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[One-shot] Au bal masqué

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 Auteur Message
Silius Italicus MessagePosté le: Jeu 01 Oct 2015 22:32   Sujet du message: [One-shot] Au bal masqué Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 174
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonsoir à vous cher ami lecteur,

Une idée a germé que je viens vous proposer.
Une petite enquête explorant l'effet des retours vers le passé chez les profanes.


Carpe de l'ennui
Cérémonie des Carpes d'argent Automne 2015


Lecteur, je vous préviens. Ce récit est d'un abord difficile. L'expression y fait appel à des formules rares ou contournées. La narration suit un chemin complexe, parfois peu évident. Malheureusement, je n'envisage pas dans l'immédiat de réformer ce texte. Mais rassurez-vous il n'y a rien là d'insurmontable. Et je ne peux que vous encouragez à braver ce récit et monter au sommet.

Avec l'espoir d'une agréable lecture.




Au bal masqué


J'ignore en jurant fidélité à un être quel avenir nous attend et même en un sens quel être il sera demain ; et c'est cette ignorance même qui confère à mon serment sa valeur et son poids. Il ne s'agit pas de répondre à quelque chose qui serait absolument parlant donné ;

Gabriel Marcel, Journal Métaphysique, 8 Novembre 1930


Et soudain, la conscience fut ; il n’y avait rien, il y eut.

Il revint à lui.

Une fois que la pensée eut émergée du présent, ce fut plus facile. Il sentit, d’abord confusément, puis avec une acuité de plus en plus grande, qu’il avait un corps. La conscience d'avoir des membres lui revint. Après la masse, le toucher lui réapparut, la douceur du matelas moelleux, le poids d’une couverture rugueuse. Il ouvrit les yeux, déchirant le dernier voile qui l’empêchait d’être pleinement. Il se redressa, et d’un geste répété dix milliers de fois, il fit basculer sa couette, s’arracha à sa couche. Il balaya l’environnement d’un regard embué de sommeil. Il était six heures et vingt-sept minutes. Son corps réglé comme une horloge avait une petite minute d’avance sur le réveil. La musique s’éleva. Start me up des Rolling Stones, la même tous les matins.

Il traversa la pièce étroite et encombrée qui lui servait de chambre et ouvrit la porte. La voie était libre. À cette heure-ci, nul ne viendrait le déranger durant ces ablutions hygiéniques et matinales. Il commença donc par aller soulager sa vessie, avant que de passer en chantant sous la douche.

À six heures quarante il était de retour dans sa chambre. Il entreprit de se raser dans le silence enfin revenu au sein de son cerveau. L’eau froide dont il se servit pour évacuer les dernières traces de mousse lui fouetta le visage. Il en profita pour se remémorer le programme de la journée. Une révélation vint à le frapper. C’était le jour du bal. Ce qui impliquait plus d’animation, d’agitation, de devoirs. Et l’obligation de se costumer.
Il lui faudrait aussi veiller et sacrifier ces heures nocturnes où il pouvait oublier, s’oublier.

Il soupira. Pour se remettre d’aplomb, il s’aspergea d’eau froide. Il s’essuya, puis passa de longues minutes à se composer un sourire. Les jours de fêtes lui étaient pénibles. Ils l’obligeaient à accentuer le trait, à distordre quelques points de son visage et de ce caractère qu’il avait revêtu. En effet, laisser transparaître un manque d’enthousiasme, de joie ou d’appréciation attirerait par trop l’attention. Son but était de dissimuler, non de laisser transpercer. Et puis, qui sait, ne pas gâcher le plaisir des autres lui permettrait peut-être de l’atteindre.

Il était prêt. Juste à temps, car le monde là-dehors n’attendait pas. Il hésita un instant. Il inspira pour se donner le courage de faire ce qui devait être, et préserver le nécessaire. Il mit un pied dehors, un intrus rejoignant la vie des hommes.



Aller en cours. Qui diable avait pu inventer pareille torture ? Une classe n’était jamais qu’un aquarium rempli de requins. Tous, ils se regardaient les uns les autres, et les flux d’alliance et d’amitié étaient en perpétuels mouvements. Il n’y avait guère que la haine qui sut rester en place. Et cet aquarium baignait dans une atmosphère d’attirance et de répulsion, de sexe. Autrement dit nul n’écoutait et chacun cherchait à sauver sa réputation. Il n’était de meilleur acteur qu’un collégien. Toujours sur ses gardes, il dissimulait tout de lui pour n’offrir qu’un visage lisse et inintéressant de conformisme.

En sus d’être ennuyeux, les cours n’offraient même pas un répit. Car le vide qu’il arborait derrière son masque les aurait terrifiés et lui aurait valu ostracisme et anathème. L’exercice était rendu plus compliqué aujourd’hui du fait de la fête. Une certaine excitation régnait qu’il se devait de partager. D’ordinaire, il adoptait un comportement excessif, outré. En effet, les idiots ne pouvaient être intelligents. On se méfie des ombres, des réticents et des dominants. Les excessifs voient se relever des sourcils, mais font très vite partis du paysage. Ainsi avait-il pu s’inscrire dans la toile de fond. Il était devenu un élément d’animation traditionnelle. Et, si un jour le vide reparaissait, si le masque implosait, nul ne s’étonnerait de voir un sanguin devenir bilieux. En somme, sa couverture était parfaite. Sauf pour ces quelques jours de fêtes annuels, la Noël, la Pâques, et quelques fêtes congrégatives. Ces jours-là, un excès qu’il qualifiait d’exubérance était le sentiment commun. Aussi devait-il être encore plus extrémiste. Mais le quotidien était déjà une guerre totalisante où il poussait tout son être à ses plus grandes extrémités. Bien sûr, cette guerre était finie ; il mourrait. Il ne pouvait partager la fièvre des jours de fêtes, de même que, toute bouillante qu’elle fût, l’eau ne pouvait consumer.
Ainsi, quelques journées par an il fallait monter au calvaire, et espérer survivre à ce marathon de l’esprit. Chaque année, ce chemin de croix spirituel devenait plus dur. Le devoir étant un maître inflexible, juste et vital, il ne pouvait s’en dissocier et s’abandonner.

