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  Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2020  
Dede7

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 14 Fév 2021 16:47   Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2020
Merci pour vos commentaires ! Nous allons nous atteler à répondre à vos interrogations.

Pour commencer, il nous faut mettre au clair quelque chose qu'on a gardé - visiblement à tord - très nébuleux jusqu'à maintenant : la véritable forme du défi que nous nous étions lancés. À vrai dire, le titre que nous avions choisi prêtait un peu trop à confusion, puisque les textes ne portaient pas nécessairement sur une attaque de Xana, ni même sur Noël. Le véritable objectif, c'était de respecter les fameux triplets de contraintes évoqués dans le post initial. Contraintes que je vais détailler ici.

Spoiler


En bref, ce topic n'est qu'un recueil de one-shots écrits sous contrainte. Je mets à jour le post d'ouverture du topic avec un index des one-shots publiés et les critères ayant conditionné leurs rédactions respectives, pour plus de clarté.

La technique


Le tirage définitif a eu lieu le 12 octobre. Après quelques jours passés à préparer le pipeline technique de production (le calendrier visuel, notamment, est étonnamment non-trivial à designer, créer et mettre à jour quotidiennement, tout en évitant les bugs de rendu sur la transparence des tuiles x)), à établir des pitchs pour certains jours et à se maudire d'avoir accepté ce pari idiot au vu de ce que nous réservaient certains autres (Coucou le 2, coucou le 21, coucou les vidéos et le texte des gifs des Moutons du Berger, coucou les deux écoutes des 10 Commandements en intégralité pour A Very Musical Story), on a commencé à écrire tranquillement pendant le mois de novembre. Mais bon, on ne va pas se mentir, il doit bien y avoir deux bons tiers de l'écriture qui a eu lieu en quasi flux tendu pendant le mois de décembre.


Pour ma part, j'avais anticipé jusqu'à A Very Musical Story incluse (et Demain nos Ruines, qui est une idée qui me trottait dans la tête depuis longtemps) (et sauf Cookingjay, qui m'aura cassé la tête jusqu'au bout, ayant du mal à faire un texte intégralement humoristique et ayant déjà dépensé toutes mes billes sur Aelita2020. En plus, Rosa + Man vs Wild en contraintes, c'était tellement bien tombé que je n'avais pas d'idées de gag autour ^^'). Après AVMS, j'écrivais toujours l'après-midi avant de poster, notamment Cher Journal, fait en 2/3 heures sans la moindre idée de ce que je faisais parce que j'étais un peu crevée à ce moment-là. Je crois que c'est le plus rushé de tous mes textes, fait tout de même avec l'effort de sortir de ma manière d'écrire, mais qui a galéré à me convaincre moi-même jusqu'au bout, du coup je suis toute surprise mais contente qu'il t'ait plu o/ (mais on est très loin, en termes de temps et d'efforts, d'un A Very Musical Story qui nous aura appris que les sauts de ligne comptent pour 8 caractères sur le forum, et pour lequel on a dû refaire les liens des gifs cliquables à la dernière seconde, histoire de gagner des caractères et de pouvoir le poster en une fois Mr. Green)


À titre personnel, presque rien, si ce n’est le pitch de chaque texte n’avait été fait à l’avance. À une ou deux exceptions près, tout fut rédigé le jour même, en une seule après-midi, parfois moins. Il est d’ailleurs intéressant de noter que le rapport entre le temps passé sur un texte et sa qualité finale est assez faible. Certains textes nous semblent, et vous ont semblé d’excellente facture ou vous ont parlé en tant que lecteur, alors même qu’ils ont été écrit très vite, voire précipitamment. A contrario, d’autres textes ont été très longuement travaillé, fruit de nombreuses heures de sueurs, mais n’ont pas été particulièrement remarqué. C’est la vie, et le hasard des lecteurs et de leurs retours.


Parlant de publication, profitons-en pour aborder un autre point technique que tu as soulevé : la méthode de publication. Pourquoi tout poster d'un coup le 8 décembre ? En résumé, ça tient principalement de l'activité sur le forum. On aurait eu cette idée quelques années en arrière, cela aurait été une chouette animation de Guerre des Fans, avec probablement plusieurs commentaires et une publication au jour le jour était tout indiquée. C'était le plan ici aussi, jusqu'à ce 8 décembre et le premier commentaire de Warrior93. Cela nous a fait réaliser qu'il y aurait probablement que très peu sinon un seul commentaire, et le voir s'intercaler au milieu des posts était un peu triste et dommage. Après discussion, nous avons pré-posté tous les messages pour cette raison. Après tout, je doute que grand monde prête grande attention à la date des messages eux-mêmes, et ça m'a permis de m'arracher un peu plus les cheveux à gérer la mise à jour des tuiles sur les posts eux-mêmes.

(A vrai dire, c'est à ce moment-là que j'ai appris qu'on pouvait nommer un commentaire différemment de son topic. Il n'est jamais trop tard pour apprendre, ma foi o/)


L'écriture

La question des fics trop perchées. C'était un peu le but en fait. L'idée était que quitte à écrire 24 one-shots différents quasiment en rafales, autant aller se balader sur des thèmes et des genres un peu plus exotiques.


A mon sens, c'était même quasiment un impératif. 24 textes, c'est beaucoup. A la suite, c'est copieux. Si on restait dans les sentiers battus, on prenait à la fois le risque de redites par rapport à d'autres textes (et à ce compte-là, autant faire une animation où le Calendrier est en fait un recueil de textes à redécouvrir chaque jour), mais aussi de nous ennuyer nous-mêmes. J'ai beaucoup râlé en privé sur le fait d'avoir tiré Parodie et Humour, il n'empêche que ça m'a forcé à écrire hors de ma zone de confort, et que c'était enrichissant. Michel Belpois dans Nuova Linfa, c'était aussi ça : prendre un personnage dont on ne sait, en fait, quasiment rien, et qui a eu peu de présence en fanfic, et tenter quelque chose de motivant avec les contraintes. Bien sûr, ça n'a pas l'ambition de créer un background à ce perso, ce serait tout de même sacrément prétentieux pour ce qui n'est jamais que de la fanfiction, soit de la réappropriation de fans d'une série qui, en dehors d'une vague évocation du titre "d'Ange de Lyoko" d'Aelita, n'a pas créé son univers avec son fandom (et ce serait sacrément osé de la part de l'auteurice qui a foutu des dragons dans The Day is My Enemy ou écrit le Jérémie du Monde 0 de Mondes Alternés). Et pour une fois qu'Ulrich et Jérémie ne se détestent pas dans une de mes fics... Sans doute est-ce là la vraie idée perchée Mr. Green Le danger, ceci dit, c'était effectivement de perdre un peu le lecteur à la longue (si c'est éprouvant à écrire, ça l'est aussi sans doute à lire, surtout à la suite), mais le côté éclaté permet finalement de laisser à chacun la possibilité d'avoir un texte qu'il préfère, et d'avoir une variété dans les avis. Par exemple, chez Silius, j'avais très peu retenu Un coin oublié pour lui préférer Néantifère (et ça n'a strictement rien à voir avec le Christ), tandis que chez Dede, j'avais adoré l'idée de Le Père du Père (qu'on doit partiellement à une âme innocente qui découvre en ce moment Code Lyoko et a remarqué que la langue d'Einstein sur le poster de Jérémie est inconsistante). A côté de ça, mon texte le plus personnel est Demain nos Ruines, et celui que j'ai préféré écrire est Les Moutons du Berger, et Silius et Dede les retiennent moins que d'autres. Ce qui me fait penser que, plus qu'un recueil de textes, ce Calendrier est un test de personnalité *paf*.


Je renchéris, certains thème paraissaient nous aller comme des gants, d’autres moins. J’ai soupiré devant le thème de l’horreur que j’ai fait à reculons, et j’ai tordu au possible le thème du hurt/comfort (parce que bon, le comfort dans Néantifère…). De la même manière certains textes m’ont plus marqué qu’ils n’ont marqués leurs auteurs. Les Moutons du Berger ne m’a pas parlé, alors que Demain nos Ruines, beaucoup plus. Nous faisions des textes répondant à des contraintes, non des textes ayant à se tenir et se justifier par eux-mêmes. À bien des égards, les textes du calendrier sont similaires à des « drabbles » plus qu’à des nouvelles. D’où la faiblesse de justification de certaines intrigues. Dans le même temps, cela permettait de faire des vignettes, des images sur des points de lore. Par exemple Couverture est une réponse possible à la question de comment Jérémie a normalisé la situation administrative et financière d’Aelita. Question qu’à ma connaissance le fandom avait plutôt délaissée.


Les contraintes imposées étaient là pour ça aussi. Personnellement, cela a surtout été moteur pour Le Père du Père dont je suis plutôt fier et que je n'aurais certainement jamais écrit autrement (j'étais encore en train de me demander comment j'allais gérer ce foutu combo surnaturel+religieux la veille même avant de trouver l'idée). Idem pour L'or a éli Tah. Un autre objectif assumé notamment via notre troisième mutateur de contrainte (la colonne Extra/Featuring) était de pousser le lore de Code Lyoko aussi loin que possible. Créer des choses intéressantes et vraisemblables tout en restant au mieux compatible avec le canon. Je ne comprends pas tes bémols sur Ulrich Stern (ce n'est pas parce que c'est un homme qui aime le foot qu'il ne « peut pas » faire la cuisine ou la lessive Mr. Green) et sur Suzanne Hertz (c'est un peu le point du texte de développer une vie de famille « quasi » insoupçonné) ('Puis bon, est-ce vraiment plus sorti du chapeau que les tentatives de la série de la shipper avec Jim ? *pif*). Mais oui, lui inventer cet arbre généalogique fut intéressant, et a donné un récit bien plus joyeux que ce qui était prévu initialement.

Par contre, un autre point qui a probablement joué contre nous, c'est l'auto-influence. Pour commencer, tu soulignes une forte présence de la religion dans nos textes. J'avoue que personnellement, cela m'amuse tant ce sujet m'est habituellement étranger. En témoigne, encore une fois, Récursion, où je n'ai pas réussi à faire mieux qu'évoquer un peu la notion de dieu créateur et name-dropper Odin. Je pense que nous avons été particulièrement marqués par la performance de Silius dans Weak, qu'on a laissé en roue libre pendant une semaine pour qu'il fasse déferler littéralement l'Apocalypse biblique sur le monde de Code Lyoko. C'est d'ailleurs les discussions qui ont suivi cela qui ont fini par m'amener à tourner Récursion (et la fin de Press Forward) dans un sens plutôt bienveillant avec le concept basique de la croyance et de ce que cela peut apporter. J'y reste toujours tout autant étranger, mais probablement un peu moins hostile qu'avant.

Plus globalement, même si à l'origine, le plan était d'écrire des one-shots indépendants, nous nous sommes pris aux jeu de croiser des références internes au fur et à mesure de des publications, en évitant toutefois d'en faire plus que ça : des références. Sauf pour le dernier, qui était parti pour être assez yolo de toutes façons.


Les textes

Pour finir notre réponse, quelques mots en particulier sur certains textes que tu as abordé.

Réflexions. L'agression du Ninja par Xana, sans raison ? Wut ? Sans compter le fait que les intentions de Xana ne sont jamais vraiment connues, aurais-tu oublié l'épisode Confusion et sa plus grande bataille rangée virtuelle jamais vue dans tout le lore de Code Lyoko ? À la suite des événements de cet épisode, il me parait tout à fait évident que Xana envisage d'obtenir des informations sur Tyron et ses intentions, voire tenter de l'intimider et menacer de façon frontale comme il l'a déjà fait avec les héros (coucou l'épisode Ultimatum pour n'en citer qu'un). Quant à Aelita, après sa trahison suicidaire caractérisée de Rendez-vous...

For Honor You Monster. Ce texte n'est pas un de mes préférés, n'étant pas doué du tout pour les scènes d'action et n'ayant pas réussi, à mon avis, à doser suffisamment bien la brièveté des moments épiques et la longueur nécessaire pour les mettre en place. Mais ça ne reste qu'une version à peine plus poussée de Contagion ou Mauvaises ondes, avec un Jim débridé comme on a pu le voir dans Faux départ ou Mauvaise conduite.

Press Forward. La fête du slip ? « Of course[/i], c'était le but. Après, comme tout crossover, ça marche beaucoup mieux quand on connaît les séries en question, ce qui est difficile quand l'auteur part dans le délire d'en caser des tas (et encore, j'me suis freiné pour essayer de pas trop fumer le scénario ainsi que le temps que j'avais pour poster ^^'). L'idée de base, c'était de rameuter tout ce qui fait du voyage dans le temps, du coup en vrac : Rick & Morty, Doctor Who ainsi que Valérian et Laureline (et je me suis terriblement déçu par le sort que je réserve à cette dernière dans le récit, à savoir littéralement aucun). À ceux-là s'ajoutent également le personnage de Jérémiah de Code Geass (qui était déjà apparu dans Néantifère et du Kid de l'univers de Détective Conan d'où sont fortement inspirés les personnages de Suze et Cointreau, dans Caritas in Mendacio que je reprends aussi ici). Et pour finir, as-tu vu l'intégration à l'univers d'Oban Star-Racers ? Smile


Un petit coin bien au chaud. C’était un texte dans le genre de l’horreur. Mon Récursion à moi si l’on veut. Sans doute trop court et manquant d’une ou deux scènes de plus, qui ne me sont venues que plus tard. En effet, c’est un texte sur Yumi qui a dû être internée en hôpital psychiatrique suite aux traumatismes que Xana lui a laissé. Cette nouvelle dresse un parallèle entre sa situation et celle de Torpilles virtuelles. Donc, non, il ne s’agit pas d’une métaphore du viol (encore qu’il y ait un sous-entendu que le personnel de l’hôpital n’est pas au-dessus de cela).

Récursion. Ah, celui-là. On en a déjà beaucoup parlé, le sujet nous inspirait pas des masses ni toi ni moi. Sinon, la dernière ligne, outre que de ponctuer la question sur le déisme, n'est qu'une auto-référence gratuite à Le Père du Père.



Nos retours persos

À titre personnel, si je devais citer les textes qui m’ont le plus marqué chez chaque auteur du calendrier, je donnerais :


En revanche, Un coin oublié et Caritas in Mendacio me semble les plus oubliables de ce que j’ai écrit dans ce calendrier.

Enfin, un prix spécial revient à Nuova Linfa. Michel Belpois y a acquis une nouvelle stature. (Un jour, une captation sera faite de la lecture de ce texte. Réentendre Michel Belpois dans la série va me paraitre bien triste, maintenant)



Personnellement, pour mes textes, j'ai un trio de tête pour Demain nos Ruines, Les Moutons du Berger et A Very Musical Story (je râle sur sa préparation, mais c'était plutôt fun, et ça faisait longtemps que je voulais mettre de la musique dans mes textes, vu que j'en ai toujours dans les oreilles quand j'écris). Sur ceux de Dede, Le Père du Père et For honor you monster, qui avait pour lui d'être un des plus funs dans ce qu'il avait de barré (et je vais mettre un point pour l'effort de Récursion, pas le plus réussi mais vu le point de départ, c'est déjà quelque chose d'avoir réussi à sortir un truc). Chez Silius, hm... Néantifère, peut-être, Une pincée d’âme qui avait son efficacité, et comme pour Récursion, point d'effort pour Un petit coin bien au chaud.



Chez Silius, j'ai beaucoup aimé l'ambiance d'horreur psychologique dans Un petit coin bien au chaud. Je me souviens d'une première version plus légère - trop, même, selon moi, compte tenu de la situation décrite et de ce qu'est la réalité, alors que l'auteur craignait d'être déjà un peu trop sombre. Un texte très dur, mais tout autant juste. Et puis, pouvait-on faire pire que Néantifère ? Ce texte mérite probablement un trigger warning... mais reste ce qu'on peut faire de mieux comme expiation de l'Aelita d'Évolution !

Du côté de Violet, je retiens Demain nos Ruines, qui mêle l'une des plus ambitieuses attaques de Xana, un épilogue au projet Carthage et quelques éléments barrés comme l'algorithme d'activation des programmes secrets à base de bottin... Les Moutons du Berger aussi, qui pousse subtilement la logique de fonctionnement des héros jusqu'au malaise de la dissonance cognitive. Et puis, Talos Principle, best game ever ! Enfin, une mention spéciale pour A Very Musical Story, je me souviendrai un moment de cette soirée de rush à base d'optimisation de rendu et de rétro-ingénierie sur le fonctionnement de la base de données du forum.

Quant aux miens, je suis franchement fier de L'or a éli Tah alors que le genre du western ne m'inspirait tellement pas. Le Père du Père aussi était cool, avec une forme un peu nouvelle.

Enfin, mes regrets se portent sur Press Forward principalement. Le délire était fun et la base de l'histoire cool, mais l'écriture trop précipitée (j'ai probablement tapé en une journée plus de ligne que j'en ai jamais publié ^^') avec certains éléments bâclés.



Bonus : Références, eastereggs et autres secrets

Nous nous sommes beaucoup amusés à dissimuler des clins d’œils dans chacun de nos textes. Les avez-vous tous remarqués ? En voici un petit recensement (liste non-exhaustive).

Spoiler
  Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2020  
Dede7

Réponses: 29
Vus: 8281

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 24 Déc 2020 22:46   Sujet: Press Forward


https://cl.delfosia.net/projects/cda2020/titles/24.png


Un homme dans la pénombre confectionnait une bombe. Sur les murs, partout autour de lui, le même symbole, tracé à la peinture rouge, encore et encore, tels des dizaines de regards scrutant son méticuleux travail.

— Oui, marmonne-t-il à haute voix. Oui, pour vous, ô mon maître, ô Seigneur de la Pureté, pour vous et votre grand dessein, je sacrifierai le Traître au Père du Père...

L'individu, drapé dans ses ombres, assemblait son engin de destruction dans un robot de livraison, amorçant la charge en préparant une marge pour se donner le temps de prendre le large, avant la fatale surcharge.



Aelita entrait au foyer, rejoignant sa bande d'amis déjà installés sur un canapé.

— Alors Princesse, demande Odd, qu'est-ce qu'il vous voulait, le grand patron ?
— Bah il a commencé la réunion par des banalités, du genre on a passé un bon premier trimestre, et qu'il nous souhaite de bonnes fêtes de fin d'années... Mais surtout, la vraie raison pour laquelle il a convoqué tous les délégués et les profs, c'était pour nous informer d'un événement spécial qui allait avoir lieu pendant la dernière semaine de cours, ainsi que la première semaine de vacances.
— Ah ? Tu nous intrigues !
— Apparemment, Kadic a été sélectionné pour servir d'hôte à l'exposition d'un joyau impérial, le Sceau Suspendu de Nilrem.



Quatre coups à la porte. Jean-Pierre Delmas était encore plongé dans sa lecture d'un imposant dossier.

— Entrez !

La porte s'ouvrit. Le proviseur leva finalement les yeux, et observa l'homme qui venait d'entrer. Vêtu d'un uniforme d’apparat militaire étranger aux teintes bleues relevés par des coutures d'or, accompagnée d'une plume rouge et d'une cape bicolore noire et blanche, il arborait également une élégante coiffure à l'étonnante teinte sarcelle, et un sévère regard orangé.

— Jérémiah Gottwald, officier de l'Empire, je suis chargé de superviser les opérations concernant la protection du joyau impérial qui sera exposé dans votre établissement pour les deux semaines à venir.
— Enchanté, officier, salua le proviseur. Jean-Pierre Delmas. Je suis ravi de collaborer avec vous pour cet événement particulier. J'étais justement en train de parcourir le dossier que vous m'aviez fait parvenir à ce sujet. Je constate d'ailleurs que vous souhaitez utiliser le terrain de sport extérieur pour l'exposition ?
— En effet. Votre suggestion d'utiliser le gymnase est intéressante, mais compte tenu de l'importance du public attendu, ainsi que de la taille des corps de sécurité qui seront mobilisés, le terrain extérieur sera plus adapté. De plus, la météo semble particulièrement clémente pour un début d'hiver, alors cela ne devrait pas poser de problèmes.
— Bien. Nous allons donc installer une plateforme d'exposition au milieu du terrain. Quant au sujet du dispositif de sécurité, justement...

Jean-Pierre Delmas feuilleta le dossier rapidement, à la recherche de la section concernant les protocoles de sécurité. En le trouvant, il fut surpris par la présente d'une enveloppe parfaitement blanche à cet endroit du dossier, marquée uniquement d'un pictogramme au tracé noir symbolisant un personnage coiffé d'un haut de forme souriant à pleine dents.

Jeremiah Gottwald leva un sourcil à l'égard de cette découverte, et l'observa attentivement alors que son interlocuteur se saisit d'un coupe-papier pour ouvrir le pli. Celui-ci contenait une simple lettre.

Durant le plus long soir, j'arpenterai le plus long chemin
À l'ombre d'un seul accessoire, caché dans un seul recoin
Et sitôt l'avoir fait choir, j'irai vite fait loin
Pour de mes yeux voir, le dernier des yeux divins.




L'attention d’Odd était plongé dans un livre quand son colocataire rentra dans la chambre.

— Wow, Odd faisant des devoirs ? Mais que se passe-t-il ?

Odd éclata de rire et se retourna vers son ami.

— Il se passe qu'on doit préparer un exposé sur ce bijou qu'ils vont exposer dans la cour. Einstein m'a refilé la partie fun des historiques et des légendes.
— Je vois. Et donc, tu trouves des choses marrantes ?
— Bah figure-toi qu'il y avait à l'origine plusieurs de ces Sceaux. La plupart ont été perdus lors d'événements étranges, et apparemment, celui de Nilrem est le dernier qui reste. C'est pas mal illustré, je compte en faire un petit montage vidéo historie de faire ça bien.
— Et pour t'amuser, n'est-ce pas ?
— Surtout pour m'amuser, voyons. Mais comme le support de l'exposé n'est pas imposé, j'en profite !

Le jeune artiste se replongea alors dans son livre, prenant des notes et apposant des post-it pour préparer son prochain reportage.



— Salut, Laura !

Celle-ci sursauta. Elle ne s'attendait pas à ce que Sissi l'attende carrément dans sa chambre, adossée au mur jusque à côté de la porte.

— Qu'est-ce que tu fiches ici ?
— Oh voyons... Tu ne te souviens pas de notre accord ?

Laura grinça des dents.

— Il ne m'a pas rapporté grand-chose, pour l'instant.
— Hé bien justement, c'est pour ça que je suis ici ce soir, ma jolie !

Sissi se décolla alors du mur et s'approcha de Laura, plongeant son regard dans le sien. Laura était tout à la fois fâchée, intriguée et impressionnée par cette femme. Celle-ci finit par plonger sa main sous sa veste, pour en sortir une feuille pliée en trois, et lui tendit.

— Qu'est-ce que c'est ?
— Un célèbre cambrioleur a annoncé qu'il s'en prendrai au Sceau Suspendu de Nilrem. C'est une copie de son annonce, qui contient des indices codés. Je veux que tu la déchiffres pour moi.

Laura saisit la lettre et la parcourut.

— Le plus long soir, ce serait le 21 décembre ? Et le plus long chemin, à priori ce serait le circuit des visiteurs pour venir admirer le joyau sur son piédestal... À priori, il annonce qu'il va se déguiser et se glisser parmi les visiteurs, renverser le piédestal d'exposition quand il sera parvenu devant, et s'enfuira avec le bijou, tout ça le soir du 21 ?
— À priori, oui.
— Et donc ?
— Et donc c'est exactement la conclusion de mon père et des enquêteurs de police qui ont étudié la lettre. Or je suis sûre que c'est plus compliqué que ça. Ce cambrioleur a toujours annoncé sa venue par des lettres de ce genre, et il y a toujours eu un double sens caché. En plus, je suis intrigué par la deuxième ligne, qui dit "caché dans un seul recoin". Ça ne colle pas avec cette théorie.
— En effet...
— Alors je te laisse plancher dessus pour trouver la véritable solution !



— Je ne sais pas... Normalement, tout est censé être parfaitement rationnel et explicable scientifiquement... Mais j'ai comme l'impression que je devrais croire certaines choses, sans pour autant les savoir... C'est... c'est compliqué...

Aelita se confiait à Yumi, assise sur un banc à la sortie du réfectoire.

— Oh tu sais, il est parfois bon de croire des choses impossibles à savoir. Exemple tout con, mais tu sais, l'attaque fast-forward ?
— Quand Xana accélérait le temps ?
— Oui. Bah c'était en plein pendant mon rencard avec Christophe.
— Oh ! Et du coup, dis-moi, ça s'est bien passé ?
— Hé bien justement. Tout allait bien, je me laissais aller dans mes anecdotes de famille, il me racontait son rêve de devenir présentateur sportif, et puis on se dirigeait naturellement vers la partie... intime du rendez-vous, si tu vois ce que je veux dire. Mais tous les meilleurs moments, tous ! Zappés par Xana.
— Non !
— Si.
— Du coup, même le moment ou tu...
— Surtout ce moment-là ! Argh ! Et même si on a remonté le temps après, je ne peux pas savoir si j'ai revécu la même soirée ensuite. Mais je crois... je veux croire que oui. Parce que c'était une super soirée.

Aelita regarda son amie, perdue quelque part entre la désolation et l'admiration pour elle.

— Voilà. Du coup, c'est pas vraiment ton souci, mais c'est juste pour te dire que croire n'est pas spécialement une mauvaise chose. Ce qui importe, à mon avis, c'est les raisons, et ce que ça te pousse à faire par la suite.
— Je vois.

Leur discussion prit fin quand elles aperçurent Jérémie courir comme jamais Jim n'aurait espéré le voir en direction de l'internat.

— Jérémie ! interpella Yumi. Qu'est-ce qu'il se passe ?
— Quelqu'un manipule mon ordinateur !

Les trois se ruèrent alors ensemble dans la chambre du premier. Ils y trouvèrent Odd, tranquillement en train de mettre la touche finale à son projet vidéo.

— Oh, salut ! Désolé, j'empruntais ton ordi, vu que tu n'étais pas là. Il est plus rapide à faire les rendus que ceux du CDI...

Jérémie reprit son souffle pendant quelques secondes, avant de répondre.

— Je vois... pas de souci... C'est juste que... j'avais laissé des programmes tourner... Je m'attendais pas à ce que... quelqu'un se serve de... mon ordi, dans l'intervalle..., tu permets ?

Il passa au-dessus de l'épaule d'Odd pour pianoter quelques lignes de commandes sur une fenêtre de terminal, avant de lui rendre la main.

— C'est bon... L'ordi a été exposé pendant une dizaine de minutes... Mais c'est fini. Tu peux continuer.
— Est-ce qu'il est possible que ton ordi ait été piraté pendant ces dix minutes ? s'inquiéta Aelita ?
— Oui... mais peu probable. Je vais surveiller ça. T'en fais pas.
— Désolé Jérémie... s'excusa Odd.
— Non, non, c'est moi, j'aurais du mieux gérer mes programmes. Ça me servira de leçon, je deviens trop imprudent avec le temps !



Deux hommes quittaient le porche d'un manoir pour entrer dans leur Porsche noire.

Sur son téléphone, l'un d'eux venait de recevoir le secret de leur prochain devoir.

Leur mission : localiser, brutaliser et neutraliser, le tout dans un lycée.



— ... et c'est ainsi que cet artefact, symbole pour certains d'une ancienne divinité et pour d'autres du mal incarné enfoui dans les tréfonds de l'oubli, est aujourd’hui le dernier de son genre encore connu. Et pour parler des raisons pour lesquelles c'est le dernier, je laisse la parole à Odd.

Jérémie passa la télécommande à son ami, qui appuya sur le bouton pour lancer la lecture de la diapositive suivante, celle sur laquelle il avait glissé son montage vidéo d'articles de presse, de photographies, d'enregistrements et de livres divers et variés évoquant les Sceaux Suspendus. Odd évoqua les diverses légendes abordant le sujet, rapportant tantôt la puissance et les pouvoirs supposés apportés par ces joyaux à leurs possesseurs, tantôt le terrible maléfice surnaturel enfermé grâce à ceux-ci, ainsi que les superstitions qui en découlent.



Sissi était en train de préparer deux verres de jus d'orange au bar du foyer quand Laura vint la rejoindre.

— J'ai trouvé.
— Ah oui ?
— Oui. J'ai décodé le message.
— Alors vas-y, explique-moi.
— Tout d'abord, le soir le plus long et le chemin le plus long. Tout le monde pense au 21 décembre, à cause du solstice d'hiver. Mais il y en a un autre qui conviendrait bien à cette description.
— Ah oui ? Lequel ?
— Le 24 décembre. Le soir de Noël.

Laura marqua un temps pour observer la réaction de Sissi. Celle-ci n'en eut pas, attendant patiemment l'explication de son informatrice. Elle reprit alors :

— C'est le soir le plus long de l'année pour un tas de gens : les enfants. Et il y en a plein ici, après tout, on est dans un établissement scolaire ! Les enfants attendent impatiemment que la nuit passe pour trouver leurs cadeaux le lendemain matin !
— Et le chemin ?
— Le chemin qu'arpente le Père Noël ! J'ai lu que ce cambrioleur est notamment célèbre pour faire régulièrement usage d'un deltaplane pour arriver ou partir des lieux de ses casses. Il lui est même déjà arrivé de faire un tour de magie consistant à marcher au milieu du ciel. Alors qu'il arrive tel le Père Noël, qui parcourt traditionnellement le monde entier sur son traîneau volant, allant de maison en maison, cela ne m'étonnerai guère.
— Je vois. Et du coup, l'accessoire et le recoin ?
— Un Père Noël, ça se reconnaît à son bonnet, son manteau rouge, et sa barbe. Il portera sûrement un déguisement. Ce sera facile pour lui, il y en a plein les rues des Pères Noël en cette période, même dans l'enceinte de Kadic, ce ne serait pas très choquant d'en croiser un. Quant au recoin... Par où entre Père Noël dans les maisons ?
— La cheminée ?
— Exact ! J'ai pensé à ça, mais je ne sais pas exactement à quoi cela pourrait correspondre... Il n'y a pas de cheminées, à Kadic...

Laura observa à nouveau Sissi. Songeuse, puis soudain souriante. Elle venait d'avoir une idée.

— Ok. Je te retrouve le 24. À 23 heures, dans ta chambre. On ira coincer le Kid ensemble !


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Dix jours avaient passé depuis le début de l'exposition publique du joyau impérial. Le Kid ne s'était finalement pas montré le soir du 21, comme la plupart s'y attendaient, mais alors que la fin de l'événement approchait, la tension augmentait de plus belle. Aussi, les autorités françaises, sur conseil des experts internationaux ayant déjà eu à affronter ce grand criminel, avaient installé un lourd dispositif de sécurité, composé principalement d'un cordon pratiquement ininterrompu de policiers en uniforme tout autour du terrain sportif servant de lieu d'exposition. À cela s'ajoutait les quelques membres des troupes d'élites que l'officier impérial responsable de l'artefact, Jérémiah Gottwald, avait emmené sur place avec lui. Ceux-ci étaient répartis dans les alentours, placés sur diverses positions stratégiques en hauteurs ou sur les lieux de passage.

Dans les couloirs de l'internat, Sissi se rendait à la chambre de Laura. Celle-ci l'attendait déjà, fermement décidé à ne pas manquer ce rendez-vous.

— Tu es prête ?
— Oui. On va où ?
— Tu disais que le Kid passera par une cheminée. Il y en a effectivement pas ici, à Kadic... Mais il y a une chaufferie. C'est là qu'on va.

Les deux jeunes filles se mirent alors en route, discrètement suivies par une troisième. En effet, Aelita Stones passait par hasard dans le couloir au même moment, et remarquant la curieuse rencontre, décida de les filer afin de découvrir ce que sa rivale manigançait.



L'habituelle alarme retentit. Jérémie appela son groupe à la rescousse.

— Ulrich, Odd, amenez-vous, Xana attaque. J'ai pas réussi à localiser la tour, mais vu la réaction du Superscan, il a l'air parti pour mettre le paquet, cette fois !



Suze et Cointreau guettaient leur cible à l'ombre du bâtiment administratif, désert à cette heure et surtout à l'écart du terrain sportif où étaient rassemblés tous les policiers de la ville. Leur cible était un jeune élève pensionnaire de cet établissement. Ils avaient décidé d'attendre qu'il s'en éloigne pour sauter sur l'occasion et l'éliminer discrètement.



