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  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 31
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 12 Avr 2018 17:45   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
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Chapitre 14: The Wrath of the Celestial Demon


11 octobre 2001, Banlieue Parisienne, 23h 23

Lorsqu’Aelita entendit la porte d’entrée s’ouvrir, elle reposa son livre, et descendit accueillir sa famille.
Ce qu’elle vit la pétrifia sur place.
Légion portait sur chacune de ses épaules les corps inertes de Heath et de Seth, malgré son habituelle figure stoïque, elle cru noter une pointe d’inquiétude dans son regard lorsqu’il les déposa sur le canapé.
L’elfe virtuelle put alors apercevoir les vêtements poisseux de sang de ses « frères », ainsi que les yeux révulsés du plus âgé. L’horreur s’empara de son visage.
Franz Hopper était aussi livide qu’un cadavre, il fila droit vers la cuisine et en ramena une belle bouteille de bourbon. Il n’avait pas prit de verre, et c’est donc au goulot qu’il s’envoya une bonne rasade d’eau de vie. Qui après quelque gorgés, parvint plus ou moins à apaiser son esprit tourmenté. Le scientifique reprit quelques couleurs, et s’écroula lourdement dans son fauteuil. Sa respiration était haletante.

Aelita posa sa main sur le front de Heath, et reçut une légère décharge électrique qui lui fit lâcher un petit cri de surprise. Aussitôt, son père se précipita vers elle.
-Tu vas bien? Demanda-t-il avec une inquiétude telle qu’elle ne lui avait jamais vu.
-Oui, répondit-elle faiblement. Ce n’était qu’un peu d’électricité statique, rien d’alarmant.
Soulagé, le scientifique retourna plonger dans le cuir moelleux de son fauteuil, et but une nouvelle gorgé de bourbon.
Sa fille contempla pendant quelques instants l’état dans lequel étaient ceux qu’elle appelait « ses frères », avant de se tourner vers son paternel.
-Papa? Dit-elle doucement en s’asseyant sur l’autre canapé du salon. Qu’est-ce qu’il s’est passé?
Franz Hopper baissa les yeux sur le liquide contenu dans sa bouteille, en bu une dernière gorgée, et referma le récipient qu’il déposa sur la table basse du salon. Un profond soupir inidentifiable pour Aelita lui échappa des lèvres.
-Un cauchemar, répondit-il dans un murmure, un véritable cauchemar.

11 octobre 2001, Paris, 92 avenue Mozart, 22h 03

Abigail était à la fois en colère contre Alister, et terrifiée par la puissance de celui-ci. Elle qui avait eu la naïveté de croire que le Dragon Rouge ignorait la différence entre « dévirtualisation » et « mort ». Voilà qu’elle se prenait un sévère retour de flamme, et cela ne lui avait pas plu du tout.
Surtout, cela réduisait à néant ses projets de résolution pacifique entre elle et son oncle. Ou en tout cas les contrariaient profondément.
En effet, elle avait peur que cette démonstration de force n’ait été trop impressionnante. Et si Alister tuait Serpent, elle ne pourrait pas offrir de garantie au scientifique qu’elle ne s’en prendra pas à lui à l’avenir.

Et ce n’était pas ce qu’elle souhaitait, loin de là.
Elle voulait voir sa famille heureuse, et qu’elle le veuille ou non, Waldo Schaeffer en faisait parti.
Oh, l’incorporer à leurs vies n’étaient pas forcément ce à quoi elle aspirait, néanmoins, elle souhait qu’ils restent en bons termes. Si à l’avenir son oncle se mariait et aurait des enfants, elle ne dirait pas non à voir une ribambelle de cousins et cousines se joindre à sa famille. Cette vision pourrait ressembler à celle qu’elle s’était faite, elle était même plus réjouissante.
Cependant, elle avait peur qu’Alister n’ait réduit ses espoirs à néant. Fort heureusement, il semblait avoir échoué.

Il semblait..., car elle voyait mal comment quiconque pourrait survivre avec un corps aussi endommagé que ne l’avait été le programme de Serpent.
Elle espérait, bien que moyennement confiante, que cela n’aurait pas de trop graves répercussions.
Après tout, qui était cette personne pour son oncle? Surement rien de plus qu’un simple soldat, au mieux un associé. Oui, ils ne devaient pas être plus proches que cela.
Enfin, elle pensait cela, mais en réalité elle ignorait presque tout de son parent. Elle avait seulement apprit de la bouche de son père, qu’il l’avait trahi pour faire ses projets de son côté. Herman Schaeffer ne lui avait jamais vraiment parlé de son frère, elle espérait seulement qu’il serait réceptif à sa demande de paix.
C’est alors qu’un étrange signalement apparu sur l’écran de la jeune fille, intriguée elle demanda à l’Augure ce dont il s’agissait.
-Rien de bon, Schaeffer a visiblement plus d’un tour dans son sac.
Abigail fronça les sourcils, que diable se passait-il sur Lyoko?
-File-moi un visuel.


Lyoko, Même moment.


Alister écumait de rage, sa proie lui avait échappé. Il avait beau être indéniablement le plus puissant, cette fuite résonnait à ses oreilles comme son plus retentissant échec. Serpent avait été à sa merci, il aurait pu en finir s’il avait laissé les conséquences de son sabotage l’emporter dans l’autre monde. Mais il avait été victime d’un caprice ridicule, surement causé par l’orgueil que lui avait inspiré sa nouvelle puissance.
Cette même puissance qui avait failli réduire son ennemi à néant, lui paraissait tout à coup bien insignifiante maintenant qu’il était hors de sa portée.
Il s’apprêtait à repartir tout en ruminant son échec, lorsqu’une lueur éclatante recouvrit la banquise. Intrigué, il leva les yeux.
Il avait beau être impossible de se retrouver éblouie sur un monde virtuel, la lumière transcendante qui éclairait le ciel et transperçait ses nuages le déconcerta quelques secondes.
Serpent était-il revenu se battre? Était-ce possible?
Plein d’espoirs, il s’envola vers l’iceberg le plus proche, et observa de plus près la source de cette lumière.

Il plissa les yeux, et aperçut une sorte sphère en argent se matérialiser.
Le Dragon rouge haussa un sourcil, qu’est-ce que cela signifiait? Quelle était cette chose qui semblait capable de repousser sa puissance?
C’est alors qu’il comprit sa méprise lorsqu’il aperçut les deux ailes en argent massif se déployer, permettant à leur propriétaire de briller de milles feux. Sa lumière fut si aveuglante qu’elle chassa immédiatement les nuages sinistres qui recouvraient le ciel de la banquise. Impressionné, Alister observa avec intérêt l’être qui descendait doucement vers un iceberg voisin du sien. Un halo lumineux l’enveloppa progressivement au fur et à mesure qu’il approchait de la glace du territoire. Lorsqu’enfin il posa le pied à terre, Alister pencha sa tête de côté pour mieux observé l’étrange personnage qui venait de faire son apparition.

Ses ailes de métal semblaient aussi souples que les siennes, il portait un pantalon noir ainsi qu’une paire de bottes en cuirs assortis à sa tenu. La partie supérieur de son corps était nue, laissant apparaitre une impressionnante musculature. Son bras droit était en métal noir, tandis que le gauche était comme composé d’électricité argentée.
Sa coupe de cheveux était au béret, c’est à dire courte sur les côtés, et mi-long sur le dessus. Quelques mèches pendaient sur son front.
Les cheveux en eux-mêmes étaient d’une couleur grise-argentée.
Un tatouage en forme de Léviathan tenait son oeil gauche entre ses crocs, et descendait le long de son torse.
Mais le plus étrange, c’était ses yeux.
Ils étaient clos, visiblement, il ne les avaient pas ouverts depuis qu’il était apparu sur Lyoko. Malgré le fait que son adversaire soit le Dragon Rouge, cet être était d’un calme olympien, presque dérangeant.

Depuis son pupitre de commande, Franz Hopper se grattait nerveusement la barbe. Il lui était presque impossible de comparer les deux créatures. La seule donnée dont il disposait pour ce faire étaient leur nombre de points de vie respectif, et ces chiffres ne lui inspirait rien de bon.
-Créateur? Demanda poliment Légion. Seth peut-il remporter ce combat?
L’intéressé poussa un soupir qui trahissait son inquiétude.
-Je l’ignore. Ils sont tous les deux d’un niveau bien au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Mais notre adversaire dispose néanmoins d’une trentaine de milliers de points de vie supplémentaire. Aussi, même si Seth est bien plus puissant que Heath, le combat me parait toujours bien trop déséquilibré.
Il se tourna vers son écran.
-Qu’en penses-tu Xana?
Pas de réponse.
-Xana? Xana?!
Au même moment, sur le territoire de la banquise, un éclair fendit le ciel, et frappa Seth de plein fouet. Un étrange symbole vint se dessiner sur son torse, ainsi que sur son front.
Franz Hopper vit le nombre de points de vie du mutant grimper en flèche, pour la première fois depuis l’apparition de l’autre créature, il esquissa un sourire.
-Là, c’est plus équilibré.

De son côté, Alister hésitait à attaquer son nouvel adversaire. D’un côté, celui-ci semblait dangereux, et il disposait d’une belle ouverture. Mais de l’autre, cette chose n’était pas sa cible. Et si celle-ci ne pouvait revenir se battre, alors il n’avait plus rien à faire ici pour le moment.
C’est alors que Seth ouvrit les yeux, et la haine viscérale avec laquelle il fixait le Dragon Rouge fit tressaillir ce dernier. En effet, les émotions du mutant étaient si intenses, qu’une espèce de bourrasque avait frappée la créature au moment même où son ennemi avait séparés ses paupières.
Alister se sentit soudain extrêmement mal à l’aise, il avait le sentiment de faire face au plus féroce des animaux.

Cette erreur de concentration allait lui être préjudiciable, puisque Seth en profita pour se propulser vers lui à une vitesse supersonique, et lui décocha un fulgurant coup de poing métallique qui l’atteignit à la mâchoire.
Emporté par la puissance de cette attaque, Alister alla s’écraser de tout son long contre le sol glacé de la banquise. Du haut de son iceberg, Seth le toisa du regard.

Le Dragon Rouge resta un moment allongé sur le dos, avant de se relever, tout en faisant mine de masser tranquillement sa mâchoire. Puis, il reprit son expression habituelle, et ses yeux sereins vinrent croiser les enragés de son adversaire.
-Je n’éprouve aucun intérêt à t’affronter, l’informa-t-il de sa voix calme et polie. Celui qui m’intéresse c’est Serpent, alors aurais-tu l’obligeance de t’ôter de mon chemin?
Seth ne répondit pas, son regard continuait cependant de trahir la haine bouillante qu’il s’efforçait de contenir.
-Tu vas payer, gronda-t-il tandis qu’une aura argentée apparaissait autour de lui, tu vas payer pour ce que tu as fais à mon frère. Personne ne s’attaque à ma famille!
Il avait prononcé ces dernières paroles dans un rugissement phénoménal, qui fit trembler l’intégralité du territoire.
Le Dragon Rouge afficha une mine sombre, résolu.
-Je vois.

Sur ses mots, il inspira de toutes ses forces, et recracha à nouveau son torrent de flamme en direction du mutant qui sembla happer par l’attaque. Sous les pieds d’Alister, la glace de la banquise se mua en une roche volcanique qui se propagea sur le territoire tel un virus. Mais à la grande surprise du Dragon Rouge, sa progression s’arrêta net au pied de l’iceberg dont il venait de détruire le sommet. C’est alors qu’il aperçut les larges ailes d’argent de Seth qui s’étaient repliées sur son propriétaire pour le protéger. Lorsque ce dernier les déploya à nouveau, la roche volcanique revint en toute hâte vers son maître, comme chassée par la puissance majestueuse du Démon Céleste.
Le Dragon Rouge fronça les sourcils, et une lueur de détermination apparue dans son regard.
Les deux combattants se propulsèrent alors l’un contre l’autre, et le poing de métal de Seth percuta le poing de chair d’Alister. Une onde de choc colossale traversa le territoire, et la glace des icebergs aux alentours se brisa comme du verre.
Une véritable avalanche de phénomènes similaires s’ensuivit suite aux nombreux coups que les deux adversaires s’échangèrent. Faisant ainsi grimper en flèches les chiffres démentiels qui s’affichaient sur les écrans de Franz et d’Abigail.
-Putain… Commença le scientifique.
-… de merde. Termina la hollandaise.


Alister propulsa son dard vers le visage de Seth qui décala sa tête pour l’esquiver, il reçut en revanche un formidable crochet du gauche qui le propulsa en arrière. Le Dragon Rouge partit à la poursuite de sa victime, et referma ses serres d’aigles autour de sa tête. Il se mit ensuite à planter celle-ci dans le sol sans pour autant s’arrêter de voler, traçant ainsi un long sillage sur la glace. Seth attrapa la patte de son ennemi de sa main argentée. Une violente décharge électrique parcouru le corps du Dragon rouge et lui arracha un hurlement tandis qu’il lâchait sa victime. Le Démon Céleste effectua une roulade en arrière, et une fois sur ses deux jambes, se propulsa en avant. Alister encaissa alors un coup de boule en pleine poire qui l’envoya en chute libre vers le sol. Mais son adversaire ne l’entendait pas de cette oreille, il tendit son bras droit, et le releva brutalement. Aussitôt, un pilier de glace s’éleva du sol, et captura Alister dans ses griffes. Seth ne se fit pas prier, et lui décocha un fulgurant coup de poing métallique qui brisa la prison, et envoya son ennemi s’écraser à plusieurs centaines de mètres. Le mutant posa alors les pieds sur les restes du pilier qu’il avait créé, et ne voyant nulle trace du Dragon Rouge, se mit à charger de l’énergie électrique dans son bras.

C’est alors qu’au loin, un iceberg de bonne taille fut arraché du sol, et expédié droit sur lui. Mais il ne prit pas la peine d’esquiver cette attaque, il attendit que le projectile arrive à sa porté, et posa sa main électrique dessus pour le faire sauter purement et simplement.
Et c’est à travers les débris qui volaient aux quatre vents qu’il se rendit compte de son erreur, puisqu’un jet de flamme incandescent les traversèrent, et l’emporta jusqu’à une colonne de glace contre laquelle il s’écrasa.
Il n’eut pas le temps de dire « ouf » qu’Alister était déjà sur lui, et le transperça de ses cornes. Seth fut à nouveau plaqué contre la colonne dont le sommet se disloqua sous le choc.
Le Dragon Rouge se servit des bons encrages de ses excroissances épidermiques dans le ventre de sa victime pour la soulever de terre, et laisser le bloc de glace s’écraser sur elle.
Puis il l’envoya valdinguer dans les airs d’un bon mouvement de nuque, avant de se lancer à sa poursuite une nouvelle fois.
Il lui décocha trois coups de poings surpuissants, chacun le propulsant un peu plus vers l’extrémité du territoire. Puis il le prit de vitesse, et joignit ses mains avant de lui asséner un coup de marteau qui l’envoya droit vers la mer numérique.

Mais Seth reprit ses esprits, et tira un rayon d’énergie électrique vers la masse d’eau virtuel qui le fit remonter à une vitesse folle. Prenant ainsi par surprise son ennemi, et lui adressant un uppercut métallique sur le menton. Il enchaîna avec un revers de la même main, et son adversaire profita de l’impact de celle-ci pour s’enfuir en volant à pleine vitesse. Seth le suivit sans effort.
Les deux monstres filèrent à travers le territoire tels des étoiles filantes, l’une rouge l’autre argentée. Ils s’entrechoquèrent à de nombreuses reprises durant leur course effrénée, déployant des ondes de chocs qui firent voler la glace en éclats. Il traversèrent le sol des plateformes comme s’il s’agissait de papier, et continuèrent de se percuter l’un contre l’autre, échangeant des coups de plus en plus meurtrier.

Le mutant prit cependant l’avantage sur son adversaire, au moment où son poing électrique allait entrer en contact avec le poing droit de la créature. Son membre se déstructura soudainement, avant de se solidifier à nouveau, capturant ainsi le bras de son ennemi. Une décharge surpuissante parcouru le corps d’Alister, qui tenta de se dégager en tirant de toutes ses forces. Seth le relâcha, et profita du fait que son adversaire fut emporté par son élan pour se placer dans son dos.

Il le ceintura, avant de se mettre à voler à pleine vitesse vers les derniers icebergs, piliers et murs de glace qui tenaient encore debout. Un à un, le mutant fit passer la créature à travers bon nombre de ces obstacles tout en continuant de lui infliger de violentes décharges. Il n’épargna même pas les tours, qui éclatèrent à leur passage. Mais Alister lui planta son dard de métal dans le dos, ce qui lui permit de se dégager de son emprise et de stopper leur course folle en déployant ses ailes. Il décocha alors un coup poing enflammé dans la tempe de son adversaire qui envoya ce dernier au sol. Puis il lui replanta son dard, dans l’estomac cette fois, et le souleva à sa porté tandis qu’un brasier incandescent se formait derrières ses rangées de crocs.

C’est alors qu’un fin laser argenté jaillit du centre du symbol gravé sur le front du mutant, et vint transpercer l’oeil droit de la créature qui relâcha sa victime.
Seth en profita pour enrouler son bras gauche autour de la queue du Dragon Rouge, et lui infligea une nouvelle décharge. Ce dernier tenta alors de lui mordre la gorge, mais c’est l’avant bras métallique du Démon Céleste que ses crocs capturèrent.
À nouveau, un laser argenté jailli du front de Seth et creva le deuxième oeil d’Alister. Le mutant en profita pour libérer son bras droit, et adresser un violent crochet à son adversaire. Ce dernier, toujours sous l’emprise du membre électrique, fut violemment ramener vers son bourreau qui lui décocha un deuxième coup si violent, que sa queue ne résista pas au choc.
Il fut propulsé vers la dernière colonne encore debout qui s’écroula à son impact, et l’enseveli sous ses décombres.

Seth se débarrassa du membre reptilien qui continuait de gigoter, et l’envoya vers la mer numérique.
Une colonne de lumière s’éleva dans le ciel, tandis que les trous dans son corps étaient en train de se refermer.
Il se remit à charger de l’énergie dans son bras gauche, tout en restant sur ses gardes.

Le Grand Dragon Rouge poussa un rugissement enragé. Il envoya valdinguer les décombres qui l’avaient enterré, et se dressa de toute sa stature face à son adversaire.
Tout comme lui, ses blessures étaient en train de guérir. Déjà son oeil droit s’était reformé, tandis que le gauche était masqué par une bouillie de pixels rouges, semblable à celle qui reformait sa queue.
Il ne restait pas grand chose du territoire banquise si ce n’est trois plateformes et demi alignées les unes après les autres, et un dernier iceberg miraculeusement intact. Aucune tour n’avait survécu à leur affrontement.
Alister était désormais celui qui était le plus furieux des deux. Il était enragé de voir que ce corps dont il était si fier, avait souffert de pareils dommages face à un adversaire qui lui était complètement inconnu.

De son côté, Seth avait peu à peu retrouvé son calme. Celui qu’il affrontait était d’une redoutable puissance, et sans l’aide de Xana, il n’aurait jamais pu faire jeu égale avec lui. En effet, non seulement le programme multi-agent avait augmenté ses forces, mais en plus il avait analysé et informé le mutant des capacités de son propre avatar. Ajoutez à cela le fait qu’à deux ils pensaient vite et bien, et vous obtenez un adversaire des plus coriaces.
Mais en terme de puissance pure, c’était bien Alister qui était au-dessus.
Cependant, Seth ne montrait aucun signe d’inquiétude. Il attendit que ses blessures soient entièrement guéries, avant de plonger son regard d’argent pur dans les yeux rouges reptiliens de la créature qui serrait les poings de rage.

Alister fut prit de tremblements furieux, et sa nouvelle queue fouetta le sol avec frénésie.
Comment osait-il? Cet avorton qui se dressait entre lui et sa proie! Ce caillou sur sa route! Cette ordure qui l’empêchait d’accomplir la volonté de son maître!
Le Dragon Rouge prit une profonde inspiration. Sa poitrine se mit à gonfler, et gonfler, et gonfler. Seth laissa échapper un sourire.

-C’est l’heure d’en finir. Annonça-t-il avec sérénité.
Enragée, la créature cracha un immense jet de flamme rouge incandescent qui fila droit sur son adversaire céleste. Celui-ci posa ses ailes d’argent en opposition, et tint le choc. Mais la puissance de l’attaque le poussa à une vitesse folle à travers les trois dernières plateformes, y comprit le dernier iceberg encore debout. Encrés dans le sol, ses pieds tracèrent deux longs et profonds sillons.

Il attendit d’arriver à la limite de ce qui restait du territoire pour pousser sur ses jambes et prendre son envol. Cependant l’attaque d’Alister le suivit dans les airs, mais ne représenta aucune réelle menace pour le mutant qui l’évita en voletant autour.
Furieuse, la créature banda ses muscles, et une aura rouge incandescente se mit à l’entourer. Il se propulsa de toutes ses forces vers Seth qui n’avait pas cessé de sourire.
Il tenta alors de lui assener un coup de poing enflammé, mais au dernier moment, le Démon Céleste rétracta ses ailes, et se laissa tomber en piquet. Alister virevolta, et fonça à pleine vitesse pour le rattraper dans sa chute. Pendant un instant, il cru que Seth allait se poser sur l’iceberg vers lequel il filait.

Mais ce dernier effectua un battement d’aile pour afin de seulement l’effleurer, et de poursuivre sa descente. Aveuglé par la colère, Alister donna un dernier coup d’accélérateur. Celui qui allait lui être fatal.
Seth planta sa cheville gauche dans la paroi glacée de l’iceberg, ce qui, au bout d’un laps de temps, stoppa sa chute.
Le Démon Céleste vit alors le Dragon Rouge, emporté par sa vitesse, se retrouver au même niveau que lui. Et durant ce millième de seconde, il lu avec satisfaction la lueur de terreur dans son regard.

De sa jambe valide, Seth prit appuie sur l’iceberg, et se propulsa pour décocher un féroce coup de poing métallique dans le plexus de sa victime. Celle-ci fut coupée net dans son élan et tomba à son tour en chute libre, mais pas pour très longtemps.
Seth déploya ses ailes pour se stabiliser, et tendis sa main gauche vers son adversaire. Le souvenir de Heath vomissant son sang s’imposa soudain dans son esprit. Dans un hurlement de haine, il libéra l’énergie électrique qu’il avait accumulé durant tout ce temps.

Alister encaissa une véritable vague foudroyante, l’attaque lui fit traverser le sol de la plateforme, et l’envoya droit vers la mer numérique.
Mais au grand étonnement de Seth, la créature parvint à freiner sa chute, et résistait désormais à la puissante vague foudroyante qui continuait de s’abattre sur elle. Le mutant accentua alors la puissance de son attaque.
Au bord de la rupture, Alister en appela à ses dernières forces, et recouvrant son corps de flammes, tenta de remonter la vague à laquelle il ne pouvait désormais plus échapper.

Les deux combattants se retrouvèrent alors dans une impasse, et ce serait le plus résistant des deux qui l’emporterait.
En effet, après avoir épuisé toute l’énergie qu’il avait accumulé, Seth n’eut d’autres choix que de convertir ses points de vie en énergie par l’intermédiaire de Xana.
Quant à ceux d’Alister, ils descendaient en flèche. Mais le Dragon Rouge continuait malgré tout de charger à pleine puissance contre la vague foudroyante, persuadé de parvenir à avoir le dessus. Et malgré tous les efforts du mutant, c’était ce qui était en train de se produire. Peu à peu, la créature remonta progressivement l’attaque tout en feulant furieusement. Et Seth allait se retrouver à court de points de vies d’une seconde à l’autre.

Seulement, c’était compter sans Franz Hopper.
Ce dernier ayant sous les yeux le nombre de points de vies de chacun des combattants, savait désormais ce qu’il lui restait à faire. Jouer à domicile présentait bon nombre d’avantages, et Alister allait s’en rendre compte à ses dépends. Le scientifique se mit à détourner de l’énergie de son super calculateur, énergie qu’il transmit aussitôt à Seth.

Le Démon Céleste sentit soudainement ses forces revenir, et s’en servit pour accentuer immédiatement la puissance de sa vague foudroyante. Alister eut beau y jeter ses dernières ressources, ses points de vie n’allaient pas tarder à le lâcher. Et il ne lui fallu pas longtemps pour se rendre compte de son inéluctable défaite. Une rage folle s’empara de lui.
-Qui es-tu?! Rugit-il alors qu’il n’allait pas tarder à disparaître.
Fièrement, le Démon Céleste lui répondit en criant:
-Je suis Seth Lancaster, petit frère de Heath Lancaster. Et toi tu es un très vilain dragon, et tu as mérité une punition.
Sur ses mots, il accentua une nouvelle fois la puissance de son attaque. Le Grand Dragon Rouge résista encore quelques secondes, avant de finalement céder. Et dans une bouillie de flammes pixellisées, rejoignit l’Enfer dont il avait surgit.
Seth resta un moment dans les airs, à fixer le point où la créature avait disparu.
Puis il leva les bras vers le ciel, et poussa un immense cri de victoire. Tant il était transporté par la fierté qui emplissait désormais sa poitrine.

Mais tandis qu’il savourait son succès, il ne remarqua pas la présence de l’Augure. Dont seule la tête avait émergée de la mer numérique. Celui-ci était venu uniquement pour servir d’antenne relais entre son super calculateur et Alister, ainsi que pour donner un visuel du combat à son opératrice. Et dans ces conditions, Abigail entendait tout ce qu’il entendait. Elle et Franz se pétrifièrent sur leurs chaises respectives. Une horrible sensation parcouru le coeur de la jeune fille. Sous le choc, elle lâcha:
-Heath…
-…Seth… Ajouta l’Augure sur un ton similaire.
-… Lancaster. Termina un Franz complètement livide. Quel crétin!
-J’ai dis quelque chose de mal? Demanda le mutant en aillant entendu l’insulte faite à son encontre.
Bien qu’épuisé par les multiples émotions de la soirée, le scientifique n’en était pas moins furieux. Il rematérialisa Seth, et descendit en salle des scanners afin de lui administrer un sermon monumentale.
C’est là qu’il le trouva, écroulé dans la flaque de sang laissée par Heath. Et qu’il n’eut d’autres choix que d’ordonner à Légion de les ramasser, lui et son frère. Après quoi, il mit en veille son super calculateur afin d’éviter toutes nouvelles mauvaises surprises, et de permettre au territoire banquise de se reconstituer de lui-même. Puis il quitta son labo, fourra les deux lascars dans sa voiture avec l'aide de Légion, et rentra chez lui.


11 octobre 2001, Banlieue Parisienne, 23h 34


Lorsqu’il eut finit de raconter les évènements de la soirée à sa fille, Franz Hopper se rendit compte qu’il avait ingurgité la moitié de sa bouteille de bourbon. Sa tête était tout à coup bien plus légère qu’au début de son récit, il se tourna vers Légion.
-Lave les garçons, dit-il d’une voix pâteuse, et change leurs vêtements. Je trouverais une solution à leurs problèmes plus tard. Nous devons partir d’ici le plus vite possible.
Il attendit que la création numérique ait disparue pour se tourner vers Aelita, celle-ci semblait paralysée sur son canapé. Son regard inquiet était comme absorbé par l’escalier que Légion avait emprunté avec ses « frères » sur les épaules.

-Ma puce? Murmura-t-il à la jeune fille afin de la sortir de ses pensées. Va préparer tes affaires. Il n’y a rien que tu puisses faire pour eux ce soir. Dépêches-toi.
-Est-ce que…, commença-t-elle d’une voix tremblotante, est-ce qu’ils vont s’en sortir?
Franz poussa un profond soupir, et rejeta la tête en arrière.
-Évidemment, ces deux têtes de mules sont trop bornées pour mourrir.
Avec soulagement, il vit un léger sourire rassuré apparaitre sur le visage de sa fille. Cette dernière se leva paisiblement, et embrassa son père.
-À tout de suite Papa.
-À tout de suite mon trésor.



11 octobre 2001, Paris, 92 avenue Mozart, 23h 17

Sous le coup de la colère, Abigail stoppa net la procédure de dévirtualisation d’Alister. Elle laissa son esprit réintégrer son corps, mais l’empêcha de se réveiller de la stase dans laquelle il avait été plongé pour être virtualisé.
-Salopard. Cracha-t-elle avec mépris.
-Qu’est-ce que tu fabriques? Demanda l’Augure.
-Cet enfoiré est trop dangereux, se justifia la hollandaise, tant que Crystal ne sera pas de notre côté il est hors de question qu’il vadrouille autour de notre famille.
Son ton ferme ne laissait pas de place au débat, mais étonnement, la créature virtuelle n’émit aucune protestation.
-Ça me va. Se contenta-t-elle de lâcher, à la surprise de la jeune fille.
Une fois que celle-ci eut terminée la procédure de mise en stase, elle passa nerveusement un doigt sur sa cicatrice. Priant que ses soupçons ne soient pas fondés, priant pour que Heath et Serpent ne soient pas une seule et même personne.
Mais elle savait que ses prières tomberaient dans l’oreille d’un sourd.
-Qu’est-ce que j’ai fais?

******


Aelita ne savait pas où elle était, ni même qui elle était. Tout ce qu’elle voyait, c’était une jeune fille de son âge ayant des traits semblables aux siens assise sur un lit. Elle se trouvait dans un lieu qu’elle n’avait jamais vu auparavant, et qui pourtant, lui semblait étrangement familier. Sa vision était étrange, comme si elle avait des caméras de surveillances à la place des yeux.
-Ta mère a été soumise à un lavage de cerveau durant sa captivité. Ils l'ont endormie, puis, ils sont directement intervenus sur ses rêves. Ainsi, ils lui ont fait croire qu'elle vivait encore avec sa famille, alors qu'elle était déjà leur captive. Elle a cru avoir une relation sexuelle avec son mari, mais c'est le Docteur qui s'est servi d'un échantillon de son propre sperme pour la féconder. Ils lui ont ensuite fait croire qu'elle avait été kidnappée quelques temps après cette relation. Anthéa a cru passer dans une cellule aux conditions hygiéniques douteuses, mais en réalité, elle était très bien traitée. Le Docteur voulait absolument que tu sois en bonne santé. 
Aelita écarquilla les yeux face à ces paroles qu’elle prononçait, mais qui n’étaient pas les siennes. Anthéa… Sa mère?

-Bien sûr, il était quand même nécessaire de la placer dans une de ces cellules pendant quelques heures afin de pouvoir achever la manipulation sans qu'elle ne se rende compte de rien. Ils l'ont donc placée dans une cellule qui avait déjà été occupée par quelqu'un depuis une semaine, et ils l'ont badigeonné de crasse pour compléter leur illusion. Tout ceci peut te paraître exagéré, mais le Docteur avait peur que ta mère ne tente d'avorter si elle venait à découvrir que tu étais de lui. De plus, il tenait absolument à ce que ce soit elle la mère de son enfant, un genre de revanche envers son frère Waldo Schaeffer qui l'aurait trahi.

Aelita tentait vainement de se boucher les oreilles, mais elle n’avait ni bras, ni corps. Elle ne voulait plus entendre cela, elle ne pouvait plus écouter ces horreurs.
-Assez, lâcha-t-elle désespérée. Par pitié, assez!
Elle se réveilla, le corps trempé de sueur. Elle mit un petit moment pour comprendre qu’elle s’était évanouie en plein milieu de sa chambre. Aelita plongea la tête dans ses mains, des larmes coulaient le long de ses yeux.
Ce rêve, il paraissait trop réel. Ce n’était pas un simple rêve, c’était un souvenir qui n’était pas le sien. Un souvenir dont elle n’avait retenu qu’une seule et unique chose.
-J’ai une soeur, lâcha-t-elle sous le choc.
-« Tu avais une soeur », corrigea la voix d’Intelligence, « elle s’appelait Mathilda. »
L’IA prit un temps avant d’ajouter:
-« Pourrais-tu me laisser regagner le corps de Heath? Je pense qu’il a grand besoin de moi maintenant que j’ai repris des forces chez toi. »





******



X.A.N.A. était prit au piège.
Comment? Il ne le savait pas.
Il se souvenait des multiples vagues d’ondes qui avaient secoué le réseau, et de son exploration pour en découvrir la source.
Il était alors tombé sur l’entrée forcée d’un monde virtuel, similaire à celui dont il avait été libéré.
Et qui, étrangement, lui paraissait affreusement familier.
Il avait aperçut une créature étrange en sortir, et en avait alors profité pour s’y engouffrer.
Cela s’était révélé être une erreur fatale.
Alors qu’il commençait à peine à explorer l’étrange forêt sur laquelle il avait posé les pieds, celle-ci avait disparue. Et lui avec.
Il était à présent prisonnier du néant, incapable de bouger. Il ne voyait rien, ne sentait plus ses membres, il en était même venu à se demander s’il existait toujours.
C’est alors qu’une multitudes de voix vinrent s’inviter autour de son programme.
-Qui es-tu?
-D’où viens-tu?
-As-tu été envoyé par le Créateur?

Tout ce flot de questions auquel il ne souhaitait pas répondre. Il se contenta donc de faire la seule chose qu’il savait véritablement faire en dehors de détruire: assimiler.
Un à un, les milliers de petits programmes vinrent ajouter leurs données aux siennes. Peu lui importait leurs protestations, peu lui importait leurs réticences. Il faisait ce pourquoi il avait été conçu, il évoluait, il devenait plus fort, plus intelligent.
Car telles étaient les instructions de la Banshee: obéir et se développer par elle-même.
Tout cela dans un seul but: conquérir.
-Je suis X.A.N.A., et ceci est mon oeuvre.


Prochain chapitre: Une Putain de Mauvaise Journée.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 04 Avr 2018 10:05   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Alors maintenant on emploie des stratégies pour me faire poster plus vite? Rolling Eyes

Et si à la place on faisait un petit deal? Plus ton com (ou un autre) arrive vite, plus la suite arrivera vite. C'est une promesse. Mr. Green

Citation:
Bon alors sans aucune originalité j'vais faire dans l'ordre de mes tirets, donc premièrement, Heath et Abigaïl : je tenais à rappeler que le "A quoi tu penses" a été répertorié dans le top 10 des clichés de la romance 2018 (édité par un jury amateur). Simple indication. Mais comme on en est à lire des "Mais je l'aime." dans tes textes, je crois que du chemin a été parcouru!


Un peu de romance chelou avec un poil de cliché, parfois ça fait du bien. Mr. Green


Citation:
En fait, par rapport au chapitre 13, je sens que la fic va se finir avec un epic fail du style d'Abigaïl qui se rendra compte un peu tard qu'elle a fait buter son mec, aka Serpent. "Oups" Mr. Green


Houla non, non, non. Ce serait une catastrophe de finir comme ça Laughing


Citation:
Pour parler d'Heath tout seul, on sent qu'il a pas mal mûri entre les deux tomes. Après, c'est vraisemblablement corrélé aux années qui se sont écoulées depuis la publication de DSSLN...


Oui, il est vrai que j'ai commencé DSSLN il y a genre... Bah un peu plus de 4 ans. Embarassed Tâchons de faire en sorte que Pandémonium ne dépasse, voire n'atteigne pas les 3 ans. Mr. Green

Pour parler de Heath, disons que son nouvel environnement est pour beaucoup dans l'évolution de sa maturité. Ça et le fait qu'Intelligence soit toujours dans sa tête. Mais sa nouvelle vie y est pour beaucoup.

Citation:
J'ai bien aimé le parallèle entre Thomas et Renarde, Dragonne a même failli servir à quelque chose c'est incroyable!


Bah oui, à force d'avoir créé trop de persos ça risquait d'arriver. Disons que je corriges mes erreurs de jeunesse Wink

Citation:
Allez, tomber dans des produits chimiques n'a jamais tué personne, après tout! Smile


Évidemment, c'est scientifiquement prouvé Mr. Green

Citation:
Dernier point : une fois encore, je m'interroge sur les motivations d'un perso, et ici c'est Xana. Pour le coup, il n'avait pas de raison particulière de sauver Heath, sauf si on considère qu'il est également influencé par Seth. Ou alors Xana a un intérêt là dedans, genre il est conscient du fait que Heath va vouloir garder Seth en vie et donc, indirectement, servir à Xana.


Ce qui est bien quand tu t'interroges, c'est que tu donnes toi-même des réponses parfaitement valables. En vérité Xana n'est pas vraiment libre de ses mouvements, Seth l'a après tout menacé de le buter dans DSSLN lorsqu'il est arrivé dans son corps.
Il obéit donc à Seth par peur de disparaitre, et comme tu l'expliques toi-même, Seth a une influence sur Xana.
Quant à sa relation avec Heath, sachant que celui-ci s'occupe de Seth depuis de nombreux mois déjà, il sait que l'allemand prend soin du mutant. Au final, la survie de Heath ne fait qu'augmenter ses propres chances de survie, comme tu l'as bien compris.

Citation:
PS : On recherche actuellement Sergei Dragunov, porté disparu depuis une durée indéterminée parce qu'on a la flemme de chercher son dernier chapitre d'apparition.


"Porté disparu", tiens c'est pas mal ça pour la prochaine liste de persos. Mr. Green
En attendant, pas un mot à ce sujet Mr. Green

Le chapitre 14 paraîtra avant la fin de la semaine. (Edit: Ou pas)

PS: Abigail s'écrit à l'anglaise, pas de "AbigaÏl" please. Wink
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 28 Mar 2018 21:38   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Chapitre 13: Behold The Great Red Dragon



11 octobre 2001, Paris, alentours du lycée Jean-Baptiste Say, 17h 51

Lucius Hobbs et Aelita Lancaster étaient dans de beaux draps.
Ils avaient prit l’habitude de rentrer ensemble après la sortie des cours, et voilà qu’ils s’étaient fait embusquer par une bonne douzaine d’élèves qui les avaient alors poussé sans ménagement jusqu’à une ruelle à l’abri des regards.
Aelita ne les connaissait pas tous, mais à sa grande surprise, elle avait reconnu Sylvie, Sarah et Matthieu. Le reste du groupe était composé de huit garçons et d’une autre fille.
Une fois qu’ils furent encerclé, un des garçons se détacha du groupe et s’adressa à Lucius.
-Est-ce que tes frères ont tués Luc et sa famille?
L’adolescent écarquilla les yeux.
-Ils n’y sont pour rien!
-Ah non? Arrête de faire l’innocent Lucius, on sait tous ce qui est arrivé à Mohamed. On sait que c’est parce qu’il te victimisait qu’il est mort. On sait qu’il a été brûlé vif, et on sait aussi que Luc t’en faisait parfois voir de toutes les couleurs, et que sa famille a crevé dans un incendie. Ça fait un peu trop de coïncidences.

Lucius et Aelita n’en crurent pas leurs oreilles. Certes, ce raisonnement avait peut-être un sens pour une bande de collégiens paranos, mais ne se basait sur aucune preuve concrète.
Visiblement, il s’attendait à ce qu’il fasse une confession. Mais le petit frère d’Abigail n’était pas disposé à leur faire un cadeau pareil, d’autant plus qu’il savait que Drake n’avait rien à voir avec les disparitions de Luc et de sa famille.
-Ils n’y sont pour rien. Répéta-t-il en pesant ses mots. Et ils n’y sont pour rien non plus dans la mort de Mohamed. C’était un connard, mais mes frères ne sont pas des monstres.
Il s’y prenait mal, il le comprit lorsqu’il remarqua que personne ici ne semblait le croire. Il devait changer de stratégie.
-Ce que vous dites n’a aucun putain de sens! Cria-t-il. Le gars qui a buté Mohamed l’a attiré dans un lieu désert. Pourquoi il aurait changé de stratégie en allant cramer tout un immeuble?! C’est n’importe quoi!
Cette fois-ci, il eut la sensation d’avoir fait mouche. Car certains garçons s’était mis à échanger des regards incertains. C’est alors que la troisième fille du groupe s’avança, et Lucius remarqua alors qu’il y avait autant de larmes qui coulaient le long de ses joues que de haine dans ses yeux.
Aelita la connaissait sous le nom de Chloé

-Menteur! Cracha-t-elle avec mépris. Luc m’a dit que tu l’avais menacé de lui envoyer ton frère le buter avec un lance-flamme! Oses me dire le contraire!
Lucius se paralysa sur place face à cette déclaration, les autres garçons de la bande reprirent tout à coup confiance en ce qu’ils pensaient. Il se souvenait effectivement avoir lancé cela à Luc un jour où il l’avait racketté pour s’acheter des cigarettes. Ils étaient dans une merde noire.
-Et toi! Rugit-elle en se tournant vers Aelita. Tu peux me dire où est passé ton connard de frère?! Ça fait plus presque deux semaines qu’on ne l’a pas vu! Luc m’a dit qu’il dînait avec sa famille le soir où ils sont tous mort. Qu’est-ce que t’as à répondre à ça, hein?!
-T’es complètement barge! Se défendit Aelita. Seth a perdu sa petite amie, tu ne veux pas le laisser en dehors de ta paranoïa?!
Chloé éclata d’un rire faux.
-Ma paranoïa?! Ton putain de frère sortait avec Valentine depuis à peine quelques semaines, et on ne l’a plus vu le jour qui a suivi l’incendie! Ça faisait plus d’un an que Luc et moi on était ensemble. Un an! Et je ne l’ai appris qu’à l’école. Moi aussi j’ai perdu mon petit ami, et je ne me cache pas comme une pauvre sous-merde! Comment t’expliques ça?!

Aelita s’apprêtait à rétorquer une excuse pour justifier l’absence du mutant, lorsque qu’un autre garçon prénommé Dimitri prit la parole:
-Ça suffit. Lança-t-il à l’adresse de Chloé, avant de se tourner vers Aelita.
-Comment ça se fait que ton frère n’était pas à l’école le lendemain de l’incendie?
-Il s’était disputé avec Valentine. Répondit-elle en se rappelant la version des faits que Légion lui avait communiqué. Il ne voulait pas aller en cours. C’est les flics qui lui ont apprit la nouvelle.
-Et pourquoi il n’est pas revenu?
-Parce qu’il ne peut pas revenir. S’agaça Aelita en sachant le mutant dans le coma. Il est beaucoup plus sensible que cette espèce de folle, c’est difficile pour lui. Et quand on voit comment vous réagissez on le comprend.
-Moi folle?! Gronda Chloé les poings serrés. Mais les garçons lui demandèrent de laisser faire Dimitri.
Celui-ci se tourna alors vers Lucius.
-Est-ce que tu as menacé Luc de lui envoyer ton frère?
-Oui je l’ai fais. Maugréa l’adolescent. Mais j’étais supposé faire quoi d’autre? Le laisser me tabasser et prendre mon argent?
Dimitri balaya ces paroles d’un geste.
-C’est pas la question. Est-ce que tu lui as dis que ton frère avait un lance-flamme? Répond par oui ou par non.
-Oui, soupira-t-il enfin.
Satisfait, Dimitri se tourna vers un autre garçon de sa bande. Celui-ci effectua un cercle avec son pouce et son index.
-C’est dans la boite.
Lucius écarquilla les yeux, et vit que celui qui venait de parler tenait une caméra. Dimitri se tourna vers lui.

-Maintenant les flics ont une bonne raison de venir fouiner chez toi. Lâcha-t-il triomphant.
Lucius voulu protester contre cette drôle de combine, mais un cri de douleur l’en empêcha. Aelita laissa échapper un profond soupir de soulagement.
Heath Lancaster agrippait fermement le bras du garçon qui tenait la caméra et le soulevait à présent du sol. Il s’empara du matériel audio-visuel, et relâcha sa victime qui se mit aussitôt à se masser le poignet. Puis, l’allemand se saisit de la carte SD de l’engin, et la cassa sous les protestations du groupe d’adolescents.
-Vos gueules! Gronda-t-il avant de se diriger vers Chloé plus menaçant que jamais. Toi, ça n’est pas parce que tu souffres que ça te donne le droit de faire souffrir les autres, pauvre conne!
Il se tourna vers Dimitri.
-Et toi tu es un débile profond. Un témoignage acquis sous la contrainte vaut que dalle aux yeux des flics, tu regardes trop de films policiers.
L’adolescent accusa le coup. Heath se tourna alors vers l’intégralité du groupe.
-Vous êtes d’ailleurs tous plus cons les uns que les autres, cracha-t-il, vous accusez à tort et à travers alors que jamais personne n’a dit qu’il s’agissait d’un incendie criminel! Si jamais Lucius a en effet menacé Luc de lui envoyer son frère avec un lance-flamme c’est aux flics qu’il fallait le raconter.

Il se tourna vers Chloé.
-Est-ce que tu l’as raconté aux flics?
-Non. Bredouilla-t-elle.
-Et tu crois que c’est en te donnant en spectacle devant une caméra et en montrant à tous à quel point tu souffres que tu vas accorder du crédit à ta parole? Mais t’es vraiment débile!
-Il a avoué! Se défendit-elle.
-Il a avoué -sous la contrainte- l’avoir menacé, rectifia Heath. Et il a avoué l’avoir fait pendant que ton copain chérie le rackettait. A ton avis, ils vont croire qui les flics? La tarée hystérique qui a perdu son petit ami? Ou le garçon qui, sous la contrainte, a avoué avoir prononcé des paroles basées sur une rumeur de collégiens pour se protéger du gars qui le rackettait? Me donne pas ta réponse, même si t’es conne à en pleurer elle t’as surement déjà sauté aux yeux.
Chloé ne su quoi dire, elle se contenta de sangloter. Heath l’ignora pour s’adresser de nouveau au groupe:
-Maintenant dégagez tous d’ici, le spectacle est terminé. De même que votre petit numéro de justicier débile. Vous avez perdu votre pote et j’en suis désolé pour vous, mais ce que vous faites là est juste répugnant. Alors allez vous trouver un autre coupable, ou regardez-vous dans une glace. Ça aura de toute façon le même effet.
Lentement, les adolescents se dispersèrent. Certains en groupe, d’autres seuls. Dimitri vint emmener Chloé qui pleurait à chaudes larmes en invoquant le nom de Luc. Sarah, Sylvie et Matthieu s’approchèrent d’Aelita en bredouillant des excuses, en affirmant qu’ils étaient venu pour la protéger si les choses avaient dégénérés. Mais Heath leur barra le passage.
-Vous trois vous allez vous faire enculer. Si vous étiez ses amis vous l’auriez défendue, mais vous avez préféré vous mêler au troupeau comme de bons petits moutons que vous êtes. Alors tirez-vous.

Penauds, les adolescents s’en allèrent d’un pas lent. Heath attendit qu’ils soient tous hors de portée pour s’adresser à Aelita.
-Allez on rentre.
La jeune fille acquiesça, quelques larmes coulèrent le long de ses joues dû à la retombée de la pression.
-Merci, lâcha un Lucius dans un état similaire.
-Ne me remercie pas, rentre plutôt chez toi raconter à ta soeur ce qui est arrivé. Il vaut mieux qu’aucun de vous ne fréquente à nouveau cette école. Trop de problèmes et trop de cons.
L’adolescent acquiesça, salua Aelita tout en s’excusant, et détala à toutes jambes.
La jeune fille aux cheveux roses se tourna vers l’allemand.
-Qu’est-ce que tu faisais ici?
-Le travail de Légion, répondit-il en se mettant en route avec sa « soeur » sur les talons. D’habitude c’est lui qui assure ta protection, mais ton père avait besoin de lui et comme je n’avais rien à faire…
-Ça m’étonne que tu ai réglé le problème de cette façon, fit-elle remarquer, ça te ressemble pas. Je pensais que tu distribuerais quelques coups de poings.
-Et envoyé douze gamins à l’hôpital? Ça aurait été complètement idiot. Je t’avoue quand même que j’ai dû faire preuve de pas mal de retenu.

La jeune fille gloussa.
-Désolé Aelita, soupira-t-il, j’aurais préféré que cette histoire n’ait pas de retombé sur toi.
L’elfe virtuel haussa les sourcils.
-Alors c’est vraiment toi qui…
-Pas ici.
-Pardon.
Ils progressèrent en silence pendant une bonne centaine de mètres, avant que la jeune fille ne reprenne la parole:
-Ça ne te ressemble pas non plus.
-Quoi?
-De t’excuser je veux dire, je ne t’ai jamais vu le faire aussi naturellement.
Heath voyait très bien de quoi elle parlait, mais il se contenta d’hausser les épaules malgré sa gêne.
-Il y a un début à tout, soupira-t-il d’un ton blasé. Les gens finissent toujours par changer.
Aelita lui sourit.
-En tout cas je te préfère comme ça, grand frère.
Heath fronça les sourcils, et lâcha un soupir d’exaspération.
-Putain, si toi aussi tu t’y mets…
-Quoi?
-Rien. Dit-il en accélérant le pas. Rien.


11 octobre 2001, Paris, 92 avenue Mozart, 21h 13


Tranquillement installé devant son pupitre de commande, Abigail Hobbs analysait Alister. Ce-dernier était enfermé dans l’un des scanners depuis déjà une bonne demi-heure, mais il avait fait preuve d’une étonnante docilité, et obéissait à chacun des ordres que lui donnait l’Augure. Ce qui leur facilitait grandement la tâche.
La créature virtuelle effectuait exactement la même tâche que la hollandaise, mais de l’intérieur de la machine. Et elles n’étaient pas trop de deux pour effectuer une besogne aussi importante à leurs yeux, le moindre détail comptait.
L’incubateur contenant Crystal avait été installé dans un coin de la pièce. Celui-ci avait été une véritable galère à transporter discrètement depuis le parking de leur immeuble. Il avait l’avantage de disposer d’un accès direct aux caves, mais l’incubateur était tellement grand qu’ils avaient été obligés de se faire posséder en activant deux tours. Et malgré leurs forces surhumaines, Drake et Thomas avaient eu un mal de chien à le transporter à travers les étroits couloirs du sous-sol. Le fait que ce dernier soit bas de plafond n’avait pas arrangés les choses, ils s’étaient vus obligé de l’incliner pour l’amener jusqu’à leur labo. Heureusement, l’heure tardive leur avait permit de ne croiser personne sur leur route. Sans quoi, ils auraient eu l’air bien malins s’ils s’étaient fait pincer. Avec dans leurs bras, un incubateur de deux mètres cinquante de haut contenant une mutante.
Confectionner une prise afin de recharger la batterie de la machine n’avait pas été bien sorcier pour Abigail. Même si elle avait dû se presser, puisqu’il n’avait resté qu’une petite heure d’autonomie lorsqu’elle eu terminé. Mais tout cela n’avait aucune importance, ils s’étaient emparés de Crystal et l’avait mis en sureté. Cela avait été le l’objectif principal de leur mission, et ils l’avaient remplie sans accroc.

Maintenant, le véritable travail commençait.
-Tout semble en ordre, remarqua l’Augure.
-Je suis du même avis, répondit la hollandaise. Maintenant, reste à trouver le moyen de faire la même chose avec Crystal.
-Tu m’étonnes, le programme que j’ai utilisé pour Alister ne fonctionne que lorsque c’est moi qui m’en occupe. Là, je serais dans l’incapacité de faire quoique ce soit. Je dois reconnaître que c’est assez angoissant.
-Hé bah merci la confiance, tu me crois donc incapable de rééditer ta prouesse?
-Je n’ai pas dis ça, se défendit l’Augure. C’est juste que…
-Je sais, l’interrompit Abigail d’une voix douce. Je sais, mais je vais y arriver. Je t’ai fais une promesse tu te souviens?
-Et tu tiens toujours tes promesses, j’ai confiance en toi Abigail. Ça ne m’empêche pas d’avoir la trouille.
-Relax, au moins on sait que c’est possible, et on a une idée de comment on va s’y prendre. C’est déjà un énorme pas en avant. Il y a encore quelques mois ce n’était qu’un mince espoir, là c’est une réelle possibilité.
-Il n’empêche que les risques qu’on va prendre seront immenses. Mais tu as raison, au moins là, on a une chance.
-Ce que tu peux être pessimiste parfois.

Un rire à la fois nerveux et amusé sortit des enceintes du pupitre.
-Excuse-moi. Finit par lâcher la créature.
-Excuses acceptées. Répondit Abigail en mettant ainsi fin à cette conversation qui devenait gênante à ses yeux, et l’empêchait de se concentrer.
Après un dernier coup d’oeil à son écran, une question lui traversa soudain l’esprit.
-Au faites, cette chose sur Valkyria, est-ce que tu l’as revue?
-Non, répondit l’Augure d’une voix sérieuse. Pas la moindre trace.
-Je sais que tu vas me trouver lourde à forces de t’en parler, mais tu es bien sûr de ce que tu as vu?
-Absolument. Dit-il d’un ton qui ne laissait nulle place au doute.
Abigail sentait le malaise dans la voix de son interlocuteur virtuel, aussi elle choisit de ne pas pousser plus loin.
Heureusement pour elle, l’analyse touchait à sa fin, et c’est un Alister en pleine possession de ses moyens qui sortit du scanner. Son regard était pensif.