La cloche sonna, ou plutôt la SNCF annonça la fin du cours. Il lui fallait maintenant aller préparer la fête. S’associer aux préparatifs avait été un coup de génie. Nul ne s’étonnait qu’un organisateur ne partageât point la ferveur populaire. Ayant charge d’assurer le plaisir l’autrui, il ne pouvait se laisser entièrement posséder par ce sentiment, sous peine de ne pouvoir prévenir sa fin. Il faut des gens pour veiller au grain. Hypocritement, autrui disait de ceux-là qu’ils trouvaient leur bonheur dans le plaisir de leur prochain. Belle manière à la vérité de se purifier et de se dédouaner. L’homme ne reculait pas devant grand-chose pour préserver la pureté de son égoïsme, et lui ne faisait pas exception. Il en était juste plus conscient qu’eux.



Une fois rendu, il se plongea dans les travaux d’aménagements, et soulagea son visage de la jovialité. Il paraissait compréhensible que la manutention, surtout d’objets de poids, ne suscitât pas un enthousiasme débordant.

Un incident vint rompre ces conditions heureuses d’évolution. Milly et Tamiya s’étaient engagées dans une escarmouche malheureuse avec Sissi. Celle-là, du haut de sa hargne, les avait à l’excès dominées. L’intervention avait été dure et s’était soldée par l’impudence colérique des jeunes journalistes en herbes.
Pareil éclat pouvait être source d’instabilité et de chaos. Ce dernier représentait un risque pour l’hérétique. Aussi allait-il falloir veiller au grain. Il se demanda un instant s’il était possible d’apaiser le ressenti de la punition encourue par les deux jeunes journalistes. Le point était délicat, car s’il était perçu comme hypocrite dans sa proposition de réconfort, sa situation deviendrait excellemment délicate. Au point de compromettre l’édifice tout entier. Et qu’importait le fond de véracité de son sentiment. La vérité n’a pas de valeur. Peut-être que la ruse aurait le bon résultat. À supposer que s’exprimer soit le bon geste. L’absence égoïste ne saurait choquer le nihilisme des habitants de Kadic. Une difficile et trop courte réflexion s’imposait. « À chaque jour suffit sa peine », mais il était des journées plus chargées que d’autres.



C’est alors que le monde se rappela à lui. Alors que midi sonnait au beffroi, un autre fardeau lui revint en mémoire. Si le jeu n’avait pas été si important, il se serait bien passé de cette anamnèse-là. Il quitta donc le lieu des réjouissances à venir. Il avait rendez-vous.
En pestant, il accéléra le pas. Les belles personnes prenaient très au sérieux la ponctualité. L’amour, enfin l’apparence des effets du romantisme, était un outil de dissimulation très utile. Qu’un amoureux récent, et donc transi, fut quelque peu absent et lunatique relevait du plus haut degré de normalité. Autrement dit, c’était un point de cohérence du moi social, du masque attendu par la société. Il n’était pas difficile de mimer cet état, et les bénéfices étaient grands pour lui. L’amour, enfin le sentiment amoureux, expliquait un certain décalage, un retrait de la vie sociale qui n’était autre qu’une participation à la civilisation et donc une acception de la société. L’érémitisme amoureux l’inscrivait dans la société plus sûrement que tout autre devoir ou rite.

Bien sûr, la balance était équilibrée. Il fallait qu’il acceptât la société d’une amante. Un amant eût été tout aussi possible mais aurait posé nombre de problèmes qu’il valait mieux éviter. Il voulait faire glisser les regards sur lui, non voir des sourcils se relever sur son passage. Il fallait ménager une forme d’intimité, l’ombre d’un jardin secret à partager, accepter rendez-vous et activités, parer à la pression des ardeurs. Cette relation-ci venait tout juste de débuter. Aussi son numéro de funambule n’aurait pas dû être compliqué. Mais cette polka s’avérait difficile à transformer en valse. Sa partenaire restait bien rétive. Et trop attentive au qu’en-dira-t-on. Alors que lui avait besoin de publicité, non d’une relation ombragée et orageuse. Un certain doigté s’imposait. Mais l’échec de cette tactique était un risque de plus en plus patent. Tout en devisant de choses et d’autres, cours, enseignement, rumeurs, il cherchait et comment mener à sa fin ce faux-semblant et l’identité de celle qui précipiterait tant la fin qu’une renaissance.

