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[Fanfic] Bataille pour l'espoir [Terminée].

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 Auteur Message
Maeglin MessagePosté le: Mar 20 Aoû 2013 09:44   Sujet du message: Répondre en citant  
Maître de la Keyblade


Inscrit le: 05 Juin 2011
Messages: 445
Hic ! Cela fait longtemps que je n'ai pas commenté... Je vais y remédier illico.

Bah voila donc Carthage a eu ce qu'il voulait.

Bon donc après la mort d'Ulrich et le coup de folie de Yumi, Carthage élève une armée de zombies... Pas facile de tuer ce qui est déjà mort, non ? Surtout qu’apparemment ils n’hésitent pas à massacrer tout le monde... D'ailleurs vu la position de Bush face à Carthage je suppose que tu ne dois le tenir dans ton cœur, nan ?

Et d'ailleurs, si la mère d'Aelita est du coté de Carthage, ça sent la confrontation mère - fille... à condition qu'elle puisse quitter son lit !

Yumi et Ulrich sont morts, Aelita viens de se réveiller de son coma, Jeremy est en pleine déprime qui sent un futur suicide à plein nez, Odd et Léopold se sont fait capturer...

Ils ne sont pas dans la merde !

Au fait je me demande si Ulrich et Yumi vont réapparaître sous forme de zombies...

Cela serait diaboliquement tordu e sadique, donc venant de ta part ça m’étonnerait pas trop Razz

Que des hypothèses, que des hypothèses... Bah on finira par tout savoir tôt ou tard !

Merci pour le chapitre et bon courage pour la suite Wink
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Mejiro-kun MessagePosté le: Mar 20 Aoû 2013 11:24   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


Inscrit le: 31 Jan 2011
Messages: 200
Ce qu'il y a de bien avec ta fic, c'est qu'à chaque nouveau chapitre on pense que tu ne peux pas aller plus loin dans l'horreur et à chaque fois tu nous prouves, non sans dextérité, le contraire =D ! Et c'est un compliment !

Nan franchement, un chapitre complètement époustouflant, je n'ai pas décroché du début à la fin, j'ai même versé ma petite larme, et plus d'une fois >_< !

Par où commencer...? J'ai adoré le petit contraste au tout début entre la gravité de la situation et les dirigeants des pays qui boivent nonchalamment le thé. Commencer par une discussion sur le thé de façon aussi décalée, j'ai trouvé ça brillant ! Ça renforce l'aspect dramatique en fait, je ne saurais pas trop comment expliquer... Soit dit en passant, la Première Ministre britannique est une truite °A° ne pas penser à faire vérifier son bureau... Enfin bon, j'l'aime bien quand même ! D'ailleurs ça doit être le premier chapitre qui parle de politique auquel j'ai véritablement accroché, j'espère que tu réalises l'exploit XD !

Que dire d'autre...? Le passage du japonais, absolument bouleversant ! On le découvre tout joyeux, tout frivole, pour qu'au final cela tombe dans l'horreur la plus total =( ! J'ai été vraiment touché par ce passage, pour moi c'est un des meilleurs de ce chapitre ! Vraiment ! Très fort en symboliques, il montre bien qu'on a franchi un cap.

L'enterrement de Yumi, tout aussi poignant. Elle a droit à tous les honneurs mais on sent bien que ce ne sera jamais une consolation pour sa famille... Je plains Jérémie et ses sentiments, le pauvre se laisse dépasser par la situation et se rend fautif de tous les mots alors que, à mes yeux, il n'est qu'une victime de plus ! C'était particulièrement dur pour moi la scène de la scarification, preuve que tu as parfaitement su retranscrire ses sensations. Je reproche à Kiichi son manque de soutient mais il est vrai que la situation ne s'y prête guère, d'autant plus que seule la fermeté peut aider dans ce genre de cas ! J'espère que l'éventuel réveil d'Aelita pourra lui redonner l'étincelle d'espoir qui lui manque =(... Il n'a plus qu'elle après tout, et on le ressent avec une intensité toute particulière. Si elle meurt, lui aussi mourra, c'est obligé >_< !

Vient ensuite la scène entre Odd et Léo, là aussi qui m'a beaucoup touché personnellement. Je n'ai vécu qu'une seule vraie rupture dans ma vie et je peux affirmer que ce chapitre fait très bien ressortir les genres de sentiments qui peuvent animer les deux partis ! J'ai eu de la peine pour les deux blonds quelque part, notamment quand Léo refuse un dernier câlin à son ex. Après, ils se font enlever bien sûr, par le zombi du père de Léo et cette GJKJBTISKLRHBJKGRNLBSFXIFX d'Anthéa que je commence à avoir hâte de voir crever °A° ! Sérieusement tu as réussi à me faire haïr un de mes personnages préférés XD bien joué ! Et euh, la détresse de Léopold face à son ex qui est pris en otage était également très bien retranscrite !

Je conclurai sur l'arrivée de l'armée du Phénix Doré par cette simple phrase : "c'est la merde =D" ! Le monde est foutuuuuuu o/ et cette fois je ne vois vraiment pas comment ils pourraient s'en sortir, entre les zombies et les cyborgs... Si on voit Ulrich et les autres morts mener l'armée de morts-vivants je vais devenir fou °A° ! N'empêche que je ressens un petit côté doctor whoesque dans cette apocalypse finale, va savoir pourquoi !

Ah ! Je m'attarde aussi sur le personnage de Shadow, intéressant par ma foi ! J'attends d'en savoir plus sur lui, et sur son arme que tu as omis de mentionner me semble-t-il XD !

Bref, un chapitre grandiose, à la hauteur de tes talents d'écrivain ! J'attends avec impatience la suite parce que là, franchement, je ne vois pas comment la situation pourrait s'améliorer pour le camp des gentils =( ! Si elle s'améliore bien sûr...

Bon courage pour la suite o/ encore une fois ! Continue à nous éblouir !
_________________
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Vous pouvez aussi lire d'autres de mes fics sur mon compte fanfiction.net : Mejiro-kun (ff.net)
Et pour mon DeviantART c'est par ici : Mejiro-kun (DA)


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Oddye MessagePosté le: Mar 20 Aoû 2013 19:16   Sujet du message: Répondre en citant  
Fleur immonde


Inscrit le: 27 Fév 2008
Messages: 2017
Localisation: Dans un autre horizon
Allez, c'est parti pour mon commentaire.
Il est vrai qu'on sent que tu pousses toujours les limites de l'horreur, j'aime bien cet aspect sombre que tu as donné à ta fic. Peut-être parfois ça donne la sensation que c'est trop. Mais finalement, c'est ça la guerre.
Trop de morts, trop de victimes, trop de souffrances.

Il y a plusieurs scènes que j'ai aimé. Celle où le jeune japonais meurt. C'est surtout le contexte autour de la mort, l'environnement, l'ambiance, qui m'a plue.
La scène où Jérémy se scarifie, encore une fois, c'est l'ambiance, la façon dont tu as décrite cette scène que j'ai aimé. Et enfin, la conversation entre Léo et Odd. Finalement, j'ai trouvé ça cohérent et intéressant, et préférable, qu'ils ne se remettent pas ensemble.
Ce chapitre nous montre une pléiade de scènes sombres, où les personnages s'enfoncent dans le désespoir. Ca donne l'impression que tout est perdu.

On voit qu'on approche la fin de ta fiction, petit à petit. Et il me tarde de connaître le fin mot de cette histoire que je prends plaisir à suivre.
Bisous!
_________________
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Je n'étais pas anciennement odd-4-ever.
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Atab MessagePosté le: Mer 21 Aoû 2013 01:45   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 04 Déc 2012
Messages: 563
Localisation: à Khelqeupare
Voici (enfin) le moment pour moi de commenter cette fic ....

Ayant envie de lire cette fic, je l'ai enregistrée sur mon ordi afin d'avoir quelque chose à lire pendant mon mois et demi de vacances. (finalement en 3 jours c'était fini)

c'est assez triste à dire, mais je ne suis pas un grand fan de "dark fiction"; et pourtant (est témoin ma rapidité) j'ai dévoré ton histoire.
Il est vrai que ton histoire est pour un public averti (et il l'a été Wink) mais je la recommande. une histoire bien sombre qui montre bien les caractères de nos héros, biens plus développés que dans la série (de point de vue)

Tu as vraiment un talent pour montrer les sentiments des personnages, et surtout (point fort selon moi) tu arrive à transmettre ces émotions aux lecteurs.
Je n'ai pu n’empêcher de verser ma larme devant ce dernier chapitre, surtout avec "Domsday" en fond. (déjà que je suis au bord des larmes seulement avec la musique.....)
J'ai tout de même hâte de savoir comment cette histoire se terminera, et j'espère pouvoir retrouver tout le monde (un megaRVLP......)
Bon je l'avoue je suis peut être (très) utopiste, mais cette histoire est vraiment bien; si possible, qu'il reste encore nos trois survivant jusqu'à la fin.... j'ai assez pleuré comme ça Wink

Quoi qu'il en soit, j'adore ta fic, j'attends le suite, et je trouve qu'elle mérite une place dans les perles

sur ce .... *part essuyer son clavier*

_________________

http://i.imgur.com/akpQcjj.png

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Zéphyr MessagePosté le: Sam 24 Aoû 2013 15:17   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1032
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Au risque de répéter ce que mes VDD ont déjà dit, les limites de l'obscurité et de l'horreur ont encore été repoussées avec brio ici. J'ai aimé ce chapitre du début à la fin. Son côté annonciateur de l'apocalypse est très plaisant.

Par où commencer ? La réunion entre les politiques. Comme l'a souligné Meijiro-kun, le contraste entre l'attitude des dirigeants et la situation actuelle est amusant. Ces scènes de réunion m'ont vraiment plu, à la fois donneuses d'informations et en même temps, porteuses de gravité.
La passage avec le jeune japonais nous annonce le début d'heures encore plus sombres (chose que la fin du chapitre à montré par ailleurs). La manière avec laquelle sa soirée se transforme en enfer, j'ai adoré.

L'enterrement de Yumi était vraiment poignant, la musique qui accompagnait s'y prêtait vraiment bien. La tristesse était palpable, notamment du côté de sa famille.
La scène où Jérémie s'auto-mutile était vraiment affreuse tellement la retranscription des sentiments et des sensations du génie était parfaite.

Viennent Odd et Léo'. En ce qui concerne ce dernier, j'aime la fermeté avec laquelle il se tient à sa résolution. J'ai également ressenti une pointe de détermination. Pour Odd, on sent bien que Léo' représente une des dernières choses qui lui reste. Le fait qu'il demande un câlin le montre.
Alors que l'on s'attend à ce que cette scène se termine dans le froid de la rupture, Nastasia vient tout chambouler. Encore une fois, la surprise est de mise. Lorsque Léo' demande à ce qu'Odd soit relâché, on sent à quel point il tient au félin. Un moment émouvant et grave à la fois.
Odd et Léopold se font donc kidnapper tous deux au final. Ne reste plus que Jérémie qui soit libre. Je ne saurais dire pourquoi, mais je pressens que le prochain chapitre lui conférera ne grande importance.
Au final, j'ai vraiment adoré (et dévoré aussi) ce passage.

En ce qui concerne l'histoire des zombies, j'avoue avoir apprécié la manière avec laquelle elle est revenue sur le tapis. On pensait que le cas de William était isolé, et qu'on en entendrait plus jamais parler. Et bien non. Je trouve que tu as bien joué ton coup ici. En ce qui me concerne, j'ai été très surpris de cette révélation.
Étrangement, je ne peux m'empêcher de faire le parallèle entre les puces/les zombies et la chose que Yumi a vue avant de rendre son dernier souffle. Peut-être reviendra-t-elle en zombie, comme l'a suggéré Maeglin. La suite nous le dira.

Et la fin. Quelle fin ! Ça explose de tous les côtés (comme souvent dans cette fic Mr. Green), le tamis ne parvient plus à contenir le sable (placer une expression classe : fait !). Cela donne vraiment envie de connaître la suite. Je n'ai qu'une seule question : comment les événements pourraient-ils empirer davantage ?
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Kinshii MessagePosté le: Dim 08 Sep 2013 17:30   Sujet du message: Répondre en citant  
 


Inscrit le: 20 Juin 2009
Messages: 970
Chapitre 24


Je te place en spoil mes remarques concernant le chapitre 15 car certains défauts sont toujours présents. En fait, je pense surtout à tes tournures de phrases… parfois déroutantes, et à certaines expressions qui me font tiquer (à tort ou à raison).
Ça me fait bizarre de te reprendre d’ailleurs, parce que je sais pertinemment que ton niveau en orthographe est meilleur que le mien. À toi de juger en conséquence.

Spoiler


Sans grande surprise, voici l’habituelle litanie…

« et les assauts militaires menés par l’Union Européenne ne faisait que tendre une situation internationale pratiquement explosive »
> faisaient

« Je devrais me rendre à Downing Street plus que ce que vous ne venez à l’Élysée. »
> plus souvent, non ?

« Après quelques minutes d’attentes, »
> d’attente

« le retardataire brava les portes du bureau. »
> ça se dit braver des portes ?

« tout ne se trouvait qu’en stade expérimental »
> au stade

« Le cinq septembre deux mille cinq, »
> Le 5 septembre 2005 (les dates sont une des rares exceptions pour lesquelles on utilise des chiffres plutôt que d’écrire en toutes lettres un nombre)

« connaissent un accident criminel »
> un accident criminel est une antinomie.
« Est-il possible qu’à ce moment, Carthage ait en connaissance la simple participation de Jérémie Belpois ? »
> ait connaissance de

« C’est diaboliquement machiavélique. »
> ça c’est de la surenchère, ou je ne m’y connais pas ^^

« Il sortit un espèce d’émetteur qui pouvait capter les ondes. »
> une espèce
> Un émetteur, ça émet. Il faut que ton bidule électronique soit doté d’un récepteur si tu veux que ça marche ^^
> plus tard, ils vont se poser dans le bunker. La logique – appuyée par la prudence – voudrait que Hussinger recommence son numéro de magie avec son bidule électronique.

« grâce aux vivres présents en immonde quantité »
> immonde, vraiment ?

« il reprit un regard fixe envers son Chef des Armées. »
> l’expression « prendre un regard envers quelqu’un » me laisse sceptique.

« Rompant se silence religieux »
> la vilaine faute

« C’était la première personne qu’il rencontra lorsqu’il ralluma le supercalculateur. »
> Problème de concordance des temps

« — Je vous exhorte de le lâcher… »
> le verbe exhorter ne convient pas ici, selon moi.

« Nastasia balança un rictus carnassier. »
> non, on ne balance pas un rictus. On l’arbore, à la rigueur…

« Il portait une tenue extrêmement sombre, une espèce de cape violette ainsi qu’une canne »
> « porter une canne » n’est pas la tournure la plus heureuse qui soit.

« Dans les plus haut gratte-ciels »
> hauts

J’ai pas tout relevé, c’est pas vraiment le plus palpitant…


Par tous les diables, pourquoi mélanger tes dialogues au discours direct et le récit ? Il n’y a que l’incise qui ait le droit de se trouver dans le même alinéa que les paroles d’un personnage.

Tiens, par exemple, ici, c’est le bordel :

« Ah. Monsieur Léopold. Monsieur Della Robbia. C’est le grand jour. Réjouissez-vous.
— Non, relâchez-le, je vous en prie. Je vais tirer. Lorsqu’il fit un pas en sa direction, elle resserra son étreinte. Son otage semblait avoir de plus en plus de mal à garder une respiration régulière. Arrêtez ! Sur le ton de la supplique, Nastasia jouissait du total contrôle qu’elle avait sur cette vie.

Toujours dans les soucis de mise en page, l’exemple ci-dessous est à éviter. Moi aussi j’aime bien sauter des lignes avec entrain pour mettre en place un effet théâtral, ou quelque chose du genre, mais c’est le genre de chose qui ne se fait pas. (J’ignore exactement pourquoi, alors j’ai envie de te dire que tu comprendras quand tu seras grand.)

« Rien ni personne ne peut les arrêter.
Ça a commencé.
C’est le règne de l’Armée des Ombres. »


Je vais maintenant m’intéresser à tes choix d’auteurs. Pas pour les critiquer, ça n’aurait aucune utilité, mais plutôt pour essayer de t’expliquer comment je les perçois.

Aelita a de nouveau perdu la mémoire. J’ignore comment tu as amené ça, et comment tu l’exploites dans ta fic, mais d’une façon général, resservir le même gag une deuxième fois est toujours un peu délicat.

Les lyokô-guerriers n’ont pas su garder leur secret. Regrettable. Le fait que le gouvernement contrôle le monde virtuel lui ôte tout son charme.

Comme je te l’ai déjà expliqué, ta fic est complètement en dehors de mon champ d’ouverture d’esprit. Traiter l’univers de Code Lyokô sous un autre angle que celui du D.A. (des lycéens ordinaires tentant de préserver leur secret qui lui n’est pas vraiment ordinaire) ça ne me dérange absolument pas. Il est tout à fait possible de traiter ça sous l’angle de la géopolitique. Carthage peut bouleverser les rapports de force entre états à lui seul, et à ce titre chambouler les relations internationales. L’angle de l’espionnage fonctionne sans problème aussi (même mieux à mon avis). Il est possible d’envisager une lutte contre les machines (contrôlées par X.A.N.A) ou un paradoxe entre réalité et monde virtuel (dans le goût de Matrix), mais plus on enlève de choses du D.A. pour en incorporer de nouvelles, plus on s’éloigne de la série, et plus on perd mon attention. (Pour ce qu’elle vaut vous me direz…)
Bref, il y a un stade où il est légitime de se demander « au point où j’en suis, pourquoi chercher absolument à maintenir un lien avec le D.A ? Pourquoi ne pas partir sur une œuvre complètement originale, et oublier la fan-fic ? »

Pour ce que j’ai lu, dans ta fic, il est impossible de retrouver le goût du D.A. Les relations entre les persos ont explosées, le ton est totalement différent, les enjeux, les dangers, les protagonistes, les lieux, le rythme, les motivations des héros… tout a complètement changé, si bien qu’il est difficile pour moi d’envisager ton récit comme une fan-fiction. Après, ma vision étriquée de ce qu’est une fan-fic n’engage que moi, et prendre des (tonnes de) libertés avec le D.A. n’est pas un défaut.

Toutefois, à mon humble avis, tu es trop ambitieux en voulant jouer sur autant de tableaux différents. On est parti du D.A. qui est plutôt une aventure intimiste, où on est centré sur 6 collégiens, que l’on suit au cours de leurs péripéties, et avec un nombre de perso secondaires assez restreint. Les lieux sont eux aussi limités. La menace peut prendre une infinité de formes (ou presque) et c’est là la grande variable de Code Lyokô, car l’ennemi et la façon de résoudre la situation est toujours la même (désactiver la tour sur Lyokô). Je ne peux pas dire combien de lieux nouveaux et de personnages tu as introduits, mais il en résulte mathématiquement un changement radical du ton. Les lieux et les persos ne nous sont plus familiers puisque trop nombreux (c’est pas seulement le fait qu’ils soient nouveaux, c’est surtout une question de proportions dans leur temps d’apparition). L’atmosphère change donc de façon significative. Pour évoluer vers quoi ? Une ambiance de paranoïa alimentée par des éléments d’espionnage (J’ai cru voir des russes, Nastasia, Léopold et compagnie). Tu y ajoutes les troubles de la géopolitique, avec les différents échanges entre chefs d’états. À cela tu y accoles une petite révolution des machines, donnant au récit un souffle futuriste (j’ai vu un cyborg bouger !). Tu termines avec une délicate pestilence grâce à une armée de zombie (ou de morts-vivants, c’est pareil). Sans oublier bien sûr de saupoudrer d’atomes pour le côté apocalyptique. (Ah, l’indispensable petite guerre nucléaire…) Incorpore des dinosaures et quelques extra-terrestres, et je crois que tu auras fait le tour. (j’ai décidé qu’Aelita tenait le rôle de l’elfe pour la touche « folklore fantastique »)

Ça me semble être un cocktail affreusement complexe à gérer, aussi bien pour toi que pour tes lecteurs. Déjà que dans un récit « banal » le dosage est quelque chose d’extrêmement délicat, alors avec un récit comportant autant d’éléments aux antipodes les uns des autres, réussir à ne pas s’emmêler les pieds dans les atmosphères diamétralement opposés, à gérer des rythmes complètement différents, ça tient du tour de force. Je ne saurais dire comment tu t’en sors, cette question, il faudra que tu te la poses à toi-même, en t’aidant des commentaires de tes lecteurs assidus (s’ils sont sincères, c’est plus facile pour toi de te faire une opinion).

Le passage à Tokyo n’apporte rien selon moi. Il est un bon exemple de la question de la rupture de ton. On passe de l’ambiance tendue et calfeutrée (presque étouffante) du 10 Downing Street à une atmosphère beaucoup plus légère, insouciante, ouverte (aérée dirons-nous) dans les rues de tokyo, qui se termine de façon (assez) prévisible sur une note morbide, et tu tentes immédiatement après de nous faire replonger dans la même ambiance qu’au début.

Mais une atmosphère demande plus que quelques lignes pour être instaurée. Tu viens toi-même de la faire éclater il y a deux minutes, et tu essayes maintenant de recoller les morceaux. Du coup, je ne trouve pas ce passage approprié. Bien sûr, c’est une question de goût, certains peuvent aimer une découpage épileptique qui donne du rythme il est vrai au récit, mais dans les circonstances présentes j’ai plutôt l’impression que ça saborde ton ambiance.

Tu gagnerais sans doute beaucoup à essayer d’écrire à côté de ta fic une histoire originale plus simple avec vraiment un angle d’attaque principal (la géopolitique semble te tenir à cœur) et d’expérimenter toutes sortes de nuances. Travailler tes descriptions pour créer une ambiance bien précise, varier le rythme en imprimant une accélération au récit. Pas besoin d’avoir énormément d’ingrédients pour faire une histoire dense et riche, le plus important est de maîtriser ceux que tu utilises, de les doser habilement. (j’ai pas dit que c’était facile, et j’ai pas dit que j’en était capable)

Il y a une foule de petits détails qui ne sont pas réellement des incohérences, même pas des maladresses, mais peut-être un manque de justesse, qui font qu’à mon humble avis, tes ministres ne sont pas à la hauteur de leur rang. Tes descriptions manquent d’informations, qui – parsemées avec tact – nous confirmerai le statut « présidentiel » des tes protagoniste afin que le lecteur ait vraiment l’impression qu’il ne s’agit pas d’individu lambda, mais qu’ils ont une « prestance » qui les place hors du lot (tu remarqueras que j’ai pas dit au-dessus du lot). Mais leur qualité de président, ministre, chef d’état major, etc. doit se ressentir dans leur parole, leur façon d’être, et je trouve que ça n’est pas le cas. (je suis pourtant sûr que ce genre de subtilité est à ta portée. Là encore, le dosage est important)


Je peux difficilement aborder les qualités de ta fic (en dehors des évidences, orthographe excellent, présentation bien meilleure qu’avant…) ne l’ayant pas lu dans son intégralité. Tu avais évoqué dans un mp ton intrigue (que je ne peux malheureusement pas juger) et je souhaitais simplement attirer ton attention sur le fait que mettre en place une intrigue complexe, avec des rouages savants, des ressorts alambiqués, et des nœuds dans tous les sens, ça demande il est vrai un certain temps à mettre en place dans une histoire, mais surtout, c’est très difficile à gérer sur le long terme. Une enquête policière complexe, tu la boucles en 200 pages, sinon c’est imbuvable pour le lecteur. A plus forte raison sur un forum où les chapitres sont publiés les uns après les autres. Les détails de l’intrigue risquent de s’effriter avec le temps, ou bien d’être noyés dans la masse d’informations que le lecteur aura à gérer.


Je crois que j’ai fini ce commentaire (il était plutôt long, non ?) j’espère qu’il te sera utile, et je te souhaite bon courage pour ta fic.
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Pikamaniaque MessagePosté le: Dim 15 Sep 2013 17:59   Sujet du message: Répondre en citant  
Référent Pikamaniaque


Inscrit le: 30 Jan 2011
Messages: 481
Localisation: Norende.
Bonsoir,
Mesdames et messieurs. Ce soir, nous faisons un pas de plus vers la fin de Bataille pour l'Espoir. Depuis deux ans que cette fiction est ouverte, l'intrigue n'a jamais cessé d'être de plus en plus oppressante. Cette fois-ci, il n'y a aucune exception à la règle. Nous nous enfonçons un peu plus dans l'abysse. Nous verrons bientôt comment ce drame se termine. Voici le chapitre 25, l'Armée des Ombres.

Maeglin : Bonsoir. Je te remercie pour ton commentaire. En ce qui concerne Bush, c'est plutôt voir comment ce personnage évolue au fil du temps dans son pays. Il ne me donne pas l'impression d'un homme déterminé, juste d'un pantin qui se donne de grands airs. Mais, oui, tu peux y voir, si tu veux, un parti-pris politique. Je te remercie pour ton commentaire. Tu vas voir, la merde, ça va continuer.

Mejiro-kun : Nous en avons déjà discuté. Merci pour ce commentaire haut en couleur. Nous verrons bien ce que tout cela va donner. Je peux t'assurer, et je peux assurer à tous mes lecteurs que nous aurons une véritable fin dans cette fiction. Je ne laisse pas les choses ouvertes. Je ne trouve pas ça spécialement intéressant. Je retiens le époustouflant".