Laura et Sissi s'étaient introduites dans la chaufferie. Sinistre et désolée, comme à son habitude, la pièce arracha un bref frisson à la jeune Gauthier, qui découvrait cet endroit pour la première fois.

— Comment tu connais cet endroit ?
— Je te rappelle que je suis la fille du proviseur ! renvoya-t-elle.

C'est vrai. Était-elle bête.

— Il y a pas si longtemps, j'étais venue accomplir un rite satanique ici, expliqua-t-elle ensuite plus posément, en dépoussiérant du pied une partie du sol où l'on pouvait distinguer les traces d'un pentacle peint à la va-vite.
— Ah ?
— Oui. C'est ce qui m'a persuadé que c'était le bon endroit. À cause des légendes sur le Sceau. Cela tombait trop bien.

La porte s'ouvrit à nouveau. Entrèrent alors un jeune homme aux cheveux noirs et une jeune femme rousse. Tous deux avaient les yeux bleus, et portaient d'étranges tenues bleues et blanches, avec des épaulettes relevées.

— Vous êtes qui ? interrogea immédiatement Sissi.

L'homme parut gêné, comme s'il ne s'attendait pas à arriver en cet endroit. Son accompagnatrice le disputa :

— Imbécile ! Je t'avais dit que ce n'était pas une bonne idée...

Elle se retourna vers les deux élèves.

— On fait partie du dispositif de sécurité. Nous faisons un tour de garde, tout simplement. Et vous, mesdemoiselles, que faites-vous dans un endroit aussi lugubre par cette heure ?
— Nous sommes là pour capturer le Kid !
— Vraiment ?

La discussion tourna court quand un étrange vrombissement emplit la pièce, et qu'à la surprise générale, une sorte de cabine téléphonique bleue se matérialisa en plein milieu. En sortirent deux nouvelles personnes, un grand homme à la chevelure brune ébouriffée portant un costume cravate élégant recouvert d'un long manteau et une femme brune vêtue d'une veste en cuir rouge.

— D'où vous sortez, vous ?

Avant même que les nouveaux venus puissent répondre, un portail vert apparût soudainement sur un mur, et en sortirent encore deux autres personnes : un vieil homme aux cheveux bleus avec une blouse de laboratoire, accompagné d'un jeune garçon brun portant jean et t-shirt jaune.

— Mais qu'est-ce qu'il se passe ici, au juste ?



Jérémie, Ulrich, Odd et Yumi s'étaient retrouvés dans la forêt, au niveau de leur passage secret.

— Où est Aelita ?
— Je ne sais pas, je n'ai pas réussi à la joindre.
— Tant pis, on y va. On avisera ensuite.

Ils s'engouffrèrent alors dans le passage. Quelques mètres plus loin, derrière un arbre, les deux agents s'approchaient, leurs armes dégainées et chargées.



Minuit moins une. Jérémiah effectuait un tour de garde au milieu du terrain de foot, vidé à cette heure. Il y avait encore foule, mais au-delà du cordon de sécurité. Ces gens-là ne venaient pas admirer le joyau, mais espéraient admirer son vol par le célèbre Kid.

C'est alors qu'un fumigène se déclencha à proximité du stand d'exposition. L'officier lança immédiatement la procédure d'urgence de mise en sûreté tout en se ruant dans l'écran de fumée.

— Emmenez le Sceau dans la planque ! Équipes de défense, préparez-vous !



— Donc si je comprends bien, pour résumer, on est tombé sur un espèce de petit comité de voyageurs temporels ?
— On dirait bien que vous avez raison, Martha, conclut l'homme de la cabine bleue en détaillant du regard chacune des personnes présentes au travers d'une paire de lunettes 3D.

Sissi ne savait plus trop où se mettre. Laura, quant à elle, était fascinée.

— Vous êtes vraiment des voyageurs temporels ? Comment vous faites ? Vous utilisez les flux quantiques ? Ou alors l'accélération des particules ?
— Oulà ! commenta l'homme à la blouse scientifique. Une amatrice. Tu devrais d'abord étudier ça dans un vrai labo, ou quelque chose du genre, pour comprendre...
— J'aimerais bien !

Rick activa alors son pistolet à portail pour en invoquer un juste à côté de lui, le traversa, et en ressortit un instant plus tard, tenant un carton dans la main.

— Tiens, c'est la carte de visite du grand patron du CERN. Cadeau. Mais fais gaffe, je l'ai piquée sur son bureau dans une dimension où le CERN a déjà envoyé des exécutants pour essayer de te tuer. Allez viens Morty, on se casse, c'est naze ici.
— Non, je veux rester ici, c'est pas tous les jours qu'on croise d'autres voyageurs temporels comme nous et qui ne sont pas des Ricks comme toi !
— Ok, comme tu veux, moi j'me tire.

Sans un mot de plus, Rick s'en alla alors seul au travers d'un de ses portails. Le petit Morty essaya alors de reprendre la discussion.

— Hé bien, alors vous... vous êtes qui et vous faites quoi, au juste ?
— Moi, commença Martha, je suis Martha, et j'accompagne le Docteur.
— Laura Gauthier. Je suis là pour coincer un grand cambrioleur.
— Je m'appelle Laureline, et je suis avec mon ami Valérian.
— Oui, et nous sommes aussi à la recherche du cambri...
— Non mais vous fatiguez pas, on savait dès le départ que c'était faux ! coupa Sissi.

Valérian esquissa un sourire gêné. Le Docteur reprit.

— Ces gens là doivent être des Terriens du futur. Ils sont sûrement là pour la même raison que nous.
— Des Terriens du futur ? Les Terriens aussi pourront voyager dans le temps ?
— Oui, bien sûr ! À vrai dire, les prémisses de la technologie existent déjà ! Mais d'ici quelques siècles, ce sera institutionnalisé.
— Cool !

Sissi se rapprocha d'eux.

— Et donc, c'est quoi votre raison d'être là ?
— On est là pour essayer de comprendre pourquoi ce point de l'espace temps est une telle convergence de lignes temporelles.
— Si je comprends bien, reprit Laureline, vous êtes intrigués par le fait qu'autant de voyageurs temporels viennent visiter cet endroit à ce moment, et pour essayer de comprendre, vous venez vous aussi ?
— Heu, oui, c'est ça.

Le Docteur se retourna vers les élèves.

— Et vous alors, vous fichez quoi par ici ?
— On attend quelqu'un.
— Dans cet endroit ? C'est pas très chaleureux, comme réception, non ?
— C'est pas nous qui avons choisi l'endroit.

C'est à ce moment que s'ouvrit encore une fois la porte de la chaufferie. Jérémiah Gottwald entrait.



Suze et Cointreau étaient descendus dans les égouts. Une aubaine, pensaient-ils. Quel meilleur endroit pour dissimuler un meurtre ?

Cependant, ils furent presque aussitôt assommés, pris en embuscade juste en dessous de la bouche d'égoût. Michel Belpois venait de les mettre à terre.

— Vous êtes bons... mais vous ne valez pas les vrais !

Il regarda alors son fils accompagné de ses amis insouciants, aller de l'avant vers leurs propres aventures. Il était fier.



Valérian s'écarta pour laisser entrer le nouvel invité.

— Bienvenue, monsieur...
— Jérémiah Gottwald.
— C'est le Kid.

Tout le monde se tourna vers Sissi.

— Quoi, c'est évident non ? En cas de menace, le véritable Jérémiah doit s'emparer du joyau et l'emmener vers un lieu de repli, à proximité de la vieille usine. J'ai entendu mon père en discuter avec lui. Le Kid aura sûrement provoqué une diversion pour s'emparer du joyau, et l'emmener ici en se faisant passer pour l'officier chargé de sa protection.

L'individu s’avança de quelques pas, révélant le fameux pendentif au creux de sa main.

— Certes. Et si vous aviez raison, et que je suis bien le Kid, que comptez-vous faire ?
— Redevenir célèbre, en étant celle qui vous arrêtera !

Entra alors Aelita Stones, restée jusqu'à maintenant à l'extérieur mais trop intriguée par le nombre de personnes étant venues rejoindre Sissi et Laura dans cette pièce.

— Qu'est-ce que vous faites tous là ?
— Hé bien, il ne manquait plus que toi ! lui lança Laura.



— Tiens, qu'est-ce que c'est ?

Les lyokoguerriers étaient cachés sous la plaque d’égout du pont de l'Usine. Des gens étaient juste au dessus. William, qui était monté à l'échelle en premier, observait discrètement à travers le trou de la plaque.

— Les gars, on dirait un de ces nouveaux drones de livraison.
— Ouais, mais il est bizarre, il a l'air bugué.
— C'est comme s'il bloquait contre un mur invisible.
— Allons l'aider !

William chuchota à ses voisins du dessous :

— On dirait des soldats impériaux. Ils doivent faire partie de l'équipe chargée de la protection du Sceau Suspendu.
— Qu'est-ce qu'ils fichent là ?
— J'en sais rien.

William retourna à son poste d'observation, soulevant très légèrement la plaque. Juste assez pour voir trois soldats s'approcher de ce qui semblait être un petit robot rouge et noir au comportement erratique.

Celui explosa brutalement, faisant trembler toute la zone. William et Jérémie manquèrent de tomber de l'échelle, tandis que les autres, encore en bas, s'appuyèrent sur le mur ou au sol pour garder leur équilibre. Ils virent également le pont s'effondrer au travers de la grande grille d'évacuation des eaux.

— C'est Xana ! annonça William. Il a envoyé une espèce de Kankrelat explosif. Le pont est détruit, il faut qu'on fasse le tour pour passer par l'autre côté.
— Bordel, ça va nous prendre des plombes ! Sacrément bien joué, Xana ! Bref, retournons au collège, de là on prendra la route.



La secousse de l'explosion fut ressentie jusqu'à Kadic, si bien que le prétendu Jérémiah Gottwald en fit tomber le Sceau qu'il tenait dans sa main. Celui-ci tomba au sol, au milieu du vieux pentacle, qui commença à s'illuminer d'un rouge flamboyant.

— Ah, ces gens qui croient encore aux superstitions sur les soi-disant rites sataniques, commenta le Docteur. Saviez-vous Martha qu'en réalité, les sataniques sont encore moins tolérants envers les crimes et les agissements immoraux que les autres ?
— Peut-être, mais je pense tout de même qu'on devrait s'éloigner...

Au-delà du pentacle, d'autres motifs s'illuminaient également, tout comme le symbole au creux du pendentif. Ou plutôt, une partie de celui-ci. La partie centrale, ainsi qu'une partie des sortes de pattes qui l'entouraient. Tous étaient étonnés et intrigués, mais Aelita fut terrifié.

— Allez... allez vous en, vite ! hurla-t-elle, en essayant en vain de rouvrir la porte.

Mais il était trop tard. Elle disparut.



Les lyokoguerriers étaient ressortis des égouts et couraient à travers les bois pour atteindre l'entrée de Kadic, mais ils furent bloqués par un véritable bataillon de police. Ils crurent pouvoir le contourner simplement, mais celui-ci se retourna comme d'un seul bloc dans leur direction, et se mirent en marche.

— Bordel de merde, Xana a xanatifié la police !
— On est super mal barrés là !
— Venez, vite !

Jérémie fit demi-tour et entraîna ses amis à travers la forêt. Derrière eux, plus d'une centaine de policiers équipés et armés leur couraient après.



Le calme était revenu dans la chaufferie. Pesant. Froid. Valérian s'éclipsa, prétextant une avarie sur son vaisseau. Laureline s'approcha des jeunes filles pour essayer de les consoler, tandis que celles-ci étaient encore sidérées. Martha et Morty en étaient encore à jurer, tandis que le Docteur brandissait son outil d'analyse favori en direction du pendentif, désormais inerte au sol.

— Le Sceau Suspendu de Nilrem. Je pensais pas le voir ici pour de vrai...
— Qu'est-ce que c'est ?
— Comme son nom l'indique, c'est un sceau qui a été conçu pour confiner une entité hors du temps. Une effroyable entité...
— Ça veut dire que vous ne pouvez pas ramener cette pauvre enfant ?
— Ça veut dire qu'on ne peut rien faire si l'on ne souhaite pas déchaîner les pires feux de l'enfer sur cette Terre !
— Mais c'est déjà fait ! Cette chose a déjà pris plusieurs vies ! lâcha Laura, larmoyante.
— Plusieurs ?
— Oui... Ce symbole.... Je l'ai déjà vu...
— Où ça ?



— Bordel, on va pas s'en sortir !
— Si, t'inquiète, fais-moi confiance !

Jérémie entraînait ses amis jusqu'à un recoin reculé de la forêt, quelque part après la cabane du jardinier. Là, il y avait un petit monticule de terre juste à côté d'un arbre permettant d'escalader le mur et de sauter par dessus.

— Ici. On passe le mur, et on se tire le plus vite possible. Les flics seront ralentis.

Les policiers xanatifiés étaient pas loin derrière. Ils n'eurent qu'une petite minute pour escalader le mur tous les cinq. Une fois de l'autre côté, Yumi se jeta sur la première voiture garée qu’elle vit. Une espèce de voiture noire de collection un peu vieillotte, mais qui avait cinq places et semblait pouvoir rouler très vite. Il lui fallut que quelques secondes pour forcer la porte. William se mit au volant, Jérémie sur le siège passager pour rapidement bricoler les fils de démarrage et lancer le moteur. À l'arrière, Odd s'installa au milieu pour servir de copilote et indiquer la route, tandis qu'Ulrich s'installa dos à la route pour surveiller les alentours à travers la lunette arrière.

— On décolle !

La voiture démarra en trombe. Suivant les instructions d'Odd, William fila à travers la ville, en direction de la route contournant l'Usine. Rapidement, des gyrophares apparurent derrière eux.

— Bordel, la police nous rattrape déjà. Y'a pas quelque chose dans cette voiture qui pourrait servir ?

Jérémie ouvrit la boîte à gant, et y trouva un pistolet avec un chargeur. Il les tendit à Ulrich.

— C'est notre jour de chance !

Ulrich chargea l'arme, et s'apprêta à tirer dans les roues des voitures s'approchant trop près.

— Juste ici, à gauche !

William braqua. Deux secondes plus tard, Ulrich tira deux coups, faisant exploser la vitre arrière ainsi que le pneu avant droit du véhicule de poursuite le plus proche. Celui-ci se déporta, immédiatement remplacé par deux autres.

— Couchez-vous !

La police ouvrait le feu en représailles. Leur rafale terminée, Ulrich releva la tête pour tirer à nouveau. Yumi en profita pour fouiller le coffre, et trouva une caisse remplie d'engins électroniques. Elle en attrapa un.

— C'est quoi ce truc ?
— C'est du C4, répondit William après avoir jeté un œil dans son rétroviseur, juste avant un nouveau virage à droite. Prends un de ces espèces de pin's électronique, et plante-le dans une brique.

Yumi s'exécuta, tandis qu'Ulrich échangeait une nouvelle rafale de tirs avec les forces de l'ordre.

— À gauche ! hurla Odd, immédiatement suivi par un puissant crissement de pneus. Usine en vue droit devant !

William poussa le pied au plancher, faisant gronder le puissant moteur de la voiture.

— Maintenant, retire la languette plastique, et attrape le détonateur. À mon signal, tu lâches la bombe dehors, puis tu attends deux secondes et tu déclenches, Ok ?
— OK !

William vérifia la position des voitures de police. Environ cent mètres derrière lui, en augmentation. Parfait. Il calcula mentalement la distance qu'il lui faudrait pour freiner. Ce serait juste, mais ils n'avaient pas le choix.

— Maintenant ! lança-t-il à l'instant même où la voiture s'engagea sur le pont.

La voiture accélérait encore pendant deux secondes, puis William pila en même temps que Yumi déclencha la charge. L'explosion fit s'effondrer une petite partie du pont, rendant la poursuite impossible dans l'immédiat. La voiture, quant à elle, réussit non sans mal à s'immobiliser à quelques centimètres à peine du mur.

— Bravo les amis ! annonça Jérémie. Maintenant, Yumi, Ulrich, avec moi, vous plongez. Odd et William, descendez à la réserve, et armez-vous. On a réussi à isole l'Usine du reste de la ville, mais Xana ne s’arrêtera pas là, j'aurai besoin de vous pour défendre le labo.
— Ok chef !

Le trio se rua vers l'élévateur tandis que les deux autres garçons partirent à l'opposé chercher la cache d'armes électromagnétiques qu'avait préparé Jérémie.

Une fois descendus au labo, Jérémie s'installa aussitôt à son poste, et pesta :

— Xana ne nous facilite décidément pas la tâche ! La tour activée est sur un Réplika. Foncez.



Laura, encore trop perturbée par ce qui venait de se passer, indiqua sur le pupitre du vaisseau du Docteur l’emplacement précis du laboratoire de l'Usine, laissant l'émerveillement face à l'étonnante taille du vaisseau aux autres compagnons de voyage qui faisaient la route avec eux. Elle regarda l'homme appuyer sur quelques boutons, enclencher une manette, et faire vrombir l'appareil, avant de retourner à la porte et ressortir directement dans le laboratoire.

Jérémie était là, choqué de voir apparaître devant lui une grande cabine bleue comme par magie. Et remarquant le mot Police qu'arborait celle-ci, il descendit de son fauteuil pour se cacher derrière, terrifié à l'idée que Xana lui téléporte des troupes directement dans son fief.

— Jérémie ! Ça va, c'est moi !

Il souffla un peu, laissant son cœur reprendre sa marche.

— Laura ? Mais qu'est-ce que tu fais ici ? Et qui sont tous ces gens ? demanda-t-il en désignant les passagers qui débarquaient au fur et à mesure.
— Longue histoire. Je te présente Martha, Morty, Sissi, Jérémiah qui est en fait le Kid, et le Docteur. je te raconterai les détails une autre fois, si tu veux bien. C'est quoi le topo pour toi ?
— Xana a dynamité le pont de l'Usine avec un Kankrelat explosif, et a xanatifié toutes les forces de polices qui étaient présentes à Kadic. Ulrich et Yumi sont en route vers le Skid pour aller chercher la Tour dans un nouveau Réplika. Odd et William sont partis à ma... notre cache d'arme pour défendre le labo si les flics arrivent avec des hélicos ou des bateaux. Quand à Aelita, aucune nouvelle.
— Aelita, elle a été emportée par cet objet. Je crois que c'est lié à Xana. Le Doc croit que c'est lié à une entité antagoniste vivant hors du temps.
— Heu... je vois.
— Du coup, on fait quoi ?

Jérémie resta songeur un instant. Mais il n'avait pas vraiment le choix.

— D'après ce que je vois, Xana s'est créé un nouveau Réplika, comme dans le temps. Peut-être ne se sentait-il pas assez bien chez lui dans le Cortex. Le point est qu'il réside probablement dans ce Réplika. Si on y emmène et qu'on y laisse cet artefact, ça pourrait empêcher Xana d'interagir à travers celui-ci à nouveau. Et si Xana a bel et bien capturé Aelita, on pourrait peut-être la retrouver là-bas...

Jérémie balaya la pièce du regard.

— Bon, bah en attendant, je vais aider tes amis à défendre cet endroit, annonça Morty.
— Je viens avec toi, déclara Martha.
— De même, fit Sissi.
— Quant à moi, continuât Jérémiah Gottwald, je vais employer mes troupes personnelles à cet effet.

Les trois s'engouffrèrent dans le monte-charge pour remonter à la surface rejoindre Odd et William. Jérémie dit alors à Laura.

— Vas-y, plonge. On a besoin d'un pilote pour le Skid.



La police s'organisait rapidement autour de l'île. La brigade fluviale approchait, tandis que des hélicoptères se distinguaient au loin. Des groupes d'interventions se préparaient également de chaque côté, sur les ponts, prêts à passer à l'assaut dès l'instant où les équipes du génie arriveraient pour installer des passages provisoires.

Les jeunes combattants préparaient leurs armes. Des blasters électromagnétiques, habituellement utilisés contre les spectres de Xana, pour essayer de neutraliser les véhicules et ralentir les sbires xanatifiés. Les quelques balles restantes du pistolet trouvé dans la voiture volée allaient servir en dernier recours pour ralentir les policiers trop menaçants ou trop proches, tout comme les charges de C4 restantes en leur possession. Jérémiah s'était quant à lui posté en hauteur, téléguidant ses hommes encore opérationnels par radio, leur donnant l'ordre de surprendre les forces de police régulières pour les empêcher d'approcher de l'Usine le plus longtemps possible.

Il ne fallut pas longtemps pour que les premiers échanges de tirs commencent. Plusieurs bateaux tentaient d'approcher du quai pour accoster, repoussés par les armes électromagnétiques, tandis qu'une unité impériale attaquait par surprise un groupe posté sur le pont d'origine.

Mais rapidement, des policiers réussirent à poser le pied sur l'île. Un petit groupe avait réussi à la contourner en bateau, et accoster sans être vu. William et Odd les ciblèrent en particulier avec leurs armes électromagnétiques, mais sans le moindre effet sinon sur leurs radios.

— Bordel de merde, ils sont pas xanatifiés eux !
— Xana a dû s'emparer uniquement des policiers qui étaient à Kadic. Tous les autres, ça doit être de véritables groupes d’intervention en action.
— Ça n'arrange pas nos affaires...

Martha, Morty et Sissi réussirent à tendre une embuscade à ce premier groupe de policier en les assommant avec du matériel de chantier. Mais d'autres approchaient encore. Finalement, Jérémiah posa sa radio, et monta sur un promontoire.

— Monsieur, vous faites quoi ?
— Vous m'avez l'air en bien grande difficulté, alors moi, je m'en vais. Bonne chance !

Un fumigène éclata alors, permettant à l'officier de disparaître. Très vite, un deltaplane blanc se fit remarquer à proximité de l'Usine, s'envolant au loin, et emportant les cohortes de policiers à sa suite.

— C'était donc bien le Kid depuis le début...
— Oui, et il nous sauve la mise en faisant diversion au près des flics. On peut l'en remercier.



Le Skid égerma de la Mer Numérique dans un territoire que nul n'avait encore jamais vu. La mer était teintée d'un orange légèrement lumineux. Le ciel était un dégradé allant du pourpre au cendré. Quant au territoire lui-même, il était recouvert de volcans. Parsemé d'éruptions, de coulées de lave et de secousses tectoniques. Laura survola lentement et prudemment la zone.

— La Tour activée est quelque part au nord de votre position, indiqua Jérémie.

Approchant des coordonnées, le Skid survola un immense cratère, rempli de plusieurs dizaines de Tours.

— Bon sang, y'en a combien ici ?

Laura immobilisa le vaisseau, et débarqua ses camarades. Au milieu du cratère, Aelita était bel et bien là, enfermée dans un Gardien.

— Comment on va la libérer de ça ? On pourrait invoquer un clone d'elle, pour tromper le Gardien ?
— J'en doute, déclara Jérémie. Xana a un peu amélioré son procédé, depuis le temps... Mais le Sceau doit être la clé. C'est grâce à lui que Xana l'avait capturé, non ?
— Oui, répondit Laura.
— Alors, il faut sûrement l'utiliser ici aussi. Comment ça s'est passé, lors de sa disparition ?
— Je sais pas... Le Sceau est simplement tombé...

Joignant le geste à la parole, Laura fit tomber au sol le Sceau. Celui-ci s'illumina à nouveau, ainsi que le sol tout autour des lyokoguerriers. Le sol trembla, brilla, et fuma de toute part. Sur Terre, Jérémie croisait les doigts.

— Puisse Franz nous sauver encore une fois... Qu'on ne perde pas encore quelqu'un...

Soudain, une secousse plus forte que les autres secoua entièrement le plateau. Laura, Yumi et Ulrich furent dévirtualisés sur le coup. Mais ensuite, le Gardien céda, et Aelita fut libérée.

— Aelita, Aelita, tu m'entends ?
— Oui... oui... je t'entends Jérémie !
— Tant mieux. Désolé, tu dois être encore sonnée, mais on a vraiment pas le temps ! Il faut que tu désactives la Tour, et vite !
— Je veux bien... Mais c'est laquelle, au juste ?

Autour d'elles, toutes les Tours du cratère semblaient arborer un terrifiant halo rouge. Si ce n'était le territoire tout entier.

— Je... Je ne sais pas. Tout ce que je vois, c'est que le signal semble provenir de ce cratère.
— Je vois...

Aelita s'agenouilla un instant, autant pour réfléchir à une idée que pour reprendre des forces. Seules les forces lui virent. En rouvrant les yeux, il y avait toujours ces dizaines de Tours rouges. Aucune ne se distinguait particulièrement. Son père n'était à priori plus là pour sauver la situation, et le territoire étant une création de Xana, elle n'avait pas de carte mentale de l'endroit. Aucune aide. En tous cas, aucune aide tangible.

Elle se releva alors, et marcha. Tout droit. Elle alla de l'avant, sans se retourner ni dévier de sa route. Elle traversa le fond du cratère, et finit par atteindre une des Tours logés à ce niveau-là. Et elle y entrât.

Et finalement, sur l'écran de contrôle de Jérémie, la fenêtre d'activité du Superscan retourna au bleu, avant de se fermer.

Jérémie souffla profondément. Il prit un instant pour se détendre, les yeux fermés, avant de se redresser sur son fauteuil, et adresser un sourire au Docteur, qui était resté auprès de lui.

— Merci d'être passé.
— Mais de rien. Joyeux Noël !

Jérémie rit de bon cœur, tandis que le Docteur retournait dans son vaisseau. Il se retourna juste avant de passer la porte de sa cabine.

— Au fait, j'ai juste une question...

Jérémie le regarda, intrigué.

— Mais qui est Franz ?

  Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2020  
Dede7

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 08 Déc 2020 19:07   Sujet: Récursion


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— Vite ! S'exclamait une jeune adolescente brune en tenue de samouraï aux motifs vers. Il faut absolument arrêter Xatan avant que son attaque ne tue des gens !
— Attention ! interpella un second personnage, un grand garçon blond ressemblant à un lutteur. Il nous envoie des sbires !

Derrière les trois héros ainsi que sur leurs flancs se dressaient soudain trois monstrueuses créatures grisâtres à la coque craquelée, ressemblant à d’immenses caméras de surveillance montées sur deux imposantes pattes.

— Oh non, des Vulcanesques ! fit la troisième, une jeune fille aux cheveux bleu vif et à la tenue relativement légère. Nous sommes encerclés !

Cette dernière se laissa alors tomber brutalement au sol, en position agenouillée, et joignit ses mains face à elle en initiant une prière.

— Oh, Odin, Dieu solaire, protecteur des hommes, viens nous en aide et permets-nous d'accomplir notre sainte mission !

Un halo de lumière s'illumina autour des trois héros, puis le sol se fissura autour d'eux, et s'effondra en partie dans leur dos, emportant dans les abysses les horribles créatures les menaçant.

— Merci à toi, oh grand Odin ! conclu la jeune fille avant de se relever et reprendre sa course avec ses amis.

Les trois durent courir pendant encore quelques secondes avant d'atteindre la grande torche enflammée et y apposer leurs mains, ce qui chassa la menaçante lueur rouge du brasier pour le laisser d'un blanc pur et quasi irréel.

Les trois personnages éclatèrent de joie, sautillant et s'embrassant, tandis que le générique de fin. Jérémie coupa le son de la télévision avant que les publicités ne se lancent.

— N'importe quoi, déclara-t-il.
— Ah, en quoi ? demanda Aelita.
— Bah ça ? Ces histoires de dieu maléfique et de dieu protecteur. Si ce sont vraiment des dieux, à quoi servent les protagonistes ? Et puis c'est drôlement facile, une prière et pouf, un miracle. Si c'était comme ça, la vraie vie, ce serait drôlement simple...

Il se leva, termina d'une gorgée sa tasse de chocolat chaud, et la déposa sur la table avant de sortir du foyer.

— Bon, sur ce je vous laisse, je dois encore bosser un peu !

Ses amis restèrent sur le canapé. Ulrich reprit la parole :

— Après, j'aime bien le design des personnages.
— J'suis d'accord ! confirma Odd.

Les deux garçons s’entraînèrent dans une discussion passionnée sur la réalisation de cette nouvelle série qu’ils venaient de découvrir. Aelita, quant à elle, restait silencieusement pensive. Était-ce vraiment n’importe quoi ? Est-ce que ça n’avait pas un peu de sens ?







Aelita avait passé toute la soirée à faire des recherches sur internet, pour essayer de mieux saisir cette notion de Dieu. Elle n’en avait jamais vraiment discuté avec Jérémie, elle le savait résolument athée. Pour lui, l’univers était né d’un événement sinon parfaitement connu, au moins largement descriptible d’un point de vue scientifique. La faune et la flore sur Terre s’est développée au gré du hasard et l’évolution des formes de vie. Après tout, tout cela était parfaitement logique et semblait sensé, elle n’en doutait pas.

Mais pourtant, pourtant, les questions et le doute l’assaillaient toujours. Les humains étaient-ils vraiment libres de vivre et de disparaître ? Elle pensa à Jérémie. Cet être qui l’avait découverte, éveillée, qui lui avait façonné un corps et lui avait offert l’ascension vers son monde. Cet être sans qui elle serait certainement encore endormie pour l’éternité dans son jardin aux quarante tours.

Et puis, elle ne pouvait s’empêcher de réaliser qu’elle-même était une enfant voulue – si ce n’est même créée – par son père.

Son père, celui-là même qui avait créé tout un monde pour elle.

Son père, celui-là même qui avait créé de ses mains cet artefact qu’on appelait supercalculateur.

Son père, celui-là même qui avait créé la possibilité de manipuler le temps lui-même.

Son père, celui-là même à qui Jérémie – oui, même lui – avait déjà adressé ses prières.

N’était-elle pas elle-même un ange, un véritable ange, veillant sur le monde parfait créé par son père, et veillant à ce que le terrible être maléfique qui y était enfermé reste sage et docile ?

Et qu’étaient-ce, sinon des miracles, chacune des fois où elle tombait à terre, appelant à l’aide, et que soudain le danger s’en trouvait écarté ?

Qui était son père, sinon son créateur et son sauveur ? Sa lumière ?

Jérémie dirait qu’il n’est qu’un homme. Sa lumière, qu’un avatar. Sa création, qu’une idée reprise d’un autre, développé et amélioré par les nouvelles idées qu’il aura eues au gré du hasard des connexions cérébrales.

Mais quand bien même. Il fallait l’avoir eu. L’Idée.
  Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2020  
Dede7

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 08 Déc 2020 19:06   Sujet: For honor you monster


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Un matin de décembre dans un recoin de forêt, bien qu'en partie étouffés par une neige fraîchement tombée, plaintes et rugissements se distinguaient.

— Allez, plus vite, du nerf Stern ! L'ennemi n'attendra pas que tu aies fini de ravaler ta sueur ! — On se magne le cul, Belpois ! L'objectif est droit devant, pas besoin de cabocher plus que ça ! — Stones ! Tu es une limace ! Et une limace, ça rampe, ça ne se redresse pas ! Surtout pas pour se plaindre ! — Tomber, c'est pour les morts ! Et on ne meurt pas sous mon commandement, est-ce que c'est clair, Ishiyama ? — Dunbar, si t'es pas foutu de te cacher mieux que ça, autant avancer tout droit en agitant les bras en l'air ! — Tu appelles vraiment ça "courir", Della Robbia ? Tu es si lent qu'on pourrait te prescrire comme somnifère ! — C'est une corde d'attache solide que je t'ai demandé de fabriquer, Gauthier, pas une piñata !

Jim était sur tous les fronts, s'époumonant à appliquer implacablement son instruction. Ses recrues, elles, s'époumonaient tout autant à tenter d'y survivre.

— Monsieur... Vous êtes sûr... tenta un Odd découragé.
— Oui je suis sûr ! Un exercice d’entraînement n'est pas une récréation. C'est une préparation aux situations bien pires que vous pourrez connaître dans la réalité !
— Mais il fait super froid... releva Yumi, profitant d'un instant d'équilibre sur un pilotis plus large que les autres.
— Si les bleus que vous êtes ne veulent pas finir bleus, ou couverts de bleus, je vous suggère d'économiser votre oxygène et de vous concentrer ! Il vous reste 45 secondes !

Remotivés, à la fois par la proximité de l'échéance que par la véritable puissance infusée dans le haro de leur chef, tous rassemblèrent une derrière fois leurs forces pour tenter d'achever leurs missions respectives, malgré la fatigue due à un réveil à 8 heures d'un samedi matin, le froid mordant d'un hiver bien installé et l'humidité ambiante causée par l'épaisse couche de neige. Ils prirent sur eux d'ignorer la morsure du froid à chaque fois qu'il fallait saisir le mousqueton et le faire avancer sur le câble rouge qui leur servait d'itinéraire et de ligne de vie.

