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[One-shot] Ravages

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 Auteur Message
Kerry MessagePosté le: Mar 27 Mar 2018 12:50   Sujet du message: [One-shot] Ravages Répondre en citant  
[Kankrelat]


Inscrit le: 26 Déc 2017
Messages: 14
Spoiler


Ravages


Samantha partit dans un nouvel éclat de rire simulé, avant de quitter son interlocuteur qui ne lui offrirait certainement pas le job. Il y avait dans la voix de la jeune black la joie d’un oiseau en cage. Ses yeux en reflétèrent la mélodie et brillèrent à son diapason. Puis ils se fermèrent un instant comme pour cacher leur secret, cet ignoble sentiment d’amour qui la dévorait. Lorsqu’ils se rouvrirent, un voile rêveur les recouvrait. Pour l’heure, elle avait d’autres sujets de préoccupation que son orientation professionnelle. Tant pis si elle n’avait pas ce boulot ! Elle devait prendre une décision au sujet d’Odd. Tout le temps qu’ils s’étaient prélassés, en cette fin d’été, sur une île grecque, les limites de leur liaison autrefois prometteuse lui étaient peu à peu apparues. Si leur histoire avait réussi à fleurir au sein du microcosme étouffant de l’université, elle s’était flétrie au contact du monde extérieur et, au bout de six ans, ne ressemblait plus qu’à une bouture chétive qui n’aurait pas pris une fois passée de la serre au jardin. Odd était bel homme. C’était un fait. Mais ce physique avantageux irritait souvent Sam plus que tout : il ne faisait que souligner l’arrogance et l’assurance, parfois enviable, d’Odd. Ils formaient un couple bien assorti, au sens où les opposés s’attirent. Sam avec sa peau, ses yeux et ses cheveux foncés, Odd avec sa blondeur et son regard bleuté presque aryens. Parfois, cependant, elle avait le sentiment que sa nature, plus sauvage, était comme assourdie par la soif d’aventures improvisées d’Odd et elle savait que ce n’était pas la vie qu’elle voulait ; même mesurée, la spontanéité à laquelle Sam aspirait tant semblait insupportable aux yeux d’Odd. Il devait y avoir un élément sérieux dans tout couple pour gérer les tracas du quotidien, et le blond voulait que ce soit elle.

Nombre des autres qualités de l'éternel beau gosse, considérées par la plupart comme des atouts, avaient commencé à exaspérer Samantha. Une assurance tenace d’abord, conséquence logique d’une foi inébranlable en l’avenir, et ce depuis la naissance. Odd avait la garantie d’un quotidien dépourvu de stress puisqu’il était incapable d’en ressentir, et son existence suivrait ainsi l’évolution de sa carrière et des déménagements imposés selon son envie du moment. Sam n’avait qu’une conviction : leur incompatibilité irait croissant. Au fil des vacances, elle avait consacré de plus en plus de temps à se représenter son futur, et Odd n’y occupait pas la moindre place. Dans les domaines les plus triviaux, même, ils ne s’accordaient pas. Si le tube de dentifrice était pressé au mauvais endroit, Sam était forcément coupable. Face au laisser-aller dont elle faisait preuve, la réaction d’Odd était symptomatique de son approche de la vie en général : pour Sam, la méticulosité qu’il exigeait d’elle trahissait un besoin de contrôle insupportable. Il était monstrueusement cool par moments, une bête de sexe en permanence mais il ne supportait pas l’idée qu’elle puisse vivre des instants de son côté, ne fût-ce qu’une virée shopping entre amies. Lui qui avait été infidèle toute sa jeunesse, sa plus grande phobie était certainement de finir cocu. Odd ne voulait pas connaitre ce mal atroce qu’il avait pu faire subir à de si splendides créatures. Du coup, il lui imposait un certain ordre, une certaine rigueur dans l’horaire qu’elle ne supportait plus. Son tempérament de garçon manqué reprenait le dessus, elle ne voulait pas être cette stupide femme au foyer impotente qui ferme sa gueule et écarte les cuisses.

