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[Fanfic] Projet Renaissance

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 Auteur Message
Pikamaniaque MessagePosté le: Lun 19 Mar 2018 14:47   Sujet du message: Répondre en citant  
Référent Pikamaniaque


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Nous y sommes.

Projet Renaissance est officiellement de retour après près de quatre mois de vacances.

MISE AU POINT À LIRE


L'écriture du chapitre 19 a été compliqué. Le chapitre 19 est un tournant dans la fiction, qui introduit l'arc final de la fiction. Autrement dit, le chapitre 19 est le début de la fin. Dimensio, plus puissant que jamais, est sur le point de s'enfuir, et Alexandre, plus affaibli que jamais, n'est pas en mesure de l'arrêter.

Si cela n'était pas clair, lorsqu'Alexandre s'enfuit dans le portail dimensionnel créé dans la Forteresse, c'est dans le monde de CharmingMagician qu'il arrive. CharmingMagician est la continuation directe, pour Alexandre, du chapitre 18. Dans cette fiction, si vous ne vous en souvenez pas, Alexandre est de plus en plus affaibli. Cela a commencé dans la Forteresse Dimensionnelle ( chapitre 17 et 18 ), mais ses pouvoirs s'épuisent parce qu'il les a trop utilisés. À la fin de CharmingMagician, Slimane, qui est un alias de Dimensio, le piège dans son laboratoire et fait exploser entièrement le complexe qu'il avait utilisé pour torturer Denys.
Alexandre, depuis la fin de CharmingMagician, est donc réputé mort. Dans le chapitre 19, nous revenons donc sur les personnages que nous avons laissés derrière nous au chapitre 16, avant que Florent envoie Alexandre et Hence dans le « passé » de Thiercelieux — qui s'est révélé être l'extérieur de la bulle virtuelle que Dimensio a créé et conçu comme un théâtre de marionnette.
Cependant, c'est un chapitre encore très différent de ce à quoi je vous ai habitués jusqu'au 16.


Je vous recommande vivement de prêter grande attention aux détails de ce chapitre, qui a été écrit et relu expressément, et qui va commencer à faire véritablement le lien entre tout ce qui a été mis en place depuis BPE, jusqu'à CM et maintenant jusqu'à PR.

Pour Silius, je t'avais donc répondu sur Skype à tes interrogations. J'espère que tu trouveras plus de réponses à tes questions dans ce chapitre.

_____________________________________________________________


Chapitre 19 : Requiem des Esprits


    La pièce était plongée dans la pénombre. Aucune fenêtre, aucune aération, si ce n’est une porte close à double-tour. Par terre, un homme d’une vingtaine d’années gisait là, inconscient. En-dehors de la pièce, on percevait des bruits de pas qui martelaient le sol vivement. La silhouette famélique ouvrit péniblement les yeux, mais il ne vit devant lui que l’obscurité. Il tenta de se relever, prit appui sur une sorte de table qui se trouvait derrière lui. Son corps était meurtri, entaillé, affamé. Il avait le tournis, et avançait péniblement vers la porte d’où émanait une lueur. Soudain, une lumière froide et brutale éclaira toute la pièce, qui révéla des murs en forme de coussins et des angles arrondis, que le garçon percevait avec beaucoup de difficultés. Titubant une bonne minute, comme déconnecté du réel, il eut l’impression que ses yeux n’avaient pas vu le soleil depuis des années. Le fait de penser au soleil l’apaisa. Attiré brutalement hors de ses pensées, la porte coulissa en produisant un horrible bruit métallique. Celui-ci lui perça les oreilles, et le contraint à s’affaisser sur lui-même, le mettant à terre. Un homme très grand, vêtu d’une combinaison noire, entra alors dans la pièce, en compagnie de plusieurs blouses blanches.

    « Bonjour Gabriel, comment te sens-tu aujourd’hui ? » Demanda l’homme avec une voix faussement compatissante. Le corps de l’interpellé se mit à trembler, et celui-ci chercha alors à se relever. Toutefois, les infirmiers l’empoignèrent fermement et le maintinrent au sol. Une aiguille pénétra son bras tandis qu’une camisole fut serrée autour de lui. Le patient sentit que le peu d’énergie qu’il avait retrouvé lui était comme aspiré par cette aiguille, laquelle ralentissait tout son corps. Jetant faiblement un regard sur son bras, plusieurs palpitations cardiaques le figèrent. Il remarqua avec effroi que ses veines ne ressemblaient plus à rien, que son bras semblait avoir vécu un siècle, et sur cette pensée, il ferma les yeux, et s’endormit dans l’ombre d’une femme, qui observait tout au loin.

    ***


    Lorsque ledit Gabriel se réveilla, il se trouvait au centre d’une cage en verre. Il ne sentait plus aucun vêtement sur lui, et sa vision demeurait éblouie. Par les drogues qu’on lui faisait prendre, ou par l’éclairage extrêmement violent que l’on avait braqué sur lui, il n’aurait su dire, il ne se sentait plus vraiment en état de réfléchir.
    « Gabriel Grayson. Est-ce que vous m’entendez ? » Interrogea soudain une voix au loin, restituée avec des interférences comme s’il s’agissait d’une voix de microphone. Le concerné chercha alors à appuyer sur ses bras pour se relever, mais il ne sentit plus aucune force en lui. Il ne se rappelait de rien, tellement de temps s’était passé. Une heure, un jour, une semaine, un an peut-être ? Sa seule certitude, maintenant, c’était son sentiment de faiblesse.
    « Gabriel Grayson. Est-ce que vous m’entendez ? » Répéta la voix. Celle-ci lui transperça les oreilles, et péniblement, il hocha la tête.
    « Savez-vous qui je suis ? » Redemanda la voix, alors que l’éclairage baissa considérablement. Des flashs lumineux obscurcissaient encore la vision du prisonnier, mais il arrivait maintenant à distinguer un lustre accroché au plafond, hors de sa cage en verre, ainsi qu’un bureau. Un large bureau en bois marbré, dans un style victorien qui s’accompagnait d’une petite cheminée au loin. Enfin face à lui se trouvait un inconnu à la stature imposante. Tâtonnant malgré son aveuglement, Oswald chercha à se rapprocher pour mieux voir. Le souvenir de son vrai nom de famille l’apaisa, et il puisa au fond de l’énergie qui lui restait pour se souvenir de cette personne. Un éclair le frappa soudain.
    « Do… Docteur…
    — Oui, M. Grayson, je suis votre docteur. Le Dr. Héloïse Leroy. Je suis ici pour vous aidez, vous comprenez ? » Fit son interlocutrice en se rapprochant de la cage en verre.

    Aider... De quoi cette folle pouvait bien parler ? Ce devait être en ce moment les pensées du jeune Gabriel. Tout se bousculait encore plus ou moins dans son esprit.

    « M. Grayson, vous avez manifesté un épisode psychotique d’une rare intensité. La direction de notre hôpital psychiatrique a dû prendre des mesures drastiques pour vous protéger, vous, nos patients et notre personnel. Est-ce que vous vous en souvenez ? » Le médecin avait parlé lentement et distinctement. Chaque syllabe était hachée, pour que le concerné puisse bien comprendre les informations qu’on lui communiquait. L’intéressé mit un certain temps avant d’assimiler toutes les informations. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, et des larmes se mirent alors à couler de son visage. Non par tristesse, mais par frustration. Il ne comprenait rien à ce qui pouvait bien se passer ici. Un bruit inattendu le fit d’ailleurs se recroqueviller sur lui-même. Deux infirmiers avaient ouvert la cage, et l’avaient empoigné par le bras pour le poser sur le canapé qui jouxtait le bureau de madame Leroy. Le vingtenaire était terrifié quand celle-ci s’assit à côté de lui.
    « M. Grayson, est-ce que vous vous souvenez ? » Demanda-t-elle en passant sa main près de l’oreille de sa victime. Des tremblements plus importants se firent alors sentir. Il n’y avait plus d’oreille. Une partition très aigüe se joua alors dans la mémoire du malade. Des bribes remontèrent à lui. Une ville, une mission, un héros, le dernier espoir de l’humanité.

