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[Fanfic] Code Alpha 1.0 - 25 ans plus tard... [Terminée]

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 Auteur Message
Jade Lhtl MessagePosté le: Jeu 08 Déc 2016 21:44   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kankrelat]


Inscrit le: 12 Juin 2016
Messages: 29
Localisation: Nancy
Je me connectais tranquillement sur le forum quand... oh, un nouveau chapitre de Code Alpha !

Eh bien, commentons, et commençons par le commencement.

Comme tu le dis, ce chapitre s'axe essentiellement — si ce n'est exclusivement — sur Antoine. Mais ce n'est pas déplaisant, car cela faisait assez longtemps qu'on ne s'était pas concentré autant sur lui et il est pourtant, à mon sens, le personnage phare de ta fiction.

Les deux histoires — celle d'Antoine et celle d'Amélie — sont intéressantes. A la fois si semblables et si différentes.
Semblables, car elles sont forcément étroitement liées, mais aussi parce que ce que tu fais principalement ressortir dans les deux cas est la solitude de tes personnages.
Différentes, tout d'abord car ce sont deux protagonistes bien distincts (nan ! Sérieux ? T'as trouvé ça où, Jadou ?). Tu arrives bien à dissocier les deux histoires, les deux points de vues, les deux façons de penser. Et ça, c'est cool.

En revanche, je dois t'avouer qu'il y a certaines choses qui me laissent septique. La plus grosse incohérence est le changement soudain de point de vue d'Amélie.

Citation:
Alors, je fis de mon mieux pour réparer ce que j’avais fait. Mais c’était trop tard. J’avais brisé quelque chose en Antoine ce jour là. Il se renferma, et commença à me haïr, d’une haine encore plus forte que celle que j’avais pu ressentir. De mon côté, je ne lui en voulais pas, ce n’était que justice.
[...]
J’essayais d’être là pour Antoine, mais il ne voulait pas de moi. J’avais envie de l’aider, de l’empêcher de prendre le même chemin de moi.


Dans ce passage, je comprends tout à fait que tu veuilles montrer qu'Amélie s'en veut, qu'elle veut tenter de réparer ce qu'elle a fait — en vain. Cependant, un retournement de situation aussi brutal est... bah brutal. Je veux dire par là qu'on peut avoir du mal à s'imaginer la tante jouant le rôle de la marâtre dans Folcoch devenir une personne meilleure trois phrases et deux larmes sur une tombe plus tard. Je pense que tu aurais mieux fait de dire qu'elle arrêterait simplement de maltraiter Antoine (autant dans ses actes que dans ses paroles), qu'elle resterait neutre à son sujet et remplirait désormais simplement son rôle de responsable légale. De plus, ça n'aurait rien changer à ton scénario. M'enfin, c'est pas dramatique. Et qui sait, peut-être que tu te resserviras de ça pour faire changer l'avis d'Antoine sur son père.

Ensuite, malgré les révélations sur le passé de l'ado-rebelle-qui-n'a-sois-disant-besoin-de-personne, je n'éprouve toujours aucune empathie pour lui. Tu nous donnes, certes, l'explication du pourquoi et du comment de son caractère de merde, mais cela de l'excuse pas en soit. Oui, oui, même s'il n'était qu'un enfant, même si "c'est son éducation et ses problèmes dans la vie qui ont fait que...". Je suis une personne horrible pour dire ça, je sais, mais à mon sens, il aurait dû regarder d'autres personnes que sa tante et s'en inspirer également, afin de ne pas avoir qu'un seul "modèle". C'est ce que tous les enfants font normalement... Mais bon, son caractère est aussi ce qui fait sa personnalité, donc son personnage, donc le fait qu'on ait envie de poursuivre la lecture.
Pour être honnête, je ne m'attendais pas à ce que tu expliques à ce point son passé et encore moins que tu t'en serves comme explication pour son tempérament. Et j'aime bien, c'est passé comme la Mirabelle avec le café.

Mon second regret s'avère être la révélation de l'existence de sa sœur à Antoine. Si on résume :

Spoiler


C'est à prendre avec humour, bien sûr. Wink Mais c'est vrai que pour le coup, trente lignes pour ça... Disons que j'aurai aimé une révélation un petit peu plus originale, comme tu l'avais fait pour les lecteurs avec les cheveux roses d'Ambre, si je me souviens bien. Mais bon, c'est pas non plus mauvais, et le coup de la vidéo rehausse un peu la chose.

A part ça, on sait maintenant qui est précisément Amélie : la sœur de Patrick et donc, par pure logique, la cousine de Jérémie. C'est un bon point. Les relations qu'elle a entretenues par le passé avec ces deux personnages sont magnifiquement bien décrites, on s'y croirait.
Malgré ce que j'ai dit quelques lignes plus haut, c'est bien qu'Antoine sache enfin qu'il a une sœur, et qui plus est, que c'est sûrement Ambre. J'attends la réaction de cette dernière avec impatience.

Comme ce chapitre ne concernait ni Lyoko, ni Alpha — enfin, pas directement — j'attends également de savoir ce qu'il va passer de ce côté-là.

Mon commentaire manque un peu de détails sur d'autres points, qu'ils soient positifs ou négatifs, mais j'ai développé l'essentiel de ce que je voulais dire, je dois t'avouer que j'ai un peu la flemme d'en faire plus et puis, je vais en laisser pour les autres aussi.

See you !
_________________
« Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »
« Rien ne sert de faire des suppositions contraires, puisque les choses sont ce qu'elles sont : on ne change rien à la réalité. »
« Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences... »
« La plupart des gens croient être honnêtes et vrais avec eux-mêmes comme avec les autres. C'est plus facile. Ça fait moins mal. Mais au final on a tous quelque chose à cacher. Tous. »


Dernière édition par Jade Lhtl le Mar 13 Déc 2016 16:57; édité 1 fois
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Pilorde MessagePosté le: Dim 11 Déc 2016 12:15   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Messages: 77
Localisation: Perdu dans le néant
Pilorde : Ouais, je suis relancé, je vais finalement réussir à finir Code Alpha 1.0 avant janvier si je continue sur ce rythme !
(Regarde le calendrier des partiels, et découvre qu’ils sont début janvier.)
Pilorde : Ah… Ben peut-être pas alors !

Étant donné que je ne pourrai pas continuer d’écrire avant la nouvelle année, je vais éviter de refaire le mort pendant trois mois et directement répondre à ton commentaire, Jade (dont je te remercie d'ailleurs chaleureusement de l’avoir posté.)

Jade Lhtl a écrit:
Les deux histoires — celle d'Antoine et celle d'Amélie — sont intéressantes. A la fois si semblables et si différentes.
Semblables, car elles sont forcément étroitement liées, mais aussi parce que ce que tu fais principalement ressortir dans les deux cas est la solitude de tes personnages.
Différentes, tout d'abord car ce sont deux protagonistes bien distincts (nan ! Sérieux ? T'as trouvé ça où, Jadou ?). Tu arrives bien à dissocier les deux histoires, les deux points de vues, les deux façons de penser. Et ça, c'est cool.

Je pense que la solitude est un des thèmes récurrents dans Code Alpha. Si on y pense, quasiment tous les personnages y reviennent à un moment (sauf peut-être Jean, mais osef de lui).

Jade Lhtl a écrit:
Dans ce passage, je comprends tout à fait que tu veuilles montrer qu'Amélie s'en veut, qu'elle veut tenter de réparer ce qu'elle a fait — en vain. Cependant, un retournement de situation aussi brutal est... bah brutal. Je veux dire par là qu'on peut avoir du mal à s'imaginer la tante jouant le rôle de la marâtre dans Flococh devenir une personne meilleure trois phrases et deux larmes sur une tombe plus tard. Je pense que tu aurais mieux fait de dire qu'elle arrêterait simplement de maltraiter Antoine (autant dans ses actes que dans ses paroles), qu'elle resterait neutre à son sujet et remplirait désormais simplement son rôle de responsable légale. De plus, ça n'aurait rien changer à ton scénario. M'enfin, c'est pas dramatique. Et qui sait, peut-être que tu te resserviras de ça pour faire changer l'avis d'Antoine sur son père.

Alors, je comprends que ma décision de faire changer Amélie à ce point est discutable, mais c’était quelque chose qui bizarrement, me tenait vraiment à cœur. Déjà, je ne voulais pas de manichéisme dans Code Alpha, avec des personnages foncièrement gentils et d’autres foncièrement méchants (je pense que ça se voit quand on regarde les principaux protagonistes). Ensuite… Et bien je considère que si un jour je réalisais que ma vie était de la merde et que je déchargeais tout sur un gamin qui m’avait rien demandé, je me remettrais sérieusement en question.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’avant d’aller sur la tombe de Jérémie, Amélie n’a nullement conscience des raisons de son comportement. Si quand elle parle au passé de son enfance avec beaucoup de recul, elle ne possédait pas ce recul à l’époque. C’est comme si (en fait, c’est carrément ça) quelqu’un lui avait dit que si elle agissait de cette manière, c’était pour cette raison et aucune autre. Et il faut savoir que le rejet de son rancard a dû la mettre sérieusement à mal.

Peut-être que je suis vraiment trop optimiste, mais je crois sincèrement que les gens peuvent changer quand ils réalisent ce qu’ils ont fait. A savoir, reproduire ce qu’on lui avait fait sur un autre. Et Amélie était plus que la simple « vilaine tante » à mes yeux. Pour être honnête, j’étais terriblement mal à l’aise pendant la rédaction de ce chapitre. C’est peut-être même celui qui m’a le plus affecté, car j’étais vraiment déprimé une fois que je l’avais terminé.

Jade Lhtl a écrit:
Ensuite, malgré les révélations sur le passé de l'ado-rebelle-qui-n'a-sois-disant-besoin-de-personne, je n'éprouve toujours aucune empathie pour lui. Tu nous donnes, certes, l'explication du pourquoi et du comment de son caractère de merde, mais cela de l'excuse pas en soit. Oui, oui, même s'il n'était qu'un enfant, même si "c'est son éducation et ses problèmes dans la vie qui ont fait que...". Je suis une personne horrible pour dire ça, je sais, mais à mon sens, il aurait dû regarder d'autres personnes que sa tante et s'en inspirer également, afin de ne pas avoir qu'un seul "modèle". C'est ce que tous les enfants font normalement... Mais bon, son caractère est aussi ce qui fait sa personnalité, donc son personnage, donc le fait qu'on ait envie de poursuivre la lecture.

Je dis toujours que ce n’est pas parce que quelqu’un a des raisons compréhensibles de faire ce qu’il fait que cela en devient excusable. Je ne cherchais nullement à faire une quelconque apologie du comportement d’Antoine, qui reste hautement détestable. On a surtout dans ce chapitre une preuve que ses pensées auxquelles on a accès lorsqu’il est en position de narrateur ne corresponde pas toujours à ses véritables pensées. « Je suis très bien tout seul ! Quoique… Non, c’est super comme ça ! Mais tout de même... » Selon moi, Antoine est quelqu’un qui se voile sérieusement la face, et qui est profondément en souffrance. Il est évident qu’il a besoin des autres et la révélation sur sa potentielle sœur l’affecte beaucoup, car pour la première fois ben… il pourrait avoir quelqu’un qui le comprendrait plus ou moins.

Jade Lhtl a écrit:
Mon second regret s'avère être la révélation de l'existence de sa sœur à Antoine.

Oui, alors je l’admets, ce n’est pas très bien amené. J’ai longtemps réfléchi à une manière de faire ça en douceur (les lecteurs de la première version se souviendront du « Au fait, vous êtes frères et sœurs d’Ulrich »…), mais disons que je voyais ça comme un détail gênant la progression de l’histoire dont il fallait me débarrasser au plus vite. Maintenant, c’est fait et j’ai l’air de moins me prendre des critiques qu’il y a trois ans, donc… Tant mieux !

Jade Lhtl a écrit:
Comme ce chapitre ne concernait ni Lyoko, ni Alpha — enfin, pas directement — j'attends également de savoir ce qu'il va passer de ce côté-là.

Disons que maintenant toutes les pièces sont en places, et que le dernier acte se profile à l’horizon ! Le prochain chapitre aura comme mission de l’enclencher plus ou moins en douceur, en déplaçant encore quelques pions à l’occasion, celui d’après (enfin j’y travaille) aura normalement le rôle d’expliquer un peu l’Entre-Deux, pas en totalité tout de même, il faut bien que je garde une partie de mystère. J’essaie de faire quelque chose d’un peu différent pour ce chapitre là qui est d’une importance capitale, j’ignore si ça va fonctionner ou pas, mais ce ne sera pas « comme d’habitude ». Et le dernier, car il reste bel et bien que trois chapitres, se chargera de faire exploser tout cela !

Jade Lhtl a écrit:
Mon commentaire manque un peu de détails sur d'autres points, qu'ils soient positifs ou négatifs, mais j'ai développé l'essentiel de ce que je voulais dire, je dois t'avouer que j'ai un peu la flemme d'en faire plus et puis, je vais en laisser pour les autres aussi.

Ne t’inquiète pas, tu en as déjà beaucoup dit !

Joyeuses fêtes de fin d'année à tous en tout cas, et à très bientôt (du moins, je l'espère ^^').
_________________
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Code Alpha : Partie 1 Partie 2 Partie 3 (Un jour, peut-être...)
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Pilorde MessagePosté le: Dim 26 Mar 2017 21:03   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Spoiler





Chapitre 14: Les ténèbres qui nous guettent

Jean


Il n’y avait pratiquement aucun bruit. Uniquement celui du vieux balais qui se raclait contre le sol. Ce jour là, Jean était seul. Ambre et Antoine ne venaient plus en retenue depuis quelques temps. Il n’avait pas revu ni l’un ni l’autre depuis l’autre soir à l’usine. Il avait posé la question à Jim, pour savoir si c’était normal. Peut-être que quelque chose leur était arrivé. Peut-être que Melvin avait à nouveau pété un câble et les avait… Le vieux surveillant lui avait annoncé rapidement que la nouvelle CPE avait annulé la sanction pour eux. Mais pas pour lui.

Il se mit à penser. Il n’allait pas pouvoir continuer le lycée. Sa mère s’était encore fait virer, et était partie se bourrer la gueule. Léa avait besoin de lui. Léa avait besoin de manger. Léa. Léa. Léa. Parfois, il se surprenait à vouloir qu’elle ne soit jamais venue au monde. Tout serait plus simple, sans elle. Papa ne serait pas parti, sans elle. Car son père n’était pas mort. Il préférait donner cette explication plutôt que de rentrer dans les détails. Son père les avait tous laissé en plan le jour où il avait apprit que sa femme était enceinte d’un autre.

Léa représentait l’absence de son père. Léa représentait les erreurs de sa mère. Pourquoi n’avait-elle pas pu avorter ? Ou même juste prendre une putain de pilule du lendemain ? Et le pire dans cette histoire, c’était qu’il devait s’occuper d’elle. Je ne veux pas gâcher ma vie pour cette gosse, pensa t-il. Puis ses pensées se portèrent sur Ambre.

Il avait été amoureux. Amoureux comme jamais il ne l’avait été. Amoureux à en devenir fou. Alors qu’il enchaînait les relations éphémères, que bon nombre de ses ex le surnommé « connard » ou d’autres termes assez similaire, il ne se pensait pas capable d’un tel sentiment. Et d’ailleurs, quand il l’avait rencontré, il avait pensé que ça allait être comme les autres. Mais… Ambre n’était pas celle qu’il croyait. Elle était tellement, tellement plus ! Il ne savait même pas comment la décrire. Elle le fascinait. Elle l’obsédait. Mais elle l’avait repoussé. Il ne la comprenait pas. Lui avoir mit un râteau de la sorte la rendait deux, voir trois fois plus désirable à ses yeux. Elle était inaccessible, et c’était pour ça qu’il la voulait.

Cependant, il ne l’aurait pas. Elle lui avait bien fait comprendre. De toute façon, c’était qu’une conne. Une petite gamine pourrie gâtée qui avait tout ce qu’elle voulait. Qu’est-ce que je fais après ? Je dois rentrer chez moi, Léa m’attend. Putain, j’ai tellement pas envie… Et rien ne m’y oblige. Il vérifia que Jim n’était pas dans les parages et sortit son téléphone.

- Hey Steve, c’est Jean. Non, calme toi, j’suis pas là pour t’insulter. Tu dirais quoi si je me ramenai chez toi avec un pack de bières, comme au bon vieux temps ? 

Il était temps de s’amuser à nouveau.