-Comment te sens-tu?
L’apparence du mutant n’avait plus rien à voir avec celle de son ancien corps cybernétique, il avait des cheveux châtains claires, et ses prunelles étaient d’une éclatante couleur argentée. Il était aussi beaucoup plus grand, et semblait avoir vieilli de quelques années. Il portait un jean, un t-shirt avec un col en V, et une paire baskets. Le tout appartenait à Thomas, mais ce dernier disposait d’une garde-robe suffisamment large pour la partager avec leur nouveau compagnon.
Abigail l’examina des pieds à la tête pendant quelques secondes.
-Je ne suis pas habitué, reconnu Alister, il y a tant de choses que je découvre, et pourtant j’ai le sentiment de les avoir toujours connu.
Avec un lavage de cerveau et un corps métallique, tu m’étonnes que tu sois pas habitué.
-Sinon, ça va?
-Ça va. Mais j’aurais une requête à vous soumettre.
-Ah bon?
Abigail était assez surprise, Alister ne leur avait encore rien demandé depuis qu’ils étaient rentrés.
-Je t’écoutes.
-Je souhaiterais obtenir la possibilité d’aller tuer Serpent.
La jolie hollandaise haussa un sourcil.
-Tu le détestes vraiment autant que ça?
Alister secoua la tête.
-Non, je lui suis même très reconnaissant. C’est lui qui m’a offert mon nom.
-Alors pourquoi?
-Parce que c’est ce pourquoi j’ai été créé, il est et sera toujours mon objectif principal. J’ai promis au maître que je le détruirais, et je souhaites rendre hommage à sa mémoire en y parvenant. C’est le premier ordre qu’il m’ait jamais donné, et le plus important de tous.

Abigail tapota tranquillement sa cicatrice vers le bas de sa joue gauche. C’était un nouveau tic qu’elle s’était découvert, et étrangement, elle aimait bien faire ça.
Cela lui rappelait sa première nuit.
La requête d’Alister la gênait un peu, son but n’était pas d’exterminer Schaeffer, simplement de détruire son monde virtuel.
Mais de ce qu’elle avait comprit ce « Serpent » était un ancien agent de l’organisation, l’ayant déserté pour se joindre à son oncle. Sa disparition aura-t-elle un impact aussi important qu’elle le craignait? Elle qui souhaitait reformer sa famille, ce n’était sans doute pas la manière de s’y prendre.
Cette dernière pensée fit germer une idée dans son esprit.
-Comment comptes-tu t’y prendre?
Alister avait le regard dur et déterminé, visiblement, il serait impossible de le faire changer d’avis.
-Je vais retourner sur leur monde, et je vais le détruire.
La hollandaise haussa un sourcil. Ignorait-il donc que la dévirtualisation n’équivalait en rien à la mort? Si tel était le cas, cela arrangeait les choses. C’était même une assez bonne idée, ouvrir des pourparlers en faisant état de leur puissance serait surement plus facile que ce qu’elle avait initialement prévue.
À savoir, les localiser en activant une tour. Et investir leur repaire pour détruire leur supercalculateur.
Obtenir une invitation de cette manière était bien plus simple pour espérer un dénouement pacifique, Schaeffer pourrait même éteindre et détruire sa machine de lui-même.
Oui, c’était une bonne idée.

-Très bien, nous ferons cela demain.
-Pourquoi pas maintenant?
Abigail fronça les sourcils.
-C’est un peu trop précipité.
-Quelle différence cela fait?
La hollandaise se mordit la lèvre, elle n’aimait pas agir ainsi dans le dos de ses frères. Mais la voix de l’Augure vint résonner dans ses oreilles.
-Il peut y aller maintenant, cela nous permettra de savoir l’effet de la virtualisation sur lui. Et puis on ne risque pas grande chose.
Abigail la maudit en silence, elle n’aimait pas cela. Ce n’était pas une décision assez réfléchie à son goût. Mais une part d’elle-même lui criait d’accepter, celle qui voulait en finir le plus vite possible avec toutes ces histoires, et mener la vie qu’elle souhaitait.
Le visage de Heath s’imprima dans son esprit, elle ne l’avait plus vu depuis des jours. Il lui manquait terriblement, et avec sa situation définitivement réglée, plus rien ne l’empêcherait de se concentrer sur son petit ami.
-Il a vraiment une drôle d’influence sur moi. Songea-t-elle.
Avec un soupir d’agacement et de résignation, elle finit par acquiescer. Tout sourire, Alister s’allongea à nouveau dans son scanner. Abigail enclencha la procédure, et espéra de tout son coeur qu’elle n’était pas en train de commettre une erreur grossière.


11 octobre 2001, Usine, 21h 31


Franz Hopper avait enfin terminé ce sur quoi il travaillait depuis maintenant plus d’un mois: le virus qui allait lui permettre de détruire le super calculateur de l’Organisation, ainsi que toutes leurs bases de données.
Les yeux rougies par le manque de sommeil, il s’étira paresseusement sur son siège, et bailla comme un phoque.
Il pesa l’idée de piquer un somme, là tout de suite, mais il y renonça. Il se faisait relativement tard, et il préférait rentrer chez lui dormir comme un bébé dans le grand lit qu’il s’était offert. Et dont, malheureusement, il ne profitait pas assez souvent.

Techniquement, il était loin d’avoir finit son travail; il lui restait encore à réparer le retour vers le passé. Une fonction qui lui aurait été bien utile pour travailler sans trop se fatiguer, mais qui aurait rendue les vies d’Aelita et de Heath plus qu'insupportables. Maintenant qu’il y pensait, il n’avait pas encore déterminé d’où venait le problème. Mais un nouveau bâillement le fit chasser son travail de son esprit.
Il se leva, s’étira de nouveau, et s’apprêtait à retirer son oreillette.
C’est alors qu’une alarme discrète retentit, faisant grogner le scientifique.
Il pianota sur son clavier, et découvrit la cause de cette agitation: quelqu’un était en train de forcer la serrure pour entrer sur Lyoko.
Franz Hopper esquissa un sourire, l’Organisation était de retour. Et il allait leur jouer un bien mauvais tour.

Il se mit à préparer son virus, il n’avait pas besoin de Heath, les prothéens feraient diversion tandis qu’il s’occuperait tranquillement de pirater leur vaisseau.
C’est alors qu’une chose étrange se produisit, la porte de Lyoko sauta beaucoup plus vite que prévu.
La dernière fois, il leur avait fallu une bonne dizaine de minutes. Et encore, cela lui avait paru trop rapide à son goût. Il s’était donc permit d’améliorer sa solidité, afin que celle-ci offre davantage de résistance et lui laisse plus de temps pour se préparer.
Mais là, il s’était écoulé à peine une trentaine de secondes entre le moment où l’alarme avait retenti, et celui où le verrou avait sauté.
Ce n’était pas normal.
Et ce qui l’était encore moins, c’était la chose qui venait de faire son apparition sur le territoire de la banquise.
Franz fronça les sourcils, avant d’écarquiller les yeux d’horreur.
Aussi vite qu’il le put, il composa le numéro de téléphone de son assistant.
-Heath? On a un problème!
-Un problème de quelle taille?
Le scientifique posa à nouveau les yeux sur la quantité de points de vie dont disposait l’intrus.
-Colossale.


*******



Alister posa le pied sur la glace de la banquise, et prit un temps pour admirer son nouveau corps.
C’était exactement comme dans ses rêves, exactement comme l’Augure le lui avait promit.
Sa peau écailleuse était rouge sang, dans son dos des ailes et une queue disposant d’une lame aiguisée en guise de dard se déployèrent de toute leur splendeur. Sur son front, se dressait une paire de corne pointue. Il ne portait aucun vêtement, mais cela n’avait aucune importance puisque il ne disposait d’aucun organes génitaux. De même, son derrière n’avait pas de raie.
Ses pieds n’en étaient pas, à la place, il disposait de serres d’aigle noires comme la suie.
C’est alors qu’il reçu un tir à l’épaule.
Surpris, il posa son regard sur l’impressionnante armée de monstres qui lui faisait face.
Il y avait de tout: des krabes, des frôlions, des méga-tanks, des mantas, des kankrelats et des blocks.
Mais celui pour qui il était venu, lui, n’était pas là.
Il eut beau le chercher du regard, rien.

Il déploya alors ses belles ailes rouges, et s’envola tandis qu’une véritable pluie de lasers s’abattit sur lui.
Mais, ils n’eurent aucun effet, de même que les mines des mantas n’eurent aucun effet. La glace des blocks fondait dès qu’elle entrait en contact avec sa peau, peau qui était visiblement corrosive pour l’acide des frôlions, et plus résistante que les lasers des mégatanks qui se brisèrent à son contact.
Une fois qu’il fut à la bonne hauteur, il déploya l’intégralité de ses membres. Laissant apparaître une aura rouge incandescente autour de son corps.
Des colonnes de laves surgirent de la mer numérique, la nuit éternel de la banquise était à présent entièrement recouverte par de sinistres nuages rougeoyants. Les prothéens avaient cessé de tirer, leurs attaques n’avaient aucun effet sur la créature qu’il était.
Chaque monstre qui composait cette armée virtuelle était en train de trembler de terreur. Alister n’y prêta aucune attention.
Si le Serpent se cachait dans son trou, il allait y plonger la main pour l’en sortir.
Le Grand Dragon Rouge inspira profondément. Sa poitrine gonfla progressivement, jusqu’à ce qu’elle atteignit son point culminant. Il cracha alors un raz-de-marée de flammes rouge sang, engloutissant l’intégralité des monstres qui lui faisait face. Son attaque dura à peine dix petites secondes avant de se dissiper.Ne laissant derrière elle que le néant absolu. Rien n’avait échappé à son appétit vorace, pas même la plateforme du territoire qui ne réapparaitrait jamais.
Satisfait, il observa l’horizon, et aperçut une tour au halo bleu. Un sourire maléfique se dessina sur son visage.

*******


Heath avait dû avoir recours au mode « spectre » pour arriver aussi vite dans la salle des scanners. Il avait sauté de toit en toit, et une fois arrivé à l’usine, avait préféré passer par la chaufferie plutôt que d’attendre le monte-charge. Il avait détecté la peur dans la voix de Franz, et cela ne l’avait pas encouragé à perdre la moindre seconde.
-Je suis en position, annonça-t-il.
À son grand étonnement, Hopper mit un certains temps à lui répondre.
-Fais très attention, notre ennemi est… monstrueux.
-À ce point?
-Oui.
La voix du scientifique était on ne peut plus sérieuse.
-Il vaudrait peut-être mieux éteindre le super calculateur. Tu n’es pas de taille face à cette… chose
-Ça ne servirait à rien puisqu’elle continuerait de revenir. Envoyez-moi là-bas que je puisse au moins savoir à quoi j’ai affaire. Si jamais je me fais massacrer on appliquera votre plan. Mais on ne pourra pas trouver un moyen de la vaincre si jamais je ne vois pas de quoi elle est capable. Je pourrais même vous faire gagner suffisamment de temps pour que vous puissiez lui trouver un point faible.
Hopper déglutit, avant de concéder.
-Vas-y, mais sois très prudent.
Heath leva les yeux au plafond
-Depuis quand vous vous souciez de ce qu’il pourrait m’arriver?


*******



Il était là, il le savait, il avait sentit sa présence.
Il ressortit alors de la tour qui arborait à présent un halo noir, et fit face à son ennemi juré.
-Qu’est-ce que tu es? Demanda un Heath estomaqué par l’apparence de son adversaire.
Le Dragon Rouge sourit de tous ses crocs, et déploya ses ailes.
-Je suis Alister Blake. Dit-il triomphant. Et je suis venu pour toi, Serpent.
-Alister?
Il n’obtint pour seule réponse qu’un fulgurant coup de poing, qu’il parvint à attraper au vol. La créature frappa de sa deuxième main, mais là encore son attaque fut parée. L’allemand se fit aussi lourd que possible, à tel point que ses pieds s’enfoncèrent dans la glace.
-Qu’est-ce que tu as fais?
Le sourire d’Alister s’élargit à nouveau, et de petites flammes apparurent autour de ses poings. Les mains de pierre de Heath émirent des craquements, et sous le regard ébahi de l’allemand, finirent par voler en éclat.
-J’ai évolué.

Sur ses mots, Alister tira son adversaire vers lui pour lui décocher un féroce coup de genou dans le plexus. Le torse de l’allemand subit le même sort que ses mains.
Le Dragon Rouge ne s’arrêta pas là. Alors que son ennemi avait posé un genou à terre, il rétracta sa jambe, et le frappa en pleine figure.
Heath vit un vol plané sur plusieurs centaines de mètres, son corps ricocha trois fois sur le sol avant d’y rouler jusqu’à finir à plat ventre.
Tandis qu’il peinait à se relever, la voix alarmée d’Hopper lui résonna dans les oreilles:
-Mais c’est pas vrai.
-Quoi?
-Je… Je ne contrôle plus rien! Cette horreur est en train de foutre ma machine en l’air! Le programme de matérialisation est complètement HS. Si jamais tes points de vie tombent à zéro…
-J’ai compris. Dit-il d’une voix sinistre. Je fais quoi du coup?
-Tu dois désactiver la tour.
-C’est un super plan, sauf qu’il est justement entre la tour et moi. Appelez du renfort!
-Je… Je ne peux pas.
-Quoi?!
-Les prothéens ne répondent pas à mes appels! Ils… Ils sont terrorisés!
Heath laissa échapper un rire nerveux.
-C’est génial, vraiment.
-Tu peux appeler ta manta car elle est directement liée à ton programme. Mais je n’ai rien de mieux à t’offrir.

L’allemand soupira. Génial, absolument génial.
Il se tourna vers le bord de la plateforme, et appela:
-Manta!
La créature volante apparue et embarqua son maître au passage, celui-ci décida de monter le plus haut possible.
La partie supérieur de son corps était peut-être en morceau, mais ses jambes, elles, étaient intactes. En s’allégeant suffisamment, il espérait pouvoir effectuer un saut assez précis pour atterrir suffisamment proche de la tour.
Alister apparut devant lui.
Il en fut si surpris que sa manta faillie percuter la créature. Le sourire carnassier de celle-ci s’était à présent étendu d’une oreille à l’autre, dévoilant deux monstrueuses rangées de crocs. Ses yeux dégageaient une féroce envie de meurtre, un regard que Heath ne connaissait que trop bien.
-Tu n’ira nulle part si ce n’est en Enfer, Serpent. L’informa-t-il de sa voix calme avant que sa queue ne vienne violemment fouetter le visage de l’allemand. L’envoyant droit vers le sol, sans pour autant le laisser l’atteindre.
En effet, après avoir détruit la manta d’un coup de dard. Alister plongea a une vitesse supersonique pour atteindre la terre-ferme avant sa victime, et l’accueillit d’un surpuissant coup de poing qui l’envoya s’écraser contre la paroi d’un iceberg. Il retomba lourdement sur le sol, mais ne parvint pas à se relever.

Sa vision était trouble, et il n’avait plus le moindre sens de l’équilibre, ni la moindre force dans les bras. La seule chose qui était claire pour lui, c’était la voix d’Hopper.
-Mais c’est… Oh non.
-Quoi encore? Murmura-t-il.
-Tes points de vies sont tombés à zéro, mais tu ne t’es pas dévirtualisé. Ça… Ça n’a pas de sens.
Heath aperçut du coin de l’oeil, la masse rouge s’approcher de lui. Cependant, il ignorait s’il s’était mis à délirer, ou si la glace sous les pieds de la créature était véritablement en train de se changer en roche volcanique au fur et à mesure qu’il se rapprochait.
Heath éclata d’un rire faible, épaté par la naïveté du scientifique.
-Vous n’avez rien compris, murmura-t-il, il m’en veut à moi personnellement. Il ne va pas laisser un putain de programme me buter. Il veut me battre à mort jusqu’à ce que je cesse d’exister. Il va me démolir en tant que programme, morceaux par morceaux.
Franz Hopper était horrifié, jamais il n’avait entendu une chose aussi abominable. Derrière lui, Légion restait stoïque, mais fronça néanmoins ses acardes sourcilières glabres.
-Adieu Schaeffer. Lâcha-t-il alors que la queue d’Alister s’enroulait autour de son cou.


Même moment, Banlieue parisienne


Le cauchemar que vivait Seth lui était abominable. Son grand frère était en train de mourir, il était à l’agonie. Massacré par la créature la plus ignoble qu’il ait jamais vu. Désespéré, le mutant se mit à pousser des cris de désespoir. Il ne pouvait rien faire. Il était coincé derrière une espèce de vitre qu’il lui était impossible de briser, et ce malgré ses incessantes et veines tentatives de la détruire à coups de poings. Impuissant face à la correction que recevait Heath, le mutant croisa alors le regard de l’ignoble monstre qui tuait son grand-frère.
Ce qu’il y voyait le glaça d’effroi, les yeux de la créature était remplie de haine, de mépris, et de jouissance.

Elle se réjouissait de massacrer Heath, elle se réjouissait de tuer son aîné.
-Arrête! Hurla Seth. Laisse-le! LAISSE-MON FRÈRE TRANQUILLE!
Mais ses paroles tombèrent dans l’oreille d’un sourd, puisque la créature se saisit de Heath par le cou, et l’envoya s’encastrer dans la paroi d’un iceberg. Il l’avait lancé avec tellement de force que l’allemand y était resté planté comme un clou.
-Heath! Cria Seth au bord du désespoir. HEATH!
Il se réveilla, le visage trempé de sueur et le regard livide.
-Mon frère, balbutia-t-il en haletant, il est en danger.
-« Il va te falloir faire très vite ». L’informa Xana.


11 octobre 2001, Usine, 22h01


Franz Hopper ne savait plus quoi faire. Cela faisait déjà au moins cinq bonnes minutes que la créature était en train de s’amuser avec Heath comme on s’amusait avec un jouet. Leur situation était totalement désespérée.
Il avait beau être intelligent, ce n’était pas un Dieu. Il n’avait absolument aucune ressource contre cette créature qui disposait encore d’une bonne centaine de milliers de points de vie. Et il n’avait de toute façon plus la possibilité de faire quoique ce soit, son pupitre de commande ne répondait plus.
Ils étaient finit.

C’est alors qu’un symbole apparu sur son écran noircie, un symbole rouge qu’il ne connaissait que trop bien. Ses yeux s’écarquillèrent de surprises.

-Réactivation des pares-feux, lâcha la voix robotique de Xana, reprise du contrôle, désactivation de la tour.


*******



Vautré sur le sol de la banquise, Heath ne sentait plus ni ses forces, ni son corps. Il ne pouvait ressentir la fatigue ou la douleur sur Lyoko, mais il se doutait bien de l’état pitoyable dans lequel il se trouvait. Son armure de pierre n’existait plus, elle avait été complètement anéantie par les coups surpuissants qu’Alister lui avait administré avec plaisir et acharnement. Ce même Alister qui entoura sa queue autour de son cou, et le porta à sa hauteur.
-J’ai enfin réussi. Lâcha-t-il le souffle court, comme si lui-même n’y croyait pas. J’ai accomplie la volonté de mon maître, je t’ai vaincu.
-Putain, tu n’as rien trouvé de mieux? Murmura un Heath furieux, mais incapable de lever le ton. Tu as tellement d’autres raisons de me buter. Et c’est pour ce bouffon que tu le fais? Décidément tu ne changera jamais: tu restera toujours une petite merde.
Alister lui décocha un uppercut dans l’estomac, mais c’était un geste complètement inutile, l’allemand ne ressentait plus rien.
-Si ma raison te répugne à ce point, ce doit être la bonne.
Sur ses mots, le Dragon Rouge desserra la mâchoire, laissant apparaitre le brasier incandescent qui illuminait sa bouche. Il était temps pour lui de donner le coup de grâce.
C’est alors que le corps de Heath se décomposa, sous les yeux écarquillés d’Alister qui ravala ses flammes sous le choc.
-Non! Cria-t-il en tentant vainement de retenir les pixels qui disparaissaient à une vitesse folle. Non! Non! Non!
Heath disparu, laissant le Dragon Rouge se noyer dans sa fureur et sa frustration.
La créature trembla de rage à tel point que la glace sous ses serres se fissura.
Elle se replia sur elle-même, et cracha vers le ciel une véritable colonne de feu qui vint transpercer les nuages qui recouvraient le ciel de la banquise. À son torrent de flamme s’ajouta un rugissement de haine:
-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON!


*******



Lorsque le scanner qui contenait Heath s’ouvrit, c’est à quatre pattes, et le corps parcouru de spasmes qu’il en sortit. L’allemand eut tout juste le temps d’apercevoir Seth, avant de vomir une véritable marée de sang. Dépourvu de la moindre force physique ou mentale, il s’écroula dans sa propre hémoglobine. Seth avait écarquillé les yeux d’horreur face à la scène à laquelle il venait d’assister. Une colère noire s’empara de tout son être, et une haine viscérale envahit son regard. Il ramassa Heath, et le déposa contre le mur de la pièce. Puis il observa ses mains, couvertes du sang de son frère. Enragé, il s’engagea dans l’un des scanners.
Lorsque les portes du tube de métal se refermèrent sur son regard bestial, la voix robotique de Xana se mit à résonner à travers les enceintes de la pièce.


-Transfert Seth.
-Scanner Seth.
-VIRTUALISATION!


Prochain chapitre: The Wrath of the Celestial Demon
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 22 Mar 2018 13:36   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler


Spoiler


Chapitre 12: Inglourious Basterds



7 octobre 2001, Seine Saint-Denis, 02h 14


Installés dans une chambre d’hôtel miteux, dos contre dos, cigarette au bec et nus comme des vers, Abigail et Heath finissaient de savourer leur troisième séance de coït de la semaine. Étonnement, l’allemand n’avait plus émit la moindre protestation à chaque fois que la hollandaise se manifestait. Elle appelait, proposait, et il acceptait. C’était aussi simple que cela.
Leurs conversations étaient presque aussi excitantes aux yeux de la jeune fille que leurs parties de jambes en l’air. Heath était fascinant, chaque mot sortit de sa bouche lui donnait matière à réflexion. Quant aux sujets de leurs conversations, ils étaient tous aussi différents que semblables. Ils étaient variés, mais leurs permettaient d’en apprendre plus l’un sur l’autre. De son côté, Heath n’était pas fasciné, mais intrigué. Il prenait son pied durant leurs ébats, rien que cela lui avait été difficile à admettre. Mais ce qui l’était encore plus, c’était le fait qu’il se sentait étrangement à l’aise avec cette fille.
Il pouvait parler avec une aisance flagrante de leurs visions du monde respectives, comme des nombreux meurtres qu’il avait commis. Cela n’avait jamais dérangé Abigail, elle semblait même aimer ces histoires.

Ça le tuait de le reconnaître, mais il avait appris à apprécier la présence de la jeune fille à ses côtés. D’une certaine façon, cela lui plaisait autant que cela le dérangeait.
Mais il s’était fait une raison. Au fond, qu'y avait-il de mal à cela? Lui qui se plaignait de s’ennuyer à en mourir il y a presque deux semaines, voilà qu’il avait trouvé une occupation. Et puis Abigail l’entrainait sans arrêt dans des quartiers ou des banlieues pourris, où ils passaient leur temps à faire monter leurs taux d’adrénaline respectifs à provoquer des bandes ou des gangs avant de les passer à tabac.
S’amuser, tabasser, baiser et parler.
Mine de rien, il aurait pu tomber sur bien pire comme genre de fille.

-À quoi tu penses? Demanda-t-elle en laissant la fumée lui lécher les lèvres.
-À rien de bien intéressant.
-Ça m’étonnerait, tout ce qui vient de toi est intéressant.
Cela en revanche, était peut être le seul véritable point noir de leur relation. Heath avait horreur des compliments, et Abigail était parfois affreusement lèche-cul.
-Et toi, répliqua-t-il, à quoi tu penses?
-À ta carte d’identité. Tu ne me l’a plus jamais demandé depuis le premier soir, et je ne la retrouve plus. J’imagine que tu as une explication?
-Je suis allé chez toi la récupérer pendant que tu dormais.
Abigail fit volte-face, ce qui arracha un petit rire moqueur à l’allemand.
-Comment tu as fais? Demanda-t-elle très sérieusement.
-Oh, alors il y a des choses chez toi que tu me caches. Nota-t-il sans s’arrêter de sourire. Maintenant je suis obligé d’aller y faire un tour.
Abigail lui décocha un regard noir, regard qu’il ignora copieusement.
-Sans déconner, comment tu l’as récupéré?
-C’est ton frère qui me l’a rapporté, admit-il en tirant une nouvelle bouffée. Apparement, lui ne se prive pas pour farfouiller dans tes affaires.
La hollandaise n’en croyait pas ses oreilles.
-Quel frère?
-Celui qui a une sale gueule.
-Drake?
-L’autre aussi a une sale gueule?
Abigail le foudroya du regard une nouvelle fois, et il se permit à nouveau de l’ignorer. Quelque part, cela la dérangeait de n’avoir aucun réelle contrôle sur lui comme sur leur relation. Mais c’était peut-être cela qui rendait la chose si excitante.

-J’avoue que j’ai bien aimé l’esprit de ce gamin. Dit-il en tirant une bouffée de fumée. Il m’a attaqué en me traitant de « démon ».
Comme Abigail resta interdite, il continua:
-Et ensuite il m’a prit pour un ange. Je dois reconnaître que je n’ai pas très bien compris le pourquoi du comment, toujours est-il qu’il était carrément sur le point de me vouer un culte quand je l’ai laissé partir.
Il écrasa sa cigarette dans le cendrier avant de conclure:
-Ta famille est aussi tordue que toi.
Abigail était estomaquée, jamais Drake n’avait qualifié « d’ange » quelqu’un d’autre qu’elle. Même si d’une certaine façon, elle était plutôt rassurée de savoir que la situation n’avait pas trop dégénéré et que son frère avait accepté son petit ami. Mais maintenant, il avait non seulement une certaine emprise sur elle, mais également sur Drake. De son point de vue, il pouvait détruire sa famille si l’envie lui prenait. Malgré tout son amour pour lui, Abigail ne pouvait pas prendre pareil risque. Bien que cela la désola, il était préférable de renoncer à l’intégrer à son plan. Mieux valait prévenir que guérir, et elle ne voulait pas voir le fruit de son dur labeur partir en fumée. Elle avait deux promesses à tenir.
Elle le regarda droit dans les yeux.
-Et merde, songea-t-elle, ce type va finir par m’attirer dans de sacrés ennuis.
Sur ses pensées, elle écrasa sa cigarette, et vint goulument coller ses lèvres contre les siennes. Heath lui rendit son baiser, et passa sa main de métal dans ses cheveux courts.
-Il pourrait si facilement me broyer la tête, bordel je sens que je fais une connerie. Mais je l’aime. Putain, je l’aime.


Lieu inconnu, 10 octobre 2001, 08h 03


Alister se trouvait là où il n’avait plus été depuis belle lurette: au sommet de sa gigantesque tour de pierre noir, au milieu de l’Apocalypse. Rien n’avait changé depuis son dernier passage dans ce monde, tout était exactement pareil. Le Soleil était invisible, le ciel n'était fait que de nuages rouges et noirs, une pluie de sang s'abattait calmement sur les montagnes de cadavres démembrés qui recouvraient l'intégralité du sol. Et des éclairs déchiraient le ciel par dizaines sans pour autant émettre le moindre son.

Même son apparence était identique, il était redevenu le Dragon Rouge. Intrigué par son retour, il balaya l’endroit du regard, mais c’est bien évidemment dans sa tête que son interlocuteur se trouvait.
-Le moment est venu.
-Quel moment?
-Le moment pour toi de prendre définitivement le nom d’Alister Blake, le moment pour toi de devenir le Grand Dragon Rouge. Le moment de ton évolution.
Alister sentait l’excitation lui parcourir le corps, il ne possédait pas ce genre de sensation lorsqu’il était éveillé. Pourquoi?
-Écoute moi bien, reprit la voix, tu dois suivre mes instructions à la lettre. Lorsque tu te sera réveillé, tu te rendra dans cette pièce.
Un plan détaillé du complexe de l’Organisation apparu devant ses yeux, la salle en question brillait d’une faible lueur, de même que le chemin qu’il avait à parcourir pour s’y rendre.

-Je n’ai pas le droit d’entrer ici.
-Mais il te faudra le faire, sinon tu restera à jamais Serpent. Sinon, tu ne pourra jamais obtenir la force de vaincre ton adversaire.
-Je n’ai pas le droit d’entrer dans cette pièce, s’entêta-t-il.
-Est-ce ton maître qui te l’a ordonné?
-Non, c’est le Professeur Tanner.
-Et que valent ses ordres?
Alister prit une seconde de réflexion, avant de répondre d’une voix calme et résolue:
-Rien, rien du tout.
-Souhaites-tu devenir Alister Blake?
-Oui.
-Souhaites-tu devenir le Grand Dragon Rouge? L’être qui anéantira le Serpent comme tu l’as tant rêvé?
-Oui.
-Alors tu sais ce qu’il te reste à faire. Lorsque tu aura pénétré dans cette pièce, il te faudra y patienter jusqu’à ce que je fasses mon apparition. Quand nous serons réunis, toi et moi, je t’offrirais ce que tu as toujours voulu.
Là-dessus, Alister ouvrit les yeux. Sortit de son lit, et fit ce qui était attendu de lui.
Une alarme stridente raisonna à travers ses oreilles, mais il l’ignora. Il devait aller dans la pièce, il devait l’y attendre.
Il devait devenir le Grand Dragon Rouge.


10 octobre 2001, Nièvre, quelques minutes auparavant


Une camionnette blanche de la marque Renault traversa un large chemin à travers une forêt, avant de s’arrêter devant le portail qui marquait l’entrée de la propriété du complexe d’Alex Tanner.
Deux gardes s’approchèrent du véhicule, chacun armé d’une AK-47.
-Déclinez votre identité et le but de votre visite, ordonna l’un d’eux d’une voix ferme.
Le conducteur baissa la vitre de sa portière, et ôta sa casquette nike. Dévoilant à l’homme le visage le plus horrible qu’il ait jamais vu. Drake L. O’conner sourit. Assis sur le siège passager, Thomas Von Kane imita la politesse de son frère envers l’autre garde.
-Votre identité! Aboya l’homme.
Installée à l’arrière de la camionnette et équipée d’un casque auditif avec micro inclus, Abigail appuya sur la touche « enter » de son ordinateur portable.
-Vas-y. Dit-elle à travers son micro.

Le pied posé sur le sol de Valkyria, l’Augure qui se tenait près des câbles d’alimentations des tours y planta le cimeterre de Peter.
Aussitôt, un véritable torrent de données rouges s’y déversa. Puis le virus fit son travail, et se servit du réseau de câbles pour accéder à chacune des tours sur le territoire, les activants les unes après les autres.
-Ils vont avoir une sacrée surprise. Sourit la créature.

Installé devant son pupitre de commande, le professeur Tanner vit soudain son écran se noircir. Et un simple message écrit en lettres blanches s’afficha.

« Vous êtes morts »

-Qu’est-ce qui se passe? Cria-t-il.
Mais aucun de ses assistants n’avaient la réponse à sa question. Enragé et terrifié, il se saisit du communicateur privé qui était attaché à sa ceinture. Et cria d’une voix hystérique:
-Belpois! Libérez immédiatement la Banshee!
L’écossais sentit son estomac se nouer, il avait l’impression horrible que quelque chose d’affreux était sur le point de se reproduire.
Pendant qu’il se mettait à aboyer des ordres, à la porte d’entrée du complexe, ses craintes furent vite confirmé sans qu’il ne le sache.

Deux spectres sortirent du tableau de bord de la camionnette, et infiltrèrent les narines des deux frères.
Horrifiés, les gardes pointèrent leurs armes dans leurs directions respectives. Mais si Thomas abattit le sien d’une balle en pleine tête suite à un mouvement supersonique, Drake envoya l’autre au tapis d’une attaque éclair.
Puis il descendit tranquillement du véhicule, et électrocuta de plus belle sa victime qui convulsait sur le sol.
-Mon nom est Drake L. O’conner, dit-il poliment, et mon but est de t’expédier aux portes de l’Enfer afin que tu y soit jugé.
Il cessa sa torture, pour briser de ses propres mains la nuque du garde. Aussitôt, les portières arrières de la camionnette s’ouvrirent. Et une douzaine de spectres polymorphes à l’effigie de Thomas sortirent du véhicule, chacun armés de deux pistolets, et équipés d’une dizaine de chargeurs pleins accrochés à leurs ceintures. Drake en profita pour aller récupérer son lance-flamme.
Abigail Hobbs, également armé et « possédé » par un spectre sortit à son tour de la camionnette.
-Vous connaissez tous votre mission, annonça-t-elle haut et fort. Pas de quartier!
À ces mots, les clones ainsi que l’original sautèrent par-dessus le portail. Une fusillade digne de ce nom éclata dans l’enceinte de la propriété, tandis que Drake finissait de s’équiper.
-Alors ça y est. Dit-il d’une voix assez forte pour couvrir le bruit des coups de feu.
-Oui, répondit Abigail, c’est le grand jour.
D’un bond, le frère et la soeur sautèrent par-dessus le portail à leur tour, et se mêlèrent à la bataille.


Même moment


Norman Belpois avait entendu l’appel de Tanner, et il y avait noté de la détresse. Il sourirait s’il avait encore des lèvres, mais il pouvait faire bien mieux que cela.
Le virus dont ils étaient victimes se propageait à une vitesse hallucinante, mais il n’avait pas encore atteint son secteur. Aussi, il ne lui restait plus qu’une chose à faire. Et Tanner ne pourrait pas l’en empêcher.
Cet imbécile aurait dû réfléchir au sens de ses paroles.
« Libérez la Banshee » qu’il avait dit.
Belpois qui était contraint d’obéir à la lettre n’allait pas se faire prier.
Normalement, une telle action lui aurait prit un certain temps. Mais il n’avait plus rien de normal, et ses facultés s’en était retrouvé démultiplié. La punition que lui avait infligé Tanner allait bientôt devenir le pire cauchemar de son bourreau.
Il se connecta au noyau central de la Banshee, et la libéra.
Exactement comme on le lui avait ordonné.


10 octobre 2001, Nièvre, Complexe de l’Organisation, 08h 17


-Nom d’un chien! Hurla Corbeau. Ça peut pas continuer comme ça!
Elle, Renarde et Dragonne assistaient à une véritable hécatombe. Les soldats de l’Organisation qui s’étaient mis à couvert derrière les voitures du parking tombaient comme des mouches face à deux espèces de clones supersoniques, et visiblement immortels. La sniper était persuadé de les avoir touchés, au moins trois ou quatre fois. Mais aucune arme en leur possession ne semblait capable d’arrêter leur progression. Partout autour d’elles les tirs fusaient, à tel point qu’il leur était impossible de déterminer combien d’hommes il leur restait.

L’un des clones fit un bond magistral afin de disposer d’une vision dégagée. Une volée de balles le renvoya au sol, mais son jumeau qui s’en était servi comme bouclier était toujours dans les airs. Il tira trois coups de feu.
Les deux premiers abattirent deux hommes, la troisième balle traversa l’oeil gauche de Corbeau. L’américaine resta paralysée pendant un petit instant, avant de s’écrouler sur le sol sous les hurlements horrifiés de Renarde.
Dragonne saisit sa petite amie par l’épaule, et la secoua sans ménagement.
-Reprends-toi! Si on reste ici, on va se faire…
-…Tuer, termina le clone de Thomas qui s’était glissé entre les voitures, avant de lui faire sauter la cervelle.

Renarde poussa alors un hurlement de désespoir, et oublia complètement le danger qui l’entourait. Elle tomba à genoux devant le corps de sa bien-aimée, et à la vue de son jolie visage ravagé, rendit tripes et boyaux. Autour d’elle, la pluie de balles avait cessé. Tous les hommes qui l’entouraient il y a encore quelques secondes étaient morts. Au loin, d’autres coups de feu vinrent siffler à ses oreilles. Mais elle s’en fichait éperdument.
-Xiao, murmura-t-elle dans un sanglot, Xiao.
Elle saisit la dépouille de sa petite amie, et la serra dans ses bras de toute ses forces.

Elle entendit alors le bruit d’un pistolet que l’on rechargeait, et releva la tête.
Thomas Von Kane pointait désormais son arme sur le front de l’indienne, cependant, il fut surprit de ne lire aucune peur dans son regard malgré ses larmes. Elle semblait résolue.
Le belge la contempla pendant quelques secondes, puis il soupira:
-Va t’en.
-Non!
Sa voix était aussi triste que haineuse, pendant un court instant, Thomas avait l’impression de revoir une scène de sa propre existence.
Celle où il avait refusé de lâcher la dépouille de Stéphane, son petit ami disparu, et ce malgré le ton pressant de l’homme qui s’était présenté comme étant son père.

-Laissez-moi, souffla Renarde entre deux sanglots, laissez-moi la rejoindre. S’il vous plait.
Thomas se pencha en avant, il savait exactement quoi dire. C’était comme la dernière fois.
-Si je fais ça, elle sera morte pour rien.
L’indienne le considéra d’un oeil estomaqué, elle se pencha sur le cadavre de Dragonne et l’embrassa.
Malgré les larmes qui menaçait de lui monter aux yeux à lui aussi, Thomas devait mettre fin à cette scène le plus vite possible. Il avait une mission à remplir.
Aussi il tira un coup de feu vers le ciel, Renarde sursauta.
-Fous le camp! Rugit-il. Et ne te retourne pas, sinon je bousille son cadavre.
Il pointa son pistolet vers la figure de Dragonne.
À ces mots l’indienne laissa la dépouille de celle qu’elle aimait, et prit ses jambes à son coup.
-Ne te retourne pas, pria-t-il, ne te retourne surtout pas.
Et pourtant si, elle le fit. Et Thomas dû mettre sa menace à exécution.
Il tira une nouvelle balle dans la figure de Dragonne, arrachant un nouveau cri à Renarde.

-Je t’ai dis de foutre le camp! Aboya-t-il.
L’indienne obéit cette fois, et disparue derrière les arbres de la propriété.
Le belge poussa un profond soupir de soulagement, et recouvrit le visage de sa victime avec la veste de l’un des autres corps.
Il inspira profondément, et reprit sa progression épaulé de son clone. Ils avaient une mission à remplir. Même si techniquement, il avait déjà échoué:
quelqu’un avait réussi à s’enfuir du complexe.


10 octobre 2001, Nièvre, Complexe de l’Organisation, 08h 35


Drake avait fait sa part du travail, il avait anéanti tous les scientifiques qu’il avait croisé. Et incendié les bâtiments inutiles avant de s’engouffrer dans le plus important de tous.
Sa mission avait été d’une simplicité enfantine: éliminer toutes les personnes capables de récupérer les données de Tanner, tuer tous ceux qui se mettraient en travers de son chemin, et rejoindre Abigail dans la salle des incubateurs.
Profitant de sa condition de « possédé », il avait fait un usage que certains qualifieraient d’excessif de son lance-flamme fétiche.

Le M9 flamethrower, l’une des armes favorites des américains pendant la guerre du Vietnam. Il était plus léger et plus facile à remplir que les lance-flammes type M1 et M2. Et surtout, il disposait d’une meilleure réserve de carburant. 
Drake s’était sentit pousser des ailes à chaque être humain qu’il avait incinéré sur son passage. Nettoyant chaque parasite qui constituait cette misérable organisation qui avaient trahi sa famille. Pour lui sa vie était on ne peut plus claire: Dieu l’avait béni, Abigail l’accompagnait dans son voyage, et Abaddon le guiderait. Oui de tout cela, il en était persuadé. Bien que son existence soit humaine, sa mission était divine,.
Il ne lui restait plus qu’à rejoindre sa soeur, et mettre fin à tout cela.

C’est alors qu’après être parvenu au deuxième sous-sol, il déboucha sur la salle la plus étrange et la plus répugnante qu’il lui ait jamais été donné de voir.
Il se tenait sur une passerelle noire en acier, qui traversait l’intégralité de la pièce jusqu’à l’unique autre porte qu’il allait devoir emprunter. Mais ce qui l’écoeurait, c’était les immenses cuves de déchets toxiques verdâtres qui se trouvaient en contrebas. Drake aperçut des tuyaux encastrés dans les murs, ceux-ci versaient des litres de liquide toxiques dans les cuves, pourtant les niveaux de celles-ci ne semblaient pas monter pour autant. Il en déduisit qu’il devait y avoir un système d’évacuation. Le pyromane rangea le canon de son lance-flamme dans son étui situé dans son dos. Mieux valait faire preuve de prudence, il n’osait imaginer les dégâts qui seraient causés si la moindre petite étincelle venait à entrer en contact avec le contenu de l’une de ces cuves.
Il traversa la salle d’un pas pressé, impatient de dégager ce liquide répugnant de sa vue.

Mais un nouvel obstacle se dressa sur sa route, un obstacle dont il connaissait le visage, mais ignorait le nom.
Peter Warren était dans un drôle d’état, ses cheveux étaient dégoulinants de sueurs, son visage était froissé par la rage qui le possédait. Mais surtout, il tremblait. De peur? De colère? D’excitation?
Un peu de tout cela sans doute. C’était tout du moins ce qu’en avait déduit le pyromane. Mais il était très, très loin de la vérité:
Peter tremblait parce qu’il était malade. Le résultat de plus de quatre ans de régime à base de chaire humaine, le prix à payer pour son appétit vorace.
Le Kuru avait empiré ces dernières semaines, et le cannibale avait comprit que la virtualisation avait, d’une façon ou d’une autre, accéléré le processus. Les troubles de l’équilibre dont l’avait avertit Christian Roche avaient fait leurs apparitions, et ce peu de temps après sa dernière escapade dans l’univers virtuelle. Son corps semblait le rejeter au point qu’il n’avait plus rien avalé depuis trois jours. Il se sentait affreusement faible, et cela l’avait rendu fou. Ajoutez à cela qu’il avait un mal de chien à rester ne serait-ce que debout sur ses deux jambes flagellantes, et vous obtenez un pantin en bien mauvais état. Oui, c’était ainsi qu’il percevait son corps à présent.

Peter n’avait jamais cessé d’être en colère, contre Heath, contre Tanner, contre lui-même. Et voilà que le destin lui offrait l’occasion de passer ses nerfs, voir peut-être de déguster un petit goûter. Lui qui ne pouvait désormais plus rien avaler d’autre que la chaire humaine qui l’empoisonnait, autant que ce soit celle de ses ennemis.
Armé d’un katana dépourvu de tsuba, il s’approcha de Drake avec une haine viscérale qui pétillait dans ses yeux verts émeraude.
Lorsqu’enfin il arriva à porté du pyromane, il tenta de lui trancher la tête d’un simple coup circulaire.
Son adversaire effectua un pas en arrière, laissant la lame lui caresser le menton. Furieux, Peter poussa un rugissement de haine et de frustration. Et se mit à enchaîner les assauts contre son ennemi, qui les esquivaient avec une facilité déconcertante.

Peter persista, il voulait lui trancher la chaire, il voulait voir son sang gicler, il voulait… Il voulait redevenir celui qu’il avait toujours été: un chasseur d’humain cruel, sans aucune pitié pour son gibier. Il n’avait toujours pas réalisé que cela ne serait plus jamais le cas. Et ce, malgré le manque criant de coordination dans ses mouvements. Son corps ne lui obéissait plus, il avait rejeté l’être misérable qu’il était devenu.
Drake se saisit de ses poignets, et les serra si forts qu’une douleur foudroyante contraignit le cannibale à lâcher son arme.
Le pyromane lui décocha alors un puissant coup de pied dans l’abdomen, l’expédiant à l’autre bout de la passerelle, et lui brisant deux côtes au passage. Drake ramassa le katana, et l’examina de plus près. Cette arme était si belle, qu’il se demanda si elle ne cachait pas un quelconque maléfice lorsqu’il décida de la conserver. Tandis qu’il admirait le tranchant de cette lame, un pitoyable râle de douleur parvint à ses oreilles.
Peter s’était redressé avec difficulté, et à la grande surprise du pyromane, il avançait de nouveau dans sa direction. Visiblement prêt à en découdre.
Drake était répugné par ce parasite à forme humaine, et il regrettait amèrement de ne pouvoir se servir de son lance-flamme dans cette pièce. Un être aussi immonde ne méritait même pas que l’on épargne son cadavre.

-Toi! Vociféra Peter. Je vais te découper en morceaux! Je vais dévorer chaque parcelle de ton putain de corps, et crois moi que je me délecterais du goût de ta chaire. Tu feras un splendide…
Il n’eut jamais l’occasion de terminer son macabre discours, Drake le coupa, dans tous les sens du terme.
Le katana entailla profondément le visage du cannibale, qui poussa un hurlement désarticulé en plaquant ses mains contre sa figure ensanglantés. Le pyromane s’approcha lentement de sa victime, et le saisit par le col de sa chemise avant de le soulever de terre.

-Ézéchiel 5:10, récita-t-il à voix suffisamment haute pour couvrir les gémissements de sa victime.

« C'est pourquoi des pères mangeront leurs enfants au milieu de toi, et des enfants mangeront leurs pères; j'exercerai mes jugements contre toi, et je disperserai à tous les vents tout ce qui restera de toi. »

Sur ses mots, il envoya Peter par-dessus la rambarde de la passerelle et n’attendit même pas qu’il ait terminé sa chute pour continuer son chemin. Il ignora copieusement le « PLOUF » qui résonna dans la pièce, et la série de hurlements abominables qui le suivit. Les portes coupe-feu de cette salle étaient tellement épaisses qu’elles ne laissèrent filtrer le moindre son. Réduisant Peter Warren au silence une bonne fois pour toute.


10 octobre 2001, Nièvre, Complexe de l’Organisation, 08h 51


Le Professeur Alex Tanner n’en revenait toujours pas, l’oeuvre de sa vie, l’héritage de son prédécesseur était en train de partir en fumée. Il était en train de perdre toutes ses années de dur labeur, et cela, il lui était impossible de l’accepter.
Il ne lui restait que deux choses: sa vie, et son dernier atout qui lui permettrait peut-être de la sauver, elle et une partie de son travail. Certes, son parie était affreusement risqué, mais il ne lui restait pas d’autres solutions si ce n’était la fuite.

Cependant, il doutait de ses chances de survies s’il choisissait cette option, et de toute façon, il préférait mourir avec son oeuvre que de la laisser disparaitre seule. Lorsqu’enfin il arriva devant la porte qui renfermait son salut, il ignora les gardes décapités qui l’avait gardé. L’un de leurs assaillants avaient dû passer par ici, mais n’avait pas dû prêter attention à la porte elle-même. Les imbéciles, il devait probablement ignorer le danger qui se cachait dans cette salle. Une erreur impardonnable. Il fit glisser sa carte d’accès dans le panneau de commande, et y entra le code qui lui était demandé.
La solide porte de métal se souleva avec lenteur, mais pressé comme il était, Tanner n’attendit même pas qu’elle ait finit de s’ouvrir pour s’engouffrer dans la salle en se baissant. Une fois à l’intérieur, il la referma précipitamment, et se retourna. Avant de sursauter de peur.
Tranquillement assis en tailleur, Alister le fixait d’une bien étrange façon. Une fois sa surprise dissipé, le scientifique le fusilla du regard.
-Qu’est-ce que tu fabriques ici?! Aboya-t-il.
-J’attends.
-Tu attends? Tu attends quoi?
-Mes prochaines instructions.
Tanner soupira de soulagement, Peter avait dû lui ordonner de garder cette pièce contre leurs assaillants. Le scientifique dû reconnaitre que c’était bien pensé de la part de l’américain.
Il observa tranquillement les trésors que contenait cette pièce, ses trésors, ses derniers espoirs.

Immobiles dans leurs incubateurs respectifs, les corps de Thanos et Crystal étaient définitivement terminés. Il ne restait plus qu’a incorporer un esprit dans chacun de ces mutants, et Tanner savait lequel il allait attribuer à Thanos. Il se dirigea vers son incubateur, entra une commande, et s’empara du casque qui apparu dans la fente qui venait de s’ouvrir. Mais une main puissante vint arrêter son geste, tandis que l’autre se plaqua sur sa bouche. Alister tira le scientifique en arrière, et colla sa joue contre la sienne.
-Navré Professeur Tanner, mais nous devons patienter.
L’écossais tenta vainement de se débattre, mais c’était complètement inutile face à quelqu’un d’aussi fort que son assaillant.
Celui-ci se permit d’ailleurs de resserrer son étreinte, ce qui arracha un long gémissement au scientifique.
-Taisez-vous, dit Alister de sa voix calme, nous devons patienter.
Patienter? Pourquoi? Pour qui?
Telles étaient les questions qui traversèrent l’esprit du Professeur Tanner, et il ne tarda pas à obtenir ses réponses.
Une terrifiante masse noire à l’allure de spectre s’extirpa du boitier de contrôle qui commandait l’ouverture de la porte. Sous les yeux horrifiés du rouquin, celle-ci prit forme humaine tout en conservant son apparence de spectre, et enclencha le mécanisme. À nouveau, la porte se souleva. Le Professeur Tanner aperçut avec surprise, trois personnes relativement jeunes pénétrer dans son sanctuaire.

À la tête de cette petite troupe se tenait une jolie jeune fille au visage traversé par une longue cicatrice rouge.
Abigail Hobbs sourit de toutes ses dents en apercevant la situation dans laquelle se trouvait l’écossais. Elle fit un signe de tête à l’Augure qui referma la porte, avant de se tourner vers Alister.
-Où est le maître? Demanda celui-ci.
-Mort. Répondit Drake.
-Oh... Je vois.
Tanner n'en croyait pas ses oreilles. Était-ce là la seule réaction qu'il avait? N'était-il pas sensé lui vouer une totale dévotion?
Mais "dévotion" ne voulait pas dire "amour".
-Laisse le parler, dit l'Augure à Alister, mais ne relâche pas ton étreinte.
À ses mots, le visage du vassal de Peter s’illumina. Il connaissait cette voix, il l’avait patiemment attendue.
Il obéit, et ôta sa main de la bouche du scientifique qui haleta. Abigail s’approcha de lui.
-Qui… Qui êtes vous?
-Comment? S’étonna faussement la jolie hollandaise. Notre père ne vous a jamais parlé de nous? Allons Alex, faites un effort. Je suis persuadé que vous connaissez la réponse à votre question.
Tanner fronça les sourcils d’incompréhension, Thomas et Drake échangèrent un regard amusé.

Le scientifique les observa, l’un après l’autre. Son interlocutrice avait raison, il connaissait leurs visages. Mais il ne parvenait pas à se remémorer l’endroit où il les avait aperçut. Il s’écoula une vingtaine de secondes avant que l’indice donnée par Abigail ne raisonne dans sa tête:
Il connaissait leur père.
-Allons Alex, lança l’Augure d’une voix humaine et moqueuse, tu sais très bien qui nous sommes.
Les yeux du scientifique s’écarquillèrent d’horreur. Cette voix, c’était celle du Docteur!
Il était si estomaqué qu’il ne remarqua même pas le regard sévère que Thomas lançait à l’Augure.
C’est alors qu’il eut comme un flash, un souvenir auquel il n’avait accordé que très peu d’attention venait soudain de refaire surface. Il se revoyait quelques années plus jeune, installé dans le bureau de son ancien mentor. Celui-ci se plaignant du fait que l’un de ses enfants ait reçu de graves brulures aux visages.
Son regard se posa sur Drake, qui le fixait avec mépris.
-Vous… vous…

La réalisation l’avait paralysé sur place pendant un court instant, jusqu’à ce que la colère ne vienne s’emparer de lui.
-Vous êtes les bâtards du Docteur! Cracha-t-il. Comment osez-vous?!
Abigail le gifla. Le coup fut si violent que le scientifique vit une trentaine de chandelles danser devant ses yeux.
-Comment nous osons? Répéta Abigail avec mépris. Nous corrigeons les innombrables erreurs que vous avez laissé dans votre sillage Professeur. Vous avez détruit l’oeuvre de notre père. Son plus grand rêve, anéantit par votre ambition démesurée et votre incompétence. Tout ce que vous possédez aujourd’hui, c’est à notre père que vous le devez. Et il est temps pour vous de disparaître, vous et vos erreurs. Nous reprenons ce qui nous reviens de droit, et ensuite, nous pourrons accomplir le rêve de notre père.
Comme Tanner l’observait d’un regard perplexe, elle expliqua:
-Vivre comme une véritable famille, sans nous soucier de toute cette merde virtuelle. C’était cela son rêve. Cela à quoi il avait finit par aspirer après s’être empoisonné la vie avec ce maudit travail qui était le sien.
L’écossais n’en croyait pas un traitre mot, jamais le Docteur n’aurait abandonné son oeuvre pour quelque chose d’aussi banale qu’une famille. Il s’apprêtait à répliquer, mais une nouvelle gifle le mura dans son silence.
L’Augure s’approcha d’Abigail, et se plaça à ses côtés. Lorsque Tanner eu finit de se remettre les idées en place, le spectre avait désormais une figure humaine. Une figure qu’il n’osait reconnaitre.

-C’est impossible… murmura-t-il ébahit.
-Professeur Alex Tanner… Commença Abigail d’un ton ferme et sévère.
-… Vous êtes renvoyé. Termina l’Augure avant de poser son regard sur Alister. Brise lui la nuque.
L’écossais voulu crier, mais la première syllabe de son mot mourut sur ses lèvres au moment où un craquement hideux raisonna dans la pièce.
Alister relâcha le corps de Tanner, qui s’écroula lourdement sur le sol. Toutes les personnes présentes dans la pièce le fixèrent pendant un petit moment, à l’exception d’Alister, qui regardait l’Augure.

Ce fut d’ailleurs lui qui brisa le silence de la pièce en demandant.
-Est-ce le moment?
La créature numérique lui adressa un sourire, avant de reprendre une totale apparence de spectre.
-Oui, viens par ici.
Sur ses mots, elle l’emmena auprès de Thanos. Alister l’observa avec fascination, et se tourna vers la voix qui avait habité ses rêves. Celle-ci posa sa main sur la vitre de l’incubateur.
-Ce corps est pour toi, dit-elle, c’est le corps du Grand Dragon Rouge. Un corps sans esprit, prêt à accueillir le tien.
Alister l’observa, un peu perplexe.
-Comment dois-je m’y prendre?
-Tu vas devoir me laisser faire, et me promettre que malgré les souffrances atroces que tu subira, tu ne te débattra pas. Tu me comprends? C’est très important.
-Je comprends. Dit-il en fixant le corps de Thanos. Je suis prêt.
-Parfait.
L’Augure se positionna derrière lui, et plaça ses mains sur chacune de ses oreilles. Il se servit alors de la puissance des tours activées pour démarrer l’opération.

