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  Sujet: [Jeu Vidéo Code Lyoko] IFSCL  
Ikorih

Réponses: 6077
Vus: 2057384

MessageForum: Projets partenaires   Posté le: Lun 15 Oct 2018 16:54   Sujet: [Jeu Vidéo Code Lyoko] IFSCL
Citation:
l'hermitage


Un grand pouvoir sur le peuple implique de grandes responsabilités, Immu....

Spoiler


Ikorih sauvage prend la fuite
  Sujet: [Fanfic] L'Engrenage  
Ikorih

Réponses: 106
Vus: 68756

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 14 Oct 2018 13:19   Sujet: [Fanfic] L'Engrenage
https://memegenerator.net/img/images/300x300/15625036.jpg


Yo.

On dirait que ça fait un moment que t'es tout seul, et puis là concrètement j'ai rien d'urgent à faire alors ce serait sans doute sympa de te lâcher un com'. Du coup bah si tu me lis c'est que je l'ai fait, non?
Tu comprendras certainement que la légendaire flemme m'empêche de bricoler un commentaire plus original qu'un basique ordre chronologique, donc fais pas chier Mr. Green

J'aime beaucoup la façon dont tu as résolu l'affaire de la mère d'Aelita. De fait, plutôt que la thèse alambiquée du lavage de cerveau ou de "la maman était en fait une connasse depuis le début", ta solution présente en plus l'avantage de faire passer bonbon rose pour une conne. Je suis à peu près sûre que c'est ce dernier critère qui t'a fait choisir cette option, d'ailleurs. En tout cas ça lève un verrou du côté du groupe des LG, qui n'a désormais plus de raison d'épargner le Supercalculateur de Tyron. Tout ça commence à faire sentir un petit air de final dans l'air, surtout avec le discret canevas de CLE derrière : le chapitre 22 colle avec l'épisode 22 au niveau du titre, et l'évènement "Rencontre IRL de Tyron et des LG", qui est certes un peu avancé par rapport à la série, est lui aussi un élément du season final de CLE.
(J'ai dit que je ferai chronologique mais en fait je viens d'utiliser un élément de la fin du chapitre...non mais soyons sérieux tu t'attendais vraiment à ce que je sois ordonnée?)

Citation:
Un « zap » lumineux fit disparaître Aelita en un instant, ce qui laissa symboliquement l’espoir sur place.

J'aime bien ce genre de phrases un peu spirituelles que tu cales XD

S'ensuit la traditionnelle scène de debrief Jérémie/Laura, ces fameuses scènes un peu obligées d'explication du scénario que tu arrives à exploiter pour développer la relation entre les deux génies, c'est plutôt bien joué. D'ailleurs j'en profite pour dire que le tout reste bien dans la veine des chapitres précédents, ton break n'a pas affecté ça si c'est ce que tu craignais.

Citation:
N’est-ce pas un trop bienheureux hasard que, pile au moment où Aelita s’apprêtait à virusser le Cortex dans le but de le détruire, la webcam de chez Tyron montrant Hope se soit allumée et ait affiché ses images ?

Bim CLE?

J'ai ri devant le cercle potins. Avouons-le, c'est quand même un sujet de conversation en or, même si, comme on se le disait quand je t'ai lu, ça se passe pas exactement comme ça dans nos IRL... En tout cas j'adore la façon qu'Odd a de le présenter, ça fait un peu gourou et mélange de phrases un peu bateau ("les secrets n'existent plus mais restent tout de même emprisonnés"), pas totalement dans l'esprit d'Odd de CL mais venant d'un Odd un peu plus âgé ça passe tranquille. La notion de "curiosité malsaine" qui retient Chris est également marrante...et sans doute véridique héhé. Mention spéciale à la façon de tèj' Sam, qui a été une occasion parfaite pour ressortir un des nombreux mythe de ce forum Mr. Green

Citation:
Je pense surtout qu’elle a dû se rendre compte qu’en-dehors de moi, elle n’avait pas tellement de potes et de contacts dans la classe.

Si vrai...

La façon dont Tyron remonte aux LG est simple mais efficace, et l'utilisation de Laura par Jérémie l'est tout autant. J'aime bien le côté "à l'aveuglette" qui fait que Jérémie ne sait absolument pas si sa technique va marcher, et se retrouve donc à envisager que peut-être Laura ait chié ou les ait trahis, etc. C'était d'autant bien mené qu'on la savait en train de discuter avec XANA, mais connaissant XANA, il pouvait bien sortir un bon coup de pute qui ferait que le RVLP ne serait pas lancé, et de fait, le suspens se gère plutôt bien. Hâte de voir ce que XANA va tirer de tout ça, s'il joue sur plusieurs tableaux ou s'il s'en remet à Laura uniquement parce que Chris l'a envoyé chier...

Bon, à dans deux ans! Mr. Green
  Sujet: [Fanfic] Oblitération [Terminée]  
Ikorih

Réponses: 36
Vus: 10003

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Lun 08 Oct 2018 20:56   Sujet: [Fanfic] Oblitération [Terminée]
Spoiler


Epilogue
Pour l'éternité


Lana Del Rey - Video Games

Yumi dépérissait. Chaque jour un peu plus. Elle n’avait plus la force de se lever le matin. Le psychologue requis par Akiko avait décelé chez la jeune fille une grave dépression depuis son « accident ». Personne ne comprenait. Une nouvelle fois, Yumi Ishiyama ne fournissait aucune explication sur son emploi du temps. Tout ce qu’on en savait, c’était le résultat : une immonde cicatrice qui lui lacérait le visage de part en part. Qui aurait pu deviner qu’elle était en fait une meurtrière ? Qu’elle avait hérité à tout jamais de la blessure et de la rancœur tenace de sa victime ? Car, encore plus que de la déprime, Yumi ressentait de la rage. Envers Jérémie. Pour ne pas tout lui avoir dit. Envers Ulrich. Pour avoir mis le groupe en péril pour une amourette de collégien. Envers Jeanne. Pour avoir fait la fouine depuis le début. Envers Ludwig. Pour ne pas avoir été clair dans ses intentions. Si on montait encore d’un cran dans la fureur, on trouvait Odd et Sissi. Elle en voulait à cette dernière de l’avoir abandonnée mais cette rancune était mêlée à un amour amer, à de nombreux non-dits et néanmoins à une passion féroce qui ne lui facilitait pas la vaine tentative de détester totalement la belle brune.

Quant à Della Robbia, elle avait fini par comprendre… ses mensonges à répétition, dont le dernier en date avait fait deux victimes : Jérémie et Ulrich, prisonniers à jamais du Supercalculateur. Le lâche n’avait pas croisé sa route depuis lors mais si ça devait être le cas… elle le casserait en deux, sans ménagement. Mais, plus encore que tous ces noms mentionnés, elle s’en voulait à elle-même. Pour avoir laisser partir Sissi. Pour avoir failli à sa mission. Pour avoir cru en Odd. Jeanne voyait en lui un gentil garçon torturé par d’autres et percevait Jérémie comme un monstre alors que, quand on y réfléchissait, c’était tout l’inverse. Le petit garçon blessé par la vie, c’était Jérémie, pas Odd. Et maintenant, après tout ce fiasco, elle se retrouvait seule comme elle ne l’avait jamais été. Depuis lors, elle hésitait. Quelle était la marche à suivre maintenant qu’elle n’avait plus quelqu’un pour lui indiquer ce qu’il y avait à faire ? Fallait-il tenter de rallumer le Supercalculateur ? Ces questions tourmentaient son pauvre crâne… jusqu’au jour où LA lettre arriva. A la lecture de celle-ci, une autre interrogation envahit l’esprit de Yumi : pourrait-elle à nouveau se présenter devant la reine du lycée sans percevoir la moindre trace de dégoût sur son visage ?

Yumi,
Allons droit au but et résumons la situation, soit tu continues à mentir à tout le monde et toi la première, avec les conséquences que ça aura, mais visiblement ça commence mal. Soit t'avoues et tu fais avec les conséquences qui ne s'annoncent pas toujours bonnes... Mais juste comme ça, se mentir à soi-même et se dire qu'on fera avec, c'est un piège. Ça marche plutôt bien. Jusqu'à ce que ça lâche. Et à ce moment là... On le sent passer. Et on doit fuir. Donc, libère-toi simplement de ce "fardeau". Je ne vais pas dire que tout va bien se passer. Ce serait mentir. Oui, ça risque d'être dur. Mais beaucoup moins que de faire comme si le problème n'existait pas. Crois-moi. Pour ce qui est de ton entourage, hors famille, disons simplement qu'il y aura peut-être un tri, oui, certains ne vont peut-être pas l'accepter.

Oui, c'est possible. Certains vont avoir du mal. Mais au final, tu vas finir par trouver ta juste place dans tout ça. Plus facile à dire qu’à faire mais tu dois t'accepter comme tu es et t'entourer de gens qui t'acceptent eux aussi comme tu es, et pas juste te planquer sous ce que tu n'aimes pas pour faire plaisir à la norme sociale. Oui, ça demande du temps et une forme de "tri" dans tous les bâtards qu'on connaît à Kadic et en dehors si je peux le dire ainsi. Ou pas d'ailleurs. Mais si tu ne le fais pas… tu ne le sauras jamais. Et pour ce qui est de la famille... Peut-être que certaines parties t'oublieront voire te renieront... Oui, possible. Mais, est-ce qu'une famille, c'est ça ? Se plier à une règle établie et désuète juste pour ne pas être critiqué par les voisins ? L’opinion publique est une vaste supercherie, cocon de liberté d’expression éphémère visant soudainement à attribuer à tout citoyen le droit de s’exprimer dans la haine de l’autre sans conséquence sur sa propre personne. Tout le monde se croit tour à tour juge, victime et avocat. Molécule sur molécule, formant peu à peu le cancer d’un scandale enfoui. As-tu vraiment besoin de telles personnes dans ton entourage ? Est-ce qu'être aimé pour jouer la comédie, d'un certain point de vue, c'est épanouissant ? La réponse est non, ça ne mène nulle part sur le long terme. Etre une famille, c'est aussi être capable d’accepter que les autres sont différents sur un tas de points de vue de la vie de tous les jours. Oui, ça fait mal de perdre des gens qu'on a connus depuis toujours. Mais est-ce que ça vaut vraiment la peine de souffrir pour les garder ? Et les parents ordures, ceux qui renieraient leur propre enfant au point de le laisser dans le caniveau, sont aussi rares que les trèfles à cinq feuilles. Enfin, je l’espère.
Bon disons que oui, ça existe… mais là n'est pas la question ! Oui, ils vont peut-être avoir du mal à l'accepter parce qu'ils n'ont pas été élevés avec cette vision des choses. Mais le changement fait toujours peur. Je ne dis pas qu'ils vont l'accepter du premier coup. Il leur faudra peut-être un temps plus ou moins long pour digérer ton annonce. Bien sûr, cette acceptation peut prendre plusieurs formes, de comprendre à respecter en passant l'encouragement. Tu n'auras peut-être pas une acceptation totale, ni directement. Ou peut-être que si. Mais ce sont tes parents, et ils essayeront ne fût-ce que de comprendre au début. Peut-être qu'ils feront mal certaines choses. Mais, ils le feront toujours pour ton bien, ou leur vision de "ton bien". D'où l'intérêt de juste parler, d'exposer et surtout d'écouter. En bref, c'est un processus qui peut être long, pas très agréable ou rapide et sympathique. Personne ne peut vraiment s’exprimer sur ce sujet avant de l'avoir fait.

Mais, c'est toujours mieux au final que de ne rien faire. Moi aussi, j’y passerai. Ça fera mal, peut-être, sur le court terme, mais sur le long terme ça fera du bien. Bien sûr, je n'ai aucune idée de ce que c'est que d'annoncer son orientation sexuelle à ses parents. Mais au vu de ce que j'ai dû faire subir aux miens lors de ma fugue… je pense qu’à côté mon homosexualité c’est du pipi de chat. Crois-moi quand je te dis qu'ils ne vont pas te renier et t'envoyer dans le caniveau. Ils seront là pour toi. Souviens-toi juste que c'est aussi compliqué pour eux que pour toi. Peut-être plus pour eux… quand ils veulent aider et n'ont aucune idée de comment faire.
Tout ça pour t’annoncer que je reviens bientôt, j’ai enfin réussi à mettre un peu d’ordre dans ma tête et je suis enfin prête pour… tu sais, tout ce que je n’arrivais pas à affronter au moment de mon départ. La femme n’est vouée au plaisir de l’homme que pour devenir l’aliment épuisable de son regret, et je refuse de jouer à ce petit jeu de la drague hétérosexuelle plus longtemps. Il faut que j’assume haut et fort qui je suis réellement, et je sais, au fond de moi, que tu feras de même. Comme la plus douce des musiques, l’amour n’est capable de donner une complète jouissance que s’il y a une seconde personne pour en apprécier l’existence. Tu es sans aucun doute la seule personne capable de me sortir de tous ces tourments qui sont ma tête qui pense. Depuis toute petite, je prenais des résolutions, que j’imaginais vertueuses. Je m’inquiétais moins d’être qui j’étais, que de devenir qui je prétendais être. Désormais, j’ai compris. Plutôt que de répéter sans cesse à l’enfant que le feu brûle, consentons à le laisser un peu se brûler.

J’ai vraiment hâte de te revoir et j’espère sincèrement que, de ton côté, rien n’a changé.
Je t’embrasse,
Sissi.



