant le regard rageant de son cavalier, qui se retrouva paralysé dans les airs L’Augure prit alors un malin plaisir à avancer lentement et inexorablement vers sa proie, prise dans sa toile.


Heath n’avait cependant aucune intention de se laisser descendre comme une bête, il s’alourdit le plus possible. Son armure de pierre se mit à s’épaissir à vue d’oeil, à tel point que sa main restante avait doublée de volume. L’Augure mit alors vite un terme à son jeu, et tira. Au moment même où la prison de lumière se brisa comme un miroir. La sphère noir et or passa à quelques millimètres des cheveux de l’allemand qui plongeait la tête la première vers le sol. Il s’allégea rapidement, s’écrasa contre le sol, et bondit sur le côté pour éviter les prochaines attaques. Son esquive fut cependant moins réussie que les précédentes, et une sphère le frappa à la jambe. Emporté par son élan, Heath se vautra lamentablement sur le sol.
La dernière salve le toucha à la tête, et le renvoya sur Terre.


Même moment


Abigail leva enfin ses yeux rougis de son ordinateur, et poussa un soupir d’exaspération.
-C’était long… Beaucoup trop long.
-Et alors? Demanda Thomas. Le but était de mesurer nos forces avec celles de nos adversaires. Nous savons désormais que nous sommes meilleurs qu’eux. Certes, le combat s’est éternisé, mais nous l’avons assez facilement emporté.
La rousse ne semblait pas vraiment partager son avis, mais finit par se laisser fléchir. Elle désactiva ses salamandres, ainsi que le programme « Contrôle », celui de l’apparition de l’Augure. Puis elle prit une « Gauloise », se la vissa sur les lèvres, l’alluma avec son briquet en argent massif. La fumée lui lécha les lèvres et se mit à danser devant ses yeux.
-Bon, dit-elle soudain, il me semble évident que notre cible devrait être l’organisation. Ils sont plus forts, et plus nombreux. Je ne sais pas vraiment quoi faire concernant ceux-là. Peut-être qu’on pourrait les traquer pour s’emparer de leurs super calculateur.
-Ou on pourrait simplement les tuer, et être les seuls à conserver cette technologie.
Abigail hocha la tête.
-Et si on allait voir où en est Drake?


Quinze minutes plus tôt


Peter Warren était furieux, ou plutôt, il était enragé. Enragé contre tout ce qui l’entourait. Son père, Serpent, son unité incompétente, Tanner et sa paranoïa ridicule, sa maladie. Et plus récemment, l’être encapuchonné qui le contemplait de toute sa hauteur du haut de son planeur en forme d’ailes de chauve-souris. Peter se remémora comment tout cela avait commencé. L’alerte, puis l’arrivée de ce type, et pour finir, la pire des débâcles. Tous ces alliés avaient été sauvagement dévirtualisés, englouties par des flammes bleues.
L’intrus était habillés comme un épouvantail, sa tenue noire, bien que d’un style légèrement futuriste était en lambeaux. Il portait une cape à capuche bleu marine, ainsi qu’un combinaison noire. Son visage masqué par un masque de crâne en métal blanc. Il avait incinéré tous les autres à l’aide des lances-flammes situé à l’avant de son planeur.
Peter ne parlait pas, il ne faisait que ruminer sa rage comme un animal.
-Comment veux-tu disparaître, lui demanda l’intrus. D’un simple coup? Explosé dans un feu d’artifice? Ou brûler, tout en douceur?
Peter siffla quelque chose entre ses dents, quelque chose d’à peine perceptible. Son visiteur ne se fit pas prier, il passa la main dans son manteau, et lui lança une bombe bleu sombre qui lui explosa au visage.

Drake L. O’conner prit alors un temps pour observer le monde dans lequel il se trouvait. Il le trouvait assez triste, pour ne pas dire laid. «Valkyria » comme il avait entendu l’une de ses victimes l’appeler était une ville sombre, remplie d’immeubles inutiles aux vitres sans teint. Il n’y avait aucune couleur ici si ce n’est le noir, et un peu de gris par-ci par-là. Drake fut tenter de faire sauter tout ce qu’il trouvait ici, mais il se ravisa, sa mission était presque terminée.
Il allait se diriger vers une tour, quand soudain son planeur explosa sous ses pieds. Il en fut si surpris qu’il n’eut même pas le temps de se réceptionner, et heurta violemment le sol. Il se retourna.

La personne qui s’approchait de lui, lui jetait un regard à glacer le sang. Physiquement, il n’était pas très différent des autres: Il avait la même combinaison et environ le même âge. C’était ses armes qui sortaient du lot.
Sortis de ses avant-bras, de longues lames d’une souplesse étonnante dansaient tel des tentacules autour de lui. A vue d’oeil, Drake estimait qu’elles devaient mesurer une vingtaine de mètres chacune. Ce qui n’était guère rassurant.
-Tu es entré sur le territoire du maitre, informa Serpent, je suis ici pour t’administrer ton châtiment.
L’écossais éclata de rire, et dégaina une fourche télescopique.
-Le seul châtiment que nous recevrons sera celui de Dieu, et c’est le seul maitre auquel tu devrais répondre.
Lentement, il se mit en garde. Serpent l’observa de son regard vide pendant quelques secondes, avant que ses lames ne viennent s’abattre sur l’intrus. Drake effectua quelques moulinets, et repoussa les attaques de son adversaire dans un éclat métallique. L’encapuchonné sortit alors une bombe de son manteau, et tel un joueur de baseball, l’expédia d’un coup de fourche vers Serpent. Celui-ci n’esquissa pas le moindre geste, et laissa sa lame s’interposer pour le défendre. La bombe explosa, mais ne fit pas le moindre dégât.
-Le maître m’a ordonné de t’abattre, et quand le maître ordonne…
Serpent projeta sa lame gauche contre la base de l’un des immeubles, qui y pénétra comme dans du beurre.
-…j’obéis.

Le bâtiment s’écroula dans un épouvantable fracas, ne laissant aucune échappatoire à Drake.
L’intrus plongea à nouveau sa main dans son manteau, en tira trois bombes, et les projeta contre l’immeuble. Une explosion assourdissante résonna sur Valkyria, et éventra le bâtiment. Séparées en deux, les tonnes de débris s’abattirent autour de Drake. Indemne, celui-ci n’avait pas bougé d’un pouce.
-Mon maître à moi ne m’a rien ordonné, il ne fait qu’observer mes actions pour le jour ou je devrais en répondre devant lui. Jusque là, je suis libre de faire ce qui me semble juste.
Serpent faisait preuve d’une étonnante attention, il finit par répondre.
-Ton maître est un bon maître, mais…
La lame droite du valet de Peter sortie alors de terre, et se planta dans le torse de Drake. Le réexpédiant d’où il venait.
-…je me fiche de qui il est, je ne réponds que du mien.


Même moment


Alex Tanner n’appréciait pas vraiment ce qu’il voyait. Certes, l’attaque avait été repoussée, mais la manière dont elle l’a été ne l’arrangeait pas. Il ne faisait pas confiance à Serpent, de son point de vue, il était imprévisible. Et le fait qu’il n’obéisse qu’à Peter ne le rassurait pas, loin de là. Si ça ne tenait qu’à lui, il l’aurait déjà détruit depuis belle lurette. Mais voilà que celui-ci commençait à se montrer presque indispensable pour l’équipe, qui par ailleurs, était d’un niveau peu flatteur. Tanner avait promis d’améliorer les avatars de chacun des membres de l’unité de Peter, mais le procédé était long. Et Serpent avait put profiter de cet intervalle pour montrer ses qualités virtuelles à tous le monde. Donnant ainsi de sérieux arguments à l’exigence de Peter de le réintégrer.
De son côté, le cannibale arborait un sourire satisfait. Il s’apprêtait à narguer Tanner, lorsque Serpent disparu des radars.
-Vous l’avez déjà rematérialisé? Demanda Peter d’un ton moqueur.
-Non.
Une atmosphère pesante vint s’abattre dans la pièce, au même instant, Serpent sortit de son sarcophage de métal.
-Un monstre, cria-t-il à qui voulait l’entendre, un monstre m’a tué!
Tous les regards se posèrent alors sur Tanner, qui en profita pour observer Peter d’un oeil déçu. C’était la seule chose qu’il avait trouvé pour masquer sa colère.
-Je m’en occupe, gronda-t-il doucement. Bien que furieux d’avoir à montrer l’un de ses atouts maître aussi tôt.


Même moment


Volant au dessus de la ville noire de Valkyria, l’Augure lui aussi était en colère. Ayant été obligé d’abandonner Lyoko suite à l’arrivé en force des méga-tanks, il n’avait pas pu mener sa mission à bien malgré la destruction du général ennemi. Heureusement, la défaite de Drake ici lui avait donné une chance de rattraper son erreur. Une fois arrivé sur ce monde, il n’avait eu qu’à tirer l’une de ses sphères noires dans la tête d’un Serpent qui avait rangé ses lames trop tôt. Sa garde relâchée, et n’ayant vu le tireur qu’à la dernière seconde, il avait été incapable de se défendre. Du gâteau pour l’Augure.
Le reptile volant aperçu alors une tour au halo bleu nichée au sommet de l’un des immeubles. Il se posa doucement, et y pénétra.
Avant de ressortir à une vitesse phénoménale qui l’envoya faire un vole plané sur plusieurs centaines de mètres. Il s’écoula peu de temps avant que ses ailes ne se mettent à bourdonner, lui permettant d’arrêter sa chute, et de se stabiliser. La chose qui l’avait repoussé sortie de la tour, et poussa un hurlement déchirant.
Partout autour d’elle, les vitres teintées des immeubles explosèrent à des kilomètres à la ronde. Incapable de bouger, l’Augure attendit patiemment que la tempête sonore passe. Puis il observa son adversaire, et ouvrit des yeux exorbités.

-Je rêve…
La chose, dont le corps n’était composé que d’électricité rouge leva sa main droite en direction du reptile.
-Abandon du contrôle, hurla-t-il juste avant q’un énorme éclair rougeoyant ne lui transperça le corps. Le spectre de l’Augure fila droit vers la mer numérique sans regard en arrière, évitant au passage une nouvelle attaque. Tandis qu’il disparut, la « Banshee » -comme Tanner l’avait nommée- poussa un nouveau hurlement strident, tandis que le cadavre calciné de la salamandre de l’Augure s’effrita lentement en une poussière de pixels.


7 septembre 2001, Usine, 14h 10


Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Heath n’était pas en colère.
Bien sûr, lorsqu’il était ressortit de son scanner, son sang avait bouilli. Mais la nouvelle de la fuite de l’Augure l’avait quelque peu calmé. Et il s’était alors planté contre le mur du labo, et imaginé sa prochaine stratégie pour contré les pouvoirs de son rival. Jusqu’au moment où quelque chose d’assez inattendu s’était produit, l’arrachant à ses pensées. Il s’était donc placé derrière Franz, qui de son côté ne savait pas comment réagir face à une telle nouvelle. Bien sûr, il s’attendait à ce que les prothéens réclament quelques garanties un jour ou l’autre. Mais ça, il ne s’y attendait pas.
-Vous croyez que c’est possible? Demanda Heath perplexe.
Franz retira ses lunettes, les essuya, et les remis sur son nez.
-ça n’a rien de compliqué, c’est même assez simple. Mais…
-Il est impossible de prévoir leur réaction si ce qu’ils voient leur déplaît, compléta Heath.
Franz acquiesça doucement.

-Ce n’est pas tout, on doit également prendre en compte le fait qu’ils souhaitent découvrir le monde dans lequel nous vivons. Ou pire encore, qu’il désire prendre part au quotidien de Seth et Aelita pour savoir comment nous vivons. Une rébellion n’est pas à écarter, de même qu’une baisse de morale parmi les troupes.
Heath secoua la tête.
-L’effet inverse est tout aussi probable. Accordons-leur ce qu’ils réclament, mais je ne veux en voir qu’un seul. Ce sera déjà assez dur à gérer. Je m’occuperais de lui, à condition qu’il m’accompagne sur le terrain. ça me paraît assez évident.

Franz acquiesça une nouvelle fois, avant de transférer leurs conditions aux prothéens. Avant de se laisser reposer dans son fauteuil. Lorsqu’il les avait créé, il s’était attendu à ce qu’ils réclament deux ou trois choses. Mais un ambassadeur prothéen sur Terre, ça il n’aurait jamais pu le prévoir.


Lieu inconnu, heure inconnue, date inconnue


La Banshee, contrairement à ce que son apparence pouvait laisser penser, n’était pas une forme de vie agressive. Comment pouvait-on se considérer agressive après avoir écrasé des insectes? Et pouvait-on lui en vouloir pour de telles réactions, elle qui agissait contre son gré? Non, elle n’était pas prisonnière, le fait qu’elle soit capable de vagabonder à travers le réseau comme maintenant en était sa preuve. Elle était simplement obligée d’obéir à tous les ordres d’Alex Tanner, et cela peu importe ce qu’elle en pensait.
D’ailleurs, elle n’avait aucun opinion sur ce que faisait l’écossais, ou ce qu’elle même faisait. Elle faisait parce qu’elle y était obligé, puis elle s’adonnait à sa balade quotidienne dans le réseau. Balade dont elle revenait toujours en début de journée, car telle était la règle que Tanner lui avait imposée.


La Banshee aimait beaucoup le réseau, il était tout simplement magnifique à ses yeux. A la fois calme et agité, aucun son n’était émis. Et pourtant, des multitudes de programmes étaient en activités partout dans le monde. Elle ne prêtait pas vraiment attention à leur contenu, elle se contentait de les regarder passer. Ils étaient suffisamment beaux et gracieux pour être remarqués.
Elle voyageait toujours loin, à chaque fois dans une direction différente, et sans jamais savoir où elle se dirigeait. Aujourd’hui, elle était dans l’un des réseaux situés en Allemagne. Et observait tranquillement des programmes informatiques appartenant aux banques de l’Ouest du pays. C’est alors qu’à sa grande surprise, elle entendit quelque chose et se figea sur place. La Banshee tendis l’oreille, c’était un son étrange, un son qui lui était complètement inconnu. Cela ressemblait à une plainte, ou un sanglot. Intriguée, elle remonta lentement jusqu’à sa source. Et elle découvrit un programme. Ou plutôt un morceau de programme, très endommagé, et trop incomplet pour pouvoir se mouvoir. La Banshee posa doucement ses mains rougeoyantes sur l’être informatique, et l’assimila brutalement. Des lignes de codes se mirent alors à défiler devant ses yeux, et elle les lu toutes sans exception. Il n’y en a qu’une, cependant, qui retint réellement son attention, la première:


Mon nom… est X.A.N.A.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 13 Oct 2016 14:57   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler



Chapitre 6: Abigail Hobbs





4 Septembre 2001, Paris, 01h 34

Le 16ème arrondissement de Paris était principalement un quartier résidentiel. Les activités étaient peu nombreuses, et les jeunes du coin traînaient bien plus souvent aux Champs-Élysées qu'autour de leur propre quartier. La grande avenue ne se trouvant qu'à quelques stations de métro de leurs domiciles. Les nuits sur le 16ème étaient donc généralement calmes pour la plupart, ils n'y avaient que les ricanements bruyants de quelques ados ou les moteurs ronflants des voitures pour venir chasser le silence des rues.

Ce soir, c'était le bruit des talons d'une jeune fille rousse de dix-huit ans contre le trottoir qui résonnait dans le quartier parisien. Elle portait un élégant chemisier blanc, ainsi qu'une petite jupe noire qui lui arrivait à la moitié des cuisses. Abigail Hobbs arborait la même coiffure depuis près de trois ans, ses cheveux roux comme le feu étaient très courts. Son teint blanc était resplendissant sous la faible lumière des lampadaires. A vrai dire, quiconque croisait sa route se demandait si elle n'était pas un ange descendu du ciel. Il fallait avouer que cette jeune fille était sans doute l'une des plus belles du monde. Et pourtant, son beau visage était légèrement déformé par une petite grimace qui trahissait son agacement.

En effet, elle était en train de remonter l'Avenue Mozart, dans le but de se rendre au commissariat situé au n°62. En temps normal, c'était à l'un de ses frères de s'occuper de pareil corvée. Malheureusement pour elle, ses deux parents étaient « occupés ». Et malgré la faible distance qui la séparait du commissariat (elle habitait à peine trente numéros plus loin), elle se serait bien passée de cette sortie imprévue. Une fois arrivée, elle poussa la porte battante du bâtiment, et lâcha un juron.
Une bonne vingtaine de personnes étaient agglutinés dans le petit espace qui servait de salle d'attente, le policier responsable de la réception était en train de se faire copieusement engueuler par un homme d'une quarantaine d'années habillé comme pour aller à un mariage. Elle s'apprêtait à se diriger vers eux, lorsqu'une grande main poilue vint se mettre en travers de sa route.

-Va falloir patienter mademoiselle, l'informa un policier tout en reluquant sa poitrine.
Épuisée, la jeune fille se dirigea vers la salle d'attente. Heureusement pour elle l'un des hommes assis eut la « gentillesse » de lui céder sa place place après avoir admiré ses jolies jambes.
Abigail se prit la tête dans les mains, elle ignorait combien de temps elle allait devoir attendre,et elle avait horreur d'attendre. Elle chercha donc un moyen de passer le temps, et se mit à observer les personnes présentes autour d'elle. La plupart d'entre eux semblaient être des parents assez fortunés, qui exhibaient leur richesse par des bijoux trop clinquants ou des vêtements trop beaux. Sans intérêt. D'autant plus que certains de ces hommes mariés lui lançaient sans arrêt des petits regards dont elle se serait passée.

Abigail était jolie, très jolie, et comme bon nombre de jolies filles : elle adorait séduire. Elle adorait manipuler les hommes et les femmes qu'elle attirait, comme des marionnettes. Elle en faisait ses jouets, ses bons amants dociles. Mais elle n'avait jamais rien offert de plus que de simples baisers souvent trop courts pour les pauvres amant(e)s. Ils ne représentaient pas grand chose, seulement des personnes trop faibles et trop superficielles pour soutenir le regard de braise d'une jeune fille plus belle que la moyenne. Ce qu'Abigail ignorait, c'était qu'elle sous-estimait sa beauté. Elle était beaucoup plus jolie que l'écrasante majorité des femmes de la planète, et les êtres humains qu'elle attirait n'étaient rien de plus que des personnes ordinaires, séduit dans la seconde par ce qui leur semblait extraordinaire.

Abigail jeta un coup d’œil vers la réception, et constata que le « gueuleur » de son arrivé s'en allait avec son fils sous le bras. Mais à son grand désespoir, aucun policier ne se dirigea vers la salle d'attente pour réclamer une nouvelle personne. Au contraire, le réceptionniste s'était tourné vers l'un de ses collègues, et était en train de lui raconter une histoire obscène dont la jeune fille ne croyait pas un traître mot.

Exaspérée, elle s'apprêtait à se lever, mais son voisin la devança, et fila d'un pas énervé. A sa grande stupéfaction, il frappa deux fois sur le guichet pour attirer l'attention du policier qui sursauta.
-Ça va je vous dérange pas Patrick Juvé ? Vous voulez un café ?
Le représentant de l'ordre qui venait de passer à travers plusieurs engueulades avec des hommes de son âge, ne sembla pas apprécier qu'un adolescent d'à peine dix-huit ans lui parle également sur ce ton. Il se leva, et bomba le torse.

-Écoute gamin, tu vas...
-Non, toi écoute-moi vieux con. Qu'est-ce qui te ferait le plus plaisir ? D'être débarrassé de deux gamins en moins de cinq secondes ? Ou que j'aille dire à ton supérieur que tu bois pendant le service ?
Le visage sûr du policier laissa rapidement place à une figure inquiète et confuse. De son côté, Heath Lancaster remercia intérieurement Intelligence pour son analyse.
C'est alors qu'il sentit une main se poser sur son épaule, il se retourna.
-Dit donc fiston, gronda un autre représentant de l'ordre. Tu attends comme tout le monde.
-C'est bon Sergent, lâcha le réceptionniste sans desserrer les mâchoires, je m'en occupe.
Ledit Sergent jeta un dernier regard à Heath, avant de retourner finir son café. Satisfait, le jeune homme se reconcentra sur le premier policier.
-Les noms ?
-Aelita et Seth Lancaster.
-Et Lucius Hobbs.
L'allemand tourna la tête, et découvrit Abigail qui s'était tranquillement faufilée à ses côtés.
-J'ai entendu ton secret, sourit-elle en adressant un clin d’œil au représentant de l'ordre.
Celui-ci lâcha un juron, et se retira rapidement dans les locaux du commissariat. La rousse se tourna vers Heath.
-Merci pour l'info.
L'intéressé haussa un sourcil, et détourna le regard d'un air nonchalant. La jeune fille se sentit vexée.

-Dit donc, on ne t'as jamais appris la politesse là d'où tu viens ?
L'allemand poussa un soupir d'exaspération, et daigna regarder son interlocutrice.
-Je vais être direct, non tu ne me fais pas d'effet, non j'ai pas envie de te sauter, et le seul moyen que tu pourrais trouver pour me donner ne serait-ce qu'un semblant de plaisir, c'est de te pendre au milieu de cette salle avec du fil barbelé après t'être ouvert les veines. Pigé ?
Sur ses mots, il détourna à nouveau le regard. Loin d'être impressionnée, la jeune fille croisa les bras.

-Hé bah dit donc c'est du joli tout ça, tu serais pas homo ?
Les yeux de Heath manquèrent de jaillir de leurs orbites.
-Non mais ça va pas bien dans ta tête ?
-Non ? J'aurais cru pourtant.
Cette fois, le général de l'armée prothéenne était vraiment énervé. Il fusilla la jolie rousse d'un regard assassin qui ne sembla pas la déranger le moins du monde.
-C'est quoi ton putain de problème ? Siffla-t-il entre ses dents.
Abigail haussa les épaules.
-Moi ça va, toi en revanche t'as un souci avec les filles. Laisse moi deviner... tu t'es fais larguer récemment ? Ou bien t'es peut-être encore puceau ?

Heath leva les yeux au ciel, jamais il n'avait entendu un tel ramassis de connerie.
-Non pour la première, et oui pour la deuxième. Mais je pourrais sans doute en dire autant de toi.
-Touché, répondit la jeune fille un peu déçue de constater qu'elle avait prit le mauvais chemin pour disséquer sa proie. Alors quoi ? Ta maman te battait quand t'étais petit ? Non mieux encore, elle te suçait !

L'allemand n'en croyait pas ses oreilles, c'était la première fois qu'il croisait une fille aussi cinglée.
-Non mais d'où est-ce que tu sors? Gronda-t-il . D'un bordel ?
Il eut alors la surprise de voir une petite lueur de détresse dans le regard de son interlocutrice, confiant, un sourire sadique se dessina sur son visage.
-A mon tour de deviner, t'as mère était une putain de je-sais-pas quelle quartier pourrie de je-sais-pas quelle ville pourrie. Ton père était un sale con plein de fric qui avait payé le prix fort pour se la faire sans capote une bonne dizaine de fois.
Dommage pour lui, la pute a finit par te pondre, et t'as grandit avec elle sans qu'il le sache. Un peu plus tard, il a découvert que tu existais,et il t'as emmené avec lui. Dit voir, t'es sûr que t'es encore vierge ? Où est-ce que ton bouffon de géniteur s'est occupé de te cueillir la cerise moins d'une heure après t'avoir embarquée ?

Piquée au vif, Abigail garda cependant le contrôle d'elle-même et étouffa un petit rire.
-T'es tellement con, dit elle en riant de plus belle, t'es sûr que t'es pas un homo refoulé ? Je t'imagine bien en train de danser autour d'un poteau, le string plein à craquer de billets que des gros porcs de soixante dix ans t'aurais refilé après les bonnes pipes que tu leur aurait faites.
Comme prévu, Heath eut le réflexe idiot de s'imaginer la scène. Il frémit de dégoût.
-Mais tu vas la fermer oui ?

Abigail s'apprêtait à en rajouter une couche, lorsqu'un raclement de gorge fit tourner la tête aux deux adolescents.
Le réceptionniste était de retour, avec les trois collégiens à sa suite. Et à en juger par le sourire moqueur qu'il arborait, il ne venait pas d'arriver. Honteuse, Abigail baissa la tête pour cacher ses joues qui rougissaient. Heath en revanche, était de plus en plus furieux.
-Voilà vos gamins, lança le policier en leur tendant plusieurs formulaires à remplir. Veuillez laisser vos coordonnées, on est en train d'étudier la vidéo surveillance du bar. Si jamais ils ont cassés des trucs, le proprio sera en droit de porter plainte.
-Il n'y a pas de cautions à payer ?
-Si, la voilà.

Les deux adolescents jetèrent un œil au montant et payèrent. Abigail par chèque, Heath en liquide.
-Allez les amoureux, lança-t-il visiblement fier de sa blague, filez vous disputer ailleurs.
En rage, l'allemand se retint de toutes ses forces de ne pas encastrer la tête du policier dans son propre guichet. Heureusement, Intelligence intervint juste à temps pour calmer ses pulsions. Il prit une profonde inspiration, avant de se diriger vers l'autre représentant de l'ordre qui l'avait interpellé un peu plus tôt.

-Dites voir Sergent, dit il d'un ton contrôlé. C'est normal que votre collègue soit bourré pendant son service ?
A ses mots le sourire du réceptionniste s'écroula comme un château de cartes, et il lâcha un nouveau juron. Son supérieur se dirigea vers lui d'un air sévère.
Satisfait, Heath poussa la porte battante du commissariat, visiblement pressé de prendre l'air. Abigail lâcha un sourire amusé, et lui emboîta le pas. Têtes basses, les trois collégiens les suivirent.

La seule fille du petit groupe de quatrième poussa un soupir de soulagement, et remercia intérieurement le Seigneur d'avoir exaucé sa prière. Tandis qu'ils franchissaient à leur tour les portes du commissariat, Aelita en profita pour jeter un œil au plus jeune de la bande. Lucius Hobbs était un garçon de petite taille, portant des lunettes, et souffrant d'un problème de pigmentation capillaire. En effet, malgré son jeune âge, ses cheveux étaient gris. Mais cela ne semblait pas l'empêcher d'être très bien coiffé. A la surprise de la princesse de Lyoko, le jeune homme et sa grande sœur empruntèrent exactement le même chemin que les Lancasters. Le trajet parut soudain un peu plus long pour la fille de Franz.
-Tu vas me faire la gueule encore longtemps ? Provoqua Abigail en se rapprochant à moins d'un mètre de l'allemand.

Celui-ci tourna la tête, et afficha un sourire mauvais.
-J'attends seulement qu'on soit un peu plus éloigné du commissariat pour t'encastrer la tête dans un mur.
Nullement impressionnée, la jolie rousse le prit par le bras droit et continua la route à ses côtés. Heath lui jeta un regard choqué, comme si elle avait tâché son manteau.
-Ah alors t'as peur des filles en faites, sourit-elle en l'enlaçant. Dit voir, t'es quand même pas effrayé par un petit bisou non plus ?
Sur ses mots, elle approcha ses belles lèvres rouges de la joue de l'allemand. Mais celui-ci la repoussa si violemment qu'elle tomba lourdement sur les fesses. Elle releva la tête, dans le but de se plaindre d'une telle brutalité. Mais ce qu'elle vit fit mourir les mots sur ses lèvres.

Heath la dominait à présent de toute sa hauteur, et ses yeux bleus acier s'était remplie d'une furieuse envie de meurtre. Pour la première fois ce soir, Abigail n'osa pas émettre le moindre son. Elle n'avait pas peur, non. Le sentiment qui l'envahissait en ce moment, se rapprochait assez de la fascination. Elle venait de rencontrer un garçon de son âge, très beau, vierge, et hétérosexuelle. Et pourtant, celui-ci la regardait différemment. Elle ne voyait pas la lueur idiote qui brillait dans les pupilles des hommes, ceux qu'elle avait l'habitude de fréquenter quand elle s'ennuyait. Non, là elle voyait autre chose : de la haine, du désir, et... De l'horreur? Du mépris ? Elle n'était pas sûr.

