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 Auteur Message
Icer MessagePosté le: Ven 06 Jan 2017 20:20   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2180
Localisation: Territoire banquise
Heyyyyyy,

Effectivement quand on revient ici au bout de presque trois mois, cette liste de personnages est une excellente idée, d'autant plus que les brèves descriptions de ta main sont suffisamment précises pour bien resituer le bordel ambiant correctement. Voilà qui m'a permis de lire ta suite avec une énergie nouvelle.

En passant, le lien de mon précédent commentaire que tu n'avais pas pu voir a normalement été corrigé.

Citation:
-Le maître m’a ordonné de t’abattre, et quand le mettre ordonne…


J'ai pas compris, il ordonne de mettre quoi, le maître ? Mr. Green
Au-delà de ça, un truc qui se remarque même quand on te lit dans le bus ou le métro, c'est l'absence ou le rajout de e sur un adjectif alors que cela ne devrait pas être le cas. N'oublie pas que confondre le masculin et le féminin dans la plupart des pays du Moyen-Orient ou d'Afrique peut conduire à la prison (Essaye de coucher avec un homme par erreur au lieu d'une femme au Zimbabwe pour voir ? Razz).


Citation:
la « Banshee » -comme Tanner l’avait nommée- poussa un nouveau hurlement strident



Je ne peux que valider le principe Cool
En revanche, la fin du chapitre, qui la concerne, est plus surprenant, puisque X.A.N.A est décrit comme se trouvant dans Seth. Mais j'imagine qu'il s'est simplement divisé pour maximiser ses chances de survie - comme c'est là aussi très bien indiqué dans la liste des personnages.

Une bonne séquence virtuelle sinon. J'ai cru un moment au troll ultime quand, après l'annonce paniquée de Franz, l'attaque des Salamandres a eu l'air repoussée en deux deux. Le combat entre Heath et l'Augure était haletant, avec un véritable suspense sur l'issue. Toutefois, on voit qu'il est difficile de trouver un véritable enjeu dans un combat entre deux organisations sur le monde virtuel, le perdant ne mourant en général pas. J'ai crû comprendre que c'était juste un test, un procédé qu'on a déjà vu un peu partout, même chez moi, il faut bien l'avouer.

En tout cas cette fic poursuit lentement et sûrement son chemin et j'ai toujours grand plaisir à la lire, bon courage pour la suite Smile

_________________
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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »
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Silius Italicus MessagePosté le: Lun 06 Mar 2017 18:46   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 203
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonsoir cher Tyker,
Ainsi, le chaos s’accroît ?

Encore que le parti pris des ellipses temporelles ait permis de passer outre les tièdes réorganisations et errances des personnages et groupes suite aux événements décrit dans du sang sur la neige. Pour autant, le récit met un peu de temps à démarrer. Certes, il n’est pas écrit pour des néophytes n’ayant pas lu votre précédent récit. Mais, le temps que met votre récit à trouver son rythme est d’autant plus étonnant. C’est la rançon de l’emploi de points de vue multiples, l’impression que les intrigues individuelles avancent relativement lentement : même si tous sont intéressants, cela n’est pas suffisant pour éviter une impression de dispersion. Et ce même si une convergence pourrait advenir.

Pour l’instant, et contrairement à l’avis d’Icer, réussir à rendre cohérent votre récit avec le dessin animé est loin d’être impossible. Encore que cela supposerait un dénouement quelque peu particulier. Le fait est que pour le moment, on ne sait quelle option vous allez prendre. Ce qui est dommage sur un point. Votre récit exploite le passé de Lyokô, sachant que les lecteurs savent quel sera son futur. En conséquence votre récit est doté d’un fort potentiel tragique centré sur les personnes de Waldo et d’Aelita. Cependant, cette tonalité ne peut être exploité tant que vous laissez les lecteurs dans l’expectative. Alors certes, on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens, mais pour une fois l’intérêt serait grand.

Mais foin de ce qui n’est que potentiel. Un autre aspect de votre récit se démarque, que ce soit par rapport à une large partie de ses homologues, et même vis-à-vis de son prédécesseur. Il y a dans vos batailles virtuelles une tension vers l’épopée en effet. Une tension qui est particulièrement intéressante pour deux raisons, l’une externe, l’autre interne. Tout d’abord, l’épopée est un style fort peu employé de nos jours, c’est pourquoi vous voir hésiter au bord de ce gouffre captive. Ensuite, c’est une tonalité opposée à celle qui caractérise les scènes matérielles. Pour schématiser, c’est la fusion du noble et de l’ordurier. Du moins, ce pourrait. En effet, il y a une tension vers l’épique dans les scènes virtuelles, mais cette tension n’est pas résolue, n’est pas assumée. En conséquence, là où l’on pourrait avoir l’expérience d’une fusion à haute intensité entre deux tonalités de votre récit, il y a plutôt une impression — faussée — de corruption de l’un par l’autre.

Un autre aspect de la tension mentionné ci-avant est perceptible dans le choix des symboles. Encore qu’il s’agisse là moins d’une rupture que d’une amplification par rapport à votre précédent récit. La symbolique est en effet forte et affirmée ici : outre le thème du serpent, on pensera au dragon, au feu, à l’ange et à l’Éden… la nouveauté étant de voir tout cela relié à l’Apocalypse selon Saint Jean et à un personnage religieux. C’est un matériau intéressant, quoique pas forcément aisé à manipuler.

Au vu de cet ancrage, il est possible d’hasarder une hypothèse sur le nom « prothéen ». En lui supposant une racine grecque, ce pourrait être un jeu de mot entre « théos », « Dieu », et « prothéos », qui signifie : « être placé devant, en avant, être exposé… ». Étant donné que Franz Hopper est « Le Créateur », les prothéens seraient ceux qui sont exposés, placés devant Dieu, avec Heath en lieu et place de Michel.

À côté de cela, les aventures d’Aelita au lycée sont assez secondaires, en fait, votre plume s’en ressent : ce sont des passages qui vous intéressent peu, des obligations sans guère de plaisir.

Reste l’apparition d’une mystérieuse troisième faction qui pour l’instant semble raisonnablement informé de l’identité de ses ennemis, sans que ceux-ci ne la connaissent. Autant il est concevable que Hopper aient eu des ornières, autant l’Organisation apparaît comme trop puissante et influente pour rester ainsi dans l’ignorance. Enfin, ce n’est pas un point primordial.

Un dernier point de scénario intéressant même s’il ne connaîtra probablement guère plus de développement, c’est l’exploration de la famille Belpois. L’entourage de Jérémie a rarement été ausculté. Ici il en est donné un aperçu qui a le mérite de justifier les connaissances du futur héros.

D’un point de vue plus pragmatique, votre récit est fluide, mais entaché de trois types d’erreurs récurrentes : les erreurs sur le genre des noms, les erreurs de concordance des temps — des verbes au présent dans une narration au passé —et des manques dans l’emploi du subjonctif. Cela étant, au chapitre 5 : « Renarde se pelota contre elle ». Il y a là un léger problème : ou il s’agit de « se peloter avec », ou il s’agit de « se pelotonner contre ». Deux verbes qui n’ont pas le même sens. En contexte, les deux sont possibles, ou que vous vouliez marquer une dimension érotique, ou que vous souligner la fatigue et le besoin de réconfort. Il n’en reste pas moins que la forme est inexacte.

P.S : Icer, le lien que vous donniez dans votre message du 22 octobre n’existe plus.

Au plaisir.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Tyker MessagePosté le: Ven 14 Juil 2017 17:09   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Messages: 236
Localisation: Arkham Asylum


Spoiler


Spoiler



Chapitre 8: Légion Prothéenne


7 septembre 2001, Usine, 16h 23


Cela ne faisait que quelques minutes que Heath patientait devant l’un des scanners, pourtant il avait du mal à contenir son impatience. Franz Hopper n’avait pas menti, ramener un prothéen sur Terre n’avait rien eu de bien compliqué. À peine deux heures de travail, et le tour était joué. Il ne restait plus qu’à attendre que le scanner ait finit de modéliser son apparence, mais cela prenait un peu plus de temps que prévu.
-Il arrive, prévint Hopper, soit prudent.
Heath failli éclater de rire, mais conserva son sérieux. Le scanner s’ouvrit, et un… être humain (ou tout du moins il en avait l’air) en sortit.
Il était très difficile pour Heath de déterminer s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme, ses vêtements étaient plus que commun: un jean, des baskets et un pull à col roulé. Mais surtout, les traits sur son visage étaient aussi masculin que féminin. Pas de cheveux (ni de sourcils), bref, un être complètement neutre en terme de sexualité. Mais bon, cela n’avait aucune importance.

-Tu me comprends? Demanda Heath en le fixant droit dans ses drôles d’yeux jaunes.
-Oui.
Il (elle?) avait une voix bizarre, presque identique à celles que l’on enregistre pour les annonces dans les gares ou le métro.
-Tu vas m’attaquer?
-Non.
Selon Franz, ses IAs ne peuvent pas mentir. Mais Heath avait quand même un petit doute.
-Et pourquoi?
-Nous ne voyons aucune raison logique de le faire.
L’allemand hocha la tête.
-Tu sais pourquoi tu es ici?
-Nous avons transmis au créateur la requête d’envoyer certains d’entre nous sur son monde, afin de l’observer, et d’être tenu au courant des décisions qui seront prises concernant notre peuple. C’est ce que nous allons faire.

-C’est vrai, mais cela restera ton objectif secondaire, ta priorité sera de m’aider à combattre nos ennemis. Ici c’est moi qui commande. Tu es donc tenu de suivre mes ordres à la lettre, et de venir me voir dès que tu as une question. Compris?
-Oui Général.
-Parfait, alors comment dois-je t’appeler?
-Prothéen.
Heath haussa un sourcil.
-Je ne te demande pas le nom de ton peuple, je le connais, je te demande ton nom à toi.
-Nous sommes tous prothéens
Agacé, l’allemand se planta à quelques centimètres de son interlocuteur, il le dépassait d’une bonne tête.

-Comment s’appelle l’individu en face de moi.
-Il n’y a pas d’individu, nous sommes prothéens.
Heath poussa un profond soupir, et se frotta la tête.
-Il va falloir que tu m’expliques.
-Ce corps n’est qu’un outil dont nous nous servons pour nous fondre dans la masse, en réalité, il y a très exactement 1239 unités prothéennes qui l’habitent, nous nous sommes dis que cela était préférable afin de prendre nos décisions par consensus.
-Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux.
La voix de Franz Hopper avait résonné aux oreilles de l’allemand comme un enfant qui lui plaquerait avec fierté son dernier dessin sur le visage. Malgré tout, les prothéens semblaient apprécier l’idée.
-Evangile selon Saint-Marc, chapitre cinq, verset neuf. Nous reconnaissons la pertinence de la métaphore.
Il fixa l’allemand droit dans les yeux, et annonça:
-Notre nom est Légion Lancaster, nous sommes ravi de travailler avec vous Général.
-De même, répondit Heath, mais je t’en pris, prend l’habitude de parler à la première personne du singulier.



7 septembre 2001, Banlieue Parisienne, 17h 13


Étonnamment, Heath appréciait Légion. Il ne parlait que lorsqu’il avait quelque chose d’intéressant à dire ou quand on le lui demandait. Il savait se montrer discret, et se rendre utile quand il le souhaitait. Ce qui tombait plutôt bien, puisque l’allemand commençait à en avoir assez de faire le garçon de courses.

Le prothéen et son général effectuaient une simple balade dans les environs de l’usine, jusqu’à la maisons des Lancaster. Histoire que Légion ait une assez bonne connaissance de ce coin de la ville, et qu’il évite de se perdre stupidement. Heath avait royalement ignoré les regards et les remarques à voix basses qui supposaient que le prothéen était atteint de cancer. Et qu’il n’avait plus beaucoup de temps à vivre. Ils ignoraient qu’à ses côtés se trouvait un homme qui rendrait la leur encore plus courte.

-Bon, tu as bien tous retenu?
-Oui général, les informations que vous nous avez transmises ont été enregistrées.
-Je t’ai déjà dis d’arrêter de parler à la première personne.
-Nous sommes 1239 unités à l’intérieur de cet enveloppe, nous juger comme une seule personne est incorrect.
-Et tu dis toujours ce qui est exact?
-Bien évidement.
L’allemand soupira.
-Bon… et bien essaye au moins de ne pas m’appeler « général » quand nous sommes à l’extérieur. Heath ça ira très bien.

-D’accord Heath.
-Une dernière chose, tu as l’interdiction formel de révéler à qui que ce soit la moindre information sur nous. Et cela comprend Lyoko, le Créateur, Aelita, Seth et moi. Si on te pose une question sur un seul de ses sujets, tu répondras: « Je préfères ne pas vous répondre ».
-Compris Heath.
-Bien. Il leva la tête et pointa du doigt l’une des maisons qui s’élevaient devant eux. C’est ici que l’on habite. Je vais rentrer, toi tu peux retourner à l’Usine.
Sur ses mots, l’allemand abandonna le prothéen sur le trottoir et se dirigea vers la porte.
-Heath?
-Oui?
-Qui est Seth?
Le jeune homme laissa un petit sourire en coin se tracer sur son visage, il se retourna:
-On a qu’à dire que c’est l’ange déchu, celui qui punira ceux qui ont péchés.



9 Septembre 2001, Lieu inconnu, 08h 21


-Qu’est-ce que c’est que ce bordel?!
Peter Warren détestait être interrompu lorsqu’il donnait une conférence dans la salle adéquate, et bien davantage si le trouble-fête s’appelait Alex Tanner et qu’il beuglait comme une vache.
-Qui sont ces personnes?!

Du doigt, le scientifique pointa les dizaines d’individus qui servaient d’auditoire à l’américain. Celui-ci conserva son calme.
-Ce sont nos nouveaux soldats virtuels, annonça-t-il d’un ton détaché, pourriez-vous vous exprimer de façon un peu plus cordiale histoire de ne pas passer pour un bouffon?
L’écossais le fusilla du regard, mais reprit ses bonnes manières.
-Pouvez-vous m’expliquer qui vous a demandé de recruter des hommes supplémentaires?
-C’est moi qui ait prit cette initiative. Nos deux récentes défaites m’ont ouvert les yeux: nous avons cruellement besoin de renfort, ce qui est chose faite.

Tanner manqua de se frapper le front, ses nerfs étaient en ébullition.
-Dois-je vous rappeler que nous ne disposons que d’une dizaine de scanners? Nous n’avons pas les moyens d’envoyer autant d’hommes dans la virtualité.
-Nous n’avions pas, corrigea Peter, d’ici quelques jours nous disposerons de très exactement soixante-dix scanners financés par mes soins.
-Vous… Quoi?! Mais qu’est-ce qui vous ait passé par la…
-Arrêtez de vous donner en spectacle! Cracha le cannibale d’un ton venimeux.
Tanner remarqua alors les dizaines de paires d’yeux moqueuses qui étaient tournées vers lui. Ce qui ne fit qu’accentuer sa colère.

Profitant de ce moment de silence, Peter reprit la parole:
-Il se trouve professeur Tanner, qu’on s’est joué de vous.
Le scientifique fronça les sourcils, mais n’eut pas le temps d’en placer une.
-Nos scanners, avec le bon matériel et les bons ouvriers, peuvent être construit en une semaine montre en main. Si toutefois personne n’a la mauvaise idée de saboter les plans de construction. N’est-ce pas Professeur Belpois?

Le regard de Peter se posa sur l’homme qui reposait en piteux état sur le côté de la pièce. Suivit presque instantanément part ceux des autres personnes présentes.
Norman gisait sur le sol aux pieds de Dragunov, a en juger par le piètre état de son visage, il avait été battu.
Les yeux du professeur Tanner se remplirent de colère et de haine, il se planta devant son ancien employé.
-Vous avez de la chance Belpois, vociféra-t-il, vous m’êtes encore trop précieux pour que je vous laisse mourir. Néanmoins, votre trahison vous coutera bien plus que la vie.
Norman laissa échapper un petit gémissement de douleur, accentué par le mouvement de ses dents cassées.

-Puis-je reprendre? Demanda Peter visiblement à court de patience. Je vous rappelle que nous avons une attaque à préparer.
-Vraiment? Grinça Tanner. Et quel sera le but de cette attaque?
Le cannibale laissa échapper un sourire maléfique, son regard trahissant son envie de meurtre.
-La destruction totale de notre cher Professeur Schaeffer et de sa clique.



12 septembre 2001, Lycée Jean-Baptiste Say, 12h 39


Attablée tranquillement à la cafétéria de son école, Aelita poussa un soupir de soulagement qu’elle retenait depuis bien trop longtemps. Et pour cause, la plupart des ennuis dans lesquelles elle s’était fourrée semblaient désormais derrière elle. Heath et son père étant trop occupés par leurs magouilles pour s’occuper d’elle, elle s’était permise de leur cacher ses quelques soucis. Le retour prématuré de Matthieu, et la protection de Sylvie l’avaient bien aidée à les résoudre. Grâce à leurs soutiens, les petits malins qui avaient répandus des rumeurs sur Seth s’étaient calmés, et le calme était revenu dans la classe. Mais contrairement à sa soeur, le mutant n’avait jamais vraiment remarqué l’animosité que lui portait ses camarades. Il faut dire que lorsque l’on est aussi bien entouré que lui, il est difficile de se sentir mal dans sa peau.
Seth avait un nombre incalculable d’admiratrices, il était si populaire que certains garçons envisageaient même de devenir son ami seulement pour pouvoir en profiter.
Heureusement pour lui, sa « soeur » savait le protéger de ce genre de fréquentations. Elle était d’ailleurs tellement habituée à le voir cerné par toute une meute, qu’elle fut assez surprise de le voir arriver vers sa table avec seulement une fille à ses côtés.

-Coucou soeurette, dit-il en faisant la bise à la princesse de Lyoko, tu fais une drôle de tête.
-Je ne m’attendais pas à ce que tu ai si peu de compagnie, répondit-elle sans quitter Valentine du regard.
La jeune fille rougie et salua Aelita en baissant légèrement la tête. Ce qui la fit rire.
-Soit pas si timide, je ne vais pas te manger.
-Pardon. Dit-elle en se redressant.
-Et ne t’excuses pas pour rien.
De plus en plus gênée, elle se tourna vers Seth pour chercher un peu de soutien. Le mutant lui adressa alors un très beau sourire, qui eut vite fait de la remettre en confiance.
Les deux adolescents s’assirent donc à la table d’Aelita, qui examina la jeune fille des pieds à la tête.

Elle avait un look de petite fille modèle, elle portait un chemisier blanc assez élégant, et une jupe bleu marine. Ses cheveux blonds étaient coupés en carré court.
La princesse de Lyoko remarqua alors du coin de l’oeil, les regards jaloux de plusieurs filles de sa classe. Et cela ne présageait rien de bon.
-Qu’est ce que vous faites là tous les deux?
-On sort ensembles, annonça Seth sans s’arrêter de sourire.

Les yeux d’Aelita jaillir de leurs orbites. Rouge comme une tomate, Valentine se concentra sur ses chaussures.
-Depuis quand?
-Depuis trente minutes.
La jeune fille aux cheveux roses manqua de se frapper le front, mais elle parvint à se maitriser histoire d’éviter de se donner en spectacle. Elle soupira, techniquement, elle n’avait rien contre le fait que Seth se trouve une petite amie. Mais de là à ce que ce soit aussi rapide, et avec une personne qu’il connaissait aussi mal. Elle ne savait plus tellement quoi penser.

-Et toi alors?
-Quoi moi?
-Bin… ça a l’air d’aller entre Lucius et toi.
Aelita fronça les sourcils, et leva les yeux au ciel.
-Arrête, je le connais à peine. On est même pas encore réellement amis, on discute, c’est tout.
-Tu devrais faire attention, prévint Valentine de sa petite voix, Lucius n’a pas très bonne réputation dans l’école.
-Qu’est ce que tu veux dire par là?
La blonde prit un air embêté, mais finit par déballer son sac.

-L’année dernière, Lucius était le souffre-douleur préféré des « caïds » de l’école. Il se faisait souvent racketter après les cours, mais ça n’allait généralement pas plus loin que ça. Sauf qu’il y en avait un qui était plus violent que les autres, et qui en avait fait sa victime préférée. Il s’appelait Mohamed Fitoussi, et c’était un gros enfoiré de ce que j’ai entendu. En plus de racketter Lucius, il l’humiliait très souvent. Il le bousculait dans les couloirs, le faisait tomber dans les escaliers, il est même aller jusqu’à lui mettre la tête dans les toilettes.

Aelita frémit de dégoût en écoutant ce récit, elle n’avait jamais imaginé que Lucius aurait pu vivre de tels cauchemars. Valentine continua:

-Un jour, Mohamed est allé trop loin: Il a cassé le bras de Lucius, et l’a envoyé à l’hôpital avec une commotion cérébral. Tout le monde à l’école avait été choqué d’apprendre ça, et certains étaient allés demander l’exclusion de Mohamed auprès de la principale. Ce qu’elle avait refusée, l’incident n’ayant pas eu lieu dans l’enceinte du collège. Certains des garçons avaient cependant décidés qu’il était temps que la tyrannie de Mohamed cesse, et le jour suivant, l’avait patiemment attendu à l’entrée de l’école. Mais il n’est jamais venu. On l’a retrouvé quelques jours plus tard, le corps complètement carbonisé dans un immeuble abandonné.

Aelita n’en croyait pas ses oreilles.
-Et tu crois que c’est Lucius qui…?
-Non. Enfin, personne ne pense dans l’école que c’est lui le responsable. Mais il y a pas mal de rumeurs qui trainent concernant ses frères. Apparement, Lucius leur aurait caché la vérité pour éviter ça, mais quand il a été à l’hôpital…
-Il n’y pouvait plus grand chose. Compléta Aelita.
-Oui voilà.

La princesse de Lyoko avait un peu de mal à croire à cette histoire, mais elle ne put s’empêcher de penser aux mises en garde de Lucius concernant ses frères. Elle se gratta la tête. Pourquoi est ce que le monde dans lequel elle s’était réveillée était aussi dérangé?



12 avril 1999, Belgique, 19h00


-Que tout le monde se lève! Ordonna le Directeur Favard. Et montrez-moi vos assiettes.
L’orphelinat Asher, était réputé pour être plus une maison de correction qu’un véritable foyer pour jeunes orphelins. On y envoyait les délinquants drogués ou SDF qui trainaient dans les rues des métropoles belges. Situés au milieu de la Louvière, à à peine une soixantaine de kilomètres de Valenciennes. Cet établissement représentait ce que Thomas Von Kane haïssait le plus au monde: une prison. Bien avant cela, la vie du jeune homme n’avait été faites que de liberté et d’air pur. Ayant grandi dans une troupe de théâtre ambulante, Thomas avait toujours été un éternel optimiste. Jamais durant cette vie, il n’avait cru pouvoir un jour se sentir malheureux. Chacun de ses jours avaient été emplie de joie et de rire. Il avait eu la naïveté de penser que les multiples rôles qu’il avait joué pour sa troupe, lui avaient donnés une bonne image de ce qu’était la vie sur Terre. Aujourd’hui, il avait tous perdu.

Sa troupe avait été prise par des douaniers Luxembourgeois, plus de la moitié d’entre eux avait été emprisonnée. Par miracle, Thomas avait réussi à s’enfuir vers la Belgique. Où il avait pu commencer une nouvelle vie remplie de chapardages et d’amitiés nouvelles. Le jeune homme avait toujours eu le don pour se faire facilement des amis, et il n’eut aucun mal à devenir le mouton blanc d’une petite bande de voyous liégeoises . Sa nouvelle famille n’avait d’ailleurs pas tardé à l’appeler « grand frère », tant ses conseils avaient toujours été sages et avisés. Thomas s’était juré qu’il n’oublierait jamais les visages de ceux qu’il avait pu appeler ses frères. Et aujourd’hui, après leur avoir permit d’échapper à la police en se sacrifiant. Il savait qu’il ne regretterait jamais son geste. Même si aujourd’hui, il était prisonnier d’un univers qui lui donnait envie de vomir.

Le Directeur traversa le réfectoire, et vérifia assiette par assiette si les portions n’avaient pas été entamés. Histoire que les habitants affamés du foyer connaissaient leurs bonnes manières. Favard ne procédait pas à ce rituel tous les soirs, ainsi, il était persuadé d’attraper quelques imprudents. Thomas ne s’était jamais laissé prendre à son jeu, à ses yeux, cet homme était un idiot. Mais l’orphelinat regorgeait de gamins encore plus idiots. Prit d’un étrange pressentiment, il jeta un coup d’oeil autour de lui. Et vit ce dont il se serait bien passé ce soir. Benoît, un petit garçon de onze ans, avait entamé sa portion de haricot. Il s’y était prit si brutalement qu’il n’avait même pas prit soin d’essuyer sa cuillère. Prit d’une impulsion, il échangea rapidement son couvert avec le sien.

Mais il manqua de discrétion, et l’ustensile heurta son assiette. Rapide comme un serpent, Favard pointa ses yeux luisant sur le jeune homme. Et se dirigea vers lui d’un pas lourd et menaçant, avant de se planter devant lui.

-Votre cuillère est bien sale Monsieur Von Kane.
-Elle l’est Monsieur.
-Il me semble que vous connaissez les règles, la droite ou la gauche?
Favard avait conservé son manteau, impossible donc de savoir sur quelle main il avait mit ses chevalières.
-La droite Monsieur.
Le Directeur étira son sourire, et retira son manteau, avant de le confier à un de ses larbins.
-« Mauvaise pioche », songea Thomas.
La gifle fut beaucoup plus violente qu’il ne l’avait imaginée.


Lorsque le jeune homme reprit conscience, il était là où il savait qu’il atterrirait: au trou.
Cet endroit n’avait rien d’une réelle cellule, il s’agissait seulement de petites caves dégoutantes. Des caves qui étaient remplies d’araignées et généralement de deux ou trois rats. Les portes étaient en bois rongés. Très simples à forcer, mais le garde qui surveillait les cellules l’était beaucoup moins.
Thomas détestait la saleté, il avait toujours prit grand soin de son corps. Mais ce n’était pas obsessionnel au point de piquer une crise d’hystérie. Il se lavera quand il sortira, c’est tout.


Il n’eut d’ailleurs pas à attendre bien longtemps avant que la porte de sa cellule ne s’ouvrit. Mais au lieu du geôlier, ce fut un jeune homme de son âge qui pénétra dans la pièce, une bougie à la main.
-Stéphane?
-Bonsoir mon amour.
Le jeune adolescent se pencha en avant et déposa un baiser sur les lèvres de son petit ami. Avant de lui tendre un snicker, Thomas resta interdit.
-Mange-le s’il te plait. Si tu savais tous le mal que j’ai eu à le faire rentrer dans l’orphelinat.
-Tu n’aurais pas dû.
-Je sais. Allez mange.
-Si jamais Favard t’attrape…
-Mais tu vas manger oui?

Thomas soupira, mais déchira l’emballage. Il sépara la friandise en deux, et glissa l’autre moitié dans la bouche de l’homme qu’il aimait. Ils savourèrent leur plaisir culinaire lentement, avant d’achever la dégustation par un fougueux baiser.
-Avec quoi tu as payé le geôlier?
-Une cartouche de cigarette.
-Évidemment.
Les deux garçons n’échangèrent plus un mot durant quelques minutes, Thomas se contenta seulement de plonger sa tête dans la chemise de son petit ami. Pour y retrouver un peu de réconfort.

-Tu devrais partir, murmura-t-il, je ne veux pas que Favard nous découvre.
-Il semblerait que votre souhait n’est pas été exaucé Monsieur Von Kane.
Thomas releva la tête si brutalement qu’il se cogna contre Stéphane au passage. Le directeur Favard était là, et le geôlier de plus de deux mètres aussi.
-Sam? Aurais-tu l’obligeance d’apprendre à ses garçons comment les hommes sont supposés se comporter?
Ledit Sam hocha la tête, et s’approcha du couple. Stéphane se plaqua devant son petit ami pour le protéger, mais le géant le souleva comme une plume, et lui asséna un violent coup de poing dans l’estomac.
Thomas tenta de se relever, avant d’être renvoyer au sol d’un coup de pied au visage.

-Retire leurs pantalons, ordonna Favard.
Sam obéit, et arracha leurs vêtements comme un emballage plastique.
Le directeur plongea la main dans son manteau, et en sortit la lame la plus terrifiante que Thomas ait jamais vu. Un long coutelas à dents, plus aiguisé qu’un rasoir.
-Monsieur Laurence, cracha-t-il à l’adresse de Stéphane, vous avez été le pire élément que j’ai jamais accueilli dans cet établissement. J’ai cru quelques temps pouvoir vous sauver, mais votre cas me semble irrécupérable.
Sur ses mots, il enfila une paire de gants en plastique jetable, se saisit du sexe du jeune homme, et le trancha net. Testicules compris. Un hurlement atroce, étouffé par la main géante de Sam résonna dans l’intégralité du sous-sol.

Le sang de Thomas se glaça dans ses veines, tandis que l’horreur s’emparait de son visage.
-Vous avez mal? Sachez que je m’en réjouis. Jeta Favard comme s’il lui avait frappé les doigts avec une règle. Mais je veux m’assurer que vous ne posiez plus jamais les yeux sur le moindre garçon innocent que vous croiserez. Et pour cela, je ne connais qu’un seul moyen.
Stéphane n’entendait plus les paroles du directeur, la douleur lui avait fait perdre connaissance. Mais cela n’empêcha pas son tortionnaire d’écarter ses pupilles, et de lui crever les yeux un par un.
Thomas n’en pouvait plus, il se cambra, et vomit un filet de billes. Favard haussa un sourcil méprisant.

-J’avais un peu plus d’espoir pour vous Monsieur Von Kane, dit-il d’un ton mi-triste mi-méprisant. Mais je pense qu’il y a encore une chance pour vous, aussi je me contenterais de vous retirer seulement quelques centimètres. Peut-être cela sera-t-il suffisant pour trouver en vous la force de vous faire pardonner aux yeux de Dieu.

Là-dessus, il hocha la tête en direction de Sam. Le geôlier laissa alors tomber Stéphane, et empoigna Thomas. Le jeune homme se débattit vainement, mais sa force physique était dérisoire en comparaison de celle de son bourreau.
-Prenez votre sexe par le gland, ordonna Favard, et tendez-le.
-Non…

Le directeur brandit son coutelas sous les yeux de l’adolescent, ceux-ci s’écarquillèrent de terreur.
-Vous avez le choix: Ou je ne vous prive que d’une partie de votre membre, ou je vous coupe tout. Que choisissez-vous?
Le coeur au bord des lèvres, Thomas saisit son sexe par le bout, et le tendis. Fayard essuya son arme avec un mouchoir de soie, puis il la rangea, pour sortir une paire de ciseau.
-Rassurez-vous, murmura le directeur avec une voix qui se voulait rassurante, se sera rapide et propre.

Sur ses mots, le directeur fabriqua un petit garrot autour du sexe de Thomas à l’aide d’un autre mouchoir de soie. Puis, il y versa une portion raisonnable d’alcool.
-Ce sera très douloureux. Chuchota-t-il d’un ton désolé.
-J’en doute.

Le Directeur Favard fit volte-face, juste avant que les coups de feu ne retentissent. Les deux bourreaux restèrent figés sur place pendant un moment, avant de s’écrouler sur le sol, avec un trou béant dans le front.
Thomas Von Kane fut emporté par le poids de Sam, et fut écrasé par le géant. Le stress qu’il avait accumulé était si intense, que sa respiration se fit de plus en plus lourde. Il sentit cependant son corps être libéré du poids du geôlier. Puisant dans ses dernières forces, il leva la tête.

-Mon cher Thomas, je suis désolé, tous va bien?

Le jeune homme voulu pleurer, hurler, crier les pires horreurs qui lui venaient à l’esprit. Mais ses forces l’abandonnèrent, et il plongea dans le néant.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

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Chapitre 9: Blackwater




Lieu inconnu, heure inconnue, date inconnue


Au vu de l’état dans lequel il se trouvait, Norman Belpois semblait désormais connaître la définition du mot « souffrance ». Ses membres avaient été brisés, ainsi que ses côtes et son nez. Il avait perdu près de la moitié de ses dents, l’autre moitié était cassée.

Mais il se moquait de sa douleur, car il était en train de vivre son pire cauchemar: se retrouver sur la table d’opération du Professeur Akuma.
Ce japonais de cinquante deux ans, était l’un des plus grand biologiste et chirurgien de la planète. Mais malgré ses talents hors du commun, il fut évincés des plus grands postes qu’il eut jamais occupés suite à ses expériences démentes. Ses diplômes lui furent retirés, et il fut condamné à vivre une vie qui n’avait plus aucun intérêt à ses yeux.
Mais un génie n’est pas toujours incompris, et ce fut le cas pour Akuma. Le Docteur avait eut vent de ses talents, et lorsqu’il apprit sa misère, il lui proposa l’un des postes les plus convoités de Silver Wings: celui de Directeur du département Biologique.

En quinze années de bons et loyaux services au sein de l’Organisation, Akuma avait menés tout un tas d’expériences. Toutes plus contre natures les unes que les autres. Certains croyaient qu’il se prenait pour Dieu, à force de rendre l’impossible possible. En réalité, le japonais agissait plutôt comme un enfant trop curieux. Incapable de contenir sa soif de découvertes, et son incroyable curiosité. C’était d’ailleurs lui qui avait mis au point les bras métalliques de Heath, ceux-là même qui avaient permis à l’allemand de détruire Silver Wings. Sa seule réaction lorsqu’il avait appris la nouvelle, fut un large sourire de satisfaction. Il avait été trop heureux de savoir que sa création avait fonctionnée.
En revanche, la plus grande déception de sa carrière fut la conception de Seth. En effet, Akuma était tombé des nus lorsqu’il avait apprit qu’il n’y participerait pas. Le japonais s’était alors confiné dans son laboratoire pendant des jours. A l’image d’un enfant qui bouderait en apprenant qu’il n’irait pas à Disneyland. Au final, il s’était fait une raison. Seth était la créature du Docteur, sa création, et il ne laisserait personne d’autres que lui-même y toucher. Cela, Akuma pouvait le comprendre.

Mais quelle ne fut pas sa joie lorsque le Docteur, trop malade pour s’en occuper lui-même, lui avait confié les rênes de la création de Thanos et Crystal. Il y avait consacré toute son âme, tout son talent, à tel point que les deux mutants surpassaient désormais Seth au niveau de leur conception génétique. Mais ils étaient toujours dépourvu de conscience.
Cependant cela n’avait aucune importance, son travail s’était arrêté là. Désormais, le projet était entre les mains de Tanner.

Au fil des années, Norman avait vu les pires horreurs passer par la salle d’opération d’Akuma. Tout d’abord, il y avait eu des animaux, des cobayes communs comme des chimpanzés. Puis les cobayes furent de plus en plus gros. Jusqu’à ce qu’il décide de passer aux êtres humains, et c’est à ce moment là que Belpois avait manqué de cracher son coeur. En effet, les sujets d’expérimentation d’Akuma étaient de jeunes enfants palestinien, vendu par leurs parents pour la plupart. Ou tout simplement kidnappés.

Norman Belpois avait vu bien des horreurs dans sa vie, mais les pires d’entres elles avaient eu lieu ici. Jusqu’à présent, il n’avait assisté qu’à deux opérations du Professeur Akuma. Qui plus est, deux « légères » selon Tanner. Il lui était impossible d’imaginer ce que pouvait donner une opération sérieuse, alors en vivre une. Il doutait fortement de la capacité de son coeur à supporter une telle expérience, il priait pour qu’il ne la supporte pas.

Le Professeur Akuma se pencha au-dessus de son cobaye, un air sincèrement désolé sur le visage.

-J’aurais bien aimé passer tout de suite à l’opération vous savez, soupira-t-il, mais Monsieur Tanner m’a demandé de commencer par vous faire souffrir. C’est assez grotesque quand j’y pense. Je suis un scientifique, pas un bourreau.
Belpois était tétanisé par la peur, il n’osa pas émettre le moindre son. De toute façon, la douleur dans sa bouche l’en empêchait.
Akuma attira vers lui un chariot de taille moyenne, et retira le drap blanc qui le recouvrait. Des centaines de lames différentes étaient parfaitement alignées sur chaque étage du chariot. Le regard du Professeur Belpois se rempli d’effroi. Akuma ne le remarqua pas, il était trop occupé à choisir son ustensile de travail. Il passa la main au-dessus de ses lames, en choisit une, et l’approcha de la chair de son cobaye.
Un hurlement de souffrance transperça la nuit.



16 septembre 2001, Usine, 04h 14

Dire que Franz Hopper était fatigué aurait été une bien sinistre moquerie. Le scientifique était possédé par la fatigue. Ses yeux étaient rouge sang, les poches sous ses paupières étaient plus épaisses que jamais. Et pourtant, il devait être présent. Il devait se tenir devant ce satané pupitre de commande. L’alarme de Légion l’avait tiré de son sommeil supposé être réparateur. Ce qui l’avait forcé à réveiller Heath, et à se présenter ici pour défendre son territoire.
Comme prévu, le verrou sur la porte de Lyoko donnait bien plus de fil à retordre à l’Organisation que la dernière fois. Ce qui leur avait laissé le temps de se rendre à l’usine pour préparer leurs défenses. Et ils avaient justement une petite surprise pour leurs invités.

-Nos soldats sont en place, informa son second, c’est quand vous voulez.
Hopper pianota sur son clavier, et appuya un première fois sur la touche « entrée ».
-D’abord on met la table, murmura-t-il dans sa barbe, et ensuite…
Il plongea la main dans sa serviette en cuir, et en sortit une boite de CD. Il en prit un, et l’inséra dans la machine.
-… On accueille les invités.



Même Moment


-La porte est ouverte. Annonça Dragonne en poussant un soupir de soulagement.
-C’est pas trop tôt. Grogna Renarde. Ça a prit une éternité.
Alors qu’elle finissait de se plaindre, le Noirsoeur fut entouré par un espèce de champ électromagnétique rouge. Cette force inconnu paralysa les commandes du vaisseau, et l’entraina de force à l’intérieur de Lyoko.

-Qu’est-ce qui se passe?! Hurla Peter tandis que son moyen de transport était en train de valdinguer.
-Au secours!
Le vaisseau s’arrêta brutalement, ce qui causa aux passagers un jolie choc contre leur tableau de bord respectif.
En rage, Peter releva la tête.

