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  Sujet: [One-shot] Artifices  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 09 Avr 2019 15:50   Sujet: [One-shot] Artifices
Bonjour à tous,
Comme le veut la tradition, me voilà de retour pour clarifier certains détails vis à vis de ce texte (ou du moins, essayer).


Pikamaniaque
Citation:
Il est regrettable que tu n’aies pas précisé de bornes chronologiques à ton récit : j’ai du mal à estimer où ils en sont dans leur cursus respectif.

En ce qui concerne la question des bornes chronologiques, je pense qu’il s’agit avant tout d’une question de ressenti vis-à-vis des personnages. Est-ce qu’il fallait vraiment le chiffrer pour pouvoir s’identifier à eux ? Qu’importe qu’il se soit écoulé deux ans, trois ou dix. J’estime qu’on peut aisément se projeter sans que le récit ne soit borné par l’âge des protagonistes. Le temps qui importe ici, c’est celui de la réflexion.

Pour les tirets, j’en suis bien consciente ! Il y a eu un problème lors de la publication et honnêtement j’avais la flemme. Tu peux vérifier, ce n’est pas dans mes habitudes.

Citation:
Sur le fond, je me demande toujours quelles ont été les motivations pour écrire ce texte. Cette histoire traîne, mais pourquoi ? Que raconte-t-elle ? Que vise-t-elle à faire ressentir, sinon de la nostalgie ? Est-ce un hommage ?

Mes motivations ne visent pas à être étalées en public. J'ai pris le temps qu'il fallait pour écrire ce texte, mais ça fait longtemps que je sais ce que j'ai à dire, et à qui. Ce que tu dois savoir, c'est que ce n’est pas pour autant un hommage, tout au plus une piqûre de rappel. Et un premier pas vers une prise de contact qui, jusqu’à présent, semble fonctionner. Il ne faut pas s’inquiéter pour la suite, j’ai d’autres histoires à raconter. Et tu sauras reconnaître, j’en suis sûre, qu’une bouteille à la mer, c’est toujours mieux qu’un pavé dans la mare !

On passera sur la mort de la mère de Sissi, j’en conviens, j’aurais pu être plus subtile. En ce qui concerne le bain de minuit cependant, même si on le prend au pied de la lettre, c’est jouable selon les circonstances. Le but n’est pas d’y rester, mais de s’y confronter !

Je sais que ce texte n’est pas au niveau pour certains, c’est sans doute qu’il ne peut être compris que par d’autres. Malgré cela, j’y tiens beaucoup. C’est un texte nécessaire et qui trouve sa place dans mes écrits. J’ai appris à aimer certaines scènes, certains messages, tout ce que ça cache. Ce n’est pas toujours assumé comme autrefois, mais c’est justement parce qu’on touche à un sujet personnel. Je pense que j’ai surtout distrait ceux qui ne se sont pas sentis concernés ! Et en ça, j’ai réussi mon pari.


La Cave
Citation:
Ton texte manquait peut-être d'un passage au "gueuloir".

C’est parce que ce texte est plein de secrets. Ce sont des réflexions intimes, qui visent à être murmurées et non vulgairement gueulées.

Citation:
pour une raison que l'on ignore, qu'on ignorera jusqu'au bout, et qui incidemment importe moins que leur décision de réparer leur relation. Il est assez frustrant de les voir agir sans comprendre les motifs ou contexte de leurs décisions, car on ne comprend pas la signification des geste ou des conversations.

Toutes les histoires ont plusieurs voix, et voilà la mienne. C’est pour ça que le texte semble incomplet. De mon côté, tout est dit. Mais tu marques un point. La cause importe peu ; il s’agit ici de traiter des conséquences et des choix qui ont été faits par chacun.

Citation:
Là où les choses collent moins, c'est qu'à cette narration se greffent des arcs de personnage parasites. Une-fois-au-châlet, tu nous dépeins Jérémie et Aelita heureux (drôle de façon d'introduire l'enjeu en soi, mais surtout, ça les exclut du problème. D'ailleurs, on ne les revoit pas du reste du texte, ils n'ont aucune action dans le récit. Pourquoi ces personnages tiennent-ils donc le rôle de prologue ? L'idée était peut-être de nous plaquer un accord majeur pour annoncer la couleur, mais comme on enchaîne sur autre chose, ça nous laisse plus confus.)

La vérité, c’est que je me fous de Jérémie et Aelita. J’ai pris l’habitude de naturellement les évincer des mes textes. Et surtout, ils ne sont pas au cœur du problème. Il s’est passé quelque chose qui ne les concerne pas directement, mais ils ont pris position et ceci est défini dès le début du texte. Je dirais qu’ils servent de prologue aussi car il convient de les placer (après tout, ils existent toujours au moments des faits) et qu’ils montrent quelque chose qui aurait pu se produire avec les autres isolés : ils sont ensembles et heureux, soudés. Mais comme le problème est ailleurs, ils restent secondaires.

Citation:
Ulrich a peut-être l'arc le plus raccord, et ce n'est pas pour rien qu'il est au centre de la fic.

Sérieusement, qui ça a surpris qu’Ulrich soit au cœur du propos ? Mr. Green

Citation:
Mais blague à part, pourquoi "artifices" ? Qu'est-ce qu'il y avait de faux dans cette histoire ? De rusé, de tompeur, d'industriel ?

Je pense qu’il faut un rapport plus personnel au texte pour comprendre où se trouve l’artifice. On va dire qu’il y a plusieurs niveaux de lecture en fonction de ceux qui me connaissent ou non. En tant que lecteurs extérieurs, vous vous en êtes très bien sorti.


Silius Italicus
Citation:
Il est vrai que la chanson indiquée en lien dans le final éclaire un peu les choses, encore que pas tant que cela.

MERCI.
Merci d’avoir relevé la chanson. Je sais qu’elle n’a pas été comprise par tous et c'était un peu frustrant, pourtant je ne vois pas comment être plus claire.

J’aime beaucoup ton analyse, notamment autour de la technologie et les différentes utilisations du téléphone, du rôle de chacun et de l’organisation du texte. Tu as mis en lumière des choses intéressantes et finalement en lisant tout ça, je me rends compte que j’ai mieux calculé les choses que prévu (#grosseschevilles). Au-delà de ça, tu apportes des réponses plus que tu ne poses de questions dans ton commentaire. C’est assez rafraîchissant… Du coup je n’ai pas grand-chose à redire !

Citation:
C’est un appel fort que celui d’Ulrich, une pierre jeté dans un lac.

Je préfère qu'on parle la bouteille à la mer ! Ou de William dans un lac... mais ça n'a pas le même sens.



Merci d’avoir pris le temps de partager vos impressions. J’espère que même ceux qui ne se sont pas manifestés directement auront entendu cet appel. J’ai trouvé vos remarques justes et comme toujours certaines interprétations étaient fraîchement surprenantes et pourtant pleines de justesse.

Vous vous êtes tous demandé pourquoi Artifices. C'est lié à un ensemble d'expériences. Si je devais donner un sens à cet artifice, je dirais que ce texte est une ode à l'amitié, qu'il célèbre à sa juste valeur, tout en dénonçant les non-dits qui s'y cachent.

Des bisous mes chouchous, à très vite ! (si ce n’est que j’ai un mémoire à écrire alors pas trop vite non plus)
  Sujet: [One-shot] Artifices  
Leana

Réponses: 5
Vus: 6151

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 25 Fév 2019 00:51   Sujet: [One-shot] Artifices
    Publier pour l'année 2018 : X
    Publier avant le nouvel an 2019 : X
    Publier avant la fin janvier 2019 : X
    Publier : en cours


Comme je viens de l'expliquer de façon si élégante, ça fait un moment que cette histoire traîne. C'était parti pour être un tout autre projet, et puis les choses ont pris une tournure différente.
Le retard est dû à une incapacité à trouver les mots -comble de l'ironie- et je dois avouer que je ne suis pas encore sûre d'y être parvenue.

Bonne lecture à tous,



https://i.imgur.com/IpcNbWY.png


Artifices



La montagne,
31 décembre.



Aussi loin qu’il se souvienne, Jérémie Belpois n’a jamais particulièrement apprécié le réveillon du 31 décembre. D’abord, parce qu’il juge ridicule l’engouement des gens autour de cette fête plutôt qu’une autre, mais surtout parce qu’il a toujours eu du mal à trouver sa place, ce soir-là encore plus que d’habitude. Quand sa mère était avec eux, elle organisait des soirées extraordinaires et invitait des amis à passer la nuit ; la maison était ainsi remplie de fou rires pour commémorer dignement l’année écoulée. Jérémie partageait alors sa chambre avec son cousin Patrick et ces souvenirs sont de loin les plus heureux de sa jeunesse.

Les choses ont changé avec la disparition de sa mère et depuis son père et lui ont décidé de rester tous les deux pour les fêtes, ce qui n’est pas pour déplaire à Jérémie.

Jusqu’à cette année.

Cette année, c’est différent. Ce réveillon sera plus beau, plus doux, plus… Rose. L’opportunité que la famille attendait, sans le savoir, pour célébrer cet évènement comme avant. Aelita est présente à ses côtés en ce jour spécial et lui jette des regards complices de l’autre côté de la table, que l’on a remplie de gourmandises pour l’occasion. Il y a de quoi attraper une indigestion, mais franchement, elle s’en moque. Ce soir, elle aussi a le cœur léger.

M. Belpois entre dans la pièce à son tour, un tablier noué autour de la taille. Il porte au bout des bras un gâteau crépitant de lumières. Comme il s’y attendait, Jérémie constate qu’il y a bien plus de bougies que nécessaire. Ça aussi, c’était une idée de sa mère, parce que quoi qu’on en dise, l’âge n’est pas qu’une question de chiffres !

« Et voilà, fiston ! Joyeux anniversaire ! »

Aelita glisse une main dans la sienne et il sent son estomac se contracter sans trop comprendre ce qu’il se passe. Les sourires autour de lui, les flashs, tout ça remonte à si longtemps… Et puis, il est frappé par l’évidence.

C’est ça, il est de nouveau heureux.


***



Quelques instants plus tard,
Porto.


« T’y crois pas ! »

En promenade avec sa famille, Odd tente par tous les moyens d’échapper aux jérémiades de ses quatre sœurs. S’enfonçant dans le labyrinthe des rues de la ville, il se surprend à recevoir un texto de Jérémie. Son ami va lui porter la poisse à envoyer ses vœux si tôt. Il a immédiatement une pensée pour Ulrich et ses histoires de superstitions, mais il la chasse d’un revers de la main. Il refuse de laisser cette histoire entre lui et son ami gâcher son réveillon. C’est décidé, il ne fera pas un geste dans sa direction.

Ouvrant la photo qui accompagne le message de Jérémie, il laisse échapper un râle de jalousie. Pendant un moment, il songe au bonheur que ce serait de pouvoir se téléporter pour leur faire un câlin… et se servir copieusement sur la table. Il est vrai que la nourriture est excellente ici, mais qu’est-ce qu’il ne donnerait pas pour un bon dessert…

Ignorant son estomac qui s’éveille, il active sa caméra et laisse son regard vagabonder sur les merveilles qui l’entourent en ce soir de réveillon si singulier. Tous les ans, ses parents les emmènent dans un nouveau pays pour passer le cap de la nouvelle année. C’est une sorte de rite de passage, ses grands-parents maternels étant de vrais baroudeurs, ils ont répandu le virus à tout leur entourage. Cette année, la famille Della Robbia a atterri à Porto, un petit coin de nostalgie à mi-chemin entre la ville et la campagne. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le dépaysement est au rendez-vous.

Tout ceci constitue une source d’inspiration essentielle à leur tradition personnelle du nouvel an : la danse. En effet, chaque année, chaque membre du clan Della Robbia a la responsabilité d’imaginer un mouvement à ajouter à leur chorégraphie légendaire. Les suggestions sont soumises à un jury composé la plupart du temps par les parents d’Odd et éventuellement de quelques curieux. Celui qui trouve l’idée la plus originale se voit attribuer le mérite de choisir la destination pour l’année suivante. La dernière fois, c’est Pauline qui a remporté la compétition avec son roulé déhanché, et ça va être difficile de faire mieux…

Puisqu’il est conscient que l’inspiration vient à celui qui se laisse porter par l’émotion, Odd décide de filmer les passants au hasard. Exalté par la douce mélancolie qui se dégage des airs de fado et des odeurs de cuisine, il observe les gens aller et venir dans une danse dont il ne comprend pas tous les codes. Il a l’impression de flotter, comme dans un rêve. Des enfants chahutent un peu plus loin en jouant au football, et c’est en les contemplant qu’il se rend compte à quel point il a grandi.

La famille décide de s’arrêter quelques minutes sur la place principale, remplie de touristes et de badauds ; ici et là, des artistes improvisent des concerts en plein air dans une insouciance qui est bien loin de l’humeur parisienne à laquelle il est habitué. Pour peu, il se sentirait presque dans un autre monde. Éblouis quelques instants par les lumières des projecteurs, les yeux d’Odd se stabilisent enfin sur une silhouette qui se fraye un chemin à travers la foule.

Ajustant son objectif, il trouve le point de départ d’une nouvelle aventure.


***



Cette même soirée,
Appartement du principal, collège Kadic.


Elizabeth fait défiler sur son téléphone les photos que ses amis ont publiées sur les réseaux sociaux, sans grande conviction. Jérémie et Aelita à la montagne, Odd parti en Espagne, Hervé dans sa super soirée… Une photo de William apparaît au milieu des visages plus ou moins connus. Il a été identifié par une certaine Violette avec laquelle il semble très complice. Elizabeth se demande qui d’autre l’a vue, comment elle a réagi, et cela la fait sourire l’espace d’un instant. C’est sans compter sur la légende qui accompagne le cliché, semblable à toutes les autres ce soir.



    223 j’aime
    Violette_Butterfly Prête pour accueillir la nouvelle année avec les meilleurs amis du monde !
    #happynewyear #friends #family



Il y aura toujours quelqu’un pour lui rappeler qu’elle est seule, d’autant plus aujourd’hui.

Le temps d’une seconde, Sissi hésite à appeler Ulrich. Elle se ravise, non seulement car elle est persuadée qu’il ne lui répondra pas, mais aussi parce qu’elle sait qu’il a sans doute quelque chose de bien plus intéressant de prévu pour ce soir. Elle sent les larmes qui commencent à monter. Curieusement pourtant, penser à Ulrich n’est que la deuxième pensée la plus douloureuse qu’elle puisse avoir ce soir.

Elizabeth serre les dents et jette un coup d’œil sur l’horloge. L’heure approche. Le salon reste désespérément vide. Une fois n’est pas coutume, son père s’est contenté de commander chez un traiteur quelque chose que ni lui ni sa fille ne tenaient vraiment à manger. Ensuite, il est monté s’isoler dans sa chambre, sans doute pour éviter d’avoir à affronter la réalité une fois de plus.

Elle se lève et quitte la pièce, se dirigeant sans un bruit vers la porte qui donne sur le garage, portant une main hésitante sur la poignée. Un gémissement timide lui fait comprendre que sa présence est reconnue alors elle finit par pousser le battant. Comme elle s’y attendait, sa vieille amie l’attend de l’autre côté, couchée sagement sur son tapis. Sissi porte un doigt à ses lèvres pour lui faire signe de rester calme, même s’il y a peu de chances qu’elles se fassent repérer.

« Allez, viens ma belle… »

La chienne ne se fait pas prier deux fois et file à ses côtés jusqu’à sa chambre, où elle retrouve ses habitudes en un rien de temps. Glissant sa tête sur ses genoux, elle pose sur sa maîtresse un regard bienveillant, comme si elle cherchait à apaiser son chagrin. Elizabeth laisse courir sa main dans ses poils soyeux, le cœur un peu plus léger.

Plus elle grandit, plus elle prend conscience de l’ambiance pesante et funeste qui règne dans la maison à cette date en particulier. Ce soir, elle aussi voudrait fuir sa vie et en finir avec les non-dits de sa famille.

Il faut dire que Sissi a gardé très peu de souvenirs de son enfance.

Mais elle n’oubliera jamais ce qu’il s’est passé avant l’accident ce jour-là. Ses parents s’étaient disputés à cause d’elle, parce qu’elle avait disparu. Mais elle était juste chez la voisine. Elle voulait jouer avec son chien. Elle n’avait pas le droit d’avoir un animal à la maison, alors... Et puis elle s’est endormie. Quand sa mère a constaté sa disparition, elle était tellement inquiète qu’elle est sortie précipitamment dans la rue. Elle n’a pas vu la voiture arriver.

Elizabeth ne se souvient pas du choc, seulement du bruit des freins. Comme dans un mauvais rêve qui revient chaque année. Ou peut-être qu’elle ne s’est jamais réveillée...

Maman est morte sur le coup.

Plus personne n’a voulu en reparler, et désormais on se contente de faire comme si ce jour n’existait pas. Mais pour Sissi, la douleur est toujours là…


***



Quelques kilomètres plus loin,
Au bord d’un lac au milieu de nulle part.


La voiture s’arrête dans un silence lourd de sens. Machinalement, Violette coupe le moteur et jette un regard de défi à son voisin, un sourire aux lèvres pour masquer sa gêne. Intérieurement, elle n’en mène pas large. Elle se serait sentie plus à l’aise s’ils étaient restés à la soirée, et en même temps elle n’échangerait sa place pour rien au monde. En plus, il faut qu’elle en profite avant que les autres ne les rejoignent. Bien sûr, elle se sent coupable d’avoir cette pensée, mais les moments qu’elle partage en tête-à-tête avec son ami se font de plus en plus rares et elle est prête à se montrer égoïste pour une fois.

À ses côtés, sur le siège passager, un William passablement éméché l’observe sans dire un mot. Il est conscient du dilemme qui la tiraille, mais il n’a pas le courage de prendre la parole le premier. Pour être tout à fait honnête, il n’a pas plus envie d’être ici qu’elle, et ils le savent tous les deux. Quel pari débile... Non, lui, s’il est là, c’est pour voir jusqu’où elle est prête à aller pour l’impressionner.

Il se souvient d’une fois, quand ils n’étaient encore que des gamins. Alors qu’ils faisaient le mur après la fête, elle est entrée par effraction dans un jardin où se trouvait une cabane si haute qu’elle avait l’air de flotter dans les nuages. Ils s’y sont installées et ont attendu ensemble le lever du soleil, malgré le risque de se faire surprendre par les propriétaires. Jamais il n’a ressenti un tel frisson d’excitation depuis, même pas avec Yumi et sa bande.

« Tu es prêt ?
– Chiche ! »

Un éclair de défi traverse ses yeux bleus alors qu’elle lâche un cri d’encouragement en sortant de la voiture. La portière claque derrière elle et ils se jugent sans un mot à travers la vitre. Il est resté perplexe face à l’assurance dont elle fait preuve ce soir. Lui qui voulait savoir où se trouvaient ses limites, il a maintenant compris qu’il lui faudrait bien plus que ça pour les atteindre. Elle va vraiment à le faire. Et il aura l’air bien con s’il ne la suit pas.

« Bon. Le dernier à l’eau est une poule mouillée ! Enlève tes fringues, Will.
– Tu parles d’un plan drague ! Il va falloir faire mieux que ça pour me convaincre ma petite, on n’a plus six ans ! »

Amusée, Violette lui lance son t-shirt à la figure en riant, même si au fond elle ne se sent toujours pas rassurée. L’eau va être gelée, ils ont oublié d’emporter les serviettes, il fait actuellement moins huit mille… À vrai dire, elle ne se souvient même plus qui d’elle ou de William a eu cette idée stupide, mais elle sait déjà qu’elle ira jusqu’au bout, parce qu’elle est avec lui et qu’elle est prête à tout.


***



23h45
Domicile de la famille Ishiyama.


Yumi termine d’accrocher son message sur l’arbre dans l’entrée, juste avant que minuit ne sonne. Elle est la dernière à le faire. Ce soir, elle se sent fatiguée et un peu éteinte. Il lui semble que ça fait une éternité que c’est comme ça. Parfois, elle aimerait rester endormie. Dans ces moments-là, il n’y a qu’Ulrich sur qui elle peut compter pour lui remonter le moral. Elle espère d’ailleurs qu’il va bien, depuis qu’il est parti passer les fêtes dans sa famille, elle n’a plus de nouvelles.

Ses propres parents sont partis dîner en amoureux au restaurant ce soir, et Yumi est en charge d’Hiroki. Ce n’est pas comme si elle avait autre chose à faire de toute façon. Et puis son frère est monté rejoindre Johnny sur l’ordinateur à l’étage pour une partie de Galactic Battle, alors pour l’instant elle est seule avec ses pensées.

Après un dernier tour de la maison pour vérifier que tout est en ordre, elle file rejoindre sa chambre pour méditer avant le passage à la nouvelle année. Elle doit réfléchir à ses prochaines résolutions. Dans l’idéal, il lui en faudrait au moins douze.

Quand ses parents sont arrivés en France, ils tenaient tellement à s’intégrer qu’ils se sont mis à suivre le plus possible de rituels européens. Son préféré était le jour du Carnaval, parce qu’elle pouvait devenir qui elle voulait. Pour Hiroki, c’était le Premier avril, évidemment. Le seul jour où il était autorisé, peut-être même obligé, de faire des blagues nulles.

Yumi soupire. Elle a toujours aimé se fixer de nouveaux défis pour commencer l’année. Faire table rase du passé et partir sur de bonnes bases. Bien sûr, rien n’a eu autant d’impact dans sa vie que la fois où elle a décidé de s’inscrire au cours de pencak-silat…

Se dirigeant vers son bureau, elle jette un dernier coup d’œil par la fenêtre sur la rue recouverte de neige immaculée. Cette soirée semble si paisible, pourtant, tapies sous un fin manteau blanc, on distingue encore quelques fleurs qui percent le froid, symbole de la résistance de son esprit à l’apaisement.

Yumi pince les lèvres et se dirige finalement vers son lit. Assise en tailleur sur son futon, elle allume une bougie et laisse son esprit vagabonder au rythme du vacillement de la flamme, tantôt brave, tantôt timide… un peu comme elle. Elle prend une grande inspiration et ferme les yeux, essayant de faire le vide…

D’un coup, elle sent son téléphone vibrer frénétiquement dans sa poche. Une demi-douzaine de personnes se sont montrées prévoyantes ce soir et elle s’étonne même de voir certains noms oubliés s’afficher. C’est la magie de la nouvelle année, redécouvrir ce que l’on a toujours eu et que l’on croyait perdu.

Yumi se met alors à imaginer ce que font ses amis pour cette soirée si spéciale. Il lui semble que ça fait une éternité qu’ils ne se sont pas retrouvés tous ensemble, comme avant. Elle se souvient des derniers rires, mais également de toutes les incertitudes que le temps n’a pas effacées. Elle pense immédiatement de nouveau à Ulrich et songe à l’appeler. Au lieu de ça, elle compose un autre numéro et retient sa respiration.



    Salut, vous êtes bien sur la messagerie de William Dunbar ! Si je ne réponds pas pour l’instant, c’est que je suis occupé ; mais ne vous en faites pas, si vous êtes important, je finirai sûrement par rappeler !


Elle ouvre la bouche mais aucun son ne peut plus en sortir. Ses yeux se posent sur une photo collée à son mur : tous les six en train de pique-niquer dans le parc...
Des coups de klaxon retentissent subitement dans la rue et couvrent le bruit de son cœur qui se serre alors qu’elle réalise.

Ça y est, l’heure est arrivée.
Et elle vient de comprendre ce qu’elle souhaite plus que tout au monde : pouvoir retourner dans le passé.


***



Minuit moins quelques minutes,
Rues de Strasbourg.


Ce sont les cris autour de lui qui informent Ulrich que minuit approche.

Les mains dans les poches, il accélère le pas, peu désireux de rencontrer du monde. C’était sans compter sur l’effervescence du moment. Alors qu’il erre dans la rue, un groupe de jeunes sort d’un bar attenant dans un fatras épouvantable. Ulrich les dévisage sans ménagement. Quatre garçons et trois filles, qui sont bien loin de lui rappeler le genre de personnes qu’il a pour habitude de fréquenter. L’une d’elles, visiblement dans un sale état, dérape sur le trottoir et se rattrape en s’agrippant à son cou de ses bras ivres et mous. Il serre les poings alors qu’elle glousse contre lui.

« Toi, t’es mon héros chéri ! Et les tous les héros ont droit à un traitement de faveur… »

Ulrich ne peut empêcher le rose de lui monter aux joues. Flatté, mais pas intéressé par la demande, il réussit malgré tout à se dégager sans provoquer d’histoires. Un regard sur le reste du groupe et il comprend qu’il a bien fait d’en rester là. Il faut bien le reconnaître pourtant, il a hésité ; s’il avait voulu provoquer une bagarre avec eux, il aurait sans doute pu. Il pensait avoir envie de cogner quelqu’un ce soir, mais il semblerait que cela n’ait plus aucune importance.

Ulrich s’éloigne en silence. Aujourd’hui, il n’a pas le cœur à la fête.

La sonnerie de son téléphone retentit une nouvelle fois, alors il le sort machinalement pour rejeter l’appel, non sans avoir vérifié avec une pointe d’espoir l’identité de la personne qui a tenté de le joindre. Malheureusement pour lui, ce n’est pas ce qu’il attendait. Il devrait pourtant avoir l’habitude d’être déçu…

Il range son portable. Ses parents peuvent bien s’inquiéter de son sort maintenant, c’est trop tard, et il ne répondra pas. Il a une pensée douce-amère pour leur soirée mondaine gâchée par sa fugue de la maison, et s’amuse du scandale que cela a sûrement provoqué. Mais cela ne dure qu’un instant…

Nuit de merde.

Un bruit sourd le fait soudainement sursauter et capte son attention au loin. Là-haut, le temps est suspendu à un crépitement qui s’élève jusqu’à éclater dans une explosion de lumières. Acclamé par les cris la foule, il est bientôt suivi par des dizaines d’autres jets lumineux qui balayent les inquiétudes d’Ulrich et les renvoient dans les recoins sombres auxquelles elles appartiennent désormais.

Le ciel s’embrase de mille couleurs, non sans lui rappeler que tout dans ce monde n’est qu’une histoire de perception et d’artifices. Il est temps de se montrer le plus courageux.

Son téléphone entre les mains, il s’empresse de donner un sens à cette mascarade.



Rédiger un message
Choisir un destinataire : Sissi



***


Le lac,
Minuit et une minute.

Le point lumineux ne cesse d’aspirer son regard sur le côté.
Ça la met en rogne. Elle n’a pas envie de rompre le moment, surtout que les autres ont fini par ne jamais arriver. Elle voudrait rester ici pour toujours avec lui. Mais il y a ce clignotement qui ne veut pas arrêter de la titiller et qui l’empêche de se détendre.

Finalement, la curiosité l’emporte.

« Tu as un message sur ton téléphone. »

Violette tend le bras et lui rapporte l’objet incriminé. Il lève aussitôt la main, comme pour protester. On est le 1er janvier, évidemment qu’il a reçu des messages ce soir. Ce qui le surprend davantage, c’est qu’ils aient pu capter du réseau par ici…

« C’est peut-être important… »

C’est important. Pour elle. Depuis qu’ils se sont installés dans la voiture, ce point bleu l’obsède, alors il vaudrait mieux que William règle le problème avant qu’elle ne perde patience. Elle le regarde obtempérer avec un soupir et regrette un instant de s’être emportée pour si peu… Déverrouillant l’écran d’un geste habile, il parcourt ses notifications en silence. Son front se plisse brusquement.

« J’ai reçu un appel de Yumi. Ça te dérange si… ?
– Non, bien sûr. »

Elle se redresse et regagne son siège à contrecœur. Un sourire illumine son visage lorsqu’elle décroche. Il fait froid tout à coup.

« Salut, ma belle ! Bonne année à toi aussi… Oui, j’ai hâte de voir ça ! Oui. Écoute Yumi, j’ai vu que tu avais essayé de me joindre, est-ce que… Oh… Je vois… »

Ses yeux perdent instantanément leur éclat.

« Non… D’accord. Ne t’inquiète pas, je suis sûr que tout va bien… Promis. Tu sais comment ça se passe d’habitude… D’accord, je vais… Ok, donne-moi quelques minutes alors. »

Il s’arrête et active le haut-parleur pour pianoter sur son téléphone sans prendre le risque de rompre leur conversation. Mais il semble que Yumi ait décidé de rester silencieuse en attendant le résultat de ses mystérieuses recherches.

Violette sait bien ce que représente cette fille pour lui. Elle n’a jamais cherché à en apprendre plus qu’il ne le fallait, elle avait bien trop peur de ce qu’elle aurait pu découvrir. Il l’a rencontrée alors qu’ils étaient au collège, à peu près à la même période où Will a dû déménager à cause d’une pét… d’une pauvre fille de leur ancienne école. En arrivant, il avait tout de suite craqué pour Yumi, et Violette s’était effacée en espérant qu’un jour elle pourrait rattraper son retard… Puis les années avaient passé. Et maintenant, à entendre la respiration saccadée de sa rivale à l’autre bout du fil, elle ne sait plus quoi penser.

Constatant que William ne lui accorde plus un regard, Violette soupire, laissant reposer sa tête contre le carreau embué. Puisque ça risque de s’éterniser, autant en profiter pour piquer un somme… Soudain, elle sent une main chercher la sienne à tâtons, ce qui lui arrache un sourire. C’est là que la voix choisit de se manifester.

« Je suis désolée de te déranger William… Je ne savais pas quoi faire et…
– Pas de soucis, tu as bien fait. Tout va bien. »

William hausse un sourcil en direction de son amie qui vient de prendre la parole à sa place. Violette lui sourit innocemment en retour et, même si elle ne peut pas le voir pour confirmer son impression, il lui semble que là où elle est, Yumi est amusée de l’entendre également. Pour peu, la tension retomberait presque.

De son côté, William poursuit sa quête d’informations, surfant sur les réseaux sociaux. Ses yeux brillent d’intérêt pour ce qu’il est en train de lire. Il a l’air complètement absorbé dans ses pensées, que Violette en profite pour duper ses oreilles et lance en direction du téléphone :

« Il serait temps qu’on se rencontre toutes les deux, non ? Parce que Will parle beauc…
– Attends, stop ! Yumi, tu es toujours là ?
– Oui. Un problème ?
– Je ne suis pas sûr, mais tu ne vas jamais me croire… »


***



Appartement du principal, collège Kadic
Minuit et trois minutes.


Une nouvelle vibration secoue le matelas de Sissi alors qu’elle lutte pour ne pas se réveiller. Elle aurait dû se déconnecter tout à l’heure… Même au travers de son masque de nuit, elle aperçoit la lumière de l’écran qui tranche dans l’obscurité de la chambre.

Après une courte hésitation, elle attrape son portable et le balance à l’autre bout de la pièce, sans même y jeter un coup d’œil. La chienne, toujours assoupie à ses pieds, sursaute et soulève une oreille, puis se ravise. Elle aussi se sent bien fatiguée, et il y a longtemps qu’elle n’a pas profité de tout ce confort...

Épuisée, Sissi s’endort enfin pour une nuit sans sommeil, ignorant que ce qui se trouvait sur son téléphone aurait pu apaiser bon nombre de ses maux…


***


Pendant ce temps,
Porto,


Adèle vient d’être sacrée gagnante de cette année. C’était très serré même si, une nouvelle fois, Odd a constaté qu’il ne faisait pas le poids face à ses sœurs. À en croire ce que raconte la championne, ils ont tous intérêt à économiser car son grand rêve, c’est de partir en Australie.

Alors que le ciel laisse exploser sa joie et que les musiques deviennent plus entraînantes encore, Odd se traîne, à l’écart. Il a laissé sa caméra dans un coin. Après avoir cherché dans la foule la jolie demoiselle qu’il avait repérée plus tôt, il s’est rendu compte qu’il était sur la mauvaise piste... Peu importe la fille qu’il rencontrera ce soir, le fait est qu’elle ne suffira pas à lui faire oublier son problème.

Et là, tout ce qu’il veut, c’est trouver une solution pour arrêter de se sentir mal.

« Tu devrais peut-être commencer par présenter tes excuses, non ? »

Odd jette un coup d’œil à sa sœur par-dessus son épaule, sans arriver à comprendre si elle sait de quoi elle parle. Il ne s’est confié à personne... Mais après tout, on dit d’elle qu’elle est lq voix de la raison, alors...

« Allez Odd, arrête de te comporter comme un gamin ! »

Tiens, ça, c’est plutôt du Pauline… Il se retourne et constate que ses autres sœurs les ont rejoints, d’ailleurs toutes approuvent d’un hochement unanime de la tête ce qui vient d’être énoncé par leur ainée.

Odd hausse les épaules pour garder une contenance face aux filles, mais sa main glisse instinctivement vers son téléphone comme une bouée de sauvetage. Il a la boule au ventre, et aussi du mal à déglutir. Il a déjà pensé à prendre les devants et s’excuser, surtout au début, mais il ne sait même pas par où commencer. Ce qui lui fait peur, c’est que… Et si ce qu’il avait à dire n’était pas suffisant ?

Les doigts crispés sur le portable, il fait défiler la liste de notifications et s’arrête sur un nom qu’il croyait ne plus jamais voir s’afficher…


***


Strasbourg,
Minuit et onze minutes.