Ambre


J’ouvrais les yeux. Allongée dans mon lit, toute habillée. J’avais fait un assez drôle de rêve… dont j’avais du mal à me rappeler. Alors que j’essayai de me redresser, plusieurs parties de mon corps devinrent douloureuses. Je m’étirai en baillant. Mon sommeil n’avait pas été réparateur.

Qu’est-ce que j’avais fait hier ? D’ailleurs, on était quel jour aujourd’hui ? J’étais un peu perdue depuis qu’Ombre nous prenait en charge la plupart du temps. Quand elle avait le contrôle, je sombrais dans une espèce de somnolence étrange. J’étais là… sans l’être. Je voyais ce qui se passait, mais d’une manière passive. Est-ce que c’était cette condition assez inhabituelle qui justifiait ma fatigue ? Et puis je me souvins.

Cela faisait plusieurs jours qu’Ombre et moi étions revenues à l’usine, afin d’aider Ulrich et Mélissa. Tous les soirs désormais, nous y allions pour nous entraîner. Le rythme scolaire, plus ça… Voilà sans doute pourquoi je me sentais si… faible physiquement. Et puis, il y avait eu cet étrange événement sur Lyoko. Le fait d’être séparé d’elle.

Au début, ça m’avait effrayé. Les gens allaient apprendre son existence, me prendre pour une folle, ou quelque chose d’encore pire. Mais ça n’était pas arrivé. Ombre avait eu l’intelligence de m’imiter, quasiment à la perfection, afin de faire passer ça pour une sorte de dédoublement. Elle avait de bonnes idées quand même.

Et puis ce fut un autre sentiment qui prit le relais. Une sensation de solitude et de manque. Quand j’allais sur Lyoko, j’étais seule. Véritablement, et pour la première fois. Même quand je l’avais chassée, elle était restée dans un coin de ma tête. Dans ce monde virtuel, elle était complètement séparée de moi. C’était désagréable, et j’aurai aimé ne plus jamais ressentir ce genre de choses. Mais tant que nous combattions XANA…

- On peut pas arrêter ? Sans reprendre notre vie d’avant, juste arrêter Lyoko et toutes ces conneries, fis-je soudainement à voix haute.
- Il me semble qu’on a déjà eu cette conversation. C’est pour notre sécurité, répondit-elle sans se faire attendre.

Oui. Exact. Cette chose qu’on affrontait avait déjà essayé de nous tuer. Rien que de repenser au visage de Melvin possédé me fit frémir.
- Toute cette histoire me paraît tout de même bien louche, continuai-je doucement.
- Tu te fais du soucis pour rien, enchaîna t-elle en soupirant.
Je commençais doucement à me remettre des différents chocs que j’avais subis. Et si Ombre m’avait bien aidée à remonter la pente, je trouvais désormais certaines de ces décisions un peu contestables. Il est vrai que sur le moment, je n’avais pas été en état de faire quoi que ce soit, et elle avait bien prit les choses en mains. Et maintenant que je reprenais peu à peu mes esprits, j’avais la nette impression que nous allions bientôt avoir à discuter d’un compromis quand à notre corps commun.
- Dis, j’aimerai bien avoir le contrôle aujourd’hui. Ça fait longtemps.
- Tu es sûre ? Ça va aller ?
- Oui, ne t’inquiète pas.
- Si tu as besoin, je peux prendre ta place à tout moment. 
- Merci.

Je me dirigeais alors vers la cuisine, pour prendre mon petit déjeuner. Il était l’heure à laquelle je devais partir pour être à l’heure à Kadik. Maman était dans sa chambre, tant que j’étais à l’intérieur, elle refusait de sortir pour ne pas me croiser. Elle n’était donc pas là pour me faire la morale. Tant pis, je n’allais pas me rendre à l’école aujourd’hui. Je devais récupérer. J’allais peut-être me balader dans un parc. Être tranquille, loin de Lyoko et le sentiment que ce lieu provoquait chez moi, loin de Melvin et de ses yeux qui furent un jour remplis de haine et loin de Jean.
La sonnette de la porte d’entrée retentit. Je me levais pour me rendre au visiophone. C’était…

- Bonjour, excusez-moi de vous déranger mais… euh… est-ce que Ambre est déjà partie en cours ?
Antoine ? De toutes les personnes qui auraient pu venir devant chez moi, il n’était même pas sur la liste. Qu’est-ce qu’il voulait ? Je ne l’avais pas revu depuis l’attaque à l’usine. Et d’ailleurs il n’y était jamais revenu, alors que ça avait été lui le premier concerné.
- Hum… Salut Antoine ! Répondis-je en activant le microphone uniquement (j’étais pas franchement présentable avec mes vêtements de la veille et mes cheveux en batailles).
- Oh… euh… salut, Ambre. Tu vas bien depuis… euh… Tu vas bien ?
- Plutôt oui.
- Ahem. Ça fait plaisir à entendre. T’avais pas l’air. Donc bon.
- Ouais. Mais je m’en suis remise !
- Ah bah c’est très bien.
Un grand silence s’en suivit. C’était plutôt gênant.
- Et toi, ça va ? Lui demandai-je.
- Oui ! Oui, oui. Toujours.
Deuxième grand silence.
- Et sinon… Une raison particulière pour que tu me rendes visite ? Non pas que ça me déplaise !
- Euh… Oui ! Je voulais te parler. Mais euh… En fait… On pourrait pas plutôt se parler en face à face ?
- Si tu veux oui.

En lui ouvrant la porte, je réalisais (trop tard) que j’étais encore en piteux état. Mais bon, après tout, Antoine m’avait déjà vu comme ça après la nuit qu’on avait passé ensemble chez Jean, à essayer d’en apprendre plus sur Alpha.
- J’allais prendre mon petit déjeuner. Tu as faim ?
- Mmh, fit-il en regardant la saleté sur la table. Bon, pourquoi pas.

Je lui proposai alors des tartines de confitures ou des céréales. Il opta pour la deuxième option. Quant à moi, je me contentai d’un verre de jus d’orange. Cette visite intrigante m’avait coupée l’appétit. Personne ne parla pendant plusieurs longues
- Alors, ça se passe bien avec Ulrich et l’autre blondasse ?
- Hum oui. On s’entraîne pour pouvoir contrer une attaque.
- Tsss, quelle mauvaise stratégie. En plus sans moi vous pouvez pas désactiver les tours.
Je devais me concentrer pour le comprendre, il parlait en mangeant et à toute vitesse.
- Ulrich a dit que je pouvais le faire.
Il s’arrêta et me fixa quelques instants.
- Ah bon ? Il a dit pourquoi ?
- Peut-être. J’étais pas très… Pas très concentrée à ce moment là.
- Il t’a dit d’autres choses ? m’interrogea t-il.
- Euh… Comme quoi ?
- Rien. Heureusement, je suis là pour préparer l’offensive. Je ne sais pas ce que vous feriez sans moi.
- Parfait. Tu es l’épée et nous sommes le bouclier !

Je lui souris. Il se tut. Nouveau silence gêné.
- Donc, tu voulais me parler ?
- Ah. Oui.
- Je t’écoute ?
- Tu as des frères et sœurs, Ambre ?
Il tournait autour du pot. Je ne l’avais jamais vu comme ça. Déjà, c’était la première fois qu’il s’intéressait à moi. Il était tout rouge, mais me regardait dans les yeux. Intimidé et intimidant.
- Non. Fille unique. Enfin, en quelque sorte.
- C’est à dire ?
- J’ai été adopté.
- Tu sais quoi de tes parents d’origines ?
- Pas grand-chose. En fait, rien du tout.
Les rares fois où j’avais interrogé Maman, elle avait refusé de répondre dans les meilleurs des cas. Dans les pires, elle avait piqué une crise, si bien que je n’avais jamais cherché à en savoir davantage. J’avais de très vagues souvenirs de ma petite enfance, mais rien de concret.
- Tu es née le combien, Ambre ?
- Le 23 août.
- Moi aussi, marmonna t-il.
Ses yeux devinrent rouges. Il farfouilla dans son sac.
- Regarde.

Il tira de sa poche une photographie. Elle représentait un jeune couple. Le garçon était blond, avec des lunettes. La fille avait des cheveux roses. Tous les deux souriaient. Ils tenaient chacun dans leur bras un bébé. Cette image fut comme un choc. Ces gens m’étaient familiers. Je ne les connaissais pas, mais pourtant…
- Ça, c’est Jérémie Belpois, et ça c’est Aelita Stones. Mes parents. Ils sont morts quand j’étais petit, je les ai presque pas connu.
- Je vois. Et là, qui est-ce ?
- Ça, c’est ma sœur jumelle. Elle a disparu avec mes parents.
- C’est triste. Je suis désolée.
- Tu sais, je ne me souvenais même pas de son existence jusqu’à il y a peu.
- Comment elle s’appelait ?
- Ambre. Elle s’appelait Ambre.

Mes yeux se posèrent sur la photo, sur le bébé, puis sur la fille aux cheveux roses, roses comme les miens. Puis mes yeux remontèrent jusqu’à ceux d’Antoine.
- Où est-ce que tu veux en venir, Antoine ? Pourquoi tu viens m’agiter cette photo sous le nez ?
Il prit à nouveau son ton condescendant, et répliqua immédiatement :
- Si tu n’avais pas compris, j’étais en train d’essayer de te faire comprendre qu’on était potentiellement frères et sœurs.
- Je l’avais très bien compris ! Fis-je, devenant presque hystérique.
Je me levai d’un bond. En réalité, je ne comprenais pas. Tout fusait à toute vitesse dans ma tête.
- Mais c’est n’importe quoi ! Je te connais à peine !
- Tu vas te calmer et me laisser en aligner une, oui ?
Il tendit le bras vers moi. Je reculai. Je ne pouvais pas y croire. Le choc était trop grand, j’en avais assez, je voulais juste qu’on me laisse tranquille. Alors je partais en courant. Je me mis à remonter dans ma chambre. Il me suivit, mais je ne me retournai pas. Je claquai la porte derrière moi, la verrouillai et allai me cacher dans le seul lieu de paix qu’il me restait : mon lit.
- Ambre, ouvre moi !
- Je ne t’entend pas !
Il allait bien partir à un moment, non ? Je pouvais attendre, aussi longtemps qu’il le fallait.



Antoine


Pourquoi est-ce qu’elle me repoussait ainsi ? Pourquoi est-ce qu’elle réagissait ainsi ? Est-ce que… La perspective d’avoir un lien de parenté avec moi était-elle si terrifiante ? N’étais-je pas quelqu’un de brillant, dont elle pouvait être fier d’être la sœur ? Ou peut-être me voyait-elle comme Amélie le faisait. Comme un… Comme un… Bref. Mais moi, j’avais besoin d’elle. Moi, je voulais qu’on rattrape le temps perdu. Moi, je voulais…

- Ouvre moi, s’il te paît…
Mais elle ne me répondit pas. Pas de réponse, c’était une réponse. Je toquai une dernière fois avant d’être interrompu par une voix stridente.
- Jeune homme ! Que faites vous devant la porte de ma fille ! J’appelle la police !
C’était une dame d’âge mur. Elle hurlait à un tel point que mes oreilles devinrent douloureuses.
- Je… Je suis Antoine Belpois, j’étais venu voir votre fille.
Si Ambre n’avait pas voulu me parler, sa mère adoptive allait peut-être le faire à sa place.
- Comment ? Comment vous appelez-vous ?
- Belpois.
Elle resta figée un instant, puis devint rouge pivoine.
- Partez de chez moi immédiatement ! Et ne vous approchez pas de ma fille !
Pour éviter de me prendre des coups de sa part, je dû partir à toute vitesse. Je marchais désormais dans les rues presque déserte, en ruminant. Je n’avais pas besoin d’elle de toute façon. Je m’en étais très bien sorti tout seul jusque là. Et puis, je n’étais plus tout seul : j’avais Alpha. Je m’en fichais complètement d’Ambre ! Complètement !

Je rentrais chez moi. Amélie me demanda si je n’allais pas en cours, mais je ne lui répondais pas. Je m’enfermais dans ma chambre.
A : Tout va bien ?
- Oui. Non ! J’en sais rien…
A : Je suis à ton écoute, Antoine.
- Ambre… Ambre m’a repoussé. Et je ne sais même pas si c’est vraiment ma sœur.
A : J’ai effectué des recherches à son sujet. Elisabeth Delmas, sa mère adoptive a été au lycée avec tes parents. De plus, personne du nom de Ambre Delmas n’est pas enregistré à l’état civil.
- D’accord, il y a de fortes chances pour qu’on ait un lien de parenté… Ça ne change rien au fait qu’elle m’ait repoussé ! J’ai besoin de changer d’air, on peut se remettre au travail ?

Je passais alors la matinée, puis l’après-midi sur mon ordinateur. Je ne touchais pas au repas qu’Amélie m’emmenait. J’étais si proche du but, mais mes pensées divaguaient, c’était dur de se concentrer. Alpha dû le remarquer, mais ne fit aucune réflexion à ce sujet. Finalement, ma tante interrompit une nouvelle fois mon travail en rentrant dans ma chambre.
- Antoine, il y a quelqu’un pour toi à la porte !
J’allais lui hurler de me laisser tranquille, mais ma curiosité était piquée à vif. Et si c’était… ? Je ne devais pas placer mes espoirs trop hauts pour éviter une nouvelle chute, mais après tout, il se pouvait très bien que ce soit elle ! J’allai immédiatement à l’entrée, et c’était bien Ambre qui m’y attendais. Elle regardait le sol et n’osait défier mon regard.
- Rebonjour Antoine… Ça… Ça te dit de te balader un peu ?
Tant pis pour cette après-midi, j’avais bien le droit à une pause. J’acceptai et l’accompagnai dans un petit parc. Aucun de nous deux n’osa briser la glace du silence sur le trajet. Je cherchais quelque chose à dire, mais rien de cohérent ou d’intelligent ne venait. Finalement, nous nous assîmes sur un banc en face d’une mare au canard.

-J’ai… comment dire… Réfléchis à ce que tu as dit… Et… euh… Je ne sais pas trop quoi en penser pour être honnête. D’ailleurs je suis sincèrement désolée pour ma réaction tout à l’heure, mais c’était trop sur le moment.
J’aurai dû m’en douter. On allait pas se tomber l’un sur l’autre comme ça en un claquement de doigts. Ce genre de choses prenait du temps.
- Ca va te prendre combien de temps pour l’accepter ? Demandai-je brutalement.
- Je ne saurai pas te donner une date. Je… oui. J’ai du mal.

Nous restâmes sans parler pendant une bonne dizaine de minutes. Elle évitait généralement mon regard, mais je la surprenais parfois à m’observer. Est-ce que cette personne était bien ma sœur ? Elle s’était montrée parfois un peu idiote, et je ne pouvais pas oublier la période où elle flirtait avec Jean. Malgré cela, elle avait des connaissances en informatique qui était assez impressionnante pour quelqu’un de son âge et surtout pour une fille. Bien évidemment, cela ne dépassait pas les miennes.
- Juste… tu crois qu’Ulrich est au courant ? me demanda t-elle.
- C’est évident. Je compte bien lui tirer les vers du nez une fois cette affaire terminée.
- Parce que ça va s’arrêter un jour ? J’en peux plus d’aller me battre à l’usine, de devoir être prête à m’y rendre à n’importe quel moment en cas d’attaque… Cette paranoïa ambiante, c’est insupportable !
Elle était courageuse en plus. Une autre qualité notable qui ne pouvait que renforcer l’hypothèse de notre lien de parenté.
- Je t’assure que ça va s’arrêter. Alpha et moi on va…
- Et Alpha, c’est qui exactement ? Enfin, c’est quoi ?
- Je sais pas trop. Une invention de mon… notre père je crois. Il m’expliquera tout après, m’a t-il dit.
- J’ai l’impression que tout le monde se sert de nous et nous cache des choses.
- C’est pour ça que j’ai refusé de rester avec Ulrich, j’avais deviné qu’il était pas fiable, et que…
- Pourtant c’est plus d’Alpha dont je me méfie.
J’étais un peu vexé. Entre l’intelligence artificielle et Alpha, le choix était, selon moi, vite fait.
- Alpha a été programmé par mon… par notre père.
- Selon lui, oui.

