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[One-Shot] Je suis ton héros.

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 Auteur Message
Leana MessagePosté le: Ven 31 Oct 2014 17:10   Sujet du message: [One-Shot] Je suis ton héros. Répondre en citant  
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Inscrit le: 09 Aoû 2010
Messages: 183
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/dauphi11.png


Bouya à tous !
Petit texte qui traînait inachevé depuis juin dans mon ordi, bouclé hier un peu en catastrophe (♥), et qui était supposé être posté hier aussi, mébon, tant pis...

Ceux à qui j'en ai parlé (ou à qui j'en avais parlé, vu que ça date) savent que c'est pas ma routine, donc les très rares amateurs de romance peuvent passer leur chemin, ça sera pour la prochaine fois (ou pas, mais j'espère.)

Merci aussi à Dyssery pour sa relecture et ses conseils (et pour le titre qui ne pouvait pas mieux tomber Mr. Green) !

Brefouille,

Bonne lecture mes petits chous ! ♥
(quant à moi, je vais me lâcher sur les bonbons ! *se barre*)



http://image.noelshack.com/fichiers/2014/44/1414768613-6028906997-4dd447e8cf-b-ok.jpg



Je suis ton héros.




    Tout d’abord, la pièce, dénudée de toute forme de chaleur et de couleur.
    Puis le faible éclairage variant selon les clignotements de l’ampoule vacillante, qui projette sur les murs des ombres aux allures menaçantes.
    Ensuite le faux-miroir blafard, spécifique à ce genre d’endroit obscur et inquiétant.
    Et enfin la grande table face à lui, vierge, et la chaise à son autre extrémité où siège un homme qu’il ne voit même pas.

    Oui, tout est tel qu’il l’a imaginé…

    « Mon petit ? Parle-moi, raconte-moi ce que tu as vu ce soir. »

    Il sourcille à peine à l’entente de la question posée, la tête perdue ailleurs.
    Non.

    Muet, il reste tout simplement muet.
    Sa bouche est engourdie, sa langue pâteuse et âpre, et il a le sentiment que cela fait des heures qu’il est coincé ici, à attendre. Son esprit confus n’émerge de la brume d’inconscience qui le berce que quelques instants, avant de vite replonger dans l’insouciance. Il a peur. Peur de ce que cache sa propre mémoire. Peur des conséquences de son secret.

    Mieux vaut oublier. Ils finiront eux aussi par cesser de vouloir savoir quand ils verront qu’il ne parle pas, ils se lasseront. Et il ne parlera jamais. Jamais.

    Pourtant, face à lui, l’homme s’impatiente, ne semblant pas réaliser la bataille qui se déroule dans l’esprit du jeune garçon. Il se lève d’un bond et commence à faire les cents pas autour de la chaise, comme un lion dans sa cage, peut être dans l’espoir que le gamin prenne peur et réagisse… Mais en vain.

    « Allez mon gars, c’est important. C’est très grave ce qu’il s’est passé cette nuit, tu le sais. Il faut que tu me dises ce que tu as vu. »

    Voir.
    Oui, il a vu. Mais non, non il n’a rien fait. Il n’a rien pu faire.

    La panique s’empare de lui. Ses mains se crispent sur ses cuisses et deviennent moites. Il a chaud tout à coup, dans cette pièce où il fait si froid. Il renifle brutalement, ce qui le sort de sa torpeur, puis tire sur sa manche et s’essuie le nez avec un bout de tissu. Son bras retombe sous ses yeux bouffis, apparaissant sous la fine lumière de la lampe maculé de tâches sombres.

    Il réagit brusquement par un sursaut de dégoût, et un hurlement aigu et apeuré lui déchire la gorge, faisant sursauter l’homme qui se tient avec lui dans la salle. Complètement paniqué, il tente de se lever et trébuche, frotte son bras de toutes ses forces et ne parvient qu’à étaler davantage la tâche qui lui ronge le bras, comme une malédiction.

    Son regard sort subitement du brouillard dans lequel il s’était isolé, et ses yeux épouvantés se heurtent à son image, qui lui est renvoyée comme un coup de poing en pleine figure par le miroir en face de lui.
    Couvert de sang.
    Coupable.
    Il se pétrifie, sans pour autant cesser de crier, et ses doigts agrippent son visage comme s’il voulait se défaire de ce dernier...

    La porte s’ouvre à la volée, laissant apparaitre une femme dont les traits gracieux sont déformés par la colère. Elle tente de venir à lui, maternelle et protectrice, tout en déferlant sa rage comme un dragon hargneux sur l’homme qui le maintenait prisonnier ici.

    Il a à peine le temps de réaliser ce qu’elle essaie de lui dire qu’il s’effondre sur le sol, épuisé et inconscient.


    ***



    Jim Moralès éteint sa télé d’un air blasé. Un temps, il avait été fasciné par les histoires policières comme celle qu’il venait de voir. L’adrénaline, le suspens, le mystère. Tout cela le passionnait. Il avait même failli faire carrière parmi les plus grands, tant il avait du flair et du talent.

    Malheureusement, il avait dû renoncer à ce rêve, ainsi qu’à beaucoup d’autres.

    Boh, tout lui importe peu maintenant.
    Il se retourne dans son lit, tire la couette sur lui, et se prend à faire le point sur sa vie jusqu’à maintenant. Ici aussi, il a un rôle sérieux et autant de responsabilités que dans la police. Il doit protéger les jeunes du collège Kadic contre toute forme de menace, interne ou externe.
    Et il honorera cette mission jusqu’à la mort.


    ***



    « Bien, nous allons pouvoir commencer. »

    Le docteur Rodriguez se penche en arrière sur son fauteuil, croisant ses longs doigts sous son menton. La séance n’a pas encore débuté qu’il sent déjà les réticences, et de la mère, et du fils, à se trouver ici. Peut-être aurait-il été lui aussi crispé dans de pareilles circonstances…

    Néanmoins, il se doit de rester le plus impassible possible. Il en va de la réussite des séances à venir.

    Il balaye la famille du regard. La mère se tient crispée sur le rebord du siège, le sac à main serré contre sa poitrine, prêt à s’en aller d’un instant à l’autre si elle entend quoi que ce soit qui lui déplaise. À ses côtés, son petit, déjà grand, dont elle n’a pas voulu lâcher la main depuis qu’ils sont entrés, semble tout à fait ailleurs, dans son monde, les yeux absents.

    Le psychologue devine en un coup d’œil que celle-ci est un obstacle à la conversation qu’il voudrait entretenir avec l’enfant. Il se doit de nouer avec lui une relation basée sur la confiance et l’écoute, et l’inquiétude de sa mère à son égard n’amènera jamais le petit à lui parler. Et pourtant il le faut.

    Il soupire, se rappelant de cet horrible fait divers dans le journal. Un vrai massacre. Se redressant, il plante son regard dans celui de la mère, au point de la mettre mal à l’aise.

    « Mme García, je vous serais très reconnaissant si vous pouviez nous laisser un moment seul à seul. »

    Cette phrase sonne plus comme un ordre qu’une simple demande, et elle le ressent. Piquée au vif, il la voit rosir, cherchant un argument à lui opposer.

    « Je... Je… Est-ce vraiment nécessaire ? Il a besoin de moi ici, je suis sa mère, je dois rester enfin, je…
    — Madame, calmez vous. Ce n’est pas un interrogatoire, et votre enfant ne courre aucun danger avec moi. Je souhaite simplement discuter avec lui tranquillement, c’est un grand garçon, il peut rester seul maintenant. Revenez le chercher dans une heure. »

    Elle se lève d’un bond, et il craint un instant qu’elle ne parte en emportant sa progéniture avec elle. Heureusement pour eux, elle décide d’en faire autrement et se retourne, les lèvres pincées en signe de désapprobation, avant de donner son accord d’un coup de menton.

    Un dernier regard et un sourire forcé pour son fils plus tard, et elle est partie.

    Rodriguez lâche un soupir discret. C’est mieux comme ça. De toute façon, elle aurait été obligée de revenir le voir, et personne n’aurait voulu lui payer un concurrent plus cher. Qui plus est, de toute la région, il est le spécialiste pour faire parler les enfants. Le seul assez expérimenté.

    Ouvrant le tiroir de gauche de sa commode, il attrape un pot rempli de sucreries et le dépose sur son bureau, face à l’enfant. Il a pris l’habitude depuis de nombreuses années de le retirer entre chaque séance, et de le ressortir uniquement lorsque les enfants sont là. Autrement, ils servent d’en-cas pour les parents, qui sont plus enclins à se jeter dessus que les petits, contrairement aux idées reçues. Il avait même eu affaire une fois à un père qui avait interdit son fils d’en gouter un, alors qu’il avait passé la séance à s’empiffrer.

    Les yeux du garçon s’illuminent à la vue de toutes ces gourmandises, et il semble enfin prendre vie, l’air pétillant et les mains prêtent à chaparder, avec cependant une pointe d’appréhension dans le regard. Les deux se jaugent un instant en silence.

    « Je t’en donne un si tu veux ? Allez, tiens, sers-toi. Il y a même des bonbons multicolores, tu sais ceux qui pétillent sous la langue. »


    ***



    « Jaime ! Jaime cours, cours vite ! »

    Deux garçons détalent dans une petite allée en pierre, sortant en trombe de chez l’épicier du village, les poches pleines de délices qu’ils viennent de voler. Bousculant quelques personnes au passage qui rouspètent, ils éclatent de rire et entament une course poursuite avec le commerçant à travers le dédale des rues qui se succèdent.