De son côté, Heath avait déjà imaginé plus de cinq manières différentes de la tuer. Pourtant, il s'efforça de réfléchir à nouveau. Il voulait quelque chose de spécial pour elle, une mort théâtrale, digne de son audace. Mais après réflexion, il en conclut très vite que la tuer ne lui apporterait que des problèmes. D'abord ils étaient trop près du commissariat, ensuite il y avait son frère comme témoin. Si jamais il le tuait lui aussi, la police viendrait le questionner. Après tous, ils avaient été vu en train de quitter le commissariat ensemble.
Il se contenta donc de s'accroupir, et de fixer la jeune fille droit dans les yeux. Leurs visages n'étaient qu'à une dizaine de centimètres l'un de l'autre.

-Si tu me touches encore une fois, UNE SEULE FOIS. Je ferais en sorte que le légiste qui ouvrira ta housse mortuaire vomisse dès qu'il t’apercevra.
Abigail hocha la tête, et laissa son frère l'aider à la relever. Aelita remarqua alors à quelle point Lucius était choqué par ce qu'il venait de voir, mais il n'y avait pas de terreur dans ses yeux. Heath se redressa, et continua sa route. Seth le suivit presque automatiquement, mais sa « soeur » prit tous de même la peine de bredouiller une excuse et de saluer les Hobbs avant de les rejoindre.
Le plus jeune demanda à sa grande sœur si elle allait bien, mais celle-ci ne répondit pas, elle souriait.

Une fois qu'ils furent rentrés, Heath se dirigea d'un pas pressé vers sa chambre, mais Seth le rattrapa.
-Grand frère, je peux te poser une question ?
L'allemand soupira de fatigue, mais hocha la tête.
-Pourquoi est-ce que tu danserais autour d'un poteau avec un string plein de billets ?
Cette nuit-là, Aelita s'endormit après avoir passée près d'une demi-heure à étouffer son fou rire dans son oreiller.


4 Septembre 2001, Paris, 02h 01

Abigail poussa la porte de chez elle, et se dirigea vers la cuisine pour se servir un verre de lait. De son côté, Lucius se précipita vers un large couloir.
-Laisse-les tranquille, lança la jolie rousse avant d'avaler sa boisson d'une traite.
Mais trop tard, le collégien était déjà partie. Épuisée, elle s'engagea a son tour dans le couloir dans le but de rejoindre sa chambre. Mais Lucius réapparut, avec à sa suite un jeune homme d'une vingtaine d'année, aux cheveux châtains et aux yeux gris.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda-t-il en croisant les bras.
Nullement impressionnée par la taille imposante de son frère aînée, Abigail lui passa à côté tout en l'ignorant. Mais une main puissante se posa sur son épaule, elle soupira.
-Petite sœur, si tu as un soucis il faut que tu nous en parle.
-Je sais Thomas, répondit-elle en souriant. Rassure-toi, tout va pour le mieux.
Lucius écarquilla les yeux.

-Tu es folle ou quoi ? Ce type allait te faire du mal !
-Est-ce qu'il l'a fait ?
-Quoi ?
-Est-ce qu'il l'a fait ?
Le collégien hésita, avant de répondre :
-Il t'a poussé.
Abigail éclata de rire, elle-même avait encore du mal à y croire.
-Il vaudrait mieux qu'on s'occupe de ce gars, dit Thomas en fixant sa sœur d'un air sévère. Mais celle-ci se planta en face de lui, et se mit à lui tapoter le nez avec son index droit.
-Personne ne l'approche, ordonna-t-elle d'un ton glacial. Il est à moi, à moi toute seule.
Son aîné fronça les sourcils.
-Et qu'est-ce que tu vas faire ?
-Me coucher. Répondit-elle en leur claquant la porte de sa chambre au nez. Bonne nuit !

Les deux frères restèrent plantés comme des idiots pendant quelques secondes, avant que Thomas ne finisse par briser le silence.
-Dit donc, tu m'expliques comment tu t'es fais arrêter ?
Oubliant sa sœur, Lucius se mit à manifester un intérêt soudain pour ses chaussures.

4 Septembre 2001, Paris, 04h 48

Heath n'arrivait pas à trouver le sommeil, il ne faisait que se tourner et se retourner dans son lit depuis des heures. Agacé, il se leva, et se dirigea vers la salle de bain. L'espace d'un instant, il fut tenté de s'asperger le visage d'eau fraîche. Mais il se rappela bien assez vite que ses bras étaient en métal, donc peu adaptés et plutôt dangereux pour ce genre de pratique. Il se contenta donc de s'allonger dans la baignoire, et d'activer le jet d'eau. Le liquide brûlant qui lui arriva en pleine figure lui fit un bien fou, il se détendit un peu.

-« Tu sais, ce n'est si étonnant qu'une fille te fasse un tel effet. »
Heath lâcha un soupir d'exaspération, on ne pouvait pas le laisser tranquille cinq minutes ?
-« D'ailleurs, j'avoue ne pas avoir compris ta réaction. Pourquoi l'avoir repoussée ? Elle est pourtant très jolie. »
-C'est ça le problème justement, grinça l'allemand. Elle est née avec un incroyable physique, et elle se croit irrésistible aux yeux de n'importe qu'elle homme. Tous ceux qui tombent dans son piège sont des abrutis. Ils la désirent seulement parce qu'elle est jolie, mais ça s'arrête là. Peu importe le physique d'une femme, qu'elle soit grosse, maigre, moche ou jolie, un vagin ça reste un vagin. La sensation physique sera toujours la même. Si la beauté vient au premier plan, c'est parce que c'est une affaire d'égo. Si tu couches avec une jeune et jolie fille, tu seras beaucoup plus fier que si tu t'étais faites une vieille dégueulasse. Et bien sûr, les « canons » ont leur propre égo. Elles ne séduiront que des mecs qu'elles jugent « dignes » d'elles. En revanche, elles adorent voir les gars -avec qui elles ne parleront jamais- les reluquer comme si elles étaient des perles rares non-destinés aux simples mortels.

-« Tu généralises beaucoup je trouve, tu n'as pourtant pas tellement d'expériences. »
Heath leva les yeux au ciel.
-Oh pitié, tu as vu comment ils l'ont regardé dans la salle d'attente ? De vrais chiens en chaleur, il y en avait même un qui bavait !
-« J'en conviens, mais ce n'était vraiment pas nécessaire d'être aussi grossier quand elle t'as adressée la parole. »
-Je ne voulais pas perdre de temps avec ces bêtises, grogna-t-il. J'ai simplement voulu la faire dégager vite fait.
-« Ça n'a pas vraiment marché », remarqua Intelligence.
-Non tu crois ?
-« Donc c'est pour ça que tu l'as poussée ? Parce que tu ne voulais pas entrer dans son jeu ? »
Heath hocha la tête.
-Ça et le fait qu'elle m'ait touchée. J'ai horreur qu'on me touche.
L'allemand profita alors du silence d'Intelligence pour arrêter le jet d'eau, et sortir de la baignoire. Il se sécha, se rhabilla, et retourna se coucher.
Mais c'est au moment où il allait se reconcentrer sur son sommeil que l'IA repris la parole :

-« Je crois que j'ai compris pourquoi tu n'aimais pas les filles. »
-Ah vraiment ? Répondit-il amusé mais curieux. Je t'écoute.
-« Ce que tu n'aimes pas c'est l'artificialité dont elles se recouvrent elles-mêmes. Toi qui adore les sensations fortes et la vérité, des choses tels que la beauté ou les attributs du corps ne t'intéressent pas. Je te trouve cependant un peu macho, parce que tu ne fais pas vraiment d'effort pour voir au-delà de leur artificialité. »
Heath éclata de rire.

-Si je ne fais pas d'efforts, c'est tous simplement parce que ça ne m'intéresse pas. Sérieusement, j'ai autre chose à foutre que de me chercher une copine. Et quand bien même j'aurais le temps, il n'y a rien qui ne me ferais plus chier que d'en chercher une. Maintenant fous-moi la paix, je veux dormir.
Cette fois-ci, il ne lui fallut pas plus d'un quart d'heure pour tomber dans les bras de Morphée, et à son grand soulagement, il ne rêva pas d'Abigail Hobbs.



4 Septembre 2001, Paris, 03h 02

La jolie rousse était confortablement allongée sur son lit, qui était assez large pour accueillir trois personnes supplémentaire. Sa chambre de trente mètres carrés était impeccable, tout était parfaitement rangé, et il n'y avait pas un grain de poussière qui traînait sur le bureau ou au-dessus de son immense armoire. Son regard n'avait pas quitté le plafond depuis qu'elle s'était installée, son esprit s'était depuis longtemps noyé dans ses pensées.

Abigail adorait son physique, elle l'avait toujours adoré, c'était le comportement des gens vis à vis de celui-ci qui l'exaspérait. Depuis quelques années, tous lui avait semblé trop facile : si elle croisait un homme dans la rue qui l'intéressait, elle n'avait qu'à l'aborder, et le reste venait tout seul. Elle avait assez d'argent pour se payer tout ce qu'elle désirait, mais récemment, elle s'était rendu compte qu'il lui manquait quelque chose. Il lui manquait le désir.

Bien sûr, elle avait sa vie « professionnelle », et un objectif bien précis. Mais en dehors de ça... Ça vie privée était d'un ennuie abominable. Elle attirait le désir de tous ceux qu'elle rencontrait, mais jamais elle n'avait elle-même éprouvée de désir pour qui que ce soit. Résultat, elle passait son temps à séduire quiconque avait un visage convenable à ses yeux. Elle n'était pas si exigeante, pourtant ils l'avaient tous déçue. Aucun d'eux n'était jamais sortie du lot, même ceux qui résistait parfois à ses charmes. Ils y avaient ceux qui se croyaient malins en lui faisant remarquer que les rousses aux yeux bleus étaient le mélange le plus rare au monde, et ceux qui eux-mêmes se croyaient irrésistibles et qui lui parlait comme si elle n'était qu'une conquête de plus.

Et ce soir, Abigail venait de rencontrer un garçon de son âge, qui ne la désirait pas, et qui semblait même la mépriser. Au départ, la jeune fille avait cru qu'il était simplement macho ou alors qu'il s'agissait d'un homosexuel qui ne s'assumait pas. Mais son regard... Ça c'était quelque chose. Tout d'abord il avait de très beaux yeux, mais surtout elle y avait vu tellement d'émotions. Jamais elle n'avait vu quelque chose d'aussi... Humain... Et animal.
La bestialité avec laquelle il l'avait regardée l'avait clouée sur place, elle aurait pu rester par terre toute la nuit. Si c'était le prix pour tenter de déchiffrer ce regard, elle l'aurait sans doute payé.
Une chose était sûr pour elle, ce n'était pas la dernière fois qu'elle verrait Heath Lancaster. Et elle était bien décidée à le forcer à la rencontrer à nouveau.

Comment ? Peut-être grâce à la carte d'identité qu'elle lui avait dérobée pendant qu'elle le câlinait.
Abigail sourit de toutes ses dents, et s'endormit. A son grand amusement, elle aperçut la silhouette d'Heath Lancaster dissimulé dans un coin de son rêve.


4 Septembre 2001, Lieu inconnu, 10h 32


Peter Warren n'avait jamais songé une seule seconde qu'il pourrait un jour se sentir aussi misérable de toute sa vie, et encore moins lors d'une simple visite médicale.
Il était assis dans le bureau de Christian Roche, l'un des meilleurs médecins de l'organisation. C'était un homme d'environ soixante dix-ans, dont les sourcils étaient affreusement long, et qui souffrait d'une légère surcharge pondérale. Il affichait une mine désolé pour le jeune homme, mais celui-ci n'avait que faire de sa pitié.

-Comment vous pouvez en être aussi sûr ?
Le cannibale espérait de tous cœur qu'il s'agissait simplement d'un mauvais rêve, et qu'il n'allait pas tarder à se réveiller. Mais il eut beau se pincer de toutes ses forces, il était toujours assis sur la même chaise.
-Les symptômes ne trompent pas, dit le médecin d'une voix qui trahissait sa compassion. Je suis désolé Peter, le Kuru a finit par te rattraper.

Le mot raisonna dans le crâne de l'américain pendant plusieurs secondes. Le Kuru était une maladie à prions très rare qui touchait les adeptes du cannibalisme. En foré, « kuru » signifie « trembler de peur », un symptôme qui était apparu chez lui depuis déjà plusieurs jours.
-Je ne comprends pas, je croyais que seuls ceux qui mangeaient le système nerveux central étaient touchés par cette maladie.
Le docteur Roche secoua la tête.

-On ignore encore pas mal de chose sur le kuru, les études qui ont été menée sur les villages de Nouvelle-Guinée démontraient que c'était surtout ceux qui consommaient les systèmes nerveux centraux qui étaient touchés. Mais ça ne voulait pas dire que ceux qui mangeaient muscles et organes étaient épargnés pour autant. Les cas étaient seulement moins nombreux, ou apparaissaient parfois jusqu'à cinquante ans plus tard suite a une période d'incubation beaucoup plus longue que la normal.

Peter l'écoutait à peine, il réfléchissait à cent à l'heure. Il devait trouver une solution, ou sinon...
-Qu'est-ce qu'il va m'arriver ?
Le médecin poussa un profond soupir, avant de répondre :
-Les tremblements ce n'est que le début du syndrome cérébelleux, tu vas rapidement avoir des troubles de l'équilibre, tes mouvements auront du mal à se coordonner. Et ensuite...
-Ensuite ?
-La démence, le décès suivra d'ici quelques années.

Peter poussa un juron, son monde entier était en train de s'écrouler.
-Quel est le traitement ?
-Peter...
-Le traitement !
-On peut essayer certains agents antiprion comme le tacrolimus ou l'astemizole, mais les résultats ne sont pas garanties.

En rage, le cannibale se leva, et sortie du cabinet sans demander son reste.
Le docteur Christian Roche poussa un profond soupir.
-Adam, tu étais un gros con, mais j'avais un peu plus d'espoir pour ton fils.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 07 Sep 2016 17:10   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Chapitre 5: Le Clasico



3 Septembre 2001, Paris, lycée Jean-Baptiste Say, 12h 36

De par sa nature, Aelita n'était pas quelqu'un de très sociable. La dernière fois qu'elle avait mit les pieds à l'école, c'était avant sa longue exile sur Lyoko. Elle ne gardait pas de fantastiques souvenirs de cette période : Solitude, moquerie à propos de ses cheveux roses, jalousie par rapport à ses bonnes notes, et tous le train-train habituel des élèves trop doués et trop fermés pour la majorité des adolescents de cet âge.

Mais cette fois, ce fût très différent. Elle était assise à l'une des plus grandes tables du réfectoire de son lycée. Celle-ci pouvait accueillir près d'une vingtaine de personne, et aujourd'hui, toutes les places étaient occupées. Aelita n'avait pas encore été présentée à tous le monde. Mais elle s'entendait déjà assez bien avec les deux filles qui l'avaient abordées durant le premier cours. La première à lui avoir adressé la parole se prénommait Sylvie.

Aelita avait comprit que c'était une adolescente assez normale, qui adorait faire du shopping et passer du temps avec ses amies, à discuter de tout et de rien. L'autre d'origine maghrébine se faisait appeler Sarah, et la plupart des conversations qu'elle tenait tournait autour de ses projets d'avenir et de la façon un peu loufoque qu'elle avait d'imaginer le comportement et la vie en générale des gens qu'elle ne connaissait pas. Elle le faisait plus par jeu qu'autre chose, et Aelita s'était amusée à imaginer avec Sarah que leur professeur de mathématiques était l'incarnation du colonel Moutarde, venu tuer le professeur de SVT Violet à coups d'équerre et de compas.

La fille de Franz Hopper s'était tellement prise au jeu qu'elle n'avait absolument rien écoutée du cours de mathématiques, ce qui n'était pas dans ses habitudes.
-Alors comme ça tu t'appelles Lancaster, dit Sylvie d'un ton qui trahissait son admiration. C'est super classe.
Cette remarque troubla Aelita pendant un petit instant. Lorsque Heath avait choisit leur nouveau nom de famille, il l'avait fait après avoir sévèrement critiqué l'idée que Franz avait eu de prendre le nom de jeune fille de sa femme pour changer d'identité la première fois. La jeune fille s'était mise en colère, sa mère lui avait toujours terriblement manquée, et porter son nom de jeune fille lui avait donné l'impression qu'elle était toujours à ses côtés et qu'elle veillait sur elle. Mais Heath avait balayé ses protestations d'un revers de main :
-« Si tu continue à t'entourer de fantômes, tu finiras par en être un toi aussi. »
Après cette conversation, Aelita était allée s'enfermer dans sa chambre pour étouffer ses sanglots dans son oreiller. Elle n'était même pas sortit pour le dîner.
-Notre grand-père était anglais, dit-elle en jetant un coup d’œil à Seth. Notre père a hérité de son nom, et nous ensuite. Comme n'importe qui.

Le mot « hérité » avait allumé une bien étrange étincelle dans les yeux des jeunes filles présentes. Aelita supposa qu'elles devaient penser que Seth avait obtenu un peu plus qu'un beau visage et un nom peu commun de leur soi-disant « grand-père ». Étrangement, la plupart des adolescentes présentent avait discrètement bataillées pour s'asseoir aux côtés du mutant. Mais à leur grande déception, quelques garçons s'étaient également invités à leur table, et c'étaient eux qui monopolisaient la conversation autour de Seth.

Certaines jeunes filles, trop timides pour le « déranger » s'étaient tournées vers Aelita dans l'espoir que celle-ci les renseignent suffisamment. Elles avaient peut-être aussi l'intention de se lier à elle dans l'espoir d'être un jour invitée à leur domicile. Mais son père avait été très claire là-dessus : Aucun invité et ce quelque soit la raison. Une information quel avait volontairement lâchée durant une conversation sur son père. Les adolescentes qui étaient uniquement intéressées par Seth s'était alors renfrognées sur elles-mêmes, et n'avaient plus décroché un mot de tous le repas.
De son côté, le mutant se débrouillait assez bien auprès de ses nouveaux camarades. Comme Heath le lui avait conseillé -ordonné-, il s'était documenté autant qu'il le pouvait sur ce qu'aimait les jeunes garçons de son âge. Il s'était donc choisie un groupe de musique préféré, quelques films d’anthologie, et bien sûr, il s'était assez bien renseigné sur le sport. Et en particulier le football. Ce qui tombait bien, puisqu'il s'agissait du sujet principal de la conversation.


-Alors t'aimes pas le foot français ?
Le garçon qui venait de parler se prénommait Luc, il avait une carrure athlétique pour son âge, et arborait fièrement un maillot du Paris-Saint-Germain.
Seth haussa les épaules.
-C'est pas que j'aime pas, c'est juste que je n'ai aucune équipe favorite dans ce championnat. Je suis plutôt fan d'équipes anglaises, comme Liverpool ou Manchester United.
En réalité, le mutant n'était pas vraiment intéressé par le football. Même s'il mourrait d'envie d'y jouer avec d'autres garçons, les championnats et compétitions ne l'intéressaient pas vraiment. Principalement parce qu'il ne comprenait pas ce qu'il y avait d'amusant à regarder d'autres personnes jouer quant on pouvait jouer par soi-même. Cependant il ne regrettait pas d'avoir fait l'effort de s'y intéresser un minimum, parler avec des garçons de son âge le rendait tout drôle.

Un autre adolescent prit la parole :
-Et si jamais t'étais forcé de choisir, tu prendrais l'OM ou le PSG ?
-Il n'y a personne pour me forcer que je sache.
Les garçons éclatèrent de rire.
-Allez quoi, soit pas vache ! Vas-y dit nous quelle équipe tu choisirais.
-Mais oui, renchérit Luc. Alors ? OM ou PSG ?
Seth prit un air embarrassé, heureusement pour lui, quelqu'un vola à son secours.
-Laissez-le un peu tranquille avec vos histoires de foot, vous pouvez pas parler d'autre chose pour une fois ?
La fille qui avait prit la parole était la seule a s'être déplacé suffisamment vite pour réussir à s'asseoir à côté de Seth. Mais celui-ci ne l'avait pas remarqué jusqu'à présent.
Elle portait un gilet vert, et une élégante jupe qui lui arrivait jusqu'aux genoux. De ce qu'Aelita avait comprit, elle s'appelait Valentine.

-Oh pardon, répondit Seth en lui faisant un petit sourire tendre. Tu voulais dire quelque chose ?
Complètement désarmée par l'attention soudaine que lui portait le mutant, la jeune fille eut toutes les peines du monde à trouver quelque chose de constructif à dire.
-Hey petite sœur, lança Luc en ricanant. Tu devrais fermer la bouche.
Les autres adolescents s'esclaffèrent, tandis que Valentine se mit à rougir. Aelita décida de voler à son secours :
-Vous êtes de la même famille ? Mais alors pourquoi vous êtes dans la même classe.
Luc tendit l'index vers sa sœur.
-Ce petit génie à sauter une classe, du coup je suis obligé de me la coltiner toute l'année.

Ragaillardie par l'intervention de la princesse de Lyoko, la jeune fille répliqua :
-Tu parles, tu es bien content d'avoir quelqu'un pour t'aider à faire tes devoirs.
-Ou pour les faire à sa place. Renchérit Seth, ce qui provoqua un nouvel éclat de rire.
Aelita était étonnée de voir avec quelle facilité le mutant avait réussi à s'adapter. Mais quelque part, elle se sentait un peu jalouse. Elle se revoyait lors de son premier jour de collège, elle n'avait pas cherché à s'intégrer, autant par timidité que par crainte. Elle avait toujours eu une grande peur de l'inconnu, c'était quelqu'un d'ordonnée, qui se retrouvaient parfois complètement perdue lorsque ses habitudes étaient chamboulées. Aujourd'hui, c'était une crainte qui continuait de la prendre de cours par moment, mais la présence de Seth à ses côtés avait changé pas mal de chose. Il se dégageait du mutant un sentiment de jovialité et de positivité constant. Avec lui, on avait toujours l'impression de voir le verre à moitié plein.

-Bon alors, on fait un truc ce soir ? Demanda une fille sans lâcher Seth des yeux. Histoire de fêter la rentrée.
L'un des garçons secoua la tête.
-Y'a vraiment que toi pour vouloir fêter la rentrée.
-Oh lala, soupira Sarah. Non mais vous êtes vraiment déprimant ! Vous avez pas envie de vous lâcher un peu ?
Luc haussa les épaules.
-Pas ce soir, ce soir il y a match. Puis il fixa deux autres garçons dans les yeux et sourit malicieusement. Et Paris gagnera.

-Dans tes rêves. Lança le voisin de Seth, un jeune homme blond qui répondait au nom d’Étienne
-Ouais. Approuva l'autre adolescent.
-Comment ça il y a match ce soir ? S'étonna Aelita. Mais on est Lundi !
-Il a pas pu avoir lieu hier, expliqua Sylvie en soupirant. Il y avait trop de bagarre à Marseille. Du coup, il a été reporté à ce soir.

Les filles présentent lui lancèrent une volée de regards consternés, elle s'empressa d'ajouter :
-Mon père a tirer la tronche pendant tout le repas à cause de ça. Je pouvais pas ne pas le savoir.
-Bon, dit Luc en se frappant les mains. C'est décidé, on se retrouve tous ce soir dans un resto qui diffuse le match. Et après on peut passer la soirée à se foutre de la gueule des marseillais.
Valentine leva les yeux au ciel.
-T'es vraiment qu'un crétin, lâcha-t-elle d'un ton las. Tu sais quoi ? J'y serais juste pour avoir le plaisir de voir la tronche que tu tirera quand tu perdra.
-C'est gentil de soutenir ta famille petite sœur. Et vous les filles ?

Aelita échangea quelques regards avec ces deux nouvelles amies. Sarah hocha la tête, et Sylvie fit mine de ne pas être emballée, avant de finalement accepter. Les autres adolescentes présentes hésitèrent, et jetèrent quelque regards interrogateur sur Seth. Mais le mutant semblait enthousiaste à l'idée de passer cette soirée ensemble. Du coup, elles acquiescèrent. Dans l'obligation de veiller sur son frère, Aelita donna une réponse positive à son tour.

D'humeur radieuse, Luc joignit ses mains autour de sa bouche, et cria :
-Nous sommes les parisiens, et nous chantons en choeur. Nous sommes les parisiens, fidèles à nos couleurs !
Il fut immédiatement reprit par une bonne dizaine d'élève qui se mirent à chanter à leur tour.
Mais un garçon que Seth connaissait sous le nom de Matthieu se leva à son tour, et hurla à plein poumons :

-Aux armes !
-Aux armes ! Répliquèrent les supporters marseillais.
-Aux armes !
-Aux armes !
Cette fois, Seth s'était joint à eux. Visiblement prit d'une poussée d'adrénaline.
Matthieu prit un air solennel, et écrasa son poing sur son cœur.
-Nous sommes les marseillais !
-Nous sommes les marseillais !
-Et nous allons gagner !
-Et nous allons gagner !
-Allez L'OM !
-Allez L'OM !
-Allez L'OM !
-Allez L'OM !

Les fanas de footballs se mirent alors à frapper leur table respective du poing, et les supporters des différentes factions continuèrent leur duel d'encouragement tout en se lançant des regards défiant.
Au milieu de tous ce chaos, Aelita se demandait si c'était vraiment une bonne idée de se joindre à cette bande de fous furieux.




Même moment, Lieu inconnu

-Le vois-tu ?
-Oui... Est-ce ton pouvoir ?
-Notre pouvoir, toi et moi ne faisons qu'un, et nous nous comprenons.
Serpent était assis au sommet d'une gigantesque tour de pierre noir, qui semblait avoir été plantée au milieu de l'Apocalypse elle-même. Le Soleil était invisible, le ciel n'était que nuage rouge et noir, une pluie de sang s'abattait calmement sur les montagnes de cadavres démembrés qui recouvraient l'intégralité du sol. Un éclair déchira le ciel. Serpent passa sa langue sur ses lèvres pour y goûter le sang qui coulait. Ses magnifiques yeux rouges dégageaient une aura maléfique, ses grandes ailes écailleuses étaient repliées dans son dos. Une grosse tête de serpent avait été plantée sur le dard situé au bout de sa queue. Il l'a prit dans ses mains, et la contempla.
-C'est notre ennemi ?
-Oui.
-Pourquoi veux-tu le tuer ?
-Pour me trouver un nom.
-Un nom ?
-Oui.
Serpent fixa un instant les yeux morts de son ennemi, avant de l'envoyer rejoindre les cadavres au pieds de la tour. Au loin, un gigantesque brasier venait de s'allumer. Les flammes venaient se refléter dans ses pupilles.
-Le maître m'a donné le nom de cet homme, si je le tue, je pourrais prendre un nouveau nom.
-Tu n'as pas besoin de nom, tu es le Dragon Rouge.
-Non. Il marqua une pause. Je veux un nom, un vrai nom. Je veux une identité, je veux être le bras de mon maître, celui qui tuera ses ennemis et qui le suivra jusque dans la mort. Je veux un nom.
-Nous sommes le Dragon Rouge, nous n'avons pas besoin de maître.
Serpent resta silencieux, le visage de Peter s'était imposé dans son esprit. Il vouait au cannibale une loyauté sans égale, il était prêt à tuer, violer, torturer, et mourir pour lui. Peu importe ce qu'en dirait le Dragon, jamais il ne le trahirait.
Jamais, jamais... Jamais.

