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[One-Shot] Plan de drague

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 Auteur Message
Leana MessagePosté le: Ven 14 Fév 2014 23:11   Sujet du message: [One-Shot] Plan de drague Répondre en citant  
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Inscrit le: 09 Aoû 2010
Messages: 183
C'est un Os bien triste pour la Saint Valentin. L'idée était prévue de longue date, et le seul lien que ce texte possède avec l'animation de Cupidon, c'est qu'il m'a servi de moyen pour transmettre ma déclaration à Zéphyr. ♥

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture, et plein d'amour !

Spoiler


Je m'excuse pour la mise en page, mais le forum n'a pas été de mon côté ce soir. J'éditerai donc demain dans la matinée.. ♥


http://image.noelshack.com/fichiers/2015/51/1450125551-seduction-misez-sur-vos-yeux-et-vos-levres-imagepanoramique500-220lkjuy.jpg




    Plan de drague



    « Ça y est. Vous y êtes finalement parvenus. »


    H - 10 min.
    Étape finale : le premier rendez-vous.



    La boule au ventre avant le moment tant attendu.
    Un frisson d’excitation qui le parcourt de haut en bas. Elle arrive, il le sait, il la sent.

    Il l’a attendu toute la journée durant.

    Elle si belle.
    Et ce soir, elle est à lui.

    ***



    « Pour commencer, la toute première étape, c’est le choix. Tout simplement, elle consiste à choisir qui sera "l’élu", et qui aura la chance d’être courtisé par vous. Et pour cela, vous êtes libres. À vous de choisir votre cible parmi les milliers de possibilités qui vous sont offertes. Vous avez le pouvoir. Profitez-en.
    Et une fois ce détail réglé, la chasse peut commencer. »


    J - 14 jours
    Étape une : Le choix.



    Une bourrasque glacée vient soudainement rappeler à tous les élèves présents dans la cour du collège Balzac que l’hiver est bel et bien arrivé. William Dunbar grelotte dans un coin du bâtiment des sciences. Resserrant fermement sa doudoune contre lui, il laisse échapper un nuage de fumée dans son écharpe, le nez et les joues rougis par le froid.

    Quelle idée a donc eu son père de déménager à l’autre bout de la France en plein mois de Décembre… Ils ont beau s’être installés depuis plusieurs semaines, le jeune homme n’arrive pas à se faire à ce changement climatique. Le Sud et ses jours de douceurs lui manquent atrocement depuis quelques temps, et le blues de la neige ne cesse de le gagner davantage…

    Une voix remplie de chaleur dans son dos le tire brusquement de ses pensées.

    « Hum… C’est dingue les petits plaisirs qu’on peut s’offrir rien qu’avec une pièce de deux euros… »

    Il se retourne sur Marc, un de ses nouveaux amis, qui savoure à voix haute un délicieux chocolat chaud, son col roulé vert remonté jusqu’aux oreilles. À ses côtés se trouve inévitablement son ombre, Sébastien, qui sirote un soda sans paraitre avoir froid. Ils sont inséparables, et pourtant, les deux frères ne partagent que leur ADN, étant aussi différents que le sont le jour et la nuit.

    Un sourire nait sur le visage de William en les regardant. Que serait-il devenu s’il ne les avait pas trouvés ces deux là ? Comme s’il devinait ses pensées, Marc lui fait un clin d’œil, trinquant dans le vide avec lui avant de finir sa boisson, tandis que son frère se contente d’observer leur échange, toujours en retrait, mais jamais absent.

    C’est à ce moment là que tout commence.
    La mine réjouie de William disparait soudainement, emportée par un rire cristallin qui vient d’attirer son attention sur sa gauche, déclenchant chez lui un frisson qui n’a rien à voir avec le froid ou l’appréhension.

    Il se retourne, son cœur battant la chamade, et là il la voit pour la première fois. La fille qu’il attendait sans même le savoir.
    Puis il se fige.

    Elle sourit au loin, gesticule avec ses bras pour essayer de faire comprendre quelque chose à quelqu’un, emmitouflée dans une doudoune noire et luisante, mais jamais ridicule. Parle avec d’autres élèves parmi les plus populaires qui soient.
    Inaccessible.

    Le monde semble graviter autour de sa personne comme une auréole de lumière autour de la tête d’un ange.
    Irréelle.

    Puis ses yeux se posent sur lui, intenses, envoûtants. Les battements de cœur cessent subitement alors qu’il constate la force de son aura. L’échange qui s’en suit ne dure que le temps d’une seconde, mais il est suffisant pour remuer William au plus profond de lui même. En lui, il sent quelque chose se briser.

    « Et bah, je vois que Mélanie est revenue… »

    L’estomac du beau brun se contracte à l’entente de ce nom. Rien que ces trois syllabes déclenchent chez lui des émotions insoupçonnées. Sébastien hausse les épaules comme unique réponse à son frère, alors William prend timidement la parole, poussé par une puissance dont il ne connait pas encore les réelles motivations.

    « Qui est Mélanie ? »

    Le regard que lui jette Sébastien est sans appel. Alors qu’il n’a dû l’entendre parler en tout et pour tout qu’une ou deux fois, celui-ci lui répond plus durement que jamais.

    « Arrête de rêver mec, celle là elle n’est pas pour toi. »



    ***



    « Ensuite, tout ce que je peux vous dire c’est qu’il ne faut pas se lancer immédiatement. Il faut attendre le bon moment pour ne pas brusquer votre proie. Prendre tout le temps qu’il faut. La regarder, analyser son comportement, un peu comme le ferait un profileur du FBI avec un dangereux criminel, et de cette façon en déduire la méthode à appliquer.
    Une fois que votre stratégie est parfaitement huilée, on peut passer à l’attaque. »



    J - 9 jours.
    Étape deux : La rencontre.



    Et merde, voilà qu’il est en retard !
    William court en rageant dans les couloirs. Son coté chevaleresque lui a encore joué des tours pour qu’il ait voulu filer un coup de main au club théâtre du collège, lui qui déteste la représentation, et maintenant il est bien dans le pétrin pour arriver à l’heure au cours de français !

    C’est au croisement entre la cafétéria et le bâtiment des sciences qu’ils entrent en collision.

    « Aie !
    — Oh non ! Mélanie ça va ?! »

    Mélanie… William n’a pas oublié qui c’était. Pire même. Cela fait presque une semaine qu’il est comme obsédé par cette fille. Il ne dort presque plus, et quand par hasard il lui arrive de rêver, c’est elle qui hante ses songes pour ne lui laisser aucune seconde de répit. Le pauvre en deviendrait déjà fou.

    Du coin de l’œil, il voit maladroitement un de ses amis qui la relève précautionneusement, tandis qu’elle s’époussette, majestueuse, caressant gracieusement les plis de sa jupe pour les remettre correctement en place, aucune émotion visible sur le visage.
    Impassible.

    Se relevant à son tour, William n’a même pas le temps de s’excuser qu’il est violemment plaqué au mur par deux bras vigoureux, avant que l’un d’entre eux ne fasse douloureusement pression sur son cou, lui bloquant la respiration. Une voix aux effluves malodorantes parvient ensuite à ses narines, achevant de le faire suffoquer.

    « Tu te rends compte, hein ? Tu te rends compte de ce que tu as fait, petit morveux ?
    — Je.. Aarrg… »

    Un coup de genoux dans le bas-ventre vient l’empêcher de terminer convenablement sa phrase. Il a l’impression que cet inconnu vient de lui briser les reins, et il n’a toujours pas compris pourquoi il s’acharne à ce point sur lui. Gémissant des paroles incompréhensibles, au bord de l’évanouissement, son salut est prononcé lorsqu’une voix aux sonorités chantantes prend la parole.

    « Ça suffit. »

    Impériale.
    William est immédiatement relâché, et le chien de garde de Mélanie se recouche à ses pieds, laissant le garçon pour mort sur le sol. Estomaqué, la respiration sifflante et éreintée, il lève les yeux vers son bourreau, et rencontre une nouvelle fois ce regard noir et hypnotisant qui le tourmente depuis quelques temps.
    Elle le fixe.

    Il se relève, prêt à tout pour faire bonne figure, habité par une force qu’il ne soupçonnait même pas. Devant elle, il se sentirait de taille à vaincre une armée entière à mains nues. Car elle fait partie de ces personnes pour lesquelles on se bat, devant lesquelles on serait capable de réaliser des miracles.

    Une fois qu’il est bien droit sur ses jambes, que son souffle est reposé et tranquille, et que son regard a retrouvé de l’assurance et de l’allure, elle laisse échapper un sourire et reprend finalement sa route, comme si rien ne s’était passé, comme si leur collision n’avait pas eu lieu.

    Consterné, William laisse ses lèvres s’entrouvrir sur un « Je suis désolé…», que le vent semble porter comme une douce mélodie jusqu’à ses oreilles. En effet, arrivée à la fin du couloir, et avant de disparaitre pour de bon de sa vue, elle lui accorde un dernier coup d’œil.
    Inqualifiable.


    ***



    « Dès que le contact est établi, il vous faut par-dessus tout conserver ce lien qui s’est tissé entre vous. Portez à votre cible une attention toute particulière en alternant regards de braises et sourires enjôleurs. Elle doit se sentir flattée d’être le centre de votre intérêt.
    C’est maintenant que le jeu de la séduction débute... »


    J - 7 jours.
    Étape trois : Leçons de séduction.



    Deux jours.
    Cela fait deux jours que William ne cesse de se remémorer en boucle leur dernière rencontre. Et plus que tout, c’est son attitude qui le met mal à l’aise et soulève en lui bon nombre de questions qui resteront probablement sans réponses.
    Particulièrement son détachement face à lui, à tout ce qui se passait autour d’elle. Elle était… Imperturbable. De cette neutralité qui fait froid dans le dos, et qui en même temps possède ce quelque chose qui la rend attirante.

    Lassé de ce tumulte de pensées qui l’assaillent dès que le nom de Mélanie apparait à lui, il pose distraitement la tête contre la vitre du bus, montant encore un peu plus le volume de ses écouteurs pour ne pas l’entendre parler quelque part derrière lui. Il a le sentiment que ses oreilles sont constamment branchées sur sa fréquence, et qu’il capte même à distance chacune de ses pensées et de ses mots, alors que plus que jamais il éprouve le besoin de s’en défaire, et de sombrer dans une mélancolie profonde et nébuleuse, loin de toute Mélanie Duchesne.

    L’arrivée au bois du Bouleau blanc et la perspective de passer la journée à cueillir et à analyser des champignons le déprime encore plus. C’est d’une allure d’automate qu’il descend, sans conviction, et se place en rang aux côtés de l’autobus, guère plus motivé et plus vivant qu’un mollusque.

    « Bien. Maintenant calmez-vous et mettez vous par deux… Non, par deux j’ai dit, pas par trois ni quatre ni cinq ! Deux ! Vous devez former des paires. »

    William s’exécute, tel un robot bien programmé, et s’installe dans un coin. À vrai dire, il n’en à rien à faire de cette excursion. Ni de tout ce qui l’entoure, que ce soit les profs ou les arbres, aussi fades et sans intérêt les uns que les autres. Ni de Marc et Sébastien, ses amis qui paraissent pourtant réellement préoccupés par son état d’esprit. Ni même de Mélanie, en fait.
    Il est dans cette phrase de déni de tout son entourage. Et rien ne semble prêt de le dérider, tant ses traits semblent figés dans la monotonie…

    « Bien, alors nous avons donc Sébastien et Marc Cherry, et ensuite William Dunbar et Mélanie Duchesne, c’est ça ? »

    Interloqué, William sursaute en entendant son prénom si proche de celui de cette fille. Puis soudain il réalise ce qu’il n’a pas vu venir, son esprit étant enfermé dans un brouillard épais : elle est là. À ses côtés.
    Imprévisible.
    Il n’avait jusqu’à maintenant pas senti sa présence contrairement aux autres fois, comme si elle avait voulu conserver son aura mystérieuse au lieu de s’imposer à lui comme d’habitude.
    Invisible.

    Elle lui sourit.
    Le prof, sans se rendre compte de ce qu’il passé, leur colle une carte et une boussole dans les mains avant de poursuivre son chemin, notant distraitement les noms des autres groupes sur un calepin. William se tourne vers elle et lui sourit aussi, sur un petit nuage.

    Qui sait, cette journée ne sera peut-être pas si terrible que ça finalement ?

    Ignorant le regard noir de Sébastien, il la suit en trottinant alors qu’elle s’éloigne, plan en main, un sac accroché à la ceinture, et un carnet de poche dans le sac, prête à partir à l’aventure… Il la rejoint en deux temps trois mouvements, faisant mine de s’intéresser à la carte qu’elle contemple successivement sous plusieurs angles distincts, tentant vainement de se repérer dans la jungle ambiante.

    « Je crois... Je crois qu’on devrait partir à gauche.
    — Oui. »

    Tétanisé. Il est tétanisé.
    Et il n’a même pas osé lui dire qu’ils devaient partir plutôt vers la droite s’ils voulaient trouver de beaux spécimens et par conséquent avoir une bonne note pour leur TD. Qu’importe. De cette façon, ils passeront plus de temps ensemble.

    C’est au détour d’un arbre, après quelques minutes silencieuses passées à marcher côte à côte, qu’il la découvre réellement. Épanouie et émerveillée lorsqu’un papillon se pose sur son épaule délicate. Les yeux brillant un peu plus à chaque champignon qu’un éclat de soleil lui dévoile et qu’elle s’empresse de mettre dans son panier. Les cheveux de plus en plus ébouriffés par la brise, les joues rouges, la mine radieuse. Loin de l’image froide et distante qu’elle renvoie d’ordinaire.
    Libre, il la sent libre.
    Insouciante.