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Dark Tranquillity - What Only You Know

Cécile Loess avait délaissé les dossiers sordides d’enfants disparus. Une partie de son travail d’avocate s’était mêlée malgré elle d’une curiosité morbide de lectrice de faits divers, et elle ne cessait de s’étonner (s’émerveiller ?) des horreurs qui pouvaient arriver aux autres. Cet engouement s’était érodé lorsque Clara s’était fait agresser, lorsque le beau visage de sa petite fille chérie était devenu marqué par la douleur et le sang. Elle avait continué quand même, avec plus de réserve, plus de souplesse sur ses horaires aussi, pour rentrer voir plus régulièrement sa petite cachée sous ses bandages. Comme si elle avait peur qu’il lui arrive encore quoi que ce soit.

A cette heure, elle aurait dû se pencher attentivement sur le dossier de son affaire du lendemain. Pourtant elle l’avait laissée à un collègue, sans rien ressentir d’autre qu’un goût amer. Cette fois, la petite fille kidnappée par un ignoble pédophile, c’était peut-être la sienne. L’enfant égorgée par un serial killer qui garderait ses cheveux dans une boîte à trésor, c’était peut-être la sienne. L’adolescente agressée, tabassée et violentée dans un coin de rue obscur, c’était peut-être la sienne. Elle trouvait après toutes ces années un écho violent aux histoires de ses clients, et commençait à se demander si ce n’était pas son attitude voyeuriste écœurante qui avait amené ce châtiment divin sur elle…elle et sa petite chérie.
Elle entendit sonner à la porte. Les yeux alourdis par le chagrin, elle se leva pour aller ouvrir. Ce n’était pas Charles, il avait toujours ses clés et rentrait bien plus tard. Peut-être qu’il s’agissait d’un journaliste désireux de faire un article sur la mystérieuse disparition de sa fille, déjà entourée de nombreuses interrogations depuis les lacérations sur son visage. Peut-être un policier qui allait venir lui demander d’identifier son corps.
Le battant lui dévoila une belle jeune fille, peut-être treize ou quatorze ans. Elle avait un teint pâle diaphane et presque irréel, la peau lisse à la perfection, des traits à mi-chemin entre ceux de l’enfant et de l’adulte, mais harmonieux dans leur caractère inachevé. Elle avait des yeux noisette rieurs, une myriade de taches de rousseur sur le visage sans que cela en devienne disgracieux. Une lourde chevelure fournie cascadait tout du long de son dos, jetant des reflets de feu tout autour d’elle.

— Salut maman, je suis rentrée, sourit Clara.
Cécile fondit en larmes et étreignit la chair de sa chair, sentant sous ses doigts la texture si tangible de ses cheveux. C’était elle, aucun doute possible. C’était sa fille. De retour. Indemne.
— J’ai eu tellement peur, murmura-t-elle. J’ai cru que je ne te reverrais jamais.
Sa fille la serra contre elle comme jamais elle ne l’avait fait. En cet instant, c’était elle qui paraissait la plus responsable des deux.
— Pardon, s’excusa Clara. Je suis désolée, c’était mal de ma part. Je…je suis un monstre.
Quand elle prononça ces mots, tout le bel éclairage d’après-midi sembla se ternir, comme si le soleil avait décidé tout d’un coup d’aller se coucher. Sa mère s’écarta lentement, laissant les mains sur les épaules de sa fille. Une large mèche rousse retombait sur le visage de Clara. Cécile l’écarta avec douceur, mais tressaillit en voyant les immondes griffures qui dévalaient son nez, sa pommette, sa joue, sa mâchoire, son cou, et qui se prolongeaient encore, elle le savait, jusqu’à la clavicule. Elle se rappela toutes les pensées effrayées qu’elle avait eues en regardant son enfant, elle se rappela les regards gênés qu’elle avait pu avoir alors que Clara se laissait ronger par la moindre de ses réactions. Si elle en était venue à se trouver monstrueuse, c’était peut-être parce que quelqu’un d’autre lui avait tacitement instillé l’idée…

— Mais non ma chérie, fit Cécile dans un filet de voix. C’est faux. Je…je ne l’ai jamais pensé ! Je t’aime, tu es ma fille, s’il te plaît, reste…
Clara la poussa sèchement. Une étincelle rouge s’était allumée au fond de ses yeux. Elle ressemblait à un animal sauvage.
— Ce n’est pas ce que tes yeux me disent. Je te fais peur. Je suis repoussante. Tu n’es pas la seule à me regarder comme ça, tu sais. Tu n’as pas été la seule, mais tu as été blessante aussi. C’est précisément parce que tu es ma mère que je ne peux pas te pardonner ça. Désolée, mais je ne reviendrai pas. Je suis mieux comme ça.
Elle tourna les talons aussi sec. Un grand vent souffla dans le hall d’entrée.
— Non ! S’il te plaît ! supplia encore Cécile. Je ferai tout ce que tu voudras ! Je changerai ! Reste ! Reste !
Le vent emporta ses paroles. La dernière chose qu’elle vit fut la chevelure de sa descendance, qui crépitait dans les bourrasques comme une oriflamme. Ensuite, elle se réveilla dans son lit, comme après chaque cauchemar.

La pire des théories, celle qu’elle craignait de savoir vraie, c’était que Clara les avait fuis. Qu’elle avait préféré courir loin d’eux, que quitte à se faire regarder comme une créature immonde, elle avait souhaité que ce regard soit celui d’inconnus. Ou peut-être qu’elle avait voulu ne plus subir ça, et qu’elle avait mis fin à ses jours, quelque part où personne ne la retrouverait jamais. La pire des théories, celle qui sonnait pourtant comme la plus probable.
Cécile s’en voulait de ne jamais avoir su comprendre. De ne jamais avoir vu, derrière les sourires de sa fille, derrière son tempérament explosif, toute la douleur qu’elle renfermait. De s’être arrêtée aux immondes sillons dans sa chair. De les avoir regardés avec effroi. De ne pas avoir osé retourner lui dire bonne nuit quand elle était défigurée par les bandages.
Elle serra Capitaine Carotte contre elle, laissant silencieusement couler ses larmes. Le lapin en peluche ne protesta pas, content peut-être d’avoir trouvé quelqu’un d’autre à réconforter. Combien de fois sa bourre avait-elle épongé les pleurs de Clara, sans que personne n’en sache rien ? Quelles vérités connaissait-il que les parents n’avaient jamais comprises ? Aujourd’hui, l’enfant était partie, et laissait derrière elle cette simple relique, chargée de tant de sens et d’émotions.
Cécile n’avait jamais remarqué jusqu’à la disparition de Clara, mais Capitaine Carotte avait changé depuis ces derniers temps. Il avait sur la joue droite trois griffures dessinées au marqueur. Sans doute Clara avait-elle voulu que son meilleur confident puisse la comprendre au mieux. Ou peut-être que le seul moyen qu’elle avait eu d’extérioriser sa douleur avait été de la faire ressentir à cette peluche.
Pourquoi n’avait-elle pas été capable de comprendre son enfant ?


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Abo Takeshi - Believe Me (Steins;Gate 0)

La toute première demeure Stern, qui ornait l’une des moindres ruelles au cœur d’un des sales quartiers de Paris, n’est pas un endroit chic. L’air, chargé de mille odeurs de provenances relativement inconnues, y connaît trop rarement les rayons purifiants du soleil ; et doit disputer la place aux âcres fumées d’innombrables cigares et cigarettes bon marché collés aux lèvres grossières d’innombrables animaux humains qui hantent ces lieux jour et nuit. Mais la ferveur de ce quartier populaire reste intacte et à cela il y a une raison évidente pour qui prendrait la peine d’analyser les puanteurs mêlées qui dominent ici.

Par-dessus et au-delà des fumées de l’étouffoir nauséeux, monte un arôme autrefois familier à travers tout le pays, mais à présent heureusement exilé dans les bas quartiers de la vie par l’édit d’un gouvernement bienfaisant – l’arôme du fort, du détestable whisky – précieux fruit défendu pour les enfants, mais auquel les adultes s’y laissaient tenter plus souvent qu’à leur tour. La maisonnette "familiale" disposait d’un minuscule jardin, uniquement occupé par les ombres et les araignées. Sans toboggan et avec l’herbe jonchée de débris de verre, Ulrich ne portait que peu d’intérêt à cette partie de leur propriété. Le muret d’un mètre cinquante qui entourait le modeste gazon était mal en point, et il ne restait du portail que ses gonds rouillés, à l’extérieur côté terrain vague quadrillé par les ruelles, ne se trouvait qu’une jungle d’orties et autres mauvaises herbes presque aussi grandes que l’enceinte. Certains hommes avaient l’air de fumer leur dernier joint dans cette déchetterie, là où il semblait improbable que des êtres humains puissent dormir mais pourtant c’était le cas.

Un ciel à la limite de la pureté. Des couleurs tranchées. On pourrait s’y tromper. Croire qu’une belle journée vous attend. Pour certains, ce sera une réalité. Pour d’autres, une cruelle désillusion, dès que les premières gouttes se mettront à tomber. Ces jours-là, qui furent jours de printemps pluvieux mais pas trop malheureux, ennuyeux néanmoins en attendant la fin de la pluie, Karl Stern scrutait les titres de la première page pestant inlassablement des remarques telles que « l’industrie nucléaire, c’est quand même la seule au monde qui se dit que les problèmes se résoudront plus tard ! », tandis que son petit garçon s’ennuyait ferme. Il en avait marre de cette vie, mais il tenait bon, car premièrement, il n’avait pas le choix, et deuxièmement, il savait que son père était sur un gros coup. Le genre de coup qui pouvait changer la vie d’une famille, meilleure maison, des loisirs ne fût-ce que le foot comme tous les autres camarades du quartier, un chat, un chien, entre autres lubies que son père lui faisait miroiter, du moment qu’il ramenait les meilleures notes à l’école. Pas seulement de bonnes notes non, il fallait être le premier de la classe, tout le temps, à n’importe quel test. Il lui fallait courir des heures durant avec l’ensemble des cahiers de cours dans son sac à dos, cela lui permettait de « connaître le poids » de tout ce que ses parents daignaient acheter pour sa réussite. Et, à vrai dire, il ne se débrouillait pas trop mal, au sprint comme à l’école. Si l’on écartait cette prétentieuse de Chloé Istase, il était souvent au sommet du classement et en était même plutôt fier, dans les premiers temps.
Mais très vite, il avait remarqué que cela ne suffisait pas. Quoiqu’il puisse faire, peu importe ses efforts, cela ne suffisait jamais… Il fallait toujours plus, sans compter qu’il réalisa rapidement que cette quête n’était pas la sienne, qu’il vivait pour les autres… le but ultime étant de réussir là où ses parents avaient échoué pour « ne pas finir dans la même merde qu’eux ». Et il en avait assez de toutes ces promesses qui s’évaporaient au gré des humeurs changeantes de ses vieux. « Travaille pour gagner ton pain » répétait sans cesse la matriarche. Moins terre-à-terre que la mère, Karl lui disait souvent que l’intellect pur visait à la vérité tandis que le goût nous montrait la beauté et que le sens moral nous enseignait le devoir. Encore « trop jeune », Ulrich n’était malheureusement pas capable de comprendre la portée de tous ces mots, encore aurait-il fallu qu’il soit en mesure de les assimiler totalement un jour. Pour lui, le désir d’apprendre c’était un peu comme la copine idéale… un rêve après lequel on court mais qu’on ne trouve pas toujours.

Alors qu’il était perdu dans ses pensées, Ulrich perçut un mouvement inhabituel dans la pièce. Il ferma alors la fenêtre, courut dans la chambre, sauta sur les chaises et la table, les mains tendues vers le plafond. Karl comprit bien vite qu'il ne se démenait si fort que pour atteindre un oiselet minuscule qui, les ailes frémissantes, semblait terrifié, blotti contre une poutre dans un recoin du plafond. Ulrich allait se saisir de lui, lorsque Karl, parlant vivement, lui dit d’une voix peu avenante :
— Pourquoi sautes-tu ainsi ?
— Pour l’attraper, répondit Ulrich, le mettre en cage, lui donner des graines et le faire chanter pour moi.
Il savait, il sentait qu’il n’aurait pas dû répondre cela. Néanmoins, Ulrich accordait beaucoup de valeur à la franchise, et il ne mentait jamais. Cependant l'oiseau, criant d'angoisse, voletait dans la chambre en heurtant de la tête les carreaux fissurés de la fenêtre. Ulrich ne cessait de sauter, Karl lui mit pesamment la main sur l'épaule :
— Prends-le, ordonna-t-il, mets-le en cage, fais-le chanter pour toi, mais, moi aussi, je te mettrai dans une cage fermée de bons barreaux de fer et je te ferai aussi chanter. Toi qui aimes tant courir au lieu d’étudier, tu ne le pourras plus. Tu seras à l'ombre quand tu auras froid, au soleil quand tu auras chaud. Puis, un dimanche, nous sortirons, ta mère et moi, ayant oublié de te donner de la nourriture et nous ne reviendrons que le jeudi… Au retour, nous trouverons notre fiston mort de faim et tout raide, comme ce que tu t’apprêtes à faire subir à cette pauvre créature. Après, parfois, la fin justifie les moyens, et ce n’est qu’à travers la douleur qu’il peut y avoir du réel changement chez un être.

Des larmes roulant sur les joues et après une longue paralysie, Ulrich se remit en mouvement :
— Que fais-tu ? demanda Karl.
— J'ouvre la fenêtre à l'oiseau, répondit le petit garçon.
En effet, l'oiseau, qui était une resplendissante mésange, sortit par la fenêtre, jeta un cri joyeux, monta comme une flèche dans l'air, puis s'allant placer sur un lampadaire voisin, se lissa les ailes, du bec, se secoua le plumage et adressant à Ulrich, sans doute en sa langue d'oiseau, mille injures. Karl lui dit alors:
— Fils, n'ôte jamais à aucun homme ni bête sa liberté, qui est le plus grand bien de ce monde. Laisse chacun aller au soleil quand il a froid, à l'ombre quand il a chaud. Sinon tu finiras dans une cage de servitude pour le restant de tes jours. Et personne ne mérite cela. Absolument personne.