    « Allez petit frère, dépêche-toi, il va nous rattraper ! »

    Le plus grand des deux saisi subitement l’autre par la manche et l’entraine à sa suite dans une ruelle moins éclairée qu’il connait par cœur. Poussant une planche de bois adossée au mur, il laisse le petit entrer dans leur cachette secrète et se dépêche ensuite de refermer leur porte de fortune. Les deux enfants se serrent un instant contre la paroi, observant le marchand à travers les trous, le souffle coupé dans l’espoir de ne pas se faire repérer.

    Bien vite, le vieil homme abandonne et jette avec rage son torchon sur le sol, avant de tourner les talons, les joues rouges et le regard fou. Sales chenapans ! Il aurait dû les mettre dehors à la seconde où il les a vus arriver. Ah ça, quand il va coincer Mme García, il va lui en donner des nouvelles de son fils ! C’est en train de devenir un beau petit voleur et un sale gosse !

    La tension dans la cabane redescend perceptiblement quand le vieux disparait au coin de la rue, retournant travailler. C’est le moment que choisi le plus grand pour sortir de leur cachette.

    « Diego, non ! Fais attention, où tu va ?
    — Chut, attends-moi là. »

    Le petit se terre dans l’ombre, le cœur battant à cent à l’heure. Il n’a pas l’habitude de voler des choses comme ça, oh non. Mais pour une première, c’était une belle première ! Un sourire idiot se dessine sur son visage en y repensant. Ses doigts serrent précieusement les petits trésors qu’il tient gardés au chaud dans ses poches. Tout ça est à lui…

    C’est à ce moment là que Diego réapparait, le torchon à la main. Il referme la porte, les plongeant de nouveau dans l’obscurité. Immédiatement, Jaime se rapproche de lui, les yeux brillant déjà de curiosité.

    « Qu’est-ce que tu comptes en faire ?
    — On va le couper en deux. Chacun en gardera un bout sur lui. Comme ça, on sera reliés tous les deux, pour toujours.
    — Comme des vrais frères !
    — Oui, c’est ça l’idée ! Et jamais on n’oubliera ce qui s’est passé aujourd’hui. »

    Il sort subitement un couteau de sa poche, qu’il ouvre avec ses dents. Le petit frissonne. Il n’aime pas les armes. Il n’aime pas que Diego ai une arme, bien que cela contribue à l’émerveillement qu’il ressent chaque fois qu’il voit son ami en action. Un coup au milieu du tissu le déchire, puis tirant à l’aide de ses deux mains il parvient à le séparer en deux bouts plus ou moins égaux.

    Souriant, il en tend une moitié à Jaime qui le prend et le serre contre son cœur, comme un précieux trésor. Le visage du plus vieux se fait sérieux, alors qu’il cache également le sien dans un de ses poches.

    « Bon, alors. Maintenant montre moi un peu ce que tu as récupéré. »

    Le petit s’empresse de vider ses poches sous le regard inquisiteur de son mentor. Une fois fait, celui-ci scrute attentivement le butin rapporté, une moue dubitative sur le visage. Jaime se recroqueville dans son coin. Ce ne sont que des bonbons, mais il craint quand même que son ami ne se vexe. Il suffirait qu’il en ait pris certains qu’il n’aime pas et…

    « Petit frère ?
    — Oui… ? »

    Ses traits sont volontairement impassibles, mais bien vite un sourire se dessine sur son visage. Il est si fier de l’exploit qu’ils ont accomplit. Il y aura de quoi manger pour toute la journée, peut-être même assez pour demain encore ! C’est magique. En plus, il a réussi à voler des bonbons multicolores, ceux qui sont bons et qui pétillent sous la langue.

    « Tope là, tu es génial ! Je ne pensais pas que tu en avais volé autant ! »

    Le sourire se transforme en crise de rire, et il est bien vite rattrapé par Jaime qui lui aussi se détend finalement, soulagé et ému de la reconnaissance que lui offre son ami. Presque dans la foulée, Diego se jette sur les friandises et se met à toutes les dévorer une par une, arrachant les papiers, détruisant les plastiques, et savourant la douceur des différents parfums avec un air exalté.

    Euphorique devant le plaisir qu’éprouve le grand à se gaver de sucreries, le petit tend le bras et en attrape une, qu’il s’applique à décortiquer. Alors qu’il s’apprête à enfourner une première bouchée, une violente claque sur sa main l’en empêche, faisant tomber le chocolat au sol. Hébété, il risque une œillade confuse en direction de son ami qui est responsable de ce gâchis.
    Son regard est si froid qu’il en frisonne.

    « Non ! Ce n’est pas pour toi, ça ! Je t’interdis d’en manger, t’entends ! Je te l’interdis ! »

    La gifle part toute seule.


    ***



    Jim Moralès se réveille en sursaut ; il est en sueur. Encore ce foutu cauchemar. Se redressant, il tâtonne autour du lui le cœur battant afin de trouver l’interrupteur, et n’est soulagé qu’une fois la pièce inondée de lumière jaune. Le noir. Il refuse de l’avouer, mais il a peur du noir, et de ce qu’il cache.

    Un claquement sec attire soudainement son attention, faisant manquer un battement à son cœur. Une goutte de sueur perle sur son front, et, fébrile, il cherche la cause de ce bruit. La trouve. Le volet est mal refermé. Le surveillant se relève et rabat les couvertures sur le lit avec un soupir empli de lassitude. Il a pourtant demandé à ce qu’on répare ce fichu battant des centaines et des centaines de fois, mais visiblement ce n’est toujours pas fait. Se grattant gracieusement la fesse gauche, il s’avance en direction du fautif.

    Le vent souffle fort cette nuit là.
    Jim ouvre la fenêtre et le laisse s’engouffrer dans la chambre et lui glacer l’échine. Il se fige. L’air humide, la pluie qui guette, les pavés luisants. La lune malveillante qui domine le tout, illuminant cette nuit brumeuse. Sombre tableau.

    Il ferme les yeux et inspire profondément. C’est fini. Tout est fini. Il n’a plus de raisons d’avoir peur.

    Prenant son courage à deux mains, il laisse passer sa tête dans l’ouverture et tend le bras pour attraper le volet, qui s’envole une nouvelle fois, frappant le mur avec encore plus de violence. Comme un coup de tonnerre. Les verrous grincent atrocement, et immédiatement, Jim a un mouvement de recul. Il trébuche, chutant sur le sol.

    Ce bruit. On aurait dit un hurlement.

    Un mauvais frisson le traverse. Fermant la fenêtre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, sans plus se soucier du battant, il se précipite ensuite dans les couvertures, comme un enfant apeuré. Roulé en boule sous les draps il tremble un instant, tentant de se convaincre de ne plus jamais voir de films d’horreur.


    ***



    « Alors mi hijo, la nouvelle maison te plait ? »

    Après avoir fait rapidement le tour, il constate qu’elle est plus grande, plus spacieuse qu’avant. En même temps, il était difficile de faire pire que leur ancien ridicule et petit appartement… Après en avoir fait le tour, il constate qu’il y a même une cour à l’arrière de cette bâtisse, avec un petit potager. Ce qui l’aurait ravi avant, mais maintenant… Il se moque de tout.

    Baissant les yeux, Jaime joue un instant avec ses chaussures sur le plancher, s’amusant à gratter les éclats de peinture sur le sol. Il n’a pas envie de répondre à la question de sa maman. Et elle le sait très bien. Alors, pour contrebalancer, il en pose une autre, tout aussi dérangeante.

    « Et papa, il vient quand ? »

    Sa mère laisse tomber le carton qu’elle tenait dans ses bras sur la table de la cuisine avec un soupir. En regardant son fils, maintenant âgé de onze ans, elle ne peut s’empêcher de constater à quel point il a grandit. Et paradoxalement, à quel point les choses du monde des adultes semblent loin se son monde imaginaire.

    « Ton père est partit, il ne reviendra plus, tu le sais très bien. Allez, viens m’aider à vider le camion maintenant, tu seras gentil. »


    ***



    « Alors, comment tu te sens dans ta nouvelle école ? »

    Silence. Rodriguez se rembrunit. C’est dommage, il a presque réussi à le faire parler ces derniers temps. Parler de choses importantes, il veut dire, et pas de broutilles.

    Les dix premières fois où ils se sont vus, le petit a surtout mangé des bonbons avec un appétit qui a surpris le spécialiste, et échangé des banalités avec lui entre deux bouchées. Son nom, son âge, ses rapports avec le monde extérieur… Rien d’alarmant ni de surprenant. Rien qu’il n’aurait pu deviner avant de le rencontrer. C’était un enfant de huit ans d’une curiosité et d’une vivacité surprenantes.

    Les dix suivantes, le médecin avait dû alterner rendez-vous avec l’enfant, ainsi qu’avec ses parents, à son grand regret. Il avait en effet remarqué un changement de comportement chez le petit, et il s’était avéré qu’il existait de nombreuses tensions dans le couple, ce qui déteignait sur l’humeur du garçon et son désir de communication avec le psychologue…

    Les dix dernières séances avaient été mouvementées. Entre le divorce de la famille, le déchirement du petit, les différents déménagements et les problèmes pour obtenir un rendez-vous convenable, aucun travail n’avait pu être mené convenablement. Et pourtant il était temps de passer à l’étape suivante…

    C’est maintenant la trente-deuxième fois qu’il s’entretient avec le petit Jaime. Et celui-ci refuse toujours d’évoquer la fameuse nuit. Il se renferme sur lui même chaque fois que l’on évoque le sujet. "Je préfère ne pas en parler.", c’est la seule chose qui lui vienne à la bouche.

