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  Sujet: [Fanfic] Mondes Alternés  
VioletBottle

Réponses: 97
Vus: 51121

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 30 Sep 2018 17:15   Sujet: [Fanfic] Mondes Alternés
Plus d'un an plus tard, qui revoilà ?

A vrai dire, je n'ai que peu d'excuses, à part peut-être ma mémoire défaillante qui m'a fait croire pendant longtemps que j'étais la dernière à avoir posté ici. C'est en cherchant quelque chose sur le forum que oh surprise, finalement il n'en est rien. Qu'à cela ne tienne, donc. Elle va bien se finir un jour, cette fanfic.

Bref. Suite des évènements sur Parade, et on va tâcher de ne pas retourner trop vite dans les abysses après cette reprise. En tout cas, ça fait longtemps, et ça fait bizarre de revenir, mais ça n'est pas désagréable... Smile

Bonne lecture à tous !

_____________



Monde 3
Parade
Roads untraveled



Un fracas soudain secoua Ulrich. Sentant un vide atroce au-dessus de lui, il n'osa ouvrir les yeux, la poitrine compressée par une angoisse sans raison. Pris d'un frisson, son dos sursauta et retomba sur une surface douce et confortable. Douce… ? Confortable.. ? La dernière chose que ses sens avaient enregistré pour cette zone était, pourtant, la rigidité et la froideur de l'acier… Soudain alerte, il réalisa que sa tête était surélevée par quelque chose d'une texture semblable à ce qui soutenait son corps. Pour un peu… se croirait-il à l'internat de Kadic. Mais il manquait quelque chose, un lien entre son dernier souvenir, sa dernière sensation et ce que lui renvoyait l'instant présent. Les trois éléments étaient décousus, confus. Peu à peu, Solar Building lui revenait, la bataille dans la tour, les adieux à Elizabeth , le scanner… Puis le noir, le vide et cette voix, posée contre son oreille, murmurant des mots dénués de sens qui l'effrayaient. Il s'était senti seul, malade, incapable de riposter, redevenu un enfant et perdu dans des évocations de souvenirs qu'il s'était pourtant acharné à repousser… Mais pourquoi, pourquoi brutalement le traitait-on avec autant d'égards ? L'avait-on déplacé ? Sauvé ? Ses amis peut-être ? Jérémie, Aelita, Odd, Yumi… Ils avaient donc pu se sauver et le retrouver ?

Un nouveau bruit sourd lui parvint de loin, plus aigu cette fois, un mélange perceptible de rage et de peur. Lui répondit un crachat de venin, des mots venimeux mais contenus, voilé à demi par d'autres voix fermes. Du monde… Il n'était pas seul… Il devait aller vers eux, il devait trouver une issue, comprendre… Il devait y avoir une raison… Il se leva douloureusement, les yeux entrouverts par la crainte et la confusion.

_____________________________________________________________


Odd étira ses jambes, la brume autour de son esprit se dissipant avec douceur. Une sensation de chaleur l'enveloppa en échange, et il s'y lova, heureux comme un dimanche matin. Un coussin moelleux intercepta sa joue alors qu'il se retourna en grognant, un sourire béat aux lèvres. Il lui fallut un temps avant de se rendre compte des courbatures dans ses membres, de la sensation de décalage horaire qu'il le maintenait assommé et du vertige persistant alors qu'il était à l'abri dans son lit… Quelque chose clochait. Mais il se sentait tellement empâté…

Attendez une minute… Il pouvait sentir quelque chose à nouveau ? Quoi ?

Le coup de grâce de sa léthargie fut donné quand la porte de sa chambre claqua rudement le mur, accompagné d'un juron bien senti. Mais il ne s'agissait pas d'Ulrich, qui pourtant avait l'habitude des entrées fracassantes après un appel de son père ou une discussion avec Sissi… La voix était féminine, aux accents durs et aux « r » roulés. Surpris, il ouvrit les yeux… Et se retrouva coi, pris de court.

Devant lui, une inconnue d'une vingtaine d'année, aux cheveux fous et flamboyant comme de la terre désertique, emmêlés dans un bandana aux couleurs du ciel nocturne, la peau légèrement dorée et parsemée de taches de rousseur, les yeux d'un bleu d'océan perçant, le regard fatigué mais puissant, et une tenue couleur poussière et asphalte, le dévisagea, tout aussi prise de court que lui. Elle fronça les sourcils un instant, puis elle soupira en fermant la porte plus convenablement. Odd resta figé et la fixa. Même avec tous les efforts de mémoire du monde, il n'arrivait à se rappeler d'elle… La connaissait-il ? Et que faisait-elle dans sa…

Une minute. Ce n'était pas sa chambre !

Il se retourna, pivotant sur lui-même sans quitter le lit. La pièce était encadrée de murs de fer rouillé qu'on avait tenté de masquer maladroitement avec des tentures rouges bordeaux. Un autre lit, au squelette en fer tordu comme pour imiter un style ancien et couvert de draps décolorés légèrement défaits, était accolé au mur opposé au jeune homme. Des unités centrales, absolument futuristes pour Odd mais à l'air abîmées par le temps, jonchaient le sol de-ci de-là, vrombissant et diffusant leur chaleur dans la chambre. Il n'y avait en revanche aucune fenêtre, la seule lumière provenant d'une parade d'ampoules pendant paresseusement du plafond. Que… Où était-il ? Et où étaient ses amis, et où étaient les Versaliennes…

Les quoi ? La tête d'Odd se heurta à une migraine violente. L'effort de mémoire lui coûtait plus d'énergie que pendant ses contrôles de science ! Il avait l'impression de tourner au ralenti, de voir un monde qui lui semblait familier devenir soudain inconnu, et quand il pensait tenir un souvenir, il jurerait que son esprit voulût le lui arracher illico… Il se laissa retomber lourdement sur le coussin, sa tête paraissant peser des tonnes pendant la chute. A chaque clignement d'oeil, un flash lui parvenait, rappelant à lui l'immense tour de Solar Building et les paysages fantastiques de Verso… Et des visages, des noms, des paroles… Tout son passé plus ou moins récent lui roulait dessus…

Le lit s'affaissa près de lui, dans un autre soupir. Odd dirigea laborieusement son regard vers la jeune femme, qui scrutait attentivement le jeune homme d'un air vaguement compatissant malgré un voile de neutralité. Il voulut parler, mais sa gorge sèche s'incendia au premier son. Il toussa douloureusement en se repliant sur le côté. Un cliquetis se fit entendre, puis le matelas s'affaissa plus près de lui. La jeune femme tendait une flasque vers lui.

— Tiens, bois, ça va te réveiller, ordonna-t-elle.

Odd ne se sentit pas d'argumenter, et sans y réfléchir saisit la flasque et but. Une sensation de chaleur chocolatée passa dans sa gorge, se répandant dans les canaux de son nez et de ses oreilles. Il respira, l'inflammation s'atténuant. Il nageait encore en plein brouillard, aussi ne força-t-il pas et se contenta-t-il de tendre en retour la flasque et d'articuler, un son après l'autre :

— Où je suis ?

— Chez le Professeur, dans la région d'Auralvald. Et tu viens de loin.

— Je me sens complètement dans les choux…

— C'est normal, la machine du Professeur fait toujours ça, la première fois. Il faut un petit temps d'adaptation, mais tu devrais t'en remettre dans quelques instants. N'insiste pas trop en attendant, tes esprits vont revenir d'eux-même.

Il suivit le conseil et se redressa doucement, prenant appui sur le mur en grinçant des dents. Plus le temps passait, plus il avait des questions, mais n'avait pas la moindre idée d'où commencer… Bon sang, Odd le magnifique perdait sa contenance face à une fille ! Et ce n'était pas comme s'il n'avait jamais emprunté de scanner pour savoir ce que ça faisait… Ca avait été aussi dur, sur Solar Building ? Le souvenir était déjà flou… Il parvenait à reconstituer l'attaque, son alter et Elizabeth, la rageuse et persistante Elizabeth… Et ce Belpois, froid, implacable, tout ce qu'aurait été Jérémie s'il n'avait pas été… Eh bien, s'il n'avait pas été Jérémie. Doucement, Odd délia la pelote de fil, et revint sur Verso. Aelita et cette jeune reine, Eli… Le coeur et XANA, Asali… Le coeur…

— Verso ! Je ne me souviens pas de la fin de la mission, je ne sais plus ce qui…

La jeune femme désigna de la main la flasque d'un air entendu. Il crut apercevoir un froncement de sourcils contrarié, mais n'en était pas certain. Elle se cala contre le mur et annonça de but en blanc, d'une voix maîtrisée :

— Le Professeur n'a jamais pu retrouver Verso. Il y a consacré du temps et des recherches, mais à l'heure actuelle, ce monde est considéré comme disparu.

Une enclume s'abattit sur le crâne d'Odd. Aussitôt, il se souvint, la mission de Yumi, Asali, les Thalaam, et la sensation que tout s'effondrait, qu'il se déchirait, qu'il allait mourir… Ses amis ! Ils étaient au dehors quand la panique a commencé !

L'instant d'après, tout devint flou, et il n'était plus très sûr de comment réagir correctement, mais jamais il ne s'en était aussi peu intéressé.

— Les autres… Les autres, ils sont là, hein ?

Quelque chose de fugace passa dans les yeux de la jeune femme, quelque chose qu'Odd ne put interpréter, un étau commençant à enserrer sa poitrine. La panique se glissa le long de son dos et commença à lui tordre la nuque, quand il eut sa réponse :

— Jérémie, si le blond en bleu s'appelle bien ainsi, s'est réveillé il y a dix, ou vingt minutes. La fille en rose a suivi peu après. Ils sont chamboulés mais vont bien. Ton ami en vert s'est réveillé un peu plus sonné que les autres, mais il s'en remettait bien la dernière fois que j'ai vérifié. Ils doivent être tous dans une des chambres, à t'attendre.

— Mais… et Yumi ? Hoqueta-t-il, sa propre voix bourdonnant dans ses oreilles.

Soudain, un cri perça la porte de la chambre. Suivi d'un « Bong ! » sourd et d'un autre cri, plus terrifié. La jeune femme bondit hors du lit et se précipita dans la pièce d'à côté. Odd, perdu et craignant de comprendre, la suivit en ignorant ses jambes ankylosées. Il prit appui sur le mur, lançant son regard dans une espèce de grand salon de style XIXe, si ce n'était ces écrans d'ordinateur et ses plaques parcourues de circuits, empilées les unes sur les autres, ainsi que ces pièces de robot suspendues au mur par des crochets. Les murs en métal d'un gris hurlant étaient griffonnés et taggés de plans de ville et de machines, de notes éparses et occasionnellement de têtes de mort stylisées, le tout dans un improbable fouillis de couleurs passées tout juste lisible. Les yeux d'Odd furent si sollicité qu'il resta un instant figé dans le salon vide. Mais il sursauta à nouveau alors que la voix de la jeune femme s'ajouta à la cacophonie, depuis un couloir au fond de la pièce. Le jeune adolescent n'eut à le rejoindre que soudain, la dispute fit fracas dans le salon.

Ulrich, bien réveillé, raide de rage et vociférant comme jamais Odd ne l'avait entendu faire, plaquait un Jérémie visiblement secoué contre un mur, ses poings serrés autour de son col. Les lunettes du génie étaient tombées à ses pieds sous le choc, et il gardait la bouche ouverte, comme incapable de produire le moindre son. A côté d'eux, Aelita jetait son regard de l'un à l'autre, balbutiant quelque chose à Ulrich sans grand succès. Elle fut gentiment poussée en arrière par un jeune homme aux cheveux verts, légèrement plus jeune que l'inconnue. De son autre main, il saisit le poignet d'Ulrich et essaya de lui faire lâcher prise, ne parvenant cependant qu'à le retenir. Odd eut soudain la nausée en s'avançant vers ses amis. Quelque chose clochait… Il avait l'impression de ne pas les reconnaître, comme s'il avait devant lui une vision déformée de ses amis, comme si sa propre logique censurait leur image… Il savait que c'était eux, mais n'arrivait pas à les retrouver dans leurs mouvements, leurs voix…

— Qu'est-ce que tu as fait, hein ? QUOI ? Hurla Ulrich en fracassant le dos de Jérémie contre le mur, la colère gagnant des niveaux à chaque respiration.

La jeune femme se précipita sur lui et, avec l'aide du garçon aux cheveux verts, lui fit lâcher prise. Rapidement, elle se mit entre les deux garçons tandis que son camarade posa une main ferme sur l'épaule de Jérémie. Elle repoussa fermement Ulrich et tendit un bras vers lui pour le garder éloigné. Odd, sans trop réfléchir, la rejoignit et se tint en face d'elle, quoique trop tremblant pour être réellement impressionnant. Il ne sut pourquoi, mais il n'osait pas regarder Jérémie, pas plus qu'il ne se sentait capable de soutenir le regard d'Ulrich.

— Poussez-vous de là, siffla ce dernier en lançant un regard sans lucidité à la jeune femme. Elle ne broncha pas et resta campée sur sa position.

— Odd, pousse-toi bon sang ! Répéta-t-il en plantant ses pupilles dans celles de son ami, quoique chancelant encore sous l'effet de l'épuisement. Odd recula, incertain. Qu'Ulrich soit fatigué ne ferait aucune différence ; ils l'étaient tous les deux, et il connaissait assez le samouraï pour voir qu'il était aussi troublé qu'enragé.

— Mais enfin, qu'est-ce qui se passe ? Lança-t-il, ignorant le tambourinement de ses tempes qui s'acharnait à aller crescendo.

— Il va te le dire, tiens ! Il va te le dire, je te le garantis ! Grinça Ulrich entre ses dents.

Odd n'était pas si sûr de vouloir l'entendre, pourtant Jérémie murmura quelque chose, derrière lui, épuisé.

— On n'avait pas d'autres solutions, tu ne comprends pas…

— Ne t'avise SURTOUT PAS !

Ulrich amorça un mouvement vers Jérémie, mais aussitôt, le garçon aux cheveux verts tira la cible derrière lui. La jeune femme empoigna brutalement le jeune homme par le T-shirt et le maintint en place, les yeux rivés dans ceux d'Ulrich. Quelques minutes restèrent suspendues au plafond tandis qu'Odd alterna son regard entre un Jérémie tétanisé et un Ulrich fulminant mais faiblissant, dévisageant en retour la jeune femme, qui ne bronchait pas et maintenait sa prise sur lui.

— Vous êtes chez un vieil homme, vous seriez aimables de ne rien casser et de ne pas crier, trancha-t-elle, réveillant au passage Ulrich qui se redressa.

— Qui tu crois être pour me dire ça ?

— Je sais que vous avez perdu quelqu'un, et je sais que ça fait mal, mais ça ne donne aucunement le droit d'agir de la sorte, répondit calmement la jeune femme.

Machinalement, Odd s'avança et ramassa les lunettes de Jérémie. Il les lui tendit gauchement.

— Perdu… Qu'est-ce qu'on a… Où est Yumi ?

— Il n'y avait pas le temps, et plus les moyens, et tout aurait prit beaucoup trop de temps… Articula Jérémie.

Le garçon au cheveux verts lui frotta doucement l'épaule d'un air compatissant. Jérémie ne répondit pas, se passant une main sur le visage. Il avait l'air centenaire. Odd resta à la regarder, ébahi. C'était un mauvais drame, un de ces films sirupeux où on vous dit pour la trentième fois que le monde s'effondre autour de vous, que vous croyez à une blague ou que vous allez vous écrier qu'il doit y avoir une solution… Il se vit, dans sa tête, vivre toutes ses étapes, les anticiper avec angoisse, avoir tout juste le temps de les ressentir mais pas de les extérioriser. Il se souvint de la Terre, des éclats de rire, des courses contre le temps, du self, des pauses dans la cour et des fêtes… Tout à coup, ces souvenirs devenaient envahissant, malvenus, détestés. Quelque chose était en trop, dans chacun d'eux, et il ne savait pas quoi, et il ne voulait pas que ça se passe comme ça, et…

L'instant d'après, il s'entendit demander la direction vers les toilettes. Le garçon aux cheveux verts l'y guida avec une rapidité compréhensive. Odd ne prit même pas la peine de l'inspecter et tomba à genoux devant la cuvette, les bras en appui contre la surface en ferraille, le souffle erratique et l'estomac en sursaut. Il hoqueta une fois, puis deux, puis il cessa de compter, mais il n'y avait rien à vider et il se contenta de cracher, le ventre douloureux sous l'effort inutile. Son esprit n'était même pas soulagé, engourdi et incapable d'anticiper plus loin qu'une demi-seconde. Pourtant ce n'était pas sans précédent, déjà la première fois c'était Yumi, ils venaient tout juste de commencer, ils n'étaient pas encore tout à fait conscients de ce qu'ils tenaient au creux de leur petit secret, mais il se souvint que ce fut le pire des retours à la réalité. Ce n'était ni un jeu vidéo, ni un exercice scolaire, ils n'était encadrés par rien ni personne et tous les torts seraient les leurs… Sa mémoire bouclait confusément entre les paroles de Jérémie et celles de la jeune femme. Yumi était perdue sur Verso, du moins c'est qu'Odd avait cru comprendre. Mais Verso était perdue. Donc Yumi… Il continua à creuser, cherchant dans les conversations récentes le début d'un signe rassurant, quelque chose qui lui aurait paru obscur mais qui prendrait son sens maintenant, quelque chose d'utile, une faille dans le système… C'était comme ça, la première fois, ils avaient sauvé une vie comme ça, il n'y avait pas de raison... Puis il se souvint. Le génie, c'était Jérémie, pas lui. Lui, depuis le début, il faisait confiance à tout et tous, se contentant de songer qu'ils allaient s'en sortir tant qu'il y avait au moins une tête pensante, et que cette tête pensante n'était pas lui… Alors comment pouvait-il croire que du peu qu'il savait émergerait une solution… Son front heurta douloureusement le fer froid. Il n'avait aucune idée de ce qui était arrivé, ni de ce qui allait arriver. Tout ce qu'il pouvait supposer, c'est qu'ils s'étaient plantés, et en beauté. En retour, il n'y avait qu'à espérer que Jérémie trouve un plan pour la ramener… La mission n'était même plus dans son ordre du jour. Elle allait attendre. De toute façon, le peu qu'il en comprenait n'arrivait même plus à lui revenir, alors...

Laborieusement, il se redressa, et se heurta à quelque chose de fin. Au-dessus des toilettes était suspendu un miroir au cadre accidenté ; visiblement, il était de coutume de s'y cogner. Entre deux tournoiements, il vit les cheveux blonds et les yeux violets, mais là aussi, rien de précis ne se fixa. Il saisit le miroir et le stabilisa. Pas de doute, il était bien Odd Della Robia, mais tout dans ses traits étaient plus ferme et fatigué à la fois. Dans ses souvenirs, il n'était ni l'un ni l'autre. Mais surtout, il ne retrouvait plus les traits d'enfant qui remontaient ses pommettes quand il venait de blaguer. Quand il se détaillait, il avait l'impression de rater plusieurs épisodes. La nausée qu'il avait ressentie à la vue de ses amis le reprit, mais il ne s'y attarda pas. Pour la première fois peu désireux de rencontrer son reflet, il repoussa le miroir et rouvrit la porte des toilettes. De l'autre côté l'attendait toujours le garçon. Entre-temps, il s'était procuré un verre d'eau, qu'il tendit gentiment à Odd. Ce dernier le prit d'un geste fatigué.

— Ca s'est un peu calmé, là-bas. Si vous voulez, on peut vous laisser un peu de temps avant de tout vous expliquer, ça va sans doute faire beaucoup d'un coup…

— Non, on a pas le temps, répliqua depuis le salon la voix de la jeune femme. Job et Dana vont bientôt arriver, et tu sais comme c'est difficile pour eux de venir jusqu'ici, alors autant que leur visite soit efficace.

Le garçon soupira, mais ne s'opposa pas davantage. Il jeta un regard désolé vers Odd, qui n'eut à répondre qu'une profonde lassitude marquée sur son visage. Il n'avait plus l'énergie d'être Odd pour le moment.

Une fois de retour au salon, les deux garçons rejoignirent l'assemblée, déjà dispersée entre deux canapés en cuir noir. Jérémie était assis, droit comme un « i » entre l'accoudoir et Aelita, à peine moins tendue. Assis au sol, en face des deux adolescents, Ulrich fulminait encore visiblement, sans décrocher ses yeux de Jérémie, comme s'il n'attendait qu'un soupir plus haut que les autres pour fondre sur lui. Cependant le trio accusait clairement le coup ; les épaules étaient basses et les regards indécis.