    Au bout d’une petite demi-heure seulement, leur sac étant bien pourvu en spécimens de toutes sortes (preuve qu’elle savait ce qu’elle faisait en choisissant d’aller à gauche au début de leur excursion), ils décident d’un commun accord de faire une pause pour goûter à l’ombre d’un chêne majestueux.

    Assise naturellement à ses côtés comme s’ils se connaissaient depuis la nuit des temps, parfaitement à l’aise, elle lui parait pour la première fois réellement accessible. Presque ordinaire, ce qui est pourtant loin d’être son cas.

    À ses côtés, les mains moites, William peine à ouvrir son sac qui semble vouloir lui résister, ce qui déclenche chez elle un rire merveilleux. La gorge nouée à l’idée qu’il est en train de passer pour un abruti à ses yeux, et alors qu’il parvient péniblement à sortir son paquet de biscuits de la doublure de son bagage, le croisement de leurs regards lui fait perdre tous ses moyens. Incapable d’avaler quoi que ce soit, la boule au ventre, il déclare finalement forfait, totalement subjugué par sa beauté, et abandonne sur le sol ses gâteaux.

    « Tu n’as pas faim ?
    — Non, pas trop… »

    Il a la gorge nouée, mais ça, jamais il n’oserait lui avouer.

    « C’est l’effet de la nature. Je ne sais pas toi, mais moi entourée de ces arbres, réchauffée par ce soleil et tempérée par ce vent frais, je me sens bien.
    — C’est très poétique tout ce que tu me dis là…
    — J’aime la poésie. Je trouve que les vers sont une façon plus magique de retranscrire la réalité… Enfin bref ! »

    Elle laisse échapper à la fin de sa phrase un petit rire gêné, comme embarrassée à l’idée de s’être trop livrée à lui alors qu’ils ne se connaissent même pas. Pourtant, William n’arrive plus à nier l’évidence. Il y a entre eux quelque chose de plus puissant et de plus énigmatique qu’il n’aurait voulu l’admettre auparavant... C’est quelque chose de magique.
    Indicible.

    Au fond de lui il le sait, il le sent. Il est destiné à vivre avec cette fille une aventure hors du commun. C’est inscrit en lui comme une évidence.


    ***



    « Arrivés à ce stade, vous vous devez de multiplier les moments en sa compagnie et les occasions de vous revoir. Créez des rencontres qui auront l’air accidentelles, mais faites tout pour vous rapprocher de votre proie. Passé le cap de la première approche, et une fois que votre relation commence à se stabiliser, il est primordial d’attiser les flammes de ses sentiments naissants. »

    J - 5 jours.
    Étape quatre : L’art du hasard.



    Un petit mot de sa part chiffonné à la hâte pour qu’ils se retrouvent ce soir. Bref, simple, précis. Elle a quelque chose à lui montrer apparemment, et il semblerait que ce soit en rapport avec les champignons.
    Du moins, c’est ce qu’il se répète depuis qu’il a trouvé son message coincé sous la porte de sa chambre.

    Son cœur bat de plus en plus vite au fur et à mesure que l’heure fatidique approche et il ne cesse de jeter des coups d’œil anxieux au réveil depuis que le soleil s’est couché. Il a rendez-vous à 22h30. Il lui reste donc une demi-heure à patienter. C’est supportable.

    Oh bon sang, il va devenir fou.

    Surtout, surtout ne pas se faire trop de films. C’est pour les cours qu’ils se voient. Rien d’autre. Sans compter que depuis leur escapade dans la forêt, il n’a dû la recroiser en tout et pour tout que quelques fois dans les couloirs, et encore. Pourtant, à chaque rencontre, un frisson lui parcourait l’échine et il savait que pour elle il en était de même. Il le voyait dans ses yeux. Sur son sourire discret mais bel et bien présent sur ses lèvres. Sur ses joues qui se coloraient discrètement quand il la regardait trop fixement. Tout son comportement dès qu’il entrait dans les parages trahissait une attirance pour lui. Il le sentait.

    William secoue la tête vigoureusement, chassant ces pensées certes fort agréables, mais peu convenables, de son esprit torturé. Il est l’heure maintenant.
    Sortant en catimini de sa chambre, il file aussi invisible qu’une ombre, longeant les murs en silence tel un fantôme. Il ne manquerait plus qu’il se fasse repérer, alors que là, maintenant, il détient enfin sa chance avec elle. Il faut qu’il soit prudent…

    Une fois sorti, l’air frais du dehors lui fouette énergiquement le visage, et frigorifié il claque des dents, complètement congelé. L’amour, en plus de son étourderie habituelle, lui a fait oublier sa veste. Cette fois-ci, s’il n’attrape pas un rhume, c’est vraiment que la maladie ne veut pas de lui.

    Soupirant, il tourne désespérément la tête, la cherchant du regard à travers la cour vide et empreinte de mystère. Il ne voit rien à part des feuilles qui volent en formant des tourbillons. Les battements de son cœur s’accélèrent. Subitement, il sent la peur et l’angoisse s’immiscer en lui.
    Et si elle ne venait pas ? Et s’il avait mal interprété ?

    Puis soudain, ses pensées sont éclipsées par une vision céleste. Le ciel s’éclaircit tout à coup comme par magie, les nuages sont emportés au loin par le vent, et il l’aperçoit finalement dans un rayon de lune blanc. Les cheveux emportés par le vent, elle est tout simplement sublime. Presque sortie d’un conte de fées. Imaginaire.
    Et alors qu’il s’avance dans sa direction elle lui prend tout simplement la main, l’entrainant à sa suite à travers le parc.

    « Viens, viens vite, viens voir.. »

    Et il cède à la tentation.
    Tant pis, il aura au moins essayé de lutter, du moins, c’est ce qu’il croit. L’amour est une douce illusion et il s’est laissé noyer à l’intérieur.

    C’est à la lueur de champignons aux allures surnaturelles qu’ils échangent leur premier baiser. Bien moins maladroit qu’il ne l’aurait cru. Plus vif, plus passionné. Intense.
    C’est une certitude pour lui maintenant.
    Il est tombé amoureux d’elle.



    ***



    « Une fois que vous sentez que le piège s’est refermé sur votre proie, surtout ne vous arrêtez pas là, et continuez le jeu de la séduction avec elle. Cependant, pour que la partie ne devienne pas trop lassante, il vous faut trouver un moyen de la déstabiliser de façon à la rendre encore plus accro à vous et à garder l’avantage dans votre relation. Pour cela, rien de plus simple. Alternez successivement le froid et le chaud avec votre cible. C’est ce que j’appelle la technique du sauna : un coup vous lui donnez l’impression que vous brûlez d’un amour incandescent pour elle, la fois d’après vous faites en sorte qu’elle prenne une bonne douche glacée, en vous apercevant par exemple dans les bras d’une tierce personne.
    Durant cette phase, vous devez amener l’autre à douter de vous, à le laisser se consumer entièrement par la jalousie et à être envahi par un doute affreux et insupportable. Rongé par la peur de vous perdre, il sera ensuite définitivement à vos pieds. »



    J - 2 jours
    Étape cinq : La technique du sauna.



    Il a le sentiment d’avoir encore le goût de ses lèvres sur les siennes, cicatrice brûlante et souvenirs marqués au fer rouge dans mémoire. Pourtant, son cœur est figé. Il vient de la voir main dans la main avec l’autre idiot de Bruno, un grand benêt sportif qui a un cerveau de la taille d’un pois chiche. Elle s’est laissé porter par lui à la piscine. Pire, elle s’est jetée dans ses bras volontairement. Riant contre son cœur comme s’ils étaient... Comme s’ils étaient… Il n’en sait rien, il a peur d’y penser, il n’ose même pas le dire...

    La seule chose dont il est sûr, c’est que son cœur vient de se briser dans sa poitrine.

    Un peu plus tard, de retour aux vestiaires après la pire séance de natation du siècle, il est surpris de trouver un petit mot dans son sac, coincé entre ses chaussettes et son pull.
    Il en veut presque à sa poitrine de s’affoler de la sorte, et pourtant… Le souffle coupé, il retient sa respiration et déplie le papier, les yeux fermés tant il redoute ce qu’il pourrait contenir.

    C’est elle.

    « Excuse-moi pour Bruno, j’ai bien vu que tu n’étais pas à l’aise tout à l’heure. Ne t’en fais pas, il ne compte pas du tout pour moi. Rendez-vous au gymnase à la pause, je saurais me faire pardonner. »

    Un sourire niais se dessine sur son visage. C’est suffisant pour le rassurer.

    Malheureusement pour lui, ce changement d’attitude n’a pas échappé aux jumeaux, à qui il n’a rien révélé de ses escapades nocturnes ou non pour la retrouver. Cependant, il sait qu’ils ne sont pas dupes, et il a de plus en plus de mal à leur cacher la vérité. En effet, il suffit de regarder William Dunbar pour comprendre qu’il se consume littéralement pour quelqu’un en ce moment. C’est inscrit dans chaque ridule de son visage. C’est lisible dans son regard.

    Alors que William est absorbé par la relecture de ce mot, dont il parcourt chaque syllabe encore et encore, il est surpris d’entendre Marc dans son dos, le faisant sursauter :

    « Alors petit cachottier... Dis-moi de qui est cette lettre que tu essaies de dissimuler ? »

    Rougissant plus vite qu’il n’en faut pour le dire, le jeune homme s’empresse de la bourrer à la hâte au fond de son sac. Écarlate et bégayant, il rassemble ensuite ses affaires du mieux qu’il peut, s’efforçant de ne pas regarder ses amis dans les yeux.

    « C’est.. C’est rien. D’ailleurs je.. Je dois y aller.
    — Mais William attends.. ! »

    Ce dernier esquive adroitement le bras de Marc, qui tente de le retenir, impuissant. William disparait avant qu’un des deux jumeaux n’ait eu le temps d’ouvrir la bouche pour répliquer, les laissant pantois.
    Sébastien échange avec son frère un regard qui en dit long.
    Si ça continue comme ça, ils vont devoir s’en mêler…



    ***



    « Il est très important cependant de bien choyer votre proie, plus que de lui faire du mal, il vous faut en prendre soin, la bichonner. Rassurez-la sur vos sentiments naissants. Qu’ils soient réels ou non, elle doit vous croire. Et pour cela, la phase précédente ne peut pas durer longtemps au risque que votre cible ne se lasse, et dans ce cas précis, il vous sera beaucoup plus difficile de la récupérer par la suite… »

    H - 21 heures
    Étape six : la puissance du regard.



    William fait les cent pas dans le parc.

    Il fait froid, plus que quand le soleil est là pour le réchauffer, et il déplore déjà que ce dernier se soit couché depuis quelques heures. Mais bon, il faut croire que Mélanie n’apparait qu’à la nuit tombée, un peu comme la lune, se contentant d’être le vulgaire fantôme de sa petite amie en journée.

    D’ailleurs, après ce qu’elle lui a fait, peut-il encore la considérer comme sa petite amie ?

    Car c’est vrai, il l’a attendue dans leur coin secret comme elle le lui avait demandé pendant toute la pause-déjeuner, et par conséquent il n’a pas pu aller manger donc il a passé toute l’après-midi le ventre vide et amer. Et résultat : elle est arrivée. Et il lui aurait volontiers tout pardonnée, si elle ne s’était pas pointée avec… Avec l’autre idiot. Bras dessus, bras dessous, en train de faire une promenade digestive.

    Quant à William, même l’estomac vide, il avait eu l’impression qu’il allait rendre le peu qu’il contenait dans le buisson d’à côté tellement cette vision l’avait rendue malade. Il a le mal d’amour comme on dit…

    Le pire dans tout ça, c’était qu’elle ne l’avait même pas calculé. Pas un regard, pas un sourire.
    Pas une excuse.

    Non, c’est sûr, ça ne passera pas cette fois. Il veut bien se faire prendre pour un con une fois, mais pas deux, ni trois. Qu’elle le snobe tout le temps, puis qu’elle vienne le câliner dans le dos des autres, ça ne passe plus. Maintenant ou elle assume ou c’est fini.
    Oui. C’est comme ça qu’il doit lui parler.

    Pourtant, dès lors qu’elle arrive, les cheveux au vent, un sourire radieux sur les lèvres, et un regard qui en ferait pâlir d’envie plus d’une, toutes les belles résolutions de William s’effacent pour laisser place à un profond soulagement. Elle est venue. Et ce qu’il redoutait plus que tout depuis le début, c’est qu’elle ne vienne pas…

    À peine arrivée elle ne lui laisse pas le temps de répliquer qu’elle l’enlace et plonge la tête dans son cou, cherchant sa chaleur et son réconfort. Incapable de lui résister, et ayant attendu ce moment depuis ce qu’il lui semble être une éternité, il passe délicatement ses bras autour de son petit corps, savourant avec un plaisir non contesté le doux parfum de sa peau.

    « Si tu savais à quel point la journée a été épuisante.. »

    Sa voix est tremblotante, et il sent tout son être frissonner contre lui, comme si elle allait éclater en sanglots d’un instant à l’autre. Ah non, elle ne va pas lui faire le coup des larmes. Un ange passe, puis elle renifle doucement contre lui, faisant mine de se retenir de pleurer.
    Il craque.