Alister ressentit une affreuse sensation dans sa tête. Était-ce cela la douleur? Comment se faisait-il qu’il ne l’avait jamais ressentie auparavant?
-Ne te débat pas! Lui cria l’Augure. Laisse-toi faire.
Malgré ses souffrances abominables, il parvint à obéir. Le spectre tira alors de son esprit une masse noire, similaire à celle dont il était composé.
Lorsqu’il eut finit de tirer, le corps d’Alister s’écroula dans un fracas métallique. Et l’Augure concentra ce qu’il lui avait arraché en une sphère ronde de la taille d’une pomme.
-Thomas! Cria-t-il. Brise moi cette glace!
Le belge ne se fit pas prier, avec sa force de « possédé », il pulvérisa la vitre de l’incubateur d’un puissant coup de poing. Avant d’attraper le corps de Thanos qui allait s’écrouler à son tour sur le sol. Thomas le débarrassa de tous ces électrodes, et le soutint pour permettre à l’Augure d’accomplir sa besogne.
-Parfait.
Là-dessus, le spectre enfonça la sphère dans l’oreille du mutant. Et aussitôt, celui-ci se mit à pousser un hurlement déchirant. Mais Thomas lui plaqua une main sur la bouche pour éviter que les vibrations de sa voix ne détruisent l’incubateur de Crystal. L’Augure se saisit de la tête de Thanos, et se concentra de toutes ses forces. Une flopée de petits éclairs jaillirent de la caboche qu’il tenait.
-J’y suis presque…
Tout à coup, la créature cessa de crier, et son corps se relâcha. À tel point que Thomas dû le saisir par les aisselles pour le maintenir debout.
Un silence de cathédrale s’abattit sur la pièce, Abigail s’approcha.
-Est-ce que… Est-ce qu’on a échoué? Demanda-t-elle interdite.
-Non… Non… NON! Cria l’Augure. J’avais réussi, je sais que j’avais réussi!
Il posa une main sur le torse du mutant, et déclencha une puissante impulsion électrique.
-Réveilles-toi. Ordonna-t-il avant de réitérer l’opération. RÉVEILLES-TOI!

Les yeux de Thanos s’ouvrirent, et une profonde inspiration suivi d'une quinte de toux vinrent récompenser ses efforts. Alister ne savait pas ce qui lui était arrivé, un tourbillon d’émotions et de sensations était en train de l’emporter. Il frissonnait de tout son être, il avait froid.
Les bâtards du Docteur laissèrent échapper de profonds soupir de soulagement, ils avaient réussi. Le seul qui ne semblait pas se laisser convaincre aussi facilement fut l’Augure, il se pencha vers le nouveau mutant.
-Alister?
Il acquiesça.
-Comment te sens-tu?
Il fallu patienter une bonne trentaine de secondes avant d’obtenir une réponse, ce dernier ayant du mal à contrôler son nouveau corps.
-…Froid.

Abigail se tourna vers Drake, et lui ordonna de récupérer la blouse de Tanner pour l’essuyer. Puis, elle entreprit de récupérer les vêtements d’Alister sur son ancien corps.
-C’est vraiment du beau travail. Commenta-t-elle en lui retirant son pantalon. Dommage qu’ils aient été aussi cons, un cyborg ça se pirate.
Une fois Alister essuyé et habillé, ce-dernier était si fatigué qu’il tomba sur les épaules de Thomas qui se chargea de le porter.
Abigail rouvrit alors la porte, prête à se battre au cas où un nouveau régiment de soldats les y attendrait. Mais c’est le silence d’un cimetière qui vint l’accueillir, visiblement, tous le monde avait bien remplie sa part de travail.
-Drake? Vérifie la batterie de l’incubateur de Crystal.
Le balafré s’exécuta.
-Douze heures d’autonomie, annonça-t-il.
-Excellent, maintenant il faut emmener Alister dans la salle des scanners.
-Pourquoi? S’étonna Thomas.
Abigail s’approcha, et caressa la joue du mutant.
-C’est le pouvoir des tours qui maintient son esprit dans ce corps. Pour qu’il y reste, il faut l’encoder dans son A.D.N..
-Mais ça va nous prendre un temps fou!
La jolie hollandaise éclata de rire.
-Tu parles, à peine quelques minutes. Thanos n’était qu’une coquille vide, ce sera très simple à faire. Il faudra juste le placer dans un scanner, et reprogrammer son organisme.
On ne peut pas laisser leur super calculateur en circulation, sans cette machine pas de tours, pas de tours et Alister nous quittes aussi soudainement qu’il est arrivé. C’est pourquoi il est nécessaire de l’encoder avant de partir.
Elle se tourna vers l’Augure, puis vers ses frères.
-On a besoin de lui, et vous le savez. Conclue-t-elle avant de prendre le mutant des mains de son frère.
Tour à tour ses comparses acquiescèrent doucement.

-Prend le contrôle de l’ancien corps d’Alister, emmène Crystal dans la camionnette et garde-là. Ordonna-t-elle à l’Augure. Drake, une fois que j’en aurais finis avec Alister, il faudra que tu retires la pile nucléaire de leur super calculateur et que tu le blindes de C4. Thomas, tu viens avec moi. Je ne pourrais pas le porter toute seule quand on aura éteint leur machine.
-Tu peux m’expliquer pourquoi je dois aller dans le corps de ce cyborg?
Abigail leva les yeux au plafond.
-Quand on aura éteint leur super calculateur, il te faudra un réceptacle sur lequel t’accrocher si tu ne veux pas disparaitre où être forcé à retourner dans le réseau. Et tu ne veux pas que Crystal soit laissée sans surveillance. Ce corps cybernétique est parfait pour toi, il pourrait même te servir au quotidien.
L’Augure émit un bruit semblable à celui d’un grognement, mais elle concéda son point de vue.
Cette dernière libéra ses mains pour les frapper l’une contre l’autre.
-Allez au boulot. Lança-t-elle agacée. Je veux quitter ce putain d’endroit dans le quart d’heure qui suit.


Lieu inconnu, heure inconnu, 10 octobre 2001.


X.A.N.A. était libre. Comment? Il l’ignorait. De même qu’il ignorait quoi faire à présent.
Peu importe ce qu’il faisait, il lui était impossible de s’empêcher de songer à ces images. Celle d’un homme d’âge moyen en particulier. Cette image-là revenait très souvent.
Waldo Schaeffer.
Ce nom résonnait dans son esprit virtuel, il lui faisait l’effet d’un coup de poignard. Un poignard qui ne cessait d’être remué encore et toujours dans sa plaie béante.
Une autre image fit son apparition, un autre nom.
Aelita.
Ce nom-là était encore pire que le précédent, à croire qu’il n’avait en tête qu’une volée de supplices. Tous plus abominables les uns que les autres.
X.A.N.A. poussa un hurlement digne de la Banshee qu’il était, même si celui-ci ressemblait davantage à un cri d’agonie. Et qui pourrait lui en vouloir avec ces images et ces noms qui le torturaient?
Enragé, il s’engagea à travers les vastes espaces du réseau. Résolu à découvrir la source de ses souffrances.
Quitte à en souffrir davantage, ou à les faire disparaître à jamais.


Prochain Chapitre:
Behold The Great Red Dragon
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

Réponses: 31
Vus: 15166

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 28 Fév 2018 12:08   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler


Spoiler


Chapitre 11: Crise et Dégénérescence


28 septembre 2001, Lieu inconnu, 04h 51

Seth n’avait pas la moindre idée de la façon dont il s’était retrouvé dans une telle situation. Il n’avait fait que raccompagner Valentine chez elle, comme il le faisait maintenant tous les soirs.
Il avait été accueilli par le sourire bienveillant du père de sa petite amie, qui lui avait proposé de rester pour dîner. Il avait passé un très bon moment, s’était comporté de façon respectueuse et polie. Tout s’était très bien passé, et Valentine et lui s’étaient retrouvés seuls dans l’intimité que procurait la chambre de la jeune fille. C’était une très jolie pièce, dans laquelle chaque mur représentait une partie de la vie de la jeune fille. Valentine adorait les polaroïd et sa chambre était tapissée de photo. La dernière en date avait été prise ce soir même, et représentait les deux adolescents en train d’échanger leur dernier baiser. Seth était heureux sur cette photo, la jeune fille avec qui il avait partagé une partie de sa courte vie semblait comblée. Elle s’était immédiatement remise à l’embrasser une fois que la photo fut affichée.

C’est à ce moment là que les choses avaient commencées à dégénérer. À la recherche de la position la plus confortable possible pour profiter de son petit ami, Valentine avait eu l’idée de s’allonger sur son lit, et de laisser Seth se placer sur elle.
Cela avait été une erreur impardonnable.
Enivré par l’odeur de la jeune fille, les pensées du mutant s’étaient peu à peu obscurcies. Ses mains et ses lèvres avaient rapidement échappées à son contrôle, et un grondement animal s’était mis à résonner dans sa poitrine.

Lorsqu’il revint enfin à lui, il n’avait plus que des bribes de souvenirs en tête: Le grondement d’une bête, des regards remplies d’effrois à son encontre, des jouissances identiques qu’il n’avait encore jamais connues, et une abondance de sang dans la bouche.


28 septembre 2001, Boulevard Barbes, 05h 04

Heath grogna comme un ours avant de libérer sa semence dans les entrailles de son amante. C’était déjà la troisième fois qu’ils couchaient ensembles et Abigail ne s’en lassait pas. Trois heures seulement après s’être endormie, la jeune fille s’était réveillé avec ce besoin nouveau qu’elle se devait d’assouvir. Elle avait alors sortit son amant du pays des songes en l’embrassant, avant de repasser aux choses sérieuses. La découverte des plaisirs charnelles avait éveillé un désir enfouie dans sa poitrine qu’elle avait eu un besoin urgent de satisfaire. La néerlandaise souffrait toujours du traitement douloureux que Heath lui avait infligé. Mais la souffrance s’était mêlée à son plaisir, lui permettant de savourer ses sensations nouvelles de tout son être.

Lorsqu’elle se considéra enfin satisfaite, elle s’étala sans ménagement sur son petit ami. Celui-ci haussa un sourcil et la toisa du regard. Elle lui répondit en écrasant ses lèvres sur les siennes, qui après un temps de résistance, finirent par se mêler aux siennes.
La jeune fille frotta son corps chaud contre le métal froid du bras de son amant. La différence de température et de texture lui arracha un frisson dans le dos.
Mais Heath mit fin à son festin de sensations en s’écartant du lit pour en sortir.

-Allez, grogna-t-il en s’étirant. On s’est bien amusé, mais il est déjà cinq heures.
Abigail fit la mou, mais finit par acquiescer. Les deux amants se levèrent et commencèrent à ramasser leurs vêtements éparpillés sur le sol.
-T’es vraiment une brute sans cervelle, soupira Abigail en contemplant son chemisier déchiqueté.
-Si tu cherches un coupable, regarde toi dans une glace, répliqua le psychopathe en enfilant son pantalon. D’ailleurs tu n’as pas encore vu ton nouveau look si je ne m’abuse.

Abigail balaya cette remarque qu’elle considérait comme banale. Peu importe à quoi elle ressemblait à présent, elle plaisait à Heath, et pour une raison qu’elle ignorait. C’était tout ce qui comptait sur le moment.
Elle se contenta donc d’enfiler sa veste, et la fermer complètement pour masquer son manque de vêtement. De son côté, Heath avait déjà finit de s’habiller. Abigail s’approcha alors de lui dans le but de lui soutirer un nouveau baiser -ce qui lui fit remarquer à quel point elle avait toujours autant envie de lui-, lorsque le téléphone de l’allemand se mit à sonner. Au grand dam de la jolie rousse qui vit son amant se désintéresser d’elle en une fraction de seconde pour se saisir de son portable. Il examina le numéro indiqué sur l’écran, fronça les sourcils, et décrocha.
-Seth? Quoi? Ralenti je ne comprends rien de ce que tu racontes!
L’allemand marqua un temps d’arrêt pour écouter les paroles de son interlocuteur, avant que ses yeux ne se mirent à jaillir de leurs orbites.
-Tu as quoi?! Il se calma rapidement. D’accord, où est ce que tu es? Très bien, j’arrive tout de suite. Ne bouge pas d’un centimètre c’est compris?
Sur ses mots, il raccrocha, Abigail ne lui avait jamais vu un air aussi sérieux. Il se tourna vers elle.
-Il faut que j’y ailles, l’informa-t-il d’un ton pressé, c’est très urgent.
La jeune fille était déçue, mais elle ne pouvait pas l’empêcher de partir. Elle se contenta alors de s’approcher pour l’embrasser une dernière fois, et à sa plus grande surprise, il lui rendit son baiser en la serrant dans ses bras. Cette attention nouvelle, provoqua chez la jeune fille une nouvelle envie de son amant, mais celui-ci rompit leurs lèvres avant qu’elle n’aille plus loin. Et Abigail ne put que soupirer de déception.

-J’ai juste un détail à régler avant de partir, sourit Heath, je veux que tu te regardes dans une glace. Maintenant.
La hollandaise savait reconnaître un ordre lorsqu’elle en entendait un, elle choisit d’obéir à celui-ci et se tourna alors vers le seul miroir dont disposait la maigre chambre d’hôtel, et ce qu’elle vit la stupéfia.
Sa balafre n’avait pas vraiment cicatrisée. C’était d’ailleurs tout juste si elle séchait. Elle prit un temps pour examiner son nouveau visage, avec la blessure que lui avait infligé Heath. Elle était toujours jolie, mais cette marque lui donnait à présent un air dangereux, presque bestial. Abigail avait l’impression d’avoir sacrifié une partie de sa beauté en échange d’un côté plus animal, plus cruel. Un sourire illumina son visage. Jamais elle ne s’était sentie aussi effrayante.
Elle se tourna vers son amant, et l’embrassa à nouveau pour le remercier. Bien qu’acceptant à nouveau le baiser, Heath n’avait aucun doute sur sa signification. Et il se demandait pourquoi est-ce qu’elle lui était reconnaissante. Il avait fait ça pour lui, pour se venger, pour la faire souffrir, pour… la rendre plus à son goût.

L’allemand n’avait pas vraiment eu de véritables expériences avec les femmes avant Abigail, leur relation le laissait de plus en plus perplexe. Au départ, il avait cru que la jeune fille voulait le séduire, puis en faire son jouet, et c’était probablement ce qu’elle avait eu en tête à ces moments précis. Mais maintenant, il n’était plus sûr de rien la concernant. Cette nuit qu’ils avaient passés ensemble, il mentirait s’il disait que cela n’avait pas été l’un des meilleures moments de sa vie. Cela l’avait plus stimulé que n’importe lequel de ses combats, plus excité que n’importe lequel de ses meurtres (mis à part peut-être celui de son père). Il avait utilisé Intelligence pour stériliser sa balafre afin que celle-ci ne s’infecte pas. Mais pourquoi avait-il fait cela? Il aurait très bien pu laisser sa chaire pourrir, voir en accélérer le processus lui-même. Cela aurait été des plus amusant, avec n’importe qu’elle autre femme, mais pas avec Abigail. Cette cicatrice, lui convenait autant à elle qu’à lui. Et cela il ne pouvait l’expliquer.
Le visage de Seth s’imposa dans son esprit, lui rappelant que la situation était urgente. Il mit donc fin à leur baiser, et ouvrit la porte pour sortir, en prenant soin de ne pas croiser son regard. La jeune fille lui emboita le pas, et tous deux sortirent de l’hôtel miteux qui empestait la moisissure et la semence pour respirer le bon air frais de cette nuit d’automne. Heath se tourna alors vers son amante qui le fixait bizarrement, l’allemand lu une once de tristesse dans son regard. Un sentiment qu’il se refusa de partager. Jamais il ne laisserait ce sentiment l’envahir, ne serait-ce qu’un petit peu.
-Ma carte d’identité, demanda-t-il calmement en tendant la main.
Abigail soupira.
-Je t’ai dis que je ne l’avais pas sur moi, je te l’apporterai la prochaine fois.
Bien qu’un peu frustré, Heath fixa la jeune fille à nouveau, avant de l’embrasser une dernière fois. Puis de lui tourner le dos en marmonnant un banal:
-À plus.
La néerlandaise le regarda s’éloigner, avant qu’il ne disparaisse complètement de son champ de vision. Elle poussa un profond soupir, pour la première fois de sa vie, elle se sentait véritablement heureuse.
Contrairement à son amant, elle avait les idées parfaitement claires: elle avait toujours détesté les hommes, elle les avait même méprisé de tout son être. Mais Heath Lancaster n’était pas un homme, c’était un animal. Et elle s’était éprise de cet animal. Elle en était désormais persuadée.
Prenant le chemin du retour, elle s’arrêta près d’une station de taxi, et attendit quelques minutes que l’un d’entre eux s’arrêtent pour s’y engouffrer, la tête toujours plongée dans ses pensées. Elle remarqua alors la mine terrifié du chauffer lorsqu'il aperçu son visage, ce qui provoqua en elle un sentiment de jubilation intense. Malgré sa mission, malgré sa vengeance, elle avait désormais un nouvel objectif: elle voulait qu’Heath Lancaster tombe amoureux d’elle. C’était désormais son voeu le plus cher, celui qu’elle se promit de mettre tous les moyens à sa disposition pour y parvenir. Et Abigail Hobbs tenait toujours ses promesses.



28 septembre 2001, 7 rue Davioud, 16ème arrondissement de Paris 05h 51



Heath descendit de son taxi, et entra le code d’entrée que Seth lui avait communiqué par SMS. Il monta au premier étage, et sonna à la porte.
Aucune réponse.
Légèrement sous tension après l’appel de détresse de son « petit frère » et ce qui s’était passé avec Abigail, Heath n’était pas disposé à faire preuve de patience. Il saisit la poignée, et força l’entrée d’un coup d’épaule. Le verrou sauta, et la porte s’ouvrit sans faire plus de bruit que s’il avait cassé une chaise. De toute façon, quel voisin se préoccupait du vacarme des autres résidants? À moins que le vacarme en question ne s’éternise, il n’y avait que très peu de chances que quelqu’un descende se plaindre. La porte n’avait pas été trop endommagée, seul le verrou l’avait été. Avec un peu de chances, et compte tenu de l’heure précoce, personne ne le remarquerait à temps. Heath pénétra donc dans l’appartement, et écarquilla les yeux.
Devant lui se tenait les restes d’un authentique carnage: les murs et le sol étaient tapissés de sang, des bouts de chaires difformes et calcinés trainaient un peu partout dans l’entrée.
Vif comme l’éclair, l’allemand referma aussitôt la porte, et la cala avec la première chaise qu’il aperçut. Puis, les yeux plissés, il entreprit d’inspecter les lieux à pas feutrés. De toutes les pièces qu’il avait visité, le salon avait été la pire d’entre elles. Ce qui ressemblait à un corps humain adulte avait été complètement dévoré, le monstre à l’origine de cette attaque avait cependant effectué la moitié du travail. Car si la partie supérieure du cadavre avait été réduite en charpie, l’inférieur était restée intacte. Son regard se posa alors sur l’autre corps étendu sur le sol, celui-là était celui d’une femme. Et mis à part ses vêtements et sa gorge, elle semblait en assez bon état comparé à son mari. C’est alors que Heath entendit un sanglot qu’il ne connaissait que trop bien, il soupira, et se dirigea vers la source de ses pleurs: la cuisine.

Il n’y avait pas beaucoup de sang dans cette pièce, si ce n’est les traces qui avaient été laissées par l’auteur de ce carnage. L’allemand les suivit du regard, avant que celles-ci ne disparurent sous la table. Il s’accroupit.
Allongé en position foetale, Seth pleurait toutes les larmes de son corps. Ses vêtements en lambeaux étaient recouverts du sang de ses victimes, ses pleurs ne trahissaient pas seulement sa tristesse, mais également la honte et l’horreur que l’avaient envahi suite à la découverte de ses actes.
Heath soupira de nouveau.
-Seth? Appela-t-il d’une voix douce, mais face au manque de réaction du mutant, il employa un ton plus ferme: Seth!
Le blondinet ouvrit finalement les yeux, et déplia ses membres. Pendant un instant, il fut transporté de joie à la vue de son frère aîné. Mais le regard sévère de ce dernier le replongea immédiatement dans sa honte, et il baissa le regard.
-Sors de là, ordonna Heath en se redressant.
Son cadet obtempéra en rampant de façon assez misérable, une fois qu’il fut à sa portée, l’allemand le saisit par le cou, et le redressa de façon assez violente.
-Qu’est-ce qui s’est passé ici? Cracha-t-il.
Seth ne trouva pas la force de lui répondre, il se contenta de fixer ses chaussures. Heath ne l’entendait pas de cette oreille, il administra un soufflet sur le crâne du mutant qui hoqueta de douleur et de surprise.
-Répond! Gronda-t-il en manque de patience.

Seth sentit à nouveau les larmes lui monter aux yeux, il savait qu’il avait fait une énorme bêtise, et le geste de son frère aîné ne fit qu’accentuer la honte qui l’envahissait. Lentement, il maitrisa sa respiration haletante, et finit par déballer son sac:
-Valentine et moi on… On était dans sa chambre. On a commencé à s’embrasser… Et puis… Je… Je crois que j’ai commencé à avoir faim. Je…
Des larmes s’écoulèrent à nouveau de ses yeux, mais le regard dur de son frère le força à poursuivre son récit.
-J’ai arraché ses vêtements, avoua-t-il à mi-voix, et je… Je suis entré en elle. C’était tellement bon, mais elle pleurait, me suppliait d’arrêter. Je… Je ne l’ai pas écoutée. Je… J’ai mangé sa gorge. Et… et j’ai continué. Mais je n’étais toujours pas satisfait. J’avais… j’avais si… faim. Alors je suis allé dans le salon. Ses parents s’étaient endormi devant un film, j’ai… J’ai croqué la tête de son père. Puis sa mère s’est réveillée, et j’ai… Je… Je lui ai fais la même chose qu’à Valentine. Mais je savais qu’elle allait crier, alors j’ai plaqué ma main sur sa bouche. Et je… Je l’ai regardé droit dans les yeux pendant que j’entrais en elle. Je voulais qu’elle me regarde, je ne sais pas pourquoi, mais je le voulais. Valentine, Valentine n’avait pas pu me regarder après que je lui ai mangé la gorge. Elle… Elle aussi elle pleurait. Elle me regardait comme si j’étais… comme si j’étais un monstre. Quand j’eu finis, j’avais encore faim. Alors je lui ai dévoré le cou, comme pour Valentine. Puis j’ai commencé à manger son père. Mais je… je n’avais plus faim tout à coup. Je me sentais si fatigué, je crois que je me suis endormi. Quand je me suis réveillé… Luc… Luc était là.
-Qui ça?
-Le grand frère de Valentine.
-D’accord, continue.
-Il m’a regardé comme si j’étais un monstre, il était terrifié. Puis il a voulu s’enfuir, mais… Je… Je l’ai fais exploser. L’éclair a jailli de mes doigts au moment même où je les ai levés dans sa direction. Je voulais l’arrêter… Mais… Pas… Pas comme ça…

Heath se remémora les murs tapissés de sang de l’entré, ainsi que les bouts de chaires qui trainaient un peu partout. Il devait s’agir des restes de Luc, le pauvre bougre avait dû passé la soirée dehors. Ça expliquerait pourquoi il n’était pas là au début du carnage, mais ça ne l’avait pas empêché d’en faire partie.
-Ensuite… Je crois que je me suis encore endormi… Puis quand je me suis réveillé… J’ai… J’ai vu tout ce que j’avais fais. J’ai paniqué, je ne savais pas quoi faire. Alors je t’ai appelé. Je… Je suis tellement désolé, tellement désolé.
Sur ses mots, il éclata en sanglots dans les bras de Heath qui se contenta de le serrer contre lui. Mais tandis que Seth expiait ses émotions au travers de ses larmes, l’allemand réfléchit à un moyen de les tirer de ce mauvais pas.
La crise du mutant les avaient mit dans une merde noire, il fallait dès à présent couvrir leurs traces. Et ce, le plus vite possible. Avant que quelqu’un ne remarque que la porte de l’appartement avait été forcée. Il accorda donc une petite minute à son frère afin qu’il se remette de ses émotions, puis il le libéra de son étreinte, et le regarda à nouveau droit dans les yeux.

-Va te laver, ordonna-t-il, et trouve des vêtements à ta taille. Je vais arranger les choses.
Seth acquiesça, et prit la direction de la salle de bain. Pendant ce temps, Heath ouvrit tous les placards de la cuisine, à la recherche du moindre produit inflammatoire. Par chance, il mit la main sur ce qu’il supposait être la réserve personnelle du père de Valentine. En effet, ce dernier avait entreposé quelques bouteilles de gin et de whisky derrière les produits ménagers. Il trouva également des produits ménagers ayant les particularité qu’il recherchait. Souhaitant faire disparaitre un maximum de preuves. Il prépara plusieurs cocktails molotovs, puis déplaça les meubles les moins encombrants dans le salon afin qu’ils puissent servir de combustibles. Il rajouta également les draps les couettes des parents, puis son attention se porta sur la chambre de Valentine. Le cadavre de cette dernière étant toujours allongé sur le lit, il considéra peu utile de rajouter davantage de combustible. Il la recouvrit simplement de quelques draps qu’il trouva dans son armoire, et laissa cette dernière ouverte afin qu’elle puisse prendre feu plus vite.
Lorsque Seth eu finit sa douche, tous les préparatifs étaient déjà en place. Le mutant enfila alors un t-shirt noir et un jean qu’il trouva dans l’armoire de la chambre de Luc, avant de rejoindre son frère. Celui-ci lui ordonna de l’attendre près de l’entrée, ce qu’il fit sans poser de question. Ensuite, Heath alluma l’un de ses cocktails, et l’envoya éclater dans la chambre de Valentine. Il en fit de même avec celle de ses parents. Avant de revenir vers son petit frère, et de lui ordonner de nettoyer rapidement ses chaussures avec des lingettes. Il en fit de même avec les siennes, avant de lancer deux autres cocktails dans le salon. Et le dernier dans la cuisine où Seth s’était roulé en boule.

Puis il dégagea le banc de la porte, et les deux frères décampèrent du carnage laissé par le cadet. En laissant les flammes faire leur travail. Une fois sortit de l’immeuble, Heath jugea préférable de rentrer à pied étant donné la distance relativement courte qui les séparaient de leur domicile.
Bien que la rue fut silencieuse, l’allemand ne doutait pas de l’éclatement prochain d’un véritable tohu-bohu étant donné l’incendie qu’il venait de déclencher.
Aucun mot ne furent échangés entre les deux frères durant l’intégralité de leur retour au bercail, Heath était furieux, et Seth était triste et honteux. Il n’y avait rien de plus à ajouter pour le moment.

Une fois arrivé à leur maison, ils franchirent silencieusement la porte d’entrée. Avant de monter à l’étage rejoindre leurs chambres respectives, mais l’aîné arrêta le cadet avant même que celui-ci n’ait eu le temps tourner sa poignet. Heath colla son front contre celui de son frère et murmura d’une voix douce:
-Tu as fais une bêtise, mais celle-ci doit rester entre nous c’est bien compris? Pas un mot à Aelita ni à Waldo. Si jamais on te pose des questions, tu fera comme si tu ne savais pas. Tu mentira. Tu m’as bien compris Seth?
Ce dernier acquiesça, à cet instant précis, il s’en remettait exclusivement aux paroles de son frère.
-Tu n’ira pas à l’école demain, tu dois d’abord te reposer. Quand tu devra y retourner, tu jouera les ignorants, et si jamais son décès est officiellement annoncé. Alors tu devra avoir l’air triste, voir pleurer. Tu comprends? Même devant Aelita. Écoute-moi bien petit frère, c’est très important que ni elle ni Waldo ne soit au courant. C’est compris?
Seth acquiesça, et Heath lui adressa alors un sourire.
-Vas te coucher, ordonna-t-il. Et efforce toi d’oublier ce qu’il s’est passé ce soir.
Le mutant hocha la tête une nouvelle fois, et pénétra dans sa chambre, bientôt imité par son frère aîné.

Ce dernier n’avait pas aimé ce qu’il avait vu ce soir, mais alors pas du tout. Il savait Seth capable de faire des crises, Intelligence l’avait mis en garde contre cela. Cependant, étant donné la présence de Xana, et surtout le fait que ça ne s’était plus produit depuis qu’ils avaient quittés « Silver Wings ». Cela lui était presque sortit de l’esprit. Et puis il y avait sa vie. Seth était heureux, il avait une famille, des amis, même une petite amie. Mais c’était cette dernière qui avait finit par être la cause de sa crise.
Heath se remémora le temps qu’il avait passé avec Abigail, pour lui aussi les choses avaient changé, il ne s’était tout simplement pas reconnu. Cependant, jamais il n’aurait pu prévoir que Seth aurait une crise suite à des pulsions sexuelles. Il ne savait même pas ce qu’était le sexe! Comment les choses avaient pu dégénérer à ce point?

-« Ça doit être à cause de Xana. »
La voix d’Intelligence ne le surpris nullement cette fois-ci, il se doutait qu’elle finirait par se mêler à ses réflexions.
-Qu’est ce que tu veux dire par là?
-« Seth est quelqu’un d’extrêmement curieux, il y a fort à parier que sa curiosité a dû « contaminer » Xana d’une certaine façon. Et Xana est parfaitement capable de faire des recherches sur le corps humain de son côté en se connectant au réseau pendant que Seth dort par exemple. Si jamais il a eu accès au mode opératoire de la reproduction humaine… »
-Inconsciemment, Seth a pu en être informé. Termina Heath. Mais cela n’a toujours pas de sens, pourquoi est ce que cela aurait il eu un tel effet sur lui?
-« Seth est certes jeune au niveau de son temps d’existence, mais il a le corps d’un adolescent. Il est donc pubère, son moment d’intimité avec sa petite amie a surement eu un effet spécifique sur ses hormones. Et comme il est supérieur aux êtres humains, il est possible que ses mêmes hormones aient eu un effet plus intense que prévu, déclenchant ainsi sa crise. »
-Je vois… Serait-il possible que cela ait un impact sur sa dégénérescence cellulaire?
-« C’est possible, je dirais même que c’est hautement probable ».

Heath n’avait pas vu cela venir, et avec le professeur Belpois qui ne répondait plus à ses appels, la situation risquait fortement d’empirer. Il était même en train de se demander s’il était bien prudent de le laisser ici en compagnie d’Aelita. Le pire scénario possible serait qu’il voit en la jeune fille une nouvelle femelle pour assouvir ses besoins. Si jamais une chose pareille devait se produire, cela finirait sans doute en une nouvelle boucherie. Et ça, l’allemand ne pouvait pas se le permettre. Il avait encore besoin de Schaeffer, mais surtout, il craignait de perdre le contrôle sur Seth. Il ignorait s’il était capable de le maitriser à la force brute lorsqu’il était en pleine crise, et même s’il y parvenait il doutait que le créateur de Lyoko estime que le risque en vaille la chandelle. Et il pouvait facilement décider de tout arrêter, ce qui déplairait fortement à l’allemand. Enfin, il y avait la dégénérescence cellulaire de Seth. En effet, le mutant avait beau être un surhomme, il avait besoin de recevoir des injections régulières d’un produit que Belpois avait appelé le « Lazar ». Si il s’en privait trop longtemps, ses cellules se dégraderaient rapidement, et son corps fondrait comme neige au Soleil.
Heath se massa les tempes, il refusa de dormir avant d’être bien sûr qu’Aelita soit parti pour l’école demain matin. Il passera alors la journée à trouver une solution au problème de Seth. Il était désormais hors de question qu’il retourne en cours, pas avec toutes ses jeunes filles qui lui couraient après.
Entre sa situation avec son frère, et sa relation nouvelle avec Abigail. L’allemand trouvait sa vie de plus en plus compliqué.



28 septembre 2001, 92 avenue Mozart, 16ème arrondissement de Paris 06h 03


Abigail aurait dû se douter qu’elle n’échapperait pas à la vigilance de ses frères, et pourtant, elle y avait mis du sien.
Elle était d’abord allée faire un tour à la cave afin que sa balafre soit cicatrisé par le pouvoir de l’Augure, puis elle était rentré dans l’appartement en faisant le moins de bruit possible. Avant de se faufiler en toute discrétion vers sa chambre, mais une fois qu’elle y pénétra, elle y découvrit Thomas et Drake qui l’avaient vraisemblablement attendue de pieds fermes toute la nuit. Et elle n’eut pas besoin de dire un mot avant que ceux-ci ne constatent la cicatrice qui traversait le visage de leur soeur. Elle fut alors bombardé de questions toutes plus prévisibles les unes que les autres, des questions auxquelles elle n’eut qu’une seule réponse:
-C’est mon nouveau look, et je trouve qu’il me va à merveille.
À cela, les deux frères ne surent que répondre. La jeune fille en profita donc pour leur indiquer la sortie.
-Allez du balais! Ordonna-t-elle. Je n’ai pas beaucoup dormis cette nuit, et j’ai bien l’intention de corriger ça. Alors déguerpissez!
Si Thomas obtempéra à contre-coeur, ce ne fut pas le cas de Drake. Ce dernier était littéralement en train de trembler de rage dans le fauteuil sur lequel il était assis.
Abigail poussa un profond soupir, et fit signe à son frère aîné de déguerpir. Une fois seule avec son cadet, elle s’approcha de lui et s’assit sur son lit pour entendre ce qu’il avait à dire.
-Tu marches bizarrement, nota-t-il, qu’est-ce que tu as fais?

Les joues d’Abigail s’empourprèrent à la seule pensée de ce qu’elle avait fait cette nuit, cela servit de réponse à Drake qui semblait estomaqué.
-Tu… tu as perdu ta virginité? Toi?!
Le jeune homme se leva soudainement de son fauteuil et jeta un regard à la fois accusateur et outré à sa soeur qui n’eut guère le temps d’en placer une.
-Est-ce que c’est la même personne qui t’as fais ça? Gronda-t-il en pointant du doigt la cicatrice.
-Oui, mais…
-Tu t’es laissée tenter par le Démon! Explosa-t-il de fureur. Tu n’avais pas le droit! Tu étais un ange! Tu étais MON ange! Comment as-tu pu…?
-Drake ça suffit! S’emporta Abigail en se levant à son tour. Ce qui s’est passé entre cette personne et moi n’avait rien de démoniaque! C’était de l’amour!
Elle n’avait pas voulu prononcer cette dernière phrase, mais tant pis, elle irait au bout comme elle l’a toujours fait.
-De l’amour, reprit-elle d’un ton plus calme, et cette nuit… a été aussi terrifiante que magique. Je…n’avais jamais vécu cela auparavant.
Elle marqua un temps d’arrêt pour observer la réaction de Drake, mais comme celui-ci resta de marbre, elle poursuivit:
-Mais ne te fais pas d’illusions petit frère. Dit-elle en lui prenant la main. Je suis toujours ta soeur, je suis toujours ton ange. Je suis simplement… tombée amoureuse.
Elle avait prononcé cette dernière phrase avec un sourire dont elle seule avait le secret. Un sourire qui avait toujours réchauffé le coeur de Drake, jusqu’à ce que cette affreuse balafre ne vienne le gâcher.

-Écoute, reprit-elle, tu portes tes cicatrices comme si Dieu t’en avais fais cadeau. C’est ce que tu as toujours dis. Et bien aujourd’hui, je porte celle-ci comme le cadeau de mon amour. Et Dieu n’est-il pas amour petit frère?
Elle savait toujours comment lui parler, comment le convaincre. Quelque part il fut rassuré, car c’était bien là la preuve qu’il s’agissait bien de sa soeur. Mais cela n’empêchait pas son esprit d’émettre des doutes. De gros doutes.
-Va te coucher maintenant, lui dit Abigail tendrement en le prenant dans ses bras, tu dois être fatigué après t’être autant inquiété pour moi. Je t’assures que tu n’as aucun souci à te faire. Je vais très bien, même plus que bien.
Sur ses mots, elle bailla comme un phoque, avant d’ajouter en gloussant:
-Et j’irai surement encore mieux après avoir dormi.
Elle desserra son étreinte, et posa un tendre baiser sur les marques de brûlures de son petit frère.
-Dors bien petit frère. Dit-elle en souriant.
Un sourire sincère se dessina alors sur le visage du jeune homme, il acquiesça et sortit de la pièce afin de laisser sa soeur se reposer.
Mais une fois la porte refermée, il plongea la main dans la poche de son pantalon, et en sortit la carte d’identité qu’il avait trouvé dans l’un des tiroirs d’Abigail.
Suivant les conseils de cette dernière, il se dirigea vers sa chambre pour profiter de quelques heures de repos. Mais une fois ses forces retrouvées, il aurait une mission à accomplir: Celle de purifier sa soeur de l’emprise du démon qui la possédait.





28 septembre 2001, Banlieue parisienne, 09h 14

Heath n’avait pas réussi à fermer l’oeil de la nuit, et le petit déjeuner « en famille » n’avait rien arrangé à son humeur.
Il avait informé Aelita que Seth n’irait pas à l’école avec elle aujourd’hui, ce qui avait quelque peu surpris la jeune fille, qui s’était mise à poser des questions auxquelles il n’avait aucune envie de répondre. Il lui ordonna donc d’aller en cours sans discuter, ce qu’elle dû faire à contrecoeur. Mais une fois la fille partie, ce fut au tour du père de venir se mêler de ses affaires, et celui-ci s’était montré bien moins coopératif. Surtout après qu’il eu noté l’humeur particulièrement mauvaise de l’allemand.

-Quel est le problème de Seth?
-Ça ne vous regarde pas.
À cela, le scientifique avait froncé les sourcils d’agacement.
-Nous vivons tous sous le même toi, si jamais il y a un problème je suis en droit d’être tenu au courant.
Heath avait éclaté de rire devant l’absurdité de ces paroles.
-Seth est ma responsabilité, cracha l’allemand, si il a un problème c’est à moi de le régler. Mêlez vous de vos affaires.
Sur ses mots, l’allemand avait tourné les talons pour aller jeter un coup d’oeil à l’état de son frère. Celui-ci dormait comme un authentique bébé, son visage était si apaisé qu’il aurait été impossible pour quiconque de deviner qu’il était le responsable du carnage qui avait frappé une famille entière une quelques heures plus tôt.
Heath l’observa quelques instants, et un sentiment qu’il ne se connaissait pas vint s’inviter dans ses pensées. Il le chassa immédiatement, sans même prendre la peine de tenter de l’identifier. Il n’avait pas aimé cette sensation, et c’était une raison suffisante pour s’en débarrasser le plus vite possible.

Son attention se focalisa à nouveau sur Seth.
-Intelligence? Murmura-t-il. Analyse-le.
L’IA s’exécuta, et après une trentaine de seconde, lui fit part de ses résultats:
-« On dirait que Seth est en train d’hiberner. »
Heath fronça les sourcils.
-Qu’est-ce que tu veux dire par là?
-« J’ignore s’il s’agit de Xana, mais on dirait que son corps s’est rendu compte de son état. De ce fait il est passé en phase d’hibernation pour ralentir sa dégénérescence. »
-Est-ce que ça a une chance de fonctionner?
-« Pour l’instant ça en a l’air, son état semble s’être stabilisé. Cependant ses cellules continuent de s’auto-détruire, mais à vitesse relativement basse. Ce qui nous laisse au moins trois à quatre mois de répit pour le sauver. »
-Serait-il possible que ses phases d’hibernation lui permettent de se passer de Lazar?
-« C’est très difficile à dire, mais cela me parait hautement improbable. D’autant plus que l’on ignore combien de temps son hibernation pourrait durer. Il faut aussi prendre en compte le fait que Seth est loin d’être parfait. Retrouver le Professeur Belpois me semble être une priorité. Et si jamais cela se révèle impossible, alors il sera obligatoire de mettre la main sur le Lazar. Et dans l’idéal sur sa formule. »
-Je vois, d'après toi, combien de temps son hibernation pourrait-elle durer?
-« Je dirais deux à trois semaines, le temps que son état soit suffisamment stable pour lui permettre de vivre à nouveau. »
-Bien.

Heath s’assit au bord du lit de son petit frère, celui-ci ne bougea pas d’un centimètres. Son sommeil semblait paisible, un sourire s'était dessiné sur son visage.
L’allemand sentit à nouveau ce sentiment désagréable l’envahir, et heureusement pour lui, Intelligence l’en débarrassa sur son ordre. Il se porterait bien mieux sans.
Il s’apprêtait à se lever, lorsqu’une main puissante vint saisir son poignet. Il fit volte-face.
-Je t’aime grand-frère, murmura Seth dans son sommeil.
Heath leva les yeux au plafond, certes, c’était exactement ce qu’il voulait que le mutant ressente à son égard. Mais après la soirée qu’il avait passé en compagnie d’Abigail, cette déclaration soudaine de la part de son petit frère le mit affreusement mal à l’aise.
Il se contenta de se libérer de son emprise avec sa main libre, puis de murmurer à son tour des paroles dont il ne croyait pas un traitre mot:
-Moi aussi je t’aime petit frère.
Le sourire sur le visage de Seth s’élargit, et il se retourna sur son ventre pour dormir plus confortablement.
Heath soupira, et quitta la chambre sans adresser un regard de plus à son occupant.

Mais au moment où il referma la porte de la pièce, il tomba nez à nez avec Schaeffer qui le regardait d’un air sévère. L’allemand comprit aussitôt qu’il allait devoir faire quelques confidences au scientifique avant même que celui-ci n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche.
-Finit les cachotteries, gronda Franz, Aelita m’a envoyé un message pour me dire que toute la famille de la petite amie de Seth était morte dans un incendie. Ainsi qu’une dizaine d’autres personnes qui n’avaient pu échapper aux flammes qui s’étaient propagé dans tout l’immeuble. Aurais-tu l’obligeance de me fournir quelques réponses à ce sujet? Et ne joue pas les innocents avec moi, je sais que c’est ton oeuvre.
-D’accord, d’accord. Maugréa l’allemand. Si c’est vraiment ce que vous voulez.
Les deux membres de la « famille » Lancaster prirent place dans le salon, et Franz écouta Heath déballer son sac concernant cet incident.
Il cacha cependant la crise de Seth en rejetant la faute sur lui. Il expliqua que la jeune fille avait eu un effet indésirable sur le mutant, et que celui-ci avait sans le vouloir, révélé sa véritable nature. Pour les protéger, Heath expliqua qu’il avait dû massacrer toute la famille. Et déclencher l’incendie pour couvrir leurs traces.

Il était essentiel que Franz ignore tout de la crise de Seth, cela aurait des conséquences désastreuses sur leurs relations. En particulier parce que le scientifique aurait peur pour sa fille.
Cependant, il lui avoua la dégénérescence dont le mutant était victime. Car il savait qu’il aurait sans doute besoin de lui pour produire du Lazar lorsqu’il parviendrait à mettre la main sur un échantillon, ou mieux encore, sur la formule. Belpois ne lui avait confié qu’une seule dose après leur fuite de « Silver Wings », et il avait été obligé de l’utiliser très tôt afin de contenir la dégénérescence qu’avait causé la crise qu’avait eu Seth ce jour-là. Belpois lui avait assuré qu’il n’en aurait pas besoin avant deux ans. C’est pourquoi il n’avait pas mit le Lazar parmi ses priorités, mais le scientifique avait fait une erreur de calcul. Et Heath, une erreur de lui faire confiance.
Lorsqu’enfin il acheva son récit, il remarqua que celui-ci était resté de marbre pendant l’intégralité de son monologue. Puis il expira enfin, et haleta quelques dizaines de secondes. Heath se demanda avec amusement quelle partie de son récit avait coupé le souffle du scientifique.
-Ce n’est pas bon, murmura ce dernier, la police va vouloir interroger Seth. Comment allons-nous faire?
Heath soupira d’exaspération, et cet homme prétendait être un génie?
-C’est simple: Légion prendra sa place. En tant que spectre, il peut bien morpher. Vous n’aurez qu’à lui expliquer la situation et lui dire ce qu’il devra dire.
Cette solution sembla convenir au scientifique qui se relaxa presque automatiquement, il s’enfonça paresseusement dans son fauteuil et soupira de soulagement.
-Vous êtes vraiment deux foutues catastrophes, lança-t-il en éclatant d’un rire nerveux.
Heath ne daigna même pas répondre à ça, il se contenta de rouler des yeux.
Franz reprit la parole:
-Seth… le « fils » d’Herman… Murmura-t-il visiblement fasciné. Quand il sera réveillé, il faudra que je l’analyse avec mon scanner.
Heath s’apprêtait à protester, mais le scientifique enchaîna très vite.
-Si je l’analyse avec un scanner, je pourrais peut-être trouvé un moyen de stopper son problème. Ça vaut le coup d’essayer non?
Heath grinça des dents, mais finit par acquiescer.

Au final, la conversation s’était mieux déroulée que prévue. Cela lui faisait toujours un problème de moins à résoudre.
C’est alors que sans crier gare, un des carreaux de la fenêtre se brisa, et un caillou vint cogner la tête de l’allemand.
Celui-ci avait immédiatement fait volte-face pour découvrir l’auteur de cette mauvaise farce, tandis que Franz lâcha un petit cri de surprise.
Heath aperçu alors une silhouette assez petite qui s’enfuyait au loin. L’espace d’un instant, il fut tenté de le rattraper. Mais il y renonça, il doutait de sa capacité à se contenir de massacrer l’auteur de cette blague. Et un mort de plus près de leur habitation ne ferait que renforcer les soupçons qui les concerneraient après la famille de Valentine. Aussi il choisit d’attendre de voir la silhouette s’éloigner, avant de réparer le carreau avec l’aide d’Intelligence. Mais ce qu’il remarqua le coupa dans son élan. La personne responsable avait stoppée sa course, et regardait à présent fixement leur maison. Heath se servit des pouvoirs d’Intelligence pour zoomer sa vue, et ainsi examiner de plus près cet espèce de farceur.

Ce dernier avait une apparence juvénile, et ses vêtements étonnements élégants ne lui donnait pas l’air d’être un voyou. Mais ce qui intriguait le plus l’allemand, c’était le masque blanc qu’il portait au visage. Il y avait trop de choses incohérentes pour que le psychopathe puisse se permettre de penser qu’il s’agissait d’un simple acte de vandalisme. Aussi, il prit une décision.
-Je m’en occupe, informa-t-il à Schaeffer qui acquiesça sans paraitre inquiet.
Heath enfila son manteau, et sortit à la poursuite du voyou présumé qui détala en l’apercevant. L’allemand ne prit pas la peine de courir à pleine vitesse, il était curieux de savoir où est-ce que l’on souhaitait l’emmener. Le farceur finit par s’engouffrer dans un bâtiment abandonné, et Heath le suivit. Bien qu’il fut parfaitement conscient que cette histoire sentait l’embuscade à plein nez.
L’endroit devait avoir été abandonnée en cours de construction étant donné son état. En effet, il s’agissait davantage d’un tas de briques et de ciments ayant la vague apparence d’un bâtiment plutôt que d’une véritable bâtisse.

Mais peu lui importait, il s’y engouffra, et ce qu’il découvrit ne le surpris nullement.
Le rez-de-chaussée ne disposait que de certains murs et piliers porteurs, et c’était tout. Le sol n’était que poussière et saleté, l’endroit empestait la moisissure
L’allemand poussa un soupir, il ignorait qui avait mit en place ce piège, mais il n’en avait jamais vu un aussi grossier.
-Allons sort de là, lança-t-il. Ce jeu est tout sauf amusant.
À ses mots, le voyou surgit de sa cachette, dévoilant ainsi l’objet qu’il avait en main. Ce-dernier fit hausser les sourcils de l’allemand.
Drake L. O'conner avait enlevé son masque, et il pointait désormais son lance-flamme dans la direction du psychopathe.
-Crève, Démon! Vociféra-t-il avant d’actionner son arme, libérant ainsi un véritable océan de feu qui submergea sa cible.


Date inconnue, heure inconnue, lieu inconnu.

La Banshee ne connaissait pas le nom qui lui avait été donné. Lorsque quelqu’un s’adressait à elle pour lui aboyer un ordre, il ne prenait pas la peine de la nommer. Aussi les seuls paroles qu’elle eut jamais entendues étaient:
« -Attaque! »
« -Utilise ton pouvoir! »
« -Arrête! »
« -Rends toi dans la tour! »
« -Reviens! »
« -Tu peux te balader! »

Toujours des ordres, jamais de conversations ou de noms. Elle devait obéir, et cela était tout ce qui importait.
C’est la raison pour laquelle elle enviait Xana: lui il avait un nom. Et bien qu’il fasse à présent partie d’elle, il était libre de penser à sa guise.
Au départ, Xana avait été bien trop endommagé pour pouvoir dire quoique ce soit d’autre que son nom. Mais depuis qu’elle l’avait assimilé, leurs codes s’étaient mélangés, et le programme se répara peu à peu. Jusqu’à obtenir une conscience qui, bien que liée à celle de la Banshee, pouvait penser librement. Cependant, ils n’échangèrent jamais la moindre parole, ils ne faisaient qu’un, ils se comprenaient, et cela leur avait été amplement suffisant… jusqu’à un certain point.
En effet, la présence de Xana dans son programme eu un effet étrange sur la Banshee. Quelque chose fit surface dans son code… quelque chose qu’elle ne su décrire.
Elle vit le visage de Tanner, des deux frères Schaeffers, et d’une jeune fille qui se prénommait « Aelita ».

Cependant, ni Xana ni elle n’étaient en mesure de déterminer d’où provenait ces images. Ni de savoir qui étaient ces personnes et comment ils connaissaient leurs noms. Mis à part Tanner, la Banshee le connaissait. C’était celui qui lui donnait les ordres auxquelles elle était obligé d’obéir. Et puis il y avait l’un des frères Schaeffers, Xana le connaissait. Mais il ne se rappelait plus pourquoi ni comment.
Cependant, c’était Aelita qui avait le plus attiré leur attention. Car des images d’elles, ils en avaient plusieurs.
Pour une raison qu’ils ignoraient, ils voulaient découvrir qui était cette jeune fille. Ils en avaient besoin, l’un comme l’autre.
Car il ne faisait plus qu’un, et leur nom était X.A.N.A..


28 septembre 2001, Banlieue parisienne, 09h 41

Drake haletait, son coeur battait la chamade. Il l’avait fait! Il avait détruit la créature du mal qui avait possédé sa soeur! L’espace d’un instant, le soulagement et le bonheur le submergèrent, et des larmes de joies coulèrent le long de ses joues. Il était tellement content qu’il en éclata de rire, faisant ainsi retomber toute la pression qui avait reposé sur ses épaules.
C’est alors qu’un raclement de gorge parvint à ses oreilles, Drake se paralysa sur place.
Pendant un bref instant, il n’osa poser ses yeux dans la direction d’où venait ce bruit. Mais lorsqu’enfin il en eut le courage, il ne parvenait pas à les croire.
Le démon était toujours en vie! Non, c’était encore pire que cela, il était intact!
Ni son corps, ni même ses vêtements n’avaient subi le moindre dommage.
-C’est impossible, lâcha-t-il sous le coup de la terreur. IMPOSSIBLE!
Le feu était l’arme de Dieu, elle devait annihiler le mal, purifier le Monde. Un démon ne pouvait pas s’en être sortit indemne. C’était tout bonnement inconcevable!
De son côté Heath n’avait pas vraiment apprécié qu’on tente de le brûler vif, même si grâce au « mode Spectre » d’Intelligence il n’avait subi aucun dommage. Heureusement d’ailleurs que cette dernière l’avait activé, sinon il ne s’en serait probablement pas sortit sans dégâts, et ses vêtements encore moins.

Il prit quelques secondes pour observer la personne qui se trouvait en face de lui, et comprit rapidement qu’il s’agissait du frère d’Abigail. Cette dernière en ayant fait une description assez fidèle lorsqu’ils avaient conversé hier soir. Bien sûr, il savait que la balafre qu’il avait laissée à la jeune fille aurait eu du mal à passer chez sa famille. Mais de là à penser que l’un d’entre eux l’attaque au lance-flamme, non, ça il ne l’avait pas prévu. Il profita du fait que Drake soit submergé par la peur et l’incompréhension, pour faire discrètement quelques trous dans les paumes de ses gants de cuirs. Heath n’avait aucune envie que l’écossais voie ses bras de métal, le fait qu’Abigail les ait vus était déjà bien suffisant. Cependant, il ne pouvait pas laisser ce gamin partir sans lui avoir fait une démonstration de ses capacités. Aussi il fit apparaitre une boule de feu dans sa main, ce qui arracha un cri de surprise au pyromane.
Heath ne disposait pas du réservoir de carburant qu’il possédait pour utiliser ses bras de métal comme de surpuissant lances-flammes. Toutefois ses membres disposaient chacun d’une petite réserve de secours, qui lui permettait de cracher quelques jets de flammes sans plus. Étant donné son manque de carburant, l’allemand misa sur la panique qu’avait provoqué cette apparition de feu dans ses mains pour dominer le petit frère d’Abigail.