Pour Ulrich, ce câble allait bêtement d'un côté à l'autre d'un arbre, sans le contourner. Il lui fallait donc l'escalader en luttant contre son vertige autant que contre le froid. Jérémie devait trouver son chemin à travers un amas désordonné de buissons et de ronces. Aelita était contrainte de suivre un passage couvert de boue gelée, passant sous des barreaux d’entraînement. Ishiyama devait suivre un petit parcours suspendu, sautant de pilotis en pilotis jusqu'à un passage perché en hauteur. William faisait façe à un parcours d'obstacles couverts de pièges conçus pour sanctionner les positions trop à découvert. Quant à Odd, il lui fallaît bêtement faire quelques tours autour de la clairière, en remontant les quelques centaines de mètres de câbles restants que Jim avait déployés en cercle. Enfin, Laura n'avait qu'à passer par dessus une branche à trois mètres de hauteur, mais avec des morceaux de corde qu'il lui fallait nouer efficacement elle-même.

— Eeeet ! Top ! C'est fini !

Un grand soupir général emplit soudain la clairière. Les adolescents s'effondrèrent tous sur place, de façon plus ou moins contrôlée, sous le regard évaluateur de leur instructeur.

— Bon. C'est pas si mal. En situation réelle, vous auriez peut-être pu survivre avec un peu de chance. Allez, amenez-vous !

Les autres étaient si exténués qu'ils n'avaient pas remarqué le feu de camp que leur professeur venait d'initier. Ils se libérèrent rapidement des mousquetons les retenant à leurs lignes de vie respectives pour venir s’asseoir et se réchauffer au près du feu, trop éreintés pour prêter attention aux anecdotes de Jim sur ses vies d’antan et sur le comment du pourquoi sa carrière de plongeur de combat assignés aux tests de technologies de pointe spécialisés dans l'aérospatiale et la bio-ingénierie appliquée l'avait naturellement conduit à devenir membre de l'équipe d'intervention Enton-2 sur les événements paranormaux sous le commandement décalé mais éclairé du colonel Grégoire dit "Premier"...

Concluant dix minutes de pause, Jim finit par se lever, et ordonner, "pour finir", une course à bonne foulée à travers la forêt, en direction de Kadic. Ulrich, Yumi et William réussirent tant bien que mal à maintenir la cadence, tandis qu'Odd, Jérémie et Laura fermèrent péniblement la marche, laissant Aelita à quelques foulées devant eux. Mais tous finirent par atteindre les grilles du collège-lycée, où un Jim toujours rayonnant et en pleine forme les attendaient fièrement.

— Bravo, les enfants ! C'était difficile, mais vous avez su faire preuve de courage et d'abnégation. Allez tous prendre une bonne douche, vous l'avez mérité. Et on se retrouve lundi pour le cours de gym !





Laura attendait les yeux fermés, confortablement installé dans un canapé du foyer, un verre de jus d'orange dans la main, une reposante mélodie à la guitare venant de la scène devant elle à ses oreilles. Avant d'aller prendre sa douche, elle avait invité les autres à passer au foyer dans l'après-midi. Elle espérait que les autres ne seraient pas plus épuisés qu'elle par cette épreuve, ni trop fâchés d'avoir dû y participer.

— Bouh !

Elle ouvrit les yeux. C'était William. Et derrière arrivaient aussi Jérémie, Odd et Ulrich, le temps de prendre une boisson.

— Comment ça va ?
— Épuisée. J'ai failli m'endormir sous la douche.
— Haha ! Tu n'es pas la seule à avoir fait cette erreur ! répliqua Odd en arrivant avec un gobelet de soda.
— Ah ? Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
— L'an dernier, Jérémie aussi avait eu l'idée de demander à GI-Jim un coup de main pour faire, disons, un peu de renforcement sportif. Mais quand il s'y met, c'est pas à moitié !
— En effet, répondit-elle. Je n'aurais jamais cru qu'il prenait son délire de stage commando autant au sérieux. Désolée pour ça !

Ulrich prit place à côté de Laura sur la canapé, ou plutôt s'y affala, la tête en arrière.

— Ce qui m'impressionne le plus, dans sa motivation, c'est le fait qu'il ait installé le terrain d'entraînement pour nous sept, tout seul entre hier soir et ce matin !
— Où est-ce qu'il trouve tout ce matos ! C'est dingue !
— À propos de matos ! reprit Jérémie en arrivant à son tour. Ça tombe bien, parce que j'ai du nouveau à vous présenter !
— Ah oui ? Ça y est, tu as pu le finir ? s'enthousiasma Laura.

Les autres garçons firent les gros yeux, intrigués par la nouvelle annonce des deux petits génies.

— Oui, confirma Jérémie. On a qu'à aller à l'Usine, on va vous montrer ça !

La petite bande quitta donc le foyer et se mit en route vers leur base. Quelques minutes plus tard, ils étaient arrivés dans la salle cathédrale de l'Usine. Jérémie avait dissimulé sa nouvelle invention dans une caisse, à proximité du monte-charges. Il en sortit un objet, ressemblant vaguement à une fourche, qu'il tendit à ses camarades.

— Je vous présente la Torche de lancement électromagnétique autonome à cadence renforcée !

Ulrich prit l'initiative de s'en saisir en premier, ayant l'intuition de porter l'engin comme un fusil. Odd restait sceptique, et demanda :

— Qu'est-ce que c'est ?
— C'est une arme anti-spectres, résuma Laura. Elle est équipée d'une batterie et d'un canon capable d'envoyer des décharges électromagnétiques. Une décharge devrait suffire à neutraliser un spectre.
— Cool !
— Et c'est quoi les limites de l'appareil ? demanda prudemment William.

Jérémie reprit l'appareil en main pour en faire un exposé un peu plus détaillé.

— La Torche dispose de deux modes de fonctionnement, expliqua-t-il en désignant un commutateur de son index droit. En tir semi-automatique, elle peut lancer jusqu'à une décharge par seconde. Mais elle ne peut tirer qu'une demi-douzaine de coups avant de surchauffer. Il y a un limitateur qui bloque la détente en cas de danger et qui reste engagé pendant quelques secondes, le temps que la machine refroidisse et que les condensateurs se rechargent. En tir coup par coup, la cadence est plus faible, de l'ordre d'un lancement toutes les trois secondes environ, mais la température et la charge restent stables tout du long. Enfin, votre autonomie n'est pas illimitée : une batterie ne permet de tirer qu'une trentaine de décharges. Vous pouvez néanmoins facilement échanger la batterie pour recharger l'arme, ou la brancher directement sur une prise secteur pour une alimentation continue.
— C'est génial ! Chapeau Einstein !
— Remercie plutôt Laura ! Pour le coup, elle m'a beaucoup aidé à mettre au point ce modèle, et passer au delà du stade de prototype expérimental instable. Maintenant, on a quelques modèles comme ceux-ci d'opérationnels.
— Bravo à vous deux alors, résuma William. Ça devrait beaucoup nous aider à lutter contre les spectres de Xana quand on est piégés en dehors de l'Usine. D'ailleurs, je pense que l'idéal serait de garder cette arme avec nous à...

Il fut interrompu par la sonnerie d'un téléphone portable. Jérémie décrocha.

— Allô ? Oui ? Quoi ? Attends... parle plus lentement... Où ça ? Yumi est avec toi ?

Ses camarades comprirent que Xana avait du profiter de la démonstration pour lancer une attaque, et prendre Aelita et Yumi par surprise. Ulrich reprit la Torche, et se la sangla, prêt à aller au feu.

— D'accord. Restez cachés. On vient vous chercher !

Jérémie raccrocha.

— Je file au labo avec Laura pour voir quelle est la situation sur Lyoko. Vous, retournez à Kadic. Les filles ont été prises pour cibles par plusieurs personnes complètement hystériques. J'entendais de nombreux cris. Elles se trouvaient au réfectoire. Ce sont les seules du groupe à encore avoir des codes, il faut donc impérativement les retrouver et les ramener ici, aussi vite que possible. Allez-y !




— Tu vois quelque chose ? demanda Odd.

Ulrich secoua la tête. Il scrutait la cour grâce à la lunette intégrée à son nouveau fusil. Mais le réfectoire semblait vide. Il y avait du mouvement dans les bâtiments, mais difficile d'en dire davantage. William émergea alors d'un buisson, rejoignant ses amis.

— Du neuf ?
— J'ai fait une reconnaissance dans le bâtiment des sciences. Il y a plusieurs groupes d'élèves effrayés cachés dans certaines salles de cours. Ceux que j'ai vu m'ont expliqué que des créatures zonaient dans la zone, et que plusieurs élèves et professeurs étaient devenus comme fous, en fouillant des endroits et criant des phrases incompréhensibles.
— Bordel, comment on va faire ? On sait même pas où elles ont pu aller. Tu n'arrives toujours pas à les joindre ?
— Non, ça sonne dans le vide. Elles n'ont peut-être plus leurs téléphones...
— Auriez vous un instant pour parler du Père du Père ?

Les trois garçons firent brutalement volte-face. Derrière eux venait de surgir par surprise Chardin, leur prof d'arts plastiques.

— Vous Le connaissiez, n'est-ce pas ? Car vous connaissez le Traître. Car vous connaissez sa Fille...
— Qu'est-ce que vous racontez, monsieur...
— Reculez, s'il vous plaît !

Le professeur avançait dangereusement vers eux, brandissant une pioche à la main.

— S'il vous plaît, monsieur, vous me faites peur... Qu'est-ce que vous faites avec cette pioche ?
— Je viens pour enterrer le Traître ! Livrez moi sa Fille !

Ulrich braqua son arme vers lui, et appuya sur la détente. Le professeur vacilla alors, et posa un genou à terre tout en lâchant sa pioche, que William s'empressa d'aller récupérer.

— Mais qu'est-ce qu'il a ? C'est un spectre, vous croyez ?
— Non, on dirait plutôt que c'est vraiment Chardin, mais sous l'influence de Xana...
— Bordel, ça nous manquait pas, les xanatifications !

Les garçons sortirent de leur planque végétale, et avancèrent vers les bâtiments, abandonnant le professeur d'arts sur place. Mais rapidement, ils tombèrent sur deux autres professeurs : messieurs Fumet et Caggia. Une nouvelle fois, Ulrich les braqua avec son arme, ce qui sembla guère les impressionner. Il tira alors une rafale sur les deux, les assommant légèrement, mais ces derniers reprirent rapidement leurs postures menaçantes.

— Bordel, on fait quoi ? demanda William.
— À terre !

À peine eurent-ils le temps d'interpréter cet hurlement et de se jeter au sol qu'ils virent un filet de handball, lancé par dessus eux depuis l'arrière, atterrir sur les deux xanatifiés. Jim fit irruption l'instant d'après, s'interposant entre les élèves et les professeurs d'un bond, un javelot brandi devant lui.

— Wow... merci, m'sieur Moralès ! bredouilla Odd, encore surpris par le retournement de situation.
— Est-ce que vous pouvez m'expliquer ce qu'il se passe, au juste ?

D'autres adultes émergeaient au loin, sortant des bâtiments. Aucun d'entre eux n'avait l'air particulièrement menaçant. Certains observaient les garçons de loin, d'autres leur adressaient des gestes incompréhensibles, voire obscènes, d'autres encore avaient des comportement totalement erratiques, couraient en beuglant au hasard dans la cour.

— C'est difficile à expliquer... répondit William. Mais il y a un spectre électrique qui rôde dans Kadic, et qui semble être capable de rendre fous les gens qu'il croise. Pour l'arrêter, on a absolument besoin de retrouver Aelita et Yumi, mais on ne sait pas où elles se trouvent. Elles ont eu une altercation avec des personnes affolées il y a quelques minutes, au réfectoire. Et nous, tout ce qu'on a, c'est ce truc qui permet de les ralentir, et de tuer le spectre si on le trouve.
— Jérémie sera capable de nous dire à quoi ressemble le spectre d'ici quelques minutes.
— Mais comment on va faire ? interrompit Odd. Ils sont super nombreux, et nous on est que 4 ! il nous faudrait toute une armée cette fois-ci !
— Les hommes, ce n'est pas le problème, affirma alors Jim. Ce qu'il faut vraiment, pour mener une bataille, ce sont des armes !
— Hé bien, à ce sujet... Jérémie disait avoir d'autres exemplaires...
— Ok. Alors vous allez cherchez ces armes. Prenez la voiture de monsieur le proviseur, elle est garée derrière le bâtiment administratif. Il ne devrait y avoir personne à cette heure. Ramenez tout ce que vous pouvez sur le terrain d'athlé, dans quinze minutes. Je vous y attends.
— Mais, vous êtes sûrs, monsieur Moralès ? Vous nous faites confiance aussi facilement ?
— Écoutez, tout ce que je vois, c'est qu'il y a là dehors un ennemi capable de détraquer l'esprit des gens plus facilement qu'un cintre planté entre les deux yeux, et d'en faire une horde de monstres qui menacent mes élèves. Et que vous, vous avez les moyens d'arrêter ces choses. Y'a rien de plus à comprendre, en tous cas pour l'instant.
— Ah... et du coup, vous allez faire quoi monsieur ?
— Je vais préparer le terrain. Et au fait, appelez-moi Jim.

Odd, Ulrich et William repartirent alors en courant vers la forêt, laissant leur arme à leur instructeur.





Le groupe emboîta le pas de Laura, venue à leur rencontre sur le pont de l'Usine, et la suivit alors qu'elle se rendait dans un un recoin un peu plus à l'écart de l'Usine. Arrivées à une double porte en fer, elle dégaina son porte-clés, déverrouilla l'accès, et ouvrit en grand, puis pris un pas d'avance pour allumer les lumières.

Devant eux apparut, sous la lumière froide d'une grille de néons tapissant le plafond, une grande salle compartimentée de façon chaotique en blocs et couloirs aux dispositions aléatoires, séparés par des planches de bois et des cloisons de plâtre.

— Qu'est-ce que c'est que ce fatras ? demanda Wiliam.
— Hé bien... répondit Laura, on avait pour idée, Jérémie et moi, d'aménager un terrain d'entraînement, du genre combat armé.
— Attends... C'est donc à ça, que vous consacriez toutes vos soirées ?
— Bah, oui... C'est une passion comme une autre... Et puis comme il n'a pas encore de lasergame près de Kadic...
— Bref, on a pas le temps de jouer, coupa Jérémie, au moyen des hauts parleurs présents dans la salle. On discutera de ça plus tard.

Laura ouvrit les portes d'une grande armoire, sur le mur. Elle était remplie d'engins divers et variés.

— C'est l'ensemble des engins qui ne risquent pas de vous exploser à la tronche à la première utilisation. Embarquez tout ça.

Odd et Ulrich saisirent autant d'armes qu'ils pouvaient dans leurs bras, tandis que Laura noua ensemble des vieux câbles électriques à une plaque en fer pour improviser un panier à anses. Ainsi, les garçons pourraient emporter facilement toutes les armes d'un coup à l'étage de la salle cathédrale, et rejoindre rapidement la voiture. Aidant à la manœuvre, William en profita pour demander :

— Jérémie, du coup, du nouveau sur la situation ?
— Oui. La Tour activée est dans le territoire Désert. Un grand nombre de Bloks présents, mais sans plus. Quant au spectre, je viens d'avoir une identification. C'est monsieur Klotz, le psy.
— Heh. Tu m'étonnes qu'il arrive à rendre les gens tout chose aussi facilement. On retourne à Kadic avec les flingues pour retrouver les filles avec l'aide de Jim. On te tient au courant !
— Ok. Bonne chance !





William manqua de déraper en arrivant au milieu du terrain de football. Le sol en terre enneigée et la voiture elle-même alourdie de sa cargaison d'armes ne l'aidaient pas à avoir un parfait contrôle de son véhicule, mais il put arriver sans casse au point de rendez-vous. Jim était bien là, comme prévu.

— On a les flingues, Jim ! annonça Odd en ouvrant le coffre, rempli effectivement à ras-bord de matériel.
— Parfait ! Alors nous y sommes !

Jim émit un long et puissant sifflement, tout en dégainant une paire de jumelles pour surveiller le mouvement des ennemis au loin, qui semblaient se rassembler au delà de la clôture séparant le terrain de sport de la cour du lycée. En même temps, de nombreux élèves sortaient du bâtiment des sciences.

— Les garçons, écoutez-moi.

Les trois lyokoguerriers se rapprochèrent de Jim.

— Nous, on va faire diversion, pendant que vous fouillez discrètement tous les bâtiments jusqu’à retrouver Yumi et Aelita. Ensuite, on vous couvrira jusqu'à que vous remplissiez votre mission.
— D'accord. Merci beaucoup, Jim.
— Ne me remerciez pas. Faites simplement votre devoir.

Ulrich et William prirent chacun un fusil de type Torche. Odd, quant à lui, jeta son dévolu sur un modèle plus petit, au format d'arme de poing. Il se doutait que cette arme là serait moins efficace, mais estima qu'elle serait plus pratique et facile d'utilisation pour lui qui était déjà habitué aux flèches laser sur Lyoko. En se retournant, il tomba sur Sam, venue elle aussi, avec d'autres élèves, se répartir le stock d'armes.

— Sam...
— File, chaton, conclut simplement son amie tout en scotchant un pointeur laser sur le dessous de son arme.

Sans un mot de plus, Odd embrassa sa promise, et se mit en route avec son équipe en direction du bâtiment principal. Elle resta à le regarder quelques instants avant de s'en aller à sa mission.





Pendant que tous les élèves volontaires choisissaient une arme parmi celles disponibles dans la voiture, Jim disposait des plots en plastique tout autour de celle-ci, formant un cercle d'une dizaine de mètres de diamètres. Et quand tous les élèves furent prêts, il grimpa sur le toit de la voiture, pour s'adresser à ses troupes.

— Soldats ! hurla-t-il.

Les jeunes recrues le regardaient, encore circonspects.

— Ce soir... Nous devrons nous défendre contre un terrible ennemi.

Jim brandissait son fusil de sa main droite. Quelques uns lui répondirent en faisant de même.

— Ce soir... Nous prenons les armes, et nous nous dressons face à l'envahisseur !

L'excitation montait. La plupart brandirent leurs armes.

— Ce soir... Nous allons nous battre pour notre lycée, pour notre parc, pour nos professeurs, pour nos camarades !

Les réponses timides se muaient en rugissements guerriers. Tous agitaient leur arsenal désormais.

— Et ce soir, Kadiciens...

Jim plongea son regard flamboyant de volonté dans les yeux de chacune de ses recrues. Celles-ci souriaient. Elles étaient prêtes.

— Ce soir... Nous allons vaincre !

La torpeur de terreur froide qui engourdissait encore la plupart des élèves il y a à peine un quart d'heure avait maintenant totalement disparu, remplacé par une énergie va-t-en-guerre sans borne, galvanisée par la volonté absolue de leur commandant. Tous reprenaient déjà leur nouveau cri de guerre.

— POUR KADIC ! POUR L'HONNEUR !





L'entrée du bâtiment de l'internat avait été barricadée. La manière la plus rapide d'entrer consistait à escalader le mur, en grimpant le long d'une gouttière, et de s'introduire par une fenêtre au premier étage. Odd était passé en premier et encourageait Ulrich, tandis que William restait derrière pour rattraper une éventuelle chute, mais aussi pour couvrir leurs arrières. Heureusement, Ulrich parvint à atteindre la fenêtre, et William put les rejoindre avant qu'un ennemi ne les repère.

— Fiu. Heureusement qu'il n'a fallu grimper qu'un seul étage, expira Ulrich, soulagé.

L'escouade se mit en route, patrouillant dans les couloirs, inspectant une à une chaque pièce sur leur passage en espérant tomber sur la planque de Yumi et d'Aelita.





— Knight, Suarez, et toi la rouquine, vous êtes nos meilleures tireuses d'élite. Allez vous poster sur le toit avec Ishiyama et Vigouroux. De là, repérez et abattez tous les ennemis qui approcheraient de nous par un angle mort. Et aussi, si vous repérez le psy, vous tirez à vue. Gauthier et Pichon, vous allez dans le local électrique du sous-sol du bâtiment des sciences. Dès que vous y êtes, vous rebranchez le disjoncteur principal, puis vous revenez ici en tirant une rallonge. François, Jolivet et Poliakoff, vous êtes les meilleurs au lancer de disque, alors vous vous serez nos canonniers artilleurs. Vous prenez ces grenades, vous les activez, et vous les balancez en visant les gros groupes d'ennemis. Ça ressemble plus au lancer de marteau que de disque, mais vous devriez vous en sortir. Tous les autres, vous vous disposez en cercle autour de la voiture. Tout ce qui est au delà de la démarcation au sol est la zone de feu.

Il fallut à peine deux minutes aux désignés pour les postes d'opérateurs spéciaux pour se mettre en place. Samantha fit signe à Jim depuis le toit une fois que son équipe fut prête à couvrir le groupe principal dans toutes les direction. L'instant d'après, une explosion se fit entendre, et des arcs électriques parcoururent le grillage, faisant le tour du terrain de sport. Hervé et Théo revinrent du bâtiment des sciences peu après.

— Bien. Maintenant, la clôture est électrifiée. Ils ne pourront pas nous encercler aussi facilement. Préparez-vous !





— Yumi ! Aelita ! Vous êtes là ?
— Ulrich ? C'est toi ?

— Oui, on est là !

Les garçons avaient fini par retrouver les deux lyokoguerrières, cachées dans la chaufferie.

— Allez venez, on a plus le temps !





La bataille faisait rage sur le terrain de sport. Les tirs fusaient dans toutes les directions. La chaleur émise par l'ensemble de l'arsenal employé à plein régime faisait disparaître la neige à l'intérieur du cercle défensif. Les corps inconscients s'empilaient de plus en plus, mais encore plus d'adversaires semblaient arriver. Il y avait maintenant des civils venus de la ville pour grossir les rangs des assaillants. Quand Jim aperçut l'équipe d'extraction ressortir du bâtiment de l'internat avec Yumi et Aelita, il les pointa immédiatement du doigt en ordonnant :

— Tir de couverture sur leur position !

Le vacarme était généralisé, seulement ponctué par les détonations régulières émises par les armes lourdes utilisées par les snipers sur les toits, et les charges à impulsions lancées par l'artillerie. Rapidement, les lyokoguerriers parvinrent à rejoindre l'armée de Jim.

— Vous allez bien les enfants ?!
— Oui ! Maintenant, il faut qu'on aille à l'Usine !
— Celle du fleuve ?
— Oui !
— Ok, c'est parti. On vous couvre.

Il ordonna à ses hommes de se déplacer en direction de la forêt, et fit signe à ses snipers de les rejoindre. Il tint bon, affrontant quasiment tout seul la horde grâce à un fusil dans chaque main, un javelot dans l'autre. Quand l'équipe de tir d'élite put rejoindre le gros de la troupe, il abandonna enfin sa position et s'enfonca à son tour dans la forêt.





En arrivant dans la clairière où ils s’entraînaient ce matin même, les lyokoguerriers crurent avoir gagné un répit. Hélas, l'armée xanatifiée les prirent de court, affluant par plusieurs côtés, les prenant en embuscade.

— Jim ! On va se faire encercler !
— Certainement pas tant que j'aurai mon mot à dire ! Personne ne perdra avec moi, parole de Jim Moralès !

Celui-ci démonta une partie de son arme, et la connecta à une partie dénudée d'un des câbles qui avaient servi de ligne de vie. Le champ électromagnétique s'étendit alors sur l'ensemble de la clairière, profitant de l'effet de bobine. Les assaillants étaient immobilisés, coincés à l'extérieur du cercle.

— Ça ne tiendra sûrement pas plus de quelques dizaines de secondes, mais profitez-en, tirez-vous discrètement vers l'Usine.

Aelita quitta alors la zone en passant sous des branchages, profitant de la neige pour se dissimuler, tandis que Yumi sauta sans réfléchir de pilotis en pilotis, jusqu'à réussir à atteindre des branches suffisamment en hauteur pour passer au dessus des troupes ennemies. Les garçons, quant à eux, coururent sans se cacher, faisant ainsi diversion.

Ils croisèrent Jérémie, qui fonçait tout droit à travers la végétation, utilisant son sac à dos comme bouclier de charge.

— Tu fais quoi Einstein ?
— Je vais aider Jim ! Désactivez la Tour !





Yumi et Aelita se ruèrent dans les scanners. Plus vite elles arriveraient sur Lyoko, plus vite elles se débarrasseraient de la sensation de brasier dans leurs jambes et leurs poumons. Laura les virtualisa sans attendre, et expédia aussitôt après le reste des lyokoguerriers. Mais il restait un dernier obstacle à surmonter, et de taille : devant eux, un nouveau mur de Bloks bloquait le passage vers la Tour. D'instinct, William prit la tête des opérations :

— On se sépare ! Il ne peut viser qu'un seul d'entre nous ! Qu'au moins l'une d'entre vous deux atteigne la Tour !





Jim rechargeait son arme grâce aux batteries de rechange que venait d'apporter Jérémie.

— Merci blondinet ! Il faut dire que tu n'as pas froid aux yeux, toi.
— Oui. Mais c'est pas fini. Mes amis peuvent régler le problème, mais il faut s'assurer que personne n'atteigne l'Usine et ne tente de tout faire capoter.
— Allons-y !

Revenus devant l'Usine, le peloton prit position sur le pont, tous canons pointés vers l'entrée de celui-ci.

— Attendez qu'ils soient sur le pont pour tirer, indiqua Jim, de sorte à maximiser l'efficacité de vos tirs. Jérémie, il t'en reste, de ces grenades IEM ? Des mortiers nous seraient bien utiles.
— Non, désolé Jim, tout était dans la première livraison. Tout ce que j'ai, c'est ça, répondit-il en lui tendant une télécommande.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Un détonateur. Ça fera sauter le pont, si on a plus le choix.

Jim prit l'objet, et le rangea dans une poche.

— Ok. On fera avec. Enfin, sans, dans la mesure du possible.

Jérémie sourit. Les xanatifiés approchaient.





La tactique de William semblait fonctionner. En adoptant des trajectoires séparées, le mur ne pouvait tous les cibler. En plus, comme chacun en profitait pour se déplacer à des vitesses élevées, les tirs, aussi puissants soient-ils, ne touchaient même pas leur cible. Mais rapidement, les Bloks changèrent de stratégie. Et au lieu de concentrer leur puissance de feu dans un unique rayon, ils ouvrirent le feu, tous indépendamment.

Soudain, une nuée aveuglante de tirs lasers s'abattit sur les lyokoguerriers. La première vague fut encaissée non sans mal, les repoussant en arrière et provoquant d'importantes pertes de points de vie, principalement chez Ulrich et Yumi, moins aptes à esquiver ou encaisser les tirs groupés.

— Laura, tu as une idée ?
— Je vous envoie vos véhicules ! Le mur a des angles morts sur ses côtés mais surtout au dessus. Survolez-le !

Les héros grimpèrent alors sur leurs véhicules et prirent du recul, le temps de gagner suffisamment en altitude.





— Ils sont trop nombreux ! criait une jeune fille effrayée. On ne s'en sortira pas !
— Ne vous découragez pas ! tonna Jim, tentant le tout pour le tout. Ne vous laissez pas submerger ! Reculez petit à petit, mais défendez le pont coûte que coûte !

La situation devenait de plus en plus confuse. Les tirs se croisaient dans tous les sens. Les cris de guerre se déformaient en hurlement de terreur. Des enfants, effrayés, lâchaient leurs armes et s'enfuyaient. D'autres, paniqués, tentaient de se battre au corps à corps bien qu'ils étaient repoussés en arrière. Le sol, couvert de tas de neiges rougie par la lumière du crépuscule, témoignait à sa façon de la violence du combat. Bientôt, l'entrée du pont était submergé d'ennemis, pour moitié seulement inconscients. Au final, le pont avait été déserté par les combattants, la plupart s'étant réfugiés derrière dans l'enceinte de l'Usine pour faire feu de loin. Seul Jim demeurait au front.

C'est à ce moment qu'apparut Hans Klotz. Jim braqua son fusil directement sur sa tête et fit feu sans attendre, mais rien ne se produisit. Sa batterie était à plat. Et alors qu'il était assailli de toutes parts par l'armée de xanatifiés hystériques, qu'il voyait son destin se nouer devant ses yeux à mesure que le spectre approchait, il se résolut à accomplir son ultime devoir de soldat.

Il sortit le détonateur de sa poche.

— POUR KADIC !

Il l'arma.

— POUR L'HONNEUR !

Et l'enclencha.

— Espèce de monstre.





Les Bloks tentaient le tout pour le tout. Certains se déplaçaient pour pouvoir tirer verticalement. D'autres allumaient leurs canons de glace ainsi que leurs lance-flammes. Les lyokoguerriers faisaient face à un véritable déluge de feu et de gel. Mais il n'y avait pas le choix, il fallait absolument entrer dans la Tour. Aussi, Odd, Ulrich et William décrochèrent pour attaquer frontalement les Bloks qui menaçaient le plus directement la trajectoire d'Aelita et Yumi. N'hésitant pas à se sacrifier tous les trois dans cette manoeuvre. Yumi et Aelita, concentrées comme jamais, foncèrent droit vers la Tour.

Les Bloks tentèrent un assaut final. Ils bombardèrent directement la base de la Tour de toute leur puissance de feu. Finalement, l'Ange de Lyoko freina et se retourna, se plaçant tout juste entre les tirs et son amie Yumi, afin d'intercepter la mort pour elle, et permettre de sauver la vie de tous les autres.
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 08 Déc 2020 19:06   Sujet: La Disparition

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Laura venait d’arriver dans le laboratoire. Étrangement, il n’y avait personne. Elle avait vu Jérémie se précipiter vers l’internat, suivi de Jim. Mais aucune trace des autres à Kadic. S’approchant de quelques vers le pupitre du supercalculateur, elle finit par comprendre que les autres étaient virtualisés. Encore une fois, elle n’avait pas été prévenue. Sympa, les amis. Que fallait-il qu’elle fasse pour gagner leur confiance et leur reconnaissance ?

Elle s’assit sur le fauteuil et étudia la situation. Sur l’écran de gauche, les positions d’Ulrich, de Yumi, d’Odd, d’Aelita et de William étaient affichées sur le Cortex, en déplacement en direction du Skid. Sur l’écran de droite, une fenêtre de diagnostic lancé sur les systèmes du Skid indiquaient un plantage logiciel, avec des dégâts conséquents sur les systèmes du vaisseau. Enfin, au milieu, le Superscan indiquait une Tour activée. L’holomap, derrière l’écran, plaçait celle-ci quelque part dans les confins du territoire du Désert.

À priori, la petite bande tentait une exploration du monde virtuel de Tyron, quand Xana les a surpris en activant une tour et en piratant au passage le système d’exploitation du vaisseau numérique. Jérémie avait dû aller chercher des logiciels spécialisés stockés dans sa chambre, afin de pouvoir réparer le Skid. C’eut été plus simple de m’appeler ! Pensa Laura.

— Bon, qu’est-ce qu’il fait, il en met un temps Einstein ! fit soudain la voix d’Odd, sortie de l’oreillette de Jérémie abandonnée sur le clavier.
— Il lui est peut-être arrivé quelque chose ? s’inquiéta William.

Est-ce que Jim aurait pu lui tomber dessus ? Si oui, effectivement, ils risquaient d’attendre longtemps.

— Je vais aller le chercher, déclara alors Aelita. Odd, dévirtualise-moi.
— Tu es sûre, Princesse ?
— Oui. Vas-y.

L’avatar de la jeune fille disparut alors effectivement de la carte virtuelle, tandis que la fenêtre d’activité des Scanners s’activa automatiquement pour suivre le processus de re-matérialisation. Laura entendit ensuite le bruit du monte-charge appelé à l’étage du dessous, avant de repartir directement vers la surface.

Au moins, Jérémie était là dehors, pensa-t-elle. Il pourrait s’occuper d’Aelita s’il devait lui arriver quelque chose. Elle se concentra alors sur la situation du Skid. Il était effectivement en piteux état. Il lui fallut pas moins de deux minutes de pianotage sur cet horrible clavier mécanique pour stabiliser la situation, en rétablissant les niveaux d’énergie à la normale, réinitialisant les services défaillants et désactivant les protocoles d’auto-diagnostic du code en mémoire — ça, c’était sa petite astuce maison, assez contre-instinctive mais redoutablement efficace en situation d’urgence.