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Two Doors Cinema Club - Changing of the Seasons

Ses pieds se balançaient lourdement dans le vide. Tout était blanc autour de lui, mais le plus frappant était encore le silence. Le silence, enfin. Après ces semaines survoltées, cette tension étouffante, ces murmures, il avait enfin droit au repos. C’était le mot. Il était enfin en paix, sourd à sa conscience scandalisée qui lui énumérait les bassesses dont il avait été capable pour en arriver là. La tranquillité, au prix de celle des autres.
Odd renversa la tête en arrière, inspira l’air glacial. Toutes ces sensations, il avait fini par les oublier, alors qu’il n’y avait rien de plus réel. Et c’était ça qu’il avait mis trop longtemps à comprendre. Le virtuel ne pourrait jamais, ne devait jamais supplanter la réalité, aussi mordante soit-elle. Ludwig Belpois avait tort. C’était peut-être comprendre ça, passer à l’âge adulte. Renoncer aux histoires hors du commun, renoncer aux rêves et aux cauchemars qui rongeaient la réalité. Le monde là-dehors était tellement plus vaste que Xanadu.

Il continua à s’élever, complètement détendu, mais pas oublieux de ce qu’il avait traversé. Il avait vécu l’enfer pour cette machine, et il restait celui qui s’en sortait le mieux. Incroyable, hein ? Il n’aurait jamais cru ça au début.
Il pensa à Clara, avalée par sa furie meurtrière. Il pensa à Jérémie, disparu à jamais dans le ventre de l’ordinateur. Il pensa à Yumi, écroulée au milieu des ruines après avoir accepté de tuer son meilleur ami. De le laisser enfermé là-dedans, pour toujours. Quelque part, Belpois devait avoir aimé ça. Ou bien était-ce ce qu’il essayait de se dire pour alléger sa conscience ? Il avait menti, il les avait trahis, il avait condamné Yumi à une éternité de remords.
Il pensa finalement à Ulrich, son tortionnaire attitré, et à Jeanne, sa grande confidente. Il n’avait jamais revu ni l’un ni l’autre. Jeanne ne lui répondait plus. Ulrich…eh bien, il était enseveli au cœur de Xanadu, avec Jérémie et son père. Tout ça de sa faute, bien sûr, mais il n’avait pas eu le choix.
Odd souleva son masque pour essuyer la petite perle d’eau sur sa joue. C’était encore trop frais. Il le remit en place tant bien que mal, et remonta l’étoffe violette sur son nez. Son visage restait à l’abri, ici, des éléments comme du regard extérieur. Maintenant, il avait juste un foulard autour du cou, et pas un nœud coulant d’angoisses.
— Pourquoi tout ça, Jérémie ? demanda-t-il pour lui-même.
C’était légitime. Finalement, tous ces efforts pour maintenir le Supercalculateur en vie avaient été d’une effroyable vacuité. Sa souffrance avait été vaine. Celle de Yumi, de Clara, d’Ulrich, de Jeanne... et même de Jérémie lui-même. Odd se refusait à croire que le petit génie n’avait pas eu tout ça sur la conscience. Peut-être qu’il était naïf de chercher à lui pardonner. Peut-être qu’il était trop gentil d’essayer de comprendre les motivations de celui qui l’avait martyrisé. De compatir à ce que son tortionnaire avait pu endurer, alors que lui s’était montré si froid. Peut-être, pire encore, que cela signifiait qu’il le comprenait mieux parce qu’il lui ressemblait désormais bien trop. Mais peut-être aussi était-ce bon signe, de voir qu’il restait un germe de bonté en lui qui avait essuyé tant de sévices. Xanadu et ses cauchemars n’avaient pas brisé cela. Alors l’espoir était permis.
Odd eut un sourire, ici, en plein cœur de l’hiver.

Il s’imagina la forme translucide d’un adolescent blond à lunettes assis à côté de lui, regardant le lointain avec un air triste. Son parfait miroir : là où lui était joyeux mais rongé par la tristesse, l’autre était mélancolique avec un bourgeon de joie au coin des lèvres. Il l’avait assez connu pour savoir que Jérémie aurait sûrement aimé l’hiver. Peut-être pas l’hiver tel qu’Odd le concevait, plein de sensations fortes, de snowboard, de batailles de boules de neige et de bonhommes de neige bigarrés, mais l’hiver dans sa splendeur austère et silencieuse. Peut-être qu’ils s’y retrouvaient plus qu’il n’aurait cru.
« Ne rêve pas, Della Robbia. Je n’ai rien à voir avec toi. » aurait dit Jérémie.
Le télésiège s’arrêta, au milieu de nulle part. Odd ne savait pas si avoir davantage de temps pour ressasser l’arrangeait. Après tout, ses parents l’avaient emmené ici pour qu’il se détende, parce qu’il avait subi un gros choc suite aux disparitions inexpliquées de ses amis. S’ils savaient.
Non. Ils ne devaient jamais savoir. Odd avait pris la résolution de ne jamais rompre ce pacte sacré qui entourait l’usine et le Supercalculateur. Cela pouvait paraître bizarre, puisqu’il était celui qui avait le plus souffert de ce secret, celui à qui le fardeau avait le plus ankylosé l’existence. Mais il avait choisi de se taire. Parce que maintenant que la boîte de Pandore était refermée, personne ne devait plus jamais la rouvrir. D’autres qu’Odd pouvaient encore succomber aux démons de Xanadu, et il ne souhaitait cela à personne. Il espérait que Yumi aurait la présence d’esprit de laisser Jérémie là où il était. C’était sa plus grande crainte. Peut-être qu’elle craquerait et qu’elle tenterait de le sauver, comme le petit garçon avait voulu le faire. Mais elle avait été témoin de son erreur. Peut-être qu’elle saurait en tirer les leçons. Evidemment, il était impensable qu’il aille lui expliquer lui-même. Elle le tuerait, avec ou sans ses pouvoirs. Maintenant qu’elle l’avait fait une fois, elle pouvait le faire une seconde fois. Le verrou avait sauté. Et Odd ne voulait pas être le prochain à en pâtir.

Le banc volant se remit en mouvement, et le blizzard vint secouer impitoyablement les cheveux d’Odd, laissés en vrac sur ses épaules. Ça lui changeait. Il avait envie d’essayer de nouvelles choses, et surtout, avoir l’impression de laisser derrière lui cette période infâme. Pas vraiment un changement de peau, mais peut-être quelque chose de moins radical. Une chrysalide, dans laquelle il finirait d’encaisser la tragédie, tout seul. Et ensuite ? Il voulait croire que la suite de son histoire était écrite au futur. Tout comme Jérémie avait cru que la sienne s’enracinait dans le passé.
« Le Supercalculateur est l’avenir » aurait-il sûrement dit.
Mais Odd savait où résidait la différence. Lui était disposé à embrasser ce que l’avenir lui enverrait, parce que ce ne serait jamais pire que Xanadu. A l’inverse, Jérémie avait fait l’erreur de croire que l’usine et ses secrets étaient la meilleure chose qui lui soit arrivée, et s’y était maladivement accroché jusqu’à la fin.
Peut-être était-il plus heureux ainsi. Et peut-être qu’Odd était complètement inconscient. Oui, mais Odd était libre, lui. Il avait beau ne rien voir de ce qui l’attendait (littéralement au vu des conditions météo), il se sentait parfaitement serein.
Il descendit lestement du télésiège et se laissa glisser jusqu’au début de la piste, son snowboard au pied. Il était temps de mettre en pratique ses bonnes résolutions.
  Sujet: [Fanfic] Oblitération [Terminée]  
Ikorih

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 11 Sep 2018 18:48   Sujet: [Fanfic] Oblitération [Terminée]
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Chapitre 14
Lève-toi et meurs


Yuki Kajiura - Canta Per Me (Noir)

Yumi arrivait enfin en vue de la tour. Son halo bleu marine soutenu n’avait rien de rassurant. D’ordinaire, ils étaient les seuls à pouvoir les activer… Elle pensa à Jérémie, derrière son écran, et se demanda comment il gérait la nouvelle.
Son regard nota une forme sombre, accroupie sur un rocher à flanc de montagne, qui paraissait à deux doigts de lui sauter dessus. L’éventail partit sans qu’elle se pose de question. La créature esquiva d’un bond ample, et alors que Yumi se préparait à exécuter une seconde attaque, elle protesta :
— Eh ! T’as grillé un boulon ou quoi ? C’est moi !
— Clara ? Mais…
La japonaise ne parvenait pas à assimiler que cet aspect monstrueux puisse appartenir à une humaine. Clara aurait beau faire, elle ne la convaincrait pas que cet avatar déformé pouvait être associé à quelque chose de positif.
— Quoi ? T’aimes pas ce que tu vois ? Désolée, j’essaierai d’avoir un air un peu plus joli la prochaine fois, grogna Clara avec hostilité. Ta reconnaissance me va droit au cœur.
— Qui me dit que tu n’es pas venue te venger de nous ? Je ne me rappelle pas t’avoir vue te préoccuper du destin du monde ! Je ne te fais pas confiance, j’espère que c’est clair.
Clara garda le silence, sa tête dodelina. Elle se murmura quelque chose à elle-même, un vague rire lui échappa, puis elle acquiesça :
— C’est vrai. Je ne vois pas pourquoi je me donne du mal pour vous, quand on voit la façon que vous avez de me récompenser. Merci de m’avoir ouvert les yeux, Yumi. En fait, le monde peut crever, et vous aussi.
Yumi raffermit sa prise sur ses éventails, et comprit l’erreur qu’elle venait de commettre. Trop tard pour que ce soit possible de la réparer, évidemment. Il émanait désormais de la rouquine une hostilité qu’elle n’avait pas perçue auparavant. La meilleure amie de Jérémie recula d’un pas, sans même remarquer que la montagne s’était couverte d’arbres et de vert sombre.
— Tu es complètement folle. Regarde-toi. Même Xanadu l’a senti.
Clara, dans sa position quadrupède habituelle, leva les yeux vers Yumi. Quelques rayons de lumière filtrèrent au-delà des ténèbres sous sa capuche, révélant un visage qui tendait dangereusement vers le bestial. Yumi en venait à ressentir de la pitié pour cette pauvre âme corrodée par elle-même. Mais elle avait beau la plaindre, Clara essayait désormais de les empêcher de sauver le monde.

— Allez, dédouanez-vous, gronda Clara. Essayez d’oublier votre part de responsabilité. Vous faites ça si bien, n’est-ce pas ? Quand Xanadu tue des gens, ce n’est pas votre faute, les survivants ont même eu la chance que vous soyez là. Quand je me fais mutiler, ce n’est pas votre faute, j’aurais dû faire attention en allant sur Xanadu. Quand Odd perd les pédales, ce n’est pas votre faute, il n’avait qu’à encaisser mieux que ça. Peut-être qu’il serait temps de vous rendre compte que si le monde va disparaître, c’est de votre faute !
Elle tira son cimeterre du fourreau dorsal, rivant son regard rouge droit dans les yeux de son adversaire. Yumi leva une main, et ôta l’épingle qui retenait son chignon. Ses cheveux noirs vinrent lui voiler la vue, créant une barrière supplémentaire entre elle et Clara. Elle ne se laisserait pas atteindre. Jamais. Elle faisait partie des Kids depuis trop longtemps pour ignorer que la foi est le plus puissant des moteurs. Si elle croyait, si elle se battait pour ce qu’elle défendait depuis le début, alors elle ne pourrait pas être vaincue.
Son éventail fendit l’air, mais Clara n’était pas restée pour l’attendre. Elle avait disparu dans les branches avec un rire mauvais, consciente de l’avantage que lui procurait le terrain. Yumi récupéra son arme et resta aux aguets, attendant le moindre bruit, le moindre bruissement qui pourrait trahir une attaque surprise.

Là, à gauche !
Elle se concentra, et une branche s’effondra. Clara heurta le sol avec un feulement contrarié, et dévia l’éventail qui lui était destiné avec la lame de son cimeterre. Elle effectua une pirouette pour se remettre debout, mais sa silhouette restait voûtée, et la prise sur le manche de son arme avait quelque chose de bizarre. Comme si elle avait oublié comment la tenir.
— Clara, c’est ridicule. Tu ne peux même plus marcher correctement, fit simplement remarquer Yumi.
— Qu’est-ce que ça peut te faire, hypocrite ? rétorqua Clara en bondissant jusqu’à elle.
Yumi ploya pour éviter la lame rouillée, roula vers l’arrière, se jeta sur un côté puis sur l’autre, guettant l’ouverture. Elle n’était pas douée en combat au corps à corps, et Clara le savait parfaitement. Alors qu’elle se relevait et allait lui opposer le tranchant de son éventail, la japonaise fut surprise par un coup de griffe de la main gauche de Clara. Quelques pixels volèrent, et Yumi enchaîna encore les esquives acrobatiques. Les coups de cimeterre fusaient, l’œil visible de Clara semblait rougeoyer davantage à chaque fois qu’elle ratait une attaque. Subitement, la japonaise lui donna un coup de pied dans le poignet, et sa prise fragile laissa échapper le cimeterre. Yumi parvint à le saisir et à s’éloigner de la mêlée, le souffle court.
Elle réalisa enfin que la forêt avait disparu. Elle était debout dans une salle de l’usine, une vieille chaîne de montage à l’abandon. La mousse s’était changée en rouille, les arbres en piliers de métal, les racines en câbles anarchiques. Les machines agglomérées autour du tapis roulant étaient éteintes, leurs bras mécaniques tristement abaissés. Le silence régnait.
L’éventail entre les doigts de Yumi était flou, difficilement tangible, comme vaporeux. Elle baissa les yeux sur sa tenue de geisha, qui laissait apparaître par-dessous sa tenue du jour. Que se passait-il ?