Le jardin est plongé dans le silence.

Ulrich entre par la porte du garage, espérant que ce sera plus discret étant donné le raffut dans la grande salle. C’était sans compter sur le sixième sens de sa mère, qui débarque dans l’arrière-cuisine en trombe. Elle allume précipitamment la lumière et s’arrête un instant pour contempler son fils. Le regard qu’ils échangent vaut plus que les mots qu’ils pourraient trouver. Ulrich est sur la défensive, elle le sent, prêt à disparaître aussi vite qu’il est revenu. Si ce n’est qu’il en a marre de fuir, mais ça, elle l’ignore encore…

Toujours un peu tremblante, Mme Stern s’approche calmement et pose une main délicate contre la joue de son fils. Elle lui adresse un sourire timide, comme pour les rassurer. Ulrich se détend enfin, puis commence à fixer ses chaussures, un peu mal à l’aise. Il ne se souvient plus de la dernière fois que sa mère lui a consacré autant d’attention.

Avant, quand il était petit, les réveillons de la nouvelle année avaient un goût bien différent. Son père préparait des en-cas sucrés et sa mère aménageait un espace à même le sol pour qu’ils puissent s’installer confortablement et profiter du spectacle. Elle lui racontait des histoires de chevaliers et de courage, de monstres et de quêtes légendaires. Il finissait souvent par s’endormir avant même que minuit ne sonne à l’horloge et rêvait qu’il se transformait en valeureux guerrier combattant pour la paix et la prospérité… Oui, tout ça remonte à bien longtemps…

Soudain, M. Stern débarque avec précipitation dans la pièce. S’emparant du téléphone fixe, il compose à la hâte un numéro en marmonnant dans sa barbe. Ulrich lui trouve un air épuisé, le regard vide. Sa mère ne prononce pas un mot, elle l’observe alors qu’il fait appel à tout son répertoire dans l’espoir de localiser son fils, coup de téléphone après coup de téléphone. Il finit enfin par poser les yeux sur eux, et il se sent faiblir. Alors sa femme s’avance vers lui et raccroche le combiné à sa place, réconfortant son mari comme elle l’a fait plus tôt avec son fils. Ça y est, la famille est réunie. Enfin, Ulrich n’a pas bougé de là où il était et, tiraillée entre les deux, elle se demande comment il serait possible de renouer ces liens qu’ils ont perdu…

Tout à coup lui vient une idée farfelue. Elle s’éclaircit la gorge.

« J’ai gardé du dessert. Chéri, il faudrait congédier les invités qui restent. Ulrich, prépare les plateaux s’il te plaît. On va s’installer dans le petit salon et discuter… »

Son père ne dit rien pendant quelques secondes, puis se contente d’acquiescer d’un mouvement de la tête, quittant la pièce. À ses côtés, sa mère lui adresse un clin d’œil qui le déconcerte. Une vague d’espoir envahit de nouveau le cœur d’Ulrich. Se pourrait-il que… ?

Il s’avance dans le couloir et regarde pour la première fois son père obéir aux ordres sans broncher, aidant les convives à récupérer leurs affaires et serrant des poignées de mains en guise d’au revoir. Il y a parmi eux d’importants collègues de travail qui sont désormais en train de quitter la maison sans plus d’explications. Plus loin, Ulrich aperçoit sa mère qui étale une couverture sur le sol, ajoute des cousins, et ces gestes lui semblent brusquement si familiers qu’il sait qu’il ne lui reste qu’une seule chose à faire.

Après un temps d’hésitation, il jette un dernier coup d’œil à son téléphone et se promet d’appeler Yumi le lendemain pour lui raconter. Puis, il le dépose tranquillement sur la table pour le reste de la nuit, et se prépare à sortir les plateaux du placard.

Quoique les autres puissent décider maintenant, lui se sent finalement en paix avec ce qu’il s’est passé.


***


Quelques instants auparavant,
Porto,
Le lac,
La montagne,
La maison des Ishiyama.



    Nouveau message.
    Groupe – Les guerriers de Lyoko
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    Ulrich – 00:07
    Et s’il y avait un moyen d’arranger les choses ?
    Bonne année à tous.



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  Sujet: [One-Shot] Naufrage.  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 26 Nov 2015 20:19   Sujet: [One-Shot] Naufrage.
Bouyaaaa ! ♥

Oui je suis en retard… Mais comme tu n’as pas répondu aux autres commentaires encore, ça fera peut être une jolie petite piqure de rappel (a) *PAF*

Spoiler

Du coup, spécialiste des OS de gonzesse au rapport ! (cool)

Tout d’abord, mention spéciale pour le titre qui est (bien mieux que le précédent ? *PAF*) selon moi bien choisi vis-à-vis de ton texte. Le passage sur le naufrage du couple d’ailleurs est très beau, et quelque part très vrai… Du coup il me rend assez triste, mais c’est personnel, même si je lui reconnais cette part de réalisme.

Ensuite, parce que les trucs organisés ce n’est pas tellement mon fort, je voudrais rebondir sur la mise en page. Je ne suis pas fan, comme d’autres l’ont dit, des dialogues en petit. Ni de l’utilisation de l’italique ou du gras pour mettre en valeur certains passages dans ton texte, je ne trouve pas ça nécessaire et esthétiquement pas toujours joli (jugement personnel), même si là à la rigueur ça se comprend mieux x)
Et je préfère la rédaction à la troisième personne du singulier, comme dans ton précédent texte. Je sais pas pourquoi, j’ai peut être trop donné, mais bizarrement tous ces "je", au lieu de m’aspirer dans l’histoire, ont plutôt l’effet inverse o/

Sinon, l’histoire en soi est sympa. Ça reste un scénario classique, mais adapté sur une personne à laquelle on ne s’attendait pas (la petite Aelita qui se décoince, ça n’arrive pas si souvent que ça… Quoique). Sauf que justement, ça coince à ce niveau là, parce que les caractères des personnages sont très éloignés de ce qu’ils sont dans le cadre de la série. Et euh, justement, je suis bien placée pour faire ces réflexions car je suis passée par là (et j’en suis sortie… Je crois).

Ça rejoint ce que je mentionnais un peu plus haut avec l’histoire du "bordel" et toussa. J’ai parfois l’impression quand je te lis que j’aurais pu écrire ça moi-même dans le temps, c’est assez dérangeant. Et avec ma propre évolution, je vois plus facilement les défauts de ce texte. Par exemple cette histoire de Yumi qui se maquille. C’est typiquement un fait que j’ai moi-même consigné dans un texte. Parce qu’à l’époque, je ne comprenais pas qu’une fille ne se maquille pas à leur âge, qui était le mien, et par conséquent je ne concevais pas que Yumi puisse être jolie sans se mettre une bonne grosse couche de maquillage, que c’était juste une scène coupée dans la série (j’exagère à peine). Et puis bah, on ne cesse jamais de grandir *PAF*
Après, je me trompe peut être et tu n’as mis ce "détail" que parce qu’elles aillaient en boite de nuit… Mais quand même x)

Pour en revenir au caractère des personnages donc, ce que je veux dire, c’est que c’est tu aurais pu faire plus ou moins la même trame, mais sans dénaturer les personnages. Parce que dans une fic, c’est bien de n’en faire qu’à sa tête parce que c’est ça qui nous plait et que c’est comme ça qu’on voit les personnages et que c’est plus cool de rajouter de l’alcool (c’est Ulrich qui oblige en plus, c’est honteux D8 ), de la drogue (j’ai un doute sur celui-ci, mais ça suit en quelque sorte la logique), des insultes (bon ça encore, selon le niveau de la fic, ça passe, mais je suis moyen fan en général), des talons et du maquillage. Mais du coup ça devient plus dur de convaincre les autres. Et je suis persuadée que toi-même avec le recul tu t’en rendras compte plus vite que ce tu ne crois, rien que si tu revoyais un épisode de Code Lyoko (et pas CLE, tant qu’à faire) tu comprendrais vite le décalage ^^

On rentre maintenant dans le vif du sujet !
… Je crois que je vais garder le couple Ulrich/Yumi pour un peu plus tard, parce qu’après tout et tu l’as bien dit, ce texte est centré sur Aelita. Mon gros souci pour commenter ce texte va donc être que je n’aime pas Aelita. Genre, du tout. Ni Jérémie, encore au stade au dessus. Mais bon, j’ai un rôle à remplir, alors on va essayer de faire comme si ! *meurt*

Je n’ai jamais été convaincue par leur histoire d’amour et ce peu importe les textes que j’ai lu, alors je ne trouve pas ça étonnant que l’un des deux se lasse. Et puis, c’est dans la nature des choses. Je ne sais plus si ça a été fait mais pour le coup le plus original serait que ça soit Jérémie qui pète un câble et s’en aille, ça changerait x)
D’ailleurs :


Citation:
« Je ne lui ai pas dit que je le quittais mais, je l’ai laissé sous-entendre. C’est un génie, il a sûrement compris.»


Non… Jérémie justement est un génie sauf pour les relations sociales et encore plus amoureuses. Donc bon il n’est peut être pas idiot, mais comme je le vois bien un peu demeuré dans ce genre de situation (no offense pour les fans, j’ai prévenu que je l’aimais pas), je le vois tellement croire que sa relation avec Aelita est toujours un gros nuage de barbe à papa.

M’enfin.
De leur côté, les pensées d’Aelita ne m’atteignent pas, je leur trouve parfois quelques longueurs, j’avoue ne pas saisir tout le temps l’intérêt de raconter tout ça, à part si c’est pour montrer à quel point elle s’ennuie/autre dans sa nouvelle vie, mais ça elle le dit très clairement par moments alors il n’y a rien à chercher plus loin (ou alors j’ai loupé un élément essentiel du texte et je m’en excuse x))

De la même façon, mais c’est propre aux débutants (à ne pas mal prendre comme mot hein (worry)), tu as tendance à décrire tous les personnages et leurs attitudes et leurs caractères etc et c’est tout sauf nécessaire. Dans un roman, à la rigueur, même si on n’a même pas besoin de ça pour s’attacher aux personnages, mais là dans le cadre d’une fanfic ou d’un OS dans lesquels on les connait déjà, ça ne sert qu’à te rajouter des lignes, et ce n’est pas toujours bien utile. On aurait pu comprendre qu’Odd était un coureur de jupons plus tard par exemple, quand tout le monde serait arrivé en boite (j’y reviendrais), ou son amour pour la bouffe qui n’avait pas besoin d’être développé davantage, avec ce genre de réflexions ça suffisait :


Citation:
« Odd, si ça peut te rassurer, tu peux manger au fast-food tant de fois que tu veux !
- Oh la vache, je sens que je vais adorer le lycée ! »


(Enfin bon, ce n’est pas la meilleure bouffe au monde, mais c’est l’exemple que j’avais sous le nez et ça me permet d’enchainer o/)
Car, et je ne sais pas si c’est un argument universel, mais j’ai entendu la même chose de la bouche d’un gamin qui avait fait son entrée au lycée récemment x) Donc bravo pour le réalisme *PAF*
Même si oui, le fast-food, c’est maaaal. On préfère les pâtes *PAN*

Concernant Ulrich et Yumi donc, je t’avoue que ça part du mauvais pied sachant qu’on aime pas en général les fictions qui commencent avec eux deux en couple sans savoir pourquoi ni comment, car au vu de leurs caractères il est très difficile de les faire se caser et c’est un peu trop simple de commencer en jarretant le problème comme ça et en les décrétant ensemble et point. Donc, bien que ça soit centré sur Aelita, ce n’était pas judicieux, je pense, de les mettre ensemble juste pour les mettre ensemble. J’aime les fics où ils sont en couple. J’aime le couple (et oui). Mais il faut qu’il y ait un intérêt derrière. Là, Aelita aurait pu tenter de se le taper comme elle l’a fait sans que son couple officiel avec Yumi ne serve. C’est déjà suffisamment "dégueulasse" sans avoir besoin qu’ils soient ensemble pour que ça choque davantage. Surtout que dans l’imaginaire collectif de tout Kadic, Yumi et Ulrich sont en couple de toute façon x)

D’ailleurs, concernant cette agression sexuelle dans les toilettes d’une boite de nuit avec exhibitionnisme et compagnie, je voudrais surtout savoir pourquoi en fait. Pour elle s’est jetée sur Ulrich et pas sur Odd ou même sur Jérémie ou même un inconnu ? Parce que c’est pire parce que c’est le copain de sa meilleure amie ? Parce qu’il a un tel potentiel de sexitude que personne ne lui résiste et au fond tout le monde veut se le taper ? Quoi, quoi ? …. C’est juste Aelita qui perd la boule. Oh. Bon. D’ailleurs j’aime le fait qu’elle se préoccupe après de son ex copain dont elle a en théorie plus rien à foutre XD

Et sinon, sur la boite de nuit justement. Je voudrais rebondir sur pas mal de trucs, dont ça :


Citation:
« Yumi m’a déjà expliqué ce qu’était une boîte de nuit et en parallèle, la garde à vue. Et à sa description, ça n’a pas l’air d’être terrible ! »


Euh, c’est moi qui surinterprète du coup ou Yumi a fini donc en garde à vue ? OO
On est bien loin de CL… Pis même si l’ambiance boite de nuit colle à l’image que veut renvoyer ton texte, je reste persuadée que c’est pas du tout le meilleur endroit pour oublier ses problèmes. Mais bon, encore une fois c’est personnel. J’aime pas le bruit, j’aime pas danser, j’aime pas vraiment boire, et j’aime pas les gros lourds. Et la seule fois où je suis vraiment allée en boite j’ai failli mourir noyée :’( (#MAVIE.)
Ensuite. Aelita ne porte pas de jean. Limite Yumi aurait pu proposer un jean et Aelita faire un caca nerveux pour qu’elle mette une robe. Sisi, dans ma tête c’est plus crédible, mais soit.


Citation:
« Ce n’est pas vulgaire Aelita, mais sexy, là est toute la différence ! »


Ah lala, ma chériiiiie, c’est magnifaïk. (music)
Et perso je crois que j’aurais encore préféré Yumi en rose qu’Aelita en noir… C’est triste toussa Sad

Et sinon, commentaire makeup :


[com’makeup]
Citation:
« Elle prend un gros pinceau avec du fond de teint sur la paume et commence à me peinturlurer la face. En passant l’étape du blush, du fard à paupières et du mascara, elle termine par un coup de rouge à lèvres carmin sur ma bouche. Dit comme ça donne l’impression que je ressemble à un clown mais c’est tout le contraire. Yumi m’a réalisé un très beau maquillage et je ne me reconnais même pas dans le miroir. C’est fou ce que j’ai l’air d’avoir pris dix ans de plus d’un simple trait d’eye-liner. »


FAAAAKE. Elle n’a pas d’eye-liner ! Fard + mascara ≠ eye-liner *meurt*
Et on peut mettre toussa (et même de l’eye-liner en plus) sans avoir l’air d’un pot de peinture. Si si. J’ai même fait pire parfois et ça passe (bon et certaines fois je ressemblais vraiment à un pot de peinture maiiis).
Même si y’a rien de mieux que laisser sa peau respirer *SBAF*[/com’makeup]

(Trolls interdits. C’est qui qui m’a réclamé un commentaire de gonzesse, heiiiin ? (a))


Bref, pour conclure je trouve ce texte bien, mais malheureusement un peu trop poussé jusqu’à l’excès par moment. L’excès de tout surtout : les pensées et les sentiments des personnages, y compris Aelita, leur comportement si éloigné de la série, la sortie en boite et le maquillage et les talons et la micro jupe (je ne sais pas si tu es déjà sortie en boite, ou si c’est juste l’image du coup que tu te fais de la fille en boite, je sais même pas si on peut dire que moi-même j’ai déjà vraiment foutu les pieds dans une boite de nuit, mais quoiqu’il en soit, il y a d’autres façons que d’y aller fringuées et maquillées comme des [insérez ici l’insulte de votre choix]. Amour et chocolats ♥ Et je suis d’accord sur le fait que des parents convenables ne laissent pas sortir leur fille dans une tenue pareille le soir comme ça yolo, surtout les parents de Yumi. C’est un peu too much, même pour les besoins d’une fic.

Et sinon, j’aime quand même l’accident de la fin. Je ne sais pas s’il était nécessaire, car Aelita aurait tout aussi bien pu tomber dans les vapes à cause de l’alcool (enfin, pour être sure il faudrait que je consulte notre experte préférée alcoolo en tout genre ♥) mais le renversage de perso par une bagnole, je valide grave ! *PAF*

Enfin voilà ! Je crois que j’ai fait tout le touuuur Mr. Green
Bisous bisous, et à bientôt j’espère pour un autre OS de gonzesse ♥
  Sujet: [One-Shot] La plaie de l'amour.  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 10 Sep 2015 15:35   Sujet: [One-Shot] La plaie de l'amour.
    Bom diiiia ! (music)
    Icer a écrit:
    J'arrive un peu après la fête

    Dyssery a écrit:
    Je commente après la fête, c’est vrai, mais mieux vaut tard que jamais.

    Qu’est ce que je devrais dire moi alors ? Sad

    Bref. J’ai enfin lu ton texte, il était temps ! Et comme, en tant que ceinture noire des emmerdes amoureuses, j’ai eu envie de rebondir sur pleins de trucs au fil de ma lecture, me voilààà !
    Je ne reviendrais pas sur le fait que tu sois une nouvelle auteur portu… Prometteuse, très prometteuse même (d’ailleurs voir des textes sur Ulrich, même s’il souffre, ça fait carrément du bien donc rien que pour ça ♥), ou sur tout ce qui a été dit sur ton style notamment par Ikorih, Willismine et Dyssery, parce qu’elles ont tout bien dit et que je pourrais pas mieux faire, même en essayant *SBAF*

    Parenthèse sur le titre, qui explique plutôt bien l'histoire mais que je trouve pour le coup trop "évident". Après, les titres, c'est ce que je galère le plus à trouver, donc je serais mal placée pour te faire la morale. Et pis au moins, tu nous caches pas qu'on va avoir de la romance, et ça quelque part, j'aime Mr. Green

    Alors, pour en revenir à l’histoire en elle-même, je t’avoue que je n’ai pas tout le temps saisi le pourquoi de certains trucs, comme tout le début avec le retard, la blasitude et la feignasserie (j’aime inventer des mots ! ♥). Je comprends pourquoi ça a été fait mais, ouais, je suis pas emballée par cette façon d’agir. Parce que déjà, si t’as la flemme, tu te lèves pas *SBAF* Ou alors, tu fais la gueule en faisant tout. Là il m’a juste l’air totalement blasé/déprimé, et c'est pas la vision que j'ai du personnage. Mais surtout, le problème a été que j’ai pas réussi à m’imprégner de cet état d’esprit d’Ulrich dès le départ, et quand bien même ça n’était pas le but du texte (et j’y reviendrais), ça aurait mérité selon moi des prolongations.

    Awi et random réflexion :


    Citation:
    La routine.

    #Épisode22 Cool

    Ensuite, je saute volontairement le passage avec toutes les réflexions sur Lyoko car ça rajoute de la longueur au texte mais (et ça vient sûrement du fait que je vire Lyoko de tous mes récits) je ne trouvais pas ça nécessaire en soi. Surtout que bon, sachant la suite, tu aurais pu en profiter pour qu'Ulrich fasse un point sur sa vie sentimentale et pas sa vie de Lyokoguerrier. Enfin bon, c'est une fic sur Code Lyoko et comme dit, je dois être la seule à ignorer royalement ce "détail" de monde virtuel qui fait toute la singularité du DA.
    D’ailleurs, j’aurais bien aimé savoir quand ton texte se situait par rapport à la série, parce qu’au niveau des caractères des personnages, ça coince par moment (entre Aelita toute heureuse d’être sur Terre, "yolo la vie est belle", Ulrich qui en a déjà marre de Lyoko alors que mec, crois moi, tu vas encore en chier longtemps, et Yumi qui sort super rapidement avec William en mode normal x)), et je suis étonnée d’être la seule à relever ça Mr. Green *meurt*

    Anyway. La blague d’Odd passe, elle laisse d’ailleurs un peu présager la suite, du coup la chute n’est pas trop surprenante. La réaction d’Ulrich par contre, mérite réflexion. Je suis d’accord avec Dyssery, je vois plutôt Ulrich s’énerver, snober tout le monde, faire la gueule à Yumi et faire un trou dans son mur. D’autant plus que les exemples dans la série du mauvais caractère d’Ulrich quand il s’imagine (ou pas) Yumi avec William ne manquent pas, à tout hasard dans le 36 ou le 39 o/

    Donc bon, je plussoie la "mini crise cardiaque" que je vais renommer en "battements de cœur ratés", mais le fait qu’il ne pourrait tolérer ça si ça arrivait, et qu’il en serait dévasté, non. À l’intérieur peut être, mais :
    — Depuis que William est arrivé, Ulrich a bien compris la menace que ça représentait et a cru des dizaines de fois si ce n’est plus qu’il se passait quelque chose entre elle et William. Par conséquent, il a eu tout le temps de se faire à l’idée. Donc je ne valide pas cet argument « Il ne pourrait imaginer ça, même dans ses pires cauchemars. ».
    Ulrich et Yumi ne savent se prouver leurs sentiments l’un envers l’autre qu’en s’engueulant et en piquant des crises de jalousie. À mon humble avis donc, au pire il aurait juste été bouder dans le parc jusqu’à ce que ça lui passe, au mieux il aurait été confronter Yumi en lui demandant des comptes.

    Yumi qu’on ne voit d’ailleurs pas du tout dans le texte, de ce que j’ai compris c’est un choix, mais sachant qu’Ulrich est à la bourre et qu’il est 8h30 et que les cours commencent (chez moi aussi ils commençaient à 8h30 comme ça a été sous entendu précédemment (a)), elle devrait au minimum être dans la cour… Ou alors elle est dans le parc à bécoter William comme tous les jours depuis une semaine (la salooooope) et c’est pour ça que Milly et Tamiya ont pu les griller si vite. Think about it.
    Et d’ailleurs, j’ai déjà vu des associations de l’être aimé à de nombreuses choses, mais penser à Yumi avec un jeu vidéo juste parce qu’il est japonais… Respect.

    Le bref rappel de leur rencontre aussi est sympa, et me rappelle très franchement un texte que j’avais écrit dans le temps, donc je sais pas si c’est bien ou pas au final *meurt*

    La ruée vers les Échos de Kadic est discutable, je ne savais pas qu’ils avaient autant de succès *se barre*. Faut croire que les gens avaient envie de potiner, ce qui est le bien ♥. Ensuite la réaction des gens en soi m’a fait sourire, du genre tout le monde sait qu’Ulrich et Yumi se tournent autour et tout le monde est désespéré qu’elle l’ai jeté, ça fait un peu feuilleton de série, avec les larmes et tout pour certains x) Ça donne n’empêche l’impression qu’ils avaient plus trop de contact avec Yumi , ou alors qu’elle est très douée pour garder ses plans c… Ses amourettes secrètes. Et pour le coup, ça m’étonnerait que ça soit Ik.. euuuh Hiroki qui ai vendu la mèche, il est pro Ulrich lui *SBAF*

    Après concernant le pourquoi Yumi sort avec William, je suis dans un entre deux. J’aurais bien aimé savoir, trouver une logique et une justification, mais d’un autre côté, (les adolescentes *PAN*) le texte était centré sur Ulrich et sa réaction en l’apprenant, par conséquent il ne pouvait pas savoir et nous non plus, donc l’explication n’avait pas lieu d’être.

    Wait, c’est déjà la fin ? Mais j’étais sûre d’avoir plein d’autres trucs à dire ! Sad
    Ça me reviendra sûrement quand j’aurais envoyé. Comme d’hab’. Quoiqu’il en soit, ça a été un texte très plaisant à lire, j’en redemande donc vite un nouveauuu ! **

    Léana.


    HS : plus jamais de couleurs. Même si c’est joli. Ou pas. *SBAF*
  Sujet: [One-Shot] L'indigestion.  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 17 Juin 2015 21:58   Sujet: [One-Shot] L'indigestion.
Salut mes amours !
Je suis ici, comme vous l'avez vu, pour vous j.. Postez un petit texte. L'idée est vieille, elle aurait dû sortir en 2012/2013 (comment ça je fais du recyclage moi aussi ? Surprised).
Le fait est que ceci est posté uniquement par nécessité, et non par fierté personnelle. Ça me l'a été confirmé, c'est loin d'être mon meilleur texte (comment ça je sais me vanter comme personne? *SBAF*), mais il fallait que je poste un truc et... TADAM !

Brefouillons. Je vous aime et j'espère que vous apprécierez quand même. Pas d'interdiction particulière cette fois, ce n'est pas mielleux, je crois, et ça n'a rien à voir avec ce que j'ai pu faire précédemment.

Awi, et tant que j'ai encore le temps : Merci à Ikorih et PurpleCat pour leur relecture attentive ♥ Mr. Green




https://i.imgur.com/zFCH9rT.png

L’indigestion

À commencer la veille.
Pour une bonne indigestion, il vous faut :


    Liste d’ingrédients :

    Pour la garniture :
    — Odd
    — Un monstrueux appétit
    — Une montagne de plats

    Pour la décoration :
    — Quelques amis pas très compréhensifs
    — Une touche d’humour

    Matériel spécifique :
    — Le marchand de sable

    Niveau : Aisé.
    Coût : Relatif selon la personne.
    Cuisson : Moyen.
    Durée : Longue.
    Préparation : Le temps d’un repas.
    Temps de repos : Une bonne nuit.


    Recette pour 1 personne.

    Astuce : Possibilité de remplacer les chocolats par des caramels, des pâtes de fruits ou d’autres douceurs aux vertus gastroentéritiques.


    Recette :

    Mélangez des repas copieux, des desserts crémeux, et des en-cas goûteux. Faites fondre à part un jeune homme affamé à feu doux, puis attendez.


    Il était épuisé.
    Éreinté, vanné, rompu, crevé.
    Ou tout autre adjectif visant à décrire l’état léthargique et lamentable dans lequel il se trouvait.

    Allongé sur son lit, la bouche pâteuse, l’air apathique, il avait l’impression qu’il allait rendre dans la seconde toute la nourriture présente dans son corps, de son gosier à ses entrailles, par terre. Cela ne lui était jamais arrivé jusqu’à maintenant, même après avoir cumulé les sept buffets de Noël l’an passé.
    Ce mal-être était une première pour lui. Il était pourtant habitué à se goinfrer au point de s’en faire péter la sous-ventrière sans aucun problème !

    Restait à méditer sur ce qui avait causé ce malaise… En y réfléchissant un peu, il désigna le couscous-boulettes comme coupable. Après la truffade, les spaghettis bolognaise, le hachis parmentier et le fast-food ingurgités un peu plus tôt dans la journée, celui-ci l’avait littéralement achevé. Désormais transformé en légume vert mort-vivant, il peinait à rester éveillé et conscient. Il sentait ses dernières heures arriver, et sa mort devenait de plus en plus imminente au fil des secondes qui s’écoulaient.
    Sa vie défilait déjà devant ses yeux entrouverts sur le présent…


    Fouettez la mixture généreusement avec des petites pépites d’amis guère compréhensifs.


    Il gémit paresseusement.

    Tout son être était troublé et il ne contrôlait plus les réactions de son pauvre corps ramolli. Son estomac faisait des loopings et semblait vouloir concurrencer le grand huit avec tout ce remue-ménage à l’intérieur, mais cela n’avait rien à voir avec la présence d’une jolie fille sur les lieux. Son cœur battait fort, et il avait des sueurs froides, mais cela ne s’apparentait en rien à ce qu’il ressentait avant d’embrasser Samantha.
    Il se sentait maaaal…

    « Odd, arrête de geindre comme ça.
    —Gaaaaahaaaahhh !
    — Ouais, bah écoute je n’y suis pour rien moi, on te l’avait dit pourtant que c’était trop, trop, et encore trop, mais tu n’en fais toujours qu’à ta tête ! Maintenant t’es malade, t’assumes ! »

    Aelita, qui écoutait en silence Ulrich se plaindre d’Odd depuis une demi-heure, étouffa un petit rire. Le beau brun n’avait pas tort, loin de là même, mais ils le savaient, leur ami était quelqu’un d’incorrigible. Il avait toujours raison, et ce même quand ce qu’il disait s’avérait faux, ce qui arrivait plus souvent que ce qu’il croyait…

    Et cette fois-ci, l’homme aux yeux plus gros que le ventre avait encore frappé. Comme ils l’avaient prédit à la seconde où Odd avait ouvert la bouche pour le commander, cet ultime banana-split avait été de trop. Après le coulant trois chocolats et caramel suivit de la tarte citron-framboise, ils lui avaient dit de s’arrêter, mais une nouvelle fois, il n’avait écouté les conseils de personne…

    Et il le payait maintenant au prix cher.
    Sa première indigestion n’allait pas être des moindres avec tout ce méli-mélo de produits ingurgités, plus caloriques et lourds les uns que les autres. Cette tambouille allait lui peser sur l’estomac longtemps avant qu’il n’arrive à s’en débarrasser... Qui sait, c’était peut-être pour lui l’occasion de changer enfin de régime alimentaire ?

    Odd, de son côté, vexé par l’attitude de ses amis, se retourna face contre le sol en signe de déni. Grommelant d’une manière encore plus incompréhensible qu’Ulrich quand il boudait, il enfouit sa tête dans son oreiller vivant pour y trouver un peu du réconfort qui lui était dû à cause de cette terrible épreuve. Kiwi geignit, se dégageant vivement de l’emprise de son maître à force d’aboiements et de coup de pattes répétitifs.

    « Et bah vas-y, abandonne-moi toi aussi ! Espèce d’ingrat, je t’ai toujours tout donné !
    — Tu oublies le pâté de l’autre fois, c’est à Jim que tu l’as refilé, pas à Kiwi... Il a une dent contre toi ton chien, et ce n’est pas avec un câlin qu’il t’accordera son pardon. »

    Ouvrant un œil à demi assommé, le maître vit son égoïste d’animal sauter sur les genoux de Yumi, qui venait de prononcer cette pique à son encontre sous l’œil tendre et adorateur de son meilleur ami. Sale traitre… Assise sur le lit d’Ulrich, la japonaise se mit à lui caresser négligemment le dos dans le sens du poil, comme pour le consoler, ce qui ne fit qu’agacer Odd davantage. Son chien jappa, tout content, et le samouraï comme le malade retinrent un grognement jaloux, motivés par des raisons certes différentes, mais qui en ce moment se rejoignaient en une même œillade assassine destiné au "couple".

    « T’y crois pas… »

    Vu de là, il n’arrivait pas à trancher entre les deux pour savoir si c’était le comportement de son chien ou celui de son meilleur ami qui l’exaspérait le plus. L’un qui le narguait, l’autre qui bavait de rage pour rien...

    Non mais, franchement… Et voilà qu’Ulrich étalait sa jalousie maladive jusqu’à Kiwi, son pauvre toutou ! Il allait vraiment falloir l’interner celui-là.
    Cette pensée lui donna la migraine, et il décida qu’il était temps pour lui de faire un somme.


    Ajoutez à cela un sommeil tout sauf réparateur (avec la contribution du marchant de sable) et réservez.


    Lorsqu’il se réveilla un peu plus tard, il constata avec stupeur que tous ses potes l’avaient laissé pour mort dans la chambre. Même Kiwi semblait s’être volatilisé… Pestant contre eux et leur sens obtus de l’amitié, il se rendit compte avec amertume que son mal de ventre, lui, régnait encore en maître sur son estomac et ne semblait pas pressé de le quitter.

    Maudite indigestion.
    Il avait même rêvé d’une cantatrice qui avait des airs de pizza et qui sentait les vieilles chaussettes. De quoi le dégoûter un moment de la spécialité de Gino, le pizzaïolo du coin.

    Odd chassa ces mauvais souvenirs de son esprit et se redressa dans sa couette, complètement assommé, l’air hagard et les cheveux en pétard. Sa mine faisait vraiment peine à voir. Se regardant dans le miroir et constatant les dégâts, il se jura que plus jamais il ne mangerait quoi que ce soit. Plus jamais.

    L’ex Lyoko-guerrier récupéra son portable, poussa mollement la porte de sa chambre, et sortit en trainant des pieds dans le couloir. Il se rendit mécaniquement dans les douches pour se nettoyer le visage et masquer cet aspect verdâtre que son teint avait pris.
    Il avait vraiment l’air de sortir du laboratoire du docteur Shrenk, et pour une fois, ça ne l’amusait pas du tout…

    Il quitta les douches, et tout en composant le numéro d’Ulrich dans le but de connaître sa position et pouvoir le rejoindre, il s’aperçu qu’il avait reçu un appel de Samantha durant son sommeil. Deux même.

    Son cœur bondit de joie.
    Il avait peut-être les intestins en panique, mais sa love-attitude était à son maximum. Aujourd’hui devenait jour de chance.


    Saupoudrez avec quelques pensées saugrenues.


    « C’est fini Odd... »

    Quoi ?!
    Le Don Juan du lycée resta un instant comme ça, statufié, l’air béat, abasourdi par ce qu’elle venait de lui annoncer. Ce n’était pas possible, ce n’était pas en train d’arriver… Quoi ?
    Face à son air de chien battu, elle se permit d’ajouter quelques mots en faveur de sa demande de rupture.