Le Noirsoeur avait émergé sur la banquise, et pas vraiment au meilleur endroit qui soit. Il se trouvait à l’extrémité du territoire, soit, au bout d’un cul de sac. Il n’avait qu’un seul chemin où débarquer, chemin qui était bloqué par un gigantesque mur de glace. Sur lequel était perchée une ribambelle de Krabes et de Kankrelats, ainsi qu’une vieille connaissance.
-C’est gentil de passer. Ricana Heath assis sur sa muraille. Vous voulez jouer un peu?
Peter grinça des dents, mais il s’autorisa un sourire.
-Il veut jouer, il va être servit. Tanner? Envoyez les renforts.
Une vague d’électricité se mit à parcourir le Noirsoeur. Le vaisseau vibra un petit moment, avant de recracher son énergie. Permettant à une soixantaine de soldats de se virtualiser devant lui.
-Oh merde, lâcha Heath sans s’arrêter de sourire. Ils ont des munitions cette fois.

Dragonne se matérialisa à son tour, et se plaça devant sa petite armée.
-Sortez vos armes! Ordonna-t-elle d’un ton ferme. A l’attaque!
Les mercenaires dégainèrent leurs pistolets et boucliers, et foncèrent sur leur objectif.
Exciter comme jamais, Heath leva son bras droit, et l’abaissa. Laissant ainsi une pluie de laser s’abattre sur ses ennemis.
-La Mer numérique est noire, murmura-t-il en la contemplant. Ça va être un spectacle magnifique.



Même Moment


Peter sourit de satisfaction, son plan avait fonctionné.
Tandis que Noirsoeur avait dû débarqué en plein dans le traquenard de Heath, lui et Dragunov avait su profiter du chaos pour s’éjecter du vaisseau. Puis, à l’aide de leurs petits modules de navigations, s’étaient débarqués à environ un kilomètre du champ de bataille. Grâce au camouflage que Tanner avait rajouté à leurs combinaisons, ils étaient invisibles aux yeux de Hopper.
-Bien, commença Peter, notre objectif se trouve à deux cent mètres de notre position. Nous savons quoi faire.
Dragunov acquiesça, et, marteau au poing emboita le pas de son capitaine. La tour au halo bleu qui se dressait devant eux était bien évidement leur objectif. Le but de cette mission était de localiser le super calculateur qui générait Lyoko. Et dans la foulé, de le paralyser à l’aide du virus que Tanner avait implanté dans le cimeterre de Peter.

Le plan avait tout de suite plut à Peter, retrouver son pire ennemi dans le monde réel avait bien plus d’intérêt que ces combats sans enjeux. Des combats où le seul moyen de mourir était de faire un plongeon dans l’eau. Cela n’avait aucun intérêt, et surtout pas pour Peter.
Le cannibale s’était en effet juré de déguster la chair de Heath, chair qu’il rationnerait pendant des mois pour faire durer son plaisir. Il rêvait chaque nuit de sa tête, empaillé au dessus de son lit.
Il atteindrait son objectif, comme il l’avait toujours fait.

-Allons-y.
Ce n’est qu’au moment où ses paroles franchirent ses lèvres, qu’une flèche électrique transperça le crâne de son subordonné. Dragunov en fut si surpris qu’il n’esquissa pas le moindre geste, même après que le projectile l’ait touché.
Peter fit volte-face, un être à la forme humanoïde se tenait face à lui. Il n’était pas composé de chair, seulement d’un genre d’énergie bleu électrique. L’arbalète qui s’était formée sur son poing se dissipa, pour reprendre la forme d’une main.

-Alerte! Intrus détecté, mise en place du protocole de défense.
L’avant bras droit de la créature se changea en une longue lame. Le gauche doubla de volume, et forma une main avec de tranchantes serres à la place des doigts.
Peter était très loin d’être impressionné par son adversaire, il dégaina son cimeterre, et se mit en garde.

-Il va falloir bien plus que ça pour réussir à m’avoir. Prévint le cannibale. Un avertissement qu’il regretta presque aussitôt.
Lentement, une minuscule particule se détacha du corps de la créature. Et après un flash aveuglant, prit la même forme que lui.
Une autre particule se détacha également, puis une autre, et encore une autre.
Peter se retrouvait à présent face à cinq adversaires, disposant chacun d’armes différentes.
-Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux.
Le cannibale pesta.



Même Moment


La bataille faisait rage, sans qu’aucun des deux camps ne prennent l’ascendant sur l’autre.
Les mercenaires, bien que désavantagés face à des adversaires en hauteur, bénéficiaient d’une douzaine de glaçons en forme de rochers derrière lesquelles s’abriter.
-Couvrez-moi, hurla l’un d’entre eux en dégainant son bouclier.
Il sortit de sa cachette, et malgré le feu ennemi, se plaça au milieu du chemin pour bénéficier d’un meilleur angle de tir et d’une meilleure vue. Considérant qu’il s’agissait d’une idée intéressante, quatre autres mercenaires l’imitèrent. Et vinrent se placer à ses côtés pour constater… Leur erreur.

Heath avait préparé quelques morceaux de glace qu’il avait posé sur sa muraille. Il en saisit un, et l’envoya de toutes ses forces contre le petit groupe d’imprudent. Les mercenaires ne purent que hurler en voyant le projectile leur foncer dessus et les happer dans sa course. L’un d’entre eux se jeta sur le côté, et esquiva miraculeusement le bloc de glace. Mais cela ne lui fit gagner qu’un bref répit, car il reçut une douzaine de tirs dans la seconde qui suivit et disparut.

-Idiots, pesta Dragonne avant de tirer une flèche explosive.
Son arme se planta dans la glace, et sauta. La déflagration fit son effet, un petit trou s’était formé dans la muraille.
Malheureusement pour elle, la brèche se remplit de glace et disparut. Une rangée de cinq blocks avaient été postée derrière le mur, et réparait le moindre impact qui avait réussi à le transpercer.
La coréenne poussa un juron, avant de recevoir un tir à l’épaule. Ce qui la força à s’abriter de nouveau.
Du haut de sa muraille Heath riait de l’incompétence de ses adversaires, jusqu’à ce qu’un coup de feu plus puissant que les autres ne retentisse. Le psychopathe eut à peine le temps de relever la tête, pour voir le tir lui entailler la tempe. Il pressa sa main contre son visage, qui se crispa de rage.

-Qui a fait ça? Rugit-il.
Allongée juste devant le Noirsoeur, hors de porté des tirs de monstre, Corbeau leva sa main gauche pour dire bonjour. Et la replaça sur la détente de son fusil de sniper.
-Attends un peu, gronda-t-il en levant son bras pour protéger son visage, ton petit manège ne fonctionnera pas deux fois.

Voyant que la posture défensive de Heath le privait d’un champs de vision respectable, Dragonne décida d’agir. Elle se tourna vers Corbeau, et l’interrogea du regard. La jeune fille leva son pouce.
La coréenne se dressa hors de sa cachette, et tira une flèche grappin en plein dans la patte avant du Krabe situé juste à la gauche de son général. Elle se mit à nouveau à couvert pour échapper à d’éventuelles représailles, et tendit le cable aux trois mercenaires qui étaient cachés avec elle.

-Tirez!
La force combiné des quatre soldats fit déraper la patte du Krabe, celui-ci perdit l’équilibre, bouscula Heath, et alla s’écraser en bas de la muraille. L’allemand fit de grands moulinets avec les bras pour éviter de subir le même sort, ce qui laissait sa tête sans défense.

-Vas-y Corbeau! Cria Dragonne pleine d’espoir.
-Au secours!
La coréenne tourna la tête. Sa collègue avait été saisie au mollet par un Kongre qui se tortillait en tentant de l’entrainer dans la Mer Numérique. Corbeau essayait désespérément de rester sur la banquise en s’accrochant au couteau qu’elle avait plantée dans le sol. Mais le monstre était trop fort, et elle finit par lâcher prise.

-Mange donc, lança Heath à l’adresse du prothéen, ceci est le corps d’une sombre conne.
Le Kongre envoya sa victime dans les airs, et attendit qu’elle retombe pour mordre son tronc à pleine dents. Le corps de Corbeau ne tint pas une seule seconde, et fut broyé par les mâchoires du monstre.
Prit d’une impulsion, Dragonne tenta d’abattre la créature d’une flèche. Mais elle fut stoppée dans son élan par un cri et un « plouf » retentissant, elle tourna la tête. Il n’y avait plus que deux soldats cachés derrière elle, ceux-ci canardaient l’eau sans réfléchir comme s’ils avaient vu un fantôme.

Un nouveau cri se fit retentir, et un autre. Au final ce fut une dizaine de cris qui retentirent.
Malgré leurs protections de glaces, les mercenaires étaient impuissants face aux Kongres. Les monstres surgissaient de l’eau, attrapaient une victime, et replongeaient trop vite pour subir des dégâts. Les soldats de l’organisation furent entrainés les uns après les autres dans les profondeurs numérique. Du haut de son mur, Heath leva les yeux au ciel devant tant de facilité.

Avant qu’un tentacule de métal ne lui saisisse la main, et l’entraina en avant. Le psychopathe, surpris par la manoeuvre, n’eut pas le temps de s’alourdir. Et alla s’écraser au pied de sa muraille. Aussitôt, une cinquantaine d’armes se pointèrent dans sa direction. Par réflexe, il joignit ses bras rocheux en garde de boxeur pour protéger sa tête.
-Je tuerais celui qui tire! Rugit une voix haineuse. Il est à moi!
Intrigué, Heath écarta ses bras de son champs de vision, avant d’écarquiller les yeux à s’en faire exploser la rétine.

Ce n’était pas n’importe quel sbire de Peter qui se trouvait face à lui; c’était lui-même.
Enfin, il s’agissait plutôt de l’ancien lui, celui à qui il ressemblait lorsqu’il faisait encore parti de l’organisation.
Du côté de celle-ci, la troupe de mercenaire s’était divisés en deux, de sorte à former une haie d’honneur pour son membre le plus puissant. Serpent avançait vers sa proie d’un pas lourd, en trainant ses lames derrière lui. Il s’arrêta à quelques mètres de Heath, et le fixa d’un regard qui trahissait son envie de meurtre.

L’allemand, à défaut d’être impressionné par la puissance imposante de son adversaire, ne parvenait toujours pas à comprendre ce qu’il avait en face de lui. Peter l’aurait-il cloné? Cela aurait été un véritable gaspillage de temps et d’argent, en plus de n’avoir aucune utilité réelle face à lui.
-Qui es-tu? Gronda-t-il en se redressant sur ses deux jambes.
-Je suis Serpent.
Heath fit rouler ses yeux.
-Non, Serpent c’est moi.
-Je le sais.
Cette fois, il fronça les sourcils.
-Pourquoi est-ce que tu as mon nom?
-C’est le nom que le maitre m’a donné. Le nom que je porterais jusqu’à ta destruction.
-Autant dire que tu portera ce nom jusqu’à la fin de tes jours. Railla le psychopathe.
-Jamais!

Serpent fit tournoyer ses lames au-dessus de son crâne et les abattit tels des fouets sur son adversaire. Heath para l’attaque sans difficulté en plaçant ses bras en opposition, mais le cyborg ne s’arrêta pas là, et il redoubla de violence. Une avalanches de coups tranchants vinrent fouetter les solides bras rocheux du psychopathe, qui sembla ployer sous les attaques. En transe face à ce combat peu commun, les mercenaires encouragèrent leur poulain.
-Je dois gagner mon nom! Rugit Serpent. Je veux servir mon maitre jusqu’à la fin des temps! Je dois te détruire! Si je parviens à obtenir mon nom, je serais son bras pour l’éternité!

Le vacarme assourdissant provoqué par ses assauts s’arrêta brusquement, et Heath sortit la tête de sa défense.
Serpent ne put que constater le traquenard dans lequel il s’était fourré. En se servant des lames de ses adversaires enroulées autour de ses bras, L’allemand tira pour entrainer son ennemi à porté de ses coups. Une fois ceci fait, il planta un pied rocheux dans la face de Serpent, et l’écrasa sur le sol. Encastrant au passage la tête de son ennemi dans la glace de la banquise.

-« Intelligence? »
-« Oui? »
-« Analyse ce truc, je veux savoir comment Peter s’y est prit pour me cloner. »
Heath ignora copieusement sa victime couinante qui tentait vainement de se dégager. Mais il n’avait aucune chance, l’allemand avait neutralisé ses armes. Et il n’était pas assez puissant pour se libérer.
-« Alors? » S’impatienta Heath
-« Ce n’est pas un clone. Votre code A.D.N. est similaire, mais pas identique. »
Serpent avait réussi à dégager son visage, mais le pied du psychopathe était à présent pressé contre sa gorge.
-Je vais t’exterminer!
-Ta gueule! Cracha Heath en lui barrant à nouveau la figure.
-« Peter m’aurait cloné à 80%? Ou quelque chose du genre? »
-« Impossible. »
L’allemand commençait sérieusement à s’impatienter, les mercenaires hésitaient encore à prendre part au combat suite à l’ordre de Serpent. Mais nul doute qu’eux aussi allaient finir par manquer de patience.
-« Compare le avec les membres de ta base de données, il s’agit peut être d’un agent modifié. »
-« C’est possible, vérification en cours. »
Heath dirigea son regard vers les mercenaires, deux d’entre eux avaient dégainés leurs armes.
-N’y pensez même pas! Gronda l’allemand. Ce qui les fit à nouveau hésiter.
-« J’ai trouvé. »
-C’est pas trop tôt.
Intelligence lui transmis les informations qu’elle avait obtenues, Heath les examina, et tomba des nu.

Il fut si choqué qu’il relâcha son emprise, permettant à Serpent de se dégager. De craintes d’être à nouveau capturés, le cyborg s’éloigna d’une dizaine de mètres. Et fixa son adversaire de son regard haineux.
Heath n’avait toujours pas esquissé le moindre geste. Il semblait un peu perdu, décontenancé, comme si cette simple information avait chamboulé son esprit.

Serpent ne se fit pas prier, il dressa ses lames au-dessus de sa tête, et les envoya s’abattre sur l’allemand. Une stratégie de piètre qualité, qui permit à Heath de happer à nouveau sa proie.
Un sourire se dessina sur le visage, du psychopathe, sourire qui se transforma en fou rire incontrôlable. Le Général de l’armée prothéenne était incapable de se contenir, il riait à gorge déployée sans se préoccuper de ses adversaires. Serpent ignorait quoi faire, son rival se tordait dans ses propres éclats de rire. S’il ne se trouvait pas sur un monde virtuel, il se serait probablement déjà cassé plusieurs côtes.

Heath releva la tête, un rictus abominable déformait son visage. Il tira Serpent vers lui, le saisit pas la gorge, et le souleva de terre.
-Mon très cher petit frère. Lâcha-t-il entre deux éclats de rire. Tu m’as un peu manqué Boulard.
Serpent écarquilla les yeux, le psychopathe relâcha son étreinte, et le frappa dans le plexus. Le cyborg fut projeter dans les airs, avant que son adversaire ne saisisse ses tentacules.
Heath prit alors un malin plaisir à faire valdinguer son adversaire dans tous les sens, l’envoyant s’écraser tantôt contre le sol, tantôt contre le mur. Serpent n’avait aucun contrôle sur ce qui lui arrivait, il n’était plus qu’une poupée désarticulée entre les mains d’un enfant dément. Impossible pour lui d’agir ou de réfléchir, il ne pouvait que subir.

-Tous ça pour ça?! Hurla Heath entre deux éclats de rire. Tous ce cinéma pour ÇA?! Mais c’est la meilleure farce de l’année!
Heath tira de toutes ses forces, faisant passé Serpent par dessus son épaule, et l’envoyant s’écraser contre la muraille de glace. Les prothéens se mirent à mirent à rugir la victoire de leur général, avant que celui-ci n’attrape sa victime par les cheveux.
-C’est ça l’arme suprême de Peter? Ricana-t-il en contemplant le regard de chien battu de Serpent.
Il secoua la tête.

-Ça aura eu au moins le mérite de me faire mourir de rire.
Le cyborg ne parlait plus, il n’accordait plus la moindre attention à l’allemand. Son regard était vitreux, il semblait si vulnérable.
-Ah non!
Heath le saisit par le col, et se mit à le secouer de toutes ses forces.
-Je t’interdis de redevenir faible. Gronda-t-il. Pour une fois que je te trouve digne de moi, tu n’as pas intérêt à redevenir la larve que tu étais.

Serpent releva la tête.
-Je ne peux pas t’abattre, souffla-t-il. C’est terminé, le maitre ne me laissera jamais obtenir mon propre nom.
Heath colla son front contre celui de son ancien frère, et plongea son regard emplie de folie dans le sien.
-Tu veux un nom petit frère? Prend celui que notre mère t’as donné. Tu n’es pas Serpent, et tu ne sera jamais Serpent.
-Notre mère?
Le psychopathe laissa échappé un sourire en coin, et approcha ses lèvres de l’oreille du cyborg. Là, il lui murmura quelque chose. Quelque chose qui sembla le transporter de joie, avant que Heath ne lui transperce le crâne d’un coup de faux.
-A plus petit frère.

Aussitôt, les mercenaires pointèrent à nouveau leurs armes vers Heath et tirèrent. Le psychopathe protégea sa tête, et se précipita hors de la plateforme. Pour se réquisitionner sur une manta.

-Ouvrez le feu. Ordonna-t-il à l’adresse de ses troupes. Permettant à la bataille de reprendre là où elle avait été laissée.
-Voyons ce que vous allez faire maintenant, ricana Heath en contemplant les assauts vains des mercenaires.



Même Moment


Peter n’en menait pas large, à chaque adversaire qu’il détruisait, un autre apparaissait. Sans parler des nombreux coups qu’il avait subit. En effet, il ne disposait plus que de vingt points de vies, et il avait toujours cinq ennemis en face de lui.
Le cannibale poussa un juron, et se remit en garde alors que la Légion s’approchait de lui.
-Rendez-vous, vos chances de réussites sont nulles.
-C’est ça. Grogna-t-il avant d’appuyer sur le bouton situé sur son poignet.
Il fut alors surélevé de quelques centimètres, ce qui eut le mérite de surprendre Légion pendant une demi-seconde. Jusqu’à ce que celui-ci ne remarque les roues sous les botes de l’américain.

-Et c’est partie, ricana Peter avant d’enclencher les boosters situés derrière ses talons. Le cannibale fit un départ canon, se déplaçant à une telle vitesse que Légion n’eut pas le temps de calculer sa trajectoire. Son adversaire slaloma entre les différents « lui », et les détruisit un à un. Puis il s’arrêta brusquement devant l’original, qui eut un mouvement de surprise.
-Va dire à ton patron que je le dégusterai avec un plaisir infini.
Il lui trancha la gorge avant même que la dernière syllabe ne fut prononcée, ce qui le fit disparaitre dans un nouveau flash de lumière. Peter secoua la tête.
-Bruyant.

Il se concentra à nouveau vers la tour, la voie étant libre, il n’avait plus qu’à remplir sa mission.
Cimeterre à la main, il fila à toute allure vers sa destination. Persuadé qu’il ne pouvait plus être détourné de son objectif. Il était enivré par la vitesse impressionnante qu’il avait acquis. Élancé comme il était, il avait le sentiment que plus rien ne pouvait l’arrêter. Mais le projectile noir et or qui le percuta de plein fouet était là pour le sortir de son rêve. Emporté par sa vitesse, Peter fut projeté sur une centaine de mètres. Il rebondit quatre fois sur le sol avant de totalement disparaitre. L’Augure ramassa son cimeterre.
-Merci pour le cadeau.



Même Moment


Renarde en avait plus qu’assez.
La troupe de mercenaire engagée par Peter était incapable de causer le moindre dégât à la muraille de Heath. A chaque coups qu’ils portaient, un block colmatait la brèche. Et à chaque fois qu’un monstre était détruit, deux autres le remplaçaient. La situation était devenu intenable, une escadrille de frelons s’était même joint à la fête pour arroser les invités d’acide.

Ils avaient déjà perdu les deux tiers de leurs hommes ainsi que Corbeau. Dragonne était bloquée derrière son bouclier, à encaisser sans pouvoir riposter. Il fallait trouver une solution, et elle en avait justement une sous la main.

Elle s’installa dans le poste de commande du Noirsoeur, et s’empara du volant.
Le vrombissement soudain du moteur fit tourner la tête à toute l’escouade. Même les monstres avaient arrêtés de tirer.
-Garez-vous, cria Renarde à travers les haut-parleurs du vaisseau. Avant de projeter celui-ci contre la muraille, la pointe la première.

La secousse causée par le choc fit perdre l’équilibre à plusieurs monstres, qui vinrent chuter contre le véhicule. Mais à cause des boucliers de l’engin, ils ricochèrent, et atterrirent dans la Mer numérique.
Noirsoeur reprit un peu d’élan, et frappa une seconde fois.
C’est avec une plaisir non-dissimulé, que l’indienne vit un pan entier du mur s’effondrer, et les prothéens qui se trouvaient au sommet s’écroulèrent avec lui.

Les monstres, complètement paniqués, tiraient à l’aveugle. Motivés par un regain de confiance, les mercenaires se mirent à les descendre comme des mouches.
Triomphante, Renarde leva un poing vers le ciel. Avant d’apercevoir ce qui ressemblait à une météorite tomber à pleine vitesse sur son vaisseau.
-Coucou c’est moi! Ricana un Heath roulé en boule, avant de percuter de plein fouet le Noirsoeur.

Une gigantesque déflagration vint happer la totalité des mercenaires présent du mauvais côté du mur. Déchirés en deux, les débris du vaisseau restèrent un moment sur le terrain. Avant d’exploser purement et simplement. Les derniers monstres restant crièrent leur victoire, tandis qu’un Heath pleinement satisfait sortait de son scanner.
-Voilà qui devraient nous en débarrasser quelques temps. Sourit-il.
Il était loin de se douter qu’à quelques centaines de mètres du champs de bataille, l’Augure observait le spectacle en affichant un sourire identique.
-Quels êtres pitoyables.
Sur ses mots, il plongea dans la mer Numérique. Et disparu de la surface de Lyoko, le cimeterre de Peter était toujours en sa possession.



Même Moment


Serpent était dans un autre monde, un monde où il n’entendait pas la violente dispute entre son maitre et Tanner. Assis sur le bord de son sarcophage, la peau toujours mouillé, il se remémorait le nom que le véritable Serpent lui avait glissé à l’oreille. Pour une raison qui lui échappait, il aimait ce nom. C’était comme si un ange descendu du ciel était venu le lui offrir en récompense, un ange qui avait le visage de sa mère. Même si cela, il l’ignorait.
Immergé dans son univers, il pensa à l’aquarelle qu’il avait vue dans la chambre de Tanner. Le Grand Dragon Rouge l’inspirait, l’auteur lui aussi l’inspirait.

-William Blake. Murmura-t-il si bas que personne n’aurait été capable de l’entendre.
Le nom que Heath lui avait donné résonna à nouveau dans son esprit, et forma une mélodie d’une harmonie fantastique avec le nom du créateur du Dragon.
-Je m’appelle…Je m’appelle…
Le nom refusa de franchir ses lèvres, comme si la joie qu’il contenait était trop lourd à cracher.
-Je m’appelle… Alister Blake.
Serpent sourit paisiblement, et ferma les yeux. Une voix familière résonna alors dans sa tête.
-Tu t’appelles Alister Blake, un nom magnifique pour le Grand Dragon Rouge.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-
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Icer MessagePosté le: Mar 08 Aoû 2017 18:29   Sujet du message: Répondre en citant  
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Citation:
Hello j'ai 6 mois de retard blablabla, je m'excuse blablabla, j'ai été occupé blablabla.
Ces explications vous suffisent ?


Non =/
Cela dit tu es de retour en forme. Ces deux chapitres te permettent d'être parfaitement dans ton élément, les scènes de mutilation habituelles ayant le droit à leur quota à la fin du chapitre 8. Quand à la fameuse Eau noire, elle se résumé globalement à une... euh... disons, la version Tyker du gangbang nelbsien, que j'ai trouvé plutôt bien mené, avec tes stars habituelles, couplées aux références classiques de Lyoko, notamment ses monstres. Encore que, le coup de l'identité de Serpent bis, je ne l'avais pas vu venir celui-là.
J'aime toujours autant le soin que tu apportes aux détails (matchs de football non inclus), dont les précisions avec lesquelles tu introduis en général un protagoniste. On ne peut pas dire que cela manque de réalisme, puisque les voyous se nomment Mohamed.
En parallèle, l'idée des prothéens éveille ma curiosité. Ce n'est pas comme si ton récit étant déjà rempli de personnages chelous, rien que chez les humains. Ceux ne pouvant pas se réclamer d'une telle classification atteignaient eux-mêmes un quota honorable, pour une histoire se déroulant à l'aube du troisième millénaire, mais bon, toujours plus hein ?
Cela m'amène à dire que je n'ai toujours aucune idée d'où ce récit va nous emmener justement... C'est plutôt marrant. Continue comme ça !

_________________
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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »
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Tyker MessagePosté le: Lun 21 Aoû 2017 15:51   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre 10: Le Diable et La Succube


27 septembre 2001, 16ème arrondissement, 20h04

Drake L. O’conner s’adonnait à son activité favorite: la prière.
Certaines personnes qui le connaissaient à peine, croyaient qu’il s’était tourné vers Dieu pour éviter de penser aux cicatrices horribles qui recouvraient son visage. Ces personnes avaient tort. Drake avait accueilli ces marques comme une bénédiction de la part du Seigneur. Elles représentaient le jour de sa résurrection, le jour où il avait été libéré du joug des démons qu’il avait appelé ses parents. Le jour où il avait rencontré sa soeur, Abigail Hobbs, l’ange qu’il appelait sa soeur

Le jour où il avait juré de passer le reste de son existence, à anéantir le moindre parasite à forme humaine qui polluait le monde de Dieu. Et c’était par le feu, l’arme divine du Seigneur, qu’il s’y prenait.
Drake possédait une obsession pour le feu très particulière, sa fascination pour cet élément était sans égale. Pour lui, il représentait le cadeau ultime que Dieu avait fait aux hommes afin qu’il se dresse au sommet de la chaîne alimentaire, ce qu’ils ont fait.

Les règles concernant ses prières étaient simples et strictes: aucune interruption ne sera tolérée. Lucius avait un jour commis l’erreur de l’appeler pour le diner, Drake l’avait alors envoyé balader d’un regard abominable. Il priait tout les jours, à huit heures, quatorze heures, vingt heures, et minuit. Ses prières quotidiennes duraient cinq minutes montre en main, et il avait la réputation fondée d’être réglé comme une horloge. Si l’on respectait cela, la cohabitation avec lui ne posait aucun problème. En dehors de ses moments de foi intense, c’était quelqu’un de très gentil, qui aimait les gens en général.

Thomas Von Kane, attendait avec une assiette de cassoulet à la main que son petit frère rouvre les yeux. Une fois ceci fait, il lui fit signe de le suivre. L’écossais acquiesça, et lui emboita le pas.
Depuis leur rencontre, Drake et Thomas s’entendaient assez bien. Enfin, aussi bien que pouvaient s’entendre deux frères. Ils se respectaient, discutaient régulièrement, et s’appréciaient assez pour leur ouverture d’esprit commune. Ce qui ne les empêchaient pas d’être en désaccord sur de nombreux sujets, notamment celui concernant l’existence même de Dieu.
Ils avaient eu de nombreuses disputes à ce sujet, et à maintes reprises, Abigail avait été forcée d’intervenir pour éviter qu’ils en viennent aux mains. Au final, et après un temps d’adaptation l’un à l’autre. Drake avait réglé ce conflit par cette simple phrase:
-« Dieu préfère de bons athées à de mauvais chrétiens. »
A partir de ce moment, il n’y eut plus jamais de problèmes sérieux entre les deux frères. Seulement des chamailleries qui étaient propres à l’amour fraternelle qu’ils portaient l’un pour l’autre.

Thomas et Drake empruntèrent l’escalier de service de leur immeuble, et descendirent au dernier sous-sol. Une fois arrivés, l’aîné sortit un trousseau de clés et ouvrit la grille de métal qui donnait accès aux caves. Ils s’enfoncèrent dans les galeries grossièrement aménagées pour atteindre la porte la plus éloignées des autres. Une imposante porte d’acier se dressait devant eux à présent, Drake tapa le code à 7 chiffres, fit vérifier son empreinte digitale sur la fausse serrure, et après un déclic, poussa la porte.

La pièce dans laquelle ils pénétrèrent était affreusement mal rangée. Des centaines de câbles et de fils électriques jonchaient le sol, ce qui obligeaient les deux frères à faire de grandes enjambées pour les éviter. Un immense supercalculateur en forme d’obélisque occupait un tiers de la pièce, les trois scanners étaient alignés les uns contre les autres. Abigail Hobbs et son pupitre de commande, étaient quand à eux situés dans un coin.
Elle salua ses frères d’un sourire, mais prit un air embêté aussitôt qu’elle vit ce que Thomas tenait dans les mains.

-Je suis vraiment désolé les garçons, mais je ne manges pas ici ce soir.
-Ah bon? Qu’est ce que tu as prévu de faire?
La jeune fille laissa échapper un sourire malicieux, et tapota son écran du doigt.
-Ce que j’avais prévu de faire depuis bien longtemps. Mais que j’ai été forcée de reporter à cause du virus.
Drake se tourna vers le pupitre.
-Le virus est déjà prêt?
-Évidement qu’il est prêt, répondit la voix de l’Augure. Nous pensons d’ailleurs l’utiliser très prochainement, une fois que le reste de l’attaque sera définitivement planifié.
-À ce propos, commença Thomas. Vous ne pensez pas qu’il est encore un peu tôt? On vient à peine de commencer quelque chose qui devait durer des mois, vous êtes sûr que ce virus nous garantirait la victoire?
Abigail leva les yeux au ciel.
-Tu crois que je n’ai pas préparé mon coup? Nous avons un avantage énorme sur l’Organisation. Un avantage dont ils n’ont pas conscience. Une fois l’attaque lancée, il faudra compter sur le chaos ambiant pour la réussite de notre opération.
-Je ne comprends toujours pourquoi il faut que tu sois présente grande soeur. Remarqua Drake. Si jamais il t’arrivait malheur…
-Il ne lui arrivera rien, coupa l’Augure. Je serais là pour m’en assurer.
Les deux frères ne semblaient pas convaincu, mais se laissèrent fléchir. Satisfaite, Abigail se frotta les yeux, puis se leva.
-Où est ce que tu vas? Demanda Drake alors que sa soeur avait déjà ouvert la porte.
-Je vais me faire belle pour mon rencard, répondit la jolie hollandaise.
Elle sortit de la salle, laissant Thomas rouler des yeux, Drake froncer les sourcils, et l’Augure soupirer d’exaspération.


27 septembre 2001, Banlieue parisienne, 20h 36



Heath Lancaster était en train de crever d’ennui. Allongé sur son lit, un livre sur la dynastie Tudor à la main, le psychopathe était envahi par un profond sentiment de lassitude.
Il était lassé d’attendre.
Sa dernière confrontation avec l’Organisation avait déchaîné sa passion, à tel point qu’il s’était excité comme un enfant en attendant la prochaine attaque. Mais les jours passèrent, puis les semaines, et au final, il n’avait plus rien eu à se mettre sous la dent depuis plus de vingt jours. Vingt jours, 480 heures passées à broyer du noir. Son impatience était telle, qu’il avait suggérer au professeur Schaeffer d’attaquer eux-mêmes l’Organisation. Ce à quoi le scientifique avait répondu:
-« C’est exactement ce qu’ils attendent de nous. Grâce à la destruction de leur vaisseau, nous sommes tranquilles pour un bon mois. Mais ils reviendront, et à ce moment là nous les détruirons. Pas avant. »

Franz lui avait alors expliqué son plan: Il allait envoyer un virus de sa conception à travers leur vaisseau pour griller leur supercalculateur. Heath s’était alors emporté. Il reprocha à Franz son manque de pragmatisme et pointa du doigt le fait que rien ne les empêcherai d’en construire un nouveau. Mais le scientifique n’était pas dupe, et il avait compris ce que l’allemand avait réellement en tête.
-« Tu veux tous les tuer, c’est ça »?
La discussion n’était pas allé plus loin, Heath ayant parfaitement compris que Franz ne changerait pas d’avis.
Aujourd’hui, il regrettait de ne pas être allé plus loin. L’Organisation n’était pas constituée d’enfants de choeurs, ils n’abandonneraient pas aussi facilement. Mais la destruction de leur supercalculateur permettrait à Franz de disparaitre définitivement, lui et sa fille. Et c’était tout ce qui intéressait le scientifique.


Heath soupira, il n’avait toujours rien à faire. Il caressa l’idée de sortir se trouver une victime à torturer, mais il se ravisa. Il devait cesser de penser comme un enfant de quatorze ans, maintenant qu’il en paraissait dix-huit. C’était finit les caprices de jeunes psychopathes, il se devait de murir. Résigné, il décida de descendre prendre quelque chose à grignoter dans la cuisine. Mais à sa grande surprise, son téléphone sonna. Et plus surprenant encore, le numéro affiché lui était inconnu. Méfiant, il décrocha, et porta le portable à son oreille.
-Allo?
-Coucou!

La voix d’Abigail Hobbs lui fit l’effet d’une gifle en plein visage, lui qui avait espéré ne plus jamais entendre parler d’elle.
-Qu’est-ce que tu veux? Vociféra-t-il.
-Hé bien quelle forme. Gloussa la jeune fille. Je me demandais simplement si tu étais libre ce soir?
-Comment est ce que tu as eu mon numéro?
-Tu n’as pas l’air très emballé.
-Comment tu l’as eu?
-À ton avis?
Heath prit un moment pour réfléchir, avant de grogner:
-Aelita…
-Ne lui en veut pas, je lui ai un peu mis la pression. Et puis, je lui ai promis que je te sortirais un peu .

-Je ne suis pas ton chien.
-Bien sûr, bien sûr. Alors? Tenté?
Le psychopathe éclata de rire.
-Je n’ai aucune envie de revoir ta tête de poufiasse.
Abigail était vexée, mais elle ne se laissa pas abattre.
-Même contre ta fausse carte d’identité?
-Ma…
Par réflexe, le psychopathe se mit à fouiller ses poches; Rien. Abigail gloussa de nouveau.
-Heath Lancaster, lut-elle à haute voix, né le 15 mai 1983 à Manchester. 1m 82 pour 75 kilos. Cheveux bruns, yeux bleus, habite au…

-C’est bon, grogna l’allemand, j’ai saisi.
-Je dois dire que c’est une très belle imitation, commenta la jeune fille d’une voix studieuse. Malheureusement pour toi, j’en connais un rayon sur les faux papiers. Et si ta carte est fausse, j’imagine que tu caches quelque petits trucs qui feraient plaisir à la police. Je me trompes?
Heath avait l’impression de se faire manipuler comme un banal mouton, en rage, il se retint de ne pas briser son téléphone.
-Qu’est ce que tu veux?
-J’ai envie de sortir ce soir. Elle avait prit une voix mielleuse, ce qui donnait de furieuses envies de meurtres à l’allemand. On se retrouve au Boulevard Barbes dans une heure.
-Attend une minute, je…
Trop tard, Abigail avait raccrochée. Heath resta un moment sans bouger, avant de se jurer de lui faire payer son insolence de la meilleure des manières.
En rage, il attrapa son manteau, enfila ses chaussures, et sortit en trombe de sa chambre.
-Et où est ce que tu vas comme ça? L’interpella Franz Hopper au moment où il passait devant le salon.
-T’occupes! Répondit-il avant de claquer la porte d’entrée.

Assis dans son fauteuil, le scientifique réajusta ses lunettes.
-On ne l’a vraiment pas assez corrigé quand il était môme celui-là.
Il s’apprêtait à reprendre sa lecture, lorsqu’une Aelita tout ensommeillée fit son apparition en baillant.
-C’est quoi tout ce raffut?
-Ce n’est rien ma chérie. Heath était en colère après je ne sais pas trop quoi. Ça devrait lui passer.
Aelita se remémora alors la demande qu’Abigail Hobbs lui avait faites plus tôt dans la journée, et elle ne put s’empêcher de pouffer. Elle ignorait complètement la raison pour laquelle la jeune hollandaise avait souhaiter s’approprier le numéro de l’allemand. Mais une chose était sûre, Heath n’avait pas apprécié.
Elle s’apprêtait à retourner se coucher, lorsque son père la rappela:
-Aelita?
La jeune fille se figea sur place. Il s’écoula une dizaine de secondes pesantes, avant que Franz ne se décide à reprendre la parole:
-Parle moi ma puce, tu ne peux pas rester en colère contre moi indéfiniment. Je sais que tu m’en veux beaucoup, et je serais prêt à tout pour que tu me pardonnes. Mais on n’arrivera jamais à rien si jamais on ne se parle pas. Je t’en pris…
La princesse de Lyoko se sentait trop fatiguée pour se battre avec son père. De plus, elle devait admettre que ne plus rien partager avec lui la faisait aussi un peu souffrir. Alors elle se laissa fléchir, et hocha la tête.
Le visage réjouit, le scientifique chercha rapidement un sujet de conversation.
-Seth rentre de plus en plus tard ces temps, remarqua-t-il, qu’est ce qui le retient occupé comme ça?

-Il a une copine.
Le regard interloqué de Franz Hopper fit pouffer sa fille.
-Je suis sérieuse. C’est une fille de notre classe qui s’appelle Valentine, elle est gentille, tellement gentille que ça en devient presque dérangeant.
-Comment ça se passe avec Seth?
-Je l’aime bien, je crois que je commences vraiment à le considérer comme mon petit frère tellement j’ai de choses à lui expliquer. Il est tellement naïf, c’est très mignon.
Franz sourit à cette nouvelle, le fait de savoir que sa fille appréciait sa nouvelle vie lui fournissait une source de motivation supplémentaire pour réussir sa quête.
-Les relations fraternelles sont très importantes, commenta-t-il, je suis content de savoir que vous vous entendiez si bien.
-Mouais, si Heath pouvait rentrer dans son personnage ce serait plus simple. Mais bon, je n’aimerais pas avoir cet excité comme grand frère de toute façon.
-Je te comprends, j’en ai eu un comme ça moi.

À peine eut il finit de prononcer ses paroles, qu’il se rendit bien vite compte de son erreur. Aelita écarquilla les yeux.

