CodeLyoko.Fr
 
 Dernières news  
[Code Lyoko] Usine Renault : Un peu d'...
[IFSCL] IFSCL 3.6.X: Trailer
[Code Lyoko] Reboot : The Guardian Code
[Code Lyoko] Décès de Carlo de Boutiny
[Site] IFSCL 3.5.0 sortie
[Site] 10 ans plus tard... Les scripts ...
[IFSCL] IFSCL 3.5.0: Trailer
[Site] Le point sur les fangames!
[IFSCL] IFSCL 3.4.0: Sortie!
[Code Lyoko] Code Lyoko sur Youtube et...
 
 Derniers topics  
[Jeu Vidéo CL] IFSCL 8e Anniversaire!
[Fanfic] Oblitération
[Fanfic] White Mustang
Questionnaire
[One-Shot] Ne cherche pas à comprendre
[One-Shot] Vivre sans Lyoko
[Fanfic] Overpowered [Terminée]
[Divers] Usine Renault : construction...
Lueur d'espoir : Une pétition pour fa...
Comment relancer CL a notre niveau
 
     
 Accueil | Règles du forum News | FAQ | Rechercher | Liste des Membres | Groupes d'utilisateurs | T'chat | Retour au site 
  Bienvenue, Invité ! (Connexion | S'enregistrer)
  Nom d'utilisateur:   Mot de passe:   
 

777 résultats trouvés
Forum Code Lyoko | CodeLyoko.Fr Index du Forum

 Auteur  Message
  Sujet: [Fanfic] Human  
Zéphyr

Réponses: 7
Vus: 1180

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Sam 03 Fév 2018 21:50   Sujet: [Fanfic] Human
Yo’ ! Manque de conscienciosité oblige, j’ai zappé ton One-Shot précédemment publié pour attaquer directement ce texte-ci et me faire une idée de ton travail. L’avantage, c’est que je pars sans a priori. Le désavantage... bah on verra ça !

Sur le plan stylistique, agréable surprise que cette lecture. Il y a du joli vocabulaire, c’est bien documenté (ou alors, ça donne l’air d’être bien documenté pour un amateur Razz) et ça se lit plutôt bien, même très bien. Peut-être l’enchaînement de phrases dans le petit paratexte précédant le Prologue est-il un peu trop laborieux à mon goût. Par ailleurs, j’ai discuté avec Ikorih de ce qu’elle nomme tes « phrases de trois kilomètres de long », et si personnellement elle ne m’ont pas gêné dans ce qui a été posté ici, il est vrai qu’à la lecture, ça n’est pas nécessairement toujours agréable, au niveau du rythme (si ça se trouve, j’étais juste dans de bonnes dispositions aujourd’hui, héhé). N’hésite pas à laisser respirer un peu ton texte et ton lecteur, il t’en sera reconnaissant !

Tant que je suis sur la forme, je partage avec toi l’unique coquille que mes yeux ont relevée :

Citation:
Ces défauts de caractère lui avait [avaient, donc] valu d'être taxé à plusieurs reprises d'individualiste


Par rapport à la mise en page, je me permets également de t’exposer quelques remarques :

Dans le Prologue → Quand on place une ligne de dialogue, on le fait toujours au début d’une nouvelle. Il y a pas mal de moments où cela ressemble à cela :

Citation:
Elle entendait Odd qui hurlait encore : — Ne tirez pas ! Bon Dieu : il nous la faut vivante !


Faut retourner à la ligne avant l’introduction du dialogue au tiret. On retrouve ce genre de forme dans les paragraphes (dans l’ordre) 3, 5, 6 et 9 de ce prologue.

Dans le chapitre 1 → Quelle est cette infamie que je vois et ne saurais supporter ? Des tirets cadratins avec des guillemets français ? Heureusement qu’on locke pour plus que ça... Bref, pour tous les dialogues présentant cette forme :

Citation:
— « Alors petit, tu veux voir un chef-d'oeuvre ? » demanda monsieur Kroçi à Ulrich qui hochait déjà la tête.


Il faut retirer les guillemets, pour ne laisser que le tiret (vu que ton Prologue introduit ses dialogues uniquement en tirets, autant continuer sur cette lancée-là), et ajouter la ponctuation adéquate pour les annonces de prises de paroles et compagnie (les « dit X » etc). Après, j’imagine que les guillemets sont là pour souligner que les protagonistes ne s’expriment pas en français, mais en terme de présentation, c’est vraiment pas joli à voir. Je pense que le lecteur est suffisamment avisé pour comprendre par lui-même.
Allez, ultime remarque sur le premier chapitre :

Citation:
Tant mieux, j'ai longtemps rêvé de tout ça alors que je n'avais que la liberté de penser, et très bas. Aujourd'hui j'ai gagné toutes les libertés, mais au prix de quelles souffrances...


Ce morceau de texte s’insère entre deux passages narratifs à la troisième personne. Du coup, soit il y a oubli de guillemets ou autre mise en forme pour signifier qu’il s’agit là de pensées d’Ulrich, soit il s’agit d’une étourderie sur la personne. Toujours est-il que sans mise en forme adéquate, voir un passage pareil perturbe.


Allez, le plus important maintenant : l’histoire. Le Prologue est prenant et m’a personnellement donné envie de poursuivre ma lecture. Outre le point de vue original de Samantha (attendu cela dit au vu de ta présentation sur le forum), la présentation qu’elle offre sur le contexte de la fanfiction fonctionne bien – en complément des quelques informations données dans le résumé.

Le chapitre 1 est moins prenant que le prologue, mais permet de se faire une meilleure idée sur ton niveau en écriture et sur la documentation de ton texte (je veux dire par là que les descriptions des lieux et autres informations culturelles ne paraissaient pas sortis des sabots d’une chèvre !). Par ailleurs, sans le résumé que tu as fait de cette fanfiction en préambule, je me serais imaginé avoir affaire à un alternate universe de Code Lyokô, alors que visiblement, une mise en lien avec l’animé a été imaginée (je fonde beaucoup d’espoirs là-dessus d’ailleurs, et te prends sur sa « prise d’amplitude » !). Du coup, l’idée du résumé n’est pas mauvaise dans le cadre de ce texte, sans être à double-tranchant heureusement dans ce cas-ci.

En revanche, si j’ai bien compris qui se disait dans le résumé, on est partis sur une fiction au cours assez long (s’il faut présenter le contexte pour chacun des héros comme pour Ulrich au chapitre 1, on part déjà sur 6 chapitres + 1 prologue juste pour l’introduction de la fanfiction !), à moins que tu ne réalises la mise en lien plus rapidement et habilement que prévu...

Pour le coup, je lierais cette dernière observation à une remarque que tu exposais dans ton paratexte, à savoir que « la première partie de la fanfiction avait été rédigée en 2014 ». Si tu possèdes une avance confortable sur l’écriture de ton récit, je ne peux que t’en féliciter (surtout si elle est d’ampleur !), en particulier dans un contexte où les lecteurs/commentateurs du sous-forum se comptent désormais sur la main, avoir une marge est toujours préférable pour rester motiver. Wink

Bien, comme je suis assez intéressé par ton travail, j’en attend la suite pour confirmer ou infirmer mes premières impressions. Tu as selon moi encore beaucoup à prouver en terme de scénario et de fil rouge, mais le potentiel global est présent. Tu as toutes les cartes en main, bon courage à toi pour cette longue aventure et à la prochaine !
  Sujet: Projet de fanfiction  
Zéphyr

Réponses: 1
Vus: 239

MessageForum: Créations Code Lyoko   Posté le: Sam 03 Fév 2018 18:58   Sujet: Projet de fanfiction
Yo' ! Bienvenue sur le forum.

Autant que je sache, ne reprendre que le nom ne constitue pas vraiment un plagiat (surtout si tu ne reprends qu'une partie du nom). Au pire du pire, si tu le sens vraiment pas, tu peux mentionner en préambule de ton texte d'où proviennent les inspirations desdits noms. Après, pour ce que j'en sais, si le site devait risquer quelque chose, ce n'est pas là-dessus que des détracteurs s'attaqueraient Razz

Pour le reste et plus de détails, je te renvoie là-bas.

Je verrouille le topic au passage et t'invite à ne pas zapper le Règlement des Fanfictions tant qu'on y est !

Bon séjour à toi sur le forum.
  Sujet: Les OST de code lyoko  
Zéphyr

Réponses: 1
Vus: 491

MessageForum: Autour de la série   Posté le: Sam 23 Déc 2017 18:31   Sujet: Les OST de code lyoko
Quand on poste, on veille à la faire dans la bonne section du forum. Ici c'est le sous-forum Fanfictions.

De plus, faire quelques recherches sur le site avant de poser une question sur le forum pourrait s'avérer louable. A tout hasard, ça permettrait de tomber sur une page recensant les OST disponibles de la série (toutes ne l'étant malheureusement pas). A toi de voir si tu y trouves ce que tu cherches.

Je déplace le topic et le ferme, au passage.
  Sujet: [One-Shot] Aiguille grise et perle fine  
Zéphyr

Réponses: 4
Vus: 731

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 22 Déc 2017 07:02   Sujet: [One-Shot] Aiguille grise et perle fine
J'ai un peu l'impression que ce One-Shot passe à côté de ce qu'il aurait pu raconter. C'est typiquement le genre de texte duquel je ressors avec une impression de « Oui, et ? », à savoir que je n'ai pas du tout saisi où le texte à voulu m'emmener dans son histoire et par rapport aux éléments qu'il a déroulés.
De ce côté, je pense que l'absence d'introduction de l'auteur, comme il est de coutume et de politesse de le faire sur ce sous-forum, a pu jouer, même s'il n'était pas dit que tu exposes tes raisons sur ce texte.

Cela dit, je me méfie toujours lorsque je réagis à chaud à une lecture. L'expérience m'a montré que j'avais parfois (pas toujours, heureusement) tendance à passer à côté de certaines choses.
Toujours est-il que je me suis posé la question suivante : qu'a-t-on à tirer de ce texte, en terme d'intérêt ? Que William est un vilain garnement, très particulier comme on dit dans le jargon ? Que sa mère est débordée et survit au quotidien ? Au moment où j'écris ces lignes, je n'ai aucune certitude par rapport à la conclusion à laquelle tu as voulu amener.

Ce ressenti-là, je l'impute principalement au fait que, de mon point de vue, ce genre de texte, antérieur au dessin animé, a pour devoir de proposer un contenu qui s'y raccorde parfaitement (sauf s'il est assumé par l'auteur que l'on est dans un alternate universe, mais comme tu balances le texte de but en blanc...).
En l’occurrence, on ignore comment la situation des parents Dunbar s'est arrangée, finalement. Logiquement, le père a dû finir par revenir, mais est-ce que ça a pour autant apaisé les problèmes de nerfs de la mère ?
De même, on ne voit pas vraiment comment, de ce point de départ proposé, William a fini par évoluer vers le personnage qu'il est dans la série, en particulier par rapport au contexte de ton texte, où il est qualifié à de nombreuses reprises comme étant naturellement inférieur à la moyenne intellectuellement. Si l'on excepte cette situation de la saison 3 où William se trompe de matière à réviser pour un contrôle, les seules situations de pure stupidité intellectuelle liées à lui qui me viennent sont liées à sa réplique physique de la saison 4. Est-ce là le parallèle à comprendre dans ce texte ? Est-ce une forme de justification au fait que la réplique a réussi à rester crédible aussi longtemps auprès des adultes ? J'ai un peu du mal à y croire, personnellement, tant par rapport à cette interprétation que sur le fait que ce soit l'objectif caché ou d'écriture du texte.

Finalement, je pense que ce texte n'a pas d'ambitions narratives folles et vise plutôt à raconter un morceau de quotidien d'une mère seule avec son enfant (ou du moins, si je me base sur le titre du texte, le trip vécu par une mère débordée). Je sens un écho avec ton précédent One-Shot sur le propos général, notamment sur la première dizaine de lignes, où toute l'ironie de l'extrait radio se fait sentir par les paragraphes qui l'enrobent (par rapport à la condition féminine).

Je ne m'étends pas plus, ce texte ne m'a pas emballé, pas même stylistiquement. Cela étant, tes tentatives d'explorations de pistes de la série et d'expérimentations en fanfiction sont louables et appréciables. Continue comme ça, c'est une bonne dynamique de travail ! Wink

À bientôt sur un autre texte, j'imagine !
  Sujet: [Fanfic] Le plus puissant des liens  
Zéphyr

Réponses: 58
Vus: 28435

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 08 Déc 2017 16:54   Sujet: [Fanfic] Le plus puissant des liens
Coucou ! J’ignore si la jour de publication de ton chapitre est voulu, mais je vais quand même le prendre pour moi, merci ! ♥

Avec le temps, je me suis habitué à toujours relire totalement ta fiction lorsque ça fait longtemps que je ne l’ai pas lue. Cette fois-ci, je m’en suis dispensé, j’ai confiance en ma mémoire. Bon, il s’est avéré que j’ai oublié pas mal de choses, mais disons que ça ne m’a pas empêché de bien kiffer ce chapitre.
Bon, cela dit, vu à quel point j’ai reconnu ma perception des choses dans celui-ci, mon objectivité n’est pas garantie par la commission.

D’ailleurs, c’est paradoxal : autant j’ai réellement adoré le chapitre et les situations plus personnages évoqués, autant je suis déçu que les Lyokô-guerriers soient absents (en regard de la fin du chapitre 13 bien sûr !). Je pense que c’est signe que je me suis attaché à ta tournure des choses.
En fait, sur ce seul chapitre, je crois que, plus que la mise en scène générale, c’est le fourmillement de détails soignés qui en fait sa valeur (la chronologie est par ailleurs dans cette lignée de travail fait avec sérieux, bravo pour ça d’ailleurs Smile).

Ton Tyron me rappelle beaucoup le mien, donc naturellement je l’aime pas mal. Le simple fait de lui donner une attitude de rigolo auprès d’autrui pour mieux masquer ses intentions et ses plans, c’est totalement en accord avec la vision que j’ai du personnage : quelqu’un de facilement sous-estimable, mais qu’il coûte de sous-estimer. Petit aparté : je pense que c’est le point que je regrette chez le Tyron d’Icer, qui est bon mais qui est sérieux tout du long, il lui manque ce côté « clown » qui fait qu’on ne le prend pas d’emblée pour un antagoniste crédible. Bref, j’aime beaucoup ce côté « sous-estimez moi, je vais vous la mettre à l’envers » de ton Tyron. Un peu dommage que cette couverture soit tombée face aux russes à ce stade de l’histoire, on sent que depuis le début, il est placé en-dessous d’eux, ce malgré la découverte de Caldin/Hoth.
Évidemment, ce dernier point est trop cool (même s’il est étrange pour le coup que Jérémie ne l’ait pas découvert non plus, vu que dans la série, il fait des recherches sur le réseau pour comprendre comment Xana a pu survivre…) et ouvre la perspective d’une lutte virtuelle tripartite, avec alliances modulables selon les besoins et objectifs du moment. J’en suis hypé d’avance, même si, une fois n’est pas coutume, j’anticipe toujours assez mal comment vont évoluer ce genre de situations.

Toujours sur Tyron, c’est également très enthousiasmant qu’il ne soit si désinformé/désarmé face à Lyokô et ses gérants. La reconnaissance d’Aelita et la connaissance des détails de vie de Franz Hopper datant de sa fuite à Paris, ce sont des choses qui coulent de source tels que tu les exposes. Pour le coup, je n’ai personnellement pas poussé le raisonnement aussi loin. Razz

Dernières remarques sur Tyron : c’est assez perturbant de le voir appeler ses hommes de main « ninjas » quand on sait que ce sont les Lyokô-guerriers qui les ont baptisés ainsi, tout comme le fait que son monde virtuel s’appelle Judas (mais tu n’es pas tombé dans le piège Pallium, moins évident qu’il n’y paraît). Pour ce dernier, je pense voir où tu veux en venir : CLE pose que Tyron a « trahi » le père d’Aelita, donc…

Le mystère que l’on sent s’épaissir autour du personnage d’Anthéa, extrêmement discret et passif dans le chapitre, mais source de pas mal de répliques et allusions à demi-mot, ça donne envie d’en savoir plus (et, toujours pour faire le parallèle – navré si je donne l’air de m’auto-promouvoir – tu donnes l’air de t’être largement plus creusé l’esprit que moi la concernant Mr. Green).
Dans la même veine, le personnage de Sandra subit petit à petit le même sort. Depuis le début de la fanfiction, son portrait s’effrite toujours plus : à ses débuts, elle apparaissait comme une personnage stable et posée, mais elle se déséquilibre (voire même se déconstruit, coucou Dyssery) de plus en plus, émotionnellement parlant. C’est une approche que je trouve intéressante, et je me surprends à commencer à l’apprécier toujours plus, par ce traitement qui lui est fait.
Par contre, concernant le rêve de fin de chapitre, même s’il préfigure de manière assez évidente un lien oublié entre Sandra et Anthéa, je prie pour que ce ne soit pas le coup du lien du sang (type sœur), ce serait comme le cas d’école, donc malheureux pour un texte pareil. =/

Je termine sur Laura : elle ne fait que subir depuis un moment, mais j’apprécie toujours autant sa mise en avant et le respect du caractère du personnage (au passage, très bien vu la récupération de la machine arrache-souvenirs pour justifier l’état mémoriel de la blondinette).

C’est vraiment du bon et du beau boulot, j’espère avec ferveur qu’il aboutira sur une balise [Terminée]. Comment ça, je parle pour moi, encore ?

A Noël donc ! Courage pour l’écriture de la suite de ce texte-là ! Razz
  Sujet: Parti Lyokoïque - 2022  
Zéphyr

Réponses: 7
Vus: 1063

MessageForum: Blabla de la communauté   Posté le: Mar 28 Nov 2017 00:30   Sujet: Parti Lyokoïque - 2022
Dommage, le Parti Lyokoïque n'est pas reconnu officiellement au sein de ce forum.

Le principe moral me force à fermer ce sujet, mais vois le bon côté de la chose Aravim : le fait que tu sois un illuminé t'as nécessairement rendu aveugle. Par conséquent, tu n'as sûrement pas remarqué que tu étais à la tête d'un grand mouvement spirituel ne comptant qu'un seul membre...
  Sujet: [Fanfic] Oblitération  
Zéphyr

Réponses: 25
Vus: 4182

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 06 Nov 2017 22:58   Sujet: [Fanfic] Oblitération
Yo' ! Pour faire écho à ton premier post sur ce forum, tu as désormais l'honneur de faire partie de la cuvée 2017 qui a survécu au lock oblitérateur.

D'une certaine façon, on peut considérer le prologue d'un texte, ou d'une fanfiction ici, comme une façon de donner envie au lecteur de découvrir l'univers dépeint, d'en savoir plus sur l'histoire, le tout sans passer par un chapitre complet potentiellement aussi indigeste qu'un pavé du rédacteur de ce message.
Sur la base de cette considération, j'estime le contrat rempli par ce prologue.

Evidemment, ce n'est pas la première partie du texte, très classique dans un contexte littéraire, qui m'a fait penser cela. Cela dit, elle donne un premier aperçu de ta façon d'écriture, c'est déjà ça. On sent un certain travail derrière cette écriture, avec le choix du vocabulaire et des images suggérées. C'est également là qu'on constate que tu aimes faire planer l’ambiguïté sur certains éléments avant de leur rendre leur nom (c'est d'ailleurs ce qui se passe également dans la deuxième partie, avec l'entrée du « garçon » dans le salon de Yumi). Le procédé est, selon moi, amusant à manier et à subir dans une lecture, pour peu qu'il n'y ait pas abus derrière.

Pour en revenir au style d'écriture, en ce qui concerne la première partie du prologue du moins, il fait plutôt mouche en terme d'ambiance et de ressentis. On partage plutôt bien l'immersion onirique d'Odd, et le malaise montant. Cependant, là où ça pêche, à mon sens, c'est que ce style de narration ne sied pas vraiment à Odd. Et pourtant, c'est certainement le personnage qui a le moins de mal à s'adapter aux changements par rapport à ce que la série originelle montrait de lui.
Je pense que cette impression est à mettre sur le compte du vocabulaire varié et précis utilisé durant toute la séquence. Avec un personnage comme Odd, on s'attend à une narration moins... propre et lyrique ? Ce sont les termes qui me viennent sur ce point en tout cas.
Du coup je suis bien embêté, j'ai vraiment apprécié cette première moitié de texte, malgré le rêve qui se voit venir rapidement, mais le fait que le style proposé donne cette impression d'inconvénance par rapport au personnage choisi, ça me laisse sur un sentiment assez indescriptible.

Toujours sur le style - et la première partie -, je note que pour tenter de trancher un peu cette narration et ce vocabulaire élaboré, tu as inclus des tournures plus particulière. Le premier exemple qui me vient est celui de la « buée dégueulasse » (qui fonctionne par ailleurs bien au niveau du procédé de cassage de niveau de langage, mais un peu moins bien au niveau de l'image je trouve, la vapeur d'eau qui crée la buée n'évoque pas forcément une idée de saleté d'entrée de jeu).
En soi, l'usage de ce procédé est une bonne initiative pour ne pas noyer le lecteur sous une narration trop lourde et précieuse. Attention toutefois à ce que ça ne nuise pas à la fluidité et au rythme général, sans quoi on se retrouve avec des tournures aux sonorités un peu étranges. Deux exemples :

Citation:
J'observe donc la pièce exigüe plongée dans une semi-obscurité tout en écoutant d'une oreille attentive les tressaillements de la respiration sifflante de mon colocataire qui subsiste dans la même alcôve que moi malgré les phéromones ambiantes.


Au passage, on écrit « exiguë » et « alcôve » est masculin (choix de mot pas très pertinent pour désigner la chambre d'Ulrich et Odd par ailleurs). L'absence de virgules n'aide pas la phrase non plus.

Citation:
Son museau tout d'abord qui a viré au rose criard des chewing-gums à deux balles.


Le choix de trancher avec « à deux balles » à cet endroit-là ne me paraît pas si approprié que ça (m'enfin, personnellement, je suis le roi de la répétition, alors...), puisque ça fait retomber cette tentative d'instauration de séquence dramatique.

Pour arrêter là mes remarques sur les fluctuations de style, je vais prétexter que c'est un point trop subjectif pour que l'on puisse s'y étendre indéfiniment sans que la question des différences de sensibilité entre auteur et lecteur ne soit soulevée.

Je vais passer à la deuxième partie du prologue, le reste quoi. C'est principalement ça qui éveille l'intérêt sur ce que sera cette fanfiction. Beaucoup d'éléments sont en attente d'éclaircissements, il manque certaines clés de compréhension de la situation. C'est particulièrement appréciable. D'autant plus que, de façon générale, le texte donne l'impression de partir sur une réinterprétation de l'univers de Code Lyokô, sur la plupart de ses aspects en tout cas.
Parmi les éléments qui m'ont fait tiquer, je place en tête les sentiments de Yumi pour... Jérémie (et plus largement, la proximité troublante des deux adolescents). Ce simple élément constitue déjà un changement profond et singulier dans la trame de l'univers du dessin animé, tout en entraînant pas mal d'interrogations, dont la principale sera : quid d'Aelita ? Au vu de la complicité dépeinte entre Jérémie et Yumi, difficile de dire si le jeune homme ne partage pas les sentiments de la fille... Du coup, ça remettrait limite en cause ce pour quoi Belpois se bat depuis le début de l'animé : le bonbon rose. Quelles seraient alors ses motivations ? Je ne vais pas poursuivre l'arborescence de mes questions, je n'en aurais pas fini et je pense que la suite va un peu plus préciser les choses.

Cependant, dans la même lignée, j'ai un peu de mal à situer contextuellement ta fanfiction. A priori, on est encore en plein dans la série animée, je pense notamment à un contexte saison 1, au vu de l'ambiance et de l'absence terrestre d'Aelita, mais la présence d'Hiroki instaure le doute de ce côté-là. Le fait que tu n'ais pas précisé le placement ou non de ton texte par rapport à la série n'aide pas à se repositionner correctement le contexte ambiant. M'enfin, vu que j'exprimais plus haut mon impression de réinterprétation de l'univers de la série, est-ce que cette remarque est vraiment justifiée ?

Derniers éléments qui m'ont fait tiquer :
Pourquoi Yumi a-t-elle 12 ans (soit le même âge que Jérémie à en croire le texte) ? Vu que ce point est écrit deux fois, ce n'est pas une faute de frappe, je crois. Est-ce qu'on a ici affaire à un arrangement scénaristique par rapport aux 14 ans de la série ou ? Parce que j'avoue avoir un peu de mal à me représenter une fille de 12 ans aussi athlétique que ce que la description de Yumi en donne.
Toujours sur Yumi. L'événement qui l'a amenée à avoir une perfusion dans le bras - et de petits soucis avec sa famille apparemment -, pourquoi n'est-il pas réglé d'un coup de retour vers le passé ? Existe-t-il seulement dans ce texte ? Puisqu'il n'est pas mentionné (au même titre qu'Aelita, Xana et Lyokô par ailleurs, le supercalculateur s'en sortant bien), même dans le rêve, et qu'on est sur une base de réappropriation d'univers, je dirais que non. Si c'est bien le cas, le texte va se révéler intéressant par rapport à la gestion des problématiques liées au secret (dommages des attaques, séchages de cours, tensions parentales, etc).

Pfou ! Je vais arrêter de me torturer l'esprit sur ces considérations. Après tout, le premier chapitre arrive dans deux semaines et devrait m'éclairer un peu plus.
Je pense que tu as saisi mon impression globale sur ce prologue : j'ai très envie d'en apprendre plus sur ton histoire et l'univers que tu as visiblement réinterprété. J'ai notamment hâte de voir ce qu'il en est pour les éléments incontournables non-mentionnés en prologue, tels Aelita, Lyokô et Xana. L'ambiance plutôt orientée « saison 1 » de l'ensemble n'est pas pour me déplaire, avec entre autres des caractères de protagonistes moins basiques que dans la série (Odd peu jovial dans le contexte, mais ça reste à prouver, Ulrich encore plus réservé, Jérémie carrément plus imposant et autoritaire dans les échanges).