    « Ça ne fonctionnait plus depuis un moment pour nous deux, ne fais pas semblant de ne pas l’avoir vu... Moi j’en ai marre de jouer les aveugles, et je serais hypocrite si je ne te l’avouais pas maintenant. Je suis désolée… On reste copains hein ? »

    Elle tourna les talons après avoir déposé un baiser sur son front. Choqué, il essaya de s’asseoir sur le banc des "copains" juste à côté de lui, mais son derrière ne rencontra que le sol. Il pesta plus par automatisme qu’autre chose et regarda autour de lui, réalisant enfin où il était. Une mine boudeuse pris place sur ses traits. Il aurait dû se douter qu’en l’amenant ici elle lui annoncerait une mauvaise nouvelle. Cet endroit portait décidément la poisse.

    Se relevant tant bien que mal, il s’épousseta, et partit une bonne fois pour toutes à la recherche de ses amis.


    Passez au batteur électrique énergiquement.


    « Odd ! ... Odd ! »

    Oh non, pas ça... Pas maintenant. Il soupira profondément en l’entendant l’appeler encore une fois. Il ne manquait plus qu’elle et sa voix irritante pour le cocktail d’emmerdes ait atteint son maximum. Et son ventre qui ne le quittait pas, argh !

    « ODD !!
    — QUOI ?! »

    Sissi en resta coite quelques secondes. Cette agressivité n’était pas habituelle de la part du clown de la bande à Belpois. Qu’est-ce qui lui prenait de la traiter de la sorte ? Les vannes foireuses, c’était son quotidien, elle savait à quoi s’attendre... Mais jamais elle n’avait eu droit à ça avant aujourd’hui.

    Se remettant bien vite de ce petit choc, elle décida de rester pour l’affronter quand même. Car, qu’il soit de mauvais poil ou non, elle avait bien l’intention d’aborder avec lui un autre problème de ... Pilosité.

    « Tu sais ce que ton immonde bestiole a fait à mon dernier t-shirt ?
    — Non, et je m’en moque. »

    Elle serra les dents, refusant de lâcher prise tel un chien avec son os.

    « Ça devrait t’intéresser pourtant. Je...
    — Explique-moi en quoi savoir que mon chien a dégradé une pièce de ta garde-robe pourrait m’être utile ? Les habits d’Ulrich ont beaucoup plus souffert que les tiens, pourtant personne ne s’en plaint. Alors arrête de faire ta Barbie contrariée, j’ai d’autres soucis en tête à régler qu’un problème de haut ! »


    Laissez reposer un petit peu... Mais pas trop.

    « Odd ! Hé, Odd ! »

    Encore !? Qu’est-ce qu’on lui voulait cette fois ? Il se retourna et une frimousse rousse lui sauta à la figure, l’étouffant sous un flot de paroles intarissable. Ébloui un instant par le flash de Tamiya Diop sur sa droite, il cligna des yeux dans le vide puis réussit enfin à se stabiliser en fixant la coiffure de Milly. Il fronça les sourcils. Bizarre, il avait le sentiment qu’il manquait quelque chose à ce rouge… Du volume sur les côtés, des élastiques colorés… Une nuance de violet en trop aussi...

    « Tu n’as pas oublié hein, tu nous dois une interview sur ton dernier court-métrage, Le seigneur du Canapé !
    — Je, euh...
    — On veut tout savoir ! Où vas-tu chercher ces idées ? Qui t’as inspiré celui-ci, et pourquoi ? Comment tu l’as réalisé ? Est-ce que les gens savaient qu’ils étaient filmés ? Si non, comment as-tu fais pour cacher les caméras á leur insu ? Comment ont-ils réagit à la vue de ton film ? Je pense surtout à Yumi et Ulrich, et la fameuse scène de... »

    Il ne l’entendait déjà plus, focalisé sur cette impression de "déjà vu" qu’il ressentait au plus profond de ses entrailles. Pour la première fois depuis la journée d’ailleurs, son mal de ventre était bien loin de toutes ses préoccupations. Il ne pouvait s’empêcher de dévisager Milly.

    Tamiya attira également son attention par son look, une combinaison de mauve, prune et fuchsia... Non pas que cela ne lui correspondait pas ou qu’il n’aimait pas, mais quelque chose clochait dans tout cet ensemble. Le motif sur son pull, surement... Ou la queue qu’il devinait dans le bas de son dos…

    Il recula de quelques pas pour avoir une vue d’ensemble, et tout à coup, il comprit...

    « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
    — Bah Odd, qu’est-ce qu’il y a ? Tu es malade ? »

    Il fit volte face, et se retrouva nez à nez avec William, comme sorti de nulle part. Le blagueur se jeta immédiatement à son cou, s’accrochant à lui comme un naufragé à une bouée de secours. Affolé, il se mit à délirer en guettant les personnes alentours de lui comme si elles allaient, d’un instant à l’autre, le dévorer.

    « Il faut que tu m’aides, s’il te plait ! Je... Les gens... On dirait qu’ils…
    — Oui... ? »

    Odd jeta un nouveau regard hagard sur son ami et hurla, le lâchant comme s’il s’était brûlé et recula lentement.

    — OOOOOOOAAAAAAAAAHH ! T’approche pas de moi ! Recule, recule !! »

    Le beau ténébreux s’avança un peu plus dans sa direction, lentement, le faisant pâlir. Odd se sentait pris au piège… Des éclats de rire résonnaient autour de lui, de plus en plus sinistres. Ses amis réapparurent de nulle part, les poings tendus sur lui. Le sourire de William se fit plus sarcastique.

    « Qu’est-ce qu’il se passe, Odd ? Tu n’aimes plus le violet ?
    — AAAAAAAAAAAAAAAAAH ! »

    Il buta contre le mur du foyer. Impossible de s’enfoncer dedans, malgré tous ses efforts. Pourtant, normalement, ça marchait ! Une grosse goutte de sueur se forma sur son front et dégoulina le long de sa tempe. Lui qui adorait être le centre de toutes les attentions, pour une fois, il serait bien passé du premier rôle. Voilà qu’il s’apprêtait à mourir des mains de tous ses amis déguisés... En lui ! Quel cauchemar… !

    Il ferma les yeux, prêt à partir…


    Ressortez la pate, pétrissez-là et passez-la au four pour la faire pousser.


    Lorsqu’il les rouvrit, il se trouvait attaché dans un lit d’hôpital. Son premier reflexe fut de se passer les mains sur le corps afin de vérifier qu’il était bien entier. Il poussa un soupir de soulagement. Apollon pouvait retourner dans le placard, il n’était pas prêt de prendre sa place !

    Un bruit attira son attention sur sa droite et il tourna la tête. C’était un médecin qui était en train de parcourir un dossier, surement son suivi médical. Bien, il allait pouvoir enfin quitter cet enfer. Odd se gratta la gorge et se décida à l’apostropher.

    « Ahem. M’sieur ? »

    Il sursauta à l’entente de sa voix, beaucoup trop grave. Son premier réflexe fut d’attraper sa gorge pour vérifier qu’elle était intacte, mais il ne put empêcher un hurlement de la déchirer lorsque le docteur se retourna pour lui faire face.

    « AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
    — Maitre, arrête de hurler, c’est moi. Regarde, je me suis bien occupé de toi pendant que tu dormais ! »

    Kiwi jappa, tout fier de lui, et Odd constata seulement à ce moment là ce qui l’entourait exactement. Les murs étaient devenus des temples à vieilles chaussettes sales, et des miroirs couvraient le reste. Une table dans un coin semblait être un lieu de culte à sa personne, rassemblant certains de ses effets personnels et des photos. Une télévision diffusait son portrait en boucle et les piles de magazines qui trônaient sur la table de chevet ne semblaient pas échapper à la règle. Il tendit le bras pour en saisir un et eut la surprise de se voir en couverture. Ouvrant frénétiquement cette feuille de chou, il chercha l’article le consacrant, dédié à son dernier film narrant la dure journée d’un hot-dog à New York.

    Odd laissa échapper un juron puis se laissa couler dans son lit, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que ses yeux qui dépassent. Sa tête lui tournait. Levant les yeux au dessus de lui, il tomba nez à nez avec deux poches, l’une marron dense, l’autre bleu électrique. Suivant les fils qui descendaient, il s’aperçut que leur contenu était déversé dans ses veines et cria avant de les arracher.

    « Maitre, non !
    — Kiwi qu’est-ce que c’est que ça ?! »

    Il tenta de se débattre mais l’apprenti médecin le prévint que s’il continuait il faudrait à nouveau l’assommer à coup de skate, ce qui eu pour effet de lui faire ravaler sa langue. Son chien se lança donc dans une explication farfelue en expliquant qu’il avait bien fallu le nourrir, et qu’étant un chien, ce dernier ne pouvait que lui refiler de la pâtée, les croquettes étant trop longues à prémâcher. Puis sous le regard tremblant d’Odd il lui fit comprendre que la deuxième poche contenait une réserve de gel, afin que ses cheveux ne s’affaissent jamais. Celui-ci puisa alors dans ses dernières forces afin de se redresser et affronter son regard dans le miroir. Il sut alors qu’il était resté dans le coma plus longtemps qu’il n’aurait pu le concevoir. En effet, ses cheveux avaient poussés considérablement… Et ils se dressaient en pointe nette au dessus de son crâne.

    « Il n’y a rien de plus important qu’un coiffure qui a du style, hein maitre ? »

    Ce fut trop. Il s’évanouit à nouveau.

    Dégustez à froid.


    « Odd…. ODD !
    — KYAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
    — RÉVEILLE-TOI !»

    Une gifle monumentale le sortit pour de bon de son sommeil comateux. Penché au dessus de lui, Ulrich lui apparaissait tel le sauveur et le délivrait de cet horrible mauvais rêve... De la plus vieille des manières. Odd ouvrit brusquement les yeux, sursauta et se releva en sueur de ses draps. Son regard croisa celui de son chien qui dormait paisiblement les pattes en l’air. Il soupira avec soulagement.
    Soudain, il se produisit quelque chose d’imprévu. Son ventre se contracta en formant un gargouillement sinistre qui résonna à travers toute la chambre…

    « Faut vraiment que t’arrêtes de bouffer toutes ces cochonneries… »

    En guise de réponse, un rire gargantuesque s’échappa de la gorge du blondinet quand il constata avec soulagement que son indigestion l’avait quitté. La plainte de son ventre venait simplement du fait… qu’il était mort de faim !
    Son colocataire rejoignit son lit avec un regard mêlant désespoir et résignation. Il jeta un coup d’œil à son portable. 3h57. Demain le cours de Mme Hertz allait être dur à avaler.

    « Allez, rendors toi maintenant.. ! »

    4h09. Ulrich serra les poings. Le fou rire ne semblait pas vouloir s’estomper, du moins jusqu’à ce qu’Odd ne se mange une ultime chose.
    L’oreiller de son compagnon de chambre.
  Sujet: [One-Shot] Symbiose  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 11 Mai 2015 18:07   Sujet: [One-Shot] Symbiose
Bouya ma choupette !
Alors, petit préambule pour gagner de la place, je te rappelle que j’ai tendance à avoir plein de trucs à dire quand j’aime pas quelque chose, et comme je te l’ai déjà dit, j’ai aimé ce OS. Donc je suis mal barrée pour développer... Mr. Green Ceci dit, avec ma mise en page actuelle, j’ai déjà plus de quatre lignes (party)

So. L’idée de départ est géniale, et je me demande encore comment tu l’as trouvée (même si je connais déjà la réponse et qu’il n’y en a pas vraiment, "ça vient comme ça" *SBAF*) ! D’ailleurs merci chouchou au dessus de m’avoir fait faire le lien avec Les âmes vagabondes ! J’avais adoré le bouquin (vui, y’a eu un livre avant le film *se barre* .. et à un moment on parlait même de suite au bouquin donc… bref) et c’est surement pour ça aussi que j’ai adhéré au texte sans problème !

Je reviendrais pas sur tout ce qui a été dit, je ne suis pas douée pour l’analyse en général, sauf quand ça vient tout seul, enfin je me comprends, quoiqu’il en soit je pense que pas mal de choses ont été bien dites dans les messages précédents. J’attends aussi ta réponse aux commentaires pour éclairer ma lanterne, donc je vais me dépêcher de boucler ça ♥

Voilà voilà. Comme tu as pu le constater, je suis douée (ou pas) pour ne rien dire ou presque, mais tu étais prévenue. Quoiqu’il en soit tu gères ça c’est plus à prouver, et j’attends avec impatience le prochain OS que tu feras ! (a) Enfin, du moment qu’Ulrich ne se fait pas tabasser, je ne suis pas encore prête mentalement pour ce genre de lecture … *PAN*

Et puis… Gloire à la vaisselle ! ♥
  Sujet: [Fanfic] Supernova [Terminée]  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 16 Avr 2015 16:14   Sujet: [Fanfic] Supernova [Terminée]
Bouya !
Je ne vous apprends plus rien, je suis donc responsable du bordel dans la partie réelle de Supernova, à partir du 4ème chapitre en tout cas, et hors épilogue (et si vous ne le saviez pas, allez lire le post au dessus en premier, c’est là bas que vous trouverez des vraies révélations !)

Je voulais revenir sur le début, enfin mon entrée dans cette fic. Le 25 janvier, selon Skype. Et non, t’en fais pas mon chou, je C/Cerais pas les premiers messages où tu te demandes si cette collaboration va marcher (a)
Icer est donc venu me voir pour l’aider à boucler la fic. Je dois avouer qu’au début l’idée me faisait peur, parce que ce n’était pas la première (ni la deuxième, ni la troisième, ni la quatrième, ni la … Bref.) fic en duo que je tentais de faire, et que ça avait jamais été plus loin que le premier chapitre, et même pas posté. Même si, vu mon coéquipier, j’avais théoriquement pas à m’inquiéter. Ce qui me faisait le plus peur, c’était que moi, je me "lasse" du projet et que je ne le finisse pas. Je n’ai pas écrit de fics depuis… Je préfère ne pas en parler (et on se passera de commentaires Ikorih hein Razz), et c’est pour ça que travailler sur des OS était beaucoup plus simple à mes yeux. Une fois fini, on le poste, et hop, on peut passer à autre chose. Si je bloque pendant l’écriture, j’arrête et je fais autre chose (sans me torturer l’esprit en pensant à d’éventuels lecteurs qui resteront toute leur vie sur leur faim). Bref, c’est cette liberté là aussi qui me plait.

J’avais donc une double difficulté en perspective : le travail en équipe, et arriver à boucler au moins un projet dans ma vie. Par contre, le fait de reprendre une fic déjà existante ne me gênait pas plus que ça, c’était un bon texte (même si Ulrich était encore traité comme une merde, faudrait varier un jour) et puis on me demandait de faire (que) de la romance. C’est d’ailleurs une autre raison qui m’a poussée à accepter, voir si j’en étais encore capable.

Bref, ça avait l’air un peu galère à l’époque et puis, étant moi, j’étais sûre de décevoir. Mais j’ai quand même accepté *pan*

Quoiqu’il en soit, au final, ça s’est avéré plutôt facile. Icer était là pour faire en sorte que je reste motivée, et c’est bien grâce à lui que cette fiction a eu une fin. D’un autre côté, le travail à fournir était moins compliqué que prévu, le plan de la fic pour la partie réelle étant relativement tracé, et concernant les relations amoureuses et tous les tracas quotidiens, j’avais carte blanche. « Tu fais ce que tu veux ». Je me souviens lui avoir dit d’ailleurs qu’il devrait envisager (très fortement) un final en Ulumi, et il n’a pas bronché Mr. Green

C’est également grâce/à cause (rayer la mention inutile) de moi que vous avez eu droit au Odd/Priscilla ou encore aux cafouillages entre Jérémie et Aelita. Soit dit en passant, Icer a beau être à l’origine des posts et des réponses aux commentaires, c’est plutôt mes opinions sur les personnages qui transparaissaient, donc c’est vrai que je ne sais pas les mettre en scène. Par contre, le couple William/Nora ne vient pas de moi mais de LouRiddle. Leur niaiserie et le bordel tout autour en revanche… Mr. Green

Quant à la disparition de Nora, elle était également prévue dans le scénario. Je précise aussi d’ailleurs que bien que les scènes post Lyoko du chapitre 6 aient pu paraitre maladroites, le fait est que les LG ne se foutent pas du fait que Nora ait disparu. Ils sont surtout persuadés que Jérémie va la ramener en un rien de temps, et ils sont rattrapés par leurs propres problèmes. Je devrais peut-être analyser de nouveau leurs réactions face aux disparitions de leurs amis dans la série (de mémoire, au minium Yumi et Aelita dans la saison 1, tout le bazar autour de William après, et même la disparition d’Ulrich dans la saison 3), mais je suis sûre qu’ils ne passent pas leur temps en pleurs à être préoccupés uniquement par ça. Ce sont des êtres humains, et il ne se passe qu’un après midi. Ça me parait réaliste.
(Et bien sûr, libre à ceux à qui ça n’a pas plut de venir en discuter avec moi Wink De ça et du reste bien sûr.)

Voilà voilà.
Tout le mérite revient à Icer pour moi. Je crois que je ne le remercierais jamais assez de m’avoir entrainé là dedans, c’était une super aventure. Ceci dit je te retiens pour les fausses dates pour la publication du dernier chapitre, tout ça pour que j’écrive vite la fin alors qu’il me restait trois semaines avant la date du post. Un jour, je me vengerais. *se barre*

Pour ces raisons et pour d’autres, ça a été un plaisir de reprendre Supernova. Et je ne peux que plussoyer ce qui est dit au dessus : c’était génial le travail en équipe ! Surtout que, pour ceux qui comme moi se concentrent sur un seul thème dans un récit, les fics en duo permettent un meilleur équilibre. Ça sera d’ailleurs la seule fiction à laquelle mon nom sera plus ou moins relié qui comportera du virtuel, je vous l’assure ! XD

Sur ce, je vous laisse mes petits chou !
  Sujet: [Fanfic] Une nouvelle recrue  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 05 Nov 2014 20:09   Sujet: [Fanfic] Une nouvelle recrue
Comme promis,

L’idée de départ de ce texte est sympa et est relativement bien menée. Le titre ne laisse de toute façon pas de place au doute, on sait tout de suite que les LG vont recruter une nouvelle personne dans la bande et vu que le premier personnage présenté dans le texte est une inconnue, il est évident que c’est elle "la nouvelle recrue".
La question n’est donc pas de savoir si elle va rejoindre la bande, c’est plutôt qui est-elle et pourquoi et/ou comment elle va devenir une lyokoguerrière ?

Dès le début, le doute sur son identité est posé et c’est assez intéressant de voir que ni elle ni nous ne savons qui elle est, elle est amnésique et ne connait que son nom (inscrit sur un médaillon qu’elle porte, d’accord) et son âge (sa date de naissance est inscrite dessus ou c’est juste une estimation ? Non parce que, je viens de me dire qu’avec un nom et une date de naissance, je regarde peut-être trop de séries policières, mais on peut vite retrouver l’identité d’une personne. Fin brefouille.).

Elle a aussi je trouve une façon assez intéressante de vivre ça. Ce n’est pas qu’on a le sentiment que ça l’indiffère, mais presque, je n’ai pas vraiment ressenti son envie de savoir qu’il est elle au travers du teste. Sauf peut être à la fin. Tout le long je l’ai sentie presque blasée, mais ça la rend plus intrigante.

C’est dommage aussi qu’il n’y ait pas eu de rapprochement entre sa situation et celle d’Ulrich qui a plus ou moins vécu la même chose (durant un laps de temps plus court, certes, mais quand même). Leur "relation" aurait pu être approfondie, parce que même si elle était là pour Odd dès le départ (c’est le seul célibataire, c’est une nana qui rejoint le groupe => logique des fictions), ça aurait été intéressant à mettre en scène. Oui c’est moi qui dis ça. Parfaitement.

Au passage, petit point important. Ce n’est pas parce qu’il y a un bisou à la fin d’une histoire que c’est de la romance. Ceux qui pensent ça se gourent (a). Et puis bon, c’est Odd quoi. La série nous a prouvé que ce n’est pas parce qu’il embrasse une nana qu’il lui est fidèle. Un coureur ça reste un coureur, et ça quoiqu’il dise et quoiqu’il pense.

Tout ça pour dire qu’il y a plus d’action que de romance dans ce texte à mes yeux, mébon XD

Les scènes d’action maintenant. Elles sont plutôt pas mal, de toute façon ce n’est pas moi qui suit la plus apte à juger ça. Les scènes du passé d’Eilane/Victoria sont pas mal aussi, l’italique pour les flash bak sert de point de repère. Ce qui lui est arrivé est plutôt réaliste et triste mais n’a rien à voir avec Aelita (bawi, des hommes en noirs toussa…).

La présence de Xana dans tout ça n’est pas indispensable je trouve, d’accord c’est après une attaque qu’elle rejoint la bande (mais comme c’était déjà en cours de route et qu’Odd aurait fini de toute façon par lui sauter dessus un jour ou l’autre, ça aurai pu se produire aussi. Puis avec son amnésie elle se serait attiré les sympathies d’Aelita (et donc de Jérémie, mais on s’en cogne il a jamais vraiment eu son mot à dire pour les potes) et d’Ulrich (et donc de Yu… Ouais mais nan, y’aurait même pas eu de jalousie et puis Yumi l’aimait bien avant donc tout va bien), et ses flash back sont aussi apparus après les attaques mais pour moi c’est plus un prétexte qu’autre chose, tout simplement.

Après, c’est peut être une volonté de la part de l’auteur de rester dans le cadre de la série qu’on retrouve, tout en ajoutant sa touche perso. D’ailleurs, ça se ressent à la lecture, les passages de lg en général étant à la troisième personne comme si on assistait à la scène tout en entrant un peu dans leurs têtes comme on le fait dans le D.A., alors que toutes les scènes sur Eilane/Victoia sont à la première personne, on se sent donc beaucoup plu proche d’elle. Même si tout ça aurait demandé un peu plus de développement, c’est sur…

D’ailleurs on le voit à la taille des chapitres. J’ai toujours cru que c’était un OS au lieu d’une fic. C’est dommage qu’ils aient tous été postés à la suite en un bloc…

Voilà voilà.
Pour conclure, c’est un texte qui se lit sans problèmes, c’est agréable et il y a pas beaucoup de fautes, ça aurait juste mérité un peu plus de développement ou alors une suite, parce que l’ensemble reste très rapide quand même.
  Sujet: [One-Shot] Je suis ton héros.  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 31 Oct 2014 17:10   Sujet: [One-Shot] Je suis ton héros.
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Bouya à tous !
Petit texte qui traînait inachevé depuis juin dans mon ordi, bouclé hier un peu en catastrophe (♥), et qui était supposé être posté hier aussi, mébon, tant pis...

Ceux à qui j'en ai parlé (ou à qui j'en avais parlé, vu que ça date) savent que c'est pas ma routine, donc les très rares amateurs de romance peuvent passer leur chemin, ça sera pour la prochaine fois (ou pas, mais j'espère.)

Merci aussi à Dyssery pour sa relecture et ses conseils (et pour le titre qui ne pouvait pas mieux tomber Mr. Green) !

Brefouille,

Bonne lecture mes petits chous ! ♥
(quant à moi, je vais me lâcher sur les bonbons ! *se barre*)



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Je suis ton héros.




    Tout d’abord, la pièce, dénudée de toute forme de chaleur et de couleur.
    Puis le faible éclairage variant selon les clignotements de l’ampoule vacillante, qui projette sur les murs des ombres aux allures menaçantes.
    Ensuite le faux-miroir blafard, spécifique à ce genre d’endroit obscur et inquiétant.
    Et enfin la grande table face à lui, vierge, et la chaise à son autre extrémité où siège un homme qu’il ne voit même pas.

    Oui, tout est tel qu’il l’a imaginé…

    « Mon petit ? Parle-moi, raconte-moi ce que tu as vu ce soir. »

    Il sourcille à peine à l’entente de la question posée, la tête perdue ailleurs.
    Non.

    Muet, il reste tout simplement muet.
    Sa bouche est engourdie, sa langue pâteuse et âpre, et il a le sentiment que cela fait des heures qu’il est coincé ici, à attendre. Son esprit confus n’émerge de la brume d’inconscience qui le berce que quelques instants, avant de vite replonger dans l’insouciance. Il a peur. Peur de ce que cache sa propre mémoire. Peur des conséquences de son secret.

    Mieux vaut oublier. Ils finiront eux aussi par cesser de vouloir savoir quand ils verront qu’il ne parle pas, ils se lasseront. Et il ne parlera jamais. Jamais.

    Pourtant, face à lui, l’homme s’impatiente, ne semblant pas réaliser la bataille qui se déroule dans l’esprit du jeune garçon. Il se lève d’un bond et commence à faire les cents pas autour de la chaise, comme un lion dans sa cage, peut être dans l’espoir que le gamin prenne peur et réagisse… Mais en vain.

    « Allez mon gars, c’est important. C’est très grave ce qu’il s’est passé cette nuit, tu le sais. Il faut que tu me dises ce que tu as vu. »

    Voir.
    Oui, il a vu. Mais non, non il n’a rien fait. Il n’a rien pu faire.

    La panique s’empare de lui. Ses mains se crispent sur ses cuisses et deviennent moites. Il a chaud tout à coup, dans cette pièce où il fait si froid. Il renifle brutalement, ce qui le sort de sa torpeur, puis tire sur sa manche et s’essuie le nez avec un bout de tissu. Son bras retombe sous ses yeux bouffis, apparaissant sous la fine lumière de la lampe maculé de tâches sombres.

    Il réagit brusquement par un sursaut de dégoût, et un hurlement aigu et apeuré lui déchire la gorge, faisant sursauter l’homme qui se tient avec lui dans la salle. Complètement paniqué, il tente de se lever et trébuche, frotte son bras de toutes ses forces et ne parvient qu’à étaler davantage la tâche qui lui ronge le bras, comme une malédiction.

    Son regard sort subitement du brouillard dans lequel il s’était isolé, et ses yeux épouvantés se heurtent à son image, qui lui est renvoyée comme un coup de poing en pleine figure par le miroir en face de lui.
    Couvert de sang.
    Coupable.
    Il se pétrifie, sans pour autant cesser de crier, et ses doigts agrippent son visage comme s’il voulait se défaire de ce dernier...

    La porte s’ouvre à la volée, laissant apparaitre une femme dont les traits gracieux sont déformés par la colère. Elle tente de venir à lui, maternelle et protectrice, tout en déferlant sa rage comme un dragon hargneux sur l’homme qui le maintenait prisonnier ici.

    Il a à peine le temps de réaliser ce qu’elle essaie de lui dire qu’il s’effondre sur le sol, épuisé et inconscient.


    ***



    Jim Moralès éteint sa télé d’un air blasé. Un temps, il avait été fasciné par les histoires policières comme celle qu’il venait de voir. L’adrénaline, le suspens, le mystère. Tout cela le passionnait. Il avait même failli faire carrière parmi les plus grands, tant il avait du flair et du talent.

    Malheureusement, il avait dû renoncer à ce rêve, ainsi qu’à beaucoup d’autres.

    Boh, tout lui importe peu maintenant.
    Il se retourne dans son lit, tire la couette sur lui, et se prend à faire le point sur sa vie jusqu’à maintenant. Ici aussi, il a un rôle sérieux et autant de responsabilités que dans la police. Il doit protéger les jeunes du collège Kadic contre toute forme de menace, interne ou externe.
    Et il honorera cette mission jusqu’à la mort.


    ***



    « Bien, nous allons pouvoir commencer. »

    Le docteur Rodriguez se penche en arrière sur son fauteuil, croisant ses longs doigts sous son menton. La séance n’a pas encore débuté qu’il sent déjà les réticences, et de la mère, et du fils, à se trouver ici. Peut-être aurait-il été lui aussi crispé dans de pareilles circonstances…

    Néanmoins, il se doit de rester le plus impassible possible. Il en va de la réussite des séances à venir.

    Il balaye la famille du regard. La mère se tient crispée sur le rebord du siège, le sac à main serré contre sa poitrine, prêt à s’en aller d’un instant à l’autre si elle entend quoi que ce soit qui lui déplaise. À ses côtés, son petit, déjà grand, dont elle n’a pas voulu lâcher la main depuis qu’ils sont entrés, semble tout à fait ailleurs, dans son monde, les yeux absents.

    Le psychologue devine en un coup d’œil que celle-ci est un obstacle à la conversation qu’il voudrait entretenir avec l’enfant. Il se doit de nouer avec lui une relation basée sur la confiance et l’écoute, et l’inquiétude de sa mère à son égard n’amènera jamais le petit à lui parler. Et pourtant il le faut.

    Il soupire, se rappelant de cet horrible fait divers dans le journal. Un vrai massacre. Se redressant, il plante son regard dans celui de la mère, au point de la mettre mal à l’aise.

    « Mme García, je vous serais très reconnaissant si vous pouviez nous laisser un moment seul à seul. »

    Cette phrase sonne plus comme un ordre qu’une simple demande, et elle le ressent. Piquée au vif, il la voit rosir, cherchant un argument à lui opposer.

    « Je... Je… Est-ce vraiment nécessaire ? Il a besoin de moi ici, je suis sa mère, je dois rester enfin, je…
    — Madame, calmez vous. Ce n’est pas un interrogatoire, et votre enfant ne courre aucun danger avec moi. Je souhaite simplement discuter avec lui tranquillement, c’est un grand garçon, il peut rester seul maintenant. Revenez le chercher dans une heure. »

    Elle se lève d’un bond, et il craint un instant qu’elle ne parte en emportant sa progéniture avec elle. Heureusement pour eux, elle décide d’en faire autrement et se retourne, les lèvres pincées en signe de désapprobation, avant de donner son accord d’un coup de menton.

    Un dernier regard et un sourire forcé pour son fils plus tard, et elle est partie.

    Rodriguez lâche un soupir discret. C’est mieux comme ça. De toute façon, elle aurait été obligée de revenir le voir, et personne n’aurait voulu lui payer un concurrent plus cher. Qui plus est, de toute la région, il est le spécialiste pour faire parler les enfants. Le seul assez expérimenté.

    Ouvrant le tiroir de gauche de sa commode, il attrape un pot rempli de sucreries et le dépose sur son bureau, face à l’enfant. Il a pris l’habitude depuis de nombreuses années de le retirer entre chaque séance, et de le ressortir uniquement lorsque les enfants sont là. Autrement, ils servent d’en-cas pour les parents, qui sont plus enclins à se jeter dessus que les petits, contrairement aux idées reçues. Il avait même eu affaire une fois à un père qui avait interdit son fils d’en gouter un, alors qu’il avait passé la séance à s’empiffrer.

    Les yeux du garçon s’illuminent à la vue de toutes ces gourmandises, et il semble enfin prendre vie, l’air pétillant et les mains prêtent à chaparder, avec cependant une pointe d’appréhension dans le regard. Les deux se jaugent un instant en silence.

    « Je t’en donne un si tu veux ? Allez, tiens, sers-toi. Il y a même des bonbons multicolores, tu sais ceux qui pétillent sous la langue. »


    ***



    « Jaime ! Jaime cours, cours vite ! »

    Deux garçons détalent dans une petite allée en pierre, sortant en trombe de chez l’épicier du village, les poches pleines de délices qu’ils viennent de voler. Bousculant quelques personnes au passage qui rouspètent, ils éclatent de rire et entament une course poursuite avec le commerçant à travers le dédale des rues qui se succèdent.

    « Allez petit frère, dépêche-toi, il va nous rattraper ! »

    Le plus grand des deux saisi subitement l’autre par la manche et l’entraine à sa suite dans une ruelle moins éclairée qu’il connait par cœur. Poussant une planche de bois adossée au mur, il laisse le petit entrer dans leur cachette secrète et se dépêche ensuite de refermer leur porte de fortune. Les deux enfants se serrent un instant contre la paroi, observant le marchand à travers les trous, le souffle coupé dans l’espoir de ne pas se faire repérer.

    Bien vite, le vieil homme abandonne et jette avec rage son torchon sur le sol, avant de tourner les talons, les joues rouges et le regard fou. Sales chenapans ! Il aurait dû les mettre dehors à la seconde où il les a vus arriver. Ah ça, quand il va coincer Mme García, il va lui en donner des nouvelles de son fils ! C’est en train de devenir un beau petit voleur et un sale gosse !

    La tension dans la cabane redescend perceptiblement quand le vieux disparait au coin de la rue, retournant travailler. C’est le moment que choisi le plus grand pour sortir de leur cachette.

    « Diego, non ! Fais attention, où tu va ?
    — Chut, attends-moi là. »

    Le petit se terre dans l’ombre, le cœur battant à cent à l’heure. Il n’a pas l’habitude de voler des choses comme ça, oh non. Mais pour une première, c’était une belle première ! Un sourire idiot se dessine sur son visage en y repensant. Ses doigts serrent précieusement les petits trésors qu’il tient gardés au chaud dans ses poches. Tout ça est à lui…

    C’est à ce moment là que Diego réapparait, le torchon à la main. Il referme la porte, les plongeant de nouveau dans l’obscurité. Immédiatement, Jaime se rapproche de lui, les yeux brillant déjà de curiosité.