La jeune femme était, elle, installée en tailleurs sur le canapé derrière Ulrich, le surveillant également de près. Le garçon aux cheveux verts la rejoignit et se laissa tomber sans aucune grâce sur le coussin restant. Il amorça un mouvement pour laisser Odd s'asseoir, mais ce dernier préféra le sol entre les deux canapés.

— Bien, posa fermement la jeune femme quand tout le monde fut présent, ne laissant même pas le temps à un silence pesant de les rejoindre. Je suis consciente que votre cerveau est embrumé, mais comme je disais, le temps nous est compté.

— Je ne veux pas perdre de temps non plus. Pas tant que nous ne savons pas qui vous êtes ni si nous pouvons réellement vous faire confiance, répondit Jérémie d'une voix clairement forcée.

Ulrich laissa échapper un rictus, faisant sursauter Aelita et Odd, mais que le chef fit de son mieux pour ignorer. Les deux étrangers en firent de même, mais le calme qu'ils inspiraient parvint à mobiliser la concentration d'Odd. Ca pourrait ne pas si mal se passer… La jeune femme reprit les rênes, passant son regard sur chacun des Lyoko-Guerriers.

— Mon nom est Annda, et à mes côtes, c'est Valdim, mon frère cadet. Ne nous cherchez pas de nom de famille, personne ne vous le donnera, et ce sera valable pour chacun de nos alliés que vous rencontrerez. Et oui, nous vous attendions. Vous faire venir ici n'a pas été une mince affaire, et je suis navrée du temps que ça a pris. Vous allez sans doute vous sentir dans un état second quelque temps, le décalage spatio-temporel est assez dur à encaisser quand on a pas l'habitude, mais vous retrouverez vite de nouveaux repères.

— Combien de temps… Commença Odd en se retournant vers ses amis, nauséeux à nouveau.

— Difficile de vous donner une date précise. Notre technologie ne permet pas encore d'établir les correspondances temporelles entre mondes, et personnellement, mes croyances me poussent à vous répondre que le temps est trop malléable pour que ce champ de recherches ait un avenir. Cependant, si je me base sur l'âge que vous donnait le Professeur et votre apparence, je dirais qu'il s'est passé au moins trois années physiques pour vous. J'en suis désolée, j'ai tenté de vous capter à Solar Building, mais vous n'y étiez déjà plus depuis longtemps.

Trois ans minimum… C'est pourquoi son reflet avait paru plus âgé… Odd regarda ses mains, la vue encore embrouillée. Il croyait y voir encore les lignes de sa jeunesse, mais soudain douta de lui. Et si son esprit n'arrivait pas à assimiler la réalité ? Il ne savait rien de ce fameux décalage spatio-temporel, mais une chose était sûre, il voulait que ça cesse.

— On ne l'a jamais ressenti jusque là… Tenta Jérémie, incertain.

— Verso est un monde virtuel, vous n'aviez pas de sensations physique tout court, n'est-ce pas ? Expliqua Valdim avec un petit sourire. Et vous n'avez pas fait d'écart temporel aussi violent entre votre monde et Solar Building. Là, on parle de plusieurs années passées à flotter dans le néant. C'est un peu comme une seconde naissance, avec tous les inconvénients. Annda n'a pas pu quitter le lit pendant trois semaines, après son seul essai de ce genre, ajouta-t-il en haussant un sourire taquin vers sa sœur aînée.

La jeune femme toussota, puis reprit : « C'est aussi pour ça qu'on ne perd pas de temps à vous dresser le contexte. Plus vous aurez de quoi appréhender votre environnement, moins vous vous sentirez dépassé. »

Les Lyoko-Guerriers hochèrent la tête. Jusque là, tout était plutôt logique… Mais de là à dire qu'ils se sentaient confiants, il y avait tout de même un monde.

— Alors… Où sommes-nous ? Se lança Odd en se massant les tempes.

— Comme je vous l'ai dit à tous à vos réveils respectifs, vous êtes dans la région d'Auralvald, mais plus largement sur la station-planète Parade. Nous sommes une plateforme de transition, un peu comme une station-service dans votre monde. Quand vous sortirez, vous verrez des espèces d'ascenseurs ; ils servent à passer d'une plateforme à l'autre…

— Attend, attend, interrompit Jérémie. Tu as dit… Planète ?

— Oui, enfin, le nom va vous paraître un peu déformé, relativisa Valdim en riant. Il est vrai que dans les textes anciens, une planète est un astre, mais après des années à l'utiliser à tort et à travers, le terme a été fixé pour les différents îlots artificiels de population qui gravitent les uns autour des autres.

— Îlots artificiels de…

— Hm, c'est sûr que ça ne doit pas être très clair dit comme ça… Ne vous en faites pas, je vous ferai visiter !

Odd répondit d'un sourire, bien qu'il n'était pas certain de vouloir sortir dans l'immédiat. Pour l'heure, il se contenta d'enregistrer chaque information telle quelle, espérant que tout prendrait son sens plus tard.

— Si vous êtes ici, c'est que le Professeur vous y a conduit, reprit Annda. Il vous recherche depuis de nombreuses années, et je le soupçonne d'avoir mené ses recherches illégales dans cet unique but. Vous êtes ici chez lui, mais il dort pour l'instant ; il n'est de retour chez lui que depuis peu. Mais il sera enchanté de vous voir.

— Et pourquoi devrions-nous être enchantés de le voir, lui ? Lança Ulrich en jetant un regard en biais à la jeune femme.

— Vous ferez comme bon vous semblera, rétorqua-t-elle en haussant un sourcil. Ceci dit, vous trouverez sans doute son histoire intéressante. Et enfin, sachez que nous ne sommes pas un groupe de pauvres hères en détresse, et que nous ne supplierons pas pour votre aide. Vous découvrirez bien assez tôt que, si vous pouvez en effet nous être utiles, votre survie ici est notre œuvre. Vous auriez pu continuer à errer pour des siècles avant d'être éventuellement interceptés par on ne sait quel savant fou sur un autre monde. Ca veut dire aussi, par extension, qu'on peut vous renvoyer. Nous ne serons pas votre pire cauchemar si vous n'avez pas l'intention d'être le notre.

Ulrich n'ajouta rien d'autre qu'un vague marmonnement.

— Donc, ce Professeur… Qui est-ce ? Reprit Jérémie, qui parvenait de moins en moins bien à cacher une certaine fatigue.

— Il a eu plusieurs noms. Quand je l'ai rencontré, il m'a dit s'appeler Ervin Nefic, mais il s'est présenté à Valdim sous celui de Yim Nravi. J'imagine que vous pourrez toujours lui poser la question, si vous tenez tant à le nommer. En tout cas, il vous connaît. Peut-être pas directement, mais en tout cas, plus que s'il vous avait juste vus en photo. Et assez pour juger nécessaire de risquer le bannissement en courant à votre recherche. Et d'embarquer des enfants dans des voyages intermondes.

Annda marqua une pause, un léger rictus sur son visage. Odd remarqua que la réponse n'avançait pas à grand-chose, mais ne chercha pas à le souligner. Il n'avait pas ce rôle dans le groupe, et de toute façon, il essayait encore d'ordonner tout ce qu'il venait d'entendre. Il se tourna vers ses camarades, qui bien que clairement secoués, semblaient tous s'en remettre mieux. Enfin, il n'en était pas sûr, mais…

Soudain, on toqua à la porte. Trois coups, qui aussitôt éteignirent les lumières, laissant pour seul éclairage un des robots suspendus au plafond. Sur les trois yeux qui ornaient son visage apparurent deux colonnes de trois points noirs. Certains virèrent au rouge, dans un code qu'Odd ne tenta même pas de déchiffrer. Par contre, Annda et Valdim en étaient clairement familiers ; la jeune femme soupira un « voyons voir » prudent tandis que son frère se releva avec enthousiasme et sortit de la pièce, chantonnant un « j'arrive j'arrive ! » d'une voix exagérément haute.

— Qu'est-ce qui se passe ? Lança Ulrich, sur ses gardes, loin d'être rassuré par le calme de la jeune femme.

— Oh, ça… C'est la sonnette d'entrée.

Un instant plus tard, et avant qu'un Lyoko-Guerrier n'ait le temps de répliquer, Valdim réapparut dans la pièce, suivi par trois nouveaux arrivants. La première, une jeune femme à l'allure élancée, des cheveux blonds et une mèche rose en cascade qu'elle libéra d'un chignon éprouvé, les laissant flotter autour de ses épaules le temps de retirer également le masque noir qui lui couvrait le nez et la bouche, fit une irruption lumineuse dans la pièce et salua ses occupants avec un naturel déconcertant. Son regard clair comme un matin d'été balaya avec une assurance tranquille la pièce, son sourire se renforçant au signe de main que lui adressa une Annda, pour la première fois depuis l'arrivée des Lyoko-Guerriers, fermement enjouée. Bien qu'Odd était davantage adepte des couleurs en vêtements, il devait reconnaître que la tenue teintée de noir et décorée d'une veste aux motifs treillis foncés par le temps faisait brillamment ressortir ses cheveux blonds. Du reste, elle respirait la confiance et l'expérience, ce qui capta l'attention et la méfiance d'Ulrich et Jérémie. Odd pouvait le comprendre ; la dernière fois qu'ils s'étaient retrouvés face à quelqu'un de semblable, le garçon avait provoqué la discorde dans le groupe avant de tomber entre les mains de X.A.N.A… Encore que la jeune femme, elle, semblait être bien plus mature que William à son arrivée...

Cette dernière se retourna et fit place pour le reste du groupe. Sur ses traces, un jeune homme à peine plus âgé qu'elle, noyé sous de larges vêtements gris terne, les yeux assombris par une casquette en laine noire bloquée contre ses tempes et une large écharpe assortie au masque de la jeune femme commençant à retomber nonchalamment, entra avec moins de panache. Depuis l'ombre de la visière, Odd le vit poser tranquillement son attention sur chacune des personnes du salon, peut-être davantage sur Jérémie, mais impossible pour le jeune homme d'en être sûr, ni d'en tirer une quelconque conclusion tant l'inconnu paraissait calme, voire inaccessible. Ce n'était pas l'assurance de sa compagne qui le rendait si imposant de tranquillité, mais davantage une neutralité qui se dessinait dans ses gestes patients. Il souleva sa visière pour saluer Annda, dévoilant des yeux sombres aux sourcils mélancoliques, mais son sourire était sincère. Il acheva de rejoindre le canapé, sans se presser. Sur son épaule gauche, il portait le troisième arrivant, visiblement, inconscient. Il reposa sa charge sur le canapé, une seconde à peine après qu'Annda n'ait libéré son coussin. Odd tendit le cou pour tenter d'y voir quelque chose, mais le troisième homme était enterré sous plusieurs manteaux et capuches sombres. Qui qu'il fut, il n'était visiblement pas prudent qu'il soit repéré… Jérémie remua sur son siège, mal à l'aise, et Ulrich fronça les sourcils. Visiblement, Aelita voulut parler, mais elle fut devancée par Annda.

— Est-il en vie ? Demanda cette dernière en levant un sourcil vers le garçon à la casquette.

— La dernière fois que j'ai vérifié, oui.

— Je vois. Trajet compliqué ?

— Comme un jour d'examen à l'Academia Vitae, reprit la jeune femme en noir, un léger accent roulant comme celui d'Annda trahissant ses « r ». On a eu à passer par une ou deux propriétés privées, rien de bien compliqué ni d'agréable.

Elle sourit d'un air entendu à Annda, puis prêta une attention plus appuyée vers les Lyoko-Guerriers.

— Vous êtes enfin arrivés ! On commençait à croire qu'on ne vous verrait jamais !

Elle tendit une main chaleureuse à chacun des adolescents. Odd la serra, un peu plus fébrile qu'il ne l'aurait voulu, mais elle ne lui en tint pas rigueur.

— Je suis Dana, reprit la jeune femme. Et mon compagnon s'appelle Job. On vous a déjà parlé du fonctionnement de notre groupe ?

— Ils ne sont pas réveillés depuis bien longtemps, on a à peine eu le temps de les briefer sur l'après-voyage spatiotempo et sur le Prof… Soupira Valdim avec amusement.

— On doit encore vous être obscurs, alors… Commenta le prénommé Job en débarrassant son protégé d'une première couche de manteau. Si vous avez des questions purement logistiques out sur les technologies de notre monde, adressez-vous à moi. J'ai appris les bases et les manœuvres de secours au reste du groupe, il paraît que je ne suis pas mauvais prof.

— Quant à moi, je suis la femme de terrain, en quelque sorte, expliqua Dana. S'il y a de l'action, je suis là pour garantir que tout se passera bien pour moi comme pour les autres, mais surtout que la mission sera menée à bien. En clair, je sais me battre. Je fais aussi un peu d'espionnage, mais en réalité, c'est davantage le rôle de Valdim.

— Yep ! J'ai le contact humain facile, et je sais autant attirer la sympathie que détruire tout soupçon. Les gens m'aiment bien, et je suis assez bon juge des caractères. Autant que ça serve ! Cependant, je fais aussi, disons, du sabotage des troupes ennemies. Une rumeur peut s'avérer plus handicapante que n'importe quel assaut de front...

— Et enfin, je suis la tête stratégique de l'ensemble, termina Annda. Celle qui monte les plans et s'assure que les dégâts soient entièrement reportés chez l'adversaire. Ce qui veut dire que je suis aussi souvent sur le terrain. Le meilleur moyen d'évaluer une situation est encore d'aller l'éprouver soi-même.

— Je suis d'accord, ponctua Ulrich en fixant Jérémie. Ce dernier se prit soudain de passion pour le protégé de Job, alors débarrassé de la moitié de sa carapace.

— Et… Lui ? Osa enfin demander Aelita, en s'approchant timidement de l'endormi.

— Quelqu'un d'utile, comme vous. Cependant, je vous prierai de ne pas vous énerver, il m'a fallu du temps pour le ramener et, pour ne rien vous cacher, c'était un coup de poker comme je déteste les approuver, prévint Annda.

— Et le retrouver, parmi toutes les stations-planètes de notre monde, n'a pas non plus été une partie de plaisir, compléta Dana en s'asseyant, jambe croisée, une étrange curiosité pointant dans ses yeux alors qu'elle observa les Lyoko-Guerriers.

Et, en effet, il fallut à Odd toute sa fatigue pour ne pas bondir quand enfin, la capuche qui recouvrait le visage du dernier inconnu fut enlevée. Dès l'instant où il le reconnut, il se dit qu'un jour prochain et à l'usure, il ne pourrait plus regarder Jérémie en face sans sursauter.

Quand bien même il savait qu'en face de lui ne se tenait pas Jérémie, mais Belpois.

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— Si j'entend encore un usager faire l'analogie entre la situation actuelle et une prise d'otage, je jure que je ferai le nécessaire pour qu'il sache vraiment ce que c'est que d'avoir sa vie en danger…

Les mains crispées sur le rebord de sa fenêtre, le bout de ses doigts noircis semant de fines trainées de poudre sur l'impeccable immaculée de l'encadrure. Même si sa concentration était toute mobilisée sur le reflet de ses assistants, pressés les uns contre les autres en attente du couperet qui décidera de l'ambiance de leur soirée, il pouvait encore entendre par la radio les voix agacées des usagers, se couvrant l'une l'autre pour exprimer avec une insupportable emphase à quel point n'avoir plus qu'une porte d'embarquement pour la prochaine station-planète avait gâché leur journée… Quoi, il avait négocié toute une partie de la matinée auprès des forces de l'ordre pour qu'au moins elles en laissent une de pratiquable ! Ce n'était certes pas tant pour les milliers de beaux yeux se pressant chaque jour que pour sa propre santé financière et mentale, mais tout de même… Croyaient-ils donc qu'il riait en ce moment ?

Retenant une menace vide supplémentaire, il remarqua les efforts appuyés des assistants pour ne pas bouger. Même malgré l'inexactitude d'un reflet dans une vitre, il percevait chaque ride d'inconfort, ce qui n'était en soi qu'une piètre consolation. Ils ne bougeraient pas tant qu'ils n'auraient pas d'ordre, et lui ne pouvait pas les renvoyer sous le simple prétexte qu'il voulait être seul. Pourtant, la situation n'était pas entre ses mains. Comment pouvait-il prendre le contrôle du problème ? Une évasion dans un centre de retraite ! Ce monde avait clairement perdu l'habitude des remous pour s'affoler pour si peu… Boucler la ville, tout de même, c'était excessif, peu importe l'identité du fuyard. Mais ce monde repose sur les fondations qu'il a lui-même en partie entérinées, et l'une d'elle était qu'une communauté soudée doit savoir s'arrêter pour venir en aide à l'individu. Ca avait été un formidable frein à tout embêtement : la bonne volonté n'avait duré qu'un temps, mais quand l'obligation avait repris le pas, l'agacement avait été tel dans la population que chacun redoublait d'efforts pour ne pas avoir à troubler l'ordre public. Quant à ceux qui n'y pouvaient rien, eh bien… C'est à peu près au moment où l'éventualité a été mise sur le tapis qu'il s'était retiré avec son affaire d'ascenseurs transplanètes. Dire qu'il n'en avait aucune idée serait exagéré, mais supposer que ça l'intéressait le serait tout autant. Sauf dans des jours comme aujourd'hui, où il goûtait au revers de sa propre stratégie. Il fallait limiter les dégâts pour sauver les apparences auprès de la population, mais elle ne semblait se satisfaire de ses tentatives jusque là…

— Qui est chargé du lien entre nous et les forces de l'ordre ? Tonna-t-il, conscient de monter d'un cran encore la tension parmi ses assistants. L'un d'eux sursauta vigoureusement et leva la main.

— Moi, monsieur Levawki. Ils m'ont dit que ça prendrait le temps que ça prendrait, mais…

— Parler pour ne rien dire, soupira l'homme. Connait-on l'identité du fuyard ?

— J'ai écouté la radio, monsieur Levawki, commença l'un des assistants avec un début de sourire triomphal. C'est un cas à problèmes apparemment, étroitement surveillé.

— Vous m'en direz tant, ricana Levawki. Soit. Et donc, son nom ?

— C'est ce qui est étrange, monsieur. Ils en ont donné plusieurs. Je les ai notés dans ce rapport, monsieur, conclut avec entrain le jeune garçon en secouant un duo de feuillets agrafés sous le nez de ses collègues difficilement impassibles.

Levawki aurait ri d'une telle scène si la dernière information n'avait pas rallumé un semblant de bonne humeur dans son esprit.

— Plusieurs noms, hein… Vieux brigand, est-ce possible que tu sois l'artisan de ce remue-ménage ?

D'un geste distrait, il renvoya ses assistants. Un sourire immense aux lèvres, il retourna à sa fenêtre d'un œil impatient, presque affamé, cette fois-ci réellement intéressé par la ville en ébullition.

— Si tu veux jouer, jouons. Il y a bien longtemps que nous n'avions plus de secrets entre nous, je suis curieux de savoir ce que tu me réserves, bourreau des coeurs.

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  Sujet: [One-Shot] Première Nuit  
VioletBottle

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 15 Fév 2017 22:34   Sujet: [One-Shot] Première Nuit
Rah, navrée, il me semblait que ce fut déjà fait précédemment. Enfin, mieux vaut tard que jamais o/
Il n'y aura, a priori, pas de suite, même si l'idée de la première nuit sur Terre d'Aelita est un sujet vaste et que j'ai deux-trois idées sur ce thème. Ce texte restait globalement un One-shot rapide et sans prétention. Je n'irai pas jusqu'à dire un "défouloir" pour moi, mais plutôt un écrit d'une fois.
Du reste, je m'accorde avec ton analyse, il n'y avait pas de volonté de malsain; au contraire, j'avais peur que ce sujet, et surtout la scène notée par tous (ce n'est pas un reproche évidemment, dans la construction du texte il est logique qu'elle ressorte plus que les autres), le devienne rapidement. Ce n'est pas le genre de texte que j'écris d'instinct, et dans lequel je me sens a priori à l'aise (et il en est de même pour Sirix), et personnellement, c'était son intérêt pour moi, aller un peu là où je n'allais pas à la base. Après, si les attentes de base ont pu dérouter quelques lecteurs, ou s'il a tout de même choqué, j'en suis évidemment désolée, là n'était pas l'intention.