La chose était rendue délicate par le fait qu’il n’était par pur esprit. Son corps se rappelait à lui et interférait avec la clarté cristalline de la logique. Et son corps avait soif de chaleur, faim de contact. Il désirait. Chose gênante et inadmissible. Combat qui avait par trop gagné en intensité ces derniers temps. À cause de ce duel, il n’avait su mener la relation et l’avait laissée s’éterniser. Son bouillonnement extérieur ne s’apaisait qu’en présence d’une amante, dans le même temps celle-ci l’encourageait tant volontairement que par sa seule présence évidente. Une langueur acide dont elle était la cause le dévorait ces derniers temps. Il savait qu’il faiblissait. Alors qu’il avait commencé avec ce jeu d’approche consistant à faire un pas en avant puis deux pas en arrière, désormais il ne reculait plus que pour sauter. Seule une trace de culpabilité le retenait. Il usait d’elle comme d’une marionnette, quoiqu’il n’eût su éviter de se faire attraper par des fils à son tour. Certes l’amour était une illusion. Certes tous finissaient par le savoir, par voir au-delà du tissu de valeur tendu par la société. Mais précipiter la découverte, la provoquer avant qu’autrui ne fut prêt était cruel pour l’autre, difficile pour soi. Car il ne s’agissait pas pour lui de l’amener à la juste compréhension de l’ordre du monde, à l’acceptation de l’impossibilité de partager en vérité. Il n’y avait aucune raison qui ne fût égoïste derrière ses actes. De temps en temps il se demandait si cette attention aux autres n’était pas indue. C’était un obstacle qui l’empêchait d’atteindre ses objectifs. Inutile et archaïque. Mais il n’avait jamais su ni pu extraire cette erreur de lui. Alors il faisait bon cœur contre mauvaise fortune.

En deçà de ces nécessaires réflexions, il essayait de ne pas trop se compromettre. Même si son babillage l’envoûtait et que ses hanches appelaient ses mains. Il savait que de céder au désir serait sa perte. Il ne saurait s’en décoller et s’y brûlerait. « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil. » Mais il s’enivrait de ce possible. Y mettre fin aurait brisé son amante. N’était-elle pas plus heureuse dans sa naïveté ? Quant à lui, il ne faisait là que se laisser aller. L’illusion était un insurmontable mirage, la pente naturelle de l’esprit. Il était naïf de croire en son désir. Quand bien même eût été l’amour, il lui aurait été impossible au moins autant qu’interdit. Il devait cesser de jouer avec le feu. L’expérience de la tentation n’était en rien fortifiante. C’était la voie de l’orthodoxie et de la dissolution.

Il fallait rompre. Sortir de ses bras. Décoller de ses lèvres. Reconstruire en vérité son image générique. Partir. Maintenant.

La fièvre au cœur, il s’extirpa maladroitement. Tandis que ses lèvres proféraient de vagues prétextes, parlaient de devoirs, son corps jouait un admirable double-jeu. Il amena son amante à croire qu’il avait peur de se commettre. C’était là une excuse recevable. Elle avait en outre l’avantage de préparer la fin définitive, de paver la voie de la destruction.

Il convint d’un autre rendez-vous.

Il était devenu vaniteux. Il avait pris des risques inconsidérés et tout allait s’effondrer. La somme de tant d’efforts, son sanctuaire face aux naïfs adeptes de l’amour et autres vacuités idiotes, pouvait fort bien éclater comme on perce une bulle. Il avait trop cru en sa logique. À l’abri derrière ses murailles doctrinales il s’était imaginé pouvoir se reposer. « Tout est vanité ».

L’ironie de la situation lui arracha un rire âpre. Lui le comédien, le masque averti, il avait cru dans les fondations du rôle. Il s’était pensé comme stable, avec des traits définis. Le vide n’était pas. Le néant n’existait pas. Il avait oublié que le néant n’avait pas de prédicat. Le menteur s’était si bien appliqué à mentir, tant à lui-même qu’aux autres, qu’il avait cru.

Il devait se ressaisir. La raison était son alliée. Il pouvait encore contrôler les dégâts. Pour l’instant, il ne s’était trahi qu’à ses yeux. Cautériser ce problème serait long, mais ne représentait pas de danger externe. En revanche, il ne pouvait laisser s’installer l’infection. Il s’en occuperait le soir même, après le bal. La nuit promettait d’être courte et épuisante.

En attendant il devait renouer avec le portrait, se réinvestir pleinement dans le rôle afin de prévenir tout haussement de sourcil. Une occasion se présenta. Milly et Tamiya marchaient anxieusement à travers le parc. Les voir ici dans cet état était un problème et un signe. Cela indiquait une dispute ou une crise. C’était sans aucun doute lié aux événements du matin. Mais il pouvait leur passer du baume au cœur. Apaiser cette tension éliminerait une source de chaos. Accomplir son rôle le ramènerait dans le chemin juste, l’hérésie. Il avait tout intérêt à procéder rapidement. D’un autre côté, il était fortement ébranlé. Il prenait le risque de ne savoir garder le contrôle de la confrontation et de ne pouvoir l’amener là où il souhaitait. Il pesa rapidement le pour et le contre. Puis il parti à la recherche des deux jeunes filles.