    « Qu’est-ce que tu comptes en faire ?
    — On va le couper en deux. Chacun en gardera un bout sur lui. Comme ça, on sera reliés tous les deux, pour toujours.
    — Comme des vrais frères !
    — Oui, c’est ça l’idée ! Et jamais on n’oubliera ce qui s’est passé aujourd’hui. »

    Il sort subitement un couteau de sa poche, qu’il ouvre avec ses dents. Le petit frissonne. Il n’aime pas les armes. Il n’aime pas que Diego ai une arme, bien que cela contribue à l’émerveillement qu’il ressent chaque fois qu’il voit son ami en action. Un coup au milieu du tissu le déchire, puis tirant à l’aide de ses deux mains il parvient à le séparer en deux bouts plus ou moins égaux.

    Souriant, il en tend une moitié à Jaime qui le prend et le serre contre son cœur, comme un précieux trésor. Le visage du plus vieux se fait sérieux, alors qu’il cache également le sien dans un de ses poches.

    « Bon, alors. Maintenant montre moi un peu ce que tu as récupéré. »

    Le petit s’empresse de vider ses poches sous le regard inquisiteur de son mentor. Une fois fait, celui-ci scrute attentivement le butin rapporté, une moue dubitative sur le visage. Jaime se recroqueville dans son coin. Ce ne sont que des bonbons, mais il craint quand même que son ami ne se vexe. Il suffirait qu’il en ait pris certains qu’il n’aime pas et…

    « Petit frère ?
    — Oui… ? »

    Ses traits sont volontairement impassibles, mais bien vite un sourire se dessine sur son visage. Il est si fier de l’exploit qu’ils ont accomplit. Il y aura de quoi manger pour toute la journée, peut-être même assez pour demain encore ! C’est magique. En plus, il a réussi à voler des bonbons multicolores, ceux qui sont bons et qui pétillent sous la langue.

    « Tope là, tu es génial ! Je ne pensais pas que tu en avais volé autant ! »

    Le sourire se transforme en crise de rire, et il est bien vite rattrapé par Jaime qui lui aussi se détend finalement, soulagé et ému de la reconnaissance que lui offre son ami. Presque dans la foulée, Diego se jette sur les friandises et se met à toutes les dévorer une par une, arrachant les papiers, détruisant les plastiques, et savourant la douceur des différents parfums avec un air exalté.

    Euphorique devant le plaisir qu’éprouve le grand à se gaver de sucreries, le petit tend le bras et en attrape une, qu’il s’applique à décortiquer. Alors qu’il s’apprête à enfourner une première bouchée, une violente claque sur sa main l’en empêche, faisant tomber le chocolat au sol. Hébété, il risque une œillade confuse en direction de son ami qui est responsable de ce gâchis.
    Son regard est si froid qu’il en frisonne.

    « Non ! Ce n’est pas pour toi, ça ! Je t’interdis d’en manger, t’entends ! Je te l’interdis ! »

    La gifle part toute seule.


    ***



    Jim Moralès se réveille en sursaut ; il est en sueur. Encore ce foutu cauchemar. Se redressant, il tâtonne autour du lui le cœur battant afin de trouver l’interrupteur, et n’est soulagé qu’une fois la pièce inondée de lumière jaune. Le noir. Il refuse de l’avouer, mais il a peur du noir, et de ce qu’il cache.

    Un claquement sec attire soudainement son attention, faisant manquer un battement à son cœur. Une goutte de sueur perle sur son front, et, fébrile, il cherche la cause de ce bruit. La trouve. Le volet est mal refermé. Le surveillant se relève et rabat les couvertures sur le lit avec un soupir empli de lassitude. Il a pourtant demandé à ce qu’on répare ce fichu battant des centaines et des centaines de fois, mais visiblement ce n’est toujours pas fait. Se grattant gracieusement la fesse gauche, il s’avance en direction du fautif.

    Le vent souffle fort cette nuit là.
    Jim ouvre la fenêtre et le laisse s’engouffrer dans la chambre et lui glacer l’échine. Il se fige. L’air humide, la pluie qui guette, les pavés luisants. La lune malveillante qui domine le tout, illuminant cette nuit brumeuse. Sombre tableau.

    Il ferme les yeux et inspire profondément. C’est fini. Tout est fini. Il n’a plus de raisons d’avoir peur.

    Prenant son courage à deux mains, il laisse passer sa tête dans l’ouverture et tend le bras pour attraper le volet, qui s’envole une nouvelle fois, frappant le mur avec encore plus de violence. Comme un coup de tonnerre. Les verrous grincent atrocement, et immédiatement, Jim a un mouvement de recul. Il trébuche, chutant sur le sol.

    Ce bruit. On aurait dit un hurlement.

    Un mauvais frisson le traverse. Fermant la fenêtre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, sans plus se soucier du battant, il se précipite ensuite dans les couvertures, comme un enfant apeuré. Roulé en boule sous les draps il tremble un instant, tentant de se convaincre de ne plus jamais voir de films d’horreur.


    ***



    « Alors mi hijo, la nouvelle maison te plait ? »

    Après avoir fait rapidement le tour, il constate qu’elle est plus grande, plus spacieuse qu’avant. En même temps, il était difficile de faire pire que leur ancien ridicule et petit appartement… Après en avoir fait le tour, il constate qu’il y a même une cour à l’arrière de cette bâtisse, avec un petit potager. Ce qui l’aurait ravi avant, mais maintenant… Il se moque de tout.

    Baissant les yeux, Jaime joue un instant avec ses chaussures sur le plancher, s’amusant à gratter les éclats de peinture sur le sol. Il n’a pas envie de répondre à la question de sa maman. Et elle le sait très bien. Alors, pour contrebalancer, il en pose une autre, tout aussi dérangeante.

    « Et papa, il vient quand ? »

    Sa mère laisse tomber le carton qu’elle tenait dans ses bras sur la table de la cuisine avec un soupir. En regardant son fils, maintenant âgé de onze ans, elle ne peut s’empêcher de constater à quel point il a grandit. Et paradoxalement, à quel point les choses du monde des adultes semblent loin se son monde imaginaire.

    « Ton père est partit, il ne reviendra plus, tu le sais très bien. Allez, viens m’aider à vider le camion maintenant, tu seras gentil. »


    ***



    « Alors, comment tu te sens dans ta nouvelle école ? »

    Silence. Rodriguez se rembrunit. C’est dommage, il a presque réussi à le faire parler ces derniers temps. Parler de choses importantes, il veut dire, et pas de broutilles.

    Les dix premières fois où ils se sont vus, le petit a surtout mangé des bonbons avec un appétit qui a surpris le spécialiste, et échangé des banalités avec lui entre deux bouchées. Son nom, son âge, ses rapports avec le monde extérieur… Rien d’alarmant ni de surprenant. Rien qu’il n’aurait pu deviner avant de le rencontrer. C’était un enfant de huit ans d’une curiosité et d’une vivacité surprenantes.

    Les dix suivantes, le médecin avait dû alterner rendez-vous avec l’enfant, ainsi qu’avec ses parents, à son grand regret. Il avait en effet remarqué un changement de comportement chez le petit, et il s’était avéré qu’il existait de nombreuses tensions dans le couple, ce qui déteignait sur l’humeur du garçon et son désir de communication avec le psychologue…

    Les dix dernières séances avaient été mouvementées. Entre le divorce de la famille, le déchirement du petit, les différents déménagements et les problèmes pour obtenir un rendez-vous convenable, aucun travail n’avait pu être mené convenablement. Et pourtant il était temps de passer à l’étape suivante…

    C’est maintenant la trente-deuxième fois qu’il s’entretient avec le petit Jaime. Et celui-ci refuse toujours d’évoquer la fameuse nuit. Il se renferme sur lui même chaque fois que l’on évoque le sujet. "Je préfère ne pas en parler.", c’est la seule chose qui lui vienne à la bouche.

    « Jaime, ton école ?
    — C’est une école, c’est tout. »


    ***



    « Mais… Vous êtes encore dehors à cette heure-ci ?! Allez en classe, et que ça saute ! »

    Après avoir consciencieusement fait le tour de la cour de récrée et vérifié que tous les élèves ont rejoint leurs classes, Jim profite de la petite heure de temps libre qu’il lui reste pour aller faire un tour dans le parc. Ses pas, guidés par une délicieuse odeur de crème et de miel, le conduisent finalement vers l’entrée du self, et laisse passer un regard empli d’envie au travers de la fenêtre. Son cœur manque un battement et son sourcil tressaute dans une ultime tentative de contenir sa colère. Il pousse le battant de la porte et rugit :

    « Della Robbia, dehors ! »

    Le principal concerné laisse brusquement échapper la pâtisserie - tout juste sortie du four - qu’il tient entre ses mains, la faisant rouler sur le sol. Rouspétant entre ses dents, il tente de la ramasser et frémit en sentant l’ombre menaçante de Jim planer au dessus de lui. Levant les yeux, il ouvre la bouche pour se justifier, mais le surveillant l’interrompt dans un murmure.

    « Dehors…
    — T’y croit pas, je voulais juste aider moi !
    — DEHORS !
    — Ça va ça va, je sors ! »

    Une fois la porte claquée et le calme revenu dans l’enceinte du self, Jim prend une grande inspiration. L’odeur alléchante du four vient chatouiller ses narines, ce qui lui hôte immédiatement toute envie de coller Della Robbia, et il se retourne vers Rosa, l’air goulument intéressé.

    « Dites donc mon petit, qu’est-ce que vous nous avez fait là ? »

    La cuisinière s’empourpre et lui tend le plateau d’une main peu assurée, attendant qu’il goûte rende son verdict. Odd a beau être catégorique là-dessus, elle craint que sa recette ne soit pas encore tout à fait au point et que Jim, qui est un grand connaisseur de pâtisseries espagnoles - il a travaillé au service des plus grands pour le roi d’Espagne -, n’approuve pas à sa juste valeur cette petite attention de sa part.

    « Ce sont des Miguelitos, je les ai faits pour vous. Vous aviez une petite mine en ce moment, alors je me suis dit que ça pourrait, peut-être, vous faire plaisir et… Alors ? Ça vous plait ? … Jim ? »


    ***



    La peur au ventre.
    Il attend patiemment que la menace disparaisse, fixant sa proie d’un air avide de gourmandise. Son cœur tambourine dans sa poitrine. Il a hâte que l’homme parte afin qu’il puisse s’emparer d’elle, elle qui lui fait de l’œil depuis si longtemps, elle qui le nargue, elle qu’il a envie d’enlever.

    Se faisant tout petit dans un coin, il se remémore en silence les conseils de Diego, priant pour que tout se passe bien. Ce n’est pas la première fois qu’il fait ça, c’est vrai, mais c’est la première fois en solo. Son grand frère de cœur n’est pas là pour l’aider, et si jamais il se fait prendre, personne ne pourra plus l’aider.

    Son souffle se bloque dans sa gorge. L’homme en face lui disparait un instant à l’intérieur de la boutique, et c’est le moment que Jaime choisit pour bondir de sa cachette, traverser la porte de la bâtisse, et sauter sur sa cible. Sa main a à peine le temps d’érafler le gâteau du bout des ongles qu’une voix retentit dans son dos :

    « Qu’est-ce que tu fais ? »

    Jaime laisse échapper un cri de panique et se retourne immédiatement vers la personne qui vient de poser cette question stupide. Ses sourcils se froncent sous la colère. C’est un petit garçon de son âge environ, brun, avec de grands yeux et des lunettes. Jaime serre les poings très fort pour se retenir de lui en coller une. Non mais qu’est-ce qu’il lui prend à cet idiot, il cherche à les faire punir ou quoi ?

    « Pourquoi tu chipes ce gâteau, t’as pas assez d’argent pour le payer ? »

    À peine le petit a-t-il le temps de prononcer cette phrase que le boulanger fait son apparition dans la boutique. D’abord content d’apercevoir son neveu en compagnie d’un autre jeune, son sourire se fige bien vite à la vue de Jaime à ses côtés. Il dépose le plateau de petits fours sur le comptoir et s’approche lentement en pointant le garçon du doigt d’un air menaçant.

    « Toi, hors de ma boutique ! »

    Jaime ne tente même pas de négocier et s’en va en trainant des pieds, claquant la porte derrière lui d’un air dépité. Bifurquant dans une ruelle adjacente, il rumine sa colère en silence quand tout à coup un bruit de pas sur la chaussée parvient à ses oreilles. Jaime serre les dents. Sans même se retourner, il accélère machinalement la cadence, tournant à droite puis à gauche dans le but de semer la personne qui est derrière lui. Il veut être seul, en paix.

    Malheureusement pour lui, l’individu ne semble pas prêt de lui rendre sa liberté et ne cesse de le suivre partout où il va. Alors, au détour d’un croisement, Jaime explose, se retourne et le plaque violement contre le mur. Le petit garçon en laisse tomber brusquement le paquet qu’il tenait entre les mains.

    « Qu’est-ce que tu veux ? Pourquoi tu me suis ? Ça t’as pas suffit de me priver de goûter avec tes bêtises ?! Allez, réponds !
    — Ju... Justement la... La boite... C’est pour toi ! »

    Il le lâche. Attrape ladite boite et l’ouvre d’un coup sec, déchirant sans ménagement le couvercle. Ses yeux s’écarquillent sous la surprise. Des Miguelitos. Son dessert préféré ! Qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour des Miguelitos ! Sans demander son reste, Jaime se jette dessus et, saisissant le premier, le porte tout entier dans sa bouche, de peur peut-être que le petit garçon ne change d’avis.

    Celui-ci sourit. Le visage couvert de crème, Jaime lui rend son sourire.

    « Jaime ! Qu’est-ce que tu fais ? »

    Diego s’approche de lui comme une ombre menaçante, et Jaime s’active pour finir son gâteau, s’essuyant la bouche sur le revers de ses manches afin de masquer sa bêtise. Malheureusement pour lui, les deux derniers gâteaux dans la boite le trahissent.

    « Qu’est-ce que c’est ?
    — C’est rien, c’est à moi ! »

    Diego sourit sinistrement en s’approchant de lui. Sans savoir pourquoi, Jaime éprouve le besoin instinctif de se mettre en travers de son chemin, l’arrêtant et lui prenant la manche afin qu’ils s’en aillent. Se laissant faire l’ainé part à reculons, fixant le nouveau d’un air de dédaigneux.

    « Et que je te revois pas t’approcher de mon petit frère t’entends ! Ou sinon je te brise ! »


    ***



    C’est dans toutes les bouches ce matin. La rumeur se répand plus vite que la peste, s’insufflant dans tous les esprits, glaçant tous les cœurs et gangrénant toutes les conversations. Le marché est désespérément vide, les passants se croisent en échangeant des regards tendus et entendus. Le vent souffle et amène la terrible nouvelle à toutes les oreilles.

    C’est inhabituel. C’est préoccupant. C’est quelque chose qui n’est pas supposé se produire dans un petit village comme celui-là, où tout le monde de se côtoie, où tout le monde se connaît. C’est un tragique évènement qui les marquera à tout jamais.

    Ce matin, près de la petite fontaine de la place, un enfant à été retrouvé sans vie.
    Assassiné.


    ***



    Jim Morales est sonné, ça c’est le moins qu’on puisse dire. Ça a été une journée épuisante. Il a quitté Rosa après la première bouchée de gâteau, pris de nausées. Il est ensuite allé voir Yolande avec l’espoir qu’elle l’aide, mais comme à son habitude l’infirmière ne l’a pas pris au sérieux. Ensuite, il a quand même dû aller donner un cours de gymnastique à Della Robbia et sa clique, ce qui s’est soldé par un cuisant échec et un nouvel aller-retour à l’infirmerie. Suite à quoi, Yolande l’a prévenu qu’il devait arrêter son petit jeu avec elle car elle était mariée désormais, et elle l’a renvoyé chez lui avec un doliprane et un verre d’eau pour seule consolation.

    Il soupire.
    Oui, ça a vraiment été une journée épuisante.

    Sur son chemin de retour à l’internat, il croise Suzanne Hertz qui se rend toute guillerette vers le portail de Kadic, surement en quête de son amoureux, imaginaire aux yeux de Jim. Le surveillant est effet persuadé qu’elle a inventée toute cette histoire juste pour cacher l’horrible vérité -comme il l’a si souvent fait-, à savoir qu’elle est célibataire et folle de lui. Et alors même qu’il se fait cette réflexion, il la voit s’arrêter aux pieds d’un grand homme brun vêtu d’un ensemble sombre et d’une paire de lunette d’un autre monde.

    Les sourcils de Jim se froncent. Se pourrait-il que… ?
    Poussant la porte de l’internat, il tombe nez à nez avec la, ou plutôt les personnes qu’il recherchait.

    « SOLOVIEFF ! DIOP ! »


    ***



    « Ça s’est passé comme ça. Je marchais. Il faisait tout noir, trop noir pour qu’on puisse y voir quelque chose. Il pleuvait aussi, je crois. Ou alors il avait plu. Je me suis mis à courir pour le retrouver et j’ai glissé. Il était derrière moi. Je l’ai entendu rire d’une façon affreuse. Je me suis arrêté et la je l’ai vu. J’ai eu peur, j’ai voulu m’enfuir mais j’ai pas pu. Le monstre m’avait coincé.
    — Quel monstre Jaime ?
    — Un héros, c’est comme ça qu’l se voyait.
    — Mais qui Jaime, qui ? Comment il s’appelle ?
    — Je n’arrive pas à m’en souvenir. Je sais juste qu’après j’ai réussi à courir, j’ai tourné au coin de la rue, je voulais rentrer chez moi. Pis tout à coup je suis tombé, tombé dans un grand trou. Et quand je me suis réveillé j’étais devant une boulangerie. Les gâteaux dans la vitrine me fixaient d’une façon étrange, comme si c’étaient eux qui voulaient me dévorer. Ils se sont mis à flotter dans les airs, et ils sont sortis en volant de la boutique, et bientôt j’étais encerclé, attaqué par pleins de mi…
    — QUOI ?! »

    Le psychologue ne peut retenir ce cri du cœur. Mais de quoi donc le petit est-il en train de parler ? Des gâteaux qui volent ? Et puis quoi encore ! Frappant du poing sur la table avec une violence que Jaime ne lui connaissait pas, le docteur Rodriguez décide de mettre une bonne fois pour toutes les points sur les i avec le petit. Des années qu’il travaille avec Jaime, des années qu’il cherche à comprendre la vérité. Et le petit passe son temps à le mener en bourrique, enchainant mensonges sur mensonges !

    « Beh, je vous parlais de cette nuit, je vous racontais mon rêve comme vous me l’avez demandé… »

    Le petit fait mine d’être surpris. Le médecin retire ses lunettes et se masse doucement les tempes en essayant de se calmer. Ça ne sert à rien… Il avait tellement d’espoir à l’époque, sa jeunesse lui confiait des ailes et rien ne semblait pouvoir lui résister. Mais maintenant… À quoi bon après tout… ?

    « Tu sais très bien que je ne voulais pas parler de ça. Tu es grand maintenant, arrête de faire l’enfant. Je te donne une dernière chance. Raconte-moi cette nuit-là. »

    Le visage du petit garçon se rembrunit. Il n’a pas envie de parler. Pourquoi le docteur ne se lasse-t-il pas comme tout le monde ? Pourquoi insiste-t-il autant ? Qu’est-ce que ça peut lui faire au fond ? Il n’y a qu’à lui que cette histoire a fait du mal.


    ***



    Il n’a pas revu le petit garçon depuis plusieurs jours, comme si c’était un rêve et qu’il n’avait jamais existé. Il a quand même tenté de le retrouver pour le remercier et lui dire de se méfier de Diego, mais c’est comme s’il avait disparu. Par magie. Jaime croit portant encore se souvenir de la douceur des gâteaux qu’il lui a offert, et cela le rassure un peu. Il a l’air sympa malgré tout ce que peut dire son grand frère à son sujet, et il ne faudrait pas qu’il lui arrive des bricoles.

    Diego ne l’aime pas, vraiment pas, ça Jaime l’a remarqué. Il ne cesse de lui reprocher d’avoir accepté les gâteaux et de vouloir l’abandonner pour devenir l’ami du nouveau. Mais bien sur, jamais il ne fera ça ! Cela n’empêche pas Diego d’être jaloux à longueur de journées. Peut être parce que le petit est le fils chéri de tout le village, parce que c’est le fils du maire et que c’est un modèle pour tous les autres enfants, d’une pureté et d’une sympathie exemplaire, ce que Diego est loin d’incarner dans l’estime publique, lui le pauvre garçon des rues qui passe son temps à voler les honnêtes gens.

    Néanmoins, Jaime n’aime pas voir son frère jaloux. Surtout que s’il faisait l’effort d’intégrer le nouveau au groupe, tout irait pour le mieux pour eux, il en est persuadé. D’ailleurs, depuis sa rencontre avec le petit, les gens du voisinage sont beaucoup plus aimables avec lui. Preuve que tout peut s’arranger…

    Un coup sec contre le battant de sa fenêtre le fait sursauter, rompant le silence de la nuit. C’est Diego ! Flûte, il en avait presque oublié qu’ils étaient de sortie ce soir ! Ils doivent se réunir au quartier général pour faire le point sur le mois qui vient de s’écouler… Se glissant hors de la couette, Jaime se faufile le plus silencieusement possible vers la sortie la plus proche. Le grand donne ensuite un coup de main au plus jeune pour l’aider à descendre de son perchoir sans problèmes.

    « Diego, je glisse ! Je vais tomber !
    — Je suis là pour te rattraper petit frère.
    — Mais je ne veux pas te faire ma… »

    Trop tard. Les deux chutent, s’entremêlant les pieds dans les magnifiques pots de fleurs de Mme Garcia, produisant un retentissant patatras qui brouille la quiétude de la nuit.

    Avant même qu’il n’ait pu se plaindre, Diego coupe Jaime en bloquant sa bouche de sa main, ses ongles griffant de peur la commissure de ses lèvres. Il porte un regard inquiet sur les maisons voisines sous le regard attentif du plus jeune. Ils se figent. Ont-ils réveillé quelqu’un ?

    Au bout de plusieurs minutes de calme, le plus grand fait signe à l’autre de le suivre, en lui mimant un chut du bout des lèvres. Tout semble aller pour le mieux.

    Ils tournent au coin de la rue et disparaissent dans la brume.

    Au loin, derrière eux, une ombre se glisse hors de chez elle. Elle attrape une bicyclette posée contre le mur de son jardin et se met à les suivre, sans qu’ils ne se doutent de rien…

    Le silence.
    Jaime tend l’oreille. Il est convaincu d’avoir entendu quelque chose dans leur dos. Sa main se crispant sur la manche de Diego, il lui fait signe de ralentir, le cœur battant à tout rompre. Il est maintenant sûr d’avoie entendu des pas, des petits pas derrière lui.

    Les deux garçons se retournent d’un même mouvement, et le plus vieux explose à l’instant même où il reconnait le visage de leur poursuivant.

    « Toi ?! Qu’est-ce que tu fiches là ! Dégage avant que je te refasse le portrait, microbe ! »


    ***



    La sonnerie stridente du téléphone tire le docteur Rodriguez de son profond sommeil. Maugréant contre la personne qui a eu l’idée de la déranger à une heure aussi tardive, il tâtonne dans le noir en quête de l’interrupteur. Une fois la lumière allumée, il découvre avec stupeur l’identité de son mystérieux coup de fil. Il décroche, un gout amer dans la bouche. Il a horreur de tout ce qui lui rappelle ses échecs.

    « Jaime ?
    — Il est revenu docteur, il est revenu ! »

    Le cœur du psychologue manque un battement.

    « Qui ça Jaime ? Qui ça !?
    — Le garçon… »


    ***



    Jim Moralès, armé de tout le courage dont il dispose, sort de l’internat avec détermination. Ses yeux se posent tout de suite sur le portail et il réprime un frisson. Il est toujours là. Et il est temps d’aller l’affronter.
    A cet instant, Suzanne lui fait un signe de la main et il se décide à les rejoindre, son cœur tambourinant dans sa poitrine comme un petit oiseau paniqué. S’approchant d’un pas hésitant, il déglutit et se force à garder une certaine contenance face au couple qui lui fait face.

    « Jim, je te présente mo... Pedro. Pedro, voici Jim Moralès, mo… Un collègue. »

    Les deux hommes se toisent en silence, puis Pedro, sûr de son effet, se met à sourire. Un sourire malsain qui met le surveillant mal à l’aise, un mal-être qui s’accroit quand l’homme lui tend la main, une main qu’il répugne mais que la politesse l’oblige à serrer.

    Ils échangent une forte de poignée de main.

    « Bonjour Jaime… »


    ***



    « Son nom je ne m’en rappelle pas encore, mais son visage, oh que oui. Il avait l’air inoffensif, et surtout, il était si gentil avec moi. Il m’avait offert des Miguelitos vous savez. Avec ses propres sous, sans que je ne lui ai rien demandé… Alors que Diego, mon pauvre Diego, il prenait tout pour lui... »

    L’adolescent marque une pause et le psychologue s’efforce de garder son calme et ses commentaires pour lui-même, noircissant avec force la feuille de son carnet. Il a rouvert le dossier du petit Garcia et n’a pas fermé l’œil de la nuit depuis son coup de fil. Après tant d’années, cette chance était inespérée et il ne devait pas la laisser filer.

    Remarquant que Jaime fixe le sempiternel bocal de bonbons qi trône en évidence sur son bureau, Rodriguez s’empresse de l’ouvrir et de lui en proposer, ayant hâte qu’il poursuive.

    « Ce n’était pas sa faute, à Diego. Son père le battait tout le temps avant qu’il ne l’abandonne. Son grand frère l’avait abandonné dès qu’il avait pu s’échapper de la maison. Personne ne l’a jamais revu. Diego s’est retrouvé seul face à son père. Il n’avait pas le choix que de se battre. Il ne savait faire que ça pour se défendre. C’était quelqu’un de fragile au fond, je le sais. Quelqu’un de bon. Il était un formidable grand frère.
    — Pourtant il te frappait... »

    Jaime pose un regard confus sur le docteur, qui se mord la langue en regrettant ses mots. Il connaissait pourtant la réputation du petit Diego. Il avait écouté de nombreux témoignages de sa brutalité et de son caractère insoumis et irrespectueux.
    Jaime reprend le cours de l’histoire, faisant mine de ne pas avoir entendu.

    « Il ne méritait pas ce qui lui est arrivé après. Tout ça c’est de ma faute… »

    Un sanglot le traverse- Il fuit le regard insistant du psychologue et prend un autre bonbon, qu’il savoure en silence.

    « J’étais avec Diego ce soir là. Je ne sais plus trop où on allait mais je crois me rappeler que c’était important. On dans la rue vers la petite place quand j’ai entendu du bruit. Ça venait de derrière. Je me suis retourné et il était là. Tout s’est passé très vite, Diego lui a dit de dégager mais il n’a pas voulu, il n’a pas bougé. Ils se regardaient, se jugeaient l’un l’autre du regard afin de voir lequel des deux finirait par baisser les yeux en premier, lequel des deux était le plus fort, et j’avais peur, vraiment peur. Puis il a sourit. Ça l’a mis hors de lui, et il s’est avancé prêt à lui en mettre une et … Tout est allé si vite, si vite, j’ai rien vu venir et et tout à coup là BAM ils ont commencé à se battre, ils sont tombés par terre, l’un dessous, l’autre dessus, et je pouvais aider personne ils n’arrêtaient pas de bouger ! Puis d’un coup comme ça là il il a a attrapé une grosse pierre au bord de de la la et il a commencé à le frapper encore et encore et et je … BON SANG J’AI RIEN PU FAIRE !! »

    Jaime se lève brusquement, attrapant d’une main le pot à bonbon il le lance d’un coup sec en direction du mur opposé, faisant éclater le gros verre sous le choc en une montagne de petits éclats.

    Les bonbons roulent sur le sol sans qu’aucun des deux hommes présents dans la pièce ne s’en préoccupe.

    « Je n’ai rien pu faire… »


    ***



    Jaime lève un regard terrorisé vers le garçon qui se tient devant lui, en équilibre sur le corps inanimé d’un autre. Il vient juste d’arrêter de le cogner, après de longues minutes de coups répétitifs et inutiles, l’enfant étant décédé dès les premiers instants du massacre. Le meurtrier se redresse et attrape ses lunettes qui avaient chuté durant leur lutte, nettoyant les verres avec son t-shirt taché de sang comme si de rien n’était.

    Jaime, face à lui, est pétrifié. Aucun son ne parvient à sortir de sa bouche durant les premières secondes qui suivent l’attaque, toutes sortes de pensées se bousculant dans sa tête et lui embrumant l’esprit. Puis, soudain, la prise de conscience. Brutale. Un hurlement déchire sa gorge et ébranle le silence pesant de la nuit.

    « DIEGOOOOOOOOOOO ! NOOON ! DIEGOOOOO !!
    — Ferme-là imbécile ! Tu veux qu’on nous arrête ! Mais enfin, tais-toi ! »


    Jaime s’élance vers le corps sans vie de son ami, étendu sur les pavés humides de la rue passante. Désespéré, il tente de le réanimer en le secouant par les épaules, mais en vain, il ne répond pas. La moitié de son visage est méconnaissable, ravagée par les coups, ses cheveux sont poissés par le sang qui s’écoule de ses blessures béantes, et son corps désarticulé se balance comme une marionnette à qui on aurait coupé les ficelles…

    Néanmoins, Jaime n’abandonne pas pour autant. Il s’acharne, obsédé par le besoin qu’il a de voir les yeux grands ouverts et inexpressifs de son ami reprendre vie… Il refuse d’admettre qu’il est trop tard, pourtant….

    Ravagé par les sanglots, il s’effondre auprès de lui, se nichant dans le creux de son épaule en pleurant toutes les larmes de son corps, implorant qui voudrait bien l’entendre de ramener Diego à la vie. C’est alors que l’autre garçon intervient, particulièrement frustré du caprice de Jaime. Il l’a sauvé ! Diego était une pourriture sans cœur qui ne mérite pas une telle considération ! Jaime devrait lui lécher les bottes et le supplier à deux genoux d’être son ami en cet instant.
    Et au lieu de cela, il pleure !

    « Oh ! Lâche-le bon sang ! Faut qu’on s’en aille ! Allez, mon pote, lâche-le… Lâche-le ! »

    Le petit garçon fait du mieux qu’il peut pour déloger Jaime de l’emprise malsaine du cadavre de Diego, mais sans succès. Définitivement hors de lui face à un tel affront, il est tenté pendant un bref instant d’utiliser à nouveau la pierre et de s’en servir pour sauver Jaime de sa faiblesse.

    Cependant, il ne peut finalement pas s’y résoudre, car c’est son ami.

    Il le saisit violemment par le col et le force à le regarder dans le blanc des yeux, martelant chaque syllabe des phrases qu’il s’apprête à prononcer en sa présence.

    « Écoute-moi bien. Je t’ai sauvé, d’accord. Donc tu ne vas pas me dénoncer, j’espère que c’est bien compris. On ne dénonce pas les héros, on les protège. Quand on te demandera de raconter cette nuit là, tu ne t’en souviendras pas. Et quand on voudra entendre la vérité, tu préféreras le mensonge et le silence. Tu préfèreras ne pas en parler, c’est clair ? Et tu verras, au bout d’un moment, les gens se lasseront. »

    Jaime ne peut s’empêcher de le fixer, la respiration coupée comme un poisson sorti de l’eau, choqué par son assurance et sa sérénité, ses paroles se gravant comme les petits lettres ineffaçables inscrites sur le marbre des pierres tombales.

    Le petit se relève, commence à s’en aller, puis s’arrête au beau milieu de la rue, se retournant pour s’assurer d’un dernier point.

    « Oh et, ne t’en fais pas. Je ne laisserais jamais personne t’accuser pour cet horrible crime. Tu étais avec moi cette nuit là. Je suis ton parfait alibi. Ton héros. Ne l’oublie pas. »


    ***



    Et les voilà, tous les trois assis autour de la table de la cuisine fleurie de Suzanne Hertz.
    Il règne dans l’air un mélange de crainte et de fascination. Pedro ne cesse de fixer Jim en souriant, comme le chat qui joue avec la petite souris en attendant de lui asséner un coup fatal, ce qui commence à mettre Suzanne mal à l’aise. Elle finit sa troisième verveine-menthe d’un coup et jette un regard anxieux à son collègue. Qu’est-ce qu’il se passe nom d’un chien ? Et pourquoi diable Pedro a-t-il tenu à l’inviter à se joindre à eux ?

    Jim serre ses mains autour de ses poches. Il attend. Ils attendent. Pedro est impassible, aucune émotion n’a filtré sur son visage depuis qu’ils se sont salués dehors, si ce n’est bien sûr son malsain et indélébile sourire qui refuse de s’en aller. Il semble parfois si large et visible que le surveillant a le sentiment que l’homme a été barbouillé d’un trait de peinture d’une oreille à l’autre.

    Cette pensée le fait frissonner et il se tasse un peu plus dans sa chaise.

    Le temps passe.

    Suzanne finit par ressentir les effets néfastes de sa tisane, et, non sans une certaine gêne, elle se décide à laisser ses hôtes le temps d’une excursion au petit coin, abandonnant les deux hommes à un énième duel de regard.