    « Jaime, ton école ?
    — C’est une école, c’est tout. »


    ***



    « Mais… Vous êtes encore dehors à cette heure-ci ?! Allez en classe, et que ça saute ! »

    Après avoir consciencieusement fait le tour de la cour de récrée et vérifié que tous les élèves ont rejoint leurs classes, Jim profite de la petite heure de temps libre qu’il lui reste pour aller faire un tour dans le parc. Ses pas, guidés par une délicieuse odeur de crème et de miel, le conduisent finalement vers l’entrée du self, et laisse passer un regard empli d’envie au travers de la fenêtre. Son cœur manque un battement et son sourcil tressaute dans une ultime tentative de contenir sa colère. Il pousse le battant de la porte et rugit :

    « Della Robbia, dehors ! »

    Le principal concerné laisse brusquement échapper la pâtisserie - tout juste sortie du four - qu’il tient entre ses mains, la faisant rouler sur le sol. Rouspétant entre ses dents, il tente de la ramasser et frémit en sentant l’ombre menaçante de Jim planer au dessus de lui. Levant les yeux, il ouvre la bouche pour se justifier, mais le surveillant l’interrompt dans un murmure.

    « Dehors…
    — T’y croit pas, je voulais juste aider moi !
    — DEHORS !
    — Ça va ça va, je sors ! »

    Une fois la porte claquée et le calme revenu dans l’enceinte du self, Jim prend une grande inspiration. L’odeur alléchante du four vient chatouiller ses narines, ce qui lui hôte immédiatement toute envie de coller Della Robbia, et il se retourne vers Rosa, l’air goulument intéressé.

    « Dites donc mon petit, qu’est-ce que vous nous avez fait là ? »

    La cuisinière s’empourpre et lui tend le plateau d’une main peu assurée, attendant qu’il goûte rende son verdict. Odd a beau être catégorique là-dessus, elle craint que sa recette ne soit pas encore tout à fait au point et que Jim, qui est un grand connaisseur de pâtisseries espagnoles - il a travaillé au service des plus grands pour le roi d’Espagne -, n’approuve pas à sa juste valeur cette petite attention de sa part.

    « Ce sont des Miguelitos, je les ai faits pour vous. Vous aviez une petite mine en ce moment, alors je me suis dit que ça pourrait, peut-être, vous faire plaisir et… Alors ? Ça vous plait ? … Jim ? »


    ***



    La peur au ventre.
    Il attend patiemment que la menace disparaisse, fixant sa proie d’un air avide de gourmandise. Son cœur tambourine dans sa poitrine. Il a hâte que l’homme parte afin qu’il puisse s’emparer d’elle, elle qui lui fait de l’œil depuis si longtemps, elle qui le nargue, elle qu’il a envie d’enlever.

    Se faisant tout petit dans un coin, il se remémore en silence les conseils de Diego, priant pour que tout se passe bien. Ce n’est pas la première fois qu’il fait ça, c’est vrai, mais c’est la première fois en solo. Son grand frère de cœur n’est pas là pour l’aider, et si jamais il se fait prendre, personne ne pourra plus l’aider.

    Son souffle se bloque dans sa gorge. L’homme en face lui disparait un instant à l’intérieur de la boutique, et c’est le moment que Jaime choisit pour bondir de sa cachette, traverser la porte de la bâtisse, et sauter sur sa cible. Sa main a à peine le temps d’érafler le gâteau du bout des ongles qu’une voix retentit dans son dos :

    « Qu’est-ce que tu fais ? »

    Jaime laisse échapper un cri de panique et se retourne immédiatement vers la personne qui vient de poser cette question stupide. Ses sourcils se froncent sous la colère. C’est un petit garçon de son âge environ, brun, avec de grands yeux et des lunettes. Jaime serre les poings très fort pour se retenir de lui en coller une. Non mais qu’est-ce qu’il lui prend à cet idiot, il cherche à les faire punir ou quoi ?

    « Pourquoi tu chipes ce gâteau, t’as pas assez d’argent pour le payer ? »

    À peine le petit a-t-il le temps de prononcer cette phrase que le boulanger fait son apparition dans la boutique. D’abord content d’apercevoir son neveu en compagnie d’un autre jeune, son sourire se fige bien vite à la vue de Jaime à ses côtés. Il dépose le plateau de petits fours sur le comptoir et s’approche lentement en pointant le garçon du doigt d’un air menaçant.

    « Toi, hors de ma boutique ! »

    Jaime ne tente même pas de négocier et s’en va en trainant des pieds, claquant la porte derrière lui d’un air dépité. Bifurquant dans une ruelle adjacente, il rumine sa colère en silence quand tout à coup un bruit de pas sur la chaussée parvient à ses oreilles. Jaime serre les dents. Sans même se retourner, il accélère machinalement la cadence, tournant à droite puis à gauche dans le but de semer la personne qui est derrière lui. Il veut être seul, en paix.

    Malheureusement pour lui, l’individu ne semble pas prêt de lui rendre sa liberté et ne cesse de le suivre partout où il va. Alors, au détour d’un croisement, Jaime explose, se retourne et le plaque violement contre le mur. Le petit garçon en laisse tomber brusquement le paquet qu’il tenait entre les mains.

    « Qu’est-ce que tu veux ? Pourquoi tu me suis ? Ça t’as pas suffit de me priver de goûter avec tes bêtises ?! Allez, réponds !
    — Ju... Justement la... La boite... C’est pour toi ! »

    Il le lâche. Attrape ladite boite et l’ouvre d’un coup sec, déchirant sans ménagement le couvercle. Ses yeux s’écarquillent sous la surprise. Des Miguelitos. Son dessert préféré ! Qu’est-ce qu’il ne ferait pas pour des Miguelitos ! Sans demander son reste, Jaime se jette dessus et, saisissant le premier, le porte tout entier dans sa bouche, de peur peut-être que le petit garçon ne change d’avis.

    Celui-ci sourit. Le visage couvert de crème, Jaime lui rend son sourire.

    « Jaime ! Qu’est-ce que tu fais ? »

    Diego s’approche de lui comme une ombre menaçante, et Jaime s’active pour finir son gâteau, s’essuyant la bouche sur le revers de ses manches afin de masquer sa bêtise. Malheureusement pour lui, les deux derniers gâteaux dans la boite le trahissent.

    « Qu’est-ce que c’est ?
    — C’est rien, c’est à moi ! »

    Diego sourit sinistrement en s’approchant de lui. Sans savoir pourquoi, Jaime éprouve le besoin instinctif de se mettre en travers de son chemin, l’arrêtant et lui prenant la manche afin qu’ils s’en aillent. Se laissant faire l’ainé part à reculons, fixant le nouveau d’un air de dédaigneux.

    « Et que je te revois pas t’approcher de mon petit frère t’entends ! Ou sinon je te brise ! »


    ***



    C’est dans toutes les bouches ce matin. La rumeur se répand plus vite que la peste, s’insufflant dans tous les esprits, glaçant tous les cœurs et gangrénant toutes les conversations. Le marché est désespérément vide, les passants se croisent en échangeant des regards tendus et entendus. Le vent souffle et amène la terrible nouvelle à toutes les oreilles.

    C’est inhabituel. C’est préoccupant. C’est quelque chose qui n’est pas supposé se produire dans un petit village comme celui-là, où tout le monde de se côtoie, où tout le monde se connaît. C’est un tragique évènement qui les marquera à tout jamais.

    Ce matin, près de la petite fontaine de la place, un enfant à été retrouvé sans vie.
    Assassiné.


    ***



    Jim Morales est sonné, ça c’est le moins qu’on puisse dire. Ça a été une journée épuisante. Il a quitté Rosa après la première bouchée de gâteau, pris de nausées. Il est ensuite allé voir Yolande avec l’espoir qu’elle l’aide, mais comme à son habitude l’infirmière ne l’a pas pris au sérieux. Ensuite, il a quand même dû aller donner un cours de gymnastique à Della Robbia et sa clique, ce qui s’est soldé par un cuisant échec et un nouvel aller-retour à l’infirmerie. Suite à quoi, Yolande l’a prévenu qu’il devait arrêter son petit jeu avec elle car elle était mariée désormais, et elle l’a renvoyé chez lui avec un doliprane et un verre d’eau pour seule consolation.

    Il soupire.
    Oui, ça a vraiment été une journée épuisante.

    Sur son chemin de retour à l’internat, il croise Suzanne Hertz qui se rend toute guillerette vers le portail de Kadic, surement en quête de son amoureux, imaginaire aux yeux de Jim. Le surveillant est effet persuadé qu’elle a inventée toute cette histoire juste pour cacher l’horrible vérité -comme il l’a si souvent fait-, à savoir qu’elle est célibataire et folle de lui. Et alors même qu’il se fait cette réflexion, il la voit s’arrêter aux pieds d’un grand homme brun vêtu d’un ensemble sombre et d’une paire de lunette d’un autre monde.