Oddye : Je te remercie pour ton commentaire. L'impression que tout est perdu, n'est-ce pas ? Mais quand est-ce que celle-ci va s'évaporer...

Atab : Je te remercie pour ton commentaire, Atab ! Je suis ravi que ma fiction t'ait plu malgré le fait que tu n'aimes pas ce genre d'habitude. C'est plutôt encourageant pour la suite, sachant qu'il ne reste qu'un chapitre. Nous sommes à côté de la fin. Très bientôt, la bataille sera finie. Yep.

Zéphyr : Ah, je te remercie Zéphyr pour ton commentaire ! Je ne pense pas être allé jusqu'au bout de l'horreur. Ce chapitre le prouve bien. Nous atteignons, je le pense, le paroxysme de ce que l'on peut faire dans ce genre de cas. Les nombreux points que tu soulèves sont extrêmement pertinentes. Je les prends en compte avec force. C'est vrai que la scène où Odd et Léopold sont enlevés est particulièrement poignante. Même moi, j'ai été subjugué par toute la faiblesse de ce dernier quand son ex est tenu fermement par Nastasia. Tout est si rapide.

Kinshii : Ton commentaire nécessiterait sûrement une longue réponse de ma part. Mais je pense que nous avons beaucoup de désaccords sur la conception de la série. Ce que tu soulèves est très intéressant. J'adhère tout à fait aux quelques reproches que tu me fais. C'est vrai, qu'il faut faire attention à l'excès ou à la crédibilité. J'y mets d'ailleurs une certaine attention quand j'écris. Comme un de mes commentateurs l'expliquait, on part d'un univers qui existe, pour s'en détacher peu à peu, et ça, c'est entièrement volontaire. Je crois que j'ai visé l'originalité par cette fiction, plutôt que le respect de cet univers intimiste que tu décris. C'est un choix. Je crois que le potentiel de Code Lyokô est immense, bien plus immense que ce que nous présente la série. On peut faire effectivement une telle aventure. Tel que je le vois, c'est possible. Je me suis longuement interrogé si je n'allais pas trop loin. Encore dans ce chapitre 25, je me pose de nombreuses questions. Je crois qu'au contraire, j'aborde la série sur un point de vue tellement nouveau qu'il en est désopilant. Je comprends que ça ne plaise pas. Comme l'homosexualité d'Odd, comme beaucoup d'évolutions que j'ai apporté, comme pour rejeter le violent conservatisme d'une série dont le scénario peut permettre quelque chose comme ça. À l'instar de quelques univers comme DW, Code Lyokô est composé à 80% de Science-Fiction. La virtualisation, le supercalculateur, toutes ces choses sont nécessairement nouvelles. Elles n'existent pas. Dans la série, d'ailleurs, on nous les présente comme des axiomes.
Moi, bah, j'en rajoute. C'est un peu la même chose. Cela dit, j'entends très bien sur ce que tu me dis. C'est un cocktail délicat, c'est un parti-pris délicat, tenir toute une cohérence sur une telle fiction me paraît être un défi très difficile. À plusieurs reprises, j'ai eu du mal, et j'ai eu la sensation que je pouvais faire encore mieux. C'est ce que j'essaie de faire encore aujourd'hui. Mais j'adopte une méthode plutôt intéressante : je sème des indices. Tout ce qui se passe dans ma fiction, ce n'est pas un Deus Ex Machina. C'est quelque chose d'abordé depuis bien longtemps. L'Armée de Morts, ça sort pas d'un chapeau magique, dès les premiers chapitres, de très subtiles références sont glissées. De même pour la Grande Arche. Du coup, il y a deux façons de voir Code Lyokô : soit comme une série réaliste, soit comme une série science-fiction. J'ai pris le second choix.
En ce qui concerne le chapitre 24, c'est volontaire. Une méthodologie bien différente du reste. Tout au long de ce chapitre, j'amène le lecteur à découvrir ce qui se passe avant les explications finales du Général Hussinger. Le but ici est qu'on comprenne, qu'on ait envie d'intervenir dans ce bureau afin de les secouer, de leur dire ce qui se passe.

Citation:
Tu gagnerais sans doute beaucoup à essayer d’écrire à côté de ta fic une histoire originale plus simple avec vraiment un angle d’attaque principal (la géopolitique semble te tenir à cœur) et d’expérimenter toutes sortes de nuances.


Prévu. Mais je tiens à finir ça avant. Smile.
Merci énormément pour ton commentaire qui m'a beaucoup apporté ainsi que pour le relevé des fautes. Je m'en charge sous peu !


Et maintenant. Voici. L'ultime chapitre de Bataille pour l'Espoir, qui sera publié le 11 octobre, s'appellera : Carpe Diem.

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Chapitre 25 : L’Armée des Ombres



    La Naissance du Démon

    Au sein de la Grande Arche, un homme vivait dans la plus stricte solitude depuis des années. C’était une vieille personne malade, qui aurait déjà du mourir, mais qui s’accrochait à la vie, parce qu’elle nourrissait la peur de disparaître. Elle se sentait également investie d’une mission. Avant de partir de ce monde, elle devait résoudre ses nombreux problèmes. Les guerres, les maladies, la famine. Youbakou Senja devait mettre un terme à la souffrance par la force. Il le savait. Il n’avait d’autre choix que celui-ci pour mettre fin à toute la peine du monde. Il allait même jusqu’à se demander pourquoi personne n’y avait pensé avant. Tout lui était apparu si clairement. Et ce, depuis bien longtemps. Cela remontait à sa jeunesse, quand il travaillait dans le Projet Carthage. Jeune diplômé d’une grande école de science, il rejoignit en toute innocence ce qui devait être une mission de la paix. À cette époque, le futur Phénix Doré gardait une grande confiance en l’humanité. Il espérait que la guerre froide s’arrête bientôt. Il nourrissait de grands espoirs d’avenir. Il ne voyait pas du tout le monde comme il l’abordait désormais.
    Tout changea du tout au tout. La crise des Euromissiles, les menaces d’une guerre nucléaire. Toutes les informations confidentielles auxquelles il eut droit le rendirent fou. Elles réveillèrent chez lui, un génie diabolique. Il comprit qu’aucun des hommes ne pensait vraiment à la paix. Tous étaient plutôt concentrés à préparer la guerre, parce que la guerre, c’est amusant. C’est comme un jeu. On avance des pions. Certains meurent, d’autres survivent. Il lui fallait arrêter ça. Il lui fallait arrêter cette folie. Le trentenaire tenta bien d’alerter ses amis. De les prévenir du danger qu’on courrait à continuer le Projet, mais aucun d’entre eux ne voulut écouter. Tous travaillaient dans « l’intérêt patriotique ». Alors. Il comprit. Il devait battre le feu par le feu. C’était la seule alternative, pour qu’un jour, les fruits de son entreprise portent des résultats. La seule façon pour que la race humaine vive en paix, c’était qu’aucun autre pays n’existe sauf un seul et même empire basé sur une force morale et physique. À partir de cette idée, qui devint plus tard, son grand leitmotiv, Youbakou Senja n’hésita pas à sacrifier des dommages collatéraux pour parvenir à ses buts. Scientifique de renom, il sut persuader ses collègues de travailler à sa cause. Ce qui provoqua le grand schisme et la traque de toute personne qui nuisait à cette phase finale.

    « Nastasia. Je vais descendre. » Sur sa voix froide, robotique, la mère d’Aelita apparut près de lui. Elle était le résultat de sa plus merveilleuse expérience : le conditionnement humain. Des mois enfermées dans des caves jusqu’à ce qu’elle oublie même son propre nom. Elle se trouvait être la plus fidèle de toute.
    « En êtes-vous certain, mon maître ? La guerre a démarré. Nos ennemis sont puissants, les pertes sont déjà élevées. Je vous ai ramené le garçon. Comme vous me l’avez demandé, j’ai laissé l’autre près de l’hôpital. Elle se mit à genoux. Le Phénix Doré entra dans une violente quinte de toux.
    — Le Général Hussinger a survécu. Il continuera à survivre. Il ne se laissera pas tuer. Je suis le seul à pouvoir le détruire. Et puis… c’est une affaire personnelle. Une affaire qui remonte à des années. Le cyborg se releva de sa chaise. Il regarda le bureau sur-mesure qu’on lui avait fait quelques mois auparavant comme s’il n’allait plus jamais le palper.
    — C’est trop dangereux, maître. Et si vous vous faisiez tuer ? C’est vous qui avez eu toutes ses idées. Sans votre génie, jamais nous n’aurions pu réussir à faire tout ça. Son interlocuteur parut réfléchir.
    — Si je meurs, ce sera avec les honneurs. J’aurais combattu vaillamment. Mais mon heure aura sonné. Je te fais toutefois le serment, que même si je meurs, Hussinger mourra avec moi. Tu seras leur chef. C’est vers toi qu’ils devront se tourner. Je te lègue tout ce que j’ai, Nastasia. Tu es ma plus belle réussite. » Il lui caressa la joue.

    Sans outre mesure, le Général de Vesvrotte marcha jusqu’à une plateforme d’embarcation. Accompagné de ses meilleurs gardes, il adressa un dernier regard à Nastasia. La mère d’Aelita en avait les larmes aux yeux.
    « Si je ne suis pas revenu d’ici quinze heures, tu déclencheras le processus d’autodestruction de la Grande Arche quand les soldats français seront à l’intérieur. Tu activeras le Canon Polynice et tu détruiras la terre. Le Code D.I.M.E.N.S.I.O en a le pouvoir. Si nous ne pouvons avoir ce monde, personne ne doit l’avoir. As-tu compris ? » Elle hocha la tête. Il disparut dans sa navette.

    Némésis

    « Bon, écoutez-moi. Shadow et moi allons vous exfiltrer du Royaume-Uni. Nous allons rejoindre une plateforme aérienne et prendre un avion de chasse. Il me semble qu’à un kilomètre d’ici, plusieurs avions sont disposés dans les sous-sols. De Vesvrotte ne doit pas être au courant. C’est notre seule chance de partir. Malheureusement, je ne sais pas les diriger. Le Général Hussinger parlait d’une voix tout à fait déterminée. Elle ne montrait aucune faille malgré la succession d’événements catastrophiques.
    — Moi, si. La réponse de Leith fut teintée d’agacement. Il tenait dans sa main une faux, la même arme que son homologue française, Kiichi.
    — Parfait. Installons nos masques à gaz, je suis certain que le Phénix Doré ne s’est pas contenté de simples missiles. Il en tendit plusieurs à chacune des personnes présentes dans le bunker. Margery E. Hensley le déclina.
    — Je ne viens pas, Général. Je suis Premier Ministre du Royaume-Uni. C’est ici que je dois être. Je dois commander mes troupes jusqu’à la fin. Le temps d’une trentaine de secondes, le sexagénaire dévisagea la femme qui se trouvait face à lui. Il soupira.
    — Vous avez raison. Ne perdons pas de temps, Arnold, Shadow. » Les deux hommes le suivirent.

    À peine eurent-ils franchis la porte du bunker, que des dizaines de cadavres se convulsaient à leurs côtés. Une étrange atmosphère paraissait se dégager. Immédiatement après, un cyborg leur sauta dessus. D’une dextérité exemplaire, Shadow lui planta son arme à l’intérieur de sa carcasse métallique. La monstruosité hurla jusqu’à s’effondrer au sol. Le Président français n’en crut pas ses yeux.
    « C’est épouvantable… Ils sont tous…
    — Gazés. Par du gaz sarin. Je m’en doutais. Nous ne devons pas traîner, il doit y avoir d’autres cyborgs, dépêchons. » Ajouta l’autre français. Lorsque tous trois parvinrent à gravir les nombreux décombres du 10, Downing Street, ils virent un scénario d’horreur. L’importante poussière qui se dégageait devait suffoquer les maigres survivants des nombreuses attaques subies par la voie aérienne et terrestre. Londres brûlait. À Piccadilly Circus, toutes les voitures entrèrent en collision les unes aux autres. Les Cyborgs pénétraient à l’intérieur des bâtiments, mettant le feu et détruisant tout ce qui pouvait subsister. La résidence du Premier Ministre se trouvant dans une impasse, ils durent s’engager dans la plus grande avenue de Londres. Les soldats britanniques tiraient sur n’importe quoi. La moindre forme qui pouvait attirer l’attention dans cette chienlit se prenait des balles. Shadow semblait peiner à couvrir tous les fronts. Entre les alliés et les ennemis, la tâche était plus qu’ardue. Motivés toutefois par l’adrénaline, le Général eut le réflexe de regarder au-dessous de lui. Une plaque d’égout permettait de relier toutes les artères de la plus grande capitale européenne. Il pressa sur la manche de son supérieur français.
    « Nous allons descendre dans les égouts ! On va se faire tuer sinon. »
    En dégageant la lourde plaque métallique, le plus frêle des trois descendit le premier. Suivi du militaire, qui exhorta le dernier à le rejoindre au plus vite. Il ne fallait pas perdre de temps. Chaque minute comptait. Au moment où ils refermèrent la trappe, Big Ben s’effondra sous les offensives ennemies. Le feu parsemé dans toute la ville allait causer le plus grand incendie de Londres. Le Royaume-Uni allait s’effondrer. Il ne pouvait en être autrement. Mal préparé, mal protégé, la facilité avec laquelle Carthage pénétra ses défenses laissa présager le pire pour la France. Son bracelet se mit soudain à vibrer. Un code d’alerte y était inscrit. Le Général Hussinger se retourna, abasourdi par ce qu’il fallait comprendre de ce message.
    « Shadow… je vous présente mes excuses. Je savais qu’on ne devait pas la laisser… Margery E. Hensley est morte. » Cette nouvelle parut l’affecter le temps d’un bref instant. Ses yeux rougirent. Il n’exprima rien de plus. Il ne commenta même pas la nouvelle. A contrario, Arnold A. Heath se montra totalement déconcerté. Son propre téléphone vibra, annonçant exactement la même information que son Chef des Armées.

    « Continuons… Chaque minute compte à présent. Comme elle le désirait dans ses dernières volontés au cas où elle décéderait subitement lors de la guerre. Je deviens le Chef de la France et du Royaume-Uni… et… vous êtes sur ma responsabilité. Je vous assure que. Que je ne le permettrai plus. » Leith Fleytcher ne répondit rien.

    ***


    Malgré la présence de Kiichi et ses sommations, Jérémie restait à terre. Dans un soupçon d’énervement, la jeune fille s’approcha de lui pour le relever de force. À cet instant précis, un laser vint détruire quelque chose dans le ciel. Un second se lança. Abasourdie, elle se jeta à la fenêtre. Elle remarqua que les défenses installées dans la ville détruisaient chacune des navettes qui se jetaient sur la capitale. La bataille finale venait d’être lancée ? Pourquoi est-ce que le Général Hussinger ne l’avait-elle pas prévenue ?
    « C’est… C’est pas possible… » Un certain malaise lui provoqua un frisson dans le dos. Elle se retourna vers le scientifique. Ses bras ensanglantés lui inspirèrent un dégoût presque compulsif. Elle marcha vers lui jusqu’à être à la hauteur de ses jambes. Sans ménagement, sans même le prévenir, l’agent du Gouvernement le releva par le col et le plaqua au mur. La force dont elle fit preuve lui fit lâcher le scalpel qu’il tenait dans sa main. Il continuait à gémir comme un bambin. Elle lui mit une gifle.
    « Tu vas t’arrêter de chouiner le couche-culotte ? Je ne suis pas ta nounou, et je n’ai pas de temps à perdre. Le code rouge vient d’être déclenché. Et tu fais partie de ceux qui n’ont pas intérêt à mourir, alors tu vas arrêter de bousiller ta santé, t’as compris ? Ou je dois te le répéter avec plus de force ?! » Elle le secoua, le repoussa, lui faisant même un petit peu mal par endroit.
    « J’ai fait une promesse. Alors tu as intérêt à ne pas mourir. » En lui empoignant fermement le poignet, la demoiselle le poussa hors de la salle d’examen. Une certaine panique semblait s’installer dans tout l’hôpital. Elle ne chercha pas à donner d’explications, se contentant de marcher avec son “otage“. Son otage qui ne disait d’ailleurs mots. Trop occupé à se remuer les esprits sur tout le mal qu’il avait fait depuis le début.
    « Nous devons sortir d’ici. Je dois parvenir à contacter le Général Hussinger. » Devant son manque de réactions, elle continua de le malmener. « Allez, réveille-toi. Nous n’avons plus le temps pour les regrets. Si tu continues à vivre comme ça, tu mourras. Et tu le sais d’ailleurs. Tu es un garçon intelligent, alors pourquoi tu fais ça ? » Kiichi s’arrêta au beau milieu d’un couloir. Tout en fixant le petit adolescent, elle se rappela brièvement de ses petits moments de doute. Notamment quand elle était petite. Comment pouvait-on en arriver jusque là ? Comment pouvait-on réussir à se scarifier ? Même dans ses pires moments de détresse, elle ne pleurait pas. Même dans ses pires moments de détresse, elle se montrait forte. Pourquoi lui ne le faisait pas ? Son bracelet résonna dans tout le corridor. Il parvenait de son supérieur. Comme soulagé d’apprendre qu’il était toujours en vie, elle appuya immédiatement sur le bouton principal, rapprochant son poignet de sa bouche.
    « Oh Général, vous êtes en vie… Un nouveau tir couvrit sa voix. Un énième vaisseau se désintégra en vol. Ils étaient de plus en plus nombreux. On aurait dit des moustiques envahissant tout le ciel.
    — Kiichi, écoute attentivement ce que je vais te dire. L’alerte écarlate a été déclenchée. Nous engageons la procédure neuf. L’interlocutrice cligna plusieurs fois des yeux.
    — La Stratégie Neuf ? Mais… Mais pourquoi ? Le porte-avion n’est même pas terminé.
    — Kiichi, Margery E. Hensley est morte. Je dois agir sur-le-champ. Dans quelques heures, les canons vont céder. Paris sera assiégé. On a une armée de morts-vivants sur le… La communication commença à se brouiller. Tu es responsable des o… » Plus de signal. La jeune fille serra les poings. On venait de la mettre à la tête de l’Opération Aigle de Fer. La nouvelle parut remettre sur les rails le jeune Belpois. Il la regardait de haut en bas avec des yeux assommés. Une armée de morts vivants ? Le chaos ? Toutes ces bribes de conversation l’inquiétaient.
    « Kiichi… Je peux… Je peux vous aider. » Il était larmoyant, certes, mais il était revenu. On ressentait le sens du devoir dans ses paroles, peut-être plombées par la culpabilité.

    « This is the end. » Un coup de feu.

    ***


    « Barricadez la porte ! » Une voix masculine avec un fort accent français interpella quelques personnes. Le quadragénaire des forces spéciales français venait d’arriver au dernier étage du plus grand building new-yorkais. Complètement essoufflé, il agita ses doigts sur l’interface d’un bracelet “fabriqué en France“. En détournant immédiatement ses talons, il se jeta sur la porte blindée qu’il fit coulisser vers la gauche. Dressé du haut d’un costume à la James Bond, un petit duvet recouvrait les joues de son visage. Ses yeux noirs correspondaient à la même couleur que sa couverte chevelure blanchie par le stress.
    « Combien de temps avons-nous avant qu’ils n’entrent ? » Cette question posée à la cantonade ne suscita aucune réaction. Chacun des interlocuteurs se scrutait comme pour déterminer qui devrait répondre. L’un d’eux se dévoua finalement à la tâche. Il s’avança auprès de lui.
    « This is the end. Que Dieu ait pitié de vous. » Il sortit un détonateur. La porte blindée vola en éclat. Le souffle de l’explosion envoya le fuyard jusqu’au petit bureau présent dans le coin. Un être de métal entra dans la pièce. Sa respiration replongea les protagonistes dans le silence. Aucun ne croisait le regard de l’autre, comme pour se cacher de la culpabilité.
    Alors qu’il perdait peu à peu conscience, l’agent des services secrets appuya sur son bracelet. Celui-ci s’autodétruisit. S’ensuivirent les horribles hurlements avant que ne revienne le silence.
    Un peu partout dans le monde, les agents des sections Soulsilver et Heartgold se faisaient tuer à cause des ondes de leurs bracelets, celles-ci n'étant pas brouillées à l'étranger.

    Dans les cieux allemands, plusieurs avions de chasse se propulsaient afin d’éviter les pilonnages ennemis. Chaque seconde, un Rafale s’écroulait dans les champs germaniques. Personne ne pouvait l’empêcher. Dans chaque radio, à quelques secondes de leurs morts, ceux-ci entendaient la phrase qui les condamnait, avec tout ce qu’il y avait de plus cynique.
    « This is the end. » Après, le son se coupait. Les vitres volaient en éclat. Le pilote mourrait. Sa carcasse s’effondrait dans le paysage meurtri de la guerre. La plupart des agents spéciaux des sections Soulsilver et Heartgold mourraient comme ça. Dans un grand raid organisé par Carthage. Leur mission paraissait impossible à contrer. C’était comme si plus rien ne pouvait les arrêter. D’ailleurs, plus rien ne pouvait les arrêter.

    Au fond de la Norvège, l’ancien Président Jacques Chirac apprenait avec émotion les nouvelles du front. La guerre ne faisait que commencer. Cette guerre éclaire pendant laquelle toutes les nations se retrouvaient à genoux. Combien de temps avant que la France ne cède ? Au beau milieu de sa septième décennie, le vieil homme s’interrogeait continuellement sur le destin de son pays. Il n’espérait qu’une chose, le retour de l’harmonie. Il comprit toutefois, au fur et à mesure que les nouvelles tombaient dans son chalet protégé, que Hussinger avait échoué. Qu’il n’y avait plus d’espoir ; que c’était fini. Autant lâcher les armes tout de suite.
    « Monsieur le Président ? » Demanda alors une voix. Vêtu d’un costume noir avec des lunettes de la même couleur, un petit homme menu s’avança dans le souterrain. Arrivé au niveau du bureau de marbre, il posa la petite valise qu’il tenait dans ses mains.
    « Ni Monsieur Heath, ni le Général Hussinger ne sont joignables. Conformément au plan d’urgence 3000, il vous revient la charge de prendre la décision d’employer l’arme nucléaire, Président. » Visiblement surpris, le septuagénaire interrogea son interlocuteur du regard. Il ne comprenait pas. Une arme nucléaire ? Dans quel but ? Il n’y avait aucun ennemi, atteindre Carthage par le biais d’un missile semblait tout à fait impossible. Il demanda des explications.
    « Comme vous le savez. Dans le cas où Carthage parviendrait à éliminer les autorités franco-britanniques, il revient à deux anciens dirigeants qualifiés et reconnus de prendre la décision d’utiliser la seule sortie honorable de ce conflit.
    — Laquelle ? Il craignait déjà la réponse.
    — La mort. Un gaz neurotoxique et radioactif rendra chaque parcelle de cette terre inhabitable. La souffrance de l’humanité est telle, qu’elle ne se relèvera jamais d’une domination mondiale. Chacun des hommes sera contrôlé par une puce. Personne ne pourra plus jamais être libre. À la fin du dialogue, son interlocuteur resta interdit pendant de longs instants.
    — Oubliez immédiatement cette idée.
    — L’autre dirigeant a déjà donné son accord. Margaret Thatcher a annoncé que tous les moyens devraient être utilisés pour réduire à néant les plans de Carthage. »
    Cette femme était folle, complètement folle. Il l’avait toujours su.
    « Vous n’aurez pas mon accord. Trancha-t-il fermement.
    — Eh bien. Si Carthage vous trouve… Madame Thatcher décidera seule. Prévenez-nous, si vous changez d’avis. Si nous ne pouvons pas garder cette terre, personne ne doit l’avoir. »

    ***


    La Faux renvoya la balle contre le mur. Kiichi avait été d’une particulière agilité. L’infirmier resta pantois. Elle le regardait de haut en bas, ce gamin brun aux yeux bleus, dont la moue exprimait une forte terreur.
    « Nous sommes en guerre. C’est la loi martiale. Ce que vous venez de faire est passible de la peine de mort. » Elle dégaina d’un geste le petit pistolet qu’elle gardait dans l’une des poches de sa jupe. Sa main ne tremblait pas. Jérémie remarqua qu’elle se comportait comme lui par le passé. Il fit un pas. Le soignant resta tétanisé.
    « Je vous en prie… je suis… je suis infirmier… » De la sueur dégoulinait de son front. La jeune fille restait impassible. Elle le scrutait, elle le rendait mal à l’aise.
    « Je me fiche de qui vous êtes. Fermez les yeux. » Le scientifique s’interposa dans sa ligne de mire. Il étirait les bras en prenant de grandes respirations. Ses pupilles se dilataient. Les marques de ses sanglots, le sang de ses poignets, on pouvait encore le voir dégouliner sur ses bras et son visage.
    « Jérémie. Écarte-toi.
    — Non… Elle resta interdite.
    — Écarte-toi. » Un tir vint briser le premier canon qui défendait le ciel parisien. De violentes secousses jetèrent les protagonistes à terre. Des cris s’élevèrent partout dans l’hôpital Necker. L’infirmier en profita pour tourner les talons. Il courut vers la sortie. Sans hésiter, Kiichi tira. Il s’écroula à terre dans un long hurlement.
    « Qu’est-ce que tu as fait ? Mais qu’est-ce que tu as fait ?! Vociféra le jeune homme.
    — Il n’est pas mort. Il est agonisant. Nous sommes dans un hôpital. Il survivra. Peut-être. Je n’ai pas le temps de m’en occuper. Nous devons nous rendre à la base. Je dois déclencher la Stratégie Neuf avant que la Première Stratégie soit décidée… Nous avons peu de temps. » Elle se mit à courir vers les escaliers de service. Le blond se releva difficilement. Il hésita à la suivre.
    « Kiichi… » Il regarda à sa gauche. Des médecins s’approchèrent du blessé. Une nouvelle secousse vint projeter tout le monde à terre. Quelques vitres se brisèrent.
    « Kiichi ! Je ne peux pas partir. Je dois sauver Aelita ! » L’agent se retourna. Elle cligna plusieurs fois des yeux.
    « Nous n’avons pas le temps.
    — Fais ce que tu veux, mais je ne viens pas. » Il serra les poings. Devant son obstination, elle émit un soupir. Sans rien dire de plus, elle descendit les escaliers. Sur les six canons qui défendaient la ville de Paris, il n’en restait plus que quatre. Les pilonnages se firent plus violents. Le jeune Belpois navigua à travers les couloirs. Le monde s’agglutinait aux sorties. De nouvelles secousses vinrent briser les vitres. L’hôpital était l’épicentre des attaques. La base de la D.G.S.E se trouvait juste en-dessous.