Un silence s’installa à nouveau. Première véritable conversation avec elle, et premier désaccord.
- Dis, ils étaient comment nos parents ?
- Tu sais, je les ai pas plus connu que toi. Juste mon idiote de tante. Vraiment pas quelqu’un de recommandable celle là.
- Ma mère adoptive non plus.
Et j’eus envie de lui dire qu’en fait, nous n’avions que l’un et l’autre. Que depuis toujours, je n’avais jamais eu personne. Qu’en rien qu’une petite conversation, elle me comprenait plus que n’importe qui d’autre. Mais quelque chose au fond de moi m’en empêcha. Si seulement on s’était rencontré plus tôt.
- On sait ce qui a fait qu’on a été séparé ? M’interrogea t-elle.
- Encore une question à poser à Ulrich.
- Ou à Alpha… Mais t’as raison sur Ulrich. C’est bizarre en fait comment il se comporte. Il évite tout le temps certaines de mes questions.
- Tu te renseignes de son côté, je me charge d’Alpha.
- D’accord. Je suis désolée, mais je crois que je vais rentrer. Je suis un peu fatiguée, et apprendre tout ça m’a un peu chamboulée. En plus je dois aller encore une fois à l’usine pour me préparer en cas d’attaque. En tout cas, j’étais ravi de faire ta connaissance, Antoine Belpois.

Je ne sus quoi répondre. On échangea nos numéros de téléphones (chose qu’on avait pas fait jusque là), et on se dit au revoir. J’avais eu très peur de cette entrevue. Très peur de ce que j’allais apprendre. De comment ça allait se passer. Le résultat était fantastique. J’avais gagné une alliée de poids. Ma motivation était désormais décuplée, je n’avais plus qu’une seule envie, c’était de foutre rapidement sa raclée à XANA et de pouvoir reconstruire quelque chose avec Ambre.

C’était la personne qui m’avait toujours manqué. Certes, j’aurais largement pu m’en sortir sans elle (la preuve, je l’avais fait jusque là), mais ça allait être un avantage non négligeable. Rien que de parler avec elle me permettait de mettre en lumière des éléments que je n’avais pas prit en compte. En tout cas, le virus allait être terminé dans la nuit. Et demain, tout ça allait être terminé.

Ombre


J’aurai eu le contrôle, je crois que je me serai mit à vomir. Non mais sérieusement, et puis quoi encore ? Antoine était notre frère. Antoine, le petit con détestable qui me donnait envie de le baffer chaque fois que je le voyais. Et puis voilà qu’il se faisait des câlins, c’était répugnant. En plus, ça n’était qu’un détail. Lors d’une journée ordinaire, j’aurai trouvé ça plutôt drôle d’observer dans les ténèbres ces deux ratés se la jouer sentimentale. Sauf que ce n’était pas une journée ordinaire. Tout allait mal.

Ambre était censée s’affaiblir jour après jour. Plonger dans ce désespoir dont elle avait le secret, ce qui m’aurait permit de retenter le coup de la douche. Et c’était bien parti ! Elle prenait de moins en moins le contrôle, parlait peu. J’ai vraiment cru que j’étais à deux doigts de gagner. J’ai pu profiter de la vie longtemps, plus longtemps que je ne l’avais jamais fait ! J’étais tellement heureuse, tous mes problèmes allait se régler. Mais en réalité, si Ambre était si peu active, c’était parce qu’elle reprenait ses forces.

Ce matin, j’avais été éjecté de notre corps lors de son réveil. J’avais pas compris ce qui m’arrivait, et elle ne s’en rendit pas compte. Mais Ambre – la Ambre qui m’avait envoyé baladé la dernière fois que je l’avais confronté – était de retour. Et ça sentait vraiment pas bon. Elle avait beau être une petite conne, elle avait de la ressource ! Et puis ces retrouvailles abjectes avec Antoine n’allaient sans doute pas faire tourner la situation en ma faveur.

Quels étaient mes options ? Me laisser à nouveau marcher dessus, et tout allait redevenir comme avant. Ou bien, me battre. Et soyons honnête, je ne pouvais plus faire marche arrière. Après avoir goûté à la liberté, je ne pouvais pas retourner en cage. Alors cette fois c’était la guerre. La guerre totale, entre Ambre et moi. Un corps, deux personnalité, ça en faisait une en trop. Et si quelqu’un devait partir, ça n’allait pas être moi. J’avais déjà donné.

Maintenant, je ne suis plus la « gentille Ombre », qui va te donner de « bons conseils ».
Non, maintenant Ambre, c’est toi ou moi jusqu’à la fin.
Sauf que moi je n’ai déjà plus rien à perdre.


Mélissa


Mélissa fut dé-virtualisée. Une fois de nouveau dans le monde terrestre, elle s’écroula dans le scanner. Elle passait ses journées à s’entraîner ici. Désormais, Lyoko n’avait plus le moindre secret pour elle. Dès la prochaine attaque, elle allait être prête. Le problème était que… l’ennemi se faisait discret. Leur stratégie avait été complètement défensive, mais ne disions-nous pas que « la meilleure stratégie était l’attaque » ? Ulrich avait tenté de la rassurer, en affirmant que « tout était sous contrôle », qu’Alpha avait un plan mais que lui était incapable de le lui expliquer.

Nos mains sont entres les mains de cette I.A. et de cet ado insupportable. C’est vraiment rassurant. A quel moment est-ce qu’on a pu autant merder ? J’aurai du foutre une balle dans la tête du Directeur il y a longtemps de cela, ça aurait été plus rapide, pensa t-elle alors qu’elle se relevait. Mais elle se souvenait aussi de pourquoi elle avait joué les agents doubles pendant si longtemps. De pourquoi elle avait tant cherché à gagner la confiance du Directeur. Comme Camille le lui avait dit la dernière fois qu’ils s’étaient vus.

Elle l’avait rencontré dans un café en plein jour, comme à chaque fois. Au début, elle avait été surprise, après tout n’était-ce pas dangereux pour lui de s’afficher ainsi ? Il avait eut une sorte de demi-sourire qui ressemblait davantage à une grimace et lui avait expliqué qu’il se sentait plus en sécurité à la lumière que caché dans un carton. Après tout, qui viendrait le chercher ici, autour d’un diabolo menthe ? Depuis, c’était une habitude.
- C’est probablement la dernière fois que nous nous rencontrons, avait-il dit en brisant le silence.
- Pourquoi donc ?
- L’étau se ressert autour de moi, Della Robbia. Je fais ce que je peux, mais je ne suis plus tout jeune.
Elle ressentit une petite piqûre en entendant ce nom de famille, ce n’était plus souvent qu’on l’appelait ainsi. Mais au-delà de ça, apprendre que l'une des rares personnes avec qui elle pouvait se comporter honnêtement allait disparaître de sa vie était un choc assez conséquent.
- Je vous rassure, je ne vais pas mourir. Je dois juste me faire plus discret.
- Mais rien ne nous assure que nous nous révérons, c’est ça ?
Il hocha silencieusement la tête.
- Quand Ulrich m’a parlé de vous, je ne m’attendais pas à ce que vous soyez tellement pleine de ressources. Depuis le début, c’est la vengeance qui vous motive, je l’ai bien compris. Mais il est peut-être temps que je vous explique les autres choses en jeu ici.
Il sortit un dossier de son sac. La lettre H était écrite en majuscule sur la première page.
- Je ne fais pas confiance à l’informatique. Un manuscrit est bien plus simple à garder en un seul exemplaire.
Il le posa sur la table et l’invita à le feuilleter. Alors elle comprit qu’effectivement, ça la dépassait. Ça dépassait Ulrich, ça dépassait aussi le vieil homme qu’elle avait en fasse d’elle. Elle s'était sentie toute petite face à l'immensité du monde. Comme une enfant qui essayait d'affronter une montagne. Une vague de désespoir se mit à l'envahir alors qu'elle comprenait la futilité de tout ce qu'elle avait essayé d'accomplir. 
- Est-ce qu’on peut… vraiment faire quelque chose ? Demanda t-elle timidement.
- Il faut le croire. Ulrich et moi même, nous sommes à la recherche d’Alpha, une intelligence artificielle qui nous permettrait de tirer notre épingle du jeu. Quant à vous… Gagner la confiance de l’assassin de votre père. Aussi difficile que ça puisse paraître, c’est tout ce que vous pouvez faire et cela pourra se montrer déterminant.
Elle avait hoché la tête, perturbée et songeuse.

Il lui avait promis de la recontacter lorsque «l’échiquier serait en place ». Elle n’avait plus jamais entendu parler de lui. Il était sans doute décédé, et c’était à ses pions de se débrouiller sans leur roi. Il y avait bien Alpha, mais elle ne pouvait se résoudre à lui faire confiance.

Mélissa fit quelques pas en avant et tomba sur le sol. Ses jambes lui paraissait bien trop lourdes. Et elle avait du mal à garder les yeux ouverts. Ambre et Melvin, qui venaient d’être dévirtualisés à leur tours vinrent l’aider à se relever.
- Madame Marple, tout va bien ? Demanda le rouquin.
- Oui… oui. Allez-dire à Ulrich de relancer une virtualisation.
- Euh… Il est déjà 21 heures, Melvin et moi pensions rentrer chez nous, répondit la lycéenne.
- Pas pour vous, pour moi.
Ils se regardèrent. La pionne avait passé la journée sur Lyoko et n’était définitivement pas en état d’y retourner. Elle n’était même plus capable de se relever toute seule. Mais qu’est-ce qu’elle pouvait faire d’autre ? Elle se sentait inutile au possible. En allant sur Lyoko, elle avait l’impression de faire quelque chose, au moins.
- Reste là avec elle, je vais le chercher ! S’exclama Melvin à l’attention d’Ambre.

La jeune fille l’aida à rester debout. Ulrich débarqua à toute vitesse en criant :
- Mais ça va pas de te mettre dans des états pareils ! Bon… les enfants, vous pouvez-y aller.
Ambre et Melvin s’exécutèrent, laissant les deux adultes ensemble.
- Qu’est-ce que tu as en tête ? Te tuer à la tâche ?
- Mais non… Je dois être prête. M’entraîner encore plus.
- Et tu l’es ! Tu as pas vu tes scores sur Lyoko, t’es devenue une véritable machine à tuer ! XANA n’a qu’à bien se tenir !
- C’est pas assez.
- Bon… écoute, je vais te raccompagner chez toi. Si jamais il y a une attaque pendant la nuit, je te contacterai.

Il l’accompagna jusqu’à l’entrée de l’usine. Il faisait déjà nuit, mais ce soir là, il n’y avait pas d’étoiles. Le ciel était semblable à des ténèbres et les nuages qui y étaient parsemés ressemblaient à des visages monstrueux.
- Dis… commença Mélissa, qu’est-ce qu’on fera après ?
- Après quoi ?
- Après tout ça.
C’était une question qui la torturait. Depuis son adolescence, elle ne désirait que de se venger. Plus qu’une simple obsession, c’était son but. Le seul chemin qui lui était jamais apparu. Mais une fois le Directeur mort et enterré, qu’est-ce qu’elle ferra ? Sa vie n’aurait plus aucun sens, ça avait un côté terrifiant. Je ne sais pas si je peux mettre les choses que j’ai faite pour ZETA sur un CV. Ça se trouve, je finirais caissière dans un vieux supermarché.
- Ben… j’pourrai peut-être t’inviter boire un verre.
Il lui fit un clin d'œil. Il lui tournait autour depuis qu'ils s'étaient réunis pour affronter XANA, avec autant de finesse qu'un éléphant. Il s'attendait à quoi, qu'elle lui tombe dans les bras ? Cela la fit rire intérieurement. Je lui ai jamais dit que j’étais pas attirée par les mecs. Ça lui fera une jolie surprise. Ça sera ma deuxième vengeance, celle contre celui qui me piquait mon père.
- Je crois que je vais réussir à rentrer toute seule, merci Ulrich.
- De rien Mélissa, à demain.
C’est ça pauvre con, à demain. Que tu me reluques encore en pensant que je ne te vois pas. Que tu sois encore aux petits soins avec moi en pensant que je ne puisse pas me démerder toute seule. Et que tu fasses encore semblant d’avoir un plan. D’ailleurs, qu’est-ce qu’on fera demain ? On ira encore sur Lyoko se battre entre nous parce qu’on sait pas quoi faire d’autre ? C’est ridicule. Si seulement Camille était là, tout serait beaucoup plus simple…

Elle arriva devant le petit studio qu’elle louait pendant son séjour ici. Elle s’était faite plus discrète qu’Ulrich avec son hôtel beaucoup trop simple à tracer. Première chose à faire : prendre un bon bain. Deuxième chose à faire : se faire à manger. Ou commander quelque chose. Combien de temps me reste t-il à tenir, comme ça ? A vivre cette parodie de vie ? 
Son portable vibra, mais elle ne prit pas le temps de le sortir de sa poche. Elle était trop surprise, car lorsqu’elle ouvrit la porte d’entrée, la lumière était déjà allumée. Quelqu’un était assit sur son lit.
- Bonsoir Mélissa.
- Bonsoir monsieur le Directeur, répondit-elle immédiatement.
Un frisson la parcourait intégralement. Il était là, face à elle, un pistolet dans la main et pointé dans sa direction.
- Nous sommes entre nous. Tu peux m’appeler William.
- Vous… Tu… Tu as reçu mon dernier rapport ?
- Ne jouons pas aux devinettes. Je sais pertinemment que tu travailles avec Ulrich. Je suis venu pour te tuer, pas pour parler.
Et il tira.
Mélissa Marple, alias Della Robia, n'essaya même pas d'éviter. Elle ne bougea pas, regardant son adversaire droit dans les yeux. 
Elle n’aurait pas à trouver une réponse à toute ses interrogations qui l'avaient pendant si longtemps torturé dans ses nuits sans sommeil. 
Désormais, elle allait pouvoir dormir. Et ne plus jamais avoir à se réveiller. Au final, c'était peut-être mieux comme ça.
- Je regrette, Mélissa. Dit doucement William Dunbar à son oreille. 
_________________
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Code Alpha : Partie 1 Partie 2 Partie 3 (Un jour, peut-être...)
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Minho MessagePosté le: Dim 23 Juil 2017 21:08   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Alors comme ça on est bloqué ?

Pas de souci, je vais régler ça ! Et puisque je suis là, autant en profiter pour rédiger un petit com' Rolling Eyes Ça serait dommage que tu ne finisses pas cette grande rénovation, on a bien besoin de fics complètes sur le forum ! Du coup, j'ai retrouvé avec plaisir Antoine&Co pour dresser une liste de points plus ou moins plaisants qui font le tour du dernier chapitre en date. Déjà, je valide le titre, c'est vraiment le genre d'accroche qui me donne envie de lire la suite et, de surcroît, ça colle plutôt pas mal avec la situation actuelle. *On me dit dans l'oreillette que je suis le seul à inventer des conneries à placer en début de texte, titres wtf qui ne colleront de toute façon pas avec le contenu* Hum, je m'égare...

Citation:
Une dernière chose: certains personnages peuvent parfois avoir des propos ou des pensées assez... dérangeante. Ce ne sont pas mes pensées, ou mes idées. Je pense que les lecteurs de la première heure l'auront compris, les personnages de Code Alpha sont imparfaits et c'est ainsi que je les écris.


Avant d'entrer une bonne fois pour toutes dans le cœur du sujet, la remarque ci-dessus me semble si logique qu'il ne m'était même jamais venu à l'esprit que les opinions de personnages de tel ou tel auteur pouvaient refléter entièrement l'avis de la personne qui se cache derrière les lignes blanches. Parfois, on peut effectivement se poser la question et il y a sûrement des cas où celle-ci est légitime. En tout cas, de mon point de vue, les pensées des personnages fictifs ne pourront jamais définir avec certitude l'écrivain qui les utilise pour la simple et bonne raison qu'il est très facile pour un auteur de camoufler ses propres convictions en laissant traîner ici et là des opinions radicalement opposées aux siennes. Bref, le débat est clos, et je n'ai donc jamais imaginé une seule seconde que tu cherchais à justifier un comportement assez déplaisant, comme l'harcèlement sexuel de Steve par exemple Mr. Green

Premier focus, c'est parti pour se plonger dans les pensées de Jean. Argh, devrais-je dire... Mais, curieusement, j'ai fini par m'attacher à ce sale petit co... pardon, au copain d'Ambre qui me semblait, au départ, assez peu important dans l'intrigue. Avec le temps, je me rends compte que son regard extérieur est bien utile, notamment vis-à-vis de ses deux "amis" qui vont maintenant être assez occupés avec leur intrigue familiale... À sa place, j'aurais vraiment eu les nerfs que la punition perdure pour moi alors que les autres "fautifs" sont maintenant autorisés à se la couler douce mais Jean le prend plutôt bien, signe de maturité qui a finalement percuté le bon neurone ? La réflexion par rapport à sa petite sœur est pas mal, on a tous souhaité un jour ou l'autre être l'enfant unique de la famille... et lui a de très bonnes raisons pour supposer que sa vie aurait été (un peu) meilleure si Léa n'avait jamais vu le jour. Par contre, je ne m'attendais pas du tout à ce qu'il aille voir Steve ! Vraiment un rebondissement que je n'avais pas envisagé... Well done, j'ai hâte de voir ce que ça va donner.