Bref, merci de ton commentaire en tout cas, et désolée de l'oubli o/
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VioletBottle

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 14 Fév 2017 15:49   Sujet: [One-Shot] Première Nuit
Je passe juste pour souligner un point qui justifie le ménage d'Icer : ce topic est un topic de fanfiction, pas de débat sur le sujet précédemment invoqué, et au vu des messages précédents ça partait de toute façon pour tourner en rond. Inutile donc de s'attarder dessus et de répondre pour le plaisir des prolongations. La liberté d'expression n'a pas à être une excuse pour les digressions/pollutions sur les topics, surtout que si tu veux poser la question des commentaires, tu peux toujours en parler aux intéressés par MP. Encore que, le Pôle Fiction précise assez souvent comme ça qu'ils soutiennent les messages constructifs et vecteurs de progrès, ce que je comprend. Certes, ce forum n'est pas un atelier d'écriture pour auteurs semi-pro/pro, mais personnellement, quand je travaille sur mes écrits, il est vrai que je me sens plus encouragée par un commentaire pensé que par un simple "c'est bien continue". Attention, c'est très bien les encouragements, et c'est gentil d'en faire, mais pour certains auteurs, ça n'aide pas. Si tu trouves que les commentaires t'empêchent de t'y retrouver sur les topics, tu peux suivre les avatars sur le côté pour repérer qui a écrit quoi.

Enfin, tout ça pour dire, ce n'est pas le niveau de réflexion dans ton commentaire qui pose souci, mais le fait que ça n'a rien à voir avec le topic et que ça ne mène visiblement pas à grand chose. Ce n'est pas de la censure, c'est du nettoyage au nom de la clarté du topic. (Accessoirement, les longs commentaires dérangeraient parce qu'ils empêchent de retrouver les chapitres suivants, mais pas les messages hors-sujet ? Et quitte à parler de liberté d'expression, les gens qui aiment les longs commentaires n'auraient pas le droit d'en faire en public, eux, si on suit ce que tu dis précédemment ? Questions rhétoriques, avec ma régularité il se peut de toute façon que je ne vois pas ta réponse rapidement, donc bon, si tu tiens à me répondre, passe en MP)

Ah, tant que je suis là, merci à tous pour vos commentaires ! Silius étant le seul à ne pas avoir eu de réponse ici, je suis d'accord globalement avec toi. Le texte reste, à mes yeux, décalé par son surréalisme et son peu de prétention. J'aurais personnellement eu du mal à le co-écrire s'il n'avait eu que son aspect sexuel (même s'il prend de la place, c'est sûr). Pour moi, c'était assez nouveau, un texte sur cet état d'esprit, vu que j'ai habituellement le problème inverse d'intellectualiser trop (coucou The Day is my Enemy o/). Je ne saurais dire si ça me servira pour ce que j'écrirai par la suite, on verra bien.

(Ah, et merci à Icejj aussi pour ton passage o/)
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 13 Jan 2017 22:34   Sujet: [One-Shot] Première Nuit
Première Nuit partie 2 !

(Attention yeux indiscrets, oui oui vous. Ca parle de de sujets adultes et sexuels, donc vous êtes toujours prévenus !)

Spoiler
  Sujet: [Fanfic] Mondes Alternés  
VioletBottle

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 13 Jan 2017 00:05   Sujet: [Fanfic] Mondes Alternés
Eh bien eh bien, ça fait sacrément bizarre de revenir par ici...

Bien le bonjour/bonsoir tout le monde ! Après plusieurs occurrences à la fois assurées et distraites de "non non, cette fic n'est pas morte, je la terminerai un jour", ainsi qu'une longue, très longue année de Master 1 qui ne m'aura que peu laissé le temps de respirer, et le démarrage d'un autre Master fait sur les chapeaux de roue, la motivation a fini par venir me faire coucou et j'ai enfin pu aboutir à quelque chose de satisfaisant il y a quelques jours. Je viens donc reprendre du service ici, avec un scénario tout réécrit, des corrections qui vont (finir par) arriver et sans doute une refonte de la présentation (mais c'est optionnel, ça après). Il va sans dire que je suis plutôt désolée du retard qu'à pris cette suite pour se pointer, j'essaierai de ne pas recommencer d'ici la fin de Mondes Alternés, haha.

(De manière générale, je passerai aussi à l'occasion commenter quelques textes, histoire de pas rester bloquée dans ce topic par flemme. Un peu d'implication, ça ne fait de mal à personne, tiens). J'en profite d'ailleurs pour remercier tous ceux qui sont passés commenter l'interlude, je suis très heureuse que ça vous ait plu, et j'espère que la reprise ne vous décevra pas !

Sur ce, voici donc le démarrage de la saison 3 de Mondes Alternés ! Bonne lecture à vous !

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Monde 3
Parade
Coming Home



Elle respira longuement l'air familier des rues en travaux, chargées de poussière. Aussi toxique que cela devait être, elle reconnaissait volontiers que ça lui avait manqué. Des échafaudages poussaient partout autour de gouffres , des cordons jaunes empêchant qu'on y furète. Celui devant elle n'était pas là quand elle était partie... Mais ça ne lui faisait plus vraiment quoi que ce soit. Depuis le premier effondrement de terrain, il s'était passé plusieurs mois, elle commençait à avoir l'habitude. Toute son enfance paisible et somme toute des plus banales semblaient lui chatouiller les poumons et lui réchauffer le coeur, tout en enflammant sa gorge. Mais qu'importe, son corps était encore engourdi sous l'effet du décalage spatial, et bien que son apparence n'avait pris que tout au plus six mois, elle se sentait centenaire. Ses jambes étaient faibles, ses oreilles sifflaient par-dessus le coutumier son d'éboulement qui s'était installé dans ses tympans et sa tête s'échinait à réclamer une nuit de sommeil en pleine fin de matinée. Autant dire que l'irritation qui la faisait tousser avait au moins l'avantage de varier. Fort heureusement, si tout se passait bien, son dernier voyage serait réellement le dernier pour le moment du moins, il n'y avait pas lieu d'être pessimiste à ce sujet. Comme prévu, elle avait déposé le colis chez elle, ce dernier bien trop secoué pour protester ou poser des questions. Il s'était contenté de s'effondrer sur un canapé. Elle aurait donc la paix jusqu'au soir, au bas mot et s'il est plus résistant que ce qu'il en avait l'air. Juste le temps de boucler la dernière partie du premier acte, en somme. Pour une fois dans sa vie, tout était merveilleusement dans les temps.

Elle secoua ses épaules et reprit son chemin d'un pas d'acier et s'engouffra dans le bâtiment qui lui faisait de l'ombre, un sac sur ses épaules. Le panneau étincelant qui ornait la façade hurlait dans une typographie datée :

Garde-Anciens

Une nouvelle chance pour tout le monde !


Dans un coin de l'immense hall d'entrée de fer beige, elle repéra un guichet en faux bois, rutilant et suspendu au plafond par un système d'imposantes poulies. La jeune femme l'avait déjà vu à l'oeuvre, à neuf heures, midi, seize heures et vingt-et-une heures. Sans la moindre seconde de retard, la machine remontait le guichet vers le plafond, y restait immobile hors de la vue des visiteurs pendant exactement dix minutes, puis redescendait avec un nouveau guichetier, presque identique au précédent, à quelques détails près comme une moustache taillée différemment, ou deux centimètres en moins… Sans doute une grande fratrie, songeait-elle. Ce jour-là, il avait deux centimètres en plus que lui qui les avaient en moins (elle se promit de réfléchir là-dessus plus tard), et la moustache partait en boucle parfaitement ronde de chaque côté. Du reste, il était comme les autres, raide comme un stylo dans son porte-plume et endimanché comme un premier Lundi de travail. Long nez, long menton, cheveux en brosse et épaules en angles. Il écrivait avec une application bureaucratique sur un registre en parchemin dont le début tombait en accordéon sur le sol devant le guichet.

- Bonjour, tenta la jeune femme en se penchant à la recherche du regard du guichetier. Ce dernier ne lui accorda pas même un frémissement de moustache.

- Hm-bonjour ? Peu concluant à nouveau. Elle crut même voir l'écriture de l'homme s'accélérer. Elle soupira avec impatience et, d'un geste bien rodé, tira du pied le parchemin. Il s'écrasa en un petit tas désolant, la fin du mot «dividende » se perdant sur le bureau. Le guichetier annôna vaguement, puis aperçut la jeune femme. Son regard s'illumina. Il appuya sur un bouton qui lança aussitôt une petite musique guillerette à trois notes.

- Une cliente, soyez la bienvenue ! Que puis-je pour vous ? Chantonna-t-il tel un jingle radiophonique. Ladite cliente soupira à nouveau.

- Je vous en prie, je viens cinq fois par jour…

- Oh vraiment ? Permettez que je consulte le registre ! Continua-t-il sans se décontenancer, se penchant sur le bureau avec concentration.

Après un troisième soupir, la jeune femme ramassa le parchemin et le plaqua sous le regard du guichetier en pointant une ligne. Les yeux du bureaucrate passèrent de lampion de fêtes à étoiles de ciel d'été.

- Annda, Annda, Annda ! Bien sûr ! Cela fait si longtemps que je ne vous avais vue, hier déjà !

D'un air entendu, la jeune femme glissa deux tickets de transports verts non-poinçonnés sur le registre. L'homme ne pouvait sans doute être plus réjoui sans exploser instantanément.

- Il a déménagé au 3-Sérénité. C'est que des hommes sont venus, vous savez. Oh, rien d'inhabituel, mais il s'est senti incommodé, chuchota sur le ton du secret le guichetier en sortant un jeton carré bleu roi.

Annda hocha la tête et prit le jeton. Elle se dirigea alors vers la sortie du hall, débouchant sur une cour largement dominée par un gigantesque carrousel d'or et d'ivoire, monté en escalier. Annda glissa le jeton dans la bouche d'un cheval de parade rutilant de peinture vernie et monta en amazone. Aussitôt, le manège se mit en branle, les pièces du manège tournèrent et s'élevèrent en colimaçon. Le cheval passa un puis deux étages, puis s'arrêta à une porte du troisième étage et s'avança vers un marchepied blanc sculpté en forme de nuage. Une fois la jeune femme descendue du cheval, le carrousel fit demi-tour et les pièces retournèrent à leur place. Elle inspira longuement, sa migraine post-voyage spatio-temporel réclamant son futur dû. Elle sentait déjà l'odeur des centaines d'ingrédients pharmaceutiques qui embaumaient les résidences, comme si ces espaces avaient leur propre oxygène, leurs propres lois et écosystèmes.

Elle reprit sa marche, le regard tourné vers les étiquettes nominales des portes, suivant soigneusement la ligne verte au centre du couloir. A côté d'elle, des chariots de plateau-repas circulaient d'eux-même en tanguant doucement, ajoutant aux senteurs médicales des effluves de bouillon oxygéné en plastique. Cette manie de faire des économies sur l'alimentation donnait l'étrange image d'une installation précise et rutilante, courant dans un bâtiment désinfecté et lisse, soutenant avec nonchalance une flaque chimique. Elle rata de peu une nausée quand enfin, elle trouva le nom convoité. Elle ricana en constatant que ce vieux excentrique a choisi la seule porte gratifiée d'une poignée capricieuse. Elle força en grognant, prenant appui sur son pied, et enfin réussit à entrer.

Le vieil homme attendait, patiemment installé sur son bureau de ferraille vernie, incrusté dans un mur blanc d'ivoire, appuyé contre le dossier de sa chaise où il était assis à l'envers, dictant d'une voix éraillée à un jeune secrétaire. Le jeune homme, à peine plus âgé qu'Annda, avait les yeux clairs et les cheveux colorés d'un vert commençant à passer, dévoilaient des cheveux châtain terne. Malgré son travail laborieux, il gardait un inattaquable sourire, riant de temps à autres aux paroles du vieillard, ses pieds battant dans le vide au rythme du tic-tac d'une horloge à cadran poussiéreuse. Ce dernier leva le regard en apercevant la jeune femme. Aussitôt, elle sortit une paire de gants de son sac et le jeta sur les genoux du jeune homme, qui tiqua.

— Oh, te voila ! Comment ça s'est passé ? Chantonna-t-il en sortant un paquet de biscuits du sac.

— Long, et difficile. Mais derrière moi, répondit-elle en se laissant tomber sur le lit à baldaquin doté d'un rideau transparent, suspendu à une armature assortie au bureau. Elle enfila les gantsen plastique en les claquant consciencieusement contre ses poignets.

Le vieillard eut un sourire doux alors que le garçon s'extasiait sur les courses rapportées par la jeune femme. Il tenait un sachet de chips goût barbecue comme s'il eut s'agit d'une relique sacrée.

— Oh, alors ils en avaient vraiment ! C'est fantastique, ces choses sont de "pures merveilles apéritives", de ce que j'ai lu !

Et aussitôt, il entreprit de croquer avec enthousiasme dans lesdites merveilles. Annda regarda sa montre en fronçant les sourcils.

— On a que deux minutes de battement. Après, il va falloir filer, si vos calcules sont exacts. Vous avez fini vos notes ?

— Nous avons bien travaillé, avec Valdim. Je pense qu'il y a tout ce qu'il faut savoir.

La jeune femme hocha la tête et se dirigea vers le bureau, prit l'épaisse liasse de papiers qui y était soigneusement empilée, vérifiant chaque numéro de pages. Rien ne manquait, tout était en bon ordre. Satisfaite, elle sortit de son sac une couverture de livre en cuir et y glissa le manuscrit avant de le fixer avec deux ficelles et de le passer à Valdim, qui le glissa dans le paquet de chips qu'il venait de terminer avec contentement, et le fourra dans le sac au milieu des victuailles étrangères. Plus qu'une minute. Annda prit le réveil à cadran et une des chaises et se posta près de la porte tandis que Valdim jeta le sac sur son dos en sautillant sur place, un sourire expectatif sur les lèvres. Le vieillard, quant à lui, se redressa et s'empara de sa canne, étrangement épaisse. Il la toqua trois fois au sol elle se déplia alors et se changea en une trottinette grise métallique. Il y monta, prenant lourdement appui sur le guidon. Trente secondes. Le crissement d'un groupe de plateau-repas se fit entendre. Il fallait juste attendre qu'ils passent… Dès qu'ils auraient tourné dans l'angle, à l'instant où leur cri se ferait inaudible… Annda posa sa main sur la poignée, y cala son épaule, tenant fermement la chaise de son autre main. Valdim s'était replié, prêt à bondir.

Puis, silence.

Annda inspira et ouvrit la porte d'un coup sec. Le jeune homme sortit rapidement, suivi par le vieillard. Alors qu'il s'approcha de la porte, un clignotement rouge envahit le couloir alors qu'un voyant blanc s'alluma au-dessus de l'encadrure. Deux lourds panneaux en fer apparurent de chaque côté de la porte, glissant tels deux colosses sur le chemin de la trottinette. Annda se précipita et envoya la chaise vers le voyant blanc. Il éclata en mille morceaux. Elle ramassa alors le meuble et le jeta contre le lit. Les rideaux se déchirèrent et un pied en métal cabossa l'armature. Mais surtout, les lourds battants de la porte s'arrêtèrent net, laissant filer le vieil homme. Annda le suivit et aussitôt, le trio se précipita vers la plateforme du carrousel. Il attendait déjà, prêt à rattraper les fuyards. Annda sauta sur le cheval alors que Valdim s'engouffra dans un carosse en entrainant avec lui le vieil homme. La jeune femme se redressa et visa la porte vitrée du hall du bâtiment avec le réveil. Elle éclata en mille morceaux, donnant le signal pour l'ascenseur de redescendre. L'ensemble s'ébranla, d'une allure bien trop lente au goût de la jeune femme, qui entendait déjà les roues des véhicules de gardes traverser les couloirs du rez-de-chaussée. Elle aperçut, derrière son comptoir, le guichetier s'appliquer comme jamais sur son parchemin, ignorant obstinément le vacarme alentours, seul son bras droit était anormalement tendu derrière le comptoir. Le trio n'attendit pas que leurs supports eût touché terre pour bondir vers le hall, alors que le service d'ordre faisaient craquer les graviers de la cour, à l'opposé d'eux. Ils se glissèrent à toute vitesse dans l'ouverture béante de la porte vitrée, la lourde porte de sécurité bloquée dans une position semi-ouverte. Annda fouilla ses poches, laissant Valdim et le vieillard foncer devant eux, et plaqua sur le comptoir trois autres tickets de transports. Aussitôt, le guichetier sortit son bras de derrière le comptoir. Le hall trembla sous le hurlement des portes reprenant leur procédure. Des tirs claquèrent l'air dans le bâtiment, creusant le mur de l'entrée, courant près des oreilles et des jambes des fuyards pendant quelques secondes. Le volet de fer de l'entrée principale s'abattait plus rapidement… Annda se jeta au sol et se glissa dans son impulsion sous le panneau, tout juste assez rapide pour sentir l'asphalte brûlant contre le cuir de sa veste et la paume de ses mains. Elle souffla de soulagement alors que la couperet frappa le sol devant son nez. Elle se redressa prestement et rejoignit les deux hommes, au coin de la rue. L'alerte passerait vite dans la ville, et probablement que dans la panique, les citoyens participeraient tout autant aux recherches. Il fallait donc se couper de la civilisation au plus vite.

La course fut difficile, une trottinette sur des pavés n'étant ni rapide ni discrète, mais le vieillard était bien incapable de courir. Le groupe dût s'arrêter plusieurs fois, attendant haletant dans l'ombre d'une enseigne qu'un groupe de gardes citadins passèrent à côté d'eux, ou encore entrer dans un hall d'immeuble à la faveur d'un habitant négligeant de refermer de lui-même la porte. Durant tout ce temps, Valdim semblait aux anges, et Annda regardait partout autour d'elle, repérant monuments ou arrêts de transports pour s'y repérer. Plus le temps avançait, plus ils risquaient d'être exposés et devaient changer leur itinéraire en conséquence. Elle commençait sérieusement à redouter qu'ils se fussent perdus…

Après s'être cachés sous l'escalier d'une passerelle, elle put enfin souffler. Le bâtiment convoité était à l'autre bout de la rue, isolée des habitations mais coincée dans la masse des restaurants et autres boutiques. Rares étaient les façades qui cherchaient à imiter la pierre, créant une étrange continuité avec les pavés. Encore plus désaccordé, les portes résolument modernes, dans un acier discret mais éclatant au soleil. Il y avait trois étages, tout en hauteur, surmonté d'un toit en pointe comme s'il s'agissait d'un panneau de direction, indiquant à tout ami égaré qu'ils furent enfin à destination. Annda l'indiqua au vieillard et Valdim, et après avoir inspiré calmement, ils foncèrent vers l'entrée. La jeune femme manqua de défoncer la porte sous l'excitation, introduisant violemment le code et se jetant dans le couloir d'entrée, suivie de près par un Valdim exultant, riant de bon coeur. Leur protégé, lui, était essouflé. Il prit appui contre le mur en rabattant d'un coup de main habitué sa trottinette. Il toussa en tentant un sourire.

— Oh, ça faisait si longtemps que je n'avais pas fait ce genre de tour…

— Ne vous y habituez pas. Le plus gros de la mission, à partir de maintenant, ne consistera pas en beaucoup de voyages.

— Quel dommage, j'aurais bien aimé voir cette dimension… Souffla Valdim en se dirigeant vers les escaliers en bout de couloir. Il eut tout de même de quoi se consoler, en remarquant les marches d'ancienne facture. Il siffla des remarques ébahies sur le miracle que constituaient une telle conservation, puis s'arrêta devant une immense bibliothèque, encastrée dans le mur de gauche. Le vieillard sourit doucement en reconnaissant l'étagère, caressant doucement la structure en bois doré. Les livres avaient tous l'air d'un autre temps, les couvertures plastifiées pour protéger le papier taché par endroits reluisait étrangement. Ils portaient des noms, des mots, des signatures alignées à la perfection, de toutes les couleurs, de toutes les polices. Annda et Valdim restèrent en arrière, la première attentive aux mouvements du vieillard, le second fasciné par la collection d'antiquités. Puis, soudain, le vieillard arrêta sa main sur un livre sans titre ni nom, juste une série de formes, croisées, entrelacées gravées sur une tranche en cuir épais. Il appuya fermement, enfonçant le volume. Aussitôt, un bruit sourd ébranla le couloir et la bibliothèque se changea en porte, s'écartant pour dévoiler aux visiteurs une pièce plongée dans la pénombre. Seules de-ci de-là, des néons bleu nuit et des voyants oranges comme suspendus dans l'air. Annda huma le parfum de chaleur qui se dégagea. Des années qu'elle n'avait pas pu la sentir…

Valdim était aux anges, bondissant presque sur place. « C'est fantastique ! Et ça, ça se faisait souvent, d'où vous venez ? »

Le vieillard eut un petit rire. « Je ne pense pas que toutes les maisons en étaient dotées, non. Mais c'était le genre de chose qu'on voyait souvent dans les livres et les films. Et j'ai toujours trouvé ça… Classe »

Un sourire sur les lèvres, il invita ses jeunes amis à entrer, puis les suivit. Il claqua dans ses mains une fois, allumant une lumière blanche dans la pièce alors qu'Annda referma la bibliothèque sur eux.