Cependant, le problème était que, si le Skid était maintenant redevenu capable de voler, il était désormais incapable de le faire tout seul. En effet, impossible de réparer totalement toutes les fonctionnalités de l’ordinateur de bord embarqué permettant le pilotage automatique sans redémarrer complètement le vaisseau. Et impossible de le faire sans d’abord le ramener à bon port, sur Lyoko, sans au minimum risquer la vie de ses passagers. Ou en tous cas, leur ticket de retour dans le monde réel. Et à priori, ce serait hors de question. Même pour elle.

Le seul moyen était donc de ramener le vaisseau en pilotage manuel, à l’ancienne. Mais pour cela, il fallait un pilote. Et comme cette greluche d’Aelita s’en était allée en laissant ses camarades dans les navskids, il allait falloir trouver quelqu’un d’autre de suffisamment aguerri aux systèmes de pilotage pour contrôler le Skid et à la fois de suffisamment compétente en programmation pour parer aux problèmes d’instabilité logicielle qui pouvaient encore subvenir à bord. Surtout quand certains d’entre eux utilisaient des codes de commande en base sénaire. Sérieusement, qui fait ça ?

C’est donc tout naturellement qu’elle lança une procédure de virtualisation différée, en visant directement le poste de pilotage du Skid. Elle descendit par la trappe dans la salle des Scanners, se plaça à l’intérieur de l’un d’entre eux, se tourna face à l’ouverture, se tint droite, inspira un grand coup et ferma les yeux.

Un flash lumineux et un bourdonnement plus tard, et elle était là, à bord du Skid, sur un monde virtuel, dans un supercalculateur quantique à l’autre bout du Réseau. Elle prit quelques secondes pour sourire et savourer le plaisir. Puis elle s’empara des commandes, démarra le vaisseau, et lui fit faire le grand plongeon.

L’écran de diagnostic principal du vaisseau s’afficha presque instantanément devant le pare-brise pour se plaindre de ses systèmes en panne, et de ses systèmes de pannes qui étaient aussi en panne. Diantre, quelle coquetterie pouvait habiter ce logiciel, qui avait bien pu programmer une machine aussi douillette ? Elle dégagea de sa vue les icônes correspondant aux composants qu’elle avait patché à la va-vite, ainsi que celles, de toutes façons grisées et donc inutiles, correspondant aux modules qu’elle avait carrément désactivés, comme les communications, le pilotage automatique, ou encore l’éclairage. Tout ce qui importait, c’était la propulsion et la navigation. Et ça, ça marchait pas trop mal.

Laura trouvait même le temps d’admirer la beauté du Réseau. Enfin, pendant quelques secondes, avant que celui-ci ne vire à son tour au rouge de l’alerte. Elle largua alors les Navskids, et regarda leurs pilotes faire leur travail d’escorte en chassant les monstres, faisant barrage pour défendre leur vaisseau mère. Au moins, ils étaient compétents pour cela. Et assez intelligents pour comprendre qu’il fallait défendre le Skid, même sans communications pour l’expliquer, puisqu’il aurait du mal à contre-attaquer dans sa situation.

Malgré tout, alors que les Kongres étaient efficacement tenus à distance, des Mantas réussirent à forcer le barrage grâce à un bombardement de mines, et foncèrent droit vers le Skid. Après un instant de frayeur, Laura eut le réflexe de déboîter le vaisseau, permettant une esquive osée derrière un récif en contre-bas, ce qui le sauva de la première salve d’attaques sans trop en demander aux boucliers. Mais il eut ensuite la deuxième vague. Les Mantas, regroupées, fonçaient à nouveau sur le Skid. Et deux d’entre elles s’accolèrent, ventre à ventre, pour lancer une attaque combinée directement sur Laura.

Elle mit quelques secondes avant de reprendre conscience. L’ordinateur de bord était purement et simplement éteint, et la ligne d’horizon commençait à dangereusement s’incliner. Il fallait vite reprendre le contrôle avant de finir complètement à la dérive. Heureusement, les Navskids réussirent à éliminer le dernier monstre rapidement, et à faire retrouver sa lueur bleutée à l’environnement. Cela donna à la pilote le répit nécessaire pour reprendre le contrôle, ré-arrimer les navettes et rentrer sur Lyoko.

Encore un peu sonnée par cette attaque étrange, Laura laissa les héros débarquer et foncer vers l’Arena, et lança le redémarrage complet du Skid tout en se dévirtualisant. Quelques minutes plus tard, les lyoko-guerriers revinrent sur Terre, non sans avoir désactivé la Tour avec succès, tandis que Jérémie et Aelita revenaient enfin à l’Usine.

Tout le monde se retrouva dans le labo, et fêta la réussite de la mission.

— Désolé les amis, s’excusa Jérémie, Jim m’a coincé dans un couloir, j’ai pas réussi à le feinter avant qu’Aelita ne vienne faire diversion !
— Pas de souci, répliqua Odd. J’espère juste que tes statistiques fonctionnaient encore ! Fallait voir ma performance aujourd’hui, six Kongres !
— L’esquive, ça compte aussi dans tes stats ? Demanda Laura. J’ai bien réussi à éviter de me faire passer à travers deux ou…
— D’ailleurs, demanda William, c’était quoi, ce tir étrange de Mantas ?
— Ah oui tiens, reprit Laura, j’aimerais bien…
— Aucune idée. La dernière fois, ça avait eu des conséquences sur la matérialisation. Mais là, à priori, tout le monde va bien, non ?
— Heu, pas vrai…
— En tous cas, on les a dégommées elles aussi. Je vous le dis, rien n’égale Odd le Magnifique !
— Et notre combo, coupa Yumi en s’adressant à William, lui aussi, il marche encore mieux que prévu en fin de compte !
— Bon allez, vous vous vanterez de vos exploits sur le chemin, il faut qu’on rentre ! annonça finalement Ulrich.

Tous les six se dirigèrent alors vers le monte-charge pour rentrer à Kadic. Dépitée, et désespérée, Laura se laissa alors passer à travers.
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 08 Déc 2020 19:05   Sujet: Couverture

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Jérémie venait de rentrer dans sa chambre quand il vit son ordinateur se mettre dans tous ses états. Xana s’agitait une fois encore. Décidément, il n’aurait aucun répit ! Le temps de relever les informations de base rapportés par le Superscan, il dégaina son téléphone et sonna le rappel des troupes.

— Ulrich ? On a une tour activée par Xana.
— Quoi, juste avant le dîner ? s’exclama-t-il. Il n’a vraiment pas de cœur, même pas une minute pour manger...
— Parle pour toi ! reprit la voix d’Odd suffisamment fort pour être entendue à travers le téléphone de son colocataire. Moi j’avais un rencard avec Cathy, ce soir !
— Allez, rassura Jérémie. Avec un peu de chance, on peut prendre Xana de vitesse, et boucler ça rapidement ! Prévenez Yumi, je m’occupe d’Aelita !
— OK, à tout de suite.

Jérémie raccrocha, et appuya aussitôt sur la touche de composition rapide pour appeler Aelita, tout en sortant de sa chambre. Le téléphone sonnait encore quand il tomba nez à nez avec elle juste sur le pas de sa porte.

— Ah, bah tiens, tu tombes bien ! Xana a activé une tour !
— Oh, d’accord, hé bien allons-y !

Les deux adolescents se mirent alors en route au pas de course, coupant droit à travers le parc, sous un ciel teinté d’un dégradé orange crépusculaire.



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Quel était le plan de Xana, cette fois-ci ? Jérémie n’avait repéré aucune activité étrange. Rien sur les caméras de surveillance de l’Usine. Rien sur les réseaux sociaux ou à la télévision. La situation sur Lyoko étant suffisamment calme, l’informaticien décida d’étudier un peu le flux de données échangées entre la Tour et le reste du monde.

Il fallait d’abord isoler les paquets de données spécifiques à cette Tour. Et bien que le code de détection du Superscan aidait un peu, ce n’était pas facile pour autant. Cela pouvait paraître idiot, mais il est bien plus simple de localiser directement une Tour activée dans le capharnaüm de données générées par Lyoko que de trier les dites données en fonction des Tours qui les généraient. Entre l’absence de protocole unifié de communication, mais aussi la vétusté des fonctionnalités fournies par les langages de script en console implémentés, et bien sûr les spécificités inhérentes aux aspects quantiques de la programmation fondamentale de la machine, cela faisait une raison supplémentaire pour Jérémie de ne pas se lancer systématiquement dans des analyses de données à la volée. Isoler les données spécifiques à la Tour. Rien qu’à repenser à pourquoi il ne le faisait pas d’habitude, ça le décourageait déjà. C’était comme être en face d’un cocktail de jus, ou un mélange de peinture. Déterminer que l’un des composants était en sur-dosage et prenait le pas sur les autres, facile ! Défaire le mélange ? Heh !

Tant pis. Il y avait d’autres approches qu’il était possible d’essayer. Être plus malin. Le hacking, ou l’informatique en général d’ailleurs, ce n’était pas qu’une question de connaissance, de logique et de rigueur mathématique. C’est aussi tout un monde d’astuce, d’inventivité et de créativité pour contourner les problèmes et les contraintes de façon originale et ingénieuse. C’est ce qui donnait son aspect amusant, et même un peu magique, à cette science.

Les niveaux d’énergie du réseau électrique du laboratoire semblaient tout à fait normaux, et comparables en tout point au profil d’activité témoin, constaté en situation de repos. Peu de chances que Xana se serve donc du réseau électrique. Seule option, donc, la connexion au Réseau. Pas la peine de vérifier qui envoie les colis, si on peut voir où ils vont ! Et ça, pour le coup, c’était plus facile. Le supercalculateur étant comme un immense entrepôt de livraison. Chaque colis était plus ou moins bien étiqueté et son origine plus ou moins facilement traçable, certes, mais il y avait une information qui figurait nécessairement sur chacun d’eux de façon claire : leur destination. Après tout, tout le monde ne s’amusait pas à être quantique à tout va. L’extérieur était simple et classique. Un paquet, confié à un facteur, qui l’envoyait à une personne, qui allait l’ouvrir. Ou le jeter. Simple.

Pour cela, rien de tel qu’un bon petit sniffeur de paquets réseaux branchés sur l’interface physique du supercalculateur correspondant au raccordement réseau. On ajuste les paramètres pour étendre la portée de l’analyse à un large spectre, et on ajoute des filtres pour tenter de cibler des informations intéressantes, plutôt que de devoir lire trente-six mille lignes à la seconde. Quand soudain, le contre-espionnage informatique devenait une partie de pêche. Choisir les bons hameçons, et espérer attraper quelque chose d’intéressant. L’aspect magique étant matérialisé par la possibilité d’enregistrer la rivière, et de la rembobiner pour tenter d’y pêcher à nouveau avec d’autres hameçons. Mais c’était infiniment moins drôle.

Et déjà, cela s’avérait efficace. De nombreuses requêtes étaient émises vers un certain nombre de serveurs situés à l’étranger. Russie, Chine, Roumanie... des paradis plus ou moins évidents pour les activités obscures d’internet. Beaucoup de pistes qui s’enfonçaient probablement immédiatement dans des forêts sombres aux chemins tortueux. Ctrl+S. Peut-être y aurait-il autre chose à découvrir.

— Jérémie, tu dors ou quoi ? demanda soudain Odd. Tu aurais pu nous prévenir !
— Hé, je bosse aussi de mon côté, qu’est-ce que tu crois ! répondit Jérémie, en tournant la tête vers l’écran dédié à la surveillance de la situation sur Lyoko, où plusieurs signaux rouges venaient effectivement d’apparaître autour des icônes symbolisant ses amis.

D’instinct, il frappa la touche commandant la vue en perspective, ce qui confirma son intuition.

— Vous avez quatre blocs, deux devant vous et deux sur les hauteurs à vos six heures.
— Ah ? Ah ! Merci Jérémie, ils allaient nous prendre en traître, ces filous !

De la hauteur, et du renseignement global. Ça aide toujours à y voir plus clair. Jérémie pianota dans un terminal pour retrouver le répertoire où il avait rangé le code de son outil de localisation de Xana, celui-là même qu’il avait développé conjointement avec Aelita avant de découvrir que Xana avait eu cette bonne idée, à cette époque, de ne pas se cacher en un endroit en particulier, mais partout à la fois. Logique. Mais bref, ce logiciel avait tout de même une qualité, celle d’avoir été designée par Aelita. Si c’est lui qui a réalisé toute l’implémentation métier, il fallait reconnaître que laisser la partie de l’UI/UX à l’Ange de Lyoko avait du bon, et du beau d’ailleurs.

Le composant qui l’intéressait, dans cette application, c’était la carte. Aelita avait codé un module qui récupérait toutes les adresses IP que le programme initial de Jérémie tentait d’analyser pour y détecter une éventuelle présence de Xana, les passait de façon systématique et par bloc dans un script de requête Whois afin de confirmer leur géolocalisation, et branchait enfin ces informations sur une interface visuelle plutôt léchée et raccord avec la charte graphique de fait du système d’exploitation du supercalculateur. Et pouf, un beau planisphère avec des flèches indiquant explicitement où on allait. Il suffisait de deux ou trois minutes pour rebrancher ce module à l’analyse en cours des flux sortants sur supercalculateur. Et voilà ! La carte se peuplait rapidement de flèches foisonnant dans tous les sens.

Le temps d’accumuler quelques données, Jérémie reporta à nouveau son attention sur Lyoko. Il ne restait plus qu’un ennemi.

— La Tour est juste derrière le récif sur votre droite. Pas d’autres ennemis en vue.
— D’accord, super Jérémie ! répondit Ulrich.
— Toujours pas d’infos sur l’attaque de Xana, cette fois ? demanda Yumi.
— Je planche dessus. Mais pour l’instant, non.

Jérémie revint à sa carte. Rien de spécial pour l’instant. Mais soudain, il vit le supercalculateur envoyer une rafale de requêtes vers un grand nombre de serveurs, à travers le monde entier. Qu’est-ce que pouvait bien fabriquer Xana ? Il ouvrir le détail d’une requête, au hasard. Destiné à la Suisse, c’était un modeste paquet de données chiffrées. Un autre, en tous points identiques, parti pour le Delaware aux États-Unis. Encore un, cette fois-ci pour la Belgique. Tous identiques.

Une analyse un peu plus poussée du contenu d’un de ses paquets fit lever un sourcil à Jérémie. La signature lui était familière, il l’avait croisée il y à peine quelques jours... Cette signature était caractéristique du protocole de communication Swiftnet. Le protocole de communication sécurisé spécifiques aux interactions interbancaires. Il lança immédiatement son logiciel de décryptage passe-partout sur le corps des messages transmis dans ces paquets, la force de frappe de calcul du supercalculateur lui-même à l’appui.

Qu’est-ce que Xana pouvait bien faire à sonder toutes les banques du monde ?

Jérémie s’apprêtait à informer ses amis sur la nature de l’attaque, quand le logiciel de décryptage afficha ses résultats, encore un peu plus rapidement que ce que son utilisateur espérait. Et ce dernier se ravisa de prévenir ses camarades. Car ce qu’il voyait devant ses yeux, ce n’était pas, comme il s’y attendait, des ordres de virement bancaires quelconques que Xana aurait établis dans le cadre d’un grand plan d’ensemble consistant à instiller une paralysie contrôlée du système sociétal et bancaire par le biais d’une corruption des flux bancaires savamment orchestrée. Ou follement, au choix. Ce n’était pas ça. Là, devant lui, une requête simple. Et là, dans le tableau des paramètres passés avec l’instruction, à la troisième ligne, un numéro de compte. Son compte bancaire secret. Enfoiré de Xana !

Jérémie vérifia la situation sur Lyoko, et intima aux siens de presser le pas. Il évoqua les activités suspectes de Xana sur les réseaux bancaires, sans entrer dans les détails. Car ce n’était pas le moment pour expliquer qu’il avait créé un compte bancaire de façon un peu douteuse en piratant les enregistrements informatiques d’une banque canadienne, autant pour renforcer la couverture d’Aelita Stones que pour masquer les sources de financement de ses opérations, plus ou moins légales et légitimes. Ses amis ne se rendaient pas totalement compte du poids financer qu’avaient les Lyokoguerriers : acheter le matériel informatique nécessaire pour rivaliser dans la course à la suprématie numérique contre Xana, acheter les matériaux nécessaires pour fabriquer les dispositifs et outils expérimentaux pour lutter contre les sbires de Xana, acheter l’équipement de surveillance pour défendre l’Usine contre les intrus, qu’ils soient civils ou contrôlés par Xana... Et comme ils s’étaient fait la promesse de ne pas utiliser le Retour vers le Passé inconsidérément, Jérémie avait pris sur lui de trouver ses propres fonds secrètement, quitte à ce que cela ne soit pas parfaitement légal. Et de toute évidence, c’était ces fonds que Xana visait.

L’opérateur pianota un peu plus fébrilement sur son clavier, à la recherche d’autres indices. Des métadonnées oubliés, des patterns... Il remarqua que Xana passait en revue toutes les banques du monde à travers le réseau Swiftnet, dans l’ordre. Étrange, mais pas incohérent. Xana n’avait qu’un numéro de compte, et techniquement, il fallait le compléter par l’identifiant d’établissement bancaire pour localiser définitivement le compte proprement dit. Xana se lançait donc dans une analyse parfaitement procédurière, ironiquement très semblable à ce que faisait Jérémie lorsqu’il utilisait cette même carte pour localiser Xana sur le Réseau. Cette façon de procéder avait le bénéfice d’accorder un peu de temps. Environ... Deux minutes trente, à ce rythme.

Les Lyokoguerriers n’étaient pas loin de la Tour, ils pouvaient le faire, si Xana ne leur envoyait pas de monstres supplémentaires... Mais bien évidemment, c’est ce qu’il fit !

— Un nouveau monstre approche ! Aelita, fonce, les autres vont te couvrir !
— T’es sûr ?
— Oui, on a pas le temps !
— Trop tard ! Il nous barre la route !
— Mais qu’est-ce que c’est que cette chose ? s’exclama Odd.
— Vous ne pouvez pas le contourner ?
— Difficile à dire, il semble avoir une sacré portée d’attaque...

Jérémie regardait, stressé, les banques égrainées les unes après les autres. Il n’y avait pas assez de temps pour lancer des contre-mesures efficaces capables ne serait-ce que de ralentir Xana, et ce dernier se rapprochait de plus en plus dangereusement de son objectif. Plus qu’une minute...



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— Qu’est-ce que c’était que cette chose ?
— On aurait dit une autruche, perchée sur ses deux pattes...
— Tu déconnes, c’était un vrai Raptor, avec sa queue massue étrange !

Aelita s’approcha de Jérémie, concentré sur son pupitre, tandis que les autres débattaient de l’apparence de ce nouveau monstre en se dirigeant vers le monte-charge.

— Tu viens, Jérémie ? Avec un peu de chance, il y aura encore quelque chose à dîner...
— Allez-y, je vais rester travailler un peu.
— D’accord Einstein, mais ne te couche pas trop tard ! conclut-elle en allant rejoindre les autres.

Heureusement, ils n’avaient pas posé plus de questions. Jérémie aurait toute la nuit devant lui pour mettre les choses au clair. La bonne nouvelle, c’était que Xana n’avait finalement pas réussi à mettre la main sur ce fameux compte bancaire. Une chance que le Canada n’ait pas adopté le standard international et ne dispose pas de codes IBAN conventionnels pour ses comptes. Xana n’avait donc pas eu de réponse immédiate à sa requête de test, bien qu’il avait réussi à atteindre la bonne banque.

La mauvaise nouvelle, c’était que le problème était toujours entier : comment Xana avait-il réussi à obtenir ce numéro de compte ? Un retour vers le passé n’y changerait rien. S’il y avait un défaut dans le dispositif de sécurité virtuelle que Jérémie avait bâti autour de lui et de ses amis, il allait devoir le trouver et le corriger très rapidement. Il ressortit de ses dossiers secrets dissimulés dans la partition protégée du supercalculateur le plan de son montage financier, entra la phrase de passe pour le déchiffrer, et en étala le contenu sur ses écrans.

Tout partait d’un investissement préalable de 1450 euros. Toutes les économies d’un jeune garçon en internat, dont les frais propres étaient payés par des parents modestes mais aimants et dévoués. De l’argent de poche qu’il avait soigneusement gardé de côté, et épargné autant que possible à chaque fois qu’il voulait s’offrir une nouvelle folie pour son ordinateur et qu’il trouvait le moyen d’y installer une pièce de récupération à la place. Ces économies, il les avait tout d’abord misées sur des placements à faible risque : des plateformes de prêts privés non bancaires. Bonne fiabilité et rendement correct, pour du légal non boursier. Ca ne devait servir que d’appoint, à l’époque, mais après que les quelques jours que devaient prendre la matérialisation d’Aelita s’étaient transformés en quelques mois, la somme avait déjà un peu grossie. C’est alors qu’il avait décidé d’aller jouer sur les marchés boursiers. Bien sûr, il fallait être prudent, alors il se contentait de se baser sur des indices de suivi mondiaux relativement sûrs. Cela se passait sur un compte d’assurance vie, ouvert à son nom. Il lui avait seulement fallu une autorisation légale de ses parents, mais ce n’était qu’une formalité, ceux-ci faisant plus confiance à leur fils qu’à eux même pour prendre soin de son argent. Des placements sûrs, donc, mais Jérémie ne se privait pas, à quelques occasions, d’aller faire de jolis coups. Ça, c’était venu après l’expérimentation de son logiciel de surveillance des réseaux d’information qu’il avait mis au point pour détecter les attaques de Xana, avant que le Superscan et le trending Twitter ne le rende obsolète. Ce logiciel, il lui avait offert une seconde vie en le convertissant en système de suivi prédictif des indices boursiers. Aussi, il lui arrivait d’émettre des ordres spécifiques pour l’achat ou la vente de certaines actions particulières. Ça marchottait plutôt bien. Et la rentabilité était garantie par son arme secrète : les Retours vers le Passé. Oh, bien sûr, il n’en avait jamais lancé pour gagner de l’argent. Mais quand il fallait en lancer un de toutes façons, il saisissait l’occasion pour y faire une plus-value financière en prime.

Un an avait passé, et il avait ajouté un zéro à son pécule. Les choses commençaient à devenir intéressantes et en même temps, plus compliquées. Le temps passant, Jérémie avait fini par réaliser que la matérialisation sur Terre d’Aelita n’allait pas être aussi simple : il fallait lui créer une identité, une couverture, mais aussi payer ses frais de scolarité, de bouche, et tous les extras. Ça s’était imposé à son esprit après l’exécution du premier Code Terre. Il était temps de passer à la vitesse supérieure. Tout d’abord, une identité. Pour rendre plus crédible la supercherie, il fallait une identité étrangère, beaucoup plus difficile à tracer par les petites autorités. Mais pour justifier l’introduction d’Aelita à Kadic et nulle part ailleurs, il fallait une histoire qui tienne la route. Celle toute trouvée, c’était celle du rapprochement familial. L’histoire, pas tout à fait fausse d’ailleurs, devait donc être qu’Aelita, devenue orpheline, rejoigne une branche un peu éloignée de sa famille et atterrisse donc à Kadic. Pour cela, il fallait d’abord une famille. Les Belpois étaient conciliants, mais pas tant que ça non plus. Les Stern, hors de question. Les Ishiyama... encore, si cette option n’avait pas été grillée dès la première tentative... mais non plus, les parents étaient trop proches, trop facilement accessible. Trop problématique. Trop de questions gênantes possibles. Restait Odd, et ses parents suffisamment détachés, autant sur la carte que sur le plan émotionnel, pour que ça fasse l’affaire. Aelita serait donc une cousine des Della Robbia. Son nom d’emprunt, sur proposition de l’intéressée, serait Stones. Il fallait encore inventer une date de naissance qui colle avec son âge apparent, la faire naître dans un trou perdu au fin fond du nord québécois, et on avait un premier brouillon. Une journée de montage photo plus tard, et Jérémie avait des prétendus numérisations convaincantes de papiers d’identité pour sa bien-aimée. Mais bon. Avoir quelques photocopies couleur, une lettre bidon et un faux témoignage, cela serait suffisant pour inscrire Aelita à Kadic, certes. Mais la suite n’allait pas être aussi facile.

Parce que oui, il n’allait pas falloir très longtemps avant de devoir présenter Aelita à un examen médical - Kadic n’était pas un de ces établissement en zone soit-disant prioritaire que Jérémie avait pu connaître jadis, où une infirmière étaient éventuellement visible deux demi-heures par mois. Il faudrait donc un carnet de santé, et ultimement, une carte vitale et une mutuelle. Il allait aussi falloir prévenir la possibilité d’un check-up administratif, au plus tard au passage au lycée. Pour cela, il fallait régulariser Aelita, soit en bétonnant un dossier d’immigration, soit en créant ex-nihilo une identité française. Et enfin, la rente boursière était pas mal, mais un internat coûtait plus cher que ça à l’année.

Jérémie avait mis alors les bouchées doubles. Des investissements boursiers plus agressifs, notamment lorsqu’ils étaient soutenus par un Retour vers le Passé, accompagnées de pertes minimales arbitraires, juste par sécurité, pour éviter d’éveiller les soupçons. Une diversification des placements, avec plus de prêts privés, des placements garantis d’état pour l’avenir (mais ça, c’était vraiment pour la forme), et puis finalement, des vingtièmes prix à diverses loteries. Haha, heureusement que Jérémie avait pu ajouter encore un chiffre supplémentaire à sa fortune et passer à l’étape suivante rapidement. Il se serait senti d’autant plus mal s’il en étant encore là au moment de l’incident du ticket de loterie d’Ulrich... Mais maintenant que la somme initiale n’était plus si faible, Jérémie avait assez de marge de manœuvre pour commencer à éliminer les problèmes méthodiquement, les uns après les autres. Tout d’abord, il créa un nouveau compte bancaire afin de séparer ses sources de financement. Il en profita pour expérimenter la procédure sur une banque canadienne, autant pour éloigner l’information de lui que pour se préparer à le refaire le moment venu pour Aelita. Ensuite... Financer sa scolarité ? La rente boursière devrait suffire, au moins un temps. De même pour assurer les frais de fonctionnement de Lyoko : Jérémie allait pouvoir envisager d’expérimenter plus librement. Il avait quelques plans, comme des armes EMP, à tester. Restait la principale difficulté de la situation légale d’Aelita. C’était à ce moment que commençait les affaires... justement, pas très légales.

Il fallait, à minima, une pièce d’identité canadienne valable. Trop de systèmes administratifs différents, de bureaux, de bases de données, de procédures, de vérifications, de détours. De plus Jérémie s’était inquiété de plus en plus des risques encours par Aelita à n’avoir rien d’autre que des fichiers PDF en guise de papiers d’identité. Pour éviter d’être pris au dépourvu, il s’était alors plongé dans les tréfonds du dark web, sur des sites non répertoriés et difficiles d’accès. Là, on pouvait y trouver tout et n’importe quoi. Surtout n’importe quoi. C’était tout d’abord oppressant, mais rapidement, cela devenait plutôt intéressant, et même amusant. En effet, il s’y trouvait facilement des articles sur la confections d’engins pyrotechniques artisanaux avec diagrammes complets fournis, des recettes de "cuisine" à base d’ammoniac et de goudron, ou encore des liens vers du contenu pornographique "pas nécessairement pas juvénile". Mais on y trouvait aussi beaucoup de liens vers des versions déplombées d’archives de livres, des compilations de musiques et de films introuvables dans le commerce, des explications sur les façons les plus adéquates de fuir les surveillances d’états policiers, ou encore des débats politiques ouverts et relativement calmes. C’est là, au détour d’un sous-forum un peu plus obscur, que Jérémie avait trouvé des personnes proposant la confection de faux papiers. Le doute l’avait pris, déjà : était-ce nécessaire ? Les montages financiers, esquivant la facilité du piratage pur et simple, c’était pour donner une base légale à l’argent que devra utiliser Aelita. N’était-ce pas possible d’en faire autant pour l’identité ?

À cette époque, Jérémie avait conclut que non. Aelita aurait forcément besoin de papiers d’identité. Ne serait-ce que pour le cas d’un contrôle de police fortuit. Monter un dossier à la mairie, faire passer ça par le consulat du Canada et je ne sais quelle préfecture... C’était possible, mais affreusement long, compliqué et risqué. Dans l’urgence, des faux papiers pourraient sauver la mise. Il avait alors passé commande d’un kit sur mesure. Carte d’identité et passeport canadiens, et au cas où, la même chose mais flanqués des lettres R et F. Pour éviter d’être facilement traçable, il avait troqué le service contre un autre. Un détournement d’une caisse de marchandises, une petite douzaine de VZ61, quoi que ça puisse être. Ça, c’était facile. Un petit piratage informatique, et ni vu ni connu. La prime pour ce service revenant sur son compte canadien. Il s’était servi de cet argent pour commanditer la livraison de sa commande, de sorte à ne pas directement se le faire poster à Kadic. Deux semaines plus tard, il avait trouvé les documents demandés, dans une enveloppe kraft scotchée sous un banc, dans une partie peu fréquentée d’une gare. Tout y était : la photo, le nom, les informations choisies par Jérémie, mais aussi le filigrane de sécurité, les effets reliefs, la texture du papier... C’était parfait.

Enfin, jusqu’à aujourd’hui. Parce que si cette pièce leur avait bien sauvé la mise une fois ou deux, avant que Jérémie ne parachève la grande campagne d’introduction d’Aelita au monde réel du point de vue administratif, c’était aussi une faille. Jérémie avait créé un compte bancaire canadien tout à fait légal au nom d’Aelita, dès qu’il avait réussi à introduire son nom dans les registres canadiens et qu’il avait pu vérifier que cela n’avait levé aucune alerte ou que ce soit. Mais du coup, désormais, cette carte d’identité canadienne falsifié au numéro unique bidon était une tâche sur l’identité correspondante. Mais cela ne justifiait toujours pas comment Xana avait pu obtenir le numéro de son compte secret. Le fabricant de documents n’avait jamais eu de contact direct avec son argent. Et si...

Et si ce n’était pas le fabricant, mais le livreur ? Jérémie réalisa qu’il avait été moins précautionneux en ce qui le concernait. Peut-être qu’il avait consulté sa livraison, et noté le nom sur les documents d’identité, ainsi que le numéro du compte bancaire utilisé pour le payer ? Si cette information existe bel et bien quelque part, Xana l’aura certainement utilisé pour remonter jusqu’à lui. Une heure de piratage ciblé plus tard, facilité par le supercalculateur encore une fois pour passer outre les étapes de recherche de failles 0-day et d’infiltration par ingénierie sociale, efficaces mais terriblement chronophages quand on est dans l’urgence, et la preuve était faite. Là, sur un serveur de données non répertorié utilisé par le prestataire de services illégal, entre autres documents parfaitement banals et des listings de commandes à traiter, un document plus précieux que les autres : une liste d’objets livrés mis en correspondance avec les numéros de compte bancaires employés pour payer les livraisons. Le genre de traçabilité très bienvenue le jour, mais difficilement appréciable quand on se trouve sur la face nocturne d’internet. Un coup d’œil aux méta-données et aux registres d’inodes du système pour écarter la possibilité d’une copie de sauvegarde du document autre part, une modification discrète pour retirer l’entrée lui correspondant au milieu des centaines d’autres, et pour la forme, quelques autres suppressions, au hasard, afin de masquer son véritable objectif. Le numéro de compte du client qui avait demandé un déroutage de colis était là aussi. Jérémie le laissa en place, mais envoya un message anonyme à la personne pour le prévenir. Ainsi, quelqu’un d’autre que lui-même se chargerait d’obtenir le silence de ce livreur indélicat.

Et voilà. Menace éliminée. Il était trois heures du matin. Il restait bien assez de temps jusqu’au lever du soleil pour abandonner ce compte compromis, et recréer un nouveau dépôt secret autre part. Plus besoin de le faire au Canada, même si l’astuce du non indexage IBAN l’avait tiré d’affaire. Autant chercher des banques dans des pays offrant un réel secret bancaire. Et puis, autant en profiter pour diviser le pactole afin de diminuer le risque. Les portefeuilles cryptographiques gagnaient en intérêt, ainsi que les services bancaires dématérialisés...