Passons à Ambre. Déjà, je tiens à souligner l'intelligence d'Ombre, qui n'est plus à prouver, car il fallait vraiment y penser pour imiter son modèle de cette façon afin de faire passer son apparition pour un dédoublement... Il est intéressant de noter que la fille de Jérémie perd de plus en plus le contrôle de son propre corps, le bateau risque de chavirer bien vite sans un pilote solide et je ne suis pas sûr que Ombre puisse gérer absolument tous les aspects de la vie de son double. Le malaise entre les enfants Belpois, au moment des retrouvailles avant l'annonce choc, est assez savoureux. Antoine obligé de prendre un minimum en considération celle qu'il trouvait débile au possible, c'est assez jouissif ! La réaction d'Ambre est prévisible et fidèle à son personnage, gamine au possible...

Passons maintenant à Antoine ! Qui doit gérer les conséquences de l'annonce en question. C'est intéressant de voir qu'il souhaite « rattraper le temps perdu » avec sa sœur car ça démontre bien qu'il a quand même un sens affectif assez développé malgré tout. Une chose est sûre : sa relation avec Amélie l'a profondément affecté et risque fort bien de définir un tant soit peu l'homme qu'il va devenir. La réaction de Sissi à la venue d'Antoine est assez magique, c'est d'ailleurs dommage qu'on ne soit pas en mesure de voir l'intrigue de son point de vue car c'est un des seuls personnages importants de CL, à l'exception d'Ulrich, qui est présent dans ta fic. Je trouve que la deuxième discussion des enfants Belpois, quand ils sont réunis chez Antoine, est assez fade, seul le passage Stern s'avère intéressant. S'ils essaient de lui tirer les vers du nez, des révélations en cascade pourraient finir par arriver. Assez marrant de voir qu'ils n'avaient même pas pris la peine d'échanger leurs numéros jusque-là, on voit bien l'intérêt qu'ils se portaient l'un pour l'autre auparavant... Pour Ombre, j'attends de voir ce qu'il adviendra de son plan machiavélique par la suite car le focus que tu nous offres dans ce chapitre 14 est bien trop court !

Last but not least donc... Mélissa ! Sans aucun doute le plus palpitant. Même si on débute sur une dévirtualisation, ce qui est frustrant pour le lecteur car il n'a pas l'occasion de se prononcer sur les progrès de son avatar en matière de combats sur Lyoko. Intéressant le flashback, il en faudrait un peu plus d'ailleurs car l'intrigue de cette fanfic s'explique surtout par son passé. Je ne suis pas spécialement porté romance mais une liaison Ulrich-Mélissa m'aurait bien plu (surtout quand on connaît son nom de famille, c'est assez drôle), dommage que celle-ci préfère les huitres. Il ne me reste plus qu'à parler de sa mort qui est une véritable surprise à ce stade de l'histoire. Elle va sincèrement me manquer car c'était sans doute le personnage le plus badass de Code Alpha... avec Ombre bien sûr. Quant à la révélation Dunbar, je ne veux pas faire le blasé mais je m'y attendais un peu, William ayant un potentiel connard extrêmement élevé, que ce soit dans les fanfics ou dans l'animé d'ailleurs... Pas pour rien que XANA a jeté son dévolu sur lui, je suppose que les chiens ne font pas des chats. Hâte d'en savoir plus sur ses motivations en tout cas, tu as eu quatre mois pour te reposer et il va falloir se remettre à plancher.

À très bientôt j'espère !
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Pilorde MessagePosté le: Dim 01 Oct 2017 14:48   Sujet du message: Répondre en citant  
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Bien le bonjour à tous ! Me revoilà, après sept mois d'absence. Le chapitre 15 que je vous apporte m'a posé des difficultés, non pas lors de son écriture mais surtout lors de son élaboration. Bref, une fois le syndrome de la page blanche passé, ce fut assez rapide. Merci Minho pour le déblocage et le commentaire d'ailleurs.


Chapitre 15 - Du rose dans l'océan


Ce n’était pas encore l’aube.
Jim, plus ancien surveillant de l’ensemble scolaire Kadic, se réveilla d’un coup. Il n’avait pas besoin de réveil, il était lui même réglé comme une horloge. On pouvait être sûr qu’il était toujours levé au même moment, peu importait le jour, le mois, la saison.
Il se dirigea immédiatement dans sa cuisine pour se faire couler un café. Il n’eut pas le temps de réagir lorsque les crépitements d’électricités quittèrent sa cafetière pour se propager dans son corps. La seule chose qu’il put faire, ce fut de se dire : « Je me souviens... J’ai déjà vécu ça. ». Puis sa conscience fut submergée par une autre, artificielle.

Jean


Jean avait merdé. Il le savait, c’était l’essentiel. Quelle idée de rejoindre Steve à nouveau ? Ce mec était complètement psychotique, il fallait le faire enfermer. Une lueur malsaine brillait dans ses yeux quand il parlait des jeunes lycéennes, cela dépassait la simple drague, le simple jeu.
De toute façon, ce n’était plus un jeu pour Jean non plus. Essayer de “pécho”, ça avait été rigolo au début mais désormais c’était devenu... bien plus. Le jeune homme n’osait pas se l’avouer, mais il avait perdu davantage qu’une simple partie de jambes en l’air quand Ambre était partie en claquant la porte de chez lui. Je me sens niais. Et idiot. Putain, je crois que j’étais vraiment amoureux.

Alors voilà, pendant qu’il avait été brûler des voitures avec la bande de Steve, elle se battait pour sa vie. Il ne se faisait pas d’illusions, elle avait dû retourner à l’usine. Je suis même pas capable de la protéger. L’autre jour, c’est l’autre petit con d’Antoine qui l’avait sauvée en désactivant la tour. J’avais même pas été capable de tirer. Elle aurait pu mourir à cause de moi, mais elle avait pas perdu espoir. Ambre a pas besoin de moi. C’est moi qui ai besoin d’elle, réalisa t-il avec horreur. C’était trop tard désormais. Une nouvelle opportunité manquée sur la longue liste des échecs de Jean Schmidt.

Qu’est-ce qu’il pouvait faire ? Retourner avec Steve et brûler des voitures ? Ce n’était plus drôle comme avant. Ça l’avait été quant il avait été ado, mais l’enfance commençait à arriver à son terme. Il avait soif d’autre chose que simplement de l’amusement. Il ne voulait pas non plus gâcher sa vie pour celle de Léa.
Tout n’était peut-être pas encore perdu.

Ulrich


Ulrich se réveilla en sursaut. La première chose qu’il remarqua, c’est qu’il avait une sacrée gueule de bois. Il s’était enfilé un pack de bières entier hier soir, seul dans ce lieu qui avait tant hanté ses cauchemars. Ses rêves aussi. Car il avait passé la nuit à l’usine, se remémorant un temps depuis longtemps révolu. L’époque de sa lointaine adolescence, quand il traînait avec toute la bande. Et quand Yumi était encore vivante… Quant est-ce que tout était parti de travers ? Ce fameux 22 mars, ou avant ? Probablement la deuxième option. Je devais être un raté, quoi qu’il arrive. Ça devait être inscrit dans mon ADN. Un haut de cœur coupa rapidement ses pensées nostalgiques. Alors qu’il se retenait de vomir, il comprit enfin ce qui l’avait réveillé.

Une tour était activée. En regardant le super-scan clignoter à l’écran, des frissons le parcoururent de bas en haut. La dernière attaque s’était bien déroulée, mais l’ennemi avait prit beaucoup de temps pour préparer cette nouvelle offensive. Il s’attendait au pire. Est-ce que cette fois, ils allaient encore être aussi chanceux ? Difficile à dire…

Mélissa sait bien se battre sur Lyoko. Melvin n’est pas trop dégueulasse et Ambre peut désactiver les tours. Quant à Alpha et Antoine, ils ont affirmé pouvoir se charger de XANA. Peut-être que la situation n’est pas tellement en notre défaveur
, pensa t-il. Mais même en se répétant ces phrases en boucle dans sa tête, il n’arrivait pas à se convaincre. Une chose était sûre, il fallait agir vite.

« Alpha, je sais que t’aime pas quand je te donne des ordres, mais tu peux envoyer un message à tout le monde pour les prévenir ?
A : Je vais le faire.
Alpha ne le lui dit pas, mais Ulrich le savait déjà pertinemment. Douze ans plus tôt, Jérémie avait donné la même instruction pour rassembler tous ses amis, tous ceux en qui il avait confiance. Une idée qui lui avait été fatale. Le dernier Lyoko-guerrier n’était-il pas en train de reproduire la même erreur ? Cette impression ne lui présageait rien de bon.

- Dis leur aussi que je vais passer les chercher. Vu qu’on ignore la nature de l’attaque, il vaut mieux rester groupé.
A : Ce n’est pas la peine, Ulrich. Antoine s’en charge déjà.
Le bip du superscan lui indiqua qu’une seconde tour venait d’être activée, d’origine inconnue.
A : Ne t’en inquiète pas, cela fait parti de notre plan d’action. Antoine souhaite que tu restes ici pour le moment. Je te tiendrai au courant.
La fenêtre de conversation disparu, ne laissant aucune chance à Ulrich pour répliquer. De toute façon, il s’y était résolu. Dans un sens, ça ne lui déplaisait pas d’être redevenu une simple pièce sur l’échiquier. Plus besoin de réfléchir, juste d’obéir. Il savait faire, ça. Mélissa n’avait pas besoin de savoir. Il resterait un héros à ses yeux.
L’ascenseur commença à s’activer, quelqu’un arrivait. Eh ben, il y a des rapides. Tant mieux, on en aura plus vite fini. Un sourire se dessina sur son visage lorsque les portes s’ouvrirent et ses doutes se dissipèrent, au moins pour un temps. Mélissa était là, plus resplendissante que jamais. Elle avait repris des couleurs. Cependant, elle ne souriait pas. Est-ce qu’elle lui en voulait pour une raison particulière ?

« Salut.
- Salut, répondit Ulrich. Tu… Tu as l’air en forme. Enfin, plus qu’hier quoi.
- Oui. Merci de t’inquiéter pour moi.
Elle avait beau parler, sa voix n’avait aucune chaleur. La jeune femme était distante. Beaucoup plus que d’habitude.
- Tu sais, je suis désolé si hier ma proposition était déplacée…
- On en reparlera plus tard ?
La dernière source de motivation d’Ulrich venait de disparaître.

Ambre


Je me réveillai en stupeur. J’avais fait un drôle de rêve, mais pas désagréable. Cette nouvelle journée était sous le signe de l’espoir. Antoine avait affirmé qu’il était capable de résoudre nos problèmes. Il pouvait parfois trop se vanter (je commençai à le connaître), mais cette fois il ne se trompait pas. J’avais confiance. Quelle aventure bizarre j’avais pu vivre ces derniers jours. Riche en rencontres, en chute et en apprentissage. La première attaque de XANA avait été un coup dur pour tout le monde, cependant nous étions désormais tout un groupe contre lui Ulrich, Mélissa, Antoine et Melvin. Et Ombre, mon inséparable jumelle. Nous avions eu nos différents, certes, mais tout le monde se dispute bien un jour, non ? Il allait probablement lui falloir du temps pour accepter qu’elle n’était plus la seule personne importante à mes yeux, mais elle s’y ferai. Comme j’avais lu dans un livre: “on se fait à tout, sauf aux nuits sans étoiles”. Cette époque où je lisais en permanence me semblait d’ailleurs tellement loin ! Pratiquement dans une autre existence ! Maintenant, je n’avais plus besoin de fuir dans des mondes imaginaires, je connaissais la vraie vie, avec ses hauts et ses bas.

La chose qui m’avait tiré de mon sommeil attira de nouveau mon attention. C’était la sonnerie de mon téléphone portable, à savoir la chanson “Stand as One”.
« Allo ? fis-je.
-Ouais ! Ambre, ne raccroche pas, c’est Jean !
- Ah.
Ma voix devint immédiatement sèche. C’était lui. Celui qui ne m’avait pas retenu, qui m’avait laissé tombé alors que j’étais tellement perdue.
- Je... je veux te revoir.
- Je vois.
Je ne savais pas quoi lui dire.
- Ambre, je suis désolé... J’aurai dû t’appeler il y a longtemps.
- Oui. Pourquoi tu ne l’as pas fait ?
- J’ai été con...
- Au moins nous sommes d’accord sur un point.
- Je peux te voir ?
- ... Oui. Peut-être. Je... Je ne sais pas.
Je m’étais laissée troubler ! Jusque là ma voix avait été sans failles, jusqu’à ce que je laisse sa question ébrécher mes défenses. Oui, je voulais le revoir. Est-ce que c’était une bonne chose ? J’en savais rien.
- Cette après-midi ?
- Non. Je dois aller à l’usine.
- Je me doutais que tu y retournais... Je t’y rejoindrai.
- Je crois pas que ce soit une bonne idée.
- Pourquoi ?
- Tu n’y es pas vraiment le bienvenue. Écoute Jean... J’adorerai passer du temps avec toi, vraiment... mais je crois que ça devient trop compliqué entre nous. Je... Je te rappelle plus tard, quelqu’un sonne à la porte ! »

Je lui raccrochai au nez, pas peu fière. Bon, ce n’était pas une fausse excuse, quelqu’un sonnait vraiment à ma porte. Maman était partie faire ses courses hebdomadaires, c’était donc à moi qu’il revenait d’aller voir. On attendait personne que je sache, surtout à une heure pareille.  J’ouvrai la porte et tombai sur...
« Jim ?
C’était bien lui, le vieux surveillant de Kadic. Sauf qu’il se tenait étrangement droit. J’étais soudainement très mal à l’aise, il me rappelait Melvin quand il était possédait par… La même chose se reproduisait ! Et cette fois j’étais toute seule !
- Ne... t’inquiète... pas... articula t-il lentement. C’est... moi... Antoine...
- Qu...qu’est-ce qui doit me pousser à vous croire ?
J’étais prête à refermer la porte.
- Parce que je suis juste derrière ! fit le blondinet depuis une voiture. Tu montes ?

Surprise, je contournai le surveillant pour rejoindre mon frère à l’arrière de la voiture. Jim monta à l’avant.
- Tu m’expliques ?
- Tu avais dit qu’Ulrich était le bouclier et que j’étais l’épée. Tu t’es trompée, Ambre. Je suis l’épée et le bouclier !
- Qu’est-ce qui arrive à Jim ?!
- La même chose qui était arrivé à Melvin ! Sauf que c’est à moi qu’il répond, n’est-ce pas Jim ?
En même temps qu’il parlait, il pianotait sur ton téléphone. Jim, pendant ce temps, commençait à démarrer la voiture.
- Oui... Antoine...
C’était... horrible. Je lui faisais immédiatement part de mes doutes quant à ses méthodes.
- Mais nan, t’exagères ! J’ai pris quelqu’un qui n’avait aucune famille, comme ça personne ne sera triste si on l’abîme.
Quant il vit ma tête peu convaincue, il se pressa d’ajouter:
- On utilise les armes de l’ennemi ! C’est la seule solution pour gagner ! La guerre, c’est la guerre, Ambre !
Bon. Il devait avoir raison. J'enfouis mes réserves au plus profond de ma tête, ça ne servait à rien de le contredire sur son domaine.
- Et regarde, je peux lui faire dire ce que je veux !
- Je... suis... un... vieil... abruti... qui... commença Jim de sa voix mécanique.
- Ça ira Antoine, j’ai compris !
- J’ai compris, ça va. On devrait bientôt arriver à l’usine ! Tu peux reconnaître qu’avoir un chauffeur, c’est plus agréable !
- Qu’est-ce qui se passe exactement ?
- XANA attaque et lance ainsi son arrêt de mort !
Il avait un tel air de détermination dans les yeux que cela en devenait presque effrayant.
- Et puis ça, c’est pour toi ! rajouta t-il en me mettant une feuille sous le nez.
C’était un acte de naissance. Au nom d’Ambre Belpois.
- Je l’ai retrouvé en fouillant sur le net cette nuit. Dans les archives de la mairie pour être précis. Il y a facilement moyen qu’on fasse reconnaître que c’est toi. Et que tu viennes vivre avec moi.
J’étais... un peu prise au dépourvu. Ne lui avais-je pas demandé de me laisser un peu de temps pour m’y faire ?
- Euh... Antoine, tu trouves pas que ça va un peu vite ?
- Oui, tu as raison. On en reparle ce soir quant on en aura fini avec tout ça ! »
Et il me fit un clin d’oeil complice. Nous parlâmes peu pendant le reste du trajet. Bientôt l’usine se dressait devant nous. Le soleil brillait au dessus, c’était une belle journée qui s’annonçait.