C'est prometteur, je ne peux qu'espérer que la suite fera écho à mon impression et ne se cassera pas les dents. Le cas échéant, je ne manquerais pas de débarquer pour le souligner et t'oblitérer en conséquence. Razz

Bon courage pour la suite !
  Sujet: Nouveaux Membres : Présentez-vous !!!  
Zéphyr

Réponses: 6530
Vus: 1471288

MessageForum: Blabla de la communauté   Posté le: Dim 05 Nov 2017 13:27   Sujet: Nouveaux Membres : Présentez-vous !!!
Yo' ! Bienvenue à toi dans les environs Sorrow.

Sorrow a écrit:
Enfin, si un habitué du coin peut me confirmer que les nouveaux venus sont encore autorisés dans la section ?


Malgré nos tendances au lock des textes qui n'ont pas de niveau (et au vu de ton message de présentation, je ne me fais aucun souci pour toi !), les nouveaux venus dans la section fanfictions sont plutôt bien accueillis. Il faut dire qu'on y est de moins en moins, les derniers restants étant sur la fin de leurs œuvres. Wink

Au plaisir de te revoir dans la section donc !
  Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]  
Zéphyr

Réponses: 16
Vus: 5120

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 01 Nov 2017 18:34   Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]
Spoiler


Merci pour ce long commentaire qui fait vraiment plaisir Dyssery. À mon tour de tout reprendre !

Dyssery a écrit:
J'ai envie de dire, je te pardonnerais presque de m'avoir fait attendre aussi longtemps Wink


Vous finissez toujours par me pardonner mes délais d’attente. Razz

Dyssery a écrit:
Le premier post du topic sous les yeux, je réalise que dès le départ tu nous as présenté Eidos et les sabres bleus d'Ulrich. J'ai failli passer à côté, ç'a du bon d'écrire des commentaires o/


Ravi de constater que la présentation graphique n’est pas là que pour le décor. xD

Dyssery a écrit:
J'ai lu Pôle Lyoko il y a un bon moment. Je ne m'en souviens presque plus, mais sans qu'il m'ait déplu je crois bien que ce texte ne m'avait pas enthousiasmé plus que ça. Je serais bien en peine de te dire pourquoi, cela dit je n'en garde pas du tout le même sentiment que des autres textes que j'ai lu de toi par la suite. Les personnages ne m'avaient pas marqués plus que ça, en tout cas. Alors que là…


Ton impression est, je pense, tout à fait naturelle par rapport à Pôle Lyokô, qui était un pur texte d’anniversaire pour le Pôle, là où Ethereal World a plus s’appuie sur le prétexte de l’anniversaire pour m’éclater personnellement.
Cela dit, les personnages du One-Shot étaient des pures intelligences artificielles, sans vrais traits de personnalité autre que la volonté de gagner leur liberté. Le seul qui avait eu droit à un peu de psychologie et de développement, c’est Hopper, mais comme il passait majoritairement son temps calé derrière son écran… difficile de s’étaler plus que je ne l’ai fait ! En bref, le One-Shot ne se concentrait pas du tout sur les ressentis, sensations et autres, son style était plus direct et formel, d’où ta différence de perception selon moi.

Dyssery a écrit:
Bon sang, Phi est tellement cool XD


Tu n’es pas objective. Razz

Plus globalement, très content que la partie I ait fait mouche auprès de toi. Elle reste vachement longue pour une exposition d’histoire et je craignais qu’elle ne tire trop en longueur, d’où un certain développement niveau dialogues et échanges entre Phi et Ulrich, afin de temporiser.
À titre personnel (non-objectif également), j’aime également beaucoup le rendu du personnage de Phi et de l’ambiance de l’Aire de Détente. En parlant de ça :

Dyssery a écrit:
Et puis franchement, les ambiances… Dans l'intégralité de ce texte, elles ont été menées d'une main de maître. Au milieu des cascades, on ressent vraiment l'entre-deux, ce moment où l'on peut prendre son temps pour apprendre les clefs nécessaires à la survie. D'autant que, moi qui aime tellement ces passages où les héros sont en plein apprentissage, avec le DMA je suis servie.


Deux choses :
Merci pour le compliment sur les ambiances et les décors, c’est le genre de remarque qui me fait vraiment plaisir, puisque portant sur les points que j’ai le plus travaillé et adoré développer. D’autant plus que ton ressenti sur la Plage Cascade rejoint ce que je voulais transcrire : les sensations que me donnaient la Plage Saladier de Super Mario Galaxy, cette envie d’y traîner et de m’y balader sans avancer dans le niveau, d’en profiter en laissant le temps s’écouler, au milieu de la mer, du sable et des pingouins.
Ensuite, je suis totalement d’accord avec toi sur les passages d’apprentissage (et d’exploration si on veut élargir le champ). On est sur la même longueur d’ondes, c’est cool ! Mr. Green

Dyssery a écrit:
En dernier point sur Phi, j'aime tout particulièrement sa façon de déclencher ses capacités. "Burst. Double.", "Speed.Triple." Cette façon laconique, toute en mesure, de montrer sa force lui convient particulièrement. Enchaîner pour le second avec un Ulrich hurlant pris en otage par une lance supersonique, c'était juste magique.


Moi aussi, même si pour le coup, ça rejoint les sources d’inspiration, hihihi. Content que les phases d’humour aient fait mouche également, je pense qu’elles sont plutôt importantes dans ce texte, pour s’aérer l’esprit entre deux quêtes ou moments chargés de lourdes descriptions. Cool

Dyssery a écrit:
Ce passage où il avance dans le noir… Nous aussi on perd tous nos repères ! D'une certaine façon, je le rapproche un peu à ce morceau de L'Engrenage où Chris est prisonnier, immobile, de son avatar.


C’est vrai ! Je pense surtout que j’aime bien rédiger ce genre de passage, et je pense qu’il devrait y en avoir d’autres du genre dans mes autres chapitres ou productions.

Dyssery a écrit:
Par contre, puisqu’Ulrich s’est fait jeter quand il a posé la question, pourquoi Sigma a installé un dispositif d’extinction du volcan, au juste ?


La référence et… secret ! Razz

Au risque de me répéter, ravi que la séquence d’introduction de Psi, des créatures noires et de Thêta t’aie plu ! La difficulté quand on écrit ce genre de textes avec un tas d’informations et de règles à établir ou donner, c’est de ne pas tomber dans la surcharge d’informations. Du coup, je suis assez fier du rendu de cette séquence, qui sert à la fois de pause, de transition et de transmission de données au lecteur.
Et pour être 100% transparent, bien qu’il date d’un an, je me suis bidonné en relisant l’échange entre Psi et Thêta. C’est assez rare que je sois aussi satisfait d’une production.

Dyssery a écrit:
Ce mec [Thêta] essaie de faire croire qu’il est le plus sympa des quatre, mais dans le fond, quel branleur x)


*Pikamaniaque.

Dyssery a écrit:
En tout cas, la chasse aux monstres de XANA est hyper prenante, et comme toute les scènes d’action que tu as écrite dans cette minific (pas si mini, en fait), j’ai adoré l’utilisation que tu as faite du triplicata, ainsi que des nouvelles capacités que le samouraï récupère dans son passage par la matrice.


Je trouve ça marrant que tu trouves la chasse « hyper prenante », sachant que je l’ai violemment tronquée pour ne laisser que la fin (vu que ça n’aurait pas été passionnant de la décrire de bout en bout selon moi). On ne peut plus appeler ça une chasse… Shocked
En fait, toute l’action de l’Aire de Combat constitue un dommage collatéral de ce entre quoi elle s’insère. Comme le Mont Abrupt allait suivre et qu’on sortait de l’Aire de Survie, j’ai souhaité faire quelque chose de plus dynamique et de moins étouffant. Enfin, si tu dis qu’elle est prenante, je vais accepter humblement le compliment !

Évidemment, la Matrice est l’excuse parfaite pour apporter de nouvelles fonctionnalités à mon avatar préféré de la série, tout en l’exploitant à fond la forme !

Dyssery a écrit:
Au final elle a déliré, Sigma, la capture du Kankrelat il en a rien à carrer, si ?
Et ensuite, un problème de rose ? Sérieux ? Et tu nous décris même pas le volcan girly ? XD


Oui, Thêta n’en a rien à carrer du Kankrelat, de toutes façons qu’il finisse asservi ou détruit… C’est simplement le geste qui le dérange, il considère l’action de Sigma comme une rupture de leur pacte de non-invasion. D’où l’envoi d’une vengeance sous forme de « désastre rose », qui ne sera pas décrite parce que c’est bien également de laisser un peu faire l’imagination du lecteur, surtout dans un texte avec autant de descriptions en accompagnement ! Razz

Dyssery a écrit:
Pour le second jeu de Psi, j’ai juste adoré le lire. J’avoue que je n’ai pas réussi à bien visualiser la pluie dans « l’épreuve » précédente, mais la neige… Je sais pas, ça m’a plu o/ De même que la poursuite du Senja, compliqué par tous ses clones. En fait, en commençant ce passage, j’avoue que j’avais un peu peur de le voir trop traîner en longueur. Mais bon sang que j’avais tort ! Au même titre que la marche dans le tunnel sans lumière du volcan, l’espèce de crise de panique que fait Ulrich dans le labyrinthe de glace était un pur délice ! Et encore une fois, l’utilisation du triplicata…


Après relecture, je suis d’accord avec toi en ce qui concerne la pluie de l’Aire de Combat. Je pense que la cause se trouve dans ma volonté de ne pas en faire un passage trop lourd, puisque celui du Mont Abrupt allait suivre. Du coup, l’ambiance en a un peu pâti. Je pense que le sous-développement de l’Aire de Combat par rapport au reste des zones de la Matrice est mon seul regret dans l’écriture de ce texte, mais à un moment, il faut bien avancer dans l’écriture !

Moi aussi j’avais peur que ce soit trop long et qu’il faille une partie V. xD
Encore une fois, heureux que cela t’ai fait une si forte impression, ce n’était pas le passage le plus évident à rédiger et il a quand même demandé un sacré investissement dedans. Pour te dire, l’épreuve, à la base, tout comme le décor, n’était pas prévus pour être ainsi. Initialement, Ulrich devait combattre l’elfe (pour lequel j’avais imaginé un avatar de combat marrant, multipliant les références à Icer, avec un lancer de carapaces bleues par exemple) directement, avec une montée de la montagne (qui était un vrai copié-collé de la montagne de glace du Volcan Glacé de Mario Galaxy) non-développée et résolue en quelques lignes.
Finalement, je me suis ravisé, de peur de faire doublon avec le combat de l’Arène-Sas, d’avoir une fin de texte trop chargée en combats, et surtout de dévier de l’idée joueuse du personnage de Psi.

Je crois qu’il n’est plus nécessaire de préciser que, comme la quasi-totalité des passages de ce texte, celui-ci était également l’éclate à écrire (pour l’anecdote, afin d’en faciliter l’écriture, j’ai tenté de reproduire les conditions de Pulsations Nocturnes, avec plus ou moins de succès…).

Dyssery a écrit:
Et puis vraiment, ce combat en chute libre ! Bon, combat n’est pas vraiment le terme, mais qu’est-ce que c’était cool !


Aux chiottes la physique !!
Enfin, je ne serais pas Zéphyr sans combat ou séquence aérienne Mr. Green

Dyssery a écrit:
Thêta est carrément culotté. Sa demande est presqu’aussi choquante que d’aller sucer le candidat qu’on vient de jeter aux ambassadeurs pour récupérer son collier d’immunité (a)


Avoue quand même qu’il serait excellent en tant que candidat de Koh-Lanta !

Dyssery a écrit:
la deuxième planète est peut-être mon passage préféré de ce texte.


Intéressant à savoir, d’autant plus que ce n’est pas le passage sur lequel j’ai passé le plus temps ou de réflexion.

Dyssery a écrit:
Imaginer les trois M.Puck avait quelque chose d’angoissant, et la réaction de Puck Junior après que Miss Puck ait volé en éclats était étrangement culpabilisante. Enfin, les cartes qui s’envolent en continu de l’entaille sur papa Puck sont joliment picturales, c’est une image que j’ai beaucoup aimé avoir.


Encore un pari réussi du coup, puisque je voulais qu’une espèce de malaise ressorte de ce passage et qu’il se distingue des autres lieux de transition traversés.

Dyssery a écrit:
Tu as posé une explication par rapport à la nature de la famille Puck, au fait ?


La liste de références sus-postée, tout comme Phi dans la partie I, laissent entendre que l’Aire-Mitage est « la zone de Franz Hopper », inaltérée par les autres occupants de la Matrice. Donc pour te répondre, c’est la même chose que le « désastre rose » : je laisse ça à l’interprétation du lecteur (ayant moi-même ma propre vision de cela, si tu tiens quand même à ce que je te l’expose, tu sais où me trouver Wink).

Dyssery a écrit:
Concernant l’arène-sas, déjà, quoi que tu en dises, les chênes centenaires ça roxe du poney Razz Plus sérieusement, les aigrettes de lumières c’était génial (et puis Eidos, quoi <3)


Je n’ai jamais dit que c’était nul les chênes ou autres arbres centenaires, seulement que c’était devenu un décor assez commun dans les fictions en général u.u
Les aigrettes de lumière, j’en suis assez fier, même si j’ai cette impression d’avoir récupéré l’idée ailleurs, sans pour autant réussi à resituer. Toujours est-il que j’aime beaucoup le décor de l’Arène-Sas pour cet aspect-là, qui a un côté très Mario Galaxy (même si pour le coup, il n’y a aucune référence au jeu ici).

Dyssery a écrit:
Suite à ça, j'avoue que le combat final est le passage de l’histoire dans lequel j’ai le moins réussi à m’immerger. Je n’ai rien de spécial à lui reprocher à vrai dire. Ça vient peut-être du fait que je n’avais plus beaucoup de temps avant la fin de ma pause déjeuner, mais je ne sais pas, il m'a paru manquer d’impact, comparé aux combats d’avant, que j’ai trouvés fabuleux.
Et je suis très triste qu’Ulrich n’ait pas pu emporter Eidos :’(


Impression compréhensible et partagée. On est dans un combat pur et dur. Le décor ne joue aucune forme de rôle et il n’y a plus tellement lieu de manipuler la psychologie d’Ulrich je pense. J’avoue également ne pas être pleinement satisfait de ce combat-là pour ça, mais je voulais éviter d’être redondant avec les séquences qui ont précédé. Je tenais à ce qu’elles aient toutes des distinctions et identités différentes.
L’avatar de Hopper n’est que le boss de fin de niveau, celui qu’on affronte pour la récompense suprême. Et je pense que le fait que ce combat t’aie moins marqué que le reste reflète la philosophie de ce texte (qui est la mienne aussi soit dit en passant) : c’est le voyage qui compte, pas la destination. L’Arène-Sas est l’objectif fixé depuis la partie I, la destination finale en quelque sorte. Du coup, j’ai évidemment fait en sorte que le voyage soit captivant, plus que le combat final. Je pense que c’est pour ça qu’il y a moins d’impact dans cette scène.

Dyssery a écrit:
Personnellement, j'avoue que j'aime bien partir d'un épisode pour broder autour, et ça se voit pas mal dans PdS. Ce qui fait que je trouve toujours ça un peu dommage quand les auteurs modifient le canon pour le plier à leurs besoins. Cependant, si ce sentiment était présent quand j'ai commencé à lire, il s'est assez vite estompé. Compte tenu de la réécriture du conseil de classe et de l'épilogue, je me retrouve à approuver ton remaniement =o


Tu touches là un des dilemmes que j’ai eu en commençant à imaginer ce texte. J’ai eu une réelle hésitation sur comment insérer mon texte avec l’épisode. L’idée première était de caler les événements de la Matrice sur la nuit qui suit la disparition d’Ulrich, qu’il puisse réapparaître et suivre le cours du reste de l’épisode ensuite. Cependant, ça m’a semblé moins pertinent car :
- Je ne vois pas de raison logique qui aurait fait réapparaître l’esprit d’Ulrich directement dans le scanner autant de temps après sa virtualisation (un point un chouia douteux de l’épisode original), mais surtout en conséquence d’une sortie de la Matrice.
- Proposer un texte full-Matrice me paraissait vraiment dense et rude pour le lecteur. Les séquences remaniées de l’épisode ont pour principal rôle de temporiser un peu ce qui se passe dans la Matrice et de permettre le ménagement de la plupart des ellipses.
- Je ne pouvais pas finir le texte sur un Ulrich se souvenant de la Matrice, et ça me paraissait téléphoné comme conclusion.

Dyssery a écrit:
Je reste juste sur mon impression première : la confrontation entre Jim et madame Hertz est choquante. Sérieusement, quelle connasse ! D’où elle s’accorde le droit de le gifler juste parce qu’il ne peut pas lui apprendre à danser le tango ou je ne sais quoi ?


La gifle, je ne l’ai pas inventée ! À la fin de l’épisode original, elle le fait quand même voler, ce qui est pire encore ! Puisque ma version de l’épisode s’achève autrement, ça me paraissait astucieux et pertinent de recycler cette violence physique à cet endroit là.
Par ailleurs, je constate que tu as un vrai problème avec les vieilles carnes Razz

Dyssery a écrit:
Le conseil de classe était donc super. Ce prof de français du feu de dieu que tu nous as créé =o On va le revoir ? Dis, dis, on va le revoir ?


Comme le laissent entendre les derniers mots de la partie III : « Jamais plus » Mr. Green
(Enfin, je dis ça, mais si ça se trouve, je vais le réutiliser/en faire un caméo ailleurs…)

Dyssery a écrit:
Enfin, concernant l’épilogue, je te l’ai déjà dit et je le réitère, je n’ai pas trouvé ça trop brutal du tout. Je ne m’attendais pas à une réflexion via le journal intime d’Ulrich, et j’ai apprécié cette façon de remettre en perspective son expérience, aussi désagréable et stressante qu’elle ait pu être. J’attendais un peu de voir la réaction des autres à la découverte de la matrice, mais finalement je me range à ton avis, garder ça secret était la meilleure chose à faire pour clore ce récit.


C'est surtout que le silence permet de garder l'esprit aventure de l'ensemble. Si on fait le parallèle avec Koh-Lanta : Ulrich a vécu son aventure, il n'a pas tellement envie de la partager, même avec ses amis.
Cela dit, c'est une chance qu'Ulrich soit un des personnages tenant un journal, avec Odd, Aelita ou même William, je n'aurais jamais pu faire un tel épilogue.

Dyssery a écrit:
Par rapport à mes propres inclinations, ce texte ne pouvait que me plaire. L’introspection était menée d’une main de maître, tes personnages étaient tous délicieusement plus tordus les uns que les autres, et tes descriptions… Cet enchaînement de paysages pleins de poésie m’a ramenée à mon exploration des jeux de la saga Myst. Et ça, venant de moi c’est un gros compliment.


Merci pour cette ultime flopée de compliments, je ne sens plus du tout mes chevilles ! Plus sérieusement, ça me fait vraiment plaisir que le but du texte ait été atteint, à savoir faire voyager et découvrir un nouveau monde. Que cela t’ait remémoré un de tes jeux vidéos fétiches est pour moi la cerise sur le gâteau.

Merci pour ton commentaire, vraiment.

Dyssery a écrit:
Alors je sais que tu ne l’a pas écrit à cette occasion, mais vu la date de publication presque raccord, merci pour ce cadeau d’anniversaire Wink


Ok, j’ai compris, je te dédierais un texte une prochaine fois Razz


Pour conclure ce commentaire :

Dyssery a écrit:
Cela dit, maintenant que j’en suis là, il y a plus important. EIDOS <3<3<3<3<3
Il est tellement adorable, je veux le même :3
[…] On va le revoir ? =D)


Moi aussi j’l’aime bien ce petit. <3 Je place la réponse à cette remarque-là à part, parce qu’elle est très très incertaine.
Contrairement à Pôle Lyokô, qui était conçu pour être fermé, Ethereal World est un texte assez ouvert (même si en l'état, il se suffit à lui-même), notamment avec l’exposition d’éléments qui n’auront, finalement, pas eu de vraie exploitation (le passé de la Matrice et de la clique de Hopper notamment, mais aussi des éléments plus subtils comme ceux glissés dans l’échange entre Psi et Thêta, etc). La justification à cela est que je me suis laissé de la place pour un troisième et dernier texte, en deux parties, qui compléterait les deux autres.

Pour le moment, il n’est absolument pas question de le faire, je sors tout juste de celui-ci qui fut bien plus long que prévu. Je signale simplement cette possibilité,ça me permet d’insérer à la fois du teasing et du bade. C’est cool le progrès, pas vrai ? Mr. Green
  Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]  
Zéphyr

Réponses: 16
Vus: 5120

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 01 Nov 2017 18:33   Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]
Yo’ !

Dans mon dernier post, j’ai fait style de demander s’il y avait des intéressés pour une liste des références et inspirations de ce texte, mais pour être honnête, j’avais quand même très envie de l’établir. Du coup, je pose ça ici, au cas où des Icer seraient intéressés par ce genre de choses.

Quelques remarques préalables avant ça.

Les références explicitées directement dans la fanfiction ne sont bien évidemment pas incluses dans cette liste (le parallèle effectué entre le Petit Prince et Ulrich à son arrivée sur l’Aire-Mitage par exemple, ou les allusions très directes aux épisodes).
Certaines références explicitées ci-dessous, notamment celles concernant le Pôle Fanfiction, tiennent plus de la private joke et ne seront pas forcément claires pour tous. Je m’en excuse d’avance. Razz
Pour me faciliter la tâche et proposer une liste lisible, j’ai décidé d’opérer en deux temps : d’abord proposer un référencement général, principalement pour ce qui touche à la Matrice et son environnement, puis de compléter la liste en y allant par parties.

Pour finir, n’hésitez pas à me contacter si vous pensez que j’ai oublié quelque chose, si une explication n’est pas claire ou s’il y a un problème d’image (au passage, vraiment navré pour la qualité déplorable de certains screens).

Suivant le modèle unicersel, voici une légende des références et inspirations : Les jeux Super Mario Galaxy, Code Lyokô, Code Lyokô Évolution, Membre du forum, Fanfiction du forum, Autre média.

https://i.imgur.com/VhLDKfY.png


Au cas où il y aurait des distraits : Psi, Thêta, Sigma et Phi sont des personnages transposés du Pôle Fanfiction, respectivement Icer, Pikamaniaque, Ikorih et Zéphyr.

Par rapport au One-Shot Pôle Lyokô, la clique de Hopper s’est ici vue attribuer une base de personnalité, avec comme point de départ un trait de caractère principal que l’on retrouve chez la plupart des antagonistes de fanfictions du forum : joueur, grand parleur, agressif, flegmatique.

Le nom donné à la strate inférieure de Lyokô, la Matrice, peut être considérée comme une référence aux films Matrix.


Comme exposé dans le texte, la Matrice de Lyokô se découpe en 5 Aires, 3 principales, 2 secondaires :

Les noms des Aires principales sont tirés de Pokémon Diamant, Perle et Platine (Détente, Survie, Combat). Le Mont Abrupt, tiré du même support, est localisé sur l’Aire de Survie, légèrement à l’écart, car les deux endroits sont proches dans les jeux.

La première Aire secondaire, l’Aire Noire, est un amas de Marabounta à la Hopper. Elle fait également écho à la matière noire que l’on peut rencontrer dans les Mario Galaxy et qui provoque la perte immédiate d’une vie au moindre contact.

La deuxième Aire secondaire, l’Aire-Mitage, peut être considérée comme « l’espace de Franz Hopper », abandonné par son propriétaire à l’instar de sa maison terrestre, l’Ermitage, qui a permis de faire le jeu de mots du nom de l’Aire.


Les décors des Aires principales résultent d’une récupération et d’un assemblage décomplexé de niveaux de Super Mario Galaxy. Exceptés quelques réajustements nécessaires à l’histoire et à l’exploration, on peut estimer que près de trois quarts de ces décors sont pompés :

Aire de Détente → La Plage Cascade où atterrit Ulrich est une reprise complète de la Plage Saladier du premier opus Galaxy, un de mes niveaux favoris. Les pingouins ont simplement été retirés.
Même procédé pour les Terrasses Célestes, qui reprennent le concept global des Terrasses des rigolonimbus, encore un de mes niveaux fétiches, qui en revanche s’est vu en partie tronqué pour ne pas alourdir plus la narration.

Aire de Survie → La majeure partie du décor de l’endroit (ciel, vallée, côté volcanique), provient du niveau Magma glacé de Galaxy 2. Le Disque Phlégéthon découle d’une refonte de la zone où Mario commence le niveau.

La présence des « êtres noirs », les frères d’Eidos, sur les falaises formant la vallée n’est pas un hasard. Dans Super Mario Galaxy 2, au départ du Magma Glacé, lorsque le joueur a la curiosité de zoomer en direction des parois de la vallée, il peut y voir juchées des formes étranges. Le phénomène a intéressé certains joueurs qui ont trifouillé quelque peu le jeu, histoire de voir de plus près ce qu’il en était. Cela a donné ce résultat. Les fichiers du jeu ont révélé que ces formes se nommaient Arbres de la Vallée de la Mort (Hell Valley Sky Trees en anglais). Inutile de dire que ce mystère en a envenimé plus d’un, jusqu’à tourner en creepypasta.
De cette anecdote du jeu vidéo m’est venue l’idée des êtres de matière noire, liés à Code Lyokô par la Marabounta.

Le mécanisme d’extinction du volcan et de glaciation du Disque est encore et toujours repris du niveau Magma Glacé. En effet, dans ce niveau, toujours dans la zone de démarrage, se trouve un gros bouton rouge, comme celui qu’enclenchera Ulrich, qui provoque la congélation immédiate du décor. Le processus a ici été largement ralenti, pour une question de rythme.

Le Mont Abrupt est un peu plus original dans sa conception, mais initialement, son concept part de la montagne de glace du Volcan de glace, qu’il fallait gravir afin d’affronter le Roi Glaçon. C’est plus ou moins ce que fera Ulrich.

Aire de Combat → Certainement l’Aire possédant le décor le plus original, puisque nettement moins calqué sur les maps de Galaxy que les autres.
La base de l’endroit, la décharge, est tirée de la zone cachée du niveau Flotte Armée du premier Galaxy. Combiné au niveau Île flottante, on obtient l’ajout de la tour centrale.



Pour terminer, les mécaniques et objets propres à la Matrice :

Le DMADans les niveaux de Super Mario Galaxy, le principal moyen de voler de planète en planète repose sur les super anneaux étoiles. La plateforme de rebond est un écho à cela, justifiant pourquoi « Il s'agit du principal et unique moyen de se déplacer dans les différents espaces de la Matrice. » (la lance de Phi reste un cas à part).

