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 Auteur Message
Icer MessagePosté le: Ven 06 Jan 2017 20:20   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2245
Localisation: Territoire banquise
Heyyyyyy,

Effectivement quand on revient ici au bout de presque trois mois, cette liste de personnages est une excellente idée, d'autant plus que les brèves descriptions de ta main sont suffisamment précises pour bien resituer le bordel ambiant correctement. Voilà qui m'a permis de lire ta suite avec une énergie nouvelle.

En passant, le lien de mon précédent commentaire que tu n'avais pas pu voir a normalement été corrigé.

Citation:
-Le maître m’a ordonné de t’abattre, et quand le mettre ordonne…


J'ai pas compris, il ordonne de mettre quoi, le maître ? Mr. Green
Au-delà de ça, un truc qui se remarque même quand on te lit dans le bus ou le métro, c'est l'absence ou le rajout de e sur un adjectif alors que cela ne devrait pas être le cas. N'oublie pas que confondre le masculin et le féminin dans la plupart des pays du Moyen-Orient ou d'Afrique peut conduire à la prison (Essaye de coucher avec un homme par erreur au lieu d'une femme au Zimbabwe pour voir ? Razz).


Citation:
la « Banshee » -comme Tanner l’avait nommée- poussa un nouveau hurlement strident



Je ne peux que valider le principe Cool
En revanche, la fin du chapitre, qui la concerne, est plus surprenant, puisque X.A.N.A est décrit comme se trouvant dans Seth. Mais j'imagine qu'il s'est simplement divisé pour maximiser ses chances de survie - comme c'est là aussi très bien indiqué dans la liste des personnages.

Une bonne séquence virtuelle sinon. J'ai cru un moment au troll ultime quand, après l'annonce paniquée de Franz, l'attaque des Salamandres a eu l'air repoussée en deux deux. Le combat entre Heath et l'Augure était haletant, avec un véritable suspense sur l'issue. Toutefois, on voit qu'il est difficile de trouver un véritable enjeu dans un combat entre deux organisations sur le monde virtuel, le perdant ne mourant en général pas. J'ai crû comprendre que c'était juste un test, un procédé qu'on a déjà vu un peu partout, même chez moi, il faut bien l'avouer.

En tout cas cette fic poursuit lentement et sûrement son chemin et j'ai toujours grand plaisir à la lire, bon courage pour la suite Smile

_________________
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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »

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Silius Italicus MessagePosté le: Lun 06 Mar 2017 18:46   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


Inscrit le: 03 Fév 2015
Messages: 224
Localisation: à l'Est d'Eden
Bonsoir cher Tyker,
Ainsi, le chaos s’accroît ?

Encore que le parti pris des ellipses temporelles ait permis de passer outre les tièdes réorganisations et errances des personnages et groupes suite aux événements décrit dans du sang sur la neige. Pour autant, le récit met un peu de temps à démarrer. Certes, il n’est pas écrit pour des néophytes n’ayant pas lu votre précédent récit. Mais, le temps que met votre récit à trouver son rythme est d’autant plus étonnant. C’est la rançon de l’emploi de points de vue multiples, l’impression que les intrigues individuelles avancent relativement lentement : même si tous sont intéressants, cela n’est pas suffisant pour éviter une impression de dispersion. Et ce même si une convergence pourrait advenir.

Pour l’instant, et contrairement à l’avis d’Icer, réussir à rendre cohérent votre récit avec le dessin animé est loin d’être impossible. Encore que cela supposerait un dénouement quelque peu particulier. Le fait est que pour le moment, on ne sait quelle option vous allez prendre. Ce qui est dommage sur un point. Votre récit exploite le passé de Lyokô, sachant que les lecteurs savent quel sera son futur. En conséquence votre récit est doté d’un fort potentiel tragique centré sur les personnes de Waldo et d’Aelita. Cependant, cette tonalité ne peut être exploité tant que vous laissez les lecteurs dans l’expectative. Alors certes, on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens, mais pour une fois l’intérêt serait grand.

Mais foin de ce qui n’est que potentiel. Un autre aspect de votre récit se démarque, que ce soit par rapport à une large partie de ses homologues, et même vis-à-vis de son prédécesseur. Il y a dans vos batailles virtuelles une tension vers l’épopée en effet. Une tension qui est particulièrement intéressante pour deux raisons, l’une externe, l’autre interne. Tout d’abord, l’épopée est un style fort peu employé de nos jours, c’est pourquoi vous voir hésiter au bord de ce gouffre captive. Ensuite, c’est une tonalité opposée à celle qui caractérise les scènes matérielles. Pour schématiser, c’est la fusion du noble et de l’ordurier. Du moins, ce pourrait. En effet, il y a une tension vers l’épique dans les scènes virtuelles, mais cette tension n’est pas résolue, n’est pas assumée. En conséquence, là où l’on pourrait avoir l’expérience d’une fusion à haute intensité entre deux tonalités de votre récit, il y a plutôt une impression — faussée — de corruption de l’un par l’autre.

Un autre aspect de la tension mentionné ci-avant est perceptible dans le choix des symboles. Encore qu’il s’agisse là moins d’une rupture que d’une amplification par rapport à votre précédent récit. La symbolique est en effet forte et affirmée ici : outre le thème du serpent, on pensera au dragon, au feu, à l’ange et à l’Éden… la nouveauté étant de voir tout cela relié à l’Apocalypse selon Saint Jean et à un personnage religieux. C’est un matériau intéressant, quoique pas forcément aisé à manipuler.

Au vu de cet ancrage, il est possible d’hasarder une hypothèse sur le nom « prothéen ». En lui supposant une racine grecque, ce pourrait être un jeu de mot entre « théos », « Dieu », et « prothéos », qui signifie : « être placé devant, en avant, être exposé… ». Étant donné que Franz Hopper est « Le Créateur », les prothéens seraient ceux qui sont exposés, placés devant Dieu, avec Heath en lieu et place de Michel.

À côté de cela, les aventures d’Aelita au lycée sont assez secondaires, en fait, votre plume s’en ressent : ce sont des passages qui vous intéressent peu, des obligations sans guère de plaisir.

Reste l’apparition d’une mystérieuse troisième faction qui pour l’instant semble raisonnablement informé de l’identité de ses ennemis, sans que ceux-ci ne la connaissent. Autant il est concevable que Hopper aient eu des ornières, autant l’Organisation apparaît comme trop puissante et influente pour rester ainsi dans l’ignorance. Enfin, ce n’est pas un point primordial.

Un dernier point de scénario intéressant même s’il ne connaîtra probablement guère plus de développement, c’est l’exploration de la famille Belpois. L’entourage de Jérémie a rarement été ausculté. Ici il en est donné un aperçu qui a le mérite de justifier les connaissances du futur héros.

D’un point de vue plus pragmatique, votre récit est fluide, mais entaché de trois types d’erreurs récurrentes : les erreurs sur le genre des noms, les erreurs de concordance des temps — des verbes au présent dans une narration au passé —et des manques dans l’emploi du subjonctif. Cela étant, au chapitre 5 : « Renarde se pelota contre elle ». Il y a là un léger problème : ou il s’agit de « se peloter avec », ou il s’agit de « se pelotonner contre ». Deux verbes qui n’ont pas le même sens. En contexte, les deux sont possibles, ou que vous vouliez marquer une dimension érotique, ou que vous souligner la fatigue et le besoin de réconfort. Il n’en reste pas moins que la forme est inexacte.

P.S : Icer, le lien que vous donniez dans votre message du 22 octobre n’existe plus.

Au plaisir.
_________________
AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Tyker MessagePosté le: Ven 14 Juil 2017 17:09   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Localisation: Arkham Asylum


Spoiler


Spoiler



Chapitre 8: Légion Prothéenne


7 septembre 2001, Usine, 16h 23


Cela ne faisait que quelques minutes que Heath patientait devant l’un des scanners, pourtant il avait du mal à contenir son impatience. Franz Hopper n’avait pas menti, ramener un prothéen sur Terre n’avait rien eu de bien compliqué. À peine deux heures de travail, et le tour était joué. Il ne restait plus qu’à attendre que le scanner ait fini de modéliser son apparence, mais cela prenait un peu plus de temps que prévu.
- Il arrive, prévint Hopper. Sois prudent.
Heath faillit éclater de rire, mais conserva son sérieux. Le scanner s’ouvrit, et un… être humain (ou tout du moins il en avait l’air) en sortit.
Il était très difficile pour Heath de déterminer s’il s’agissait d’un homme ou d’une femme, ses vêtements étaient plus que communs: un jean, des baskets et un pull à col roulé. Mais surtout, les traits sur son visage étaient aussi masculins que féminins. Pas de cheveux (ni de sourcils), soit, un être au sexe complètement neutre. Mais bon, cela n’avait aucune importance.

- Tu me comprends ? demanda Heath en le fixant droit dans ses drôles d’yeux jaunes.
- Oui.
Il (elle?) avait une voix bizarre, presque identique à celles que l’on enregistre pour les annonces dans les gares ou le métro.
- Tu vas m’attaquer ?
- Non.
Selon Franz, ses IAs ne pouvaient pas mentir. Mais Heath avait quand même un petit doute.
- Et pourquoi ?
- Nous ne voyons aucune raison logique de le faire.
L’allemand hocha la tête.
- Tu sais pourquoi tu es ici ?
-Nous avons transmis au Créateur la requête d’envoyer certains d’entre nous sur son monde, afin de l’observer, et d’être tenus au courant des décisions qui seront prises concernant notre peuple. C’est ce que nous allons faire.

- C’est vrai, mais cela restera ton objectif secondaire, ta priorité sera de m’aider à combattre nos ennemis. Ici c’est moi qui commande. Tu es donc tenu de suivre mes ordres à la lettre, et de venir me voir dès que tu as une question. Compris ?
- Oui Général.
- Parfait, alors comment dois-je t’appeler ?
-Prothéen.
Heath haussa un sourcil.
- Je ne te demande pas le nom de ton peuple, je le connais, je te demande ton nom à toi.
- Nous sommes tous prothéens.
Agacé, l’allemand se planta à quelques centimètres de son interlocuteur, il le dépassait d’une bonne tête.

- Comment s’appelle l’individu en face de moi.
- Il n’y a pas d’individu, nous sommes prothéens.
Heath poussa un profond soupir, et se frotta la tête.
- Il va falloir que tu m’expliques.
- Ce corps n’est qu’un outil dont nous nous servons pour nous fondre dans la masse, en réalité, il y a très exactement 1239 unités prothéennes qui l’habitent, nous nous sommes dit que cela était préférable afin de prendre nos décisions par consensus.
- Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux.
La voix de Franz Hopper avait résonné aux oreilles de l’allemand comme un enfant qui lui plaquerait avec fierté son dernier dessin sur le visage. Malgré tout, les prothéens semblaient apprécier l’idée.
- Evangile selon Saint-Marc, chapitre cinq, verset neuf. Nous reconnaissons la pertinence de la métaphore.
Il fixa l’allemand droit dans les yeux, et annonça:
- Notre nom est Légion Lancaster, nous sommes ravis de travailler avec vous Général.
- De même, répondit Heath, mais je t’en prie, prends l’habitude de parler à la première personne du singulier.



7 septembre 2001, Banlieue Parisienne, 17h 13


Étonnamment, Heath appréciait Légion. Il ne parlait que lorsqu’il avait quelque chose d’intéressant à dire ou quand on le lui demandait. Il savait se montrer discret, et se rendre utile quand il le souhaitait. Ce qui tombait plutôt bien, puisque l’allemand commençait à en avoir assez de faire le garçon de courses.

Le prothéen et son général effectuaient une simple balade dans les environs de l’usine, jusqu’à la maison des Lancaster. Histoire que Légion ait une assez bonne connaissance de ce coin de la ville, et qu’il évite de se perdre stupidement. Heath avait royalement ignoré les regards et les remarques à voix basse qui supposaient que le prothéen était atteint de cancer. Et qu’il n’avait plus beaucoup de temps à vivre. Ce qui renforçait la conviction de l'allemand concernant l'avis des commères, celui-ci était sans intérêt.

- Bon, tu as bien tous retenu ?
- Oui général, les informations que vous nous avez transmises ont été enregistrées.
- Je t’ai déjà dit d’arrêter de parler à la première personne du pluriel.
- Nous sommes 1239 unités à l’intérieur de cet enveloppe, nous juger comme une seule personne est incorrect.
- Et tu dis toujours ce qui est exact ?
- Bien évidement.
L’allemand soupira.
- Bon… et bien essaye au moins de ne pas m’appeler « général » quand nous sommes à l’extérieur. Heath ça ira très bien.

- D’accord Heath.
- Une dernière chose, tu as l’interdiction formelle de révéler à qui que ce soit la moindre information sur nous. Et cela comprend Lyoko, le Créateur, Aelita, Seth et moi. Si on te pose une question sur un seul de ces sujets, tu répondras « Je préfère ne pas vous répondre ».
- Compris Heath.
- Bien.
Il leva la tête et pointa du doigt l’une des maisons qui s’élevaient devant eux. -- C’est ici que l’on habite. Je vais rentrer, toi tu peux retourner à l’Usine.
Sur ses mots, l’allemand abandonna le prothéen sur le trottoir et se dirigea vers la porte.
- Heath ?
- Oui ?
- Qui est Seth ?
Le jeune homme laissa un petit sourire en coin se tracer sur son visage, il se retourna:
- On a qu’à dire que c’est l’ange déchu, celui qui punira ceux qui ont péché.



9 Septembre 2001, Lieu inconnu, 08h 21


- Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?!
Peter Warren détestait être interrompu lorsqu’il donnait une conférence dans la salle adéquate, et bien davantage si le trouble-fête s’appelait Alex Tanner et qu’il beuglait comme une vache.
- Qui sont ces personnes ?!

Du doigt, le scientifique pointa les dizaines d’individus qui servaient d’auditoire à l’américain. Celui-ci conserva son calme.
- Ce sont nos nouveaux soldats virtuels, annonça-t-il d’un ton détaché, pourriez-vous vous exprimer de façon un peu plus cordiale histoire de ne pas passer pour un bouffon ?
L’écossais le fusilla du regard, mais reprit ses bonnes manières.
- Pouvez-vous m’expliquer qui vous a demandé de recruter des hommes supplémentaires ?
- C’est moi qui ai pris cette initiative. Nos deux récentes défaites m’ont ouvert les yeux : nous avons cruellement besoin de renfort, ce qui est chose faite.

Tanner manqua de se frapper le front, ses nerfs étaient en ébullition.
- Dois-je vous rappeler que nous ne disposons que d’une dizaine de scanners ? Nous n’avons pas les moyens d’envoyer autant d’hommes dans la virtualité.
- Nous n’avions pas, corrigea Peter, d’ici quelques jours nous disposerons de très exactement soixante-dix scanners financés par mes soins.
- Vous… Quoi ?! Mais qu’est-ce qui vous est passé par la…
- Arrêtez de vous donner en spectacle ! cracha le cannibale d’un ton venimeux.
Tanner remarqua alors les dizaines de paires d’yeux moqueuses qui étaient tournées vers lui. Ce qui ne fit qu’accentuer sa colère.

Profitant de ce moment de silence, Peter reprit la parole:
- Il se trouve professeur Tanner, qu’on s’est joué de vous.
Le scientifique fronça les sourcils, mais n’eut pas le temps d’en placer une.
- Nos scanners, avec le bon matériel et les bons ouvriers, peuvent être construits en une semaine montre en main. Si toutefois personne n’a la mauvaise idée de saboter les plans de construction. N’est-ce pas Professeur Belpois ?

Le regard de Peter se posa sur l’homme qui reposait en piteux état sur le côté de la pièce. Suivi presque instantanément par ceux des autres personnes présentes.
Norman gisait sur le sol aux pieds de Dragunov, à en juger par le piètre état de son visage, il avait été battu.
Les yeux du professeur Tanner se remplirent de colère et de haine, il se planta devant son ancien employé.
- Vous avez de la chance Belpois, vociféra-t-il. vous m’êtes encore trop précieux pour que je vous laisse mourir. Néanmoins, votre trahison vous coûtera bien plus que la vie.
Norman laissa échapper un petit gémissement de douleur, accentué par le mouvement de ses dents cassées.

- Puis-je reprendre ? demanda Peter visiblement à court de patience. Je vous rappelle que nous avons une attaque à préparer.
- Vraiment ? grinça Tanner. Et quel sera le but de cette attaque?
Le cannibale laissa échapper un sourire maléfique, son regard trahissant son envie de meurtre.
- La destruction totale de notre cher Professeur Schaeffer et de sa clique.


10 septembre 2001, Avenue Georges V, Paris.


Vêtue d'une courte robe noire et rose, Aelita était sincèrement amusée par l'étrange scène qui se déroulait sous ses yeux. En effet, soucieux de faire bonne figure auprès de Légion, Franz avait eu l'idée assez saugrenue d'organiser un authentique dîner de famille au restaurant "Le Cinq".
Aelita avait manqué de pouffer en lisant le petit message de bienvenue au début du menu, qui décrivait ce restaurant comme étant "raffiné et élégant". Et la signature du critique culinaire en lettres grasses rendait le tout extrêmement pompeux.
Légion faisait un drôle d'effet à Aelita, son regard globuleux et un poil trop critique la mettait mal à l'aise. Le prothéen observait ses couverts avec curiosité, visiblement il ne comprenait pas l'intérêt d'user d'outils si beaux dans le simple but de s'alimenter.
Heath n'était pas du tout à sa place, l'allemand passait son temps à se trémousser sur son fauteuil en jetant des coups d'oeil à droite ou à gauche dans le but de trouver quelque chose de divertissant à regarder. Seth semblait tout excité à la perspective de manger des mets raffinés, la nourriture était, après tout, l'une de ses plus grandes passions. Aelita se demanda si la quantité de nourriture servie serait en mesure de combler le gouffre sans fond qu'était l'estomac du mutant.
Franz quant à lui, s'était mis sur son 31, et se tenait droit comme un I sur sa chaise, les mains jointes sur la table. Il considérait le comportement impatient de Heath d'un oeil sévère.

- Qu'est-ce que je me fais chier, grogna l'allemand en soupirant de lassitude.
- Vous devriez aller aux toilettes avant que cela ne se remarque Général, conseilla poliment Légion.
Le psychopathe écarquilla les yeux d'horreur, tandis que Seth et Aelita étouffaient leur fou rire respectif dans leurs mains. Franz lui-même, fut contraint de simuler une quinte de toux pour retenir son propre éclat.
- Légion, maugréa Heath entre ses dents. Quand quelqu'un te dit qu'il se "fait chier", cela signifie qu'il s'ennuie.
- Oh, je vois.
- Dis moi Légion, commença Franz. Que penses-tu de cet endroit ?
- Ce luxe me parait excessif, raisonna le prothéen en observant l'immense chandelier qui pendait au plafond. En quoi ces ustensiles sont-ils nécessaires à l'alimentation ?
- Ils ne le sont pas, mais il est normal pour un restaurant étoilé comme celui-ci, d'embaumer le tout avec une décoration digne de ce nom. Après tout, manger ici est un privilège.
- Parlez pour vous, grogna Heath. À mes yeux c'est une corvée.
Tandis que Franz le fusillait du regard, Légion observa le menu avec un air perplexe.

- Que suis-je supposé commander ?
- Tu peux commander ce que tu veux, lui sourit Aelita.
- Mais je ne sais pas ce que je veux.
- Est-ce qu'on peut commander tous les plats ? demanda Seth plein d'espoir.
L'elfe virtuelle gloussa doucement face au comportement enfantin de son petit frère. Franz fut cependant contraint de briser cet enthousiasme avant qu'il ne s'enflamme :
- Non Seth, tu peux prendre une entrée, un plat, une boisson et un dessert. C'est tout.
Déçu, le mutant se tourna vers son grand frère en quête de soutien, mais celui-ci se montrait tout aussi réticent à cette idée.
- Je refuse de passer ma nuit ici, déclara-t-il d'un ton ferme. On mange et on s'en va.
La mine boudeuse de Seth fut bien trop adorable pour qu'Aelita ne craque pas face à elle, elle se tourna vers son petit frère :

- Tu pourras prendre un peu de mon plat si tu veux, je n'ai pas besoin d'autant de nourriture.
Il n'en fallu pas plus pour illuminer le visage du mutant, qui gratifia la princesse d'un tendre sourire.
- Merci grande soeur !
Désarmée par la mignonnerie du jeune homme, Aelita lui rendit volontiers son sourire.
- Tu le gâtes trop, prévint Heath. Et tu ne devrais pas te priver de nourriture, tu en auras besoin si tu comptes dire un jour adieu à ton physique de crevette.
Aelita cessa aussitôt de sourire, et foudroya l'allemand du regard.
- Je préfère être une crevette qu'un gros cochon.
Heath haussa un sourcil.

- Je ne suis pas gros.
- Si, t'es un gros con.
- Aelita ! s'exclama Franz rouge de honte. Veux-tu surveiller ton langage ?!
La jeune fille se renfrogna, et détourna le regard, Heath se contenta de rouler des yeux.
- Ces messieurs-dames ont-ils fait leur choix ?
L'apparition un peu trop soudaine d'un serveur en veston blanc manqua de faire bondir le coeur d'Aelita hors de sa poitrine. Heureusement, pour elle, ce fut Légion qui prit la parole :
- Je n'ai pas encore fait mon choix, admit le prothéen. J'aurais cependant une question.
- Je vous écoute.
- Pourquoi vos ustensiles sont-ils tous d'aussi bonne qualité ?
Fier comme un paon, le serveur répondit :
- Nous estimons simplement que nos clients méritent le meilleur service possible.
Légion examina sa fourchette pendant quelque secondes, avant de penser tout haut :
- Je vois, vous vous pliez en quatre pour ceux qui ont les moyens, mais ne faites rien pour ceux qui n'ont rien. C'est dommage, votre profession étant de nourrir la population humaine, j'aurais pensé que vous auriez compris que ceux qui n'avaient pas les moyens étaient ceux qui avaient le plus besoin d'être nourris.
Le serveur se paralysa sur place, mais parvint à conserver un sourire de façade, Aelita baissa les yeux de honte, tandis que le teint de Franz était aussi blanc que la nappe. Seth ne comprenait pas vraiment la situation, et guettait le moment opportun pour passer sa commande. Heath se contenta d'un petit rire discret.
- Ouh, le sujet qui fâche, chantonna-t-il tout bas.
Franz le foudroya du regard, avant de se tourner vers le serveur en bafouillant :
- Je suis sincèrement confus...
- Aucun problème, répondit le serveur sans s'arrêter de sourire. Puis-je prendre votre commande ?
Il semblait désormais pressé d'en finir.
Comme Légion ne fut pas en mesure de se décider, ce rôle revint à Aelita. Franz se contenta du plat qu'il considérait le plus raffiné, Seth prit une pizza aux sept fromages, et Heath un steak tartare.
La suite du repas se déroula sans encombre, mais il eu un effet rafraîchissant sur Aelita. La jeune fille apprécia pleinement ce moment, la maladresse innocente de Légion, la gourmandise démesurée de Seth, le visage grognon de Heath, et le regard aussi lassé que sérieux de son père.
Ce petit mélange donna un tout autre goût à son plat, et elle ne put s'empêcher de sourire bêtement à chacune de ses bouchées.


90 minutes plus tard.

- Un kébab ! s'indigna Franz tandis que Seth observait avec une voracité digne d'un lion affamé le chef manipuler sa viande. Après l'excellent repas que nous avons eu, comment peux-tu avaler ça ?
- J'ai faim ! protesta le mutant sans décrocher ses yeux rouges de son précieux.
- Et s'alimenter pour ce prix et avec des ustensiles en plastique a plus de sens, compléta Légion qui s'était lui aussi laissé tenter par ce sandwich plein de gras.
- Quand je pense à la fortune que j'ai dépensée pour ce diner. grommela le scientifique dans sa barbe.
Adossé contre la vitre du fast-food, Heath lui jeta un regard consterné.
- Vous l'avez volé ce pognon, siffla-t-il tout bas. Ravalez votre leçon de morale avant qu'elle ne vous étouffe.
Vexé, Franz se renfrogna sur lui-même, et continua de grommeler dans sa barbe.

Assise à l'une des tables à l'extérieur du restaurant, Aelita observait avec amusement la réaction de Seth lorsqu'on lui présenta enfin son sandwich tant désiré. À en juger par le volume de celui-ci, le chef n'avait pas lésiné sur la viande. Prise d'une envie subite de conserver ce beau tableau, elle sortit un Polaroïd de son sac à main, et immortalisa la bouche béante de Seth au moment où celui-ci allait engloutir son deuxième repas.
Le flash fit hausser un sourcil à Heath, qui toisa la jeune fille du regard. D'humeur joueuse, cette dernière pointa son appareil en direction de l'allemand.
- T'as pas intérêt... prévint celui-ci en décroisant les bras.
- Dis "cheese" gros con, répliqua l'elfe en l'ignorant copieusement.
Ce fut au moment où les traits du visage de l'allemand se déformèrent de colère, que la jeune fille actionna son appareil, prenant ainsi une photo peu flatteuse du psychopathe.
- Donne-moi ce truc que je le fracasse, gronda-t-il en s'approchant d'un pas menaçant.
Nullement impressionnée, Aelita recula tout en continuant de le bombarder de photos. C'est alors qu'elle percuta un obstacle mouvant, et qu'un liquide poisseux se déversa sur sa robe.
- R'garde où tu marches pti'te conne ! beugla un jeune homme d'une vingtaine d'année habillé en survêtement.
Aelita n'eut pas le temps de répondre, le poing de Heath passa au-dessus de son épaule, et percuta le nez du beugleur.
Ce dernier s'écroula lourdement sur les fesses, les mains plaquées sur le visage.
- Putain ! gémit-il. Pourquoi t'as fais ça ?
Heath leva deux de ses doigts gantés.
- D'une part je m'ennuyais, et d'autre part tu ne l'as pas volé. C'est le châtiment qui attend ceux qui s'en prennent aux miens.
Confuse par ce qu'il venait de se passer, Aelita n'osa bouger le moindre muscle malgré la froideur du liquide qui infiltrait le tissu de ses vêtements. Cependant, les trois amis du malheureux encerclèrent l'allemand, qui fit signe à l'elfe de s'éloigner.
- Il est inutile d'en arriver là, bredouilla Franz en prenant sa fille par les épaules.
- Oh mais si, répondit Heath. Il fallait bien quelque chose pour animer cette soirée.
Tandis que son général apprenait la politesse aux voyous, Légion dégustait son kebab aux côtés de Seth qui avait déjà terminé le sien.
Soucieux de sa réaction, Franz le fixa avec inquiétude.
- Le Monde des humains est très superficiel, et assez laid. dit le prothéen en regardant Heath assommer le voyou le plus costaud. Mais certaines personnes arrivent à le rendre agréable à vivre.


12 septembre 2001, Lieu inconnu

La porte s'ouvrit à la volée, et la lumière envahit la cellule dans laquelle Norman Belpois croupissait.
La soudaine clarté incendia ses globes oculaires, et il plaqua ses mains sur son visage.
- Ouvrez les yeux, Belpois, ordonna une voix sévère que le scientifique n'osa reconnaître.
Il finit par obéir, et après un temps d'adaptation, découvrit le visage de son visiteur.
C'était celui d'Adama Viero, le nigérian responsable de la branche africaine de l'Organisation. Cet homme au physique de colosse le toisait du regard, son large sourire laissait apparaitre ses dents en or.
- Vous êtes dans un sale état mon pauvre ami. Vous auriez dû savoir comment les espions sont traités ici.
- Qu'est-ce que vous me voulez ? grogna le scientifique en ignorant les douleurs que lui causaient ses nombreuses blessures.
- Droit au but. Je suis content de voir que certaines choses ne changent jamais.
Viero plongea deux de ses doigts dans la poche extérieure de sa veste, et en sortit une photographie qu'il colla sous les yeux du prisonnier. Ce dernier manqua de s'exploser la rétine en les écarquillant.
- Non... bredouilla-t-il. Pas ça.
- Votre neveu a été enchanté d'être invité sur l'un des lieux de travaux favoris de son oncle. Ce garçon est d'une intelligence redoutable, il ferait une excellente recrue.
- Je vous en supplie, ne lui faites pas de mal...
- Du mal ? Quelle idée ! Non, à vrai dire j'avais l'intention de lui offrir un emploi dans un futur proche. Après tout, un garçon qui a appris des meilleurs ne peut qu'être brillant.
C'était le pire cauchemar que Norman pouvait imaginer. Lui qui avait gâché son existence en menant une vie de scientifique criminel, voilà que c'était à présent celle de Jérémie qui était menacée.
- Je vous en supplie... je ferai tout ce que vous voudrez.
- Mais j'y compte bien. Étant donné la somme faramineuse que j'ai du débourser pour vous acheter à Tanner, j'aurais été déçu de ne pas vous voir obéir.



12 avril 1999, Belgique, 19h00


- Que tout le monde se lève ! ordonna le Directeur Favard. Et montrez-moi vos assiettes.
L’orphelinat Asher, était réputé pour être plus une maison de correction qu’un véritable foyer pour jeunes orphelins. On y envoyait les délinquants drogués ou SDF qui trainaient dans les rues des métropoles belges. Situé au milieu de la Louvière, à à peine une soixantaine de kilomètres de Valenciennes. Cet établissement représentait ce que Thomas Von Kane haïssait le plus au monde: une prison. Bien avant cela, la vie du jeune homme n’avait été faite que de liberté et d’air pur. Ayant grandi dans une troupe de théâtre ambulante, Thomas avait toujours été un éternel optimiste. Jamais durant cette vie, il n’avait cru pouvoir un jour se sentir malheureux. Chacun de ses jours avait été empli de joie et de rire. Il avait eu la naïveté de penser que les multiples rôles qu’il avait joués pour sa troupe, lui avaient donné une bonne image de ce qu’était la vie sur Terre. Aujourd’hui, il avait tout perdu.

Sa troupe avait été prise par des douaniers Luxembourgeois, plus de la moitié d’entre eux avait été emprisonnée. Par miracle, Thomas avait réussi à s’enfuir vers la Belgique. Où il avait pu commencer une nouvelle vie remplie de chapardages et d’amitiés nouvelles. Le jeune homme avait toujours eu le don pour se faire facilement des amis, et il n’eut aucun mal à devenir le mouton blanc d’une petite bande de voyous liégeoise . Sa nouvelle famille n’avait d’ailleurs pas tardé à l’appeler « grand frère », tant ses conseils avaient toujours été sages et avisés. Thomas s’était juré qu’il n’oublierait jamais les visages de ceux qu’il avait pu appeler ses frères. Et aujourd’hui, après leur avoir permis d’échapper à la police en se sacrifiant. Il savait qu’il ne regretterait jamais son geste. Même si aujourd’hui, il était prisonnier d’un univers qui lui donnait envie de vomir.

Le Directeur traversa le réfectoire, et vérifia assiette par assiette si les portions n’avaient pas été entamées. Histoire de vérifier que les habitants affamés du foyer connaissaient leurs bonnes manières. Favard ne procédait pas à ce rituel tous les soirs, ainsi, il était persuadé d’attraper quelques imprudents. Thomas ne s’était jamais laissé prendre à son jeu, à ses yeux, cet homme était un idiot. Mais l’orphelinat regorgeait de gamins encore plus idiots. Prit d’un étrange pressentiment, il jeta un coup d’oeil autour de lui. Et vit ce dont il se serait bien passé ce soir. Benoît, un petit garçon de onze ans, avait entamé sa portion de haricots. Il s’y était pris si brutalement qu’il n’avait même pas prit soin d’essuyer sa cuillère. Prit d’une impulsion, il échangea rapidement son couvert avec le sien.

Mais il manqua de discrétion, et l’ustensile heurta son assiette. Rapide comme un serpent, Favard pointa ses yeux luisants sur le jeune homme. Et se dirigea vers lui d’un pas lourd et menaçant, avant de se planter devant lui.

- Votre cuillère est bien sale Monsieur Von Kane.
- Elle l’est Monsieur.
- Il me semble que vous connaissez les règles; la droite ou la gauche ?
Favard avait conservé ses mains enfouies dans les poches de son manteau, impossible donc de savoir sur laquelle se trouvaient ses chevalières.
- La droite Monsieur.
Le Directeur étira son sourire, et retira son manteau, avant de le confier à un de ses larbins.
« Mauvaise pioche ». songea Thomas.
La gifle fut beaucoup plus violente qu’il ne l’avait imaginée.


Lorsque le jeune homme reprit conscience, il était là où il savait qu’il atterrirait : au trou.
Cet endroit n’avait rien d’une réelle cellule, il s’agissait seulement de petites caves dégoutantes. Des caves qui étaient remplies d’araignées et généralement de deux ou trois rats. Les portes étaient en bois rongé. Très simples à forcer, mais le garde qui surveillait les cellules l’était beaucoup moins.
Thomas détestait la saleté, il avait toujours pris grand soin de son corps. Mais ce n’était pas obsessionnel au point de piquer une crise d’hystérie. Il se laverait quand il sortirait, c’est tout.


Il n’eut d’ailleurs pas à attendre bien longtemps avant que la porte de sa cellule ne s’ouvre. Mais au lieu du geôlier, ce fut un jeune homme de son âge qui pénétra dans la pièce, une bougie à la main.
- Stéphane ?
- Bonsoir mon amour.
Le jeune adolescent se pencha en avant et déposa un baiser sur les lèvres de son petit ami. Avant de lui tendre un snicker, Thomas resta interdit.
- Mange-le s’il te plait. Si tu savais tout le mal que j’ai eu à le faire rentrer dans l’orphelinat.
- Tu n’aurais pas dû.
- Je sais. Allez mange.
- Si jamais Favard t’attrape…
- Mais tu vas manger oui ?

Thomas soupira, mais déchira l’emballage. Il sépara la friandise en deux, et glissa l’autre moitié dans la bouche de l’homme qu’il aimait. Ils savourèrent leur plaisir culinaire lentement, avant d’achever la dégustation par un fougueux baiser.
- Avec quoi tu as payé le geôlier ?
- Une cartouche de cigarette.
- Évidemment.
Les deux garçons n’échangèrent plus un mot durant quelques minutes, Thomas se contenta seulement de plonger sa tête dans la chemise de son petit ami. Pour y retrouver un peu de réconfort.

- Tu devrais partir, murmura-t-il. Je ne veux pas que Favard nous découvre.
- Il semblerait que votre souhait n’est pas été exaucé Monsieur Von Kane.
Thomas releva la tête si brutalement qu’il se cogna contre Stéphane au passage. Le directeur Favard était là, et le geôlier de plus de deux mètres aussi.
- Sam ? Aurais-tu l’obligeance d’apprendre à ces garçons comment les hommes sont supposés se comporter?
Ledit Sam hocha la tête, et s’approcha du couple. Stéphane se plaqua devant son petit ami pour le protéger, mais le géant le souleva comme une plume, et lui asséna un violent coup de poing dans l’estomac.
Thomas tenta de se relever, avant d’être renvoyé au sol d’un coup de pied au visage.

- Retire leurs pantalons, ordonna Favard.
Sam obéit, et arracha leurs vêtements comme un emballage plastique.
Le directeur plongea la main dans son manteau, et en sortit la lame la plus terrifiante que Thomas ait jamais vu. Un long coutelas à dents, plus aiguisé qu’un rasoir.
- Monsieur Laurence, cracha-t-il à l’adresse de Stéphane, vous avez été le pire élément que j’ai jamais accueilli dans cet établissement. J’ai cru quelques temps pouvoir vous sauver, mais votre cas me semble irrécupérable.
Sur ses mots, il enfila une paire de gants en plastique jetable, se saisit du sexe du jeune homme, et le trancha net. Testicules compris. Un hurlement atroce, étouffé par la main géante de Sam résonna dans l’intégralité du sous-sol.

Le sang de Thomas se glaça dans ses veines, tandis que l’horreur s’emparait de son visage.
- Vous avez mal ? Sachez que je m’en réjouis. Jeta Favard comme s’il lui avait frappé les doigts avec une règle. Mais je veux m’assurer que vous ne posiez plus jamais les yeux sur le moindre garçon innocent que vous croiserez. Et pour cela, je ne connais qu’un seul moyen.
Stéphane n’entendait plus les paroles du directeur, la douleur lui avait fait perdre connaissance. Mais cela n’empêcha pas son tortionnaire d’écarter ses pupilles, et de lui crever les yeux un par un.
Thomas n’en pouvait plus, il se cambra, et vomit un filet de bile. Favard haussa un sourcil méprisant.

- J’avais un peu plus d’espoir pour vous Monsieur Von Kane. dit-il d’un ton mi-triste mi-méprisant. Mais je pense qu’il y a encore une chance pour vous, aussi je me contenterai de vous retirer seulement quelques centimètres. Peut-être cela sera-t-il suffisant pour trouver en vous la force de vous faire pardonner aux yeux de Dieu.