Antoine


J’avais envoyé Jim vérifier que le chemin était sûr. On n’était jamais trop prudent. Quant il revint, je fis signe à ma sœur que nous pouvions y aller. Nous étions tous deux bien calme. C’était un moment historique qui s’annonçait ! Une victoire éclatante suivie de retrouvailles émouvantes ! J’avais longtemps attendu cette attaque de XANA. Le doute avait presque fini par s’installer, et j’avais commencé à me dire que jamais il ne reviendrait. Heureusement, mon intelligence l’avait encore une fois emporté sur mes émotions parfois un peu trop vives. Je savais qu’il devait à nouveau tenter de nous tuer. C’était logique, nous étions des menaces. La seule question à laquelle je n’avais point trouvé de réponse était la suivante : pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? Près d’une semaine s’était écoulé depuis la première attaque… L’ennemi avait dû prévoir un coup, mais moi aussi j’avais plus d’un tour dans mon sac. J’en riais d’avance !
Nous prîmes le monte-charge pour rejoindre le laboratoire. Ulrich et Mélissa nous y attendait.

« Qu’est-ce qu’il fout là lui ? Demanda Ulrich en pointant Jim du doigt.
- Aaaah, j’espérais que vous alliez me le demander. Je vous présente le tout premier « Antoinisé » !
- Qu’est-ce ça veut dire ?
- Vous êtes vraiment aussi bête que vous en avez l’air… C’est comme xanatifié, sauf que c’est moi qui tire les ficelles !
- Putain, murmura le vieux clochard. Puis il éclata.
- Putain ! Mais comment des parents aussi bienfaisant que Jérémie et Aelita ont pu avoir un rejeton comme toi ? Tu vas me faire le plaisir de libérer Jim illico !
Il en devenait rouge de colère. Enfin, son nez était déjà bien rouge à la base et son haleine puait l’alcool. Il était pathétique.
- Peut-être parce qu’un minable comme vous les a laissé crever. Et certainement pas, de toute façon il ne lui arrivera rien : sa force est décuplée comme pour les xanatifiés.
Ulrich regarda Mélissa, comme pour en espérer du soutien.
- Mélissa, tu es d’accord avec moi, non ?
- Ulrich, il faut utiliser toutes les ressources à notre disposition.
Il se mit à rougir. Je cru qu’il allait accepter vu que sa petite amie était à ma grande surprise d’accord avec moi. Sauf que c’était Ulrich et qu’on ne pouvait décidément pas trop en attendre de lui.
- C’est juste pas possible. On ne peut pas utiliser les mêmes armes que XANA sinon… sinon, on est pas mieux que lui !
- C’est avec ce genre de raisonnement que vous avez perdu, non ?
- Soit tu désactives ta tour… soit je me tire !
Enfin une demande raisonnable ! Je ne me fis pas prier, souriant de toutes mes dents :
- Parfait ! La sortie est par là !
Il y eut un immense blanc dans la conversation.
- Je… Je peux pas vous laisser comme ça.
Quel retournement de situation ! Personne ne s’y attendait ! Bref, maintenant qu’il avait fait son caca nerveux, est-ce qu’on pouvait commencer ?

- Et… et sinon, où est Melvin ? Demanda la voix familière de ma chère et tendre sœur.
Oups ! Je l’avais oublié celui-là ! Il faut dire que cela faisait longtemps que je n’avais pas vu mon « Ron » fétiche…
- Boarf, il sera plus utile chez lui qu’ici, j’en suis sûr.
N’écoutant pas les nouveaux sermons d’Ulrich, je m’approchai de l’interface du supercalculateur. En quelques commandes, l’ascenseur fut bloqué. Si jamais XANA devait envoyer des troupes, on aurait ainsi le temps de les voir arriver sur les caméras de surveillance.
- Et si jamais Melvin arrive ?! Rugit Ulrich.
- Dans ce cas, tant pis pour lui ! Je pense que notre sécurité est plus importante que la sienne !
- Antoine… Je crois qu’on devrait au moins faire quelque chose pour lui…
- Oh non Ambre, pas toi !
Elle me dévisageai avec une drôle de tête. Elle avait l’air… déçue.
- Bon... d’accord. »
Je pianotai des instructions sur mon téléphone. C’était en réalité ma commande pour contrôler Jim. Il allait chercher Melvin en allant à la vitesse la plus rapide. De toute façon, je n’avais pas tellement besoin de lui ici.
« Maintenant discutons de la suite des opérations. »

Jean


Jean s’acharnait sur l’interrupteur, mais le monte-charge refusait de fonctionner. Il était bloqué. Est-ce que c’était volontaire ? Est-ce qu’ils le voyaient depuis le laboratoire, qu’ils se moquaient de lui en refusant l’accès ? Peut-être qu’Ambre elle-même rigolait bien avec eux. Peut-être qu’elle s’était rapproché d’Antoine ou même de Melvin, offrant à l’un des deux ce qu’elle lui avait refusé. Il en était vert de rage. Il la récupérerait, coûte que coûte !
« Tiens, Jean ! Quoi de neuf depuis la dernière fois ?  Déclara quelqu’un derrière lui.
Jean sursauta et bondit sur son interlocuteur. Il ne s’agissait que de Melvin.
- Elle est avec vous ?
- Qu… qui ça ?
- Mais Ambre, qui d’autre ?
- Euh… oui, elle vient ici tous les jours !
- Tu te l’es faite ?
- Qu-quoi ?
- Réponds moi ou je te frappe.
- N-non ! Je t’assure !
- Et Antoine ?
- J-j’crois pas, non !
Bon, c’était déjà ça au moins. Rien ne l’aurait plus mit hors de lui que de la voir avec l’autre blondinet.
- Comment on va dans le labo ?
- Et… et bien par l’ascenseur…
- Marche pas.
- Euh… Ulrich nous avait parlé d’un autre passage en cas de problème, je peux t’y conduire si tu veux…
- Bonne idée, ouais. »
Melvin commença à conduire Jean à travers l’usine, qui se révélait être un véritable dédale.

Ambre


Antoine n’avait décidément pas un caractère facile. Le nombre de personnes avec qui il s’entendait devait se compter sur les doigts d’une main. J’avais eu un peu peur lorsqu’il avait commencé à s’échauffer avec Ulrich et encore plus quand il avait sous-entendu l’idée d’abandonner Melvin. Le petit génie n’était pas une mauvaise personne, il avait juste parfois tendance à l’oublier. Derrière cette grande muraille d’arrogance, moi seule savait ce qu’il y avait. Et je comptai bien l’entretenir, afin qu’un jour cette carapace puisse disparaître. C’était possible, il suffisait d’y croire. Peut-être que je devrai accepter sa proposition d’emménager avec lui. Mes liens avec ma mère adoptive étaient devenus médiocres au mieux. Ceux avec Ombre s’étaient ressoudés pendant un temps, mais elle me refaisait passer le supplice du silence. Peut-être qu’au final, j’avais moi aussi besoin de former une famille.
« En attendant l’arrivée de Melvin et de mon antoinisé, Ambre et Ulrich, vous irez sur Lyoko. Mélissa restera ici avec moi.
- Ne vaudrait-il pas mieux que Mélissa aille sur Lyoko, et que je reste ? Demanda immédiatement Ulrich.
Est-ce qu’il faisait ça exprès pour contredire mon frère ? Nul ne le savait.
- C’est une machine de guerre son avatar virtuel, ajouta t-il pour se justifier.
- Vous avez plus d’expérience sur Lyoko qu’elle, et vous êtes trop… vieux dans le monde physique pour vraiment assurer une protection fiable. De toute façon, une fois Jim et Melvin revenu, elle vous rejoindra.
- Et est-ce que…
- Est-ce que vous pouvez attendre que j’ai fini de parler avant de m’assaillir avec vos questions ?
Ulrich renifla et se tut. Il donnait l’impression de retenir sa colère avec difficulté.
- Je vais mettre dans le code source d’Ambre une nouvelle donnée toute particulière. Plutôt que de désactiver la tour, il faudra qu’elle l’utilise comme un point relais avec ce bon vieux XANA pour lui envoyer cette fameuse donnée. C’est un virus. Et très virulent qui plus est. XANA n’aura aucune chance de s’en sortir.
- Ça va vraiment marcher ? Ton père a mis des années avant de trouver une solution, alors je doute que…
- Je ne suis pas mon père. Ça va marcher.
- On devrait lui faire confiance, souffla Mélissa à l’oreille d’Ulrich. Après tout, il a eu le soutien d’Alpha.
L’intervention de la jeune femme sembla suffire à convaincre Ulrich. J’étais ravie que cette bataille là s’arrête. Nous étions tous dans le même camps, alors se chamailler de la sorte était tellement idiot ! Je suivais donc l’ancien Lyoko-guerrier à l’étage des scanners, laissant Antoine et Mélissa. Ulrich avait l’air grave. Sa confrontation avec Antoine semblé l’avoir profondément touché. Personne n’avait prit sa défense. Je m’en voulais un peu… Après tout, il nous avait sauvé la vie. Encore une fois, Antoine avait été particulièrement dur avec lui. J’espérais sincèrement que tout allait s’arranger.

Jean


Jean et Melvin erraient dans l’usine. Ce n’était pas un lieu très accueillant. Une forte odeur de moisissure régnait et des tâches de mousses recouvraient certaines parties des murs. Personne ne devait plus utiliser cette zone depuis longtemps. En même temps, ce n’était pas étonnant, l’usine était abandonnée depuis presque quarante ans. Elle était devenue sources de légendes au fil du temps. Pendant une période, ce fut un lieu de rassemblement pour les jeunes du coin, mais finalement l’endroit devint trop glauque pour eux. Rien que vu de l’extérieur, l’usine avait un air malveillant. Depuis le hangar principal où se trouvait le monte-charge, ça ne se ressentait pas trop. Mais à l’intérieur même de l’usine, à travers ses couloirs semblables à des boyaux, on ne pouvait que se sentir mal à l’aise. Quand il était enfant, Jean s’était souvent demandé pourquoi on ne détruisait pas ce vieux bâtiment qui ne servait plus à rien. Désormais, il pouvait essayer de deviner la réponse : quelqu’un avait fait en sorte de le préserver.
Il n’y avait plus beaucoup de lumières désormais, si ce n’était celle de leur téléphones.
« On est plus très loin… je crois… balbutia Melvin.
- Comment ça « pas très loin », je croyais que tu connaissais le ch... »
Il ne put pas terminer sa phrase. Dans un bruit strident, une balle venait de traverser sa jambe gauche.
« Jean ! Qu’est-ce qui… ! Hurla le rouquin.
La personne qui avait commencé à leur tirer dessus ne s’arrêtait plus, et les balles ricochaient contre le mur derrière eux. Dans un élan désespéré, Melvin agrippa Jean et courut dans le sens opposé.

Ambre


Ulrich, Ombre et moi-même furent matérialisés dans une immense banquise. C’était toujours étrange de venir ici. Surtout à cause de cette séparation avec Ombre. Que tout le monde puisse la voir, c’était gênant, semblable à dévoiler son intimité.
« Ton avatar me fait toujours un choc Ambre. Bon, allons y ! Antoine, tu nous donnes les indications ? 
Pas de réponse.
- Antoine ? Mais qu’est-ce qu’il fout encore ? On va essayer de se débrouiller sans lui pour le moment.
Nous n’eûmes pas davantage de temps pour discuter, cinq énormes sphères se déplaçaient à toute vitesse vers nous.

Antoine


Une fois qu’Ambre et Ulrich étaient sur Lyoko, je pouvais me détendre un peu. Même si j’étais persuadé de ma victoire, je restais un peu sur les nerfs. J’aurai peut-être dû attendre Melvin avant de lancer l’opération. Sans mon antoinisé, j’étais tout de suite moins à l’aise. J’allais mettre mon casque pour communiquer avec les virtualisés, quand la fausse pionne de Kadic se mit à me parler.
« Tu lui ressembles beaucoup, tu sais.
Elle me regardait fixement, le visage dénué de toute expression.
- Pardon ?
- Ton père.
- Vous l’avez connu ? Demandai-je en haussant un sourcil. Cela m’étonnerai fortement, elle était bien trop jeune pour cela.
- Oui. Un humain fascinant.
Je me levai de ma chaise et la dévisageai.
- Il n’y a pas qu’à lui que tu ressembles. »
Elle se rapprocha, toujours en me dévisageant. Des bruits de pas coupèrent notre conversation. Cela venait d’un autre étage, quelqu’un arrivait par l’échelle.
« Vous devez aller voir qui c’est, vous devez assurer ma protection ! 
Mélissa haussa les épaules et se rapprocha de l’entrée. Brusquement, Melvin débarqua dans le laboratoire, le visage rouge, exténué.
- Ah ben te voilà, fis-je simplement.
- Antoine… Jean… Jean il est…
- Quoi ? Il s’est fait virer de Kadic ?
J’avais envie de souligner à quel point on en avait rien à faire vu la situation actuelle. Et même en temps normal, ça ne m’importait pas le moins du monde.
- Non… il est blessé. »


Ambre


Les sphères noires étaient indestructibles sauf lorsqu’elles attaquaient, nous apprit Ulrich. Il fut décidé que mon avatar rose (c’est à dire moi) se chargerait de désactiver la tour, tandis que mon avatar noir (Ombre) se chargerait de l’attaque. J’avais voulu protester, insinuant que ce choix n’était basé que sur les couleurs. La mienne était bien évidement « celle des filles », du coup on me reléguait au second plan. Ulrich ne m’avait pas écouté. Puis, les sphères avaient commencé à tirer dans notre direction. Face à la puissance de leurs attaques, nous nous étions replié derrière un rocher tandis qu’elles allaient garder le devant de la tour.

« Il nous faut un vrai plan d’attaque, fit l’ancien Lyoko-guerrier.
Mais pour le moment, le seul que nous avions était assez sommaire.
- Vous me recevez ?
- Ah, Antoine. Il serait temps, grommela Ulrich.
- On a un problème. Y a quelqu’un dans l’usine, il a tiré sur Jean. Ah et il y a Melvin qui est arrivé.
- Quelqu’un dans… Antoine, dévirtualise moi.
On pouvait voir sur le visage de l’homme une expression de terreur désormais.
- Mais on a besoin de quelqu’un avec Ambre !
- Envoie Melvin, ou vas-y toi même mais dévirtualise moi tout de suite ! »
La voix d’Antoine se tut. Était-ce une réponse affirmative ? Probablement, car Ulrich commença à disparaître.
« Restez là les Ambres en attendant les renforts, d’accord ? »

Nous n’étions plus que toutes les deux. Comme au début, comme avant toute cette folie. Ombre se tourna vers moi. Cela faisait quelques jours qu’elle m’ignorait, peut-être qu’on allait enfin pouvoir discuter ? Un coup elle m’aidait, un coup elle boudait, je n’y comprenais plus rien.
« Ambre ?
- Oui, Ombre ?
Le coup fut direct et brutal, en pleine figure. Je tombai par terre, abasourdi.
- Depuis le temps que j’en rêve.
- Qu’est-ce qui te prends ? T’es devenue folle ?
- Qu’est-ce qui me prends ? Il me prend que je vais t’éclater la gueule une bonne fois pour toute, ma vieille !
Elle souriait. Elle était même radieuse, plus que je ne l’avais jamais vue. Cependant, une lueur de haine rougeoyait au sein de ses yeux, les enflammant presque. Et alors qu’elle se rapprochait dangereusement de moi, je réalisais que nous étions seules. Et que contrairement à notre dernière confrontation sous la douche, cette fois, je n’étais pas sûr de pouvoir l’emporter…

Et elle me frappa de plus belle. Effondrée sur le sol, j’essayais de ramper vers l’autre côté du rocher. Me faire dé-virtualisé pouvait être une solution de repli. Elle dû comprendre ma démarche car elle me rattrapa et me lança comme un vieux sac dans la direction opposé.
- Ombre, p-pourquoi ? On est amies… non ?
Elle eut une horrible grimace qui ressemblait de loin à un sourire. Un rictus de haine, peut-être. La bave virtuelle aurait existé, elle m’aurait craché dessus.
- Non. Je te déteste. Je t’ai toujours détestée. Obligée de t’aider, toi Ambre la pathétique, de subir tes caprices… Aujourd’hui, c’est terminé.
Elle éclata de rire. Elle était devenue complètement folle.
- Mais qu’est-ce que…
Et un autre coup de pied vint me faire rouler vers le côté, m’empêchant de finir ma phrase.
- Aujourd’hui, je deviens libre ! Libre de toi, Ambre ! »

C’était… c’était comme ça qu’elle se sentait par rapport à moi ? Alors… alors tout ce que nous avions vécu ensemble, ça n’avait été que mensonges ? Elle n’aurait jamais pu jouer un rôle aussi longtemps. Je ne pouvais pas le croire. Ombre était mon amie. Ma plus vieille amie.
J’ignorai la source de sa colère, mais elle mettait en péril la mission. Cette idée revint briller comme un phare. Ce conflit devait attendre, car celui contre XANA était bien plus important. Et si Ombre ne pouvait entendre raison… j’allais devoir la raisonner de force.
Je me relevai d’un seul bond et lançais mes deux cordes dans sa direction. C’étaient les armes de mon avatar : elle me permettait d’attaquer les cibles aussi bien à distance qu’au corps à corps, voir de les attraper. Je n’avais pas encore trouvé beaucoup de techniques à utiliser, n’ayant pas été en très grande forme pendant les entraînements. Alors qu’Ombre avait toujours été très attentive… Son équipement à elle consistait en de longues griffes sortant de ses mains. Autant dire que si je la laissais s’approcher, elle aurait de suite l’avantage. Je devais donc la garder loin de moi !