    « M. Grayson. » Répéta lentement le Dr. Leroy, qui semblait percevoir les réminiscences de son patient. « Restez concentré sur ma voix. » Lui somma-t-elle. Elle approcha sa bouche de la seule oreille qui lui restait. « Vous êtes gravement malade. » Fit-elle très calmement. « Vous êtes interné dans notre institut depuis votre enfance, et nous avons déjà eu cette conversation à plus d’une reprise. À chaque fois, vous vous souvenez… À chaque fois, vous réalisez. » Le canadien posa ses mains sur sa mâchoire, comme interdit.
    « Je… » Prononça-t-il avec difficulté. « Je suis… malade… » Répéta-t-il bêtement. Héloïse confirma, l’air grave.
    « Vous êtes interné dans une unité psychiatrique de haute sécurité pour des troubles de la personnalité schizophrène. Vos épisodes psychotiques, de plus en plus nombreux, vous ont créé un monde imaginaire dans lequel vous interagissez en tant que sauveur d’un endroit appelé Thiercelieux. Cet endroit n’existe pas et n’existe que dans votre tête, M. Grayson. » Le déséquilibré lâcha alors un violent hurlement. Son cœur frappait contre sa poitrine à la manière d’un petit animal effrayé. Il était terrorisé. « Je suis ici pour vous aider, M. Grayson. » Répéta le docteur en posant sa main contre la sienne. « Ensemble, nous travaillons à vous faire aller mieux. » Acheva-t-elle avec un sourire béat sur son visage. Elle croyait fortement en la rémission de sa victime.

    Gabriel, quant à lui, ressentait un puissant mal de crâne. Mais face à lui se trouvait sept boîtes de plusieurs comprimés à prendre chacun avec un verre d’eau.
    « Vous allez de mieux en mieux, M. Grayson. » Poursuivit le psychiatre, en tendant le premier comprimé à Oswald. Celui-ci s’en saisit, tremblant, et commença à les avaler l’un après l’autre. « Il y a deux semaines, après les énormes progrès que nous avons fait, vous avez pris en otage un de nos infirmiers, et vous l’avez égorgé. » Le détraqué manqua de s’étouffer avec la dernière gélule. Ses yeux en lâchèrent quelques larmes, et il posa son regard frêle sur la silhouette androgyne de son médecin. « À cette occasion, poursuivit-elle, vous vous êtes mutilé l’oreille parce que vous pensiez être en plein délire. Vous vouliez accomplir une espèce de rituel. ». Elle se releva. « Mais le délire, M. Grayson, c’est votre monde. Thiercelieux, qui n’est qu’un jeu de cartes. Frank Underwood, le Maire, qui est un personnage de fiction d’une série appelée House of Cards. Le vortex menaçant d’engloutir la cité, Dimensio, ce super-ennemi que vous auriez à affronter. Tous ces monstres viennent d’un jeu appelé Super Paper Mario, sorti sur une console appelée la Wii. Vous comprenez ce que cela signifie, M. Grayson ? » Rappela-t-elle d’une voix grave.

    Le trouble du missionnaire de l’humanité crut d’autant plus qu’il commençait à se rappeler distinctement des derniers événements encadrant Thiercelieux. Sa fuite à travers la pleine de Termina, « un élément du jeu Zelda Majora’s Mask. », sa capture par la Task Force du Prince Florent. Il croupissait actuellement dans les geôles du Palais Municipal, où le Kindestod avait survécu. « Ce monstre de la série télévisée Buffy Contre Les Vampires ne fait pas non plus partie du monde réel, M. Grayson. » Tonna plus durement le thérapeute.
    « Vous lisez dans mes pensées… ? Demanda le rachitique.
    — Non, M. Grayson, vous pensez à haute voix. ».

    Cette nouvelle plongea la pièce dans un silence qui n’était rompu que par le crépitement du feu de cheminée.

    « Pitié… Aidez-moi… Je veux guérir… » Geint alors le petit être qui n’avait pas encore pris connaissance de son état général. Le spécialiste hocha la tête et retourna derrière son bureau. « J’ai déjà augmenté votre posologie générale, M. Grayson. Votre traitement fonctionne, vos hallucinations ont fortement diminué, mais seul un suivi thérapeutique vous permettra de vous en sortir. Nous allons faire le nécessaire pour vous, je vous le promets. » Assura Héloïse d’une voix empathique et bienveillante. Peut-être trop.
    « Attention, M. Grayson. » Intervint-elle soudain. « Ne sombrez pas dans la paranoïa. Ce que vous dites, je l’entends, vous n’êtes pas conscient de la gravité de votre état.

    Sur ses mots, plusieurs infirmiers pénétrèrent dans la pièce, une chaise roulante avec eux.

    « Nous allons maintenant vous ramener dans votre chambre et vous sortir de l’isolement. Vous guérirez, Gabriel. Je vous le promets. ». Une nouvelle aiguille se planta dans son bras. Un nouveau coma l’attendait. Cette fois-ci, celui-ci serait peut-être moins long que le précédent.

    « Dr. Leroy… message… Madame la Directrice… s’est échappé… Prudence absolue… ».

    ***


    Plusieurs caméras observaient en permanence le moindre mouvement de Gabriel Oswald. Dans sa chambre ne se trouvait qu’un lit fixé au sol. Il était surpris d’avoir encore droit à un lit après toutes les horreurs qu’il avait faites. Le temps continuait de passer inexorablement, et chacune de ses séances avec son psychiatre le rapprochait de la guérison. Il en était convaincu.
    « Aujourd’hui, avec le docteur, nous avons reparlé de mon enfance. Je me suis rappelé des choses dont je n’avais plus aucun souvenir. J’ai été un orphelin, abusé sexuellement, violenté à plusieurs reprises par mes tuteurs. Je n’ai jamais eu personne pour moi, et j’ai vécu une violence si extrême que je me suis réfugié dans un monde imaginaire que j’ai appelé Thiercelieux. Le Dr. Leroy m’aide à aller mieux, et m’a dit que ce n’était pas ma faute si j’avais tué ce pauvre infirmier. Je ne suis pas responsable de mes actes, je l’ai compris. Je me consacre maintenant à la lecture, à l’écriture. Je fais parfois des rechutes, mais maintenant qu’ils ont changé d’hôpital mon voisin de chambre, Florent Hämälaïnen, que je prenais pour un Prince diabolique, et que je ne croise plus aucun autre patient, les plus grosses hallucinations sont derrière moi. J’ai d’ailleurs recommencé à m’alimenter, à manger, ma courbe de poids ne cesse d’augmenter. Merci à toute l’équipe médicale pour cela. Je commence à aller mieux, maintenant, je le sens. ».