Toutefois, le principe même du pouvoir du DMA, ses applications ainsi que sa forme sont directement récupérés du manga World Trigger. Le nom officiel de cet équipement est « Grass-Hopper » (appellation mentionnée par Phi sous couvert de l’hommage à Franz), il s’agit d’un équipement utilisé par certains agents pour augmenter leur mobilité au combat. Dans le cadre de la fanfiction, un ajustement des possibilités de l’équipement a été effectué (modulation de la distance de propulsion, séparation en deux catégories de DMA : plateformes et instantanés, etc).

Les fragments de cléLeur nom est tiré des fameux fragments d’étoile amassables un peu partout dans le jeu. Le fait qu’il y en ait 5 au total, en revanche, tient d’une mécanique de gameplay de Mario Galaxy : les super anneaux étoiles brisés. L’avancée vers l’étape suivante d’un niveau demande parfois la recherche et le rassemblement de 5 morceaux d’étoile, qui rassemblés donnera un super anneau étoile. Le principe a été ici appliqué pour créer la clé de sortie de la Matrice pour Ulrich.


https://i.imgur.com/nL8Yo4E.png


« À moins que le programme de Jérémie n'ait rendu Ulrich invisible sans le vouloir ni le prévoir, ce qui était possible au vu de ses antécédents […] » → Clin d’œil à l’invisibilité d’Aelita de l’épisode #44 Vertige.

« Petite particularité : il flottait à quelques centimètres au-dessus du sol, au diapason avec la lance ouvragée à côté de lui. » → Le concept global de Phi est pas mal inspiré de celui du personnage de King (et sa lance Chastiefol), du manga Seven Deadly Sins.

« On m'a donné plein de surnoms : Vult', The Firmament, Rapace… » → Vult’ est le diminutif de Vulturnus, un pseudonyme que j’utilise ailleurs sur le net, The Firmament un simple jeu de mot avec le nom Zéphyr. Quant à Rapace… c’est un alias que je réserve pour certaines occasions IRL, héhéhé.

« Echo. » […] « Transfer. Bound. » […] « Burst. Double. » […] « Speed. Triple. » → L’activation des facultés de la lance de Phi est complètement tirée des capacités de Yūma Kuga, du manga World Trigger.

« Je fais comment pour sortir de là ? Il y a une pilule bleue à prendre ? » → Référence de base au film Matrix, que même quelqu’un qui ne l’a pas vu comme moi peut placer aisément, dans ma Matrice personnelle.

« C'est quoi encore cette merde ? » → La mythique phrase de lancement des Carpes d’argent ne pouvait qu’être utilisée dans un texte-hommage pour le Pôle.

« Ensuite, c'est parti pour les Super-Sauts. » → Modeste hommage au pouvoir virtuel d’un des personnages de la fanfiction d’Ellana.

« […] rejoins-moi au sommet des Terrasses Célestes, là-haut. Le parcours pour l'atteindre te permettra de mettre en application ton entraînement. Bien sûr, je te donnerais mon fragment de clé […] si tu y arrives. » → Dans Super Mario Galaxy 2, l’obtention de la première étoile des Terrasses des rigolonimbus se fait à la suite d’un parcours, impliquant la maîtrise des pouvoirs de Mario Nuage (tout comme Ulrich avec le DMA). Au bout du chemin, un personnage donne l’étoile au joueur (qui est Phi dans le texte).

« Vous devriez le voir en ce moment, il est comme désincarné à cause de cette histoire ! » → Référence directe et peu subtile à l’épisode et au scénario originaux sur lesquels s’appuie cette fanfiction.

« Fonçant en ligne droite, Stern traversa l'étendue aquatique en courant simplement à sa surface. » → Pas vraiment une référence en soi, mais comme dans le dessin animé, il n’existe aucune occurrence d’Ulrich courant sur de l’eau, il me paraissait intéressant de glisser l’allusion à cette vidéo bonus, qui valide de fait la chose.

« […] à moins bien sûr qu'il ne faille avoir le cœur pur pour être en mesure de marcher sur les nuages […] » → Évidente référence au nuage supersonique de Dragon Ball.

« Entends par là que tu peux tout à fait perdre un bras, les deux jambes, voire la tête et quand même rester conscient. » → Nouvelle référence à World Trigger, où il est fréquent que les agents perdent des membres de leurs corps de combat, dans le plus grand des calmes.

« […] quitte à prendre un risque, autant le faire de lui-même cette fois, pas parce qu'un hasardeux tirage au sort l'aura décidé. » → Rappel d’un événement de notre épisode de contexte, antérieur au point de départ de la fanfiction.


http://i.imgur.com/4ObXPOa.png


« Disque Phlégéthon » → Dans la mythologie grecque, le Phlégéthon désigne un fleuve de feu des Enfers.

« […] des morceaux de terre de couleur sombre, […] , étaient incrustés erratiquement. Tous émanaient ce qui s'apparentait à un champ de force bleu-violet, pour quelque raison mystérieuse. » → Clin d’œil à la planète Mustafar de Star Wars, où les structures sensibles aux hautes températures sont protégées par des champs de force.

« […] un ballon rond de chimie bouché, rempli d'une matière noire inidentifiable et posé sur son support associé. » → Full Metal Alchemist évidemment, série appréciée par Ikorih. L’être de la fiole était tout indiqué pour une dédicace.

« Ses réflexes de Supersprint lui permirent d'effectuer une esquive digne des plus grands élus, par torsion de la partie supérieure du corps. » → Encore une référence à Matrix, ça coûte zéro balle.

« Sigma, c'est le nom que m'a donné ce vieux sadique. Hors de question de l'adopter. [...] ce sera Amgis pour toi. » → Ikorih étant Hiroki à l’envers, pas besoin de faire un dessin, hein ? Le choix du vocabulaire de Sigma pour caractériser Franz Hopper rappellera par ailleurs certaines réflexions de Xana sur le sujet dans Imprévu.

« Pas question que j'aide un humain, de surcroît à l'air aussi crétin. » → Ikorih et sa haute opinion d’Ulrich… La référence est à étendre sur le comportement global de Sigma à l’encontre de Stern.

« Le « danseur professionnel » ne connaissait ce Pedro que de nom mais en cet instant, il aurait juré que celui-ci était l'unique responsable du pourrissement de sa vie. » → Tant que j’y étais, une référence pour le One-Shot Je suis ton héros, de Léana.

« Le coin n'est pas conçu pour accueillir chaleureusement les débutants. » → Une déclaration ma foi digne du personnage calqué sur Icer pour qualifier un des principes philosophiques du Pôle Fanfiction.

« Compte jusqu'à soixante-quatre à partir du moment où je serais entré, puis vas-y. » → Qu’un personnage inspiré de l’auteur de L’Échiquier fasse une fixette sur le nombre 64, quelle surprise !

« D'étranges objets y étaient accrochés, évoquant tous des manches modernes et stylisés d'armes blanches, sans lames. » → Même si ce n’est pas évident à deviner sur cette seule phrase, Psi possède bel et bien une collection de sabres lasers, à l’instar du bien connu Général Grievous. Inutile de rappeler les accointances qu’a Icer avec la saga Star Wars.

« Phi chier. » → Jeu de mots type dont est friand Icer, donc Psi, qui a par ailleurs été validé...

« Encore une preuve que l'autre gamine est incompétente, au moins autant que l'autre planeur. » → Clin d’œil plus interne au Pôle Fanfiction et son salon Skype, mais qui réutilise à mon sens plutôt bien un des qualificatifs utilisés par Pikamaniaque à l’encontre d’Ikorih, du temps de leurs légendaires clashs.

« Pour toi, ce sera Monsieur Thêta et rien d'autre […] » → Renvoi à l’aspect solennel et grandiloquent qui se dégage de Pikamaniaque quand il s’adresse à des personnes inconnues sur le web.

« Échec et mat. 1200 à 1217 pour moi. » → Les scores de cette partie sont tirés de celle-ci.

« Comme d'habitude avec toi, grande gueule petite b… » → Encore une phrase qu’Icer aurait largement pu sortir sans problème à Pikamaniaque, sur Skype.

« Je ne te donnerais certainement pas mon propre fragment gratuitement, je tiens à obtenir une distraction à la hauteur auparavant ! » […] « J'en veux pour mon fragment et par conséquent, ce sera un autre jeu, avec de nouvelles règles. » → Le fondateur de la Team Racket en veut bien évidemment pour ses biens. Et cette obsession pour les jeux qu’a Psi n’est pas sans rappeler le fameux Palamède de L’Échiquier.

« Nous avons donc détourné une des expériences de Hopper : un système multi-agents laissé en suspens, basé sur un principe de prolifération continue en plusieurs petites entités agissant comme une communauté. » → Tout le monde aura reconnu la description du principe de la Marabounta.

« L'Aire de Combat. Je n'ai pas le droit d'y poser un pied, en vertu d'un pacte de non-invasion réciproque avec le responsable de l'endroit, Thêta, avec qui je n'entretiens pas des rapports très fraternels. » → Moyen d’enfoncer encore le clou sur les frictions numériques passées (et à venir, huhu) entre Ikorih et Pikamaniaque.

« […] je veux que lors de ton passage là-bas, tu captures pour moi une des créatures créée par Xana. Il n'y a que là-bas que l'on peut en trouver à l'état sauvage […] » → Dans Super Mario Galaxy 2, certaines étoiles sont données par les Robby, en leur rapportant un monstre bien spécifique. Le principe appliqué ici est sensiblement le même. Plus secondairement, le fait qu’il existe des monstres « à l’état sauvage » sur la Matrice et que ceux-ci soient capturables rappelle sans hésiter Pokémon.

« […] parmi les nuages d'un gris profond se dessinait un vortex aux bords violets […] » → Pour qui a lu Projet Renaissance ou CharmingMagician.exe, la référence au vortex dans la zone de Thêta parlera.

« Pokéball, go ! » → La mythique phrase de l’adaptation animée de Pokémon ne pouvait être oubliée à partir du moment où une Pokéball était utilisée.

« Cette morue ose rompre le pacte qui sépare l'intelligence artificielle de l'animal, proféra-t-il avec gravité pour lui-même. » → Morue est un des qualificatifs qui revient le plus souvent quand Pikamaniaque insulte Ikorih. Quant à la réplique en soi, c’est une adaptation de celle prononcée par Jean-Pierre Delmas au début de l’épisode #73 Réplika, et que Pikamaniaque aime tout particulièrement utiliser à toutes les sauces.

« Une nouvelle Pokéball, aux coloris noirs avec mécanisme d'ouverture doré et un trait circulaire rouge sur le dessous, se matérialisa […] » → On parle ici d’une Luxe Ball, artefact assez rare dans les jeux Pokémon. Que Thêta possède un objet « de luxe » n’est pas surprenant pour les connaisseurs, héhé.

« Cela déboucha sur la matérialisation d'un appareil blanc plat et circulaire à écran vert quadrillé et avec un bouton proche de ceux des chronomètres sur le sommet. » → Tout le monde aura reconnu le mythique détecteur de Dragon Balls.

« Il y a actuellement sur mon domaine un certain nombre de créatures affiliées à Xana, […] que tu les élimines toutes. » → Cette mission de nettoyage est inspirée par l’étoile cachée du niveau Flotte Armée dans Super Mario Galaxy 1, offerte après avoir « nettoyé » la décharge pour le compte d’une Robby. À l’instar de la mission pour Sigma, il y a aussi eu calque.

« […] il s'avère que j'ai un discours à préparer pour mon grand retour à venir. » → Référence aux légendaires « retours » sur le forum de Pikamaniaque (donc au fait qu’il disparaisse souvent…), qui ont donné lieu à de nombreuses tirades de sa part là-dessus sur le groupe Skype du Pôle.

« […] pourquoi un truc aussi peu pratique à transporter et pour combattre ? La version pour œil, c'était pas possible ? » → Ulrich, en connaisseur de mangas, se réfère à nouveau à Dragon Ball.


https://i.imgur.com/RFt7uBt.png


« Ulrich posa à ses pieds une plateforme de rebond qu’il utilisa immédiatement pour s’élever au-dessus de la scène – ou plutôt de l’usine – de combat. » → De nouveaux clins d’œil à des bâtiments de la Zone de Combat de Pokémon Platine : la Scène et l’Usine de combat.

« La Tarentule agressée, décidément très réactive, effectua une manœuvre jamais vue au sein de son espèce : elle balaya le faux Stern d’un coup de patte » → Si effectivement, on n’a jamais vu une Tarentule agir ainsi dans le dessin animé, il en est tout autrement dans le jeu DS, où s’approcher trop près de la bestiole (au pif, avec Ulrich) pouvait valoir un bon coup de patte dans la face.

« […] une atmosphère chaleureuse régnait […] Le feu qui brûlait dans un âtre de pierre en bout de cabinet, […], contribuait largement à cette impression. Le reste de la décoration ne semblait là que pour renforcer ce côté confortable, du parquet aux couleurs reposantes jusqu’aux trois canapés stratégiquement placés près du foyer […] Même la présence […] des nombreuses bibliothèques [...] ne tranchaient pas assez pour rompre le charme de l’endroit. » → L’ambiance et la décoration du bureau de Thêta est fortement inspirée du salon de Toriel, dans le jeu Undertale, tout particulièrement apprécié par Pikamaniaque. Dans une autre mesure, ce côté Salon renvoie à celui de Yumi.

« Notre invité est avec toi ? Ou il se fait saucer ? Ou les deux ? Avec toi, je m’attends à tout. » → Même chose que plus haut : exemple-type de la remarque qu’Icer est capable de balancer à Pikamaniaque.

« Waouh, il a survécu à une entrevue avec Thêta.
- Ce n’est pas un exploit en soi. Je note surtout que l’autre bureaucrate a trouvé le moyen de ne rien foutre pendant qu’on faisait le boulot à sa place, une fois encore.
- Tout est relatif, moi je le pensais mort depuis un moment…
Le Thêta-bashing se poursuivit sur quelques répliques encore […] » → Le salon Skype du Pôle Fanfiction pratique comme sport national le Pika-bashing, terme inventé par le principal concerné pour désigner les enchaînements de remarques à son encontre, telles celles de l’extrait.


« […] Ulrich, qui se contenta de maugréer dans sa tête un « Sale gamine » […] » → Périphrase devenue courante pour Icer et Pikamaniaque afin de désigner Ikorih.

« Tranquillement, Sigma para les lasers d’une main ardente de Li Fou Chang parfaitement maîtrisée » → Reprise de la technique mythique de Jim, exposée à Ulrich et Yumi dans la Genèse.

« Je l’adore [le Kankrelat], déclara l’acquéreuse de la bestiole. Il faudra juste le teindre en noir pour qu’il soit parfait. »Le Kankrelat est le monstre préféré d’Ikorih. Dans Abysses, les Kankrelats sont devenus noirs pour les besoins de Xana.

« […] un pont d’eau solide, lequel semblait prêt à céder sous les pas du premier Odd venu. » → Classique allusion à la masse corporelle d’Odd, qui permet de suggérer l’allure fragile du pont.

« Ce sera un « Attrape-moi si tu peux ». J’ai confié mon fragment de clé à un gardien, qui vagabonde sur le Mont Abrupt en ce moment même. Il te suffit de la capturer pour gagner. » → Certaines étoiles dans Mario Galaxy s’obtiennent en relevant le défi de lapins, qui consistent à les attraper. La récompense est délivrée dès le contact avec la proie.

« […] il fut surpris de voir que les couleurs chaudes habituelles de son costume étaient passées à des teintes glaciaires, principalement bleues. » → L’obsession d’Icer pour la couleur bleue, qui atteindra son paroxysme avec la duplication des sabres…

« […] il avait affaire à un elfe tout ce qu’il y a de plus classique. L’originalité chez cet être par rapport à ses semblables était à trouver dans ses cheveux noirs, […] , mais également sur son visage, noir sur une moitié irrégulière, là où le reste était immaculé. La cape noire sur ses épaules était également notable […] » → Le gardien du Mont Abrupt est largement inspiré des avatars virtuels de Senja dans L’Échiquier.

« Et il n’était pas prêt à revivre une expérience troublante et infernale au clair des murs phosphorescents. » → Deuxième référence à l’épisode #73 Réplika, qui détourne quelque peu la légendaire réplique de drague de Nicolas.

« […] avant que le Schtroumpf grognon ne puisse émerger dans la neige […] » → Premier niveau de référence : le parallèle entre le petit être bleu et les nouveaux coloris de l’avatar d’Ulrich. Deuxième niveau : la fin de l’épisode #38 Tentation, où Odd qualifie Ulrich de grognon, ce qui permet de compléter et justifier le premier niveau.

« […] double-face cracha un puissant jet d’eau à ses pieds, qui eut l’effet de le propulser avec puissance dans les airs, chose que la physique classique n’aurait jamais permise. » → Dans le manga Pokémon, La grande aventure, le personnage de Green est capable de se propulser dans les airs grâce à l’Hydrocanon de son Tortank. Le nom de l’attaque Pokémon a été gardée pour qualifier le jet d’eau de l’elfe. Enfin, dans la partie II de L’Échiquier, l’avatar de Senja Blanc est capable de cracher un jet d’eau.

« Psi prit à deux mains l’épée, puis prononça :
- Duplicata. » → Simple reprise d’un pouvoir virtuel de Senja dans L’Échiquier.


« Il fit s’éloigner les mains l’une de l’autre, chacune serrant un katana à teinte bleutée. » → Préfiguration plus allusion au futur deuxième sabre qu’obtiendra Ulrich dans la saison 4.

« Le professeur de français, M.Blanchard, [...] était un personnage extrêmement discret en temps normal. Son effacement était tel que son existence était à peine remarquable. Preuve en était cette réaction de surprise générale à ses mots, qui témoignait bien de l’oubli total de sa personne qui avait été fait. » → Renvoi au fait que jamais aucun professeur, ni cours de français n’a jamais été vu dans le dessin animé. D’où la mention qui suit ce passage « Blanchard l’inexistant », plus les dernières phrases clôturant le passage du conseil, soulignant encore le fait que le personnage n’existe officiellement pas, en dehors de cette fanfiction.


https://i.imgur.com/roxuxSd.png


« Sa surface [à la planète] était particulièrement irrégulière, avec sa multitude de blocs aux nuances turquoise [...] qui dépassaient de partout. À distance raisonnable, un anneau en mouvement, constitué des mêmes composants inégaux que le sol, faisait le tour de l’ensemble. [...] lorsqu’il avait observé cette mini-planète depuis l’Aire de Détente, il était persuadé d’avoir vu sa surface parcourue de mouvements de réorganisation constants, un peu comme le Cinquième territoire lorsque la clé n’était pas activée dans les temps. » → La première planète de l’Aire-Mitage est une version réduite du Cortex. Comme il est sous-entendu que Tyron s’est largement inspiré des travaux de Hopper, trouver pareil élément sur Lyokô n’est pas si incongru !

« […] un haut et épais pilier légèrement incliné poussa au Pôle Nord. Celui-ci était creusé en son centre supérieur, de sorte à pouvoir héberger un corps humain de taille moyenne. » → Les canons sont assez récurrents dans les jeux Mario afin de couvrir des distances inatteignables à pied, Galaxy n’échappe pas à la règle.

« Le contact physique établi, il recouvrit en quelques instants l’intégralité du corps de Mister Pück. [...] Eidos reprit alors la forme qu’il avait adoptée en début de combat. La réplique enfantine de la peluche d’Aelita avait totalement disparu. » → Le terrifiant mode d’élimination de la Marabounta, dont est capable à moindre échelle Eidos.

« Le végétal présentait toutes les caractéristiques dites du « vieux chêne » : une apparence noueuse et assez commune, un tronc exagérément épais, qui soutenait d’impressionnantes branches, habillées d’un feuillage dense. Juste au-dessus de l’embranchement où s’achevait la partie supérieure du tronc, nichée dans un écrin de bois et de feuilles, une apaisante lumière se concentrait. » → L’arbre ainsi que le décor global de la troisième planète de l’Aire-Mitage sont tirés du décor emblématique du jeu Ori and the Blind Forest.

« La grosse boule de lumière aux bords violets qui résulta de la fusion était comparable à un astre miniature venu percer l’opacité de l’Arène-sas. » → Est-ce vraiment utile de préciser qu’on a affaire à une copie offensive de l’avatar de Hopper ?

« Un coup d’œil rapide confirma la présence de neuf modèles miniatures du Gardien » → Cette capacité de l’avatar de Franz Hopper se base sur ce que l’on en voit dans l’épisode #57 Aelita.
  Sujet: Analyse antiphysique : Corpus Lyokoïque.  
Zéphyr

Réponses: 1
Vus: 655

MessageForum: L'animé Code Lyoko   Posté le: Dim 22 Oct 2017 10:29   Sujet: Analyse antiphysique : Corpus Lyokoïque.
Qui s'en tamponne le coquillard ?
  Sujet: [Fanfic] Mémoire Fantôme [Terminée]  
Zéphyr

Réponses: 16
Vus: 4151

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Sam 14 Oct 2017 17:54   Sujet: [Fanfic] Mémoire Fantôme [Terminée]
Contrairement à ce que tu sembles penser de moi, je ne suis pas là pour défoncer sa race à l’ambulance Sad

Mon avis général sur ce texte reflète ce dont je me souviens de sa lecture, remarquablement tenue à jour pour une fois : pas grand-chose. Pourtant, je n’ai pas lu de manière distraite, mais quelques semaines sont passées depuis la publication de l’épilogue et excepté ce dernier, le début et quelques vagues éléments du milieu, j’ai dû mal à me souvenir en détail du récit. Je pense que ce phénomène est à lier aux personnages mis en scène : ils n’ont rien de marquant. Évidemment, ça n’a jamais été ta spécialité ni ta marque de fabrique de creuser les personnages au maximum niveau personnalité et psychologie, mais tu arrivais à compenser grâce à de bons dialogues et à des insistances sur certaines facettes de caractère, qui permettaient quand même de faire le tri. Ici, c’est un peu le néant.
Sérieusement, c’est la première fois que je n’arrive pas à reconstruire dans ma tête un texte de ton univers et ses acteurs sans relecture. Ah, et dire que c’était le but du titre n’est pas une excuse ici !

En fait, je me sens un peu arnaqué par la bannière-titre : même s’ils sont enveloppés dans la forme du masque, les 4 personnages secondaires/figurants y occupent quand même une place centrale. Ça fait quand même sous-entendu d’une certaine importance dans le récit. Et en définitive, non, ce sont des personnages génériques, les plus génériques que tu ais fait jusque-là (je ne pensais pas que tu arriverais à faire mieux que Les Perles, où il y avait l’effort d’une ligne de justification sur ce point, de ce côté-là).

Y’a un point amusant que j’ai relevé d’ailleurs du côté des personnages. On a été deux à faire un parallèle avec Ground Blizzard, pour le début du texte. Mais je ne le maintiens pas pour le recrutement des nouveaux Lyokô-guerriers. Là où « Gébé » a fait traîner les choses sur 6/7 chapitres, tu fais l’exact inverse et règle la question en un seul. Malgré l’urgence de la situation mise en place, je ne suis pas particulièrement convaincu. Sissi qui tape juste sur ses trois choix et ceux-ci qui acceptent tous l’offre ? Mouais. Pour faire un autre parallèle, je trouve que tu avais mieux géré la chose avec Senja Blanc en début de partie II de L’échiquier, où le résultat escompté par le chercheur de renfort n’était pas celui escompté au départ, mais pas forcément perdant pour lui.
Pour le coup, je trouve que ça passe un peu grossièrement, même s’il y a l’aspect « scénarisé » de la bulle virtuelle qui peut jouer sur la tournure des événements. On sent quand même un peu la concession de cet aspect au profit de l’avancée scénaristique d’un texte court.
Enfin bon, je reste le mec qui prévoit un texte en 3 parties et qui réussit à en produire une 4ème en plus !

En revanche, j’ai bien aimé la courte séquence de début de chapitre 2, avec Hopper, qui comble habilement un trou provoqué par Hélicase à l’encontre de Cold Case. Vu que l’univers d’Ikorih s’accole légèrement au tien, c’est légal, on sent l’expérience de ce côté-là !
Et puis, il y a un côté assez amusant au fait que le génie à l’origine d’une bonne partie des emmerdes de la série (Aelita en tête) – candidat au prix du plus grand planqué des univers de fiction – se fasse complètement baiser par la petite astuce de Joris. Mr. Green

Dans la même lignée, j’ai été très heureux de l’erreur commise par Joris avec la réplique de Mélody. Le mec fait tout pour contrôler la situation et tout anticiper, mais se fait dégommer sur un malheureux détail, c’est assez épique !
Cela dit, à titre personnel, je trouve que Joris n’a pas si bien géré la situation qu’il l’a laissé entendre. L’exemple le plus frappant est qu’il a éliminé Romain trop tôt. Il aurait pu et dû essayer de le manipuler avec une petite mise en scène pour rendre son mensonge initial sur le cadavre d’une vraie Aelita crédible. Au vu de sa maîtrise des spectres, c’était à sa portée. Mais c’est mieux ainsi, c’est rare de voir des personnages commettant plusieurs erreurs à la suite dans tes textes.

Concernant l’épilogue, le principe du jeu était amusant, mais la libération possible des prisonniers sans limite d’emprisonnement (type, à la 3ème capture, le combattant est éliminé) rend une partie potentiellement infinie si tous les camps sont bons et équivalents en niveau, ce qui était plus ou moins le cas ici.
Autrement, deux remarques :
- Dans la liste des personnages jouables, Deva n’y figure pas, alors que Joris se jette voracement dessus.
- La forme du terrain de jeu m’a remémoré de nostalgiques batailles de ballons sur un certain Mario Kart DS.

Bref, ce texte n’a pas su m’atteindre, et restera donc un malheureux fantôme dans ma mémoire. Cela dit, peut-être arriverais-je à le revaloriser si la suite des aventures de « Joris » venait à jaillir un de ces quatre pour mettre les choses en perspective. Tchuss !
  Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]  
Zéphyr

Réponses: 16
Vus: 5120

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 11 Oct 2017 13:25   Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]
Spoiler




https://i.imgur.com/vKYLD2d.png




Lorsqu’Ulrich revint dans sa chambre après une petite entrevue privée avec Jérémie, ce fut pour trouver son compagnon de chambre déjà endormi. La chose l’arrangeait, il s’évitait une discussion qui retarderait son envie du moment : mettre à jour son journal intime. Tâchant d’être silencieux, il récupéra le matériel nécessaire et prit place à son bureau. La lampe y était restée allumée, probablement une discrète attention d’Odd.
Impatient d’écrire librement tout ce qui était encore frais dans son esprit, il ne se soucia même pas d’inscrire la date, ce qui allait contre ses habitudes :


Aujourd’hui, j’ai vécu une expérience vraiment particulière sur Lyokô. Enfin, non. Ça a commencé hier soir pour se finir cet après-midi. Je crois que je n’ai jamais passé autant de temps sous forme virtuelle, et je n’arrive pas à me dire si c’était une bonne ou une mauvaise chose.