    Les sourcils de Jim se froncent. Se pourrait-il que… ?
    Poussant la porte de l’internat, il tombe nez à nez avec la, ou plutôt les personnes qu’il recherchait.

    « SOLOVIEFF ! DIOP ! »


    ***



    « Ça s’est passé comme ça. Je marchais. Il faisait tout noir, trop noir pour qu’on puisse y voir quelque chose. Il pleuvait aussi, je crois. Ou alors il avait plu. Je me suis mis à courir pour le retrouver et j’ai glissé. Il était derrière moi. Je l’ai entendu rire d’une façon affreuse. Je me suis arrêté et la je l’ai vu. J’ai eu peur, j’ai voulu m’enfuir mais j’ai pas pu. Le monstre m’avait coincé.
    — Quel monstre Jaime ?
    — Un héros, c’est comme ça qu’l se voyait.
    — Mais qui Jaime, qui ? Comment il s’appelle ?
    — Je n’arrive pas à m’en souvenir. Je sais juste qu’après j’ai réussi à courir, j’ai tourné au coin de la rue, je voulais rentrer chez moi. Pis tout à coup je suis tombé, tombé dans un grand trou. Et quand je me suis réveillé j’étais devant une boulangerie. Les gâteaux dans la vitrine me fixaient d’une façon étrange, comme si c’étaient eux qui voulaient me dévorer. Ils se sont mis à flotter dans les airs, et ils sont sortis en volant de la boutique, et bientôt j’étais encerclé, attaqué par pleins de mi…
    — QUOI ?! »

    Le psychologue ne peut retenir ce cri du cœur. Mais de quoi donc le petit est-il en train de parler ? Des gâteaux qui volent ? Et puis quoi encore ! Frappant du poing sur la table avec une violence que Jaime ne lui connaissait pas, le docteur Rodriguez décide de mettre une bonne fois pour toutes les points sur les i avec le petit. Des années qu’il travaille avec Jaime, des années qu’il cherche à comprendre la vérité. Et le petit passe son temps à le mener en bourrique, enchainant mensonges sur mensonges !

    « Beh, je vous parlais de cette nuit, je vous racontais mon rêve comme vous me l’avez demandé… »

    Le petit fait mine d’être surpris. Le médecin retire ses lunettes et se masse doucement les tempes en essayant de se calmer. Ça ne sert à rien… Il avait tellement d’espoir à l’époque, sa jeunesse lui confiait des ailes et rien ne semblait pouvoir lui résister. Mais maintenant… À quoi bon après tout… ?

    « Tu sais très bien que je ne voulais pas parler de ça. Tu es grand maintenant, arrête de faire l’enfant. Je te donne une dernière chance. Raconte-moi cette nuit-là. »

    Le visage du petit garçon se rembrunit. Il n’a pas envie de parler. Pourquoi le docteur ne se lasse-t-il pas comme tout le monde ? Pourquoi insiste-t-il autant ? Qu’est-ce que ça peut lui faire au fond ? Il n’y a qu’à lui que cette histoire a fait du mal.


    ***



    Il n’a pas revu le petit garçon depuis plusieurs jours, comme si c’était un rêve et qu’il n’avait jamais existé. Il a quand même tenté de le retrouver pour le remercier et lui dire de se méfier de Diego, mais c’est comme s’il avait disparu. Par magie. Jaime croit portant encore se souvenir de la douceur des gâteaux qu’il lui a offert, et cela le rassure un peu. Il a l’air sympa malgré tout ce que peut dire son grand frère à son sujet, et il ne faudrait pas qu’il lui arrive des bricoles.

    Diego ne l’aime pas, vraiment pas, ça Jaime l’a remarqué. Il ne cesse de lui reprocher d’avoir accepté les gâteaux et de vouloir l’abandonner pour devenir l’ami du nouveau. Mais bien sur, jamais il ne fera ça ! Cela n’empêche pas Diego d’être jaloux à longueur de journées. Peut être parce que le petit est le fils chéri de tout le village, parce que c’est le fils du maire et que c’est un modèle pour tous les autres enfants, d’une pureté et d’une sympathie exemplaire, ce que Diego est loin d’incarner dans l’estime publique, lui le pauvre garçon des rues qui passe son temps à voler les honnêtes gens.

    Néanmoins, Jaime n’aime pas voir son frère jaloux. Surtout que s’il faisait l’effort d’intégrer le nouveau au groupe, tout irait pour le mieux pour eux, il en est persuadé. D’ailleurs, depuis sa rencontre avec le petit, les gens du voisinage sont beaucoup plus aimables avec lui. Preuve que tout peut s’arranger…

    Un coup sec contre le battant de sa fenêtre le fait sursauter, rompant le silence de la nuit. C’est Diego ! Flûte, il en avait presque oublié qu’ils étaient de sortie ce soir ! Ils doivent se réunir au quartier général pour faire le point sur le mois qui vient de s’écouler… Se glissant hors de la couette, Jaime se faufile le plus silencieusement possible vers la sortie la plus proche. Le grand donne ensuite un coup de main au plus jeune pour l’aider à descendre de son perchoir sans problèmes.

    « Diego, je glisse ! Je vais tomber !
    — Je suis là pour te rattraper petit frère.
    — Mais je ne veux pas te faire ma… »

    Trop tard. Les deux chutent, s’entremêlant les pieds dans les magnifiques pots de fleurs de Mme Garcia, produisant un retentissant patatras qui brouille la quiétude de la nuit.

    Avant même qu’il n’ait pu se plaindre, Diego coupe Jaime en bloquant sa bouche de sa main, ses ongles griffant de peur la commissure de ses lèvres. Il porte un regard inquiet sur les maisons voisines sous le regard attentif du plus jeune. Ils se figent. Ont-ils réveillé quelqu’un ?

    Au bout de plusieurs minutes de calme, le plus grand fait signe à l’autre de le suivre, en lui mimant un chut du bout des lèvres. Tout semble aller pour le mieux.

    Ils tournent au coin de la rue et disparaissent dans la brume.

    Au loin, derrière eux, une ombre se glisse hors de chez elle. Elle attrape une bicyclette posée contre le mur de son jardin et se met à les suivre, sans qu’ils ne se doutent de rien…

    Le silence.
    Jaime tend l’oreille. Il est convaincu d’avoir entendu quelque chose dans leur dos. Sa main se crispant sur la manche de Diego, il lui fait signe de ralentir, le cœur battant à tout rompre. Il est maintenant sûr d’avoie entendu des pas, des petits pas derrière lui.

    Les deux garçons se retournent d’un même mouvement, et le plus vieux explose à l’instant même où il reconnait le visage de leur poursuivant.

    « Toi ?! Qu’est-ce que tu fiches là ! Dégage avant que je te refasse le portrait, microbe ! »


    ***



    La sonnerie stridente du téléphone tire le docteur Rodriguez de son profond sommeil. Maugréant contre la personne qui a eu l’idée de la déranger à une heure aussi tardive, il tâtonne dans le noir en quête de l’interrupteur. Une fois la lumière allumée, il découvre avec stupeur l’identité de son mystérieux coup de fil. Il décroche, un gout amer dans la bouche. Il a horreur de tout ce qui lui rappelle ses échecs.

    « Jaime ?
    — Il est revenu docteur, il est revenu ! »

    Le cœur du psychologue manque un battement.

    « Qui ça Jaime ? Qui ça !?
    — Le garçon… »


    ***



    Jim Moralès, armé de tout le courage dont il dispose, sort de l’internat avec détermination. Ses yeux se posent tout de suite sur le portail et il réprime un frisson. Il est toujours là. Et il est temps d’aller l’affronter.
    A cet instant, Suzanne lui fait un signe de la main et il se décide à les rejoindre, son cœur tambourinant dans sa poitrine comme un petit oiseau paniqué. S’approchant d’un pas hésitant, il déglutit et se force à garder une certaine contenance face au couple qui lui fait face.

    « Jim, je te présente mo... Pedro. Pedro, voici Jim Moralès, mo… Un collègue. »

    Les deux hommes se toisent en silence, puis Pedro, sûr de son effet, se met à sourire. Un sourire malsain qui met le surveillant mal à l’aise, un mal-être qui s’accroit quand l’homme lui tend la main, une main qu’il répugne mais que la politesse l’oblige à serrer.

    Ils échangent une forte de poignée de main.

    « Bonjour Jaime… »


    ***



    « Son nom je ne m’en rappelle pas encore, mais son visage, oh que oui. Il avait l’air inoffensif, et surtout, il était si gentil avec moi. Il m’avait offert des Miguelitos vous savez. Avec ses propres sous, sans que je ne lui ai rien demandé… Alors que Diego, mon pauvre Diego, il prenait tout pour lui... »

    L’adolescent marque une pause et le psychologue s’efforce de garder son calme et ses commentaires pour lui-même, noircissant avec force la feuille de son carnet. Il a rouvert le dossier du petit Garcia et n’a pas fermé l’œil de la nuit depuis son coup de fil. Après tant d’années, cette chance était inespérée et il ne devait pas la laisser filer.

    Remarquant que Jaime fixe le sempiternel bocal de bonbons qi trône en évidence sur son bureau, Rodriguez s’empresse de l’ouvrir et de lui en proposer, ayant hâte qu’il poursuive.