    « Alors, comment se passe ton travail de surveillant à Kadic ? Tu t’y plais ? J’ai entendu dire que tu avais beaucoup voyagé et exercé pleins de métiers différents, celui-ci n’est pas trop calme comparé aux autres ?
    — Je préfère ne pas en parler. »

    Pedro, qui commençait à s’amuser de son air agacé, retient un soupir et recule sur sa chaise, croisant les doigts sous son menton.

    « Bien, de quoi tu veux parler ? »

    Un ange passe.
    Jim décide de porter le premier coup.

    « C’est ta faute.Tu...
    — Arrête Jaime, voyons. Tu sais que c’est faux mon pote !
    — Je t’interdis de m’appeler comme ça ! C’est de ta faute !! C’est toi qui l’a tu…
    — Jim ! »

    Abasourdie, Suzanne assimile avec difficulté la scène qui vient de produire sous ses yeux. Jim est un gros lourdaud maladroit et ma foi d’une compagnie distrayante, mais jamais elle ne l’a connu violent. Et là, stupéfaite, elle a failli le voir asséner un puissant coup de poing dans les dents de son ami. Impossible... Qu'est-ce qui lui prend ? Serait-ce de la jalousie ?

    Pedro se dégage brusquement de l’emprise de Jim, réajustant le col de sa chemise. Pour la première fois, il ne sourit plus. Il a bien cru qu’il allait y passer.

    « Vous pouvez me dire ce qu’il se passe ici ?
    — C’est un assassin…
    — Ne l’écoute pas Suzanne, tu sais qu’il délire.
    — … Il a tué mon meilleur ami quand on était petit…
    — Même son psychologue n’a jamais voulu le croire, il est fou Suzanne je te dis.
    — … Et je l’ai couvert pour ça.
    — Pardon ?! Je… Oh bon sang… »

    Les deux hommes craignent un instant qu'elle ne défaillisse, mais ses doigts se serrent sur le dossier de la chaise et un sourire timide apparaît sur ses lèvres.

    « Je vois.. Un assassin... Un fou... Vous me faites marcher, c’est ça ? Vous avez mis ça au point pendant que j'étais partie ? »

    Elle éclate d’un rire nerveux. Le silence lui fait écho.
    Les deux hommes se défient du regard, chacun tentant de convaincre la femme qui leur fait face, l’un par crainte, l’autre par défi. Suzanne s'arrête, ses yeux passant de l'un à l'autre en tentant de démêler le vrai du faux.

    « Jim... J’espère que c’est encore une de tes blagues à deux sous… »

    C'en est trop.

    « Ça a l’air d’être une blague ? Bon sang quand est-ce que tu me croiras, hein ? Il est dangereux. Ne t’en approche pas !
    — Non mais quel toupet ! Je sors avec qui je veux, d’accord ? Tu n’as pas à t’en mêler !
    — Mais de quoi tu parles, tu pourrais même sortir avec Jean-Pierre ou Michel que je n’y verrais aucun inconvénient ! Mais pas lui !
    — Ah oui, pas lui !? Et pourquoi donc ?
    — Parce que c’est un tueur !
    — Mais bien sûr, et Rosa est une danseuse étoile !
    — Quoi ?! »

    Le surveillant marque une pause, l’image de Rosa en costume moulant à tutu lui ayant malgré tous ses efforts traversé l’esprit. Il se ressaisit, chassant cette funeste pensée de sa tête.

    « Qu’est-ce qu’elle vient faire ici, Rosa ?
    — Arrête, je vous ai vu vous faire de l’œil l’autre jour au réfectoire !
    — Mais... J’essayais d’avoir des lasagnes en plus, c’est tout !
    — Comme si tu n’avais pas assez de problèmes de poids comme ça !
    — De poids ? Mon corps est parfait !
    — Il ne l’était déjà plus dans les années 80, très cher !
    — QUOI ?! »

    Le sourire renaît sur les lèvres de Pedro à l’entente de cette dispute. Cette femme, Suzanne Hertz, est exceptionnelle. Dire qu’il avait failli se jeter sur l’infirmière avant afin de ramener Jim dans ses filets, décidément il serait passé à côté d’un superbe spectacle. Cette querelle de vieux couple est un vrai régal à entendre. S'appuyant contre le plan de travail, il se saisit du pichet d'eau et se sert un verre.

    De l'autre côté de la pièce, la dispute monte d'un cran. Suzanne est debout sur la pointe des pieds, le doigt levé prêt à crever un des deux yeux de Jim si jamais il ose la contredire une nouvelle fois…

    « Oh et puis tu m’énerves, sors de chez moi tout de suite ! Et que je … Oh ! Oh non, pas ça… C’était un cadeau de ma fille ! »

    Tous les regards convergent vers l’endroit fixé par la professeur de sciences, à savoir sa tasse de thé, brisée au sol en plusieurs petits éclats. La tension accumulée au fils des dernières minutes déserte la pièce en un éclair, comme après un ballon après une rencontre avec une aiguille. Après un certain moment d’incompréhension, Jim se penche et commence à ramasser les débris, une moue penaude peinte sur le visage.

    C’est le moment que choisi l’espagnol pour passer à l’attaque, lui assénant un violent coup sur la tête à l'aide du pichet.

    « Jim, non ! »



    ***




    « Et voilà. Encore toutes nos excuses, M. Muñoz. Je vous souhaite une bonne journée. »

    Pedro quitte l’établissement sans même adresser un au revoir au policier derrière lui, serrant ses affaires contre sa poitrine. Il a déjà perdu beaucoup trop de temps dans ce trou à rats, inutile de s'attarder avec des formules de politesse inutiles.

    Oh bien sur, il aurait dû rester moisir ici plus longtemps, et ce malgré tous les efforts de Jaime pour l’incriminer : l’enregistrement vidéo de ses aveux filmé après leur bagarre dans l’appartement de Suzanne Hertz, les notes de séances que cet idiot de Rodriguez n’avait pas jugé bon de détruire, et certaines similarités avec des affaires non résolues au fil des années dans de nombreuses autres bourgades espagnoles.

    Il doit l'admettre, il l'a sous-estimé depuis le départ, son pote.

    Fort heureusement pour lui, Pedro a su trouver les bons avocats et les bons accords afin d’être libéré et disculpé dans les plus brefs délais. Il peut enfin reprendre sa vie en main, et recommencer là où il s'est arrêté.
    Mais avant tout, il lui reste une chose à faire. Retrouver Jaime García, et lui faire payer sa traîtrise.

    « Eh, M. Muñoz, attendez ! Vous avez oubliez quelque chose ! »

    Pedro se retourne immédiatement. Le coup de feu retentit, la brûlure lui transperce la poitrine.
    Il s’effondre, la main crispée sur le torse. Bientôt, il ne sentira plus rien.

    La personne qui vient de tirer s’approche de lui, arme à la main. Il reconnait avec difficulté le policier qui lui a ouvert la porte il y a quelques instants.

    « Ça, c'est pour la politesse que ta mère ne t'as pas enseignée. Et ça, c'est pour c’est pour avoir tué mon frère, ordure. »

    Un second coup de feu fait écho au premier.
    C’est fini.




    À des centaines de kilomètres de là, au même instant, Jim Morales soupire. Enfin, il se sent libéré.


    Fin.
  Sujet: [IRL][Animation] Un pique nique... presque parfait !  
Leana

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MessageForum: Foyer des élèves   Posté le: Ven 04 Juil 2014 15:26   Sujet: [IRL][Animation] Un pique nique... presque parfait !
Remontage de topic de dernière minute, merci Shaka.

Je m'inscris ! Et euh, flemme de dire tout ce que j'ai préparé (et suis en train de préparer) pour ça, mais en tout cas je me devais de participer à cette anim', c'était l'occasion rêvée de pouvoir cuisiner sans me faire engueuler ! *sort*

À demain !
  Sujet: [One-Shot] Rêves d'enfants.  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 04 Juin 2014 20:59   Sujet: [One-Shot] Rêves d'enfants.
    À un moment, arrivée à une intersection, Colette fut prise par une vague d’hésitation, et s’aventura par mégarde sur le mauvais chemin. Au fur et à mesure qu’elle progressait à travers les bois, ses pas la conduisirent par hasard jusqu’à une ancienne demeure cachée dans la montagne, dont tout le monde au village avait oublié l’existence.

    Intriguée par le vent de panique qui soufflait à l’intérieur, elle se faufila dans la cour et assista, impuissante et choquée, à l’arrestation d’Éric par des gardes armés venus d'on ne savait où. Un homme, portant une couronne et des habits d’un temps passé, le pointait du doigt et l’accusait de trahison, ce qui lui fit froid dans le dos.

    Le jeune homme fut ensuite trainé comme un moins que rien jusqu’aux cachots, sous les yeux hébétés de nombreux autres habitants. Ce fut à cet instant que des remords apparurent chez Colette. Car elle sut tout de suite que l’emprisonnement d’Éric était de sa faute.

    Le cœur battant, elle attendit dans l’ombre que les gens se disperse, suivit un garde jusqu’aux prisons, attendit qu’il ait le dos tourné et l’assomma, avant d’attraper son trousseau de clés pour ouvrir la porte à son bien aimé. Dès que celui-ci la vit, son visage s’illumina mais malheureusement pour elle ses premiers mots furent dirigés vers une autre personne.

    « Colette, dis moi où est Giselle, vite ! »

    Sous le choc, la jeune femme en lâcha les clés et le regarda, abasourdie. Elle lut dans son regard qu’il savait qu’elle était responsable de sa soudaine disparition, et qu’il ne bougerait pas d’ici avant qu’elle ne lui ait tout raconté. Éludant la question, elle fit de son possible pour rester calme.

    « On ne peut plus rien pour elle. On est allées dans la forêt, elle voulait retrouver sa mère et j’ai tenté de l’aider et…
    — Sa mère ? Mais elle est morte ! Où est Giselle, et pourquoi êtes-vous allées dans les bois en plein milieu de la nuit ?!
    — Il est trop tard pour la sauver je te dis allons-nous en tous les deux je t’en prie ! On pourrait vivre heureux, avoir des enfants…
    — Bon sang dis moi où elle est ! »

    Le visage de la jeune femme se ferma et elle se rendit amèrement à l’évidence. Il se fichait éperdument qu’elle soit là à risquer sa misérable vie pour le sortir du trou à rats dans lequel il avait été jeté, tout ce qu’il voulait c’était elle, l’autre. Alors elle sortit une dernière carte de son jeu. Elle inventa.

    « Nous nous sommes perdues dans les bois, et alors que nous errions comme des âmes en peine un ours nous ai tombé dessus. Il nous a isolées au bord d’un précipice, traversé de part et d’autre d’un pont formé par un chêne mort. Je lui ai déconseillé de s’y aventurer, mais elle ne m’a pas écouté, elle était terrifiée, elle a trébuché et.. Oh mon dieu, c’était horrible…
    — Et l’ours ? Pourquoi ne t’a-t-il pas tuée ?
    — L’ours ? Il a été distrait par un renard. Maintenant je te le demande une dernière fois, partons tous les deux.
    — Écoute, je ne peux pas partir avec toi. Un jour, ton prince viendra, mais ce n’est pas moi. D’autant plus que je dois aller avertir sa Majesté maintenant, si elle a chuté dans l’eau il se peut qu’elle soit encore en vie !
    — Sa Majesté ? Quelle Majesté ?
    — Oh libère moi Colette, et cesse de poser des questions stupides ! »

    La jeune femme, assimilant ce qu’il venait de lui révéler et ce qu’elle avait pût observer, compris enfin le fin mot de l’histoire. Aveuglée par un assourdissant désir de vengeance, elle laissa le pauvre homme pour mort dans sa prison, hurlant et priant pour qu’elle le libère. En vain.

    Après avoir refait surface, elle se rendit à la taverne d’un pas décidé et sema le chaos autour d’elle en racontant tout ce qu’elle avait appris : le vieux Roi, le château sur la montagne, la menace que tout cela représentait pour l’actuel souverain… Immédiatement, une guerre fut déclarée et la bâtisse dans les bois fut prise d’assaut par les troupes royales.

    Colette quant à elle se retira dans sa maison, estimant qu’elle avait fait de son mieux pour que la princesse ne sorte jamais vivante de cette forêt. Elle s’assit devant sa coiffeuse, et après avoir consulté son miroir magique, elle s’endormi, se sentant enfin libérée, délivrée de ses pulsions maléfiques.


    ***



    Parc municipal, près de deux heures après le drame.

    Lorsque Philippe arrive après avoir finalement écouté les messages alarmant de Tiana sur son répondeur, il peine à trouver une place pour garer sa voiture dans le petit parking joint au parc tant celui-ci est bondé. Au bord de la crise de panique, le père remarque du coin de l’œil une ambulance et accélère le pas en direction de la masse qui stagne autour de la table de pique-nique.

    Alors qu’il peine à se frayer un chemin convenable au milieu de la foule, il aperçoit au loin un groupe d’homme en uniformes qui semblent transporter un petit corps sur un brancard. Son cœur loupe un battement et il se précipite dans cette direction, envoyant coups de coudes et insultes sur son passage, poussé par la peur déchirante d’avoir perdu son bébé.

    Lorsqu’il arrive cependant au bord de la civière, il constate, la poitrine lourde et soulagée, que ce n’est pas Anna mais une autre petite fille du même âge environs que l’on transporte à l’hôpital pour des examens approfondis. Se tournant vers les policiers, il apprend qu’elle avait disparu en même temps que sa fille.

    Cette découverte apaise les enquêteurs qui restent optimistes pour Anna, la jeune Élisabeth ne s’étant pas aventurée trop loin en ville. Les fouilles, qui avaient cessé, reprennent alors avec encore plus d’entrain malgré la météo qui commence à tourner.

    « Il me reste un espoir alors ? Je veux dire, de la retrouver en vie ?
    — Mais bien sûr. Elle n’a disparu que depuis quelques heures, et tant que la nuit n’est pas tombée tout va bien. Maintenant si vous le permettez, je vais vous poser quelques questions. »

    Philippe est ensuite entrainé à l’écart par un jeune officier, Bernard, et impuissant, il constate avec désespoir qu’il est inutile à la progression de l’enquête, ne pouvant dire si sa fille a été suivie et donc susceptible d’avoir été enlevée, ou bien si elle s’est enfuie volontairement, et auquel cas pourquoi.

    « Votre ami m'a dit que vous vous étiez disputés hier soir avec votre fille, est-ce vrai ? »

    Son sang se glace et il cherche immédiatement du regard Sébastien et sa famille, occupés à parler aux ambulanciers. Il serre les poings, contenant difficilement sa colère. Qu’est-ce qu’ils sont tous en train d’insinuer, là ? Qu’il est responsable de la disparition de sa fille, c'est ça ?

    Ses yeux se posent alors sur le petit Ulrich qui grimpe dans l’ambulance avec un agent, et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Ravagé par la pression, le choc, et l’inquiétude il explose, se dirigeant vers ses amis en les pointant du doigt, fou de colère.

    « Ce n’est pas moi qu’il faut blâmer dans cette affaire, d’accord !? C’est de la faute d’Ulrich, il devait la surveiller, et il a failli à sa tache !
    — Mais de quoi est-ce que tu parles ?
    — Mais dis lui toi, à ta femme ! Il avait promis, juré même, et je lui faisais confiance ! Résultat, il a perdu ma fille ! »

    Les yeux noirs de Philippe se fixent sur son ami, qui ne l’a jamais vu dans cet état. Déchiré par la douleur, il se met à les accuser en maudissant leur fils et en le désignant comme unique responsable de la tragédie qui lui arrive. Il va même plus loin en affirmant que s’il n’était jamais venu chez eux, rien de tout cela ne serait arrivé, et que ce sont eux les coupables dans cette histoire.

    Tiana, outrée par ce comportement, ne peut s’empêcher de prendre la défense de son fils en constatant que son mari ne bouge pas le plus petit doigt pour le contredire. Statufié, Sébastien Stern reste muet en laissant son ami tout mettre sur le dos du petit.

    « Mais qu’est-ce que tu racontes, Ulrich fait tout pour retrouver Anna, il est mort d’inquiétude ! Et en ce moment même il est en train d’aider l’enquêtrice en posant des questions à son amie qui sait peut-être où se trouve ta fille !
    — Évidemment qu’il le sait, c’est à cause de lui qu’elle est là bas.
    — Arrête d’être injuste.
    — Si ma fille ne s’en sort pas Tiana, tu verras ce que c’est que la justice. »



    Au même moment, dans l’ambulance.

    « Où est Belle ? »

    Sissi, mal à l’aise, se tord les doigts dans tous les sens sous le regard inquisiteur d’Ulrich et celui de la jolie inspectrice qui les accompagne, Bianca. Ils n’arrêtent pas de lui poser la question, mais pour quelque raison que ce soit Élisabeth refuse de parler. Ou alors, elle élude les questions.

    « Mais je sais pas moi…
    — Elle était avec toi Sissi, elle est où maintenant ?
    — Je sais pas !
    — Mais tu étais avec elle pourtant !
    — Oui mais elle était folle, elle disait qu'elle avait vu un chat qui souriait et.. Et on s’est perdues et…
    — Où ? Je veux savoir où est Anna !
    — Je sais plus !
    — Sissi ! »

    La petite baisse les yeux, et la policière, alertée par les cris à l’extérieur, décide de les laisser seuls tous les deux quelques instants pour voir si ça ne débloque pas Élisabeth, ou tout du moins, l’incite à être plus coopérative. Il semblerait que la jeune fille n’ait pas réalisé que la vie de leur amie en dépend…

    À peine a-t-elle le temps de sortir et d’assister aux ultimes règlements de compte entre le couple et Philippe, qu’Ulrich les rejoint, victorieux.

    « Les bois ! Elles étaient allées dans les bois !
    — Dans les bois ?! Mais c’est de la folie ! »

    La nouvelle affole les inspecteurs qui commencent à passer des coups de fils pour avoir plus de bénévoles pour les fouilles et quelques chiens renifleurs. En effet, bien que peu dangereux, les bois sont denses et il va bientôt faire nuit. Qui plus est, la météo semble avoir définitivement tourné…

    « Regardez, regardez tous ! Il neige ! »

    Immédiatement, tout le monde tourne son visage vers le ciel, certains tendant les bras, d’autres se regardent abasourdis, mais personne n’est insensible au charme des gros flocons qui se mettent à tomber en abondance sur la ville, obligeant les policiers à se retirer dans un endroit abrité.

    Les enfants eux, bien loin d’avoir les mêmes préoccupations que les grands, commencent à former des tas de boules qui bientôt volent dans tous les sens. Retenue de force par sa mère, une petite fille semblable à Anna se débat près de Philippe pour aller les rejoindre, gémissant.

    « Maman, je voudrais un bonhomme de neige ! Laisse-moi aller en faire un avec les autres !
    — Arrête Elsa, ce n’est pas le moment ! Les policiers travaillent !
    — Mais maman s’il te plait, juste un bonhomme de neige !
    — J’ai dit non ! »

    Effrayée par le regard menaçant que lui lance le père de la petite disparue, la mère s’en va avec sa fille, le laissant dans sa misère. Sébastien arrive alors, n’améliorant pas l’humeur de Philippe qui se renfrogne et serre les dents pour ne pas lui faire manger son poing. Il avait entendu dire qu’il n’y avait qu’un pas entre l’amour et la haine, et il est maintenant en train de se rendre compte d’à quel point ceci est possible.

    « Ne t’en fais pas, on va la retrouver…
    — J’espère bien, sinon je vous le ferais payer cher. Tout ça est de votre faute.
    — Ulrich n’y est pour rien, je t’en prie Phil, je…
    — Votre faute. »


    ***



    La bataille fit rage pendant des jours, et elle fut terriblement sanglante, à tel point que le Chevalier et d’autres hommes tels son père, jeté au cachot pour trahison peu de temps après lui, furent sortis de prison afin d’aider sur le front.

    Dès qu’il le peu, le vaillant Éric fit part de son information sur l’état de la princesse au Roi, qui fut si bouleversé qu’il se jeta dans la bataille et tua tout ce qui passa à portée de son épée. L’autre Roi qui avait voulu le défier subit particulièrement sa colère et il mourut très vite, ce qui déclara la fin de la bataille.

    Dévoré par l’angoisse et le chagrin, le vieux Roi qui avait récupéré ses terres se retrouva plongé dans le même état que dans celui dans lequel il les avait perdues, plus de quinze ans auparavant. Il envoya toute une équipe de rescousse à la recherche de sa fille, en vain…


    ***



    Flash info.

    « On nous informe à l’instant que le corps inconscient d’une petite fille a été retrouvé dans un bois près de l’école où elle allait. Les circonstances de sa disparition restent encore floues, et on ne sait pas si elle s’en sortira ou non. Tout de suite nous retrouvons notre correspondante sur place, Mathilde Aub… »

    Philippe éteint la télévision.

    Son regard noir et impénétrable se pose sur les bouquets de fleurs apportés par des amis et des connaissances avec des mots de soutien. En voyant une magnifique rose rouge au milieu d’une composition, le père la retire et se met à en tortiller la tige, le visage tendu. Ses yeux fixent le lit vide de sa fille un moment, puis il remarque finalement Sébastien qui se tient devant lui, relativement mal à l’aise.

    Ne sachant comment agir en de pareilles circonstances, ce dernier hésite à aller le voir, une douce lueur d’espoir dans les yeux, et à lui donner une accolade pour le réconforter, comme au bon vieux temps. Cependant, comme s’il avait lu dans ses pensées, Philippe l’arrête d’un geste de la main.

    « C’est fini, d’accord. N’essaie pas de me joindre ou de me parler, sinon je t’envoie mes avocats sur le dos…
    — Mais enfin Phil… Je suis ton meilleur ami, je...
    — Non. C’est fini. Je ne veux plus te voir, ni toi, ni lui. Tu ferais mieux de t’en aller. »

    Puis il se met de nouveau à fixer cette rose, et avec une cruauté sans bornes, il s’attèle à en arracher un à un les pétales qui s’envolent et tombent au sol, comme un horrible compte à rebours.


    ***



    « Et ainsi donc, après avoir été déclarés coupables de tous les crimes suscités, allant de la perversion à la tentative d’assassinat d’un membre de la famille royal, la sentence décidée par sa Majesté est… Le bannissement définitif. »

    Un murmure surpris parcourut l’assemblée. Tout le monde s’attendait à ce qu’une peine de mort soit prononcée, mais heureusement pour les détenus le Roi semblait avoir encore quelques restes d’affection pour le Chevalier et sa famille.

    Leurs bagages étant prêts, l’ex-capitaine et ami du Roi partit avec sa femme, dame Mérida, et son fils, le jeune Éric. Une fois la porte franchie et refermée, la mère, sentant que le fossé entre le père et le fils, précipice né des derniers événements, allait encore se creuser, tenta d’engager le dialogue.

    « Robin ? Robin je t’en prie, il faut que tu lui parles..
    — Je n’ai rien à lui dire.
    — Mais enfin, c’est ton enfant ! Un père se doit d’être là pour son enfant quoiqu’il arrive !
    — Plus maintenant. Allez viens, marchons. Si nous voulons trouver un endroit où nous loger avant la nuit, il faut partir tout de suite. »

    Mérida jeta un regard désespéré à son fils qui prit ses sacs sans un mot et s’aventura sur une autre route, dans une direction opposée à celle que prenait son père.

    Titillée entre les deux, certaines légendes racontent qu’elle resta sur place afin d’assurer un lien permanent entre les deux hommes qu’elle aimait. D’autres versions quant à elles laissent sous entendre qu’elle choisit de suivre son mari, abandonnant son fils à son triste sort…
  Sujet: [One-Shot] Rêves d'enfants.  
Leana

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 04 Juin 2014 20:53   Sujet: [One-Shot] Rêves d'enfants.
Spoiler

Si tu t’imaginais que je t’avais oublié ma belle, et bien tu t’es mis le doigt dans l’œil ! Mr. Green
Ce texte au départ n’était pas prévu pour toi, c’est vrai, mais le thème collait tellement bien que je me suis dit que je devais faire ça de façon à ce que ce soit en plus personnalisé.

Ce One-Shot est en plus une première pour moi, parce que je me suis essayée aux références. Y’en a moins que ce que je voulais, mais c’est quand même pas mal pour une première, enfin tu me diras. C’est surtout centré autour de Disney, parce que c’est ton univers, et parce que c’est ton truc de ressortir des phrases de ces films et de me faire retrouver l’origine de celles-ci. Et du coup, je me suis un peu amusée à faire la même chose, même si je ne doute pas une seconde que tu trouves tout très vite XD
J’ai aussi tenté d’en placé des hors Disney, et je suis curieuse de voir si tu vas les trouver...

Voilà voilà, je n’ai pas grand-chose d’autre à dire, et j’ai jamais été douée pour les intros... J’espère juste que tu l’apprécieras. (hug)

Et bon anniversaire Ellana !


    https://i.imgur.com/e95i1YE.png

    Rêves d’enfants.
    Au bout du conte.

    « La vie ressemble à un conte ; ce qui importe, ce n'est pas sa longueur, mais sa valeur. »
    Sénèque.




    Une rue de Paris, tard la nuit.

    Deux hommes sont en train de décharger le coffre d’une petite voiture, rempli à ras-bord de cartons en tout genre, dans la douceur de la fin de l’été. Tout en empilant des petites boites et en les amenant à tour de rôle au garage, le plus jeune des deux s’adresse à l’autre, quelque peu embarrassé en voyant la quantité de travail qu’il incombe à son ami.

    « Je suis désolé, ce n’était pas le bon soir pour ramener toutes mes affaires.
    — Qu’est-ce que tu racontes, c’est très bien que tu viennes t’installer à la maison. Depuis le temps que Tiana et moi on t’en parle, il était temps ! »

    Les deux hommes échangent un sourire entendu et reprennent le travail, laissant place à un silence gêné. Philippe ne peut cependant pas s’empêcher de s’excuser, la situation le dépassant complètement. Il y a six mois encore, il vivait heureux avec sa femme et sa fille, et voilà maintenant qu’il se retrouve obligé de s’installer chez son meilleur ami car il a été expulsé de son ancien appartement.

    « J’espère d’ailleurs que ça n’embêtera pas ta femme de garder Annabelle demain, étant donné que ton fils rentre à l’école elle allait enfin pouvoir se détendre et …
    — Arrête, elle est plus que ravie d’avoir sa filleule pour elle tout de seule ! Et puis comme ça, elles pourront faire des trucs entre filles, ça sera sympa.
    — Tu sais, ma fille n’a que deux ans.
    — Et le mien à peine trois. Tu verras, ça passe très vite ! »

    Un éclat de rire les secoue. C’est vrai, les enfants grandissent vite. Beaucoup trop vite. D’ailleurs Sébastien est presque plus angoissé par la rentrée de son fils à l’école que le petit lui-même, qui dort déjà probablement dans son lit comme un loir.

    « Et Tiana d’ailleurs, elle est où ?
    — Je crois qu’elle est montée vérifier si les enfants dormaient. »


    Au même moment, à l’étage …

    « Psst ! Eh, psssst, Ulriiiiich !
    — J’arrive Anna, attends deux minutes ! »

    Le faible brouhaha qui émane de la chambre des enfants attire l’attention de Tiana Stern qui se préparait pour aller se coucher. Un sourire amusé sur les lèvres, elle s’approche de la porte à pas de loup et frappe deux fois contre le battant. Comme elle s’y attendait, un vent de panique parcourt l’intérieur de la pièce et elle entend très distinctement les chuchotements affolés des deux enfants qui regagnent leurs lits dans la hâte.

    Ouvrant la porte, elle trouve quelques coussins au sol, une couverture de travers, et croise les yeux mi-coupables mi-farceurs des deux petits. Son attention se porte tout particulièrement sur le livre de contes de fées que la jeune Annabelle tient serré contre sa poitrine, comme le plus précieux des trésors. Toute forme d’agacement s’efface en elle.

    Elle devine sans peine ce que les enfants tentaient de faire. Ce n’est pas la première fois qu’elle les surprend avec ce livre, cachés dans leur château fort de couettes et d’édredons avec une petite veilleuse. C’est l’histoire de la vie des mamans, et particulièrement la sienne. Sa routine.

    Avec un soupir, elle se rapproche de la petite fille et finit par s’asseoir à côté d’elle, faisant grincer le matelas. Ses yeux verts se posent sur son fils, assit sur le lit d’en face, qui lui sourit malicieusement.

    « Maman ?
    — Oui ? »

    Elle sait parfaitement ce qui se passe dans l’esprit de son petit, elle le voit pointer du doigt le livre et devine parfaitement la question muette qu’il lui adresse. Elle hésite deux secondes de trop, et le garçon en profite pour lui sortir le grand jeu en venant lui faire les yeux doux, ce contre quoi, en bonne maman, elle ne peut lutter. Esquissant un sourire, elle tapote la place vide à côté d’elle, incitant son fils à les rejoindre.

    « Ce regard m’entrainerait au bout du monde… Allons viens, mais juste un petit peu alors.
    — Ouiiiiii ! Et… Et on peut avoir une fin avec une guerre cette fois ?
    — Bien sûr mon chéri. »

    Elle se retourne alors vers Anna, cherchant dans ses yeux une quelconque forme de protestation, mais celle-ci se contente de lui céder l’ouvrage avec un large sourire, prête à tenter l’expérience. Amenant son pouce à sa bouche, la petite pose sa tête aux boucles blondes contre l’épaule de sa marraine, Ulrich prend place de l’autre côté, et Tiana ouvre le livre.

    L’histoire commence.


    ***



    En des temps très anciens, alors que régnait sur le monde la souveraine magie, vivait par delà cinq terres et cinq océans un Roi fort beau et fort jeune. Il avait hérité de DunBroch, terre prospère et juste, à la mort de ses parents dans un naufrage il y a de ça très longtemps. Depuis, le pays était devenu un royaume de solitude.

    Le Roi s’était marié à une très belle femme peu de temps après le drame. Lèvres rouges comme la rose, cheveux noirs comme l’ébène, teint blanc comme la neige. Ils avaient eu ensemble une petite fille tout aussi magnifique que sa maman, qui avait empli le cœur du peuple de joie. Et pendant quelques temps, le pays entier retrouva de sa gloire passée, et des fêtes furent données sans compter.

    Malheureusement, la reine mourut après longue et terrible maladie, ce qui plongea de nouveau le pays comme son souverain dans une triste et pesante mélancolie.

    Mis au courant par des traitres de la cour, des royaumes voisins profitèrent de la faiblesse du Roi pour déclencher une guerre terrible qui obligea la plupart des habitants à fuir leurs villages. Le souverain, vaincu et désespéré, réussit à se sauver grâce à l’aide sans faille de son chef de la garde.

    Après une course poursuite acharnée à travers tout le pays, le Roi et sa fille réussirent à trouver refuge dans la forêt, et accompagnés de quelques fidèles, ils décidèrent de s’installer dans les monts et de construire un magnifique palais, guettant dans l’ombre la venue de la lumière, signe qu’il serait temps pour eux de reprendre leur royaume des mains de ceux qui le leur avait enlevé.



    ***



    Maison de Stern.

    « Eh, mais dites moi, vous ne devriez pas dormir tous les deux ?
    — Papaaaa ! »

    La réaction de l’enfant est immédiate. La petite oublie tout de suite le cours du récit et se redresse, sortant précipitamment des couvertures, prête à accueillir l’homme qui se tient sur le seuil de sa chambre. En effet, à peine son père a-t-il le temps de franchir le pas de la porte que sa fille lui saute dans les bras, s’agrippant à lui comme un naufragé à son radeau.

    « Oh, ma princesse, je t’ai manqué hein ? »

    Elle hoche la tête positivement. Oui, son papa lui a manqué, c’est le moins qu’on puisse dire, et ce même si cette semaine passée avec Ulrich était super. Oui, elle voudrait aussi qu’il soit plus souvent à la maison, plutôt que dehors à travailler jusqu’à tard avec parrain. Mais non, avec le pauvre vocabulaire qu’elle possède à l’âge de deux ans, il lui est impossible de lui dire avec précision.

    « Tu lis le livre de Jane, pas vrai ? »

    La question étant adressée à Tiana, celle-ci répond par l’affirmative. Philippe n’insiste pas plus, et de toute façon, il était sûr de la réponse avant même d’en avoir la confirmation. Il a reconnu la couverture. Et il sait parfaitement que sa fille adore cette histoire éternelle, constamment réinventée. Celle que sa mère avait commencé à écrire quand elle était enceinte d’elle, et que ce récit est un moyen qu’elle a trouvé de se sentir plus proche de sa maman.

    Ses yeux se posent ensuite sur le petit Ulrich qui somnole à côté d’elles et un sourire attendri se dessine sur son visage. Tiana s’en rend compte également, et ils décident d’un commun accord qu’il est temps d’arrêter la lecture et d’aller dormir. Tout le monde doit se lever tôt demain.

    « Allons, il est tard. Viens ma chérie, c’est l’heure de dormir maintenant. »

    Après avoir caressé les cheveux de sa filleule, elle confit la lourde tache de la faire s’endormir à son père, ayant déjà assez de soucis avec son propre fils qu’il va falloir transporter jusqu’à son lit. Se penchant, elle fait de son mieux pour ne pas le réveiller et prend son petit dans ses bras avec toute la douceur maternelle dont elle dispose.