    Dans ce paysage apocalyptique, quelques personnes se comportaient héroïquement. Elles bravaient vents et marée pour aider les patients à sortir. D’autres, encore, cédaient à la panique, participant à la cohue des cris et des hurlements. Jérémie tentait de les ignorer. Il continuait sa péripétie. Il monta l’un des escaliers. La sirène d’alarme sonna enfin dans toute la capitale. Un peu tard, certes, mais les premiers coups de feu indiquèrent que les combats terrestres venaient de commencer. Des avions jaillirent de sous-sols, les Rafale tiraient en renfort de l’artillerie. En poussant la dernière porte qui le menait au couloir d’Aelita, il constata avec effroi son état lamentable. Toutes les portes avaient été ouvertes. Des papiers, des machines encombraient le passage. Il les enjamba une à une jusqu’à entrer dans ladite chambre. Aelita s’y trouvait, redressée, assise, aux côtés d’un autre homme.
    « Jérémie… Soupira-t-elle.
    — Ah. Le héros vient au secours de sa dulcinée. Je m’en doutais. Je t’attendais. Je vous attendais. Je suis Friederich Armleder. Je suis le créateur de cette nouvelle race !
    — Moi je, moi je, moi je. Éloignez-vous d’ici maintenant.
    — Et tout de suite. » Une silhouette féminine se dessina derrière le lycéen. Elle le poussa sans ménagement. Kiichi n’était pas partie. Elle l’avait suivi. Armleder écarquilla les yeux.
    « C’est la fin, Mademoiselle Gallier. Vous le savez, n’est-ce pas ? »De son regard de savant fou, il se retourna vers la fenêtre. Il espérait peut-être l’effet de surprise sur le nom de la jeune fille, mais pas du tout. Elle tira tout de même. Cette fois-ci, la belle ne vint qu’effleurer son genou pour l’empêcher d’avancer. Il s’écroula à terre. Il lâcha un puissant gémissement. La douleur n’émeut personne. La Gardienne de Lyokô restait couverte dans son lit. Le bruitage de guerre parut presque devenir un fond le temps d’un instant. Tout le monde se demandait si cette prise exceptionnelle était réelle. La jeune fille s’approcha de lui pour lui administrer un calmant avec l’une des seringues présentes sur le plateau métallique.
    « C’est incroyable. Absolument incroyable. J’ai été imprévisible… C’est comme ça qu’on les a piégés. » Elle avait un sourire béat sur son visage. Mais, avec surprise, son otage se mit à ricaner faiblement. Un ricanement inquiétant, un ricanement qu’on ne voulait pas entendre tous les jours.
    « Ah… Vous m’avez eu… Mais… C’était un plaisir d’éborgner cette tapette. » Kiichi se releva, choquée. Jérémie se rapprocha d’Aelita. Armleder évoquait Léopold… Les faits du manoir Moore, quand celui-ci perdit un œil. « This is the end. Nous les avons eus. Ils serviront la Phase Finale… » La fille aux cheveux bleus se retourna vers ses interlocuteurs.
    « Il cherche à vous déstabiliser. Ne l’écoutez pas. Bâillonnons-le. Il faut rejoindre la base. » Un énième tremblement provoqua une impressionnante secousses. Les lumières blanches vacillèrent. Un bruit terrible indiqua qu’une partie du bâtiment subissait de sérieux dommages. Une odeur de cramée arriva à leurs narines. La paire de scientifique sentit leur cœur se serrer. Le bâtiment prenait feu.
    « Nous ne devons pas rester ici ! Il y a une chaise roulante dans le couloir. On va évacuer Aelita dessus. » Sans hésiter plus longtemps, Belpois se jeta dehors. Il alla saisir l’un des fauteuils métalliques. Il le ramena tant bien que mal. L’adolescente sortit alors délicatement de son lit. Encore en convalescence, elle boita jusqu’à s’asseoir. Elle remarqua, alors, les taillades de Jérémie. Elle lui prit le bras.
    « Jérémie…
    — Non, pas maintenant. Pas maintenant Aelita. »

    Azraël

    Odd entrouvrit les yeux. Il était dans une immense salle de contrôle où une myriade de boutons se trouvait installée jusqu’au plafond. Au fond, on pouvait apercevoir une immense baie vitrée par laquelle la terre se dressait de toute sa grandeur. Il y avait une petite silhouette féminine au centre de la pièce, qui agissait sur un tableau de contrôle en projetant un signal holographique comme pour le supercalculateur. À ses côtés, son ex petit-ami était toujours inconscient. Cette image lui inspira une peine particulière. Il paraissait si effrayé. Que pouvait-il bien penser ? En se mordant les lèvres, l’excentrique prit la décision de se redresser. Il n’y avait aucun garde, aucune sortie, juste cette femme que l’on pouvait reconnaître comme Nastasia. Il s’en approcha doucement. Ses pas résonnaient sur les carreaux métalliques. Sa respiration se fit plus prenante. Il s’attendait à un geste violent, il s’attendait à être maîtrisé avec force et autorité. Pas du tout.
    « Ah, tu es réveillé, Odd. Faut dire qu’on a administré une dose plus forte à M. Le Couls. » Elle ne se retournait pas. Elle continuait d’appuyer frénétiquement sur les commandes.
    « On est… On est… Sur la Grande Arche ? Il avait beaucoup de questions en tête : comme pourquoi il était toujours vivant.
    — Oui. La Phase Finale a commencé. Dans peu de temps, chaque gouvernement de chaque pays se sera rendu. Et nous pourrons fonder la naissance de l’Empire Humain.
    — Laissez-le partir. Laissez partir Léopold ! Le garçon se rapprocha. Il imitait une piètre voix menaçante.
    — Non. Vous servirez tous deux d’exemple. Quand tout ceci sera fini. Une exécution. Longue, violente, pour que chacun comprenne à quoi s’exposeront tous nos résistants. Elle avait dit ça avec beaucoup de calme. Le cœur de son interlocuteur s’emballa.
    — Mais. Pourquoi vous nous gardez ici ? Pourquoi faites-vous tout ça ? Je ne comprends pas. Je ne peux pas deviner, alors dites-moi Anthéa, dites-moi ! »
    Une violente gifle l’envoya palper le sol. La quadragénaire augmenta le volume des récepteurs de la puce. Le jeune Della Robbia se convulsa à terre. Sa tortionnaire serrait les dents. Au bout de quelques secondes, elle arrêta. Une violente rage la défigurait. Le garçon resta comme une loque.
    « Ne m’appelle plus Anthéa, vermicelle ! Je peux te tuer avec un seul bouton. » Sa saute d’humeur parut se tasser. Elle reprit plus calmement. « Les garants de la haine vont venir ici. Ils vont vous chercher. Et nous allons les briser. » L’adolescent chercha à se relever. Avec beaucoup de difficultés, il prit une grande inspiration. Il observa d’un regard convaincu sa cible. Toute une détermination était inscrite dans ses yeux.
    « Vous vous souvenez, quand vous avez offert Mister Pück à Aelita ? Son interlocutrice ricana avec force.
    — Petit, le pouvoir des mots ne marche pas avec moi. Mais, dis-moi, tu veux voir un tour de magie ? » Elle leva une grosse commande rouge. Un bruit strident vint agresser les oreilles de toutes les personnes présentes. Un petit tremblement provoqua des soubresauts un peu partout dans la pièce. Sur l’hologramme, un immense canon se dessina. Il faisait apparemment plus de trente kilomètres de long.
    « Le Canon Polynice ! L’arme ultime qui fera capituler toutes les nations de ce monde. Il est chargé à treize pourcent. D’ici quelques heures, nous aurons le pouvoir d’anéantir la planète. Ce sera un beau spectacle vu d’ici, tu ne penses pas ? » Elle se gaussa.

    « C’est de la folie, vous ne pouvez pas détruire la terre ! Ça n’aurait aucune logique ! » S’exclama-t-il avec ferveur. C’était vrai. Pourquoi se donner tant de mal pour un résultat pareil ?
    « Mais. Je n’ai jamais dit que nous comptions l’utiliser à pleine puissance. Au contraire. C’est une arme dissuasive. Commenta-t-elle en arquant un sourcil.
    — Dissuasive… Chuchota-t-il.
    — Enclenchez la mise à feu. » Ordonna-t-elle à une interface vocale. Odd se retourna vers Léopold. Il n’avait pas bougé. Depuis tout ce temps, son corps restait à la même place. Malgré les bruits, malgré les secousses, il ne s’était pas éveillé. Quelque chose n’allait pas. Le jeune homme se releva. Il courut auprès de lui. En touchant sa peau, il eut une violente frayeur. Tout était froid.
    « Léopold ! » Cria-t-il en le secouant vainement. Sa peau demeurait pâle. Il le tira vers lui. L’inconscient restait collé au mur. En se déplaçant vers son profil, le lycéen nota plusieurs cathéters “plantés“ dans son dos. Plusieurs liqueurs faisaient visiblement des va-et-vient. Il se releva, furibond, à cran, énervé.
    « Qu’est-ce que vous lui avez fait ?! Vociféra-t-il.
    — Il est “branché“ au Canon Polynice. Nous lui drainons la plupart de son sang et lui injectons divers produits chimiques pour le maintenir en vie. Si on le débranche, il mourra. Si le Canon Polynice est détruit, il mourra aussi. Elle avait dit ça avec un ton particulièrement calme.
    — Pourquoi… pourquoi faites-vous ça ? Demanda son interlocuteur, complètement liquéfié.
    — Eh bien… C’est amusant, n’est-ce pas ? Odd, le vaillant soldat, va devoir faire son choix. Sauver Léopold ou regarder les siens s’effondrer… Quoi que tu fasses, je vous saignerai. » Odd esquissa une moue de dégoût.

    Un écran géant s’alluma. Elle montrait l’intérieur d’une salle de conférences où une vingtaine de militaires haut gradés scrutaient Nastasia du bout des yeux. Au centre, on voyait Kiichi, dont la dureté de ses traits exprimait une grande confiance en elle.
    « Excellent, nous sommes parvenus à pirater la fréquence de votre réseau. Merci Jérémie. Dit-elle avec beaucoup d’assurance à son interlocutrice. Celle-ci ne se montra pas surprise.
    — À ce que je vois, votre chef n’est pas là. S’est-il perdu en route ? Commenta-t-elle avec médisance.
    — Le vôtre non plus. Je reprends le commandement des opérations. C’est votre dernière chance de traiter avec nous, Nastasia. Si vous ne retirez pas votre flotte, vous le regretterez, tenez-le vous pour dit. Sa voix tranchante jura avec la légèreté de la dame. Elle appuya sur une télécommande qui élargit le champ de la caméra.
    — Réfléchissez à ce que vous faites, Kiichi. C’est à vous de capituler. Nous avons des otages, et je vais vous montrer de quoi Carthage est capable. » La représentante des armées françaises resta interdite un court instant. Elle reprit un sourire beaucoup plus convaincu. C’était parfait. Les pièces s’emboîtaient à la perfection.
    « Vous allez vous en mordre les doigts. Kiichi ordonna le départ du Porte-Avion.
    — Voilà qui promet d’être intéressant. » Conclut Nastasia.

    Alors que la bataille aérienne faisait rage, à une trentaine de kilomètres de Paris, un immense sous-sol commença à immerger. Les bruits des moteurs provoquèrent une forte acoustique, qui s’en suivit par des dégradations matérielles importantes. La force des propulseurs balaya la masse d’air pour la transformer en véritable mini-tornade. Au beau milieu du champ, toute la végétation brûla. Sur une large superficie, un monstre de métal s’éleva dans le ciel. Sa forme était plutôt rectangulaire, elle recouvrait de nombreuses pistes d’aviations. Une bonne cinquantaine de navettes se voulaient prêtes à décoller. Nastasia n’en perdit pas son calme. Elle conservait un regard serein vis à vis des alarmes rouges qui sonnèrent un peu partout dans la salle de contrôle. Kiichi, pendant ce temps, continuait de la dévisager avec dégoût. Odd n’en croyait pas ses yeux. Il resta las.
    « C’est la fin, Nastasia. Je vous avais prévenue. » Les premières navettes commencèrent à rouler sur les multiples pistes tandis que la jeune fille serrait les poings. Elle espérait que le général Hussinger arrive au plus vite.
    « Attention ! Kiichi, il y a un cano…» L’image se brouilla. C’était la voix d’Odd. On entendit plus que des hurlements. Jérémie se releva. Il tapa du poing sur la table en montrant les images de son ordinateur. Un immense canon s’était déployé dans toute la colonie spatiale. Il ne fallait plus perdre de temps.
    « Ordonnez le décollage immédiat de toutes les navettes !
    — Nous ne pourrons en envoyer qu’une vingtaine s’ils tirent dans les minutes qui arrivent ! S’écria Jérémie.
    — On en a plusieurs qui devraient partir d’Écosse et d’Islande, cela comblera les déficits. Trancha-t-elle.
    — Tu ne comprends pas. S’ils tirent maintenant, le porte-avion n’a aucune protection ! Un seul tir et les pilotes seront perdus. Il faut choisir. Soit on lance le plus de navettes possibles, soit on raccorde celles qui sont déjà parties aux différentes tours de contrôle en opération.
    — Lancez-en un maximum. Je fais confiance à un équipage surentraîné. C’est un programme que l’Union Européenne développe depuis les années 80, depuis que Carthage représente une menace. Toutes les fois où Carthage pensait nous prendre de cours, nous développions cette arme depuis longtemps ! Il faut faire un choix et je l’ai fait ! » Kiichi avait pris sa décision. Personne ne la ferait bisquer.

    ***


    « Lancement du tir dans dix minutes. » Déclara une interface de contrôle automatisée. Le jeune Della Robbia resta à terre aux côtés de son ex petit-ami, toujours inconscient, toujours au bord de la mort, dont le cœur battait très lentement. Il regarda son bourreau.
    « Ah… Odd. Les Aurores sont en route. Sache que ce tir équivaudra à mille Hiroshima. »
    Était-ce la fin ?

    À la Croisée des Chemins

    Dans une petite voiture banalisée, Arnold Heath, le Général Hussinger ainsi que Shadow se rapprochaient à grande vitesse de la capitale française. Sans moyen de contacter l’extérieur, ils espéraient rejoindre une base encore en état de fonctionner. Le militaire faisait confiance à Kiichi, mais il savait pertinemment que trop peu avaient les nerfs pour tenir ce genre de poste. C’était un travail éreintant et fatiguant, surtout en temps de guerre, où il fallait prendre des décisions rapidement sous risque de perdre la main. À la croisée des chemins, il espérait que le porte-avion soit lancé afin que les premières navettes brisent les défenses de Carthage. L’armée des morts qui sévissaient partout en Europe mettait à genoux les populations. Les Cyborgs ne faisaient que rajouter la terreur à la chienlit. Définitivement, le monde courait à sa perte. Et lui, lui manquait tout ça parce qu’il avait été coincé à Londres. Il ne se pardonnerait jamais que son pays perde à cause de son absence. Un sentiment de culpabilité l’envahit. Sur les quarante kilomètres faits depuis l’atterrissage, les pilonnages avaient été nombreux aux abords de l’autoroute. Les petites nationales parurent préservées. Quoi qu’il en fût, l’Armée des Ombres avançait partout. Il remarqua les soldats qui combattaient tandis que lui, continuait de s’enfoncer au plus profond du pays sans pouvoir donner ses ordres. Il voyait les erreurs tactiques, les offensives erratiques ou inutiles. Et il s’en sentait responsable, comme un sentiment d’inaccompli. Il avait la sensation de les avoir mal préparés. Son bracelet clignota soudain. En relevant la manche, il y nota une funeste information.
    « Nous arrivons dans la périphérie parisienne. Conduire à droite… c’est bizarre. » Ce petit trait d’humour ne fit rire personne. Malgré tout, le britannique se décida à poursuivre.
    « Apparemment, le front nord-parisien est bien tenu. » Ce n’était pas ça qui inquiétait le général Hussinger. Le Président français en avait parfaitement conscience. Le problème, c’était la procédure d’urgence n°3 000 qui avait due être enclenchée. Après la mort de Margery Hensley, il ne restait que Margaret Thatcher pour le Royaume-Uni ainsi que Jacques Chirac pour la France. Dans l’hypothèse où ils auraient déjà été contactés, la planète risquait gros. Cette tactique de terre brûlée lui disconvenait. Il ne comprenait pas pourquoi, malgré ses demandes, Heath refusait de rendre cette procédure invalide.
    « Arnold, si par votre faute, la terre se retrouve gazée, vous serez bien con de ne pas avoir été dans un bunker. »
    Le chef de l’exécutif le regarda, un peu penaud.
    « Attention ! » Un éclat d’obus manqua la voiture. Le souffle de l’explosion la fit reculer contre la barrière de la voie rapide. Les vitres se brisèrent. Les petits éclats de verre tailladèrent la peau des deux passagers. De petits halètements roques s’en suivirent. Le sexagénaire rouvrit péniblement les yeux. Shadow était déjà sorti. Il donna un coup de pied à la portière. Tentant tant bien que mal de s’extirper, il tira le politicien contre lui jusqu’à palper le goudron au sol.
    « Rien de cassé ? » Demanda-t-il de sa voix grave. Le jeune homme resta silencieux. Il scrutait de gauche à droite tandis que le Président restait sonné.
    « Général, nous avons un problème ! » Le britannique pointa du doigt des ombres qui se dessinaient au loin. Hussinger se releva. Des cadavres putrides boitaient en leur direction. D’autres avions noirs survolaient leurs têtes. Leith matérialisa sa faux. Il se tenait prêt à dégainer.

    « Je vous ferai remarquer une chose. Juste une. Ce ne sont pas d’eux que viennent les obus. » Un sourire narquois aux lèvres, le militaire entendit le son des véhicules se rapprocher. Plusieurs jeeps se garèrent en catastrophe non loin des trois hommes. Une dizaine de soldats sortirent. Un adjudant, la trentaine, courut vers eux.
    « Général Hussinger, ne restez pas là. Protégez-les, allez, allez, allez ! » Ses hommes formèrent un cercle. Les premiers cyborgs sautèrent sur l’épave de la voiture. La bataille commençait. Des balles furent tirées.
    « Nous ne pouvons pas rester adjudant ! Si vous survivez, je vous fais la garantie que vous serez colonel ! » Escortés jusqu’à la voiture, ils grimpèrent dans l’une des jeeps.
    « Dites à Mademoiselle Kiichi que nous sommes en vie ! Dites-le lui au plus vite, c’est très important ! » À cet instant, le chef de section reçut une balle mortelle. Sa carcasse s’effondra au sol. Le Président eut un sursaut d’horreur. Chacune de ces personnes allait mourir. Le Général aurait pu les sauver, mais il n’avait pas le temps. Le regard sombre, il procéda au demi-tour. À pleine vitesse, les trois s’éloignèrent des terribles hurlements qu’ils entendaient.
    « Je ne viens pas avec vous. Shadow, tu me déposeras à la place du Trocadéro. Le temps nous est compté. Je dois terminer quelque chose. » Il regarda de nouveau son bracelet. Heath resta dubitatif. Shadow se contenta d’observer la route. Paris n’était pas épargnée par les combats. L’armée y était présente de partout.
    « Général… Vous reviendrez dès que ce sera terminé, n’est-ce pas ? Et puis, qu’est-ce qui vous arrive ? » Un silence. « Sûrement » se contenta-t-il de répondre.

    ***



    Dans la voute céleste, la bataille faisait rage. Les navettes alliées tentaient tant bien que mal de percer les défenses ennemies. Toutes les protections installées empêchaient de s’en approcher réellement. Personne n’arrivait à pénétrer l’immense forteresse de la Grande Arche. L’opération commençait à faire de sérieux dégâts. Il s’agissait d’une première guerre dans l’espace, une première guerre face à une organisation surpuissante, suréquipée et surprotégée, face à une armée vétuste, mal préparée et désorganisée en l’absence de leur chef.

    Plus que dix minutes. D’ici dix minutes, cette ville ne serait plus qu’un tas de cendres. C’était avec une certaine jubilation que le Phénix Doré contemplait la Tour Eiffel depuis la place du Trocadéro. Il y attendait le plus valeureux combattant. Celui qui le mit le plus en difficulté chaque fois qu’il devait réussir un plan. Cette fois-ci, il allait y mettre fin. Cette fois-ci, ce serait le dernier duel pour le Général Hussinger. Tout ce qu’il espérait, maintenant, c’était qu’il ait reçu son message malgré les perturbations. Cela n’était pas compliqué, étant donné que le savant maitrisait toutes les communications depuis des semaines. Ainsi, s’il l’avait reçu, il viendrait. Youbakou Senja connaissait la nature de son ennemi. Il était loyal, il relevait toujours les défis. Cette éthique le perdrait. Quelques pas provinrent à l’arrière. Le chef de Carthage ricana. Il était là. Cela allait pouvoir commencer. Alors que les chars luttaient tant bien que mal contre l’assaillant, c’était dans un décor d’une violence inouïe que les deux hommes se rencontraient.
    « Le sens de l’honneur t’incombera toujours, Andrew. Tu es vaillant, fort, intelligent. Tu as fait beaucoup de chemin depuis que nous nous connaissons. Cela s’arrête ici. » Le Phénix Doré retira son voile. Son visage était défiguré, lifté, étiré, bien représentatif de sa peur à mourir. Le français, lui, se tenait de toute sa hauteur, droit comme un pic. Il dévisageait son adversaire, et dans cette atmosphère, il ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la pitié pour lui.
    « Je ferai ce que je dois faire, Youbakou. Il n’est pas question que je cède. Seul un de nous deux sortira vivant de cette confrontation. » Le Général Hussinger matérialisa l’arme de son bracelet. Une épée incrustée de diamants bleus apparut dans ses mains. Elle ressemblait à celle des nobles de la Renaissance. Une épée pleine d’histoire, à la fois résistante et puissante.
    « J’attends ce moment depuis si longtemps, Andrew ! Tu ne peux pas savoir quel plaisir je vais me faire de te détruire. » En s’appuyant sur son talon gauche, il s’élança à travers l’immense place du Trocadéro. Son pied métallique atteignit la puissante barre de fer qui protégea le militaire. Ce dernier envoya son poing contre sa carcasse. Il roula quelques mètres au loin. Visiblement surpris, le Phénix Doré reprit appui sur ses deux jambes. Il dévisagea son ennemi de toujours. Pourquoi parvenait-il à le frapper ? Ce n’était qu’un vieillard.
    « Je vois que tu ne comprends toujours pas. Au-delà de cette épée, mes capacités physiques sont décuplées. J’ai mis des années à concevoir l’arme parfaite pour t’anéantir. » Il lança une violente offensive à l’épée. Tel un combat mondial d’escrime, les deux adversaires enchaînaient les pas chorégraphiques pour esquiver, chaque fois, l’attaque de l’autre. Aucun ne parvenait à se démarquer, aucun ne parvenait à prendre l’avantage. Les premiers essoufflements arrivèrent. En sautant sur la rambarde de pierre qui délimitait les escaliers, de Vesvrotte se rendit au niveau inférieur. La manœuvre parut suspecte. Le français se montra méfiant. Il avança prudemment. Un énième bruit sourd lui fit comprendre que le dernier canon protégeant Paris avait cédé. La ville était maintenant soumise aux bombardements ennemis. Les premiers avions lâchèrent le feu partout dans les nombreux arrondissements de la capitale. Dans cette cohue, il descendit une à une les marches. Le ciel perdait son bleu éclatant. Il devenait plus orange.
    « Trop tard ! » S’exclama son premier antagoniste. Il le regardait d’un œil mauvais.
    « Tout ceci a été fait dans le seul but de m’arrêter, mais je t’assure que cela échouera ! Cria-t-il avec force et conviction.
    — T’arrêter ? Penses-tu vraiment que le monde tourne autour de toi ? Penses-tu vraiment qu’il a toujours s’agi de toi ? Voyons. Andrew. Quelque chose est dans le ciel. Quelque chose s’apprête à tirer dans le ciel. » Un rire dément s’éprit de lui.