Là-dessus, il hocha la tête en direction de Sam. Le geôlier laissa alors tomber Stéphane, et empoigna Thomas. Le jeune homme se débattit vainement, mais sa force physique était dérisoire en comparaison de celle de son bourreau.
- Prenez votre sexe par le gland, ordonna Favard. Et tendez-le.
- Non…

Le directeur brandit son coutelas sous les yeux de l’adolescent, ceux-ci s’écarquillèrent de terreur.
- Vous avez le choix : Ou je ne vous prive que d’une partie de votre membre, ou je vous coupe tout. Que choisissez-vous ?
Le coeur au bord des lèvres, Thomas saisit son sexe par le bout, et le tendit. Fayard essuya son arme avec un mouchoir de soie, puis il la rangea, pour sortir une paire de ciseaux.
- Rassurez-vous, murmura le directeur avec une voix qui se voulait rassurante. Ce sera rapide et propre.

Sur ces mots, le directeur fabriqua un petit garrot autour du sexe de Thomas à l’aide d’un autre mouchoir de soie. Puis, il y versa une portion raisonnable d’alcool.
- Ce sera très douloureux, chuchota-t-il d’un ton désolé.
- J’en doute.

Le Directeur Favard fit volte-face, juste avant que les coups de feu ne retentissent. Les deux bourreaux restèrent figés sur place pendant un moment, avant de s’écrouler sur le sol, avec un trou béant dans le front de chacun.
Thomas Von Kane fut emporté par le poids de Sam, et fut écrasé par le géant. Le stress qu’il avait accumulé était si intense, que sa respiration se fit de plus en plus lourde. Il sentit cependant son corps être libéré du poids du geôlier. Puisant dans ses dernières forces, il leva la tête.

- Mon cher Thomas, je suis désolé, tu vas bien ?

Le jeune homme voulut pleurer, hurler, crier les pires horreurs qui lui venaient à l’esprit. Mais ses forces l’abandonnèrent, et il plongea dans le néant.


Dernière édition par Tyker le Jeu 21 Mai 2020 10:25; édité 5 fois
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Chapitre 9: Blackwater




Lieu inconnu, heure inconnue, date inconnue


Au vu de l’état dans lequel il se trouvait, Norman Belpois semblait désormais connaître la définition du mot « souffrance ». Ses membres avaient été brisés, ainsi que ses côtes et son nez. Il avait perdu près de la moitié de ses dents, l’autre moitié était cassée.

Mais il se moquait de sa douleur, car il était en train de vivre son pire cauchemar : se retrouver sur la table d’opération du Professeur Akuma.
Ce japonais de cinquante-deux ans était l’un des plus grands biologistes et chirurgiens de la planète. Mais malgré ses talents hors du commun, il fut évincé des plus grands postes qu’il eut jamais occupé suite à ses expériences démentes. Ses diplômes lui furent retirés, et il fut condamné à vivre une vie qui n’avait plus aucun intérêt à ses yeux.
Mais un génie n’est pas toujours incompris, et ce fut le cas pour Akuma. Le Docteur avait eut vent de ses talents, et lorsqu’il apprit sa misère, il lui proposa l’un des postes les plus convoités de Silver Wings : celui de Directeur du département Biologique.

En quinze années de bons et loyaux services au sein de l’Organisation, Akuma avait mené tout un tas d’expériences. Toutes plus contre-natures les unes que les autres. Certains croyaient qu’il se prenait pour Dieu à force de rendre l’impossible possible. En réalité, le japonais agissait plutôt comme un enfant trop curieux. Incapable de contenir sa soif de découverte, et sa curiosité maladive. C’était d’ailleurs lui qui avait mis au point les bras métalliques de Heath, ceux-là même qui avaient permis à l’allemand de détruire Silver Wings. Sa seule réaction lorsqu’il apprit la nouvelle, fut un large sourire de satisfaction. Il était trop heureux de savoir que sa création avait fonctionné.
En revanche, la plus grande déception de sa carrière fut la conception de Seth. En effet, Akuma était tombé des nues lorsqu’il avait appris qu’il n’y participerait pas. Le japonais s’était alors confiné dans son laboratoire pendant des jours. À l’image d’un enfant qui bouderait en apprenant qu’il n’irait pas à Disneyland. Au final, il s’était fait une raison. Seth était la créature du Docteur, sa création, et il ne laisserait personne d’autre que lui-même y toucher. Cela, Akuma pouvait le comprendre.

Mais quelle ne fut pas sa joie lorsque le Docteur, trop malade pour s’en occuper lui-même, lui avait confié les rênes de la création de Thanos et de Crystal. Il y avait consacré toute son âme, tout son talent, à tel point que les deux mutants surpassaient désormais Seth au niveau de leur conception génétique.


Au fil des années, Norman avait vu les pires horreurs passer par la salle d’opération d’Akuma. Tout d’abord, il y avait eu des animaux, des cobayes communs comme des chimpanzés. Puis les cobayes furent de plus en plus gros. Jusqu’à ce qu’il ne décide de passer aux êtres humains, et c’est à ce moment là que Belpois avait manqué de cracher son coeur. En effet, les sujets d’expérimentation d’Akuma étaient de jeunes enfants palestiniens, vendus par leurs parents pour la plupart, ou tout simplement kidnappés.

Norman Belpois avait vu bien des horreurs dans sa vie, mais les pires d’entre elles avaient eu lieu ici. Jusqu’à présent, il n’avait assisté qu’à deux opérations du Professeur Akuma. Qui plus est, deux « légères » selon Tanner. Il lui était impossible d’imaginer ce que pouvait donner une opération sérieuse, alors en vivre une. Il doutait fortement de la capacité de son coeur à supporter une telle expérience, il priait pour qu’il ne la supporte pas.

Le Professeur Akuma se pencha au-dessus de son cobaye, un air sincèrement désolé sur le visage.

- J’aurais bien aimé passer tout de suite à l’opération vous savez, soupira-t-il. Mais Monsieur Tanner m’a demandé de commencer par vous faire souffrir. C’est assez grotesque quand j’y pense; je suis un scientifique pas un bourreau.
Belpois était tétanisé par la peur, il n’osa émettre le moindre son. De toute façon, la douleur dans sa bouche l’en empêchait.
Akuma attira vers lui un chariot de taille moyenne, et retira le drap blanc qui le recouvrait. Des centaines de lames différentes étaient parfaitement alignées sur chaque étage du chariot. Le regard du Professeur Belpois se remplit d’effroi. Akuma ne le remarqua pas, il était trop occupé à choisir son premier ustensile de travail. Il passa la main au-dessus de ses lames, en choisit une, et l’approcha de la chair de son cobaye.
Un hurlement de souffrance transperça la nuit.


25 juin 2001, Lieu inconnu, milieu de l'après-midi. ( 1 mois et demi avant que Heath et Seth ne rencontrent Franz)


Le Soleil du début d'été tapait fort sur le crâne de Seth, le faisant transpirer à grosses goutes.
C'est au milieu des bois et à l'abri des regards, que Heath lui faisait subir un entrainement d'une difficulté démentielle. D'autant plus que l'allemand n'y allait pas de main morte, à tel point qu'il n'hésitait pas à corriger son "petit frère" d'un marron métallique en pleine figure dès que celui-ci se montrait imprudent dans ses attaques.
- Arrête de te précipiter, gronda-t-il d'une voix sévère. La précipitation rend tes attaques prévisibles, et ta force monstrueuse devient inutile.
Seth baissa la tête en signe de honte.

- Pardon grand frère.
- Et arrête de t'excuser pour rien, retiens la leçon, c'est tout ce que je te demande.
Le mutant acquiesça et se remit en garde, tandis que Heath lui faisait signe d'approcher.
- Donne tout ce que tu as.
Seth ne se fit pas prier, il déchaîna un authentique déluge de coups tous plus dévastateurs les uns que les autres. Cependant, les mouvements de Heath étaient calculés avec une précision chirurgicale, si bien que l'allemand évita sans trop d'encombres toutes les attaques de son petit frère.
Agacé, il saisit Seth par les poignets, et lui colla un coup de boule en pleine figure.
Le mutant s'écroula au sol en gémissant de douleur.

- Debout ! ordonna le psychopathe. Tes adversaires ne feront preuve d'aucune pitié.
Tel un automate, Seth cessa aussitôt de geindre, se redressa d'un saut carpé et se remit en garde.
Heath s'autorisa un sourire de satisfaction.
- C'est déjà mieux, lâcha-t-il avant d'attaquer à son tour.
Ignorant sa douleur, Seth mit toute son énergie dans ses parades et ses esquives, et bien qu'il encaissât quelque attaques qui firent craquer ses côtes, il parvint à repousser l'allemand d'un plat du pied dans l'estomac. Celui-ci recula de trois pas, avant de prendre un coup de poing sauté du mutant en pleine joue.
Seth ne s'arrêta pas là, il enchaina par une volée de jabs parfaitement administrés dans le plexus. Puis il voulu conclure par un coup de genou sur le nez.

Mais Heath le vit venir, se saisit de sa jambe, et le fit passer par dessus son épaule.
Seth s'étala douloureusement dans la poussière, avant d'effectuer une roulade avant pour se remettre sur ses pieds, et de se retourner pour faire face à son adversaire.
Celui-ci le gratifiait d'un nouveau sourire satisfait.
- On fait une pause, annonça-t-il en essuyant le peu de sang qui coulait le long de sa joue. Tu l'as bien mérité.
Tout sourire, Seth détendit ses muscles, et se laissa choir sur le sol. Heath lui lança une bouteille d'eau qu'il attrapa au vol, avant d'en boire de longues gorgées.
- Tu fais des progrès, complimenta l'allemand. Mais tu es encore loin de mon niveau.
- Tu es beaucoup trop fort pour moi, grand frère, répondit Seth en se massant les côtes. Où tu as appris à te battre comme ça ?
- J'ai eu les bons enseignants, et les bonnes sources de motivation.
"Et une bonne I.A. qui t'a gracieusement fait don de capacités physiques hors normes, ainsi que d'un savoir martial infini."
"Ta gueule !"
- Pourquoi t'as voulu être aussi fort grand frère ?
La question soudaine tira l'allemand de sa querelle avec sa seconde "conscience", il leva les yeux au ciel.

- Pour m'assurer d'être toujours au sommet de la chaîne alimentaire.
- Pourquoi faire ?
Heath fronça les sourcils.
- Tu poses beaucoup de questions aujourd'hui.
- Pardon grand frère, mais je voudrai comprendre à quoi ça sert d'être aussi fort que toi.
L'allemand haussa les épaules.
- Si je n'avais pas été aussi fort, je n'aurais pas pu te sauver, ni même continuer à nous protéger depuis lors.
Le visage de Seth s'illumina.
- C'est pour ça que tu es devenu aussi fort ? Pour me protéger ?!
À nouveau, le psychopathe fronça les sourcils, et ouvrit la bouche pour donner une réponse négative. Mais il s'arrêta dans son élan.

Pourquoi était-il devenu si fort ? La réponse était assez évidente; il l'avait fait pour survivre au traitement que lui avait infligé Peter, et se venger du cannibale. Et puis il avait sauvé Seth, et les innombrables possibilités que le mutant représentait s'étaient offertes à lui. Aujourd'hui, sa force monstrueuse était très pratique, mais pas nécessaire dans la vie de tous les jours. Elle n'avait que trois intérêts réels : combattre l'Organisation, entraîner Seth, et les protéger tous les deux.
- Je... suppose qu'on peut dire ça, finit-il par lâcher.
Ivre de joie, Seth se jeta sur son grand frère. Mais celui-ci réagit au quart de tour, et le maitrisa d'une clef de bras.
- Combien de fois je t'ai dit de ne pas relâcher ta garde ? gronda-t-il tout en soupirant de soulagement face au câlin forcé auquel il avait échappé.
Il relâcha son emprise, et laissa le mutant étirer son bras pour atténuer la douleur.
- T'es vraiment super fort grand frère, lâcha-t-il sans s'arrêter de sourire. Mais un jour, je serai bien plus fort que toi.
Heath éclata de rire, avant de passer machinalement sa main de métal dans les cheveux blonds de son apprenti.
- Voyez-vous cela, dit-il sincèrement amusé.
- Tu verras, reprit Seth avec détermination. Un jour, c'est moi qui te protégerai.
Le sourire de Heath se décomposa comme un château de cartes, il fixait le mutant comme si une deuxième tête venait de lui pousser.
Il fallait être aveugle pour ne pas voir la flamme déterminée dans le regard de celui-ci, mais ses pupilles rouges trahissaient une autre émotion, une émotion que Heath ne fut pas en mesure de déterminer.
- Tu... commença l'allemand avant de reprendre d'un ton plus assuré. Tu as encore du chemin.
- Mais j'y arriverai. Je ferai tout pour que tu sois fier de moi.
Il s'écoula une dizaine de secondes d'un silence pesant, durant lesquelles Heath conserva un visage impassible. Il finit par donner une petite claque sur la joue du mutant.
- Brave garçon, lâcha-t-il avant de lui coller un coup de genou dans l'estomac. Mais les actes ont plus de poids que les paroles.
Bien que plié en deux par la douleur, Seth réagit immédiatement, il se détendit comme un ressort, et percuta le visage de son frère avec son crâne.
Ce dernier recula de quelque pas, avant de fixer le mutant d'un regard joueur, un regard que Seth partageait.
Les deux adolescents s'entrainèrent durant le restant de l'après-midi, le plus jeune ne s'arrêta pas une seule seconde de sourire bêtement.





16 septembre 2001, Usine, 04h 14

Dire que Franz Hopper était fatigué aurait été une bien sinistre moquerie. Le scientifique était possédé par la fatigue. Ses yeux étaient rouge sang, les poches sous ses paupières étaient plus épaisses que jamais. Et pourtant, il devait être présent. Il devait se tenir devant ce satané pupitre de commande. L’alarme de Légion l’avait tiré de son sommeil supposé être réparateur. Ce qui l’avait forcé à réveiller Heath, et à se présenter ici pour défendre son territoire.
Comme prévu, le verrou sur la porte de Lyoko donnait bien plus de fil à retordre à l’Organisation que la dernière fois. Ce qui leur avait laissé le temps de se rendre à l’usine pour préparer leurs défenses. Et ils avaient justement une petite surprise pour leurs invités.

- Nos soldats sont en place, informa son second. C’est quand vous voulez.
Hopper pianota sur son clavier, et appuya une première fois sur la touche « entrée ».
- D’abord on met la table, murmura-t-il dans sa barbe. Et ensuite…
Il plongea la main dans sa serviette en cuir, et en sortit une boîte de CD. Il en prit un, et l’inséra dans la machine.
-… On accueille les invités.



Même Moment


- La porte est ouverte, annonça Dragonne en poussant un soupir de soulagement.
-C’est pas trop tôt, grogna Renarde. Ça a pris une éternité.
Alors qu’elle finissait de se plaindre, le Noirsœur fut entouré par un espèce de champ électromagnétique rouge. Cette force inconnue paralysa les commandes du vaisseau, et l’entraina de force à l’intérieur de Lyoko.

- Qu’est-ce qui se passe ?! hurla Peter tandis que son moyen de transport était en train de valdinguer.
- Au secours !
Le vaisseau s’arrêta brutalement, ce qui causa aux passagers un joli choc contre leur tableau de bord respectif.
En rage, Peter releva la tête.

Le Noirsœur avait émergé sur la banquise, et pas vraiment au meilleur endroit qui soit. Il se trouvait à l’extrémité du territoire, soit, au bout d’un cul de sac. Il n’avait qu’un seul chemin où débarquer, chemin qui était bloqué par un gigantesque mur de glace. Sur lequel était perchée une ribambelle de Krabes et de Kankrelats, ainsi qu’une vieille connaissance.
- C’est gentil de passer, ricana Heath assit sur sa muraille. Vous voulez jouer un peu ?
La Mer Numérique avait monté de niveau, si bien qu'elle était presque à la même hauteur que le plancher des vaches. L'objectif de cette manoeuvre était sans doute d'exterminer définitivement le plus de soldats possible.
Peter grinça des dents, mais il s’autorisa un sourire.
- Il veut jouer, il va être servi. Tanner ? Envoyez les renforts.
Une vague d’électricité se mit à parcourir le Noirsœur . Le vaisseau vibra un petit moment, avant de recracher son énergie. Permettant à une soixantaine de soldats de se virtualiser devant lui.
- Oh merde, lâcha Heath sans s’arrêter de sourire. Ils ont des munitions cette fois.

Dragonne se matérialisa à son tour, et se plaça devant sa petite armée.
- Sortez vos armes ! ordonna-t-elle d’un ton ferme. À l’attaque !
Les mercenaires dégainèrent leurs pistolets et boucliers, et foncèrent sur leur objectif.
Excité comme jamais, Heath leva son bras droit, et l’abaissa. Laissant ainsi une pluie de lasers s’abattre sur ses ennemis.
- La Mer numérique est noire, murmura-t-il en la contemplant. Ça va être un spectacle magnifique.



Même Moment


Peter sourit de satisfaction, car son plan avait fonctionné.
Tandis que le Noirsœur avait dû débarquer en plein dans le traquenard de Heath, lui et Dragunov avaient su profiter du chaos pour s’éjecter du vaisseau. Puis, à l’aide de leurs petits modules de navigation, ils s’étaient débarqués à environ un kilomètre du champ de bataille. Grâce au camouflage que Tanner avait ajouté à leurs combinaisons, ils étaient invisibles aux yeux de Hopper.
- Bien, commença Peter. Notre objectif se trouve à deux cent mètres de notre position. Nous savons quoi faire.
Dragunov acquiesça, et emboita le pas de son capitaine, marteau au poing. La tour au halo bleu qui se dressait devant eux était bien évidement leur objectif. Le but de cette mission était de localiser le super calculateur qui générait Lyoko. Et dans la foulée, de le paralyser à l’aide du virus que Tanner avait implanté dans le cimeterre de Peter.

Le plan avait tout de suite plu à Peter, retrouver son pire ennemi dans le monde réel avait bien plus d’intérêt que ces combats sans enjeux. Des combats où le seul moyen de mourir était de faire un plongeon dans l’eau. Cela n’avait aucun intérêt, et surtout pas pour Peter.
Le cannibale s’était en effet juré de déguster la chair de Heath, chair qu’il rationnerait pendant des mois pour faire durer son plaisir. Il rêvait chaque nuit de sa tête, empaillée au dessus de son lit.
Il atteindrait son objectif, comme il l’avait toujours fait.

- Allons-y.
Ce n’est qu’au moment où ses paroles franchirent ses lèvres, qu’une flèche électrique transperça le crâne de son subordonné. Dragunov en fut si surpris qu’il n’esquissa pas le moindre geste, même après que le projectile l’ait touché.
Peter fit volte-face.
Un être à la forme humanoïde se tenait face à lui, il n’était pas composé de chair, seulement d’un genre d’énergie bleu électrique. L’arbalète qui s’était formée sur son poing se dissipa, pour reprendre la forme d’une main.

- Alerte ! Intrus détectés, mise en place du protocole de défense.
L’avant bras droit de la créature se changea en une longue lame. Le gauche doubla de volume, et forma une main avec de tranchantes serres à la place des doigts.
Peter était très loin d’être impressionné par son adversaire, il dégaina son cimeterre, et se mit en garde.

- Il va falloir bien plus que ça pour réussir à m’avoir, prévint le cannibale.
Un avertissement qu’il regretta presque aussitôt.
Lentement, une minuscule particule se détacha du corps de la créature. Et après un flash aveuglant, prit la même forme que lui.
Une autre particule se détacha également, puis une autre, et encore une autre.
Peter se retrouvait à présent face à cinq adversaires, disposant chacun d’armes différentes.
- Mon nom est Légion, car nous sommes nombreux.
Le cannibale pesta.



Même Moment


La bataille faisait rage, sans qu’aucun des deux camps ne prenne l’ascendant sur l’autre.
Les mercenaires, bien que désavantagés face à des adversaires en hauteur, bénéficiaient d’une douzaine de glaçons en forme de rochers derrière lesquelles s’abriter.
- Couvrez-moi, hurla l’un d’entre eux en dégainant son bouclier.
Il sortit de sa cachette, et malgré le feu ennemi, se plaça au milieu du chemin pour bénéficier d’un meilleur angle de tir et d’une meilleure vue. Considérant qu’il s’agissait d’une idée intéressante, quatre autres mercenaires l’imitèrent. Et vinrent se placer à ses côtés pour constater… Leur erreur.

Heath avait préparé quelques morceaux de glace qu’il avait posés sur sa muraille. Il en saisit un, et l’envoya de toutes ses forces contre le petit groupe d’imprudents. Les mercenaires ne purent que hurler en voyant le projectile leur foncer dessus et les happer dans sa course. L’un d’entre eux se jeta sur le côté, et esquiva miraculeusement le bloc de glace. Mais cela ne lui fit gagner qu’un bref répit, car il reçut une douzaine de tirs dans la seconde qui suivit et disparut.

- Idiots, pesta Dragonne avant de tirer une flèche explosive.
Son arme se planta dans la glace, et sauta. La déflagration fit son effet, un petit trou s’était formé dans la muraille.
Malheureusement pour elle, la brèche se remplit de glace et disparut. Une rangée de cinq bloks avait été postée derrière le mur, et réparait le moindre impact qui avait réussi à le transpercer.
La coréenne poussa un juron, avant de recevoir un tir à l’épaule. Ce qui la força à s’abriter de nouveau.
Du haut de sa muraille Heath riait de l’incompétence de ses adversaires, jusqu’à ce qu’un coup de feu plus puissant que les autres ne retentisse. Le psychopathe eut à peine le temps de relever la tête, pour voir le tir lui entailler la tempe. Il pressa sa main contre son visage, qui se crispa de rage.

- Qui a fait ça ? rugit-il.
Allongée juste devant le Noirsœur , hors de portée des tirs de monstre, Corbeau leva sa main gauche pour dire bonjour. Et la replaça sur la détente de son fusil de sniper.
-Attends un peu, gronda-t-il en levant son bras pour protéger son visage. Ton petit manège ne fonctionnera pas deux fois.

Voyant que la posture défensive de Heath le privait d’un champ de vision respectable, Dragonne décida d’agir. Elle se tourna vers Corbeau, et l’interrogea du regard. La jeune fille leva son pouce.
La coréenne se dressa hors de sa cachette, et tira une flèche grappin en plein dans la patte avant du Krabe situé juste à la gauche de son général. Elle se mit à nouveau à couvert pour échapper à d’éventuelles représailles, et tendit le câble aux trois mercenaires qui étaient cachés avec elle.

- Tirez !
La force combinée des quatre soldats fit déraper la patte du Krabe, celui-ci perdit l’équilibre, bouscula Heath, et alla s’écraser en bas de la muraille. L’allemand fit de grands moulinets avec les bras pour éviter de subir le même sort, ce qui laissait sa tête sans défense.

- Vas-y Corbeau ! cria Dragonne pleine d’espoir.
- Au secours !
La coréenne tourna la tête. Sa collègue avait été saisie au mollet par un Kongre qui se tortillait en tentant de l’entrainer dans la Mer Numérique. Le monstre avait vraisemblablement profité de la haute marée pour chasser son repas. Corbeau essayait désespérément de rester sur la banquise en s’accrochant au couteau qu’elle avait planté dans le sol. Mais le monstre était trop fort, et elle finit par lâcher prise.

-Mange donc ! lança Heath à l’adresse du prothéen. Ceci est le corps d’une sombre conne !
Le Kongre envoya sa victime dans les airs, et attendit qu’elle retombe pour mordre son tronc à pleine dents. Le corps de Corbeau ne tint pas une seule seconde, et fut broyé par les mâchoires du monstre.
Prise d’une impulsion, Dragonne tenta d’abattre la créature d’une flèche. Mais elle fut stoppée dans son élan par un cri et un « plouf » retentissant, elle tourna la tête. Il n’y avait plus que deux soldats cachés derrière elle, ceux-ci canardaient l’eau sans réfléchir comme s’ils avaient vu un fantôme.

Un nouveau cri se fit entendre, et un autre. Au final ce fut une dizaine de cris qui retentirent.
Malgré leurs protections de glace, les mercenaires étaient impuissants face aux Kongres. Les monstres surgissaient de l’eau, attrapaient une victime, et replongeaient trop vite pour subir des dégâts. Les soldats de l’Organisation furent emportés les uns après les autres dans les profondeurs numériques. Du haut de son mur, Heath leva les yeux au ciel devant tant de facilité.

Avant qu’un tentacule de métal ne lui saisisse la main, et l’entraîne en avant. Le psychopathe, surpris par la manoeuvre, n’eut pas le temps de s’alourdir. Et alla s’écraser au pied de sa muraille. Aussitôt, une quarantaine d’armes se pointèrent dans sa direction. Par réflexe, il joignit ses bras rocheux en garde de boxeur pour protéger sa tête.
-Je tuerai celui qui tire ! rugit une voix haineuse. Il est à moi !
Intrigué, Heath écarta ses bras de son champ de vision, avant d’écarquiller les yeux à s’en faire exploser la rétine.

Ce n’était pas n’importe quel sbire de Peter qui se trouvait face à lui; c’était lui-même.
Enfin, il s’agissait plutôt de l’ancien lui, celui à qui il ressemblait lorsqu’il faisait encore partie de l’Organisation.
Du côté de celle-ci, la troupe de mercenaire s’était divisée en deux, de sorte à former une haie d’honneur pour son membre le plus puissant. Serpent avançait vers sa proie d’un pas lourd, en trainant ses lames derrière lui. Il s’arrêta à quelques mètres de Heath, et le fixa d’un regard qui trahissait son envie de meurtre.

L’allemand, à défaut d’être impressionné par la puissance imposante de son adversaire, ne parvenait toujours pas à comprendre ce qu’il avait en face de lui. Peter l’aurait-il cloné ? Cela aurait été un véritable gaspillage de temps et d’argent, en plus de n’avoir aucune utilité réelle face à lui.
- Qui es-tu ? gronda-t-il en se redressant sur ses deux jambes.
- Je suis Serpent.
Heath roula des yeux.
- Non, Serpent c’est moi.
- Je le sais.
Cette fois, il fronça les sourcils.
- Pourquoi est-ce que tu as mon nom ?
- C’est le nom que le maître m’a donné. Le nom que je porterai jusqu’à ta destruction.
- Autant dire que tu porteras ce nom jusqu’à la fin de tes jours, railla le psychopathe.
- Jamais !

Serpent fit tournoyer ses lames au-dessus de son crâne et les abattit telles des fouets sur son adversaire. Heath para l’attaque sans difficulté en plaçant ses bras en opposition, mais le cyborg ne s’arrêta pas là, et il redoubla de violence. Une avalanches de coups tranchants vinrent fouetter les solides bras rocheux du psychopathe, qui sembla ployer sous les attaques. En transe face à ce combat peu commun, les mercenaires encouragèrent leur poulain.
- Je dois gagner mon nom ! rugit Serpent. Je veux servir mon maitre jusqu’à la fin des temps ! Je dois te détruire ! Si je parviens à obtenir mon nom, je serai son bras pour l’éternité !

Le vacarme assourdissant provoqué par ses assauts s’arrêta brusquement, et Heath sortit la tête de sa défense.
Serpent ne put que constater le traquenard dans lequel il s’était fourré. En se servant des lames de son adversaire enroulées autour de ses bras, l’allemand tira pour entraîner son ennemi à portée de ses coups. Une fois ceci fait, il planta un pied rocheux dans la face de Serpent, et l’écrasa sur le sol. Encastrant au passage la tête de son ennemi dans la glace de la banquise.

« Intelligence ? »
« Oui ? »
« Analyse ce truc, je veux savoir comment Peter s’y est pris pour me cloner. »
Heath ignora copieusement sa victime couinante qui tentait vainement de se dégager. Mais il n’avait aucune chance, l’allemand avait neutralisé ses armes. Et il n’était pas assez puissant pour se libérer.
« Alors ? » s’impatienta Heath
« Ce n’est pas un clone. Votre code A.D.N. est similaire, mais pas identique. »
Serpent avait réussi à dégager son visage, mais le pied du psychopathe était à présent pressé contre sa gorge.
- Je vais t’exterminer !
- Ta gueule ! cracha Heath en lui barrant à nouveau la figure.
« Peter m’aurait cloné à 80%? Ou quelque chose du genre ? »
« Impossible. »
L’allemand commençait sérieusement à s’impatienter, les mercenaires hésitaient encore à prendre part au combat suite à l’ordre de Serpent. Mais nul doute qu’eux aussi allaient finir par manquer de patience.
« Compare-le avec les membres de ta base de données, il s’agit peut être d’un agent modifié. »
« C’est possible, vérification en cours. »
Heath dirigea son regard vers les mercenaires, deux d’entre eux avaient dégainé leurs armes.
- N’y pensez même pas ! gronda l’allemand. Ce qui les fit à nouveau hésiter.
« J’ai trouvé. »
- C’est pas trop tôt.
Intelligence lui transmis les informations qu’elle avait obtenues, Heath les examina, et tomba des nues.

Il fut si choqué qu’il relâcha son emprise, permettant à Serpent de se dégager. De crainte d’être à nouveau capturé, le cyborg s’éloigna d’une dizaine de mètres. Et fixa son adversaire de son regard haineux.
Heath n’avait toujours pas esquissé le moindre geste. Il semblait un peu perdu, décontenancé, comme si cette simple information avait chamboulé son esprit.

Serpent ne se fit pas prier, il dressa ses lames au-dessus de sa tête, et les envoya s’abattre sur l’allemand. Une stratégie de piètre qualité, qui permit à Heath de happer à nouveau sa proie.
Un sourire se dessina sur le visage, du psychopathe, sourire qui se transforma en fou rire incontrôlable. Le Général de l’armée prothéenne était incapable de se contenir, il riait à gorge déployée sans se préoccuper de ses adversaires. Serpent ignorait quoi faire, son rival se tordait dans ses propres éclats de rire. S’il ne se trouvait pas sur un monde virtuel, il se serait probablement déjà cassé plusieurs côtes.

Heath releva la tête, un rictus abominable déformait son visage. Il tira Serpent vers lui, le saisit pas la gorge, et le souleva de terre.
- Mon très cher petit frère, lâcha-t-il entre deux éclats de rire. Tu m’as un peu manqué Boulard.
Serpent écarquilla les yeux, le psychopathe relâcha son étreinte, et le frappa dans le plexus. Le cyborg fut projeté dans les airs, avant que son adversaire ne saisisse ses tentacules.
Heath prit alors un malin plaisir à faire valdinguer son adversaire dans tous les sens, l’envoyant s’écraser tantôt contre le sol, tantôt contre le mur. Serpent n’avait aucun contrôle sur ce qui lui arrivait, il n’était plus qu’une poupée désarticulée entre les mains d’un enfant dément. Impossible pour lui d’agir ou de réfléchir, il ne pouvait que subir.

- Tout ça pour ça ?! hurla Heath entre deux éclats de rire. Tout ce cinéma pour ÇA ?! Mais c’est la meilleure farce de l’année !
Heath tira de toutes ses forces, faisant passer Serpent par dessus son épaule, et l’envoya s’écraser contre la muraille de glace. Les prothéens se mirent à rugir la victoire de leur général, avant que celui-ci n’attrape sa victime par les cheveux.
- C’est ça l’arme suprême de Peter ? ricana-t-il en contemplant le regard de chien battu de Serpent.
Il secoua la tête.

- Ça aura eu au moins le mérite de me faire mourir de rire.
Le cyborg ne parlait plus, il n’accordait plus la moindre attention à l’allemand. Son regard était vitreux, il semblait si vulnérable.
- Ah non !
Heath le saisit par le col, et se mit à le secouer de toutes ses forces.
- Je t’interdis de redevenir faible, gronda-t-il. Pour une fois que je te trouve digne de moi, tu n’as pas intérêt à redevenir la larve que tu étais.

Serpent releva la tête.
- Je ne peux pas t’abattre, souffla-t-il. C’est terminé, le maitre ne me laissera jamais obtenir mon propre nom.
Heath colla son front contre celui de son ancien frère, et plongea son regard empli de folie dans le sien.
- Tu veux un nom petit frère ? Prends celui que notre mère t’a donné. Tu n’es pas Serpent, et tu ne sera jamais Serpent.
- Notre mère ?
Le psychopathe laissa échapper un sourire en coin, et approcha ses lèvres de l’oreille du cyborg. Là, il lui murmura quelque chose. Quelque chose qui sembla le transporter de joie, avant que Heath ne lui transperce le crâne d’un coup de faux.
- À plus.

Aussitôt, les mercenaires pointèrent à nouveau leurs armes vers Heath et tirèrent. Le psychopathe protégea sa tête, et se précipita hors de la plateforme. Pour se réceptionnerr sur une manta.

- Ouvrez le feu, ordonna-t-il à l’adresse de ses troupes.
Ce qui permit à la bataille de reprendre là où elle avait été laissée. Tout en contemplant les assauts vains des mercenaires, Heath ricana :
-Voyons ce que vous allez faire maintenant.



Même Moment


Peter n’en menait pas large, à chaque adversaire qu’il détruisait, un autre apparaissait. Sans parler des nombreux coups qu’il avait subi. En effet, il ne disposait plus que de vingt points de vie, et il avait toujours cinq ennemis en face de lui.
Le cannibale poussa un juron, et se remit en garde alors que la Légion s’approchait de lui.
- Rendez-vous, vos chances de réussites sont nulles.
- C’est ça, grogna-t-il avant d’appuyer sur le bouton situé sur son poignet.
Il fut alors surélevé de quelques centimètres, ce qui eut le mérite de surprendre Légion pendant une demi-seconde. Jusqu’à ce que celui-ci ne remarque les roues sous les bottes de l’américain.

- Et c’est parti, ricana Peter avant d’enclencher les boosters situés derrière ses talons. Le cannibale fit un départ canon, et se déplaça à une telle vitesse que Légion n’eut pas le temps de calculer sa trajectoire. Son adversaire slaloma entre les différents « lui », et les détruisit un à un. Puis il s’arrêta brusquement devant l’original, qui eut un mouvement de surprise.
- Va dire à ton patron que je le dégusterai avec un plaisir infini.
Il lui trancha la gorge avant même que la dernière syllabe ne soit prononcée, ce qui le fit disparaitre dans un nouveau flash de lumière. Peter secoua la tête.
- Bruyant.

Il se concentra à nouveau vers la tour, la voie étant libre, il n’avait plus qu’à remplir sa mission.
Cimeterre à la main, il fila à toute allure vers sa destination. Persuadé qu’il ne pouvait plus être détourné de son objectif. Il était enivré par la vitesse impressionnante qu’il avait acquise. Lancé comme il était, il avait le sentiment que plus rien ne pouvait l’arrêter. Mais le projectile noir et or qui le percuta de plein fouet était là pour le sortir de son rêve. Emporté par sa vitesse, Peter fut projeté sur une centaine de mètres. Il rebondit quatre fois sur le sol avant de totalement disparaître. L’Augure ramassa son cimeterre.
- Merci pour le cadeau.



Même Moment


Renarde en avait plus qu’assez.
La troupe de mercenaire engagée par Peter était incapable de causer le moindre dégât à la muraille de Heath. À chaque coup qu’ils portaient, un blok colmatait la brèche. Et à chaque fois qu’un monstre était détruit, deux autres le remplaçaient. La situation était devenue intenable, une escadrille de frôlions s’était même jointe à la fête pour arroser les invités d’acide.

Ils avaient déjà perdu les deux tiers de leurs hommes ainsi que Corbeau. Dragonne était bloquée derrière son bouclier, à encaisser sans pouvoir riposter. Il fallait trouver une solution, et elle en avait justement une sous la main.

Elle s’installa dans le poste de commande du Noirsœur, et s’empara du volant.
Le vrombissement soudain du moteur fit tourner la tête à toute l’escouade. Même les monstres avaient arrêté de tirer.
- Garez-vous ! cria Renarde à travers les haut-parleurs du vaisseau. Avant de projeter celui-ci contre la muraille, la pointe la première.

La secousse causée par le choc fit perdre l’équilibre à plusieurs monstres, qui vinrent chuter contre le véhicule. Mais à cause des boucliers de l’engin, ils ricochèrent, et atterrirent dans la Mer numérique.
Noirsœur reprit un peu d’élan, et frappa une seconde fois.
C’est avec un plaisir non-dissimulé, que l’indienne vit un pan entier du mur s’effondrer, et les prothéens qui se trouvaient au sommet s’écroulèrent avec lui.

Les monstres, complètement paniqués, tiraient à l’aveugle. Motivés par un regain de confiance, les mercenaires se mirent à les descendre comme des mouches.
Triomphante, Renarde leva un poing vers le ciel. Avant d’apercevoir ce qui ressemblait à une météorite tomber à pleine vitesse sur son vaisseau.
- Coucou c’est moi ! ricana un Heath roulé en boule, avant de percuter de plein fouet le Noirsœur.