-J’ai un oncle?
Le scientifique hésita, avant de se résigner. Elle en avait de toute façon trop entendue pour essayer de nier.
-Oui, soupira le scientifique. Enfin plus maintenant… Mais oui, j’ai eu un frère.
Fascinée par les paroles de son père, la jeune fille s’assit dans le canapé en face de lui.
-Raconte-moi.
-Aelita…
-Papa, s’il te plait.
-Je ne sais pas si c’est vraiment nécessaire.
-Tu as vendu la mèche, remarqua la jeune fille. C’est un peu tard pour se demander ça maintenant.
Franz soupira d’exaspération, avant de se redresser dans son fauteuil, et de poser son livre.
-Très bien, marmonna-t-il. Mais je te préviens: ce n’est pas une belle histoire.
Aelita acquiesça, se mit à trembler d’excitation. Hopper, de son côté, réfléchissait au moment où il devrait commencer son récit.
Une fois le point de départ trouvé, il invita sa fille à s’installer sur le canapé. Puis, il prit une longue gorgé de la tasse de thé qui était posée sur la table basse.
-Mon frère s’appelait Herman, et il était mon aîné de vingt ans. Il est né un peu avant la seconde guerre mondiale, de l’union de ma mère et d’un allemand naturalisé français qui s’appelait Franz Schaeffer. Dans sa jeunesse, c’était quelqu’un d’extrêmement sérieux, qui travaillait dur pour gagner la fierté de ses parents. De ce que je sais, cette petite famille était tout ce qu’il y avait de plus heureuse. Le père avait un bon emploi, et la mère offrait volontiers tout l’amour qu’elle possédait à son fils et son mari. Malheureusement, Franz Schaeffer était juif, et la seconde guerre mondiale eut raison de lui juste avant la libération. Je ne sais pas exactement comment il est mort. Je crois qu’il s’est battu avec un soldat nazi pour protéger sa famille, et que le combat a eu raison des deux combattants. Toujours est il que ce jour aura marqué un tournant dans la vie de Herman, il n’avait que huit ans lorsqu’il a vu son père mourir. Cela lui a donné la rage suffisante pour réussir tout ce qu’il entreprenait.
Un genre d’obsession était né chez lui, celui de devenir l’un des hommes les plus puissants du monde. J’ignore encore la raison qui motivait son ambition… Peut-être cherchait-il toujours la fierté de son père? Impossible à savoir.

-Peut-être qu’il cherchait à prendre soin de sa mère? Proposa Aelita qui était sincèrement plongée dans le récit.
Franz secoua tristement la tête.
-Il a délaissé notre mère, le jour de ses seize ans. Il a obtenu son Bac, et est parti étudier à l’étranger pendant plusieurs années. Mais même avant cela, il ne lui accordait plus beaucoup d’attention. Seul son travail l’intéressait.
Aelita acquiesça, elle ressentait un peu de tristesse pour cette grand-mère qu’elle n’avait pas connue. Elle aurait sans doute méritée beaucoup plus d’amour après tout ces sacrifices.

Hopper prit une nouvelle gorgée de thé, et continua son histoire:
-Quatre ans ont passés, et après avoir obtenu son diplôme, Herman est rentré chez sa mère. Où une bien mauvaise surprise l’attendait…
Franz marqua une courte pause pour déglutir, avant de reprendre:
-Notre mère était décédée, elle était morte en me donnant la vie.
Aelita resta interdite.
-Herman n’avait jamais répondu à la moindre lettre de sa mère, celle-ci s’était sentie abandonnée de tous. Elle avait tentée de trouver du réconfort après d’autres hommes, mais la seule chose qu’elle réussit à en tirer, ce fut moi. Un enfant qu’elle avait mit au monde au prix de sa propre vie.
Je dois dire que j’ai été extrêmement chanceux: il n’y avait personne à la maison lorsque Mère m’a mis au monde. La femme de ménage nous a découvert le lendemain, ma mère morte dans son lit, et moi qui hurlait de faim entre ses jambes. Herman est rentré en France une semaine plus tard, et m’a emmené avec lui. Mais je peux d’ores et déjà te dire qu’il ne l’a pas fait par amour pour moi ou notre mère.

Pour la première fois depuis bien longtemps, la princesse de Lyoko adressa à son père un regard compatissant. Celui-ci lui répondit par un sourire qui se voulait rassurant.
-Herman ne m’a jamais maltraité, il était même très investi dans mon éducation. Il m’a enseigné tout ce qu’il connaissait, faisant de moi le gamin le plus savant du monde. Quelque part, je crois qu’il cherchait en moi ce qu’il voulait donner à son père: de la fierté.
Mon enfance et mon adolescence se sont plutôt bien déroulés, ce n’est qu’après mon entrée dans la vie professionnelle que les choses ont changées. Herman venait de mettre sur pied ce qu’il avait appelé une « entreprise », et naturellement, il m’avait demandé de travailler pour lui une fois mon diplôme en poche. Mais à ce moment là, j’ai choisi de refuser. J’en avais assez de faire tous ce qu’il demandait. J’étais un jeune homme de 21 ans, et j’avais envie de croquer la vie à pleine dents. Nous avons eu une violente dispute le soir de mon refus, mais je ne pourrais pas te la décrire, car j’ai préféré oublier ce fichu moment. Le lendemain, j’ai utilisé un peu d’argent durement gagné pour m’offrir un voyage à Las Vegas. C’est à ce moment là que j’ai lancé ma carrière de compteur de cartes.

Aelita fronça les sourcils, ce qui amusa son père.
-Je n’ai pas toujours été ce vieux scientifique rabougri. Et ces années furent parmi les plus belles de ma vie: avec mon niveau en calcul mental, je gagnais des milliers de dollars sans jamais me faire prendre. Je vivais confortablement, j’avais des amis riches, et un certains nombres de conquêtes. Mais tout à voler en éclats. Et je pense aujourd’hui que Herman n’était pas étranger à ce malheur.
Je me suis fais prendre, j’ignore encore comment c’était arrivé, mais j’ai passé un sale quart d’heure. Les gorilles du casino que je fréquentais le plus souvent m’ont mis en pièces. Et je suis rentré chez moi en boitant avec une gueule démolie, pour découvrir que j’avais été cambriolé. Tou mon argent avait disparu, et mon compte en banque avait été vidé je ne sais comment. Je me suis retrouvé à la rue sans un sou pendant deux mois. Tout mes « amis » m’avaient abandonnés, et je ne parles même pas de mes conquêtes qui ont oubliées mon existence. Vivre dans la rue a été une expérience plus que déplaisante. Heureusement pour moi -enfin, si on peut dire ça-, Herman m’a retrouvé. Et il m’a à nouveau proposé de rentrer en France pour travailler pour lui. Et j’ai été forcé d’accepter. Cela a duré trois longues années, et j’ai vite compris que Herman me considérait comme étant indispensable. J’avais bien plus d’imagination que lui -à ce moment là en tout cas-, et mes inventions faisaient la fortune de son « entreprise ». Jusqu’au jour où j’ai rencontré ta mère.

Un soupçon de tristesse s’était glissé dans les dernières paroles de Franz, une tristesse qu’Aelita ne connaissait que trop bien.
-C’était une jeune stagiaire qu’Herman m’avait envoyé. Je dois dire qu’au départ, j’étais assez vexé. J’étais le scientifique le plus brillant de la boite, et c’était à moi qu’on confiait la jeune étudiante. Mais je ne me suis pas plaint très longtemps: Ta mère était d’une intelligence hors du commun. Elle comprenait tout ce que je lui apprenais et buvait mes paroles comme si c’était du vin de messe -oui, ta mère était très croyante-. J’ai finis par adorer passer du temps avec elle, elle était si brillante. Nous avons commencé à nous fréquenter hors du travail, même si au final, nous ne parlions presque que de cela. J’ai rencontré ses amis, et même sa mère -qui ne m’aimait pas beaucoup au passage-. Et puis un soir, je suis tombé amoureux d’elle. Je me souviendrais toute ma vie de cette soirée, nous avions passés une bonne partie de la nuit à nous promener dans les rues de Paris avec une bouteille de whisky à la main. Et nous avons finis chez elle, le lendemain, au-delà de son génie, j’ai vu sa beauté, et je n’ai pas été capable de voir quoique ce soit d’autre après ça.

J’avais peur que notre relation ne dure qu’une soirée, mais je fus vite rassuré lorsque le lendemain, ta mère me confia ses sentiments. Et je fis de même. Notre histoire fut vite connue au sein de l’entreprise, mais Herman n’était pas inquiet car je continuais de fournir du bon travail. Un an plus tard, ta mère et moi nous nous sommes mariés, et là encore mon frère n’a pas fait d’objections. Il a même payé pour le mariage, et a vanté mes qualités auprès de ma belle famille qui s’était toujours montrée méfiante à mon égard. Tout se déroulait pour le mieux, jusqu’à ce que tu viennes au monde huit mois plus tard. Herman et moi avons eu notre première vraie dispute depuis un bout de temps. Je voulais quitter son entreprise pour m’occuper de ma famille, mais lui était intransigeant à ce sujet. Au final, nous sommes parvenu à trouver un compromis: il m’offrait trois mois de congés pour prendre soin de ta mère et toi, et il mettait à notre disposition une baby-sitter dès que nous en avions besoin. Je n’étais pas vraiment satisfait, mais c’était mieux que rien et je m’en suis contenté. Jusqu’à ce que je ne découvre l’horrible vérité.

Franz marqua une pause, raconter cette histoire était éprouvant pour lui, mais il trouva la force nécessaire pour continuer.
-Je travaillais sur un projet qui avait été baptisé le « Projet Carthage ». Je dois avouer que j’ai mis du temps à me poser des questions sur ce projet tant il était passionnant. J’y avais mis toute mon énergie et tout mon talent, et même pendant mes congés, je continuais de travailler là-dessus. Mais un détail avait éveillé ma curiosité: j’ignorais complètement à quoi ce projet allait servir. J’ai donc fais quelque recherches, et j’ai découvert qu’il s’agissait d’un projet militaire commandé par le gouvernement français dans le but de contrôler les réseaux informatiques du monde entier. Pour quelqu’un comme moi qui connaissait de nombreux secrets concernant la guerre froide, je savais ce que cela allait entrainer. Mais pire encore, j’ai découvert que « l’entreprise » de mon frère n’était qu’une couverture pour couvrir une organisation criminelle d’envergure mondiale. J’ai failli m’évanouir en voyant cela. Prit de panique, j’ai confier tout ce que j’avais découvert à ta mère. Et nous avons prit la même décision: celle de nous enfuir.

J’ai acheter un chalet en Suisse, changer nos noms, modifier nos comptes etc… Et nous sommes allés nous installer dans les montagnes. La première année fut l’une des plus stressantes de toute ma vie, j’étais persuadé qu’Herman allait nous retrouver. Mais plus le temps passait, plus nous nous sentions en sécurité. Et plus tu grandissais, et tu nous comblais de bonheur. Mais lorsque tu avais cinq ans, j’ai commis une terrible erreur.
J’ai piraté les serveurs de l’organisation pour savoir comment avançait le projet. Au départ, j’étais satisfait car il était au point mort. Mais Herman m’a retrouvé grâce à cela, et il… Il a enlevé ta mère…
Une larme coula le long de la joue de Franz Hopper, mais il se força à continuer. Il voulait en finir.
Juste avant de nous quitter, ta mère m’a demandé de lui promettre de veiller sur toi quoiqu’il arrive. Et cela m’a encouragé à fuir une deuxième fois, à Paris, où j’ai pris le nom de Franz Hopper, et que j’ai commencé à enseigner au collège Kadic. J’imagines que je n’ai pas vraiment besoin de te raconter cela.

Aelita acquiesça. Franz reprit alors:
-Je n’avais cependant pas l’intention de laisser Herman s’en tirer à si bon compte. Alors j’ai décidé de détruire son projet, et avec un peu de chance, son organisation. Je me suis alors pris pour meilleur que je ne l’étais, et j’ai pirater les fonds de son « entreprise » afin de me construire un supercalculateur dans l’usine renault que tu connais. Ça a plutôt bien fonctionné, en quelque mois à peine, j’avais réussi l’impossible à moi tout seul. Et grâce à la fonction « retour vers le passé » que j’avais découverte, je disposais de tout le temps nécessaire pour préparer ma vengeance, et te mettre à l’abri. Mais j’ai à nouveau pêché par orgueil, je croyais que Herman était mon seul adversaire. Je compris un peu tard que le gouvernement français pour lequel mon frère travaillait, avait également des projets pour moi. Ils ont du percer à jour ma véritable identité, et on envoyé les gros bras chez nous.
-Les hommes en noirs. Se remémora Aelita.
Franz acquiesça.
-Des agents de la DGSE envoyés spécialement pour nous. Je compris que nous étions fait, mais le gouvernement ignorait tout de mon supercalculateur et de Lyoko. J’en ai alors déduis que c’était le seul endroit où nous serions en sécurité. Le reste tu le connais, je nous ai envoyé sur Lyoko, et j’ai demandé à X.A.N.A. d’éteindre le supercalculateur après que nous nous soyons tout les deux réfugiés dans des tours. J’avais programmé ma machine pour qu’elle se rallume d’elle-même après plusieurs années. Mais comme tu le sais, ce ne fut pas le cas. L’organisation avait bien exploitée ta mère, et elle réussi à nous retrouver. J’ai alors tenté de détruire ce tas d’ordure en me servant de X.A.N.A.. Mais j’ai manqué de chance.
-Que s’est-il passé?
Franz sourit de manière ironique.
-Et bien, de ce que j’ai compris, c’est Seth qui est intervenu.
Aelita resta interdite. Elle n’avait aucune idée de ce que racontait son père.

-Seth est une créature mutante créée par Herman. Lorsque j’ai envoyé X.A.N.A., il l’a absorbé. Mais seulement la moitié du programme, ce qui était déjà bien assez. Mon attaque fut un échec, et je n’eu d’autres choix que de te ramener sur Lyoko malgré la présence de ta mère. Je devais honorer ma promesse, et te protéger.
-Et ensuite?

La voix d’Aelita était fébrile, elle bataillait pour retenir les larmes de son corps.
-Ensuite je t’ai mis en sommeil pour éviter que tu ne te débattes. Puis j’ai tenté de m’attaquer à nouveau à l’Organisation, mais c’était un peu tard pour ça.
La princesse de Lyoko haussa un sourcil, et Franz clarifia:
-Heath et Seth avait déjà détruit le complexe dans lequel reposait le supercalculateur. Nous mettant à l’abri pour un certain temps. De plus, et selon les dires de Heath, Seth a tué Herman.
Aelita se paralysa d’horreur en entendant ses paroles, jamais elle n’aurait imaginé le mutant capable d’une telle chose. Franz poursuivit, visiblement pressé d’achever son récit:
-Heath et Seth sont alors venu à notre rencontre grâce à X.A.N.A.. Et aujourd’hui, nous combattons ensembles contre les restes de l’organisation qui continue de nous pourchasser. Sauf que cette fois-ci, j’ai bien l’intention de les anéantir, et de nous permettre de vivre normalement, et en sécurité, pour toujours.
Aelita se leva, incapable de contenir les larmes qui coulaient le long de ses joues. Et se précipita dans les bras de son père afin d’étouffer ses sanglots. Celui-ci imita sa fille, et laissa ses pleurs envahir ses yeux. Il plaça ses bras protecteur autour de son enfant, et la serra aussi fort qu’il put.
-Je t’aime mon ange, murmura-t-il, et je ferais tout pour te protéger. J’ai fais cette promesse à ta mère.

27 septembre 2001, Boulevard Barbes 21h12

Animé par une rage animal, Heath paya son taxi et sortit de la voiture sans attendre sa monnaie. Le quartier de Barbes était l’un des plus malfamés de la capitale française. Les prostitués africaines étaient incroyablement nombreuses, de même que les dealers, les voyous, et les sans-abris. Tous ce que l’allemand voyait autour de lui faisait penser à un bidonville moderne. Il se demandait comment une fille comme Abigail Hobbs pouvait choisir un tel endroit comme lieu de rendez-vous.

Comme pour répondre à sa question, la jeune fille lui fit un petit signe de main. Elle était tranquillement assise sur un banc, une cigarette au bec. Il fallait être aveugle pour manquer la cohorte de noirs qui la fixaient de leurs regards affamés.
Pressé d’en finir, Heath se planta devant la jeune fille, et la toisa du regard.

-Où est ma carte?
-Bonsoir, répondit Abigail en laissa la fumée lécher ses belles lèvres, on ne t’as jamais appris à saluer avant de parler?
Le psychopathe prit une grande inspiration, et se relaxa. Il était évident que la jolie hollandaise tentait de le faire sortir de ses gonds par tout les moyens. Et bien qu’il en ignorait la raison, il était bien décidé à ne pas jouer à son jeu.
-Bonsoir, répondit-il d’une voix bien plus calme, est ce que tu as ma carte?
-J’ai bien peur que non, mais si tu te comportes bien, je te la rendrais.
Sur ses mots, elle invita l’allemand à s’asseoir près d’elle.
Bien que réticent, ce-dernier accepta l’invitation.
-Pourquoi nous donner rendez-vous ici? Demanda-t-il en observant les alentours. Ce quartier est dégueulasse.
-Tu viens de donner la réponse à ta question, dit Abigail en tirant sur sa cigarette. Nous sommes dans le trou du cul de Paris, tout ici est sale, bourrés des pires parasites existants. Le cauchemar pour tout parisien qui se respecte.
Elle tira une nouvelle bouffée, avant d’éclater de rire.
-J’adore cet endroit, commenta-t-elle en pouffant.

Les yeux de Heath roulèrent d’exaspération, cette fille était tellement cinglée à ses yeux.
Il s’apprêtait à lui faire part de sa pensée, lorsqu’un grand homme de couleur noir le poussa sans ménagement pour s’asseoir à côté de la jolie rousse.
-Dégage connard, lâcha ce dernier en posant une main sur le genou de la jeune fille, celle-là est à moi.
Heath le saisit par la nuque, et l’envoya percuter un arbre de plein fouet. L’homme s’écroula au sol, un filet de sang coulant de son front.
-Pas mal, applaudit Abigail, mais je crois que tu t’es foutu dans la merde.
Sur ses mots, la jeune fille désigna la douzaine d’hommes qui les encerclaient. Une lueur furieuse étincelait dans leurs regards.
-Tu t’en prends à l’un d’entre nous, tu t’en prends à nous tous. Cracha l’un d’entre eux.
Heath ricana, se leva, et fit craquer sa nuque.
-Mais c’était bien mon intention.

Sans crier gare, l’allemand bondit sur le plus proche de ses assaillants, et le percuta d’un coup d’épaule. Un craquement hideux se fit entendre, sa victime tomba du trottoir, et hurla en se tenant la clavicule.
Deux autres sortirent des machettes de sous leurs chemises, et se lancèrent à l’assaut. Heath saisit leurs poignets, et les brisa d’une simple pression.
Un homme plus grand que les autres le ceintura, et tenta de l’étrangler. Le psychopathe éclata de rire, avant de lui administrer un coup de coude dévastateur. Et une fois libérer, il lui colla une gifle monumentale. Son agresseur tournoya dans les airs, et s’écrasa sur le sol, la mâchoire disloquée.
-Ça suffit!
Heath se retourna, l’un des africains s’était emparé d’Abigail, et menaçait de lui trancher la gorge avec un cutter.

-La fille est à nous. Gronda-t-il, si tu fais un geste, je la butes.
L’allemand soupira, avant de glousser.
-Si vous voulez vous faire cette pouffe, lâcha-t-il en désignant la belle rousse du doigt, faites vous plaisir.
Les africains furent alors plongés dans un abîme de perplexité, ignorant s’il s’agissait d’un piège ou s’il était sérieux.
Abigail profita de cette occasion pour planter un couteau à cran d’arrêt dans la cuisse de son agresseur. Une fois libérée de son emprise, elle se retourna, et traça une belle estafilade sur son visage. L’homme cria sa douleur en plaquant ses mains sur sa figure, avant de s’écrouler dans les bras de ses comparses. Satisfaite, Abigail se plaça aux côtés de Heath.
-Connard, soupira-t-elle à l’encontre de l’allemand qui répondit par un sourire mauvais.
Terrorisés, les africains ramassèrent leurs blessés, et déguerpirent sans demander leur reste.

Déçu, Heath se tourna vers la jeune fille.
-File moi une clope.
-Demande-moi gentiment, répliqua-t-elle en lui collant son cran d’arrêt sous la gorge.
Vif comme un serpent, Heath se saisit de son poignet, plongea la main dans son sac, et en sortit un étui à cigarette en argent.
Il se vissa l’une d’entre elles au bec, et regarda la jeune fille droit dans les yeux.
-Est-ce que je dois encore demander gentiment pour avoir du feu? Demanda-t-il en la lâchant.
Abigail le foudroya du regard, avant de lui tendre un zippo en or massif.
L’allemand alluma sa clope, et souffla sa fumée au visage de la jolie rousse.
-Ma carte.
-Je ne l’ai pas, si tu veux la récupérer il va falloir faire un jeu.
Confiant comme jamais, le psychopathe ne pu s’empêcher de ricaner.
-Si tu veux, alors de quoi s’agit-il?



27 septembre 2001, Boulevard Barbes, 21h 47




Heath ignorait ce qui lui était passé par la tête pour avoir accepté l’invitation d’Abigail. Toujours était il qu’il se retrouvait à présent dans la chambre d’un hôtel miteux, en compagnie de la belle rousse, et de deux prostituées africaines qui semblaient plus jeunes qu’elles ne le prétendaient. Le psychopathe avait l’impression désagréable de n’être qu’un pantin dans le jeu malsain de la jeune fille. En effet, celle-ci avait poussée la porte de l’hôtel comme une habituée des lieux. Elle avait réglée la somme exacte en liquide au réceptionniste, et avait même indiquée la chambre qu’elle désirait.

Les prostituées avaient suivie sans poser de question, mais Heath n’était pas dupe, et il détestait cette manière qu’elle avait de le prendre pour son jouet.
Le lit ne devait son nom qu’à sa forme, le matelas était dans un triste état, et les draps empestaient la lessive bon marché. L’allemand frémis de dégoût, il se demanda combien de porcs s’étaient amusés à copuler dans ces draps.

-Alors ça t’excite? Ricana Abigail.
Écoeuré, le jeune homme s’apprêtait à rétorquer d’une réplique cinglante. Mais au moment où il tourna la tête, il se retrouva avec les lèvres de la jeune fille collées aux siennes. Paralysé d’horreur, il reprit rapidement ses esprits à l’instant où la jeune fille tentait d’insérer sa langue dans sa bouche. Il rejeta sa tête en arrière pour rompre le baiser, et fixa son bourreau avec un profond sentiment de dégoût.
Cette dernière posa ses poings sur les hanches, et poussa un profond soupir. Puis elle se tourna vers les prostituées:
-Dites, vous croyez que je vous ai payé pour rien foutre? Venez donc m’aider.
Les africaines hochèrent la tête, et se déshabillèrent sous le regard médusé de Heath. Une fois leurs vêtements sur le sol, elles s’approchèrent du psychopathe qui recula de quelques pas. Abigail se plaça discrètement derrière lui, le saisit par les épaules et le força à s’allonger. Glacer d’horreur par ce qui lui arrivait, Heath n’était pas en état d’opposer la moindre résistance.

La belle rousse posa la main sur son torse musclé, et susurra à son oreille:
-Je suis sûr que tu vas aimer ça.
Complètement sous le choc, le psychopathe vit l’une des prostituées défaire sa ceinture et baisser son pantalon. Tandis que l’autre retirait ses chaussures, ses chaussettes, et au comble de son horreur, son caleçon.
Heath écarquilla les yeux à s’en faire exploser la rétine, jamais personne n’avait vu son sexe, jamais personne n’avait osé toucher son corps. Jamais il ne s’était sentit aussi faible.
La fellation que lui pratiquèrent les jeunes femmes lui arracha un gémissement étrange, ce qui amusa Abigail.

-Détends-toi, dit elle en promenant sa langue sur son visage pour son plus grand dégoût, laisse nous s’occuper de toi.
Les africaines suivirent son exemple, et laissèrent leurs mains se promener sous la chemise de l’allemand. L’une d’entres elles se redressa pour l’embrasser, mais Abigail l’envoya paitre d’un regard glacial.
-Ça c’est à moi, occupez-vous de vos affaires.
La prostituée reçu parfaitement le message, et s’abaissa pour aider sa collègue. De son côté, Abigail avait enfin réussit à s’accaparer les lèvres de Heath, et elle ne comptait pas les laisser s’échapper de si tôt.
Du coin de l’oeil, elle remarqua que le sexe de l’allemand était en train de gonfler. Ce qui, de toute évidence, n’était pas pour la déplaire.

-Il est prêt, lâcha-t-elle en indiquant du regard le membre de sa victime. Faites votre boulot.
Intrigué par ses paroles, Heath rouvrit les yeux, et découvrit avec effroi qu’on lui avait enfilé un préservatif. L’une des deux jeunes femmes s’était à présent positionnée au-dessus de lui, et descendait doucement tout en écartant ses lèvres vaginales.
Mais au moment où l’irréparable était sur le point de se produire, le psychopathe se sentit envahir par un profond sentiment de rage. D’un geste, il repoussa Abigail. La jeune fille en fut si surprise qu’elle en tomba du lit.
Rapide comme un serpent, Heath plaça sa main en opposition entre son sexe, et celui de la prostituée. Avant de la saisir par le vagin, et de l’envoyer valdinguer. L’africaine fit un salto arrière absolument pas controlé, avant de s’étaler lourdement sur le sol. Sous le choc, sa collègue se mit à ramper en arrière en criant de peur.
-Ta gueule! Cracha le psychopathe visiblement à nouveau maitre de lui-même. Maintenant allez vous faire foutre ailleurs!

Les africaines hochèrent la tête, récupérèrent leurs affaires, et déguerpirent sans demander leurs restes. Satisfait, Heath dirigea son regard furieux contre Abigail. La jeune fille semblait plutôt dégoutée de voir son jolie plan partir en fumée.
-Heureusement que je les ai bien payées, soupira-t-elle. Avant que l’allemand ne la saisisse par le chemisier avant de la plaquer contre le mur.
-J’ai trois mots à te dire, sourit Heath en approchant sa main gantée du visage de la belle rousse.
Un bruit d’éclat métallique vint cependant le couper dans son élan, l’allemand haussa un sourcil, et chercha du regard ce qui avait bien pu le causer.
Il aperçu alors le morceau de lame brisée qui reposait sur la moquette, et le couteau à cran d‘arrêt cassé qu’Abigail fixait avec incompréhension.
Heath aperçu alors le trou dans sa manche, le reste était simple à deviner.
-C’est tout ce que t’as? Soupira-t-il d’une voix pleine de déception.

Tout en pressant son avant-bras contre sa gorge pour l’empêcher de s’enfuir, Heath retira l’un de ses gants. La jeune fille contempla alors avec stupeur la main métallique du jeune homme.
Un sourire dément se dessina sur les lèvres de celui-ci, il la saisit par le menton, et la souleva de terre.
-Maintenant c’est à mon tour de m’amuser.
D’un geste, il arracha le chemisier d’Abigail, dévoilant une poitrine parfaitement dessinée.
-Jolie, commenta-t-il en saisissant celui de droite. Lequel est ce que je devrais arracher en premier d’après toi?

La jeune fille ne répondit pas, elle semblait hypnotisée par les membres métalliques du psychopathe. Vexé de son manque d’attention, Heath colla son front contre celui de sa victime.
-Il me semble t’avoir promis que le médecin légiste qui ouvrirait ta housse mortuaire vomirait en te voyant. Mais je crois qu’au final, il n’y aura pas besoin de housse mortuaire. Je filerais ce qui restera de ton corps pitoyable aux chiens du premier clochard que je croiserais dans ce quartier de merde.
Sans crier gare, Abigail profita de ce rapprochement pour l’embrasser à nouveau. Surpris, Heath relâcha sa victime, recula d’un pas, et cracha sur le sol.

-Sale pute!
Mais alors qu’il était bien décidé à faire payer ce nouvel affront à la belle rousse en lui arrachant les tripes, ce qu’il vit le coupa dans son élan.
Abigail pleurait.
Ce n’était pas des larmes de terreurs, comme Heath avait pu en voir des litres au cours de son existence. Non, c’était de la tristesse et du désespoir qui coulaient le long de ses belles joues.
-Pourquoi? Murmura-t-elle plus pour elle même que pour Heath. Pourquoi?
L’allemand contempla la jeune fille pendant une seconde, avant de lui tourner le dos. Il renfila son pantalon et ses chaussures, puis se dirigea vers la sortie.
-Attends!
Heath commençait à en avoir ras le bol de cette fille, il la considérait comme étant complètement timbrée.
-« Et toi tu te prétends sain d’esprit? »Souffla la voix d’Intelligence.
-« Ta gueule! »
L’allemand se retourna, et son regard croisa les yeux enragés de la jeune fille. Étrangement, savoir qu’il avait réussi à l’énerver lui procura un délicieux sentiment de satisfaction.
-Qu’est ce que tu veux encore? Soupira-t-il.
Il avait prit soin d’employer un ton particulier, un ton qui laissait penser que la belle rousse était devenu une source d’ennui mortel. Et il fut heureux de constater qu’il avait fait mouche.

-J’ai croisé des centaines d’hommes dans ma vie. Des cons, des tarés, des beaux, des arrogants et j’en passe. Chacun d’entre eux m’a trouvé belle. Pourquoi pas toi?
-Tu ES belle espèce de conne, c’est juste que j’en ai rien à foutre. Tu n’as aucun intérêt à mes yeux.
Dire qu’Abigail était choquée aurait été un euphémisme. Satisfait, Heath ouvrit la porte pour sortir. Avant que la jeune fille ne la lui claque au nez.
-Tu me gaves, cracha-t-il, laisse moi passer ou je t’écartes.
-On n’en a pas terminé, tonna Abigail.
Heath leva les yeux au ciel.
-Et qu’est ce que tu vas faire maintenant? Tu vas appeler d’autres putes? Ou alors tu vas encore tenter de m’embrasser pour essayer de te convaincre que tu es irrésistible?

-Non.
-Quoi alors?
-Je veux… Je veux parler.
-Pardon?
-Tu m’as compris, je veux qu’on parle toi et moi.
Si la main de Heath n’avait pas été en métal, il se serait déjà frappé le front.
-Tu m’as fais corriger des blacks, amené dans une chambre d’hôtel pour me faire baiser avec des putes qui étaient probablement bourrées de maladies, et tu m’as embrassé de force. J’ai ruiné tout ton plan, j’ai menacé de te buter, j’ai arraché ton chemisier, je t’ai fais chialer. Et maintenant tu veux qu’on cause? C’est quoi encore ce jeu à la con?
-Ce n’est pas un jeu, lâcha Abigail. Je ne veux plus jouer.

Heath fronça les sourcils, mais resta méfiant. La jeune fille releva la tête, ses yeux semblaient sincères cette fois.
-Je veux seulement qu’on cause, j’ai encore assez de clopes et d’alcool pour un bout de temps. Et je me fiches de l’heure à laquelle je rentrerais chez moi. Ça te va comme plan?
-En quoi est ce que ça m’irait? Soupira l’allemand. Tu ne m’intéresses pas.
-Ça tu n’en sais rien, cracha la jeune fille. Tu ne sais rien de moi, je t’ai entrainé dans mon jeu, et t’en ai sorti. Je veux savoir ce qui te rends différent des autres.
-Je ne vois toujours pas ce que j’y gagne.

-Ça ne t’intéresses pas de savoir pourquoi tu ne m’as toujours pas tuée?
Heath se figea pendant une seule seconde, suffisamment pour qu’Abigail comprenne qu’elle avait vue juste.
-Ne me fais pas croire que c’est simplement parce que je ne t’intéresses pas. Je ne te crois pas, je penses plutôt que c’est le fait de me tuer qui ne t’intéresses pas. Et je suis sûr que même toi tu ne sais pas pourquoi.
Heath pesta, et jeta un regard mauvais à la jeune fille qui lui indiqua la direction du lit.
-On s’assoit?
Blasé, le psychopathe sembla peser le pour et le contre. Avant d’obtempérer un peu à contrecoeur.
-Bien, sourit Abigail en s’asseyant à son tour. Alors je commences.

27 septembre 2001, Boulevard Barbes, 00h 23

Le fait qu’Abigail boive la moindre des paroles de Heath était gratifiant pour ce dernier, mais également assez gênant. Il n’aimait pas cet espèce de regard de biche qu’elle lui lançait chaque fois qu’il commençait à raconter un moment important de sa vie. Enfin, il avait bien entendu réinventer la partie de son passage dans l’organisation et comment il était arrivé dans la famille d’Aelita. Il n’était pas si bête.

-Et ta mère?
Heath s’arrêta brutalement dans son récit, et fronça les sourcils. Il détestait être interrompu, encore plus lorsqu’il racontait la raison pour laquelle il avait tabassé une infirmière.
-Quoi ma mère?
-Tu m’as beaucoup parlé de ton père, mais jamais de ta mère. Enfin, mis à part sa mort.
-Qu’est-ce que tu veux savoir?
-Est ce que tu l’as aimée?
La question le prit par surprise, à tel point qu’il n’était pas sûr de sa réponse.
En temps normal, il lui aurait ri au nez. Mais Abigail avait été d’un sincérité étonnante durant leur petite conversation, sincérité qui avait été confirmée par le détecteur d’Intelligence.
Heath ne s’était encore ouvert à personne, mis à part Seth. Mais là, cela servait un but précis. Alors que dans ces circonstances, il ignorait encore pourquoi il racontait tout ça.

-« Parce que tu en as envie », l’informa Intelligence.
L’allemand soupira, avant de s’adresser à nouveau à la jeune fille:
-Je penses que oui, mais je ne serais pas capable de l’affirmer avec certitude. Ma mère était quelqu’un d’assez simple, et elle aimait trop ses enfants.
Le visage d’Alister émergea dans son esprit. Heath le chassa presque immédiatement.
-À toi de raconter quelque chose.
Abigail soupira.
-Je ne sais plus tellement quoi te dire, avoua-t-elle.
-Alors c’est à ça que se résume ta vie? Se moqua-t-il. Une pute, un vieux, un binoclard, un castré et un brûlé?
La jeune fille lui lança un regard noir auquel il répondit par un sourire maléfique.
-Je ne peux peut être plus vraiment parler de mon passé, mais j’ai un avenir.
-Ah vraiment? Et en quoi est il si important?
Cette fois-ci, ce fut au tour d’Abigail de sourire.

-Mon avenir se résume pour l’instant à un seul mot: « Vengeance ».
Satisfaite de l’intérêt que semblait lui porter l’allemand, elle poursuivi:
-Je comptes détruire un certain nombre d’individu, et par « détruire », je veux dire « anéantir ». Leur travail, leur vie, leur famille. J’ai l’intention de tout prendre. J’anéantirai leur existence de la surface de la Terre une bonne fois pour toute.
-Et tu comptes faire quoi? Dépêcher une armée de putes pour les baiser jusqu’à la mort?
Abigail éclata d’un rire cristallin, réellement sincère aux yeux de l’allemand.
-C’est pas une mauvaise idée. Avoua-t-elle entre deux éclats de rire. Mais non, j’avais en tête quelque chose de moins agréable.
Heath sourit, la jeune fille se révélait être plus amusante qu’il ne l’avait cru.

Abigail nota ce petit changement de comportement, et sourit à son tour.
-Alors? Est ce que tu sais maintenant pourquoi tu ne m’as pas tuée?
Le sourire de l’allemand se décomposa, pour laisser place à une moue de déception. Il n’avait aucune envie de répondre à cette question qu’il jugeait idiote.
-J’ai simplement eu pitié de toi. Lâcha-t-il. Je t’ai trouvé assez pitoyable. Ça ruinait mon plaisir.
La gifle qui suivit la fin de sa phrase ne lui infligea aucune douleur physique. En revanche, ses yeux s’emplirent de colère, la même qui brillait dans le regard de la jeune fille.
-Je t’interdis d’avoir pitié de moi, cracha-t-elle pleine de haine.
Un sourire maléfique se dessina sur le visage de Heath, il colla son nez contre celui de son interlocutrice, et plongea son regard dans le sien.
-Tu es un être… Absolument… Pathétique.
En rage, Abigail leva à nouveau sa main, mais Heath s’en saisie. La jeune fille tenta de se débattre, mais elle ne pouvait rien face à la puissance physique du psychopathe. Il se saisit de son deuxième bras, et la plaqua contre le lit.
Abigail était furieuse, mais elle se figea lorsqu’elle remarqua la proximité du visage de Heath avec le sien. Son regard bleu acier semblait avoir plus d’effet sur elle que ses bras de métal.
-Tu comptes encore m’embrasser? Se moqua le psychopathe. Avant qu’Abigail ne lui morde la joue de toutes ses forces.
Heath n’était pas vraiment gêné par cette drôle de tentative. Néanmoins, lorsque la jeune fille le relâcha, il nota le sang qui coulait le long de ses lèvres. Il sentit alors un liquide chaud dévaler sa joue, pour tomber sur la poitrine nue de la belle rousse. Heath contempla avec fascination l’hémoglobine qui coulait le long de la magnifique peau de la jeune fille. Ce qui n’échappa pas à l’attention de cette dernière.
-Le sang t’excites, pas vrai?
Heath la regarda droit dans les yeux, ce qui permit à un peu plus de son sang de couler sur le visage d’Abigail.
Le sourire aux lèvres, il libéra son bras droit. Et se mit à faire danser la griffe de métal qui lui servait d’index, sous les yeux de la jeune fille. Avant de le placer juste au dessus de son oeil.
-« Il ne doit pas faire ça! » Hurla une voix dans la tête d’Abigail. « Ne le laisse pas faire ça !»
Heath planta le bout de sa griffe dans la peau de la belle rousse, et sourit
-« Tu ne vas pas faire ça!  Tu ne vas pas le laisser mutiler ton visage! Plus jamais ils ne te regarderont de la même manière! »
-« Je m’en fous. »
Lentement, Heath traça une fine ligne ensanglantée qui traversa entièrement son visage. Abigail se crispa de douleur pendant quelques secondes. Jusqu’à ce qu’il finisse le travail.
-Ceux des autres plus que le mien. Dit il en contemplant la figure couverte de sang de la jeune fille.
Cette dernière ne bougea pas, elle resta un moment à contempler le regard nouveau qui venait de naître dans les yeux de Heath. De sa main libre, elle récupéra le sang de sa blessure, avant d’y rajouter celui de l’allemand. Pour finalement l’étaler sur leurs lèvres.
-Et si on goûtait? Murmura-t-elle en rapprochant à nouveau sa bouche de celle du psychopathe.
Cette fois-ci, il n’y eu aucune protestation, aucun rejet, aucun dégout. Heath accueilli ses lèvres avec les siennes, ce qui permit à Abigail d’échanger le plus splendide baiser qu’elle eut jamais goûté. Leurs langues s’entremêlaient de manière sauvage, partageant avec délice le goût de l’autre. Heath avait toujours adoré la saveur unique du sang, et celui d’Abigail était absolument exquis.

