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[Fanfic] Dix ans après [Terminée]

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 Auteur Message
Belgarel MessagePosté le: Ven 20 Aoû 2010 17:10   Sujet du message: [Fanfic] Dix ans après [Terminée] Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
Petite intro rapide et annexes diverses : 155 pages, 18 sections réparties en 4 cycles et un épilogue, 91.000 mots, près de 550.000 caractères. Vous vous sentez prêts à vous farcir tout ça ?
Ça, c'est ma fanfic roman par épisodes ; alors, pour ceux qui ont peur, j'ai élaboré de petits "résumés" qui vous permettront de suivre et de lire ce que vous voulez "approfondir" Pour commenter, par besoin d'être allé au bout, on lit comme on veut, on commente ce qu'on a lu ; c'est comme ça que ça fonctionnera en tout cas chez moi. Et je serai toujours heureux de lire des commentaires (vérifiez quand même avant que je suis toujours à peu près actif, sinon envoyez-moi un mp).
Bon, première annexe : chronologie
Spoiler
"Résumé des épisodes précédents :"
Spoiler





Bla bla de circonstance

Saurait-on imaginer quoi que ce soit qui n'ait pas sa préface inutile, pleine d'avis, de précisions dont on n'a que faire, puisse être publié nulle part ? Que serait donc un travail sans présentation que le lecteur puisse sauter après un paragraphe d'ennui ? C'est pour ces raisons, et aussi par snobisme, que j'ai décidé de rédiger un bref texte en vous le présentant comme un avertissement dans votre propre intérêt. Mais avant de passer les paragraphes que vous ne lirez jamais, je souhaiterais vous avertir de ce que l'auteur est très, très porté sur la description. Face aux pâtés de détails inutiles, qui émerveillent les héros et endorment le lecteur, armez-vous donc de courage, et n'oubliez surtout jamais les droits du lecteur édictés par Danniel Pennac (Comme un roman) : celui de lire n'importe quoi, d'abandonner un récit au milieu, de le commencer où il veut, et surtout, oui, surtout, de sauter des passages qui ne l'intéressent pas.

Vous êtes encore là ? C'est que vous avez besoin que je vous explique mon titre. Ah, ça, si j'en suis pas fier ! il dit bien les choses, droit au but : le principe de ma fanfiction, c'est de répéter ce que dit déjà le titre. J'ai commencé à écrire mon petit bébé sans avoir lu au préalable aucune des fanfictions du forum ; dans les quelques-unes que j'ai feuilletées depuis, j'ai vu quelques-unes qui s'étaient donné le même but que moi, ou peu s'en faut. Quel malheur, mon idée était déjà prise ! heureusement, j'ai trouvé lesdites fanfictions fort différentes de la mienne.

Le futur que j'ai donné à mes personnages fera peut-être l'objet de controverses, mais j'ai du mal à comprendre en quoi. Sauf que je ne veux pas défigurer la belle unité de ma préface avec des "spoilers" : donc, je m'expliquerai plus tard. Du reste, vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même, je vous avais dit de partir avant même d'écrire.
Une chose reste à préciser. Je posterai ce que j'ai écrit de cette fanfictions par gros morceaux. Le problème, c'est que je ne suis pas sûr d'avoir fini avant la fin de la semaine prochaine - moment où je repartirai à l'école, et arrêterai toute activité sur ce forum jusqu'aux prochaines vacances. N'hésitez donc pas à poster des avis avant d'avoir tout lu, que je sache qu'on passe par ici ^^

Faut que je trouve une fin élégante à ma belle préface...(version définitive)



Dix ans après


1

- Fini de rêver, Belpois !

Jérémie étouffa un cri de rage. Non seulement il se faisait interrompre dans son travail pour la dixième fois ce matin par le patron, mais en plus, il avait sursauté, sa main avait dérapé, et il avait lancé un programme en chantier. Bref, des heures sup' en perspective à la maison.

- Oui, monsieur Sarles ? siffla-t-il entre ses dents.

Monsieur Sarles était un ancien catcheur, absolument incompétent en matière d'informatique, mais qui s'étant piqué de se reconvertir en « brain coach », « pour le bien de la société de demain », s'était révélé une véritable pointure en management. Même si Jérémie Belpois trouvait la plupart du temps le moyen de le berner, Sarles avait l'œil fin et un nez à dégotter des truffes : il sentait l'arnaque à plus d'un kilomètre.

- C'est pas pour ça qu'tu es payé, Belpois ! ragea-t-il, assombrissant l'espace de travail de Jérémie.

Ce dernier décida de ne pas la jouer profil bas cette fois. Il s'étira, recula sa chaise, mit ses pieds sur son bureau et laissa pendre ses bras jusqu'à terre.

- Je vois pas de quoi vous parlez, monsieur. La boîte me demande de programmer, je programme !
- Joue pas au plus bête avec moi, Belpois, tu risquerais de perdre. Et pas seulement le jeu ! les règles, dans la vie, c'est très simple : tu te bats ou tu t'écrases.
- Charmant. Alors, qu'est-ce que la boîte me reproche dans mes programmes ?
- La boîte, elle te paye pour mener une équipe de chercheurs, voilà ce qu'elle te dit ! si tu veux trifouiller des trucs perso, ça t'regarde, j'en ai rien à faire ; mais pendant les heures de boulot, tu fais ton job !

Cette fois, Jérémie n'en pouvait vraiment plus. Il se dressa si brusquement qu'il désarçonna presque Sarles, qu'il dépassait d'une demi-tête.

- C'est la dixième fois que j'entends ces conneries, déclara-t-il froidement. Mes revendications ne changent pas. Si vous voulez que, comme mon équipe, je sois occupé par les projets de l'entreprise à 100%, alors changez-moi d'affectation. Dans ce projet, je donnerai le strict minimum pour garder mon travail. Je me fais bien comprendre ?
- Mais, mais, c-certaine'ment...bafouilla le contremaître, décontenancé par cette soudaine rébellion. C'est seulement que...la boîte...
- Écoute-moi, Sarles. Écoute-moi, car je vais te montrer comment ça marche, une boîte. D'abord, j'ai un CV en béton, je suis un jeune qui en veut, et à moi seul, j'ai réalisé plus de profits en près de quatre ans que j'ai passés ici que les cinq autres équipes du secteur informatique, sans parler des brevets élaborés à titre personnel dont j'ai fait donation à la maison. Ensuite, tant que je changerai pas d'affectation, aussi sûr que je peux tout savoir de ta vie en moins de deux minutes, le meilleur élément du conglomérat restera aussi efficace qu'un simple employé comme toi. Alors tu fais passer l'ordre. Compris ?

Jérémie se rassit et se remit à pianoter sur son portable, ignorant délibérément son poste de travail et son patron. Un bref moment, le « brain coach » laissa ses muscles se gonfler de colère, mais d'un coup, il pensa qu'il avait pas le droit de casser la gueule au petit gars, et que ça poserait des problèmes s'il le faisait. Comme tout le monde, Sarles avait peur de la paperasse. Il répondit donc franchement :

- Bon, Belpois, je vais voir ce que je peux faire. Cela dit, je te garantis rien. C'est un ordre qui vient de haut, des dirlos, et peut-être même du PDG...ou plus ! C'est qu'ils y tiennent, ça ce projet !
- Pas étonnant, commenta le jeune homme en s'adoucissant. Sur le plan scientifique, c'est une avancée phénoménale.
- Mais justement, continua Sarles en se frottant le crâne, sans laisser transparaître son insistance, comment ça se fait que ça ne te passionne pas ?
- N'insistez pas, monsieur ! trancha Jérémie en se raidissant. Je suis catégorique et j'ai mes raisons : non, je ne veux pas.
- Bon, ça va. C'était juste un coup dans l'eau, tenta de se justifier l'autre en se retirant.

Jérémie grogna en fixant du regard l'écran de son ordinateur de travail. Non, il ne voulait pas. Il n'en était pas question. Ils devraient se trouver quelqu'un d'autre pour faire fonctionner la dernière découverte de la technologie, le Supercalculateur quantique.

***

- Tu as l'air de bien mauvaise humeur, toi ! C'est encore Sarles et son PDG ? demanda Aelita en levant lui apportant un bout de pizza réchauffé à la va-vite.
- Hein ? tu dis ? s'exclama Jérémie, levant le nez de son éternel portable. Oh, tu as fait à manger ? C'était mon tour, je croyais...
- Tu n'as pas répondu à ma question.
- M'en fous, décréta Jérémie en prenant le morceau de pizza tiède et mou. Je croyais que c'était à moi de faire la cuisine. Pourquoi t'es-tu mêlée de réchauffer ce truc ?
- Oh, t'es jamais content ? Qu'est-ce qu'elle t'a fait, ma pizza ?
- Y'en a que j'en ai marre de ces pizzas avec des anchois que tu sais pas réchauffer ! quand c'est mon tour de cuisiner, j'aimerais en profiter pour manger quelque chose de bon, tu vois ?
- Comme si tu savais mieux cuire un steak que moi ! d'ailleurs, si tu tiens vraiment à manger quelque chose de bon, comme tu dis, tu devrais peut-être penser à cuisiner avant 23 heures !
- Déjà cette heure ? Tu aurais dû me prévenir !
- J'ai bien essayé, impossible de te réveiller sans stimulant ! tu étais hypnotisé par cet écran !
- Cet écran, c'est la prochaine révolution virtuelle du futur ! alors, un peu de respect !
- Mais je m'en fous, moi, de ton machin virtuel ! éclata Aelita en pleurant de rage. Enfin, tu m'écoutes pas ? A quelle heure suis-je rentrée, hein ? Alors, à quelle heure ?
- Je vois pas le rapport.
- A quelle heure, crétin ?
- M'en fous !
- Ça fait cinq heures que je suis là ! cinq heures, et tu ne m'as pas remarquée. Tu ne fais plus attention à moi depuis deux semaines, tu t'enfonces complètement dans ton travail et dans tes programmes ! Ça recommence comme du temps de XANA ; quelque chose de grave te tracasse. Dis-le moi, confie-toi, merde !

La jeune femme ferma d'un coup sec l'ordinateur et planta ses yeux vert sombre dans le regard de son mari.

« Tu ressembles à mon père » cracha-t-elle avec le venin de la douleur.

Elle sortit de la pièce et claqua la porte. Jérémie resta seul, immobile et sonné, à ruminer ses propos. Le voisin du dessous donna des coups de balais à son plafond. Tout parut soudain très clair à Jérémie. Il rouvrit son ordinateur, ferma la fenêtre de programmation et lança le fichier du dernier mix d'Aelita.
Il passa plusieurs minutes à tourner en rond dans le salon avant que celle-ci se décidât à sortir de sa chambre. Enfin, il la serra dans ses bras en versant quelques larmes, jusqu'à ce que les battements de leurs deux cœurs se fassent moins assourdissants et désordonnés.

- Il n'y a pas que Sarles, cette fois, expliqua Jérémie en saisissant son morceau de pizza froid tandis qu'Aelita s'asseyait et prenait sur ses genoux le portable pour peaufiner son mix.
- Quel problème ne peut pas être lié à Sarles ? s'enquit la jeune femme, à la fois satisfaite de la réaction de son mari et surprise par cette nouvelle mystérieuse.
- L'entreprise a décidé de m'affecter à un nouveau projet, auquel elle tient et pour lequel elle attend que je me décarcasse. L'AIESC : Artificial-Intelligence-Endowed SuperComputer.
- Quoi ? s'écria l'épouse. Sa stupeur était telle que, avec un certain effet comique, tous ses cheveux roses se dressèrent et formèrent une auréole assez impressionnante.
- Tu imagines l'horreur. Je sais que nous n'avons plus rien à craindre, qu'il existe encore actuellement des Supercalculateurs encore sous le contrôle du gouvernement (ne serait-ce que ceux qui généraient les Réplikas que nous n'avons pas détruits manuellement), et que non seulement XANA est aux oubliettes, mais même, avec moi à la tête du projet, il est impossible de créer aucun programme similaire. Mais un outil si puissant, relié au réseau, entre les mains d'hommes d'affaires prêts à tout pour gager de l'argent et utilisant une équipe de scientifiques qui croient encore au progrès et à l'avancée technologique...c'est comme si on nous rejouait la scène des débuts du projet Carthage !

Aelita était sous le choc. Elle ne trouva rien à répondre. Plus encore que Jérémie, elle sentait des craintes terribles élever les plus affreux frissons en elle. Son mari craignait seulement le projet pour ce qu'il pouvait donner. Pour elle, elle se sentait aussi terrifiée que si on lui avait annoncé la résurrection de XANA.

- Verre, scotch ! » ordonna Jérémie au bras électronique qui se tenait au-dessus du bar.