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La L&D Transports Company faisait partie de ses groupes que l'on aimait mettre en avant, en la cité de Parade. Pourtant, elle n'avait rien d'exceptionnel, dans la catégorie des petits miracles. Quoi de plus déjà-vu qu'un homme ayant judicieusement placé ses capitaux, s'étant fait des bons amis dans la haute sphère scientifique et a trouvé le moyen de combiner les deux ? Seulement il y avait une différence dont rares se souviennent. Avant lui, personne ne bougeait réellement. Le monde, autrefois vaste, avait perdu de ses couleurs alors qu'on en avait achevé l'exploration et l'explication, provoquant un ennui sans précédent. Les sociétés avaient alors bêtement amélioré leurs services et augmenté les tarifs pour pallier à leurs dépenses toujours plus vertigineuses, et ne se retrouvèrent qu'avec des avantages minimes alors que la population ne voulût plus engloutir son salaire de l'année dans deux pauvres jours de paradis en placebo. Puis il est arrivé, comme un sauveur, voyant dans l'ordre de la nature et les besoins de chacun une solution idéale. Tout n'était pas encore visité, au fond…

Le bruit sourd d'une plateforme gronda près des vitres géantes du bureau de Polzmann Levawki. D'un âge indéterminable, le regard d'un aigle et la silhouette d'un tigre, il se balançait avec satisfaction sur sa chaise, laissant éclaté un ricanement tranchant à chaque fois que la navette se faisait entendre. Sans regarder, il pouvait discerner la foule attendre en rangs devant la barrière, certains en costumes, d'autres en guenilles. Une population du quotidien, qui assurément n'avait pas eu à attendre longtemps avant de s'accoutumer à leur nouveau style de vie, à tel point que le monde d'avant n'était qu'une vague notion enseignée aux jeunes générations, pour la forme. Mais plus personne n'avait eu à la vivre. Comme le temps s'était vite écoulé…!

Trois hommes et deux femmes en file indienne entrèrent dans son bureau alors qu'il ricanait encore, la plateforme se repliant bruyamment. Le premier tenait une valise blanche rayée d'une croix rouge le second une tasse de thé et une plaquette de pilules, le troisième d'une seringue, d'un cathéter et d'une poche pleine d'un liquide rouge. Les deux femmes portaient une table sur roues munie d'un ordinateur. Ils étaient tous cinq habillés au plus neutre possible, veste et pantalon large d'un gris accordé avec l'aspect métallique de la pièce. Même le bureau restait dans ces tons, la seule note de couleur étant Levawki lui-même, vêtu d'un rouge éclatant. Sans attendre, ce dernier retira le veston de son costume, ouvrit deux boutons de sa chemise et abaissa le dossier de sa chaise, fermant les yeux avec confiance alors que le premier homme ouvrit la valise et en sortit un nécessaire de désinfection. Une fois la peau de sa nuque rendue poisseuse par le liquide jaunâtre de la bétadine, le second homme posa la tasse de thé dans la main de Levawski, qui sirota tranquillement en attendant que le troisième homme ne remplît la seringue et ne l'enfonçât dans la chair de son patron. Il frissonna en sentant l'aiguille, mais son sourire s'agrandit, laissant apparaître aux commissures de ses lèvres des molaires blanches comme la lune. Il s'assoupit paisiblement. Une des deux femmes plaça les patches sur les tempes de l'homme, qu'elle relia à l'ordinateur et, d'un ton plat, clama :

— Code XANA.

Aussitôt, une série de décharges fit bondir l'homme. On pouvait presque l'entendre ricaner dans son coma, alors qu'un œil rouge stylisé, encadré par des cercles et continuant à leur base sur trois branches, apparut sur le fond noir de l'écran. Il semblait pulser au rythme des décharges, brillant davantage à chaque seconde. Le quintet se tint en retrait, têtes basses et silencieux à un point religieux, n'osant regarder ailleurs que leur pieds.

Seule une des deux femmes avait l'oeil plus vivant. Les cheveux longs et blonds tirés en arrière, une mèche rose saumon pointant quelques cheveux de derrière sa nuque et de grandes lunettes carrées vissées sur son nez, elle avait le bras droit tendu derrière son dos, les muscles de son avant-bras en pleine action, comme si ses doigts s'agitaient… Sous sa veste, elle dissimulait un téléphone portable, un modèle qu'on ne voyait plus depuis de nombreuses décennies, à en juger par le fruit qui lui servait de symbole. On lui avait déjà dit comment cela s'appelait, mais impossible pour elle de retenir ce mot plus de deux minutes. Et peu importait, car l'avantage de cette petite machine ne résidait pas dans son packaging. Non, le principal atout d'un objet de technologie dont on croit savoir qu'il n'existe plus, c'est que personne ne déploiera d'efforts ou de moyens pour le pister. Et dans ce monde, la jeune femme ne connaissait qu'un homme encore capable de comprendre le fonctionnement de ce modèle antique. Son destinataire.

Un sourire de confiance retenu avec patience, elle envoya un concis :

"10 minutes"

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Le vieillard tapait avec une dextérité naturelle, reproduisant de tête des formules dont le sens lui échappaient un peu mais dont il était capable de comprendre l'importance. Les souvenirs ne lui faisaient pas encore défaut, bien qu'il eut longtemps voulu croire à un délire. Ce n'était que lorsqu'il avait entendu le nom de son ancien patron, du temps où il avait la jeunesse et l'innocence de travailler dans les sphères du progrès commercial, qu'il avait compris que ce qu'il sentait au fond de lui était vrai. Et ces lignes de code, ces chiffres et ces lettres à la logique absconse pour lui réclamait qu'il les mît en usage. Elles avaient encore une mission à accomplir et l'avaient choisi comme transmetteur.

Il tapait vigoureusement pendant que Valdim, en fond, faisait bondir un ancien cellulaire dans sa main. Cette chose était lourde dans sa main, et claquait à chaque contact avec la chair. De quoi l'amuser pendant au moins une journée. Annda, elle, s'était trouvé un pouf un peu usé, où elle s'était enfoncée et achevait d'apaiser sa migraine. Elle somnolait, bercée par les efforts du vieillard et le jeu de Valdim, encouragée par la faible luminosité et la chaleur qui émanait de la machine en labeur. Une mèche bouclée couleur de terre dansait doucement contre son nez, au rythme de sa respiration.

Soudain, le téléphone de Valdim vrombit. Il le rattrapa adroitement, surpris mais pas décontenancé. Annda ouvrit un œil interrogatif.

— Dites, m'sieur, je dois faire quoi ?

— Bouton en haut à droite, glisse vers la droite et ouvre la notification qui est arrivée.

Annda se leva et s'approcha de Valdim. Ce dernier s'exclama en se redressant :

— Vite, il est temps ! Vous avez bientôt fini ?

— Oui, mon jeune ami, plus qu'une validation et nous devrions enfin en avoir fini avec cette étape…

Le vieil homme fixa l'écran en accélérant la cadence, les yeux s'écarquillant légèrement alors qu'il sentait le but s'approcher. Devant lui, l'encadrure de quatre des cinq lourdes portes devant lui commençant à s'illuminer. Il entrouvrit la bouche alors que Valdim et Annda le fixaient, tendus et pendus à ses actions. Il se courba légèrement, son coeur battant à tout rompre, de toute la puissance qu'il avait encore… Il y était presque, bon sang, sa mémoire en ébullition enchaînait les souvenirs avec frénésie, il pouvait presque voir les caractères se dédoubler et danser devant ses yeux, ses doigts valsant sur les touches, sûrs d'eux, guidés par son passé… Il allait y arriver, il allait accomplir l'exploit qu'il avait attendu toute sa vie…

Soudain, une fenêtre bleue s'afficha. De toute la force de son anticipation, le vieil homme fracassa la touche Enter avec son index, clamant « Vas-y, fais-le ! » en réponse à la question muette du programme. Aussitôt, les portes illuminées se mirent à siffler, tremblant légèrement, redoublant de lumière, respirant comme une première fois sur Terre. Le vieillard se leva, chancelant, s'approchant des portes, rejoint par Annda et Valdim, l'air happés par les convulsions des portes…

Puis, enfin, après une longue éternité, elles s'ouvrirent. A travers la poussière et la fumée, l'odeur d'incendie des machines essoufflées et le râle d'épuisement des portes coulissantes, apparurent quatre formes. Quatre silhouettes, prostrées, lâches comme au sortir d'un coma, calmes comme des poupées de vinyle. Annda s'avança alors vers l'une d'elle, toussotant en passant dans le nuage grisâtre, puis posa deux doigts sur un poignet qui se détachait vers la lumière. Derrière elle, le vieil homme et Valdim se penchèrent comme au bord d'un précipice, appréhensifs.

La jeune femme se retourna et, d'un fin sourire, hocha la tête. Ils avaient réussi. Le vieillard la fixa, sursauta légèrement, puis se mit à rire. D'un rire franc, libéré, exubérant. Il applaudit d'un même mouvement en se penchant en arrière, tandis que Valdim brandit son poing en l'air en signe de victoire. La jeune femme quant à elle se retourna vers la silhouette devant elle qui commençait à s'agiter. Alors que la poussière se dissipait, elle repéra quelque chose de brillant près de son visage. Des lunettes. Elle les ramassa et les posa sur les yeux de leur propriétaire, repoussant au passage une mèche blonde.

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Voila donc pour cette reprise, j'espère que ça vous a plu ! Et quitte à être en retard partout, bonne année à tous, réussite et le reste, à la prochaine !
  Sujet: [Fanfic] Mondes Alternés  
VioletBottle

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Sam 09 Jan 2016 20:30   Sujet: [Fanfic] Mondes Alternés
Saaaaaalut !

Eh bien, eh bien... J'aurais mis le temps, pour cette saison 3. Essentiellement parce que baisse de motivation autour de la fic, et envie de remettre à neuf ses plus anciens chapitres. Et accessoirement de la résignation : je ne suis pas quelqu'un qui arrive bien à tenir un planning.

Alors on y retourne. Nouvelle année (on change juste de chiffre, hein Bottle, pas de personnes, donc tes résolutions...), nouveau rythme. Ce qui ici consistera à reprendre le même que l'an dernier et essayer de le tenir plus longtemps. Yay.

D'abord, réponse rapide à tous ceux qui ont commenté (et probablement oublié ce qu'ils ont dit entretemps, c'est que ça fait des mois). Je dirais donc juste : merci de votre passage, et d'avoir été là sur deux mondes. Verso a été long à mettre en place, mais pour le moment le plus complet. J'aurais voulu, avec le recul, développer autant Solar Building. Qui sait, dans la remise à neuf peut-être...

Quant au monde suivant, eh bien vous verrez... Pas tout de suite. Ce qui arrive présentement est en fait un interlude. Mondes Alternés a en effet passé sa première barre symbolique avec la fin de la saison 2. Pour l'occasion, petite transition, qui je l'espère vous plaira avant de retourner dans le bain !

Bonne lecture à vous donc, ça m'avait manqué tout ça !

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Monde ?
Interlude
Lights in a glass


L'épave d'un train encore fumante trônait sut des vieux rails en forme de lianes décousues. Les petites roues tournaient encore dans le vide, sifflant leur agonie dans l'air poussiéreux. En une fraction de seconde, les derniers cris désolés se turent, et le silence fit vibrer ses carillons. On pouvait même confondre une respiration douce avec le hurlement d'un loup en colère. Les grains de terre volatiles mordaient la peau, piquaient et brûlaient, la luminosité mourante forçaient à replier des paupières entravées par les volutes de fumées. D'un geste lent, Belpois remonta et ferma le col haut de son long manteau gris d'acier et repoussa ses lunettes pour leur préférer des homologues aux verres teintées. Qu'importait de ne pas voir clair, il tenait juste à garder son sens suffisamment intact pour la trouver. Il savait qu'elle était dans ce train. Seulement, il ignorait depuis combien de temps il avait été banni de son propre monde, alors que chercher ? Une jeune femme, une vieillarde ? L'idéal, quand on ne sait vraiment où est la proie, est de la devenir soi-même, le temps que le faux prédateur se déclare. C'était précisément ce que faisait le génie. Attendre au milieu de la ruine. Elle le reconnaîtrait et attaquerait. Sauf qu'après un tel accident, elle n'aurait clairement pas l'avantage. Lui n'avait été bringuebalé en tous sens, ses os craquant contre les parois, sa tête flottant dangereusement au bout d'un cou incapable de se maintenir, l'esprit confus par la corruption de son endroit et son envers... N'empêche, il n'aurait jamais songé provoquer un tel capharnaüm. Il s'était contenté de se montrer au conducteur, le plus naturellement du monde, après avoir légèrement assommé le gardien de sécurité du wagon. Son monde était-il revenu à son écoeurante sensiblerie de jadis pendant son absence ? Décidément, les humains n'apprennent jamais.

Soudain, une succession de bruits de pas, de plus en plus lourds, fit vibrer la plante de ses pieds, ancrés au sol. Il pouvait sentir tous les efforts de son futur assaillant pour se rattraper à un siège tordu sans alerter sa cible, mais c'était chose impossible. Imperceptiblement, ce dernier tendit la nuque en signe de satisfaction. Un sourire de pure jouissance le traversa. Pour un peu, il en aurait penché la tête et déployé l'échine. Tout son être anticipait le plaisir à venir... Une sourde tension grimpait le long de sa colonne, il percevait ses bras puissants contre son ossature. Ses oreilles se courbèrent presque en augmentant leur attention, son nez se retroussa, sa langue côtoya ses canines...

Il se retourna. Une volée de chaises au feutre troué fila autour de lui. Un cri perçant et surpris suivit. Ses yeux s'écarquillèrent sans retenue.

Le choc fit éclater quelques vitres, desquelles s'échappèrent quelques "armes". Le son caractéristique d'un corps tabassant une paroi crissa contre les dents de Belpois. Par habitude, il demeura coi jusqu'à la dernière note du chaos. Comme un capitaine attend le dernier râle de sa machine pour l'éteindre.

Un instant, son regard croisa le sien dans le reflet sale et brisé d'une vitre. Un peu de sang brun tâchait l'oeil droit de l'image et voilait une partie du rictus, qui se fana instantanément. Il ne put empêcher la dernière image de Jérémie, avant destruction de Verso, de lui parvenir. Lui aussi avait du sang sur les mains maintenant... Plus le temps passait, moins les deux versions était dissociables. Et puis, il y avait cette fille... Et ses étranges paroles. Qui était-elle, pour savoir tout ça ? Et même... Savoir ? Pourquoi avoir choisi ce mot ? Y avait-il une sorte de puissance qui lui murmurait ces mots, à l'encontre de ce qu'il pensait ? Car elle se trompait... Forcément qu'elle se trompait. Il ne devait rien à ce double moins bon que lui. Rien.

- Que fais-tu encore là ? Je te croyais occupé à sauver le monde avec tes amis... Croassa une voix trop connue derrière lui.

Ah oui. Elisabeth. Même l'échine pliée, elle semblait droite face à tout. Ca aurait pu l'impressionner... Si cela lui avait suffi pour sauver sa vie. On peut bien avoir l'arrogance de se tenir toujours droit, il n'empêche que c'est ainsi qu'on prête le flanc aux canons des bouchers. Et, dans le cas d'Elisabeth, qui a fait de cette apparence de condamnée en fin de course une seconde nature, c'était devenu risible.

Surtout quand, visiblement, elle n'avait même pas assez de neurones actifs pour différencier la lie commune d'un ancien maître en campagne de reconquête.

- Si tu parles de ton sauveur, je crains que tu ne parles dans le vide. Quelle tristesse qu'on ne se soit pas vus plus souvent auparavant. Maintenant, tu ne peux même pas reconnaître ta Némésis...

- ... Si tu est vraiment lui, alors tu es un fantôme et je n'ai rien à craindre. Tu es mort avec ta tyrannie, je l'ai vu de mes yeux... Souffla la jeune femme en tentant de se redresser davantage, signe qu'elle n'était pas aussi rassurée qu'elle voulait le faire croire. Mais pourtant, sa remarque glaça l'ancien tyran. Elle doutait encore de la véracité de son existence... Il pouvait le sentir dans le sarcasme persistant au creux de sa voix. Elle ne croyait qu'à moitié ses yeux. Il allait être temps de lui donner une preuve plus indéniable, plus frappante...

- Tu n'as que peu vu, crois-moi. Ceux en qui tu comptais sont peut-être perdus à l'heure qu'il est. Si tu avais vu le désastre de leur dernière escale ! Il en était dépité, pauvre petit Jérémie qui aurait voulu sauver tout le monde... Enfin, il a eu l'occasion de découvrir le peu de pertinence de sa présence dans un plan d'aussi large que...

- Et en quoi cela est-il censé m'effrayer ? Tu ne fais que parler, mais tu n'es rien ici. Tu as été détrôné, et si tu crois que tu peux retrouver un semblant de pouvoir en détournant des trains, tu te trompes. Tu ne devais ta putain de personne qu'aux machines et programmes. Montre-moi où sont les tiens, et j'envisagerai peut-être de m'inquiéter."

... Il fallait reconnaître à cette petite garce des éclats de génie. Comment faisait-elle pour ne pas comprendre ? Il était là, revenu d'entre les morts, capable de braver le gouffre lui-même. Il revenait sur son royaume, quasi assuré que son alter ne pourrait revenir de sitôt, il venait de démontrer sa détermination et son contrôle, et elle, cette inconsciente en qui la délectation d'une vengeance accomplie coulait encore, osait persister dans ses illusions ? Il était le maître de Solar Building, qu'elle le veuille ou non, et personne n'était son égal ou supérieur !

Soudain, elle prit appui contre un siège branlant, le seul de la rame a avoir conservé un relatif bon état, et s'élança par-dessus les corps vers Belpois. Ce dernier, perdu dans ses réflexions, n'avait pas remarqué que la jeune femme détaillait attentivement les lieux à la recherche d'une porte de sortie. Désarmée, elle ne pouvait rien, mais rester face à son ennemi ne lui assurait aucun avantage. Il se laissa donc pousser sur le côté, dépassé par ce corps rapide et brusque qui le repoussait vers les vitres brisées et s'éloignait en défonçant presque la porte coulissante du wagon. Le son sifflant de la surprise persista dans son oreille un temps, puis il se reprit et se redressa. Il tomba à demi en fonçant à son tour hors du wagon, et les jambes en appui, fléchies et parées à bondir sur le chemin de la proie, pour s'ériger en obstacle. Il ne la laisserait pas fuir, oh non...

... Mais en lieu et place de la rebelle, une autre silhouette se tenait de l'autre côté de la porte vitrée coulissante. Une présence immobile, droite et lointaine, que pourtant Belpois avait déjà vue. Il n'y avait pas si longtemps... Elle était à nouveau là. Et dans sa tête, le temps se suspendit assez pour lui laisser le temps de l'observer et de graver son image dans sa mémoire.

Le reflet de la vitre sembla éclater devant ses yeux alors qu'elle se dévoilait, droite et éclairée comme un lampadaire perdu dans une rue sans électricité. Deux étoiles océaniques le fixant, profondes et lointaines comme le large et les cieux. Des mèches flamboyantes et enflammées comme un désert sous le soleil de midi entourant une face entre éveil et épuisement, et un corps fermement ancré en terre, solide et puissant, dont le moindre tremblement semblait posséder le pouvoir de briser les vents. Sa tenue d'aventurière post-apocalyptique paraissant cousue par l'asphalte et la poussière, colorée par les immeubles d'une mégalopole à l'abandon et éprouvée par l'humanité et la politique.

Cette femme devait garder dans son être tout entier l'Histoire des Mondes Alternés, et elle était là, à l'observer comme une étrangère en fin de quête, qui sait le sens de son existence en voie de disparition et cherche en l'autre de quoi ne pas tomber vainement. Elle était là pour lui, elle avait fait s'agenouiller les frontières et les logiques, posé ses attaches et ses barrières psychiques aux pieds de la Mort et l'avait regardée les emporter sans dire un mot, elle avait tout fait pour ne pas être une parmi tant d'autres. Elle était l'avatar qui avait pris vie.

Celle par qui tout s'affrontait.

Belpois délaissa le fantôme exsangue d'Elisabeth et s'approcha de la vitre, posant une main contre un siège décharné pour s'assurer de ne pas trébucher. Il lui rendit son regard, sentant son coeur s'affoler et ses désirs de savant paniquer. Il était un pilleur de tombe devant qui s'exposait le Graal. Il ne laisserait pas filer ce trésor qui venait s'offrir à lui sans broncher ni se courber. Il ne lui ferait rien, non, il n'irait même pas assez près d'elle pour la frôler. Il voulait juste s'assurer qu'elle était ce qu'il espérait.

Mais voila que déjà, elle se détournait. Sans même lui rendre un semblant d'attention, comme si l'unique but de sa présence était de le voir.

- Attends !