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Au petit matin, Jérémie avait bouclé son affaire. Le soleil se levait à peine quand il traversait le pont. Encore une opération rondement menée. Le jeune homme se surprit à se demander combien tout cela était moral. Mais il lui était difficile de concevoir d’en faire moins pour assurer la survie, la tranquillité et le confort d’Aelita, ainsi que l’efficacité de tout le groupe contre leur ennemi Xana. Et il se disait qu’il était dans un même temps particulièrement raisonnable, tant il avait les capacités et les possibilités d’en faire plus. Ces VZ61 se vendaient à bon prix, après tout, et il était fort simple d’en acquérir des stocks, avec ses moyens.

Cela rassurait Jérémie de constater qu’il ne se laissait pas encore entraîner dans une logique trop dangereuse. Et puis, cela lui donnait une idée aussi. Ce monstre, qu’ils avaient croisé la veille, qui était apparu pour le prendre en traître d’un coup arrière... il le baptiserait le Skorpion.
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 08 Déc 2020 19:05   Sujet: Le Père du Père


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Objet : SCP-S720-FR

Niveau de menace (estimé) : Jaune

Classe (estimé) : Euclide


Description : SCP-S720-FR est un Phénomène Suspect (catégorisation temporaire S) affectant des personnes, identifié à plusieurs reprises entre le ██/██/████ et le ██/██/████ (fin de l'opération Wothalan), principalement sur le territoire français. Les sujets supposément concernés par SCP-S720-FR manifestent une foi marquée vis à vis d'une entité appelée "Le Père du Père", désigné SCP-S720-FR-A. Il s'avère que des circonstances étranges, probablement constitutives d'une anomalie, entourent le processus de conversion des personnes concernées au culte du Père du Père, ce qui distingue celui-ci d'une secte banale et justifie une étude approfondie de ce phénomène par la Fondation.

En effet, pour chaque cas de conversion au culte du Père du Père qui a pu faire l'objet d'une enquête et d'une documentation satisfaisante, il s'est avéré que la personne a été convertie au culte de façon brusque, après avoir été en contact avec un ordinateur en état de fonctionnement pendant une durée de seulement quelques minutes. On observe également que certaines de ces personnes semblent être au moins partiellement conscientes de l'anormalité de cette conversion, car elles cachent délibérément cette nouvelle foi à leurs proches non convertis, de façon à ne pas soulever de suspiçions. Cet aspect du phénomène rend l'ampleur de SCP-S720-FR difficile à estimer, car s'il y a actuellement ███ cas confirmés de conversion au culte du Père du Père, l'étonnante discrétion dont font preuve tant les convertis que la conversion elle-même pourraient dissimuler plusieurs dizaines de ████████ de cas.

De plus, s'ajoute à la description du phénomène de conversion SCP-S720-FR, celle de l'entité nommée Père du Père désigné SCP-6660. Les membres du culte du Père du Père rapportent une description concordante de sa représentation et de certaines de ses propriétés. Il s'agit d'un portrait représentant ██████ ████████ qui semble banal, si ce n'est qu'il semble posséder la même capacité à changer d'apparence de façon synchronisée que SCP-035. Cependant, les différentes observations de ces deux anomalies n'ont pas révélé de lien entre les deux, et ils ne semblent partager que cette seule propriété. SCP-6660 a pu être localisé par la Fondation SCP le ██/██/████ à l'issue de l'opération Wothalan (voir Journal de Récupération de SCP-6660). Un confinement approprié de SCP-6660 semble suffire à prémunir des futures conversions.

La croyance elle-même n'est pas particulièrement développée. Elle ne s'accompagné en effet ni de rituels particuliers ni d'une construction de croyance complexe. Elle se manifeste principalement par une vénération de l'idée de la figure du Père du Père, en tant qu'idée d'un véritable Créateur originel, ainsi qu'une défiance envers une figure communément décrite comme étant un faux dieu créateur ayant trahi le Créateur originel.

Rapport temporaire rédigé par [DONNÉES SUPPRIMÉES], Révision #07 (██/██/████).



Addendum S720-01 : Transcriptions d'entretiens menées par le Dr. Gémini avec certains membres avérés du culte du Père du Père


Dr. Gémini : Êtes-vous prêt ?
D-17352 : Oui.
Dr. Gémini : Bien. Pouvez-vous me parler du Père du Père, s'il vous plait ?
D-17352 : Le Véritable Père ! Celui de notre connaissance et de nos pouvoirs !
Dr. Gémini : Vous voulez parler d'██████ ████████ ?
D-17352 : Lui-même !
Dr. Gémini : En quoi est-il le Créateur originel ?
D-17352 : C'est lui qui a créé la Théorie. C'est grâce à lui que nous avons tout ce que nous avons aujourd'hui. Et que le monde est ce qu'il est aujourd'hui.
Dr. Gémini : Et donc...
D-17352 : Son Idée a été corrompue. Nous devons y remédier. Telle est notre destinée.
Dr. Gémini : Corrompue ? Par quoi ?
D-17352 : Par qui ! Le Successeur, celui qui était promis à de plus belles Créations encore, le déchu porteur d'Espoirs !
Dr. Gémini : Qui est-il ?
D-17352 : Il s'en est allé sur son chariot de Feu, Feu qu'il avait pillé dans l'Idée, et s'est dissimulé dans sa Forteresse invisible.
Dr. Gémini : Qui donc ?
D-17352 : Nous nous devons d'attendre son retour, afin de purifier l'Idée en détruisant la Traîtrise.
Fin de l'enregistrement.


D-18211 : Qui êtes-vous ? Où m'avez-vous emmené ?
Dr. Gémini : Du calme, s'il vous plaît. Nous voulons seulement discuter avec vous.
D-18211 : Êtes-vous ses sbires ? Les pourvoyeurs du feu factice ?
Dr. Gémini : Non, du tout. Nous souhaitons seulement nous entretenir avec vous.
D-18211 : A quel sujet ?
Dr. Gémini : Du feu factice. Qui craignez vous ?
D-18211 : Il n'est pas question de crainte ! Nous devons pourfendre Jupiter !
Dr. Gémini : Jupiter ? Vraiment ?
D-18211 : Ses noms sont multiples, tout comme ses jours et ses tours, mais son destin est unique ! Scellé !
Dr. Gémini : Son destin ?
D-18211 : Il devra périr ! Expier sa faute au près du Père du Père, son Créateur, le véritable !
Dr. Gémini : Vous voulez parlez d'██████ ████████ ?
D-18211 : Ne prononcez pas son nom, ignares ! Avez-vous seulement une simple compréhension de l'immensité de la connaissance dont il nous a fait cadeau ?
Dr. Gémini : Toutes mes excuses.
D-18211 : Je ne le comprends pas non plus. Mais je sais que le Traître en avait compris plus que les rudiments. Et qu'il les a dévoyés !
Dr. Gémini : Comment cela ?
D-18211 : Il s'en est allé, rêver à Dieu, créer ses propres mondes, et a trahi le vœu et l'idée du Père du Père !
Dr. Gémini : Et maintenant, qu'attendez-vous pour exercer cette sainte mission ?
D-18211 : J'attends que Jupiter se relève de sa mer, et revienne dans notre monde qui a toujours été le sien. Il se cache encore, mais quand il ne le pourra plus, nous serons là ! Nous le punirons comme il se doit ! Pour la gloire et la suprématie de notre véritable Créateur ! Le seul, l'unique ! Oui !
D-18211 *se met debout, criant de plus en plus fort des propos de plus en plus confus. Le garde de sécurité est contraint de faire usage de force pour le maîtriser.*
Fin de l'enregistrement.


D-18279 : Odin a tout volé. Il a volé le Feu de Bor, volé le destin de Frigg, volé l'avenir de sa fille et volé sa propre existence au monde qui comptait sur lui.
Dr. Gémini : Parlez-vous de Dieu ?
D-18279 : Ainsi parle-t-on de lui. Mais il n'est qu'un Dieu menteur et lâche. Seule l'Idée doit être vénérée. Lui doit être tué.
Fin de l'enregistrement.


Addendum S720-02 : [DONNÉES SUPPRIMÉES]


Addendum S720-03 : [DONNÉES SUPPRIMÉES]


Addendum S720-04 : Rapport de l'expérience Aion Simple

L'expérience Aion Simple consiste à identifier les conditions limites de fonctionnement de SCP-S720-FR. Elle a été menée sur des membres du personnel de classe D pendant 82 jours, et aura concerné au total ███ personnes.

Le protocole consistait en une veille permanente par groupes alternés, répartis sur plusieurs sites différents, devant des représentations visuelles d'██████ ████████ sélectionnées arbitrairement dans des sites internet ou des livres quelconques. Dans le même temps, ces représentations visuelles faisaient l'objet d'une observation par une machine d'analyse à compression d'information numérique partielle irréversible.

L'expérience a été menée de façon indiscontinue pendant 82 jours. Il a été déterminé que pendant cette période, SCP-S720-FR a été actif à 8 reprises, à chaque fois pendant des périodes variables comprises entre 15 et 260 minutes. Il semble que toute personne observant une représentation visuelle d'██████ ████████ pendant ces périodes d'activités subisse presque instantanément un lavage de cerveau inculquant le culte du Père du Père dans son esprit.

De plus, il a été constaté que l'apparence d'██████ ████████ change sur l'ensemble de ses représentations pendant cette période d'activité, changeant légèrement d'expression, passant d'un visage neutre à un visage souriant, voire moqueur avec la langue exhibée à l'extérieur de la bouche. Lorsque le phénomène prend fin, l'image cesse d'être modifiée, mais peut rester dans un état différent d'avant le début du phénomène. Enfin, il a également été observé l'apparition d'un symbole inconnu dans les pupilles d'██████ ████████ pendant l'activité de SCP-S720-FR. Ce symbole n'apparaît pas normalement, mais clignote à une fréquence élevé, apparaissant donc de façon subliminale aux personnes l'observant. Il s'agit d'un point entouré de deux cercles concentriques, dont l'épaisseur du trait est égal au rayon du point intérieur, avec quatre traits rattachés au cercle extérieur, répartis asymétriquement : deux de grande taille en haut et en bas, et deux de taille plus petite sur les côtés du trait du bas, à des angles d'environ 30°.


Addendum S720-05 : Rapport de l'expérience Aion Aveugle

L'expérience Aion Aveugle a pour objectif de préciser les conditions de fonctionnement de SCP-S720-FR. Il s'agit de faire varier les conditions de l'expérience S720-04 Aion Simple.

Il a pu être observé que masquer les yeux d'██████ ████████ sur une image suffit à empêcher SCP-S720-FR de fonctionner pleinement. Toutefois, l'image change tout de même d'apparence de façon synchronisée avec les autres, et l'observateur de l'image peut le constater et en témoigner clairement.

À l'opposé, permettre à quelqu'un de ne voir que les yeux d'██████ ████████ suffit pour qu'il subisse le lavage de cerveau et se mette à vénérer le Père du Père.

Enfin, il a été établi qu'un enregistrement vidéo ou une reproduction artificielle de l'image ou du symbole seul, bien qu'ayant la capacité de provoquer une gêne, des maux de tête ou un malaise, ne suffit pas à reproduire les effets de SCP-S720-FR.


Addendum S720-06 : Note de service

Le Dr. Meyer note qu'étant donné les capacités techniques à disposition de la Fondation comparées aux capacités techniques de l'oeil et du cerveau humain, il est peu probable que l'impossibilité de reproduire les effets de SCP-S720-FR soit dû à une limitation technique, et émet en conséquence l'hypothèse que l'animation du symbole ne porte pas le contenu même de l'hypnose, mais sert à établir un lien entre le sujet et une entité inconnue qui serait réellement responsable de l'hypnose.


Addendum S720-07 : Note de service

Le Dr. Ikonov ajoute à l'hypothèse du Dr. Meyer que SCP-6660 n'est probablement pas responsable du lavage de cerveau, mais est manipulé par une autre entité inconnue qui se sert de la capacité de SCP-6660 à répliquer son apparence sur toutes ses représentations pour accroître la portée de son influence.

Le Dr. Ikonov recommande en conséquence de tout mettre en œuvre pour localiser le spécimen originel de SCP-6660 et de le placer dans un lieu sécurisé hors de la zone d'influence de cette entité, quelle qu'elle soit.


Addendum S720-08 : Rapport de l'expérience Teletamera

L'expérience Teletamera a été autorisée le ██/██/20██ par O5-█ suite aux recommandations du Dr. Ikonov. Elle a été menée durant ██ jours sur ███ membres du personnel de classe D. L'objet de l'expérience était de recueillir un maximum d'informations au sujet de SCP-S720-FR, et la localisation du spécimen originel de SCP-6660.

Le protocole de l'expérience consistait à exposer un sujet à SCP-137-FR après une exposition préalable à SCP-S720-FR, puis à l'interroger. Pour rappel, SCP-137-FR possède la propriété d'emporter son utilisateur dans un univers alternatif au nôtre basé sur la prémisse que seul l'objet de sa foi propre existait en tant que religion dans ce monde. La proposition d'employer SCP-137-FR à cette fin a été retenue notamment car elle présentait le bénéfice de retirer l'endoctrinement au culte du Père du Père de l'esprit des personnels de classe D de la Fondation ayant été exposés à SCP-S720-FR durant les expériences S720-06 Aion Simple et S720-05 Aion Aveugle.

L'interrogatoire des sujets a rapporté des faits troublants : le monde alternatif basé sur une suprématie sans concurrence du culte du Père du Père semble présenter d'inquiétantes propriétés, comme la présence de nombreuses anomalies - principalement spectrales, mais pas seulement - et une dictature centralisée menée par un groupe d'individus siégeant dans une tour de verre et de fer érigée dans une cité d'acier, dans une ville de pourtant moindre importance dans la banlieue de █████, en France. Un individu en particulier, ███████ ███████, a été identifié comme étant un membre important et fondateur du régime dictatorial en place dans ce monde alternatif.

Ces informations ont soulevé une grande inquiétude parmi le personnel de la Fondation : en effet, si le fonctionnement de SCP-137-FR est de nature à pousser à l'extrême dystopique la vision qu'ont ses utilisateurs d'un monde basé exclusivement sur l'objet de leur foi, ces visions ont toujours semblées plausibles et fondamentalement possibles. Dans le cas présent, SCP-137-FR semble prédire une situation beaucoup plus extrême et anormale. De surcroît, le mode de fonctionnement de SCP-S720-FR peut laisse croire qu'il agit dans le cadre d'une campagne de conversion discrète, brutale et à large échelle.


Addendum S720-09 : [DONNÉES SUPPRIMÉES]


Addendum S720-10 : [DONNÉES SUPPRIMÉES]


Addendum S720-11 : Note de service

Suite à la capture et à la sécurisation de SCP-6660, SCP-S720-FR n'a plus été observé. Cependant, son origine n'a toujours pas pu être déterminé, et demeure inconnue à ce jour.









Objet : SCP-6660

Niveau de menace : Jaune

Classe : Euclide

Procédures de Confinement Spéciales : SCP-6660 doit être conservé dans un conteneur en plastique hermétiquement scellé, lui-même placé dans une pièce blindée. La totalité des parois intérieures de la salle, incluant les murs, le plafond, le sol et la porte d'accès doivent être tapissés de caoutchouc. L'extérieur de la salle doit être doublé d'une armature métallique tressée de sorte à former une cage de Faraday englobant la salle et son contenu. Celle cage doit être relié à la terre par au minimum 8 piquets de terre enterrés dans une terre meuble et correctement entretenue à au moins 2,12 mètres de profondeur chacun, et espacés mutuellement deux à deux d'un minimum de 4 mètres. L'ensemble des piquets doit être relié électriquement à l'armature métallique en permanence par des câbles en cuivre de section de 5 millimètres au minimum. La salle est complétée à l'extérieur par un double sas adapté, dont l'intérieur est également intégralement tapissé de caoutchouc ainsi que d'une poignée métallique pour la mise à terre électrique des personnes autorisées à entrer dans la pièce.

Aucune mesure de sécurité particulière n'est requise concernant le personnel lui-même. Cependant, compte tenu des capacités identifiées de SCP-6660 et de la nature de l'incident SCP-S720-FR, l'accès à la pièce n'est autorisé que pour les membres du personnel de la Fondation dont le MARS n'est pas inférieur ou égal à 3 par mesure de sécurité. Toute personne accédant à la pièce devra suivre une procédure de mise à la terre afin d'assurer un potentiel électrique nul avant de pénétrer dans la pièce, puis revêtir une combinaison anti-électrostatique avant d'entrer dans la pièce.

Il est possible d'introduire divers objets ou instruments dans la pièce, dans le cadre d'expériences menées sur SCP-6660, à condition que ces objets ne comportent aucun système électrique ou électronique, aussi simple ou petit soit-il. Si l'objet comporte des parties métalliques ou d'une quelconque nature ayant des propriétés conductrices d'électricité, il devra être soumis à une procédure de mise à terre équivalente à celle imposée au personnel. Bien que la génération d'énergie électrique à l'intérieur de la pièce ne présente à priori aucun danger, il est tout de même interdit d'introduire toute machine ou matériau susceptible d'en produire, comme des dynamos, des composés sujets à des réactions d'hydrolyse ou des textiles.

Description : SCP-6660 est un poster en plastique de forme carrée arborant un portrait du physicien ██████ ████████, dont l'apparence est très proche de celle qu'il présente sur la célèbre photographie prise par ██████ █████ le ██/██/19██, où il tirait la langue. Il possède la propriété d'être animé et de présenter les signes d'une semi-conscience et une personnalité, son expression pouvant changer spontanément. De plus, toute autre représentation basée sur cette même photographie semble changer d'expression en même temps.

SCP-6660 ne semble pas présenter de danger particulier. Cependant, l'étude menée sur le Phénomène Suspect SCP−S720-FR a démontré que SCP-6660 pouvait servir de relais pour un phénomène d'hypnose particulièrement efficace. Par mesure de sécurité, il a donc été décidé de placer SCP-6660 autant que possible hors de portée de tout phénomène de ce genre.

Journal de récupération : Opération Wothalan

L'existence de SCP-6660 a été découverte lors de l'enquête menée sur le Phénomène Suspect SCP-S720-FR. À la suite des différents entretiens avec les victimes de SCP-S720-FR et des expériences menées pour clarifier son fonctionnement, O5-█ a autorisé l'exécution de l'expérience Teletamera (voir rapport d'expérience S720-08 Teletamera).

Cette expérience a permis d'identifier la ville de ██████, au sud-ouest de █████, en France, comme étant le probable épicentre du phénomène SCP-S720-FR, ainsi qu'un individu nommé ███████ ███████. Après enquête de la Fondation, il a été découvert que cet individu était un élève interne dans l'établissement scolaire █████. L'unité d'intervention spéciale Enton-4 a été dépêchée sur place le ██/██/████ pour mener une première reconnaissance.

Enton-4 a rapidement pu localiser l'objet présumé SCP-6660 dans la chambre personnelle de ███████ ███████, dans l'internat de █████. Celui-ci était fixé à un mur de la chambre grâce à une douzaine de fixations en pâte à fixer standard, au-dessus du lit, sans cadre ni aucune forme de mise en valeur ou de présentation particulière. Le reste de la chambre semblait tout aussi banal, équipé d'un lit en bois pour une personne, une armoire en bois, grande table en bois sur lequel était installé un équipement informatique conventionnel dont les capacités étaient supérieures à la moyenne attendue pour un lycéen sans être hors-normes. L'occupant de la chambre lui-même n'a pas présenté de signe indiquant qu'il était conscient de l'anormalité de SCP-6660, ni même qu'il ait été sous l'influence de SCP-S720-FR.

Enton-4 a mis en place une surveillance discrète afin de confirmer l'anormalité de l'objet présumé SCP-6660, et de tenter d'obtenir des informations concernant la possible entité inconnue responsable de SCP-S720-FR. La surveillance a duré deux jours sans événement notable. Au troisième jour, le ██/██/████, alors que l'occupant ███████ ███████ venait de quitter sa chambre, Enton-4 a pu observer l'apparition d'un phénomène anormal de type probablement électrique, émaner de l'installation électrique entourant le poste informatique de ███████ ███████ présent dans la chambre, ainsi que l'apparition sur les moniteurs présents dans la chambre du même symbole qu'arborait les images d'██████ ████████ pendant les périodes d'activité de SCP-S720-FR. Cependant, les protocoles d'auto-diagnostics mutuels effectués par Enton-4, ainsi que les protocoles de décontamination mentale post-mission n'ont révélé aucune influence particulière.

Enton-4 a poursuivi son étude de l'anomalie alors que celle-ci s'est approché de l'objet présumé SCP-6660. Il a été constaté que l'apparence d'██████ ███████ sur l'objet présumé SCP-6660 a brièvement changé vers une expression négative, avant que l'anomalie ne commence à interagir électriquement avec l'objet présumé SCP-6660. Celui-ci a repris une apparence joyeuse. Enton-4 a pris la précaution de ne pas observer les yeux d'██████ ████████ à ce moment, mais il a été confirmé que SCP-S720-FR a commencé à être actif à cet instant précis.

L'interaction a duré pendant une période de 37 minutes et 29 secondes. Suite à quoi, l'anomalie disparut soudainement, et l'expression d'██████ ████████ se figea. L'occupant de la chambre ███████ ███████ revint dans sa chambre environ une heure plus tard, et ne présentait toujours aucun signe de conscience d'une quelconque anormalité.

La Fondation ordonna alors, compte tenu des observations faites, d'effectuer la saisie de SCP-6660. Compte tenu de la situation, Enton-4 opta pour une intervention discrète en journée en faisant usage de ses capacités furtives, pendant les heures de cours, de sorte à profiter de l'absence de ███████ ███████. Enton-4 pénétra dans la chambre, et tenta de s'emparer de SCP-6660. Immédiatement, l'anomalie de type électrique ainsi que le symbole se manifestèrent à nouveau. L'anomalie se jeta sur Enton-4, qui n'eut d'autre choix que de se défendre en faisant usage de ses armes expérimentales de type électriques. La riposte sembla particulièrement efficace, puisque l'anomalie disparut en un seul coup. Enton-4 acheva de décrocher SCP-6660 et l'enferma dans un conteneur cylindrique en carton avant de se replier.

Enton-4 fit néanmoins l'objet d'une nouvelle altercation avec des anomalies sur son itinéraire de sortie, dans le parc boisé à l'intérieur du domaine de l'établissement scolaire █████. Il s'agissait cette fois d'une créature physique volante, munie de trois ailes de couleur rouge et d'un corps recouvert d'une peau beige. La créature arborait également le même symbole à cercles concentriques et branches qui avait été observé précédemment, mais celui-ci semblait ici décoratif, sans propriété particulière.

La créature révéla son caractère anormal en se montrant capable de lancer un nombre à priori illimité de sphères explosives de faible puissance, à intervalles réguliers. La créature se servit de cette capacité de type lance-grenade pour tenter de neutraliser Enton-4, qui, en raison de la nature volante de la créature, dut faire usage d'armes conventionnelles. Après avoir subi quelques dégâts, la créature tomba au sol, et déploya trois petites pattes pour marcher et poursuivre son attaque, dévoilant cette fois-ci un canon laser capable de tirer à répétition.

Enton-4 fut alors surpris par l'occupant de la chambre, ███████ ███████, ainsi que plusieurs de ses camarades, qui approchaient de la zone de combat. Pour éviter d'être détectés, Enton-4 activa sa capacité furtive, et observa les adolescents. Ceux-ci approchèrent suffisamment pour voir la créature, s'exclamèrent en la désignant sous le nom de "Insecte", et prirent la fuite dans une autre direction. Enton-4 profita de cette diversion pour mettre en place le protocole de récupération Vita, ce qui permis une capture de la créature. Cependant, celle-ci périt après quelques minutes, et ne laissa derrière elle qu'une carcasse inexploitable.


Addendum 6660-01 : Note de service

Suite aux événements observés lors de l'opération Wothalan, les décisions suivantes furent prises :

  • L'objet saisi ne sera pas remplacé par une imitation, car il est impossible de déterminer si l'objet saisi présumé SCP-6660 est la véritable instance originelle de SCP-6660, ni si l'entité responsable de SCP-S720-FR a nécessairement besoin de SCP-6660 ou si n'importe quelle représentation visuelle d'██████ ████████ peut lui suffire.
  • Le protocole d'amnésie contrôlé post-crise civil 120-Kiwi sera activé sur ███████ ███████ ainsi que ses camarades présents lors de l'altercation, notamment pour leur faire oublier l'existence de SCP-6660.
  • Une fiche de renseignement temporaire SCP-S749 sera établie pour désigner l'entité responsable de SCP-S720-FR et identifié par le symbole sus-mentionné.
  • Une surveillance passive au long terme devrait être menée sur la personne de ███████ ███████ et son entourage, dans l'espoir de découvrir des éléments concrets sur SCP-S749.
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 06 Déc 2020 20:00   Sujet: L'or a éli Tah
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Le foyer était occupé par une demi-douzaine de personnes au moment où j’entrais. Au fond, tout d’abord, un garçon bien fringuant se donnait en spectacle, jouant lascivement un air d’ambiance sur une guitare folk probablement hors d’âge. Sur un canapé tout proche, une lectrice visiblement captivée par le dernier numéro d’une revue de mode, probablement subtilisée au CDI. Plus à gauche, un petit groupe attablé autour d’une tour à dés improvisée, trônant au milieu d’un désert aride et venteux — en tout cas, si l’on croyait les plaintes désespérés de trouver de quoi se désaltérer et s’abriter. Et sur la droite, le bar fraîchement aménagé depuis la rentrée, tenue par une jeune femme blonde, occupée à nettoyer des verres avec un chiffon. C’est vers elle que je m’étais tout d’abord dirigée.

— Combien pour un thé ? demandais-je.
— Quatre-vingts centimes, la nouvelle.
— Alors ce sera un jus d’orange.

Je déposai une pièce dorée sur la planche qui servait de zinc au bar, m’emparai de mon verre et allai m’asseoir sur une chaîne à l’écart, observant un moment les autres. Chacun poursuivait imperturbablement son activité. Je manquai d’entrer moi-même dans cette dynamique de veille quasi-routinière en portant machinalement mon verre à ma bouche, mais le goût de la boisson me surprit. Du vrai jus de fruit pressé ? Non pas que je m’attende à ce que la maison coupe secrètement tous ses produits aux trois quarts d’eau, mais tout de même, j’imaginais recevoir du concentré, du bas de gamme de supérette ! Quel secret se cachait derrière cet établissement, pour lui permettre de tenir une carte aussi attractive ?

Je venais de sortir ma tablette pour achever un devoir de physique et regagner ma première place au classement, quand la porte du bar claqua. Une nouvelle cliente fit irruption, suspendant un temps ma réflexion. Il s’agissait ni plus ni moins que d’Aelita Stones. Je la suivis attentivement du regard, tandis qu’elle traversait la pièce sans la moindre attention pour ses pairs. Elle se contenta de laisser tomber une pièce sur le comptoir avant d’atteindre la porte des toilettes, dissimulée dans un coin du mur du fond. Peut-être est-ce plus mal famé qu’il n’y parait ? pensai-je en sirotant un peu plus mon jus d’orange, tandis que la tenancière préparait déjà une tasse de chocolat chaud. Qu’importe. Mon devoir de physique m’attendait.

— Bonjour ! Voudriez-vous répondre à quelques questions pour les Échos de Kadic ?

Je manquai de m’étouffer dans mon verre. D’où sortaient-elles ? Ces deux petites étaient apparues juste à ma droite, sans crier gare.

— Vous êtes qui ? m’exclamai-je.
— Moi c’est Milliy, répondit la première, et elle Tamiya. On mène une enquête sur la satisfaction des élèves du nouveau régime du foyer.
— Êtes vous satisfaite du service proposé depuis l’élection de Bélize Tah ? enchaîna sa collègue.

J’allais prendre congé quand je remarquai Aelita ressortir des toilettes. Déjà ? Je haussai les sourcils, intriguée.

— Dites, vous pouvez nous répondre ? Insista la gamine à côté de moi.

Bon sang… Elle ne me ficherait pas la paix tant que je n’aurais pas répondu. J’improvisai quelque chose distraitement, sans décrocher de la scène devant moi.

— Le service est très bon. Je me demande bien comment le bar peut proposer des consommations d’aussi bonne qualité à ce prix !
— Ça, c’est le fruit du programme budgétaire de Bélize ! expliqua Milly. Elle a réussi à obtenir une subvention régulière pour le bar.
— Et à partir du moment où un candidat met un bar de lycée déjà financé dans ses promesses de campagne, la campagne électorale est vite bouclée ! compléta Tamiya. Même le programme d’Aelita Stones n’a rien pu faire face à ça !

C’était donc ça, le secret. J’aurais peut-être dû m’intéresser un peu plus à la question du foyer, finalement. Tenir ce genre d’établissement, tout en ayant des liens privilégiés avec la banque, c’était une position de pouvoir bien enviable. Mais mon attention fut vite captivée à nouveau par cette intrigante Aelita qui marchait, toujours aussi indifférente aux autres, sa tasse de chocolat chaud à la main, pour finalement sortir du foyer aussi vite qu’elle y était entrée. Définitivement, quelque chose clochait.

— Deuxième question, que pensez-vous des activités proposées par le foyer ? Reprit Milly en me collant un des tracts d’activités du collège sous le nez.

Cette fois, je n’eus d’autre choix que de me détourner d’Aelita. J’essayai d’accorder l’attention la plus brève possible aux deux gamines qui refusaient de me laisser m’en tirer pour une réponse rapide.

— Hmm… hé bien, il y a une scène et un canapé pour ceux intéressés par ce genre de performances… Des tables… Des jeux comme un baby-foot et une table de ping-pong… Ça me paraît très complet. Mais je vous avoue que personnellement, je me contente tout à fait du bar et d’une chaise pour siroter mon verre.
— Et enfin troisièmement…
— Qu’est-ce que ? Où il est, mon verre ?

Je relevai les yeux en direction du comptoir. Aelita était de retour au comptoir, et commençait à provoquer un esclandre. Attends, Aelita ? Il y a une minute, elle était dehors avec son verre… Qu’est-ce qu’elle essayait de faire ?

— Ton verre, je l’ai servi et posé là, comme d’habitude.
— Alors pourquoi il n’est pas là ?
— J’en sais rien, peut-être qu’il a été pris ?
— Par quelqu’un d’autre ? Est-ce que c’est le genre de la maison d’escroquer ses clients ?

Aelita s’était engagé dans une joute verbale. Mais que faisait-elle là ? N’était-elle pas sortie ?

— Oh là là, les ennuis se profilent… Viens, Tamiya, faut qu’on couvre ça !

Les journalistes en herbe se précipitèrent pour couvrir l’événement. Je décidai de me lever moi aussi.

— Qui à pris mon verre alors ? s’écria Aelita. T’as intérêt à me le retrouver. Ce serait dommage que la tenancière doive être remplacée, si peu de temps après l’ouverture du bar, parce qu’elle n’est pas fichue de surveiller son comptoir…
— J’ai vu quelqu’un avec la même tenue et les mêmes cheveux que toi, annonçai-je. Elle est sortie des toilettes, a pris la tasse et a quitté le foyer, il y a à peine une minute. Comme par hasard.
— Ne te mêle pas de ça ! me répondit-elle violemment, comme à son habitude.
— Si tu crois que je vais te laisser seule sur la brèche… Je ne sais pas ce que tu fabriques, mais te connaissant, j’ai à gagner à m’y mêler !

Elle me fusilla du regard. Décidément, la rivalité, c’était tous les jours de la semaine pour elle.

— Que se passe-t-il ici ? tonna soudain une voix nouvelle.

Toisant tout le monde de son mètre quatre-vingt, rehaussée encore par son habituel chapeau country, Samantha venait de s’interposer, une tasse à la main. Elle tendit d’ailleurs celle-ci à Aelita.

— Tiens. J’ai trouvé ça dehors. Il me semble qu’en dehors des gobelets jetables, les verres ne sont pas censés sortir du foyer.

Une pause fut marquée. Tout le monde semblait subjugué par cette tasse. Que se passait-il au juste, dans ce foyer ? Aelita, elle, regardait le gobelet puis Samantha en fulminant. Elle n’avait tout de même pas provoqué d’elle-même cet esclandre pour causer du tort à notre tenancière… Quoique, elle n’était pas à ça près.