    « Ça ne fait rien, tout va bien…
    — Mais non arrête ! Je sais que tu m’en veux pour aujourd’hui, et tu as raison d’être fâché… Mais tu comprends je ne pouvais pas faire autrement... »

    Alors qu’il commençait à mollir sous ce discours dégoulinant d’excuses, le sang de William ne fait qu’un tour à l’entente de la dernière phrase, et il se détache brusquement de son étreinte.
    Vexé.

    « Comment ça tu ne pouvais pas faire autrement ? C’était si difficile de plaquer cet imbécile et de venir vers moi comme tu me l’avais promis ? Ou même de faire semblant que tu en avais envie ? … Tu ne m’as même pas regardé. »

    Le ton boudeur qu’il emploie arrache un sourire satisfait à Mélanie.
    Cependant, cette réaction et ce plaisir suspect à l’entendre se plaindre ne semble pas convaincre William, qui fronce d’abord les sourcils avant de lui tourner dos, blessé dans son orgueil.

    Un ange passe.

    Des questions ne cessent d’assaillir son esprit, et il ne sait plus que faire. Rongé par l’idée de la perdre mais trop obstiné pour le reconnaitre, il reste immobile, les bras ballants, le regard vide. Voilà ce qu’il craignait qu’il arrive. Une dispute entre eux avant même que leur histoire ne débute réellement. Il faudrait qu’il apprenne à se contrôler aussi.
    .
    Il est soudain surpris par deux mains frêles qui se baladent sur son torse, avant de l’attirer fortement en arrière, pressé par le corps de la belle asiatique.

    « Excuse-moi… Je ne voulais pas te mettre mal à l’aise.. »

    Elle n’obtient pour réponse qu’un vague bougonnement, William tentant de tous les moyens possibles et envisageables ou non de contrôler les pulsations de son pauvre cœur affolé.

    « Je t’aime tu sais. »

    Ça y est. Arrêt cardiaque.
    On l’a perdu.
    Il se retourne, captant dans ses yeux une évidence qui ne pourrait être niée que par un fou.

    « Je.. Je.. Euh.. »

    Elle ne lui laisse pas le temps de répliquer. Ni l’envie. Au fond, elle sait les sentiments qu’il ressent pour elle. Elle les a vus venir. C’est tellement évident qu’il serait bête de lutter contre eux. Elle sourit, posant un doigt sur sa bouche pour le faire taire, avant d’unir leurs lèvres dans un tendre baiser.




    ***



    « Arrivés à ce stade là, il se peut que certains obstacles viennent se dresser sur votre chemin. Eliminez-les sans états d’âme, quels qu’ils soient. Il vous faut trouver au plus vite un moyen de vous en débarrasser, avant que leur présence n’affecte votre proie. Vous devez garder le contrôle quoiqu’il arrive. »


    H - 18 heures
    Étape sept : la force des mots.



    « Où tu étais passé ? »

    William, dans un sursaut, lâche brusquement la porte de sa chambre qui se ferme dans un bruit sourd. Et merde, lui qui voulait être discret, c’est raté… Se retournant, il tombe nez à nez avec Marc et son ombre, allongé dans un coin sur son lit.

    « Ça ne vous regarde pas…
    — Oh que si ça nous regarde. »

    Il sent la colère monter en lui. Non mais de quel droit ils se permettent d’entrer dans sa chambre sans sa permission et de surcroit quand il n’est pas là ? Sébastien se relève d’un bond, tenant à la main un papier aux senteurs affriolantes qui fait chavirer le cœur de William.

    « Même si ce n’est pas signé, aucun de nous n’est idiot. Mélanie est la seule personne a être proche de Bruno. Tu n’aurais pas quelque chose à nous dire par hasard ?
    — Mêlez-vous de vos affaires. Et maintenant dehors. Je dois dormir. »

    Si le visage du frère taciturne n’exprime rien comme à l’accoutumée, celui de Marc se décompose. Il ne reconnait plus le William qu’il a connu, ce dernier étant devenu le spectre de leur ancien ami. C’est bien simple, William ne dort plus. Il ne rit plus. Il fait le mur plusieurs fois par semaine et sèche même des heures de cours. William ne vit plus.
    Et les jumeaux assistent impuissants à cette transformation, tels des poissons dans leur bocal contemplant le monde derrière le vitre.

    Menacés du regard par un William plus déterminé que jamais à avoir la paix, ils s’avancent d’un pas monocorde en direction de la sortie, guère motivés. Juste avant de franchir le pas de la porte, Sébastien lance un dernier coup d’œil à William, avant de laisser échapper une dernière mise en garde, jetant la lettre en boule à ses pieds.

    « Cette fille, elle va te détruire. »

    Ignorant cette remarque qu’il juge puérile, William lui claque volontairement la porte au nez, faisant retentir le bruit un long moment dans les silencieux couloirs de l’internat.
    Exténué, le jeune homme se laisse aller contre le battant, finissant accroupi au sol, la tête nébuleuse et tourmentée. Il ne sait plus qui croire. À vrai dire, il est clair que le comportement de Mélanie est douteux, mais dès qu’elle est avec lui, son attitude la trahit… De plus, elle l’a invitée au bal de la Saint-Valentin demain soir. C’est une preuve qu’elle a décidé d’assumer leur relation, non ?

    Si.
    Elle l’aime, c’est sur.

    Il le sent, cet amour si puissant qu’ils ressentent tous les deux l’un envers l’autre.
    Il le sait. Il ne doit plus jamais en douter.

    Subitement inspiré, il attrape une feuille volante et un vieux stylo qui traine dans un coin, et se met à composer. Les mots s’installent les uns après les autres dans des vers, des strophes. Il devient poète, emporté par la folie de sa poésie à elle. Le résultat est peu être un peu maladroit, mais jamais il n’a été plus sincère dans ses sentiments jusqu'à aujourd’hui.
    Jusqu’à ce qu’il la rencontre.

    Elle a bouleversé sa vie, elle mérite d’être vénérée tous les jours pour lui avoir fait prendre conscience de ce qu’était la vie. Il commencera par ce modeste poème, et continuera, chaque jour, à lui prouver que les flammes de son amour pour elle brûle et brûleront pour l’éternité dans son cœur.


    Épuisé, il s’endort à même le sol, serrant contre son cœur ce cadeau si précieux.


    « Certaines fois, ma vie me parait monotone,
    Triste, lourde ; on pourrait dire routinière,
    Mais à chaque reprise, mon cœur résonne :
    Quand tu apparais, seul reste ta lumière…

    Tu es en effet le soleil de mon cœur,
    Celle qui m'emprisonne dans tes yeux noirs,
    On m'a dit que l'amour mène au bonheur,
    Eh bien, puis-je moi aussi y croire ?

    Lorsque je t'aperçois ou que tu me souris,
    Tu me sembles être le trésor de la Terre,
    Ta douce voix est celle d'un ange qui m'éblouit :
    Je braverai pour toi les flammes de l'enfer.

    Toi seule est peut-être ma faiblesse,
    Car à tes côtés, je perds mes moyens,
    Mais alors s'envole toute ma tristesse :
    L'amour frappe même ceux qui n'y connaissent rien.

    Au fond, je sais les trois mots que je veux te dire,
    Mais qui reste toujours au plus profond de moi,
    Pourtant, j'espère qu'un jour, je ne saurai les retenir,
    Et qu'un nouveau chemin commencera… »



    ***



    « Il se peut qu’à ce moment là votre cible commence à se sentir perdue, ballotée entre deux camps que tout oppose (le votre, et votre adversaire qui fait tout pour vous empêcher, à bon escient, de séduire votre proie), et que la situation lui échappe. Vous vous devez alors de vous présentez à elle comme le seul remède possible à son mal. Vous lui apparaitre comme son unique source de bonheur »


    H - 7 heures
    Étape huit : la valeur d’un sourire.



    « Mélanie ? Tu es là ? »

    Le cœur battant, il pousse la porte du gymnase, endroit où ils ont prévu de se retrouver aujourd’hui. Un rapide coup d’œil dans la salle et il constate qu’elle n’est pas là. Il bougonne dans sa barbe, rageant parce qu’il a loupé le service de midi pour venir, et qu’elle lui a encore posé un lapin.
    À vrai dire, il ne sait même pas pourquoi il continue à espérer qu’elle vienne le voir en journée. Ça n’est jamais arrivé, et il y a très peu de chances visiblement que ça arrive un jour !

    Se retournant pour s’en aller, et il est surpris lorsqu’il se heurte contre quelque chose d’à la fois dure et mou, qui n’était pas sensé être là, et qui empeste le parfum pour homme surdosé.

    « Tiens-tiens.. Mais c’est le petit Dunbar… »

    Oh non, pas cette voix.

    William recule brusquement, jusqu’à buter contre le mur. Bruno est face à lui, un sourire satisfait et menaçant sur les lèvres… S’approchant de lui jusqu’à l’étouffer, ce dernier se penche jusqu’à être en mesure de chuchoter et de bien pouvoir se faire entendre. Le cou bloqué par cet idiot et son bras musclé, William est contraint de l’écouter susurrer à son oreille, au bord de l’asphyxie.

    « J’ai entendu dire.. Que tu avais des vues sur Mélanie, hein mon lapin ? »

    Un violent coup dans son estomac vient ponctuer cette remarque déjà suffisamment détestable comme ça. Peinant à retrouver sa respiration, le jeune homme commence à se sentir mal, et c’est sans surprise qu’il sent sa bile lui remonter dans la bouche, son ventre étant encore une fois peu rempli... Ce qui peut être un avantage dans ces conditions..

    « Alors écoute moi bien, mon mignon.. Si tu n’as pas envie que je te réduise ta jolie petite gueule en morceaux, tu vas prendre tes distances avec elle, compris ? »

    William serre les dents. Il ne cédera pas. Cet idiot peut croire ce qu’il veut, jamais il n’abandonnera cette fille. Jamais. Un nouveau coup l’envoie au sol, et il y reste, résigné. Au pire, il n’a plus rien à perdre, il se fout de sa dignité. Du moment qu’il l’a, elle.

    « Je suis content qu’on se soit compris… Bon, maintenant je te laisse, je dois la retrouver on mange ensemble ce midi. Passe une bonne journée et… Oh, mais qu’est-ce que c’est que ça ? Petit cachottier.. ! »

    Le cœur battant, William puise en lui les dernières forces qui lui restent pour lever les yeux vers Bruno, et une vision d’horreur le saisi. Son poème ! Il est tombé de sa poche durant leur lutte et… Oh mon dieu non ! Il est en train de le lire. Un poussée d’adrénaline envahit soudainement son corps et il se relève, chancelant, avant de ce jeter au cou du sportif dans le but de récupérer son bien.

    « Rends moi ça, c’est à moi ! »

    Malheureusement, gringalet qu’il est, il se fait pousser au sol d’un simple revers de bras, avant de recevoir un nouveau coup de poing au visage, lui fendant la lèvre en deux. Prostré sur le sol, il est à nouveau roué de coups, puis finalement laissé pour mort au pied du mur.

    « Tiens, non mais ça t’apprendra à réclamer des trucs ! .. C’est à moi, c’est à moi, non mais si ce n’est pas pathétique ! Tu devrais avoir honte de pleurnicher comme une fillette. T’es un homme ou non, merde ? »

    Un dernier coup vient terminer de ponctuer cette phrase, puis Bruno quitte définitivement le gymnase, laissant William entre sang et larmes.

    Il ne sait combien de temps il reste ainsi recroquevillé en position fœtale, tout ce qu’il sait c’est qu’il a été sauvé, miraculé par l’apparition d’un ange venu à son secours.

    Accroupie, elle est là, à genoux auprès de lui, tenant sa tête entre ses mains et câlinant son visage boursouflé et tuméfié. Embrassant ses lèvres disgracieuses et ensanglantées. Prenant soin de plus qu’aucune autre personne ne l’a fait.

    Oui.
    Maintenant il en est certain, il ne laissera personne les séparer.



    ***



    « Si des doutes subsistent dans l’esprit de votre jouet, redoublez d’efforts pour le convaincre. Vous êtes presque au bout, ne laissez pas tout votre travail partir en fumée. Vous devez devenir la seule chose qui compte à ses yeux. Sa raison de se lever le matin. Son rayon de soleil. Et pour ça, mettez-y le prix qu’il faut, avancer les meilleurs arguments que vous trouverez, on s’en moque. Du moment qu’il y croit… »


    H - 5 heures
    Étape neuf : le revers des sentiments.



    Poussant la porte de sa chambre, appuyé de presque tout son poids sur les frêles épaules de sa petite amie, et encore tout chamboulé par ce qu’il vient de se passer, il ne remarque même pas la présence de deux ombres postées près de sa fenêtre. Elle, imperturbable comme à son habitude, l’aide à asseoir sur son lit, quand soudain une odeur alléchante leur parvient.

    En effet, Marc tient dans ses bras un sac en papier dont s’échappe un doux fumet. Et avant que William ne s’écrie qu’ils n’avaient rien à faire ici comme il l’a fait la veille, il s’excuse, déposant le paquet sur son bureau.

    « On venait juste t’apporter à manger, parce qu’on a remarqué tes absences prolongées au self, et on ne voulait pas que tu meures de faim. C’est tout. » Il marque une pause et tourne la tête en direction de son frère. « On s’en va maintenant.
    — Non. »

    Sébastien a les poings plus fermés et plus contractés que ceux de Bruno lorsqu’il frappait William, ce qui inquiète ce dernier. Il semblerait que le calme flegmatique du jumeau passif soit en train de s’estomper, et il a même l’air au bord de l’éclatement.

    Mélanie se redresse.