Elle s'arrêta, tranquillement, ses pas frôlant le sol comme si elle s'attendait à l'entendre. Cependant elle ne se retourna pas et patienta. Belpois garda sa main tendue vers lui. Il ne l'approcherait pas, non. Mais tant que sa main la désignait, il avait l'impression de pouvoir la convaincre.

Elle ne bougea pas, arrachant au génie toute possibilité d'évaluer l'efficacité de ses actes. Mais à défaut de pouvoir la laisser partir, il tenta :

- Que me veux-tu ?

Elle se tourna légèrement, comme pour le rejoindre, mais quelque chose la retenait encore.

- Tu y penses ? A ton reflet ?

- Oui, tout le temps. Il est là, sa présence me gêne, et il m'empêche d'avoir un visage et un nom que je pourrais imposer au monde.

- Moi, je ne veux pas m'imposer au monde.

Elle reprit sa position initiale et leva doucement un pied pour repartir.

- Je veux juste qu'il persiste.

Elle allait partir... Non ! Il avait besoin de savoir ! Elle le suivait, elle le troublait, quelque chose lui échappait, et il n'aimait pas ça. Pas du tout.

- Je peux t'aider mieux que d'autres ne le feront ! J'ai déjà prouvé pouvoir supporter le pouvoir et être plus implacable que...

- Nous n'avons pas les mêmes intérêts, et je comprendrais parfaitement que tu tentes de te jouer de moi pour arriver à tes fins. Cependant je crains de ne pas l'apprécier, alors autant nous épargner la peine.

Belpois chercha un autre argument, quelque chose pour la retenir, mais rien ne vint. Elle ne semblait pas en bonnes dispositions pour le croire, et son regard dur n'indiquait aucune chance de fissure. Il pouvait toujours l'obliger à rester par la force... Il exécrait cette solution, tout juste bonne pour des subalternes qui ne savent gagner par l'intelligence et l'esprit, qui n'acceptent que la demi-victoire que représente un corps brisé malgré son esprit intact. Mais, au fond, il aurait l'avantage facilement, et ça restait une bonne solution de dernier recours... Il la voulait, il voulait ses réponses, et il ferait ce qu'il faudrait. Cependant, comment fait-on pour battre au corps un adversaire ? Belpois ne savait pas vraiment... Il avait toujours compensé avec son imposant Solar Building, démonstration de puissance lui épargnant d'avoir à réellement faire ses preuves, mais il ne pouvait plus se cacher derrière un immeuble... Et le détournement du train ? S'en servir comme d'un argument, pousser la jeune femme à s'identifier aux ruines fumantes des wagons couchés ? Et pourquoi pas...

Il roula discrètement des épaules pour se donner du courage et se dessina un long rictus sur le visage.

- Tu sais, je suis quelqu'un de puissant... Mon trône est peut-être en morceaux, mais je n'ai pas perdu l'accès aux commandes. Je peux encore maîtriser ce monde... Et tout ce qui s'y trouve.

Il laissa un temps de pause, jaugeant de l'impact de son effet. Mais l'évaluation prit des allures de gêne. Elle le regardait toujours avec le même air patient et transperçant, comme si elle regardait au-delà de lui. Un peu piqué, mais surtout désemparé, il essaya d'accélérer sa réflexion. Soit il s'accrochait à cet argument et l'amplifiait, espérant qu'il n'en avait juste pas assez fait, soit il en changeait, mais alors, qu'est-ce qui pourrait l'effrayer ? Si le fait de voir son sort comparé à un train détruit ne l'impressionnait pas, alors quoi ? Quoi ?

- Qu'est-ce que tu veux ? Tu viens à moi, tu veux quelques chose, alors quoi ?

- Je ne suis que de passage. Tu crois peut-être que je m'immisce sur ton chemin, mais de mon point de vue, c'est toi qui n'a de cesse d'être sur le mien. Tu veux voir quelque chose d'intéressant ? Approche.

Aussitôt, la jeune femme suivit les rails de la voie ferrée. Ne sachant que faire d'autre, Belpois la suivit. Ce ne fut chose aisée quand il se rendit compte qu'un épais brouillard s'était levé il-ne-savait-quand et dissimulait le paysage. Il n'aurait pas même remarqué ses propres pieds. Il ne faisait que percevoir sa guide au son de ses pas. Il avança à l'aveugle, le pas un peu trop méfiant pour ne pas trembler. Il essaya de réfléchir à sa destination le moins possible, quand soudain quelque chose l'interrompit. En se penchant, il reconnut la manche de la veste de la jeune femme. Cette dernière s'était arrêtée, droite comme un i, en plein milieu du chemin. Il nota également qu'elle tenait le col de sa chemise d'une poigne ferme. Brutalement, sans prévenir, elle arracha le premier bouton et le jeta à ses pieds. Le son significatif de l'imposant accessoire se fit entendre. Surpris, Belpois resta coi, ouvrant tout juste la bouche pour tenter de protester, mais déjà elle s'emparait du deuxième bouton et le jeta à nouveau, un peu plus loin cette fois.

- Mais qu'est-ce que...

Elle ne se soucia guère de ses vagues protestations et réitéra son manège, chaque bouton lancé un peu plus loin à chaque fois. Le troisième, au son toujours clair, le quatrième, un peu moins précis mais toujours audible, puis le cinquième... Rien. Pas un bruit. Comme s'il eut été lancé dans un puits sans fond... Pourtant, le bouton précédent s'entendait encore bien... Et sans transition naturelle...

- Si j'avais voulu te tuer, j'en aurais eu l'occasion. Il m'aurait suffi de te laisser avancer.

- Il y a un.. Vide ? Mais... Mais le train venait de là...

- Bien vu. Ce n'était pas là il y a quelques minutes. Ca a aussi commencé comme ça chez moi. D'abord un petit trou, soit disant que la terre n'était plus assez épaisse pour soutenir les structures. Puis des trous plus larges, "on aurait vraiment jamais dû construire si près du bord de la falaise"... Des gens ont commencé à avoir peur, le phénomène se répétait, on hurlait au complot, des professeurs cherchaient des explications, mais en vain. Le nombre de morts devenait significatif, et les ressources disparaissaient. La paranoïa est montée, des chercheurs ont été assassinés par des personnes apeurées et persuadées de l'existence d'une conspiration, certains ont essayé de les protéger, et sont tombés avec, alors tous ceux qui n'approuvaient pas se sont tus. Mais la terre a continué de s'effondrer. La folie augmentait, mais la place diminuait. J'ai réussi à partir avant qu'il ne soit trop tard, je suis entrée dans un des scanners de rue qui jonchaient mon monde, et je l'ai programmé pour créer une faille, juste assez petite, pour remonter dans le temps. Dans mon voyage, j'ai dû passer par le Pont, et tu y étais, à regarder des écrans d'un monde de paradis, mais je n'ai pu rester. Et je suis arrivée ici, dans un univers qui n'a rien à voir avec le mien, et qui pourtant constitue un passé pour moi. Mais tout juste arrivée, j'ai vu un immeuble s'écrouler devant moi, une gigantesque tour avalée par le vide... Alors je me demande. Ce qui a détruit mon monde n'est-il propre qu'au mien, ou n'est-ce qu'un maillon dans une chaine de destruction plus large ?

Belpois resta songeur, un peu stressé à l'idée que son propre monde pût lui échapper. Ainsi donc, quelque chose ou quelqu'un essayait de s'en prendre à son empire ? Comme s'il n'avait pas assez de l'autre imbécile qui lui a détruit sa meilleure arme... A moins que... La destruction de Solar Building intervenait après sa chute...

Soudain, une secousse. Au cerveau. Un choc. Ou une vibration. Ou...

Il passa sa main devant son visage. Il crut d'abord que la lumière ambiante vacillait, avant de réaliser. Quand il y voyait, c'était flou... Ses yeux...

- Mon corps se détériore...

- Ca me l'a fait aussi. Quand mon monde s'est effondré. Nous faisons partie de notre environnement, alors quand il se meurt, quoi de plus normal qu'il emporte avec lui ce qui y vit. Par exemple, mon ouïe a été usée à force d'entendre le sol s'ébouler. Où que je sois, j'ai toujours l'impression qu'une montagne s'effondre contre mes tympans. Remarque que cela force à être attentif... Et à mieux lire les personnes. Mais je crains que tu n'aie pas cette chance, toi. Les ténèbres von bientôt te dévorer les yeux. Tu ne verras même pas ta cité disparaitre sous tes pas.

Non... Il ne voulait pas tomber comme ça... Pas avant d'avoir récupéré son trône... Il devait trouver une solution, quelque chose, une logique, un plan...

Ca a commencé... Quand les autres sont arrivés, qu'ils ont voulu détruire le programme... Et si... S'ils étaient en train de tout anéantir... Si ces êtres bouffis de bonnes intentions étaient bien plus imbéciles qu'il ne l'avait envisagé...

Il devait les arrêter. Il devait les retrouver et les en empêcher, ou il ne vivrait pas assez longtemps pour être présent à leur défaite... Pour récupérer son royaume et leur faire payer le contretemps...

Par chance, il y avait elle. Elle avait l'air d'en savoir long. Il fallait qu'elle le sortît de là.

- Il faut que je m'en aille, que je le retrouve... Toi tu as réussi à venir, tu sauras bien comment repartir...

- Sage déduction, je suppose... Il va falloir sauter. Tu l'as fait, dans le paradis virtuel, non ?

- Je l'ai vu, après ma première "mort"... Le monde avec les écrans. J'avais cru au Paradis, puis je les ai trouvés en regardant les écrans. Quand je les ai rejoins, je n'ai pas eu peur, je me suis dit qu'en mourant, j'y aurais à nouveau accès... Bien sûr...

Belpois sourit. Toutes les issues n'étaient pas bloquées... Son plan pouvait continuer... Mais il allait y ajouter quelque chose...

Soudain, la jeune femme soupira et dit, comme s'il s'agissait d'une évidence absolue :

- Tu as juste voulu le pousser à l'erreur, sur Verso, n'est-ce pas ? Histoire de le tuer en gardant les mains propres ?

Il leva les yeux vers elle. Brillante... Intrigante et brillante. Il fallait qu'il la déchiffrât...

Il se leva et se redressa à côté de l'inconnue. Les deux égarés attendaient que le vide vint à eux. Et alors qu'il léchait leurs chevilles, la jeune femme ferma les yeux et sourit étrangement. Avec une sorte d'appréhension.

- Cela dit, personne n'a jamais prouvé que les Mondes Alternés étaient une science exacte...

Tout autour, les immeubles, rougis par le soleil de l'aube, s'effondraient.

_____________________________________________________________


Voila donc pour ce petit retour dans la fiction ! J'essaie de ne pas être trop lente pour la suite, et d'ici là, bonne année, plein de réussite et tout le tralala, et bisous !
  Sujet: Attentats de Paris du 13 Novembre 2015  
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MessageForum: Blabla de la communauté   Posté le: Mar 17 Nov 2015 14:42   Sujet: Attentats de Paris du 13 Novembre 2015
Personnellement, j'approuve le fait qu'il faille revoir les alliances, rendre les dispositifs utiles et utilisables (fiche S, toussa...). Et, Sirix également, reconnais le fait qu'il ne faille pas rester inactif, sans réagir. De son aveu, ce n'était guère son propos. Evidemment qu'il faut répondre. Mais... Il y a eu des morts. Jamais une attaque sur le sol français n'a fait autant de victimes depuis la Seconde Guerre Mondiale. Toutes ne sont pas identifiées, des avis de recherches courent encore malheureusement depuis Vendredi soir, et tous les blessés ne sont pas tirés d'affaire. Personne n'a encore réfléchi à l'hommage officiel à offrir aux disparus de Vendredi, c'est tout juste si on envisage de faire un plaque pour eux. Et où ? Bataclan, la rue des bars/restaurants attaqués, le Stade de France, ailleurs ? D'ailleurs, une plaque, ou un monument ? Faut-il rendre le 13 Novembre jour férié ? Y aura-t-il des funérailles nationales, ou laissera-t-on les enterrements à la discrétion des familles ?

Aujourd'hui, j'ai lu une phrase que je trouve personnellement parlante : «C’est l’humain qui est attaqué. Pas notre grandeur.». Certes, si l'attaque a eu lieu sur le sol Français, c'est qu'il y a une raison aux yeux des autres abrutis, encore que de ci de là, subsistent la possibilité qu'ils voulaient juste frapper le pays qui a frappé le leur, ce qui atténue la possibilité d'une charge symbolique (pays de mécréants par excellence, comme ils disent). Pour autant, les morts aujourd'hui étaient humains. Juste des êtres humains, et à l'heure actuelle, lancer des frappes en leur nom, c'est les prendre en excuse, en symbole à mes yeux. Ils sont juste des personnes qui n'ont pas eu de chance. Ce sont des gens qui auraient pu être, ou qui sont, des proches à vous. Ils n'ont pas à porter le poids d'une guerre sur leurs épaules. Et, actuellement, à vouloir mettre la priorité sur une réponse martiale plutôt que sur un hommage à ces personnes, c'est oublier un fait important : il y a eu des morts, et on leur doit hommage. On leur doit un temps de repos, un temps de décence pour les pleurer, et pour nous nous remettre du choc. Si Hollande a été particulièrement efficace à déclarer l'état d'urgence au plus vite, je redoute que chaque décision qui soit prise en ce moment ne soit qu'une décision à chaud, sous l'effet de l'émotion, de la colère, et de l'envie de vengeance. Par exemple, non loin de chez moi à Pontivy, des identitaires s'en sont pris à un passant à l'apparence maghrébine, sous le prétexte de vouloir rendre hommage à ceux tombés Vendredi. Rendre hommage à des gens dont les derniers instants ont été marqués par la terreur en... Semant la terreur ? Est-ce là l'hommage le plus décent qu'il puisse y avoir ? Je ne pense pas, Kronen, si je me base sur tes propos, que tu serais l'un de ces hommes. Mais à mon sens, la tragédie que l'on a vécue est humaine, et appelle un temps de réponse humain. Pas vengeur. Il ne s'agit pas de se montrer faible, il ne s'agit pas de tendre l'autre joue. Il s'agit juste de laisser les choses en leur temps, du moins pour moi.

Certes, ce qui s'est passé ne doit pas rester sans réponse. Mais à tous ceux qui pensent déjà à la guerre, qui veulent voir des conspirations, des signes, attendez. Laissez le choc passer. Evidemment que ces abrutis n'entendront pas la paix, évidemment qu'on a passé le stade le négociation avec eux. Evidemment qu'au delà du "même pas peur", on a le droit d'avoir peur. Mais le temps d'hommage compte. Surtout quand on en est encore à compter nos morts. Comme l'a dit Sirix, les survivants de Charlie Hebdo avaient mal vécu l'idée d'être pris pour symbole de tout ce qui viendrait de sécuritaire après la mort de leurs copains. La Marseillaise, pour Charb et Cabu ? Non, ce n'était pas leur rendre hommage. C'était soulager un sentiment patriotique, qui s'il a eu l'avantage de rassembler, prend aussi le risque de rendre la masse aveugle et déraisonnée, car juste moutonnière. Personne ne s'était réellement demandé si c'était réellement honorer la mémoire de Charb et Cabu, que de chanter la Marseillaise. Qui dit que ce qui viendra sera rendre hommage aux morts ? Rien.

Certes, il y a une dimension dramatique sur le plan de la sécurité dans ce qui est arrivé Vendredi. Certes, il faut des mesures, claires et efficaces. Mais il faut aussi prendre le temps d'assimiler tout ce qui vient d'arriver, de s'en remettre, de soutenir les familles des victimes qui doivent en avoir bien besoin, de pleurer les disparus, de tous nous calmer et d'attendre la totalité des dénouements concernant les disparus avant de réellement songer à notre réponse. Histoire de ne pas réagir sous le feu d'une haine, qui si elle est compréhensible, ne doit pas nous guider comme elle a guidé les fous assassins de Vendredi. Ce que je trouve malheureux, dans tout ce que j'ai lu ici, c'est que la dimension humaine me semble absente. Du moins, encore une fois, à mon sens.
  Sujet: [Galerie] Bottle's Ink  
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MessageForum: Graphisme et infographisme Code Lyoko   Posté le: Mar 17 Nov 2015 00:18   Sujet: [Galerie] Bottle's Ink
Bonjour bonjour ! *mode revenant* *ta fic est à l'abandon flemmarde*

Oui, mais pendant que j'écris à deux à l'heure, en fait je dessine beaucoup ! Entre un nouveau matos (photoshop on se retrouve enfin <3) et le besoin de m'écarter un peu de mes écrits pour les renouveler, les réenvisager et les remanier, il a fallu que je me vide la tête autrement, et cet autrement est donc graphique ! Ce qui fait que, pour cette fois, pas un mais quatre dessins o/

Mais avant tout et comme avant, pour ne pas perdre les bonnes habitudes (et parce que cette fois, ça aura un sens dans ce topic, yay), RP rapide en spoiler !

Spoiler


Voila !

Et donc, le rapport avec le RP ?

Eh bien, le premier dessin ! Il s'agit de Raoul, un petit Furby que j'ai offert il y a peu à mon copain et qui m'a servi d'entraînement alors que je redécouvrais Photoshop (sélection je te hais même si t'es utile et trop bien).

____________________________________


Raoul

Ne pas nourrir après Minuit
Ne pas exposer à la lumière
Ne pas leur faire prendre de bains
Ne pas oublier de les brosser matin et soir


Spoiler



____________________________________



Ensuite, un dessin abouti, que je destinai à un magasine littéraire, avant de lui préférer un autre (que j'avais fini avant de toute façon), et que je peux donc poster ici. Si le personnage est bien de moi, avec le concept, j'ai eu recours à l'aide des lumières de Sirix, que je remercie encore o/

____________________________________

Le Tourneglobe

Oui, un gosse, comme vous avez déjà dû en acheminer entre les Blocs Aériens. Sauf qu'il serait un géant qui, pour éviter d’avoir à travailler, passerait sa vie à tourner les globes des Mondes de Brouillard et décide de la météo et du temps, tant et si bien qu'on le nomme Tourneglobe.


Spoiler


____________________________________


Et enfin, deux en un, avec le début d'une compilation d'illustrations sur Replika on the Web (oui oui, encore), faits pour de l'entraînement au concept de personnages, pour les poses, enfin pour tout. Donc juste deux personnages avant de terminer tout un ensemble !

____________________________________


Céleste

Même ses grands yeux verts émeraude qui brillent ou ses cheveux roux vif ne la sortent pas du décor ou de la foule. Mais ça lui va plutôt bien. Surtout attachés comme ils le sont derrière sa tête en queue de cheval. Habituellement, elle porte avec ça une veste dont la couleur se rapproche de celle de ses cartons à dessins derrière laquelle elle a un pull blanc. Pour le bas, jupe plissée, collants. La demoiselle simple. La dessinatrice un peu dans son monde quoi.


Spoiler


James

Enfin, je sais aussi qu’il est assez taré pour se faire une coiffure disco teinte en vert, mettre une veste style vintage rouge vive et un jean en lambeaux. Ce qui lui donne à la fois un air un peu rebelle et stupide en même temps...Mais chacun ses problèmes.


Spoiler


_____________


Voila voila ! Maintenant que j'ai posté pour au moins six mois, je vous dis à l'été prochain, tchaô ! o/

*cette sortie était complètement bâclée*
  Sujet: [One-Shot] Une étincelle sur un fil  
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 04 Oct 2015 22:27   Sujet: [One-Shot] Une étincelle sur un fil
Coucou !

Eh bien, un premier OS… Qui a l’avantage de bien montrer ta marge de progrès entre les débuts de ta première fic et aujourd’hui. On sent en effet un certain chemin parcouru, ne serait-ce que dans la façon d’ancrer une ambiance. Sans être franchement lyrique et plein d’envolées de style (même si on en trouve des cools, telles que le joli effet phonétique que je vais ENCORE citer, dit du « temps » : « attend »/« instant »/« temps » et « Contredire »/« Interdire »/« Partir », qui pourrait presque résumer un état de crise, une dispute (l’opposition, la menace, la rupture)), l’émotion est très bien retranscrite, l’évolution de la chose assez graduelle pour toucher.

Un bon point est que, même avant qu’on sache qu’il est question du FB d’Aelita, on sent bien que c’est la tête de Jérémie qu’on visite. Le personnage se reconnait dans ses états d’esprits, un peu trop étrangers à Odd et Ulrich. Le caractère est bien retranscrit (bon, le choix de ses études est un bon indice, aussi), mais on voit assez vite que le ton n’est pas assez léger pour Odd, ni assez acide pour Ulrich. Quant à Yumi… Elle aurait pu être une option intéressante, si le genre des adjectifs ne rejetait pas l’idée. A moins que, qui sait, elle ait changé de sexe entre temps (angel). Donc pour la mise en contexte, ça marche !