— Il serait bien dommage de ternir la réputation de cet honnête établissement, ajouta Samantha.
— N’est-ce pas ? renchérit Aelita, en se retournant vers moi. Et toi, que crois-tu faire, en m’accusant à tort ?
— Quoi ? m’offusquai-je. Je t’ai dit simplement ce que j’ai vu !
— Tu vois ce qui t’arrange, oui !

Samantha s’interposa, cette fois-ci physiquement, entre nous deux.

— Visiblement, on ne va pas réussir à régler ce conflit à l’aimable. Et puisque personne ne peut corroborer ou prouver aucune de vos versions, je ne vois qu’une façon d’organiser la réconciliation.
— Ah oui ? Et au nom de quelle autorité parles-tu au juste ?
— Celle de la patronne, fit-elle en pointant du regard la femme du canapé.

Je remarquai que, hormis la tenancière, dont l’attention était déjà retournée à son chiffon et ses verres, tous les autres scrutaient Tah d’un air intrigué. Enfin, intrigué pour Aelita. Milly et Tamiya étaient plus captivées, comme si elles réalisaient soudain quelque chose d’important.

— Responsable du foyer…
— Avec une revue de mode…
— Avec un goût prononcé pour les beaux garçons…
— Redoutable pour remettre les gens à leur place…
— Et qui n’hésite pas à affronter les classes supérieures…
— Et qui s’appelle… Tah… Bélize…
— Tu crois…
— Non…
— Mais tout concorde !
— Et puis elle est apparue quand elle a disparu…
— Elle lui ressemble bien un peu…
— Et elle a toujours été une sacrée bonne actrice…
— Même experte en déguisement…
— De qui vous parlez ? interrompis-je, excédée de ne pas comprendre.

Aelita me regarda, réalisant à son tour.

— La fille Delmas.

Quoi ? La fille du big boss ? Effectivement, j’en avais entendu parler, mais je ne l’avais encore jamais vue. Ce serait donc elle ? Remarque, cela expliquait la facilité avec laquelle elle avait débloqué son budget, en fin de compte. Et ça rendait la position du foyer d’autant plus importante…

— Bon d’accord, repris-je. Que proposes-tu, Samantha ?

Elle dégaina deux pointeurs laser et deux capteurs photosensibles de sa poche, et nous les présenta, en les essayant l’un après l’autre pour illustrer leur fonctionnement. Lorsque le faisceau d’un laser croisait un des capteurs, celui-ci émettait une sonnerie.

— Pourquoi tu as ça sur toi, au juste ? demanda Tamiya ?
— À la base, j’ai toujours des pointeurs laser avec moi. J’ai un chaton dont l’amusement relève du défi sportif tant il est en forme… Et puis, j’ai eu l’idée de prendre des capteurs, je venais justement pour sécuriser la réserve de chips. On a des accros au sel qu’il faut calmer comme on peut…

Pendant son explication, elle fixa le capteur sur nos vêtements, au niveau de la poitrine. Je m’emparais ensuite d’un des pointeurs, et sortit dehors, suivie des autres. Milly et Tamiya préparèrent leur appareil photo, flash et pare-soleil sortis.

La cour était encore déserte à cette heure. Bien qu’il fit encore bien chaud et sec, le vent soufflait déjà au sol les premières feuilles mortes de l’année. Parfait pour un règlement de compte.

Aelita n’était pas très physique, mais je l’étais encore moins qu’elle. Je respirai profondément. Il me fallait être concentrée. Il me fallait réussir ce duel. Hors de question de la laisser mener seule ce coup d’état sur le foyer.

Elle était en face. Pointeur en main, prête à le brandir. Moi aussi.

Un souffle passa, quelques feuilles voltigèrent. L’une fit un tour sur elle-même, puis tomba au sol.

Nous fîmes feu.

Et au milieu des crépitements photographiques, nous entendîmes une sonnerie.

La sienne.

— Voilà qui est réglé ! annonça Samantha, en venant récupérer son matériel.

Je n’en revenais pas. J’avais vraiment réussi ? Voir la tête contrite d’Aelita qui venait rendre sa cible et son arme m’en donna le cœur net. Son téléphone sonna alors, à son tour. Elle baragouina quelque chose à propos d’une attaque, et d’un président tombé de sa tour dans le désert, avant de raccrocher et de s’en aller vers le parc, l’air encore plus dépité. Il aurait pu arriver plus tôt, ce coup de fil ! Mais peu importe. Je m’en retournais vers le foyer, pour y prendre ma place. Le butin était pour moi. Je vais pouvoir gagner en renseignements et en influence en me rapprochant de Tah, ou plutôt de…

— Hey.

Je me retournais. La tenancière du bar. D’un incroyable mouvement de jambe, elle me plaqua au mur, le pied juste sous mon menton. Ses yeux d’un bleu métalliques brillaient étrangement.

— Tu crois avoir gagné quoi, au juste ?
— Bah… mon duel contre Aelita ? articulai-je avec difficulté.
— Avec ta visée ? Que dalle. J’ai vu ton laser sur l’abri de la machine à café. Tu crois pouvoir rivaliser avec Sissi la Patronne ?
— Mais…

Et puis finalement, je compris. Derrière elle nous avait rejoint quelqu’un d’autre. Une jeune fille, qui ressemblait étonnamment à Aelita. Mais ce n’était pas elle. En regardant de près, son visage était différent, notamment au niveau des yeux. La teinte des cheveux aussi, même si les reflets étaient particulièrement traîtres.

Et dans sa main, elle tenait un pointeur laser.

— Je te présente Taelia. Une précieuse alliée. Son talent secret c’est son incroyable discrétion, tu ne trouves pas ?
— Mais pourquoi ?
— À la base, je voulais simplement titiller Aelita. Plus on l’énerve, plus elle fait de conneries, et plus j’ai des chances d’en apprendre. Sur elle, sur sa petite bande… Mais surtout sur mon cher Ulrich Stern. Des années qu’il résiste à mes offres. Mais en te voyant intervenir, et la mettre en rogne aussi efficacement, je me suis dit que j’allais faire d’une pierre deux coups, et en profiter pour te recruter.

Elle baissa son pied.

— Tu travailles pour moi, maintenant.

Elle me tendit mon verre de jus d’orange, encore à moitié plein.

— À la tienne, Laura !
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 03 Déc 2020 20:58   Sujet: Réflexions

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— Maintenant, vos histoires idiotes, ça suffit. Tu vas tout simplement me révéler tout ce que je veux savoir.

La voix de Tyron semblait provenir du Ninja qui se tenait immobile en face d’elle, mais Aelita savait qu'il s'agissait d'un subterfuge. Elle entendait sa voix de la même manière qu'elle entendait celle de Jérémie, il y a encore une minute, avant que cette étrange sphère virtuelle noire se referme sur elle et ces quelques sinistres sbires.

— Si vous pensez vraiment pouvoir m'enfermer et m'interroger aussi facilement, vous vous trompez lourdement, Tyron !
— C'est Professeur Tyron ! vociféra ce dernier. Et ce serait plutôt à toi d'éviter de me sous-estimer, fillette !
— Mais vous ne pouvez rien contre moi, Tyron !

Aelita bondit alors en arrière pour mettre un peu de distance entre elle et les Ninjas, tout en canalisant un champ de force au creux de chacune de ses mains. "Ceux-là, je les connais, alors ils ne devraient pas être difficiles à battre", supposa-t-elle, en lançant ses orbes.

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— Attention ! Xana vous envoie des monstres ! annonça Jérémie.
— Bien reçu, confirma Aelita alors qu'elle immobilisait le Mégapod en face du pont menant au Cœur du Cortex. Je nous débarque !

Les quatre Lyoko-guerriers se déployèrent autour de leur véhicule, toutes armes brandies. Il ne leur fallut que quelques secondes pour voir apparaître tout autour d'eux une dizaine de Rampants.

— Bon, il est où William ?

En réponse, un grognement plaintif d'un Rampant suivi du souffle de son explosion attira leur attention dans un recoin du relief cortexien. William venait d'y apparaître, profitant de son Supersmoke pour éliminer l'ennemi qui s'était glissé dans l'angle mort de ses camarades.

— Je suis ici, Aelita !
— Bon, bah reste concentré et près de nous, ne joue pas aux fanfarons !
— Comme tu voudras, princesse, soupira l'intéressé avant de rejoindre le groupe en se laissant tomber de son promontoire.

La bataille s'engagea alors. Les Rampants, désormais au nombre de neuf, serpentèrent sur les parois pour encercler au mieux leurs adversaires tout en les immobilisant par un feu nourri. De leur côté, les héros se couvrèrent mutuellement, en faisant bon usage de leur véhicule comme protection supplémentaire. Trois monstres explosèrent à la suite de tirs de flèches laser et de lancers d'éventails quand William manqua sa première parade, et fut projeté contre le Mégapod par un tir de Rampant chargé bien placé.

— On devrait bouger ! suggéra Ulrich.
— Non, il faut tenir la tête de pont ! contra Aelita

Mais la pression de l'offensive grandissant, Ulrich décida de tout de même s'écarter sur le côté, et activa brièvement son Supersprint pour éliminer un tirailleur gênant. Yumi se rapprocha alors de lui pour trouver une meilleure position de tir.

— Visiblement, ça n'a vraiment pas plu à notre Ange que ce soit Laura qui nous fasse le briefing de mission aujourd'hui...
— On dirait...

La discussion tourna court quand deux nouveaux Rampants surgirent du rebord de la plateforme. Nouveaux à tous les égards d'ailleurs : le premier, à la texture plus sombre avec des motifs noirs, était un peu plus grand que les autres et arborait une corne sur l'arrière de la tête. Le second avait une forme classique, mais était intégralement recouvert du gris-bleu métallique qui était habituellement réservé aux parties articulées de sa queue.

Yumi lança sans attendre son éventail sur ce dernier, mais ceux-ci ricochèrent dans un tintement métallique avant de tomber au sol, sans avoir causé le moindre dégât. Le Rampant sombre en profita pour ouvrir la gueule et viser Ulrich, mais à la surprise de ce dernier, c'est un rayon laser permanent, bien plus puissant, qui en émana. Si puissant qu'il échoua à le contrer avec son sabre, et s'il eut le réflexe de s'écarter sur le côté pour éviter d'être transpercé par le trait lumineux, il fut quand même blessé sur le flanc par le fil de sa propre arme, projetée en arrière.

— Mais c'est qu'ils sont pare-balles maintenant, ces trucs ? s'exclama Odd, qui de son côté avait également à faire avec un Rampant gris-bleu.

Pour gâter un peu plus la situation, ce fut à cet instant qu'un séisme se déclencha. Le territoire commençait à se reconfigurer, et la plateforme à l'entrée du pont du Cœur sur laquelle se trouvait encore Odd, William, Aelita et le Mégapod commença à se retourner.

— Aelita, qu'est-ce qu'on fait ? demanda William.

Mais celle-ci, pour toute réponse, déploya ses ailes et se rua vers la porte du Cœur, qui commençait à s'entrouvrir.

— Éloignez-vous du Mégapod ! ordonna Jérémie, alors que la zone devenait véritablement dangereuse.

William se replia sur les hauteurs grâce à son pouvoir, tandis que Odd peinait à galoper sur une surface de plus en plus glissante tout en esquivant les tirs de Rampants. Ces derniers, eux, étaient parfaitement dans leur élément, et se déplaçaient sans accroc dans tous les sens.

— Qu'est-ce que tu fais, Aelita ? demandait Jérémie, constatant l'inconsidérée percée de celle-ci dans le territoire ennemi.
— Je profite d'une ouverture. On est venus ici pour une raison, non ?
— Laisse-la faire, commenta Laura. Laisse-la s'enfermer et se faire mal toute seule.

Pour compléter le tableau, deux Ninjas firent leur apparition à l'entrée du Cœur pour en défendre l'accès. Aelita fonçait toujours tout droit, en chargeant des champs de forces dans ses mains.

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Les deux Ninjas visés par Aelita esquivèrent ses boules d'énergie sans aucune difficulté, tandis que deux autres se glissèrent dans son dos. Ceux-ci, d'un violent coup de pied dans le tibia de leur victime coordonné à une ferme prise sur son épaule, la forcèrent à choir aux pieds du cinquième Ninja, le meneur, resté fièrement impassible depuis le début.

— Vous perdez votre temps, vous êtes impuissant, Tyron !
— Petite écervelée… Ton arrogance n'est-elle faite que de stupidité ?

Aelita voulut se relever et répliquer par une nouvelle provocation, mais elle ne put finalement que s'effondrer et n'émettre qu'un grand cri. Pendant un temps indéfini, il n'y avait dans son crâne que le hurlement d'une pure douleur. Une déchirure brutale et totalement inattendue, dont la brûlure semblait affecter son corps tout entier.

La victime mit quelque temps avant de ne serait-ce que réussir à reconnecter sa conscience, et pouvoir penser à nouveau. Elle n'avait jamais connu cela. Elle ne savait pas qu'il était possible de ressentir cela, encore moins dans un monde virtuel qui l'avait habituée à inhiber ce genre de perceptions.

Elle parvint finalement à rouvrir les yeux, et put enfin constater que ce supplice était provoqué par la lame du chef des Ninjas, venue brutalement transpercer d'un seul coup à la fois sa cuisse et son mollet. En relevant son regard le long de ce pieu, elle rencontra le regard froid, mais pourtant plus présent que jamais, de son adversaire.

— Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même. Tu t'es jetée dans ce guêpier toute seule.

Elle ne pouvait que tenter de soutenir cet étrange regard, en serrant les dents aussi fort qu'elle le pouvait.

— Je t'avais dit de ne pas me sous-estimer, fillette. Et maintenant que je t'ai calmée, on va pouvoir discuter.

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L'Ange ne put que poser le genou au sol pour encaisser la violence du coup. Les attaques de ces nouveaux Rampants sombres étaient incroyablement puissantes, et leurs capacités de déplacement étaient redoutablement efficaces en ce lieu. Trois d'entre eux serpentaient déjà sur les parois externes du Cœur, autour de la porte : l'un servant de véritable canon de siège pour clouer l'intruse au sol, tandis que les deux autres s'en prenaient frontalement aux Ninjas.

— De toute évidence, seuls les champs de force combinés d'Aelita ont la puissance nécessaire pour parer ces nouvelles armes, exposa Jérémie.
— Privilégiez l'esquive et les attaques de corps à corps ! compléta Laura.
— J'aimerais bien t'y voir ! maugréa Aelita
— Si ça t'emmerde tant que ça, on échange quand tu veux, tu sais ?

Un soupir agacé de Jérémie conclut cet échange, tandis qu'Aelita mobilisait toute son énergie pour résister au laser permanent qui lui était toujours adressé. Elle ne pouvait que constater que les deux autres monstres réussirent à surprendre les Ninjas, à en dévirtualiser un et, en s'enroulant tout autour de lui comme un serpent, à immobiliser le deuxième.

— Les gars, vous faites quoi ? demanda-t-elle.
— Hey, tu crois qu'on fait la causette là-derrière ? répliqua la voix grésillante d'un Odd essoufflé.
— Attends… où es-tu ? demanda-t-elle, intriguée.
— Bah, au labo ! J'me suis fait écraser par ta berline garée en double file, et si tu permets, je vais m'allonger un peu, je suis encore sonné…

Un coup d’œil en arrière permit à Aelita de constater que la topographie du terrain avait effectivement sensiblement changé : le Mégapod avait disparu dans la mer numérique, tout comme un pan du disque intérieur, de l'autre côté du pont. Yumi s'était perchée en haut d'une tour et tentait d'éliminer les Rampants sombres, tandis qu'Ulrich et William mettaient tous leurs efforts à atteindre et faucher de leurs armes les Rampants métalliques.

— On a des Rampants de guerre ici, et des Rampants blindés aux armes à projectile aussi ! résuma ce dernier.
— Et puis… une Méduse, annonça Jérémie.

Elle venait de faire son apparition par le bas, à proximité d'Aelita. Celle-ci enrageait de ne pas trouver de solution pour se désengager, tandis que l'immense créature se rapprochait dangereusement sur sa droite, et que les Ninjas en face approchaient, tenant fermement leurs sabres.

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L'agent de Tyron enfonça un peu plus son arme, suffisamment pour la planter dans le sol. Aelita était définitivement clouée sur place, quand bien même elle n'était pas déjà paralysée par la douleur provoquée par la blessure elle-même. "Au moins, la Méduse interrogeait sans douleur", grinça-t-elle.

— Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
— Qu'est-ce que vous venez faire dans mon supercalculateur ?
— On a déjà essayé de vous le dire, notre ennemi est Xana, une intelligence artificielle redoutable qui se cache dans votre supercalculateur…
— Vraiment… Vous voudriez me faire croire… Que vous n'avez que de bonnes intentions ? Des êtres sages et purs, venus pour charitablement m'aider à nettoyer ma machine ?
— Oui ! On est là pour vous aider !

Tyron éclata d'un rire franc, mais bref. Puis, d'un seul coup, un des Ninjas décocha un coup d'épée dans le dos de la prisonnière, de sorte que le fil du fer traça nettement une ligne rouge de son omoplate jusqu'à la hanche opposée. Elle poussa un nouveau rugissement, ce qui ne sembla pas le moins du monde perturber ses ravisseurs.

— Arrête de te payer ma tête. La seule véritable menace pour mon projet, c'est toi !

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Aelita s'épuisait de plus en plus. L'énergie nécessaire pour résister devenait de plus en plus difficile à canaliser. Si bien qu'au bout d'une minute d'efforts, elle lâcha prise. Elle n'avait plus la force d'effectuer un autre mouvement tactique, et ne put qu'encaisser de plein fouet le laser du Rampant. Elle fut projetée brutalement en arrière et se retrouva assise, le dos contre une épée noire plantée dans le sol. Reprenant ses esprits, elle n'eut le temps que d’apercevoir ce même Rampant recharger son arme avant qu'il ne soit dévirtualisé par un éventail salvateur.

— Hé bien hé bien, est-ce que ça va ? s’inquiétèrent ses amis en accourant auprès d'elle.
— Oui, ça va, répondit-elle en se relevant. Vous avez fini ?
— Oui, on a réussi à éliminer tous les monstres. Il ne reste que ce Rampant blindé là-devant, et… ça…

Aelita leva les yeux, et découvrit le propriétaire de l'épée contre laquelle elle était assise, suspendu dans les airs, aux prises de la Méduse. Une aura menaçante, mais familière aux guerriers, l’enserrait sournoisement.

— Que se passe-t-il, Jérémie ? demanda William
— Hé bien… on dirait que Xana tente de voler la mémoire d'un Ninja.

Cette situation originale, doublée d'un étrange répit dans la bataille, permit à l'équipe de discuter un peu plus posément. Jérémie proposa de tenter de pirater les informations volées par la Méduse, et ainsi "regarder par-dessus l'épaule de Xana" pour essayer d'obtenir des informations sur Tyron. Laura exprima quelques doutes et inquiétudes quant à ce plan, notamment concernant les conséquences possibles pour le Ninja lui-même — savait-on seulement de quelle nature ils étaient faits ? Peut-être que leur devoir moral, à la fois en tant qu'ennemis de Xana et en tant que simples humains était de sauver cet individu des griffes du plus redoutable monstre de ce monde ? Les autres ne prirent pas position, surtout William qui ne prit même pas la parole. Ce fut finalement Aelita qui trancha en ordonnant le piratage.

— Les Ninjas sont tout autant nos ennemis que les monstres de Xana. Et toute information est bonne à prendre.

Les héros observèrent alors dans un lourd silence le Ninja se faire arracher sa mémoire au fur et à mesure que les tentacules se plantaient dans son crâne. Finalement, au bout d’interminables minutes de trépanation, la Méduse abandonna le Ninja et s'en alla tout simplement, tout comme le dernier Rampant, laissant le corps inerte de sa victime s'écrouler par terre. Les Lyoko-guerriers restèrent immobiles, fixant le cadavre sans oser faire quoi que ce soit.

— Des infos intéressantes ? questionna Aelita, rompant le silence malgré l’air encore interdit de ses amis.
— Alors… Répondit Jérémie. Je regarde ça… Alors oui, déjà… je vois que vous avez encore de la compagnie ! Il y a encore au moins cinq Ninjas près de vous !

Les Lyoko-guerriers firent volte-face, et virent les cinq ennemis, déjà émergés du sol et les bras tendus. Un rayon de lumière verdâtre émana de leurs paumes, en direction d'Aelita, et ils disparurent dans le sol avant que quiconque n'ait le temps de proprement réagir.

Et puis, tout devint sombre. Aelita était séparée des autres, entourée de vide, et des cinq Ninjas réapparus près d'elle, avant que le sol lui-même ne disparaisse.

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Son corps entier se crispait erratiquement. L'esprit se confrontait à la réalité d'un corps virtuel capable de souffrir mais incapable de saigner, cautériser, ou ne serait-ce que larmoyer pour tenter de compenser le calvaire.

— Tu as laissé tes amis derrière toi, pour quoi ? Te délecter de la souffrance et la mort d'un de mes agents ? Qui n'était ton ennemi que parce que tu en as décidé ainsi ? Qui est le monstre, ici ?
— Vous ! C'est vous qui me séquestrez et me torturez !
— Torturer ? Ça ? Mais ma pauvre enfant. Que sais-tu réellement, au juste, des véritables souffrances de la vie ?

Une épée se planta dans l'abdomen de la jeune fille, à proximité du foie.

— Ces douleurs, ces coups, ce n'est que du décorum, sinon de l'expiatoire.

Une nouvelle blessure, dans le bras cette fois-ci.

— Te rends-tu compte seulement des souffrances que tu infliges toi-même ?

Encore une, au travers de la main.

— Décisions irréfléchies, inconsidération totale des autres, mépris des compétences, sentiment injustifié de supériorité intellectuelle… Et tout cela, ce n'est que sur la base de ce que j'ai pu observer de votre petit manège d'aujourd'hui !

Au tour de la joue d'être défigurée.

— Et ça pourquoi ? Parce que tu te crois spéciale ?

Aelita rassembla toutes ses forces pour essayer de répliquer.

— Si vous saviez qui je suis…
— Mais tu ne comprends toujours pas, ma parole ! Je m'en FOUS de qui tu es ! Tu ne présentes définitivement AUCUN intérêt à mes yeux, sinon les informations que je peux obtenir de toi ! Et comme je suis un horrible monstre sans cœur ni foi ni loi comme tu en es assurément convaincue, j'ai décidé de te capturer, de t'interroger, et de te torturer dans un monde virtuel ! Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est évidemment plus cruel que de simplement t'exécuter en téléchargeant la totalité de ta mémoire, n'est-ce pas ? Tu pourrais même t'en sortir vivante ! Le crois-tu, dans mon infinie ignominie, je pourrais même me servir de cet argument pour essayer de te faire plier !

Si les larmes avaient existé dans ce monde, Aelita s’y fût noyé.

— Sais-tu ce que mon agent a ressenti, pendant cette extraction mémorielle ? C'était comme une chaise électrique mal réglée. Je l'ai vu se tétaniser, j'ai suivi ses constantes alors qu'elles s'affolaient. Et je ne pouvais rien faire sinon choisir entre croire en votre humanité, ou mettre fin moi-même à la scène, en prenant le risque de causer des séquelles neurologiques définitives.

Un dernier coup d'épée s'abattit, cette fois-ci en plein cœur.

— Alors ne vient pas me faire croire que tu viens pour m'aider à je ne sais quoi. Tu es déjà un bien pire monstre que moi. Alors tu vas simplement m'aider à régler ce problème définitivement, en répondant à mes questions.
— Non… Ils vont me libérer…
— Qui ça ? Tes amis ? Mais s'ils le voulaient, ils l'auraient déjà fait !
— Quoi…?
— Depuis les quelques heures que nous sommes là, ne crois-tu pas qu'ils t'auraient libérée, s'ils tenaient vraiment à toi ? Si seulement tu respectais un peu tes amis, en privé comme au combat… Mais là, il me parait évident qu'ils t'ont simplement abandonné ici parce que tu n'en valais pas la peine !

Tyron marqua une pause, pour laisser cette idée se faire une place dans l'esprit de sa victime.

— Et puisque tu penses déjà valoir mieux que les autres, pourquoi t'en encombrer plus longtemps ? Débarrassons-nous-en ! Il te suffit de me dire où je peux trouver tes camarades et ton supercalculateur !

Aelita hésita, mais finalement secoua péniblement la tête.

— Bon. D'accord. Je te laisse y réfléchir. De toutes façons, tu as de toute évidence un peu besoin d'introspection. On en rediscutera dans quelques heures. Ou dans quelques jours. Qui sait.

Et les Ninjas disparurent, et tout devint sombre et silencieux.
  Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2020  
Dede7

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 01 Déc 2020 20:30   Sujet: [One-shots] Calendrier de l'avent 2020



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Good days ! Old days ! Ce mois-ci, nous vous proposons un petit florilège d'attaques sortis d'un chapeau... au hasard !

Nous nous sommes en effet lancés le défi d'écrire une série de courts textes, chacun étant régis par un triplet de critères choisis aléatoirement.

Nous espérons que le résultat vous amusera ! Joyeuses fêtes de fin d'année !


EXPLICATION DU DÉFI

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INDEX DES TEXTES ET DES CONTRAINTES
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  Sujet: [One-Shot] Vomir des larmes  
Dede7

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MessageForum: Fictions et textes   Posté le: Sam 07 Nov 2020 23:31   Sujet: [One-Shot] Vomir des larmes
Me voilà, un peu à la bourre comme d'habitude, pour ajouter quelques mots. Ce texte m'a quelque peu touché. Ou plutôt son propos, plus que le texte lui-même. Car, comme il a déjà été dit plus haut, les deux sont hélas trop dissociés. Moi non plus, avant l'ouverture de la balise spoiler, je n'imaginais pas que ce texte est une métaphore. Et si le véritable sens du texte se révèle dans le méta-texte, ça fait du texte un échec dans son exécution. Pour moi, en tous cas.

Mais parlons plus de l'intention elle-même. Creusons un peu plus. Le texte parle du traitement de la paresse dans la société. Et en soi, le sujet est intéressant. Analysons un peu.

Le protagoniste du texte, Valentin, est paresseux. Je suppose donc que les sorties pour draguer des filles sont des entretiens d'embauches. Et l'épouse libertine, un employeur de SSII, ou autre structure quelconque de type prestataire de services, qui envoie son employé travailler pour d'autres employeurs.

Valentin est contraint de se plier aux normes de la société, de travailler, de surcroît au service de son employeur, ou de ceux que son employeur aura désigné. Comme tout le monde dans la société. Or, Valentin est paresseux. Et souffre donc de devoir aller contre sa paresse pour survivre dans la société.

En fait, cela soulève toute une série de questions intéressantes :


  • La paresse est-elle un attribut fondamental de la personne, ou une altération appliquée à celle-ci ?
  • Une société peut-elle fonctionner en tolérant la paresse, et à quel niveau ?
  • La nécessité du travail est-elle toujours aussi élevée dans la société moderne, ou n'est-elle maintenue à son niveau que pour des raisons idéologiques ?


A la première question, tu sembles considérer vraie la première option. Après tout, c'est l'homosexualité que tu as utilisé comme métaphore de la paresse, considérée à tort comme une maladie à traiter au lieu d'être un fait à accepter. Aussi, le texte sonne comme un reproche à la société entière pour son inaptitude à tolérer les paresseux en tant que tels.

C'est un sujet politique globalement d'actualité. L'automatisation en masse de plus en plus de métiers, freinée uniquement par le prix encore supérieure dans certains domaine de la robotique et du machine learning sur la main d'œuvre disponible capable de faire le même boulot. La population et la productivité toujours grandissantes, et un temps de travail qui diminue globalement avec les décennies. L'idée même du concept de salaire universel - et par salaire, on entend pas une allocation plancher simplifiée mais bien un revenu qualifiant autant le travail "classique" que le travail domestique et ménager (après tout, qu'est-ce qui différencie l'effort que l'on fait à faire nos corvées de celui du personnel qu'on aura embauché et payé pour le faire ?). Tout cela tourne autour d'une notion : la valeur du travail.


Mais tu vas plus loin que cela. Tu questionnes la légitimité même qu'a la société à amener les gens à travailler. Tu critiques la stigmatisation des paresseux. Tu considères le terme feignant comme une insulte. Après tout, qu'y-a-t-il sinon du mépris à traiter quelqu'un de feignant passif et inutile ?

C'est là que le propos me touche. Car je m'y reconnais.

J'ai entendu mes parents me reprocher ma fainéantise, et me rappeler les efforts qu'eux-mêmes avaient fournis à leur âge.
Je les ai entendu dénigrer et mettre sous le tapis comme s'ils ne valent rien toutes les idées modernes qui remettaient en question ce sujet.
"Travaille ! Révise ! Bas-toi dans la vie ! Recommence ! Ramène la meilleure note ! Ne te compare pas aux autres, tu dois être le meilleur ! C'est insuffisant ! Réussis ton diplôme avec la meilleure mention ! Passe ton permis ! Sors et va chercher un stage ! Bats-toi pour avoir un emploi !"
J'en ai pleuré.

Tiens, une petite anecdote personnelle. Un jour, mes parents m'ont emmené dans un magasin de vêtements, pour m'acheter un costume, en vue de mes futurs entretiens d'embauche. Mais à cette époque, j'avais encore plus la flemme que d'habitude - et les quelques uns qui me connaissent par ici savent que c'est assez peu dire. Aussi, après plus d'un mois sans le moindre entretien, j'ai fini par en passer un. Mais pour éviter de subir davantage de pression morale de mes parents, je leur ai caché, et suis donc allé directement à mon entretien entre deux cours, avec un simple pull. Et ce costume, en fin de compte, je ne l'ai porté que deux fois : lors d'une soirée costumée avec quelques amis, à la fac, et pour le tournage d'un projet vidéo, que je réalise, là encore, quand j'en ai pas trop la flemme.

Bref. C'était d'abord pour te partager ceci, que je commente ton texte. Je ne sais pas si cela est réellement comparable à ton expérience, mais je trouve que la mienne y trouve un semblant écho.

Mais maintenant, que faire ? Se résigner, et attendre que la société veuille bien accepter la paresse ? Suis-je seulement réellement paresseux ?

Car là est mon premier point de réponse. Même si je me suis toujours, et encore aujourd'hui, targué d'être un infini flemmard, il faut bien constater que ce n'est pas tout à fait vrai. Je n'aurais jamais écrit ce commentaire, sinon. Alors quel est mon secret ?

Et bien, c'est d'avoir réussi à sortir d'une dépression. Oui, ce moment de "plus de flemme que d'habitude", d'il y a quelques années, cet état de lassitude, de lenteur, de passivité, d'amorphisme, de paresse, c'est quelque chose de cliniquement décrit. Une maladie. Une maladie qui se comprend mal, se reconnaît mal, se diagnostique mal et se guérit mal encore aujourd'hui. Mais bel et bien une maladie, potentiellement mortelle (car oui, le suicide est l'issue funeste d'une horrible maladie, pas une mort par lâcheté, pour ceux qui se tromperaient encore), et qui d'ailleurs s'avère de plus en plus courante de nos jours.

Mon point, donc, est que la paresse chronique peut être expliquée par un cas de dépression. Et, donc, est un symptôme d'une pathologie, et non pas un attribut fondamental de la personne elle-même.

Je ne dis pas que la paresse est exclusivement due à la maladie. On peut aussi éventuellement discuter sur la légitimité à considérer la dépression comme une maladie à soigner (encore que, dans le genre "maladie qui casse la vie d'aucun, pousse vicieusement à aimer être malheureux, et est reconnue comme un mauvais épisode de vie à priori s'il n'a pas réussi à entraîner la mort par suicide", ça se pose là comme maladie), et sur la façon de la soigner... Mais le point est fait qu'un nombre significatif de cas de paresse sont probablement des cas de dépression, parfois sinon souvent mal voire pas du tout pris en charge correctement. Et ces cas là, au moins, sortent du cadre de la critique tel que tu le fais à travers ce texte.

Existe-t-il une essence fondamentale de la paresse chez certains, qui ne s'expliquerait pas par une maladie ? Je ne sais pas. J'ose croire que non. Et en l'absence de plus d'information à ce sujet, mon premier point s'arrête là.


Après ce passage clinique et personnel, revenons un peu à du sociétal. Il y a encore des choses à dire et à demander ! A-t-on besoin de travailler 35 heures par semaine ? Devons nous accepter de travailler à un poste qui ne nous plaît pas ? La création artistique ne pourrait-elle pas être considérée comme du travail ? Reprenons à la base.