    « Tu as raison, c’est à moi de partir…
    — NON ! »

    Le cri de William lui arrache un sourire, mais elle insiste, sous le regard menaçant des deux autres garçons. Elle n’a pas envie de jouer à ça, la journée a déjà été suffisamment épuisante comme ça. Elle a passé des heures à s’occuper de lui, à le panser, à le soigner.. Bon sang Bruno aurait pu y aller plus doucement ! Deux trois bleus, un peu de crème et hop’, c’était fini !

    C’est réellement un incapable. Ça lui apprendra à lui faire confiance. Aucun homme ne mérite sa confiance.
    Pressée d’en finir, elle utilise sa carte joker, sachant pertinemment qu’il n’aura rien à redire aux arguments qu’elle va lui avancer.

    « Il faut que j’aille me reposer si je veux être en forme ce soir. »

    Et effectivement il sourit, enchanté à la perspective de cette soirée avec elle. Au fond d’elle même, elle s’en veut, alors plus pour apaiser sa conscience plus que par une réelle envie, elle se penche vers lui, et dépose un petit baiser sur sa joue. Ce faisant, elle ne peut s’empêcher que d’envoyer une œillade presque provocante à Sébastien, qui se tend, ce qui la réjouit. Malgré tout, elle a encore le pouvoir sur lui.

    Cet échange n’échappe à personne, pas même à William, qui sent son cœur s’affoler. Et si… Et si elle ne l’avait séduite que pour s’approcher du plus intouchable des jumeaux Cherry ?

    Impériale, comme toujours, et sans un regard pour William qui chavire entre le rougissement et la stupeur, elle tourne les talons et ouvre magistralement la porte avec une élégance que seule elle possède. William se redresse et l’interpelle, le cœur battant.

    « Attends ! Je te raccompagne jusqu’à ta chambre alors ! »

    Elle sourit, et il prend ça pour un acquiescement. C’est soulagé qu’il la suit dans le couloir, silencieuse. Puis tout à coup, avant de tourner au croisement qui mène aux escaliers, elle fait mine d’être surprise, plaquant ses deux mains sur sa bouche.

    « Merde j’ai oublié mon téléphone ! Attends moi ici je reviens.
    — Mais… »

    Laissé en plan, il se laisse tomber contre le mur, bougonnant.
    Il la voit au loin rentrer dans la chambre, et comme elle le lui a demandé, il patiente.

    Elle rentre. Faisant mine de récupérer son bien, elle défie les jumeaux du regard avant de faire demi-tour. S’arrêtant sur le pas de la porte, la main tendue pour saisir la poignée, elle hésite un instant et finalement se retourne, sourire aux lèvres, tellement sûre d’elle que ç’en est agaçant.
    Agaçante et pourtant si désirable.

    « C’était un plaisir de te revoir Seb’. Toi aussi Marc, bien sûr. Mais à l’avenir, évitez d’apparaitre comme ça à l’improviste. Je n’aime pas les surprises.
    — On en a rien à faire de ce que tu aimes ou non.
    — C’est vrai ? Tu ne disais pas ça il y a quelques temps de ça mon chaton… »

    Les yeux de Sébastien se voilent sous le chagrin, et il faudrait être aveugle pour ne pas voir que son visage se décompose, tandis qu’il essaie de cacher son malheur derrière un masque d’impassibilité. Seulement des deux, ils le savent, c’est elle qui joue le mieux la comédie.

    Elle les quitte, les laissant avec leurs pensées respectives. Impassible.

    Peu de temps après, William rentre, échangeant un coup d’œil tendu avec ses amis, qui sentent qu’il est temps pour eux d’avoir une bonne discussion.
    Cependant, lassé, Sébastien soupire. Il n’en a pas l’envie. Son court dialogue avec Mélanie l’a vidé de ses forces. Et plus que tout, il en a assez de protéger le petit nouveau depuis le début. Il l’a prévenu, conseillé, il aura tout fait pour empêcher cette diablesse d’arriver à ses fins… Maintenant, c’est trop tard.

    Elle a eu William, elle l’a séduite comme elle l’a envoûtée lui l’an passé, le tournant en ridicule à la fin de ce qu’elle osait appeler "sa belle aventure". Et comme lui, William ne voudra rien entendre, pas plus que Sébastien avait écouté Bruno à l’époque, à qui elle avait fait également le coup quelques temps avant. Cette fille est une séductrice née. Et quelque soit la proie qu’elle choisit, elle finit toujours par l’obtenir…

    Un regard en direction de son frère l’informe que celui-ci partage ses pensées.

    « On t’as dit plusieurs fois tout ce que tu dois savoir, mais tu n’as jamais voulu nous écouter. Je ne vois pas pourquoi on te parlerait maintenant, alors que tu ne cesse de nous rejeter. Tu es intelligent, tu devrais avoir compris. Pourtant, même si on te démontrait par A+B que cette fille va te ruiner l’existence, tu ne nous croirais pas. Alors vas-y, suis la. Aime-la. Noie-toi dans son amour si ça te chante. Crois-y tant que ça te fait du bien. Mais prévois bien la chute, prépare toi à ce que la fin arrive très vite. C’est le seul conseil que je peux te donner.
    — Je n’en veux pas de tes conseils Seb’.
    — Bien, tu ne diras pas qu’on ne t’a pas prévenu… »

    William sert les poings sur ses draps, assis sur le rebord de son lit. Il doit tenir bon. Il a confiance en elle. Elle l’aime, sinon pourquoi aurait-elle fait tout ça ? Qu’avait-elle à gagner dans cette affaire ? Un rapide coup d’œil au miroir suffit pour répondre à cette question. Rien. Il n’a rien à lui offrir, à part son amour.
    Et quelqu’un qui désire de l’amour est encore plus à même d’en redonner aux autres en retour, il en est sûr.

    Il sait qu’elle l’aime. Il en est persuadé.

    « Non. Au revoir.
    — Au revoir William. »

    ***



    « Ça y est. Vous y êtes maintenant parvenus. Le tour est joué, votre proie est tombée dans le piège du chasseur rusé et habile que vous êtes. Vous avez gagné. »
    Un tonnerre d’applaudissements retentit à travers le foyer. Mélanie, souriante, achève son discours par un petit salut princier, tout à son image.

    S’avançant parmi la foule de ses admiratrices venues l’entendre prononcer un bref discours suite à la publication de son petit manuel intitulé Plan de drague, elle est prise à part par une nouvelle élève, toute jeune fille de sixième, bégayante et écarlate.

    « Dis… Dis-moi, tu… Tu es sûre que.. Que ça marche ton truc ?
    — Oui ma belle. C’est une technique testée et approuvée. Je l’ai moi-même essayée, et aucun garçon ne m’a jamais résisté. Ça marche, crois-moi. Avec ça, ils seront tous à tes pieds, pour toujours. »

    Le visage de la jeune fille s’illumine comme si elle venait de trouver la solution miracle à son mal.

    « Oh merci, merci beaucoup !
    — Mais de rien. »

    Elle sourit, mais dès que la fille est partie, son visage se ferme. Petite idiote.
    Tant qu’elle sera là, aucune autre fille ne pourra prétendre détenir la clé du cœur de ces messieurs. Tout ceci n’est qu’une mascarade. Le bouquin, les conseils, tout.
    Seule Mélanie détient le pouvoir. Et elle le sait.






    H - 5 min
    Étape dix : Le dernier rendez-vous.



    William attend patiemment, assis sur le banc où elle doit venir le rejoindre dans quelques instants, aussi sagement qu’un petit enfant oublié par ses parents à la crèche.
    À vrai dire il se sent un peu perdu, mais étrangement confiant. Il a réussi à se persuader que tout ce que les autres lui ont dit, était des mensonges. Il est fort. Ou plutôt, elle est forte, car elle a réussit à obtenir ce qu’elle voulait de lui.
    Au fond, il s’en fiche, tant qu’elle l’aime, il est prêt à tout accepter.

    « Mon petit cœur… »

    Il se tend. Cette voix n’est pas celle qu’il attendait.

    Se retournant, il se prend un poing dans la figure qui l’envoie mordre la poussière. Décidément, il doit vraiment avoir une tête à claques pour s’en prendre plein la tronche comme ça tous les jours.

    William relève la tête et plante son regard rageur dans celui de son bourreau. Ça y est, il est prêt maintenant. Prêt à se battre. Prêt à régler par les poings ce que son cœur à d’ores et déjà tranché. Il se redresse sur toute sa hauteur, recouvrant de son ombre menaçante le corps qui lui fait face. Cependant, avant même qu’il n’ait pu esquisser un geste dans sa direction, il est surpris par un violent coup à l’arrière de la nuque qui le renvoie manger la poussière. Effaré, il constate que Bruno n’est pas seul et qu’il a ramené avec lui d’autres de ses amis afin de lui donner une petite leçon de vie.

    « Tu sais mon lapin, t’as été plus tenace avec elle que les autres l’ont été avant toi.. »

    La poitrine de William se compresse. Il a un haut-le-cœur à la pensée même que cet enfoiré puisse être en train d’insinuer qu’elle..

    « Parce qu’il faut dire qu’elle en a séduit, des cas sociaux comme le tien, mais toi, toi… Au début, elle a mis le paquet en se disant que ça serait dur de t’avoir. Mais t’as cédé mec, t’as cédé si vite… Ton cœur était si malléable qu’elle t’a manipulé avec une facilité qui l’a vite lassée… »

    Tout se bouscule dans la tête embrouillée de William. Ils ont tous arrêté de le frapper, néanmoins la douleur subsiste en lui à travers leurs mots, aussi sournoise et lancinante qu’un coup de poignard. Il sent ses forces l’abandonner au fur et à mesure qu’il se rend compte du piège sournois dans lequel il est tombé…

    « Au final, t’as été trop chiante, trop lourd, trop amoureux d’elle, et c’est à moi de faire le sale boulot à sa place. Je suis désolé pour toi mec, mais si c’est la seule solution pour que tu décides de lâcher prise alors on va devoir en passer par là. »

    Un sanglot s’échappe du corps meurtri de William avant même qu’une nouvelle chaussure n’atteigne son visage, mais ce n’est pas ça qui arrête la course de ce pied lancé en direction de sa tête. En effet, derrière eux une voix retentit.

    « Ça suffit. »

    Le cœur de William s’emballe naïvement. Il l’a reconnue. Et il oublie dés lors tous les coups, les tromperies, les mensonges.. Il espère encore. Mais elle continue, d’une voix encore plus froide qu’un vent du nord, brisant un à un tous ses rêves.
    « Tu t’es déjà assez défoulé comme ça sur lui. Sans compter qu’après tous tes petits dérapages la dernière fois, c’est moi qui ai dû recoller les morceaux, ce qui fait qu’il est tombé encore plus amoureux de moi…
    — Ah, parce que ça n’était pas ton but peut-être ?
    — Si, bien sûr. Mais là, je n’ai plus aucune intention de le bichonner après, alors laisse moi tu veux ? T’as fait ta part du travail, mais le bouquet final me revient. C’est ma proie. Maintenant, dispose.
    — Comme tu voudras, Votre Altesse. »

    Il fait une courbette et ordonne aux autres de plier bagage.

    Elle sourit, satisfaite.
    William le sent dans sa voix qu’elle jubile. Et lui, de son côté, son âme est rompue, brisée, souillé. Il se sent vide. Privé de toute raison de vivre maintenant.

    Le fantôme de son amour passé s’agenouille calmement à ses côtés, en silence, et d’une main tendre et attentionnée, elle se met à lui caresser les cheveux, comme si elle voulait être une dernière fois la cause de son bonheur.
    La force de son image qu’elle voyait dans les yeux de William lui renvoyait un sentiment de toute puissance, un pouvoir absolu sur lui et sur tout le reste du monde. Et elle adore ça.

    Puis, soudainement, la pression de sa main se fait plus forte et elle tire ses cheveux en arrière. Elle agrippe l’arrière de sa tête et le force à la regarder dans les yeux. Elle veut qu’il se noie dans cette haine et ce dégoût profond qu’elle ressent envers lui et envers tous les hommes.
    Séductrice.

    « C’est par la douleur qu’on retient le mieux les choses. Dis-toi que ça n’a rien de personnel, que j’ai fait ça avec d’autres, et que quoi que tu fasses, je recommencerai s’il faut. »

    Mélanie ne laisse rien paraitre pourtant au fond d’elle même une image surgit : celle de son entraineur lui disant cela, juste avant de la laisser seule dans les douches, à moitié dénudée, il y a de cela cinq ans. Souillée.
    Ce jour-là, début d’une grande période de traumatismes pour elle avait marqué sa vie d’une trace rouge, sombre, sinistre, semblable au sang qui s’était répandu ce jour là sur le sol.

    Toujours meurtrie mais revenue au temps présent, elle maintient la tête de William relevée au point de lui faire mal, et fait en sorte de bien marteler chacune des syllabes qui suivent de façon à être sure qu’il aura bien compris ce qu’elle s’apprête à lui dire.

    « Je ne t’aime pas. Je ne t’ai jamais aimé. Tu me dégoûtes, toi, et tous ceux de ton espèce. Et sache que je ne t’aimerai jamais. »

    Elle se relève dans un froissement de tissu, laissant retomber brutalement le visage de William qui heurte le sol dans un bruit sourd.
    Et elle s’en va, l’abandonnant au milieu de nulle part.

    C’est la dernière image dont il a réellement conscience avant de sombrer dans le noir.