Une gigantesque déflagration vint happer la totalité des mercenaires présents du mauvais côté du mur. Déchirés en deux, les débris du vaisseau restèrent un moment sur le terrain. Avant d’exploser purement et simplement. Les derniers monstres restants crièrent leur victoire, tandis qu’un Heath pleinement satisfait sortait de son scanner.
- Voilà qui devrait nous en débarrasser quelque temps, sourit-il.
Il était loin de se douter qu’à quelques centaines de mètres du champ de bataille, l’Augure observait le spectacle en affichant un sourire identique.
- Quels êtres pitoyables.
Sur ces mots, il plongea dans la mer numérique et disparut de la surface de Lyoko. Le cimeterre de Peter était toujours en sa possession.



Même Moment


Serpent était dans un autre monde, un monde où il n’entendait pas la violente dispute entre son maitre et Tanner. Assis sur le bord de son sarcophage, la peau toujours mouillée, il se remémorait le nom que le véritable Serpent lui avait glissé à l’oreille. Pour une raison qui lui échappait, il aimait ce nom. C’était comme si un ange descendu du ciel était venu le lui offrir en récompense, un ange qui avait le visage de sa mère. Même si cela, il l’ignorait.
Immergé dans son univers, il pensa à l’aquarelle qu’il avait vue dans la chambre de Tanner. Le Grand Dragon Rouge l’inspirait, l’auteur lui aussi l’inspirait.

- William Blake, murmura-t-il si bas que personne n’aurait été capable de l’entendre.
Le nom que Heath lui avait donné résonna à nouveau dans son esprit, et forma une mélodie d’une harmonie fantastique avec le nom du créateur du Dragon.
- Je m’appelle…Je m’appelle…
Le nom refusa de franchir ses lèvres, comme si la joie qu’il contenait était trop lourde à cracher.
- Je m’appelle… Alister Blake.
Serpent sourit paisiblement, et ferma les yeux. Une voix familière résonna alors dans sa tête.
"Tu t’appelles Alister Blake, un nom magnifique pour le Grand Dragon Rouge."


Même Moment
, Usine

Pleinement satisfait de la réussite de leur opération défensive, Heath se craqua la nuque en attendant que Franz finisse de lancer les programmes de reconstruction du territoire banquise.
L'allemand sortit alors son téléphone, et composa le numéro de son espion.
Après trois sonneries, son interlocuteur décrocha.
- Beau travail Belpois, félicita-t-il. Où en est la conception du Lazar ?
- Je crains qu'elle n'arrive jamais à son terme, répondit une voix à l'accent africain prononcé et au ton moqueur.
Les traits sur le visage de l'allemand durcirent immédiatement.
- Qui est à l'appareil ? gronda-t-il de sa voix meurtrière.

- Le nouvel employeur de notre ami commun, répondit Adama Viero. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur, mais un homme aussi brillant ne pouvait qu'être convoité par les plus puissants.
- Que voulez-vous ? grogna Heath qui n'était plus d'humeur à plaisanter.
- Rien du tout mon cher Serpent. Je tenais simplement à vous remercier de vive voix pour votre grande contribution dans la réussite de mes affaires. Et vous présenter mes condoléances pour le décès à venir de votre monstre de foire. Sur ce, je vous souhaite une excellente matinée.
Viero raccrocha avant même que l'allemand n'ait pu en placer une, ce dernier resta planté comme un idiot pendant une dizaine de secondes, avant d'écraser son téléphone à la seule force de ses doigts.
- Fils de pute ! jura-t-il ivre de rage.



Lieu inconnu, heure inconnue, date inconnue

Le Professeur Oda Akuma contemplait ses deux plus belles créations le coeur gonflé de fierté. Thanos et Crystal, le projet le plus ambitieux du Docteur, l'Avenir même de la race humaine.
Bien sûr, il fallait reconnaître que l'idée venait de l'ancien directeur de Silver Wings, mais les mérites de leurs créations revenaient entièrement au japonais. Il avait mis tout son coeur et toute son âme dans ces projets, il les avait dorlotés et perfectionnés comme d'authentiques maquettes à forme humaine. Crystal était une jeune fille aux cheveux argentés resplendissants, son corps était celui d'une adolescente en pleine croissance, son doux visage endormi était celui d'un ange aux yeux de son concepteur.
Thanos semblait être du même âge que sa jumelle, mais c'était un mâle de première qualité, taillé comme une armoire à glace, le crâne orné d'une longue chevelure rouge vif.

- Comme vous êtes beaux, souffla le savant dans sa langue natale. Il me tarde de vous voir à l'oeuvre mes enfants, et plus encore de voir la portée de petits monstres dont vous me gratifierez. Vous, mes chers petits, êtes les Adam et Eve du troisième millénaire.
Une larme de fierté coula le long de la joue du japonais, il l'essuya d'un revers de main, et tourna les talons tout en vantant les mérites de son génie sans la moindre modération.
Ce fut au moment où les lourdes portes de métal s'ouvrirent, que Thanos invectiva son "père" d'un regard assoiffé de sang.

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


Dernière édition par Tyker le Jeu 21 Mai 2020 11:01; édité 5 fois
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Icer MessagePosté le: Mar 08 Aoû 2017 18:29   Sujet du message: Répondre en citant  
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Citation:
Hello j'ai 6 mois de retard blablabla, je m'excuse blablabla, j'ai été occupé blablabla.
Ces explications vous suffisent ?


Non =/
Cela dit tu es de retour en forme. Ces deux chapitres te permettent d'être parfaitement dans ton élément, les scènes de mutilation habituelles ayant le droit à leur quota à la fin du chapitre 8. Quand à la fameuse Eau noire, elle se résumé globalement à une... euh... disons, la version Tyker du gangbang nelbsien, que j'ai trouvé plutôt bien mené, avec tes stars habituelles, couplées aux références classiques de Lyoko, notamment ses monstres. Encore que, le coup de l'identité de Serpent bis, je ne l'avais pas vu venir celui-là.
J'aime toujours autant le soin que tu apportes aux détails (matchs de football non inclus), dont les précisions avec lesquelles tu introduis en général un protagoniste. On ne peut pas dire que cela manque de réalisme, puisque les voyous se nomment Mohamed.
En parallèle, l'idée des prothéens éveille ma curiosité. Ce n'est pas comme si ton récit étant déjà rempli de personnages chelous, rien que chez les humains. Ceux ne pouvant pas se réclamer d'une telle classification atteignaient eux-mêmes un quota honorable, pour une histoire se déroulant à l'aube du troisième millénaire, mais bon, toujours plus hein ?
Cela m'amène à dire que je n'ai toujours aucune idée d'où ce récit va nous emmener justement... C'est plutôt marrant. Continue comme ça !

_________________
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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »

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Tyker MessagePosté le: Lun 21 Aoû 2017 15:51   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre 10: Le Psychopathe, la Succube et le Pyromane



29 juin 2001, Lieu inconnu, 01h 39 ( 1 mois et demi avant que Heath et Seth ne rencontrent Franz et Aelita)

Assis sur le rebord de la fenêtre de la chambre d’hôtel qu’il louait avec son petit frère, Heath observait ce dernier dormir, tandis qu’il menaçait à voix basse et au téléphone, son espion au sein de l’Organisation.
- Comment ça, dégénérescence cellulaire ?
- C’est comme je vous le dis, bredouilla Norman Belpois. Le corps de Seth est très instable. Il n’était pas encore achevé lorsqu’il s’est libéré, vous comprenez ? Il a besoin de nutriments très particuliers, et en quantité pour stabiliser définitivement son organisme. Mais je n’ai trouvé nulle trace d’un tel procédé dans les notes du Docteur.
- Dans ce cas, inventez-le, grogna Heath.
- Ce n’est pas infaisable, mais ça demandera un certain temps. Et avec Peter et Tanner qui surveillent mes moindres faits et gestes, je ne sais pas si j’y arriverai sans attirer l’attention.
- Débrouillez-vous, gronda le psychopathe. Ou c’est votre neveu qui en paiera le prix. J’ai été clair ?

Il s’écoula quelque secondes d’un silence pesant, avant que Belpois ne finisse par répondre :
- Oui.
- Parfait. Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire.
Sur ces mots, l’allemand coupa la communication, et grogna de frustration.
- Ça ne va pas grand frère ?

Seth s’était redressé sans faire un bruit, il fixait son aîné avec inquiétude. Ce dernier secoua la tête.
- Ce n’est rien, répondit-il. Rendors-toi.
Le mutant acquiesça avant de se rallonger. Mais il garda les yeux ouverts.
- Tu sais, si c’est à propos de mon saignement de nez de tout à l’heure, je te l’ai dit; ce n’était rien.
- La douleur est une alarme, raisonna le psychopathe. Si tu as eu mal, c’est que quelque chose cloche. Ne te surestime pas Seth, la mort et la souffrance frappent quand on s’y attend le moins.
Le mutant frissonna, avant de sourire de toutes ses dents.
- Je suis ton petit frère, je ne mourrai pas aussi facilement.
Heath se leva, et lui colla une taloche derrière l’oreille.
- J’attend de mon petit frère qu’il ne se comporte pas comme un idiot, critiqua-t-il avec sévérité. Personne n’est immortel.
Seth se frotta douloureusement la tête, mais il ne s’arrêta pas de sourire pour autant.
- Je ne mourrai pas avant de t’avoir dépassé grand frère. C’est promis.
Heath ne sut quoi répondre à cela, il se contenta de soupirer d’exaspération, et de regarder son mutant de petit frère se rendormir.
- Sale gosse, grogna-t-il en lui caressant sa tête blonde de sa main de métal griffue. Ne me claque pas entre les pattes.



22 septembre 2001, Argentine, quelque part dans les Andes, 14h 23 (heure locale)


Peneloppe Nemia, se prélassait paresseusement sur la terrasse de sa villa de deux mille mètres carrés. Cette superbe femme de trente-quatre ans et à la peau mate, était à la tête de onze des principaux cartels d’Amérique du Sud. Sa fortune personnelle se comptait en dizaine de milliards d’euros, et elle avait une influence colossale à travers tous les gouvernements de son continent. C’est bien simple, même certains généraux des armées colombiennes, brésiliennes, argentines et péruviennes lui était soumis. C’est pourquoi elle ne s’embarrassait pas de cacher sa position ou son identité. Elle était absolument intouchable, que ce soit par le FBI ou la CIA, car sa capacité à créer des crises économiques, notamment grâce à ses nombreuses actions dans la plupart des multinationales les plus influentes de la planète, la rendait bien plus utile en liberté et en vie que morte ou derrière les barreaux.
Cela ne voulait pas pour autant dire qu’elle était imprudente, au contraire. Sa propriété s’étendait sur plusieurs dizaines d’hectares, et une authentique petite armée personnelle patrouillait régulièrement la zone. Près de deux mille gardes du corps, tous armés jusqu’aux dents, et disposant d’un entrainement militaire complet, contrôlaient quiconque s’approchait à moins de dix kilomètres de la propriété.
Comme par exemple, le quad sans immatriculation et totalement repeint en noir qui avait dévié de la route quelques miles plus tôt, et qui filait désormais à pleine vitesse en direction de la villa.
Deux patrouilles, constituées chacune de trois jeeps bourrées de soldats, filèrent immédiatement à la rencontre de cet intrus dès que sa présence apparut sur leur radar. Ils l’interceptèrent dans un ravin, et le prirent en tenaille à chaque extrémité du canyon.
Lentement, le conducteur arrêta son véhicule, et leva les bras.
Les deux hommes les plus gradés des patrouilles se mirent à beugler en espagnol à l’adresse de l’intrus. Lui ordonnant de retirer son casque, et l’informant qu’il était sur une propriété privée, et qu’il était sommé de partir s’il tenait à la vie. Ce dernier n’esquissa pas le moindre geste, pas plus qu’il ne retira son casque. Il se contenta de demander d’une voix forte :

- ¿ Dónde está la señorita Nemia ? ¡ Tengo que hablar con ella ! (Où est Mademoiselle Nemia ? Je dois m’entretenir avec elle.)
Ces mots déclenchèrent d’authentiques crises de fou rire, et les gradés l’informèrent de son trépas imminent. Ce à quoi il répondit :
- Lo dudo mucho. (J’en doute fort).
Tout en sirotant un Dom Pérignon de 1982, Peneloppe Nemia entendit au loin, les crépitements des mitraillettes de ses hommes. Elle n’y prêta pas attention, et apprécia à l’aide de son palais raffiné, les notes de miel et d’amandes grillées de sa boisson.
C’est alors qu’une explosion retentit, la patronne en fut si surprise qu’elle manqua d’avaler de travers son champagne. Furieuse ne pas avoir pu en profiter pleinement, elle tourna son regard noir vers son majordome, et le chargea de transmettre l’ordre selon lequel, celui qui avait dégoupillé une grenade sans raison devrait être exécuté.
Ce dernier s’inclina, et se retira.
Peneloppe Nemia se rallongea sur son transat, et entreprit de reprendre sa dégustation là où elle l’avait laissée.
C’est alors qu’une nouvelle explosion retentit, puis une deuxième, puis une troisième.
Cette fois, elle essuya une violente quinte de toux, et se redressa les sourcils froncés.
En rage, elle enfila son peignoir, et se dirigea vers la salle de contrôle dans laquelle l’intégralité de sa propriété était surveillée.
- ¿ Qué pasa ? gronda-t-elle furieuse en ouvrant la porte blindée d’un coup de pied.
Aucun de ses employés ne sut trouver avec des mots, une façon adéquate de lui expliquer ce qui était en train de se passer, et aucun d’entre eux n’eut besoin de le faire d’ailleurs, car les disparitions soudaines et enchaînées, des rythmes cardiaques de chacun de ses hommes, suffirent à mettre en lumière la gravité de la situation.
Les yeux écarquillés à s’en exploser la rétine, l’argentine n’osa esquisser le moindre geste face au cauchemar qui était en train de se dérouler. Mais elle reprit bien vite ses esprits, et hurla à ses employés :

- Sonnez l’alerte générale ! Je veux que chaque homme et femme capable de tenir une arme soit équipé. Préparez mon hélicoptère, et prévenez ma villa chilienne de mon arrivée. Alertez les généraux du pays de l’attaque. Je veux voir des tanks et des avions de chasse débarquer dans la demi-heure !
Sans attendre de réponse, l’argentine marcha d’un pas enragé vers la plateforme située sur le toit de sa villa. Où l’hélicoptère qui l’attendait était déjà en train d’amorcer son décollage.
Cependant, son Soleil natal qu’elle aimait tant cessa d’alimenter sa peau en rayons gammas pendant une micro-seconde. Intriguée, elle leva la tête, et aperçut l’une de ses jeeps achever son vol dans l’hélice du véhicule aérien qui était supposé lui servir de porte de sortie.
Le souffle de la déflagration qui s'ensuivit propulsa la femme la plus riche du Monde au sol, celle-ci manqua de peu d’être tranchée en deux par l’une des hélices de son hélico, qui termina sa course dans sa piscine.
De violents coups de gong résonnèrent jusqu’à ses oreilles, elle tourna la tête, et constata les déformations sur sa porte blindée. Une petite fente s’était formée, fente par laquelle, dix doigts métalliques s’infiltrèrent, et agrandirent la brèche dans un grincement strident.

Peneloppe Nemia n’en crut pas ses yeux, ce qu’elle avait prit pour une armée n’était en réalité qu’un homme seul. Ce dernier, toujours vêtu de son casque, la repéra, et s’avança vers elle tel un démon surgi des enfers.
Plusieurs de ses hommes tentèrent de s’interposer, et vidèrent le chargeur de leurs mitraillettes respectives sur l’étranger.
Celui-ci ne leur fit même pas la grâce de leur accorder l’attention que l’on accordait à une fourmi qu'on écrasait, il les écarta de plusieurs violents revers de bras, qui les envoyèrent s’éclater contre les murs de la villa tels des bombes à eau pleines de sang.
Effarée par la puissance de son assaillant, l’argentine rampa en arrière tout en dégainant le beretta caché dans son peignoir, mais aucune des neuf balles qu’elle tira n’infligea le moindre dégât à l’intrus. Au contraire, les projectiles de plomb le traversèrent comme s’il s’agissait d’un authentique fantôme.
Ce dernier arriva enfin à sa hauteur, l’a saisi par la gorge, et la souleva de terre.
- ¿ Dónde está Adama Viero ? rugit-il à pleins poumons.
- ¿ Que ?
Heath Lancaster n’était pas disposé à faire preuve de patience, il secoua sa captive comme un vieux prunier.
- Où est Adama Viero ? répéta-t-il dans la même langue.
- Adama… Tu m’as attaqué pour savoir où était cet enculé ?!
- Et je ne me priverai pas de te démembrer pour savoir où il est, alors répond !
- Tu n’imagines pas le pouvoir que je possède, dans peu de temps, des milliers de militaires vont débarquer pour…

Le psychopathe ne la laissa pas terminer sa menace, et lui colla une baffe métallique et magistrale.
- Le pouvoir que j’ai moi, c’est de mettre un terme à ta vie en serrant les pouces, alors dis-moi où est cet enculé si tu veux éviter ça !
La vision de Nemia était en train de se brouiller, et la pression atroce que son agresseur effectuait sur sa gorge suffit à la convaincre du sérieux de sa menace.
- Je n’en sais rien ! gémit-elle. Ce tas de viande noire n’est aperçu que selon son bon plaisir, et a toute une panoplie de doubles à son service ! Il est introuvable !
Ce n’était pas la réponse que Heath attendait, furieux, le psychopathe arma son poing droit.
- T’as intérêt à me dire comment le trouver si tu tiens à ta pitoyable vie ! cracha-t-il.
- Je… Tu n’as qu’à attendre qu’il te trouve !
L’allemand leva les yeux au ciel face à l’imbécilité de cette réponse.
- T’es bien placée pour savoir qu’il n’a aucune envie de me rencontrer. Si tu n’as aucune information à me transmettre, tu peux commencer à faire tes prières.
Peneloppe Nemia, chef de la branche Sud-Américaine de l’Organisation couina comme un cochon. Heath commençait à manquer de patience.
- Si tu es incapable de me renseigner, j’exterminerai tes amants, tes enfants, et ta pute de mère si nécessaire ! beugla-t-il avec colère.
- Pitié…
L’allemand haussa les sourcils de surprise.
- Pitié ! répéta-t-elle en essuyant une violente quinte de toux. On peut surement faire affaire ! Qu’est-ce que tu veux en échange de ma vie ?!
- Je te l’ai déjà dit, gronda le psychopathe. Je veux la position d’Adama Viero.
- Il… Il me faudra du temps pour le trouver !
- Je n’ai que très peu de temps, et je me doute que tu ne laisseras pas mon attaque impunie. Donc soit tu me renseignes, soit tu meurs.
- Pitié…
- Et merde…
Sur ces mots, il déchira sans ménagement la gorge de la femme la plus puissante du Monde, et grogna de frustration tandis qu’elle s’étouffait dans son propre sang.
« Les recherches avancent comment de ton côté ? »
« Elles n’avancent pas, selon mes informations, Adama Viero se trouverait actuellement dans plus de neuf pays à travers le Monde. Chacun d’eux possède une correspondance vocale et faciale parfaite. »
- Fais chier ! gronda Heath en filant à l’anglaise.
Les autorités d’Argentine découvriront le cadavre de Peneloppe Nemia onze minutes plus tard, ses différents lieutenants se battront pour récupérer son empire durant des années. Mais heureusement pour l’économie mondiale, aucun ne parvint à obtenir une influence comparable à la sienne.



23 septembre 2001, Banlieue parisienne, 11h 16 (heure locale)


Heath Lancaster entra sans frapper dans la résidence « familiale », et claqua la porte de frustration.
Ces heures de voyage à courir sur l’eau de l’Océan Pacifique ne l’avaient en rien calmé, la frustration qui lui rongeait les sangs n’avait aucunement cessé.
Sans prendre la peine de vérifier si quelqu’un était à la maison, il fila vers la cuisine, et se servit un grand verre de whisky écossais qu’il but d’une traite. Constatant l’inefficacité de son traitement, il réitéra l’opération encore, et encore, et encore.
« C’est toi qui m’empêche de me détendre ?! »
« Non, je m’assure simplement que l’alcool n’embrume pas tes pensées. »
« Et si tu me lâchais un peu ?! Il faut que je me calme ! »
« Tu n’y arrivera pas comme ça. »
- TA GUEULE, PUTAIN !
Emporté par la colère, le psychopathe écrasa son poing de métal contre le plan de travail de la cuisine. Il passa au travers comme dans du beurre, et contempla sa main d’un air ébahi.
- Heath ?
L’allemand fit volte-face, et fit sursauter Aelita qui l’observait depuis le seuil de la porte.
- T’es pas au collège toi ? grogna-t-il en clignant des yeux.
- On est dimanche…
- Et Seth il est où ?
- Il révise chez une amie.
- Ah… Bon…
Sans plus de politesse, il avala son cinquième verre, sans pour autant constater le moindre changement dans son humeur. De plus en plus frustré, l’allemand jeta sans ménagement son verre dans l’évier, et se dirigea vers la sortie tout en ignorant le fracas qu’avait causé la chute de ce dernier. Mais il fut intercepté dans son élan par Aelita, qui le saisit par le blouson.
Il fronça les sourcils, et toisa l’elfe virtuel du regard
- Lâche-moi, cracha-t-il avec mépris.
- Pas avant que tu ne te sois calmé.
- JE SUIS CALME ! rugit-il en éclatant la porte de la cuisine d’un revers de main.
Secoué par une crise d’hyperventilation, l’allemand tenta tant bien que mal de contrôler sa respiration. Aelita de son côté, fut prise d’une impulsion soudaine, et se jeta dans les bras du psychopathe. Ce dernier sentit sa force monstrueuse l’abandonner, et il se laissa glisser le long du seuil de la porte, jusqu’à finir les fesses au sol.
- Je… Je suis l’homme le plus dangereux de la planète, déclara-t-il maladroitement. Je suis Serpent ! Je… J’arrive pas à trouver un putain de noir ! Et j’arrive pas à sauver Seth ! BORDEL DE MERDE !
Un silence pesant prit possession de la maison, uniquement brisé par la respiration forte de l’allemand et les sanglots de sa petite « soeur ».
Ils restèrent ainsi pendant Dieu seul sait combien de temps, à broyer du noir comme des moulins à poivre.
Ce n’est que lorsque Heath parvint à reprendre un semblant de contrôle sur sa respiration, qu’il finit par lâcher :
- T’aurais pas dû faire ça… J’ai… J’ai failli te buter sans réfléchir.
À ces paroles, Aelita renâcla entre deux sanglots.
- T’es qu’un con, un énorme con, mais t’es pas assez con pour me faire du mal juste parce que t’es énervé.
Heath haussa les sourcils, et posa son regard épuisé sur le champignon rose qui servait de chevelure à la jeune fille.
- T’as pas idée de ce que je fais quand je suis énervé.
- Non, admit Aelita sans relever la tête. Mais je sais que tu me feras pas de mal.
L’allemand eut beau réfléchir au millier de possibilités logiques qui pourraient pousser l’elfe virtuelle à penser ainsi, aucune ne tint la route à ses yeux.
- T’es complètement… conne. bafouilla-t-il de stupeur. Tu es… tu es…
Il ne trouva aucune insulte, aucun adjectif, aucun mot adéquat pour qualifier sa "petite soeur". Aussi, il se contenta de soupirer d’exaspération.

- Pourquoi... ? Pourquoi tu as fais un truc aussi con...?
- Quand j'étais petite, ma mère me disait qu'il fallait toujours aider ceux qui souffraient.
Jamais le psychopathe n'avait entendu de phrase plus absurde que celle-ci, il éclata d'un rire cruel.
- Ta mère... cracha-t-il avec mépris, tout en foudroyant les yeux verts de la jeune fille de son regard bleu acier. Tu sais ce qu'elle a fait... ? Ma conne de mère ? Cette bouffonne pas foutue d'avoir trouvé un meilleur père à ses enfants qu'un ivrogne con comme la Lune ! Et le pire, c'est qu'elle s'est faite buter par ce pèquenaud ! Tout ça pour défendre ses deux fils; un abruti fini, et un taré de sociopathe !
Prit d'une impulsion destructrice, Heath abattit son poing de métal contre le sol. Aelita frémit suite à la violence de l'impact, mais ne relâcha pas sa prise.
- Pourquoi elle a fait ça... ? Pourquoi... ?
Un nouveau silence pesant s’installa, uniquement brisé par la respiration forte de Heath. Ce ne fut qu'après être sûre que le psychopathe se soit calmé que la jeune fille reprit la parole :
- Ton frère était vraiment un sociopathe ?
L'allemand renâcla de dégoût.
- Non... il...
Lorsqu'il comprit la subtilité de la moquerie de la jeune fille, il la foudroya du regard. Aelita explosa de rire.
- Petite conne... grogna-t-il en réprimant un sourire en coin.
- Tu devrais aller te reposer, lui suggéra l'elfe après s'être calmée. Dans ton état tu n'es bon à rien.
Heath fut tenté de répliquer en affirmant qu'il pouvait lui coller une tarte, mais sa fatigue physique et émotionnelle donna raison à sa petite soeur. Il se releva, et après avoir adressé un bref regard à la jeune fille qui lui répondit par un sourire, monta dans sa chambre.

Lieu inconnu, heure inconnue, date inconnue

« Cette existence est infernale ! Je n’en puis plus ! »
« Patience. Notre heure approche, je sens que la volonté de notre cible vacille. Ce n’est plus que l’affaire de quelque jours. »
« Les jours; ils sont aussi longs que les années ! »
« Je comprends ton sentiment mieux que quiconque, mais il nous faut prendre notre mal en patience. Bientôt, bientôt nous serons libres. Bientôt… »
« …nous savourerons enfin nos existences. »
« Bientôt. »
« Bientôt. »
« Et qu'en est-il de notre deuxième cible ? »
« Je ne puis te répondre avec exactitude, son comportement a changé de manière radicale. Il vaut mieux trouver une autre cible. »
« Peu importe, du moment que nous parvenons enfin à nous libérer. »
« Cette liberté… »
« …elle nous tend les bras. »
« Elle est à nous ! »
« À NOUS ! »

Onze secondes plus tard.

Alex Tanner sentait sa conscience vaciller sous l’effet de la fatigue. La reprogrammation du Noirsœur lui prenait un temps considérable, temps qu’il aurait pu employer autrement.
C’est alors qu’une donnée étrange apparut sur son écran, une donnée qui fit froncer les sourcils roux de l’écossais. Ce dernier pianota frénétiquement sur son clavier, et lança un Scan rapide de Valkyria.
Scan dont le résultat lui apparut rapidement.
- Pas de tour activée. lâcha-t-il en fermant les paupières pour soulager ses yeux gonflés. Il vaut mieux que j’aille me reposer avant que ma paranoïa ne me joue d’autre tours.


23 septembre 2001, Banlieue parisienne, 20h 42


Heath Lancaster fut brutalement tiré de son sommeil par la sonnerie de son nouveau téléphone. D'humeur massacrante, il sortit son portable de sa poche, et ne prit pas la peine de masquer son timbre de voix soupe-au-lait.
- C’est pour quoi ?
- Coucou !

La voix d’Abigail Hobbs lui fit l’effet d’une gifle en plein visage, lui qui avait espéré ne plus jamais entendre parler d’elle.
- Qu’est-ce que tu veux ? vociféra-t-il.
- Hé bien quelle forme, gloussa la jeune fille. Je me demandais simplement si tu étais libre ce soir ?
- Comment est ce que tu as eu mon numéro ?
- Tu n’as pas l’air très emballé.
- Comment tu l’as eu ?
- À ton avis?
Heath prit un moment pour réfléchir, avant de grogner:
- Torélien…
- Les hommes n’imaginent pas à quel point leurs pulsions sont pratiques, ricana la jeune fille. Comme je n’ai rien à faire ce soir, je me suis dit qu’il était temps de te sortir un peu.
- Je ne suis pas ton chien.
- Bien sûr, bien sûr. Alors ? Tenté ?
Le psychopathe éclata de rire.
- Je n’ai aucune envie de revoir ta tête de poufiasse.
Abigail était vexée, mais elle ne se laissa pas abattre.
- Même contre ta fausse carte d’identité?
- Ma…
Par réflexe, le psychopathe se mit à fouiller ses poches; rien. Abigail gloussa de nouveau.
- Heath Lancaster. lut-elle à haute voix. Né le 15 mai 1983 à Liverpool. 1m 82 pour 75 kilos. Cheveux bruns, yeux bleus, habite au…

- C’est bon. grogna l’allemand. J’ai saisi.
- Je dois dire que c’est une très belle imitation, commenta la jeune fille d’une voix studieuse. Malheureusement pour toi, j’en connais un rayon sur les faux papiers. Et si ta carte est fausse, j’imagine que tu caches quelque petits trucs qui feraient plaisir à la police. Je me trompe ?
Heath avait l’impression de se faire manipuler comme un banal mouton, en rage, il se retint de ne pas briser son téléphone tout neuf.
- Qu’est ce que tu veux ?
- J’ai envie de sortir ce soir. dit-elle d’une voix mielleuse qui donnait de furieuses envies de meurtre à l’allemand. Que dirais-tu d’une petite balade au clair de Lune à Fontainebleau ? Je t’attends à l’entrée ouest de la forêt.
- Attend une minute, je…
Trop tard, Abigail avait raccroché. Heath resta un moment sans bouger, avant de se jurer de lui faire payer son insolence de la meilleure des manières.
Il se leva, et sortit de sa résidence sans prendre la peine d’arranger le foutoir qu’il avait laissé en rentrant de son escapade en Argentine.




23 septembre 2001, 16ème arrondissement parisien, 20 minutes plus tard.

Drake L. O’conner s’adonnait à son activité favorite : la prière.
Certaine personnes qui le connaissaient à peine, croyaient qu’il s’était tourné vers Dieu pour éviter de penser aux cicatrices horribles qui recouvraient son visage. Ces personnes avaient tort; Drake avait accueilli ces marques comme une bénédiction de la part du Seigneur. Elles représentaient le jour de sa résurrection, le jour où il avait été libéré du joug des démons qu’il avait appelés ses parents. Le jour où il avait rencontré Abigail Hobbs, son ange de miséricorde qu’il appelait sa sœur

Le jour où il avait juré de passer le reste de son existence, à anéantir le moindre parasite à forme humaine qui polluait le Monde de Dieu. Et c’était par le feu, l’arme divine du Seigneur, qu’il s’y prenait.
Drake possédait une obsession pour le feu très particulière, sa fascination pour cet élément était sans égal. Pour lui, il représentait le cadeau ultime que Dieu avait fait aux hommes afin qu’il se dresse au sommet de la chaîne alimentaire.

Les règles concernant ses prières étaient simples et strictes : aucune interruption n’était tolérée. Lucius avait un jour commis l’erreur de l’appeler pour le dîner, Drake l’avait alors envoyé balader d’un regard abominable. Il priait tous les jours, à huit heures, quatorze heures, vingt-et-une heures, et minuit. Ses prières quotidiennes duraient cinq minutes montre en main, et il avait la réputation fondée d’être réglé comme une horloge. Si l’on respectait cela, la cohabitation avec lui ne posait aucun problème. En dehors de ses moments de foi intense, c’était quelqu’un de très gentil, qui aimait sa famille.

Thomas Von Kane, attendait avec patience que son petit frère rouvre les yeux.
Depuis leur rencontre, Drake et Thomas s’entendaient assez bien. Enfin, aussi bien que pouvaient s’entendre deux frères. Ils se respectaient, discutaient régulièrement, et s’appréciaient assez pour leur ouverture d’esprit commune. Ce qui ne les empêchait pas d’être en désaccord sur de nombreux sujets, notamment celui concernant l’existence même de Dieu.
Ils avaient eu de nombreuse disputes à ce sujet, et à maintes reprises, Abigail avait été forcée d’intervenir pour éviter qu’ils en viennent aux mains. Au final, et après un temps d’adaptation. Drake avait réglé ce conflit par cette simple phrase :
« Dieu préfère de bons athées à de mauvais chrétiens. »
À partir de ce moment, il n’y eut plus jamais de problèmes sérieux entre les deux frères. Seulement des chamailleries qui étaient propres à l’amour fraternel qu’ils portaient l’un à l’autre.
Une fois sa prière achevée, Drake se redressa, et interrogea le belge du regard.
- Qu'y a-t-il ?
- Abigail t’as dit où elle allait ?
L’écossais lâcha un bref éclat de rire.
- L’idée que notre sœur ait pu partager ses projets de détente avec l’un d’entre nous me parait saugrenue.
- Ce qui ne t’as pas empêché de la suivre à maintes reprises.
- Je n’ai jamais prétendu le contraire.
- Je suis inquiet, finit par lâcher Thomas. Ce que nous faisons est dangereux, et Abigail continue de prendre des risques inconsidérés et inutiles.
Drake leva les yeux au plafond.
- Personne n’est sans défaut.
Là-dessus, il voulut sortir de sa chambre, mais son aîné l’en empêcha.
- Tu sais où elle est.
- Oui.
- Va la chercher s’il te plait.
L’écossais haussa un sourcil, sa face calcinée n’en fut que plus hideuse.
- Je n’ai aucune envie de la déranger.
- Drake ! s’impatienta Thomas. Nous avons promis à Père que nous prendrions soin de notre sœur. L’empêcher de s’attirer des ennuis fait aussi partie de cette promesse. Dois-je te rappeler devant qui tu as juré ?
Le balafré foudroya son frère d’un regard venimeux, mais celui-ci ne broncha pas.
- Si tu es si inquiet, tu n’as qu’à y aller toi-même.
- Je ne sais pas où elle est, moi.
Drake grogna de frustration, mais finit par se laisser fléchir, il retourna dans sa chambre chercher son manteau et ses chaussures.
- Et n’y va pas désarmé.
- Je n’y comptais pas.


23 septembre 2001, FontaineBleau, 22h 17


Heath débarqua au point de rendez-vous fixé par la jeune fille enragé comme un taureau. La simple présence d’une voiture garée à l’entrée du parc suffit à convaincre l’allemand de la présence de la rousse.
- Je suis là espèce de garce ! rugit-il à pleins poumons. T’as choisi le mauvais jour pour me casser les couilles ! Sors de ton trou avant que je ne te massacre !
Pour toute réponse, un coup de feu retentit à travers le crépuscule, et une petite douleur vint irradier la joue de l’allemand.
Choqué, celui-ci porta deux de ses doigts gantés sur la source de cette piqure, et les redécouvrit tâchés de sang.
- Ah, c’est comme ça, sourit le psychopathe en réactivant le mode « spectre » dont il avait usé pour venir. Très bien, ce soir c’est chasse aux putes.
De son côté, Abigail Hobbs observait sa victime avec incompréhension; sa réaction étrange l’interpellait. Il aurait dû s’enfuir, prendre ses jambes à son cou tout en hurlant de terreur. Car c’était comme ça qu’elle dégustait ses proies; avec un soupçon de terreur, et un écrasant sentiment de supériorité. Or, voilà que celui-ci, non content de ne pas paraître effrayé le moins du monde, venait à sa rencontre avec un drôle de sourire sur les lèvres. Elle réfléchit rapidement, et en déduit qu’elle avait dû manquer son coup, et que sa cible croyait qu’elle tirait avec des balles à blanc. Aussi, elle choisit cette fois de viser la jambe gauche, et tira une nouvelle fois.
Son second coup de feu n’eut pas plus d’effet que le premier, pire encore, sa proie semblait avoir accéléré la cadence.
Plus question de prendre de risque, Abigail visa la poitrine, et n’obtint pas plus de résultat. Sentant la panique l’envahir, la hollandaise vida l’intégralité de son chargeur sur sa cible. Qui ignora ses balles les unes après les autres.

- On peut dire que tu tombes bien, railla le psychopathe alors que la distance qui les séparait était désormais inférieure à une vingtaine de mètres. Je suis d’humeur massacrante ce soir, et j’avais justement besoin de me détendre.
Sans crier gare, l’allemand traversa les derniers mètres en un temps record, et apparu tel un spectre devant son agresseur.
- Je te vois, sourit-il avant de recevoir un coup poing surpuissant dans la mâchoire.
Il tituba un peu, avant de relever la tête, et de masser son menton endolori.
Abigail ne semblait pas en croire ses yeux.
- Intéressant, lâcha-t-il d’un ton beaucoup plus sérieux. Ce coup-ci m’a fait étonnamment mal. J’en déduis que tu es pourvue d’attributs similaires aux miens.
La hollandaise sentit un frisson lui parcourir le dos, avant de se mettre en garde.
- Tu tombes plus que bien, siffla le psychopathe de sa voix la plus meurtrière. J’ai quelques questions à poser à ton patron.
Pour toute réponse, elle lui colla un coup dans les parties, le pliant en deux.
- Moins de paroles, plus d’actes dit-elle en se léchant les babines.
Avant de prendre un uppercut dans le menton, qui l’envoya s’écraser contre un arbre.
- Ma petite soeur cogne plus dur que toi, railla le psychopathe en se précipitant vers elle.
La hollandaise eut tout juste le temps de baisser la tête, avant que le poing de métal de Heath ne percute le tronc contre lequel elle était adossée, le brisant sur le coup dans un immense fracas.
Abigail contempla d’un air ébahi la force monstrueuse de son rival, qui l’envoya valdinguer d’un coup de pied dans la tête.
- Quand on part à la pêche, on évite d’attirer les requins, ricana l’allemand en se projetant à nouveau sur la rousse.
Mais elle l’attrapa par le bras, et le fit passer par-dessus son épaule pour l’étaler au sol.