    « Ce n’était pas sa faute, à Diego. Son père le battait tout le temps avant qu’il ne l’abandonne. Son grand frère l’avait abandonné dès qu’il avait pu s’échapper de la maison. Personne ne l’a jamais revu. Diego s’est retrouvé seul face à son père. Il n’avait pas le choix que de se battre. Il ne savait faire que ça pour se défendre. C’était quelqu’un de fragile au fond, je le sais. Quelqu’un de bon. Il était un formidable grand frère.
    — Pourtant il te frappait... »

    Jaime pose un regard confus sur le docteur, qui se mord la langue en regrettant ses mots. Il connaissait pourtant la réputation du petit Diego. Il avait écouté de nombreux témoignages de sa brutalité et de son caractère insoumis et irrespectueux.
    Jaime reprend le cours de l’histoire, faisant mine de ne pas avoir entendu.

    « Il ne méritait pas ce qui lui est arrivé après. Tout ça c’est de ma faute… »

    Un sanglot le traverse- Il fuit le regard insistant du psychologue et prend un autre bonbon, qu’il savoure en silence.

    « J’étais avec Diego ce soir là. Je ne sais plus trop où on allait mais je crois me rappeler que c’était important. On dans la rue vers la petite place quand j’ai entendu du bruit. Ça venait de derrière. Je me suis retourné et il était là. Tout s’est passé très vite, Diego lui a dit de dégager mais il n’a pas voulu, il n’a pas bougé. Ils se regardaient, se jugeaient l’un l’autre du regard afin de voir lequel des deux finirait par baisser les yeux en premier, lequel des deux était le plus fort, et j’avais peur, vraiment peur. Puis il a sourit. Ça l’a mis hors de lui, et il s’est avancé prêt à lui en mettre une et … Tout est allé si vite, si vite, j’ai rien vu venir et et tout à coup là BAM ils ont commencé à se battre, ils sont tombés par terre, l’un dessous, l’autre dessus, et je pouvais aider personne ils n’arrêtaient pas de bouger ! Puis d’un coup comme ça là il il a a attrapé une grosse pierre au bord de de la la et il a commencé à le frapper encore et encore et et je … BON SANG J’AI RIEN PU FAIRE !! »

    Jaime se lève brusquement, attrapant d’une main le pot à bonbon il le lance d’un coup sec en direction du mur opposé, faisant éclater le gros verre sous le choc en une montagne de petits éclats.

    Les bonbons roulent sur le sol sans qu’aucun des deux hommes présents dans la pièce ne s’en préoccupe.

    « Je n’ai rien pu faire… »


    ***



    Jaime lève un regard terrorisé vers le garçon qui se tient devant lui, en équilibre sur le corps inanimé d’un autre. Il vient juste d’arrêter de le cogner, après de longues minutes de coups répétitifs et inutiles, l’enfant étant décédé dès les premiers instants du massacre. Le meurtrier se redresse et attrape ses lunettes qui avaient chuté durant leur lutte, nettoyant les verres avec son t-shirt taché de sang comme si de rien n’était.

    Jaime, face à lui, est pétrifié. Aucun son ne parvient à sortir de sa bouche durant les premières secondes qui suivent l’attaque, toutes sortes de pensées se bousculant dans sa tête et lui embrumant l’esprit. Puis, soudain, la prise de conscience. Brutale. Un hurlement déchire sa gorge et ébranle le silence pesant de la nuit.

    « DIEGOOOOOOOOOOO ! NOOON ! DIEGOOOOO !!
    — Ferme-là imbécile ! Tu veux qu’on nous arrête ! Mais enfin, tais-toi ! »


    Jaime s’élance vers le corps sans vie de son ami, étendu sur les pavés humides de la rue passante. Désespéré, il tente de le réanimer en le secouant par les épaules, mais en vain, il ne répond pas. La moitié de son visage est méconnaissable, ravagée par les coups, ses cheveux sont poissés par le sang qui s’écoule de ses blessures béantes, et son corps désarticulé se balance comme une marionnette à qui on aurait coupé les ficelles…

    Néanmoins, Jaime n’abandonne pas pour autant. Il s’acharne, obsédé par le besoin qu’il a de voir les yeux grands ouverts et inexpressifs de son ami reprendre vie… Il refuse d’admettre qu’il est trop tard, pourtant….

    Ravagé par les sanglots, il s’effondre auprès de lui, se nichant dans le creux de son épaule en pleurant toutes les larmes de son corps, implorant qui voudrait bien l’entendre de ramener Diego à la vie. C’est alors que l’autre garçon intervient, particulièrement frustré du caprice de Jaime. Il l’a sauvé ! Diego était une pourriture sans cœur qui ne mérite pas une telle considération ! Jaime devrait lui lécher les bottes et le supplier à deux genoux d’être son ami en cet instant.
    Et au lieu de cela, il pleure !

    « Oh ! Lâche-le bon sang ! Faut qu’on s’en aille ! Allez, mon pote, lâche-le… Lâche-le ! »

    Le petit garçon fait du mieux qu’il peut pour déloger Jaime de l’emprise malsaine du cadavre de Diego, mais sans succès. Définitivement hors de lui face à un tel affront, il est tenté pendant un bref instant d’utiliser à nouveau la pierre et de s’en servir pour sauver Jaime de sa faiblesse.

    Cependant, il ne peut finalement pas s’y résoudre, car c’est son ami.

    Il le saisit violemment par le col et le force à le regarder dans le blanc des yeux, martelant chaque syllabe des phrases qu’il s’apprête à prononcer en sa présence.

    « Écoute-moi bien. Je t’ai sauvé, d’accord. Donc tu ne vas pas me dénoncer, j’espère que c’est bien compris. On ne dénonce pas les héros, on les protège. Quand on te demandera de raconter cette nuit là, tu ne t’en souviendras pas. Et quand on voudra entendre la vérité, tu préféreras le mensonge et le silence. Tu préfèreras ne pas en parler, c’est clair ? Et tu verras, au bout d’un moment, les gens se lasseront. »

    Jaime ne peut s’empêcher de le fixer, la respiration coupée comme un poisson sorti de l’eau, choqué par son assurance et sa sérénité, ses paroles se gravant comme les petits lettres ineffaçables inscrites sur le marbre des pierres tombales.

    Le petit se relève, commence à s’en aller, puis s’arrête au beau milieu de la rue, se retournant pour s’assurer d’un dernier point.

    « Oh et, ne t’en fais pas. Je ne laisserais jamais personne t’accuser pour cet horrible crime. Tu étais avec moi cette nuit là. Je suis ton parfait alibi. Ton héros. Ne l’oublie pas. »


    ***



    Et les voilà, tous les trois assis autour de la table de la cuisine fleurie de Suzanne Hertz.
    Il règne dans l’air un mélange de crainte et de fascination. Pedro ne cesse de fixer Jim en souriant, comme le chat qui joue avec la petite souris en attendant de lui asséner un coup fatal, ce qui commence à mettre Suzanne mal à l’aise. Elle finit sa troisième verveine-menthe d’un coup et jette un regard anxieux à son collègue. Qu’est-ce qu’il se passe nom d’un chien ? Et pourquoi diable Pedro a-t-il tenu à l’inviter à se joindre à eux ?

    Jim serre ses mains autour de ses poches. Il attend. Ils attendent. Pedro est impassible, aucune émotion n’a filtré sur son visage depuis qu’ils se sont salués dehors, si ce n’est bien sûr son malsain et indélébile sourire qui refuse de s’en aller. Il semble parfois si large et visible que le surveillant a le sentiment que l’homme a été barbouillé d’un trait de peinture d’une oreille à l’autre.

    Cette pensée le fait frissonner et il se tasse un peu plus dans sa chaise.

    Le temps passe.

    Suzanne finit par ressentir les effets néfastes de sa tisane, et, non sans une certaine gêne, elle se décide à laisser ses hôtes le temps d’une excursion au petit coin, abandonnant les deux hommes à un énième duel de regard.

    « Alors, comment se passe ton travail de surveillant à Kadic ? Tu t’y plais ? J’ai entendu dire que tu avais beaucoup voyagé et exercé pleins de métiers différents, celui-ci n’est pas trop calme comparé aux autres ?
    — Je préfère ne pas en parler. »

    Pedro, qui commençait à s’amuser de son air agacé, retient un soupir et recule sur sa chaise, croisant les doigts sous son menton.

    « Bien, de quoi tu veux parler ? »

    Un ange passe.
    Jim décide de porter le premier coup.

    « C’est ta faute.Tu...
    — Arrête Jaime, voyons. Tu sais que c’est faux mon pote !
    — Je t’interdis de m’appeler comme ça ! C’est de ta faute !! C’est toi qui l’a tu…
    — Jim ! »

    Abasourdie, Suzanne assimile avec difficulté la scène qui vient de produire sous ses yeux. Jim est un gros lourdaud maladroit et ma foi d’une compagnie distrayante, mais jamais elle ne l’a connu violent. Et là, stupéfaite, elle a failli le voir asséner un puissant coup de poing dans les dents de son ami. Impossible... Qu'est-ce qui lui prend ? Serait-ce de la jalousie ?

    Pedro se dégage brusquement de l’emprise de Jim, réajustant le col de sa chemise. Pour la première fois, il ne sourit plus. Il a bien cru qu’il allait y passer.