    ***




    120 secondes. À l’intérieur du centre des opérations français, Kiichi se trouvait débordée par les événements. La Bataille de la Grande Arche était catastrophique. On ne parvenait pas à percer les défenses ennemies. La France se trouvait assiégée. Au moment où elle allait perdre espoir, les portes s’ouvrirent. Elle reconnut ces gestes rapides, non significatifs de son supérieur, mais plutôt du seul politicien dans lequel elle avait su faire confiance. Il paraissait essoufflé. Accompagné par Shadow, la jeune fille s’approcha d’eux immédiatement. Jérémie tapait frénétiquement sur son clavier tandis qu’Aelita ne parvenait pas à bien comprendre la situation.
    « Oh… Monsieur Heath, Shadow, vous êtes là. Je ne contrôle plus rien. Ils vont tirer sur le porte-avion. On essaie de pirater la fréquence, mais c’est impossible. » Elle paraissait complètement apeurée et dépassée, confirmant les sombres prédictions du Général Hussinger.
    « Allons. On va trouver une solution. Le Général Hussinger confronte en ce moment-même le Phénix Doré.
    — Qu’avez-vous dit ?! » S’exclama le blond, choqué. Il était toujours à cran, de grandse cernes entouraient ses yeux. Il travaillait d’arrache-pied depuis tout à l’heure. Il ne se remettait pas encore de sa précédente crise de nerfs.
    « Si le Phénix Doré est ici… Pourquoi est-ce que Nastasia voudrait tirer… À moins que ? » Une hypothèse effroyable provoqua un sursaut dans son cœur. Le scientifique regarda la carte du monde interactive présente au mur.
    « Oh non ! » Ses yeux s’embuèrent. La plus grande catastrophe attendait le monde. Carthage allait faire une grande démonstration de force.

    60 secondes. Odd serrait Léopold contre lui. Il était apeuré. Lui, glacial. Le calme avec lequel Nastasia s’apprêtait à détruire toute une civilisation lui glaçait le sang. Le compte à rebours se faisait de plus en plus menaçant. Il perdait chaque fois une seconde. Il était désormais à quarante-neuf. Il ne restait plus beaucoup de temps. Il fallait agir. Il était le seul à pouvoir agir. Malheureusement, l’excentrique restait prostré au sol. Il ne pouvait rien faire, à part regarder l’humanité s’effondrer.
    « Vous faites une grave erreur… Je vous assure que vous faites une grave erreur… Vous le regretterez. » Le même rire que tout à l’heure. En revanche, celui-ci semblait beaucoup plus cynique que le précédent. Comme si, de toute façon, toute cette histoire n’avait plus aucune importance. Elle jouait avec les humains comme des pions.
    « Odd. Je ne vais pas détruire la France. Cela servirait à quoi ? Hein ? Dis-moi ? Condamner toute l’Europe à l’errance radioactive, ce n’est pas notre but. Annonça-t-elle avec moquerie. Elle pointa du doigt les îles japonaises.
    — Dis-moi, tu aimes le Japon ? » Elle cliqua dessus. La pièce devint rouge. De forts tumultes secouèrent la pièce. La mère d’Aelita continuait d’appuyer sur les boutons de son interface.
    « Code D.I.M.E.N.S.I.O. Canon Polynice chargé à 53%. »
    Un sourire carnassier s’étira sur ses lèvres.

    15. Jérémie observait son écran avec dépit. « Je ne peux rien faire. C’est trop tard. »
    10. La délégation du Président Chirac reçut un appel de détresse en provenance du Japon.
    9. Une foule impressionnante regardait les écrans de télévision. Ils montraient la même image d’un canon qui se préparait à tirer.
    8. À Manhattan, quelques personnes allèrent jusqu’à se défenestrer. Les cris devenaient la bande-son normalisée. Une inquiétude palpable régnait.
    7. À l’intérieur de la Grande Arche, le jeune Della Robbia contemplait l’œuvre de son échec avec un puissant dégoût dans les yeux. Il se sentait si vide.
    6. Aelita rapprocha sa main de celle de Jérémie. Elle l’empoigna fermement.
    5. Les citadins de Tokyô se mirent à crier. L’information fuita très vite. Les écrans géants indiquaient que l’Archipel était visée. 4. Complètement désespérés, la plupart des gens s’écrasaient les uns aux autres dans l’espoir de se réfugier quelque part. 3. Mais la vérité, c’était qu’il n’y avait plus d’espoirs. Le sale espoir. 2. Une dernière lueur. 1 Une dernière prière.

    0.

    L’énergie commença à se concentrer. Très vite, une puissante lumière verte jaillit du Canon. Elle avait la superficie d’une grande ville. Le rayon était énorme. Il filait à la vitesse de la lumière jusqu’à sa cible. Aucune chance ne serait laissée aux japonais. Lorsque l’impact eut lieu, le retentissement fut mondial. La terre tangua de longues minutes. Chaque personne de chaque parcelle de terre put ressentir la mort brutale de plus de cent millions de personnes. Avec une horreur particulièrement développée, Carthage prit soin de montrer toutes les images d’agonie. Toutes les conséquences de ce tir. Raz-de-marée, explosions radioactives, le Japon ne se relèverait pas. Il était pris, cette fois-ci, dans les tourments de la nature. Le patrimoine de l’humanité, volé en fumée, par la simple volonté d’une femme. Personne ne pourrait raisonnablement poser de mots sur ce qui venait de se passer.

    Hussinger comprit. La guerre continuait. Les retombées radioactives seraient catastrophiques pour la planète entière. Cela allait être une peine incroyablement sévère. Cela allait être la dernière mise en garde. Il fallait déposer les armes. Cette hypothèse l’acheva.
    « Vous avez finalement compris. » Commenta doucement le Phénix Doré. « Rendez-vous. Et votre peuple vivra. »

    En Norvège, le Président Chirac se releva, de toute sa solennité. Entouré de plusieurs de ses collègues, il marcha jusqu’au salon principal où l’attendait l’homme précédemment installé. Il venait d’apprendre la funeste nouvelle. Le Japon sombrait dans l’horreur. La population mourrait dans d’atroces souffrances. On ne pouvait pas laisser faire ça. Le gaz en question était indolore, lui assurait-t-on. Il hésita pourtant de longues minutes à adresser la parole à ce quinquagénaire, installé là, près de la table, avec des lunettes noires sur les yeux. Ce serait le choix le plus dur qu’il ait eu à faire, mais peut-être le seul qui en vaille la peine.
    « Avons-nous des nouvelles du Général Hussinger et du Président Heath ? » Son interlocuteur hocha la tête négativement. Il resta silencieux. En s’installant sur le siège d’à côté, il prit une posture de réflexion. Il demanda qu’on lui serve un verre d’eau. Toujours aucune nouvelle de la France ? Le poids du monde se trouvait sur ses épaules. Il était là, bêtement, à choisir.
    « Dites-moi… Est-ce que Madame Thatcher souhaite toujours prendre la même décision ?
    — Oui. Vous avez changé d’avis ? » L’ancien chef de l’état regarda vers la fenêtre. Le paysage lui semblait vraiment magnifique.

    « Donnez l’ordre. Cinq heures. On programme cela pour l’aurore. » Il prit une profonde inspiration.


    Le vent a tourné.

_________________
« Il ne faut jamais perdre espoir ! » Alors qu’Alexandre était sur le point de tout abandonner, une voix familière résonna au plus profond de lui-même. « C’est ce que tu dirais, n’est-ce pas ? ».
Chapitre 26, Le Héros Légendaire.
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Mejiro-kun MessagePosté le: Dim 15 Sep 2013 19:59   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Yop ! Je viens de finir ton chapitre, et je commente, comme à mon habitude o/ !

Tout est très bien écrit, comme d'habitude ! Je passe rapidement sur les divers combats : tu montres avec brio l'horreur de cette guerre et la perte d'espoir progressive des habitants de la Terre au fur et à mesure que le conflit avance par le biais de tes personnages.

Au stade où on en est, je pense qu'espérer un Happy End serait puéril =( mais bon, tu peux encore nous surprendre o/ !

Le Phénix Doré. En apprendre un peu sur son passé au début du chapitre était très intéressant j'ai trouvé, on le comprendrait presque, même s'il est clair qu'il a sombré dans la folie la plus totale avec le temps. Il suffit de voir ce qu'il a fait subir à Anthéa. Cette dernière, par ailleurs, semble réagir à l'allusion de sa vie passée, ne serait-ce que légèrement. Peut-être Odd, dans un sursaut d'espoir, parviendra-t-il à lui faire reprendre pied ? Redevenir celle qu'elle était ? Si c'est le cas il y a fort à parier qu'elle ne se pardonnera jamais ses agissements en temps que Nastasia. En tout cas, la relation qui l'unit au Phénix Doré est vraiment bien retransmise et intéressante !

J'aime bien le concept selon lequel Léo' est relié directement au canon. C'est divinement glauque et ça laisse nos héros face à un dilemme intéressant. Mourra-t-il ? Avec tes suspens à répétitions, rien n'est moins sûr =P !

Kiichi manque un peu de compassion envers Jérémie je trouve. Certes, on est en période de crise mais parfois on a plus l'impression d'avoir affaire à un robot qu'un être humain, et je trouve ça un poil dommage. En fait, si je devais soulever un seul point négatif de ta fic, c'est que tes personnages manquent parfois un peu d'humanité. Ou, tout du moins, ils ne correspondent pas à ceux auxquels le lecteur lambda peut s'identifier, ce qui entraine une certaine distance avec l'horreur du conflit. Cela se ressent d'autant plus maintenant qu'il ne reste plus que trois des anciens Lyokô-guerriers ! Après, ton style d'écriture grandiose rattrape largement ce léger défaut, mais je tenais à te faire part de mon point de vue à ce sujet o/ !

Le passage de la destruction du Japon avec le compte à rebours est vraiment poignant et angoissant, bien joué. Pourquoi ce pays en premier T___T ? C'est trop triste ! Hum... Nan franchement, passage exceptionnel !

Chirac se décide un peu vite à anéantir l'humanité quand même. Je peux comprendre qu'à ses yeux il n'y ait plus d'espoir mais je pense que se battre jusqu'au bout aurait été plus digne, quelque part =( enfin ce n'est que mon avis ! Toujours est-il que la fin du chapitre est vraiment dure à lire, dans le sens que le désespoir sous-jacent est particulièrement bien retranscrit. Bien joué encore une fois !

Seul VRAI bémol à ce chapitre à mon sens : l'inutilité croissante d'Aelita XD... Fais-la crever, ça ira plus vite à ce stade ! Hum...

Ah ! Et le combat des vieux, ça promet d'être épique ça par contre XDD ! Voir Hussinger au cœur de l'action pour une fois ça fait plaisir quand même ! Son arme lui correspond bien je trouve.

Bref, superbe avant-dernier chapitre, digne du niveau général de ta fic exceptionnelle *__* j'attends un final grandiose alors ne nous déçois pas =P ! Bon courage d'ici là ! Et surprends-nous o/ !
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Oddye MessagePosté le: Dim 15 Sep 2013 20:26   Sujet du message: Répondre en citant  
Fleur immonde


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Yo, yo, yo ! C'est parti pour le commentaire !

Tu sais déjà ce que je pense de ce chapitre, vu que je te l'ai dit pas Skype, mais je te le redis ici Wink
Alors !
C'est un chapitre très sombre que tu nous donnes, dans la même lignée que les précédents, mais on atteint un niveau assez haut là !

La relation entre Nastasia et le Phénix Doré est assez malsaine, ce qui la rend assez intéressante. J'ai l'impression que Nastasia n'est plus qu'une chose, créée par le Phénix Doré. Elle semble n'avoir plus d'âme, plus de sentiments.

Ensuite, on apprend que Margaret Thatcher a donné son accord pour qu'on élimine tout le monde, et que finalement, la Terre n'appartienne à personne. C'est assez radical ^^
On fait donc un pas de plus dans le désespoir.

La scène où Jérémy s'interpose entre l'infirmier et Kiichi, je l'ai bien aimée. Pauvre Jérémy quand même, il est assez malmené (oui, "assez" est un mot faible^^).

J'ai bien aimé la confrontation Odd/Nastasia. Et aussi que Léo est branché au Canon Polynice.
"Nous lui drainons la plupart de son sang". Cette phrase m'a plutôt marquée ^^.

La destruction du Japon était plutôt bien écrite. J'ai bien aimé ce compte-à-rebours. Ca faisait monter le suspens et la tension dramatique.
"Très vite, une puissante lumière verte jaillit du Canon" => J'avoue, je n'ai pu m'empêcher de penser à Harry Potter, et au sort mortel: Avada Kedavra, qui est aussi vert.
Simple coïncidence, ou référence? ^^

Et à la fin, Chirac qui décide d'accepter d'utiliser la solution ultime...

Ca me donne envie de dire quelque chose, quelque chose de très important:
Vivement la suite !

*se met à scander: La suite, la suite, la suite !
_________________
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Je n'étais pas anciennement odd-4-ever.
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Zéphyr MessagePosté le: Lun 16 Sep 2013 17:03   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1032
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
En effet, tu n'avais pas atteint le seuil maximum en ce qui concerne l'horreur. C'est chose faite maintenant je pense. La guerre bat son plein dans le monde entier. Quel que soit le lieu, la mort, les explosions, le désespoir et la désolation sont de mise. Si je devais le résumer, je dirais que ce chapitre est probablement le plus explosif de toute cette fiction.

Pour commencer, la description de la « naissance » du Phényx doré m'a beaucoup plu. Voir de quelle manière il en est arrivé à orchestrer tout cela était fort intéressant.
En ce qui concerne Nastasia, son conditionnement a vraiment gelé son coeur. En tout cas, c'est bien de voir qu'elle est encore capable de ressentir des émotions (je pense notamment à sa colère contre Odd). Enfin, quand je dis émotions, je parle vite. La colère, c'est négatif. J'ai en tout cas vraiment hâte de voir ce qu'il va advenir d'elle.

Ce que tu as fait à Léo', c'est sadique. Surtout envers Odd qui va peut-être devoir prendre une lourde décision (soit dit au passage, il en est de même pour le sort réservé aux deux garçons en cas de victoire de Carthage).
Quant à Jérémie, il parvient quand même à se ressaisir, mais je sens qu'il ne lui en faudra que très peu pour sombrer à nouveau (la mort d'Aelita par exemple).

La confrontation Hussinger/Phényx doré était vraiment sympa. Hussinger qui décide de se charger de ça lui-même, j'ai aimé. Son sens de l'honneur et du devoir sont vraiment admirables. Et puis, c'est cool de le voir aller au combat contre le chef adverse.
Le passage de la destruction du Japon était assez incroyable. La tension et le désespoir qui s'échappaient du compte-à-rebours m'ont pris aux tripes. Ces mots m'ont fait une forte impression : «  Le sale espoir». Ils montrent à quel point l'espoir est trompeur, et ce jusqu'au bout.

Parlons d'Aelita. J'espère que le chapitre final lui verra attribuer un rôle plus prépondérant. Parce que là, je suis d'accord avec Mejiro-kun : son inutilité est croissante. Qui sait, peut-être arrivera-t-elle à faire quelque chose par la suite.

Au final, Chirac accepte le dernier recours. Rappelons également qu'en cas de non-retour du Phényx doré dans la Grande Arche, la Terre sera détruite également.
À ce stade, je ne cherche même plus à me demander si les personnages principaux vont survivre, mais plutôt si l'humanité ressortira vivante de « Bataille pour l'Espoir ».

Tout ça pour dire que j'ai hâte de lire le dernier chapitre, que je pressens plein de surprises.
_________________
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« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Quater MessagePosté le: Mar 15 Oct 2013 00:48   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 31 Mar 2010
Messages: 107
Localisation: Je ne saurais le dire...
Ouf, moi qui avait peur d’arriver après la fin de la bataille…

Vu que ça fait un bout de temps que j’ai pas posté ici (ni ailleurs, d’ailleurs…), il a fallu que je relise tout bien pour avoir un bon aperçu de ces 6 chapitres que j’ai manqué.

Commençons par les remarques d’ordre général, qui seront, mine de rien, très proche de celles que j’ai déjà faites par le passé. C’est-à-dire que c’est un texte de haute volée, bien documenté et rythmé. Quelques fautes non-rédhibitoires, mais, hélas, que de tournures maladroites ! Tu avais bien corrigé le tir vers le chapitre 18, mais depuis tu as replongé en plein dedans ! Bon ce n’est pas la mort du petit cheval, mais ça vient accrocher un peu l’esprit du lecteur qui a largement assez de quoi s’occuper à appréhender l’ampleur de ta fic. Le plus gênant dans tout ça, c’est que ça fait depuis mon premier post que je le dis…

Mais parlons plutôt du contenu. Il est clair que tu as réussi à embrasser un spectre assez large de styles : thriller, guerre, real-politik, horreur, angoisse, psychologie, science-fiction… Le tout avec une intrigue qui finit enfin par se dévoiler entièrement, après une montée en puissance de 25 chapitres (pour un seul chapitre de dénouement !). Mais contrairement à ce qui arrive parfois, ce n’est pas ici une idée de « encore plus » qui survient en cours d’écriture : tout apparait effectivement soigneusement préparé au cours de la première partie de la fic (à moins que tu n’aies été en panne d’inspiration, et que tu aies jeté un coup d’œil en arrière pour réexploiter de vieilles idées… nan j’déconne !). Il en résulte donc, depuis le depuis, une impression de solidité et de cohérence.

Tes chapitres, du 19 au 25, s’enchaînent sans répit. L’ambiance se tend petit à petit, sans qu’une éclaircie vienne faire retomber la pression, ne serait-ce que le temps d’un chapitre. Seuls les temps (particulièrement fugaces, avant qu’il n’y en ait plus du tout) entre couples font exception. Cependant, l’action avance, de nouveaux éléments sont soulevés, et il faut au final attendre le 25 e chapitre pour découvrir l’ampleur de ce qui se trame réellement. Station spatiale, armement orbital, armée de cyborg, et hordes de morts-vivants en préparation. Bracelets nano-technologiques, porte-aéronefs enfoui,… En termes de science-fiction on a été servi !
D’ailleurs, j’aimerai avoir une petite explication sur le fonctionnement de ton canon Polynice, plus particulièrement son lien avec le sang humain lorsque Léopold est branché dessus…

Les couples, si ils sont établis, ne sont voient pour autant la vie comme un long fleuve tranquille. Les génies enchaînent les crises et dépressions, Odd et Leo n’arrivent pas à rester ensemble malgré ce qu’ils ressentent, et Ulrich/Yumi vont… mourir, tout simplement. Et le tout est remarquablement transmis. C’est un des nombreux points forts de ta fics : faire transparaitre des émotions, des réflexions, et les faire toucher l’esprit du lecteur, qui ne peut pas rester indifférent. Les chapitres 22 et 23 sont des exemples marquants.

Ces chapitres sont particuliers, à mon sens, pour deux raisons. La première c’est leur relatif éloignement du sujet central ; en effet, à part le début du 22 où on a le développement d’Hussinger, on sort d’un coup de la trame avec Carthage et le gouvernement pour nous consacrer sur la vengeance de Yumi. Ce n’était peut-être pas voulu, mais je l’ai vraiment perçu comme étant « hors » du récit.
Et la deuxième raison, c’est l’intensité dans ces chapitres. Sérieusement, j’ai pas souvenir d’avoir fait une lecture qui m’ait forcé à m’arrêter ensuite pour souffler un coup et décompresser. Tu lances ta machine avec une scène atroce, et à partir de là tu fais monter la tension sans discontinuer jusqu’à l’explosion finale où tout redescend d’un coup (au sens propre comme au figuré). Du grand art. La seule réaction que j’ai pu avoir suite à la lecture de ces chapitres fut « Oh putain ! »…

Je vais faire un arrêt sur le personnage d’Hussinger, qui soulève depuis le début bien des interrogations. Et pour cause : il faut attendre le chapitre 22 pour savoir qui il est vraiment. Un scientifique de Carthage rallié à la France, infiltré dans les plus haut échelons des décideurs de ce pays et ennemi numéro un du grand méchant. On sentait bien qu’il y avait encore des choses à apprendre sur lui. Et du coup on comprend mieux comment il a pu se faire passer pour Dunker en son temps. Le duel de papys arthritiques peut enfin débuter ! (même si l’un est resté une force de la nature et que l’autre s’est mécanisé…)
Je dois cependant que le passage de Streep à Hussinger m’a fait tiquer. Je ne conçois pas que pour cacher un refugié, aussi brillant et compétant soit-il, on le dissimule au sein des armées avec le grade de général. Les généraux, tu ne les trouves pas sous le sabot d’un cheval, et tu ne confies pas un généralat à un mec que tu viens tout juste de recueillir (surtout qu’il ne semble même pas être français vu son nom).

Jérémie… Bah après avoir joué au salaud, il s’est complétement effondré dans ses remords et sa culpabilité. Enchainant les crises de dépressions et les initiatives foireuses sur manipulation. Ajouté à ça que sa princesse est (encore ?) dans un état proche du légume… Le moins qu’on puisse dire c’est que tu n’es pas tendre avec lui. Remarque, tu n’es tendre avec aucun d’entre eux… Une petite remarque sur Aelita ; j’ai l’impression que tu ne sais pas trop quoi lui faire faire, ça fait un bout de temps qu’elle n’a plus eu de rôle significatif. En même temps, elle est (encore…) dans le coma.

Force est de constater que la victoire, si elle a lieu (à ce stade on peut de permettre de douter…), s’obtiendra dans la douleur. Visiblement, tout chapitre ne contenant pas sa dose de mort/torture/sadisme n’a pas droit de cité dans ta fic.
Ton compte à rebours en est un exemple parfait : au-delà de la terrible conclusion (à savoir la mort des japonais et la destruction du pays), tu instille avec ce procédé une atmosphère angoissante, jouant avec les nerfs alors que l’on se demande si un deus ex machina va intervenir pour interrompre le tir. J’y ai cru jusqu’au zéro, avant de me rendre à l’évidence : tu viens de tuer des millions de personnes.

Pikamaniaque a écrit:
les agents des sections Soulsilver et Heartgold
Diagnostique : une épidémie de pokémonite a frappé ce forum…

Difficile d’être exhaustif sur un texte aussi riche quant à son scénario. Au final, l’avenir envisagé n’est pas rose : si Hussinger terrasse Le Phénix Doré, la Terre est détruite par une arme surpuissante. Si au contraire l’armée des ombres se répand, la planète sera gazée. Politique de la terre brulée de chaque côté… A moins qu’un retournement de situation intervienne, je ne sais pas, du côté d’Anthéa/Nastasia, peut-être ?

Allez, vivement la suite et fin, je prépare le pop-corn !
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Pikamaniaque MessagePosté le: Ven 25 Oct 2013 19:13   Sujet du message: Répondre en citant  
Référent Pikamaniaque


Inscrit le: 30 Jan 2011
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Localisation: Norende.
Un silence dans la salle. Je ne répondrai pas à vos commentaires dans ce message, mais dans le suivant. Cette fois-ci, la fiction est définitivement terminée. J'espère que vous apprécierez le chapitre final. Après du retard, il arrive. Il arrive, et je souhaite qu'il réponde à vos attentes. Alors bien sûr, il y a toujours des questions en suspens, que je me ferai une joie de vous expliquer, dès demain pour ceux du Café des Écrivains, et à la suite pour les autres.

*Les lumières s'éteignent*. Carpe Diem.

_____________________________________________________________

Chapitre Final : Carpe Diem
Première Partie.



    « Et le gong s’abattit. Et la source d’énergie lança ses éclairs blanchâtres. »

    J’aimerais pouvoir dire que tout est fini. C’est vrai, d’ailleurs. À présent, tout est terminé. Le tragique espoir de cette Bataille prend fin. Nous sommes sur l’acte final : des derniers balbutiements en vue d’une ultime action. Qu’est-ce qui pourra les sauver ? Hein ? Et dans leur tête, à quoi rime ces tambours qui tapent, qui tapent, qui tapent, encore et encore, cette petite voix qui les pousse à continuer malgré les vents et marées. C’est funeste. C’est glauque. C’est macabre. Une danse macabre, tel est l’expression pour définir ce qui se passe. Trois, deux, un, et puis s’en vont.

    Je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas ce que je suis, je sais juste que je vois. Que mes sens me sont revenus, que mes pensées m’appartiennent, que je suis un être libre. Quelques efforts encore, et je jouerai mon rôle comme je le dois, à l’instar de la petite Antigone de Sophocle. Depuis le début, je savais comment ça se terminerait. Je l’ai toujours su. C’est peut-être d’ailleurs pour ça que j’ai préféré m’y réfugier. Je ne voulais pas y assister. Je ne voulais le voir qu’à la fin, quand il serait déjà trop tard pour assumer mon échec. Quand je ne penserai pas assez pour me douaner de cette responsabilité. Je sais ; c’est lâche. Et ça ne sert à rien. Parce que me voilà, ici, là-bas, quelque part, ailleurs, badaude, devant toutes ces personnes qui perdront la vie aujourd’hui.