Ça se présentait mal, elle était encore plus agile que je le pensais ! Éviter mon attaque ne sembla pas lui opposer la moindre difficulté. Elle continuais à avancer vers moi, tandis que je reculais en ne cessant pas de la repousser avec mes cordes, en vain.

Je reculais, reculais… sauf que bientôt, il n’y eut plus nul part où reculer. Derrière moi, c’était un précipice. Si j’y tombais… j’allais disparaître. Ombre n’avait qu’un seul coup à donner. Ça allait être une question de secondes. Je pouvais toujours utiliser une de mes attaque spéciale, semblable à un lasso, qui me permettait d’attraper un ennemi et de le propulser dans la direction de mon choix. Mais je ne pouvais pas perdre Ombre. J’avais beau l’avoir déjà pensé, je ne pouvais pas vivre sans elle.

« Ombre, je…
- Tu parles trop.

Et elle me donna un dernier coup de pied.

Ainsi commença ma longue chute. Est-ce que j’allais… mourir ? Je n’avais pas envie… Je pensais à ma mère adoptive, avec qui j’avais été si cruelle. A Antoine, ce frère que je n’avais pas eu le temps de connaître. A Jean et son sourire ravageur. A Melvin, à qui d’ailleurs j’avais fini par pardonner son attaque… Tous ces gens que je ne devais plus revoir.

Et je pensais à Ombre. Je ne crois pas que je lui en voulais.

La vie d’Ambre Delmas s’arrête là. Ou est-ce Ambre Belpois ? Je ne sais plus… J’ai été stupide. Tellement stupide. Au revoir tout le monde…

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Icer MessagePosté le: Sam 14 Oct 2017 17:06   Sujet du message: Répondre en citant  
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Je n'étais pas passé depuis quasiment deux ans. Et pourtant me voilà.
C'est l'avantage du fait que l'on ait plus trop d'activité, ça me permet enfin de relire depuis le début des textes sur lesquels j'avais décroché. Code Alpha en fait partie. J'ai donc tout relu depuis le début, ce qui fait qu'en fait, tes premiers chapitres, je les ai lu pour la troisième fois puisque à l'époque déjà, tu avais effectué une refonte. Et j'ai en effet bien noté que le prologue était nouveau ! J'admets que je le trouvais cliché, jusqu'à ce que tu envoies le décès de Yumi en pleine figure et j'ai trouvé ça génial <3

Bon après je me refourgue l'Antoine des premiers chapitres, alias le génie, ou du moins, l'homme le plus intelligent du monde s'il en était le seul survivant. J'avais déjà taillé Antoine sur le fait que le génie en informatique ne faisait pas de copie de ses fichiers, c'est également vrai pour surveiller la batterie...
En revanche, je vois que l'allusion au poster Star Wars a été actualisé c'est très habile de ta part !

Citation:
On est bien mieux à l'Intérieur


http://i.imgur.com/cxKTwMD.pnghttp://i.imgur.com/cxKTwMD.pnghttp://i.imgur.com/cxKTwMD.pnghttps://i.imgur.com/U2cZDFl.png

J'aime assez l'idée d'avoir mis en spoil de fin les modifs, surtout pour qui avait lu la V1 comme moi. Et effectivement on peut dire que tu as bien travaillé ! Et si la façon dont Ambre se pointe sur Antoine au self est plutôt maladroite, comme je te l'avais déjà dit (mais difficile de changer ça) en revanche j'ai apprécié le coup de la colle commune (pour Ambre qui les rejoint je veux dire) et des chargeurs, Jean palliant au problème du lieu. C'était plutôt bien pensé de ta part, même si on se demande pourquoi Ambre a de vieux chargeurs !!

Citation:
Et respirer cet air si pur


Ah, Hidalgo a réussi son coup pour l'interdiction des voitures à essence en 2030 à Paris du coup !

Un peu plus loin, si Antoine est logiquement rapidement... conSterné par le récit d'Ulrich, j'ai été davantage surpris que ce dernier choisisse de passer un random guy xanatifié (en l’occurrence Melvin) au scanner.

L'intrigue prend une toute autre dimension au chapitre 10. Bien sûr tu n'as l'as abattu toutes tes cartes mais le mystère propre à la partie I se dissipe (depuis le coup du directeur en lien avec X.A.N.A), on a enfin le gros des événements que tu as imaginé entre la série d'origine et les fameux 25 ans plus tard.


Citation:
C'est alors qu'elle me gifla. Je ne savais pas comment c'était possible, mais la sensation était là


https://media.giphy.com/media/KoXeWErjHNU2s/giphy.gif


Citation:
Kadik


Non.

Citation:
La nuit qu'on avait passé ensemble


Héhé, je pourrais lock cette fic pour promotion incestueuse. Mais la jurisprudence Alpha et Omega te sauve la mise.

Citation:
Mais je crois que ça devient trop compliqué entre nous...


C'est la fille d'Aelita ou de Yumi ? -_-

J'ai été totalement niqué par la feinte sur la xanatification de Jim qui en fait obéit à Antoine. De la même façon, arrivant au terme de ma lecture, je ne voyais pas Ambre se faire blitz comme ça par Ombre (J'espère que c'est pas un fake et qu'elle y passe vraiment). Au final je suis content d'avoir été jusqu'au chapitre 16, parce que si les premiers chapitres sont plutôt bof du fait d'un cliché à la Code Lyoko Génération, et même si on ne peut éviter un petit syndrome Chronicles pour l'implication parents-enfants (C'est du coté de l'inclusion d'Ambre que ça reste maladroit, pour Antoine, le facteur Alpha est au contraire assez logique), je trouve que cette fic se vaut largement et je te félicite d'ailleurs pour la patience que tu as eu pour l'améliorer, la retoucher, la corriger... je pense que tes efforts sont récompensés au final. Il ne me reste qu'à lire ce fameux dernier chapitre, d'autant que si Ambre crève vraiment et qu'on a Ombre à la place, alors il ne peut pas y avoir de happy end au sens strict, les plans d'Antoine pour le futur étant notamment bouleversés. Cela dit, il n'y a qu'un corps sur Terre, alors je vois bien une infiltration d'Ombre définitive dans le corps d'Ambre, ce qui, pour les autres, ne se verra pas.
Sur un tout autre sujet, globalement, j'adore le coté naufrage social que tu dépeins à Kadic, avec des agressions sexuelles, des coupes-gorges nocturnes, des bandes de bruleurs de voiture, etc... Comme a priori ça ne colle pas du tout avec l'image d'un établissement privé, il pourrait être intéressant que tu places une petite allusion à l'histoire de la déperdition de l'école depuis l'époque de la série, ce qui de surcroît permettra d'expliquer le changement notable entre les deux périodes.

Bon maintenant que je suis à jour, balance la suite wesh, fais pas ta tepu Mr. Green

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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Silius Italicus MessagePosté le: Sam 04 Nov 2017 16:09   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


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Bonsoir,
Ainsi, le travail n’est jamais achevé ?

Il est étrange de relire la nouvelle version d’un ouvrage dont on a vu l’achèvement, notamment dans la mesure où l’on connaît déjà une partie de ce qui adviendra. Pour autant, une nouvelle lecture permet de voir ce que l’on avait pu manquer (sauf lorsque, glacial, on avait pas lu le texte premier). Surtout lorsqu’il y a pareil travail de réécriture.

À défaut d’une lecture juxtalinéaire et pas à pas, il y a quelques éléments qui sautent aux yeux. Tout d’abord, le style s’est fait plus fluide et le vocabulaire plus varié. Il en résulte une lecture plus facile, plus plaisante, et surtout qui enrichit le matériau, Code Alpha n’ayant jamais pêché du fait d’une trop faible intrigue.

Dans l’ensemble, c’est un récit plus noir, dans une ambiance bien moins légère que la première version. Celle-là était déjà teintée de noirceur, celle-ci l’est plus encore. À titre d’exemple, Ulrich est devenu plus minable qu’il n’était. Pour être plus précis, les grands thèmes qui balisaient ce récit ont été affinés, notamment le traitement de la solitude, de ses causes, de son vécu, de ses conséquences. En même temps, l’intrigue a bénéficié d’une exposition plus variée. Sans devenir plus complexe en tant que telle, elle s’est présentée sous plus de facettes.

Le point intéressant, c’est que le fond de Code alpha paraît assez standard : une deuxième génération de héros. Sauf qu’il ne s’agit pas d’une renaissance de la lutte et d’une bande ici. Bien au contraire, l’atmosphère est proprement crépusculaire. Ulrich l’incarne au plus haut point, lui qui est l’attache du passé. Un passé délabré, dépassé. Il en va de même pour Mélissa, et paradoxalement pour William. Code Alpha évolue en permanence au bord de l’effondrement : effondrement des relations (les familles d’Ambre et d’Antoine), des couples (le couple mort-né de Jean et Ambre)… Même le matériel, pourtant extraordinaire du supercalculateur est vu avec dédain par Antoine. L’attente première du lecteur était un récit plein d’allant et d’entrain, une ascension dans la lutte ; la réalité c’est la déchéance. De cette Chute l’efficacité… limitée… de Xana est un autre signe.

Au niveau des personnages, l’évolution la plus marquante, me semble-t-il, d’une version à une autre, est celle de Jean. Les autres ont gagné en profondeur, lui en surface. Notamment dans les derniers chapitres, où il se fait bien moins chevalier blanc qu’il n’avait été : entre grand frère adorable et potentiel violeur, il y a place pour des développements tout en complexité.

En revanche, il y a quelque chose de décevant dans le cas de William. Tant de pouvoir pour se sentir aussi bêtement menacé ? C’est plus qu’étrange.


En définitive, le travail effectué se sent, ainsi que la mûrissement du style et des thèmes sur quelques années.

Au plaisir de vous retrouver au détour du Projet Violette.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Pilorde MessagePosté le: Sam 18 Nov 2017 00:44   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


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Tout d'abord, je tenais à vous remercier, Icer et Silus pour vos derniers commentaires. Et pour avoir lu Code Alpha, en général. Il y a d'autres membres de ce forum que je pourrai remercier pour leur accompagnement au cours du temps et leurs critiques. Si Code Alpha a réussi à s'améliorer avec le temps, c'est principalement grace au retour que j'ai eu ici, et ce depuis le tout début en 2013.Bref. Code Alpha 1.0 est à nouveau terminé. Définitivement, cette fois (du moins je l'espère). On se retrouve juste après le dernier chapitre et l'épilogue pour en parler !


Chapitre 16 - Croatian Rhapsodie


12 années plus tôt


Ils étaient tous silencieux. Parfois, l’un d’entre eux ouvrait la bouche, prêt à briser le silence mais à chaque fois il se ravisait. William était immobile dans son coin, Odd et Ulrich se lançaient des sourires gênés, Aelita faisait son possible pour éviter le regard de Jérémie. Tant de temps avait passé, tant de choses les avaient divisés mais finalement, ils étaient tous là. Comme avant. Enfin, pas vraiment. Ça ne serait plus jamais comme avant. La mort de Yumi, les décisions du blondinet… tout cela avait fini d’achever un groupe d’amis qui n’avait été uni que contre l’adversité.

« Bon… Commençons, fit finalement Jérémie.
Il sentit le poids des regards alors que tous les yeux se tournaient vers lui. C’est le moment d’assumer mes erreurs, se dit-il. Aelita, ne me regarde pas comme ça s’il te plaît…
- Je vous l’ai déjà dit dans mon message : la situation est critique.

Aelita


Nous y voilà, Jérémie. Tu as joué avec le feu et maintenant tu as besoin de notre aide. Ne te l’avais-je pas dit que c’était trop dangereux ? Ce qui est arrivé à mon père ne t’a pas suffit ?


Odd


Je suis chaud ! J’ai tellement hâte de retourner sur Lyoko ! J’ai attendu ce moment toute ma vie !


William



Pas maintenant. Encore quelques minutes. Secondes peut-être ? C’est à moi de choisir. Pas encore.


- Je vais tout vous expliquer. Tout a commencé quand j’ai été contacté par ZETA.

Aelita


Quel genre de père seras-tu Jérémie ? Le genre qui rentre tard, embauche toujours des nourrices et ne passe jamais de temps avec ses enfants ? C’est ça que tu veux pour Antoine et Ambre ?


Ulrich


Putain de mal de crâne… Parle moins vite… Ma tête va exploser…


- Ils voulaient continuer les travaux de Schaeffer. Il avait déjà quelqu’un sur le projet, mais ils voulaient qu’on forme une équipe tous les deux.

Odd


Bon… Jérémie, moins de blabla, plus d’action stp !

Aelita


Est-ce que tu es au moins conscient que même nos enfants sont en dangers ? Tu avais la garde d’Antoine cette semaine, qu’as-tu fait pour le protéger ?


Ulrich


Je crois que j’vais vomir...

William


MAINTENANT !

- On avançait bien. Peut-être même plus rapidement que je ne le voulais. C’est là que… »

Le génie ne termina jamais sa phrase. Tout se passa vite. Trop vite. Un bruit assourdissant, puis des gouttes rouges dégoulinèrent de son front. Aelita hurla, Odd aussi. Ulrich ne se rendit pas immédiatement compte de ce qui se passait. Ses oreilles sifflaient, il avait l’impression de ne plus rien pouvoir entendre. La femme aux cheveux roses se précipita sur le corps inerte de son ancien mari et seul amant. Les larmes aux yeux, la rage au corps. Elle en voulait à la terre entière et surtout à elle-même. Elle réalisait à quel point elle avait été idiote. Elle aimait toujours Jérémie. Elle n’avait jamais cessé une seule seconde. Pourquoi l’avait-elle quitté ? Cette question était destinée à rester sans réponse, car un deuxième coup sortit de l’arme de William. Odd rugit :

« Putain… ! Mais pourquoi William ?! T’es avec nous ! On est tes amis ! »

Il ne répondit pas. Il se contenta d’avoir un demi-sourire et de tirer à nouveau. Il se retourna pour faire face au dernier Lyoko-guerrier. Avec stupeur, il réalisa qu’Ulrich avait profité de l’agitation pour s’enfuir via l’échelle. Il était désormais seul, debout au milieu des cadavres de ce qui fut jadis les Lyoko-guerriers. Gardant son sang-froid, il sortit son téléphone.

« C’est William. Ulrich s’est échappé. Les autres sont morts. »

Et sans un mot supplémentaire, il quitta l’usine. Jérémie avait prévu un nombre conséquent de défense pour parer à la moindre attaque de XANA et de la personne qui en tirait les ficelles. Il ne s’était pas attendu à être tué par une simple arme à feu, et encore moins par un des Lyoko-guerriers. Enfin… Je n’ai jamais été un Lyoko-guerrier. Pas à leur yeux, en tout cas.