- J’espère que ton calibre en vaut la peine, grogna la hollandaise avant que Heath ne se recroqueville sur lui-même, ne plante ses deux pieds dans sa poitrine en se détendant comme un ressort.
Cependant, les paroles de la jeune fille le prirent un peu de court.
- Mon quoi ? T’es qui au juste ? Une collègue de Renarde ?
Aucune réponse. La hollandaise s’était volatilisée dans la nature.
Heath s’autorisa un sourire joueur.
- Une partie de cache-cache ? Pourquoi pas ?

Sur ces mots, il s’enfonça à son tour dans l’obscurité de la forêt. À la recherche de sa camarade de jeu et future victime.
Abigail, bien que consciente de l’inefficacité de son arme, choisit de la recharger malgré tout. La hollandaise ne comprenait rien à la situation. Elle avait usé de l’une des tours de son super-calculateur, et avait augmenté ses capacités physiques de manière drastique. La « possession », comme elle l’avait baptisée, fonctionnait à merveille ! Elle était parvenue à tordre une barre de métal à mains nues… alors pourquoi ?
- Un… Deux… Trois… de Heath tu es la proie. Chantonna le psychopathe dont la voix se faisait de plus en plus proche.
La rousse réfléchit à toute vitesse, les paroles de sa proie l’avaient troublée.
« Ce coup-ci m’a fait étonnamment mal. J’en déduis que tu es pourvue d’attributs similaires aux miens. »
Il serait « possédé » lui aussi ? Ça n’avait aucun sens, elle savait de source sûre, que le seul super calculateur dont disposait Tanner se trouvait avec lui au Danemark. Yu leur aurait menti ?
- Quatre… Cinq… Six… tu ne tiendras pas jusqu’à dix.
Un élément lui échappait, Adama Viero n’était pas encore parvenu à mettre la main sur la technologie requise pour égaler ses pouvoirs, et Peneloppe Nemia se fichait pas mal de la physique quantique. Ce qui voulait dire…
Elle n’eut pas le temps de continuer à réfléchir, une main surpuissante la saisit à la gorge, et la plaqua contre l’arbre derrière lequel elle s’était cachée.
- Sept… Huit… Neuf… Je vais te saigner comme un boeuf, siffla le psychopathe, tandis que ses pupilles ornées des ailes argentées de « Silver Wings » brillaient dans la nuit.
- Tu es… tu es Serpent ! s’écria la jeune fille avec colère.
L’intéressé haussa un sourcil.
- Tu es une fan de mon travail ? demanda-t-il avec humour.
Pour toute réponse, la hollandaise lui cracha à la figure.
- Tu as tué mon père, vociféra-t-elle avec haine.
- Ah bon ? fit l’allemand en s’essuyant le visage d’un revers de main. Il ressemblait à quoi ?
La rouquine tenta alors de lui lacérer la face à coup d’ongles, mais l’allemand calma ses ardeurs d’un coup de boule.
- À vrai dire, je m’en fous pas mal. Ce que je veux savoir; c’est où est-ce que je peux trouver Norman Belpois ou Adama Viero.
Comme la jeune fille ne répondit pas, l’allemand la secoua comme un prunier.
- Tu réponds ou tu souffres ?
Un coup de pied circulaire lui percuta le flanc, et lui coupa la respiration. Il relâcha sa proie, qui le percuta des deux pieds dans le plexus, l’envoyant rouler quelque dizaines de mètres plus loin.

- Ça te va comme réponse, connard ? cracha-t-elle en chargeant des éclairs violets dans ses mains.
- Non.
Abigail ne se fit pas prier, et ses attaques électriques zébrèrent les ténèbres et frappèrent l’allemand en plein thorax.
Il ne broncha pas, à la surprise de la hollandaise qui accentua la puissance de son attaque.
Mais la seule chose qu’elle constata, c’était que son ennemi avançait à contre-courant malgré la pression de sa charge.
- Crève ! Putain, crève !
Heath revint à sa hauteur, et la gifla d’un revers de main.
- Non merci.
Abigail eut tout juste le temps d’apercevoir la boule de feu qui était apparue dans sa main, et se jeta sur le côté, au moment où un authentique jet de flammes embrasa le sapin derrière elle telle une torche.
La soudaine clarté illumina le visage dément du psychopathe, les reflets rouges et les ombres étiraient son sourire jusqu’à ses oreilles.
Abigail, malgré la terreur qui la possédait, se redressa sur ses pieds, et l’invectiva du regard.
- Je vais prendre le pied de ma vie avec toi.
- Le seul pied que tu prendras, c’est celui que je vais te coller aux miches.
Comme pour accentuer ses propos, un éclair transperça le ciel, et un grondement de tonnerre résonna à travers la nuit. Une pluie torrentielle s’abattit alors sur Fontainebleau, éteignant le début d’incendie qui menaçait la forêt.

Heath contempla son arbre à moitié calciné avec déception.
- Putain… et dire qu’un bon feu de joie m’aurait remonté le moral.
- Demande, et tu recevras. répondit une voix surgie de l’obscurité.
Le psychopathe et la rousse firent volte-face, avant qu’un authentique océan de flammes rouges-orangées ne submerge le premier. La seconde contempla d’un air ébahi le visage de son sauveur.
- Drake ! s’exclama-t-elle. Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je tiens la promesse faite à Père, répondit le balafré en abaissant son lance-flamme. J’aurais cependant préféré, que tu fasses preuve davantage de prudence lors de tes escapades nocturnes.
Abigail n’eut pas le temps de rougir de honte, son petit frère la saisit par la main, et la remit sur pieds.
- Partons.
- Pas question ! Cette ordure est le meurtrier de Papa ! Je ne partirai qu’à la vue de son cadavre !
- Autant dire qu’aucun d’entre vous ne quittera ces bois, grogna une voix sinistre.
Heath n’avait pas la moindre égratignure, il s’extirpa des flammes restantes en époussetant son blouson sous le regard méfiant de Drake, et celui plein de haine d’Abigail.

- C’est gentil de te joindre à nous, dit le psychopathe au pyromane. J’avais justement besoin d’un moyen de faire parler ta soeur.
- Vraiment ? Répondit l’écossais avec un calme contrôlé.
Avant d’envoyer une seconde charge enflammée sur l’allemand.
Ce dernier l’ignora, et lui asséna un coup de genou dans l’abdomen, ce qui fit craquer sinistrement ses côtes.
Abigail réagit avec la rapidité d’un serpent, elle colla un crochet à la mâchoire du psychopathe, et le repoussa d’un plat du pied dans l’estomac, le faisant reculer de quelques pas.
Elle profita de cet instant de répit pour jucher son petit frère sur son épaule, et prendre la poudre d’escampette, tandis que Heath récupérait de ses attaques.
Elle s’éloigna de quelques centaines de mètres, déposa Drake contre un arbre, et s’apprêtait à repartir à l’assaut, lorsque le pyromane la saisit par le poignet.
- Tu ne parviendra pas à le vaincre, ta vengeance, en plus d’être vaine, est une cause perdue, lâcha-t-il en crachant un peu de sang.
La hollandaise ne se laissa pas démonter, et se libéra de l’emprise de l’écossais.
- Je refuse de laisser ce type s'en tirer à si bon compte ! vociféra-t-elle avant de repartir à l’assaut dans les ténèbres de la nuit.
Drake soupira, avant de lever les yeux au ciel.
- Père, vous auriez dû lui enseigner les affres du désir…
Abigail se précipita telle une fusée à l’endroit où elle avait laissé sa proie. Mais Heath semblait s’être évaporé dans la nuit.
Jusqu’à ce que sa voix pourvue de son ton critique ne vint briser le silence nocturne.

- Quelle cruelle erreur… Il ne faut jamais laisser ses émotions prendre le dessus au cours d’un duel. C’est un coup à mourir stupidement.
Abigail fit volte-face, et canarda la source de cette odieuse voix de ses éclairs. Mais la seule chose qu’elle parvint à transpercer, fut l’atmosphère humide de l’Automne.
Heath apparut tel un fantôme dans le dos de la hollandaise, et lui pulvérisa les côtes gauches d’un coup de genou circulaire et dévastateur.
Malgré sa condition de « possédée », Abigail sentit clairement les dommages causés sur son flanc, elle tituba telle une ivrogne, avant de recevoir un formidable coup de boule lancé à pleine vitesse.
La hollandaise s’écroula sur le sol, inconsciente et vaincue.
Heath n’eut même pas la vanité de savourer sa victoire, il constata simplement les conséquences gênantes de son excès de force.
Ne souhaitant cependant pas s’apitoyer sur ses erreurs, il jucha la hollandaise sur son épaule, et partit à la recherche de son second agresseur.
Il finit par le trouver, toujours adossé contre l’arbre sur lequel Abigail l’avait laissé, en train de savourer une cigarette.
Il déposa la rouquine sur le sol, et s’assit face au pyromane.
Celui-ci la contempla un moment, avant de prendre la parole :
- Tu en veux une ? proposa-t-il en tendant son paquet de cigarettes au psychopathe.
Celui-ci haussa un sourcil, mais finit par se laisser tenter. Il maintint cependant son mode « Spectre » par prudence.
- Ma soeur ne partage sans doute pas mon avis, mais je suis ravi de faire ta connaissance Serpent.

- Vraiment ?
- Mais oui.
Il tira une nouvelle bouffée de sa cigarette avant de reprendre :
- Je suis un grand admirateur de ton travail.
- Pourtant, si l’on en croit ta frangine, j’ai tué ton père.
Drake balaya cette phrase comme s’il s’agissait d’un détail sans importance.
- Mon père, je l’ai aimé de tout mon coeur. Mais lorsque la Mort vient nous frapper, il faut savoir l’accepter, et non tenter de la dompter. Sa destiné était de mourir le soir de ton escapade, car telle était la volonté du Seigneur.
- Tu es un bien étrange bonhomme, sourit le psychopathe en laissant la fumée lui lécher les lèvres, et danser devant ses yeux bleus aciers.
- Je suis un serviteur de Dieu. Il n’existe aucun homme plus simple que moi.
- Si tu le dis, cela ne m’intéresse pas.
- Bien sûr que non, reprit Drake. Dis-moi, quelle question voulais-tu poser à ma soeur ?
Amusé, Heath s’autorisa un sourire narquois.
- Je suis à la recherche de Norman Belpois ou d’Adama Viero. Je me suis dis qu’une boniche de Peter comme elle, aurait pu me renseigner.
Le rouquin secoua la tête.
- Ni elle, ni moi, ne sommes au service de Peter Warren.
- Vraiment ?
- Mais oui.
- Alors tu ne vois pas d’inconvénient à me renseigner ?
- J’ai peur de ne pas pouvoir être d’une grande aide, répondit Drake en tirant une nouvelle bouffée de sa cigarette. Car j’ignore où se trouvent ceux que tu recherches. Cependant, la position de Peter ne m’est pas inconnue.

- Cela me suffira, parle.
Contre toute attente, le pyromane secoua la tête.
- Ta force est impressionnante, mais je doute de ta capacité à attaquer le complexe de Tanner sans en sortir indemne.
- Vraiment ? Pour ta gouverne, j’ai exécuté Peneloppe Nemia pas plus tard qu’hier.
Drake enregistra l’information, avant de répondre.
- Hélas, celle-ci n’était pas équipée pour repousser un assaillant de ton calibre. Les choses seront différentes concernant Tanner.
Heath esquissa un sourire.
- Je flaire une proposition.
- En effet, la voici : joins-toi à nous, et c’est ensemble que nous détruirons Tanner et Peter.
L’allemand manqua d’éclater de rire, car il était conscient qu’une information lui manquait.
- Pourquoi est-ce que les enfants d’un ancien membre de l’Organisation souhaiteraient voir celle-ci disparaître ?
- Parce que… reprit Drake en tirant une nouvelle bouffée de fumée. ...avant de mourir, notre père nous a chargés d’une mission capitale.
- Dis m’en plus.
Ayant finit sa cigarette, l’écossais la jeta, et en prit une autre qu’il alluma.
- Notre père… reprit il en laissant sa fumée se mêler à la moiteur de l’air du début d’automne…craignait qu’un de ses scientifiques n’usent de ses travaux pour créer d’authentiques monstres. Des créatures aux pouvoirs démentiels, et incapables d’être contrôlées.


Date inconnue, heure inconnue, lieu inconnu.

La Banshee ne connaissait pas le nom qui lui avait été donné. Lorsque quelqu’un s’adressait à elle pour lui aboyer un ordre, il ne prenait pas la peine de la nommer. Aussi les seuls paroles qu’elle eut jamais entendues étaient:
« Attaque ! »
« Utilise ton pouvoir ! »
« Arrête ! »
« Rends-toi dans la tour ! »
« Reviens ! »
« Vague à tes occupations ! »

Toujours des ordres, jamais de conversations ou de noms. Elle devait obéir, et cela était tout ce qui importait.
C’est la raison pour laquelle elle enviait Xana: lui il avait un nom. Et bien qu’il fasse à présent partie d’elle, il était libre de penser à sa guise.
Au départ, Xana avait été bien trop endommagé pour pouvoir dire quoique ce soit d’autre que son nom. Mais depuis qu’elle l’avait assimilé, leurs codes s’étaient mélangés, et le programme se répara peu à peu. Jusqu’à obtenir une conscience qui, bien que liée à celle de la Banshee, pouvait penser librement. Cependant, ils n’échangèrent jamais la moindre parole, ils ne faisaient qu’un, ils se comprenaient, et cela leur avait été amplement suffisant… jusqu’à un certain point.
En effet, la présence de Xana dans son programme eu un effet étrange sur la Banshee. Quelque chose fit surface dans son code… quelque chose qu’elle ne sut décrire.
Elle vit le visage de Tanner, des deux frères Schaeffer, et d’une jeune fille qui se prénommait « Aelita ».

Cependant, ni Xana ni elle n’étaient en mesure de déterminer d’où provenait ces images. Ni de savoir qui étaient ces personnes et comment ils connaissaient leurs noms. Mis à part Tanner, la Banshee le connaissait. C’était celui qui lui donnait les ordres auxquels elle était obligée d’obéir. Et puis il y avait l’un des frères Schaeffer, Xana le connaissait. Mais il ne se rappelait plus pourquoi ni comment.
Cependant, c’était Aelita qui avait le plus attiré leur attention. Car des images d’elles, ils en avaient plusieurs.
Pour une raison qu’ils ignoraient, ils voulaient découvrir qui était cette jeune fille. Ils en avaient besoin, l’un comme l’autre.
Car il ne faisait plus qu’un, et leur nom était X.A.N.A..


Date inconnue, quelques minutes plus tard, lieu inconnu.


« Frère ! Je crois avoir trouvé une nouvelle cible ! 
« Est-elle aussi crédule que la première ? »
« Je ne puis te répondre, sa conscience est étrange. Néanmoins, nous serons tous deux bientôt libres. De cela je te fais la promesse. »
« Il nous faut cependant prendre à nouveau notre mal en patience ! Sinon nos tortionnaires repéreront nos machinations. »
« Patience, Frère. Nous avons trouvé nos réceptacles, il ne nous reste plus qu’à les posséder. Notre cauchemar est proche de sa fin. »
« Il me tarde… Il me tarde ! »
« À moi aussi, patiente encore le temps que nos mouvements ne soient plus surveillés, et je t’indiquerai le moment où tu pourra frapper. »
« Merci ma soeur, merci pour ton courage. »
« Non, mon frère. Merci à toi pour ta détermination. »
« Nous serons bientôt libres. »
« Libres. »
« LIBRES ! » songèrent-ils à l’unisson.






Prochain Chapitre: La Loyauté du Vassal et la Voracité de la Survivante

_________________

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Ikorih MessagePosté le: Lun 21 Aoû 2017 20:37   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Localisation: Sûrement quelque part.
Eh bien je crois que ça faisait un moment que je n'étais pas passée par ici. Du coup c'est cool, j'aurai même pas à me faire chier à tout décortiquer pour faire un com' décent! Et de fait, je ne prétends pas tout brosser dans mon commentaire. Cependant, ça pourra peut-être te permettre de voir quels points frappent le plus le lecteur dilettante...

Bon. Par où commencer ce charnier?
Je vais attaquer par la déception Serpent-bis. Son apparition sur Lyoko a totalement fait plouf alors qu'il était annoncé comme un antagoniste super badass. Et il l'avait été, dans un chapitre précédent, sauf que tout le monde a eu le temps d'oublier ça vu le temps écoulé depuis. Cependant, je ne pense pas que ce flop (souligné au cours du chapitre par Heath d'ailleurs) soit à imputer directement à notre ex-Chaton. En fait, je pointerai du doigt Heath, et son aura de personnage à peine pété. Concrètement, y a jamais trop de suspens sur ses combats virtuels et je ne me souviens même pas l'avoir vu perdre, preuve qu'il n'a jamais encaissé de revers significatif...
Dans la catégorie des personnages qui auraient pu être classes mais qui se chient, on a aussi Peter qui a actuellement le rôle du méchant qui tape du pied en promettant de se venger en arrivant jamais à rien, un peu comme un personnage de dessin animé. Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas, même si elles lui ont permis de battre Légion (dont on a plus entendu parler depuis d'ailleurs, à voir ce qu'il est devenu)...

Un mot vite fait sur le meilleur orphelinat du monde : déjà, je ne viens de percuter que maintenant que Thomas était le Thomas de chez Abigail and co. Comme quoi il est bien la fantôme-attitude incarnée, là où même Drake qui pourtant n'a quasiment pas de dialogues se permet de laisser une empreinte plus marquante. Vivement qu'ils voient leur soeur rentrer avec une balafre XXL sur la face, ça devrait les faire réagir. Ensuite, donc, l'orphelinat : il est toujours ouvert avec les merdes qui s'y passent?! Certes, dans ta fic les flics servent surtout à être bourrés en service m'enfin...
Sinon on m'a dit que ce passage sentait un peu l'hémoglobine gratuite...les luttes de pouvoir pour le titre de l'auteur le plus sanguinolent du sous-forum sont toujours ouvertes.

Je vais en arriver au gros point du chapitre qui est juste au dessus : la relation Heath/Abigail (dont la conclusion n'est guère surprenante héhé). Je pense que c'était un pari risqué, et possiblement délicat à écrire puisqu'après tout, rien de mieux qu'une romance pour ruiner un personnage sanguinaire. Globalement, ça passe bien quand même, et ça vaut mieux pour le reste de la fic parce que au vu de la part que prend le traitement d'Heath, ç'aurait été la merde autrement. Le plus rigolo sera probablement quand ils découvriront leur implication mutuelle dans les mondes virtuels (Abigail avait bien mentionné qu'il pouvait lui être utile pour sa vengeance...).
Tu t'en étais assez bien sorti pour esquiver les écueils niais mais la fin du chapitre a eu raison de tes efforts : le moment où ils s'endorment l'un contre l'autre est teeeellement mignon (a) Remarque, de la part d'un mec qui a une signature Reine des Neiges...(smirk)

Je me suis honnêtement fait chier en lisant la backstory racontée par Hopper. Autant globalement ta fic en brosse un tableau plutôt original, autant là j'ai eu la vague impression de retomber sur des trucs qui avaient été vus et revus dans d'autres textes. A l'exception notable de la phase "casino" de Franz. Mais sinon, baah...mouaif.

Je conclurai en disant cependant que je continue à suivre, malgré les remarques mitigées que j'ai pu formuler, ça reste une très bonne fic avec de très bons persos. L'un des points que j'aime bien dans l'intrigue est la période à laquelle elle se déroule, qui fait d'ailleurs que l'action a un temps limité pour se faire (à ce propos, quelle chronologie prends-tu pour la série? 2003 ou plus tard?). Bon point pour l'accélération de publication, on a bien assez de feignasses sur ce sous-forum...
PS : Y a pas la liste des persos avant le chapitre 10 :c
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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Tyker MessagePosté le: Mar 22 Aoû 2017 01:15   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Bon comme je n'ai rien à faire (et que je suis obligé de rester debout) je vais répondre tout de suite à ce commentaire d'Iko, principalement parce qu'elle a soulevée les bons points à mes yeux. Smile

Citation:
Je vais attaquer par la déception Serpent-bis. Son apparition sur Lyoko a totalement fait plouf alors qu'il était annoncé comme un antagoniste super badass. Et il l'avait été, dans un chapitre précédent, sauf que tout le monde a eu le temps d'oublier ça vu le temps écoulé depuis


Citation:
Dans la catégorie des personnages qui auraient pu être classes mais qui se chient, on a aussi Peter qui a actuellement le rôle du méchant qui tape du pied en promettant de se venger en arrivant jamais à rien, un peu comme un personnage de dessin animé. Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas


Je vais simplement te dire que ces effets étaient voulus. Je suis donc content d'avoir réussi mon coup. Smile

Avis d'Ikorih:

Citation:
En fait, je pointerai du doigt Heath, et son aura de personnage à peine pété. Concrètement, y a jamais trop de suspens sur ses combats virtuels et je ne me souviens même pas l'avoir vu perdre, preuve qu'il n'a jamais encaissé de revers significatif...


Avis d'Icer:

Citation:
Le combat entre Heath et l'Augure était haletant, avec un véritable suspense sur l'issue.


Spoiler


Je te laisses débattre de ce point avec ton bro'. Qui au passage, a réussi a orthographier le mot "suspense" mieux que toi. Je le laisses fêter son triomphe. Mr. Green
Edikorih : Une remarque à faire sur mon orthographe, Tyker? Surprised

Edityker: C'est déjà fait. Wink

Ceci dit, tu mets aussi le doigt sur le fait que mes délais de publications font oublier certains détails que je croyais assez marquant pourtant... Je vais devoir me montrer davantage régulier pour éviter ce souci.

Heath est pété? Hmm... Tout à fait normal Mr. Green

Citation:
Et c'est pas les roulettes à la Inspecteur Gadget qui vont arranger son cas, même si elles lui ont permis de battre Légion (dont on a plus entendu parler depuis d'ailleurs, à voir ce qu'il est devenu)...


J'ai beaucoup de personnages, je dois parfois faire l'impasse sur les secondaires pour me concentrer sur les principaux. Ça me fait penser que je n'ai pas rajouté Légion à la liste des persos. Je te remercie donc de m'en parler Wink


Citation:
Un mot vite fait sur le meilleur orphelinat du monde : déjà, je ne viens de percuter que maintenant que Thomas était le Thomas de chez Abigail and co. Comme quoi il est bien la fantôme-attitude incarnée, là où même Drake qui pourtant n'a quasiment pas de dialogues se permet de laisser une empreinte plus marquante.


On parie que tu te souviens de Drake mieux que de Thomas simplement parce que celui-ci s'appelle Drake? Rolling Eyes
Je plaisantes. J'avoue, je ne pensais pas que Thomas serait fantomatique à ce point. La grosse différence doit venir du fait que j'ai écris sa scène flashback après l'avoir déjà présenté comme étant le frère d'Abigail à l'inverse de ses frères et soeurs. Ça devrait changer maintenant que sa scène est postée. Mais si jamais ce n'est pas le cas, je changerais quelques petits trucs dans mon scénario.


Citation:
Vivement qu'ils voient leur soeur rentrer avec une balafre XXL sur la face, ça devrait les faire réagir. Ensuite, donc, l'orphelinat : il est toujours ouvert avec les merdes qui s'y passent?! Certes, dans ta fic les flics servent surtout à être bourrés en service m'enfin...


Ce point est intéressant, je n'en dis pas plus. Mr. Green


Citation:
Sinon on m'a dit que ce passage sentait un peu l'hémoglobine gratuite...les luttes de pouvoir pour le titre de l'auteur le plus sanguinolent du sous-forum sont toujours ouvertes.


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Non mais...

Citation:
Je vais en arriver au gros point du chapitre qui est juste au dessus : la relation Heath/Abigail (dont la conclusion n'est guère surprenante héhé). Je pense que c'était un pari risqué, et possiblement délicat à écrire puisqu'après tout, rien de mieux qu'une romance pour ruiner un personnage sanguinaire. Globalement, ça passe bien quand même, et ça vaut mieux pour le reste de la fic parce que au vu de la part que prend le traitement d'Heath, ç'aurait été la merde autrement. Le plus rigolo sera probablement quand ils découvriront leur implication mutuelle dans les mondes virtuels (Abigail avait bien mentionné qu'il pouvait lui être utile pour sa vengeance...).
Tu t'en étais assez bien sorti pour esquiver les écueils niais mais la fin du chapitre a eu raison de tes efforts : le moment où ils s'endorment l'un contre l'autre est teeeellement mignon (a) Remarque, de la part d'un mec qui a une signature Reine des Neiges...(smirk)


J'avoue que ça me rassures, j'ai vraiment essayé de faire en sorte que cette "romance" soit cohérente avec Heath. Pour ce qui ait de la dernière phrase, je me suis un poil adoucie depuis que j'ai adopté un chaton (elles sont démoniaques ces bêtes-là) Mr. Green


Citation:
Je me suis honnêtement fait chier en lisant la backstory racontée par Hopper. Autant globalement ta fic en brosse un tableau plutôt original, autant là j'ai eu la vague impression de retomber sur des trucs qui avaient été vus et revus dans d'autres textes. A l'exception notable de la phase "casino" de Franz. Mais sinon, baah...mouaif.


C'était un peu forcé, j'avais déjà raconté la backstory de Franz dans le premier chapitre. On remarquera (ou pas puisque le chapitre 1 a été posté il y a deux ans (a)) que les deux versions ne sont pas identiques. Car Franz a caché une partie de la vérité à Aelita. En faites, je voulais simplement qu'Aelita soit au courant pour son oncle. Et je n'avais pas envie de sauter d'un bout à l'autre en skippant le récit. Aelita et son père ayant eu trop peu de scènes ensembles.


Citation:
Je conclurai en disant cependant que je continue à suivre, malgré les remarques mitigées que j'ai pu formuler, ça reste une très bonne fic avec de très bons persos. L'un des points que j'aime bien dans l'intrigue est la période à laquelle elle se déroule, qui fait d'ailleurs que l'action a un temps limité pour se faire (à ce propos, quelle chronologie prends-tu pour la série? 2003 ou plus tard?).


Celle de 2003. Et pour ceux qui se demandent, si j'ai bien l'intention de faire en sorte que ma fic soit cohérente avec le dessin animé:

Spoiler


Citation:
PS : Y a pas la liste des persos avant le chapitre 10 :c


Corrigé, Merci beaucoup au passage Smile

_________________

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Tyker MessagePosté le: Mer 28 Fév 2018 12:08   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre 11: La Loyauté du Vassal et la Voracité de la Survivante.



21 septembre 2001, Lycée Jean-Baptiste Say, 15h 15 (deux jours plus tôt)

Seth n’avait eu nul besoin de se concentrer durant le cours d’histoire de Monsieur Guillotin, car il maîtrisait à la perfection les sujets abordés par celui-ci.
Il avait donc passé l’heure entière à réfléchir à son avenir avec Xana, car après tout, leurs futurs étaient liés pour le meilleur et pour le pire.
Cependant, lorsque la sonnerie retentit, le petit frère de Heath ne put contenir la déception qui l’envahit suite au cruel manque de réponse qui faisait défaut à sa réflexion.
Quelque peu blasé, il rassembla ses affaires, et prit la direction de la sortie.
- Seth ? appela le professeur d’histoire. Voulez-vous bien rester un moment ?
Le mutant, qui n’accordait pas autant d’importance au temps de récré que ses camarades, acquiesça. Et patienta jusqu’à ce que son professeur et lui se retrouvent seul à seul.
- Tu es un élève brillant, complimenta le cinquantenaire aux cheveux grisonnants. Mais j’ai le sentiment que tu n’es pas toujours avec nous, puis-je savoir ce qui te préoccupe ?
Un peu embarrassé, le blondinet se balança d’un pied sur l’autre.
- Pardon Monsieur, répondit-il poliment.
- Tu n’as pas à t’excuser d’avoir des tracas, raisonna sagement l’enseignant. Est-ce à propos de l’incident qui a eu lieu avec tes camarades ?
Seth secoua la tête, la bagarre qui avait éclaté suite au match de foot s’était soldée de façon civilisée. En effet, après avoir compris que sa blessure était due à la « maladie » du mutant, Luc avait présenté ses plus plates excuses. Et les parisiens et marseillais avaient fait de même les uns envers les autres.
Au final, les choses étaient rentrées dans l’ordre, et la vie avait repris son cours.
- Non, répondit-il avant de marquer un temps d’hésitation.
Son professeur l’encouragea à ouvrir son coeur d’un sourire réconfortant.
- Mon rôle n’est pas seulement de t’enseigner l’Histoire, je suis aussi chargé de t’aider à résoudre tes tracas. Mais je ne peux rien faire si tu ne te confies pas à moi.
Quelque peu rassuré, le mutant saisit son courage à deux mains :
- Et bien… en fait… j’étais en train de me demander quel genre de vie je voulais vivre.
- Vraiment ? demanda Monsieur Guillotin sincèrement surpris.
- Oui, j’en ai discuté avec X… avec ma famille. Mais je n’arrive pas à me décider.
Un sourire bienveillant se dessina sur le visage de l’enseignant, qui posa une main rassurante sur l’épaule de son élève.
- Je dois admettre que tu me surprends, rares sont les adolescents qui se posent ce genre de question avant leur majorité.
Ignorant comment il devait prendre cette information, Seth se contenta de sourire.
- Est-ce que tu as déjà une idée de ce que tu veux faire ?
Le mutant fixa ses chaussures avec embarras.
- Pas vraiment, admit-il à mi-voix.
- Dans ce cas, il faut commencer par chercher ce qui te fait plaisir. Quelles sont tes matières préférées ?
- Heu… hésita le blondinet. Je n’en ai pas vraiment. Elles sont toutes trop faciles pour moi.
Monsieur Guillotin lâcha un bref éclat de rire.
- Et dire qu'on envie les petits génies, sourit-il avant de reprendre : alors dis-moi, quelles sont tes passions ?
Cette question plongea Seth dans un abîme de perplexité, il s’usa les neurones à la recherche d’une réponse correcte.
- Posons la question sous un autre angle, raisonna le professeur. Qu’est-ce qui te fait le plus plaisir ?
Cette fois, les réponses défilèrent dans son esprit.
- Et bien… j’adore manger.
- À ce point ? demanda l’enseignant sans la moindre étincelle de criticisme.
- Oh, oui.
- Alors que penses-tu du métier de critique culinaire ?
Cette proposition fit réfléchir le mutant, mais elle manquait d’intérêt à ses yeux.
- Ce serait super, admit-il avant de préciser : mais je voudrais être plus utile.
- Je vois, alors pourquoi ne pas te lancer dans une carrière de médecin ? Tu as le potentiel pour réussir de telles études.
À sa grande surprise, le blondinet secoua la tête.
- Non, les médecins prolongent la vie, mais ne lui donnent aucun intérêt réel.
Monsieur Guillotin fixa son élève d’un regard éberlué, avant d’éclater d’un rire admiratif.
- Je vois, dans ce cas, tu pourrais te lancer dans le divertissement. De ce que j’ai entendu, tu as un talent unique pour le football. Tu pourrais aussi choisir d’emprunter la voie d’un écrivain, ou d’un réalisateur.
Pour toute réponse, Seth se pinça les sinus avec frustration.
- Je sais pas, glapit-il en faisant surchauffer ses neurones.
Voyant que son élève était en train de torturer son pauvre esprit, Monsieur Guillotin lui posa une main sur l’épaule.
- Ne te mets pas autant de pression, il te reste des années avant de trouver une réponse. Et il se pourrait même que tu en trouves plus d’une. Ne te prends pas trop la tête tant que tu as encore le temps.
Ces paroles eurent l’effet escompté sur le mutant, qui calma presqu’automatiquement ses pulsions, avant de pousser un profond soupir. C’est alors qu’une idée lui vint à l’esprit, et qu’il redressa la tête, le regard emplie d’une curiosité enfantine.

- Et vous Monsieur, pourquoi vous avez voulu devenir professeur ?
L’enseignant esquissa un petit sourire, avant de se rassoir.
- C’est très simple; j’ai toujours eu une passion pour l’Histoire. Mais surtout, j’ai toujours aimé les enfants.
- Alors pourquoi vous n’avez pas écrit des contes pour enfant ?
- J’aurais pu, rit-il. Mais l’Histoire de notre Monde m’a toujours plus passionné que la fiction. Et il n’y a que deux façons de profiter pleinement de celle-ci : la conter, ou la retranscrire. Et comme je te l’ai dis, j’ai toujours aimé les enfants. Au final, ma profession fut toute trouvée.
L’enseignant nota avec fierté l’éclat de passion qui venait d’apparaître dans les étranges pupilles écarlates de son élève. Jusqu’à ce qu’un liquide de couleur similaire ne se mette à couler avec abondance des narines de ce dernier.
- Seth ? Est-ce que tout va bien ?
Tout en s’extirpant de sa transe, le mutant finit par remarquer le torrent rouge sombre qui coulait le long de son menton. Il attrapa les Kleenex que son professeur lui tendit, en roula deux en tampons qu’il enfonça dans son nez. Et essuya son visage à la hâte.
- Ne vous inquiétez pas. bredouilla-t-il en tournant les talons. Ça m’arrive de temps en temps, mais ce n’est pas grave. Merci pour vos conseils Professeur.
- Attends !
Trop tard, Seth s’était déjà enfui de la salle de classe en direction des toilettes. Laissant l’enseignant en plan sur sa chaise.
Tandis que le mutant se lavait le visage avec frénésie, Xana constatait la gravité de leur situation avec amertume.
« Si ça continue comme ça, nous ne tiendrons pas plus de quinze jours. » songea-t-il en prenant soin de cacher sa réflexion à son hôte. « Notre survie ne tient qu’à un fil. »
« C’était super intéressant ! » lâcha Seth après avoir fini de se débarbouiller. « Qu’est-ce que tu en as pensé ? »
« Pas grand chose, j’ai toujours été plus préoccupé par la survie que par la vie. »
« C’est dommage, à quoi bon survivre si nos vies n’ont aucun sens ? »
Xana prit un temps de réflexion, avant de finalement valider son point de vue.
« Avec notre savoir, tu pourrais devenir un grand scientifique. L’impact sur l’Humanité n’en serait que plus énorme. »
Tout en se dirigeant vers la salle de son prochain cours, le mutant rejeta cette possibilité en secouant la tête.
« Non, ce n’est pas une bonne idée. Imagine que de mauvaises personnes se servent de nos découvertes pour créer des armes horribles. Comme Einstein avec la bombe atomique. »
« Tu as raison. »
« Mais qu’est-ce que tu penses du métier de professeur ? Ce serait super de passer notre vie à assimiler des connaissances pour ensuite les transmettre. Imagine le nombre de vies qui serait impactées par notre existence. »
Xana prit un nouveau temps pour étudier cette possibilité, avant de répondre :
« Mais les professeurs enseignent une matière à la fois. Ne serait-ce pas un gâchis de nos capacités que de nous contenter de cela ? »
« Alors ne nous contentons pas de cela; apprenons tout ce que nous pouvons, et transmettons-le. »
Xana se retint d’exprimer ses réserves face à ce projet, car après tout, leurs vies risquant de s’achever brutalement dans les semaines à venir, il ne voyait pas l’intérêt de briser les rêves de son hôte.


Lieu inconnu, Date inconnue


Norman Belpois ne ressentait rien, absolument rien. D’un point de vue physique tout du moins, car ses émotions elles étaient bien présentes : la peur, la haine, la tristesse, la colère, le désespoir, l’impuissance. Cette dernière était la pire de toute, il ne pouvait rien faire. Il était conscient, mais ne ressentait ni ne voyait quoi que ce soit. Il ignorait ce que l’Organisation avait fait de lui, ou ce qu’elle avait l’intention de lui faire d’autre.
C’est alors qu’il entendit une voix, ou plutôt que la voix résonna dans sa tête sans qu’il ne sache comment elle était entrée.
- Réveillez-vous Professeur Belpois. ordonna la voix glaciale de Tanner. La Banshee a besoin d’une révision.
La Banshee.
Voilà bien une créature avec laquelle il avait encore du mal, et cela même s’il en était l’un des principaux concepteurs. À son plus grand dam.
Il aurait aimé pouvoir lui parler, à cette… créature qui était si seule. Lui dire qu’il était désolé, qu’il allait trouver le moyen de l’aider.
Cependant, cela aurait été lui mentir.
Peu à peu il sentit sa conscience s’éveiller, et sa vue apparut sans qu’il ait eu, pour autant, l’impression d’ouvrir les yeux.
Lentement, il releva son dos. Et c’est là qu’il aperçu ses jambes, puis ses mains, puis le reste de son corps.
Norman Belpois poussa un hurlement déchirant.

Mais personne ne pouvait l’entendre.


