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[One-shot] Love Interruption

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 Auteur Message
Dakota Browning MessagePosté le: Mar 06 Aoû 2019 14:47   Sujet du message: [One-shot] Love Interruption Répondre en citant  
[Kankrelat]


Inscrit le: 17 Juil 2018
Messages: 9
Bonjour, je reviens avec un deuxième one-shot d'été avant de me remettre pour de bon à ma fanfic ! Ce one-shot se porte sur mon personnage secondaire favori, malheureusement trop peu exploité dans le coin (de ce que j'ai pu voir mais merci à Icer de l'avoir mis en avant dans l’Échiquier notamment).
Enjoy... ce one shot-amènera peut-être un texte qui se lira en miroir de celui-ci, mais d'un autre point de vue que celui d'Hervé c'est donc pour cette raison que ce topic n'hébergera pas d'autre texte que celui présenté aujourd'hui Wink

Love Interruption


https://zupimages.net/up/19/32/vwrn.png


Hervé était épuisé. Il était tard et il se tenait debout en sous-vêtement au milieu de son laboratoire de DMT, qui était aussi devenu sa cuisine. Hervé travaillait depuis 20 heures d'affilée. Il était si fatigué que ses yeux avaient commencé à brûler. Après avoir essuyé la sueur qui perlait à la racine de ses cheveux, il bailla. Etrange geste qui suscitait chez lui un léger tremblement de la choucroute obscure qui lui servait de chevelure.
Pour la cinquième fois consécutive, il secoua les 32 bocaux un par un, chacun contenant de la DMT cristallisée, de l'eau et de l'éther de pétrole. Un mètre plus loin, un seul œuf grésillait sur la cuisinière. Alors qu'il mélangeait l'un des bocaux en verre avec les deux mains, des vapeurs de gaz s'échappaient du couvercle. Hervé était sur le point de fabriquer 25 grammes de DMT en une seule session, d’une valeur marchande de 2250 €. Il était si proche d'avoir terminé pour cette nuit; au lieu de ça, il a assisté à la naissance d'un feu ardent. Ses mains étaient brûlées. Tel est donc cet état de souffrance, si douloureux qu'à chaque instant on croit en mourir, mais néanmoins toujours entretenu par la vibration du désir et de l'espoir. Doigts remplis de cloches immondes. Mais pas grave. L’art conserve le périssable, embaume les morts, dresse leur statue, justifie la nature. Pour lui, ses créations étaient un art à part entière.
Hervé posa rapidement le pot et éteignit la flamme avec un torchon. L'odeur soudaine et intense de pétrole fit dégouliner ses yeux sur sa barbe, puis sur ses mains et ses bras désormais sans poils. Pendant un moment, tout ce que Pichon put faire fut de regarder l’œuf ratatiné dans la casserole en versant de l’eau tiède sur ses bras. Peu de temps après, il a fermé son laboratoire pour la nuit et s'est couché.
« Heureusement, ça ne m'aura pas effrayé toute ma vie, mais ça m'a quand même laissé une sale impression », déclare maintenant Hervé. « Lorsqu'on ignore ses propres limites, en travaillant trop longtemps ou en faisant trop de choses en même temps, on commence forcément à faire des erreurs. Et dans ce secteur, les erreurs peuvent vous coûter la vie. »
Hervé travaillait souvent toute la nuit dans sa cuisine, des émanations chimiques sortant de la maison, une odeur seulement masquée par de l'encens brûlant sur les rebords de la fenêtre. Mais le cash rapide en a valu la peine. Pendant cinq ans, il a contribué à un marché noir mondial de la drogue qui représentait 18,9 milliards d'euros rien qu'en 2017, selon une étude de l'académie de police néerlandaise.