Lorsque leurs lèvres finirent par se séparer, la jeune fille récolta à nouveau un peu de sang, et l’étala langoureusement sur sa poitrine. Amusé, Heath ne put s’empêcher de glousser:
-Sérieusement?
La faim qu’il lisait dans le regard de son amante lui servit de réponse. L’allemand était transcendé par ces yeux, fasciné par le désir immense que cette jeune femme avait pour lui.
Il mordit violemment son téton, ce qui fit légèrement crier la belle rousse. Heath se mit à promener sa langue sur la poitrine de la jeune femme, comme un prédateur lècherait un bout de viande fraiche. Il prit soin de ne pas y laisser la moindre goute de sang.

Abigail se redressa, ce qui obligea l’allemand à faire de même. Ils échangèrent un nouveau baiser, tandis qu’elle déboutonnait sa chemise.
Il ne fallut pas longtemps pour que l’intégralité de leurs vêtements déguerpissent du lit.
La jeune fille se sentit tout à coup envahie par une fragilité qu’elle ne se connaissait pas. Aucun homme ne l’avait encore vu nue jusqu’à présent, et cela la rendait un peu nerveuse. Pour ne rien arranger, c’était Heath Lancaster qui avait sa peau collée contre la sienne. Et elle ignorait encore ce que cela impliquait.
Mais elle s’en moquait.

L’allemand avait positionné son sexe à l’entrée de son intimité, ce qui était presque risible étant donné sa réticence d’il y a quelques heures.
-Je ne vais pas y aller doucement. Prévint Heath d’une voix sadique.
Nullement impressionnée, Abigail saisit le visage de son amant à deux mains, et plongea ses yeux bleus dans les siens.
-Déchire-moi.
Elle regretta ses paroles, Heath l’empala. Le cri de douleur qu’elle lâcha fut cette fois tout ce qu’il y avait de plus authentique. Son corps tout entier fut transpercé par la souffrance, au grand amusement du psychopathe, qui laissa échapper un petit rire.
Vexée et furieuse, la jeune femme repoussa son amant, et s’assit à califourchon sur lui.
Elle planta ses ongles dans sa peau, et se mit à remuer ses hanches de manière à faciliter la pénétration et forcer son corps à s’y habituer.

Une stratégie qui fonctionna à la perfection, puisqu’elle se surprit à gémir de plaisir. La douleur disparu rapidement, et une volée de spasmes incontrôlables vint ébranler son corps. Heath se redressa, et plaqua ses lèvres contre les siennes. Abigail était heureuse, c’était le premier baiser qu’il lui offrait.

Les deux amants perdirent rapidement la notion du temps, leurs ébats furent longs. Les positions qu’ils utilisèrent nombreuses, et la sauvagerie et le désir qui les consumaient n’avait cessés d’augmenter. Jusqu’à atteindre le point culminant. L’orgasme commun qui les secoua leur arracha à tout deux un rugissement de plaisir, les murs de l’hôtel miteux tremblèrent, incapables de contenir leur fougue.
Épuisée, Abigail s’écroula sur Heath, et lui arracha un dernier baiser avant de le libérer de son étreinte.

De son côté, le psychopathe avait définitivement cessé de penser correctement. Il avait oublié ses meurtres, il avait oublié l’Organisation, il avait oublié Lyoko. Il avait même oublié qui il était réellement, car il n’était plus sûr de le savoir lui-même.
Abigail sentait la semence de son amant couler le long de ses cuisses, ce qui la fit frissonner. Le fait d’avoir perdue sa virginité la laissait perplexe, elle qui avait toujours été fière de l’avoir préservée des instincts animaliers des hommes.

Mais Heath Lancaster n’était pas un homme, c’était un démon, un démon à qui elle avait inconsciemment vendue son âme.
Elle passa la main sur son visage, et contempla le sang qui y coulait toujours. Abigail n’avait jamais vraiment su si elle devait considérer sa beauté comme étant un don, ou une malédiction. Cette marque nouvelle lui permettait d’y trouver un bon compromis, et cela lui laissera un souvenir de la première nuit où elle s’est sentie réellement vivante.

Son vagin la faisait souffrir, ce qui était assez normal quand elle y pensait.
Elle avait ordonné à Heath de la déchirer, et le psychopathe n’y était pas allé de main morte. Mais qu’à cela ne tienne, cela en avait vraiment valu la peine.
Satisfaite, elle se tourna vers lui pour le contempler.
-« Il tire une tête si sérieuse. » songea-t-elle en observant sa moue pensive.
-A quoi est ce que tu songes?
Le psychopathe interrompit ses pensées, et croisa le regard de la jeune fille.
-Je me demandais pourquoi j’avais fais ça, avoua-t-il sans aucune retenu. Jusqu’à présent, je ne voyais les femmes que comme des jouets fragiles. Toi en revanche… Je ne saurais pas te décrire. Tu es assez intéressante, mais ce n’est pas ton seul truc. Et je n’arrives pas à mettre le doigt dessus.
-Tu te poses de ces questions, railla-t-elle en l’embrassant sur les lèvres. Pourquoi est ce que tu veux absolument tout savoir?
-En quoi est ce que c’est dérangeant?

-Tu casses l’ambiance, et tu profites pas du moment. On a couchés ensemble, il y aura beau y avoir un millier de raisons qui expliqueraient notre geste, on a pas à se préoccuper de ça. Qu’est ce qu’on s’en fout de savoir pourquoi on a fait ça. L’important c’est qu’on ait aimé.
-T’as aimé ça? S’étonna Heath.
Abigail passa une main sur son vagin douloureux, avant de lui lancer un regard mauvais.
-T’es beaucoup trop violent, soupira-t-elle. Mais on ne peut pas dire que je ne savais pas à quoi m’attendre. A part ça… J’avoue que c’était pas trop mal comme première fois. Et puis le sang à rajouté un peu de piment. Ça m’a plu.
Heath avait un peu de mal à la croire.
-Ça t’as vraiment plu que je ruines ton jolie minois?
-Est ce que tu me trouves plus à ton goût?
L’allemand prit un temps pour observer le visage de la jeune fille, il devait reconnaitre que cette trace lui donnait un certain charme. À ses yeux tout du moins.
-C’est pas mal, lâcha-t-il.
-Alors ça me convient.

Heath n’en croyait pas ses oreilles.
-T’as vraiment un grain ma pauvre fille.
-Tu peux parler Monsieur le psychopathe. Gloussa-t-elle. Je me fiches de savoir qu’on me trouvera moins belle qu’avant. J’en avais marre qu’on ne cesse de me mater. Alors si ça peut m’aider à m’en débarrasser, c’est pas plus mal. Et puis… On aura qu’à dire que je me suis faites belle pour mon premier petit ami.

L’allemand haussa un sourcil, et croisa le regard de la belle rousse. Cette dernière lui répondit par un simple sourire.
-Depuis quand une nuit passée ensemble fait de nous un couple?
-En quoi sortir avec moi te dérangerait?
Heath poussa un soupir d’exaspération, la tournure que prenait les choses ne lui plaisait pas du tout.
-Écoute-moi, grinça la jeune fille en le voyant s’éloigner d’elle. Je ne te demandes pas de m’emmener au cinéma ou de faire du shopping avec moi. Je te proposes simplement de partager nos différentes expériences, tout en ponctuant le tout par quelques parties de jambes en l’air de temps en temps. Et puis, je penses que tu pourrais être utile pour m’aider dans ma vengeance.

-Je ne suis pas ton jouet.
Abigail se redressa, s’assit à califourchon sur son torse, et plongea son regard dans le sien.
-Si tu n’étais qu’un simple jouet, je ne t’aurais pas offert ma virginité espèce d’idiot. Je n’ai jamais eu de relation intime avec qui que ce soit avant toi. Tu me plais beaucoup, et j’ai envie de partager ma vie avec quelqu’un d’autre que mes frères. Si c’est nul, on arrêtera, et on se contentera d’un peu de sexe. Mais je suis sûr que toi et moi, on pourrait créer un truc unique. Et je suis persuadée que tu pourrais même finir par tomber amoureux de moi, enfin, à ta façon je veux dire.

Heath hésita. D’un côté il n’avait jamais été intéressé par une relation avec une femme, et de l’autre, il avait passé un très bon moment. Abigail Hobbs lui promettait peut être d’autres surprises de ce genre-là. Au fond, il pouvait bien essayer. De toute façon, il ne faisait rien de son temps libre. Mis à part se moquer d’Aelita.

-On peut bien tenter le coup, soupira-t-il.
Rayonnante, Abigail se pencha pour embrasser son nouveau petit ami. Puis elle se blottie contre lui et ferma les yeux.
-Il va peut être falloir que tu me dises d’où tu sors tes bras. Gloussa-t-elle.
-Tu peux toujours rêver, répliqua Heath avant de poser sa tête sur la sienne.
Les deux amants s’endormirent rapidement, la chaude respiration de l’un faisant office de délicieuse berceuse aux oreilles de l’autre.






Prochain Chapitre: Crise et Dégénérescence.

_________________

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Ikorih MessagePosté le: Lun 21 Aoû 2017 20:37   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Eh bien je crois que ça faisait un moment que je n'étais pas passée par ici. Du coup c'est cool, j'aurai même pas à me faire chier à tout décortiquer pour faire un com' décent! Et de fait, je ne prétends pas tout brosser dans mon commentaire. Cependant, ça pourra peut-être te permettre de voir quels points frappent le plus le lecteur dilettante...

Bon. Par où commencer ce charnier?
Je vais attaquer par la déception Serpent-bis. Son apparition sur Lyoko a totalement fait plouf alors qu'il était annoncé comme un antagoniste super badass. Et il l'avait été, dans un chapitre précédent, sauf que tout le monde a eu le temps d'oublier ça vu le temps écoulé depuis. Cependant, je ne pense pas que ce flop (souligné au cours du chapitre par Heath d'ailleurs) soit à imputer directement à notre ex-Chaton. En fait, je pointerai du doigt Heath, et son aura de personnage à peine pété. Concrètement, y a jamais trop de suspens sur ses combats virtuels et je ne me souviens même pas l'avoir vu perdre, preuve qu'il n'a jamais encaissé de revers significatif...
Dans la catégorie des personnages qui auraient pu être classes mais qui se chient, on a aussi Peter qui a actuellement le rôle du méchant qui tape du pied en promettant de se venger en arrivant jamais à rien, un peu comme un personnage de dessin animé. Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas, même si elles lui ont permis de battre Légion (dont on a plus entendu parler depuis d'ailleurs, à voir ce qu'il est devenu)...

Un mot vite fait sur le meilleur orphelinat du monde : déjà, je ne viens de percuter que maintenant que Thomas était le Thomas de chez Abigail and co. Comme quoi il est bien la fantôme-attitude incarnée, là où même Drake qui pourtant n'a quasiment pas de dialogues se permet de laisser une empreinte plus marquante. Vivement qu'ils voient leur soeur rentrer avec une balafre XXL sur la face, ça devrait les faire réagir. Ensuite, donc, l'orphelinat : il est toujours ouvert avec les merdes qui s'y passent?! Certes, dans ta fic les flics servent surtout à être bourrés en service m'enfin...
Sinon on m'a dit que ce passage sentait un peu l'hémoglobine gratuite...les luttes de pouvoir pour le titre de l'auteur le plus sanguinolent du sous-forum sont toujours ouvertes.

Je vais en arriver au gros point du chapitre qui est juste au dessus : la relation Heath/Abigail (dont la conclusion n'est guère surprenante héhé). Je pense que c'était un pari risqué, et possiblement délicat à écrire puisqu'après tout, rien de mieux qu'une romance pour ruiner un personnage sanguinaire. Globalement, ça passe bien quand même, et ça vaut mieux pour le reste de la fic parce que au vu de la part que prend le traitement d'Heath, ç'aurait été la merde autrement. Le plus rigolo sera probablement quand ils découvriront leur implication mutuelle dans les mondes virtuels (Abigail avait bien mentionné qu'il pouvait lui être utile pour sa vengeance...).
Tu t'en étais assez bien sorti pour esquiver les écueils niais mais la fin du chapitre a eu raison de tes efforts : le moment où ils s'endorment l'un contre l'autre est teeeellement mignon (a) Remarque, de la part d'un mec qui a une signature Reine des Neiges...(smirk)

Je me suis honnêtement fait chier en lisant la backstory racontée par Hopper. Autant globalement ta fic en brosse un tableau plutôt original, autant là j'ai eu la vague impression de retomber sur des trucs qui avaient été vus et revus dans d'autres textes. A l'exception notable de la phase "casino" de Franz. Mais sinon, baah...mouaif.

Je conclurai en disant cependant que je continue à suivre, malgré les remarques mitigées que j'ai pu formuler, ça reste une très bonne fic avec de très bons persos. L'un des points que j'aime bien dans l'intrigue est la période à laquelle elle se déroule, qui fait d'ailleurs que l'action a un temps limité pour se faire (à ce propos, quelle chronologie prends-tu pour la série? 2003 ou plus tard?). Bon point pour l'accélération de publication, on a bien assez de feignasses sur ce sous-forum...
PS : Y a pas la liste des persos avant le chapitre 10 :c
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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Tyker MessagePosté le: Mar 22 Aoû 2017 01:15   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Bon comme je n'ai rien à faire (et que je suis obligé de rester debout) je vais répondre tout de suite à ce commentaire d'Iko, principalement parce qu'elle a soulevée les bons points à mes yeux. Smile

Citation:
Je vais attaquer par la déception Serpent-bis. Son apparition sur Lyoko a totalement fait plouf alors qu'il était annoncé comme un antagoniste super badass. Et il l'avait été, dans un chapitre précédent, sauf que tout le monde a eu le temps d'oublier ça vu le temps écoulé depuis


Citation:
Dans la catégorie des personnages qui auraient pu être classes mais qui se chient, on a aussi Peter qui a actuellement le rôle du méchant qui tape du pied en promettant de se venger en arrivant jamais à rien, un peu comme un personnage de dessin animé. Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas


Je vais simplement te dire que ces effets étaient voulus. Je suis donc content d'avoir réussi mon coup. Smile

Avis d'Ikorih:

Citation:
En fait, je pointerai du doigt Heath, et son aura de personnage à peine pété. Concrètement, y a jamais trop de suspens sur ses combats virtuels et je ne me souviens même pas l'avoir vu perdre, preuve qu'il n'a jamais encaissé de revers significatif...


Avis d'Icer:

Citation:
Le combat entre Heath et l'Augure était haletant, avec un véritable suspense sur l'issue.


Spoiler


Je te laisses débattre de ce point avec ton bro'. Qui au passage, a réussi a orthographier le mot "suspense" mieux que toi. Je le laisses fêter son triomphe. Mr. Green
Edikorih : Une remarque à faire sur mon orthographe, Tyker? Surprised

Edityker: C'est déjà fait. Wink

Ceci dit, tu mets aussi le doigt sur le fait que mes délais de publications font oublier certains détails que je croyais assez marquant pourtant... Je vais devoir me montrer davantage régulier pour éviter ce souci.

Heath est pété? Hmm... Tout à fait normal Mr. Green

Citation:
Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas, même si elles lui ont permis de battre Légion (dont on a plus entendu parler depuis d'ailleurs, à voir ce qu'il est devenu)...


J'ai beaucoup de personnages, je dois parfois faire l'impasse sur les secondaires pour me concentrer sur les principaux. Ça me fait penser que je n'ai pas rajouté Légion à la liste des persos. Je te remercie donc de m'en parler Wink


Citation:
Un mot vite fait sur le meilleur orphelinat du monde : déjà, je ne viens de percuter que maintenant que Thomas était le Thomas de chez Abigail and co. Comme quoi il est bien la fantôme-attitude incarnée, là où même Drake qui pourtant n'a quasiment pas de dialogues se permet de laisser une empreinte plus marquante.


On parie que tu te souviens de Drake mieux que de Thomas simplement parce que celui-ci s'appelle Drake? Rolling Eyes
Je plaisantes. J'avoue, je ne pensais pas que Thomas serait fantomatique à ce point. La grosse différence doit venir du fait que j'ai écris sa scène flashback après l'avoir déjà présenté comme étant le frère d'Abigail à l'inverse de ses frères et soeurs. Ça devrait changer maintenant que sa scène est postée. Mais si jamais ce n'est pas le cas, je changerais quelques petits trucs dans mon scénario.


Citation:
Vivement qu'ils voient leur soeur rentrer avec une balafre XXL sur la face, ça devrait les faire réagir. Ensuite, donc, l'orphelinat : il est toujours ouvert avec les merdes qui s'y passent?! Certes, dans ta fic les flics servent surtout à être bourrés en service m'enfin...


Ce point est intéressant, je n'en dis pas plus. Mr. Green


Citation:
Sinon on m'a dit que ce passage sentait un peu l'hémoglobine gratuite...les luttes de pouvoir pour le titre de l'auteur le plus sanguinolent du sous-forum sont toujours ouvertes.


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Non mais...

Citation:
Je vais en arriver au gros point du chapitre qui est juste au dessus : la relation Heath/Abigail (dont la conclusion n'est guère surprenante héhé). Je pense que c'était un pari risqué, et possiblement délicat à écrire puisqu'après tout, rien de mieux qu'une romance pour ruiner un personnage sanguinaire. Globalement, ça passe bien quand même, et ça vaut mieux pour le reste de la fic parce que au vu de la part que prend le traitement d'Heath, ç'aurait été la merde autrement. Le plus rigolo sera probablement quand ils découvriront leur implication mutuelle dans les mondes virtuels (Abigail avait bien mentionné qu'il pouvait lui être utile pour sa vengeance...).
Tu t'en étais assez bien sorti pour esquiver les écueils niais mais la fin du chapitre a eu raison de tes efforts : le moment où ils s'endorment l'un contre l'autre est teeeellement mignon (a) Remarque, de la part d'un mec qui a une signature Reine des Neiges...(smirk)


J'avoue que ça me rassures, j'ai vraiment essayé de faire en sorte que cette "romance" soit cohérente avec Heath. Pour ce qui ait de la dernière phrase, je me suis un poil adoucie depuis que j'ai adopté un chaton (elles sont démoniaques ces bêtes-là) Mr. Green


Citation:
Je me suis honnêtement fait chier en lisant la backstory racontée par Hopper. Autant globalement ta fic en brosse un tableau plutôt original, autant là j'ai eu la vague impression de retomber sur des trucs qui avaient été vus et revus dans d'autres textes. A l'exception notable de la phase "casino" de Franz. Mais sinon, baah...mouaif.


C'était un peu forcé, j'avais déjà raconté la backstory de Franz dans le premier chapitre. On remarquera (ou pas puisque le chapitre 1 a été posté il y a deux ans (a)) que les deux versions ne sont pas identiques. Car Franz a caché une partie de la vérité à Aelita. En faites, je voulais simplement qu'Aelita soit au courant pour son oncle. Et je n'avais pas envie de sauter d'un bout à l'autre en skippant le récit. Aelita et son père ayant eu trop peu de scènes ensembles.


Citation:
Je conclurai en disant cependant que je continue à suivre, malgré les remarques mitigées que j'ai pu formuler, ça reste une très bonne fic avec de très bons persos. L'un des points que j'aime bien dans l'intrigue est la période à laquelle elle se déroule, qui fait d'ailleurs que l'action a un temps limité pour se faire (à ce propos, quelle chronologie prends-tu pour la série? 2003 ou plus tard?).


Celle de 2003. Et pour ceux qui se demandent, si j'ai bien l'intention de faire en sorte que ma fic soit cohérente avec le dessin animé:

Spoiler


Citation:
PS : Y a pas la liste des persos avant le chapitre 10 :c


Corrigé, Merci beaucoup au passage Smile

_________________

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Tyker MessagePosté le: Mer 28 Fév 2018 12:08   Sujet du message: Répondre en citant  
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Spoiler


Chapitre 11: Crise et Dégénérescence


28 septembre 2001, Lieu inconnu, 04h 51

Seth n’avait pas la moindre idée de la façon dont il s’était retrouvé dans une telle situation. Il n’avait fait que raccompagner Valentine chez elle, comme il le faisait maintenant tous les soirs.
Il avait été accueilli par le sourire bienveillant du père de sa petite amie, qui lui avait proposé de rester pour dîner. Il avait passé un très bon moment, s’était comporté de façon respectueuse et polie. Tout s’était très bien passé, et Valentine et lui s’étaient retrouvés seuls dans l’intimité que procurait la chambre de la jeune fille. C’était une très jolie pièce, dans laquelle chaque mur représentait une partie de la vie de la jeune fille. Valentine adorait les polaroïd et sa chambre était tapissée de photo. La dernière en date avait été prise ce soir même, et représentait les deux adolescents en train d’échanger leur dernier baiser. Seth était heureux sur cette photo, la jeune fille avec qui il avait partagé une partie de sa courte vie semblait comblée. Elle s’était immédiatement remise à l’embrasser une fois que la photo fut affichée.

C’est à ce moment là que les choses avaient commencées à dégénérer. À la recherche de la position la plus confortable possible pour profiter de son petit ami, Valentine avait eu l’idée de s’allonger sur son lit, et de laisser Seth se placer sur elle.
Cela avait été une erreur impardonnable.
Enivré par l’odeur de la jeune fille, les pensées du mutant s’étaient peu à peu obscurcies. Ses mains et ses lèvres avaient rapidement échappées à son contrôle, et un grondement animal s’était mis à résonner dans sa poitrine.

Lorsqu’il revint enfin à lui, il n’avait plus que des bribes de souvenirs en tête: Le grondement d’une bête, des regards remplies d’effrois à son encontre, des jouissances identiques qu’il n’avait encore jamais connues, et une abondance de sang dans la bouche.


28 septembre 2001, Boulevard Barbes, 05h 04

Heath grogna comme un ours avant de libérer sa semence dans les entrailles de son amante. C’était déjà la troisième fois qu’ils couchaient ensembles et Abigail ne s’en lassait pas. Trois heures seulement après s’être endormie, la jeune fille s’était réveillé avec ce besoin nouveau qu’elle se devait d’assouvir. Elle avait alors sortit son amant du pays des songes en l’embrassant, avant de repasser aux choses sérieuses. La découverte des plaisirs charnelles avait éveillé un désir enfouie dans sa poitrine qu’elle avait eu un besoin urgent de satisfaire. La néerlandaise souffrait toujours du traitement douloureux que Heath lui avait infligé. Mais la souffrance s’était mêlée à son plaisir, lui permettant de savourer ses sensations nouvelles de tout son être.

Lorsqu’elle se considéra enfin satisfaite, elle s’étala sans ménagement sur son petit ami. Celui-ci haussa un sourcil et la toisa du regard. Elle lui répondit en écrasant ses lèvres sur les siennes, qui après un temps de résistance, finirent par se mêler aux siennes.
La jeune fille frotta son corps chaud contre le métal froid du bras de son amant. La différence de température et de texture lui arracha un frisson dans le dos.
Mais Heath mit fin à son festin de sensations en s’écartant du lit pour en sortir.

-Allez, grogna-t-il en s’étirant. On s’est bien amusé, mais il est déjà cinq heures.
Abigail fit la mou, mais finit par acquiescer. Les deux amants se levèrent et commencèrent à ramasser leurs vêtements éparpillés sur le sol.
-T’es vraiment une brute sans cervelle, soupira Abigail en contemplant son chemisier déchiqueté.
-Si tu cherches un coupable, regarde toi dans une glace, répliqua le psychopathe en enfilant son pantalon. D’ailleurs tu n’as pas encore vu ton nouveau look si je ne m’abuse.

Abigail balaya cette remarque qu’elle considérait comme banale. Peu importe à quoi elle ressemblait à présent, elle plaisait à Heath, et pour une raison qu’elle ignorait. C’était tout ce qui comptait sur le moment.
Elle se contenta donc d’enfiler sa veste, et la fermer complètement pour masquer son manque de vêtement. De son côté, Heath avait déjà finit de s’habiller. Abigail s’approcha alors de lui dans le but de lui soutirer un nouveau baiser -ce qui lui fit remarquer à quel point elle avait toujours autant envie de lui-, lorsque le téléphone de l’allemand se mit à sonner. Au grand dam de la jolie rousse qui vit son amant se désintéresser d’elle en une fraction de seconde pour se saisir de son portable. Il examina le numéro indiqué sur l’écran, fronça les sourcils, et décrocha.
-Seth? Quoi? Ralenti je ne comprends rien de ce que tu racontes!
L’allemand marqua un temps d’arrêt pour écouter les paroles de son interlocuteur, avant que ses yeux ne se mirent à jaillir de leurs orbites.
-Tu as quoi?! Il se calma rapidement. D’accord, où est ce que tu es? Très bien, j’arrive tout de suite. Ne bouge pas d’un centimètre c’est compris?
Sur ses mots, il raccrocha, Abigail ne lui avait jamais vu un air aussi sérieux. Il se tourna vers elle.
-Il faut que j’y ailles, l’informa-t-il d’un ton pressé, c’est très urgent.
La jeune fille était déçue, mais elle ne pouvait pas l’empêcher de partir. Elle se contenta alors de s’approcher pour l’embrasser une dernière fois, et à sa plus grande surprise, il lui rendit son baiser en la serrant dans ses bras. Cette attention nouvelle, provoqua chez la jeune fille une nouvelle envie de son amant, mais celui-ci rompit leurs lèvres avant qu’elle n’aille plus loin. Et Abigail ne put que soupirer de déception.

-J’ai juste un détail à régler avant de partir, sourit Heath, je veux que tu te regardes dans une glace. Maintenant.
La hollandaise savait reconnaître un ordre lorsqu’elle en entendait un, elle choisit d’obéir à celui-ci et se tourna alors vers le seul miroir dont disposait la maigre chambre d’hôtel, et ce qu’elle vit la stupéfia.
Sa balafre n’avait pas vraiment cicatrisée. C’était d’ailleurs tout juste si elle séchait. Elle prit un temps pour examiner son nouveau visage, avec la blessure que lui avait infligé Heath. Elle était toujours jolie, mais cette marque lui donnait à présent un air dangereux, presque bestial. Abigail avait l’impression d’avoir sacrifié une partie de sa beauté en échange d’un côté plus animal, plus cruel. Un sourire illumina son visage. Jamais elle ne s’était sentie aussi effrayante.
Elle se tourna vers son amant, et l’embrassa à nouveau pour le remercier. Bien qu’acceptant à nouveau le baiser, Heath n’avait aucun doute sur sa signification. Et il se demandait pourquoi est-ce qu’elle lui était reconnaissante. Il avait fait ça pour lui, pour se venger, pour la faire souffrir, pour… la rendre plus à son goût.

L’allemand n’avait pas vraiment eu de véritables expériences avec les femmes avant Abigail, leur relation le laissait de plus en plus perplexe. Au départ, il avait cru que la jeune fille voulait le séduire, puis en faire son jouet, et c’était probablement ce qu’elle avait eu en tête à ces moments précis. Mais maintenant, il n’était plus sûr de rien la concernant. Cette nuit qu’ils avaient passés ensemble, il mentirait s’il disait que cela n’avait pas été l’un des meilleures moments de sa vie. Cela l’avait plus stimulé que n’importe lequel de ses combats, plus excité que n’importe lequel de ses meurtres (mis à part peut-être celui de son père). Il avait utilisé Intelligence pour stériliser sa balafre afin que celle-ci ne s’infecte pas. Mais pourquoi avait-il fait cela? Il aurait très bien pu laisser sa chaire pourrir, voir en accélérer le processus lui-même. Cela aurait été des plus amusant, avec n’importe qu’elle autre femme, mais pas avec Abigail. Cette cicatrice, lui convenait autant à elle qu’à lui. Et cela il ne pouvait l’expliquer.
Le visage de Seth s’imposa dans son esprit, lui rappelant que la situation était urgente. Il mit donc fin à leur baiser, et ouvrit la porte pour sortir, en prenant soin de ne pas croiser son regard. La jeune fille lui emboita le pas, et tous deux sortirent de l’hôtel miteux qui empestait la moisissure et la semence pour respirer le bon air frais de cette nuit d’automne. Heath se tourna alors vers son amante qui le fixait bizarrement, l’allemand lu une once de tristesse dans son regard. Un sentiment qu’il se refusa de partager. Jamais il ne laisserait ce sentiment l’envahir, ne serait-ce qu’un petit peu.
-Ma carte d’identité, demanda-t-il calmement en tendant la main.
Abigail soupira.
-Je t’ai dis que je ne l’avais pas sur moi, je te l’apporterai la prochaine fois.
Bien qu’un peu frustré, Heath fixa la jeune fille à nouveau, avant de l’embrasser une dernière fois. Puis de lui tourner le dos en marmonnant un banal:
-À plus.
La néerlandaise le regarda s’éloigner, avant qu’il ne disparaisse complètement de son champ de vision. Elle poussa un profond soupir, pour la première fois de sa vie, elle se sentait véritablement heureuse.
Contrairement à son amant, elle avait les idées parfaitement claires: elle avait toujours détesté les hommes, elle les avait même méprisé de tout son être. Mais Heath Lancaster n’était pas un homme, c’était un animal. Et elle s’était éprise de cet animal. Elle en était désormais persuadée.
Prenant le chemin du retour, elle s’arrêta près d’une station de taxi, et attendit quelques minutes que l’un d’entre eux s’arrêtent pour s’y engouffrer, la tête toujours plongée dans ses pensées. Elle remarqua alors la mine terrifié du chauffer lorsqu'il aperçu son visage, ce qui provoqua en elle un sentiment de jubilation intense. Malgré sa mission, malgré sa vengeance, elle avait désormais un nouvel objectif: elle voulait qu’Heath Lancaster tombe amoureux d’elle. C’était désormais son voeu le plus cher, celui qu’elle se promit de mettre tous les moyens à sa disposition pour y parvenir. Et Abigail Hobbs tenait toujours ses promesses.



28 septembre 2001, 7 rue Davioud, 16ème arrondissement de Paris 05h 51



Heath descendit de son taxi, et entra le code d’entrée que Seth lui avait communiqué par SMS. Il monta au premier étage, et sonna à la porte.
Aucune réponse.
Légèrement sous tension après l’appel de détresse de son « petit frère » et ce qui s’était passé avec Abigail, Heath n’était pas disposé à faire preuve de patience. Il saisit la poignée, et força l’entrée d’un coup d’épaule. Le verrou sauta, et la porte s’ouvrit sans faire plus de bruit que s’il avait cassé une chaise. De toute façon, quel voisin se préoccupait du vacarme des autres résidants? À moins que le vacarme en question ne s’éternise, il n’y avait que très peu de chances que quelqu’un descende se plaindre. La porte n’avait pas été trop endommagée, seul le verrou l’avait été. Avec un peu de chances, et compte tenu de l’heure précoce, personne ne le remarquerait à temps. Heath pénétra donc dans l’appartement, et écarquilla les yeux.
Devant lui se tenait les restes d’un authentique carnage: les murs et le sol étaient tapissés de sang, des bouts de chaires difformes et calcinés trainaient un peu partout dans l’entrée.
Vif comme l’éclair, l’allemand referma aussitôt la porte, et la cala avec la première chaise qu’il aperçut. Puis, les yeux plissés, il entreprit d’inspecter les lieux à pas feutrés. De toutes les pièces qu’il avait visité, le salon avait été la pire d’entre elles. Ce qui ressemblait à un corps humain adulte avait été complètement dévoré, le monstre à l’origine de cette attaque avait cependant effectué la moitié du travail. Car si la partie supérieure du cadavre avait été réduite en charpie, l’inférieur était restée intacte. Son regard se posa alors sur l’autre corps étendu sur le sol, celui-là était celui d’une femme. Et mis à part ses vêtements et sa gorge, elle semblait en assez bon état comparé à son mari. C’est alors que Heath entendit un sanglot qu’il ne connaissait que trop bien, il soupira, et se dirigea vers la source de ses pleurs: la cuisine.

Il n’y avait pas beaucoup de sang dans cette pièce, si ce n’est les traces qui avaient été laissées par l’auteur de ce carnage. L’allemand les suivit du regard, avant que celles-ci ne disparurent sous la table. Il s’accroupit.
Allongé en position foetale, Seth pleurait toutes les larmes de son corps. Ses vêtements en lambeaux étaient recouverts du sang de ses victimes, ses pleurs ne trahissaient pas seulement sa tristesse, mais également la honte et l’horreur que l’avaient envahi suite à la découverte de ses actes.
Heath soupira de nouveau.
-Seth? Appela-t-il d’une voix douce, mais face au manque de réaction du mutant, il employa un ton plus ferme: Seth!
Le blondinet ouvrit finalement les yeux, et déplia ses membres. Pendant un instant, il fut transporté de joie à la vue de son frère aîné. Mais le regard sévère de ce dernier le replongea immédiatement dans sa honte, et il baissa le regard.
-Sors de là, ordonna Heath en se redressant.
Son cadet obtempéra en rampant de façon assez misérable, une fois qu’il fut à sa portée, l’allemand le saisit par le cou, et le redressa de façon assez violente.
-Qu’est-ce qui s’est passé ici? Cracha-t-il.
Seth ne trouva pas la force de lui répondre, il se contenta de fixer ses chaussures. Heath ne l’entendait pas de cette oreille, il administra un soufflet sur le crâne du mutant qui hoqueta de douleur et de surprise.
-Répond! Gronda-t-il en manque de patience.

Seth sentit à nouveau les larmes lui monter aux yeux, il savait qu’il avait fait une énorme bêtise, et le geste de son frère aîné ne fit qu’accentuer la honte qui l’envahissait. Lentement, il maitrisa sa respiration haletante, et finit par déballer son sac:
-Valentine et moi on… On était dans sa chambre. On a commencé à s’embrasser… Et puis… Je… Je crois que j’ai commencé à avoir faim. Je…
Des larmes s’écoulèrent à nouveau de ses yeux, mais le regard dur de son frère le força à poursuivre son récit.
-J’ai arraché ses vêtements, avoua-t-il à mi-voix, et je… Je suis entré en elle. C’était tellement bon, mais elle pleurait, me suppliait d’arrêter. Je… Je ne l’ai pas écoutée. Je… J’ai mangé sa gorge. Et… et j’ai continué. Mais je n’étais toujours pas satisfait. J’avais… j’avais si… faim. Alors je suis allé dans le salon. Ses parents s’étaient endormi devant un film, j’ai… J’ai croqué la tête de son père. Puis sa mère s’est réveillée, et j’ai… Je… Je lui ai fais la même chose qu’à Valentine. Mais je savais qu’elle allait crier, alors j’ai plaqué ma main sur sa bouche. Et je… Je l’ai regardé droit dans les yeux pendant que j’entrais en elle. Je voulais qu’elle me regarde, je ne sais pas pourquoi, mais je le voulais. Valentine, Valentine n’avait pas pu me regarder après que je lui ai mangé la gorge. Elle… Elle aussi elle pleurait. Elle me regardait comme si j’étais… comme si j’étais un monstre. Quand j’eu finis, j’avais encore faim. Alors je lui ai dévoré le cou, comme pour Valentine. Puis j’ai commencé à manger son père. Mais je… je n’avais plus faim tout à coup. Je me sentais si fatigué, je crois que je me suis endormi. Quand je me suis réveillé… Luc… Luc était là.
-Qui ça?
-Le grand frère de Valentine.
-D’accord, continue.
-Il m’a regardé comme si j’étais un monstre, il était terrifié. Puis il a voulu s’enfuir, mais… Je… Je l’ai fais exploser. L’éclair a jailli de mes doigts au moment même où je les ai levés dans sa direction. Je voulais l’arrêter… Mais… Pas… Pas comme ça…

Heath se remémora les murs tapissés de sang de l’entré, ainsi que les bouts de chaires qui trainaient un peu partout. Il devait s’agir des restes de Luc, le pauvre bougre avait dû passé la soirée dehors. Ça expliquerait pourquoi il n’était pas là au début du carnage, mais ça ne l’avait pas empêché d’en faire partie.
-Ensuite… Je crois que je me suis encore endormi… Puis quand je me suis réveillé… J’ai… J’ai vu tout ce que j’avais fais. J’ai paniqué, je ne savais pas quoi faire. Alors je t’ai appelé. Je… Je suis tellement désolé, tellement désolé.
Sur ses mots, il éclata en sanglots dans les bras de Heath qui se contenta de le serrer contre lui. Mais tandis que Seth expiait ses émotions au travers de ses larmes, l’allemand réfléchit à un moyen de les tirer de ce mauvais pas.
La crise du mutant les avaient mit dans une merde noire, il fallait dès à présent couvrir leurs traces. Et ce, le plus vite possible. Avant que quelqu’un ne remarque que la porte de l’appartement avait été forcée. Il accorda donc une petite minute à son frère afin qu’il se remette de ses émotions, puis il le libéra de son étreinte, et le regarda à nouveau droit dans les yeux.

-Va te laver, ordonna-t-il, et trouve des vêtements à ta taille. Je vais arranger les choses.
Seth acquiesça, et prit la direction de la salle de bain. Pendant ce temps, Heath ouvrit tous les placards de la cuisine, à la recherche du moindre produit inflammatoire. Par chance, il mit la main sur ce qu’il supposait être la réserve personnelle du père de Valentine. En effet, ce dernier avait entreposé quelques bouteilles de gin et de whisky derrière les produits ménagers. Il trouva également des produits ménagers ayant les particularité qu’il recherchait. Souhaitant faire disparaitre un maximum de preuves. Il prépara plusieurs cocktails molotovs, puis déplaça les meubles les moins encombrants dans le salon afin qu’ils puissent servir de combustibles. Il rajouta également les draps les couettes des parents, puis son attention se porta sur la chambre de Valentine. Le cadavre de cette dernière étant toujours allongé sur le lit, il considéra peu utile de rajouter davantage de combustible. Il la recouvrit simplement de quelques draps qu’il trouva dans son armoire, et laissa cette dernière ouverte afin qu’elle puisse prendre feu plus vite.
Lorsque Seth eu finit sa douche, tous les préparatifs étaient déjà en place. Le mutant enfila alors un t-shirt noir et un jean qu’il trouva dans l’armoire de la chambre de Luc, avant de rejoindre son frère. Celui-ci lui ordonna de l’attendre près de l’entrée, ce qu’il fit sans poser de question. Ensuite, Heath alluma l’un de ses cocktails, et l’envoya éclater dans la chambre de Valentine. Il en fit de même avec celle de ses parents. Avant de revenir vers son petit frère, et de lui ordonner de nettoyer rapidement ses chaussures avec des lingettes. Il en fit de même avec les siennes, avant de lancer deux autres cocktails dans le salon. Et le dernier dans la cuisine où Seth s’était roulé en boule.

