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[One-shot] Meteor

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 Auteur Message
Icer MessagePosté le: Mar 23 Oct 2018 18:27   Sujet du message: [One-shot] Meteor Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
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Localisation: Territoire banquise
Avant-propos : Ce texte fait partie d'un univers encore plus froid que le nôtre. Cliquez sur l’icône pour en savoir plus.

https://i.imgur.com/gTOotBq.png


Spoiler



https://i.imgur.com/6LugoRN.png




Réplika montagne – Univers annexe 1

La flèche de glace qui venait de sortir du bras de Nora vint se loger à la perfection dans la plaque d'égout du Zombijim qui se tenait pourtant quasiment cinquante mètres plus loin sur le territoire montagne. L'avatar du prof de sport mort vivant laissa de nouveau la place à la forme humanoïde blanche sans signes distinctifs. Xanabis.

- Je pense que tu es prête.
Nora Estela ne souriait pas pour autant. L'adolescente noire avait encore du mal à faire le deuil de sa vie d'avant, de sa vraie vie. Franz Hopper avait eu le mérite d'être honnête avec elle. Oui, il avait empêché son avatar d'être broyé par la mer numérique, mais comme il avait dû la transporter dans le réseau, elle était quand même virtualisée définitivement, contrairement à la fois où il avait sauvé sa fille d'une petite tasse sur Lyoko – l'exemple qu'il avait pris à titre comparatif. Honnête, il l'avait peut-être moins été en lui faisant miroiter la possibilité d'une solution si elle l'aidait à accomplir sa tâche. Nora n'était pas naïve, mais elle avait surtout accepté parce qu'elle n'avait rien de mieux à faire. Si son compteur de points de vie descendait à zéro, c'était donc terminé. Mais la jeune fille ne comptait pas vivre à l'infini dans cet endroit, elle deviendrait folle et finirait probablement par se suicider. Alors autant servir une cause. Une cause juste. Et peut-être, disparaître définitivement pour elle.
Elle repensait parfois à ses parents, que sa disparition avait dû affecter. À moins que les Lyoko-guerriers n'aient choisi de lui créer une réplique, comme pour William ? Son petit-ami, si on pouvait encore lui donner ce titre, lui avait expliqué ce qui s'était passé pendant sa période X.A.N.Aguerrier, donc Nora savait que c'était techniquement possible. Au fond, connaissant le bonhomme, Dunbar s'était probablement remis avec quelqu'un d'autre. Tant pis. Étrangement, Nora n'était pas fâchée, et surtout pas contre elle même, vis-à-vis des événements qui avaient conduit à sa présence ici. Elle avait voulu être utile sans vraiment savoir dans quoi elle s'embarquait, et elle le payait. William avait fait pareil et s'en était sorti après tout, et ce Franz Hopper semblait quand même au-dessus de Jérémie Belpois. Elle allait faire le nécessaire. Elle s'était entraînée pour ça. Une nouvelle tirade de son unique interlocuteur la tira de ses pensées.

- Afin de maximiser notre efficience, il est nécessaire que tu me connaisses sur le bout des doigts. Je vais vérifier que tu as retenu tous les pouvoirs de mes avatars. Cela ne devrait plus te poser de problème...
Elle hocha la tête.
- Les programmes d'origine se donnaient les noms des plus récents Présidents des États-Unis. Afin de te faciliter la tâche, je le ferais dans l'ordre chronologique. Je saute Franklin, il n'avait pas d'avatar.
Nora soupira. Comme si elle connaissait autre chose que Georges Bush. Xanabis se changea alors en un homme blond vêtu d'un vêtement blanc et vert, qui lévitait à quelques centimètres du sol. Bien qu'il n'en ait pas besoin pour voler, il fit apparaître peu après une gigantesque paire d'ailes aux mystérieux symboles courbés, paire blanche aux reflets verts pour coller avec sa tenue. Un liquide violet s'écoulait de ses mains. Et derrière lui...
- Tu as une roue dorée que tu peux utiliser comme un shuriken, ainsi qu'une grande ombrelle qui peut contrer les attaques physiques et absorber les attaques magiques, qui formeront ensuite un rayon tiré par la pointe. Sans oublier bien sûr les chaînes d'ombre que tu peux former.

- Tu n'oublies rien ?
- C'est Harry.
L'ange sourit. Bon début.

- Comme Franklin n'avait pas d'avatar, il avait donné tous les pouvoirs à Harry. C'était le véritable chef de la bande. Oh, je suis désolé, tu ne dois pas éprouver le même intérêt que moi pour l'organisation d'un programme frère.
- Non ça ne me dérange pas, tu peux continuer, sourit Estela.
Xanabis se changea alors en un autre humanoïde au visage dissimulé sous un épais capuchon noir. Il semblait âgé.
- C'est Dwight, répondit l'africaine. Mais je ne sais pas à quoi il sert.

- Moi non plus, reconnut l'image de Dwight. D'après les données que j'ai récupéré, sa principale qualité était de faire semblant d'être utile. Je crois que Harry l'utilisait comme marionnette lorsqu'il ne voulait pas avoir à gérer directement son équipe. S'il a des pouvoirs cachés, je n'ai jamais réussi à les maîtriser. Mais au cas où, c'est toujours bien que tu puisses me reconnaître sous cette forme.
Xanabis ne prenait pas la voix des anciens antagonistes de Lyoko, conservant toujours la sienne, robotique. Il prit alors l'apparence de William, sous son ancienne tenue xanatifiée, noire et bleue. Nora fit son possible pour ne pas paraître...
- Tu as encore été troublée, constata judicieusement Xanabis. Si cela est possible, je n'emploierais pas cette forme.
- Ne fais pas ça, la Supersmoke est trop puissante. Outre l'épée, John pouvait aussi changer son poing en bloc de glace...
- John était omniprésent, même quand sa présence n'était pas demandée d'ailleurs. À la base, ce n'était que la chair à canon de Dwight, mais Harry a fini par l'apprécier. Si le temps le lui avait permis, nul doute que ses responsabilités auraient décuplées.
La forme humanoïde divisa sa taille par deux. Nora faisait maintenant face à une sorte de nain dans un imperméable noir, avec un chapeau et des lunettes de la même couleur.
- C'est Richard, ce n'est pas un combattant mais il peut sauter très haut malgré sa taille, adhérer aux parois et même les traverser.

- Richard pouvait aussi se cloner mais je n'y parviens pas moi-même. C'était le maître de la logistique, un atout essentiel de l'équipe, c'est lui qui transformait le terrain sur Carthage et qui est responsable de beaucoup de vos soucis... Je passe sur Gérald, il n'y a pas d'eau ici, cependant... ?
- C'est une sorte d'elfe d'eau violet qui possède un gros boomerang ?
- Oui. On ne sait pas grand chose d'autre sur lui, il ne semblait pas vouloir voir au-delà de son trou d'eau...
La silhouette de Xanabis redevint grande, et même plus qu'avant. Il avait désormais l'apparence d'un géant d'acier d'au moins deux mètres, niché sur un cercueil fait du même fer que lui.
- C'est Ronald, il n'a pas de pouvoir autre que son physique quasiment invulnérable. Mais il peut fusionner avec son cercueil... volant.

- Hé oui... Ronald était très similaire à John mais trop fainéant pour avancer aussi vite que lui. Heureusement, je n'aurai pas ce problème.
Le colosse de fer se changea alors un nouvelle fois en Jim Moralès, le prof de sport et surveillant de Kadic que Nora connaissait bien, si ce n'est qu'il avait la peau verte et les yeux vides. Ainsi qu'un sac de sport.
- C'est Georges, même si je peux l’appeler Jim. Il peut sortir tout et n'importe quoi de son sac, ne compte pas sur moi pour faire la liste.

- Oui, tu connais l'essentiel puisqu'on l'a beaucoup utilisé à l'entraînement. Il nous sera utile. Georges était un excellent homme à tout faire.
Redevenant plus petit, Xanabis pris l'apparence d'un adolescent à l'air sombre, aux cheveux bouclés avec un T-shirt noir sur lequel était imprimé un Z jaune et violet et un blouson marron. Il était aussi grossièrement déguisé en oiseau, ses mains tenant deux ailes jaunes et violettes au style électrique et sa bouche étant masquée par un long bec orange attaché à l'arrière de sa tête par une ficelle.
- C'est Barack. Il peut battre des ailes pour faire pleuvoir et tenter de faire tomber la foudre.

- C'est un sans faute. Barack était encore en phase de finition quand la Supernova a explosé, il n'a jamais combattu, on ne sait donc rien du personnage d'origine au niveau de la personnalité, c'est un peu une anguille.
- Dis-moi, le Président actuel des États-Unis, c'est bien Georges Bush non ? Alors pourquoi y a lui ?
- J'ai voulu en savoir plus. Il se trouve qu'un candidat à la primaire démocrate, ce qui désigne le futur candidat du parti à l’élection, s'est déclaré à peu près au même moment que la naissance de Franklin et se nomme Barack Obama. Un nom de Président en gestation pour un avatar en phase de préparation ? Ce n'était peut-être qu'un nom temporaire, mais on a que ça.
- D'accord, nota Nora avec un sourire malicieux.
- Bien sûr, puisque cela fait en temps terrestre 23 jours que tu es ici, je pense que pour ma véritable apparence, tu as saisi le truc.
- Bien entendu.
Xanabis reprit alors son apparence de base et s'avança vers la jeune fille virtuelle.

- Je vais dire au créateur que tu es prête. Rien ne nous empêchera plus longtemps d'y aller, il te rappellera les termes de la mission, et voilà.
Il avisa le rocher près d'elle et s'y assit en tailleur.
- Je vais t'avouer quelque chose. Tu sais que ton ami William n'avait pas la même apparence sur Lyoko avant sa capture par X.A.N.A et après son retour du coté des Lyoko-guerriers ? Le passage du rose au bleu, pour faire court.
- Bien sûr, il m'avait tout raconté... Jérémie lui avait dit qu'il pensait que c'était lié au fait qu'il avait été déxanatifié sur un réplika banquise et que cela aurait influencé...
- Ce n'était pas ça, coupa le programme. Quelque chose ne colle pas. Franklin avait accès aux données de X.A.N.A, ce pourquoi John avait l'avatar de William du temps de sa capture. Pourtant, l'avatar de John avait déjà les modifications bleues et les pouvoirs glacés, alors que William sous sa période xanatifié n'avait rien de tel n'est ce pas ?
- Je suppose que oui, je ne l'ai pas connu directement mais de mémoire William m'avait dit que non. Et j'avoue ne jamais avoir fait attention à cette incohérence.
- Avec le créateur, nous pensons que c'est justement la conséquence de l'ouverture du portail dont nous t'avons déjà parlé, et qui est précisément notre objectif. Il est possible qu'une sorte de résonance récente soit responsable de la modification des données de l'avatar de William, réécrivant en quelque sorte un passé s'étant déjà déroulé. Ce qui expliquerait que l'avatar ait changé, alors même que les Lyoko-guerriers en gardent le souvenir d'origine.
Nora en resta bouche bée. C'était une sacrée révélation.
- Une résonance... C'est dingue...