-Je ne peux pas être brûlé, informa l’allemand. Toi en revanche, je vais t’expédier en Enfer pour ce que tu as fais.
Sur ses mots, il pointa sa boule de feu en direction de son interlocuteur. Celui-ci en tomba à genoux, l’air ébahit.
-Vous… Êtes-vous un ange?
Heath haussa les sourcils face à cette question à laquelle il ne s’attendait pas, aussi il prit soin de sélectionner prudemment ses mots avant de répondre.
-Peut-être, dit-il en souriant, qu’en penses-tu?
L’allemand avait éteint sa boule de feu, ses bras étaient à présent croisés derrière son dos. Drake le regardait avec une expression nouvelle, il semblait émerveillé par sa présence.
-Vous manipulez le feu, l’outil qu’utilise Dieu pour purifier le Monde de ses vermines. Vous ne pouvez le craindre, ce qui ne peut signifier qu’une seule chose: vous êtes un être divin.
Heath eu toutes les peines du monde à ne pas éclater de rire, le frère d’Abigail était encore plus taré qu’elle.
-Si tel est le cas, dit Heath en le regardant droit dans les yeux, ne me dois-tu pas un minimum de respect?
À ses mots, l’écossais se prosterna de tout son long dans la poussière. Ce qui amusa d’autant plus l’allemand.
-Dites-moi, souffla Drake, dites-moi quel est mon but? Que dois-je faire?
Le psychopathe le toisa du regard, il n’en avait aucune idée pour le moment. Il se contenta donc d’esquisser un nouveau sourire, et de répondre:
-Pour l’instant tu n’as qu’à faire ce que ta soeur te dis de faire. Mais n’oublie jamais ceci: Ma volonté ainsi que mes paroles, sont celles de Dieu.
-Oui votre Grâce, balbutia le pyromane qui était toujours prosterné sur le sol.
Heath avait un mal fou à se retenir de rire, mais la plaisanterie commençait à le lasser. Et il avait des choses plus importantes à faire que de jouer les évêques.
-Va à présent, et n’informe personne de ce qui s’est produit ici. Ordonna-t-il fermement. Pas même Abigail.
-Merci votre Grâce. Lâcha le jeune homme en se relevant. Et merci à vous d’avoir bénie ma soeur.
Ces mots manquèrent d’écarquiller les yeux de Heath. Est-ce qu’il considérait vraiment cette balafre et cette nuit de fou comme des bénédictions? Mais ils étaient tous cinglés dans cette famille!
-Ce fut un plaisir, lâcha-t-il parfaitement conscient qu’il s’agissait de la pure vérité. Tu peux disposer à présent.

À ces mots, Drake se releva, récupéra son lance-flamme qu’il cacha dans un grand étui à violon, puis se mit à détaler. Mais alors que Heath s’apprêtait à en faire autant, l’écossais le coupa dans son élan en s’écriant:
-Votre Grâce? Puis-je vous demander votre nom?
-Heath.
Drake secoua la tête.
-Pas votre nom humain… Votre nom divin.
L’allemand fronça les sourcils.
-Comment connais-tu mon nom humain?
Drake baissa la tête et revint vers son « ange » avec la démarche d’un enfant à l’air coupable. Il plongea la main dans sa poche, et tendit au psychopathe sa carte d’identité.
Heath la lui arracha des mains dès qu’il l’aperçu, il avait vite comprit que c’était encore ce fichu document qui était la cause de tout ce cirque. Il était donc pleinement satisfait de pouvoir enfin le récupérer.
-Alors tu veux connaitre mon nom divin? Soupira-t-il pressé d’en finir.
Drake tremblait littéralement d’excitation dans l’attente de sa réponse, heureusement pour l'allemand Intelligence était une véritable mine de renseignement. Aussi elle n’eut aucun mal à trouver une réponse satisfaisante dans « l’Apocalypse de Jean », le dernier livre du Nouveau Testament.

-Je suis Abaddon le Destructeur. Lui souffla-t-il d’une voix maléfique. À présent disparais!
L’écossais fut un instant paralysé par la surprise, avant de se saisir de ses affaires et de prendre la poudre d’escampette, laissant un Heath fatigué rentrer chez lui.
Lorsqu’enfin il poussa la porte de sa maison, il y découvrit deux hommes en uniformes venu interroger Seth. Mais comme il l’avait suggéré, ce fut Légion qui avait répondu aux questions des policiers en ayant prit la forme du mutant. Tandis que l'original, devait toujours hiberner dans sa chambre.
Les deux représentants des forces de l’ordre se tournèrent à présent vers lui pour le questionner, il mentit avec maitrise comme il savait si bien le faire en prétextant être sortit toute la nuit faire la fête en boite. Mais qu’il ne se souvenait plus très bien parce qu’il avait beaucoup bu. Et avec l’odeur pestilentielle qu’il devait dégager étant donné les endroits qu’il avait visité entre cette nuit et ce matin. Les policiers n’eurent aucun mal à le croire. Une fois ces derniers parties, Heath alla prendre une douche, envoya ses vêtements sales à la machine. Et rejoignit sa chambre dans le but de s’y reposer, et de vider son esprit de tout le bazar qu’Abigail, Seth et Drake y avait laissé.


Même moment, Lieu inconnu.

Norman Belpois ne ressentait rien, absolument rien. D’un point de vue physique tout du moins, car ses émotions elles étaient bien présentent: la peur, la haine, la tristesse, la colère, le désespoir, l’impuissance. Cette dernière était la pire de toute, il ne pouvait rien faire. Il était conscient, mais ne ressentait ni ne voyait quoique ce soit. Il ignorait ce que l’Organisation avait fait de lui, ni même ce qu’elle avait l’intention de lui faire d’autre.
C’est alors qu’il entendit une voix, ou plutôt que la voix résonna dans sa tête sans qu’il ne sache comment elle était entré.
-Réveillez-vous Professeur Belpois. Ordonna la voix glaciale de Tanner. La Banshee a besoin d’une révision.
La Banshee
Voilà bien une créature avec laquelle il avait encore du mal, et cela même s’il en était l’un des principaux concepteurs. À son plus grand dam.
Il aurait aimé pouvoir lui parler, à cette… créature qui était si seule. Lui dire qu’il était désolé, qu’il allait trouver le moyen de l’aider.
Cependant, cela aurait été lui mentir.
Peu à peu il sentit sa conscience s’éveiller, et sa vue apparue sans qu’il ait eu, pour autant, l’impression d’ouvrir les yeux.
Lentement, il releva son dos. Et c’est là qu’il aperçu ses jambes, puis ses mains, puis le reste de son corps.
Norman Belpois poussa un hurlement déchirant.

Mais personne ne pouvait l’entendre.






Prochain chapitre: Inglourious Basterds
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 22 Aoû 2017 01:15   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Bon comme je n'ai rien à faire (et que je suis obligé de rester debout) je vais répondre tout de suite à ce commentaire d'Iko, principalement parce qu'elle a soulevée les bons points à mes yeux. Smile

Citation:
Je vais attaquer par la déception Serpent-bis. Son apparition sur Lyoko a totalement fait plouf alors qu'il était annoncé comme un antagoniste super badass. Et il l'avait été, dans un chapitre précédent, sauf que tout le monde a eu le temps d'oublier ça vu le temps écoulé depuis


Citation:
Dans la catégorie des personnages qui auraient pu être classes mais qui se chient, on a aussi Peter qui a actuellement le rôle du méchant qui tape du pied en promettant de se venger en arrivant jamais à rien, un peu comme un personnage de dessin animé. Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas


Je vais simplement te dire que ces effets étaient voulus. Je suis donc content d'avoir réussi mon coup. Smile

Avis d'Ikorih:

Citation:
En fait, je pointerai du doigt Heath, et son aura de personnage à peine pété. Concrètement, y a jamais trop de suspens sur ses combats virtuels et je ne me souviens même pas l'avoir vu perdre, preuve qu'il n'a jamais encaissé de revers significatif...


Avis d'Icer:

Citation:
Le combat entre Heath et l'Augure était haletant, avec un véritable suspense sur l'issue.


Spoiler


Je te laisses débattre de ce point avec ton bro'. Qui au passage, a réussi a orthographier le mot "suspense" mieux que toi. Je le laisses fêter son triomphe. Mr. Green
Edikorih : Une remarque à faire sur mon orthographe, Tyker? Surprised

Edityker: C'est déjà fait. Wink

Ceci dit, tu mets aussi le doigt sur le fait que mes délais de publications font oublier certains détails que je croyais assez marquant pourtant... Je vais devoir me montrer davantage régulier pour éviter ce souci.

Heath est pété? Hmm... Tout à fait normal Mr. Green

Citation:
Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas, même si elles lui ont permis de battre Légion (dont on a plus entendu parler depuis d'ailleurs, à voir ce qu'il est devenu)...


J'ai beaucoup de personnages, je dois parfois faire l'impasse sur les secondaires pour me concentrer sur les principaux. Ça me fait penser que je n'ai pas rajouté Légion à la liste des persos. Je te remercie donc de m'en parler Wink


Citation:
Un mot vite fait sur le meilleur orphelinat du monde : déjà, je ne viens de percuter que maintenant que Thomas était le Thomas de chez Abigail and co. Comme quoi il est bien la fantôme-attitude incarnée, là où même Drake qui pourtant n'a quasiment pas de dialogues se permet de laisser une empreinte plus marquante.


On parie que tu te souviens de Drake mieux que de Thomas simplement parce que celui-ci s'appelle Drake? Rolling Eyes
Je plaisantes. J'avoue, je ne pensais pas que Thomas serait fantomatique à ce point. La grosse différence doit venir du fait que j'ai écris sa scène flashback après l'avoir déjà présenté comme étant le frère d'Abigail à l'inverse de ses frères et soeurs. Ça devrait changer maintenant que sa scène est postée. Mais si jamais ce n'est pas le cas, je changerais quelques petits trucs dans mon scénario.


Citation:
Vivement qu'ils voient leur soeur rentrer avec une balafre XXL sur la face, ça devrait les faire réagir. Ensuite, donc, l'orphelinat : il est toujours ouvert avec les merdes qui s'y passent?! Certes, dans ta fic les flics servent surtout à être bourrés en service m'enfin...


Ce point est intéressant, je n'en dis pas plus. Mr. Green


Citation:
Sinon on m'a dit que ce passage sentait un peu l'hémoglobine gratuite...les luttes de pouvoir pour le titre de l'auteur le plus sanguinolent du sous-forum sont toujours ouvertes.


https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/736x/28/82/c1/2882c1dd39d5793ae2b6eb2ba0757017--le-joker-joker-heath.jpg


Non mais...

Citation:
Je vais en arriver au gros point du chapitre qui est juste au dessus : la relation Heath/Abigail (dont la conclusion n'est guère surprenante héhé). Je pense que c'était un pari risqué, et possiblement délicat à écrire puisqu'après tout, rien de mieux qu'une romance pour ruiner un personnage sanguinaire. Globalement, ça passe bien quand même, et ça vaut mieux pour le reste de la fic parce que au vu de la part que prend le traitement d'Heath, ç'aurait été la merde autrement. Le plus rigolo sera probablement quand ils découvriront leur implication mutuelle dans les mondes virtuels (Abigail avait bien mentionné qu'il pouvait lui être utile pour sa vengeance...).
Tu t'en étais assez bien sorti pour esquiver les écueils niais mais la fin du chapitre a eu raison de tes efforts : le moment où ils s'endorment l'un contre l'autre est teeeellement mignon (a) Remarque, de la part d'un mec qui a une signature Reine des Neiges...(smirk)


J'avoue que ça me rassures, j'ai vraiment essayé de faire en sorte que cette "romance" soit cohérente avec Heath. Pour ce qui ait de la dernière phrase, je me suis un poil adoucie depuis que j'ai adopté un chaton (elles sont démoniaques ces bêtes-là) Mr. Green


Citation:
Je me suis honnêtement fait chier en lisant la backstory racontée par Hopper. Autant globalement ta fic en brosse un tableau plutôt original, autant là j'ai eu la vague impression de retomber sur des trucs qui avaient été vus et revus dans d'autres textes. A l'exception notable de la phase "casino" de Franz. Mais sinon, baah...mouaif.


C'était un peu forcé, j'avais déjà raconté la backstory de Franz dans le premier chapitre. On remarquera (ou pas puisque le chapitre 1 a été posté il y a deux ans (a)) que les deux versions ne sont pas identiques. Car Franz a caché une partie de la vérité à Aelita. En faites, je voulais simplement qu'Aelita soit au courant pour son oncle. Et je n'avais pas envie de sauter d'un bout à l'autre en skippant le récit. Aelita et son père ayant eu trop peu de scènes ensembles.


Citation:
Je conclurai en disant cependant que je continue à suivre, malgré les remarques mitigées que j'ai pu formuler, ça reste une très bonne fic avec de très bons persos. L'un des points que j'aime bien dans l'intrigue est la période à laquelle elle se déroule, qui fait d'ailleurs que l'action a un temps limité pour se faire (à ce propos, quelle chronologie prends-tu pour la série? 2003 ou plus tard?).


Celle de 2003. Et pour ceux qui se demandent, si j'ai bien l'intention de faire en sorte que ma fic soit cohérente avec le dessin animé:

Spoiler


Citation:
PS : Y a pas la liste des persos avant le chapitre 10 :c


Corrigé, Merci beaucoup au passage Smile
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 21 Aoû 2017 15:51   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler


Spoiler



Chapitre 10: Le Diable et La Succube


27 septembre 2001, 16ème arrondissement, 20h04

Drake L. O’conner s’adonnait à son activité favorite: la prière.
Certaines personnes qui le connaissaient à peine, croyaient qu’il s’était tourné vers Dieu pour éviter de penser aux cicatrices horribles qui recouvraient son visage. Ces personnes avaient tort. Drake avait accueilli ces marques comme une bénédiction de la part du Seigneur. Elles représentaient le jour de sa résurrection, le jour où il avait été libéré du joug des démons qu’il avait appelé ses parents. Le jour où il avait rencontré sa soeur, Abigail Hobbs, l’ange qu’il appelait sa soeur

Le jour où il avait juré de passer le reste de son existence, à anéantir le moindre parasite à forme humaine qui polluait le monde de Dieu. Et c’était par le feu, l’arme divine du Seigneur, qu’il s’y prenait.
Drake possédait une obsession pour le feu très particulière, sa fascination pour cet élément était sans égale. Pour lui, il représentait le cadeau ultime que Dieu avait fait aux hommes afin qu’il se dresse au sommet de la chaîne alimentaire, ce qu’ils ont fait.

Les règles concernant ses prières étaient simples et strictes: aucune interruption ne sera tolérée. Lucius avait un jour commis l’erreur de l’appeler pour le diner, Drake l’avait alors envoyé balader d’un regard abominable. Il priait tout les jours, à huit heures, quatorze heures, vingt heures, et minuit. Ses prières quotidiennes duraient cinq minutes montre en main, et il avait la réputation fondée d’être réglé comme une horloge. Si l’on respectait cela, la cohabitation avec lui ne posait aucun problème. En dehors de ses moments de foi intense, c’était quelqu’un de très gentil, qui aimait les gens en général.

Thomas Von Kane, attendait avec une assiette de cassoulet à la main que son petit frère rouvre les yeux. Une fois ceci fait, il lui fit signe de le suivre. L’écossais acquiesça, et lui emboita le pas.
Depuis leur rencontre, Drake et Thomas s’entendaient assez bien. Enfin, aussi bien que pouvaient s’entendre deux frères. Ils se respectaient, discutaient régulièrement, et s’appréciaient assez pour leur ouverture d’esprit commune. Ce qui ne les empêchaient pas d’être en désaccord sur de nombreux sujets, notamment celui concernant l’existence même de Dieu.
Ils avaient eu de nombreuses disputes à ce sujet, et à maintes reprises, Abigail avait été forcée d’intervenir pour éviter qu’ils en viennent aux mains. Au final, et après un temps d’adaptation l’un à l’autre. Drake avait réglé ce conflit par cette simple phrase:
-« Dieu préfère de bons athées à de mauvais chrétiens. »
A partir de ce moment, il n’y eut plus jamais de problèmes sérieux entre les deux frères. Seulement des chamailleries qui étaient propres à l’amour fraternelle qu’ils portaient l’un pour l’autre.

Thomas et Drake empruntèrent l’escalier de service de leur immeuble, et descendirent au dernier sous-sol. Une fois arrivés, l’aîné sortit un trousseau de clés et ouvrit la grille de métal qui donnait accès aux caves. Ils s’enfoncèrent dans les galeries grossièrement aménagées pour atteindre la porte la plus éloignées des autres. Une imposante porte d’acier se dressait devant eux à présent, Drake tapa le code à 7 chiffres, fit vérifier son empreinte digitale sur la fausse serrure, et après un déclic, poussa la porte.

La pièce dans laquelle ils pénétrèrent était affreusement mal rangée. Des centaines de câbles et de fils électriques jonchaient le sol, ce qui obligeaient les deux frères à faire de grandes enjambées pour les éviter. Un immense supercalculateur en forme d’obélisque occupait un tiers de la pièce, les trois scanners étaient alignés les uns contre les autres. Abigail Hobbs et son pupitre de commande, étaient quand à eux situés dans un coin.
Elle salua ses frères d’un sourire, mais prit un air embêté aussitôt qu’elle vit ce que Thomas tenait dans les mains.

-Je suis vraiment désolé les garçons, mais je ne manges pas ici ce soir.
-Ah bon? Qu’est ce que tu as prévu de faire?
La jeune fille laissa échapper un sourire malicieux, et tapota son écran du doigt.
-Ce que j’avais prévu de faire depuis bien longtemps. Mais que j’ai été forcée de reporter à cause du virus.
Drake se tourna vers le pupitre.
-Le virus est déjà prêt?
-Évidement qu’il est prêt, répondit la voix de l’Augure. Nous pensons d’ailleurs l’utiliser très prochainement, une fois que le reste de l’attaque sera définitivement planifié.
-À ce propos, commença Thomas. Vous ne pensez pas qu’il est encore un peu tôt? On vient à peine de commencer quelque chose qui devait durer des mois, vous êtes sûr que ce virus nous garantirait la victoire?
Abigail leva les yeux au ciel.
-Tu crois que je n’ai pas préparé mon coup? Nous avons un avantage énorme sur l’Organisation. Un avantage dont ils n’ont pas conscience. Une fois l’attaque lancée, il faudra compter sur le chaos ambiant pour la réussite de notre opération.
-Je ne comprends toujours pourquoi il faut que tu sois présente grande soeur. Remarqua Drake. Si jamais il t’arrivait malheur…
-Il ne lui arrivera rien, coupa l’Augure. Je serais là pour m’en assurer.
Les deux frères ne semblaient pas convaincu, mais se laissèrent fléchir. Satisfaite, Abigail se frotta les yeux, puis se leva.
-Où est ce que tu vas? Demanda Drake alors que sa soeur avait déjà ouvert la porte.
-Je vais me faire belle pour mon rencard, répondit la jolie hollandaise.
Elle sortit de la salle, laissant Thomas rouler des yeux, Drake froncer les sourcils, et l’Augure soupirer d’exaspération.


27 septembre 2001, Banlieue parisienne, 20h 36



Heath Lancaster était en train de crever d’ennui. Allongé sur son lit, un livre sur la dynastie Tudor à la main, le psychopathe était envahi par un profond sentiment de lassitude.
Il était lassé d’attendre.
Sa dernière confrontation avec l’Organisation avait déchaîné sa passion, à tel point qu’il s’était excité comme un enfant en attendant la prochaine attaque. Mais les jours passèrent, puis les semaines, et au final, il n’avait plus rien eu à se mettre sous la dent depuis plus de vingt jours. Vingt jours, 480 heures passées à broyer du noir. Son impatience était telle, qu’il avait suggérer au professeur Schaeffer d’attaquer eux-mêmes l’Organisation. Ce à quoi le scientifique avait répondu:
-« C’est exactement ce qu’ils attendent de nous. Grâce à la destruction de leur vaisseau, nous sommes tranquilles pour un bon mois. Mais ils reviendront, et à ce moment là nous les détruirons. Pas avant. »

Franz lui avait alors expliqué son plan: Il allait envoyer un virus de sa conception à travers leur vaisseau pour griller leur supercalculateur. Heath s’était alors emporté. Il reprocha à Franz son manque de pragmatisme et pointa du doigt le fait que rien ne les empêcherai d’en construire un nouveau. Mais le scientifique n’était pas dupe, et il avait compris ce que l’allemand avait réellement en tête.
-« Tu veux tous les tuer, c’est ça »?
La discussion n’était pas allé plus loin, Heath ayant parfaitement compris que Franz ne changerait pas d’avis.
Aujourd’hui, il regrettait de ne pas être allé plus loin. L’Organisation n’était pas constituée d’enfants de choeurs, ils n’abandonneraient pas aussi facilement. Mais la destruction de leur supercalculateur permettrait à Franz de disparaitre définitivement, lui et sa fille. Et c’était tout ce qui intéressait le scientifique.


Heath soupira, il n’avait toujours rien à faire. Il caressa l’idée de sortir se trouver une victime à torturer, mais il se ravisa. Il devait cesser de penser comme un enfant de quatorze ans, maintenant qu’il en paraissait dix-huit. C’était finit les caprices de jeunes psychopathes, il se devait de murir. Résigné, il décida de descendre prendre quelque chose à grignoter dans la cuisine. Mais à sa grande surprise, son téléphone sonna. Et plus surprenant encore, le numéro affiché lui était inconnu. Méfiant, il décrocha, et porta le portable à son oreille.
-Allo?
-Coucou!

La voix d’Abigail Hobbs lui fit l’effet d’une gifle en plein visage, lui qui avait espéré ne plus jamais entendre parler d’elle.
-Qu’est-ce que tu veux? Vociféra-t-il.
-Hé bien quelle forme. Gloussa la jeune fille. Je me demandais simplement si tu étais libre ce soir?
-Comment est ce que tu as eu mon numéro?
-Tu n’as pas l’air très emballé.
-Comment tu l’as eu?
-À ton avis?
Heath prit un moment pour réfléchir, avant de grogner:
-Aelita…
-Ne lui en veut pas, je lui ai un peu mis la pression. Et puis, je lui ai promis que je te sortirais un peu .

-Je ne suis pas ton chien.
-Bien sûr, bien sûr. Alors? Tenté?
Le psychopathe éclata de rire.
-Je n’ai aucune envie de revoir ta tête de poufiasse.
Abigail était vexée, mais elle ne se laissa pas abattre.
-Même contre ta fausse carte d’identité?
-Ma…
Par réflexe, le psychopathe se mit à fouiller ses poches; Rien. Abigail gloussa de nouveau.
-Heath Lancaster, lut-elle à haute voix, né le 15 mai 1983 à Manchester. 1m 82 pour 75 kilos. Cheveux bruns, yeux bleus, habite au…

-C’est bon, grogna l’allemand, j’ai saisi.
-Je dois dire que c’est une très belle imitation, commenta la jeune fille d’une voix studieuse. Malheureusement pour toi, j’en connais un rayon sur les faux papiers. Et si ta carte est fausse, j’imagine que tu caches quelque petits trucs qui feraient plaisir à la police. Je me trompes?
Heath avait l’impression de se faire manipuler comme un banal mouton, en rage, il se retint de ne pas briser son téléphone.
-Qu’est ce que tu veux?
-J’ai envie de sortir ce soir. Elle avait prit une voix mielleuse, ce qui donnait de furieuses envies de meurtres à l’allemand. On se retrouve au Boulevard Barbes dans une heure.
-Attend une minute, je…
Trop tard, Abigail avait raccrochée. Heath resta un moment sans bouger, avant de se jurer de lui faire payer son insolence de la meilleure des manières.
En rage, il attrapa son manteau, enfila ses chaussures, et sortit en trombe de sa chambre.
-Et où est ce que tu vas comme ça? L’interpella Franz Hopper au moment où il passait devant le salon.
-T’occupes! Répondit-il avant de claquer la porte d’entrée.

Assis dans son fauteuil, le scientifique réajusta ses lunettes.
-On ne l’a vraiment pas assez corrigé quand il était môme celui-là.
Il s’apprêtait à reprendre sa lecture, lorsqu’une Aelita tout ensommeillée fit son apparition en baillant.
-C’est quoi tout ce raffut?
-Ce n’est rien ma chérie. Heath était en colère après je ne sais pas trop quoi. Ça devrait lui passer.
Aelita se remémora alors la demande qu’Abigail Hobbs lui avait faites plus tôt dans la journée, et elle ne put s’empêcher de pouffer. Elle ignorait complètement la raison pour laquelle la jeune hollandaise avait souhaiter s’approprier le numéro de l’allemand. Mais une chose était sûre, Heath n’avait pas apprécié.
Elle s’apprêtait à retourner se coucher, lorsque son père la rappela:
-Aelita?
La jeune fille se figea sur place. Il s’écoula une dizaine de secondes pesantes, avant que Franz ne se décide à reprendre la parole:
-Parle moi ma puce, tu ne peux pas rester en colère contre moi indéfiniment. Je sais que tu m’en veux beaucoup, et je serais prêt à tout pour que tu me pardonnes. Mais on n’arrivera jamais à rien si jamais on ne se parle pas. Je t’en pris…
La princesse de Lyoko se sentait trop fatiguée pour se battre avec son père. De plus, elle devait admettre que ne plus rien partager avec lui la faisait aussi un peu souffrir. Alors elle se laissa fléchir, et hocha la tête.
Le visage réjouit, le scientifique chercha rapidement un sujet de conversation.
-Seth rentre de plus en plus tard ces temps, remarqua-t-il, qu’est ce qui le retient occupé comme ça?

-Il a une copine.
Le regard interloqué de Franz Hopper fit pouffer sa fille.
-Je suis sérieuse. C’est une fille de notre classe qui s’appelle Valentine, elle est gentille, tellement gentille que ça en devient presque dérangeant.
-Comment ça se passe avec Seth?
-Je l’aime bien, je crois que je commences vraiment à le considérer comme mon petit frère tellement j’ai de choses à lui expliquer. Il est tellement naïf, c’est très mignon.
Franz sourit à cette nouvelle, le fait de savoir que sa fille appréciait sa nouvelle vie lui fournissait une source de motivation supplémentaire pour réussir sa quête.
-Les relations fraternelles sont très importantes, commenta-t-il, je suis content de savoir que vous vous entendiez si bien.
-Mouais, si Heath pouvait rentrer dans son personnage ce serait plus simple. Mais bon, je n’aimerais pas avoir cet excité comme grand frère de toute façon.
-Je te comprends, j’en ai eu un comme ça moi.

À peine eut il finit de prononcer ses paroles, qu’il se rendit bien vite compte de son erreur. Aelita écarquilla les yeux.

-J’ai un oncle?
Le scientifique hésita, avant de se résigner. Elle en avait de toute façon trop entendue pour essayer de nier.
-Oui, soupira le scientifique. Enfin plus maintenant… Mais oui, j’ai eu un frère.
Fascinée par les paroles de son père, la jeune fille s’assit dans le canapé en face de lui.
-Raconte-moi.
-Aelita…
-Papa, s’il te plait.
-Je ne sais pas si c’est vraiment nécessaire.
-Tu as vendu la mèche, remarqua la jeune fille. C’est un peu tard pour se demander ça maintenant.
Franz soupira d’exaspération, avant de se redresser dans son fauteuil, et de poser son livre.
-Très bien, marmonna-t-il. Mais je te préviens: ce n’est pas une belle histoire.
Aelita acquiesça, se mit à trembler d’excitation. Hopper, de son côté, réfléchissait au moment où il devrait commencer son récit.
Une fois le point de départ trouvé, il invita sa fille à s’installer sur le canapé. Puis, il prit une longue gorgé de la tasse de thé qui était posée sur la table basse.
-Mon frère s’appelait Herman, et il était mon aîné de vingt ans. Il est né un peu avant la seconde guerre mondiale, de l’union de ma mère et d’un allemand naturalisé français qui s’appelait Franz Schaeffer. Dans sa jeunesse, c’était quelqu’un d’extrêmement sérieux, qui travaillait dur pour gagner la fierté de ses parents. De ce que je sais, cette petite famille était tout ce qu’il y avait de plus heureuse. Le père avait un bon emploi, et la mère offrait volontiers tout l’amour qu’elle possédait à son fils et son mari. Malheureusement, Franz Schaeffer était juif, et la seconde guerre mondiale eut raison de lui juste avant la libération. Je ne sais pas exactement comment il est mort. Je crois qu’il s’est battu avec un soldat nazi pour protéger sa famille, et que le combat a eu raison des deux combattants. Toujours est il que ce jour aura marqué un tournant dans la vie de Herman, il n’avait que huit ans lorsqu’il a vu son père mourir. Cela lui a donné la rage suffisante pour réussir tout ce qu’il entreprenait.
Un genre d’obsession était né chez lui, celui de devenir l’un des hommes les plus puissants du monde. J’ignore encore la raison qui motivait son ambition… Peut-être cherchait-il toujours la fierté de son père? Impossible à savoir.

-Peut-être qu’il cherchait à prendre soin de sa mère? Proposa Aelita qui était sincèrement plongée dans le récit.
Franz secoua tristement la tête.
-Il a délaissé notre mère, le jour de ses seize ans. Il a obtenu son Bac, et est parti étudier à l’étranger pendant plusieurs années. Mais même avant cela, il ne lui accordait plus beaucoup d’attention. Seul son travail l’intéressait.
Aelita acquiesça, elle ressentait un peu de tristesse pour cette grand-mère qu’elle n’avait pas connue. Elle aurait sans doute méritée beaucoup plus d’amour après tout ces sacrifices.

Hopper prit une nouvelle gorgée de thé, et continua son histoire:
-Quatre ans ont passés, et après avoir obtenu son diplôme, Herman est rentré chez sa mère. Où une bien mauvaise surprise l’attendait…
Franz marqua une courte pause pour déglutir, avant de reprendre:
-Notre mère était décédée, elle était morte en me donnant la vie.
Aelita resta interdite.
-Herman n’avait jamais répondu à la moindre lettre de sa mère, celle-ci s’était sentie abandonnée de tous. Elle avait tentée de trouver du réconfort après d’autres hommes, mais la seule chose qu’elle réussit à en tirer, ce fut moi. Un enfant qu’elle avait mit au monde au prix de sa propre vie.
Je dois dire que j’ai été extrêmement chanceux: il n’y avait personne à la maison lorsque Mère m’a mis au monde. La femme de ménage nous a découvert le lendemain, ma mère morte dans son lit, et moi qui hurlait de faim entre ses jambes. Herman est rentré en France une semaine plus tard, et m’a emmené avec lui. Mais je peux d’ores et déjà te dire qu’il ne l’a pas fait par amour pour moi ou notre mère.

Pour la première fois depuis bien longtemps, la princesse de Lyoko adressa à son père un regard compatissant. Celui-ci lui répondit par un sourire qui se voulait rassurant.
-Herman ne m’a jamais maltraité, il était même très investi dans mon éducation. Il m’a enseigné tout ce qu’il connaissait, faisant de moi le gamin le plus savant du monde. Quelque part, je crois qu’il cherchait en moi ce qu’il voulait donner à son père: de la fierté.
Mon enfance et mon adolescence se sont plutôt bien déroulés, ce n’est qu’après mon entrée dans la vie professionnelle que les choses ont changées. Herman venait de mettre sur pied ce qu’il avait appelé une « entreprise », et naturellement, il m’avait demandé de travailler pour lui une fois mon diplôme en poche. Mais à ce moment là, j’ai choisi de refuser. J’en avais assez de faire tous ce qu’il demandait. J’étais un jeune homme de 21 ans, et j’avais envie de croquer la vie à pleine dents. Nous avons eu une violente dispute le soir de mon refus, mais je ne pourrais pas te la décrire, car j’ai préféré oublier ce fichu moment. Le lendemain, j’ai utilisé un peu d’argent durement gagné pour m’offrir un voyage à Las Vegas. C’est à ce moment là que j’ai lancé ma carrière de compteur de cartes.

Aelita fronça les sourcils, ce qui amusa son père.
-Je n’ai pas toujours été ce vieux scientifique rabougri. Et ces années furent parmi les plus belles de ma vie: avec mon niveau en calcul mental, je gagnais des milliers de dollars sans jamais me faire prendre. Je vivais confortablement, j’avais des amis riches, et un certains nombres de conquêtes. Mais tout à voler en éclats. Et je pense aujourd’hui que Herman n’était pas étranger à ce malheur.
Je me suis fais prendre, j’ignore encore comment c’était arrivé, mais j’ai passé un sale quart d’heure. Les gorilles du casino que je fréquentais le plus souvent m’ont mis en pièces. Et je suis rentré chez moi en boitant avec une gueule démolie, pour découvrir que j’avais été cambriolé. Tou mon argent avait disparu, et mon compte en banque avait été vidé je ne sais comment. Je me suis retrouvé à la rue sans un sou pendant deux mois. Tout mes « amis » m’avaient abandonnés, et je ne parles même pas de mes conquêtes qui ont oubliées mon existence. Vivre dans la rue a été une expérience plus que déplaisante. Heureusement pour moi -enfin, si on peut dire ça-, Herman m’a retrouvé. Et il m’a à nouveau proposé de rentrer en France pour travailler pour lui. Et j’ai été forcé d’accepter. Cela a duré trois longues années, et j’ai vite compris que Herman me considérait comme étant indispensable. J’avais bien plus d’imagination que lui -à ce moment là en tout cas-, et mes inventions faisaient la fortune de son « entreprise ». Jusqu’au jour où j’ai rencontré ta mère.

Un soupçon de tristesse s’était glissé dans les dernières paroles de Franz, une tristesse qu’Aelita ne connaissait que trop bien.
-C’était une jeune stagiaire qu’Herman m’avait envoyé. Je dois dire qu’au départ, j’étais assez vexé. J’étais le scientifique le plus brillant de la boite, et c’était à moi qu’on confiait la jeune étudiante. Mais je ne me suis pas plaint très longtemps: Ta mère était d’une intelligence hors du commun. Elle comprenait tout ce que je lui apprenais et buvait mes paroles comme si c’était du vin de messe -oui, ta mère était très croyante-. J’ai finis par adorer passer du temps avec elle, elle était si brillante. Nous avons commencé à nous fréquenter hors du travail, même si au final, nous ne parlions presque que de cela. J’ai rencontré ses amis, et même sa mère -qui ne m’aimait pas beaucoup au passage-. Et puis un soir, je suis tombé amoureux d’elle. Je me souviendrais toute ma vie de cette soirée, nous avions passés une bonne partie de la nuit à nous promener dans les rues de Paris avec une bouteille de whisky à la main. Et nous avons finis chez elle, le lendemain, au-delà de son génie, j’ai vu sa beauté, et je n’ai pas été capable de voir quoique ce soit d’autre après ça.

J’avais peur que notre relation ne dure qu’une soirée, mais je fus vite rassuré lorsque le lendemain, ta mère me confia ses sentiments. Et je fis de même. Notre histoire fut vite connue au sein de l’entreprise, mais Herman n’était pas inquiet car je continuais de fournir du bon travail. Un an plus tard, ta mère et moi nous nous sommes mariés, et là encore mon frère n’a pas fait d’objections. Il a même payé pour le mariage, et a vanté mes qualités auprès de ma belle famille qui s’était toujours montrée méfiante à mon égard. Tout se déroulait pour le mieux, jusqu’à ce que tu viennes au monde huit mois plus tard. Herman et moi avons eu notre première vraie dispute depuis un bout de temps. Je voulais quitter son entreprise pour m’occuper de ma famille, mais lui était intransigeant à ce sujet. Au final, nous sommes parvenu à trouver un compromis: il m’offrait trois mois de congés pour prendre soin de ta mère et toi, et il mettait à notre disposition une baby-sitter dès que nous en avions besoin. Je n’étais pas vraiment satisfait, mais c’était mieux que rien et je m’en suis contenté. Jusqu’à ce que je ne découvre l’horrible vérité.

Franz marqua une pause, raconter cette histoire était éprouvant pour lui, mais il trouva la force nécessaire pour continuer.
-Je travaillais sur un projet qui avait été baptisé le « Projet Carthage ». Je dois avouer que j’ai mis du temps à me poser des questions sur ce projet tant il était passionnant. J’y avais mis toute mon énergie et tout mon talent, et même pendant mes congés, je continuais de travailler là-dessus. Mais un détail avait éveillé ma curiosité: j’ignorais complètement à quoi ce projet allait servir. J’ai donc fais quelque recherches, et j’ai découvert qu’il s’agissait d’un projet militaire commandé par le gouvernement français dans le but de contrôler les réseaux informatiques du monde entier. Pour quelqu’un comme moi qui connaissait de nombreux secrets concernant la guerre froide, je savais ce que cela allait entrainer. Mais pire encore, j’ai découvert que « l’entreprise » de mon frère n’était qu’une couverture pour couvrir une organisation criminelle d’envergure mondiale. J’ai failli m’évanouir en voyant cela. Prit de panique, j’ai confier tout ce que j’avais découvert à ta mère. Et nous avons prit la même décision: celle de nous enfuir.

J’ai acheter un chalet en Suisse, changer nos noms, modifier nos comptes etc… Et nous sommes allés nous installer dans les montagnes. La première année fut l’une des plus stressantes de toute ma vie, j’étais persuadé qu’Herman allait nous retrouver. Mais plus le temps passait, plus nous nous sentions en sécurité. Et plus tu grandissais, et tu nous comblais de bonheur. Mais lorsque tu avais cinq ans, j’ai commis une terrible erreur.
J’ai piraté les serveurs de l’organisation pour savoir comment avançait le projet. Au départ, j’étais satisfait car il était au point mort. Mais Herman m’a retrouvé grâce à cela, et il… Il a enlevé ta mère…
Une larme coula le long de la joue de Franz Hopper, mais il se força à continuer. Il voulait en finir.
Juste avant de nous quitter, ta mère m’a demandé de lui promettre de veiller sur toi quoiqu’il arrive. Et cela m’a encouragé à fuir une deuxième fois, à Paris, où j’ai pris le nom de Franz Hopper, et que j’ai commencé à enseigner au collège Kadic. J’imagines que je n’ai pas vraiment besoin de te raconter cela.

Aelita acquiesça. Franz reprit alors:
-Je n’avais cependant pas l’intention de laisser Herman s’en tirer à si bon compte. Alors j’ai décidé de détruire son projet, et avec un peu de chance, son organisation. Je me suis alors pris pour meilleur que je ne l’étais, et j’ai pirater les fonds de son « entreprise » afin de me construire un supercalculateur dans l’usine renault que tu connais. Ça a plutôt bien fonctionné, en quelque mois à peine, j’avais réussi l’impossible à moi tout seul. Et grâce à la fonction « retour vers le passé » que j’avais découverte, je disposais de tout le temps nécessaire pour préparer ma vengeance, et te mettre à l’abri. Mais j’ai à nouveau pêché par orgueil, je croyais que Herman était mon seul adversaire. Je compris un peu tard que le gouvernement français pour lequel mon frère travaillait, avait également des projets pour moi. Ils ont du percer à jour ma véritable identité, et on envoyé les gros bras chez nous.
-Les hommes en noirs. Se remémora Aelita.
Franz acquiesça.
-Des agents de la DGSE envoyés spécialement pour nous. Je compris que nous étions fait, mais le gouvernement ignorait tout de mon supercalculateur et de Lyoko. J’en ai alors déduis que c’était le seul endroit où nous serions en sécurité. Le reste tu le connais, je nous ai envoyé sur Lyoko, et j’ai demandé à X.A.N.A. d’éteindre le supercalculateur après que nous nous soyons tout les deux réfugiés dans des tours. J’avais programmé ma machine pour qu’elle se rallume d’elle-même après plusieurs années. Mais comme tu le sais, ce ne fut pas le cas. L’organisation avait bien exploitée ta mère, et elle réussi à nous retrouver. J’ai alors tenté de détruire ce tas d’ordure en me servant de X.A.N.A.. Mais j’ai manqué de chance.
-Que s’est-il passé?
Franz sourit de manière ironique.
-Et bien, de ce que j’ai compris, c’est Seth qui est intervenu.
Aelita resta interdite. Elle n’avait aucune idée de ce que racontait son père.

-Seth est une créature mutante créée par Herman. Lorsque j’ai envoyé X.A.N.A., il l’a absorbé. Mais seulement la moitié du programme, ce qui était déjà bien assez. Mon attaque fut un échec, et je n’eu d’autres choix que de te ramener sur Lyoko malgré la présence de ta mère. Je devais honorer ma promesse, et te protéger.
-Et ensuite?

La voix d’Aelita était fébrile, elle bataillait pour retenir les larmes de son corps.
-Ensuite je t’ai mis en sommeil pour éviter que tu ne te débattes. Puis j’ai tenté de m’attaquer à nouveau à l’Organisation, mais c’était un peu tard pour ça.
La princesse de Lyoko haussa un sourcil, et Franz clarifia:
-Heath et Seth avait déjà détruit le complexe dans lequel reposait le supercalculateur. Nous mettant à l’abri pour un certain temps. De plus, et selon les dires de Heath, Seth a tué Herman.
Aelita se paralysa d’horreur en entendant ses paroles, jamais elle n’aurait imaginé le mutant capable d’une telle chose. Franz poursuivit, visiblement pressé d’achever son récit:
-Heath et Seth sont alors venu à notre rencontre grâce à X.A.N.A.. Et aujourd’hui, nous combattons ensembles contre les restes de l’organisation qui continue de nous pourchasser. Sauf que cette fois-ci, j’ai bien l’intention de les anéantir, et de nous permettre de vivre normalement, et en sécurité, pour toujours.
Aelita se leva, incapable de contenir les larmes qui coulaient le long de ses joues. Et se précipita dans les bras de son père afin d’étouffer ses sanglots. Celui-ci imita sa fille, et laissa ses pleurs envahir ses yeux. Il plaça ses bras protecteur autour de son enfant, et la serra aussi fort qu’il put.
-Je t’aime mon ange, murmura-t-il, et je ferais tout pour te protéger. J’ai fais cette promesse à ta mère.

27 septembre 2001, Boulevard Barbes 21h12

Animé par une rage animal, Heath paya son taxi et sortit de la voiture sans attendre sa monnaie. Le quartier de Barbes était l’un des plus malfamés de la capitale française. Les prostitués africaines étaient incroyablement nombreuses, de même que les dealers, les voyous, et les sans-abris. Tous ce que l’allemand voyait autour de lui faisait penser à un bidonville moderne. Il se demandait comment une fille comme Abigail Hobbs pouvait choisir un tel endroit comme lieu de rendez-vous.

Comme pour répondre à sa question, la jeune fille lui fit un petit signe de main. Elle était tranquillement assise sur un banc, une cigarette au bec. Il fallait être aveugle pour manquer la cohorte de noirs qui la fixaient de leurs regards affamés.
Pressé d’en finir, Heath se planta devant la jeune fille, et la toisa du regard.

-Où est ma carte?
-Bonsoir, répondit Abigail en laissa la fumée lécher ses belles lèvres, on ne t’as jamais appris à saluer avant de parler?
Le psychopathe prit une grande inspiration, et se relaxa. Il était évident que la jolie hollandaise tentait de le faire sortir de ses gonds par tout les moyens. Et bien qu’il en ignorait la raison, il était bien décidé à ne pas jouer à son jeu.
-Bonsoir, répondit-il d’une voix bien plus calme, est ce que tu as ma carte?
-J’ai bien peur que non, mais si tu te comportes bien, je te la rendrais.
Sur ses mots, elle invita l’allemand à s’asseoir près d’elle.
Bien que réticent, ce-dernier accepta l’invitation.
-Pourquoi nous donner rendez-vous ici? Demanda-t-il en observant les alentours. Ce quartier est dégueulasse.
-Tu viens de donner la réponse à ta question, dit Abigail en tirant sur sa cigarette. Nous sommes dans le trou du cul de Paris, tout ici est sale, bourrés des pires parasites existants. Le cauchemar pour tout parisien qui se respecte.
Elle tira une nouvelle bouffée, avant d’éclater de rire.
-J’adore cet endroit, commenta-t-elle en pouffant.

Les yeux de Heath roulèrent d’exaspération, cette fille était tellement cinglée à ses yeux.
Il s’apprêtait à lui faire part de sa pensée, lorsqu’un grand homme de couleur noir le poussa sans ménagement pour s’asseoir à côté de la jolie rousse.
-Dégage connard, lâcha ce dernier en posant une main sur le genou de la jeune fille, celle-là est à moi.
Heath le saisit par la nuque, et l’envoya percuter un arbre de plein fouet. L’homme s’écroula au sol, un filet de sang coulant de son front.
-Pas mal, applaudit Abigail, mais je crois que tu t’es foutu dans la merde.
Sur ses mots, la jeune fille désigna la douzaine d’hommes qui les encerclaient. Une lueur furieuse étincelait dans leurs regards.
-Tu t’en prends à l’un d’entre nous, tu t’en prends à nous tous. Cracha l’un d’entre eux.
Heath ricana, se leva, et fit craquer sa nuque.
-Mais c’était bien mon intention.

Sans crier gare, l’allemand bondit sur le plus proche de ses assaillants, et le percuta d’un coup d’épaule. Un craquement hideux se fit entendre, sa victime tomba du trottoir, et hurla en se tenant la clavicule.
Deux autres sortirent des machettes de sous leurs chemises, et se lancèrent à l’assaut. Heath saisit leurs poignets, et les brisa d’une simple pression.
Un homme plus grand que les autres le ceintura, et tenta de l’étrangler. Le psychopathe éclata de rire, avant de lui administrer un coup de coude dévastateur. Et une fois libérer, il lui colla une gifle monumentale. Son agresseur tournoya dans les airs, et s’écrasa sur le sol, la mâchoire disloquée.
-Ça suffit!
Heath se retourna, l’un des africains s’était emparé d’Abigail, et menaçait de lui trancher la gorge avec un cutter.

-La fille est à nous. Gronda-t-il, si tu fais un geste, je la butes.
L’allemand soupira, avant de glousser.
-Si vous voulez vous faire cette pouffe, lâcha-t-il en désignant la belle rousse du doigt, faites vous plaisir.
Les africains furent alors plongés dans un abîme de perplexité, ignorant s’il s’agissait d’un piège ou s’il était sérieux.
Abigail profita de cette occasion pour planter un couteau à cran d’arrêt dans la cuisse de son agresseur. Une fois libérée de son emprise, elle se retourna, et traça une belle estafilade sur son visage. L’homme cria sa douleur en plaquant ses mains sur sa figure, avant de s’écrouler dans les bras de ses comparses. Satisfaite, Abigail se plaça aux côtés de Heath.
-Connard, soupira-t-elle à l’encontre de l’allemand qui répondit par un sourire mauvais.
Terrorisés, les africains ramassèrent leurs blessés, et déguerpirent sans demander leur reste.

Déçu, Heath se tourna vers la jeune fille.
-File moi une clope.
-Demande-moi gentiment, répliqua-t-elle en lui collant son cran d’arrêt sous la gorge.
Vif comme un serpent, Heath se saisit de son poignet, plongea la main dans son sac, et en sortit un étui à cigarette en argent.
Il se vissa l’une d’entre elles au bec, et regarda la jeune fille droit dans les yeux.
-Est-ce que je dois encore demander gentiment pour avoir du feu? Demanda-t-il en la lâchant.
Abigail le foudroya du regard, avant de lui tendre un zippo en or massif.
L’allemand alluma sa clope, et souffla sa fumée au visage de la jolie rousse.
-Ma carte.
-Je ne l’ai pas, si tu veux la récupérer il va falloir faire un jeu.
Confiant comme jamais, le psychopathe ne pu s’empêcher de ricaner.
-Si tu veux, alors de quoi s’agit-il?



27 septembre 2001, Boulevard Barbes, 21h 47




Heath ignorait ce qui lui était passé par la tête pour avoir accepté l’invitation d’Abigail. Toujours était il qu’il se retrouvait à présent dans la chambre d’un hôtel miteux, en compagnie de la belle rousse, et de deux prostituées africaines qui semblaient plus jeunes qu’elles ne le prétendaient. Le psychopathe avait l’impression désagréable de n’être qu’un pantin dans le jeu malsain de la jeune fille. En effet, celle-ci avait poussée la porte de l’hôtel comme une habituée des lieux. Elle avait réglée la somme exacte en liquide au réceptionniste, et avait même indiquée la chambre qu’elle désirait.

Les prostituées avaient suivie sans poser de question, mais Heath n’était pas dupe, et il détestait cette manière qu’elle avait de le prendre pour son jouet.
Le lit ne devait son nom qu’à sa forme, le matelas était dans un triste état, et les draps empestaient la lessive bon marché. L’allemand frémis de dégoût, il se demanda combien de porcs s’étaient amusés à copuler dans ces draps.

-Alors ça t’excite? Ricana Abigail.
Écoeuré, le jeune homme s’apprêtait à rétorquer d’une réplique cinglante. Mais au moment où il tourna la tête, il se retrouva avec les lèvres de la jeune fille collées aux siennes. Paralysé d’horreur, il reprit rapidement ses esprits à l’instant où la jeune fille tentait d’insérer sa langue dans sa bouche. Il rejeta sa tête en arrière pour rompre le baiser, et fixa son bourreau avec un profond sentiment de dégoût.
Cette dernière posa ses poings sur les hanches, et poussa un profond soupir. Puis elle se tourna vers les prostituées:
-Dites, vous croyez que je vous ai payé pour rien foutre? Venez donc m’aider.
Les africaines hochèrent la tête, et se déshabillèrent sous le regard médusé de Heath. Une fois leurs vêtements sur le sol, elles s’approchèrent du psychopathe qui recula de quelques pas. Abigail se plaça discrètement derrière lui, le saisit par les épaules et le força à s’allonger. Glacer d’horreur par ce qui lui arrivait, Heath n’était pas en état d’opposer la moindre résistance.

La belle rousse posa la main sur son torse musclé, et susurra à son oreille:
-Je suis sûr que tu vas aimer ça.
Complètement sous le choc, le psychopathe vit l’une des prostituées défaire sa ceinture et baisser son pantalon. Tandis que l’autre retirait ses chaussures, ses chaussettes, et au comble de son horreur, son caleçon.
Heath écarquilla les yeux à s’en faire exploser la rétine, jamais personne n’avait vu son sexe, jamais personne n’avait osé toucher son corps. Jamais il ne s’était sentit aussi faible.
La fellation que lui pratiquèrent les jeunes femmes lui arracha un gémissement étrange, ce qui amusa Abigail.

-Détends-toi, dit elle en promenant sa langue sur son visage pour son plus grand dégoût, laisse nous s’occuper de toi.
Les africaines suivirent son exemple, et laissèrent leurs mains se promener sous la chemise de l’allemand. L’une d’entres elles se redressa pour l’embrasser, mais Abigail l’envoya paitre d’un regard glacial.
-Ça c’est à moi, occupez-vous de vos affaires.
La prostituée reçu parfaitement le message, et s’abaissa pour aider sa collègue. De son côté, Abigail avait enfin réussit à s’accaparer les lèvres de Heath, et elle ne comptait pas les laisser s’échapper de si tôt.
Du coin de l’oeil, elle remarqua que le sexe de l’allemand était en train de gonfler. Ce qui, de toute évidence, n’était pas pour la déplaire.

-Il est prêt, lâcha-t-elle en indiquant du regard le membre de sa victime. Faites votre boulot.
Intrigué par ses paroles, Heath rouvrit les yeux, et découvrit avec effroi qu’on lui avait enfilé un préservatif. L’une des deux jeunes femmes s’était à présent positionnée au-dessus de lui, et descendait doucement tout en écartant ses lèvres vaginales.
Mais au moment où l’irréparable était sur le point de se produire, le psychopathe se sentit envahir par un profond sentiment de rage. D’un geste, il repoussa Abigail. La jeune fille en fut si surprise qu’elle en tomba du lit.
Rapide comme un serpent, Heath plaça sa main en opposition entre son sexe, et celui de la prostituée. Avant de la saisir par le vagin, et de l’envoyer valdinguer. L’africaine fit un salto arrière absolument pas controlé, avant de s’étaler lourdement sur le sol. Sous le choc, sa collègue se mit à ramper en arrière en criant de peur.
-Ta gueule! Cracha le psychopathe visiblement à nouveau maitre de lui-même. Maintenant allez vous faire foutre ailleurs!

Les africaines hochèrent la tête, récupérèrent leurs affaires, et déguerpirent sans demander leurs restes. Satisfait, Heath dirigea son regard furieux contre Abigail. La jeune fille semblait plutôt dégoutée de voir son jolie plan partir en fumée.
-Heureusement que je les ai bien payées, soupira-t-elle. Avant que l’allemand ne la saisisse par le chemisier avant de la plaquer contre le mur.
-J’ai trois mots à te dire, sourit Heath en approchant sa main gantée du visage de la belle rousse.
Un bruit d’éclat métallique vint cependant le couper dans son élan, l’allemand haussa un sourcil, et chercha du regard ce qui avait bien pu le causer.
Il aperçu alors le morceau de lame brisée qui reposait sur la moquette, et le couteau à cran d‘arrêt cassé qu’Abigail fixait avec incompréhension.
Heath aperçu alors le trou dans sa manche, le reste était simple à deviner.
-C’est tout ce que t’as? Soupira-t-il d’une voix pleine de déception.

Tout en pressant son avant-bras contre sa gorge pour l’empêcher de s’enfuir, Heath retira l’un de ses gants. La jeune fille contempla alors avec stupeur la main métallique du jeune homme.
Un sourire dément se dessina sur les lèvres de celui-ci, il la saisit par le menton, et la souleva de terre.
-Maintenant c’est à mon tour de m’amuser.
D’un geste, il arracha le chemisier d’Abigail, dévoilant une poitrine parfaitement dessinée.
-Jolie, commenta-t-il en saisissant celui de droite. Lequel est ce que je devrais arracher en premier d’après toi?

La jeune fille ne répondit pas, elle semblait hypnotisée par les membres métalliques du psychopathe. Vexé de son manque d’attention, Heath colla son front contre celui de sa victime.
-Il me semble t’avoir promis que le médecin légiste qui ouvrirait ta housse mortuaire vomirait en te voyant. Mais je crois qu’au final, il n’y aura pas besoin de housse mortuaire. Je filerais ce qui restera de ton corps pitoyable aux chiens du premier clochard que je croiserais dans ce quartier de merde.
Sans crier gare, Abigail profita de ce rapprochement pour l’embrasser à nouveau. Surpris, Heath relâcha sa victime, recula d’un pas, et cracha sur le sol.