Puis il dégagea le banc de la porte, et les deux frères décampèrent du carnage laissé par le cadet. En laissant les flammes faire leur travail. Une fois sortit de l’immeuble, Heath jugea préférable de rentrer à pied étant donné la distance relativement courte qui les séparaient de leur domicile.
Bien que la rue fut silencieuse, l’allemand ne doutait pas de l’éclatement prochain d’un véritable tohu-bohu étant donné l’incendie qu’il venait de déclencher.
Aucun mot ne furent échangés entre les deux frères durant l’intégralité de leur retour au bercail, Heath était furieux, et Seth était triste et honteux. Il n’y avait rien de plus à ajouter pour le moment.

Une fois arrivé à leur maison, ils franchirent silencieusement la porte d’entrée. Avant de monter à l’étage rejoindre leurs chambres respectives, mais l’aîné arrêta le cadet avant même que celui-ci n’ait eu le temps tourner sa poignet. Heath colla son front contre celui de son frère et murmura d’une voix douce:
-Tu as fais une bêtise, mais celle-ci doit rester entre nous c’est bien compris? Pas un mot à Aelita ni à Waldo. Si jamais on te pose des questions, tu fera comme si tu ne savais pas. Tu mentira. Tu m’as bien compris Seth?
Ce dernier acquiesça, à cet instant précis, il s’en remettait exclusivement aux paroles de son frère.
-Tu n’ira pas à l’école demain, tu dois d’abord te reposer. Quand tu devra y retourner, tu jouera les ignorants, et si jamais son décès est officiellement annoncé. Alors tu devra avoir l’air triste, voir pleurer. Tu comprends? Même devant Aelita. Écoute-moi bien petit frère, c’est très important que ni elle ni Waldo ne soit au courant. C’est compris?
Seth acquiesça, et Heath lui adressa alors un sourire.
-Vas te coucher, ordonna-t-il. Et efforce toi d’oublier ce qu’il s’est passé ce soir.
Le mutant hocha la tête une nouvelle fois, et pénétra dans sa chambre, bientôt imité par son frère aîné.

Ce dernier n’avait pas aimé ce qu’il avait vu ce soir, mais alors pas du tout. Il savait Seth capable de faire des crises, Intelligence l’avait mis en garde contre cela. Cependant, étant donné la présence de Xana, et surtout le fait que ça ne s’était plus produit depuis qu’ils avaient quittés « Silver Wings ». Cela lui était presque sortit de l’esprit. Et puis il y avait sa vie. Seth était heureux, il avait une famille, des amis, même une petite amie. Mais c’était cette dernière qui avait finit par être la cause de sa crise.
Heath se remémora le temps qu’il avait passé avec Abigail, pour lui aussi les choses avaient changé, il ne s’était tout simplement pas reconnu. Cependant, jamais il n’aurait pu prévoir que Seth aurait une crise suite à des pulsions sexuelles. Il ne savait même pas ce qu’était le sexe! Comment les choses avaient pu dégénérer à ce point?

-« Ça doit être à cause de Xana. »
La voix d’Intelligence ne le surpris nullement cette fois-ci, il se doutait qu’elle finirait par se mêler à ses réflexions.
-Qu’est ce que tu veux dire par là?
-« Seth est quelqu’un d’extrêmement curieux, il y a fort à parier que sa curiosité a dû « contaminer » Xana d’une certaine façon. Et Xana est parfaitement capable de faire des recherches sur le corps humain de son côté en se connectant au réseau pendant que Seth dort par exemple. Si jamais il a eu accès au mode opératoire de la reproduction humaine… »
-Inconsciemment, Seth a pu en être informé. Termina Heath. Mais cela n’a toujours pas de sens, pourquoi est ce que cela aurait il eu un tel effet sur lui?
-« Seth est certes jeune au niveau de son temps d’existence, mais il a le corps d’un adolescent. Il est donc pubère, son moment d’intimité avec sa petite amie a surement eu un effet spécifique sur ses hormones. Et comme il est supérieur aux êtres humains, il est possible que ses mêmes hormones aient eu un effet plus intense que prévu, déclenchant ainsi sa crise. »
-Je vois… Serait-il possible que cela ait un impact sur sa dégénérescence cellulaire?
-« C’est possible, je dirais même que c’est hautement probable ».

Heath n’avait pas vu cela venir, et avec le professeur Belpois qui ne répondait plus à ses appels, la situation risquait fortement d’empirer. Il était même en train de se demander s’il était bien prudent de le laisser ici en compagnie d’Aelita. Le pire scénario possible serait qu’il voit en la jeune fille une nouvelle femelle pour assouvir ses besoins. Si jamais une chose pareille devait se produire, cela finirait sans doute en une nouvelle boucherie. Et ça, l’allemand ne pouvait pas se le permettre. Il avait encore besoin de Schaeffer, mais surtout, il craignait de perdre le contrôle sur Seth. Il ignorait s’il était capable de le maitriser à la force brute lorsqu’il était en pleine crise, et même s’il y parvenait il doutait que le créateur de Lyoko estime que le risque en vaille la chandelle. Et il pouvait facilement décider de tout arrêter, ce qui déplairait fortement à l’allemand. Enfin, il y avait la dégénérescence cellulaire de Seth. En effet, le mutant avait beau être un surhomme, il avait besoin de recevoir des injections régulières d’un produit que Belpois avait appelé le « Lazar ». Si il s’en privait trop longtemps, ses cellules se dégraderaient rapidement, et son corps fondrait comme neige au Soleil.
Heath se massa les tempes, il refusa de dormir avant d’être bien sûr qu’Aelita soit parti pour l’école demain matin. Il passera alors la journée à trouver une solution au problème de Seth. Il était désormais hors de question qu’il retourne en cours, pas avec toutes ses jeunes filles qui lui couraient après.
Entre sa situation avec son frère, et sa relation nouvelle avec Abigail. L’allemand trouvait sa vie de plus en plus compliqué.



28 septembre 2001, 92 avenue Mozart, 16ème arrondissement de Paris 06h 03


Abigail aurait dû se douter qu’elle n’échapperait pas à la vigilance de ses frères, et pourtant, elle y avait mis du sien.
Elle était d’abord allée faire un tour à la cave afin que sa balafre soit cicatrisé par le pouvoir de l’Augure, puis elle était rentré dans l’appartement en faisant le moins de bruit possible. Avant de se faufiler en toute discrétion vers sa chambre, mais une fois qu’elle y pénétra, elle y découvrit Thomas et Drake qui l’avaient vraisemblablement attendue de pieds fermes toute la nuit. Et elle n’eut pas besoin de dire un mot avant que ceux-ci ne constatent la cicatrice qui traversait le visage de leur soeur. Elle fut alors bombardé de questions toutes plus prévisibles les unes que les autres, des questions auxquelles elle n’eut qu’une seule réponse:
-C’est mon nouveau look, et je trouve qu’il me va à merveille.
À cela, les deux frères ne surent que répondre. La jeune fille en profita donc pour leur indiquer la sortie.
-Allez du balais! Ordonna-t-elle. Je n’ai pas beaucoup dormis cette nuit, et j’ai bien l’intention de corriger ça. Alors déguerpissez!
Si Thomas obtempéra à contre-coeur, ce ne fut pas le cas de Drake. Ce dernier était littéralement en train de trembler de rage dans le fauteuil sur lequel il était assis.
Abigail poussa un profond soupir, et fit signe à son frère aîné de déguerpir. Une fois seule avec son cadet, elle s’approcha de lui et s’assit sur son lit pour entendre ce qu’il avait à dire.
-Tu marches bizarrement, nota-t-il, qu’est-ce que tu as fais?

Les joues d’Abigail s’empourprèrent à la seule pensée de ce qu’elle avait fait cette nuit, cela servit de réponse à Drake qui semblait estomaqué.
-Tu… tu as perdu ta virginité? Toi?!
Le jeune homme se leva soudainement de son fauteuil et jeta un regard à la fois accusateur et outré à sa soeur qui n’eut guère le temps d’en placer une.
-Est-ce que c’est la même personne qui t’as fais ça? Gronda-t-il en pointant du doigt la cicatrice.
-Oui, mais…
-Tu t’es laissée tenter par le Démon! Explosa-t-il de fureur. Tu n’avais pas le droit! Tu étais un ange! Tu étais MON ange! Comment as-tu pu…?
-Drake ça suffit! S’emporta Abigail en se levant à son tour. Ce qui s’est passé entre cette personne et moi n’avait rien de démoniaque! C’était de l’amour!
Elle n’avait pas voulu prononcer cette dernière phrase, mais tant pis, elle irait au bout comme elle l’a toujours fait.
-De l’amour, reprit-elle d’un ton plus calme, et cette nuit… a été aussi terrifiante que magique. Je…n’avais jamais vécu cela auparavant.
Elle marqua un temps d’arrêt pour observer la réaction de Drake, mais comme celui-ci resta de marbre, elle poursuivit:
-Mais ne te fais pas d’illusions petit frère. Dit-elle en lui prenant la main. Je suis toujours ta soeur, je suis toujours ton ange. Je suis simplement… tombée amoureuse.
Elle avait prononcé cette dernière phrase avec un sourire dont elle seule avait le secret. Un sourire qui avait toujours réchauffé le coeur de Drake, jusqu’à ce que cette affreuse balafre ne vienne le gâcher.

-Écoute, reprit-elle, tu portes tes cicatrices comme si Dieu t’en avais fais cadeau. C’est ce que tu as toujours dis. Et bien aujourd’hui, je porte celle-ci comme le cadeau de mon amour. Et Dieu n’est-il pas amour petit frère?
Elle savait toujours comment lui parler, comment le convaincre. Quelque part il fut rassuré, car c’était bien là la preuve qu’il s’agissait bien de sa soeur. Mais cela n’empêchait pas son esprit d’émettre des doutes. De gros doutes.
-Va te coucher maintenant, lui dit Abigail tendrement en le prenant dans ses bras, tu dois être fatigué après t’être autant inquiété pour moi. Je t’assures que tu n’as aucun souci à te faire. Je vais très bien, même plus que bien.
Sur ses mots, elle bailla comme un phoque, avant d’ajouter en gloussant:
-Et j’irai surement encore mieux après avoir dormi.
Elle desserra son étreinte, et posa un tendre baiser sur les marques de brûlures de son petit frère.
-Dors bien petit frère. Dit-elle en souriant.
Un sourire sincère se dessina alors sur le visage du jeune homme, il acquiesça et sortit de la pièce afin de laisser sa soeur se reposer.
Mais une fois la porte refermée, il plongea la main dans la poche de son pantalon, et en sortit la carte d’identité qu’il avait trouvé dans l’un des tiroirs d’Abigail.
Suivant les conseils de cette dernière, il se dirigea vers sa chambre pour profiter de quelques heures de repos. Mais une fois ses forces retrouvées, il aurait une mission à accomplir: Celle de purifier sa soeur de l’emprise du démon qui la possédait.





28 septembre 2001, Banlieue parisienne, 09h 14

Heath n’avait pas réussi à fermer l’oeil de la nuit, et le petit déjeuner « en famille » n’avait rien arrangé à son humeur.
Il avait informé Aelita que Seth n’irait pas à l’école avec elle aujourd’hui, ce qui avait quelque peu surpris la jeune fille, qui s’était mise à poser des questions auxquelles il n’avait aucune envie de répondre. Il lui ordonna donc d’aller en cours sans discuter, ce qu’elle dû faire à contrecoeur. Mais une fois la fille partie, ce fut au tour du père de venir se mêler de ses affaires, et celui-ci s’était montré bien moins coopératif. Surtout après qu’il eu noté l’humeur particulièrement mauvaise de l’allemand.

-Quel est le problème de Seth?
-Ça ne vous regarde pas.
À cela, le scientifique avait froncé les sourcils d’agacement.
-Nous vivons tous sous le même toi, si jamais il y a un problème je suis en droit d’être tenu au courant.
Heath avait éclaté de rire devant l’absurdité de ces paroles.
-Seth est ma responsabilité, cracha l’allemand, si il a un problème c’est à moi de le régler. Mêlez vous de vos affaires.
Sur ses mots, l’allemand avait tourné les talons pour aller jeter un coup d’oeil à l’état de son frère. Celui-ci dormait comme un authentique bébé, son visage était si apaisé qu’il aurait été impossible pour quiconque de deviner qu’il était le responsable du carnage qui avait frappé une famille entière une quelques heures plus tôt.
Heath l’observa quelques instants, et un sentiment qu’il ne se connaissait pas vint s’inviter dans ses pensées. Il le chassa immédiatement, sans même prendre la peine de tenter de l’identifier. Il n’avait pas aimé cette sensation, et c’était une raison suffisante pour s’en débarrasser le plus vite possible.

Son attention se focalisa à nouveau sur Seth.
-Intelligence? Murmura-t-il. Analyse-le.
L’IA s’exécuta, et après une trentaine de seconde, lui fit part de ses résultats:
-« On dirait que Seth est en train d’hiberner. »
Heath fronça les sourcils.
-Qu’est-ce que tu veux dire par là?
-« J’ignore s’il s’agit de Xana, mais on dirait que son corps s’est rendu compte de son état. De ce fait il est passé en phase d’hibernation pour ralentir sa dégénérescence. »
-Est-ce que ça a une chance de fonctionner?
-« Pour l’instant ça en a l’air, son état semble s’être stabilisé. Cependant ses cellules continuent de s’auto-détruire, mais à vitesse relativement basse. Ce qui nous laisse au moins trois à quatre mois de répit pour le sauver. »
-Serait-il possible que ses phases d’hibernation lui permettent de se passer de Lazar?
-« C’est très difficile à dire, mais cela me parait hautement improbable. D’autant plus que l’on ignore combien de temps son hibernation pourrait durer. Il faut aussi prendre en compte le fait que Seth est loin d’être parfait. Retrouver le Professeur Belpois me semble être une priorité. Et si jamais cela se révèle impossible, alors il sera obligatoire de mettre la main sur le Lazar. Et dans l’idéal sur sa formule. »
-Je vois, d'après toi, combien de temps son hibernation pourrait-elle durer?
-« Je dirais deux à trois semaines, le temps que son état soit suffisamment stable pour lui permettre de vivre à nouveau. »
-Bien.

Heath s’assit au bord du lit de son petit frère, celui-ci ne bougea pas d’un centimètres. Son sommeil semblait paisible, un sourire s'était dessiné sur son visage.
L’allemand sentit à nouveau ce sentiment désagréable l’envahir, et heureusement pour lui, Intelligence l’en débarrassa sur son ordre. Il se porterait bien mieux sans.
Il s’apprêtait à se lever, lorsqu’une main puissante vint saisir son poignet. Il fit volte-face.
-Je t’aime grand-frère, murmura Seth dans son sommeil.
Heath leva les yeux au plafond, certes, c’était exactement ce qu’il voulait que le mutant ressente à son égard. Mais après la soirée qu’il avait passé en compagnie d’Abigail, cette déclaration soudaine de la part de son petit frère le mit affreusement mal à l’aise.
Il se contenta de se libérer de son emprise avec sa main libre, puis de murmurer à son tour des paroles dont il ne croyait pas un traitre mot:
-Moi aussi je t’aime petit frère.
Le sourire sur le visage de Seth s’élargit, et il se retourna sur son ventre pour dormir plus confortablement.
Heath soupira, et quitta la chambre sans adresser un regard de plus à son occupant.

Mais au moment où il referma la porte de la pièce, il tomba nez à nez avec Schaeffer qui le regardait d’un air sévère. L’allemand comprit aussitôt qu’il allait devoir faire quelques confidences au scientifique avant même que celui-ci n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche.
-Finit les cachotteries, gronda Franz, Aelita m’a envoyé un message pour me dire que toute la famille de la petite amie de Seth était morte dans un incendie. Ainsi qu’une dizaine d’autres personnes qui n’avaient pu échapper aux flammes qui s’étaient propagé dans tout l’immeuble. Aurais-tu l’obligeance de me fournir quelques réponses à ce sujet? Et ne joue pas les innocents avec moi, je sais que c’est ton oeuvre.
-D’accord, d’accord. Maugréa l’allemand. Si c’est vraiment ce que vous voulez.
Les deux membres de la « famille » Lancaster prirent place dans le salon, et Franz écouta Heath déballer son sac concernant cet incident.
Il cacha cependant la crise de Seth en rejetant la faute sur lui. Il expliqua que la jeune fille avait eu un effet indésirable sur le mutant, et que celui-ci avait sans le vouloir, révélé sa véritable nature. Pour les protéger, Heath expliqua qu’il avait dû massacrer toute la famille. Et déclencher l’incendie pour couvrir leurs traces.

Il était essentiel que Franz ignore tout de la crise de Seth, cela aurait des conséquences désastreuses sur leurs relations. En particulier parce que le scientifique aurait peur pour sa fille.
Cependant, il lui avoua la dégénérescence dont le mutant était victime. Car il savait qu’il aurait sans doute besoin de lui pour produire du Lazar lorsqu’il parviendrait à mettre la main sur un échantillon, ou mieux encore, sur la formule. Belpois ne lui avait confié qu’une seule dose après leur fuite de « Silver Wings », et il avait été obligé de l’utiliser très tôt afin de contenir la dégénérescence qu’avait causé la crise qu’avait eu Seth ce jour-là. Belpois lui avait assuré qu’il n’en aurait pas besoin avant deux ans. C’est pourquoi il n’avait pas mit le Lazar parmi ses priorités, mais le scientifique avait fait une erreur de calcul. Et Heath, une erreur de lui faire confiance.
Lorsqu’enfin il acheva son récit, il remarqua que celui-ci était resté de marbre pendant l’intégralité de son monologue. Puis il expira enfin, et haleta quelques dizaines de secondes. Heath se demanda avec amusement quelle partie de son récit avait coupé le souffle du scientifique.
-Ce n’est pas bon, murmura ce dernier, la police va vouloir interroger Seth. Comment allons-nous faire?
Heath soupira d’exaspération, et cet homme prétendait être un génie?
-C’est simple: Légion prendra sa place. En tant que spectre, il peut bien morpher. Vous n’aurez qu’à lui expliquer la situation et lui dire ce qu’il devra dire.
Cette solution sembla convenir au scientifique qui se relaxa presque automatiquement, il s’enfonça paresseusement dans son fauteuil et soupira de soulagement.
-Vous êtes vraiment deux foutues catastrophes, lança-t-il en éclatant d’un rire nerveux.
Heath ne daigna même pas répondre à ça, il se contenta de rouler des yeux.
Franz reprit la parole:
-Seth… le « fils » d’Herman… Murmura-t-il visiblement fasciné. Quand il sera réveillé, il faudra que je l’analyse avec mon scanner.
Heath s’apprêtait à protester, mais le scientifique enchaîna très vite.
-Si je l’analyse avec un scanner, je pourrais peut-être trouvé un moyen de stopper son problème. Ça vaut le coup d’essayer non?
Heath grinça des dents, mais finit par acquiescer.

Au final, la conversation s’était mieux déroulée que prévue. Cela lui faisait toujours un problème de moins à résoudre.
C’est alors que sans crier gare, un des carreaux de la fenêtre se brisa, et un caillou vint cogner la tête de l’allemand.
Celui-ci avait immédiatement fait volte-face pour découvrir l’auteur de cette mauvaise farce, tandis que Franz lâcha un petit cri de surprise.
Heath aperçu alors une silhouette assez petite qui s’enfuyait au loin. L’espace d’un instant, il fut tenté de le rattraper. Mais il y renonça, il doutait de sa capacité à se contenir de massacrer l’auteur de cette blague. Et un mort de plus près de leur habitation ne ferait que renforcer les soupçons qui les concerneraient après la famille de Valentine. Aussi il choisit d’attendre de voir la silhouette s’éloigner, avant de réparer le carreau avec l’aide d’Intelligence. Mais ce qu’il remarqua le coupa dans son élan. La personne responsable avait stoppée sa course, et regardait à présent fixement leur maison. Heath se servit des pouvoirs d’Intelligence pour zoomer sa vue, et ainsi examiner de plus près cet espèce de farceur.

Ce dernier avait une apparence juvénile, et ses vêtements étonnements élégants ne lui donnait pas l’air d’être un voyou. Mais ce qui intriguait le plus l’allemand, c’était le masque blanc qu’il portait au visage. Il y avait trop de choses incohérentes pour que le psychopathe puisse se permettre de penser qu’il s’agissait d’un simple acte de vandalisme. Aussi, il prit une décision.
-Je m’en occupe, informa-t-il à Schaeffer qui acquiesça sans paraitre inquiet.
Heath enfila son manteau, et sortit à la poursuite du voyou présumé qui détala en l’apercevant. L’allemand ne prit pas la peine de courir à pleine vitesse, il était curieux de savoir où est-ce que l’on souhaitait l’emmener. Le farceur finit par s’engouffrer dans un bâtiment abandonné, et Heath le suivit. Bien qu’il fut parfaitement conscient que cette histoire sentait l’embuscade à plein nez.
L’endroit devait avoir été abandonnée en cours de construction étant donné son état. En effet, il s’agissait davantage d’un tas de briques et de ciments ayant la vague apparence d’un bâtiment plutôt que d’une véritable bâtisse.

Mais peu lui importait, il s’y engouffra, et ce qu’il découvrit ne le surpris nullement.
Le rez-de-chaussée ne disposait que de certains murs et piliers porteurs, et c’était tout. Le sol n’était que poussière et saleté, l’endroit empestait la moisissure
L’allemand poussa un soupir, il ignorait qui avait mit en place ce piège, mais il n’en avait jamais vu un aussi grossier.
-Allons sort de là, lança-t-il. Ce jeu est tout sauf amusant.
À ses mots, le voyou surgit de sa cachette, dévoilant ainsi l’objet qu’il avait en main. Ce-dernier fit hausser les sourcils de l’allemand.
Drake L. O'conner avait enlevé son masque, et il pointait désormais son lance-flamme dans la direction du psychopathe.
-Crève, Démon! Vociféra-t-il avant d’actionner son arme, libérant ainsi un véritable océan de feu qui submergea sa cible.


Date inconnue, heure inconnue, lieu inconnu.

La Banshee ne connaissait pas le nom qui lui avait été donné. Lorsque quelqu’un s’adressait à elle pour lui aboyer un ordre, il ne prenait pas la peine de la nommer. Aussi les seuls paroles qu’elle eut jamais entendues étaient:
« -Attaque! »
« -Utilise ton pouvoir! »
« -Arrête! »
« -Rends toi dans la tour! »
« -Reviens! »
« -Tu peux te balader! »

Toujours des ordres, jamais de conversations ou de noms. Elle devait obéir, et cela était tout ce qui importait.
C’est la raison pour laquelle elle enviait Xana: lui il avait un nom. Et bien qu’il fasse à présent partie d’elle, il était libre de penser à sa guise.
Au départ, Xana avait été bien trop endommagé pour pouvoir dire quoique ce soit d’autre que son nom. Mais depuis qu’elle l’avait assimilé, leurs codes s’étaient mélangés, et le programme se répara peu à peu. Jusqu’à obtenir une conscience qui, bien que liée à celle de la Banshee, pouvait penser librement. Cependant, ils n’échangèrent jamais la moindre parole, ils ne faisaient qu’un, ils se comprenaient, et cela leur avait été amplement suffisant… jusqu’à un certain point.
En effet, la présence de Xana dans son programme eu un effet étrange sur la Banshee. Quelque chose fit surface dans son code… quelque chose qu’elle ne su décrire.
Elle vit le visage de Tanner, des deux frères Schaeffers, et d’une jeune fille qui se prénommait « Aelita ».

Cependant, ni Xana ni elle n’étaient en mesure de déterminer d’où provenait ces images. Ni de savoir qui étaient ces personnes et comment ils connaissaient leurs noms. Mis à part Tanner, la Banshee le connaissait. C’était celui qui lui donnait les ordres auxquelles elle était obligé d’obéir. Et puis il y avait l’un des frères Schaeffers, Xana le connaissait. Mais il ne se rappelait plus pourquoi ni comment.
Cependant, c’était Aelita qui avait le plus attiré leur attention. Car des images d’elles, ils en avaient plusieurs.
Pour une raison qu’ils ignoraient, ils voulaient découvrir qui était cette jeune fille. Ils en avaient besoin, l’un comme l’autre.
Car il ne faisait plus qu’un, et leur nom était X.A.N.A..


28 septembre 2001, Banlieue parisienne, 09h 41

Drake haletait, son coeur battait la chamade. Il l’avait fait! Il avait détruit la créature du mal qui avait possédé sa soeur! L’espace d’un instant, le soulagement et le bonheur le submergèrent, et des larmes de joies coulèrent le long de ses joues. Il était tellement content qu’il en éclata de rire, faisant ainsi retomber toute la pression qui avait reposé sur ses épaules.
C’est alors qu’un raclement de gorge parvint à ses oreilles, Drake se paralysa sur place.
Pendant un bref instant, il n’osa poser ses yeux dans la direction d’où venait ce bruit. Mais lorsqu’enfin il en eut le courage, il ne parvenait pas à les croire.
Le démon était toujours en vie! Non, c’était encore pire que cela, il était intact!
Ni son corps, ni même ses vêtements n’avaient subi le moindre dommage.
-C’est impossible, lâcha-t-il sous le coup de la terreur. IMPOSSIBLE!
Le feu était l’arme de Dieu, elle devait annihiler le mal, purifier le Monde. Un démon ne pouvait pas s’en être sortit indemne. C’était tout bonnement inconcevable!
De son côté Heath n’avait pas vraiment apprécié qu’on tente de le brûler vif, même si grâce au « mode Spectre » d’Intelligence il n’avait subi aucun dommage. Heureusement d’ailleurs que cette dernière l’avait activé, sinon il ne s’en serait probablement pas sortit sans dégâts, et ses vêtements encore moins.

Il prit quelques secondes pour observer la personne qui se trouvait en face de lui, et comprit rapidement qu’il s’agissait du frère d’Abigail. Cette dernière en ayant fait une description assez fidèle lorsqu’ils avaient conversé hier soir. Bien sûr, il savait que la balafre qu’il avait laissée à la jeune fille aurait eu du mal à passer chez sa famille. Mais de là à penser que l’un d’entre eux l’attaque au lance-flamme, non, ça il ne l’avait pas prévu. Il profita du fait que Drake soit submergé par la peur et l’incompréhension, pour faire discrètement quelques trous dans les paumes de ses gants de cuirs. Heath n’avait aucune envie que l’écossais voie ses bras de métal, le fait qu’Abigail les ait vus était déjà bien suffisant. Cependant, il ne pouvait pas laisser ce gamin partir sans lui avoir fait une démonstration de ses capacités. Aussi il fit apparaitre une boule de feu dans sa main, ce qui arracha un cri de surprise au pyromane.
Heath ne disposait pas du réservoir de carburant qu’il possédait pour utiliser ses bras de métal comme de surpuissant lances-flammes. Toutefois ses membres disposaient chacun d’une petite réserve de secours, qui lui permettait de cracher quelques jets de flammes sans plus. Étant donné son manque de carburant, l’allemand misa sur la panique qu’avait provoqué cette apparition de feu dans ses mains pour dominer le petit frère d’Abigail.

-Je ne peux pas être brûlé, informa l’allemand. Toi en revanche, je vais t’expédier en Enfer pour ce que tu as fais.
Sur ses mots, il pointa sa boule de feu en direction de son interlocuteur. Celui-ci en tomba à genoux, l’air ébahit.
-Vous… Êtes-vous un ange?
Heath haussa les sourcils face à cette question à laquelle il ne s’attendait pas, aussi il prit soin de sélectionner prudemment ses mots avant de répondre.
-Peut-être, dit-il en souriant, qu’en penses-tu?
L’allemand avait éteint sa boule de feu, ses bras étaient à présent croisés derrière son dos. Drake le regardait avec une expression nouvelle, il semblait émerveillé par sa présence.
-Vous manipulez le feu, l’outil qu’utilise Dieu pour purifier le Monde de ses vermines. Vous ne pouvez le craindre, ce qui ne peut signifier qu’une seule chose: vous êtes un être divin.
Heath eu toutes les peines du monde à ne pas éclater de rire, le frère d’Abigail était encore plus taré qu’elle.
-Si tel est le cas, dit Heath en le regardant droit dans les yeux, ne me dois-tu pas un minimum de respect?
À ses mots, l’écossais se prosterna de tout son long dans la poussière. Ce qui amusa d’autant plus l’allemand.
-Dites-moi, souffla Drake, dites-moi quel est mon but? Que dois-je faire?
Le psychopathe le toisa du regard, il n’en avait aucune idée pour le moment. Il se contenta donc d’esquisser un nouveau sourire, et de répondre:
-Pour l’instant tu n’as qu’à faire ce que ta soeur te dis de faire. Mais n’oublie jamais ceci: Ma volonté ainsi que mes paroles, sont celles de Dieu.
-Oui votre Grâce, balbutia le pyromane qui était toujours prosterné sur le sol.
Heath avait un mal fou à se retenir de rire, mais la plaisanterie commençait à le lasser. Et il avait des choses plus importantes à faire que de jouer les évêques.
-Va à présent, et n’informe personne de ce qui s’est produit ici. Ordonna-t-il fermement. Pas même Abigail.
-Merci votre Grâce. Lâcha le jeune homme en se relevant. Et merci à vous d’avoir bénie ma soeur.
Ces mots manquèrent d’écarquiller les yeux de Heath. Est-ce qu’il considérait vraiment cette balafre et cette nuit de fou comme des bénédictions? Mais ils étaient tous cinglés dans cette famille!
-Ce fut un plaisir, lâcha-t-il parfaitement conscient qu’il s’agissait de la pure vérité. Tu peux disposer à présent.

À ces mots, Drake se releva, récupéra son lance-flamme qu’il cacha dans un grand étui à violon, puis se mit à détaler. Mais alors que Heath s’apprêtait à en faire autant, l’écossais le coupa dans son élan en s’écriant:
-Votre Grâce? Puis-je vous demander votre nom?
-Heath.
Drake secoua la tête.
-Pas votre nom humain… Votre nom divin.
L’allemand fronça les sourcils.
-Comment connais-tu mon nom humain?
Drake baissa la tête et revint vers son « ange » avec la démarche d’un enfant à l’air coupable. Il plongea la main dans sa poche, et tendit au psychopathe sa carte d’identité.
Heath la lui arracha des mains dès qu’il l’aperçu, il avait vite comprit que c’était encore ce fichu document qui était la cause de tout ce cirque. Il était donc pleinement satisfait de pouvoir enfin le récupérer.
-Alors tu veux connaitre mon nom divin? Soupira-t-il pressé d’en finir.
Drake tremblait littéralement d’excitation dans l’attente de sa réponse, heureusement pour l'allemand Intelligence était une véritable mine de renseignement. Aussi elle n’eut aucun mal à trouver une réponse satisfaisante dans « l’Apocalypse de Jean », le dernier livre du Nouveau Testament.

-Je suis Abaddon le Destructeur. Lui souffla-t-il d’une voix maléfique. À présent disparais!
L’écossais fut un instant paralysé par la surprise, avant de se saisir de ses affaires et de prendre la poudre d’escampette, laissant un Heath fatigué rentrer chez lui.
Lorsqu’enfin il poussa la porte de sa maison, il y découvrit deux hommes en uniformes venu interroger Seth. Mais comme il l’avait suggéré, ce fut Légion qui avait répondu aux questions des policiers en ayant prit la forme du mutant. Tandis que l'original, devait toujours hiberner dans sa chambre.
Les deux représentants des forces de l’ordre se tournèrent à présent vers lui pour le questionner, il mentit avec maitrise comme il savait si bien le faire en prétextant être sortit toute la nuit faire la fête en boite. Mais qu’il ne se souvenait plus très bien parce qu’il avait beaucoup bu. Et avec l’odeur pestilentielle qu’il devait dégager étant donné les endroits qu’il avait visité entre cette nuit et ce matin. Les policiers n’eurent aucun mal à le croire. Une fois ces derniers parties, Heath alla prendre une douche, envoya ses vêtements sales à la machine. Et rejoignit sa chambre dans le but de s’y reposer, et de vider son esprit de tout le bazar qu’Abigail, Seth et Drake y avait laissé.


Même moment, Lieu inconnu.

Norman Belpois ne ressentait rien, absolument rien. D’un point de vue physique tout du moins, car ses émotions elles étaient bien présentent: la peur, la haine, la tristesse, la colère, le désespoir, l’impuissance. Cette dernière était la pire de toute, il ne pouvait rien faire. Il était conscient, mais ne ressentait ni ne voyait quoique ce soit. Il ignorait ce que l’Organisation avait fait de lui, ni même ce qu’elle avait l’intention de lui faire d’autre.
C’est alors qu’il entendit une voix, ou plutôt que la voix résonna dans sa tête sans qu’il ne sache comment elle était entré.
-Réveillez-vous Professeur Belpois. Ordonna la voix glaciale de Tanner. La Banshee a besoin d’une révision.
La Banshee
Voilà bien une créature avec laquelle il avait encore du mal, et cela même s’il en était l’un des principaux concepteurs. À son plus grand dam.
Il aurait aimé pouvoir lui parler, à cette… créature qui était si seule. Lui dire qu’il était désolé, qu’il allait trouver le moyen de l’aider.
Cependant, cela aurait été lui mentir.
Peu à peu il sentit sa conscience s’éveiller, et sa vue apparue sans qu’il ait eu, pour autant, l’impression d’ouvrir les yeux.
Lentement, il releva son dos. Et c’est là qu’il aperçu ses jambes, puis ses mains, puis le reste de son corps.
Norman Belpois poussa un hurlement déchirant.

Mais personne ne pouvait l’entendre.






Prochain chapitre: Inglourious Basterds

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


Dernière édition par Tyker le Mar 13 Mar 2018 22:25; édité 1 fois
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Ikorih MessagePosté le: Mar 13 Mar 2018 16:48   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Bon alors, je vais peut-être pas avoir grand-chose à rajouter depuis mon précédent com', mais sait-on jamais...

Petit RIP pour l'innocence de Seth, qui cède désormais sa place de personnage le plus adorable de la fiction à...Aelita, qui est surtout le choix par défaut vu le reste. Son instabilité en fait de plus en plus un poids et de moins en moins une aide, au final. Alors on est en droit de se demander pourquoi Heath se fait chier à le garder. La réponse conne-pas-si-conne serait de dire qu'il l'aime bien, piste que le chapitre se permet de brosser légèrement lui-même (même si as usual, Heath est dans le déni). Du coup on peut se demander quelle est la justification que Heath se donne pour continuer à couvrir Seth (alors qu'il serait peut-être plus simple de le zigouiller en douce et de le faire disparaître) : crainte qu'on remonte jusqu'à lui s'il était découvert, ou intention d'utiliser les aptitudes du mutant?

Citation:
« Seth est quelqu’un d’extrêmement curieux, il y a fort à parier que sa curiosité a dû « contaminer » Xana d’une certaine façon. Et Xana est parfaitement capable de faire des recherches sur le corps humain de son côté en se connectant au réseau pendant que Seth dort par exemple. Si jamais il a eu accès au mode opératoire de la reproduction humaine… »

Putain si on m'avait dit que Xana téléchargerait du porno...
Le passage sur la Banshee me permet d'ailleurs de placer que faire la distinction Xana/X.A.N.A c'est stylé, askip de grands auteurs de ce forum l'ont également faite, mais on ne les citera pas par modestie. Et du coup, Xana s'est plus ou moins retrouvé coupé en deux, une moitié chez Seth et une moitié chez la Banshee. Du coup, les deux parties sont elles conscientes de leurs existences respectives, et ont-elles des intentions particulières se concernant?

Le retournement de Drake est compréhensible, quoique du coup la situation donne l'impression d'avoir été désamorcée vachement vite. Le point intéressant c'est que Heath a récupéré sa carte d'identité, ce qui aura forcément un impact sur sa relation avec Abigaïl. Bizarrement je pense pouvoir parier qu'il ne se barrera pas pour autant...
Niveau style c'est encore salement haché parfois, illustration sur deux petites perles croisées au hasard en lisant :
"avant de se saisir de ses affaires, et de prendre la poudre d’escampette. Laissant un Heath fatigué, rentrer chez lui." (sérieux cette ponctuation est TROP lourde)
=> "avant de se saisir de ses affaires et de prendre la poudre d'escampette, laissant un Heath fatigué rentrer chez lui"
Ou encore les bons vieux accords fumeux, fameux chez les écrivains ES de la section (dans l'exemple ci-dessous, accompagnés d'un meurtre du subjonctif)
"Heath n’avait aucune envie que l’écossais voit ses bras de métal, le fait qu’Abigail les aient vues "
=> "Heath n'avait aucune envie que l'écossais voie ses bras de métal, le fait qu'Abigail les ait vus" (et j'ai la flemme de chercher pour la répétition mais elle est là aussi)

Bon j'ai atteint mon quota de lignes, et je ne vois rien de plus sur quoi broder, alors à la prochaine, genre...dans six mois?

(Edit trois jours après parce que ça m'était sorti de la tête en écrivant le com : tu comptes faire le même format que DSSLN ou plus long? Histoire de situer où on en est dans la fic actuellement)
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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Tyker MessagePosté le: Jeu 22 Mar 2018 13:36   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Chapitre 12: Inglourious Basterds



7 octobre 2001, Seine Saint-Denis, 02h 14


Installés dans une chambre d’hôtel miteux, dos contre dos, cigarette au bec et nus comme des vers, Abigail et Heath finissaient de savourer leur troisième séance de coït de la semaine. Étonnement, l’allemand n’avait plus émit la moindre protestation à chaque fois que la hollandaise se manifestait. Elle appelait, proposait, et il acceptait. C’était aussi simple que cela.
Leurs conversations étaient presque aussi excitantes aux yeux de la jeune fille que leurs parties de jambes en l’air. Heath était fascinant, chaque mot sortit de sa bouche lui donnait matière à réflexion. Quant aux sujets de leurs conversations, ils étaient tous aussi différents que semblables. Ils étaient variés, mais leurs permettaient d’en apprendre plus l’un sur l’autre. De son côté, Heath n’était pas fasciné, mais intrigué. Il prenait son pied durant leurs ébats, rien que cela lui avait été difficile à admettre. Mais ce qui l’était encore plus, c’était le fait qu’il se sentait étrangement à l’aise avec cette fille.
Il pouvait parler avec une aisance flagrante de leurs visions du monde respectives, comme des nombreux meurtres qu’il avait commis. Cela n’avait jamais dérangé Abigail, elle semblait même aimer ces histoires.

Ça le tuait de le reconnaître, mais il avait appris à apprécier la présence de la jeune fille à ses côtés. D’une certaine façon, cela lui plaisait autant que cela le dérangeait.
Mais il s’était fait une raison. Au fond, qu'y avait-il de mal à cela? Lui qui se plaignait de s’ennuyer à en mourir il y a presque deux semaines, voilà qu’il avait trouvé une occupation. Et puis Abigail l’entrainait sans arrêt dans des quartiers ou des banlieues pourris, où ils passaient leur temps à faire monter leurs taux d’adrénaline respectifs à provoquer des bandes ou des gangs avant de les passer à tabac.
S’amuser, tabasser, baiser et parler.
Mine de rien, il aurait pu tomber sur bien pire comme genre de fille.