    La porte de sa chambre s’ouvrit. Un infirmier rentra à l’intérieur, avec un chariot de médicaments.
    « M. Gabriel Grayson ? Je vous apporte vos comprimés. » Ce nouveau soignant officiait dans l’hôpital depuis seulement quelques semaines, et se montrait particulièrement gentil avec lui. C’était d’ailleurs son seul contact social en-dehors du docteur, le seul qui prenait vraiment de ses nouvelles et qui revêtait véritablement un intérêt à sa rémission.
    « Impressionnant, il y en a beaucoup aujourd’hui Daniel !
    — C’est vrai, tu en as quatorze à prendre, au lieu d’onze. Le Dr. Leroy pense que ce serait mieux pour toi d’en consommer plus avant les prochains examens que tu vas passer au centre hospitalier.
    — Tu as un peu de temps pour discuter aujourd’hui, Daniel, comme je te l’ai demandé ? » La blouse blanche hocha à l’affirmative.
    « J’ai même reçu l’autorisation du Dr. Leroy. Elle pense que c’est très bénéfique à ta rémission. » Affirma-t-il, les dents brillantes.

    Les deux hommes se posèrent en tailleur sur le carrelage froid de la chambre. Ils jouèrent ensemble aux cartes et passèrent un bon moment.
    « Gabriel. » Entama l’autre jeune homme à l’air juvénile, comme s’il allait annonçait quelque chose d’important. « Que sais-tu du monde dans lequel tu te trouves ? » Le canadien se montra plutôt désarçonné par la question. Maintenant qu’il y pensait, il ne savait pas exactement où il se trouvait.
    « J’imagine que nous sommes quelque part au Canada. C’est vrai que je n’ai jamais pensé à demander.
    — Tu penses que nous sommes au Canada ? As-tu déjà vu le Canada ?
    — J’y suis né, et je n’ai jamais voyagé que je sache. Sauf… » L’intéressé se tut, et ravala ce qu’il allait dire. Le programme des Nations Unis, au titre du dernier espoir de l’humanité, tout ceci n’existait pas. « Non, je n’ai jamais voyagé.
    — Nous sommes en quelle année, selon toi ? » Demanda l’infirmier avec bienveillance. La question plongea Gabriel dans une profonde réflexion.
    « Je ne me souviens pas.
    — Gabriel, je ne veux surtout pas te faire peur, et j’aimerais que tu conserves un calme olympien au regard de ce que je vais te dire. » Le stress du garçon commença à fortement croître. « Je ne m’appelle pas Daniel, je m’appelle Frisk, et je suis ici pour t’aider. Pour te faire sortir d’ici. Pour te faire accomplir une mission. ».
    La réaction de l’intéressé fut brutale. Le patient se hissa sur ses deux jambes et alla se coller contre l’angle d’un mur en hurlant. Heureusement, la pièce était insonorisée, et les caméras venaient de s’éteindre. Tout l’asile venait d’être plongé dans le noir, et une alarme rouge résonna très fortement dans tout le bâtiment.

    « Gabriel, il faut que tu sortes d’ici et que tu le préviennes.
    — De qui tu parles ?!
    — Du héros de légende. » L’intéressé posa ses bras contre ses oreilles, et se mit à hurler de toutes ses forces comme s’il était dans un mauvais rêve. Le cri transperça les tympans de son interlocuteur. Tout laissait à penser qu’une nouvelle hallucination s’éprenait de lui, et que ce qu’il entendait n’avait rien de réel. Comme une bête, il se jeta contre les comprimés. Il en sortit une dizaine, qu’il tenta de tous mettre dans sa bouche. Il les avala d’une traite.

    Il sentit une dose d’apaisement se répandre au sein de son cœur.

    « Pitié… Ne dis rien… Ne dis rien… Ne dis rien du Héros de Légende… » Ce fut les derniers mots qu’il entendit de la bouche de Frisk.

    ***


    Gabriel se trouvait maintenant sur le sofa contigu au bureau du Dr. Leroy. Plusieurs semaines avaient dû se passer depuis l’incident au cœur de sa chambre. Il ne se souvenait plus très bien ce qui s’était passé pendant. L’isolement, encore, mais il se retrouvait maintenant au point d’arrivée, comme s’il revivait sans cesse la même scène, encore et encore.
    « Pouvons-nous, M. Grayson, reparler de ce qui s’est passé dans votre chambre ?
    — Oui… Je vous l’ai dit… Nous jouions aux cartes avec l’infirmier. Puis, tout-à-coup, il m’a dit s’appeler Frisk. Il voulait m’aider… à m’enfuir… Je… Puis j’ai entendu une alarme. J’ai entendu une alarme. » Répéta le jeune homme, sanglotant. « Tout est devenir noir, puis rouge, noir, puis rouge. Je ne me suis jamais senti aussi mal. Je croyais pourtant que j’allais mieux. ». On pouvait mesurer à sa voix toute la déception qu’il sentait contre lui-même.
    « M. Grayson… » Commenta la vieille femme en soupirant. « Vous avez agressé cet infirmier. Vous avez tenté de l’étrangler, et ensuite, vous vous êtes jeté sur vos médicaments. Il n’y a jamais eu d’alarme, et rien de ce qu’il a dit n’était vrai. Tout s’est passé dans votre tête, et bien qu’il n’aurait jamais dû passer du temps avec vous, cela a constitué une nouvelle agression sur votre dossier. ».

    Les propos du psychiatre troublèrent beaucoup le schizophrène. En effet, il se rappela que lorsque Daniel rentra dans sa chambre, celui-ci lui avait dit qu’il avait reçu l’autorisation de madame Leroy pour passer du temps en sa compagnie.
    « Tout va bien, M. Grayson ? » Demanda le thérapeute, inquiet de cette absence. Un soupçon d’angoisse monta en lui. « A-t-il parlé de quelque chose d’autre ? 
    — Comment va-t-il ? » Désarçonnée par la réponse, son interlocutrice haussa les épaules. « Pour ne rien vous cacher, il est en arrêt maladie. Il a subi un violent traumatisme que le temps cicatrisera avec difficultés. ».
    Un nouveau silence s’accompagna dans la pièce. « M. Grayson, vous avez fait une rechute, mais nous vous soignerons, je vous le promets. Pour l’heure, j’ai décidé d’augmenter votre posologie. Nous allons essayer un traitement plus fort, lequel tarira, je l’espère, définitivement vos crises hallucinatoires.
    — Il a parlé d’un héros de légende. Madame Leroy, il a parlé d’un héros de légende. Cela me pourrit la tête depuis qu’il me l’a dit ! » Gabriel se fixa sur sa réaction. Elle avait semblé défaillir un instant, mais c’était peut-être son esprit qui lui jouait des tours, parce qu’à présent, il ne disposait plus d’aucune certitude.
    « Il n’existe aucun héros de légende, M. Grayson. Que des hommes, que des femmes. Ne vous troublez pas avec cela. Ce Frisk ne vous causera plus jamais d’ennuis. Je vous le promets. ».
    Le canadien ressentit un certain mal-être. La manière dont elle avait dit cela, il lui semblait que cela signifiait une liquidation de l’individu en question. Pour autant, avec la rechute qu’il venait de faire, il pouvait interpréter n’importe quel signal menant à un énième délire psychotique.

    « Docteur. » Commença-t-il soudain, comme s’il avait eu une nouvelle preuve que tout ce qu’il imaginait dans sa tête était réel. « En quelle année sommes-nous ? Où sommes-nous ?
    — Vous le savez, M. Grayson. Vous me l’avez déjà demandé par le passé. Nous sommes le 29 avril 1986. Répondit le soignant du tac-au-tac. Cette réponse, à moins qu’elle ait été anticipée, ne pouvait qu’être honnête.
    — Et… Nous sommes où ? Insista-t-il, visiblement désorienté.
    — Nous sommes au Middlewood Hospital, dans le South Yorkshire. Au Royaume-Uni. » Le cœur de Gabriel commença à s’accélérer.