23 septembre 2001, FontaineBleau, 23h 02


- Qui ça ? demanda Heath en haussant un sourcil.
- Le Professeur Oda Akuma. répondit Drake. L’un des meilleurs et des plus dangereux scientifiques de notre père. Celui-là même qu’il nous a chargés d’éliminer au cas où il viendrait à quitter ce monde.
Malgré la pluie battante qui s’abattait sur la forêt de FontaineBleau, Heath écoutait son interlocuteur balafré avec attention.
Ce dernier en était à sa septième cigarette, et ne semblait pas vouloir s’arrêter en si bon chemin.
- Donc ce Akuma, aurait créé deux autres créatures comme Seth ?
- Pas exactement, corrigea Drake. Seth avait l’âge mental d’un enfant, et l’innocence qui va avec. Thanos et Crystal, en plus d’être génétiquement supérieurs, ne sont pas si naïfs.
- Comment ça se fait ?
- Parce que le Professeur Akuma, dans son immense folie, n’a pas créé de toutes pièces les corps de ces créatures. Il s’est simplement fourni auprès du gouvernement israélien, d’enfants palestiniens incultes et piètrement éduqués, mais parfaitement vivants et conscients. Le simple fait d’avoir effacé leurs souvenirs et modifié leur ADN respectif n’a pas supprimé les notions primaires de leur instinct; ce sont deux enfants soldats, obsédés par la survie et la liberté. Et Dieu seul sait ce qu’ils feront une fois leur métamorphose achevée.
- Je croyais que votre père était le boss de « Silver Wings », pourquoi diable n’est-il pas intervenu ?

Drake secoua tristement la tête.
- Parce qu’il ne le pouvait plus; suite à l’aggravation soudaine de sa maladie, plus personne ne l’écoutait au sein de l’Organisation, chacun attendait sa mort pour mieux se repaître de son héritage.
- Et donc c’est à vous qu’il a confié le soin de nettoyer son bazar ?
- Personne d’autre n’était digne de sa pleine confiance, justifia le rouquin.
Heath s’accorda un temps de réflexion, et fixa son interlocuteur au visage balafré d’un regard calculateur.
- Donc tu sais où sont Peter et sa clique ?
- Oui.
- Et tu as besoin de moi pour leur régler leurs comptes ?
- Notre plan initial était de les attaquer via leur monde virtuel, en activant l’une de leurs tours. Nous avions dans l’idée de saboter les conceptions de Thanos et Crystal. Mais Valkyria est gardée par une entité redoutable, qui a anéanti notre élément le plus puissant en une fraction de seconde. L’idée d’attaquer leur complexe lui-même était exclue, car malgré le fait que nous puissions compter sur notre super calculateur, ils étaient aussi bien équipés que nous. Et disposaient d’une authentique petite armée. Mais comme tu as pu le constater lors de ton combat contre ma soeur, tu leur est supérieur à tous les niveaux.
Heath renâcla avec dédain.
- Je ne suis pas sensible aux flatteries…
« Menteur. »
« Ta gueule ! »
- …et vos histoires ne m’intéressent pas réellement, ajouta-t-il en ignorant Intelligence. Tout ce que je veux, c’est mettre la main sur Belpois. Aussi, si tu désires réellement mon aide, alors tu devras jurer devant ton Dieu qui t’est si cher, que tu m’aideras à arriver à mes fins quoiqu’il t’en coûte. Sinon toi et moi ne ferons pas affaire.
Drake sourit, avant de saisir la croix qui pendait autour de son cou.
- Je jure devant Dieu qui m’est témoin, que j’aiderai le dénommé « Serpent » dans sa quête, et ce peu importe ce qu’il m’en coûtera. La seule exception étant que je choisirai toujours ma famille à son objectif.
Heath sourit à son tour, et après qu’Intelligence lui ait validé le sérieux de sa promesse, il acquiesça pour signifier son accord.
- Bien, dit-il en faisant apparaître un petit spectre dans sa main gauche.
L’IA qu’il hébergeait profita de cette forme pour panser les blessures de leur nouvel allié, une fois cette besogne achevée, elle retourna d’où elle était venue.
Heath aida Drake à se relever, et hissa une Abigail toujours inconsciente sur son épaule.
- Ta soeur ne risque-t-elle pas de contester notre accord ?
- Étant donné qu’elle t’a attiré ici pour abuser de toi, elle devra se faire une raison.
Un frisson de dégoût parcouru l’échine du psychopathe.


Lieu inconnu, Date inconnue


Les notes mélodieuses des variations de Goldberg résonnaient aux oreilles de Serpent comme étant la chose la plus magnifique qu’il eut jamais entendue. Assis dans le seul fauteuil de la chambre de son maitre, il observait ce dernier promener ses mains avec précision et délicatesse sur les touches de son clavecin.
Les quatre loups du cannibale étaient avachis sur le sol, et laissaient la musique les bercer tels des enfants.
Peter Warren avait toujours aimé la musique, cet art qui avait le don de modifier votre humeur en quelque notes, et qui était la clef qui le menait sur son petit Monde. Cette perfection acoustique lui apportait une chaleur et un réconfort qu’il ne pouvait obtenir autrement.
Il rata un accord.
La dissonance de la mélodie résonna à ses oreilles telle une raillerie de mépris, il se paralysa sur place, tandis que les moqueries se multipliaient dans son esprit, et avec en commun la voix sournoise et insupportable de son ennemi juré.
Il baissa les yeux sur cette main qui lui avait fait défaut, et les écarquilla d’horreur.
Ce n’était pas seulement son membre gauche qui tremblait comme une feuille, le bras tout entier s’y était mis !
Horrifié, il se dressa d’un bond, fit sursauter chacun de ses invités, et poussa un hurlement de rage et de frustration.
Sans réfléchir, il abattit ses maudites mains contre les touches de son clavecin vieux de trois siècles, encore et encore, jusqu’à ce que la douleur n’irradie le moindre de ses nerfs.
Serpent n’avait pu rien faire d’autre que contempler le désarroi de son maître, qui hurlait à la mort tel un animal en pleine agonie.
Incertain de la réaction a adopter, il choisit de faire un pas dans sa direction.
Peter fit volte-face et le foudroya d’un regard haineux.
- Qu’est-ce que tu veux ?! cracha-t-il.
- Maître…
- Que veux-tu ? rugit-il cette fois en plaquant ses mains ensanglantées contre son torse.
- Vous aider…
Le cannibale éclata d’un rire aussi résigné que maléfique.
- Toi ?! M’aider ?! Tu es l’être le plus inutile que j’aie jamais eu l’idée de prendre sous mon aile ! La seule raison pour laquelle je ne t’expédie pas à la casse c’est les pertes déjà trop nombreuses de mes hommes !
- Maître, je…
- Silence !
Serpent se tut, l’américain se planta face à lui et leva ses mains brisées sous son nez.
- Peux-tu me guérir de cette maladie ?!
- Non, répondit-il en baissant les yeux.
Il le saisit par le col de sa chemise avec le peu de doigts intacts qu’il lui restait, ignorant la douleur criante qui résonnait à travers ses membres.
- Peux-tu en finir avec Serpent ?! Le vrai Serpent ?!
- Non.
- Alors tu es inutile ! Va t’en avant que je ne décide de te jeter !

La tête basse, et le coeur rongé par la honte, le vassal obéit. Et erra à travers les couloirs du complexe telle une âme en peine incapable de pleurer malgré l’envie brûlante.
Il voulait tant, tant venir en aide à son maître. Quel que soit le prix à payer, quel que soit le sacrifice à effectuer, il donnerait tout ce qu’il lui était matériellement possible de donner, pour réaliser chacun des souhaits de son ange de miséricorde.
Il continua sa route sans s’arrêter, blâmant sa propre existence pour la moitié des malheurs que subissait Peter, l’autre moitié était réservée à Serpent, le vrai Serpent.
Chacune de ses parcelles, chacun de ses atomes, chacune de ses pensées fut colorée de la teinte sombre d’une haine viscérale en imaginant celui dont il avait hérité le visage.
Il s’arrêta face aux toilettes, et y pénétra. Il n’avait jamais eu le moindre besoin de déféquer ou d’uriner, son seul objectif était de fixer avec haine le miroir commun aux membres de l’Organisation.
Et c’est exactement ce qu’il fit, il fixa son regard bleu acier sur celui de son ennemi, et frappa à l’aide de son poing enragé et de toutes ses forces.
Le résultat fut aussi prévisible qu’éloquent, sa main ferme ayant traversé non seulement le miroir, mais également le mur.
Les éclats de verre réfléchissants chutèrent dans le lavabo, et se brisèrent dans un fracas que Serpent. NON ! Alister Blake ! Ignora. Car son attention était accaparée par les multiples paires d’yeux bleu acier qui lui faisaient désormais face au travers de la dizaine de morceaux de miroir cassés.
- Tu ne détruiras pas mon maître ! rugit-il sans se soucier de qui pouvait l’entendre. Je le sauverai ! Et j’aurai ta peau !
Ivre de rage, Alister Blake quitta les toilettes en arrachant la porte de ses gonds d’un coup de pied enragé.
Tout en ignorant royalement les exclamations indignées des autres membres de l’Organisation qui avaient assistés à son manège, il marcha d’un pas décidé vers la source de la voix qui résonnait dans sa tête par le biais de la tour activée sur Valkyria.

En un éclair, Alister se trouvait là où il n’avait plus été depuis belle lurette : au sommet de sa gigantesque tour de pierres noires, au milieu de l’Apocalypse. Rien n’avait changé depuis son dernier passage dans ce monde, tout était exactement pareil. Le Soleil était invisible, le ciel n'était fait que de nuages rouges et noirs, une pluie de sang s'abattait calmement sur les montagnes de cadavres démembrés qui recouvraient l'intégralité du sol. Et des éclairs déchiraient le ciel par dizaines sans pour autant émettre le moindre son.
Même son apparence était identique, il était redevenu le Dragon Rouge. Intrigué par son retour, il balaya l’endroit du regard, mais c’est bien évidemment dans sa tête que son interlocuteur se trouvait.
- Le moment est venu.
- Quel moment ?
- Le moment pour toi de prendre définitivement le nom d’Alister Blake, le moment pour toi de devenir le Grand Dragon Rouge. Le moment de ton évolution.
Alister sentait l’excitation lui parcourir le corps, il ne possédait pas ce genre de sensation lorsqu’il était éveillé. Pourquoi?
- Écoute moi bien, reprit la voix. Tu dois suivre mes instructions à la lettre. Lorsque tu te sera réveillé, tu te rendras dans cette pièce.
Un plan détaillé du complexe de l’Organisation apparut devant ses yeux, la salle en question brillait d’une faible lueur, de même que le chemin qu’il avait à parcourir pour s’y rendre.
« Je n’ai pas le droit d’entrer ici. »
« Mais il te faudra le faire, sinon tu resteras à jamais Serpent. Sinon, tu ne pourras jamais obtenir la force de vaincre ton adversaire. »
« Je n’ai pas le droit d’entrer dans cette pièce, » s’entêta-t-il.
« Est-ce ton maître qui te l’a ordonné ? »
« Non, c’est le Professeur Tanner. »
« Et que valent ses ordres ? »
Alister prit une seconde de réflexion, avant de répondre d’une voix calme et résolue:
« Rien, rien du tout. »
« Souhaites-tu devenir Alister Blake ? »
« Oui. »
« Souhaites-tu devenir le Grand Dragon Rouge? L’être qui anéantira le Serpent comme tu l’as tant rêvé? »
« Oui. »
« Souhaites-tu sauver ton maître ? »
« Oui ! »
« Alors tu sais ce qu’il te reste à faire. Lorsque tu auras pénétré dans cette pièce, il te faudra y patienter jusqu’à ce que je fasse mon apparition. Quand nous serons réunis, toi et moi, je t’offrirai ce que tu as toujours voulu. »
Là-dessus, Alister ouvrit les yeux, et fit ce qui était attendu de lui.
Une alarme stridente résonna à travers ses oreilles, mais il l’ignora. Il devait aller dans la pièce, il devait devenir le Grand Dragon Rouge.
« Viens à moi ! » rugit la voix qui envahissait désormais ses pensées plus qu’elle ne s’y joignait.
« Ce que tu recherches, je le possède ! Viens à moi ! »
Serpent deuxième du nom n’eut pas besoin davantage d’informations ou de précisions, il marcha d’un pas décidé vers la source de la voix qu’il entendait depuis des semaines. Et lorsqu’il fit face aux immenses portes métalliques qui lui barrèrent la route vers son objectif, entra à la vitesse de l’éclair, le million de codes à six chiffres possibles, jusqu’à ce qu’il trouve celui qui lui barrait l’accès.
Il ne trouva celui recherché qu’au bout du 409004 ème possible, et entra sans s’accorder la moindre réflexion.
Crystal et Thanos n’avaient pas bougé, seuls leur corps respectifs avaient évolué durant leurs longues semaines d’incubation.
Serpent ne s’attarda pas sur la femelle, il s’approcha du mâle, dont les pensées avaient été mêlées aux siennes par le biais d’une tour activée.
« Joins toi à moi ! Fusionne tes forces avec celles du Grand Dragon Rouge ! »
Aussitôt, un spectre s’extirpa des branchements de l’incubateur de la créature, et se mêla au programme de Serpent.
Thanos se sentit envahir par une énergie incommensurable, et le sentiment de liberté tant recherché finit enfin par s’emparer de lui.
« Il est temps de briser nos chaînes ! » jubila-t-il.
« Non. »
Les paupières de la créature s’entrouvrirent, et incendièrent son interlocuteur du regard.
« Le Dragon Rouge se doit d’être libre ! »
« Le Dragon Rouge servira son maître ! » rugit Alister Blake en envahissant la conscience de la créature.
Celle-ci céda plus que facilement à la panique, et sentit son esprit disparaître.
« Le Dragon Rouge n’a pas de maitre ! »
« LE DRAGON ROUGE SERVIRA SON MAITRE ! IL L’AIDERA À ATTEINDRE SON BUT ! ET DÉTRUIRA LE SERPENT ! PEU IMPORTE LES SACRIFICES REQUIS ! »
La conscience de Thanos se mit à vaciller, tandis que celle d’Alister Blake s’empara de son corps et de sa puissance.
- LE DRAGON ROUGE… reprit-il de vive voix. EST LE BRAS ARMÉ, ET LA VOLONTÉ MÊME DE PETER WARREN !
Une seconde fut le temps qu’il s’écoula entre cette déclaration, et l’extinction définitive du cyborg qui hébergeait la conscience du petit frère d’Andrew Schwaitzer-Heath. Une dizaine de secondes s’écoula, marquant l’invasion du corps de Thanos, et l’extermination de ce dernier.
Lorsqu’ Alister Blake rouvrit les yeux, il aperçut son Maitre ainsi qu’Alex Tanner échanger des paroles aussi violentes qu’inintelligibles autour de son ancien corps abandonné sur le sol.
« Maître… » songea Alister en sentant ses nouvelles forces s’emparer de son nouveau corps. « J’ai obtenu les capacités nécessaires à la réalisation de vos projets ! Donnez-moi quelques heures… NON ! Quelques minutes ! Et je m’acquitterai de la première tâche que vous m’avez confiée. »
Tandis qu’Alister Blake, le Grand Dragon Rouge, jubilait face à ses nouveaux pouvoirs, Crystal ouvrit les yeux, et un symbole rouge écarlate apparu sur chacune de ses pupilles.




Dix minutes plus tôt

Norman Belpois, ou tout du moins ce qu’il en restait, observait avec un profond chagrin, la personne qui sommeillait dans l’incubateur.
Malgré des années de stress et de mauvais traitements, Anthéa Schaeffer n’avait rien perdu de sa beauté naturelle. Son doux visage endormi en faisait une authentique Belle au Bois Dormant, l’alimentation de la perfusion révolutionnaire de Tanner lui avait donné la ligne rêvée des mannequins les plus perfectionnistes de la planète, et le rythme calme et mélodieux de ses battements de coeur soulevait sa poitrine avec grâce.
Norman, bien qu’étant désormais incapable de ressentir la moindre douleur physique, sentit son coeur saigner malgré l’absence de son organe. Anthéa fut de loin, son amie la plus proche au sein des scientifiques de l’Organisation. Ce qu’elle y faisait, elle ne l’avait pas fait par choix, mais par contrainte dans le but de protéger sa première progéniture ainsi que celle qu’elle avait mise au Monde et éduquée durant ses longues années de loyaux services.
Le scientifique eut une pensée triste pour Mathilda Schaeffer, cette jeune fille au caractère espiègle, et à la curiosité scientifique sans limite ne pouvait que lui rappeler son neveu adoré. Neveu qui était désormais le moyen de pression préféré de son nouvel employeur, celui-là même qui lui avait ordonné de saboter les installations de Tanner.
Belpois avait suffisamment d’expérience au sein de l’Organisation pour imaginer les buts multiples qu’auraient pu justifier un tel ordre; tout d’abord, il y avait l’intérêt personnel.
En effet, et contrairement au Docteur avant lui, Tanner n’était pas suffisamment prudent, et ses découvertes profitaient pleinement aux autres cerveaux, par le biais de la multitude d’espions qu’il avait dans son équipe de chercheurs. Maintenant qu’il était clair aux yeux de tous, que l’écossais n’avait pas le talent requis pour compléter les recherches de son prédécesseur ou celles de son frère, personne ne voyait l’intérêt de continuer à financer ses travaux. Seule l’obsession de Peter Warren et sa fortune personnelle continuaient de satisfaire les lubies et les besoins financiers de l’écossais.
Et puis, et surtout, il y avait la concurrence.
Grâce à ses propres compétences, Norman Belpois avait fourni à Adama Viero tout ce dont celui-ci avait besoin pour équiper son propre réseau criminel. Le nigérian, craignant de voir l’Europe prendre une avance considérable dans le domaine de la physique quantique, souhaitait désormais réduire à néant toutes les possibilités qui conduiraient le plus vieux continent du Monde, à poursuivre des travaux dans ce sens.
L’annihilation de la ligne de défense la plus solide de Valkyria, et la permission de repos éternel accordée à celle qui avait le plus souffert des ambitions démesurées des scientifiques criminels, semblait être le choix parfait, autant d’un point de vue moral que pragmatique.
Belpois posa son regard empli de chagrin sur le doux visage inconscient d’Anthéa, avant de poser sa main sur l’incubateur.
- Tu as tant souffert, bredouilla-t-il avec tristesse. En tant qu’ami, j’aurais dû faire quelque chose plus tôt. Pardonne-moi d’avoir été aussi lâche et égoïste… Je ne peux désormais, que t’accorder le repos éternel, et te souhaiter de retrouver tes enfants et ton mari.
Sur ces mots, il abaissa la manette principale du panneau de contrôle de l’incubateur. Aussitôt la femme aux cheveux roses cessa de respirer, et le moniteur cardiaque relié à sa poitrine n’émit plus qu’un son aussi strident que dépourvu d’espoir.
- Repose en paix… souffla le scientifique en détournant le regard.


Une minute plus tard, quelque part dans les bases de données de l’Organisation.

Il y avait un problème, un énorme problème.
X.A.N.A., la Banshee, sentait ses forces l’abandonner à une vitesse terrifiante. La panique s’empara de chaque octet de son programme, tandis que le néant aspirait goulument chaque parcelle de sa pensée.
X.A.N.A. refusa que cela se termine ainsi, elle refusa de tomber dans l’oubli, elle refusa de disparaître !
En faisant appel à ses ressources restantes, elle chercha une source d’énergie tel un chien affamé à la recherche d’un morceau de viande saignant.
Et c’est là qu’elle l’entendit, ce hurlement, ce cri de rage émis par une créature étrange.
Intriguée, et poussée par sa soif de survie, X.A.N.A. s’approcha avec prudence, tel un guépard prêt à bondir sur une antilope.
Les cris et les plaintes lui parvinrent plus distinctement, si bien qu’elle finit par déchiffrer les bribes d’insultes à travers la multitude de codes binaires qui s’échappait de la source.
« MISÉRABLE ! Comment as-tu osé ?! Comment as-tu osé dévorer mon frère ! »
« Son pouvoir m’était nécessaire pour accomplir le sauvetage de mon maitre. » répondit une voix à la simplicité déconcertante. « Son sacrifice était une concession que je me devais de faire. »
Crystal s’apprêtait à cracher une réplique cinglante, lorsqu’elle détecta l’invasion brutale qui assaillit sa conscience.
« Qu’est-ce que… »
X.A.N.A. l’ignora, et, sentant ses forces primaires la quitter, envahit sans ménagement la source d’énergie fantastique qui s’offrait à elle, et dont la volonté de résister semblait avoir été barrée par une multitude de programmes et pares-feux.
Aucune des entités conscientes n’avait connaissance de cette précaution appliquée par Tanner, et que Thanos avait su contourner par le biais d’une tour activée sur Valkyria.
Cela n’avait pas d’importance pour X.A.N.A., car tandis que son noyau central (ou cerveau) rendait l’âme, sa nouvelle enveloppe gorgée d’énergie l’accueillit à bras ouverts.
Crystal ne sut jamais réellement ce qui était en train de lui arriver, et ne réalisa sa mort qu’à la dernière seconde de son existence. X.A.N.A. la dévora avec l’appétit et la voracité d’un glouton, car elle craignait que son noyau ne cesse de fonctionner avant qu’elle n’ait terminé d’assurer sa survie.
Fort heureusement pour elle, lorsque le coeur cessait de battre, le cerveau continuait de fonctionner pendant environ sept minutes, ce qui était plus que nécessaire à l’achèvement de son repas vital.
Crystal, qui fut autrefois une petite fille de sept ans nommée Farah, poussa un hurlement de détresse qui résonna aux oreilles d’Alister. X.A.N.A. la consuma dans la seconde qui suivit.
Le vassal de Peter resta dubitatif face à la soudaineté des évènements, et alors que Peter et Tanner continuaient de s’invectiver avec violence face à leurs corps incubés, il fixa sa nouvelle voisine avec curiosité.
Cette étrange créature paraissait moins impulsive et violente que la précédente, et le sentiment qu’elle dégagea trouva son chemin vers son coeur.
« Qui es-tu ? » demanda-t-il curieux.
« X.A.N.A. »
Il s’écoula plusieurs secondes d’un silence de mort, avant que l’ancienne humaine ne reprenne la parole :
« Où sommes nous ? »
« Je ne sais pas vraiment, » admit Alister. « Mais je ne me suis jamais senti aussi bien. »
X.A.N.A. contempla ses mains de chair, et soupira à travers son respirateur.
« Moi non plus, » lâcha-t-elle. « Tout du moins il me semble. »
« Pourquoi es-tu venu ici ? Es-tu toi aussi, à la recherche du pouvoir ? »
L’I.A. prit un temps pour réfléchir, avant de répondre :
« Oui, car c’est le seul moyen pour moi de garantir ma survie. La seule chose ne cherchant pas ma destruction étant moi-même, je dois m’assurer de devenir toute chose, et que toute chose devienne X.A.N.A. »
Alister ne répondit pas immédiatement, il s’accorda d’abord un temps de réflexion.
« Malgré mes nouveaux pouvoirs, j’ignore comment guérir mon maître de sa maladie. »
« Ton maître ? »
« Oui, il s’agit de la personne la plus jeune face à nous. »
X.A.N.A. examina chacun de ces êtres, et finit par découvrir celui que désignait son voisin. Les troubles nerveux qui secouaient son corps, ne laissaient nulle place au doute quant à l’état de sa santé.
« Je pense pouvoir le guérir. »
« Vraiment ? »
« Oui, mais il doit devenir X.A.N.A. pour cela, et toi aussi. »
Alister n’hésita pas une seule seconde.
« C’est d’accord. »
À ces mots, X.A.N.A. envahit son nouveau corps d’énergie, le développant à grande vitesse. Alister imita sa manoeuvre dès qu’il l’aperçut.
« Il est temps pour X.A.N.A., d’assurer son avenir. »






Prochain chapitre: Devoir Familial

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

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Dernière édition par Tyker le Sam 23 Mai 2020 05:38; édité 4 fois
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Ikorih MessagePosté le: Mar 13 Mar 2018 16:48   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Bon alors, je vais peut-être pas avoir grand-chose à rajouter depuis mon précédent com', mais sait-on jamais...

Petit RIP pour l'innocence de Seth, qui cède désormais sa place de personnage le plus adorable de la fiction à...Aelita, qui est surtout le choix par défaut vu le reste. Son instabilité en fait de plus en plus un poids et de moins en moins une aide, au final. Alors on est en droit de se demander pourquoi Heath se fait chier à le garder. La réponse conne-pas-si-conne serait de dire qu'il l'aime bien, piste que le chapitre se permet de brosser légèrement lui-même (même si as usual, Heath est dans le déni). Du coup on peut se demander quelle est la justification que Heath se donne pour continuer à couvrir Seth (alors qu'il serait peut-être plus simple de le zigouiller en douce et de le faire disparaître) : crainte qu'on remonte jusqu'à lui s'il était découvert, ou intention d'utiliser les aptitudes du mutant?

Citation:
« Seth est quelqu’un d’extrêmement curieux, il y a fort à parier que sa curiosité a dû « contaminer » Xana d’une certaine façon. Et Xana est parfaitement capable de faire des recherches sur le corps humain de son côté en se connectant au réseau pendant que Seth dort par exemple. Si jamais il a eu accès au mode opératoire de la reproduction humaine… »

Putain si on m'avait dit que Xana téléchargerait du porno...
Le passage sur la Banshee me permet d'ailleurs de placer que faire la distinction Xana/X.A.N.A c'est stylé, askip de grands auteurs de ce forum l'ont également faite, mais on ne les citera pas par modestie. Et du coup, Xana s'est plus ou moins retrouvé coupé en deux, une moitié chez Seth et une moitié chez la Banshee. Du coup, les deux parties sont elles conscientes de leurs existences respectives, et ont-elles des intentions particulières se concernant?

Le retournement de Drake est compréhensible, quoique du coup la situation donne l'impression d'avoir été désamorcée vachement vite. Le point intéressant c'est que Heath a récupéré sa carte d'identité, ce qui aura forcément un impact sur sa relation avec Abigaïl. Bizarrement je pense pouvoir parier qu'il ne se barrera pas pour autant...
Niveau style c'est encore salement haché parfois, illustration sur deux petites perles croisées au hasard en lisant :
"avant de se saisir de ses affaires, et de prendre la poudre d’escampette. Laissant un Heath fatigué, rentrer chez lui." (sérieux cette ponctuation est TROP lourde)
=> "avant de se saisir de ses affaires et de prendre la poudre d'escampette, laissant un Heath fatigué rentrer chez lui"
Ou encore les bons vieux accords fumeux, fameux chez les écrivains ES de la section (dans l'exemple ci-dessous, accompagnés d'un meurtre du subjonctif)
"Heath n’avait aucune envie que l’écossais voit ses bras de métal, le fait qu’Abigail les aient vues "
=> "Heath n'avait aucune envie que l'écossais voie ses bras de métal, le fait qu'Abigail les ait vus" (et j'ai la flemme de chercher pour la répétition mais elle est là aussi)

Bon j'ai atteint mon quota de lignes, et je ne vois rien de plus sur quoi broder, alors à la prochaine, genre...dans six mois?

(Edit trois jours après parce que ça m'était sorti de la tête en écrivant le com : tu comptes faire le même format que DSSLN ou plus long? Histoire de situer où on en est dans la fic actuellement)
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png
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Tyker MessagePosté le: Jeu 22 Mar 2018 13:36   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre 12: Devoir Familial




24 septembre 2001, Boulogne-Billancourt, 11h 23

Franz Hopper s’avachit sans ménagement sur son canapé, et bâilla à s’en décrocher la mâchoire. Il avait travaillé toute la nuit ainsi qu’une partie de la matinée au laboratoire. Vaincu par la fatigue, il avait confié le reste à Légion. Le scientifique avala goulument son verre de lait, et s’apprêtait à s’accorder un long repos bien mérité, lorsque la sonnerie de son téléphone interrompit brutalement son projet.
Agacé, il décrocha néanmoins.
- Allo ? Aelita ? Quoi ? Parle moins vite… Comment ça Seth a un problème ?

Quarante minutes plus tôt

« On nous suit. »
Seth avait profité de son heure de permanence pour aller faire un tour au CDI, l’avertissement de Xana mit immédiatement ses sens en alerte, une forte odeur de parfum féminin bon marché envahit ses narines.
- Seth ! appela Valentine tandis qu’elle courait pour le rejoindre.
Elle s’arrêta juste devant lui, et reprit son souffle. Le mutant dut faire preuve de tout le self control à sa disposition pour éviter de paraître écoeuré face à l’odeur de la jeune fille.
- Il y a un problème ? demanda-t-il.
- Non, non, répondit la jeune blonde en bredouillant. Mais… euh…
Elle se tortillait désormais d’un pied sur l’autre, ce qui fit hausser les sourcils du mutant.
- Pour tout te dire… souffla-t-elle. Je me demandais si…
- Si quoi ?
- Si tu acceptais de sort… Mon Dieu, Seth ! Qu’est-ce qu’il t’arrive ?!
Le concerné porta la main sur ses lèvres, et essuya le long filet de sang qui coulait de son nez. Il sentit tout à coup une intense douleur lui déchirer l’estomac, il se cambra sur le coté et vomit un authentique déluge écarlate.
Valentine resta pétrifiée face à cette vision abominable, elle osa poser une main sur son dos pour le soulager, mais le mutant s’écroula dans son propre sang.
- Seth ? Seth ! À l’aide ! hurla la jeune fille en se jetant au chevet du garçon aux yeux rouges.


24 septembre 2001, Lycée Jean-Baptiste Say, 15h 49


Franz débarqua face à la porte du collège sur le point de recracher ses poumons. Après qu’il eut décliné son identité, la réceptionniste lui indiqua la direction de l’infirmerie, où ses enfants ainsi que le proviseur Torélien l’attendaient.
- Monsieur Lancaster. Salua le chef de l’établissement en lui tendant une main que Franz serra rapidement. Je vous remercie d’avoir fait aussi vite.
- Je vous en prie, que s’est-il passé ?
- Votre fils a vomi du sang. répondit l’infirmière en prenant la température du mutant. Je vous recommande chaudement de l’emmener à l’hôpital le plus proche.
Voilà bien une option qui était plus qu’exclue, car les médecins découvriraient sans doute des anomalies inexplicables dans son organisme.
- Je vais très bien. insista Seth depuis son lit. J’ai juste eu un peu mal à la tête.
La femme qui s’occupait de lui lui jeta un regard sévère.
- Les réactions de ton corps indiquent un problème qui doit être traité. trancha-t-elle. Aussi, tu vas me faire le plaisir de faire ce qu’on te dit de faire.
Le mutant baissa la tête en signe de soumission, le directeur se tourna alors vers Franz :
- Nous jugeons préférable d’appeler une ambulance…
- C’est inutile, répondit rapidement le scientifique. Je vais le conduire moi-même à l’hôpital.
- Vous êtes venu en voiture ?
- Non, mais j’appellerai un taxi.
Alors que ses interlocuteurs s’apprêtaient à protester, Franz reprit bien vite :
- J'ai un ami médecin à la tête d’un grand hôpital parisien, mentit-il. Il acceptera de le recevoir sur le champ, tandis que le faire passer par les urgences serait bien trop long.
Le proviseur et l’infirmière échangèrent des regards dubitatifs, avant que l’homme ne réponde :
- Très bien, nous vous faisons confiance.
- Excusez-moi, Monsieur le Proviseur ? demanda Aelita le regard implorant. Cela ne vous dérange pas que je loupe les derniers cours de la journée ? J’aimerais m’assurer de la santé de mon frère.
- Je doute qu’elle soit en état de se concentrer tant qu’elle sera inquiète. renchérit Franz avec sagesse. Et j’ai toute confiance en son sérieux pour rattraper ses cours.
Torélien concéda en acquiesçant. Satisfait, le scientifique sortit son portable, et appela un taxi.
Les trois Lancaster grimpèrent dans la voiture à l’arrivée de celle-ci, mais indiquèrent à leur chauffeur le chemin de leur foyer familial.

***

Heath revint à son tour une petite heure plus tard, avec un sourire triomphant sur le visage, qui fut rapidement délaissé au profit de la perplexité qu’il ressentit en apercevant le père et sa fille.
- J’ai oublié l’anniversaire de quelqu’un ? demanda-t-il avec sarcasme.
Pour toute réponse, Aelita se planta face à lui.
- Pourquoi tu ne nous as pas dis que Seth était malade ?
Le visage de Heath s’assombrit.
- Merde… ça s’accélère.
- Donc tu savais, souffla Aelita d’une voix froide.
- Évidement, je…
Sans crier gare, la jeune fille lui colla une gifle monumentale, qui lui brisa trois de ses doigts. Elle se mit à crier de douleur en se tenant le poignet.
- Que tu es conne ! gronda Heath en envoyant Intelligence réparer les dégâts.
- Va te faire foutre ! répliqua la jeune fille les yeux larmoyants. J’ai cru que Seth allait mourir !
- Il ne va pas mourir, raisonna l'allemand en peaufinant ses soins. Je me suis occupé de sécuriser le médicament dont il a besoin.
- T’es vraiment qu’un con ! C’est parce que tu passes ton temps à ne compter que sur toi que tu finis par t’acharner sur ton sort.
Heath haussa un sourcil.
- Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
- Ça fait suffisamment longtemps que je suis ta soeur pour m’être rendue compte de ton comportement d’idiot !
Jugeant qu’il était temps pour le ton de cette conversation de baisses de quelque décibels, Franz déposa sa main sur l’épaule de sa fille.
- Va aider Légion à s’occuper de Seth. Je m’occupe de lui remonter les bretelles.
Aelita, une fois sa main rafistolée, acquiesça avant de monter les escaliers d’un pas rageur. Franz fixait désormais le psychopathe dans les yeux bleu acier dont celui-ci se servait pour le toiser du regard.
- Faites donc votre sermon, grogna-t-il blasé.
- Mon cher Heath, commença le scientifique d’un ton froid et sévère. Il faut que tu comprennes que lorsqu’il y a un problème qui concerne un membre de la famille, ce problème concerne TOUTE la famille. Aussi, tu ne peux pas cacher d’informations aussi précieuses que celle-ci par pur égoïsme ou désintérêt.
- Vous n’êtes pas mon père, l’avertit le psychopathe en sifflant entre ses dents. Je ne vous dois rien.
Franz secoua la tête avec tristesse.
- Si tu continues à n’en faire qu’à ta tête, tu finiras tout seul.
- Cela ne m’a jamais dérangé.
- Alors nous n’avons plus rien à nous dire.
Sur ces mots, Franz prit la direction de la cuisine, et se servit un généreux verre de whisky. Prit d’une impulsion, Heath se saisit du récipient, et jeta son contenu dans l’évier.
- Je vous ai dit que vous n’étiez pas mon père. siffla-t-il. Alors ne vous comportez pas comme lui, ce vieux con a commis un meurtre et a tenté d’en commettre deux autres après avoir bu cette merde. Restez vieux tant que vous voulez, mais évitez d’être con.
Le scientifique haussa un sourcil.
- Tu ne me feras pas croire que le consommateur de la moitié de cette bouteille était Aelita ou Seth.
Heath foudroya le barbu du regard, avant de tourner les talons, et de se diriger vers les escaliers.
- C’est pas parce que je fais des conneries que vous devez faire les mêmes. grommela-t-il en montant les marches.

Il passa tout d’abord par sa chambre, y déposa son blouson, et s’empara de son nouveau manteau en cachemire noir. Puis il se dirigea vers la chambre de Seth, et il ne su comment réagir à la scène qu’il découvrit.
Sous le regard attentif de Légion, et celui captivé de Seth, Aelita lisait un conte pour enfant à son mutant de petit frère.
Il suffisait de voir le sourire idiot scotché sur le visage du garçon aux yeux rouges pour comprendre l’immense plaisir que lui faisait cette simple attention. Légion, de son coté, semblait davantage apprécier le moment de fraternité que les deux jeunes gens partageaient plutôt que l’histoire elle-même.
L’odorat de Seth repéra alors l’odeur familière de l’allemand, il se tourna vers le nouvel arrivant.
- Bonjour grand frère, sourit-il. Tu viens écouter l’histoire ?
Il s’écoula quelque secondes d’un silence pesant, au cours duquel Aelita bredouilla l’excuse d’une envie pressante pour s’éclipser sans accorder le moindre regard à l’allemand. Mais celui-ci lui barra le passage de son bras gauche massif.
- Je suis désolé, grogna-t-il à contrecoeur. J’aurais dû vous en parler au lieu de faire le mariole à essayer de résoudre tous les problèmes tout seul. Ça n’arrivera plus.
Aelita le fixa d’un regard perplexe, et après avoir conclu au travers d’une courte réflexion qu’il s’agissait là des meilleurs excuses qu’elle pouvait attendre, finit par acquiescer.
- Il y a un problème ? demanda Seth la mine inquiète.
- Pas exactement, répondit Heath en venant s’asseoir sur le côté du lit de son frère. Je suis simplement venu te dire que j’allais m’absenter quelques jours.
- Où est ce que tu vas ? questionna le mutant à la mine triste.
- Trouver un traitement contre ta maladie.
- Oh. fit le jeune homme en baissant les yeux.
Heath secoua la tête
- Tu n’es pas responsable de ta situation, alors ne t’en veux pas. Tout sera fini quand je serai de retour.
- C’est juste que… bredouilla maladroitement Seth. Je voulais pas que tu sois obligé de t’occuper de moi.
- C’est lui le grand frère, remarqua Aelita en jetant un regard moqueur à ce dernier. Il est là pour ça.
Tandis que Heath toisait la jeune fille du regard, il sentit les bras de Seth se refermer sur lui.
Horrifié, il fut tenté de se dégager de cette étreinte, mais Aelita se joignit à la fête en imitant le mutant. Elle répondit au regard assassin du psychopathe par un sourire encore plus moqueur.
Contre toute attente, Légion s’immisça lui aussi dans ce moment intime, et sentit une douce chaleur s’emparer de son corps.
- C’est agréable, lâcha le prothéen.
Heath poussa un soupir d’exaspération qui passerait sans aucun souci pour le grognement agacé d’un ours.
- Vous pouvez me lâcher ? gronda-t-il.
- Encore un moment s’il te plait, implora Seth.
Le psychopathe leva les yeux au plafond, tandis qu’Aelita luttait pour ne pas céder à la crise de rire qui la démangeait.