Pendant la semaine, Hervé vit dans une caravane dans une ferme du Brabant, une province du sud des Pays-Bas, où il travaille depuis quelques mois dans la culture de fruits et de légumes biologiques. Les week-ends, lorsqu'il ne travaille pas, il vit dans une vraie maison, quelque part dans la même province. Hervé me montre ses doigts recouverts de terre noire. « [L'agriculture est] très différente de la préparation de drogue, mais j'étais préparé à ça », sourit-il.
Nous avons convenu de nous réunir près de son nouveau job pour parler de sa vie passée à cuisiner de la DMT. La première chose que je veux savoir, c'est comment ce jeune homme de 26 ans, bien sous tous rapports, s’est lancé dans la production à grande échelle de drogues synthétiques à l'âge de 22 ans. « Tout a commencé par une fascination basique pour cette substance » m'explique-t-il.
Hervé avait 21 ans lorsqu'il a fumé de la DMT pour la première fois. Depuis le lycée, il était curieux de tester les drogues psychédéliques - mais comme c'est assez rare, il avait eu du mal à en trouver. Finalement, il a pu mettre la main dessus. « La première fois que j'en ai pris, mon sang coulait dans mon corps », se souvient-il. « J'ai inspiré profondément, puis j'ai pris trois bouffées, et avant même de pouvoir poser le tuyau, je me trouvais dans un monde complètement différent. Ça fait immédiatement de l'effet. On a retiré le tuyau et l'allumeur de mes mains, et on m'a délicatement poussé sur le canapé de mon ami. J'avais perdu tout contrôle. »
Hervé raconte avoir vu tous les objets de la pièce se détacher des murs et s’envoler. Pendant ce temps-là, ses amis se contorsionnaient sous différentes formes, avant de flotter et de marcher au plafond. « Vous n'avez pas le temps de traiter ce qu'il se passe - tout va trop vite », dit-il. « Au cours d'un voyage comme celui-là, vous ne ressentez aucune peur. Tout ce que vous ressentez, c'est un sens indescriptible du lien et de l'amour. Mais quand je suis revenu à la réalité, j'ai chié dans mon froc. C'était traumatisant - mais en même temps, c'était beau. »
L’expérience lui laissa une telle impression qu’Hervé ne pouvait pas se décider à l’abandonner. Il a commencé à rechercher sur le net les origines de la DMT afin de mieux comprendre sa propre expérience et a appris que même lui - un étudiant en chimie en décrochage - pouvait fabriquer la substance à domicile en suivant quelques étapes simples. « Une réaction acide-base, c’est pas si compliqué. Il existe une tonne de conseils pour la cuisine chimique sur le net », explique Hervé. Et puis, à l’origine, il était intelligent… sa seule erreur avait été de s’amouracher d’une fille inaccessible.

De fil en aiguille, il avait cherché – par tous les moyens – un moyen de se procurer un semblant de sensation qui aurait rivalisé avec la pénétration de l’aimée. Il avait testé un tas de trucs, souvent foireux, juste pour ressentir autre chose que le vide qui s’était peu à peu creusé à la place de son cœur. Pour avancer dans la vie, sa mère lui avait dit un jour : « Choisis une étoile, ne la quitte pas des yeux. Elle te fera avancer loin, sans fatigue et sans peine. » Bullshit. L’étoile se transforme juste en astéroïde et vous percute la gueule. Le jour où Sissi les avait quittés, Nico et lui, cela avait été fatal. « Du vent les bouffons, et que je ne vous reprenne plus à embêter mes amis ! » Cette terrible phrase avait résonné dans sa tête des années durant. D’une réplique, c’était fini. Amitié brisée. Les cloches n’ont plus qu’à semer dans l'air des poussières de son, la cendre morte des années.
Car oui, après ces mots, la belle de Kadic leur avait définitivement tourné le dos… et la recherche d’émotions avait commencé pour Pichon.
Pour 150 euros, Hervé a acheté le kit de démarrage pour transformer sa cuisine en laboratoire expérimental. « Faire cette première cuisson c'était un peu le bordel », se souvient-il. « Je me suis retrouvé avec deux grammes de DMT. C'était génial, mais je ne savais pas si ça allait fonctionner. »
Hervé savait qu'il serait honnête de tester le produit sur lui-même avant de l'offrir à ses camarades. « La première fois, c'était quand même frustrant », dit-il. « J'étais chez un ami avec ma copine de l'époque. Ils savaient que je travaillais là-dessus, mais quand j'ai posé mon DMT fait maison sur la table, il y a eu un silence de mort. J'ai décidé de monter, et de m'allumer une pipe alors que ma copine était assise juste à côté de moi. Je ne sais pas pourquoi j'avais tellement confiance dans le fait que tout se passerait bien. Je l'ai fait et j'ai eu raison de le faire. C'était magique ! »
Un an plus tard, Hervé a terminé ses études et est devenu réparateur d’horloges. Il travaillait dans un entrepôt cinq jours par semaine, économisant ainsi les 1500 € dont il avait besoin pour acheter du matériel de chimie professionnel. Il passa des week-ends entiers à la maison, seul, à apprendre à cuisiner le DMT. « En plus du produit lui-même, j'ai développé un amour énorme pour la chimie », dit-il. « Je pouvais regarder le DMT pendant des heures pendant qu'il se cristallisait dans un bocal en verre. La chimie devenait pornographie », dit-il.
Le soleil commence à se coucher alors que nous retournons à sa caravane. « Quand quelque chose me fascine, j'ai tendance à m'y plonger un peu trop », avoue-t-il. Mais le Ciel de l'Idéal est inaccessible, ne lui a-t-on jamais dit ?