    Il ne se souvenait pas être né au Royaume-Uni. Il était canadien. Il était né à partir du début des années 2050, dans un monde en plein hiver nucléaire. Il n’avait pas de parents, et il avait été intégré à un programme gouvernemental en vue de sauver…
    « Non, M. Grayson. » Interrompit inopinément Héloïse, comme si elle avait la capacité de lire dans ses pensées. « Rien de tout cela n’existe. Vous êtes malade. S’il vous plait, faites-moi confiance, prenez vos médicaments, et vous irez mieux. ».
    Sur ces mots, plusieurs infirmiers rentrèrent dans le bureau. Le crépitement du feu de cheminée le ramena à sa dure condition. Il allait probablement passer sa vie dans cet hôpital psychiatrique, parce que sa folie n’avait aucune limite. Son esprit partait complètement à la dérive, et seulement ces drogues qu’il ingérait lui permettaient de garder la tête hors de l’eau. Drogues de moins en moins efficaces, à en juger par les rechutes qu’il faisait régulièrement, de nature à augmenter sa posologie, et donc à diminuer l’efficacité de celle-ci.

    ***


    Au cœur de la nuit, le schizophrène se trouvait sanglé à son lit. Mesure de précaution, comme toutes les nuits, pour éviter les effets néfastes des cauchemars et des réveils en panique, bien que ceux-ci aient été profondément diminués par la prise de somnifères et de psychotropes au coucher. Cependant, malgré autant de médicaments, les insomnies se multipliaient ces derniers jours, accompagnées par des hallucinations de l’esprit que le garçon souhaitait contrôler. De manière systématique, depuis qu’il avait retrouvé sa chambre après l’agression de l’infirmier, une silhouette l’observait depuis le hublot de sa chambre. Il était impossible de distinguer son visage, mais le malade distinguait nettement que quelque chose l’observait, et que quelqu’un en avait après lui. Souvent, cela s’arrêtait au bout d’un bon quart d’heure, mais au cours des deux dernières nuits, il avait eu l’impression que la porte essayait de coulisser, que cette chose essayait de pénétrer à l’intérieur. Peut-être pour le tuer ? Il n’en savait rien, mais son cœur frappait contre sa poitrine à mesure qu’il remarquait un interstice se dessiner.

    Ce soir-là, à sa grande terreur, la silhouette parvint à entrer. Sans faire le moindre bruit, elle se rapprochait du jeune homme, tétanisé et impuissant. Il faisait si noir, il ne pouvait rien distinguer. Les lumières du couloir ne suffisaient pas, la nuit, à distinguer autre chose que des formes au sein de l’hôpital.
    « Toi… » Chuchota soudain l’ombre, laquelle se trouvait à seulement un mètre de lui. Il pouvait mieux la voir, mais cela ne le rassura pas pour autant. Interdit et muet, il sentit qu’une nouvelle crise approchait, et qu’il ne pouvait rien faire contre.
    « Toi, écoute-moi. Je ne suis pas ton ennemi. Je m’appelle Daniel Leroy. Je suis ici pour sauver tous les patients de cet asile. Tu dois m’écouter, et rester calme, j’ai besoin de toi parce que tu es spécial ici. Il se passe des choses terribles ici, tu dois me faire confiance. ».
    Comme Oswald le craignait, une nouvelle hallucination commençait. Il devait lutter de toutes ses forces pour ne pas écouter la voix de cet adolescent.
    « Non, tu n’existes pas… Tu n’existes pas… Si je ne te vois pas… Tu ne peux pas me contrôler… » Psalmodia-t-il en fermant les yeux et en se mordant les lèvres. Il sentit les liens de ses sangles se desserrer. Est-ce qu’il n’était pas en train de se débattre lui-même pour s’évader ? « Mes médicaments… Je dois…
    — Non, non, tu ne dois pas prendre ces médicaments. Ce sont des drogues fabriquées par le Dr. Leroy pour nous garder sous son contrôle. C’est ainsi qu’elle manipule ton esprit et te fait croire que tu es fou. Cet hôpital n’est pas un vrai hôpital, il est désaffecté depuis des années ! » S’agita le lycéen, visiblement tendu. « Je suis un membre de la Desmose, une organisation qui cherche à arrêter la fin du monde. Le Dr. Leroy est une prédatrice qui en sait plus qu’elle ne veut bien le dire. Tu dois me faire confiance ! ».
    Gabriel, de nouveau libre de ses mouvements, roula en boule par terre, et tomba sur ses genoux, faisant tomber au passage ses comprimés. Il chercha, le geste vif, à les retrouver, mais il sentit une main se poser contre lui et le bloquer sur un mur.

    La Desmose, ce nom lui disait bien évidemment quelque chose. C’était ce groupe de lycéens qu’il avait inventé, censé arrêter un vortex dans le ciel. Il était devenu le super-héros de ce monde, Thiercelieux. Tout ceci n’était pas réel.
    « Tu n’es pas réel ! Tu n’es pas réel ! Se mit-il à crier de toutes ses forces, posant ses mains contre ses oreilles, en tous cas sur celle qui restait.
    — Je ne sais pas qui tu es, mais je suis venu ici pour trouver la seule personne qui puisse nous sauver ! Tout indique que tu es important pour Héloïse. Elle te garde la plupart du temps enfermé dans son laboratoire privé où elle fait sur toi tout un tas d’expériences. Il se trame des choses horribles dans les sous-sols de ce laboratoire. Il n’y a pas d’infirmiers, il n’y a pas tant de patients que cela. Nous sommes tous ses prisonniers, tu comprends ça ?! » L’agita plus fortement le Desmose-guerrier. Derrière, Grayson eut l’impression qu’une alarme venait de se déclencher. Une nouvelle fois, il aperçut cette lumière rouge et noir.
    « Merde. Putain, qui que tu sois, il faut que tu te réveilles maintenant. Ne prends plus tes médicaments je t’en conjure. Et, regarde, où sont les fenêtres ? As-tu déjà vu des fenêtres ? Des fenêtres ?! » Lui indiqua ledit Daniel en le secouant.

    « Maman… Où est ma maman… ? » Un murmure au loin leur glaça le sang. Cette question, elle était familière. Sa psychose reprenait le dessus, mais un doute pouvait se lire sur son visage, alors que des larmes perlaient sur les yeux du canadien.
    « Où sommes-nous… ? Quel jour sommes-nous… ? » Demanda-t-il alors à son interlocuteur, qui s’était relevé, et qui s’apprêtait visiblement à partir.
    « Je ne sais pas. Mais c’est ici que je dois le trouver. Que nous devons tous le trouver, pour le salut de nos âmes.
    — Qui… Qui… ?!
    — Le Héros de Légende.
    — Alexandre… Alexandre Schwartz… Commenta bêtement Oswald.
    — Le Gardien de l’Équilibre des Forces. » Compléta Daniel, en se jetant hors de la chambre, et en se mettant à courir, laissant dans sa léthargie le pauvre Gabriel.

    Un temps infini passa, pendant lequel une lutte avait commencé dans son esprit, pour se convaincre que ce monde dans lequel Daniel voulait le renvoyer n’était qu’une nouvelle fois la manifestation de son esprit malade. Pour autant, Anselm ne lui avait-elle pas dit que leur ami, Daniel Leroy, était disparu dans des circonstances mystérieuses ? Après tout, tout ceci faisait du sens. Il se trouvait peut-être piégé dans la gueule du loup, dans l’endroit que Florent avait décri, traumatisé, à son retour des coordonnées mystérieuses qu’il avait saisies dans le calculateur.