La douleur explosa dans son dos. Par réflexe, elle mit un coup de ce cimeterre intangible qu’elle avait volé, mais la forme noire de Clara était déjà hors de portée. Elle, en revanche, ne paraissait pas avoir changé. Toujours cette posture voûtée, animale, et ces griffes. Toujours ce pull à capuche noir et ce bermuda déchiré. Toujours les ténèbres sous la capuche, et cette marque d’infamie gravée sur sa joue. Depuis qu’elle avait vu son avatar pour la dernière fois, une sorte de fumée noire était apparue autour, lui donnant un aspect fantomatique, comme si c’était un quelconque croque-mitaine.
Au fond, c’était un peu ça. Clara était leur croque-mitaine.
Yumi avait l’impression de perdre le fil. N’étaient-elles pas sur Xanadu ? Si, leurs tenues en témoignaient. Alors pourquoi le cadre de l’usine ? Et pourquoi discernait-elle son propre sang à ses pieds ?
— Intéressant. On dirait que Xanadu peut infliger des blessures réelles. Quelle surprise ! lança Clara avec sarcasme. Vous n’étiez pas au courant de cette mécanique je suppose ?
— C’est…c’est impossible, murmura Yumi, le regard rivé sur ce liquide rouge qui tachait le sol.
Sans réfléchir, elle rangea l’éventail qui occupait sa main gauche et palpa à tâtons son dos. Elle y sentit des sillons humides et en souffrance, et sa main était souillée de sang lorsqu’elle la ramena à elle.
— On dirait que c’est le destin, sourit Clara. Tu penses que tu vas finir comme moi ? Que cette cicatrice va te détruire le dos à jamais ?
Elle marcha jusqu’à sa cible, qui était toujours sous le choc, et lui effleura le visage d’une main griffue. Son contact était froid, mais presque douloureux, comme un spectre de Xanadu.
— Imagine Sissi passer ses doigts sur ta peau, et ne sentir que ces crevasses ignobles…imagine son regard dégoûté et interloqué à la fois…
— Tais-toi ! cria Yumi, qui tenta à nouveau de l’atteindre avec l’arme qu’elle lui avait prise.

Une fois encore, Clara avait sauté en arrière, bien trop loin pour le fil de la lame. Elle avait conservé sa détente exceptionnelle. Yumi avait envie de vomir. L’image que lui avait soufflée Clara se chevillait chaque seconde davantage à son imagination. Comment pouvait-elle être au courant ? Sissi était convaincue qu’elle l’espionnait…était-il possible que la rousse ait assisté à leur baiser ? Se figurer cet instant magique souillé par son ennemie lui était insupportable. Sa télékinésie arracha un des bras mécaniques pour le projeter sur Clara, qui sauta encore pour l’éviter avec une agilité déconcertante.
— Si prévisible, Yumi !
Un bond, un bond, encore un autre, et Yumi ne savait plus où donner de la tête. Elle lança précipitamment son éventail, qui ricocha malencontreusement sur un tuyau qu’elle n’avait pas repéré, et Clara lui tomba dessus. Elle lui saisit le poignet, le tordit pour la déposséder du cimeterre qu’elle remit dans son fourreau, et la plaqua au sol, coinçant l’autre bras avec son genou.
— Allez, du calme, on a tout notre temps après tout, sourit encore la rousse.
— Lâche-moi ! protesta vainement Yumi.
— Vu la position où on est ? Ne fais pas semblant, tu aimes ça. Tu sais, ça m’a étonnée d’apprendre que tu préférais les filles, lança Clara sur le ton de la conversation. J’ai toujours pensé que tu avais le béguin pour Jérémie, que les petits intellos timides avec des lunettes c’était ton truc. Pour que tu te laisses mener à la baguette comme ça, ça devait te plaire de te faire dominer. Mais en fait, tu aurais préféré que ce soit Sissi…

Yumi rua pour essayer de se dégager, mais ne parvint à rien. Elle tenta de mobiliser son pouvoir de télékinésie, mais ce furent ses pensées qui volèrent dans tous les sens, et non des objets. Sissi s’imposait à son esprit, et le malaise de voir Clara creuser dans ses pensées les plus secrètes la rongeait.
— Ne fais pas cette tête, tu n’es pas à blâmer. Sissi a de quoi déchaîner les fantasmes, et pas que les tiens. Essaie d’imaginer le nombre de garçons de Kadic qui ont eu les mêmes idées que toi, fit Clara avec l’ombre d’un sourire démoniaque. Connaissant Ulrich, il aurait bien eu envie de se la faire aussi…
— Tu es un monstre, cracha la japonaise.
— T’es qui pour dire ça ? répliqua Clara d’un ton froid. Qui t’a donné le droit de me juger, pauvre déchet ? Tu protèges Jérémie Belpois, un gosse qui en a torturé un autre de sang-froid. Tu craques sur Sissi, qui n’hésiterait pas à détruire la vie de quiconque ne lui revient pas. Est-ce que tu sais vraiment ce qu’est un monstre, ou est-ce que tu te laisses leurrer par mon avatar ?
Clara se pencha un peu plus vers elle, ses mèches rousses touchant presque la peau de Yumi.
— Je vais te faire une confidence : j’étais prête à vous aider à sauver le monde. Puis tu as eu la bonté de me rappeler ce que vous valiez, ce que le monde allait valoir. Vous avez été les premiers à me regarder avec dégoût, mais vous n’avez pas été les seuls. Et ce n’est pas vous que la société traitera de monstres, c’est moi. Tu ne crois pas qu’il y a une erreur quelque part ?
— Oh ça y est, la société maintenant ? Tu fais ta crise d’ado, c’est ça ? rétorqua Yumi.
Le ton se voulait tranchant, la voix sortit hachée. Elle ne pouvait s’empêcher d’avoir peur de la créature qui la maintenait au sol, et dont les mots semaient tant de trouble. Clara ne se mit pas en colère, sans doute tranquillisée par la sensation de supériorité qu’elle éprouvait. Dans l’état actuel des choses, Yumi ne pouvait rien lui faire. Elle ne parvenait pas à se concentrer assez sur sa télékinésie, et n’avait pas la force pour se dépêtrer d’elle.
— Bien sûr, tu ne comprends pas. Tu n’as pas vécu ce que j’ai vécu, après tout. Ressortir du scanner le visage en sang, défigurée, voir ton petit ami reculer avec un air dégoûté, comprendre que l’on inspirera plus que la répugnance. Devoir cacher la vérité à ses parents, parce que le Secret prime. Tu as idée du fossé que ça a créé entre eux et moi ? Non, bien sûr, tout va si bien dans ta famille que vous pouvez vous permettre d’héberger les épaves comme Jérémie. Et finalement, devoir se faire à l’idée que les responsables de tout ça ne seront pas punis ?


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Il était tard. Assez pour qu’il soit l’heure d’envoyer les enfants au lit. La lumière du salon filtrait doucement sous la porte de la cage d’escalier. Une petite silhouette rousse en pyjama était assise contre le mur, parfaitement silencieuse. Des pansements recouvraient la moitié de son visage, lui donnant l’air d’une momie échappée d’un film d’horreur. Ses longs cheveux roux l’enveloppaient comme le manteau du petit chaperon rouge.
— Qu’est-ce qu’on doit faire à ton avis ? Elle n’a pas dit un mot sur ce qui s’est passé…on devrait appeler l’école, fit une voix féminine.
— Je l’ai déjà fait, ils ne savent rien. Elle n’avait pas l’air d’avoir d’ennemis…
— Notre fille s’est fait agresser, Charles, comment est-ce qu’ils peuvent ne rien savoir ? Où veux-tu que ça lui soit arrivé ?!

Bien sûr. Une mère avocat et un père auto-entrepreneur, rentrant tous deux à huit heures du soir, ne pouvaient pas soupçonner que leur fille faisait des heures supplémentaires après les cours. Ils n’avaient aucune idée des noms ou des visages de ses amis. Ils étaient si loin du secret, et pourtant, ils venaient de découvrir l’existence de ce kyste mystérieux.
— Le psychologue de l’hôpital a suggéré que peut-être…peut-être qu’elle s’était fait ça toute seule. On l’a retrouvée à la maison, le…le sang avait déjà eu le temps de sécher sur son visage, souviens toi, répondit son père d’une voix tremblante.
— Elle était en état de choc ! s’indigna son épouse. C’est évident qu’elle n’a pas pu se faire ça toute seule, il faut qu’on aille trouver la police, qu’on porte plainte, qu’on…
Un silence. Peut-être qu’ils étaient en train de s’enlacer à l’heure actuelle, incapables d’en dire plus sous l’effet du chagrin.
— On trouvera ce qui lui est arrivé, je te le promets, reprit Charles d’une voix plus douce. Mais dans l’immédiat, le plus important, c’est de s’assurer qu’elle aille bien. Je pense que Clara a besoin de voir un psychologue.
Derrière le mur, la fillette en avait assez entendu. Elle se leva sans un bruit, retourna dans sa chambre. Alors elle était folle ? Elle avait besoin d’aller chez un psychologue ? Elle se mutilait ? Comment ses propres parents pouvaient-ils ne rien voir à ce point ? Ce n’était pas elle qui allait mal !
Elle referma la porte, marcha jusqu’au lit qu’elle était supposée occuper. Elle chercha à tâtons jusqu’à trouver Capitaine Carotte. Le lapin en peluche, malgré sa couleur orangée très criarde, avait toujours été un compagnon très doux, et très efficace pour aider à s’endormir. Mais au travers des bandages de sa joue, elle ne le sentait plus.

Quelques minutes plus tard, elle entendit sa mère monter. Avait-elle fait un bruit suspect en décampant ? La lumière dans le couloir, le bruit de pas qui s’arrête devant le battant. Le silence de nouveau. A moitié enfouie sous ses couvertures, Clara retenait son souffle. Nouveau bruit de pas.
— Qu’est-ce qu’il y a ? murmura la voix de son père.
— Je…je n’y arrive pas. Je sais que je devrais aller lui dire bonne nuit, mais je ne peux pas ouvrir cette porte et la voir dans cet état.
— Ce n’est pas grave Cécile, je vais le faire.
Alors que sa mère fuyait vers sa chambre, un mince rai de lumière signala l’ouverture de la porte du couloir. Clara fit mine d’avoir été réveillée à l’instant, la tête pleine de toutes les phrases des adultes qu’elle avait épiés.
— Bonne nuit Clara, sourit la silhouette de son père. Fais de beaux rêves.
— C’est maman qui dit bonne nuit, d’habitude, fit remarquer Clara.
— Elle est fatiguée aujourd’hui, elle a eu une grosse journée, mentit Charles avec aplomb.
Clara serra Capitaine Carotte dans ses bras. Juste avant qu’il ne referme la porte, elle demanda :
— C’est parce que je lui fais peur, c’est ça ? Je suis un monstre ?
Charles s’interrompit, puis marcha jusqu’au lit de sa fille pour lui caresser les cheveux.
— Mais non. Tu n’es pas un monstre, tu es notre petite fille, on t’aime. Maman n’a pas peur de toi, elle se fait juste du souci. Mais tout s’arrangera, je te le promets.
Charles l’ignorait encore, mais il avait menti.



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Clara posa sa main sur la joue de Yumi avec douceur, considérant ce visage si parfait, si pâle, avec des traits si fins et des yeux si noirs.
— Dis-moi Yumi, est-ce que tu peux imaginer ?
Yumi allait ouvrir la bouche pour répondre, mais Clara secoua la tête.
— Non, tu ne peux pas. Ce n’est pas grave, je vais t’y aider.
Le hurlement de la japonaise déchira la salle froide de l’usine, sans tomber dans l’oreille de personne susceptible de l’aider. Concentrée, Clara lui laboura lentement la joue, laissant perler le sang dans son sillage. Ses griffes descendirent jusqu’à son cou, qu’elles fendirent de la même façon jusqu’à la clavicule. C’était froid. C’était brûlant. C’était comme de l’acide venant lui ouvrir la chair. Elle hurla jusqu’à ce que ses poumons soient vides, et sentit les larmes de souffrance monter. Clara les essuya délicatement, et reprit d’un ton compatissant :
— Je sais. Mais on se comprend maintenant. Tu verras ce que c’est, d’être moi. C’était sans doute le dernier contact que subira ta joue, si ça peut te consoler. Même Sissi n’y posera plus les doigts.
Clara fut subitement projetée en arrière, alors que les divers machines présentes étaient broyées par une poigne invisible. Yumi se releva, dégoulinante de sang, et le regard haineux. Un rire satisfait sortit de sous la capuche de Clara.
— Oui ! Enfin tu me comprends ! Enfin tu sais ce que ça fait ! Si seulement j’avais su…j’aurais fait ça tellement plus tôt…
A quatre pattes, sa tête retomba brusquement sur sa poitrine, le regard fixé vers le sol. Sa respiration était hasardeuse, entrecoupée de tremblements nerveux.
— Enfin vous allez me comprendre…
L’éventail de Yumi lui ouvrit l’épaule. La giclée de sang et la douleur semblèrent lui faire reprendre conscience, et elle dégaina son cimeterre une fois de plus. La lumière semblait se tarir dans l’usine, magnifiant l’éclat rouge de ses cicatrices et de son seul œil visible.