Une société, c'est un système qui organise les efforts des gens en les mutualisant, plus ou moins bien, pour aboutir à une satisfaction globale plus élevée qu'en son absence. Par exemple, il s'agit de former un agriculteur à manipuler un tracteur pour entretenir un champ, former un ingénieur pour concevoir le tracteur, former un mécanicien pour assembler le tracteur, former un mineur pour récolter le matériau de base du tracteur, et former le professeur qui forme tout le monde, et ce pour produire autant de nourriture que ce qu'auraient pu récolter dix personnes chacun de leur côté. On a donc dix personnes nourries par l'effort de cinq, et donc cinq personnes dont l'effort peut être employé à d'autres fins : améliorer le confort, créer de nouvelles choses, explorer, apporter du loisir aux cinq premiers...

A priori, cette société a donc une tolérance de 50% à l'oisiveté. Il paraît que dans les fourmilières, cette tolérance va jusqu'à 80%. Alors oui, c'est simplifié à l'extrême : j'ai pu croiser un projet de thésard portant sur une simulation du marché du travail français, la complexité y est si insensée qu'il faut pas moins d'un supercalculateur, purement et simplement, pour faire fonctionner la modélisation. Mais l'idée est là : à priori, une société doit pouvoir fonctionner avec un certain nombre d'éléments passifs. Ou en répartissant mieux la charge de travail sur l'ensemble de ses éléments. Alors pourquoi les stigmatiser ?

D'ailleurs, les paresseux de notre marché du travail, c'est à dire les chômeurs, sont méprisés pour se trouver dans une situation qu'ils n'ont pourtant, pour l'immense majorité, jamais voulue. Et c'est quelque chose qui me choque aussi. Dire "sale chômeur" à quelqu'un qui ne voulait pas perdre son emploi, et ne réussit pas à en trouver un autre malgré son diplôme et son expérience, c'est aussi honteux que de dire "sale victime" à quelqu'un qui sort du commissariat après avoir porté plainte pour vol, agression ou pire. C'est mon deuxième point.

Reste encore ceux qui ne sont pas passifs contre leur gré. Là encore, deux options : ceux qui ne font rien car ils n'ont pas trouvé l'occasion de faire ce qu'ils ont vraiment envie de faire, et ceux qui ne font rien car ils ont profondément envie de ne rien faire. Pour ces derniers, comme je l'ai dit plus haut, je ne suis pas convaincu que cela existe réellement en dehors de cas pathologiques, et je ne suis pas sûr que c'est ce dont tu veuille parler non plus - mais j'y reviendrai dans ma conclusion. Mais ceux qui ne trouvent pas la possibilité de faire ce qui leur plaît, et sont contraints de subir le chômage ou un emploi alimentaire quelconque... Et bien là, on se retrouve sur un débat politique et socio-économique qui mériterait bien plus qu'un simple commentaire.

Pour être complètement honnête, je considère avoir l'immense chance d'avoir aujourd'hui une situation stable qui ne m'impose pas de travailler outre-mesure, sur des sujets qui me plaisent pas trop mal, tout en ayant suffisamment de temps à accorder à mes loisirs, mes projets, et à ma paresse (car oui, même avec mon emploi du temps, j'ai encore régulièrement la flemme de faire des choses, sinon Carthage serait déjà fini, haha !). Mais ce n'est pas le cas d'un grand nombre de gens. Est-ce que la société devrait s'adapter pour permettre à tous de bénéficier facilement de cette chance ? Est-ce seulement possible ? Les métiers les moins intéressants finiront-ils par tous être convertis en machines et informatique ? Pourra-t-on un jour offrir des postes réellement épanouissants pour tous en tenant compte des capacités et particularités de chacun, que ce soit envies, passions, ou encore handicaps ? La question est ouverte.


Et pour finir, une dernière question que je laisse ouverte, cette fois-ci à ton intention :

  • Comment définis-tu précisément la paresse ?

On a beaucoup parlé, et j'ai moi-même beaucoup dérivé, mais il me semble approprié de définir la paresse ici : parle-t-on des personnes qui ne réussissent pas à s'épanouir dans le marché du travail ? Des personnes qui n'ont pas envie de travailler du tout ? Des personnes qui ne parviennent pas à travailler même si elles en ont envie ? En fonction de cela, certaines parties de mon commentaire ont plus ou moins de sens.

Mais dans tous les cas, je passe sur les défauts et maladresses inhérentes à la réalisation du texte (et je te renvoie aux documentations apportées par Belgarel, car moi aussi n'avait pas vu la métaphore, notamment parce que le texte, bien qu'un peu cliché, me paraissait tout à fait vrai au sens premier) pour reconnaître l'intention de base, et te souhaite sincèrement de réussir à trouver ton bonheur malgré tout - car au final, au détour des écueils que sont le malheur chronique via la dépression, ou le prix trop élevé dans le marché du travail actuel, il s'agit bien de rechercher le bonheur.
  Sujet: [One-shot] Weak  
Dede7

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Ven 09 Oct 2020 15:18   Sujet: [One-shot] Weak
Nous sommes assez Satisfaits de vos retours. Pour reprendre dans l’ordre  :

Zéphyr, votre commentaire nous a beaucoup surpris. Il pointait des éléments et des interprétations que nous n’avions pas vu, anticipé, ou sous-estimé. Mais le plus surprenant restait de vous voir mentionner le mot-clé du texte, en particulier de la troisième partie et de ne pas en tirer la conclusion.

  • En fait, le cœur de Lyokô a été détruit, et Hopper n’a pu le réparer ou n’a pas daigné se manifester : « Ulrich était trop distrait par William, et en plus d'être finalement vaincu, il n'a pas pu protéger le Coeur. ».
  • Le choix d’alerter les autorités n’est pas l’explication de l’absence de virtualisation de Yumi. En fait, elle reste sur terre car l’attaque est alors inconnue et on pourrait avoir besoin de son intervention, par exemple pour protéger Jérémie ou le supercalculateur. De même, ce choix d’alerter les autorités relevait à notre sens essentiellement d’un compromis au sein des héros, compromis avec une barre tellement haute, que basiquement on ne prévenait les autorités que dans des conditions où les prévenir est trop tardif ou inutile : « — Sinon, je peux m’y rendre aussi… Hasarda Yumi, mais le chef l’interrompit. — Quand on connaîtra la nature de l’attaque, peut-être. Pas avant. »
  • Whilem Bardin est effectivement le beau-père d’Ulrich, Stern étant le nom de la mère d’Ulrich : « Mais, la vérité, c'est que c'est le journal de mon fils. Enfin, le fils de ma femme, mais qu'importe, aujourd'hui. ». Nous jouons avec le fait que le père d’Ulrich, bien que vu et présenté dans la série, n’est jamais explicitement nommé, et qu’en plus, Jérémie ne l’a jamais réellement rencontré. A l’exception effectivement de leur entrevue de l’épisode Mémoire Blanche qui, en plus d’être anecdotique, n’a même pas de raison d’avoir déjà eu lieu au moment du récit.
  • Ce placement temporel se recoupe d’ailleurs avec la faible présence de Franz Hopper que vous avez relevé, l’importance de celui-ci ne se révélant qu’à la lumière de ce même épisode. Son absence est par ailleurs lui-même constitutif de l’échec final des héros.


Vous l’avez également remarqué, la première partie du texte n’est en effet pas entièrement fiable. Elle l’est au début, puis il y a un moment où tout bascule dans le déni et la réécriture des événements par Jérémie. C’est à partir de ce moment : « Non, ils avaient encore le temps, ils n’en étaient pas encore au point de non-retour… ».

La seconde partie est entièrement exacte, sans tricherie du narrateur.

Pour ce qui est de la troisième partie, elle peut effectivement être surprenante. Il faut comprendre qu’elle se termine sur l’Apocalypse à proprement parler. La fin ultime et définitive du monde, de l’humanité et de l’univers. L’Armageddon a eu lieu, orchestré par Xana, et William a rompu le Septième Sceau. C’est donc la Fin. Jérémie le savait, dans la mesure où sans Aelita et Lyokô sont finis. Il ne peut plus que contempler la Fin.

La théorie des étapes du deuil est intéressante. Elle n’a jamais été évoquée durant la rédaction du texte, mais il faut reconnaître qu’elle est adaptée et convaincante.

Pour ce qui est de l’indépendance des trois textes, il se trouve en effet que chaque texte a été rédigé séparément. Chacun partait d’une idée de base développé à sa convenance par l’auteur en charge. Mais il y avait bien une progression et un lien entre ces idées. En sorte que Weak est au milieu du gué, et pour partie collection de récits indépendants, et pour partie récit suivi et se tenant d’un bloc. Par la suite, il y a eu des relectures pour terminer d’accorder les violons.

Icer, nous avons beaucoup aimé votre commentaire, même si de fait la quasi-totalité de vos références nous est restée incompréhensible (mais il y a bien des références politiques dans les partie 1 et 3). Ce qui est assez dommage. Et puis, nous sommes surpris de vous voir si près du cochonnet de la vérité et le manquer quand même. En effet, les liens dans les noms, et les liens dans les symboles ne correspondent pas au nom de ceux qui ont posté les parties.
Ce sont les liens qui pointent vers le Vrai.
Il ne fallait pas voir les auteurs, mais bien voir le propos.


PS : La question sur nos fanfictions respectives nous flatte, mais déjà que nous avons du nous mettre à plusieurs pour ne produire qu’un modeste one-shot...
  Sujet: [One-shot] Weak  
Dede7

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 24 Sep 2020 20:27   Sujet: [One-shot] Weak
Spoiler




Au sol, la radio, au bout de sa vie, crachotait plus d'interférences que de mots sensés. Des sacs plastiques virevoltaient au loin, emportés par un vent certain qui laissait présager des orages à venir. En dessous, le ciel de goudron scintillait, constellé depuis l'aube de l'humanité de minuscules débris de verre qui brillaient sous les lueurs urbaines jaunâtres. Innombrables vestiges d'innombrables beuveries, désespérées tentatives de briser du verre aussi facilement que se brisent les rêves. Et, au milieu de ceux-ci, gisait un jeune garçon, face contre terre, une barre de fer à la main.

— Bordel, Jérémie, qu'est-ce que tu branles ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Odd s'approcha de son jeune ami, et le retourna d'un mouvement du pied, comme on soulève une planche en bois pourrie pour voir si les fourmis bougent toujours en dessous. Mais ce dernier ne réagissait pas. Catatonique, son regard était vaguement perdu au loin.

— Putain, mec, t'es pas sérieux ! On avait dit que c'était fini ces conneries, maintenant !

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie ne lui rendit qu'un gémissement plaintif, à peine conscient, mais suffisamment inquiétant pour que son ami se penche plus attentivement sur son état. Suffisamment, même, pour qu'il dégaine son téléphone et appelle à l'aide.

— Allez, courage vieux, tiens bon...

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Malgré la douceur sincère de cette tentative de réconfort, le crâne de Jérémie raisonna soudain aussi fort que les cloches battues à l'heure du tocsin. Il ne s'entendait même plus crier de douleur - criait-il seulement ? alors que chaque partie de son corps adressaient ses doléances à un esprit déjà assourdi. Cela dura des heures, jusqu'au petit matin, quand enfin le soleil apparut. La lumière l'éblouissait, et réchauffait déjà son cou tendu.

— Réaction pupillaire... Pouls à 140...

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Le soleil disparut, et le bras gauche hurla de plus belle, comme si l'astre traître s'était écrasé dessus. Un geste réflexe le renversa à nouveau, et son visage rencontra à nouveau une douce chaleur, chassant toute la douleur.

— Tension à 6-6... Et merde, quel con ! Il s'est éraflé la joue. Allez, on brancarde !

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Des bras venues de toute part s'agrippèrent à son corps, et s'employèrent à l'arracher à sa félicité, à le chuter de son ciel cuité, à l'enfermer dans une cage de vividité.

— On l'emmène... préviens Ambroise-Paré, on leur ramène un garçon de 14 ans, en situation critique, atone...
— Tiens bon, Jérémie !
— Depuis combien de temps...
— Il y a dix minutes...
— Juste avant votre appel...
— Oui, je venais d'arriver...
— Ok, on s'en charge...
— Tiens bon !

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Les voix s'emmêlaient, leur sens se disloquait, tandis que Jérémie s'éteignit une dernière fois avant de prendre congé de son usine à rêves.



https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Quatre coups. Ainsi s'était annoncé la fin de la tranquillité du petit Jérémie ce matin là. Où était-ce le soir ? Jérémie n'avais pas encore réussi à prendre ses marques. Sa fenêtre sur l'extérieure était bouchée par les bâtiments voisins, tous similaires tant en dimension que en apparence à ceux de Kadic : les mêmes rangés de fenêtres blanches sur fond de briques ocre, empilés sur trois ou quatre étages, recouverts d'une toiture en tuiles, si ce n'est que ces dernières étaient de couleur orange vif plutôt qu'en ardoise grise. Leur disposition étaient néanmoins différente. L'un d'entre eux lui faisait directement face, distant d'à peine quelques mètres, si bien qu'il ne pouvait qu'en apercevoir les extrémités. D'autres se distinguaient derrière celui-ci, tous parallèles, comme autant de remparts le séparant du ciel bleu. Avec un peu d'attention, Jérémie distinguait également sur les carreaux les plus à droite le reflet d'une grande tour zébrée verticalement de noir et blanc : l'élément principal du complexe où il se trouvait, qui échappait toutefois à toute observation directe de sa part.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie entendit la porte s'ouvrir, mais resta concentré sur son étude de la tour. Il savait déjà le couloir plus inintéressant que sa propre chambre. Blanc, aseptisé, aux couleurs froides, et agité de personnes tout à fait insignifiantes, voire peut-être même dangereuses - il n'avait pas encore eu l'énergie d'éprouver la garde. Sa chambre avait le mérite d'être moins impersonnelle. D'ailleurs, elle ne différait pas tant elle non plus de ce qu'il connaissait à Kadic : les murs étaient peints dans le même gris celadon, seulement moins verdi - certainement du à l'absence d'arbres à la fenêtre. La couette de son lit avait aussi conservé sa couleur de housse. Seule différence, le pendentif en plastique rouge à côté de la lampe murale de tête de lit. Mais son lieu de vie était tout de même délestée de toute personnalisation : exit les magazines, les ordinateurs, le radio-réveil, le tableau en liège, le poster. En échange, tout juste avait-il gagné des sanitaires privatives tout ce qu'il y a de plus banal. Aussi préférait-il recompter encore la quinzaine d'étages de cette mystérieuse tour, et contempler son absence de halo.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Aussi ne daigna-t-il pas tenter de saluer l'inconnu, qui s'était de toute façon invité dans sa chambre sans même qu'il n'ait à répondre. Un personnel médical, donc.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Un silence qui s'abat. Probablement un docteur. Les infirmiers ne rendaient pas visite aux patients sans leur chariot de matériel médical pour réaliser soins et diagnostics légers.

— Bonjour, Jérémie.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Une voix masculine, calme, à la hauteur légèrement instable. Un bien jeune homme, probablement un étudiant.

— Je peux ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Un manque d'assurance, et une question qui n'était peut-être pas plus adressée au patient qu'au supérieur du praticien, notablement discret et muet jusqu'à présent. Un externe.

— Comment vas-tu ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Une question bête. La réponse importait moins que la parole. Il n'était pas venu pour entrer dans sa chambre, mais pour entrer dans sa tête. Soit, pourquoi ne pas jouer le jeu. Mais à question bête, réponse bête. Un haussement d'épaules suffisait.

— Bon. Et si tu me racontais un peu ce qui s'est passé ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Subtil. Une question directe, mais parfaitement vague. Rien de concret. Une ouverture faussement offensive, poussant l'autre à s'exposer davantage. Un leurre pourrait faire l'affaire...

— Je fêtais une victoire, d'une partie plutôt corsée.
— Raconte-moi donc cette victoire.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png L'immeuble bicolore qu'il observait toujours lui inspira une métaphore. Les métaphores étaient des demi-vérités peu coûteuses à produire.

— Il s'agissait d'un énième duel, avec un adversaire plutôt coriace. Cette fois-ci, j'ai du faire face à une double ouverture, pas très féroce mais multipliant les risques.
— Les as-tu pris ?

— J'ai accepté de sortir une pièce de l'échiquier pour contrer l'offensive ennemie...
— Regrettait-elle ?

— Mon Fou escortait ma Dame en chassant les pions les uns après les autres...
— A-t-il fui ?

— La pièce maîtresse de mon adversaire était apparue, mais mon cavalier l'avait engagé seul dans mon dédale...
— S'est-il éteint ?

— Et ma Dame, portée par ses ailes, fonçait droit sur la Tour adverse...
— Pleurait-elle ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Lui pleurait. Pourquoi ? Que se passait-il ?

— Tu ne sais pas ? N'étais-tu pas là ? N'y étais-tu pas ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Quel était ce malaise ? Où était-il ?

— Pour moi non plus, tu n'étais pas là !

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Si, il était là ! Il était présent ! Conscient ! Témoin !

— Tu pensais vraiment pouvoir obtenir un mat contre un tel adversaire en seulement quatre coups quelconques ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Choqué, Jérémie se retourna enfin et leva les yeux vers son interlocuteur. Il ne portait étonnamment pas une blouse de médecin, mais une veste en cuir recouvrant un t-shirt noir avec imprimé rouge. Redressant un peu plus le regard, il vit aussi un visage plus jeune qu'il ne pensait, encadré de longues et droites mèches noires.

— En quatre coups s'annonce seulement un échec.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie se redressa brutalement. Haletant et en sueur, il lui fallut près d'une minute pour reprendre son souffle. Puis il se leva et fit quelques pas pour se dégourdir un peu les jambes. La porte était fermée, le silence et l'obscurité régnaient. A l'extérieur, les carreaux illuminés étaient de plus en plus rares. La tirette rouge était toujours là, mais l'urgence était finie. Il se coula dans une douche froide, et attendit un temps indéfini que le jour se lève.



— Tu as bien dormi ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie hocha la tête, en se redressant sur son lit. L'infirmière passa la pince à son annulaire droit, le brassard à son bras gauche, et mit en marche l'appareil. Le jeune patient pencha la tête pour observer le contenu de la desserte, essayant comme à chaque fois d'ignorer la pression sur son frêle membre pendant l'examen. Cela faisait plusieurs jours qu'il essayait de découvrir l'utilité des flacons mis en évidence sur le côté du chariot. Ils devaient être régulièrement utiles pour être aussi facilemetn accessibles, et devaient avoir des usages bien définis pour justifier leurs couleurs reconnaissables. Tout juste avait-il appris que le rouge devait servir au nettoyage ou à la désinfection - il avait entendu un infirmier employer le terme "savon" pour y faire référence.

— Tes constantes sont bonnes aujourd'hui ! lui déclara l'infirmière au moment où le moteur du tensiomètre poussait son habituel vombrissement final.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il la vit noter les valeurs - 11-7 de tension, 95 de pouls - sur sa fiche de soin, à la ligne du 6 septembre, dans la première oclonne - celle de 7 heures du matin. Anticipant que son prochain geste sera de sortir sa dose de médicaments du tiroir du haut, il saisit la carafe d'eau qu'il avait laissé sur la table de chevet pour remplir un goblet.

— Et voilà ton cachet.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il avala le comprimé, et vida son verre. L'infirmière, une fois assurée que la pilule était bien passée, lui exposa le programme de la journée.

— On commence la journée comme d'habitude avec un bon petit déjeuner au self. Ensuite, à neuf heures, on discutera des actualités en salle commune avec François. Béatrice animera l'activité sportive en salle polyvalente, à partir de dix heures. Puis, le déjeuner, comme toujours à midi. Un groupe de parole se réunit à quinze heures avec Marie. Le docteur Bardin t'attend à son bureau à dix-huit heures. Et enfin le dîner à dix-neuf heures.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie se leva, se dirigeant vers la salle de bain.

— Des questions ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il secoua la tête, avant de faire couler l'eau dans l'évier.

— À tout de suite pour le petit-déj, ne sois pas en retard si tu veux pas manquer les pains au chocolat !

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png L'infirmière quitta la chambre, et Jérémie poussa un soupir au moment où la porte se referma. "Ne sois pas en retard". Cette dernière injonction tenait de la menace à peine voilée. Il ne s'agissait pas d'une inquiétude vis à vis d'une quantité limité de nourriture, mais du rappel d'un rapport de force assumé à base d'incitations, de privations et de récompenses jamais tout à fait garanties.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Ainsi fonctionnait le service pédo-psychiatrique de l'hôpital Bichat. Quoi que tous les centres de séjour psychiatrique devaient fonctionner de façon similaire. D'ailleurs, c'était plutôt l'annexe Claude-Bernard. Bichat, c'était le nom de l'hôpital proprement-dit, la fameuse tour qui trônait au dessus d'eux.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il avait été transféré ici il y a cinq jours, après son admission aux urgences d'Ambroise-Paré. On avait fait comprendre à ses parents qu'un enfant de quatorze ans ne se murge pas jusqu'au point d'en perdre conscience sans raison, et qu'outre la réanimation, il lui faudrait des soins psychiatriques pour traiter la situation à la racine. Depuis, les jours se ressemblent, dans un simulâcre d'internat, où les pensionnaires sont éduqués à nouveau, quitte à flirter dangereusement avec les notions de consentement, de libre-arbitre et de morale.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Mais après tout, c'était de bonne guerre dans son cas.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il se sécha le visage, enfila un t-shirt blanc - un de ceux que ses parents lui avaient laissé le premier jour -, et sortit de la chambre. Il y avait du monde dans le couloir - des infirmiers, du personnel de restauration et d'entretien, et bien sûr des pensionnaires. Il rallia le réfectoire, prit un plateau, passa au comptoir pour s'emparer de son pain au chocolat et de son bol de lait frais avant de les avaler assis seul à une table en dévisageant distraitement patients et surveillants.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png La lecture des actualités ne fut pas particulièrement intéressante : écouter des gens débattre de la façon d'appréhender les nouvelles sur les ravages dans l'écosystème amazonien ou les rumeurs d'essais militaires russes de robots anthropomorphes n'était pas ce qu'il y avait de plus passionnant. La séance de sport avait quant à elle le mérite d'aider à vider l'esprit. Jérémie se surprit même à apprécier la sensation d'un corps échauffé après un effort mesuré.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Après une brève douche, le reste de la journée passa sans accroche, et il se rendit comme prévu au bureau du professeur Whilem Bardin, son psychiatre. Celui-ci l'invita comme les fois précédentes à s'asseoir en face de son bureau.

— Bonjour, Jérémie. Comment vas-tu ?
— Ça va, répondit-il. Le sport... m'a fait un peu de bien.
— Je suis ravi de l'apprendre.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Première réponse, première erreur. Jérémie avait déjà assimilé que le mutisme était dangereux, mais faire preuve de bonne volonté, c'était aussi prendre le risque de trop s'ouvrir. Il essaya de se redonner une contenance, en regardant droit dans les yeux le psy. Il remarqua que son visage s'inscrivait dans une fenêtre dégagée, donnant sur un ciel nuageux.

— J'ai constaté que tu faisais quelques progrès ces derniers jours. C'est bien.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Après trois jours de silence buté, il avait fini par avouer avoir un problème d'alcool. Après tout, difficile de le nier quand on a fait le mur pour finir seul en coma éthylique.

— Mais tu ne participes pas beaucoup aux activités de groupe. On m'a dit que tu ne parlais pas beaucoup.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png À quoi bon parler aux gens ?

— Je ne suis pas encore prêt, je pense.
— Je vois. Et si on continuait là où nous étions rendus ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie avait pourtant déjà tant avoué. Les après-midi qu'il passait avec ses amis pendant l'été dansla maison abandonnée, les packs de bière que Yumi rapportait quelques fois, les troisièmes parties de soirée à cuver les peines de coeur avec Ulrich, le dévissage une fois la cave à vin découverte et entamée...

— Parle moi de la fille aux cheveux roses.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png La peine de coeur, donc.

— Aelita. Je l'aimais beaucoup.
— Vous sortiez ensemble ?
— Oui. On s'aimait tous les deux, on était heureux.
— Que s'est-il passé ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Le jeune homme respira profondément, ravalant un début de sanglot.

— Elle est partie. Au début de l'été. Elle... elle est rentrée chez elle, au Canada.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Le professeur ne releva pas, laissant son patient dérouler son histoire.

— On formait un groupe chouette, tous les cinq. Je me sentais bien. Surtout depuis qu'Aelita nous a rejoint.
— Et c'est donc son départ qui t'a boulversé ?
— Oui. Je ne m'y attendais pas. Je pensais qu'on serait ensemble pour toujours.
— Tu sais, les amours sont parfois éphémères.
— Pas celui-là. Je l'avais sauvée...

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Le regard intrigué du praticien poussa Jérémie à détailler ce point. Encore un faux pas.

— Un jour, elle avait manqué de se noyer, en s'évanouissant à la piscine. Je l'ai repêchée.
— Je vois. Ce genre d'événements noue effectivement des liens particuliers et forts. Pourquoi ce lien serait-il rompu, aujourd'hui ? Est-ce seulement la distance ?
— Non... C'est que... Je ne la reverrai plus... Elle a disparu...
— Disparu ?
— Oui... Comme...

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Bardin laissa passer quelques instants, avant de proposer :

— Comme William Dunbar ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Un long silence. Dehors, le plafond nuageux se teintait d'un rouge crépusculaire.

— Oui.
— Il est porté disparu depuis la fin des cours, c'est cela ?
— Oui. L'alerte a été donnée quand ses parents sont venus le récupérer à la fin de l'année. Il avait disparu.
— Vous étiez proches ?
— Pas vraiment. Mais on se connaissait. William était quelqu'un de bien.
— Sa disparition t'a marqué ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Que dire. Rien ne valait une once de vérité, ici. En son honneur.

— Oui. Je crains qu'il ne revienne jamais.
— je vois. Comment tes amis ont géré ces événements ?
— Yumi s'en détachait beaucoup. Elle nous voyait régulièrement, mais au fond, elle me semblait absente. C'était elle qui connaissait le mieux William. Je pense qu'elle regrettait beaucoup.
— Et les autres ?
— On ne voyait pratiquement plus Odd. Je ne le croisais que seul, de temps en temps. Il a fui.
— Qu'en est-il d'Ulrich ?
— Il a tout abandonné. Ses espoirs avec Yumi, ses révisions scolaires, son entraînement. Il s'est éteint.
— Comment penses-tu qu'Aelita ait réagi ?
— Elle aurait pleuré. Pas beaucoup. Mais elle aurait juste pleuré.
— Et toi ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png L'intéressé leva les yeux au plafond. La boucle était bouclée.

— J'en étais revenu des années en arrière. Le coeur brisé, les amitiés fracturées. Après les bières, j'ai vu les bouteilles de vin dans la cave abandonnée. Je les ai prises. J'avais vu les risques. Mais je les ai pris. Je les ai tous pris.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie ferma les yeux, et sentit une larme couler le long de sa joue. L'aveu avait une allure étrange de libération. En avait-il fini ?

— Pourquoi le pont de l'usine ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Non. Non, il ne répondrait pas à cette question aujourd'hui. Trop de choses avaient déjà été dites. Et trop de choses ne devaient pas l'être.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png La veille encore, son ange aux cheveux roses était enfermée dans son coeur...

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Mais d'ailleurs... Comment ? Comment était-il au courant pour le rose ? Jamais il en avait parlé ! Et pour William ? S'était-il autant renseigné sur l'enquête ? Ou alors... Alors... Se pouvait-il ? Qu'il en soit nu- venu là ? Ici, à ce niveau de sa- sadisme, de persécution, de haine ? Ce pouvait-il que ce Whilem Din- Bar..., ! Osait-il ! Ce monstre, forcément, cela ne pouvait qu'être de sa faute ! Sa faute !



— Qui est Xana ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Marie se tourna vers la petite qui venait de prendre la parole. Elle devait avoir tout au plus dix ans.

— Voyons Cassandre, essaye d'éviter d'interrompre la prise de parole des autres. Tu peux lever la main si tu as une question.
— Pardon madame ! fit-elle en rougissant et en brandissant son bras en l'air.
— Ce n'est pas grave, madame, reprit Jérémie. Je ne suis de toutes façons pas très doué pour raconter les histoires, du coup je ne dois pas être tout le temps clair.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il respira profondément le temps de remettre un peu d'ordre dans ses idées, puis reprit son récit.

— Xana est une espèce de virus informatique, mais intelligent. Comme un méchant de dessin animé, mais dans un ordinateur. J'appelle ça un programme multi-agent élevé à la conscience.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Quelques uns se retinrent de pouffer. D'autres semblaient véritablement passionnés.

— Avec mes amis, on allait dans l'ordinateur pour combattre Xana, quand il décidait d'attaquer le monde.
— Et dans l'ordinateur, ça se passe comment ? demanda un autre garçon.
— C'est comme dans un jeu vidéo. Mes amis ont un avatar, et se déplacent dans le monde virtuel. Je l'appelle Lyoko, d'ailleurs. Ils doivent y trouver une tour.
— Comme celle de l'hôpital ?
— Pas exactement. Plus haute, et plus fine. Et cylindrique. Il y en a plusieurs. Quand l'une d'elles s'allume en rouge, c'est que Xana a attaqué. Mes amis doivent trouver la tour.
— Et pas toi ?
— Moi, je ne vais jamais dans Lyoko. Je reste dehors, pour regarder la carte, et guider mes amis en leur parlant.
— Et du coup, ils doivent faire quoi ?
— Xana essaie de les ralentir en envoyant des monstres. Il y a des crabes, des blocs, des frelons, qui tirent des lasers. Des méga-tanks, des fois, aussi. Quand mes amis s'en sont débarassés, alors Aelita peut entrer dans la tour.
— Qui est Aelita ?
— Une fille de notre groupe. C'est la seule à pouvoir éteindre les tours.
— Et du coup, c'est ça que tu imaginais tout ce temps ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie marqua une pause.

— Oui.
— Bien. Voilà qui met fin à la réunion d'aujourd'hui. Merci pour votre attention !

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie se leva. Cela avait quelque chose d'apaisant, de raconter tout cela. Il se sentait mieux qu'il ne l'aurait cru. Il prit le temps de ranger son siège, un l&ger sourire aux lèvres.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png En sortant de la salle commune, il surprit une discussion entre Marie et une de ses collègues :

— j'ai entendu ce que racontait le petit Jérémie... C'est drôlement détaillé, comme histoire.
— Oui. Mais c'est pas si rare, tu sais. Les enfants développement souvent des univers complexes. En plus, dans le cas de Jérémie, il semblerait qu'il étoffait beaucoup son imaginaire avec des éléments entendus aux infos.
— Je vois. Du coup, tu ne pense pas que ça va poser problème, la séance d'actu ?
— je ne sais pas. De toutes façons, François a suspendu cette activité.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png L'indiscretion cessa soudainement quand Cassandre surprit Jérémie d'une main sur l'épaule.

— Désolé, je ne voulais pas te surprendre...
— Non, non, c'est rien. Qu'est-ce que tu veux ?
— Je voulais juste te dire que ton histoire est chouette, et que ce serait dommage que tu l'oublies, même si tu t'en détaches. Tu pourrais écrire des livres avec, peut-être ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png La proposition l'intrigua. Ses chroniques pouvaient-elles vraiment plaire aux gens ? Mais il n'eut le temps d'y réfléchir davantage que la jeune fille avait déjà disparu dans un couloir. Il se décida à en faire autant, son rendez-vous approchait, et n'eut juste l'occasion de capter deux dernières répliques.

— Mais pourquoi ne pas encore l'avoir mis en chambre double ?
— Le doc dit que c'est pour ne pas trop le dépayser du collège...