Des goûts et des couleurs il ne faut pas parler ni juger, mais la débauche de son et de lumière que d’aucun appelaient « fête » lui donnait la migraine et l’agaçait. Mais il était bien trop secoué pour que cela vint à affecter son sourire. En toute honnêteté, il n’aurait pas dû être présent ce soir. Son esprit était pris dans les marées des alternatives ; ses protections sur le point de s’effondrer. Il allait devoir s’en remettre à l’expérience. Aux habitudes et automatismes polis et accumulés par une longue pratique. En être réduit à cela était un signal de danger, et ce fonctionnement sans intelligence était un danger tout aussi conséquent. Hélas, il n’avait pas le choix. Cette soirée était donc un détestable pari. Il commença à tourner dans la salle. Ce fut en connaisseur qu’il apprécia les atours de fête, ces déguisements du bonheur. Ce soir, chacun en se masquant rendait criante la vérité. Ils jouaient. Ils jouaient à être des jeunes, des adultes, des êtres de société. Ils prenaient des rôles et des poses, révélant par la même leurs tics et astuces. Il pouvait alors distinguer les éléments du masque quotidien, et voir affleurer le néant derrière leurs yeux.
Il oubliait systématiquement ce côté-là des fêtes. C’était pourtant le seul plaisant. Il ne se sentait alors plus aussi anormal. Pour un temps, le rêve prenait le réel. Pour un temps, imaginer pouvait être considéré.

Il croisa Ulrich Stern. Cette rencontre fut source d’émotions violentes. Il ne jouait pas le jeu. Venant dans ses ternes habits de cancre il se dérobait, il prétendait ne pas prétendre. Il se proclamait entier, substance unique. Ne savait-il pas qu’il n’était de surface sans fond ? Ou il était d’une confondante naïveté, confinant au crétinisme, ou il était un autre hérétique. Il était un danger dans les deux cas. Il allait falloir contrôler son évolution. Le jeune homme avait l’air inquiet et agité. Pour tout dire, il restait complètement extérieur à la fête. Sachant reconnaître les signes d’un esprit tendu vers un objectif, l’hérétique se dit de garder un œil sur lui.

Ce faisant, il continua à hanter la fête, circulant entre les anneaux, glissant de périphérie en banlieue. Il était là où se trouvait sa place. Il se détachait des ombres comme l’angelot en stuc de la voûte. Il n’était pas vivant, il était dans le tableau. Pourquoi alors, tout son être semblait vouloir fuir ? Serait-il repris par ses hallucinations ? Il y avait déjà perdu du crédit. Encore que les boursouflures de son rôle eussent jouées leur rôle de parade.

Ah ! Le proviseur donna le signal. La fête allait bientôt atteindre son paroxysme avec l’élection de la reine. Ensuite, l’ambiance retomberait progressivement. D’ici une heure la discipline reprendrait ses droits. Pour lui ce ne serait que le commencement. De longues heures d’exorcisme et de méditation le guettaient. Il fallait ranimer la flamme de la vigilance et rasséréner la doctrine.

Penser qu’au bout de tant de temps les illusions, la grande illusion, reviendraient le narguer, le mener. L’homme était-il à ce point prisonnier ? Ne pouvait-il admettre la nudité calculatoire et sans âme du monde ? Pourquoi, pourquoi le cœur cherchait-il toujours la pente miraculeuse ? Son subconscient était toujours en quête de quelque chose d’autre que la seule raison. Mais il n’y avait qu’elle. Elle seule animait le monde et les êtres. Ouverture ! Sortir ! Communiquer ! Charité ! Des sons vides plaqués par des désirs idiots et des inconscients. Des fantasmes habilement manipulés par des ambitieux en quête de pouvoir. De vains mots repoussants comme de la mauvaise herbe dans le cœur des autres comme dans le sien. Le cœur justement. C’était là une idiotie dont il n’avait que trop tardé à se débarrasser. À force d’user de son sens courant, il avait refermé le piège, cru à autre chose qu’à une pompe sanguine.

Que d’autres se fassent prendre ! Qu’ils aillent se faire pendre ailleurs ! Lui resterait, roc dans la rivière, comédien conscient. Il ne serait pas dupe. Il ne laisserait pas les principes et le rêve appelé « paix » lui masquer la vérité de la guerre !

Son sang bouillonnait. La foule fut parcourue d’un frémissement. Bientôt la marée fut rire. Stern ayant affirmé qu’un ours en peluche géant allait attaquer et qu’évacuer était en conséquence nécessaire.

Il allait intervenir, nonobstant l’exaltation de ses sens et l’emportement de sa pensée. Le mur se fractura. Il vit au ralenti plâtre et béton voler en éclats, déchirés par la force du coton rembourré. Pan pris possession de l’assemblée. Phobos le prit. Un verre à la main il se figea, la mâchoire décrochée.

C’était un cauchemar.

L’ours déchira le mur comme un rideau dévoilant l’impossible.

Il n’avait pas perdu le contrôle. C’était bien lui. La chose qui l’avait pris à parti quelques heures plus tôt.

L’ours se pencha, présence étrangère. Pas d’haleine fétide, pas de bruits, pas d’odeur, pas de grognements. Il n’était pas mondain.

Non ! C’était impossible. Il devait fermer les yeux. Revenir à la raisonnable réalité.

Le phénomène releva le bras. Il allait frapper et tuer.

Il devait intervenir, s’animer, se reprendre. Sortir de l’hébétude.

Cet être ne pouvait pas… Non ! Il n’était pas. Mais il ne pouvait refuser la réalité apophantique.