— Oh. Je vois, tu veux me tuer. Tu es sûre de vouloir faire ça ? Je sais ce que ça fait de traverser une épreuve que personne ne peut comprendre. Tu veux affronter le monde toute seule ? Alors viens ! Essaie de me tuer, pour voir ! Comme ça tu saisiras pleinement tout ce que j’ai enduré ! La solitude, les pulsions meurtrières envers la personne responsable ! J’espère que tu es prête à assumer les conséquences, parce que tu sortiras changée à jamais de tout ça, Yumi. Devenir une tueuse, c’est lourd à porter.
Yumi la foudroya du regard. Elle serra le poing, et Clara se sentit soulevée du sol, sans plus pouvoir bouger. Elle fut forcée d’ouvrir les doigts, et son cimeterre tomba au sol. La japonaise marcha jusqu’à l’arme, la ramassa, et fixa son adversaire réduite à l’impuissance.
— J’ai déjà porté le poids du secret. Je pourrai porter celui-là en plus, déclara-t-elle froidement.
Et alors que sa joue pleurait du sang, elle passa le cimeterre en travers du corps de Clara. Cette dernière toussa une unique fois, crachant une giclée d’hémoglobine. Yumi relâcha son pouvoir, et elle s’écroula au sol. Son avatar commençait doucement à s’effacer, laissant place à son corps agonisant. Sous la capuche, Yumi vit un sourire, et une larme.
— Merci.
Ce fut le dernier mot de Clara Loess. Son cimeterre s’évapora. L’éventail de Yumi s’évapora. L’avatar de Yumi s’évapora. Il n’y avait plus que deux adolescentes, une flaque de sang, et l’usine. Yumi venait de tuer quelqu’un pour de bon. Peut-être était-ce cela qui l’avait déconnectée de Xanadu.
Le meurtre n’existait pas dans un monde d’enfant, n’est-ce pas ?


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Antony and the Johnsons - Knocking on Heaven's door

Jérémie me paraît être de ces sortes d’esprits supérieurs qui trouvent dans l’opposition leur assurance. Il ne supporte pas que quiconque puisse prendre l’ascendant sur lui et, plutôt que de céder devant l’influence extérieure, il regimbe. Mais aujourd’hui, c’est sans doute à moi de mettre fin à tout ça. Si je ne me jette pas à l’eau, qui le fera ? C’est ce que je me suis répété au moment d’approcher le Supercalculateur, j’ai dû me fermer à la réalité pour parvenir au plus près de cette machine de malheur. Cet état de semi-transe est de plus en plus facile à acquérir pour moi, entraînement oblige. J’accepte tous les matins de demeurer, une heure durant, dans cet état de demi-sommeil où les images qui se proposent à nous échappent au contrôle de notre raison. Elles se groupent et s’associent, non plus selon la logique ordinaire, mais selon des infinités imprévues ; surtout, elles répondent à une mystérieuse exigence intérieure, celle même qu’il m’importe de découvrir ; et ces divagations d’un enfant m’instruisent bien plus que ne saurait le faire la plus intelligente analyse du plus conscient des sujets. Bien des choses échappent à la raison, et celui qui, pour comprendre la vie, y applique seulement la raison, est semblable à quelqu’un qui prétendrait saisir une flamme avec des pincettes. Il n’a plus devant lui qu’un morceau de bois charbonneux, qui cesse aussitôt de flamber. Cette sensibilité, doublée de cet inconscient, ils sont là pour nous servir, à condition de s'autoriser à les écouter, quoi qu'ils aient à nous dire.
Et maintenant, que j’ai suivi mon instinct, qui me hurlait de détruire l’origine du mal plutôt que de le fuir, je me suis laissé prendre au piège. De cette usine. De ces ombres. De cette empreinte Belpois qui souille inévitablement les lieux. J’ai approché la bête, commencé à chipoter au hasard aux (trop) nombreux boutons et c’est là que le pilier s’est effondré. Comme si c’était calculé. J’ai plongé pour l’éviter, mais il était trop tard… Au moins avais-je pu sauver ma vie mais pour combien de temps ? La masse de béton venait de s’écraser sur ma jambe gauche et j’étais condamné à rester ainsi, immobile, à un mètre de la source de tous nos ennuis. Et c’est là que les émotions déferlent. La douleur d’abord, cette putain de drogue qui te chope à nouveau, car on s’y habitue, pas encore au point d’y prendre du plaisir mais pas loin. Car si ça arrivait, c’était pour une bonne raison non ? Peut-être que notre monde était condamné à mourir pour que Xanadu puisse vivre.
Viennent ensuite, respectivement, la consternation, le doute le plus total et le désespoir. Mais après, une étincelle. Celle de mes visions. Flammèche bien mince mais qui me laisse espérer que tout n’est pas encore fini. Si Odd n’y croit plus, qui y croira ? Je me suis mis alors à penser aux paysages à venir… aux nombreux paysages qu’il me reste encore à découvrir. Réels. Pas virtuels.
Il nous arrive à certains moments de notre vie de rencontrer des épreuves. De traverser des zones de turbulences. D’être paralysé par nos émotions, nos peurs, nos doutes.
De se sentir impuissant. De perdre l’espoir des meilleurs jours.
On a le sentiment que ça ne passera pas. Qu’on ne va pas pouvoir la passer, cette vague-là. Mais si on s’accroche, si on y croit très fort, tout ce qui se trouve autour de nous se déforme… jusqu’au moment où on y voit plus clair.
Et c’est là, paralysé sur place, dans le sous-sol d’une usine abandonnée, croulant sous la douleur, que j’ai fini par comprendre. Comprendre quoi ? Tout d’abord que l’individu est fondamentalement un être désirant mais la difficulté, c’est qu’il ne sait pas nécessairement quoi désirer et au fond, l’individu est trop faible pour pouvoir déterminer ses propres désirs. La plupart du temps, il s’enferme dans le désir d’autrui. Concrètement, l’individu se réfère à un tiers, qui lui désigne l’objet de son désir, le sens de sa vie, comme Jérémie qui a toujours vécu à travers les grands projets de son père.
Et maintenant que je vois tout ce qui bruisse autour de moi, je comprends. Enfin. Je comprends pourquoi Ludwig a dédié son existence à créer un autre monde, une alternative à cette atmosphère humide et morne qui caractérise les lieux.
Mais maintenant, c’est différent. L’endroit n’est plus mort désormais. Il grouille de vie. D’Ombres. Plus noires et sinueuses les unes que les autres. Mais c’est impossible de communiquer efficacement sur ce sujet. Il faut le voir pour y croire, c’est tout.

— Même Ulrich est meilleur acteur quand on lui demande le nom de sa copine actuelle et qu'il te sort l'excuse du célibataire à vie alors qu'il passe son temps à chasser de la femelle... Tes cauchemars n'appartiennent pas vraiment au passé, c'est ça ?
— J'en fais encore de temps en temps.
— Toujours avec ces foutues ombres ?
— Je t'ai parlé de ça ?


On voudrait reproduire au premier mot tout ce que ces apparitions offrent de merveilles, de magnificences, de sombres horreurs, de gaietés inouïes, afin de frapper ses auditeurs comme par un coup électrique ; mais chaque lettre vous semble glaciale, décolorée, sans vie. J’ai essayé avec Jeanne, j’avais voulu à un moment donné lui partager ce fardeau qui devenait bien trop lourd pour mes épaules maigrichonnes. Mais la réponse était toujours la même.

— Ça passera, affirma la jolie brune avec vigueur, ton moral ira mieux, les cauchemars cesseront et tes notes vont remonter c'est une certitude ! Je t'aiderai, on se fera des séances bibli tous les deux et tu constateras bien vite que ce n'est pas si compliqué les maths !
— Désolé de vous déranger les tourtereaux, mais on va avoir besoin de toi Odd.


Avoir besoin de moi, oui, ça on peut dire que c’était récurrent. Odd Della Robbia, parfait petit soldat, toujours au front pour se faire dégommer la gueule. A servir ces bâtards comme s’ils le méritaient. A donner sans compter, à combattre sans souci des blessures, à travailler sans chercher le repos, à me dépenser, sans attendre d'autre récompense que le sourire satisfait de Jérémie à la fin d’une bonne exploration virtuelle. Mais ce sourire n’arrivait pas. Rien à faire. Ça ne convenait jamais. Principale raison évoquée ?
« Odd est trop... Odd, on n’en tirera jamais rien de bon. Mais maintenant qu’il est embarqué là-dedans, il est trop tard pour reculer. » Quitte à être toujours le dernier, je me suis alors concentré sur mon poids d'existence, que ma prétendue nullité n'ébranla pas d'un iota. On ne fait pas toujours ce que l’on veut, mais du moment qu’on fait tout ce qu’on peut… il devient dès lors possible de se regarder dans le miroir à la fin de la journée.

— Odd, tu ne peux pas rester silencieux. Tu dois en parler, sinon ça ne s’arrêtera pas. Même s’ils t’ont forcé à ne rien dire ! Les adultes peuvent te protéger, et moi aussi…

Est-il possible d’arrêter le temps, juste un instant ?... N’est-il pas possible de faire le tour de tout cela ?
Un ensemble d’émotions que tu ne peux contrôler, qui n’a pas laissé une trace, mais rien qu’une caresse...
Elle tourne autour de toi, dans une charmante robe blanche, elle court dans ton esprit, elle est vive et proche, elle s’arrête un instant, tu captures une image, et elle finit par disparaître en tournoyant, elle danse pour oublier et sourit pour le cacher, n’est-ce pas dans ce que nous faisons le mieux que nous sommes les plus beaux ? La voilà sur le sol encore et encore regardant au fond des étoiles, un regard rempli de lumière, mais elle est filante, comme la joie qui se noie bien vite dans l'amertume du regard translucide. Elle dessine, les croquis défilent et tu restes là, à regarder les illustrations s’accumuler à tes pieds sans jamais rien tenter. Pourtant, dès les premières lueurs de l'aube, tombant tel la rosée sur les douces pensées du parterre, son poing rencontrera ta porte à trois reprises, signifiant avec fracas, l'arrivée de cette muse que tu n'as eu de cesse de rechercher. Quand elle aura pénétré à l'intérieur de ton domicile, ce petit "chez toi" qui t'est si précieux, un sulfureux et enivrant venin parcourra tes veines des pieds à la tête. Elle est là, juste devant toi. Prends les devants gros bêta. Ne te dispute pas avec cette fois, contiens ta rage car elle ne la contiendra pas.

Concentre-toi sur cette image, si désirée et repoussée à la fois, rappelle-toi qu’elle a tourné autour de toi et a laissé une empreinte indélébile... Elle court dans tes songes, elle court dans ton cœur, elle file au-delà de ton cœur, elle fait face à ce combat qui te ronge, elle prend peur aussitôt et pourtant elle ne fuit pas, cette fois-ci, la lumière remplace l’obscurité... Tourne et tourne encore.
Tu es paralysé et elle continue de tourner, tu fermes les yeux et tu sens sa main sur ton visage, tu aimerais faire pareil mais tu ne peux pas, tu fonds dans ses yeux, tu t’enfonces et tu vois l’éternité si profilée, elle est là tout au fond… Mais elle se met à fréquenter un autre garçon, et la sourde fureur en toi ne fait que grandir, cancer de tes nuits et de tes jours.
Tu finis par tenter de l’oublier mais tu la vois tout de même encore tournoyer, bien vite au travers de cette vitre, il n’y a plus qu’une lueur au loin, cette étoile est devenu ton empreinte.
La caresse d’une étoile, marquant la fin d’un doux rêve, dont tu as tout oublié dès le réveil. Mais au-dessus de toi, cette lumière brille et sans que tu le saches, chaque soir, elle viendra caresser ton cœur, pour l’apaiser. Ou pour te rappeler, avec une cruelle malice dans les pupilles, que tu l'as perdue. À tout jamais. Car c’est à Ulrich qu’elle appartient désormais.
La pièce est froide, humide et sent le moisi. Des gouttes d’eau tombent du plafond et forment des flaques, faut que je me concentre sur ça, la peinture est écaillée et le so... mais non, Jeanne Crohin finit toujours par revenir me hanter bordel !
La douleur fait réfléchir, même si il est difficile de déterminer avec précision si le mal rend l’être humain lucide ou complètement fou. Et si je dois mourir dans les prochaines minutes, autant être clair avec moi-même. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je sors mon portable. Pas de réseau, habituel dans cette partie de l’usine. Tant pis, j’écris mon texto. S’il ne s’envoie pas… peut-être que quelqu’un tombera quand même dessus. Un jour ou l’autre, dans un futur plus ou moins proche...

Au final, Jeanne, j’espérais que cette amitié un peu spéciale finirait par aboutir à quelque chose d’autre. Si je l’écris ici, en sécurité au sein de mon propre téléphone et non pas à voix haute comme j’en ai pourtant eu l’occasion, c’est parce que, sincèrement, je ne sais pas si je veux que tu saches tout ceci. Mais d’un côté, j’ai besoin de te le dire, au moins par écrit, il paraît que les âmes les plus complices sont connectées et, au point où j’en suis, autant tout essayer. J’espère que, d’une manière ou d’une autre, tu sauras ce que je ressens et je sais que tu te reconnaîtras à travers ces mots. Voilà quelques saisons que nous nous rapprochons... Et je ne te comprends pas. Je ne te comprends pas, car tu ne nies pas notre attirance mutuelle ni cette alchimie entre nous, et pourtant, tu refuses de l’accepter. Parfois, je me demande si c’est un jeu pour toi, ou bien si tu as simplement peur de te mettre avec quelqu’un de moins beau qu’Ulrich Stern...
Je risque d’en passer énormément, mais quand je repense à tous ces moments où tu poses ta tête sur mon épaule, ces moments où tu te colles contre moi, je pense à ce soir où nous nous sommes tenus la main et tu as refusé que je lâche la tienne, ce soir où tu as posé ta tête sur mes genoux alors que tu t’endormais et c’est aussi ce soir-là que mes lèvres ont pu toucher les tiennes... J’ai supposé que tu avais besoin de temps, j’ai compris que te presser ne servirait à rien... Mais je ne comprends pas comme tu as fait pour nier tout ce qu’il se passait entre nous, comment tu as pu jeter ton dévolu sur mon bourreau, parce que, quand je repense à tout ça, je n’arrive pas à m’imaginer qu’il pourrait y avoir une part de « faux » dans tout ce qu’on a vécu. Je voudrais juste terminer en te disant que si c’était juste un baiser « fun » entre potes pour toi, sache que ça signifiait bien plus pour moi.