-Sale pute!
Mais alors qu’il était bien décidé à faire payer ce nouvel affront à la belle rousse en lui arrachant les tripes, ce qu’il vit le coupa dans son élan.
Abigail pleurait.
Ce n’était pas des larmes de terreurs, comme Heath avait pu en voir des litres au cours de son existence. Non, c’était de la tristesse et du désespoir qui coulaient le long de ses belles joues.
-Pourquoi? Murmura-t-elle plus pour elle même que pour Heath. Pourquoi?
L’allemand contempla la jeune fille pendant une seconde, avant de lui tourner le dos. Il renfila son pantalon et ses chaussures, puis se dirigea vers la sortie.
-Attends!
Heath commençait à en avoir ras le bol de cette fille, il la considérait comme étant complètement timbrée.
-« Et toi tu te prétends sain d’esprit? »Souffla la voix d’Intelligence.
-« Ta gueule! »
L’allemand se retourna, et son regard croisa les yeux enragés de la jeune fille. Étrangement, savoir qu’il avait réussi à l’énerver lui procura un délicieux sentiment de satisfaction.
-Qu’est ce que tu veux encore? Soupira-t-il.
Il avait prit soin d’employer un ton particulier, un ton qui laissait penser que la belle rousse était devenu une source d’ennui mortel. Et il fut heureux de constater qu’il avait fait mouche.

-J’ai croisé des centaines d’hommes dans ma vie. Des cons, des tarés, des beaux, des arrogants et j’en passe. Chacun d’entre eux m’a trouvé belle. Pourquoi pas toi?
-Tu ES belle espèce de conne, c’est juste que j’en ai rien à foutre. Tu n’as aucun intérêt à mes yeux.
Dire qu’Abigail était choquée aurait été un euphémisme. Satisfait, Heath ouvrit la porte pour sortir. Avant que la jeune fille ne la lui claque au nez.
-Tu me gaves, cracha-t-il, laisse moi passer ou je t’écartes.
-On n’en a pas terminé, tonna Abigail.
Heath leva les yeux au ciel.
-Et qu’est ce que tu vas faire maintenant? Tu vas appeler d’autres putes? Ou alors tu vas encore tenter de m’embrasser pour essayer de te convaincre que tu es irrésistible?

-Non.
-Quoi alors?
-Je veux… Je veux parler.
-Pardon?
-Tu m’as compris, je veux qu’on parle toi et moi.
Si la main de Heath n’avait pas été en métal, il se serait déjà frappé le front.
-Tu m’as fais corriger des blacks, amené dans une chambre d’hôtel pour me faire baiser avec des putes qui étaient probablement bourrées de maladies, et tu m’as embrassé de force. J’ai ruiné tout ton plan, j’ai menacé de te buter, j’ai arraché ton chemisier, je t’ai fais chialer. Et maintenant tu veux qu’on cause? C’est quoi encore ce jeu à la con?
-Ce n’est pas un jeu, lâcha Abigail. Je ne veux plus jouer.

Heath fronça les sourcils, mais resta méfiant. La jeune fille releva la tête, ses yeux semblaient sincères cette fois.
-Je veux seulement qu’on cause, j’ai encore assez de clopes et d’alcool pour un bout de temps. Et je me fiches de l’heure à laquelle je rentrerais chez moi. Ça te va comme plan?
-En quoi est ce que ça m’irait? Soupira l’allemand. Tu ne m’intéresses pas.
-Ça tu n’en sais rien, cracha la jeune fille. Tu ne sais rien de moi, je t’ai entrainé dans mon jeu, et t’en ai sorti. Je veux savoir ce qui te rends différent des autres.
-Je ne vois toujours pas ce que j’y gagne.

-Ça ne t’intéresses pas de savoir pourquoi tu ne m’as toujours pas tuée?
Heath se figea pendant une seule seconde, suffisamment pour qu’Abigail comprenne qu’elle avait vue juste.
-Ne me fais pas croire que c’est simplement parce que je ne t’intéresses pas. Je ne te crois pas, je penses plutôt que c’est le fait de me tuer qui ne t’intéresses pas. Et je suis sûr que même toi tu ne sais pas pourquoi.
Heath pesta, et jeta un regard mauvais à la jeune fille qui lui indiqua la direction du lit.
-On s’assoit?
Blasé, le psychopathe sembla peser le pour et le contre. Avant d’obtempérer un peu à contrecoeur.
-Bien, sourit Abigail en s’asseyant à son tour. Alors je commences.

27 septembre 2001, Boulevard Barbes, 00h 23

Le fait qu’Abigail boive la moindre des paroles de Heath était gratifiant pour ce dernier, mais également assez gênant. Il n’aimait pas cet espèce de regard de biche qu’elle lui lançait chaque fois qu’il commençait à raconter un moment important de sa vie. Enfin, il avait bien entendu réinventer la partie de son passage dans l’organisation et comment il était arrivé dans la famille d’Aelita. Il n’était pas si bête.

-Et ta mère?
Heath s’arrêta brutalement dans son récit, et fronça les sourcils. Il détestait être interrompu, encore plus lorsqu’il racontait la raison pour laquelle il avait tabassé une infirmière.
-Quoi ma mère?
-Tu m’as beaucoup parlé de ton père, mais jamais de ta mère. Enfin, mis à part sa mort.
-Qu’est-ce que tu veux savoir?
-Est ce que tu l’as aimée?
La question le prit par surprise, à tel point qu’il n’était pas sûr de sa réponse.
En temps normal, il lui aurait ri au nez. Mais Abigail avait été d’un sincérité étonnante durant leur petite conversation, sincérité qui avait été confirmée par le détecteur d’Intelligence.
Heath ne s’était encore ouvert à personne, mis à part Seth. Mais là, cela servait un but précis. Alors que dans ces circonstances, il ignorait encore pourquoi il racontait tout ça.

-« Parce que tu en as envie », l’informa Intelligence.
L’allemand soupira, avant de s’adresser à nouveau à la jeune fille:
-Je penses que oui, mais je ne serais pas capable de l’affirmer avec certitude. Ma mère était quelqu’un d’assez simple, et elle aimait trop ses enfants.
Le visage d’Alister émergea dans son esprit. Heath le chassa presque immédiatement.
-À toi de raconter quelque chose.
Abigail soupira.
-Je ne sais plus tellement quoi te dire, avoua-t-elle.
-Alors c’est à ça que se résume ta vie? Se moqua-t-il. Une pute, un vieux, un binoclard, un castré et un brûlé?
La jeune fille lui lança un regard noir auquel il répondit par un sourire maléfique.
-Je ne peux peut être plus vraiment parler de mon passé, mais j’ai un avenir.
-Ah vraiment? Et en quoi est il si important?
Cette fois-ci, ce fut au tour d’Abigail de sourire.

-Mon avenir se résume pour l’instant à un seul mot: « Vengeance ».
Satisfaite de l’intérêt que semblait lui porter l’allemand, elle poursuivi:
-Je comptes détruire un certain nombre d’individu, et par « détruire », je veux dire « anéantir ». Leur travail, leur vie, leur famille. J’ai l’intention de tout prendre. J’anéantirai leur existence de la surface de la Terre une bonne fois pour toute.
-Et tu comptes faire quoi? Dépêcher une armée de putes pour les baiser jusqu’à la mort?
Abigail éclata d’un rire cristallin, réellement sincère aux yeux de l’allemand.
-C’est pas une mauvaise idée. Avoua-t-elle entre deux éclats de rire. Mais non, j’avais en tête quelque chose de moins agréable.
Heath sourit, la jeune fille se révélait être plus amusante qu’il ne l’avait cru.

Abigail nota ce petit changement de comportement, et sourit à son tour.
-Alors? Est ce que tu sais maintenant pourquoi tu ne m’as pas tuée?
Le sourire de l’allemand se décomposa, pour laisser place à une moue de déception. Il n’avait aucune envie de répondre à cette question qu’il jugeait idiote.
-J’ai simplement eu pitié de toi. Lâcha-t-il. Je t’ai trouvé assez pitoyable. Ça ruinait mon plaisir.
La gifle qui suivit la fin de sa phrase ne lui infligea aucune douleur physique. En revanche, ses yeux s’emplirent de colère, la même qui brillait dans le regard de la jeune fille.
-Je t’interdis d’avoir pitié de moi, cracha-t-elle pleine de haine.
Un sourire maléfique se dessina sur le visage de Heath, il colla son nez contre celui de son interlocutrice, et plongea son regard dans le sien.
-Tu es un être… Absolument… Pathétique.
En rage, Abigail leva à nouveau sa main, mais Heath s’en saisie. La jeune fille tenta de se débattre, mais elle ne pouvait rien face à la puissance physique du psychopathe. Il se saisit de son deuxième bras, et la plaqua contre le lit.
Abigail était furieuse, mais elle se figea lorsqu’elle remarqua la proximité du visage de Heath avec le sien. Son regard bleu acier semblait avoir plus d’effet sur elle que ses bras de métal.
-Tu comptes encore m’embrasser? Se moqua le psychopathe. Avant qu’Abigail ne lui morde la joue de toutes ses forces.
Heath n’était pas vraiment gêné par cette drôle de tentative. Néanmoins, lorsque la jeune fille le relâcha, il nota le sang qui coulait le long de ses lèvres. Il sentit alors un liquide chaud dévaler sa joue, pour tomber sur la poitrine nue de la belle rousse. Heath contempla avec fascination l’hémoglobine qui coulait le long de la magnifique peau de la jeune fille. Ce qui n’échappa pas à l’attention de cette dernière.
-Le sang t’excites, pas vrai?
Heath la regarda droit dans les yeux, ce qui permit à un peu plus de son sang de couler sur le visage d’Abigail.
Le sourire aux lèvres, il libéra son bras droit. Et se mit à faire danser la griffe de métal qui lui servait d’index, sous les yeux de la jeune fille. Avant de le placer juste au dessus de son oeil.
-« Il ne doit pas faire ça! » Hurla une voix dans la tête d’Abigail. « Ne le laisse pas faire ça !»
Heath planta le bout de sa griffe dans la peau de la belle rousse, et sourit
-« Tu ne vas pas faire ça!  Tu ne vas pas le laisser mutiler ton visage! Plus jamais ils ne te regarderont de la même manière! »
-« Je m’en fous. »
Lentement, Heath traça une fine ligne ensanglantée qui traversa entièrement son visage. Abigail se crispa de douleur pendant quelques secondes. Jusqu’à ce qu’il finisse le travail.
-Ceux des autres plus que le mien. Dit il en contemplant la figure couverte de sang de la jeune fille.
Cette dernière ne bougea pas, elle resta un moment à contempler le regard nouveau qui venait de naître dans les yeux de Heath. De sa main libre, elle récupéra le sang de sa blessure, avant d’y rajouter celui de l’allemand. Pour finalement l’étaler sur leurs lèvres.
-Et si on goûtait? Murmura-t-elle en rapprochant à nouveau sa bouche de celle du psychopathe.
Cette fois-ci, il n’y eu aucune protestation, aucun rejet, aucun dégout. Heath accueilli ses lèvres avec les siennes, ce qui permit à Abigail d’échanger le plus splendide baiser qu’elle eut jamais goûté. Leurs langues s’entremêlaient de manière sauvage, partageant avec délice le goût de l’autre. Heath avait toujours adoré la saveur unique du sang, et celui d’Abigail était absolument exquis.

Lorsque leurs lèvres finirent par se séparer, la jeune fille récolta à nouveau un peu de sang, et l’étala langoureusement sur sa poitrine. Amusé, Heath ne put s’empêcher de glousser:
-Sérieusement?
La faim qu’il lisait dans le regard de son amante lui servit de réponse. L’allemand était transcendé par ces yeux, fasciné par le désir immense que cette jeune femme avait pour lui.
Il mordit violemment son téton, ce qui fit légèrement crier la belle rousse. Heath se mit à promener sa langue sur la poitrine de la jeune femme, comme un prédateur lècherait un bout de viande fraiche. Il prit soin de ne pas y laisser la moindre goute de sang.

Abigail se redressa, ce qui obligea l’allemand à faire de même. Ils échangèrent un nouveau baiser, tandis qu’elle déboutonnait sa chemise.
Il ne fallut pas longtemps pour que l’intégralité de leurs vêtements déguerpissent du lit.
La jeune fille se sentit tout à coup envahie par une fragilité qu’elle ne se connaissait pas. Aucun homme ne l’avait encore vu nue jusqu’à présent, et cela la rendait un peu nerveuse. Pour ne rien arranger, c’était Heath Lancaster qui avait sa peau collée contre la sienne. Et elle ignorait encore ce que cela impliquait.
Mais elle s’en moquait.

L’allemand avait positionné son sexe à l’entrée de son intimité, ce qui était presque risible étant donné sa réticence d’il y a quelques heures.
-Je ne vais pas y aller doucement. Prévint Heath d’une voix sadique.
Nullement impressionnée, Abigail saisit le visage de son amant à deux mains, et plongea ses yeux bleus dans les siens.
-Déchire-moi.
Elle regretta ses paroles, Heath l’empala. Le cri de douleur qu’elle lâcha fut cette fois tout ce qu’il y avait de plus authentique. Son corps tout entier fut transpercé par la souffrance, au grand amusement du psychopathe, qui laissa échapper un petit rire.
Vexée et furieuse, la jeune femme repoussa son amant, et s’assit à califourchon sur lui.
Elle planta ses ongles dans sa peau, et se mit à remuer ses hanches de manière à faciliter la pénétration et forcer son corps à s’y habituer.

Une stratégie qui fonctionna à la perfection, puisqu’elle se surprit à gémir de plaisir. La douleur disparu rapidement, et une volée de spasmes incontrôlables vint ébranler son corps. Heath se redressa, et plaqua ses lèvres contre les siennes. Abigail était heureuse, c’était le premier baiser qu’il lui offrait.

Les deux amants perdirent rapidement la notion du temps, leurs ébats furent longs. Les positions qu’ils utilisèrent nombreuses, et la sauvagerie et le désir qui les consumaient n’avait cessés d’augmenter. Jusqu’à atteindre le point culminant. L’orgasme commun qui les secoua leur arracha à tout deux un rugissement de plaisir, les murs de l’hôtel miteux tremblèrent, incapables de contenir leur fougue.
Épuisée, Abigail s’écroula sur Heath, et lui arracha un dernier baiser avant de le libérer de son étreinte.

De son côté, le psychopathe avait définitivement cessé de penser correctement. Il avait oublié ses meurtres, il avait oublié l’Organisation, il avait oublié Lyoko. Il avait même oublié qui il était réellement, car il n’était plus sûr de le savoir lui-même.
Abigail sentait la semence de son amant couler le long de ses cuisses, ce qui la fit frissonner. Le fait d’avoir perdue sa virginité la laissait perplexe, elle qui avait toujours été fière de l’avoir préservée des instincts animaliers des hommes.

Mais Heath Lancaster n’était pas un homme, c’était un démon, un démon à qui elle avait inconsciemment vendue son âme.
Elle passa la main sur son visage, et contempla le sang qui y coulait toujours. Abigail n’avait jamais vraiment su si elle devait considérer sa beauté comme étant un don, ou une malédiction. Cette marque nouvelle lui permettait d’y trouver un bon compromis, et cela lui laissera un souvenir de la première nuit où elle s’est sentie réellement vivante.

Son vagin la faisait souffrir, ce qui était assez normal quand elle y pensait.
Elle avait ordonné à Heath de la déchirer, et le psychopathe n’y était pas allé de main morte. Mais qu’à cela ne tienne, cela en avait vraiment valu la peine.
Satisfaite, elle se tourna vers lui pour le contempler.
-« Il tire une tête si sérieuse. » songea-t-elle en observant sa moue pensive.
-A quoi est ce que tu songes?
Le psychopathe interrompit ses pensées, et croisa le regard de la jeune fille.
-Je me demandais pourquoi j’avais fais ça, avoua-t-il sans aucune retenu. Jusqu’à présent, je ne voyais les femmes que comme des jouets fragiles. Toi en revanche… Je ne saurais pas te décrire. Tu es assez intéressante, mais ce n’est pas ton seul truc. Et je n’arrives pas à mettre le doigt dessus.
-Tu te poses de ces questions, railla-t-elle en l’embrassant sur les lèvres. Pourquoi est ce que tu veux absolument tout savoir?
-En quoi est ce que c’est dérangeant?

-Tu casses l’ambiance, et tu profites pas du moment. On a couchés ensemble, il y aura beau y avoir un millier de raisons qui expliqueraient notre geste, on a pas à se préoccuper de ça. Qu’est ce qu’on s’en fout de savoir pourquoi on a fait ça. L’important c’est qu’on ait aimé.
-T’as aimé ça? S’étonna Heath.
Abigail passa une main sur son vagin douloureux, avant de lui lancer un regard mauvais.
-T’es beaucoup trop violent, soupira-t-elle. Mais on ne peut pas dire que je ne savais pas à quoi m’attendre. A part ça… J’avoue que c’était pas trop mal comme première fois. Et puis le sang à rajouté un peu de piment. Ça m’a plu.
Heath avait un peu de mal à la croire.
-Ça t’as vraiment plu que je ruines ton jolie minois?
-Est ce que tu me trouves plus à ton goût?
L’allemand prit un temps pour observer le visage de la jeune fille, il devait reconnaitre que cette trace lui donnait un certain charme. À ses yeux tout du moins.
-C’est pas mal, lâcha-t-il.
-Alors ça me convient.

Heath n’en croyait pas ses oreilles.
-T’as vraiment un grain ma pauvre fille.
-Tu peux parler Monsieur le psychopathe. Gloussa-t-elle. Je me fiches de savoir qu’on me trouvera moins belle qu’avant. J’en avais marre qu’on ne cesse de me mater. Alors si ça peut m’aider à m’en débarrasser, c’est pas plus mal. Et puis… On aura qu’à dire que je me suis faites belle pour mon premier petit ami.

L’allemand haussa un sourcil, et croisa le regard de la belle rousse. Cette dernière lui répondit par un simple sourire.
-Depuis quand une nuit passée ensemble fait de nous un couple?
-En quoi sortir avec moi te dérangerait?
Heath poussa un soupir d’exaspération, la tournure que prenait les choses ne lui plaisait pas du tout.
-Écoute-moi, grinça la jeune fille en le voyant s’éloigner d’elle. Je ne te demandes pas de m’emmener au cinéma ou de faire du shopping avec moi. Je te proposes simplement de partager nos différentes expériences, tout en ponctuant le tout par quelques parties de jambes en l’air de temps en temps. Et puis, je penses que tu pourrais être utile pour m’aider dans ma vengeance.

-Je ne suis pas ton jouet.
Abigail se redressa, s’assit à califourchon sur son torse, et plongea son regard dans le sien.
-Si tu n’étais qu’un simple jouet, je ne t’aurais pas offert ma virginité espèce d’idiot. Je n’ai jamais eu de relation intime avec qui que ce soit avant toi. Tu me plais beaucoup, et j’ai envie de partager ma vie avec quelqu’un d’autre que mes frères. Si c’est nul, on arrêtera, et on se contentera d’un peu de sexe. Mais je suis sûr que toi et moi, on pourrait créer un truc unique. Et je suis persuadée que tu pourrais même finir par tomber amoureux de moi, enfin, à ta façon je veux dire.

Heath hésita. D’un côté il n’avait jamais été intéressé par une relation avec une femme, et de l’autre, il avait passé un très bon moment. Abigail Hobbs lui promettait peut être d’autres surprises de ce genre-là. Au fond, il pouvait bien essayer. De toute façon, il ne faisait rien de son temps libre. Mis à part se moquer d’Aelita.

-On peut bien tenter le coup, soupira-t-il.
Rayonnante, Abigail se pencha pour embrasser son nouveau petit ami. Puis elle se blottie contre lui et ferma les yeux.
-Il va peut être falloir que tu me dises d’où tu sors tes bras. Gloussa-t-elle.
-Tu peux toujours rêver, répliqua Heath avant de poser sa tête sur la sienne.
Les deux amants s’endormirent rapidement, la chaude respiration de l’un faisant office de délicieuse berceuse aux oreilles de l’autre.






Prochain Chapitre: Crise et Dégénérescence.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 14 Juil 2017 17:17   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Chapitre 9: Blackwater




Lieu inconnu, heure inconnue, date inconnue


Au vu de l’état dans lequel il se trouvait, Norman Belpois semblait désormais connaître la définition du mot « souffrance ». Ses membres avaient été brisés, ainsi que ses côtes et son nez. Il avait perdu près de la moitié de ses dents, l’autre moitié était cassée.

Mais il se moquait de sa douleur, car il était en train de vivre son pire cauchemar: se retrouver sur la table d’opération du Professeur Akuma.
Ce japonais de cinquante deux ans, était l’un des plus grand biologiste et chirurgien de la planète. Mais malgré ses talents hors du commun, il fut évincés des plus grands postes qu’il eut jamais occupés suite à ses expériences démentes. Ses diplômes lui furent retirés, et il fut condamné à vivre une vie qui n’avait plus aucun intérêt à ses yeux.
Mais un génie n’est pas toujours incompris, et ce fut le cas pour Akuma. Le Docteur avait eut vent de ses talents, et lorsqu’il apprit sa misère, il lui proposa l’un des postes les plus convoités de Silver Wings: celui de Directeur du département Biologique.

En quinze années de bons et loyaux services au sein de l’Organisation, Akuma avait menés tout un tas d’expériences. Toutes plus contre natures les unes que les autres. Certains croyaient qu’il se prenait pour Dieu, à force de rendre l’impossible possible. En réalité, le japonais agissait plutôt comme un enfant trop curieux. Incapable de contenir sa soif de découvertes, et son incroyable curiosité. C’était d’ailleurs lui qui avait mis au point les bras métalliques de Heath, ceux-là même qui avaient permis à l’allemand de détruire Silver Wings. Sa seule réaction lorsqu’il avait appris la nouvelle, fut un large sourire de satisfaction. Il avait été trop heureux de savoir que sa création avait fonctionnée.
En revanche, la plus grande déception de sa carrière fut la conception de Seth. En effet, Akuma était tombé des nus lorsqu’il avait apprit qu’il n’y participerait pas. Le japonais s’était alors confiné dans son laboratoire pendant des jours. A l’image d’un enfant qui bouderait en apprenant qu’il n’irait pas à Disneyland. Au final, il s’était fait une raison. Seth était la créature du Docteur, sa création, et il ne laisserait personne d’autres que lui-même y toucher. Cela, Akuma pouvait le comprendre.

Mais quelle ne fut pas sa joie lorsque le Docteur, trop malade pour s’en occuper lui-même, lui avait confié les rênes de la création de Thanos et Crystal. Il y avait consacré toute son âme, tout son talent, à tel point que les deux mutants surpassaient désormais Seth au niveau de leur conception génétique. Mais ils étaient toujours dépourvu de conscience.
Cependant cela n’avait aucune importance, son travail s’était arrêté là. Désormais, le projet était entre les mains de Tanner.

Au fil des années, Norman avait vu les pires horreurs passer par la salle d’opération d’Akuma. Tout d’abord, il y avait eu des animaux, des cobayes communs comme des chimpanzés. Puis les cobayes furent de plus en plus gros. Jusqu’à ce qu’il décide de passer aux êtres humains, et c’est à ce moment là que Belpois avait manqué de cracher son coeur. En effet, les sujets d’expérimentation d’Akuma étaient de jeunes enfants palestinien, vendu par leurs parents pour la plupart. Ou tout simplement kidnappés.

Norman Belpois avait vu bien des horreurs dans sa vie, mais les pires d’entres elles avaient eu lieu ici. Jusqu’à présent, il n’avait assisté qu’à deux opérations du Professeur Akuma. Qui plus est, deux « légères » selon Tanner. Il lui était impossible d’imaginer ce que pouvait donner une opération sérieuse, alors en vivre une. Il doutait fortement de la capacité de son coeur à supporter une telle expérience, il priait pour qu’il ne la supporte pas.

Le Professeur Akuma se pencha au-dessus de son cobaye, un air sincèrement désolé sur le visage.

-J’aurais bien aimé passer tout de suite à l’opération vous savez, soupira-t-il, mais Monsieur Tanner m’a demandé de commencer par vous faire souffrir. C’est assez grotesque quand j’y pense. Je suis un scientifique, pas un bourreau.
Belpois était tétanisé par la peur, il n’osa pas émettre le moindre son. De toute façon, la douleur dans sa bouche l’en empêchait.
Akuma attira vers lui un chariot de taille moyenne, et retira le drap blanc qui le recouvrait. Des centaines de lames différentes étaient parfaitement alignées sur chaque étage du chariot. Le regard du Professeur Belpois se rempli d’effroi. Akuma ne le remarqua pas, il était trop occupé à choisir son ustensile de travail. Il passa la main au-dessus de ses lames, en choisit une, et l’approcha de la chair de son cobaye.
Un hurlement de souffrance transperça la nuit.



16 septembre 2001, Usine, 04h 14

Dire que Franz Hopper était fatigué aurait été une bien sinistre moquerie. Le scientifique était possédé par la fatigue. Ses yeux étaient rouge sang, les poches sous ses paupières étaient plus épaisses que jamais. Et pourtant, il devait être présent. Il devait se tenir devant ce satané pupitre de commande. L’alarme de Légion l’avait tiré de son sommeil supposé être réparateur. Ce qui l’avait forcé à réveiller Heath, et à se présenter ici pour défendre son territoire.
Comme prévu, le verrou sur la porte de Lyoko donnait bien plus de fil à retordre à l’Organisation que la dernière fois. Ce qui leur avait laissé le temps de se rendre à l’usine pour préparer leurs défenses. Et ils avaient justement une petite surprise pour leurs invités.

-Nos soldats sont en place, informa son second, c’est quand vous voulez.
Hopper pianota sur son clavier, et appuya un première fois sur la touche « entrée ».
-D’abord on met la table, murmura-t-il dans sa barbe, et ensuite…
Il plongea la main dans sa serviette en cuir, et en sortit une boite de CD. Il en prit un, et l’inséra dans la machine.
-… On accueille les invités.



Même Moment


-La porte est ouverte. Annonça Dragonne en poussant un soupir de soulagement.
-C’est pas trop tôt. Grogna Renarde. Ça a prit une éternité.
Alors qu’elle finissait de se plaindre, le Noirsoeur fut entouré par un espèce de champ électromagnétique rouge. Cette force inconnu paralysa les commandes du vaisseau, et l’entraina de force à l’intérieur de Lyoko.

-Qu’est-ce qui se passe?! Hurla Peter tandis que son moyen de transport était en train de valdinguer.
-Au secours!
Le vaisseau s’arrêta brutalement, ce qui causa aux passagers un jolie choc contre leur tableau de bord respectif.
En rage, Peter releva la tête.

Le Noirsoeur avait émergé sur la banquise, et pas vraiment au meilleur endroit qui soit. Il se trouvait à l’extrémité du territoire, soit, au bout d’un cul de sac. Il n’avait qu’un seul chemin où débarquer, chemin qui était bloqué par un gigantesque mur de glace. Sur lequel était perchée une ribambelle de Krabes et de Kankrelats, ainsi qu’une vieille connaissance.
-C’est gentil de passer. Ricana Heath assis sur sa muraille. Vous voulez jouer un peu?
Peter grinça des dents, mais il s’autorisa un sourire.
-Il veut jouer, il va être servit. Tanner? Envoyez les renforts.
Une vague d’électricité se mit à parcourir le Noirsoeur. Le vaisseau vibra un petit moment, avant de recracher son énergie. Permettant à une soixantaine de soldats de se virtualiser devant lui.
-Oh merde, lâcha Heath sans s’arrêter de sourire. Ils ont des munitions cette fois.

Dragonne se matérialisa à son tour, et se plaça devant sa petite armée.
-Sortez vos armes! Ordonna-t-elle d’un ton ferme. A l’attaque!
Les mercenaires dégainèrent leurs pistolets et boucliers, et foncèrent sur leur objectif.
Exciter comme jamais, Heath leva son bras droit, et l’abaissa. Laissant ainsi une pluie de laser s’abattre sur ses ennemis.
-La Mer numérique est noire, murmura-t-il en la contemplant. Ça va être un spectacle magnifique.



Même Moment


Peter sourit de satisfaction, son plan avait fonctionné.
Tandis que Noirsoeur avait dû débarqué en plein dans le traquenard de Heath, lui et Dragunov avait su profiter du chaos pour s’éjecter du vaisseau. Puis, à l’aide de leurs petits modules de navigations, s’étaient débarqués à environ un kilomètre du champ de bataille. Grâce au camouflage que Tanner avait rajouté à leurs combinaisons, ils étaient invisibles aux yeux de Hopper.
-Bien, commença Peter, notre objectif se trouve à deux cent mètres de notre position. Nous savons quoi faire.
Dragunov acquiesça, et, marteau au poing emboita le pas de son capitaine. La tour au halo bleu qui se dressait devant eux était bien évidement leur objectif. Le but de cette mission était de localiser le super calculateur qui générait Lyoko. Et dans la foulé, de le paralyser à l’aide du virus que Tanner avait implanté dans le cimeterre de Peter.

Le plan avait tout de suite plut à Peter, retrouver son pire ennemi dans le monde réel avait bien plus d’intérêt que ces combats sans enjeux. Des combats où le seul moyen de mourir était de faire un plongeon dans l’eau. Cela n’avait aucun intérêt, et surtout pas pour Peter.
Le cannibale s’était en effet juré de déguster la chair de Heath, chair qu’il rationnerait pendant des mois pour faire durer son plaisir. Il rêvait chaque nuit de sa tête, empaillé au dessus de son lit.
Il atteindrait son objectif, comme il l’avait toujours fait.

-Allons-y.
Ce n’est qu’au moment où ses paroles franchirent ses lèvres, qu’une flèche électrique transperça le crâne de son subordonné. Dragunov en fut si surpris qu’il n’esquissa pas le moindre geste, même après que le projectile l’ait touché.
Peter fit volte-face, un être à la forme humanoïde se tenait face à lui. Il n’était pas composé de chair, seulement d’un genre d’énergie bleu électrique. L’arbalète qui s’était formée sur son poing se dissipa, pour reprendre la forme d’une main.

-Alerte! Intrus détecté, mise en place du protocole de défense.
L’avant bras droit de la créature se changea en une longue lame. Le gauche doubla de volume, et forma une main avec de tranchantes serres à la place des doigts.
Peter était très loin d’être impressionné par son adversaire, il dégaina son cimeterre, et se mit en garde.

-Il va falloir bien plus que ça pour réussir à m’avoir. Prévint le cannibale. Un avertissement qu’il regretta presque aussitôt.
Lentement, une minuscule particule se détacha du corps de la créature. Et après un flash aveuglant, prit la même forme que lui.
Une autre particule se détacha également, puis une autre, et encore une autre.
Peter se retrouvait à présent face à cinq adversaires, disposant chacun d’armes différentes.
-Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux.
Le cannibale pesta.



Même Moment


La bataille faisait rage, sans qu’aucun des deux camps ne prennent l’ascendant sur l’autre.
Les mercenaires, bien que désavantagés face à des adversaires en hauteur, bénéficiaient d’une douzaine de glaçons en forme de rochers derrière lesquelles s’abriter.
-Couvrez-moi, hurla l’un d’entre eux en dégainant son bouclier.
Il sortit de sa cachette, et malgré le feu ennemi, se plaça au milieu du chemin pour bénéficier d’un meilleur angle de tir et d’une meilleure vue. Considérant qu’il s’agissait d’une idée intéressante, quatre autres mercenaires l’imitèrent. Et vinrent se placer à ses côtés pour constater… Leur erreur.

Heath avait préparé quelques morceaux de glace qu’il avait posé sur sa muraille. Il en saisit un, et l’envoya de toutes ses forces contre le petit groupe d’imprudent. Les mercenaires ne purent que hurler en voyant le projectile leur foncer dessus et les happer dans sa course. L’un d’entre eux se jeta sur le côté, et esquiva miraculeusement le bloc de glace. Mais cela ne lui fit gagner qu’un bref répit, car il reçut une douzaine de tirs dans la seconde qui suivit et disparut.

-Idiots, pesta Dragonne avant de tirer une flèche explosive.
Son arme se planta dans la glace, et sauta. La déflagration fit son effet, un petit trou s’était formé dans la muraille.
Malheureusement pour elle, la brèche se remplit de glace et disparut. Une rangée de cinq blocks avaient été postée derrière le mur, et réparait le moindre impact qui avait réussi à le transpercer.
La coréenne poussa un juron, avant de recevoir un tir à l’épaule. Ce qui la força à s’abriter de nouveau.
Du haut de sa muraille Heath riait de l’incompétence de ses adversaires, jusqu’à ce qu’un coup de feu plus puissant que les autres ne retentisse. Le psychopathe eut à peine le temps de relever la tête, pour voir le tir lui entailler la tempe. Il pressa sa main contre son visage, qui se crispa de rage.

-Qui a fait ça? Rugit-il.
Allongée juste devant le Noirsoeur, hors de porté des tirs de monstre, Corbeau leva sa main gauche pour dire bonjour. Et la replaça sur la détente de son fusil de sniper.
-Attends un peu, gronda-t-il en levant son bras pour protéger son visage, ton petit manège ne fonctionnera pas deux fois.

Voyant que la posture défensive de Heath le privait d’un champs de vision respectable, Dragonne décida d’agir. Elle se tourna vers Corbeau, et l’interrogea du regard. La jeune fille leva son pouce.
La coréenne se dressa hors de sa cachette, et tira une flèche grappin en plein dans la patte avant du Krabe situé juste à la gauche de son général. Elle se mit à nouveau à couvert pour échapper à d’éventuelles représailles, et tendit le cable aux trois mercenaires qui étaient cachés avec elle.

-Tirez!
La force combiné des quatre soldats fit déraper la patte du Krabe, celui-ci perdit l’équilibre, bouscula Heath, et alla s’écraser en bas de la muraille. L’allemand fit de grands moulinets avec les bras pour éviter de subir le même sort, ce qui laissait sa tête sans défense.

-Vas-y Corbeau! Cria Dragonne pleine d’espoir.
-Au secours!
La coréenne tourna la tête. Sa collègue avait été saisie au mollet par un Kongre qui se tortillait en tentant de l’entrainer dans la Mer Numérique. Corbeau essayait désespérément de rester sur la banquise en s’accrochant au couteau qu’elle avait plantée dans le sol. Mais le monstre était trop fort, et elle finit par lâcher prise.

-Mange donc, lança Heath à l’adresse du prothéen, ceci est le corps d’une sombre conne.
Le Kongre envoya sa victime dans les airs, et attendit qu’elle retombe pour mordre son tronc à pleine dents. Le corps de Corbeau ne tint pas une seule seconde, et fut broyé par les mâchoires du monstre.
Prit d’une impulsion, Dragonne tenta d’abattre la créature d’une flèche. Mais elle fut stoppée dans son élan par un cri et un « plouf » retentissant, elle tourna la tête. Il n’y avait plus que deux soldats cachés derrière elle, ceux-ci canardaient l’eau sans réfléchir comme s’ils avaient vu un fantôme.

Un nouveau cri se fit retentir, et un autre. Au final ce fut une dizaine de cris qui retentirent.
Malgré leurs protections de glaces, les mercenaires étaient impuissants face aux Kongres. Les monstres surgissaient de l’eau, attrapaient une victime, et replongeaient trop vite pour subir des dégâts. Les soldats de l’organisation furent entrainés les uns après les autres dans les profondeurs numérique. Du haut de son mur, Heath leva les yeux au ciel devant tant de facilité.

Avant qu’un tentacule de métal ne lui saisisse la main, et l’entraina en avant. Le psychopathe, surpris par la manoeuvre, n’eut pas le temps de s’alourdir. Et alla s’écraser au pied de sa muraille. Aussitôt, une cinquantaine d’armes se pointèrent dans sa direction. Par réflexe, il joignit ses bras rocheux en garde de boxeur pour protéger sa tête.
-Je tuerais celui qui tire! Rugit une voix haineuse. Il est à moi!
Intrigué, Heath écarta ses bras de son champs de vision, avant d’écarquiller les yeux à s’en faire exploser la rétine.

Ce n’était pas n’importe quel sbire de Peter qui se trouvait face à lui; c’était lui-même.
Enfin, il s’agissait plutôt de l’ancien lui, celui à qui il ressemblait lorsqu’il faisait encore parti de l’organisation.
Du côté de celle-ci, la troupe de mercenaire s’était divisés en deux, de sorte à former une haie d’honneur pour son membre le plus puissant. Serpent avançait vers sa proie d’un pas lourd, en trainant ses lames derrière lui. Il s’arrêta à quelques mètres de Heath, et le fixa d’un regard qui trahissait son envie de meurtre.

L’allemand, à défaut d’être impressionné par la puissance imposante de son adversaire, ne parvenait toujours pas à comprendre ce qu’il avait en face de lui. Peter l’aurait-il cloné? Cela aurait été un véritable gaspillage de temps et d’argent, en plus de n’avoir aucune utilité réelle face à lui.
-Qui es-tu? Gronda-t-il en se redressant sur ses deux jambes.
-Je suis Serpent.
Heath fit rouler ses yeux.
-Non, Serpent c’est moi.
-Je le sais.
Cette fois, il fronça les sourcils.
-Pourquoi est-ce que tu as mon nom?
-C’est le nom que le maitre m’a donné. Le nom que je porterais jusqu’à ta destruction.
-Autant dire que tu portera ce nom jusqu’à la fin de tes jours. Railla le psychopathe.
-Jamais!

Serpent fit tournoyer ses lames au-dessus de son crâne et les abattit tels des fouets sur son adversaire. Heath para l’attaque sans difficulté en plaçant ses bras en opposition, mais le cyborg ne s’arrêta pas là, et il redoubla de violence. Une avalanches de coups tranchants vinrent fouetter les solides bras rocheux du psychopathe, qui sembla ployer sous les attaques. En transe face à ce combat peu commun, les mercenaires encouragèrent leur poulain.
-Je dois gagner mon nom! Rugit Serpent. Je veux servir mon maitre jusqu’à la fin des temps! Je dois te détruire! Si je parviens à obtenir mon nom, je serais son bras pour l’éternité!

Le vacarme assourdissant provoqué par ses assauts s’arrêta brusquement, et Heath sortit la tête de sa défense.
Serpent ne put que constater le traquenard dans lequel il s’était fourré. En se servant des lames de ses adversaires enroulées autour de ses bras, L’allemand tira pour entrainer son ennemi à porté de ses coups. Une fois ceci fait, il planta un pied rocheux dans la face de Serpent, et l’écrasa sur le sol. Encastrant au passage la tête de son ennemi dans la glace de la banquise.

-« Intelligence? »
-« Oui? »
-« Analyse ce truc, je veux savoir comment Peter s’y est prit pour me cloner. »
Heath ignora copieusement sa victime couinante qui tentait vainement de se dégager. Mais il n’avait aucune chance, l’allemand avait neutralisé ses armes. Et il n’était pas assez puissant pour se libérer.
-« Alors? » S’impatienta Heath
-« Ce n’est pas un clone. Votre code A.D.N. est similaire, mais pas identique. »
Serpent avait réussi à dégager son visage, mais le pied du psychopathe était à présent pressé contre sa gorge.
-Je vais t’exterminer!
-Ta gueule! Cracha Heath en lui barrant à nouveau la figure.
-« Peter m’aurait cloné à 80%? Ou quelque chose du genre? »
-« Impossible. »
L’allemand commençait sérieusement à s’impatienter, les mercenaires hésitaient encore à prendre part au combat suite à l’ordre de Serpent. Mais nul doute qu’eux aussi allaient finir par manquer de patience.
-« Compare le avec les membres de ta base de données, il s’agit peut être d’un agent modifié. »
-« C’est possible, vérification en cours. »
Heath dirigea son regard vers les mercenaires, deux d’entre eux avaient dégainés leurs armes.
-N’y pensez même pas! Gronda l’allemand. Ce qui les fit à nouveau hésiter.
-« J’ai trouvé. »
-C’est pas trop tôt.
Intelligence lui transmis les informations qu’elle avait obtenues, Heath les examina, et tomba des nu.

Il fut si choqué qu’il relâcha son emprise, permettant à Serpent de se dégager. De craintes d’être à nouveau capturés, le cyborg s’éloigna d’une dizaine de mètres. Et fixa son adversaire de son regard haineux.
Heath n’avait toujours pas esquissé le moindre geste. Il semblait un peu perdu, décontenancé, comme si cette simple information avait chamboulé son esprit.

Serpent ne se fit pas prier, il dressa ses lames au-dessus de sa tête, et les envoya s’abattre sur l’allemand. Une stratégie de piètre qualité, qui permit à Heath de happer à nouveau sa proie.
Un sourire se dessina sur le visage, du psychopathe, sourire qui se transforma en fou rire incontrôlable. Le Général de l’armée prothéenne était incapable de se contenir, il riait à gorge déployée sans se préoccuper de ses adversaires. Serpent ignorait quoi faire, son rival se tordait dans ses propres éclats de rire. S’il ne se trouvait pas sur un monde virtuel, il se serait probablement déjà cassé plusieurs côtes.

Heath releva la tête, un rictus abominable déformait son visage. Il tira Serpent vers lui, le saisit pas la gorge, et le souleva de terre.
-Mon très cher petit frère. Lâcha-t-il entre deux éclats de rire. Tu m’as un peu manqué Boulard.
Serpent écarquilla les yeux, le psychopathe relâcha son étreinte, et le frappa dans le plexus. Le cyborg fut projeter dans les airs, avant que son adversaire ne saisisse ses tentacules.
Heath prit alors un malin plaisir à faire valdinguer son adversaire dans tous les sens, l’envoyant s’écraser tantôt contre le sol, tantôt contre le mur. Serpent n’avait aucun contrôle sur ce qui lui arrivait, il n’était plus qu’une poupée désarticulée entre les mains d’un enfant dément. Impossible pour lui d’agir ou de réfléchir, il ne pouvait que subir.

-Tous ça pour ça?! Hurla Heath entre deux éclats de rire. Tous ce cinéma pour ÇA?! Mais c’est la meilleure farce de l’année!
Heath tira de toutes ses forces, faisant passé Serpent par dessus son épaule, et l’envoyant s’écraser contre la muraille de glace. Les prothéens se mirent à mirent à rugir la victoire de leur général, avant que celui-ci n’attrape sa victime par les cheveux.
-C’est ça l’arme suprême de Peter? Ricana-t-il en contemplant le regard de chien battu de Serpent.
Il secoua la tête.

-Ça aura eu au moins le mérite de me faire mourir de rire.
Le cyborg ne parlait plus, il n’accordait plus la moindre attention à l’allemand. Son regard était vitreux, il semblait si vulnérable.
-Ah non!
Heath le saisit par le col, et se mit à le secouer de toutes ses forces.
-Je t’interdis de redevenir faible. Gronda-t-il. Pour une fois que je te trouve digne de moi, tu n’as pas intérêt à redevenir la larve que tu étais.

Serpent releva la tête.
-Je ne peux pas t’abattre, souffla-t-il. C’est terminé, le maitre ne me laissera jamais obtenir mon propre nom.
Heath colla son front contre celui de son ancien frère, et plongea son regard emplie de folie dans le sien.
-Tu veux un nom petit frère? Prend celui que notre mère t’as donné. Tu n’es pas Serpent, et tu ne sera jamais Serpent.
-Notre mère?
Le psychopathe laissa échappé un sourire en coin, et approcha ses lèvres de l’oreille du cyborg. Là, il lui murmura quelque chose. Quelque chose qui sembla le transporter de joie, avant que Heath ne lui transperce le crâne d’un coup de faux.
-A plus petit frère.

Aussitôt, les mercenaires pointèrent à nouveau leurs armes vers Heath et tirèrent. Le psychopathe protégea sa tête, et se précipita hors de la plateforme. Pour se réquisitionner sur une manta.

-Ouvrez le feu. Ordonna-t-il à l’adresse de ses troupes. Permettant à la bataille de reprendre là où elle avait été laissée.
-Voyons ce que vous allez faire maintenant, ricana Heath en contemplant les assauts vains des mercenaires.



Même Moment


Peter n’en menait pas large, à chaque adversaire qu’il détruisait, un autre apparaissait. Sans parler des nombreux coups qu’il avait subit. En effet, il ne disposait plus que de vingt points de vies, et il avait toujours cinq ennemis en face de lui.
Le cannibale poussa un juron, et se remit en garde alors que la Légion s’approchait de lui.
-Rendez-vous, vos chances de réussites sont nulles.
-C’est ça. Grogna-t-il avant d’appuyer sur le bouton situé sur son poignet.
Il fut alors surélevé de quelques centimètres, ce qui eut le mérite de surprendre Légion pendant une demi-seconde. Jusqu’à ce que celui-ci ne remarque les roues sous les botes de l’américain.

-Et c’est partie, ricana Peter avant d’enclencher les boosters situés derrière ses talons. Le cannibale fit un départ canon, se déplaçant à une telle vitesse que Légion n’eut pas le temps de calculer sa trajectoire. Son adversaire slaloma entre les différents « lui », et les détruisit un à un. Puis il s’arrêta brusquement devant l’original, qui eut un mouvement de surprise.
-Va dire à ton patron que je le dégusterai avec un plaisir infini.
Il lui trancha la gorge avant même que la dernière syllabe ne fut prononcée, ce qui le fit disparaitre dans un nouveau flash de lumière. Peter secoua la tête.
-Bruyant.

Il se concentra à nouveau vers la tour, la voie étant libre, il n’avait plus qu’à remplir sa mission.
Cimeterre à la main, il fila à toute allure vers sa destination. Persuadé qu’il ne pouvait plus être détourné de son objectif. Il était enivré par la vitesse impressionnante qu’il avait acquis. Élancé comme il était, il avait le sentiment que plus rien ne pouvait l’arrêter. Mais le projectile noir et or qui le percuta de plein fouet était là pour le sortir de son rêve. Emporté par sa vitesse, Peter fut projeté sur une centaine de mètres. Il rebondit quatre fois sur le sol avant de totalement disparaitre. L’Augure ramassa son cimeterre.
-Merci pour le cadeau.



Même Moment


Renarde en avait plus qu’assez.
La troupe de mercenaire engagée par Peter était incapable de causer le moindre dégât à la muraille de Heath. A chaque coups qu’ils portaient, un block colmatait la brèche. Et à chaque fois qu’un monstre était détruit, deux autres le remplaçaient. La situation était devenu intenable, une escadrille de frelons s’était même joint à la fête pour arroser les invités d’acide.

Ils avaient déjà perdu les deux tiers de leurs hommes ainsi que Corbeau. Dragonne était bloquée derrière son bouclier, à encaisser sans pouvoir riposter. Il fallait trouver une solution, et elle en avait justement une sous la main.

Elle s’installa dans le poste de commande du Noirsoeur, et s’empara du volant.
Le vrombissement soudain du moteur fit tourner la tête à toute l’escouade. Même les monstres avaient arrêtés de tirer.
-Garez-vous, cria Renarde à travers les haut-parleurs du vaisseau. Avant de projeter celui-ci contre la muraille, la pointe la première.

La secousse causée par le choc fit perdre l’équilibre à plusieurs monstres, qui vinrent chuter contre le véhicule. Mais à cause des boucliers de l’engin, ils ricochèrent, et atterrirent dans la Mer numérique.
Noirsoeur reprit un peu d’élan, et frappa une seconde fois.
C’est avec une plaisir non-dissimulé, que l’indienne vit un pan entier du mur s’effondrer, et les prothéens qui se trouvaient au sommet s’écroulèrent avec lui.

Les monstres, complètement paniqués, tiraient à l’aveugle. Motivés par un regain de confiance, les mercenaires se mirent à les descendre comme des mouches.
Triomphante, Renarde leva un poing vers le ciel. Avant d’apercevoir ce qui ressemblait à une météorite tomber à pleine vitesse sur son vaisseau.
-Coucou c’est moi! Ricana un Heath roulé en boule, avant de percuter de plein fouet le Noirsoeur.

Une gigantesque déflagration vint happer la totalité des mercenaires présent du mauvais côté du mur. Déchirés en deux, les débris du vaisseau restèrent un moment sur le terrain. Avant d’exploser purement et simplement. Les derniers monstres restant crièrent leur victoire, tandis qu’un Heath pleinement satisfait sortait de son scanner.
-Voilà qui devraient nous en débarrasser quelques temps. Sourit-il.
Il était loin de se douter qu’à quelques centaines de mètres du champs de bataille, l’Augure observait le spectacle en affichant un sourire identique.
-Quels êtres pitoyables.
Sur ses mots, il plongea dans la mer Numérique. Et disparu de la surface de Lyoko, le cimeterre de Peter était toujours en sa possession.



Même Moment


Serpent était dans un autre monde, un monde où il n’entendait pas la violente dispute entre son maitre et Tanner. Assis sur le bord de son sarcophage, la peau toujours mouillé, il se remémorait le nom que le véritable Serpent lui avait glissé à l’oreille. Pour une raison qui lui échappait, il aimait ce nom. C’était comme si un ange descendu du ciel était venu le lui offrir en récompense, un ange qui avait le visage de sa mère. Même si cela, il l’ignorait.
Immergé dans son univers, il pensa à l’aquarelle qu’il avait vue dans la chambre de Tanner. Le Grand Dragon Rouge l’inspirait, l’auteur lui aussi l’inspirait.

-William Blake. Murmura-t-il si bas que personne n’aurait été capable de l’entendre.
Le nom que Heath lui avait donné résonna à nouveau dans son esprit, et forma une mélodie d’une harmonie fantastique avec le nom du créateur du Dragon.
-Je m’appelle…Je m’appelle…
Le nom refusa de franchir ses lèvres, comme si la joie qu’il contenait était trop lourd à cracher.
-Je m’appelle… Alister Blake.
Serpent sourit paisiblement, et ferma les yeux. Une voix familière résonna alors dans sa tête.
-Tu t’appelles Alister Blake, un nom magnifique pour le Grand Dragon Rouge.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 14 Juil 2017 17:09   Sujet: [Fanfic] Pandémonium


Spoiler


Spoiler



Chapitre 8: Légion Prothéenne


7 septembre 2001, Usine, 16h 23


Cela ne faisait que quelques minutes que Heath patientait devant l’un des scanners, pourtant il avait du mal à contenir son impatience. Franz Hopper n’avait pas menti, ramener un prothéen sur Terre n’avait rien eu de bien compliqué. À peine deux heures de travail, et le tour était joué. Il ne restait plus qu’à attendre que le scanner ait finit de modéliser son apparence, mais cela prenait un peu plus de temps que prévu.
-Il arrive, prévint Hopper, soit prudent.
Heath failli éclater de rire, mais conserva son sérieux. Le scanner s’ouvrit, et un… être humain (ou tout du moins il en avait l’air) en sortit.
Il était très difficile pour Heath de déterminer s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme, ses vêtements étaient plus que commun: un jean, des baskets et un pull à col roulé. Mais surtout, les traits sur son visage étaient aussi masculin que féminin. Pas de cheveux (ni de sourcils), bref, un être complètement neutre en terme de sexualité. Mais bon, cela n’avait aucune importance.

-Tu me comprends? Demanda Heath en le fixant droit dans ses drôles d’yeux jaunes.
-Oui.
Il (elle?) avait une voix bizarre, presque identique à celles que l’on enregistre pour les annonces dans les gares ou le métro.
-Tu vas m’attaquer?
-Non.
Selon Franz, ses IAs ne peuvent pas mentir. Mais Heath avait quand même un petit doute.
-Et pourquoi?
-Nous ne voyons aucune raison logique de le faire.
L’allemand hocha la tête.
-Tu sais pourquoi tu es ici?
-Nous avons transmis au créateur la requête d’envoyer certains d’entre nous sur son monde, afin de l’observer, et d’être tenu au courant des décisions qui seront prises concernant notre peuple. C’est ce que nous allons faire.

-C’est vrai, mais cela restera ton objectif secondaire, ta priorité sera de m’aider à combattre nos ennemis. Ici c’est moi qui commande. Tu es donc tenu de suivre mes ordres à la lettre, et de venir me voir dès que tu as une question. Compris?
-Oui Général.
-Parfait, alors comment dois-je t’appeler?
-Prothéen.
Heath haussa un sourcil.
-Je ne te demande pas le nom de ton peuple, je le connais, je te demande ton nom à toi.
-Nous sommes tous prothéens
Agacé, l’allemand se planta à quelques centimètres de son interlocuteur, il le dépassait d’une bonne tête.

-Comment s’appelle l’individu en face de moi.
-Il n’y a pas d’individu, nous sommes prothéens.
Heath poussa un profond soupir, et se frotta la tête.
-Il va falloir que tu m’expliques.
-Ce corps n’est qu’un outil dont nous nous servons pour nous fondre dans la masse, en réalité, il y a très exactement 1239 unités prothéennes qui l’habitent, nous nous sommes dis que cela était préférable afin de prendre nos décisions par consensus.
-Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux.
La voix de Franz Hopper avait résonné aux oreilles de l’allemand comme un enfant qui lui plaquerait avec fierté son dernier dessin sur le visage. Malgré tout, les prothéens semblaient apprécier l’idée.
-Evangile selon Saint-Marc, chapitre cinq, verset neuf. Nous reconnaissons la pertinence de la métaphore.
Il fixa l’allemand droit dans les yeux, et annonça:
-Notre nom est Légion Lancaster, nous sommes ravi de travailler avec vous Général.
-De même, répondit Heath, mais je t’en pris, prend l’habitude de parler à la première personne du singulier.