Sam songeait d’ailleurs souvent qu’elle se sentait davantage chez elle dans le bureau sombre et désordonné de son père plutôt que dans la chambre à coucher de ses parents, domaine maternel par excellence, aux tons pastel et dépouillé, qui lui arrachait des frissons. Rien n’avait jamais résisté à Odd. Les fées s’étaient penchées sur son berceau : sans le moindre effort, après la phase Kadic quand il avait bougé dans cette école artistique, il avait obtenu les meilleures notes et remporté toutes les compétitions sportives, année après année. Le parfait délégué de classe. Les dommages seraient terribles si la bulle dans laquelle il vivait explosait. Il avait été élevé dans la croyance que le monde était son écrin, mais Sam commençait à comprendre qu’elle ne supporterait pas d’y être enfermée avec lui. Elle se sentait incapable de renoncer à son indépendance pour faire partie de la vie d’Odd, quand bien même tout semblait la pousser à ce sacrifice. Une location légèrement miteuse à Sceaux contre un appartement coquet en plein centre de Paris : avait-elle perdu la tête en refusant ? Fallait pas croire, elle était courtisée par d’autres aussi !
Odd espérait qu’elle s’installerait enfin chez lui à l’automne, mais un tas de questions la taraudaient : quel intérêt de vivre avec lui s’ils n’étaient pas sûrs de finir leur vie ensemble ? Et voulait-elle seulement qu’il soit le père de ses enfants ? Tels étaient les doutes qui planaient sur elle depuis des semaines, voire des mois à présent, depuis leur mariage en réalité, et il faudrait bientôt qu’elle ait le courage de prendre les décisions qui s’imposaient.
L’engagement qu’elle avait réclamé s’était retourné contre elle, si seulement il avait dit « Non » lors de cette putain de cérémonie !

Ces dernières semaines, Odd était si absorbé par l’organisation de leurs vacances qu’il semblait à peine remarquer que Sam se murait, de jour en jour, dans un silence plus profond. Ce séjour différait en tout de son voyage d’étudiante dans les îles grecques, à l’époque où ses amis et elle étaient des esprits libres qui laissaient la fantaisie guider leurs pas à travers les longues journées ensoleillées : ils remettaient à une pièce de vingt drachmes la décision de s’arrêter dans tel bar, de se faire rôtir sur telle plage, de rester ou non sur telle île. Là où le vent détachait quelques fleurs des arbustes et où les lourdes grappes de lilas se balançaient dans l’air languide. Les cigales stridulaient près du mur fissuré, et, comme un fil bleu, passait une longue et mince libellule dont on entendait frémir les brunes ailes de gaze. Samantha avait du mal à croire que la vie avait pu être aussi insouciante. Son séjour avec Odd était une source constante de conflits, de disputes et de remises en question : une lutte qui avait commencé bien avant qu’elle eût mis le pied sur le sol crétois.
« Comment pouvais-je, à vingt-huit ans, avoir aussi peu de certitudes sur mon avenir ? s’était-elle demandé en préparant sa valise pour ce voyage. Me voilà dans un appartement qui ne m’appartient pas, à la veille de quitter pour les vacances un travail que je n’aime pas, avec un homme qui m’insupporte de jour en jour. Qu’est-ce qui cloche chez moi ? »
À l’âge de Sam, sa mère, Djeneba, était mariée depuis plusieurs années et avait déjà deux enfants. Quelles circonstances l’avaient donc amenée à acquérir une telle maturité aussi jeune ? Comment avait-elle pu être aussi installée dans la vie alors que Sam se sentait encore enfant ? Si seulement elle en avait su davantage sur la façon dont sa mère avait abordé l’existence, cela aurait pu l’aider à prendre ses propres décisions. Malgré cette relation qui allait en se dégradant, elle ne pouvait s'empêcher de songer à cette phrase d'Odd embuée d'alcool, la seule déclaration censée qu'il avait prononcée en des années de relation :
« Tu sais Sam, la plupart des gens meurent d'une sorte de bon sens contagieux pour s'apercevoir trop tard que les seules choses que l'on ne regrette jamais... ce sont les erreurs. »