- Je vais te donner un autre exemple. Si, d'une façon où d'une autre, ton avatar franchi le portail, on ne peut pas exclure qu'un être qui te ressemble dans la dimension d'arrivée en soit impacté et obtienne certaines caractéristiques de ton être.
- Dis comme ça, je suis encore plus embrouillée, reconnut l'africaine.
- Ce n'est pas grave. Je te dis surtout ça parce que, si on prend en considération ce détail, il est possible qu'une fois sur place, un William se trouve dans les parages. Mais ce ne sera pas nécessairement ton ami, tu comprends ?
- Je... je crois oui.
- Très bien.
La sphère blanche lumineuse se manifesta derrière sa créature. Le créateur. Franz Hopper.
- Je sais que cela va faire très jeu vidéo Nora, mais à partir de maintenant, je t'attends ici. Prends le temps qu'il te faut pour te préparer, puis viens me voir pour lancer la mission.
Mais Nora avait déjà fait le point sur sa vie depuis un moment.
- Ce n'est pas la peine. On y va. Ah une question cependant. On dirait à t'entendre qu'il n'y a aucune urgence à agir...

- En fait, on ne sait pas vraiment comment s'écoule le temps entre les dimensions. On sait depuis quelques décennies qu'il est techniquement possible de voyager dans le futur, même si le terme est impropre. Le créateur lui a réussi à voyager dans le passé, ce qui prouve que les deux sont possibles. Partant de ce constat, un trou de ver – un portail dimensionnel n'étant ni plus ni moins qu'un trou de ver dompté – pourrait très bien nous amener dans le passé autant que dans le futur. Par conséquent, comme nous affrontons un ennemi qui n'est pas situé dans notre dimension, inutile de se presser.
- D'accord. Mais alors à quoi bon tout ça ? Si ça se trouve, lorsque nous franchirons le portail, il sera trop tard... ou trop tôt.
- Je vais commencer par le début.
Xanabis se releva de son rocher, préférant le sol du territoire une fois debout.
- Voilà la situation telle qu'elle était juste avant la destruction de X.A.N.A. Le créateur ici présent avait réussi à s'enfuir de Lyoko, prêt à refaire surface pour aider les Lyoko-guerriers à vaincre mon aîné le moment venu. Le créateur, par la puissance du supercalculateur, avait travaillé d'une façon théorique sur la possibilité de connecter des univers parallèles et comptait s'atteler plus spécifiquement à ce projet une fois sa famille de nouveau réunie sur Lyoko. Avec la rébellion de X.A.N.A et ce que tu connais déjà, ce projet n'a jamais pu être poursuivi. Il y avait bien quelques données déjà consignées par écrit mais rien de concret. Ici, X.A.N.A n'a jamais mis la main dessus. Maintenant, imaginons qu'il ait pu le faire dans une autre dimension. C'est très inquiétant. Cela signifie que tous les scénarios n'ont pas conduit à sa destruction. Jusqu'ici, tu me suis.
- Oui je pense, confirma Nora. Mais pourquoi forcément penser à X.A.N.A ?
- Tu as raison. C'est simplement le cas le plus probable, mais il ne faut rien exclure. De plus, si le créateur pense être le seul à avoir eu une telle avance technologique en 1994, pour ce dont nous parlons, ça n'a aucune importance. Comme on vient de le dire, un visiteur d'un autre espace temps pourrait venir d'un futur très éloigné... Malgré tout, nous pensons que cela reste extrêmement lié à sa patte, pour plusieurs raisons. La première, je te l'ai donnée, c'est cette curieuse résonance que nous ne saurions exactement dater, mais qui a comme par hasard concerné un Lyoko-guerrier, William. Mais il n'y a pas que ça. Tu l'ignorais mais à l'origine, nous étions trois gardiens. Un peu avant qu'Ulrich Stern ne t'adresse la parole pour la première fois, un homme s'est introduit ici, en utilisant la technologie du créateur. Un des gardiens a été vaincu, l'autre a franchi le portail et n'est jamais revenu. J'ai fait fuir l'ennemi de la même façon.
- X.A.N.A ?
- Nous pensons que non. Il a par ailleurs déclaré être ici sur la volonté de Franz Hopper. Et pourtant, ses intentions étaient hostiles.
L'africaine commençait à avoir du mal à suivre :
- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Le créateur y a longuement médité. Pour lui, le Hopper d'une autre dimension a voulu le prévenir d'un danger, et il aurait délibérément envoyé cette chose pour y parvenir.
- Euh... vraiment ?
- Impossible d'être sûr. Rien ne prouve qu'un autre créateur raisonne de la même façon. Mais le notre en a conclu ça. Le passage de l'ennemi a laissé des traces.
- Et c'est comme ça que vous avez localisé le fameux monde virtuel.
- Tout à fait, répondit immédiatement le programme. X.A.N.A avait construit de nombreux réplikas suite à sa fuite dans le réseau – on t'en a déjà parlé. Peu avant le programme multi-agent de Jérémie, plusieurs dizaines semblent lui avoir échappé, expliquant par la même qu'un programme aussi vite construit ait pu l'éradiquer totalement. Nous pensons qu'ils ont été récupérés par la force qui nous a attaqué et qui maîtrise la technologie spatio-temporelle.
- Oh.
- À travers ses voyages dans le réseau, le créateur a mené de nombreuses enquêtes. Il en est parvenu à la conclusion que ces supercalculateurs servaient de réserve d'énergie. Ils convergent tous vers une source centrale, qui elle, génère un monde virtuel. La machine est localisée en Irlande, non loin de Dublin. Vu la quantité d'énergie en jeu, le monde virtuel n'était pas difficile à repérer. Et... nous pensons que de nombreuses réponses se trouvent là-bas, en plus d'un portail dimensionnel effectif. S'il s'agit d'une entité dangereuse, et ce, sur plusieurs dimensions, alors la destruction pure et simple du monde virtuel est envisageable. C'est dans mes cordes. Mais l'idée est d'abord qu'un fragment du créateur parvienne à s'introduire dans ce portail.
- Mais ça n'a pas répondu à ma question...
- Pourtant si. Si une entité a connecté deux univers et utilise l'énergie d'ici ailleurs, alors elle est forcément correctement dirigée. Le créateur pense que s'il utilise le portail dimensionnel, alors il devrait réussir à atterrir plus ou moins à la bonne période. Voilà pourquoi on cherche à s'introduire sur place plutôt que d'essayer d'en créer un nous-mêmes – de toute façon, on a pas l'énergie pour le faire fonctionner.
- Mais impossible d'en être sûr.
- Non, reconnut Xanabis. Même pour le créateur, nous sommes dans des conceptions qui commencent un peu à dépasser l'être humain. Et comme moi, j'ai été programmé par lui, je suis dans un cas similaire.
Nora se mit sérieusement à se demander si elle faisait tout ça pour rien. Mais il était vrai que présenté de cette façon, l'intrigue avait quelque chose d'alléchant, de métaphysique.
- Dans tous les cas, nous devons mener l'enquête je sais, vous me l'avez dit au premier jour. Mais merci pour cette piqûre de rappel des enjeux.

- Oui. Le créateur ne pouvait pas me créer de nouveaux renforts, et ta présence était inespérée. Et j'ai pu récupérer les avatars de tes anciens ennemis grâce aux données que le créateur a pu dérober au virus juste avant qu'il ne meure. Et retiens bien ceci. L'ennemi connaît notre existence, et se doute également que ses installations sont difficilement camouflables. Il est fort possible qu'il s'attende à notre visite.
- Très bien. Il sera difficile d'être discret avec la luminosité d'Hopper, alors donnons-lui le rôle d'un météore.
La silhouette de Xanabis s'approcha de Nora jusqu'à la frôler. La sphère lumineuse fit de même.

- Le créateur souhaite encore une fois te remercier pour...
- C'est bon, coupa Nora en souriant.
Et les deux silhouettes furent absorbées.

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La région des machines occupait l'excroissance Est de Schwarzwald, une zone à défendre plutôt confortable pour l'espèce qui était investie de la mission particulière de la garde de l'arche magique. La région n'était pas particulièrement célèbre pour son sens de l'hospitalité : Schwarzwald était une forêt entièrement noire. Que ce soit les arbres, les plantes, le sol, on aurait dit que tout était composé de matière ne recrachant aucune lumière. Car il y avait pourtant de l'éclairage, le ciel pourpre d'un coucher de soleil étant sollicité sans interruption. Mais les machines, dans le cadre de leur mission, n'en avaient cure, car elles avaient logiquement été programmées pour s'adapter à cet environnement. Le Caporal était un Panz qui avait pour particularité d'avoir un revêtement marron tirant sur le rouge, ce qui était plutôt rare chez les machines. Sinon, comme le reste des Panz, il s'agissait d'une machine à l'aspect humanoïde avec un canon de char lui tenant lieu de visage. Le Caporal était actuellement occupé à courir pour se renfoncer dans la région de son camp, lui qui était habituellement cantonné à des missions de surveillance à la frontière. Mais cette fois, il avait senti du mouvement du coté de la région des magiciens et soupçonnait quelque chose. Il devait en avertir le Colonel.
- Halte Caporal !
L'appelé stoppa sa course. L'adjudant apparut dans son champ de vision. Contrairement à lui, l'Adjudant était un Waff. Il n'avait donc pas de canon au visage (qui n'avait pas pour autant d'orifice particulier) mais les extensions métalliques qu'il avait aux bras et dont étaient dépourvus les Panz lui permettaient de voler. Sinon, il était logiquement de couleur brune.
- Que puis-je pour vous Adjudein ?
- Que faîtes-vous si loin de votre poste ?
- J'ai un message pour le Colonel.
S'il avait pu, l'adjudant aurait sourit.
- Transmettez Caporal, je m'en charge. Et retournez à votre poste.
Le Caporal cessa de bouger quelques instants, interdit. Avant de décider qu'il n'en était pas question.
- Nein.
- Pardon ? demanda son supérieur en se rapprochant de lui.
Mais le Caporal ne se laissait pas intimider, gardant le canon pointé sur son supérieur.
- Sale petit Caporal bohémiein...
Le canon du Panz lui balança alors soudain une boule d’électricité, quasiment à bout portant. L'Adjudant fut projeté en arrière, tombant à la renverse. Le Caporal se jeta sur lui, le frappant de ses poing d'acier jusqu'à ce qu'il se consume dans un tas de pixels blancs. Le Panz s'assura qu'aucune machine n'avait assisté à l’événement, mais l'endroit était désert, probablement parce que l'Adjudant s'était lui-même assuré qu'il n'y aurait pas de témoin lorsqu'il aborderait son subordonné. Le Caporal reprit alors sa route comme si de rien n'était.