    Lorsqu’il se réveille, quelques heures plus tard, il n’a aucune notion de l’endroit où il se trouve ni de l’heure qu’il peut bien être. Et durant un court instant, il est envahit par un doux sentiment d’ignorance… Jusqu’à ce que l’horrible vérité ne lui revienne en pleine figure.

    Hagard, meurtri, il se relève, titubant, et commence à marcher droit devant lui. Par chance, il retrouve consciemment le chemin du collège, et laisse ses pas le guider sur l’herbe humide, incapable de contrôler quoi que ce soit.
    Tout son être n’est que souffrance et désespoir.

    Soudainement, un vent maladroit porte à ses pieds une affichette de couleur criarde. Intrigué, et poussé par il ne sait quelle pulsion malsaine, il se penche et saisit le papier d’une main tremblante.
    Son cœur s’arrête.
    Il lit.


    « Certaines fois, ma vie me parait monotone,
    Triste, lourde ; on pourrait dire solitaire,
    Et quand tu m’apparais, belle nippone,
    Tu réussis à faire retentir en moi le tonnerre.

    Tu es en effet le bourreau de mon cœur,
    Celle qui m'emprisonne dans ses yeux noirs,
    Le rêve de tout homme se trouve dans tes rondeurs,
    J'aimerais tellement en profiter un soir…

    Lorsque je t'aperçois, je voudrais t'embrasser,
    Ton regard, tes cheveux, même ton odeur m'a captivée,
    Et si tu es bien un ange de toute beauté,
    Sois-en sûre, personne d'autre ne saura te contenter.

    Ma ruse est peut être le comble de la bassesse,
    Mais à tes côtés, comment ne pas perdre ses moyens ?
    Lorsque tu me diras oui s'envolera toute ma sagesse,
    Au diable ces beaux discours qui ne servent à rien !

    Je voulais depuis longtemps en parler avec toi,
    Et maintenant que les jeux sont faits et que tu es à moi,
    Qu’ayant perdu ta pureté on te regarde avec effroi,
    Je m’en vais en sifflotant à la recherche d’une nouvelle proie. »




    Un vent glacé vient geler sur son front les gouttes de sueur qui ont perlé dessus tout au long de sa lecture.
    Il relève la tête, et se fige. Des milliers d’affichettes semblables à celle dont il est en possession recouvrent les murs, les fenêtres, les portes.. Toute la cour est noyée sous ce flot d’horreurs.

    Son cœur se glace. Il n’a plus décongelé depuis, figé dans cette froideur éternelle qu’elle lui a déléguée.
    Il ne se sent plus vide.
    En réalité, il ne sent rien. Plus rien n’a d’importance à ses yeux. C’est fini. William est mort maintenant.

    Ce jour là, il fut renvoyé de son collège pour avoir dégradé la cour et l’image d’une jeune fille pure et innocente.

    Il ne répliqua rien. Ni fit aucun commentaire sur cette histoire, jamais. Accepta sans broncher d’être renvoyé, de faire ses valises et de partir.

    Étant donné qu’il n’avait aucun antécédent et qu’il n’avait jamais démontré aucune marque d’animosité quelconque qui aurait pu justifier un tel acharnement, moral comme physique (il suffisait de voir l’état lamentable dans lequel la petite Mélanie Duchesne avait été trouvée.), le proviseur avait accepté de dissimuler cette partie de l’histoire dans le dossier scolaire de William.

    En échange, il avait obtenu des parents de ce dernier que celui-ci aille voir un psychologue de façon à mettre les choses au clair.
    William ne lui avait jamais parlé.

    Lorsque, quelques mois plus tard, M. Dunbar vint inscrire son fils au collège Kadic, qui avait très bonne réputation, il se produisit quelque chose. Une collision entre son fils et une élève qui courrait en direction du parc. Embarrassée, celle-ci s’excusa promptement, visiblement pressée de s’en aller.

    « Dites-moi ma petite Yumi, où comptez-vous aller comme ça ?
    — Euh, à l’infirmerie m’sieur ! Je ne me sens vraiment pas bien… »

    Elle se mit à se tenir le ventre à gémir affreusement, pliée en deux. Lassé de ce spectacle, et désireux d’en finir avec cette visite pour retourner à son jeu, M. Delmas lui fit signe d’y aller.

    Un sourire vint éclairer le visage de William pour la première fois depuis longtemps. Ils venaient de visiter l’infirmerie, et celle-ci était à l’opposé de la direction dans laquelle la jeune fille se dirigeait.
    Son sourire s’agrandit. Quelques soient les raisons pour lesquelles cette fille avait menti, il les découvrirait. Dés lors qu’il l’avait vue, il avait voulu qu’elle soit sienne. Le croisement entre leurs deux regards avait déclenché chez lui quelque chose qu’il ne serait plus en mesure d’ignorer tant cette sensation lui avait manqué.

    Les battements d’un cœur.

_________________
Mes textes :

Les non-dits
Le temps d'une seconde
Un perce-neige
Plan de drague

« And when I'm not with you, I know that it's true, that I'd rather, be anywhere but here without you.. »

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Zéphyr MessagePosté le: Sam 15 Fév 2014 21:00   Sujet du message: Répondre en citant  
Z'Administrateur


Inscrit le: 16 Mar 2013
Messages: 1047
Localisation: Au beau milieu d'une tempête.
J'ai déjà donné mon avis hier sur Skype (avec ta déclaration en prime ♥ ), mais je vais y aller un peu plus en détail ici.
Donc, comme tu le sais, j'ai adoré. Voyons de plus près pourquoi :

Pour commencer, le scénario. Très franchement, je ne trouve rien à redire. L'idée est excellente. Personne n'avait jamais pensé à exploiter l'avant-Kadic de William, plus particulièrement son renvoi de son ancien établissement. Ici, ça fonctionne parfaitement. En plus de ça, tu as réussi à donner à l'histoire des affiches un tournant plus dramatique et profond que la simple petite folie que prétend avoir eux le ténébreux. L'ensemble est franchement bien pensé je trouve.
Le pire dans tout ça étant le début, où l'on peu croire que l'histoire se termine bien. Au cours du récit, on se rend petit à petit compte que ce ne sera pas le cas, ce qui nous met encore plus sur les fesses.
Alors, oui c'est triste, mais c'est beau en même temps, parce qu'on a rarement l'occasion de voir ce personnage aussi fragile. Donc, de ce côté-là, j'ai complètement accroché (même si j'ai mis trois plombes à situer le repère temporel, qui n'était même pas caché (facepalm)).

Ensuite, la forme. Le côté « manuel de séduction » est très amusant. On voit l'application des conseils fonctionner parfaitement avec l'exemple donné, ce qui tend encore plus à prouver le côté prédatrice de Mélanie.
Autrement, tu prends comme d'habitude tout ton temps pour instaurer une ambiance et nous faire partager les différentes émotions éprouvées par William. Et on ne comptera pas son style d'écriture unique, qui embellit l'ensemble.

Maintenant, les personnages, parce qu'ils contribuent énormément à l'histoire ici.
William est excellent, son côté romantique et non-perdeur-d'espoir (ouais, c'est nul comme expression) sont parfaitement respectés, même si comme déjà dit, j'ai buté sur l'expression « gringalet » lorsqu'il se fait tabasser une première fois par Bruno. En plus de ça, tu fais largement en sorte que l'on compatisse à ce qu'il vit, notamment grâce aux petits extraits du guide de Mélanie. Le lecteur sait à l'avance ce qu'il va arriver à William, mais n'est que spectateur (impuissant) de sa chute, ce qui renforce ce côté dramatique et touche plus facilement le lecteur, tout en le plongeant dans l'histoire un peu plus.

Pour Mélanie, c'est différent. Tout est mis en avant pour qu'on la déteste, sauf à la fin, dans ce petit passage où elle se rappelle de l'humiliation qu'elle avait subi. On comprend ce qui la pousse à faire ça, même si ça ne nous fait pas l'apprécier pour autant. D'autant plus qu'à la fin, elle s'en sors en toute impunité, ce qui fait naître un sentiment d'injustice et permet de donner du combustible au drame de l'histoire.
Ensuite, il y a aussi la manière dont tu nous la fais découvrir. Au début, on pense que c'est une sorte de corte... de Sissi, pardon. Mais il n'en est rien. Elle est infiniment plus rusée et malfaisante que l'indémodable fille du proviseur. C'est une personne qui aime dominer son monde et le modeler selon ses désirs (pour preuve : les multiples garçons avant William qu'elle a brisés).
L'antagoniste est parfaitement réussi ici.

Pour les autres personnages, Bruno et sa clique ne sont que de vulgaires Hervé et Nicolas (avec des muscles Mr. Green).
Marc et Sébastien sont déjà plus intéressants. Bien que très discrets, on voit qu'ils font de leur mieux pour raisonner leur ami, mais ils étaient déjà arrivés trop tard. Pour le coup, le lecteur peut presque s'identifier à eux en tant que témoins du drame qui se joue sans rien pouvoir faire. Et il y a ces mots aussi :

Citation:
— Au revoir William. »


Quand je les ai lus, je savais qu'on ne reverrait plus les jumeaux de toute l'histoire. On sent véritablement la rupture entre eux. Ça n'en est que plus triste pour William, qui a vraiment tout perdu.
Personnages discrets, mais sympatiques je trouve.

Hop, deux fautes qui m'ont échappées hier dans le premier poème :

Citation:
Quand tu apparais, seul reste ta lumière…


C'est « seule ».

Citation:
Au fond, je sais les trois mots que je veux te dire,
Mais qui reste toujours au plus profond de moi,


« Mais qui restent » il me semble.

Voilà, je crois avoir dit ce qu'il me restait à dire. Et si j'ai oublié quelque chose, les autres commentateurs s'en chargeront (a).

J'ai pris énormément de plaisir à lire ton magnifique texte, qui m'a emporté et captivé du début à la fin. Moins adapté à la Saint-Valentin certes, mais qu'est-ce que c'est classe quand même. Pour peu, je n'aurais presque rien eu à en dire.

Je te réitère mes félicitations pour ce texte et pour tout le travail que tu as abattu ♥.
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« Jérémie avait fait un superbe travail. Ce dernier voyage sur Lyokô promettait d'être inoubliable. »
Un jour, peut-être.
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Icer MessagePosté le: Lun 17 Fév 2014 17:58   Sujet du message: Répondre en citant  
Admnistr'Icer


Inscrit le: 17 Sep 2012
Messages: 2183
Localisation: Territoire banquise
Préface : Bon, ça commence à devenir chiant que Zéphyr passe avant moi et envoie 90% de ce que je peux dire. Il me ressemble trop ce garçon. Déjà qu'on est presque né en même temps, qu'on se tape des délires sur un élément naturel et qu'on a des fics d'élite en E... Sad

En effet, le scénario est au poil. C'est bien pensé d'avoir utilisé le passé de William. Hey mais une minute, ça aussi il l'a déjà dit.

Bon, je vais me contenter de quelques remarques négatives alors, puisque le positif a déjà été évacué.

Comme je le disais, utiliser le passé de Dunbar permet de profiter d’énormément de largesses scénaristiques. Mais il faut toujours faire attention. En l’occurrence, un des problèmes ici est celui de la maturité. Mélanie et les jumeaux en premier lieu, William et Bruno dans une moindre mesure, ne me donnent absolument pas l'impression de se comporter comme des collégiens. Bien entendu, je relie ça sans aucun soucis à la maturité de Léana qui a depuis longtemps dépassée ce stade... Et donc ça se voit.
Les collégiens matures, c'est rare. Je m'y connais, je rencontre la plupart sur ce forum ( Razz ). Si le comportement de Mélanie vis-à-vis des garçons, quoique affreusement cliché, peut donc marcher dans ce ramassis de boulets et prouve que le QI n'est pas un concept sanctuarisé dans le milieu, ça justifie ce que je disais vis-à-vis de leur surmaturité dans le contexte. À l'inverse, au lycée, ça ne se serait pas passé comme ça, mais ils auraient pu tout à fait se comporter ainsi.

Sans compter qu'en remontant 5 ans avant, Mélanie avait au maximum... 9 ans au moment de l'évènement. Si les conséquences intérieures, sur sa personne, sont parfaitement gérées (Oui oui, parfaitement), les conséquences extérieures me semblent un peu éludées. Mais c'est un détail comparé à ce que j'ai dit plus haut.

Félicitation donc, on se voit au prochain OS !

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« Les incertitudes, je veux en faire des Icertitudes... »
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Kerian MessagePosté le: Lun 17 Fév 2014 18:05   Sujet du message: Répondre en citant  
Déchiqueteur de Fics


Inscrit le: 01 Aoû 2008
Messages: 1713
Je plussoie mes deux collègues du dessus, n'ayant rien de plus à ajouter (que c'est bon d'être à la retraite et d'avoir déchargé tout ça aux jeunes).

Ah si, j'adore le comportement de Mélanie. Que de manipulation par les émotions, c'est magnifique !
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"La sévérité prévient plus de fautes qu'elle n'en réprime." - Napoléon Bonaparte

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Jessie MessagePosté le: Mer 19 Fév 2014 00:11   Sujet du message: Répondre en citant  
Dessinatrice solitaire


Inscrit le: 27 Oct 2011
Messages: 980
Mais quelle est cette heure si tardive ? Jessie à mis on ne sait combien de temps elle a mit pour le lire, mais elle l'a lu en entier sans mentir. Vas t-elle commenter ? C'est certain. C'est quoi cette petite larme dans l'œil ? Rien.