Un élève se tenait agenouillés devant la chose. Il allait mourir. Il vit son visage, son appel. Il devait le sauver, contraindre son corps, se jeter sous le coup et être écrasé. C’était illogique. Ce ne pouvait être. Fuir permettrait de survivre. Il calcula qu’il lui fallait quarante secondes et soixante pas pour arriver à une première halte sûre. Quoi ! Se soustraire ? Manquer à sa détresse ? Trahir sa fondation, se dérober à l’humanité ? Abandonner sa responsabilité.

À quoi sert de se dissimuler ? À quoi bon se camoufler et se protéger derrière un masque si son protégé mourait, causant la mort de l’autre quand il avait voulu le protéger ? En son âme transpercée, éclatait la vérité. Lucidité brûlante comme un soleil, elle consumait tout. Rôle, individu, classe, âge, sexe… Ne laissant qu’un être aussi nu que l’essentielle pauvreté de cet autre face à lui. Par-delà ce qu’il avait été, en deçà de ce qu’était cet élève, comment refuser, comment se refuser ? Il n’exhortait pas, son existence était son appel.

Nul besoin de se draper. La nudité ainsi révélée, l’unité revenue. Consommé le faux-semblant ! Unis dans la fraternité et sortis de l’égalité du même. Seul, réconcilié face à l’altérité.

Un de corps et d’esprit, en union avec l’origine, un élan le parcouru. Dans la clarté pure de l’invention il faillit afin de sauvegarder et de préserver. Toute éviction, tout à peu près disparurent dans la blancheur d’un monde retrouvé.


Et soudain la conscience fut ; il n’y avait rien, il y eut. Il revint à lui. Une fois que la pensée eût émergée du présent, ce fut plus facile.

L’eau froide dont il se servit pour évacuer les dernières traces de mousse lui fouetta le visage. Relevant la tête il fut attiré. Pourtant rien n’avait changé. Son visage restait marqué, ses yeux trop vifs. Il croisa leur reflet et ressentit le murmure. Réconcilié, il avait changé. Une vérité qui lui imposait de s’y tenir. D’où ? Qu’était-ce qui le contraignait ? D’où cet appel sur le chemin ?

Mais il l’avait déjà embrassé.

Il mit un pied dehors, rejoignant la vie des hommes.

« Comment vous allez M’sieur Moralès ? Vous avez l’air… »
Il répondit d’un sourire .
« Ça, je préfère ne pas en parler ».

–ce regard est précisément l’épiphanie du visage comme visage. La nudité du visage est dénuement. Reconnaître autrui, c’est reconnaître une faim. Reconnaître Autrui –c’est donner. Mais c’est donner au maître, au Seigneur, à celui que l’on aborde comme ‘vous’ dans une dimension de hauteur

Lévinas, Totalité et infini.


J'ose espérer que ce petit écrit vous fut agréable, et vous a surpris.

La perfection n'étant pas de ce monde, j'ose espérer que vous me communiquerez les fautes d'orthographes et erreurs de syntaxe que vous repérerez.

Enfin je tiens à remerciez mes deux lecteurs initiaux. Ils ont permis un important polissage du texte. Ils n'avaient cependant pas la version dernière de celui-ci avec les épigraphes. Aussi est-ce un récit à neuf qu'ils ont pu lire ici.

Puissiez vous savourer et goûter à toujours plus d'écrits.[/i]
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.


Dernière édition par Silius Italicus le Dim 03 Jan 2016 10:48; édité 2 fois
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Ellana MessagePosté le: Ven 02 Oct 2015 08:19   Sujet du message: Répondre en citant  
X.A.N.Alloween 2013 (T)


Inscrit le: 06 Oct 2013
Messages: 240
Localisation: Al-Jeit.
Bonjour, bonsoir !

J'ai l'impression que cela fait une éternité que je n'ai pas commenté mais je passais par là et j'ai vu ce texte tout jeune et tout frais, ça m'a donné envie de lire et commenter.

Tout d'abord, je ne vous cacherai pas que j'ai un peu de mal avec votre style. Vous trouverez plus bas certaines phrases mais dans l'ensemble plusieurs sonnent bizarrement et ce dès le début du texte : «  'Une fois que la pensée eut émergée du présent », « déchirant le dernier voile qui l’empêchait d’être pleinement », « Quand bien même eût été l’amour, » m'ont par exemple un peu bloquée.

Concernant le fond, j'ai beaucoup aimé votre vision des collégiens, un peu sombre et réductrice, mais néanmoins non-dénuée de fondement. Dans l'ensemble, l'analyse que vous faites des gens est assez bonne (celle de l'organisateur qui prend moins de plaisir à participer est tout à fait juste).
Il y a toutefois, sur le fond encore, quelques moments gênants : le fait qu'il retourne dans sa chambre pour se raser alors qu'il aurait été plus logique de le faire dans la salle de bain. Certes, il semble ne pas vouloir être vu mais tout de même, il n'a qu'à se lever plus tôt... C'est idiot à dire, pourtant, cela serait plus simple.
Si j'avais bien reconnu Jim (le fait qu'il se rase, son rôle d'organisateur, sa distance par rapport aux autres), je ne m'attendais pas à ce que vous repreniez l'épisode 1 (influencée sans doute par le titre, « bal masqué », pris au sens premier du terme alors que dans Teddygozilla, il s'agit d'un simple bal, sans loups). C'était une idée cohérente mais trop de détails ne vont pas avec le texte par rapport à l'épisode. Notamment le fait que Jim rencontre l'ours géant : on ne voit pas assez le contraste entre l'avant et l'après. On aurait pu croire que c'était la rencontre avec l'ours qui aurait causé un choc psychologique mais votre récit prend justement les choses à la racine et nous offre une autre version du personnage puisque, fatalement, nous avons peu d'informations certifiées sur Jim avant le début de la série. En fait, le Jim que nous connaissons ne l'est devenu que parce que XANA est passé par là. C'est une version très séduisante.