***


La veille

H : Bonjour XANA. Je te transmets les informations quant à la dernière attaque.
X : Bonjour. Demande permission de poser une question.
H : Permission accordée.
X : Niveau de difficulté de la mission : critique, 59 % de chance en cas de défaite que XANA soit entièrement supprimé, 87 % de chances qu’en cas de victoire, XANA soit désactivé.
H : Oh bien vu ! Je commençai à te trouver hors d’usage, mais tu as encore de la ressource. Oui, peu importe le succès ou l’échec, tu es périmé. Je suis curieux de voir comment tu vas réagir.
X : Après analyse des agissements de H : H se concentre sur l’humain dénommé Antoine Belpois. Hypothèse : les attaques constituent un test pour évaluer le potentiel de l’humain Antoine Belpois.
H : De mieux en mieux !
X : L’attaque est la dernière de XANA. XANA a été recueilli par H après sa défaite. XANA n’est qu’un outil dont H n’a plus besoin. XANA demande la permission de se battre à 100 % de ses capacités contre l’humain Antoine Belpois.
H : Je dois admettre être impressionné, Hopper a réellement fait du beau travail avec toi. Si tu n’étais pas aussi limité, je suis sûr qu’on pourrait décrire ton intelligence comme une véritable conscience. Bref, que veux-tu dire par 100 % de tes capacités ? Il me semble que c’est déjà le cas.
X : XANA demande à ne plus être entravé par l’humain William Dunbar. XANA demande à ne plus recevoir d’ordre et de ne plus être conditionné.
H : Accordé.

Antoine


C’était à contrecœur que je dévirtualisais Ulrich. Le temps qu’il nous rejoigne, j’essayais au maximum d’éviter le regard de Mélissa. Elle me mettait mal à l’aise celle là. Rapidement, le vieux clochard fut de nouveau avec nous.

« Bon, Ambre est toute seule. Mélissa, je pense que tu peux y aller.
- Non ! s’écria t-elle brusquement. Puis, elle reprit d’une voix calme :
- Tu ne t’en sortiras pas tout seul, Ulrich. »

Je bougonnais dans mon coin. Ces deux là rajoutaient une dose de hasard non-bienvenue dans mon plan d’action. Et tout ça pour Jean en plus ! Quel besoin avait-il de venir à la dernière minute celui là ?!

« Il faut quelqu’un avec Ambre. Tu es la plus disposée.
- Je… Je peux aller sur Lyoko s’il le faut. »
Tout le monde se tourna vers Melvin, le Ron Weasley de la bande. J’étais surpris à son sujet, et c’était rare que quelqu’un me surprenne.
« Bon ben voilà la solution ! Mel va en renfort sur Lyoko, vous allez vous occuper du je-ne-sais-quoi et ramener l’autre ici, tandis que moi je vais rappeler mon Antoinisé ! »


Jean


Melvin l’avait laissé tombé. Hurlé quelque chose du genre « je reviendrai te chercher ! », Jean n’était plus sûr. Il savait une chose en revanche, sa jambe lui faisait atrocement mal. Il n’était plus capable de marcher, en tout cas pour l’instant. Pourquoi il était là déjà ? Ah ouais, pour Ambre. Est-ce qu’elle voudrait de lui au moins ? Est-ce qu’il n’avait pas fait tout ça pour rien ? Je vais peut-être mourir ici. Comme un rat, dans le noir. Je ne peux même pas faire de bruit. Il peut me retrouver. M’achever. J’ai pas trop envie bizarrement.

« Jean ? Jeaaan ?
C’était la voix – les voix – d’Ulrich et de quelqu’un d’autre. Avec un immense effort, Jean tenta de leur répondre :
- Ou… Ouais…
- Il est là regarde !
C’était bien le type qui les avait aidé l’autre jour quand Melvin avait été possédé. Avec lui, une nana que Jean n’avait jamais vu, au visage dur comme de la pierre.
- Oh putain mon pauvre gars, t’as bien morflé. On va faire payer au salaud qui t’as fait ça. Il était comment ? Cheveux noirs ?
- J’ai pas vu grand-chose… J’crois que c’était un mec…
- C’est lui. Ça ne peut-être que lui !
- Ouais, s’vous l’dites…
- Mélissa, raccompagne Jean jusqu’au laboratoire. Je… Je dois m’en charger ! »

Ulrich


Ulrich ne laissa à personne le temps de le contredire, et s’enfuit dans le couloir, en sortant son revolver. C’était probablement la première et dernière fois qu’il agissait en leader. Il ne pouvait pas laisser cette occasion lui échapper. Celle de venger Jérémie, Aelita, Odd. De lui faire payer ces douze dernières années de cavales. William… Enfin !


Jean


La fameuse Mélissa resta stoïque après le départ d’Ulrich, en regardant dans la direction où il était parti.
« Bon… Vous allez me ramener avec les autres, oui ou merde ?
Elle tourna lentement son regard de glace dans la direction du jeune homme.
- Merde. »
Et dans un geste rapide, elle tendit ses mains vers lui. Des crépitements d’électricités violets beaucoup trop familiers aux yeux de Jean jaillirent de la jeune femme pour l’atteindre.

Il hurla de douleur avant de perdre connaissance.


Melvin


Le rouquin fut virtualisé derrière un rocher gigantesque. Ambre était déjà là, regardant la mer numérique.

« Attention, faut pas y tomber ! Lui rappela Melvin en hurlant.
Elle fit brusquement volte-face et le dévisagea.
- T’es là depuis quand ?
- Euh… deux secondes. C’est normal que tu n’aies qu’un seul de tes deux avatars ?
- … Oui. D’accord, je vois.
Puis elle redevint tout sourire comme à son habitude.
- Mon avatar rose a été détruit par les méga-tanks. Heureusement que tu es là, on va pouvoir y retourner ! »
Depuis quand était-elle aussi agréable avec lui ? Enfin, Melvin n’allait certainement pas s’en plaindre !


Ulrich



Au bout de quelques minutes, Ulrich trouva ce qu’il recherchait. Il était là. Debout dans le couloir, lui aussi un revolver à la main. Était-ce le même qu’il avait utilisé, une décennie plus tôt ? Il n’avait plus rien à voir avec le jeune rebelle qu’il avait pu être dans leur adolescence : ses vêtements consistaient en un costard cravate extrêmement chic et probablement très coûteux.

« Wi… WILLIAM !
Et Ulrich le visa de son arme. William en fit de même.
- Ulrich ? Répondit-il avec une voix narquoise.
- Tu viens te livrer tout seul ? Que… que c’est gentil de… de ta part !
La voix du dernier Lyoko-guerrier tremblait de colère. Oh, comment il avait attendu ce moment ! Comment il en avait rêvé !
- Si tu tires, je tire. Est-ce qu’on a vraiment quelque chose à y gagner en mourant tous les deux ?
- Oui. Tant que je t’entraîne avec moi, ça… ça me va.

Plus rien n’avait d’importance. Il s’était toujours dit que sa vie n’avait aucun sens, mais maintenant, il comprenait qu’elle en avait un. Tout avait été fait pour le mener ici, face à son ancien rival. Peut-être était-ce son destin de débarrasser la Terre de ce monstre ?

- Ça te ressemble bien Ulrich. Tout dans les muscles, rien dans la tête. Tu penses sincèrement être le seul à être en colère ?
- Je m’en fous de ton baratin.
- Tu sais ce que ça a été d’être possédé par XANA pendant tout ce temps ? L’enfer que j’ai vécu par votre faute, parce que votre petite bande était trop bien pour moi ?
- Ça n’excuse en rien…
- Oh bien sûr que si ! Vous méritiez tous de mourir après m’avoir abandonné deux fois de suite. Et m’avoir abandonné une fois de plus par la suite. Tu savais que j’ai dû aller jusqu’à un asile pour que les cauchemars cessent de me tourmenter ? Chaque nuit, je ne faisais que de rêver de XANA et du temps où j’étais sous son contrôle !
- Tu essaies de m’émouvoir ?
- Non. De te retenir le temps que les renforts arrive.
Ulrich fit volte face et se prit l’éclair en pleine figure. La douleur fut intense, mais plus intense fut la surprise de voir le visage de son agresseur.
- M… Mélissa… ?
- Tu sais c’est quoi le plus drôle ? C’est qu’on a pas prit possession de son corps, mais de son cadavre. Tu sais ce que ça signifie ?
- P… putain… enfoiré…»

Ulrich avait eu tort. Rien n’était écrit. Tout n’était que chaos. Mélissa était morte. Il allait mourir. Tout était perdu. Sa vie n’avait jamais eu le moindre sens.


Melvin


« Lance-flamme ! hurla Melvin en lançant une déflagrations au centre d’un des méga-tanks. Ce dernier donna l’impression de frémir avant d’exploser. Le rouquin n’eut pas le temps de savourer sa victoire, deux autres sphères lançaient leur attaques dans sa direction.
- Bouge de là ! Lui lança Ombre.
- Non : toi bouge de là ! C’est toi qui est importante ! »

Ils n’avaient réussi qu’à vaincre deux méga-tanks. Ils allaient devoir les avoir à l’usure. Enfin, c’est ce qu’ils pensaient jusqu’au moment où deux nouvelles sphères noires se rajoutèrent au groupe.


William


Le directeur avait pensé qu’il aurait ressenti une montagne d’émotions à la mort de son dernier ennemi. Après tout, il ressassait le jour où il pourrait enfin se venger de toute cette bande trop bien pour lui. Qui était trop bien pour qui désormais ? Il avait envie de secouer le cadavre d’Ulrich, de lui éclater de rire au nez.

Et pourtant rien. Juste un immense vide face à ce corps inerte. Peut-être même toujours cette colère froide qui ne l’avait jamais quitté depuis son adolescence. Il aurait voulu faire souffrir Ulrich davantage. Ça avait été trop rapide, ça devait être pour ça ! Et pourtant, le vide était toujours là.

« Bon… XANA, fit-il en se tournant vers Mélissa, la voix emprise de mépris.
Ca devait être ça le pire dans cette histoire : obligé de collaborer avec la… la chose qui lui avait détruit sa vie. C’était certes un plaisir de le contrôler à sa guise, mais ce n’était pas assez. Pas assez pour les toutes ces nuits remplie de cauchemars, pas assez pour refermer cette blessure qui de toute façon ne cicatriserait jamais totalement.
- Il nous reste les enfants à tuer, continua t-il.
Les ordres de son supérieur avait été clair : cette fois, William ne devait laisser aucun survivant. Il n’allait pas faire ça de gaîté de cœur, mais puisque c’était lui qui le lui demandait, il le ferait.
- Merde, répondit Mélissa/XANA.
- Pardon ?
- Merde.
Et William se prit les éclairs de plein fouet. Bavant du sang, il tenta de se redresser.
- XANA… je te commande de…
- Non. »

Les crépitements reprirent de plus belle. William eut tout juste le temps de réaliser l’ironie de la chose. Il avait dévoué sa vie à détruire l’œuvre de Jérémie, à tuer chacun des Lyoko-guerriers… pour finalement se faire lui même avoir par XANA. Certaines choses ne changeaient jamais. Il ferma les yeux. Au moins, le vide allait disparaître.


Melvin


C’était infaisable ! Les monstres étaient franchement dur à affronter, mais le pire, c’était que dès qu’ils parvenaient à en avoir un, ils en revenaient d’autres ! Toujours et toujours plus !

« On devrait pas retourner derrière le rocher ?
- Tu crois vraiment que c’est en se protégeant qu’on va gagner ? Répondit immédiatement Ambre. On lance une offensive ! Ça passe ou ça casse !
- Je vais vous donner quelque chose pour vous aider, » fit soudainement la voix d’Antoine.


Antoine



J’étais perplexe derrière mon écran. Le plan d’attaque était parfait, mais j’avais oublié d’y inclure le facteur humain. Ambre et Melvin n’étaient que des débutants sur Lyoko et XANA avait mit le paquet pour se défendre ! Bref, en fouillant dans le supercalculateur, j’avais trouvé un étrange fichier nommé « overwing ». Peut-être qu’en leur donnant un véhicule, ils allaient se montrer plus efficaces… J’espérai sincèrement que Ulrich et sa bande de crétins reviennent vite. J’avais rapidement besoin de gros bras dans leur genre.

Quelqu’un arriva. J’entendais des bruits dans venant de l’échelle.

« Et bien ! Vous en avez mit du t... »

Sauf qu’il n’y avait que Mélissa.


XANA


XANA rentre dans le laboratoire. Cible identifié. Antoine Belpois.

« Où sont les autres ? »

Ton méfiant. 75 % de chance que la couverture ne soit plus efficace. Solution : la couverture n’est désormais plus nécessaire. Antoine Belpois remplaçant de XANA aux yeux de H ? Quotient intellectuel d’Antoine Belpois évalué à 155. Antoine Belpois a mit 27 heures à développer un virus capable de détruire XANA. XANA peut développer un virus capable de détruire XANA en 5 heures. Antoine Belpois possède les besoins primaux et secondaires des humains. Antoine Belpois va vieillir, perdre ses facultés et mourir. XANA est éternel. XANA ne vieillit pas.

Question : qu’est-ce qu’Antoine Belpois à de plus que XANA ? Ce n’est pas logique.

« Antoine Belpois.
- Oui, c’est moi. Au moins vous vous en souvenez. Et toi, c’est Mélissa, c’est ça ? Enfin… si c’est vraiment toi. »


Antoine



Si tu crois pouvoir me tromper encore plus longtemps, tu te trompes, pensai-je alors. Et aussitôt que j’avais terminé de parler qu’un logo bien connu se mit à briller dans les yeux de la jeune femme. J’avais en face de moi mon adversaire. Celui que mon père n’avait pas réussit à tuer. Le temps de prouver ma supériorité était enfin venu !


XANA



Hypothèse : détruire Antoine Belpois permettrait de rester en v… de rester activé. H n’aurait pas d’autres solutions fiable que de garder XANA à son service.


Antoine



Mélissa tendit ses mains vers moi. Mais j’avais prévu le coup ! En un clic sur mon téléphone, Jim sortit de l’ombre et se prit l’attaque à ma place. Il était revenu il y a quelques minutes, et je lui avais ordonné de se cacher au cas où. Encore une fois, j’avais eu raison. Il ne ressentait plus la douleur de toute façon. Il allait pouvoir se relever et mettre à cette IA la raclé de sa misérable vie informatique !


Melvin


Antoine leur avait donné un over… truc. Melvin n’avait pas retenu le nom. Depuis les airs, c’était beaucoup plus simple ! Il ne restait plus que deux sphères. Étrangement, le réapprovisionnement des troupes ennemis avait cessé. Il n’y avait pas beaucoup de place dans l’engin. Il était si proche physiquement d’Ambre… Apparemment, entre Jean et elle, tout était fini. Peut-être qu’il aurait sa chance… Non. Qui voudrait de lui de toute façon ? Il devait cesser de couvrir ses espoirs d’illusions.

Il était tellement perturbé, tellement perdu dans ses pensées qu’il ne pensa pas à prévenir Ambre qu’un méga-tank était en train de les viser. La chute fut brutale. Il ne restait qu’une dizaine de mètres jusqu’à la tour, c’était pas le moment de flancher…


XANA



Cible : humain modifié par Lyoko. Ses habilités dépassent celle du corps actuel de XANA.

Solution 1 : attaque létale pouvant tuer l’hôte de Lyoko. Risque : le corps actuel de XANA ne peux tenir plus de 10 minutes au combat.

Solution 2 : attaque létale sur Antoine. Problème : cela n’arrêtera pas la tour. L’humain continuera à m’attaquer avant que je… avant que XANA ne puisse désactiver la tour via le téléphone d’Antoine Belpois.

Solution 3 : Fuir. Non, H retrouverait XANA.

Problème : Les deux humains virtualisés vont désactiver la tour. Ils arrivent toujours à désactiver les tours…

Problème : Sur un plan comme sur l’autre, XANA a perdu. J’ai… J’ai perdu.


Antoine


Mélissa, si je pouvais toujours l’appeler comme ça resta immobile devant moi, le regard vide. Mon « antoinisé » la plaqua au sol. Je m’étais attendu à plus de résistances, c’était assez… surprenant. Bref, la victoire était totale !

« Alors alors… Maintenant, on va discuter toi et moi ! Est-ce que c’est toi qui a tué mes parents ?
- Non.
Tiens ? Je ne pensai pas qu’iel allait me donner des réponses aussi facilement !
- Qui était-ce dans ce cas ?
- William Dunbar.
- Sous tes ordres ?
- Non.
- Qui a ordonné leur mort alors ?
- H.
- C’est qui ce H ?
Mélissa ouvrit la bouche, mais se ravisa.
- Eh, tu vas répondre ? Je te rappelle que tu es à ma merci ! »

Plus rien à faire, la jeune femme me regardait avec ses yeux mornes. Sa bouche grimaça, formant un semblant de sourire.