7 septembre 2001, Banlieue Parisienne, 17h 13


Étonnamment, Heath appréciait Légion. Il ne parlait que lorsqu’il avait quelque chose d’intéressant à dire ou quand on le lui demandait. Il savait se montrer discret, et se rendre utile quand il le souhaitait. Ce qui tombait plutôt bien, puisque l’allemand commençait à en avoir assez de faire le garçon de courses.

Le prothéen et son général effectuaient une simple balade dans les environs de l’usine, jusqu’à la maisons des Lancaster. Histoire que Légion ait une assez bonne connaissance de ce coin de la ville, et qu’il évite de se perdre stupidement. Heath avait royalement ignoré les regards et les remarques à voix basses qui supposaient que le prothéen était atteint de cancer. Et qu’il n’avait plus beaucoup de temps à vivre. Ils ignoraient qu’à ses côtés se trouvait un homme qui rendrait la leur encore plus courte.

-Bon, tu as bien tous retenu?
-Oui général, les informations que vous nous avez transmises ont été enregistrées.
-Je t’ai déjà dis d’arrêter de parler à la première personne.
-Nous sommes 1239 unités à l’intérieur de cet enveloppe, nous juger comme une seule personne est incorrect.
-Et tu dis toujours ce qui est exact?
-Bien évidement.
L’allemand soupira.
-Bon… et bien essaye au moins de ne pas m’appeler « général » quand nous sommes à l’extérieur. Heath ça ira très bien.

-D’accord Heath.
-Une dernière chose, tu as l’interdiction formel de révéler à qui que ce soit la moindre information sur nous. Et cela comprend Lyoko, le Créateur, Aelita, Seth et moi. Si on te pose une question sur un seul de ses sujets, tu répondras: « Je préfères ne pas vous répondre ».
-Compris Heath.
-Bien. Il leva la tête et pointa du doigt l’une des maisons qui s’élevaient devant eux. C’est ici que l’on habite. Je vais rentrer, toi tu peux retourner à l’Usine.
Sur ses mots, l’allemand abandonna le prothéen sur le trottoir et se dirigea vers la porte.
-Heath?
-Oui?
-Qui est Seth?
Le jeune homme laissa un petit sourire en coin se tracer sur son visage, il se retourna:
-On a qu’à dire que c’est l’ange déchu, celui qui punira ceux qui ont péchés.



9 Septembre 2001, Lieu inconnu, 08h 21


-Qu’est-ce que c’est que ce bordel?!
Peter Warren détestait être interrompu lorsqu’il donnait une conférence dans la salle adéquate, et bien davantage si le trouble-fête s’appelait Alex Tanner et qu’il beuglait comme une vache.
-Qui sont ces personnes?!

Du doigt, le scientifique pointa les dizaines d’individus qui servaient d’auditoire à l’américain. Celui-ci conserva son calme.
-Ce sont nos nouveaux soldats virtuels, annonça-t-il d’un ton détaché, pourriez-vous vous exprimer de façon un peu plus cordiale histoire de ne pas passer pour un bouffon?
L’écossais le fusilla du regard, mais reprit ses bonnes manières.
-Pouvez-vous m’expliquer qui vous a demandé de recruter des hommes supplémentaires?
-C’est moi qui ait prit cette initiative. Nos deux récentes défaites m’ont ouvert les yeux: nous avons cruellement besoin de renfort, ce qui est chose faite.

Tanner manqua de se frapper le front, ses nerfs étaient en ébullition.
-Dois-je vous rappeler que nous ne disposons que d’une dizaine de scanners? Nous n’avons pas les moyens d’envoyer autant d’hommes dans la virtualité.
-Nous n’avions pas, corrigea Peter, d’ici quelques jours nous disposerons de très exactement soixante-dix scanners financés par mes soins.
-Vous… Quoi?! Mais qu’est-ce qui vous ait passé par la…
-Arrêtez de vous donner en spectacle! Cracha le cannibale d’un ton venimeux.
Tanner remarqua alors les dizaines de paires d’yeux moqueuses qui étaient tournées vers lui. Ce qui ne fit qu’accentuer sa colère.

Profitant de ce moment de silence, Peter reprit la parole:
-Il se trouve professeur Tanner, qu’on s’est joué de vous.
Le scientifique fronça les sourcils, mais n’eut pas le temps d’en placer une.
-Nos scanners, avec le bon matériel et les bons ouvriers, peuvent être construit en une semaine montre en main. Si toutefois personne n’a la mauvaise idée de saboter les plans de construction. N’est-ce pas Professeur Belpois?

Le regard de Peter se posa sur l’homme qui reposait en piteux état sur le côté de la pièce. Suivit presque instantanément part ceux des autres personnes présentes.
Norman gisait sur le sol aux pieds de Dragunov, a en juger par le piètre état de son visage, il avait été battu.
Les yeux du professeur Tanner se remplirent de colère et de haine, il se planta devant son ancien employé.
-Vous avez de la chance Belpois, vociféra-t-il, vous m’êtes encore trop précieux pour que je vous laisse mourir. Néanmoins, votre trahison vous coutera bien plus que la vie.
Norman laissa échapper un petit gémissement de douleur, accentué par le mouvement de ses dents cassées.

-Puis-je reprendre? Demanda Peter visiblement à court de patience. Je vous rappelle que nous avons une attaque à préparer.
-Vraiment? Grinça Tanner. Et quel sera le but de cette attaque?
Le cannibale laissa échapper un sourire maléfique, son regard trahissant son envie de meurtre.
-La destruction totale de notre cher Professeur Schaeffer et de sa clique.



12 septembre 2001, Lycée Jean-Baptiste Say, 12h 39


Attablée tranquillement à la cafétéria de son école, Aelita poussa un soupir de soulagement qu’elle retenait depuis bien trop longtemps. Et pour cause, la plupart des ennuis dans lesquelles elle s’était fourrée semblaient désormais derrière elle. Heath et son père étant trop occupés par leurs magouilles pour s’occuper d’elle, elle s’était permise de leur cacher ses quelques soucis. Le retour prématuré de Matthieu, et la protection de Sylvie l’avaient bien aidée à les résoudre. Grâce à leurs soutiens, les petits malins qui avaient répandus des rumeurs sur Seth s’étaient calmés, et le calme était revenu dans la classe. Mais contrairement à sa soeur, le mutant n’avait jamais vraiment remarqué l’animosité que lui portait ses camarades. Il faut dire que lorsque l’on est aussi bien entouré que lui, il est difficile de se sentir mal dans sa peau.
Seth avait un nombre incalculable d’admiratrices, il était si populaire que certains garçons envisageaient même de devenir son ami seulement pour pouvoir en profiter.
Heureusement pour lui, sa « soeur » savait le protéger de ce genre de fréquentations. Elle était d’ailleurs tellement habituée à le voir cerné par toute une meute, qu’elle fut assez surprise de le voir arriver vers sa table avec seulement une fille à ses côtés.

-Coucou soeurette, dit-il en faisant la bise à la princesse de Lyoko, tu fais une drôle de tête.
-Je ne m’attendais pas à ce que tu ai si peu de compagnie, répondit-elle sans quitter Valentine du regard.
La jeune fille rougie et salua Aelita en baissant légèrement la tête. Ce qui la fit rire.
-Soit pas si timide, je ne vais pas te manger.
-Pardon. Dit-elle en se redressant.
-Et ne t’excuses pas pour rien.
De plus en plus gênée, elle se tourna vers Seth pour chercher un peu de soutien. Le mutant lui adressa alors un très beau sourire, qui eut vite fait de la remettre en confiance.
Les deux adolescents s’assirent donc à la table d’Aelita, qui examina la jeune fille des pieds à la tête.

Elle avait un look de petite fille modèle, elle portait un chemisier blanc assez élégant, et une jupe bleu marine. Ses cheveux blonds étaient coupés en carré court.
La princesse de Lyoko remarqua alors du coin de l’oeil, les regards jaloux de plusieurs filles de sa classe. Et cela ne présageait rien de bon.
-Qu’est ce que vous faites là tous les deux?
-On sort ensembles, annonça Seth sans s’arrêter de sourire.

Les yeux d’Aelita jaillir de leurs orbites. Rouge comme une tomate, Valentine se concentra sur ses chaussures.
-Depuis quand?
-Depuis trente minutes.
La jeune fille aux cheveux roses manqua de se frapper le front, mais elle parvint à se maitriser histoire d’éviter de se donner en spectacle. Elle soupira, techniquement, elle n’avait rien contre le fait que Seth se trouve une petite amie. Mais de là à ce que ce soit aussi rapide, et avec une personne qu’il connaissait aussi mal. Elle ne savait plus tellement quoi penser.

-Et toi alors?
-Quoi moi?
-Bin… ça a l’air d’aller entre Lucius et toi.
Aelita fronça les sourcils, et leva les yeux au ciel.
-Arrête, je le connais à peine. On est même pas encore réellement amis, on discute, c’est tout.
-Tu devrais faire attention, prévint Valentine de sa petite voix, Lucius n’a pas très bonne réputation dans l’école.
-Qu’est ce que tu veux dire par là?
La blonde prit un air embêté, mais finit par déballer son sac.

-L’année dernière, Lucius était le souffre-douleur préféré des « caïds » de l’école. Il se faisait souvent racketter après les cours, mais ça n’allait généralement pas plus loin que ça. Sauf qu’il y en avait un qui était plus violent que les autres, et qui en avait fait sa victime préférée. Il s’appelait Mohamed Fitoussi, et c’était un gros enfoiré de ce que j’ai entendu. En plus de racketter Lucius, il l’humiliait très souvent. Il le bousculait dans les couloirs, le faisait tomber dans les escaliers, il est même aller jusqu’à lui mettre la tête dans les toilettes.

Aelita frémit de dégoût en écoutant ce récit, elle n’avait jamais imaginé que Lucius aurait pu vivre de tels cauchemars. Valentine continua:

-Un jour, Mohamed est allé trop loin: Il a cassé le bras de Lucius, et l’a envoyé à l’hôpital avec une commotion cérébral. Tout le monde à l’école avait été choqué d’apprendre ça, et certains étaient allés demander l’exclusion de Mohamed auprès de la principale. Ce qu’elle avait refusée, l’incident n’ayant pas eu lieu dans l’enceinte du collège. Certains des garçons avaient cependant décidés qu’il était temps que la tyrannie de Mohamed cesse, et le jour suivant, l’avait patiemment attendu à l’entrée de l’école. Mais il n’est jamais venu. On l’a retrouvé quelques jours plus tard, le corps complètement carbonisé dans un immeuble abandonné.

Aelita n’en croyait pas ses oreilles.
-Et tu crois que c’est Lucius qui…?
-Non. Enfin, personne ne pense dans l’école que c’est lui le responsable. Mais il y a pas mal de rumeurs qui trainent concernant ses frères. Apparement, Lucius leur aurait caché la vérité pour éviter ça, mais quand il a été à l’hôpital…
-Il n’y pouvait plus grand chose. Compléta Aelita.
-Oui voilà.

La princesse de Lyoko avait un peu de mal à croire à cette histoire, mais elle ne put s’empêcher de penser aux mises en garde de Lucius concernant ses frères. Elle se gratta la tête. Pourquoi est ce que le monde dans lequel elle s’était réveillée était aussi dérangé?



12 avril 1999, Belgique, 19h00


-Que tout le monde se lève! Ordonna le Directeur Favard. Et montrez-moi vos assiettes.
L’orphelinat Asher, était réputé pour être plus une maison de correction qu’un véritable foyer pour jeunes orphelins. On y envoyait les délinquants drogués ou SDF qui trainaient dans les rues des métropoles belges. Situés au milieu de la Louvière, à à peine une soixantaine de kilomètres de Valenciennes. Cet établissement représentait ce que Thomas Von Kane haïssait le plus au monde: une prison. Bien avant cela, la vie du jeune homme n’avait été faites que de liberté et d’air pur. Ayant grandi dans une troupe de théâtre ambulante, Thomas avait toujours été un éternel optimiste. Jamais durant cette vie, il n’avait cru pouvoir un jour se sentir malheureux. Chacun de ses jours avaient été emplie de joie et de rire. Il avait eu la naïveté de penser que les multiples rôles qu’il avait joué pour sa troupe, lui avaient donnés une bonne image de ce qu’était la vie sur Terre. Aujourd’hui, il avait tous perdu.

Sa troupe avait été prise par des douaniers Luxembourgeois, plus de la moitié d’entre eux avait été emprisonnée. Par miracle, Thomas avait réussi à s’enfuir vers la Belgique. Où il avait pu commencer une nouvelle vie remplie de chapardages et d’amitiés nouvelles. Le jeune homme avait toujours eu le don pour se faire facilement des amis, et il n’eut aucun mal à devenir le mouton blanc d’une petite bande de voyous liégeoises . Sa nouvelle famille n’avait d’ailleurs pas tardé à l’appeler « grand frère », tant ses conseils avaient toujours été sages et avisés. Thomas s’était juré qu’il n’oublierait jamais les visages de ceux qu’il avait pu appeler ses frères. Et aujourd’hui, après leur avoir permit d’échapper à la police en se sacrifiant. Il savait qu’il ne regretterait jamais son geste. Même si aujourd’hui, il était prisonnier d’un univers qui lui donnait envie de vomir.

Le Directeur traversa le réfectoire, et vérifia assiette par assiette si les portions n’avaient pas été entamés. Histoire que les habitants affamés du foyer connaissaient leurs bonnes manières. Favard ne procédait pas à ce rituel tous les soirs, ainsi, il était persuadé d’attraper quelques imprudents. Thomas ne s’était jamais laissé prendre à son jeu, à ses yeux, cet homme était un idiot. Mais l’orphelinat regorgeait de gamins encore plus idiots. Prit d’un étrange pressentiment, il jeta un coup d’oeil autour de lui. Et vit ce dont il se serait bien passé ce soir. Benoît, un petit garçon de onze ans, avait entamé sa portion de haricot. Il s’y était prit si brutalement qu’il n’avait même pas prit soin d’essuyer sa cuillère. Prit d’une impulsion, il échangea rapidement son couvert avec le sien.

Mais il manqua de discrétion, et l’ustensile heurta son assiette. Rapide comme un serpent, Favard pointa ses yeux luisant sur le jeune homme. Et se dirigea vers lui d’un pas lourd et menaçant, avant de se planter devant lui.

-Votre cuillère est bien sale Monsieur Von Kane.
-Elle l’est Monsieur.
-Il me semble que vous connaissez les règles, la droite ou la gauche?
Favard avait conservé son manteau, impossible donc de savoir sur quelle main il avait mit ses chevalières.
-La droite Monsieur.
Le Directeur étira son sourire, et retira son manteau, avant de le confier à un de ses larbins.
-« Mauvaise pioche », songea Thomas.
La gifle fut beaucoup plus violente qu’il ne l’avait imaginée.


Lorsque le jeune homme reprit conscience, il était là où il savait qu’il atterrirait: au trou.
Cet endroit n’avait rien d’une réelle cellule, il s’agissait seulement de petites caves dégoutantes. Des caves qui étaient remplies d’araignées et généralement de deux ou trois rats. Les portes étaient en bois rongés. Très simples à forcer, mais le garde qui surveillait les cellules l’était beaucoup moins.
Thomas détestait la saleté, il avait toujours prit grand soin de son corps. Mais ce n’était pas obsessionnel au point de piquer une crise d’hystérie. Il se lavera quand il sortira, c’est tout.


Il n’eut d’ailleurs pas à attendre bien longtemps avant que la porte de sa cellule ne s’ouvrit. Mais au lieu du geôlier, ce fut un jeune homme de son âge qui pénétra dans la pièce, une bougie à la main.
-Stéphane?
-Bonsoir mon amour.
Le jeune adolescent se pencha en avant et déposa un baiser sur les lèvres de son petit ami. Avant de lui tendre un snicker, Thomas resta interdit.
-Mange-le s’il te plait. Si tu savais tous le mal que j’ai eu à le faire rentrer dans l’orphelinat.
-Tu n’aurais pas dû.
-Je sais. Allez mange.
-Si jamais Favard t’attrape…
-Mais tu vas manger oui?

Thomas soupira, mais déchira l’emballage. Il sépara la friandise en deux, et glissa l’autre moitié dans la bouche de l’homme qu’il aimait. Ils savourèrent leur plaisir culinaire lentement, avant d’achever la dégustation par un fougueux baiser.
-Avec quoi tu as payé le geôlier?
-Une cartouche de cigarette.
-Évidemment.
Les deux garçons n’échangèrent plus un mot durant quelques minutes, Thomas se contenta seulement de plonger sa tête dans la chemise de son petit ami. Pour y retrouver un peu de réconfort.

-Tu devrais partir, murmura-t-il, je ne veux pas que Favard nous découvre.
-Il semblerait que votre souhait n’est pas été exaucé Monsieur Von Kane.
Thomas releva la tête si brutalement qu’il se cogna contre Stéphane au passage. Le directeur Favard était là, et le geôlier de plus de deux mètres aussi.
-Sam? Aurais-tu l’obligeance d’apprendre à ses garçons comment les hommes sont supposés se comporter?
Ledit Sam hocha la tête, et s’approcha du couple. Stéphane se plaqua devant son petit ami pour le protéger, mais le géant le souleva comme une plume, et lui asséna un violent coup de poing dans l’estomac.
Thomas tenta de se relever, avant d’être renvoyer au sol d’un coup de pied au visage.

-Retire leurs pantalons, ordonna Favard.
Sam obéit, et arracha leurs vêtements comme un emballage plastique.
Le directeur plongea la main dans son manteau, et en sortit la lame la plus terrifiante que Thomas ait jamais vu. Un long coutelas à dents, plus aiguisé qu’un rasoir.
-Monsieur Laurence, cracha-t-il à l’adresse de Stéphane, vous avez été le pire élément que j’ai jamais accueilli dans cet établissement. J’ai cru quelques temps pouvoir vous sauver, mais votre cas me semble irrécupérable.
Sur ses mots, il enfila une paire de gants en plastique jetable, se saisit du sexe du jeune homme, et le trancha net. Testicules compris. Un hurlement atroce, étouffé par la main géante de Sam résonna dans l’intégralité du sous-sol.

Le sang de Thomas se glaça dans ses veines, tandis que l’horreur s’emparait de son visage.
-Vous avez mal? Sachez que je m’en réjouis. Jeta Favard comme s’il lui avait frappé les doigts avec une règle. Mais je veux m’assurer que vous ne posiez plus jamais les yeux sur le moindre garçon innocent que vous croiserez. Et pour cela, je ne connais qu’un seul moyen.
Stéphane n’entendait plus les paroles du directeur, la douleur lui avait fait perdre connaissance. Mais cela n’empêcha pas son tortionnaire d’écarter ses pupilles, et de lui crever les yeux un par un.
Thomas n’en pouvait plus, il se cambra, et vomit un filet de billes. Favard haussa un sourcil méprisant.

-J’avais un peu plus d’espoir pour vous Monsieur Von Kane, dit-il d’un ton mi-triste mi-méprisant. Mais je pense qu’il y a encore une chance pour vous, aussi je me contenterais de vous retirer seulement quelques centimètres. Peut-être cela sera-t-il suffisant pour trouver en vous la force de vous faire pardonner aux yeux de Dieu.

Là-dessus, il hocha la tête en direction de Sam. Le geôlier laissa alors tomber Stéphane, et empoigna Thomas. Le jeune homme se débattit vainement, mais sa force physique était dérisoire en comparaison de celle de son bourreau.
-Prenez votre sexe par le gland, ordonna Favard, et tendez-le.
-Non…

Le directeur brandit son coutelas sous les yeux de l’adolescent, ceux-ci s’écarquillèrent de terreur.
-Vous avez le choix: Ou je ne vous prive que d’une partie de votre membre, ou je vous coupe tout. Que choisissez-vous?
Le coeur au bord des lèvres, Thomas saisit son sexe par le bout, et le tendis. Fayard essuya son arme avec un mouchoir de soie, puis il la rangea, pour sortir une paire de ciseau.
-Rassurez-vous, murmura le directeur avec une voix qui se voulait rassurante, se sera rapide et propre.

Sur ses mots, le directeur fabriqua un petit garrot autour du sexe de Thomas à l’aide d’un autre mouchoir de soie. Puis, il y versa une portion raisonnable d’alcool.
-Ce sera très douloureux. Chuchota-t-il d’un ton désolé.
-J’en doute.

Le Directeur Favard fit volte-face, juste avant que les coups de feu ne retentissent. Les deux bourreaux restèrent figés sur place pendant un moment, avant de s’écrouler sur le sol, avec un trou béant dans le front.
Thomas Von Kane fut emporté par le poids de Sam, et fut écrasé par le géant. Le stress qu’il avait accumulé était si intense, que sa respiration se fit de plus en plus lourde. Il sentit cependant son corps être libéré du poids du geôlier. Puisant dans ses dernières forces, il leva la tête.

-Mon cher Thomas, je suis désolé, tous va bien?

Le jeune homme voulu pleurer, hurler, crier les pires horreurs qui lui venaient à l’esprit. Mais ses forces l’abandonnèrent, et il plongea dans le néant.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 11 Nov 2016 15:37   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
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Chapitre 7: L’Augure, le Serpent et la Banshee



6 Septembre 2001, Banlieue Parisienne, 22h 34


Dans un modeste appartement du dix-septième arrondissement parisien, Norman Belpois s’adonnait à ce qui était devenu avec le temps son plus grand plaisir personnel: le don de cadeau à son petit neveu.
Le cinquantenaire adorait cet enfant comme s’il était son propre fils, n’ayant jamais eu de temps à consacrer à une femme depuis vingt-cinq ans. Il avait été un homme comblé lorsque sa belle-soeur avait donné naissance à ce petit être dont la simple photo suffisait à lui réchauffer le coeur. Depuis ce jour, Jérémie Belpois avait été l’une des principales raison de vivre de son oncle. Ce dernier lui apprenait tout ce qu’il savait, ou en tout cas, tout ce que le petit garçon était en mesure de comprendre. Mais quand celui-ci ne parvenait pas à assimiler les complexes notions que son parent tentait de lui inculquer, et bien il travaillait nuit et jour pour qu’au prochain passage de son modèle, il soit capable de lui réexpliquer tout ce qu’il avait retenu de la physique quantique et de son utilisation. Oui, Jérémie avait pris son oncle comme idole. Qui pourrait le lui reprocher? A huit ans, le jeune homme ne connaissait aucun autre homme qui symbolisait à ses yeux la réussite.

Son propre père, frère de son oncle ne travaillait plus depuis près de trois ans. Pourtant, sa vie professionnelle avait très bien commencé. A la fin de ses bonnes études de finances, il avait monté avec trois de ses amis sa propre entreprise, qui a démarré en trombe avec la signature de plusieurs contrats juteux. Ses belles premières années lui auront permis de s’offrir un appartement de qualité dans le cinquième, ainsi que la possibilité d’élever son enfant dans un milieu plus que convenable. Mais tout avait volé en éclats lorsque ses anciens amis l’avaient remerciés pour ses services devenu inutiles au sein de l’entreprise. Il ne lui aura fallu qu’un jour, un seul jour pour que toute sa vie s’écroule comme un château de carte. Et aujourd’hui, il vivait principalement de l’aide financière que lui apportait son frère. Francis Belpois ne travaillait plus, il était trop occupé à noyer son chagrin et sa vie dans l’alcool. Martha, sa femme autrefois ravissante s’était enlaidie, tel une fleur flétrie par le temps. Son fils en revanche, restait la principale source de bonheur dans leur maison.

Il était toujours souriant, et bon vivant. Bien qu’il passait des heures enfermés dans sa chambre pour étudier les livres de son oncle. Il était sans hésitation la plus belle chose que ses parents aient jamais faites de leur vie, selon Norman en tout cas.
Celui-ci s’était installé dans un fauteuil de mauvaise qualité fait de faux cuir, face à face avec son frère. Francis était déjà saoul, pourtant il n’était même pas midi. Il semblait apprécier avec un plaisir non-dissimulé -si ce n’est trop voyant- le verre de bourbon qu’il portait à ses lèvres. Lorsqu’il eut finit de le déguster, Norman se rendit compte qu’il semblait plus enclin à apprécier les effets plutôt que le goût. Un frisson de répulsion lui traversa l’échine.

-C’est ton combientième verre de la journée?
Francis ne répondit pas, il contemplait son verre avec étonnement, comme s’il venait de se rendre compte qu’il en avait un en main.
-Alors?
-Je sais… pas.
Le scientifique le considéra d’un oeil mauvais, chaque jour qui passait semblait de plus en plus court. Il avait un très mauvais pressentiment concernant ce qu’il faisait, et ce qu’il faisait c’était de l’espionnage contre ses propres employeurs. De l’espionnage pour un jeune psychopathe de même pas seize ans qui avait menacé de mort sa propre famille. Famille dont il avait obtenu les coordonnées grâce à Intelligence. Et si jamais il tentait de les mettre en sureté, alors il s’en prendrait aux amis de son neveu, et à la famille de sa belle-soeur.
Norman Belpois savait ce que cela impliquait si jamais il était découvert: La mort. Une mort atroce.
Mais l’organisation ne ferait pas de représailles sur sa famille, ils ne l’avaient jamais fait pour qui que ce soit. Il n’avait donc que pas grand chose à craindre pour sa famille. En revanche, sa propre vie n’allait pas tarder à se terminer. De cela, il en était certains.

Il voulait donc régler tout ce qu’il avait mit de coté, de la triste vie de son frère, jusqu’à l’héritage scientifique qu’il laissera au monde. Et le plus tôt sera le mieux.
-Ecoute moi bien Francis, il prit une profonde inspiration, j’ai décidé d’arrêter de te donner de l’argent.
Etonnement, cette information là n’eut aucun mal à se frayer un chemin à travers le cerveau ramolli de l’alcoolique.
Il ouvrit la bouche pour prendre la parole, mais son aîné la lui coupa d’un geste de main.
-Laisse moi finir, j’ai décidé de te laisser de quoi vivre pendant encore un an. Après cela, tu ne pourras plus compter sur mon soutien financier. Tu as donc très exactement un an pour décrocher, et retrouver du travail.
Francis ne répondit pas, il semblait encore trop ivre pour comprendre l’ultimatum que lui avait imposé son frère. Ce-dernier se résigna a le laisser se légumer tranquillement, et pris la direction de la chambre de son neveu.

Assis devant son ordinateur dernier cri généreusement offert par son oncle, Jérémie tentait tant bien que mal de résoudre les problèmes que son idole lui avait gravés sur un cd. Lorsque celui-ci entra dans son espace privé, il laissa tout tomber, réajusta ses lunettes, et se tint prêt à boire la moindre des paroles que son oncle allait prononcer.
Norman lui sourit tendrement, avant de poser sur le sol un énorme sac de sport qu’on lui avait offert à Noël dernier, et dont il ne s’était servit que pour transporter ses affaires professionnelles.
Intrigué, Jérémie jeta à son oncle un regard interrogateur.

-Ce sont toutes mes notes, ainsi que tous les programmes que j’ai mis au point. Je te laisse le tout histoire que tu progresses plus rapidement. Si on se revoit un jour, tu sera en mesure de comprendre tout ce que je pourrais t’enseigner.
Malgré le clin d’oeil complice de Norman, Jérémie se sentit assez mal à l’aise.
-Comment ça « si on se revoit un jour »? Tu vas partir loin?
Le cinquantenaire se mordit la langue, il en avait un peu trop dis à son goût. Il posa un genou à terre, et prit la main de son neveu.
-Tiens, dit-il en lui mettant un cd de couleur bleu dans les mains. C’est mon journal professionnel, vois ça comme des cours par correspondance.
Sur ses mots, il serra son neveu dans ses bras, et ce-dernier lui rendit son étreinte. Une larme coula sur le long de la joue du petit garçon, mais il l’essuya rapidement de peur de paraitre faible devant son oncle.
Norman se redressa, lui sourit une dernière fois, et murmura:

-Au revoir Jérémie.
Sur ce, il tourna les talons et s’en alla, non sans entendre le chuchotement dans son dos:
-Au revoir Oncle Nono.
Les yeux emplie de désespoir, il fila le plus rapidement possible vers la sortie. Non sans avoir remercié poliment sa belle-soeur pour le repas, et ignorer copieusement son frère cadet.
Norman Belpois sortit de l’appartement, puis de l’immeuble, avant de s’enfoncer le plus possible dans la noirceur d’une nuit d’automne parisien.
Et lorsque Jérémie Belpois perdit son oncle de vue, il fut trop jeune pour se douter qu’il ne le reverrait plus jamais.

7 septembre, Lycée Jean-Baptiste Say 11h 04

Aelita « Lancaster » n’en menait pas large. Après le sermon que lui avait donné son père, elle aurait pensée que ses ennuis auraient cessés. Mais lorsque l’on fait une bêtise, on a du mal à en entrevoir les conséquences. Et lorsque l’on est collégien, on a tendance à sous-estimer l’ampleur que pouvait prendre les rumeurs. C’est ainsi qu’en entrant en cours ce matin, elle eut la désagréable surprise d’entendre quelques bavardages provenant d’un groupe de garçons. Le sujet de ces bavardages? Seth serait un dangereux malade mental enragé qui aurait tabassé près de cinq personnes, le tout accompagné de quelques morsures par ci par là. Bon, une partie de ces histoires s’approchait de la vérité: Seth avait en effet expédié trois personnes à l’hôpital. La première avait essayé de le frapper, la seconde (celle qu’il avait soulevé et jeté) s’en était violemment pris à une jeune fille qui s’était réfugiée à son bras. Et la dernière avait eut la mauvaise idée de tenter de lui piquer son portefeuille. Le reste de la bagarre, Seth s’était appliqué à protéger ses camarades et a extirper ceux qui s’étaient retrouvés dans la mêlé. Malheureusement pour lui, tous n’était pas forcément reconnaissant de son aide. Et certains garçons, sans doute jaloux de sa soudaine popularité, s’étaient empressés de raconter mille et un mensonges. Aelita s’était même surprise à entendre que c’était lui qui avait déclenché la bagarre en écrasant un bouteille sur le visage de Matthieu. Une rumeur violemment démentie par Sylvie, qui n’avait pas hésitée à se dresser contre les menteurs en leur hurlant qu’ils n’étaient que des traitres à leur ami. De son côté,

Seth ne faisait pas vraiment attention aux rumeurs. Il y en avait certains qui étaient tout de même reconnaissant envers le mutant de les avoir sauvés, et sa popularité auprès des filles de son âge était toujours aussi importante.
Aelita se promit cependant d’être plus prudente à l’avenir, elle savait qu’un miracle comme Abigail Hobbs n’arriverait pas deux fois de suites.
Tout en pensant à la jeune fille, elle se tourna vers Lucius. Le binoclard ne semblait pas vraiment attiré par les racontars qui se propageaient dans la classe, il semblait même d’humeur boudeuse.
Sa soirée à lui non plus n’avait pas du être amusante.

-Je peux me joindre à toi? Proposa Aelita en souriant.
Brutalement interrompu dans ses pensées, le jeune homme balbutia timidement son approbation avant de rougir. Ce qui arracha un petit rire à la princesse de Lyoko.
-Désolé d’interrompre tes rêveries.
-Non, non… Il n’y a pas de mal.
Un petit silence gênant vint ensuite s’installer entre les deux adolescents, silence qui fut maladroitement brisé par Lucius.
-Ton… ton frère ne t’as pas trop engueulé l'autre soir pour le bar?
-Non, je crois qu’il était plus en colère contre ta soeur que contre nous.
Ils rirent de bon coeur, après quoi Lucius reprit d’un ton un peu plus sérieux:
-Ton frère… il a eu de la chance qu’Abigail ne lui en ait pas voulu. Mes frères à moi l’auraient massacré sinon, et tu ne sais pas de quoi ils sont capables.
Nullement impressionnée, la jeune fille prit son interlocuteur par le bras, et dit d’une voix grave:
-Crois-moi, ce sont TES frères qui ont eu de la chance sur ce coup. S’ils s’en étaient pris à Heath, celui-ci n’en aurait fait qu’une bouché.
Lucius secoua la tête.
-Ce n’est pas un simple voyou qui arrêtera Thomas et Drake.
-Heath est très loin d’être un simple voyou, informa la jeune fille d’un ton tranchant. Si jamais tes frères ont le malheur de croiser sa route, tu les retrouvera pendu par les tripes. Et je ne plaisante pas.

Lucius ne semblait pas croire un seul mot de ce qu’elle disait, néanmoins il hocha la tête. Il désirait surement mettre un terme rapide à ce débat stérile.
-Bon, reprit-il d’un ton un peu plus joviale. On peut peut-être discuter d’autres chose que de nos « frères maléfiques ».
La transition était assez maladroite, mais Aelita joua le jeu. Elle n’avait pas envie de gâcher une journée de vie normale supplémentaire.
-Pas de souci, tu aimes lire?


7 septembre 2001, Usine, 13h 34


Franz Hopper avait terriblement mal à la tête. Il ignorait si ces migraines résultaient d’un temps de travail trop intense, ou d’un manque de sommeil trop important. Qu’importe, il souffrait, et dans ces conditions il était incapable de travailler à cent pour cent de ses capacités. Ce qui provoquait chez lui un léger sentiment d’impuissance, et d’exaspération. Les programmes qui ne devait lui prendre que quelques secondes devenaient des minutes, et l’organisation prothéenne avait durée une heure entière. Epuisé, il laissa tomber son dos contre le dossier de son fauteuil et soupira. Adossé contre la paroi du laboratoire, Heath s’ennuyait à en mourir.
-Vous en avez encore pour longtemps, bailla-t-il, je commence à avoir faim.
Excédé, Hopper se tourna vers son assistant.
-Et bien vas donc chercher le déjeuner, lança-t-il, au moins tu te rendras utile. Des sushis seraient parfait.
L’allemand leva les yeux au ciel.
-Et où est ce que je trouverais des sushis?
-Tu n’as qu’à demander ton chemin à des passants. Allez file donc, j’ai faim moi aussi.

Heath grogna, mais emprunta tout de même le monte-charge.
C’est au moment où les lourdes portes se refermèrent que Franz lui cria:
-Attends!
Par réflexe, il coinça son bras gauche entre les deux énormes morceaux de métal. Un puissant grincement métallique vint violemment siffler dans leurs oreilles.
-J’espère que vous n’allez pas me demander de vous ramener de la sauce sucrée. Gronda-t-il dans l’espoir de ne pas avoir ruiné la manche de son manteau pour rien.
Hopper ne répondit pas immédiatement, il déverrouilla d’abord l’ascenseur. Puis il se tourna vers son assistant.
-On a des intrus sur Lyoko.
-Combien?
Franz jeta un coup d’oeil à la multitude de points rouge qui coloraient son écran.
-Beaucoup.


7 septembre 2001, Lyoko, 13h 37



Elles étaient des dizaines, des dizaines de créatures immondes qui polluaient son désert. Du haut de son pilier de roche, Heath les voyait toutes. Des salamandres, répugnantes et dangereuses. Incandescente et rougeoyantes, une véritable vague infernale qui avait jaillit de la mer numérique. Cependant, l’allemand était peu impressionné par cette armée de l’Enfer. Il les contempla durant quelques secondes, avant de donner le signal de l’attaque. Au moment où il baissa son bras, une gigantesque nuée de frôlions recouvrit le ciel. Les salamandres attaquèrent les premières, crachant les unes après les autres une mortelle volée de boules de feu. Heureusement pour les frôlions, les tirs furent trop maladroits pour les atteindre. Amusé, Heath s’assit tranquillement, et profita du spectacle. Les frôlions se dispersèrent en deux escadrilles, l’une format un cercle tournoyant dans le ciel numérique, et lâcha une véritable pluie d’acide sur les envahisseurs rampants. L’autre se contenta de voleter autour de l’ennemie, et d’achever ceux qui survivaient au poison à coups de lasers.
-Peter doit vraiment être à court d’idées pour faire appel à ces trucs.



Même Moment



Abigail Hobbs contemplait avec tristesse la sévère dérouillé que prenait son escouade. Assis derrière elle, Thomas qui ne manquait pas une minute du spectacle se leva:
-Je vais y aller, sinon ça n’aura servit à rien.
D’un geste, la jeune fille rousse lui ordonna de se rasseoir, avant de pianoter sur son clavier.
-Ils ont effectivement besoin d’un leader, mais sans vouloir te vexer. Je préférerais que ce soit moi qui m’en occupe.
Sur ses mots, elle appuya sur la touche « Entrée », et murmura dans son micro:
-Intervention directe nécessaire: Prise de contrôle.


Même moment


La première chose que Heath aperçu, ce fut le spectre de fumée noire qui émergea de la mer numérique. Suspicieux, le psychopathe fit pousser une faux de pierre sur son poignet, la cassa, et l’envoya tel un boomerang sur l’objet de ses suspicions. Cependant, avec une dextérité surprenante, la chose se décala, laissant le projectile plonger dans l’eau virtuel. Le spectre laissa alors échapper un étrange bruit robotique.
Heath en déduit assez facilement qu’il s’agissait d’un gloussement.

-Mais c’est qu’il se paie ma tête en plus.
L’allemand sauta alors de son perchoir, et se rapprocha dangereusement de sa cible. Tout en renvoyant au passage l’attaque de l’une des salamandres d’un simple revers de main.
Le spectre ne l’attendit pas, il plongea immédiatement dans le corps de l’un des reptiles. Aussitôt, la créature lâcha un râle de souffrance, qui fut rapidement suivit par une lumière aveuglante qui masquait partiellement la métamorphose qu’elle subissait. Elle se redressa sur ses pattes avant, et sa gueule de reptile s’aplatit pour ressembler d’avantage à une figure humaine. Des ailes d’insectes poussèrent dans son dos, tendit qu’un dard semblable à un énorme crochet de serpent ornait désormais le bout de sa queue. Ses pattes avant avaient disparues, pour laisser place à des mains humaines griffues.

Une voix puissante et autoritaire vint résonner dans tous le territoire:
-Je prends le commandement.
Les salamandres baissèrent la tête en signe de respect, laissant leur nouveau leader volant prendre place à la tête de leur cohorte. Dérouté par cette apparition théâtrale, les frôlions avaient cessés de tirer, et se réfugièrent derrière leur général. Celui-ci avait durci son armure de pierre, et frottait ses faux l’une contre l’autre prêt à trancher dans la chair virtuelle de son adversaire.
-Frimeur.
Il jeta un coup d’oeil à ses troupes, les prothéens semblaient plus méfiant que découragé face à cet inconnu, mais leur morale ne semblait pas endommagé.
-Hey le mangeur de sushis, appela-t-il sans quitter son adversaire des yeux. J’aurais besoin d’un appuie de méga-tank si possible.
-Dis "S’il te plait professeur Hopper" et je te promets d’y penser . Répondit le scientifique visiblement fatigué de l’insolence de son assistant.
Excédé, l’allemand se mit à gronder:

-A moins que tu ne veuilles que je balances toutes nos infos à l’ennemie. J’aimerais que tu fasses preuve d’un peu plus de jugeote, espèce de bouffon sénile.
-Inutile d’avoir recours à des procédés aussi ridicules, informa le commandant des salamandres. Le professeur Schaeffer peut très bien être appelé par son titre professionnel.
Heath haussa un sourcil et soupira, voilà qui était inquiétant.
Franz, qui n’avait évidement pas entendu les paroles de la créature se mit à brailler comme une perruche à l’oreille de son assistant exaspéré.
-Ecoute-moi bien jeune homme! J’en ai plus qu’assez de ton insolence et de ton manque de respect envers moi! Je te ferais également remarquer que l’organisation est parfaitement au courant pour moi.
-Sauf qu’il ne s’agit pas de l’organisation, trancha Heath d’un ton haineux. Et qu’il est quand même au courant. Alors « s’il vous plait professeur Schaeffer » je peux avoir mes méga-tanks maintenant?

Bien que toujours énervé, Franz comprit bien assez vite la gravité de la situation. Il obtempéra donc, avant d’en informer son assistant.
Celui-ci reporta alors toute son attention vers son adversaire.
-Reprenons depuis le début si cela te convient.
La créature hocha la tête, visiblement amusée par la situation.
-Je peux savoir qui tu es?
Un ricanement à glacer le sang s’échappa de son coup de lézard, et les pupilles de ses yeux reptiliens virèrent au rouge.
-Je suis l’Augure de votre salut.
Heath laissa échapper un petit gloussement moqueur.
-Enchanté, moi je suis le Croque-Mort de ta carcasse répugnante.
« L’Augure » considéra l’allemand quelques secondes avant de s’approcher à pas confiant, Heath l’imita.


-On commence? Demanda la créature une fois qu’ils ne furent plus séparé que par quelques centimètres.
Le psychopathe n’eut pas le temps de formuler sa réponse, que déjà le dard de L’Augure fendait l’air virtuel.
Il le saisissa à pleine main, à seulement quelques millimètres de son visage. Puis il attrapa son adversaire à la gorge, avant d’enchaîner par un coup de boule magistrale. Profitant de son avantage, Heath se servit de son emprise sur la queue de son ennemi pour l’envoyer dans les airs à pleine puissance. Furieux, l’Augure déploya ses ailes d’insecte, se stabilisa rapidement, et fonça à toute vitesse sur le général de l’armée prothéenne. Celui-ci aperçu alors la sphère de lumière noire et or qui lui était destiné, il leva son bras de pierre et encaissa le coup sans broncher.
-C’est tout? Lança-t-il d’un ton moqueur.
Ce n’est qu’au moment où son membre émit un bruit chimique, qu’il put constater sa terrible erreur. En effet, la roche si solide dont il était si fière avait fondu comme neige au Soleil. Et en moins de deux secondes, la bouillie de pixels qu’était devenu son avant bras gauche s’écrasa sur le sol.
-Salopard, cracha-t-il avant de s’alléger rapidement pour pouvoir éviter les autres projectiles qui lui étaient destinés.

Hors de portée dans les airs, l’Augure prit un malin plaisir à canarder son ennemi qui n’eut d’autres choix que de prendre la fuite en zigzagant entre les colonnes.
Dépourvu de chef, les frôlions hésitèrent un instant de trop à repartir au combat. Profitant de la désorganisation ennemie, les salamandres descendirent avec une facilité enfantine les insectes immobiles.
De son côté, Heath n’en menait pas large. Les attaques de l’Augure faisant fondre la base des piliers, ceux-ci s’écroulaient les uns après les autres. Obligeant ainsi l’allemand à régulièrement plonger pour les esquiver. Le leader des salamandres prenait un réel plaisir à acculer son adversaire en brisant chacune de ses échappatoires, jusqu’à le pousser vers le bord de la plate-forme.
-Je suis franchement déçu par cette piètre résistance, avoua l’Augure avant de se prendre un caillou de la taille d’un melon en pleine figure.
Les yeux rivées sur son ordinateur, Abigail fit un facepalm.
-Mais quelle conne!
Le chef reptilien vola maladroitement plusieurs secondes avant de se stabiliser, juste à temps pour esquiver le second projectile de Heath. Dans un bourdonnement à la limite du supportable, il fila à pleine vitesse sur son adversaire, et le canarda d'attaques. Heath eut beau s’alléger et faire preuve de toute sa souplesse, il ne put que reculer jusqu’au bord. Un sourire triomphant apparu sur le visage de l’Augure, qui s’apprêtait à porter le coup de grâce. C’est alors qu’il remarqua le sourire narquois de son adversaire, ce qui le fit hésiter sur le coup. Heath n’attendit pas son attaque, il fit un grand pas en arrière, et tomba dans la mer numérique.

La créature eut bien assez vite la confirmation que son ennemi en avait réchappé, car il eut beau attendre, il ne vit aucun faisceau de lumière blanc s’élever dans le ciel. Indécis, il tourna la tête pour observer le champs de bataille. Les frôlions s’étaient visiblement ressaisi, et réemployaient la même stratégie qu’au début du combat. Acculés et maladroits, les salamandres perdaient de plus en plus des leurs et n’étaient déjà plus qu’une quinzaine. L’Augure s’apprêtait à filer dans leur direction, lorsqu’un cri sauvage inidentifiable vint lui siffler les oreilles. Il se retourna juste à temps pour voir un laser rouge, avant que celui-ci ne le frappe en plein visage. Fièrement installé sur sa manta bleue, Heath fonçait à une vitesse folle sur son adversaire. Celui-ci tenta alors de le détruire à coups de sphères, mais la créature faisait preuve d’une bien plus grande dextérité que son maitre, et évita chacun des projectiles sans difficultés. Heath se rapprochait très dangereusement, il n’était déjà plus qu’à une trentaine de mètres. Furieux, l’Augure poussa un rugissement déchirant, et leva sa main. L’allemand et sa monture furent alors frappés d’un éclair de lumière aveuglante, et se retrouvèrent paralysés dans les airs. Le général de l’armée prothéenne poussa un rugissement de rage, mais sa bouche étant fermée, l’Augure ne perçut qu’un pitoyable gémissement plaintif. La créature se mit à sourire de toutes ses dents, et chargea deux nouvelles attaques. Il détruisit simplement et cruellement la manta devant le regard rageant de son cavalier, qui se retrouva paralysé dans les airs L’Augure prit alors un malin plaisir à avancer lentement et inexorablement vers sa proie, prise dans sa toile.


Heath n’avait cependant aucune intention de se laisser descendre comme une bête, il s’alourdit le plus possible. Son armure de pierre se mit à s’épaissir à vue d’oeil, à tel point que sa main restante avait doublée de volume. L’Augure mit alors vite un terme à son jeu, et tira. Au moment même où la prison de lumière se brisa comme un miroir. La sphère noir et or passa à quelques millimètres des cheveux de l’allemand qui plongeait la tête la première vers le sol. Il s’allégea rapidement, s’écrasa contre le sol, et bondit sur le côté pour éviter les prochaines attaques. Son esquive fut cependant moins réussie que les précédentes, et une sphère le frappa à la jambe. Emporté par son élan, Heath se vautra lamentablement sur le sol.
La dernière salve le toucha à la tête, et le renvoya sur Terre.


Même moment


Abigail leva enfin ses yeux rougis de son ordinateur, et poussa un soupir d’exaspération.
-C’était long… Beaucoup trop long.
-Et alors? Demanda Thomas. Le but était de mesurer nos forces avec celles de nos adversaires. Nous savons désormais que nous sommes meilleurs qu’eux. Certes, le combat s’est éternisé, mais nous l’avons assez facilement emporté.
La rousse ne semblait pas vraiment partager son avis, mais finit par se laisser fléchir. Elle désactiva ses salamandres, ainsi que le programme « Contrôle », celui de l’apparition de l’Augure. Puis elle prit une « Gauloise », se la vissa sur les lèvres, l’alluma avec son briquet en argent massif. La fumée lui lécha les lèvres et se mit à danser devant ses yeux.
-Bon, dit-elle soudain, il me semble évident que notre cible devrait être l’organisation. Ils sont plus forts, et plus nombreux. Je ne sais pas vraiment quoi faire concernant ceux-là. Peut-être qu’on pourrait les traquer pour s’emparer de leurs super calculateur.
-Ou on pourrait simplement les tuer, et être les seuls à conserver cette technologie.
Abigail hocha la tête.
-Et si on allait voir où en est Drake?


Quinze minutes plus tôt


Peter Warren était furieux, ou plutôt, il était enragé. Enragé contre tout ce qui l’entourait. Son père, Serpent, son unité incompétente, Tanner et sa paranoïa ridicule, sa maladie. Et plus récemment, l’être encapuchonné qui le contemplait de toute sa hauteur du haut de son planeur en forme d’ailes de chauve-souris. Peter se remémora comment tout cela avait commencé. L’alerte, puis l’arrivée de ce type, et pour finir, la pire des débâcles. Tous ces alliés avaient été sauvagement dévirtualisés, englouties par des flammes bleues.
L’intrus était habillés comme un épouvantail, sa tenue noire, bien que d’un style légèrement futuriste était en lambeaux. Il portait une cape à capuche bleu marine, ainsi qu’un combinaison noire. Son visage masqué par un masque de crâne en métal blanc. Il avait incinéré tous les autres à l’aide des lances-flammes situé à l’avant de son planeur.
Peter ne parlait pas, il ne faisait que ruminer sa rage comme un animal.
-Comment veux-tu disparaître, lui demanda l’intrus. D’un simple coup? Explosé dans un feu d’artifice? Ou brûler, tout en douceur?
Peter siffla quelque chose entre ses dents, quelque chose d’à peine perceptible. Son visiteur ne se fit pas prier, il passa la main dans son manteau, et lui lança une bombe bleu sombre qui lui explosa au visage.

Drake L. O’conner prit alors un temps pour observer le monde dans lequel il se trouvait. Il le trouvait assez triste, pour ne pas dire laid. «Valkyria » comme il avait entendu l’une de ses victimes l’appeler était une ville sombre, remplie d’immeubles inutiles aux vitres sans teint. Il n’y avait aucune couleur ici si ce n’est le noir, et un peu de gris par-ci par-là. Drake fut tenter de faire sauter tout ce qu’il trouvait ici, mais il se ravisa, sa mission était presque terminée.
Il allait se diriger vers une tour, quand soudain son planeur explosa sous ses pieds. Il en fut si surpris qu’il n’eut même pas le temps de se réceptionner, et heurta violemment le sol. Il se retourna.

La personne qui s’approchait de lui, lui jetait un regard à glacer le sang. Physiquement, il n’était pas très différent des autres: Il avait la même combinaison et environ le même âge. C’était ses armes qui sortaient du lot.
Sortis de ses avant-bras, de longues lames d’une souplesse étonnante dansaient tel des tentacules autour de lui. A vue d’oeil, Drake estimait qu’elles devaient mesurer une vingtaine de mètres chacune. Ce qui n’était guère rassurant.
-Tu es entré sur le territoire du maitre, informa Serpent, je suis ici pour t’administrer ton châtiment.
L’écossais éclata de rire, et dégaina une fourche télescopique.
-Le seul châtiment que nous recevrons sera celui de Dieu, et c’est le seul maitre auquel tu devrais répondre.
Lentement, il se mit en garde. Serpent l’observa de son regard vide pendant quelques secondes, avant que ses lames ne viennent s’abattre sur l’intrus. Drake effectua quelques moulinets, et repoussa les attaques de son adversaire dans un éclat métallique. L’encapuchonné sortit alors une bombe de son manteau, et tel un joueur de baseball, l’expédia d’un coup de fourche vers Serpent. Celui-ci n’esquissa pas le moindre geste, et laissa sa lame s’interposer pour le défendre. La bombe explosa, mais ne fit pas le moindre dégât.
-Le maître m’a ordonné de t’abattre, et quand le maître ordonne…
Serpent projeta sa lame gauche contre la base de l’un des immeubles, qui y pénétra comme dans du beurre.
-…j’obéis.

Le bâtiment s’écroula dans un épouvantable fracas, ne laissant aucune échappatoire à Drake.
L’intrus plongea à nouveau sa main dans son manteau, en tira trois bombes, et les projeta contre l’immeuble. Une explosion assourdissante résonna sur Valkyria, et éventra le bâtiment. Séparées en deux, les tonnes de débris s’abattirent autour de Drake. Indemne, celui-ci n’avait pas bougé d’un pouce.
-Mon maître à moi ne m’a rien ordonné, il ne fait qu’observer mes actions pour le jour ou je devrais en répondre devant lui. Jusque là, je suis libre de faire ce qui me semble juste.
Serpent faisait preuve d’une étonnante attention, il finit par répondre.
-Ton maître est un bon maître, mais…
La lame droite du valet de Peter sortie alors de terre, et se planta dans le torse de Drake. Le réexpédiant d’où il venait.
-…je me fiche de qui il est, je ne réponds que du mien.


Même moment


Alex Tanner n’appréciait pas vraiment ce qu’il voyait. Certes, l’attaque avait été repoussée, mais la manière dont elle l’a été ne l’arrangeait pas. Il ne faisait pas confiance à Serpent, de son point de vue, il était imprévisible. Et le fait qu’il n’obéisse qu’à Peter ne le rassurait pas, loin de là. Si ça ne tenait qu’à lui, il l’aurait déjà détruit depuis belle lurette. Mais voilà que celui-ci commençait à se montrer presque indispensable pour l’équipe, qui par ailleurs, était d’un niveau peu flatteur. Tanner avait promis d’améliorer les avatars de chacun des membres de l’unité de Peter, mais le procédé était long. Et Serpent avait put profiter de cet intervalle pour montrer ses qualités virtuelles à tous le monde. Donnant ainsi de sérieux arguments à l’exigence de Peter de le réintégrer.
De son côté, le cannibale arborait un sourire satisfait. Il s’apprêtait à narguer Tanner, lorsque Serpent disparu des radars.
-Vous l’avez déjà rematérialisé? Demanda Peter d’un ton moqueur.
-Non.
Une atmosphère pesante vint s’abattre dans la pièce, au même instant, Serpent sortit de son sarcophage de métal.
-Un monstre, cria-t-il à qui voulait l’entendre, un monstre m’a tué!
Tous les regards se posèrent alors sur Tanner, qui en profita pour observer Peter d’un oeil déçu. C’était la seule chose qu’il avait trouvé pour masquer sa colère.
-Je m’en occupe, gronda-t-il doucement. Bien que furieux d’avoir à montrer l’un de ses atouts maître aussi tôt.