***

A l'âge de 25 ans, Mademoiselle Delmas occupait un poste d'infirmière scolaire dans un obscur collège de la banlieue parisienne. Qui l'eût cru ? se répétait-elle à longueur de journée, en s'occupant des mômes malades (ou qui faisaient semblant de l'être) ou des profs blessés (le plus récurrent de ses clients était d'ailleurs le prof qui l'avait le plus martyrisée tout au long de sa scolarité et l'avait même suivie à l'établissement où elle avait trouvé un emploi).
Il lui arrivait parfois de revivre ses rêves brisés de petite adolescente, où elle se voyait en haut de la scène, majorette ou mannequin, chanteuse ou danseuse d'opéra, mixeuse ou modiste ; ces jours-là, malheureux celui qui venait à l'infirmerie sans avoir au moins une jambe cassée, car elle se mettait vraiment en pétard ! ce qui, par miracle, causait qu'elle faisait encore mieux son boulot que les jours où elle n'avait pas son mauvais caractère. En effet, à la pensée que l'infirmière puisse « être dans un de ses mauvais jours », les élèves y réfléchissaient à deux fois avant de sécher, et l'absentéisme avait baissé en flèche. Une rumeur courrait même, selon laquelle une fille, se plaignant de s'être cassé un ongle, serait repartie sans ongles et les doigts sanguinolents.

Le reste du temps, Élisabeth Delmas, qu'on le croie ou non, aimait son métier, et était plutôt bonne à ce qu'elle faisait. Elle trouvait le moyen de s'ingérer dans toutes les histoires de cœur, allant de son conseil ou de son machiavélisme pour mettre les choses dans l'ordre qu'elle estimait juste, conseillait les garçons en termes de fleurs et les filles en termes de mode (surtout depuis qu'elle avait réussi l'exploit, qu'on y croie ou non, de transformer une blouse blanche en splendide redingote à étoiles, sa réputation en termes de goût était insurpassable), et savait toujours remonter le moral à ceux qui le perdaient, au point qu'elle opérait même à des guérisons miracles de cancres.
Son rêve ultime, c'était tout de même de quitter cet établissement et de revenir au collège Kadic, où son père avait achevé sa carrière, et où elle avait elle-même fait ses études. Toute une époque...
Sissi fronça les sourcils. Certes, Mlle Yolande était une infirmière compétente et plutôt admirable, mais elle avait fait son temps ! quinze années dans un lycée, c'est tout de même trop ; place aux jeunes ! et puis, elle n'oublierait jamais la façon dont cette vieille peau s'était moquée d'elle à propos de ses deux kilos en trop.

- Ah, tiens, Mam'zelle Delmas, z'êtes encore dans un de vos mauvais jours ?

Sissi râla. C'était encore lui, ce crétin de nul de concierge, qui revenait sans doute pour ses problèmes de dos ! Qu'est-ce qu'il avait encore voulu faire, ce clown ? le grand écart pour balayer des feuilles ?

- Pour vous, Jim chéri, tous les jours ! susurra-t-elle d'une voix aigüe et mielleuse.
- Tant mieux, car j'reste pas longtemps ! j'ai un rendez-vous d'anciens combattants avec des vétérans des casques bleus de l'ONU.
- Alors que venez-vous faire ici ? répondit-elle doucement, se retenant d'éclater sèchement.
- Oh, deux fois rien. J'vous apporte un p'tit colis qu'on vous a posté. On me l'a apporté à la loge, j'ai pensé que, comme vous logez ici, vous ne sortirez peut-être pas avant un moment...

Un moment de silence s'écoula, pendant lequel Jim n'osa pas partir.

- Merci, monsieur Moralès, finit-elle par souffler en se tournant vers la fenêtre, qui donnait sur la rue grise et remplie de voitures. Tu peux déposer ça près de l'évier, s'il te plaît ?
- Pas de souci, répondit Jim en s'exécutant. Alors, à demain, je suppose.

Il allait sortir, quand Sissi l'interrompit, sans décoller ses yeux de la grise fenêtre.

- Jim, c'est vrai que tu as fait partie des casques bleus de l'ONU ?

***

Au-dehors, un couvercle d'acier assombrissait le ciel terne, laissant tomber son ombre sur les immeubles carrés en face de la rue, sur le goudron luisant, et sur les voitures garées pleines de poussière. Les premières gouttes de l'orage commencèrent à tracer de petits cercles sur les carrosseries grisâtres, avec un petit cliquetis métallique, révélant leurs véritables couleurs : bordeau, ébène, écarlate vif, vert bouteille,...C'était au loin toute une explosion de teintes qui, dans la lumière faiblissantes, faisaient l'effet de fantômes. L'infirmière laissa reposer son front contre la vitre embuée. Il n'était que cinq heures de l'après-midi, et la nuit semblait déjà jeter son ombre sur l'école.
Son cœur se serra de nostalgie. Elle se rappela, une fois encore, l'infirmerie lumineuse du collège Kadic, le sourire tranquille de Yolande, les vieux amis...un rire secoua sa gorge, quand elle se souvint d'un coup de ce que sa vie était quand elle était en cinquième. La bande qui la traitait comme une peste, Ulrich – le vieil amour d'enfance – qui la fuyait comme la peste, les moqueries de ce crétin d'Odd...et elle qui se défoulait en fouinant, avec l'aide des premiers toutous venus...

- Toute une époque, soupira-t-elle pour elle-même, sentant une larme poindre au coin de son œil.

Elle se décolla enfin de la fenêtre, prit son colis (une petite boîte d'environ vingt centimètres de long) et s'assit devant son bureau. Un sourire plissa ses yeux. Yumi était connectée.

« Salut copine ! »

La réponse ne se fit pas attendre.

« T'en as mis du temps ! du neuf ? ^^ »
« Nan, toujours le blues :s »
« C'est pas un peu tôt pour une crise de la quarantaine ? »
« Bof. J'attrape des rides, et hier, j'ai trouvé un cheveux blanc. »
« Oh, ma pauvre ! pour ma part, j'en ai toute une mèche. »
« Style »
« Pour le reste, ça cartonne. Je pense ouvrir un deuxième bar, à Okinawa. Qui sait, ça finira peut-être par Tokyo ! »
« C'est quand même triste, de rester dans un bureau à tout gérer. Tu ne rencontres pas assez tes clients, Yumi. »
« Tu blagues ? je joue de la guitare toutes les semaines. Je suis comme une habituée ! »
« Et le restaurant ? Toujours pas de nouvelles ? »
« Si. Ils ont trouvé le nouveau chef idéal, une pointure en sushis. Il fait un hotoro divin... »
« En gros, ça se passe bien. »
« Ouais. Et toi, l'infirmerie ? »
« Michaels continue à faire des siennes. Hier, c'était un nez qui saignait, aujourd'hui, fracture du bassin. »
« Comment il a fait ça, ce sale gosse O_o ? »
« Il prétend qu'il jouait au basket. Faudra que je le coince, un de ces jours ! »
« Fais gaffe, il risque de s'en prendre à toi ! »
« Et Millie me rend folle. Hypochondriaque jusqu'au bout ! »
« C'est-à-dire ? »
« Elle s'est chopé, cette semaine, la varicelle, la peste bubonique, le sida, une leucémie, des nécroses de partout, et enfin, de l'acné. »
« Je suppose que tu n'y es pour rien Razz »
« Elle l'aura cherché. Du reste, Jim vient de m'apporter un colis mystérieux. »
« Y'a quoi dedans ? »
« Sais pas. On l'ouvre ? »
« Allez, vas-y. Il vient d'où ? »
« Je sais pas trop. Il est passé par plein d'endroits, mais on dirait... »
« Alors ? »
« Je crois qu'il a été envoyé au départ depuis San Francisco »
« Wah ! un sacré bout de chemin. 0.0 Alors, qu'est-ce qu'il y a dedans ? »
« Tu me croiras pas. De la frigolite, partout. La boîte a l'air pleine de frigolite ! »
« Et en fouillant ? »
« Eh ouais ! y'a une clé USB ! »
« Une clé USB ? vraiment ? ça fait au moins quatre ans que j'en ai pas vu. C'est une antiquité ! »
« Grave. Je l'insère. »

A peine la clé fut-elle insérée qu'une fenêtre s'ouvrit ; un programme se lançait de lui-même.

« Alors, qu'est-ce que c'est ? »
« C'est bien fait, ce truc, pour l'époque. La clé s'est déclenchée toute seule. Elle lance une sorte de programme avec des codes partout. »

Mais quelques secondes plus tard, la fenêtre se fermait et rien ne se lançait. Pas une vidéo, pas un fichier. Mais peu à peu commença à s'élever un son, de plus en plus puissant ; l'ordinateur tournait à fond, arrivait à saturation de ses capacités...
A l'autre bout du monde, assise devant son ordinateur, Yumi Ishiyama attendait que Sissi termine ce qu'elle avait à visionner ou lire pour lui révéler ce qu'il y avait sur cette clé. Cela faisait plus de trois minutes, et elle commençait à s'impatienter, se mettait à tapoter sur le bord de son clavier.

« Qu'est-ce qui se passe ? » écrivit-elle enfin, se délectant de chacun des petits bruits aigres des touches sur lesquelles elle appuyait.

Toujours pas de réponse. D'un coup, Sissi sembla se déconnecter. Yumi fronça des sourcils. Soit le contenu de cette clé était extrêmement important, soit il se passait quelque chose de bizarre. Pourtant, juste après, une réponse apparut.
« Rien. »
Et puis plus rien.

Il n'en fallait pas plus pour intriguer Yumi. Soudain, une sonnerie retentit. Yumi décrocha sur Skype un appel qui venait de Sissi.

- Alors, ça veut dire quoi, il s'est rien passé ?
- Je...je sais pas...bredouilla la voix terrifiée de Sissi. La machine a complètement perdu la boule, et puis....tout s'est éteint avec un arc électrique...
- Quoi ?
- Dis-moi...tu connaîtrais pas, par hasard, l'adresse...de monsieur et madame Einstein ?
- T'es sûre qu'ils pourront faire quelque chose ?
- Sais pas, mais j-je veux comprendre ce qui s'est p-passé.

***

- J'en reviens pas de te voir aussi bien installée, et aussi bien dans ta peau, complimenta Aelita en jetant des regards sur tous les objets de l'infirmerie.
- J'aurais pas pu rêver mieux que ce boulot. Après l'école, plus personne ne s'intéresse à la mode autant que les pré-ados, et en plus, ça me permet d'exercer ma générosité naturelle...
- ...ainsi que ta colère et tes talents d'entremetteuse, entre autres, la taquina Jérémie, assis derrière le bureau. Oui, ce boulot te va comme un gant. Je pourrais voir la boîte du colis ?
- La voilà. Comment va mon ordinateur ?
- J'aurais préféré des retrouvailles dans des circonstances moins...funestes, plaisanta l'informaticien. La plupart des circuits sont grillés. Sans mentir, il est vraiment pas en forme. Mais il doit y avoir moyen de récupérer des données sur ce qui s'est passé, surtout grâce à la clé. Tu dis qu'il était connecté à internet quand c'est arrivé ?
- Oui, je parlais avec Yumi. Et le truc encore plus étonnant, c'est qu'après que mon ordinateur ait explosé, juste avant que j'appelle, elle a reçu un message. Un message que j'avais pas écrit.
- C'était quoi comme message ?
- Une réponse à une question : « rien. »
- Le message, c'était « rien. » ? Et la question ?
- Yumi me demandait ce qui se passait.

Le couple Belpois échangea des regards à la fois étonnés et inquiets. Une forme de programme autonome et capable de simuler un comportement humain basique, ça ressemblait à quelque chose de dangereux, quoi que ça puisse être.

- J'ai comme un mauvais pressentiment, déclara Aelita. Je crois même...mais ce serait impossible...Écoute, Jérémie, examinons cette boîte immédiatement !

Le colis tenait dans une boîte en carton rectangulaire, de longueur 19,6cm, de largeur 7,2cm, et de hauteur 5,4cm, banale du reste, contenant non pas de la frigolite mais des morceaux de polyester, sans doute destinés à protéger la clé. Quant à l'extérieur, c'était là sans doute que les choses sérieuses commençaient : la surface toute entière était couverte de timbres et de tampons que les Belpois mirent au moins deux heures à répertorier et classer. Ils finirent par constater, éberlués, que le colis avait passé près de dix ans à aller d'une destination à l'autre à travers toute la planète, sans jamais être ouvert, via des vols internationaux extrêmement rares, et n'était jamais sorti du système de la poste. Le nom d'Élisabeth Delmas, écrit dès le début, avait apparemment été attribué à plusieurs centaines d'adresses, dont aucune n'était correcte, par l'ordinateur de la poste ; en fin de compte, la boîte avait atterri au collège Kadic, d'où elle lui avait été réexpédiée.