Et justement, on arrive bien à se mettre à sa place, celui d’un jeune adulte qui doit laisser en arrière une enfance moins monotone. Difficulté majorée pour Jérémie, puisqu’en plus la routine de son présent est accentuée par les remous de son passé. C’est donc une sorte de rebond de grand huit que tu proposes, est dans le domaine, ça marche aussi, aidé par un thème simple, le fameux « Si » qui mettrait Paris en bouteille, mais pour lequel on serait quand même plutôt disposé à essayer. Enfin, sauf moi parce que j’aime pas Paris. M’enfin.

Et… Même si tu m’as répété que cette fin n’avait rien de joyeux, j’ai presque envie de continuer à chercher. Parce qu’il a Karine, et qu’en un sens, même si ce n’est pas de l’amour pur entre eux, qu’on se demande toujours si on aime vraiment après un premier amour, c’est étrange mais finalement, il est le seul à s’être retiré les clés de la main. Parce qu’il a peur, qu’il n’aime pas l’instabilité, mais… Mais au fond, peut-être se dit-il aussi que si Aelita voulait vraiment le revoir, elle aurait repris contact de son côté. Et le simple fait que je veuille trouver des excuses à la vie de Jérémie doit vouloir dire en soi que ça m’a touchée. Encore un autre bon point.

Bref, c’était un bien bel OS, surtout pour une première fois ! (Décidément, ça aura été important, les premières fois, dans cet OS Razz). Un petit voyage un peu triste, mais dans lequel on file bien. N’hésite pas à refaire des choses dans ce genre o/
  Sujet: [Fanfic] Replika on the Web  
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 01 Oct 2015 18:50   Sujet: [Fanfic] Replika on the Web
Hello !

Eh bien, pour une première partie d’ultime étape, on voit bien l’évolution de la tension dramatique et du niveau de difficulté. C’est d’ailleurs bien symbolisé par l’image de l’arène, et la cadre, bien qu’en huis-clos comme les précédents, est un peu plus intimiste. Tout parait plus personnel, et on touche directement au centre de l’action de Replika jusque là, la base où est gardé le Macstodonte. En clair, comme dernière étape, on a le danger le plus palpable.

Et donc, ça touche quelque chose de plus personnel aussi, l’enfance. Fred angoisse à l’idée d’entendre une petite chanson d’enfance comme dernière musique avant la mort, ce qui rappelle un peu la peur de dormir et du noir de l’enfant à qui on apprend à rester seul la nuit. Du coup, son évolution d’enfant apeuré à animal traqué qui ne se base que sur des réflexes (cf. La scène où il n’est plus qu’automatismes et peur), à jeune homme aux portes de la mort et se défendant, lui, physiquement et par le combat, est assez claire. On est plus dans le Fred qui combat sur son clavier, dans une lutte plutôt intellectuelle et mentale, on a aussi le combattant « armé » (enfin, en peu en mode système D, mais ça compte, dans l’urgence) et physique.

La permanente introspection, montrant la peur montante, va aussi avec la montée vers le grenier. Encore que je verrais presque un paradoxe avec la « montée aux cieux » et le fait qu’en effet, la lumière est la clé de sa sécurité par la suite. M’enfin, j’aime conjecturer o/

Pour ce qui est de la qualité du texte en lui-même, on est dans la continuité du reste. Progression toujours là, avec plus d’introspection comme je disais, un travail sur le rythme et sur le choix des termes. Si j’ai relevé deux ou trois phrases étranges, voire inachevées, ce qui tendait presque à distraire de la lecture, le rendu est réussi.

Bref, continue comme ça, il me tarde de voir la suite de cet arc, et donc sa conclusion !
  Sujet: [Galerie] Art et Gribouillages Sirixiens  
VioletBottle

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MessageForum: Graphisme et infographisme Code Lyoko   Posté le: Mer 09 Sep 2015 19:20   Sujet: [Galerie] Art et Gribouillages Sirixiens
Bonjour ! Je termine mon tour de tes topics par ta galerie ! Et pour le coup, avec la matière à traiter, j’espère ne pas être trop longue.

Déjà, on va commencer par parler de tes dessins monochromes. Malgré le fait qu’on sente parfois un peu d’hésitation dans le trait, comme je te l’ai déjà dit, on sent aussi le soin apporté et la patience dans le détail, parce que mine de rien les dessins sont petits. Qu’il s’agisse des personnages, notamment dans la précision des yeux (exemple avec Quote ou ton autoportrait). D’ailleurs, en termes de qualité, ton autoportrait reste le mieux réalisé, on t’y reconnait bien, ce qui est la première des vertus d’un autoportrait. Ensuite, les proportions sont correctes et l’expressivité est bien présente. De toute façon, de manière générale, tes personnages sont toujours expressifs, que ce soit par le regard ou le corps (malgré une légère incertitude de ma part quant aux proportions de Curly Brace sur son bras gauche. L’avant-bras me semble un tantinet trop long). Après, l’absence de sourcils, comme je te l’ai aussi déjà dit, m’intrigue toujours, même s’il y a une cohérence avec ton style, par exemple je préfère Quote, qui en possède, son expression est plus appuyée, plus naturelle à mon goût... De même que, pour reprendre Curly, la tranche du visage qui tranche l’oeil gauche. C’est peut-être moi, mais il me semble trop de côté… Mais va pas croire que je ne l’aime pas, hein, elle est cool, très dynamique et, à part ce que j’ai noté, bien réalisée !
(Note que le fait que les cheveux te retombent dessus, et que tu portes des lunettes, sur ton autoportrait fait que l’absence de sourcils n’est pas gênante à mes yeux, puisque c’est logique o/)

Pour ce qui est des machines, là on prend toute la mesure de ton sens du détail. Tout est très complet et précis, et surtout, cohérent. Le fait que tout foisonne de détails à gauche à droite, qu’il faudrait regarder plusieurs fois pour tout repérer, rend le côté monochrome plutôt agréable. L’absence de couleurs est compensée par le fait qu’il y a des traits et des éléments partout. Proportions et perspectives sont même très bien respectées malgré tout ce qu’il y a à placer. Mention spéciale pour le Lux Tempestas, très fourni et abondant. Et puis évidemment le Bottelship, qui m’impressionne toujours quand je le vois, surtout que tu m’avais pas consultée :’). Et là, les lignes par exemple des places suffisent presque à coloriser en nuances le dessin Tout se démarque bien du reste et colle parfaitement à l’ensemble du bâtiment. Et j’adore la tête heureuse du dragon sur l’aile X3. Enfin, l’aérocyclette montre surtout sa précision à mes yeux pour le tableau de bord. Je n’y connais strictement rien, donc je ne saurais parler de cohérence, de logique ou quoi que ce soit, mais vu d’un oeil profane, ça me parait assez crédible et réaliste.

Enfin, je termine cette partie avec le dessin « fouillis ». On y voit de jolis effets d’ombres portées, notamment le cube. Mais surtout, on voit aussi le niveau de détail et la précision du trait sur le « monstre » et ses craquelures, qui apporte un côté étrange à l’ensemble, qui déjà par son côté « incohérent » et l’isolation des différents éléments, donnaient l’impression d’un autel, ou tout du moins d’un chenil d’objets tombés là par hasard. Pourtant, on peut trouver des cohérences (la bougie et l’horloge pour le temps qui passe, ou les formes avec le cube vs. le bulle vs. la pyramide, le « monstre » et la lune dans le coin supérieur gauche…). Mais il se peut que je divague un peu sur ce dernier point. Bref, les ombres et le niveau de gris, dans ce dessin, offre une perspective un peu fouillis, mais c’est justement ce qui lui donne son charme étrange. Même si j’ai un peu oublié ce qu’était cette chose, devant le « monstre », entre le rouage et l’horloge… ^^’

Ensuite, passons aux dessins colorisés. Déjà, même s’il n’est donné à voir que des colos par ordi, on sent une maîtrise des outils. On le voit par exemple dans ton OS tan de Yosemite : l’effet de lumière sur son visage évoque assez le jeu d’ombre et de lumière d’un ordinateur, ce que je viens de ne remarquer qu’à l’instant.
Sur Stellaria cependant, l’effet brillant, surtout de la tenue, rappelle en effet la gousset, et je pourrais pousser jusqu’à dire que les yeux sont en rappel avec les décorations bleues au-dessus de la poitrine, tant dans la couleur que dans la forme. Ca témoigne d’un sens de l’équilibre et de l’accord dans la compo des couleurs, et ça c’est cool o/. Du reste, si la longueur de ses bras me parait un peu étrange (la main arriverait au niveau du genou, sauf si mon oeil fatigue, ce qui n’est pas impossible non plus), elle est, comme les autres, bien réalisée avec son petit sourire adorable.
Et Cendrillon, et ses couleurs pastels, cassées par la noirceur de son oeil… Si la jeune fille garde un défaut de poitrine (trop dessinée, alors qu’elle est censée être couverte), j’aime beaucoup ses cheveux et ses oreilles. Elle a vraiment un petit effet animal mignon… Et pourtant, elle tire plus sur l’inquiétant que l’attristant. Sans doute le décalage entre le pastel et le sombre, plus les notes un peu marron sur sa tenue, ainsi que les traces de sang. Pour le coup, la simplicité du trait aide aussi beaucoup, car à nouveau, créé un contraste avec le côté torturé du personnage. Même ses cheveux font accidentés. A vrai dire, il n’y a guère que ses chaussures qui semblent s’en sortir, mais comme elles sont accordées avec les traces de sang, elles sont accordées aux salissures de la tenue et n’arrangent pas grand chose x). Rendu donc inquiétant o/.
Arrive ensuite Daisy. Elle, pour le coup, c’est celle que je préfère le moins de cette série de coloriées; on ne retrouve pas les ombres qui font un si bon effet sur tes dessins, sans doute le logiciel n’y est pas pour rien. Le trait de même semble manquer d’éléments pour être totalement abouti. Mais les prémices de tout ce qu’on voit chez toi sont bien là, les yeux en amande, les lumières au niveau du nez ou les petites ombres capillaires… On reconnaitrait ta patte.
Enfin arrive l’OS tan de ton G5. Déjà, le décor est recherché et bien travaillé, même si on pourrait regretter le manque de régularité dans le tracé des touches de ton clavier, ainsi que l’étrange perspective de ton armoire sur la gauche, qui me parait un peu trop prononcée et aiguë, mais bon, cela ne retire rien à la qualité de l’équilibre de l’ensemble. Les matières sont bien rendues (les écrans, le bois…), et la miss s’intègre bien à tout ça. On retrouve le côté animal mignon de Cendrillon, mais cette fois-ci sans lacération pour l’altérer, la pauvre mignonne :’). Elle a un joli air en tout cas, avec son petit sourire adorable et un peu rêveur. Bref, je l’aime moi aussi beaucoup !

Voila voila, il me semble avoir fait le tour de ta galerie, qui a été dans l’ensemble plaisante à regarder ! Tu as un bon coup de crayon et d’oeil, notamment sur les couleurs et les petits détails. Tes machines ont un bon réalisme et sont assez cohérentes pour être crédibles, et tes personnages ont un joli style manga plaisant à regarder !

Je serai curieuse d’en voir plus ! Au plaisir de revoir un peu de ton travail ! o/
  Sujet: [Fanfic] Before the Replika  
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 01 Sep 2015 14:11   Sujet: [Fanfic] Before the Replika
Bonjour ! Après être passée sur Replika, il était logique de passer par sa préquelle !

Déjà, on se situe dans un univers un peu plus "mature" que Replika. On sent que les thèmes abordés sont plus adultes (Réflexions sur l’évolution de l’informatique, backstory plus présente et plus inquiétante…). On peut donc s’attendre à avoir des explications sur le caractère asocial de Fred, ce qui commence à partir de son premier affrontement avec Bertrand. Pourtant, plus que ça, ce qui m’a intéressée dans ce chapitre est la prémisse du Fred combattant sur clavier, faisant démonstration de ses capacités et s’y plongeant corps et âme. Même si la scène, de par son enjeu moindre, est moins tendue que dans Replika, tout est là, prêt à servir pour les futures aventures.

Reste du coup les évolutions de relations. Pour le coup, il n’y a même pas l’amorce d’une amitié entre Fred et Jessie, puisque Fred le dénigre d’avance. Asocial, toussa… Cela fait encore se demander ce qui les réunira, même si Replika commence une explication.

Tout ça pour dire que le texte remplit bien sa fonction de préquelle des aventures de Fred et compagnie. Maintenant, la backstory.

Elle vient ajouter, comme je disais, une touche plus sombre, plus mature. On devinerait le lien avec la backstory de CL, mais pour le moment, trop peu d’éléments sont sortis pour qu’on puisse supposer avec assurance et certitude quoi que ce soit. Quoique… Un message caché dans le deuxième épisode, hein ? =3 Et sacrément bien caché, pire qu’un ninja pour le coup *PAN*

Bref, ce début est prometteur, et je reconnais y être entrée avec moins de difficultés que pour Replika. Continue comme ça o/
  Sujet: [Fanfic] Replika on the Web  
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 23 Aoû 2015 22:02   Sujet: [Fanfic] Replika on the Web
Bonsoir ! Pour ne pas changer mes vieilles habitudes, j'arrive en retard !

Bon, chapitre dans la continuité des suivants, l'action avance doucement. Mais elle s'intensifie. L'immersion est toujours bonne, on plonge rapidement (HAHAHA) dans l'ambiance. Et, merci Merlin, le chat est sauf o/

Après, on sent aussi que Fred est davantage investi que pensant, contrairement au chapitre précédent. L'accent semble porté sur le fait d'avancer l'action, et au passage de poser une ambiance, que d'expliquer l'état d'esprit du personnage. Du moins jusqu'à la fausse impasse du personnage. Le fait que Fred se mette à réfléchir, à envisager la défaite, qu'il l'anticipe même en essayant de la prévoir, en s'accrochant à ses connaissances sur le domaine, sonne assez terrible. Il n'y a plus de résistance, et on devine déjà un point important de l'évolution du personnage pour la suite.

D'ailleurs, même les descriptions se font plus intenses. Dans le sens où c'est clairement moins "mignon" que les débuts de Replika. Je ne saurais dire si ça vient du fait que tu décris maintenant des scènes plus crues, ou si c'est le fait qu'elles le soient de façon très terre-à-terre (ce qui colle au personnage de Fred, soit dit en passant), mais ça rend la scène plus frappante.

Après, le coup du portable qui se décharge vite ne m’étonne pas plus que ça, par rapport à mon voisin du dessus. Au fond, Fred le dit lui-même, il ne l’utilise guère, le fait qu’il l’oublie dans des pièces improbables va de paire avec l’idée qu’il ne le recharge pas souvent. Mais ça pose un problème pour Fred, qui se retrouve maintenant encore plus coupé du monde : soit il prend le risque de réarmer X.A.N.A en prévenant les autres, soit il accepte de se débrouiller seul pour ne pas encore frôler la mort… A voir comment il se débrouillera.

Bref, bon chapitre, en bonne continuité, et plaisant à lire.

Et jusqu’à présent, la chanson du début ne m’est toujours pas rentrée en tête, je peux encore respirer o/
  Sujet: [Fanfic] Mondes Alternés  
VioletBottle

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 20 Aoû 2015 14:33   Sujet: [Fanfic] Mondes Alternés
Bonjour !

Eh bien, alors que les vacances touchent à leur fin pour certains (pour moi je n’en sais rien, HAHA), la conclusion de la saison 2 de Mondes Alternés arrive !
Pas de RP en réponse cette fois-ci, pour cause de flemme prononcée, mais je répondrai rapidement aux commentaires !

Jerem : Haha, Belpois 2 (qui est Belpois tout court d’ailleurs) a surtout encore quelques tours dans sa manche… Mais si cela me semblait clair, il n’est pas sur Verso à ce moment-là, il est juste « dans la tête » de Jérémie. Mais c’est clairement une scène qui appellera une explication… En clair, je tease un peu avec cette scène Razz
Merci du commentaire en tout cas o/

Silius : Comme de juste, je n’ai que peu à redire à votre intervention, si ce n’est que vos analyses sont toujours surprenantes et agréables à lire. Personnellement, j’ai envisagé Verso comme le monde le plus enfantin de tous les Mondes Alternés que l’on verra. Sa morale est proche de celle d’un enfant, ou d’un idéal un peu trop simple et pas assez humain… Quant à ce qui adviendrait des héros en cas d’accident… Le monde 0 l’annonçait déjà un peu, mais la question va en effet prendre de l’importance dès le chapitre à venir, ce qui me permet une transition vers le chapitre !

Je vous laisse donc avec la conclusion de la saison 2 Verso, en vous souhaitant une bonne lecture !

_____________

Monde 2 Verso
Chapitre 10.3
The Apsidia - Final



L'air s'agitait autour de l'homme-vigie, alors qu'il appuyait ses mains au bord de l'autel soutenant le corps immobile. Un grondement sourd, comme le souffle d'un colosse épuisé, balaya la voix de l'être, jusqu'alors occupée à tenir compagnie au silence de l'autre. Pour beaucoup, cela aurait été source de panique et de questionnement. Et sans doute que celui qui, devant lui, ne pouvait ni voir, ni parler ni se mouvoir, était terrorisé. Mais lui savait. Lui s'y attendait, avec la patience d'un prédateur affamé et camouflé dans les hautes herbes. Il l'avait prédit, avait tenté de prévenir, mais ses paroles, écrasées aux yeux des autres par son visage et son nom, n'avaient eu que peu de portée. Ou tout du moins pas celle qui aurait pu changer les choses. Peu importait, c'était bien ainsi. Pour la réussite de son plan, les évènements ne pouvaient avoir mieux tourné. Et il venait de se prouver à lui-même que peu importait les conséquences de ses désirs, il n'en verserait pas une larme. Ses lèvres n'avaient même pas eu l'altruisme déplacé de trembler.

Satisfait, il posa ses mains de chaque côté du visage fermé, tout juste troublé par de subtiles rides et des sourcils châtains froncés. Un petit sourire étira lentement ses traits. Il le sentait bien, tant de sentiments négatifs se bousculaient dans ce corps adolescent sans vie, à tel point que son incapacité à se contrôler était une bénédiction pour lui. Il aurait assez à faire avec tout ce qui le traverserait, quand il reprendrait le plein usage de sa personne. Il ferait tomber des trombes de haine sur ses anciens alliés quand son heure viendrait. Et lui n'aurait qu'à observer la déchéance de ceux qui avaient tenté de le déstabiliser. Etre simplement l'ombre qui empêcheraient les yeux agonisants d'apercevoir le soleil.

Sans un mot d'adieu, il se détourna de l'autel et abandonna le corps perdu entre deux mondes. Campé sur deux pieds conquérants, ses mains dans son dos il se dressa devant une porte immense, clignotant d'un rouge vermillon désespéré en lançant des cris distordus. Mais cette fois-ci, il n'y plongerait pas. Il ne serait pas même spectateur. Il était attendu ailleurs. Dans son ancien Royaume.

Ca n'allait plus être très long.

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Dès l'instant où il l'entendit, Odd crut qu'un paquebot venait de s'encastrer dans la surface du monde. Un son assourdissant, faisant tout vibrer, du visible à l'invisible, secouant des parties de son corps dont il ne soupçonnait l'existence auparavant, produisant un râle qu'il n'avait jamais entendu et que sans doute il n'aurait plus jamais l'occasion d'entendre à nouveau. La déflagration le fit voler dans les airs, si vite et violemment qu'il en oublia les lois de la gravité. Devant lui, un kaléidoscope de couleurs agressives et rapides. Tout autour, le vide, poignant et pulvérisant, crachant sa vanité contre la peau virtuelle. Trop d'informations et surtout, pas les capacités de les comprendre. Tout allait trop vite.

La seconde suivante, il frappa durement le sol de ses jambes. Ses bras désarticulés tombèrent en désordre près de ses pupilles. Sa vue encombrée n'essaya même pas de surmonter l'obstacle. Figé à terre. Immobilisé. Paralysé. Statufié.

Soudain, une poigne violente le saisit par la nuque et le sépara de la surface. La panique palpable entre les doigts le fit décoller si vite qu'il crut que ses yeux n'avaient pu suivre. Un petit cri étranglé malaxa sa gorge. Et contre la plante de ses pieds, le sol vibrait toujours.

Mais la chose la plus intrigante était que la chose qui le tenait tremblait et déviait sans cesse.

- Bon sang, mais ressaisis-toi, faut pas rester là !"

Un peu secoué par la forte voix, Odd tenta tant bien que mal de reprendre ses esprits. Les yeux encore incertains, il vit une forme familière couvrir des dizaines d'éclats argentés. Ils étaient tous repoussés avec vigueur et précision, mais plus les secondes s'égrenaient, plus ils s'approchaient.