Même moment


Volant au dessus de la ville noire de Valkyria, l’Augure lui aussi était en colère. Ayant été obligé d’abandonner Lyoko suite à l’arrivé en force des méga-tanks, il n’avait pas pu mener sa mission à bien malgré la destruction du général ennemi. Heureusement, la défaite de Drake ici lui avait donné une chance de rattraper son erreur. Une fois arrivé sur ce monde, il n’avait eu qu’à tirer l’une de ses sphères noires dans la tête d’un Serpent qui avait rangé ses lames trop tôt. Sa garde relâchée, et n’ayant vu le tireur qu’à la dernière seconde, il avait été incapable de se défendre. Du gâteau pour l’Augure.
Le reptile volant aperçu alors une tour au halo bleu nichée au sommet de l’un des immeubles. Il se posa doucement, et y pénétra.
Avant de ressortir à une vitesse phénoménale qui l’envoya faire un vole plané sur plusieurs centaines de mètres. Il s’écoula peu de temps avant que ses ailes ne se mettent à bourdonner, lui permettant d’arrêter sa chute, et de se stabiliser. La chose qui l’avait repoussé sortie de la tour, et poussa un hurlement déchirant.
Partout autour d’elle, les vitres teintées des immeubles explosèrent à des kilomètres à la ronde. Incapable de bouger, l’Augure attendit patiemment que la tempête sonore passe. Puis il observa son adversaire, et ouvrit des yeux exorbités.

-Je rêve…
La chose, dont le corps n’était composé que d’électricité rouge leva sa main droite en direction du reptile.
-Abandon du contrôle, hurla-t-il juste avant q’un énorme éclair rougeoyant ne lui transperça le corps. Le spectre de l’Augure fila droit vers la mer numérique sans regard en arrière, évitant au passage une nouvelle attaque. Tandis qu’il disparut, la « Banshee » -comme Tanner l’avait nommée- poussa un nouveau hurlement strident, tandis que le cadavre calciné de la salamandre de l’Augure s’effrita lentement en une poussière de pixels.


7 septembre 2001, Usine, 14h 10


Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Heath n’était pas en colère.
Bien sûr, lorsqu’il était ressortit de son scanner, son sang avait bouilli. Mais la nouvelle de la fuite de l’Augure l’avait quelque peu calmé. Et il s’était alors planté contre le mur du labo, et imaginé sa prochaine stratégie pour contré les pouvoirs de son rival. Jusqu’au moment où quelque chose d’assez inattendu s’était produit, l’arrachant à ses pensées. Il s’était donc placé derrière Franz, qui de son côté ne savait pas comment réagir face à une telle nouvelle. Bien sûr, il s’attendait à ce que les prothéens réclament quelques garanties un jour ou l’autre. Mais ça, il ne s’y attendait pas.
-Vous croyez que c’est possible? Demanda Heath perplexe.
Franz retira ses lunettes, les essuya, et les remis sur son nez.
-ça n’a rien de compliqué, c’est même assez simple. Mais…
-Il est impossible de prévoir leur réaction si ce qu’ils voient leur déplaît, compléta Heath.
Franz acquiesça doucement.

-Ce n’est pas tout, on doit également prendre en compte le fait qu’ils souhaitent découvrir le monde dans lequel nous vivons. Ou pire encore, qu’il désire prendre part au quotidien de Seth et Aelita pour savoir comment nous vivons. Une rébellion n’est pas à écarter, de même qu’une baisse de morale parmi les troupes.
Heath secoua la tête.
-L’effet inverse est tout aussi probable. Accordons-leur ce qu’ils réclament, mais je ne veux en voir qu’un seul. Ce sera déjà assez dur à gérer. Je m’occuperais de lui, à condition qu’il m’accompagne sur le terrain. ça me paraît assez évident.

Franz acquiesça une nouvelle fois, avant de transférer leurs conditions aux prothéens. Avant de se laisser reposer dans son fauteuil. Lorsqu’il les avait créé, il s’était attendu à ce qu’ils réclament deux ou trois choses. Mais un ambassadeur prothéen sur Terre, ça il n’aurait jamais pu le prévoir.


Lieu inconnu, heure inconnue, date inconnue


La Banshee, contrairement à ce que son apparence pouvait laisser penser, n’était pas une forme de vie agressive. Comment pouvait-on se considérer agressive après avoir écrasé des insectes? Et pouvait-on lui en vouloir pour de telles réactions, elle qui agissait contre son gré? Non, elle n’était pas prisonnière, le fait qu’elle soit capable de vagabonder à travers le réseau comme maintenant en était sa preuve. Elle était simplement obligée d’obéir à tous les ordres d’Alex Tanner, et cela peu importe ce qu’elle en pensait.
D’ailleurs, elle n’avait aucun opinion sur ce que faisait l’écossais, ou ce qu’elle même faisait. Elle faisait parce qu’elle y était obligé, puis elle s’adonnait à sa balade quotidienne dans le réseau. Balade dont elle revenait toujours en début de journée, car telle était la règle que Tanner lui avait imposée.


La Banshee aimait beaucoup le réseau, il était tout simplement magnifique à ses yeux. A la fois calme et agité, aucun son n’était émis. Et pourtant, des multitudes de programmes étaient en activités partout dans le monde. Elle ne prêtait pas vraiment attention à leur contenu, elle se contentait de les regarder passer. Ils étaient suffisamment beaux et gracieux pour être remarqués.
Elle voyageait toujours loin, à chaque fois dans une direction différente, et sans jamais savoir où elle se dirigeait. Aujourd’hui, elle était dans l’un des réseaux situés en Allemagne. Et observait tranquillement des programmes informatiques appartenant aux banques de l’Ouest du pays. C’est alors qu’à sa grande surprise, elle entendit quelque chose et se figea sur place. La Banshee tendis l’oreille, c’était un son étrange, un son qui lui était complètement inconnu. Cela ressemblait à une plainte, ou un sanglot. Intriguée, elle remonta lentement jusqu’à sa source. Et elle découvrit un programme. Ou plutôt un morceau de programme, très endommagé, et trop incomplet pour pouvoir se mouvoir. La Banshee posa doucement ses mains rougeoyantes sur l’être informatique, et l’assimila brutalement. Des lignes de codes se mirent alors à défiler devant ses yeux, et elle les lu toutes sans exception. Il n’y en a qu’une, cependant, qui retint réellement son attention, la première:


Mon nom… est X.A.N.A.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 13 Oct 2016 14:57   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler



Chapitre 6: Abigail Hobbs





4 Septembre 2001, Paris, 01h 34

Le 16ème arrondissement de Paris était principalement un quartier résidentiel. Les activités étaient peu nombreuses, et les jeunes du coin traînaient bien plus souvent aux Champs-Élysées qu'autour de leur propre quartier. La grande avenue ne se trouvant qu'à quelques stations de métro de leurs domiciles. Les nuits sur le 16ème étaient donc généralement calmes pour la plupart, ils n'y avaient que les ricanements bruyants de quelques ados ou les moteurs ronflants des voitures pour venir chasser le silence des rues.

Ce soir, c'était le bruit des talons d'une jeune fille rousse de dix-huit ans contre le trottoir qui résonnait dans le quartier parisien. Elle portait un élégant chemisier blanc, ainsi qu'une petite jupe noire qui lui arrivait à la moitié des cuisses. Abigail Hobbs arborait la même coiffure depuis près de trois ans, ses cheveux roux comme le feu étaient très courts. Son teint blanc était resplendissant sous la faible lumière des lampadaires. A vrai dire, quiconque croisait sa route se demandait si elle n'était pas un ange descendu du ciel. Il fallait avouer que cette jeune fille était sans doute l'une des plus belles du monde. Et pourtant, son beau visage était légèrement déformé par une petite grimace qui trahissait son agacement.

En effet, elle était en train de remonter l'Avenue Mozart, dans le but de se rendre au commissariat situé au n°62. En temps normal, c'était à l'un de ses frères de s'occuper de pareil corvée. Malheureusement pour elle, ses deux parents étaient « occupés ». Et malgré la faible distance qui la séparait du commissariat (elle habitait à peine trente numéros plus loin), elle se serait bien passée de cette sortie imprévue. Une fois arrivée, elle poussa la porte battante du bâtiment, et lâcha un juron.
Une bonne vingtaine de personnes étaient agglutinés dans le petit espace qui servait de salle d'attente, le policier responsable de la réception était en train de se faire copieusement engueuler par un homme d'une quarantaine d'années habillé comme pour aller à un mariage. Elle s'apprêtait à se diriger vers eux, lorsqu'une grande main poilue vint se mettre en travers de sa route.

-Va falloir patienter mademoiselle, l'informa un policier tout en reluquant sa poitrine.
Épuisée, la jeune fille se dirigea vers la salle d'attente. Heureusement pour elle l'un des hommes assis eut la « gentillesse » de lui céder sa place place après avoir admiré ses jolies jambes.
Abigail se prit la tête dans les mains, elle ignorait combien de temps elle allait devoir attendre,et elle avait horreur d'attendre. Elle chercha donc un moyen de passer le temps, et se mit à observer les personnes présentes autour d'elle. La plupart d'entre eux semblaient être des parents assez fortunés, qui exhibaient leur richesse par des bijoux trop clinquants ou des vêtements trop beaux. Sans intérêt. D'autant plus que certains de ces hommes mariés lui lançaient sans arrêt des petits regards dont elle se serait passée.

Abigail était jolie, très jolie, et comme bon nombre de jolies filles : elle adorait séduire. Elle adorait manipuler les hommes et les femmes qu'elle attirait, comme des marionnettes. Elle en faisait ses jouets, ses bons amants dociles. Mais elle n'avait jamais rien offert de plus que de simples baisers souvent trop courts pour les pauvres amant(e)s. Ils ne représentaient pas grand chose, seulement des personnes trop faibles et trop superficielles pour soutenir le regard de braise d'une jeune fille plus belle que la moyenne. Ce qu'Abigail ignorait, c'était qu'elle sous-estimait sa beauté. Elle était beaucoup plus jolie que l'écrasante majorité des femmes de la planète, et les êtres humains qu'elle attirait n'étaient rien de plus que des personnes ordinaires, séduit dans la seconde par ce qui leur semblait extraordinaire.

Abigail jeta un coup d’œil vers la réception, et constata que le « gueuleur » de son arrivé s'en allait avec son fils sous le bras. Mais à son grand désespoir, aucun policier ne se dirigea vers la salle d'attente pour réclamer une nouvelle personne. Au contraire, le réceptionniste s'était tourné vers l'un de ses collègues, et était en train de lui raconter une histoire obscène dont la jeune fille ne croyait pas un traître mot.

Exaspérée, elle s'apprêtait à se lever, mais son voisin la devança, et fila d'un pas énervé. A sa grande stupéfaction, il frappa deux fois sur le guichet pour attirer l'attention du policier qui sursauta.
-Ça va je vous dérange pas Patrick Juvé ? Vous voulez un café ?
Le représentant de l'ordre qui venait de passer à travers plusieurs engueulades avec des hommes de son âge, ne sembla pas apprécier qu'un adolescent d'à peine dix-huit ans lui parle également sur ce ton. Il se leva, et bomba le torse.

-Écoute gamin, tu vas...
-Non, toi écoute-moi vieux con. Qu'est-ce qui te ferait le plus plaisir ? D'être débarrassé de deux gamins en moins de cinq secondes ? Ou que j'aille dire à ton supérieur que tu bois pendant le service ?
Le visage sûr du policier laissa rapidement place à une figure inquiète et confuse. De son côté, Heath Lancaster remercia intérieurement Intelligence pour son analyse.
C'est alors qu'il sentit une main se poser sur son épaule, il se retourna.
-Dit donc fiston, gronda un autre représentant de l'ordre. Tu attends comme tout le monde.
-C'est bon Sergent, lâcha le réceptionniste sans desserrer les mâchoires, je m'en occupe.
Ledit Sergent jeta un dernier regard à Heath, avant de retourner finir son café. Satisfait, le jeune homme se reconcentra sur le premier policier.
-Les noms ?
-Aelita et Seth Lancaster.
-Et Lucius Hobbs.
L'allemand tourna la tête, et découvrit Abigail qui s'était tranquillement faufilée à ses côtés.
-J'ai entendu ton secret, sourit-elle en adressant un clin d’œil au représentant de l'ordre.
Celui-ci lâcha un juron, et se retira rapidement dans les locaux du commissariat. La rousse se tourna vers Heath.
-Merci pour l'info.
L'intéressé haussa un sourcil, et détourna le regard d'un air nonchalant. La jeune fille se sentit vexée.

-Dit donc, on ne t'as jamais appris la politesse là d'où tu viens ?
L'allemand poussa un soupir d'exaspération, et daigna regarder son interlocutrice.
-Je vais être direct, non tu ne me fais pas d'effet, non j'ai pas envie de te sauter, et le seul moyen que tu pourrais trouver pour me donner ne serait-ce qu'un semblant de plaisir, c'est de te pendre au milieu de cette salle avec du fil barbelé après t'être ouvert les veines. Pigé ?
Sur ses mots, il détourna à nouveau le regard. Loin d'être impressionnée, la jeune fille croisa les bras.

-Hé bah dit donc c'est du joli tout ça, tu serais pas homo ?
Les yeux de Heath manquèrent de jaillir de leurs orbites.
-Non mais ça va pas bien dans ta tête ?
-Non ? J'aurais cru pourtant.
Cette fois, le général de l'armée prothéenne était vraiment énervé. Il fusilla la jolie rousse d'un regard assassin qui ne sembla pas la déranger le moins du monde.
-C'est quoi ton putain de problème ? Siffla-t-il entre ses dents.
Abigail haussa les épaules.
-Moi ça va, toi en revanche t'as un souci avec les filles. Laisse moi deviner... tu t'es fais larguer récemment ? Ou bien t'es peut-être encore puceau ?

Heath leva les yeux au ciel, jamais il n'avait entendu un tel ramassis de connerie.
-Non pour la première, et oui pour la deuxième. Mais je pourrais sans doute en dire autant de toi.
-Touché, répondit la jeune fille un peu déçue de constater qu'elle avait prit le mauvais chemin pour disséquer sa proie. Alors quoi ? Ta maman te battait quand t'étais petit ? Non mieux encore, elle te suçait !

L'allemand n'en croyait pas ses oreilles, c'était la première fois qu'il croisait une fille aussi cinglée.
-Non mais d'où est-ce que tu sors? Gronda-t-il . D'un bordel ?
Il eut alors la surprise de voir une petite lueur de détresse dans le regard de son interlocutrice, confiant, un sourire sadique se dessina sur son visage.
-A mon tour de deviner, t'as mère était une putain de je-sais-pas quelle quartier pourrie de je-sais-pas quelle ville pourrie. Ton père était un sale con plein de fric qui avait payé le prix fort pour se la faire sans capote une bonne dizaine de fois.
Dommage pour lui, la pute a finit par te pondre, et t'as grandit avec elle sans qu'il le sache. Un peu plus tard, il a découvert que tu existais,et il t'as emmené avec lui. Dit voir, t'es sûr que t'es encore vierge ? Où est-ce que ton bouffon de géniteur s'est occupé de te cueillir la cerise moins d'une heure après t'avoir embarquée ?

Piquée au vif, Abigail garda cependant le contrôle d'elle-même et étouffa un petit rire.
-T'es tellement con, dit elle en riant de plus belle, t'es sûr que t'es pas un homo refoulé ? Je t'imagine bien en train de danser autour d'un poteau, le string plein à craquer de billets que des gros porcs de soixante dix ans t'aurais refilé après les bonnes pipes que tu leur aurait faites.
Comme prévu, Heath eut le réflexe idiot de s'imaginer la scène. Il frémit de dégoût.
-Mais tu vas la fermer oui ?

Abigail s'apprêtait à en rajouter une couche, lorsqu'un raclement de gorge fit tourner la tête aux deux adolescents.
Le réceptionniste était de retour, avec les trois collégiens à sa suite. Et à en juger par le sourire moqueur qu'il arborait, il ne venait pas d'arriver. Honteuse, Abigail baissa la tête pour cacher ses joues qui rougissaient. Heath en revanche, était de plus en plus furieux.
-Voilà vos gamins, lança le policier en leur tendant plusieurs formulaires à remplir. Veuillez laisser vos coordonnées, on est en train d'étudier la vidéo surveillance du bar. Si jamais ils ont cassés des trucs, le proprio sera en droit de porter plainte.
-Il n'y a pas de cautions à payer ?
-Si, la voilà.

Les deux adolescents jetèrent un œil au montant et payèrent. Abigail par chèque, Heath en liquide.
-Allez les amoureux, lança-t-il visiblement fier de sa blague, filez vous disputer ailleurs.
En rage, l'allemand se retint de toutes ses forces de ne pas encastrer la tête du policier dans son propre guichet. Heureusement, Intelligence intervint juste à temps pour calmer ses pulsions. Il prit une profonde inspiration, avant de se diriger vers l'autre représentant de l'ordre qui l'avait interpellé un peu plus tôt.

-Dites voir Sergent, dit il d'un ton contrôlé. C'est normal que votre collègue soit bourré pendant son service ?
A ses mots le sourire du réceptionniste s'écroula comme un château de cartes, et il lâcha un nouveau juron. Son supérieur se dirigea vers lui d'un air sévère.
Satisfait, Heath poussa la porte battante du commissariat, visiblement pressé de prendre l'air. Abigail lâcha un sourire amusé, et lui emboîta le pas. Têtes basses, les trois collégiens les suivirent.

La seule fille du petit groupe de quatrième poussa un soupir de soulagement, et remercia intérieurement le Seigneur d'avoir exaucé sa prière. Tandis qu'ils franchissaient à leur tour les portes du commissariat, Aelita en profita pour jeter un œil au plus jeune de la bande. Lucius Hobbs était un garçon de petite taille, portant des lunettes, et souffrant d'un problème de pigmentation capillaire. En effet, malgré son jeune âge, ses cheveux étaient gris. Mais cela ne semblait pas l'empêcher d'être très bien coiffé. A la surprise de la princesse de Lyoko, le jeune homme et sa grande sœur empruntèrent exactement le même chemin que les Lancasters. Le trajet parut soudain un peu plus long pour la fille de Franz.
-Tu vas me faire la gueule encore longtemps ? Provoqua Abigail en se rapprochant à moins d'un mètre de l'allemand.

Celui-ci tourna la tête, et afficha un sourire mauvais.
-J'attends seulement qu'on soit un peu plus éloigné du commissariat pour t'encastrer la tête dans un mur.
Nullement impressionnée, la jolie rousse le prit par le bras droit et continua la route à ses côtés. Heath lui jeta un regard choqué, comme si elle avait tâché son manteau.
-Ah alors t'as peur des filles en faites, sourit-elle en l'enlaçant. Dit voir, t'es quand même pas effrayé par un petit bisou non plus ?
Sur ses mots, elle approcha ses belles lèvres rouges de la joue de l'allemand. Mais celui-ci la repoussa si violemment qu'elle tomba lourdement sur les fesses. Elle releva la tête, dans le but de se plaindre d'une telle brutalité. Mais ce qu'elle vit fit mourir les mots sur ses lèvres.

Heath la dominait à présent de toute sa hauteur, et ses yeux bleus acier s'était remplie d'une furieuse envie de meurtre. Pour la première fois ce soir, Abigail n'osa pas émettre le moindre son. Elle n'avait pas peur, non. Le sentiment qui l'envahissait en ce moment, se rapprochait assez de la fascination. Elle venait de rencontrer un garçon de son âge, très beau, vierge, et hétérosexuelle. Et pourtant, celui-ci la regardait différemment. Elle ne voyait pas la lueur idiote qui brillait dans les pupilles des hommes, ceux qu'elle avait l'habitude de fréquenter quand elle s'ennuyait. Non, là elle voyait autre chose : de la haine, du désir, et... De l'horreur? Du mépris ? Elle n'était pas sûr.

De son côté, Heath avait déjà imaginé plus de cinq manières différentes de la tuer. Pourtant, il s'efforça de réfléchir à nouveau. Il voulait quelque chose de spécial pour elle, une mort théâtrale, digne de son audace. Mais après réflexion, il en conclut très vite que la tuer ne lui apporterait que des problèmes. D'abord ils étaient trop près du commissariat, ensuite il y avait son frère comme témoin. Si jamais il le tuait lui aussi, la police viendrait le questionner. Après tous, ils avaient été vu en train de quitter le commissariat ensemble.
Il se contenta donc de s'accroupir, et de fixer la jeune fille droit dans les yeux. Leurs visages n'étaient qu'à une dizaine de centimètres l'un de l'autre.

-Si tu me touches encore une fois, UNE SEULE FOIS. Je ferais en sorte que le légiste qui ouvrira ta housse mortuaire vomisse dès qu'il t’apercevra.
Abigail hocha la tête, et laissa son frère l'aider à la relever. Aelita remarqua alors à quelle point Lucius était choqué par ce qu'il venait de voir, mais il n'y avait pas de terreur dans ses yeux. Heath se redressa, et continua sa route. Seth le suivit presque automatiquement, mais sa « soeur » prit tous de même la peine de bredouiller une excuse et de saluer les Hobbs avant de les rejoindre.
Le plus jeune demanda à sa grande sœur si elle allait bien, mais celle-ci ne répondit pas, elle souriait.

Une fois qu'ils furent rentrés, Heath se dirigea d'un pas pressé vers sa chambre, mais Seth le rattrapa.
-Grand frère, je peux te poser une question ?
L'allemand soupira de fatigue, mais hocha la tête.
-Pourquoi est-ce que tu danserais autour d'un poteau avec un string plein de billets ?
Cette nuit-là, Aelita s'endormit après avoir passée près d'une demi-heure à étouffer son fou rire dans son oreiller.


4 Septembre 2001, Paris, 02h 01

Abigail poussa la porte de chez elle, et se dirigea vers la cuisine pour se servir un verre de lait. De son côté, Lucius se précipita vers un large couloir.
-Laisse-les tranquille, lança la jolie rousse avant d'avaler sa boisson d'une traite.
Mais trop tard, le collégien était déjà partie. Épuisée, elle s'engagea a son tour dans le couloir dans le but de rejoindre sa chambre. Mais Lucius réapparut, avec à sa suite un jeune homme d'une vingtaine d'année, aux cheveux châtains et aux yeux gris.

-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda-t-il en croisant les bras.
Nullement impressionnée par la taille imposante de son frère aînée, Abigail lui passa à côté tout en l'ignorant. Mais une main puissante se posa sur son épaule, elle soupira.
-Petite sœur, si tu as un soucis il faut que tu nous en parle.
-Je sais Thomas, répondit-elle en souriant. Rassure-toi, tout va pour le mieux.
Lucius écarquilla les yeux.

-Tu es folle ou quoi ? Ce type allait te faire du mal !
-Est-ce qu'il l'a fait ?
-Quoi ?
-Est-ce qu'il l'a fait ?
Le collégien hésita, avant de répondre :
-Il t'a poussé.
Abigail éclata de rire, elle-même avait encore du mal à y croire.
-Il vaudrait mieux qu'on s'occupe de ce gars, dit Thomas en fixant sa sœur d'un air sévère. Mais celle-ci se planta en face de lui, et se mit à lui tapoter le nez avec son index droit.
-Personne ne l'approche, ordonna-t-elle d'un ton glacial. Il est à moi, à moi toute seule.
Son aîné fronça les sourcils.
-Et qu'est-ce que tu vas faire ?
-Me coucher. Répondit-elle en leur claquant la porte de sa chambre au nez. Bonne nuit !

Les deux frères restèrent plantés comme des idiots pendant quelques secondes, avant que Thomas ne finisse par briser le silence.
-Dit donc, tu m'expliques comment tu t'es fais arrêter ?
Oubliant sa sœur, Lucius se mit à manifester un intérêt soudain pour ses chaussures.

4 Septembre 2001, Paris, 04h 48

Heath n'arrivait pas à trouver le sommeil, il ne faisait que se tourner et se retourner dans son lit depuis des heures. Agacé, il se leva, et se dirigea vers la salle de bain. L'espace d'un instant, il fut tenté de s'asperger le visage d'eau fraîche. Mais il se rappela bien assez vite que ses bras étaient en métal, donc peu adaptés et plutôt dangereux pour ce genre de pratique. Il se contenta donc de s'allonger dans la baignoire, et d'activer le jet d'eau. Le liquide brûlant qui lui arriva en pleine figure lui fit un bien fou, il se détendit un peu.

-« Tu sais, ce n'est si étonnant qu'une fille te fasse un tel effet. »
Heath lâcha un soupir d'exaspération, on ne pouvait pas le laisser tranquille cinq minutes ?
-« D'ailleurs, j'avoue ne pas avoir compris ta réaction. Pourquoi l'avoir repoussée ? Elle est pourtant très jolie. »
-C'est ça le problème justement, grinça l'allemand. Elle est née avec un incroyable physique, et elle se croit irrésistible aux yeux de n'importe qu'elle homme. Tous ceux qui tombent dans son piège sont des abrutis. Ils la désirent seulement parce qu'elle est jolie, mais ça s'arrête là. Peu importe le physique d'une femme, qu'elle soit grosse, maigre, moche ou jolie, un vagin ça reste un vagin. La sensation physique sera toujours la même. Si la beauté vient au premier plan, c'est parce que c'est une affaire d'égo. Si tu couches avec une jeune et jolie fille, tu seras beaucoup plus fier que si tu t'étais faites une vieille dégueulasse. Et bien sûr, les « canons » ont leur propre égo. Elles ne séduiront que des mecs qu'elles jugent « dignes » d'elles. En revanche, elles adorent voir les gars -avec qui elles ne parleront jamais- les reluquer comme si elles étaient des perles rares non-destinés aux simples mortels.

-« Tu généralises beaucoup je trouve, tu n'as pourtant pas tellement d'expériences. »
Heath leva les yeux au ciel.
-Oh pitié, tu as vu comment ils l'ont regardé dans la salle d'attente ? De vrais chiens en chaleur, il y en avait même un qui bavait !
-« J'en conviens, mais ce n'était vraiment pas nécessaire d'être aussi grossier quand elle t'as adressée la parole. »
-Je ne voulais pas perdre de temps avec ces bêtises, grogna-t-il. J'ai simplement voulu la faire dégager vite fait.
-« Ça n'a pas vraiment marché », remarqua Intelligence.
-Non tu crois ?
-« Donc c'est pour ça que tu l'as poussée ? Parce que tu ne voulais pas entrer dans son jeu ? »
Heath hocha la tête.
-Ça et le fait qu'elle m'ait touchée. J'ai horreur qu'on me touche.
L'allemand profita alors du silence d'Intelligence pour arrêter le jet d'eau, et sortir de la baignoire. Il se sécha, se rhabilla, et retourna se coucher.
Mais c'est au moment où il allait se reconcentrer sur son sommeil que l'IA repris la parole :

-« Je crois que j'ai compris pourquoi tu n'aimais pas les filles. »
-Ah vraiment ? Répondit-il amusé mais curieux. Je t'écoute.
-« Ce que tu n'aimes pas c'est l'artificialité dont elles se recouvrent elles-mêmes. Toi qui adore les sensations fortes et la vérité, des choses tels que la beauté ou les attributs du corps ne t'intéressent pas. Je te trouve cependant un peu macho, parce que tu ne fais pas vraiment d'effort pour voir au-delà de leur artificialité. »
Heath éclata de rire.

-Si je ne fais pas d'efforts, c'est tous simplement parce que ça ne m'intéresse pas. Sérieusement, j'ai autre chose à foutre que de me chercher une copine. Et quand bien même j'aurais le temps, il n'y a rien qui ne me ferais plus chier que d'en chercher une. Maintenant fous-moi la paix, je veux dormir.
Cette fois-ci, il ne lui fallut pas plus d'un quart d'heure pour tomber dans les bras de Morphée, et à son grand soulagement, il ne rêva pas d'Abigail Hobbs.



4 Septembre 2001, Paris, 03h 02

La jolie rousse était confortablement allongée sur son lit, qui était assez large pour accueillir trois personnes supplémentaire. Sa chambre de trente mètres carrés était impeccable, tout était parfaitement rangé, et il n'y avait pas un grain de poussière qui traînait sur le bureau ou au-dessus de son immense armoire. Son regard n'avait pas quitté le plafond depuis qu'elle s'était installée, son esprit s'était depuis longtemps noyé dans ses pensées.

Abigail adorait son physique, elle l'avait toujours adoré, c'était le comportement des gens vis à vis de celui-ci qui l'exaspérait. Depuis quelques années, tous lui avait semblé trop facile : si elle croisait un homme dans la rue qui l'intéressait, elle n'avait qu'à l'aborder, et le reste venait tout seul. Elle avait assez d'argent pour se payer tout ce qu'elle désirait, mais récemment, elle s'était rendu compte qu'il lui manquait quelque chose. Il lui manquait le désir.

Bien sûr, elle avait sa vie « professionnelle », et un objectif bien précis. Mais en dehors de ça... Ça vie privée était d'un ennuie abominable. Elle attirait le désir de tous ceux qu'elle rencontrait, mais jamais elle n'avait elle-même éprouvée de désir pour qui que ce soit. Résultat, elle passait son temps à séduire quiconque avait un visage convenable à ses yeux. Elle n'était pas si exigeante, pourtant ils l'avaient tous déçue. Aucun d'eux n'était jamais sortie du lot, même ceux qui résistait parfois à ses charmes. Ils y avaient ceux qui se croyaient malins en lui faisant remarquer que les rousses aux yeux bleus étaient le mélange le plus rare au monde, et ceux qui eux-mêmes se croyaient irrésistibles et qui lui parlait comme si elle n'était qu'une conquête de plus.

Et ce soir, Abigail venait de rencontrer un garçon de son âge, qui ne la désirait pas, et qui semblait même la mépriser. Au départ, la jeune fille avait cru qu'il était simplement macho ou alors qu'il s'agissait d'un homosexuel qui ne s'assumait pas. Mais son regard... Ça c'était quelque chose. Tout d'abord il avait de très beaux yeux, mais surtout elle y avait vu tellement d'émotions. Jamais elle n'avait vu quelque chose d'aussi... Humain... Et animal.
La bestialité avec laquelle il l'avait regardée l'avait clouée sur place, elle aurait pu rester par terre toute la nuit. Si c'était le prix pour tenter de déchiffrer ce regard, elle l'aurait sans doute payé.
Une chose était sûr pour elle, ce n'était pas la dernière fois qu'elle verrait Heath Lancaster. Et elle était bien décidée à le forcer à la rencontrer à nouveau.

Comment ? Peut-être grâce à la carte d'identité qu'elle lui avait dérobée pendant qu'elle le câlinait.
Abigail sourit de toutes ses dents, et s'endormit. A son grand amusement, elle aperçut la silhouette d'Heath Lancaster dissimulé dans un coin de son rêve.


4 Septembre 2001, Lieu inconnu, 10h 32


Peter Warren n'avait jamais songé une seule seconde qu'il pourrait un jour se sentir aussi misérable de toute sa vie, et encore moins lors d'une simple visite médicale.
Il était assis dans le bureau de Christian Roche, l'un des meilleurs médecins de l'organisation. C'était un homme d'environ soixante dix-ans, dont les sourcils étaient affreusement long, et qui souffrait d'une légère surcharge pondérale. Il affichait une mine désolé pour le jeune homme, mais celui-ci n'avait que faire de sa pitié.

-Comment vous pouvez en être aussi sûr ?
Le cannibale espérait de tous cœur qu'il s'agissait simplement d'un mauvais rêve, et qu'il n'allait pas tarder à se réveiller. Mais il eut beau se pincer de toutes ses forces, il était toujours assis sur la même chaise.
-Les symptômes ne trompent pas, dit le médecin d'une voix qui trahissait sa compassion. Je suis désolé Peter, le Kuru a finit par te rattraper.

Le mot raisonna dans le crâne de l'américain pendant plusieurs secondes. Le Kuru était une maladie à prions très rare qui touchait les adeptes du cannibalisme. En foré, « kuru » signifie « trembler de peur », un symptôme qui était apparu chez lui depuis déjà plusieurs jours.
-Je ne comprends pas, je croyais que seuls ceux qui mangeaient le système nerveux central étaient touchés par cette maladie.
Le docteur Roche secoua la tête.

-On ignore encore pas mal de chose sur le kuru, les études qui ont été menée sur les villages de Nouvelle-Guinée démontraient que c'était surtout ceux qui consommaient les systèmes nerveux centraux qui étaient touchés. Mais ça ne voulait pas dire que ceux qui mangeaient muscles et organes étaient épargnés pour autant. Les cas étaient seulement moins nombreux, ou apparaissaient parfois jusqu'à cinquante ans plus tard suite a une période d'incubation beaucoup plus longue que la normal.

Peter l'écoutait à peine, il réfléchissait à cent à l'heure. Il devait trouver une solution, ou sinon...
-Qu'est-ce qu'il va m'arriver ?
Le médecin poussa un profond soupir, avant de répondre :
-Les tremblements ce n'est que le début du syndrome cérébelleux, tu vas rapidement avoir des troubles de l'équilibre, tes mouvements auront du mal à se coordonner. Et ensuite...
-Ensuite ?
-La démence, le décès suivra d'ici quelques années.

Peter poussa un juron, son monde entier était en train de s'écrouler.
-Quel est le traitement ?
-Peter...
-Le traitement !
-On peut essayer certains agents antiprion comme le tacrolimus ou l'astemizole, mais les résultats ne sont pas garanties.

En rage, le cannibale se leva, et sortie du cabinet sans demander son reste.
Le docteur Christian Roche poussa un profond soupir.
-Adam, tu étais un gros con, mais j'avais un peu plus d'espoir pour ton fils.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 07 Sep 2016 17:10   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Chapitre 5: Le Classique



3 Septembre 2001, Paris, lycée Jean-Baptiste Say, 12h 36

De par sa nature, Aelita n'était pas quelqu'un de très sociable. La dernière fois qu'elle avait mit les pieds à l'école, c'était avant sa longue exile sur Lyoko. Elle ne gardait pas de fantastiques souvenirs de cette période : Solitude, moquerie à propos de ses cheveux roses, jalousie par rapport à ses bonnes notes, et tous le train-train habituel des élèves trop doués et trop fermés pour la majorité des adolescents de cet âge.

Mais cette fois, ce fût très différent. Elle était assise à l'une des plus grandes tables du réfectoire de son lycée. Celle-ci pouvait accueillir près d'une vingtaine de personne, et aujourd'hui, toutes les places étaient occupées. Aelita n'avait pas encore été présentée à tous le monde. Mais elle s'entendait déjà assez bien avec les deux filles qui l'avaient abordées durant le premier cours. La première à lui avoir adressé la parole se prénommait Sylvie.

Aelita avait comprit que c'était une adolescente assez normale, qui adorait faire du shopping et passer du temps avec ses amies, à discuter de tout et de rien. L'autre d'origine maghrébine se faisait appeler Sarah, et la plupart des conversations qu'elle tenait tournait autour de ses projets d'avenir et de la façon un peu loufoque qu'elle avait d'imaginer le comportement et la vie en générale des gens qu'elle ne connaissait pas. Elle le faisait plus par jeu qu'autre chose, et Aelita s'était amusée à imaginer avec Sarah que leur professeur de mathématiques était l'incarnation du colonel Moutarde, venu tuer le professeur de SVT Violet à coups d'équerre et de compas.

La fille de Franz Hopper s'était tellement prise au jeu qu'elle n'avait absolument rien écoutée du cours de mathématiques, ce qui n'était pas dans ses habitudes.
-Alors comme ça tu t'appelles Lancaster, dit Sylvie d'un ton qui trahissait son admiration. C'est super classe.
Cette remarque troubla Aelita pendant un petit instant. Lorsque Heath avait choisit leur nouveau nom de famille, il l'avait fait après avoir sévèrement critiqué l'idée que Franz avait eu de prendre le nom de jeune fille de sa femme pour changer d'identité la première fois. La jeune fille s'était mise en colère, sa mère lui avait toujours terriblement manquée, et porter son nom de jeune fille lui avait donné l'impression qu'elle était toujours à ses côtés et qu'elle veillait sur elle. Mais Heath avait balayé ses protestations d'un revers de main :
-« Si tu continue à t'entourer de fantômes, tu finiras par en être un toi aussi. »
Après cette conversation, Aelita était allée s'enfermer dans sa chambre pour étouffer ses sanglots dans son oreiller. Elle n'était même pas sortit pour le dîner.
-Notre grand-père était anglais, dit-elle en jetant un coup d’œil à Seth. Notre père a hérité de son nom, et nous ensuite. Comme n'importe qui.

Le mot « hérité » avait allumé une bien étrange étincelle dans les yeux des jeunes filles présentes. Aelita supposa qu'elles devaient penser que Seth avait obtenu un peu plus qu'un beau visage et un nom peu commun de leur soi-disant « grand-père ». Étrangement, la plupart des adolescentes présentent avait discrètement bataillées pour s'asseoir aux côtés du mutant. Mais à leur grande déception, quelques garçons s'étaient également invités à leur table, et c'étaient eux qui monopolisaient la conversation autour de Seth.

Certaines jeunes filles, trop timides pour le « déranger » s'étaient tournées vers Aelita dans l'espoir que celle-ci les renseignent suffisamment. Elles avaient peut-être aussi l'intention de se lier à elle dans l'espoir d'être un jour invitée à leur domicile. Mais son père avait été très claire là-dessus : Aucun invité et ce quelque soit la raison. Une information quel avait volontairement lâchée durant une conversation sur son père. Les adolescentes qui étaient uniquement intéressées par Seth s'était alors renfrognées sur elles-mêmes, et n'avaient plus décroché un mot de tous le repas.
De son côté, le mutant se débrouillait assez bien auprès de ses nouveaux camarades. Comme Heath le lui avait conseillé -ordonné-, il s'était documenté autant qu'il le pouvait sur ce qu'aimait les jeunes garçons de son âge. Il s'était donc choisie un groupe de musique préféré, quelques films d’anthologie, et bien sûr, il s'était assez bien renseigné sur le sport. Et en particulier le football. Ce qui tombait bien, puisqu'il s'agissait du sujet principal de la conversation.


-Alors t'aimes pas le foot français ?
Le garçon qui venait de parler se prénommait Luc, il avait une carrure athlétique pour son âge, et arborait fièrement un maillot du Paris-Saint-Germain.
Seth haussa les épaules.
-C'est pas que j'aime pas, c'est juste que je n'ai aucune équipe favorite dans ce championnat. Je suis plutôt fan d'équipes anglaises, comme Liverpool ou Manchester United.
En réalité, le mutant n'était pas vraiment intéressé par le football. Même s'il mourrait d'envie d'y jouer avec d'autres garçons, les championnats et compétitions ne l'intéressaient pas vraiment. Principalement parce qu'il ne comprenait pas ce qu'il y avait d'amusant à regarder d'autres personnes jouer quant on pouvait jouer par soi-même. Cependant il ne regrettait pas d'avoir fait l'effort de s'y intéresser un minimum, parler avec des garçons de son âge le rendait tout drôle.

Un autre adolescent prit la parole :
-Et si jamais t'étais forcé de choisir, tu prendrais l'OM ou le PSG ?
-Il n'y a personne pour me forcer que je sache.
Les garçons éclatèrent de rire.
-Allez quoi, soit pas vache ! Vas-y dit nous quelle équipe tu choisirais.
-Mais oui, renchérit Luc. Alors ? OM ou PSG ?
Seth prit un air embarrassé, heureusement pour lui, quelqu'un vola à son secours.
-Laissez-le un peu tranquille avec vos histoires de foot, vous pouvez pas parler d'autre chose pour une fois ?
La fille qui avait prit la parole était la seule a s'être déplacé suffisamment vite pour réussir à s'asseoir à côté de Seth. Mais celui-ci ne l'avait pas remarqué jusqu'à présent.
Elle portait un gilet vert, et une élégante jupe qui lui arrivait jusqu'aux genoux. De ce qu'Aelita avait comprit, elle s'appelait Valentine.

-Oh pardon, répondit Seth en lui faisant un petit sourire tendre. Tu voulais dire quelque chose ?
Complètement désarmée par l'attention soudaine que lui portait le mutant, la jeune fille eut toutes les peines du monde à trouver quelque chose de constructif à dire.
-Hey petite sœur, lança Luc en ricanant. Tu devrais fermer la bouche.
Les autres adolescents s'esclaffèrent, tandis que Valentine se mit à rougir. Aelita décida de voler à son secours :
-Vous êtes de la même famille ? Mais alors pourquoi vous êtes dans la même classe.
Luc tendit l'index vers sa sœur.
-Ce petit génie à sauter une classe, du coup je suis obligé de me la coltiner toute l'année.

Ragaillardie par l'intervention de la princesse de Lyoko, la jeune fille répliqua :
-Tu parles, tu es bien content d'avoir quelqu'un pour t'aider à faire tes devoirs.
-Ou pour les faire à sa place. Renchérit Seth, ce qui provoqua un nouvel éclat de rire.
Aelita était étonnée de voir avec quelle facilité le mutant avait réussi à s'adapter. Mais quelque part, elle se sentait un peu jalouse. Elle se revoyait lors de son premier jour de collège, elle n'avait pas cherché à s'intégrer, autant par timidité que par crainte. Elle avait toujours eu une grande peur de l'inconnu, c'était quelqu'un d'ordonnée, qui se retrouvaient parfois complètement perdue lorsque ses habitudes étaient chamboulées. Aujourd'hui, c'était une crainte qui continuait de la prendre de cours par moment, mais la présence de Seth à ses côtés avait changé pas mal de chose. Il se dégageait du mutant un sentiment de jovialité et de positivité constant. Avec lui, on avait toujours l'impression de voir le verre à moitié plein.

-Bon alors, on fait un truc ce soir ? Demanda une fille sans lâcher Seth des yeux. Histoire de fêter la rentrée.
L'un des garçons secoua la tête.
-Y'a vraiment que toi pour vouloir fêter la rentrée.
-Oh lala, soupira Sarah. Non mais vous êtes vraiment déprimant ! Vous avez pas envie de vous lâcher un peu ?
Luc haussa les épaules.
-Pas ce soir, ce soir il y a match. Puis il fixa deux autres garçons dans les yeux et sourit malicieusement. Et Paris gagnera.

-Dans tes rêves. Lança le voisin de Seth, un jeune homme blond qui répondait au nom d’Étienne
-Ouais. Approuva l'autre adolescent.
-Comment ça il y a match ce soir ? S'étonna Aelita. Mais on est Lundi !
-Il a pas pu avoir lieu hier, expliqua Sylvie en soupirant. Il y avait trop de bagarre à Marseille. Du coup, il a été reporté à ce soir.

Les filles présentent lui lancèrent une volée de regards consternés, elle s'empressa d'ajouter :
-Mon père a tirer la tronche pendant tout le repas à cause de ça. Je pouvais pas ne pas le savoir.
-Bon, dit Luc en se frappant les mains. C'est décidé, on se retrouve tous ce soir dans un resto qui diffuse le match. Et après on peut passer la soirée à se foutre de la gueule des marseillais.
Valentine leva les yeux au ciel.
-T'es vraiment qu'un crétin, lâcha-t-elle d'un ton las. Tu sais quoi ? J'y serais juste pour avoir le plaisir de voir la tronche que tu tirera quand tu perdra.
-C'est gentil de soutenir ta famille petite sœur. Et vous les filles ?

Aelita échangea quelques regards avec ces deux nouvelles amies. Sarah hocha la tête, et Sylvie fit mine de ne pas être emballée, avant de finalement accepter. Les autres adolescentes présentes hésitèrent, et jetèrent quelque regards interrogateur sur Seth. Mais le mutant semblait enthousiaste à l'idée de passer cette soirée ensemble. Du coup, elles acquiescèrent. Dans l'obligation de veiller sur son frère, Aelita donna une réponse positive à son tour.

D'humeur radieuse, Luc joignit ses mains autour de sa bouche, et cria :
-Nous sommes les parisiens, et nous chantons en choeur. Nous sommes les parisiens, fidèles à nos couleurs !
Il fut immédiatement reprit par une bonne dizaine d'élève qui se mirent à chanter à leur tour.
Mais un garçon que Seth connaissait sous le nom de Matthieu se leva à son tour, et hurla à plein poumons :

-Aux armes !
-Aux armes ! Répliquèrent les supporters marseillais.
-Aux armes !
-Aux armes !
Cette fois, Seth s'était joint à eux. Visiblement prit d'une poussée d'adrénaline.
Matthieu prit un air solennel, et écrasa son poing sur son cœur.
-Nous sommes les marseillais !
-Nous sommes les marseillais !
-Et nous allons gagner !
-Et nous allons gagner !
-Allez L'OM !
-Allez L'OM !
-Allez L'OM !
-Allez L'OM !

Les fanas de footballs se mirent alors à frapper leur table respective du poing, et les supporters des différentes factions continuèrent leur duel d'encouragement tout en se lançant des regards défiant.
Au milieu de tous ce chaos, Aelita se demandait si c'était vraiment une bonne idée de se joindre à cette bande de fous furieux.




Même moment, Lieu inconnu

-Le vois-tu ?
-Oui... Est-ce ton pouvoir ?
-Notre pouvoir, toi et moi ne faisons qu'un, et nous nous comprenons.
Serpent était assis au sommet d'une gigantesque tour de pierre noir, qui semblait avoir été plantée au milieu de l'Apocalypse elle-même. Le Soleil était invisible, le ciel n'était que nuage rouge et noir, une pluie de sang s'abattait calmement sur les montagnes de cadavres démembrés qui recouvraient l'intégralité du sol. Un éclair déchira le ciel. Serpent passa sa langue sur ses lèvres pour y goûter le sang qui coulait. Ses magnifiques yeux rouges dégageaient une aura maléfique, ses grandes ailes écailleuses étaient repliées dans son dos. Une grosse tête de serpent avait été plantée sur le dard situé au bout de sa queue. Il l'a prit dans ses mains, et la contempla.
-C'est notre ennemi ?
-Oui.
-Pourquoi veux-tu le tuer ?
-Pour me trouver un nom.
-Un nom ?
-Oui.
Serpent fixa un instant les yeux morts de son ennemi, avant de l'envoyer rejoindre les cadavres au pieds de la tour. Au loin, un gigantesque brasier venait de s'allumer. Les flammes venaient se refléter dans ses pupilles.
-Le maître m'a donné le nom de cet homme, si je le tue, je pourrais prendre un nouveau nom.
-Tu n'as pas besoin de nom, tu es le Dragon Rouge.
-Non. Il marqua une pause. Je veux un nom, un vrai nom. Je veux une identité, je veux être le bras de mon maître, celui qui tuera ses ennemis et qui le suivra jusque dans la mort. Je veux un nom.
-Nous sommes le Dragon Rouge, nous n'avons pas besoin de maître.
Serpent resta silencieux, le visage de Peter s'était imposé dans son esprit. Il vouait au cannibale une loyauté sans égale, il était prêt à tuer, violer, torturer, et mourir pour lui. Peu importe ce qu'en dirait le Dragon, jamais il ne le trahirait.
Jamais, jamais... Jamais.

Il ouvrit les yeux, et pour la première fois depuis plus deux mois, il vit la lumière.
La cellule dans laquelle il avait été enfermé était ridiculement petite, elle était même presque trop étroite pour qu'on puisse parlé de cellule. Ce n'était qu'un simple lit rangé dans un grand placard.
Serpent releva la tête, et ce qu'il vit le fit sourire jusqu'aux oreilles. Pour finir par s'écrouler comme un château de cartes.
La moindre des choses que l'on pouvait dire à propos de Peter en l'observant, c'était qu'il n'allait pas très bien. Sa main gauche était agitée de tremblement, ses yeux gonflées par le manque de sommeil, de grosses goûtes de sueurs perlaient le long de son visage.
-Maître ? Tout va bien?
L'intéressé ne sembla même pas entendre sa question. Il se contenta de lui faire un signe de tête, et de lui ordonné :
-Sort d'ici, nous avons beaucoup de travail qui nous attend.
Serpent acquiesça, et le suivit. Les mots semblaient lui martelés le crâne de l'intérieur :
-« Jamais... Jamais... JAMAIS ! »



Même moment, Lieu inconnu

Hors d'haleine, Dragonne s'écroula sur son lit, le corps nu, et couvert de sueur. Renarde se pelotonna contre elle.
-Dit donc, lâcha-t-elle entre deux halètements. Je ne t'ai jamais connue aussi sauvage. Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
Sa petite amie rechigna à répondre, la coréenne n'eut cependant pas à beaucoup forcer pour briser sa carapace.
-C'est Serpent c'est ça ? C'est lui qui te met dans un état pareil ?
L'indienne grogna.
-Je t'ai dis ce qu'il m'a fait, tu t'en souviens sûrement.
Dragonne passa délicatement ses doigts sur les fesses de sa petite amie, et effleura une mince cicatrice qui filait jusqu'au centre. A l'intérieur, les dégâts avaient été bien plus importants.
-C'est notre ennemi à tous, Peter le hait de tout son être. On le fera payer... Au centuple.
Renarde secoua tristement la tête, et se pencha hors du lit pour ramasser sa culotte qu'elle enfila.
-On a tous vu de quoi il était capable. J'ai vu la vidéo, je l'ai vu brûler cinquante hommes. Je l'ai vu massacrer le visage de Peter. Il l'a fait et il le refera.
Dragonne roula sur le ventre.
-Nous ne sommes pas des hommes ma chérie.
Cette remarque eut le mérite d'arracher un sourire à l'indienne, qui revint se blottir dans les bras de celle qu'elle aimait.
-Peter... Il ne va pas bien lui non plus... Pas vrai?
La coréenne resta silencieuse. Après que Serpent l'ai défiguré, le cannibale avait eu recourt à une longue opération chirurgicale pour se faire mettre un visage tout neuf, encore plus beau que le premier bien que tout de même semblable. Mais cela n'avait en rien suffit à le calmer. Depuis des mois, il mangeait de plus en plus de chaire humaine. Avec une voracité que Dragonne ne lui avait jamais vu. Sa façon de manger était toujours aussi élégante et raffinée, mais ses portions étaient de plus en plus élevées, et l'accompagnement qui venait avec la viande avait quant à lui presque disparu. Il avait prit l'habitude d'affamer régulièrement ses loups, avant de leur jeter deux ou trois personnes vivantes pour les rassasier. La seule chose qui lui permettait de reposer ses nerfs, c'était le « nouveau » Serpent. Elle avait un opinion assez réservé à ce sujet, mais malgré tout, elle continuait de faire confiance à son leader. Car jusqu'à présent, elle ne l'avait jamais regrettée.
-Est-ce que tu te souviens ? Demanda Renarde le regard pensif. De cette chose qui était avec Serpent quand il s'est échappé ?
Un frisson parcourut l'échine de la coréenne, ça, elle ne risquait pas de l'oublier.
-On ne l'a pas vu aujourd'hui, tu crois qu'il l'a tué ? Qui sait ? Il a très bien pu en perdre le contrôle.
Dragonne n'y croyait pas une seule seconde, et pourtant elle avait très envie d'y croire. Mais elle n'y parvint pas, elle l'avait vu sur les caméras de surveillances. Cette créature hideuse et sauvage, et même après tout ce temps, son image continuait de la hanter. Intérieurement, elle espérait de tout son cœur qu'elle ne croiserait jamais sa route.




3 Septembre 2001, Paris, 22h 23

-La passe ! Hurla Luc à l'encontre d'un joueur. Mais passe espèce de crétin !
-Il ne peut pas t'entendre tu sais ? Lança innocemment Seth depuis l'autre camp de supporters.
Assise à l'une des très nombreuses tables du bar dans lequel une quarantaine d'élèves s'étaient retrouvés, Aelita tentait tant bien que mal de calmer l'effroyable mal de tête dont elle souffrait depuis la fin de la première mi-temps. Les supporters étaient déchaînés, et le score était de deux à un en faveur du PSG pour le moment. Trois buts, trois fois où une bande de fous furieux avaient hurlés à plein poumons. Trois fois où ses tympans avaient manqués de se déchirer. Épuisée, elle avala quelques gorgés de Coca-Cola avant de se tourner vers Sylvie.

-Pourquoi les hommes sont tous aussi cinglés ?
Son interlocutrice haussa les épaules.
-Je ne sais pas, honnêtement, je ne suis là que pour me rincer l'oeil. Verratti est super mignon.
Aelita hocha la tête, et son regard se posa sur le jeune joueur Italien qui apparaissait en gros plan sur l'écran géant.
-Putain, grinça un marseillais, on domine à mort ! Ces enfoirés de Qatari ont une chatte énorme.
Les parisiens se tournèrent vers l'intéressé, et lui adressèrent des regards furieux.
-Et Imbula t'en fais quoi ?! S'exclama Luc. Si l'arbitre était pas un de ces corrompu de Tapi il se serait fait expulser dès la demi-heure de jeu !
-N'importe quoi, rétorqua calmement Seth, il n'y avait pas faute.
Aelita laissa tomber sa tête contre la table, jamais elle n'avait entendu autant d'idioties en une soirée.
Cependant, un murmure d'excitation vint la sortir de son désespoir. Lassana Diarra venait de chiper le ballon dans les pieds de Pastore, il enchaîna très vite avec une passe directement dans la course d'André-Pierre Gignac. L'attaquant marseillais avait à présent un véritable boulevard devant lui.
-Fonce Dédé ! Cria Matthieu.
Le phocéen attendit patiemment le retour de Thiago Silva, fixa le gardien parisien, et décocha une frappe croisée à ras-de-terre qui alla terminer sa course dans le petit filet opposé. Salvatore Sirigu ne put que constater les dégâts. Tandis que les supporters marseillais laissèrent éclater leur joie.
-Marseillais, Marseillai-ais, Marseillais allez allez !
-Le doublé pour André-Pierre Gignac, annonça le commentateur sportif, son quatre-vingt dix neuvième but en Ligue un, et surtout un but, qui permet à l'Olympique de Marseille de revenir à la hauteur du PSG. Paris : 2. Gignac : 2 !
De l'autre côté de la salle, les supporters parisiens se plaignaient à voix basse de la piètre qualité de la pelouse marseillaise. Tout en assurant que Thiago Silva serait revenu plus vite s'il n'avait pas eu à patauger dans toute cette boue imaginaire.