-À quoi tu penses? Demanda-t-elle en laissant la fumée lui lécher les lèvres.
-À rien de bien intéressant.
-Ça m’étonnerait, tout ce qui vient de toi est intéressant.
Cela en revanche, était peut être le seul véritable point noir de leur relation. Heath avait horreur des compliments, et Abigail était parfois affreusement lèche-cul.
-Et toi, répliqua-t-il, à quoi tu penses?
-À ta carte d’identité. Tu ne me l’a plus jamais demandé depuis le premier soir, et je ne la retrouve plus. J’imagine que tu as une explication?
-Je suis allé chez toi la récupérer pendant que tu dormais.
Abigail fit volte-face, ce qui arracha un petit rire moqueur à l’allemand.
-Comment tu as fais? Demanda-t-elle très sérieusement.
-Oh, alors il y a des choses chez toi que tu me caches. Nota-t-il sans s’arrêter de sourire. Maintenant je suis obligé d’aller y faire un tour.
Abigail lui décocha un regard noir, regard qu’il ignora copieusement.
-Sans déconner, comment tu l’as récupéré?
-C’est ton frère qui me l’a rapporté, admit-il en tirant une nouvelle bouffée. Apparement, lui ne se prive pas pour farfouiller dans tes affaires.
La hollandaise n’en croyait pas ses oreilles.
-Quel frère?
-Celui qui a une sale gueule.
-Drake?
-L’autre aussi a une sale gueule?
Abigail le foudroya du regard une nouvelle fois, et il se permit à nouveau de l’ignorer. Quelque part, cela la dérangeait de n’avoir aucun réelle contrôle sur lui comme sur leur relation. Mais c’était peut-être cela qui rendait la chose si excitante.

-J’avoue que j’ai bien aimé l’esprit de ce gamin. Dit-il en tirant une bouffée de fumée. Il m’a attaqué en me traitant de « démon ».
Comme Abigail resta interdite, il continua:
-Et ensuite il m’a prit pour un ange. Je dois reconnaître que je n’ai pas très bien compris le pourquoi du comment, toujours est-il qu’il était carrément sur le point de me vouer un culte quand je l’ai laissé partir.
Il écrasa sa cigarette dans le cendrier avant de conclure:
-Ta famille est aussi tordue que toi.
Abigail était estomaquée, jamais Drake n’avait qualifié « d’ange » quelqu’un d’autre qu’elle. Même si d’une certaine façon, elle était plutôt rassurée de savoir que la situation n’avait pas trop dégénéré et que son frère avait accepté son petit ami. Mais maintenant, il avait non seulement une certaine emprise sur elle, mais également sur Drake. De son point de vue, il pouvait détruire sa famille si l’envie lui prenait. Malgré tout son amour pour lui, Abigail ne pouvait pas prendre pareil risque. Bien que cela la désola, il était préférable de renoncer à l’intégrer à son plan. Mieux valait prévenir que guérir, et elle ne voulait pas voir le fruit de son dur labeur partir en fumée. Elle avait deux promesses à tenir.
Elle le regarda droit dans les yeux.
-Et merde, songea-t-elle, ce type va finir par m’attirer dans de sacrés ennuis.
Sur ses pensées, elle écrasa sa cigarette, et vint goulument coller ses lèvres contre les siennes. Heath lui rendit son baiser, et passa sa main de métal dans ses cheveux courts.
-Il pourrait si facilement me broyer la tête, bordel je sens que je fais une connerie. Mais je l’aime. Putain, je l’aime.


Lieu inconnu, 10 octobre 2001, 08h 03


Alister se trouvait là où il n’avait plus été depuis belle lurette: au sommet de sa gigantesque tour de pierre noir, au milieu de l’Apocalypse. Rien n’avait changé depuis son dernier passage dans ce monde, tout était exactement pareil. Le Soleil était invisible, le ciel n'était fait que de nuages rouges et noirs, une pluie de sang s'abattait calmement sur les montagnes de cadavres démembrés qui recouvraient l'intégralité du sol. Et des éclairs déchiraient le ciel par dizaines sans pour autant émettre le moindre son.

Même son apparence était identique, il était redevenu le Dragon Rouge. Intrigué par son retour, il balaya l’endroit du regard, mais c’est bien évidemment dans sa tête que son interlocuteur se trouvait.
-Le moment est venu.
-Quel moment?
-Le moment pour toi de prendre définitivement le nom d’Alister Blake, le moment pour toi de devenir le Grand Dragon Rouge. Le moment de ton évolution.
Alister sentait l’excitation lui parcourir le corps, il ne possédait pas ce genre de sensation lorsqu’il était éveillé. Pourquoi?
-Écoute moi bien, reprit la voix, tu dois suivre mes instructions à la lettre. Lorsque tu te sera réveillé, tu te rendra dans cette pièce.
Un plan détaillé du complexe de l’Organisation apparu devant ses yeux, la salle en question brillait d’une faible lueur, de même que le chemin qu’il avait à parcourir pour s’y rendre.

-Je n’ai pas le droit d’entrer ici.
-Mais il te faudra le faire, sinon tu restera à jamais Serpent. Sinon, tu ne pourra jamais obtenir la force de vaincre ton adversaire.
-Je n’ai pas le droit d’entrer dans cette pièce, s’entêta-t-il.
-Est-ce ton maître qui te l’a ordonné?
-Non, c’est le Professeur Tanner.
-Et que valent ses ordres?
Alister prit une seconde de réflexion, avant de répondre d’une voix calme et résolue:
-Rien, rien du tout.
-Souhaites-tu devenir Alister Blake?
-Oui.
-Souhaites-tu devenir le Grand Dragon Rouge? L’être qui anéantira le Serpent comme tu l’as tant rêvé?
-Oui.
-Alors tu sais ce qu’il te reste à faire. Lorsque tu aura pénétré dans cette pièce, il te faudra y patienter jusqu’à ce que je fasses mon apparition. Quand nous serons réunis, toi et moi, je t’offrirais ce que tu as toujours voulu.
Là-dessus, Alister ouvrit les yeux. Sortit de son lit, et fit ce qui était attendu de lui.
Une alarme stridente raisonna à travers ses oreilles, mais il l’ignora. Il devait aller dans la pièce, il devait l’y attendre.
Il devait devenir le Grand Dragon Rouge.


10 octobre 2001, Nièvre, quelques minutes auparavant


Une camionnette blanche de la marque Renault traversa un large chemin à travers une forêt, avant de s’arrêter devant le portail qui marquait l’entrée de la propriété du complexe d’Alex Tanner.
Deux gardes s’approchèrent du véhicule, chacun armé d’une AK-47.
-Déclinez votre identité et le but de votre visite, ordonna l’un d’eux d’une voix ferme.
Le conducteur baissa la vitre de sa portière, et ôta sa casquette nike. Dévoilant à l’homme le visage le plus horrible qu’il ait jamais vu. Drake L. O’conner sourit. Assis sur le siège passager, Thomas Von Kane imita la politesse de son frère envers l’autre garde.
-Votre identité! Aboya l’homme.
Installée à l’arrière de la camionnette et équipée d’un casque auditif avec micro inclus, Abigail appuya sur la touche « enter » de son ordinateur portable.
-Vas-y. Dit-elle à travers son micro.

Le pied posé sur le sol de Valkyria, l’Augure qui se tenait près des câbles d’alimentations des tours y planta le cimeterre de Peter.
Aussitôt, un véritable torrent de données rouges s’y déversa. Puis le virus fit son travail, et se servit du réseau de câbles pour accéder à chacune des tours sur le territoire, les activants les unes après les autres.
-Ils vont avoir une sacrée surprise. Sourit la créature.

Installé devant son pupitre de commande, le professeur Tanner vit soudain son écran se noircir. Et un simple message écrit en lettres blanches s’afficha.

« Vous êtes morts »

-Qu’est-ce qui se passe? Cria-t-il.
Mais aucun de ses assistants n’avaient la réponse à sa question. Enragé et terrifié, il se saisit du communicateur privé qui était attaché à sa ceinture. Et cria d’une voix hystérique:
-Belpois! Libérez immédiatement la Banshee!
L’écossais sentit son estomac se nouer, il avait l’impression horrible que quelque chose d’affreux était sur le point de se reproduire.
Pendant qu’il se mettait à aboyer des ordres, à la porte d’entrée du complexe, ses craintes furent vite confirmé sans qu’il ne le sache.

Deux spectres sortirent du tableau de bord de la camionnette, et infiltrèrent les narines des deux frères.
Horrifiés, les gardes pointèrent leurs armes dans leurs directions respectives. Mais si Thomas abattit le sien d’une balle en pleine tête suite à un mouvement supersonique, Drake envoya l’autre au tapis d’une attaque éclair.
Puis il descendit tranquillement du véhicule, et électrocuta de plus belle sa victime qui convulsait sur le sol.
-Mon nom est Drake L. O’conner, dit-il poliment, et mon but est de t’expédier aux portes de l’Enfer afin que tu y soit jugé.
Il cessa sa torture, pour briser de ses propres mains la nuque du garde. Aussitôt, les portières arrières de la camionnette s’ouvrirent. Et une douzaine de spectres polymorphes à l’effigie de Thomas sortirent du véhicule, chacun armés de deux pistolets, et équipés d’une dizaine de chargeurs pleins accrochés à leurs ceintures. Drake en profita pour aller récupérer son lance-flamme.
Abigail Hobbs, également armé et « possédé » par un spectre sortit à son tour de la camionnette.
-Vous connaissez tous votre mission, annonça-t-elle haut et fort. Pas de quartier!
À ces mots, les clones ainsi que l’original sautèrent par-dessus le portail. Une fusillade digne de ce nom éclata dans l’enceinte de la propriété, tandis que Drake finissait de s’équiper.
-Alors ça y est. Dit-il d’une voix assez forte pour couvrir le bruit des coups de feu.
-Oui, répondit Abigail, c’est le grand jour.
D’un bond, le frère et la soeur sautèrent par-dessus le portail à leur tour, et se mêlèrent à la bataille.


Même moment


Norman Belpois avait entendu l’appel de Tanner, et il y avait noté de la détresse. Il sourirait s’il avait encore des lèvres, mais il pouvait faire bien mieux que cela.
Le virus dont ils étaient victimes se propageait à une vitesse hallucinante, mais il n’avait pas encore atteint son secteur. Aussi, il ne lui restait plus qu’une chose à faire. Et Tanner ne pourrait pas l’en empêcher.
Cet imbécile aurait dû réfléchir au sens de ses paroles.
« Libérez la Banshee » qu’il avait dit.
Belpois qui était contraint d’obéir à la lettre n’allait pas se faire prier.
Normalement, une telle action lui aurait prit un certain temps. Mais il n’avait plus rien de normal, et ses facultés s’en était retrouvé démultiplié. La punition que lui avait infligé Tanner allait bientôt devenir le pire cauchemar de son bourreau.
Il se connecta au noyau central de la Banshee, et la libéra.
Exactement comme on le lui avait ordonné.


10 octobre 2001, Nièvre, Complexe de l’Organisation, 08h 17


-Nom d’un chien! Hurla Corbeau. Ça peut pas continuer comme ça!
Elle, Renarde et Dragonne assistaient à une véritable hécatombe. Les soldats de l’Organisation qui s’étaient mis à couvert derrière les voitures du parking tombaient comme des mouches face à deux espèces de clones supersoniques, et visiblement immortels. La sniper était persuadé de les avoir touchés, au moins trois ou quatre fois. Mais aucune arme en leur possession ne semblait capable d’arrêter leur progression. Partout autour d’elles les tirs fusaient, à tel point qu’il leur était impossible de déterminer combien d’hommes il leur restait.

L’un des clones fit un bond magistral afin de disposer d’une vision dégagée. Une volée de balles le renvoya au sol, mais son jumeau qui s’en était servi comme bouclier était toujours dans les airs. Il tira trois coups de feu.
Les deux premiers abattirent deux hommes, la troisième balle traversa l’oeil gauche de Corbeau. L’américaine resta paralysée pendant un petit instant, avant de s’écrouler sur le sol sous les hurlements horrifiés de Renarde.
Dragonne saisit sa petite amie par l’épaule, et la secoua sans ménagement.
-Reprends-toi! Si on reste ici, on va se faire…
-…Tuer, termina le clone de Thomas qui s’était glissé entre les voitures, avant de lui faire sauter la cervelle.

Renarde poussa alors un hurlement de désespoir, et oublia complètement le danger qui l’entourait. Elle tomba à genoux devant le corps de sa bien-aimée, et à la vue de son jolie visage ravagé, rendit tripes et boyaux. Autour d’elle, la pluie de balles avait cessé. Tous les hommes qui l’entouraient il y a encore quelques secondes étaient morts. Au loin, d’autres coups de feu vinrent siffler à ses oreilles. Mais elle s’en fichait éperdument.
-Xiao, murmura-t-elle dans un sanglot, Xiao.
Elle saisit la dépouille de sa petite amie, et la serra dans ses bras de toute ses forces.

Elle entendit alors le bruit d’un pistolet que l’on rechargeait, et releva la tête.
Thomas Von Kane pointait désormais son arme sur le front de l’indienne, cependant, il fut surprit de ne lire aucune peur dans son regard malgré ses larmes. Elle semblait résolue.
Le belge la contempla pendant quelques secondes, puis il soupira:
-Va t’en.
-Non!
Sa voix était aussi triste que haineuse, pendant un court instant, Thomas avait l’impression de revoir une scène de sa propre existence.
Celle où il avait refusé de lâcher la dépouille de Stéphane, son petit ami disparu, et ce malgré le ton pressant de l’homme qui s’était présenté comme étant son père.

-Laissez-moi, souffla Renarde entre deux sanglots, laissez-moi la rejoindre. S’il vous plait.
Thomas se pencha en avant, il savait exactement quoi dire. C’était comme la dernière fois.
-Si je fais ça, elle sera morte pour rien.
L’indienne le considéra d’un oeil estomaqué, elle se pencha sur le cadavre de Dragonne et l’embrassa.
Malgré les larmes qui menaçait de lui monter aux yeux à lui aussi, Thomas devait mettre fin à cette scène le plus vite possible. Il avait une mission à remplir.
Aussi il tira un coup de feu vers le ciel, Renarde sursauta.
-Fous le camp! Rugit-il. Et ne te retourne pas, sinon je bousille son cadavre.
Il pointa son pistolet vers la figure de Dragonne.
À ces mots l’indienne laissa la dépouille de celle qu’elle aimait, et prit ses jambes à son coup.
-Ne te retourne pas, pria-t-il, ne te retourne surtout pas.
Et pourtant si, elle le fit. Et Thomas dû mettre sa menace à exécution.
Il tira une nouvelle balle dans la figure de Dragonne, arrachant un nouveau cri à Renarde.

-Je t’ai dis de foutre le camp! Aboya-t-il.
L’indienne obéit cette fois, et disparue derrière les arbres de la propriété.
Le belge poussa un profond soupir de soulagement, et recouvrit le visage de sa victime avec la veste de l’un des autres corps.
Il inspira profondément, et reprit sa progression épaulé de son clone. Ils avaient une mission à remplir. Même si techniquement, il avait déjà échoué:
quelqu’un avait réussi à s’enfuir du complexe.


10 octobre 2001, Nièvre, Complexe de l’Organisation, 08h 35


Drake avait fait sa part du travail, il avait anéanti tous les scientifiques qu’il avait croisé. Et incendié les bâtiments inutiles avant de s’engouffrer dans le plus important de tous.
Sa mission avait été d’une simplicité enfantine: éliminer toutes les personnes capables de récupérer les données de Tanner, tuer tous ceux qui se mettraient en travers de son chemin, et rejoindre Abigail dans la salle des incubateurs.
Profitant de sa condition de « possédé », il avait fait un usage que certains qualifieraient d’excessif de son lance-flamme fétiche.

Le M9 flamethrower, l’une des armes favorites des américains pendant la guerre du Vietnam. Il était plus léger et plus facile à remplir que les lance-flammes type M1 et M2. Et surtout, il disposait d’une meilleure réserve de carburant. 
Drake s’était sentit pousser des ailes à chaque être humain qu’il avait incinéré sur son passage. Nettoyant chaque parasite qui constituait cette misérable organisation qui avaient trahi sa famille. Pour lui sa vie était on ne peut plus claire: Dieu l’avait béni, Abigail l’accompagnait dans son voyage, et Abaddon le guiderait. Oui de tout cela, il en était persuadé. Bien que son existence soit humaine, sa mission était divine,.
Il ne lui restait plus qu’à rejoindre sa soeur, et mettre fin à tout cela.

C’est alors qu’après être parvenu au deuxième sous-sol, il déboucha sur la salle la plus étrange et la plus répugnante qu’il lui ait jamais été donné de voir.
Il se tenait sur une passerelle noire en acier, qui traversait l’intégralité de la pièce jusqu’à l’unique autre porte qu’il allait devoir emprunter. Mais ce qui l’écoeurait, c’était les immenses cuves de déchets toxiques verdâtres qui se trouvaient en contrebas. Drake aperçut des tuyaux encastrés dans les murs, ceux-ci versaient des litres de liquide toxiques dans les cuves, pourtant les niveaux de celles-ci ne semblaient pas monter pour autant. Il en déduisit qu’il devait y avoir un système d’évacuation. Le pyromane rangea le canon de son lance-flamme dans son étui situé dans son dos. Mieux valait faire preuve de prudence, il n’osait imaginer les dégâts qui seraient causés si la moindre petite étincelle venait à entrer en contact avec le contenu de l’une de ces cuves.
Il traversa la salle d’un pas pressé, impatient de dégager ce liquide répugnant de sa vue.

Mais un nouvel obstacle se dressa sur sa route, un obstacle dont il connaissait le visage, mais ignorait le nom.
Peter Warren était dans un drôle d’état, ses cheveux étaient dégoulinants de sueurs, son visage était froissé par la rage qui le possédait. Mais surtout, il tremblait. De peur? De colère? D’excitation?
Un peu de tout cela sans doute. C’était tout du moins ce qu’en avait déduit le pyromane. Mais il était très, très loin de la vérité:
Peter tremblait parce qu’il était malade. Le résultat de plus de quatre ans de régime à base de chaire humaine, le prix à payer pour son appétit vorace.
Le Kuru avait empiré ces dernières semaines, et le cannibale avait comprit que la virtualisation avait, d’une façon ou d’une autre, accéléré le processus. Les troubles de l’équilibre dont l’avait avertit Christian Roche avaient fait leurs apparitions, et ce peu de temps après sa dernière escapade dans l’univers virtuelle. Son corps semblait le rejeter au point qu’il n’avait plus rien avalé depuis trois jours. Il se sentait affreusement faible, et cela l’avait rendu fou. Ajoutez à cela qu’il avait un mal de chien à rester ne serait-ce que debout sur ses deux jambes flagellantes, et vous obtenez un pantin en bien mauvais état. Oui, c’était ainsi qu’il percevait son corps à présent.

Peter n’avait jamais cessé d’être en colère, contre Heath, contre Tanner, contre lui-même. Et voilà que le destin lui offrait l’occasion de passer ses nerfs, voir peut-être de déguster un petit goûter. Lui qui ne pouvait désormais plus rien avaler d’autre que la chaire humaine qui l’empoisonnait, autant que ce soit celle de ses ennemis.
Armé d’un katana dépourvu de tsuba, il s’approcha de Drake avec une haine viscérale qui pétillait dans ses yeux verts émeraude.
Lorsqu’enfin il arriva à porté du pyromane, il tenta de lui trancher la tête d’un simple coup circulaire.
Son adversaire effectua un pas en arrière, laissant la lame lui caresser le menton. Furieux, Peter poussa un rugissement de haine et de frustration. Et se mit à enchaîner les assauts contre son ennemi, qui les esquivaient avec une facilité déconcertante.

Peter persista, il voulait lui trancher la chaire, il voulait voir son sang gicler, il voulait… Il voulait redevenir celui qu’il avait toujours été: un chasseur d’humain cruel, sans aucune pitié pour son gibier. Il n’avait toujours pas réalisé que cela ne serait plus jamais le cas. Et ce, malgré le manque criant de coordination dans ses mouvements. Son corps ne lui obéissait plus, il avait rejeté l’être misérable qu’il était devenu.
Drake se saisit de ses poignets, et les serra si forts qu’une douleur foudroyante contraignit le cannibale à lâcher son arme.
Le pyromane lui décocha alors un puissant coup de pied dans l’abdomen, l’expédiant à l’autre bout de la passerelle, et lui brisant deux côtes au passage. Drake ramassa le katana, et l’examina de plus près. Cette arme était si belle, qu’il se demanda si elle ne cachait pas un quelconque maléfice lorsqu’il décida de la conserver. Tandis qu’il admirait le tranchant de cette lame, un pitoyable râle de douleur parvint à ses oreilles.
Peter s’était redressé avec difficulté, et à la grande surprise du pyromane, il avançait de nouveau dans sa direction. Visiblement prêt à en découdre.
Drake était répugné par ce parasite à forme humaine, et il regrettait amèrement de ne pouvoir se servir de son lance-flamme dans cette pièce. Un être aussi immonde ne méritait même pas que l’on épargne son cadavre.

-Toi! Vociféra Peter. Je vais te découper en morceaux! Je vais dévorer chaque parcelle de ton putain de corps, et crois moi que je me délecterais du goût de ta chaire. Tu feras un splendide…
Il n’eut jamais l’occasion de terminer son macabre discours, Drake le coupa, dans tous les sens du terme.
Le katana entailla profondément le visage du cannibale, qui poussa un hurlement désarticulé en plaquant ses mains contre sa figure ensanglantés. Le pyromane s’approcha lentement de sa victime, et le saisit par le col de sa chemise avant de le soulever de terre.

-Ézéchiel 5:10, récita-t-il à voix suffisamment haute pour couvrir les gémissements de sa victime.

« C'est pourquoi des pères mangeront leurs enfants au milieu de toi, et des enfants mangeront leurs pères; j'exercerai mes jugements contre toi, et je disperserai à tous les vents tout ce qui restera de toi. »

Sur ses mots, il envoya Peter par-dessus la rambarde de la passerelle et n’attendit même pas qu’il ait terminé sa chute pour continuer son chemin. Il ignora copieusement le « PLOUF » qui résonna dans la pièce, et la série de hurlements abominables qui le suivit. Les portes coupe-feu de cette salle étaient tellement épaisses qu’elles ne laissèrent filtrer le moindre son. Réduisant Peter Warren au silence une bonne fois pour toute.


10 octobre 2001, Nièvre, Complexe de l’Organisation, 08h 51


Le Professeur Alex Tanner n’en revenait toujours pas, l’oeuvre de sa vie, l’héritage de son prédécesseur était en train de partir en fumée. Il était en train de perdre toutes ses années de dur labeur, et cela, il lui était impossible de l’accepter.
Il ne lui restait que deux choses: sa vie, et son dernier atout qui lui permettrait peut-être de la sauver, elle et une partie de son travail. Certes, son parie était affreusement risqué, mais il ne lui restait pas d’autres solutions si ce n’était la fuite.

Cependant, il doutait de ses chances de survies s’il choisissait cette option, et de toute façon, il préférait mourir avec son oeuvre que de la laisser disparaitre seule. Lorsqu’enfin il arriva devant la porte qui renfermait son salut, il ignora les gardes décapités qui l’avait gardé. L’un de leurs assaillants avaient dû passer par ici, mais n’avait pas dû prêter attention à la porte elle-même. Les imbéciles, il devait probablement ignorer le danger qui se cachait dans cette salle. Une erreur impardonnable. Il fit glisser sa carte d’accès dans le panneau de commande, et y entra le code qui lui était demandé.
La solide porte de métal se souleva avec lenteur, mais pressé comme il était, Tanner n’attendit même pas qu’elle ait finit de s’ouvrir pour s’engouffrer dans la salle en se baissant. Une fois à l’intérieur, il la referma précipitamment, et se retourna. Avant de sursauter de peur.
Tranquillement assis en tailleur, Alister le fixait d’une bien étrange façon. Une fois sa surprise dissipé, le scientifique le fusilla du regard.
-Qu’est-ce que tu fabriques ici?! Aboya-t-il.
-J’attends.
-Tu attends? Tu attends quoi?
-Mes prochaines instructions.
Tanner soupira de soulagement, Peter avait dû lui ordonner de garder cette pièce contre leurs assaillants. Le scientifique dû reconnaitre que c’était bien pensé de la part de l’américain.
Il observa tranquillement les trésors que contenait cette pièce, ses trésors, ses derniers espoirs.

Immobiles dans leurs incubateurs respectifs, les corps de Thanos et Crystal étaient définitivement terminés. Il ne restait plus qu’a incorporer un esprit dans chacun de ces mutants, et Tanner savait lequel il allait attribuer à Thanos. Il se dirigea vers son incubateur, entra une commande, et s’empara du casque qui apparu dans la fente qui venait de s’ouvrir. Mais une main puissante vint arrêter son geste, tandis que l’autre se plaqua sur sa bouche. Alister tira le scientifique en arrière, et colla sa joue contre la sienne.
-Navré Professeur Tanner, mais nous devons patienter.
L’écossais tenta vainement de se débattre, mais c’était complètement inutile face à quelqu’un d’aussi fort que son assaillant.
Celui-ci se permit d’ailleurs de resserrer son étreinte, ce qui arracha un long gémissement au scientifique.
-Taisez-vous, dit Alister de sa voix calme, nous devons patienter.
Patienter? Pourquoi? Pour qui?
Telles étaient les questions qui traversèrent l’esprit du Professeur Tanner, et il ne tarda pas à obtenir ses réponses.
Une terrifiante masse noire à l’allure de spectre s’extirpa du boitier de contrôle qui commandait l’ouverture de la porte. Sous les yeux horrifiés du rouquin, celle-ci prit forme humaine tout en conservant son apparence de spectre, et enclencha le mécanisme. À nouveau, la porte se souleva. Le Professeur Tanner aperçut avec surprise, trois personnes relativement jeunes pénétrer dans son sanctuaire.

À la tête de cette petite troupe se tenait une jolie jeune fille au visage traversé par une longue cicatrice rouge.
Abigail Hobbs sourit de toutes ses dents en apercevant la situation dans laquelle se trouvait l’écossais. Elle fit un signe de tête à l’Augure qui referma la porte, avant de se tourner vers Alister.
-Où est le maître? Demanda celui-ci.
-Mort. Répondit Drake.
-Oh... Je vois.
Tanner n'en croyait pas ses oreilles. Était-ce là la seule réaction qu'il avait? N'était-il pas sensé lui vouer une totale dévotion?
Mais "dévotion" ne voulait pas dire "amour".
-Laisse le parler, dit l'Augure à Alister, mais ne relâche pas ton étreinte.
À ses mots, le visage du vassal de Peter s’illumina. Il connaissait cette voix, il l’avait patiemment attendue.
Il obéit, et ôta sa main de la bouche du scientifique qui haleta. Abigail s’approcha de lui.
-Qui… Qui êtes vous?
-Comment? S’étonna faussement la jolie hollandaise. Notre père ne vous a jamais parlé de nous? Allons Alex, faites un effort. Je suis persuadé que vous connaissez la réponse à votre question.
Tanner fronça les sourcils d’incompréhension, Thomas et Drake échangèrent un regard amusé.

Le scientifique les observa, l’un après l’autre. Son interlocutrice avait raison, il connaissait leurs visages. Mais il ne parvenait pas à se remémorer l’endroit où il les avait aperçut. Il s’écoula une vingtaine de secondes avant que l’indice donnée par Abigail ne raisonne dans sa tête:
Il connaissait leur père.
-Allons Alex, lança l’Augure d’une voix humaine et moqueuse, tu sais très bien qui nous sommes.
Les yeux du scientifique s’écarquillèrent d’horreur. Cette voix, c’était celle du Docteur!
Il était si estomaqué qu’il ne remarqua même pas le regard sévère que Thomas lançait à l’Augure.
C’est alors qu’il eut comme un flash, un souvenir auquel il n’avait accordé que très peu d’attention venait soudain de refaire surface. Il se revoyait quelques années plus jeune, installé dans le bureau de son ancien mentor. Celui-ci se plaignant du fait que l’un de ses enfants ait reçu de graves brulures aux visages.
Son regard se posa sur Drake, qui le fixait avec mépris.
-Vous… vous…

La réalisation l’avait paralysé sur place pendant un court instant, jusqu’à ce que la colère ne vienne s’emparer de lui.
-Vous êtes les bâtards du Docteur! Cracha-t-il. Comment osez-vous?!
Abigail le gifla. Le coup fut si violent que le scientifique vit une trentaine de chandelles danser devant ses yeux.
-Comment nous osons? Répéta Abigail avec mépris. Nous corrigeons les innombrables erreurs que vous avez laissé dans votre sillage Professeur. Vous avez détruit l’oeuvre de notre père. Son plus grand rêve, anéantit par votre ambition démesurée et votre incompétence. Tout ce que vous possédez aujourd’hui, c’est à notre père que vous le devez. Et il est temps pour vous de disparaître, vous et vos erreurs. Nous reprenons ce qui nous reviens de droit, et ensuite, nous pourrons accomplir le rêve de notre père.
Comme Tanner l’observait d’un regard perplexe, elle expliqua:
-Vivre comme une véritable famille, sans nous soucier de toute cette merde virtuelle. C’était cela son rêve. Cela à quoi il avait finit par aspirer après s’être empoisonné la vie avec ce maudit travail qui était le sien.
L’écossais n’en croyait pas un traitre mot, jamais le Docteur n’aurait abandonné son oeuvre pour quelque chose d’aussi banale qu’une famille. Il s’apprêtait à répliquer, mais une nouvelle gifle le mura dans son silence.
L’Augure s’approcha d’Abigail, et se plaça à ses côtés. Lorsque Tanner eu finit de se remettre les idées en place, le spectre avait désormais une figure humaine. Une figure qu’il n’osait reconnaitre.

-C’est impossible… murmura-t-il ébahit.
-Professeur Alex Tanner… Commença Abigail d’un ton ferme et sévère.
-… Vous êtes renvoyé. Termina l’Augure avant de poser son regard sur Alister. Brise lui la nuque.
L’écossais voulu crier, mais la première syllabe de son mot mourut sur ses lèvres au moment où un craquement hideux raisonna dans la pièce.
Alister relâcha le corps de Tanner, qui s’écroula lourdement sur le sol. Toutes les personnes présentes dans la pièce le fixèrent pendant un petit moment, à l’exception d’Alister, qui regardait l’Augure.

Ce fut d’ailleurs lui qui brisa le silence de la pièce en demandant.
-Est-ce le moment?
La créature numérique lui adressa un sourire, avant de reprendre une totale apparence de spectre.
-Oui, viens par ici.
Sur ses mots, elle l’emmena auprès de Thanos. Alister l’observa avec fascination, et se tourna vers la voix qui avait habité ses rêves. Celle-ci posa sa main sur la vitre de l’incubateur.
-Ce corps est pour toi, dit-elle, c’est le corps du Grand Dragon Rouge. Un corps sans esprit, prêt à accueillir le tien.
Alister l’observa, un peu perplexe.
-Comment dois-je m’y prendre?
-Tu vas devoir me laisser faire, et me promettre que malgré les souffrances atroces que tu subira, tu ne te débattra pas. Tu me comprends? C’est très important.
-Je comprends. Dit-il en fixant le corps de Thanos. Je suis prêt.
-Parfait.
L’Augure se positionna derrière lui, et plaça ses mains sur chacune de ses oreilles. Il se servit alors de la puissance des tours activées pour démarrer l’opération.

Alister ressentit une affreuse sensation dans sa tête. Était-ce cela la douleur? Comment se faisait-il qu’il ne l’avait jamais ressentie auparavant?
-Ne te débat pas! Lui cria l’Augure. Laisse-toi faire.
Malgré ses souffrances abominables, il parvint à obéir. Le spectre tira alors de son esprit une masse noire, similaire à celle dont il était composé.
Lorsqu’il eut finit de tirer, le corps d’Alister s’écroula dans un fracas métallique. Et l’Augure concentra ce qu’il lui avait arraché en une sphère ronde de la taille d’une pomme.
-Thomas! Cria-t-il. Brise moi cette glace!
Le belge ne se fit pas prier, avec sa force de « possédé », il pulvérisa la vitre de l’incubateur d’un puissant coup de poing. Avant d’attraper le corps de Thanos qui allait s’écrouler à son tour sur le sol. Thomas le débarrassa de tous ces électrodes, et le soutint pour permettre à l’Augure d’accomplir sa besogne.
-Parfait.
Là-dessus, le spectre enfonça la sphère dans l’oreille du mutant. Et aussitôt, celui-ci se mit à pousser un hurlement déchirant. Mais Thomas lui plaqua une main sur la bouche pour éviter que les vibrations de sa voix ne détruisent l’incubateur de Crystal. L’Augure se saisit de la tête de Thanos, et se concentra de toutes ses forces. Une flopée de petits éclairs jaillirent de la caboche qu’il tenait.
-J’y suis presque…
Tout à coup, la créature cessa de crier, et son corps se relâcha. À tel point que Thomas dû le saisir par les aisselles pour le maintenir debout.
Un silence de cathédrale s’abattit sur la pièce, Abigail s’approcha.
-Est-ce que… Est-ce qu’on a échoué? Demanda-t-elle interdite.
-Non… Non… NON! Cria l’Augure. J’avais réussi, je sais que j’avais réussi!
Il posa une main sur le torse du mutant, et déclencha une puissante impulsion électrique.
-Réveilles-toi. Ordonna-t-il avant de réitérer l’opération. RÉVEILLES-TOI!

Les yeux de Thanos s’ouvrirent, et une profonde inspiration suivi d'une quinte de toux vinrent récompenser ses efforts. Alister ne savait pas ce qui lui était arrivé, un tourbillon d’émotions et de sensations était en train de l’emporter. Il frissonnait de tout son être, il avait froid.
Les bâtards du Docteur laissèrent échapper de profonds soupir de soulagement, ils avaient réussi. Le seul qui ne semblait pas se laisser convaincre aussi facilement fut l’Augure, il se pencha vers le nouveau mutant.
-Alister?
Il acquiesça.
-Comment te sens-tu?
Il fallu patienter une bonne trentaine de secondes avant d’obtenir une réponse, ce dernier ayant du mal à contrôler son nouveau corps.
-…Froid.

Abigail se tourna vers Drake, et lui ordonna de récupérer la blouse de Tanner pour l’essuyer. Puis, elle entreprit de récupérer les vêtements d’Alister sur son ancien corps.
-C’est vraiment du beau travail. Commenta-t-elle en lui retirant son pantalon. Dommage qu’ils aient été aussi cons, un cyborg ça se pirate.
Une fois Alister essuyé et habillé, ce-dernier était si fatigué qu’il tomba sur les épaules de Thomas qui se chargea de le porter.
Abigail rouvrit alors la porte, prête à se battre au cas où un nouveau régiment de soldats les y attendrait. Mais c’est le silence d’un cimetière qui vint l’accueillir, visiblement, tous le monde avait bien remplie sa part de travail.
-Drake? Vérifie la batterie de l’incubateur de Crystal.
Le balafré s’exécuta.
-Douze heures d’autonomie, annonça-t-il.
-Excellent, maintenant il faut emmener Alister dans la salle des scanners.
-Pourquoi? S’étonna Thomas.
Abigail s’approcha, et caressa la joue du mutant.
-C’est le pouvoir des tours qui maintient son esprit dans ce corps. Pour qu’il y reste, il faut l’encoder dans son A.D.N..
-Mais ça va nous prendre un temps fou!
La jolie hollandaise éclata de rire.
-Tu parles, à peine quelques minutes. Thanos n’était qu’une coquille vide, ce sera très simple à faire. Il faudra juste le placer dans un scanner, et reprogrammer son organisme.
On ne peut pas laisser leur super calculateur en circulation, sans cette machine pas de tours, pas de tours et Alister nous quittes aussi soudainement qu’il est arrivé. C’est pourquoi il est nécessaire de l’encoder avant de partir.
Elle se tourna vers l’Augure, puis vers ses frères.
-On a besoin de lui, et vous le savez. Conclue-t-elle avant de prendre le mutant des mains de son frère.
Tour à tour ses comparses acquiescèrent doucement.

-Prend le contrôle de l’ancien corps d’Alister, emmène Crystal dans la camionnette et garde-là. Ordonna-t-elle à l’Augure. Drake, une fois que j’en aurais finis avec Alister, il faudra que tu retires la pile nucléaire de leur super calculateur et que tu le blindes de C4. Thomas, tu viens avec moi. Je ne pourrais pas le porter toute seule quand on aura éteint leur machine.
-Tu peux m’expliquer pourquoi je dois aller dans le corps de ce cyborg?
Abigail leva les yeux au plafond.
-Quand on aura éteint leur super calculateur, il te faudra un réceptacle sur lequel t’accrocher si tu ne veux pas disparaitre où être forcé à retourner dans le réseau. Et tu ne veux pas que Crystal soit laissée sans surveillance. Ce corps cybernétique est parfait pour toi, il pourrait même te servir au quotidien.
L’Augure émit un bruit semblable à celui d’un grognement, mais elle concéda son point de vue.
Cette dernière libéra ses mains pour les frapper l’une contre l’autre.
-Allez au boulot. Lança-t-elle agacée. Je veux quitter ce putain d’endroit dans le quart d’heure qui suit.


Lieu inconnu, heure inconnu, 10 octobre 2001.


X.A.N.A. était libre. Comment? Il l’ignorait. De même qu’il ignorait quoi faire à présent.
Peu importe ce qu’il faisait, il lui était impossible de s’empêcher de songer à ces images. Celle d’un homme d’âge moyen en particulier. Cette image-là revenait très souvent.
Waldo Schaeffer.
Ce nom résonnait dans son esprit virtuel, il lui faisait l’effet d’un coup de poignard. Un poignard qui ne cessait d’être remué encore et toujours dans sa plaie béante.
Une autre image fit son apparition, un autre nom.
Aelita.
Ce nom-là était encore pire que le précédent, à croire qu’il n’avait en tête qu’une volée de supplices. Tous plus abominables les uns que les autres.
X.A.N.A. poussa un hurlement digne de la Banshee qu’il était, même si celui-ci ressemblait davantage à un cri d’agonie. Et qui pourrait lui en vouloir avec ces images et ces noms qui le torturaient?
Enragé, il s’engagea à travers les vastes espaces du réseau. Résolu à découvrir la source de ses souffrances.
Quitte à en souffrir davantage, ou à les faire disparaître à jamais.