- C'est comme si quelqu'un avait piraté le centre de la poste pour que cette clé passe précisément dix ans à voyager, en attendant le moment opportun pour arriver ici, conclut Aelita.
- Exactement, l'appuya Jérémie d'un ton grave qui en disait long. Exactement. J'aimerais avoir la clé à présent.
- Mais...pourquoi dix ans ? s'étonna Sissi, écarquillant ses grands yeux. Et puis à l'époque, nous n'étions que des gamins : qui pouvait bien vouloir nous faire une farce pareille ?
- Quelqu'un qui voulait se faire oublier entre-temps, sans doute, affirma Jérémie en arrachant la clé couverte de suie à son port. Et puis, la vengeance est un plat qui se mange froid.
- Quand même, répliqua l'infirmière, elle me paraît un peu tirée par les cheveux, ton histoire. Je ne vois personne qui soit devenu à ce point mon ennemi. Bon, Hervé a bien pu me faire la tête en seconde, il aurait été capable de me faire un coup pareil, mais ça n'a pas duré. Franchement, j'ai jamais connu qui que ce soit d'assez méchant pour me faire ça !
- Disons que peut-être tu n'étais peut-être pas la cible, mais seulement un moyen, proposa Jérémie comme s'il s'agissait d'un compromis. Ça pourrait coller, non ? Enfin, quoi qu'il en soit, j'en saurai plus quand j'aurai examiné la clé et ce qui reste de ton processeur. En attendant, si ça te branche, je peux te fournir du matos pour remplacer tout ça ; il faudra aussi que tu me signales quels programmes tu utilisais habituellement, pour que je t'aménage un espace de travail à ta convenance.

***

- Je n'ai plus de doutes, à présent, affirma Jérémie en s'asseyant sur le vieux lit de bois où Aelita avait dormi quand elle était enfant, à présent poussiéreux et mité, au milieu de débris de l'ermitage, que le temps avait laissés en désordre. La clé de Sissi est un modèle qui n'a jamais paru sur le marché, et elle contenait une partie du code source de XANA ; je dirais que sa capacité d'extension ainsi qu'une bonne partie de sa mémoire y ont aussi été copiées. A mon avis...
- Je ne comprends pas, coupa la voix de Yumi depuis le portable de Jérémie, posé sur une commode à moitié détruite. Ton programme multi-agents n'était-il pas supposé nous débarrasser définitivement de XANA ?
- Si, et XANA le savait. Quand il s'est aperçu que nous le tenions presque entre nos mains, je crois qu'il a dû élaborer un plan d'urgence pour garantir sa survie. Il savait que tout ce qui serait relié au réseau, ou dans un Supercalculateur, serait détruit si nous réussissions à le lancer ; il ne fallait pas courir ce risque. Mon hypothèse est qu'il a dû activer une tour d'un de ses réplikas, créer un spectre qui insère une clé USB avec assez de mémoire, la retirer et l'envoyer par la poste après avoir trouvé le moyen de faire durer le voyage une dizaine d'années où il pourrait ne pas intervenir.
- Mais pourquoi aurait-il choisi Sissi ? interrogea Aelita, appuyée contre la porte.
- XANA savait qu'elle aurait encore moins de raisons que nous autres de se méfier. Il aurait tout aussi bien pu envoyer la clé à Odd ! Qui sait, XANA avait peut-être un faible pour elle ?
- Donc, quelle est la situation actuelle ?
- Les programmes multi-agents créés par XANA sont capables de se répliquer, comme la Marabounta, répondit Jérémie, et même mieux, puisque chaque agent est aussi une source dans le cas de XANA ; ils sont capables de maîtriser n'importe quelle machine, et même de la faire exploser ; enfin, ils sont dans le réseau. Seul point positif, la mémoire de la clé et le temps d'exécution du plan étant tous deux limités, XANA n'a pas pu stocker tout ce qu'il avait en mémoire : il se peut qu'il ne se souvienne pas de nous, de Hopper, de nos programmes, ou de ceux qui lui permettent de créer des monstres, ou même des Réplikas. Cela dit, puisque la clé a effectivement été envoyée, je ne compterais pas trop sur le principal : naviguer dans la mer digitale, échafauder des plans et activer des tours.
- Conclusion, XANA est ressuscité, et nous ignorons ce dont il est capable ! s'écria Aelita avec un désespoir impressionnant, et elle donna un violent coup de poing dans une cloison qui s'effondra en poussière.

***

Un long silence suivit cette observation. L'atmosphère était chargée d'une lourde tension, entre colère et haine, frustration et peur. Nos trois héros se sentaient comme brusquement ramenés à la réalité après de longues vacances, et se retrouvaient soudain dans un monde où les problèmes n'en finissaient pas, et où, quand on croyait en avoir fini, une nouvelle tuile vous tombait dessus ! C'est que c'était un sacré travail, que de sauver le monde. A croire que ça n'en finirait jamais.

- Tout est ma faute, soupira Aelita en se laissant glisser à terre. Si je n'avais pas été là, vous auriez éteint le Supercalculateur et tout aurait été fini.
- Je te l'ai dit mille fois, chérie, répliqua son mari d'un ton agacé. Tu étais là à cause de ton père, celui qui a créé XANA ; tu n'aurais pas pu éteindre le Supercalculateur, et c'est moi qui, par trois fois, ai insisté pour qu'il reste allumé en dépit du risque pour nous et pour le monde : si c'est la faute de quelqu'un, que ce soit moi, Franz Hopper ou XANA, je veux bien, mais ce n'est pas la tienne. Maintenant relève-toi, et repartons dans la course !
- Le combat reprend ? demanda la voix de Yumi, avec un mélange inattendu d'ennui et d'excitation.

Jérémie se retourna vers le portable et regarda Yumi droit dans les yeux en esquissant un sourire.

- Sauf si tu es toujours déterminée à vivre dans un monde sans...Lyokô !

La grande question, c'était avant tout comment réunir les Lyokôguerriers. Mais Jérémie affirma que le problème était secondaire : si le combat impliquait de véritables dangers, un retour vers le passé serait de toute façon tôt ou tard nécessaire, auquel cas Odd, Ulrich et William ne tarderaient en aucun cas à rappliquer à l'usine.

- Mais dis-moi, Jérémie, tu es sûr que c'est une bonne idée de réactiver le Supercalculateur de l'usine ? lui demanda Aelita.
- Non : je pense que c'est indispensable. C'est depuis toujours notre seule interface pour lutter avec XANA ; par ailleurs, si XANA est capable de créer des Réplikas, un monde virtuel de plus ou de moins à sa disposition ne changera pas grand-chose.
- C'est vrai qu'en 2005, il existait déjà plusieurs dizaines de Supercalculateurs ; maintenant, les agences gouvernementales ne les ont certainement pas supprimés...et les ont peut-être multipliés ! s'exclama Yumi. On en est presque à considérer le Supercalculateur pour entreprise, dix ans encore et il se retrouve sur le marché !
- La bonne nouvelle, c'est qu'Aelita et moi, nous avons encore gagné de l'expérience en informatique. Vous allez voir, notre travail va devenir de plus en plus impressionnant, promit le jeune informaticien. Je propose un rendez-vous samedi à l'usine, à 18:30 ; j'aurai d'ici-là recréé le Skid, notamment, et aurai peut-être trouvé le moyen de renforcer ses boucliers et ses armes. Sans parler de vos armes. Yumi, tu es partante ?
- Code : Lyokô ! répondit l'ordinateur avec une étrange teinte de joie.

***

- Belpois ! je t'ai déjà dit d'arrêter de détourner tes heures de travail sur ton ordi personnel ! retentit la grosse voix de Sarles.

Jérémie se crispa. Pourquoi fallait-il qu'il remette ça, toujours ? il venait à peine de se remettre à travailler sur le Skidbladnir que l'autre venait déjà jouer les gendarmes ! Mais le retour de XANA dans une pleine gloire potentielle avait ravivé son goût pour l'insubordination. Il se tourna vers l'Argus avec un sourire entendu, et présenta calmement ses arguments. Premièrement, il avait toute la matinée effectué le travail qu'on attendait de lui cette semaine, correctement comme l'attestaient trois des cinquante-trois tests que son équipe devait lancer. Ensuite, il venait de passer trois heures et demie à mettre au point les programmes les plus inattendus pour faire avancer le projet, en particulier celui qui permettait le lancement d'un système multi-agent autonome et capable d'agir dans le réseau internet et téléphonique, ou encore cet autre qui générait un monde virtuel en 3D et en temps réel qui permettrait de créer une interface entièrement nouvelle de protection des données et des programmes, et, qui sait jamais, représentait le meilleur espoir du secteur voisin des jeux vidéos – et tant d'autres qu'il serait vain d'expliquer à un catcheur ou à un fan de séries télés pour enfants. Enfin, son travail personnel n'était pas entièrement dénué de lien avec le projet, puisqu'il permettait à un programme vulnérable de résister à un voyage par le réseau mondial de communication en passant totalement inaperçu – bref, constituait le rêve ultime du hacker professionnel auquel l'entreprise ferait bien appel un jour.

- Alors, patron, puisque travailler ralentirait en fait mon équipe et le projet AIESC, puis-je m'occuper comme il me convient ?

Monsieur Sarles ne sut quoi dire. Il resta là, l'air hésitant, à se gratter la tête, ne sachant dans quelle option étaient le mieux défendus son emploi et sa réputation. D'un coup, il parut changer d'avis et donna au chef du service un formidable coup de poing qui le jeta par terre à un mètre de son siège.

- T'as peut-être 200 de Q.I., Belpois, mais ici, tu fermes ta gueule et tu bosses, dit-il en s'en allant ; Jérémie ne l'entendait déjà plus.


Dernière édition par Belgarel le Ven 26 Nov 2010 21:41; édité 11 fois
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Quater MessagePosté le: Ven 20 Aoû 2010 20:54   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 31 Mar 2010
Messages: 107
Localisation: Je ne saurais le dire...
Aourch... le pavé !!

Faut avoir le courage de tout lire (même la préface, si, si !), mais au final ça vaut le coup. Bien écrit, soigné, ce qui n'est pas étonnant de la part d'un futur khagneux, et le scénar tient la route. XANA qui s'est lui même sauvegardé sur une clé USB il fallait y penser, même si la clé en question doit contenir un bon petit pacquet de gigaoctets ... (par contre il semble que la Poste ne s'est pas améliorée en 10 ans ^^)

Ah, et au passage (histoire de faire mon chieur) t'as fait une petite faute de frappe: "tu te bats ou tut t'écrases". La seule que j'ai remarqué, vu que la bonne facture du récit occulte le reste.

Mais sinon un début très sympa, j'attends la suite.
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DimIIy MessagePosté le: Ven 20 Aoû 2010 21:05   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kongre]


Inscrit le: 23 Oct 2009
Messages: 1044
Localisation: Dans mon lit , en train de manger des kinder Bueno !
OMGG ! Alors un conseille règle le problème des pavés j'ai pas encore lue mais quand j'ai vue la présentation ...mes zneuilles n'ont pas supportés alors si tu veux attirer des lecteurs regle sa !
_________________
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Merci me98 !!

Texte by me : Disparition (2eme version de préférence )
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Belgarel MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 12:40   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


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Merci pour l'avis positif (et pour la faute de frappe, corrigée). Du reste, pour ce qui est de la présentation, j'ai essayé une nouvelle formule - le texte est inchangé, mais je passe plus de lignes. Faites part de vos avis, s'il vous plaît.
Pfiou, encore plus de 30 pages à retoucher comme ça. Par pitié, faites que ça convienne ! ^^

Pour l'histoire de la clé, le but c'était juste de se creuser la tête pour faire survivre XANA. Pour ma part, je ne suis pas partisan des fanfics-suites sans XANA : sans lui ou avec un autre programme, ce n'est plus Code Lyôko - il manque le fil directeur, d'une certaine façon.
J'avais compté préciser que la clé en question était un modèle militaire (je sais pas si ça existe, mais qu'importe Razz) : à un moment, Jérémie demande à l'examiner. Mais dans le fil de l'écriture, ça ne s'est pas fait. De toute façon, pas besoin d'être militaire pour avoir quelques gigas, quand on est une clé USB de laboratoire informatique secret - même en 2005 !
Du reste, on sait juste que XANA est un programme multi-agent : on ne connaît ni son fonctionnement, si son principe. Allez savoir, XANA n'est peut-être l'affaire que de quelques mégas ! Par ailleurs, XANA ne s'est pas entièrement copié : il n'a sauvegardé que ce qu'il estimait vraiment vital.
Maintenant, j'y connais absolument rien ^^ Si j'avais été un geek, j'aurais choisi le côté obscur de la prépa Razz
_________________
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Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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Quater MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 13:33   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 31 Mar 2010
Messages: 107
Localisation: Je ne saurais le dire...
Bon, la présentation c'est déjà mieux, ça fait moins étouffant. A voir pour les autres potentiels lecteurs, mais moi ça me va (disons aussi que je vois pas trop comment aérer d'avantage sans atomiser le texte).


Belgarel a écrit:
De toute façon, pas besoin d'être militaire pour avoir quelques gigas


Mouais ... Quand je parlais d'un petit paquet de gigas, c'était plus de l'ordre du téra que du petit giga. Mais effectivement, le père XANA peut ne peser que quelques mégas, quoique j'en doute assez fortement... Mais au final ça n'a quand même pas beaucoup d'importance. ^^


Belgarel a écrit:
Si j'avais été un geek, j'aurais choisi le côté obscur de la prépa Razz


Dois-je prendre cela comme une provocation ? Wink
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Belgarel MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 18:06   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


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Quater a écrit:
Belgarel a écrit:
Si j'avais été un geek, j'aurais choisi le côté obscur de la prépa Razz


Dois-je prendre cela comme une provocation ? Wink

Je sais pas, t'as fait prépa Maths ?