    « M. Grayson ? M. Grayson, vous m’entendez ? » Une petite lumière se focalisa sur sa pupille. Tiré de sa torpeur, celui-ci remarqua le Dr. Héloïse Leroy accroupie près de lui. Un infirmier se tenait au-dessus d’elle, l’air absent.
    « Vous avez fait une crise M. Grayson, est-ce que vous m’entendez ?
    — Oui… Il… Il y avait quelqu’un dans ma chambre…
    — Non, M. Grayson, personne n’est rentré dans votre chambre. » L’intéressé eut un nouveau haut-le-cœur. « M. Grayson, prenez vos médicaments. » Rajouta le thérapeute avec urgence.
    « Ils sont tombés, là… par terre… » Le médecin se tourna vers la gauche, et se mit à quatre pattes pour récupérer les gélules manquantes.

    Cependant, lorsqu’elle quitta son champ de vision, Grayson vit alors un enfant, avec un masque à gaz de la première guerre mondiale collé à son visage. Il ne put s’empêcher de hurler, et par réflexe, se jeta sur lui en le frappant de toutes ses forces. Il chercha alors à lui retirer son masque, et ce qu’il vit lui glaça le sang. L’enfant avait la peau en lambeaux, calcinée. Ses yeux crevés laissaient place à deux trous béants, et à des dents jaunes jusqu’à la racine, mêlant la pourriture à la pâleur de son visage monstrueux.
    Quand il sentit une aiguille se planter dans son cou, il sentit qu’il ne se trouvait pas en sécurité, et par réflexe militaire, se retourna et décocha un coup de poing qui fit fracasser le Dr. Leroy contre le lit. Celle-ci, sonnée, laissa découvrir son badge de sécurité dont le vingtenaire se saisit immédiatement.

    Gabriel se mit alors à courir de toutes ses forces. L’hôpital ne ressemblait plus à rien de ce qu’il connaissait. Les murs, délavés, rouillés, dégageaient une odeur nauséabonde, et des hurlements s’entendaient dans tout l’établissement. Tout paraissait désaffecté, et alors qu’un violent mal de tête apparut, il se rappela de ce que lui avait dit Daniel. Les fenêtres, où sont les fenêtres ? Il avait beau jeté des regards à droite, à gauche, il avait beau essayé de voir à travers les chambres qui n’étaient plus que des cachots difformes, il n’y avait aucune fenêtre dans cet espace.
    « Maman, où est ma maman » Devant, derrière, il lui semblait entendre cette phrase de partout. Tout ceci n’était-il qu’une hallucination collective ? Si oui, qu’est-ce que Gabriel hallucinait ? L’hôpital, ou son monde imaginaire ?
    À ce stade, le garçon ne savait plus où il courait. Il traversait les portes, les couloirs, il cherchait à fuir les monstres qu’il avait vus dans sa chambre. Il ne croisa aucun autre infirmier, il n’entendait plus que des hurlements, encore et encore. Récupérant une barre de fer, gisant dans les décombres d’une pièce à l’odeur de charnier, son cœur battait comme il n’avait jamais battu.

    Dans sa quête, et à force d’accéder à des zones de plus en plus protégées, il finit par trouver le bureau du Dr. Leroy, dans lequel il pénétra, essoufflé. Un système de verrou se trouvait dessus, et de l’intérieur, il activa un blindage qui normalement devait lui permettre d’être tranquille et de prendre un temps pour respirer. La cage dans laquelle il se réveillait habituellement après une psychose se trouvait au centre de la pièce, mais elle n’était pas constituée de verre. Elle ressemblait à des barreaux de prison, eux aussi rouillés, et comme Daniel le lui avait dit, aucune fenêtre ne se trouvait sur les murs de la pièce.
    Il ne trouvait aucune trace de cheminé. Le bureau de marbre, bien que présent, avait une quantité indigeste de documents vieillis. L’odeur surannée des vieux livres émanait également de la bibliothèque devant laquelle gisait le siège en bois et grinçant de son médecin traitant. Cette pièce, il y avait passé énormément de temps, mais il avait l’impression de la redécouvrir alors que son violent mal de tête ne diminuait pas.
    Cherchant à se rapprocher d’une source de lumière, il se saisit d’une espèce de lampe à pétrole, puis tenta de décrypter les documents présents sur le bureau. Malheureusement, la plupart d’entre-eux n’avaient aucune inscription spéciale. Pour ainsi dire, ils étaient vierges, comme si personne n’avait jamais écrit dessus, comme s’il s’agissait de feuilles de papier, mises ici pour la scénographie. Il se disait que peut-être, les livres lui offriraient un meilleur aperçu du lieu dans lequel il se trouvait.
    « Présentation de l’asile de Holbein. », « La Bataille des Séraphins. », « Madame Dubuc ». Des romans de littérature se mêlaient à des ouvrages descriptifs sur cet hôpital psychiatrique, qui ne portait pas le nom que lui avait donné son psychiatre. Au contraire, le nom de cet asile était précisément celui que Florent lui avait décrit, lorsqu’il l’avait torturé avec Anselm.

    Dans quelle espèce de délire psychotique se trouvait-il ? Est-ce qu’il devenait complètement fou ? En feuilletant les ouvrages, il se rendit compte que ceux-ci étaient vierges. Cela signifiait que son esprit ne parvenait pas à émuler leur contenu, donc qu’il délirait. D’un côté, cela le rassurait, mais de l’autre, cela l’inquiétait, parce que cela signifiait que jamais il ne recouvrirait sa santé mentale.

    « M. Grayson, vous m’entendez ? » Demanda une voix par haut-parleur. Celui-ci se trouvait en haut des étagères de la bibliothèque. « Je suis le Dr. Héloïse Leroy, et je suis en compagnie de la Directrice de l’établissement. Je vous en prie, M. Grayson, ouvrez-nous, nous œuvrons pour votre bien. » Cette phrase le rendit dingue. De rage, il balança tout ce qui se trouvait sur le bureau par terre. Il donna de violents coups contre la bibliothèque, laquelle s’effondra près de l’entrée et fit une barricade supplémentaire.
    « M. Grayson, ne sombrez pas dans la folie. Je vous le demande, écoutez ma voix. Concentrez-vous. Regardez autour de vous. » Sur ces mots, le vingtenaire ressentit un puissant mal de tête, lequel dévoila soudain un bureau moderne lorsqu’il rouvrit les yeux. La cage en ferrailles s’était transformée en cage de verres, et les papiers, vierges étaient devenus des documents lisibles l’espace d’un instant.

    À l’évidence, le canadien sombrait dans une puissante folie, face à laquelle il ne pouvait rien faire. Il se jeta dans les tiroirs du bureau délavé, et trouva plusieurs comprimés qui ressemblaient exactement à ceux qu’il prenait d’habitude. Il fallait que cela s’arrête, pour lui, pour sa santé. Il n’aurait déjà pas dû aller si loin. Combien de morts avait-il laissé derrière lui ? Ce carnage devait s’arrêter sur-le-champ, et tandis qu’il approcha sa bouche des gélules, il ouvrit les yeux. Il réalisa. Il devait en avoir le cœur net.

    ***


    Le Dr. Héloïse Leroy se tenait au-dessus de Gabriel, lequel était sanglé à une table d’opération. Il y avait partout autour d’eux, un important dispositif médical. Des scalpels, des lames de rasoir, des cathéters, divers moyens d’incubation. Le tout ressemblait à une salle d’opération chirurgicale. Lorsque son patient ouvrit les yeux, la blouse blanche se montra satisfaite et rassurante. Elle passa sa main sur le corps rachitique du garçon.
    « M. Grayson, votre dernière crise a beaucoup inquiété l’équipe pluridisciplinaire qui vous suit. » L’intéressé chercha à bouger, mais les liens le contraignaient fortement. « Nous avons décidé de vous opérer en urgence pour que plus jamais cela ne se reproduise. Nous ne voulions arriver à cette extrémité qu’en dernier recours, mais vous avez malheureusement tué un autre de nos patients dans la nuit. Il nous faut intervenir, et vite. Vous comprenez, M. Grayson ? » Ce dernier paraissait si faible, si fragile. Aussi facile à casser qu’une poupée de marionnette.
    « Quelle… Quelle opération vous allez faire, docteur ?
    — Je vais devoir pratiquer une opération appelée la lobotomie. C’est dans votre intérêt, M. Grayson. Je vous promets qu’ensuite, vous n’aurez plus jamais aucune hallucination. » Elle marqua une pause. « Regardez tout autour de vous. Tout est idyllique, non ? Des chirurgiens m’assistent, nous avons un matériel à la pointe de la technologie. Tout ira bien, M. Grayson. ».