Les autres m’ont raconté ce qui était arrivé, après mon retour dans le scanner. Je me sentais encore très secoué à ce moment-là, mais j’ai préféré faire mine d’aller bien. C’est pas très agréable de se faire fixer par ses amis inquiets.
Jérémie s’est excusé plusieurs fois pour la virtualisation directe sur le 5ème territoire loupée. Je lui ai suggéré de tenter le coup avec Kiwi à la prochaine. Odd s’est outré, mais il n’a pas caché sa joie de me revoir. D’ailleurs, il m’a raconté le conseil de classe, c’était quelque chose apparemment ! Le soutien de Jim et de M.Blanchard m’a empêché de finir en troisième allégée. Va falloir que je pense à aller les remercier dès que je les croiserais. Odd aussi.
Lorsqu’ils ont fini de tout raconter, Jérémie n’a pas pu s’empêcher de se demander à haute voix pourquoi mon esprit est subitement réapparu pile à côté du Cœur de Lyokô. Yumi l’a fusillé du regard et il a préféré se taire. J’ai certainement manqué un épisode, mais c’est quasi-sûr qu’ils se sont disputés.

J’ai passé le reste de cet après-midi à me reposer. Étrangement, j’avais surtout envie de manger et de prendre une douche à mon retour, même pas de dormir. Pourtant, après chaque virtualisation, c’est toujours ce que j’ai le plus envie de faire.
Le plus important dans tout ça, c’est que des souvenirs et images de la Matrice me sont revenus au cours du reste de la journée. Évidemment, ça m’a travaillé, la version que m’ont donnée les autres collait moins.

J’ai préféré attendre ce soir avant d’en parler à Jérémie, seul à seul. Odd, Yumi et Aelita auraient réagi excessivement si je leur avais annoncé que j’avais des souvenirs d’un lieu de Lyokô qu’on ne connaissait pas. Je ne voulais que des explications logiques et seul Jérémie pouvait m’apporter ça.

Donc je suis allé le voir. Je n’ai pas parlé immédiatement de mes souvenirs, mais plutôt de la question qu’il avait posée sur la réapparition de mon esprit sur ses radars. Le connaissant, il ne pouvait qu’avoir cherché une réponse à ce mystère. J’avais tapé juste : il avait fait des recherches. Sans résultat. J’étais un peu déçu, mais il avait quand même une théorie. Ce n’est pas Einstein pour rien ! D’après lui, son programme de virtualisation, en plus de séparer mon corps et mon esprit, les a envoyés à des endroits différents et aléatoires du 5ème territoire. Il suppose que mon esprit s’est retrouvé balancé à côté du Cœur de Lyokô et qu’il s’est fait « absorber ». Et ce serait la proximité de mon corps avec le Cœur qui aurait provoqué une espèce de réaction d’attirance, qui l’a poussé à s’extraire.
Jérémie ne paraissait pas entièrement convaincu par sa propre explication. Il me l’a avoué lui-même, en s’excusant encore une fois.
Du coup, j’en ai profité pour lui demander s’il pensait que le Cœur ne cacherait pas quelque chose dont on ne soupçonnait pas l’existence, une strate inférieure de Lyokô par exemple, ou un truc du genre. Comme ça aurait été trop beau qu’il me réponde sans poser de questions, j’ai dû mentir. J’ai prétendu avoir vu de choses étranges entre ma virtualisation et ma réapparition vers Odd et mon corps. Je n’aime pas faire ça à mes amis, mais je n’avais aucune envie de passer pour un dingue.

Heureusement, Jérémie a été très compréhensif. Il a fait quelques recherches supplémentaires. Elles ont duré un bout de temps, je ne saurais pas dire combien, je n’ai pas regardé l’heure depuis. Si ça se trouve il est déjà plus de minuit. Ça voudrait alors dire que je ne parle plus du bon « aujourd’hui ». Peu importe.
Jérémie n’a rien trouvé de nouveau par rapport au Cœur. Il m’a même assuré qu’après qu’on l’ait découvert, il l’avait étudié en détail et qu’il en avait décrypté toutes les fonctionnalités. Il les avait trouvées logiques pour un monde virtuel comme Lyokô. Je l’ai cru sur parole sur ce point-là.
Il a aussi ajouté autre chose, avec un ton amical et confident. C’était rare chez lui. Il m’a dit que le jour où il s’était trouvé coincé entre Lyokô et notre monde, il avait lui aussi cru voir, sentir et entendre des choses indescriptibles et étranges. Lorsqu’Aelita est venue le chercher, il s’est rendu compte que tout n’était que blanc et vide autour de lui. Selon lui, j’ai peut-être juste les mêmes impressions que lui avait eues. Ça se tiendrait, vu nos expériences assez similaires.

Je n’ai pas plus insisté auprès de Jérémie. Je lui ai dit qu’il devait avoir raison, avant de le laisser tranquille.

Finalement, je pense que tous ces souvenirs et images de la Matrice, je vais les garder pour moi. Pour être honnête, je n’ai en mémoire que les grandes lignes de ce qu’il s’y est passé. Les lieux, les quêtes, les rencontres, les dangers, les découvertes et les combats, ils sont encore là globalement, mais quand ma mémoire essaie de les visualiser, tout me paraît comme traversé par un filtre flou et brumeux. Comme si j’essayais de retracer un rêve.
Je ne suis plus certain de ma capacité à différencier la réalité d’avec le rêve ou le délire. C’est aussi pour ça que je n’ai pas plus insisté avec Jérémie. J’ai peur d’apprendre que tout n’était effectivement que dans ma tête. Bon, Jérémie me l’a déjà plus ou moins dit, mais ce n’est pas comme s’il avait vécu quelque chose de vraiment rationnel non plus. Même s’ils me donnent des sensations étranges, ces souvenirs de la Matrice de Lyokô, ils me paraissent réels. En fait, je veux croire que ces aventures qui m’en ont fait bavé et oublié mes soucis ne sont pas faux.
Si je parlais comme je viens de l’écrire devant les autres, ils penseraient soit que je suis fou, soit que je suis un rêveur, soit que le programme de Jérémie m’a affecté le cerveau. Je préfère encore tout garder pour moi, et ne déranger personne.
Il y a quand même une dernière raison qui m’empêche de me confier totalement à mes amis : je suis un égoïste. J’ai envie de garder cette expérience unique de Lyokô pour moi seul. Aelita en personne n’a jamais vu ni visité la Matrice, c’est dire ! Quand j’y réfléchis, tout le monde a pour soi une expérience virtuelle unique à son actif, sauf moi.

Aelita a vécu plus d’un an sur Lyokô en tant que Gardienne.
Jérémie s’est retrouvé bloqué à la frontière du virtuel et en est revenu.
Yumi est tombée une fois dans la mer numérique. Ce n’est peut-être pas cool de considérer ça comme une expérience virtuelle, mais je commence à penser qu’à ce moment-là, elle a malgré tout vécu quelque chose. La preuve : elle n’a jamais voulu parler de cet épisode, même lorsqu’Odd insistait…
Et pour Odd, il a cette capacité à profiter de chaque instant passé sur Lyokô. Il donne toujours l’impression de s’éclater, à chaque virtualisation. Aelita, Yumi et moi sommes trop souvent sérieux pendant les missions pour pouvoir l’imiter. Du coup, même sans avoir vécu de véritable expérience unique et solitaire, Odd possède ce rapport unique à Lyokô, qu’aucun de nous n’aura jamais.

Alors que ce que j’ai vécu soit réel ou non, j’ai envie de le garder pour moi.

Waouh, je viens de me relire. Je pars loin dans les dernières lignes ! Peut-être que j’ai vraiment viré dingue en fait… En tout cas, c’est ce que je risque de penser si je relis tout ça un jour.

Il est tard, j’écrirai en détail tout ce dont je me souviens de la Matrice demain. Ce ne sera probablement pas un moment 100% agréable, mais je m’en fiche.

C’était quand même une belle aventure.



https://i.imgur.com/r33e086.png
  Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]  
Zéphyr

Réponses: 16
Vus: 5120

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 11 Oct 2017 13:22   Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]
https://i.imgur.com/roxuxSd.png




La règle de base que tout visiteur du territoire central de Lyokô se devait de connaître était la suivante : le temps comptait avant toute chose. Jamais ce principe n’avait été aussi juste du point de vue d’Aelita, tandis qu’elle donnait le meilleur de ses jambes virtuelles avec Yumi. Il fallait dire que la vitesse avait une importance toute particulière dans cette situation. Enclencher la clé du Noyau n’était que la surface du problème, l’important était de rejoindre le corps d’Ulrich avant que la Méduse n’ait fini d’y implanter ses données vicieuses.
Dès le moment où la fenêtre spécifique à une attaque du monstre tentaculaire sur un avatar s’était affichée devant lui, Jérémie avait compris ce qu’il était advenu de leur ami. Son corps et son esprit avaient été séparés par le nouveau programme de virtualisation, expliquant l’impossibilité de le localiser. Sans l’intervention de leur ennemi, le surdoué aurait probablement tourné en rond encore longtemps avant d’explorer une telle piste.
« Pourquoi Xana n’agit que maintenant ? » avait demandé Aelita pendant le voyage en Transporteur.
L’opérateur ne pouvait que formuler des hypothèses là-dessus. Ce qui lui apparaissait comme le plus crédible était le fait qu’il n’avait pas lâché son écran depuis la veille, rendant toute action grillée d’avance ; ou alors que tout comme lui, le programme avait mis du temps à comprendre la situation et à repérer le corps d’Ulrich. Dans tous les cas, s’interroger sur pareil sujet n’était pas essentiel. Contrairement à la récupération de l’enveloppe charnelle du Lyokô-guerrier, ainsi que son esprit, que Jérémie s’échinait à localiser pendant que les filles géraient la partie virtuelle.


De ce côté-là, elles étaient suffisamment professionnelles. Yumi n’eut aucun mal à s’occuper de la clé, traversant de manière presque méprisante la passerelle surmontée de blocs compresseurs qui y menait. Quelques salles supplémentaires traversées plus tard, le duo eut son objectif en visuel, dans un espace hexaédrique aux parois irrégulières comme on en trouvait tant sur Carthage. Un chemin en L reliait les deux accès terrestres de la pièce, logiquement situés sur des murs voisins. Au milieu de celui-ci, la Méduse venait tout juste de relâcher l’avatar orangé après un temps de capture anormalement long. Elle ne se fit d’ailleurs pas prier pour filer par une opportune ouverture dans le plafond, que seul un être flottant pouvait emprunter. Aelita et Yumi l’ignorèrent, se concentrant sur celui qui leur tournait le dos et semblait émerger, au vu de ses mouvements lents et précautionneux. La geisha comme elfe s’approchèrent avec prudence du concerné, qui tourna alors brutalement la tête et révéla le symbole caractéristique associé à Xana dans chacun de ses yeux.
- Supersprint !
Le samouraï sans esprit fonça vers la sortie opposée aux kadiciennes, dans le but avoué de les semer. Un chant caractéristique envahit soudainement l’air, tandis qu’un éventail correctement lancé força le désormais ennemi à ralentir, donc à couper momentanément le pouvoir de super-vitesse. Ce détail permit de gagner l’instant nécessaire à Aelita pour finaliser la synthétisation de la paroi chargée de boucher l’accès que voulait emprunter la marionnette de Xana. Allant au bout des choses, la gardienne de Lyokô fit de même avec l’ouverture jumelle.
Comprenant qu’il était piégé, le corps d’Ulrich pivota vers les gêneuses, tout en dégainant son sabre. Cette dernière précaution lui fut secourable puisque Yumi avait décoché son second éventail. Il le dévia d’un geste souple.
- Jérémie, tu as prévenu Odd ? demanda Aelita pendant qu’elle générait un champ de force dans chaque main.
Ses armes revenues à elle, Yumi effectua une action inhabituelle par rapport à son style de combat, digne d’Odd : elle fonça sur le samouraï possédé, qui joua le jeu, mais en version très rapide. Évidemment, le placement de la nippone bloqua la fenêtre de tir de son alliée.
- Il est déjà prévenu et il viendra quand il pourra se libérer, exposa la voix de Belpois. Pour le moment, concentrez-vous sur la dévirtualisation du corps d’Ulrich. Vous êtes assez fortes pour le faire seules. Si on le récupère, la moitié du travail sera faite !
À l’entendre, il était évident que l’informaticien mésestimait les facultés de l’enveloppe numérique de leur camarade, qui plus est commandée par un programme de Xana. Sa passe d’armes avec l’autre avatar d’inspiration japonaise le montra : avant que leurs courses ne les fassent s’entrechoquer, Yumi déploya son bras gauche dans un vif mouvement en arc de cercle, éventail déployé au creux de la main bien sûr. Toutefois, elle ne le lança pas cette fois-ci, utilisant plutôt son arme de prédilection – la seule à vrai dire… – à la manière d’un tessen traditionnel, dans le but avoué d’atteindre la gorge de son « copain ». Le Xana-guerrier fut pris au dépourvu par cette manœuvre. Le coup de sabre qu’il prévoyait avait été dépassé en terme de réactivité et de célérité. Il n’eut d’autre choix que de renoncer à son attaque et d’effectuer un petit bond arrière d’urgence. Les bords tranchants de l’éventail effleurèrent la zone visée, qui consentit à lâcher quelques étincelles, témoins de dommages aux points de vie.
Cette ébauche de combat ne s’arrêta pas là, puisque les pieds du seul garçon de la salle ne touchaient plus le sol. Autant dire l’occasion idéale pour Ishiyama d’envoyer son autre projectile de la main droite, celle qui réussissait le mieux les lancers selon elle. C’était oublier le changement de propriétaire de l’avatar au bandeau, lequel récupéra du dextre libre le frisbee, avec un grand naturel. En parallèle, ses jambes retrouvèrent une surface où s’appuyer. Il replia alors l’équipement qu’il venait d’obtenir et le coinça dans sa ceinture.
- Yumi, baisse-toi !
Décidément au taquet, l’interpellée s’exécuta souplement, se couchant presque à terre. L’instant suivant, les deux champs de force chargés en amont fusèrent. La cible, aidée par le Supersprint, ne trouva rien de mieux que de s’écarter précipitamment de la trajectoire en se jetant dans le vide. Il y eut à peine un début de chute que celle-ci fut stoppée par le sabre planté sur le côté épais du chemin. Ne perdant pas une seconde, Xana-Ulrich se plaça dans la position de celui qui veut sortir Excalibur de son rocher, chose possible grâce à son piolet improvisé. Puis, il prit une impulsion suffisamment forte pour se projeter jusqu’au mur derrière lui tout en délogeant sa lame, dans la traînée jaune-orange caractéristique. Son déplacement aérien fut calculé de manière à ce qu’il puisse effectuer un salto arrière, ce qui réorienta correctement ses pieds par rapport à la nouvelle surface d’appui. Enfin, il usa de cet ultime tremplin pour fondre sur Aelita à grande vitesse.
Hélas pour le corps volé, l’elfe rose avait pour une fois suivi l’action, sa bonne vue virtuelle aidant : deux champs de force sortirent rapidement, mais pas assez pour être lancés. En conséquence de quoi ils furent unis – la forme adoptée évoquait étrangement un Mégatank déployé – et utilisés pour intercepter le coup d’épée qu’on lui destinait. Le choc fut plutôt bien encaissé par les sphères énergétiques et, suite logique, le samouraï perdit l’équilibre, le bas de son corps étant rappelé par la gravité. Son rétablissement fut néanmoins si prompt qu’Aelita ne trouva pas le temps de désolidariser les boules de ses mains. Le sabre repartit à l’assaut, la forçant à rester en mode défense.
Évidement, les dernières actions exécutées permirent à Yumi de se reconcentrer sur le cœur de l’action, ce qui n’échappa point au coin de l’œil xanatifié. La parade fut toute trouvée dans cette situation : un bon coup de pied dans l’estomac de la gardienne de Lyokô, peu familière des affrontements au corps-à-corps, l’envoya valdinguer dangereusement par-dessus bord ; suivi d’un dégainement en toute hâte de l’éventail volé et d’un renvoi à sa propriétaire. Celle-ci n’eut qu’à mettre à profit son expérience pour l’attraper au vol. Là fut son erreur. Le court délai que demanda la manœuvre profita à Xana-Stern, qui s’élança en Supersprint vers la japonaise. Contrairement au début du combat, il ne tenta pas de frapper, se contentant d’un saut parfaitement calibré sur la hauteur de Yumi, dont il se servit comme un tremplin pour se replacer devant la sortie qu’il comptait emprunter depuis le début.
Dans un timing presque parfait, la paroi synthétisée qui bouchait l’ouverture se brisa en plusieurs gros morceaux, qui disparurent peu après. Deux Rampants, visiblement responsables de ceci, s’engagèrent immédiatement dans la salle, ouvrant la voie au corps d’Ulrich. Lorsque Yumi se redressa de sa dernière gamelle involontaire pour tenter une ultime attaque désespérée, il avait déjà disparu, sans même laisser la moindre trace de course.


Naturellement, les Rampants restés sur place firent feu, forçant la geisha à adopter une posture défensive. Elle n’eut à la tenir que quelques instants. Aelita remonta du rebord qu’elle avait attrapé de justesse et décocha deux champs de force bien placés, grâce à une fenêtre de tir dégagée.
- Jérémie, il est où maintenant ? demanda brusquement l’aînée sitôt l’obstacle éliminé.
- Trop loin de vous malheureusement. Mais vu sa trajectoire et la stratégie actuelle de Xana, il se dirige certainement vers la salle du Cœur. Y aller sera plus rapide que de le pourchasser inutilement.
Les deux filles se mirent en route sur-le-champ, sachant que leur guide invisible leur indiquerait la direction à prendre le moment venu.
- Par contre, ajouta la voix légèrement déformée par le micro, une fois arrivées, vous devrez être plus prudente en affrontant Ulrich. Là, il ne cherchait qu’à s’échapper et s’est donc économisé en vous affrontant.
- T’inquiète, assura Aelita malicieusement, on sait se tenir nous. Pas comme Odd !
« Einstein » s’autorisa un petit rire derrière son écran.


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


Lorsqu’il posa le pied sur la première planète de l’Aire-Mitage, Ulrich se sentit comme le Petit Prince, à la différence qu’il n’était pas accompagné d’une rose mais d’une lance. Cela dit, toutes deux étaient parlantes, au grand déplaisir des nerfs de l’humain :
- Un message pour toi de la part de Thêta, Ulrich Stern.
Durant son bond de surprise, il constata que les environs étaient soumis à une faible gravité. Il reconnut également la voix véhiculée par l’arme :
- Phi ?
- Il te demande, l’ignora le bâton volant, en tout bien tout honneur, si à ta sortie de la Matrice, il serait possible que tu parles de notre situation à tes compagnons, notamment ceux habilités aux manœuvres techniques.
Après tout ce qu’il avait dû traverser, le Lyokônaute trouva la requête particulièrement gonflée.
- Pour éviter tout quiproquo : il n’est pas demandé de nous faire libérer à tout prix, juste voir si quelque chose peut être fait par rapport à notre situation d’emprisonnement.
Décidément, les intelligences artificielles avaient un problème par rapport au fait d’être enfermées, se dit Ulrich en pensant à Xana. En tout cas, cela pouvait expliquer qu’ils se jettent sur la première occasion de se distraire, à l’instar de Psi, ou plus simplement leurs troublantes dérives comportementales…
- Je veux bien, se mouilla Stern, mais on n’était même pas au courant de l’existence de la Matrice, alors que ça fait déjà un bout de temps qu’on a découvert le Cœur de Lyokô.
- Ce n’est pas dans cette direction qu’il faut chercher, plutôt vers celle de la tour. Nous n’en savons pas plus, hélas.
Un ange passa. Ulrich n’était pas vraiment à l’aise.
- Tu sais, inutile de te triturer l’esprit là-dessus, envoya la voix de Phi. Je ne suis que le messager, mais je n’approuve pas nécessairement l’audace de Thêta. Tu n’as aucune raison logique d’aider ceux qui n’ont pas facilité ta sortie de la Matrice.
Était-ce une tactique de psychologie inversée ? Le vagabond spirituel n’en eut pas l’impression.
- N’y réfléchis plus, tu as déjà un objectif sur lequel te concentrer… et du chemin à faire. Bon courage pour l’ultime voyage Ulrich Stern.
Comme toutes les fois précédentes, le javelot repartit dans un éclair coloré, laissant son passager planté là. Celui-ci s’en remit immédiatement et, désormais coutumier de l’appréhension visuelle des environnements nouveaux qu’il explorait, découvrit les lieux.
Au jugé, la planète sous ses pieds n’excédait pas les dix mètres de diamètre. Sa surface était particulièrement irrégulière, avec sa multitude de blocs aux nuances turquoise et à échelle humaine qui dépassaient de partout. À distance raisonnable, un anneau en mouvement, constitué des mêmes composants inégaux que le sol, faisait le tour de l’ensemble. Le tout évoquait inévitablement Saturne. Cependant, un détail chiffonna Ulrich : lorsqu’il avait observé cette mini-planète depuis l’Aire de Détente, il était persuadé d’avoir vu sa surface parcourue de mouvements de réorganisation constants, un peu comme le Cinquième territoire lorsque la clé n’était pas activée dans les temps. Tout était au point mort pourtant.
La question fut laissée de côté pour faire le point sur l’horizon. Un ciel crépusculaire sans nuages ni soleil dominait, au milieu duquel un large éclat lumineux blanc s’épanouissait, sans aucun autre élément physique notable autour.
- Rejoins la lumière hein ?
L’objectif étant on ne peut plus clair, Ulrich ne perdit pas une seconde pour activer son légendaire combo Supersprint plus plateforme de rebond, qui lui assurait une propulsion optimale en terme d’élan et de distance. Dès qu’il ralentissait, il générait un DMA automatique sur sa trajectoire pour se redonner de la poussée, et ainsi de suite jusqu’à la lumière.