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La rivière rouge était le seul élément naturel de Schwarzwald à ne pas être de couleur noire. Le petit ruisseau liquide suivait un tracé qui prenait naissance aux envions du dernier tiers Est de la région des machines et qui tombait peu de temps après dans la mer numérique. Un Panz et un Waff étaient en plein débat : respectivement le Maréchal et son assistant, le Colonel. Le premier était l'un des derniers survivants de la première guerre de Schwarzwald, ayant opposé les magiciens aux machines pour le contrôle de l'arche magique. Le Maréchal, parvenant à unir les différentes fractions de machines jusqu'ici divisées, était devenu un héros respecté par tous.
- Vous pensez que les propos du Caporal se valent ? s'enquit le Maréchal.
- Aucune idée, reconnut le Colonel. Mais j'ai du mal à penser que les magicieins prennent le risque d'enfreindre les lois sacrées en ne signalein pas une éventuelle intrusion.
- Ce n'est pas faux... Bien sûr, le Caporal a suggéré l'invasion, mais il n'en est pas question. Il faut se montrer prudent.
- Une réunion dans la zone neutre ? Je compreins Maréchal, mais imaginez que les magicieins soient coupables, cela va les prévenir...
Le canon du Panz se baissa, son propriétaire étant pensif.
- On nous avait mis en garde que ce jour pouvait arriver. Et je pense avoir trouvé comment assurer nos arrières.
Son aide de camp se voulut rassurant.
- S'ils sont là Sire, nous les trouverons.

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La zone sanctuaire au cœur de Schwarzwald avait l'avantage d'être frontalière de la région des machines, des magiciens et des esprits, les bêtes ayant droit de passage dans la région des troisièmes pour s'y rendre. Selon la légende, la Déesse Abnoba y vivrait, mais personne ne s'était jamais vanté de l'avoir aperçue depuis son unique apparition à chaque faction, au début de ce monde. En attendant, la petite clairière présente dans le sanctuaire servait de zone de réunion pour les pourparlers diplomatiques. Lorsque le Sous-lieutenant, le Panz diplomate officiel de sa région, arriva à destination, il constata sans surprise que la délégation des magiciens était déjà là. Ces derniers, originaires de la région Sud, étaient les spécialistes de la diplomatie et se targuaient de posséder un membre expert de chacune des autres régions. S'ils avaient la même forme humanoïde que les machines, les magiciens avaient une apparence bien différente, car ils étaient constamment vêtus d’étoffes colorées, à mettre en opposition avec les sombres plaques métalliques de leur voisin de l'Est. Pour coller à leur éclat, leur magie était composée de lumière. Bien entendu, les trois diplomates présents appartenaient à la sous-catégorie des Sophes.
- Sous-lieutenant... salua Aurore, la moins expérimentée des trois diplomates magiciens, aux cheveux plus longs que les deux autres.
- Ave, ajoutèrent ses collègues Pierre et Hubert.
- Heil, répondit la machine.
Le Sous-lieutenant était de particulière bonne humeur actuellement. Il savait des choses que les magiciens ignoraient encore à l'heure actuelle. Peu après, Vïktov, le diplomate des bêtes, fit son entrée. Il s'agit d'un VïEdit, la sous-catégorie de bêtes bipède, au pelage couleur crème, qui n'était pas particulièrement musclé pour un membre de son espèce. Malgré tout, Vïktov était sûrement le diplomate le plus craint de tout le monde virtuel, car il était connu pour être particulièrement redoutable dans son domaine.
- La bête est là avant l'esprit... constata Pierre.
- Je croïs que nous avons un petït problème, lança Vïktov sans même prendre le temps de saluer les autres diplomates. Je n'aï croïsé aucun esprït sur mon chemïn.
- Ce n'est pas possible ! Où est Amadeus ?
- Comment voulez-vous que je le sache ? Je ne suïs pas censé m'occuper d'eux.
Le Panz ne pouvait pas sourire compte-tenu du canon qui lui tenait lieu de visage, mais il n'aurait pas pu s'en empêcher en voyant le désarroi de la délégation magicienne. La bête, avec son air détaché, avait un talent d'acteur certain. Le pacte de non-agression bestialo-robotique négocié en secret par le Maréchal avec Nïkolaï avait fait merveille, et jusqu'ici, tout se passait comme prévu. Il n'avait plus qu'à enfoncer les portes ouvertes.
- Tant pis pour Wenzel s'il ne vieint pas. Nous avons à parler de choses importantes. Les magicieins sont soupçonnés de cacher des intrus.
Devant les propos du Sous-lieutenant, les concernés oublièrent rapidement l'absence des esprits et firent volte-face en cœur, ce qui en deviendrait presque aveuglant vu l'éclat de leurs étoffes.
- Comment osez-vous ? s'indigna Aurore en gardant malgré tout son calme.
- Une de nos machines nous a rapporté avoir vu une lumière blanche suspecte dans votre secteur.
- Ab æterno, les magiciens maîtrisent... de la magie de lumière blanche, sourit la jeune Sophe.
- A posse ad esse non valet consequentia, professa, impérial, Hubert.
- Ne jouez pas à ce jeu là avec moi. Votre blanc n'était pas aussi immaculé que ce qu'il a vu.
- C'est vraï que votre magïe comme vous dïtes, tïre davantage sur le jaune, souligna Vïktov. J'aï souvent vu des magïcïens l'utïlïser pour fuïr contre moï, alors je saïs de quoï je parle...
Hubert murmura quelque chose à l'oreille d'Aurore avant que cette dernière ne réponde :
- Vïktov, inutile d'essayer de profiter des fausses accusations du Sous-lieutenant, car nous ne serions pas surpris si vous jouiez double jeu vis-à-vis du sort qui a été réservé aux esprits.
- Bah voyons... Comme sï envahïr la régïon des esprïts étaït d'une quelconque utïlïté pour nous.
- Acceptez que nous envoyons une délégation inspecter votre région, et nous n'en parlerons plus, proposa le Panz.
- Il n'en est pas question, répondit Hubert. Nous sommes un peuple souverain de jure. N'en faîtes pas un casus belli.
- On dïraït que vous avez quelque chose à cacher...
- Collaborons, souffla Pierre aux deux autres. Si les machines nous déclarent la guerre et que nous ne pouvons pas compter sur les esprits, cela va mal finir pour nous.
- Les directives de la Reine ont été claires, rappela Hubert.
- Très bien, nous allons soumettre l'idée à notre Reine et nous vous enverrons un émissaire pour vous faire connaître notre réponse, lança alors Aurore à voix haute.
Le Sous-lieutenant grinça du canon mais ne s'y opposa pas. Il ne pouvait pas non plus être trop vindicatif, parce qu'il ne devait pas donner l'impression devant les bêtes que les machines avaient une volonté hégémonique.
- Très biein.
- Pas d'objectïon.
- Dans ce cas, ave.
Les magiciens se hâtèrent de repartir de leur coté et de quitter la zone sanctuaire.
- Bien joué Aurore, félicita Hubert sitôt les magiciens hors de portée des autres espèces. Nous avons au moins pu gagner du temps, ce qui est un atout précieux.
- In dubio pro reo. Maintenant il faut que notre Reine prenne la bonne décision.
Les trois Sophes se pressèrent davantage, au point qu'Aurore manqua de se prendre le tronc noir posé entre deux reliefs, et sous lequel passaient traditionnellement les magiciens se rendant en zone neutre. Trois étoffes, une bleue, une blanche et une rouge, avaient d'ailleurs été suspendues afin d'annoncer le début du territoire de leur région.

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Du coté des machines, le Sous-lieutenant venait de terminer de faire son rapport au Maréchal. Le Colonel était également présent.
- Si les magicieins ne se doutent de riein pour les esprits, nous partons déjà avec un avantage. Mais ils ont gagné du temps avec cette réunion, analysa ce dernier.
- Oui, finalemein ce n'était pas une si bonne idée de vouloir une bête en spectateur.
- Quels sont vos ordres ? questionna le Sous-lieutenant.
Le Panz en chef tourna son canon vers la source de la rivière rouge, qui prenait vie à l'endroit où les trois machines étaient réunies. Il observa attentivement la façon dont le minuscule courant s'élargissait petit à petit, ce qui tranchait d'autant avec les rives d'ombre noires présentes de part et d'autres.
- J'ai un plan, finit-il par déclarer.

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Les diplomates magiciens étaient revenus auprès de la souveraine de la région. La clairière où elle résidait, bien que les arbres soient de la même couleur morte que partout, avait été parsemée d'étoffes colorées bleues aux motifs jaunes. Couplé à la luminosité du soleil couchant perpétuel, elle dégageait une atmosphère plutôt chaleureuse. La Reine Jeanne n'était pas une Sophe comme ses diplomates, mais une Arte. Pour les magiciens, il n'y avait aucune différence physique notable entre les deux, les Arte ayant simplement privilégiés la voie du combat sur celle de la parole. Mais Jeanne avait pour particularité d'avoir également une voix dans sa tête pour la guider, ce qui lui permettait d'être super bonne... au niveau tactique. Et cela expliquait son statut actuel, illustration la plus proche du dicton magicien Anima sana in corpore sano.
- Madame... salua la délégation plénipotentiaire en s'agenouillant.
La Reine Jeanne était recouverte d'étoffes du même ton que la clairière. Le style royal, à défaut d'être présidentiel.
- Bon retour parmi nous chers amis, déclara cette dernière. Vous êtes certains de ne pas avoir été suivi ?
- Votre Majesté... répondit à leur place un Arte aux étoffes d'un ravissant bleu-gris. J'ai couvert leur traces depuis leur passage à la frontière. Il n'y a aucun risque.
- C'est parfait.
- Je retourne à mon poste.
- Madame, vous devez convoquer le conseil, les informations en notre possession sont préoccupantes ! implora presque Aurore. Les machines ont quasiment un témoin ad oculos !
- C'est entendu. Que l'on fasse venir les conseillers.
La Reine se tourna alors vers un autre Arte qui se tenait jusqu'ici en retrait derrière elle, vêtue d'étoffes bleues, blanches et rouges et d'un bonnet de cette dernière couleur.
- Marianne, va chercher les prisonniers également.
- A bene placito.
L'intéressée se mit à contourner un énorme tronc qui était jusqu'ici dans le dos de sa souveraine, un arbre en réalité mort, qui n'avait pas de feuilles à son sommet. Mais à l'arrière, l'on pouvait constater qu'il était creux puisqu'une entrée était visible. Deux Artes la gardaient. Le premier était recouvert d'étoffes noires, rouges et dorées, et présentait un chapeau à l'étrange forme de même obscurité que le paysage. Le second, un peu plus petit, était uniquement vêtu de tissu rouge vif.
- La Reine Jeanne souhaite que les étrangers assistent aux États généraux. Escortez-les jusque là-bas...
L'Arte en rouge se tourna alors en direction de la cavité.
- Vous avez entendu non ? Allons, sortez de là.
Nora, Xanabis et Franz Hopper sortirent alors de l'endroit où ils étaient confinés. Au loin, hors du champ de vision des magiciens ou des étrangers, un immense trèfle à quatre feuille vert foncé sembla comme éclore de la surface noire et lisse d'un arbre. Une tête de femme émergea au milieu des quatre pétales, qui formaient ainsi pour elle comme un collier. L'humaine avait la peau blanche, les cheveux noirs et bouclés et sur ses joues étaient peintes deux svastikas. Elle observait.