    Le regard du patient commença à s’assombrir. Sa folie, à ce stade, ne pouvait plus être une allégation. Tout autour de lui, il voyait bien que se trouvait des masques à gaz de la première guerre mondiale. Il n’y avait pas d’anesthésiant, le matériel avait vieilli. Tout était complètement rouillé. Quant aux chirurgiens qui assistaient Leroy, il s’agissait ni plus ni moins que d’enfants perdus, avec leur air menaçant et oppressant. Tout ce qu’il pensait vivre dans un délire psychotique se révélait être vrai depuis le premier jour.
    « Vous mentez, Dr. Leroy. » Lui répondit-il avec gravité et solennité. Son air avait d’ailleurs changé, on ne lisait plus aucune indécision sur son visage. Il embrassait maintenant sa réalité imaginaire avec toute la puissance de la pire crise psychotique qu’il avait faite avant son internement en psychiatrie. Du moins, c’était là la rhétorique de son médecin lors de ses premières séances de thérapie.
    « Vous savez, M. Grayson, la différence entre vous et moi, elle est simple. Vous ne serez jamais certain, plus jamais certain d’être dans la bonne réalité. Parce que vous êtes un esprit malade, et moi je suis un soignant. Je vais donc vous soigner.
    — Non, je ne vais pas vous laisser faire.
    — Et qu’est-ce que vous pourriez bien faire, attaché, drogué, en plein délire hallucinatoire ? J’ai dû accélérer mes plans, je ne pensais pas devoir en arriver à la lobotomie maintenant, mais c’est vous qui ne me laissez pas le choix. ».

    Gabriel n’avait pas consommé les médicaments qu’il aurait dû prendre dans le bureau d’Héloïse. En pleine possession de ses moyens…

    « En pleine possession de vos moyens, n’est-ce pas ? Vous êtes en train d’halluciner complètement. Vous avez perdu toute prise avec la réalité. Vous croyez quoi, que je suis une espèce de monstre capable de lire dans vos pensées ? Vous êtes juste malade. Vous le savez comme moi.
    — Non ! Non ! Non ! Non ! Je ne suis pas malade, je suis même sûr de ce que je suis ! » De toutes ses forces, le canadien commença alors à tirer sur ses sangles. Celles-ci, bien que très serrées, affichèrent un affaiblissement.
    « Je vous déconseille fortement de faire cela. » Dit-elle en plantant une aiguille à l’intérieur de sa vaine. Cet acte fut cependant celui de trop. N’étant sous l’effet d’aucune pilule, et sa survie étant menacée, le système qu’on lui avait implanté à la Division pour l’Espoir décupla son énergie, et lui permit de se dégager de son emprise. Avec une violence hors-normes, il balança la table en acier contre Héloïse Leroy.

    Qui était-il vraiment ? Gabriel Grayson, un garçon interné dans un hôpital psychiatrique du South Yorkshire, en train de sombrer dans la pire des folies, ou Gabriel Oswald, le missionnaire de l’humanité, envoyé par la Division de l’Espoir pour sauver le monde ? Quelle importance cela avait, maintenant qu’une haine pure et dévastatrice l’habitait, et qu’avec la hache que le Dr. Leroy comptait utiliser, il massacrait et éviscérait chacun des enfants perdus qui l’assistait. Transformé en bête assoiffé de sang, il ne lui restait maintenant plus qu’à achever ce savant-fou qui l’avait autant torturé. Elle allait payer cette garce, cette salope. Alors qu’il allait lui porter le coup fatal, un flash lumineux le fit cependant défaillir.
    Des hommes, des femmes, égorgés, baignaient dans leurs organes. Ou des enfants perdus, monstrueux et épouvantables ? Les deux images s’affrontaient dans sa tête.

    « M. Grayson, par pitié, revenez-à-vous, je vous en supplie ! » Ses pulsations cardiaques avaient probablement dépassé les deux cents battements par minute. Il ne savait pas quoi faire, pourquoi ce stimuli le bloquait ? Pourquoi conservait-elle autant de pouvoirs sur lui ?
    « Vous vouliez me lobotomiser ! Hurla-t-il.
    — Non ! Non, non ! M. Grayson, jamais. Jamais. Arrêtez ! Je voulais vous aider, nous voulions juste vous faire passer une I.R.M !
    — Les I.R.M n’existent pas dans ce monde, pétasse, comment peux-tu être au courant que là d’où je viens il y a des I.R.M ?! Je vais te tuer ! Tuer ! Tuer ! Nous sommes en 1986, en 1986 tout ce dont vous me parlez n’existait pas ! C’est la preuve que vous montez, pauvre conne !
    — Non, M. Grayson, ayez pitié. Vous êtes malade. Je peux vous aider. Je vous jure que je peux vous aider. S’il vous plaît ! S’il vous plaît ! ».

    L’entrée de la salle d’opération s’ouvrit inopinément. Contre toute attente, et malgré le carnage de l’endroit, la personne s’avança d’un pas lent, un sourire non dissimulé sur les lèvres. Malgré l’état de rage dans lequel se trouvait Gabriel, il ne trouva pas en lui la volonté de se retourner et de la tuer. Comme il aurait fait pour n’importe qui d’autres.

    « Le show est terminé. » Prononça la femme qui se tenait maintenant derrière lui.

    L’intéressé tourna les talons. Il s’agissait d’une adolescente aux cheveux violacés, laquelle lui rappelait Aelita Schaeffer. « Mais où sont passées manières ? Je me présente, je suis Taelia Rose. La directrice de l’établissement Holbein. ».
    La chair de poule s’éprit du vingtenaire. Il faisait face à une personne d’une puissance immense, dont il ressentait toute l’aura à travers sa peau. L’atmosphère de la pièce devint alors beaucoup plus pesante. Jamais il n’avait ressenti une telle peur de toute sa vie, au plus loin des tortures qu’il avait subies dans cet asile.
    « Tu es… Tu es… Lui… »  L’adolescente aux cheveux roses explosa de rire, et s’inclina devant le sieur Oswald.
    « En effet, je suis Dimensio, le Charmant Magicien. Cette créature que vous pourchassez tous. J’ai cru comprendre que tu connaissais mon ami Frisk ? » Dit-elle alors en changeant brutalement de sujet.