— Odd ?

Un prénom. Qui résonna dans la salle quelques brefs instants. Et puis, la source du son apparut. Et là, peut-être pour la première fois de sa vie, Della Robbia ne sut plus quoi dire. Il avait cru, un bref instant, qu’on lui accordait une seconde chance. Mais il n’en était rien. Devant lui se trouvait la japonaise, le costume traditionnel en lambeaux, la face en sang… il ne mit pas longtemps à discerner le sillon qui lui traversait le visage de part en part.

— Qu’est-ce qui s’est passé ici ?! Ne me dis pas que tu as essayé de…
Et là le blondinet craqua. Toutes les émotions qu’il essayait de contenir au mieux volèrent en éclats et il se mit à sangloter, comme le gosse qu’il n’avait jamais cessé d’être au fond de lui.
— Libère-moi Yumi, je t’en supplie… ce pilier me broie la cuisse, s’il te plait fais quelque chose.
La jeune fille se concentra – ou fit semblant de se concentrer – mais le pilier ne bougea pas d’un pouce. Elle eut beau plisser les yeux, rien n’y fit, Odd restait prisonnier de la masse de béton.
— Qu’est-ce que tu branles ? s’énerva le blond. Je crève de mal, ne commence pas à me torturer à nouveau avec tes manipulations !
— Je te jure que je fais de mon mieux Odd, mais… c’est comme si j’étais privée de ma source d’énergie. Zéro signal, plus rien ne fonctionne !
— Pourtant le Supercalculateur est toujours en activité.
— Tout se détraque, j’en ai vraiment marre de…
Un deuxième pilier s’effondra, manquant de peu de l’écraser. Cette fois, la situation devenait véritablement critique. Le plafond n’étant soutenu que par cinq piliers, il était bien clair que les trois restants ne feraient pas long feu. Les parois se fissuraient à vitesse grand V et un éclair bleu marine fit tressaillir le moteur de vie de Xanadu. Les ombres se multipliaient, elles aussi, la noirceur dégoulinait des murs et ne tarderait pas à parvenir aux pieds d’Odd.

— Eteins-le Yumi. Mets fin à tout ça… c’est ce que Jérémie voulait.

En quelques mots, Odd Della Robbia venait de s’engager dans le plus grand mensonge de son existence. L’enfer est pavé de bonnes intentions, au fond de lui, il se persuadait qu’il agissait pour le bien de tous. Que vaut une poignée de vies si on les met en balance avec la survie de l’humanité ?

— Où est-il ? s’agaça Yumi. Où est-il, monsieur Jérémie Belpois, lui qui nous envoie toujours au front mais qui n’est pas là pour nous soutenir quand on revient mutilé du combat ?!
— Il a dû partir… il est rentré, il fallait bien raccompagner sa mère, la rassurer, la convaincre de ne pas appeler les flics. Il m’a chargé de prendre les commandes, de communiquer avec toi sur Xanadu, de te guider… mais j’ai échoué. Lamentablement. Je ne suis pas un héros Yumi, je ne comprends toujours pas pourquoi il m’a confié toutes ces responsabilités. Mais maintenant… il faut couper tout ça… c’est la seule chose qui reste à faire. Le seul bon moyen d’en finir avec ces atrocités. Si on ne le fait pas, tout va s’effondrer sur nos têtes.
— Et Ulrich ? Il est sorti de la tour ?
— Il a été dévirtualisé, et il nous a lâchement abandonnés. Il s’est barré avec Jeanne, il n’en a rien à battre de nous.
— Je ne peux pas croire qu’il ait fait ça, il n’y a pas plus loyal que lui !
— N’oublie pas que Jérémie l’a viré du groupe… C’est dans l’adversité qu’on voit les vrais visages, on est seuls là-dedans Yumi. Soit on agit, soit on crève.
— Je ne peux pas me résoudre à… tu imagines la masse de travail que cet ensemble de câbles représente ? On ne peut pas tout réduire à néant, pas comme ça.
Un grondement sinistre retentit. Une partie du plafond s’effondra, pile entre les deux guerriers. Un amas de poussière obscurcit la vue de Yumi, mais elle sut ce qu’il lui restait à faire. Elle ne pouvait pas crever aussi bêtement.
— Toujours décidée à mourir écrabouillée ?
— Ta gueule Odd, je vais le faire c’est bon ! T’avais qu’à pas louper ton coup aussi, c’était tout con, suffit de taper un code et là… la manette apparaît, et est susceptible d’être abaissée.

Effectivement, tout se passa comme la japonaise venait de le décrire. Il ne restait plus qu’à presser vers le bas une manette, et elle romprait avec l’abominable noirceur virtuelle à tout jamais. Peut-être qu’Odd lui mentait, peut-être qu’il n’était qu’une ombre de plus dans cet échiquier infernal. Elle y pensa une fraction de seconde. Cette simple idée lui tordait le ventre, intestin perforé des aiguilles tranchantes de la culpabilité. Elle voulut craquer, elle y était bien tentée… Mais elle ne pleurait jamais. Elle renfermait toutes ses émotions en elle-même et laissait le chagrin l’empoisonner. Elle ne pouvait pas faire autrement. Elle n’avait pas le choix, tout comme aujourd’hui, la mort n’étant pas une option dans une telle situation. Que dirait Hiroki si elle flanchait au moment de buter le boss final ? Il la traiterait de grosse craignos… à ce moment précis, elle se rendit compte que rien ne lui ferait plus plaisir que d’entendre à nouveau cette insulte sortir de la bouche de son petit frère.
Au moment de tendre la main vers ce détonateur, celui qui ferait exploser un monde entier, Yumi ne put s’empêcher de penser à Ludwig Belpois, la voix résonnant dans sa tête sur un ton de lyrisme propre à la désillusion la plus totale.

— Autant être honnête, je vais avoir besoin de toi dans les mois qui viennent Yumi. Il est bon que tu le saches, dès à présent. Car une abomination est si vite arrivée. Une urgence aussi.
— Je ne comprends pas de quoi vous voulez parler... Pourquoi avez-vous besoin de moi ?
— Pour quelque chose de très important. Tu sais, un secret au fond a plus d’importance dans ce qu’il cache que dans ce qu’il révèle. Et je pense que tu comprendras très vite tout ce qui se dissimule derrière cette phrase bien énigmatique.


Est-ce pour détruire l’œuvre de sa vie, la finalité de sa carrière de chercheur, qu’il avait tant besoin d’elle ? Yumi Ishiyama ne le saurait jamais avec certitude. Mais ces paroles avaient au moins le mérite de la conforter dans son action, si peu honorable soit-elle quand on savait que Jérémie Belpois et Ulrich Stern étaient toujours sur le monde virtuel.
Sans ciller, la japonaise abaissa le levier.


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deadmau5 - Strobe

Jérémie eut le réflexe de chercher à respirer, pendant plusieurs secondes. Puis il oublia, et regarda Xanadu tout autour de lui. Il y mettait les pieds, enfin, lui qui avait toujours eu peur de s’y aventurer depuis la disparition de son père. Il ne savait pas où il était arrivé, mais la tour était en vue, pas trop loin, alors il supposa qu’il était là où il fallait.
C’était l’hiver.
Il ne l’avait pas vu sur ses écrans, mais c’était l’hiver. La noirceur apocalyptique avait cédé le pas au blanc du givre, comme par la magie d’un conte de fée. Pourquoi ? Il y avait encore tant de choses qu’il ignorait au sujet de ce monde vivant. Peut-être que c’était sa façon de l’accueillir ?
Par curiosité, il baissa les yeux sur sa propre personne. Il se trouva vêtu dans des tons bleus et gris, un costume simpliste et très dénué d’imagination. Le seul point distinctif se trouvait au niveau de son cœur, où une sorte de gerbe de métal jaillissait. Jérémie eut un rictus ironique. Le message de Xanadu était plutôt clair.

Enfin, Jérémie s’aperçut qu’il était seul. Il avait beau être en vue de la tour, ni Clara ni Yumi n’étaient visibles. Il n’avait pas de nouvelles d’Ulrich, mais ce dernier devait avoir échoué à établir le lien avec la tour. Il allait devoir tout faire lui-même… Le jeune génie était bien conscient qu’il ne pourrait pas désactiver cette tour, pas quand il s’opposait peut-être à la volonté même de son père tout puissant. Mais il y avait encore une chose qu’il pouvait essayer, parce que personne ne l’avait réussie avant lui.
L’objectif de Belpois junior, c’était le Noyau.
Ses pas crissèrent dans la neige d’une façon tellement réaliste. Ça lui rappela ce fameux voyage en Norvège. Par nostalgie peut-être, il leva les yeux, et crut apercevoir un ruban multicolore aux confins du ciel. Bien sûr. Bien sûr que Ludwig avait prévu les aurores boréales. Comment aurait-il pu ne pas y penser ? Chaque mètre le ramenait des années en arrière.
Entrer dans la tour lui sembla parfaitement intuitif. Là où Ulrich avait eu l’obscurité et les cauchemars, Jérémie trouva les doux tons bleus habituels, et l’interface bien à sa place, là au bout de la plateforme. Assuré, convaincu d’être chez lui, il alla y poser sa main.
« Initialisation de la connexion au Noyau. »
Jérémie vit les câbles s’élever un peu partout autour de lui. Il inspira profondément, et sentit la douleur irradier un peu partout quand ils le transpercèrent. Il perdit connaissance.


Il se réveilla sur une petite île flottante. De l’herbe lui chatouillait le nez. Il se remit à quatre pattes, regarda le grand vide noir qui s’étendait en bas, et leva les yeux vers la lumière éblouissante du soleil.
Non, ce n’était pas le soleil. C’était une gigantesque boule d’énergie bleu clair, presque blanche, qui rayonnait. Tout paraissait graviter autour. L’île minuscule sur laquelle il se trouvait, mais bien d’autres encore. Il comprit alors qu’il avait atteint le lieu qu’il avait cherché pendant tout ce temps.
Le Noyau de Xanadu.
Jérémie se remit debout, et regarda plus attentivement autour de lui. Chaque île semblait avoir été arrachée à un endroit de Xanadu, comme une collection de petits fragments de la grande œuvre de son père. L’une d’entre elles était en partie occupée par un petit cours d’eau claire, qui allait se jeter dans les ténèbres en contrebas. Une autre était rongée par les profondes racines d’un arbre trop grand pour elle. Là, plus haut, une troisième était recouverte de givre. Il avait l’intuition que c’était elle qu’il devait atteindre, sans que rien de concret ne vienne étayer ce sentiment. Pas de trace de son père. Mais s’il devait le trouver quelque part, ce serait forcément en plein hiver.

Il était en train de réfléchir au meilleur trajet, doutant quelque peu de ses capacités à bondir d’îlot en îlot, quand il remarqua qu’ils semblaient s’aligner pour former un escalier disparate mais praticable. Comme si le Noyau avait répondu directement à ses attentes. Jérémie sauta, se raccrocha au bord d’une île volcanique tapissée de cendres, et se hissa. Il constata avec émerveillement que cela laissait des traces grises sur son avatar. Son père avait donc poussé le réalisme de la programmation jusque-là ?
Les racines de l’arbre lui furent utiles pour escalader la suivante. Il craignit qu’elles ne se rompent sous son poids, mais Jérémie était petit et léger.
« Ne regarde juste pas en bas » songea-t-il avec détermination.
Mangrove, marais, montagne, forêt, plaine, ville en ruine, il traversa les moindres recoins de Xanadu en quelques instants. Alors qu’il jetait un œil derrière lui, il vit un oiseau rouge vif s’envoler de l’arbre de l’île aux racines et aller se perdre dans l’obscurité. Même ici, il y avait de la vie. Pas trace encore de spectres.
Finalement, il parvint à ce petit coin hivernal qu’il avait repéré, et qui gravitait désormais bien plus près de ce grand soleil bleu du centre de la salle. Il ne trouva rien de particulier, et s’apprêtait à soupirer sa déception, quand une seconde île attira son regard. Assez similaire à la sienne, elle était presque à contrejour de l’orbe d’énergie. Et elle était habitée. Une grande ombre humanoïde percée de deux yeux bleu foncé le fixait. Jérémie retint son souffle.