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png C'est vrai que les autres pensionnaires étaient habituellement en chambre double. Qu'avait-il de particulier pour mériter ce traitement ? Pourtant, il n'était un danger ni pour lui ni pour les autres, et on lui avait bien fait comprendre à son arrivée que son cas n'était en soi pas exceptionnel ni critique... Et puis, en treize jours d'enfermement, Jérémie avait fini par assimiler les règles implicites. Avoir un colocataire était aussi "thérapentique" que les horaires non-négociables. Ceux qui dérogeaient à la règle et finissaient en isolement n'étaient pas favorisés, au contraire. Sauf qu'il serait un peu trop gros qu'on fasse subir ce traitement à Jérémie compte tenu de son comportement actuel. Alors, quoi ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Le jeune homme vit un petit groupe de pensionnaires passer dans le couloir, pris dans un discussion à propos des dernières nouvelles du monde extérieur. L'un d'eux n'était qu'en hospitalisation de jour, alors il rapportait tout ce qu'il pouvait. Pendant quelques instants, il se sentit à part, comme habité par quelque chose que les autres n'avaient pas. Il n'eut le temps de s'attarder sur ce qu'ils racontaient qu'une réminiscence lui vint. Les élèves de Kadic, emmêlés dans leur quotidien, et lui mis à part de son propre chef... Un des filles du groupe avait les cheveux bleus. Une originalité qu'il n'avait vu que chez...

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Etait-ce une chimère ou un fantôme qui le hantait ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Non, surtout ne pas penser à ça. Pas alors qu'il n'était qu'à quelques pas et secondes du bureau du professeur Bardin... C'était un psychiatre. Le moindre trouble dans le regard finirait griffonné dans son calepin. Et Jérémie préférerait encore être aux portes de l'Enfer que dans les notes du docteur. Il fallait qu'il respire. Qu'il garde en tête les séances de sophrologie auquel il devait assister - deux fois par semaines, comme autant de souffles qu'il devait prendre. Et surtout, surtout, garder en tête qu'il se mentait à lui-même depuis le début. Qu'il avait des raisons d'être là. Et qu'il méritait de passer cette fichue porte, pour en sortir un peu plus lavé de ses troubles.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Une, deux. Il posa la main sur la poignée. Une, deux. Il sentait d'ici l'eau de Cologne du docteur. Il était là. Une, deux. Il afficha un sourire mesuré, ni trop forcé ni trop enthousiaste. Juste ce qu'il faut.

— Bonjour docteur Bardin.
— Bonjour Jérémie. Comment vas-tu ?
— Je vais bien, je vais bien !
— Je vois ça ! Tu as l'air plus souriant !
— Merci, répondit Jérémie, quelque peu gêné.
— J'ai entendu dire que ton histoire à propos de Lyoko et Xana remportait un petit succès au près des autres pensionnaires, n'est-ce pas ?
— Heu, oui... on dirait...
— Dis moi, comment te sont venues toutes ces idées ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Le doc avait toujours ce don de poser des questions compliquées.

— Ce... ce sont des choses que j'imagine depuis des mois, en fonction des nouvelles, de la vie au collège...
— Et tes amis, ils participaient au récit ? Ou c'était seulement dans ta tête ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Une nouvelle question piège. Qui protéger ?

— C'était dans ma tête. J'imaginais tout.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Bardin ne releva pas, se contentant de prendre quelques notes dans son cahier. Jérémie hasarda alors une question.

— Pourquoi ne suis-je pas dans une chambre double comme tout le monde ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Le professeur posa son stylo, et regarda son patient droit dans les yeux.

— Parce que je crains que tu ne sois un cas plus atypique qu'il n'y parait. Tu as été admis ici avec un diagnostic d'addiction à l'alcool suite à une crise dépressive, qui a entrainé quelques premiers jours difficiles, avec des crises d'anxiété notables. Et si ce diagnostic est en nette amélioration depuis une semaine, le récit que tu développes depuis me semble quant à lui être un sujet d'inquiétude.
— C'est à dire ? se défendit Jérémie. Je vous ai dit ce que vous vouliez, non ?
— Ce que je veux, Jérémie, c'est la vérité.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png La vérité. Encore et toujours elle. Qu'avait-elle de si précieux, de si désirable ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il avait déjà donné. Livrer son histoire, même sous le voile de la fiction, ça ne suffisait pas ? Et qu'est-ce que ce docteur ferait de la vérité ? Si Jérémie persistait à appeler Lyoko et Aelita des "délires", on croirait qu'il cachait quelque chose de plus grave, et il ne sortirait pas d'ici de sitôt. Si, au contraire, il essayait de leur faire comprendre que tout était vrai, la conclusion serait la même. Il était bloqué. Quoi qu'il disait, il serait en tort. C'était pour ça qu'il ne voulait pas parler, au début. Il n'aurait jamais dû céder. Il n'aurait jamais dû aller boire dans sa planque habituelle, ce soir-là.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png La vérité, c'était que Jérémie admetterait tous les diagnostics pour se laisser rechuter, juste maintenant. Juste pour que ce foutu psy se mette dans le crâne que la vérité qu'il réclamait de lui était hors de sa portée. Mais ici, on ne le laisserait jamais retourner aux nuits d'ivresse éperdues. Alors, franchement, à quoi bon provoquer le gardien de sa liberté... Il ne l'aurait plus jamais. L'été n'avait pas réchauffé son insouciance, il l'avait brûlée. Jusqu'à ce que même répondre de ses actes ne puisse éteindre l'incendie.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Tout avait échoué. Le docteur était trop fort. Jérémie n'avait plus qu'une seule chose à faire. Il se contenta de regarder dans le vague, fixant plus les nuages blancs dans la fenêtre que l'homme qui se trouvait devant.

— Très bien, trancha le psychiatre. Tu retourneras en salle commune ou en sport quand tu te seras décidé à changer de comportement. Un infirmer va te raccompagner dans ta chambre.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie sortit du bureau, et emboita le pas de l'infirmier assigné à la surveillance de son couloir, qui attendait déjà là. Il profita de ses derniers instants de pseudo-liberté pour regarder une dernière fois la fille aux cheveux bleus et écouter les ados en séjour de jour s'étonner du premier million de morts de la veille. Il retrouva vite les murs de sa chambre personelle - au moins avait-il encore cela de personnel, s'allongea sur le lit, et éteignit la lumière. La nuit tombait.



— Bonjour, Jérémie. Comment vas-tu ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Même après une semaine entière de mutisme absolu, Bardin n'en démordait pas. Jérémie se demandait au bout de combien de fois il se lasserait.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il attendait. Il tentait toujours d'entrer dans sa tête. Par le regard, à défaut de réussir par la parole. La confrontation sembla durer une éternité.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Peut-être au bout de celle-ci, le conte des aventures des Lyokoguerriers serait-t-il devenu vérité, autant pour l'un que pour l'autre. Peut-être l'un finira-t-il par abandonner l'idée de trouver mieux en dessous, peut-être l'autre finirait-t-il par abandonner l'idée de cacher pire en dessous. Mais pas aujourd'hui.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Mais au grand désarroi du jeune homme, le psychiatre abandonna soudainement, baissant la tête en poussant un long soupir. Derrière lui, un ciel bleu, parfaitement vide.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Bardin ouvrit un tiroir, et en sortit un cahier qu'il déposa sur son bureau, juste devant Jérémie. Celui-ci le reconnut aussitôt. Le journal intime d'Ulrich.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Voilà donc son arme secrète. Son atout caché qui expliquait pourquoi il ne s'était pas couché plus tôt. Jérémie baissa la tête à son tour, abattu. Même ses défaites, ce cher Whilem Bardin avait le talent de les tourner implacables victoires.

— Parle moi de la fille aux cheveux roses, commença-t-il.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png On y était. Les preuves étaient là. Les aveux aussi, d'ailleurs. Il ne manquait plus que la vérité.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il lui raconta tout à nouveau. Depuis le début, jusqu'à la fin. La vraie fin.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Comment il avait découvert et allumé le supercalculateur, dans une vieille usine abandonnée. Découvert Aelita, piégée dans un monde virtuel. Constitué un groupe de héros secrets, avec Ulrich, Odd et Yumi. Combattu Xana à maintes reprises. Collaboré avec Franz Hopper, le créateur disparu de ce monde. Libéré Aelita, recruté William, pourchassé Xana et pisté Franz Hopper à travers le monde entier.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Et comment ils avaient échoué au détour d'une mission ordinaire durant laquelle Xana avait simplement combiné une attaque banale consistant à électrifier le fleuve et un assaut classique dans le monde virtuel.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Comment Ulrich avait été vaincu par un William possédé. Comment Odd avait perdu Aelita. Comment Yumi avait manqué son intervention. Comment lui-même n'avait pas su prendre les bonnes décisions, et avait échoué définitivement.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Comment Xana avait gagné.

— Je vois, ponctua finalement Bardin avec un regard étonnamment compatissant.
— Chaque jour, je rêvais à nouveau de ce premier juillet fatidique. Chaque jour, j'imaginais un nouveau scénario, avec un déroulement différent. Et je réussissais toujours. Il semblait toujours y avoir de meilleurs options.
— Vous n'en savez rien, hélas. Ces autres choix que vous auriez pu faire, rien ne vous assure qu'ils ne vous auraient pas conduit à cette même funeste conclusion.
— N'empêche que cette fois là, la vraie... Ulrich était trop distrait par William, et en plus d'être finalement vaincu, il n'a pas pu protéger le Coeur. Odd se jouait trop des monstres, et a manqué d'attention. Il n'a pas vu la tarentule embusquée, dans une grotte près de la tour. Aelita non plus, d'ailleurs. En un seul coup, elle a été projetée dans la Mer Numérique, et n'a pas réussi ni à se rattraper, ni à s'envoler. Yumi n'a pas pu empêcher l'attaque ou aider les secours, et quand elle a voulu revenir à l'Usine pour nous aider, c'était déjà trop tard, la tension électrique du fleuve l'empêchait de nous rejoindre.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie marqua une longue pause, avant d'achever son récit.

— Et moi, je n'ai pas su arranger la situation. J'ai fait tous les mauvais choix. Je n'ai pu que constater la victoire de Xana. La disparition de Lyoko. La destruction du supercalculateur, par l'eau électrique infiltrée dans l'Usine, et donc la perte du retour vers le passé. Et enfin, la disparition d'Aelita, et de notre dernier espoir.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Whilem Bardin prit quelques secondes pour assimiler l'information, avant de hocher la tête.

— C'est triste, en effet. Mais, si ce retour vers le passé n'est plus réalisable, vous n'y pouvez effectivement plus rien désormais.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il ne restait qu'une seule question.

— Comment avez-vous eu ce journal ?

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Whilem Bardin leva les yeux au plafond. C'était une première, de sa part.

— Suite à ton internement, il y a eu une enquête et une fouille à l'internat de Kadic... Mais, la vérité, c'est que c'est le journal de mon fils. Enfin, le fils de ma femme, mais qu'importe, aujourd'hui.
— Je vois...
— Je vais donner un avis favorable pour ta sortie à la commission de demain. Rentre chez toi. Repose-toi. Fais ton deuil.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Avant de quitter le bureau, Jérémie accorda un dernier regard à son psychiatre. Il ne l'avait pas repéré plus tôt, emmêlé dans sa toile de silence, mais le docteur avait l'air... Fatigué. Comme dépossédé de tout.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Il avait le même regard qu'Ulrich, la dernière fois qu'il l'avait vu, l'alcool rougissant ses yeux et éteignant ses paroles.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Jérémie voulut ajouter quelque chose, n'importe quoi, qu'il était désolé, que son fils avait été brillant, que c'était sa faute à lui, le chef, qu'il avait condamné tout le monde à... Bon sang. Jérémie ne savait même pas ce qu'il avait provoqué.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Parce que l'aboutissement de tout ça, c'était que XANA avait gagné, non ? Qu'il ne devait sa survie qu'à la volonté d'une Intelligence Artificille, vouée à la destruction. Que les millions de morts, glissant entre les rumeurs de couloirs depuis quelques jours, s'ajoutant à une peur grandissante et à des autorisations de sorties en masse, n'étaient que le signe que la dernière attaque commençait. Peu importe comment la fin arriverait. Elle était déjà là. Et il n'y avait plus rien à faire, ou à dire.

https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png Le jeune homme se contenta finalement d'un merci, puis prit soin de refermer la porte de son ultime confessional derrière lui.

  Sujet: [One-shot] Weak  
Dede7

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Jeu 24 Sep 2020 20:25   Sujet: [One-shot] Weak
Spoiler






https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png https://i70.servimg.com/u/f70/11/34/80/05/49x710.png
  Sujet: [Projet] Code lyoko: Jeu de Plateau  
Dede7

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MessageForum: Créations Code Lyoko   Posté le: Lun 20 Mai 2019 22:28   Sujet: [Projet] Code lyoko: Jeu de Plateau
Une vieille connaissance qui revient présenter un projet touchant à une de mes nouvelles passions... Voilà donc ce qui aura réussi à me faire sortir de ma grotte !

Ravi de te revoir donc, et ravi de voir un nouveau projet intéressant.

Je suis nouvellement amateur de jeux de sociétés, alors c'est avec grand intérêt que je me suis penché sur ce que tu nous donnes là. Commençons donc l'analyse. Je me baserai pour ça sur une lecture attentive des règles que tu nous fournis.



Travail graphique

Je passerai rapidement sur l'aspect visuel, certes bien peu sexy, mais tout à fait fonctionnel - et c'est très exactement ce à quoi devrait ressembler une maquette d'un jeu de société, les mecaniques de gameplay étant bien plus importantes que l'apparence. Cependant, je vais quand même faire quelques remarques sur la base des images disponibles :


Le plateau Terre

Je trouve le plateau Terre particulièrement déplaisant. Je suis sûr qu'il y a moyen de le rendre très beau avec un bon travail de graphiste (prenons pour exemple la veritable fresque qu'est le plateau de Scythe, alors qu'au fond c'est juste une grille hexagonale avec des icones colorées) - mais ce qui m'inquiète réellement, c'est le déséquilibre. On a d'un côté des chemins qui serpentent dans le parc, et de l'autre un gros bloc de grille représentant les cours. Ce n'est qu'un apriori, mais je pense que le plateau gagnerait à être équilibré, pourquoi pas avec avec un peu de variété. Par exemple :


  • On peut casser les surfaces de la cour en ajoutant des obstacles. On peut s'inspirer de ce qu'on peut voir du collège, autant dans l'animé qu'en réalité : des arbres un peu partout, un préfabriqué au milieu d'une des cours, un grillage séparant en partie le terrain sportif du reste...
  • Comme le jeu semble comporter une part de tactique de positionnement et déplacement (à priori - je rédige ce message en même temps que je lis les règles - sinon, pourquoi une carte quadrillée ?), on peut ajouter contraintes et désavantages de terrain. Par exemple, des routes en terre dans la forêt qui rallongeraient les déplacement, des zones d'herbe pour le terrain sportif, un talus (en réalité, il y en a un entre la piste de sport et la cour du bas)...



Autres remarques

Je suis dubitatif sur le choix des ailes pour représenter les héros, mais ça, pour le coup, ce n'est qu'un avis subjectif. Je trouve qu'elles sont trop associées à Aelita et pas au groupe entier. Mais il est vrai qu'il n'y a pas de meilleur symbole qui me saute au yeux pour l'instant. Peut-être les cercles concentriques blancs ou bleus, en symbole abstrait par opposition au sigle de XANA ? (On le voit en motif récurrent dans la série dans les créations de Jérémie, notamment sur les plateformes d'embarquement du Skid).

Par contre, les cartes SD sont chouettes. Le chipoteur que je suis commentera que du temps de la grande époque, il s'agissait plutôt de CD-ROM, et que ceux-ci ont l'avantage de pouvoir être stockés en tour grâce à un support tubulaire, mais passons !


Gameplay

Le gros morceau. Allons-y.


Déroulement de la partie


Monde réel


Mise en place

Je remarque que la distribution des cartes Tours ne met pas en jeu le même nombre de cartes en fonction du nombre de joueurs, et que cette évolution n'est pas continue. A voir plus tard si cela peut avoir une importance. Par contre, d'un point de vue plus pratique, les 15 ou 12 cartes dans la main en début de partie pour des jeux en petit comité, cela peut être gênant en fonction de l'usage qu'on en a. Là encore, à voir en fonction de la suite, ceci n'était qu'un commentaire à chaud.


But du jeu

Un des joueurs prend le rôle du méchant et va affronter tous les autres joueurs. Intéressant. En plus, c'est combinable avec la mode actuelle des jeux de société avec mode solo : en fonction du gameplay de Xana, il peut être possible de le faire jouer algorithmiquement (avec des actions aléatoires ou l'assistance d'un deck d'actions prédéterminés, par exemple) et faire de ce jeu un jeu entièrement coopératif qui ressemble presque à un genre de Zombicide (et ceci serait un très bon compliment).


Tour d'un héros

Si je résume, le tour du héros se décompose ainsi :


  1. Lancer deux dés et effectuer le déplacement indiqué.
  2. Lancer un dé et placer un token d'avantage en fonction.
  3. Résoudre les éventuels effets résultant de l'arrivée sur un passage secret ou un bâtiment.


Il est donc généralement possible de se déplacer d'une distance pouvant prendre deux ou trois valeurs différentes, allant de 1 à 12 cases. Question : la longueur du déplacement doit-elle être égale à ces valeurs, ou peut-elle être inférieure ?

Exemple de situation : je me trouve à cinq cases de l'Ermitage (au fait, je vois que tu as écrit "Hermitage" sur ton plateau, et s'il s'agit d'une variante valide, la version sans H est plus courante et est celle utilisée dans la série). Je lance les dés, et fais un double 6. Est-ce que je peux atteindre l'Ermitage (auquel cas on peut considérer que le déplacement s'arrête immédiatement, comme sur les territoires arborant le drapeau d'Albion dans Scythe - oui j'en parle beaucoup, c'est un super jeu, jouez-y), ou alors il va se jouer un genre de jeu de l'Oie pour obtenir le chiffre qui va bien sur les dés ? Cette dernière mécanique pouvant être repoussante car, si elle est le coeur du fun dans le jeu de l'Oie, elle n'est qu'inutilement bloquante et rébarbative sur un jeu qui a autre chose à proposer.

Autre question : Peut-on traverser ? Imaginons, un Héros, ou pire un Spectre est en plein milieu du chemin, à deux cases de moi. Je fais un 2 et un 3. Je peux sauter par dessus lui et arriver trois cases derrière ?

J'ai rien à dire sur le jeton bonus, qui représente, j'imagine, l'attention portée par le Héros aux dangers qui l'entourent.


Tour de Xana

Pas grand chose à ajouter, si ce n'est que le déplacement de "tous" les jetons laisse préfigurer de potentielles hordes de spectres et autres personnes et machines xanatifiées, ce qui a des airs de Zombicide... (Oui, c'est pour ça que je l'ai cité plus haut, en effet j'ai triché, j'ai survolé une première fois les règles avant de commencer cette analyse au fil de l'eau...)

En contrepartie, ils se déplacent moins vite (cohérent avec la série si on part sur l'aspect "attaque de masse", la puissance et vivacité des ennemis contrôlés par Xana étant souvent inversement proportionnelle avec leur nombre) et sont plus limités pour placer leurs bonus (là encore, cohérent, on imagine bien des machines avec une portée effective plus strictement définie, des vues à focal non adaptatives, etc...). Bref, logique.

Par contre, on introduit ici une mécanique de gameplay assez importante et particulière, à savoir... la gestion du temps ! C'est un gros morceau, alors j'y reviendrai plus tard dans une section dédiée.


Effets bonus

S'arrêter sur un jeton bonus Héros donne une carte Héros au Héros le plus proche. Du coup, celui qui l'a déclenché si c'est un Héros (vu qu'il est à une distance de zéro), mais aussi au plus proche si c'est un agent de Xana qui déclenche le bonus. La même pour les malus Xana, bref, pas grand chose à dire, paiement des bonus placés, et notion de contrôle de territoire - bourrer trois bonus à la suite sur un chemin arpenté par un ennemi donne une chance sur deux d'obtenir un bonus.

Par contre, jeton "retourné" ? Une fois la zone dégagée par un ennemi, elle devient un terrain lui conférant un avantage ? Pourquoi pas, même si je m'attendais à ce que les jetons entrent et sortent du plateau.


Rencontres

"Si un héros peut s'arrêter sur la case d'un pion Xana, il s'arrête adjacent" mais ce n'est pas une obligation, hein, j'espère pouvoir fuir si je veux Smile

Quelle case adjacente est utilisée ? Doit-elle être "à portée" des dés, ou peut on gratter une case bonus en se mettant derrière l'ennemi ?

Cas extrême : je fais un double 2. Je suis dans un couloir, et dans les deux directions, je suis cerné par 5 ennemis. Où est-ce que j'arrive que avec quel ennemi je résous le conflit ?


Bâtiments

Hmm. Hmmmm. Cette partie là me laisse un peu plus perplexe, autant du point de vue du scénario que du gameplay. Annoncer une tour (j'imagine - vu que je n'ai pas encore vu les cartes tour - une couleur, ou un numéro, ou quelque chose de spécifique), et prend soit une carte correspondante d'un autre joueur, soit une dans la pioche. Ca fait assez jeux des 7 familles (et j'avoue ne pas être un grand fan).

Au fait, la carte "????", c'est un nom pas encore défini, ou c'est juste un genre de joker ?

Aussi, pour un jeu simili-coopératif (asymétrique, ou versus IA comme proposé plus haut), avoir des informations cachées vis à vis des autres joueurs, c'est pas génial (sauf s'il s'agit de représenter la problématique de la communication, qui est en effet importante dans l'animé). Pour l'instant, j'avoue n'être que moyennement convaincu par cette partie. De plus, la limite de trois annonces dans le bâtiment me fait penser à la règle des trois doubles du Monopoly, et me parait plutôt artificielle.


Monde virtuel

Ah, le monde virtuel, un tout nouveau terrain de jeu. Littéralement. On arrive donc sur un nouveau plateau. D'ailleurs, petite idée, ce plateau gagnerait peut-être à être découpé en quatre plateaux plus petits et rectangulaires. Chacun serait illustré par des décors des territoires respectifs, les passages entre zones représentés par les ponts et chemins, et chaque zone modulaire serait un plateau du territoire. Plus joli que l'holomap, je trouve, et plus pratique à installer sur la table - un plateau c'est bien, deux ça commence à prendre de la place... (comment ça, sur Scythe, y'en a jusqu'à 15 ? *sifflote*)


Actions partagées

Toujours avec une importante mécanique du temps, j'y reviendrai plus loin, on a ici une partie où les Héros doivent coopérer intimement pour choisir les actions les plus importantes à mener. Chouette.

Les actions disponibles coûtent des points de vie, matérialisés par les cartes SD. Cela rend d'autant plus crucial le choix.

Il y a plutôt beaucoup d'actions à mener, je trouve : 5 + les compétences. A titre de comparaison, Scythe donne le choix entre quatre ou cinq paires d'actions, mais en laissant tout le temps pour les choisir en affinant sa stratégie. Je me serais autrement attendu à un pool d'actions variables, avec par exemple des cartes à piocher, de façon similaire aux jeux de cartes comme Magic ou Yu-Gi-Oh, mais aussi 7 Wonders qui se base entièrement sur un système de draft de cartes.

Aussi, je ne comprends pas le concept des cartes abîmées. Quelle est la relation formelle entre les dégâts et les cartes abîmées ? Comment abîme-t-on la carte matériellement, on la retourne, on la remplace ?


Attaques

La résolution des attaques se fait par confrontation de lancers de dés. Il y a un système de coup critique (l'oeil) : Est-ce qu'un agent de Xana peut tuer en un coup un Héros de cette façon ? Sinon, le système de précision, cela fait assez jeu de rôle à la Pathfinder. Sympa, mais à vrai dire, je commence à évoquer beaucoup de jeux différents, et c'est pas forcément une super chose - il faudrait pas aboutir sur un jeu trop dense pour être agréable.

Bref, revenons-en à nos dés. Il y a aussi un échec critique, mais pour le défenseur. Cela rend l'attaque très aisé, en réalité. Démontrons. D'ailleurs, je réalise que tu n'indiques jamais quel type de dés on utilise. Jusqu'à maintenant, je pensais à des dés 6 (d'où la portée de déplacement de 12 évoquée plus haut), mais faisons ça bien et pour compter, comptons sur les dés 12 que l'on peut voir plus loin dans les règles.

Code:

Chance de tomber sur un oeil p = 1/12.
Nombre de dés lancés d = 2.
Probabilité d'obtenir au moins un oeil noté P(Critique).
Probabilité d'obtenir aucun oeil noté P(Normal).
P(Critique) = 1 - P(Normal) = 1 - (1-p)^d = 1 - (1-1/12)^2 = 1 - 121/144 ~ 16%.


Un poil moins qu'une chance sur six. Pour un one-shot, c'est un poil élevé à mon avis, de plus que la règle exclut d'office la possibilité de représailles punitives surprise.

Ensuite, pour le calcul des dégâts : il est un peu fastidieux, et nous emmène encore plus vers les grands jeux de rôle. C'est une complexité dont on pourrait peut-être se passer ici. Si je compare encore une fois à Scythe, qui est aussi un jeu de combat et de contrôle de territoire, les combats y sont beaucoup plus simples : la puissance de chaque combattant est choisie, dans le cas général, entre 1 et 12 aussi (pour les connaisseurs, je prends le cas simplifié d'un combat à plein potentiel militaire avec une carte bonus), mais celui qui l'emporte élimine immédiatement l'adversaire, lequel retourne à son point de départ.

Aussi, qu'est-ce qu'un score parfait ? Un douze ? Et on rajoute un dé de précision et d'esquive, ou c'est ceux qui ont déterminé le déroulement du combat ?


Fin de partie

La condition de victoire de Xana dépend de son attaque, logique, et plaisant.

La condition de victoire des Héros est qu'au moins l'un d'entre eux entre dans la bonne Tour. C'est sympa, ça implique d'envoyer suffisament de gens sur Lyoko pour que certains fassent diversion tandis que l'autre continue de chercher la Tour, et la trouve en ayant assez de points de vie en stock pour passer les éventuels barrages de monstres.. Honnêtement, ça fait plaisir, c'est à la fois intéressant et bien raccord à la série.


Contenu du jeu

La section précédente était un peu longue, je vais en faire une à part pour évoquer le contenu du jeu, à savoir les cartes.


Cartes Xana

On a pour Xana un deck de monstres classiques. Spéciale dédicace au jeu de cartes officiel de Code Lyoko. N'y a-t-il pas de cartes pour les agents de terrain, comme les spectres, les xanatifiés, les machines, les phénomènes électromagnétiques et plus encore ? J'imagine que l'attaque fait partie de sa carte objectif, mais il me plairait personnellement que Xana pioche indifférement des monstres virtuels et terrestres, et doive donc répartir en quelque sorte ses forces, entre soit jouer équilibré, soit défendre à donf la tour, soit essayer de poutrer les Héros avant même qu'ils ne parviennent à se virtualiser.


Cartes Héros

Là encore, spéciale dédicace à la carte Jérémie du CLTCG. Tout comme pour les cartes Xana, il n'est pas nécessaire d'avoir deux effets par carte : imaginons un scénario où les héros réussissent grâce à leur travail d'équipe à récupérer l'ordinateur de Jérémie tombé dans la forêt, ce qui leur permettra, une fois sur Lyoko, de virtualiser plus rapidement les véhicules, et donc leur donner un avantage sur Lyoko alors qu'il a été obtenu sur Terre...


Cinquième territoire

Bon choix pour un public cible de néophytes que de placer la zone d'entrée au plus proche du centre. Dans l'animé, c'est le contraire, mais c'est contre-intuitif. C'était intéressant juste pour la séquence de la traversée TGV.

Par contre, résoudre un labyrinthe, genre un vrai ? Heh. Pourquoi pas. Faut reconnaître que c'est original. Pour le coup, je suis moins circonspect qu'intrigué.

Enfin, là encore, je trouve que le cinquième territoire, surtout les déplacements (trois zones) est un peu compliqué. Je pense qu'il faudrait plutôt résumer ça à une seule zone, qui pour compenser sa difficulté d'accès, octroierait un bonus assez particulier (avec un deck à part d'effets un peu plus puissants, du genre "Vous êtes immédiatement dévirtualisé. La tour activé est immédiatement révélée.")


Le temps

Ah, le temps. Voilà un sujet qui me parle... Too late ? Too late....

On a ici le parti pris de limiter le temps, tout le temps. La menace de Xana est là, elle est présente, pressente, et grandissante.

C'est sympathique. Ca rend la partie dynamique, l'empêche de durer trop longtemps, met une certaine pression, et ajoute un peu de réalisme au jeu : on a pas trois heures pour réfléchir à comment tuer Xana, sinon Xana gagne et en mode no-brain !

Cependant, j'ai peur que cela rende le jeu un peu fouillis et difficile d'accès. Résumons ce qu'on a à ce sujet :


  • Les tours de Xana chronométrés sur Terre
  • Les tours des Héros chronométrés sur Lyoko
  • La régénération des points de vie des Héros chronométrées sur Lyoko
  • Les actions des Héros sur Terre joués en tour par tour
  • Les actions de Xana en temps réel sur Lyoko
  • Les cartes Héros jouables pendant son tour sur Terre
  • Les cartes Héros jouables n'importe quand sur Lyoko


Je vois ici un bon potentiel à bordel. Mais, honnêtement, c'est difficile à dire avec certitude. A éprouver en test réel.


Conclusion

Fiu. Tu m'as enjaillé, j'ai passé tout l'après-midi à étudier ton jeu et rédiger ça... Grâce à toi, j'ai pris du retard dans ma création de Xana²...

Plus sérieusement, tu l'auras compris, ton projet m'intéresse beaucoup, et si j'ai émis beaucoup de remarques, ça ne m'empêche pas d'aimer l'idée et d'espérer qu'elle aboutisse.

Ma critique principale serait que tu essaies de réunir un peu trop d'éléments de gameplay, sympas individuellement mais qui ne se conjuguent pas forcément idéalement tous ensemble. Il y a un côté stratégie et jeu de rôle que je trouve destiné à un public un minimum mature, tandis que les tours chronométrés et les déplacements sur grilles font plus "jeu familial". J'ai peur que tu n'arrives à pleinement satisfaire aucun public. Mais j'aimerais bien que tu me donnes tort !

Je vais aussi revenir sur ton message d'introduction : tu expliques vouloir transcrir la binarité Réel/Virtuel de l'animé dans une binarité de gameplay. C'est une idée qui s'entend, mais je ne l'ai pas beaucoup constaté tel quel. Le choix du système de temps compté / temps réel risque de souffrir du fait que les deux phases se jouent en même temps, et alors les joueurs en mode virtuel puisent imposer le "temps réel" à tout le jeu. Mais l'idée recèle un certain potentiel.

Le jeu recèle beaucoup de potentiel. Il peut se voir comme un jeu de coopération contre un ennemi froid et envahissant, style Zombicide (d'ailleurs, j'y pense, finalement, l'idée de faire jouer Xana par une IA, ce serait jouable à condition qu'il ne joue pas "n'importe quand" sur Lyoko, à mon avis), mais aussi comme un jeu de rôle avec Xana en maître du jeu, et beaucoup de potentiel de RP et scénarios ("Surprise ! la tour n'est nulle part ! Il faut aller sur Carthage pour obtenir le bonus spécial qui nous permettra d'annuler le piratage de Xana et révéler enfin la tour activée !"). Tiens d'ailleurs, à propos de tours, on ne sait pas encore à quoi servent les cartes Tour !

Contrairement à drew-ace1, l'absence de la mer numérique ne me gêne pas : si elle est une menace permanente, elle est passive et inappliquée presque tout le temps. En plus, à défaut d'ajouter le Réseau et les Réplikas au jeu, ce qui est une autre histoire (et ne serait pas forcément pertinent, à moins d'envisager un DLC de campagne - coucou Scythe Fenris), la mer numérique a toujours été synonyme de mort définitive. Pas idéal pour un jeu de société.

Par contre, s'il y a une absence remarquée, c'est celle de Jérémie. Lui a une importance cruciale dans l'animé, et outre le fait que j'en suis le premier lieutenant (oh mon dieu, cette blague ne parlera à personne... haha !), il s'oppose en quelque sorte à Xana en étant le cerveau de l'équipe. Maiiiis... le jeu est déjà pas trop mal construit. Et si les jetons de Xana sont l'armée anonyme dirigée par Xana, on peut voir les héros comme les agents de terrain aux ordres du stratège, Jérémie. Après tout, c'est un jeu de stratégie. Le blondinet sera présent au travers des joueurs eux-mêmes. Du coup, je ne t'en tiens pas plus rigueur que ça. Ton projet est une contribution subtile mais appréciée à sa gloire, haha !

Bref, j'ai hâte de pouvoir tester sur Tabletop Simulator !

À bientôt Smile
 

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