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Les États généraux des magiciens avaient été réunis au milieu de la clairière royale, toujours surplombée par le tronc d'arbre noir. La Reine Jeanne, sa disciple Marianne, son conseiller militaire Roland, les trois diplomates et trois des quatre conseillers Sophe formaient tous un cercle au milieu duquel se trouvaient les étrangers, étroitement surveillés par les deux Artes s'occupant de leur détention. Non loin, un Arte avec des étoffes principalement bleues et blanches avec un peu de jaune surveillait la scène. Il s'agissait de Louis, le garde du corps personnel de la Reine. Seul un vide entre les conseillers François et Emmanuel était visible, mais un Sophe aux étoffes griffes se hâta de la compléter.
- Mes excuses, j'étais sur le terrain, informa Jacques, le dernier arrivé. Quid agis ?
- Le conseil est au complet. Les États généraux sont ouverts, décréta la Reine Jeanne.
- Cela faisait longtemps, commenta le conseiller François, aux morceaux d'étoffes à dominante rose avec un zeste de vert.
- Les machines ont rapidement sollicité des pourparlers en zone neutre, nous avions à peine eu le temps de comprendre le pourquoi du comment de la venue des étrangers, rappela la souveraine. C'est en partie pour ça que je n'ai rien voulu dire aux autres. C'est à nous, lumières de ce monde noir, qu'il revient de tirer cette affaire au clair.
- C'est si bien dit madame... avoua Aurore.
- La parole est à vous... informa le conseiller Charles, un vétéran de la première guerre contre les machines.
Nora et Xanabis se regardèrent. L'humain fit comprendre au programme, par ailleurs relié par télépathie à Hopper, qu'il était mieux placé pour se lancer.

- D'accord. Je suis Sibanax, elle c'est Naro, et la sphère de lumière derrière, c'est une partie de mon anatomie, dont vous reconnaîtrez la proximité chromatique. Nous sommes venus ici car nous avons une mission.
- Et comment êtes-vous arrivés exactement ? questionna Marianne, méfiante.
- Grâce à la sphère derrière moi, la pression de la mer numérique n'est pas fatale... Nous vivions sur un autre monde numérique.
- Et pourquoi cette migration ? demanda Pierre.
- Nous avons pour mission d'atteindre ce que vous qualifiez d'arche magique.
Des exclamations étouffées se firent entendre dans l'assistance. Personne n'osa répondre à Xanabis à la place de la Reine elle-même, qui après avoir hésité, répondit finalement :
- Charles, parlez-lui de la première guerre de Schwarzwald. Absit reverentia ver.
- Infandum, regina, jubes renovare dolorem, commenta le Sophe concerné avant de se racler la gorge et de poursuivre. C'était aux premiers instants de notre monde. La Déesse Abnoba est apparue à chacune des espèces pour signifier qu'il était nécessaire de choisir laquelle était la plus digne de recevoir la garde de l'arche magique, le trésor le plus précieux de Schwarzwald. Mais les esprits n'étaient pas faits pour se battre et les bêtes refusèrent d'écouter une créature à l'apparence de femme. Bien vite, cela devint un enjeu entre les machines et nous, et ces dernières l'emportèrent. Depuis, elles gardent l'arche magique.
- Pourquoi considérer l'arche magique comme le trésor le plus précieux ? ne pût s'empêcher de demander Nora.
- Eh bien... car elle existe Ab æterno et c'est de cette arche que doit surgir le prophète qui nous révélera les secrets absolus de notre univers.
Les deux soldats de Franz Hopper se regardèrent. Il était évident que les détenteurs de la technologie spatio-temporelle avaient tout mis en place pour que les créatures d'ici se conforment à ce qu'ils attendaient d'eux. Et quoi de plus facile pour manipuler qu'utiliser des concepts que l'on ne peut prouver ?
- Et... poursuivit l'africaine. Vous y croyez ?
Si les conseillers Charles, François et Jacques semblèrent choqués par de telles insinuations, le plus récent d'entre eux, Emmanuel, aux étoffes dorées, lança un regard entendu en direction de sa supérieure.
- On dirait qu'ils qualifient ça de croquignolesque...
La Reine resta interdite.
- Oui, répondit-elle simplement. Deo gratias.
« C'était à prévoir. » pensa Nora.
- Pourquoi souhaitez-vous atteindre l'arche magique ? demanda Emmanuel, curieux.
Franz Hopper avait déjà communiquée la réponse la plus appropriée à son programme.

- En général, lorsque la venue du prophète est imminente, il n'est pas rare de voir soudainement débarquer des étrangers cherchant à se rendre à l'endroit où il va apparaître...
Les conseillers les plus âgés et Hubert étouffèrent un « Oh ! ».
- Sauf que la Déesse nous a demandé d'appréhender tout être vivant qui ne serait pas de ce monde... souligna le diplomate Pierre.
- Ce n'est pas faux, appuya François.
- Je... commença Jeanne.
- Votre majesté !
Un Arte débarqua soudain dans la clairière.
- Un contingent de machines se dirige vers nous ! Ils exigent de vous parler immédiatement, nous n'avons pas pu nous interposer !
- Cette attitude est intolérable ! Ils violent notre territoire en toute impunité ! Les machines dépassent les bornes ! tonna Jacques.
- Je crois qu'ils sont au courant pour eux, lança Emmanuel à sa Reine. Et en même temps, je ne sais pas comment ils peuvent l'être. C'est complexe comme situation. Il y en a qui sont doués pour foutre le bordel...
Emmanuel semblait appartenir à cette nouvelle génération de magiciens adeptes d'un certain parler vrai. Jeanne acquiesça.
- At spes non fracta...
Elle murmura quelques mots à l'oreille de Marianne, tandis que les deux Artes gardiens incitèrent promptement les prisonniers à retourner derrière l'énorme tronc mort, c'est à dire au trou. Mais une fois derrière, la disciple de Jeanne ne leur demanda pas de retourner dans l'abri.
- Nous savons que vous dissimulez vos vraies motivations, annonça l'Arte aux étoffes tricolores. Mais la Reine n'a pas non plus être totalement honnête avec vous, pas en public. Notre société cherche progressivement à privilégier la science sur la religion, mais ce n'est pas toujours facile à entendre. Les anciens conseillers, damnant quod non intelligun malheureusement. Nous sommes prêts à vous aider à atteindre l'arche à condition que nous puissions venir avec vous pour observer ce qu'il s'y passera une fois que vous vous y serez rendus, dixi.
- Dixit, approuva l'Arte aux étoffes de trois couleurs.
- Pour nous, l'arche magique est terra incognita, appuya son collègue rouge.
- Caporal ! retentit la voix de la diplomate Aurore au loin. Comment osez-vous débarquer ici ?
- Nein. C'est Commeindein maintenein
, lui répondit une voix plus désincarnée.
- C'est une offre généreuse que nous acceptons volontiers, répondit Nora qui n'y voyait que des avantages. Mais que faire face aux machines ?
- Nous savons que vous nous avez menti, où sont les étrangers ? poursuivait la voix robotique.
- Ex-ante, nous allons nous rendre sur le territoire des bêtes, nous soupçonnons de plus en plus les machines, d'être responsables de la disparition des esprits. Nïkolaï ne nous porte pas dans son cœur mais il déteste que la souveraineté d'un territoire ne soit pas respectée. S'il apprenait l'attitude actuelle des machines, il ne deviendrait pas notre allié, mais nous aurions le même ennemi.
- Encore cette malum discordiæ ? Et on peut savoir sur quoi vous vous fondez ? demanda la voix de Jeanne.
- D'accord, répondit Nora.
- Unitas virtute. Suivez-moi, ordonna Marianne en commençant à s'enfoncer dans les arbres en direction du Nord.
En s'exécutant, Nora remarqua vite que ses deux anciens geôliers faisaient également partie du convoi. Constatant qu'elle le dévisageait, celui au chapeau noir lui lança :
- Vous avez de la chance, vous êtes bien entourés.
- Comment ça ? questionna l'ancienne kadicienne.
- Maximilien et moi sommes parmi les meilleurs Arte en maîtrise de la magie lumineuse, nous avons été formé par Louis, le garde du corps personnel de la Reine et le « meilleur d'entre nous » selon le conseiller Jacques. Pourquoi pensez-vous que nous étions chargés de vous surveiller ? Quant à Marianne, elle n'est rien de moins que la disciple de la Reine, seule à manier l'épée, ce qui est particulièrement redouté par les bêtes, même s'ils ne l'avouerons jamais.
- Oh je vois, tant mieux. Et vous, vous êtes... ?
- Bonnemaison
- Chut ! Et arrêtez-vous ! intima Marianne en cessant elle-même sa course.
- Un problème ? demanda Maximilien, l'Arte tout de rouge vêtu.
- Écoutez.
Le reste du groupe s'exécuta. Outre l'agitation au Sud, on pouvait entendre des bruits métalliques en provenance de l'Est... et du Nord.
- Mais alors... commença Bonnemaison.
- Préparez-vous à vous battre, quelque chose me dit qu'il va falloir forcer le passage.
Marianne avait raison. Sitôt la frontière avec la région des esprits atteinte, symbolisée comme d'habitude par un emplacement stratégique de tissus colorés, le convoi, tapis derrière un affaissement de terrain, constatait que la frontière était gardée par des machines, qui discutaient tranquillement.
- J'ai les jambes grippées. J'ai besoin d'un graissage, se plaignait l'un.
- Oki oki, répondit mollement un autre, peu convaincu.
- Les scélérats, ragea Maximilien.
Marianne analysait la situation. En visuel, il y avait deux Panz et autant de Waff. Bon.
- Dîtes les étrangers, vous savez vous battre ?
- Oh que oui. Surtout lui, répondit la jeune fille noire en pointant Xanabis du pouce. En plus, nos ennemis ne connaissent rien de nos pouvoirs, laissez-nous faire.
- … Montrez-nous votre art. Si vis pacem, para bellum.
Nora se mit alors à dévisser sa main gauche, la faisant tomber sous le regard stupéfait des trois magiciens. Elle pointa son bras troué en direction des machines.
- À ton signal, Sibanax.
Leurs atermoiements avaient toutefois alerté les machines, qui regardaient dans leur direction mais qui semblaient avoir un doute.
- Allez voir Caporal, on vous couvre.
- Ceinq sur ceinq.
Le Waff concerné s'avança et vit Nora en train de le viser.
- Oh oh.
- Feu à volonté !
La silhouette unicolore se changea soudain en un Jim au teint verdâtre. Georges. Fouillant dans son éternel sac de sport, il y trouvât une plaque d’égout qu'il envoya sans autre forme de procès en direction du Waff qui approchait. Le projectile ricocha de telle sorte qu'il toucha l'autre Waff et un Panz, et les trois machines se dépixelisèrent rapidement. Le rescapé, suivant le mouvement de la plaque qui revenait par son lanceur, tira une boule électricité qui fut arrêtée par le Crystalier de Nora, un bouclier en forme de flocon de neige généré par le bras-canon de la jeune fille. Le rompant, elle tira alors trois rapides flèches de glace depuis le même orifice, et le Panz disparût à son tour. Les magiciens étaient impressionnés, mais ne l'avouèrent pas.
- Par chance, analysa Marianne, ils ne devraient pas être trop nombreux dans le coin s'ils sont déjà en train d'attaquer chez nous par l'Est.
La progression du groupe hétéroclite reprit, Xanabis redevenant le petit bonhomme blanc. L'Arte avait vue juste, car aucune autre machine ne fut détectée sur le territoire des esprits. Ceci étant dit, les esprits eux-mêmes ne répondaient pas présents.
- Qu'est-ce qu'ils ont fait ici...? interrogea tout haut Maximilien quant les magiciens réalisaient que cette absence n'était pas normale.
- Je ne sais pas, reconnut Marianne. Mais j'espère qu'ils ne réussiront pas à faire la même chose chez nous...
Au fur et à mesure de leur progression au Nord, un vent de plus en plus soutenu se faisait sentir sur l'avatar virtuel de Nora. En observant les magiciens, elle vit que cet élément semblait provoquer chez eux une sensation de froid, du moins se comportaient-ils comment tels, en resserrant notamment leurs étoffes. La fille noire regarda Xanabis sans comprendre, car sous forme virtuelle, elle ne ressentait rien, et elle pensait que la règle était universelle. Profitant du fait que les trois Artes cherchaient encore des traces des esprits, le programme de Franz s'approcha de l'oreille de l'adolescente pour y glisser discrètement :