Sylvie se dirigea vers le camp des marseillais, s'assit à côté de Matthieu et l'embrassa sur les lèvres.
Le jeune homme prit sa petite amie par la taille.
-C'est sympa d'être venu, je sais que t'aimes pas trop le foot.
Elle haussa les épaules.
-C'est que le début de l'année, j'ai pas encore trop la flemme. Et puis, je suis pas comme ces idiotes.
Du bout du doigts, elle désigna la bande de filles qui s'étaient agglutinée autour de Seth. Malheureusement pour elle, le mutant n'avait d'yeux que pour le match. Matthieu esquissa un sourire.
-Je ne vois pas Valentine, remarqua-t-il après avoir jeté quelques coups d’œil à droite à gauche. Tu crois qu'elle a finit par laisser tomber ?
Sylvie secoua la tête.
-Elle est très timide, et elle a aucune expérience avec les mecs.
-On devrait peut-être lui filer un coup de main ?
-C'est pas nécessaire, Valentine est assez maligne pour comprendre que lui tourner autour c'est pas une bonne idée. Laisse-la faire, il est temps qu'elle apprenne à avoir confiance en elle.
Sur ses mots, Sylvie embrassa à nouveau son compagnon comme elle sait si bien le faire.
Aussitôt, l'un des supporters parisiens se leva, et brandit fièrement un drapeau du club de la capitale.
-Hey Sylvie, si tu venais par ici tu pourra embrasser un vrai homme !
La jeune fille pouffa de rire.
-Je ne crois pas que les « vrais hommes » se branlent dans les toilettes.
Une vague de protestations écœurantes vint faire écho à la déclaration de la jeune fille, un homme d'une quarantaine d'année vint lui serrer la main.
-Comment tu l'as mouché ce puceau.
Le reste du match se passa sans trop d'encombres, Aelita venait de commander son cinquième coca, et Seth était plus excité que jamais devant la partie qui ne perdait rien de son spectacle.
Zlatan Ibrahimovic avait manqué d'inscrire un coup franc somptueux qui avait eu le mérite de faire taire les supporters marseillais. Ceux-ci ne devaient leur salut qu'aux incroyables réflexes de leur gardien et capitaine Steve Mandanda, qui avait détourné le ballon en corner.
Un jeune homme marseillais de la classe d'Aelita tenta de se rassurer en se mettant à chanter :
-Paris est une ville, où règne le Sida, les filles y sont faciles, et les Pédés y sont Rois !
A peine eut-il finit le premier couplet qu'une élève de son âge lui administra une gifle retentissante, il la contempla sans rien dire, abasourdi et choqué.
-Et ta mère elle habite où alors ? Espèce de crétin !
Ces mots déclenchèrent l'hilarité général, et le jeune homme reçu quelques tapes de compassion ainsi qu'une gorgé de bière pour faire passer le choque.
Mais ce n'est qu'à la quatre-vingt-treizième minute que le match finit par se débloquer, trop sûr de lui, Thiago Motta tenta un petit pont sur Lassana Diarra. Mais le numéro dix marseillais s'empara du ballon et piqua un sprint à travers la moitié de terrain parisienne, tout en dribblant David Luiz au passage. Une fois qu'il fut face au reste de la défense parisienne, il glissa le ballon pour Dimitri Payet. Le réunionnais enrhuma Thiago Silva, et crucifia Sirigu d'un petit ballon piqué qui termina sa course dans la cage parisienne.
-Nooooooon, hurla Luc. Tandis que les commentateurs, ne purent qu'applaudir le geste splendide du phocéen.
-Magnifique !
-Oh que c'est beau !
-Quelle geste de CLASSE, à la quatre-vingt-treizième minute, le bonheur de Marcelo Bielsa, l'explosion du cratère du Vélodrome. Ce soir il aura été passeur décisif, il aura été aussi buteur, et ce geste est AB-SO-LU-MENT génial de Payet !
Euphorique, les marseillais entamèrent un chant en l'honneur de leur meneur de jeu. Dégoûtés, les parisiens s'étaient renfrognés sur eux-mêmes.
La seule information qu'Aelita avait réussit à enregistrée, c'était que le match était bientôt finit, ENFIN. Elle n'allait pas tarder à retrouver son lit.

Mais alors qu'elle était perdue dans ses pensées, elle aperçut du coin de l’œil un objet en verre qui filait à pleine vitesse en direction des supporters marseillais. C'est ainsi que sous les yeux de tous, une bouteille de 33cl encore pleine alla s'écraser contre le visage de Matthieu qui perdit aussitôt connaissance et s'écroula sur le sol. Un silence de cathédrale s'abattit sur la pièce, choqués, les supporters des deux équipes observaient avec incompréhension et horreur la petite flaque de sang et de bière qui se formait autour du crâne de l'adolescent. La réaction ne se fit pas attendre très longtemps, ivre de rage, l'un des marseillais s'empara d'une chaise, et la lança vers le groupe de parisien. Aelita fut alors témoin de la scène la plus chaotique de sa courte vie. Les supporters de chaque faction s'étaient mis à se lancer différents projectiles en verres tout en hurlant les pires vulgarités qu'elle eut jamais entendu. D'autres avaient décidés d'en venir directement aux mains, résultant ainsi en une énorme mêlés au milieu de la pièce. La princesse de Lyoko aperçut alors Sylvie, qui, malgré le coup perdu qu'elle avait reçu à l’œil, traînait désespérément son petit ami hors de ce bourbier. Les deux jeunes filles transportèrent le blessé dans les toilettes pour s'y enfermer. Aelita avait cependant eut le temps d'apercevoir Seth soulever à bouts de bras un supporter parisien qui devait faire deux fois son propre poids, et l'envoyer s'écraser contre ses camarades. Terrifiée, la jeune fille verrouilla la porte de sa cabine, et se mit à prier à qui pouvait l'entendre de la protéger contre la colère de Heath.



31 décembre 1997, Glasgow, 23h 55


A l'instar du seizième arrondissement parisien, le quartier Hyndland de Glasgow est principalement un endroit résidentiel. Situé dans le West End, -proche de la célèbre université de Glasgow- sa population est essentiellement composée de bourgeois bohémiens, d'artistes, et de footballeurs. Ce qui en fait l'un des quartiers les plus chers d’Écosse en terme d'immobilier. Certains habitants de l'endroit justifiait son prix par le calme et la tranquillité qu'on y trouvait, arguant du fait qu'il n'y avait que très peu (voir pas du tout) d'incidents en moyenne par année. Cependant, l'année 1998 allait en compter au moins un. Puisque cinq minutes avant les premiers feux d'artifices, le ciel était déjà en train de rougir. Et le voisinage qui s'attendait à passer une soirée de fête était transporté d'horreur devant la scène à laquelle ils assistaient. L'incendie avait démarré si soudainement que lorsque le premier témoin appela les pompiers, la maison était déjà presque entièrement en train de brûler. Maintenant que le feu était à peu près maîtrisé, des murmures traversèrent la foule qui s'était agglutinée peu à peu autour de l'emplacement de ce drame. Certains disaient qu'il n'y avait aucun survivant, d'autres que seul le père de la famille avait survécu. Mais personne ne se doutait une seule seconde que le seul survivant de cette tragédie, était un petit garçon âgé de dix ans.
Celui-ci n'avait pas décroché un mot depuis que les pompiers l'avaient extirpé de l'Enfer qu'était devenu sa maison.
Il les regardait tous, les uns après les autres. Tout en se demandant pourquoi le fixait-on avec un air aussi désolé, alors que lui-même était transporté de joie ! Jamais il n'avait été aussi heureux de toute sa vie, jolies petits yeux verts embués de larmes de bonheur semblaient leur hurler de fêter l'événement. Malgré la perte de sa famille, de sa maison, de sa chambre et de ses jouets ; il était le petit garçon le plus heureux de la planète ! Il avait mal, très mal... Un rideau enflammé lui avait fouetté le visage, lui laissant des marques abominables profondément incrustées dans sa chaire, mais il se moquait de sa douleur, il se moquait de tous. Pour la première fois de sa vie, il était heureux.
-Tout va bien ?
Drake tourna la tête, et découvrit la fille la plus jolie qu'il ait jamais vu. Il fut si sidéré par sa beauté qu'il répondit par son plus beau sourire. Sourire qu'elle lui rendit.
-Comment tu te sens ? Tu veux quelques choses ? Tu vas bien ?
Le flot de question qui s'abattit sur lui manqua de provoquer une crise de panique, c'était la première fois qu'une fille aussi jolie lui adressait la parole ; et il ne savait pas quoi répondre.
Il se contenta alors d'enfouir sa tête dans la chemise de son interlocutrice, qui finit par lui caresser gentiment les cheveux. Ses mains étaient si douces.
-Je suis désolé, pour ta famille...
-Pourquoi ?
Abigail Hobbs haussa un sourcil, son petit protégé reprit :
-Pourquoi tu es désolé ? Pourquoi ? Mon papa et ma maman... Ils arrêtaient pas de me taper, de dire que j'étais un petit con bâtard... Ma sœur elle s'est toujours moquée de moi. Quand Mamie m'a acheté une glace, elle a crachée dedans. Et quand Mamie elle est morte, Papa il a dit que c'était une vieille salope... Ils étaient tous tellement méchants. Alors j'ai demandé à Dieu de les envoyer en Enfer, et regarde !
Du bout de son petit doigt, Drake pointa les restes de l'incendie. Les pompiers avaient été très efficaces, les flammes étaient presque éteintes. Mais il ne restait de la demeure qu'un tas de ruines calcinées.
C'est alors que l'église la plus proche sonna les douze coups de minuit, et le premier feu d'artifice explosa dans le ciel.
Euphorique, Drake se dégagea de l'étreinte de sa bienfaitrice et courut jusqu'à l'entrée de son jardin.
-Merci Dieu, cria-t-il à pleins poumons devant la foule médusée.
Abigail lâcha un léger rire discret, avant de prendre la main du petit garçon. Elle le tira doucement à l'écart, et prit la direction d'une ambulance.
Aussitôt, deux ambulanciers vinrent les encadrer. Ils prirent la température du jeune roux, ainsi que sa tension. Puis ils appliquèrent un pansement de fortune sur son visage. Une fois les examens de bases terminés, l'ambulance démarra au quart de tour, et disparue dans la nuit.
Officiellement, Drake L. O'conner est mort en arrivant à l'hôpital. Officieusement, il rencontra pour la première fois de sa vie une vraie famille. Sa vraie famille.
  Sujet: [Fanfic] Pandémonium  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 24 Aoû 2016 23:20   Sujet: [Fanfic] Pandémonium
Spoiler




Chapitre 4: Général Serpent









3 Septembre 2001, Paris, 07h 00


La sonnerie stridente d'un vieux réveil bon marché vint tirer Aelita du cauchemar abominable dans lequel elle était plongée. Épuisée, elle se frotta les yeux, et se dirigea vers la salle de bain. Malheureusement pour elle, celle-ci était déjà occupée, elle toqua donc poliment dans l'espoir de ne pas tomber sur Heath.
-J'ai presque finis, répondit joyeusement la voix de Seth. Je me rince.
Soulagée, la jeune fille ne put s'empêcher de noter l'excitation dans la voix du mutant. Aujourd'hui était le jour de la rentrée des classes, et visiblement il y avait bien une personne sur cette Terre qui était fou de joie à l'idée d'intégrer le collège. Ce qui n'allait pas faciliter la tâche d'Aelita. En effet, la princesse de Lyoko avait reçut l'indication d'aider Seth à s'intégrer dans son nouvel environnement, et que pour ça, elle allait devoir rester avec lui pendant l'intégralité de leurs premiers jours de classes. Pire encore, Ils avaient tous les deux été enregistrés avec le même nom de famille, ce qui faisaient d'eux des frères et sœurs. La jeune fille avait eut beau protester de vive voix, Heath s'était montré suffisamment convaincant pour qu'elle finisse par se laisser fléchir.

En fin de compte, pendant les trois semaines passées ensemble durant le mois d’août, Seth s'était montré beaucoup plus gentil et docile qu'elle ne l'aurait crue. Son principal défaut était surtout sa grande naïveté, et la fâcheuse tendance qu'il avait de croire tout ce qu'on lui racontait.
Mais au fond, Aelita l'aimait bien. Pas comme Heath.
Pourtant, l'allemand n'avait commit aucun acte qui aurait pu pousser la jeune fille à lui en vouloir (en tout cas pas depuis le jour où ils se sont rencontrés). En revanche, sa simple présence était aussi irritante que terrifiante. Son regard dur et froid la faisait cauchemarder, cette manie qu'il avait de demander un service de la même manière que s'il donnait un ordre l'agaçait. De plus, lui et Hopper passaient sans arrêt leur temps à l'usine, préparant avec sérieux un genre de bataille virtuelle à laquelle elle n'était pas conviée. Non pas qu'elle se sentait de taille à retourner sur Lyoko, mais elle détestait être mise de côté sans son consentement.

Heureusement pour la jeune fille, la figure souriante de Seth vint chasser ses pensées sombres de son esprit. Et quelque part, elle se réjouissait de reprendre une vie qui s'approchait de la normale. Bien que le retour à la réalité avait été brutale, elle avait passé beaucoup de temps à en apprendre un peu plus sur les événements qui s'étaient déroulés entre le jour de sa virtualisation et son retour sur Terre. Ce qui lui avait donné une raison plus que suffisante d'en vouloir fortement à son père de ne pas l'avoir mise au courant de suite quelle avait passée les cinq dernières années sur Lyoko. De plus, d'après ce qu'elle avait compris, Franz Hopper était revenu quelque mois avant elle dans le but de travailler sur son supercalculateur. Ça ne l'aurait aucunement dérangée si il avait daigné la ramener elle aussi plutôt que de la laisser dormir dans une tour pendant tout ce temps. Elle avait vraiment l'impression d'être une gêne auprès de tout le monde, et cela, elle ne le supportait pas.

Habillé d'un simple peignoir blanc, Seth sortit de la salle de bain avec un large sourire. Préoccupée par ses pensées, la jeune fille sursauta un peu.

-J'ai finis ! Dépêche toi, on va être en retard.
-Je me dépêche, répondit Aelita en lui rendant son sourire. Ne t'inquiètes pas, on a encore du temps.

Une fois lavée et habillée, la fille aux cheveux roses déposa son sac de cours fraîchement acheté dans l'entrée, et se dirigea vers la cuisine. Étrangement, la scène à laquelle elle assistait la faisait un peu sourire : Affamés comme jamais, Heath et Seth dévoraient leurs croissants à une vitesse hallucinante. En temps normal, le cadet n'imitait pas son grand frère, mais cette fois, il semblait décidé à en finir le plus rapidement possible afin de prendre immédiatement le chemin du collège.
De son côté, Franz lisait son journal en buvant un long café noir sans doute préparé par Heath, le jeune homme n'étant pas vraiment capable de réussir la moindre prouesse culinaire hormis celle-ci.

-Bonjour Aelita.
-B'jour, répondit-elle à son géniteur sans vraiment le regarder. Celui-ci poussa un petit soupir, en comprenant que sa fille était bien décidé à lui faire encore la tête pendant un moment.
Elle se servit un bol de céréales, et prit place comme à son habitude en face de Heath et à côté Seth.
Tout en mangeant, elle prit un temps pour observer la scène. L'espace d'un instant, elle se sentit envahie par un petit sentiment de satisfaction. Elle avait l'impression de faire partie d'une vraie famille, bien qu'elle allait sans doute mettre du temps avant de l'admettre.

-Allez, lança Franz une fois que sa fille eut finit son petit-déjeuner, il est l'heure d'aller à l'école.
Vif comme l'éclair Seth se leva brusquement, mais le bras puissant de son frère le stoppa net dans son élan.
-Qu'est-ce qu'on s'est dit ?
Seth fit une petite mou, mais il finit par répondre :
-Je ne dois pas montrer mes pouvoirs. Je dois rester poli et gentil sauf si on est méchant avec moi. Si on est méchant avec moi je dois me servir de ma force pour qu'on arrête, mais je ne dois blesser personne. Je ne dois pas attirer l'attention sur moi. Si on me pose des questions sur moi, je dois dire les réponses que tu m'as dites. Et je dois toujours écouter Aelita.

Heath haussa un sourcil, comme si la dernière obligation lui paraissait stupide. Comprenant où il voulait en venir, la jeune fille lui lança un regard noir auquel il répondit par un sourire moqueur.

-Tu as oublié le plus important, dit Franz en finissant son café. Vous devez faire votre possible pour être les meilleurs élèves de votre classe. Compris ?
-Oui !
-Allez filez.

Au moment où Heath le lâcha, Seth reprit sa course effrénée vers la sortie.
-Attend-moi, lança Aelita. En courant à son tour.
A sa grande surprise le jeune homme patientait à l'entrée, son sac sur l'épaule.
-Au moins tu m'écoutes, soupira-t-elle en ramassant le sien.
-Il ne manquait plus que ça, balança Heath depuis la cuisine.
La jeune fille serra les poings et ouvrit la porte avec force.
-Idiot !
Elle remarqua alors que Seth s'était mis la main sur le visage pour se retenir de rire. Sur les nerfs, elle partie d'un pied ferme et d'une mine boudeuse sur le chemin du collège. Son « frère » sur les talons.

Dans la cuisine, Heath s'essuya la bouche, et se leva en se craquant la nuque.
-Pour nous aussi Professeur il va falloir y aller, aujourd'hui est un grand jour.
Le scientifique remis ses lunettes en places, et se leva à son tour.
-Si tu le dis.







3 Septembre 2001, lieu inconnu, 09h 54


-C'est absolument hors de question !
Si il y a bien une chose que Peter Warren détestait, c'était qu'on hausse le ton. Or, Alex Tanner venait non-seulement de lui hurler au visage un refus qui ne l'enchantait pas. Mais en plus, la façon dont il l'avait prononcé l'avait mit dans une colère noire. Pourtant il s'efforça de se contenir.

-Cela fait plusieurs mois que j'attends ce moment, plusieurs mois que mon équipe et moi nous nous préparons. Et maintenant que nous avons enfin retrouvé le monde virtuel du professeur Schaeffer vous me privez de mon atout maître ? Dois-je vous rappeler le fiasco qu'a été la dernière exploration là-bas ?
-Dois-je te rappeler que Serpent a manqué plus de deux mois de préparation, et que de ce fait, l'emmener est complètement idiot ?
-Rappelez-moi qui l'a fait enfermer dans cette cellule, et a refusé de le faire sortir ?
-Il me semble que j'avais une excellente raison de l'enfermer.
-L'enfermer passe encore, mais ne pas l'avoir laisser sortir pendant deux mois était stupide. Il n'a rien fait de grave.
-Il était dans ma chambre, nu comme un verre.
-Ne soyez pas ridicule, il ne vous regardait même pas. Il était juste curieux de savoir ce qu'il y avait dans cette pièce.
-Ce n'est pas ça qui m'effraie, grinça l'écossais visiblement agacé par cette allusion vicieuse. C'est le fait qu'il ait passé la sécurité sans s'être fait repérer. Imagine seulement que son intention première était de me tuer.

Peter balaya cette hypothèse d'un geste de la main.
-Je ne l'envisage même pas, Serpent n'obéit qu'à mes ordres.
Tanner secoua la tête, visiblement pas convaincu.
-Tu surestimes l'emprise que tu as sur lui. Même si il peut être une arme formidable, il reste dangereux. Et tant que les risques ne seront pas descendu au minimum possible, il est hors de question de l'utiliser. Ma décision est irrévocable.


L'américain serra les poings, mais avala difficilement l'affront. Il tourna les talons et se dirigea vers la sortie.
-Ton équipe et toi vous serez virtualisé à 10h 30. Je ne tolérerais aucun retard.
Une remarque inutile, il n'était jamais en retard.



Usine, Même moment.

Tranquillement assis sur son pupitre de commande, Franz se grattait la barbe tout en cogitant sur les chances de succès de son assistant. La tâche qui lui avait été demandée était tout sauf simple. Et il allait falloir une grande force de caractère au jeune homme pour réussir sa mission. Si il échoue, la guerre virtuelle qui se prépare s'annonce d'ores et déjà bien plus compliquée que prévu. Mais si il réussi. Il bénéficiera d'un avantage non-négligeable face aux forces ennemis.
-Ne rate pas l'ascenseur. Prévint le scientifique.
-Aucun problème.
Le créateur de Lyoko était en train de sentir son corps se crisper sur son siège. Il se sentait vraiment idiot d'être la personne qui oblige Heath à corriger sa grotesque erreur.

De son côté, l'allemand venait juste de finir de sortir du cinquième territoire de Lyoko. La gigantesque sphère bleu qui composait ce territoire hors du commun se dressait dès à présent dans son dos. Le psychopathe s'avança tranquillement jusqu'au bord de la plate-forme sur laquelle il se trouvait, et leva les yeux.

-Convoquez-les.



Paris, Même moment.


Aelita se sentait assez mal à l'aise sur sa chaise, et pour cause, la plupart des regards étaient braqués dans sa direction. Sentant le rouge lui monter aux joues, elle croisa ses bras sur la table et y enfouit sa tête.
Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à la fixer comme ça ? Est-ce qu'elle avait vraiment l'air si bizarre ? Elle avait pourtant fait attention à choisir des vêtements à la mode pour ne pas devenir un sujet de moquerie. Alors pourquoi ?
Tout à coup, elle sentit des doigts lui tapoter la main, surprise elle releva brusquement la tête.

-Désolé, s'excusa maladroitement une jeune fille brune assise à sa gauche, je voulais pas te réveiller.
-Je dormais pas, répondit gentiment Aelita en tentant de faire preuve d'un peu plus d'assurance. Il y a un souci ?
Sa voisine paru un peu hésitante, mais dit :
-C'est juste pour te dire de faire un peu gaffe... Mes copines te trouvent bizarre.
La mine de la nouvelle arrivante s'assombrit brusquement, elle l'aurait pariée.
-Qu'est-ce que j'ai de si bizarre ?
-Bin y'a un super beau gosse dans la classe, et toutes les filles arrêtent pas d'en parler. T'es la seule à l'avoir à peine regardé.
Tout en parlant, elle pointa discrètement du doigt le garçon assise à côté d'Aelita. Qui n'eut pas vraiment besoin de se retourner pour savoir qu'elle parlait de Seth. Ce dernier lisait tranquillement un livre d'histoire offert la veille par Franz, en attendant le professeur. Il ne remarquait pas que, hormis Aelita, les quatorze filles présentes dans la classe le dévoraient des yeux.

Soulagée, Aelita se retourna vers son interlocutrice avant de souffler :
-C'est un peu normal, c'est mon frère.
La jeune fille ouvrit des yeux ronds, et ses joues rougirent. Sa voisine qui avait tout entendue rapprocha sa table pour pouvoir se joindre à la conversation.
-Sérieux ? Mais vous vous ressemblez pas vraiment. Et comment ça se fait que vous soyez dans la même classe ?
-On est des faux jumeaux, expliqua Aelita qui connaissait par cœur la version préparée par son père. On est nés le même jour, mais à l'inverse des vrais jumeaux on se ressemble presque pas.

Les deux jeunes filles semblaient impressionnées par cette information. Bizarrement Aelita ne put s'empêcher de sourire face à la méprise de ses nouvelles camarades. L'intégration n'allait pas être si pénible finalement.





Cinquième territoire, Même moment.


Heath n'avait pas bougé d'un millimètre depuis sa dernière parole. Rien autour de lui n'avait changé, si ce n'est les millions de 0 et 1 qui flottaient partout autour de lui. L'allemand était assez étonné par la forme de ces choses toutes droit sorties des profonds murs bleu marine qui encerclaient la sphère. Cependant, il ne bougea pas, et attendit qu'ils prennent la parole en premiers. Ce qu'ils firent tous tel un seul et même être.

-Qui êtes vous ?
-Un messager du créateur.
-Que faites vous ici ?
-Je suis venu vous parler.
-Où est le créateur ?
-Pas ici.
-Qu'attendez-vous de nous ?
-Que vous vous taisiez et que vous m'écoutiez.

Il avait prononcé ses dernières paroles d'un ton doux, mais la dureté présente dans sa voix forçait au respect. Il attendit quelques secondes afin de vérifier si les prothéens avaient écoutés ses instructions. Avant de reprendre :
-Je suis venu vous demander le même service que votre créateur vous a demandé.
-Nous ne prendrons pas part à la guerre de notre créateur.
-Ce n'est pas sa guerre.
Nouveau silence, il avait toute leur attention.
-Que voulez-vous dire ?
-Cette guerre n'est pas la sienne, il aurait pu choisir de ne pas y prendre part.
-Il n'y prend pas part. Ce sont nos frères et sœurs qui se sont battus pour lui. Ce sont eux qui ont disparut pour toujours.
-Je le sais.
-Nous ne voulons plus voir aucun de nos semblables mourir, nous ne prendrons pas part à cette guerre.
-Savez-vous pourquoi votre créateur à décidé de prendre part à cette guerre ?
Pas un bruit, ils l'ignoraient complètement.
-Savez-vous qui sont ces gens qui veulent la guerre ?
Toujours rien, Heath sentait sa proie se rapprocher dangereusement de sa toile.
-Ces êtres immondes sont arrivés sur notre territoire dans le seul et unique but de le conquérir. Ils ont tués bon nombre d'entre-vous sans le moindre scrupule. Ils ont enlevés la fille de votre créateur, le forçant à demander l'aide de vos frères et sœurs afin de la sauver. Et ils ont recommencé à tuer, encore et encore. Hier encore, nous ignorions quels étaient leurs motivations. Mais aujourd'hui nous le savons : ils veulent votre monde !
Les millions de 0 et de 1 qui flottaient dans l'air commencèrent à s’agiter, le discours faisait effet.

-Je ne peux pas vous forcer à me rejoindre, et je ne le veux pas. Mon seul et unique but est et sera toujours de protéger ce monde, votre monde, notre monde.
-Nous ne prendrons pas par au conflit !
-Mais moi je le ferais !
Un silence de cathédrale accueillit cette nouvelle, Heath reprit :
-Le créateur comprends votre peine, et il la ressent, autant que n'importe lequel d'entre vous, autant que moi je la ressens ! C'est pourquoi il a décidé de respecter votre décision, et m'a confié la tâche de combattre à votre place.
-Nous ne voulons pas la guerre !
-Je ne pars pas en guerre ! Je me dresse face aux envahisseurs dans le seul et unique but de vous protéger. Car tel est la volonté du créateur. Aucun d'entre vous n'aura à se battre pour sa vie ou celui de son frère ou de sa sœur. JE combattrais.
Nouveau silence, les prothéens semblaient cogiter entre eux.
-Nous ne savons rien de ces êtres venus d'ailleurs. Nous voulons connaître leur motivation.
-Qu'il en soit ainsi mes amis, nos envahisseurs sont en route.
-Comment ?
-Vous m'avez bien compris, ils arrivent, et lorsqu'ils arriveront, ils ne vous apporteront rien d'autre que la violence. J'accepte de vous laisser une chance de vérifier mes dires. Allez à leur rencontre, tentez de communiquer. Et n'ayez crainte, je serais toujours là pour vous défendre.
-Qui êtes-vous ?

L'allemand, esquissa un léger sourire avant de se frapper le cœur de son poing droit, et de répondre à plein poumons :
-Heath Lancaster.



3 Septembre 2001, Réseau, 10h 46



Dans les tréfonds de la mer numérique, un sous-marin de bonne taille filait à travers les courants virtuels. L'engin n'avait rien d'un submersible classique, en réalité, il était assez difficile d'en faire une description exacte. Il ressemblait à une immense épée noire, dépourvu de poignée, avec un propulseur encré à chaque quillon. Les passagers qu'il transportait étaient au nombre de cinq. Quatre d'entre eux se trouvaient allongés dans des petites cabines, situés le long de la gouttière de la lame, et protégés par de solides vitres. Le dernier d'entre eux était posté au niveau de la garde, dans ce qui ressemblait à une cabine de contrôle. Contrairement aux autres, il était assis, un tableau de bord remplie de commande s'étalait devant lui. Ses mains étaient fermement agrippées sur le guidon qui devait servir à diriger le vaisseau. Devant lui, une gigantesque sphère d'une matière ressemblant au métal enveloppait le sous-marin de son immense ombre. La pointe de l'épée émettait depuis déjà quelques minutes un genre de petit laser qui filait droit sur la porte.

-Vous en avez encore pour longtemps ? Demanda Corbeau depuis sa couchette. Je commence à avoir des fourmis dans les jambes.
-Menteuse. Lança Dragonne. Tu n'as pas de telles sensations dans un corps virtuel.
-Oh ça va, j'essayais juste de détendre l'atmosphère.
-Vous allez vous taire ? Gronda Peter depuis la cabine de pilotage.
-Apparemment je me suis loupée, chuchota l'américaine en poussant un petit soupir.

La porte finit par s'ouvrir au bout de deux minutes de patiences supplémentaire, le sous-marin s'y engouffra presque aussitôt.

-Souvenez-vous de vos instructions, indiqua la voix du professeur Belpois. Le monde virtuel que vous allez découvrir est une gigantesque forêt. L'ennemi pourrait surgir de n'importe où. Gardez les yeux bien ouvert. Et prenez soin de « Noire Soeur »
-On est au courant, répondit Dragunov.
-Bien.

Tandis que le sous-marin émergeait, Corbeau ne put s'empêcher de faire une nouvelle remarque :
-« Noire Soeur », pas mal comme jeu de mot.
-Merci.
-Mais vous allez vous taire ? Se plaignit Renarde avant de reprendre sur un ton plus simple. Professeur ? Nous avons un problème : il fait nuit.
-Comment ça ?
-On distingue clairement les plates-formes dont vous nous avez parlé. Mais le ciel est noir.
-Étrange.
-Débarquez-nous, ordonna Peter.

Les cinq passagers du sous-marin furent ainsi instantanément transportés sur le sol de Lyoko, mais à leur grande surprise. Ils ne virent aucune forêt.

-Il semblerait que ce monde soit en pleine ère glaciaire.
-Qu'est-ce que vous voulez dire ?
-Il n'y a pas d'arbre ici, on ne voit que de la glace à perte de vu.
-Peut-être que cet endroit possède différentes saisons, suggéra Corbeau.
-Possible, en attendant cela change beaucoup de chose. Restez vigilant.
-Ça ira, rassura Dragunov. Avec un terrain comme celui-là, l'avantage est que l'on peut voir tout ce qu'il se passe à des centaines de mètres.
-Moi ça ne me rassure pas, répliqua Dragonne. Cela veut dire que nos informations ne vont pas nous servir à grand chose.

L'escouade de Peter était situé sur un petit plateau étonnamment plat, devant eux, un pont de glace menait à une autre plate-forme un peu plus particulière. En effet, deux immenses icebergs s'élevaient à plus de quarante mètres d'altitude. L'un semblait avoir été sculpté à la main, puisque sa forme était étonnamment lisse et droite. Sans la moindre fissure ou excroissance de glace sur sa paroi à l'exception d'une brèche, dans laquelle coulait une petite cascade Le second en revanche était plus grossier. Il n'était pas exactement droit, et des sortes de défenses d'éléphants semblaient avoir poussées séparément de différents côtés de la paroi pour se rejoindre au sommet. Les deux sculptures étaient reliées par un autre pont de glace. Au loin, on pouvait distinguer assez clairement d'autres icebergs formés de différentes manières.


-Tout le monde est prêt ? Demanda Peter.
Chacun des soldats hocha la tête. Ils étaient tous vêtus de la même manière, une combinaison noire avec le logo de « Silver wings » cousu sur la poitrine et dans le dos. Mais leurs armes étaient très différentes. Dragunov était équipé d'un immense marteau de guerre, dont le manche à lui seul mesurait près de deux mètres. Peter possédait un long cimeterre à deux mains, avec une lame rouge partiellement dentelée. Les filles s'étaient contentées de leurs armes habituelles. Un arc pour Dragonne, un fusil sniper pour Corbeau, et deux pistolets pour Renarde. Leurs combinaisons conservaient les mêmes capacités que celles de leurs prédécesseurs : Des lances-grappins sur chaque poignets, et un disque générateur de bouclier dans le dos.


-Souvenez-vous que notre mission se résume seulement à la collecte d'information. Ni plus, ni moins. N'engagez le combat que si c'est absolument nécessaire. Compris ?
-Oui.
-Attendez ! Prévint Belpois. Le radar détecte quelque chose sur la plate-forme en face de vous.
-C'est un humain ?
-Je ne pense pas, mais allez vérifier tout de même.

L'escouade se mit en mouvement, et traversa le pont de glace. Il ne fallu pas longtemps avant d'apercevoir un kankrelat qui allait à leur rencontre. Peter fit signe à son unité de s'arrêter.
-Beurk, fit Corbeau en apercevant le monstre. Il est super moche.
-Et petit, ajouta Renarde. Il ne doit pas être là pour nous empêcher de passer.
Le monstre s'arrêta devant Dragunov, mais celui-ci l'écrasa sans ménagement d'un coup de marteau.
-Qu'est-ce que vous faites, s'étrangla l'américaine. Je croyais qu'on ne devais engager le combat que si on avait pas d'autres options.
-Ce truc n'est pas là pour combattre, mais pour évaluer notre nombre et nos armes. Ce qui veut dire que nous sommes déjà repéré, et qu'en plus nos ennemis sont renseignés à notre sujet. Le combat est inévitable à présent.

A peine eut-il le temps de finir sa phrase qu'une météorite tomba du ciel et écrasa Corbeau. L'impact fut tellement impressionnant que les autres combattants furent projetés sur plusieurs mètres. Furieux, Peter releva la tête, et ce qu'il vit ne lui plut pas du tout.
-Je vous ai manqué ? Sourit Heath en arrachant un énorme morceau de glace du sol.
Prit d'une impulsion soudaine, Renarde dégaina ses revolvers, et tira quatre coups de feu. Mais contre toute attente, ses balles allèrent s'écraser contre la cuirasse de pierre dont l'allemand était recouvert.
-Toujours aussi inutile, c'est bien de voir que certaines choses ne changent pas.
-Eloignez-vous, ordonna Peter à ses troupes en allant se nicher au sommet d'un iceberg à l'aide de son grappin. Il fut rapidement imité par Dragonne et Renarde. Mais Dragunov se saisit de son marteau, et tenta d'asséner un violent coup sur la tête de Heath. Ce-dernier n'eut qu'à lever la main gauche pour parer l'attaque, et le repoussa d'un coup de pied dans le plexus. Le russe s'envola sur quelques mètres avant de retomber lourdement sur le sol, abasourdi par la puissance de son ancien apprenti. Ce dernier renvoya le marteau aux pieds de son adversaire. Et planta son morceau de glace dans le sol pour s'en faire une barricade. Il réitéra l'opération deux fois, jusqu'à n'être plus visible par aucun des membres de l'escouade.

Du haut de son iceberg, Peter analysa la situation. Heath était recouvert de la base du coup jusqu'aux pieds par une armure de roc. Une protection impénétrable, mais qui ne recouvrait pas sa tête. C'était là qu'il fallait frapper. De plus, à en juger par la violence de l'impact lors de son entrée fracassante, il devait peser une tonne. La vitesse n'était donc pas sa tasse de thé, une théorie qui ne faisait que se renforcer par la posture défensive qu'il avait adopté. En plus, son armure le rendait trop confiant. Rendre le marteau avait été une erreur, il aurait mieux fait de le jeter dans la mer numérique.

-Dragunov, détruisez son rempart centrale pour que Dragonne et Renarde l'attaque à la tête.
-On est trop loin, remarqua la coréenne, ça ne va pas être facile.
-Faites ce que je dis !

Le russe ne se fit pas prier, et abattit son arme sur l'abri de fortune de l'allemand. Aussitôt, les deux filles tirèrent sans retenu à travers l'ouverture fraîchement créer.
Cependant, Dragonne s'arrêta net, car malgré la distance, elle remarqua aisément que Heath n'était plus là. En revanche, Renarde vidait ses chargeurs avec une telle hargne qu'elle fut incapable de faire preuve du même discernement que sa petite amie. Cette dernière la rappela à l'ordre d'un soufflet derrière la tête.
La situation n'avait pas échappée à leur chef d'unité.

-Dragunov ? Que voyez-vous ?
Le russe risqua un coup d'oeil dans la cavité qu'il avait créée avant de se retourner, visiblement alarmé.
-Il y a un..., commença-t-il avant qu'une main de pierre ne surgisse du sol et ne l'attrape par la cheville. ...Trou !
Heath l’entraîna dans son tunnel de glace, le plaqua au sol, et éclata son crâne d'un coup de talon rocheux le renvoyant instantanément d'où il venait.
Peter pesta.

-Ne bougez pas ! Ordonna-t-il avant de se prendre un laser dans le dos, l'envoyant s'écraser au pied de son iceberg.

Dragonne se retourna, une escadrille de six frôlions filaient dans leur direction et une pluie de lasers les força à chercher refuge derrière les défenses de glace de leur iceberg.


Usine, même moment.

Confortablement assis devant son pupitre de commande, Franz Hopper assistait avec une joie non-dissimulée la réussite de son assistant.
-On dirait bien que nos amis ont finit par se choisir un camp.
-Ils sont déjà là ?
-Oui, ton discours ainsi que la mort de l'un des leurs ont fait leur effet.
-A la bonne heure, tu peux allonger le tunnel s'il te plaît ?


Lyoko.

Peter grogna de rage face à la débâcle que prenait son escouade, même si celle-ci n'était pas une surprise. Après tout, une si petite escouade n'avait pour but que de collecter des informations. Ça avait toujours été leur objectif. Mais perdre contre Serpent une deuxième fois lui était insupportable. Jamais il n'aurait imaginé le trouver ici. Cependant, quelque part cela faisait ses affaires. Il allait pouvoir se débarrasser de deux de ses problèmes d'un seul coup.

Se fiant à son instinct, il planta son cimeterre dans la glace. Heath eut à peine le temps de s'écarter, mais la lame lui entailla la joue. Furieux, il brisa le sol sous les pieds de l'américain qui chuta juste devant lui. Les deux rivaux se faisaient face avec un calme terrifiant. Peter attaqua le premier, il tira son grappin sur la gauche de son adversaire et le rembobina pour se projeter plus rapidement sur lui dans le but de lui trancher la tête. L'allemand qui croyait la lame de l'américain trop grande pour un coup circulaire dans le tunnel, pu heureusement lever son bras à temps pour bloquer l'attaque. Mais Peter lui asséna un coup de boule en plein visage.

Loin d'avoir été ébranlé par l'attaque, Heath répliqua par le même coup. Cependant, malgré sa puissance. Son adversaire tint bon grâce à son grappin, et égratigna à nouveau le visage du psychopathe. Il en profita alors pour lui sauter sur les épaules, et tenta de lui perforer la tête. Heath balaya ses chevilles, le saisit par le pied, et l'envoya s'écraser au fond du tunnel. Peter voulut se relever, mais l'allemand l'en empêcha en plantant son pied dans son estomac.

Heath ramassa le cimeterre.
-C'est un bien beau jouet que tu as là, dit-il en observant le mur lézardé par le coup circulaire de son rival. Heureusement pour moi, je suis plus résistant qu'un bout de glace.
-Tu es aussi beaucoup plus rapide que je ne le pensais. Répondit le cannibale de son habituelle voix douce. J'imagine que tu peux contrôler ta masse, et par la même occasion la solidité de ton armure. Si je l'avais su, je t'aurais eu.
-Mais tu ne m'a pas eu, répondit le psychopathe avec un sourire moqueur. Dommage pour toi.
Peter observa la peau de son ennemi juré, elle semblait bien plus fine et fragile qu'au début du combat. Ce qui confirma ses soupçons. Heath ferma le poing, et une faux de pierre poussa sur son poignet. Il saisit l'américain par la gorge.
-Tu n'as rien gagné du tout mon pauvre Serpent. Je vais revenir, plus fort, avec plus d'hommes, et une belle surprise rien que pour toi. J'ai hâte de voir ce que tu...
Il n'eut pas le temps d'en dire plus, Heath lui avait tranché la tête.
-Pardon, je t'ai coupé ? Demanda-t-il avec humour.


Pendant ce temps, Renarde et Dragonne n'en menait pas large face aux frôlions. L'indienne avait déployé son bouclier, ce qui lui permettait de tirer à découvert. Mais la coréenne était obligée de se servir de ses deux mains pour utiliser son arc.
Elle tenta de se montrer pour tirer, mais un des monstres qui guettait sa sortie l'accueilli par un laser en pleine poitrine. Dragonne perdit pied et tomba dans le vide, mais son grappin se planta dans la bête qu'elle attira vers elle pour lui planter sa flèche dans le front. Malheureusement pour elle, sa chute eut raison de ses derniers points de vies.

Renarde était seule face à encore quatre frôlions. Mais contre toute attente, les monstres arrêtèrent de tirer. L'indienne recula prudemment, avant de se faire empaler par une lame rocheuse.
-Je t'ai manquée ? Susurra la voix Heath avant de la laisser disparaître dans une flopée de pixels.




3 Septembre 2001, Usine, 12h 10


Le Professeur Franz Hopper réajusta ses lunettes, et se trémoussa sur son siège. La victoire était totale, mais leurs ennemis en savaient un peu trop à son goût. Il avait passé des jours à améliorer l'avatar de Heath, et savoir que la plupart de ses secrets avaient déjà été percés à jour le dérangeait.

-Dis moi, ton espion, tu es vraiment sûr qu'il est fiable ?
-Pour la sixième fois, oui ! Ces informations n'étaient-elles pas correctes ?
-Pour une petite bataille comme celle-ci, cela ne veut rien dire. Moi je veux être absolument sûr qu'il ne nous trahisse pas au pire des moments.
-Je comprends votre inquiétude, mais je réponds entièrement de cette personne. Elle n'a aucune raison de nous trahir. Ou plutôt, elle a toute les raisons de nous aider.

A moitié convaincu, Franz se gratta la barbe en réfléchissant.
De son côté, l'allemand n'était pas inquiet. Il traversait le cinquième territoire afin de terminer ce qu'il avait commencé plus tôt dans la journée. Une fois arrivé à la voûte céleste, il eut la satisfaction de découvrir que les prothéens n'avaient pas attendu son appel pour se présenter. Ce qui le mettait d'autant plus à l'aise.

-Alors ? Dites moi mes amis, qu'avez vous vu ?
Aucune réponse, parfait.
-Je vais vous le dire moi, vous avez vu une bande de monstre, de voleurs, de tueurs ! Ces choses sont venu sur ce monde, et ils n'y ont apporté que violence et misère !

Une clameur furieuse vint saluer ces paroles. Heath continua :

-Vous vous demandez sans doute ce qu'ils feront de vous si jamais ils venaient à prendre Lyoko ? En toute sincérité, moi-même je l'ignore ! Mais que pouvez-vous attendre de ces êtres répugnants qui n'ont pas hésité à tuer vos frères et vos sœurs ?

La clameur laissa place à un genre de grondement numérique, Heath tenait sa proie dans sa toile.
-Votre créateur n'est pas un combattant, il ne peut prendre part personnellement à cette guerre. Il ne peut que vous donner la force de défendre ce territoire qu'il a créé pour vous ! Il m'a envoyé dans le but de vous guider vers la voix de la victoire, la seule qui vous offrira la vie qu'il vous avait destinée sur ce monde ! Je vous le redemande donc : prendrez-vous part au conflit ? Vous battrez vous au risque de voir encore certains de vos semblables mourir ? Ou attendrez-vous que ces êtres vous exterminent tous et prennent ce monde qui est le votre ?

-Nous prendrons part au conflit !
Heath tendit son poing dans les airs, et se frappa le cœur.
-Je suis Heath le Serpent ! M'acceptez-vous comme Général ? Me laisserez-vous vous conduire au combat pour la liberté de votre monde ?!

-Général Serpent ! Général Serpent ! Général Serpent !

Un sourire triomphant s'afficha sur le visage de l'allemand, lui qui avait découvert ce monde il y a moins de deux semaines. Il se sentait déjà chez lui.

De son côté, Franz retira ses lunettes, et se frotta les yeux. Bien qu'il fut soulagé d'assister à la réussite de son assistant, il ne put s'empêcher de pousser un profond soupir.

-« Général Serpent »... Ah, les ados...
-J'ai entendu.
  Sujet: [Fanfic] Game of Power  
Tyker

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 22 Aoû 2016 04:23   Sujet: [Fanfic] Game of Power
Bon... Je n'ai même pas encore commencé la lecture, et je remarque déjà qu'il n'y a pas de prologue. Ok ce n'est qu'un détail et c'est sous forme de série, mais bon même dans la série ils t'ont sortis une petite scène d'intro dans le premier épisode. Bref je trouve ça un peu dommage, Sad .

Alors déjà quelques petites remarques

Spoiler



Bon passons à la fic maintenant.

Alors déjà beau boulot pour ce qui est de l'univers. On voit que tu y as passé beaucoup de temps. Le souci, c'est que comme il n'est pas très bien expliqué (et là je te conseilles de prendre exemple sur Icer et George RR Martin et de rajouter des annexes sur les différentes Maisons, le régime de XANA ect...) J'ai passé un peu plus de temps à me poser des questions sur l'univers qu'à l'apprécier. C'est un peu dommageable quand même, surtout après un tel travail.

Alors je ne suis PAS DU TOUT fan du fait que tu te serves des noms des acteurs de Game of Thrones pour nommer tes personnages, en tant que fan de GoT ça me rend un peu confus et ça me fait sortir de l'histoire... Surtout que bon... Y'a des moment où j'ai cru voir un cross-over avec Walking Dead. J'aime bien les Sauveurs, mais là aussi tu aurais pu changer le nom. Bref j'ai l'impression que tes inspirations envahissent ton récit, ce qui est plutôt gênant. Sad

Attention, je ne dis pas que nommer un personnage comme l'un des acteurs de GoT est un défaut, je trouve simplement que tu l'as trop fait. Et que du coup, ce qui pourrait être vu comme un simple clin d'oeil est beaucoup trop visible. C'est vraiment dommage.

Niveau Style c'est très bien, si on oublie les quelques coquilles. (j'ai pas tous noté désolé ^^') Je ferais seulement une remarque sur le fait que tu en fait beaucoup avec GoT à mon sens:

Que le nom de ta fic se rapproche de celui de GoT... Ok

Que tu t'inspires du style de George RR Martin pour écrire ta fic... Pourquoi pas?

Mais en plus que tu en rajoutes des couches et des couches avec les noms des acteurs qui sont omni-présents ou que tu nommes tes persos comme ceux de GoT... (Samuel/Samwell, Walter/Walder, Alliser Thorne). Non là c'est trop.

Tu t'es laissé un peu trop envahir par Game of Thrones, du coup, moi je suis sortie de l'histoire... Ce qui fait que j'ai pas tous lu, j'avais plus envie de lire Crying or Very sad

Je suis un peu triste quand même, parce que l'histoire a l'air super, et que tu as beaucoup de bonnes idées. Je suis même déçu de pas pouvoir continuer. Enfin bon ce n'est pas bien grave, ta fic a tout de même un bon niveau à mes yeux. Mais à l'avenir, ne laisse pas les références que tu as envie de faire sur tes œuvres favorites envahir tes récits. Ou alors varie-les, parce que là c'est oppressant.

Enfin bon, bon courage pour la suite Wink
  Sujet: [Fanfic] Du sang sur la neige [Terminée]  
Tyker

Réponses: 60
Vus: 35860

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Sam 20 Aoû 2016 20:58   Sujet: [Fanfic] Du sang sur la neige [Terminée]
Bon euh... C'est en parcourant cette fanfiction géniale (je vous emmerde Mr. Green) que je me suis rendu compte d'un truc complètement débile... Je n'ai jamais répondu aux derniers commentaires postés (facepalm). Une erreur que je me dois de corriger SUR LE CHAMP! C'est donc après *regarde les dates* euh... Un an et cinq mois (Sans déconner?! Neutral ) que je vais répondre à tous ces commentaires. Je vous présentes donc mes plus plates excuses.

Spoiler


Cette image géniale d'Harley Quinn vaut bien toutes les excuses du monde non? Mr. Green

__________________________

Icer:


Citation:

Ok lol alors en gros le chapitre 13 consiste a doubler le nombre de morts total sur la fic. Le scénario habituel donc.


Rappelle-moi qui m'a dit que ma fiction manquait de mort? Mr. Green

Citation:
Cela promet. L'apparition de mots clefs type "Belpois" ou "Schaeffer" est l'équivalent du point Godwin pour Code Lyoko. Ça ne peut que plaire. On sent le travail scénaristique de longue haleine.


Si on tient compte du délai de parution entre les chapitres deux et trois de Pandémonium... Oui ce fut long Smile

Citation:
Bref, excuse la brièveté de ce commentaire, je suis dans le train et je viens de me tuer les yeux a lire ton p*tain de gris en pleine nuit mais je suis content que tu sois allé au bout de cette œuvre très... personnelle.


J'accepte tes excuses si tu acceptes les miennes (a), non mieux, j'accepte tes excuses si tu convaincs TOUS LES AUTRES d'accepter les miennes. Mr. Green
Mais t'en a sûrement pas grand chose à faire... alors bon... euh... Je suis niqué? Sad


Silius Italicus:

Bonsoir cher Silius, ta courtoisie m'a beaucoup manqué Smile

Citation:
Le fonctionnement interne de l'organisation m'échappe un peu. Les directeurs sont tous des alliés reluctants, qui attendent de pouvoir consommer l'empire de leur voisins, à l'exemple du Docteur et de Warren.


Les directeurs de chacune des branches de l'organisation ne travaillent ensembles que par intérêt, ils ne sont pas amis. Mais chacun d'eux est conscient qu'il ne pourra jamais être capable de diriger à lui tout seul une organisation de cette envergure. Et ils ne mélangent pas leurs différents business, le trafic d'armes va avec le trafic d'arme, la recherche scientifique avec la recherche scientifique, la drogue avec la drogue ect...

Pour ce qui est d'Adam Warren et du Docteur, c'est un peu plus compliqué. Warren a décider de remplacer le Docteur, pas de se placer lui-même à la tête de son département. Il a considéré qu'il avait fait son temps (et tous les autres membres sont de son avis), et il a décidé de saisir l'occasion pour arrondir ses bénéfices en forçant le départ du Docteur par... la force (facepalm) et en le remplaçant par un homme de confiance. Mais son ignorance des sujets scientifiques font qu'il ne sera jamais à la tête de cette branche de l'organisation, il pouvait cependant obtenir ainsi un droit de priorité et des avantages loin d'être négligeables.

Citation:
Pourquoi diable laissent-ils échapper celui du docteur et ses secrets au profit d'un jeune blanc-bec ? Ce dernier d'ailleurs se fait calife à la place du calife et commence d'ailleurs à conclure une alliance avec le russe pour sauver ces intérêts


Tout simplement parce qu'aucun autre scientifique de l'organisation ne parviendrait à comprendre les secrets du Docteur comme Tanner le fait. Et il ne le laisse pas s'échapper, il lui ont simplement offert une promotion.

Citation:
Cela dit en l'état votre récit se suffit à lui-même ; vous pourriez ne jamais écrire de suite sans que cela pose de problèmes.




Beaucoup ne sont pas de ton avis Mr. Green.


Willismine:


Citation:
La hache de Game of Throne qui s’abattait dans la saison 1 sans qu’on voit de jet de sang méthode Monty Python. Ça manque.


C'était une épée Mr. Green, et ensuite on a vu son corps décapité a l'épisode suivant, pas forcément le meilleur exemple. Mr. Green



Citation:
Ensuite, je trouve bizarre cette façon d’entraîner des troupes qu’on a dans ton microcosme. Tu ne maltraites pas des personnes que tu entraînes à tuer, à moins de ne pas craindre qu’ils se retournent contre toi Surprised ... C’est une méthode qui à mon avis est une preuve de stupidité profonde. Je ne suis pas sûre que ton Serpent aurait eu besoin de cela pour faire son carnage final, si on se fie à sa passionnante mentalité.


Tu n'as jamais vu "Full metal Jacket"? L'entrainement militaire présent dans ce film m'a servit de base d'inspiration. Je te laisse y jeter un oeil et faire ton propre opinion Wink.

Citation:
Tu ne maltraites pas des personnes que tu entraînes à tuer, à moins de ne pas craindre qu’ils se retournent contre toi Surprised ...


Ce sont des enfants, à première vue, ils ne représentent bien évidemment pas une menace pour une organisation criminelle mondiale. Et de toute façon, Serpent se serait rebellé contre elle après que Warren lui ait tranché les bras. Et puis bon, comment tu veux apprendre à des enfants à être des tueurs pros si tu ne leur donne pas un petit avant-goût de ce qu'ils vont subir? Rolling Eyes Au fond ils comprennent très bien qu'ils en ont besoin.


Je ne vais pas vraiment répondre au reste car il s'agit principalement de critiques orthographiques ^^' Je vais juste poser une question par rapport à un point en particulier:

Citation:
Beaucoup de virgules qui piquent la place des points et font des phrases à rallonge. Ça progresse avec le temps et les chapitres, mais bon sang, c’est un repoussoir


Je suis assez étonné en lisant cela, je lis très souvent des phrases qui fond trois voire quatre lignes de long remplies de virgules. (Je citerais bien un exemple, mais je suis aux US et tous mes livres sont en anglais ^^') Du coup je me demandes vraiment quel est le juste milieu. Shocked

Bref, merci pour toutes tes petites notes, elles seront prises en compte Wink.

*S'étire* Voilà! Une bonne chose de faite. Je suis quand même un peu honteux d'avoir laissé ça traîner pendant tous ce temps, je vais faire en sorte que cela n'arrive plus. (enfin je vais essayer Mr. Green)

Sur ce, il est temps de définitivement tourner la page sur Du sang sur la neige, après deux ans et huit mois (putain c'est vieux).

A la prochaine Wink.
 

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