Bientôt, tous ses placards furent remplis de pots d’hydroxyde de sodium, de bouteilles de vinaigre et de grands flacons coniques. Partout se trouvaient des seringues-doseuses en plastique et des classeurs remplis de recettes et de notes de recherche. Alors qu'il énumère toutes les choses qu'il gardait chez lui, Hervé rigole. « C’était assez insensé au début de tout laisser traîner de manière aussi désorganisée. Mes amis qui sont venus étaient un peu paniqués au début. Mais je n’ai jamais caché ça, et finalement ils ont aussi trouvé ça excitant.»Pourtant, personne ne voulait lui en acheter. « La demande initiale a été décevante », admet-il. « Certains amis m'achetaient une dose de temps en temps, mais c'est à peu près tout ce que j'ai vendu. À un moment donné, j'avais produit 300 grammes, qui se vendaient dans la rue pour 27000 €. Je suis donc parti à la recherche de plus gros acheteurs. » Hervé ne dira pas comment il a trouvé ces gros acheteurs, mais révèle qu'ils étaient parfaits pour les affaires. « C’était très différent des hippies et des psychonautes auxquels je vendais auparavant. Soudainement, je parlais à de véritables hommes d’affaires - des hommes riches qui tenaient toujours leur parole et respectaient les contrats. L’argent commençait à rentrer. Le dialogue était facile. Dès que se trouve rassemblée une compagnie humaine, certains sujets (de conversation) sont aussi inévitables que l'épouillage dans le cercle de chimpanzés.»
Hervé est devenu de plus en plus efficace dans sa petite cuisine - d'un seul petit bocal en verre, il est passé à 32 récipients simultanément. « Ça signifie que vous ajoutez du liquide 160 fois et que vous secouez les pots 3200 fois », calcule-t-il à voix haute. « À ce moment-là, c'était devenu un travail à plein temps, pas seulement un passe-temps, et je devais accepter le fait que je violais la loi de façon flagrante. Je me rendais de plus en plus compte que j'étais un criminel - un sentiment qui ne me déplaisait pas. Plus je devenais professionnel, plus je bossais vite. »
Arrivés à sa remorque, garée sur la propriété de son nouvel employeur, nous passons à l’aspect le plus pratique du processus. « J'achetais la plupart du matos dans un magasin de bricolage », me dit-il. « La première fois, ils ne posaient pas de questions. Mais quand vous vous présentez pour la dixième fois pour acheter cinq bouteilles d'hydroxyde de sodium, ils veulent savoir pourquoi vous l'utilisez. Il en faut pour produire presque toutes les drogues synthétiques, et ça peut même être utilisé pour fabriquer des bombes. Parfois, ils demandent une copie de votre pièce d'identité. Du coup, j'ai du me rendre dans plusieurs magasins. »