- Le créateur me dit qu'ils ne ressentent pas le froid au sens où nous l'entendons, mais qu'ils ont malgré tout été programmé pour faire comme si. Ce réalisme n'est pas sans l'émerveiller. Et l'inquiéter aussi, car celui qui a programmé ces créatures n'est... pas un Mickey.
- Je vois, acquiesça Estela, s'éloignant l'air de rien de son interlocuteur avant que les magiciens ne remarquent leur messes basses.
Finalement, le groupe arrivait en vue de la frontière, qui était facile à repérer puisque ce qui ressemblait à de la neige fondue était désormais éparpillée autour des éléments forestiers. Et comme ces éléments étaient complètement noirs, le contraste avec la blancheur de la mousse était presque éblouissant.
- Il n'y a pas de gardes à la frontière ? demanda l'humaine.
- Non, les bêtes ont suffisamment confiance en eux pour ne même pas s’embarrasser à la surveiller, d'autant qu'elle n'est commune qu'avec les esprits, qui n'ont jamais fait montre de la moindre agressivité, lui répondit Bonnemaison. Ils ont une patrouille mobile qui est redoutable en revanche, j'espère qu'on ne va pas tomber sur eux.
Il venait tout juste de finir sa phrase qu'une masse sombre lui tomba subitement dessus. Une bête au pelage blanc s’apprêtait à lui porter un coup de griffe au visage.
- Noli me tangere ! se plaignit l'attaqué.
- C'est un Volk ! alerta Maximilien. Ad victoriam !
Avant qu'il n'ai pu s'attaquer à son collègue, le magicien tout de rouge vêtu lui avait envoyé un carré de magie blanche qui le repoussa légèrement en arrière, suffisamment pour que Bonnemaison se relève et bondisse en retrait pour s'éloigner de son agresseur. Xanabis s'était déjà transformé en homme de fer et agrippa par derrière les bras de la bête, l'immobilisant. Maximilien sembla alors former autour du captif une véritable guillotine de magie, prête à faire son œuvre, mais...
- Attends ! l'arrêta Marianne. Si on le tue, nous ne parviendrons jamais à négocier avec Nïkolaï !
- C'est parfaït, car nous, nous n'avons pas ce problème, susurra une voix derrière elle.
Dégainant son épée, elle para juste à temps l'attaque griffue de la bête au pelage blanc qui avait surgis dans son dos, mais en utilisant une patte arrière, l'assaillant l'expulsa en direction de la sphère d'Hopper, lui faisant perdre sa lame. Comme Xanabis et Maxilien étaient toujours occupés avec la première bête, ce dernier ne sachant d'ailleurs pas s'il devait l'exécuter, et que Bonnemaison se remettait à peine de son agression, ce fut les flèches de Nora qui servirent de contre-attaque. Leur destinataire se mit sur deux pattes et les encaissa au torse aussi aisément que si l'attaque d'eau avait été liquide au lieu de solide.
- Relâchez ïmêmeédïatement Léonïd ou vos chances de vous en sortïr vïvant seront nulles, ordonna une autre bête blanche bipède émergeant derrière celui au torse bombé.
Un autre individu quadrupède se tenait également à ses cotés, portant le nombre de concurrents à quatre.
- Contre l'épée, objecta Marianne.
La bête qui avait parlé fit signe à celui qui tenait toujours l'arme sous sa patte gauche de s'exécuter. Il fit simplement glisser l'arme suffisamment proche des magiciens avec la force du mouvement de celle-ci. Xanabis, en contrepartie, balança sans plus de cérémonie le Léonïd en question, conservant malgré tout l'apparence de Ronald.
- Ils sont quatre... ce sont les fameux quatre cocos dont je parlais justement, informa Bonnemaison à Nora.
- Ils ne sont pas aussi respectables que prévu, argua Maximilien. Ils nous attaquent alors même que nous ne sommes pas encore sur leur territoire.
- Vous allïez dans sa dïrectïon, c'est la même chose, répondit la bête qui s'était déjà exprimée. L'ïntérêt de s’embusquer avant, c'est que vous ne vous y attendez pas.
- Reductio ad absurdum, fit Marianne en levant les yeux au ciel.
- C'est sûrement lui Ïlïtch, le meneur, commenta Bonnemaison pour ses deux collègues. Puisque nous avions capturé Léonïd, par déduction, l'autre Volk est Koba, et l'autre VïEdit est Nïkïta.
- Je n'avais jamais pu les rencontrer, mais j'aurais aimé que ce soit dans d'autres circonstances, commenta l'Arte aux étoffes rouges.
- Techniquement, vous aussi vous êtes dans une région qui ne vous appartient pas, argua Marianne pour les bêtes.
- D'accord et où sont les propriétaires de ces terres ? sourit le présumé Ïlïtch.
- Ne me dîtes pas que vous...
- Bïen sûr que non, les bêtes sont très respectueuses de la souveraïneté des terrïtoïres. Maïs ïl faut un souveraïn. S'ïl n'y en a plus, on ne va pas se prïver.
La disciple de la Reine Jeanne analysa la situation. Si les quatre cocos étaient déjà là, alors c'est qu'ils étaient déjà au courant du rapport de Viktov, qui avait du constater l'absence des esprits en allant à la réunion multilatérale.
- Admettons, il y a plus urgent. Nous sommes ici parce que les machines, après avoir visiblement attaqué la région des esprits, s'en prennent à nous, et nous espérions que Nïkolaï pourrait nous aider. Au train où en vont les choses, vous êtes les prochains sur la liste de leur hégémonie.
Les quatre bêtes se lancèrent des regards entre eux. Ils ne semblaient pas s'attendre à pareils événements. Même l'expression d'Ïlïtch changea, et il sembla tout à coup moins faire son malin. L'autre VïEdit murmura quelque chose et le présumé Koba réagit par un bruyant « Nïkïta, merde ! », l'air énervé. Ïlïtch les calma.
- On peut savoïr quï sont les troïs étrangers avec vous ? On ne peut pas se permettre de laïsser des éléments ïnconnus pénétrer sur notre terrïtoire.
- Ce sont les intrus au cœur des discussions de la réunion qui a eu lieu il y a quelques heures.
Elle avait à peine terminée sa phase que les deux Volk, à quatre pattes, semblaient déjà prêts à bondir.
- Dans ce cas, les accusatïons des machïnes étaïent fondées. N’espérez aucune aïde.
- C'est beaucoup plus compliqué que ça. Les étrangers ont des informations qui pourraient nous en faire apprendre davantage sur l'origine du monde. Pour nous, c'était dans l'intérêt commun de le cacher le temps d'en savoir plus. Le fait que les machines n'aient pas respecté la procédure conclue pendant la réunion et approuvée par votre diplomate montre qu'elles jouent double jeu et ne vous respectent pas !
- Ahem... bon, vu l'ïmportance de l'affaïre, j'accepte de vous laïsser rencontrer Nïkolaï. Maïs pas avec eux. Toï, la dïscïple de Jeanne, tu peux passer. Nous restons ïcï avec les autres.
Léonïd n'avait pas l'air ravi de cette idée.
- Aucune bête pour m'accompagner ? Et comment je prouve que j'ai votre autorisation ?
C'est le Volk Koba qui lui répondit après un large sourire provoqué par la question :
- Parce que tu seras arrivée jusque là-bas vïvante.
Marianne se tourna vers le reste de son groupe.
- Nous allons faire ça. Veillez bien sur les prisonniers.
- Bien sûr, acquiesça l'autre Arte aux étoffes tricolores.
Celle qui avait reçue l'autorisation d'Ïlïtch, après avoir ramassé son épée qui traînait toujours au sol, s'engagea en direction de la zone de la forêt noire où il y avait de la neige fondue. Elle fini par disparaître du champ de vision de Nora.
- Bïen, reprit Ïlïtch. Nous retournons nous cacher. Dans le cas où des machïnes vïendraïent vous chercher des noïses, vous pouvez compter sur nous.
Ses trois camarades hochèrent la tête et ils bondirent chacun dans une direction différente. Nora en profita pour s’asseoir et faire le point sur les événements survenus depuis leur arrivée ici. Quand elle eut fini, comme Bonnemaison et Maximilien discutaient gaiement de leur coté, l'ancienne kadicienne en avait profité pour se positionner de manière à pouvoir parler discrètement à Xanabis sans se faire entendre, ni voir de ses anciens geôliers.
- Je propose de dégager à la première occasion. Les magiciens nous faisaient déjà très peu confiance et semblent être les plus malins du lot. Il y a de bonnes chances que les bêtes choisissent de nous capturer à leur tour dans leur intérêt.
Le programme ne répondit pas tout de suite.