Bon, puisque la présentation semble convenir, je lance la suite. Malheureusement pour les curieux, les choses sont lentes à se mettre en place : le premier "cycle" fait 4 messages comme ça, le deuxième en est à 3.

Tant que j'y suis : je posterai très vite, et je veux des coms pour m'encourager. N'hésitez donc pas à donner des avis sans vous être tout farci avant !

********


2


- Franchement, tu veux que je te dise ? t'es un rabat-joie ! ouais, le type du schtroumpf grincheux, le seul qui n'aime pas les fêtes, celui qui n'aime pas danser, celui qui n'aime pas s'en jeter un petit !
« Monsieur Modèle de débauche vit peut-être dans le monde des schtroumpfs, mais moi, j'ai pas envie de me stroumpfer là-dedans ce soir. Allez, vieux, danse bien, éclate-toi, mais sans moi ! »
- Allez, fais pas la gueule, demain tu bosses pas, tout va bien au boulot ! qu'est-ce qui t'est arrivée, ces trois dernières années ?
« Deux ans et cinq mois. »
- Si tu le dis. Si tu déprimes aussi sec, c'est qu'il s'est passé un truc à cette date, et je compte bien découvrir quoi !
« Tu le saurais si tu faisais gaffe ; par ailleurs, demain tu auras une telle gueule de bois que tes résolutions, tu les ramasseras à la petite cuillère ! »
- C'est juré, ce soir, je bois rien ! d'ailleurs, quand je sors, j'essaye d'en profiter au maximum, moi ; or, payer pour rentrer bourré, c'est pas ce que j'appelle une chouette soirée, moi !
« Ah bon, et c'est quoi, ta définition d'une chouette soirée, hein ? »
- Ben disons que si ça se passe bien, tu es au courant le lendemain matin.
« Tu veux parler du vomi que ta dernière conquête avait étalé sur la table dressée pour le petit déjeuner ? »
- Oh, et puis, t'es trop con ! coupa Odd en raccrochant.

Il rangea son portable violet dans une poche intérieure d'une sorte de short asymétrique, coupé pas droit, couleur criarde, duquel pendaient des tonnes de petits cordons bizarres blancs et vert pomme. Ne parlons pas trop de sa braguette décorée et de sa ceinture, qui par un savant procédé, y était liée, et sautons directement au haut, qui lui, apparaît possible à notre époque. Figurez-vous le plus affreux, le plus odieux, le plus vomitif de tous les mauvais goûts, étalé sur une chemise de tissu synthétique fin, sur le thème palmiers et coucher de soleil ; c'est bon, vous l'avez en tête ? rajoutez deux ou trois bon vieux mister green flashy, disposés en tous sens comme s'ils tombaient du ciel cramoisi, déchirez le tout en mélangeant des bouts de puzzle dans la plus complète anarchie, et vous avez une pâle description du monstre. Plus haut, quelques chaînes d'or et colliers de perle, de gris-gris ou de figurines, et enfin, trônant au-dessus d'un visage bouffon, la flamme, toujours plus vive, toujours plus touffue, pointée, et durcie vers le ciel, de l'espoir turquoise. Oui, turquoise et non plus mauve, car Odd avait décrété, deux ans plus tôt, qu'il n'aimait pas trop l'unité et la constance, y compris dans les couleurs.
Pour les petits malins qui croient que nous aurions oublié les fameux pieds, rappelons que nous n'avons parlé que de vêtements ; or, aux pieds, il ne portait rien. Prétextant que c'était une solution efficace à ses problèmes de sudation, Odd avait en seconde abandonné ses inséparables baskets au bonheur de son chien Kiwi, dont il s'émerveillait toujours autant (« encore plus doué qu'Einstein pour comprendre et démonter les choses les plus vitales et les plus inconnues de l'homme moderne » avait-il dit) ; quant à son idée de chaussettes de couleurs différentes, il venait de s'en défaire, un mois plus tôt, ainsi que de toutes ses chaussettes, dont de toute façon, personne n'aurait voulu (« capable de s'amuser d'un rien, c'est fou comme il est inventif, mon vieux Kiwi ! »). Ce cru dénuement d'ornements était heureusement compensé, grâce à un amour immodéré de la danse préliminaire, par une magnifique collection de teintes chatoyantes, rouges, bleues, noires ou violettes, dont les plus anciennes viraient au jaune-vert ou, avec un peu de chance, au turquoise.

L'ambiance, même devant la boîte de nuit, était déjà chaude ; les puissants battements qui rythmaient son cœur et les cris des filles déchaînées à l'intérieur, soulevant la poussière dans des rayons de lumière rouge qui filtraient au travers du rideau qui voilait l'entrée, élevait dans son sang une poussée d'adrénaline, tout se mettait soudain à bouillonner, et il sentait comme des parfums d'alcool lui monter déjà à la tête, comme si les vapeurs de plaisir l'enivraient déjà. Oh oui, le rythme, qui sonnait toujours plus fort, jusqu'au fond de ses os, il ne pouvait se retenir de le suivre ! Ses jambes commençaient même à se dégeler et à répéter des mouvements qui ressemblaient de plus en plus à des pas – ah !

- Della Robbia, es-fpèce d'andouille ! je t'ai déjà dit de plus remettre tes s-fales pieds ici ! hurla le videur, une sorte d'armoire à glace chauve sapée costard-cravate.
- Oh, allez, juste ce soir, sois sympa ! je serai sage, je promets.
- La dernière fois que v-z'ai c-fédé à tes s-fupplicas-fions, tu m'as bous-vvié la boule en z-vouant au s-fat.
- J'ai voué quoi aux fats ?
- Rien à battre, s-faleté de...félin, tu rentres pas.

Le meilleur plaisir du chat, c'est de jouer sournoisement avec sa proie : la laisser croire qu'elle pourra s'échapper, indemne, et sauve, retrouver son quotidien de survie, la regarder s'élancer au loin, victorieuse ; puis, d'un traître coup de griffes asséné dans le dos, la ramener par la peau du cou (littéralement parlant) à deux centimètres de la mort. Aussi, quand Odd en eut assez d'aboyer devant le videur, il s'écarta dans l'ombre, et regarda tranquillement son ennemi laisser rentrer, avec une sorte de satisfaction euphorique, tout ce qui ne ressemblait pas de près ou de loin à un Della Robbia – jusqu'aux plus évidents voyous eurent droit ce soir à tous les égards du gardien, pendant les dix minutes que dura sa bonne humeur.
Puis, quand le moment fut propice, il se faufila dans le dos de son ennemi et avant d'entrer vraiment lui asséna le coup fatal, celui qui blesse le plus un homme (nous parlons évidemment de l'orgueil) : en l'occurrence, une ombre, un fantôme, un doute de miaulement.

***

Vautré dans son canapé, Ulrich Stern envoya son téléphone voler par-dessus son épaule. Odd était vraiment un crétin fini ; le dernier espoir était qu'il ne parvienne pas à se faire accepter dans la boîte de nuit, et revienne seul à l'appartement. Le bruit que fit le portable en cognant le carrelage froid le laissa tout à fait indifférent ; il se remit à regarder la télé. C'était ainsi qu'Ulrich Stern, directeur prometteur dans l'entreprise de son père, occupait usuellement ses soirées : à regarder sur un écran les fantômes qui le hantaient, jusqu'à ce que son squatteur attitré revienne, plus ou moins bourré et plus ou moins seul.

« Les amis d'enfance, si vous ne vous en débarrassez pas à l'adolescence, ça vous poursuit toute la vie... » dit la télé, qui passait une sorte de comédie française où il se passait pas grand-chose pour le moment.

Ulrich passa à une autre chaîne. Il tomba sur un film Vietnamien sous-titré en anglais, qu'il avait regardé encore et encore, jusqu'à le considérer comme un grand classique ; il reconnut immédiatement la scène. C'était un passage où deux enfants des rues, une petite fille et un petit garçon, faisaient connaissance sans dire un mot, partageant leur douleur et rien d'autre. Ulrich versa une larme. Ça durait depuis l'enfance : dès l'instant où ils s'étaient vus, Yumi et lui n'avaient pas cessé de partager la même douleur en silence, et de refuser ensemble de fuir de la réalité.
Un sourire s'esquissa au fond de sa gorge – ou bien se serrait-elle de douleur ? Il recevait comme si c'était le premier jour le coup qui l'avait jeté à terre, la blessure qui avait détruit son orgueil et son assurance. La lutte avait toujours été une habitude entre lui et Yumi, dès le premier instant : il ne s'était jamais passé un mois sans que leurs deux corps ne se lancent dans un ballet rival, de défi et de douleur amicale...et il en avait été de même pour leurs cœurs. Dès le premier jour.

Une autre chose qu'il aimait beaucoup dans le film « Trois saisons », c'était la beauté asiatique – la cabane du lépreux, près du champ des lotus sur l'eau, le chant des jeunes filles dans les barques, les cheveux durs et noirs qui coulaient sur leurs visages. Rien de très japonais là-dedans ; mais les cheveux noirs et épais des vietnamiennes lui rappelaient beaucoup le visage de Yumi.
Leur danse rituelle avait toujours continué depuis, sans interruption, sans concurrence. Ils s'embrassaient, et Yumi s'éloignait à l'autre bout de la scène ; il la retrouvait, et repartait aussitôt. Au début de sa seconde, Ulrich avait vu en effet son rêve se réaliser : Yumi était revenue sur sa décision ascétique car, depuis la fin de Lyokô, ses sentiments redevenaient sa préoccupation principale. Bref rêve : la situation était vite devenue insupportable, et leur lutte, tandis qu'ils se rapprochaient, les blessait de plus en plus profondément. Tout avait explosé en moins de trois mois, et, de dépit, il s'était même rabattu sur Sissi. En réalité, l'expérience avec la fille du proviseur n'avait pas été si négative que ce qu'il aurait pu croire ; ç'avait même été une belle histoire. Mais le romantisme exacerbé de sa copine avait fini par l'exacerber lui-même ; faute de pouvoir se concentrer sur ses problèmes de filles, il s'était attaqué à ses problèmes de famille et donc, d'école.

Ce qu'il aimait beaucoup aussi, dans ce film, c'était l'abondance de fleurs à la fin, qui lui rappelait le parfum frangipane-cerisier du shampoing de sa bien-aimée...
C'est bien plus tard, en école de gestion-management, que Ulrich et Yumi, s'étant retrouvés, avaient engagé leur véritable première relation amoureuse. Les choses n'avaient pourtant pas résisté plus de trois ans. Après les études, Yumi était restée un temps en France, à exercer, puis elle était partie au Japon afin d'exercer pour son propre compte. Ulrich ne l'avait pas suivie, à cause de son père.

Ulrich ouvrit un œil. Il avait la tête enfoncée dans un des coussins d'Odd, était tout décoiffé et et quelque chose de dur le dérangeait à la colonne vertébrale. Il se dégagea des couvertures et retrouva la télécommande qui appuyait contre son dos. Sa montre indiquait 22:22 ; il avait dû s'endormir devant la télévision.
Tout à coup, il entendit un bruit derrière lui, comme si quelque chose tombait. Il se retourna. Il n'y avait rien d'autre par terre que le portable qu'il avait jeté après avoir raccroché à Odd, plutôt salement amoché. Il se leva et s'en approcha ; l'appareil était clairement inutilisable, peut-être irréparable – il avait à peu près le look du beeper dans Bruce Tout-puissant, après qu'une voiture lui soit passée dessus. Dans un coin, une masse informe bougea, et des couvertures émerge le vieux Kiwi, qui vint renifler le portable cassé, le saisir dans sa gueule et retourna dans ses couvertures achever le pauvre objet. Ce fut le moment que choisit la télévision pour dire :

« Les amis d'enfance, si vous ne vous en débarrassez pas à l'adolescence, ça vous poursuit toute la vie... »

Ulrich sourit. En effet, il ne risquait pas d'oublier de sitôt Yumi ou Odd ; quant à Jérémie et Aelita, depuis leur mariage, il s'était promis de leur demander bientôt des nouvelles, résolution qu'il ne tarderait sûrement plus à exécuter...

***

Odd était comme un seigneur à la chasse ou à la cour : entre le chat et le paon, il alternait les techniques de séduction. D'abord, il avait dansé seul, prenant un verre de temps en temps, pour arroser la piste de son assurance mâle et attractive ; une fois qu'il sentait que le charme commençait à opérer (c'est-à-dire, que les filles avaient l'air de le regarder plus attentivement, avec de grands yeux étonnés et brillants, et surtout, qu'une légère chaleur remontait dans son sternum et dans sa gorge, qu'il attribuait non pas à la tequila mais à l'instinct), il commençait à échanger des œillades et des clins d'œil discrets, ainsi que des petits signes de la main. Sa preuve que ce genre d'attaque était efficace, c'est que cette concurrence faisait peur aux types qui les accompagnaient parfois, assez pour qu'il se soit déjà retrouvé avec des teintes surprenantes autour des yeux. Enfin, l'étape finale, c'était de sauter sur le plus joli de tous les petits poissons rouges (celui qui brillait grâce à l'éclairage) et de l'inviter à danser. A partir de là, c'était une technique infaillible.