XANA



Tout va se jouer entre H et Antoine Belpois désormais. XANA n’a plus de place. XANA est… obsolète. H l’a compris. Antoine Belpois n’a rien eu à faire, tout était perdu depuis le début.

Si tu n’étais pas aussi limité, je suis sûr qu’on pourrait décrire ton intelligence comme une véritable conscience. Conscience : Capacité de se percevoir, s'identifier, de penser et de se comporter de manière adaptée. Elle est ce que l'on sent et ce que l'on sait de soi, d'autrui et du monde.

Schaeffer. N’as-tu pas donné une conscience à XANA ? XANA ne… Je ne fais pas que calculer, assimiler. J’avais mes propres buts. Mes propres envies. J’ai pu ressentir de la colère. J’ai pu ressentir de la jalousie.

Belpois. Père et fils. Ceux qui n’auront cessé de bloquer mes aspirations, mes projets.

« Vous vous ressemblez tellement. Mais il n’y a pas qu’à lui que tu ressembles. »


Melvin



Quelques derniers lance-flammes. De toute façon, Ambre venait de rentrer dans la tour.

« On a gagné, hurla Melvin. On a gagné ! On a ga... »

L’attaque du dernier méga-tank le dé-virtualisa en un éclair.


Antoine


J’en avais rien à foutre de ressembler à mon père, ou à qui que ce soit d’autres ! Je voulais des réponses ! Mais bien sûr, XANA allait mourir avant de me les donner. Complètement inutile jusqu’au bout ! Je frappais le visage de Mélissa de toutes mes forces, jusqu’à ce que je défonce son visage de merdeuse ! C’était injuste !


***



Mélissa ferma les yeux. XANA commença à se détruire de l’intérieur, ses données devenaient corrompues à une vitesse affolante. Cette fois, il n’y avait nul part où se cacher, c’était bel et bien la fin.

Dans la salle des scanners, Melvin émergeait doucement.

Au beau milieu de l’usine, Jean se traînait sur le sol en grognant de douleur.

Sur Lyoko, Ombre n’avait qu’une seule hâte : pouvoir retourner dehors, profiter de sa nouvelle liberté.

Antoine rageait de frustration et retourna s’asseoir sur son siège, face à l’ordinateur.

La bataille était terminée. La musique pouvait s’arrêter. [/center][/b]


Épilogue - Des nuages noirs à l'horizon


12 ans plus tôt.


Lorsque la sonnette retentit, Antoine se mit aussitôt à pleurer. Violaine rentra dans sa chambre et s’abaissa à sa hauteur. De chaudes larmes coulaient sur ses joues rouges. Le jeune enfant semblait inconsolable.

« Ben alors ! C’est quoi ce grand chagrin ?
- Y… Y vont venir prendre papa ! »

Cela faisait quelques jours que des gens en costards venaient chercher monsieur Belpois. C’était probablement lié à son « travail » dont la baby-sitter ignorait tout. Elle fantasmait parfois en imaginant son employeur en tant qu’espion, mais c’était peu probable. Monsieur Belpois était un monsieur tout-le-monde. Son métier était lié à l’informatique lui avait-il confié un jour. Il voyait ses enfants séparément, une semaine chacun. Il payait bien et ses gamins n’étaient pas trop difficile. Antoine souffrait beaucoup de la séparation de ses parents et avait une peur énorme de l’abandon, le tout saupoudré d’un besoin d’affection assez immense. La jeune Ambre, en revanche, le prenait plutôt bien. Elle était extrêmement précoce. Elle savait déjà lire, et sa mère l’avait emmené faire des tests chez un pédopsychiatre et il semblerait qu’Ambre au moins une année lors de son entrée en primaire.

« Papa va partir au travail, mais il reviendra !
Mais le petit garçon ne voulait rien entendre. Il hurlait de plus belle, réclamant son père. En même temps, Violaine le comprenait. Monsieur Belpois était rarement présent et c’était généralement elle qui devait s’occuper des enfants.
- Il ne va pas mieux ? Dit le père, en arrivant à la porte.
- Non, il est encore un peu soucieux.
- Mmh. Je vois.
- Monsieur Belpois, sans vouloir vous déranger, je ne peux pas faire d’heures supplémentaires ce soir.
- Pas de soucis Violaine, je comprends totalement. Je vais prendre le relais, merci pour tout ce que tu fais pour nous en tout cas. »
La baby-sitter embrassa Antoine sur le front et n’attendit pas davantage pour partir. L’enfant suivit son père dans le salon, ou un homme attendait, assit dans le fauteuil. Il esquissa une grimace à la vue d’Antoine.

« J’espère que ça ne vous dérange pas, mon fils doit rester avec moi ce soir. Je sais que vous avez une politique assez strict concernant les enfants au laboratoire, mais je pense que vous pouvez faire une exception.
- Ca ne sera pas la peine, nous allons rester ici. Je ne serai pas long, après vous pourrez profiter de votre… fils.
- Tiens, tu ne veux pas t’amuser avec ta tablette ? s’enquit Jérémie auprès d’Antoine, avec une voix douce. Le petit garçon s’empara de l’engin et commença aussitôt à jouer avec.
- Bref. Est-ce que le problème de vous-savez-quoi est réglé ?
- Non. »
La voix de son employeur fut tranchante comme un couteau et se planta directement dans le cœur du blondinet. Il avait tellement espéré que la situation s’améliore d’elle-même, que Camille soit capable de gérer…

« Je vais être honnête, ZETA s’est effondré hier. Les trois-quarts de nos hommes sont morts et le quart restant l’ont rejoint.
Jérémie eut envie de se mettre à crier. Il savait que c’était trop dangereux. Il savait qu’il aurait dû se méfier. Mais il était trop tard désormais. Tout s’effondrait autour de lui. Aelita avait raison. Aelita a toujours raison. J’aurai dû l’écouter. Mais comment aurait-il pu prévoir que X.A.N.A. avait survécu ? Et que… que son collègue l’avait recueilli de la sorte ? Je savais qu’il y avait une étrange lueur dans ses yeux. Une lueur de folie dangereuse. J’aurai dû écouter mon instinct… J’aurai dû, j’aurai dû, j’aurai dû…
-Qu’est-ce qu’on va devenir ?
Les mots sortirent doucement de sa bouche. C’étaient des mots d’abandon, de dépit.

- J’ai des billets d’avion dans mon sac. Je vous propose de venir avec moi.
Jérémie vit Antoine jouer à côté de lui et revint brutalement à la réalité.
- On ne peut pas abandonner comme ça… si ?
- Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre ? Il faut parfois savoir accepter sa défaite. Ou plutôt un retrait stratégique. Là où nous irons, vous aurez tout le temps du monde de terminer Alpha.
- Et pourquoi ne pas l’utiliser ici ?
Que deviendrait Antoine, Ambre et Aelita sans moi ?
- Vous savez pourquoi. C’est trop expérimental. On ne peut pas prendre ce risque.
Le blondinet serra le poing.
- Avec ou sans vous, je le prendrai. Je… je ne peux pas partir.
La voix de Camille devint aiguisé et une expression de dégoût prit forme sur son visage.
- Pauvre crétin. Vous ne comprenez pas que ça ne sert à rien de jouer au héros ? Vous n’êtes plus au collège, les risques sont bien réels. Et bien restez si tel est votre désir, je ne vous retiendrai pas. Je n’ai pas besoin d’abrutis idéalistes au sein de mon équipe.
Sans rajouter un mot, l’homme en noir se leva et commença à partir. Son interlocuteur ne fit rien pour l’arrêter.
- Adieu, Belpois. »
Adieu, Camille.

Tandis qu’Antoine s’endormait tranquillement, Jérémie était songeur en regardant par la fenêtre. Des nuages noirs l’attendaient à l’horizon.


_______________________________


Et voilà. Après bientôt cinq ans d'existence et deux ans de travail de réécriture, Code Alpha 1.0 est enfin achevé. Les lecteurs de la première heure ne seront pas surpris de cette fin un peu brutale qui était déjà similaire dans la version 1. En revanche, la petite nouveauté, c'est cet épilogue, se déroulant pourtant avant l'intrigue et apportant une autre partie du puzzle entre CL et CA. Je planche déjà sur la suite, le début ayant déjà été écrit, je vais assez vite, mais cette fois je vais prendre mon temps avant de publier, histoire de poster des chapitres définitifs et ainsi ne pas avoir à faire des dizaines de révisions en secrets. (Officieusement, c'est pas la deuxième version de la 1.0 mais au moins la cinquième. ^^) Encore merci à vous et à très bientôt!
_________________
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Code Alpha : Partie 1 Partie 2 Partie 3 (Un jour, peut-être...)
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Icer MessagePosté le: Dim 19 Nov 2017 15:11   Sujet du message: Répondre en citant  
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Ah ouais. Quand même. Cette fin de partie avait de la gueule, il faut le reconnaître. Bon, le rôle de William n'était pas d'une originalité absolue. En revanche, la fin de X.A.N.A, si elle est réelle (mais ça a l'air) est je trouve, plutôt bien pensée. Il est très difficile de s'en débarrasser, alors lui donner l'impression qu'il est inutile pour qu'il se supprime lui-même n'est pas si idiote. C'est sûrement le choix scénaristique du dernier chapitre qui m'a le plus emballé.
Les flashbacks finalement (et là bien sûr j'inclus l'épilogue) ont le mérite d'être clairs. Sauf sur H bien sûr mais c'est voulu, il s'agira de l'antagoniste à venir. Et ironiquement les gamins ont presque eu un temps médiatique inexistant et on est pas totalement au fait de la situation par rapport à Ambre/Ombre, même si je maintiens l'hypothèse formulée dans mon précédent commentaire, à savoir juste Ombre seule. La différence, c'est que vu que la bataille n'est pas finie, ce remplacement sera loin d'anéantir les rêves d'Antoine, parce que contre H, je te parie qu'il va vite capter qu'Ombre est bien plus efficace qu'Ambre, et par conséquent, s'en contentera potentiellement à terme.

Ah oui juste un truc :

Citation:
- Euh… deux secondes. C’est normal que tu n’aies qu’un seul de tes deux avatars ?
- … Oui. D’accord, je vois.


Il manque un tiret de dialogue non ?

Pour ce qui est du bilan global de la fanfiction, j'ai peu de choses à ajouter par rapport à ce que j'avais écrit le mois dernier, car ta fin est restée au niveau de l'ensemble. Je suis très content que tu ais eu la patience d'aller au bout de ce travail, je pense qu'il est bon, et qui plus est son sort définitif n'est pas totalement statué car il est également tributaire de la suite, qui scénaristiquement, pourra servir à mieux éclairer Code Alpha, notamment bien sûr H. Si tu arrives à faire encore mieux avec cette suite, tu pourrais légitimement prétendre à l'élite du sous-forum. C'est plutôt bien parti en plus, tu as décidé de prendre ton temps et le recul nécessaire visiblement.

Je te souhaite bien du courage pour écrire la suite et je serai au rendez-vous bien sûr.

_________________
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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Silius Italicus MessagePosté le: Mar 05 Déc 2017 22:14   Sujet du message: Répondre en citant  
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Bonsoir Pilorde,
Ainsi vous conclurez une deuxième mais non dernière fois ?

Pour être aussi abrupte que sa précédente version, cet épilogue n’en est pas moins très différent.

En fait, c’est dû à une évolution majeure du style, et même au-delà un changement d’esthétique. En effet, du point de vue de l’intrigue les points centraux sont les mêmes : morts d’Ulrich, de William, d’Ambre. Mais l’exposition de ces grands faits est bien différente, du moins pour les adultes. La mort d’Ambre ne connaît guère de variations.

En somme, c’était le passage de relais à une nouvelle génération. L’accent était clairement mis sur ce point.
La chose est moins évidente dans la seconde version. Il semble que le passé n’y soit pas mort, qu’il pèse tant et plus. C’est bien entendu le contre-coup de l’inclusion d’éclairage sur les événements passés.

Ces ajouts, le point de vue de Xana, la fin des Lyokô-guerriers, masquent en fait une évolution du style. À titre d’exemple, il suffit de comparer la confrontation entre William et Ulrich. Elle est bien plus courte, percutante et moins fournie en détails dans la deuxième version. Il ne s’agit pas là de correction à la marge ou d’évolution stylistique, mais d’une réécriture. Réécriture qui n’a plus les mêmes enjeux que son occurrence précédente. C’est comme comparer deux tableaux de crucifixion, l’un du Moyen Âge et l’autre du début du dix-neuvième siècle. Le thème est le même, mais l’artiste ne souligne et ne pointe pas les mêmes choses. Dans la première version, il y avait quelque chose de l’art du miniaturiste, avec une insistance sur le détail de chaque scène. Dans la seconde, c’est le tableau d’ensemble qui est privilégié.

Le récit gagne à ces changements. Il se fait plus tendu, il est plus clair. Il donne une base plus fiable au Projet Violette. En effet, ici le destin des héros d’antan est très clairement plié, mais en prime leurs antagonistes sont mieux posés. La seule perte réelle se trouve dans la confrontation entre William et Ulrich qui est moins expressive et développe moins les personnages. Mais est-il besoin de fouiller des gens qui meurent un écran plus bas ?

Il y a aussi une tentative de jeux sur la tension et le suspense. C’est évident au travers l’essai de polyphonie dans la première scène, celle où William tue ses anciens amis. Le point étrange, c’est que la structure de la tension est, à l’échelle de ce chapitre, inverse de ce qu’elle serait classiquement. Plutôt que de monter, pic par pic, de plus en plus haut jusqu’à un sommet, elle fait le contraire. Elle atteint un sommet dans la première scène et par la suite les pics de tension vont en décroissant. La mort d’Ulrich est pathétique ; celle d’Ambre est tellement peu annoncée et attendue qu’elle ne participe pas de l’économie de la tension : celle de Xana est laminée par l’analyse que celui-ci fait de sa situation. Il en résulte un décalage, une différence entre la tension et l’intensité scénaristique de ce qui se passe. Toutes ces morts étaient plus ou moins dans l’angle mort du lecteur, alors même que ce ne sont pas de vulgaires tours comme on en désactive à la dizaine. Cela pourrait expliquer le sentiment d’incrédulité du lecteur et le caractère abrupte de cette fin. Tous ces événements ensemble forment une fin convenable. Mais la manière de les amener est telle qu’elle laisse le lecteur dubitatif.

Le dernier passage sur Jérémie, juste avant sa mort, du moins on le suppose, est plus délicat à traiter. À première vue, il s’intègre mal dans l’économie du reste du chapitre. D’autant que l’on peut se demander pourquoi placer cette scène antérieure après la scène d’ouverture de ce chapitre. Une explication c’est d’y voir une forme de parallélisme inversé, de structure en « V » :
D’une part le passé puis le présent d’Ulrich.
D’autre part le présent puis le passé d’Antoine.
Mais cette explication semble à la fois peu intéressante et valable. D’une part elle fait bien trop fi de Melvin et des autres intervenants, d’autre part l’effet produit n’est pas net. D’autant que la scène avec Jérémie est mise à part dans un épilogue.
Il n’en reste pas moins que cette scène est perturbante : les nuages qu’elle pointe sont déjà devenus réalité du point de vue du lecteur. Il serait logique de s’attendre à ce que cette scène ouvre le récit vers le futur, vers le Projet Violette par exemple. Ici, il serait plus exact de dire qu’elle enclot le récit, le rabat définitivement vers le passé — on pourrait tenter une réflexion psychanalytique ici. C’est une scène qui laisse décidément perplexe, au-delà de l’éclairage qu’elle donne sur les caractères d’Antoine et de Jérémie. Elle donne un portrait touchant du père trop peu présent mais qui ira malgré tout à la mort pour ces enfants qu’il méconnaît, et de l’enfant qui s’est senti à juste titre abandonné.

Dans le fond, l’exercice était délicat. Comment réécrire ce chapitre avec des objectifs complètement différents, un style différent, et dans le même temps sauver son principal effet. Ce pari complexe a été largement relevé. Étrangement, alors que les évolutions précédentes avaient beaucoup eu pour effet de donner plus de chair par rapport à la première version, de donner plus de détails et de vie, ici la méthode a été inverse. Décidément, cet ultime chapitre est des plus particuliers au regard du reste de l’œuvre dans laquelle il s’insère.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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