Le temps s’étira toujours plus sans qu’aucune nouvelle planète ni source d’émission de l’étoile éblouissante ne se profile. Perplexe, le Lyokô-guerrier décida de prendre de la hauteur dans son parcours, toujours au moyen d’un bien pratique Grass-Hopper instantané et ajusté. Au cours de son élévation, il s’arrangea pour tourner lentement sur lui-même, histoire de vérifier si un élément lui avait échappé. Quand son regard se porta vers l’angle qui était quelques instants plus tôt derrière lui, il fit une terrible découverte. La planète d’où il avait décollé était encore en visuel. Pire encore, elle était à même pas trente mètres de sa position. Atterré, Ulrich laissa la gravité le tirer vers la boule pleine d’épis, sans lutter.
Une fois à terre, il cogita le problème du moment. Il avait cru parcourir une distance au moins équivalente à un territoire de Lyokô sans se rendre compte que le champ d’attraction de la planète le ramenait fatalement à elle. Ses sensations de vitesse et d’avancement vers l’avant n’en avaient pas été affectées. Un pallier venait d’être franchi dans l’étrangeté de la physique virtuelle.
Pour ne rien arranger, le sol se mit à trembler. Calmement, l’unique occupant de la grosse sphère observa le phénomène : les blocs avaient engagé un mouvement général de réorganisation, s’enfonçant, s’élevant, ouvrant et refermant des crevasses, ou se déplaçant simplement à gauche ou à droite. Une fois qu’elles eurent fini de s’agiter, Ulrich, debout sur un bloc qui s’était contenté de monter légèrement, constata que la surface de l’astre n’avait pas tant changé que ça par rapport à son arrivée. Elle était toujours aussi irrégulière et donnait encore un aspect de sphère bardée de pointes carrées à la planète. Au moins, ce qu’il avait vu au télescope des Terrasses Célestes avait été confirmé.
Le rappel de l’observation antérieure du terrain le poussa à rassembler les informations qu’il avait déjà en sa possession. L’Aire-Mitage était composée de trois planètes : la Saturne turquoise, la planète d’où partait la forte lumière et une dernière habitée par des Mister Pück. Thêta avait parlé d’ordre de traversée de celles-ci. En somme, il ne pouvait aller directement vers le jour, il devait d’abord passer par le lieu de vie des poupées. Le samouraï s’engagea de fait dans un tour du propriétaire, littéralement parlant. Cela lui permit de scruter l’horizon sous tous les angles possibles, pour éventuellement repérer la planète suivante à rallier. Tout ce qu’il releva dans cette petite excursion, c’était la particularité de la gravité : qu’il soit au Pôle Nord, Sud, ou sur l’axe équatorial, il gardait toujours les pieds sur terre. Rapidement, une pointe de découragement le prit, le poussant à retourner au sommet. S’il ne repérait rien de suspect du premier coup, alors continuer l’inspection ne servait à rien. La Matrice avait fonctionné comme ça jusque-là. Attendre restait plus constructif à ce stade. Qui sait, les corps célestes de cette Aire étaient peut-être soumis à des mouvements orbitaux entre eux…
Ainsi, le temps de quatre métamorphoses de terrain s’écoula, sans qu’aucune évolution de la situation ne se fasse. Au cours de sa fixation du lointain, Ulrich se rappela soudainement qu’il avait encore quelque chose pour s’occuper : ses sabres améliorés. Il déchanta rapidement. Le katana offensif fonctionnait exactement comme celui que lui avait programmé le faux Franz Hopper envoyé par Xana. Il le maîtrisait donc déjà. Quant au jumeau, il présentait un discret bouton sous le pommeau, qui enclenché donnait une coloration bleutée à la lame. Hélas, sans attaque énergétique à absorber, la fonctionnalité demeurerait purement esthétique. Par dépit, il se fit la main sur le style de combat à deux épées, moins évident qu’il ne se le figurait, mais plutôt intéressant en terme de possibilités. Durant son entraînement, au fur et à mesure des transformations de la planète, l’anneau en orbite se glissa dans son champ de vision. Il n’en fit pas vraiment cas, de base. En revanche, au moment où il y perçut un mouvement suspect, son attention se recentra immédiatement. Voilà pourquoi il conserva une attitude placide lorsque ce qui ressemblait à un jet de pétrole décrivit un arc de cercle depuis l’objet volant indépendant pour s’étaler en flaque non loin de lui. Puis, quand cette dernière s’étira en forme grossièrement humanoïde sans jambes, plus grande que lui et avec des yeux blancs, il lança directement l’assaut, dans l’optique de couper en deux l’arrivant.
Brusquement, il stoppa son mouvement. La créature venait de lever les mains, ou plutôt les extrémités sans doigts au bout de ses bras. Un geste universel de reddition. Méfiant, Ulrich pointa un sabre au niveau du cou de la forme noire, et inspecta de la tête les alentours. Aucun de ses semblables ne paraissait embusqué. De toute façon, il ne pouvait pas y en avoir toute une colonie, la planète n’était pas assez étendue pour ça. Il se concentra à nouveau sur la grande perche devant lui, qui louchait sur la lame dangereusement orientée. À peu de chose près, elle ne semblait pas très rassurée. Ce fut un détail que le collégien ne laissa pas filer :
- Si je baisse mes armes, tu n’attaqueras pas, hein ?
La question avait été posée machinalement et fermement, comme à un humain, alors qu’il n’était même pas certain que l’être visqueux comprenne. Un mouvement de tête vertical prouva le contraire. Avec prudence, les katanas furent abaissés, sans être rengainés néanmoins. Le jeune homme avait encore en mémoire l’agression subie sur l’Aire de Survie et ne tenait pas à en vivre une nouvelle. D’ailleurs, n’était-ce pas un peu douteux de retrouver une de ces choses sur l’Aire-Mitage, théoriquement isolé du reste de la Matrice ? Et pourquoi l’exemplaire devant lui était apparu -
Ses interrogations furent coupées nettes. L’environnement s’obscurcit sans raison apparente, pour laisser place à un enchaînement d’images, d’impressions et de sensations qui n’auraient dû avoir ni queue ni tête, mais qui délivrèrent des informations et un message étrangement limpide à la perception d’Ulrich. Lorsqu’il retrouva ses esprits, sa position n’avait pas changé. Celle de son opposant, elle, présentait une subtile différence : la base sur laquelle se tenait son corps, comparable à celle d’un serpent en position debout, avait déployé un fin tentacule qui était entré en contact avec la cheville de Stern. Ce dernier releva une lame et se voulut menaçant :
- Qu’est-ce que tu m’as fait !?
Il connaissait déjà la réponse grâce à ce qu’il venait de voir. C’était le mode de communication de la créature, qui se déclenchait par contact avec elle. Dans la même lignée, il avait également appris qu’elle était seule sur cette planète, se cachant des habitants de la Matrice. Par conséquent, elle s’était contenté de l’observer dans un premier temps, avant de constater dans un second qu’il n’était pas directement affilié aux intelligences artificielles. Enfin, le voyant tourner en rond sur le globe spatial, elle avait décidé de se montrer à lui, pacifiquement. Pour l’aider. C’est ce dernier point qui poussa Stern à abandonner toute agressivité. Il en rengaina même ses sabres pour prouver sa bonne foi.
- Tu peux baisser les bras, lui dit-il doucement. Je t’ai compris.
L’être noir s’exécuta. Il en profita pour ranger son tentacule précédemment déployé.
- Pourquoi est-ce que tu veux m’aider ? Je ne sais même pas ce que tu es précisément, même si tu as l’air… différent des autres.
Un bras longiligne, au bout duquel se formèrent des doigts, fut présenté au Lyokô-guerrier. Une invitation à la serrer et à avoir les réponses visiblement. Le curieux la saisit. Le flot d’images et de stimulations qui succéda le geste fut largement plus intense et saccadé que la fois d’avant. Ulrich ne parvint qu’à capter des bribes au milieu de ce flux : la naissance de l’être spectral et ses premières sensations, sa désignation en tant que 5.0013, son envoi dans un champ de bataille au ciel céruléen fissuré, ses affrontements contre des monstres de Xana en compagnie de ses semblables, Thêta et Sigma mettant de l’ordre dans les rangs auquel il appartenait, Phi massacrant ses frères, l’incompréhension, l’émergence de l’instinct de survie, la fuite, l’exil sur la planète turquoise, le noir, l’attente, la solitude, la peur.
Au sein de ce méli-mélo, une explication parvenait à se différencier, en lien avec la dernière question posée : la créature voulait juste de la compagnie qui ne soit pas hostile. Pour le coup, l’esprit errant n’eut aucune difficulté à ressentir de l’empathie. La balade dans la Matrice et plus particulièrement la mission du Mont Abrupt avaient mis sa solitude à rude épreuve. Le Triplicata et les occupants des lieux n’avaient pu combler ce sentiment. Tout simplement, il comprenait ce que ressentait l’inhumain. En ce sens, la particularité de transmission de l’échange avait beaucoup aidé.
- Tu as un autre nom à part 5.0013 ? demanda-t-il amicalement.
Le contact physique étant toujours de mise, la réponse se fit en un flash : non, mais Ulrich pouvait le nommer à sa guise. Embêté par la proposition, le garçon tâcha malgré tout de se creuser la tête, dans une volonté de simplifier les prochains échanges. Une influence japonaise lui vint immédiatement avec « Kuro ». Il la repoussa, la jugeant clichée et sur-utilisée. Ses inspirations suivantes ne furent pas plus constructives, allant de « Blake » à « Shadow », soulignant totalement son manque d’originalité. Puis, d’un seul coup, il eut l’illumination : partir des chiffres qui définissaient son nouveau compagnon à la base, et les tourner dans l’autre sens pour donner des lettres. De 5.0013, on obtenait EIOO.S. Ne restait qu’à retirer le point et déformer un des O en D pour donner :
- Eidos. Ça te va ?
Un partage d’impression fit office de validation. Le tout juste nommé Eidos paraissait content de son nom. Son caractère était plutôt facile à vivre, à bien y penser. Peut-être un peu rudimentaire.
- Content que ça te plaise. Dans ce cas, puisqu’on est officiellement devenus potes, tu pourrais me dire comment on fait pour décoller de cette planète ?


La stratégie d’attente initiale d’Ulrich s’était révélé être la bonne option. En effet, le moyen de quitter la planète saturnienne ne se manifestait qu’une fois un certain nombre de changements de configuration du terrain atteint. Cette condition remplie, un haut et épais pilier légèrement incliné poussa au Pôle Nord. Celui-ci était creusé en son centre supérieur, de sorte à pouvoir héberger un corps humain de taille moyenne. À l’intérieur, le trou était intégralement tapissé de ce que l’esprit voyageur reconnut comme étant des DMA. Il déduisit de cette observation qu’il devait se placer dans cet espace, les artefacts de propulsion effectueraient certainement le reste. Eidos, refusant de se séparer de sa compagnie tout de suite, se joignit à lui, adoptant pour l’occasion une forme enroulée autour du cou évoquant une longue écharpe. Légèrement mal à l’aise par l’absence de gêne de son ami informe sur les contacts physiques, le samouraï s’apprêta à recourir à une remarque civilisée pour partager son ressenti. Encore et toujours, il n’en eut pas le temps. Les plateformes de rebond collées aux parois chutèrent jusqu’au fond du puits creusé dans le pilier, telles les données d’une tour tout juste désactivée. L’ensemble se concentra sous les pieds d’Ulrich, créant une douteuse luminescence. L’instant suivant, le missile Stern fut violemment expulsé de la planète à l’anneau, à une vitesse allant au-delà de ce que la lance de Phi pouvait atteindre. Tous ses cris se perdirent dans sa gorge, tandis qu’Eidos partageait son enthousiasme de voyager avec lui et de quitter pour la première fois depuis longtemps ce qui avait été sa tanière.
Le trajet aérien ne s’éternisa point. Pour une fois, la physique s’appliqua normalement : la célérité du lancement décrut progressivement, mourant pile au moment de l’entrée dans le champ gravitationnel de la nouvelle planète atteinte, qui appliqua sa force en douceur. De fait, le duo jaune-orange et noir put atterrir tranquillement sur un globe moitié moins grand que celui qu’il avait quitté, entièrement recouvert d’herbe à l’aspect confortable. La lumière à atteindre s’était sensiblement rapprochée, preuve en était l’occupation de la moitié du ciel par son éclat opalescent. Ulrich ne se focalisa pas dessus, étrangement curieux sur les Mister Pück qu’il avait aperçu au début de son périple. Ceux-ci lui tournaient le dos, assis de façon stratégique le regard à l’opposé de l’envahissante lumière, préférant admirer le couchant sans soleil. De plus près, le trio présentait des gabarits différents, qui évoquaient sans peine deux parents entourant leur jeune enfant.
Eidos ne connaissait pas l’endroit et ses caractéristiques, aussi le Lyokônaute engagea un contact oral lorsqu’il ne fut plus qu’à un pas des lutins :
- Excusez-moi ?
Pas de réaction ni de réponse. Ulrich se plaça directement devant eux, stratégie imparable pour se faire remarquer. Sans effet. Néanmoins, ce nouveau positionnement permettait de les dévisager à volonté. Comme observé depuis l’Aire de Détente, un des Pück, celui de gauche, avait un visage intégralement vierge, ce qui n’était pas plus rassurant à proximité. Sa morphologie tendant plutôt du côté féminin, cela devait être la figure maternelle. Son pendant masculin à droite avait quant à lui un visage, mais une expression d’une neutralité impénétrable, avec des yeux qui ne suintaient pas la bienveillance. Enfin, au centre, le petit Mister Pück présentait une expression pleine de vie, le sourire allant évidemment avec. Le tableau offert par les elfes était assurément original, mais dégageait une vraie impression de malaise selon Ulrich. Ce n’était pas plus mal qu’ils soient aussi vivants que la peluche à qui ils empruntaient les traits.
Persuadé que la planète cachait également une subtilité pour être en mesure de la quitter, et ne voyant rien d’autre de plus évident, Ulrich s’accroupit devant la sans-visage. Peut-être était-elle la clé du mécanisme. Machinalement, il effleura la surface lisse, là où une joue aurait dû se dessiner.
GLING.
La tête de Miss Pück s’était fissurée d’un coup, puis son corps tout entier s’était brisé comme du verre, avant de s’éparpiller aux quatre vents. Seuls les vêtements caractéristiques subsistèrent.
- Maman ?
Le niveau de panique monta d’un cran pour l’avatar désincarné. Le lutin enfant s’était animé et avait la tête tournée sur le désastre à sa droite.
- Où elle est partie ? Papa, tu le sais toi ?
La voix de petit garçon émanait du jeune Pück sans même que ses lèvres ne bougent, ni le reste de son visage. C’est donc armé de son mignon sourire qu’il se tourna vers son autre parent, qui, n’ayant pas réagi à la demande précédente, se vit secoué par le bras.
- Papa, réponds-moi papa !
Le jeune elfe, visiblement apeuré, se leva. Son clone adulte s’effondra alors sur le dos comme une poupée de chiffon. Brutalement, une large entaille sur son torse se découvrit, laissant échapper un flot continu de fines cartes blanches, les mêmes que celles accompagnant une dévirtualisation.
- Toi aussi tu es parti…
Ulrich ne comprenait rien à ce qui se jouait sous ses yeux. Cela le rassura de savoir que son écharpe n’en ressentait pas moins. L’ultime survivant remarqua alors sa présence et se tourna vers lui par voie de conséquence :
- Tu sais où sont mes parents, toi ?
Le kadicien commençait doucement à flipper sur la tournure de la situation. Pour le principe de précaution, il préféra ne pas se dérober face à la question.
- Heu non non, je cherche juste un moyen de rejoindre la lumière.
Il pointa du doigt sa destination finale, afin de donner un semblant de concret à ses propos. Mister Pück y jeta un œil. Au moins, il écoutait ce qu’on lui disait, c’était un bon point.
- Papa m’a dit de ne jamais regarder la lumière trop longtemps. C’est pour ça qu’on admirait toujours le ciel depuis l’autre côté.
Il se tut et sembla entamer une réflexion intérieure.
- C’est toi… C’est toi qui as fait partir ma maman et mon papa ! l’accusa-t-il.
Dans les faits, il n’avait pas totalement tort, même si l’accusé estimait avoir des circonstances largement atténuantes.
- Attends, c’est pas… woowoh !
La parole à la défense fut interrompue par l’émergence subite de deux câbles mi-végétaux mi-électroniques depuis le sol herbu. Sans sommation, ils agrippèrent prestement les chevilles du samouraï, et le pendirent tête en bas. Après quoi, un troisième câble vit le jour, animé d’intentions peu louables.
Eidos eut une surprenante rapidité de réaction. Il quitta le cou d’Ulrich à la manière d’un serpent pour reprendre sa forme humanoïde basique, avec des jambes cette fois-ci, lui donnant une allure haute et élancée frisant les deux mètres de haut. D’un geste maîtrisé du bras, qui n’avait rien à envier à un sabre, il trancha net la menace techno-végétale qui se désagrégea promptement. Dans la foulée, il libéra son compagnon immobilisé, qui ne put que se réceptionner maladroitement. Il en manqua l’action suivante de l’être composé de matière noire : une vive projection de lui-même sur le petit lutin fut réalisée avec succès. Le contact physique établi, il recouvrit en quelques instants l’intégralité du corps de Mister Pück. Bien entendu, ce dernier se débattit aussi fort qu’une mouette au milieu d’une marée noire, mais cela finit par se calmer. Eidos reprit alors la forme qu’il avait adoptée en début de combat. La réplique enfantine de la peluche d’Aelita avait totalement disparu.
Le Lyokô-guerrier avait eu le temps d’assister à la fin de la scène après s’être redressé. La performance de son drôle d’ami l’avait assez impressionné, à défaut d’avoir affecté son aisance. Il aurait bien aimé le rencontrer plus tôt, ça lui aurait facilité pas mal de tâches. Eidos rentabilisa ses nouvelles jambes et rejoignit Ulrich. Il lui adressa deux petites tapes sur l’épaule assez maladroites, porteuses d’un message propre à son mode de communication.
- Oui, ça va bien. Grâce à toi. Par contre, ça ne nous dit pas comment on bouge d’ici.
Son partenaire d’ermitage le fixa, sans rien ajouter tactilement. Il n’allait visiblement pas être aussi efficace qu’au combat sur ce coup. Décidant d’être un peu plus actif et performant, le sabreur entreprit une inspection de ce qui traînait encore sur la planète. Il dédaigna les vêtements abandonnés de Miss Pück pour se concentrer sur les trous au sol laissés par les câbles réduits en particules virtuelles. Ils ne révélèrent rien d’autre que de la terre virtuelle fraîchement soulevée. Pück junior ayant été englouti par Eidos, ne restait plus que le corps du « papa » comme indice. À contrecœur, Stern se résolut à l’observer de plus près, espérant qu’il ne s’anime pas d’un seul coup aussi. Rien de vraiment suspect ne fut localisé, excepté cette blessure au buste, qui continuait encore d’épancher ses petites cartes numériques, qui prenaient tranquillement leur envol sans se dissiper… Ulrich n’avait pas relevé ce détail plus tôt, la faute au ciel à moitié illuminé de blanc qui assurait le camouflage des petits papillons rectangulaires. Il se souvint alors des paroles formulées par l’enfant-elfe auparavant : il ne fallait pas porter le regard du côté illuminé du ciel, mais du côté crépusculaire. Misant sur cette idée, le collégien orienta correctement son champ de vision. Passé la période d’adaptation oculaire, il put retracer le trajet des confettis : ceux-ci s’élevaient doucement à hauteur bien supérieure à celle d’un homme, avant de redescendre erratiquement dans un coin d’herbe épaisse bien précis, où ils se dissipaient.
Pas un moment ne fut perdu pour inspecter la zone indiquée. Pile à l’endroit où mourraient les pétales virtuels, l’adolescent trouva un rouage de la taille d’une grosse pièce. La découverte le déçut passablement. Qu’allait-il bien pouvoir faire de ce truc ? Eidos, qui avait suivi la phase de recherche et son aboutissement avec attention, proposa naïvement d’assembler la pièce de machinerie avec le Pück blessé, seul endroit de la planète présentant une encoche. Il y a encore deux parties, Ulrich aurait refusé de concrétiser une telle suggestion, mais faute d’idée de son côté… La chose se tentait. En plus, ça avait le mérite d’être suffisamment tordu pour les standards de la Matrice.
Le rouage fut remis à la main modulable d’Eidos. Équipé ainsi, il s’approcha de l’enveloppe inanimée, puis glissa le fragment d’engrenage directement dans l’entaille ouverte. Le résultat fut littéralement explosif. Ce qui restait du dernier des Pück éclata en une violente lumière. D’instinct, le vagabond de la Matrice se couvrit les yeux. Ne sachant combien de temps il faudrait pour que les conditions permettent leur ouverture, il se fixa un décompte à partir de soixante. Il dépassa tout juste la moitié lorsqu’un contact d’Eidos l’enjoignit à admirer le nouveau panorama.


Indubitablement, ils avaient bougé. Le ciel lumineux et nacré avait disparu, cédant face à un classique azur, pâli par une fine brume ambiante se déployant dans la zone. En dessous, un arbre géant plantait ses racines dans une planète bien plus imposante que les précédentes, mais désespérément banale. Le végétal présentait toutes les caractéristiques dites du « vieux chêne » : une apparence noueuse et assez commune, un tronc exagérément épais, qui soutenait d’impressionnantes branches, habillées d’un feuillage dense. Juste au-dessus de l’embranchement où s’achevait la partie supérieure du tronc, nichée dans un écrin de bois et de feuilles, une apaisante lumière se concentrait. L’accès à la sortie de la Matrice, l’Arène-sas. Enfin.
Adoptant le comportement du papillon de nuit, Ulrich s’approcha de la structure naturelle, encore et toujours par la voie aérienne, prédominante quelle que soit l’Aire. Il se posa à l’entrée du creux ménagé au-dessus du pilier sylvestre, qu’il découvrit évidé en puits. La douce radiance y prenait source pour ensuite s’épanouir en sphère grossière dans l’espace du renfoncement végétal. Excepté les contours du trou, on n’y voyait goutte dans cet intérieur, ce qui ne rassura pas du tout l’aventurier virtuel. Eidos profita de ce moment d’appréhension pour rappeler à ce dernier sa présence, en signalant qu’il ne sentait rien de dangereux. Au vu de son instinct de survie développé, c’était bon à savoir.
- Comment t’es arrivé là d’abord ? l’interrogea Stern en constatant que son compagnon de route était le plus naturellement du monde enroulé autour de son buste.
Question purement pour la forme. Il se doutait bien que l’accrochage avait dû se faire au moment de son dernier décollage en date. L’être informe partagea le sentiment de transgression et d’amusement qui l’envahit, avant de demander à sa façon quand est-ce qu’ils allaient se jeter dans le puits lumineux.
- Heu… je suis désolé, mais je ne crois pas que tu vas pouvoir me suivre. On m’a dit que l’Arène-sas n’était accessible qu’à un individu virtuel à la fois. Je crois qu’il va falloir se dire au revoir.
Le jeune homme se sentit désolé pour Eidos, et déçu de devoir s’en séparer tout de suite. Néanmoins, une contre-argumentation à coups de suites d’images et d’impressions jaillit. Leur signification était plus complexe que ce à quoi l’humain avait été habitué. Tout ce qu’il put en déduire, c’est que sa ceinture spectrale n’était apparemment pas considérée comme un individu aux yeux de la Matrice.
Nouveau flux communicatif sans paroles, toujours sur un registre plutôt sérieux, mais avec une pointe de réjouissance naïve en prime. La question de la plongée dans l’éclat fut relancée.
Se laissant entraîner par son empressement d’en finir et la motivation d’Eidos, Ulrich sauta à pieds joints et se laissa happer.


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


L’obscurcissement succéda à l’éblouissement, révélant l’Arène-sas. Une constatation se dégageait immédiatement : l’endroit ne portait pas le nom le plus optimal en regard de sa réalité. Comme attendu, l’arène était présente, au milieu de laquelle le Lyokônaute avait été téléporté. Elle se constituait sobrement d’un espace terrestre circulaire flottant dans une immensité nocturne. Le terrain se voyait recouvert par deux espèces végétales : la classique herbe, qui malgré toute sa bonne volonté et son joli vert, restait largement minoritaire face à l‘invasion de pissenlits lumineux, faisant vraisemblablement office d’éclairage principal. Ulrich en cueillit un, par curiosité, et souffla dessus. Les aigrettes furent emportées sans effort, se dispersant partout devant, le tout sans se départir de leur brillance caractéristique. Eidos fut particulièrement intéressé par cela et reprit spécialement forme humanoïde pour tenter de reproduire l’action effectuée par son ami humain.
Celui-ci continua l’inspection générale – la dernière qu’il aurait à faire espérait-il – et constata qu’il ne pouvait pas être dans un sas. Tout autour de la plateforme, l’encre spatiale s’étalait tant que les rayons des pissenlits ne la perçait que superficiellement. Dans cet infini apparent, cinq repères permettaient néanmoins de définir des limites à ce vide. Dispersés grossièrement aux quatre points cardinaux, autant d’étoiles colorées étaient placées, respectivement bleue, violet pâle, verte et ocre. Au jugé, elles paraissaient lointaines, là où l’espèce de lune pile au-dessus de la tête de Stern paraissait à portée de main. Le mot « espèce » était approprié pour qualifier cet astre, puisque sa surface se fondait totalement avec l’ébène environnant. Seul un fin contour blanc en cercle permettait de la détacher au milieu de tout ça. L’addition de toutes ces informations visuelles laissait imaginer que l’Arène-sas avait la forme d’un gigantesque dôme, avec la lune en guise de point culminant. En somme, c’était un planétarium au ciel particulièrement avare.
De son côté, Eidos n’avait pas lâché les pissenlits. Ne possédant pas de bouche, il provoquait la dispersion des aigrettes par un mouvement de bras sec. Les parachutes végétaux se déployaient pour la majorité hors de la plateforme, entamant une lente descente dans l’abysse ambiant, qui finissait inévitablement par engloutir leur lumière individuelle. La créature contemplait ce spectacle à la fois fascinant et troublant jusqu’à disparition totale de toutes les graines au vent. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il les vit réapparaître une à une et se rapprocher de lui. Peu rassuré par le phénomène, l’être fait de matière noire se replia autour du cou de son acolyte, reprenant la forme d’une longue écharpe. Le contact soudain n’alerta pas le moins du monde Ulrich, puisqu’il assistait déjà à l’événement principal : les têtes de pissenlits se détachaient en petites sphères de lumière. Cet ensemble s’aggloméra à quelques mètres au-dessus du sol, et ne prit forme définitive qu’au moment où l’ultime aigrette fut absorbée et le terrain devenu un triste gazon.


L’éclairage ne décrut pas, bien au contraire. La grosse boule de lumière aux bords violets qui résulta de la fusion était comparable à un astre miniature venu percer l’opacité de l’Arène-sas. Immédiatement, l’apparition évoqua au Lyokô-guerrier un monstre de Xana : le Gardien. Par analogie, il en déduisit qu’il tenait là celui de la Matrice. Le sabre de gauche fut dégainé naturellement. Eidos ne semblait pas décidé à se dépêtrer de son recroquevillement. Les impressions qu’il partageait témoignaient du pouvoir d’intimidation qu’avait le globe brillant sur lui.
Déterminé à ne pas enfiler des perles, Ulrich passa à l’attaque. Il apposa un DMA à ses pieds, sur lequel il prit appui à pieds joints. Le voilà lancé sur cet adversaire peu conventionnel. Un flash survint instantanément. L’éblouissement du samouraï fut logique, son repoussement brutal au sol beaucoup moins. À ce moment-là, il fut inquiet pour la protection de son enveloppe-charnelle-à-l’œil-mais-en-réalité-spirituelle : depuis le début de son odyssée, elle avait quand même pris deux-trois coups. Si elle avait tenu le choc jusque-là, il n’était pas certain que ce dernier impact lui ait permis de subsister… Au moins, il était encore en un seul morceau.
- Ça va Eidos ? Je t’ai pas écrasé ?
Négatif, son compagnon était aussi en pleine forme, mais toujours aussi en retrait par rapport à la menace. Ulrich, lui, avisa du regard le globe, qui avait conservé sa position immobile, et décida de faire le malin :
- Si tu veux la jouer comme ça, tu vas être servi !
Il empoigna à deux mains son arme, dont la lame se para d’une aura blanchâtre en quelques secondes. Le temps de viser fut prit, avant que la salve énergétique ne soit envoyée d’un geste sec et assuré. Le Gardien l’encaissa de plein fouet et s’écroula, tout simplement, jusqu’à toucher terre. Il parut y rebondir avant de regagner une position stationnaire, en lévitation légère. Face à cette cible facile, l’épéiste chargea une nouvelle salve et la décocha. L’attaque fut interceptée à mi-chemin par un obstacle invisible, provoquant une explosion de particules éphémères.
La question n’eut même pas le temps de se poser que la réponse apparut immédiatement : une nuée de petites lucioles était générée en continu par la boule. Toutes se dirigeaient sur le samouraï, pas vraiment entraîné à combattre de telles choses. En désespoir de cause, il enchaîna onde de choc sur onde de choc, priant pour que l’afflux d’insectes possède une limite. Malheureusement pour lui, la seule limite se trouvait dans sa capacité à gérer pareil assaut. Inévitablement, il se fit submerger. Cela commença par quelques dizaines de lucioles passant le barrage et se posant librement sur le corps d’Ulrich, pour provoquer une micro-explosion dans la seconde suivante. Au départ, il ne se souciait pas de ça, aucun dégât n’étant apparent. Puis, passé le cap des cent détonations, il comprit. Les bestioles n’infligeaient individuellement qu’un nombre de dégâts négligeable, mais à force d’attaquer les mêmes zones… des trous apparurent. Littéralement. La jambe, le ventre et le bras gauche du jeune homme se virent affublés de blessures virtuelles, d’où s’échappaient au compte-goutte les confettis blancs de la dévirtualisation.
C’était confirmé : son esprit était désormais complètement à nu. Il devait se défendre autrement.
Décidant d’interrompre les salves, il libéra une main pour dégainer son second sabre, dont il enclencha immédiatement le bouton. Il était temps de voir si les lucioles entraient dans la catégorie « attaque énergétique ». Il balaya l’espace de la lame ayant adopté une couleur bleutée, sans se soucier de toucher ou non. De toute façon, les insectes étaient si nombreux que même en frappant au hasard, il était impossible de ne pas en traverser un. À peine les premières porteuses de lumière furent touchées par le fer de l’arme que le corps d’Ulrich se vit entouré d’un champ protecteur de couleur froide, qui s’épaissit à mesure que le katana absorbait. Malgré le fait qu’une majorité de lucioles échappait au tranchant, leurs explosions combinées n’entamaient pas le bouclier nouvellement érigé. En confiance, et sans interrompre sa technique défensive, le sabreur commença à marcher tout droit. L’espace minimaliste de l’Arène lui permit d’être à portée du Gardien en peu de temps, qui ne lui laissa pas le temps de le planter et brilla à nouveau intensément. Stern se fit repousser un peu plus loin. Son champ de force avait été éparpillé au cours du processus, tout comme les lucioles restantes.
Pas le temps de se réjouir, une nouvelle nuée fut générée. Peu motivé à entamer une guerre d’usure, Ulrich lâcha son sabre absorbant, et arma une salve d’énergie avec l’autre. Cependant, contrairement aux fois précédentes, il appliqua un effet courbe lors de son tir. De fait, l’attaque contourna habilement les petites lumières explosives, pour s’écraser directement sur la sphère géante qui en fut visiblement affectée. Pour autant, cette percée réussie ne stoppa en rien le nuage d’insectes qui fondait sur lui. Le délai que lui demanda le ramassage de son principal moyen de défense fut trop long : comme une seule entité, la légion couvrit entièrement son bras gauche, avant d’éclater. L’avant-bras et la main liés au membre détruit volèrent sous l’effet du souffle.