Il ouvrit les yeux, et pour la première fois depuis plus deux mois, il vit la lumière.
La cellule dans laquelle il avait été enfermé était ridiculement petite, elle était même presque trop étroite pour qu'on puisse parlé de cellule. Ce n'était qu'un simple lit rangé dans un grand placard.
Serpent releva la tête, et ce qu'il vit le fit sourire jusqu'aux oreilles. Pour finir par s'écrouler comme un château de cartes.
La moindre des choses que l'on pouvait dire à propos de Peter en l'observant, c'était qu'il n'allait pas très bien. Sa main gauche était agitée de tremblement, ses yeux gonflées par le manque de sommeil, de grosses goûtes de sueurs perlaient le long de son visage.
-Maître ? Tout va bien?
L'intéressé ne sembla même pas entendre sa question. Il se contenta de lui faire un signe de tête, et de lui ordonné :
-Sort d'ici, nous avons beaucoup de travail qui nous attend.
Serpent acquiesça, et le suivit. Les mots semblaient lui martelés le crâne de l'intérieur :
-« Jamais... Jamais... JAMAIS ! »



Même moment, Lieu inconnu

Hors d'haleine, Dragonne s'écroula sur son lit, le corps nu, et couvert de sueur. Renarde se pelotonna contre elle.
-Dit donc, lâcha-t-elle entre deux halètements. Je ne t'ai jamais connue aussi sauvage. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
Sa petite amie rechigna à répondre, la coréenne n'eut cependant pas à beaucoup forcer pour briser sa carapace.
-C'est Serpent c'est ça ? C'est lui qui te met dans un état pareil ?
L'indienne grogna.
-Je t'ai dis ce qu'il m'a fait, tu t'en souviens sûrement.
Dragonne passa délicatement ses doigts sur les fesses de sa petite amie, et effleura une mince cicatrice qui filait jusqu'au centre. A l'intérieur, les dégâts avaient été bien plus importants.
-C'est notre ennemi à tous, Peter le hait de tout son être. On le fera payer... Au centuple.
Renarde secoua tristement la tête, et se pencha hors du lit pour ramasser sa culotte qu'elle enfila.
-On a tous vu de quoi il était capable. J'ai vu la vidéo, je l'ai vu brûler cinquante hommes. Je l'ai vu massacrer le visage de Peter. Il l'a fait et il le refera.
Dragonne roula sur le ventre.
-Nous ne sommes pas des hommes ma chérie.
Cette remarque eut le mérite d'arracher un sourire à l'indienne, qui revint se blottir dans les bras de celle qu'elle aimait.
-Peter... Il ne va pas bien lui non plus... Pas vrai?
La coréenne resta silencieuse. Après que Serpent l'ai défiguré, le cannibale avait eu recourt à une longue opération chirurgicale pour se faire mettre un visage tout neuf, encore plus beau que le premier bien que tout de même semblable. Mais cela n'avait en rien suffit à le calmer. Depuis des mois, il mangeait de plus en plus de chaire humaine. Avec une voracité que Dragonne ne lui avait jamais vu. Sa façon de manger était toujours aussi élégante et raffinée, mais ses portions étaient de plus en plus élevées, et l'accompagnement qui venait avec la viande avait quant à lui presque disparu. Il avait prit l'habitude d'affamer régulièrement ses loups, avant de leur jeter deux ou trois personnes vivantes pour les rassasier. La seule chose qui lui permettait de reposer ses nerfs, c'était le « nouveau » Serpent. Elle avait un opinion assez réservé à ce sujet, mais malgré tout, elle continuait de faire confiance à son leader. Car jusqu'à présent, elle ne l'avait jamais regrettée.
-Est-ce que tu te souviens ? Demanda Renarde le regard pensif. De cette chose qui était avec Serpent quand il s'est échappé ?
Un frisson parcourut l'échine de la coréenne, ça, elle ne risquait pas de l'oublier.
-On ne l'a pas vu aujourd'hui, tu crois qu'il l'a tué ? Qui sait ? Il a très bien pu en perdre le contrôle.
Dragonne n'y croyait pas une seule seconde, et pourtant elle avait très envie d'y croire. Mais elle n'y parvint pas, elle l'avait vu sur les caméras de surveillances. Cette créature hideuse et sauvage, et même après tout ce temps, son image continuait de la hanter. Intérieurement, elle espérait de tout son cœur qu'elle ne croiserait jamais sa route.




3 Septembre 2001, Paris, 22h 23

-La passe ! Hurla Luc à l'encontre d'un joueur. Mais passe espèce de crétin !
-Il ne peut pas t'entendre tu sais ? Lança innocemment Seth depuis l'autre camp de supporters.
Assise à l'une des très nombreuses tables du bar dans lequel une quarantaine d'élèves s'étaient retrouvés, Aelita tentait tant bien que mal de calmer l'effroyable mal de tête dont elle souffrait depuis la fin de la première mi-temps. Les supporters étaient déchaînés, et le score était de deux à un en faveur du PSG pour le moment. Trois buts, trois fois où une bande de fous furieux avaient hurlés à plein poumons. Trois fois où ses tympans avaient manqués de se déchirer. Épuisée, elle avala quelques gorgés de Coca-Cola avant de se tourner vers Sylvie.

-Pourquoi les hommes sont tous aussi cinglés ?
Son interlocutrice haussa les épaules.
-Je ne sais pas, honnêtement, je ne suis là que pour me rincer l'oeil. Verratti est super mignon.
Aelita hocha la tête, et son regard se posa sur le jeune joueur Italien qui apparaissait en gros plan sur l'écran géant.
-Putain, grinça un marseillais, on domine à mort ! Ces enfoirés de Qatari ont une chatte énorme.
Les parisiens se tournèrent vers l'intéressé, et lui adressèrent des regards furieux.
-Et Imbula t'en fais quoi ?! S'exclama Luc. Si l'arbitre était pas un de ces corrompu de Tapi il se serait fait expulser dès la demi-heure de jeu !
-N'importe quoi, rétorqua calmement Seth, il n'y avait pas faute.
Aelita laissa tomber sa tête contre la table, jamais elle n'avait entendu autant d'idioties en une soirée.
Cependant, un murmure d'excitation vint la sortir de son désespoir. Lassana Diarra venait de chiper le ballon dans les pieds de Pastore, il enchaîna très vite avec une passe directement dans la course d'André-Pierre Gignac. L'attaquant marseillais avait à présent un véritable boulevard devant lui.
-Fonce Dédé ! Cria Matthieu.
Le phocéen attendit patiemment le retour de Thiago Silva, fixa le gardien parisien, et décocha une frappe croisée à ras-de-terre qui alla terminer sa course dans le petit filet opposé. Salvatore Sirigu ne put que constater les dégâts. Tandis que les supporters marseillais laissèrent éclater leur joie.
-Marseillais, Marseillai-ais, Marseillais allez allez !
-Le doublé pour André-Pierre Gignac, annonça le commentateur sportif, son quatre-vingt dix neuvième but en Ligue un, et surtout un but, qui permet à l'Olympique de Marseille de revenir à la hauteur du PSG. Paris : 2. Gignac : 2 !
De l'autre côté de la salle, les supporters parisiens se plaignaient à voix basse de la piètre qualité de la pelouse marseillaise. Tout en assurant que Thiago Silva serait revenu plus vite s'il n'avait pas eu à patauger dans toute cette boue imaginaire.

Sylvie se dirigea vers le camp des marseillais, s'assit à côté de Matthieu et l'embrassa sur les lèvres.
Le jeune homme prit sa petite amie par la taille.
-C'est sympa d'être venu, je sais que t'aimes pas trop le foot.
Elle haussa les épaules.
-C'est que le début de l'année, j'ai pas encore trop la flemme. Et puis, je suis pas comme ces idiotes.
Du bout du doigts, elle désigna la bande de filles qui s'étaient agglutinée autour de Seth. Malheureusement pour elle, le mutant n'avait d'yeux que pour le match. Matthieu esquissa un sourire.
-Je ne vois pas Valentine, remarqua-t-il après avoir jeté quelques coups d’œil à droite à gauche. Tu crois qu'elle a finit par laisser tomber ?
Sylvie secoua la tête.
-Elle est très timide, et elle a aucune expérience avec les mecs.
-On devrait peut-être lui filer un coup de main ?
-C'est pas nécessaire, Valentine est assez maligne pour comprendre que lui tourner autour c'est pas une bonne idée. Laisse-la faire, il est temps qu'elle apprenne à avoir confiance en elle.
Sur ses mots, Sylvie embrassa à nouveau son compagnon comme elle sait si bien le faire.
Aussitôt, l'un des supporters parisiens se leva, et brandit fièrement un drapeau du club de la capitale.
-Hey Sylvie, si tu venais par ici tu pourra embrasser un vrai homme !
La jeune fille pouffa de rire.
-Je ne crois pas que les « vrais hommes » se branlent dans les toilettes.
Une vague de protestations écœurantes vint faire écho à la déclaration de la jeune fille, un homme d'une quarantaine d'année vint lui serrer la main.
-Comment tu l'as mouché ce puceau.
Le reste du match se passa sans trop d'encombres, Aelita venait de commander son cinquième coca, et Seth était plus excité que jamais devant la partie qui ne perdait rien de son spectacle.
Zlatan Ibrahimovic avait manqué d'inscrire un coup franc somptueux qui avait eu le mérite de faire taire les supporters marseillais. Ceux-ci ne devaient leur salut qu'aux incroyables réflexes de leur gardien et capitaine Steve Mandanda, qui avait détourné le ballon en corner.
Un jeune homme marseillais de la classe d'Aelita tenta de se rassurer en se mettant à chanter :
-Paris est une ville, où règne le Sida, les filles y sont faciles, et les Pédés y sont Rois !
A peine eut-il finit le premier couplet qu'une élève de son âge lui administra une gifle retentissante, il la contempla sans rien dire, abasourdi et choqué.
-Et ta mère elle habite où alors ? Espèce de crétin !
Ces mots déclenchèrent l'hilarité général, et le jeune homme reçu quelques tapes de compassion ainsi qu'une gorgé de bière pour faire passer le choque.
Mais ce n'est qu'à la quatre-vingt-treizième minute que le match finit par se débloquer, trop sûr de lui, Thiago Motta tenta un petit pont sur Lassana Diarra. Mais le numéro dix marseillais s'empara du ballon et piqua un sprint à travers la moitié de terrain parisienne, tout en dribblant David Luiz au passage. Une fois qu'il fut face au reste de la défense parisienne, il glissa le ballon pour Dimitri Payet. Le réunionnais enrhuma Thiago Silva, et crucifia Sirigu d'un petit ballon piqué qui termina sa course dans la cage parisienne.
-Nooooooon, hurla Luc. Tandis que les commentateurs, ne purent qu'applaudir le geste splendide du phocéen.
-Magnifique !
-Oh que c'est beau !
-Quelle geste de CLASSE, à la quatre-vingt-treizième minute, le bonheur de Marcelo Bielsa, l'explosion du cratère du Vélodrome. Ce soir il aura été passeur décisif, il aura été aussi buteur, et ce geste est AB-SO-LU-MENT génial de Payet !
Euphorique, les marseillais entamèrent un chant en l'honneur de leur meneur de jeu. Dégoûtés, les parisiens s'étaient renfrognés sur eux-mêmes.
La seule information qu'Aelita avait réussit à enregistrée, c'était que le match était bientôt finit, ENFIN. Elle n'allait pas tarder à retrouver son lit.

Mais alors qu'elle était perdue dans ses pensées, elle aperçut du coin de l’œil un objet en verre qui filait à pleine vitesse en direction des supporters marseillais. C'est ainsi que sous les yeux de tous, une bouteille de 33cl encore pleine alla s'écraser contre le visage de Matthieu qui perdit aussitôt connaissance et s'écroula sur le sol. Un silence de cathédrale s'abattit sur la pièce, choqués, les supporters des deux équipes observaient avec incompréhension et horreur la petite flaque de sang et de bière qui se formait autour du crâne de l'adolescent. La réaction ne se fit pas attendre très longtemps, ivre de rage, l'un des marseillais s'empara d'une chaise, et la lança vers le groupe de parisien. Aelita fut alors témoin de la scène la plus chaotique de sa courte vie. Les supporters de chaque faction s'étaient mis à se lancer différents projectiles en verres tout en hurlant les pires vulgarités qu'elle eut jamais entendu. D'autres avaient décidés d'en venir directement aux mains, résultant ainsi en une énorme mêlés au milieu de la pièce. La princesse de Lyoko aperçut alors Sylvie, qui, malgré le coup perdu qu'elle avait reçu à l’œil, traînait désespérément son petit ami hors de ce bourbier. Les deux jeunes filles transportèrent le blessé dans les toilettes pour s'y enfermer. Aelita avait cependant eut le temps d'apercevoir Seth soulever à bouts de bras un supporter parisien qui devait faire deux fois son propre poids, et l'envoyer s'écraser contre ses camarades. Terrifiée, la jeune fille verrouilla la porte de sa cabine, et se mit à prier à qui pouvait l'entendre de la protéger contre la colère de Heath.



31 décembre 1997, Glasgow, 23h 55


A l'instar du seizième arrondissement parisien, le quartier Hyndland de Glasgow est principalement un endroit résidentiel. Situé dans le West End, -proche de la célèbre université de Glasgow- sa population est essentiellement composée de bourgeois bohémiens, d'artistes, et de footballeurs. Ce qui en fait l'un des quartiers les plus chers d’Écosse en terme d'immobilier. Certains habitants de l'endroit justifiait son prix par le calme et la tranquillité qu'on y trouvait, arguant du fait qu'il n'y avait que très peu (voir pas du tout) d'incidents en moyenne par année. Cependant, l'année 1998 allait en compter au moins un. Puisque cinq minutes avant les premiers feux d'artifices, le ciel était déjà en train de rougir. Et le voisinage qui s'attendait à passer une soirée de fête était transporté d'horreur devant la scène à laquelle ils assistaient. L'incendie avait démarré si soudainement que lorsque le premier témoin appela les pompiers, la maison était déjà presque entièrement en train de brûler. Maintenant que le feu était à peu près maîtrisé, des murmures traversèrent la foule qui s'était agglutinée peu à peu autour de l'emplacement de ce drame. Certains disaient qu'il n'y avait aucun survivant, d'autres que seul le père de la famille avait survécu. Mais personne ne se doutait une seule seconde que le seul survivant de cette tragédie, était un petit garçon âgé de dix ans.
Celui-ci n'avait pas décroché un mot depuis que les pompiers l'avaient extirpé de l'Enfer qu'était devenu sa maison.
Il les regardait tous, les uns après les autres. Tout en se demandant pourquoi le fixait-on avec un air aussi désolé, alors que lui-même était transporté de joie ! Jamais il n'avait été aussi heureux de toute sa vie, jolies petits yeux verts embués de larmes de bonheur semblaient leur hurler de fêter l'événement. Malgré la perte de sa famille, de sa maison, de sa chambre et de ses jouets ; il était le petit garçon le plus heureux de la planète ! Il avait mal, très mal... Un rideau enflammé lui avait fouetté le visage, lui laissant des marques abominables profondément incrustées dans sa chaire, mais il se moquait de sa douleur, il se moquait de tous. Pour la première fois de sa vie, il était heureux.
-Tout va bien ?
Drake tourna la tête, et découvrit la fille la plus jolie qu'il ait jamais vu. Il fut si sidéré par sa beauté qu'il répondit par son plus beau sourire. Sourire qu'elle lui rendit.
-Comment tu te sens ? Tu veux quelques choses ? Tu vas bien ?
Le flot de question qui s'abattit sur lui manqua de provoquer une crise de panique, c'était la première fois qu'une fille aussi jolie lui adressait la parole ; et il ne savait pas quoi répondre.
Il se contenta alors d'enfouir sa tête dans la chemise de son interlocutrice, qui finit par lui caresser gentiment les cheveux. Ses mains étaient si douces.
-Je suis désolé, pour ta famille...
-Pourquoi ?
Abigail Hobbs haussa un sourcil, son petit protégé reprit :
-Pourquoi tu es désolé ? Pourquoi ? Mon papa et ma maman... Ils arrêtaient pas de me taper, de dire que j'étais un petit con bâtard... Ma sœur elle s'est toujours moquée de moi. Quand Mamie m'a acheté une glace, elle a crachée dedans. Et quand Mamie elle est morte, Papa il a dit que c'était une vieille salope... Ils étaient tous tellement méchants. Alors j'ai demandé à Dieu de les envoyer en Enfer, et regarde !
Du bout de son petit doigt, Drake pointa les restes de l'incendie. Les pompiers avaient été très efficaces, les flammes étaient presque éteintes. Mais il ne restait de la demeure qu'un tas de ruines calcinées.
C'est alors que l'église la plus proche sonna les douze coups de minuit, et le premier feu d'artifice explosa dans le ciel.
Euphorique, Drake se dégagea de l'étreinte de sa bienfaitrice et courut jusqu'à l'entrée de son jardin.
-Merci Dieu, cria-t-il à pleins poumons devant la foule médusée.
Abigail lâcha un léger rire discret, avant de prendre la main du petit garçon. Elle le tira doucement à l'écart, et prit la direction d'une ambulance.
Aussitôt, deux ambulanciers vinrent les encadrer. Ils prirent la température du jeune roux, ainsi que sa tension. Puis ils appliquèrent un pansement de fortune sur son visage. Une fois les examens de bases terminés, l'ambulance démarra au quart de tour, et disparue dans la nuit.
Officiellement, Drake L. O'conner est mort en arrivant à l'hôpital. Officieusement, il rencontra pour la première fois de sa vie une vraie famille. Sa vraie famille.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 24 Aoû 2016 23:20   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler




Chapitre 4: Général Serpent









3 Septembre 2001, Paris, 07h 00


La sonnerie stridente d'un vieux réveil bon marché vint tirer Aelita du cauchemar abominable dans lequel elle était plongée. Épuisée, elle se frotta les yeux, et se dirigea vers la salle de bain. Malheureusement pour elle, celle-ci était déjà occupée, elle toqua donc poliment dans l'espoir de ne pas tomber sur Heath.
-J'ai presque finis, répondit joyeusement la voix de Seth. Je me rince.
Soulagée, la jeune fille ne put s'empêcher de noter l'excitation dans la voix du mutant. Aujourd'hui était le jour de la rentrée des classes, et visiblement il y avait bien une personne sur cette Terre qui était fou de joie à l'idée d'intégrer le collège. Ce qui n'allait pas faciliter la tâche d'Aelita. En effet, la princesse de Lyoko avait reçut l'indication d'aider Seth à s'intégrer dans son nouvel environnement, et que pour ça, elle allait devoir rester avec lui pendant l'intégralité de leurs premiers jours de classes. Pire encore, Ils avaient tous les deux été enregistrés avec le même nom de famille, ce qui faisaient d'eux des frères et sœurs. La jeune fille avait eut beau protester de vive voix, Heath s'était montré suffisamment convaincant pour qu'elle finisse par se laisser fléchir.

En fin de compte, pendant les trois semaines passées ensemble durant le mois d’août, Seth s'était montré beaucoup plus gentil et docile qu'elle ne l'aurait crue. Son principal défaut était surtout sa grande naïveté, et la fâcheuse tendance qu'il avait de croire tout ce qu'on lui racontait.
Mais au fond, Aelita l'aimait bien. Pas comme Heath.
Pourtant, l'allemand n'avait commit aucun acte qui aurait pu pousser la jeune fille à lui en vouloir (en tout cas pas depuis le jour où ils se sont rencontrés). En revanche, sa simple présence était aussi irritante que terrifiante. Son regard dur et froid la faisait cauchemarder, cette manie qu'il avait de demander un service de la même manière que s'il donnait un ordre l'agaçait. De plus, lui et Hopper passaient sans arrêt leur temps à l'usine, préparant avec sérieux un genre de bataille virtuelle à laquelle elle n'était pas conviée. Non pas qu'elle se sentait de taille à retourner sur Lyoko, mais elle détestait être mise de côté sans son consentement.

Heureusement pour la jeune fille, la figure souriante de Seth vint chasser ses pensées sombres de son esprit. Et quelque part, elle se réjouissait de reprendre une vie qui s'approchait de la normale. Bien que le retour à la réalité avait été brutale, elle avait passé beaucoup de temps à en apprendre un peu plus sur les événements qui s'étaient déroulés entre le jour de sa virtualisation et son retour sur Terre. Ce qui lui avait donné une raison plus que suffisante d'en vouloir fortement à son père de ne pas l'avoir mise au courant de suite quelle avait passée les cinq dernières années sur Lyoko. De plus, d'après ce qu'elle avait compris, Franz Hopper était revenu quelque mois avant elle dans le but de travailler sur son supercalculateur. Ça ne l'aurait aucunement dérangée si il avait daigné la ramener elle aussi plutôt que de la laisser dormir dans une tour pendant tout ce temps. Elle avait vraiment l'impression d'être une gêne auprès de tout le monde, et cela, elle ne le supportait pas.

Habillé d'un simple peignoir blanc, Seth sortit de la salle de bain avec un large sourire. Préoccupée par ses pensées, la jeune fille sursauta un peu.

-J'ai finis ! Dépêche toi, on va être en retard.
-Je me dépêche, répondit Aelita en lui rendant son sourire. Ne t'inquiètes pas, on a encore du temps.

Une fois lavée et habillée, la fille aux cheveux roses déposa son sac de cours fraîchement acheté dans l'entrée, et se dirigea vers la cuisine. Étrangement, la scène à laquelle elle assistait la faisait un peu sourire : Affamés comme jamais, Heath et Seth dévoraient leurs croissants à une vitesse hallucinante. En temps normal, le cadet n'imitait pas son grand frère, mais cette fois, il semblait décidé à en finir le plus rapidement possible afin de prendre immédiatement le chemin du collège.
De son côté, Franz lisait son journal en buvant un long café noir sans doute préparé par Heath, le jeune homme n'étant pas vraiment capable de réussir la moindre prouesse culinaire hormis celle-ci.

-Bonjour Aelita.
-B'jour, répondit-elle à son géniteur sans vraiment le regarder. Celui-ci poussa un petit soupir, en comprenant que sa fille était bien décidé à lui faire encore la tête pendant un moment.
Elle se servit un bol de céréales, et prit place comme à son habitude en face de Heath et à côté Seth.
Tout en mangeant, elle prit un temps pour observer la scène. L'espace d'un instant, elle se sentit envahie par un petit sentiment de satisfaction. Elle avait l'impression de faire partie d'une vraie famille, bien qu'elle allait sans doute mettre du temps avant de l'admettre.

-Allez, lança Franz une fois que sa fille eut finit son petit-déjeuner, il est l'heure d'aller à l'école.
Vif comme l'éclair Seth se leva brusquement, mais le bras puissant de son frère le stoppa net dans son élan.
-Qu'est-ce qu'on s'est dit ?
Seth fit une petite mou, mais il finit par répondre :
-Je ne dois pas montrer mes pouvoirs. Je dois rester poli et gentil sauf si on est méchant avec moi. Si on est méchant avec moi je dois me servir de ma force pour qu'on arrête, mais je ne dois blesser personne. Je ne dois pas attirer l'attention sur moi. Si on me pose des questions sur moi, je dois dire les réponses que tu m'as dites. Et je dois toujours écouter Aelita.

Heath haussa un sourcil, comme si la dernière obligation lui paraissait stupide. Comprenant où il voulait en venir, la jeune fille lui lança un regard noir auquel il répondit par un sourire moqueur.

-Tu as oublié le plus important, dit Franz en finissant son café. Vous devez faire votre possible pour être les meilleurs élèves de votre classe. Compris ?
-Oui !
-Allez filez.

Au moment où Heath le lâcha, Seth reprit sa course effrénée vers la sortie.
-Attend-moi, lança Aelita. En courant à son tour.
A sa grande surprise le jeune homme patientait à l'entrée, son sac sur l'épaule.
-Au moins tu m'écoutes, soupira-t-elle en ramassant le sien.
-Il ne manquait plus que ça, balança Heath depuis la cuisine.
La jeune fille serra les poings et ouvrit la porte avec force.
-Idiot !
Elle remarqua alors que Seth s'était mis la main sur le visage pour se retenir de rire. Sur les nerfs, elle partie d'un pied ferme et d'une mine boudeuse sur le chemin du collège. Son « frère » sur les talons.

Dans la cuisine, Heath s'essuya la bouche, et se leva en se craquant la nuque.
-Pour nous aussi Professeur il va falloir y aller, aujourd'hui est un grand jour.
Le scientifique remis ses lunettes en places, et se leva à son tour.
-Si tu le dis.







3 Septembre 2001, lieu inconnu, 09h 54


-C'est absolument hors de question !
Si il y a bien une chose que Peter Warren détestait, c'était qu'on hausse le ton. Or, Alex Tanner venait non-seulement de lui hurler au visage un refus qui ne l'enchantait pas. Mais en plus, la façon dont il l'avait prononcé l'avait mit dans une colère noire. Pourtant il s'efforça de se contenir.

-Cela fait plusieurs mois que j'attends ce moment, plusieurs mois que mon équipe et moi nous nous préparons. Et maintenant que nous avons enfin retrouvé le monde virtuel du professeur Schaeffer vous me privez de mon atout maître ? Dois-je vous rappeler le fiasco qu'a été la dernière exploration là-bas ?
-Dois-je te rappeler que Serpent a manqué plus de deux mois de préparation, et que de ce fait, l'emmener est complètement idiot ?
-Rappelez-moi qui l'a fait enfermer dans cette cellule, et a refusé de le faire sortir ?
-Il me semble que j'avais une excellente raison de l'enfermer.
-L'enfermer passe encore, mais ne pas l'avoir laisser sortir pendant deux mois était stupide. Il n'a rien fait de grave.
-Il était dans ma chambre, nu comme un verre.
-Ne soyez pas ridicule, il ne vous regardait même pas. Il était juste curieux de savoir ce qu'il y avait dans cette pièce.
-Ce n'est pas ça qui m'effraie, grinça l'écossais visiblement agacé par cette allusion vicieuse. C'est le fait qu'il ait passé la sécurité sans s'être fait repérer. Imagine seulement que son intention première était de me tuer.

Peter balaya cette hypothèse d'un geste de la main.
-Je ne l'envisage même pas, Serpent n'obéit qu'à mes ordres.
Tanner secoua la tête, visiblement pas convaincu.
-Tu surestimes l'emprise que tu as sur lui. Même si il peut être une arme formidable, il reste dangereux. Et tant que les risques ne seront pas descendu au minimum possible, il est hors de question de l'utiliser. Ma décision est irrévocable.


L'américain serra les poings, mais avala difficilement l'affront. Il tourna les talons et se dirigea vers la sortie.
-Ton équipe et toi vous serez virtualisé à 10h 30. Je ne tolérerais aucun retard.
Une remarque inutile, il n'était jamais en retard.



Usine, Même moment.

Tranquillement assis sur son pupitre de commande, Franz se grattait la barbe tout en cogitant sur les chances de succès de son assistant. La tâche qui lui avait été demandée était tout sauf simple. Et il allait falloir une grande force de caractère au jeune homme pour réussir sa mission. Si il échoue, la guerre virtuelle qui se prépare s'annonce d'ores et déjà bien plus compliquée que prévu. Mais si il réussi. Il bénéficiera d'un avantage non-négligeable face aux forces ennemis.
-Ne rate pas l'ascenseur. Prévint le scientifique.
-Aucun problème.
Le créateur de Lyoko était en train de sentir son corps se crisper sur son siège. Il se sentait vraiment idiot d'être la personne qui oblige Heath à corriger sa grotesque erreur.

De son côté, l'allemand venait juste de finir de sortir du cinquième territoire de Lyoko. La gigantesque sphère bleu qui composait ce territoire hors du commun se dressait dès à présent dans son dos. Le psychopathe s'avança tranquillement jusqu'au bord de la plate-forme sur laquelle il se trouvait, et leva les yeux.

-Convoquez-les.



Paris, Même moment.