    En une fraction de seconde, le corps pendant de l’infirmier qui l’avait abordé une nuit tenait entre les mains de Taelia. Il était mutilé, torturé de la pire des manières. Il n’avait plus d’humain que les endroits que j’avais bien laissé intact pour qu’on le reconnaisse. Cela ne manqua pas.
    « C’est… C’est le garçon dans l’hypercalculateur.
    — Ah ! Merci, je ne savais pas trop quoi en faire. Tu m’as encore donné la réponse. C’est marrant, l’espace-temps, hein ? » Le terrien se mit à déglutir, et regarda derrière lui. Héloïse Leroy avait disparu.
    « J’ai appris, par le biais de Héloïse, que tu comptais appeler le Gardien à l’aide. Sais-tu que c’est une très mauvaise idée ? Que cela m’a mis vraiment en colère ? » À mesure qu’elle parlait, sa voix partait parfois dans les aigües, la rendant plus oppressante que jamais. Dans le même temps, des bribes de souvenirs commençaient à lui remonter. Gabriel avait pris la décision de fuir Thiercelieux. Avec Anselm, Samuel, Frank, Kalinda et Antonin. Ils avaient voulu quitter la ville après le coup d’état de Florent, devenu le Prince de Thiercelieux. Après, tout est cependant devenu flou. Il n’arrivait pas à remettre les informations dans le bon ordre.
    « Je n’ai jamais voulu prévenir Alexandre Schwartz. On m’a demandé de le faire.
    — Qui ?
    — Ce garçon, Frisk. » Répondit le missionnaire de l’humanité, nerveusement.
    « Il y en a un autre n’est-ce pas ? J’arrive à le lire dans tes yeux. Les humains, n’essayez pas de me mentir. Surtout quand vous êtes face à moi.
    — Oui, madame, il y en a un autre… » Finit-il par dire, gageant qu’il n’avait rien à gagner en taisant des informations.
    « Tu es un spécimen très intéressant Gabriel Oswald. » Dimensio se rapprocha de lui. « Tu n’es pas une variable que j’avais prévue au sein de cet endroit. Tu es comme un virus qui prolifère dans un écosystème sain. En somme, tu ressembles à Alexandre, et c’est pour cela que j’ai pris soin de te faire étudier.
    — De ce que je connais de cet endroit, fit-il en la coupant, il devrait y avoir un autre Gardien. Eliot Winchester. Si tout ceci s’est passé avant, pourquoi n’est-il pas encore là ? » Demanda Grayson, en se rendant compte d’une totale paralysie.

    La mémoire continuait de lui revenir. À l’extérieur de Thiercelieux, dans ce que l’on appelait la plaine de Termina, il n’y avait rien. Seulement une vaste étendue de neige, et un vortex plus inquiétant que jamais. Petit-à-petit, il avait réalisé que quelque chose n’allait pas chez ses compagnons. Comme s’ils commençaient à disparaître. Leurs mouvements devenaient plus irréguliers, leurs propos plus incohérents, et après un certain temps passé hors de la ville que l’on ne percevait même plus de là où ils étaient, il se retrouva seul dans un froid sibérien. Toutes les personnes qui l’avaient accompagné n’existaient plus, volatilisées comme des données de jeu vidéo. Il avait alors erré longuement dans la neige de Thiercelieux. Rompu aux techniques de survie, et grâce à son matériel, il avait pu survivre longtemps, mais…

    « C’est un spectacle de marionnette, chéri, et nous arrivons bientôt à la fin. Le dernier acte a officiellement commencé. Il est maintenant trop tard pour m’arrêter. Il ne s’agit plus de savoir comment je vais sortir d’ici, mais quand. ».

    Dans le froid glacial de la forteresse dimensionnelle, il avait trouvé cet asile. Il était rentré à l’intérieur, et il avait compris où il avait mis les pieds. L’antre des enfants perdus, celle que Florent avait longuement raconté à Anselm et lui lorsqu’ils l’avaient torturé. Quand il avait cherché à s’enfuir, il était déjà trop tard. Il s’était retrouvé pris au piège, dans un endroit au sein duquel le temps se distordait. Il l’avait réalisé lui-même, cet endroit, véritablement labyrinthique, contenait tout un dédale de salles et de pièces sans lien les unes avec les autres. Il n’avait pas réussi à résister, et in fine il s’était fait piéger.

    Une explosion brutale projeta un millier de débris sur Taelia Rose. Cependant, les briques en pierre se transformèrent en poussière à mesure qu’elles se rapprochaient d’elle. Gabriel, cependant, avait été protégé de l’explosion, et une main avait saisi son poignet. Ensemble, et avec quelqu’un qu’il ne connaissait pas, ils couraient à travers l’asile de Holbein. Le terrien reprenait à peine ses esprits, maintenant que les réminiscences commençaient à se tarir. Il tenta de comprendre ce qui se passait, et se rendit compte que Daniel courait à ses côtés. Celui qui avait voulu le prévenir dans sa chambre d’hôpital, celui qu’il n’avait pas cru au moment où il aurait dû savoir que oui, il était le héros, oui, il était le dernier espoir de l’humanité.
    « Que se passe-t-il ?!
    — Je n’ai pas le temps de t’expliquer, Gabriel, tout ce que j’ai compris, c’est que tu es quelqu’un d’important, alors je dois te sauver !
    — On ne peut pas s’enfuir d’ici, cette femme, Taelia, c’est…
    — Le prisonnier de Thiercelieux, je sais. Je mène l’enquête depuis que la Desmose a commencé le cycle des trois jours. J’ai fini par réaliser que j’étais moi-même une sorte de programme qui n’existait que par la volonté de Dimensio. J’ai compris que je n’avais rien à attendre des autres, d’autant que si tu veux mon avis, il y a un traître dans notre groupe. » Daniel semblait savoir où il allait. Ils traversèrent plusieurs cachots au sein desquels se trouvaient des enfants perdus. L’alerte n’avait pas encore été donnée.
    « Un traître ?!
    — Oui, je pense que ce monstre qui se fait appeler Dimensio a plusieurs enveloppes corporelles. Florent, Flora, Samuel, Anselm, l’un des quatre, je suis sûr qu’il s’agit d’un alias de Dimensio. C’est pour ça que tu dois absolument prévenir le Héros de Légende ! Il doit venir ici, sinon nous sommes tous perdus. » Oswald jeta plusieurs regards derrière lui, inquiet à l’idée que Taelia ne les rattrape.

    « Tu pourrais tout aussi bien être un alias de Dimensio toi aussi. Après tout, tu es arrivé au moment le plus propice, et je vois qu’il ne nous a toujours pas rattrapés ! » Son interlocuteur lâcha un sourire fier alors qu’il lui faisait descendre plusieurs escaliers.
    « Tu as entièrement raison. Sauf que cet endroit n’est pas comme Thiercelieux. Ce n’est pas un lieu que Dimensio contrôle. Thiercelieux est contenu dans un ensemble plus vaste qui s’appelle la Forteresse Dimensionnelle. Cette forteresse dimensionnelle est une prison, fondée sur-mesure par le culte des Gardiens pour protéger l’univers de cette créature. L’asile de Holbein est son point le plus fragile, et ses dédales mènent aux autres dimensions connectées entre elles par le vortex. Autrement dit, l’enchevêtrement dimensionnel est ici si fragile qu’il change tout le temps, comme un labyrinthe qui ne cesse de se reconfigurer. Même pour lui, ce sera dur de nous retrouver ! » Lâcha-t-il d’un dernier souffle, lorsqu’il arriva à un carrefour menant sur plusieurs couloirs. « Je n’ai aucun moyen de te certifier que je ne suis pas Dimensio, alors c’est à toi de voir si tu veux me faire confiance. Je n’ai pas beaucoup de temps alors écoute-moi bien. De ce que j’ai compris, Alexandre Schwartz n’appartient pas à l’univers de Dimensio. Il vient d’un autre univers, alors nous devons trouver un moyen de communiquer à travers les mondes pour y parvenir. Le seul endroit que je connaisse ici pour y arriver est la salle de l’hypercalculateur, au cœur de Thiercelieux ! » Un hurlement strident se fit entendre dans tout l’asile, comme si le Charmant Magicien beuglait à l’intérieur de la tête de chacun des individus présents en son sein.