En une fraction de seconde, la jeune fille sortit du songe que l’iode pharmaceutique avait provoqué. Elle était étendue sur un lit d’hôpital, un tas de voyants lumineux autour d’elle. Elle sut alors ce qu’elle devait faire. Comme un robot, d’une voix mécanique au possible, elle prononça :
— Rouge.
Samantha Knight se sentait de plus en plus mal à l’aise. L’expérience ne présentait aucun danger mais l’idée qu’on puisse lire à cet instant dans son cerveau la troublait en profondeur.
— Bleu.
Elle était allongée sur une table en inox, au centre d’une salle plongée dans la pénombre, sa tête insérée dans l’orifice central d’une machine blanche et circulaire. Juste au-dessus de son visage, était fixé un miroir incliné, sur lequel étaient projetés des petits carrés. Elle devait simplement reconnaître à voix haute les couleurs qui apparaissaient.
— Jaune.
Une perfusion s’écoulait lentement dans son bras gauche. Le Docteur Jérémie Belpois lui avait brièvement expliqué qu’il s’agissait d’un traceur dilué, permettant de localiser les afflux de sang dans son cerveau. Elle avait confiance en cet homme, bien qu'elle détestait cet endroit. Jérémie dégageait cette sérénité de ceux, rares, qui ont mené avec éthique et intégrité des combats plus grands qu'eux, au service des autres. D’autres couleurs défilèrent. Vert. Orange. Rose... Puis le miroir s’éteignit. Sam demeurait immobile, les bras le long du corps, comme dans un sarcophage. Elle distinguait, à quelques mètres sur sa gauche, la clarté vague, aquatique, de la cabine vitrée où se tenaient les ombres de Jérémie Belpois et Odd, son mari. Elle ne les voyait pas clairement à cause de l'épaisseur de la vitre, elle apercevait juste leur silhouette respective. Sam imaginait les deux hommes face aux écrans d’observation, scrutant l’activité de ses neurones.
Elle se sentait épiée, pillée, comme violée dans son intimité la plus secrète. La voix de Belpois retentit dans l’écouteur fixé à son oreille :
— Très bien, Sam. Maintenant, les carrés vont s’animer. Tu décriras simplement leurs mouvements. En utilisant un seul mot chaque fois : droite, gauche, haut, bas...
Les figures géométriques se déplacèrent aussitôt, formant une mosaïque bigarrée, fluide et souple comme un banc de poissons minuscules.
Elle prononça dans le micro relié à son oreillette :
— Droite.
Les carrés remontèrent vers le bord supérieur du cadre.
— Haut.

L’exercice dura plusieurs minutes. Elle parlait d’une voix lente, monocorde, se sentant gagnée par la torpeur ; la chaleur du miroir renforçait encore son engourdissement. Elle n’allait pas tarder à sombrer dans le sommeil.
— Pas mal, admit Belpois. Odd semble avoir accumulé trop de souvenirs au fil des années comme s'il avait eu deux vies... mais toi, c'est ta faculté de reconnaissance visuelle qui te pose problème. Comme si les zones d'identification cérébrale ne s'activaient plus au contact de la vision d'un être connu, c'est sans doute dû à ta chute en skate. On t'avait pourtant dit que ce n'était plus très raisonnable à ton âge... Bon, je vais te soumettre cette fois une histoire, racontée de plusieurs manières. Tu écoutes chacune des versions très attentivement.
— Qu’est-ce que je dois dire ?
— Pas un mot. Tu te contentes d’écouter.
Après quelques secondes, une voix féminine retentit dans l’écouteur. Le discours était prononcé dans une langue étrangère ; des consonances asiatiques peut-être, ou orientales. Bref silence. L’histoire recommença, en français. Mais la syntaxe n’était pas respectée : verbes à l’infinitif, articles non accordés, liaisons non appliquées...
Sam tenta de décrypter ce langage bancal mais une autre version débutait déjà. Des mots absurdes se glissaient maintenant dans les phrases... Qu’est-ce que tout cela signifiait ? Le silence emplit tout à coup ses tympans, l’enfonçant davantage dans l’obscurité du cylindre. Le médecin reprit, après un temps :
— Test suivant. A chaque nom de pays, tu me donnes sa capitale.
Sam voulut acquiescer mais le premier nom sonna à son oreille :
— Suède.
Elle prononça sans réfléchir :
— Stockholm.
— Venezuela, prononça le médecin d’un ton neutre au possible.
— Caracas.
— Nouvelle-Zélande.
— Auckland. Non : Wellington.
— Sénégal.
— Dakar.