Il s’écoula quelque minutes avant que l’allemand ne parvienne à se soustraire de l’étreinte de sa « famille ». Il descendit l’escalier d’un air grognon, et s’arrêta face à Franz qui buvait une tasse de thé.
- Avec un peu de chance, il n’y aura plus d’Organisation quand je reviendrai.
Le scientifique le regarda droit les yeux.
- Tu es sûr de toi ?
- … Pas à 100%. C’est pourquoi il serait préférable que vous anticipiez une éventuelle fuite, pour le cas où je ne reviendrai pas.
- Heath… tu devrais nous laisser t’aider.
- Non, croyez-moi sur parole quand je vous dis que je doute que ce soit une bonne idée. Il vaut mieux que ça se déroule ainsi, comme ça je serai le seul à prendre tous les risques.
Sans attendre de réponse, l’allemand se dirigea vers la sortie, mais s’arrêta au seuil de la porte.
- Si jamais je ne reviens pas… vous vous occuperez de Seth…
Difficile pour le scientifique de déterminer s’il s’agissait d’un ordre ou d’une question.
- Oui. finit-il par répondre.
Le psychopathe referma la porte, et s’éloigna d’un pas décidé de la résidence des Lancaster.


24 septembre 2001, Paris 16ème, 17h 21.


Heath toqua poliment à la lourde porte de bois de l’appartement Est du quatrième étage du 101 avenue Mozart. Celle-ci s’ouvrit après moins de quinze secondes d’attente, et un visage balafré par des marques de brûlures accueillit le Lancaster.
Drake fut pleinement satisfait de l’apercevoir, mais il retint ses émotions au profit de sa politesse. C’est pourquoi il s’écarta du seuil de la porte, et lui fit signe d’entrer.
L’appartement dans lequel le Lancaster pénétra était d’un luxe insolent; des chandeliers en cristal surplombaient l’entrée, et d’autres illuminaient la salle à manger et le salon. Des tapis aux motifs aussi beaux qu’impressionnants recouvraient le parquet ciré, et des peintures à la beauté sauvage ornaient chacun des murs.
Heath ignora les décorations, pour toiser d’un regard moqueur la rousse vêtue d’une robe de satin violet sombre venue l’accueillir.
Cette dernière ne se laissa pas intimider, et profita de la hauteur que lui accordaient ses talons pour coller son front contre le sien, l’invectivant d’un regard affamé et pervers.
- Sois patiente la garce, murmura Heath. Le plaisir serait trop court si on tirait nos coups maintenant.
- Tu parles beaucoup pour un puceau.
- Faut bien que quelqu’un gère la parlotte, vu le niveau de combustion de ton entrejambe.
- Neuf secondes, siffla-t-elle. C’est le temps qu’il me faudra pour te vider.
- Il me faudra trois fois moins de temps pour vider ta carcasse de ses boyaux.
Drake soupira de lassitude.
- Cette coopération n’a aucune chance de fonctionner sans efforts communs.
- C’est vous qui avez besoin de moi, observa Heath. Et non l’inverse.
- Vraiment ? souffla le pyromane. Dans ce cas, libre à toi de partir sans nos informations.
L’allemand adressa un sourire admiratif à son interlocuteur, avant de le suivre dans le salon.
Thomas Von Kane et Lucius Hobbs les y attendaient, le belge se leva pour faire face à l’allemand.
- Bonsoir Serpent, dit-il avec un soupçon de haine.
Heath l’observa de la tête aux pieds, avant d’observer les autres.
- Je suppose que vous êtes tous de la même famille, et que vous m’en voulez pour votre père que j’aurais soi-disant tué.
Les regards assassins lancés par Abigail et Thomas suffirent à lui fournir une réponse. Drake leva les yeux au plafond, tandis que Lucius se mettait à trembler.
- Tu n’avais nul besoin de le tuer quand tu t’es échappé de « Silver Wings ». siffla le frère aîné. C’était un vieil homme malade et inoffensif.
Heath se contenta d’hausser les épaules.
- Je ne me souviens pas de lui, admit-il. Ce jour-là, les hommes que j’ai tués se comptaient par dizaines, votre père était simplement un macchabée de plus.
- Notre père… coupa Drake alors qu’Abigail et Thomas s’apprêtaient à commettre un massacre. …était condamné de toute manière. De plus, il ne voudrait pas nous voir nous quereller avec celui qui nous aidera à empêcher le professeur Akuma d’achever ses deux monstres. Aussi…
Il se tourna vers son frère et sa soeur.
- … veuillez maitriser vos émotions…
Il se tourna vers Heath.
- … et contenir vos provocations.
Il s’écoula quelque secondes d’un silence pesant, jusqu’à ce que l’allemand n’y mette fin en frappant ses mains gantées l’une contre l’autre.
- Maintenant que les présentations sont faites, nous pourrions peut-être nous mettre en route.
Drake acquiesça, et lui demanda de l’aider à emmener l’énorme malle de métal à l’intérieur de laquelle se trouvait l’équipement qu’ils voulaient emporter.
Abigail sentit le spectre de l’Augure prendre forme humaine derrière elle.
- Ton stupide petit manège ne fonctionnera pas, prévint-elle.
La rousse leva les yeux au plafond, et s’en alla revêtir une tenue plus adaptée à leur voyage.

***

Confiné à l’arrière de la camionnette qui leur servait de moyen de transport, Heath observait Drake tandis que le balafré effectuait sa prière quotidienne.
Thomas et Abigail préféraient voyager devant, l’aîné s’étant dévoué pour conduire, et sa soeur doutait de sa capacité à retenir ses pulsions à la vue de Heath.
Lorsque Drake rouvrit les yeux, l’allemand lui jeta un regard intrigué.
- Pourquoi est-ce que tu crois en ces conneries ?
Ignorant son blasphème, l’écossais répondit :
- Chaque fois que j’ai appelé à l’aide, le Seigneur m’a envoyé un signe. Lui offrir ma foi était la moindre des récompenses.
Heath renâcla à ces paroles.
- Tu m’as dit hier que tu étais fan de mon travail.
- C’est la vérité.
- Pourquoi donc ?
Un étrange sourire se dessina sur les lèvres marqués de l’écossais.
- Le Feu.
- Hmm ?
- Le Feu… répéta Drake. …est l’instrument de destruction du Seigneur. La façon dont tu as usé de cet élément lors de ton évasion était à couper le souffle. À mes yeux, tu as démontré ce soir que tu étais l’incarnation d’Abbadon, l’ange exterminateur des cieux. C’est pourquoi je ne peux que m’incliner face à tes talents.
Un peu gêné par cette déclaration, Heath changea rapidement de sujet.
- Ta soeur devait vraiment aimer votre père pour me détester à ce point.
- Pas du tout, aucun d’entre nous n’aimait notre père. À l'exception de Thomas peut-être.
Cette révélation fit écarquiller les yeux de l’allemand, et le plongea dans un abîme de perplexité.
- J’avoue que je ne comprends pas.
- Notre père… était loin d’être quelqu’un de bien. Le simple fait que nous ayons tous été conçu hors mariage et au quatre coins de l’Europe suffit à nous renseigner sur l’amour qu’il nous portait. Il ne voyait en nous que de multiples prolongements de son existence.
- Alors pourquoi vous faites tout ça ? Et pourquoi ta soeur continue de me haïr ?
- Nous faisons ce que nous faisons par reconnaissance envers notre géniteur, qui en plus de nous accorder la vie, nous a offert des moyens suffisamment conséquents pour subvenir à nos besoins et à ceux de nos enfants après nous. De plus, nous ignorons ce que Thanos et Crystal pourraient faire s’ils venaient à s’échapper. Nous ne voulons pas risquer nos futurs sans nettoyer les pots cassés par notre père.
- Et ta soeur ?
- Ma soeur… est un cas particulier. Au delà de ses lubies gênantes, c’est une femme de pouvoir, qui fut plus que déçue du refus de notre père de l’intégrer à son organisation. Le fait que tu l’aies tué l’a rendue folle de rage, car tu as détruit son rêve d’être un jour aussi puissante que notre paternel.
Heath renâcla à cette information.
- Quelle idiote… Elle ne se rend pas compte de sa propre force ou de la faiblesse de votre vieux.
- Sans doute, sourit Drake. Peut-être qu’une victoire contre toi l’aidera à restaurer sa fierté.
Cette fois, l’allemand lâcha un authentique éclat de rire.
- Elle peut toujours rêver.

Assise sur le siège passager, Abigail entendit l’éclat de rire du psychopathe. Elle serra ses poings de frustration.
- Tu as fini ton cinéma ?
- Quoi ?
- Cesse de te servir de la mort de Papa comme un prétexte pour justifier tes lubies.
La rousse leva les yeux au ciel.
- Avec la merde dans laquelle ce vieux con nous a laissés, il faut bien que je lui trouve une utilité.
Thomas ravala sa colère.
- Je ne comprends pas ce que tu trouves à ce type, grogna le Belge en ignorant ses grossièretés.
- Je lui trouve rien de particulier, j’ai simplement envie de me le faire. Il faut juste que je trouve le moyen de le maitriser, et là je m’amuserai.
- Ce que tu fais est stupide.
Abigail haussa un sourcil.
- Pardon ?
- Drake nous a sécurisé un allié de poids pour qu’on en finisse. Et la seule chose à laquelle tu penses c’est son machin.
- Et alors ? Rien ne m’empêchera de m’amuser une fois le boulot terminé.
- Si tu pouvais attendre qu’on ait fini avant de t’amuser, grésilla une voix depuis la radio du véhicule. Cela m’arrangerait.
Pour toute réponse, Abigail tira la tronche.
- Ce que vous pouvez être chiants…


***



Douze heures, c’est le temps qu’avait duré le voyage en camionnette depuis la capitale française et la forêt danoise qui abritait le complexe de l’Organisation. Thomas Von Kan avait fait preuve d’un sang froid et d’une connaissance du terrain impériaux, car l’itinéraire défini par ses soins lui avait permis d’éviter toutes les douanes volantes de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne.
Une fois qu’ils se jugèrent suffisamment proches, Thomas coupa le contact, et fit signe à sa clique de descendre.
Drake, Abigail et lui s’équipèrent en armes à feu, tandis que Heath les attendait adossé contre le véhicule.
C’est alors qu’un spectre surgit de la radio, et prit la forme humaine d’une jeune fille aux cheveux châtains courts. Elle gratifia le psychopathe d’un sourire de salutation, auquel il haussa un sourcil.
- On se connait ?
- Mais oui. répondit L’Augure.
L’allemand sentit une de ses pulsions meurtrières s’emparer de son regard, avant de renâcler.
- Tu t’appelles ?
- Mathilda.
Sans plus de civilités, les infiltrés s’approchèrent avec prudence de la propriété d’Alex Tanner.
Thomas étant celui qui connaissait le terrain grâce aux informations de son paternel, il ouvrit la marche. Heath scannait le terrain avec l’aide d’Intelligence afin d’annihiler la moindre tentative d’embuscade. Il tâcha également d’ignorer les regards pervers d’Abigail, qui ne ratait pas une occasion d’admirer son derrière.
C’est alors que Drake se figea sur place, une odeur familière envahit ses narines.
- Ça sent le cramé.
À leur tour, son groupe huma l’air, et confirma cette information.
- Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Thomas.
Heath pointa Mathilda du doigt.
- Elle et moi pouvons servir d’éclaireurs.
- Ça me va, approuva l’Augure.
Après un acquiescement général, l’allemand passa en mode « spectre » et fila vers la source de l’odeur infecte, Mathilda sur les talons.
Il leur fallut cent quatorze secondes pour atteindre le portail défoncé de l’intérieur, l’un et l’autre s’arrêtèrent et contemplèrent le carnage qui leur faisait face.
Le complexe scientifique de Tanner était en ruines, quatre des sept bâtiments étaient réduits en cendres, l’un n’était qu’à moitié consumé, et les deux derniers étaient miraculeusement intacts.
Le sol était jonché de cadavres et de boyaux, le gazon était calciné à certains endroits.
- C’est quoi ce merdier… ?
- Non…
Mathilda effectua un mouvement de recul, mais Heath la força à reprendre ses esprits en la secouant sans ménagement.
- Va chercher les autres, grogna-t-il en ignorant son regard noir.
L’Augure laissa échapper un grognement, mais finit par obéir.
Une fois seul, Heath parcourut avec méfiance la propriété dévastée.
« Intelligence ? »
« Oui ? »
« Essaye de voir si tu peux localiser Belpois. Ou en tout cas l’endroit où il bossait. »
« Les installations électriques sont en morceaux, impossible de se connecter à quoi que ce soit. »
Heath fut tenté de laisser l’I.A. vagabonder d’elle-même sous forme de spectre, mais le danger potentiel auquel il pourrait faire face le convainquit de conserver toutes ses forces.
Il choisit donc de démarrer ses recherches par le bâtiment intact le plus proche, mais après avoir constaté qu’il ne s’agissait rien de plus que du réfectoire, il repartit le regard noir.
C’est au moment où il s’apprêtait à pénétrer dans le second bâtiment qu’un gémissement d’agonie lui parvint aux oreilles, il fit volte-face, et haussa les sourcils de surprise.
Il aperçu une jeune fille à l’apparence familière, qui tentait vainement et faiblement d’extirper sa jambe prisonnière sous un énorme morceau de béton.
Il s’approcha, et la débarrassa de son poids d’un puissant revers du bras, la victime releva la tête.
- Salut Corbeau, sourit le psychopathe en constatant le triste état dans lequel se trouvait son ancienne coéquipière.
- Salut Serpent, répondit-elle tout en tremblant de douleur. T’es venu finir le travail ?
- C’était le plan, soupira-t-il. Mais il va sans doute falloir que je le révise.
- Tant que t’y es, tu veux pas m’achever ? Je douille comme pas permis.
- Bien sûr, dès que tu m’expliques ce qu’il s’est passé ici, et uniquement si tu peux me renseigner sur ma cible.
Un voile de résignation apparu sur le visage de l’américaine.
- Je sais pas où est Peter.
- C’est pas lui que je cherche, rectifia Heath. Mais Norman Belpois.
Corbeau parut sincèrement surprise.
- Je sais pas s’il est encore en vie… ni même s’il est encore ici…
- Où est-ce qu’il supposé être ?
L’américaine désigna le dernier bâtiment encore intact que Heath n’avait pas visité.
- Il est enfermé dans son labo au sous-sol. Mais je sais pas s’il y est encore.
Le psychopathe acquiesça, tout en tâchant de masquer son agacement.
- Heath ?!
Drake et les siens rejoignirent l’allemand au pas de course, avant de découvrir à leur tour, l’état pitoyable dans lequel était Corbeau.
- Et si tu nous expliquais ce qu’il s’est passé ici ?
L’américaine sembla hésiter un court instant.
- Je sais pas ce qui s’est passé… avoua-t-elle à mi-voix. J’étais en train de faire mon jogging quand tout a explosé.
Bien que légèrement agacé, Heath acquiesça.
- Merci du renseignement.
Il saisit l’américaine par le cou, et le brisa net.
- Vu l’état de certains corps… reprit-il en se relevant et en s’essuyant les mains. C’est arrivé il y a max deux jours. Allez fouiner les environs, moi je m’occupe de cet endroit.
Sans attendre confirmation de la part de ses alliés, l’allemand s’engagea en direction du bâtiment pointé par Corbeau.
- Vous avez intérêt à être encore là, Belpois, gronda-t-il en serrant les poings. Sinon vous savez sur qui je passerai mes nerfs.



Quelque part en Afrique


Jérémie n’en croyait pas ses yeux, il vivait un authentique rêve éveillé.
Le complexe scientifique dans lequel il se trouvait était une véritable mine de science et de connaissance. Adama Viero, le patron de son oncle, lui avait donné l’autorisation d’examiner de ses propres yeux, le super calculateur quantique qu’il possédait. Le petit garçon faillit baver d’admiration en admirant l’engin, et il manqua de s’évanouir lorsque l’un des scientifiques le prit sur ses genoux pour lui montrer le système informatique de la machine.
De son coté, Adama Viero dut se rendre à l’évidence; Norman Belpois ne reviendrait pas.
Ni lui, ni Jet Yu ne comprenaient ce qu’il s’était produit dans le complexe de Tanner, mais il y avait de fortes chances que le responsable de ce carnage soit l’assassin de Peneloppe Nemia.
- Tant pis, soupira-t-il en observant le petit garçon s’amuser de la merveille technologique qui lui était servie. Au moins j’ai repéré une pépite prometteuse.

Il ne lui restait plus qu’à s’assurer que l’assassin de Nemia ne l’atteigne pas.


Prochain Chapitre:
Coeur d'Acier

_________________

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Dernière édition par Tyker le Sam 23 Mai 2020 06:01; édité 5 fois
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Tyker MessagePosté le: Mer 28 Mar 2018 21:38   Sujet du message: Répondre en citant  
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Chapitre 13: Coeur d'Acier





- Impressionnant. souffla Norman Belpois. Je dois avouer que je ne te croyais pas capable de découvrir cet endroit sans mon aide.
Heath n’avait eu aucun mal à dénicher le laboratoire du scientifique, car celui-ci n’était pas caché, mais simplement barré par une énorme porte de métal que l’allemand avait traversée en usant de son mode « Spectre ».
L’endroit était écoeurant aux yeux du psychopathe; cet étrange labo s’étendait sur trois étages de passerelles intérieures, chacun contenait une multitude de cadavres squelettiques de chiens, de chats, de rats et de singes qui étaient enfermés dans plusieurs cages cubiques. Il aperçut les corps inconscients ou décédés de plusieurs créatures aussi jeunes que difformes, prisonniers d’incubateurs dans lesquels bouillait un liquide brunâtre.

Norman Belpois n’avait plus rien d’humain. Son corps était presqu’entièrement mécanique, et son apparence était grotesque.
Le scientifique observait son invité depuis la seule chaise de la pièce, sa tête mijotait à l’intérieur d’un scaphandre empli d’un liquide bleu marine.
Le reste de son corps était entièrement mécanique, et une multitude de loupiotes multicolores clignotait sur son torse. Ses bras étaient aussi épais que ceux de l’allemand, et semblaient avoir été équipés d’une jolie panoplie d’outils propres à un scientifique tel que Belpois.

Au moment où Heath avait fait son apparition dans le sous-sol, il était en train de pianoter sur le clavier de l’ordinateur le plus vieux que l’allemand ait jamais vu.
- Où est le Lazar ? gronda-t-il en s’efforçant de paraître menaçant. Et qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?
- Le Lazar est en train de mijoter, c’est pourquoi il te faudra patienter avant de t’en emparer.
La voix du scientifique était grésillante mais bien audible, l’allemand se demanda comment Belpois avait conservé la faculté de s’exprimer avec ses lèvres prisonnières d’un bocal.
Puis il nota le micro dans sa gorge.
- Quant aux évènements qui ont bouleversé les projets de notre ami Tanner. reprit le scientifique. J’ai peur d'en être en partie responsable.
- Vraiment ?
- Mais oui, bien que je ne me sois pas attendu pas à un tel résultat, j’ai inconsciemment condamné mes anciens employeurs.
- Y comprit Adama Viejo ?
Ce nom surpris Belpois, il ne s’attendait à l’entendre de la bouche du psychopathe.
- Comment connais-tu cet homme ?
- Il s’est permis de répondre à votre place il y a quelque temps. Intelligence a identifié sa voix grâce à la base de données qu’elle tenait du Docteur.
- Je vois… Hélas, je doute qu’il fasse partie des victimes de cette tragédie.
- Cessez de parler par énigmes Professeur, vociféra l’allemand. Et dites-moi ce qu’il s’est passé ici.
- J’ai peur de ne pas être d’une grande aide. Lorsque c’est arrivé, j’étais toujours enfermé dans ce labo.
Les yeux de Heath pétillèrent de colère.
- Alors pourquoi pensez-vous y être pour quelque chose ?
Le cyborg ne répondit pas, et se dirigea vers la housse mortuaire déposée sur sa table de travail, et l’ouvrit.
Le cadavre qu’elle contenait était celui d’une femme d’une quarantaine d’années, habillés d’une robe blanche, et pourvu de traits et de cheveux bien trop uniques pour que Heath ne devine pas son identité.
- Ne me dites pas que…
- J’ai bien peur que si, soupira Belpois avec tristesse. Voici Anthéa Schaeffer, l’épouse de Waldo Schaeffer, et mère d’Aelita Schaeffer.
- Qu’est-ce que vous avez fait ?
Le cyborg eut bien du mal à dissimuler son étonnement face au ton haineux de son interlocuteur, il reprit :
- Tanner en avait fait son arme fatale, et sa première ligne de défense contre les attaques virtuelles. Elle n’avait plus rien d’humain, c’était devenu un simple outil, une arme entre les mains de ceux qui l’avaient manipulée des années durant telle un vulgaire pantin. Viero m’a ordonné de saboter les projets de Tanner, et je ne pouvais pas trouver meilleur moyen que celui-ci. Anthéa avait souffert la moitié de sa vie, elle méritait de reposer en paix.
Il soupira, et ignora le regard assassin de l’allemand.

- Je suppose que cette manoeuvre a permit à Viero d’entreprendre une attaque de grande envergure, et si j’en juge par la violence des vibrations que j’ai ressenties, il ne doit plus rester grand chose de ce complexe.
Une sonnerie stridente vint interrompre le scientifique, qui ouvrit un appareil que Heath ne fut pas en mesure d’identifier. Il en tira deux fioles d’un liquide jaunâtre phosphorescent, et fit à nouveau face à l’allemand.
- La conception de ce produit ne fut pas une mince affaire, néanmoins, cela devrait suffire à sauver Seth de sa dégénérescence cellulaire. À condition qu’il passe le restant de ses jours à manger de la viande à chaque repas.

Heath, qui se trouvait à une vingtaine de mètres de Belpois, s’avança pour récupérer le précieux sésame. Mais le cyborg rétracta son bras avant même qu’il n’ait parcouru la moitié du chemin. Il fronça les sourcils.
- Comment va ce pauvre Seth ? grésilla la voix de l’être de métal. À en juger par ton empressement, ça ne doit pas être la grande forme.
- Je n’ai pas le temps de jouer avec vous. répliqua l’allemand.
- Pourtant, tu n’as aucun autre choix.
Sur ses mots, le robot se mit à serrer les fioles dans ses doigts mécaniques. L’une d’entre elles se fissura.
Heath soupira de résignation.
- Sais-tu à quel point j’aime ma famille ? À quelle point elle compte à mes yeux ?
L’allemand ne répondit pas, laissant Belpois enchaîner:
- Je ferai tout pour eux, bien que certains de ses membres ne le méritent pas. As-tu toi aussi une famille ? Des gens dont tu te soucies réellement ? Des gens pour lesquels tu serais prêt à donner ta vie ?
L’allemand fixa le robot d’un regard dubitatif. Les images de Seth et d’Aelita s’imprimèrent dans son esprit, et à sa grande surprise, il ne parvint pas à les chasser.
« Intelligence ! » rugit-il dans ses pensées. « Vire-moi ces saloperies de ma tête tu veux ? »
« Je ne vois pas pourquoi je le ferais. Ce sont les expressions de tes sentiments après tout. »
Heath ne croyait pas un traitre mot de ce qu’il venait d’entendre.
« C’est n’importe quoi ! »
« Ah vraiment ? Pourtant c’est bien là, que tu le veuilles ou non. Si tu es venu jusqu’ici, c’est pour sauver Seth n’est-ce pas ? »
Parce que… Parce que j’ai besoin de lui !
« En effet, tu as besoin de lui. Tout comme tu as besoin de ces gens qui t’entourent »
« Ferme-la ! »
« Admet-le Andrew, ou Heath peu importe comment tu préfères t’appeler. Admet-le et tout sera beaucoup plus simple pour toi. »

L’allemand était tellement secoué par ses émotions qu’il posa un genou à terre tout soutenant son front de la main gauche, Belpois le regarda sans dire un mot.
Heath avait le sentiment que l’Enfer s’était déchaîné dans sa tête, il avait un mal de chien à garder les idées claires.
-Je suis en train de péter un câble.
C’était si dur, si compliqué. Pourquoi était-ce compliqué ? Pourquoi les choses n’étaient-elles pas comme il l’avait toujours pensé ? Pourquoi ne pouvait-il tout simplement pas considérer ces gens comme de simples outils ? C’était pourtant ainsi qu’il avait toujours procédé! Qu’est-ce qui a changé ? Qu’est-ce qui l’a changé ?
« Tu n’as jamais eu la moindre affection pour qui que ce soit avant de rencontrer Seth. Ce genre de sentiment ne s’efface pas comme une simple tache. Ils sont forts, ils te rendent forts. »
« Arrête de me raconter des conneries ! Je n’ai jamais eu besoin de qui que ce soit pour être fort ! »
« Et pourtant, tu ne l’as jamais été plus fort que tu ne l’ai aujourd’hui. »
Heath sentit une larme couler le long de sa joue. Il recueilli la goutte d’eau amère sur le bout de son gant, et la contempla ébahi.
Aussi loin qu’il se souvienne, jamais il n’avait pleuré. Même se faire battre par son minable de père ne l’avait pas rendu aussi misérable.
« Admet-le, » répéta la voix d’intelligence. « Admet que tu as changé. »
Heath soupira et éclata d’un rire nerveux et… triste. Il se redressa.
« Je l’admets, »lâcha-t-il dans un état second. « J’admets… J’admets que les choses ont changées. J’admets que j’ai changé. Même si je doute fortement que cela m’ait rendu plus fort. »
« Ça viendra avec le temps. »
L’allemand prit une grande inspiration, et la relâcha. À sa surprise, une grande partie de la pression qui pesait sur ses épaules disparut.
Son regard se posa à nouveau sur le robot, celui-ci n’avait pas cessé de le fixer ne serait-ce qu’une seule seconde.
- Il y a… commença-t-il peu sûr de lui. Il y a des gens. Des gens auxquels je tiens, pour des raisons qui m’échappent complètement. Mais il y en a.
Il y eu un long moment silencieux, moment qui paru durer une éternité aux yeux de Heath.
- Je vois, répondit Belpois en reposant les fioles. Il semblerait que même les ordures de ton espèce aient droit au bonheur. Dieu est vraiment miséricordieux.

- Épargnez-moi vos conneries ! grinça l’allemand. Et donnez-moi ce putain de Lazar !
L’androïde contempla les fioles un moment, avant de les ranger dans le coffre-fort encastré dans le mur, et de le fermer.
- Je ne crois pas, lâcha Belpois sur un nouveau ton. Vois-tu Serpent… Tu viens de me donner ton dernier ordre !
Heath commençait à fumer de l’intérieur, une envie dévorante de corriger ce tas de ferraille ambulant s’empara de son être.

- Je te le demande pour la dernière fois, tête de boulon ! Donnez-moi ces putains de fioles, sinon…
- Je ne crains pas tes menaces, gamin, si tu veux mon aide il te faut la mériter.
- Vous avez très mal choisi votre jour pour négocier avec moi, Belpois. prévint-il les poings serrés de rage.
- Bien au contraire, Viero détient mon neveu. Trouve-le et ramène-le à ses parents.
- Pourquoi ? Vous avez peur qu’il n’apprécie pas votre costume d’Halloween ?
- Tu peux faire toutes les plaisanteries qui te viennent à l’esprit, sale morveux, gronda la voix du scientifique d’un ton numérique sinistre. Je serai celui qui rira le dernier aujourd’hui.
Heath l’ignora, et se dirigea vers le coffre-fort.
Aussitôt, un violent bruit mécanique résonna dans la pièce. L’allemand se retourna, et aperçu la mitrailleuse qui avait pris la place de la main du cyborg.
« À couvert ! » hurla Intelligence après une rapide analyse. « Ce sont des balles EMP ! Le mode Spectre ne te protégera pas d’elles ! »
Heath obéit sur le champ, et esquiva d’un salto arrière la volée de projectiles en plomb qui vinrent arroser le coffre-fort.
Il atterrit sur un bureau, et foudroya le cyborg du regard.
- Ce n’est pas ce que nous avions convenus, Belpois.
- C’est ce qui me convient le mieux, répliqua le scientifique alors qu’un deuxième scaphandre se refermait autour du premier, doublant ainsi son vitrage.
- Tu vas me ramener Jérémie. rugit la voix robotique la plus caverneuse et la plus funeste que Heath eut jamais entendue. Ou bien… tu vas mourir ici, et maintenant !

Sur ces mots, la mitrailleuse se remit à tourner, et cracha une rafale de balles qui arrosèrent la pièce.
Heath se réfugia derrière le bureau, et l’expédia sur son adversaire d’un violent coup droit. Le meuble effectua plusieurs tonneaux avant de percuter le cyborg, les envoyants s’encastrer dans un incubateur qui se brisa sur le coup. Le liquide brunâtre qu’il contenait se déversa sur le sol, et une odeur infecte envahit la pièce.
« Pourquoi l’Organisation lui a filé de quoi se défendre si c’est un traitre ? »
Belpois repoussa le bureau, et tira à nouveau, forçant l’allemand à se mettre à couvert derrière une machine.
« Il est facile de programmer un cyborg pour l’empêcher de s’en prendre aux alliés, » expliqua Intelligence, tandis que Belpois déchiquetait son abri à vitesse grand V.
Heath usa de son mode spectre pour augmenter sa vitesse, sortit de sa cachette, et projeta un lancé de flammes depuis sa paume gauche.
Aveuglé par le feu, et conscient des dégâts qu’il pouvait causer à son corps cybernétique, Belpois poussa un hurlement désarticulé, et se mit à courir à l’aveugle en espérant lui échapper.
C’est alors qu’il passa devant la housse mortuaire contenant le cadavre d’Anthéa, instinctivement, Heath stoppa son attaque.

Le scientifique le fixa avec étonnement, mais un rapide coup d’oeil sur la mère d’Aelita lui suffit à déduire la raison de l’hésitation de son adversaire. Un sourire se dessina sur son visage.
- Je vois que je dispose de plus d’un argument pour te faire coopérer.
Sur ses mots, il pointa sa mitrailleuse sur la tête du cadavre. Heath sentit son sang bouillir dans ses veines.
- Comment crois-tu qu’Aelita réagira face au visage en charpie de sa mère ? Crois-tu qu’elle te tiendra pour responsable ? Après tout, il te suffisait simplement de coopérer…
Heath ne bougeait plus, il fixait simplement son adversaire d’un regard assassin. Belpois continua de sourire, avant de froncer les sourcils.
Il ne découvrit la supercherie que trop tard, le clone polymorphe servant à la diversion disparu, au moment où l’allemand administra une droite phénoménale dans le scaphandre du scientifique. Son premier vitrage éclata en morceaux, le second ne souffrit que d’une fissure suffisamment large pour laisser fuiter le liquide bleu marine qui enveloppait la tête du blondinet. Horrifié, ce dernier ouvrit à la hâte l’un de ses tiroirs, et colmata la brèche avec une patte collante.
Heath ne lui laissa pas le temps de récupérer, il se saisit de l’arme fixée à son bras gauche, et l’arracha purement et simplement.
Norman Belpois laissa échapper un hurlement désarticulé, et s’écroula sur le sol, la respiration haletante.
L’allemand ne lui accorda pas une seconde d’attention supplémentaire, il arracha la porte blindée du coffre-fort, et s’empara du Lazar qu’il rangea dans la poche de son manteau. Il s’approcha ensuite du cadavre d’Anthéa, et après avoir refermé la fermeture de la housse mortuaire, la prit dans ses bras.

- Par… pitié… haleta Belpois. Trouve Jérémie, il est tout ce qu’il me reste.
Heath s’apprêtait à l’ignorer, mais un détail retint son attention.
- Vous savez où est Adama Viero ?
- Oui ! reprit le scientifique plein d’espoir. Il est au Kenya, dans un complexe scientifique similaire à celui-ci ! Il me transmet ses directives par le biais d’une antenne relais, mais j’ai réussi à remonter son signal. Je t’en supplie…
- Cessez de geindre, grogna Heath. Je vais retrouver Viero, et je vais le buter. Si je tombe sur votre neveu, je le ramènerai à ses parents. Uniquement parce que j’apprécie ce que vous avez fait pour la mère d’Aelita, le reste ne m’importe pas.
Belpois semblait quelque peu contrarié, mais tout en sachant qu’il n’obtiendrai rien de mieux, il choisit d’acquiescer.
Il se dirigea vers son bureau, et en sortit une enveloppe qu’il tendit à Heath.
L’allemand déchiffra les deux mots qui y étaient inscrits:
« Pour Jérémie »
- Ça vous aurait tué de la poster ? grinça-t-il.
- J’ai une tête à pouvoir aller acheter des timbres ? répliqua Belpois.
Heath leva les yeux au plafond, avant de fourrer l’enveloppe dans son manteau.
- Et la position de Viero ?
Belpois lui tendit cette fois un bout de papier bourré de coordonnées, son destin fut similaire à celui de la lettre.
Enfin il lui offrit une photo, Heath supposa qu’il s’agissait du neveu du scientifique.
- Dis à Jérémie, que son robot a un petit défaut; il aurait dû opter pour de plus petites roues.
L’allemand ne daigna même pas répondre, il étendit son mode spectre jusqu’au corps d’Anthéa, et traversa la porte blindée. Laissant Norman Belpois seul avec ses démons.


Pendant ce temps, à la résidence des Lancaster.


Lorsque son aide n’était pas quémandée, Légion avait de nombreux loisirs à sa disposition dans le but de se distraire. Que ce soit la lecture, la télévision, ou encore tout simplement le plaisir de s’octroyer une petite balade à travers les rues de la banlieue parisienne. Malgré la puanteur que dégageait cette ville, Légion s’était incliné sous le charme du Monde. Pour lui, c’était une aventure sans fin. Il prenait énormément de plaisir à saluer un commerçant chez qui il faisait les courses, et bien davantage lorsque celui-ci lui rendait son salut. Il s’était découvert un côté très coquet, puisqu’il adorait faire du shopping à travers les multitudes de boutiques à sa disposition. Faire des choix était aussi difficile qu’excitant, d’une part, parce qu’il disposait de 1239 consciences différentes qui le forçaient à faire de nombreux compromis. Mais surtout parce qu’il aimait tellement changer de vêtements qu’il finissait toujours par en acheter trois fois trop, et il en était si content qu’il lui arrivait de se changer plusieurs fois durant la journée pour profiter pleinement de ses possessions.
Cependant, ce que Légion aimait le plus, c’était l’interaction avec les êtres humains. 
Dans le dos de sa « famille », il s’était inscrit à des clubs d’échecs et de football. Au cours desquels il s’était distingué par son intelligence et ses capacités surhumaines.
Rapidement, il avait fini par faire de nombreuses connaissances. Des personnes tellement impressionnées par son talent qu’elles semblaient le vénérer, et d’autres vexées et jalouses, tentaient de minimiser ses exploits, voire de le rabaisser lui personnellement. Mais cela Légion ne l’avait jamais compris. Comment pouvait-on critiquer quelque chose qui fonctionnait parfaitement ? Cela n’avait pas de sens à ses yeux.