    Et le gong s’abattit. Et la source d’énergie lança ses éclairs blanchâtres.

    « Ce n’est pas fini. Le dessein est incomplet. Les lignes sont reliées entre elles. Mais à quoi mènent-elles ? »

    Le Président de la République, M. Heath, avisait ses plus hauts dignitaires. Il avait repris le commandement des opérations. Kiichi, elle, pouvait souffler. Des larmes coulaient de ses joues tant la pression fut rude. Un immense poids venait de s’enlever de son cœur, si bien qu’elle ne comprenait pas comment le Général Hussinger pouvait assumer avec tant de compétences cette fonction des plus ardues. D’autant plus que cette fois-ci, l’attaque avait été particulièrement imprévisible. Le monde succombait aux offensives méthodiques et rapides de l’Armée des Ombres sur la plupart des grandes puissances occidentales. Les pays qui ne se soumettaient pas se trouvaient frappés du joug de la mort. On venait d’apprendre, à l’instant, que Londres était “sécurisé“. On se demandait bien ce que pouvait vouloir dire “sécuriser“. Sûrement annihilée de toute résistance, mais là encore, était-il possible que ce soit toute une population ? Rien ne demeurait plus sûr. Bien que l’ampleur des mauvaises nouvelles paraissait déjà massive, personne n’oubliait non plus la disparition des îles nippones. La destruction d’une civilisation. Le génocide de masse. Le sadisme incontrôlé de quelques fous mégalomanes. Voilà ce qui venait de porter un coup de poignard dans le cœur de la terre. Elle-même grondait sa colère. Les mers se déchainaient. La terre tremblait. Tout ça, sous le regard malsain de Carthage.

    « Où en sont les vaisseaux amiraux ? » De sa voix froide et autoritaire, le chef de l’exécutif se substituait au Général Hussinger. Il ne voulait pas commenter la triste affaire du Japon, qui terrorisait tous les tenants français. Les haut-fonctionnaires du pays, tous réunis dans cette pièce, tremblaient encore à l’idée qu’un tel canon ait pu détruire un peuple.
    « Aucune bonne nouvelle, monsieur... Selon nos liaisons radios, les boucliers Z Neutrinos nous empêchent de pénétrer à l’intérieur du champ de force de la Grande Arche. Nos navettes tombent les unes après les autres. Nous sommes en train d’échouer. » Le Président serra les poings. Toutes ses mauvaises nouvelles ne pouvaient être gérées que par l’homme à la poigne de fer. Qu’est-ce qu’il avait, lui ? Des gamins apeurés. Des ladres. Des faibles. Dont il faisait assurément parti.
    « Nous devons y aller ! » S’écria soudain un timbre beaucoup plus aigüe. Jérémie Belpois se tenait, dressé sur ses chaussures, en face de toutes les personnes qui le regardaient. On le toisa. Il répéta.
    « Les boucliers ne peuvent être désactivés que de l’intérieur… Je le sais mieux que quiconque. J’ai étudié les systèmes de protections avec ce que j’ai pu sortir de l’Arche…
    — Il a raison. Renchérit Kiichi, dont les yeux brillants marquaient le bouleversement qu’elle éprouvait.
    — Les boucliers Z Neutrinos sont faits de telle sorte qu’ils utilisent l’énergie nucléaire pour maintenir toutes les navettes hors du champ de force. Sans protection adéquat, tout ne pourra que brûler. Nous devons pourtant y pénétrer. De l’intérieur. Je ne sais pas comment. Il nous faut faire appel à nos cellules grises. Mais c’est notre seule chance, et si nous échouons, je sais que nous ne pourrons que présenter notre capitulation. » Renchérit le génie informatique.

    Le temps n’était guère à la réflexion. Il fallait prendre des décisions dans l’instant. Il n’était question de doutes. Pour cette raison, tout ce qui s’apparentait à des pensées devait être bannies, aussi Arnold Heath préféra immédiatement se concentrer sur un autre sujet. Il hésitait à prendre complètement le contrôle des opérations, qu’il désirait laisser à son allié de toujours. Où était-il en ce moment-même ? Pouvait-il même revenir ? Il ne savait pas ce qu’Alexandre prévoyait, bien qu’une chose demeura certaine : il livrait la plus grande bataille de toute sa carrière militaire.
    « Monsieur le Président, le Général Hussinger est actuellement aux abords du Champ-de-Mars. Des témoins affirment l’y voir en train de livrer un combat des plus meurtriers. De plus, le ciel de Paris est découvert dans la nuit noire. Nos canons sont hors-service. La ville est assiégée. L’Armée de l’Air a pris le relais. »

    Un éclair frappa Kiichi. Comment ça, le combat d’Hussinger ? Pourquoi est-ce qu’on ne la prévenait pas ? Un frisson d’horreur lui parcourut le dos. Si elle faisait confiance à son mentor, elle savait parfaitement qu’est-ce qu’impliquait une bataille face au Phénix Doré. Elle connaissait aussi les limites de son bracelet. Le moment où, celui-ci ne marchant plus, il faudrait battre en retraite. Tout en connaissant la mentalité du vieil homme, il y avait alors quelque chose d’évident au fait qu’il se batte jusqu’au bout.
    « Comment ça, la bataille d’Hussinger ?! J’espère que vous ne me dites pas qu’il se bat en ce moment-même contre de Vesvrotte ? » S’exclama-t-elle, véhémente, avec de grands gestes. Pendant ce temps, le scientifique s’était éclipsé avec Aelita. Les deux adolescents réfléchissaient à un plan. Ils savaient qu’Odd et Léopold se trouvaient à l’intérieur de la Grande Arche, qui plus est, dans la salle de contrôle. Sans téléphone, le seul appareil électronique qui le reliait aux ondes satellites…
    « La puce. » Trancha Jérémie. Pirater son signal serait la seule alternative. La fille de Franz Schaeffer se mut dans l’ombre. Cette alternative n’était pas la plus réjouissante. De ses faibles forces, elle releva la tête. Un puissant ordinateur se trouvait derrière eux.
    « Cela risque de le tuer.
    — Nous risquons tous de mourir maintenant. C’est la Phase Finale, Aelita. Et je ne pourrai pas les sauver. Ni eux, ni toi, ni même moi. Je dois me donner au maximum. Je dois essayer. Tu comprends ?! » Sa voix venait de monter en crescendo alors que Kiichi ouvrit la porte, apparemment furibonde. Elle se dirigeait vers l’ascenseur qui allait la faire remonter.
    « Que fais-tu ? Demanda le blond, surpris.
    — Le Général est en grand danger. Il confronte de Vesvrotte en ce moment-même. Je dois aller l’aider ! Ses joues étaient rouges. Elle ne s’était pas arrêtée pour leur parler.
    — Attends ! Il peut se débrouiller seul !
    — Non justement. Il va mourir. Et sans lui, tout est perdu. Elle appuya sur le bouton du monte-charge. Je fais mon devoir. »
    Le temps d’un instant, les deux adolescents se regardèrent mutuellement. Un silence accusateur pointait la gravité de la situation. Effectivement, sans l’appui du Général Hussinger, il ne fallait même pas espérer une victoire. Chacun devait mettre la main à la patte.

    « Ne perdons pas de temps. » Le scientifique accourut auprès de l’ordinateur. Un iMac surpuissant comme jamais la société Apple n’avait pu proposer à des services gouvernementaux. Alors qu’il tapait frénétiquement sur le clavier, un rire sardonique le fit sursauter, lui et sa dulcinée. Enchaîné au mur, Friederich Armleder les dévisageait d’un air dément.
    « Ce n’est pas fini. Le dessein est incomplet. Les lignes sont reliées entre elles. Mais à quoi mènent-elles ? La mort est ton cadeau. » Dans son fauteuil roulant, Aelita cligna plusieurs fois des yeux. Que pouvait bien dire cette formule énigmatique ? Elle fronça les sourcils. Un air sérieux comme jamais on ne lui connaissait s’inséra dans ses traits.
    « Des gens sont morts et ça ne me fait pas plaisir. Ne nous prenez pas pour des idiots, vous pourriez le regretter. Vous avez trop vécu. Vous devrez répondre de vos actes quand tout cela sera terminé. » Elle s’approcha doucement de lui, titubant sur ses jambes frêles. Son équilibre était instable. Son teint pâle montrait à quel point elle était encore en convalescence. Ses blessures la brûlaient. Malgré ça, avec une conviction redoutable, elle se saisit d’une barre de fer sur le bureau adjacent. Armleder perdit connaissance.
    « Reprenons… » Dit-elle calmement. Sans culpabiliser de son geste. Sur l’écran s’affichait un puissant cryptage qui se désagrégeait de lui-même. La disquette récupérée plus tôt contenait toutes les informations nécessaires au piratage de la fréquence de la puce. Il leur fallait, dans un premier temps, retrouver celle d’Odd parmi les nombreuses interférences. C’était sans aucun conteste la plus éloignée d’eux. C’était celle qui provenait de l’espace.

    Mot de passe.


    « Mot de passe ? Comment ça “Mot de passe“ ? Ce sont des codes d’habitude, s’exclama Jérémie.
    — Nous n’avons droit qu’à un seul essai apparemment…
    — Un seul essai pour sauver le monde ? » La Gardienne de Lyokô ferma les yeux. Elle reprit. J’ai peut-être une idée… Tu sais. Je crois que Friederich Armleder nous a donné un indice précieux. Tout tourne autour de Maman. Jérémie, je dois plonger, maintenant.
    — Mais… Non. Tu ne peux pas Aelita ! En plus, nous n’avons même pas les codes pour te virtualiser directement. Tu ne peux pas traverser le réseau toute seule.
    — Tu mens… Elle avait les larmes aux yeux. Tu les as. Mais tu ne leur donnes pas. Parce que tu te sens tellement coupable de la mort d’Ulrich, de Yumi… et au final. Tu sais très bien que nous en arriverions là. Du moment où nous nous sommes arrimés là-bas, la dernière fois, tu avais notre signature virtuelle. Il te suffisait de transposer les données à celles que tu as collectées pendant que tu œuvrais sur la Grande Arche. Et tu l’as fait, mon amour… Elle se mordit la langue. Jérémie devint plus sombre.
    — Aelita… Tu sais que si je le donne aux agents du Gouvernement, ils vont mourir… Et toi. Ils te feront prisonnière. Je ne veux pas te perdre ! Je veux rester avec toi jusqu’à la fin ! Il l’enlaça contre lui.
    — Jérémie… Il le faut.
    — Tu es trop faible… Tu es en fauteuil roulant, Aelita, enfin !
    — Tu sais comme moi que je ne serai pas blessé là-bas… Laisse-moi essayer. On se reverra, je te le promets. » C’était un mensonge. Un silence. Son amant se recula. Il y avait soudain beaucoup de fermeté dans son regard. Il la fixa longuement.

    « Alors… allons-y. » En marchant jusqu’à la salle des scanneurs du gouvernement, qu’il ne connaissait que trop bien désormais, il ne jugea pas essentiel de prévenir les militaires. Installé aux pupitres de commandes, il avait fait un adieu solennel à Aelita coupé de toute émotion. Il était persuadé qu’il la reverrait : ce n’était pas leur dernière bataille ensemble.
    « Je te transfère directement sur le Territoire de Carthage. Tu seras au nord d’une tour complétement neutre. Scanner et virtualisation. » Il conclut la manipulation qu’il connaissait vraisemblablement par cœur.

    Adieu.

    Hussinger Quitte la Scène

    Les éclairs du Phénix Doré furent faciles à esquiver. Le Général Hussinger continuait d’engager de magistrales pirouettes à l’aide de sa force physique décuplée. Les deux hommes s’affrontaient dans un duel au sommet, plein de prestance, d’élégance et de force.
    « Dans peu de temps, cette guerre sera définitivement terminée. Je vivrai, et toi ? Tu seras mort ! » Lui balança-t-il entre deux salves. L’homme ne désarçonna pas. Il ne craignait pas son ancien collègue scientifique du Projet Carthage. L’eau coulait sous les ponts, depuis, mais au fond, tous deux restaient les mêmes. En compétition. Depuis toujours. Et constamment, Youbakou s’était toujours senti grandement inférieur à Andrew dans ses travaux. Sans doute que ce sentiment n’avait fait qu’empirer en voyant son rival devenir premier opposant du nouveau projet.
    « Ne sois pas stupide, tu ne peux rien contre moi ! » Un coup d’épée vint retrancher le Phénix Doré sur les pavés du Champ de Mars. Ils ne se trouvaient qu’à quelques pas de la Dame de Fer. Elle s’érigeait de toute sa hauteur dans le ciel apocalyptique, comme la vaillante résistante à l’envahisseur.
    « Pauvre cinglé. Prêt à laisser toute l’humanité périr juste pour son petit égo. Tu vaux mieux que ça, Andrew. » Il repartit à la charge dans un rire dément. Hussinger para le coup au prix d’une petite blessure. Les griffes du cyborg venaient d’arracher une partie de son costume militaire. De la sueur perla de son front lorsqu’il renvoya plusieurs fois son épée contre l’ossature d’acier de son adversaire. À présent au niveau de l’arche nord de la Tour Eiffel, la population environnante fuyait la bataille endiablée qu’ils se menaient. Le bruit des bombardements se rapprochait.

    « Tout était déjà écrit. Depuis le début, Andrew. Dès que nous nous sommes quittés, je savais comment l’Histoire finirait. Personne n’a voulu me prendre au sérieux, quand j’ai commencé. Mais à présent, je sais qu’aucune femme, qu’aucun homme, qu’aucun enfant de cette terre ne sera en position de me dire “non“, parce que j’aurais réglé d’une traite tous les problèmes du monde. Le chemin est déjà tracé. Vous ne pouvez pas gagner. Te souviens-tu de la mort de Yumi Ishiyama ? Te souviens-tu de cette japonaise que vous avez trouvée complétement effrayée au pied même de là où nous nous trouvons ? Son sang éparpillé autour de son visage émacié, l’air terrorisée ? - Tu ne dis rien. Je sais pourquoi tu ne dis rien. Parce que tu viens de comprendre. Dans son agonie, je lui avais fait voir ce que je réservais à ces humains. Et elle avait compris que vous ne pourriez rien contre nous. Il faut croire qu’elle était plus clairvoyante que toi. »


    Son interlocuteur ne prit pas la peine de répondre, bien qu’il sembla décontenancé par ses propos. Sûrement à cause de son laïus, le Phénix Doré n’avait pas vu venir la barre métallique qui venait vers lui. Il ne put pas l'esquiver. Celle-ci transperça sa coque d’acier. Youbakou Senja s’effondra au sol. Sans un mot.
    « J’ai toujours trouvé que tu parlais trop. » Conclut le Général Hussinger. Il trouvait que cette fin manquait beaucoup de grâce pour un ennemi de cet acabit.
    Le sexagénaire se retourna, visiblement pressé par le temps. De sa poche, il sortit un petit talkie-walkie duquel il activa le haut parleur. Il se brancha directement sur la fréquence du gouvernement. De nombreuses voix s’activaient dans tous les sens sans qu’il puisse en caser une. Après une trentaine de secondes, il décida de presser son intervention. Qu’importe qu’il coupât ou non des gens.
    « Ici le Général Hussinger, je répète, ici le Général Hussinger, veuillez me transmettre immédiatement sur la fréquence du centre des opérations. » Ordonna-t-il. Un petit déclic indiqua que l’opération s’était effectuée.
    « Oh, mon Général, vous êtes ressorti vainqueur de cette confrontation ! S’exclama, enthousiaste, le Président Heath de sa voix détruite par le talkie-walkie.
    — Oui, mais nous n’avons pas le temps. Dites-moi précisément ce qu’il en est ici.
    — Eh bien, il n’y a aucune bonne nouvelle. Non seulement nos navettes échouent à percer les défenses de la Grande Arche, mais en plus, le front belge a été percé. L’armée des morts remonte de plus en plus rapidement vers Paris sans personne pour l’arrêter. Nous avons d’ailleurs proclamé la Loi Martiale.
    — Qu’est-ce qui empêche nos soldats surentraînés de passer ?! Grommela le militaire.
    — Des champs de force… alimentés par des rayons Z Neutrinos apparemment. Utilisant l’énergie nucléaire pour former une couche radioactive impossible à passer.
    — Très bien. Il vous faut centrer vos forces sur les émetteurs. Ce champ de force est sûrement relié à des bornes qui permettent de le maintenir en place. Vous devez les trouver et les éliminer de sorte à former un trou dans la couche. Avez-vous compris Arnold ? Comment cela se fait que vous n’ayez pas pu trouver ça sans moi ?! »
    Le Président parlait dans le vide. Le Général jonchait à présent le sol. Quelque chose venait de le frapper. Presque inconscient, il gardait péniblement les yeux ouverts pour ne pas céder à la violence du choc. Il regarda péniblement derrière lui : il s’agissait du Phénix Doré qui s’était relevé de sa léthargie.

    « Ce que c’est chiant ces gens qui ne veulent pas rester mort… » De sa poigne de fer, Youbakou saisit son bras de sorte à le relever. Il l’envoya valdinguer contre l’un des ascenseurs jaune.
    « Tu pensais qu’une simple épée suffirait à me tuer ? Quelle candeur. » Le Général Hussinger resta assommé quelques instants. Il était évident qu’il avait grandement sous-estimé son ennemi. Comment avait-il pu survivre ? L’épée s’était prise dans son cœur. Quelque chose n’allait pas. C’en devenait tout à fait désespérant. Cet homme demeurait increvable. Peu importe ce que l’on pouvait faire, il se relevait toujours, tel les dieux immortels.
    « Finissons-en, vieillard. » À l’intérieur de la boîte métallique, le militaire comprit qu’il possédait à présent un avantage certain sur Youbakou. Il dessina son idée sur sa moue. Avec robustesse, malgré la fatigue, il empoigna la manivelle qui se trouvait à sa gauche. Elle permettait d’élancer l’ascenseur bien que la porte soit détruite. Le monte-charge commença à s’élever. Il avait un peu de tranquillité.

    Sur la place du Trocadéro, une jeune femme leva le pied de son scooter. Elle venait de s’arrêter dans le grabuge et la cohue générale. Les avions ennemis ne cessaient de détruire les sites stratégiques français tandis que les Rafale réussissaient avec brio à éliminer les bombardiers tactiques. De ses cheveux bleus étincelants, elle balaya du regard la plus célèbre place parisienne. Elle n’y trouvait pas ce qu’elle cherchait. Elle eut un regard craintif : était-il déjà trop tard ? Le combat avait sûrement du se déporter ailleurs, mais où ? Kiichi ne parvenait pas à trouver. La réponse pendant pourtant sous son nez. Juste en face d’elle se trouvait la Tour Eiffel.
    « Oh. Mais j’y pense… Nos bracelets contiennent des émetteurs pour que chacun puisse se trouver. » Cette idée lui rappela qu’il fallait toujours utiliser ses ressources. Elle passa sa main sur l’écran tactile : le Général Hussinger se trouvait juste en face.
    Elle se sentait toute bête, d’un coup. En remontant sur son scooter, la jeune femme jugea qu’il n’y avait plus une seconde à perdre.

    Alors que l’ascenseur gagnait en altitude, le Chef des Armées Françaises venait de réussir à se relever. Il passa le premier étage sans encombre. C’était à se demander si le Phénix Doré allait le suivre. La réponse lui parut plus évidente quand l’un des câbles se rompit. La montée fut obstruée. La cabine métallique allait s’effondrer d’une minute à l’autre. Un sursaut de surprise manqua de le faire tomber dans la béance. Il s’accrocha de justesse à l’une des barres de fer. Il s’agissait du dernier ascenseur installé en 1889. On comprenait la vétusté de l’appareil. En face de lui se tenaient les escaliers. Au mieux, il dévalerait plusieurs mètres avant de pouvoir être hors de danger. Au pire, il mourrait dans le vide. Avec force et conviction, le Général prit cependant la décision de relever les lois de la physique à l’aide de son bracelet : il réactiva sa force physique démesurée (bien qu’elle commençait dangereusement à faiblir) et prit son élan au moment même où le dernier câble ne parvint plus à maintenir l’ascenseur. De justesse, Alexandre put retomber sur les escaliers qui lui écorchèrent son flanc droit.
    « Et merde… » Commenta-t-il en se relevant péniblement. Le sexagénaire regarda autour de lui. Il ne voyait pas Youbakou, mais le connaissant, il était sûrement en route. Ce fut difficilement qu’il gravit alors les escaliers, un à un, jusqu’à arriver au deuxième étage de la Tour Eiffel. Blessé, affaibli, Hussinger sentait qu’il flirtait sur ses limites. Le combat allait tourner en sa défaveur. C’était inévitable. Lui, un homme, l’autre, cyborg, il revenait au premier le puissant déshonneur de faillir face aux limites humaines.
    « Finissons-en, Andrew. » Les douze coups des églises sonnèrent. Il était précisément minuit. Dans cette chienlit, plus personne ne faisait attention à l’heure.

    Kiichi gara sommairement son scooter au pied de la Tour. Il ne lui restait plus beaucoup de temps. Elle avait pu entendre le violent impact de l’ascenseur avec le sol. Au meilleur des cas, le combat continuait. Au pire, un cadavre se trouvait là-bas. Mais elle n’avait pas le temps de vérifier. Selon son bracelet, l’émetteur envoyait le signal depuis le deuxième étage. Si les monte-charge se seraient révélés plus rapides, la jeune femme jugea qu’il lui fallait prendre un minimum de risque pour ne pas se faire remarquer. Enclencher le processus ferait remarquer sa présence. Elle prit donc la décision d’enjamber deux à deux les marches métalliques. Consciente du temps que cela prendrait, elle utilisa toutefois son bracelet pour hâter son ascension.

    Les lumières parisiennes. Hussinger savait que cela permettait aux bombardiers de mieux capter leurs cibles. S’il avait été aux commandes, l’électricité de la ville aurait simplement été coupée dans la plupart des secteurs-clefs. Mais à présent, avec la Tour Eiffel qui émettait ce puissant rayonnement, il n’avait plus qu’une chose à faire.
    « J’aurais espéré une meilleure fin. Lâcha le sexagénaire.
    — Finissons-en à présent. J’ai beaucoup à faire. Je dois fonder mon empire. »
    Sans un mot, le Général matérialisa de nouveau son épée. De Vesvrotte s’élança contre lui avec une puissante rapidité. L’esquive manqua beaucoup de fluidité. Le français peinait à esquiver les offensives nombreuses de son ennemi en pleine forme. Il était complétement dépassé par la situation. Fatigué et diminué, ce qui devait arriver se produisit. Il fut désarmé. Sans défense, le Chef des Armées se recula.



    « C’est terminé. Mets-toi à genoux, que je consacre ton ultime défaite. » Commenta cyniquement le Phénix Doré. Kiichi continuait de courir. Elle venait de passer le premier étage. Le Général prit une grande inspiration. Il en avait assez de cette mégalomanie notoire chez son adversaire.
    « Oh, je n’ai pas encore perdu, Senja. » Avec une habilité remarquable, le militaire sortit un simple revolver. Son ancien collègue se jeta contre lui. Ce dernier ne ressentait aucune peur. Il tira. Plusieurs fois. Même si cela marquait des soubresauts dans son “saut de la mort“, il ne parvenait pas à le tuer. Il n’était pourtant pas invincible. Le français dut toutefois reconnaître que sa faiblesse apparaissait désormais de plus en plus clairement. Autrement dit, il savait comment l’achever, sans aucune autre alternative.
    « Pathétique… » Youbakou Senja ne manquait pas les provocations. Et lorsque le chargeur fut vidé, et qu’il ne fut qu’à quelques mètres de lui, il lui planta ses griffes dans les côtes. Le Général haleta. Grièvement blessé, il réunit toutefois ses dernières forces pour sortir la dague de sa ceinture. En l’empoignant dans une étreinte macabre, le petit couteau acheva sa course dans la nuque du Rotten Phoenix. Il y eut un hurlement d’une puissance jamais égalée. Les deux hommes tombèrent au sol. Chacun respirait difficilement. Andrew Streep passa une main jusqu’à son bracelet, retenant toujours fermement le chef du Projet Carthage.
    « Zyklon A… Zyklon B… Je vous ordonne… de détruire… de détruire la Tour Eiffel immédiatement…… avez-vous compris ?! » Lorsque la confirmation vint (avec peu d’engouement), l’Homme de Fer haleta de longues secondes.
    « Tu vois… nous mourrons tous les deux… Et aucun de nous deux ne verra… ce monde… ce monde que tu as souhaité… bâtir. Ils vont échouer… maintenant. C’est terminé. » L’autre ne répondit rien. Il ne parvenait plus à articuler. Le bruit des avions de chasse se rapprochait.