- Le créateur est d'accord avec toi. À ce stade, autant tenter d'atteindre le portail sans aide, compte-tenu du fait que les machines se déploient actuellement au Sud, et sans doute bientôt ici.
- Oui, exactement.
- Très bien.

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Marianne était quasiment arrivée au cœur du territoire des bêtes. Elle savait qu'elle était observée depuis un moment. Mais ce que lui avait dit Koba semblait véridique. Soudain, la neige fondue laissa place à de la vraie neige, et les arbres noirs laissaient place à des troncs noirs, méticuleusement abattus. Elle déboucha alors sur une clairière peuplée d'âmes, de nombreuses bêtes formant un arc de cercle autour d'un grand Vied blanc avec des poils tirant sur le blond. Sur ces deux pattes, il semblait méditer. Soudain, un immense tronc noir lui tomba littéralement dessus. Loin de s'écarter, le Vied l'attrapa avec ses deux pattes avant supérieures et en quelques secondes, le brisa en deux avant d'abandonner les morceaux au sol, sous les acclamations du public. Une véritable tsar, pardon, star. Un Volk bondit aux cotés de son chef, lui murmurant quelque chose à l'oreille avant de repartir aussi vite.
- On dïraït que notre ïnvïté est arrïvé. Veuïllez vous avancer.
Les caboches se tournèrent en direction de la magicienne à l'épée, et les bêtes qui se trouvaient entre elle et le chef s'écartèrent de façon à la laisser passer. Un VïEdit et un Volk s'étaient également approchés de celui qu'elle savait être Nïkolaï. Elle reconnaissait également le Volk en question : c'était Vïktov, le diplomate des bêtes, qu'elle avait déjà vu. La magicienne s'arrêta à bonne distance d'eux et s'inclina.
- Je suis Marianne, seconde de la Reine Jeanne et son envoyée, au sujet du véritable imperium sine fine que les machines cherchent à construire.
- Je suis Nïkolaï, confirma le grand baraqué. Les bêtes vous écoutent...

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Xanabis avait été le premier à se relever et avait rapidement pris l'apparence de John, sans que Nora n'y prête plus attention que ça vu ce qui se profilait. Ils n'avaient pas été discrets mais étaient venus en nombre : quatre Panz et autant de Waff étaient désormais dans le champ de vision de ceux qu'ils cherchaient probablement.
- On les a enfein retrouvés, se félicita l'un des êtres d'aciers au canon.
- Hey !
Léonïd venait de lui tomber dessus. Décidément, c'était son truc.
- On n'sert pas les droïdes. Dégage ! poursuivit-il en lui collant une beigne.
Les Waff se dépêchèrent de battre des ailes pour décoller, l'un d'eux se mangeant juste après son saut une salve d'énergie de Xanabis, disparaissant. Nora avait retiré son bras et n'avait pas commencé à viser qu'un cheval de magie blanche sur lequel se tenait Bonnemaison la frôla en passant, fonçant dans le tas de Panz, les trois encore debout faisant mine de le viser. Tandis que Koba et Nïkïta avaient imité leur camarade et neutralisaient deux autres Panz, l'un des canons avait pu toucher la monture magique de Bonnemaison qui sauta avant que celle-ci ne disparaisse, puis fit une roulade entre les jambes du dernier Panz debout qui tenta de lui donner directement un coup de canon. L'adolescente noire utilisait ses flèches de glace pour cibler, sans grand succès jusqu'ici, les Waff aériens, tout en esquivant les petits éclairs qu'ils balançaient sur elle. Maxilimien avait formé avec sa magie une sorte de petite raquette et envoyait avec des boules lumineuses à grande vitesse qui finirent par avoir un second Waff. Lors d'un petit bond en arrière, l'ancienne kadicienne croisa le regard de celui qui avait l'apparence de son ancien petit ami. Elle n'avait pas le temps de penser à ça. C'était leur chance de s'échapper. Nïkïta venait de se faire repousser par son Panz, tandis que Koba et Léonïd se battaient toujours dans la poussière avec le leur. Xanabis se changea alors en Harry et ses immenses ailes lui permirent de décoller en direction des deux Waff restant, tandis que Nora fonçait vers le Panz qui se redressait, Franz Hopper sur les talons. Le père d'Aelita décida d’ailleurs soudain d'éclater en plusieurs morceaux, huit pour être précis : trois sphères de taille moyenne et cinq de petite taille. Il devenait à cette occasion bien plus difficile à toucher. Envoyant trois flèches de glace quasiment à bout portant sur le Panz qui s'était débarrassé de sa bête, elle poursuivit sa course en faisant une roulade et en se retournant, à genoux, prête à attaquer la prochaine cible. Ïlïtch arrivé en renfort, les deux bêtes bipèdes aidèrent chacun un Volk qui se bagarrait à venir à bout de son Panz, les plaques d'acier étant malgré tout difficiles à briser à pattes nues. Dans les airs, Xanabis/Harry avait fait mine d'avoir été touché par une attaque électrique pour tomber en direction de Nora. Maximilien ne parvenait pas à avoir les deux machines volantes, bien que lui même n'était pas menacé par les attaques de foudre. Soudain, une magie blanche en forme de planeur surgit dans son champ de vision, explosant en quelques secondes les deux Waff qui furent dévirtualisés dans un bruit de mitraillette. La lumière cessa et un Arte aux étoffes bleues, rouges et jaunes se posa aux cotés de son compatriote.
- Veni vidi vici, conclut le nouveau venu.
- Roland ! s'exclama le magicien monochrome. Toujours aussi bon dans les airs à ce que je vois.
- Ave, je suis venu en renfort de la part de la Reine. Compte-tenu de la situation, les étrangers sont un peu notre seul espoir.
- On ne va pas cracher dessus, reconnu Bonnemaison en s'approchant à son tour, toutes les machines ayant été vaincues.
- Et du coup, je peux savoir où sont passés les étrangers ?
Les deux anciens geôliers tournèrent soudain la tête dans tous les sens. Mais Nora, Xanabis et Franz Hopper avaient disparu.
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Icer MessagePosté le: Mar 23 Oct 2018 18:28   Sujet du message: Répondre en citant  
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Marianne avait terminé d'exposer la situation à Nïkolaï, qui s'était réuni à huit clos avec le VïEdit Anatolïevïtch, son bras droit, et Vïktov, son bras gauche et diplomate.
- Nous avons été trahïs, commenta immédiatement Anatolïvïtch. Le pacte bestïalo-robotïque n'était pas censé être utïlïsé aïnsï. Les machïnes vont sodomïser ces pleureuses de magïcïens et se développer bïen plus vïte que nous en contrôlant troïs régïons sur quatre. La suïte me semble évïdente.
- Je croïs que c'est lïé à la défense du portaïl, décrypta Vïktov. Les machïnes font passer cette mïssïon en premïer, et donc, l’extensïon de leur espace vïtal pour assurer au mïeux la défense de l'arche magïque passe avant l'équïlïbre de Schwarzwald.
- Ha ! Je suïs d'accord avec toï, cet état de faït n'est pas nouveau, médita le chef des bêtes. Sï on y réfléchï, le seul élément quï a changé, c'est ces mystérïeux vïsïteurs venus d'on ne saït où. Alors on va leur accorder l'asïle, et ce qu'ïl reste de magïcïens ne sera pas de trop pour nous aïder à faire face aux machïnes quï vont chercher à les récupérer. Et ïls sont plus doués pour dïaloguer que nous.
Les deux bras de Nïkolaï acquiescèrent.
- Anatolïevïtch. Va avec Marïanne et ramène-moï tout ce beau monde. Les quatre cocos aussï, pour planïfïer une offensïve sur la régïon des magïcïens. Sï on pouvaït exfïltrer Jeanne, ce seraït avantageux.
- Bïen sûr chef.

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Visiblement, les bêtes avaient également remarqué le problème car Ïlïtch s'était approché du groupe de magiciens.
- Ïls ont profité de l'attaque pour se barrer... je croyaïs qu'ïls étaïent vos allïés ?
- On le pensait aussi mais visiblement ils jouaient double jeu.
Koba secoua la tête.
- Nïkolaï va nous tuer.
- Je ne crois pas, il aura besoin de tout le monde quand il saura ce qui se passe, nuança le nouveau venu Roland. La Reine Jeanne et la plupart des magiciens ont été capturés par les machines.
- C'est une plaisanterie ? s'enquit l'Arte aux étoffes rouges. Et Louis ?
- Caput. Ils avaient mis le paquet et leur guerre éclair nous a tous surpris. Sous couvert de ne pas menacer l'équilibre de la forêt, ils ont accepté de laisser quelques magiciens sous la gouverne de Pierre qui a préféré collaborer. La Reine m'avait déjà donné ma mission et j'ai fait semblant d'être d'accord avec Pierre avant de m'enfuir à la première occasion.
- Bien joué, félicita tout de même Bonnemaison. C'est incroyable que ce traître de Pierre puisse avoir l'aval d'autres magiciens !
- Actum est de republica, se lamenta Maximilien. Annus horribilis ! Domine salvam fac reginam !
- Mais ça veut dire que la plupart des machines s'en vont retourner dans leur région, réalisa soudain Bonnemaison. Et si j'ai bien compris, c'est l'arche magique qui intéresse les étrangers.
- Les machïnes vont les récupérer, conclut Nïkïta, l’œil sombre. Et nous n'aurons plus un seul avantage sur eux.