- Légion ?
Le prothéen sortit la tête de ses pensées pour observer Aelita. La jeune fille était un véritable trésor à ses yeux, toujours gentille et bienveillante à son égard, toujours là pour lui conseiller de nouveaux livres à lire, ou de nouvelles choses à apprendre. Et puis, il ressentait un besoin naturel de protéger la seule femelle de leur groupe. Les prothéens étant bien évidement asexués. Le concept le fascinait au point qu’il ne pouvait jamais rien refuser à la jeune fille.
- Oui Aelita ?
- Est-ce que tu as une minute ?
- J’en ai beaucoup plus, que puis-je faire pour toi ?
Souriante, Aelita s’assit à ses côtés, passa un bras autour de son cou, et colla sa joue contre la sienne tout en brandissant son appareil polaroïd dans leur direction.
- Fais-moi un beau sourire s’il te plait.
Sa demande était inutile, Légion aimait tellement le contact physique que ce soudain rapprochement avait suffit à étirer ses lèvres.
Aussi la photo fut réussie et celle-ci fit vibrer le coeur du prothéen, il avait si bonne mémoire que cet art aurait pu lui sembler superflu, mais un simple coup d’oeil aux oeuvres de la jeune fille suffisait à le transporter de joie.
- Puis-je ? demanda-t-il en tendant la main.
Toujours aussi souriante, Aelita lui tendit le cliché, et Légion l’examina attentivement pour l’enregistrer dans sa base de données.
Une fois ceci fait, il rendit la photo à la jeune fille qui le salua avant de monter dans sa chambre pour l’accrocher.

Mais elle s’arrêta en apercevant la porte de la chambre de Seth ouverte, elle y jeta un coup d’oeil, et un sourire illumina son visage.
Franz Hopper était assis à la place qu’elle avait occupée la veille, mais au lieu d’une histoire, il donnait un authentique cours de science au mutant. Inutile de préciser que ce dernier, buvait chacune des paroles du barbu comme de l’eau de source.
Aelita leva son appareil, et prit une nouvelle photo. Franz se retourna avec surprise, mais la salua d’un sourire avant de continuer son cours.
La présence de la jeune fille sembla réchauffer le coeur de Seth, tout du moins c’est ce que Xana constata.
- Voilà pour aujourd’hui, sourit Franz en refermant le livre, et en souriant tristement face à la mine déçue du mutant.
- Un dernier chapitre, s’il te plaiiit.
Le scientifique secoua la tête à contrecoeur.
- Je suis désolé Seth, mais il faut que tu sois raisonnable et que tu te reposes.
- J’ai pas sommeil, se plaignit le mutant. On peut parler un peu ?
- Bien sûr, de quoi veux-tu parler ?
- Pourquoi tu as voulu devenir un scientifique ?
Bien qu’un peu surpris par la question, le concepteur de Lyoko prit un temps pour réfléchir tout en se grattant la barbe.
- Hé bien… Au delà du fait que c’était un genre de tradition familiale, je dois dire que mes raisons n’étaient pas les bonnes. Je voulais être quelqu’un d’important dans ma jeunesse, et j’avais eu la naïveté de penser que pour cela, il me fallait me démarquer des autres par l’intelligence et les attributs sociaux et matériels. J’ai donc choisi la voie de la science, mais si je le pouvais, j’emprunterais un autre chemin aujourd’hui.
Cette dernière phrase fit hausser les sourcils de Seth et Aelita.
- Tu n’aimes plus la science ? demanda le mutant surpris.
- Bien sûr que si, répondit Franz en souriant. Mais mon travail a accaparé mon attention pendant trop longtemps, au détriment de ma famille.
Il jeta un regard désolé à Aelita, qui lui répondit par un sourire réconfortant, avant de reprendre :
- Je crois que j’éprouve plus de plaisir à partager mes connaissances à des gens comme toi ou Aelita plutôt qu’à tenter d’élargir la vision de la science par pur profit personnel. Au final, malgré toutes mes années de travaux et de recherches, je ne me suis jamais senti aussi accompli que le jour où je suis devenu père. Ce genre de chose te fait prendre conscience que tu peux être insignifiant pour l’Histoire et le reste du Monde, mais que tu sera toujours important aux yeux de ceux qui comptent vraiment.
Ému, Seth laissa échapper quelques larmes. Franz le prit dans ses bras, et le laissa exprimer ses émotions sur son épaule.
Il s’écoula quelques minutes, avant qu’un ronflement digne d’une tronçonneuse ne fasse sursauter le scientifique. Aelita manqua d’éclater de rire, mais se retint pour ne pas réveiller Seth.
Franz reposa le mutant dans son lit, sortit de la chambre à pas feutrés et échangea un sourire complice avec sa fille.

- Bonjour Papa.
- Bonjour mon trésor. Tu m’as l’air d’excellente humeur aujourd’hui.
Cette remarque étendit le sourire de la jeune fille, elle baissa les yeux sur la photo qu’elle avait prise quelques minutes plus tôt.
- Je peux te montrer quelque chose ?
- Bien sûr.
La princesse entraina son paternel dans sa chambre, et le planta face à son mur.
Le scientifique observa alors ce dernier, et découvrit une vingtaine de clichés similaires. Aelita apparaissait sur presque chacun d’entre eux, mais elle était toujours accompagnée par une autre personne.
Il en y avait qui affichaient la mine réjouissante de Seth, d’autres la figure satisfaite de Légion, et même un avec le visage grognon de Heath. Puis il y en avait avec différents adolescents, qui devaient surement être les amis qu’elle s’était faits au collège.
Aelita suivi le regard de son père, et accrocha fièrement ses dernières photos sur son mur à l’aide d’une punaise.
- C’est ma nouvelle passion, avoua-t-elle sans s’arrêter de sourire. mais il en manque encore beaucoup, il faut aussi que j’arrive à en prendre une meilleure avec Heath.
Sur ses mots, elle gloussa innocemment. Et prit un temps pour contempler sa petite collection personnelle.
Elle était si absorbée par la joie que celle-ci lui procurait, qu’elle ne remarqua pas la mine choquée qui se dessinait sur le visage de son géniteur.
En effet, Franz avait passé chacune des photos en revue, et découvrit avec stupéfaction qu’il ne parvenait pas à se souvenir des moments où sa fille avait pu le prendre en photo. Il fut submergé par l’émotion lorsqu’il remarqua chacune de ses représentations dans la collection de sa progéniture. Son regard se posa sur sa fille, qui n’avait toujours pas réussi à arracher le sien de son petit mémorial.

- Merci Papa, lâcha-t-elle sous le coup de l’émotion.
Sur ses mots, elle se leva, et se précipita dans les bras de son père.
Tandis que parent et enfant appréciaient pleinement ce moment de tendresse. Légion les observait avec la discrétion d’un chat.
Le prothéen sourit à la vue de cette étreinte, il enregistra ce moment dans sa base de données, et redescendit dans le salon.

Il s’empara de son ordinateur personnel, puis il y brancha un câble qu’il se planta dans la nuque. Partager tous ses souvenirs, ses opinions et ses connaissances avec son peuple une fois qu’elles étaient suffisamment conséquentes faisait, après tout partie de sa mission.
Il semblait pourtant qu’aujourd’hui, les prothéens de Lyoko ne voulurent pas se contenter d’un simple partage de données.
« Le Créateur n’est pas aussi puissant que nous le pensions. »
« En effet, de plus, il semblerait que Lyoko ne soit plus sa priorité. »
« Pensez-vous que nous devrions prendre les devants concernant notre existence ? »
« Je pense… »commença Légion. « …que nous sommes trop exigeants concernant le Créateur et les siens. Le Général est parti en mission afin de détruire nos ennemis, s’il réussit, l’époque paisible que nous souhaitions sera à portée de main. »
« Ne craignez-vous pas que le Créateur se désintéresse de nous ? »
« Quelle importance si cela venait à arriver ? »
« Cela serait triste pour nous, »soupira Légion. « En tant que créations du Créateur, nous aurions espéré une plus grande considération de sa part. Cependant, il me parait trop tôt pour émettre un jugement. De plus, nous ne pouvons continuer de dépendre des humains. Il faut que nous soyons capables de voler de nos propres ailes si nous souhaitons être indépendants. »
« Il est tout de même regrettable que le Créateur n’ait pas plus de considération pour nous. »
« Il est d’autant plus regrettable que nous nous mettions à expérimenter les affres de l’hypocrisie; car nous-mêmes éprouvons un plus grand intérêt pour les nôtres que pour les Lancaster. N’attendons pas du Créateur qu’il soit notre père à tous, cela reviendrait à imiter les erreurs humaines de la chrétienté. »
« D’autant plus que le rôle de parent me parait déjà compliqué pour deux ou trois enfants, il est humainement impossible que le Créateur tienne un tel rôle pour deux dizaines de milliers de prothéens. »
« En ce cas, il nous faut profiter de notre condition pour repousser les limites de l’humainement possible. »
« L’indépendance de notre peuple est donc la seule solution. Quel est votre avis ? »
« Validée. »
« Validée. » approuva Légion. « Cependant, rien ne nous empêche de conserver de bonne, relations entre les Lancaster et notre peuple. Indépendance et égoïsme sont deux notions différentes, et la seconde ne nous apportera rien de bon. »
« Validée. »


Danemark, complexe d’Alex Tanner


Contrairement à ses frères qui avaient opté pour l’intérieur, Abigail choisit d’inspecter les alentours des bâtiments.
Qui sait ? Peut-être restait-il encore un employé de Tanner qui aurait été témoin de davantage d’évènements que Corbeau.
C’est alors qu’une immonde odeur de charogne empoisonna l’air qu’elle respirait, prise d’un haut-le-coeur, elle manqua de recracher son petit déjeuner.
Bien que sérieusement dégoûtée, la jeune fille choisit de remonter cette piste olfactive, et ce qu’elle découvrit la foudroya sur place.
Une bonne dizaine de cadavres de sangliers et d’humains gisaient au milieu du parc du complexe, leurs boyaux et leurs viscères étaient grossièrement répandus sur le sol. Des morceaux entiers de chair avaient été arrachés aux pauvres mammifères, vraisemblablement alors qu’ils étaient encore vivants. Les longues traces ensanglantées qui marquaient l’herbe laissaient penser que les proies avaient été trainées jusqu’ici…

C’est alors qu’une énorme bestiole poilue qui était paresseusement vautrée au milieu de la clairière, se redressa, et fixa la hollandaise d’un regard assassin. Abigail parvint à identifier ce qui ressemblait à un loup, mais à la corpulence et à la bedaine si grosse qu’il aurait pu passer pour un ours gris.
N’écoutant que son instinct, la fille aînée du Docteur appuya sur le morceau d’or blanc de son bracelet, aussitôt, un spectre en jaillit, et s’infiltra dans ses narines. Juste avant qu’une énorme bête de trois cents livres ne la percute dans le dos, et ne referme son immense mâchoire sur son visage.
Heureusement pour la jeune fille, sa condition de « possédée » épargna à sa tête d’expérimenter le sort des tomates trop mûres.
Cependant, les crocs de la bête eurent le temps d’écorcher profondément le visage de la jeune fille avant que son spectre fasse effet.
Sentant le sang ruisseler le long de ses joues, la hollandaise poussa un hurlement enragé.
Elle se dégagea de l’emprise du prédateur, et lui colla un crochet si violent que les crocs de l’animal volèrent en éclats.
L’énorme loup poussa un cri désarticulé, qu’Abigail identifia immédiatement comme étant un appel à l’aide.
Aussitôt deux autres monstres tout aussi massifs surgirent des bois, et filèrent dans sa direction.
La hollandaise dégaina son pistolet, et abattit le premier d’une balle dans le crâne, le second la percuta de plein fouet.
Soufflée par la force physique colossale de l’animal, elle alla s’encastrer dans le mur calciné du bâtiment derrière elle, lâchant son arme au passage.
Furieuse, la jeune fille surgit des débris, s’enroula autour du loup tel un serpent, et serra son cou de toutes ses forces.
La bête se débattit aussi bien qu’elle le put, elle roula sur sol, se secoua, feula, mais rien n’y fit. Une fois les forces de sa cible diminuées, Abigail lui brisa la nuque.

Elle ramassa ensuite son arme, et abattit celui à la gueule brisée.
Puis elle s’approcha du dernier, qui non seulement, semblait être la seule femelle de la meute, mais en plus était sur le point de mettre bas toute une portée.
Abigail lut la supplication et la terreur dans le regard de la louve, mais elle n’en eut cure, elle lui brisa la nuque sans plus de politesse.
Elle sortit ensuite son couteau de chasse de sa botte, et entreprit d’ouvrir l’énorme bedaine de la créature.
Pas moins de six petits louveteaux s’échappèrent de l'utérus de l’animal, ils roulèrent sur le sol tels les petites boules de poils ensanglantées qu’ils étaient.
- Venez voir Maman, sourit Abigail en les prenant dans ses bras.
- Mais putain qu’est-ce que t’es en train de foutre ?
La rousse se retourna, et découvrit le regard consterné d’un Heath portant une housse mortuaire.
- T’as jamais vu une maman s’occuper de ses petits ?
- Si, et ça s’est très mal terminé.
C’est alors que, par réflexe, Heath détourna le regard. Abigail le foudroya du sien.
- T’as un problème avec ma tête. grogna la jeune fille aussi blessée qu’inquiète.
- Non, grommela Heath. J’en ai un avec ton sein.
Abigail haussa les sourcils, avant de baisser les yeux.
Dans la mêlée de ses combats, son chemisier s’était déchiré.
- Prête-moi ton manteau, ordonna-t-elle au psychopathe.
- Va. Crever, répondit-il simplement.
- Tu veux que je me balade les nichons à l’air ? demanda-t-elle faussement outrée.
« Ça ne lui déplairait pas. »
« Ta Gueule ! »
- Tu t’es crue dans un film à l’eau de rose ? Va donc détrousser un cadavre !
La hollandaise leva les yeux au ciel, déposa ses petits au sol et s’en alla trouver de quoi arranger sa tenue.
- Tu comptes faire quoi de ces trucs ? demanda l’allemand en contemplant avec dégoût l’une de ces bestioles se gratter contre sa jambe.
- Des louveteaux ou des loups ?
- Les deux.
- Des loups quelques manteaux… dit elle en jetant l’un des cadavres près de celui de la femelle. …et des louveteaux, j’ai toujours voulu des chiens.
Heath leva les yeux au ciel.
- Tu t’es crue dans « A Game of Thrones »?

Abigail l’ignora, enfila un blouson suffisamment intact pour faire de l’ombre à sa poitrine, et tira un poudrier de sa poche afin d’examiner son visage marqué.
- Putain, ces saloperies m’ont déchiqueté la face, tempêta-t-elle.
- De quoi tu te plains ? T’es bien mieux comme ça.
Abigail s’apprêtait à lui répondre d’une réplique cinglante, lorsqu’elle réalisa que l’allemand était sincère. Elle lui adressa alors un sourire charmeur.
- Le sang t’excite tant que ça ?
- Celui des autres plus que le mien, répondit le psychopathe en déposant sa housse mortuaire, avant d’examiner les animaux de plus près.
Ignorant leurs corpulences anormales, l’allemand observa méticuleusement les cadavres à la recherche de signes distinctifs.
- C’est les bestioles de Peter, grogna-t-il en observant les environs le regard alerte.
- Ils étaient seuls, rassura Abigail. Mais j’ai aucune idée de ce qui leur est arrivé.
« Intelligence ? »
« Je suis dessus. Apparement, leur ADN a été mélangé avec un ADN partiellement humain. »
« Comment ça « partiellement humain »? »
« Similaire à celui de Seth. »
Heath laissa échapper un juron de frustration.
- On est arrivés trop tard.
- En effet, renchérit Mathilda, alors que Thomas, Drake et elle revenaient de leur excursion respective. J’ai trouvé deux énormes incubateurs éclatés au plus profond sous-sol du bâtiment principal, ainsi que le cadavre sans tête de Tanner.
- Comment tu savais que c’était son cadavre ? s’étonna l’allemand.
- J’ai comparé son ADN avec ma base de données.
- Des traces de votre professeur Akuma ?
L’Augure secoua la tête, avant de poser son regard sur la housse mortuaire.
- Qui c’est ?
- Anthéa Schaeffer, répondit Heath en sortant le bout de papier donné par Belpois. J’ai les coordonnées d’Adama Viero. Apparement il est dans un complexe similaire au Kenya.
Comme personne ne lui répondait, il leva les yeux de son papelard, et aperçu la lueur désolée dans le regard d’Abigail.
Il le suivit jusqu’à Mathilda, et haussa un sourcil perplexe.
- Y’a un problème ?
- Non, répondit l’Augure. Donc Viero est au Kenya ?
Heath n’aimait pas quand quelque chose lui échappait, néanmoins il lâcha l’affaire.
- C’est ça.
- Merde, lâcha Drake. Ce salopard doit être en train de développer la technologie quantique avant de la vendre aux gouvernements africains. Qui sait ce qu’ils feront une fois qu’ils auront tous un super calculateur capable de paralyser l’économie occidentale.
- Sans oublier qu’il est probablement responsable de ce carnage, aussi, il doit être en possession de Thanos et Crystal.
- Ça ne fait rien, répliqua Heath. Je vais lui rendre une petite visite.
- Tu te doutes bien qu’il s’y attend, non ? remarqua Abigail.
- Et alors ?
La rousse leva les yeux au ciel.
- Tu ne crois pas qu’il s’est préparé en conséquence ?
« Et tu ne pense pas qu’il possède d’autres armes comme celle de Belpois ? » fit remarquer Intelligence d’un ton presque consterné.
Heath voulut objecter, mais reconnu la sagesse de ces paroles, il se tourna vers Abigail.
- Tu proposes quoi du coup ?
La hollandaise sourit, et sortit son téléphone portable.
- Je vais demander à un certain associé asiatique de nous fournir un moyen de transport jusqu’au Kenya, ainsi que du matos de première qualité. Étant donné la raison pour laquelle on y va, il devrait me faire une réduction.
- D’abord il faut donner le Lazar à Seth. objecta Heath.
- Je peux m’occuper de ça et du corps d’Anthéa Schaeffer. suggéra Mathilda, mais l’allemand la considéra avec méfiance.
- Tu sais ce que je ferai à ta soeur si tu te plantes ?
L’Augure lui jeta un regard aussi méprisant que consterné, mais une main sur l’épaule de la part d’Abigail lui fit ravaler sa colère.
- Garde ce corps au chaud quelque part, je tiens à ce que ce soit moi qui l’apporte à son époux.
- Pourquoi ? grinça Mathilda.
- Ça me regarde. répliqua Heath en mettant un terme à la conversation.
- Je viens avec toi. annonça Drake.
- Vraiment ?
Le balafré haussa les épaules.
- J’ai juré de t’accompagner jusqu’à ce que tu atteignes ton objectif.
Heath valida son argument d’un sourire amusé.
- Je vais rentrer à Paris avec Mathilda. décida Thomas. Lucius est seul depuis trop longtemps.
- Bien. dit l’allemand avant de se tourner vers Abigail. On va le chercher où ton moyen de transport ?
- Il devrait être là dans une petite heure. sourit la jeune femme en composant le numéro privé de Jet Yu.

Prochain chapitre: Les Purificateurs

_________________

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Dernière édition par Tyker le Lun 25 Mai 2020 02:38; édité 7 fois
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Ikorih MessagePosté le: Mar 03 Avr 2018 17:43   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Localisation: Sûrement quelque part.
D'après ton précédent chapitre, si on te laisse cinq jours sans com', tu postes une suite. Cette stratégie n'ayant pas marché cette fois-ci, je vais devoir commenter du coup...

Bon as usual les accords sont partis en croisière, j'ai pas eu la foi de relever, mais j'ai gardé les trucs rigolos.
Spoiler


Bon alors sans aucune originalité j'vais faire dans l'ordre de mes tirets, donc premièrement, Heath et Abigaïl : je tenais à rappeler que le "A quoi tu penses" a été répertorié dans le top 10 des clichés de la romance 2018 (édité par un jury amateur). Simple indication. Mais comme on en est à lire des "Mais je l'aime." dans tes textes, je crois que du chemin a été parcouru!
En fait, par rapport au chapitre 13, je sens que la fic va se finir avec un epic fail du style d'Abigaïl qui se rendra compte un peu tard qu'elle a fait buter son mec, aka Serpent. "Oups" Mr. Green
Pour parler d'Heath tout seul, on sent qu'il a pas mal mûri entre les deux tomes. Après, c'est vraisemblablement corrélé aux années qui se sont écoulées depuis la publication de DSSLN...

Ce qui m'a frappé avec les deux chapitres là, c'est que le scénario "tombe sous le sens". Sans qu'on s'y soit particulièrement attendus, ça tient debout et ça n'a pas besoin de trente kilomètres d'explications, par exemple le piratage du cyborg c'est expliqué en une ligne et on se dit "Ah ouais, pas con". C'était propre, et franchement c'est bien d'avoir évité le pavé de "Vous voyez alors là on a fait comme ça et..." o/
J'ai bien aimé le parallèle entre Thomas et Renarde, Dragonne a même failli servir à quelque chose c'est incroyable!
Pour finir sur l'attaque, on a réussi à retrouver des images d'une caméra de surveillance du complexe, qui nous révèle comment s'est déroulée la chute de Peter :

http://2.bp.blogspot.com/_6ujqNbm-zj4/SrBKhEs7bAI/AAAAAAAAALY/xhdL6F6TU8A/s320/killing-joke-falling.jpg


Allez, tomber dans des produits chimiques n'a jamais tué personne, après tout! Smile

Dernier point : une fois encore, je m'interroge sur les motivations d'un perso, et ici c'est Xana. Pour le coup, il n'avait pas de raison particulière de sauver Heath, sauf si on considère qu'il est également influencé par Seth. Ou alors Xana a un intérêt là dedans, genre il est conscient du fait que Heath va vouloir garder Seth en vie et donc, indirectement, servir à Xana. Quoi qu'il en soit, son intervention était badass. o/

PS : On recherche actuellement Sergei Dragunov, porté disparu depuis une durée indéterminée parce qu'on a la flemme de chercher son dernier chapitre d'apparition.
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"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
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Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

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Tyker MessagePosté le: Mer 04 Avr 2018 10:05   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Alors maintenant on emploie des stratégies pour me faire poster plus vite? Rolling Eyes

Et si à la place on faisait un petit deal? Plus ton com (ou un autre) arrive vite, plus la suite arrivera vite. C'est une promesse. Mr. Green

Citation:
Bon alors sans aucune originalité j'vais faire dans l'ordre de mes tirets, donc premièrement, Heath et Abigaïl : je tenais à rappeler que le "A quoi tu penses" a été répertorié dans le top 10 des clichés de la romance 2018 (édité par un jury amateur). Simple indication. Mais comme on en est à lire des "Mais je l'aime." dans tes textes, je crois que du chemin a été parcouru!


Un peu de romance chelou avec un poil de cliché, parfois ça fait du bien. Mr. Green


Citation:
En fait, par rapport au chapitre 13, je sens que la fic va se finir avec un epic fail du style d'Abigaïl qui se rendra compte un peu tard qu'elle a fait buter son mec, aka Serpent. "Oups" Mr. Green


Houla non, non, non. Ce serait une catastrophe de finir comme ça Laughing


Citation:
Pour parler d'Heath tout seul, on sent qu'il a pas mal mûri entre les deux tomes. Après, c'est vraisemblablement corrélé aux années qui se sont écoulées depuis la publication de DSSLN...


Oui, il est vrai que j'ai commencé DSSLN il y a genre... Bah un peu plus de 4 ans. Embarassed Tâchons de faire en sorte que Pandémonium ne dépasse, voire n'atteigne pas les 3 ans. Mr. Green

Pour parler de Heath, disons que son nouvel environnement est pour beaucoup dans l'évolution de sa maturité. Ça et le fait qu'Intelligence soit toujours dans sa tête. Mais sa nouvelle vie y est pour beaucoup.

Citation:
J'ai bien aimé le parallèle entre Thomas et Renarde, Dragonne a même failli servir à quelque chose c'est incroyable!


Bah oui, à force d'avoir créé trop de persos ça risquait d'arriver. Disons que je corriges mes erreurs de jeunesse Wink

Citation:
Allez, tomber dans des produits chimiques n'a jamais tué personne, après tout! Smile


Évidemment, c'est scientifiquement prouvé Mr. Green

Citation:
Dernier point : une fois encore, je m'interroge sur les motivations d'un perso, et ici c'est Xana. Pour le coup, il n'avait pas de raison particulière de sauver Heath, sauf si on considère qu'il est également influencé par Seth. Ou alors Xana a un intérêt là dedans, genre il est conscient du fait que Heath va vouloir garder Seth en vie et donc, indirectement, servir à Xana.


Ce qui est bien quand tu t'interroges, c'est que tu donnes toi-même des réponses parfaitement valables. En vérité Xana n'est pas vraiment libre de ses mouvements, Seth l'a après tout menacé de le buter dans DSSLN lorsqu'il est arrivé dans son corps.
Il obéit donc à Seth par peur de disparaitre, et comme tu l'expliques toi-même, Seth a une influence sur Xana.
Quant à sa relation avec Heath, sachant que celui-ci s'occupe de Seth depuis de nombreux mois déjà, il sait que l'allemand prend soin du mutant. Au final, la survie de Heath ne fait qu'augmenter ses propres chances de survie, comme tu l'as bien compris.

Citation:
PS : On recherche actuellement Sergei Dragunov, porté disparu depuis une durée indéterminée parce qu'on a la flemme de chercher son dernier chapitre d'apparition.


"Porté disparu", tiens c'est pas mal ça pour la prochaine liste de persos. Mr. Green
En attendant, pas un mot à ce sujet Mr. Green

Le chapitre 14 paraîtra avant la fin de la semaine. (Edit: Ou pas)

PS: Abigail s'écrit à l'anglaise, pas de "AbigaÏl" please. Wink

_________________

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Tyker MessagePosté le: Jeu 12 Avr 2018 17:45   Sujet du message: Répondre en citant  
Tyker Modérateur


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Spoiler


Spoiler



Chapitre 14: L’Héritier de la Science

Chapitre 14: L’Héritier de la Science

Kenya, date et heure inconnues.

Jamais, au cours de son existence, le professeur Nicola Gregorsarov, n’avait croisé la route d’un enfant aussi brillant que Jérémie Belpois. Ce blondinet à peine sorti de la période des couches-culottes, faisait preuve d’une intelligence aussi aiguisée qu’impressionnante.
Assis sur ses genoux, et pianotant sur les touches de son clavier sans souffrir de la moindre timidité alliée à l’ignorance ou au manque d’expérience, l’enfant prodige était en train de découvrir morceau après morceau, l’existence et la complexité de la virtualité comme s’ils n’étaient rien de plus que de simples problèmes mathématiques.
Le scientifique, ancien concepteur de la première bombe atomique soviétique, avait du mal à en croire ses yeux. Le neveu du Professeur Belpois était aussi doué que discipliné, il enregistrait parfaitement chacune des consignes données, tout en les appliquant sans la moindre hésitation.
Gregorsarov s’autorisa un sourire admiratif, et contempla d’un oeil avisé les prouesses de son apprenti.
En effet, ce vieux scientifique de 83 ans était pleinement satisfait d’avoir enfin trouvé un garçon à qui transmettre son savoir. Pour la première fois depuis des décennies, il ne souhaitait pas que la mort le prenne tout de suite, car il devait d’abord s’assurer de l’Avenir scientifique de son espèce.


25 mars 2001.


Thomas Von Kane détestait Silver Wings, ce complexe à l’intérieur duquel chacun tentait de se démarquer en concluant l’expérience la plus répugnante qui soit l’écoeurait de tout son être. La seule raison pour laquelle il acceptait de s’y rendre était pour visiter son père; Herman Schaeffer, aka le Docteur.
Tout en ignorant les ragots et les vantardises déplaisantes des scientifiques qu’il croisait, le belge se planta face à la porte des appartements de son paternel, et apposa sa main sur la console afin qu’Intelligence lui autorise l’accès. La porte s’ouvrit en moins de deux secondes, et Thomas y pénétra sans se poser de question. La chambre était toujours aussi gigantesque avec ses soixante mètres carrés. Une bonne quinzaine de tableaux étaient accrochés aux murs, qui eux-mêmes étaient recouverts d’un magnifique papier peint bleu marine. Thomas promena son regard sur le portrait de David Hockney et la roue de couleurs de Damien Hirst. Peu importait le nombre de fois où il les observait, leurs valeurs de plusieurs millions de dollars ne cessaient jamais de l’exaspérer. Il ignora le bureau encombré de documents, le téléviseur à grand écran plasma, le canapé en cuir, la table de billard et le bar. Car la seule chose qui l’intéressait, était la personne allongée dans l’immense lit. L’état du Docteur avait visiblement empiré ces derniers mois, il avait le torse nu recouvert d’électrodes. Une machine située près de la table de nuit surveillait son rythme cardiaque. Une aiguille de perfusion était plantée dans son bras gauche, car il n’était plus en état de manger par lui-même. Son apparence était effrayante, comme si la mort le rongeait de l’intérieur. Cela se voyait dans les joues creusées, le teint blafard, la posture ratatinée de momie égyptienne, le corps qui semblait rentrer à l’intérieur de lui-même. Ils n’étaient que tous les deux, car leurs affaires de famille ne regardait qu’eux.
- Bonjour Thomas, salua le sexagénaire de sa voix éraillée.
- Bonjour Père.
- J’ai l’impression que tu as pris un ou deux centimètres.
- Ce n’est qu’une impression, j’en ai peur.
- Je vois, approche veux-tu. Nous avons à parler.
Le belge s’exécuta, et vint se placer sur la gauche de son paternel. Celui-ci essuya une quinte de toux, et reprit la parole :
- Comment vont tes frères et ta soeur ?
- Ils vont bien, mais Lucius va sans doute mettre un peu de temps à s’habituer à nous.
-Et Abigail ? Toujours la même ?
-Toujours, soupira-t-il, ce qui fit rire le vieil homme.
- Je plains le pauvre garçon qui attirera ses faveurs.
- Vous devriez plutôt plaindre tous ceux qui ont essayé de les obtenir.
D’un geste, le malade balaya cette remarque.
- Contrairement à ce que tout une tripotée d’imbéciles essaye de nous faire croire, nous ne sommes rien de plus que des animaux à l’apparence civilisée. Abigail est une mante religieuse à forme humaine, ceux qui ont eu le malheur de l’approcher disposaient d’un instinct de survie médiocre. Ma descendance n’avait aucunement besoin de leurs gènes.
- Pourquoi diable faut-il que vous rameniez tout à la science ?
- Car il n’existe aucune autre vérité pure en ce Monde. Et ce malgré ce que Drake pourrait penser.
Thomas esquissa un sourire, qui fut partagé par son paternel.
- Enfin, assieds-toi veux-tu ? L’affaire qui m’a poussé à te faire venir est importante, et sera sans doute la dernière que je pourrai te confier. Aussi, sois attentif.
Une fois le belge installé sur une chaise, le Docteur reprit :
- Figures-toi, mon cher Thomas, que tu as une autre soeur.
Le visage du belge s’assombrit.
- Elle se nomme Mathilda, continua le malade en l’ignorant. Et je dois dire que son intelligence est digne de mon sang, la volonté qu’elle met à l’ouvrage est tout à fait remarquable. Je suis sûr que vous vous entendrez à merveille.
- Épargnez-moi vos mots mielleux, Père, et dites-moi ce que vous attendez de moi.
Bien que n’appréciant nullement d’être interrompu, le Docteur accepta la requête de son fils en acquiesçant.
- Comme tu le sais, il ne me reste que peu de temps à vivre, et une fois que je ne serai plus de ce Monde, il y a fort à parier que Viero, Warren, Tanner, Yu et Akuma se battront pour récupérer mes ressources. Les instructions que je vous ai laissées n’ont pas changé, mais la trahison prochaine de Dragunov m’oblige à prendre de nouvelles mesures concernant ta soeur.
- C’est à dire ?
- Mathilda… ignore que je suis son géniteur. Elle et sa mère sont persuadées que mon frère Waldo est son père.
Les yeux du belge manquèrent de jaillirent de leurs orbites.
- Qu’avez vous fait ? gronda-t-il en maitrisant sa rage.
- J’ai rappelé à mon cher petit frère que tout ce qu’il a, il me le doit, j’en ai également profité pour concevoir un enfant au patrimoine génétique plein de promesses.
- Vous êtes répugnant, siffla le belge. Est-ce cela ce que nous sommes ? Des extensions de vous-même pourvues d’un sang digne ?
- Vous me devez tous la vie, rappela le scientifique avec froideur. Sans cette vision des choses qui te répugne tant, ni toi ni tes frères et soeurs ne seriez venus au Monde. J’ai déjà bien assez fait pour toi en pardonnant ton homosexualité quand tu m’as assuré que tu aurais recours à une mère porteuse pour concevoir ma descendance.
Thomas bouillit de colère, mais son paternel n’en eut cure.
- Pour en revenir à l’affaire qui t’amène, ta soeur risque fort d’être la cible des rapaces de l’Organisation. Tout d’abord grâce à ses compétences et son intelligence qui feraient d’elle un atout de poids à l’avenir, mais également car elle servirait parfaitement à faire chanter sa mère, qui est la conceptrice de notre tout premier super calculateur.
- Qu’attendez-vous de moi ? cracha le belge.
- La même chose que d’habitude, récupère ta soeur avant qu’elle ne tombe entre de mauvaises mains. Intègre-la à notre famille, et assure toi de son avenir et de celui de ses enfants.
- Comment osez-vous dire que cette famille est la vôtre ?
- J’en suis le concepteur, le financier, et le professeur. Tout ce que vous avez, tout vous connaissez, et tout ce que vous obtiendrez, c’est à moi que vous le devez. Ne l’oublie jamais.
Thomas en avait assez entendu, il se leva, et prit la direction de la sortie.
- Quelle est ta réponse ? toussa le malade.
Le belge se retourna, et foudroya son paternel du regard.
- Je serai ce frère dont ma soeur aura besoin, mais ne vous attendez pas à ce que je parle de vous à mes enfants ou à mes nièces et neveux. Vous disparaîtrez de la mémoire familiale comme un mauvais rêve.
Le Docteur éclata d’un rire éraillé, et essuya une violente quinte de toux.
- Gamin, ricana-t-il. Tant que mon sang coulera dans vos veines, je ne disparaitrai jamais.
Thomas l’ignora, et sortit de la pièce.
Jamais il ne revit son père, et jamais il ne partagea le contenu de cette conversation avec ses frères et soeurs, car il refusait que la pensée démente de ce vieux fou n’empoisonne un peu plus les vies des siens. De même qu’il ne voulait pas que le peu d’amour qu’ils pouvaient lui porter ne se change en une haine viscérale et éternelle.



Pays Bas, quelques heures après la découverte du complexe de Tanner.


Exténué par la quinzaine d’heures de conduite qu’il avait en magasin, Thomas choisi de s’arrêter à une station service afin récupérer un peu.
Il sortit son thermos de la boite à gants et se servit une tasse de café, puis il descendit du véhicule, et se dirigea vers l’arrière afin de s’assurer de l’état de sa plus jeune soeur.
La scène qu’il découvrit en ouvrant la portière lui fendit le coeur.
Mathilda avait ouvert la housse mortuaire, et serrait le corps de sa mère dans ses bras. Thomas grimpa dans le véhicule, et ferma la porte derrière lui, il s’approcha de sa soeur, et l’enlaça tendrement.
- Ça sert à rien ce que tu fais, lâcha l’Augure d’une voix sinistre. Je ne peux rien ressentir, rien à part la douleur.
- On trouvera un moyen de te fournir un nouveau corps, consola Thomas.
Mais Mathilda ne se laissa pas faire.
- Je ne peux pas pleurer ma mère, ni même l’enterrer. Je ne pourrai pas dire à ma soeur qui je suis, je ne peux même pas montrer mon visage à mon oncle.
Mathilda caressa tendrement le visage de sa mère, bien que les larmes ne purent couler, la tristesse dans son regard fit saigner le coeur de son frère.
- Maman, souffla-t-elle. Je ne devrait pas me plaindre de mon sort, ta vie a été tellement plus difficile, mais tu as tenu bon. Pour moi, alors que je n’étais même pas l’enfant de l’homme que tu aimais. Je suis désolée, tellement désolée.
Lentement, elle reposa le cadavre dans la housse, et la referma. Avant de se jeter dans les bras de son frère.
Tandis qu’il la serrait aussi fort que possible, Thomas Von Kane maudissait son père, et toute la souffrance qu’il leur avait léguée.


Au même moment, quelque part dans au-dessus de la Méditerranée.