Chaque capitale lui venait naturellement à l’esprit. Ses réponses tenaient du réflexe, mais elle était heureuse de ces résultats ; sa mémoire n’était donc pas totalement perdue. Qu’est-ce que Belpois et Odd voyaient sur les écrans ? Quelles zones étaient en train de s’activer dans son cerveau ?
— Dernier test, avertit le neurologue. Des visages vont apparaître. Tu les identifies à voix haute, le plus rapidement possible.
Elle avait lu quelque part qu’un simple signe – un mot, un geste, un détail visuel – déclenchait le mécanisme de la phobie ; ce que les psychiatres appellent le signal de l’angoisse. Signal : le terme était parfait. Dans son cas, le seul mot « visage » suffisait à provoquer le malaise. Aussitôt, elle étouffait, son estomac devenait lourd, ses membres s’ankylosaient – et ce galet brûlant dans sa gorge... Un portrait de femme, en noir et blanc, apparut sur le miroir. Boucles blondes, lèvres boudeuses, grain de beauté au-dessus de la bouche.
Facile :
— Marilyn Monroe.
Une gravure succéda à la photographie. Regard sombre, mâchoires carrées, cheveux ondulés :
— Beethoven.
Un visage rond, lisse comme une bonbonnière, fendu de deux yeux bridés.
— Mao Tsé-toung.
Sam était surprise de les reconnaître aussi facilement.
D’autres suivirent : Michael Jackson, la Joconde, Albert Einstein... Elle avait l’impression de contempler les projections brillantes d’une lanterne magique. Elle répondait sans hésitation. Son trouble reculait déjà. Mais soudain, un portrait la tint en échec ; un homme d’une soixantaine d’années, à l’expression encore juvénile, aux yeux proéminents. La blondeur de ses cheveux et de ses sourcils renforçait son air indécis d’adolescent. La peur la traversa, comme une onde électrique ; une douleur pesa sur son torse. Ces traits éveillaient en elle une réminiscence mais qui n’appelait aucun nom, aucun souvenir précis. Sa mémoire était un tunnel noir. Où avait-elle déjà vu cette tête ? Un acteur ? Un chanteur ? Une connaissance lointaine ? L’image céda la place à une figure tout en longueur, surmontée de lunettes rondes. Elle prononça, la bouche sèche :
— John Lennon.
Che Guevara apparut, mais Sam articula :
— Jérémie, attends.
Le carrousel continua. Un autoportrait de Van Gogh, aux couleurs acidulées, scintilla. Sam saisit la hampe du micro :
— Jérémie, s’il te plaît ! Stop !
L’image s’éternisa. Sam sentait les couleurs et la chaleur se réfracter sur sa peau.
Après une pause, Belpois demanda :
— Quoi ?
— Celui que je n’ai pas reconnu : qui était-ce ?
Pas de réponse. Les yeux vairons de David Bowie vibrèrent sur le miroir orienté. Elle se redressa et dit plus fort :
— Jérémie, je t’ai posé une question ! s’énerva Sam en accentuant chaque syllabe. Qui-é-tait-ce ?
La glace s’éteignit. En une seconde, ses yeux s’habituèrent à l’obscurité. Elle capta son reflet dans le rectangle oblique : livide, osseux. Le visage d’une morte.
Enfin, le médecin répondit :
— C’était Odd, Sam. Odd Della Robbia, ton mari.
En observant son reflet et en gardant en mémoire la photo du vieux blond, elle comprit.
Ils n'avaient plus la vingtaine, mais quarante ans de plus.
_________________
http://zupimages.net/up/17/43/62ac.jpeg
Certains ont des monstres dans le cœur... c’est comme ça, on ne peut rien y faire.
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Ikorih MessagePosté le: Ven 30 Mar 2018 21:17   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