    « Vous pouvez me dire ce qu’il se passe ici ?
    — C’est un assassin…
    — Ne l’écoute pas Suzanne, tu sais qu’il délire.
    — … Il a tué mon meilleur ami quand on était petit…
    — Même son psychologue n’a jamais voulu le croire, il est fou Suzanne je te dis.
    — … Et je l’ai couvert pour ça.
    — Pardon ?! Je… Oh bon sang… »

    Les deux hommes craignent un instant qu'elle ne défaillisse, mais ses doigts se serrent sur le dossier de la chaise et un sourire timide apparaît sur ses lèvres.

    « Je vois.. Un assassin... Un fou... Vous me faites marcher, c’est ça ? Vous avez mis ça au point pendant que j'étais partie ? »

    Elle éclate d’un rire nerveux. Le silence lui fait écho.
    Les deux hommes se défient du regard, chacun tentant de convaincre la femme qui leur fait face, l’un par crainte, l’autre par défi. Suzanne s'arrête, ses yeux passant de l'un à l'autre en tentant de démêler le vrai du faux.

    « Jim... J’espère que c’est encore une de tes blagues à deux sous… »

    C'en est trop.

    « Ça a l’air d’être une blague ? Bon sang quand est-ce que tu me croiras, hein ? Il est dangereux. Ne t’en approche pas !
    — Non mais quel toupet ! Je sors avec qui je veux, d’accord ? Tu n’as pas à t’en mêler !
    — Mais de quoi tu parles, tu pourrais même sortir avec Jean-Pierre ou Michel que je n’y verrais aucun inconvénient ! Mais pas lui !
    — Ah oui, pas lui !? Et pourquoi donc ?
    — Parce que c’est un tueur !
    — Mais bien sûr, et Rosa est une danseuse étoile !
    — Quoi ?! »

    Le surveillant marque une pause, l’image de Rosa en costume moulant à tutu lui ayant malgré tous ses efforts traversé l’esprit. Il se ressaisit, chassant cette funeste pensée de sa tête.

    « Qu’est-ce qu’elle vient faire ici, Rosa ?
    — Arrête, je vous ai vu vous faire de l’œil l’autre jour au réfectoire !
    — Mais... J’essayais d’avoir des lasagnes en plus, c’est tout !
    — Comme si tu n’avais pas assez de problèmes de poids comme ça !
    — De poids ? Mon corps est parfait !
    — Il ne l’était déjà plus dans les années 80, très cher !
    — QUOI ?! »

    Le sourire renaît sur les lèvres de Pedro à l’entente de cette dispute. Cette femme, Suzanne Hertz, est exceptionnelle. Dire qu’il avait failli se jeter sur l’infirmière avant afin de ramener Jim dans ses filets, décidément il serait passé à côté d’un superbe spectacle. Cette querelle de vieux couple est un vrai régal à entendre. S'appuyant contre le plan de travail, il se saisit du pichet d'eau et se sert un verre.

    De l'autre côté de la pièce, la dispute monte d'un cran. Suzanne est debout sur la pointe des pieds, le doigt levé prêt à crever un des deux yeux de Jim si jamais il ose la contredire une nouvelle fois…

    « Oh et puis tu m’énerves, sors de chez moi tout de suite ! Et que je … Oh ! Oh non, pas ça… C’était un cadeau de ma fille ! »

    Tous les regards convergent vers l’endroit fixé par la professeur de sciences, à savoir sa tasse de thé, brisée au sol en plusieurs petits éclats. La tension accumulée au fils des dernières minutes déserte la pièce en un éclair, comme après un ballon après une rencontre avec une aiguille. Après un certain moment d’incompréhension, Jim se penche et commence à ramasser les débris, une moue penaude peinte sur le visage.

    C’est le moment que choisi l’espagnol pour passer à l’attaque, lui assénant un violent coup sur la tête à l'aide du pichet.

    « Jim, non ! »



    ***




    « Et voilà. Encore toutes nos excuses, M. Muñoz. Je vous souhaite une bonne journée. »

    Pedro quitte l’établissement sans même adresser un au revoir au policier derrière lui, serrant ses affaires contre sa poitrine. Il a déjà perdu beaucoup trop de temps dans ce trou à rats, inutile de s'attarder avec des formules de politesse inutiles.

    Oh bien sur, il aurait dû rester moisir ici plus longtemps, et ce malgré tous les efforts de Jaime pour l’incriminer : l’enregistrement vidéo de ses aveux filmé après leur bagarre dans l’appartement de Suzanne Hertz, les notes de séances que cet idiot de Rodriguez n’avait pas jugé bon de détruire, et certaines similarités avec des affaires non résolues au fil des années dans de nombreuses autres bourgades espagnoles.

    Il doit l'admettre, il l'a sous-estimé depuis le départ, son pote.

    Fort heureusement pour lui, Pedro a su trouver les bons avocats et les bons accords afin d’être libéré et disculpé dans les plus brefs délais. Il peut enfin reprendre sa vie en main, et recommencer là où il s'est arrêté.
    Mais avant tout, il lui reste une chose à faire. Retrouver Jaime García, et lui faire payer sa traîtrise.

    « Eh, M. Muñoz, attendez ! Vous avez oubliez quelque chose ! »

    Pedro se retourne immédiatement. Le coup de feu retentit, la brûlure lui transperce la poitrine.
    Il s’effondre, la main crispée sur le torse. Bientôt, il ne sentira plus rien.

    La personne qui vient de tirer s’approche de lui, arme à la main. Il reconnait avec difficulté le policier qui lui a ouvert la porte il y a quelques instants.

    « Ça, c'est pour la politesse que ta mère ne t'as pas enseignée. Et ça, c'est pour c’est pour avoir tué mon frère, ordure. »

    Un second coup de feu fait écho au premier.
    C’est fini.




    À des centaines de kilomètres de là, au même instant, Jim Morales soupire. Enfin, il se sent libéré.


    Fin.

_________________
Mes textes :

Les non-dits
Le temps d'une seconde
Un perce-neige
Plan de drague

« And when I'm not with you, I know that it's true, that I'd rather, be anywhere but here without you.. »

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Dernière édition par Leana le Mar 23 Déc 2014 14:20; édité 1 fois
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Icer MessagePosté le: Lun 03 Nov 2014 17:17   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2183
Localisation: Territoire banquise
Pour quelqu'un qui passait son temps à écrire du Ulrich/Yumi, je commence à me demander si tu ne t'es pas trompée de filière ! Parce que ce texte, où ils ne sont pas cités une seule fois, est absolument génial. Tu as mis du temps à le rédiger ? Rien à foutre, ça valait largement le coup.
Je suis content que l'action ne se déroule pas uniquement en Île-de-France. En voyant les noms des protagonistes, j'étais en train de me dire qu'on avait laissé entrer trop d'immigrés en France.
Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Claude Géant et 70394 autres UMP aiment ça.

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Le racisme des racistes anti-blanc, what else ?


Toujours est-il que j'ai vraiment aimé lire ce texte. Le suspense est parfaitement géré, la rédaction ben, c'est du Léana donc rien à ajouter, et le scénario est cohérent, en plus d'apporter ta propre version du Je préfère ne pas en parler. Avoir joué sur le nom douteux de Jim (Morales) est également une excellente idée. Et Pedro aussi qui d'ailleurs, est l'équivalent de mon propre nom en espagnol et portugais. Enfin, ce qui est bien avec les français, c'est que du moment que ça termine en o, ça vient forcement de ces pays du sud, les trucs avec les gens pauvres là, vous savez. Non, avant l'Afrique.
La qualité de ton OS me rappelle Plan de drague, en mieux, parce que les erreurs mises en évidence à l'époque ne sont pas présentes ici. La mentalité des gamins est plus en phase avec leur âge réel par exemple.

Bref, bravo et vivement le prochain.

_________________
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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »
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Zéphyr MessagePosté le: Mar 04 Nov 2014 12:14   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1047
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
Pour une fois on va innover : je laisse le com' plus ou moins long à Icer et j'en fais un court Mr. Green.

À tous les niveaux, ce One-Shot est une claque (terme emprunté à un membre du pôle pour désigner ce texte). D'abord puisqu'on est complètement en dehors de ce que tu as fait jusqu'à maintenant. Cette fois-ci, nous sommes dans de la mélancolie dépressive du début à la fin, sans morceau de bonheur, réel ou pas. Oserais-je utiliser le terme sombre ? Allez vendu. Ensuite, l'histoire est véritablement bien foutue, il y a de la recherche, on arrive pas à décrocher avant la fin.
L'intégration de Pedro était habile, même si on sent chez ce personnage un certain déséquilibre mental (quel gamin nettoierait tranquillement ses lunettes après un petit meurtre ? Ikorih probablement, si elle avait des lunettes o/), en plus d'un désir manifeste de tout contrôler/d'obtenir ce qu'il veut à tout prix.
Si l'on souhaite vraiment être tatillon, on pourrait reprocher l'arrivée imprévue du frère de sang de Diego à la fin, qui peut laisser un goût de queue de poisson dans la bouche de certains.