De sa remorque, il sort quelques cahiers. « Pour moi, il ne s'agissait plus de suivre une méthode définie. » En faisant des recherches, des expériences et en conservant une tonne de notes, Hervé a continué à améliorer ses recettes et ses processus. Il a également commencé à se spécialiser dans la fabrication d'un mélange pour fumer infusé de DMT appelé Changa. « Encore plus rare que le DMT ! » se vante Hervé.
Hervé parle un peu plus doucement maintenant. « Les déchets chimiques sont un gros problème » dit-il. « J'ai jeté mes déchets dans les toilettes une seule fois, mais je me sentais vraiment mal. Parfois, je le mettais dans des jerricans et les laissais au coin d'une rue. Mais ce n'est pas très bien non plus - vous transformez vos déchets en un problème pour quelqu'un d'autre. Cela dit quand vous êtes du mauvais côté de la loi, vous ne pouvez pas faire grand chose. »
À 24 ans, Hervé avait assez de gros acheteurs pour quitter son job. À la maison, il ne faisait que cuisiner de la DMT. Il devait bien sûr cuisiner avec les fenêtres ouvertes, ce qui donnait une odeur constante d'éther de pétrole autour de son domicile. Le fait que l'encens qu'il utilisait ne suffisait plus à masquer les odeurs et à dissiper les soupçons de ses voisins l'inquiétait beaucoup. Hervé était de plus en plus nerveux dès qu'une personne passait près de chez lui, et il se sentait de moins en moins à l'aise dans sa propre habitation. « Quand je bossais à plein temps sur le DMT, je suis devenu carrément paranoïaque » dit-il. « Le manque de sommeil n'aidait pas non plus. J'ai travaillé des semaines sans voir mes amis. »

Bientôt, l'argent ne sembla plus valoir tout ce stress. « J'avais l'habitude de penser que l'argent me rendrait heureux, mais ça faisait longtemps que je ne m'étais pas senti heureux », dit-il. « Les gars pour qui je travaillais à l'époque voulaient que je commence à produire du speed ou de l'ecstasy. Le plan était de m'installer dans une maison au milieu de nulle part équipée d'un laboratoire complet et de tous les matériaux et produits chimiques dont j'avais besoin Je pourrais travailler sans être dérangé et gagner des milliers d’euros par mois. »
Il fait une pause et déglutit. « Pour moi, c'était un pas de trop. J'en avais fini », dit-il. « Pendant des années, j'ai passé tout mon temps à cuisiner de la drogue et à inhaler des émanations chimiques, avec le risque d'être arrêté ou même de brûler ma maison. Je voulais rester sur le DMT et son monde de hippies, mais quand vous produisez du speed ou de la coke, vous entrez en contact avec un tout autre genre de personnes. »
Depuis un an, Hervé s’est mis en tête de retrouver Élisabeth. Il est donc occupé à dissoudre en douceur son empire de la drogue. Il ne dévoilera toujours pas le nombre de personnes pour lesquelles il travaillait auparavant, mais affirme que le processus d'abandon de ces relations a été assez facile. Alors, il en a réellement fini avec ça ? « La chimie sera toujours un de mes passe-temps. Mais la cuisine hardcore, c'est bel et bien terminé », dit-il. « Je me considère comme chanceux, car je ne me suis jamais fait prendre et j'ai mis de côté un beau pactole, mais au final, tout ce que je voulais, c'était retrouver ma liberté.»
Finalement, Hervé a retrouvé cette liberté, me dit-il, dans sa nouvelle carrière d'horticulteur, après être retourné à l'école pour étudier l'agriculture. Il s'étire les jambes, croise les bras derrière la tête et regarde la lampe à huile sur la petite table à l'extérieur de sa caravane. Hervé doit être de retour dans les champs avant 7 heures. Nous nous disons donc au revoir peu de temps après.

Une chose est sûre : Hervé Pichon n’en a pas fini. Au fond de lui, il veut se venger. Et peut-être que, comme lui, je suis toujours en phase de gestation physique et mentale du monstre qui sera mon être accompli.
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Silius Italicus MessagePosté le: Mer 07 Aoû 2019 14:13   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 215
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonjour très chère Dakota Browning,

Ainsi, vous nous emmenez vers d’autres Cieux ?