Aelita se sentait assez mal à l'aise sur sa chaise, et pour cause, la plupart des regards étaient braqués dans sa direction. Sentant le rouge lui monter aux joues, elle croisa ses bras sur la table et y enfouit sa tête.
Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à la fixer comme ça ? Est-ce qu'elle avait vraiment l'air si bizarre ? Elle avait pourtant fait attention à choisir des vêtements à la mode pour ne pas devenir un sujet de moquerie. Alors pourquoi ?
Tout à coup, elle sentit des doigts lui tapoter la main, surprise elle releva brusquement la tête.

-Désolé, s'excusa maladroitement une jeune fille brune assise à sa gauche, je voulais pas te réveiller.
-Je dormais pas, répondit gentiment Aelita en tentant de faire preuve d'un peu plus d'assurance. Il y a un souci ?
Sa voisine paru un peu hésitante, mais dit :
-C'est juste pour te dire de faire un peu gaffe... Mes copines te trouvent bizarre.
La mine de la nouvelle arrivante s'assombrit brusquement, elle l'aurait pariée.
-Qu'est-ce que j'ai de si bizarre ?
-Bin y'a un super beau gosse dans la classe, et toutes les filles arrêtent pas d'en parler. T'es la seule à l'avoir à peine regardé.
Tout en parlant, elle pointa discrètement du doigt le garçon assise à côté d'Aelita. Qui n'eut pas vraiment besoin de se retourner pour savoir qu'elle parlait de Seth. Ce dernier lisait tranquillement un livre d'histoire offert la veille par Franz, en attendant le professeur. Il ne remarquait pas que, hormis Aelita, les quatorze filles présentes dans la classe le dévoraient des yeux.

Soulagée, Aelita se retourna vers son interlocutrice avant de souffler :
-C'est un peu normal, c'est mon frère.
La jeune fille ouvrit des yeux ronds, et ses joues rougirent. Sa voisine qui avait tout entendue rapprocha sa table pour pouvoir se joindre à la conversation.
-Sérieux ? Mais vous vous ressemblez pas vraiment. Et comment ça se fait que vous soyez dans la même classe ?
-On est des faux jumeaux, expliqua Aelita qui connaissait par cœur la version préparée par son père. On est nés le même jour, mais à l'inverse des vrais jumeaux on se ressemble presque pas.

Les deux jeunes filles semblaient impressionnées par cette information. Bizarrement Aelita ne put s'empêcher de sourire face à la méprise de ses nouvelles camarades. L'intégration n'allait pas être si pénible finalement.





Cinquième territoire, Même moment.


Heath n'avait pas bougé d'un millimètre depuis sa dernière parole. Rien autour de lui n'avait changé, si ce n'est les millions de 0 et 1 qui flottaient partout autour de lui. L'allemand était assez étonné par la forme de ces choses toutes droit sorties des profonds murs bleu marine qui encerclaient la sphère. Cependant, il ne bougea pas, et attendit qu'ils prennent la parole en premiers. Ce qu'ils firent tous tel un seul et même être.

-Qui êtes vous ?
-Un messager du créateur.
-Que faites vous ici ?
-Je suis venu vous parler.
-Où est le créateur ?
-Pas ici.
-Qu'attendez-vous de nous ?
-Que vous vous taisiez et que vous m'écoutiez.

Il avait prononcé ses dernières paroles d'un ton doux, mais la dureté présente dans sa voix forçait au respect. Il attendit quelques secondes afin de vérifier si les prothéens avaient écoutés ses instructions. Avant de reprendre :
-Je suis venu vous demander le même service que votre créateur vous a demandé.
-Nous ne prendrons pas part à la guerre de notre créateur.
-Ce n'est pas sa guerre.
Nouveau silence, il avait toute leur attention.
-Que voulez-vous dire ?
-Cette guerre n'est pas la sienne, il aurait pu choisir de ne pas y prendre part.
-Il n'y prend pas part. Ce sont nos frères et sœurs qui se sont battus pour lui. Ce sont eux qui ont disparut pour toujours.
-Je le sais.
-Nous ne voulons plus voir aucun de nos semblables mourir, nous ne prendrons pas part à cette guerre.
-Savez-vous pourquoi votre créateur à décidé de prendre part à cette guerre ?
Pas un bruit, ils l'ignoraient complètement.
-Savez-vous qui sont ces gens qui veulent la guerre ?
Toujours rien, Heath sentait sa proie se rapprocher dangereusement de sa toile.
-Ces êtres immondes sont arrivés sur notre territoire dans le seul et unique but de le conquérir. Ils ont tués bon nombre d'entre-vous sans le moindre scrupule. Ils ont enlevés la fille de votre créateur, le forçant à demander l'aide de vos frères et sœurs afin de la sauver. Et ils ont recommencé à tuer, encore et encore. Hier encore, nous ignorions quels étaient leurs motivations. Mais aujourd'hui nous le savons : ils veulent votre monde !
Les millions de 0 et de 1 qui flottaient dans l'air commencèrent à s’agiter, le discours faisait effet.

-Je ne peux pas vous forcer à me rejoindre, et je ne le veux pas. Mon seul et unique but est et sera toujours de protéger ce monde, votre monde, notre monde.
-Nous ne prendrons pas par au conflit !
-Mais moi je le ferais !
Un silence de cathédrale accueillit cette nouvelle, Heath reprit :
-Le créateur comprends votre peine, et il la ressent, autant que n'importe lequel d'entre vous, autant que moi je la ressens ! C'est pourquoi il a décidé de respecter votre décision, et m'a confié la tâche de combattre à votre place.
-Nous ne voulons pas la guerre !
-Je ne pars pas en guerre ! Je me dresse face aux envahisseurs dans le seul et unique but de vous protéger. Car tel est la volonté du créateur. Aucun d'entre vous n'aura à se battre pour sa vie ou celui de son frère ou de sa sœur. JE combattrais.
Nouveau silence, les prothéens semblaient cogiter entre eux.
-Nous ne savons rien de ces êtres venus d'ailleurs. Nous voulons connaître leur motivation.
-Qu'il en soit ainsi mes amis, nos envahisseurs sont en route.
-Comment ?
-Vous m'avez bien compris, ils arrivent, et lorsqu'ils arriveront, ils ne vous apporteront rien d'autre que la violence. J'accepte de vous laisser une chance de vérifier mes dires. Allez à leur rencontre, tentez de communiquer. Et n'ayez crainte, je serais toujours là pour vous défendre.
-Qui êtes-vous ?

L'allemand, esquissa un léger sourire avant de se frapper le cœur de son poing droit, et de répondre à plein poumons :
-Heath Lancaster.



3 Septembre 2001, Réseau, 10h 46



Dans les tréfonds de la mer numérique, un sous-marin de bonne taille filait à travers les courants virtuels. L'engin n'avait rien d'un submersible classique, en réalité, il était assez difficile d'en faire une description exacte. Il ressemblait à une immense épée noire, dépourvu de poignée, avec un propulseur encré à chaque quillon. Les passagers qu'il transportait étaient au nombre de cinq. Quatre d'entre eux se trouvaient allongés dans des petites cabines, situés le long de la gouttière de la lame, et protégés par de solides vitres. Le dernier d'entre eux était posté au niveau de la garde, dans ce qui ressemblait à une cabine de contrôle. Contrairement aux autres, il était assis, un tableau de bord remplie de commande s'étalait devant lui. Ses mains étaient fermement agrippées sur le guidon qui devait servir à diriger le vaisseau. Devant lui, une gigantesque sphère d'une matière ressemblant au métal enveloppait le sous-marin de son immense ombre. La pointe de l'épée émettait depuis déjà quelques minutes un genre de petit laser qui filait droit sur la porte.

-Vous en avez encore pour longtemps ? Demanda Corbeau depuis sa couchette. Je commence à avoir des fourmis dans les jambes.
-Menteuse. Lança Dragonne. Tu n'as pas de telles sensations dans un corps virtuel.
-Oh ça va, j'essayais juste de détendre l'atmosphère.
-Vous allez vous taire ? Gronda Peter depuis la cabine de pilotage.
-Apparemment je me suis loupée, chuchota l'américaine en poussant un petit soupir.

La porte finit par s'ouvrir au bout de deux minutes de patiences supplémentaire, le sous-marin s'y engouffra presque aussitôt.

-Souvenez-vous de vos instructions, indiqua la voix du professeur Belpois. Le monde virtuel que vous allez découvrir est une gigantesque forêt. L'ennemi pourrait surgir de n'importe où. Gardez les yeux bien ouvert. Et prenez soin de « Noire Soeur »
-On est au courant, répondit Dragunov.
-Bien.

Tandis que le sous-marin émergeait, Corbeau ne put s'empêcher de faire une nouvelle remarque :
-« Noire Soeur », pas mal comme jeu de mot.
-Merci.
-Mais vous allez vous taire ? Se plaignit Renarde avant de reprendre sur un ton plus simple. Professeur ? Nous avons un problème : il fait nuit.
-Comment ça ?
-On distingue clairement les plates-formes dont vous nous avez parlé. Mais le ciel est noir.
-Étrange.
-Débarquez-nous, ordonna Peter.

Les cinq passagers du sous-marin furent ainsi instantanément transportés sur le sol de Lyoko, mais à leur grande surprise. Ils ne virent aucune forêt.

-Il semblerait que ce monde soit en pleine ère glaciaire.
-Qu'est-ce que vous voulez dire ?
-Il n'y a pas d'arbre ici, on ne voit que de la glace à perte de vu.
-Peut-être que cet endroit possède différentes saisons, suggéra Corbeau.
-Possible, en attendant cela change beaucoup de chose. Restez vigilant.
-Ça ira, rassura Dragunov. Avec un terrain comme celui-là, l'avantage est que l'on peut voir tout ce qu'il se passe à des centaines de mètres.
-Moi ça ne me rassure pas, répliqua Dragonne. Cela veut dire que nos informations ne vont pas nous servir à grand chose.

L'escouade de Peter était situé sur un petit plateau étonnamment plat, devant eux, un pont de glace menait à une autre plate-forme un peu plus particulière. En effet, deux immenses icebergs s'élevaient à plus de quarante mètres d'altitude. L'un semblait avoir été sculpté à la main, puisque sa forme était étonnamment lisse et droite. Sans la moindre fissure ou excroissance de glace sur sa paroi à l'exception d'une brèche, dans laquelle coulait une petite cascade Le second en revanche était plus grossier. Il n'était pas exactement droit, et des sortes de défenses d'éléphants semblaient avoir poussées séparément de différents côtés de la paroi pour se rejoindre au sommet. Les deux sculptures étaient reliées par un autre pont de glace. Au loin, on pouvait distinguer assez clairement d'autres icebergs formés de différentes manières.


-Tout le monde est prêt ? Demanda Peter.
Chacun des soldats hocha la tête. Ils étaient tous vêtus de la même manière, une combinaison noire avec le logo de « Silver wings » cousu sur la poitrine et dans le dos. Mais leurs armes étaient très différentes. Dragunov était équipé d'un immense marteau de guerre, dont le manche à lui seul mesurait près de deux mètres. Peter possédait un long cimeterre à deux mains, avec une lame rouge partiellement dentelée. Les filles s'étaient contentées de leurs armes habituelles. Un arc pour Dragonne, un fusil sniper pour Corbeau, et deux pistolets pour Renarde. Leurs combinaisons conservaient les mêmes capacités que celles de leurs prédécesseurs : Des lances-grappins sur chaque poignets, et un disque générateur de bouclier dans le dos.


-Souvenez-vous que notre mission se résume seulement à la collecte d'information. Ni plus, ni moins. N'engagez le combat que si c'est absolument nécessaire. Compris ?
-Oui.
-Attendez ! Prévint Belpois. Le radar détecte quelque chose sur la plate-forme en face de vous.
-C'est un humain ?
-Je ne pense pas, mais allez vérifier tout de même.

L'escouade se mit en mouvement, et traversa le pont de glace. Il ne fallu pas longtemps avant d'apercevoir un kankrelat qui allait à leur rencontre. Peter fit signe à son unité de s'arrêter.
-Beurk, fit Corbeau en apercevant le monstre. Il est super moche.
-Et petit, ajouta Renarde. Il ne doit pas être là pour nous empêcher de passer.
Le monstre s'arrêta devant Dragunov, mais celui-ci l'écrasa sans ménagement d'un coup de marteau.
-Qu'est-ce que vous faites, s'étrangla l'américaine. Je croyais qu'on ne devais engager le combat que si on avait pas d'autres options.
-Ce truc n'est pas là pour combattre, mais pour évaluer notre nombre et nos armes. Ce qui veut dire que nous sommes déjà repéré, et qu'en plus nos ennemis sont renseignés à notre sujet. Le combat est inévitable à présent.

A peine eut-il le temps de finir sa phrase qu'une météorite tomba du ciel et écrasa Corbeau. L'impact fut tellement impressionnant que les autres combattants furent projetés sur plusieurs mètres. Furieux, Peter releva la tête, et ce qu'il vit ne lui plut pas du tout.
-Je vous ai manqué ? Sourit Heath en arrachant un énorme morceau de glace du sol.
Prit d'une impulsion soudaine, Renarde dégaina ses revolvers, et tira quatre coups de feu. Mais contre toute attente, ses balles allèrent s'écraser contre la cuirasse de pierre dont l'allemand était recouvert.
-Toujours aussi inutile, c'est bien de voir que certaines choses ne changent pas.
-Eloignez-vous, ordonna Peter à ses troupes en allant se nicher au sommet d'un iceberg à l'aide de son grappin. Il fut rapidement imité par Dragonne et Renarde. Mais Dragunov se saisit de son marteau, et tenta d'asséner un violent coup sur la tête de Heath. Ce-dernier n'eut qu'à lever la main gauche pour parer l'attaque, et le repoussa d'un coup de pied dans le plexus. Le russe s'envola sur quelques mètres avant de retomber lourdement sur le sol, abasourdi par la puissance de son ancien apprenti. Ce dernier renvoya le marteau aux pieds de son adversaire. Et planta son morceau de glace dans le sol pour s'en faire une barricade. Il réitéra l'opération deux fois, jusqu'à n'être plus visible par aucun des membres de l'escouade.

Du haut de son iceberg, Peter analysa la situation. Heath était recouvert de la base du coup jusqu'aux pieds par une armure de roc. Une protection impénétrable, mais qui ne recouvrait pas sa tête. C'était là qu'il fallait frapper. De plus, à en juger par la violence de l'impact lors de son entrée fracassante, il devait peser une tonne. La vitesse n'était donc pas sa tasse de thé, une théorie qui ne faisait que se renforcer par la posture défensive qu'il avait adopté. En plus, son armure le rendait trop confiant. Rendre le marteau avait été une erreur, il aurait mieux fait de le jeter dans la mer numérique.

-Dragunov, détruisez son rempart centrale pour que Dragonne et Renarde l'attaque à la tête.
-On est trop loin, remarqua la coréenne, ça ne va pas être facile.
-Faites ce que je dis !

Le russe ne se fit pas prier, et abattit son arme sur l'abri de fortune de l'allemand. Aussitôt, les deux filles tirèrent sans retenu à travers l'ouverture fraîchement créer.
Cependant, Dragonne s'arrêta net, car malgré la distance, elle remarqua aisément que Heath n'était plus là. En revanche, Renarde vidait ses chargeurs avec une telle hargne qu'elle fut incapable de faire preuve du même discernement que sa petite amie. Cette dernière la rappela à l'ordre d'un soufflet derrière la tête.
La situation n'avait pas échappée à leur chef d'unité.

-Dragunov ? Que voyez-vous ?
Le russe risqua un coup d'oeil dans la cavité qu'il avait créée avant de se retourner, visiblement alarmé.
-Il y a un..., commença-t-il avant qu'une main de pierre ne surgisse du sol et ne l'attrape par la cheville. ...Trou !
Heath l’entraîna dans son tunnel de glace, le plaqua au sol, et éclata son crâne d'un coup de talon rocheux le renvoyant instantanément d'où il venait.
Peter pesta.

-Ne bougez pas ! Ordonna-t-il avant de se prendre un laser dans le dos, l'envoyant s'écraser au pied de son iceberg.

Dragonne se retourna, une escadrille de six frôlions filaient dans leur direction et une pluie de lasers les força à chercher refuge derrière les défenses de glace de leur iceberg.


Usine, même moment.

Confortablement assis devant son pupitre de commande, Franz Hopper assistait avec une joie non-dissimulée la réussite de son assistant.
-On dirait bien que nos amis ont finit par se choisir un camp.
-Ils sont déjà là ?
-Oui, ton discours ainsi que la mort de l'un des leurs ont fait leur effet.
-A la bonne heure, tu peux allonger le tunnel s'il te plaît ?


Lyoko.

Peter grogna de rage face à la débâcle que prenait son escouade, même si celle-ci n'était pas une surprise. Après tout, une si petite escouade n'avait pour but que de collecter des informations. Ça avait toujours été leur objectif. Mais perdre contre Serpent une deuxième fois lui était insupportable. Jamais il n'aurait imaginé le trouver ici. Cependant, quelque part cela faisait ses affaires. Il allait pouvoir se débarrasser de deux de ses problèmes d'un seul coup.

Se fiant à son instinct, il planta son cimeterre dans la glace. Heath eut à peine le temps de s'écarter, mais la lame lui entailla la joue. Furieux, il brisa le sol sous les pieds de l'américain qui chuta juste devant lui. Les deux rivaux se faisaient face avec un calme terrifiant. Peter attaqua le premier, il tira son grappin sur la gauche de son adversaire et le rembobina pour se projeter plus rapidement sur lui dans le but de lui trancher la tête. L'allemand qui croyait la lame de l'américain trop grande pour un coup circulaire dans le tunnel, pu heureusement lever son bras à temps pour bloquer l'attaque. Mais Peter lui asséna un coup de boule en plein visage.

Loin d'avoir été ébranlé par l'attaque, Heath répliqua par le même coup. Cependant, malgré sa puissance. Son adversaire tint bon grâce à son grappin, et égratigna à nouveau le visage du psychopathe. Il en profita alors pour lui sauter sur les épaules, et tenta de lui perforer la tête. Heath balaya ses chevilles, le saisit par le pied, et l'envoya s'écraser au fond du tunnel. Peter voulut se relever, mais l'allemand l'en empêcha en plantant son pied dans son estomac.

Heath ramassa le cimeterre.
-C'est un bien beau jouet que tu as là, dit-il en observant le mur lézardé par le coup circulaire de son rival. Heureusement pour moi, je suis plus résistant qu'un bout de glace.
-Tu es aussi beaucoup plus rapide que je ne le pensais. Répondit le cannibale de son habituelle voix douce. J'imagine que tu peux contrôler ta masse, et par la même occasion la solidité de ton armure. Si je l'avais su, je t'aurais eu.
-Mais tu ne m'a pas eu, répondit le psychopathe avec un sourire moqueur. Dommage pour toi.
Peter observa la peau de son ennemi juré, elle semblait bien plus fine et fragile qu'au début du combat. Ce qui confirma ses soupçons. Heath ferma le poing, et une faux de pierre poussa sur son poignet. Il saisit l'américain par la gorge.
-Tu n'as rien gagné du tout mon pauvre Serpent. Je vais revenir, plus fort, avec plus d'hommes, et une belle surprise rien que pour toi. J'ai hâte de voir ce que tu...
Il n'eut pas le temps d'en dire plus, Heath lui avait tranché la tête.
-Pardon, je t'ai coupé ? Demanda-t-il avec humour.


Pendant ce temps, Renarde et Dragonne n'en menait pas large face aux frôlions. L'indienne avait déployé son bouclier, ce qui lui permettait de tirer à découvert. Mais la coréenne était obligée de se servir de ses deux mains pour utiliser son arc.
Elle tenta de se montrer pour tirer, mais un des monstres qui guettait sa sortie l'accueilli par un laser en pleine poitrine. Dragonne perdit pied et tomba dans le vide, mais son grappin se planta dans la bête qu'elle attira vers elle pour lui planter sa flèche dans le front. Malheureusement pour elle, sa chute eut raison de ses derniers points de vies.

Renarde était seule face à encore quatre frôlions. Mais contre toute attente, les monstres arrêtèrent de tirer. L'indienne recula prudemment, avant de se faire empaler par une lame rocheuse.
-Je t'ai manquée ? Susurra la voix Heath avant de la laisser disparaître dans une flopée de pixels.




3 Septembre 2001, Usine, 12h 10


Le Professeur Franz Hopper réajusta ses lunettes, et se trémoussa sur son siège. La victoire était totale, mais leurs ennemis en savaient un peu trop à son goût. Il avait passé des jours à améliorer l'avatar de Heath, et savoir que la plupart de ses secrets avaient déjà été percés à jour le dérangeait.

-Dis moi, ton espion, tu es vraiment sûr qu'il est fiable ?
-Pour la sixième fois, oui ! Ces informations n'étaient-elles pas correctes ?
-Pour une petite bataille comme celle-ci, cela ne veut rien dire. Moi je veux être absolument sûr qu'il ne nous trahisse pas au pire des moments.
-Je comprends votre inquiétude, mais je réponds entièrement de cette personne. Elle n'a aucune raison de nous trahir. Ou plutôt, elle a toute les raisons de nous aider.

A moitié convaincu, Franz se gratta la barbe en réfléchissant.
De son côté, l'allemand n'était pas inquiet. Il traversait le cinquième territoire afin de terminer ce qu'il avait commencé plus tôt dans la journée. Une fois arrivé à la voûte céleste, il eut la satisfaction de découvrir que les prothéens n'avaient pas attendu son appel pour se présenter. Ce qui le mettait d'autant plus à l'aise.

-Alors ? Dites moi mes amis, qu'avez vous vu ?
Aucune réponse, parfait.
-Je vais vous le dire moi, vous avez vu une bande de monstre, de voleurs, de tueurs ! Ces choses sont venu sur ce monde, et ils n'y ont apporté que violence et misère !

Une clameur furieuse vint saluer ces paroles. Heath continua :

-Vous vous demandez sans doute ce qu'ils feront de vous si jamais ils venaient à prendre Lyoko ? En toute sincérité, moi-même je l'ignore ! Mais que pouvez-vous attendre de ces êtres répugnants qui n'ont pas hésité à tuer vos frères et vos sœurs ?

La clameur laissa place à un genre de grondement numérique, Heath tenait sa proie dans sa toile.
-Votre créateur n'est pas un combattant, il ne peut prendre part personnellement à cette guerre. Il ne peut que vous donner la force de défendre ce territoire qu'il a créé pour vous ! Il m'a envoyé dans le but de vous guider vers la voix de la victoire, la seule qui vous offrira la vie qu'il vous avait destinée sur ce monde ! Je vous le redemande donc : prendrez-vous part au conflit ? Vous battrez vous au risque de voir encore certains de vos semblables mourir ? Ou attendrez-vous que ces êtres vous exterminent tous et prennent ce monde qui est le votre ?

-Nous prendrons part au conflit !
Heath tendit son poing dans les airs, et se frappa le cœur.
-Je suis Heath le Serpent ! M'acceptez-vous comme Général ? Me laisserez-vous vous conduire au combat pour la liberté de votre monde ?!

-Général Serpent ! Général Serpent ! Général Serpent !

Un sourire triomphant s'afficha sur le visage de l'allemand, lui qui avait découvert ce monde il y a moins de deux semaines. Il se sentait déjà chez lui.

De son côté, Franz retira ses lunettes, et se frotta les yeux. Bien qu'il fut soulagé d'assister à la réussite de son assistant, il ne put s'empêcher de pousser un profond soupir.

-« Général Serpent »... Ah, les ados...
-J'ai entendu.
  Sujet: [Fanfic] Game of Power  
Tyker

Réponses: 38
Vus: 11023

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 22 Aoû 2016 04:23   Sujet: [Fanfic] Game of Power
Bon... Je n'ai même pas encore commencé la lecture, et je remarque déjà qu'il n'y a pas de prologue. Ok ce n'est qu'un détail et c'est sous forme de série, mais bon même dans la série ils t'ont sortis une petite scène d'intro dans le premier épisode. Bref je trouve ça un peu dommage, Sad .

Alors déjà quelques petites remarques

Spoiler



Bon passons à la fic maintenant.

Alors déjà beau boulot pour ce qui est de l'univers. On voit que tu y as passé beaucoup de temps. Le souci, c'est que comme il n'est pas très bien expliqué (et là je te conseilles de prendre exemple sur Icer et George RR Martin et de rajouter des annexes sur les différentes Maisons, le régime de XANA ect...) J'ai passé un peu plus de temps à me poser des questions sur l'univers qu'à l'apprécier. C'est un peu dommageable quand même, surtout après un tel travail.

Alors je ne suis PAS DU TOUT fan du fait que tu te serves des noms des acteurs de Game of Thrones pour nommer tes personnages, en tant que fan de GoT ça me rend un peu confus et ça me fait sortir de l'histoire... Surtout que bon... Y'a des moment où j'ai cru voir un cross-over avec Walking Dead. J'aime bien les Sauveurs, mais là aussi tu aurais pu changer le nom. Bref j'ai l'impression que tes inspirations envahissent ton récit, ce qui est plutôt gênant. Sad

Attention, je ne dis pas que nommer un personnage comme l'un des acteurs de GoT est un défaut, je trouve simplement que tu l'as trop fait. Et que du coup, ce qui pourrait être vu comme un simple clin d'oeil est beaucoup trop visible. C'est vraiment dommage.

Niveau Style c'est très bien, si on oublie les quelques coquilles. (j'ai pas tous noté désolé ^^') Je ferais seulement une remarque sur le fait que tu en fait beaucoup avec GoT à mon sens:

Que le nom de ta fic se rapproche de celui de GoT... Ok

Que tu t'inspires du style de George RR Martin pour écrire ta fic... Pourquoi pas?

Mais en plus que tu en rajoutes des couches et des couches avec les noms des acteurs qui sont omni-présents ou que tu nommes tes persos comme ceux de GoT... (Samuel/Samwell, Walter/Walder, Alliser Thorne). Non là c'est trop.

Tu t'es laissé un peu trop envahir par Game of Thrones, du coup, moi je suis sortie de l'histoire... Ce qui fait que j'ai pas tous lu, j'avais plus envie de lire Crying or Very sad

Je suis un peu triste quand même, parce que l'histoire a l'air super, et que tu as beaucoup de bonnes idées. Je suis même déçu de pas pouvoir continuer. Enfin bon ce n'est pas bien grave, ta fic a tout de même un bon niveau à mes yeux. Mais à l'avenir, ne laisse pas les références que tu as envie de faire sur tes œuvres favorites envahir tes récits. Ou alors varie-les, parce que là c'est oppressant.

Enfin bon, bon courage pour la suite Wink
  Sujet: [Fanfic] Du sang sur la neige [Terminée]  
Tyker

Réponses: 60
Vus: 30390

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Sam 20 Aoû 2016 20:58   Sujet: [Fanfic] Du sang sur la neige [Terminée]
Bon euh... C'est en parcourant cette fanfiction géniale (je vous emmerde Mr. Green) que je me suis rendu compte d'un truc complètement débile... Je n'ai jamais répondu aux derniers commentaires postés (facepalm). Une erreur que je me dois de corriger SUR LE CHAMP! C'est donc après *regarde les dates* euh... Un an et cinq mois (Sans déconner?! Neutral ) que je vais répondre à tous ces commentaires. Je vous présentes donc mes plus plates excuses.

Spoiler


Cette image géniale d'Harley Quinn vaut bien toutes les excuses du monde non? Mr. Green

__________________________

Icer:


Citation:

Ok lol alors en gros le chapitre 13 consiste a doubler le nombre de morts total sur la fic. Le scénario habituel donc.


Rappelle-moi qui m'a dit que ma fiction manquait de mort? Mr. Green

Citation:
Cela promet. L'apparition de mots clefs type "Belpois" ou "Schaeffer" est l'équivalent du point Godwin pour Code Lyoko. Ça ne peut que plaire. On sent le travail scénaristique de longue haleine.