*essuie la petite larme dans son œil*
C'est l'histoire de Saint Valentin la plus triste que j'ai jamais lu ! Ouais, trop sad, sirf !
J'arrête de me lamenter. Non c'était super. C'était vraiment super bien rédiger, c'est un peu ce style de rédaction que j'aime bien, si le mien pouvais plus ressembler à ça raah super ! Descriptions impeccables, je crois que c'est ce que j'ai le mieux aimé.
Ce que j'ai moins aimé c'est... je ne sais pas trop ce qui me ronge dans l'esprit, c'est surement l'idée. Peut-être mais y'a quelque chose que j'aime pas vraiment. Comme il fut dit précédemment, Mélanie a vraiment tout pour qu'on la déteste. Manipulatrice, elle attire tout les garçons à ces pieds et les conduits dans des souffrances exactement comme elle a conduit le pauvre William ( Crying or Very sad sirnf !) vraiment c'est pile le personnage que je ne peux pas encadrer, nan. D'un autre côté ça lui donne du charme et comme on dit "Il faut de tout pour faire un monde".
La fin, juste j'ai moins compris quand on revient dans le passé de William.

Bon, résumons brièvement : C'était très bien rédigée et je l'ai lu jusqu'au bout, mais je n'ai pas vraiment aimé.

Je suis d'accord avec les personnes qui ont postés avant moi pour le reste sinon.
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Punk princesse MessagePosté le: Mer 19 Fév 2014 21:43   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 19 Aoû 2011
Messages: 566
Bonjour, Bonsoir, peu importe l'heure où j'écris....

Bref, c'est décidé là, tu tiens absolument à nous faire pleurer! Si j'étais une de ces poufs je dirais:Aawn, c'est trop chou. Mais nan je ne fais pas partie de cette catégorie là.

Déjà, attaquons la forme c'est vraiment bien, c'est clair c'est beau à regarder, c'est presque parfait. Mais, il y a toujours un "MAIS". J'ai remarquer que tu avais changé de couleur lors de l'écriture du Poème (Qui en passant est extra! Mes compliment à l'auteur.) Franchement, ce n'est pas que c'est gênant, mais j'aurais préféré le mettre en italique sans rien changer et le centrer bien sur.Je ne dis pas que tu es OBLIGÉE de faire ça mais cela aurait été mieux.
A part ça je n'est rien à Ajouter, c'est superbe.


Passons à l'écriture maintenant. Tout d'abord je tiens à te dire une chose, j'ai lu une centaine d'histoire de ce genre, mais il faut avouer que la tienne est dans le top 3 en mode 1er Place! Franchement, On sent bien l'émotion on se voit déjà dans l'histoire, et ça aucun, je dis bien AUCUN texte ne m'a fait ressentir ça a-u-c-u-n!

Tu as un réel talent pour ce genre d'OS, continue comme ça Wink .
Et en passant je dois t'avouer qu'en lisant le titre de l'OS, je ne m'attendais pas à voir ça!Je pensais que c'était une sorte de petit texte pondu, comme ça, en 15 minutes, Bourré de fautes....Mais non, j'ai trouvé la perle rare!


Résumons en une phrase: J'adore

Et voici la fin ^^! Bonne continuation,

Punk princesse (Qui recommence son activité sur le Forum en commentant ton OS ^^)

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Shaka MessagePosté le: Lun 24 Fév 2014 01:24   Sujet du message: Répondre en citant  
[Administrateur]


Inscrit le: 12 Avr 2006
Messages: 3913
Localisation: Sur une colline, près des étoiles
Et si je fendais d'un petit commentaire cette fois-ci ? Après tout, j'ai dévoré Le temps d'une seconde et fondu devant Le perce-neige. Alors faute d'avoir trouvé le temps ou l'énergie de commenter ces deux-là, peut-être devrai-je me manifester au moins sur ce one-shot-ci, au moins pour te dire que je suis toujours autant admiratif de ce que tu fais.


En ce qui concerne le contexte d'écriture, on est pas spécialement suffisamment proche pour que j'ai grand chose à en dire, néanmoins, je me sens tout de même obligé de mentionner à quel point je le trouve trognon, tout en étant un peu triste.
C'est un bien beau one-shot d'amour que tu as offert là à Zéphyr, un cadeau qu'on rêverait tous d'avoir pour un 14 février, plutôt que de banals et éphémères chocolats ou roses.
Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de trouver paradoxal que tu aies marqué la Saint Valentin d'une fiction aussi tragique (car, j'y reviendrai, on est dans le registre tragique) que "Plan de drague" - Un Amour unilatéral et non partagé qui se brise sur un mur factice d'indifférence et de cruauté - alors que quelques semaines/mois plus tôt, tu nous offrais Le perce-neige et surtout Les non-dits - qui sont respectivement les deux one-shot les plus réussis sur les couples Jerlita et Ulumi. Et qui surtout étaient des One-shot de bonheur, même le perce-neige puisque la douleur de Jérémie vieillard traduisait une vie de plénitude avec Aelita à travers les lignes.

Bref, passé ce paradoxe, au vu du contexte avec le respectable Zéphyr, je dirai que ça reste un texte plein d'amour... au moins de l'Amour que je porte à la qualité artistique de ton texte.


Allons, trêve de palabres, passons donc au coeur du texte.


Tout d'abord ce que j'apprécie avec toi, c'est que quand je lis tes textes, je sais à quoi m'attendre. Beaucoup d'écrivains-perles de ce forum ont un style d'écriture bien à eux et des sujets de prédilection. Tu ne fais pas exception.

J'aime le fil conducteur qu'on trouve à travers tout tes textes. Outre le parfum d'eau de rose que tu annonces aussi clair que de l'eau de roche et que tu assumes parfaitement, je ne trouve aucun de tes textes joyeux.
Une de tes thématiques principales reste le lyrisme : La force et l'intensité des sentiments "positifs" comme l'Amour et l'Amitié qui en deviennent blessants et douloureux pour les personnages.
C'est vague dans Les non-dits qui est peut-être le plus optimiste, malgré la situation initiale complexe pour les protagonistes. C'est clairement plus net dans "Le temps d'une seconde", avec Hiroki qui souffre de l'éphémèrité de la vie humaine ; dans Le Perce-neige avec l'Amour qui détruit notre Jérémie veuf. On retrouve ça ici une fois encore avec William qui se brise les ailes.

Ce fil rouge de tes textes, c'est un sujet qui me parle. C'est personnel, ça ne s'explique pas. On pourrait sans doute diagnostiquer un lien avec ma signature et tout un tas d'autres conceptions personnels.
Toujours est-il que tes fics sont toujours un moments de lecture unique pour moi.


Je ne fendrai pas de revenir sur ton style. J'avais comparé ton premier one-shot à une croisière. C'est vrai pour chacun de tes textes. On est balloté tranquillement au rythme du récit et même si il y a passage en eaux troubles dans l'intrigue, comme ici pour notre pauvre Dunbar, la navigation reste agréable et incroyablement prenante.
Tu as un style super agréable.


Rentrons dans l'Histoire.
Je constate tout d'abord -reproche ou pas, à toi de voir - que tu as triché sur le thème de la fiction. Ton histoire, telle qu'elle est, peut intégralement être transposée à un autre Univers fictif, à un autre personnage que William. Ainsi, sous couvert d'un One-shot Code Lyoko, on a en fait un one-shot tout simple.

Cependant, ce n'est un problème en rien, puisque c'est le cas de la majeure partie des fics qui traitent du passé des héros (hors back-story) ou encore de leur futur. Certaines de mes fics doivent elles-même avoir ce "travers".

Quelle est ta réussite. Eh bien, c'est le choix du personnage, pardi. Je suis moins surpris que les précédents commentateurs sur le choix "judicieux" du sujet. J'ai déjà lu d'autres fics qui exploraient le passé d'un héros. Celle sur le passé de Sissi sont notamment existantes. Ainsi, que tu aies choisi d'explorer le passé d'un héros, ce n'est pas surprenant en soi.

Là où ta réussite est géniale, c'est le choix de William.
Je me trompe peut-être, mais d'après mes précédents paragraphes, je pense que tu as pensé à l'histoire de "Plan de drague" et qu'ensuite tu l'as appliquée à William.
C'est à dire que d'après moi, tu as procédé dans le sens inverse que ce à quoi ont pensé les précédents commentateurs. Tu n'a pas choisi d'écrire sur le passé de William, et ce n'est pas ce passé qui t'as inspiré le One-shot. Ca s'est fait dans le sens inverse! Du moins, ca me plait de le croire !

Je reviens donc sur la réussite : Le choix de William. Il est le personnage idéal pour ton scénario. Amoureux, emporté, naïf à en devenir aveugle. Il était la proie idéale pour ta prédatrice sentimentale.


Maintenant, comment cela s'intègre-t-il dans l'Univers Code Lyoko.
Juste à merveille. La cohérence avec l'épisode 27 est garantie. Cependant, à nouveau, je vois un peu plus loin que mes prédécesseurs. Je trouve que ton texte ne se contente pas de meubler une zone d'ombre de la série. Elle renforce la cohérence de la série elle-même et du personnage de William.

Tu as pour moi donner une dimension réellement tragique à son personnage à travers ton One-shot. Le propre de la tragédie, c'est qu'on sait dès le début de l'Histoire qu'une fin funeste guette le héros et que, en dépit de tous les efforts que lui et ses alliés (les jumeaux) vont déployer, le dénouement tragique est inéluctable.

La tragédie que vit William dans ta fic est parfaitement menée. Je ne reviens pas sur ce qu'on dit mes amis. Zéphyr a parfaitement analysé l'évolution avec le fameux point de rupture avec les jumeaux. Il a mis en avant l'agréable idée des extraits du manifeste de la drague de Mélanie.
Kerian a renchérit en congratulant l'usage de la manipulation. Je n'ai rien à y ajouter.
Là où je vais plus loin, c'est sur la fin de ton One-shot et la finalité de celui-ci. Pour moi, ce one-shot ne détaille pas seulement le passé de William. Il annonce son avenir. Il permet de comprendre Code Lyoko.

La tragédie de William ne s'arrête pas à son renvoi. Elle va continuer de plus belle.
Ainsi, à la première lecture, la fin de ton One-shot peut paraître optimiste et plein d'espoir, vu que le coeur de William se remet à battre. Pourtant, à mes yeux, c'est tous l'inverse. William retombe dans la spirale qu'il venait de quitter et la tragédie reprend de plus belle.

Ainsi, à mon sens, l'histoire que William va vivre avec Yumi dans Code Lyoko est encore plus atroce que celle qu'il a vécu avec Mélanie.
Ton One-shot nous apprendra combien William est capable d'aimer de ton son être. Yumi sera sa Mélanie. Ulrich sera son Bruno. William tombera amoureux d'une fille qui ne voudra pas de lui et qui ne lui dira jamais de manière suffisamment ferme. Bruno, l'obstacle entre lui et son aimée, incarnera en plus cette fois-ci le vrai petit ami de l'objet de la passion de William.

Pour conclure, je trouve que ton one-shot devient un magnifique prélude à ce que vivra William dans Code Lyoko. Il éclaire sur l'incapacité de William a prendre les bonnes décisions, sa vulnérabilité aux sentiments amoureux et l'inévitable souffrance qu'il en retire.

En bref, un vrai héros de tragédie.



Pour parler un peu plus de ton texte et un peu moins de l'analyse globale que j'en ai fait.

- Le personnage de Bruno est inintéressant, comme le veux son rôle. Il ne trouve son rôle à mon avis que comme alter-ego d'Ulrich. Sportif sudoripare et sans intellect, ni finesse.

- Les jumeaux sont les amis que William n'a jamais eu à Kadic et ceux dont il aurait bien eu besoin. Ils sont très réussis et attachant. Au final, on regretterai presque qu'un bout de la fic n'ait pas été consacré à un flash-back sur la relation entre l'un d'eux avec Mélanie et les répercussions sur sa relation avec son frère. Mais ça aurait encore plus éloigné ton texte de Code Lyoko ;p !

- William est fidèle à la série. Tu t'es appropriée le personnage, tu l'as approfondi, tu a raconté William avec tes mots et tu l'a fait aussi bien que d'habitude.
William est, avec Odd, mon personnage préféré. Pour cette raison sans doute, je ne l'ai jamais mis en oeuvre dans mes propres fics. Je suis peut-être trop attaché au personnage pour pouvoir me l'approprier.
Je ne peux que te féliciter de ce que tu en as fait. Tu as écrit sur le papier le William que j'aime. Cet être torturé et malheureux... tellement malheureux qu'il est trop amoureux pour s'en rendre compte.

Il ne reste plus qu'à parler de Mélanie, I guess.
Le seul point de ta fic qui ne m'a peut-être pas emballé est ses motivations. Tu as un style très eau-de-rose mais une qualité d'écriture qui fait que j'adore m'en enivrer, alors que d'habitude je suis réticent à tout ce qui est trop love-story.
Ici, je pense que peut-être l'explication était un peu trop cliché. J'ai ressenti le même sentiment que dans une fiction type manga quand l'auteur nous justifie au dernier moment que le méchant n'est pas si fautif que ça, en fait, puisqu'il a traversé des épreuves dans sa vie. Ainsi, le viol de Mélanie, si il n'a absolument pas nuit au plaisir que j'ai éprouvé à lire ton texte, était à mon sens pas forcément nécessaire et avait un petit goût de déjà-vu. Je me serai contenté d'une personne qui aurait simplement été manipulatrice, pour diverses raisons, même de teneur moins grave.
Ce n'est cependant qu'un risible petit point noir dans le tableau que je dresse de ton one-shot. Wink
Toujours sur Mélanie, en dehors de "l'origine du mal", ton personnage est tellement bien réussi. Elle incarne une réelle succube... et ton écriture reflète bien son apparence quasiment mythologique. Elle est entourée d'une aura de mystère... à la fois inaccessible pour William mais si proche de lui. Ses apparitions semblent toujours fortuites ou merveilleuses, comme un ange qui descendrait du ciel pour panser les plaies de William. Tu as parfaitement réussi ton coup de ce côté là.