Pour le reste, je préfère ne pas en parler Mr. Green. Excellent boulot !
_________________
http://i.imgur.com/Z94MNN5.png

« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Klein Altricht MessagePosté le: Mer 05 Nov 2014 12:02   Sujet du message: Répondre en citant  
[Kankrelat]


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Localisation: Arkham Asylum
A contrario des commentaires précédents, je ne peux pas vraiment déceler de différences avec tes anciens écrits, étant donné que je ne les ai pas, ou vaguement, lus.
Comme promis, j'ai lu ce texte. Le moindre que l'on puisse relever c'est sa profondeur.
Une sorte de convergence des temps, de spirale mêlant analepses et présent. Cet OS est vraiment bien, une ambiance lourde pèse du début à la fin. (La scène chez Suzanne est d'ailleurs le parfait aboutissement du travail de l'aura du texte de mon point de vue.)
Bref. L'écriture est intelligente, et surtout, sûrement la plus chargée en émotions de tout ce que j'ai pu lire sur ce forum à ce jour. -AVIS PERSONNEL- Razz

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Willismine MessagePosté le: Jeu 13 Nov 2014 23:35   Sujet du message: Répondre en citant  
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Je me suis régalée. Cet OS est à un niveau incroyable. Assez déroutant, comme début, tellement loin de Code Lyoko que j'ai eu tout le loisir de me poser des questions sur sa place ici. Mais qu'importait. C'est un récit d'une finesse délicieuse. Que ce soit pour la mémorable scène de la cuisine ou pour tout le déroulement des contacts avec le psy. Nous avons notre Carpe sociale de l'automne, n'est-ce pas, chers juges ? Mr. Green

Note de Zéphyr : Voyons, l'auteur est classée dans la catégorie supérieure, elle a dépassé le cap des simples Carpes depuis longtemps. Et tenter de forcer la main du jury est passible de lock Mr. Green.
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Silius Italicus MessagePosté le: Mar 17 Fév 2015 12:32   Sujet du message: Répondre en citant  
[Krabe]


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Localisation: à l'Est d'Eden
Bonjour Chère Leana,
C'est là un récit remarquable que vous avez écrit.

Jim est un personnage cher au cœur de tout amateur de Code Lyokô. Aussi est-ce un plaisir que de le retrouver dans une histoire portant sur son passé.
D'autant que vous trouvez le moyen de proposer un passé inédit, ce qui est délicat au vu de la richesse du passé supposé du surveillant.

En fait, il est même très bon, et amusant que vous gardiez volontairement le voile sur ce passé, ainsi nul ne sait si Jim est un héros ou un mythomane (peut-être une habitude due justement à ce passé de complice d'assassin).

Côté style, le vôtre est très bon, une grande richesse de vocabulaire qui sert surtout à marquer les réactions corporelles. C'est assez rare pour être noté. Et surtout cela s'accorde merveilleusement bien avec le fait que l'introspection psychique incarné par le personnage du psychologue ne semble mener nulle part. C'est un délicieux contraste du style et de la forme.

A titre personnel, et après lecture de ceux de vos récits qui figurent dans les perles du net, je trouve que c'est là votre meilleur écrit en matière de style et d'intrigue.

Vous placez la barre bien haut.

J'espère pouvoir avoir la chance de lire d'autres de vos récits à l'avenir, et de les voir fleurir.

P.S: Vous souviendriez-vous par hasard de quelle police d'écriture vous vous êtes servi pour ce texte ? Je l'ai bien aimé et aimerais pouvoir la retrouver.
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AMDG

Prophète repenti de Kane, vassal d'Anomander Rake, je m'en viens émigrer et m'installer en Lyoko.
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Ikorih MessagePosté le: Mar 05 Mai 2015 22:00   Sujet du message: Répondre en citant  
M.A.N.T.A (Ikorih)


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Leave the sleep and let the springtime talk
In tongues from the time before man
Listen to a daffodil tell her tale
Let the guest in, walk out, be the first to greet the morn!


Okay, ça marche. (a)
Au son mélodieux d'une chansonnette qui ne cesse de m'évoquer le week-end passé, je me présente ici. Je sais, tu ne t'attendais pas à ma venue, et il paraît que l'Imprévu est une caractéristique de mon boulot. Alors voilà. Smile

The meadows of heaven await harvest
The cliffs unjumped, cold waters untouched
The elsewhere creatures yet unseen
Finally your number came up, free fall awaits the brave


C'est exact, lançons nous. Mr. Green
Je vais d'abord m'arrêter sur le perron, la petite image qui annonce l'ambiance du texte, comme toujours chez toi. Elle est triste. Tons bleus, scène nocturne, ruelle, un vélo abandonné, un petit côté pluvieux je trouve, elle pré-annonce le drame on dirait. Voilà, je me suis essuyée les pieds sur le paillasson avant d'entrer, je peux commencer à attaquer le texte en lui-même Mr. Green
Citation:

Tout d’abord, la pièce, dénudée de toute forme de chaleur et de couleur.
Puis le faible éclairage variant selon les clignotements de l’ampoule vacillante, qui projette sur les murs des ombres aux allures menaçantes.
Ensuite le faux-miroir blafard, spécifique à ce genre d’endroit obscur et inquiétant.

Ceci fait magnifiquement écho à l'image que l'on vient de lire. Et on se rend très vite compte que la pièce est le bureau d'un psychologue, endroit à la fois rassurant (confier les problèmes à quelqu'un, etc), mais aussi inquiétant (après tout, la personne présente s'apprête à fouiller dans votre crâne alors que vous ne la connaissez même pas). Ce côté inconnu du psychologue est d'ailleurs mis en relief par le fait que l'enfant ne voie même pas l'être assis derrière le bureau (dixit le texte).
L'enfant cache quelque chose. On comprend très vite qu'il s'est passé quelque chose de grave, et qu'il refuse d'en parler pour une raison mystérieuse. Traumatisme? Probable....
D'ailleurs à ce stade de l'histoire, on a pour le moment aucun lien avec la série Code Lyoko. C'est assez fréquent sur tes derniers textes, j'ai observé (Perce-neige powa), on a une situation très éloignée de la série et de petites bribes d'éléments qui construisent une ficelle nous y rattachant. C'est cool. Smile
L'attitude du psychologue commence à prendre vie. Il se fait insistant, agressif. Pas la meilleure option à mon avis : brusquer son patient n'est que rarement une bonne idée, surtout en cas de traumatisme. Mais ce psy n'a jamais été présenté comme spécifiquement bon, alors hein, lui cracher dessus n'est pas un reproche envers ton texte. (a)
La fin de la scène est très violente. Phrases plutôt brèves ou énumérations d'actions, la narration s'axe sur les sensations, et donc la souffrance intérieure du petit patient. Sa réaction est brusque, et elle a un côté rejet très marqué. La coupure se fait de façon semi-douce, avec un "fondu au noir" via l'inconscience et l'apparition d'un dernier élément avec l'apparition d'une femme qu'on devine être la mère o/

Une petite scène très courte nous fournit un premier lien avec la série : Jim. Pour le moment, on ne sait pas du tout ce qu'il fiche là, et il est à peine effleuré psychologiquement. Mais peu importe. On sait que viendra son heure....

On retourne avec un psy, une mère, un enfant. Je ne sais pas si c'est le même psy, elle peut avoir choisi de changer après la fin de la séance d'avant, elle peut aussi avoir retenté en étant présente...mais on sent déjà une sorte de tension dans l'air. L'attitude surprotectrice de la génitrice est assez intéressante à noter, parce qu'elle montre déjà un petit côté malsain et imparfait dans les relations entre personnages, dans les personnages eux-mêmes, et ces petites imperfections font tout leur charme et celui de l'histoire. Smile
Le psychologue, bien sûr, a conscience de ce petit côté malsain du lien et décide dès le début d'écarter la mère, normalement figure positive, qui devient ici un poids, un obstacle au bien être de son enfant (par désir de protection en plus, quelle ironie).
Arrive en fin de scène le futur fil rouge des bonbons : élément fondamental de l'enfance, en général associé à quelque chose de positif. Et ben ici, pas du tout. Après la maman, on va désacraliser les bonbons (y)

Ce fil rouge amène la transition, très élégante, avec la scène suivante. Joli, donc Mr. Green

Come
Taste the wine, race the blind
They will guide you from the light
Writing noughts till the end of time
(parce que j'avais plus calé de musique depuis un moment)


On a ici deux garnements qui volent des bonbons, donc. Le terme "petit frère" montre une relation très proche, qui se marie merveilleusement bien avec le côté espiègle de la scène, la cachette secrète, tout ça. J'irais facilement jusqu'à dire que c'est trop mignon. "Trop" (a) Au vu de ce début, je m'attends déjà à voir une petite dissonance par la suite. Et surtout que c'est une relecture de l'OS alors je sais déjà que je vais l'avoir ma dissonance. (a)
On retrouve le nom de madame Garcia dans les paroles de l'épicier, ce qui nous permet d'identifier que l'un des deux enfants au moins est son fils. (Genius). Par contre, j'ai bien aimé le fait d'inclure les râleries du commerçant dans la narration, vu qu'elles font partie du cadre où évoluent les enfants quelque part! (je me comprends chouchou, t'inquiète).
Vient ensuite le moment du torchon. Permets moi de relier à une autre valeur fondamentale de l'enfance : le concept du doudou, couplé à une autre phrase soulignant l'absence de lien de sang mais la présence d'un lien d'amitié surpuissant.
Arrive ma dissonance chérie : Diego sort un canif. Déjà, rien que cet élément dans les pattes d'un enfant fait réfléchir. La réaction de Jaime renforce cette impression de malaise. La crainte de se faire gronder pour avoir "mal" volé les bonbons aussi. Et la gifle qui clôt la scène achève de descendre en flammes cette ambiance bon enfant (ahaha, je suis drôle) de début de scène.
....
Elle est loin la demande hein? (a)

Nouvelle scène, Jim encore. Cette fois, il se réveille en sursaut après un cauchemar : connexion avec la scène précédente? Mystère. En tout cas, il est très angoissé et l'ambiance est beaucoup plus sombre que précédemment (bah ouais, précédemment c'était juste malsain! Mr. Green).