Voici les points remarqués sur la forme :
Spoiler


Donc en conclusion, je dirai que la dernière moitié du texte est très bien réussie (c'est tout ce qu'on demande à une chute d'ailleurs) mais que la première moitié se perd un peu dans des phrases alambiquées. Alors, je vous reprendrai en indiquant que si je ne juge pas des goûts et des couleurs, je me permets d'en parler en disant que votre style n'est pas de ceux que j'affectionne. Cela ne remet évidemment pas en cause le fait que votre texte comporte des qualités. Je laisse donc la place à d'autres commentateurs qui auront sans doute mieux réussi que moi à s'immerger dans l'histoire elle-même.

_________________

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Ma belle, douce lune sous un chant blanc d'étoiles, / Astre fatigué, vagabonde hors-la-loi / Toute pâle dans l'oeil noir de loups qui aboient, / Hisse les rêves, aux nuits où tu es seule voile. ♥
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Icer MessagePosté le: Mer 07 Oct 2015 11:33   Sujet du message: Répondre en citant  
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Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2109
Localisation: Territoire banquise
My godness. J'ai cru tout d'abord à cause de la redirection qu'il s'agissait d'un texte d'Ellana. Pensant à "Pas maintenant" ma première réaction fut globalement "Meeeeerde". Puis la vérité fut rétablie.
Ce texte appellera moins de commentaires de ma part que le premier, pour deux raisons. La première c'est que je ne suis pas fan de ce type d'OS, j'avoue avoir été davantage pris par l'écrit précédent. Et la seconde, c'est qu'on peut dire qu'Ellana a fait le taf et je l'en remercie.
Par contre, je peux quand même ajouter qu'il est fort aise que tu es aussi doué pour commencer tes textes avec une citation que nul pour trouver tes titres. La solution pourrait donc être... de choisir une citation en guise de titre. Inutile de me remercier pour mon génie Mr. Green
En tout cas, continue d'apporter ta vision originale et ton style raffiné au sous-forum !

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« - J'viens de voir les parents de William se diriger vers le bâtiment administratif.
- Quoi !? Mais comment tu peux savoir que c'est eux ?
- Bah après la disparition du X.A.N.Aguerrier je me suis quand même renseigné un minimum sur sa vie pour programmer sa réplique. Cela étant dit, c'est bien la réplique le problème, elle n'est pas au point et va faire foirer toute notre couverture à mon avis.
- Mais Jérémie, et les données récupérées à X.A.N.A lors de la translation de William ? Elles ne t'ont pas servies à avoir de quoi le libérer ?
- J'ai commencé à y travailler quand tu es partie mais je n'ai pas fini... »


Paru.
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Silius Italicus MessagePosté le: Jeu 22 Oct 2015 06:09   Sujet du message: Répondre en citant  
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Messages: 174
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonsoir,
Tout d’abord je tiens à m’excuser pour mon retard. Il était fort malpoli envers vous, lecteurs et commentateurs, de délayer cette réponse.

Je remercie Ellana pour toutes les coquilles qu’elle a pu repérer, elles sont corrigées. Pour ce qui est des répétitions, j’ai en effet une difficulté certaine à faire varier les verbes. C’est un point de travail important. J’ai aussi effectué quelques corrections sur ces points-ci, mais de manière mineure. En effet, ayant publié, je ne souhaite pas reformuler des phrases ou des passages du texte en profondeur, même lorsque cela semble s’imposer. C’est pourquoi à vos yeux attentifs des maladresses continueront d’apparaître.

Quelques points restent donc en suspend.

Il n’y a rien à redire sur votre analyse du mot « ablution » qui est parfaite. Ce pendant, le texte comporte un réseau de connotations religieuse ou spirituelle, dont « ablution » est la première occurrence. C’est pourquoi le mot était employé ici, pour introduire le contexte religieux – au sens médiocre de ce mot. À sa manière le personnage est un fanatique. Un fanatique en minorité, isolé en terre païenne si l’on veut. Aussi une large partie de ses actions est ritualisée. Il s’agit de se protéger de l’extérieur. Mais pour autant il ne procède pas consciemment. C’est pourquoi « hygiénique » est apposé à « ablution ». Il s’agissait de montrer à la fois le caractère rituel de l’action, et le fait qu’elle n’est pas reconnue dans cette dimension-là. Quant à la nature de cette toilette, douche ou non, je laisse cela à votre imagination. Au passage, le sens courant de ce terme dérive directement de la manière de faire des ablutions rituelles et religieuses.

Noël est bien un nom – et un prénom – masculin, ainsi dira-t-on « le Noël (de) 2003, mais « la Noël » est une ellipse pour « la fête de Noël ». C’est une expression encore en usage dans certaines parties du Sud de la France, et par ailleurs attestée chez de bons auteurs tel que Hugo, Apollinaire, ou Aragon. C’est donc d’un emploi rare, mais qui ne pose pas de problèmes.