Les titres des étapes de ton manuel de drague reflète son modus operandi : Celui d'une prédatrice.
Chez les hommes, on trouve en littérature la figure du prédateur sexuel. Chez les femmes, c'est plutôt les prédatrices sentimentales. Tu as très bien su mettre en oeuvre l'archétype et - même si comme Icer l'a relevé, elle semble presque trop talentueuse pour son âge - la Liaison Dangereuse avec William est prenante.


Je crois que la fatigue pointe le bout de son nez. Je ne voudrais pas perdre mes mots pour le commentaire d'un one-shot où les mots sont si bien choisi.

Sache que même si je dois lâcher un peu du lest avec le forum dans les mois à venir, je passerai toujours une fois de temps en temps dans l'espoir de trouver un de tes textes.

Le tour est joué, je suis tombé dans le piège de l'écrivain talentueuse et habile que tu es. Tu as gagné.
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Les fleurs naissent, puis se fânent. Les étoiles brillent puis s'éteignent. Ainsi, la galaxie et notre Univers tout entier seront, un jour, amenés à disparaître...
A côté, la vie d'un homme ne représente qu'un éphémère battement de cils... Durant ce temps, l'homme naît et grandit, il s'amuse et se bat, il aime et déteste, il est heureux, puis triste... Tout ça, en un très court instant...
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benjisop MessagePosté le: Lun 24 Fév 2014 13:52   Sujet du message: Répondre en citant  
[Manta]


Inscrit le: 23 Juin 2006
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Localisation: Devant mon PC
Je voulais faire un gros commentaire, mais beaucoup sont passés avant moi et le commentaire de Shaka résume tout.

Eh bien, comme je te l'ai déjà dit dans "un perce-neige", tu as vraiment beaucoup de talent. Tes OS sont toujours aussi magnifiques, quand bien même il s'agisse ici d'un cadeau de Saint Valentin.
La rédaction, le scénario, l'évolution, le réalisme, tout y est. Très bonne description de ce qu'on peut ressentir, des sentiments, et j'adore particulièrement le contexte ici.

Comme d'habitude, continue d'écrire et fais nous profiter de ton talent, à travers des fics ou OS Wink

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Spoiler

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Leana MessagePosté le: Mer 05 Mar 2014 17:59   Sujet du message: Répondre en citant  
[Blok]


Inscrit le: 09 Aoû 2010
Messages: 183
Petit passage pour répondre aux commentaires, ça fait longtemps !
Par ailleurs, j’ai essayé d’organiser cette réponse, pour éviter de me répéter. À voir si ça sera mieux… Ou pas.



Concernant l’idée :


Zéphyr a écrit:
Personne n'avait jamais pensé à exploiter l'avant-Kadic de William, plus particulièrement son renvoi de son ancien établissement.

Icer a écrit:
En effet, le scénario est au poil. C'est bien pensé d'avoir utilisé le passé de William.


C’est bien de le préciser, parce que je n’étais pas sure ! Avec tous les textes existants sur CL, et comme William est particulièrement apprécié ici (et que moi je ne le porte pas plus que ça dans mon cœur), j’ai eu peur d’être passé à côté de ça. Au moins, je garde une certaine originalité dans mes idées.

Zéphyr a écrit:
En plus de ça, tu as réussi à donner à l'histoire des affiches un tournant plus dramatique et profond que la simple petite folie que prétend avoir eux le ténébreux.


C’était le but.
Je dois avouer que l’histoire de ces poèmes m’a fascinée. Et comme je suis le genre de personnes à se prendre la tête pour rien (kassdédi à tous les gens qui m’ont supporté pour ça), plus j’y pensais, plus ça m’obnubilait. Je voulais absolument trouver un moyen d’éclaircir ce petit élément anodin, j’ai toujours imaginé qu’il y a avait autre chose derrière.
Sans compter que se faire virer pour avoir collé des affiches partout, quand on y réfléchi, c’est un peu gros.
Là, je trouve que ce qu’il s’est passé est déjà plus cohérent avec un renvoi définitif d’un établissement. Le fait que William après ne l’assume pas et le déguise de façon à ce que ça ait l’air plus romantique, ça fait partie du traumatisme. Mais j’y reviendrai.


Zéphyr a écrit:
Le pire dans tout ça étant le début, où l'on peu croire que l'histoire se termine bien. Au cours du récit, on se rend petit à petit compte que ce ne sera pas le cas, ce qui nous met encore plus sur les fesses.

Shaka a écrit:
Le propre de la tragédie, c'est qu'on sait dès le début de l'Histoire qu'une fin funeste guette le héros et que, en dépit de tous les efforts que lui et ses alliés (les jumeaux) vont déployer, le dénouement tragique est inéluctable.


Ces deux idées ont l’air opposées pourtant elles montrent toutes les deux une certaine conscience de la fin avant qu’elle n’arrive.
En vérité, j’aurais voulu laisser planer plus de mystère. C’est pour ça que dans les phrases de Mélanie, il n’y a jamais de personne clairement désignée, et on ne sait pas qui parle et de qui. Malheureusement, William était trop naïf et trop amoureux pour que ça paraisse crédible. J’aurais voulu avoir le temps de peaufiner le personnage, mais ayant eu un délai à respecter, ça ne s’est pas fait.
Quoi qu’il en soit, même si j’avais voulu créer l’effet de chute, c’est peut-être mieux que l’histoire soit, en quelque sorte, prévisible. Ça change. Et ça reste puissant.


Shaka a écrit:
J'aime le fil conducteur qu'on trouve à travers tous tes textes. Outre le parfum d'eau de rose que tu annonces aussi clair que de l'eau de roche et que tu assumes parfaitement, je ne trouve aucun de tes textes joyeux.


Hormis Les non-dits qui reste extrêmement positif comme texte, parce que j’étais en phase de transition.
Je pense que mes premières fics étaient très idéalistes. Et puis au fil de temps, le réalisme prend le dessus sur les rêves. J’ai changé. Alors oui, aucun de mes textes n’est réellement joyeux, c’est le moins qu’on puisse dire. À voir l’évolution des OS, c’est même de pire en pire. O.O

Shaka a écrit:
Ton histoire, telle qu'elle est, peut intégralement être transposée à un autre Univers fictif, à un autre personnage que William.


C’est surement parce que ce sont des choses qui arrivent. De manière peut-être moins théâtrale, certes, mais ça arrive. Et plus on s’éloigne du contexte de la série, plus les histoires que l’on invente peuvent avoir pour protagonistes d’autres personnages. Qui plus est, je ne me sers pas des éléments caractéristiques du D.A., c'est-à-dire XANA et Lyoko, et tout le tralala des supercalculateurs etc...
Ce qui fait que mes récits ont une tendance plus ouverte. Je vise un plus large public que celui qui ne s’intéresse qu’au côté futuriste et surréaliste de la série.
Mes histoires sont des choses simples de la vie, des choses qui pourraient se produire dans notre vie à tous. Ce n’est pas tant mon imagination qui travaille, c’est ce que je vis, ce que je vois que les autres vivent autour de moi. C’est ça qui m’inspire.

Shaka a écrit:
Je me trompe peut-être, mais d'après mes précédents paragraphes, je pense que tu as pensé à l'histoire de "Plan de drague" et qu'ensuite tu l'as appliquée à William. […] Tu n'as pas choisi d'écrire sur le passé de William, et ce n'est pas ce passé qui t'as inspiré le One-shot.


Je t’avoue que je n’y ai pas pensé.
Au début, j’aurais voulu te contredire en disant que les autres avaient raison. Mais pas tant que ça. Je ne sais pas vraiment comment m’est venue cette idée. J’ai voulu faire un texte sur William il a longtemps, mais je ne m’en sentais pas capable, et je ne savais pas trop quoi dire.
Après, l’hypothèse d’une prédatrice qui séduit les hommes et les anéanti, ça m’est venu inconsciemment. Après cet été en fait, je pense. C’est personnel aussi, ça ne s’explique pas. Surement une question de vengeance. Et c’est tombé sur William, car comme je l’ai dit, ce n’est pas un personnage que j’apprécie particulièrement. Et en fait, je me suis demandé comment quelqu’un pouvait devenir comme ça. C’est ma grande question du moment, pourquoi les gens agissent de telle ou telle façon. (d’où l’excuse ‘pourrie’ ou plutôt, clichée, sur les motivations de Mélanie).

En tout cas, une chose est sure. Même si j’avais voulu écrire sur le passé de William d’abord, je n’aurais peut-être pas imaginé une histoire comme celle-là. En attendant, j’aime beaucoup cette façon d’interpréter les choses…


Petites précisions sur la fin :

Jessie a écrit:
La fin, juste j'ai moins compris quand on revient dans le passé de William.


C'est-à-dire ?
À la fin, William arrive à Kadic, croise Yumi, et tombe sous son charme, surtout parce qu’elle ressemble physiquement à Mélanie. C’est pour ça qu’il va se mettre en tête de la séduire. Mais encore une fois, j’y reviendrai quand on parlera plus globalement du personnage de William.

Shaka a écrit:
[La fin de ce OS] annonce son avenir. Il permet de comprendre Code Lyoko.


C’est le but.
Je voulais éclairer les gens sur le personnage de William, qui reste mal compris par de nombreuses personnes, même par moi. J’ai essayé, tout simplement, d’expliquer certains points noirs sur le caractère et la personnalité complexe de ce gars.

Shaka a écrit:
Ainsi, à la première lecture, la fin de ton One-shot peut paraître optimiste et plein d'espoir, vu que le coeur de William se remet à battre. Pourtant, à mes yeux, c'est tous l'inverse. William retombe dans la spirale qu'il venait de quitter et la tragédie reprend de plus belle.


Tout à fait.
Même si ma fin reste trop optimiste je trouve. Je voulais rendre une image plus noire de William, et au final il est un peu trop pris en pitié par tout le monde. Mibon. C’est encore plus sadique comme ça finalement.



Vis-à-vis de la forme du texte :

Zéphyr a écrit:
Le côté « manuel de séduction » est très amusant. On voit l'application des conseils fonctionner parfaitement avec l'exemple donné, ce qui tend encore plus à prouver le côté prédatrice de Mélanie.

Shaka a écrit:
Les titres des étapes de ton manuel de drague reflète son modus operandi : Celui d'une prédatrice.


Ravie que cela ce soit vu. Faut dire que j’ai galéré pour élaborer toute cette stratégie de séduction. Je suis même allée me renseigner et certaines méthodes faisaient de la peine à voir.
Au final, je suis plutôt satisfaite du résultat. Sachant que ce n’est pas du tout dans mes cordes d’agir de la sorte. Et sachant aussi que j’ai écrit tout ça à la main en cours d’Histoire et de Philo Mr. Green

Punk princesse a écrit:
J'ai remarqué que tu avais changé de couleur lors de l'écriture du Poème (qui en passant est extra! Mes compliments à l'auteur.) Franchement, ce n'est pas que c'est gênant, mais j'aurais préféré le mettre en italique sans rien changer et le centrer bien sur.


La couleur m’est égale, donc j’éditerai peut-être un jour. Je ne suis pas non plus trop fan de l’orange pour montrer les passages où Mélanie parle, j’aurais peut-être dû y mettre en gras. C’était vraiment histoire de marquer les similitudes entre les deux poèmes, cette couleur.
Un jour où j’aurais du temps libre, je m’occuperais de la mise en page (et de la correction des fautes aussi ^^’')

Punk princesse a écrit:
Et en passant je dois t'avouer qu'en lisant le titre de l'OS, je ne m'attendais pas à voir ça! Je pensais que c'était une sorte de petit texte pondu, comme ça, en 15 minutes, Bourré de fautes.


Ah ouais ? O.O
Bah, à vrai dire, les titres, c’est ce pour quoi je galère le plus. Mais vraiment, c’est à s’en arracher les cheveux. Alors que là, celui-ci m’est venu automatiquement, du coup je n’ai pas cherché midi à quatorze heures et je l’ai gardé !
À vrai dire, au contraire, je me suis presque dit qu’il attirerait plus de monde Razz



Le rapport avec la Saint-Valentin :

Zéphyr a écrit:
Moins adapté à la Saint-Valentin certes, mais qu'est-ce que c'est classe quand même.

Jessie a écrit:
C'est l'histoire de Saint Valentin la plus triste que j'ai jamais lu !

Shaka a écrit:
Pourtant, je ne peux pas m'empêcher de trouver paradoxal que tu aies marqué la Saint Valentin d'une fiction aussi tragique


Paradoxal, c’est le mot.
C’est surement dû aux sentiments que m’inspire le personnage. C’était une ultime pique pour William. Et malgré une légère mention de la fête des amoureux dans le texte, c'est surtout ironique comme choix de date.
Puis, écrire un texte noir sur l'amour, ça change. Surtout qu'il faut arrêter de rêver, il n'y a pas que du rose dans les histoires de coeur. William l'a appris à ses dépends.


Shaka a écrit:
C'est un bien beau one-shot d'amour que tu as offert là à Zéphyr, un cadeau qu'on rêverait tous d'avoir pour un 14 février, plutôt que de banals et éphémères chocolats ou roses.