Plus de bras gauche. Phi avait prévenu que ça pouvait arriver. Pourtant, il ne s’attendait vraiment pas à le vivre. Quelque chose s’effondra en lui. Même si ce n’était que virtuel, la sensation qu’il expérimentait était déplaisante, infâme même. Il ne put s’empêcher de regarder les dégâts. À l’instar de Papa Pück, un flot constant de cartes immaculées s’envolaient de la blessure ménagée par le démembrement. Cette vue le tétanisa, à tel point qu’il en oublia ce qu’il était en train de faire.
La production en masse de lucioles reprit. Ulrich n’y prêta aucune attention, malgré les avertissements marqués d’Eidos. Ce dernier se résolut finalement à agir et reprit forme humanoïde. Il se jeta sur le katana absorbant au sol, emporté mais pas dissipé comme le bras qui le tenait. Vu le passif de la créature spectrale, il aurait été logique de penser qu’elle allait combattre à la place de celui qu’elle suivait. Au lieu de quoi elle se propulsa en jet sur le samouraï, pour ensuite se souder à l’emplacement de son bras arraché, s’étalant un peu sur son épaule et son buste pour une meilleure prise. Deux secondes plus tard, Eidos avait adopté une forme conforme au membre précédemment perdu, le tout en gardant le katana ramassé. La nouvelle fournée d’insectes arriva à ce moment-là, pile le bon timing pour se faire absorber par la lame made in Psina. Évidemment, Ulrich, hébété par l’action de son compagnon inhumain, était toujours figé. Aussi, c’était le bras noir qui dictait les mouvements à effectuer, auxquels le garçon sans volonté se soumettait.
Une tentative de communication non-orale fut relancée par le matricien. Il confirma qu’il était toujours effrayé par le Gardien, mais que son instinct de survie, comme toujours dans ce genre de situation, était prépondérant. Par là, il demandait au Lyokô-guerrier d’essayer de se reprendre, ce qui de son point de vue était plutôt facile à faire.
Ulrich fit un effort pour se secouer les puces. Retrouver un bras, même s’il bougeait de lui-même, lui avait permis de se remettre un peu de ses émotions. Malgré le niveau d’étrangeté atteint par son expérience dans la Matrice, il renouvela l’approche de l’ennemi par la marche, un peu moins assuré que tout à l’heure. Fatalement, l’histoire se répéta : un flash dispersa les lucioles explosives et l’envoya voler. Cette fois-ci, la réaction avait été anticipée, faisant que l’attaque repoussante n’avait pas été très efficace. La contre-attaque ne traîna pas : un Supersprint combla la distance restante entre le sabre et la boule de lumière. Au moment de trancher, le Gardien perdit subitement en volume, atteignant la taille d’une grosse Pokéball. Cela ne l’empêcha pas d’être proprement coupée en deux et d’exploser en poussière lumineuse.
Prévenu mentalement par son allié, l’estropié effectua un bond en arrière. Une multitude de lasers, identiques à ceux employés par la majorité des monstres de Xana mais incolores, s’écrasèrent sur l’emplacement qu’il venait de quitter. Un coup d’œil rapide confirma la présence de neuf modèles miniatures du Gardien éparpillés en dôme autour de la plateforme. Les tirs reprirent immédiatement, ce qui avec un laser par sphère et par angle différent rendait l’interception totale impossible. Heureusement pour l’avatar jaune-orangé, son bras droit situé à gauche était habile, et parvint à réactiver le champ de protection bleu en interceptant trois traits de lumière. Combiné à l’esquive de deux autres et à la déviation d’un autre par le jeune homme, le compte était bon pour encaisser ce qu’il restait. Cette évolution de la situation acheva de remettre définitivement Ulrich dans le combat.
- Triplicata !
Les deux clones se matérialisèrent prestement, et n’eurent aucune réaction sur le fait de n’avoir qu’un seul bras. Ils se contentèrent de dégainer docilement leur unique sabre, à temps pour le nouveau déluge de lasers, concentré sur le modèle de base. Le quatuor n’en fit rien et parvint à contenir l’assaut.
- En mouvement les gars !
Les Stern profitèrent de la petite latence entre les tirs groupés pour sprinter de manière erratique sur le terrain. Grâce à ça, la vague offensive adverse qui suivit ne mena à rien. Trop heureux de tirer parti de cette confusion, l’original laissa tomber sa lame aux salves d’énergie, ne préférant pas s’arrêter pour la remettre dans son fourreau.
- Eidos ! Je vais nous rapprocher d’eux, toi découpe-les !
L’approbation fut obtenue pendant que la main libérée générait une plateforme de rebond, immédiatement utilisée pour s’élever au-dessus de la mêlée. L’instant de flottement précédent la redescente lui donna une idée globale des positions des globes ennemis. Un DMA instantané lui insuffla une nouvelle trajectoire de chute, droit sur un orbe. Le sombre bras armé fit le reste une fois à portée. Ulrich usa à bon escient du pouvoir de rebond, démultipliant les points d’appuis dans les airs avec l’aide de ses doubles, qui avaient renoncé à tout armement pour l’épauler, mais pas à la course. Face à la boule de flipper, les Gardiens miniatures furent bien embrouillés. Cela provoqua la perte de trois des leurs, avant qu’ils n’aient dans l’idée de commencer à se mouvoir tout en tirant. Leur vitesse navrante ne leur permit pas vraiment de retourner la situation, seulement d’éliminer un clone sur un laser perdu. Pour ce résultat, un trio supplémentaire passa au fil du katana d’Eidos, incontestablement MVP de ce combat.
Les deux orbes survivants se rejoignirent d’un seul coup, tirés par une forte attraction. De leur fusion réapparut la boule initiale, qui malgré sa taille normale retrouvée, brillait bien plus faiblement qu’au début. L’échec de son Mini-Décaplicata avait grandement affecté son intégrité. La victoire était proche.
Subitement, le Gardien entama un mouvement rotatoire, qui atteignit rapidement une vitesse telle qu’il en devint presque flou. Très certainement l’ultime effort qu’il pouvait fournir. Face à ça, le trouillomètre d’Eidos atteignit des sommets. Par ricochet, celui d’Ulrich fut influencé. Il en déduisit que la prudence s’imposait et fit signe à sa doublure restante d’aller tâter la température. Docile, elle ramassa son sabre par terre et courut à fond sur la lampe tournante. Un coup d’épée basique fut tenté. À peine le contact avec l’adversaire fut-il établi que l’arme comme son manieur furent dispersés en cartes blanches, poussés vers l’arrière. Le message était clair en ce qui concernait l’approche directe.
Stern alla ramasser sa seconde lame, qu’il avait délaissée plus tôt pour pouvoir générer les DMA. Il fit ranger celle que tenait son bras de rechange, en vue d’une assistance à la génération d’une salve d’énergie. L’envoi de cette dernière ne perturba nullement la toupie.
- Fait chier ! ragea brutalement le jeune homme.
Avec force, il envoya le sabre droit vers la cible. Et le cimetière virtuel.


Ulrich était dégoûté. Arriver à une impasse à deux doigts de la sortie ! Il en aurait frappé le Gardien à mains nues pour décharger sa frustration, s’il n’avait su que ça lui serait fatal. Eidos lui envoya alors une image mentale pour signaler que le sabre absorbant était encore chargé à bloc, donc qu’il pouvait encore générer son champ de force protecteur. C’était sa manière à lui de dire que tout n’était pas perdu. L’attention fit plaisir à celui à qui elle s’adressait… et lui inspira un angle d’attaque.
- Tu peux descendre s’il te plaît ?
Sensation de questionnement.
- Je vais tenter de le finir, mais c’est pas dit que ça marche, alors je préfère qu’on n’y passe pas les deux. Et tu m’as assez mâché le travail comme ça, faut que je mérite un peu mon ticket de sortie.
Compréhensive, la matière noire se désolidarisa du corps humain, pour reprendre sa propre apparence humanoïde et regarder de ses yeux blancs inexpressifs ce qui allait suivre.
Ulrich tenta de faire abstraction de la sensation de vide sur sa gauche et se plaça talon au bord de l’espace de combat. De son unique main, il sortit son dernier sabre, dont le pouvoir se réactiva une fois empoigné. Une intense aura bleutée entoura le collégien et son arme.
- Supersprint.
La traînée bicolore fonça fermement sur la boule sans facette et mit toute la force de son bras dans une estocade finale. À l’impact, une impression proche de celle qu’il avait éprouvée en tentant de contenir un laser de Mégatank lui vint. L’orbe tourbillonnant exerçait une force notable, supérieure. Seule la protection qui entourait le samouraï lui permettait d’y tenir tête. Hélas, la puissance rotatoire semblait empêcher l’absorption d’énergie de s’effectuer. Sans cette fonction, la défense Lyokô-guerrière était vouée à s’affaiblir rapidement. Au lieu de cesser son attaque et de reculer pour réfléchir à une autre option, Ulrich au contraire renforça sa prise et pressa encore plus fort la pointe de son arme. Foncer dans le tas et jouer le kamikaze étaient ses spécialités en combat virtuel. Si cet assaut-là ne passait pas, il ne voyait pas ce qu’il pouvait faire de mieux.
Le choc s’étendit sur quelques secondes encore. Le Gardien ne perdit pas en vitesse, là où le champ protecteur s’affinait dangereusement. La limite fut atteinte : très naturellement, l’épée s’enfonça dans la boule de lumière, comme si elle venait d’un seul coup de tomber sur une encoche spécialement faite pour l’accueillir. Combiné au mouvement dans le sens horaire, cela se termina en une belle estafilade horizontale, qui laissa filtrer une lumière iridescente.
Puis, ce qui pouvait se comparer visuellement à une supernova détona sous le nez de l’égaré de la Matrice.


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


Depuis qu’il avait quitté le conseil de classe précipitamment, Odd n’avait cessé de courir. Rejoindre l’usine, l’extrémité du territoire Montagne et la salle du Cœur de Lyokô, en considérant le peu de temps dont il disposait, c’était une performance notable. Hélas pour lui, finir sa course en Overboard ne lui épargna pas de combat virtuel. Cela dit, une Manta et un corps d’Ulrich largement affaibli aux champs de force, il y avait plus insurmontable.
Le clash fut à l’image de l’ennemi principal du jour : rapide. La créature volante opposa une résistance de dix secondes environ avant de succomber à une flèche-laser. L’humanoïde, lui, en encaissa deux en début d’hostilités, puis se fit faucher par la planche volante du matou après destruction du monstre. Il en lâcha son sabre, qui se planta dans le sol plus loin. À ce stade, la domination de Della Robbia était assez incontestable. Ce fut sans compter sur son saut d’évacuation du véhicule, effectué trop loin du samouraï, qui lui fit perdre quelques instants à remonter. Suite à quoi, le Xana-guerrier effectua un remarquable enchaînement Triplicata-Supersprint, qui lui permit d’éviter le retour en traître de l’Overboard plus les tirs de son conducteur, mais surtout de récupérer son sabre. Un demi-tour prestement effectué plus tard, il chargea l’avatar félin et feinta une attaque de taille afin d’asséner un bon coup de pied dans la mâchoire. Bien entendu, cela fonctionna.
Le Lyokô-guerrier non-possédé valdingua directement dans le vide. Il parvint à stopper directement sa chute en plantant ses griffes dans la paroi de la corniche. Xana-Ulrich fit alors l’erreur de se replacer sur le bord pour reprendre son travail de destruction. Du point de vue d’Odd, autant dire qu’il n’avait plus besoin de bouger pour se ménager une fenêtre de tir optimale. Naturellement, il tendit le poing gauche sur la cible offerte…


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


Ulrich reprit ses esprits, allongé vraisemblablement au centre de l’Arène, à en juger la vue privilégiée qu’il avait sur la lune opaque. Il sentit un contact dans le creux de sa main valide, qui déversa sans attendre quantité d’images et d’inquiétude. Pour changer, Eidos l’avait sauvé en empêchant l’explosion du Gardien de l’envoyer hors-sol. Sans l’être noir, il n’aurait pu en arriver à ce stade.
- Merci pour ton aide, lâcha-t-il à brûle-pourpoint pour celui qui le voyait comme un ami. C’est grâce à toi que je m’en sors aussi bien.
Le jeune homme n’était pas coutumier de telles paroles, aussi pensa-t-il un instant que la sensation de semi-conscience qui le parcourait et sapait toute envie de se lever était à mettre en cause. C’était probablement pour ça que son compagnon de route tentait d’entretenir le dialogue. Peut-être était-ce aussi à mettre en lien avec l’abondante quantité de cartes blanches qu’il voyait passer sous ses yeux. Il préféra regarder son camarade informe droit dans les yeux, pour ne pas avoir à constater l’ampleur des dégâts sur son avatar. Au moins, il était assuré d’avoir encore une bonne partie du buste ainsi que toute sa tête – ce dernier point restait à vérifier au figuré.
Eidos fit apparaître son autre main dans le champ de vision de Stern. Il tenait le dernier fragment de clé, apparu par matérialisation après la disparition du Gardien selon lui. Le contact avec le cristal inégalement taillé fut établi, ce qui lui permit de se fondre dans ce qu’il restait de corps au samouraï. Au cours du processus, ce dernier ne put s’empêcher de songer que sa victoire face à l’ultime adversaire était à mettre sur le compte de la chance audacieuse. Il n’avait pas l’impression que la boule géante avait fait étalage de toutes ses capacités face à lui. Son passage d’un profil offensif à l’autre était assez douteux. Était-ce comme l’avait dit Psi, qu’il n’était pas conçu pour affronter un humain ?
Sa réflexion fut interrompue. Les cinq fragments de clé jaillirent de son buste, pour s’élever à plusieurs mètres au-dessus de lui. Ils se placèrent alors en cercle, à distance à peu près égale les uns des autres. En superposition avec l’astre lunaire, ils donnèrent l’impression de former une espèce de soleil dardant de grossiers rayons, au milieu des pétales de dévirtualisation. C’est alors que l’éclipse prit fin : tel un couvercle de récipient poussé, la face sombre de la lune s’écarta doucement pour révéler le jour éblouissant.
Ulrich sentit sa conscience s’échapper promptement, par vapeurs éthérées. Il le sut d’instinct : il vivait ses derniers instants dans la Matrice. Eidos le comprit également, lui transmettant toute son affection et sa gratitude pour avoir rompu un temps sa solitude.
- C’est réciproque, même si c’est encore à moi de te remercier.
La vague d’images et de sensations qui suivit fut indéchiffrable, sa concentration avait atteint le point de non-retour.
- Continue de survivre aux autres ! lui envoya-t-il finalement.
Il ne sut jamais si ses lèvres avaient prononcé les mots correctement ni s’il avait eu le temps de les lâcher.
Le néant l’avait aspiré.


https://i.imgur.com/TJ3ZAf1.png


- Attends Odd ! L’esprit d’Ulrich vient de réapparaître !
Le blondinet interrompit son intention de tir. Pas l’avatar xanatifié. La rafale d’énergie verte s’écrasa sur la dernière barrière de protection du Cœur, la détruisant en quelques secondes. Pour parer à la catastrophe ultime, Odd se jeta sur le corps de son pote et le plaqua au sol. D’un geste précis, il lui chipa son sabre avant de le lancer derrière lui, dans le vide. Visiblement irrité, le Xana-guerrier se dégagea des griffes du matou, avant de retenter un coup de latte dans la mâchoire. Cette fois-ci, Della Robbia l’esquiva souplement, puis contre-attaqua d’une droite bien placée. L’avatar posséda vacilla, mais ne s’écroula pas.
- Einstein, il est où alors ? Je viens de passer à côté d’au moins trois occasions de dévirtualiser son corps !
Les deux avatars poursuivirent leur affrontement à mains nues, dans le but de provoquer une chute fatale ou bien simplement contenir l’autre, selon les affiliations.
- Désolé, s’excusa la voix de Jérémie. C’est juste que c’est plus simple de procéder maintenant à la fusion du corps et de l’esprit. Vu que je ne sais pas encore comment ramener un esprit dans le scanner…
- Abrège !
Jouer avec le samouraï possédé était à double-tranchant. Odd savait que si celui-ci décidait de descendre chercher son sabre à toute vitesse, il ne pourrait l’arrêter.
- Il est juste à côté du Cœur. Puisque je ne peux pas communiquer avec lui, crie-lui de regagner son corps tout de suite. Si ça devient ingérable, dévirtualise le corps sans te poser de questions.
- Ulrich !! Si tu m’entends, faut que tu retournes dans ton corps. Fissa !

Le principal intéressé était en proie à une intense confusion. Il ne comprenait pas pourquoi il flottait à côté d’un Cœur de Lyokô dénudé, ni par quel maléfice il se voyait combattre Odd. Ses souvenirs se mélangeaient dans sa tête, lui empêchant de restituer tout contexte. L’appel de son compagnon de chambre le tira néanmoins de sa rêverie. Naturellement, il s’interrogea sur la raison d’une telle demande, avant de relever le « si tu m’entends » et « ton corps ». S’il n’en tira aucune conclusion sur la situation du moment, cela lui inspira l’obéissance aveugle.
Par la force de la pensée, le fantôme bougea jusqu’à son enveloppe charnelle, qu’il traversa sans plus de cérémonie.
L’avatar à dominante jaune-orange poussa une exclamation parlante et s’immobilisa un instant. Réactif, Odd le mit en joue et tira. Game over pour le larbin de Xana.

Le scanner relaxa Ulrich, physiquement en pleine forme, mentalement toujours aussi nébuleux. Cela dit, à en juger les mines des filles, il songea qu’il devait revenir de très, très loin.


À suivre : Épilogue – Ethereal Words
  Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]  
Zéphyr

Réponses: 16
Vus: 5120

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 11 Oct 2017 13:18   Sujet: [Fanfic] Ethereal World [Terminée]
Spoiler




https://i.imgur.com/RFt7uBt.png




- Bien, à présent étudions le cas de Jérémie Belpois, ça ne devrait pas être long !
L’ambiance se fit plus détendue au sein du corps professoral, qui appréciait particulièrement de passer à un cas simple à traiter lorsque les précédents avaient été plus épineux. En tant que professeur principal, Hertz s’octroya le droit de formuler tout haut ce que, selon elle, ses collègues pensaient :
- Effectivement, monsieur le proviseur, je pense que tout le monde ici sera d’accord avec moi pour dire que ce garçon est parfait ! C’est simple, il ne commet jamais la moindre erreur !
Les yeux de la femme croisèrent un instant ceux de Jim, bien vite détournés.
- Enfin, pour être totalement objective, il n’y a qu’en EPS qu’il montre les limites de son savoir, mais le sport n’est pas tout dans la vie, n’est-ce pas ?
Elle avait veillé à mettre la juste dose de mépris dans ses derniers mots, afin que celui auquel il était destiné le saisisse sans que les collègues ne se doutent de quoi que ce soit. La manœuvre fut un succès puisque l’homme au bandeau tiqua et fronça les sourcils dans un regard parlant, ignoré de tous.


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


Déambulant prudemment mais efficacement dans les allées chatoyantes et rouillées, Ulrich s’approchait de la dernière concentration de monstres de toute l’Aire. La malchance avait joué, puisque deux petits groupes de sbires de Xana s’étaient rassemblés pendant qu’il était occupé ailleurs, formant un septuor des moins simples à gérer. Il pouvait néanmoins s’estimer heureux que les vingt-trois monstres comptabilisés initialement n’aient pas eu ce genre d’idée d’entrée de jeu. Ça lui avait permis d’effectuer la tâche pour Thêta plus facilement et étonnement vite – même si l’aide du Triplicata n’y était pas étrangère.
Il jeta l’œil à l’écran du détecteur dans sa main : les monstres avançaient sur un chemin parallèle au sien, en direction de la tour centrale, qui semblait finir par fatalement attirer les créatures de Xana. Leur avancée se faisait en file indienne, topographie des sentiers oblige, ce qui arrangeait le samouraï dans ses ambitions d’extermination. Il ne connaissait pas la nature de tous ses adversaires, mais il était certain que l’étroitesse du terrain jouerait en sa faveur dans le cadre d’un assaut. Par conséquent, il devait les attaquer sur-le-champ, avant qu’ils n’atteignent la zone dégagée près du grillage de la tour.
Après invocation de ses deux alter-ego, qui savaient déjà ce qu’ils avaient à faire, en particulier tenir le gênant détecteur, Ulrich posa à ses pieds une plateforme de rebond qu’il utilisa immédiatement pour s’élever au-dessus de la scène – ou plutôt de l’usine – de combat. Suspendu un instant dans les airs, il put identifier avec précision les monstres à abattre. La Manta repérée plus tôt tournait autour d’une ligne constituée de deux Krabes à sa tête, d’un Kankrelat et d’un Blok au milieu et de deux Tarentules en fermeture de marche. Avant d’être puni par la gravité, le vagabond orangé généra un DMA instantané qui rectifia sa trajectoire, droit en direction du poisson volant. La vitesse et l’effet de surprise ayant aidé, il put planter proprement la créature bleue sans qu’aucune réaction défensive adverse ne soit amorcée. Il se jeta dans le vide avant que la Manta n’explose, atterrissant alors sur une des petites montagnes de métaux à bâbord des pions de Xana. Grand bien lui en prit, puisque la hauteur de son perchoir ne permettait ni au Blok, ni au Kankrelat de suffisamment pivoter vers le haut pour tirer. Les Tarentules ne furent néanmoins pas gênées par le décor et mitraillèrent promptement le jeune homme, qui ne risqua pas un combat et se réfugia sur l’autre versant de l’amas de métal. Les Krabes choisirent de le poursuivre, leurs pattes étant adaptées à l’escalade des monticules.
Dès que les crustacés furent hors de vue, les deux Ulrich restants lancèrent l’assaut sur le quatuor resté planté là. L’un surgit d’une façon proche de l’original et se posa sur la tête de cube, scellant son destin. L’autre arriva par l’arrière du sentier – sur le flanc gauche des Tarentules donc – dans une ambition d’attaque éclair au sabre. C’était sous-estimer la gêne représentée par le port du détecteur, ainsi que les réflexes de l’araignée, laquelle en se déplaçant à temps fut récompensée par une simple entaille au museau en lieu et place de la destruction. La Tarentule agressée, décidément très réactive, effectua une manœuvre jamais vue au sein de son espèce : elle balaya le faux Stern d’un coup de patte, qui fut directement projeté dans un bain de métal. Le Kankrelat en profita pour se faufiler sous ses compagnons à quatre pattes et tenter un tir. Le laser s’échoua sur la doublure, qui n’avait pas eu le temps de se remettre du choc précédent. Par chance, la Tarentule bagarreuse avait été maladroite : la patte de base-ball était coincée dans le tas de métal et lui avait fait perdre l’équilibre. Empoignant son sabre à deux mains – au diable le détecteur – la contrefaçon réaliste de Lyokô-guerrier sauta pour asséner un coup de sabre digne d’un shōnen à l’arachnide. Le cafard beige en perdit le fil, et eut droit au sabre l’instant suivant l’explosion de son allié.
Ne restait plus qu’une Tarentule dans la zone, qui avait bénéficié de plus de temps pour se positionner et contre-attaquer, jouant en la défaveur de l’autre Ulrich, contraint à parer la rafale qui s’abattait sur lui. Il n’eut pas à tenir sa position trop longtemps : son allié-miroir libre utilisa ses deux mains libérées pour placer autant de DMA automatiques sous les pattes arrière de la créature. Immédiatement, les parties touchées s’élevèrent et par un quelconque mystère de la physique virtuelle, le monstre en effectua un salto avant qui s’acheva par un atterrissage sur le dos. Cette position, associée à l’étroitesse du chemin, contribua à coincer et condamner la Tarentule. En désespoir de cause, elle se mit à tirer tous azimuts par ses quatre pattes en l’air. Les frères Stern n’en furent nullement menacés. Celui qui était bien placé se contenta de s’approcher furtivement et de planter son arme dans le symbole vu et revu.