Prochain Chapitre:
Behold The Great Red Dragon

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


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Chapitre 13: Behold The Great Red Dragon



11 octobre 2001, Paris, alentours du lycée Jean-Baptiste Say, 17h 51

Lucius Hobbs et Aelita Lancaster étaient dans de beaux draps.
Ils avaient prit l’habitude de rentrer ensemble après la sortie des cours, et voilà qu’ils s’étaient fait embusquer par une bonne douzaine d’élèves qui les avaient alors poussé sans ménagement jusqu’à une ruelle à l’abri des regards.
Aelita ne les connaissait pas tous, mais à sa grande surprise, elle avait reconnu Sylvie, Sarah et Matthieu. Le reste du groupe était composé de huit garçons et d’une autre fille.
Une fois qu’ils furent encerclé, un des garçons se détacha du groupe et s’adressa à Lucius.
-Est-ce que tes frères ont tués Luc et sa famille?
L’adolescent écarquilla les yeux.
-Ils n’y sont pour rien!
-Ah non? Arrête de faire l’innocent Lucius, on sait tous ce qui est arrivé à Mohamed. On sait que c’est parce qu’il te victimisait qu’il est mort. On sait qu’il a été brûlé vif, et on sait aussi que Luc t’en faisait parfois voir de toutes les couleurs, et que sa famille a crevé dans un incendie. Ça fait un peu trop de coïncidences.

Lucius et Aelita n’en crurent pas leurs oreilles. Certes, ce raisonnement avait peut-être un sens pour une bande de collégiens paranos, mais ne se basait sur aucune preuve concrète.
Visiblement, il s’attendait à ce qu’il fasse une confession. Mais le petit frère d’Abigail n’était pas disposé à leur faire un cadeau pareil, d’autant plus qu’il savait que Drake n’avait rien à voir avec les disparitions de Luc et de sa famille.
-Ils n’y sont pour rien. Répéta-t-il en pesant ses mots. Et ils n’y sont pour rien non plus dans la mort de Mohamed. C’était un connard, mais mes frères ne sont pas des monstres.
Il s’y prenait mal, il le comprit lorsqu’il remarqua que personne ici ne semblait le croire. Il devait changer de stratégie.
-Ce que vous dites n’a aucun putain de sens! Cria-t-il. Le gars qui a buté Mohamed l’a attiré dans un lieu désert. Pourquoi il aurait changé de stratégie en allant cramer tout un immeuble?! C’est n’importe quoi!
Cette fois-ci, il eut la sensation d’avoir fait mouche. Car certains garçons s’était mis à échanger des regards incertains. C’est alors que la troisième fille du groupe s’avança, et Lucius remarqua alors qu’il y avait autant de larmes qui coulaient le long de ses joues que de haine dans ses yeux.
Aelita la connaissait sous le nom de Chloé

-Menteur! Cracha-t-elle avec mépris. Luc m’a dit que tu l’avais menacé de lui envoyer ton frère le buter avec un lance-flamme! Oses me dire le contraire!
Lucius se paralysa sur place face à cette déclaration, les autres garçons de la bande reprirent tout à coup confiance en ce qu’ils pensaient. Il se souvenait effectivement avoir lancé cela à Luc un jour où il l’avait racketté pour s’acheter des cigarettes. Ils étaient dans une merde noire.
-Et toi! Rugit-elle en se tournant vers Aelita. Tu peux me dire où est passé ton connard de frère?! Ça fait plus presque deux semaines qu’on ne l’a pas vu! Luc m’a dit qu’il dînait avec sa famille le soir où ils sont tous mort. Qu’est-ce que t’as à répondre à ça, hein?!
-T’es complètement barge! Se défendit Aelita. Seth a perdu sa petite amie, tu ne veux pas le laisser en dehors de ta paranoïa?!
Chloé éclata d’un rire faux.
-Ma paranoïa?! Ton putain de frère sortait avec Valentine depuis à peine quelques semaines, et on ne l’a plus vu le jour qui a suivi l’incendie! Ça faisait plus d’un an que Luc et moi on était ensemble. Un an! Et je ne l’ai appris qu’à l’école. Moi aussi j’ai perdu mon petit ami, et je ne me cache pas comme une pauvre sous-merde! Comment t’expliques ça?!

Aelita s’apprêtait à rétorquer une excuse pour justifier l’absence du mutant, lorsque qu’un autre garçon prénommé Dimitri prit la parole:
-Ça suffit. Lança-t-il à l’adresse de Chloé, avant de se tourner vers Aelita.
-Comment ça se fait que ton frère n’était pas à l’école le lendemain de l’incendie?
-Il s’était disputé avec Valentine. Répondit-elle en se rappelant la version des faits que Légion lui avait communiqué. Il ne voulait pas aller en cours. C’est les flics qui lui ont apprit la nouvelle.
-Et pourquoi il n’est pas revenu?
-Parce qu’il ne peut pas revenir. S’agaça Aelita en sachant le mutant dans le coma. Il est beaucoup plus sensible que cette espèce de folle, c’est difficile pour lui. Et quand on voit comment vous réagissez on le comprend.
-Moi folle?! Gronda Chloé les poings serrés. Mais les garçons lui demandèrent de laisser faire Dimitri.
Celui-ci se tourna alors vers Lucius.
-Est-ce que tu as menacé Luc de lui envoyer ton frère?
-Oui je l’ai fais. Maugréa l’adolescent. Mais j’étais supposé faire quoi d’autre? Le laisser me tabasser et prendre mon argent?
Dimitri balaya ces paroles d’un geste.
-C’est pas la question. Est-ce que tu lui as dis que ton frère avait un lance-flamme? Répond par oui ou par non.
-Oui, soupira-t-il enfin.
Satisfait, Dimitri se tourna vers un autre garçon de sa bande. Celui-ci effectua un cercle avec son pouce et son index.
-C’est dans la boite.
Lucius écarquilla les yeux, et vit que celui qui venait de parler tenait une caméra. Dimitri se tourna vers lui.

-Maintenant les flics ont une bonne raison de venir fouiner chez toi. Lâcha-t-il triomphant.
Lucius voulu protester contre cette drôle de combine, mais un cri de douleur l’en empêcha. Aelita laissa échapper un profond soupir de soulagement.
Heath Lancaster agrippait fermement le bras du garçon qui tenait la caméra et le soulevait à présent du sol. Il s’empara du matériel audio-visuel, et relâcha sa victime qui se mit aussitôt à se masser le poignet. Puis, l’allemand se saisit de la carte SD de l’engin, et la cassa sous les protestations du groupe d’adolescents.
-Vos gueules! Gronda-t-il avant de se diriger vers Chloé plus menaçant que jamais. Toi, ça n’est pas parce que tu souffres que ça te donne le droit de faire souffrir les autres, pauvre conne!
Il se tourna vers Dimitri.
-Et toi tu es un débile profond. Un témoignage acquis sous la contrainte vaut que dalle aux yeux des flics, tu regardes trop de films policiers.
L’adolescent accusa le coup. Heath se tourna alors vers l’intégralité du groupe.
-Vous êtes d’ailleurs tous plus cons les uns que les autres, cracha-t-il, vous accusez à tort et à travers alors que jamais personne n’a dit qu’il s’agissait d’un incendie criminel! Si jamais Lucius a en effet menacé Luc de lui envoyer son frère avec un lance-flamme c’est aux flics qu’il fallait le raconter.

Il se tourna vers Chloé.
-Est-ce que tu l’as raconté aux flics?
-Non. Bredouilla-t-elle.
-Et tu crois que c’est en te donnant en spectacle devant une caméra et en montrant à tous à quel point tu souffres que tu vas accorder du crédit à ta parole? Mais t’es vraiment débile!
-Il a avoué! Se défendit-elle.
-Il a avoué -sous la contrainte- l’avoir menacé, rectifia Heath. Et il a avoué l’avoir fait pendant que ton copain chérie le rackettait. A ton avis, ils vont croire qui les flics? La tarée hystérique qui a perdu son petit ami? Ou le garçon qui, sous la contrainte, a avoué avoir prononcé des paroles basées sur une rumeur de collégiens pour se protéger du gars qui le rackettait? Me donne pas ta réponse, même si t’es conne à en pleurer elle t’as surement déjà sauté aux yeux.
Chloé ne su quoi dire, elle se contenta de sangloter. Heath l’ignora pour s’adresser de nouveau au groupe:
-Maintenant dégagez tous d’ici, le spectacle est terminé. De même que votre petit numéro de justicier débile. Vous avez perdu votre pote et j’en suis désolé pour vous, mais ce que vous faites là est juste répugnant. Alors allez vous trouver un autre coupable, ou regardez-vous dans une glace. Ça aura de toute façon le même effet.
Lentement, les adolescents se dispersèrent. Certains en groupe, d’autres seuls. Dimitri vint emmener Chloé qui pleurait à chaudes larmes en invoquant le nom de Luc. Sarah, Sylvie et Matthieu s’approchèrent d’Aelita en bredouillant des excuses, en affirmant qu’ils étaient venu pour la protéger si les choses avaient dégénérés. Mais Heath leur barra le passage.
-Vous trois vous allez vous faire enculer. Si vous étiez ses amis vous l’auriez défendue, mais vous avez préféré vous mêler au troupeau comme de bons petits moutons que vous êtes. Alors tirez-vous.

Penauds, les adolescents s’en allèrent d’un pas lent. Heath attendit qu’ils soient tous hors de portée pour s’adresser à Aelita.
-Allez on rentre.
La jeune fille acquiesça, quelques larmes coulèrent le long de ses joues dû à la retombée de la pression.
-Merci, lâcha un Lucius dans un état similaire.
-Ne me remercie pas, rentre plutôt chez toi raconter à ta soeur ce qui est arrivé. Il vaut mieux qu’aucun de vous ne fréquente à nouveau cette école. Trop de problèmes et trop de cons.
L’adolescent acquiesça, salua Aelita tout en s’excusant, et détala à toutes jambes.
La jeune fille aux cheveux roses se tourna vers l’allemand.
-Qu’est-ce que tu faisais ici?
-Le travail de Légion, répondit-il en se mettant en route avec sa « soeur » sur les talons. D’habitude c’est lui qui assure ta protection, mais ton père avait besoin de lui et comme je n’avais rien à faire…
-Ça m’étonne que tu ai réglé le problème de cette façon, fit-elle remarquer, ça te ressemble pas. Je pensais que tu distribuerais quelques coups de poings.
-Et envoyé douze gamins à l’hôpital? Ça aurait été complètement idiot. Je t’avoue quand même que j’ai dû faire preuve de pas mal de retenu.

La jeune fille gloussa.
-Désolé Aelita, soupira-t-il, j’aurais préféré que cette histoire n’ait pas de retombé sur toi.
L’elfe virtuel haussa les sourcils.
-Alors c’est vraiment toi qui…
-Pas ici.
-Pardon.
Ils progressèrent en silence pendant une bonne centaine de mètres, avant que la jeune fille ne reprenne la parole:
-Ça ne te ressemble pas non plus.
-Quoi?
-De t’excuser je veux dire, je ne t’ai jamais vu le faire aussi naturellement.
Heath voyait très bien de quoi elle parlait, mais il se contenta d’hausser les épaules malgré sa gêne.
-Il y a un début à tout, soupira-t-il d’un ton blasé. Les gens finissent toujours par changer.
Aelita lui sourit.
-En tout cas je te préfère comme ça, grand frère.
Heath fronça les sourcils, et lâcha un soupir d’exaspération.
-Putain, si toi aussi tu t’y mets…
-Quoi?
-Rien. Dit-il en accélérant le pas. Rien.


11 octobre 2001, Paris, 92 avenue Mozart, 21h 13


Tranquillement installé devant son pupitre de commande, Abigail Hobbs analysait Alister. Ce-dernier était enfermé dans l’un des scanners depuis déjà une bonne demi-heure, mais il avait fait preuve d’une étonnante docilité, et obéissait à chacun des ordres que lui donnait l’Augure. Ce qui leur facilitait grandement la tâche.
La créature virtuelle effectuait exactement la même tâche que la hollandaise, mais de l’intérieur de la machine. Et elles n’étaient pas trop de deux pour effectuer une besogne aussi importante à leurs yeux, le moindre détail comptait.
L’incubateur contenant Crystal avait été installé dans un coin de la pièce. Celui-ci avait été une véritable galère à transporter discrètement depuis le parking de leur immeuble. Il avait l’avantage de disposer d’un accès direct aux caves, mais l’incubateur était tellement grand qu’ils avaient été obligés de se faire posséder en activant deux tours. Et malgré leurs forces surhumaines, Drake et Thomas avaient eu un mal de chien à le transporter à travers les étroits couloirs du sous-sol. Le fait que ce dernier soit bas de plafond n’avait pas arrangés les choses, ils s’étaient vus obligé de l’incliner pour l’amener jusqu’à leur labo. Heureusement, l’heure tardive leur avait permit de ne croiser personne sur leur route. Sans quoi, ils auraient eu l’air bien malins s’ils s’étaient fait pincer. Avec dans leurs bras, un incubateur de deux mètres cinquante de haut contenant une mutante.
Confectionner une prise afin de recharger la batterie de la machine n’avait pas été bien sorcier pour Abigail. Même si elle avait dû se presser, puisqu’il n’avait resté qu’une petite heure d’autonomie lorsqu’elle eu terminé. Mais tout cela n’avait aucune importance, ils s’étaient emparés de Crystal et l’avait mis en sureté. Cela avait été le l’objectif principal de leur mission, et ils l’avaient remplie sans accroc.

Maintenant, le véritable travail commençait.
-Tout semble en ordre, remarqua l’Augure.
-Je suis du même avis, répondit la hollandaise. Maintenant, reste à trouver le moyen de faire la même chose avec Crystal.
-Tu m’étonnes, le programme que j’ai utilisé pour Alister ne fonctionne que lorsque c’est moi qui m’en occupe. Là, je serais dans l’incapacité de faire quoique ce soit. Je dois reconnaître que c’est assez angoissant.
-Hé bah merci la confiance, tu me crois donc incapable de rééditer ta prouesse?
-Je n’ai pas dis ça, se défendit l’Augure. C’est juste que…
-Je sais, l’interrompit Abigail d’une voix douce. Je sais, mais je vais y arriver. Je t’ai fais une promesse tu te souviens?
-Et tu tiens toujours tes promesses, j’ai confiance en toi Abigail. Ça ne m’empêche pas d’avoir la trouille.
-Relax, au moins on sait que c’est possible, et on a une idée de comment on va s’y prendre. C’est déjà un énorme pas en avant. Il y a encore quelques mois ce n’était qu’un mince espoir, là c’est une réelle possibilité.
-Il n’empêche que les risques qu’on va prendre seront immenses. Mais tu as raison, au moins là, on a une chance.
-Ce que tu peux être pessimiste parfois.

Un rire à la fois nerveux et amusé sortit des enceintes du pupitre.
-Excuse-moi. Finit par lâcher la créature.
-Excuses acceptées. Répondit Abigail en mettant ainsi fin à cette conversation qui devenait gênante à ses yeux, et l’empêchait de se concentrer.
Après un dernier coup d’oeil à son écran, une question lui traversa soudain l’esprit.
-Au faites, cette chose sur Valkyria, est-ce que tu l’as revue?
-Non, répondit l’Augure d’une voix sérieuse. Pas la moindre trace.
-Je sais que tu vas me trouver lourde à forces de t’en parler, mais tu es bien sûr de ce que tu as vu?
-Absolument. Dit-il d’un ton qui ne laissait nulle place au doute.
Abigail sentait le malaise dans la voix de son interlocuteur virtuel, aussi elle choisit de ne pas pousser plus loin.
Heureusement pour elle, l’analyse touchait à sa fin, et c’est un Alister en pleine possession de ses moyens qui sortit du scanner. Son regard était pensif.

-Comment te sens-tu?
L’apparence du mutant n’avait plus rien à voir avec celle de son ancien corps cybernétique, il avait des cheveux châtains claires, et ses prunelles étaient d’une éclatante couleur argentée. Il était aussi beaucoup plus grand, et semblait avoir vieilli de quelques années. Il portait un jean, un t-shirt avec un col en V, et une paire baskets. Le tout appartenait à Thomas, mais ce dernier disposait d’une garde-robe suffisamment large pour la partager avec leur nouveau compagnon.
Abigail l’examina des pieds à la tête pendant quelques secondes.
-Je ne suis pas habitué, reconnu Alister, il y a tant de choses que je découvre, et pourtant j’ai le sentiment de les avoir toujours connu.
Avec un lavage de cerveau et un corps métallique, tu m’étonnes que tu sois pas habitué.
-Sinon, ça va?
-Ça va. Mais j’aurais une requête à vous soumettre.
-Ah bon?
Abigail était assez surprise, Alister ne leur avait encore rien demandé depuis qu’ils étaient rentrés.
-Je t’écoutes.
-Je souhaiterais obtenir la possibilité d’aller tuer Serpent.
La jolie hollandaise haussa un sourcil.
-Tu le détestes vraiment autant que ça?
Alister secoua la tête.
-Non, je lui suis même très reconnaissant. C’est lui qui m’a offert mon nom.
-Alors pourquoi?
-Parce que c’est ce pourquoi j’ai été créé, il est et sera toujours mon objectif principal. J’ai promis au maître que je le détruirais, et je souhaites rendre hommage à sa mémoire en y parvenant. C’est le premier ordre qu’il m’ait jamais donné, et le plus important de tous.

Abigail tapota tranquillement sa cicatrice vers le bas de sa joue gauche. C’était un nouveau tic qu’elle s’était découvert, et étrangement, elle aimait bien faire ça.
Cela lui rappelait sa première nuit.
La requête d’Alister la gênait un peu, son but n’était pas d’exterminer Schaeffer, simplement de détruire son monde virtuel.
Mais de ce qu’elle avait comprit ce « Serpent » était un ancien agent de l’organisation, l’ayant déserté pour se joindre à son oncle. Sa disparition aura-t-elle un impact aussi important qu’elle le craignait? Elle qui souhaitait reformer sa famille, ce n’était sans doute pas la manière de s’y prendre.
Cette dernière pensée fit germer une idée dans son esprit.
-Comment comptes-tu t’y prendre?
Alister avait le regard dur et déterminé, visiblement, il serait impossible de le faire changer d’avis.
-Je vais retourner sur leur monde, et je vais le détruire.
La hollandaise haussa un sourcil. Ignorait-il donc que la dévirtualisation n’équivalait en rien à la mort? Si tel était le cas, cela arrangeait les choses. C’était même une assez bonne idée, ouvrir des pourparlers en faisant état de leur puissance serait surement plus facile que ce qu’elle avait initialement prévue.
À savoir, les localiser en activant une tour. Et investir leur repaire pour détruire leur supercalculateur.
Obtenir une invitation de cette manière était bien plus simple pour espérer un dénouement pacifique, Schaeffer pourrait même éteindre et détruire sa machine de lui-même.
Oui, c’était une bonne idée.

-Très bien, nous ferons cela demain.
-Pourquoi pas maintenant?
Abigail fronça les sourcils.
-C’est un peu trop précipité.
-Quelle différence cela fait?
La hollandaise se mordit la lèvre, elle n’aimait pas agir ainsi dans le dos de ses frères. Mais la voix de l’Augure vint résonner dans ses oreilles.
-Il peut y aller maintenant, cela nous permettra de savoir l’effet de la virtualisation sur lui. Et puis on ne risque pas grande chose.
Abigail la maudit en silence, elle n’aimait pas cela. Ce n’était pas une décision assez réfléchie à son goût. Mais une part d’elle-même lui criait d’accepter, celle qui voulait en finir le plus vite possible avec toutes ces histoires, et mener la vie qu’elle souhaitait.
Le visage de Heath s’imprima dans son esprit, elle ne l’avait plus vu depuis des jours. Il lui manquait terriblement, et avec sa situation définitivement réglée, plus rien ne l’empêcherait de se concentrer sur son petit ami.
-Il a vraiment une drôle d’influence sur moi. Songea-t-elle.
Avec un soupir d’agacement et de résignation, elle finit par acquiescer. Tout sourire, Alister s’allongea à nouveau dans son scanner. Abigail enclencha la procédure, et espéra de tout son coeur qu’elle n’était pas en train de commettre une erreur grossière.


11 octobre 2001, Usine, 21h 31


Franz Hopper avait enfin terminé ce sur quoi il travaillait depuis maintenant plus d’un mois: le virus qui allait lui permettre de détruire le super calculateur de l’Organisation, ainsi que toutes leurs bases de données.
Les yeux rougies par le manque de sommeil, il s’étira paresseusement sur son siège, et bailla comme un phoque.
Il pesa l’idée de piquer un somme, là tout de suite, mais il y renonça. Il se faisait relativement tard, et il préférait rentrer chez lui dormir comme un bébé dans le grand lit qu’il s’était offert. Et dont, malheureusement, il ne profitait pas assez souvent.

Techniquement, il était loin d’avoir finit son travail; il lui restait encore à réparer le retour vers le passé. Une fonction qui lui aurait été bien utile pour travailler sans trop se fatiguer, mais qui aurait rendue les vies d’Aelita et de Heath plus qu'insupportables. Maintenant qu’il y pensait, il n’avait pas encore déterminé d’où venait le problème. Mais un nouveau bâillement le fit chasser son travail de son esprit.
Il se leva, s’étira de nouveau, et s’apprêtait à retirer son oreillette.
C’est alors qu’une alarme discrète retentit, faisant grogner le scientifique.
Il pianota sur son clavier, et découvrit la cause de cette agitation: quelqu’un était en train de forcer la serrure pour entrer sur Lyoko.
Franz Hopper esquissa un sourire, l’Organisation était de retour. Et il allait leur jouer un bien mauvais tour.

Il se mit à préparer son virus, il n’avait pas besoin de Heath, les prothéens feraient diversion tandis qu’il s’occuperait tranquillement de pirater leur vaisseau.
C’est alors qu’une chose étrange se produisit, la porte de Lyoko sauta beaucoup plus vite que prévu.
La dernière fois, il leur avait fallu une bonne dizaine de minutes. Et encore, cela lui avait paru trop rapide à son goût. Il s’était donc permit d’améliorer sa solidité, afin que celle-ci offre davantage de résistance et lui laisse plus de temps pour se préparer.
Mais là, il s’était écoulé à peine une trentaine de secondes entre le moment où l’alarme avait retenti, et celui où le verrou avait sauté.
Ce n’était pas normal.
Et ce qui l’était encore moins, c’était la chose qui venait de faire son apparition sur le territoire de la banquise.
Franz fronça les sourcils, avant d’écarquiller les yeux d’horreur.
Aussi vite qu’il le put, il composa le numéro de téléphone de son assistant.
-Heath? On a un problème!
-Un problème de quelle taille?
Le scientifique posa à nouveau les yeux sur la quantité de points de vie dont disposait l’intrus.
-Colossale.


*******



Alister posa le pied sur la glace de la banquise, et prit un temps pour admirer son nouveau corps.
C’était exactement comme dans ses rêves, exactement comme l’Augure le lui avait promit.
Sa peau écailleuse était rouge sang, dans son dos des ailes et une queue disposant d’une lame aiguisée en guise de dard se déployèrent de toute leur splendeur. Sur son front, se dressait une paire de corne pointue. Il ne portait aucun vêtement, mais cela n’avait aucune importance puisque il ne disposait d’aucun organes génitaux. De même, son derrière n’avait pas de raie.
Ses pieds n’en étaient pas, à la place, il disposait de serres d’aigle noires comme la suie.
C’est alors qu’il reçu un tir à l’épaule.
Surpris, il posa son regard sur l’impressionnante armée de monstres qui lui faisait face.
Il y avait de tout: des krabes, des frôlions, des méga-tanks, des mantas, des kankrelats et des blocks.
Mais celui pour qui il était venu, lui, n’était pas là.
Il eut beau le chercher du regard, rien.

Il déploya alors ses belles ailes rouges, et s’envola tandis qu’une véritable pluie de lasers s’abattit sur lui.
Mais, ils n’eurent aucun effet, de même que les mines des mantas n’eurent aucun effet. La glace des blocks fondait dès qu’elle entrait en contact avec sa peau, peau qui était visiblement corrosive pour l’acide des frôlions, et plus résistante que les lasers des mégatanks qui se brisèrent à son contact.
Une fois qu’il fut à la bonne hauteur, il déploya l’intégralité de ses membres. Laissant apparaître une aura rouge incandescente autour de son corps.
Des colonnes de laves surgirent de la mer numérique, la nuit éternel de la banquise était à présent entièrement recouverte par de sinistres nuages rougeoyants. Les prothéens avaient cessé de tirer, leurs attaques n’avaient aucun effet sur la créature qu’il était.
Chaque monstre qui composait cette armée virtuelle était en train de trembler de terreur. Alister n’y prêta aucune attention.
Si le Serpent se cachait dans son trou, il allait y plonger la main pour l’en sortir.
Le Grand Dragon Rouge inspira profondément. Sa poitrine gonfla progressivement, jusqu’à ce qu’elle atteignit son point culminant. Il cracha alors un raz-de-marée de flammes rouge sang, engloutissant l’intégralité des monstres qui lui faisait face. Son attaque dura à peine dix petites secondes avant de se dissiper.Ne laissant derrière elle que le néant absolu. Rien n’avait échappé à son appétit vorace, pas même la plateforme du territoire qui ne réapparaitrait jamais.
Satisfait, il observa l’horizon, et aperçut une tour au halo bleu. Un sourire maléfique se dessina sur son visage.

*******


Heath avait dû avoir recours au mode « spectre » pour arriver aussi vite dans la salle des scanners. Il avait sauté de toit en toit, et une fois arrivé à l’usine, avait préféré passer par la chaufferie plutôt que d’attendre le monte-charge. Il avait détecté la peur dans la voix de Franz, et cela ne l’avait pas encouragé à perdre la moindre seconde.
-Je suis en position, annonça-t-il.
À son grand étonnement, Hopper mit un certains temps à lui répondre.
-Fais très attention, notre ennemi est… monstrueux.
-À ce point?
-Oui.
La voix du scientifique était on ne peut plus sérieuse.
-Il vaudrait peut-être mieux éteindre le super calculateur. Tu n’es pas de taille face à cette… chose
-Ça ne servirait à rien puisqu’elle continuerait de revenir. Envoyez-moi là-bas que je puisse au moins savoir à quoi j’ai affaire. Si jamais je me fais massacrer on appliquera votre plan. Mais on ne pourra pas trouver un moyen de la vaincre si jamais je ne vois pas de quoi elle est capable. Je pourrais même vous faire gagner suffisamment de temps pour que vous puissiez lui trouver un point faible.
Hopper déglutit, avant de concéder.
-Vas-y, mais sois très prudent.
Heath leva les yeux au plafond
-Depuis quand vous vous souciez de ce qu’il pourrait m’arriver?


*******



Il était là, il le savait, il avait sentit sa présence.
Il ressortit alors de la tour qui arborait à présent un halo noir, et fit face à son ennemi juré.
-Qu’est-ce que tu es? Demanda un Heath estomaqué par l’apparence de son adversaire.
Le Dragon Rouge sourit de tous ses crocs, et déploya ses ailes.
-Je suis Alister Blake. Dit-il triomphant. Et je suis venu pour toi, Serpent.
-Alister?
Il n’obtint pour seule réponse qu’un fulgurant coup de poing, qu’il parvint à attraper au vol. La créature frappa de sa deuxième main, mais là encore son attaque fut parée. L’allemand se fit aussi lourd que possible, à tel point que ses pieds s’enfoncèrent dans la glace.
-Qu’est-ce que tu as fais?
Le sourire d’Alister s’élargit à nouveau, et de petites flammes apparurent autour de ses poings. Les mains de pierre de Heath émirent des craquements, et sous le regard ébahi de l’allemand, finirent par voler en éclat.
-J’ai évolué.

Sur ses mots, Alister tira son adversaire vers lui pour lui décocher un féroce coup de genou dans le plexus. Le torse de l’allemand subit le même sort que ses mains.
Le Dragon Rouge ne s’arrêta pas là. Alors que son ennemi avait posé un genou à terre, il rétracta sa jambe, et le frappa en pleine figure.
Heath vit un vol plané sur plusieurs centaines de mètres, son corps ricocha trois fois sur le sol avant d’y rouler jusqu’à finir à plat ventre.
Tandis qu’il peinait à se relever, la voix alarmée d’Hopper lui résonna dans les oreilles:
-Mais c’est pas vrai.
-Quoi?
-Je… Je ne contrôle plus rien! Cette horreur est en train de foutre ma machine en l’air! Le programme de matérialisation est complètement HS. Si jamais tes points de vie tombent à zéro…
-J’ai compris. Dit-il d’une voix sinistre. Je fais quoi du coup?
-Tu dois désactiver la tour.
-C’est un super plan, sauf qu’il est justement entre la tour et moi. Appelez du renfort!
-Je… Je ne peux pas.
-Quoi?!
-Les prothéens ne répondent pas à mes appels! Ils… Ils sont terrorisés!
Heath laissa échapper un rire nerveux.
-C’est génial, vraiment.
-Tu peux appeler ta manta car elle est directement liée à ton programme. Mais je n’ai rien de mieux à t’offrir.

L’allemand soupira. Génial, absolument génial.
Il se tourna vers le bord de la plateforme, et appela:
-Manta!
La créature volante apparue et embarqua son maître au passage, celui-ci décida de monter le plus haut possible.
La partie supérieur de son corps était peut-être en morceau, mais ses jambes, elles, étaient intactes. En s’allégeant suffisamment, il espérait pouvoir effectuer un saut assez précis pour atterrir suffisamment proche de la tour.
Alister apparut devant lui.
Il en fut si surpris que sa manta faillie percuter la créature. Le sourire carnassier de celle-ci s’était à présent étendu d’une oreille à l’autre, dévoilant deux monstrueuses rangées de crocs. Ses yeux dégageaient une féroce envie de meurtre, un regard que Heath ne connaissait que trop bien.
-Tu n’ira nulle part si ce n’est en Enfer, Serpent. L’informa-t-il de sa voix calme avant que sa queue ne vienne violemment fouetter le visage de l’allemand. L’envoyant droit vers le sol, sans pour autant le laisser l’atteindre.
En effet, après avoir détruit la manta d’un coup de dard. Alister plongea a une vitesse supersonique pour atteindre la terre-ferme avant sa victime, et l’accueillit d’un surpuissant coup de poing qui l’envoya s’écraser contre la paroi d’un iceberg. Il retomba lourdement sur le sol, mais ne parvint pas à se relever.

Sa vision était trouble, et il n’avait plus le moindre sens de l’équilibre, ni la moindre force dans les bras. La seule chose qui était claire pour lui, c’était la voix d’Hopper.
-Mais c’est… Oh non.
-Quoi encore? Murmura-t-il.
-Tes points de vies sont tombés à zéro, mais tu ne t’es pas dévirtualisé. Ça… Ça n’a pas de sens.
Heath aperçut du coin de l’oeil, la masse rouge s’approcher de lui. Cependant, il ignorait s’il s’était mis à délirer, ou si la glace sous les pieds de la créature était véritablement en train de se changer en roche volcanique au fur et à mesure qu’il se rapprochait.
Heath éclata d’un rire faible, épaté par la naïveté du scientifique.
-Vous n’avez rien compris, murmura-t-il, il m’en veut à moi personnellement. Il ne va pas laisser un putain de programme me buter. Il veut me battre à mort jusqu’à ce que je cesse d’exister. Il va me démolir en tant que programme, morceaux par morceaux.
Franz Hopper était horrifié, jamais il n’avait entendu une chose aussi abominable. Derrière lui, Légion restait stoïque, mais fronça néanmoins ses acardes sourcilières glabres.
-Adieu Schaeffer. Lâcha-t-il alors que la queue d’Alister s’enroulait autour de son cou.


Même moment, Banlieue parisienne


Le cauchemar que vivait Seth lui était abominable. Son grand frère était en train de mourir, il était à l’agonie. Massacré par la créature la plus ignoble qu’il ait jamais vu. Désespéré, le mutant se mit à pousser des cris de désespoir. Il ne pouvait rien faire. Il était coincé derrière une espèce de vitre qu’il lui était impossible de briser, et ce malgré ses incessantes et veines tentatives de la détruire à coups de poings. Impuissant face à la correction que recevait Heath, le mutant croisa alors le regard de l’ignoble monstre qui tuait son grand-frère.
Ce qu’il y voyait le glaça d’effroi, les yeux de la créature était remplie de haine, de mépris, et de jouissance.

Elle se réjouissait de massacrer Heath, elle se réjouissait de tuer son aîné.
-Arrête! Hurla Seth. Laisse-le! LAISSE-MON FRÈRE TRANQUILLE!
Mais ses paroles tombèrent dans l’oreille d’un sourd, puisque la créature se saisit de Heath par le cou, et l’envoya s’encastrer dans la paroi d’un iceberg. Il l’avait lancé avec tellement de force que l’allemand y était resté planté comme un clou.
-Heath! Cria Seth au bord du désespoir. HEATH!
Il se réveilla, le visage trempé de sueur et le regard livide.
-Mon frère, balbutia-t-il en haletant, il est en danger.
-« Il va te falloir faire très vite ». L’informa Xana.


11 octobre 2001, Usine, 22h01


Franz Hopper ne savait plus quoi faire. Cela faisait déjà au moins cinq bonnes minutes que la créature était en train de s’amuser avec Heath comme on s’amusait avec un jouet. Leur situation était totalement désespérée.
Il avait beau être intelligent, ce n’était pas un Dieu. Il n’avait absolument aucune ressource contre cette créature qui disposait encore d’une bonne centaine de milliers de points de vie. Et il n’avait de toute façon plus la possibilité de faire quoique ce soit, son pupitre de commande ne répondait plus.
Ils étaient finit.

C’est alors qu’un symbole apparu sur son écran noircie, un symbole rouge qu’il ne connaissait que trop bien. Ses yeux s’écarquillèrent de surprises.

-Réactivation des pares-feux, lâcha la voix robotique de Xana, reprise du contrôle, désactivation de la tour.


*******



Vautré sur le sol de la banquise, Heath ne sentait plus ni ses forces, ni son corps. Il ne pouvait ressentir la fatigue ou la douleur sur Lyoko, mais il se doutait bien de l’état pitoyable dans lequel il se trouvait. Son armure de pierre n’existait plus, elle avait été complètement anéantie par les coups surpuissants qu’Alister lui avait administré avec plaisir et acharnement. Ce même Alister qui entoura sa queue autour de son cou, et le porta à sa hauteur.
-J’ai enfin réussi. Lâcha-t-il le souffle court, comme si lui-même n’y croyait pas. J’ai accomplie la volonté de mon maître, je t’ai vaincu.
-Putain, tu n’as rien trouvé de mieux? Murmura un Heath furieux, mais incapable de lever le ton. Tu as tellement d’autres raisons de me buter. Et c’est pour ce bouffon que tu le fais? Décidément tu ne changera jamais: tu restera toujours une petite merde.
Alister lui décocha un uppercut dans l’estomac, mais c’était un geste complètement inutile, l’allemand ne ressentait plus rien.
-Si ma raison te répugne à ce point, ce doit être la bonne.
Sur ses mots, le Dragon Rouge desserra la mâchoire, laissant apparaitre le brasier incandescent qui illuminait sa bouche. Il était temps pour lui de donner le coup de grâce.
C’est alors que le corps de Heath se décomposa, sous les yeux écarquillés d’Alister qui ravala ses flammes sous le choc.
-Non! Cria-t-il en tentant vainement de retenir les pixels qui disparaissaient à une vitesse folle. Non! Non! Non!
Heath disparu, laissant le Dragon Rouge se noyer dans sa fureur et sa frustration.
La créature trembla de rage à tel point que la glace sous ses serres se fissura.
Elle se replia sur elle-même, et cracha vers le ciel une véritable colonne de feu qui vint transpercer les nuages qui recouvraient le ciel de la banquise. À son torrent de flamme s’ajouta un rugissement de haine:
-NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON!


*******



Lorsque le scanner qui contenait Heath s’ouvrit, c’est à quatre pattes, et le corps parcouru de spasmes qu’il en sortit. L’allemand eut tout juste le temps d’apercevoir Seth, avant de vomir une véritable marée de sang. Dépourvu de la moindre force physique ou mentale, il s’écroula dans sa propre hémoglobine. Seth avait écarquillé les yeux d’horreur face à la scène à laquelle il venait d’assister. Une colère noire s’empara de tout son être, et une haine viscérale envahit son regard. Il ramassa Heath, et le déposa contre le mur de la pièce. Puis il observa ses mains, couvertes du sang de son frère. Enragé, il s’engagea dans l’un des scanners.
Lorsque les portes du tube de métal se refermèrent sur son regard bestial, la voix robotique de Xana se mit à résonner à travers les enceintes de la pièce.


-Transfert Seth.
-Scanner Seth.
-VIRTUALISATION!


Prochain chapitre: The Wrath of the Celestial Demon

_________________

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Ikorih MessagePosté le: Mar 03 Avr 2018 17:43   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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D'après ton précédent chapitre, si on te laisse cinq jours sans com', tu postes une suite. Cette stratégie n'ayant pas marché cette fois-ci, je vais devoir commenter du coup...

Bon as usual les accords sont partis en croisière, j'ai pas eu la foi de relever, mais j'ai gardé les trucs rigolos.
Spoiler


Bon alors sans aucune originalité j'vais faire dans l'ordre de mes tirets, donc premièrement, Heath et Abigaïl : je tenais à rappeler que le "A quoi tu penses" a été répertorié dans le top 10 des clichés de la romance 2018 (édité par un jury amateur). Simple indication. Mais comme on en est à lire des "Mais je l'aime." dans tes textes, je crois que du chemin a été parcouru!
En fait, par rapport au chapitre 13, je sens que la fic va se finir avec un epic fail du style d'Abigaïl qui se rendra compte un peu tard qu'elle a fait buter son mec, aka Serpent. "Oups" Mr. Green
Pour parler d'Heath tout seul, on sent qu'il a pas mal mûri entre les deux tomes. Après, c'est vraisemblablement corrélé aux années qui se sont écoulées depuis la publication de DSSLN...