Inscrit le: 20 Oct 2012
Messages: 1490
Localisation: Sûrement quelque part.
Petit passage rapide, histoire de ne pas laisser ton texte tout seul!

J'avais déjà fait un saut sur ton précédent OS, alors à titre de comparaison, sache que j'ai préféré celui-ci. Evidemment, le concept reste plutôt le même, mais c'est une thématique qui a de la matière à développer. Et toujours à travers le prisme du Odd/Sam, on finit par avoir l'habitude avec toi. En fait, je trouve que c'est dommage que le texte soit aussi bref parce que justement, il y avait de quoi développer. Dans tes deux OS on a eu des personnages qui réalisaient (ou re-réalisaient, puisque avec les troubles de mémoire c'est possible) qu'ils étaient atteints d'amnésies et de pertes de certaines facultés cérébrales. Cependant, on en reste au stade de la découverte et faire un second texte sur le sujet aurait pu être l'occasion de creuser un peu mieux ce que c'est de vivre avec ça.
Je note que le thème a également été retrouvé dans un coin de ta fiction, faut croire que ça te tient à coeur!

Concernant la relation Odd/Sam, elle est pas mal traitée même si je ne suis pas personnellement une grande fan du couple. L'idée du Odd étouffant et trop directif est intéressante, là aussi ça aurait peut-être mérité une petite scène illustrative, un dialogue qui le soulignerait, plutôt que juste l'introspection de Sam. Après, le fait que toute l'introspection se passe dans le passé à la dérive de Sam (qu'elle croit encore être son présent) fait d'autant plus trancher la scène du vrai présent, qui est la seule où on vive l'action en direct. Donc finalement, le choix se tient. (vous avez dit meublage?)
Pour la chute, je reste mitigée. Certes elle est efficace, et colle bien au texte, mais je trouve qu'elle se voit venir. Après c'est peut-être juste moi o/
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Silius Italicus MessagePosté le: Dim 10 Juin 2018 15:21   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 203
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonjour très chère Kerry,

Ainsi, vous vous penchez sur la décrépitude ?

Cette nouvelle est intéressante et pose beaucoup de pistes, mais la fin semble par trop abrupte pour tout vous dire. Certes, la fin d’une nouvelle, la chute, a souvent pour objectif d’être une ultime pique ou un retournement de situation, mais ici, elle semble venir sans avoir été ancrée dans ce qui précédait.
Comment dire ? Il y a un écart entre ce qui était suggéré comme enjeu du texte, et ce qui est affirmé comme l’enjeu final par la chute. D’où une impression de léger déséquilibre et de manque à la fin : le lecteur tend à rester sur sa faim.

Vous aurez noté, cela me met en décalage avec le commentaire d’Ikorih… à vous de voir comment vous prenez la chose.

Dans l’ensemble la structure, et une partie du thème sont identiques à ce qu’il en était dans votre nouvelle précédente, d’où la possibilité de lire en miroir. Mais il y a quand même des déplacements.
Reprenons. Dans les deux cas, le récit se structure en deux parties. L’une représente le passé, l’autre le présent. Dans les deux cas, c’est l’âge et les souvenirs qui sont le moteur du récit. Cela étant, ici l’âge est l’enjeu même de la chute, tandis qu’il ne l’était qu’indirectement dans l’autre nouvelle.
Un autre déplacement important a eu lieu. La première partie ici, tout en introspection part certes des vacances et de leur bonheur, mais ne fait qu’en partir, quand c’était le tout de la première partie dans l’autre nouvelle. Les variations sont donc assez importantes.