    « Merde… Putain, il va nous trouver… Gabriel, tu dois lancer un puissant retour dans le temps, le plus puissant possible, et transmettre à Alexandre Schwartz un S.O.S. Tu dois provoquer une rupture dans l’équilibre des forces pour qu’il la sente, et qu’il vienne ici le plus vite possible ! Le temps n’a plus de sens dans cet endroit…
    — Daniel. Alexandre est déjà venu ici. Il a déjà rencontré Florent. Il a déjà rencontré ta… » Oswald se tut. Un sourire apaisé apparut sur le visage de Daniel.
    « Ne t’inquiètes pas, je sais que je vais mourir ici. Personne ne peut échapper à son créateur. Personne ne peut quitter la Forteresse Dimensionnelle s’il n’existe pas. » Il marqua une pause. « Nous pourrions très bien rencontrer Alexandre en cet endroit toi et moi, dans ce cas, mais son arrivée ne se produira jamais si tu ne la provoques pas. Ce serait un paradoxe temporel, capable de fracturer le temps et de libérer Dimensio. C’est tout ce qu’il attend ! Je ne sais pas pourquoi j’ai toutes ces connaissances, j’ai comme l’impression d’avoir brisé le quatrième mur, tu vois ? Tu es réel, et pas moi. C’est pour ça que tu es notre seule chance ! Alors dépêche-toi ! Le couloir de gauche mène à la salle de l’hypercalculateur, c’est Frisk qui s’est sacrifié pour nous qui me l’a indiqué. Il n’y a pas de héros ici, nous serons tous perdants si tu n’agis pas maintenant. Je compte sur toi, Gabriel ! » Tout s’était passé tellement vite. Un papier dans la main, contenant les coordonnées de l’asile, Grayson hocha la tête. « Compris. ».

    Quand Gabriel Oswald se rendit compte qu’il courait à travers un couloir, sur les suggestions d’un inconnu, pour réaliser une quête épique et héroïque à la hauteur du plus grand déséquilibré de l’hôpital psychiatrique de Saint-Anne. Il se demanda s’il n’avait pas vraiment un grain dans la tête. Toutefois, il était visiblement trop tard pour faire marche arrière, d’autant que Daniel lui protégeait le passage. Du moins, pour un temps limité. Un temps suffisamment long pour qu’il passe par la porte qu’on lui avait indiquée, et qu’il lance le programme de retour vers le passé.
    Toutefois, cette partition n’était-elle pas trop prévisible ? À la manière d’une marionnette, et parce qu’un sombre inconnu le lui disait, inconnu dont l’existence dépendait uniquement de leur plus grand ennemi, il allait passer le seuil de cette porte où on lui promettait l’hypercalculateur ? Non, ce n’était pas logique, ce n’était pas ce qu’il fallait faire. À la manière d’un virus dans un écosystème sain, une myriade de questions passa dans l’esprit de Gabriel à la vitesse de la lumière. Ce qu’on attendait d’un programme informatique était un pattern. Un schéma récurrent permettant d’anticiper ses actions. Ainsi, Dimensio savait toujours où frapper, et il savait, parce qu’il est très intelligent, que le canadien était un suiveur. On lui avait appris à obéir, et si pour ce monstre le seul moyen de se débarrasser de lui était de lui faire passer cette porte, alors ce serait l’humanité entière qui aurait perdu. En vérité, Dimensio ne pouvait rien lui faire dans la salle d’opération, pas plus qu’il ne pouvait lui faire de mal en manipulant Daniel. Or, en passant cette porte, tout serait peut-être différent, et ce serait dans un nouveau monde que l’on entrerait. Un monde régit par les lois de Dimensio, le monde de Thiercelieux. Il ne pouvait prendre cette décision.

    Courageusement, le soldat de la division de l’espoir tourna les talons. Le couloir contenait autant de portes qu’il s’enfonçait en dix mètres de profondeur. Comment Héloïse Leroy avait-elle réussi à lui faire voir une réalité qui n’existait pas ? Comment avait-elle réussi à le blesser et à lui faire du mal dans cet endroit où visiblement, Dimensio lui-même n’avait qu’une prise limitée ?
    La réponse lui sauta soudain aux yeux. Chaque fois que ses hallucinations avaient pris le dessus, ce fut par la volonté. La volonté d’y croire, à force de médicaments, la volonté de voir ce que l’on voulait qu’il voit. Cette phrase se mit alors à résonner en lui. « Si l’on y croit de toutes ses forces, un mensonge peut devenir réalité. ». Que se passe-t-il alors, si l’on cherche à croire de toutes ses forces en une vérité ? Celle de retrouver Alexandre Schwartz, le Héros de Légende.
    À ce stade, la croyance était la seule donnée sur laquelle il pouvait s’appuyer, ainsi que sur le hasard.

    Il existait des méthodes de prise de décisions très sérieuses fondées uniquement sur le hasard. Il décida alors de s’y remettre.

    Reculant de la porte qu’il devait ouvrir, il se dirigea vers celle qui l’inspirait le plus. Cet instinct, si humain, si imprévisible, que l’on ne peut ni contrôler, ni définir. Ce sale espoir, qui lui donna la force, malgré la gravité de la situation, d’ouvrir la porte. De sortir.

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« Il ne faut jamais perdre espoir ! » Alors qu’Alexandre était sur le point de tout abandonner, une voix familière résonna au plus profond de lui-même. « C’est ce que tu dirais, n’est-ce pas ? ».
Chapitre 26, Le Héros Légendaire.


Dernière édition par Pikamaniaque le Lun 19 Mar 2018 14:53; édité 1 fois
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Pikamaniaque MessagePosté le: Lun 19 Mar 2018 14:50   Sujet du message: Répondre en citant  
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    Laboratoire de Slimane, South Yorkshire. 7 décembre 1984.

    Lorsque Gabriel passa le seuil de la porte, il se retrouva dans un laboratoire qui ressemblait beaucoup au supercalculateur de l’usine Renault. Désorienté, son rythme cardiaque s’accéléra. Il ne comprenait pas bien où il était, mais il remarqua à ses pieds un boitier, sur lequel un compte-à-rebours défilait seconde par seconde. Formé à cette vieille technologie utilisée pendant la guerre froide, le garçon comprit immédiatement qu’il s’agissait d’une bombe. Celle-ci allait exploser dans quelques secondes. Il ressentit évidemment l’envie de retourner immédiatement par là d’où il venait, mais au loin, penché sur un écran d’ordinateur, il aperçut sa silhouette.
    Celle du Héros de Légende.

    « Et merde… » Lorsque le Gardien prononça ces mots, cela fit comme un déclic dans l’esprit d’Oswald.

    « Alexandre ! Tout va péter ! Viens, par là, par là ! » Hurla-t-il pour attirer son attention. Le garçon à la veste de marin se retourna immédiatement. Tout se passa trop vite pour que le terrien comprenne, mais alors qu’il ne restait plus qu’une poignée de secondes, une main gantée en cuir se saisit de son bras. Il n’avait pas compris ce qu’il venait de voir, une téléportation, un manque d’attention lié à ses médicaments. Tout ce dont il pouvait être certain, c’est qu’accompagner du véritable dernier espoir de l’humanité, il venait de traverser de nouveau la porte vers l’asile de Holbein.

Note de bas de page : un appendice à la séquence 7 de CharmingMagician.exe a été ajouté. L'appendice est disponible en
rose et découle directement des actions de Gabriel.

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« Il ne faut jamais perdre espoir ! » Alors qu’Alexandre était sur le point de tout abandonner, une voix familière résonna au plus profond de lui-même. « C’est ce que tu dirais, n’est-ce pas ? ».
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