— Ludwig ? osa-t-il demander, complètement paralysé.
L’ombre ne lui répondit rien, et s’effaça lentement. Plus exactement, elle se dissolvait petit à petit en filaments noirs et bleu qui plongeaient droit vers le Noyau. La teinte de l’étoile changea, passant du bleu clair à un indigo profond.
— Ce n’est qu’une projection incomplète que je peux grossièrement piloter sur Xanadu. Ma vraie conscience demeure ici.
Cette voix…il n’y avait aucun doute possible. C’était son père. Après tout ce temps ! Les émotions se bousculaient de partout en Jérémie. L’euphorie prit un coup de coude de l’amertume, l’incompréhension marcha sur le pied de l’admiration, alors que le sentiment d’abandon se roulait en boule dans sa gorge. Pourquoi tout ça ? Ce fut sans doute la question que ses yeux renvoyèrent, puisque la voix de son père reprit :
— Assieds-toi, je vais en avoir pour un moment.
— Qu’est-ce qui s’est passé ? questionna Jérémie. Pourquoi tu as disparu, ce jour-là ?
— Xanadu est un monde intimement connecté à l’inconscient. Je sais que tu n’aimes pas Freud, mais Jung était en partie d’accord avec lui à ce propos.
Jérémie hocha la tête. Il savait ça.
— Ce que j’aimerais en reprendre pour t’expliquer Xanadu, poursuivit Ludwig, c’est cette idée d’une sorte d’abysse insondable au fond de nous, peuplé d’émotions brutes et de choses qui nous dépassent, là derrière le filtre de l’esprit conscient. Une énorme mer noire bouillonnante qui sort, parfois de façon incontrôlée. Ferme les yeux. Est-ce que tu visualises ça ?
L’adolescent hocha la tête, paupières closes comme on lui avait ordonné. Il laissa Ludwig le guider vers le fin mot de l’histoire.
— Tu as déjà eu l’occasion de constater l’impact de l’inconscient. L’avatar de cette Clara s’est dégradé au fil de ses virtualisations, plus elle perdait pied en elle-même. Ce que tu as raté, en revanche, c’est que Xanadu ne se contente pas de transcrire votre inconscient en avatar. Il s’en imprègne également un petit peu à chaque virtualisation. Même chose lorsque vous vous connectez à une tour : il passe en revue votre inconscient, et en fait souvent rejaillir des choses qui vous effraient ou que vous auriez préféré oublier. Mais il garde en mémoire tout ça. Il est conscient, et il est très plastique.
— Donc Xanadu peut se modifier selon les gens qui s’y virtualisent, il se construit en fonction des inconscients qu’il rencontre ? s’enquit Jérémie.
— C’est bien ça. Mais cela pose alors un souci. De nos jours, rares sont les personnes dont l’inconscient est en paix, d’où cette image de mer noire déchaînée. A ton avis, comment peut aller un monde qui se nourrit de cela ? Ma première virtualisation a été un véritable électrochoc pour Xanadu. C’est cet évènement qui a tout déclenché, toute la première modification de Xanadu. A l’époque, je n’en avais encore aucune idée, mais me retrouver assimilé par le Noyau m’a permis de mieux comprendre ma propre création. Xanadu m’a ouvert les yeux, Jérémie.

La vérité frappa subitement Jérémie, comme un pavé jeté dans la mare. La tête lui en tourna. Ce n’était pas possible. Il avait vraiment été stupide.
— Donc…à chaque virtualisation, Xanadu absorbe davantage d’émotions, c’est ça ? souffla Jérémie, n’osant lever les yeux vers le Noyau.
— En effet, confirma Ludwig, sans développer davantage.
— Et plus il en absorbe, plus il perd en stabilité ?
— C’est malheureusement le constat auquel je suis arrivé. Tu as compris ce que cela implique, n’est-ce pas ?
Bien sûr qu’il avait compris. Depuis le début, il avait l’impression que Xanadu se dégradait tout seul, malgré leurs utilisations des tours pour purger les ombres. Mais cela n’avait été que traiter les symptômes du mal. A court terme, cela fonctionnait. A long terme, ils avaient contribué à empoisonner Xanadu encore davantage. Ce paradis numérique aurait dû rester éloigné de toute présence humaine. Une cruelle fable écologiste, sans doute. Egologiste aussi, d’ailleurs.
— C’est ma faute, énonça piteusement Jérémie. C’est moi qui ai mené à cette situation. C’est moi qui ai tout détruit. Je suis désolé, ajouta-t-il d’une toute petite voix. Je voulais tellement te retrouver, je n’ai pas pensé que…
— Et maintenant, qu’est-ce que tu comptes faire ?
Ludwig était aussi tranchant qu’à son accoutumée. Jérémie serra les dents. Il n’en avait aucune idée. Il avait retrouvé son père, mais ne pouvait pas le ramener. Il avait ravagé Xanadu, mais ne pouvait pas le restaurer.
Le restaurer…
— Tu as forcément une sauvegarde originelle de Xanadu, déclara subitement le jeune génie. C’est l’œuvre de ta vie, il doit y avoir une copie quelque part. Tu n’aurais jamais risqué de perdre tout le monde virtuel sur un bête bug. Peut-être qu’il y aurait moyen de se servir de ça pour tout arranger.
— Belle idée, mais tu sacrifierais tout ce qui a évolué chez Xanadu. Tu supprimerais notamment ce Noyau. Dans le cas contraire, la corruption finirait par ressurgir.
— Pas si personne ne remet plus jamais les pieds ici. En conservant le Noyau, tu resterais en vie, et on remplacerait tout le reste qui a dégénéré, pour tenter de le faire évoluer d’une autre manière, à distance ! s’exclama Jérémie en se levant. On conserverait des traces de cette version corrompue, mais on ne mettrait plus l’humanité en danger ! Tu te rends compte ? On pourrait faire des progrès énormes sur les systèmes évolutifs et l’intelligence artificielle, à travers un nouveau Xanadu ! Le système de connexion à l’inconscient est extrêmement puissant, si on parvient à le sécuriser pour que ça ne corrompe pas le système ! Je sais que je peux y arriver ! Peut-être pas maintenant, mais dans quelques années, quand j’aurai grandi…

Ludwig ne répondit rien. Difficile de dire ce qu’il pensait, quand il n’était plus qu’une voix désincarnée. Jérémie croisa les bras, prit un air contrarié.
— Quoi ? Tu penses que je n’y arriverais pas ? Si on travaille à deux ? Toi à l’intérieur, moi à l’extérieur !
— Je ne peux pas conserver un état aussi conscient tout le temps. Parfois, le Noyau m’engloutit dans tout ce qu’il a absorbé de nocif. Tu n’as pas idée de ce à quoi ça ressemble, là-dedans. Nous ne serions pas si souvent deux.
Belpois junior fronça les sourcils, agacé que son père refuse de soutenir son projet. C’était pourtant sa propre création, merde ! Il ne voulait donc pas choisir cette voie qui permettrait de sauver les deux mondes à la fois ? Mais pourtant, il était tellement fier d’avoir trouvé la solution du problème !
— Alors quoi, tu abandonnes ? reprocha-t-il vertement. J’ai tout gâché, j’ai fait tout ce chemin pour rien, et toi tu vas te laisser avaler par Xanadu ? C’est ça que tu veux ?
Ça le dégoûtait de voir Ludwig abandonner, alors qu’il éprouvait un tel respect pour lui. Il continua, résolu à ne pas le laisser faire :
— Et puis, moi aussi j’ai réussi à découvrir des trucs ! Les liens entre Xanadu et le monde réel, la façon dont certaines blessures peuvent subsister…regarde, je suis sûr que la perception que Xanadu a de l’automutilation est intéressante d’un point de vue psychologique ! Le fait que les blessures auto-infligées se répercutent sur le sujet au retour de la virtualisation, ça ne te fascine pas ?! C’est tellement vaste ! Alors je suis convaincu qu’on peut encore faire tellement plus ! Puisque tu as activé cette tour, tu n’as qu’à purger Xanadu pour cette fois, ça me donnera le temps d’aller chercher ta sauvegarde, et…
— C’est trop tard, Jérémie.
— Mais non ! Comment tu peux…
— La procédure d’extinction du Supercalculateur vient d’être enclenchée, annonça Ludwig.

Jérémie resta paralysé d’horreur face à ce qu’il venait d’entendre. Comment…non, il savait comment. Odd. Par un quelconque miracle, Odd avait réussi à trouver la bonne marche à suivre. A moins qu’il n’ait juste fait semblant de l’ignorer, que Clara lui ait tout dit. Le jeune génie fut saisi aux tripes par ce sentiment d’injustice profonde, de désespoir, d’impuissance. Il avait réussi à trouver comment sauver Xanadu, il n’avait qu’à retrouver cette sauvegarde, son père lui aurait dit où elle était…mais Odd avait tout gâché, une fois de plus. Il serra les poings. Comment avait-il pu se laisser avoir aussi facilement par quelqu’un d’aussi stupide ? Pourquoi les autres n’avaient rien fait pour l’en empêcher ? Ce trop plein de questions ne trouverait
  Sujet: Nouveaux Membres : Présentez-vous !!!  
Ikorih

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Vus: 1659709

MessageForum: Blabla de la communauté   Posté le: Dim 09 Sep 2018 12:23   Sujet: Nouveaux Membres : Présentez-vous !!!
Carrathor a écrit:
Merci immu (au passage ton jeu est vraiment super, félicitations) !
J'ai bien entamé le premier tome de CLC que je trouve sympathique, mais concernant les fanfictions, que me conseillerais-tu de lire ? Smile
Désolé si mon message est un peu H.S. par rapport au topic !


Poursuivons sans aucune vergogne dans le HS, je vais répondre ici pour que tout le monde puisse en bénéficier Mr. Green
(Déso immu je te grille mais après tout, c'est mon boulot (a))

Le pôle, soucieux que tout le monde s'y repère dans les fanfictions, a dressé l'index des meilleures fictions et le topic des perles du net. Le premier se passe d'explications : il affiche une sélection des meilleures fictions du forum, en cours, finie, et des meilleurs OS, à raison d'un meilleur OS par auteur. Le second, toutefois, affiche l'ensemble des textes qui ont été jugés dignes d'entrer dans les Perles du Net, et les classe par thème : personnages, épisodes, type d'intrigue...on a tout prévu!
Les deux listes ne se recoupent pas complètement, on peut donc jeter un œil aux deux!

Je ne pourrais sans doute pas te conseiller mieux que ça, puisque je ne sais pas exactement quel genre de fiction peut t'intéresser, mais je pense que c'est déjà une bonne piste o/
  Sujet: [Tops 3] Méchants de fiction  
Ikorih

Réponses: 10
Vus: 5426

MessageForum: Blabla de la communauté   Posté le: Ven 31 Aoû 2018 20:18   Sujet: [Tops 3] Méchants de fiction
Citation:
Car seconde loi de la thermophysique : rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme.


Non Mr. Green
Seconde loi de la thermodynamique : il existe une grandeur extensive nommée entropie, et l'entropie de l'univers est strictement croissante au cours du temps.
Ce que tu as énoncé est la loi de conservation de la matière, édictée bien avant le début de la thermodynamique o/

....non j'ai pas pu m'en empêcher, déso :c
  Sujet: [Fanfic] Game of Power  
Ikorih

Réponses: 41
Vus: 17061

MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Dim 19 Aoû 2018 17:15   Sujet: [Fanfic] Game of Power
Citation:
imaginez une crasse comme celle-là à l'avenir contre moi et je vous égorgerai moi-même...
Suite à cette menace à peine voilée,

J'aurais dit "Pas voilée du tout" moi xD

Bon, il faut bien s'y mettre à un moment. Je me permets de torcher le focus de Jérémie maintenant : comme c'est de l'action et qu'il n'aboutit pas sur grand-chose,je doute de vraiment en parler. Mr. Green
En vrai dans l'organisation du Blond, heureusement qu'il y en a pas deux avec la même couleur de cheveux! Exemple de recrutement en détail :
Spoiler


J'ai peut-être relu un peu vite mais j'ai pas bien saisi quel intérêt le Blond avait à traîner dans ce couloir pour s'assurer qu'ils partent x)
Bon, le focus de Stellan portait également sur le plan de Jérémie alors on va zapper, vu qu'il n'y a pas non plus grand chose à en dire Mr. Green (Découvrez d'autres astuces sur fairedescommentairesenvacances.com)
Du coup le focus de Nikolaj nous apprend que Austin Amelio va se faire remplacer. ça ferait trois Sauveurs, ce qui porte à croire que le nombre de deux n'est pas si emblématique qu'il en a l'air. Reste à voir si ce sera définitif, ou si les deux repartiront une fois Amelio rétabli.
Sympa la mention rapide du fait que Eva et les gamins vont se faire arrêter, après, ça aurait pu mériter un focus aussi o/

Sur le coup quand j'avais lu le passage sur la fille de Nikolaj, j'avais eu l'impression que c'était Xander qui était marié à Lena ("Xander n'a pas à être impliqué dans nos affaires de famille... Il la bat ?" juste ça pris tout seul ça peut y faire penser x)). J'aimais bien l'idée, mais comme c'est pas ça, il va falloir poireauter avant de découvrir de qui il s'agit.

ENFIN on daigne reparler des Corbeaux! ça fait littéralement des années (soit trois chapitres) qu'on nous les tease et qu'il y a toujours rien :c
Citation:
La prochaine fois que tu te fous de moi, espèce de méprisable humain, je te carbonise jusqu'à ce que tu hurles que je te laisse en vie, ou mieux que tu me supplies d'achever ton existence pathétique !

"Dénué d'émotions". Mon cul XANA!

Bon du coup comme j'en arrive au focus de Jérémie, je vais m'arrêter là (a). C'est un com' un peu à l'arrache, j'imagine qu'on sent que j'ai relu en diagonale, mais comme dit, c'était majoritairement l'intrigue de Jérémie, qui ne m'a jamais vraiment captivée. Donc j'ai le droit. Toute réclamation finira à la place habituelle chez le Pôle : dans la corbeille prévue à cet effet Mr. Green
*se barre*
  Sujet: [Fanfic] Le risque d'être soi  
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mar 14 Aoû 2018 20:35   Sujet: [Fanfic] Le risque d'être soi
Bon, ça fait un moment que je lambine, mais il faut croire que mon retour de vacances sera l'élément déclencheur de ce commentaire.

Mine de rien, ta liste de personnages, même si elle fait très teasing, soulève effectivement des questions. Ton prologue aussi bien sûr, mais comme c'est moins récent, héhé...
Un mot quand même sur ledit prologue du coup, il a l'air de bien sortir les thèmes directeurs de la fiction, notamment le centrage sur les Schaeffer mais également le contexte historique, qui semble avoir son importance et être assez détaillé (en cela tu me rappelles Kerry). Comme Icer l'a souligné, l'OC principal porte ton pseudo,ce qui me laisse penser que ta fiction risque d'être le coeur de ton activité sur le forum. En tout cas, il y a également une sorte de notion de prédestination que je garderai dans un coin de la tête en lisant, c'est une thématique intéressante.