Ce qui est amusant, c’est le retournement de situation par rapport à ce qui avait été posé dans le dessin animé à l’origine. C’était alors Sam qui était insouciante, et Odd qui était responsable. Ce qui ne l’empêchait d’ailleurs pas d’être un Casanova. Ici, c’est elle qui aspire à la maturité et la stabilité de l’âge adulte, et lui qui ne peut s’y résoudre. Sentiment alimenté par l’aristocratie naturelle d’Odd, qui fait de lui un roi et un maître du monde. En fait, le portrait qui est fait de lui ressemble d’assez prêt à la définition du pervers narcissique. Cela étant, même au vu des années, il semble difficile d’imaginer Odd en adepte de la méticulosité et du rangement.

Pour aller plus loin, le rapprochement que fait Sam avec la situation de sa mère est intéressant, et laisse à penser que la différence tient au type d’homme.
En effet, il faut être honnête, Sam en se mettant en couple avec Odd, qu’elle connaît quand même depuis le collège, savait ce qu’elle faisait, à quoi elle s’exposait. Pourtant, elle semble se réveiller à 28 ans et comprendre qu’on ne dompte pas un lion si facilement. Plus encore, les même traits de caractère qui avait rendu Odd intéressant à ses yeux dans le passé sont aussi ceux qui font qu’elle ne peut envisager de se caser – et non de se mettre en couple, ce qui est déjà fait – avec lui.
Autrement dit, Sam a peut-être été naïve, mais surtout, et à tout le moins, elle n’a pas su prendre la mesure de ses propres désirs. Après tout, Odd fut sa fenêtre, son ouverture lorsqu’elle était à l’université, univers qu’elle décrit comme « étriqué ». Maintenant, elle se dit qu’elle a troqué une prison contre une cage… Une cage qui se double du fait qu’il l’empêche de vivre, de briller par elle-même (« elle avait le sentiment que sa nature, plus sauvage, était comme assourdie »). D’où la mort de la spontanéité, de l’authenticité.
Cependant, le rappel de sa mère pose une autre question. Samantha ne serait-elle pas en train d’essayer de se conformer à un script, un scénario déjà éctrit : l’ami d’enfance, puis le copain de toujours, avec qui on forme un couple, on a une folle jeunesse, puis, on se case, parce qu’il le faut, et on a des enfants. Par conséquent, Samantha se trouve prise entre plusieurs injonctions, celle de se caser, celle de continuer à vivre la vie de folie avec Odd, sans arriver à bien trancher entre les deux. Elle a joué le jeu, tel que la société, et donc un peu elle-même, le concevait, mais sans réussir à en prendre correctement la mesure.

En comparaison de ce qui vient d’être dit, la deuxième partie du récit semble un peu moins riche en remarque et réflexions. Surtout, la chute semble moins bien amenée qu’elle n’aurait pu l’être. À moins que votre serviteur n’ait pas su lire les signes, ce qui est loin d’être impossible.

Pour finir quelques remarques.
Au niveau du style, il n’y a rien à redire. C’est très agréable à lire et très expressif.

Cela étant, pourquoi l’emploi de « la jeune black », plutôt que de « la jeune noire » ? Il y a sans aucun doute une raison de préférer l’anglicisme, mais je ne suis pas sûr de bien la saisir… encore que cela peut n’être qu’une expression de mon purisme outrancier.

En outre : « Elle avait confiance en cet homme, bien qu’elle détestait cet endroit. ». Le verbe « détester » est ici mal conjugué. Il devrait être au subjonctif : « bien qu’elle déteste » ou « bien qu’elle détestât », suivant votre volonté ou non d’une concordance des temps stricte.

Au plaisir de vous voir un jour célébrer leur amour.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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