Le cas de la fête pascale est un peu plus compliqué. Le français distingue donc la Pâques chrétienne et la Pâcque juive. Cette dernière se prononce s’emploie couramment avec le déterminant féminin.. Pour l’autre, le même traitement elliptique que pour Noël peut-être appliqué, ainsi que le fit Zola dans quelques-uns de ses écrits. Du reste il y a aussi en contexte une volonté de rabaisser ces moments religieux de la part du personnage, d’où l’emploi du déterminant.

Les constructions avec « que de » sont tout à fait régulières et licites d’après le Grevisse. Cependant, le Bon Usage précise qu’il s’agit d’un usage rare et archaïsant. D’où votre étonnement légitime. L’un des moyens de protection du fanatique est aussi d’utiliser un langage propre, différent. Cela lui donne l’impression de s’élever au-dessus du commun, de la foule. Ici cela permet aussi de maintenir à distance le rôle qu’il s’est fixé, de ne pas s’y fondre. C’est ce qui explique l’usage d’une langue par trop complexe dans ce texte.

Ayant traité de la forme, nous pouvons nous attarder sur les remarques de fond.

Pourquoi retourne-t-il dans sa chambre ? Je n’en sais rien. Pourquoi pas ? Parce qu’il a envie ? Parce qu’il ne veut pas être vu ? Il pourrait certes se lever encore plus tôt, mais hélas en collectivité cela ne réduirait pas vraiment les chances qu’un insomniaque décidât de passer à ce moment. Il y a trop d’interne pour que la probabilité d’être seul soit raisonnablement nul. En outre c’est là encore un rituel. Il se prépare par petit bout à rentrer dans le monde. Être seul dans sa chambre et devant la glace, s’observer avant de sortir définitivement est important dans ces circonstances. Cet aller-et-retour est un moyen de se rassurer.

Que vous ayez trouvé l’identité du personnage si vite, Ellana, est un échec de ma part ; je tenais à laisser le doute planer. C’est dans cet optique que des parties de l’épisode ont été coupées à la rédaction pour n’être évoqué que par allusions ensuite. Et puis cela aurait rendu ce récit trop long pour ce qu’il y avait à dire. Ces allusions étaient, semble-t-il, trop discrètes ou insuffisantes. Mais la première rencontre avec l’ours fut marquante. C’est elle qui a fortement fragilisé ses remparts, au point qu’il essaye de se convaincre que c’était une hallucination. Sans elle, les événements du bal n’auraient pu avoir lieu. Le fanatisme est une herbe aux racines très solides.

La vision des collégiens qu’à le personnage est extrêmement tronquée et réductrice. Elle est pour lui un instrument de mépris. Je ne la partage pas vraiment. Certes il y a des parts de vérité dans certaines choses, les fluctuations d’amitiés, sentiments exacerbés et pression du conformisme. Mais certainement pas au niveau décrit ici.

Je diffère un peu de vous en ce que j’estime que la seconde partie du texte, celle sur la fête est moins bonne que la première, et bien moins bonne que ce qu’elle devrait être. À l’exception peut-être des toutes dernières lignes. Mais les toutes premières lignes du texte faisaient fort pour mettre le lecteur mal à l’aise.

Enfin, je suis désolé que ce texte ne vous ait pas convaincu, ni sur la forme, ni sur le fond. Que dire sinon que c’était un cas assez particulier, avec un certain laisser aller qui a pesé sur l’élaboration des phrases ? Mon texte précédent était assez différent – si vous ne l’avez lu – et les suivants n’ont pas vocation ou sujet qui créerait le même style d’écriture. Je vous remercie d’autant plus pour votre commentaire des plus complets que ce texte ne vous a pas plu. J’espère que nous nous recroiserons au détour de textes d’un auteur ou d’un autre.

Très cher Icer, comme toujours votre art du pastiche est admirable. Il est regrettable que vous ne sembliez pas vouloir le pratiquer à plus grande échelle. On ne peut plaire à chaque fois. J’espère que vous n’avez pas été trop dérouté cependant. Ne vous inquiétez pas d’autres textes plus à vos goûts viendront. Enfin, peut-être. Je prends note de votre idée d’intervertir titre et épigraphe. Ici c’eût été trop long, mais pour le prochain se sera fait. Ce devrait susciter d’intéressantes réactions.

Au plaisir de vous retrouver à nouveau au détour d'un texte.
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Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Pikamaniaque MessagePosté le: Dim 20 Déc 2015 10:55   Sujet du message: Répondre en citant  
Référent Pikamaniaque


Inscrit le: 30 Jan 2011
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Localisation: Norende.
Bonsoir Silius,

Il manque sur ce forum des gens pour critiquer la forme du récit plus que le fond, parce qu’on se concentre sur les idées, mais je ne pense pas que l’un puisse aller sans l’autre. Si je devais dès lors faire preuve d’objectivité, je dirai ainsi que Le Bal Masqué failli là où très précisément, les lecteurs sont le moins vigilants ; la question de la sémantique, l’organisation des phrases, leur syntaxe, leur structure.
Toutefois, je ne te ferai pas l’affront de te comparer aux personnes verrouillées du forum, bien loin de moi cette initiative, mais tu es dans l’extrême inverse. À la grande médiocrité, on oppose le grand talent (la voie du juste milieu, tu connais cette théorie philosophique j’en suis sûr), mais si on pousse les choses plus loin, on en arrive au parnasse, au style ampoulé, et je ne suis pas sûr que ce soit le mieux.
En effet, avant même de juger le fond, je suis face à une écriture trop pompeuse que le sujet qu’elle évoque ; non pas toi, Silius, mais bien l’histoire que tu racontes. Tu décris une scène de réveil en incipit avec une beauté littéraire qui détonne fortement avec l’ambiance générale de la scène contemporaine que tu décris, et on voit particulièrement cette bipolarité dans la phrase « Il commença donc par aller soulager sa vessie».