C’est un récit assez étrange que vous nous proposez de lire. Assez court en fait, peut-être même un peu trop. C’est aussi un texte qui de votre propre aveu gagnera en compréhension une fois joint à son alter ego qui n’est pas encore disponible au moment où s’écrivent ces lignes. Il s’ensuit qu’une partie de ce qui va suivre pourrait se trouver infirmer par cette potentielle publication (encore que fermement attendue).

Il n’empêche, c’est un texte agréablement surprenant. Imaginer Hervé en fabricant de drogue et horticulteur, c’est assez surprenant eût égard au portrait initial du personnage dans la série. Surprenant surtout du fait de ses prétentions intellectuelles d’alors. Mais dans le fond rien n’empêche d’imaginer que cela faisait partie de ses passe-temps.

Un point intéressant, c’est de voir à quel point on peut tracer un parallèle entre Hervé et Hopper dans ce récit, au moins au niveau physique (la barbe et la tignasse), et peut-être même de manière un peu plus profonde, alors même que Hervé s’éloigne de Jérémie. Jérémie comme Hopper apparaît dans la série plutôt comme un physicien. Hervé est ici un chimiste et pourtant, au travers de la solitude dans laquelle son boulot l’a enfermé, de sa manière de travailler tard dans la nuit jusqu’à l’épuisement et peut-être la folie (après tout des années d’ingestion de fumées chimiques cela peut laisser des traces).

Décidément, cet Hervé ressemble beaucoup à Hopper. Il lui ressemble sur un autre point : le fait de créer un arrière-monde. Hopper à travers Lyokô voulait se donner la possibilité de rejoindre son Idéal, et probablement d’empêcher que sa fille ne subisse le même sort que sa femme. C’est donc l’amour en un sens qui l’aiguillait vers un Ciel. Il en va de même pour Hervé : c’est le chagrin d’amour, puis le manque, que l’on peut postuler sans guère de crainte être un manque d’amour, qui le pousse à créer son Ciel, enfin, des Ciel. Des arrières-mondes que tout ceci : l’un s’est fait tuer par sa tâche, l’autre a fini par se refuser à s’y consumer. Dans les deux cas, leur Grand Œuvre s’est révélé illusoire : Lyokô est inachevé est n’est pas un refuge sûr (il y a des dangers internes et externes), la drogue et l’argent n’ont pas comblé Hervé. Il est intéressant de noter que Jérémie au contraire à viser à matérialiser Aelita : il n’a pas projeté dans le Ciel, mais ramener sur Terre un morceau de Ciel, il n’a pas cherché la désincarnation – au travers du trip mystique de la drogue ou de la virtualisation – mais l’incarnation. Cela ouvre quelques perspectives intéressantes.

D’ailleurs, que fait Hervé une fois revenu de son voyage dans et par la drogue ? Il devient horticulteur. Il revient à la terre.

Ce texte est marqué par cette opposition entre la terre et le ciel (« Mais le Ciel de l'Idéal est inaccessible »). Les majuscules ici sont révélatrice d’un relent de platonisme qui est mis en opposition avec : « la pénétration de l’aimée ». Cette dernière formulation est d’ailleurs assez étrange. Hervé décrit son expérience avec la drogue à la manière d’un voyage mystique. Néanmoins, si ce qui été recherché était vraiment une pénétration, pourquoi se tourner vers la drogue ? Cela conduit à interpréter le passage cité ci-dessus comme une assertion du narrateur lui-même et en son nom plus que comme une pensée attribuable à Hervé.

Il faut cependant noter que c’est dans la fabrication, et non dans la consommation que Hervé s’est épanoui. On peut dés lors tracer la comparaison suivante : la consommation de drogue est à sa fabrication ce que l’amour (tel que posé dans le conseil de la mère d’Hervé) est à la pénétration. La fabrication apparaît comme un succédané de pénétration (« La chimie devenait pornographie »), tout aussi incapable finalement de combler l’écart entre l’idéel et le réel, entre le céleste et le terrestre.
A quoi s’ajoute, in fine, un dilemme fondamental : comment articuler deux désirs contradictoires à la fois : pénétrer d’une part, et combler le vide d’autre part ? Hervé ici, fait le choix de renoncer au céleste, donc à combler le vide, puisque c’est l’association sous-entendue dans le texte, au profit de l’horticulture, le terrestre donc. En même temps, il ne cesse de poursuivre une chimère, une idée, puisqu’il espère toujours trouver Elisabeth et se venger.