Parallèlement, le modèle de base revenait tranquillement sur ses pas, l’élimination des Krabes ne lui ayant pas posé souci. De manière évidente, il ne s’attendait pas à disparaître dans un flash lumineux et réapparaître dans une vaste salle circulaire où Thêta lui faisait face.
- Tu as été plus efficace que je ne me le figurais. Comme quoi, il ne faut pas juger la main d’œuvre sur l’apparence.
Pris au dépourvu, Stern ne répondit pas, son esprit préférant se concentrer sur le nouvel espace l’entourant. À en juger le paysage proposé par les quelques fenêtres disposées autour de la pièce, il se trouvait au sommet de la tour de l’Aire de Combat, dans ce qui s’apparentait à un bureau. Contre toute attente, une atmosphère chaleureuse régnait, bien qu’elle ne pouvait être ressentie dans le contexte virtuel. Le feu qui brûlait dans un âtre de pierre en bout de cabinet, lui donnant un éclairage caractéristique mais suffisamment clair, contribuait largement à cette impression. Le reste de la décoration ne semblait là que pour renforcer ce côté confortable, du parquet aux couleurs reposantes jusqu’aux trois canapés stratégiquement placés près du foyer, en passant bien sûr par le temps de chien dehors et qui se faisait allègrement entendre. Même la présence d’un imposant bureau en milieu de pièce, derrière lequel était installé Thêta, ou des nombreuses bibliothèques placées dans les intervalles entre les fenêtres ne tranchaient pas assez pour rompre le charme de l’endroit.
Ulrich devait avouer que sur le moment, il se serait bien laissé tenter par le coin du feu. Seulement, le regard patient qui lui faisait face l’engagea à prendre parole dès qu’il aurait terminé son inspection :
- Euh… tu ne devais pas venir me trouver une fois le ménage terminé ?
- Si, répondit l’être artificiel, mais rester à l’intérieur m’a d’un seul coup semblé préférable.
Le vagabond ne lui jeta pas la pierre sur ce point. Puis, il se souvint qu’il avait laissé des choses derrière lui.
- Fusion, souffla-t-il le moins fort possible.
Faisant fi des murs et autres obstacles, les vapeurs orangées, derniers reliquats des frères Stern, regagnèrent le corps de l’original, lequel n’était même pas certain que la manœuvre fonctionnerait à distance. Il fallait dire pour sa défense que les clones avaient généralement une durée de vie si limitée qu’en étudier les caractéristiques paraissait futile. Ce point réglé, il se soucia du suivant :
- Désolé. J’ai perdu le détecteur pendant les combats.
- Négligeable, balaya Thêta. Ce n’était qu’un outil à usage unique destiné à ton travail, que tu as effectué avec brio. Cela mérite rétribution.
Le propriétaire des lieux ouvrit un de ses tiroirs et en récupéra le tant espéré morceau de cristal, absurde réceptacle pour ce qui devait être une clé, qu’il donna en mains propres au Lyokô-guerrier. S’ensuivit la procédure déjà vue avec Phi : le fragment de clé prit le chemin des doublures du garçon et se fondit en lui.
- Bien. As-tu des questions avant de devoir me quitter ? Psi et Phi ne sont pas assez sérieux pour t’avoir dévoilé toutes les subtilités de la Matrice.
Ulrich ne s’attendait pas à une telle invitation. Cela dit, l’aura qui se dégageait de son interlocuteur n’encourageait pas à poser les questions les plus farfelues. C’était pourtant celles qui s’accumulaient le plus dans l’esprit du garçon depuis le début de l’aventure. De fait, il n’osa rien demander.
- Es-tu certain ? insista Thêta. Tu es donc au courant pour le dernier constituant de la clé de sortie et son gardien ?
- Oui.
- Sa localisation précise ?
- Non...
- Les obstacles sur le chemin y menant ?
- Ben… non.
Les colles avaient fusé rapidement et donné un sentiment de malaise au samouraï, dont l’inhumain parut se délecter à en voir son léger sourire supérieur.
- Lorsque tu auras récupéré les deux autres fragments sur l’Aire de Survie, il faudra te rendre sur l’Aire-Mitage. Peut-être en as-tu eu un aperçu depuis le repaire de Phi, c’est une zone constituée de trois planètes miniatures. Il serait même plus juste de parler de « bulle » au sein de la Matrice, qui échappe à notre champ d’action et reste sous le joug des règles qui y ont été établies. On ne peut y évoluer à l’envi. Un parcours prédéfini de planète en planète doit être respecté : qu’importe ton angle d’arrivée dans l’Aire-Mitage, tu atterriras toujours -
L’apparition d’une interface en suspension au-dessus du bureau interrompit le discours. Une icône de haut-parleur s’y dessina et vibra au rythme de la voix de Psi :
- Notre invité est avec toi ? Ou il se fait saucer ? Ou les deux ? Avec toi, je m’attends à tout.
Thêta laissa tout juste le temps à son camarade numérique de s’exprimer, avant d’appuyer sur l’icône à l’écran, le barrant automatiquement. Il tenait au moins à finir ses explications sans interruption.
- Je ne tiens pas à être trop impoli avec Psi, alors je vais te simplifier l’exposé : quand tu atterriras sur l’Aire-Mitage, rejoins la lumière. Elle te guidera dans l’Arène-sas.
Nouvelle pression sur l’interface de la part du programme.
- Tu peux t’exprimer à nouveau.
- Mon nouveau jeu est prêt, annonça Psi l’air de rien. Ulrich Stern peut venir l’essayer dès qu’il le voudra. Donc s’il s’ennuie sur l’Aire de Combat…
- Tu nous as interrompus pour ça !? s’emporta Thêta. Alors qu’il allait obligatoirement repasser par ton territoire ?
- Tout juste.
Une tentative de compréhension se peignit sur le visage de l’avatar en costume. Elle se solda en abandon. Pour finir, il se leva et contourna le bureau pour rejoindre son invité, à qui il tendit la main.
- Le devoir t’appelle. C’est ici que je te dis au revoir.
Surpris que son hôte soit repassé à un comportement moins chaleureux, Ulrich échangea tout de même le ferme salut avec lui. Il se sentit même obligé de placer quelques mots pour meubler le silence gêné qu’il sentait poindre :
- Merci pour l’aide.
- De même. Bonne continuation sur la Matrice. Reste sur tes gardes et n’oublie pas ma Pokéball.
Un flash lumineux survint. Le sabreur se retrouva subitement sous la pluie, au bord du gigantesque plateau circulaire constituant l’Aire de Combat. Cet au revoir avait été à l’image de l’administrateur des lieux. Abrupt. Ulrich gardait néanmoins une impression positive de cette dernière rencontre, largement plus abordable et accessible que les trois autres.
Sur ces considérations, il porta un dernier regard sur la décharge métallique et sa tour centrale qui se dessinait derrière le brouillard, avant de s’élancer depuis le rebord vers sa prochaine destination. Il espérait juste que Thêta ne lui avait pas fait de farce et l’avait téléporté sur un véritable point de départ pour l’Aire voisine.


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


Au laboratoire souterrain de l'usine abandonnée, les états d'esprits des trois occupants étaient plus que transparents. Jérémie, dans une concentration apparente, pianotait si frénétiquement son clavier qu'il paraissait punir physiquement la machine de ne pas fournir de résultat à ses recherches. Aelita et Yumi, installées plus loin sur le sol, enchaînaient les parties de Speed, toutes remportées par la nippone, qui présentait une tendance hyperactive teintée de brutalité. La Gardienne de Lyokô, quant à elle, se contentait de subir impuissamment la situation, aussi bien aux cartes que pour la situation du moment. Une ambiance pas propice à la relaxation ou à la légèreté donc.
L'aînée jetait régulièrement des coups d’œil vers son ami assis au poste de commande, comme si cela avait un quelconque pouvoir sur l'avancée des investigations. Même si elle s'était excusée auprès de lui pour sa crise de la veille, elle gardait encore une certaine dent contre lui, qui lui permettait de rationaliser la disparition d'Ulrich. Une nuit et une matinée sans nouvelles légitimaient son état d'esprit selon elle. De surcroît, l'attente du moment n'arrangeait rien à son humeur.
Puis, l’affichage soudain d’une fenêtre caractéristique à l’écran du superordinateur donna un coup de pied dans la fourmilière :
- Les filles, interpella Jérémie avec une pointe de stress, foncez en salle des scanners. Vite !
Yumi, montée sur ressorts, fut debout et engagée dans le passage menant à la salle inférieure avant même qu’Aelita n’aie le temps de poser sa question.
- Qu’est-ce qu’il se passe ?
- Je vous expliquerais en chemin.
Sentant l’urgence dans la voix de son ami, la fille aux cheveux roses se dépêcha de suivre les traces de son amie.


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


Dès qu’il fut certain de se trouver dans l’espace aérien étoilé propre à l’Aire de Survie, Ulrich s’acquitta précipitamment de son dernier devoir envers Thêta. Il profita de l’élan provoqué par son dernier rebond pour libérer le contenu de la Pokéball mystère, devant lui. À la traditionnelle lumière de relâchement se succéda une tache rosée qui disparut quasi-instantanément. Ne cherchant même plus à s’étonner ou s’interroger sur cette ultime étrangeté en date, le voyageur bondissant veilla plutôt à générer le DMA qui lui ferait garder le cap et les pieds en l’air. Avec négligence, il jeta alors par dessus son épaule la sphère contenant encore quelque chose l’instant précédent.
Une dizaine de ricochets plus tard, le Disque Phlégéthon était retrouvé, avec cette fois-ci un aspect entièrement noirci duquel des tâches de lave commençaient à poindre. Par chance, Sigma et Psi s’y étaient établis, remarquant de fait l’arrivée de l’avatar jaune-orange. L’accueil fut à l’image du duo :
- Waouh, il a survécu à une entrevue avec Thêta.
- Ce n’est pas un exploit en soi. Je note surtout que l’autre bureaucrate a trouvé le moyen de ne rien foutre pendant qu’on faisait le boulot à sa place, une fois encore.
- Tout est relatif, moi je le pensais mort depuis un moment…
Le Thêta-bashing se poursuivit sur quelques répliques encore, sans que Stern ne se sente obligé d’intervenir. Depuis qu’il était dans la Matrice, il avait largement eu le temps d’intégrer qu’avec les intelligences artificielles du coin, il valait mieux suivre le précepte du « Chaque chose en son temps », sous peine d’en perdre encore plus. Cela se vérifia lorsque Sigma s’intéressa à nouveau à lui :
- Alors, tu as ce que je t’ai demandé ?
Le ton utilisé dans la demande ne plut pas à Ulrich, qui se contenta de maugréer dans sa tête un « Sale gamine », tout en détachant la Pokéball de sa ceinture pour la tendre à la gérante du volcan. Celle-ci ne perdit pas une minute pour libérer le Kankrelat emprisonné, à ses pieds. Fidèle à sa nature, la créature eut un petit sursaut – le changement brutal de décor sans doute – puis commença à tirer sur la cible la plus proche. Tranquillement, Sigma para les lasers d’une main ardente de Li Fou Chang parfaitement maîtrisée, avant de combler la distance la séparant du monstre de Xana, qui arrêta d’attaquer sous ce qui paraissait être le couvert de l’incompréhension. Le pou beige se fit soulever par les deux mains de la matricienne, desquelles il tenta de se dégager par l’agitation.
- Soumets-toi.
L’injonction eut pour effet immédiat de faire s’animer le symbole caractéristique sur le front du Kankrelat. Telle une tache d’encre dansant sur une surface hydrophobe, le communément nommé « œil de Xana » se remodela en un sigma grec majuscule. Ce faisant, la petite créature se calma. Posée au sol par sa nouvelle maîtresse, elle resta sagement immobile.
- Je l’adore, déclara l’acquéreuse de la bestiole. Il faudra juste le teindre en noir pour qu’il soit parfait.
Ulrich se racla peu subtilement la gorge.
- Ah oui, le fragment de clé. Prends-le.
De la même façon que Phi auparavant, Sigma généra le cristal dans sa main. Après quoi elle l’envoya nonchalamment vers le captureur de monstre. Le morceau de roche rejoignit aussitôt l’emplacement de ses deux semblables.
Des applaudissements polis se firent entendre.
- Félicitations, fit Psi en interrompant ses mains. Trois fragments sur cinq, la fin commence à se profiler.
L’être virtuel ménagea un silence, calculé pour que l’invité exprime inutilement des choses face à sa constatation. Il n’en fut rien.
- Tu as l’air motivé pour passer à la suite au plus vite. C’est bien. La nouvelle épreuve que je t’ai prévue est un cran au-dessus des petites quêtes que tu as dû mener pour les trois autres.
- Et ça va consister en quoi ? demanda Ulrich d’un ton qui se voulait détaché.
- Attrape-moi si tu peux !
Sa réplique taquine placée, Psi s’éleva rapidement à coup de DMA en direction de la montagne de glace volante. Ulrich le prit comme une invitation et s’éleva à sa suite.


L’itinéraire emprunté mena le samouraï et le programme sur une petite plateforme circulaire relié à l’immense monolithe sculpté par un pont d’eau solide, lequel semblait prêt à céder sous les pas du premier Odd venu. Pour ne pas arranger les choses, le blizzard soufflait allègrement.
- Bienvenue au Mont Abrupt, annonça théâtralement Psi. Pas trop froid à ton goût j’espère ?
Le Lyokoïte contempla le paysage à la palette de couleurs limitée et songea que le lieu cristallisait totalement le concept qui devait se cacher derrière l’appellation « Aire de Survie ». Sur le moment, il remercia sa chance – pourtant pas très au top dernièrement – pour ne pas avoir subi cette situation dans son corps de chair.
- Alors, je dois faire quoi ? interrogea-t-il à nouveau.
Il avait tenté de singer l’attitude au sang chaud d’Odd dans sa question, pour signifier son manque de patience tout en gardant sa contenance habituelle.
- Je t’ai déjà répondu. Ce sera un « Attrape-moi si tu peux ». J’ai confié mon fragment de clé à un gardien, qui vagabonde sur le Mont Abrupt en ce moment même. Il te suffit de la capturer pour gagner.
- J’aurais droit à une Pokéball avec toi ? ironisa Stern en référence au travail pour Sigma.
- Inutile, ricana Psi. Le jeu est considéré comme remporté à partir du moment où il y a contact avec le gardien, aussi infime soit-il. Tu le constateras par toi-même.
Ulrich se frotta les mains par réflexe. En temps normal, ce geste le conditionnait mentalement avant un entraînement d’arts martiaux, l’enjoignant à se concentrer. Ici, il était repris simplement pour signifier qu’il était dans de bonnes conditions pour partir.
- Minute p’tit brun. Là aussi, il y a des règles à respecter. Tu n’aimerais pas encore perdre sur leur non-respect ?
« Cause toujours ! » balança mentalement le sprinteur coupé dans son élan, en même temps qu’un regard parlant à celui qui souriait narquoisement.
- Les armes sont interdites pendant la durée du défi. Remets-moi ton sabre. Il te sera rendu quand tu quitteras la montagne.
- Et si j’ai besoin de me battre ?
- Il n’y a rien à affronter au Mont Abrupt, si ce n’est la tempête de neige. Le gardien, lui, ne cherchera qu’à t’échapper.
Vaincu, Ulrich remit docilement la lame à la main tendue. Il eut l’impression que son corps était déséquilibré sans le léger poids sur sa gauche.
Sans prévenir, Psi effectua une pichenette sur le front bandé du bretteur désarmé. Ce dernier ne sentit absolument aucune douleur ni autre sensation étrange. En conséquence, il n’émit aucune plainte et attendit l’explication.
- Le bleu rend mieux que je ne le pensais sur ta tenue.
Baissant immédiatement les yeux, il fut surpris de voir que les couleurs chaudes habituelles de son costume étaient passées à des teintes glaciaires, principalement bleues.
- Simple moyen de « geler » ton DMA, expliqua l’auteur du fait. Tu ne pourras pas l’utiliser tant que tu auras cette apparence.
- Hé, c’est pas très fair-play ça ! protesta sa victime. Si j’ai pas le droit aux armes, je peux bien garder mes pouvoirs au moins !
- Oui, tu as raison. Seul le DMA est concerné par la restriction, parce qu’il n’est pas naturel sur ton avatar et que ça rendrait ta tâche beaucoup trop simple. J’en veux pour mon argent, n’oublie pas.
Excédé, le jeune homme eut envie de répliquer qu’une I.A n’avait pas d’argent. Évidemment, pour éviter d’allonger toujours plus inutilement le script, il fut forcé de s’abstenir.
- Allez, ne fais pas cette mauvaise tête, je te filerais une modique compensation plus tard pour cette ultime règle. Si tu valides l’épreuve.
- Supersprint.
Le léger nuage neigeux que souleva le départ-éclair du Lyokô-guerrier en bleu ne retomba que lorsque ses jambes atteignirent la moitié du pont de glace.
De son côté, Psi s’interrogea ce qu’il venait de se passer, de son point de vue d’être artificiel : cette réaction avait-elle été provoquée par l’appât du gain ou l’irritation face à son comportement à lui ? Analyser ces questions lui ferait passer le temps, en attendant que l’humain finisse, fasse une pause ou abandonne.


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


Ce n’est qu’en y pénétrant franchement qu’Ulrich comprit à quel point le blizzard limitait sa vision. Pour cette raison, il repassa en vitesse de course standard, afin d’éviter toute mauvaise surprise. Au moins, ses pieds avaient une excellente adhérence sur le sol de glace, ce qui n’était pas toujours le cas dans la Banquise de Lyokô. Il était assuré de pouvoir mettre la gomme au besoin.
De plus près, le Mont Abrupt ne ressemblait pas vraiment à une montagne standard. Sur la large base en forme de stalactite se déployait un chemin de falaise – sur lequel l’explorateur était engagé – faisant le tour d’un édifice couvert à la forme et aux dimensions évoquant un très grand stade. Le haut de ce dernier, grossièrement plat, accueillait un début de mini-montagne en pente raide menant à ce qui devait être le sommet du lieu, la visibilité n’aidant pas à plus détailler la chose.
Toujours est-il que le samouraï sans sabre déambulait autour de l’ensemble glacé, à la recherche d’un accès permettant de s’élever ou de s’engager plus profondément dans le lieu inhospitalier. De toute façon, ce n’était pas comme s’il allait tomber sur le gardien de Psi d’entrée de jeu… Il s’arrêta brusquement. Une forme, difficilement visible à cause de la météo mais apparemment humanoïde, se tenait au milieu du chemin. Avec prudence, Ulrich s’en approcha, jusqu’à n’en être qu’à un jet de pierre. Difficile de s’y tromper avec les oreilles pointues et la tunique caractéristique dans des tons blancs, il avait affaire à un elfe tout ce qu’il y a de plus classique. L’originalité chez cet être par rapport à ses semblables était à trouver dans ses cheveux noirs, au lieu de la blondeur usuelle, mais également sur son visage, noir sur une moitié irrégulière, là où le reste était immaculé. La cape noire sur ses épaules était également notable, qui assurait presque à elle seule sa visibilité dans l’environnement hivernal.
Il n’y avait pas à réfléchir ni à observer plus longtemps, l’elfe était la cible à attraper. D’un bond accompagné d’une traînée bleutée, le Lyokô-guerrier se jeta sur la double-face, pour la traverser comme un fantôme. Fort de ses réflexes, il se retourna dès la fin de son mouvement, pour constater que son opposant, parcouru d’ondulations et légèrement déformé comme une image de télévision captant mal, avait fait de même. Il adressa un sourire railleur accompagné d’un bras d’honneur au collégien avant de se volatiliser dans des bruits électriques parlants.
« Un leurre… » songea Stern avec irritation. L’explication se tenait, connaissant la caractère joueur de Psi, plus sa propension à compliquer les choses. Au moins savait-il à quoi ressemblait le gardien désormais.
Il ne s’attarda pas plus longtemps et continua de longer le mont. Le chemin finit par s’arrêter, tout juste au pied de l’entrée d’une caverne perforant le socle sur lequel reposait le sommet. Naturellement, il s’y engagea. Contrairement à son expérience dans le volcan de Sigma, il n’eut pas à évoluer dans l’obscurité. Les parois de glace de la grotte dégageaient toutes une phosphorescence bleutée, du sol au plafond, ce qui donnait un éclairage satisfaisant à défaut d’être optimal. Très vite, une intersection se présenta, proposant pas moins de trois chemins possibles. Un labyrinthe était pile le genre d’obstacle qui ennuyait Ulrich, en particulier pour un défi comme « Attrape-moi si tu peux ».
S’il n’avait plus vraiment de patience envers ce qu’il subissait dans la Matrice, il eut toutefois le mérite de garder la tête suffisamment froide pour prendre une décision. Pour cela, il se remémora sa première exploration du Cinquième territoire et des conseils de Jérémie lors de la traversée du Noyau. Toujours prendre dans la même direction en y apposant des marques et prendre une autre direction si on tombait sur une marque. Instinctivement, il dégaina son sabre, ou plutôt fit mine de le dégainer, puisqu’il ne l’avait plus. Il comprit alors pourquoi il n’avait droit ni à la plateforme de rebond, ni à son arme. Avec, il aurait pu contourner ou traverser plus facilement le labyrinthe. Cela dit, un précieux indice se cachait derrière cette déduction : si Psi avait tenu à le priver de ces attributs, c’est qu’il tenait absolument à ce qu’il s’engage dans le dédale, alors qu’y placer le gardien dans ce but aurait suffi. Par conséquent, il y avait de fortes probabilités que l’elfe ne se terre pas dans les entrailles du Mont Abrupt, mais plutôt dans sa zone supérieure.
Remotivé par la restriction de son champ de recherche, le garçon désarmé prit à droite sans hésiter. Puisqu’il ne pourrait compter ni sur son sens de l’orientation, ni sur sa mémoire peu fiable, il n’y avait plus qu’à tout miser sur la chance, ce qui était à peu de choses près la seule alternative.


Ainsi démarra une longue errance dans les couloirs aux reflets bleutés pour le Lyokô-guerrier. Au début, il s’efforça vraiment de dessiner mentalement une carte des lieux à partir des itinéraires empruntés. Puis, le nombre d’impasses s’accumula, les galeries largement plus, toutes plus uniformes les unes que les autres. Fatalement, il perdit le fil et s’en tint au légendaire pifomètre. À cet effet, ses mouvements passèrent en mode automatique, décidant par le biais de l’instinct s’il fallait prendre à droite, à gauche, tout droit, ou même carrément revenir en arrière – fonction utile surtout pour les culs-de-sac. Puis, au fur et à mesure que le vide s’effectuait dans son esprit, son système sensoriel gagna en acuité. Évidemment, l’absence de goût, d’odorat et d’une partie du toucher dans la virtualité favorisait l’affûtage des sens restants. Sans compter que dans le cas d’Ulrich, ses yeux ne faisaient plus que donner les informations spatiales au cerveau pour que celui-ci dirige le corps en conséquence. La monotonie des environs avait relégué la fonction d’admiration et de peinture des choses au second plan.
Grossièrement, l’ouïe devint le sens le plus développé du jeune homme au cours de sa traversée du labyrinthe. La première information sonore qu’elle lui rapporta fut le bruit de ses propres pas, lequel résonnait discrètement à sa suite. S’il avait décidé de ce focaliser dessus, il aurait très certainement intensifié l’état mécanique dans lequel il se trouvait. Cependant, ses oreilles décidèrent d’animer la coquille qu’il était, en traînant plus loin qu’elles ne se l’autorisaient naturellement. Tout d’abord, il n’y eut aucun retour audio, tout au plus un vague silence étouffé. Ce n’est qu’ensuite que le léger sifflement autorisa sa perception, qui alla en s’intensifiant, jusqu’à être identifié comme étant le blizzard extérieur s’infiltrant bruyamment dans les couloirs. La sonorité évoqua à Ulrich un cri du cœur dépité lancé contre le Mont Abrupt. Le vent devait être frustré de ne pas réussir à faire s’écarter le relief de son chemin et en désespoir de cause, s’infiltrait là où il le pouvait pour signifier son non-abandon. En un sens, il comprenait la situation de l’élément, qui se rapprochait de la sienne métaphoriquement parlant. Toutefois, plus il l’écoutait, plus son sentiment se mua en autre chose : de la peur. Plus il écoutait, plus son sang virtuel – qu’il existe ou non – se glaçait. Ce n’était pas du vent qui provoquait ce cri, ou plutôt ces cris, car le Lyokô-guerrier en était persuadé, plusieurs voix différentes étaient discernables. Le labyrinthe était hanté, rien d’autre. Des âmes en peine exprimaient leur souffrance, de la manière la plus stridente possible. Oppressé, l’invité de la montagne augmenta instinctivement la cadence de ses jambes, mais rien n’y faisait, les bruyants murmures – qui n’étaient pas des cris en définitive – se rapprochèrent progressivement de lui. Il en était persuadé, les âmes errantes voulaient l’entraîner avec elles et le corrompre jusqu’à ce qu’il devienne comme elles.
Sans qu’il ne s’en rende compte, son corps activa le Supersprint, tout en gardant le guidage automatique dans le dédale. Par miracle, il ne rencontra aucune voie sans issue, ce qui n’entrait pas dans les critères de sa priorité du moment, à savoir fuir et survivre. Mais les âmes étaient aussi rapides que la pensée, donc au moins autant que lui. Dès le moment où il accéléra, leurs voix gagnèrent en puissance et en présence, s’engouffrant toujours plus dans ses oreilles. Le comble de l’accablement fut atteint lorsqu’Ulrich commença à les percevoir à l’œil nu, elles qui étaient censées être immatérielles. Pour tenter d’étouffer les voix, il avait tenté de se concentrer sur un autre sens, la vue en l’occurrence. Loin de fonctionner, le procédé lui fit voir un reflet sur une paroi lui faisant face dans une intersection à trois branches. Il assimila immédiatement l’apparition aux voix qu’il entendait et bifurqua immédiatement à gauche. En y regardant de plus près, il releva également dans les coins de ses yeux les reflets d’autres âmes, qui le poursuivaient consciencieusement, attendant probablement qu’il s’épuise ou abandonne la partie. Sons et images se mêlèrent dans son esprit, pour former un ensemble qui lui donnèrent le plus grand vertige de son existence. Terrifié, il se sentit défaillir. Ce n’était peut-être pas plus mal ainsi, il suffisait de se laisser envahir par la sensation de chute libératrice jusqu’à l’impact, qui ne serait pas agréable, mais bref et surtout définitif. Plus d’âmes égarées dans le labyrinthe pour le tourmenter, plus besoin de fuir, ou de bouger pour une raison depuis longtemps oubliée. Oui, tout ser -
SBLAFF !!
Ulrich vit subitement trente-six chandelles et s’effondra par terre, sur le dos. Finalement, il avait fini par se la prendre, cette impasse. La confusion eut néanmoins le mérite de lui faire oublier toute autre préoccupation antérieure, mais pas les émotions et sensations vécues. Fortement éprouvé, il bascula dans une position en boule, par besoin irrépressible de reprendre des forces mentales. Il laissa passer un, deux, dix, quinze, quarante-trois moments avant de commencer sa reprise en main. Celle-ci commença par un regard autour de lui, révélant qu’effectivement, il était allé droit dans le mur du cul-de-sac, mais surtout que ce dernier avait un interrupteur en forme de Psi grec fiché en son sein. Ce fut l’électrochoc pour la samouraï remis de ses hallucinations, qui dut se faire violence pour ne pas se jeter avidement dessus. D’un côté, il était logique de penser qu’il s’agissait d’un dispositif permettant de sortir du labyrinthe, mais de l’autre, il pouvait tout aussi bien cacher un nouveau piège tourmenteur… Et il n’était pas prêt à revivre une expérience troublante et infernale au clair des murs phosphorescents. Cela dit, maintenant qu’il était extirpé de son délire, un sentiment de malaise envers le lacis de galeries poignit en son for intérieur. En regard de cet élément décisif, il prit la décision d’enclencher le bouton-lettre.
Dans le lointain, un cliquètement mécanique sec se fit entendre. Après quoi, une trappe parfaitement dissimulée dans le plafond au-dessus d’Ulrich s’ouvrit, laissant tomber une échelle qui se planta au sol, à ses pieds. Cette fois-ci, il n’y eut aucun débat mental sur le fait de monter ou non, la réponse était évidente.