Benjisop a écrit:
Tes OS sont toujours aussi magnifiques, quand bien même il s'agisse ici d'un cadeau de Saint Valentin.


Il y a une erreur ici. Ce texte n’est pas un cadeau !
C’était un moyen de le transmettre tout simplement, un petit clin d’œil à notre première conversation avec Zéphyr. Bien que maintenant, il lui soit lié d’une façon ou d’une autre.
Néanmoins, j'ai eu l'idée bien avant le début de l'animation Saint-Valentin.


Petit point sur les personnages :

Icer a écrit:
En l’occurrence, un des problèmes ici est celui de la maturité. Mélanie et les jumeaux en premier lieu, William et Bruno dans une moindre mesure, ne me donnent absolument pas l'impression de se comporter comme des collégiens. […] Les collégiens matures, c'est rare.


J’avoue que je n’avais pas envisagé ce problème.
À vrai dire, j’ai oublié ou dû moins tenté d’oublier tous mes souvenirs du collège, donc la maturité toussa, ça ne m’a pas effleuré l’esprit. Ça n’excuse rien, mais bon. Après tout, les LG sont assez matures même si l’aventure avec XANA commence tôt… Fin bref.

À part Mélanie, je ne les trouve pas tous supers matures. Les jumeaux peut-être un peu plus que la norme, mais quand on subit un traumatisme quel qu’il soit, on a tendance à en ressortir plus mûrs.


Zéphyr a écrit:
Pour les autres personnages, Bruno et sa clique ne sont que de vulgaires Hervé et Nicolas (avec des muscles Mr. Green).

Shaka a écrit:
Le personnage de Bruno est inintéressant, comme le veux son rôle. Il ne trouve son rôle à mon avis que comme alter-ego d'Ulrich. Sportif sudoripare et sans intellect, ni finesse.


Wow. Je n’aurais jamais fait le rapport avec Ulrich, étant donné que j’ai beaucoup trop d’estime pour le personnage pour le comparé à ça, ce truc sans intérêt qu’est Bruno. Je n’avais même pas prévu de lui donner un nom, c’est dire. J’ai pris le premier qui me passait par la tête.
Néanmoins, j’aime beaucoup l’interprétation, encore une fois.


Les jumeaux :

Zéphyr a écrit:
Marc et Sébastien sont déjà plus intéressants. Bien que très discrets, on voit qu'ils font de leur mieux pour raisonner leur ami, mais ils étaient déjà arrivés trop tard. Pour le coup, le lecteur peut presque s'identifier à eux en tant que témoins du drame qui se joue sans rien pouvoir faire. […] Personnages discrets, mais sympathiques je trouve.

Shaka a écrit:
Les jumeaux sont les amis que William n'a jamais eu à Kadic et ceux dont il aurait bien eu besoin. Ils sont très réussis et attachants. Au final, on regretterai presque qu'un bout de la fic n'ait pas été consacré à un flash-back sur la relation entre l'un d'eux avec Mélanie et les répercussions sur sa relation avec son frère.


Les jumeaux ont bien été cernés. J’aurais voulu aussi prendre plus de temps (mais le OS fait déjà 20 pages, ce qui n’est pas rien) pour développer la relation entre William et eux. Ils étaient vraiment très proches, de vrais amis. Cependant, vu que j’ai commencé mon texte en même temps que les étapes de Mélanie, je me devais de zapper cette épreuve. J’aurais pu faire un flash-back, mais j’ai essayé de retranscrire ça du mieux que j’ai pu avec peu de scènes. Ça restera un des points que j’aurais voulu plus travailler.
Quant à la relation avec Stéphane, me semble que c’est son nom (d’ailleurs, j’avais fait, plus ou moins de manière accidentelle, une allusion à Marc Cherry, qui est le réalisateur de Desperate Housewives, mais les fans sont rares ici *sors*) avec Mélanie, c’est aussi un peu une idée de dernière minute. Je n’avais pas prévu de l’exploiter, je voulais garder une chute mais au final cette chute est impossible à faire.
Donc oui, ça aurait été intéressant de voir comment Mélanie s’y était prise pour séduire le plus mystérieux des jumeaux (et paradoxalement, celui dont on sait le plus de choses. J’aime les paradoxes en fait je crois Mr. Green)


Mélanie :

Zéphyr a écrit:
Au début, on pense que c'est une sorte de corte... de Sissi, pardon. Mais il n'en est rien. Elle est infiniment plus rusée et malfaisante que l'indémodable fille du proviseur. C'est une personne qui aime dominer son monde et le modeler selon ses désirs (pour preuve : les multiples garçons avant William qu'elle a brisés).
L'antagoniste est parfaitement réussi ici.

Kerian a écrit:
Ah si, j'adore le comportement de Mélanie. Que de manipulation par les émotions, c'est magnifique !

Shaka a écrit:
Elle incarne une réelle succube... et ton écriture reflète bien son apparence quasiment mythologique. Elle est entourée d'une aura de mystère... à la fois inaccessible pour William mais si proche de lui. Ses apparitions semblent toujours fortuites ou merveilleuses, comme un ange qui descendrait du ciel pour panser les plaies de William.

Jessie a écrit:
Mélanie a vraiment tout pour qu'on la déteste. Manipulatrice, elle attire tout les garçons à ces pieds et les conduits dans des souffrances exactement comme elle a conduit le pauvre William


Tout est dit.
Mélanie est très bien cernée, tout a été vu je pense. Shaka a même mis le point sur son côté presque "déesse", une sorte de divinité qui n'existe pas pour de vrai. Elle est mystérieuse, ce qui la rend d'autant plus d'attirante aux yeux de William. Peut-être pour ça aussi qu'il désire Yumi (qui plus est elle le repousse, ce qui l'encourage à continuer).


Zéphyr a écrit:
Pour Mélanie, c'est différent. Tout est mis en avant pour qu'on la déteste, sauf à la fin, dans ce petit passage où elle se rappelle de l'humiliation qu'elle avait subi. On comprend ce qui la pousse à faire ça, même si ça ne nous fait pas l'apprécier pour autant. D'autant plus qu'à la fin, elle s'en sors en toute impunité, ce qui fait naître un sentiment d'injustice et permet de donner du combustible au drame de l'histoire.

Icer a écrit:
Sans compter qu'en remontant 5 ans avant, Mélanie avait au maximum... 9 ans au moment de l'évènement. Si les conséquences intérieures, sur sa personne, sont parfaitement gérées (Oui oui, parfaitement), les conséquences extérieures me semblent un peu éludées.



L’agression m’est venue à la dernière minute. C’est peut-être pour ça que c’est mal amené.
Et je suis une quiche en maths. Même si faire -5 ne nécessite pas un bac+3. Je me suis calqué sur mon âge au lieu de partir de celui de Mélanie. Pour ça que l’évènement parait avoir eu lieu très tôt.

Shaka a écrit:
Le seul point de ta fic qui ne m'a peut-être pas emballé est ses motivations. […] Ici, je pense que peut-être l'explication était un peu trop cliché. J'ai ressenti le même sentiment que dans une fiction type manga quand l'auteur nous justifie au dernier moment que le méchant n'est pas si fautif que ça, en fait, puisqu'il a traversé des épreuves dans sa vie. Ainsi, le viol de Mélanie, si il n'a absolument pas nuit au plaisir que j'ai éprouvé à lire ton texte, était à mon sens pas forcément nécessaire et avait un petit goût de déjà-vu. Je me serai contenté d'une personne qui aurait simplement été manipulatrice, pour diverses raisons, même de teneur moins grave.


Je comprends. Comme je l’ai dit, c’était une idée de dernière minute, c’est peut-être pour ça que ça donne le sentiment d’arriver comme un cheveu sur la soupe. En fait, je me suis posée au dernier moment la question fatidique du "pourquoi ?". Pourquoi a-t-elle fait ça ? Pourquoi est-elle comme ça ? Et j’en ai conclu que pour haïr à ce point les hommes, il fallait qu’un homme lui en ai fait baver. Bon, j’aurais peut-être dû me contenter de la version : un homme l’a draguée puis jetée. Je voulais tourner dans le plus dramatique, et au final ça en est peut-être que plus cliché, je n’en sais rien.
Je n’ai pas un regard objectif sur ce que j’écris, mais j’ai horreur des clichés. Je ferais en sorte d’éviter le prochain. (même si, dans Esprits Criminels, ça marche à chaque fois (a))


William :

Zéphyr a écrit:
William est excellent, son côté romantique et non-perdeur-d'espoir (ouais, c'est nul comme expression) sont parfaitement respectés, même si comme déjà dit, j'ai buté sur l'expression « gringalet » lorsqu'il se fait tabasser une première fois par Bruno.


Gringalet c’est parce que.. Euh.. En fait, je n’ai pas développé trop cette idée, mais le William d’avant, il était bien différent du William de CL. Il n’avait que peu d’amis, n’était pas branché sport mais plutôt jeux vidéos. Fin plus l’archétype du "geek", mais pas du gros sportif. En tout cas, c’est un facteur influent dans le choix de Mélanie. C’est pour ça qu’elle s’imagine qu’il sera plus dur à charmer que les autres qu’elle a séduit auparavant.

Zéphyr a écrit:
Alors, oui c'est triste, mais c'est beau en même temps, parce qu'on a rarement l'occasion de voir ce personnage aussi fragile.

Shaka a écrit:
Le choix de William. Il est le personnage idéal pour ton scénario. Amoureux, emporté, naïf à en devenir aveugle. Il était la proie idéale pour ta prédatrice sentimentale.

Shaka a écrit:
Je ne peux que te féliciter de ce que tu en as fait. Tu as écrit sur le papier le William que j'aime. Cet être torturé et malheureux... tellement malheureux qu'il est trop amoureux pour s'en rendre compte.


C’est vrai. J’ai dépeint un William fragile, et je l’ai transformé en un être que je sais mieux manipuler. Même si j’ai dû mal à le voir comme vous le voyez, ce qui fait que je suis encore plus fière d’avoir retranscrit un bon truc ! Néanmoins, comme je l’ai dit, il est trop pris en pitié à mon goût, ça reste un personnage que je n’apprécie qu’à petites doses.



Shaka a écrit:
Ainsi, à mon sens, l'histoire que William va vivre avec Yumi dans Code Lyoko est encore plus atroce que celle qu'il a vécu avec Mélanie.
Ton One-shot nous apprendra combien William est capable d'aimer de ton son être. Yumi sera sa Mélanie. Ulrich sera son Bruno. William tombera amoureux d'une fille qui ne voudra pas de lui et qui ne lui dira jamais de manière suffisamment ferme. Bruno, l'obstacle entre lui et son aimée, incarnera en plus cette fois-ci le vrai petit ami de l'objet de la passion de William.
Pour conclure, je trouve que ton one-shot devient un magnifique prélude à ce que vivra William dans Code Lyoko. Il éclaire sur l'incapacité de William a prendre les bonnes décisions, sa vulnérabilité aux sentiments amoureux et l'inévitable souffrance qu'il en retire.


Je n’ai pas pu couper ce passage, et je sens que ma réponse va être plus courte, mais que dire après tout ce que tu as si joliment formulé ?
C’est une superbe interprétation, et tu as poussé plus loin que ce que j’avais prévu de laisser imaginer. Ton "erreur" dans ce jugement est que je ne porte pas William dans mon cœur, et malheureusement pour moi, je l’ai raconté d’une façon qui laissait sous-entendre le contraire. Finalement, c’est moi la fautive. Je voyais un avenir tout aussi noir pour William, mais je le voyais surtout retenir de cette expérience la méthode de drague qu’a employée Mélanie avec lui. Alors, bien qu’il n’utilise pas exactement le même genre d’argument, il s’imagine qu’il pourra obtenir Yumi avec cette technique. C’est pour ça qu’il la drague parfois lourdement, parce qu’il ne sait pas s’y prendre. Après, on peut voir ça d’un point de vue dramatique, ça n’enlève rien à ton interprétation. Le seul hic c'est que cette vision donne à Yumi et Ulrich de "mauvais rôles", et qu'avec moi, c'est presque impossible que cela arrive. Malgré tout, pour moi, Yumi et Ulrich ne sont pas totalement coupables de ce qui arrive à William. En même temps, je me répète, je ne suis pas objective quand on parle de ces personnages.



Il me semble avoir fait le tour.
Si d'autres personnes ont des choses à dire, elles sont les bienvenues. Smile
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Mes textes :

Les non-dits
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Un perce-neige
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Jessie MessagePosté le: Mer 05 Mar 2014 20:22   Sujet du message: Répondre en citant  
Dessinatrice solitaire


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En fait pour la fin de l'histoire quand j'ai dis que je n'avais pas bien compris, c'est un peu de ma faute puisque vu l'heure où j'ai terminer de la lire j'étais assez fatiguée, et du coup j'ai lu trop rapidement (ma petite larme dans mon œil ne m'a pas aidé en plus)
Et comme l'on dit les autres avant, c'est vrai que cette histoire aurait très bien pu porter sur un autre personnage que William et que cette histoire aurait pu se passer dans la vraie vie.
L'idée de se concentré sur le passé de William et non sur l'histoire (avec Lyôko et XANA) était une idée vraiment bonne, celle d'une fille qui manipule les hommes jusqu'à s'en débarrasser l'était aussi mais je n'aime pas cette idée-là.
Encore une fois c'était absolument super, bravo en plus tu as réussi à me faire restée éveillée jusqu'à un peu plus de minuit. Je suis restée tard, plongée dans l'histoire captivante avec une légère envie de pleurer d'émotions.

Félicitations

#Jessie
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