Il paniqua à son tour. Incapable de saisir ce qui se déroulait, il s'écarta brutalement et atterrit sur ses coudes. Il fut aussitôt attaqué par la vision d'une Asali accroupie et tendue, agitant sa lance en guise de bouclier contre des armes de toute sorte jaillissant d'un mur évanescent. Celles des murs de la Tour. Le sol quant à lui était pris de soubresauts tels qu'il gondolait à vue d'oeil. Enfin, le plafond montait et descendait dans un rythme irrégulier. On eut dit que le lieu se retournait contre ses visiteurs. Qu'il devenait fou.

- Qu'est-ce qui se passe ?" S'écria Odd sans oser quitter des yeux le ballet menaçant.

- Il faut qu'on quitte la Tour..."

BLAM !

Avant de pouvoir le comprendre, Asali et Odd se trouvèrent projetés dans les airs. Ils filèrent, au beau milieu d'un tas de débris virtuels et de lumière enflammée, avant de déraper au sol sur une distance interminable. Le garçon roula, roula, roula, le sol heurtant ses côtes, ses bras, son crâne, ses jambes, dans un ordre chaotique, brouillant ses sens et l'empêchant de s'y retrouver... Il en sentait presque son esprit se cogner contre sa peau...

Un soudain crissement lui tordit les tympans. L'instant d'après, quelque chose l'agrippa et arrêta net sa course incontrôlée. Son poignet le lança atrocement, attiré par le mouvement mais retenu par son providentiel sauveur. Il retomba lourdement face contre terre et lâcha un cri étouffé. Sa paume à côté des tempes s'accrochait désespérément au sol virtuel, comme par crainte de repartir. Mais un vague coup d'oeil vers son autre main révéla la raison de son arrêt : Asali le tenait fermement, à demi-accroupie et sa lance plantée devant elle. Elle... Avait réussi à s'en servir pour se ralentir ? Odd ne put s'empêcher de se sentir impressionné... Même dans la panique, cette femme était d'une logique... Martiale. Autour d'eux, les armes autrefois dangereuses s'écrasèrent alentours, sans grâce ni légèreté, telles des enclumes de plomb. Une nuée de coups de tonnerre en résultèrent. Mais ce n'était pas pire que le paysage nouveau de Verso.

Devant lui, la Tour où ils se trouvaient quelques instants auparavant n'était plus qu'un tourbillon de flammes, crachant des braises partout alentours, les plus lointains se perdant dans l'horizon. Le ciel était noir, des lettres et des chiffres bleu électriques défilaient frénétiquement, incompréhensibles, désordonnés, dénués de langage ou de cohérence. Le sol quand à lui se para d'un rouge perçant et se mit à clignoter frénétiquement, projetant une lumière de panique contre les jambes déjà tremblantes des deux êtres.

- Par la Reine Eli..." Murmura Asali en se redressant.

- Ce serait une attaque de XANA ?"

- Non... Ca... Ca c'est un dysfonctionnement général... C'est le Coeur qui panique !"

- Le Coeur ? Mais... Mais les autres... Ils voulaient y aller..."

- Oh, qu'ont-ils fait ?"

D'un coup, la Gardienne se précipita en avant, esquivant un immense débris fonçant à sa rencontre. Electrocuté par la soudaine activité, Odd la suivit sans réfléchir.

- Où on va ?" Tenta-t-il, davantage par réflexe que par réel intérêt. N'importe où était meilleur qu'au milieu du chaos.

- A Proelys ! Il nous faut une interface de contrôle tout de suite !"

- Et les autres ?"

- Si jamais ils sont au niveau du Coeur, on prend le risque d'arriver sur une zone sinistrée. Nous n'aiderons personne en nous autodétruisant !"

Asali évita de justesse un arbre. Ils ne devaient pas être loin de Peerasinisma... Au fil de l'avancée, la combattante accéléra encore et encore. Toute sa puissance était propulsée en avant. Plus le duo progressait, plus les projectiles se faisaient agités et massifs... Les lèvres d'Asali dessinèrent dans l'air une parole inaudible. Elle avait peur, c'était évident.

Odd ne put que la rejoindre quand il dût se jeter au sol. Une masse informe allait violemment à sa rencontre, secouant frénétiquement d'étranges branches. Mais... La chose gémissait. Le jeune homme refusa d'en tirer des conclusions, ça ne pouvait être ce qu'il croyait... Tout comme la petite cité, ravagée par une tornade trouant le sol et envoyant voler des corps terrifiés dans un infernal spectacle. Il fallait aller en avant. Il fallait rejoindre Proelys. Et surtout ignorer l'horreur grandissante qui l'emprisonnait dans ses ronces.

La course continua, enfonçant davantage dans le déni le fuyard, jusqu'à ce qu'il perdît de vue Asali. Cette dernière venait de fusionner avec une sorte de tuyau vermillon fumant et bouillonnant, ballonné en tout sens comme si d'énormes poings s'acharnaient de l'intérieur contre les parois. Il fallut un temps à Odd pour qu'il comprit qu'il s'agissait bien d'une Tour. Il eut un mouvement de recul. Comment avait fait la Gardienne pour ne pas être effrayée... ?

Essayant tant bien que mal de calmer sa répulsion, le jeune homme força ses jambes à avancer et il se laissa littéralement tomber en avant, la matière étrange du phare l'enveloppant. Une lumière éblouissante l'envahit, mais il n'eut la force de fermer les yeux. Dans la précipitation, il n'anticipa même pas son atterrissage et chuta face contre terre sur la plateforme d'accueil. Il sursauta de peur alors qu'un vertige le prit : il n'y avait pas de plateforme ! Ou tout du moins était-elle invisible. Non... Elle sautait. Comme un film sur une VHS exsangue. Des barres blanches ébruitées barraient un support sombre et glauque. Un crissement lancinant faisait vibrer l'air et griffaient l'audition à vif du jeune homme. Il tenta de se relever, malgré le vertige qui toquait à la porte de sa folie. Ses jambes parvinrent à se redresser, mais son buste fut plié sur la droite et prit un angle droit. Il avait déjà vu ça avant... Lorsqu'un bug troublait un de ses jeux... Il ne savait plus ce qui était un mur ou un sol, son bras gauche se colla à ses côtés et se raidit. Le droit pendit inutilement, à la parallèle des jambes. Quant à son corps tout entier... Son image sautait, envoyant et extirpant l'adolescent dans d'éphémères ténèbres. Il aurait voulu gémir, mais jamais la vivacité du phénomène ne lui en laissa le temps... Il fallait qu'il avançât, qu'il trouvât Asali...

Péniblement, il posa un pied devant l'autre. Un vertige le prit et il tourna sur le côté au lieu d'aller en avant. Pour autant il ne trébuchait pas... C'était tout juste s'il avait encore le sens de l'orientation le plus basique... Dès qu'il tentait une direction, il était envoyé vers une autre... Comme si les commandes avaient été corrompues... Comment faire confiance à la logique, alors...

- Oh, j'espère qu'il n'est pas trop tard..." Lança une voix devant lui. Entre deux soubresauts oculaires, Odd parvint à repérer le visage inquiet de la Gardienne, elle-même noyée dans d'étranges rectangles rouges. Il n'y avait plus de profondeur dans la Tour... Juste deux dimensions confuses et unicolores, faisant sursauter l'image de la jeune femme, animée d'involontaires mouvements. Et en fond, une sorte d'alerte commença à sonner, stridente et suraiguë. On eut dit l'ultime râle d'un coeur agonisant...

- On... On fait quoi ? Où est le panneau de contrôle ?"

- Je... Je n'ai pas la moindre idée de sa localisation, je ne vois plus rien..."

Soudain, une distorsion troubla la sonnerie. Juste devant les deux êtres, brisant le voile rouge du décor aplati, les Thalaam venaient d'apparaitre.

- Qu'est-ce que...

La seconde suivante, un choc, violent comme un éclair, traversa Odd. Avant de fermer les yeux, il crut qu'une force mystérieuse le traînait vers sa tombe.

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Aelita n'agonisait pas. Ce n'était pas la mort qui s'accrochait à elle pour la disputer à l'étreinte de la vie. Ce n'était pas le néant qui s'approchait pour l'avaler. Son corps ne lâchait pas, son esprit ne s'effaçait pas. Au contraire. Tout était démultiplié. Et troublé par ce tonitruant son d'orgue résonnant dans sa bouche. Quelque chose qui ressemblait fort à du sang salé en échappait, gémissant comme mille cités de génocide. Tout Verso hurlait entre ses lèvres. Son enveloppe se déchargeait complètement de leur présence, non sans l'égratigner au passage. Si elle n'était pas aussi assaillie par son propre Enfer, sans doute serait-elle terrifiée à cette idée.

Dans sa tête, un chant berçait sa folie ascendante. Mais elle n'en saisit que de vagues murmures enfantins, sortis d'un siècle lointain et insouciant, parasité par des crissements de violons hystériques. Elle ne comprenait pas. Mais n'avait pas les moyens d'essayer de comprendre.

- Aelita !"

Quelque chose la frappa soudain. Une masse, droit dans son ventre. La faisant chuter en avant. Son buste se cogna contre le sol, lançant une impulsion d'énergie en elle, la forçant à cracher encore plus d'hurlements. Mais cela eut le mérite de transpercer sa transe. Le choc fut si inattendu, et sa position si peu naturelle, que ses chevilles tentèrent d'y résister et furent prises de microspasmes pendant quelques secondes. Mais très vite, la force la prit par les aisselles et la souleva.

- Reine Eli, il faut que nous quittions le désert, ou on va finir aspirés..."

- Aelita, tu m'entends ? Jérémie, que s'est-il passé ?"

- Que faites-vous là ?"

- Pas le temps, il faut passer par le portail, allez !"

Les appels atteignirent la conscience d'Aelita, sans qu'elle put cependant mettre un nom sur chacun d'eux. Brutalement, elle fut entraînée sur le côté alors que ses pieds glissaient au sol. La dernière chose qu'elle vit avant de quitter le sanguin désert fut les jambes de Dancy, alors que le reste de son corps était avalé par le cyclone sortant de l'ancienne entrée vers le Coeur...

Puis le calme. Le silence. L'impression que le souffle de la souffrance avait été repoussé. Ne laissant qu'un épuisant vide. Oh, le sol tremblait toujours, et une sonnerie étrange sonnait dans les airs, mais rien de comparable... Quelque chose en elle s'était apaisé, pourtant ses esprits n'étaient toujours pas revenus... Elle sentit les fantômes de perles de sueur contre ses tempes, souvenirs de réactions humaines impossibles à Verso... Tentative de sa conscience de se libérer, fût-ce par l'illusion... A moins qu'elle devînt folle...

- Déesse, si vous pouvez répondre, faites-le sans attendre. Nous n'avons pas le temps de nous réinitialiser.

- Euh... Je...

- Bon, très bien, vous m'entendez et êtes consciente. Continuez comme ça"

Suivant le conseil, Aelita s'appliqua à ignorer les sensations inexplicables qui subsistaient et s'attela à la description interne de son environnement. Distraction fort courte, car dès que se vue revint à la normale, elle ne vit qu'un tressautant ensemble monochrome, rouge carmin exactement. Et aucune indication spatiale pour l'aider. Aucun élément, artefact, meuble ou quoi que ce fût d'autre, à part ses camarades. Jérémie à ses côtés, guettant le moindre tremblement et aidant une Biggy secouée à se redresser. Et Jenny, équilibrant son immense tête sur son trop maigre cou. Mais le plus remarquable fut Eli, déjà debout comme une colonne, lançant des regards paniqués autour d'elle.

- Où...

- Bon sang, n'y a-t-il personne ? S'écria Jenny. Où sont les Gardiennes ?

- Pourvu que rien ne leur soit arrivé... balbutia Eli en se précipitant vers le couloir. Le groupe s'empressa de la suivre, sans trop comprendre.

- Où sommes nous ? Tenta Jérémie en soutenant tant bien que mal un Aelita encore sonnée et incapable de marcher.

- A Proelys. C'est là que mène mon portail d'urgence... répondit Biggy. Dancy gardait le portail vers le Coeur, et Jenny vers Staam. Mais Majesté...

- Il nous faut l'Interface centrale ! Elle enregistre tout ! On doit pouvoir trouver Asali, ou même d'autres ! Et si on comprend ce qui se passe, on devrait pouvoir entrevoir une solution !

- Vous croyez que la mémoire marche encore ? s'étonna Jérémie en avançant à sans regarder.

- Tant que la mienne fonctionne encore comme avant, sa source n'est pas atteinte !"

Dans un roulement de tambours pédestres, le groupe bascula dans la salle des Interfaces. Aelita la reconnut immédiatement : identique à celle qui l'a vue faire ses premiers pas dans Verso... Les tuyaux grimpaient partout tel du lierre artificiel et irradié, les murs étaient étouffés derrière des écrans fins comme des lames de boucher, les images transmises étincelaient comme des marques sur le marbre. Tout respirait l'absence de vie. Visuellement, c'était bien l'endroit qui avait débarqué la jeune femme... Mais c'aurait été pour elle comme voir un amour lors d'une veillée funèbre. La seule chose qui clignotait avec vigueur, comme des bougies de feu azur, c'était un ensemble de cinq Thalaam, toujours aussi inattendues et pourtant étrangement à leur place... Deux d'entre elles étaient encore ouvertes. Les autres avaient revêtu leur couvercle opaque sur lequel couraient des données à la chaîne. L'une d'elle était dotée de l'image d'une silhouette se remplissant d'une lumière violette... Comme un écran de chargement. Et cette forme ressemblait trop à celle d'Odd au goût d'Aelita. Un électrochoc la secoua

- Il est dedans, Jérémie ! s'écria-t-elle en se précipitant sur la tombe. Elle essaya tant bien que mal de l'ouvrir, parcourant le cylindre à la recherche d'un cadenas, d'une aspérité, de quoi que ce fut qui lui permit de libérer son ami, mais tout était si lisse que c'était à se demander si le couvercle s'était un jour soulevé. Jérémie, paralysé, la regarda faire, tentant de rassembler les dernières informations et d'en tirer un début de conclusion. Les Thalaam venaient de se mettre sur leur chemin sans qu'on ne les avaient appelées... Odd était déjà dans l'une d'elle, et elle lisait ses informations comme le faisaient les machines dans l'Usine avant virtualisation... Etait-il seulement encore à Verso ? Qui l'avait mis là ? Et pourquoi ? A moins que...

Non. On ne pouvait leur dire de faire ça, pas alors qu'on avait encore besoin d'eux, que tout n'était pas encore sur une bonne fin, que...

- Qu'est-ce que... Que font-elles là... ? balbutia Aelita, une pique d'agacement pointant dans sa voix alors qu'elle avait cessé ses recherches.

- Elles ont dû percevoir la détresse de Verso et ont voulu se mettre à l'abri, s'avança Biggy en s'approchant des cylindres."

Eli, prise dans l'adrénaline de l'urgence, ignora superbement les Thalaam et se dirigea vers l'interface centrale. Ses mains et ses yeux fouillèrent dans les données, s'accordant avec une croissante frustration. Sa chevelure volait, entraînée par ses mouvements, et sa nuque parut s'étirer.

- Je... Je ne trouve pas Asali ! Et je perd de plus en plus d'informations avec le temps... OH NON !"

Jérémie se précipita aux côtés de la Reine. S'il n'avait pas été encore sonné, il s'en serait évanoui.

Tout allait trop vite, beaucoup trop vite. Les codes s'effaçaient à une vitesse vertigineuse, et dès qu'Eli essayait de prendre le contrôle manuel, l'interface affichait une erreur, refusant de stopper sa funeste entreprise. Comme si quelqu'un d'autre était passé Maître... Avec une sorte d'ironie sombre, les deux seules applications encore accessibles étaient "CONSCIENCE" et "THALAAM"

... Eli ne pouvait désormais qu'endormir ses administrées ? Etait-ce un dernier message de la part du Coeur, un dernier cadeau visant à rendre les choses plus faciles ? Mais alors... C'était vraiment irrécupérable ? Eli s'immobilisa, sa bouche vibra alors qu'elle semblait fouiller les moindres recoins de son esprit à la recherche d'une idée salvatrice. La tension monta encore d'un cran alors qu'elle redressa sa tête, manquant de la basculer en arrière.

- Les Thalaam... Si elles peuvent encore se maîtriser, elles peuvent peut-être nous apprendre des choses ! S'exclama Eli.

Aussitôt, les Sages foncèrent vers les tombes. Jérémie arrêta Aelita avant qu'elle n'arrivât à lire l'Interface. La situation n'était pas à la diplomatie, mais il ne voulait pas être troublé par le chagrin qui allait envahir sa princesse. Il devait garder les idées claires. Du moins, il essaya de le voir ainsi. Il singea une grimace confiante et suivit le mouvement, espérant qu'Aelita en ferait autant. Par chance, elle ne se méfia pas.

Mais quand l'activité des Thalaam fut à portée des yeux de l'oursonne, cette dernière réprima un cri de surprise.

- Ces données... Je ne les ai jamais vues ! Je ne comprend pas...

Aussitôt, Jérémie et Aelita s'approchèrent et se penchèrent sur les couvercles. A leur propre étonnement, ils comprenaient cette langue... Bien que depuis tout ce temps dans le monde virtuel, ils ne l'avaient pas encore entendue ou lue.

Au beau milieu des lignes de code, brillant par sa présence et possédant l'éclat des pupilles d'une sirène, des "TRANSFERT", "ASSIMILATION", "MATERIALISATION" et un intriguant "CODE : ANTEMEN". Même si le nom n'évoquait rien aux deux adolescents, le sens les frappa soudainement, comme un instinct, une logique incontestable.

C'était une destination. Leur prochaine étape. Mais... Non, pas maintenant, pas alors qu'un monde avait besoin d'eux...

Mais pouvaient-ils encore quelque chose ? Aelita avait encore une étoile d'espoir dans ses yeux, trahie par la chance qu'on lui offrait. Mais le ciel de Jérémie était celui d'un jour où tout apparait trop clair. Pas la place d'avoir un astre ou quoi que ce fût.

Au-dehors, un sifflement brutal perça les murs et les tympans du petit groupe abrité. Eli sursauta et observa la surface protectrice, comme si elle pouvait voir au travers son monde s'effondrer. Son esprit continuait à courir, mais il semblait être parvenu à un désert sans fin car une expression de pure terreur grandit au coin de ses yeux. Jenny avait dû sentir son désarroi, car elle posa une main sur son bras, forçant à l'immobilité sans oser regarder sa souveraine. Elle cherchait nettement moins à réfléchir, mais s'efforçait à contenir l'évidente panique qui l'empêchait de parler. Biggy quant à elle avait le regard vitreux, déjà un peu lointain, mais elle semblait s'accrocher pour rester alerte. Elle attendait une réponse de Jérémie ou Aelita. Ses oreilles, tremblantes, étaient dédiées à tout ce qui n'était pas le reste du monde.

- Je... On dirait une localisation. La Voix a dû nous ouvrir le passage...

- La Voix ? coupa Biggy rapidement, sautant presque à la gorge du génie.

- Le commanditaire de notre mission... Au fond, votre XANA doit être détruit, alors...

- Mais nous n'avons pas l'Apsidia ! Objecta Aelita, comme si cet élément était le plus déterminant de l'Univers à ce moment-là. Nous n'avons pas totalement réussi !

- Mais le plus important est fait. Et... Elle l'a peut-être..."

Jérémie passa sa main sur une des Thalaam. Il aurait voulu prendre son temps pour évaluer toutes les options, mais les hurlements de Verso sonnaient de plus en plus comme un chronomètre implacable. La solution lui paraissait évidente, mais... Mais il ne voulait pas qu'elle fût aussi simple. Ils n'avaient pas réussi, ils n'avaient aucune assurance que la relique n'était pas tombée en de mauvaises mains, et si une solution ne leur venait pas rapidement, ils allaient se retrouver avec l'extinction d'un monde sur le dos...

... Mais en restant sur place, ne risquaient-ils pas la destruction de toutes les vies ? N'était-ce pas leur mission, d'éviter ça ? S'ils restaient à Verso et rataient, pourrait-il supporter d'avoir comme dernière pensée celle d'un Univers anéanti par sa faute ?

- On ne sait même pas ce que c'est, "Antemen"... Et pourquoi La Voix n'essaie pas de joindre, hein ? Pourquoi elle nous laisse comme ça ? Insista Aelita. On doit faire confiance à un mot, c'est ça ?

- Ulrich..."

L'assistance tourna le regard vers Jérémie. L'air hébété, il semblait se retenir d'exulter, et pourtant ses mains tremblaient contre ses cuisses tandis que ses sourcils maintenaient ses paupières grandes ouvertes dans une expression de pure nervosité.