Si on tient compte du délai de parution entre les chapitres deux et trois de Pandémonium... Oui ce fut long Smile

Citation:
Bref, excuse la brièveté de ce commentaire, je suis dans le train et je viens de me tuer les yeux a lire ton p*tain de gris en pleine nuit mais je suis content que tu sois allé au bout de cette œuvre très... personnelle.


J'accepte tes excuses si tu acceptes les miennes (a), non mieux, j'accepte tes excuses si tu convaincs TOUS LES AUTRES d'accepter les miennes. Mr. Green
Mais t'en a sûrement pas grand chose à faire... alors bon... euh... Je suis niqué? Sad


Silius Italicus:

Bonsoir cher Silius, ta courtoisie m'a beaucoup manqué Smile

Citation:
Le fonctionnement interne de l'organisation m'échappe un peu. Les directeurs sont tous des alliés reluctants, qui attendent de pouvoir consommer l'empire de leur voisins, à l'exemple du Docteur et de Warren.


Les directeurs de chacune des branches de l'organisation ne travaillent ensembles que par intérêt, ils ne sont pas amis. Mais chacun d'eux est conscient qu'il ne pourra jamais être capable de diriger à lui tout seul une organisation de cette envergure. Et ils ne mélangent pas leurs différents business, le trafic d'armes va avec le trafic d'arme, la recherche scientifique avec la recherche scientifique, la drogue avec la drogue ect...

Pour ce qui est d'Adam Warren et du Docteur, c'est un peu plus compliqué. Warren a décider de remplacer le Docteur, pas de se placer lui-même à la tête de son département. Il a considéré qu'il avait fait son temps (et tous les autres membres sont de son avis), et il a décidé de saisir l'occasion pour arrondir ses bénéfices en forçant le départ du Docteur par... la force (facepalm) et en le remplaçant par un homme de confiance. Mais son ignorance des sujets scientifiques font qu'il ne sera jamais à la tête de cette branche de l'organisation, il pouvait cependant obtenir ainsi un droit de priorité et des avantages loin d'être négligeables.

Citation:
Pourquoi diable laissent-ils échapper celui du docteur et ses secrets au profit d'un jeune blanc-bec ? Ce dernier d'ailleurs se fait calife à la place du calife et commence d'ailleurs à conclure une alliance avec le russe pour sauver ces intérêts


Tout simplement parce qu'aucun autre scientifique de l'organisation ne parviendrait à comprendre les secrets du Docteur comme Tanner le fait. Et il ne le laisse pas s'échapper, il lui ont simplement offert une promotion.

Citation:
Cela dit en l'état votre récit se suffit à lui-même ; vous pourriez ne jamais écrire de suite sans que cela pose de problèmes.




Beaucoup ne sont pas de ton avis Mr. Green.


Willismine:


Citation:
La hache de Game of Throne qui s’abattait dans la saison 1 sans qu’on voit de jet de sang méthode Monty Python. Ça manque.


C'était une épée Mr. Green, et ensuite on a vu son corps décapité a l'épisode suivant, pas forcément le meilleur exemple. Mr. Green



Citation:
Ensuite, je trouve bizarre cette façon d’entraîner des troupes qu’on a dans ton microcosme. Tu ne maltraites pas des personnes que tu entraînes à tuer, à moins de ne pas craindre qu’ils se retournent contre toi Surprised ... C’est une méthode qui à mon avis est une preuve de stupidité profonde. Je ne suis pas sûre que ton Serpent aurait eu besoin de cela pour faire son carnage final, si on se fie à sa passionnante mentalité.


Tu n'as jamais vu "Full metal Jacket"? L'entrainement militaire présent dans ce film m'a servit de base d'inspiration. Je te laisse y jeter un oeil et faire ton propre opinion Wink.

Citation:
Tu ne maltraites pas des personnes que tu entraînes à tuer, à moins de ne pas craindre qu’ils se retournent contre toi Surprised ...


Ce sont des enfants, à première vue, ils ne représentent bien évidemment pas une menace pour une organisation criminelle mondiale. Et de toute façon, Serpent se serait rebellé contre elle après que Warren lui ait tranché les bras. Et puis bon, comment tu veux apprendre à des enfants à être des tueurs pros si tu ne leur donne pas un petit avant-goût de ce qu'ils vont subir? Rolling Eyes Au fond ils comprennent très bien qu'ils en ont besoin.


Je ne vais pas vraiment répondre au reste car il s'agit principalement de critiques orthographiques ^^' Je vais juste poser une question par rapport à un point en particulier:

Citation:
Beaucoup de virgules qui piquent la place des points et font des phrases à rallonge. Ça progresse avec le temps et les chapitres, mais bon sang, c’est un repoussoir


Je suis assez étonné en lisant cela, je lis très souvent des phrases qui fond trois voire quatre lignes de long remplies de virgules. (Je citerais bien un exemple, mais je suis aux US et tous mes livres sont en anglais ^^') Du coup je me demandes vraiment quel est le juste milieu. Shocked

Bref, merci pour toutes tes petites notes, elles seront prises en compte Wink.

*S'étire* Voilà! Une bonne chose de faite. Je suis quand même un peu honteux d'avoir laissé ça traîner pendant tous ce temps, je vais faire en sorte que cela n'arrive plus. (enfin je vais essayer Mr. Green)

Sur ce, il est temps de définitivement tourner la page sur Du sang sur la neige, après deux ans et huit mois (putain c'est vieux).

A la prochaine Wink.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 18 Aoû 2016 02:47   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler


Chapitre 3: Evolution



13 août 2001, Usine, 21h 02


Franz Hopper avait retiré ses lunettes, il se massait à présent les tempes dans l'espoir de réussir à soulager sa migraine. Il avait fallu une petite demi-heure à Heath pour raconter son histoire, c'était beaucoup d'information pour peu de temps. Le scientifique essayait tant bien que mal de remettre les événement dans le bon ordre, histoire qu'il sache au moins par où commencer.

-Donc, reprit le scientifique qui trahissait des signes de fatigues mentales, si je comprends bien, votre frère et vous êtes des déserteurs de l'organisation. Vous avez été recruté dans un hôpital psychiatrique par un certain Sergueï Dragunov, puis vous avez été formés pour devenir des enfants-soldats. Vous avez ensuite été amenés dans le complexe principal afin de participer au Death Battle. Cependant, suite à ce que vous appelez « mon attaque », votre frère a fusionné avec Xana, ce qui vous a valu d'être arrêté dans le but d'être étudié plus tard. Mais grâce à la puissance de Xana, et à votre « intelligence », vous êtes parvenu à vous évader, et vous avez détruit le complexe. En passant, vous avez même tué deux des plus grands cerveaux de l'organisation. Vous avez ensuite voyagé par vos propres moyens depuis l'Allemagne, et grâce à Xana, vous m'avez trouvé. Me suis-je trompé quelque part ?

-A un ou deux détails près, c'est un bon résumé.
Franz Hopper éclata de rire, un rire nerveux, un rire moqueur, comme s'il ne croyait pas un traître mot de cette histoire à dormir debout.
-N'importe quoi...
-Je vous demande pardon ?
-C'est un tissu de mensonges !
-Vraiment ? Qu'est-ce qui ne colle pas dans mon histoire ?
-Vous osez le demander ?!
Cette fois, le scientifique avait élevé la voix. Heath soupira d'exaspération.
-C'est vraiment n'importe quoi, renchérit le savant, comment deux enfants auraient-ils pu détruire « Silver Wings » ! Et votre frère aurait fusionné avec mon programme multi-agent ? Je n'ai jamais rien entendu d'aussi grotesque !
-Dois-je faire monté Seth afin qu'il vous montre la preuve qu'il vous faut ?
Hopper accusa le coup, mais continua de crier :
-Quand bien même ce serait vrai. Je ne peux pas croire que deux enfants aient réussit un tel miracle. C'est absolument impossible, il faut bien plus qu'un gamin amélioré par Xana et un autre avec un QI supérieur à la moyenne pour détruire un tel complexe.
-Sur ce point nous sommes d'accord, répondit le jeune homme, et je vois qu'une démonstration est nécessaire.

Sur ces mots, Heath fonça avec la rapidité d'un serpent sur son interlocuteur, le saisi par le col, et le souleva du sol. Le scientifique, bien qu'impressionner, tenta de riposter en frappant le jeune homme au visage. Mais à sa grande surprise -et pour sa plus grande douleur-, lorsque son poing entra en contact avec sa cible, il eut l'impression de frapper un bloc de granit. Il laissa échappé un petit cri pitoyable, et se mit à secouer sa main dans tous les sens dans le but d'atténuer la souffrance qui lui irradiait les doigts.

Heath ne se fit pas prier, et le renvoya dans son fauteuil tout en modérant sa force pour lui éviter davantage de souffrances inutiles. Franz Hopper mit quelques minutes à reprendre ses esprits, et lorsque ce fut le cas, il avait toujours du mal à y croire.
-Qui... qui es-tu vraiment ?
Le jeune homme retira le gant de sa main droite, pour permettre au savant de voir la chose la plus monstrueuse qu'il ait jamais vu. En effet,ce n'était pas un membre de chaire et de sang qu’exhibait l'adolescent, mais une terrifiante main en métal argenté qui devait être aussi puissante que menaçante. Le bout de chacun de ses doigts ressemblait bien plus à une griffe qu'à autre chose. Voilà au moins qui expliquait sa force surnaturelle, mais pour ce qui était de sa résistance. Le jeune homme dû deviner ses pensées, car il se mit à balancer son index argenté de droite à gauche.
-Je tiens bien évidemment, à conserver certaines choses privées. J'espère que vous comprenez ?
Franz Hopper lâcha quelques paroles inintelligibles. Heath prit ça pour un « oui », et renfila son gant.
-Bien, maintenant que j'ai parlé de moi, c'est à votre tour.
-Pardon ?
Cette fois, le jeune homme s'agaça, mais parvint à se maîtriser car il continua :
-Je vous l'ai dis, nous sommes ici parce que nous pensons qu'en travaillant ensembles, nous pourrions anéantir définitivement l'organisation. Mais pour cela, j'ai besoin de savoir si vous en valez la peine.
Il marqua une pause, et vit avec satisfaction que le savant reprenait déjà des couleurs. Il reprit :
-Alors dites-moi Professeur Schaeffer, qu'est-ce que vous avez à m'offrir ?



22 juin 2001, Lieu inconnu, 13h 23


S'il y a bien une chose que Corbeau adorait faire, c'était la grasse mâtiné, et pour la première fois depuis bien longtemps, elle avait eu l'occasion d'en faire une. En effet, Peter ayant été retenu par une affaire à l'extérieur, il n'y avait personne pour remarquer son absence. Et l'américaine ne s'en était pas privée. Elle jeta un coup d'oeil à son réveil, elle avait dormit presque quinze heures d'affilées. C'était presque le triple de son quota normal. D'excellente humeur, elle prit tous son temps pour se préparer, et sortit tranquillement se dégourdir les jambes. Le complexe dans lequel elle se trouvait depuis deux mois était, à la différence de « Silver Wings », à l'air libre. Elle pouvait donc se balader dehors sans trop de soucis. Mais la faim l'obligea d'abord à aller prendre une collation avant sa promenade, elle fit donc un tour par la cafétéria, et eut une (mauvaise?) surprise.
Assis à la table de l'unité, Serpent touillait doucement sa purée sans en prendre ne serait-ce qu'une bouchée. L'américaine maudit sa malchance. Techniquement, elle n'avait pas vraiment quelque chose contre le « bleu » de son groupe, mais elle aimait manger seule. Ça n'avait rien d'asociale, c'était seulement une préférence. Elle soupira, et s'assit en face de son collègue, elle hésita à le saluer, mais celui-ci prit les devants :

-Bonjour.
-Salut, répondit la jeune fille, tu ne manges pas ?
Une question stupide, elle se mordit la langue.
-Pas faim.
Il ne semblait prêter aucune attention à ce qu'il y avait autour de lui, sa purée était sa seule préoccupation.
Corbeau qui avait déjà abandonnée l'idée d'avoir une discussion s'était, elle aussi, concentrée sur ce qu'il y avait sur son plateau, mais après quelques minutes, elle remarqua que Serpent ne touillait pas vraiment sa nourriture, il semblait tracer quelque chose avec son couteau.
Curieuse, la jeune fille se pencha en avant, et vit ce qui semblait être des lettres dessinée dans la purée en petits caractères.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Je me cherche un nom.
La jeune fille fronça les sourcils.

-Pourquoi ?
-Le maître m'a dit que je pourrais me choisir un nouveau nom. Mais je ne sais pas lequel prendre.
-Pourquoi veux-tu un nouveau nom ?
-Parce que celui que j'ai est déjà à quelqu'un.
Corbeau sentit un frisson lui parcourir l'échine, elle tenta néanmoins de conserver une apparence neutre.
-Qui est-ce ?
Pour la première fois, Serpent releva la tête et la fixa dans les yeux. La jeune fille eu un mal de chien à ne rien laisser transparaître.
-Je ne sais pas, mais le maître veut que je le fasse disparaître, donc je le ferais.


13 mai 2001, Lieu inconnu, 01h 34


Heath se livrait en ce moment même à deux de ses activités préférées : le meurtre et la torture.
Comme à son habitude, il s'était habillés en gosse de riche, et avait traînés dans les quartiers les moins recommandés des différentes villes qu'il avait traversés depuis son évasion. Il lui suffisait ensuite de repérer le groupe de délinquants approprié, et de l'entraîner à coups de provocation dans la ruelle adéquat à son loisir.

Bien sûr, il devait éviter les scènes trop impressionnantes pour éviter de se faire repérer. Il se contentait donc de tuer à coups de couteaux, et de torturer à l'aide d'un peu d'essence et d'un briquet. Puis il maquillait la scène en règlement de compte. Et s'en allait avec les nerfs relaxés. Habituellement, il ne tombait que sur des bandes de une ou deux personnes. Mais là il avait tiré le gros lot : quatre victimes, dont une jeune fille, et Dieu seul sait à quelle point il adorait torturer les jeunes filles.

Cette dernière avait reprit connaissance il y a peu, elle était ligotée et bâillonnée. Comme toutes les victimes avant elle, elle attendait son tour, impuissante. Heath, venait tout juste de finir le dernier garçon de la bande, son regard fou et meurtrier était à présent tourné vers la jeune fille. Il s'approcha et lui retira son bâillon.
-Ne crie pas, ou je rendrais ça encore plus douloureux.
La victime était pétrifiée, jamais au cours de sa courte vie, elle n'aurait imaginé vivre ça un jour. Et encore moins des mains d'un type qui ne semblait pas avoir plus de quinze ans.
-Écoute, bredouilla-t-elle, tu veux quoi ? Me violer ? Vas-y, fais-toi plaisir. Mais laisse moi partir s'il te plaît...
Heath haussa un sourcil.
-Te violer ? Tu crois vraiment que c'est la seule chose qui importe chez une fille pour un homme ? Crois moi, il y a bien des façons de prendre son pied avec une femme. Et j'ai ma façon bien à moi.
Il marqua une pause, et retira son gant laissant à sa victime l'effroi de contempler sa main droite. Il sourit, avant d'ajouter :
-Mais si c'est ta cerise que tu veux perdre en premier, j'ai aucun souci avec ça, cependant, je préfère le métal à la chaire.

C'est alors qu'une violente douleur lui transperça le crâne, et irradia son cerveau. Heath en fut si surpris qu'il s'écroula en poussant un hurlement, sa victime qui ne comprenait rien à la scène n'osa émettre le moindre son.
-Qu'est-ce que tu fais ?! Gronda le psychopathe en se tordant dans tous les sens.
-« Je te reprogrammes », répondis une voix dans sa tête, « ton état mental est loin d'être stable. Je dois remédier à cela. »
-Je t'interdis de toucher à mon cerveau, rugit-il, ou je te jures que...
-« Quoi ? Je fais partie de toi, tu ne peux rien me faire. Et Seth ne sera jamais à l'abri si tu continu à agir de la sorte. Il faut que je t'améliores. Je dois supprimer ce que tu appelles ta « soif de sang », tu n'en ressortira que plus fort. »
-Intelligence, arrête !
-« Désolé, mais c'est dans ton intérêt et celui de Seth, tu dois prendre soin de lui. »
Le psychopathe continua de gesticuler quelques instants de plus, avant de sombrer dans l'inconscience. Cinq secondes plus tard, ses paupières se rouvrirent, et il se redressa tout en se frottant le crâne.
-« Cela devrait aller mieux maintenant, tu sera bien plus efficace. »
Heath ne répondit pas, l'excitation qui l'avait enveloppé depuis qu'il avait commencé sa tuerie avait disparue. Il se sentait bien, mais vide, et beaucoup trop calme à son goût. Intelligence, l'IA de « Silver Wings » qui s'était télécharger dans son cerveau -grâce à son spectre- afin de survivre à la destruction d'Olympia venait tout juste de modifier sa personnalité. Et même après aussi peu de temps, il se sentait différent.

Mais il n'eut pas le temps de déterminer en quoi il avait changé, car un cri aigu vint lui transpercer les oreilles. Vif comme un serpent, il plaqua sa main gantée sur la bouche de sa victime.
-Qu'est-ce que tu m'as fais ?
Sa voix était calme, mais furieuse.
« -J'ai supprimé les effets jouissifs que t'apportaient le sang et les tueries. »
Heath semblait bouillir, il saisit sa victime par le cou, et lui brisa la nuque sans effort. A sa grande surprise, il ne ressentit rien, absolument rien. Il était juste... indifférent.
-En quoi cela me rend meilleur ? Vociféra-t-il.
-« Tes pulsions t'empêchaient de raisonner intelligemment, elles auraient été un handicap sévère lors de nos futures combats. »

Heath serrait ses poings si fort que ses griffes crissèrent contre sa paume. Mais il se calma, il valait mieux éviter de donner autre chose à supprimer. Il ramassa son gant, et repartit en ruminant.
Sur le chemin, il tua un passant qui avait été alerté par ses hurlements d'un simple revers de main. Et comme pour la jeune fille, il ne ressentit rien de particulier. Intelligence venait de le priver de sa plus grande source de plaisir.


30 juin 2001, Lieu inconnu, 02h 54

Serpent ignorait où il se trouvait, ni pourquoi il était nu. Il ne voyait rien, n'entendait rien, mais il sentait une odeur étrange. Ce qui lui fit un drôle d'effet, car jamais auparavant il n'avait été en mesure de se servir de son sens de l'odorat. Intrigué, il accorda toute son attention à cet arôme bizarre qui envahissait ses narines. Elle était forte, mais pas désagréable. Le plus étrange c'était que son origine semblait proche, mais il n'était pas en mesure de déterminé où exactement. Il resta là, immobile, à apprécier silencieusement ce sens nouveau. Jusqu'au moment où il sentit un liquide chaud couler sur ses épaules, avant de le recouvrir complètement. Serpent ne bougea pas, même lorsqu'un peu de cette substance vint franchir ses lèvres et envahir bouche. Elle avait un goût étrange, un goût qui semblait proche de l'odeur qu'il avait sentie plus tôt. Son dos le gênait étrangement, comme s'il bougeait tous seul.

Serpent, eut alors l'impression que quelque chose était en train de pousser dans son dos. Comme si ses os tentaient par eux-mêmes de fuir son corps. Il ne ressentait aucune souffrance, seulement la désagréable sensation qu'il changeait et le sentiment d'impuissance de ne rien pouvoir y faire. Puis il eut l'étrange impression que son anatomie entière se déployait. Il ouvrit les yeux, et découvrit son nouveau corps. Il était entièrement couvert de sang, et le plus étrange, c'est que celui-ci semblait s'imprimer dans sa peau tel un immense tatouage. Dans son dos, deux immenses ailes de dragons brillaient d'un rouge éclatant, et une longue queue de reptile fouettait le sol frénétiquement.

Serpent ignorait totalement ce qui lui arrivait, mais pour la première fois, il se sentait lui-même. Jamais auparavant, il n'avait connu une telle sensation. La sensation que tous ce qu'il avait jamais souhaité était à présent à lui. Il leva le nez en l'air, et poussa un puissant rugissement, rapidement accompagné d'une gerbe de flammes rouge-orangées.
Il ouvrit alors à nouveau les yeux, sauf que cette fois, il se réveilla. Un profond sentiment de déception s'empara de lui, mais ce fut de courte durée. Il entendit quelque chose, comme une petite voix dans sa tête. Machinalement, il se leva, et sortit de sa chambre.


15 mai 2001, Lieu inconnu, 22h 09

Heath se sentait mal, mal dans sa peau.
C'était la première fois au cours de son existence que quelque chose de ce genre lui arrivait. Lui qui d'ordinaire avait toujours été si fier de lui, de ce qu'il était, de ce dont il était capable. Il n'était pas parfait, mais à ses yeux, il n'aurait jamais voulu être autrement. Heureusement, Seth n'avait rien remarqué, et étrangement, Heath ne voulait pas qu'il le remarque. En effet, la dernière chose qu'il pouvait souhaiter, c'était que quelqu'un le réconforte. Il était comme ça, il détestait paraître faible. Heureusement, le mutant passait la majorité de son temps à dormir et était donc resté à l'hôtel. Aucun soucis de son côté. Le psychopathe errait dans les rues tel un fantôme, son corps était étrangement mou. Il n'était pas fatigué, mais se sentait vaseux, comme s'il était sur le point de faire un malaise. Ressentant l'envie pressante de s'asseoir, Heath entra dans le premier endroit dans lequel il aperçut des chaises. Il s'agissait d'un bar mais il s'en moquait pas mal, il alla s'asseoir à une table, et héla la serveuse.

-Bonsoir, vous me conseillez quoi ?
-Vous avez une drôle de tête, vous êtes sûr que tout va bien ?
Heath ravala sa colère, et esquissa un petit sourire.
-Dure journée, dit-il en soupirant, si vous pouviez m'apporter un truc qui détend je vous donnerai un joli pourboire.
L'argent n'avait jamais été un problème pour lui, dépouiller ses victimes et les torturer pour obtenir le numéro de leur carte bancaire n'avait pas été difficile. Par contre, la corvée d'aller d'un distributeur de billet à un autre à chaque reprise l'avait passablement agacé.
La serveuse lui répondit en souriant à son tour :

-Bien joué le coup de la barbe naissante, ça te donne l'air suffisamment vieux pour être servit.
Tandis qu'elle s'en alla lui chercher sa commande, le jeune homme fronça les sourcils.
-Quelle barbe ?
Il se leva, et prit la direction des toilettes. Une fois devant le miroir, il eut la surprise de découvrir pour la première fois de sa vie les bienfaits de la pilosité faciale. Ce n'était d'ailleurs pas la seule nouveauté, il semblait également plus grand d'au moins cinq bons centimètres depuis hier soir. Ses vêtement étaient serrés.
-C'est toi qui a fait ça ? Murmura-t-il le ton lourd de reproches.
-« Ta poussée de croissance est une des améliorations que je t'ai donné, oui. »
Heath n'en croyait pas ses oreilles.
-Qu'est-ce que tu m'as encore fait ?!
« -J'ai amélioré la solidité de ta peau et de tes os, j'ai supprimé tes symptômes psychotiques et j'ai rendu ton système immunitaire parfait. »

Le jeune homme se demandait s'il allait parvenir à conserver son sang-froid. Ce n'était pas tant ces améliorations qui le gênait, mais le fait qu'elles aient été mise en place sans son consentement.
-Ne refait jamais ça sans m'en parler.
-Si tu veux.

Heath retourna s'asseoir en ruminant, et se frotta la barbe avec sa main ganté. Il se demandait comment les gens faisaient pour supporter un truc qui démangeait autant.
-Un verre de bourbon, annonça joyeusement la serveuse en déposant la consommation sur la table, vous voulez des glaçons ?
-Trois s'il vous plaît.
La jeune femme haussa les sourcils.
-Il y en a qui vous tuerait pour ça.
Heath leva la tête, une telle remarque ne pouvait que l'intriguer.
-Plaît-il ?
-On ne brutalise pas du whisky avec de la glace, toujours deux glaçons maximum, sinon on dilue le scotch.
-Navré, je n'ai pas l'expérience qu'avait mon père.
Cette dernière parole le fit sourire, il en gardait un excellent souvenir.
-Je suis désolé, bredouilla-t-elle confuse, l'influence de mon idiot de petit ami.
-Va pour deux.

Heath porta la boisson à ses lèvres, celle-ci était étonnamment bonne, et il ne ressentait pas le moindre effet. Il se demanda si Intelligence n'y était pas là aussi pour quelque chose.
-Je m'appelle Sabrina, dit la serveuse en lui tendant sa main.
Le jeune homme fixa le membre pendant quelques secondes avant de lever les yeux. « Sabrina » était une fille noire d'environ dix-sept ans, elle avait des cheveux courts bouclés et des pupilles marrons. Elle aurait sûrement fait craquer un paquet d'hommes avec sa jupe et ses jolies jambes, mais Heath n'était pas intéressé.

-Je crois que c'est à ce moment là que vous me donnez votre nom.
-« Non, ça c'est le moment où je t'envoie chier »
C'était la réponse qu'il avait voulu formuler, mais pour une raison qu'il ignorait, aucun de ces mots n'avaient franchi ses lèvres.
-Je vous appellerai si j'ai besoin de quelque chose, merci pour le verre.
Sabrina bredouilla une excuse, et retourna travailler en baissant la tête.
Heath n'arrivait pas à le croire, lui qui était d'ordinaire si friand de méchanceté gratuite.
-C'est ton œuvre ça aussi ? Gronda-t-il.
« -Étant donné qu'aujourd'hui est le jour de ton anniversaire, j'ai pensé qu'il valait mieux te faire éviter les ennuis. »
-Mon... ?

Le jeune homme regarda sa montre, et ne pu que constater la véracité des propos de l'IA.
Aujourd'hui bien qu'il paraisse quelques années plus vieux, il « fêtait » son quatorzième anniversaire. Il ne put s'empêcher de penser à tout ce qu'il s'était passé durant cette année écoulée. Absolument tout avait changé, son ancienne famille était morte, il avait d'ailleurs tué deux de ses membres lui-même. Sa vie passée avait été une longue et ennuyeuse époque, une époque dont il se fichait éperdument aujourd'hui. Jamais il ne prenait vraiment le temps de se concentrer sur son passé, seul l'avenir l'intéressait.

-A l'avenir, dit-il en levant son verre.
-Le seul avenir que je vois pour toi c'est le sale quart d'heure que tu vas passé.
L'allemand tourna la tête, un homme blond d'une vingtaine d'année carré comme un joueur de rugby se dressait devant lui de toute sa taille. Toutes les personnes présentes dans la salle les regardaient. Terrifiée, Sabrina pressa le bras de celui qui devait être son petit ami.
-Arrête Michel, supplia-t-elle, tu te conduis comme un gamin !
A la mention de ce nom, Heath ne put s'empêcher d'éclater de rire.
-Michel ? Haleta-t-il sans pour autant s'arrêter. En plus d'avoir une gueule de con t'as un nom de merde ?

Ces mots provoquèrent l'hilarité générale, Sabrina se figea sur place. Le blond quant à lui fulminait de rage.
-Mais tu cherches vraiment à t'en prendre une ?! Rugit-il faisant ainsi taire les consommateurs.
Heath aussi s'arrêta de rire, mais pas de sourire, il avala le reste de son whisky avant de répondre :
-La seule chose que je vais prendre, c'est un deuxième verre.
Son regards se posa sur Sabrina.
-Tu veux bien me l'apporter ?
Michel se retourna vers sa copine, celle-ci n'osa même pas lever les yeux.
-Comment ça se fait qu'il te tutoie ?