Ce soir-là, Odd avait pris un petit verre de plus que d'habitude ; il eut la chance de trouver près du bar une véritable sirène, dans une robe jaune à rayures d'argent. Son œil aux milles reflets, bien qu'il ne le regardât pas, brillait : Odd en fut aussitôt convaincu, elle l'avait vu. D'un pas conquérant et relax, il la rejoignit, s'accouda devant un verre vide, entre elle et un mec plein, et lui tendit la main en l'invitant à danser, sûr qu'elle allait accepter. Si elle lui donnait la sienne, la soirée était gagnée – et plus que gagnée, puisqu'il avait tiré le gros lot !

- Avec plaisir, mon bon monsieur ! répondit-elle en souriant. Depuis le temps que j'attends qu'on me le propose !

Mais au moment précis où Odd allait saisir la main qu'il venait de gagner, tout devint froid et comme un rêve, se brisa. La voix rauque du videur chauve le rappela au monde qui l'entourait.

- Rien à battre, s-faleté de...félin, tu rentres pas.

Il y eut un long moment du silence. Notre jeune fêtard se retourna et regarda la file derrière lui, complètement désorienté. Il n'avait plus la moindre goutte d'alcool dans le sang, son esprit était parfaitement clair, il faisait encore jour et il y avait juste derrière lui un thon en robe jaune à rayures d'argent.

- Bah...euh...bien, marmonna Odd, confus, face à une armoire à glace étonnée. Euh, dans ce cas, on va dire que...c'est bon pour cette fois !

Dès qu'il eut quitté la rue où se trouvait l'entrée de la boîte de nuit, il sortit de sa poche son portable et appela aussitôt Ulrich à domicile.

« Mon vieux, tu vas pas croire ce qui vient de m'arriver ! »
« Oh si, que je crois ! » s'exclama son ami de l'autre côté du fil. « Il vient de nous arriver qu'il était 22:22 dans plus de trois heures ! »
« Toi aussi ? Tu crois que ça a un rapport avec l'usine ? »
« Quoi d'autre ? moi, j'y fonce ; toi, comme tu as bu... »
« Le bon truc, avec le retour dans le passé, c'est que ça permet de ne pas choisir ! »

***

Aelita se jeta littéralement dans les bras de Yumi sitôt qu'elle l'aperçut. La retrouver en cher et en os, après plus de deux ans qu'elle était retournée au Japon, c'était un sacré événement. Jérémie fut plus lent, mais son embrassade fut tout à fait chaleureuse et pleine d'émotion.

- Te voilà tout à fait plus grand que moi, maintenant ! remarqua Yumi en plissant les yeux. Qui aurait cru que notre petit Jérémie donnerait une plante pareille !
- Bah, qu'est-ce que la taille y change ? interrogea l'informaticien. Une plante a beau être arrosée par le soleil tous les jours, déclara-t-il en faisant un clin d'œil à son épouse, elle a toujours aussi peu d'aptitudes au combat.
- Je vois ça ! on dirait bien que tu t'es pris une prune aujourd'hui. Mais qui a pu te mettre dans un état pareil, mon pauvre vieux ?
- C'est son patron, répondit Aelita en dissimulant un sourire. Un véritable crétin, plus butor que Jim !
- En tout cas, c'est fou ce que vous avez changé depuis le lycée ! c'est donc ça, être adulte ?
- Toi aussi, tu as changé ; et en même temps, tu es toujours aussi jolie ! dis-moi, ils doivent pas te laisser un instant de répit, les hommes, au Japon ?
- Oh, tu me connais : quand on me plaît pas, c'est foutu, je préfère rester seule.

- C'est tout de même tellement incroyable de se retrouver ici, après tant d'années ! C'est comme si c'était hier. Ce pont, l'odeur de la Seine, le labo...
- Pas plus incroyable que ce que nous nous apprêtons à faire, fit observer Jérémie. Rendez-vous compte : une deuxième fois, nous allons sortir le Supercalculateur de son long sommeil !
- Techniquement, il a déjà été éteint plus de fois que ça, l'interrompit Yumi en se dirigeant vers l'entrée de l'usine.
- Ça fait combien de temps, déjà, que nous l'avons éteint ? questionna Aelita.
- A la fin de notre année de troisième, dit Jérémie. Ça devait être...oui, en juin 2005. Donc, ça fait neuf ans et neuf mois. Joli chiffre, non ?
- Si seulement on pouvait se rappeler la date exacte, nous trouverions peut-être que c'était il y a neuf ans, neuf mois et neuf jours ! plaisanta d'un ton sarcastique Yumi en empoignant un des câbles qui pendaient toujours là où le pont s'arrêtait, donnant sur ce qui avait dû être le premier étage de l'usine désaffectée depuis maintenant plus de trente ans.

Nos trois héros se trouvèrent enfin devant la porte métallique de l'ascenseur qui descendait au laboratoire secret de Franz Hopper, qui avait été pendant trois ans le centre de leur vie et de la lutte contre XANA...et risquait de bientôt le redevenir. Jérémie pressa de la paume de la main le gros bouton rouge, d'un geste presque oublié qui lui redevint aussitôt familier. L'émotion était à son comble.

- Quand on y pense, tout de même, quelle cachette précaire, siffla-t-il. J'espère que personne n'y a remis les pieds. Notre secret en souffrirait un peu, c'est sûr.
- Comment ça, précaire ? lui lança Yumi. Qui aurait l'idée de venir faire des fouilles ici ?
- Un gamin à la recherche de composants électroniques pour bricoler des robots, par exemple ; mais je pense aussi que n'importe quelle bande de motards de passage, ou encore une équipe de cinéma qui voudrait tourner un film d'horreur de série B, pourrait faire l'affaire.
- Sans parler d'organisations gouvernementales top-secrètes, rappela Aelita. Les hommes en noir...
- Voilà notre taxi, la coupa Jérémie.

Il n'aimait pas le sujet des hommes en noir, car chaque fois qu'Aelita l'abordait, il songeait que ceux-ci avaient pu poursuivre Hopper sans trouver son laboratoire, étaient peut-être lié à ce projet militaire, Carthage, que XANA avait eu pour mission de détruire, et qu'ils avaient laissé agir à son gré le programme ennemi sans jamais intervenir ; et comme rien de tout cela n'avait de sens, il en était venu à conclure que les hommes en noir n'étaient que le support d'une autre peur cachée dans la mémoire sa femme, une autre peur qui expliquerait la disparition de la mère d'Aelita, la fuite et le projet de Franz Hopper, peut-être même aussi l'existence du Supercalculateur. Mais puisque que ces conclusions n'avaient aucun sens, et qu'il avait peur de frustrer ou bouleverser son épouse, Jérémie taisait ses hypothèses.

Avant de descendre à la salle du Supercalculateur, notre intellectuel voulait jeter un regard à chacun des étages, pour vérifier que tout était toujours en état. La salle n'avait pas changé d'un poil. La même vieille odeur de renfermé, le même vieux fauteuil en cuir usé, et surtout, le même métal, le même cercle au centre destiné à projeter des hologrammes. Le jeune homme savait qu'ils n'étaient pas venus pour badiner ; pourtant, il ne put s'empêcher de prendre place dans le siège de commande. Il s'attendait presque à le sentir tourner autour de l'holographe, pour s'arrêter juste devant le clavier, en face des écrans de surveillance et de contrôle. Mais évidemment, rien n'arriva, car tout était mort dans l'usine tant que le Supercalculateur était éteint.

- Songez que c'est comme le premier stylo d'un écrivain, le premier instituteur d'un grand érudit, le premier gant de boxe d'un grand sportif, que nous redécouvrons là, s'exclama-t-il en retournant vers l'ascenseur. Plus qu'une arme pour affronter XANA, c'est comme si nous faisions revivre...une partie de notre enfance, une source de notre vie.
- Tu ne crois pas que tu vas un petit peu trop loin ? lui lança Yumi, la gorge serrée par une sorte d'amertume.
- Non, je ne crois pas. Je sais que tu veux nous faire croire que toute cette histoire, ce n'était pas si important pour toi, que tu voulais croire que tu pouvais vivre sans ; mais le secret, à cette époque, c'était le ciment de notre vie, le ciment de notre groupe ! Et voilà qu'après dix ans de silence, il revient nous forger un nouveau cœur. Ce n'est pas rien.

Yumi se retourna avec surprise. Ce n'était pas Jérémie, mais Aelita, qui venait de parler.

- Ouais, soupira Yumi, assez peu convaincue. On passe par la salle des scanners ?
- Bien sûr, dit Jérémie. Je veux vérifier qu'ils sont intacts. Et ce n'est pas parce que personne n'est descendu au niveau -1 qu'il n'y a pas eu de SDF qui ait trouvé que ce soit une bonne idée de s'installer dans une salle avec des tonnes de fils et quelques meubles de rangement.
- Mais au fait, Jérémie, comment peux-tu savoir que personne n'est jamais venu ici ? demanda Yumi tandis que les portes colossales de l'ascenseur se verrouillaient devant eux.
- Je ne peux pas en être sûr ; mais la poussière indique que si quelqu'un est venu, c'était il y a un certain nombre d'années.

La salle des scanners était, comme s'y attendait la japonaise, tout à fait comme ils l'avaient laissée, si ce n'est l'épaisse couche de poussière qui la faisait ressembler à une sorte de désert.

- C'est presque aussi terrible que la première fois remarqua-t-elle. En tout cas, cette fois, il est hors de question que ce soient les dames qui s'occupent de la crasse : vous aurez intérêt à vous bouger !

Enfin, le grand moment fut arrivé. A peine nos trois amis y eurent-ils mis un pied hors de l'ascenseur que, comme la première fois que Jérémie l'avait vu, comme le jour où il l'avait éteint, pour toujours croyait-il, le sol de la pièce se déverrouilla, et la machine infernale monta dans un nuage de fumée et de brume, brillante de reflets qui continuaient de s'agiter sur sa surface noire et or. Enfin, le boîtier qui portait le signe de Hopper s'ouvrit, et la manette se tendit.

- Bon, je suppose que c'est à moi de faire ça, dit l'informaticien en la prenant.

Il y eut un instant de vide. Puis ce fut l'explosion de lumière du premier jour.



Note : la réplique du film d'Ulrich provient du film « ma vie en l'air », et l'ami d'enfance en question est le roi des glandeurs, qui squatte dans le canapé de son pote. Je voulais juste dire merci pour l'inspiration, car je ne savais vraiment pas quoi faire d'Ulrich et Odd au début de ma rédaction.
Pour ceux qui seraient intéressés, le film « Les trois saisons » existe, mais je doute qu'on puisse le trouver facilement. Dommage, je l'aime beaucoup. En attendant : http://fr.wikipedia.org/wiki/Three_Seasons
Note2 : juste au cas où, pour les observateurs talentueux qui ont observé qu'Odd, en dépit de ses affirmations du type « Rentrer bourré, ce n'est pas ce que j'appelle une soirée réussie ! », avait besoin, pour réussir une soirée, de prendre quelques verres, je répondrai que ce n'est pas mon incohérence qu'ils ont remarquée, mais la sienne ! Il est toujours plus simple, en effet, d'accuser un personnage qui ne peut pas se défendre...


Dernière édition par Belgarel le Lun 25 Oct 2010 09:34; édité 2 fois
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DimIIy MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 18:29   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Dans mon lit , en train de manger des kinder Bueno !
C'est déja mieux ^^ mais ya encore beaucoup de pavés mais on va pas chipoter sinon l'histoire tiens bien la route et là tu semble avoir donnée au héros un futur plus sombre que d'habitude (bah j'ai l'habitude de voir Aelita finir DJ Odd comédien ect ...) sa change un peu et je trouve sa sympa
J'attends la suite Smile

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Merci me98 !!

Texte by me : Disparition (2eme version de préférence )
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Belgarel MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 19:46   Sujet du message: Répondre en citant  
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Sombre ? A part Ulrich qui déprime devant sa télé depuis plus de deux ans, je vois pas.
Bon, ils n'ont pas des positions forcément glorieuses, mais élèves dans un lycée que personne ne connaît à Paris (lol), ce n'est pas mieux, je rappelle.
Futur sombre...quand je disais qu'on me ferait des remarque sur les futurs que j'aurais inventés, je ne m'attendais pas à ce qu'on m'attaque par là ^^

Mais puisque tu as mis le doigt dessus, je n'ai pas encore précisé le métier d'Aelita ; la révélation viendra au chapitre 4. Cela dit, dès la première scène où elle apparaît, je signale que Jérémie lance son dernier mix : elle est toujours DJ - peut-être pas professionnelle, encore que...

Pour les pavés, c'est à cause de l'écriture - et là, je me refuse à changer avant d'avoir fini.
Chapitre 3 demain Mr. Green
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Premier commandement : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune.
Troisième commandement : Tout individu a droit à la vie
Quatrième commandement : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.
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DimIIy MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 20:20   Sujet du message: Répondre en citant  
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Localisation: Dans mon lit , en train de manger des kinder Bueno !
J'ai pas dit qe c'était completement sombre mais que c'étais plus sombre que D'habitude car comme je te l'ai dit les héros finissent toujours avec des métier dans lesquels ils reussisent et vivent une belle vie .Parce que si Odd finit en boîte tous les soirs a ce bourrer et a draguer c'est qu'il ya surement une raison Mr. Green sacré Odd ! Non non justement sa rend ton histoire très interressante et j'attends demain avec impatience !
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Merci me98 !!