    « Tu veux que je t’aide ?
    — Oh non non, regarde, ça va. »

    Avec un sourire, elle va l’allonger sur son oreiller avec la plus grande des précautions, ramenant sur lui les couvertures et déposant ensuite un baiser sur son front, tout cela sous le regard attendri des deux autres. Philippe fait de même avec sa fille, la bordant tendrement. Puis il attrape les trois fées en peluche de sa fille et les dispose dans l’ordre autour de sa tête. Tout d’abord la rouge, ensuite la verte, et pour finir la bleue.

    « Et voilà, tu es protégée maintenant. Flora, Pâquerette et Pimprenelle sont là pour veiller sur toi, tu peux dormir sans crainte.
    — Bonne nuit papa !
    — Fais des rêves bleus ma puce… »


    ***



    Le Roi s’habitua très vite à la routine de la vie dans les montagnes, au point que pendant des années il oublia qu’il avait connu une autre habitation que celle-ci. Tout en restant les plus discrets et les plus reclus possibles, les habitants du château ne se privaient jamais et donnaient même parfois certaines fêtes privatives qui remplissaient le cœur de tous et de toutes de joyeuses pensées.

    Cette nouvelle existence qu’ils menaient était au mieux de ce qu’elle pouvait être, mais personne n’ignorait la ruine et la famine qui sévissait à travers le pays tout entier, et une fois par mois venaient se réunir des fidèles du Roi qui complotaient pour une reconquête de leur royaume.

    La princesse quant à elle n’était en aucun cas affectée par ce changement, n’ayant aucun souvenir de ce qu’avait été sa vie avant la guerre. Elle grandissait et s’épanouissait au contact de la nature, et gagnait chaque jour en beauté et en sagesse. Elle avait noué une relation toute particulière avec le fils du capitaine, à peine plus âgé qu’elle, et cette proximité soudaine qui avait dérangé le Roi au début s’était peu à peu transformé en un sentiment de sécurité. Il aimait les savoir ensemble, car il savait qu’il la protégerait.

    De plus, le Roi avait eu beau s’acharner à tenter de séparer les deux enfants par le passé, sa fille s’évertuait à suivre le jeune garçon comme son ombre, et dès que son père tournait le dos, elle partait le retrouver et les deux s’enfuyaient à cheval et ne revenaient qu’au coucher du soleil, pour diner.

    Le jeune garçon recevait une éducation très stricte, et déjà enfant il enchainait les exercices exténuants et les leçons de latin et d’arithmétique. Et son père suivait chaque progrès avec une minutie déconcertante, car il était évident qu’il croyait en son fils et en sa valeur, et qu’il voulait le mener au sommet.


    ***



    Le lendemain matin, dans la maison.

    Un rayon de soleil filtrant au travers de la fenêtre indique au couple qui paresse dans son lit qu’il est grand temps de se lever, car aujourd’hui est un jour important. La femme est la première à s’extirper de la tiédeur des draps, non sans un soupir. Ça va lui manquer de ne plus faire la grasse matinée, c’est sûr.

    Sortant dans le couloir, elle se dirige ensuite le plus silencieusement possible vers la chambre de son fils qu’elle va réveiller en douceur, le sortant de son tendre rêve tout en veillant à ce qu’Anna ne soit pas dérangée, ni par la lumière, ni par les bruits. Malheureusement pour tout le monde, Ulrich est un peu bougon au réveil, et rechigne à se préparer, encore moins en silence.

    Ce n’est que lorsqu’il aperçoit son père dans l’encadrement de la porte qu’il se décide enfin à sortir des couvertures pour aller le voir, l’air endormi. M. Stern esquisse un sourire et attrape son fils qui lui tend les bras pour le serrer contre son cœur, tout cela sous le regard exaspéré de sa maman.

    « Eh bah oui mon petit loup, tu es fatigué maintenant. Parrain et maman m’ont dit que tu avais été te coucher tard ?
    — Oui… Mais c’est la faute à Nana. »

    Le père dépose un baiser sur le front du petit garçon, tout attendri par la vision de son fils si fatigué, les yeux bouffis et la marque de l’oreiller encore imprégnée sur la joue, et pourtant prêt à accomplir une grande étape dans sa vie : l’entrée à l’école maternelle.

    Tout le monde prend place autour de la grande table de la cuisine. Tiana, qui vient de finir de rassembler les habits qu’Ulrich portera pour ce grand jour, amène à son fils un bol de chocolat chaud ainsi que quelques tartines. Elle sert aussi le petit déjeuner à son mari, et prépare même un bol de café pour Philippe, qui risque d’en avoir besoin. Sébastien l’interrompt :

    « Il n’était pas dans sa chambre ce matin, je pense qu’il est parti plus tôt au travail. »

    A l’instant où il prononce cette phrase, une clé tourne dans la serrure et la porte d’entrée s’ouvre, laissant passer un courant d’air frais à l’intérieur de la maison. Philippe entre, les bras pleins de pains et de viennoiseries. S’approchant du reste de la famille, il salue tout le monde gaiement et dépose devant les yeux émerveillés d’Ulrich une montagne de pains aux raisins.

    « Oh… Ouaiiiiiis ! »

    Ce cadeau plus qu’inattendu au petit matin permet au petit garçon de s’éveiller complètement et de retrouver sa bonne humeur habituelle. Affamé, il se jette sur la nourriture sous les yeux amusés du reste de la famille, engloutissant une bonne demi-douzaine de petits délices.

    Une vingtaine de minutes plus tard, et le voilà prêt pour vivre sa nouvelle grande expérience.


    ***



    Un matin, alors que le Roi regardait le jeune Chevalier s’entrainer à grimper tout en haut d’un pilier pour y décrocher une flèche, avec des poids attachés aux mains pour le pénaliser, il décida d’un commun accord avec le père de ce dernier que le jeune homme était fin prêt.

    Il avait maintenant atteint un stade où tous ses efforts allaient pouvoir être récompensés, pour le plus grand bonheur de son papa. Le souverain le convoqua donc et l’informa qu’ils avaient besoin d’aide pour une mission extrêmement importante, et qu’ils allaient avoir besoin de son aide. Le Chevalier se sentit si fier qu’il accepta immédiatement, et partit sur la route.

    Sa mission était relativement simple, il devait s’enfoncer dans la forêt jusqu’à trouver un poste de surveillance, près du village dans lequel il n’avait jamais mis les pieds. A la suite de cela, il devait simplement rester là-bas et observer les faits et gestes du guetteur, car il serait sans doute amené à le remplacer un jour en cas de besoin.

    Le cœur battant, le jeune homme s’enfonça dans la forêt à la recherche de nouveaux points de repère et avide de nouvelles découvertes.


    ***



    École maternelle du Parc.
    La cloche sonne l’heure de la rentrée des classes des petits.


    Ulrich regarde son père et sa mère agiter la main en lui faisant au revoir. Il met un temps à s’habituer à ce changement, même si on lui a expliqué de nombreuses fois ce que c’était, l’école. Il n’a pas peur. Pas plus que d’habitude. Il ne comprend pas d’ailleurs pourquoi tout le monde pleure autour de lui, c’est parce qu’elle est méchante la dame ? Pourtant, elle sourit.

    Détournant son regard, le petit garçon aperçoit la cour de récréation et promène ses yeux émerveillés sur tout cet espace nouveau qui s’offre à lui, à la recherche de nouveaux jouets et avide de nouvelles découvertes. La matinée passe sans même qu’il ne s’en rende compte. Atelier peinture, coloriage, gommettes, collage. Puis courses de voitures, exploration du coin cuisine et du coin lecture. Et c’est déjà l’heure de manger !

    Son papa vient le chercher pour le midi, maman est restée à la maison avec parrain et Anna. Il propose un diner en tête à tête, et invite Ulrich à manger au restaurant italien "Bella Notte", lui promettant que s’il est sage et qu’il lui raconte toute sa journée, il pourra aller jouer dans le parc pas loin.

    Après un bon repas et quelques batailles de balles multicolores, c’est déjà l’heure d’y retourner. Et en arrivant, Ulrich a droit à sa première grande surprise. En effet, pour ceux qui veulent, c’est l’heure de la sieste. D’ailleurs tous ses copains sont partis dormir dans la chambre noire avec leurs doudous, même Adam et Floriant, qui pourtant étaient en grande forme ce matin.

    Interloqué, le petit ne sait plus où se mettre. Il est grand maintenant, et cela fait des semaines qu’il n’a plus fait de siestes, c’est pour les bébés comme Anna ça ! Lui maintenant c’est presque un adulte, il va à l’école pour s’instruire et apprendre des choses, pas pour aller dormir. Et puis en plus, il a oublié son doudou Polochon à la maison alors…

    « Alors, tu veux aller dormir toi aussi ? »

    La mine offensée du petit garçon est une réponse suffisante à sa question, et la maitresse retient un sourire amusé. Il faut dire qu’il est tout à fait craquant ce petit, comme tous les autres. Et il fait le dur à cuire comme la plupart le premier jour, mais elle est prête à parier que demain il ira dormir.

    « Tu sais mon bout de chou, tu n’es pas obligé d’aller à la sieste. Regarde, il y a Elisabeth qui est debout aussi, va la rejoindre, vous pourrez jouer ensemble. »

    D’un geste de la main, elle montre la salle de classe et plus particulièrement le coin aux poupons. Ulrich, préférant n’importe quoi à la sieste, se décide à y aller, mais ne peut pas s’empêcher de sentir une petite boule d’appréhension dans son ventre.

    C’est tout timide que le petit garçon s’approche de sa jeune et nouvelle collègue, qui est actuellement en train de lire un livre comme celui d’Anna. La petite fille l’entend arriver et un magnifique sourire balaye son visage quand elle l’aperçoit. Volontairement, elle se lève et lui tend la main pour qu’il la serre, comme le font les grands.

    « Bonjour, moi je m’appelle Sissi ! »

    Ulrich, qui jusque ici semblait plutôt être en confiance, devient suspicieux. Ses sourcils se froncent sous la consternation, et il demeure bouche bée, ce qui inquiète la petite. Il ne manquerait plus qu’elle soit tombée sur un copain qui ne parle pas !

    « Bah, qu’est-ce qu’il y a, tu as un problème ?
    — Bah... Elle… Elle est où, Lisabette ? »

    La petite fille laisse échapper un rire cristallin et amusé qui le fait se sentir tout bête. Il se recroqueville dans un coin, n’osant plus la regarder. De son côté, toujours sans cesser de sourire, elle s’approche de lui et en lui prenant la main elle l’amène s’asseoir sur un petit fauteuil vers une grosse pile de livre.

    « C’est mon prénom Elizabeth, mais je préfère Sissi, comme la princesse ! Tu veux que je te raconte l’histoire ? »

    Intimidé, le jeune Ulrich acquiesce en silence, et tout en s’installant confortablement, il se laisse entrainer par la voix de sa nouvelle amie.


    ***



    Bientôt, le Chevalier fut assigné à davantage de nouvelles missions et obtint par ailleurs de nouvelles responsabilités. Le Roi et les autres membres de l’armée appréciaient son courage et son travail. Il ne refusait jamais d’aider quelqu’un d’autre, n’attendait rien en retour, et apprenait très vite tout seul. Il faisait la fierté de ses parents, qui ne cessaient de le glorifier auprès du reste de la cour.

    Cependant, il y avait une personne, et non des moindres, que ce brusque changement incommodait au plus au point. En effet, avec toutes ces sorties et ces missions toutes plus dangereuses et héroïques les unes que les autres, le Chevalier était moins présent auprès de la princesse, qui passait ses journées à le déplorer, sans pour autant parvenir à trouver la solution adéquate pour pallier ce manque.

    A dire vrai, elle mourrait d’envie de le rejoindre et de partir avec lui comme avant, même s’il n’était question que d’armes et de discours tout aussi futiles. Elle s’ennuyait à mourir dans ce lugubre château, et plus que sa présence même, elle regrettait leurs moments de complicité passée qu’ils avaient perdu.

    Il devenait évident que le jeune homme avait désormais d’autres priorités que d’amuser et de divertir la fille de sa Majesté. Il tenait en outre maintenant bien de nouveaux discours, s’entretenait avec d’autres personnes, et semblait même avoir une préférence pour les entretiens avec son père qu’avec elle.

    C’était bien simple, durant cette période, elle se sentit abandonnée. Son seul réconfort se trouvait aux cuisines. Il y avait toujours dame Mérida qui travaillait et lui offrait des douceurs, tout en écoutant et en compatissant à ses peines de cœur, qu’elle partageait aussi étant donné qu’elle avait vécu la même chose plus jeune avec son mari qui partait en mission sans cesse.

    Un jour, le Chevaler fut chargé d’effectuer une mission plus délicate et importante que les précédentes. Il devait se rendre en compagnie d’Henri, fidèle gardien de leur planque, jusqu’au village voisin pour ramener quelques victuailles et étoffes pour la princesse au château.

    Cette mission, bien que primaire au premier abord, était en réalité très difficile. Mais l’excuse qu’offrait la présence du Chevalier avec eux, et de sa prétendue famille, car il avait une allure à avoir femme et enfants, diminuerait les soupçons des marchands face à la quantité de produits qu’ils venaient réclamer.

    Le commando de quatre hommes fut divisé en deux, et le Chevalier partit avec Henri pour aller chercher de quoi renouveler leur garde-robe tandis que deux de leurs confrères partaient en quête de victuailles de nature plus éphémère. Ensuite, les deux groupes inverseraient leur tache tout en veillant à ne surtout pas se croiser afin de ne pas éveiller les soupçons, puis rejoindraient chacun la demeure dans les bois en empruntant deux chemins différents.

    Dans l’ensemble, cette première mission se passa sans encombre. Ils arrivèrent les premiers au refuge et déposèrent leur butin au sol. Ce fut alors qu’Henri décida que, pour fêter cette brillante réussite, ils se devaient d’aller faire une tour à la taverne du coin.

    Le jeune homme, en passant la porte du " Canard boiteux ", fut stupéfait par l’abondance de femmes à l’intérieur. Il y en avait plus qu’il n’en eut jamais vues, et toutes étaient plus séduisantes les unes que les autres. Remarquant son air interloqué, Henri se pencha et murmura à l’oreille de son apprenti.

    « Va t’adresser à Marie, je suis sûr que tu l’aimeras. Quant à moi mes amis, je paie ma tournée ! »

    Son confrère lui indiqua vaguement du doigt l’endroit où devait se trouver la fameuse femme, mais il ne distingua rien au milieu de la foule qui les entourait. Très mal à l’aise au milieu de ces gens qui lui barraient la route, il emprunta la première porte qu’il vit et se retrouva dans une salle immensément vide, où seule une personne était assise dans un fauteuil.

    Le cœur battant, le jeune homme s’approcha d’elle dans son dos et constata qu’elle était en train de lire un livre comme il n’en a jamais vu auparavant. Brusquement, sentant probablement une présence derrière elle, celle-ci le referma d’un geste sec et se retourna, sur la défensive.

    Un magnifique sourire balaya son regard lorsqu’elle l’aperçut. Volontairement, elle se leva et lui tendit la main pour qu’il y dépose un baiser, ce qu’il s’empressa de faire.

    « Bonjour, je m’appelle Colette. »

    Le jeune homme, qui jusqu'ici lui semblait plutôt en confiance, resta un moment silencieux. Ses sourcils se froncèrent sous la consternation, ce qui préoccupa la jeune femme. Elle en devint presque méfiante, et le jugea sans vergogne du regard, se maudissant de lui avoir dit son nom sous prétexte qu’il était beau garçon.

    « Y-a-t-il un problème monsieur ?
    — Je… En réalité que cherchais une certaine Marie. »

    Le visage de la femme se renfrogna.

    « Marie n’est pas en service ce soir, je suis navrée. Donnez-moi votre nom, je lui laisserai un message.
    — On non, laissez tomber. Je m’appelle Éric, et je serais ravi de rester ici avec vous, si vous me le permettez. »

    Ses joues s’empourprèrent et il se dit qu’il avait du culot de lui proposer cela. Néanmoins, retrouvant sa bonne humeur, elle se rassit sur son fauteuil, et tapota d’un geste gracieux de la main la place à côté d’elle. Une fois qu’il se fut assis, elle choisit un livre sur la pile qui se trouvait cachée derrière le divan, et se mit à lire…


    ***



    La première année à l’école pour Ulrich fila aussi vite que la lumière. Il avait obtenu de très bons résultats toute l’année, faisait partie des meilleurs élèves de sa classe, et avait noué de fortes relations d’amitié avec de nombreux autres petits camarades de sa classe. Sa maitresse ne tarissait pas d’éloges à son sujet, et il faisait la fierté de ses parents.

    La seule personne qui déplorait cette soudaine absence était Anna. Elle s’était sentie abandonnée par son ami cette année, Ulrich n’ayant que des mots savants à la bouche et ne parlant que de l’école, de l’école, et de l’école. Elle aussi voulait y aller. Elle comptait les jours et les heures qui la retiendrait de partir à son tour et de s’envoler vers cette grande aventure…



    Rue de Paris, veille de la rentrée des classes.

    Après avoir passé les vacances d’été avec ses parents, ainsi qu’avec parrain et Anna, à parcourir les plus grands parcs d’attraction du pays pour le féliciter d’avoir été un si bon élève, Ulrich se retrouve maintenant un an après sa première veille de rentrée, et il est tellement plus impatient d’y aller cette année !

    En plus, cette fois-ci, non seulement il n’a plus de soucis à se faire car il va très vite retrouver tous ses copains de l’année dernière - sauf Milo qui part dans une autre école - mais en plus il y a Anna qui va aussi aller à l’école avec lui vu que maintenant elle aussi elle est grande !

    Tiana laisse échapper un soupir en tentant une énième fois de faire enfiler son t-shirt à Ulrich. Le petit garçon est totalement incontrôlable en cette veille de retour en classe… Il ne se cesse de penser à son amie et à la tête qu’elle fera en découvrant tout ce nouveau monde. Il est fier de l’y accompagner, comme ça il pourra tout lui présenter et tout lui expliquer !

    « Ulrich… Allez, arrête un petit peu ! Ulrich !
    — Eh, dis donc bonhomme, tu vas te calmer oui ? »

    La voix de son père, bien que placide et détachée, le fait brusquement sursauter. Sa maman en profite pour lui enfiler son pyjama et lui montre ensuite le chemin vers le lavabo pour qu’il aille se brosser les dents. Sentant peser sur lui le regard inquisiteur de Sébastien Stern, il s’exécute sans broncher, s’appliquant du mieux qu’il peut à effectuer les bons mouvements de brossage tout en respectant le temps imparti de trois minutes, qu’il surveille du coin de l’œil grâce au petit sablier.

    Tiana Stern croise ses bras sur sa poitrine, tout en fixant son mari, bouche bée.

    « Et tu n’as presque rien dit, c’est incroyable. Tu devrais venir plus souvent, comme par exemple lorsqu’il faut lui faire manger des épinards ou ranger sa chambre. On gagnerait un temps fou ! »

    Sébastien esquisse un sourire, satisfait de son petit effet. Il a horreur de jouer le papa autoritaire mais c’est sur qu’en sa présence son fils est totalement transformé et lui obéit au doigt et à l’œil, alors qu’il a pourtant le don de faire sortir sa douce maman de ses gonds.

    Un coup est frappé à la porte de la salle de bains. Philippe se tient devant celle-ci, un peu en retrait. Personne ne sait depuis combien de temps il est là à écouter, mais son visage fatigué n’inaugure rien de bon. Se raclant la gorge, il annonce :

    « Annabelle attend sa marraine pour qu’elle lui lise un bout de son histoire. Je lui ai dit qu’il était tard mais…
    — Pas de problèmes, je m’en charge. »

    Tiana s’efface et part en direction de la chambre des enfants, laissant les trois garçons seuls dans la pièce. Taquin, le père d’Ulrich ne peut s’empêcher de chercher son ami, lui envoyant une bonne tape dans le dos.

    « Alors Phil, qu’est-ce que ça te fait de voir ta petite fille devenir grande ?
    — Grumpf. »

    La mine déplorable que celui-ci arbore achève d’enlever à son ami son éblouissant sourire. Croisant son regard, Sébastien devine parfaitement quels sentiments lui traversent l’esprit, ayant lui même eu des préoccupations semblables l’année précédente. La tape sur son épaule se mue en accolade sincère.

    « Tout se passera bien mon vieux, tu vas voir ! Et puis Ulrich sera là pour surveiller Anna et faire attention à ce qu’il ne lui arrive rien, hein mon petit loup ? »

    Le petit garçon acquiesce gravement, semblant prendre sa mission très à cœur. Alors Philippe s’avance dans sa direction et, s’agenouillant à sa hauteur, il lui tend la main en signe d’accord.

    « Tu me le promets alors, tu veilleras sur elle ?
    — Oui parrain.
    — Et tu ne la laisseras jamais toute seule d’accord, elle a besoin de toi.
    — Promis, parrain.
    — C’est bien ma canaille. Allez maintenant file retrouver ta maman, l’histoire a déjà commencé ! »



    Le lendemain matin, école du Parc. Rentrée des classes des petits.

    « Regarde Nana, ton papa est là-bas, il fait coucou ! »

    Surprise par tout ce qui l’entoure, la petite met un temps avant de fixer son regard sur son père dont le visage s’efforce d’être détendu. Elle lui rend son sourire et écoute attentivement tout ce qu’Ulrich lui dit, au bord de l’émerveillement face à ce nouvel espace plein de forme et de couleurs.

    « … Et là c’est le coin dinette. Maintenant je dois y aller, je te laisse avec la maitresse. On se voit tout à l’heure ! »

    Rassurée par le sourire confiant de la maitresse en question, Anna prend sa main dans la sienne et la suit, sans même un regard en arrière. Ulrich lui a beaucoup parlé de cette dame. Il lui a dit qu’elle était gentille, et c’est vrai. De toute façon, Ulrich n’est pas un menteur.

    Enchantée, elle se laisse conduire sans un mot à l’intérieur, découvrant avec admiration ce monde inconnu, cette planète aux trésors…

    Lorsque la récréation sonne le rassemblement des enfants à l’extérieur du bâtiment, Ulrich se précipite vers la salle de classe des petits, très impatient de retrouver Anna.

    « Nana, Nana !! Viens vite, je veux te présenter une amie ! »

    Il attrape sa main et, toute souriante, la petite fille le suit en courant au milieu des jeux et autres cabanes et toboggans. Ils arrivent alors près d’une maisonnette jaune au toit bleu, de laquelle sort une ravissante petite fille qui se fige en voyant ce que le petit garçon lui a ramené.

    « Bah, c’est qui ça ?
    — C’est ma Nana ! Anna, je te présente Sissi ! »

    Les sourcils de ladite Sissi se froncent. Elle sait ce que veulent dire les mots "ma nana", elle les a souvent entendus dans la bouche des garçons à la télé. Et c’est elle la nana d’Ulrich, pas… Pas ce bébé !

    « Et tu as fait des coloriages aussi ? Et de la pâte à modeler ? Et la maitresse a lu une histoire aussi ? »

    À chaque question la petite répond oui et le sourire s’Ulrich s’agrandit, de même que la jalousie de Sissi. Très vite, la cloche annonçant la fin de la récré sonne et le petit garçon file raccompagner Anna jusqu'à sa salle de classe. Lorsqu’il revient, Sissi est déjà partie de leur maison et discute avec Hervé. Comme elle ne lui répond pas quand il lui fait coucou, il décide d’attendre pour s’approcher d’elle pendant l’atelier peinture.

    « Bah alors, tu boudes ? C’est à cause d’Annabelle ?
    — Parce qu’en plus tu l’appelle belle ?! »

    C’en est trop pour la petite qui se lève et va pleurer pour de bon derrière le four de la petite cuisine. Pourquoi il fallait qu’elle arrive elle d’abord ? Ils étaient bien tous les deux avec Ulrich, ils n’avaient besoin de personne. Elle a tout gâché cette fille, et Sissi la déteste, oh oui elle la déteste. Mais elle se vengera, elle le jure.


    ***



    Le Chevalier revint très souvent rendre visite à Colette à l’auberge, avec qui il noua une relation très intime. C’était simple, en sa présence il devenait un autre homme, un homme libre. Cette femme semblait l’avoir envoûté. Il parlait souvent d’elle et elle occupait jusqu’au moindre de ses songes.

    Parallèlement, son histoire avec la princesse semblait avoir atteint un point de non retour, ce qui la désolait profondément. Elle aurait tellement voulu le retrouver, et elle se mit alors en tête de tout faire pour parvenir à le récupérer…

    Un soir, la veille de son seizième anniversaire, la princesse apprit qu’il allait y avoir une fête au village, la fête des fous ! Elle en avait tellement entendu parler, elle l’avait observé au travers de peintures et de dessins, et elle mourrait d’envie de découvrir ce nouvel univers.

    « S’il te plait papa, rien qu’un jour. Je voudrais tellement partir là-bas, j’en ai rêvé… »

    Elle supplia alors son père de la laisser y assister, et celui-ci, après de longs moments d’hésitation, se décida enfin à lui donner son accord. Cependant, afin d’être sur qu’elle ne risquait rien en s’exposant au monde, il alla prévenir le Chevalier dans sa chambre, car il était surement son homme de confiance qui connaissait le mieux le terrain.

    Il lui intima l’ordre de ne jamais, et sous quelque prétexte que ce fut, perdre sa fille de vue, et lui confia pour mission de l’accompagner, de la protéger, et de la surveiller, afin qu’elle revienne le plus vite possible en sécurité auprès de lui. Le Chevalier promit, et dès le lendemain ils partirent à cheval pour le village.

    La princesse, bien qu’habillée de manière toujours très élégante, avait cette fois-ci revêtu un grand manteau marron et une étole de soie beige couvrait son visage et ses longs cheveux. Il était convenu qu’elle devait être présentée comme la femme du Chevalier si jamais les villageois ne venaient à poser des questions trop embarrassantes.

    Lorsqu’ils arrivèrent, la place principale était méconnaissable. Les grands étalages de fruits et de légumes avaient était déplacés vers des rues annexes et tout le centre était recouvert de grandes toiles, d’estrades, d’animaux, de troubadours, de saltimbanques.

    Des cotillons volaient de toute part et emplissaient l’air de milliers de petits papiers colorés. Les cieux étaient chargés de ballons, la terre pleine des danseuses toutes plus désirables les unes que les autres, et les villageois masqués se succédaient tour à tour dans une joyeuse cacophonie..

    La princesse fut immergée dans un monde qu’elle n’aurait jamais cru connaitre en d’autres circonstances.

    À un moment, ils décidèrent de s’éloigner après en avoir pris plein la vue, de façon à montrer à la fille de sa Majesté ce qu’était la vraie vie de ces gens. Ils s’éloignèrent donc en direction des grands étalages de nourriture, et alors que la princesse s’émerveillait devant la beauté et les couleurs des aliments, elle remarqua un petit enfant qui tentait d’attraper une pomme parmi une pile de celles à vendre.

    Sourire aux lèvres et prise de pitié, elle la prit et lui offrit, et le sourire qu’il lui rendit lui emplit le cœur de joie. Malheureusement, le marchand s’en aperçut aussi et entra dans une rage noire. Alors que les éclats de voix commençaient à prendre de l’ampleur, le Chevalier qui s’était absenté revint en courant, et s’interposa en payant grassement le vendeur qui repartit dans son coin sans plus un mot.

    Le cœur battant à tout rompre, la princesse lui demanda de s’en aller plus loin afin de reprendre son souffle. Il décida alors, pour ne plus trop attirer l’attention et pour faire oublier ce fâcheux incident aux curieux indiscrets qui les fixaient sans vergogne, de la conduire à la taverne.

    Ils entrèrent directement par une petite porte dérobée que le Chevalier empruntait exclusivement lorsqu’il venait visiter la belle Colette. Celle-ci était là, comme toujours. Elle sourit malicieusement en devinant sa présence dans la pièce avant même qu’il n’ait pris la parole. Cependant, son sourire se fana bien vite lorsqu’elle s’aperçut qu’ils n’étaient pas seuls tous les deux.

    La bouche pincée, elle pointa indélicatement du doigt l'autre jeune femme.

    « Qui est-ce ?
    — Giselle, une personne qui n’est très chère et qu’il me tardait que vous rencontriez. »

    La jeune princesse s’avança et s’inclina devant Colette qui n’en menait pas large. Son cher Éric s’appliqua alors à lui présenter tous les ouvrages dont disposait cette petite pièce, un par un. Il expliqua ensuite avec tendresse et patience tout ce qu’il avait appris en venant ici, la questionna sur ses ressentis, ses impressions, chercha son approbation dans tout ce dont il lui parlait…

    La princesse sentit alors à cet instant renaitre les braises de leur complicité éteinte, et malheureusement pour eux, ceci n’échappa pas non plus à l’autre jeune femme dans la pièce. Et alors que Colette se demandait si cela pouvait être pire, cela le fut.

    Henri apparut dans la pièce en ouvrant la porte qui donnait sur la grande salle, et un air de soulagement passa sur son visage lorsqu’il vit la princesse. Eric, préoccupé, laissa l’ouvrage qu’il tenait dans ses mains de côté et s’adressa directement à lui.

    « Que se passe-t-il donc mon ami ?
    — J’ai entendu des bruits qui courraient les rues parlant d’une inconnue qui.. Et… »

    Il jeta un regard suspicieux sur la jeune Colette qui fit mine de regarder ailleurs, tentant de canaliser ses émotions. Eric lui fit alors un geste de la main signifiant qu’il pouvait parler sans crainte.

    « Je suis content de voir que madame votre femme va bien. J’ai eu peur que.. Enfin, vous voyez…
    — Oh. Non, tout va bien, n’est-ce pas ? »

    Giselle attrapa le bras que le Chevalier lui tendait poliment, et tout deux échangèrent un regard entendu. Puis elle offrit un sourire gracieux et étincelant aux personnes qui les entouraient afin de les convaincre que tout allait bien, et c’était le cas. Elle n’avait jamais été si heureuse.

    Colette quant à elle, manqua de s’étouffer dans son coin. Sa femme ?! Elle la fusilla du regard, ce dont personne ne sembla se rendre compte, mais celle-ci lui sourit, ce qui ne fit qu’attiser sa jalousie. Henri, se grattant une nouvelle fois la gorge, poursuivit :

    « Il est l’heure d’y aller maintenant.
    — Oh, bien sur. Nous allions partir de toute façon. Au revoir ! »

    La porte claqua dans un bruit sourd. Les doigts de Colette se crispèrent sur le bord du meuble, écaillant son vernis. Une immense vague de colère la submergea, à tel point qu’elle dut se faire violence pour ne pas exploser et bruler tout ce qui l’entourait. Quel rustre ! Tout ce temps, il avait eu une épouse, et elle comme une idiote s’était imaginé que leur histoire avait un sens et un avenir.

    Elle ravala sa fierté, et l’évidence la frappa avec la force et la justesse d’un coup de poignard. S’il était venu la voir toutes ces fois, et avait partagé tous ces moments avec elle, c’était bien qu’il avait quelques affection pur elle. C’était l’autre, cette Giselle, qui avait tout gâché. Elle était la seule et unique coupable.

    Alors Colette prit une grande inspiration, sortit un livre d’un tiroir secret, et en croisant son reflet dans le miroir, su ce qu’elle devait faire. Se venger.


    ***



    École du Parc, mois de février. Fin de journée.

    « Comment ça, qu’est-ce que ça veut dire "elle est dans son monde" ?
    — Monsieur, s’il vous plait, calmez-vous.
    — Que je me calme ? Vous me dites que ma fille a un problème alors que l’autre jour j’ai appris qu’elle avait failli s’étouffer à la cantine ? »

    Philippe frappe du poing sur le bureau, outré par la conversation qu’il est en train d’avoir avec la maitresse de sa fille, Mme Tremaine. Il n’avait pas remarqué qu’Annabelle était une enfant distraite, tout simplement parce qu’il n’avait pas voulu le voir…

    « Je ne sais pas où Annabelle a trouvé cette pomme, nous n’en donnons pas aux petits à part en compotes pour éviter qu’il n’y ait le moindre accident. Elle a dû le demander à un grand.
    — Ulrich dit que ce n’est pas lui. Et n’allez pas accuser ma fille !
    — Je ne dis pas ça, il doit y avoir une explication logique et rationnelle à cette question, mais là n’est pas le sujet. Ce que j’essaie de vous expliquer c’est qu’Annabelle est une petite fille très épanouie. Elle a quelques amis fidèles, notamment le petit Ulrich qui veille au grain, mais lorsque je tente de lui faire apprendre quelque chose qui au départ ne l’intéresse pas, elle s’enferme dans sa bulle et refuse de travailler. La seule chose qui la passionne vraiment sont les contes de fées pour enfants, elle adore ces histoires. Elle est comme prisonnière entre deux mondes, d’un coté la réalité, de l’autre son monde à elle. J’ai essayé de lui en parler, mais elle refuse de m’écouter, et ne fait que réclamer sa mère. Est-ce vous pensez qu’elle pourra venir me voir quand elle sera rentrée de voyage ? »

    Philippe, qui faisait les cents pas à travers la pièce, manque de trébucher en entendant la fin de la phrase, et toute forme d’agacement déserte son visage. Ses yeux se voilent et il annonce, la voix tremblante et faible.