Retournons en Espagne. Parce que oui, au vu de la première réplique, plus de doute sur le cadre spatial de l'action (ouais bon ou alors c'est des immigrés mais chuuut). On apprend au passage que le petit n'a plus de papa et qu'il aime pas sa nouvelle maison. Le cadre temporel, lui, est plus flou, je n'arrive pas à déterminer si ça se passe avant ou après les séances chez le psy. D'après le paragraphe d'après, pendant.
32 séances, c'est quand même beaucoup. On a un léger tracé historique, qui prouve bien que en un tel tas de séance, aucune amélioration en vue ou presque. Jaime bouffe des bonbons, qui semblent être une obsession chez lui, et il ne parle pas beaucoup.
Par contre, là où ça devient très intéressant, c'est qu'on a le premier indice pour relier à CL et aux deux scènes de Jim : "je préfère ne pas en parler". LA phrase fétiche. Et là on peut commencer à se dire que Jim a un lien avec le gosse, mais le prénom fait tiquer. Ce qui se tient. Alors on garde les hypothèses sous le coude et on continue! (bon, on sait déjà la vérité mais chut)

Retour des pâtisseries dans le présent, avec un caméo d'Odd. En fait, on sait tous que Rosa la cuisinière c'est un caméo de toi hein. Le gâteau espagnol nous pointe quant à lui les scènes avec l'enfant qui semblent se dérouler dans le pays des...*panne d'inspi* des...des voisins du Portugal? 8D
Et évidemment, juste après, on a quoi? Une élégante transition gâteau sur...le vol d'un gâteau du même type. A ce stade, on se demande si les scènes du gosse ne sont pas juste des flash-backs de Jim, au vu de la connexion si aisée entre les deux....(ouais bon ok j'ai pas tellement un avis de première lecture, c'est vrai)
Un troisième enfant entre en lice : le neveu du boulanger. Lui, il respire la gentillesse et l'innocence : il va offrir un gâteau à Jaime qui vole. C'est une petite attitude d'enfant mignon, et évidemment, comme cet OS refuse de laisser tout ça en l'état : Diego arrive et se la joue caïd menaçant. Note inquiétante pour clore la scène. On dirait qu'il n'y en a pas une qui soit décidée à se finir sans une once de tension....

....
No stress, la scène suivante ne commence même pas bien. La mention de la peste, de la gangrène, le vocabulaire employé, tout amène une tension monstre dans le paragraphe qui s'achève sur un joli point d'orgue lorsque la dernière phrase amène le fait. Joli. Tu as une vraie façon de conduire ta scène je trouve, d'un point A à un point B. J'aime Mr. Green

Ensuite, introduction du personnage de Mme Hertz et de son Roméo, en passant. Juste pour une scène, comme ça, on croirait que ça n'a pas d'importance....Heureusement que je sais la fin :C *PAF*

Le rêve de Jaime a un petit côté très révélateur. Les gâteaux, toujours aussi présents, mais le psychologue sent du foutage de gueule. Et désespère d'arriver un jour à lui faire cracher le morceau, alors qu'il est pourtant sensé être un des meilleurs psy de la région surtout en termes d'enfants. C'est mooche. Et ça nous rappelle le fameux mystère de cette nuit qui reste à élucider...et qu'il est sans doute en lien avec le meurtre d'un enfant.

Come
Surf the clouds, race the dark
It feeds from the runs undone
Meet me where the cliff greets the sea
Parce qu'il y avait "dark" dedans, ça collait.


Nouvelle scène avec les deux enfants. Ambiance nocturne. Déjà, on a un prolongement de la scène où ils étaient avant, avec le troisième enfant que Diego n'aime pas du tout. Ledit Diego devient de plus en plus inquiétant au fil du temps.
Ils se font une sortie. L'attitude protectrice qu'il a envers Jaime est vraiment un point paradoxal du personnage et sans doute le seul qui peut le rendre appréciable parce que autrement, c'est juste un enfoiré. Mais j'aime bien ce personnage ambivalent, quelque part, du coup c'est cool quand même. ça rejoint ce que je disais y a longtemps sur les aspérités et imperfections des personnages, mais c'est un peu l'inverse en fait.
La scène se conclut sur un instant de terreur et de tension : l'arrivée du "microbe". Suspens insoutenable, que va faire Diego? Va-t-il criser? Suite au prochain épisode 8D

On apprend très vite que Jaime est revenu chez le psy. Mais ça ne s'arrête pas là. Juste après, on découvre que le copain de Mme Hertz appelle Jim ainsi, ce qui confirme définitivement que ce sont deux mêmes personnes, mais surtout que Pedro est un méchant avec un côté malsain, toujours. Et là, j'avoue que j'aime beaucoup l'utilisation de ce personnage qui est à peine mentionné dans la série, gg chouchou! Mr. Green
La suite du récit de la nuit se fait chez le psy. Tout est dépeint avec un côté plus distancié, assez voilé quelque part, comme si tu souhaitais préserver tes lecteurs avec une sorte d'euphémisme textuel (c'est bô ce que je dis parfois, je crois qu'il se fait tard). Et quelque part, c'est aussi une hyperbole : on a les émotions de Jaime qui viennent magnifier chaque mot et chaque phrase, qui teintent tout d'une vision tellement subjective et désespérée. On sent qu'on est très déchiré au sujet de Diego, d'un côté il le voit comme son grand frère gentil et aimant et de l'autre il sait qu'il y a un côté malsain chez lui. En fait, ambivalence. <3
Exploser le bocal à bonbons. SYMBOLISME **

Ensuite, l'après-meurtre. Le désespoir de Jaime, sous le choc, et l'autre qui le brutalise. C'est violent. On s'attendrait à ce que ce soit Diego qui ait commis le crime, mais non : ce personnage un peu violent se voit désormais attribuer le rôle de la victime alors qu'on s'attendrait tous à le voir pour le neveu du boulanger. GG pour ça, déjà. Et ensuite, ce dernier se montre encore plus cruel que Diego en crachant déjà sur le cadavre du mort, en affirmant au gosse qu'il est un héros et qu'il devrait être glorifié. Immonde. Les enfants innocents, c'est des conneries.
Mention spéciale pour le "tu préfèreras ne pas en parler". C'était tellement bien amené et naturel dans l'enchaînement <3

Et maintenant, le face to face final, avec Pedro adulte et Jim. La discussion comme si de rien n'était. L'excuse pour faire dégager Mme Hertz <3. Et tout qui pète alors qu'elle revient. J'aime beaucoup comment les faits ne sont pas décrits mais uniquement après coup à travers ses yeux à elle, on a juste les paroles au début, ce qui ne nous permet pas de nous rendre compte dans un premier temps, et on en est d'autant plus saisis après. Joli, donc.
La réaction de Mme Hertz a un côté auto-protecteur, parce qu'elle veut vraiment croire qu'elle ne les voit pas se mettre sur la gueule. Mais si, mais si....
L'échange des répliques est rapide, tonique, témoignant de la vivacité de l'échange. Mais le rythme est brusquement cassé par l'image de Rosa en danseuse étoile, et ce petit passage comique est tellement merveilleux dans le dialogue, la détente brusque de l'ambiance, le passage à vide...un bijou, très dans l'humour de la série en plus. XD

The answer to the riddle before your eyes
Is in dead leaves and fleeting skies


On termine par une agression pure et simple de Jim par Pedro, et enfin le final.
Pedro sort, libre. Là, évidemment, on est frustrés. Avec tout ce qu'il avait sur le dos, il a réussi à s'en tirer? Léana va refuser un happy end? Le méchant va réussir à être un méchant?! Surprised Surprised Surprised
...eh bien non. Le frère de Diego, ultime atout dans ta manche, ressort des tréfonds du récit pour lui casser la gueule. J'aime bien. A peine évoqué, ressorti avec style, c'était très beau.

Allez. Il serait temps de marquer une conclusion?

...Si tu veux la suite des paroles va falloir chercher la chanson. Mais c'est pas grave. (a)
Encore une fois, j'espère t'avoir surpris par ce passage incongru, mais c'était ma façon de marquer le coup....la vaisselle c'est sympa hein? Razz
Et puis allez, je ne t'avais jamais fait de vrai com' pavé. C'est réparé, chouchou.
T'as aimé? Mr. Green

Parce que moi j'avais bien aimé le texte. Je trouve que tes thèmes et ton style mûrissent vraiment avec le temps, et les corvées n'aident que mieux à s'en rendre compte.....(a)
(Bon en fait j'aimais déjà au moment de la publication....mais voilà l'occasion de te le dire Mr. Green)
Allez, je t'attends sur mon prochain texte? (a) (a (a) *PAN*
_________________
"Excellente question ! Parce que vous m’insupportez tous.
Depuis le début, je ne supporte pas de me coltiner des cons dans votre genre."
Paru - Hélicase, chapitre 22.
http://i39.servimg.com/u/f39/17/09/92/95/signat10.png
Et je remercie quand même un(e) anonyme qui refusait qu'on associe son nom à ce pack Razz

http://i81.servimg.com/u/f81/17/09/92/95/userba11.png
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