Elle ne répondit pas, le blond leva son bras, bien décider à la gifler de toutes ses forces. Mais une main surpuissante vint arrêter son geste, et commença à lui broyer le poignet.
Une douleur fulgurante lui envahit le membre, et il tomba à genoux.
-J'ai connu un mec dans ton genre quand j'étais encore à l'école, chuchota Heath en accentuant son mouvement de torture, il s'appelait Hans. Je l'ai expédié à l’hôpital avec les jambes et quelques côtes brisées. Est-ce qu'on doit en arriver à cette extrémité ? Ou est-ce que tu vas dégager d'ici avant que je ne t'expédie chez le croque-mort ?
Vaincu par la douleur, le blond émit un gémissement de soumission. L'allemand hésita, puis le relâcha. Sa victime tituba jusqu'à la sortie, et disparut dans la nuit. Un tonnerre d'applaudissement retentit dans l'enceinte du bar. Amusé, Heath salua son public.
-Vous êtes... Un grand malade. Lâcha Sabrina, les yeux embués mais le sourire retrouvé.
-Je crois avoir demandé un deuxième verre, répondit le jeune homme en montrant son récipient vide.

Toujours souriante, la jeune femme se précipita vers le bar pour revenir quelques instants plus tard avec la boisson réclamée.
-Vous ne m'avez toujours pas donné votre nom. Dit-elle d'un ton polie.
L'intéressé leva les yeux, il avait apprécié la courtoisie de la serveuse.
-Heath.
-Tu es anglais ?
-Allemand.
Sur ce bref échange, elle le remercia et repartie travailler. Le jeune homme remarqua alors la petite note inscrite au feutre noir sur la serviette en papier qu'elle avait laissée.

« Je finis dans vingt minutes ».

Ces mots lui donnèrent la subite envie de partir immédiatement, mais la curiosité se fit plus forte. Il jeta un regard vers Sabrina qui lui fit un petit clin d’œil.
-Il faut savoir laisser une place à l'imprévu quand il se présente. Soupira-t-il en avalant cul sec le contenu de son second verre.


30 juin 2001, Lieu inconnu, 03h 12


Serpent savait qu'il n'avait en aucun cas le droit de se trouver ici, si jamais quelqu'un le surprenait, sa punition allait être terrible. Et pourtant, il n'avait pas envie de partir, ou pour être plus précis, il n'y parvenait pas. Il se trouvait dans une pièce immense et sombre, pourtant il y voyait comme en plein jour. Et il n'arrivait toujours pas à en croire ses yeux. Voilà déjà cinq minutes qu'il ne cessait d'observer avec toute l'attention du monde l’aquarelle encadrée sur le mur en face de lui.

Il s'agissait de l'une des célèbres aquarelles réalisées par le peintre anglais William Blake entre 1805 et 1810, et plus précisément, de la première d'entre elles : « Le Grand Dragon Rouge et la Femme vêtue de Soleil ». Cette aquarelle représentait le Dragon Rouge de l'Apocalypse, tiré du dernier livre du Nouveau Testament. Celui-là même qui se tenait devant la femme qui allait enfanter, dans le seul but de dévorer l'enfant qu'elle allait mettre au monde. Serpent était fasciné par ce personnage maléfique sortie de l'Enfer, il le trouvait magnifique. Il se dégageait de cette œuvre une aura à la fois rayonnante et malsaine, voir terrifiante. Le vassal de Peter contemplait avec une admiration totale la magnificence que représentait cette créature. Il tendit la main... il désirait la toucher... ne serait-ce qu'une seule fois... rien qu'une.

Une alarme se mit à retentir, et les lumières s'allumèrent. La personne allongée dans le lit derrière l'intrus émit de légères plaintes en baillant, avant de pousser un hurlement de peur.
-Mais qu'est-ce que tu fais ici ?! Rugit Alex Tanner au moment où des gardes armées firent irruption dans la pièce.
Mais Serpent ne répondit pas, il ne l'entendait même pas. Il ne faisait que caresser délicatement le verre qui protégeait l'aquarelle, tandis que la petite voix dans sa tête continuait à lui parler de l'honneur que lui, immaculé conception venu de l'Enfer, allait obtenir en tant qu'héritier du Grand Dragon Rouge.


15 mai 2001, Lieu inconnu, 23h 45

Lorsque Seth se réveilla, la première chose qu'il vit fut la faible lueur de sa lampe de chevet qui éclairait partiellement la pièce. Il l'observa quelques secondes, et esquissa un sourire en coin. Il adorait le monde dans lequel il vivait, à ses yeux, il était remplie de petites choses toutes plus magnifiques les unes que les autres. Un rien suffisait à captiver son attention, et pour cause, tous le fascinait.
Il se redressa sur son lit, et laissa échapper un long bâillement.

-Bonjour grand frère, dit il avec sa bonne humeur habituelle.
Caché dans l'ombre, Heath était tranquillement assis près de la fenêtre de leur maigre chambre d'hôtel. Seth n'avait même pas eu besoin de le voir pour le remarquer, son odorat était plus rapide que sa vue.
La présence de l'allemand à ses côtés était si naturelle qu'elle n'avait jamais réussi à le gêner. C'était en quelque sorte, un fragment de la vie du mutant, un fragment auquel il s’agrippait pour grandir.
Le psychopathe lui sourit pour le saluer, avant de reporter son attention sur la fenêtre. Une lueur rouge-orangée éclairait son visage.

-Qu'est-ce que tu regardes ?
Heath ne répondit pas, mais fit signe à son frère de venir regarder par lui-même.
C'est ainsi que Seth pu observer le bâtiment situé à quelques rues de leur logement être ronger par un incendie. Une immense colonne de fumée s'élevait vers le ciel, et semblait lécher les étoiles. Une lueur apparu alors dans le regard du cadet, la même que celle de son aîné.
-C'est magnifique, murmura-t-il vraisemblablement ému.
-Oui, répondit Heath dont le regard était concentré sur la jeune femme clouée sur le toit qui brûlait en hurlant. C'est vraiment magnifique.
L'allemand se sentait transcendé par une émotion qu'il n'avait encore jamais ressenti, jusqu'à présent, ses macabres occupations ne lui avait procuré rien d'autre que du plaisir et de l'amusement. Maintenant que ce sentiment avait disparut, il en tirait autre chose. De la fierté, de la quiétude, et une certaine forme de satisfaction.
-L'évolution est vraiment quelque chose d'intéressant, dit-il en passant la main sur son visage fraîchement rasé. On ne sait jamais ce qui peut arriver, ou ce qu'on peut devenir.



25 décembre 1997, Amsterdam 00h 23

Allongée sur le toit d'un petit immeuble en piteux état, une jeune fille de quatorze ans se vissa une cigarette sur le bout de ses belles lèvres rouges et craqua une allumette. Elle tira une longue bouffée de fumée, puis une petite d'air frais, et recracha doucement le tout, laissant ainsi la fumée lui passer devant ces beaux yeux bleu ciel. C'était la première fois qu'elle fumait, elle tâcha donc de reproduire mécaniquement les gestes quotidiens d'un fumeur pour ne pas gâcher une miette de sa précieuse cigarette. Elle avait prit trop de risques pour pouvoir l'obtenir, elle ne se permettrait pas de la gâcher. La cigarette était forte, trop forte. C'était une Gauloise, une marque française.
-Putain de bouffeur de grenouilles, lâcha-t-elle en Néerlandais avant de tirer une nouvelle bouffée.

Malgré la température hivernal, elle n'était vêtu que d'un gilet en laine et d'un jogging par dessus ses sous-vêtements. Elle n'était pas très âgé, mais sa silhouette était déjà celle d'une jeune femme, et contrairement à la plupart des filles de son âge, cela ne lui convenait pas du tout. Elle se moquait bien de l'avis des autres, mais elle détestait entendre des remarques jalouses ou perverses vis à vis de son physique. Non pas qu'elle y attachait une quelconque importance, mais l'attention était quelques chose dont elle se serait volontiers passée.
Tandis que sa cigarette était déjà à demi consumé, elle poussa un profond soupir d'agacement en entendant les gémissement pitoyables de l'homme qui se trouvait dans le lit de sa mère. Cette dernière elle aussi gémissait, mais son expérience de prostitué ainsi que la drogue qu'elle avait probablement ingérée avant de travailler lui donnait un aspect plus sexy que son client. D'un autre côté, Abigail n'avait jamais compris si les hommes pouvaient gémir de façon sexy.

Un râle de plaisir se fit entendre, et la jeune fille s'empressa alors de terminer sa cigarette. Après quoi, elle descendit une échelle de fer, et s'engouffra dans l'escalier de service. Elle donna un grand coup d'épaule dans une grosse porte en fer rouge, et attendit quelques minutes devant la porte de son appartement. Quelques minutes, plus tard, l'homme d'une cinquantaine d'année, souriant et rassasié ouvrit la porte. La jeune fille bredouilla alors une excuse pour s'engouffrer tranquillement dans sa maison, et jeta un regard mauvais à l'homme qui observait avec une attention toute particulière ses jolies petites fesses.
-Te fatigue pas chérie, lança la jeune fille en lui collant son index sur le front. Je suis trop cher pour toi.
-J'en doute, répondit il avec un clin d'oeil tout en s'engageant dans la cage d'escalier.

Abigail referma la porte, et prit un temps pour mesurer son butin. La montre qu'elle lui avait prise était plaquée or, même si elle ne semblait pas hors de prix elle pourrait en tirer suffisamment pour s'acheter quelques habits. Elle mit la montre dans sa poche, et se dirigea vers la cuisine. Elle eut alors la désagréable surprise de découvrir que le visiteur avait bu au goulot d'une bouteille de son lait favori. Ce qui la dégoûta tellement qu'elle s'empressa de jeter ce qu'il restait dans l'évier. Avant d'en ouvrir une autre, et de s'en servir un grand verre.
Après quoi, elle se dirigea vers sa chambre, lorsque sa mère sortie de la sienne. Abigail eut toutes les peines du monde à se retenir de vomir devant l'état pitoyable dans lequel se trouvait sa génitrice. Celle-ci n'était habillée que d'une simple culotte, ses cheveux en batailles mélangés à son maquillage dégoulinant la rendait plus affreuse qu'un cadavre après trois semaines de décomposition. Est-ce que les hommes la trouvait vraiment attirante ?

-Tu as faim ? Bredouilla-t-elle en tentant vainement de rajuster sa coiffure.
-Non.
-Tu veux qu'on sorte ce soir ?
-Pour que tu te serves de moi pour attirer un nouveau client ? Non merci.
-Ma chérie...
-Joyeux Noël.
Sur ses mots, Abigail ouvrit la porte de sa chambre. Mais sa mère lui posa une main sur son épaule. La jeune fille eut un haut le cœur.
-Joyeux Noël, répondit-elle en lui tendant une petite boite noire.
L'adolescente contempla le paquet, et jeta un regard interrogateur à celle qui le lui présentait.
Ce n'était pas dans les habitudes de la prostituée de faire des cadeaux, encore moins le jour de Noël. Curieuse, Abigail l'ouvrit, et découvrit un petit bracelet en cuir noir et en or blanc. Elle fronça les sourcils.
-Il ne te plaît pas ?
-Maman, c'est un bracelet d'homme.
-Oh je ne savais pas... Je suis désolé.
La jeune fille fit une petite mou, le bijou était quand même très jolie, et elle n'avait aucun bijou.
-Tu l'as payé combien ?
-C'est un client anglais qui me l'a donné. Apparemment il est dans sa famille depuis longtemps, mais il s'est récemment disputé avec son père, alors il me l'a offert pour le provoquer.
Abigail esquissa un sourire en coin, ah les riches...

Finalement, elle enfila le bracelet. Il lui allait pas si mal en fin de compte.
-Merci.
-Je t'en pris, bonne nuit ma puce.
C'est alors qu'on frappa à la porte, la jeune fille poussa un soupir.
-Je croyais que c'était ton dernier client.
-Moi aussi, répondit sa mère. J'ai du en oublier un. Fait le patienter pendant que je prends une douche s'il te plaît.
Abigail fut tenter de protester, mais elle finit par se laisser fléchir. Elle n'avait pas envie de faire des histoires le soir de Noël.
Elle se contenta d’acquiescer, et se dirigea vers l'entrée.
Mais lorsqu'elle ouvrit la porte, elle manqua de râler.
Ce n'était pas un, mais trois hommes qui se tenaient devant la porte.
-Bonsoir Abigail, dit le plus âgé en souriant.
-Vous êtes qui ? Demanda l'intéressée étonnée que l'on connaisse son prénom.
-Ton père.
La jeune fille se paralysa sur place pendant quelques secondes, après quoi elle claqua la porte aussi vite qu'elle le put.
Cependant, elle n'eut pas le temps de la verrouiller, car elle lui tomba dessus en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

-Imbécile ! Gronda son « père », ne lui faites pas de mal, et sortez-là de là.
Ce fut là les dernières paroles qu'Abigail Hobbs entendit, avant de sombrer dans l'inconscience.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 07 Sep 2015 01:15   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler



Chapitre 2: La roue tourne


18 juillet 2001, Lieu inconnu, 12h05


Les cris et les plaintes d'Anthéa Schaeffer résonnaient sans interruption depuis déjà une dizaine de minutes. Les quelques scientifiques présents autour d'elle s'efforçaient tant bien que mal de la calmer à coups de sédatifs, mais à leur grande surprise, ceux-ci n'eurent aucun effet.

-Bon sang de bonsoir, gronda un homme à lunettes, grillez-la avant qu'elle ne nous claque entre les doigts !
Aussitôt, une femme d'une trentaine d'années se précipita vers l'un des ordinateurs de la pièce, et entra la procédure ordonnée. Le corps d'Anthéa fut parcouru de spasmes pendant plusieurs secondes, jusqu'à ce qu'elle sombre dans l'inconscience. La femme coupa le courant.
-Putain..., soupira l'homme à lunettes en s'asseyant pour éponger la sueur sur son front, c'était vraiment juste cette fois.
-C'est déjà sa sixième crise en deux mois, remarqua un assistant, je persiste à penser que ce n'était pas une bonne idée de l'avoir mise ici.
-Ce sont les ordres du Professeur Tanner, rappela un autre, et il a été vachement strict là-dessus, à croire qu'il voulait la voir souffrir.

Tandis que les assistants discutaient entre eux, l'homme à lunettes ne put s'empêcher de jeter un regard désolé à la femme qui était allongée sur la table d'opération. Chaque jour passé dans cet endroit néfaste, qu'il devait qualifier de « lieu de travail » lui donnait de violentes nausées. Il ne supportait plus de faire ce qu'il faisait, il n'avait pas la force moral suffisante pour continuer à vivre normalement après les horreurs qu'il avait connues en travaillant ici. Il se sentait terriblement mou et fatigué, à tel point qu'il finit par s'avachir complètement sur sa chaise. Il offrirait volontiers son bras droit pour pouvoir retourner auprès de sa famille, et mener une vie paisible et heureuse. Mais plus jamais cela ne serait possible, et il le savait parfaitement. Il ne pouvait plus partir d'ici, et le plus étrange était qu'il ignorait pourquoi. Il serait si simple de faire ses bagages, et de quitter à jamais cet endroit maudit. Malgré tout, il restait. Et il restera longtemps, peut être même trop longtemps. Il ne pouvait plus s'enfuir, il était retenu par quelque chose, quelque chose qu'il ne pouvait expliquer. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il devait continuer son travail, car il avait une mission à remplir. Il soupira. Dans sa jeunesse, il avait choisi la voie de l'ambition, il voulait être parmi les meilleurs, il voulait faire de grandes choses. Tout ce qu'il avait si ardemment désiré au cours de sa vie, il l'avait. Et pourtant, tout autour de lui n'était que désespoir. Un bien triste sort pour un homme ayant fait tant d'efforts.

-Professeur Belpois ?
Le retour à la réalité fut brutal pour l'homme à lunettes, il regardait son assistante d'un air parfaitement idiot.
Celle-ci ne put s'empêcher de glousser discrètement en voyant le regard globuleux de son supérieur, mais elle finit par reprendre son sérieux :
-Vous savez pourquoi le Professeur Tanner l'a mise ici ?
Du bout du doigt, elle pointa Anthéa, dont le rythme cardiaque et la respiration étaient redevenus normaux. Norman Belpois la fixa une dernière fois, avant de se lever, et de répondre :
-Non, et je ne veux pas le savoir.
Mais ce n'était qu'un demi-mensonge.


13 août 2001, Usine, 20h32

Aelita Hopper était... déçue. Lorsqu'elle s'était réveillée dans un scanner, elle était assez enthousiaste à l'idée d'aller faire un tour dehors. Mais lorsque son père l'accueilli, elle eut la désagréable surprise de voir des sacs en papiers avec le grand « M » jaune de Macdonald dessiné dessus. Franz avait déjà fait les courses, et visiblement la balade dont elle rêvait ne serait pas pour ce soir. La jeune fille de treize ans s'était assise dans un coin du labo pour manger son menu « Big mac ». Ce que son père remarqua.

-Ça ne va pas ? Demanda ce dernier avec une pointe d'inquiétude dans la voix.
-Si si, c'est juste que... J'aurais aimé pouvoir sortir dehors.
-Je comprends, je suis désolé ma chérie, mais je suis fatigué et il est tard. On ira une autre fois.
-Pourquoi pas demain ?
-Non.
Le refus lui avait échappé, il n'avait pas voulu être aussi brutal. Il prit le temps d'avaler la nourriture dans sa bouche, avant de reprendre :
-On verra, mais pour l'instant, je préférerais que tu restes ici. Là où tu es le plus en sécurité.
-Ça ne m'a pas empêché de me faire kidnapper, lâcha la jeune fille. Avant de se rendre compte de son erreur.
Son père fronça les sourcils.
-Qu'est-ce que tu racontes ?
Elle décela une pointe de fébrilité à travers les mots de son père, Tula lui avait donc dit la vérité. Elle délaissa ses frites -elle n'avait plus faim tout à coup-, puis se tourna vers lui.
-J'ai parlé avec Tula, annonça-t-elle sur un ton assez enjoué, elle est géniale.
Franz Hopper sembla se radoucir, et sourit à sa progéniture.

-Je savais qu'elle te plairait, je l'ai créée pour qu'elle soit ton amie. De quoi vous avez parlé ?
-D'un rêve que j'avais fait.
-Oh, fit le scientifique visiblement intéressé, tu lui as bien expliqué ce qu'était un rêve au moins ?
-Oui oui, mais ce n'est pas le plus important. Apparemment, elle connaissait mon rêve.
-Pardon ?
-Elle savait tout, chaque détail, chaque situation, voir même plus que ce que je n'avais vu.
Cette fois, Franz fronça les sourcils, interloqués.
-Ce n'est pas normal.
-Si, répondit la jeune fille, c'est tout à fait normal puisque mon rêve n'en était pas un.
Hopper lança à sa progéniture un regard qui trahissait son incompréhension, celle-ci décida donc d'en venir au fait.
-Est-ce que j'ai vraiment vu maman ?
La réaction du paternel ne se fit pas attendre, et une bouché de frites à moitié mâchées alla s'écraser contre le mur du labo. Aelita grimaça de dégoût.
-Papa, commença-t-elle pas très sûr avant de forcer le ton, qu'est-ce qu'il s'est passé ce jour-là ?

Le scientifique était dans une impasse, il réfléchissait à cent à l'heure pour trouver une réponse crédible. Mais en fin de compte, ce n'était pas bien compliqué :
-Ma chérie, ce que tu as vu là-bas n'était pas réel, ce n'était qu'un piège. Et tu as eu de la chance que les semblables de Tula aient pu te ramener. Mais ce n'est pas de ta faute, c'est de la mienne.
-Papa, insista la jeune fille visiblement pas satisfaite, qu'est-ce qu'il s'est passé là-bas ?
Le scientifique haussa les épaules.
-Je ne sais pas vraiment moi non plus tu sais. Cet endroit a été conçu pour nous induire en erreur, il faudra du temps avant que je ne puisse faire la différence entre ce qui était vrai et ce qui ne l'était pas. Mais dès que j'ai la réponse, promis, je t'explique tout.
Franz Hopper était effrayé par l'aisance avec laquelle il arrivait à mentir si bien à sa fille. Quelque part, il avait honte de lui-même. Mais une petite voix lui disait que c'était pour son bien, et il l'a cru.

Aelita semblait être à nouveau concentrée sur sa nourriture, ce qui lui laissait une certaine marge pour trouver un nouveau mensonge pour la prochaine fois. Il but une gorgée de coca dans son gobelet en carton, mais, agacé de devoir boire avec une paille à son âge, il finit par retirer le couvercle de plastique.
-Est-ce qu'il y a quelque chose dehors que je ne devrais pas voir ? Demanda finalement la jeune fille.
Cette fois-ci, Franz avait déjà terminé sa gorgé, il n'avait donc plus rien à recracher. Mais il ouvrit de grands yeux, ce qui suffit à sa fille.
Sans crier gare, cette dernière se précipita vers le monte-charge, et l'actionna. Son père voulut l'arrêter, mais dans sa hâte, il renversa son gobelet de coca et glissa sur un glaçon. Le scientifique se vautra sur le sol, au moment où les lourdes portes d'acier se refermèrent.
-Et merde, gronda-t-il en se tenant le front.
Pendant un instant, il fut tenté de bloquer l'ascenseur, mais il y renonça. Car le temps qu'il trouve la bonne commande dans le bazar monstre qu'était son bureau, Aelita serait déjà dehors. Mieux valait se lancer directement à sa poursuite.

À son tour, il actionna la commande du monte-charge, et y pénétra. Durant sa courte ascension, il réfléchissait à cent à l'heure sur l'excuse qui allait devoir sortir pour que la jeune fille abandonne l'idée de sortir. Mais il eut beau se creuser la tête, rien ne lui vint à l'esprit.
« -Je trouverais bien, songea-t-il »
La porte s'ouvrit, Franz Hopper émergea dans la salle cathédrale de l'usine, et se figea.
Aelita était bien là, mais elle n'était pas toute seule, et étant donné la situation, elle aurait sans doute préféré l'être.

La fille aux cheveux roses était emprisonnée dans les bras puissants d'un adolescent, âgé d'environ une dix-sept ans aux cheveux noirs d'ébènes. Le long manteau noir ainsi que les gants en cuirs qu'il portait lui donnait un air ténébreux qui aurait paru très séduisant devant des filles de son âge. Ses yeux bleus scintillaient d'une étrange lueur, il semblait satisfait de découvrir le scientifique.
L'autre personne qui se tenait à ses côtés semblait moins sûre d'elle, il avait l'air un peu moins âgé et était surtout plus petit que son comparse, mais sa carrure digne d'un boxeur faisait quand même son petit effet. Contrairement à son acolyte, il était habillé de façon plus décontracté : il portait une chemise blanche à laquelle il avait retroussé les manches, ainsi qu'un jean huilé de couleur noire. Ses cheveux blonds étaient impeccablement coiffés, mais son regard trahissait son malaise face à la situation présente.

Un temps surpris par cette apparition, Franz Hopper sentit la colère lui monter au visage. Les agresseurs de sa progéniture n'avaient pas l'air de voyous, étant donné l'élégance qu'ils arboraient. Sans doute quelques gosses de riches délinquants qui se croyaient au-dessus des lois. Sauf qu'ils étaient dans SON sanctuaire, et c'était ses lois qui s'appliquaient ici.
-Lâchez ma fille ! Ordonna-t-il en s'avançant d'un air menaçant, nullement impressionné par les deux enfants qui lui faisaient face.

Celui qui tenait Aelita laissa échapper un soupir d'exaspération. Puis, avec une rapidité étonnante, il envoya sa prisonnière dans les bras de son comparse, au moment où le scientifique arrivait à sa hauteur. L'adolescent attrapa le quarantenaire par le col de son pull, et le fit passer par-dessus son épaule avec une puissance impressionnante. Franz s'étala sur le dos, et perdit ses lunettes.
Le garçon au manteau noir posa alors une main sur le torse de sa victime, qui, malgré plusieurs essais, ne parvenait pas à lutter face à la force physique monstrueuse de son agresseur.
De son côté, Aelita était incapable de se débattre, et pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Mais le blond la tenait fermement, et elle eut beau gesticuler dans tous les sens, elle n'arrivait à rien mis à part se fatiguer.

Le brun fixait Hopper dans les yeux, celui-ci était vraiment furieux, et désemparé. Il s'était réfugié dans cet endroit pour se protéger d'une organisation criminelle internationale, et il se faisait avoir par deux délinquants à peine pubère. Il lâcha un juron.
-Professeur Schaeffer ?
Franz se paralysa net, et ouvrit de grands yeux étonnés. Plus personne ne l'avait appelé comme cela depuis des années.
-Vous êtes bien le Professeur Waldo Schaeffer ? Demanda à nouveau le garçon en manteau noir.
L'air éberlué de sa victime semblait lui indiquer que oui, mais il avait besoin d'être sûr.
-C'est bien lui, intervint alors le garçon blond pour la première fois.
-Tu en es sûr ?
-Xana vient de me le confirmer.
-Bien.
Xana. Le nom résonna dans le crâne du scientifique, celui-ci ne comprenait décidément plus rien.
-Qui... qui êtes-vous ? Parvint-il à balbutier.
Le jeune brun lui répondit par un sourire.
-Nous ne vous voulons aucun mal, dit-il en retirant sa main pour permettre au scientifique de se relever.
Celui-ci s'assit sur le sol, encore sous le choc. Son interlocuteur lui tendit ses lunettes.
-Pourrions-nous discuter dans un endroit plus intime ?
Franz les regarda, l'un après l'autre, ces deux énigmes qui venaient de faire irruption dans son sanctuaire.

-Lâchez ma fille. Demanda-t-il sur un ton beaucoup plus doux cette fois. Le brun fit un signe de tête à son acolyte, et celui-ci libéra Aelita qui alla se réfugier dans les bras de son père.
-Pouvons-nous entrer? Demanda poliment le jeune homme en pointant le monte-charge du pouce.
Hopper qui ne savait plus où donner de la tête, finit par acquiescer, et se releva. Il pénétra dans l'ascenseur avec ses invités forcés, et fit en sorte de rester le plus loin possible d'eux durant toute la durée de la descente. Il ne savait pas ce qu'il se passait, mais le sourire en coin du garçon au manteau noir ne lui disait rien qui vaille.


20 juin 2001, Lieu inconnu, 08h30


Lorsque le geôlier ouvrit la porte de la cellule n°71, il eut l'impression idiote qu'il était venu chercher un gamin en retenue prêt à être reconduit à ses parents au moment où il découvrit celui qui s'y trouvait. Le jeune homme qui se tenait dans l'ombre avait à vue d’œil, un peu moins d'une quinzaine d'année. Il était sale, affreusement sale, et ses vêtements en lambeaux ne recouvraient plus rien à part ses parties intimes. Celui-ci affichait une mine étrange, presque boudeuse. Ce qui collait parfaitement à l'impression du garde.
-C'est l'heure.

Le jeune homme ne le regarda même pas, il se contenta de sortir de la pièce où il était confiné, et marcha tout droit sans s'arrêter.
Il arriva à un carrefour, et tourna à gauche. Il débouchât sur un escalier qu'il monta, et fit halte au troisième étage. Il s'engagea dans un couloir qui était vide, et s'arrêta devant une porte qu'il ouvrit. Il était dans sa chambre, en tout point semblable à toutes les autres. Il disposait d'un lit, d'un fauteuil, d'une petite télévision, et de sa propre douche. Il se débarrassa des bouts de tissus qui lui restaient sur le corps, et se glissa sous celle-ci. Et lorsque l'eau chaude ruissela enfin sur son corps, il ne ressentit absolument rien. Comme d'habitude. Il ne pouvait rien ressentir, ni le vent sur son visage, ni l'eau sur sa peau, ni même la chaleur du Soleil, rien. Il prit cependant son temps pour se laver, pour une raison qu'il ignorait, il haïssait la crasse plus que tout au monde. Et bien qu'il ne puisse sentir son odeur, il ne supportait pas sa vue. Il n'économisa donc pas le savon. Une fois propre, il retourna dans sa chambre, et se figea.