    « Sa mère est morte il y a bientôt deux ans.
    — Oh mon dieu, je suis navrée, je ne savais pas, je…
    — Tout va bien… C’est elle qui vous a dit que sa maman était en voyage ? »

    La maitresse acquiesce gravement. Le père lui esquisse un sourire. Si ça peut permettre à sa petite chérie de vivre mieux en imaginant sa mère en voyage à travers le monde, il n’a rien à redire. En revanche, il faut qu’il lui explique que sa maman ne reviendra jamais, et ça, ça va être plus dur à encaisser…



    Maison des Stern, heure du diner.

    « Et on a construit un potager à l’intérieur de l’école !
    — Ah oui, et qu’est-ce que vous avez planté ?
    — Des fleurs pour la maitresse. Et des carottes… Et aussi des fraises ! »

    Tiana sert un bol de soupe à son fils tout en l’encourageant à continuer son récit. De son côté, M. Stern a les yeux qui brillent en écoutant les aventures de son petit, auxquelles il consacre toute son attention. Il ne se lasse jamais de les re-raconter à tout va par la suite, à tel point que sa femme ne cesse de lui reprocher d’être plus attentif à leur fils qu’à elle. Il faudra d’ailleurs qu’il veille à ne pas oublier la Saint-Valentin imminente, sinon, il risque de se faire punir.

    « Et on a laissé des… Des nains pour surveiller le jardin !
    — Ah oui ? J’imagine que c’était une grande responsabilité. Combien il y en avait ? »

    Le petit se met à réfléchir et ses sourcils se froncent au fur et à mesure qu’il visualise la scène dans sa petite tête. Il étend ensuite ses mains devant lui et compte sur ses doigts tout en murmurant les chiffres les un après les autres jusqu’à arriver au bon numéro.

    « Sept !
    — Ça en fait beaucoup. Et ils s’appellent comment ces petits nains ?
    — Alors, il y a... Prof, Grincheux, Simplet, Timide, Dormeur, Joyeux, et… Et… Zut, je sais plus !
    — Atchoum ! »

    La tête d’Anna manque d’heurter la table tant elle secouée par son éternuement soudain. Tiana apporte vite à mouchoir à sa filleule, et la petite s’essuie le nez, les yeux rougis. Puis elle retombe perdues dans ses réflexions, tandis qu’Ulrich laisse exploser sa joie.

    « Ouiiii ! Bravo Belle, il s’appelle Atchoum le dernier nain ! »

    La petite éclate finalement de rire, conquise par la bonne humeur de son ami. En plus, elle est ravie de l’entendre utiliser son nouveau surnom, "Belle". C’est Sissi qui a lancé la mode de ce surnom comme elle dit. Et Anna trouve qu’elle est très gentille, Sissi, elle l’aime bien. Et même que la dernière fois elle lui a donné sa belle pomme rouge de la cantine, si c’est pas une preuve d’amitié !

    Le petit garçon qui sautille autour de la table attrape la main de la jeune fille et se met à danser avec elle, la trouvant trop sérieuse ces derniers temps. Durant leur folle valse, sur un fond de chanson de Tiana, Anna perd son chausson alors Ulrich s’arrête et, s’agenouillant, il lui enfile le soulier, comme dans un conte de fées.

    La porte d’entrée se met soudain à grincer, signifiant que Philippe est arrivé. Il entre dans la cuisine tête baissée, encore perdu dans ses pensées, et les enfants retournent immédiatement à table en silence. En croisant le regard de sa fille, le père sent qu’il faut qu’ils se parlent ce soir. Sans un mot, il la prend par la main et l’entraine à sa suite vers le salon pour être plus tranquilles.

    Tout bascule très vite. Emportée par la force de la poigne de son papa, la petite perd son équilibre et trébuche, s’étalant sur le sol dans un petit cri. Immédiatement, les quatre autres personnes présentes dans la pièce se jettent sur elle, aux petits soins.

    « Qu’est-ce qu’il y a ma princesse ?
    — Ça va Belle ?
    — Tu as mal à la jambe ma puce ? »

    La petite secoue d’abord vigoureusement la tête de gauche à droite, puis sous la pression finit par acquiescer en silence. Elle n’a pas voulu dire qu’elle était tombée en construisant un puits magique avec Sissi à la récrée, parce qu’elle ne voulait pas être fâchée, par qui que ce soit.

    Son père soulève ensuite le bas de son pyjama pour découvrir sa jambe et vérifier qu’elle ne s’est pas casser quelque chose. C’est là qu’il découvre un hématome presque violet en dessous de son genou, déclenchant des manifestations de surprise dans son entourage. Le sang de Philippe ne fait qu’un tour et il se retourne vers Ulrich, furieux.

    « Pourquoi tu ne m’as pas dit qu’elle s’était fait mal, hein ?
    — Je…
    — Tu quoi ? Tu avais promis Ulrich ! Tu ne respectes pas tes promesses ! »

    Terrorisé par l’état dans lequel se trouve son parrain, le petit garçon recule d’un pas et tombe lui aussi sur les fesses après avoir trébuché. Il n’en faut pas plus pour que Tiana le récupère et le prenne contre son cœur, apaisant ses gémissements par de petits baisers de maman sur son front. Sébastien s’interpose également immédiatement, levant les deux mains en signe d’apaisement.

    « Calme-toi Phil, ce n’est qu’un enfant, je suis sur qu’il ne savait pas.
    — Tu es déjà la deuxième personne de la journée à me dire de me calmer aujourd’hui, et c’étaient deux personnes de trop ! Je me calmerais si j’en ai envie ! »

    Prenant lui aussi sa fille réticente dans ses bras, il court en montant les marches du grand escalier quatre à quatre, ne déposant Anna que lorsqu’il arrive dans la chambre. Dès qu’elle est libre de ses mouvements, la petite file vers la porte mais son père l’empêche de sortir, la rattrapant par le bas de son tee-shirt.

    « Je veux voir Ulrich !
    — NON ! C’est hors de question Annabelle, tu restes là !
    — Mais non papa je veux Ulriiiiiiiiiiiiich !
    — NON ! »

    Les plaintes de la petites se muent en chaudes larmes qui n’attendrissent pas pour autant son père, qui demeurent inflexible. Il tente la méthode douce, n’ayant pas envie de se fâcher avec sa fille, mais celle-ci, aussi têtu que le garçon qu’elle veut rejoindre, refuse de l’écouter.

    « Tu restes ici Anna, c’est un ordre ! Il faut qu’on parle !
    — Non, je veux pas ! Va-t’en !
    — Anna arrête bon sang, calme toi ! Tu es infernale !
    — Non ! Je veux ma maman ! Je te déteste, je veux ma maman ! »

    Comme frappé par une gifle mentale monumentale, le jeune père recule, les larmes aux yeux, et les paroles de la maitresse lui reviennent en tête. C’est la première fois qu’il entend sa fille lui réclamer sa mère, et bien qu’il s’y soit préparé de nombreuses fois, la réalité est bien plus violente qu'elle n'y parassait.

    Il se retrouve dépassé par la situation avec les pleurs incessants de sa fille qui résonnent en boucle dans ses oreilles, produisant un bruit assourdissant, ainsi que toute cette pression engendrée par les dires de Mme Tremaine qui ne cessent de lui engourdir les pensées, il finit par sortir de ses gonds.

    « Maman ne reviendra pas, c’est fini ! Maman ne reviendra plus jamais, alors arrête !
    — Je veux ma mamaaaaaaaaan…. Je v-veux ma ma-maaaaaaaaaaaaaaan…
    — Tais-toi, tais-toi ! … Bon sang tu vas te taire !
    — Philippe ! »

    Alors que le père, à bout de nerfs, s’apprêtait à exploser et à commettre l’irréparable, Tiana arrive et intervient avec Ulrich, prenant la petite fille dans ses bras, protectrice. De son côté, dépassé par la tournure que prennent les événements, Philippe sort de la chambre en claquant la porte, manquant de bousculer son meilleur ami qui se trouve sur son chemin.

    Après une dizaine des minutes à tressauter de à hoqueter, la petite finit par s’endormir, épuisée par les pleurs. Ulrich, guère moins traumatisé qu’elle, s’assoupit à son tour à ses côtés, et c’est le cœur lourd que ses parents l’abandonnent aux bras de Morphée, sentant que pour eux la nuit va être courte…


    ***



    À son tour la princesse, piquée par le même démon de curiosité que son ami Éric, se mit à fréquenter le petit village et plus particulièrement la taverne. Elle sympathisa très vite avec la belle Colette, qui cependant cachait sous de faux airs amicaux une farouche et cruelle envie de vengeance.

    Elle avait déjà tenté par deux fois de tuer la jeune femme, mais ces deux tentatives s’étaient avérées vaines. La première fois, la pomme empoisonnée qu’elle lui avait donnée n’avait pas pu répandre son poison correctement car un passant était intervenu à temps, alors que Colette s’imaginait déjà la voir dépérir à petit feu en public.

    La seconde fois, alors qu’elle l’avait entrainée à l’écart dans la forêt pour lui montrer un puits aux vœux magique, elle avait profité d’un moment de faiblesse pour la pousser à l’intérieur. Malheureusement pour elle, sa robe en tombant s’était déchirée et les lambeaux s’étaient accrochés aux pierres et aux ferrailles qui décoraient le bord du trou, lui créant un solide harnais. Eric était alors apparu et l’avait sauvée en l’emportant hors de danger, ce qui avait rendu sa rivale folle de rage.

    Colette sortit de ses pensées et se concentra sur le magnifique spectacle qui s’offrait à elle. Occupée à broder dans l’arrière-jardin de l’auberge, la jeune femme regardait le beau Chevalier bêcher le champ comme n’importe quel paysan, et ne cessait de se piquer le doigt tant elle était distraite par la beauté de son corps.

    Trois gouttes de sang tombèrent sur le sol, formant un superbe tableau, mais elle ne s’en rendit même pas compte, soudainement préoccupée par une nouvelle vision, mais cauchemardesque cette fois-ci. Alors que Colette pensait avoir Éric pour elle toute seule, Giselle venait d’arriver, revêtue d’une tenue légère et affriolante, plus belle que jamais.

    Dépitée, la jeune femme détourna son regard sur le miroir de l'entrée, et, croisant son reflet, elle murmura.

    « Miroir magique au mur, qui a beauté parfaite et pure ? »

    Malheureusement pour elle, celui-ci demeura muet et terne. Lorsqu’elle reporta son attention sur le champ où travaillait son preux Chevalier, son cœur bondit dans sa poitrine. Le jeune homme avait totalement disparu, et la princesse aussi, mais de ça elle s’en fichait.

    Très inquiète, elle tenta de l’appeler mais n’eut pas de réponse de sa part. Puis elle perçu du bruit dans le champ de tournesol voisin, et vit tout à coup Giselle courir au loin, main dans la main avec son homme au travers de milliers de fleurs jaunes. Puis tout à coup ils trébuchèrent et disparurent, avalés par la nature…

    Plus tard, alors qu’Éric s’était remis au travail et que les deux jeunes femmes bavassaient tranquillement en brodant, la princesse lui confia qu’elle avait perdu sa mère enfant et qu’elle en souffrait beaucoup. La paysanne la regarda alors, hébétée.

    « Quand j’étais petite, j’aurais donné n’importe quoi pour ressembler au commun des mortels. Être comme les autres filles. Avoir une maman. »

    Alors le plan surgit dans l’esprit de Colette, qui lui expliqua alors qu’il existait, loin dans la forêt, une femme aux cheveux immensément longs, qui habitait dans une grande tour, et que l’on disait sorcière.

    Elle pouvait à ce que l’on racontait exaucer tous les souhaits, et serait donc à même de retrouver la mère disparue de la princesse ou de lui permettre de la retrouver. Les deux femmes décidèrent alors de s’y rendre dès le soir même, car Giselle savait qu’en journée elle ne pourrait jamais échapper totalement à la vigilance des gardes.

    Elles se promirent également de ne rien dire à Éric qui jugerait cela trop dangereux, et qui pourrait faire échouer leur mission. Le soir même, et sans rencontrer le moindre obstacle durant sa fuite, la princesse réussit à s’échapper, portée par la magie de la lune.


    ***



    Le lendemain, domicile des Stern.

    « Bonjour Belle… »

    La petite Annabelle regarde Ulrich sortir de la pièce en baillant, et tire la couverture sur sa tête, l’esprit encore préoccupé par la dispute de la veille. Soudain, alors qu’elle perçoit le rire de Tiana découvrant son fils dans le couloir par une heure si matinale, elle prend une résolution.

    Elle veut retourner auprès de sa maman, et comme elle a compris qu’ici, à la maison, elle ne pourra jamais en parler, alors elle attend d’aller à l’école pour retrouver Sissi. Elle ne veut plus rester ici avec papa de toute façon.

    Sissi aussi a perdu sa maman en plus, elle le lui a dit l’autre jour. Et elle veut aussi partir la chercher, alors elles vont y aller toutes les deux. D’ailleurs, comme elle est très intelligente Sissi, elle a dit qu’elles devraient aller faire une ballade dans les bois pour trouver une maison de fée, parce que les toutes fées des contes habitent dans des forêts, et lui demander de l’aide.

    Or, ce matin, il se trouve que tous les élèves de maternelle partent pique-niquer au parc municipal, tout près de l’école certes, mais également situé en bordure d’un petit bois, idéal pour trouver un logis de fées. Anna y pense toute la matinée, pendant que marraine l’habille et que parrain déjeune.

    Ulrich, bien loin des préoccupations de la petite fille, est très impatient de revivre cette journée en effet, l’année précédente, les enfants s’étaient déjà tous rendus dans ce parc et les maitresses avaient organisé une chasse au trésor qui s’état terminée par un pique nique géant. Après une erreur de calcul des cuisiniers de la cantine, les enfants s’étaient retrouvés avec une surabondance d’en cas, et cette journée avait été surnommée « Le jour du sandwich », pour le grand bonheur des enfants.

    Malheureusement pour le petit garçon, cette année il a été décidé que chaque famille prendrait en charge le repas de leurs enfants. C’est donc Tiana qui s’occupe de la préparation ce matin, ce qui s’avère être un vrai jeu de concessions, car son fils, dont les yeux sont plus gros que le ventre, semble vouloir emporter toute la cuisine avec lui.

    « Et ça aussi maman ! Ça !
    — Attends, tu veux du bacon aussi ?
    — Ouiiiiiiiii !
    — Mais mon chéri, tu as déjà un sandwich avec du jambon et un autre avec du fromage !
    — Mais maman je veux du bac.. Du ba... Je veux ça ! »

    Sébastien Stern, épuisé par les caprices de son fils, intervient brusquement en enfournant dans le sac à dos du petit les trois sandwichs emballés dans du film transparent, ainsi que le paquet de chips prévu en accompagnement, tout cela sous le regard faussement scandalisé de sa femme.

    « Mais enfin, c’est beaucoup trop !
    — Laisse manger le petit va… Il a un grand appétit. Comme un homme !
    — Merci papa !
    — Mais de rien fiston. Il t’en faut peu pour être heureux on dirait. »

    Serrant son fils qui vient de lui sauter dans les bras, il ajoute avec lui une compote et des biscuits au chocolat, puis referme le tout avec un sourire satisfait, tandis que sa femme s’occupe du pique-nique, beaucoup plus léger, de la petite Anna.

    « Allez zou, on y va maintenant ! »



    Parc municipal, jour du sandwich.

    Le soleil est au rendez-vous aujourd’hui, et l’hiver semble déjà loin, l’air du vent apportant des notes sucrées de printemps dans cette nature dénudée de ses fruits. Alors qu’en début de matinée le pique-nique semblait compromis, les enfants s’amusent maintenant gaiement.

    Profitant d’un match de foot improvisé, Anna et Sissi se sont regroupées dans un coin, et sont en train de préparer leur escapade. La plus vieille des deux s’évertue pour le moment à monter à la petite tout ce qu’elle a récupéré pour partir en mission comme elle dit : de l’eau, des bonbons, des pansements pour les bobos, et une lampe de poche. Annabelle, très intriguée, pointe le dernier objet du doigt.

    « C’est une lampe ça. Tu vois, tu la frotte là, et hop, la lumière apparait ! »

    Les yeux de la petite s’illuminent alors qu’elle est éblouie par le jet de lumière. C’est un génie ! Sissi a amené un génie avec elles pour les aider, comme dans le conte qu’elle lui a lu la dernière fois ! Son émerveillement est sans limite face aux nouveaux trésors que la grande tire de son sac, à savoir un sachet d’offrandes pour la fée, avec pleins du rubans et de bijoux, ainsi qu’une étrange chose ronde avec une flèche qui tourne à l’intérieur.

    « Ça, c’est une boussole. Elle montre le droit chemin, celui qu’il faut suivre pour trouver ce que l’on cherche…. Et maintenant en route, personne ne regarde, viens vite ! »


    ***



    Au début, tout se passa très bien. Colette marchait droit devant elle en entrainant à sa suite la princesse, mais au fur et à mesure qu’elles s’enfonçaient dans la forêt, cette dernière commença à s’inquiéter, terrorisée par les ombres effrayantes des arbres qui semblaient vouloir l’attraper avec leurs branches crochues. De plus, il lui semblait qu’ils avaient tous des yeux, et des yeux horribles et globuleux, et que dès qu’elle faiblirait ils l’attraperaient pour la manger.

    Alors, telle une petite fille qui paniquait, elle se raccrocha à Colette à une bouée de sauvetage, et se mit à la questionner sans relâche, à remettre en cause leur mission, à se plaindre sans cesse qu’elle avait trop chaud ou trop froid, trop mal ou sommeil, ce qui finit par irriter l’autre jeune femme qui lui intima subitement de ne plus bouger, las de ses caprices.

    Elle la prévint qu’elle partait en éclaireur pour retrouver le chemin dont elles avaient été égarées à cause de ses plaintes, la laissa avec une lampe, et disparu dans la brume avant même que la princesse ne puisse émettre une quelconque réticence.

    Giselle se retrouva alors seule et frigorifiée, plongée dans l'incertitude. Une partie d’elle lui disait de s’enfuir en courant pour chercher de l’aide, l’autre lui conseillait d’avoir confiance et d’attendre sagement le retour de Colette, qui malheureusement pour elle, avait déjà emprunté le chemin en sens inverse sans une once de remords.…


    ***



    Parc municipal, environ une heure après la disparition des deux petites filles.

    « Alors les enfants, qui veut du sirop de menthe ?
    — Maitresse, maitresse !
    — Attends un peu mon petit Ulrich, je suis à toi dans une minute.
    — Mais je ne trouve plus Anna ! »

    La jeune femme se tourne alors vers le petit qui tire sur sa robe, l’air inquiet. Chassant la boule d'angoisse qui se forme dans son ventre, elle s’agenouille à sa hauteur et lui sourit, persuadée qu’il exagère. Il passe tellement de temps avec Anna qu’il a pour habitude de paniquer dès qu’elle disparait cinq minutes, ne serait-ce que pour aller aux toilettes.

    « Ce n’est rien, on va la chercher, je suis sure qu’elle est là bas vers Élizabeth et..
    — Mais non je ne trouve pas Sissi non plus !
    — C’est vrai ça maitresse, Sissi elle est partie !
    — Partie ?! »

    Un vent de panique s’empare de la maitresse qui laisse tomber les gobelets pleins de boisson sur le sol, salissant les habits des petits qui l'entourait de grandes taches verdâtres. Son cœur s’affole, et chancelante, elle se redresse et cherche immédiatement les petites du regard, mais rien à faire elles se sont comme évaporées !

    Appelant ses collègues à la rescousse ainsi que M. Bottero, le directeur, tous rassemblent les enfants dans un coin tandis qu'elle compose le numéro du père de la petite qui sonne dans le vide. Elle prévient alors la famille Stern et contacte immédiatement les autorités locales, fébrile et angoissée.

    Elle n’arrive pas à croire qu’elle vient de perdre deux petites filles en si peu de temps, et dans un espace si peu risqué…


    ***

  Sujet: [Site] Rédigez des Critiques d'épisodes  
Leana

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MessageForum: L'animé Code Lyoko   Posté le: Sam 17 Mai 2014 13:25   Sujet: [Site] Rédigez des Critiques d'épisodes
#58 Le prétendant.


http://image.noelshack.com/fichiers/2014/20/1400323184-le-pretendant-050.jpg


(Le titre oblige, je me devais de prendre cet épisode. Après tout, la romance, c’est mon truc. Cool)

NB : Bien que l’épisode débute par la xanatification de corbeaux, le côté cœur sera abordé en premier, et l’action viendra au second plan.

Dans cet épisode, un nouveau personnage fait son apparition, ou tout du moins, nous apparait sous un nouveau jour.
Johnny est un copain d’Hiroki, il est haut comme trois pommes, et il en sixième à Kadic. Pour ceux qui auraient bien suivi la série, ce qu’il s’apprête à révéler à Ulrich au tout début de l’épisode est assez prévisible si l’on a vu #Droit au cœur et que l’on en a retenu autre chose que le fameux « On est copains et puis c’est tout. » balancé par Yumi.
En effet, dans une scène au réfectoire, après qu’Hiroki et son ami Johnny se soient faits jetés par une Yumi qui n’avait pas l’air de très bonne humeur, le petit nouveau déclarera tout en finesse « Elle est canon ta sister ! ». Après tout, c’est bien connu, les femmes en colère sont beaucoup plus séduisantes, et Johnny s’est laissé charmer par le caractère bien trempé de la japonaise.

Malheureusement pour Ulrich, il n’entendra pas cette première mise en garde et ne saura par conséquent pas ce que Johnny tient à lui dire sur sa précieuse Yumi. (en même temps, un peu de compassion, aller le chercher dans la salle de bain dès le matin pour un tête à tête, on pouvait s’attendre à tout.)
C’est tout en timidité et en maladresse que le jeune prétendant révèle à Ulrich ce qu’il a sur le cœur : il est amoureux … de Yumi !

La révélation en question n’est pas à proprement montrée (et donnerait bien lieu à un OS plaisant), mais la tentative de Johnny pour se confier à Ulrich nous en dit long sur le personnage :

Premièrement, il est complètement mal informé.

« T’es le meilleur ami de Yumi, pas vrai ? »


M’étant renseignée sur la question , je peux affirmer qu’il est primordial d’être d’abord bien informé sur la personne que l’on est sensé séduire. (a) Alors certes, Johnny demande de l’aide à Ulrich pour cela, sauf que sans le savoir il vient lui même de foirer cette première étape capitale.
Par contre, s’il en avait parlé à Hiroki d’abord (pour ceux qui objecteront que demander des conseils de drague au petit frère de la fille convoitée est une mauvaise méthode, je répondrais qu’ils ont surement raison, MAIS) il aurait ainsi su tout de suite qu’Ulrich Stern était la mauvaise personne à aller voir. Attention, je ne remets pas en cause sa capacité à séduire les filles, elles lui tombent toutes dans les bras après tout ! Cool
Cependant, dans ce cas précis, Hiroki lui aurait gentiment dit d’aller voir ailleurs car il est évident qu’il n’a aucune chance face à Ulrich. (comme il le fait, si je ne m’abuse, quelques épisodes plus tard…) Et il lui aurait aussi évité de le mettre de mauvais poil, comme en témoigne sa réponse à la ladite question.

« Mouais, on peut dire ça comme ça. »


Plus d’enthousiasme, tu meurs. C’est que ça nous l’a foutu en rogne, notre Ulrich.
(D’ailleurs, petit fail à ce moment là si j’ai bien vu, deux secondes avant le samouraï étant en "pyjama", et quand il répond à Johnny il est habillé.)
Bref, Ulrich est d’humeur bougonne et voilà qu’il enchaine les actes de mauvaise foi. Alors que le petit Johnny se met à tourner autour du pot et bafouiller, tentant de faire lui comprendre ses sentiments pour Yumi en citant la fin du dernier épisode d’Horreur aux Urgences, Ulrich, mi-choqué mi-soulagé, pense immédiatement à la scène de transfusion sanguine (entre un caniche et un humain, bah voyons !). Cependant, on ne me la fait pas à moi. J’ai senti l’espoir dans sa voix. Je suis presque sûre qu’il aurait préféré que Johnny soit un psychopathe, il aurait pu l’écarter de Yumi plus aisément. Ensuite, nouvel acte de mauvaise foi de la part du samouraï :

« Ah. Bah ça tombe mal, j’ai justement raté la fin. Je ne vois pas du tout de quoi tu parles. »

Seriously ? Namé, c’est à se facepalmer. "Ce qu’il s’est passé entre Stacy et le docteur Shrenk", selon moi, ce n’est pas vraiment difficile à deviner (mais néanmoins, au vu de la formulation, on peut tout imaginer.), c’était simplement une façon pour Ulrich d’inciter Johnny à la f... Se taire. Qui plus est, il prend pour excuse les pains aux raisins à la cantine afin de s’en débarrasser au plus vite. Je suis persuadée qu’à ce stade là de la conversation, il avait déjà une petite idée de ce qu’il allait lui répondre…

On retrouve donc Ulrich quelques minutes plus tard, il rejoint le reste de la bande les mains dans les poches et un sourire un peu niais sur le visage. Oh oui. Il l’a fait.

Il est si heureux qu’Odd en fait même la remarque, pourtant je ne me rappelle pas avoir vu Ulrich grincheux avant l’arrivée de Johnny.
(Au passage, autre fail pour Odd. Il était également en pyjama au début de l’épisode, et d’un coup il est habillé, comme ça, sans être passé par sa chambre puisque Ulrich y était avec Mister Prétendant. A moins qu’il n’ait amené ses habits dans la salle de bain commune pour se changer là-bas, mais j’y crois moyen hein…)

Brefouille. Dans cette scène Ulrich répète aux autres ce que lui a confié Johnny : il est amoureux de Yumi... Et le samouraï lui a donné comme précieux conseil de ne surtout pas la lâcher, de la coller et que ce comportement-ci la ferait craquer. (cf plus bas, la naïveté du petit sera traitée.)
Ici, à mon sens, Odd, Aelita et Jérémie y vont un peu fort. D’accord, Ulrich a un peu fait une connerie, c’est mal tout ça, mais franchement, ça mérite une telle réaction ?

« Ça c’est vraiment pas cool. »
« T’es qu’un gros pourri voilà. »


La dernière réplique me fait doucement rigoler. Voire même, pas du tout. Je trouve ça gonflé de sa part en fait :O Jérémie n’est pas non plus un modèle de droiture et de vertu, et même s’il n’a jamais été aussi jaloux qu’Ulrich (qui se comporte ainsi car : 1) on ne peut pas dire que récemment Yumi l’ai rassuré sur ses sentiments ; 2) c’est dans son caractère de douter de tout et de s’emporter facilement ; 3) Les scénaristes... Les scénaristes, quoi. Fallait bien poser une intrigue.), Jérémie a bien parfois frôlé la paranoïa. « Je n’ai aucun exemple à l’esprit, mais…» (a)

Honnêtement, je n’ai donc pas apprécié cette réaction jugée excessive de la part des autres. Je veux dire, il y a plus grave, et le sourire innocent d’Ulrich avant l’annonce prouve que lui même ne se rend pas compte de ce qu’il a fait. (et j’entends certains me souffler que c’est de la connerie, mais pas du tout. Après tout, "l’amour, ça rend idiot", ce n’est donc pas totalement de sa faute.)

Heureusement, même s’il était remonté, Odd a su me faire trouver le sourire avec cette phrase épique : « Sans blague, suffit que Kiwi regarde Yumi et t’as le poil qui se hérisse ! »à laquelle Ulrich répond, piqué au vif « Je vous rappelle que Yumi et moi, on est copains et puis c’est tout », qui est, il me semble, le premier rappel depuis l’annonce fatidique, premier d’une longue liste...
Cette réplique est plus un bouclier qu’autre chose pour Ulrich. Du moins, c’est comme ça que je le vois. C’est une phrase facile à sortir quand quelqu’un l’embête sur ses sentiments pour la japonaise. Une façon de se protéger. Je l’imagine bien se dire qu’à force de se le répéter, ça va rentrer et il va assimiler ça.
Seulement mine de rien, sa jalousie maladive est toujours présente, et ses sentiments envers Yumi aussi.

D’ailleurs, nous retrouvons Yumi à la bibliothèque, en train de réviser ou de bouquiner, bref, en plein repos. Un corbeau attire son attention et se pose près de la fenêtre, puis Johnny arrive, rompant la magie de l’instant. (D’ailleurs, autre fail, sur le plan avant l’arrivée de Yumi le corbeau est dans la bibliothèque, et non dehors. Il me semblait pourtant que les animaux étaient interdits dans l’enceinte du bâtiment… *s’enfuit*)

Quoiqu’il en soit, Johnny arrive et met le plan d’Ulrich à exécution. Il s’assoit près de Yumi avant même qu’elle ne lui ait donné l’autorisation pour ce faire. S’ensuit ensuite toute une scène où il… Nous lasse. Pire même. Il est franchement agaçant. Yumi tente d’ailleurs de lui faire comprendre une première fois en fermant brutalement son livre, une deuxième en partant et en lui répondant sèchement... Il n’en a rien à faire.

La scène suivante dans le self est juste insupportable alors qu’elle devrait être drôle. Cependant c’est tellement trop que ça … Fatigue. Oui, Johnny est fatiguant en fait. Et Yumi commence à avoir les nerfs en pelote, ça n’augure rien de bon pour la suite…

En fait, et c’est là le deuxième gros problème de Johnny après le fait de prendre de mauvaises décisions (cf point 1 très très au dessus), il manque cruellement de recul. Même confronté au manque évident d’enthousiasme de Yumi à être avec lui, il ne prendra pas lui même l’initiative d’arrêter. Là encore, c’est qu’il la connait mal, et c’est dommage. En tant qu’ami d’Hiroki, on aurait pu croire qu’il avait davantage fréquenté la japonaise, mais non, même pas.

La scène à table n’est pas franchement géniale non plus.
Johnny émet des doutes sur l’efficacité de la technique et le peu de résultat qu’il obtient, et Ulrich choisit de continuer de lui mentir et de poursuivre ce bizutage foireux. Plutôt que de l’enfoncer, je ferai remarquer que personne, ni Odd, ni Aelita, ni Jérémie que cette histoire avait si grandement offensé, n’ose l’ouvrir pour dire la vérité. Pauvre Johnny. On pourrait répliquer que c’est à Ulrich seul de réparer son erreur, mais tout de même, ses amis auraient pu argumenter avec autre chose qu’une stupide œillade désapprobatrice.

Autre chose m’a fait tiquer à ce moment là. Ulrich dit à Johnny qu’ensuite Yumi se rend au gymnase pour s’entrainer. Soit. C’est mignon qu’il le sache, ok, mais… À part pour le spectateur, c’est inutile, non ? Parce que si j’ai bien tout suivi, Yumi mange avec eux, et Johnny s’installe à côté d’elle. Il n’a qu’à la suivre à la fin du repas pour savoir ça, en la collant partout tout le temps il n’y a aucun risque qu’il la perde de vue... Sauf si lui a cours, ce qui apporterait un peu de logique dans cet épisode étant donné que Yumi semble être ici en mode touriste. Rolling Eyes

Petite ellipse de quelques heures, le temps pour Ulrich, Odd, Aelita et Jérémie de faire un devoir de géographie (vive Odd et son « la Chine [est] le pays le plus peuplé du monde, avec un milliard d’habitants au m² »), et pour Yumi de s’entrainer un peu. Seulement voilà, Johnny arrive. La probabilité pour que ce dernier ait eu cours augmente. Au moins, la japonaise aura pu souffler un peu…
Prêt à tout pour briller aux yeux de sa belle, Johnny se lance et tente de refaire l’exercice que Yumi vient d’effectuer à la perfection. Manque de bol pour lui, il se loupe et atterrit pile là où il ne fallait pas. Je n’ai pas ça entre les jambes, mais je compatis pour ce qu’il a du ressentir.
Néanmoins, Yumi reste extrêmement impassible. Le pauvre petit, elle n’a vraiment aucune considération pour lui.

Survient ensuite l’attaque, qui sera abordée plus tard. Yumi ordonne à Johnny de fuir, et pour une fois ce dernier lui obéit et lui lâche finalement la grappe (une armée de corbeaux, ça en dérangerait plus d’un à vrai dire !)… Du moins, c’est ce qu’on aurait pu croire. En réalité, Johnny est revenu, et pour avoir deviné où se trouvait Yumi, c’est bien qu’il l’ait suivi. C’est donc lui qui va chercher Jim et M. Delmas (d’ailleurs, à part pour l’anecdote sur son passé dans les études du paranormal dont Jim préfère ne pas parler, la présence du principal ET du surveillant était-elle vraiment nécessaire ?)

Autre fail, quand Yumi arrive à la remise : les fenêtres sont déjà brisées, et aucun corbeau ne s’y est encore infiltré… Ou alors, c’est qu’on ne nous a pas tout dit.