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Belgarel MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 20:39   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


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Ah, j'ai l'occasion de m'expliquer comme je le pensais ^^

Tu peux en penser ce que tu veux (droit inaliénable du lecteur, je le dis sérieusement !), pour moi, si Odd se bourre tous les soirs, c'est juste par goût de la fête qu'autre chose. En imaginant son futur, je me suis dit que notre bon vieux pote était juste trop paresseux pour changer : qu'est-ce que ça donne donc, un Odd poussé à l'extrême, et jeté dans le monde des adultes ? Eh bien, un fainéant de première, relativement sans-gêne (pour ceux qui le nieraient, souvenez-vous de Kiwi dans le réveil de XANA !), toujours aussi bon vivant (d'où l'exacerbation de son côté fêtard et dragueur).

A qui voudrait à tout prix ranger Odd, lui faire retrouver Sam etc, malheureusement, ce n'est pas comme ça que je vois la vie. Sam était peut-être une fille différente pour lui, une occasion de se stabiliser ; mais cette occasion est passée. Faute de fille qui lui convienne, Odd est l'équivalent masculin des s*****s qui peuplent New York dans les séries Razz
Pour l'alcool, rien de sérieux. Juste une occasion de bien se marrer, en bourrant un texte de métaphores filées Razz
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Codelyoko_feel-in-love MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 20:45   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


Inscrit le: 21 Juin 2010
Messages: 55
Localisation: Avec Undertaker, dans un cercueil double, en train de hurler de rire
J'aime beaucoup ta fic, et, comme dit DimIIy, ça change des futurs habituels ! J'ai aimé le coup du colis (une Clé USB qui devient antiquité, j'aimerais bien voir ça), Odd qui confond une sirène avec un thon... J'ai essayé d'imaginer sa tenue, ça a l'air en effet assez impressionnant (dans tous les sens du terme^^) J'ai vu écrit que tu la posterais demain alors j'attends demain avec impatience !
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Marla Singer MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 22:45   Sujet du message: Répondre en citant  
[Frelion]


Inscrit le: 05 Aoû 2010
Messages: 77
Bon (:
J'ai beaucoup aimé te lire,vraiment. L'histoire est captivante, et je ne demande qu'à avoir la suite.
Cependant, il y a un point qui me titille un peu : dans ta présentation, tu affirmais être très porté sur la description, hors, quand Sissi va amener son pc à Jeremie, entre le moment où elle se trouve sur son lieu de travail et celui où elle est -je présume- chez le couple Belpois, rien ne nous indique qu'il y a eu un changement de lieu. Personnellement, je pense qu'une petite phrase comme "quelques minutes plus tard, dans la demeure Belpois, Sissi vint montrer sa découverte" ou une tite merde dans le genre. Juste histoire de planter le décord. (parce que moi, j'ai eu du mal à cerner au début, à qui il parlait Jeremie dans ce passage... Mr. Green

Au plaisir de te re-lire.
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☜♡☞ Il y a un adage qui dit qu'on fait toujours du mal à ceux qu'on aime. Mais il oublie de dire qu'on aime ceux qui nous font du mal." (Fight Club)
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Belgarel MessagePosté le: Sam 21 Aoû 2010 23:21   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 20 Aoû 2010
Messages: 527
Oh, super, déjà plein de nouveaux lecteurs ! ^^
Même mieux encore, des lectrices Razz

D'abord, merci beaucoup de m'avoir signalé le défaut, Marla. Ça risque d'ailleurs de se reproduire, j'ai eu tendance à trop me laisser influencer par le côté un peu "plans de cinéma" dans l'écriture de ma fanfic. J'ai précisé que c'était la première fois que je me livrais à cet exercice ?
Le passage a été corrigé, et en effet, il en avait besoin. Tu n'avais pas du tout compris la scène comme je l'imaginais. Nettement, je préfère ça :
" - J'en reviens pas de te voir aussi bien installée, et aussi bien dans ta peau, complimenta Aelita en jetant des regards sur tous les objets de l'infirmerie.
- J'aurais pas pu rêver mieux que ce boulot. Après l'école, plus personne ne s'intéresse à la mode autant que les pré-ados, et en plus, ça me permet d'exercer ma générosité naturelle...
- ...ainsi que ta colère et tes talents d'entremetteuse, entre autres, la taquina Jérémie, assis derrière le bureau. Oui, ce boulot te va comme un gant."
Ni changement de lieu, ni merdouille du genre ^^

Au fait, l'histoire relative aux descriptions, c'est juste une crainte d'auteur : pour certains, quand on étend une description sur plus de vingt lignes, c'est Balzac ! et pour ce que j'ai vu, la description n'est pas toujours prônée dans les fanfic ; moi, j'en mettrai ici ou là, je préviens.
D'ailleurs, vous devriez voir de quoi je parle dans le prochain chapitre.


Tiens, la fille au si joli pseudo !
En effet, je me suis beauuuucoup amusé, pour décrire les techniques de description d'Odd Razz Chasse et pêche (la pêche collant mieux, pour une soirée arrosée en dépit des prévisions), le summum étant en effet le coup de la sirène qui se transforme, une fois l'esprit lucide, en thon (coup qui a déjà était fait, mais dont les célibataires aigris comme moi ne sauraient se lasser !)
Pour la robe, disons que la mode a changé...d'ailleurs, je viens de le dire, quelque part vers la fin de la section 7.

Bon, allez, je poste vite, j'ai dit : eh bien, je n'attends plus, et comme aujourd'hui c'est demain (logique), en avant pour la section 3 !


********


3

- C'est maintenant l'heure de vérité, déclara Jérémie en prenant place sur le siège de commande, qui cette fois pivota jusqu'au poste de commande. Je vais installer les différents programmes et mises à jour que j'ai mis au point ces derniers jours, et lancer la construction du Skid. Pendant ce temps, je propose d'aller en mission au secteur 5 pour récolter des informations sur une éventuelle activité de XANA sur Lyokô. Si jamais notre ennemi devait réinvestir son ancien bastion, il ne lui faudrait pas beaucoup de temps. Bien sûr, le mieux demeure les informations sur le réseau.
- Bien, Yumi et moi nous descendons tout de suite.
- Pas tout à fait, objecta Jérémie. Certains programmes que j'installe vont réinitialiser Lyokô et vos pouvoirs : il vaut mieux que vous ne subissiez pas ça en étant déjà sur Lyokô, et puis, ça vous fera une jolie surprise, je pense.

Il fallut donc attendre dix minutes que les premiers programmes de Jérémie aient achevé leur travail avant que Jérémie leur donne le feu vert pour aller aux scanners, en leur disant de s'accrocher pour une sacrée surprise.

- Transfert Aelita, transfert Yumi, dit-il, la voix tremblante d'excitation.

Ce fut sans doute à cet instant précis qu'il comprit à quel point le temps de Lyokô lui avait manqué : tous les efforts qu'il avait fait en informatique depuis, tous les programmes qu'il avait créés, n'avaient pas pour but de continuer une passion antérieure à la découverte du Supercalculateur, mais de faire revivre cette époque, où tous les jours il lançait des matérialisations.
Il regarda les scanners progresser avec satisfaction. Conformément à ce qu'il espérait, les scanners reconnaissaient Yumi et Aelita, et adaptait son travail à leur nouvelle physionomie. Franz Hopper, qu'il ait ou non volontairement prévu le cas de matérialisations répétées au coups d'une vie, était un véritable génie. Soudain, la voix de sa femme la tira de ses rêveries.

- Jérémie ! c'est magnifique !

La dernière fois que Yumi et Aelita avaient mis les pieds dans le secteur 5, l'entrée n'était rien d'autre qu'une grande salle circulaire qui tournait, avec au sol le seul symbole de Hopper, et le secteur en lui-même, une série de blocs ; il suffisait alors de trois couleurs pour résumer l'endroit : du blanc, du bleu, et du bleu clair. Mais sitôt virtualisées, les deux femmes purent voir autour d'elles tout un monde délicat de cristal et de miroirs, fondu en grandes parois courbes, corridors transparents et moulures de toutes parts ; la clarté était telle qu'on aurait pu voir tout le plan du secteur à travers les murs, si ces derniers n'avaient renvoyé de toutes parts les reflets démultipliés d'un lustre unique, suspendu au sommet du dôme, qui émettait une lumière douce et chaleureuse.
Mais l'environnement n'était pas le seul à avoir changé. Outre qu'elle avaient toutes deux grandi et pris des formes et traits résolument féminins (et même, il fallait admettre, plus détaillés), leurs tenues avaient encore été reprogrammées. Yumi découvrit qu'elle était vêtue d'un ample kimono d'un noir d'encre de Chine, sur lequel montaient en ondulant doucement comme des arbres agités par le vent, à peine visibles dans la nuit qui l'entourait, des lignes rouge sombre, presque brunes. Elle ne se lassait pas non plus d'observer la ceinture nouée autour de sa taille, dont le fin tissu de soie écarlate, sur lequel se greffaient de délicats motifs de courbes et de lignes jaunes et vertes entrecroisées, encadrant de part et d'autre de son bassin la courbure de sa hanche et de ses jambes, tombait jusqu'à ses chevilles. Quant à Aelita, elle portait...

« Alors, qu'en penses-tu, mon amour ? » demanda Jérémie.

Yumi tenta d'étouffer un fou rire, mais enfin, elle éclata : Aelita avait été virtualisée dans une robe de mariée en dentelles, avec voile et traîne.

- Ça sent la mort, siffla Aelita d'une voix extrêmement froide. Tu m'enlèves ça tout de suite, monsieur Belpois, ou je te garantis que tu le regretteras.
« Mince, désolé que ça ne te plaise pas. Malheureusement, je n'ai rien en remplacement. Je suis désolé, Aelita, mais pour aujourd'hui, il faudra que tu la portes. Ça ne te dérange pas ? »
- J'accepte, mais c'est uniquement parce qu'elle me va bien dans le palais de cristal.
« Merci, madame Belpois. Bon sang, que chaque jour je suis heureux de t'avoir épousée ! »
- Surtout ne me pousse pas à le regretter, rétorqua la jeune femme d'un ton taquin. Et puis, sais-tu ce qui t'attend ?

Soudain, le cristal de la paroi scintilla, et une ouverture apparut, qui menait vers un tube qui sillonnait de partout. Les deux dames s'élancèrent aussitôt dans cette direction ; un millier d'harmoniques persistant, autour d'une unique note, comme si cent verres chantaient en même temps, s'éleva doucement dans l'atmosphère résonnante, et fit vibrer le secteur tout entier.

- Tiens, Jérémie, tu savais que ton nouveau design faisait de la musique ? l'interrogea Aelita.
« Si . J'espère que ce n'est pas assourdissant ? »
- Au contraire, c'est merveilleux, le rassura Yumi. On croirait de la magie !
« En outre, c'est utile » ajouta le jeune homme en souriant. « C'est un système d'alarme qui vous permet de connaître la localisation d'éventuels ennemis. Vous verrez que normalement, ils devraient émettre un son différent...si toutefois cela devait jamais arriver. »

Le voyage dans le secteur 5 fut un véritable étourdissement à chaque pas. Le décor était toujours construit selon les mêmes matériaux, mais les mille reflets de feu qui s'entrecroisaient, les cent couloirs et tubes qui allaient et venaient, faisaient de cette immense structure de cristal plus qu'un miracle : c'était presque quelque chose de vivant.

- Dis-moi, Jérémie, pourquoi as-tu fait un labyrinthe du secteur 5 ? C'est pas que je regrette l'ancien design, mais au moins, il faut admettre qu'il était pratique.
« C'est une mesure défensive : en effet, le labyrinthe défendra efficacement les deux choses auxquelles XANA pourrait s'attaquer ici : le cœur de Lyokô, et le Skid. »
- Tu as oublié une chose, Einstein : le Skid et le cœur, on y accède par le haut et le bas de la sphère, rappela Yumi. Et d'ailleurs, comment se fait-il qu'on ne les voie pas ?
« Justement, c'est là le coup de génie d'Aelita : le cœur est englobé dans le système du labyrinthe, et pour le faire apparaître, il faut appuyer sur un mécanisme qui se trouve près du Skid. Grâce à mon système de reflets, le véritable cœur sera encore introuvable un certain temps après ça. Quant au Skid, il est en effet en dehors du système labyrinthe, dans un hangar de fer. Ah, et il y a aussi la tour du secteur 5, qui se trouve à deux pas du Skid, toujours dans le noyau. »
- Bien joué, il faut reconnaître, le complimenta Yumi. Et tu as réussi à faire tout ça en quelques jours ! J'ai presque honte d'être seulement restauratrice.