- Quoi, Ulrich ?

- Il n'est jamais venu sur Verso... Il n'est même pas là... De ce que j'ai compris, le processus a bloqué pour lui, c'est ça ?

- Oui, une anomalie m'a empêché de le mener à nous, rappela Eli sans comprendre.

- Non, attend, ça ne veut rien dire, c'est peut-être Belpois qui a créé ça... lança Aelita, peu encline à encourager Jérémie. Mais ce dernier reprit le fil de sa pensée :

- S'il avait eu le pouvoir de manipuler les Thalaam, pourquoi ne pas nous avoir tous bloqués, ou les avoir rendues hors-service ? Il est ma part sombre, Aelita, et je... Je ne me vois pas mettre au point un plan dans la demi-mesure pour me débarrasser d'ennemis. L'autre solution, c'est que ça soit une porte qu'on nous a laissée ouverte... Que ce soit la Voix... Au fond, elle n'est même pas là pour nous guider, tu l'as dit toi-même... Et s'il était arrivé quelque chose et qu'elle n'ait pas eu le temps de nous prévenir, juste de nous éviter de mourir ? Elle nous indique le chemin vers le monde suivant ! Là où se trouve Ulrich depuis le début ! Dans ce qui se trouve entre un monde et un autre quand on les rallie !

- C'est complètement dingue... Qu'est-ce qui te dit qu'un tel lieu existe ?

- On ne peut pas être nulle part... Comme une transmission de données, il y a peut-être une sorte de serveur où La Voix nous dépose, et ensuite le monde nous récupère, ou que sais-je, un monde qui assure le relais entre tous les autres, comme un boulevard ou un chemin.. Ulrich est peut-être dans cet espace intermédiaire depuis le début, vu qu'il a bien quitté Solar Building mais n'est pas pour autant dans Verso !

- Attend, tu me dis qu'il est perdu dans une sorte de Mer Numérique ? Et tu voudrais qu'on y fonce aussi ? Et comment se fait-il qu'on ne soit pas happés dans plusieurs mondes à la fois, qu'est-ce qui détermine notre destination ? C'est insensé comme fonctionnement !

- Je n'en sais rien, mais... Il doit y avoir moyen de vérifier si Ulrich est bien quelque part...

Comme un fou se jette sur l'ombre de sa terreur, Jérémie se précipita sur la Thalaam encore close. Parcourant des doigts et des yeux la surface couverte de données, il tenta tant bien que mal d'en déchiffrer les moindres secrets. Son agitation était si pitoyable et désespérée qu'elle convainquit Eli de se tenir coite, les yeux pratiquement éjectés de leurs orbites. Aelita était pendue à ses lèvres, espérant qu'il trouvât la solution pour préserver leurs proches et les inconnus de la fin. Il était doué pour ça, avait-elle toujours pensé. Il allait y arriver. Il fallait qu'il y arrivât.

Mais ce qu'il annonça, au fond d'elle, ne put que la glacer.

- La dernière activité de la Thalaam indique "CODE : ANTEMEN" et c'est tout, quand les nôtres ont continué par "RECHERCHE", "TRANSLATION", "CODE : VERSO", et "ASSIMILATION"... On est bien passé par ce monde, mais ensuite on est arrivés ici... Et Ulrich, donc... Il y est bien... Il est ailleurs... Et Odd est déjà lancé, il est déjà dans l'autre portail, il est déjà à l'étape "TRANSLATION", il est en train de partir... ... Il avait compris, Aelita ! Il n'aurait pas plongé là-dedans sans être sûr que ça ne le condamnerait pas ! Ca prouve bien que nous devons aller vers cet autre monde ! Si je réussis à trouver ses coordonnées, on peut le rejoindre et fuir avant que...

- Avant que quoi ?

Jérémie, pris dans son élan, se jeta sur Aelita et la prit par les épaules.

- Avant qu'on ne meure ! On peut se sauver, Aelita !

- Ca ne va pas ?"

Coup de lame net. Les yeux du génie se fixèrent sur ceux de la jeune femme, son corps se paralysa. Il sembla un temps chercher dans les pupilles roses ce qu'elle n'avait pas compris.

- On... On est pas perdus, et peut-être qu'ailleurs, on trouvera une solution...

- Non. On a pas le temps, tu l'as dis de toi-même. Si on sauve Verso, et on va le sauver, c'est maintenant ! Et Yumi, elle n'est pas sortie du Coeur !

- Oui, Aelita, on a pas le temps, on...

- Ca n'a jamais été un argument pour toi avant.. Tu as toujours voulu essayé, et je suis sûre qu'on peut...

- Tu as vu toutes les données perdues ? Celles qui se perdent ? Ce n'est pas le Supercalculateur, ici, Aelita, il faudrait que je prenne le contrôle du Coeur, et il est...

- On ne peut pas les abandonner !

- On ne peut pas rester non plus. Si on meurt ici, XANA gagne. Un moyen nous attend peut-être quelque part...

- Mais..."

Soudain, la jeune femme s'immobilisa. Raide comme une porte sortie de ses gonds, elle s'effondra dans les bras du chef. Toute vie lui avait échappée, et ses membres ne semblaient pouvoir se diriger encore. Hébété, Jérémie eut tout juste le temps de la récupérer, tout en dévisageant la Reine Eli et sa main tendue vers Aelita. Derrière elle, Biggy et Jenny rendaient son regard au jeune homme telle une partie de tennis avec une balle enflammée.

- Pourquoi...

- Allez vous-en. Vous en avez assez fait.

- Mais... Et vous ?

- Nous n'aurions pas dû vous faire confiance, c'est un fait. Nous allons devoir assumer, à présent. Mais vous, vous avez une mission. Faites en sorte que ce qui vient ne soit pas en vain, au moins pour vous."

Jérémie aurait juré sentir une boule se former dans sa gorge. Incapable d'avoir une pensée plus claire que celle d'une fuite, et ne voulant surtout pas juger avec son surmoi dans un tel instant, il hocha la tête et porta Aelita jusqu'à une Thalaam. Délicatement, il l'y déposa, attardant une main dans sas cheveux. Il n'en sentit pas même un seul.

- Qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui dire... soupira-t-il en serrant davantage le bord de la tombe.

- La vérité. N'encombrez pas son esprit avec de faux espoirs, ça vous a déjà assez coûté."

Sur ces paroles, Biggy referma la Thalaam. Elle resta un moment immobile, ses grosses pattes immaculées soutenant tout le poids de son sombre regard.

- Mais je vous en supplie, ne nous oubliez pas, et saisissez la moindre occasion de nous sauver. Ramenez-nous."

- Je... Je ne veux pas abandonner, promit le génie en essayant de toutes ses forces d'y croire."

Il voulait y croire, honnêtement, plus que tout. Il voulait qu'une solution existât, quelque part, dans un autre monde. Pour Verso. Pour Yumi.

Au dehors, les cris des Versaliennes se faisaient de plus en plus entendre. La barrière séparant la Tour et son monde s'affaiblissait alors que l'aiguille du temps de Verso attaquait son dernier cercle.

- Ne... Ne les laissez pas souffrir. Effacez leur conscience aussi vite que possible... supplia Jérémie.

- Faites-nous confiance, nous n'allons pas offrir à ce monde une fin d'agonie. Mais partez, plus vous restez, plus nous perdons du temps."

La lumière apocalyptique raya la surface tremblante de la Tour. Le sol grondait du plus profond de ses entrailles. Inconscient de ses jambes qui vacillaient, Jérémie fit valser ses doigts sur l'écran de la Thalaam d'Aelita. Il tenta de percer le brouillard de sa vision pour reconnaître les chiffres et les lettres, et de contrôler les spasmes de sa main pour ne pas confondre les manoeuvres. Il était dans un état étrange, un pilote automatique qui s'évertuait à le mener vers une transe vide. Ne pas penser à ce qu'il faisait, ne pas raisonner, utiliser juste les connexions nerveuses pour diriger son corps. Tu es une machine, Jérémie, si tu penses être autre chose en cet instant, tu hésiteras et tu mourras.

Un vrombissement s'éleva faiblement entre les coups de tonnerre d'une Verso en chute libre. La dernière tombe disponible, grande ouverte, se parait déjà d'une lumière puissante. Toujours sans réfléchir, poussé par une vitesse qu'il ne se connaissait pas, le génie se dirigea vers le portail cylindrique. Le temps d'y basculer, et il aperçut la Reine Eli, tournée vers lui dans une vertigineuse contre-plongée, sa silhouette se découpant dans l'ombre, sa voix chantant une mélodie déchirante dans un écho mystique, presser la commande d'effacement de conscience de Verso. Sur son visage, il crut voir le même regard qu'avait Aelita quand ils avaient évoqué, un jour, la possibilité d'éteindre Lyoko. Une autre lumière, plus étincelante et tranchante, envahit l'espace et l'étouffa. Même à la dernière seconde, Jérémie ne put déterminer laquelle l'avait étreint.

A la place, il sentit une parodie d'oeil démoniaque l'observer en riant.

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Belpois marchait dans les ruines de la Seconde Aile du Royaume de XANA, la désolation sifflant contre les surfaces autrefois baignées de couleurs et de luxe. Les toits n'étaient qu'un vague souvenir et laissaient à ciel ouvert les restes agonisants de l'ancien monde. Si les bases subsistaient telles des mains de cadavres sortant de leur tombe à la lumière d'acier jauni de la pleine Lune, rien ne laissait supposer une future reconstruction. Pas une âme n'errait dans le territoire hormis l'ancien dictateur. Les yeux fermés et la tête en arrière, il savourait le silence. Loin de la course et de la mission. Loin de ses ennemis. Loin de lui-même. Loin de XANA, occupé en d'autres latitudes et désormais désintéressé par sa propre victoire. Ne restait que le goût de la future victoire dans la bouche, aux notes de poussière et de fer.

Furtivement, l'image de Solar Building décapitée lui vint, avec moins d'amertume qu'autrefois. Mis à terre et abattu sans procès ni jugement qu'il n'aurait de toute façon jamais accepté, le maître de la Cité Grise voyait déjà se dessiner les contours de son trône. Il se l'est promis, il l'a juste quitté pour un temps, celui d'écraser les prétentieux d'un autre monde qui pensaient valoir mieux que lui et d'imposer à l'humanité sa propre vanité. Ils pouvaient bien rire, ses anciens administrés, ou pleurer leurs morts en maudissant celui qui avait régné sans partage sur eux. Il reviendrait et saurait encore plus durcir le ton. Personne ne lui prendrait plus jamais sa superbe. Il parcourrait tous les Mondes Alternés de l'Infini pour exterminer chaque alter de sa personne s'il le fallait. Mais jamais plus on ne l'humilierait. Jamais plus. Et le jour où il pourrait le murmurer à l'oreille de ce petit Jérémie, avant de le mettre à genoux pour toujours, se rapprochait toujours plus. Il lui frôlait les doigts avec timidité, mais il n'était plus qu'un rêve sans visage.

Soudain, quelque chose devant Belpois l'interrompit. Une sorte de souffle, balayant celui de la mort, tranchant sa présence opaque. Un coup de couteau dans la rêverie et le coeur. Il chercha d'abord à l'ignorer, songeant à une hallucination ou un jeu d'optique, mais reprit son chemin légèrement moins assuré.

Ce ne fut que lorsque la chose se précisa qu'il s'arrêta pour de bon. Une forme avec deux jambes bien ancrées au sol, droite comme un i et entière, hurlant d'existence malgré son apparence vaporeuse. Devant lui, barrant sa route sans bouger. Une seule certitude : le poids de son regard pesait sur Belpois. Il pouvait le sentir, appuyant sur sa face et le forçant à l'immobilité. Crispé, les bras tendus et l'esprit interrompu, il plissa les yeux et tenta de mieux discerner l'intrus dans l'ombre. Qui que ce fut, il ne le provoquerait pas très longtemps...

Sauf qu'en un instant, l'explosion dans son ventre lui dit comprendre que ce n'était pas n'importe quel intrus. Il l'avait déjà vue, par dessus l'autel. Elle était déjà là, pendant une seconde. Il n'avait pas pensé la revoir. Il n'aurait pas pensé qu'elle était vraiment. Qu'elle reviendrait. Qu'elle insisterait à s'incruster dans sa vie.

Et pourtant.

Elle était là, devant lui. Encore. Son image brouillée, elle le fixait avec son regard polaire, son corps émanant une aura glaciale. Tout le reste de son corps était trop vague pour qu'il pût la décrire. Elle était comme le souvenir d'un rêve... Ou un fantôme perdu dans la poussière...

- Tu me suis depuis quelques temps. Que me veux-tu ?" Lança Belpois, encore à peu près sûr de lui. Mais pour toute réponse, la jeune femme redressa l'échine et le toisa. Un stress soudain monta dans l'esprit de l'alter. Pour qui se prenait-elle ? Elle voulait l'impressionner ?

- Répond, bon sang ! Tu viens à moi, tu dois vouloir quelque chose, non ? Alors parle !"

- Qui es-tu ?" Demanda-t-elle alors, d'une voix calme et ferme, légère et tranchante comme le vent du Nord. Elle venait pour savoir qui il était ? Belpois ricana. Il allait la remettre à sa place, cette impudente...

- On me nomme Belpois, ancien Maître incontesté et incontestable de mon monde. J'ai en moi le pouvoir de vaincre la mort, et j'aspire à retrouver mon trône. Par tous les moyens. Rien ne me fera reculer"

Il attendit, guettant sur le visage de la femme un signe de surprise ou de respect. Mais elle ne broncha pas, gardant ses billes de glace rivées sur son vis-à-vis.

- Tu es sourde ? Quelqu'un se présente à toi de cette façon, et ça ne t'inspire rien ? Peux-tu prétendre à mieux ?"

La jeune femme laissa encore passer quelques secondes, puis s'avança enfin, l'échine haute et les bras se balançant légèrement. A chacun de ses pas, Belpois pouvait presque entendre des mailloches frapper de toutes leurs forces sur des caisses, maniées par la Fatalité elle-même. A moins que ce ne fut les palpitations qui secouaient sa cage thoracique... Mais il n'aimait pas ce qu'elle provoquait en lui. Cette curiosité maladive, cette envie de l'approcher, de la réduire en poussière pour disséquer tous ses secrets, des mystères dont il se savait concerné mais qu'on s'échinait à conserver éloigné de lui... Mais il savait qu'il la pleurerait. Comme on pleure la chute d'une statue historique. Elle le faisait flancher, le rendait hésitant et incertain. Pour un peu, elle serait à même de le battre définitivement.

Et pourtant, il ne savait rien d'elle. Il n'avait même pas son visage à redessiner dans sa tête, encore et encore, en espérant pouvoir y comprendre quelque chose. Et jamais son aura n'avait effleuré son être avant. Il ne savait rien d'elle, c'était la seule certitude qu'il possédait.

Tandis que lui, s'offrait tout entier à elle, sans le vouloir ni pouvoir l'empêcher.

Le temps de retenir un feulement de frustration et de surprise, il sentit son menton se poser sur son épaule. Il était toujours incapable de bouger tandis qu'elle se collait à lui, prenant ses bras dans ses mains et l'approchant.

- Non. Tu te trompes. Tu n'es rien de tout ça. Mais aucune des réponses que tu aurais pu me donner n'aurait été exacte"

Belpois retroussa ses narines, comme réellement frappé. Que...

- Tu aurais cherché à te définir, et j'aurais tout refusé. Car vois-tu, on ne peut réellement être que ce qu'on a gagné. On ne peut se vanter que de ce qui nous appartient. Et toi, tu n'as jamais rien obtenu de toi-même. Ce n'est pas toi qui a choisi d'être un maître sans pitié. Et tu ne peux mourir parce que tu n'es pas vivant. Tu existes, certes, mais tu n'es pas vivant. Tu renais quand celui qui vit et te sert de source t'appelle. Tant qu'il a besoin de toi, tu seras. Tant qu'il aura besoin qu'un autre que lui soit cruel, tu seras la chose la plus terrible qu'il puisse imaginer. Tu es parce que lui doit évoluer. Mais toi, toi, jamais tu ne seras autre chose. En cela tu n'es rien"

Non... Non, elle essayait de le déstabiliser, elle... Elle avait tort, elle se trompait, elle se moquait de lui, quelque chose, mais...

Et pourtant... Pourtant, cette colère constante, cette sensation de ne devoir arriver qu'à cette finalité... Cette impression tenace de destinée... Et même son immortalité... Le fait que même après sa renaissance, il était revenu à ses ennemis... Et si... Non... Et si...

Mais sans se soucier du trouble qu'elle semait en lui, la jeune femme prit sa main et glissa le bout de son index le long des lignes. Un petit soupir traversa ses lèvres. Tremblant, Belpois suivit son regard et regarda sa propre paume. Pour la première fois, il crut regarder la main d'un autre. Lointaine, étrangère, méconnaissable. Tout juste la sentait-il encore.

Et, avec la voix exsangue des fantômes qui se lassent de leur errance, elle conclut:

- Tu n'es rien d'autre qu'un désir inventé par l'esprit trop faible d'un adolescent en danger. Tu crois réellement que tu viens à lui par ta volonté ? Tu te trompes. Ton vouloir obéit à ses besoins. Ton libre arbitre est un leurre"

Rien au monde n'aurait pu davantage heurter Belpois. Le souffle court, les pupilles presque éjectées des yeux, il cessa définitivement de sentir sa main. Mais un vide soudain l'avala, et il ne put comprendre plus sur lui-même. Il était un gouffre sans fin. Sans un mot pour le définir. Plus mort que la Mort elle-même.

Balbutiant, râlant, il parvint à prononcer, sans savoir vraiment ce qu'il cherchait par là :

- ... Je veux savoir qui tu es. Tout de suite. Dis-le moi"

Elle releva les yeux vers lui. Il parvint enfin à distinguer ses iris perçantes et magnifiques, baignées de tristesse et d'usure. Elle touchait au délire pur et précieux. Et aussitôt, tout ce qu'elle venait de dire prit une valeur de vérité absolue. Elle ne mentait pas. En quelques phrases, elle avait arraché à Belpois tout ce qu'il croyait posséder, et pourtant il ne lui en voulait pas. Non, il la voulait, elle.

Mais juste avant qu'elle ne s'éloigne et retourne à l'invisibilité, protégée par la poussière, elle répondit :

- Plus personne ne pourra à nouveau dormir"

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Voila donc pour la fin de la saison 2 de Mondes Alternés, j’espère qu’elle vous a plu !

Merci à vous d'être encore présents après plus de deux ans d'écriture, alors que nous allons aborder le Monde 3, qui s'annonce comme le plus sombre de toute la fanfiction, et dans laquelle j'espère à nouveau vous retrouver !

En attendant, passez une bonne fin de vacances et, disons, une rentrée pas trop rude, et on se revoit très bientôt pour un petit interlude entre Mondes, histoire de reprendre en douceur les publications !

Bonne journée à vous tous, et bisous !
  Sujet: [Fanfic] Replika on the Web  
VioletBottle

Réponses: 200
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 04 Aoû 2015 23:12   Sujet: [Fanfic] Replika on the Web
Salut !

Eh bien, me revoilà par ici, la flamme du commentaire m'habiiiite *PAN*

Hem. Oui, donc ce chapitre.

Nous en sommes donc au deuxième bastion. Encore une fois, nous avons une bonne immersion, bien que davantage centrée sur le trouble d'un Fred nageant en plein doute. Vit-il une réalité ? La fin tend à nous dire que oui, si l'issue du combat pour Guismo s'avérait funeste au prochain chapitre. En tout cas, la scène du combat animal (qui n'est pas sans rappeler celle du final de La Belle et le Clochard, Disney oh yeah) (et d'Enragés, de mémoire, côté XANArat, toussa) sert comme électrochoc vers la réalité.

La lutte continue donc. Même si ce chapitre nous a plus donné une lutte psychologique que physique pour Fred, ce dernier ne s'activant réellement que pour tenter d'échapper à son adversaire rongeur. Bref, on entre plus dans la tête de Fred que dans l'action à proprement parler, mais cela rend toujours aussi bien et la pression, on le sent, monte d'un cran. Surtout avec ce cliffhanger qui n'augure rien de bon pour le pauvre matou...

Et, au passage, jolie justification du pourquoi du comment il n'appelle pas ses amis, ça m'intriguait jusque là x). Même si je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi XANA n'essaie pas de s'en prendre aux autres aussi... N'aurait-il pu envoyer des rats enragés aux membres de la Confrérie, par exemple ?

Mais bref, j'aime toujours autant, et je suis toujours aussi intriguée pour la suite. Tu gères mec o/

(au fait, bravo, j'ai la chanson en tête. ENCORE)
 

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