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Nora, Xanabis et Franz Hopper s'étaient effectivement astucieusement fait la malle, dans l'idée d'abandonner ce panier de crabes et d'en revenir à leur mission première. Même s'ils avaient temporairement été alliés, il ne fallait pas oublier que les magiciens, comme toute chose ici, avaient été programmés par un dangereux ennemi maître de la technologie dimensionnelle. Il était plus prudent de compter sur ses propres forces. S'ils s'étaient à l'origine laissés capturer, c'était dans l'idée dans apprendre plus sur l'endroit où ils se trouvaient. Ce qui avait parfaitement fonctionné, car ils savaient où se situait le portail et connaissaient les créatures gardiennes, les machines. Ils n'avaient pas couru plus de quelques dizaines de secondes que déjà, des bruits métalliques se faisaient entendre au loin. Ils ralentirent pour tenter de rester discret le plus longtemps possible, d'autant que l'avantage de Franz Hopper sous la forme des petites boules était de rayonner beaucoup moins intensément. Or l'éclat de sa lumière était ce qui avait alerté les machines la première fois. Arrivé à un moment, ils virent que deux sentinelles Waff montaient la garde sur ce qui était sans doute la frontière entre la région des esprits et celle des machines.

- Je vais essayer quelque chose, informa Xanabis en se transformant en Barack, mais en modifiant ses couleurs de manière à ressembler vaguement à un Waff. Suivez-moi.
Sans complexe, l'adolescent déguisé en oiseau et ses deux alliés s'avancèrent en direction de la garde, qui n'attaqua pas.
- Halte.

- Je suis l'espion magicien envoyé par le Maréchal. J’emmène ces personnes à l'arche magique.
- Où les emmenez-vous ? demanda quand même l'un des Waff, méfiant.
- À l'arche magique.
- Arche magique ? Euh... aucun fichier... euh... attendez...euh... je vous arrête !
Nora avait déjà donné un coup de pied au torse de son collègue pour l'empêcher de décoller et le projeter au sol.
Plus loin, hors de leur champ de vision, tandis qu'ils achevaient joyeusement les deux gardes, un immense trèfle à quatre feuilles vert foncé sembla comme éclore de la surface noire et lise d'un arbre. Une tête de femme émergea au milieu des quatre pétales, qui formaient ainsi pour elle comme un collier. L'humaine avait la peau blanche, les cheveux noirs et bouclés et sur ses joues étaient peintes deux svastikas. Et elle les voyait parfaitement.

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Au cœur de la région Est, celle des machines, la reine Jeanne et la diplomate Aurore avaient été amenées devant le Maréchal et son Colonel et introduisaient une dizaine d'autres magiciens, eux aussi captifs et solidement encadrés.
- Nous avons capturé la Reine, sire, annonça une machine.
- Ah, victoire ! se félicita le Maréchal en s'avançant.
Les Panz qui les entouraient forcèrent les deux magiciens à se mettre à genoux.
- Donc, voici la Reine Jeanne ? toisa le chef des machines. Et l'autre, qui est-ce ?
- C'est la diplomate spécialiste des machines, informa le Colonel.
- Ah oui. La négociatrice ! Diplomate Aurore, nous vous attendions... Mais j'ai bien peur que nous n'ayons plus besoin de vos services désormais.
Parmi les Panz présents, l'un d'eux, d'un brun tirant de plus en plus sur le rouge, chargea l'énergie de son canon et le tira à bout portant dans la tête de la Sophe, qui fut dévirtualisé. On reconnaissait l'ancien Caporal devenu Commandant.
- Votre majesté, je vous conseille à présent de nous dire ce que vous savez sur les intrus.
- Je refuse de collaborer.
- Allons altesse... à terme, les souffrances de votre peuple vous feront changer de point de vue.
- Avaro omnia desunt, inopi pauca, sapienti nihil.
- C'est ça, c'est ça. Je crois que vos formules prononcées ex cathedra commencent à faire chier tout le monde, y compris le lecteur. Il est teimps que cela cesse.
- Beati pauperes in spiritu.
Le Maréchal fit un mouvement de canon agacé puis le tourna vers le Panz rouge.
- Commeindein.
- Oui sire ?
- Disposez d'eux.
- Capitaine, emmenez-les au camp 4.
- Ceinq sur ceinq, répondit le Waff concerné.
- Æternum vale, murmura la Reine Jeanne en direction des magiciens captifs qui la regardaient.
- Pardon ?
La souveraine aux étoffes bleues et jaunes n'ayant visiblement pas envie d'être conduite au camp 4, elle bondit soudain sur le Maréchal. L'instant d'après, elle était derrière lui, épée en main, et le chef des machines avait un trou blanc au torse. Le formidable Maréchal venait de succomber. Il disparut en confettis blanc. En représailles immédiates, le Commandant ordonna à ses hommes d'abattre les prisonniers qui, à terre et encerclés, se firent littéralement exterminer. La Reine Jeanne s'était déjà jetée sur le Colonel qui tentait de s'enfuir avec un décollage en urgence, mais le Waff se fit faucher les jambes par la lame de Jeanne dont l'amplitude avait été étendue grâce à sa magie, et le Colonel s'écrasa au sol. Les soldats Panz commençaient déjà à lui tirer dessus et de fait, la Reine magicienne n'avait pas vue le Panz rouge se glisser derrière elle et lui asséner un véritable coup de canon à la tête avant de se jeter sur elle et de l'écraser de tout son poids de façon à l'empêcher de bouger. Il lui enfonça alors le canon dans le bouche. Une fine lumière se manifesta. Et la Reine Jeanne fut dévirtualisée. Le Commandant se releva alors, avec à ses pieds non loin, le Colonel toujours au sol, qui ne broncha pas.
- Préparez-vous à attaquer les bêtes. Je me charge de prévenir le Baron.

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L'arche magique était située non loin d'une des rives de la rivière de sang, au plus profond du territoire des machines, sans être pour autant trop en bordure du territoire pour ne pas qu'elle ne soit trop vulnérable à une éventuelle intrusion venant des airs. Quatre troncs d'arbres noirs parfaitement disposés en carré autour d'elle donnait un aspect non naturel au décor. Le Commandant venait déranger quatre machines qui se situaient toutes non loin de ce qu'ils devaient protéger : l'Adjudant-chef, le Sergent-chef, le Caporal-chef et le Baron. Comme le Commandant, ce dernier était de couleur rouge, mais d'un rouge encore plus éclatant. C'était un Waff, comme les autres, excepté l'Adjudant chef qui arborait un canon.
- Ne te fatigue pas, lança le Baron au nouveau venu, confortablement allongé contre une souche. Je suis déjà au courant de tout.
- Commein !?
- Le Maréchal avait prédit que quelque chose allait se passer. Alors pour assurer nos arrières, nous avons réussi ce que personne n'a jamais fait. Nous avons corrompu la déesse Abnoba.
- Impossible...
Sans se préoccuper des interrogations du Commandant, le Baron se redressa.
- Restez ici Commeindein et gardez l'arche magique. Nous allons nous occuper des intrus, nous savons où ils sont, et nous savons également que c'est leur défaite qui est notre raison d'être depuis le début.
- Faîtes attention, ils ont des pouvoirs insoupçonnés.
- Depuis que nous avons Abnoba de notre coté, nous aussi.

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Nora, Xanabis et Franz Hopper avaient beau se rapprocher toujours plus des bruits métalliques, ils n'avaient toujours croisé aucune machine depuis la frontière. L'humaine avait l'impression que celles-ci étaient en train de les contourner exprès. Elle s'arrêta pour chuchoter au programme :
- Je n'aime pas ça. J'ai l'impression qu'il y a un piège.

- Pour des programmes, je n'ai pas l'impression qu'ils se comportent selon les données basiques, répondit simplement la silhouette sans visage.
- Vérifions qui est le plus basique, intervint une voix mécanique.
Le Baron rouge et ses trois hommes étaient les premières machines à se manifester devant eux. Profitant de la sidération des humains, il poursuivit :
- J'ai demandé à ce que l'on ne soit pas dérangé, c'est pour cette raison que mes troupes nous contournent et vont s'occuper des bêtes, qui ne viendront pas en renfort de ce fait.

- Le créateur sent quelque chose d'anormal avec ces quatre là, souffla Xanabis à Nora en se transformant en Harry. Gagne un peu de temps.
- C'est toi le chef des machines ? questionna l'africaine.
- Ce n'est pas aussi simple, mais tu peux considérer que oui.
Les chaînes d'ombre de Harry – Xanabis venait de se transformer – surgirent soudain du sol et attrapèrent le seul Panz, l'Adjudant-chef, qui se fit entraîner en direction de Xanabis qui lui décocha une fois au corps à corps un immense coup de poing en plein milieu de l'avatar. Repoussé, roulant-boulant sur plusieurs mètres, il fini malgré tout par se relever.

- Impossible, commenta simplement Xanabis.
- C'était... c'était l'un de tes meilleurs coups à l'entraînement...
- Bien essayé, commenta le Baron alors que l'Adjudant-chef reprenait sa place originelle. Mais nous sentons ta véritable force. Ce n'est pas tous les jours que quelqu'un capable de nous tenir tête se manifeste et nous aimerions nous amuser un peu.
- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Nora, qui, pour la première fois de la mission, ne se sentait absolument pas rassurée.

- Je vais m'en occuper avec le créateur. Prends l'un des petits morceaux du créateur, dès que j'ai localisé précisément le portail, tu t'en occupes.
- Euh, oui.
Hopper était en effet toujours en huit sphères de taille variable. Xanabis redevint tout blanc, délaissant l'image d'Harry, mais pour la première fois, une bouche était visible. Il l'ouvrit en grand. Sept des huit parties de Franz y entrèrent, tandis que la dernière, de petite taille, entra dans la bouche de Nora.
Quelque chose avait changé en Xanabis. Il hurla. Nora s'était préventivement accolée à un tronc noir pour éviter d'être balayée par le souffle de sa force. Une aura blanche irradiait désormais autour de la silhouette de la même couleur qui souriait à pleines dents. Nora se sentait déjà plus confiante avec son petit morceau d'Hopper, alors elle imaginait la puissance d'un programme qui avait été conçu exprès pour lui servir de réceptacle. Le programme ne touchait d'ailleurs plus le sol, il flottait à quelques centimètres au-dessus. Soudain, il se déplaça littéralement en un éclair devant l'Adjudant-chef tandis que les trois Waff avaient décollé. Il enchaîna les coups de poing à grande vitesse avant qu'un coup de pied ne le projette au loin, détruisant au passage tous les arbres sur son chemin. Xanabis ne lui laissa pas le temps de finir son vol plané, il le rejoignit littéralement, le frappant de manière à le faire ricocher une fois, puis deux sur le sol avant qu'un coup de tête ne l'ancre définitivement dans le marbre virtuel. Xanabis s'arrêta également et saisi le canon du Panz avant de se mettre à tournoyer avec lui et à le balancer en direction des limites du territoire, qui étaient désormais proches. L'Adjudant-chef n'avait rien mais ne pouvait pas remonter, il disparût dans la mer numérique. Mais c'était le plus facile. Derrière lui déjà, les trois Waff avaient suivi. Ils étaient rapides eux aussi. Xanabis se retourna et se déplaça à nouveau à très haute fréquence, prenant cette fois de la hauteur. Il arriva devant le Baron qui s'arrêta immédiatement, parant les coups de poing du programme hoppérien avec ses extensions métalliques qui visiblement ne lui étaient pas indispensables pour voler. Le Sergent-chef et le Caporal-chef étaient là aussi et frappèrent simultanément Xanabis de part et d'autre de son flanc, ce qui le fit cesser ses attaques. Le Baron lui mit alors un coup de genoux au menton avant que ses extensions mécaniques ne frappent sa tête à la manière d'un marteau, expulsant Xanabis au sol en ligne droite. Se relevant, l'hopperien joignit ses mains à coté de sa hanche droite, et celles-ci semblèrent accumuler de l'énergie. En l'air, les trois Waffs se mirent à tourner en cercle. Un éclair d'énergie tomba alors sur Xanabis qui avait relâché sa concentration lumineuse, formant un rayon blanc qui portait en direction du ciel. Les deux charges se rencontrèrent, créant un immense flash aveuglant. Lorsque les trois Waff recouvrirent la vue, leur ennemi avait disparût.