    « Général… » Kiichi venait d’arriver, complétement essoufflée. Elle remarqua bien vite les deux personnes étendues au sol. « Oh non ! » S’exclama-t-elle en accourant immédiatement près d’eux. Hussinger se retourna, à l’agonie. Il avait le regard si paisible.
    « Kiichi… Tu dois partir. Dans moins d’une minute… des avions. Je vais détruire la Tour…
    — Non… Non, annulez l’ordre, vous ne pouvez pas mourir… pas vous. Tout est perdu sinon ! La jeune femme parlait vite. Beaucoup trop vite. En posant ses mains sur la poitrine de son mentor, elles se révélèrent pleines de sang. Un sursaut d’horreur la paralysa.
    — Kiichi… écoute-moi. Une dernière fois, écoute-moi. Lâcha-t-il avec difficulté. Sa main frêle et tremblante vint se poser sur sa joue. Sa peau était douce.
    — Mais…
    — Tu dois les sauver… Jérémie… Odd… Léopold… Aelita. Ils doivent vivre encore. Ils ont des choses à… à accomplir. Rends-toi sur la Grande Arche… Sois forte. J’ai fait mon temps ici… Je l’ai tué. Vous pouvez gagner… désormais. En voyant qu’elle ne réagissait pas, le Général la brusqua une dernière fois. Va-t’en ! C’est un ordre ! » Cette phrase officia comme un électrochoc. La fille aux cheveux bleus se releva et fit le salut militaire. En matérialisant rapidement sa faux, elle l’envoya dans la carcasse du Phénix Doré. Peut-être pour se dégager d’une puissante frustration. On ne saura jamais. Elle fit volte-face et courut jusqu’aux câbles de l’ascenseur. Le Général Hussinger l’observa une dernière fois, avec dignité. Il se sentit accompli désormais. La relève était assurée, il en était persuadé.

    Les Rafale balancèrent leurs puissants missiles à la surprise générale. La Tour Eiffel résista de nombreuses minutes, mais au bout d’un moment, les premières fissurent apparurent. Elle était désormais condamnée. Les barres métalliques cédèrent les unes après les autres dans une chute vertigineuse et mortelle. La population environnante se mit à hurler, des dizaines de câbles électriques furent déracinés et envoyés dangereusement contre les habitations. Le puissant vacarme de cette destruction demeura aussi désolant que le spectacle en lui-même. Le symbole de la liberté qui s’effondrait en même temps que la civilisation donnait une atmosphère de fin “d’époque“. Les dégâts, innombrables, dévastateurs, tuèrent des centaines de personnes autour. Paris se vit également plongée dans un black-out total. Les réseaux électriques interrompus, c’était les bombardiers qui seraient obstrués dans leur mission, de quoi gagner du temps dans cette guerre impitoyable. Le dernier acte du Général Hussinger fut donc de commettre un génocide : pour le bien de l’humanité.

    Andrew Streep, de son pseudonyme Alexandre Hussinger.
    (9 décembre 1943 – 25 avril 2006).
    Youbakou Senja, de son pseudonyme le Phénix Doré, dit Nathanaël de Vesvrotte.
    (21 mars 1958 – 25 avril 2006).

_________________
« Il ne faut jamais perdre espoir ! » Alors qu’Alexandre était sur le point de tout abandonner, une voix familière résonna au plus profond de lui-même. « C’est ce que tu dirais, n’est-ce pas ? ».
Chapitre 26, Le Héros Légendaire.


Dernière édition par Pikamaniaque le Ven 25 Oct 2013 19:19; édité 1 fois
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Chapitre Final : Carpe Diem
Seconde partie.



    Le Problème Final

    Aelita venait d’être virtualisée sur le territoire de Carthage. Il restait fidèle avec ce qu’il avait toujours été : sombre et malveillant. Personne n’était venu l’accueillir, à croire que cette visite fortuite ne faisait absolument pas partie des plans du Projet. Une aubaine, pour la Gardienne de Lyokô, qui craignait d’avance un comité d’accueil beaucoup trop puissant pour mener à bien la mission. Depuis les premières fois qu’ils étaient venus ici, il y avait toujours eu quelqu’un pour les griller. Cependant, aujourd’hui, dans cette ambiance particulière, sans doute que sa mère se trouvait bien trop occupée à détruire un pays pour se concentrer sur ce monde virtuel dit “inaccessible“. Il n’avait pourtant rien d’un château fort.
    « Aelita, il y a une tour au nord de ta position comme je te l’ai dit. Dépêche-toi d’y aller ! Je t’ai programmé l’Overwing. Inutile de te dire que dans peu de temps, tu auras un comité d’accueil et je ne pourrai peut-être pas te prévenir. Sois prudente… vraiment. »
    L’ange sauta sur le véhicule. Sans s’attarder plus longtemps, elle s’envola en trombe dans le ciel indigo. Le vortex qui le constituait n’avait pas cessé de grossir. À croire qu’il engloutissait chaque parcelle de chaque coin du réseau mondial pour devenir une bombe d’une puissance jamais égalée.
    « Mais. J’y pense… Jérémie… ? Ce vortex qu’il y a dans le ciel… Il ressemble beaucoup à celui qu’il y avait sur le territoire de la Forêt, tu ne crois pas ?
    — Tu ne peux pas m’envoyer un visuel ? Demanda le scientifique. Ci-tôt dit, ci-tôt fait. Il remonta ses lunettes. — Je vois. C’est vrai que ça y ressemble. On n’avait jamais pris le temps de le remarquer… Mais où veux-tu en venir ?
    — Est-il possible que ce vortex soit la conséquence des Champs de Force Z Neutrinos… Ou tout simplement du Canon Polynice ? Sa grandeur est devenue abyssale ! » Son amant réfléchit de longues secondes. Ce qu’elle ne disait n’était pas du tout stupide. Un lien évident coexistait entre le monde virtuel, le Code D.I.M.E.N.S.I.O et les différents événements qui frappaient la terre depuis l’avènement de la Grande Arche.
    « Putain ! Tu as probablement raison. Tout ceci leur sert de catalyseur d’énergie. La solution du problème se trouve à la source d’énergie du vortex. J’en suis persuadé ! » Son excitation retomba. Il ne pouvait y avoir qu’Aelita pour aller voir, et il en était strictement hors de question. D’ailleurs, et heureusement, le radar s’affola. Trois ennemis se trouvaient sur sa position.
    « Aelita, attention, mon radar me signale trois menaces de nature complétement inconnue. »

    La Gardienne de Lyokô, elle, en revanche, reconnut très bien ses ennemis. Elle freina brutalement à presque deux cent mètres de la tour. Son cœur prit une profonde accélération. Si l’on pouvait respirer dans un monde virtuel, sûrement que la jeune fille ferait de l’hyperventilation. Yumi, Ulrich et William se tenaient face à elle. Leurs avatars virtuels ne ressemblaient plus qu’à quelque chose de morne et triste.
    « Jé… Jérémie… » Elle lui envoya un visuel. Lui-même eut un sursaut d’horreur. Quelle infâme cruauté de la part de Carthage. À présent, plus rien ne pouvait les étonner. Il fallait se reprendre. Les vrai Lyokô-Guerriers étaient morts.
    « Aelita, ce ne sont que des projections. Des clones qui sont faits pour te déstabiliser ! Ne cède pas à ça. Fonce vers la tour, tu peux le faire ! »
    La jeune fille ne céda pas à la terreur. Elle voulait vraiment se battre désormais. Elle voulait venger toutes ces morts inutiles. En empoignant fermement le guidon de son Overwing, l’Ange Gardien s’élança à travers le ciel. Les éventails d’acier de la geisha se heurtèrent au bas du véhicule. La trajectoire n’en fut que peu perturbée. Suspendue dans les airs, elle ne pouvait craindre que les éventails de Yumi.
    « Je suis désolée… Champ de force ! » Une boule d’énergie percuta de plein fouet Ulrich qui s’étendit au sol. Celui-ci, avec son supersprint, n’avait pas remarqué la ligne droite beaucoup trop redondante qu’il faisait.
    « Supersmoke. » Alors que William disparut dans un nuage de fumée noir, Stones prépara son coup avec minutie. Elle lâcha les mains du guidon en passant sa main sur son bracelet. Elle déploya ses ailes en envoyant l’Overwing contre le clone de l’adolescent défunt. Elle fondit comme une flèche sur la tour, dans laquelle elle parvint à rentrer de justesse, violemment poursuivie par les éventails de la japonaise.
    « Yeah ! T’es un génie Aelita !
    — Non… Je ne crois pas. Ils avaient l’air robotique. C’était un combat facile. Mais je dois me dépêcher maintenant. » Sa voix beaucoup plus froide marquait son malaise. Elle s’avança jusqu’au centre de la plateforme. Arrivée au niveau de l’interface, elle y imprégna le Code Lyokô. Jérémie, du poste de contrôle, activa le halo vert.
    « Ça y est. Nous y sommes arrivés… On va pouvoir activer le décryptage du mot de passe. Cherche tout ce que tu peux ! » Commenta le garçon. Cependant, sa dulcinée ne semblait pas avoir les mêmes plans que lui. Après quelques rapides trifouillages, elle remarqua que, là encore, tout était codé, confirmant sa propre conviction qu’il faudrait aller plus loin.
    « Jérémie…
    — Nous n’avons pas tout essayé ! Protesta-t-il en entendant cette voix fataliste. Il saisissait parfaitement la dimension du problème.
    — Jérémie, ce que tu proposes est trop lent. Chaque minute que nous perdons à faire ça nous éloigne de la victoire. Les navettes du gouvernement ne tiendront pas très longtemps ! En plus, tu sais parfaitement que décrypter les données sera trop long. Tu dois me translater. Je détruirai les Champs de Force Z Neutrinos de là-bas. Sa voix catégorique trancha avec l’affolement du scientifique. Il hésita de longues secondes.
    — Très bien. Dit-il la voix sombre. Tu as raison Aelita… Mais je n’aime pas ça du tout. Je voudrais tant faire pour toi.
    — Tu as déjà fait beaucoup Jérémie. Il est temps, moi aussi, que j’aide Odd et Léopold. Que j’aide cette guerre à prendre enfin un tournant qui nous est favorable.
    — J’espère que tu me reviendras… Vraiment. Dit-il larmoyant. Il commença à taper la procédure de translation.
    — Sache que, quoi qu’il arrive, nous aurons vécu les meilleurs moments.
    — Translation Aelita. » Il appuya sur entrée. La jeune fille disparut. Au-dehors de la tour, les clones venaient de disparaître.

    ***


    « Ceci est notre victoire finale ! » Nastasia prit une envolée lyrique. Derrière elle, Odd Della Robbia, complétement terrorisé, observait son ex petit-ami mourir lentement. Il se sentait coupable de ne pouvoir rien faire.
    « À présent, plus rien ne va pouvoir nous arrêter. » Commenta-t-elle, toujours en observant les informations qui s’affichaient sur son écran. L’excentrique n’osa pas croiser son regard. La seule chose qui l’importait désormais, c’était que son ancien copain puisse survivre. Savoir que son sang se drainait au sein même du Canon Polynice faisait froid dans le dos. Ce devait être une mort lente et horrible.
    « Ah. Tiens. La cavalerie arrive. » Dit-elle d’un rire qui en disait long sur le sérieux qu’elle conférait à l’assaillante. Sur sa caméra, Aelita Stones venait d’apparaître dans la Salle des Scanneurs de la Grande Arche. Le garçon releva la tête. Elle était venue finalement ? Elle se battait à leurs côtés ? Il émit un sourire mal dissimulé.
    « Vous ne devriez pas sous-estimer votre fille… Balança-t-il avec impertinence.
    — Oh. Je ne la sous-estime pas justement. Si elle a réussi à venir jusqu’ici malgré nos barrières de défense… Il va falloir passer à l’étape supérieure. » Nastasia rappuya sur un bouton.

    Non loin de là, un mur vola en éclat. La Gardienne de Lyokô déboucha dans l’un des corridors de la Grande Arche. Son cœur battait la mesure. Elle s’attendait à voir débarquer la défense d’une minute à l’autre.
    « Aelita ? J’essaie de localiser les générateurs des rayons Z Neutrinos. Ce devrait prendre quelques minutes. Essaie de localiser Odd et Léopold pendant ce temps ! » Qu’est-ce que c’était rassurant. Toute seule au milieu du terrain le plus hostile que le monde ait connu, Aelita devait puiser au fond de ses ressources pour parvenir à mettre de côté ses craintes. Elle commença à marcher timidement vers le nord, se disant qu’avec un peu de chance, elle trouverait quelque chose d’intéressant. Il n’y avait toujours aucune alarme. Pourtant, les probabilités pour que sa présence soit encore inconnue demeuraient proches de zéro.
    « Bouh ! » Un sursaut. Le cadavre putréfié d’Ulrich venait de lui sauter dessus. Prise au dépourvu, la Lyokô-Guerrière s’effondra au sol. Ses yeux ne ressemblaient plus à rien. Les lumières venaient de s’éteindre, ne laissant qu’une luminosité rouge-sang assortie à des cris morbides. Bien qu’elle se soit sentie extrêmement frêle l’espace d’un instant, à cause de l’odeur plus que des cris, la fille de Franz Schaeffer trouva la force de lui renvoyer un champ de force. S’éloignant brutalement d’elle, l’elfe se remit sur ses pieds.
    « Jérémie ! Ce ne sont pas des clones. C’est vraiment eux. C’est vraiment leurs cadavres qui se battaient contre nous. C’est insoutenable ! » Les communications semblaient coupées. Elle n’avait pas vérifié. Partant totalement à contre-courant de sa position, Aelita parcourut le labyrinthe qu’était la Grande Arche, au plus grand plaisir de sa mère qui regardait d’un œil malveillant la situation.

    Odd venait de se jeter contre la porte. Il tapait de plus en plus fort, hurlant à la mort le nom de son ami tandis que Nastasia s’était retournée, interdite. Comment osait-il ? Ce ladre ? Elle allait augmenter les fréquences de sa puce quand une communication arriva à ses écrans. Le Phénix Doré était mort. Son cœur se noua. Durant toute la vie dont elle se souvenait, il avait été là pour lui. Agissant comme un père à ses côtés. Elle s’effondra au sol, les larmes dégoulinantes des joues. Entre chacun de ses sanglots, elle avait l’irrépressible envie de tuer tout ce qui se trouvait à portée.

    L’adolescente entendit les cris de son ami. Alors qu’elle courait dans n’importe quelle direction sous les gémissements macabres de personnes chères, le bruit l’attira à l’étage supérieur. Elle n’était plus très loin de la position du garçon, qu’elle s’attendait à trouver seul. Une fois derrière le porte, elle réfléchit au meilleur moyen d’y entrer. Totalement blindée, il serait très difficile de l’ouvrir par la force. L’éclairage commençait d’ailleurs à vaciller, ce qui indiquait que les autres n’allaient pas tarder à revenir.
    « Odd, tu es là ?! Odd ?! » L’excentrique n’en crut pas ses oreilles. Elle était là. Juste derrière. Il allait pouvoir fuir cette malade mentale.
    « Aelita ! Aelita oh tu es là ! Je suis derrière… Aide-nous ! » Il frappa de nouveau sur la portion métallique. Nastasia se releva, le regard beaucoup plus sombre que tout à l’heure. Elle dévisageait le jeune homme qui ne cessait de l’importuner. Avec une incroyable agilité, elle tourna le bouton de sa puce. Della Robbia s’effondra à terre dans des supplications terrifiantes.
    Aelita devait immédiatement réagir. Balayant toute la zone du regard, elle découvrit une petite interface incrustée dans le mur. Peut-être qu’en utilisant son pouvoir de création, comme dans le laboratoire de la forêt, elle parviendrait à craquer la serrure. Il lui fallait tenter. Elle éleva sa main au niveau du code digital. Pleine de concentration, elle mit toute sa volonté dans l’action. La porte coulissa. Fière de son succès, la Gardienne de Lyokô pénétra triomphante dans la Salle de Contrôle. De la baie vitrée au fond de la pièce, elle pouvait voir la terre meurtrie par la destruction du Japon. Cette image la peina.
    « Je n’ai plus le temps de jouer. Désolée ma fille. Tu es une erreur. Un déchet. Une chose qui n’aurait jamais du voir le monde. » Sans se laisser affecter par le discours d’une femme qui n’avait plus toute sa tête, la Lyokô-Guerrière non plus n’était pas en phase de discuter. Elle lui balança directement son champ de force dessus. Nastasia fut projetée contre le mur, inconsciente. Avant que les monstres ne reviennent, elle prit la précaution de fermer la porte après s’être précipitée aux commandes. Il lui fallait tout de suite baisser les ondes sonores envoyées à son ami.
    « Aelita ?! » Hurla Jérémie. La communication venait apparemment d’être rétablie en même temps qu’elle désactiva le brouillage des fréquences. Odd, dont le sang s’échappait par les narines, resta complétement sonné.
    « Oh, ça y est, le contact est rétabli. J’ai réussi à prendre le contrôle de la Salle des Commandes. Je suis en mesure de pouvoir annoncer que les anneaux relais Z Neutrinos vont être désactivés d’une minute à l’autre !
    — Mais c’est excellent ! Alors maintenant, en avant toute ! »

    À l’extérieur de la colonie de l’espace, des dizaines de navettes continuèrent leur ballet spatial, évitant de justesse les nombreuses attaques des canons automatiques de l’Organisation. Depuis le début de la bataille, les boucliers nucléaires qui protégeaient la Grande Arche agissaient comme un véritable frein à l’offensive alliée. Dans peu de temps, chacun des pilotes atteindra ses réserves d’énergie, et devra disparaître dans un éclat de fumée. Peu importe le chemin, l’issue serait la même si personne ne trouvait comment désactiver les défenses impénétrables du complexe.
    « Je ne tiendrai plus très longtemps… » D’aucun ne comptait les phrases désespérées que l’on pouvait entendre, assorties d’une explosion qui mettait en lumière le gâchis d’une génération prometteuse d’aviateurs.
    « Eh, regardez ! » L’un d’entre eux, le capitaine du Charles-de-Gaulle, lança un appel aux autres. En effet, les émetteurs perdaient en puissance. Toute la radioactivité nocive et dangereuse s’évaporait peu à peu. Quelque chose était en train d’éteindre complétement le Champ de Force Z Neutrinos.
    « C’est notre chance. Je ne sais pas si c’est bon signe, mais on doit tenter ! On y va ! » Avec témérité, la plupart des commandants commencèrent leurs manœuvres pour foncer le plus rapidement possible jusqu’au hangar. L’offensive était risquée. Elle pouvait, au mieux les tuer, au pire leur causer une lente agonie.

    Trois… deux… un…

    Le capitaine du Charles-de-Gaulle avait fermé les yeux. Lorsqu’il les rouvrit, le bouclier était définitivement dépassé. Le véritable coup de force allait enfin pouvoir commencer. La bataille finale venait de s’engager.

    La Dernière Énigme

    Aelita soupira. Le premier hangar venait d’être attaqué. Le débarquement commençait. Elle avait rempli sa part du marché. Il lui fallait maintenant s’assurer que tout irait bien. En se retournant vers ses amis, l’elfe virtuel ne put s’empêcher d’accourir vers Odd. Les obligations de sa mission passeraient désormais après. Nastasia demeurait toujours sonnée.
    « Odd, est-ce que ça va ? » Le garçon ne répondit pas immédiatement. Il se contenta de pointer sommairement son ex petit-ami. Toujours “relié“ au Canon Polynice, son teint était devenu dangereusement pâle. Il était peut-être déjà mort. Cette idée lui glaça le sang.
    « Jérémie, on a un sérieux problème ici. Commenta-t-elle en s’approchant doucement du lycéen. Le scientifique, qui ne voyait rien du tout, cligna plusieurs fois des yeux.
    — Tu peux m’envoyer un visuel ? » Demanda-t-il simplement. Quand l’image apparut, il eut un mouvement de recul.
    « Léopold est directement relié aux branchements du Canon Polynice. On dirait que… son sang sert à l’alimenter. C’est très étrange. Je n’avais jamais vu un tel système. Je vais essayer d’en apprendre plus sur la borne de contrôle. » Rajouta-t-elle. La Gardienne de Lyokô alla se connecter à l’ordinateur principal. Elle chercha toutes les données en rapport avec le Canon Polynice. De par son expérience virtuelle, la jeune fille lisait assez rapidement, ce qui lui permit de ne pas être handicapée par les longs textes.
    « J’ai trouvé… » La voix annonçait la couleur : elle était crispée et vacillante. Ce qu’elle comprenait repoussait les limites de l’horreur. Comment pouvait-on faire ça sur un adolescent ? C’était une action puérile et inutile ! Elle était tout à fait révoltée. Odd posa sa tête sur l’épaule de Léopold. Il se mordit les lèvres pour ne pas pleurer.

    « La puissance du Canon Polynice nous a échappés. Vous vous souvenez du Code D.I.M.E.N.S.I.O ? Notre dernière mission ensemble ? Il était très étrange qu’un être virtuel se matérialise sans… sans véritablement exister. Dimensio n’a jamais été un être artificiel. Il était bel et bien vivant par le passé. Je ne connais pas tout de lui, le fichier est incomplet. Je peux toutefois affirmer que le Canon est constitué de matières vivantes à plus de soixante-quinze pourcents. » Aelita acheva lentement. Après une petite pause, elle se décida à reprendre. La suite s’annonçait pire.
    « Et… Ce. Ce canon. S’il est alimenté en carburant. Doit aussi être alimenté en sang pour faire fonctionner les différents organes vivants. En gros, si nous débranchons Léopold, ce canon ne pourra plus marcher. En revanche, il mourra. Si nous le laissons, les produits chimiques à l’intérieur de ses propres organes le tueront lentement jusqu’à son agonie définitive. Il est toutefois possible d’inverser le processus et de renvoyer les produits à leurs destinataires… si nous parvenons à inverser le processus depuis… Le Noir ?! » Elle prit une exclamation. Qu’est-ce que venait faire le terme “Le Noir“ dans cette histoire ? Cette conception définitivement étrange la laissa bouche bée, alors que ses seuls interlocuteurs restèrent tout à fait silencieux.
    « Je pense qu’il s’agit de la nébuleuse du vortex. » Lâcha Jérémie. Odd redressa les oreilles. Il se releva d’un bond. Il ne voulait pas lâcher Léopold. Pour rien au monde. Jamais. Un coup frappa violemment la porte métallique. Elle tint le choc.
    « Qu’est-ce que c’était ça ?! Demanda le blond.
    — Odd… Il y a des choses inutiles à savoir… » En se retournant, la fille de Franz Schaeffer s’adressait maintenant à Jérémie.
    « Détranslate-moi. Je dois me rendre au centre du vortex. C’est là-bas que tout se passe. C’est là-bas que se trouvent les réponses.
    — Je dois venir aussi ! Couina le jeune Della Robbia.
    — Non. J’ai une meilleure idée. Aelita. Est-ce que tu te souviens de votre dernière expédition sur la Grande Arche ? Comment vous étiez-vous retrouvés du territoire au laboratoire ?
    — Il me semble que le Phénix Doré pilotait le processus depuis une zone hermétiquement fermée… Mais je ne vois pas trop où tu veux en venir.
    — Eh bien, si l’action a été répétée dans un sens, elle peut l’être dans un autre, n’es-tu pas d’accord ? Je suis persuadé que là où vous vous trouvez est une zone hermétiquement fermée. Les portes sont blindées, et la forme de la salle est vraisemblablement circulaire, comme l’autre. De plus, une salle de commandes permet de contrôler les puces et l’interface du réseau Carthage. En toute honnêteté, je suis intimement convaincu que Youbakou Senja s’en servait pour se virtualiser directement sur son territoire. C’était comme sa “salle personnelle“, ce pourquoi elle comportait un poste de pilotage au centre tout à fait similaire à celui de l’autre.
    — Jérémie… Tu es un dieu ! Aelita restait complétement “coiffée au poteau“.
    — Un demi-dieu. Il reste encore à trouver les protocoles de transfert si ma théorie est effectivement juste…
    — Je peux m’en charger. » Intervint son interlocutrice. Odd resta passif à la scène. Il ne comprenait pas grand chose.

    Tapant frénétiquement sur les touches de son clavier, la Lyokô-Guerrière émit un sursaut de joie. Effectivement, la théorie de Jérémie était vraie. Ils se trouvaient bien dans une salle de transfert. Les salles “nouvelle génération“ du Projet Carthage comme ils les appelaient. Il ne fallait plus perdre de temps.
    « J’ai trouvé les protocoles de virtualisation. Nous allons pouvoir inverser la tendance, je n’ai plus qu’à… » Aelita venait d’être détranslatée. Nastasia s’était réveillée. D’une rapide balle dans la nuque, sa fille repartit pour le monde virtuel. Odd parut complétement dépassé. Allait-il perdre sa seule chance de sauver Léopold ? Face au risque de voir toute la mission échouée, il prit la décision d’agir. Il avait plus ou moins compris ce qu’il lui restait à faire : appuyer sur un bouton. Il n’allait pas se modérer. D’une grande initiative, le félin courut jusque derrière la borne de contrôle. La femme tira quelques balles qui s’échouèrent contre la paroi protectrice de la machine.
    « Tu veux peut-être que je tue ton vide-couilles ? » Cracha-t-elle avec rage. Il y avait beaucoup de haine dans ses yeux. Sans se démordre pour autant, l’excentrique se jeta à la renverse sur le clavier. Il appuya sur le bouton “Entrée“ qui activa la procédure de transfert. La pièce fut parcourue d’une intense lumière blanche. La mère d’Aelita n’eut pas le temps de faire un commentaire qu’elle se trouva propulsée dans le monde virtuel.

    1h13. Monde virtuel de Carthage.