La montée du boyau creusé en tuyau demanda un petit délai de traversée avant que le Schtroumpf grognon ne puisse émerger dans la neige et son indissociable tempête – laquelle avait empiré au vu du noircissement céleste. En s’extirpant de l’échelle, il fut surpris de voir ses pieds s’enfoncer dans la poudreuse et laisser de véritable traces, que les flocons ambiants recouvriraient certainement. La Banquise elle-même n’atteignait pas ce niveau de réalisme.
L’environnement pour lequel le labyrinthe faisait office de socle était simpliste : une large plaine neigeuse, grossièrement elliptique et entourée par des remparts mi-rocheux, mi-glacés découlant de la continuité des bords de la caverne du dessous. Au centre de tout ça, le point culminant de la montagne, moins intimidant que lorsqu’il l’avait vu plus tôt. Comme tout élément de la Matrice, sa singularité résidait dans sa forme. Le « sommet » en lui-même était formé par un gigantesque pilier noir octogonal et à l’embout fracturé sur lequel s’entassait la neige tombante. Autour de cette structure, un entassement irrégulier d’eau congelée et floconneuse se déployait, de façon à créer une pente praticable à pied sur un des côtés, tandis que l’autre ne servait qu’à soutenir la colonne sous le poids exercé à l’opposé. Le chemin menant au sommet avait l’ultime particularité de se finir par ce qui s’apparentait à deux bras aquatiques solides faisant un câlin au pilier, quelques mètres avant la cime de celui-ci. C’était comme si l’élément naturel s’accrochait consciemment à l’indifférent pylône, afin de ne pas se retrouver seul dans cette immensité majoritairement bichromatique.
Trêve de contemplations, du mouvement se fit percevoir un peu plus loin de la position d’Ulrich. Deux taches noires fugaces percèrent le rideau de neige ambiant. Il n’en fallut pas plus au sans arme pour foncer dessus, sans paraître importuné par l’épaisse couche de neige au sol qui ralentissait nécessairement ses mouvements, tout utilisateur de Supersprint qu’il soit. Plusieurs mètres avalés ensuite, il tomba sur deux elfes identiques à celui rencontré en début de parcours, ou du moins d’autres duplicatas, s’adonnant à une balade en plaine. Son angle d’arrivée avantageux, combiné à l’étouffement des sons par le tapis blanc, lui permirent d’effleurer une première cible, qui se déforma avant d’être « zappée ». Son jumeau eut le temps d’effectuer un souple bond en arrière et de se mettre en garde, pendant que le Lyokoïte changeait de direction non sans soulever un petit nuage dans son déplacement. Il se jeta sur l’être numérique, qui esquiva habilement malgré la super-vitesse. Cette même séquence d’attaque et d’évitement se répéta trois fois supplémentaires, avant que des mesures plus drastiques ne soient adoptées avec un Triplicata.
- On le prend en tenaille les gars ! ordonna Stern.
D’expérience, le samouraï savait que ses clones donnaient de meilleurs résultats laissés en roue libre avec des instructions orales que maintenus dans un état de contrôle permanent. Les résultats confirmèrent ce constat, puisque l’elfe, en tentant de se replier, se fit cerner en un éclair avant de se faire toucher par l’humain original. Évidemment, il s’agissait aussi d’un leurre.
Retrouvant la dynamique de travail adoptée sur l’Aire de Combat, les Ulrich enchaînèrent sur un passage au chasse-neige de la plaine, adoptant pour l’occasion une formation de course en triangle. Cette nouvelle auto-collaboration s’avéra très fructueuse et largement moins risquée que le travail imposé par Thêta, puisque les faux-ennemis ne pouvaient concrètement pas attaquer. Les triplés purent ainsi s’adonner à leur jeu favori, le légendaire « Foncer dans le tas », enterrant complètement le « Attrape-moi si tu peux » proposé par Psi. À partir de ce changement d’intitulé, une dizaine de leurres furent zappés et, plus important, le chasseur d’elfe retrouva la pêche, commençant même à s’amuser pour la première fois depuis qu’il était dans la Matrice.


Un énième leurre se présenta à eux. Évidemment, le trio à la stratégie bien rodée s’élança vers cette nouvelle proie, qui se défendit aussi bien que les autres duplicatas en esquive. Fatalement et rapidement, elle finit par être encerclée. C’est alors qu’elle eut une réaction très originale : tel une bouche d’incendie, double-face cracha un puissant jet d’eau à ses pieds, qui eut l’effet de le propulser avec puissance dans les airs, chose que la physique classique n’aurait jamais permise. Après quoi, l’Hydrocanon fut redirigé de façon à ce que son lanceur puisse contrôler sa trajectoire dans les airs et adopter une trajectoire en arc de cercle qui l’envoya suffisamment loin des collégiens médusés. Cela lui permit de s’échapper, sous couvert du blizzard.
- Merde, fait chier, lâcha l’Ulrich original.
Il se dépêcha de relancer la quatrième vitesse, qui était son meilleur espoir de mettre la main sur le gardien des lieux. Dociles, ses clones suivirent le mouvement, même lorsqu’il fallut commencer à grimper la pente escarpée en direction du sommet. Pour le Lyokônaute, il était évident que le véritable elfe l’attendrait là-bas, son itinéraire rectiligne parlant pour lui. Cela ne l’empêcha pas d’être consciencieux et de toucher les huit duplicatas qui lui barrèrent la route chacun leur tour. Hors de question de se faire enfler à nouveau pour négligence.
Son allure lui permit de rejoindre le toit de la Matrice dans un délai plus qu’honorable. Il ne chercha même pas à profiter du panorama, qu’il devinait au mieux tempétueux, blanc et grisâtre avec des touches bleutées. De même, il ne s’inquiéta pas de se tenir sur la surface haute d’un pilier au diamètre équivalent à deux aires de combat sumo. Tout ce qui importait était la présence de sa cible, en triple exemplaire. Il n’y avait pas plus explicite en terme d’invitation et d’hommage. Par réflexe, Ulrich s’assura du coin de l’œil que ses doublures étaient toujours là. Ce fut le cas. Par conséquent…
- Yaaaah !
Chaque avatar bleu se jeta sur l’elfe qui lui faisait face. Deux d’entre eux se laissèrent traverser sans même esquisser le moindre geste, tandis que le dernier sauta dans le vide derrière lui. Bien entendu, les frères Stern avaient tout donné dans leur impulsion initiale, au mépris de l’espace terrestre limité du point culminant du Mont Abrupt, ce pourquoi ils suivirent l’être folklorique dans sa dégringolade. Toutefois, loin de paniquer, l’esprit égaré décida de profiter de l’opportunité :
- Fusion. Triplicata !
Les deux répliques, initialement trop éloignées spatialement de l’original, se matérialisèrent cette fois-ci juste à côté de lui – fait intriguant : elles conservèrent la même vitesse de chute – afin d’être utilisées de façon optimales. Aux commandes, Ulrich attrapa le bras d’une copie, qui lui rendit la prise en la resserrant. Le dernier larron s’accrocha à leurs corps et se positionna dans leurs dos, sans les lâcher. Enfin, les deux premier se propulsèrent à l’aide du Supersprint, en prenant comme appui pour un pied leur camarade samouraï. La manœuvre les rapprocha sensiblement de l’être aux oreilles pointues. Leur élan, couplé au positionnement aérien optimisé, les assurait de toucher leur cible dans les secondes à venir. C’était oublier que cette dernière avait un karcher dans la bouche, utilisable dans toutes sortes de situations, dont faisait partie la chute libre. Dans ce but, la créature prit une forte inspiration, détail que les Stern ne laissèrent pas s’échapper et qui mit à rude épreuve leurs réflexes. La doublure restante, plus adaptée à cette tâche et à la situation, effectua la même action que son frère laissé en arrière, permettant à l’original une nouvelle propulsion. La trajectoire improvisée qu’il adopta le plaça hors du chemin de la trombe d’eau, mais le laissa suffisamment proche de celle-ci pour que son lanceur reste à portée de main. Malgré le boost de vitesse que l’elfe avait obtenu grâce à son attaque, Ulrich resta trop rapide pour qu’il ait le temps de détourner son jet correctement. De fait, il se fit toucher sur la partie gauche du visage, la blanche.
Instantanément, le gardien du Mont Abrupt éclata en pétales de cartes virtuelles, vite dispersés par la tempête. Le Lyokô-guerrier ne fit pas grand cas de cette victoire, le problème de l’atterrissage étant bien plus pressant. Ce n’était pas comme s’il avait bondi sans réfléchir, mais à la base, il avait plus ou moins compté sur la protection enveloppant son esprit dont Phi lui avait parlé. Il la perdrait définitivement, mais au moins survivrait-il à la chute. Enfin, il l’espérait fortement plutôt. De toute façon, il n’avait plus vraiment le choix… Autant assumer le coup de tête jusqu’au bout en préparant du mieux possible le corps à l’impact. Pour cela, il se tortilla en l’air pour tenter un positionnement plus avantageux que la face en avant. Il remarqua dès lors un détail non-négligeable : son costume avait repris ses couleurs chaudes habituelles.
Sans réfléchir, il déploya une plateforme de rebond à propulsion automatique. La tentative fut un succès : en traversant le logo, une force contraire brutale s’exerça et il repartit en sens inverse sur quelques mètres, avant d’être à nouveau agrippé par la gravité. À l’instar d’une balle rebondissante dans un escalier, Ulrich se servit de plusieurs DMA pour ménager son retour à la neige ferme. Il eut d’ailleurs à peine le temps d’adresser un petit remerciement à la déesse de la chance qu’un éclat lumineux attira son regard : à quelques mètres de sa position, un morceau de cristal flottait. Le fragment de clé. Avec avidité, il récupéra la juste récompense et ne put s’empêcher d’exulter :
- Les gars, on a réussi ! Plus qu’un !
Il balaya des yeux les environs, prêt à accueillir les sourires que les images de lui-même allaient lui décerner. Naturellement, il n’y avait personne.
- Fusion ?
Aucune émanation orangée ne le rejoignit. D’un seul coup, il se sentit bien seul…


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


Ulrich ne s’attarda pas plus longtemps dans le Mont Abrupt et retourna à son point de départ, auprès de Psi qui n’avait pas bougé. En revanche, la lance qui flottait à ses côtés, pointe vers le haut, n’était pas forcément symbole de bonnes nouvelles.
- GG, l’accueillit l’intelligence artificielle.
Pas de réaction de la part du vainqueur, ce qui signifiait en langage humain silencieux d’en venir aux faits.
- Ne te bile pas pour ce grigri, c’est simplement ton taxi pour l’Aire-Mitage, un des seuls existant d’ailleurs… Bref, si j’étais toi, je ne traînerais pas plus longtemps dans les environs, Sigma gère actuellement un « désastre rose » et elle a sa petite idée sur qui l’a introduit sur l’Aire de Survie…
L’esprit en vadrouille tiqua à peu plus face à cette mention :
- Je vois. Dans ce cas, je ne vais pas vous déranger plus longtemps. Je pourrais récupérer mon sabre ?
Psi prit à deux mains l’épée, puis prononça :
- Duplicata.
Il fit s’éloigner les mains l’une de l’autre, chacune serrant un katana à teinte bleutée. Les deux canifs ainsi obtenus furent tendus à l’épéiste au statut retrouvé, qui les accepta avec appréhension. Il en attacha un à l’endroit habituel de sa ceinture, l’autre à l’opposé.
- Avec les intérêts comme promis, expliqua le « forgeron ». Chaque sabre possède un pouvoir. Celui à ta gauche peut envoyer des salves d’énergie. La lame de droite peut absorber les attaques énergétiques, les accumuler, puis les relâcher sous forme d’un champ de protection entourant ton corps. Je ne t’explique pas plus, c’est super instinctif d’utilisation. Ça te sera utile pour traverser l’Aire-Mitage et combattre le défenseur du dernier fragment de clé.
- Merci, formula Stern avec le moins de reconnaissance possible.
Un silence se fit, jusqu’à ce qu’une question ne germe subitement :
- Par contre, comment ça se fait que depuis le temps, vous ne vous soyez pas occupés de ce gardien ? Si j’ai bien compris, c’est une création de Franz Hopper et vous ne le portez pas dans votre cœur…
- Une astuce toute bête : l’Arène-Sas a la particularité de ne laisser entrer qu’un individu virtuel à la fois. On ne peut affronter son gardien qu’en combat singulier. Et bien sûr, il est capable de vaincre n’importe lequel de nous quatre dans cette configuration.
Le voyageur virtuel eut soudainement la sensation de faire face à un mur très haut. Jusque-là, toute les tâches qu’on lui avait confié lui paraissaient à sa portée. Celle-ci, pas du tout.
- Ne fais pas cette tête, il est spécialement conçu pour nous arrêter nous, pas un esprit humain égaré. Au mieux tu n’auras pas à combattre et au pire, tu as tes chances face à lui, avec ton avatar amélioré.
Ces éclaircissements ne furent pas consolateurs pour autant sur ce qu’il y avait en bout de parcours matricien.
- Bien, déclara Psi. Puisque Thêta t’as déjà transmis l’essentiel sur l’Aire-Mitage…
Il lui tendit la main, à la manière de son collègue avant lui. Cette fois encore, Ulrich respecta la politesse typiquement masculine. Durant l’échange tactile, il sentit comme un léger courant électrique le parcourir.
- Ton pouvoir de clonage a été régénéré. Désormais, tu es entièrement armé pour l’ultime zone de la Matrice. Tâche d’y survivre au moins.
La nouvelle mit plus de baume au moral de l’adolescent qu’il ne le laissa paraître. Profitant du regain de motivation que cela induisit, il adressa un vague geste de remerciement de la tête avant de se saisir à deux mains de la lance.


https://i.imgur.com/I1KDy1N.png


Odd sentit la nervosité le prendre. Son camarade de chambre allait passer à la casserole, avec pour seuls remparts un prof de sport supplanté par l’ennemie principale du jour et lui-même. Heureusement qu’il n’était pas doué en statistiques, ça lui évitait d’avoir à calculer les chances, de réussite comme d’échec.
- Bien, annonça le proviseur tout en se servant une boisson à la machine adjacente aux casiers, nous en sommes donc à Stern Ulrich. Quelqu’un veut un potage poireaux-navet ? Désolé, il n’y a que ça.
Le Lyokô-guerrier faillit céder à la tentation du ventre, avant que ce dernier ne lui rappelle qu’il était noué, chose dont il n’était pas vraiment habitué.
- Eh bien, je dirais que là on a un problème… lança M.Fumet, sans appel.
- Oui, tout à fait, c’est scandaleux, ils pourraient prévoir d’autres arômes : tomate-potiron, ou tout simplement du café.
La haute autorité de Kadic regarda l’enseignant droit dans les yeux, témoignant de son grand sérieux sur le sujet.
- Non. Moi je voulais parler de Stern.
Étrangement, personne n’afficha d’expression déroutée ou perplexe, ni ne releva le dérapage de Delmas. Odd se demanda si les professeurs y étaient habitués à force de le fréquenter.
- Ah, Stern ! attaqua immédiatement Hertz. L’exemple-type de l’élève qui a décidé de ne plus travailler du tout. Les résultats sont au mieux catastrophiques. Alors en ce qui me concerne, je propose un transfert immédiat dans une troisième allégée, où il aura peut-être une chance de se mettre à niveau.
Le pointu n’était pas préparé à un assaut aussi direct. Il ne parvint pas à placer la moindre désapprobation que Jean-Pierre but cul-sec son potage avant d’annoncer de la voix grave de celui qui veut retrouver sa prestance, ou de celui qui a avalé une boisson chaude trop vite :
- Est-ce que tout le monde est d’accord ?
Des murmures approbateurs se firent entendre dans la salle de réunion, plus particulièrement le « Bah oui je crois que c’est la meilleure option » de l’unique femme de l’assemblée.
- Pas du tout d’accord ! proféra Jim en se levant d’un seul coup.
Odd ne cacha pas sa surprise, persuadé que le surveillant ne tenterait rien, du fait de son différend apparent avec Hertz. Cela dit, il était bien arrangé dans l’affaire, lui qui ne savait pas trop comment se lancer et qui était prêt à jouer la carte dramatique, sa préférée. Il se reprit alors rapidement et suivit le mouvement en cours :
- Moi j’dis pareil que lui !
- Parfait eh bien on vous écoute Jim, invita le proviseur.
- Oh heu ben…
L’homme au survêtement cherchait visiblement ses mots. Il se racla la gorge afin de garder sa crédibilité à un niveau convenable.
- Il ne faudrait pas tout juger sur ses notes. Je connais un peu mieux Stern que n’importe que ici et il ne m’a jamais donné l’impression d’être paresseux au travail. Pas plus que Della Robbia en tout cas.
- Hé ! C’est pas gentil ça m’sieur !
Personne ne fit mine de contester le discours jusque-là. Cela donna confiance à l’enseignant en E.P.S.
- Je pense vraiment que ses mauvaises notes ne viennent pas d’un manque d’implication, mais plutôt de problèmes personnels et adolescents. Laissons-lui une chance pour le prochain trimestre, le temps de se reprendre un peu.
- Des chances de se reprendre, je lui en ai déjà donné plusieurs ! contre-argumenta Suzanne. En quatrième déjà, la qualité de son travail était en baisse et cette année, ça s’est aggravé. Je suis convaincue qu’il n’arrive tout simplement pas à suivre le rythme d’une troisième classique.
- Stern m’a promis de faire beaucoup plus d’efforts à partir de maintenant !
Clairement, cette ultime phrase était de trop, en plus d’être mensongère. Personne ne s’y laissa prendre dans l’assemblée. Peut-être aurait-elle fait effet si elle n’avait pas été envoyée avec une rudesse qui témoignait du manque de patience de son locuteur.
- Je t’en prie Jim, nous avons besoin de garanties plus solides qu’une parole donnée. Madame Meyer et Gilles ici présent se sont d’ailleurs rangés à mon avis, lorsque j’en ai discuté avec eux avant le conseil.
Le professeur d’histoire-géographie confirma avec gravité. Ce fut le coup de grâce pour le surveillant qui en perdit tout bagout. Dans le fond, il n’était pas vraiment taillé pour engager ce genre de débat. Odd lui-même en avait conscience lorsqu’il était venu solliciter son appui, mais il ne pensait pas qu’il se ferait retourner si vite. L’avenir d’Ulrich semblait compromis à ce stade.
- Excusez-moi, puis-je ajouter quelque chose ?


Les têtes se tournèrent de concert vers le bout de table, à l’opposé de Jean-Pierre. Le professeur de français, M.Blanchard, y était sagement installé. Il n’avait quasiment pas pris la parole depuis le début de la réunion et même en dehors de cela, était un personnage extrêmement discret en temps normal. Son effacement était tel que son existence était à peine remarquable. Preuve en était cette réaction de surprise générale à ses mots, qui témoignait bien de l’oubli total de sa personne qui avait été fait. Il fallait dire que son apparence banale n’aidait pas à rendre son image impérissable dans un esprit : sa taille moyenne, son visage aux traits doux et ses courts cheveux bruns plutôt bien ordonnés étaient ses traits les plus marquants.
- Je ne pensais pas contester la décision et le jugement de Suzanne à la base, exprima-t-il de sa voix posée, mais je ne peux m’empêcher de trouver inhabituelle cette obstination de Jim à défendre Stern, malgré un argumentaire assez brouillon et lacunaire.
À cette mention, le concerné, qui en avait profité pour se rasseoir, adopta un début de mine boudeuse. En quelques instants, il venait de se faire voler l’attention.
- Cependant, je crois que c’est la première fois qu’il défend un cas de cette façon pendant un conseil de classe. À ce titre, je pense que son intervention mérite vraiment d’être prise en compte. Peut-être a-t-il connaissance d’un élément sur le jeune Ulrich qui nous échappe et qu’il ne souhaite pas nous dévoiler par conscience professionnelle. Est-ce que je fais fausse route ?
Le regard de l’amoureux des lettres se porta sur son collègue sportif. Avec un hochement de tête un peu hésitant, celui-ci confirma l’hypothèse soulevée.
- Dans ces conditions, ne pourrait-on pas assouplir nos positions et laisser encore un peu de marge de manœuvre à ce jeune homme ?
Odd eut du mal à croire ce qu’il entendait. Blanchard l’inexistant alignait les arguments en faveur d’Ulrich, qui ne brillait pas spécialement en français pourtant, contrairement au sport. Cela dit, c’était quelqu’un de naturellement gentil, un peu trop même. Cela avait toujours interpellé le blondinet, qui lui avait en conséquence imaginé une vie parallèle palpitante, durant un temps, pour justifier son portrait trop beau pour être vrai.
Suite à la dernière question soulevée, de nouveaux murmures s’élevèrent. Chardin et Mirti parurent enthousiasmés par la suggestion – les artistes… – tandis que Delmas glissa une intervention pour rediriger le conseil :
- Effectivement, vu sous cet angle, on pourrait reconsidérer son cas…
En filigrane, il demandait au conseil de se positionner définitivement.
- J’attends d’être entièrement convaincu par Stern, annonça Fumet. En attendant, je vais me fier au discernement de Pierre.
- C’est très gentil à toi de m’accorder autant de crédit Gilles, le remercia humblement Blanchard.
- Pas d’accord du tout ! lança d’un coup Hertz. En temps que professeur principal, je suis fermement résolue à opposer mon veto ! Stern doit aller et ira en troisième allégée, un point c’est tout.
Adoptant un air déterminé, elle croisa les bras, sa position fétiche pour indiquer qu’elle ne céderait rien. Le proviseur s’apprêta à sortir une phrase de son cru pour tempérer la situation, mais fut pris de vitesse par le responsable du français :
- J’ai un peu de mal à suivre ton raisonnement Suzanne. Tu soutiens mordicus le transfert d’Ulrich en classe allégée sur la base de ses résultats scolaires, alors que tu as laissé passer sans souci un élève comme Nicolas, pourtant moins bon que lui dans toutes les matières.
- Ce n’est pas la même chose, rétorqua la femme en blouse. Poliakoff est… un élève très particulier.
- Pas plus que Stern je trouve. Pourquoi autant insister dans ce cas-là ?
- Je fais ça pour qu’il finisse son collège plus confortablement ! D’ailleurs, je te retourne aussi la question, Pierre.
- Ça me semble simplement plus juste ainsi. Je ne vois pas l’intérêt de s’acharner sur un élève pour une raison donnée si un autre ne pose aucun problème pour la même raison. Aussi, je n’aurais plus rien à objecter si Nicolas Poliakoff est également envoyé en troisième allégée.
- C’est ridicule et hors de propos ! On ne peut pas prendre Stern comme trait de jauge pour choisir qui est envoyé ou non en troisième allégée. À ce compte, il ne faudrait pas seulement réviser le cas de Poliakoff, mais celui d’autres élèves de la classe, Élisabeth la première.
Un raclement de gorge interrompit l’échange houleux. Jean-Pierre en était à l’origine.
- Vous êtes sûre que tout va bien Suzanne ? demanda-t-il.
La professeur de sciences balaya du regard la tablée. Paradoxalement, elle avait oublié la présence de ses collègues excepté celui qui était censé être le plus discret de tous. En dehors de ce dernier et de Jim, qui avait adopté une expression mi-perdue mi-ahurie comme seul lui savait les faire, tous la regardaient avec un drôle d’air.
- Suzanne, est-ce que je peux te parler en privé un instant ? demanda Moralès à brûle-pourpoint.
Les deux enseignants se levèrent puis s’écartèrent de la table de réunion.
- Tu sais, pas plus tard que c’matin, Poliakoff a mis une savonnette devant la porte de ma chambre pour me faire tomber en sortant. Je n’ai pas réclamé son envoi en troisième allégée pour autant.
Hertz ne comprit pas immédiatement pourquoi il lui racontait ça et fronça les sourcils en conséquence. Puis, elle percuta :
- Tu penses que je m’acharne sur Stern ?
- C’est pas seulement moi si tu veux mon avis.
- Mais ce n’est pas le cas, je fais juste ce que j’estime mieux pour lui !
Elle repensa alors aux regards des autres professeurs. Peut-être renvoyait-elle une impression d’acharnement, en dépit de ses convictions. Elle se mordit la lèvre. La tournure de la situation ne lui plaisait pas depuis l’intervention de M.Blanchard. Il ne lui restait plus qu’une chose à faire. Capituler.
- Bon d’accord, déclara-t-elle à haute voix en se tournant vers la table. Bien ! Puisque tout le monde semble contre moi, il n’y a qu’à laisser ce fainéant de Stern continuer dans sa classe, mais je l’attends au tournant !
Odd dut contenir un « Yeeees ! » de joie, histoire de ne pas s’attirer les foudres de l’assemblée. Au lieu de quoi, il regarda avec reconnaissance le professeur de français, qui lui adressa un sourire significatif. C’était certain : il ne le verrait plus jamais du même œil. Jamais plus.


À suivre : Partie IV – Pólos
 

Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure


Page 1 sur 52
Aller à la page : 1, 2, 3 ... 50, 51, 52  Suivante


Sauter vers:  


Powered by phpBB Lyoko Edition © 2001, 2007 phpBB Group & CodeLyoko.Fr Coding Dream Team - Traduction par : phpBB-fr.com
 
nauticalArea theme by Arnold & CyberjujuM
 
Page générée en : 0.353s (PHP: 85% - SQL: 15%) - Requêtes SQL effectuées : 29