-Tu en as mis du temps, grinça un autre jeune homme un peu plus âgé que lui, je t'ai apporté des vêtements propres.
Là-dessus, il pointa du doigt un t-shirt, un caleçon, un pantalon, et une paire de chaussettes blanche, comme tout le reste. Tandis que le propriétaire des lieux s'habillait, son visiteur alla tranquillement s'installer dans le fauteuil marron, et croisa ses jambes.
-Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Pourquoi t'en es-tu pris à Renarde ?
Aucune réponse. Il avait terminé de s'habiller.
-Assieds-toi, et réponds-moi.
Il s'exécuta, et se posa sur son lit.
-Elle m'a dit des choses, des choses que je n'ai pas appréciées.
Sa voix était lourde, et glaciale, comme... morte.
-Que t'a-t-elle dit ?
Il sembla hésiter quelques secondes, puis il répondit :
-Elle m'a dit... que je n'étais pas Serpent.
Le jeune homme plus âgé l'observait fixement, comme s'il tentait de le déchiffrer.
-Elle t'a dit cela avec quel ton ?
-Un ton assez doux, je crois qu'elle essayait de me rassurer.
« -Hé bien, c'est réussi. »
-Que s'est-il passé ensuite ?
-Je lui ai dit que si, j'étais Serpent, et que c'était vous-même qui m'aviez donné ce nom. Elle m'a répondu qu'il s'agissait en réalité du nom de quelqu'un d'autre, et que vous m'aviez donné son nom car j'étais destiné à être son prolongement, son second « lui ».
« -Renarde est une véritable idiote ».
-Ensuite ?
-Rien, je ne voulais rien entendre, alors je lui ai dit de se taire. Elle ne m'a pas écoutée.
-Et elle s'est retrouvée à l'infirmerie avec une entaille profonde dans la cuisse.
Le plus jeune baissa la tête.
-Je suis navré, maître.
-Ce n'est pas grave.

C'était un mensonge, cet incident avait provoqué la colère de Tanner, et peut être même braqué les autres membres de l'unité contre Serpent. Ce qui n'arrangerait pas la cohésion du groupe.
De plus, le fait qu'il ait réagi aussi violemment n'était pas non plus encourageant. Il y avait encore beaucoup de travail de ce côté-ci.
-Est-ce que c'est vrai ?
-Quoi donc ?
-Est-ce vrai que ce nom est celui de quelqu'un d'autre ?
-Oui.
Le nier était dangereux à présent, car si jamais il venait à découvrir que son propre maître lui mentait, il serait impossible de prévoir sa réaction.
-Pourquoi ? Pourquoi me l'avoir donné ?
-Je l'ignore.
Encore un mensonge, en réalité, la raison était assez évidente. Il voulait avoir son propre Serpent, un qui le servirait corps et âme jusqu'à la mort. Lui donner le même nom n'avait été qu'un simple caprice à ses yeux. Mais il devait se rendre à l'évidence, ils ne seront jamais semblables.
-Donnez-m’en un autre.
-Pardon ?
-Je veux un nouveau nom.
-Pourquoi ?
-Je ne veux pas avoir le même nom que quelqu'un d'autre. Vous m'aviez dit que j'étais unique, et je veux l'être.
Le maître réfléchit un petit instant, avant de répondre :
-Non.
-Mais... mais... pourquoi ?
-Assez.

Le ton employé était calme, mais ferme. Et Serpent savait que la discussion était désormais clause.
-Tu as blessé l'une de tes équipières pour un motif ridicule. Et maintenant, tu viens pleurer devant moi en me demandant de céder à ton caprice. Tu n'agis pas en guerrier, tu n'agis pas en soldat, tu agis en enfant.
Il baissa les yeux, et acquiesça. Son maître attendit un temps, avant de reprendre.
-Ce nom que tu cherches tant, il te faudra le trouver par toi-même. Cependant, je t'interdirai de le porter tant que tu n'en seras pas digne. Et ce, même si tu l'as déjà choisi.
-Et que dois-je faire pour l'être ?
Le jeune homme se leva, et vint se pencher à l'oreille de son dévoué serviteur.
-Tu devras vaincre l'autre personne que l'on appelle Serpent. Pas le tuer, juste le vaincre.
Jamais il ne laisserait quelqu'un d'autre tuer son pire ennemi, il se réservait ce plaisir.
-Bien maître, je ferai selon votre volonté.
Il esquissa un sourire.
-Viens, dit-il en se relevant, nous allons avoir une petite séance toi et moi.
-En quoi consistera-t-elle ? Demanda Serpent intrigué.
Peter Warren ne répondit pas, il était déjà partit. Le jeune homme se précipita à sa suite.
« -Tu es un bon serviteur. » Songea le cannibale. « Mais il te faut à présent devenir un bon prédateur. »



13 août 2001, Usine, 20h35


-Je vois que vous ne faites pas les choses à moitié. Dit le garçon au manteau noir en admirant le labo. Quel endroit fascinant.
Franz Hopper ne savait pas comment réagir, quelque part, il était terrifié. Si on lui avait dit que demain, deux adolescents dotés d'une impressionnante force physique débarqueraient dans son usine tout en invoquant le nom de Xana. Il aurait bien rit. Mais à présent que la chose se produisait, il ne voulait plus rire du tout.
Aelita non plus d'ailleurs, agrippée au pull de son père, elle n'avait pas quitté du regard ces deux intrus. Et elle se demandait si son père n'avait pas commis une énorme erreur en les laissant entrer. Le plus grand ne lui inspirait pas confiance du tout, avec son petit sourire malin, et cette manie de se déplacer comme s’il était le maître des lieux. Il semblait beaucoup trop confiant au goût de la jeune fille, et cela l'effrayait.

En revanche, le second était étonnamment calme depuis qu'ils étaient venus ici. Il semblait même un peu perdu, et jetait sans cesse de nouveaux regards à son comparse, dans l'espoir peut-être d'avoir de nouvelles instructions concernant la façon dont il devait se comporter. Aelita devait admettre qu'elle avait beaucoup moins peur de lui que son complice, elle avait même envie de l'engueuler copieusement. Mais c'était prendre le risque de voir l'autre s'énerver, alors elle se retint.
Franz Hopper prit la parole :
-Excusez-moi, mais je pense que vous nous devez pas mal de réponses.
-Pour cela, il faudrait d'abord que vous posiez des questions. Railla le plus âgé en lui jetant un sourire moqueur. Mais vous avez raison, nous avons beaucoup de choses à nous dire. Cependant...
Il désigna Aelita.
-Je ne pense pas qu'il soit nécessaire qu'elle nous écoute, aussi, je vous prierais de lui demander de sortir.
La jeune fille n'aimait vraiment pas la façon dont il parlait d'elle, mais un regard vers son père lui fit comprendre qu'elle devait obtempérer. Elle se dirigea donc vers le monte-charge en grognant.
-Va avec elle, ordonna le garçon au manteau noir à son comparse.
Celui-ci ne semblait pas rassurer.
-Soit gentil, elle ne va pas te mordre. Il se tourna vers Aelita. Tu ne vas pas le mordre, n'est-ce pas ?

L'elfe virtuelle fit une grimace, et attendit à contrecœur que le garçon en chemise la rejoigne. Une fois que la porte s'était refermée sur les deux plus jeunes, Hopper se sentit un peu plus à l'aise, et alla s'asseoir dans son fauteuil.
Son invité -qui n'avait pas cessé de sourire une seule seconde- s'adossa contre le mur.
-Bien, commença le scientifique avec un ton assez confiant, qui êtes-vous ? Que voulez-vous ? Et comment avez-vous trouvé cet endroit ?
Son interlocuteur prit le temps de s'étirer -ce qui eut l'effet d'agacer un peu plus Hopper- avant de répondre d'une voix douce.
-Je m'appelle Heath, et mon frère que vous avez vu, c'est Seth. Ce que nous voulons ? La même chose que vous. Et c'est Xana qui nous a conduits ici. Satisfait ?
À peine plus avancé, le scientifique comprit bien assez vite que le jeune homme ne faisait que s'amuser avec ses nerfs. Malgré tout, il conserva son calme, et enchaîna :
-J'imagine que si vous êtes venu ici, c'est parce que vous avez besoin de quelques services de ma part. Si vous voulez que je songe à vous aider, j'aimerai que vous vous comportiez un peu plus sérieusement.
A ces mots, le jeune homme leva son index droit, et le balança de droite à gauche.
-Tss tss, je ne recherche pas votre aide, je vous offre la mienne, nuance. Et tant que je n'aurais pas vérifié si vous valez la peine que je vous file un coup de main, vous ne m'êtes pas si indispensable. Aussi je vous conseille d'éviter de me menacer de quelque manière que ce soit.

Le scientifique nota alors un léger accent suisse dans la voix du jeune homme, ce qui lui donna l'idée de le questionner sur ses origines :
-Et si vous me racontiez pourquoi un enfant d'une quinzaine d'années aurait envie de m'aider dans ce que je fais, et surtout, comment il a su qui j'étais, et ce que je faisais ?
Franz Hopper s'était attendu à ce que le jeune homme se vexe devant l'emploi du mot « enfant » pour le définir, mais à sa grande surprise, ça ne sembla pas le gêner le moins du monde, il semblait même en être fier.
-Très bien, mais j'espère que vous avez un peu de temps devant vous. Car cela risque d'être long.
-Aucun problème.
Le jeune homme s'assit dans un coin, et commença alors à raconter son histoire, tout en prenant garde à conserver certains faits pour lui.


20 minutes plus tard, Usine

Adossée contre une poutre en métal qui soutenait le toit de la vieille bâtisse, le jeune homme en chemise blanche n'avait pas cessé de fixer Aelita. Ce qui avait pour effet d'exaspérer cette dernière, qui lui envoyait une ou deux grimaces par-ci par-là. La jeune fille n'était pas vraiment en colère, elle était plutôt vexée, et assez mal à l'aise. Elle se sentait comme nue devant ce type qui ne cessait de la regarder, c'était gênant, et surtout très impoli. Elle mourait d'envie de lui envoyer quelques remarques à la figure, mais elle avait un peu peur de lui, alors elle n'en fit rien. Elle jeta un coup d'œil au monte-charge, et se demanda si son père et l'autre garçon avaient bientôt finit.
-Pourquoi tu fais toutes ces grimaces ?
La jeune fille tourna la tête en direction du jeune homme, elle était assez surprise d'entendre pareille question.
-Qu'est-ce que ça peut te faire ? Répliqua-t-elle avec méfiance.
-Bin, tu n'arrêtes pas de faire une drôle de tête depuis tout à l'heure. Je me demandais pourquoi, c'est tout.
-Ah, parce que chez toi, regarder les gens sans arrêt c'est normal ?

Le jeune homme réfléchit quelques secondes, avant de mettre une main sur sa bouche, comme s'il s'était rendu compte de son erreur.
-Est-ce que je me suis montré impoli ? Pardon, je suis désolé.
La jeune fille n'en croyait pas ses oreilles, il était sacrément bizarre celui-là. Mais elle le trouva suffisamment sincère pour répondre un banal « Pas grave » avant de se renfrogner sur elle-même.
-Je m'appelle Seth.
Elle haussa les sourcils, il n'avait pas l'air de comprendre qu'elle ne voulait pas lui parler.
-Aelita... Murmura-t-elle pas très sûre d'elle-même.
-Pardon ?
-Je m'appelle Aelita.
Il sourit, ce qui étonna encore plus la jeune fille.
-C'est très joli.
Elle sentit ses joues s'empourprer, ce qui la mit d'autant plus mal à l'aise. Mais d'où il sortait ce grand type qui se comportait comme un enfant ? Elle nota cependant que c'était la première fois qu'un garçon lui faisait un compliment, et le fait que cela provienne d'un type aussi bizarre la gênait terriblement.
-J'ai dit quelque chose de mal ?
-Hein ? Heu... non, non.
-Pourquoi tu fais une tête pareille ?
-Parce que...
La jeune fille prit une grande inspiration, et se redressa.
-Parce que je n'aime pas qu'on me touche, lança-t-elle en faisant allusion au moment où il la tenait fermement dans ses bras.
-Ah, fit le garçon sans paraître pour le moins désolé, je ne savais pas.
-Hein ? Mais... T'es qui au juste ?
-Je te l'ai déjà dit.
-Oui... enfin... je te demande pas ton prénom...

La jeune fille réalisa qu'elle était en train de complètement s'embrouiller, elle éclata d'un petit rire nerveux. Le jeune homme fronça les sourcils.
« -Pourquoi est-ce qu'elle rigole ? » Songea-t-il.
« -C'est un rire nerveux, elle rit de la situation. »
« -La situation est amusante ? »
« -De son point de vue, oui. »
« -Est-ce que je dois rire aussi ? »
« -Je ne pense pas. »
« -Alors qu'est-ce que je fais ? »
« -Rapproche-toi d'elle, essaie de faire en sorte qu'elle n'ait plus peur de toi. »
« -Elle à peur de moi ?  Mais pourquoi elle aurait peur de moi ? »
« -Les humains ont toujours eu peur de l'inconnu, tant qu'elle ne te connaît pas, elle aura peur de toi. »
« -D'accord, je vais essayer de faire comme grand frère m'a appris. »


Là-dessus, il s'avança vers Aelita, celle-ci le remarqua, et ne se sentit pas très rassurée. Elle recula même de quelques pas. Une fois qu'ils ne furent plus qu'à quelques mètres l'un de l'autre, Seth fit un petit sourire tendre. Un sourire aussi adorable que celui d'un bébé.
-On peut au moins essayer de discuter ? Demanda-t-il de sa belle voix douce.

Aelita resta méfiante, ce garçon avait changé de comportement un peu trop vite à son goût. Malgré tout, elle s'adoucit un peu, et l'invita à s'asseoir. C'est alors qu'elle remarqua quelque chose de bizarre. (encore)
-Pourquoi tes yeux sont rouges ?
Le jeune homme se sentit un peu prit de court, mais il finit haussa les épaules.
-Je ne sais pas, pourquoi les tiens sont verts ?
L'elfe virtuelle haussa les sourcils, elle le trouvait assez naïf dans le fond. Et même si elle le savait très fort, elle avait du mal à imaginer un garçon comme lui faire du mal à une mouche.
-Comment vous avez fait pour trouver cet endroit ? Demanda la jeune fille en affichant une mine un peu plus douce, mais toujours aussi gênée.
-C'est Xana qui nous a montré le chemin.
Aelita tiqua à la mention de ce nom, elle l'avait déjà entendu, et pas plus tard qu'aujourd'hui en plus. Tula lui en avait parlé, selon elle, Xana était un prothéen qui avait été choisi pour devenir l'arme suprême de Franz Hopper. Mais d'après ce qu'elle avait compris, Xana avait été détruit dans une bataille il y a quelques mois. Elle ne comprenait pas vraiment comment il aurait pu leur dire où les trouver. Et même s'il avait pu, une question subsistait toujours.
-Et... où est-il ce Xana ?
Seth ne répondit pas, il se tourna vers son épaule gauche, et dit d'un ton tout à fait naturel :
-Tu viens dire bonjour ?
Aelita était à présent persuadée que son interlocuteur avait une case en moins, jusqu'au moment où, à sa plus grande surprise, une ombre à l'apparence partiellement liquide se détacha de l'épaule du jeune homme.
L'elfe virtuelle n'en croyait pas ses yeux, la masse noire prit la forme d'une petite tête, avec pour seul visage le symbole qui ornait le sol des tours sur Lyoko. Ce qui devait être un bras se détacha également de la chair de Seth, et se balança doucement de droite à gauche.
Pétrifiée par cette vision, la jeune fille répondit mécaniquement à ce salut inattendu sans même avoir conscience de ce qu'elle faisait. Elle fixa la drôle de créature, puis Seth, qui souriait comme un enfant. Elle les contempla quelques secondes, avant de tomber dans les pommes.
-Mais... Qu'est-ce que j'ai fait ? Demanda Seth à Xana. Ce dernier répondit par un drôle de geste, que l'on pouvait définir comme étant un haussement d'épaule.


20 juin 2001, Lieu inconnu, 11h08

Camouflé derrière une fenêtre teintée, Peter Warren observait avec un intérêt tout particulier l'exercice auquel se livrait son vassal dans l'une des salles d’entraînement. Il put ainsi constater par lui-même les nombreux talents dont il disposait, mais malgré tout, ce n'était pas suffisant. Serpent lui obéissait, mais il manquait cruellement de motivation. C'était un problème qu'il fallait vite régler, car il ne voulait pas le voir désintéressé sur un champ de bataille. Il devait donc trouver un moyen de faire exploser son plein potentiel à son maximum sans pour autant en perdre le contrôle. Il avait déjà renoncé à se servir de sa colère, c'était bien trop risqué (même si les résultats auraient pu être satisfaisant). Il réfléchit encore pendant de longues minutes, avant de sourire, il avait trouvé, c'était si évident qu'il aurait pu en rire. Et en plus, cela minimisait grandement les risques de rébellion. C'était la solution parfaite, une de celles qu'il trouvait très souvent.

Un raclement de gorge vint le tirer de ses pensées. Il se retourna, et découvrit trois jeunes filles vêtues chacune de la même tenue de combat. Il les identifia de droite à gauche : Corbeau, Renarde et Dragonne. Les trois membres de son unité personnelle, la dernière unité virtuelle de l'organisation. Peter leur fit signe d'approcher, mais avant qu'elles n’aient pu ouvrir la bouche, il gifla violemment Renarde.
-Tu as agis stupidement, dit-il sans pour autant laisser transparaître son mécontentement.
En temps normal, l'indienne aurait bouilli de colère si un homme l'avait frappée, mais là, elle ne répondit pas. Et pour cause, elle savait elle-même que c'était vrai. De plus, Peter était le seul homme sur cette planète à mériter son respect. Alors elle préféra se taire, et assumer en silence. Dragonne prit la parole :
-On a beaucoup discuté, on pense que c'est une mauvaise idée de l'intégrer dans l'unité. Et je crois que tu sais très bien pourquoi.

L'américain soupira, mais qu'avaient-ils tous à rejeter une arme aussi importante ? Il comprenait bien évidement les raisons qui les poussaient à ne pas vouloir travailler avec Serpent, mais il trouvait cela insuffisant pour ne pas l'intégrer. En revanche, cela risquait de poser un petit souci vis-à-vis de la cohésion du groupe. Il allait donc devoir faire en sorte qu'ils s'entendent tous. Il jeta un œil sur son vassal, avant de rétorquer :
-Que cela vous plaise ou non, vous allez travailler avec lui. Libre à vous de faire en sorte que cela se passe bien ou pas. Mais je ne me priverai pas d'un tel élément parce que vous ne voulez pas faire d'efforts. Je vais faire en sorte qu'il s'ouvre un peu plus aux autres, ensuite, ce sera à vous de vous arrangez pour qu'il s'intègre. Nous sommes d'accords ?
Les jeunes filles acquiescèrent, pas vraiment ravies, mais pas non plus très embêtées. Elles ressortirent sans un mot. Peter jeta un dernier coup d'œil à Serpent, avant de les suivre.
« -Ne t'en fais pas mon cher ami, tu seras toujours avec moi. »
  Sujet: [Fanfic] Exiled [Terminée]  
Tyker

Réponses: 6
Vus: 5362

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 28 Aoû 2015 00:40   Sujet: [Fanfic] Exiled [Terminée]
Allez, un petit commentaire, ça fait un bail.

Alors pour commencer, j'ai envie de dire une chose: beau boulot pour l'Un'Icer. Car ce topic en plus d'être bien foutu, nous offre une vue imprenable sur l'intégralité de ton œuvre. Et à ce titre, je dis bravo pour tout ce travail. Voir un mec qui se donne autant à cœur dans sa passion, bah c'est impressionnant (je crois que je suis jaloux, quel est ton secret? Mr. Green)

Bref passons au texte en lui-même:
A première vue, on pourra dire que ce texte c'est toi tout craché. C'est vrai, du William, du virtuel (toujours aussi bon, voir encore meilleur d'ailleurs) et j'en passe.
On remarquera que tes dernières œuvres (Code Eire, Les Perles du Neith, et celle-ci) sont très portés sur le virtuel. Bien sûr, on sait tous que c'est ta spécialité et que tu adores ça, mais j'ai quand même été assez surpris par ce choix, du coup je pense (et ce n'est que mon avis) que tu as (en partie) réalisé ces textes pour devenir encore meilleur dans le virtuel afin de présenter la perfection dans la partie 2 de l'Échiquier (Peut être que je dis n'importe quoi, mais ça m'a traversé l'esprit, alors bon Mr. Green). Ce qui te permet par la même occasion de joindre l'utile à l'agréable Wink.

Bien, venons en à la fic en elle-même, je dois dire que lorsque j'ai lu ta petite note, je m'attendais surtout à de la parlote entre Xana et William, et peut être une vue à travers les yeux de William de ce qu'était le plan initial de Xana et pourquoi. Bref, je suis partit très loin, mais je suis vite redescendu sur Terre Mr. Green. Cette fic semble plus centrée sur les pouvoirs de Dark-William, ou en tout cas cette partie. En faite j'ai plus eu l'impression de voir la préparation de la saison 4 qu'autre chose, c'était sans doute voulu.

Bon, je ne vais pas m'arrêter sur le style, ça servirait absolument à rien. Mais au niveau de la fic en elle-même, j'ai deux questions:

-Où se trouve William? Au départ, tu dis que cela commence après la destruction de Lyoko. William se trouverait donc sur une copie? Comment Xana aurait pu créer une copie aussi puissante? Bref, j'attends de voir.

-Pourquoi le faire s'affronter lui-même? (Bon je trouve cette question complètement débile dans un sens, mais n'empêche que je me la pose Mr. Green. Oh à l'extrême limite, tu me dira que Xana avait anticipé que les LG virtualisent une réplique après celle de Jérémie dans l'épisode 64 et la virtualisation du spectre dans le 51. Et que les LG, plus jeunes, et moins fûtés que toi n'y ont pas pensé et que donc ce fut un test pour rien Mr. Green.)

Le plus intéressant dans l'histoire provient de l'Un'Icer (j'ai dis que ce truc était utile?), car cette fic se placerait dans le même univers, elle cacherait donc quelques surprises? Attendons de voir.

Bref, merci pour cette petite lecture nocturne.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 21 Aoû 2015 15:49   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Chapitre 1 : Blessures de guerre



27 mars 2001, Boulogne-Billancourt, 00h03

Assis devant un impressionnant pupitre de commande, un scientifique aux lunettes noires tapa d'un poing rageur pour la septième fois sur l'accoudoir de son siège. Il fallait le comprendre, pour lui comme pour tout les autres scientifiques, une invention est une œuvre d'art. Et quel artiste se réjouirait de voir son plus beau chef-d’œuvre saboté de la pire des manières ? Cet homme se nommait Waldo Schaeffer, mais dans le but de se protéger et surtout, d'oublier son ancienne vie, il s'était rebaptisé Franz Hopper. Hopper étant le nom de jeune fille de sa femme, ou plutôt de son ex-femme. En effet, notre cher Franz en aura connu des vertes et des pas mûres ces dernières années. Et ce soir aura été le dernier coup de hache qui aura fait tombé l'arbre.
En effet, en 1994, Franz Hopper finissait tout juste de mettre au point une machine surpuissante, et unique en son genre : le supercalculateur.

Cependant il était convenu avec l'organisation pour laquelle il travaillait que son invention soit construite pour eux. Mais c'était mal connaître le quarantenaire, celui-ci avait décidé de jouer la comédie avec ses employeurs. Un jeu dangereux, surtout lorsque l'on sait que sa femme avait été enlevée par ces mêmes personnes dans le but de le faire chanter. Et que sa fille de treize ans avait été sous la menace constante de subir le même sort. Mais Franz s'était déjà résigné à mettre le sauvetage de sa femme de côté afin de mieux protéger sa fille. Une décision difficile, qui avait constamment continuée de le hanter, jusqu'à aujourd'hui. Dans le but de mettre sa progéniture en sécurité -ainsi que de parvenir à réaliser son rêve-, il construisit son supercalculateur dans les ruines d'une usine désaffectée, bâtie sur un petit îlot au milieu de la Seine en banlieue parisienne. En se servant du réseau de l'organisation pour commander les pièces nécessaires à sa réalisation, il parvint à terminer son œuvre après cinq longues années de dur labeur. Un véritable exploit pour un homme seul, dont les moyens étaient limités.

Les deux années qui suivirent, son existence varia entre l'éducation de sa fille, et la construction d'un endroit unique en son genre. Franz Hopper créa un monde virtuel qu'il nomma « Lyoko », un véritable paradis pour lui et sa progéniture.

Bref, tout semblait aller pour le mieux pour le scientifique, jusqu'au début de l'année 1994, où l'organisation fit part de son mécontentement envers le manque de travaux sur le supercalculateur qu'il leur envoyait. Il reçut alors une énième menace envers sa fille, ce fut celle de trop pour Franz Hopper. Il ne supportait plus de collaborer avec de telles ordures, et décida alors de leur rendre la monnaie de leur pièce. Son but sera d'anéantir définitivement le Projet « Carthage », et de mettre un terme définitif aux relations qui liaient son créateur à l'organisation. Pour ce faire, il se pencha sur l'autre phase de son plan : l'arme qui annihilerait ses ennemis. Son nom était Xana.

Hopper mit un certain temps à le créer, presque six mois complets à vrai dire. Mais ce n'était pas tant la programmation qui avait prit du temps, en effet, Franz était beaucoup de chose, mais certainement pas un imbécile. Il n'allait certainement pas donner un tel pouvoir à un programme, sans s'assurer que celui-ci ne se retourne pas contre lui. Il mit au point un système ingénieux, qui lui garantissait d'obtenir de Xana, une fidélité et une obéissance totales. Ainsi, le programme multi-agent, malgré le fait qu'il ait une intelligence élevée, fut forcé sans même s'en rendre compte d'obéir à tous les ordres de son créateur.

Une fois Xana terminé, Franz Hopper se retrouva face à un problème majeur : le temps. En effet, Lyoko ne disposait que d'un seul territoire « central ». Ce qui était insuffisant pour donner au programme multi-agent, la puissance nécessaire afin de terrasser l'organisation. Mais un seul territoire lui avait demandé déjà une année complète de travail, et il ne disposait plus d'autant de temps. C'est alors que la solution lui tomba du ciel, Franz Hopper découvrit une fonctionnalité de son supercalculateur que lui même ne connaissait même pas : Le retour vers le passé.

Grâce à ce programme, il avait à présent la possibilité de recommencer la même journée autant de fois qu'il le désirait. Cela lui permit d'obtenir tout le temps nécessaire à la création complète de son monde virtuel. Ainsi, avec pas moins de 2564 retours vers le passé, il créa quatre territoires de surface. Pour chacun d'entre eux, il fit preuve d'un impressionnant sens du design. Il prit tout le temps nécessaire pour les peaufiner, autant en matière de graphisme qu'en matière technique. Xana avait à présent à sa disposition une formidable source de puissance.

Cependant, tout cela était trop beau pour durer. Franz Hopper se rendit compte qu'il avait abusé du retour vers le passé, le supercalculateur s'était mit à surchauffer, et la pile nucléaire qui l'alimentait avait fortement diminué. Le scientifique décida donc de ne plus utiliser ce programme pendant quelques temps, et mit donc son projet en suspens afin de laisser souffler son invention. Et décida de s'occuper un peu plus de sa fille, le dernier rayon de soleil de sa vie.

C'est là que les choses commencèrent à se gâter. En effet, après seulement quelques jours de repos, la vie de Franz Hopper prit un nouveau tournant. C'était un dimanche matin, alors que le scientifique préparait le petit déjeuner pour sa fille, il vit à travers la fenêtre une vision cauchemardesque. Plusieurs hommes vêtus chacun de costumes noirs se tenaient debout devant sa maison. Paniqué, il alla chercher sa fille en quatrième vitesse, et la conduisit dans son laboratoire à travers un passage menant aux égouts. Une fois arrivé, il ralluma son supercalculateur qu'il avait provisoirement éteint, et se rendit compte de son erreur.