    « Aelita, apparemment, Odd a été virtualisé en même temps que Nastasia et Léopold. Ils doivent être quelque part au Nord Nord-Ouest de ta position. Tu dois les retrouver au plus vite. Le temps nous est compté.
    — Je fais ce que je peux ! » Répondit-elle, naviguant entre les sentiers sur l’Overboard cette fois-ci. Au bout d’une trentaine de secondes, la jeune fille aperçut trois silhouettes au loin. Le vortex avait encore grossi depuis son dernier passage. Cela prenait des dimensions inquiétantes.
    « Ils sont en visuels ! » Balançant plusieurs champ de force, Nastasia para à l’aide son sceptre les multiples fléchettes de ses deux ennemis. Léopold, toujours inconscient, semblait continuer à subir le même traitement dans le monde virtuel.
    « Pour Carthage ! » En se jetant sur Odd, la femme ne s’attendait pas à une telle robustesse. Il recula de plusieurs pas, et de ses à traits de félins, il bondit en sa direction. De toute la rage qu’il avait conservée depuis le début, il mitrailla avec violence Nastasia jusqu’à ce qu’elle s’effondre au sol, dévirtualisée.
    « Wouah, c’était excellent. » Aelita Stones se posa près d’eux. Elle laissa le véhicule à son ami. Elle était impressionnée par le professionnalisme du lycéen, qui venait de terrasser l’un de leurs pires ennemis en quelques instants.
    « Ils doivent avoir le traque… Je ne m’attendais pas à ce que ce soit si facile.
    — Tu as raison… Si ce n’est autre chose. Dépêchons-nous. » La Gardienne de Lyokô ne voulait absolument pas voir débarquer ses “feux“ amis, au risque de le perturber encore plus.
    « Et qu’est-ce qu’on fait de lui ? » Demanda Odd au sujet du jeune Le Couls. Elle resta silencieuse. La vérité, c’est qu’elle n’en savait strictment rien. Tout était allé si vite aujourd’hui. Elle ne savait vraiment plus où donner de la tête.
    « Prenez-le avec vous. Trancha Jérémie. Je vous envoie l’Overwing ».

    Dans un lieu beaucoup plus sombre, Nastasia se rendit au centre de la Grande Arche. Investie de tous les côtés par les membres du Gouvernement, il fallait appliquer la “Solution Finale“, celle que lui avait expliqué son mentor juste avant le début des hostilités. « Si nous ne pouvons pas avoir cette terre… alors personne ne l’aura. »
    En âme et conscience, avec regret toutefois, la femme abaissa le levier marqué d’un triangle rouge. Toutes les lumières devinrent de la couleur éponyme. Des alarmes se mirent à crier dans toute la colonie de l’espace. Peu à peu, et très lentement, la grande base spatiale sortait de son orbite. Elle allait s’effondrer sur terre. En plein centre de l’Asie. Il ne restait plus que trente minutes.
    « J’accomplis sa volonté. Je reconnais mon échec. Mais il me reste encore à faire. Tout n’est pas fini. » Elle passa ses mains dans ses cheveux.

    À Paris, la mission continuait coûte que coûte. La ville ressemblait à un champ de ruines. La population massacrée, les pleurs des proches, les cris des condamnés. Que resterait-il de cette guerre ? Sur cette triste pensée, Kiichi embarqua à bord de sa navette. Elle allait partir accomplir la dernière volonté du Général Hussinger.

    « Cet alarme n’est que du bluff ! Continuez votre mission ! Vous devez trouver et détruire le Supercalculateur de cette Colonie. Cela désactivera toutes les puces et les morts retrouveront la paix ! » Trancha fermement le Président Heath, persuadé qu’à présent, plus rien ne le séparait de la victoire finale.



    « Odd, Aelita. Quand vous passerez la frontière du Vortex. Je ne pourrai plus communiquer avec vous. J’ai accompli ma part du travail ici. À présent, c’est à vous de manœuvrer. Seuls. Bonne chance. » Il ne voulut pas entendre leur réponse. Jérémie posa son casque et recula son siège. Voilà qu’il se retrouvait de nouveau incapable de faire quoi que ce soit. Personne ne viendrait les aider. Lui seul le pouvait, mais il était beaucoup trop anxieux à l’idée de retourner sur un monde virtuel. Il savait pertinemment qu’il ne faisait pas le poids face aux ennemis, que son avatar virtuel était très contraignant, et qu’il n’était que peu réactif avec le temps.
    “J’ai grandi pourtant.“ Pensait-il. Cela ne se voulait pas inexact. Toute l’année qui venait de s’écouler lui avait prouvé qu’il possédait des ressources insoupçonnées, qu’il pouvait s’étonner plus d’une fois, qu’il était quelqu’un pour qui le courage n’était pas un mot abscons de sens. Peut-être que le Supercalculateur du Gouvernement en tiendrait compte ?
    Il eut une longue hésitation. Toutes les conséquences qu’impliquait ce choix demeuraient graves. Si ses amis venaient à réclamer son aide, il ne pourrait répondre présent. Pourquoi le feraient-ils de toute façon ? Ils se trouvaient engagés dans une spirale infernale de laquelle ils ne ressortiraient sans doute jamais. L’heure n’était plus aux doutes ou à la peur. Le scientifique tapa du poing. Il prit sa décision. Il allait les aider. Pianotant sur son ordinateur, il activa une virtualisation différée. En descendant au seul scanneur disponible, Belpois gardait la tête haute. Il avait changé, oui. Et l’ordinateur en tiendrait compte. En serrant les poings, il repensa à tout ce qu’il avait fait. Hussinger, Jim, la trahison, la rédemption… Tant d’étapes pour quelqu’un comme lui et il fallait en venir à la consécration ultime. Les portes se refermèrent.
    « Transfert Jérémie, scanner Jérémie, virtualisation. »

    La Fin du Voyage

    Vingt-sept minutes. Aelita et Odd venaient de franchir la dernière ligne droite. À présent, si les deux adolescents ne pouvaient compter que sur eux, le sauvetage de Léopold devenait de plus en plus crédible. À l’intérieur du vortex d’énergie, on ne voyait pratiquement rien. La visibilité réduite était due à la très forte présence du noir. Un noir macabre qui rappelait la mort, assorti de ses fumées violettes parfois angoissantes ou hallucinogènes. On aurait dit un véritable désert duquel il n’y avait, ni sortie, ni entrée, ni oasis. Quelque chose de très bizarre en somme. Beaucoup trop bizarre pour le temps qu’il mettait à trouver la “source“.
    « Le temps commence à faire long… Je n’en ai plus la notion… » Commenta timidement Odd. Sur son Overboard, il affichait une tête de plus en plus blasée, comme si l’environnement influait sur son état. La Gardienne de Lyokô le nota bien, ce pourquoi elle rapprocha l’Overwing de sa position. Elle ne semblait vraisemblablement pas affectée.
    « N’y pense pas Odd. Cela ne fait que quelques minutes que nous sommes rentrés. Nous allons bientôt trouvés. Cependant… Sache que ce vortex répond à des lois virtuelles qui ne sont pas les nôtres. Sans vouloir te perdre dans des explications confuses, tu n’as pas le droit à l’erreur cette fois-ci. On ne sait pas ce qui se passerait. » Elle venait de réussir à détourner son attention des fumées. Cependant, il fallait reconnaître que sauter d’une mauvaise nouvelle à l’autre ne servait strictement à rien. Il reprit son vol sans dire un mot de plus.
    « Quand j’y pense… C’est très étrange, tu ne crois pas ? Nastasia a perdu si facilement. En plus, personne n’est venu nous poursuivre ici. Quelque chose me dit qu’on s’approche de quelque chose d’une puissance infinie, et que dans notre réalité, la situation s’aggrave de minute en minute. Face à la perspicacité de son amie, Della Robbia cligna plusieurs fois des yeux. Il jeta un rapide regard à Léopold.
    — Le dessein est incomplet… Aelita fut frappée par cette phrase.
    — Les lignes sont reliées entre elles, mais à quoi mènent-elles ? C’est à ça que tu penses ? »
    L’attention dévia sur la boule d’énergie blanche, qui se trouvait à une centaine de mètres.
    « Aelita, regarde ! » Son rayonnement atteignait le paroxysme de la pureté. Enfermée dans deux cubes superposés, on distinguait également deux anneaux circulaires de rayons différents sur lesquels on pouvait marcher. Juste à côté se trouvait une interface.
    « On y est. Dépêchons. »

    Vingt-cinq minutes. Pendant un court moment, un très court moment, Jérémie Belpois se sentit comme un être surpuissant. Il possédait des pouvoirs que sans doute, jamais aucun de ses amis n’avait pu obtenir après des années de pratique. Hélas, cela disparut vite, trop vite. Car lorsqu’il cligna des yeux, il ne se trouvait plus sur le territoire de Carthage, mais dans la salle de contrôle de la Grande Arche. Les sirènes hurlantes lui cassèrent les oreilles. Il se plia en deux. D’où venait cet infâme bruit ? Il pouvait sentir qu’un problème très grave frappait l’endroit inconnu.
    « Mais d’où vient cette putain d’alarme ?! » Aboya-t-il à la cantonade. Il se redressa d’un bref coup sur ses deux jambes. En rouvrant les yeux, les mains toujours collées contre ses tempes, il prit un temps de réflexion. Il ne savait pas exactement où il se trouvait, mais à en juger par l’ambiance, il s’agissait sûrement de la Colonie de l’Espace. “Eh merde !“ Pensait-il. On l’avait localisé trop vite. Restait à savoir qui avait engagé la procédure de matérialisation. En balayant la zone du regard, il remarqua que le jeune Léopold Le Couls se trouvait à terre, toujours branché à ses câbles. Une incohérence le frappa. Plus encore, la porte coulissante indiquait que quelqu’un transitait en ce moment-même. Trop d’informations en même temps. Il allait saturer. Son cœur partit à la volée. De la sueur perla de son front. Il devait immédiatement utiliser ses petites cellules grises. L’atmosphère présente dans la pièce paraissait s’échapper lentement. Un sentiment de vitesse indiquait que l’Arche bougeait. A fortiori, un Léopold virtuel se trouvait avec ses amis alors que le véritable était toujours connecté au Canon Polynice. Pour parfaire le tout, plusieurs personnes voulaient apparemment forcer le passage de la Salle des Commandes.
    En détournant ses talons, il se jeta sur l’ordinateur. Il n’y voyait pas les points virtuels des Lyokô-Guerriers. Pris d’angoisse, le français sursauta. Tapant plusieurs formules sur le clavier, il y notait la petite alerte rouge présente sur toutes les pages. La Grande Arche allait s’autodétruire d’ici vingt-trois minutes.
    L’entrée métallique vola en éclat. Jérémie faisait maintenance face à Ulrich, Yumi et William. Il comprit alors tout le malaise que ressentit sa “dulcinée“, surtout que lui se trouvait désarmé.
    Game Over ?

    Vingt-et-une minutes. L’ange virtuel déposa son véhicule non loin de la boule blanchâtre, dans le premier anneau intérieur. Elle devait immédiatement récupérer les informations nécessaires à l’inversement des processus de drainage sur l’ex petit-ami à Odd. Ce dernier suivit d’ailleurs non loin. Fasciné par la lumière qu’il voyait, il ne cessait de l’observer comme une drogue dont on attendait quelque chose. Il souhaitait peut-être trouver le miracle en cette “chose“ que surprotégeait l’Organisation depuis le premier jour. C’était donc ça, le secret ultime de Carthage ? Il avait hâte de comprendre son utilité. Tandis qu’Aelita passa sa main sur l’interface, une ombre étrange vint se dessiner derrière eux. Les premières données allaient pleuvoir.
    « J’inverse le processus pour Léopold, j’avais effectivement raison tout à l’heure. Ce vortex gère la puissance du Canon Polynice. Ce ne devrait pas être très long. » Elle valida ses instructions. On lui exigeait un code. Pareillement à la fréquence de la puce, il s’agissait d’un mot pour lequel ils ne disposaient que d’un seul essai. Elle se mordit les lèvres en se retournant vers le félin.
    « C’est pas vrai ! Encore ce maudit mot de passe ! »

    Nastasia montra sa présence. Elle se tenait à l’opposé de leur position. Della Robbia recula par réflexe.
    « Azraël. Le Dieu de la Destruction. C’est directement de cette mythologie que je tire mon sceptre, l’Armageddon. Il a directement inspiré ma création. » Pourquoi venait-elle de leur donner le mot de passe ? La Gardienne de Lyokô préféra rester prudente. Ce revirement de situation inattendu ne pouvait que la mettre sur la défensive. En quoi et pourquoi sa mère agissait comme ça à présent ? Son regard était toujours aussi sombre, mais il apparaissait plus fragile.
    « Polynice est le frère d’Étéocle dans la mythologie grecque. C’est sur ce personnage que repose toute l’intrigue de la pièce d’Antigone. Il est source de discorde et a mené une bataille magistrale contre son frère pour la sauvegarde de Thèbes. » La source d’énergie venait de détruire un premier “bouclier“. Elle semblait grossir en crescendo. Odd le remarqua mais ne dit rien.
    « Où veux-tu en venir ?! Lui demanda agressivement sa fille.
    — Dans dix-neuf minutes, la Grande Arche s’effondrera sur la terre. J’ai lancé le processus d’autodestruction. Concentrant une puissance nucléaire d’une ampleur jamais imaginée, elle plongera la planète dans un hiver nucléaire meurtrier pour notre espèce. Il s’agissait de la dernière volonté du Phénix Doré au cas où nous échouerions. Étant donné que rien ne peut l’arrêter, il est tout à fait inutile de vous laisser mourir dans l’ignorance. » Cette annonce jeta un froid. Aelita savait pourtant qu’il ne s’agissait pas là de la véritable motivation de sa mère. Elle ne disait pas cela pour rien. À elle de comprendre pourquoi. Plus grave, il lui fallait impérativement inverser cette bombe nucléaire quasiment inévitable. Trop de choses à faire en si peu de temps. Elle aurait tant aimé que Jérémie soit présent.
    « Tu n’es pas présente pour rien ici, maman. L’ennemi se trouve toujours là où il y a le pouvoir. Si tu es là, maintenant, c’est que le pouvoir est ici-même. J’en suis persuadée. Et nous le trouverons. »

    Dix-neuf minutes. (En parallèle). Jérémie ne devait son salut qu’à l’intervention de Shadow. L’agent de la section Soulsilver faisait partie de l’expédition. Bien que voir ses anciens amis se faire tuer une seconde fois lui provoquait beaucoup de peine, il relativisait la chose en se rappelant qu’ils étaient morts depuis bien longtemps. Ce n’était plus eux qu’il voyait, juste un reflet, un écho.
    « J’en ai assez de sauver la vie à des gamins pré-pubères. Tu t’appelles Jérémie il me semble ? » L’accent anglais était assez prononcé. Il s’approcha de lui. Tous les radars indiquaient que la Grande Arche fondait à toute vitesse vers la terre. Il devait l’avertir.
    « Oui. Je suis arrivé ici… de manière compliquée. Mais. Une chose est sûre. Nous devons évacuer cette base immédiatement ! Son interlocuteur arqua un sourcil.
    Why ? Lui demanda-t-il.
    — La Grande Arche est en train de s’effondrer sur terre. Vous ne le voyez pas ma parole ?!
    — On nous a dit de continuer la mission coûte que coûte. Ce n’est qu’un bluff. Rétorqua avec froideur le britannique.
    — Absolument pas ! C’est une usine nucléaire qui s’apprête à tous nous pulvériser ! » Un soubresaut les envoya contre la baie vitrée. Heureusement qu’elle était plus que renforcée ! Les alarmes devinrent soudain beaucoup plus fortes. Belpois fulminait de rage. Il n’avait pas le temps. Il n’aurait pas le temps. C’était trop tard. Carthage, à défaut de remporter son objectif, parviendrait à détruire l’humanité avec sa chute. Le plan était parfaitement calibré : maintenant que tous les agents du gouvernement se trouvaient à l’intérieur du complexe, ils allaient pouvoir réduire à néant toute résistance et tout espoir.
    Leith Fleytcher appuya sur son bracelet. « À toutes les unités, il faut se replier immédiatement vers les hangars. Exigeons la destruction immédiate de la Grande Arche ! » Quel illusoire.

    Dix-sept minutes. Le drainage s’activa dans le sens inverse. Léopold allait enfin pouvoir rouvrir les yeux. Son enveloppe virtuelle disparut immédiatement.
    « Trop tard pour m’arrêter ! S’exclama-t-elle d’un rire dément. Odd leva son bras pour viser.
    — Ah ouais ? » Il tira à la volée. Rien que pour taire son rire de “salope“, il se déchaîna comme tout à l’heure sur sa cible, à la différence que cette fois-ci, elle les esquiva les unes après les autres avec une facilité déconcertante. Fondant sur sa cible, Aelita activa ses ailes pour récupérer son ami avant qu’il ne se fasse virtualiser à jamais. C’était moins une.
    « Un dernier combat ! Quelle bonne idée ! » Nastasia utilisa son sceptre pour détruire le dernier bouclier de la boule blanche.
    « Mais qu’est-ce qu’elle fait ?! » Hurla l’excentrique alors qu’il continuait à la mitrailler. Cela ne servait visiblement à rien. La source grossissait de plus en plus vite.
    « J’ai compris ! Elle va imploser de l’intérieur ! C’est le même phénomène que pour les trous noirs… » Mais elle ne put en dire plus. Sa mère venait de prendre son élan pour “faucher“ le félin. La violence du coup l’envoya à terre. Elle n’avait pas vraiment compris. Seulement, lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle resta complétements paralysée.
    « Il n’est rien. Juste de la poussière numérique. » Les petites données d’Odd Della Robbia alimentèrent le vortex. Son diamètre grossit derechef.
    « Odd… Non… » Sa “prétendue“ cousine leva le bras comme pour sentir sa main la palper. À la place, Anthéa venait de l’empoigner pour la relever sans ménagement.

    Odd Della Robbia.
    (1er avril 1991 – 25 avril 2006).

    Seize minutes. Léopold Le Couls reprit péniblement conscience. Encore très pâle, il ne percevait pas les formes. Son sang revenait doucement dans son corps. Jérémie le remarqua alors qu’il tentait désespérément de rétablir le contact avec les autres. Les premiers balbutiements de l’adolescent furent donc accompagnés d’un grand soulagement pour le scientifique. C’était un signe que leur mission n’avait pas échouée. Se précipitant vers lui, il palpa son pouls. Celui-ci allait se stabiliser. Il le sentait déjà plus rapide que tout à l’heure. Il fallait lui laisser du temps… Sans interrompre pour autant le transfert des nombreux cathéters reliés à sa peau. Quelque chose qui prendrait sûrement plus d’une demi-heure, alors qu’ils n’avaient devant eux que quatorze minutes. Son excitation retomba.
    « Trop tard… Nous allons rentrer dans l’atmosphère d’ici dix minutes. Nous devons partir avant.
    — Je vais devoir aller superviser le rapatriement. Si tu veux battre en retraite avec moi, c’est maintenant. » Shadow venait d’être on ne peut plus clair. Un choix cornélien s’imposa à son interlocuteur. Un choix inhumain. Il ne voulait certainement pas abandonner Aelita. Il lui avait promis.

    La navette de Kiichi défonça l’un des hangars de la Grande Arche. Elle ignorait encore ce qui se passait, mais elle put comprendre que dans la cohue générale, au milieu des balles perdues, un événement dramatique se tramait. Il ne fallait pas qu’elle perdre de temps. En suivant les instructions du Général, la française matérialisa une nouvelle Faux dont elle se servit pour dégager les entrées. Les ennemis qui se dressaient face à elle, mal équipés et démotivés, se bousculaient pour atteindre les capsules de secours. Elle les laissait passer quand elle ne les tuait pas. Faisant preuve d’aucune humanité, elle se rendait bien compte que Hussinger avait raison. Jérémie ne partirait pas si personne ne l’y poussait. En apprenant sa disparition du Q.G de l’Armée, il ne faisait aucun doute qu’il se trouvait ici. Sans doute à la Salle de Contrôle, avec Aelita Schaeffer, Odd Della Robbia et Léopold Le Couls.

    Treize. Zugzwang. Ce terme résumait assez bien la situation dans laquelle elle se trouvait. Stones comprenait qu’en étant seule face à sa mère, elle avait beaucoup moins de chance de parvenir à ses buts que si Odd était encore en vie. Cette remarque la blessa. Elle devait pourtant garder la tête froide. Pour l’heure, trop y penser provoquerait sa perte. Ce n’était pas le moment. Elle devait réfléchir à un plan pour reprendre l’ascendant. Et celui-ci commença à se dessiner tout seul… Si Nastasia restait plantée comme un piquet, c’était parce qu’elle doutait intérieurement de ce qu’elle faisait. Une part de sa vraie maman existait encore ; elle en demeurait persuadée. Restait à savoir comment la faire ressortir. Lui parler ne servirait à rien : insensible au pouvoir des mots, les années faisaient que son cerveau était complétement conditionné. Il lui fallait libérer les souvenirs qui somnolaient au coin de sa tête. Si possible très rapidement. La boule d’énergie menaçait d’imploser à tout moment. Elle ne savait pas combien de temps il lui restait
    « Qu’est-ce que tu protèges ?! » Dit-elle en se reculant. Tentant le tout pour le tout, la jeune fille se prépara à déployer ses ailes. Elle ne s’attendait vraiment pas à une réponse.

    « Aide-moi. »

    Ce fut à cet instant qu’elle comprit. Les indices ne cessaient de s’accumuler dès le premier jour. Cette phrase, qui venait d’être balancée, se faisait l’écho d’une violente bataille que se livraient Anthéa Schaeffer et Nastasia Schaeffer. La mort du Phénix Doré fit décroître le contrôle mental qu’il exerçait sur son esprit. À présent au bord de l’échec, la femme commençait à perdre le contrôle d’elle-même, ce pourquoi elle était en proie à des sautes d’humeur qui se manifestaient de très courts instants. Un souvenir remonta d’ailleurs à l’esprit de sa fille.

    La lycéenne rejoignit la seconde et hurla les mêmes instructions qu’avec Ulrich. Mais sa mère se trouvait à présent à quelques mètres. Des balles transpercèrent sa poitrine. « Maman… » En fermant les yeux, et sans savoir pourquoi, sa cabine se détacha à son tour. Elle se demandait pourquoi sa mère n’avait pas tiré, laissant au contraire un de ses sbires la blesser grièvement.

    Comme elle par le passé, il lui manquait un fragment. Il lui revenait à elle le rôle de lui redonner. En tant que fille unique de cette femme, qui avait commis les pires atrocités que le monde n’ait jamais connu, elle était la seule à pouvoir la sauver. Toutes les pièces s’emboîtaient à la perfection. Il était maintenant temps de passer à l’action. Survolant d’abord son bracelet, Aelita s’éleva dans les airs. Nastasia balança son sceptre. Une esquive facile lui permit d’utiliser son don de création pour l’enfermer dans une bulle virtuelle. Elle alla jusqu’au niveau de l’interface qu’elle trifouilla le plus vite possible. Sa théorie se confirmait. Cela pouvait marcher. Avec beaucoup de témérité, il était possible de lui faire revivre un choc qui ranimerait sa véritable mère. En perçant la bulle virtuelle, l’adolescente vola jusqu’au niveau de son visage qu’elle empoigna fermement. Ignorant ses multiples excitations, elle tenta de la paralyser à l’aide de son pouvoir de création. Elle faisait face à une hystérique. La carthaginoise devint folle, hurlant à la mort comme un porc à l’abattoir. Quelque chose grommelait en elle. Quelque chose lui interdisait de se défendre. Ancrant son regard dans le sien, le contact virtuel commençait.

    La pièce était plongée dans la pénombre. Aucune fenêtre, aucune aération, si ce n’est une porte close à double-tour. Par terre, Aelita remarqua une femme d’une quarantaine d’années, inconsciente. En-dehors de la pièce, des pas lourds martelaient le sol : ils faisaient penser aux vert-de-gris. En ouvrant les yeux, l’étrange femme prit appuie sur une sorte de table qu’elle n’arrivait pas à distinguer dans la pénombre. Son corps était meurtri, entaillé et boursouflé, sans parler de la maigreur dont elle était victime. Elle avait le tournis et avançait péniblement vers la porte d'où émanait une petite lumière. Elle était comme déconnectée du monde réel, et ses yeux ne devaient pas avoir vu le soleil depuis des années. Titubant une bonne minute, elle atteignit enfin l’entrée qui était toujours verrouillée. La Lyokô-Guerrière aurait bien voulu intervenir, mais elle revivait un souvenir déjà acté et verrouillé. L’inconnue essaya malgré tout de l’ouvrir, or ses tentatives se révélèrent infructueuses. Presque les larmes aux yeux, elle se mit à donner de grands coups quand soudain, alors en sanglot, la porte s’ouvrit violemment la propulsant à terre. Un homme très grand vêtu d’une combinaison noire entra alors dans la pièce, avec un rictus amusé sur son visage.

    « Bonjour, Nastasia. Comment vas-tu aujourd’hui ? » Demanda l’homme, qui regardait la jeune femme affolée grâce à la lumière du corridor.

    Cette dernière recula jusqu’à se heurter au mur et regarda autour d’elle pour tenter de trouver un échappatoire à la situation.