Ce qui m'a frappé avec les deux chapitres là, c'est que le scénario "tombe sous le sens". Sans qu'on s'y soit particulièrement attendus, ça tient debout et ça n'a pas besoin de trente kilomètres d'explications, par exemple le piratage du cyborg c'est expliqué en une ligne et on se dit "Ah ouais, pas con". C'était propre, et franchement c'est bien d'avoir évité le pavé de "Vous voyez alors là on a fait comme ça et..." o/
J'ai bien aimé le parallèle entre Thomas et Renarde, Dragonne a même failli servir à quelque chose c'est incroyable!
Pour finir sur l'attaque, on a réussi à retrouver des images d'une caméra de surveillance du complexe, qui nous révèle comment s'est déroulée la chute de Peter :

http://2.bp.blogspot.com/_6ujqNbm-zj4/SrBKhEs7bAI/AAAAAAAAALY/xhdL6F6TU8A/s320/killing-joke-falling.jpg


Allez, tomber dans des produits chimiques n'a jamais tué personne, après tout! Smile

Dernier point : une fois encore, je m'interroge sur les motivations d'un perso, et ici c'est Xana. Pour le coup, il n'avait pas de raison particulière de sauver Heath, sauf si on considère qu'il est également influencé par Seth. Ou alors Xana a un intérêt là dedans, genre il est conscient du fait que Heath va vouloir garder Seth en vie et donc, indirectement, servir à Xana. Quoi qu'il en soit, son intervention était badass. o/

PS : On recherche actuellement Sergei Dragunov, porté disparu depuis une durée indéterminée parce qu'on a la flemme de chercher son dernier chapitre d'apparition.
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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Tyker MessagePosté le: Mer 04 Avr 2018 10:05   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Alors maintenant on emploie des stratégies pour me faire poster plus vite? Rolling Eyes

Et si à la place on faisait un petit deal? Plus ton com (ou un autre) arrive vite, plus la suite arrivera vite. C'est une promesse. Mr. Green

Citation:
Bon alors sans aucune originalité j'vais faire dans l'ordre de mes tirets, donc premièrement, Heath et Abigaïl : je tenais à rappeler que le "A quoi tu penses" a été répertorié dans le top 10 des clichés de la romance 2018 (édité par un jury amateur). Simple indication. Mais comme on en est à lire des "Mais je l'aime." dans tes textes, je crois que du chemin a été parcouru!


Un peu de romance chelou avec un poil de cliché, parfois ça fait du bien. Mr. Green


Citation:
En fait, par rapport au chapitre 13, je sens que la fic va se finir avec un epic fail du style d'Abigaïl qui se rendra compte un peu tard qu'elle a fait buter son mec, aka Serpent. "Oups" Mr. Green


Houla non, non, non. Ce serait une catastrophe de finir comme ça Laughing


Citation:
Pour parler d'Heath tout seul, on sent qu'il a pas mal mûri entre les deux tomes. Après, c'est vraisemblablement corrélé aux années qui se sont écoulées depuis la publication de DSSLN...


Oui, il est vrai que j'ai commencé DSSLN il y a genre... Bah un peu plus de 4 ans. Embarassed Tâchons de faire en sorte que Pandémonium ne dépasse, voire n'atteigne pas les 3 ans. Mr. Green

Pour parler de Heath, disons que son nouvel environnement est pour beaucoup dans l'évolution de sa maturité. Ça et le fait qu'Intelligence soit toujours dans sa tête. Mais sa nouvelle vie y est pour beaucoup.

Citation:
J'ai bien aimé le parallèle entre Thomas et Renarde, Dragonne a même failli servir à quelque chose c'est incroyable!


Bah oui, à force d'avoir créé trop de persos ça risquait d'arriver. Disons que je corriges mes erreurs de jeunesse Wink

Citation:
Allez, tomber dans des produits chimiques n'a jamais tué personne, après tout! Smile


Évidemment, c'est scientifiquement prouvé Mr. Green

Citation:
Dernier point : une fois encore, je m'interroge sur les motivations d'un perso, et ici c'est Xana. Pour le coup, il n'avait pas de raison particulière de sauver Heath, sauf si on considère qu'il est également influencé par Seth. Ou alors Xana a un intérêt là dedans, genre il est conscient du fait que Heath va vouloir garder Seth en vie et donc, indirectement, servir à Xana.


Ce qui est bien quand tu t'interroges, c'est que tu donnes toi-même des réponses parfaitement valables. En vérité Xana n'est pas vraiment libre de ses mouvements, Seth l'a après tout menacé de le buter dans DSSLN lorsqu'il est arrivé dans son corps.
Il obéit donc à Seth par peur de disparaitre, et comme tu l'expliques toi-même, Seth a une influence sur Xana.
Quant à sa relation avec Heath, sachant que celui-ci s'occupe de Seth depuis de nombreux mois déjà, il sait que l'allemand prend soin du mutant. Au final, la survie de Heath ne fait qu'augmenter ses propres chances de survie, comme tu l'as bien compris.

Citation:
PS : On recherche actuellement Sergei Dragunov, porté disparu depuis une durée indéterminée parce qu'on a la flemme de chercher son dernier chapitre d'apparition.


"Porté disparu", tiens c'est pas mal ça pour la prochaine liste de persos. Mr. Green
En attendant, pas un mot à ce sujet Mr. Green

Le chapitre 14 paraîtra avant la fin de la semaine. (Edit: Ou pas)

PS: Abigail s'écrit à l'anglaise, pas de "AbigaÏl" please. Wink

_________________

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Tyker MessagePosté le: Jeu 12 Avr 2018 17:45   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Spoiler


Spoiler



Chapitre 14: The Wrath of the Celestial Demon


11 octobre 2001, Banlieue Parisienne, 23h 23

Lorsqu’Aelita entendit la porte d’entrée s’ouvrir, elle reposa son livre, et descendit accueillir sa famille.
Ce qu’elle vit la pétrifia sur place.
Légion portait sur chacune de ses épaules les corps inertes de Heath et de Seth, malgré son habituelle figure stoïque, elle cru noter une pointe d’inquiétude dans son regard lorsqu’il les déposa sur le canapé.
L’elfe virtuelle put alors apercevoir les vêtements poisseux de sang de ses « frères », ainsi que les yeux révulsés du plus âgé. L’horreur s’empara de son visage.
Franz Hopper était aussi livide qu’un cadavre, il fila droit vers la cuisine et en ramena une belle bouteille de bourbon. Il n’avait pas prit de verre, et c’est donc au goulot qu’il s’envoya une bonne rasade d’eau de vie. Qui après quelque gorgés, parvint plus ou moins à apaiser son esprit tourmenté. Le scientifique reprit quelques couleurs, et s’écroula lourdement dans son fauteuil. Sa respiration était haletante.

Aelita posa sa main sur le front de Heath, et reçut une légère décharge électrique qui lui fit lâcher un petit cri de surprise. Aussitôt, son père se précipita vers elle.
-Tu vas bien? Demanda-t-il avec une inquiétude telle qu’elle ne lui avait jamais vu.
-Oui, répondit-elle faiblement. Ce n’était qu’un peu d’électricité statique, rien d’alarmant.
Soulagé, le scientifique retourna plonger dans le cuir moelleux de son fauteuil, et but une nouvelle gorgé de bourbon.
Sa fille contempla pendant quelques instants l’état dans lequel étaient ceux qu’elle appelait « ses frères », avant de se tourner vers son paternel.
-Papa? Dit-elle doucement en s’asseyant sur l’autre canapé du salon. Qu’est-ce qu’il s’est passé?
Franz Hopper baissa les yeux sur le liquide contenu dans sa bouteille, en bu une dernière gorgée, et referma le récipient qu’il déposa sur la table basse du salon. Un profond soupir inidentifiable pour Aelita lui échappa des lèvres.
-Un cauchemar, répondit-il dans un murmure, un véritable cauchemar.

11 octobre 2001, Paris, 92 avenue Mozart, 22h 03

Abigail était à la fois en colère contre Alister, et terrifiée par la puissance de celui-ci. Elle qui avait eu la naïveté de croire que le Dragon Rouge ignorait la différence entre « dévirtualisation » et « mort ». Voilà qu’elle se prenait un sévère retour de flamme, et cela ne lui avait pas plu du tout.
Surtout, cela réduisait à néant ses projets de résolution pacifique entre elle et son oncle. Ou en tout cas les contrariaient profondément.
En effet, elle avait peur que cette démonstration de force n’ait été trop impressionnante. Et si Alister tuait Serpent, elle ne pourrait pas offrir de garantie au scientifique qu’elle ne s’en prendra pas à lui à l’avenir.

Et ce n’était pas ce qu’elle souhaitait, loin de là.
Elle voulait voir sa famille heureuse, et qu’elle le veuille ou non, Waldo Schaeffer en faisait parti.
Oh, l’incorporer à leurs vies n’étaient pas forcément ce à quoi elle aspirait, néanmoins, elle souhait qu’ils restent en bons termes. Si à l’avenir son oncle se mariait et aurait des enfants, elle ne dirait pas non à voir une ribambelle de cousins et cousines se joindre à sa famille. Cette vision pourrait ressembler à celle qu’elle s’était faite, elle était même plus réjouissante.
Cependant, elle avait peur qu’Alister n’ait réduit ses espoirs à néant. Fort heureusement, il semblait avoir échoué.

Il semblait..., car elle voyait mal comment quiconque pourrait survivre avec un corps aussi endommagé que ne l’avait été le programme de Serpent.
Elle espérait, bien que moyennement confiante, que cela n’aurait pas de trop graves répercussions.
Après tout, qui était cette personne pour son oncle? Surement rien de plus qu’un simple soldat, au mieux un associé. Oui, ils ne devaient pas être plus proches que cela.
Enfin, elle pensait cela, mais en réalité elle ignorait presque tout de son parent. Elle avait seulement apprit de la bouche de son père, qu’il l’avait trahi pour faire ses projets de son côté. Herman Schaeffer ne lui avait jamais vraiment parlé de son frère, elle espérait seulement qu’il serait réceptif à sa demande de paix.
C’est alors qu’un étrange signalement apparu sur l’écran de la jeune fille, intriguée elle demanda à l’Augure ce dont il s’agissait.
-Rien de bon, Schaeffer a visiblement plus d’un tour dans son sac.
Abigail fronça les sourcils, que diable se passait-il sur Lyoko?
-File-moi un visuel.


Lyoko, Même moment.


Alister écumait de rage, sa proie lui avait échappé. Il avait beau être indéniablement le plus puissant, cette fuite résonnait à ses oreilles comme son plus retentissant échec. Serpent avait été à sa merci, il aurait pu en finir s’il avait laissé les conséquences de son sabotage l’emporter dans l’autre monde. Mais il avait été victime d’un caprice ridicule, surement causé par l’orgueil que lui avait inspiré sa nouvelle puissance.
Cette même puissance qui avait failli réduire son ennemi à néant, lui paraissait tout à coup bien insignifiante maintenant qu’il était hors de sa portée.
Il s’apprêtait à repartir tout en ruminant son échec, lorsqu’une lueur éclatante recouvrit la banquise. Intrigué, il leva les yeux.
Il avait beau être impossible de se retrouver éblouie sur un monde virtuel, la lumière transcendante qui éclairait le ciel et transperçait ses nuages le déconcerta quelques secondes.
Serpent était-il revenu se battre? Était-ce possible?
Plein d’espoirs, il s’envola vers l’iceberg le plus proche, et observa de plus près la source de cette lumière.

Il plissa les yeux, et aperçut une sorte sphère en argent se matérialiser.
Le Dragon rouge haussa un sourcil, qu’est-ce que cela signifiait? Quelle était cette chose qui semblait capable de repousser sa puissance?
C’est alors qu’il comprit sa méprise lorsqu’il aperçut les deux ailes en argent massif se déployer, permettant à leur propriétaire de briller de milles feux. Sa lumière fut si aveuglante qu’elle chassa immédiatement les nuages sinistres qui recouvraient le ciel de la banquise. Impressionné, Alister observa avec intérêt l’être qui descendait doucement vers un iceberg voisin du sien. Un halo lumineux l’enveloppa progressivement au fur et à mesure qu’il approchait de la glace du territoire. Lorsqu’enfin il posa le pied à terre, Alister pencha sa tête de côté pour mieux observé l’étrange personnage qui venait de faire son apparition.

Ses ailes de métal semblaient aussi souples que les siennes, il portait un pantalon noir ainsi qu’une paire de bottes en cuirs assortis à sa tenu. La partie supérieur de son corps était nue, laissant apparaitre une impressionnante musculature. Son bras droit était en métal noir, tandis que le gauche était comme composé d’électricité argentée.
Sa coupe de cheveux était au béret, c’est à dire courte sur les côtés, et mi-long sur le dessus. Quelques mèches pendaient sur son front.
Les cheveux en eux-mêmes étaient d’une couleur grise-argentée.
Un tatouage en forme de Léviathan tenait son oeil gauche entre ses crocs, et descendait le long de son torse.
Mais le plus étrange, c’était ses yeux.
Ils étaient clos, visiblement, il ne les avaient pas ouverts depuis qu’il était apparu sur Lyoko. Malgré le fait que son adversaire soit le Dragon Rouge, cet être était d’un calme olympien, presque dérangeant.

Depuis son pupitre de commande, Franz Hopper se grattait nerveusement la barbe. Il lui était presque impossible de comparer les deux créatures. La seule donnée dont il disposait pour ce faire étaient leur nombre de points de vie respectif, et ces chiffres ne lui inspirait rien de bon.
-Créateur? Demanda poliment Légion. Seth peut-il remporter ce combat?
L’intéressé poussa un soupir qui trahissait son inquiétude.
-Je l’ignore. Ils sont tous les deux d’un niveau bien au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Mais notre adversaire dispose néanmoins d’une trentaine de milliers de points de vie supplémentaire. Aussi, même si Seth est bien plus puissant que Heath, le combat me parait toujours bien trop déséquilibré.
Il se tourna vers son écran.
-Qu’en penses-tu Xana?
Pas de réponse.
-Xana? Xana?!
Au même moment, sur le territoire de la banquise, un éclair fendit le ciel, et frappa Seth de plein fouet. Un étrange symbole vint se dessiner sur son torse, ainsi que sur son front.
Franz Hopper vit le nombre de points de vie du mutant grimper en flèche, pour la première fois depuis l’apparition de l’autre créature, il esquissa un sourire.
-Là, c’est plus équilibré.

De son côté, Alister hésitait à attaquer son nouvel adversaire. D’un côté, celui-ci semblait dangereux, et il disposait d’une belle ouverture. Mais de l’autre, cette chose n’était pas sa cible. Et si celle-ci ne pouvait revenir se battre, alors il n’avait plus rien à faire ici pour le moment.
C’est alors que Seth ouvrit les yeux, et la haine viscérale avec laquelle il fixait le Dragon Rouge fit tressaillir ce dernier. En effet, les émotions du mutant étaient si intenses, qu’une espèce de bourrasque avait frappée la créature au moment même où son ennemi avait séparés ses paupières.
Alister se sentit soudain extrêmement mal à l’aise, il avait le sentiment de faire face au plus féroce des animaux.

Cette erreur de concentration allait lui être préjudiciable, puisque Seth en profita pour se propulser vers lui à une vitesse supersonique, et lui décocha un fulgurant coup de poing métallique qui l’atteignit à la mâchoire.
Emporté par la puissance de cette attaque, Alister alla s’écraser de tout son long contre le sol glacé de la banquise. Du haut de son iceberg, Seth le toisa du regard.

Le Dragon Rouge resta un moment allongé sur le dos, avant de se relever, tout en faisant mine de masser tranquillement sa mâchoire. Puis, il reprit son expression habituelle, et ses yeux sereins vinrent croiser les enragés de son adversaire.
-Je n’éprouve aucun intérêt à t’affronter, l’informa-t-il de sa voix calme et polie. Celui qui m’intéresse c’est Serpent, alors aurais-tu l’obligeance de t’ôter de mon chemin?
Seth ne répondit pas, son regard continuait cependant de trahir la haine bouillante qu’il s’efforçait de contenir.
-Tu vas payer, gronda-t-il tandis qu’une aura argentée apparaissait autour de lui, tu vas payer pour ce que tu as fais à mon frère. Personne ne s’attaque à ma famille!
Il avait prononcé ces dernières paroles dans un rugissement phénoménal, qui fit trembler l’intégralité du territoire.
Le Dragon Rouge afficha une mine sombre, résolu.
-Je vois.

Sur ses mots, il inspira de toutes ses forces, et recracha à nouveau son torrent de flamme en direction du mutant qui sembla happer par l’attaque. Sous les pieds d’Alister, la glace de la banquise se mua en une roche volcanique qui se propagea sur le territoire tel un virus. Mais à la grande surprise du Dragon Rouge, sa progression s’arrêta net au pied de l’iceberg dont il venait de détruire le sommet. C’est alors qu’il aperçut les larges ailes d’argent de Seth qui s’étaient repliées sur son propriétaire pour le protéger. Lorsque ce dernier les déploya à nouveau, la roche volcanique revint en toute hâte vers son maître, comme chassée par la puissance majestueuse du Démon Céleste.
Le Dragon Rouge fronça les sourcils, et une lueur de détermination apparue dans son regard.
Les deux combattants se propulsèrent alors l’un contre l’autre, et le poing de métal de Seth percuta le poing de chair d’Alister. Une onde de choc colossale traversa le territoire, et la glace des icebergs aux alentours se brisa comme du verre.
Une véritable avalanche de phénomènes similaires s’ensuivit suite aux nombreux coups que les deux adversaires s’échangèrent. Faisant ainsi grimper en flèches les chiffres démentiels qui s’affichaient sur les écrans de Franz et d’Abigail.
-Putain… Commença le scientifique.
-… de merde. Termina la hollandaise.


Alister propulsa son dard vers le visage de Seth qui décala sa tête pour l’esquiver, il reçut en revanche un formidable crochet du gauche qui le propulsa en arrière. Le Dragon Rouge partit à la poursuite de sa victime, et referma ses serres d’aigles autour de sa tête. Il se mit ensuite à planter celle-ci dans le sol sans pour autant s’arrêter de voler, traçant ainsi un long sillage sur la glace. Seth attrapa la patte de son ennemi de sa main argentée. Une violente décharge électrique parcouru le corps du Dragon rouge et lui arracha un hurlement tandis qu’il lâchait sa victime. Le Démon Céleste effectua une roulade en arrière, et une fois sur ses deux jambes, se propulsa en avant. Alister encaissa alors un coup de boule en pleine poire qui l’envoya en chute libre vers le sol. Mais son adversaire ne l’entendait pas de cette oreille, il tendit son bras droit, et le releva brutalement. Aussitôt, un pilier de glace s’éleva du sol, et captura Alister dans ses griffes. Seth ne se fit pas prier, et lui décocha un fulgurant coup de poing métallique qui brisa la prison, et envoya son ennemi s’écraser à plusieurs centaines de mètres. Le mutant posa alors les pieds sur les restes du pilier qu’il avait créé, et ne voyant nulle trace du Dragon Rouge, se mit à charger de l’énergie électrique dans son bras.

C’est alors qu’au loin, un iceberg de bonne taille fut arraché du sol, et expédié droit sur lui. Mais il ne prit pas la peine d’esquiver cette attaque, il attendit que le projectile arrive à sa porté, et posa sa main électrique dessus pour le faire sauter purement et simplement.
Et c’est à travers les débris qui volaient aux quatre vents qu’il se rendit compte de son erreur, puisqu’un jet de flamme incandescent les traversèrent, et l’emporta jusqu’à une colonne de glace contre laquelle il s’écrasa.
Il n’eut pas le temps de dire « ouf » qu’Alister était déjà sur lui, et le transperça de ses cornes. Seth fut à nouveau plaqué contre la colonne dont le sommet se disloqua sous le choc.
Le Dragon Rouge se servit des bons encrages de ses excroissances épidermiques dans le ventre de sa victime pour la soulever de terre, et laisser le bloc de glace s’écraser sur elle.
Puis il l’envoya valdinguer dans les airs d’un bon mouvement de nuque, avant de se lancer à sa poursuite une nouvelle fois.
Il lui décocha trois coups de poings surpuissants, chacun le propulsant un peu plus vers l’extrémité du territoire. Puis il le prit de vitesse, et joignit ses mains avant de lui asséner un coup de marteau qui l’envoya droit vers la mer numérique.

Mais Seth reprit ses esprits, et tira un rayon d’énergie électrique vers la masse d’eau virtuel qui le fit remonter à une vitesse folle. Prenant ainsi par surprise son ennemi, et lui adressant un uppercut métallique sur le menton. Il enchaîna avec un revers de la même main, et son adversaire profita de l’impact de celle-ci pour s’enfuir en volant à pleine vitesse. Seth le suivit sans effort.
Les deux monstres filèrent à travers le territoire tels des étoiles filantes, l’une rouge l’autre argentée. Ils s’entrechoquèrent à de nombreuses reprises durant leur course effrénée, déployant des ondes de chocs qui firent voler la glace en éclats. Il traversèrent le sol des plateformes comme s’il s’agissait de papier, et continuèrent de se percuter l’un contre l’autre, échangeant des coups de plus en plus meurtrier.

Le mutant prit cependant l’avantage sur son adversaire, au moment où son poing électrique allait entrer en contact avec le poing droit de la créature. Son membre se déstructura soudainement, avant de se solidifier à nouveau, capturant ainsi le bras de son ennemi. Une décharge surpuissante parcouru le corps d’Alister, qui tenta de se dégager en tirant de toutes ses forces. Seth le relâcha, et profita du fait que son adversaire fut emporté par son élan pour se placer dans son dos.

Il le ceintura, avant de se mettre à voler à pleine vitesse vers les derniers icebergs, piliers et murs de glace qui tenaient encore debout. Un à un, le mutant fit passer la créature à travers bon nombre de ces obstacles tout en continuant de lui infliger de violentes décharges. Il n’épargna même pas les tours, qui éclatèrent à leur passage. Mais Alister lui planta son dard de métal dans le dos, ce qui lui permit de se dégager de son emprise et de stopper leur course folle en déployant ses ailes. Il décocha alors un coup poing enflammé dans la tempe de son adversaire qui envoya ce dernier au sol. Puis il lui replanta son dard, dans l’estomac cette fois, et le souleva à sa porté tandis qu’un brasier incandescent se formait derrières ses rangées de crocs.

C’est alors qu’un fin laser argenté jaillit du centre du symbol gravé sur le front du mutant, et vint transpercer l’oeil droit de la créature qui relâcha sa victime.
Seth en profita pour enrouler son bras gauche autour de la queue du Dragon Rouge, et lui infligea une nouvelle décharge. Ce dernier tenta alors de lui mordre la gorge, mais c’est l’avant bras métallique du Démon Céleste que ses crocs capturèrent.
À nouveau, un laser argenté jailli du front de Seth et creva le deuxième oeil d’Alister. Le mutant en profita pour libérer son bras droit, et adresser un violent crochet à son adversaire. Ce dernier, toujours sous l’emprise du membre électrique, fut violemment ramener vers son bourreau qui lui décocha un deuxième coup si violent, que sa queue ne résista pas au choc.
Il fut propulsé vers la dernière colonne encore debout qui s’écroula à son impact, et l’enseveli sous ses décombres.

Seth se débarrassa du membre reptilien qui continuait de gigoter, et l’envoya vers la mer numérique.
Une colonne de lumière s’éleva dans le ciel, tandis que les trous dans son corps étaient en train de se refermer.
Il se remit à charger de l’énergie dans son bras gauche, tout en restant sur ses gardes.

Le Grand Dragon Rouge poussa un rugissement enragé. Il envoya valdinguer les décombres qui l’avaient enterré, et se dressa de toute sa stature face à son adversaire.
Tout comme lui, ses blessures étaient en train de guérir. Déjà son oeil droit s’était reformé, tandis que le gauche était masqué par une bouillie de pixels rouges, semblable à celle qui reformait sa queue.
Il ne restait pas grand chose du territoire banquise si ce n’est trois plateformes et demi alignées les unes après les autres, et un dernier iceberg miraculeusement intact. Aucune tour n’avait survécu à leur affrontement.
Alister était désormais celui qui était le plus furieux des deux. Il était enragé de voir que ce corps dont il était si fier, avait souffert de pareils dommages face à un adversaire qui lui était complètement inconnu.

De son côté, Seth avait peu à peu retrouvé son calme. Celui qu’il affrontait était d’une redoutable puissance, et sans l’aide de Xana, il n’aurait jamais pu faire jeu égale avec lui. En effet, non seulement le programme multi-agent avait augmenté ses forces, mais en plus il avait analysé et informé le mutant des capacités de son propre avatar. Ajoutez à cela le fait qu’à deux ils pensaient vite et bien, et vous obtenez un adversaire des plus coriaces.
Mais en terme de puissance pure, c’était bien Alister qui était au-dessus.
Cependant, Seth ne montrait aucun signe d’inquiétude. Il attendit que ses blessures soient entièrement guéries, avant de plonger son regard d’argent pur dans les yeux rouges reptiliens de la créature qui serrait les poings de rage.

Alister fut prit de tremblements furieux, et sa nouvelle queue fouetta le sol avec frénésie.
Comment osait-il? Cet avorton qui se dressait entre lui et sa proie! Ce caillou sur sa route! Cette ordure qui l’empêchait d’accomplir la volonté de son maître!
Le Dragon Rouge prit une profonde inspiration. Sa poitrine se mit à gonfler, et gonfler, et gonfler. Seth laissa échapper un sourire.

-C’est l’heure d’en finir. Annonça-t-il avec sérénité.
Enragée, la créature cracha un immense jet de flamme rouge incandescent qui fila droit sur son adversaire céleste. Celui-ci posa ses ailes d’argent en opposition, et tint le choc. Mais la puissance de l’attaque le poussa à une vitesse folle à travers les trois dernières plateformes, y comprit le dernier iceberg encore debout. Encrés dans le sol, ses pieds tracèrent deux longs et profonds sillons.

Il attendit d’arriver à la limite de ce qui restait du territoire pour pousser sur ses jambes et prendre son envol. Cependant l’attaque d’Alister le suivit dans les airs, mais ne représenta aucune réelle menace pour le mutant qui l’évita en voletant autour.
Furieuse, la créature banda ses muscles, et une aura rouge incandescente se mit à l’entourer. Il se propulsa de toutes ses forces vers Seth qui n’avait pas cessé de sourire.
Il tenta alors de lui assener un coup de poing enflammé, mais au dernier moment, le Démon Céleste rétracta ses ailes, et se laissa tomber en piquet. Alister virevolta, et fonça à pleine vitesse pour le rattraper dans sa chute. Pendant un instant, il cru que Seth allait se poser sur l’iceberg vers lequel il filait.

Mais ce dernier effectua un battement d’aile pour afin de seulement l’effleurer, et de poursuivre sa descente. Aveuglé par la colère, Alister donna un dernier coup d’accélérateur. Celui qui allait lui être fatal.
Seth planta sa cheville gauche dans la paroi glacée de l’iceberg, ce qui, au bout d’un laps de temps, stoppa sa chute.
Le Démon Céleste vit alors le Dragon Rouge, emporté par sa vitesse, se retrouver au même niveau que lui. Et durant ce millième de seconde, il lu avec satisfaction la lueur de terreur dans son regard.

De sa jambe valide, Seth prit appuie sur l’iceberg, et se propulsa pour décocher un féroce coup de poing métallique dans le plexus de sa victime. Celle-ci fut coupée net dans son élan et tomba à son tour en chute libre, mais pas pour très longtemps.
Seth déploya ses ailes pour se stabiliser, et tendis sa main gauche vers son adversaire. Le souvenir de Heath vomissant son sang s’imposa soudain dans son esprit. Dans un hurlement de haine, il libéra l’énergie électrique qu’il avait accumulé durant tout ce temps.

Alister encaissa une véritable vague foudroyante, l’attaque lui fit traverser le sol de la plateforme, et l’envoya droit vers la mer numérique.
Mais au grand étonnement de Seth, la créature parvint à freiner sa chute, et résistait désormais à la puissante vague foudroyante qui continuait de s’abattre sur elle. Le mutant accentua alors la puissance de son attaque.
Au bord de la rupture, Alister en appela à ses dernières forces, et recouvrant son corps de flammes, tenta de remonter la vague à laquelle il ne pouvait désormais plus échapper.

Les deux combattants se retrouvèrent alors dans une impasse, et ce serait le plus résistant des deux qui l’emporterait.
En effet, après avoir épuisé toute l’énergie qu’il avait accumulé, Seth n’eut d’autres choix que de convertir ses points de vie en énergie par l’intermédiaire de Xana.
Quant à ceux d’Alister, ils descendaient en flèche. Mais le Dragon Rouge continuait malgré tout de charger à pleine puissance contre la vague foudroyante, persuadé de parvenir à avoir le dessus. Et malgré tous les efforts du mutant, c’était ce qui était en train de se produire. Peu à peu, la créature remonta progressivement l’attaque tout en feulant furieusement. Et Seth allait se retrouver à court de points de vies d’une seconde à l’autre.

Seulement, c’était compter sans Franz Hopper.
Ce dernier ayant sous les yeux le nombre de points de vies de chacun des combattants, savait désormais ce qu’il lui restait à faire. Jouer à domicile présentait bon nombre d’avantages, et Alister allait s’en rendre compte à ses dépends. Le scientifique se mit à détourner de l’énergie de son super calculateur, énergie qu’il transmit aussitôt à Seth.

Le Démon Céleste sentit soudainement ses forces revenir, et s’en servit pour accentuer immédiatement la puissance de sa vague foudroyante. Alister eut beau y jeter ses dernières ressources, ses points de vie n’allaient pas tarder à le lâcher. Et il ne lui fallu pas longtemps pour se rendre compte de son inéluctable défaite. Une rage folle s’empara de lui.
-Qui es-tu?! Rugit-il alors qu’il n’allait pas tarder à disparaître.
Fièrement, le Démon Céleste lui répondit en criant:
-Je suis Seth Lancaster, petit frère de Heath Lancaster. Et toi tu es un très vilain dragon, et tu as mérité une punition.
Sur ses mots, il accentua une nouvelle fois la puissance de son attaque. Le Grand Dragon Rouge résista encore quelques secondes, avant de finalement céder. Et dans une bouillie de flammes pixellisées, rejoignit l’Enfer dont il avait surgit.
Seth resta un moment dans les airs, à fixer le point où la créature avait disparu.
Puis il leva les bras vers le ciel, et poussa un immense cri de victoire. Tant il était transporté par la fierté qui emplissait désormais sa poitrine.

Mais tandis qu’il savourait son succès, il ne remarqua pas la présence de l’Augure. Dont seule la tête avait émergée de la mer numérique. Celui-ci était venu uniquement pour servir d’antenne relais entre son super calculateur et Alister, ainsi que pour donner un visuel du combat à son opératrice. Et dans ces conditions, Abigail entendait tout ce qu’il entendait. Elle et Franz se pétrifièrent sur leurs chaises respectives. Une horrible sensation parcouru le coeur de la jeune fille. Sous le choc, elle lâcha:
-Heath…
-…Seth… Ajouta l’Augure sur un ton similaire.
-… Lancaster. Termina un Franz complètement livide. Quel crétin!
-J’ai dis quelque chose de mal? Demanda le mutant en aillant entendu l’insulte faite à son encontre.
Bien qu’épuisé par les multiples émotions de la soirée, le scientifique n’en était pas moins furieux. Il rematérialisa Seth, et descendit en salle des scanners afin de lui administrer un sermon monumentale.
C’est là qu’il le trouva, écroulé dans la flaque de sang laissée par Heath. Et qu’il n’eut d’autres choix que d’ordonner à Légion de les ramasser, lui et son frère. Après quoi, il mit en veille son super calculateur afin d’éviter toutes nouvelles mauvaises surprises, et de permettre au territoire banquise de se reconstituer de lui-même. Puis il quitta son labo, fourra les deux lascars dans sa voiture avec l'aide de Légion, et rentra chez lui.


11 octobre 2001, Banlieue Parisienne, 23h 34


Lorsqu’il eut finit de raconter les évènements de la soirée à sa fille, Franz Hopper se rendit compte qu’il avait ingurgité la moitié de sa bouteille de bourbon. Sa tête était tout à coup bien plus légère qu’au début de son récit, il se tourna vers Légion.
-Lave les garçons, dit-il d’une voix pâteuse, et change leurs vêtements. Je trouverais une solution à leurs problèmes plus tard. Nous devons partir d’ici le plus vite possible.
Il attendit que la création numérique ait disparue pour se tourner vers Aelita, celle-ci semblait paralysée sur son canapé. Son regard inquiet était comme absorbé par l’escalier que Légion avait emprunté avec ses « frères » sur les épaules.

-Ma puce? Murmura-t-il à la jeune fille afin de la sortir de ses pensées. Va préparer tes affaires. Il n’y a rien que tu puisses faire pour eux ce soir. Dépêches-toi.
-Est-ce que…, commença-t-elle d’une voix tremblotante, est-ce qu’ils vont s’en sortir?
Franz poussa un profond soupir, et rejeta la tête en arrière.
-Évidemment, ces deux têtes de mules sont trop bornées pour mourrir.
Avec soulagement, il vit un léger sourire rassuré apparaitre sur le visage de sa fille. Cette dernière se leva paisiblement, et embrassa son père.
-À tout de suite Papa.
-À tout de suite mon trésor.



11 octobre 2001, Paris, 92 avenue Mozart, 23h 17

Sous le coup de la colère, Abigail stoppa net la procédure de dévirtualisation d’Alister. Elle laissa son esprit réintégrer son corps, mais l’empêcha de se réveiller de la stase dans laquelle il avait été plongé pour être virtualisé.
-Salopard. Cracha-t-elle avec mépris.
-Qu’est-ce que tu fabriques? Demanda l’Augure.
-Cet enfoiré est trop dangereux, se justifia la hollandaise, tant que Crystal ne sera pas de notre côté il est hors de question qu’il vadrouille autour de notre famille.
Son ton ferme ne laissait pas de place au débat, mais étonnement, la créature virtuelle n’émit aucune protestation.
-Ça me va. Se contenta-t-elle de lâcher, à la surprise de la jeune fille.
Une fois que celle-ci eut terminée la procédure de mise en stase, elle passa nerveusement un doigt sur sa cicatrice. Priant que ses soupçons ne soient pas fondés, priant pour que Heath et Serpent ne soient pas une seule et même personne.
Mais elle savait que ses prières tomberaient dans l’oreille d’un sourd.
-Qu’est-ce que j’ai fais?

******


Aelita ne savait pas où elle était, ni même qui elle était. Tout ce qu’elle voyait, c’était une jeune fille de son âge ayant des traits semblables aux siens assise sur un lit. Elle se trouvait dans un lieu qu’elle n’avait jamais vu auparavant, et qui pourtant, lui semblait étrangement familier. Sa vision était étrange, comme si elle avait des caméras de surveillances à la place des yeux.
-Ta mère a été soumise à un lavage de cerveau durant sa captivité. Ils l'ont endormie, puis, ils sont directement intervenus sur ses rêves. Ainsi, ils lui ont fait croire qu'elle vivait encore avec sa famille, alors qu'elle était déjà leur captive. Elle a cru avoir une relation sexuelle avec son mari, mais c'est le Docteur qui s'est servi d'un échantillon de son propre sperme pour la féconder. Ils lui ont ensuite fait croire qu'elle avait été kidnappée quelques temps après cette relation. Anthéa a cru passer dans une cellule aux conditions hygiéniques douteuses, mais en réalité, elle était très bien traitée. Le Docteur voulait absolument que tu sois en bonne santé. 
Aelita écarquilla les yeux face à ces paroles qu’elle prononçait, mais qui n’étaient pas les siennes. Anthéa… Sa mère?

-Bien sûr, il était quand même nécessaire de la placer dans une de ces cellules pendant quelques heures afin de pouvoir achever la manipulation sans qu'elle ne se rende compte de rien. Ils l'ont donc placée dans une cellule qui avait déjà été occupée par quelqu'un depuis une semaine, et ils l'ont badigeonné de crasse pour compléter leur illusion. Tout ceci peut te paraître exagéré, mais le Docteur avait peur que ta mère ne tente d'avorter si elle venait à découvrir que tu étais de lui. De plus, il tenait absolument à ce que ce soit elle la mère de son enfant, un genre de revanche envers son frère Waldo Schaeffer qui l'aurait trahi.

Aelita tentait vainement de se boucher les oreilles, mais elle n’avait ni bras, ni corps. Elle ne voulait plus entendre cela, elle ne pouvait plus écouter ces horreurs.
-Assez, lâcha-t-elle désespérée. Par pitié, assez!
Elle se réveilla, le corps trempé de sueur. Elle mit un petit moment pour comprendre qu’elle s’était évanouie en plein milieu de sa chambre. Aelita plongea la tête dans ses mains, des larmes coulaient le long de ses yeux.
Ce rêve, il paraissait trop réel. Ce n’était pas un simple rêve, c’était un souvenir qui n’était pas le sien. Un souvenir dont elle n’avait retenu qu’une seule et unique chose.
-J’ai une soeur, lâcha-t-elle sous le choc.
-« Tu avais une soeur », corrigea la voix d’Intelligence, « elle s’appelait Mathilda. »
L’IA prit un temps avant d’ajouter:
-« Pourrais-tu me laisser regagner le corps de Heath? Je pense qu’il a grand besoin de moi maintenant que j’ai repris des forces chez toi. »





******



X.A.N.A. était prit au piège.
Comment? Il ne le savait pas.
Il se souvenait des multiples vagues d’ondes qui avaient secoué le réseau, et de son exploration pour en découvrir la source.
Il était alors tombé sur l’entrée forcée d’un monde virtuel, similaire à celui dont il avait été libéré.
Et qui, étrangement, lui paraissait affreusement familier.
Il avait aperçut une créature étrange en sortir, et en avait alors profité pour s’y engouffrer.
Cela s’était révélé être une erreur fatale.
Alors qu’il commençait à peine à explorer l’étrange forêt sur laquelle il avait posé les pieds, celle-ci avait disparue. Et lui avec.
Il était à présent prisonnier du néant, incapable de bouger. Il ne voyait rien, ne sentait plus ses membres, il en était même venu à se demander s’il existait toujours.
C’est alors qu’une multitudes de voix vinrent s’inviter autour de son programme.
-Qui es-tu?
-D’où viens-tu?
-As-tu été envoyé par le Créateur?

Tout ce flot de questions auquel il ne souhaitait pas répondre. Il se contenta donc de faire la seule chose qu’il savait véritablement faire en dehors de détruire: assimiler.
Un à un, les milliers de petits programmes vinrent ajouter leurs données aux siennes. Peu lui importait leurs protestations, peu lui importait leurs réticences. Il faisait ce pourquoi il avait été conçu, il évoluait, il devenait plus fort, plus intelligent.
Car telles étaient les instructions de la Banshee: obéir et se développer par elle-même.
Tout cela dans un seul but: conquérir.
-Je suis X.A.N.A., et ceci est mon oeuvre.


Prochain chapitre: Une Putain de Mauvaise Journée.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


Dernière édition par Tyker le Jeu 03 Mai 2018 17:17; édité 1 fois
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