Au niveau de la forme, le choix du monologue mêlé de narration est particulier, mais donne un récit assez vivant. Somme toute, c’est similaire aux techniques d’écriture à l’honneur dans le journalisme. Il y a des efforts de style et d’emploi de figure qui sont assez notables, ils sont assez rares et servent visiblement à scander les moments jalons majeurs de la narration.
Deux figures cependant posent un peu plus de soucis. D’une part « choucroute obscure qui lui servait de chevelure » qui détonne peut-être un peu trop, tout en marquant l’écart avec l’apparence passée d’Hervé. D’autre part, « Doigts remplis de cloches immondes. » laisse à se demander si cette image est involontaire. S’agit-il vraiment de comparer les cloques issues de brûlures à des cloches ? Certes au niveau de la forme et de la sonorité l’image se comprend, mais d’un autre côté la fonction première d’une cloche, c’est de tinter, de faire du bruit, ce qui n’as pas vraiment de rapport ici.

Le plus gros défaut de l’ensemble, c’est sans doute la chute qui ne peut a priori se comprendre qu’en rapport avec l’autre nouvelle que vous avez annoncée dans le paratexte. Il s’ensuit qu’en l’état, la dernière phrase semble de trop par rapport au reste du texte. D’autant que ce thème de la vengeance n’est pas vraiment amené dans le reste du texte. Or le principal ressort de la chute, et ce qui fait par ailleurs son extrême difficulté, c’est de créer un effet de surprise ou de décalage par rapport au reste du texte. Or, le thème du texte, c’est la drogue et cette chute n’est pas en rapport avec la drogue. Elle le pourrait si était opéré un rapprochement entre la vengeance et la drogue. Il y a une amorce de rapprochement de ce genre par le biais du thème amoureux, mais c’est sans doute trop peu marqué dans le texte.

En guise de note finale, quelques questions et remarques qui n’avaient pas leur place ailleurs :

Pourquoi un titre en anglais plutôt qu’en français ? Quelle est la valeur ajoutée réelle de ce choix de langue ?

L’illustration, qui fait un peu plus penser à Harry Potter qu’à Hervé Pichon, est-elle de votre main ?

« Peu de temps après, il a fermé son laboratoire pour la nuit et s'est couché. » Il y a sans doute une erreur de conjugaison sur cette phrase. Au vu de ce qui la précède elle devrait logiquement être au plus-que-parfait.

Dans la même veine les alternances de passé et de présent dans le premier paragraphe sont assez surprenantes : il est difficile de voir s’il s’agit de passé de narration, ou s’il s’agit d’un passé de remémoration dans le cadre d’un récit au présent. Cette difficulté s’estompe par la suite du fait de la forme de monologue narré, même si l’alternance persiste.

Au plaisir de vous savoir de retour parmi nous.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Icer MessagePosté le: Ven 16 Aoû 2019 19:08   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


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En tout cas, on ne remplacera pas Silius, c'est sûr. En espérant que ses envolées philosophiques ne viennent pas rogner sur le temps qu'il accorde à son propre récit prometteur, qui perdrait tout intérêt s'il demeurait inachevé...

Dakota is back. On retrouve parfaitement ton style avec ce nouveau texte. Si tu ne seras effectivement pas surpris que j'aime bien également Hervé, on note toutefois que le personnage du récit aurait pu être interchangeable à quelques détails près : bon, on va dire de loin l'intelligence pour gérer le business mais aussi la peine de cœur Delmas. C'est un début... mais comme il y a potentiellement un OS miroir, on est obligé de rester prudent car il pourrait changer la donne sur ce point.

En tout cas, l'originalité du récit est à saluer. On se souviendra de cet Hervé là.

Spoiler


Bon, Dakota, Silius, on a bien rigolé, maintenant retournez travailler vos fanfics, et que ça saute.

_________________
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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »

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