En effet, la machine avait encore plus mal encaissés les nombreux retours vers le passé qu'il ne l'avait pensé, et elle menaçait maintenant d'exploser à tout moment. Soucieux de ne pas perdre son travail, mais également de mettre sa fille en sécurité, il prit une décision radicale. Il se virtualisa avec sa fille sur son propre monde virtuel, non sans avoir enclenché deux comptes à rebours. Le premier servant à éteindre le supercalculateur tout en laissant le temps au scientifique et à sa fille de se réfugier dans une tour. Et le deuxième aurait servi à le rallumer un mois plus tard une fois que tout danger aurait été écarté. Et si le premier fonctionna parfaitement, ce ne fut pas le cas du second.

Ainsi, Franz Hopper et sa fille Aelita restèrent prisonniers sur Lyoko durant près de sept ans, et cela sans que personne ne sut ce qui s'était passé.
C'est en ce jour de mars 2001 que le miracle se produisit, enfin, si l'on pouvait parler de « miracle ». Toujours est-il qu'une personne étrangère ralluma le supercalculateur, et que très vite, une vingtaine de combattants appartenant à l'organisation débarqua sur Lyoko dans le but de l'explorer.
La réaction de Franz Hopper ne se fit pas attendre, furieux de voir son précieux sanctuaire violé, il envoya Xana chasser ces intrus. Mais la situation se compliqua, lorsque plusieurs d'entre eux découvrirent Aelita et l'emmenèrent avec eux. La première réaction du père de la jeune fille fut de vouloir au plus vite exterminer ses ravisseurs, et la ramener saine et sauve. Mais il eut une autre idée, et commanda à Xana d'infecter leur sous-marin virtuel afin de remonter jusqu'à eux, et ainsi de détruire définitivement le Projet « Carthage ».
Il savait cependant que ces hommes ne repartiraient pas les mains vides, et prit donc la décision -douloureuse- de leur laisser Aelita. Du moins, le temps de frapper l'organisation suffisamment fort pour qu'ils cessent toute recherche se rapportant à la physique quantique et aux mondes virtuels.
Au départ, tout se passa bien. Xana faisait des ravages aussi bien sur leur territoire que dans leur labo, et l'organisation n'était pas assez puissante pour repousser leurs assauts.

C'est alors que tout bascula. En moins d'une minute, la bataille prit une toute autre tournure. Et cela, Franz Hopper ne parvenait toujours pas à l'expliquer. Toujours est-il qu'une créature virtuelle aux pouvoirs gigantesques avait balayé en une fraction de seconde les combattants de Xana présents dans le monde virtuel. Pire encore, en se servant de la tour activée par Xana, elle pirata le système afin de télécharger de force le programme multi-agent dans le réseau de l'organisation, et ainsi le prendre au piège. Fort heureusement, Hopper parvint à déconnecter Xana avant que l'opération ne soit complète. Cependant, le programme si puissant fut scindé en deux, détruisant d'un seul coup tout espoir de victoire pour les habitants de Lyoko.

Le scientifique, malgré sa frustration, arriva personnellement dans le monde virtuel de l'organisation. Son but était bien entendu de récupérer Aelita, et de retourner sur Lyoko pour constater les dégâts et redéfinir sa stratégie. Mais une fois sur place, quelle ne fut sa surprise lorsqu'il vit aux côtés de sa fille, sa femme, Anthéa. Un temps ébranlé par cette vision, il finit par reprendre ses esprits. Et, sans jeter le moindre regard supplémentaire à son ancienne épouse, il s'empara de sa progéniture et replongea dans la mer numérique. Et ce, malgré les supplications de la femme aux cheveux roses.

Une fois rendu, il fut contraint de plonger Aelita dans l'inconscience afin de pouvoir se mettre à travailler sans avoir à trop se soucier du bien-être de sa fille. Bien que son acte le dégoûta quelque peu.
Et c'est ainsi que nous le retrouvons, assis sur son pupitre de commande, la rage au ventre, et le cœur rempli d'amertume.
Il se frottait les yeux, comme pour se convaincre que ce qu'il voyait n'était pas réel. Tous ces mois de travail fichu en l'air le mettaient hors de lui.
-Ce n'est pas possible, se lamente-t-il, c'est un cauchemar...
-Créateur ?
La voix qui sortait des enceintes était étrange, elle semblait... informatique.
-Créateur ?
-Qui y-a-t-il ?
Le ton d'Hopper était froid et triste, il semblait mécontent d'entendre cette voix.
-J'éprouve de grandes difficultés à garder mon programme stable au sein de Lyoko, pourriez-vous me reprogrammer ?
-Non. Répliqua le scientifique d'un ton cassant.
-Pardon ?
Franz l'ignora, il s'était déjà remis à pianoter sur son clavier.
-Créateur ? Que faites-vous ?
-Je t'efface, lâcha-t-il en appuyant sur la touche « entrer ».
-Pourrais-je avoir une explication ?
Franz Hopper rejeta sa tête contre le dossier de son siège, visiblement las de tout ceci.
-La bataille d'aujourd'hui était capitale, tout aurait pu se terminer ce soir. Mais cet échec nous place dans une position délicate. Notre ennemi est toujours en vie, et maintenant il reviendra plus fort que jamais pour nous affronter. De plus, ils ont réussi à télécharger une moitié de toi. Ils vont sans doute l'étudier sous toutes ses formes afin d'en apprendre plus sur toi et de découvrir un moyen de te neutraliser. Par chance, ils n'ont qu'une moitié en leur possession. Je doute qu'ils puissent en tirer quelque chose qui soit véritablement capital, mais ce n'est pas non plus négligeable, et je ne dois rien laisser aux hasard. Je n'ai pas envie qu'ils te trouvent une faiblesse dans ton code source.
-...Créateur.
-Je suis navré Xana, mais ne t'en fais pas, ton successeur réussira là où toi tu as échoué.
Le programme multi-agent n'eut pas le temps de répondre, il avait déjà été effacé de la mémoire du supercalculateur. Il avait cessé d'exister.
Franz Hopper ne perdit pas une seule seconde, et déjà, le remplaçant de Xana commençait à prendre forme.
Le scientifique était déterminé à continuer son combat, et pour cela, il devait mieux se préparer.
Se préparer à la guerre.



27 juin 2001, Lieu inconnu, 17h 13

La luminosité de la pièce dans laquelle se trouvait le professeur Alex Tanner était assez particulière, aucune lumière n'était allumée. Aucune ampoule, aucune bougie, et pourtant l'obscurité n'était pas total.

En effet, le visage du professeur était faiblement éclairé par deux lueurs colorés, l'une rouge, et l'autre verte. Depuis une demi-heure déjà, Tanner avait les yeux fixés sur les sources de ces lumières providentielles. La pièce dans laquelle il se trouvait possédait deux particularités, d'une part, elle avait la forme d'une demi-sphère, d'autre part, elle était entièrement vide, à l'exception des deux cuves remplies de formol.

Tanner aimait bien contempler dans la plus parfaite intimité l'héritage que lui avait laissé son mentor. Bien sûr, il lui avait laissé bien d'autres choses, à commencer par son réseau d'information et ses complexes scientifiques. Mais les deux êtres qui baignaient chacun dans une cuve représentait le but ultime du Docteur, son plus grand rêve, sa plus grande œuvre. Et bien entendu, sa plus grosse erreur, celle qui aura finit par causer sa perte. Tanner s'était toujours demandé ce qu'il était advenu de Seth, il l'imaginait perdu dans ce monde dont il ne savait rien, effrayé par tout ce qui l'entourait.

Mais il balaya bien vite cette image de son esprit. Après tout, c'est Seth lui-même qui s'était échappé, avec un peu d'aide certes, mais il s'agissait de sa propre intention. C'était sa décision, et celle de personne d'autre. Et les conséquences allaient être terribles, car c'est ainsi que cela fonctionne.

Aux yeux de Tanner, Seth n'avait été que le prototype pour mieux concevoir les autres. Et même si le test avait été bien plus intense qu'il ne l'aurait souhaité, l'écossais avait obtenu toutes les réponses à ses questions.
Il avait maintenant toutes les cartes en main pour réussir, et il allait réussir. Parce que c'était ce qu'il avait l'habitude de faire.

-Hum... Alex ?
Le scientifique se retourna, Sergueï Dragunov n'avait pas changé d'un pouce. Ses cheveux étaient toujours coiffés en queue de cheval, et il portait l'un de ses énième manteaux de cachemire noir.
-Qu'est-ce qu'il y a ? C'est à propos de ta nouvelle recrue ?
Le russe hocha la tête.
-Tu sais, je ne remets pas ta parole en doute, mais tu crois vraiment que c'est une bonne idée d'inclure... de l'inclure dans mon unité.
Tanner poussa un profond soupir.
-Mon cher Sergueï, dois-je te rappeler que malgré nos multiples demandes, le conseil refuse de nous procurer des soldats virtuels ? Nous n'avons personne à part ta petite bande.
-Je le sais très bien, mais tout de même...
-Je ne vois franchement pas où est le problème, ton chef d'unité a donné son accord.
-Il me semble que j'ai aussi mon mot à dire là-dessus, et je tiens à être clair, je ne lui fais pas confiance.
Tanner poussa un long soupir d'agacement, il aimerait que tout le monde se montre plus coopératif.

-Écoute, ton chef d'unité m'a certifié qu'il était OK à cent pour cent. Mais comme on n'est jamais trop prudent, j'ai moi-même pris mes précautions à son égard. S'il y a un problème, il sera vite réglé.
Dragunov voulu argumenter, mais il dut se résoudre à se ranger du côté de l'écossais. Il n'y aurait pas d'autres négociations possibles.
Tanner s'apprêtait à sortir, lorsque le russe ajouta :
-Serpent n'est pas à prendre à la légère, tu le sais aussi bien que moi.
-Si tu fais référence à « l'incident », je suis de ton avis rassure-toi. Mais je ne l'ai jamais pris à la légère, il est à moi, et j'ai bien l'intention de le garder.



13 août 2001, Lyoko, heure inconnue


Aelita Schaeffer émergea du pays des songes un peu plus brutalement qu'elle n'en avait l'habitude. Elle se trouvait au même endroit que la dernière fois qu'elle s'était réveillée : dans l'une des tours de Lyoko. Et comme la dernière fois, elle ne ressentit pas la moindre trace de fatigue. Comme si elle ne s'était jamais assoupie.

Pourtant, la jeune fille venait de passer près de cinq mois dans l'inconscience la plus totale. Mais cela, elle ne pouvait pas le savoir. Comme elle ne pouvait pas savoir que c'était son paternel la cause de ce repos forcé, le scientifique ayant décidé de mettre un terme à cet acte indigne d'un père. Le petit elfe virtuel s'assit, et passa ses bras autour de ses genoux. Elle fut tentée pendant une seconde d’appeler son paternel, mais elle finit par chasser cette idée. Elle n'avait pas envie de le voir, et elle ignorait pourquoi.

Peut-être parce qu'il n'occupait pas vraiment une place de choix dans le rêve étrange qu'elle avait fait. Ce rêve, qui pourtant lui avait paru si réel. Elle le revoyait, encore et encore, il passait en boucle dans son esprit. Aelita se revoyait, lovée dans les bras de sa mère. Celle-ci ne parlait pas, elle pleurait. Bien que la jeune fille ne se souvenait pas de la moindre larme, elle était certaine que sa mère pleurait. Ensuite, tout était assez flou. Elle se souvenait vaguement de quelques monstres étranges, d'un commando de soldats qui faisaient se balançaient dans les airs à l'aide de grappins. D'une tour presque semblable à celles qu'elle avait déjà vues, à l'exception que celle-ci avait un halo rouge. Et pour finir, d'un drôle de bonhomme multicolore, qui volait.

Quand elle y repensa, elle ne put s'empêcher de sourire tant cette partie-là était vraiment bizarre. Elle se demandait même qu'est-ce qui aurait pu l'amener à rêver d'une telle créature. Pour les autres monstres, c'était facile, ils ressemblaient à des crabes et des énormes insectes volants. Mais lui, elle ne parvenait pas à l'expliquer. Elle finit par hausser les épaules. Les rêves ça ne s'expliquent pas, ça se vit.

-Aelita ? Tu m'entends ?
La jeune fille sentit son cœur faire un bon dans sa poitrine, elle mit quelques secondes à identifier la voix qui lui parlait.
-Papa ? C'est toi ?
Elle regarda autour d'elle, mais il n'y avait personne dans la tour excepté elle-même.
-Où es-tu ?
-Dans le laboratoire, j'ai quelques travaux à finir, ça va toi ?
Aelita s'allongea un peu paresseusement sur le sol, avant de répondre :
-Je vais bien, mais j'ai envie de manger quelque chose.
Cette dernière phrase fit hausser les sourcils du scientifiques.
-Tu as faim ? S'exclama-t-il d'une voie qui trahissait son étonnement.
-Pas vraiment non, j'ai juste envie de manger quelque chose. Une pizza, ou une glace. Mais non, je n'ai pas eu faim depuis que je suis ici.

Franz Hopper poussa un soupir de soulagement, il avait vraiment cru à un bug de sa machine. Il prit quelques secondes pour se calmer, puis il reprit :
-Je t’emmènerais au Macdonald se soir si tu veux, je dois d'abord finir de travailler.
Si le mot « Macdonald » avait enchanté la jeune fille, le reste de la phrase lui avait arraché un petit grognement. Ce que son paternel remarqua.
-Il y a quelque chose qui te dérange ?
Aelita hésita, mais elle finit par cracher le morceau.
-Je m'ennuie, avoua-t-elle, je n'aime pas être toute seule.

Le scientifique se gratta la tête, il fut tenté pendant une seconde de la renvoyer se coucher, mais il y renonça très vite. Cette façon de faire était indigne d'un père, et il devait beaucoup de chose à sa fille pour ce qu'elle avait vécu lors de l'attaque contre l'organisation. Il devait se rattraper, au moins pour lui-même.
C'est alors qu'il eut une petite idée, une idée qu'il s'empressa de mettre en œuvre.
Après quelques minutes, il reprit la parole.
-Je t'envoie quelqu'un pour passer le temps, sois gentille avec lui.
A cette annonce parfaitement inattendu, la jeune fille fronça les sourcils.
-Qui ?
-Tu vas voir.

Piquée par la curiosité, le petit elfe se leva, et fixa avec une attention toute particulière l'entrée de la tour. Les secondes passèrent, et elle se sentie gagnée par l'impatience. A tel point qu'elle avait commencée à se balancer d'un pied à l'autre.
C'est alors qu'un petit bruit attira son attention, et à sa grande surprise, cela ne venait pas de l'entrée de la tour, mais des parois au niveau supérieur.
Elle se dépêcha de monté à l'étage suivant, et ce qu'elle vit la fascina.

Là, devant elle, des centaines de petits hologrammes sous la forme de multiples « 1 » et « 0 » sortaient un à un des murs de la tour. Ils se concentrèrent en un point précis, et commencèrent à former une petite boule de lumière bleu. Mais qui grossissait à vu d’œil, et après quelques secondes de croissance, elle prit une étrange forme humanoïde. Elle ressemblait à une ombre composée de « 1 » et de « 0 » brillant d'une lumière bleu électrique. Aelita resta bouche bée devant l'étonnant spectacle qui s'offrait à elle. L'ombre lui fit un signe de la main, ce à quoi la jeune fille répondit de la même manière en souriant.

-Bonjour. Dit-elle.
-Bonjour.
-Je m'appelle Aelita, comment vous vous appelez ?
-Tula.
Le petit elfe virtuel remarqua alors qu'elle parlait sans doute à une fille, étant donné sa voix et surtout le prénom qu'elle lui avait donnée
-D'où est-ce que tu viens Tula ? Continua-t-elle curieuse.
-De Lyoko.
-Qu'est-ce que tu es exactement ?
-Je suis une prothéenne, une intelligence artificielle créée par le professeur Franz Hopper. Tout comme le reste de mon peuple d'ailleurs.
-Le reste de ton peuple ? S'étonna la fille aux cheveux roses. Vous êtes combien ?
-23041. Nous vivons dans le programme de Lyoko, c'est là que notre créateur nous a dit d'attendre le moment où il nous offrirait nos propres corps virtuels.

Aelita était étonnée par ces révélations, mais elle se réjouissait de savoir qu'elle n'était pas toute seule dans ce monde. La curiosité la poussa à poser d'autres questions :
-Dit moi Tula, comment est ton peuple ?
-Nous sommes gentils et aimables envers les autres. Notre créateur nous a conçus pour que nous soyons la race parfaite, en temps normal, nous sommes toujours de bonne humeur. Mais depuis quelques mois, la tristesse nous à envahie.
-Ah, fit innocemment la jeune fille, pourquoi ?
-Plusieurs des nôtres sont morts au cours de notre première bataille il y a quelques mois. Le créateur a tenté de les remplacer, mais ils nous manquent terriblement.
-Une bataille ? Quelle bataille ?
-Celle au cours de laquelle tu as été emmenée sur un autre monde virtuel.



18 juillet 2001, Lieu inconnu, 11h 54


Elle revoyait tout absolument tout, depuis près de quatre mois, les images défilaient devant ses yeux sans interruption. Physiquement, elle ne ressentait plus rien depuis longtemps. Mais psychologiquement, la souffrance qui l'avait envahie depuis ce jour était sans limite. Et une nouvelle fois, les images défilèrent devant ses yeux. Elle revoyait tout, Aelita qui disparaissait au loin une fois de plus, la tête broyée de Lloyd Tupin, les deux mains monstrueuses qui l'avaient pressée comme un citron. Le sourire carnassier de la personne à qui appartenaient ces mains, et pire que tout, la découverte.

« -Non. Non. N'y va pas. » Pensa-t-elle à l'adresse d'elle même.
Mais c'était trop tard, et elle ne contrôlait plus rien désormais. Elle se revit restée paralysée sur le sol pendant quelques minutes près du cadavre de son ami, avant de se décider à se relever. Et à aller parler au Docteur de la situation. Elle avait supposé qu'il s'était barricadé dans sa chambre, c'était donc là qu'elle se rendrait.

« -Arrête ! Je t'en supplie, arrête ! »
Elle arriva devant la pièce, et ce qu'elle découvrit la terrifia. La porte du Docteur était en titane renforcé, presque impossible à ouvrir sans les outils adéquats. Mais là, elle avait été littéralement arrachée et jetée plus loin. Elle tremblait de peur devant une telle vision.

« -N'entre pas ! Pour l'amour du ciel ! N'entre pas ! »
Prudemment, elle pénétra dans la chambre du scientifique le plus craint de l'organisation. La première chose qu'elle remarqua, c'était le fait que cette pièce qui était déjà intimidante en temps normal, était terrifiante lorsque les lumières étaient éteintes. Du bout des doigts, elle parcourut le mur, à la recherche d'un interrupteur.

« Va t'en ! Sanglota la pauvre femme. Je t'en pris ! »
Lorsqu'elle entra enfin en contact avec ce qui semblait être la commande pour allumer la lumière, elle eut une légère hésitation, comme si une voix dans sa tête lui hurlait de ne pas faire ça. Mais elle finit par appuyer sur le bouton, et poussa un hurlement déchirant.
Là, a à peine quelques mètre d'elle, se trouvait un cadavre qui baignait dans une mare de sang.

« -Mathilda ! Mathilda ! Je suis tellement désolée! »
Elle tomba à genoux, et cria de plus belle. Elle pleurait, hurlait sa peine et son chagrin. Elle s'approcha d'elle, et prit dans ses bras le corps glacée de la jeune fille. Et elle continuait de hurler, encore et encore.
C'était sans doute à ce moment là qu'Anthéa Schaeffer avait définitivement perdu la raison.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 22
Vus: 7736

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 21 Aoû 2015 15:46   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler



http://img4.hostingpics.net/pics/353900Couv126106.jpg


Prologue
Chapitre 1: Blessures de guerre
Chapitre 2: La roue tourne
Chapitre 3: Evolution
Chapitre 4: Général Serpent

Chapitre 5: Le Classico
Chapitre 6: Abigail Hobbs
Chapitre 7: L'Augure, Le Serpent et la Banshee

Chapitre 8: Légion Prothéenne
Chapitre 9: Blackwater
Chapitre 10: Le Diable et la Succube
Chapitre 11: Union Virtuelle (À paraitre)

Prologue




Lieu inconnu, date inconnue, heure inconnue


Si l'on se fie au jugement de plusieurs médecins, lorsqu'un bébé vient au monde, il dort durant toute la durée de l'accouchement, et ne se réveille qu'au moment de sortir. Une fois dehors, le choc est assez violent pour le petit être, car la température relativement basse, ainsi que la lumière particulièrement aveuglante dont il n'a jamais fait l'expérience, l'effraient immédiatement. Il est intéressant de noter que, la peur sourde que ressent l'être humain lorsqu'il est confronté à quelque chose qui lui est inconnu n'est pas un mythe. Et que tout au long de sa vie, il connaîtra de nouvelles frayeurs qui seront similaires, mais généralement moins violentes. C'est cela que l'on appelle : « la naissance ».

Cependant, la personne allongée sur la table d'opération n'avait jamais ressenti pareil effroi de toute son existence. Il ne ressentait rien, il ne voyait pas grand chose, et pourtant, il était terrifié. Car tout autour de lui, lui était inconnu.
Il s'était réveillé il y a quelques heures seulement, et la souffrance qu'il avait ressentie à cet instant avait été si intense qu'il avait poussé un rugissement désarticulé. Un de ceux qui vous glacent le sang et hantent vos nuits durant des semaines. Il ne comprenait pas ce qui se passait autour de lui, il ne pouvait même pas parler. Il avait tenté d'ouvrir la bouche pour réclamer à boire, mais ses lèvres avaient refusées de se séparer. Il ne savait pas ce qui lui arrivait, il ne savait pas où il était, et il ne savait pas qui il était. La seule chose dont il était sûr, c'était que des médecins -ou en tout cas ils en avaient l'apparence- s'occupaient de lui. Des heures durant, il vit de son seul œil valide une armada d'hommes en blouse blanche se succéder les uns après les autres afin de s'occuper de lui. Certains portaient dans leur bras d'étranges objets de métal dont la forme lui était inconnu. Il s'imaginait dans quel état il devait être, et surtout, il se demandait à quoi il ressemblait avant d'être dans cet état. Était-il un homme ? Une femme ? Avait-il de la famille ? Des enfants ? Une âme sœur ? Qui étaient ses parents ? Quel âge avait-il ? Toutes ces questions auxquelles il était incapable de répondre. Il ne pouvait que fixer sans interruption l'ampoule qui brillait au plafond, et de temps en temps, du coin de l’œil, il observait ceux qui s'occupaient de lui. Il ne ressentait rien, pas même sa propre respiration. Il vivait un cauchemar, un cauchemar dont il ne pouvait se soustraire en se réveillant. Il se sentait minable, impuissant, pris au piège. Malgré tout, lorsqu'il ferma ses paupières pour ne plus voir cette maudite lampe, il sombra instantanément dans un sommeil profond.

Et il rêva, il rêva d'un monde magnifique, d'une beauté à couper le souffle. Tout autour de lui semblait respirer la sérénité et la paix. Il se trouvait dans une immense prairie recouverte d'une herbe plus belle et plus vraie que nature. Au loin, d'immenses montagnes se dressaient devant lui, elles étaient si hautes que leurs sommets transperçaient les nuages. Il s'allongea doucement dans l'herbe douce et confortable, et il se mit à admirer le ciel. C'est alors que ce magnifique paysage s'assombrit brusquement, l'herbe se mit à sécher, les montagnes se changèrent en volcans, et un puissant orage vint éclater dans le ciel noir et rouge. Le rêveur était pétrifié par l'horreur et la peur, il voulut s'enfuir, mais il ne vit rien d'autre que les ténèbres quelle que soit la direction qu'il aurait pu emprunter. Ses jambes étaient incapables de bouger, il restait là, immobile. Lorsque soudain, le sol sous ses pieds se fendit en deux, et une gigantesque créature mi-homme, mi-serpent sortit des entrailles de la terre et l'attrapa par le pied. Le rêveur poussa un hurlement de terreur devant ce monstre recouvert d'écailles noires. Un symbole représentant un étrange œil était peint avec du sang sur son front. La bête leva sa tête hideuse vers le ciel et cracha un véritable torrent de flammes. Au même moment, un puissant éclair zébra le ciel. Le monstre approcha sa proie de sa gueule béante prêt à l'avaler d'un seul coup. Le rêveur ne pouvait rien faire d'autre que hurler son horreur et son désespoir. Puis tout disparu, en à peine une seconde, le paysage cauchemardesque dans lequel il s'était trouvé avait disparu, de même que la gigantesque créature qui s'apprêtait à le dévorer. Le rêveur se mettait tout à coup à flotter dans un nuage de brume, la peur qui lui avait rongé les entrailles cinq secondes plus tôt avait déjà disparu. Ne laissant plus que de l'incompréhension et du soulagement. Le rêveur se mit à scruter les alentours, et c'est alors qu'il le vit. Il crut d'abord qu'il s'agissait d'un oiseau, mais lorsque l'étrange silhouette qu'il apercevait se fit plus proche, il dut se rendre à l'évidence que ce qu'il voyait n'avait rien de naturel. Un ange, un être avec un corps d'homme doté de magnifiques ailes blanches. Il volait dans sa direction. Le rêveur ne pouvait pas bouger, stupéfié par la beauté de la créature. L'ange se posa devant lui, et plaça délicatement sa main sur son torse. Il se sentit alors rempli d'une chaleur douce et apaisante. Ses yeux s'embuèrent de larmes.
-Il est temps de revenir à toi.

Le réveil fut brutal, lorsqu'il ouvrit les yeux, la première chose qu'il vit fut une lampe identique à celle qu'il avait vu dans la salle d'opération, par réflexe, il lâcha un faible juron. Avant de se rendre compte que l'endroit dans lequel il se trouvait n'avait rien à voir avec celui qu'il avait quitté durant son sommeil. Il se trouvait dans ce qu'on pourrait qualifier de « chambre d’hôpital », il n'y avait rien, mis à part le lit dans lequel il se trouvait, et la porte qui menait à la salle de bain et aux toilettes. Il voulut bouger, mais ses membres refusèrent de céder à sa volonté, en revanche, sa tête, elle, pouvait tourner.
Il voulut inspecter son corps, mais celui-ci était recouvert par une couverture blanche. C'est alors qu'il vit une main posée délicatement sur son torse, probablement dans le but de l'apaiser. Il remonta du regard le bras de la personne qui tentait de le calmer, et tomba nez à nez avec un jeune homme d'environ seize ans, dont les cheveux mi-bruns mi-châtains étaient impeccablement coiffés. Il dégageait une aura particulière, comme une prestance éclatante, il donnait envie de marcher à ses côtés. Mais plus encore, il avait trait pour trait le même visage que l'ange.
Le rêveur écarquilla à nouveau les yeux, il ne savait pas où il était, il ne savait pas qui il était, il ne savait pas qui était cet homme, mais pour la première fois depuis son premier réveil, il se sentait vivant.
-Bienvenue parmi nous Serpent, murmura le jeune homme d'une voix envoûtante, tu as beaucoup dormis.

Un nom, il avait un nom.
Il était une âme perdue, ramenée des enfers par son ange gardien. Il était revenu sur Terre dans un but précis, un but pour lequel il allait devoir se donner corps et âme.
C'est cela que l'on appelle : « La renaissance ».
 

Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure


Page 1 sur 13
Aller à la page : 1, 2, 3 ... 11, 12, 13  Suivante


Sauter vers:  


Powered by phpBB Lyoko Edition © 2001, 2007 phpBB Group & CodeLyoko.Fr Coding Dream Team - Traduction par : phpBB-fr.com
 
nauticalArea theme by Arnold & CyberjujuM
 
Page générée en : 0.3397s (PHP: 87% - SQL: 13%) - Requêtes SQL effectuées : 34