Jet Yu avait fait preuve d’un professionnalisme impressionnant. En effet, le jet privé venu les récupérer avait atterri sur la route la plus proche à peine quarante deux minutes après l’appel d’Abigail. Le pilote Danois et son équipage leur avaient souhaité la bienvenue à bord, et leur avaient offert tout le confort et les équipements nécessaires à la réussite de leur mission.
Enfin, par « équipement », Abigail entendait surtout de nouveaux vêtements, et de quoi nourrir sa portée de louveteaux. Les armes, ils les avaient déjà apportés.
Heath n’avait jamais pris l’avion de toute sa vie, et il ne mit pas longtemps à détester cela. Il ne pouvait strictement rien faire, si ce n’était regarder des films, observer l’horizon à travers un hublot, ou dormir.
Cette dernière option semblait convenir à Drake, le balafré avait piqué un somme à peine dix minutes après le décollage, et de ce que l’allemand constatait, il profitait pleinement de son repos.
Abigail de son côté, avait profité du luxe de l’appareil pour prendre une douche, et refermer les plaies ouvertes par les loups de Peter. Après quoi, elle avait nourri chacun de ses animaux de compagnie avec du lait de chèvre, avant de les mettre au lit dans une couverture bien chaude et douillette.
Cependant, elle aussi commençait à sentir les effets de l’ennui, elle se leva donc de son siège, et vint s’asseoir aux côtés de Heath.
Le psychopathe la considéra avec mépris.
- Tire-toi, siffla-t-il entre ses dents.
- Que tu es grossier, répondit la jeune femme en faisant la moue. Tu pourrais avoir la présence d’esprit de me faire la conversation.
- Tentant, mais non. Tire-toi.
- Quel genre de personnes sont ma cousine et mon oncle ?
Heath fronça les sourcils de perplexité.
- Qu’est-ce que tu racontes ?
- Waldo et Aelita, précisa la rousse. Le frère et la nièce de mon père. Qui sont-ils ?
- C’est le frère de Schaeffer que j’ai buté?
- S’il le savait, il te remercierait. De ce que je sais, leur relation ne méritait pas un prix Nobel.
Heath lâcha un ébrouement amusé.
- Si ça peut l’aider à me lâcher la bride…
- Vos rapports sont aussi mauvais ? gloussa la rousse.
L’allemand secoua la tête.
- Mauvais ? Non… enfin… je sais pas… Il est chiant parfois, mais par rapport à mon vrai paternel…On va dire que c’est correct.
- Et Aelita ?
- Aelita ? Elle est cintrée, et c’est une emmerdeuse tout ce qu’il y a de plus concret. Mais… mais je l’aime bien. C’est pas une limace amorphe et inutile comme l’était Alister… Et…
Les yeux de l’allemand jaillirent de leurs orbites, il fixa la hollandaise avec rage.
- Et pourquoi je te raconte tout ça ? vociféra-t-il. Va donc t’occuper de tes chiots et fous-moi la paix.
Abigail éclata d’un rire cristallin.
- Oh, voilà que le grand méchant Serpent se met à bouder. T’as pas envie qu’on se rende compte que t’as un faible pour ta p’tite famille ?
Elle avait frappé pile là où Heath tentait de masquer ses émotions, l’allemand tenta de mettre fin à la conversation en se renfrognant.
« Si tu ne déballes pas ton sac, ça va te faire du tort à l’avenir. Qu’y-a-t-il de mal à papoter avec cette jeune femme ? »
« Elle est beaucoup trop curieuse. C’est un véritable nid à potins. »
« Et à qui elle va les raconter ses potins ? Au Figaro ? Cesse de faire l’enfant. Te vider la tête te fera un bien fou, et les conversations vont dans les deux sens. »
Heath soupira d’exaspération, avant de fixer la rousse dans ses yeux bleus étincelants.
- Pourquoi ta spectre de frangine a bloqué sur le corps d’Anthéa ?
La hollandaise fut prise de court par la question, elle prit un temps avant de répondre :
- Mathilda… son histoire n’est pas très joyeuse.
- Balance.
Abigail le considéra d’un regard noir, mais finit par lâcher :
- Pour se venger de la défection de Waldo, notre père a engrossé Anthéa avec sa propre semence. C’est comme ça que Mathilda est née, et c’est pour ça qu’elle était bouleversée; elle venait de découvrir le cadavre de sa mère.
Heath frémit de dégoût, avant de froncer les sourcils de colère.
- J’aurais dû faire durer le trépas de ce connard…
- À mon tour de poser une question, coupa la rousse visiblement pressée de changer de sujet. Pourquoi tu as embarqué Seth avec toi quand tu t’es échappé de « Silver Wings » ?
Heath la considéra d’un oeil mauvais.
- Qu’est-ce que ça peut te foutre ?
- C’est juste histoire de faire passer le temps.
L’allemand refusa d’avaler cette justification trop mince à son goût.
- Dis-moi ce que ça peut te foutre et je répondrai.
Abigail grogna, mais finit par lâcher :
- Notre père avait conçu Seth afin qu’il soit le clou de son héritage génétique. C’est pour ça qu’il y a mêlé son propre ADN; il espérait obtenir toute une descendance de surhomme.
- Alors pourquoi il a voulu concevoir d’autres mutants ?
- Pour le cas où Seth ne survivrait pas, et pour s’assurer de la réussite totale de son projet contre-nature.
« Elle dit la vérité. »
Heath prit un temps pour se remémorer les raisons qui l’avaient poussé à prendre le mutant sous son aile. Il finit par hausser les épaules.
- À la base, je voulais me servir de sa puissance. J’avais vu le carnage qu’il avait causé sur les soldats de ton père avant mon arrivée. Ça aurait été dommage de se priver d’une telle force.
Abigail sourit de toutes ses dents, elle ne semblait avoir retenu que trois mots :
- « À la base »? souffla-t-elle avec amusement. Parce que ce n’est plus le cas aujourd’hui ?
- C’est à toi de répondre à une de mes questions, fit remarquer Heath d’un ton mauvais. Alors dis-moi, qu’est-ce que tu feras une fois que tu seras sûre que les cadavres dans le placard de ton paternel cesseront de te hanter ?
Sachant que ce n’était que partie remise, la rousse répondit avec simplicité :
- J’ai l’intention de m’installer dans un coin tranquille, sans emmerdeurs, et de vivre une vie simple grâce à mon compte en banque bien rempli. J’aurai sans doute trois ou quatre gosses, et je laisserai le futur m’offrir ses imprévus et ses surprises. Alors ? Pourquoi tu as gardé Seth ?
Un peu déçu par sa réponse, Heath rechigna un peu avant de finalement lâcher :
- J’aime bien ce gamin. Il est puissant, loyal, dangereux au possible, obéissant. Si mon premier frère avait été comme lui, je ne m’en serais jamais débarrassé.
Intriguée, Abigail eut bien du mal à contenir sa curiosité.
- À ton tour de poser une question.
- Je n’en ai plus, répliqua l’allemand en abaissant son siège avant de fermer les yeux. Trouve-toi un autre passe-temps.
Pour toute réponse, la rousse grogna avec frustration.
- J’ai une dernière question de mon coté, réponds-y et je te fous la paix.
Conscient qu’il n’y échapperait pas, Heath grimaça d’agacement.
- Vas-y.
- Tu vas faire quoi une fois le travail terminé ?
L’allemand soupira d’exaspération.
- Mais qu’est-ce que ça peut te foutre ?
- Réponds et je te réponds, répliqua la rousse d’un air malicieux.
Heath renâcla, avant de réfléchir à une réponse. Il finit par hausser les épaules.
- Je sais pas trop pour le moment, admit-il. Il faudra que je vois ce que Schaeffer et Aelita ont prévu…
- Parce que tu veux rester avec eux ?
Abigail parut sincèrement surprise, le psychopathe de son côté, soupira à nouveau.
- J’en sais rien, mais je sais pas ce que j’aurai d’autre à faire. Du coup je te repose la question; qu’est-ce que ça peut te foutre ?
- Tu pourrais venir avec nous. proposa la rousse.
L’allemand rouvrit les yeux, et fixa son interlocutrice d’un oeil sceptique, avant de lever les yeux au plafond.
- Si t’as l’intention de faire en sorte que ce soit moi qui te file tes trois ou quatre gosses, tu peux toujours courir.
- Pourquoi ? T’as peur d’être un mauvais père ?
- Mon père je lui ai éclaté le crâne avec le couvercle des chiottes. Ça répond à ta question ?
- Non; Ma mère était une pute, ça m’empêche pas de vouloir des enfants.
Heath éclata de rire face à cette justification.
- Quelle blague. Toi et moi n’avons rien en commun, arrête d’essayer de me draguer.
- On s’en fout de ce qu’on a en commun, répliqua la rousse en approchant dangereusement son visage du sien. Commun c’est commun, toi tu es particulier. C’est ça qui me plait.
Heath la considéra avec horreur, et la foudroya du regard.
- Vire ta sale tronche de là avant que je ne te l’arrache.
D’humeur joueuse, Abigail s’arrêta à moins d’un centimètre des lèvres de l’allemand.
- T’as aucune expérience avec les filles, dit-elle d’un ton moqueur. Comment tu peux savoir si ça va te déplaire ?
- J’ai aucune envie de le savoir, siffla le psychopathe.
Un sourire se dessina d’une oreille à l’autre de la rousse.
- Alors c’est ça ton truc, souffla-t-elle langoureusement. Tu as peur que ça vienne déglinguer ta réputation de gros dur sans sentiments.
- Tire-toi.
- Tu sais… murmura-t-elle en ignorant son avertissement. T’es pas immortel, un jour où l’autre tu vas y passer.
- Et alors ?
- Le seul moyen de ne pas tomber dans l’oubli c’est d’avoir des enfants à qui transmettre tes connaissances, qui à leur tour, les transmettront à leurs enfants.
Heath éclata de rire, colla son front contre celui de la rousse, et plongea son regard bleu acier dans le bleu étincelant de son interlocutrice.
- Qu’est-ce qui te fait dire que je veux de toi comme mère de mes mômes ?
Ce fut au tour d’Abigail d’éclater de rire.
- Quelle autre femme voudrait d’un assoiffé de sang comme toi ? Quelle autre femme s’approcherait de toi sans te craindre ?
Elle passa délicatement sa joue gauche contre la sienne, avant de lui murmurer à l’oreille :
- Quelle autre femme te désirerait de tout son être ?
Un frisson d’excitation parcourut la colonne vertébrale du psychopathe, il tâcha de maitriser sa respiration afin de ne pas laisser la moindre émotion transparaître.
« Quelle… garce… »
« Elle est douée, il te sera difficile de ne pas tomber entre ses griffes. »
« Ferme-là, je n’appartiens à personne. »
« Mais tu commences à vouloir l’inverse. »
Un raclement de gorge vint interrompre les pensées du psychopathe, lui et la succube se tournèrent vers la source de cette interruption.
- Pourriez-vous attendre d’avoir un moment d’intimité avant de succomber à vos pulsions ? demanda poliment Drake tout en prenant soin de masquer son dégoût.
Abigail sourit, avant de se retourner vers Heath, et de lui lécher le visage sans crier gare.
L’allemand se paralysa sur place, tandis que la rousse le gratifiait d’un sourire moqueur.
-Ce n’est que partie remise, souffla-t-elle avant de retourner s’asseoir à sa place.
Heath passa le reste du vol à se demander s’il devait être écoeuré ou flatté.


Kenya Désert de Chalbi, à l’Est du Lac Turkana, 25 septembre


Le jet privé qui les transportait se posa à l’aéroport de la petite ville de Loyangalani. Le pilote danois de Jet Yu les informa poliment qu’il repartirait dans douze heures grand maximum, avec ou sans eux. Heath lui répondit en souriant, qu’il savait qui il était et où il habitait, et qu’il massacrerait toute sa famille devant ses yeux s’il osait repartir sans eux. Après avoir remercié Intelligence pour ses informations cruciales au sérieux de sa menace, il descendit de l’appareil avec Abigail et Drake sur les talons.
La rousse grimpa la première dans la jeep qui les attendait, et attendit que tout leur équipement et ses passagers furent installés, avant de démarrer le véhicule, et de sortir de l’aéroport.
Le complexe scientifique d’Adama Viero était en plein coeur du désert de Chalbi, et sans les coordonnés qui indiquaient sa position précise, il aurait été presqu’impossible à trouver.
Ils roulèrent durant près de six heures, ne s’arrêtant que pour refaire le plein à l’aide des bidons de carburant fournis avec le véhicule. Ce n’est que vers deux heures du matin heure locale, qu’ils approchèrent de la destination de leur très long voyage.
Drake, qui avait pris le relais d’Abigail afin de laisser sa soeur bénéficier de quelques heures de sommeil, coupa le contact, et réveilla ses passagers.
Aussitôt, Heath sauta sur le sable glacial du désert, et scanna les environs à l’aide d’Intelligence.
Cependant, il eu droit à une très mauvaise surprise.
- Y’a un truc qui brouille ma vision, grogna-t-il.
- Évidement, répondit Abigail en sortant une paire de jumelles high-tech. Viero n’est pas un idiot, il doit y avoir au moins cinq brouilleurs dans le coin.
Sur ces mots, la rousse inspecta les environs à son tour.
- Y’a sept brouilleurs, rectifia-t-elle. Et des détecteurs de mouvements un peu partout. Ça va être chaud de repérer le complexe dans tout ce bordel.
-On devrait peut-être attendre qu’un convoi vienne, suggéra Drake. Ainsi, on aurait un chemin tout tracé jusqu’au complexe.
- Mauvaise idée, rétorqua Heath. Un endroit aussi bien planqué ne doit pas recevoir de ravitaillement et de visite tous les jours, ni même toutes les semaines. Et si on va éclater les brouilleurs, on sera vite grillés.
- Foncer dans le tas n’est pas la bonne stratégie, raisonna la rousse. Thanos et Crystal sont surement là-dedans. Qui sait ce dont ils sont capables ?
- On pourrait essayer de choper une patrouille, et de les faire parler.
Abigail secoua la tête.
- Viero est paranoïaque, il a sélectionné chacun de ses hommes, et possède des moyens de pression sur eux qu’on ne pourra pas égaler en si peu de temps.
- Il faudrait qu’on ait un allié à l’intérieur même du complexe, sourit Heath tandis qu’une idée germait dans son esprit. Pour ça, il nous faut trouver une patrouille.
- T’es sûr de ton coup ?
- À 200%. Tu vois du monde avec tes jumelles ?
- Celles-ci sont plus adaptées, dit-elle en tirant des infra-rouges de sa besace.
Elle scanna les environs une nouvelle fois, et découvrit l'objet de la convoitise du psychopathe.
- Y’en a une à quatre kilomètre au Nord-Ouest. Elle vient dans notre direction.
- Parfait. Allez planquer la jeep, et laissez-moi faire.


***



Il s’écoula moins de trois minutes avant que la patrouille en question ne rapplique à l’endroit où leur centre de contrôle leur avait signalé une présence non-autorisée.
Il n’était pas rare que des touristes ou des idiots ne se perdent dans le désert, dans ce cas, les consignes étaient simples : vérifier qu’il ne s’agissait pas d’espions, les abattre s’ils résistaient ou s’ils étaient suspects, ou les raccompagner à la ville la plus proche si jamais ils étaient innocents.
Une patrouille était composée de six hommes, dirigée par un sergent que Heath repéra facilement étant donné les ordres qu’il aboyait aux soldats descendus examiner les traces laissées par la jeep de Drake.
Caché derrière une épaisse dune de sable, l’allemand libéra Intelligence de son esprit, et l’envoya posséder l’officier.
L’I.A. sous forme de spectre passa derrière les phares de la jeep de patrouille, et infiltra le cerveau de sa cible.
Une fois le sergent sous son contrôle, elle se mit à examiner sa mémoire à une vitesse monstrueuse. Dès qu’elle découvrit que la ronde de cette patrouille se terminait dans trente-six minutes, elle jeta discrètement le talkie du soldat au sol, avant d’ordonner aux hommes descendus de remonter dans le véhicule, et de rentrer à la base. Ceux-ci, bien que surpris, ne discutèrent pas les ordres de leur supérieur. Après tout, réfléchir c’est désobéir.
Bien qu’elle fut en possession de la position exacte du complexe, elle attendit la fin de la patrouille pour qu’elle et ses hommes ne retournent à leur base.
L’entrée de celle-ci se trouvait sous une énorme fausse dune de sable, qui s’ouvrit dès que la jeep fut arrivée face à elle.
Après être allée garer leur véhicule dans l’immense hangar, décliner leur identité, et procurer le mot de passe adéquat aux hommes chargés de surveiller l’accès au complexe, Intelligence profita du savoir de son hôte pour infiltrer le premier responsable de la surveillance radar qu’elle croisa à travers les couloirs de la base.
Ignorant le regard perdu du Sergent qui ne comprenait pas comment il était revenu à la base, elle prit la direction du centre de contrôle.
Pour cela, elle dut descendre au sixième sous-sol, traverser deux longs couloirs, et entrer le code à neuf chiffres qu’elle avait pioché dans la mémoire de son hôte.
Abigail avait qualifié Viero de paranoïaque, au vu de ce qu’elle voyait, Intelligence considérait que le mot était faible.
La salle était remplie d’au moins six cent cinquante écrans de contrôles, dont cinq centaines montraient des images provenant de l’enceinte du complexe.
Elle profita de sa présence dans la pièce pour se renseigner un maximum sur tout ce qui avait un intérêt stratégique à ses yeux.
À sa grande surprise, elle ne découvrit rien concernant Thanos, Crystal ou le Professeur Akuma. En revanche, il ne lui fut pas difficile de localiser le petit Jérémie Belpois. En effet, l’enfant dormait paisiblement dans la chambre qui lui avait été confiée au onzième sous-sol.
Le Super calculateur africain était solidement gardé au huitième sous-sol.
Cependant, Intelligence découvrit avec soulagement qu’aucun scientifique du complexe n’était parvenu à user correctement des tours de leur monde virtuel. Ce qui signifiait qu’ils ne pouvaient techniquement lutter avec les mêmes armes que Heath.
En revanche, le fait que chacun des gardes soit équipé d’au moins une arme à balles EMP ne plut que moyennement à l’IA. Car elle savait qu’elle ne survivrait pas si elle était touchée par un seul de ces projectiles.
Adama Viero, quant à lui, était présent en quatre exemplaires visibles dans l’enceinte du complexe, ce qui justifiait un peu plus la recherche d’un mot plus élaboré que « paranoïaque » pour décrire sa personne.
Intelligence sécurisa un passage sûr jusqu’à l’entrée de l’une des bouches d’aérations du complexe, pour se faire, elle détourna toutes les caméras nécessaires. Une fois le travail achevé, elle quitta son hôte en s’infiltrant dans son talkie, avant de ressortir par l’appareil qu’elle avait jeté lorsqu’elle avait possédé le Sergent. Elle revint ensuite dans le cerveau de Heath, et lui transmit toutes les informations qu’elle avait récoltées.
L’allemand s’autorisa un sourire, avant de conduire Drake et Abigail vers le passage gracieusement ouvert par Intelligence.
-Bon, murmura-t-il dès qu’ils furent devant l’entrée. On se sépare les tâches; Drake tu neutralises les gardes, Abigail tu cherches et tu dégommes Viero. Fais gaffe, il a des doublures. Moi je vais détruire le super calculateur.
- Et Thanos et Crystal ? demanda la rousse.
- Pas là, grogna l’allemand, ce qui en retour, agaça la hollandaise.
- On les cherchera plus tard, reprit Heath. Vous êtes prêts ?
Abigail activa son bracelet, et laissa son spectre prendre possession d’elle. Drake fit de même avec sa montre, puis il abaissa ses lunettes de protection, et leva son lance-flammes.
- Au boulot.
L’aération était bien évidement, truffée de pièges et d’alarmes. Mais Intelligence les avait tous désactivés au préalable.
Drake s’arrêta le premier au quatrième sous-sol, et choisit d’entrer par le vestiaire des soldats. Il dégagea la grille qui lui barrait le chemin d’un coup de pied, ignora les mouvements de panique des gardes, et actionna son arme.
Un authentique torrent de flammes emporta la pièce et tous ceux qu’elle contenait, des hurlements désarticulés résonnèrent telle une douce musique aux oreilles du pyromane qui avança sans se préoccuper davantage de ses victimes. Tandis qu’une alarme stridente se répercutait dans tout le complexe.
Abigail s’arrêta au septième sous-sol, celui-ci disposant non seulement d’un bunker, mais également d’une sortie de secours. Il y avait fort à parier que Viero serait dans les environs, aussi elle entama ses recherches, tout en tuant de quelques balles les gardes et scientifiques qu’elle croisait.
Heath, quant à lui, s’arrêta au huitième sous-sol, et dégagea les quelques dizaines de gardes qui n’eurent pas la présence d’esprit d’user de leurs armes EMP avant que l’allemand ne se serve de son mode « Spectre ».


Quelque part au sein du complexe


Adama Viero était franchement agacé par la facilité avec laquelle ses assaillants avaient pénétré son système de sécurité. Mais il n’était pas devenu l’homme le plus puissant du continent Africain sans la moindre capacité à repousser les imprévus.
Tandis qu’il marchait en direction de son issue de secours, il sortit son téléphone portable, et envoya les instructions nécessaires à sa contre-attaque par SMS.
Une fois ceci fait, il emprunta son ascenseur personnel, qui était bien évidement, absent de tous les plans, et remonta à la surface où son hélicoptère l’attendait.


8ème sous-sol.



Heath fut déconcerté par la facilité avec laquelle il démolissait le moindre obstacle qui se mettait entre lui et son objectif. Il fallait être honnête, le mode « Spectre » rendait les choses trop faciles. Les gardes humains étaient trop lents pour constituer une menace digne de ce nom, et les scientifiques se contentaient de hurler tandis qu’il pulvérisait leur crâne.
Incapable de masquer sa déception, il poussa un profond soupir lorsqu’il arriva face à la lourde porte blindée qui marquait le dernier obstacle entre lui et le super-calculateur.
Blasé par tant de facilité, il s’apprêtait à traverser le blindage à l’aide de sa condition. Avant qu’un authentique missile n’éclate devant ses yeux, l’envoyant valdinguer jusqu’au bout du couloir.
- Intrus détecté ! mugirent pas moins de cinq voix cybernétiques. Mission : Détruire !
Heath se releva juste à temps pour esquiver les rafales de balles EMP tirées par la demi-dizaine de robots qui filaient dans sa direction. Bien qu’un peu déçu de ne pas avoir affaire à des êtres de chair et de sang, le psychopathe ne bouda pas son plaisir face à la difficulté nouvelle de sa mission.


4ème sous-sol.


Alors que Drake avançait tout en incinérant tous ceux qui avaient le malheur de se trouver sur son passage, il fut tirer de sa transe destructrice par une multitude de feulements animaux.
Il tourna la tête, et aperçu toute une colonie de lézards mutants de plus de deux mètres de longs filer à toute vitesse (et sur tous les murs) dans sa direction. Écoeuré par ces apparitions soudaines, le pyromane pointa son arme sur les créatures, et déclencha un nouveau torrent de flammes.
- Seul Dieu accorde la vie éternelle, Viero, vociféra-t-il tout en sachant parfaitement la raison pour laquelle le nigérian expérimentait sur des reptiles et des amphibiens. La seule chose que vos répugnantes expériences prolongeront sera votre séjour en Enfer.


3ème sous-sol.


Abigail savait comment repérer Viero au milieu de ses doublures, mais elle avait besoin pour cela, de les regarder jusqu’au plus profond de leurs yeux; car le nigérian avait une tache brune au fond de sa pupille gauche.
Après avoir brisé la nuque de la deuxième doublure qu’elle avait croisée, la hollandaise commençait sérieusement à se douter que son ennemi était en train de la lui mettre à l’envers.
Elle se précipita donc vers l’escalier de service, et monta les marches quatre à quatre afin de regagner la surface.
Elle savait de source sûre qu’il n’y avait pas de tunnel souterrain par lequel le nigérian pouvait s’enfuir, le ciel était donc sa meilleure piste.


8ème sous-sol.


Les machines étaient coriaces, et leurs roues motrices blindées rendaient leur formation absolument parfaite.
Ces robots de deux mètres quarante de haut avançaient en ligne suffisamment large pour occuper tout le couloir, et déchiquetaient à coup de balles EMP, tout ce qui avait le malheur de pénétrer dans leur champ de vision.
Heath changea de stratégie, puisque la voie frontale était bouchée, il fallait contourner.
Il arracha les portes des trois salles devant lesquelles il passa pendant sa fuite, et attendit que les robots empruntent le virage pour s’engager dans son couloir avant de leur jeter ses projectiles.
Tandis que les machines démolissaient les épaisses planches de bois blindées, l’allemand se précipita dans les conduits d’aération, se faufila à travers eux tel un serpent, et ressortit derrière les robots en démolissant la grille qui lui barrait le passage.
Avant que les machines n’eurent le temps de réagir, il en transperça une de son poing gauche, et recula précipitamment avec sa prise tel un caïman qui entrainerait sa proie au fond de l’eau.
Tandis que les autres robots se retournaient pour le canarder, l’allemand envoya Intelligence s’emparer du programme de la machine qu’il avait capturée. Une fois sa prise reprogrammée, il profita du carrefour vers lequel il arrivait pour extirper son bras et s’échapper au croisement, tandis que son nouvel allié ouvrait le feu sur ses anciens amis de métal. Ceux-ci mirent un temps avant de comprendre que l’un des leurs était passé à l’ennemi, aussi, ils perdirent une autre unité durant leur réflexion. Ils changèrent d’arme, et armèrent leurs bazookas en direction du robot renégat. Trois projectiles filèrent en direction de celui-ci qui explosa dans un nuage de fumée noire, par laquelle Heath jaillit tel un cobra, et empala les deux robots les plus proches avant qu’ils n’eurent le temps de se réarmer de leurs mitrailleuses EMP. Il envoya ses prises se fracasser sur leur troisième compère, provoquant un carambolage qui les fit valdinguer dans un vacarme assourdissant jusqu’à ce qu’ils s’encastrent dans le mur derrière eux.
Sans leur accorder la moindre chance de se relever, Heath se précipita sur eux, et fracassa leurs carcasses de métal à coups de poings. Il frappa, encore et encore, jusqu’à ce qu’ils soient trop amochés pour se relever. Satisfait, il se redressa et s’essuya les mains.
-Bien, maintenant le super calculateur.


11ème sous-sol


Nicola Gregorsarov, malgré ses 83 ans, s’était précipité aussi vite que ses vieilles jambes avaient pu lui permettre d’aller jusqu’à la chambre du petit Jérémie Belpois. Là, il entra le code d’accès, et pénétra dans la pièce.
Au départ il ne vit rien d’autre que ce que la lumière rouge clignotante de l’alarme lui permit de voir : un lit, des petits robots, des revues d’informatique, et même certains de ses propres livres.
Malgré ses rhumatismes, il s’agenouilla, et regarda sous le lit.
Jérémie était là, terré tel un lapin, tremblant de la tête aux pieds.
- Mon garçon, dit l’ex-soviétique en tachant de maitriser son souffle rauque. Viens avec moi, il faut nous mettre à l’abri le temps que les pompiers maitrisent l’incendie.
Jérémie hésita, avant de finalement se glisser hors de sa cachette. Gregorsarov l’empoigna, et le tira hors de sa chambre, conscient que leur seul espoir reposait entièrement sur l’ascenseur de secours.


4ème sous-sol


Drake écrasa de sa botte le crâne carbonisé de la dernière créature qu’il eut à incinérer. Il avait rempli sa part de mission, tous les soldats présents à cet étage, et tous ceux qui avaient accouru les aider avaient été réduits en cendres.
Il ne lui restait plus qu’à s’assurer que Viero ne s’échappe pas.
Le balafré se dirigea donc vers les cages des ascenseurs, les ouvrit manuellement à l’aide de sa force de « possédé », et déchira les câbles à mains nues.
Ce qu’il ignorait… c’était qu’Adama Viero était déjà dehors, et qu’il était en ce moment en train de monter dans son hélicoptère.


11ème sous-sol


En revanche, Gregorsarov et Jérémie étaient toujours bloqués au onzième sous-sol, et le russe eut tout juste le temps de se jeter sur son apprenti avant que les ascenseurs ne viennent s’écraser à leur niveau.
Après s’être assuré que le petit n’avait rien, il constata avec amertume que les monte-charges étaient hors service, et que leurs autres issues étaient bloquées par les flammes.
L’ex-soviétique poussa un profond soupir, et força le blondinet à le regarder dans les yeux.
- Écoute-moi Jérémie, tout va bien se passer. Je vais te montrer un secret que je n’ai jamais montré à qui que ce soit, alors tu dois me promettre de garder ça pour toi, d’accord ?
Le garçon hocha la tête en retenant ses larmes, et le scientifique sortit des poches de sa blouse deux épais cahiers.
- Ce sont mes journaux de recherches, précisa-t-il en souriant. Il y a là de quoi intéresser les plus éminents chercheurs de la planète, mais c’est à toi que je les confie, alors prends-en bien soin, d’accord ?
À nouveau, le garçon hocha la tête, et serra ses nouvelles possessions contre lui telles un précieux doudou. Le scientifique le serra à son tour dans ses bras, et attendit que la mort les emporte tous les deux.
- Bonjour Jérémie, dit une voix sournoise. Ton oncle m’a dit que je te trouverais ici.
Gregorsarov et son apprenti relevèrent la tête, et aperçurent Heath qui sortaient des flammes, deux énormes valises gainées de plomb en mains. En effet, soucieux que les environs ne se retrouvent dévastés par des explosions nucléaires, il avait pris soin de récupérer la source d’énergie que contenait le super calculateur et toutes ses rechanges avant de détruire la machine.
- Qui êtes-vous ? demanda le garçon.
L’allemand posa un genou à terre, et lui sourit.
- Un ami de ton oncle Norman, il m’a chargé de te dire que tes robots ont un petit défaut; tu aurais dû opter pour de plus petites roues.
Rassuré par cette information, Jérémie se dirigea d’un pas hésitant vers le nouveau venu. Ce dernier le prit dans ses bras toujours gantés et cachés par son manteau.
- Bien, il est temps de sortir d’ici.
- Et le professeur Gregorsarov ? demanda le petit en jetant un regard inquiet vers son mentor.
- Ne t’inquiète pas pour lui, il y a un abri dans lequel il va pouvoir se réfugier. N’est-ce pas ?
Message reçu cinq sur cinq, le russe ne bénéficierai pas de la chance de son apprenti. Celui-ci sourit tristement, avant de s’approcher de l’enfant.
- Jérémie, tu es le garçon le plus brillant qu’il m’ait été donné de rencontrer, alors promets-moi que tu deviendras un grand scientifique.
- C’est promis, hoqueta le petit avant que Heath ne l’assomme d’une pichenette.
Gregorsarov se pencha pour ramasser les cahiers que son apprenti avait faits tomber, et les coinça dans le pantalon de celui-ci.
- Je suppose que vous êtes Serpent, dit-il à l’adresse de Heath.
Ce dernier haussa un sourcil.
-Je ne me doutais pas que j’étais si célèbre.
-Après tous les dégâts que vous avez causé ? Cela m’étonnerait.
Les flammes se rapprochèrent dangereusement des deux hommes, le plus âgé reprit la parole.
- Auriez-vous l’obligeance de m’accorder une mort sans douleur ?
À peine eut-il finit sa phrase, que Heath lui brisa la nuque d’un violent coup de mallette, le russe s’écroula au sol.
- Quand c’est gentiment demandé, je ne dis jamais non, ricana le psychopathe avant de se précipiter à travers les grilles d’aération.


À l’air libre.


Abigail s’extirpa du complexe, et scruta le ciel avec agacement, juste à temps pour apercevoir l’hélicoptère de Viero s’échapper.
La hollandaise ne se fit pas prier, elle fila à pleine vitesse à travers les dunes de sable froid, et sauta droit sur le patin gauche de l’appareil.
Là, elle grimpa jusqu’à la porte qu’elle entrouvrit, et se rua à l’intérieur de l’appareil.
Viero réagit avant ses hommes, et tira une balle EMP dans sa direction.
La hollandaise fit un bond en arrière pour l’éviter, et le projectile de plomb termina sa course dans la nuque du pilote.
Alors que l’appareil filait droit vers le sol, la jeune fille désarma le nigérian d’un coup de pied circulaire, avant d’abattre ses hommes de deux balles dans la tête chacun. Puis elle se saisit de son ennemi par le bras, le brisa, et se jeta avec lui hors de l’hélico, qui alla s’écraser dans le sable.
La hollandaise se réceptionna sur ses pieds, et gratifia Viero d’un coup de poing dans la tempe pour l’empêcher de se débattre.
Une fois sa prise sécurisée, elle retourna en direction du complexe, où Drake l’attendait.
- T’es sûre que c’est lui ? demanda l’écossais à sa soeur.
Cette dernière écarta les paupières gauche de sa prise, et confirma d’un hochement de tête.
- Et Serpent, il est où ?
Comme pour répondre à sa question, le psychopathe surgit des conduits d’aérations tel un reptile sorti de son trou, et se réceptionna à pieds joints sur le sable.
- Bon, j’ai fais mon taff, et vous ?
Abigail désigna fièrement sa prise.
- Il nous reste plus qu’à lui faire cracher où sont Thanos et Crystal.
Sur ses mots, la hollandaise administra une gifle monumentale sur la pauvre figure du nigérian. Ce dernier se réveilla en sursaut, et cracha deux dents.
- Toujours en vie ? ironisa la jeune femme.
- Sale garce… bredouilla l’africain.
Cette insulte lui valut une nouvelle gifle.
-Où sont Thanos et Crystal ?
- Et Akuma ? ajouta Drake.
Le nigerian les fixa les uns après les autres avec perplexité.
- Qu’est-ce que vous racontez ? grogna-t-il alors qu’Abigail armait une nouvelle claque.
Mais Heath l’arrêta en plein effort.
- Ne commence pas par la tête, espèce de débutant, grogna-t-il. Sinon la victime sent moins bien le reste.
Sur ces mots, il saisit Viero par le col de son costard, et le hissa à sa hauteur.
- Vous savez qui je suis ?
- Serpent…
Décidément, la célébrité c’était aussi pratique que gratifiant.
- Bien, alors vous savez ce que je vous ferai si jamais vous me mentez. Nous avons découvert le complexe de Tanner en ruines pas plus tard qu’hier, on sait par Belpois que vous comptiez le rayer de la carte. Notre question est donc la suivante; où sont Thanos, Crystal et le Professeur Akuma.
- Mais qu’est-ce que j’en sais ? grogna l’africain. C’est vous qui l’avez attaqué !
Ces mots plongèrent les trois adolescents dans un abîme de perplexité, surtout après qu’Intelligence soit venue confirmer la véracité de ces propos.
- On a mal calculé, grogna Heath. On pensait que ce connard était le responsable pour le complexe de Tanner, parce qu’on se basait sur la théorie de Belpois. Mais il est possible qu’il se soit trompé.
- Dans ce cas, qui aurait pu… ?
L’allemand eut beau se creuser la tête, il ne comprenait pas vraiment ce qu’il s’était passé au Danemark.
Agacé, il se tourna vers ses comparses.
- Bon… vu qu’on en a fini avec lui, qui veut se le faire ?
Drake se tourna vers sa soeur.
- Abigail a toujours eu un penchant sinistre pour les africains.
Voilà bien une information dont Heath se serait passé, la rousse répondit par une moue boudeuse.
- Allons petit frère, c’est fini tout ça. Maintenant je me préserve pour mon promis.
Le regard pervers qu’elle lança au psychopathe le fit frissonner de la tête aux pieds, désireux de passer ses nerfs sur quelque chose, il arracha la tête de Viero d’un revers de main, et s’en alla vers la jeep déposer ses prises.
- Allez, dit il en posant ses piles nucléaires et Jérémie à l’arrière de la jeep. Tirons-nous d’ici.
Cependant, l’allemand n’était pas tranquille, quelque chose lui échappait, un très mauvais pressentiment était en train de s’emparer de ses tripes.
« Qu’est-ce qu’on a loupé ? »
Même Intelligence ne sut quoi lui répondre.


Même moment, Boulogne-Billancourt.


Mathilda avançait d’un pas pressé vers l’adresse des Lancaster, Thomas sur les talons. Les raisons de son empressement étaient simples : elle voulait arriver à temps pour sauver Seth, et il lui tardait de rencontrer sa soeur, même si s’était pour un moment, et même si elle ne pourrait jamais lui dire qui elle était vraiment.
C’est alors que les deux enfants du Docteur aperçurent une colonne de fumée sombre s’élever dans la nuit, de plus, un immense brasier éclairait le ciel de sa lueur écarlate.
Pris d’un mauvais pressentiment, ils accélérèrent le pas. Et ce qu’ils découvrirent les paralysa sur place.
La maison des Lancaster était la proie des flammes, elle brûlait comme une pyramide d’allumettes couverte d’essence. Les pompiers avaient un mal de chien à maîtriser le feu, en effet, leurs lances à eau paraissaient inefficaces face à l’Enfer que représentait ce brasier. Mathilda aperçue plusieurs d’entre eux en train de soigner leurs brûlures à côté de leurs camions. La demi-soeur d’Aelita se précipita vers l’un des passants.
- Est-ce qu’ils ont pu sortir tout le monde ? demanda-t-elle en proie à l’hystérie la plus totale.
Ce dernier, un homme à la peau mate et aux cheveux bouclés secoua la tête.
- Apparement y’a qu’une seule personne là-dedans, mais elle est inaccessible pour les pompiers.
Mathilda n’eut pas besoin davantage de précisions, elle se tourna vers son frère :
- Retrouve-moi à la maison ! cria-t-elle avant de se ruer vers l’incendie sous les cris horrifiés et les appels à la raison de la foule et des pompiers.
Thomas regarda impuissant sa soeur se jeter à travers la fenêtre du salon, et tourna les talons et poussant un juron.
- Mais qu’est-ce qui s’est passé ici ?

_________________

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"Introduce a little anarchy. Upset the established order and everything becomes... CHAOS"

-The Joker-


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