Ce fut à ce moment que les filles trouvèrent la plate-forme de l'ascenseur ; ce dernier ne se fit pas attendre. C'était encore une fois une merveille, car à la vieille planche entourée de deux hémisphères avait succédé un pont sculpté aux courbures délicates, avec à son bord des barrières aux motifs de vagues. L'ascenseur était néanmoins construit en un matériau différent du reste du secteur, qui malgré la transparence laissait flotter de légères teintes aux reflets lumineux. En y regardant de plus près, les deux amies remarquèrent aussi que cette fois, ce n'était pas une surface lisse et régulière, mais une série de minuscule facettes.

- Du diamant ! s'exclama Aelita, et le rose lui descendit aux joues.
- Dis donc, t'as bien choisi ton homme, toi, plaisanta Yumi. En voilà un qui ne regarde pas à la dépense !
« Si ça peut vous rassurer, il est creux ! je n'ai pas trouvé le moyen d'en fabriquer du vrai, sans quoi, je ne sais pas si je serais encore là. »

Le départ, en revanche, fut affreusement brusque, et la secousse désarçonna Aelita presque au point de la faire tomber. La machine s'arrêta presque aussi brutalement.

- Faudra penser à corriger l'élévateur, il va me rendre malade sinon, signala madame Belpois à son mari.
« Toutes mes excuses. Bon, maintenant, prudence. Vous allez sortir de tous les systèmes de sécurité. Si XANA est sur Lyokô, vous allez bientôt le découvrir. Selon ce que vous trouverez, je pourrai nous assurer une base plus ou moins sûre dans ce Supercalculateur. »
- Qu'est-ce que tu comptes faire ? questionna Yumi tandis qu'Aelita se ruait au bout du pont de cristal où l'attendait l'écran virtuel qui permettait d'accéder à la base de données.
« Eh bien, soit je peux lancer le programme multi-agents, soit, en cas d'auto-reprogrammation de XANA, je peux installer un bouclier à l'entrée du Lyokô, ou du garage du Skid. »
- Du point de vue sécurité, tu pourrais commencer par installer des barrières, en fait. Ah mais oui, il y a nos véhicules...oh, j'ai hâte de retrouver mon Overwing. Jérémie, tu pourrais...

Mais un bruit strident, aigu et métallique, vint soudain l'interrompre. C'était comme si quelqu'un raclait une scie contre un tableau au loin.

« Alerte XANA. Il est dans le coin ; la question est : que peut-il encore faire ? »

La réponse ne fut pas longue à venir. La paroi interne du secteur 5 ne tarda pas à passer d'un blanc laiteux, que Yumi savait constitué de millions de fenêtres remplies de 0 et de 1, à un rouge profond, puis à se déformer, comme en ébullition.

- Ravie de vous revoir, mes petits mantas ! soupira Yumi en dépliant ses deux éventails.

Mais une surprise de taille l'attendait. Alors qu'elle s'attendait à voir sortir des espèces de gigantesques raies de cinq mètres d'envergure, ce furent cinq petits colibris jaunes qui surgirent.

- Quoi ? s'étonna-t-elle. Des piafs ? mais enfin, j'adore les animaux, moi !
« Yumi, sois prudente ! l'alarme indique que cet ennemi dispose d'une arme, et qu'il est contrôlé par XANA. Ne l'oublie pas, quelle que puisse être son apparence. Pour ma part, je lance le bouclier dans le hangar du Skid. »

La jeune fille laissa donc les créatures s'approcher, serrant ses éventails à s'en blesser la main. Mais les petits colibris ne firent que voleter de-ci, de-là, autour d'elle, l'observant attentivement, sans l'attaquer. Puis soudainement, ils décollèrent tous et partirent survoler le noyau.

- Jérémie, j'ai toutes les données concernant l'activité de XANA sur Lyokô ! avertit Aelita. Je t'envoie ça. Mais pour une plus pleine idée de son identité, il faudra attendre que le Skid soit terminé. Je crois que la mission est terminée.
« Loin s'en faut : les oiseaux s'en prennent au bouclier. A croire qu'ils ne sont pas si inoffensifs que ça. »
- Mais comment se fait-il qu'ils ne nous aient pas attaqués ? s'étonna Aelita tandis que l'Overwing, seul élément de Lyokô qui n'avait pas changé en dix ans apparaissait.
« Une seule explication possible : XANA ne se souvient plus de nous ! malheureusement, il va falloir lui rafraîchir la mémoire. Filez ! »

Yumi sauta sur le véhicule fraîchement reconstitué, l'ange de Lyokô déplia ses ailes roses, et en un instant, comme si elles n'avaient jamais arrêté leur travail de Lyokô-guerrières, elles furent au sommet du dôme, où trois des bestioles s'acharnaient sur le bouclier. En les voyant attaquer, Aelita dut se retenir de rire : les petits oiseaux ouvraient grand leur bec, devant lequel se concentrait comme une boule de flammes ; puis, quand la boule atteignait leur propre taille, ils la projetaient contre le bouclier en reculant de plusieurs mètres, avant de revenir à la charge. C'était tellement mignon ! Mais elle déchanta bien vite quand sa vieille amie lui expliqua qu'en plus des ailes, une légère auréole dorée était apparue au-dessus de sa tête. Maintenant plus que jamais, elle était l'ange de Lyokô, et son mari, un obsédé des programmes !

- Chéri, faut qu'on parle...menaça froidement la jeune femme.
« Eh bien...pas le temps ! tiens, tu vois, ton auréole vient juste de disparaître ! Et puis, bon, le bouclier a pris un sale coup quand deux de ces bestioles se sont écrasées contre lui... »
- Dis-moi la vérité, Jérémie ! ordonna Yumi. Y a-t-il vraiment urgence ?
« Non. En revanche, je suis curieux de savoir ce que nous réservent ces nouveaux monstres. »

Les jeunes femmes devaient admettre qu'il n'était pas seul dans cette situation. Immédiatement, Yumi lança son éventail, qui se mua en disque de lumière et explosa une des bestioles. Aussitôt, les deux créatures restantes s'éloignèrent du bouclier et commencèrent à attaquer les combattantes.
Après une minute à voir s'agiter les quatre points sur la carte, Jérémie demanda pourquoi l'extermination des deux bêtes restantes prenait tant de temps.

- Qu'est-ce que tu crois, Einstein ? répliqua Yumi. Ces machins...c'est rapide ! et petit en plus. Ma parole, c'est pas du vol – ah ! – c'est de la téléportation !
« Justement, à propos de téléportation, tu te rappelles ce que j'avais expliqué à Odd sur le fonctionnement de ce pouvoir ? eh bien, libre à vous de l'essayer. »

La téléportation ne comportait pas de bug cette fois ; et du point de vue de l'effet de surprise, c'était merveilleux – bien qu'il fallût à l'attaquant qui souhaitait l'utiliser un peu de temps pour prendre lui-même ses repères. Aelita perdit 10 points de vie dans l'aventure, mais les dernières bestioles furent bientôt hors d'état de nuire.

- Cette, fois, on dirait que la mission est vraiment terminée. Tu nous ramènes, chéri ? J'ai hâte de respirer une vraie gorgée d'air frais !
« Désolé, les filles : j'allais lancer le programme de matérialisation, quand le superscan a détecté... »
- Une tour activée ? c'est pas vrai ! déplora Yumi. On en est de nouveau aux grands jours de la lutte contre XANA, alors ?
« Oui et non. D'abord, on ne sait pas de quoi XANA est capable en-dehors de Lyokô. Ensuite, il n'y a pas qu'une tour activée : il y en a deux. Une au territoire forêt, une autre en montagne. Quel est votre choix ? »
- J'avoue que j'aimerais bien voir d'abord à quoi ressemble la forêt après mise à jour, déclara Aelita d'un ton amusé.
- Je te suis, princesse.
« OK, le tunnel est ouvert. Vous avez 10 secondes. »

Outre que le tunnel d'informations et l'ouverture pour sortir du secteur 5 étaient plus détaillés, l'expérience de vol sur l'Overwing, comme put le découvrir Aelita, était plus réaliste : une grande fraîcheur frappait les parties de la peau qui étaient exposées, les cheveux et vêtements se soulevaient comme s'il y avait du vent (notamment la traîne de la robe, qui faisait comme un sillon de nuages dans le ciel), et l'équilibre n'était plus seulement une donnée, la gravité semblait se répandre jusque dans la poitrine. En y repensant, la jeune fille se rendit compte que ses ailes lui fournissaient la même sensation. Juste avant de quitter Cartage, elle poussa un cri d'excitation. Lyokô n'avait jamais été aussi vivant !

***

Yumi posa l'Overwing en soupirant d'admiration. Les arbres, dans ses souvenirs, n'étaient que des piliers fins comme des bâtonnets, qui s'étendaient verticalement jusqu'à perte de vue, et finissaient en déliquescence, comme des plantes arrachées, aussi bien en haut qu'en bas – en guise de vie, la forêt n'offrait rien d'autre qu'un peu de mousse, une texture verte au sol, des fissures d'écorce ici et là. A présent, une douce voûte de feuilles bruissantes filtrait la lumière qui descendait du ciel numérique, dans une pénombre variable qui éparpillait partout ses taches de lumière ; les larges troncs qui çà et là y montaient, épais et puissants, avaient tous leur caractère propre : celui-ci faisait le chêne clair et majestueux, cet autre, le platane vieillissant, cet autre encore, le noueux noyer, et celui-là ouvrait même son tronc, comme s'il attendait que s'y glisse une chouette ou un écureuil.
En arrivant au niveau du sol, l'arbre s'épaississait encore, déployant son écorce majestueuse, jusqu'à enfoncer dans les parcelles de terre autour de lui ses racines profondes, de sorte qu'il était impossible de déterminer si c'était plutôt le territoire qui soutenait les arbres, ou si c'était le contraire. En tout cas, les racines, s'entrecroisant comme au-dessus les branches, ressurgissaient du sol ici et là, à l'anarchie.
Sous les pieds des jeunes filles, la terre verte et plane avait laissé place à une mosaïque de ronces de sous-bois, tapis craquants de brindilles mortes, ou d'herbes herbes vertes et jaunes dont chaque brin se balançait doucement au lent rythme d'un vent invisible ; quant aux chemins, ils étaient balisés avec art par de petits buissons ou monticules de fleurs multicolores et variées.

- Dis-moi, chéri, chaque territoire réserve des surprises comme ça ? lui demanda Aelita. Je m'énervais contre toi hier, je m'en excuse : ton travail en valait la peine.
- J'espère que tu viendras jeter un coup d'œil, un de ces jours, Jérémie ! c'est encore plus impressionnant que le Skidbladnir.
« D'ailleurs, vous aurez l'occasion de voir son nouveau look, d'après les données que vous m'avez envoyées. XANA est bel et bien actif, mais il a trouvé le moyen de protéger la majorité des informations qui concernent son fonctionnement ailleurs sur le réseau, comme la dernière fois : il faudra sans doute plonger pour découvrir ce qu'il en est. »
- Tu fuis le problème. De quoi as-tu peur ? Qu'une fois sur Lyokô, tu sois toujours ridicule, comme disaient Odd et Ulrich ? ne t'inquiètes pas, cette fois, il se peut que nous ne rencontrions pas l'ombre d'un Mégatank !
« La tour se trouve à dix-heures, direction nord-ouest. Vous pourrez bientôt la voir. »

Cela ne faisait que quelques minutes qu'elles volaient quand la voix de Jérémie leur dit de faire demi-tour.

« La tour s'est désactivée d'elle-même, c'est à n'y rien comprendre ! Il ne reste plus qu'à aller au territoire des montagnes. La tour de passage est dans votre champ de vision, à cinq heures. »
- Ça n'a pas de sens, dit Yumi en fronçant les sourcils. XANA doit avoir lancé un mauvais coup irréversible. Jérémie, tu pourrais chercher de quoi il s'agit ?
« Je m'y mets tout de suite. »

XANA avait, pour commettre un méfait irréversible, deux possibilités : soit opérer dans le grand public, soit dans le grand secret. Jérémie rechercha donc sur internet toutes les données récentes qui pouvaient annoncer un grand bouleversement, tout en piratant des bases de l'armée, à la recherche d'un missile manquant ou d'une bombe perdue. Une attaque invisible pouvait venir de partout.
Rapidement, il tomba sur une information qui éveilla son attention. Dix minutes plus tôt, tous les programmes sur toutes les chaînes de télévision et de radio avaient été interrompus pour une annonce présidentielle de cinq minutes. Le timing collait parfaitement. Dès qu'il eut un fichier vidéo de qualité satisfaisante, il le mit en route. Comme il le craignait, au fond de la pupille de la présidente de la république, il pouvait voir briller, fin et blanc, le symbole de Hopper.

« Je vous ai réunis aujourd'hui pour une annonce exceptionnelle, qui va modifier durablement la destinée de notre grand pays libérateur. Nous affronterons des temps durs, d'autant plus durs qu'en nos temps de faible dangerosité (Jérémie tiqua), nous manquons trop souvent de bravitude ! Mais nous le ferons avec courage, car nous sommes enfin porteurs de la vraie liberté, de l'égalité, et de la fraternité entre tous les hommes. Ne fuyons plus, mes amis ! ne fuyons plus nos idéaux, ne fuyons plus nos responsabilités envers le monde... »

Jusque-là, rien de trop effrayant. La discours politique était certes violent, mais de la part d'une gauche malade, on pouvait tout attendre. Jérémie se demandait à quoi jouait XANA : si le programme avait des opinions socialistes, après tout, pourquoi pas ?