Spoiler


Anyway, Johnny arrive en prince presque charmant pour sauver sa belle. Mais bon, le prince étant mineur, il a ramené ses tuteurs qui se chargent, et de répondre à Jérémie, et d’appeler une ambulance. Je ne peux m’empêcher de penser que quand même, pour voir que Yumi est dans un état critique qui nécessite d’aller illico à l’hôpital, Jim et Delmas soient si… Calmes. Impassibles. Des statues ! Surprised
Le fait que Johnny monte avec elle dans l’ambulance me surprend aussi. C’est pas habituel, aux dernières nouvelles il est interne, enfin je crois, mais quand bien même il ne le serait pas, en quel honneur a-t-il le droit de partir en vadrouille comme ça ?

M’enfin, passons. Dans l’ambulance vient la révélation tant attendue depuis le début de l’épisode. Yumi demande des explications sur le soudain changement de comportement de Johnny, et celui-ci révèle que le vilain Ulrich est derrière tout ça. Sur ce, Yumi, à demi mourante, marmonne « Quel gros jaloux celui-là… », et le petit garçon se montre davantage niais et agaçant quand il répond naïvement : « Ulrich, jaloux ? Mais de quoi ? »
Facepalm quoi.
Ta naïveté te perdra mon petit Johnny, ta naïveté te perdra…

Avant le retour vers le passé, il y a une autre scène qu’il faut aborder, le petit passage où Yumi sombre dans une espèce d’inconscience et où Johnny lui serre la main. C’est important comme geste. Je suis même plus sure qu’Ulrich y ait eu droit, c’est dire !

Le retour vers le passé sauve Yumi et conclue la partie romance (il était temps non, j’ai failli vous perdre Mr. Green)
En effet, maintenant Yumi est bien guérie et elle sait tout, ce qui bien sûr est de mauvais augures pour Ulrich. Johnny arrive, et le samouraï n’a maintenant plus trop le choix.
Premier changement, il anticipe sur ce que Johnny va lui dire : « Ça va, j’ai pigé. Tu l’aimes bien, et tu ne sais pas quoi faire pour qu’elle s’intéresse à toi. »
Deuxième changement, évidemment, il change la stratégie d’approche. J’avoue avoir un petit faible pour cette dernière. Ok, c’était bien joué de sa part, mais fallait bien connaitre Yumi pour savoir que ça le ferait changer d’avis… Et d’ailleurs, quel changement ! O.O

« Ah, d’accord. Bon, si tu venais t’assoir, on pourrait réviser tous les deux. »


(Hormis le fait qu’elle soit en seconde et lui en sixième, tout va bien, bien sûr.. (facepalm)²)
J’ai pas trop apprécié non plus le fait qu’elle soit si gentille avec lui. D’accord, elle a compris que c’est parce qu’il s’était fait avoir par Ulrich. Mais quand même. Tout le long de l’épisode, elle n’a fait que le snober, et là elle l’accueille à bras ouverts. C’est quoi le but, le faire souffrir encore plus le petit ? Namé, franchement…

Sur ce, on va maintenant étudier le côté Xana de l’histoire. Autrement dit, ce qui m’a beaucoup moins emballée que le reste, et vu l’enthousiasme mitigé pour la romance, c’est dire.
J’ai trouvé que le début de l’épisode allait très vite. Je n’ai pas vu passer la première douzaine de minutes, vraiment. J’ai trouvé ça plutôt amusant, bien que certaines scènes soient seulement moyen +. Par contre, arrivée sur Lyoko, dès que la tour est désactivée, le temps est passé beaucouuuuup plus lentement.

Revoyons donc étape par étape le plan de Xana :

    I - Xanatifier des zozios.

Mouais. Bon. On avait eu un ours en peluche, des abeilles, et des rats dans la Saison 1 (ainsi qu’un alien, rappelons-le !), des loups dans la Saison 2, il nous fallait bien un autre animal plutôt terrifiant. Qui plus est, comme Odd le dit, un scénario similaire avait été vu dans un film (film que je n’ai pas vu, donc je ne m’étendrais pas là-dessus.)

    II - Attendre.

En effet, aussi surprenant que ça puisse paraitre, au début de l’épisode les corbeaux sont inactifs au trois quarts du temps. La scène la plus flagrante et qui en a fait réagir plus d’un, c’est la scène du pont.

Spoiler

Nos héros vont à l’usine, et après qu’Odd ait subi une petit séance d’acuponcture comme il dit (j’ai bien aimé cette vanne quand même, elle m’a fait rire !), ils ont réussi de justesse à passer dans les égouts avant de se faire déchiqueter. Et là, en arrivant sur le pont, BAM ! Il est infesté de corbeaux… Qui ne bougent pas d’un poil. Remboursez, moi je dis qu’ils étaient empaillés à ce moment là, ce n’est pas possible ! (facepalm)³
Aucun mouvement, zéro.

Spoiler


    III - Attaquer (enfin!)

Beh oui, quand même, fallait y venir un jour ou l’autre.
Bien qu’aucune blessure ne se note sur les dessins, les attaques de ces oiseaux semblent plutôt violentes… Suffit de voir l’état dans lequel Yumi termine, le principal se voit d’ailleurs dans l’obligation d’appeler une ambulance et à la fin de nombreux médecins se pressent autour d’elle l'air paniqué.

D’ailleurs, dans ce que j’ai dit là, j’aurais deux autres remarques à faire :
    D’abord, pourquoi ne pas avoir averti Yumi tout de suite ?
Je veux dire, dès qu’ils sont dans les égouts, ils ne risquaient plus rien, ils auraient dû se douter que les volatiles se mettraient à sa poursuite (bien que finalement, ils fassent continuellement un jeu de ping-pong entre les LG. Un petit coucou chez les troisièmes, et hop un saut chez la grande de seconde). Dans le même genre, pourquoi Yumi se cache dans la remise tout en sachant que les corbeaux passent à travers les vitres. (et je me répète, mais en plus, les vitres étaient déjà ruinées avant qu’elle entre.)
    Ensuite, le manque d’inquiétude de Delmas et Jim.
"Don’t worry, everything is fine."
Sérieusement... Ça m’a choquée moi ! Aucune émotion dans leurs voix, aucune inquiétude. Trouver une fille qui vient de se faire attaquer par des piafs dans la remise au fond du parc, non seulement ça fait film d’horreur, mais y’a de quoi se poser des grosses questions, non ?
Bah non.
Tout le monde va bien, le ciel est bleu, les oiseaux chantent (et attaquent les gens, mais encore une fois, ça, on s’en contrefout), bref, c’est le pays des Bisounours.
Dans le même genre on a le manque de réaction aussi de Jérémie quand il a Delmas au téléphone qui le met au courant de la situation pour Yumi (d’ailleurs, le principal ne se demande pas non plus si son élève est supposé être en cours ou non… Il a trop hâte de retourner jouer aux pingouins sur son ordinateur.) Fin bon, la zénitude extrême de Jérémie, on y est habitué. De toute façon, quand ça ne touche pas à Aelita, il en a strictement rien à cirer.
Ce qui m’a d’autant plus choquée, c’est la réaction d’Ulrich sur Lyoko. Autrement dit : Aucune. Il nous aurait pas tapé de crise puérile pour Johnny, j’aurais demandée à être remboursée aussi. C’est quoi ce prince charmant qui ne s’inquiète plus pour sa belle, hein ? À croire qu’il était xanatifié lui aussi. (d’ailleurs, il le reste, puisque après le RVLP, il ne se soucie pas non plus de l’état de santé de Yumi, c’est quand même Jérémie qui s’est renseigné et qui l’a averti de l’humeur de la japonaise. (facepalm)⁴)
    Autre point, moins important : où est passé Johnny quand Yumi a été emmenée par les médecins ?
Bon, vous me direz, ce n’est pas si grave, c’est la fin de l’épisode. Mais sa moue inquiète (qui tranche avec le comportement des autres au vu de l’événement), n’aurait pas fait de mal non plus. Je n’ai pas compris aussi pourquoi il a un pansement à un moment, mais cette erreur ayant déjà été relevée, je passerais outre.

Anyway. Hormis le côté physique, j’ai trouvé ça un peu mou par moments. Ok, y’a du monde sur Lyoko. Mais trop de monstres, ça tue le monstre. Surtout qu’Odd et Ulrich ne pensent qu’à cette foutue histoire de stats qui sera abordée plus bas. Décevant. Odd est dévirtualisé plutôt vite, Aelita désactive la tour en un rien de temps (même si Jérémie est quand même mis K.O. avant.. D’ailleurs, ils sont forts les corbeaux pour avoir trouvé un passage pour le retrouver.)

Dès que le boulot semble enfin fini sur Lyoko (et au moment où je me suis dit "M***e, c’est passé si vite que ça !"), de nouveaux monstres attaquent. C’est là qu’on se dit que c’est pas fini, et on a raison. Quelques minutes plus tard, la méduse arrive et fait son sale travail en moins de temps qu’il n’en faut pour le taper. De son côté, Ulrich se fait chiper son sabre par des Frôlions qui réussissent à le désintégrer. Je ne sais pas si cela est arrivé souvent, mais moi, c’était la première fois que je voyais ça ! Le samouraï demande alors de l’aide à Odd á l’usine, qui, au lieu de réveiller Jérémie qui prouve encore une fois son inutilité en restant dans les vapes, tente de faire ça tout seul. Évidemment, ça ne marche pas, même si on y croit tous en voyant un début de sabre se matérialiser… Mais non. Aelita se retrouve possédée, et malgré tous les efforts d’Ulrich pour la stopper (on ne peut pas nier qu’il a géré, franchement. Son lancer de roches s’est avéré très efficace d’ailleurs.), ça n’a pas suffit. Odd s’est décidé à réveiller Einstein-la-belle-au-bois-ronflant une bonne fois pour toute, et il n’a pu qu’assister à la destruction du Territoire du Désert, deuxième en quelques épisodes après celui de la Forêt.
Je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçue. (Routiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiine Crying or Very sad )

La fin de l’épisode est classique. Matérialisation d’Ulrich et Aelita, et retour vers le passé pour sauver Yumi. La scène reprend donc au tout début de la journée, après qu’Odd ait renvoyé bouler Hervé et Nicolas. (à ce propos, aucune mention n’est faite de Sissi, ni William, alors que l’épisode abordait le couple Ulumi. De même, Johnny a beau être son meilleur ami, Hiroki n’apparait pas ici.)
Ulrich récupère sa bourde, blabla, tout va bien, jusqu’à ce que Jérémie arrive avec un fameux bout de papier dans les mains. Et oui, il est là le dernier point dont je n’ai pas parlé ! Les stats.

Au tout début de l’épisode, Ulrich et Odd se chamaillent pour savoir lequel d’entre eux était le meilleur combattant sur Lyoko.

Odd : Ouais ben tu m’excusera, ton sabre, pour la déco, c’est p’têt la classe, mais si on parle de désintégrage de bébête à côté d’mes flèches lasers, ça frise le zéro absolu !
Ulrich : Ah ouais ? J’te rappelle que la dernière fois, sans mon sabre, tu repartais direct dans les scanners !


Une éternelle histoire de garçons…

Jérémie apportera une conclusion finale en décernant le prix du meilleur Lyoko-guerrier du mois à… Aelita.
Cette preuve d’amour au combien écœurante de Jerlita ne m’a pas enchantée du tout. Parce que oui, c’est peut-être vrai (quoique si on compte les désactivations de tours, c’est carrément dégueulasse), mais bon après avoir vu cet épisode, on ne peut s’empêcher de dire qu’Ulrich gère.
Z’avez tous entendu, il gère !

Spoiler

D’ailleurs, en phrase de conclusion, je vais citer le petit Johnny tien (car la vérité sort de la bouche des enfants (a)) :

« Wow bah ça, il est trop fort Ulrich ! »


Bien, donc, je crois enfin avoir fait le tour de cet épisode.

En conclusion :
    Une love-story qui avance un peu, après le grand choc du Copain et puis c’est tout on constate qu’Ulrich est toujours extrêmement jaloux, et donc extrêmement amoureux. Franchement… Comme si on en avait douté un jour Mr. Green
    Une attaque qui reprend un schéma connu, à savoir la xanatification d’animaux. Mébon, comme on a toujours plus de spectres que d’autres êtres vivants comme sbires de XANA, ça ne nous fait pas de mal non plus.
    Odd toujours ne forme pour faire de l’humour.
    La perte du territoire du désert. (Routiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiine²)
    Le prix de meilleur guerrier du mois décerné à Aelita.


Je pense que c’est tout. Comme c’est ma première critique, j’ai eu du mal à me décider sur une note. J’étais partie sur un assez bon résultat, puis j’ai décidé de m’inspirer de barèmes déjà existants. En outre, je suis allée voir sur le site certains commentaires et j’en ai relevé deux intéressants que j’ai mis en spoiler.

Spoiler


Étrangement, la note du barème s’étant avéré être celle de la moyenne des deux autres, j’ai décidé qu’elle était la plus juste.
Je donne donc la moyenne à cet épisode, qui reste tout de même plaisant, bien que parfois lourd et d’autre fois mou, j’ai passé un agréable moment à le regarder.

11/20.
      Sujet: [One-Shot] Poisson d'avril !  
    Leana

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    MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 13 Avr 2014 17:47   Sujet: [One-Shot] Poisson d'avril !
    Et me voilà de retour pour répondre aux commentaires ! Mr. Green
    N’empêche, si j’avais su qu’un texte pondu sur un coup de tête aurait autant de succès… ! Il m’aura valu de bien bonnes surprises, ce Poisson d’avril !

    Peppy a écrit:
    Ma foi, les cours de philo t'inspirent !

    On peut dire ça comme ça ! Mr. Green
    Le fait est que j’ai eu l’idée la veille, quand je me suis rappelée de quel jour on était. Puis vu que ma voisine n’était pas là de la journée, fallait bien que je m’occupe. Pis c’est pas comme si c’était pas ma routine de potasser mes fics en cours (a)
    Même si j’avoue qu’un OS entier, ça m’était jamais arrivé.


    Petit point sur la présentation :
    Kastiel a écrit:
    Donc déjà j'aime toujours autant tes images du début à chaque OS ou fanfic qui illustre ton écrit et le titre bien entendu.

    Brume a écrit:
    L'image du poisson de la pub BN était bien trouvée.

    Voyons Clem, les images au début c’est ma marque de fabrique ! Bon j’avoue que je me suis surtout inspirée d’une auteur qui n’écrit plus ici maintenant, mais que j’admirais beaucoup. Je perpétue sa tradition, si on veut.
    Pour l’image du poisson BN, c’est grâce à Ellana ♥


    Passage en coup de vent sur le titre :
    Brume a écrit:
    En lisant le titre de ton texte, j'ai eu peur au début de voir un truc classique avec un humour banal et sans grande profondeur psychologique

    Mais mais mais…. Qu’est-ce que vous avez avec mes titres ? Sad
    Déjà la dernière fois pour Plan de drague on m’avait fait ce genre de reproche comme quoi on ne s'attendait pas à une histoire pareille… (Mais bon, si la surprise est bonne. )
    D’ailleurs, en parlant de ça !
    Jessie a écrit:
    Je préfère ce récit Poisson d'avril à l'autre que j'ai lu précédemment Plan de Drague.

    Tu m’étonnes XD
    Faut dire que c’est pas du tout mais pas du tout le même registre ! Là on a une histoire toute simple et pas une fille à moitié psychopathe dont le seul plaisir est de faire souffrir la gente masculine. On a juste un n’enfant traumatisé par des choichons multicolores.

    Belgarel a écrit:
    Ah, le côté obscur de l'Humour, la mélancolique, la tragédie qui hante les anniversaires d'Odd Della Robbia, il n'en fallait pas moins pour qu'Ikorih te dise des choses gentilles ? :O
    Moi qui croyais qu'il fallait inventer une O.C. tueuse de lapins et la caser avec William…

    Erreur.
    Selon moi, il ne faut surtout pas caser William pour la satisfaire. Et éviter toute histoire de romance guimauve autour de ce personnage si on tient à la vie XD Quoique. (a) Enfin, après tout, ce n’est que mon avis. Le fait est que jamais je n’aurais cru que ce texte lui plairait tant, même si au final c’est bien flatteur.


    Petites précisions sur l’histoire.
    Peppy a écrit:
    Et puis j'avoue que j'attendais ta chute avec impatience car je voyais pas quelle raison pouvait être inventée pour illustrer tout ça.

    Kastiel a écrit:
    Jusqu'à la fin on ne pense pas que c'est le jour de son anniversaire, ce 1er avril.

    En même temps, il en découle une certaine logique. Comme l’a souligné Belgarel « Odd né le 1/4, c'est une blague en soi » (bah oui, je cite de manière moins voyante, sinon on va m’accuser de trop quoter, ce qui est loin d’être infondé (facepalm))
    En tout cas ça m’a plut d’écrire cette histoire, c’était quelque chose sans prise de tête, ça m’a fait du bien (contrairement au reste qui m’a souvent refilé de belles migraines). Et comme l’ont souligné d’autres personnes, il n’y avait pour une fois pas besoin de chercher midi à quatorze heures, c’était tout simple, autant pour la chute que pour l’histoire.

    D’ailleurs du coup, je me suis permise quelque références, fin surtout pour la Tribu, j’avoue que les autres j’ai pas trop fait gaffe. D’ailleurs Belgarel, si tu pouvais éclairer ma lanterne concernant les autres allusions que j’ai faites (apparemment malgré moi. Rolling Eyes)

    Je conclurai sur cette phrase d’Ikorih, que j’ai franchement bien aimé car elle est très juste :
    Ikorih a écrit:
    les peines des plus jeunes sont déjà dramatiques pour eux.



    Concernant le style et les fautes :
    Peppy a écrit:
    Ah juste une chose : il y a beaucoup de répétitions de "premier avril", j'ai tiqué en lisant. Autrement, c'est bien écrit Smile

    Jessie a écrit:
    Le nom du jour "Premier avril" est souvent répété, on peut aussi dire "ce jour" "cette journée redoutée"

    J’en ai enlevé deux ou trois, et d’ailleurs merci à Gummy, Ellana et Zéphyr pour leurs corrections ! ♥ (ouais, rien que ça Cool)

    Ikorih a écrit:
    Tes textes ne sont pas ceux qui me touchent le plus, trop d'amour en dégouline en général (remember mon com de la demande? Mr. Green) même si il est indéniable que tu as du niveau.
    Mais là, j'ai vraiment aimé ce texte, c'est sans doute mon préféré des tiens.

    Ça, c’est du compliment, et je me devais de le relever. Comme je l’ai mentionné plus haut, je n’aurais jamais cru ça. Sachant qu’il ne mentionnait ni Hiroki, ni William. :O Mais bon. Cette souffrance est peut-être plus jouissive que les autres que j’ai racontées, qui sait.
    (et, oui, encore une fois, je me rappelle de La demande. D’ailleurs, à force de le citer partout, je me demande si tu veux me faire de la mauvaise pub ou juste me rappeler que tu es aimable avec moi, mais pas trop quand même Razz)

    Kastiel a écrit:
    Et ce sont ses amis qui ont d'abord pensées à son anniversaire et ça c'est ce qui compte vraiment. Tu aurait pu faire pleurer Odd ça aurait pu être marrant et sympa dans ce moment plein d'émotions. Wink

    Il finit avec les larmes aux yeux quand même.
    Mais c’est sensé être un OS pas trop cul-cul dégoulinant d’émotions (la preuve au dessus Cool), donc bon, fallait pas trop en faire non plus. Je trouvais que la fin était rapide, mais on m’a prouvé que non, alors…


    Ensuite, le traitement du personnage d’Odd :
    Brume a écrit:
    Odd au contraire possède une espèce de nonchalance faisant croire que les choses les plus graves ne le sont pas tant que ça, il est donc difficile de le cerner malgré ce que l'on pense.

    Belgarel a écrit:
    Donc bravo : Odd est à mes yeux le pire défi auquel on puisse avoir à se frotter


    J’ai beaucoup aimé l’analyse de Brume du comportement d’Odd, c’est tout à fait ça. À vrai dire, je me suis jamais vraiment penchée sur la complexité du personnage, je l’ai borné à être, dans mes fics, ce que la série définissait de lui : un dragueur morfal et rigolo.
    Mais il est clair qu’il est plus que ça, et étant donné que j’avais presque fait le tour de tous les personnages, je me devais de lui consacrer un texte. Le mélange des deux idées (Faire un texte pour le premier avril) est plutôt bien tombé je trouve Mr. Green

    Icer a écrit:
    Bon choix de date de naissance. J'ai moi-même failli la donner à Odd dans ma fiction avant de porter mon choix au 16 avril

    (CF Belgarel pour la date du 01/04)
    Et pourquoi pas un jour avant, hein ? *Noémie sort trèèèèèèès loin*

    Icer a écrit:
    Excellente idée d'explication pour la possession de Kiwi et l'amour presque zoophile d'Odd à son égard.

    De la zoophilie, toute de suite ! Si on ne peut même plus aimer les animaux… Fin bref, j’avoue que mon interprétation est une variante possible. Mais je suis sure qu’on peut trouver mieux (a)
    N’empêche, ma version tend à prouver que ce chien est un héros, je me demande si je saurais assumer ça dans mes prochains textes… >.<

    Icer a écrit:
    Mais le best-of est sûrement de nous livrer en creux le motif qui explique pourquoi l'avatar virtuel est un chat, quelque chose qui sera à jamais ambigu étant donné qu'au final celui-ci semble adorer les chiens (ce qui se voit sur sa combinaison).Le seul point d'incohérence de cette théorie est la réaction d'Odd dans le genèse qui ne semble pas coller

    Brume a écrit:
    surtout le moment où Odd souhaite être un chat (non, pas seulement parce que j'adore cette animal Wink mais aussi parce que ça renvoie à son subconscient et à son avatar sur Lyoko, c'est vrai, pourquoi un chat dans le fond? Il y avait plein d'autres animaux, et bien ton explication est assez juste, ainsi qu'enfantine, comme l'est Odd lui-même.

    Oh yeah, moi aussi j’aime les chats !
    J’admets que c’est venu en écrivant, au départ, j’avais juste l’idée que sa date d’anniversaire serait le 01/04. Puis est né la phobie des poissons. Et qui mange des poissons ? Le chat. C’est aussi une idée (intéressante) pour expliquer pourquoi c’est un chat. Bon, le violet, j’ai pas pu pousser plus loin. Ça pourra donner lieu à un futur OS. XD


    En conclusion, je ne peux m’empêcher de citer :
    Icer a écrit:
    Excellent.

    Ikorih a écrit:
    Tu peux être fière Wink

    Merci. Je le suis (bow)

    Cependant :
    Icer a écrit:
    Bon, on s'voit au prochain.

    … Mouais. J’hésite encore. Si t’es gentil (a).
      Sujet: [One-Shot] Poisson d'avril !  
    Leana

    Réponses: 9
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    MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 02 Avr 2014 17:28   Sujet: [One-Shot] Poisson d'avril !
    http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/dauphi10.png



    Bouya ! (y'a pas de meilleure façon de dire bonjour Cool )

    Un petit texte en hommage au premier avril, jour de blagues en tout genre et de... Poissons. Et quelque soit notre âge ou celui de notre entourage, malgré ce qu'on pourrait croire, on n'y échappe pas longtemps ! Alors une idée m'est venue hier dans la journée, et je me suis mise à écrire en plein cours de philo. Et ça a donné ceci, qui aura pour but de vous divertir quelques instants.
    Alors bon, je sais, j'ai un jour de retard. Mais comme dirait ma petite soeur qui m'a collé un poisson dans le dos tout à l'heure, on a encore toute la semaine pour célébrer cette fête !

    C'est donc sans surprise, ou presque, que j'ai décidé de poster ce OS quand même.
    Bonne lecture Smile


    https://i.imgur.com/1wi1oWQ.png

    Poisson d'avril !





      Odd détestait depuis qu’il était tout jeune le premier avril.
      Jour de blagues faciles et de vannes à deux euros, qu’il affectait pourtant utiliser au quotidien, ce jour là il cessait mystérieusement les pitreries et faisait tout son possible pour se faire oublier. Pire encore, il affichait le plus souvent une mine aux allures moroses et ternes.

      C’était tout simplement le jour où il en avait assez. Assez de rire ou de pleurer… De rire.
      C’était le seul jour de l’année où il boudait, tout simplement. Où il refusait de participer à l’enthousiasme collectif qui accompagnait la venue des premières fleurs. Il laissait l’euphorie envahir ses plus proches amis, et gagner jusqu’à l’humeur de ses parents, puis il se refermait sur lui-même, comme une huitre.

      Il haïssait jusqu’au son même que produisaient les trois mots « Poisson d’avril ! » à ses oreilles. Ils lui irritaient les tympans, il ne les supportait pas. C’était quelque chose de presque physique. Ces paroles avaient sur lui un effet répulsif, et il disparaissait subitement après qu’elles aient été prononcées, même si elles ne lui étaient pas directement adressées.

      Et son dégout pour cette fête remontait loin, très loin, aussi loin qu’il s’en souvienne d’ailleurs. Son père et sa mère, qui avaient un sens obtus du concept de parents et de ce que cela impliquait, étaient, à son image, des serials blagueurs. Tout était prétexte avec eux pour rire et s’amuser. Les pancakes du petit déjeuner se retrouvaient brûlés car maman n’avait pas surveillé la poêle, qu’importe, Odd mangerait des céréales comme tous les matins ! On lui offrait une sorte de pédalo en guise de vélo, où était le problème ? Il roulerait bien avec quand même !

      Oui.
      Odd détestait le premier avril. Pour tous ces mauvais souvenirs qui lui revenaient de jour là.

      Il se rappelait chaque année, lors de ce sordide anniversaire, toutes les blagues et toutes les humiliations qu’il avait subies. Car oui, tous ces premiers avril, il avait été poursuivi par des poissons, ainsi que par la honte qui les accompagnait. Il en avait presque développé une phobie, et ne cessait de passer inlassablement ses mains dans son dos.

      Il avait peur de ce qui pouvait surgir derrière lui, pendant son sommeil, pendant qu’il était inattentif, pendant qu’il regardait ailleurs. Il souhaitait ne plus jamais se retrouver dans une position aussi vulnérable que celle propice aux poseurs de poissons, et tentait d’être toujours aux aguets, même lorsqu’une distraction telle que la fatigue, la faim, ou encore le passage devant ses yeux émerveillés d’une jolie jeune fille, venait lentement l’arracher à son état de concentration ordinaire.

      Il savait bien que, malgré son jeune âge et l’évolution de son entourage, il avait de fortes chances, cette année encore, d’être attaqué par des jeunes, des idiots, et des gens dont la mentalité avait cessé de croitre depuis l’époque du bac à sable. Il était la cible préférée de tous les petits farceurs à sa connaissance.
      Et pour cause.

      Il est vrai qu’il les provoquait, d’une certaine manière, et que ce jour là était particulier, mais selon lui il ne méritait pas un tel acharnement. Un jour, enfant, il était rentré à la maison avec une douzaine de poissons collés dans le dos, les cheveux, les vêtements. Il avait même réussi à accrocher sur le retour de l’école un gros poisson, bleu et argenté, qui mordait sa chaussure. Il avait pleuré en les retirant un à un. Il avait tellement pleuré que le soir, même sur les photos de famille, on pouvait encore distinguer ses yeux rouges et bouffis.

      Ce soir là en s’endormant, il souhaita de toutes ses forces être un chat. Un gros chat, un peu bizarre et à son image. Un chat paresseux et bien portant, dont la vie se résumait à des siestes, des câlins, et des parties de jeu de chasse, avec des souris… Et des poissons.
      Oh oui, manger, dévorer tous les poissons.

      Ainsi, avec la conception enfantine du monde qu’il avait, Odd pensa fort que, s’il se transformait en chat, les poissons cesseraient de l’attaquer chaque fois qu'ils en avaient l'occasion. Il passa alors le reste de l’année à demander, réclamer, supplier à genoux ses parents de lui offrir un chat. Puis, à force de quémander, ses parents finirent par céder.

      Le premier avril suivant, alors qu’Odd, la boule au ventre, appréhendait le moment où il devrait sortir de son lit, il entendit un énorme tapage dans la cage d’escaliers. Toute sa famille devait être réunie pour produire un tel vacarme. Puis le bruit se rapprocha et mourut sur le pas de sa porte. Il perçut un léger battement contre le bois verni, ainsi que la douce voix de sa mère qui l’appelait.

      Le cœur battant, il s’approcha, se couvrant la tête de son drap pour éviter une attaque surprise de poissons. Car il savait bien que, dès la frontière avec le couloir franchie, il serait à la merci de ses cinq grandes sœurs. Et il fallait dire qu’elles raffolaient de la vue de leur jeune frangin, à peine réveillé et déjà hurlant, couvert d’affreux poissons multicolores.

      Odd tourna la poignée, sur ses gardes. Une boite trônait sur le pas de la porte, ornée d’un gros nœud rouge vif. Étrangement, le petit garçon ne ressentit aucune appréhension, et pas un instant il ne soupçonna que ça ait pu être une ruse de sa famille. Au contraire. Il s’empressa de jeter son armure de fortune au sol afin de pouvoir ouvrir plus librement son présent.

      Un aboiement s’échappa du paquet alors qu’il l’entrouvrait. C’était Kiwi, son chien.

      Odd fondit en larmes, tandis que sa famille s’écriait « Poisson d’Avril ! », sans s’apercevoir de sa tristesse. En réalité, Mme Della Robbia n’avait pas osé dire à son fils qu’elle était allergique aux chats, alors ils avaient choisi cette alternative. Mais jamais elle n’aurait imaginé que ce dernier réagirait de cette façon.

      Un chien, se disait Odd. Un chien ça ne chasse pas les poissons. Un chien, ça ne servira à rien. C’est inutile, il se fera avoir cette année encore…

      Profitant de la situation, la plus jeune de ses sœurs s’approcha sournoisement dans son dos, les mains hors de sa vue. Alors qu’elle s’apprêtait à inaugurer cette journée en posant sur le dos de son petit frère le premier poisson d’avril de l’année, un gros jaune malveillant, les jappements du jeune chiot se transformèrent en aboiements réprobateurs. Affolant la petite fille, il se mit à la courser à travers le couloir, jusqu’à ce qu’elle laisse tomber par terre le fameux bout de papier maudit.

      Kiwi se rua dessus et le réduisit presque immédiatement en pièces, créant un moment de surprise chez la famille Della Robbia, qui le contempla, médusée. Et quasiment dans la foulée, le cadet éclata de rire. Odd se jeta sur son chien, qu’il broya dans ses bras pendant que l’animal lui couvrait le visage de léchouilles, sous les yeux attendris du reste de la tribu.
      Ce fut à ce moment que le petit garçon sut que son chien le protégerait quoi qu’il advienne.

      Un jappement le tira de ses souvenirs, bien plus joyeux que quelques minutes auparavant. Kiwi Della Robbia, campant au pied du lit de son maitre, fixait ce dernier, la tête penchée sur le côté, comme s’il partageait ses pensées. Odd sourit et soupira tout en grattant la tête de son chien qui venait de sauter sur les couvertures.

      Il était maintenant l’heure de se lever, même si Ulrich faisait encore son gros paresseux à trainer dans le lit. De plus, plus tôt il se levait, plus tôt il se ferait à cette idée. Et, autre avantage, à une heure pareille il y aurait surement moins de monde dans les couloirs, et donc moins de sales blagues à endurer.

      Odd sortit se préparer sans grande hâte, résigné. Arrivant dans les douches, il ne vit pas Jérémie se cacher dans un recoin vers les lavabos afin que son ami ne le remarque pas. Pas plus qu’il n’avait aperçu l’ombre d’Aelita dans le couloir, épiant son départ de la chambre. Ou le discret sourire sur les lèvres d’Ulrich quand il faisait semblant de dormir juste avant qu’Odd ne franchisse le pas de la porte.

      Non, il n’avait rien vu, l’esprit encombré par l’idée qu’aujourd’hui, seul comptait aux yeux de tous le premier avril avec ses blagues et ses poissons. Pas le premier avril et Odd Della Robbia.

      Il rentra donc dans sa chambre le visage fermé, les pieds contemplant le sol, prêt à revivre la pire journée de sa vie une année encore. Certes, sa douche l’avait quelque peu détendu, ainsi que l’absence de signes avant coureurs de déchets maritimes, mais il sentait que ce répit allait être de courte durée.

      Il poussa la porte lourdement, et soudainement un cri retentit :

      « SURPRISE !!! »

      Les mains d’Odd quittèrent sa serviette -qui, heureusement pour lui, resta cramponnée à ses hanches,- pour couvrir sa bouche, et ses yeux s’écarquillèrent sous le choc. Comment… Comment est-ce qu’ils avaient su ?
      Les visages rayonnants, installés devant une flopée de cadeaux et un énorme gâteau aux trois chocolats, ils sourirent avant de poursuivre tous en cœur.

      « JOYEUX ANNIVERSAIRE ODD ! »

      Son chien jappa, et Odd ne put s’empêcher de penser qu’il était dans le coup lui aussi. Il n’en revenait pas. Pour la première fois de sa vie, les personnes qui l’entouraient avaient pensé à lui dire bon anniversaire avant de lui faire une blague. Les larmes faillirent lui monter aux yeux mais il se retint, gêné par toutes ces marques d’attention à son égard ainsi que tous les regards braqués sur lui.

      « Et cette fois Odd, promis, ce n’est pas un poisson d’avril ! »
     

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