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Nora s'était astucieusement dissimulée derrière un renfoncement de terrain qui formait quasiment une grotte. Après le départ de Xanabis, elle s'était soudain sentie très seule, dans une forêt qui restait très inhospitalière, même si la lumière pourpre du soleil couchant faisait contraste avec l'ambiance du décor noir. Mais grâce au fragment de Hopper en elle, Xanabis la retrouva en un clin d’œil. Il l'attrapa pour la sortir de sa cachette.

- Nous l'avons trouvé.
- Je sais, répondit honnêtement Estela grâce à son fragment de Hopper.
- Bonne chance, déclara-t-il simplement.
Il la propulsa de toutes ses forces après avoir calculé pendant quelques secondes la trajectoire la plus adaptée, pour ne pas qu'elle ne cogne d'arbre. Juste à temps. Les trois Waff l'avaient déjà retrouvé. Alors il redécolla, envoya une beigne au Caporal-chef qui valsa plus loin, para le coup d'aile métallique du Baron mais se fit toucher par celui du Sergent-chef qui l'envoya sur le Caporal-chef qui lui mit un coup de genoux à son tour pour le renvoyer vers les deux autres. La machine rouge fit alors un véritable smash avec ses ailes à la volée pour projeter sa cible au sol. Xanabis fut envoyé contre la surface de Schwarzwald à une telle vitesse que celle-ci se dépixelisa en partie, formant à l'arrivée un gros trou dont un flash d'énergie blanc émergea en direction du Sergent-chef qui n'aurait pas le temps d'esquiver. Celui-ci croisa ses ailes devant lui et hurla pour absorber le choc. À l'arrivée, il n'avait rien. Mais Xanabis en avait profité pour revenir à son corps à corps et le Sergent-chef n'eut pas le temps de réagir. Il lui balança un coup de pied le propulsant encore plus haut dans le ciel orangé, le suivant de près pour enchaîner les coups de poing. Prenant ensuite appui sur lui, il repiqua en direction du monde virtuel, faisant face aux deux autres machines qui montaient. Il avait clairement plus d’élan et parvint à asséner un puissant coup de boule au Caporal-chef qui fut propulsé en direction de la mer numérique, et qui parvint à s'arrêter juste à temps pour éviter le plongeon. Xanabis para avec ses mains le coup du Baron, puis à nouveau pris appui sur la machine pour remonter et fondre sur le Sergent-chef qui piquait sur lui. Xanabis s'écarta pour le laisser passer avant d'attraper l'une de ses jambes au passage et de le balancer sur son allié qui suivait de près. Les deux Waffs s'entrechoquèrent, redescendant légèrement. Profitant de ce bref répit, le programme hoppérien joignit à nouveau ses mains contre son flanc droit quelques instants avant d'envoyer une décharge d'énergie blanche en direction des machines qui s'écartèrent en se repoussant l'une de l'autre. Le Caporal-chef étant remonté, les trois membres de la région Est étaient de nouveau groupés pour faire face à leur ennemi.

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Nora n'avait eu aucun problème pour trouver l'arche magique, le lancer de Xanabis avait été plutôt adroit. Elle n'avait eu qu'à courir quelques secondes pour avoir le portail tant convoité en visuel. En prime, comme toutes les machines étaient occupées à se battre contre les bêtes, il n'y avait personne... sauf un Panz rouge qui gardait manifestement le portail. Le Commandant ne l'avait pas encore détecté, ainsi, elle se changea en brume pour pouvoir s'approcher discrètement, d'autant qu'avec la lumière chaude de l'astre couchant, il ne pourrait jamais la repérer sous cette forme. Elle était malgré tout obligée de le vaincre avant de s'occuper du portail parce qu'il était trop près. Se reformant derrière lui, elle dévissa sa main le plus vite possible et parvint à lui balancer deux flèches de glace dans le dos mais cela n'eut pas l'air de trop l’inquiéter. En revanche, il n'appréciait que moyennement cette tentative d'assassinat en traître et envoya immédiatement un coup de pied par derrière à Nora qui traversa l'arche magique (sans conséquence, celle-ci étant éteinte). L'ancienne kadicienne se réceptionna rapidement et continuait de tirer des flèches de glace à la plus haute cadence possible tout en se mettant à tourner autour de sa cible pour éviter les tirs de son canon. Elle vit alors un tronc noir couché et sauta par derrière, pouvant encore mieux se protéger des boules d'électricité. Le Commandant se mit à s'avancer vers elle en esquivant plutôt efficacement les flèches de glace. Nora allait être obligée de quitter sa cache, ce qu'elle fit un poil trop tard. Avant d'avoir pu se remettre véritablement à reculer, le Panz lui avait tiré dans le dos, ce qui la fit valdinguer en direction de la rivière de liquide rouge. Sur le ventre, elle fit une roulade pour se retrouver sur le dos, évitant une nouvelle boule d'énergie, mais le Commandant s'était jeté directement sur elle, l'immobilisant de sa masse, le canon pointé juste devant le visage de sa proie.
- Ça faisait longtein que j'attendais ce moment...
Sadique, il utilisa l'un de ses poings pour frapper le ventre de Nora qui, si elle ne ressentait pas la douleur à proprement parler, voyait son avatar encaisser le choc. Cela lui fit ouvrir la bouche et la sphère de Hopper précédemment emmagasinée s'échappa, ce qui surpris le Commandant qui leva le canon, suivant de ses yeux à lui le mouvement de la sphère blanche. L'africaine en profita immédiatement, la force de l'éteinte de son bourreau s'étant relâchée du même coup. Elle attrapa de toutes ses forces le canon avec des mains et le fit basculer en arrière. Le Panz rouge sang décrivit un arc de cercle et plongea dans la rivière de la même couleur. Il ne réapparut pas. Nora souffla un grand coup en regardant la petite sphère de Franz Hopper. Victoire.

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Les trois Waffs s’élancèrent contre leur cible commune, située toujours plus en hauteur qu'eux. Utilisant leurs capacités électriques, les petits éclairs qu'ils envoyaient ne visait pas Xanabis mais plutôt à coté pour l'empêcher de tenter d'esquiver, ce qui fonctionna. Le Sergent-chef arriva à son corps à corps mais, pris de haut, il se fit expulser à coup de talon par le programme blanc. Le Baron rouge qui arrivait juste derrière saisit sa chance et fit tâter de son extension métallique gauche sur le ventre de la silhouette qui plia sous l'effet du choc. Mettant les gaz à fond, le Waff rouge s'amusa à remonter encore plus haut avec son ennemi, qui allait cependant se reprendre d'un moment à l'autre. C'est alors que Xanabis encaissa la décharge tirée par le Caporal-chef et parfaitement calculée. Ce coup de jus le laissa inerte quelques instants de plus, suffisant pour que le Baron et lui se soient élevés tellement haut qu'ils avaient atteint les limites du territoire. Bien que rien ne le laissait penser visuellement, le ciel étant toujours aussi orange, Xanabis buta brusquement contre l'intérieur de la sphère délimitant le monde virtuel. Sous le choc, le membre du Baron toujours appuyé contre son bide, il recracha les sphères de Hopper.
- Crève.
Le leader Waff utilisa son autre extension métallique pour rapidement décapiter le programme qui disparut en confettis blancs. Les sphères d'Hopper, encerclés par les trois machines volantes, étaient à mille lieues de pouvoir se réfugier dans la mer numérique...

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Nora avait réintégré le fragment d'Hopper dans son avatar – c'était ce qui lui permettrait d'activer correctement le portail dimensionnel – et était retournée devant l'arche magique. Elle sembla alors voir un flash de lumière blanche en provenance de la cime des arbres noirs mais elle n'avait pas le temps de s'en occuper pour l'instant. Grâce à son allié interne, l'arche magique s'activa : un écran bleu se matérialisa au sein de l'arche de pierre.


Réseau calédonien – Univers principal

Au sein de la grotte du réplika montagne, Xanabis était assis dans une position résignée, les jambes repliées contre lui, depuis la disparition de son créateur. Aleph et Eyn, les deux gardiens officiels du territoire continuaient à s'entraîner à l'extérieur, mais le dérivé de X.A.N.A, en tant que réceptacle d'un être qui l'avait quitté, ne voyait pas les choses de la même façon. Alors que sa vision continuait de regarder dans le vague du ciel bleu-gris à l'extérieur de la grotte, il eut soudain l'impression de voir un reflet scintiller à l'entrée de la cavité...


Schwarzwald – Univers annexe 1

Alors que Nora s’apprêtait à franchir le portail, un projectile mortel vint lui transpercer le bide. La Déesse Abnoba, qui avait discrètement émergé de son trèfle à quatre feuilles qui lui même était fixé sur un tronc noir, venait de matérialiser un arc de lumière verte et tirer une unique flèche du même acabit. Alors que son avatar se consumait, signifiant pour elle une mort définitive, Estela eut à peine le temps de penser à sa famille qu'elle ne reverrait jamais, alors qu'elle avait accompli sa mission. Ce n'était pas j...
L'avatar de l'ancienne kadicienne avait disparu, dévoilant le fragment d'Hopper, toujours en son sein. La petite sphère blanche se dépêcha de franchir le portail sous le regard impuissant de l'être féminin aux deux svastikas. L'arche s'éteignit au moment où le Baron rouge, le Sergent-chef et le Caporal-chef débarquaient des hauteurs à très grande vitesse dans la zone.
Les feuilles du trèfle se refermèrent sur Abnoba qui disparût. Elle n'y pouvait désormais plus rien.
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