    « Pourquoi te caches-tu ? Je ne te veux aucun mal…
    — Menteur ! Hurla-t-elle.
    — Tais-toi et suis-moi ! » Ordonna-t-il. Il lui saisit le bras fermement et la poussa jusqu’à la sortie de la pièce. Aveuglée par la lumière et apeurée par la situation, elle n’eut d’autre choix que de s’évanouir espérant mettre fin à son cauchemar.

    « Mon mari, ma fille, ils tiennent tous à moi ! Je les oublierai jamais ! Jamais ! Je suis Anthéa Schaeffer. Vous ne pourrez pas me briser ! »
    Sa progéniture serra les poings.


    Elle fut expulsée de ses souvenirs. Reprenant conscience de la situation, elle se sentait horrifiée. Sa mère avait vécu l’enfer. Sous-alimentée, torturée, brisée, elle tint très longtemps jusqu’à devenir le vulgaire objet sexuel du Phénix Doré. Elle l’admirait pour son courage, cette femme, qui ne l’oublia qu’au tout dernier instant.

    J’aimerais pouvoir dire que tout est fini. C’est vrai, d’ailleurs. À présent, tout est terminé. Le tragique espoir de cette Bataille prend fin. Nous sommes sur l’acte final : des derniers balbutiements en vue d’une ultime action. Qu’est-ce qui pourra les sauver ? Hein ? Et dans leur tête, à quoi rime ces tambours qui tapent, qui tapent, qui tapent, encore et encore, cette petite voix qui les pousse à continuer malgré les vents et marées. C’est funeste. C’est glauque. C’est macabre. Une danse macabre, tel est l’expression pour définir ce qui se passe. Trois, deux, un, et puis s’en vont.

    Je ne sais pas qui je suis, je ne sais pas ce que je suis, je sais juste que je vois. Que mes sens me sont revenus, que mes pensées m’appartiennent, que je suis un être libre. Quelques efforts encore, et je jouerai mon rôle comme je le dois, à l’instar de la petite Antigone de Sophocle. Depuis le début, je savais comment ça se terminerait. Je l’ai toujours su. C’est peut-être d’ailleurs pour ça que j’ai préféré m’y réfugier. Je ne voulais pas y assister. Je ne voulais le voir qu’à la fin, quand il serait déjà trop tard pour assumer mon échec. Quand je ne penserai pas assez pour me douaner de cette responsabilité. Je sais ; c’est lâche. Et ça ne sert à rien. Parce que me voilà, ici, là-bas, quelque part, ailleurs, badaude, devant toutes ces personnes qui perdront la vie aujourd’hui.

    Et le gong s’abattit. Et la source d’énergie lança ses éclairs blanchâtres.


    « Aelita… »

    Dix minutes. La communication ne voulait pas se rétablir. Malgré ses efforts, Aelita Stones restait injoignable. Tout était fini à présent. Il ne pouvait plus rien faire. Il l’avait perdue. En voyant la vérité en face, il se rendit compte qu’une fois encore, il avait agi comme un idiot. Il n’aurait rien pu faire de toute façon. Leur vie était déjà condamnée en rallumant ce supercalculateur. Il ne restait plus qu’à assumer son échec et à s’octroyer un final digne de ce nom. Sans détour, ni hypocrisie, Jérémie Belpois devait accepter son destin et en tirer les conséquences pour le futur, parce qu’après tout, il n’en avait justement plus aucun.
    Derrière lui, Léopold Le Couls parvenait à entendre les sons. Ses sens lui revenaient. Il ne comprenait pas très bien où il était, ni même ce que voulait dire ces intenses sirènes, mais le fait qu’il reprenne connaissance évita à son ami dans une crise de nerfs semblable à celle de l’hôpital.
    « Je… où suis-je ? » Le scientifique se retourna vers lui, avec un sourire bienveillant affiché aux lèvres. Fallait-il lui dire la vérité ? Fallait-il lui annoncer qu’il allait mourir à son tour ?
    « Ce n’est rien Léopold. Tu es en sécurité. Laisse-toi aller. Je t’assure que tout va bien. » L’adolescent parut peu convaincu, mais qu’importe, il ne comptait pas lui expliquer. Dans quatre minutes, ils entreraient dans l’atmosphère sans aucune chance de pouvoir s’enfuir. Ils disparaîtraient en même temps que tout le monde lors du premier impact dévastateur prévu sur le Boutan.

    Dans le dédale de couloirs de la Grande Arche, Kiichi croisait tout et n’importe quoi. Des gens apeurés, des hommes recroquevillés, des cadavres. Parfois qu’elle connaissait. Celui de Shadow jonchait le sol aux côtés de morts-vivants putréfiés. Elle y mettait une distance relative pour ne pas faillir. Comme tout ce monde qui ne souhaitait pas voir la vérité en face pour le moment. Heureusement, le spectacle macabre s’arrêta lorsqu’elle reconnut la Salle de Contrôles. Son bracelet lui indiquait une activité vivante. Elle était persuadée que les jeunes se trouvaient là. Sans prévenir, elle bondit à l’intérieur alors que partir se révélait de plus en plus urgent.
    « Je vous ai trouvés ! » S’exclama-t-elle. De cette voix qu’il reconnaissait bien, le génie informatique tourna immédiatement la tête. Qu’est-ce qu’elle faisait là elle ?
    « Kiichi… Gémit pitoyablement Léopold.
    — Qu’est-ce que ?! Tu dois partir, maintenant ! Je croyais que tu étais à Paris ! Le lycéen ne paraissait pas satisfait de la revoir.
    — Pas sans vous. Le Général Hussinger est mort. Et il m’a demandé de faire quelque chose pour lui. » Abasourdi par cette nouvelle, une déflagration dans une zone proche de la pièce provoqua une intense secousse. La nécessité de partir était immédiate.
    « Je ne peux pas partir ! J’ai promis à Aelita ! Et Léopold doit encore récupérer du sang ! » La jeune femme resta bouche bée. Il n’allait quand même pas se suicider ? Non, pas maintenant. Pas après tous les efforts accomplit. Elle accourut au chevet du blessé. De toute façon, elle devait tenter. Quoi qu’on en dise.
    « Il survivra. » Sans ménagement, elle le débrancha de l’installation glauque à laquelle il était relié. Cela faillit la dégoûter, mais elle prit sur elle en le hissant sur ses épaules.
    « Je ne viens pas. » Clama Jérémie en serrant les dents. Après tout, elle n’avait plus le temps. Elle se décida à le laisser quand des hommes en noir apparurent. Voilà qu’ils arrivaient au bon moment. Sa Faux n’était pas prête lorsqu’ils pointèrent leurs armes. “Merde !“ Pensa-t-elle avec véhémence. Elle n’allait tout de même pas crever maintenant ? Son cœur battit la mesure. Belpois se jeta devant elle. Il n’allait tout de même pas… ?
    « Non ! » Trop tard. Les balles partirent. Elle saisit l’occasion pour matérialiser son arme. Le corps du garçon s’effondra à terre. Folle de rage, elle massacra d’un coup les trois ennemis. En se baissant jusqu’à son pouls, Kiichi vit qu’il battait toujours. Elle ne pouvait toutefois pas le porter. Il était condamné. Sans le moindre espoir.
    « Va-t’en… Dans moins de deux minutes… On entrera dans l’atmosphère… Il sera trop tard. Pars ! » Lui somma-t-il. Cette scène fit douloureusement écho au triste sort du Général Hussinger. Elle comprit pour la première fois qu’il avait la stature d’un grand homme. Qu’il aurait pu faire plus dans sa vie.
    Elle reproduit le salut militaire et partit en courant vers le garage le plus proche. Les explosions se rythmaient aux dernières confrontations kamikazes qu’il y avait.

    Leith Fleytcher, dit Shadow. (29 février 1984 – 25 avril 2006).

    Sept minutes trente. Anthéa savait toute la lâcheté dont elle fit preuve au cours de sa vie. Elle était pourtant de nature combative, ce pourquoi elle aurait mieux fait de suivre le parcours d’Andrew Streep, homme qu’elle admirait plus que tout. Malheureusement, l’histoire voulut que l’amour de sa vie ne possédait pas les mêmes ressources que ce puissant militaire à la poigne de fer. Au fond, elle ne regrettait pas. Mais elle aurait voulu mieux disposer des années précédentes. Tant de temps gâché. Au moins pouvait-elle se dire qu’elle passait ses derniers moments en compagnie de sa fille… Une innocente de plus entraînée dans cette tragédie. Elle se souvenait de tout. La torture, les traitements infâmes, les meurtres gratuits qu’elle pratiquait chez les autres. Jusqu’à son génocide de masse. L’extinction de toute une civilisation. Pouvait-on commettre pire ? Même son Maître ne battait pas ce funeste record.
    « Maman… ? » La voix innocente de sa fille la ramena à elle. Malgré tout, elle ne put s’empêcher de constater sa beauté. Ouvrant ses bras à son étreinte, Aelita s’y précipita. Elle attendait cet instant depuis tellement longtemps. L’orpheline avait toujours espéré qu’un jour, elle puisse retrouver sa véritable génitrice.
    « Aelita… Je regrette tellement… » Aucun sanglot. Un monde virtuel était définitivement trop froid. La scène y était pourtant propice.
    « Maman… Je… Nous devons agir. Regarde ! » Un éclair blanc vint détruire une partie du premier anneau. La boule d’énergie menaçait d’imploser.
    « Je sais que tu regrettes terriblement. Et je t’assure que je t’excuse… Mais si nous n’agissons pas maintenant, la terre entière risque d’en subir les conséquences. Je ne sais pas comment ça marche. Je ne sais pas comment faire… Toi tu sais. Tu dois nous aider ! » La femme aux cheveux roses regarda son enfant. Elle avait tellement grandi depuis Mister Pück.

    « Nous ne pouvons rien faire. » Trancha-t-elle pourtant. « Quoi que nous fassions, la Grande Arche explosera. Nous sommes déjà rentrés dans l’atmosphère. Il est trop tard. Cette planète est condamnée…
    — Non ! Je ne te permets pas de dire ça ! Est-ce que tu sais combien ça a été dur sans toi ? Je n’ai jamais abandonné. Même maintenant. Tu as tué mes meilleurs amis. Tu as tué Odd sous mes yeux. Et je ne perds pas espoir pour autant. Est-ce que tu sais ce que veut dire Carpe Diem ? Prise au vif, la mère ne sut que réagir.
    — Aelita…
    — Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain. C’est quelque chose qui appelle à l’insouciance. Mais surtout, surtout, surtout, à l’espoir. Et depuis que je suis née, depuis que je n’ai plus de parents sur qui compter, je mène continuellement une Bataille pour l’Espoir. Bien que celle-ci soit souvent pleine d’Imprévus. Je le reconnais. Mais je refuse d’abandonner. Je suis ici, je me tiens devant toi, parce que j’ai justement eu ce volontarisme sans compromission.
    — Mais je ne sais pas quoi faire !
    — Alors réfléchis ! » Les mains de sa génitrice tremblèrent. Elle ne savait vraiment plus quoi faire. Consciente de l’effort surhumain qu’elle demandait, la Gardienne de Lyokô vint la lui serrer. Elle arqua soudain un sourcil.

    « Je crois… Je dis bien je crois… » Anthéa se releva. « Je crois qu’il est possible de dévier la puissance du Canon Polynice de sorte à ce qu’il tire en lui-même. C’est à dire de dévier le sens du laser. Bien sûr, ça ne pourra pas annuler les effets catastrophiques, mais ça évitera à l’espèce de s’éteindre… Je ne peux que compenser les dégâts, pas les annuler.
    — Ça vaut tout de même le coup d’essayer… Commenta son interlocutrice.
    — Très bien. Alors allons-y. » En accourant au niveau de l’interface, l’ancienne captive gérait à la perfection les différents menus qui s’offraient à elle. Sans hésiter une seule seconde dans ses choix et dans ses gestes, elle jeta souvent des regards à la boule d’énergie pour voir si un changement s’observait.
    « Maximisation de l’énergie ! Code D.I.M.E.N.S.I.O. » Le niveau de progression du Canon Polynice monta à une vitesse vertigineuse. Malheureusement, alors qu’il nécessitai au moins soixante-dix pourcents de ses capacités pour tirer, la barre d’énergie s’arrêta. Il n’y avait plus assez de puissance au sein de la Grande Arche.
    « Oh non ! Pas ça ! Son regard s’affola.
    — Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? S’affola sa fille.
    — Nous n’avons pas assez d’énergie. La capacité du Canon est insuffisante pour tirer sur lui-même. Il nous manque presque douze pourcents d’énergie… Le noyau d’énergie, c’est à dire la boule blanche, émet un rayonnement encore trop faible. Nous devons faire quelque chose… Mais je ne sais pas quoi. » Aelita Stones resta indifférente aux éclairs de la source d’énergie. Ils avaient failli la gober toute entière, ce qui, compte-tenu des circonstances, n’aurait pas été plus mal.
    « La mort est ton cadeau ». La réminiscence de cette phrase énigmatique la frappa. Elle prenait à présent tout son sens. Friederich Armleder n’était peut-être pas devin, mais il savait voir avec clairvoyance une situation derrière sa folie. Il comprit que de toute façon, quoi qu’on fasse, les pertes seraient terribles. Et naïvement (c’en devenait une habitude), on ne le croyait pas. On pensait être invincible, surpuissant. Le défaut récurrent des adolescents.

    « Quand… Quand tu as “fauché“ Odd. Ses données ont directement alimenté la source d’énergie. Je pense que. Que je devrais essayer.
    — Tu veux te jeter dans la source d’énergie ?! Non. Ce n’est pas à toi de le faire.
    — Il le faut ! » Schaeffer se répétait comme un vieux gramophone rouillé. Elle répétait les mêmes choses qu’elle avait dites juste avant à Jérémie. Dans un mensonge absolu, la Gardienne des Clefs voulait protéger son entourage sous des idées de fatalisme et d’obligation, alors que rien ne la contraignait de le faire. Anthéa le comprit bien facilement.
    « Tu as potentiellement un avenir. Pas moi. Pas après tout ce que j’ai fait. Je me refuse de te laisser disparaître. Elle sauta sur le cercle circonscrit.
    — Je ne veux pas te voir partir comme j’ai vu mon père partir. Ça, il n’en est pas question. Couina-t-elle.
    — Aelita. Fais ce que l’on te dit pour une fois. Tu es censée avoir vingt-deux ans. C’était ton anniversaire hier. Je me souviendrai toujours du vingt-quatre avril 1984. Ma petite fille adorée.
    — Non… Répliqua-t-elle faiblement. Non, ne fais pas ça !
    — Maintenant ou tout à l’heure, quelle différence ? Tu crois vraiment qu’ils me laisseront libre si nous survivons à tout ça ? Je t’en prie. Utilise un peu ta tête pour penser. Tu es une jeune fille brillante et intelligente. Et j’ai vraiment été très heureuse de te revoir une ultime fois… Mais dans le cas présent… le devoir passe avant tout.
    — Je ne veux pas… Elle serra les poings.
    — Ça suffit. Quand je me jetterai dans la source d’énergie, la puissance augmentera, et j’espère que tu activeras le canon pour que je ne sois pas morte en vain. » Le message était donné. Voilà que l’elfe virtuel venait de retrouver sa mère qu’on lui enlevait déjà. Maudit projet. Maudite vie. Elle en voulait au monde entier. Jetant un dernier regard à Anthéa Schaeffer, elle s’approcha, dépitée, de l’interface de commandes. Il manquait dix-sept pourcents.
    « Adieu. » Sa mâchoire se crispa. L’ancienne carthaginoise entra en contact avec le “cœur“ du Supercalculateur.

    C’en était fait. La poussière numérique fusionna au vortex. La jauge augmenta drastiquement. S’apprêtant à activer l’implosion du canon, elle remarqua toutefois avec horreur qu’il manquait encore six points avant de pouvoir le lancer.
    « Quoi ?! » Sa mort n’avait servi à rien ? La fausse canadienne s’effondra au sol. Elle ne savait plus quoi faire. Il restait moins de cinq minutes avant l’impact. Tous leurs espoirs disparaissaient dans un amas de fumée inquiétant, et pour couronner le tout, il lui manquait juste six misérablement pourcents afin d’empêcher une explosion apocalyptique. Aelita se sentit désespérée. À présent, elle pensait que tout était perdu. Un discours en total contraste avec celui qu’elle fit quelques minutes auparavant. Sans doute que le choc d’une nouvelle porte dans son entourage venait de démolir ses espérances. Mais ce fut sans doute à cet instant que quelque chose lui traversa l’esprit. Cela la ressaisit. Oui. En effet. Il ne fallait pas abandonner. L’abandon était lâche. Elle, elle ne l’était pas. Si elle baissait les bras maintenant, tous ces soldats, tous ces gens, toute cette population, tous ses amis… Leur sacrifice n’aurait servi à rien. La noble cause qu’il défendait serait oubliée avec la fin de l’humanité. C’était une idée tout à fait inconcevable.

    Elle rebondit sur ses jambes. Positionnée face à l’interface, la Lyokô-Guerrière entra en connexion avec la Salle de Contrôle de la Grande Arche. Elle y cherchait notamment les codes de lancement d’un tir différé. Ils s’y trouvaient forcément, puisque ce hub lui permettait d’accéder à toutes les données de l’Organisation. Consciente de l’absurdité ultime de son propre destin, elle accepta définitivement l’idée de sa mort.
    « A… Aelita… » La voix de Jérémie la fit sursauter. Comment arrivait-il à lui parler ? Elle chercha à récupérer l’accès aux caméras. Son scientifique, vautré au fond d’une chaise en cuir, luttait de toutes ses forces pour éviter les soubresauts de l’immense colonie spatiale. Que faisait-il là-bas ? Elle resta choquée. Lui aussi mourrait dans la bataille.
    « Jérémie… Oh… Jérémie. Je pensais ne plus jamais te parler. » Les codes furent introuvables. N’existait-il aucune possibilité d’enclencher un tir selon un compte-à-rebours ? Elle ne le croyait pas. Mais à présent, il existait une autre solution…
    « Je savais… J’étais sûr… Que je te reparlerai. Alors je… Alors je suis resté.
    — Tu n’aurais pas du. L’impact va bientôt avoir lieu. Tu es condamné Jérémie.
    — Nous sommes deux… Pas vrai ? Cette remarque la laissa de marbre.
    — J’aurais tant de choses à te dire. Mais je n’ai pas le temps. Je dois me sacrifier à la source d’énergie pour alimenter le Canon Polynice. J’ai besoin que tu lances le tir pour moi… pour une dernière aventure ensemble. Son interlocuteur comprit la gravité de la situation. Il acquiesça doucement de la tête avant de gémir plus puissamment. Essentiellement localisées au niveau de l’épaule, des bras et du thorax, il agonisait lentement aux tirs des agents de Carthage.
    — Tu peux… J’y arriverai. Fais-moi confiance. Nous avons été extraordinaires… »

    Sans plus de cérémonies, Aelita se retourna. Elle faisait face à la boule d’énergie. À présent énorme, celle-ci balançait des éclairs de tous les côtés. Il ne restait que trois minutes avant l’impact. En toute tranquillité, la Gardienne de Lyokô repensa à toutes ses aventures. Elle marcha. De plus en plus vite. Jusqu’à se jeter complétement dans la source d’énergie. Celle-ci l’avala. Paisible, elle disparut de ce monde en lui offrant un dernier cadeau. Le Canon Polynice afficha soixante-et-onze pourcents. Sans plus attendre, Belpois lança la phase finale. De ses mains expertes malgré les blessures, il fit exploser la Grande Arche en plein vol, libérant une énergie nucléaire cent fois supérieure à celle d’Hiroshima.
    Et les morts redevinrent morts. Et la tragédie s’acheva.

    Aelita Schaeffer, dit Aelita Lyokô, Stones et Hopper.
    (24 avril 1984 – 25 avril 2006).
    Anthéa Schaeffer, dit Hopper et Nastasia.
    (17 juin 1963 – 25 avril 2006).
    Jérémie Belpois.
    (31 mai 1991 – 25 avril 2006).

_________________
« Il ne faut jamais perdre espoir ! » Alors qu’Alexandre était sur le point de tout abandonner, une voix familière résonna au plus profond de lui-même. « C’est ce que tu dirais, n’est-ce pas ? ».
Chapitre 26, Le Héros Légendaire.
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Pikamaniaque MessagePosté le: Ven 25 Oct 2013 20:21   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre Final : Carpe Diem
Épilogue.


    Bataille pour l’Espoir

    De son chalet en Norvège, le Président Chirac apprit l’explosion de la Grande Arche au-dessus de l’Asie. Il convint immédiatement, avec Mme Thatcher, de ne pas appliquer le sabordage de l’humanité. La menace se trouvait désormais écartée… Mais les conséquences, elles, ne faisaient que commencer. Personne ne pourrait ignorer désormais la Grande Guerre qui venait d’avoir lieu. Chaque pays, chaque continent, avait été touché par l’Armée des Ombres. Et il revenait à chacun des gouvernements en place de prendre ses dispositions pour mieux assurer la pérennité de leur pays respectif. Un défi bien difficile à mettre en place, puisque, seulement quelques jours après la catastrophe, l’hiver nucléaire qui engloba l’atmosphère du globe provoqua une intense crise politique, économique et humaine. Les conditions écologiques déplorables d’une grande partie de la population mondiale explosèrent au grand jour. On pointait du doigt l’augmentation des cancers et la réglementation draconienne des denrées. Le commerce mondial connaissait un blocage. Un puissant blocage qui asphyxiait les plus petits pays. Avec la faim et la maladie, c’était une génération qui s’éteignait sous les huées. Pour des années encore, on devrait vivre dans cette atmosphère polluée, que la biosphère digérait difficilement.

    Mais au-delà de ça. Un véritable problème moral se posa. Quid ce qui se passa avec Carthage ? Le procès des coupables devint une véritable chasse aux sorcières. La bassesse humaine rejoignit Camus dans ses essais existentialistes. La Peste, le Mythe de Sisyphe, tous ces romans prirent un véritable sens après cette Guerre. On ne se souvenait même plus de ces quelques héros, qui, à la sortie, permit aux mondes d’éviter plus grave encore. On ignorait tout de William Dunbar. La première victime d’une longue série. Le prototype qui permit de découvrir l’une des pièces maîtresses du Puzzle de l’Armée des Ombres. Personne ne tiquait à l’évocation d’Ulrich Stern. Le gamin à l’origine de l’escalade mortelle, qui provoqua la fureur de sa compagne, Yumi Ishiyama, donnant une grande leçon de vie sur la Peine du Monde. Et on ne semblait pas non plus reconnaître le nom d’Odd Della Robbia, qui par son courage, permit à Aelita Schaeffer d’accéder au Vortex et au cœur de la Grande Arche. Cette initiative empêcha la Colonie de s’effondrer, in fine, avec l’héroïsme de Jérémie Belpois et d’Anthéa Schaeffer.
    Non. Personne ne leur disait.

    Et Léopold Le Couls, après sa fuite avec Kiichi, ne voulut jamais témoigner. Il estimait qu’ils n’étaient pas prêts encore. Pas prêts dans cette désolation humaine à comprendre que le véritable problème, c’était eux.




_________________
« Il ne faut jamais perdre espoir ! » Alors qu’Alexandre était sur le point de tout abandonner, une voix familière résonna au plus profond de lui-même. « C’est ce que tu dirais, n’est-ce pas ? ».
Chapitre 26, Le Héros Légendaire.


Dernière édition par Pikamaniaque le Ven 25 Oct 2013 20:59; édité 1 fois
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Atab MessagePosté le: Ven 25 Oct 2013 20:33   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


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Messages: 563
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Nonononononononon !!!!!!!!!!!

Ca ne peut pas finir comme cela..... Si j'ai du essuyer mon clavier précédemment, c'est mon bureau entier que je dois éponger là Crying or Very sad

Plus serieusement, j'aurais adoré ta fic du début à la fin. bien qu'ayant redouté une fin comme celle-ci, je ne peux la contester.
Spoiler

Et encore en écrivant ces lignes, les larmes me (re)montent aux yeux.

Ta Fiction (que dis-je... Ton Chef d'oeuvre) se finit de façon Magistrale (oui, avec un "M" majuscule Wink).

Ta fic m'a donné des émotions d'une intensité que je n'ai encore jamais ressenti en lisant un livre; et qui sait combien j'en ai lus !

Coté inspirations, il y à Doctor Who pour les musique et d'autre choses, mais concernant les tortures de nos héros, n'y aurait-il pas d'inspiration sur L'épée de Vérité ? En effet, avec la puce, cela me fait un peu penser au Mord-Sith et à leur Agiels.

Bref, tu as vraiment un don pour l'écriture, je te conseille de continuer Wink
J'ai vraiment passé un très bon moment à suivre cette fiction qui métrite amplement sa place dans les Perles, (et c'est moi qui le dit Wink, qui n'aime pas ce genre ^^).

NB: après avoir lu l'épilogue.

La "fin de la fin" de l'histoire est encore plus triste, plus poignante que le reste, mais en même temps, il reste quelqu'un pour prouver que le carnage à bel et bien existé.
Nos héros seront morts pour sauver le monde, mais personne ne ce souviendra d'eux. (trop triste Crying or Very sad)

c'est sur ces adieux déchirants que je dois dire adieu à ce topic (ou au moins mes messages le diront, car je relirais ta fic, c'est certain).

Bonne continuation dans cette carrière,
Atab, petit écrivain et Grand Fan de ta fiction !

_________________

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