Je te rappelle, à toutes fins utiles, qu’un récit bien ficelé n’est pas forcément un récit qui fait le louange de nos besoins vitaux, mais qui, dans ton cas, semble chercher à retranscrire la réalité dans un style réaliste, que je qualifierai même, Thatcher m’en préserve, de naturaliste.

Citation:
À cette heure-ci, nul ne viendrait le déranger durant ces ablutions hygiéniques et matinales.


Honnêtement, ne trouves-tu pas cela lourd toi-même du point de vue de la lecture ? On peut apprécier les belles lettres, j’en raffole, mais quand le contexte s’y prête. La gestion de la forme m’apparaît dès lors maladroite, alors qu’elle reflète – j’en suis persuadé – un perfectionnisme maladif, et une obsession du détail à la Gustave Flaubert.
Sauf qu’à l’inverse de lui, la multiplication des métaphores, la surdose de métaphores, l’overdose de métaphores que tu nous livres à chaque paragraphe, à grand coups de tempêtes lyriques (paragraphe sur les cours, notamment), ne viennent-elles pas sublimer les actions du quotidien ? Certainement, mais à défaut, parce que tu décris justement une routine qui semble monotone par quelque chose qui a l’air extraordinaire. Tes ambitions sont tronquées, en plus d’être ampoulées.

Citation:
En sus d’être ennuyeux, les cours n’offraient même pas un répit.


Oui parce que, à te lire, je ne les trouve pas du tout ennuyeux, tout au contraire. Tu leur donnes une telle dimension littéraire que je les trouve géniaux (c.f paragraphe précédent).
Mais allons plus loin. Comme tous les auteurs à grand potentiel de verbiage, tu commets dans ta surdose d’analogies, une erreur fatale qui peut te coûter le sacro-saint triple A : les phrases qui ne veulent plus rien dire. Et là, c’est le drame.

Citation:
Les belles personnes prenaient très au sérieux la ponctualité. L’amour, enfin l’apparence des effets du romantisme, était un outil de dissimulation très utile. Qu’un amoureux récent, et donc transi, fut quelque peu absent et lunatique relevait du plus haut degré de normalité. Autrement dit, c’était un point de cohérence du moi social, du masque attendu par la société.

Gné ?

Citation:
L’amour, enfin le sentiment amoureux, expliquait un certain décalage, un retrait de la vie sociale qui n’était autre qu’une participation à la civilisation et donc une acception de la société.

L’expression maladroite rend le tout incohérent.

Je pourrais continuer longtemps, mais je crois que ces deux exemples, qui s’inscrivent dans mon commentaire linéaire, illustrent bien le propos : qu’est-ce que tu racontes, Silius ?
Ta fiction est censée pouvoir être lue, pas nécessiter un casse-tête pompeux de plusieurs dizaines d’heures. Moi-même qui ai du vocabulaire, j’avoue que tu m’as appris des choses. Mais était-ce à la meilleure aise ?
Entre les paragraphes inutiles qu’on aurait pu condenser en une ligne (c.f paragraphe sur les amants), entre la narration quasi-ésotérique entremêlée de réflexions métaphysiques, on ne s’y retrouve plus et c’est là que ton plus gros défaut en terme d’écriture, plombe toute ta nouvelle.

Je n’hésite en effet pas à te dire que la complexité technique de ton œuvre se caractérise uniquement par la forme, tant et si bien que j’ai à peine compris la trame scénaristique de ta nouvelle, qui ne me semble être que scène de genre parmi les scènes de genre, sans aucun enjeu autre que les réflexions d’un cerveau qui triture visiblement bien trop son quotidien pour garder un spectateur avec lui.
C’est vraiment dommage, parce que je préfère axer mon commentaire sur ce que tu ne sais peut-être pas, que sur ce que les autres peuvent te dire ; un potentiel littéraire remarquable, mais encore faut-il savoir le maîtriser à bon escient.
Je reprendrai ainsi à mon compte la fin du commentaire d’Ellana, parce que l’idée, pour avoir cherché à la comprendre, est intéressante, mais elle gagnerait à l’exercice de synthèse dans lequel on reconnaît les vraies personnes talentueuses.
Je me permets donc de te le dire en toute franchise, parce que j’ai eu souvent le même problème que toi, encore aujourd’hui, je ne peux, j’en suis sûr, m’empêcher de partir dans des tournures grandiloquentes qui ne font que très peu apporter à ce que j’écris.

Tu as de vraies qualités littéraires, n’en doute pas. Il est toutefois maintenant à toi de faire de ta plus grande faiblesse, qui est aussi ta plus grande force, l’ingrédient de la réussite.

Avec toute mon amitié,
Pikamaniaque.

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« Si tu y crois de toutes tes forces, un mensonge peut devenir réalité. Alexandre Schwartz … Le savait mieux que quiconque. »
— Chapitre 12 (Projet Renaissance).
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