Dans les personnages, on distingue deux catégories d'intrigue potentielles : celles internes à la clinique psychiatrique, et celles propres à la famille Schaeffer. D'ailleurs le thème des hôpitaux psychiatrique de cette époque est selon moi très riche, au vu des méthodes proches de la torture qui peuvent y être employées, et la description du docteur Cawley laisse penser que tu vas partir dans ce sens.
Détail intéressant, je n'ai pas vu Aelita dans la liste des personnages! Mais vu la dernière phrase du prologue, il est possible que l'histoire se passe justement avant même leur naissance à elle et à Dakota... Et en fait, je dirais même que c'est sûr : le Résumé date l'intrigue en 1971, et Vendredi 13 2, auquel Dakota fait référence, n'est sorti qu'en 81 (j'en profite pour noter que vu le prénom de l'infirmier en chef, tu es fan de films d'horreur...)

Citation:
Pas forcément mauvais, mais sa stupidité et son obéissance aveugle à Bates et à Friedrich le rendent dangereux.

Je n'ai pas vu de Friedrich dans la liste des personnages! Oubli ou arnaque?

La description des personnages, notamment les patients, laisse passer des sarcasmes assez marqués du narrateur ("Pauvre enfant."), qui manifeste de ce fait bien plus de personnalité que n'importe quel personnage, ironiquement. Peut-être que le narrateur est du coup davantage qu'une voix désincarné qui sert d'outil à l'auteur, et pourrait être par exemple Dakota, mais c'est peut-être juste une marque de ton style et je ne m'avancerai pas trop à ce sujet du coup.

Citation:
Elle a accepté que le Dr. Cawley pratique une césarienne, bien plus adaptée à son trouble

Une césarienne à quelqu'un qui a peut qu'un démon lui vole son bébé, vraisemblablement en lui...ouvrant le ventre? Très ironique xD

Ce sera tout pour moi, je lirai le chapitre 1 avec grand intérêt o/
  Sujet: XANA, un bon méchant raté ?  
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MessageForum: L'animé Code Lyoko   Posté le: Ven 10 Aoû 2018 17:15   Sujet: XANA, un bon méchant raté ?
Citer Wikipédia alors que le site officiel du forum sur lequel tu te trouves a la base de données la plus complète sur le sujet....Brillante idée assurément!
  Sujet: [Fanfic] Continent Noir  
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Sam 21 Juil 2018 13:14   Sujet: [Fanfic] Continent Noir
Citation:
le centre véritable est un hexagone quelconque

Je viens de me faire une réflexion : si toute la bibliothèque est si régulière, que chaque fois tous les côtés de toutes les salles portent le même nombre de livres, comment se fait-il que l'hexagone soit quelconque, et non pas régulier? L'hexagone régulier aurait en plus le bon goût d'être inscrit dans un cercle, ce qui fait assez sens vu que la bibliothèque est une sphère. Pourtant la précision est là : l'hexagone EST quelconque.

Bon en vrai j'ai pas la masse à dire sur ce chapitre, mais vu que personne n'a l'air de se décider à venir commenter, faut bien que je fasse une intervention XD Du coup bah Ulrich est, sans surprise, un connard (en même temps c'est Ulrich). En ça, l'ambiance globale du chapitre jure un peu avec le titre qui laisse à penser à une romance idéale. Au moins ça a le mérite de vite régler le souci de la gamine qui voulait pas partir en France.
Evidemment, Ulrich ici soulève une incohérence avec l'environnement de la série, ce qui me conforte dans l'idée que lorsque la connexion à l'univers de CL s'opèrera, ça impliquera plein de trucs chelou et de noeuds d'univers alternatifs. En ça, la bibliothèque peut peut-être servir de point de repère : elle paraît avoir un caractère si absolu qu'elle pourrait être reliée à tout. Le Supercalculateur est également une option : il est mentionné que c'est la rencontre avec les LG qui changera la vie de Talia, alors peut-être que c'est eux qui seront à l'origine d'un basculement vers l'univers que l'on connaît dans la série.

Citation:
je tiens encore à te remercier pour ce relevé (et pour la comparaison avec Minho que j’aime beaucoup en tant qu’auteur!).

Mon dieu, s'il se met à faire des émules on est pas rendus (a)
  Sujet: [Fanfic] Un exil forcé  
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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 11 Juil 2018 08:37   Sujet: [Fanfic] Un exil forcé
Citation:
je l'appelle par son prénom. Mais c'est vrai que c'est très rare de l'appeler par son prénom

Petite répétition que j'ai croisée, et qui m'évite de faire une introduction propre.

Bon, ce commentaire va sentir les vacances, mais vu que ça fait un mois qu'on t'a laissé mariner tout seul, j'imagine que c'est mieux que rien. Après, ce chapitre a surtout vocation à expliquer aux héros des trucs, que pour certains on connaissait déjà ; le fait que les méchants en aient après la partie protégée du SC n'est pas non plus une grosse surprise (désolée si ça avait déjà été mentionné avant, je suis plus très dans la fic et j'ai juste relu ce chapitre en vitesse pour commenter).
Les plus grosses attentes résident pour ma part au niveau d'Odd, fraîchement de retour, mais dont tu as pris soin de délayer la réelle confrontation avec les membres du groupe.
Ah sinon, comment les Russes ont su où leur renvoyer Odd? Franz Hopper leur a laissé sa nouvelle adresse? (là encore je suis un peu à la masse, si ça a été précisé avant je m'en excuse)

J'ai trouvé le passage concernant Dido bien mené, notamment l'exposition de "pourquoi elle a parlé cette conne?", et les conséquences que ça aura sur Bush, qui décidément est fidèle à son rôle de pot de fleurs : même son initiative qui doit tout sauver, elle a en fait déjà été prise! Enfin, peut-être que le soutien officiel du gouvernement facilitera la vie aux héros, ça se discute.

Bon, maintenant balance la suite o/
  Sujet: [Fanfic] Continent Noir  
Ikorih

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MessageForum: Fanfictions Code Lyoko   Posté le: Mer 27 Juin 2018 21:16   Sujet: [Fanfic] Continent Noir
Est-ce que ça fait cinq jours que je me dis que je dois faire un com' mais que je le fais pas?
Oui.
Autre chose? Mr. Green

Bon, je ne m'attendais pas à te voir écrire une seconde fiction. Forcément, je vais avoir l'autre dans un coin de la tête pour mon analyse, surtout que la démarche reste finalement assez proche : le background historique/culturel est toujours aussi fourni. Je note d'ailleurs que c'est la deuxième fois que tu nous sors l'Albanie, qui était déjà la partie la plus développée dans ta première fiction. Un passif particulier avec la région? Enfin, même si ce n'était pas le cas, je trouve que tu te mets très bien à la place des gens qui sont dans ce modèle culturel : j'en veux pour preuve l'éloge du mariage arrangé qui est fait par la mère de Talia, jamais on ne verrait la chose comme ça avec nos yeux d'occidentaux.
Tant que j'y pense, tu m'as presque fait douter de ma santé mentale avec tes pensées écrites en rose qui se confondent si bien avec le blanc du récit T-T J'ai vraiment dû aller checker le code de la page pour éliminer le doute parce que j'étais pas certaine que le récit changeait de couleur XD (après c'est clair qu'une couleur flashy c'était un coup à finir comme l'Echiquier avec des répliques en couleur partout...).

Après, je m'étonne de la façon dont tu vas connecter ça à l'univers de la série : Talia a déjà dix-huit ans dans le récit, ne semble pas avoir connu l'usine, et il est mentionné qu'elle ne rencontrera les LG que "dans quelques semaines". Mais je pense que tu sais ce que tu fais.
Pour le reste, le début de ton prologue m'a fait penser à Minho (comme je le lui disais justement l'autre jour héhé) : un truc complètement perché qui n'a a priori aucun lien avec CL ni notre monde. Enfin si, le terme de l'Allemagne est mentionné, et le nom du gars qui écrit ce début est celui du père de Talia. Mais à ce stade, c'est petit pour faire des conclusions, et heureusement d'ailleurs, sinon que resterait-il à écrire? XD

Bref du coup comme le début de ton texte me rappelait Minho, j'ai fini par faire un com' comme je lui en fais à lui : pointer toutes les questions que le texte soulève, et ne rien analyser Mr. Green
(Je ne suis pas une feignasse, j'économise de l'énergie, ça n'a rien à voir)
  Sujet: [futur fanfic] La Question à poser à X.a.n.a  
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MessageForum: Fictions et textes   Posté le: Dim 24 Juin 2018 17:24   Sujet: [futur fanfic] La Question à poser à X.a.n.a
Est-il vraiment nécessaire d'écrire tout son texte en gras?

Ton topic me semble aller un petit peu vite en besogne. Premièrement, pourquoi la section "Fictions et textes" alors qu'il existe une section fanfic et que tu veux manifestement écrire une fanfic? Enfin, ça n'a pas beaucoup d'importance, parce que de toute manière, ce genre de topic n'est pas souhaité sur le sous-forum fanfic non plus.

Règlement des fanfics, article 5, paragraphe 3 :
"Il est par ailleurs strictement INTERDIT de lancer une fic demandant aux lecteurs de choisir entre plusieurs options ou même d'attendre d'eux des idées. La fic est votre boulot, pas celui de vos lecteurs."

Concrètement, c'est ce que tu es en train de faire. Si vraiment tu veux te renseigner sur ce que les fans veulent savoir de XANA, eh bien va voir les topics dédiés à XANA et aux théories qui sont élaborées autour. Quelques exemples en vrac : ici, , éventuellement ça, etc.
Ceci mis à part, ce n'est pas la bonne démarche. Comme le dit l'article, la fiction, c'est toi qui doit trouver les idées à développer. Je ne sais pas si par "croustillant" tu entends "populaire" ou "réussi", dans tous les cas, ton texte, c'est ton taf'. Et si c'est juste les questions les plus populaires que tu cherches et pas les plus intéressantes, il y a un problème dans ta démarche : tu veux manifestement le truc qui attirera le plus de lecteurs. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Les lecteurs, ils viendront si le texte est de qualité. Encore que ta formulation me mets toujours le doute : "un document de type fanfic ou plutôt document fan création "? Tu n'as même pas l'air certain de vouloir écrire une fanfic...

Le fait que tu englobes également "les questions les plus farfelues" m'inquiète tout autant. Si tu avais eu une masse de gens te demandant "Hey lol, si XANA devait choisir un jouet pour sa petite nièce dans un magasin, il prendrait quoi?", tu aurais arrangé ta fic pour répondre à cette question, au mépris de ton scénario?
Bref je clôture ce topic, mais le pôle fanfiction est toujours intéressé par de nouveaux écrits de qualité, et nous sommes tout disposés à examiner ton texte quand tu choisiras de le publier!
  Sujet: [Discord] Role Play Code Lyoko  
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MessageForum: Blabla de la communauté   Posté le: Jeu 14 Juin 2018 16:09   Sujet: [Discord] Role Play Code Lyoko
Simple curiosité, es-tu certain que le RP soit réellement adapté à Discord et autres formats tchat? J'ai un poil d'expérience dans le milieu du RP forum, et il me semble que le RP devient tout de suite plus intéressant quand on peut décrire un minimum les actions, et prendre le temps de détailler. Or dans un tchat où la discussion se fait en instantané, ça risque de tourner aux actions en monophrase...ce qui perd assurément une grosse partie de son charme.
Après, peut-être que le RP tchat ça se fait, je sais pas, ma vision des choses date d'il y a six ans donc bon, les choses ont pu évoluer entre temps...

Edit 20/06/18 (parce que j'allais pas reposter un message pour ça) : Je me permets de transférer le topic de la section "Projets Partenaires" à celle du blabla de la communauté, où se trouve déjà l'autre topic du Discord justement.
  Sujet: Projet Forum Code Lyoko 2018 : Appel aux bénévoles  
Ikorih

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MessageForum: Blabla de la communauté   Posté le: Ven 25 Mai 2018 17:16   Sujet: Projet Forum Code Lyoko 2018 : Appel aux bénévoles
Citation:
Après, toujours facile de critiquer, faites aussi bien voir mieux !

Aaah cette grande réplique qui ferme tant de débats. La critique peut parfois simplement se fonder sur le bon sens. Puisque apparemment mon boulot se limite à commenter des fanfics, par exemple, penses-tu que je ne sois pas en droit de donner mon avis sur la fiction de gens qui sont meilleurs que moi? Par exemple, Icer échafaude des scénarios bien plus complexes que les miens, mais du coup, si je vois une incohérence dans une de ses scénarios, je dois me taire parce que je pourrais pas faire aussi bien? Cette logique fonctionne à un niveau médiocre, quand n'importe qui peut faire aussi bien et donc, n'importe qui peut donner son avis. Mais alors, comment permettre aux meilleurs d'avoir des avis sur leur travail, des critiques pointant des aspects négatifs pour leur permettre de s'améliorer, si personne ne peut les dépasser pour avoir le droit de faire lesdites remarques?
Alors soit en validant cette logique tu aspires à la médiocrité, auquel cas on sera beaucoup à pouvoir te faire la remarque, soit tu veux faire un truc bien et cette logique de "critique pas si tu sais pas faire" te dessert, car elle te prive de regards potentiels sur des défauts de ton travail, et impossible alors de faire aussi bien que si tu avais eu ces regards.

Donc malgré le fait que je ne sois pas une référence en graphisme (parce que quelqu'un qui aurait l'oeil verrait peut-être d'autres choses, mais là je n'utilise que mon skill de profane, déso), je signalerai que Pikachu a du blanc près de la joue droite, sous le contour inférieur de l'oreille droite, et surtout dans le pli le plus élevé de sa queue où, pour le coup, c'est vraiment visible et je m'étonne que quelqu'un de perfectionniste ne l'ait pas relevé...
 

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