« Aussi, la France ne laissera plus longtemps impunies la tyrannie et l'injustice du marché et des Etats-Unis ; la France s'élèvera pour défendre les miséreux, la France donnera son or et son sang pour les autres. Aujourd'hui, j'ai l'honneur de déclarer la guerre aux Etats-Unis d'Amérique ! »

Jérémie en avait assez vu. Le discours emballait assez bien les choses, mais l'information était suffisamment claire en soi : XANA voulait écraser l'usine, et au passage, Paris, les collèges, les bureaux, les maisons, toute la France. De toute évidence, le programme ne se souvenait pas tout à fait d'eux : mais il savait que le Supercalculateur de l'usine représentait une menace. Cela revenait au même.

« Le programme est simple : vous désactivez la deuxième tour et je lance un retour vers le passé. »
- Le plan de XANA est aussi grave que ça ?
« La France est en guerre avec les Etats-Unis. Je préfère ne pas prendre de risques vis-à-vis de la réaction de la présidente à son réveil »
- Tu as trouvé à quoi correspond la deuxième tour ?
« Je cherche encore, mais si c'est ce que je crois, Internet ne nous dira rien, et vous feriez mieux de vous dépêcher ! »
- Nous sortons de la tour, Jérémie. Dis-moi, les montagnes ont changé, mais elles ne sont pas si impressionnantes que ça !

En effet, le sol demeurait toujours aussi plat et régulier, simplement semé de quelques cailloux et de poussière, et toujours organisé en plate-formes. Mais la brume ambiante se dissipa d'un coup, laissant descendre une lumière aveuglante, et apparaître comme dans le lointain de gigantesques ombres noires et des chemins sinueux qui grimpaient de toutes parts. En regardant encore mieux la roche, on s'apercevait que les textures lisses avaient en fait laissé place à de immenses bloc parcourus de strates ici, de failles là, constitués de roches sédimentaires de compositions toutes différentes ; là-bas, c'était même une immense falaise qui scintillait, et ici, sous un sommet où montait une douce pente enneigée dont le verglas se muait en stalactites, un point bleu indiquait la présence d'un énorme saphir.

« Je sais, je sais. Et encore, vous n'avez pas vu ce que j'ai fait des banzaïs ! mais vous aurez le temps d'admirer le paysage plus tard. La tour activée est plein sud, à trois heures. Bonne chance, les filles. »

***

Soudain, un grand bruit se fit entendre. L'ascenseur descendait. Jérémie sauta de son siège, le cœur battant. Qui d'autre pouvait être au courant de l'existence de cette salle ; qui pouvait être en train d'y venir sans qu'il l'ait orchestré ? Peut-être Yumi avait-elle parlé du rendez-vous à Ulrich ou à Odd ; peut-être XANA avait-il envoyé un spectre polymorphe détruire le Supercalculateur. La porte commença à se déverrouiller : quoi que ce soit qui sorte, le jeune informaticien devrait garder à l'esprit que XANA avait peut-être oublié son visage.

Ça lui fit un choc. Il n'y avait pas d'erreur possible. Il avait beau être coiffé comme un punk, fringué comme un Yankee, ses traits ne trompaient pas : c'était William, de retour sous l'emprise de XANA. Contrairement aux autres Lyokô-guerriers, le jeune homme avait quitté Kadic sitôt le Supercalculateur mis hors services – involontairement, comme chaque fois qu'il quittait un collège. La jeune japonaise avait en effet pu constater ce qu'il voulait dire quand il affirmait que l'amour le rendait fou : dépité par la victoire de son rival Ulrich, il avait immédiatement perdu tout sens des réalités, son honneur, ses valeurs de bon gars, et avait en deux semaines appliqué sa menace de révéler au proviseur l'affaire XANA. Heureusement, le groupe d'amis n'avait pas été le seul à considérer que amour et folie étaient chez lui liés ; à la fin de l'année, William avait quitté l'internat, et n'avait plus jamais donné signe de vie.
En voyant que le programme avait retrouvé son féal favori, Jérémie ne sut un instant quoi faire. Mais ce malaise ne dura qu'une seconde ; il adopta l'attitude la plus raisonnable.

- Bienvenue. Je suppose que tu viens pour une virtualisation, dit-il en descendant du siège et en s'écartant avec un sourire engageant.

Le spectre fronça les sourcils, méfiant.

- Tu as laissé tes amies m'attaquer. Les amis de mes ennemis sont mes ennemis.
- Oh, je suis désolé ! s'exclama l'informaticien avec autant de sincérité que possible. Ces créatures ont un rapport avec toi ? comme nous ne savions pas ce que c'était, et qu'elles attaquaient nos installations, nous avons cru à un bug. On peut faire quelque chose pour t'aider ?

Le jeune homme serra ses doigts croisés dans son dos, en affectant un air gêné et amical face au spectre noir face à lui, qui le scrutait, impassible. C'était sans doute l'instant de vérité, celui sur lequel se jouait tout le bluff. Soit le programme l'identifiait comme une ennemi, et la discussion virait dans la seconde à la baston, soit il mordait à l'hameçon et essayait de se montrer conciliant. Enfin, le spectre prit sa décision.

- Il y a une chose que tu pourrais faire pour me dédommager. Une fois que je serai virtualisé, ramène tes amies et détruit la machine. Je ne parle pas simplement de l'éteindre : si possible, fais exploser le laboratoire, pour t'assurer qu'elle sera désormais inutilisable.
- C'est difficile d'accepter, mais puisque nous t'avons causé des soucis, je suis prêt à le faire. Ceci dit, avant, j'aimerais que tu me donnes ton avis sur des fichier que j'ai trouvés dans une zone protégée. C'est des enregistrements vidéos du journal d'un certain Franz Hopper, qui dit avoir créé cet endroit. Ça pourrait t'intéresser...

Le possédé de XANA hésita un moment, puis se dirigea vers le siège, y prit place et se mit à pianoter. Une fenêtre vidéo s'ouvrit enfin, où le spectre put voir le vieil homme barbu aux lunettes opaques, installé dans ce même siège qu'il occupait à l'instant.

« 6 Juin 1994. Jour 67. Le Projet Carthage était un programme militaire destiné à bloquer les communications ennemies… » commença le scientifique, sous les yeux attentifs de XANA. En lui-même, Jérémie priait pour que la tour soit bientôt désactivée, pour que ce programme prenne fin le plus vite possible. Mais soudain, ce qu'il redoutait le plus se produisit : le micro émit un son. C'était la voix de Yumi.

« Tu ne devineras jamais, Jérémie : les Tarentules sont encore là, à garder la tour. A croire que notre bon vieux XANA n'a pas perdu la main ! »

Le spectre avait tout entendu, mais notre héros fut plus vif que lui : il se précipita vers le micro, et hurla :

- Vite, William est ici !

Un formidable coup de poing lui percuta la tempe, le jetant deux mètres plus loin ; si le jeune scientifique avait oublié la douleur que pouvait causer un coup de poing de XANA, il se souvenait très bien de la façon dont il fallait y répondre : il s'accrocha au siège pivotant et balança ses pieds dans la poitrine de son ennemi.

- Qu'est-ce que tu dis de ça, mon vieux XANA ? cracha-t-il au spectre instable en courant à l'autre bout du laboratoire.

L'autre ne répondit pas. Il se releva, fou de rage, et, comme s'y attendait Jérémie, il commit l'erreur de ne pas s'attaquer à l'équipe via les commandes (peut-être parce qu'il ignorait qu'un des membres était capable de désactiver les tours), et, après avoir arraché le fauteuil pour s'en faire une arme, fonça vers celui qui l'avait attaqué.
Ceci dit, la diversion ne faisait pas tout : Jérémie n'avait aucune idée de la façon dont il pourrait se défendre. La terreur et l'adrénaline firent toutefois bien les choses. L'intellectuel se rua sur son adversaire, lui arracha son arme par les pieds et la retourna contre lui. Une nouvelle fois déphasé, William tomba à genoux. La situation était inversée, mais XANA ne se laisserait pas prendre de la même façon : l'attaque suivante se fit à coups de tirs électriques, qui jaillirent de la paume du spectre et ravagèrent la pièce toute entière ; Jérémie utilisa son arme comme bouclier, en évitant soigneusement de toucher l'armature en fer, mais le fauteuil commença bientôt à sentir le cuir brûlé. A l'aveugle, il fonça vers la source des éclairs dans l'espoir de se jeter sur lui ; William esquiva aisément, et saisit son ennemi par la peau du cou.

- XANA...susurra-t-il à son oreille. Joli nom que le mien...Grâce à toi, j'ai vraiment hâte de mettre au point de nouveaux protocoles pour obtenir plus d'information. Merci, mon petit bonhomme...

La souffrance arriva comme la mort, fulgurante, omniprésente, imposant partout son impitoyable puissance ; c'était chaque nerf, chaque centimètre carré de peau ou de muscle, que le jeune homme sentait griller. La souffrance devint enfin tout son univers, tout ce qu'il connaissait, tout ce qu'il espérait – hormis la mort, qu'il voyait, qu'il sentait approcher...il perdit connaissance.

***

« Jérémie ? Chéri, tu m'entends ? »

L'informaticien ouvrit brusquement les yeux. Tout le lançait encore de partout. Il essaya de bouger, et hurla aussitôt de douleur. Il sentit quelque chose remuer près de lui.

- Oh, ma tête ! se plaignit William. Qu'est-ce que c'est que cet endroit ? Mais...qu'est-ce que je fous ici ?

La vision du jeune homme devint plus claire ; il n'entendit pas son ancien camarade s'asseoir, puis se mettre debout, mais il vit ses pieds s'agiter sur le sol.

- Toi ? hurla William. Toi ? mais qu'est-ce que c'est que ce bordel ? J'ai été possédé par un de tes foutus programmes encore une fois, c'est ça ? Réponds, mec !

Il saisit violemment le blessé et le redressa ; celui-ci répondit par un autre cri. Il n'entendait toujours rien de ce que l'autre lui criait. Il vit qu'il s'arrêtait, semblait attendre une réponse avec angoisse. Il essaya de parler, mais ce ne fut qu'un pénible râle qui s'échappa d'entre ses lèvres :

- Entends rien...pas de questions, pour l'instant...m'apporter, devant l'ordinateur...

Il vit le grand type froncer ses noirs sourcils. Tout d'un coup, il hurla, secoua Jérémie, le jeta à terre (ce qui lui fit revenir l'audition comme par magie), et s'en alla en hurlant :

- Ras le bol de vos histoires ; tout ce que je veux, c'est la paix ! alors vos spectres qui m'emprisonnent et me volent des mois de ma vie, vous pouvez vous les mettre où je pense ! J'vous préviens : si jamais, une fois sorti de cet endroit, j'entends une fois parler de vos foutaises, j'vous pète la gueule, à tous !

Jérémie retomba dans les vapes en laissant couler une larme le long de sa joue. La bande avait définitivement perdu un Lyokô-guerrier.


Dernière édition par Belgarel le Ven 29 Oct 2010 19:33; édité 6 fois
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Quater MessagePosté le: Dim 22 Aoû 2010 13:19   Sujet du message: Répondre en citant  
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Messages: 107
Localisation: Je ne saurais le dire...
Tiens, j'en ai loupé un...
Bon ben je commente les 2.

Pour la section 2, on continue les descriptions des persos et c'est pas joli-joli... Entre Ulrich qui déprime tout seul et Odd qui se défonce régulièrement, ça sent la fine équipe. Pour reprendre des commentaires précédents, c'est vrai que ça nous change que les protagonistes n'aient pas la vie rose (surtout ces deux-là d'ailleurs), et c'est pas plus mal.

Pour la section 3, je commencerai par un truc qui me dérange: pourquoi dire "secteur 5" alors que le terme employé est "5e territoire" ?
A part ça, c'est vraiment excellent. XANA amnésique, Aelita victime des délires informatiques de Jérémie, Ségo qui déclare la guerre aux US (j'était mort de rire devant ce passage ^^), et William qui recommence à faire le spectre... Je trouve d'ailleurs que tu lui a trouvé un futur assez intérressant et bien adapté à son caractère.

Il y a autre chose que j'aimerai bien savoir: tu dis dans ta préface que tu posteras jusqu'à la fin de la semaine, mais à voir la quantité que tu écrit, je me demande si tu auras le temps de tout publier. Espérons que oui.

Et puis sinon et bien... la suite, la suite, la suite !

Ah et tient j'y pense:
Belgarel a écrit:
Je sais pas, t'as fait prépa Maths ?

Si ce n'était pas le cas je n'aurais pas relevé Wink
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Marla Singer MessagePosté le: Dim 22 Aoû 2010 14:10   Sujet du message: Répondre en citant  
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Messages: 77
Ça promet ! J'ai bien aimé. Si j'ai bien lu, tu dis que c'est ta première fic ? Ça se voit pas. Tu écris bien. (:
La suite !
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